antiquités grecques

Voyage en Grèce continentale à la découverte des sites antiques
Octobre 2016
7 jours
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19 octobre 2016, nous partons en direction de la Grèce. Nous atterrissons à Athènes, où notre loueur de voiture nous a amené notre véhicule : une ford focus . Nous prenons de suite la route d'Aliki situé dans le golfe de Corinthe. Dès les premiers kilomètres, le GPS nous lâche. Nous nous arrêtons donc dans une station service pour acheter des cartes routières. Le soir, nous parvenons à notre location accrochée à flanc de colline.

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Dès le lendemain matin, nous nous rendons sur le site de Delphes, lieu mythique de la Grèce antique. Nous avons finalement choisi d'utiliser un téléphone portable et googlemaps pour trouver notre route.

L'endroit est sublime. Le panorama moutonne en oliveraies qui glissent vers la mer. Durant les temps préhistoriques, se dressait ici un lieu de culte dédié à la terre mère , avant qu'Apollon ne devint maître du temple en tuant un serpent monstrueux : Python : fils de la terre et gardien de son temple. Le village occupait autrefois l'emplacement du site archéologique. Les français ont financé sa reconstruction un peu plus loin afin de pouvoir mener les fouilles.

Nous pénétrons sur le site par la voie sacrée et plus exactement par l'agora romaine dans laquelle on peut encore voir les niches dans lesquelles étaient autrefois installées des échoppes dans lesquelles les pèlerins pouvaient autrefois acheter des souvenirs ou des offrandes. Des stèles votives inscrites en grec montrent l'importance que revêtait le site durant l'antiquité.

Face à la vallée, différents monuments autrefois érigés commémoraient des évènements importants. Sur l'emplacement carré de la photo de gauche ou trouvait autrefois l'offrande de Lysandre et des navarques. A côté, on trouvait celle faite après la bataille de Marathon. Venait ensuite une reconstitution du cheval de Troie.

Ces premières offrandes faisaient face à l'hémicycle des rois d'Argos. C'est l'ensemble de la voie sacrée qui était jalonnée d'offrandes et de trésors. Ces constructions édifiées par les différentes cités-Etats étaient destinées à recueillir les dons de leurs concitoyens tirés des guerres et des pillages si l'on en croit Plutarque.

Nous continuons sur la voie sacrée et passons devant le trésor de Sicyone : ville du Nord du Péloponnèse, composé à partir de réemplois de deux bâtiments plus anciens : une ancienne tholos et un monoptère : une colonnade sur plan rectangulaire. Dans l'alignement, se trouve le trésor de Siphnos (île de Grèce) qui comportait une frise représentant des épisodes de la guerre de Troie. Vient ensuite le trésor des Thébains, d'allure sobre comme le montre la reconstitution. Ce dernier fut bâti à l'occasion de la victoire lors de la bataille de Leuctres.

Dans le virage, nous atteignons le trésor des Athéniens, édifié vers 490 avant JC, après la bataille de Marathon. Les sculptures de métopes représentent des batailles contre les amazones ou encore des scènes représentant les travaux d'Hercule ou de Thésée.

L'omphalos : le nombril se trouvait un peu en contrebas de ce trésor. Cette pierre rappelait la légende selon laquelle Zeus aurait lâché deux aigles aux extrêmités du monde qui se seraient retrouvés à Delphes. tout naturellement, Delphes représentait donc pour les grecs le centre du monde symbolisé par cette pierre.

Un peu plus loin, nous passons devant le rocher de la Sybille. C'est là que la première prophétesse du site aurait rendu ses oracles.

Nous poursuivons le long du portique des Athéniens qui abritait les trophées pris aux perses lors de batailles navales. Le mur de soutènement du temple d'apollon, réalisé en grosses pierres polygonales a résisté à tous les tremblements de terre.

Nous parvenons enfin au temple d'Apollon.

L'édifice que nous pouvons observer date du IVème siècle avant JC, les bâtiments antérieurs dont le plus ancien datait du VIIème siècle avant JC ayant été détruits par les incendies et les tremblements de terre. C'est là que la Pythie rendait ses oracles. elle était choisie parmi les jeunes paysannes vierges de Delphes jusqu'en 217 avant JC, date à laquelle l'une d'entre elle s'enfuit avec un consultant. On finit donc par prendre des femmes de 50 ans pour jouer ce rôle.

A droite du temple, une colonne torsadée représente les restes du trépied de Platées, offert par les athéniens après leur victoire sur les Perses commandés par Mardionos. Il représentait trois corps de serpents entrelacés dont les têtes supportaient un trépied en or. Ce dernier fut fondu par les Phocidiens lors de la troisième guerre sacrée. Autre pilier caractéristique : celui de Prusias, à base carré, qui fut offert par le roi de Bythinie au IIème siècle avant JC et qui portait une statue équestre de ce roi.

Le fronton du temple d'Appollon portait autrefois la devise "Connais toi toi-même". D'autres inscriptions du type : "supporte et abstiens toi" ou encore "Rien de trop" invitaient à une morale pragmatique.

La Pythie officiait dans une salle sous le temple. Après s'être purifiée en buvant de l'eau de la source sacrée et en mâchant des feuilles de laurier (arbre d'Apollon), elle attendait derrière son voile, juchée sur un trépied. Entraient alors un prêtre et deux officiants qui l'aspergeaient d'eau froide. Si la Pythie tréssaillait, la consultation était annulée, sinon, le consultant pouvait poser sa question. La Pythie entrait alors en transe. Le prêtre interprétait l'oracle souvent sybillin, tel celui rendu au roi Sardes Crésus, avant son entrée en guerre contre les perses, indiquant que s'il menait cette guerre, un grand royaume serait détruit. En fait , l'oracle l'informait de la destruction de son propre royaume et non de celui des perses. Une fois l'oracle rendu, le consultant devait verser une taxe reversée à la confédération des cités. Vu la liste d'attente, le paiement d'une surtaxe permettait même d'être prioritaire pour les consultations. Ces consultations avaient lieu à l'origine une fois par an. Elles eurent ensuite lieu une fois par mois, sauf les mois d'hiver durant lesquels, Apollon, dieu solaire s'éclipsait. Les oracles étaient manipulés par les prêtres et les politiciens. Au final, les romains, peu en accord avec cette manière de faire de la politique mirent fin à cette pratique. On sait aujourd'hui que la Pythie était installée sur une faille qui libérait de l'éthylène : gaz aux effets hilarants et euphoriques.

Les anciens considéraient l'ayton comme la tombe de Python : fils de la terre. Ce lieu aurait aussi abrité la tombe de Dionysos qui occupait le temple d'Apollon durant les mois d'hiver.

En Grèce, Dionysos est aussi le dieu du théâtre. Il n'est donc pas surprenant de trouver, sur le site de Delphes, un magnifique théâtre antique, construit au IVème siècle avant JC et restauré par Eumène II, roi de Pergame en 159. Ce théâtre pouvait accueillir 5 000 spectateurs lors des célébrations delphiques commémorant la victoire d'Apollon sur Python.

Le stade quant à lui, date du IIIème siècle avant JC, même si les gradins que l'on peut voir aujourd'hui datent de l'époque romaine. Auparavant, les spectateurs s'asseyaient dans l'herbe.

Il pouvait contenir 7 000 spectateurs. Les 3 arcs de triomphe qui lui donnaient en partie sa grandeur sont aujourd'hui ruinés. Il servait pour les jeux pythiques organisés tous les 4 ans.

Selon Aristote, le théâtre serait né des dithyrambes : processions, chants et danses liés au culte de Dionysos et effectués en souvenirs des hauts faits des héros grecs. Dionysos était par ailleurs non seulement le dieu du vin, mais aussi celui de la fête. Les spectateurs participaient avec enthousiasme aux représentations. Les premières eurent lieu à proximité des lieux de culte, avant qu'elles n'intègrent un lieu spécifique pour le théâtre. Reconnaissons qu'à Delphes, le spectacle devait être autant sur la scène que dans les paysages environnant.

Nous poursuivons notre exploration du site et redescendons vers le temple, où les constructions restantes montrent le système d'évacuation des eaux.

Delphes est un lieu magique, emprunt de quiétude, mais aussi de grandeur et de religiosité. Ce sanctuaire serti dans son écrin de verdure marque les esprits.

Les constructions en pierres jointives sans aucun liant sont superbes et montrent l'art des tailleurs de pierres et des architectes de ce site, qui dans l'Antiquité, était l'un des principaux sites religieux de la Grèce.

En contrebas se dressait le gymnase dont on peut encore observer la piscine ronde et la palestre des lutteurs.

A côté du gymnase se situait le temple d'Athéna Pronaia, aujourd'hui très ruiné, dont il ne reste que trois des colonnes de la tholos. Le temple faisait face à la vallée du Pleistos et côtoyait deux trésors.

Parmi ces trésors, figurait celui des Massaliotes, fondateurs de la ville de Marseille. On a retrouvé sur le site des statuettes mycéniennes qui témoignent d'un culte antérieur à celui d'Athéna.

Après cette visite du site, nous nous rendons vers le musée qui conserve quelques très belles pièces comme ces statues mycéniennes ou encore des têtes de griffons en bronze.

Le musée conserve quelques pièces très connues comme ces kouroi (jeunes hommes en grec) représentant Cléobis et biton : deux héros semi-mythiques d'Argos. La légende dit que chaque année, les argiens organisaient une fête en l'honneur d'Héra. La mère des jumeaux devait arriver à cette fête sur un charriot tiré par des boeufs. Les boeufs étant dans la campagne et tardant à venir, les jumeaux s'attelèrent sous le joug et traînèrent le charriot. Leur mère demanda alors à la déesse qu'elle leur donne le meilleur pour des mortels. Après la fête, les deux jumeaux s'endormirent et ne se réveillèrent jamais. Héra venait de montrer que la mort valait mieux que la vie pour des mortels. Le sphinx des naxiens est une autre oeuvre majeure. Le sphinx était lié à la divination et était le gardien des tombes. On ne sait pas si celui ci gardait la tombe de Python ou celle de Dionysos.

Les fresques du trésor de Siphnos montrent des lions tirant le char de Cybèle et dévorant des géants habillés en hoplites.

Plus loin sont exposés des casques, ainsi qu'une statue chryséléphantine retrouvée dans les fosses de l'Aire. Cette dernière réalisée en or et en ivoire représente sans doute apollon. Le site comporte également des statues d'Artémis et de Léto. On voit encore sur celle d'apollon les arcs où devaient s'incruster les faux sourcils.

De petites plaques en os très abimées représentaient des épisodes du récit des argonautes.

On a également retrouvé un taureau en argent grandeur nature...!

Cette statue d'une victoire (Niké en grec) date des environs de 515 à 510 avant JC et ornait donc l'un des temples ayant précédé celui d'Apollon. Plus loin, une magnifique coupe représente le Dieu offrant une libation de vin et jouant de la lyre de la main gauche. En face de lui est perchée une corneille (Coronis en grec). Coronis était cette jeune femme dont le dieu s'était épris et qu'à sa demande, sa soeur, Artémis tua d'une flèche, cette dernière ayant eu des relations avec Ischys, un mortel. Lorsque son corps fut sur le bucher funéraire, Apollon en a extrait Asclépios, son fils, devenu dieu de la médecine.

Vient ensuite un superbe brûle parfum de Paros, en bronze, représentant une jeune femme tenant un chaudron sur sa tête. Plus loin, devant une copie de l'omphalos, se dresse la colonne des danseuses. On a identifié ces trois jeunes femmes aux ménades de la suite dionysiaque dont on sait qu'elles dansaient sur le Parnasse qui surplombe le sanctuaire. se succèdent ensuite des statues d'un philosophe, puis d'Agias, poète grec et d'Antinous, favori de l'empereur Hadrien.

La pièce la plus célèbre reste cependant l'aurige : le conducteur de char. Cette pièce grandeur nature (1.8 m) a été retrouvée en 3 morceaux. Elle faisait partie d'un ensemble plus vaste comprenant la statue du char à 4 ou 6 chevaux et d'un serviteur. Des fragments du char, de queues et de jambes de chevaux ont été retrouvés près de la statue. Cet aurige est coiffé du bandeau de la victoire et présente les caractéristiques de la statuaire archaïque. Cette statue date de 478 ou 474 avant JC et a été consacrée par Polyzalos, frère de Géla, tyran de Syracuse pour fêter la victoire de son char aux jeux pythiques.

C'est sous les rayons du soleil couchant sur la vallée du Plélios que s'achève notre journée de visite à Delphes.

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Le lendemain, nous sommes en visite à Athènes. Nous pique niquons dans les jardins à côté du Parlement où nous assistons à la relève de la garde.

Le ballet millimétrés des gardes, fait d'amples mouvements de bras et de jambes et de glissades attire de nombreux touristes.

Après avoir assisté à ce spectacle, nous prenons la direction du quartier de Plaka en prenant la rue Mitropoleos. Nous profitons de l'ambiance animée des rues d'Athènes.

Sur la place Mitropoleos, se dresse la petite métropole, superbe église byzantine du XIIème siècle, qui jouxte sa grande soeur plus récente. L'ancienne église est consacrée à la Vierge Gorgoépikoos et à saint Eleufthérios. Elle fut construite avec de nombreux remplois. Sur sa façade, les fresques représentent ainsi le calendrier des fêtes attiques. Elle devint la métropole orthodoxe d'Athènes quand les évêques furent expulsés du Parthénon par les Francs, puis par les Turcs. Entre 1839 et 1842, elle servit de bibliothèque.

La nouvelle métropole date du XIXème siècle. Elle est aujourd'hui la cathédrale orthodoxe d'Athènes. Devant l'édifice, se dresse la statue de Déméskinos, archevêque d'Athènes du milieu du XXème siècle.

L'intérieur a tout de l'édifice orthodoxe : à la fois richement décoré et hiératique.

Nous poursuivons ensuite notre promenade et parvenons devant la bibliothèque d'Hadrien. Cette dernière, édifiée en 132 sur l'Agora romaine aurait été détruite au siècle suivant lors d'un raid Hérule.

L'édifice comprenait une bibliothèque, un centre culturel, un forum, un dépôt d'archives, ou une palestre et un temple du culte impérial. La bibliothèque aurait contenu environ 20 000 rouleaux.

Le bâtiment faisait 120 mètres de long et 80 de large et Pausanias le Périégète nous le décrit comme un édifice de 100 colonnes au toit doré et décoré de précieux objets en albâtre. Un peu plus loin, c'est l'agora romaine, mais nous aurons l'occasion d'y revenir...

De là, nous avons vue sur l'acropole.

Nous poursuivons notre visite du quartier de Plaka vers l'église Aghios Nikolaos Rangavas qui faisait partie du palais de la famille Rangabé dont un membre (Michel) devint empereur.

Pour cette première visite sur Athènes vu l'heure à laquelle nous sommes arrivés, nous avons délibérément choisi de ne pas visiter l'acropole. Il faut dire que la météo n'était pas non plus d'un soleil rayonnant. Après avoir déambulé quelques temps dans le quartier de Plaka, nous prenons la direction du musée de l'acropole. sous ce dernier, on peut encore voir les fondations des constructions antiques.

Même si les frises sont aujourd'hui au British Museum, une copie de ces dernières figure dans les collection du musée. Les sculptures des pédiments représentent la naissance d'Athéna avec les principaux Dieux présents. On voit sur la gauche les chevaux qui tirent le char du soleil et côté droit, ceux qui tirent le char de la lune. Le pédiment Ouest représente la lutte entre Athéna et Poséidon pour devenir le dieu tutélaire de la cité.

Les fresques du Parthénon représentaient les panathénées. la procession part du côté Ouest, où sont représentés les préparatifs. Elles se déroulent ensuite sur les côtés Nord et sud où sont représentés tout d'abord des cavaliers puis des chars. Sur le côté Est, elles arrivent devant les dieux et au milieu de la frise est représentée la remise du Péplos : la tunique brodée d'or dont était revêtue la statue de la déesse Athéna.

Les cariatides de l'Erechteion sont le clou du spectacle, mais d'autres statues sont aussi captivantes. On croirait voir certains visages de pierre pleurer la fuite des siècles.

Une autre partie de l'exposition nous montre comment, à l'aide d'instruments de levage, les édifices ont pu être construits. Ces bâtiments étaient colorés, à l'origine et l'exposition nous montre la production des pigments.

Enfin, des maquettes nous montrent l'évolution du site au travers des siècles et les transformations subies sous les différentes occupations notamment francques et turques.

Pour notre fils, clou du spectacle, le musée comprend aussi une reconstitution du site en lego. Tout y est, y compris les tâches de sang dans le théâtre où se déroule visiblement la représentation d'un drame.

C'est à la nuit tombante que nous quittons le musée.

Après cette visite, nous profitons une dernière fois de l'animation du quartier de Plaka avant de rentrer à Aliki, dans le golfe de Corinthe, à quelques 150 kilomètres de la capitale.

Nous logeons chez Giorgios. Notre propriétaire est assez bavard. Il nous délivre quelques bons conseils. Le village d'Aliki n'est pas très vaste. Une toute petite supérette et une taverne ouverte hors saison sur le port constituent la quasi totalité des commerces. Nous aurons d'ailleurs l'occasion d'aller y dîner de poulpe grillé un soir. Les poissons sont pêchés au large. Notre petite maison est accrochée à la montagne. On y accède par un sentier à pic, non goudronné. Après les pluies, le chemin se creuse de ravines et devient difficilement accessible en voiture.

La maison est fort agréable et bien décorée. Le vent souffle dans le golfe et s'engouffre sous les toit en faisant craquer la toiture.

Le site est assez joli et la vue depuis les hauteurs fort appréciable. Il y a peu de touristes au village. Seuls deux propriétaires font des locations. sur la route, on croise essentiellement des troupeaux de chèvres et quelques ruches installées dans la montagne. Depuis la terrasse ou la piscine, la vue s'ouvre sur le golfe de Corinthe.

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Pour l'étape suivante, nous pénétrons dans le Péloponnèse sous la pluie et atteignons notre destination : les ruine de la cité de Mycènes. Nous entrons dans la citadelle par la porte des lionnes. On voit encore les traces de pivot et des charnières creusées dans le linteau. La sculpture du triangle de décharge au dessus de la porte a, quant à elle, conservé la trace des lionnes qui ont laissé leur nom à cette porte. Il ne manque que les têtes des animaux qui étaient en bronze.

Mycènes est un site nettement moins touristique que l'Acropole. Nous sommes pourtant au coeur d'une très grande civilisation qui connut son apogée entre les XVIème et XIIème siècle avant JC, celle là même qui pense-t-on, mena ses plus grands héros sous les murs de Troie. C'est au coeur du cercle des tombes royales entouré d'un double dallage vertical que l'archéologue Schliemann a découvert des inscriptions en linéaire A et B.

Derrière le cercle de 6 tombes royales se tenaient des habitations. La citadelle comprend également un palais construit entre 1500 et 1400 avant JC. On peut encore en distinguer la grande cour pavée. Suit une petite cour carrée, puis le vestibule du bâtiment principal : le mégaron, où était dressé le trône face au foyer circulaire, dont les traces sont encore visibles sur le sol. Plus loin, insérée dans les remparts, se trouve l'entrée d'un sous-terrain qui menait à une citerne alimentée par une source qui servait notamment en cas de siège. La voûte en encorbellement est remarquable. De la citadelle, la vue porte loin sur la vallée.

La pluie nous contraint cependant à nous réfugier dans le musée.

Outre une maquette du site, ce musée contient quelques très belles pièces liée à cette civilisation, passée maître dans de nombreux arts et techniques comme la peinture, l'orfèvrerie ou la metallurgie. Il ne faut donc pas réduire les mycéniens à des être violents comme peut le laisser penser l'histoire d'Atrée qui fait servir à table des morceaux de ses neveux ou d'Oreste, qui influencé par sa soeur, tue leur mère pour venger son père Agamemnon après que ce dernier ait lui même sacrifié sa fille Iphigénie. La richesse de ces récits mythologiques montre en tout cas ce que la Grèce classique doit aux Mycéniens.

On peut observer dans le musée une épée mycénienne classique avec sa longue lame, sa garde courbée et son pommeau.

Le musée contient de nombreuses copies de pièces trouvées alentour. Les principaux originaux sont à Athènes. On y voit notamment les célèbres statues anthropomorphes en terre cuite retrouvées dans la zone cultuelle et typiques de la civilisation mycénienne. Les poteries sont admirablement décorées, là encore dans un style très reconnaissable avec notamment des représentations d'animaux marins. D'autres figurines en terre cuite prennent des allures zoomorphes.

Les archéologues ont trouvé dans les ruines des bijoux et des perles qui montrent le souci du luxe et la richesse des populations qui y ont vécu.

Les fresques murales quant à elles, rappellent une influence orientale.

La civilisation mycénienne avait une indéniable caractère belliqueux. Schliemann a retrouvé sur place des épées, mais aussi un masque en or (trouvé au sein du cercle de tombes) qu'il a attribué à Agamemnon, sans que cette appartenance ne puisse être prouvée. C'est en tout cas le masque mortuaire d'un personnage important.

Les mycéniens étaient aussi sans doute de grands navigateurs et des commerçants. On a en effet retrouvé des artefacts représentatifs de cette civilisation en Crète, en Egypte, au Moyen Orient, et plus à l'Ouest en Italie.

Le musée présente aussi des techniques et des ustensiles de la vie quotidienne. sont ainsi exposées des figurines anthropomorphes articulées dont on ne sait exactement si elles ont servi au culte ou si elles étaient de simples poupées utilisées par les enfants. On peut également observer des pierres qui ont servi de poids sur des métiers à tisser.

En sortant, nous allons admirer le tombeau de Clytemnestre, en forme de ruche ou de tholos et qui date de 1300 avant JC. Là encore, rien ne vient démontrer le lien entre cette tombe et le personnage mythique.

A 50 mètres se trouve le tombeau d'Egisthe, dont la coupole est effondrée. L'entrée est surmontée de 3 énormes linteaux.

Un peu en contrebas du site, on trouve une autre tombe royale appelée tombe d'Atrée. La pierre de linteau pèse 120 tonnes. On se demande comment elle a pu être hissée à cette hauteur. L'architecture de ce tombeau est remarquable.

Comme on peut le voir, outre ces tombeaux massifs, l'architecture mycénienne est essentiellement une architecture de fortifications, contrairement à celle que nous avions pu observer en Crète, qui elle est essentiellement palatiale. Sans doute, les tensions de l'époque étaient-elles plus grandes.

C'est sur cette visite culturelle que s'achève notre journée. Nous rentrons à notre villa que nous atteignons à la nuit tombée.

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Le lendemain, le soleil est revenu sur le Golfe de Corinthe et nous décidons de retourner sur Athènes.

Nous trouvons un parking en ville et commençons à arpenter les rues dans lesquelles les commerces ambulants de pain font déjà leurs affaires.

C'est d'un pas léger que nous nous dirigeons vers l'Acropole. Peu à peu, les petites ruelles et les sentiers prennent de l'altitude. On distingue bientôt les premiers édifices blancs accrochés à la colline. Le site occupe en effet le sommet d'une hauteur située à 156 mètres d'altitude. Le mur d'enceinte encerclait à l'origine la citadelle et le palais du seigneur mycénien du lieu. Plus tard, le roi d'Athènes fut également le chef religieux et le rocher fut dédié à Athéna.

On accède au site en passant devant l'Odéon d'Hérode Atticus, datant de 161 et remarquablement conservé.

On se présente ensuite devant les propylées.

Ce propylée monumental ne fut jamais achevé. Les travaux furent interrompus par la guerre du Péloponnèse. Les terrasses étaient à l'origine couvertes d'une foule de statues. Même inachevé, le lieu est à la fois grandiose et hiératique. Il ne cesse d'impressionner le visiteur par l'impression de puissance qu'il dégage.

Depuis les propylées, la vue sur la ville est magnifique.

Au sommet des propylées, sur une terrasse, se dresse le temple d'Athéna Niké. Ce monument élégant contenait autrefois la statue d'Athéna victorieuse. Quelques unes de ses fresques peuvent être vues au musées de l'Acropole.

L'Acropole nous offre une vue plongeante sur les monuments athéniens comme le théâtre antique de Dionysos.

Plus loin, c'est le temple de Zeus, encore appelé Olympéion, facilement reconnaissable avec sa colonne couchée. Nous voyons également le bâtiment moderne du musée de l'Acropole que nous avons visité quelques jours plus tôt.

Ce qui fait la grandeur du site reste cependant son temple principal : le Parthénon. Ce fut la première construction lancée par Périclès en 447 avant JC. Ce magnifique temple est constitué de 20 000 blocs de marbre. L'assise du temple est légèrement bombée et les colonnes sont plus larges en bas qu'en haut pour donner au spectateur une impression d'élancement. Quel dommage que Lord Elgin ait fait découpé ses magnifiques fresques pour les emmener au british museum...

L'édifice du Parthénon a d'abord été construit pour abriter la statue chryséléphantine de la déesse Athéna, oeuvre de Phidias, à laquelle les athéniens apportaient des offrandes. Il servit également à abriter le trésor de la cité. Le monument est rapidement devenu le symbole de la démocratie athénienne.

Sur le côté du Parthénon se situe l'Erechtéion. C'est le monument le plus complexe du rocher sacré et le dernier à avoir été construit, sans doute vers 405 avant JC. On aperçoit d'abord un petit sanctuaire avec ses cariatides correspondant au temple de Crécrops, une des personnalités liées à la fondation d'Athènes.

l'Erechtéion était pour les grecs l'endroit le plus sacré d'Athènes, car selon la tradition, c'est là que Poséidon aurait planté son trident lors de la dispute avec Athéna. Cette dernière aurait répliqué en faisant apparaître un olivier. L'Erechtéion était dédié à Athéna Polias, protectrice de la cité et à Poséidon, auquel on aurait finit par identifier Erechtée, héros mythique de la ville d'Athènes . Les athéniens y célébraient une statue d'Athéna en bois d'Olivier qui selon la tradition serait tombée du ciel et fut consacrée par Crécrops. Juste à côté, se trouvait le Pandroseion : bâtiment où l'on conservait l'olivier sacré d'Athéna.

On trouvait aussi sur le site de ce temple une chapelle dédiée à Pandrose, une des trois filles de Crécrops qui furent toutes trois des prêtresses de l'Erechtéion, ainsi qu'un puits d'eau salée, don de Poséidon. Nul doute en tout cas que l'olivier que l'on voit aujourd'hui au pied du temple ait une valeur plus que symbolique. Le bâtiment tel qu'on le voit aujourd'hui date de la guerre du Péloponnèse.

Les cariatides du bâtiment sont superbes. Leur nom leur a été attribué secondairement. On les appelait auparavant koré en grec : les jeunes filles. Plusieurs interprétations ont été données au sens de ces statues : il pourrait s'agir de jeunes filles de Laconie qui dansaient chaque année pour Arthémis Karyatis ou les choéphores de Crécrops, le baldaquin correspondant à la partie visible de son tombeau.

Dernière vue sur le Parthénon avant de rejoindre les propylées et d'amorcer notre descente.

Après la visite de l'Acropole, nous nous rendons sur l'aréopage ou colline d'Arès. Selon la légende, Hairrhotios, fils de Poséidon fut tué par Arès après qu'il eut violé la fille de ce dernier. Les dieux jugèrent et acquittèrent Arès sur la colline du viol, qui depuis tire son nom du Dieu. C'est aussi sur cette colline que siégeait l'aéropage des 9 archontes en charge de rendre la justice à Athènes.

C'est aussi en ce lieu que selon la tradition chrétienne, Saint Paul fit un discours important aux citoyens d'Athènes, relaté dans les actes des apôtres : "Citoyens d'Athènes, je constate que vous êtes, en toute chose, des hommes particulièrement religieux. En effet, en parcourant la ville et en observant vos monument sacrés, j'y ai trouvé un autel portant cette inscription : Au Dieu inconnu. Or, ce que vous vénérez sans connaître, voilà ce que moi je viens vous annoncer."

Après cette visite du site de l'acropole qui a traversé les siècles et midi approchant, nous nous mettons à la recherche d'une taverne et nous ne tardons pas à en trouver une dans les petites ruelles juste en dessous de l'escarpement rocheux. Nous commandons quelques spécialités grecques : salade Dakos entre autre. Le restaurant a l'air d'attirer une clientèle plutôt locale . Un repas de baptême se tient dans la salle pendant que nous déjeunons en terrasse en profitant d'une température particulièrement clémente puisqu'il fait 28°.

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Après le déjeuner, nous nous lançons à la découverte du quartier d'Anafiotika avec ses maisons blanches.

Le quartier tire son nom de l'île d'Anafi dont sont issus les maçons qui sont venus s'y installer à la fin du XIXème siècle.

Les murs blancs passés à la chaux, les plantations de geranium et les ruelles étroites devaient leur rappeler leur île. Ce quartier est très agréable. On se croirait à mille lieux d'une capitale Européenne. Il n'est cependant pas si facile à trouver, même avec une carte.

Nous passons ensuite devant les ruines d'une école de philosophie de l'antiquité avant d'accéder à l'ancienne Agora.

Nous longeons, à l'entrée du site, l'église des apostoli au pied de laquelle poussent des oliviers. L'église date de 1000 - 1025 et fut construite sur les ruines d'un nymphaion romain du IIème siècle.

Nous sommes au coeur de la cité antique. On venait autrefois à l'Agora pour y faire du commerce, mais aussi pour y échanger des nouvelles. On y trouvait les sièges des services publics et des sanctuaires. A l'Ouest de la voie des Panathénées qui traversait le Bouleutérion (salle du conseil ou de la Boulé) dont les 500 membres préparaient le travail de l'assemblée, se situe l'ecclesia, sur la colline du Styx.

C'est également sur l'Agora que siégeaient les 50 prytanes en charge de l'administration et désignés parmi les membres de la Boulé. L'un d'entre eux était désigné pour être le chef de l'Etat athénien pendant 24 heures. C'est aussi là que brûlait le foyer d'Athènes.

Le temple d'Ephaïstos domine l'Agora. Il est aussi appelé théséion, en raison des frises Nord et Sud de son fronton qui représentent les exploits de Thésée, alors que d'autres immortalisent les travaux d'Hercule.

En redescendant, nous passons devant les emplacements des temples de Zeus, Athéna et Apollon.

Près de l'entrée principale, nous passons enfin devant le portique des géants, décoré de géants comme son nom l'indique et de tritons. Ce sont en fait les restes de la stoa d'Agrippa, transformée en gymnase, puis détruite par les barbares.

Le bâtiment de la Stoa d'Attale a quant à lui été bien restauré et contient aujourd'hui un musée.

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Nous nous rendons ensuite sur l'Agora romaine qui remplaça progressivement la grecque.

L'un des attraits de cette Agora est son horloge des vents encore appelée horloge de Kyrritos. C'était à la fois un cadran solaire et une horloge hydraulique.

En soirée, après avoir fait un peu de lèche vitrine et avoir pris un verre en terrasse, nous décidons de prendre la voiture pour aller un peu plus loin.

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Direction le Cap Sounion. Nous arrivons juste au moment où les gardiens ferment l'accès au temple de Poséidon.

Nous ne le verrons donc que depuis la colline en face. De là, nous avons une belle vue sur le golfe saronique. Le site lui même est impressionnant.

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Nous poursuivons notre voyage en Grèce et passons par la canal de Corinthe, long de 6 kilomètres, qui permet de relier le golfe saronique au golfe de Corinthe. Dans l'antiquité, les bateaux faisaient ce trajet sur des charriots avant que le canal ne soit creusé. On aperçoit encore les traces du Diolkos : le chemin sur lequel passaient les bateaux. Néron fit donner le premier coup de pioche pour la construction du canal en 67 et fit venir 6 000 esclaves juifs pour les travaux qui furent interrompus à sa mort et ce jusqu'en 1893, date d'inauguration du canal.

Nous faisons ensuite route à travers les beaux paysages du Péloponnèse et plus exactement de la région de l'Argolide. Le Péloponnèse doit son nom à Pélops, roi légendaire. Les paysages et les villages sont superbes. Les grandes villes par contre présentent souvent assez peu d'intérêt. Cette région est grande comme environ 4 départements français. elle est montagneuse et environ 1.2 millions de grecs y vivent. Par contre, on y dénombre 40 millions d'oliviers et 9 millions d'orangers...

Nous arrivons à Epidaure et son théâtre antique. Ici, on touche au grandiose.

En 1829, les membres de la mission archéologique française de Morée retrouvent ce théâtre qui avait presque disparu sous une couverture de pins et d'oliviers. Considéré comme le plus parfait de l'antiquité, le théâtre présente une harmonie architecturale et une acoustique sans pareil. Il fut construit en deux temps : Polycète le jeune le commença au IVème siècle avant JC. Les 21 rangées supérieures ont été ajoutées à l'époque héllenistique, doublant sa capacité pour atteindre 12 000 places. Le soupir d'un acteur ou la chute d'une pièce sur le rond central s'entend de n'importe quel endroit dans les gradins.

Le site en lui même réhausse la grandeur de l'édifice. Le théâtre s'ouvre en effet sur un immense paysage. Le théâtre se divisait en trois parties : d'abord les gradins (cavea), ensuite une surface circulaire (orchestra) où se situait le choeur, enfin une troisième partie dont on n'aperçoit aujourd'hui plus que les fondations : le proskénion : bâtiment rectangulaire derrière le choeur. C'est sur celui ci que jouaient les acteurs. Ces deniers étaient tous masculins. Les spectateurs devaient payer pour assister au spectacle, mais une indemnité était versée aux plus pauvres pour que ces derniers puisent venir. Les représentations pouvaient durer jusqu'à 6 heures en enchaînant tragédies et drames satyriques.

Epidaure ne se limite cependant pas qu'au théâtre. Les touristes ont tendance à délaisser les ruines du sanctuaire d'Asclépios qui valent pourtant le détour.

Ce site fut rien de moins que le premier hôpital de la Grèce antique. Selon la légende, Asclépios, fils d'Apollon et de Coronis est né sur les hauteurs du mont Kynortion. Elevé par le centaure Chiron, il hérita de lui la connaissance des plantes et de la médecine. Il acquit même le pouvoir de ressusciter les êtres humains. Ici, les soins commençaient en égorgeant des animaux en sacrifice. Les malades s'assoupissaient dans le dortoir sacré (avaton) peuplé de serpents inoffensifs en s'enroulant dans la peau de l'animal sacrifié.

Le Dieu apparaissait ensuite en songe au dormeur sous les traits du serpent sacré et lui indiquait sous forme cryptée le traitement à suivre, ce que des prêtres traduisaient sous une forme de prescription. L'eau jouait un rôle primordial dans les soins et les ruines montrent un système de canalisations en pierres qui permettait d'acheminer l'eau qui jaillissait dans une source sur la montagne située derrière le site.

Il règne en tout cas sur le site une quiétude susceptible d'apporter le repos aux malades.

Les musée du site contient des instruments chirurgicaux. Des inscriptions décrivent les remèdes miraculeux d'Asclépios.

Le musée reconstitue l'architecture traditionnelle des temples et permet au visiteur de s'imaginer sur le site au moment où les édifices étaient encore en place.

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Nous nous dirigeons toujours plus au sud et atteignons le village de Nauplie. Ce dernier fut le premier à être libéré de l'occupation turque et il fut aussi capitale de l'Etat grec avant Athènes.

La petite ville nichée au fond du golfe argolique a beaucoup de charme.

Au soir, les ruelles sont colorées par le soleil couchant. On y contemple une ancienne mosquée, des fontaines ornées d'arabesques, des portails monumentaux, des balcons ouvragés... Pour les grecs, Nauplie est la ville de l'amour. Gérard Philippe aimait s'y ressourcer, appréciant tout spécialement une petite chapelle sous la citadelle.

Le port est également magnifique avec sa forteresse perchée sur son rocher.

On a ici quelques décors de carte postale, comme ces escaliers qui montent vers la citadelle qui surplombe la ville.

C'est sous les derniers rayons du soleil couchant que nous profitons de l'ambiance de cette petite ville qui se repose de l'animation de la journée.

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Le lendemain, le soleil n'est pas moins présent à Aliki dans le golfe de Corinthe. Nous prenons notre petit déjeuner et partons vers le Nord. Giorgios, notre propriétaire nous a conseillé d'aller visiter une petit village de montagne sur la route de Delphes.


Le village d'Arachova est dominé par le mont Parnasse. Avec sa vingtaine de pistes, c'est l'une des stations de ski les plus fréquentées du pays. Elle regorge de petits hôtels, restaurants et tavernes.

Nous sommes en plein coeur de la Béotie. Les églises byzantines du village ont conservé quelques belles fresques.

L'église de saint Jean, dotée de son clocher extérieur surplombe la vallée. Pourtant, c'est surtout le culte de Saint Georges qui marque ce village. Ce dernier, en tuant le dragon, aurait libéré les eaux de la source qui alimente le village.

Arachova vaut le détour pour ses petites ruelles et ses maisons de pierres.

Nous nous arrêtons pour déjeuner sur la petite place ombragée du village. Des banquettes confortables nous tendent les bras et nous en profitons pour savourer ce petit moment de repos.

Après le déjeuner, nous prenons les petites rues en pente à la découverte d'une autre église.

Arachova fut aussi le lieu d'une célèbre bataille entre les troupes turco-albanaises de Mustapha Bey, fraîchement auréolé d'une victoire sur la côté Nord de la Béotie et les grecs de Georges Kariaskakais. Prises en étau dans la vallée, les troupes ottomanes tentèrent de fuir sur les pentes enneigées du Parnasse, où elles furent décimées.

Nous reprenons enfin les petites ruelles pour retourner à la voiture.

A la sortie du village, la vue sur ces dernier accroché à son flanc de colline est magnifique.

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Nous quittons Arachova pour rejoindre le monastère d'Osssios Loukas.

En 945, Luc le Stiriote, né dans les environs de Delphes, décida de s'installer en ce lieu. Le monastère, également perché à flanc de colline, offre une panorama grandiose sur la vallée alentour.

Saint Luc : Ossios Loukas en grec, édifia une petite église dédiée à Agia Varvara. A sa mort, une communauté monastique s'installa à sa place afin de construire une église dédiée aux pélerins. Le monastère s'est ensuite étoffé pour former une vaste enceinte polygonale, dont l'axe principal est orienté Est/Ouest, conformément à la tradition byzantine. Ce monastère construit en 1011 est aujourd'hui un des plus beaux exemples de l'art byzantin.

Ossios Loukas est aujourd'hui un site majeur de l'art médiéval en Grèce, classé à l'UNESCO. Une communauté religieuse continue d'habiter les lieux.

Le monastère est connu pour ses magnifiques mosaïques sur fond d'or datant du XIème siècle, le raffinement de sa décoration, ses fresques, ses pavements de marbre de jaspe et de porphyre.

L'intérieur du bâtiment vaut vraiment le détour.

Les parties qui se visitent comprennent deux églises. La plus petite : Panagia est dédiée à la Théotokos : la Vierge Marie. Elle date du Xème siècle et son intérieur est relativement sobre. La plus grande : la Katjolikon date du XIème siècle. Elle est richement décorée de mosaïque et d'une coupole de 9 mètres de diamètre, ornée de fresques du XVIème siècle. Il faut aussi admirer le pavement extérieur des édifices constitué sur la technique du cloisonné : chaque pierre étant entourée de briques.

Dans les bâtiments d'habitation, on peut aussi visiter la cellule d'un pope.

La crypte abrite le reliquaire de Saint Luc qui aurait eu le don de guérison et de prophétie, ce qui explique les pélerinages en ce lieu. Ses reliques ont ensuite été transférées au Vatican.

Le travail manuel faisait également partie des obligations des moines et notamment la mise en valeur des terres.

La culture de l'olivier était au coeur de l'économie locale. Le monastère comprenait des bâtiments destinés aux travaux spécialisés : boulangerie, atelier de couture, tonnellerie, fabrique d'huile d'olive avec pressoirs en pierre et jarres de terre cuite. L'huile était essentielle tant pour l'alimentation que pour l'éclairage. On lui reconnaissait aussi des vertus curatives et les résidus de presse étaient utilisés comme combustible pour chauffer ou alimenter les cuisines.

Le monastère jouit en tout cas d'une certaine prospérité économique et d 'une situation idéale au sein d'un terroir dominé par le sommet du mont Hélikon.

Pour notre part, nous avons apprécié les moments de quiétude passés en ce lieu.

Il ne nous reste plus qu'à rentrer sur le golfe de Corinthe pour profiter de notre dernière soirée en Grèce.

Le lendemain, nous quittons notre location, direction Paris.