Petit passage par Stonehenge avant d'aller découvrir les Cornouailles britanniques : terres de marais et de littoraux.
Juillet 2015
7 jours
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Après avoir découvert les Cotswolds durant le même séjour en Angleterre ; nous décidons d'aller passer une semaine dans les Cornouailles. Sur la route, nous nous arrêtons pour visiter le site mégalithique de Stonehenge. Ce dernier se situe sur une grande plaine au croisement de deux routes. On a beau connaître l'endroit par les différentes photos que l'on a pu voir ou encore au travers des descriptions des livres d'histoire, il n'empêche qu'il en impose ! Stonehenge a été édifié entre 2800 et 1000 avant JC. Il a connu plusieurs évolutions.

La signification de ce cercle de pierres reste complexe. On a bien souligné l'alignement avec le lever du soleil au solstice, mais il y a quelques milliers d'années, le soleil ne se levait pas tout à fait au même endroit et certaines pierres ont pu être remaniées.

Il ne faut pas négliger les très nombreuses tombes à incinération qui ont pu être trouvées sur le site, mais aussi les ossements tant d'animaux que d'humains qui peuvent donner des indices sur la signification religieuse du cercle de pierres.

Les grandes pierres que l'on voit dressées sont issues, d'après certaines études géologiques, de carrières situées au Pays de Galles, soit à plus de 250 kilomètres de là !.

A côté du site ont été reconstituées les habitations des personnes qui ont construit le Cromlech.

Le charriot montre comment les pierres ont pu être transportées sur la partie terrestre de leur itinéraire, sachant que l'on pense aujourd'hui qu'elle ont été en partie acheminées par voie maritime.

La force nécessaire au déplacement d'un seul bloc montre également la main d'oeuvre qu'il a fallu mobiliser pour la construction du site et suppose donc l'existence d'un pouvoir suffisamment centralisateur pour mobiliser cette main d'oeuvre.

L'exposition montre aussi les différentes phases d'évolution du site. A l'époque la plus ancienne : vers 2800 avant JC, Stonehenge se limite à une enceinte circulaire composée d'un fossé et d'un talus. On a retrouvé également de nombreux trous dans le sol qui montrent l'existence de poteaux à ces endroits (photo en bas à gauche).

Durant la phase vers 2100 avant JC, la chaussée d'accès est élargie et une allée processionnelle est édifiée entre les cercles de pierres bleues qui commencent à être érigés tout en restant inachevés (photo an bas à droite).

A la fin du troisième millénaire avant JC, le double cercle de pierres bleues est démonté pour laisser place à un nouveau projet. Un complexe de 75 monolithes est édifié en formant des trilithes : ensemble de portiques. Les faces intérieures des pierres sont taillées avec soin alors que les faces extérieures sont laissées dans un état plus brut. Les piliers formés vont en s'élargissant afin que vus du sol, ils donnent une impression de constance dans la taille.

Enfin entre 1500 et 1100 avant JC, la structure est démontée et un nouveau cercle de pierres bleues est édifié. Vers 1100, l'allée processionnelle est à nouveau élargie.

Sur le site, outre les tombes à incinération,on a trouvé une sépulture contenant un squelette avec quelques bijoux et des pointes de flèches. Plusieurs de ces pointes de flèches ont été retrouvées fichées dans le squelette, indiquant clairement la raison du décès. Ce corps retrouvé dans un fossé est datable de 2300 avant JC. On a également trouvé des gobelets campaniformes.

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Notre première visite en Cornouailles même nous emmène du côté de Polperro: village de pêcheur au milieu duquel coule la rivière Pol. Le village est petit, mais il a son tram...

La village se caractérise par ses façades blanches, qui sous un beau soleil doivent donner une touche de clarté supplémentaire, mais malheureusement, la météo de cette matinée nous réserve un temps couvert.

Au bout du village, le port de pêche ouvre sur la mer et sur une côte qui a du charme. Le village est connu dès le Moyen Age et a toujours vécu de la pêche jusqu'à ces dernières année, où il s'est tourné vers le tourisme. Ses quais ont été endommagés par de furieuses tempêtes dans les années 1770 et 1820 notamment.

Le village eu quelques résidents illustres comme le peintre Oskar Kokoschka, d'origine autrichienne, qui y vécut entre 1939 et 1940, ou encore les écrivains Angela Brazil, Sir Arthur Quiller-Couch ou Horace Walpole.

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Nous nous dirigeons ensuite vers Fowey, village où résidait Daphné du Maurier, l'auteure de romans restés célèbres comme "Rebecca", "Ma cousine Rachel" ou encore "L'auberge de la jamaïque".

L'église paroissiale que nous visitons est dédiée à Saint Finnbar.

Contre toute attente, le soleil est revenu et rend la promenade encore plus agréable.

La vue du petit port qui pointe ses canons sur le large est magnifique.

La promenade qui court le long de la falaise nous laisse entrevoir de belles maisons et des jardins fleuris.

Le doux climat océanique permet à de nombreuses plantes de pousser et aux jardins de développer une forme de luxuriance.

Cette petite ville, perchée à flanc de falaise était autrefois l'un des ports les plus dynamiques de l'Angleterre. Au bout de la promenade, sur un éperon rocheux, nous apercevons le château. Nous retournons ensuite vers le centre ville et sa rue principale, bordée d'anciennes maisons de pêcheurs.

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Nous poursuivons ensuite notre route vers Saint Just in Roseland : petite église du XIIIème siècle édifiée sur un site celtique du VIème siècle, au bord d'une crique qui permet à l'édifice de se refléter dans les eaux de la mer à marée haute. Le petit cimetière qui entoure l'église a quelque chose de très romantique.

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Notre balade s'achève à Saint Mawes Castle : forteresse en forme de feuille de trèfle qui fut érigée par Henri VII entre 1539 et 1543 pour faire pendant au château de Pendennis, situé de l'autre côté de l'estuaire de la Fal, afin d 'en protéger l'entrée. Construite au milieu d'agréables jardin, elle offre un beau point de vue sur la péninsule Lizard, bien connue des navigateurs.

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Notre séjour a ensuite été un peu perturbé par une crise d'urticaire d'origine alimentaire. Face à cette crise, j'ai tenté de consulter un médecin, mais le cabinet que j'ai appelé devait lui même me recontacter par téléphone pour évaluer les symptômes. C'est en vain que j'ai patienté en attendant ce coup de téléphone. Je me suis donc rendu chez un pharmacien qui m'a conseillé une pommade, qui n'a fait qu'empirer les chose. Le même pharmacien me conseille donc le lendemain de me rendre à l'hôpital. Arrivé là bas, on m'explique que l'hôpital ne prend pas en charge ce type de cas et me renvoie vers un cabinet de généraliste au sein duquel il prend cependant rendez-vous pour moi. Ce médecin me prescrit un traitement mais me donne une pommade à base de cortisone qui elle aussi empire les choses. Il aura fallu attendre mon retour en France et une visite chez mon médecin pour poser le bon diagnostic et me débarrasser du problème. Ah le système sanitaire britannique : tout un poème ! Rétrospectivement, c'est d'ailleurs sans doute une allergie aux scones qui a déclenché la crise. Comme ce monde et injuste ! Heureusement que durant cette semaine, nous avions un logement sympa dont nous avons quand même pu profiter durant tout ce temps perdu.

Malgré ces déconvenues, nos visites ne se sont pas totalement arrêtées. Nous voici à l'abbaye de Buckland.

Les bâtiments sont d'origine cistercienne, mais ils sont surtout connus pour avoir été la demeure du célèbre capitaine Drake.

L'intérieur nous laisse apercevoir l'ameublement de l'époque ainsi que des objets personnels de Drake comme ses armes ou encore son tambour.

En haut du grand escalier, c'est une statue du grand homme qui nous accueille, alors que dans l'une des pièces, trône une maquette d'un des navires qu'il commanda.

Un partie des appartements est aménagée comme à bord d'un bateau afin de mettre les visiteur un peu plus dans l'ambiance.

Une autre partie de l'exposition est consacrée à la vie monacale telle qu'elle pouvait se présenter au sein de l'ordre des cisterciens, c'est à dire marquée par le travail et par une certaine forme d'austérité.

Retour ensuite à l'époque de Drake. Dans l'abbaye, un petit film nous explique l'attachement de ce personnage historique à ce lieu.

Les jardins de l'abbaye, bien aménagés offrent des espaces de détente. Plus loin, les dépendances servaient de cidrerie.

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Le lendemain, nos pas nous portent vers l'autre Mont Saint Michel, car ici aussi ils ont un Mont Saint Michel, ou plutôt le Saint Michael Mount !

Le mont est reliè par une chaussée à la ville de Marazion. Cette dernière ne peut cependant être empruntée à pied qu'à marée basse. Pour notre part, c'est dans en bateau que nous rejoindrons le rocher.

A peine débarqués, nous entamons la grimpette vers le bâtiment qui culmine au sommet en nous demandant ce qui nous attend : abbaye ou château ? Le lieu est marqué par les légendes locales comme ce galet en forme de coeur, assimilé à celui d'un géant.

Les premiers bâtiments datent du XIIème siècle et le port du XVème, mais l'occupation est plus ancienne. Une première communauté monastique est répertoriée en cet endroit entre le VIIIème et le XIème siècle. L'établissement était en fait un don d'Edouard le confesseur à l'abbaye française.

Le prieuré fut saisi par la couronne sous Henri V, au moment où l'Angleterre était en guerre contre la France.

Le mont est la propriété de la famille Saint Aubyns depuis 1640, c'est donc leur maison de famille que l'on visite.

Tant l'intérieur du château que ses jardins reflètent la vie confortable et luxueuse que pouvaient mener les lords britanniques.

Une légende cornique raconte qu'en 495, des pêcheurs auraient aperçu l'archange Saint-Michel sur un éperon de granite sortant de la mer en cet endroit. Il semble bien également que le Saint Michael Mount soit en fait le Mictis de Timée mentionné par Pline l'ancien dans ses oeuvres et l'Ictis mentionné par Diodore de Sicile. Les deux hommes se seraient appuyés dans leur description sur l'oeuvre perdue de Pythéas, marin grec qui s'y serait rendu au IVème siècle avant JC.

La chapelle de la demeure nous rappelle qu'ici tout comme en France, selon les légendes locales, le mont aurait été bâti par Satan, avant que Saint Michel ne lui en reprenne la propriété. Rappelons simplement que sur les terres celtiques, le culte de Saint Michel a souvent remplacé le culte de Lug : dieu de la lumière, dont les lieux de culte étaient souvent situés sur des hauteurs.

Dans une des salles du château, on peut admirer une maquette du mont en liège, construite par le majordome de la maison avec les bouchons des bouteilles de champagne bues par les propriétaires. Pas de doute, my lord savait recevoir !

Nous profitons enfin de la collection d'armes des propriétaires car tout châtelain doit avoir une collection d'armes anciennes... avant de rejoindre les extérieurs.

Nous repassons devant la chapelle Sainte Marie avant de rejoindre le petit quai.

Cette promenade a mont Saint Michel nous a bien plu.

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Nous profitons que la journée ne soit pas trop avancée pour nous diriger un peu plus au nord vers land's end.

La côté déchiquetée est fort belle et au détour des sentiers, on trouve, de ci, de là, des vestiges du néolithique comme ces allées couvertes

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Nous poursuivons notre route en direction de saint Ives : petit village qui vivait autrefois de la pêche et qui a aujourd'hui une vocation touristique très affirmée.

Virginia Wolf, enfant, passait ses vacances à Saint Ives. C'est d'ailleurs cet endroit qui lui a servi d'inspiration pour son roman : "La promenade au phare".

Dans le port, nous avons la surprise de surprendre un phoque qui profite lui aussi de la côté tout en suivant les bateaux qui rentrent.

Le petit village, entouré de différentes plages est très sympa.

On trouve parfois dans les vitrines des choses qui peuvent nous paraître très kitch comme ces pâtisseries en tricot !

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Le lendemain matin, le temps est plus menaçant, mais nous nous engageons dans les gorges de la Lyford.


Bien entendu, nous n'avons pu échapper totalement à la pluie, ce qui rend la promenade un peu moins aisée sur des pierres devenues très glissantes.

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Nous nous enfonçons encore plus profondément dans le Dartmoor et ses paysages de landes désolées.

C'est l'un des rares endroits en Europe où il est encore possible de croiser des poneys sauvages.

Le village de two bridges, quant à lui porte bien son nom . Les deux ponts situés au croisement de deux pistes enjambent la Dart et le plus ancien d'entre eux date de l'époque médiévale.

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En soirée, nous parvenons à Dartmouth. Le petit port aménagé en retrait de l'estuaire est bordé d'un quai aménagé en 1548. C'était là que se concentrait autrefois toute l'activité commerciale de la ville.

Agatha Christie s'y rendait régulièrement pour faire ses courses au fameux marché aux poissons. Pour ce faire, elle prenait un train à vapeur et descendait à la station de Churston (qui apparaît dans Poirot joue le jeu), à côté de Brixham. La ligne, fermée en 1963, est rouverte aujourd'hui: un train à vapeur impeccablement conservé dans son jus et entretenu par des bénévoles perpétue la tradition et transporte les voyageurs en longeant la côte jusqu'à Dartmouth, la plus belle ville du Devon, non loin de laquelle Agatha Christie acheta en 1938 sa vaste propriété lorsqu'elle devint célèbre… Etendue de part et d'autre de la large rivière Dart, Dartmouth se différencie par ses deux rives: sur la rive nord, d'anciennes habitations de pêcheurs multicolores en plusieurs gammes pastel surplombent le fleuve. Sur la rive sud, à quelques centaines de mètres de l'imposant Britannia Royal Naval College, où la reine Elisabeth II a rencontré Philip Mountbatten, futur duc d'Edimbourg, des quais pavés et, derrière, des maisons à colombages somptueuses datant des XVe et XVIe siècles. C'est sur cette rive, au Royal Castle Hotel (dont l'histoire remonte à 1639!), que l'écrivain résidait avant l'achat de Greenway, et l'endroit apparaît sous le nom de Royal George Hotel dans Témoin indésirable.

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age 

Notre dernière journée en Cornouailles s'annonce très pluvieuse, mais nous ne nous décourageons pas et prenons la route du Nord en direction de Tintagel.

Nous commençons par visiter le vieux bureau de poste. C'est le plus vieux d'Angleterre et il date de 1380.

Après avoir visité le bureau de poste sous une pluie battante, nous nous rendons au château.

Le château de Tintagel est fortement ancré dans la légende arthurienne. C'est le lieu de la résidence aristocratique de Tristan, le célèbre personnage de la légende de Tristan et Yseult.

Force est de constater que du château, il ne reste que quelques pans de murs perdus dans un paysage tourmenté.

Après une journée bien humide, nous sommes contents de retrouver notre location au domaine de Rushmore Lake.

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Le jour où nous devons rentrer en France par le ferry au départ de Portsmouth, nous recevons un SMS de la compagnie maritime nous informant qu'une étape de l'America Cup de déroule le même jour, ce qui nous permet d'admirer les bateaux de course dans le port.