une semaine passée à Séville, à la découverte des arts arabo-andalous. Carrefour de civilisations, Séville possède un héritage incomparable.
Octobre 2014
7 jours
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Octobre 2014... Cela fait plusieurs années que nous rêvons d'aller découvrir l'Andalousie, non pas pour ses prairies dont nous pourrions nous souvenir : nous ne sommes pas de taureaux de corrida, mais parce que c'est une terre où les cultures se sont croisées, de manière pacifique ou plus belliqueuse, en laissant les traces culturelles de ce passage; de ce brassage...

Partir vers le Sud au mois d'Octobre, c'est aussi pour nous une manière de retarder l'entrée dans l'hiver. Nous pouvons en effet penser que le soleil d'Andalousie sera au rendez-vous... Nous quittons donc la Normandie et les fêtes d'Halloween qui se préparent pour aller plus au Sud.

Petite pause déjeuner à l'aéroport. Andalousie, nous voilà...

Nous avons réservé un appartement non loin du centre historique et le soleil est bien au rendez vous, donnant aux façades du quartier des teintes chaudes. Le propriétaire de l'appartement est écossais. Il est venu en Espagne dans le cadre du programme Erasmus, y a rencontré une jeune femme qu'il a épousé et il est resté sur place... Nos fenêtres donnent juste sur une église dont les cloches sonnent toutes les heures. Cela nous effraie un peu en nous donnant peu d'espoirs d'un bon sommeil. heureusement, finalement, nous nous apercevrons que les sonneries s'interrompent la nuit !

L'appartement est à quelques mètres du Guadalquivir : le grand fleuve andalous qui tient son nom de l'arabe : l'al Wadi al Kabir : la grande vallée et le grand fleuve en arabe classique. D'emblée, le décor est planté. L'entrée du port de Séville était gardée par la Torre del Oro : la tour de l'Or, construite au début du XIIIème siècle, sous la domination Almohade, elle servit dit on à entreproser l'or venu des Amériques au XIVème siècle

Pour nous, en cette première journée, le contraste est saisissant par rapport à notre Normandie. Non seulement le soleil est présent, mais la chaleur aussi. Les jardines de Christina offrent heureusement un peu d'ombre. Ils font face au palais de San Telmo avec sa jolie façade ôcre, qui abrite aujourd'hui le siège du gouvernement autonome d'Andalousie.

Au coin de la rue, l'Hôtel Alfonso XIII est un établissement de luxe.

Nous découvrons les façades colorées de l'avenida de la constitucion et en passant sous une ancienne porte, nous remontons les petites ruelles qui mènent vers le centre historique en admirant les cours intérieures si typiques de l'architecture arabo-andalouse. La promenade nous mène devant l'Alcazar.

De la plaza Virgen de los Reyes, nous avons une vue d'ensemble de la cathédrale Notre Dame du siège, édifiée en 1402 sur le site de la mosquée Almohade. Elle a conservé le minaret de la dire mosquée (la Giralda) devenu son clocher. L'édifice religieux jouxte le palais Arzobispal : le palais archiépiscopal, résidence actuelle de l'archevêque, également réputée pour la richesse de son fonds documentaire. La place est récente (1790) et occupe l'ancienne place des ormes de la mosquée. Elle accueillit successivement les réunions du chapitre ecclésiastique et celles du conseil municipal.

Nous poursuivons par les ruelles du quartier de Santa Cruz jusqu'à la place du même nom où se dresse une croix en fer de 1692.

Au détour de nos pérégrinations, nous découvrons quelques spécialités andalouses : éventails peints à la main et céramiques colorées.

Le quartier de Santa Cruz est inclus dans le périmètre de l'ancienne muraille. Il tire ses origines du Moyen Age et regorge de légendes, d'églises et de palais témoins de son passé. Il est réputé pour ses ruelles étroites et ses places ombragées qui en font un des lieux privilégiés du tourisme Sévillan. Ce quartier est est situé sur l'ancien ghetto juif de l'époque chrétienne. Sous la domination musulmane, la médina s'étalait à cet endroit. Après la reconquête, de nombreux juifs s'installèrent à Séville et constituèrent la seconde communauté hébraïque d'Espagne après celle de Tolède. Cette époque de tolérance dura jusqu'à 1300.

En longeant les murailles de l'Alcazar, nous arrivons au jardines de Murillo, puis un passage voûté nous amène vers la cathédrale.

Sur le patio de la Banderas se déroulent, au moment où nous y sommes, des fouilles archéologiques. Des restes humains ont été retrouvés et les hypothèses concernant ce site sont que les vestiges sont ceux de la crypte de la cathédrale Wisigothique où est enterré Isidore de séville. L'avenir nous dira ce qu'il en est.

Retour Plaza del Triunfo, au coeur de Séville, où les cochers des calèches se donnent rendez vous pour tenter de convaincre les touristes de monter dans leur équipage. Du pied de l'Alcazar, la vue s'ouvre sur le principal édifice religieux de la ville. Pouvoir temporel et pouvoir spirituel se font face.

La Tore del Oro (tour de l'Or) a été bâtie sous la domination Almohade. Une autre tour faisait le pendant sur l'autre rive du fleuve et la lourde chaîne entre les deux permettait de bloquer le port. Elle tient son nom soit des Azulejos qui la couvraient, soit du fait que l'or du nouveau monde y était débarqué. A son pied, nous jouons les andalous...

Nous profitons des bords du Guadalquivir avant de rentrer dans le quartier de Triana où se trouve notre appartement. Cette soirée ensoleillée de fin octobre est très agréable.

Sur les quais, les lauriers roses sont restés en fleur.

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Le lendemain, une fois la photo des kayaks sur le Guadalquivir prise, nous reprenons notre itinéraire de la veille. Nous avons pour objectif de visiter le Real Alcazar.

Nous nous retrouvons donc au pied de la muraille, où en attendant l'ouverture, les visiteurs commencent à faire la queue. Rapidement, la file s'allonge... L'alcazar fut édifié par les Omeyyades d'Espagne, à partir de 844, sous le règne d'Abd-Al-Rahman II. Le bâtiment fut modifié plusieurs fois sous les Almohades. Au XIIème siècle, Alphonse XII entreprit la construction d'un premier palais gothique sur le site de l'Alcazar.

Passée la puerta del Leon, nous accédons à l'ancienne cour de garnison, puis au patio de la Monteria : patio de la chasse.

C'est ici que la cour se réunissait avant d'aller chasser. Se dresse face à nous, le palais Mudejar, parfaite association entre l'architecture ibérique et musulmane puisque suite à une alliance, Mohammed V avait envoyé ses meilleurs artisans à Pierre Ier pour construire et décorer l'Alcazar.


Nous pénétrons ensuite dans la casa de la contratacion, fondée par les rois catholiques en 1503 pour contrôler les activités de négoce. A cette époque, l'Espagne avait le monopole du transport de l'or entre l'Amérique et l'Europe. Dans ce bâtiment, on peut aujourd'hui visiter le salon de l'amiral où sont exposées les toiles représentant les événements ou personnages importants ayant un rapport avec Séville. On peut également visiter la salle des audiences.

Nous pénétrons ensuite dans le palais Mudéjar et suivons une enfilade de salles dans lesquelles nous entrons par des portes aux stucs ouvragés. Les murs sont couverts d'Azulejos et les plafonds offrent des cloisonnés en bois peint.

Nous accédons au jardin des demoiselles (patio de la Doncellas) qui tire son nom de la légende selon laquelle les maures exigeaient 100 jeunes filles vierges par an comme hommage des chrétiens. Le niveau inférieur a été édifié par Pierre Ier et le niveau supérieur par Charles Quint.

Les murs de la cour sont couverts de mosaïques de 5 couleurs différentes : l'ocre représentant le sable du désert, le bleu l'eau, le vert la végétation et le blanc et le noir respectivement le bien et le mal. A l'étage du bas, les inscriptions décrivent Pierre Ier comme un musulman.

De nombreuses salles de réception somptueuses se situent sur les côtés du patio. Au coeur de ce dernier se situe un grand bassin rectangulaire éclatant, bordé en contrebas par des jardins. C'est en fait depuis l'étage supérieur que les jeunes femmes de la cour pouvaient observer les invités d'honneur des réceptions. C'est en ce lieu que se déroulait la vie officielle de cour. Le patio fut construit entre la cour des Ambajadores (le salon des ambassadeurs) et l'ancienne salle du trône du palais abbaside. Dans le mur mitoyen du palais gothique, on a taillé des divans mauresques dans la pierre, pour pouvoir contempler à loisir le patio.

Nous entrons dans le salon des ambassadeurs, décoré d'Azulejos et de plâtre ciselé. Il présente trois arcatures symétriques, chacune composée de trois fers à cheval. C'était autrefois la salle du trône du palais abbaside d'Al Murwarak. C'est dans cette salle que Charles Quint a célébré ses noces avec Isabelle du Portugal. Sur les murs, des inscriptions dans le style coufique fleuri (calligraphie coufique dans laquelle viennent s'insérer de petits motifs de fleurs) viennent trahir la présence d'artisan de Grenade sur le chantier, puisque ce style est également utilisé dans l'Alhambra.

Ce salon était aussi appelé salle de la moitié d'orange. Il suffit de lever les yeux pour comprendre : le plafond est composé d'une superbe coupole en cèdre doré représentant des constellations d'étoiles symbolisant l'univers. Au dessus des voûtes, des moucharabiés décoratifs permettaient d'aérer la salle. En haut des murs, on trouve des balcons en ferronnerie ajoutés à la Renaissance, soutenus par des consoles en forme de dragons. Au dessus des balcons, nous avons des arcades aux voûtes en ogives gothiques dans lesquelles ont été représentés des rois espagnols de Recewinthe (roi wisigoth) à Philippe III. Au dessus d'eux, les 32 femmes sont les allégories des attributs de chacun des monarques.

Voici enfin le patio de las Munecas : le patio des poupées qui doit son nom aux petits visages sculptés sur l'une de ses colonnes. Il constituait le cœur domestique du palais et était réservé aux dames.


Nous ressortons pour nous diriger vers le palais gothique et le patio del Crucero, installé au dessus des anciens bains.

Les salones de Carlos V contiennent de superbes tapisseries et des azulejos du XVIème siècle. Nous sommes ici dans les appartements de Charles Quint. C'est à partit de ces bâtiments que nous avons accès aux jardins.

Les jardins occupent 80% de la surface de l'Alcazar. On y trouve une profusion de fleurs, arbres fruitiers et de fontaines. C'est sans doute de la fontaine de Mercure et de la galerie du grotesque qui suit le tracé de la muraille que la vue sur les jardins prend toute son ampleur.

La promenade des jardins de l'Alcazar est l'une des plus agréables de Séville alors que s'y unissent les styles arabe, renaissance et moderne. Ils sont disposés en terrasses de végétation verdoyante et présentent une multitude d'orangers et palmiers avec des fontaines, des pavillons aux alentours desquels on respire la fraîcheur et l'on goûte la quiétude.

Maël a adoré les petits labyrinthes végétaux. Il a bien fait courir son papa dans les petites allées. Heureusement que la fraîcheur apportée par les fontaines et les ombrages était au rendez vous.

Sous la lumière du soleil d'octobre, ces jardins sont un enchantement.

Au sein du jardin du Cenador, se trouve un pavillon où Charles Quint aimait venir dîner en été.

Les bassins sont peuplés de poissons qui donnent envie aux plus jeunes de faire quelques photos.

Sous la fontaine, se trouve le jardin de la danse, qui donne sur le jardin de Troie, menant lui même à celui de la galère. Ce sont ensuite la jardin des fleurs et celui du prince qui se profilent en enfilade.

Avant de quitter les lieux, nous retournons admirer le patio de demoiselles et ses splendides arabesques.

Dernier petit tour également par les jardins, où nous déjeunons dans un petit salon de thé. Ce Real Alcazar nous aura fait forte impression et constitue sans doute une bonne introduction à l'Alhambra.

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Nous nous dirigeons maintenant vers les petites rues commerçantes du centre ville, où certains magasins ont conservé leurs devantures anciennes.

Le flamenco est à l'honneur.

La foule Sévillane a investi la plaza San Salvador où à la sortie du travail, de nombreux jeunes gens viennent boire un verre en terrasse.


Pour notre part, nous sommes de retour Avenida de la constitucion, mais notre promenade ne s'arrête pas là...

En longeant la cathédrale, nous assistons à une démonstration de flamenco donnée par une andalouse au caractère ombrageux.

Nous voici de retour à la plaza del Triunfo, coeur du centre historique de la ville.

Nous abordons finalement le quartier El Arenal, qui abritait jadis le port et accueillait aussi le quartier général de l'artillerie. Nous passons par le petit jardin du teatro de la Maestranza, dans lequel les palmiers portent des chapelets de dattes.

Devant le Teatro de la Maestranza, une statue rend hommage à Mozart. La salle de spectacle a été bâtie en 1991, peu avant l'exposition universelle. Elle accueille aujourd'hui l'orchestre philharmonique de Séville. Sa forme circulaire fait écho aux arènes.

La corrida est au coeur de la culture sévillane et la plaza de Toros de la Maestranza revit avec ses bars et ses restaurants durant la saison de la corrida.

Nous poursuivons en direction d'El Postigo : marché d'artisans, avant d'accéder à la plaza del Calbido : petite place en arrondi, bien cachée. Sur cette place, El Torno vend des sucreries provenant de couvents. L'un d'entre eux a d'ailleurs sa cour qui donne sur la place.

Les magasins de faïences, autre spécialité locale sont aussi bien présents sur cette place.

Retour vers le centre et les petites ruelles de Santa Cruz qui ne cessent de nous charmer.

La devanture d'un magasin d'épices embaume les rues. Nous accédons ensuite au jardines de Murillo, où nous nous arrêtons pour prendre quelques photos au pied d'un arbre liane, sous la lumière de cette fin d'après-midi.

Ce petit jardin deviendra un de nos endroits favoris pour les fin de journées à l'ombre des arbres, avec un bon verre de citronnade à la main.

En soirée, nous rentrons dans notre quartier de Triana en traversant le Guadalquivir et profitons de la lumière dorée sur le fleuve.

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Le lendemain, nous partons à la découverte d'un nouveau quartier. Nous commençons par visiter l'université. Elle est installée dans l'ancienne manufacture royale de tabac. On y trouve encore les restes de la prison où étaient enfermés les employés indélicats qui tentaient de se lancer dans la contrebande.

Plus loin nous passons devant le teatro Lope de la Vega qui rend hommage au dramaturge du XVIème-XVIIème siècle. Ce théâtre néobaroque qui porte son nom a été inauguré pour l'exposition ibéro-américaine.

Nous entrons ensuite dans le Parque Maria Luisa et parvenons devant la plaza de Espana. Cette place est le joyau de l'exposition universelle de 1929.

Quarante huit bancs carrelés aux armoiries des provinces espagnoles bordent cette place en hémicycle. La brique et le marbre rose se marient magnifiquement au bleu du ciel. Le palais contient de nombreux bas reliefs réalisés par le sculpteur Pédro Navia. Parmi ces derniers sont représentées les armes de la ville de Séville, 24 aigles avec les armoiries de sa majesté Charles V et 48 médaillons représentant des nobles espagnols (un au dessus de chaque province). Quatre statues de 3 mètres flanquent les deux petites flèches de l'édifice central. Les quatre ponts représentent quant à eux les quatre couronnes d'Espagne. Pas de doute, c'est une visite toute symbolique qui s'offre à nous.

Les plus grands écrivains d'Espagne ne peuvent que contempler cette oeuvre avec dévotion.

Les jardins et les pièces d'eau offrent quant à eux un cadre magnifique pour se reposer et prendre le frais.


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La cathédrale de Séville ou Cathedral de Santa Maria de Sede se dresse sur le site de la grande mosquée bâtie par les Almohades à la fin du XIIème siècle. Au pied de l'entrée principale, se trouve une reproductions de la Giralda : la girouette qui trône au sommet de son clocher.

L'édifice abrite le tombeau de Christophe Colomb, porté par quatre sculptures d'hommes arborant les blasons des royaumes de Castille, Navarre, Léon et Aragon. En fait, de nombreux pays se disputent les reste du célèbre navigateur et l'on n'est pas certain que ceux de Séville soient authentiques. Par contre, son fils est bien inhumé dans la cathédrale.


La bâtiment recèle également de nombreux trésors comme la sacrista mayor, le superbe retablo mayor ou encore la capilla mayor. Le retable gothique est un chef d'oeuvre gigantesque composé de quarante cinq panneaux qui retracent la vie de Jesus. C'est la troisième plus vaste cathédrale après Saint Pierre de Rome et Saint Paul de Londres. Ses dimensions en font également le plus grand édifice gothique entièrement construit au Moyen Age. L'intérieur avec la nef est décoré de façon fastueuse avec profusion d'or.

La beauté du lieu tient cependant beaucoup à sa cour. C'est ici que les fidèles musulmans effectuaient leurs ablutions à la fontaine, sous l'ombre des orangers, avant la prière. Le nom de la cour (patio de los naranjos) fait directement référence à la présence des arbres fruitiers. La porte du pardon (peurta del perdon) constitue un autre vestige de la mosquée .

Du haut du clocher, la vue sur l'édifice et sur la ville est plongeante. On voit le Real Alcazar et le Guadalquivir au loin.

La cathédrale possède en outre une collection impressionnante de tableaux et de statues ainsi qu'un grand nombre de pièces d'orfèvrerie.

Nous profitons une dernière fois de la cour avant de sortir de l'édifice.

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Nous nous dirigeons ensuite vers la plaza sans Francisco, également appelée plaza mayor. C'est la plus ancienne place de séville sur laquelle se trouve l'hôtel de ville et la banque d'Espagne. Elle est aussi un lieu apprécié pour les processions lors de la semaine sainte.

Dans le quartier du centro, certaines devantures seraient plus qu'improbables en France.

De nombreux commerces ont conservé une plaque émaillée annonçant le nom du propriétaire, du commerce ou le type de boutique.

Nous retournons ensuite vers le centre historique, passons devant la cathédrale, sur la place Virgen de los Reyes avant d'aborder les petites ruelles de Santa Cruz.

Depuis la petite ruelle longeant l'Alcazar, on découvre de beaux patios regorgeant de verdure.

Nous terminons notre journée plaza de Espana, où les rayons du soleil couchant viennent illuminer les majestueux bâtiments.

Retour à l'appartement, dans le quartier de Triana. Nous logeons chez Emi et Brian. Lui est écossais et s'est retrouvé à Séville pour faire ses études avec le programme esrasmus. Il y est maintenant installé depuis plus de vingt ans avec sa femme andalouse.

Triana demeure un quartier ouvrier traditionnel avec ses ruelles étroites et fleuries. Il a également la réputation d'être le berceau des grands toréros, des artistes de flamenco et des navigateurs.

Ce quartier est aussi connu pour ses fabricants de céramiques, pour ses miradores : balcons en fer forgé et souvent vitrés. Le nom de Triana vient de l'empereur romain Trajan.

Le marché couvert regroupe bon nombre de spécialités : fruits, légumes, charcuterie, jambon, épices et escargots...

Nous passons devant la capillita del Carmen : petite chapelle bâtie en 1926, qui se dresse à l'extrêmité du pont Isabelle II, avant de retourner vers le centre ville et le quartier de la Macarena.

Nous passons devant l'iglesia de la Magdalena...

puis nous poursuivons vers le centro.

et enfin nous nous arrêtons dans une brasserie devant la cathédrale, où nous prenons des calamars et des légumes frits, ainsi qu'une glace en dessert...!

Excellent déjeuner à l'ombre de la Giralda.

Dans les petites rues commerçantes derrière la cathédrale, des boutiques vendent des robes de flamenco. Pour autant, à part quelques églises, le quartier de la Macarena ne nous enchante pas et nous ne tardons pas à retourner vers Santa Cruz, où un banc nous tend les bras Plaza Dona Elvira, pendant qu'un guitariste s'essaye à un air de flamenco.

Là aussi, les costumes de flamenco envahissent les rues.

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Dernier jour à Séville. Nous allons bien profiter de cette journée pour faire quelques visites supplémentaires.

Nous passons devant une amusante statue représentant une petite fille en train de lire, pendant qu'une autre enfant, les yeux bandés est assise contre une pile de livres et qu'une souris prend prend son bain.

Nous voici devant la casa de pilatos.

En 1518, le marquis de Tarifa entama un long voyage en Europe et en terre sainte. Il revint deux ans plus tard, séduit par les merveilles architecturales et décoratives de la Renaissance Italienne. Il consacra le reste de sa vie à la création d'une esthétique nouvelle. Son palais de Séville, qui tient son nom de sa supposée ressemblance avec le palais de Ponce Pilate à Jérusalem devint le modèle de cet art nouveau.

La casa de Pilatos, tenue pour l'un des plus beaux palais de la ville, est de nos jours la demeure des Ducs de Medinaceli. De l'autre côté de l'apeadero (vestibule à arcades reservé à l'attelage), se trouve le patio principal.

Principalement Mudejare, cette cour est décorée d'azulejos et de stucs. Elle est cernée d'arcs à intervalles réguliers, surmontés d'une balustrade gothique. Dans les coins se dressent 3 statues romaines représentant Minerve, une muse qui danse et Cérès ; ainsi qu'une quatrième statue qui est un original grec d'Athéna, daté du Vème siècle avant JC. La fontaine du centre est importée de Gènes.

Un escalier carrelé conduit aux appartements. Il est couronné d'une coupole media naranja (moitié d'orange).

Dans les appartements se tenait une exposition sur les costumes à l'époque des cours de Castille et de Leon au moment de notre visite, mais les photos étaient interdites pour respecter les étoffes.

Retour dans le patio principal. Pedro Afan en enrichit les quatre angles de la pièce de sa collection de sculptures et disposa tout autour une galerie de bustes antiques qui, à la manière d'un miroir historique, devait renforcer l'idée d'une continuité entre la fondation de Rome et le nouvel empire de Charles Quint. Au XIXème siècle, enfin, on introduisit des nouveautés au goût du romantisme, avec le remplacement du sol en terre battue par du marbre et l'installation de nouvelles fenêtres à jalousies pseudo-nasrides.

Un couloir pavé d'azulejos conduit à un petit jardin. Jusqu'au début du XXème siècle, l'espace qui constitue aujourd'hui un seul jardin fut divisés en deux petits jardins séparés par des constructions, que leur démolition permis d'unifier. Un bassin, dont le jet d'eau est orné d'un jeune Bacchus de bronze rappelle que ce palais avait le droit de disposer de l'agua de pie (l'eau courante), c'est à dire d'être directement relié aux conduits de Carmona : aqueduc qui fournissait l'eau des fontaines à la ville. Cette eau, monopole de la couronne servait à irriguer les vergers de l'Alcazar.

Le goût de la famille pour les antiquités romaines se manifeste à travers une impressionnante collection de statues antiques, dont les plus beaux exemplaires sont exposés dans le patio principal et dans les jardins. La collection trouve son origine avec le séjour en Italie de Pedro Afan de Ribera, premier duc d'Alcala et nommé vice roi de Naples par Philippe II en 1559.

Avec l'aide de l'antiquaire Adriano Spadafora, l'héritier de Fadrique fait venir des pièces en provenance de Rome et Pompéi, la collection étant complétée par des pièces extraites des ruines voisines d'Italica. Dans une pièce donnant sur la jardin sont aussi exposées des bas reliefs représentant la bataille d'Actium.

Les pièces entourant le patio sont elles aussi richement décorées. Les plus remarquables d'entre elles sont le salon du Prétoire et la chapelle. Le Salon del Pretorio (salon du prétoire) est orné d'un admirable plafond artesonado à caissons, incrusté de blasons de maisons nobiliaires exécutés en 1536. Les parois sont revêtues de panneaux d'azulejos et de stucs de facture mudéjare. La chapelle de la flagellation (capilla de la flagelacion) a, quant à elle, été réalisée dans la plus pure tradition du gothique isabelin espagnol. La voûte repose sur un complexe réseau de nervures formant des motifs géométriques. Comme dans les autres pièces, stucs et azulejos complètent la décoration.

Le grand jardin organisé autour d'une fontaine et édifié en 1568, présente des galeries ouvertes vers un jardin fermé. L'architecture a suivi l'inspiration des palais de l'antiquité tardive et leurs loggias superposées.

La visite terminée, nous retournons vers le parc Maria Luisa, héritier de l'exposition universelle de 1929.

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Au sein du parc, s'étend un lac où s'ébattent cygnes et canards. La petite île abrite un belvédère paisible.

Sur la plaza de America, le musée des arts et costumes traditionnels fait face au musée des antiquités et entre les deux s'étend une splendide roseraie.

L'autre côté de la place est occupé par le pabellon Real : le pavillon royal, qui abritait les collections de la famille royale lors de l'exposition universelle.

Le musée archéologique présente de belles mosaïques de l'époque romaine, retraçant le passé de municipe de la ville. La fresque du triomphe de Bacchus d'Ecija est un bel exemple de cette époque.

La majorité des oeuvres provient de la ville d'Italica. Les vitrines font la part belle aux Gorgones, victoires, statues et têtes de Cybèle, Zeus, Attis, Pan et Cérès, très présents dans les croyances indigènes liées au monde au-delà de la mort. Ailleurs, on peut observer des lampes à huile. On peut également observer la statue en marbre de Mercure, reconnaissable aux ailes qui ornent ses sandales.

Dans cette salle, ce sont des pièces de vaisselle appartenant à la céramique dite "à parois fines" ou sigillée (scellée par le potier) qui sont exposées. On trouve aussi d'autres ustensiles utilisés pour la cuisine ou pour d'autres tâches domestiques.

Les figures de lion du monde turtédan tardif ont été traditionnellement considérées comme les gardiens des tombes. Le cheval et le cerf sont également présents ici et faisaient partie des croyances indigènes liées au monde de l'au-delà. Le nom de "turtédan" est celui donné par les romains aux habitants d'origine tartéssienne du Sud Ouest de la péninsule. Tartessos est une ville où l'abondance des minerais attira les commerçants phéniciens et surtout carthaginois. On ressent l'influence de la culture orientale dans les oeuvres tartéssiennes. Sur la photo ci-dessus, on voit une maquette de la ville romaine de Muniga, située à Villanueva del Rio.

La plupart des pièces exposées dans cette salle sont liées au commerce dans le monde romain. Dans les vitrines, on trouve une collection de monnaies et d'éléments pour la pesée et la mesure. Les amphores nous renseignent sur le commerce des produits de la Bétique comme le vin, l'huile ou les salaisons.

Le musée vaut vraiment le détour pour les passionnés d'archéologie.

Dans le parc, les jets d'eau et les fontaines accrochent la lumière sous la frondaison des arbres et les petits ponts offrent de belles scènes pour les photographes.

Les rayons du soleil couchant illuminent nos dernières images de Séville et du Guadalquivir.