Suite de notre voyage. Après avoir découvert Montréal et longé le Saint Laurent jusqu'à Québec où nous avons assisté aux fêtes de la nouvelle France, nous voici près de la Saguenay
Août 2014
3 semaines
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Si vous avez lu le premier volume de ce carnet de voyage, vous savez que nous sommes au Québec. Nous avons découvert la ville de Montréal les premiers jours ainsi que le parc du Mont Tremblant, avant de longer le Saint Laurent en direction de Trois rivières. Nous sommes ensuite partis rejoindre la ville de Québec où les fêtes de la nouvelle France nous ont enchantés.

En cette seconde journée à Québec, nous décidons de longer un peu le Saint Laurent en direction de Baie Saint Paul.

La petite ville d'environ 7 000 habitants a acquis ces dernières années une dimension touristique affirmée. Elle s'est résolument tournée vers l'art et la culture. Baie Saint Paul a attiré de nombreux artistes et aujourd'hui les galeries d'art fleurissent à tous ses coins de rue.

Le centre ville est très sympa. Il est organisé autour d 'une rue principale où l'on trouve aussi pas mal de restaurants. Il fait bon flâner dans les rues, loin de l'ambiance des grandes villes.

En reprenant la route et un peu de hauteur, on se rend mieux compte du fait que Baie Saint Paul s'étend sur les deux rives de la rivière du gouffre, qui elle même se jette dans le Saint Laurent. Le lieu fut aussi celui où les français et les indiens s'affrontèrent avec les anglais.

Juste en face de Baie Saint Paul, au milieu du Saint Laurent, se dresse l'île aux coudres qui doit son nom au nombreux noisetiers que l'on y trouve.

Nous poursuivons notre route vers le moulin des éboulements. Le nom de ce village : les éboulements, situé dans la province de Charlevoix, tient son nom du tremblement de terre de 1663 qui a provoqué des glissements de terrain. C'est de ce coin du Québec dont sont issus les Tremblay, famille qui donna de nombreuses personnes connues à la jeune province.

Nous parvenons ensuite à la plage de Sainte Irénée, où nous décidons de pique niquer. Une célèbre école de danse a élu domicile dans cette commune. après notre pique nique, nous reprenons notre route, mais nous avons encore pas mal de temps avant notre rendez-vous à Saint Siméon. nous décidons, en conséquence, de faire une petite halte à Port au Persil que le hasard place sur notre itinéraire.

C'est un tout petit village qui tient son nom du persil de mer et au sein duquel coule une rivière. La cascade sert de toboggan aux habitants du village.

Les paysages entre fleuve et campagne sont enchanteurs. Le hasard qui nous a conduit dans cette petite anse fait vraiment bien les choses. Nous avons passé un très agréable moment à Port au Persil.

Il est temps pour nous de reprendre la route et de nous diriger vers Saint Siméon

Notre bateau nous attend...

Saint Siméon est en effet le port d'attache de quelques embarcations qui emmènent les touristes voir les baleines sur le Saint Laurent.

Une légère brume de chaleur s'élève au dessus du fleuve, lui donnant des allures fantasmagoriques.

C'est dans cette atmosphère que se dévoilent à nous les cétacés qui viennent sur les grands fonds trouver leur nourriture.

Chaque rencontre provoque une vive émotion. Le bateau tente d'anticiper les plongées et réapparitions des mammifères et nous emmènent à leur suite sur le fleuve. Ce safari photo restera longtemps dans nos mémoires.

Nous retournons en soirée à Baie Saint Paul dont l'ambiance a quelque chose d'attirant.

Nous nous choisissons un restaurant sympa avec musique live assurée par un guitariste talentueux pour clore cette belle journée.

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Notre location de vacances aux alentours de Québec se situe juste en face du canyon Sainte Anne et de ses chutes. Le site a l'air tentant et vaut bien que l'on y consacre une matinée.

Ces chutes sont sans doute moins connues que les chutes Montmorency situées plus près de Québec, mais elles valent vraiment le détour. Elles sont plus étroites que les premières citées, ce qui renforce l'impression vertigineuse qu'elles dégagent. Elles sont de plus enchâssées dans un écrin de verdure, très agréable à parcourir.

Des passerelles et des ponts permettent d'enjamber le site et de mieux admirer la puissance des eaux. Mieux vaut s'abstenir si vous êtes sujet au vertige. Cela bouge un peu...


Le site est également le terrain de jeu de grimpeurs chevronnés qui n'ont pas froid aux yeux. Si vous êtes adeptes des sensations fortes, vous pouvez réserver une activité sur la via ferrata...

Les chutes de leur 74 mètres de haut sont quand même plus hautes que celle du Niagara. En tout, la balade autour du site dure de 40 minutes à 1 heure. Cela peut paraître court à certains vu le prix d'entrée, mais avec un enfant encore jeune, c'est le tempo idéal, dans un cadre à couper le souffle.

Nous faisons notre pause déjeuner au chalet et décidons d'aller passer notre après-midi sur la grande ville de Québec.

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Notre première journée à Québec, en pleines festivités de le nouvelle France nous avait offert une vision de la ville extrêmement animée, mais aussi très fréquentée par les touristes. La fièvre des festivités étant retombée, c'est l'occasion de mieux découvrir la ville.

Ce n'est pas pour autant que la ville est désertée de ses touristes, mais la tentation de retourner voir les vieux quartier était trop forte.

La visite du quartier du petit Champlain est l'occasion de passer devant des restaurants côtés de la ville comme le lapin sauté ou le cochon dingue.

C'est aussi l'occasion d'admirer quelques belles fresques murales qui reprennent l'histoire de la ville ou de déguster une tire au sirop d'érable : spécialité locale qui consiste à étaler du sirop d'érable sur un lit de glace avant d'enrouler le tout autour d'un bâtonnet pour réaliser une sucette 100% sirop d'érable.

Nous prenons ensuite la côte qui nous mène vers le coeur des vieux quartier et le château Fontenac.

Des terrasses au dessus du château, le panorama s'ouvre sur le fleuve.

Petit détour par les sites défensifs de la ville qui nous rappellent son passé mouvementé, mais qui offrent également des possibilités de balades sur les remparts.

Nous voici devant le bâtiment du parlement orné des statues des grands hommes de la belle province. Certaines rendent aussi hommage aux premiers habitants du pays : les amérindiens.

Au pied du bâtiment, a été édifié un jardin de senteurs avec également quelques légumes et des panneaux indiquant des recettes de cuisine pour les préparer.

Sur les plates-bandes qui entourent l'édifice, des statues représentent de grands hommes politiques, mais rendent également hommage à la place des femmes dans la société.


Nous passons devant le manège militaire et nous dirigeons vers les plaines d'Abraham.

Avec un tel nom, on s'attend à une vision biblique du paradis. Ce n'est pas tout à fait cela, bien que ce jardin d'Eden canadien soit très fleuri.

Nous retournons finalement vers le château en empruntant les petites rues commerçantes.

Cette fin de journée ensoleillée nous offre une lumière dorée sur la ville toujours animée.

On se sent tellement bien dans cette ville que pour un peu, on se transformerait bien en canadiens de la grande époque : celle de la conquête de l'Ouest.

Le soir tombe sur Québec et il est temps pour nous de rentrer au chalet.

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Le lendemain, nous sommes d'humeur à faire une randonnée. Les espaces verts et parcs nationaux étant légion au Québec, nous n'avons que l'embarras du choix et jetons notre dévolu sur le parc des hautes gorges de la rivière Malbaie. Arrivés sur place, nous constatons que ce dernier est fermé. Ah bon, cela ferme un parc naturel ? Et bien oui ! Nous décidons donc de nous rabattre sur celui des grands jardins et commençons la balade. notre fils ne tarde pas à fatiguer.

Heureusement, les bas côtés sont couverts de myrtilles qui constitueront le carburant de la promenade : arrêt tous les 10 mètres pour picorer dans les buissons ce qu'ici ils appellent des bleuets.

La promenade et les paysages sont sympas vus depuis le sommet du gros bras. Nous laissons un petit souvenir de notre passage sous la forme d'un amas de pierres.

Nous redescendons sur les bords du lac et nous apercevons que dans le coin, ils ont des causeries sympas le soir au coin du feu...

Les paysages environnants sont ceux typiques d'une forêt boréale avec la végétation qui va avec. Le feu a brûlé une partie de la forêt en 1991, laissant quelques troncs à nu depuis lors. Le parc est également paré de paysages de toundra tant apprécié des caribous. nous n'avons cependant pas vu l'ombre de leurs bois lors de notre promenade.

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Le lendemain, nous décidons d'aller rendre visite aux peuples autochtones. La réserve des hurons wendakes nous tend les bras.

Le temps que la visite guidée commence, nous jetons un coup d'oeil dans la boutique où les souvenirs s'entassent : des masques de cérémonie aux attrapes rêves. L'utilité accordée à ces objets est assez poétique. Les attrapes rêves sont censés retenir dans leurs mailles vos cauchemars de la nuit afin qu'ils soient brûlés par les premiers rayons du soleil levant.

La visite commence par une danse de bienvenue. A notre étonnement, les hurons n'ont pas tellement les traits des amérindiens. Nous aurons l'explication plus tard. La population fut décimée pour ne se réduire qu'à quelques dizaines d'individus. Des 300 hurons restant, 70 furent tués dans un conflt avec les iroquois à la fin du XIXème siècle. Le groupe ne dut sa survie qu'au métissage.

Notre guide nous fait ensuite visiter une grande maison traditionnelle et commence à nous expliquer le mode de vie des amérindiens.

Nous passons ensuite dans une sorte de salle de cérémonie où on nous présente des danses traditionnelles qui sont une forme de mythologie chantée et dansée.

Certaines font intervenir des rites liés à la fertilité représentée notamment par ces épis de maïs.

D'autres ont une dimension quasi totémique. Bien que réalisée avec une peau d'ours, cette dernière raconte cependant l'histoire du serpent géant Karibe Kouba, qui mis fin à une guerre entre les hommes en frappant le sol avec sa queue, creusant ainsi une vallée au sein de laquelle coule depuis une rivière.

Les mélopées entêtantes, voire quasi hypnotiques des chants hurons resteront longtemps dans nos mémoires et en France, plusieurs années plus tard, nous nous souvenons toujours de ces derniers.

Quelques spectateurs sont ensuite invités à venir partager un calumet (de la paix sans aucun doute). Dans ce cas là, je ne reste pas sur ma réserve et accepte volontiers l'invitation, sans même tousser...

Nous déjeunons au restaurant installé au coeur de la réserve où nous goûtons les plats traditionnels : une soupe à base de céréale en entrée, un plat de gibier (du cerf) ensuite, le tout arrosé de bière d'épinette très rafraichissante, sans alcool, au goût légèrement boisé. J'ai depuis tenté de retrouver cette boisson en France, en vain...

En dessert, on nous sert un gateau au sirop d'érable alors que la table est décorée d'une pleureuse : instrument funèbre qui était utilisé lors des cérémonies pour entrer en contact avec le monde des esprits. Le récipient était rempli d'eau des deux côtés : celui ouvert représentant le monde des vivants et celui fermé le monde des esprits et l'eau l'énergie de la personne décédée. Les indiens balançaient le récipient pour que l'eau circule d'un compartiment à l'autre et que l'énergie du mort puisse se réincarner dans le corps d'une autre personne. Le récipient produisait alors un bruit semblable à des pleurs qui aidaient la famille à extirper sa peine.

Après le repas, nous reprenons les visites avec une autre hutte dans laquelle sont exposés des objets du quotidien : vêtements notamment, dont bon nombre sont confectionnés à partir de peaux tannées. Le centre de la grande maison est occupé par un foyer.

Dehors sont installés séchoir et fumoir à poissons. Ces derniers permettaient de conserver la nourriture plus longtemps. De la même manière, les amérindiens déshydrataient de la viande de bisons dont ils emmenaient des boulettes lors de leurs déplacement. Ils réhydrataient cette dernière avant de la consommer.

Ils utilisaient également des huttes de sudation (sortes de saunas) à des fins hygiéniques, thérapeutiques et cérémonielles. Ils se frottaient avec des herbes qui faisaient office de savon. Lorsqu'un dilemme se posait, les protagonistes entraient dans la hutte de sudation et jeûnaient tout en méditant. La chaleur et la faim apportaient nous dit-on des visions de manière assurée.

Un peu plus loin se trouve un endroit tabou : la hutte où sont conservés les masques de cérémonie. Ces derniers étaient sculptés dans un arbre vivant. Si lors des opérations, l'arbre mourait, l'on considérait qu'il était habité par un esprit néfaste et le masque était détruit.

Nous nous installons ensuite dans deux grandes barques et notre guide nous montre, face à une nature parfois hostile, comment les hurons ont réussi à créer des moyens de transport à partir d'éléments naturels.

Ce peuple pratiquait aussi la pêche à la nasse ou la chasse aux petits et gros mammifères, pour lesquels les techniques de chasse pouvaient être très élaborées, passant notamment par le camouflage et le rabattage du gibier vers une zone enclose où les chasseurs n'avaient plus qu'à décocher quelques flèches.

Les hurons doivent leur nom à leur coiffure : sorte de banane au dessus de la tête qui a inspiré aux premiers français qui les ont rencontré la remarque : "quelle belle hure" en référence au groin des sangliers qui ont, il est vrai, une petite ressemblance avec la coiffure en question.

On le comprend au travers de cette visite, les hurons n'utilisaient pas de tepee, maison plus légère utilisée par les peuples nomades. Ils vivaient dans des huttes.

Ils ne sont pas non plus le seul peuple améridien que l'on peut croiser au Canada, comme en témoigne cette carte des implantations dans le pays.

J'aurais bien ramené un petit souvenir, mais n'étant pas certain de pouvoir passer la douane, mieux valait s'abstenir.

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Le lendemain, nous devons quitter Québec pour nous rapprocher du fjord de la Saguenay. En consultant mon itinéraire et mes réservations d'hôtel, je m'aperçois d'un loupé : nous n'avons pas de location pour le soir concernant cette étape. Ni une ni deux, avec l'ordinateur que nous emportons toujours en voyage et une connexion internet dans notre location de Québec, nous avons vite trouvé un appartement à Saint David de Falardeau.

Pas facile à trouver le Saint David de Falardeau en question... Le GPS n'arrête pas de me dire de tourner à droite alors que nous longeons une rivière sur notre droite et qu'il n'y a pas de pont.

Nous trouvons malgré tout notre chalet mais personne pour nous donner les clés. Nous faisons donc du porte à porte pour savoir si l'un des voisins connaît le propriétaire. Nouvelle surprise : Saint David de Falardeau est une station de ski et en été : à peine 10% des logement sont occupés... Nous finissons par trouver un logement occupé par des personnes qui appellent les propriétaires au téléphone car comble du bonheur, nous n'avons pas de réseau sur nos portables. Les propriétaire nous informent que les clés sont à retirer à 60 kilomètres de là mais il est tard et nous sommes crevés. Heureusement, il y a un plan B, une personne dans le village a un double des clés et finit par venir nous ouvrir. Les gens chez qui nous sommes aller sonner reviennent nous voir au chalet quelques dizaines de minutes plus tard en nous disant qu'ils n'étaient pas certain que l'on ait de quoi manger le soir et que si nous étions en panne, ils nous accueilleraient volontiers à dîner chez eux ! C'est ça l'accueil québecois. Ces gens sont d'une générosité rare !

Le lendemain, les galères continuent : ma femme va chercher quelque chose dans le coffre de la voiture et pose les clés dans le coffre. Elle le referme et comme nous avons une voiture qui se boucle automatiquement : les clés se retrouvent dans la voiture fermée avec personne à l'intérieur...

Retour chez nos bons samaritains qui appellent le loueur qui lui même mobilise un garage. Nos hôtes m'ayant dit auparavant : "je pourrais l'ouvrir ta charrette, mais je vais te la casser..." alors effectivement, je préfèrerais qu'on la laisse intacte la charrette sinon adieu la caution... !

Le garage dit pouvoir se libérer d'ici quelques heures et le loueur nous demande de patienter. Nos voisins reprennent les choses en main : ils nous disent connaître le garagiste et qu'ils vont l'appeler. Appel efficace : ces derniers se connaissent bien et notre garagiste part sur le champ à notre rencontre. 10 minutes plus tard notre problème est réglè. Décidément : j'adore les cousins du Québec !

Nous voilà donc repartis vers le fleuve au travers de paysages de lacs, de rivières et de forêts.

Nous rejoignons les bords du fleuve peu avant Tadoussac.

Entre temps, la météo s'est mise à la pluie et c'est sous les gouttes que nous découvrons cette charmante petite ville.

Dommage, sous le soleil, la promenade sur les quais doit être très agréable.

D'ici aussi partent des excursions nautiques sur le fleuve à la rencontre des baleines et autres cétacés, mais ça, on a déjà fait !

En soirée, le soleil semble vouloir réapparaître au dessus de Saint Fulgence, ce qui nous laisse bon espoir pour le lendemain. Le coin est connu des ornithologue. En effet, on peut observer ici une grande quantité d'oiseaux : plus de 200 espèces recensées, dont bon nombre de migrateurs.