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Voici l'acte II d'un voyage du Léman à l'Atlantique: la traversée de la péninsule ibérique, entre plaines arides dépeuplées, hautes cordillères, vallées fertiles et villes secrètes.
Septembre 2021
11 jours
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Publié le 10 septembre 2021

Acte I, 2018 : Genève – Saragosse, 9 jours, 1182 km

1. Onex.ch - Lyon.fr

2. Lyon.fr - Le Puy-en-Velay.fr

3. Le Puy-en-Velay.fr - Mende.fr

4. Mende.fr - Millau.fr

5. Millau.fr - Castres.fr

6. Castres.fr - Foix.fr

7. Foix.fr - Andorra la Vella.ad

8. Andorra la Vella.ad - Lleida.es

9. Lleida.es - Zaragoza.es

Acte II, 2021 : Saragosse - Lisbonne, 9 jours, 1115 km

10. Zaragoza.es - Tudela.es | 104 km (1286)

11. Tudela.es - Soria.es | 103 km (1389)

12. Soria.es - Aranda de Duero.es | 126 km (1515)

13. Aranda de Duero.es - Valladolid.es | 100 km (1615)

14. Valladolid.es - Salamanca.es | 128 km (1743)

15. Salamanca.es - Guarda.pt | 166 km (1909)

16. Guarda.pt - Coimbra.pt | 157 km (2066)

17. Coimbra.pt - Nazaré.pt |103 km (2169)

18. Nazaré.pt - Lisboa.pt | 128 km (2297)

Suisse - France - Andorre - Espagne - Portugal 
J1àJ9
J1àJ9
Publié le 10 septembre 2021

Retrouvez l'acte I de ce projet : en 2018, 1182 km en 9 étapes pour atteindre la ville espagnole à mi-chemin entre Genève et Lisbonne, via le Massif Central et les Pyrénées. Une alternance entre voyage-découverte et test de résistance contre une météo déchaînée.

Ces neuf premières journées sont présentées dans le récit Genève - Lisbonne à vélo, acte 1 jusqu'à Saragosse.

L'acte II débute avec l'étape n°10 à Saragosse, juste ci-dessous, et nous sommes alors en 2021 !

Publié le 10 septembre 2021

Trois ans ont passé. En 2018 je partais de Genève vers l'ouest. Avec l'idée, comme tous mes voyages cyclistes, d'atteindre une ville-symbole des côtes continentales. Celle de l'Atlantique cette fois, en visant Lisbonne. Pour faire durer le plaisir j'ai coupé ce voyage en deux actes: le premier jusqu'à la capitale aragonaise, Saragosse, située à mi-chemin entre Genève et Lisbonne. Les Pyrénées sont derrière moi, la Catalogne aussi, et depuis l'Aragon je vais m'attaquer à la région historique de la Castille pour finir au Portugal. Voilà le programme pour ce deuxième acte!

Le gros du voyage va se dérouler sur la Meseta centrale, ce vaste haut-plateau qui élève près de la moitié de l'Espagne à des altitudes de 700 à 1000 mètres. Sans compter les nombreux massifs montagneux qui dépassent allègrement les 2000 mètres. Il y a donc de quoi bien s'amuser à vélo, pour autant que l'on s'écarte des larges vallées où coulent les plus grands fleuves. Ils sont trois à se présenter tout au long du parcours que je vais suivre. A Saragosse, c'est l'Èbre, qui se jette encore dans la Méditerranée. Il faut alors franchir la cordillère ibérique pour se retrouver sur la Meseta, et depuis ce côté-ci, les eaux partent vers l'Atlantique: le Duero/Douro au nord de Madrid, jusqu'à Porto, et le Tage (Tajo/Tejo) au sud de Madrid, jusqu'à Lisbonne. Entre deux, il y a la cordillère centrale, qui se prolonge au Portugal pour y fixer le point culminant du pays (hors Açores), la Serra da Estrela à 1993 mètres.

Alors, plutôt fleuve ou montagne? Dans tous les cas, il y aura des chemins de découverte et des villes-étapes charmantes, à l'écart de la métropole madrilène et ses 6.5 millions d'habitants. La péninsule ibérique s'ouvre à moi d'une manière encore inconnue. Il suffit de quelques noms d'une certaine réputation pour que la curiosité m'y amène: Valladolid, Salamanca, Coimbra... Alors allons-y étape par étape, en route pour l'acte II!

J10
J10
Publié le 11 septembre 2021

10.09.2021

Étape 10 • 104 km • Cumul 1286 km

Zaragoza > Remolinos > Bardenas Reales > Tudela 

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1200 jours de patience... Voilà ce que j'ai attendu pour reprendre ce voyage où je l'avais (volontairement) interrompu. C'est long mais que ça fait du bien d'y être! J'ai pu en rêver, l'esprit plongé dans les cartes d'un écran d'ordinateur, et aussi à l'ancienne sur des cartes papier grandes ouvertes. Alors j'ai vécu les dix heures de train de Genève Cornavin, via Lyon Part-Dieu et Barcelona Sants, jusqu'à Zaragoza Delicias, comme un... délicieux revival des 9 premières étapes, en mode hyper-accéléré.

Dernier changement de TGV à Bercelona Sants pour arriver enfin à Zaragoza Delicias (à droite). 

Arrivée donc la veille, tard, pour remonter mon vélo réduit à la taille d'une housse prévue à cet effet et qui mesure au maximum 120 x 90 cm. Réglement TGV... Pas facile vu la taille XL de la monture. Il faut démonter roue avant, guidon, selle, pédales, et forcer un peu pour que tout rentre dans la housse. Ouf.

Alors oui quel bonheur de revoir Saragosse! Toujours aussi belle - de nuit pour commencer - c'est un coup de coeur secret et je conseille sa visite (à mi-chemin du TGV Madrid-Barcelone, environ 1h30 de voyage de chaque côté).

La gigantesque Basilique de Nuestra Señora del Pilar de Saragosse et son reflet sur l'Èbre. 
Plaza del Pilar et Calle de Alfonso I. 

Le matin, le vélo est fin prêt, le cycliste je crois bien aussi. En route! Petit circuit dans Saragosse encore une fois pour le plaisir, et parce que le ciel est tellement beau ce matin.

On y va mon coco? 
 Dernière vue sur la Basilique avant le départ de Saragosse.

Direction nord-ouest - oui, c'est original pour aller au Portugal, là je vais plutôt vers Bilbao (joli les rimes...). En fait Saragosse est tellement isolée dans ce vaste triangle Madrid-Barcelone-Bilbao, qu'une fois sorti de ville, il n'y que des autoroutes pour aller ailleurs... Ou alors il faut espérer que les outils de navigation cycliste, qui trouvent toujours un parcours à la vie à la mort, proposent autre chose que des sentiers impraticables - je me suis déjà fait avoir à ce petit jeu-là. Donc par précaution je suis la fertile vallée de l'Èbre. Mais là aussi, rien n'est garanti. Je vais tout essayer: sortie de ville sur une avenue rapide qui devient Autovia (la variante espagnole des semi-autoroutes, mais qui n'ont rien de semi; les autres sont des Autopistas). Heureusement il y a des voies de service continues, limitées à 50 km/h, qui desservent les zones commerciale et industrielles interminables en bodure de route. C'est moche, mais ça a le mérite de permettre d'avancer tout droit vite fait et en sécurité vers des contrées rurales plus accueillantes.

 Vallée de l'Èbre, cordon de verdure délimité rive gauche (nord) par une étonnante barrière sédimentaire, les Montes de Castejón.

Quand la voie de service s'arrête, je me fie au navigateur pour me sortir de là et trouver un semblant de route provinciale. Ca passe par des chemins agricoles de cailloux et de poussière, des ponts en va-et-vient par dessus l'autoroute ou le chemin de fer, et enfin je tombe sur la provinciale 126. Welcome to the far west? On s'y croirait, mais que d'un côté de la route! De l'autre, vastes champs de plaine à perte de vue. Joli contraste, les tournesols! Très peu de civilisation, juste un village endormi.

 Les contrastes de la vallée de l'Èbre le long de la route provinciale 126.

La route passe de la communauté autonome d'Aragon à celle de Navarre - de son nom officiel communauté forale de Navarre. Petit territoire, mais non moins prestigieux puisqu'issu du Royaume de Navarre, qui réussi à se maintenir pendant mille ans coincé entre les deux royaumes géants de la péninsule, ceux de Castille et d'Aragon. Il fut réduit au statut de simple province castillane en 1833 pour retrouver son autonomie en 1982, en vertu de la volonté de décentralisation du pouvoir espagnol et du rétablissement de territoires auto-administrés correspondant grosso-modo aux royaumes historiques.

Sa capitale est Pampelune (Pamplona ou Iruña), et une petite moitié de son territoire est de langue basque (bienvenue dans la Nafarroako Foru Komunitatea). Mais je ne goûterai ni à l'une ni à l'autre. Ma destination sera Tudela, deuxième ville navarre avec 35'000 habitants. Avant ça, je vais me régaler un peu: large détour hors des sentiers battus pour pénétrer dans les Bardenas Reales de Navarre.

Entrée dans la Navarre, et juste après, détour vers le nord par le parc naturel des Bardenas Reales. 

Les Bardenas, c'est le nom des reliefs arides situés à l'est de Tudela. Une zone absolument surprenante! Les sédiments, creusés par les brefs déluges d'intersaison qui s'évaporent aussi vite qu'ils se sont déversés, se montrent sous des formes (collines tabulaires, canyons) et des couleurs (blanc-beige-ocre) qui sont complètement inhabituels en Europe. Périmètre classé parc naturel et réseve de la biosphère, on peut le parcourir sur un réseau de chemins de gravier. J'en profite d'une petite partie seulement, pour un avant-goût déjà bien réjouissant. Voilà un de ces coins secrets que l'on peut dénicher dans ce genre de voyage! Qui aurait l'idée de venir sans autre raison...

Dans le parc naturel et réserve de la biosphère des Bardenas Reales de Navarre.
 En bodure des Bardenas, des éoliennes par dizaines.

Pour finir, une petite formule sur le compagnon du jour: le vent! Pas extrême mais soutenu, toute la journée, de face bien sûr, canalisé par les reliefs latéraux. Dans ces contrées, les parcs d'éoliennes démontrent qu'il est une ressource inépuisable. Mais pour le contrer le cycliste doit, lui, puiser dans ses ressources qui ont forcément une limite. Alors même si l'étape était plutôt modeste, histoire de commencer en douceur pour pouvoir monter en puissance au fil des jours, j'arrive à Tudela quand même fatigué - et heureux de pouvoir encore profiter des terrasses ensoleillées de sa belle et grande Plaza de los Fueros. La vieille ville est charmante, c'est aussi une belle découverte!

Arrivée à Tudela: le pont sur l'Èbre et la Plaza de los Fueros. 
Centre historique de Tudela. 
 La cathédrale de Santa Maria de Tudela, et ses cigognes.
Fin de l'étape!  
J11
J11
Publié le 12 septembre 2021

11.09.2021

Étape 11 • 103 km • Cumul 1389 km

Tudela > Aguilar del Río Alhama > Castilruiz > Soria

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De Tudela, Navarre, 263 mètres d'altitude, à Soria, Castille-et-León, 1063 mètres d'altitude. A part leur taille semblable, près de 40'000 habitants, ces deux villes sont dans deux mondes bien distincts. Et même un troisième monde entre deux, la Rioja. C'est ce que l'étape du jour va me montrer. Elle sera magnifique, la nature à l'état pur. Les photos parleront d'elles mêmes, pas grand chose à rajouter!

Donc je quitte Tudela et aussi cette vallée de l'Èbre, seul grand fleuve méditérranéen d'Espagne. Avec encore de belles vues de Navarre.

Entre Navarre et Rioja. 
Vautours sur les rochers lel ong du rio Alhama, entre Navarre et Rioja. 

Puis s'ensuit une brève incursion en territoire de la Rioja, petite région devenue indépendante des anciens royaumes de Navarre et de Castille qui se la disputait autrefois. La plus petite des dix-sept communautés autonomes espagnoles avec 320'000 habitants, soit 0,7% de la population nationale seulement. En gros, elle correspond en habitants et en superficie au canton du Valais. La seule ville importante de la région est sa capitale Logroño, tout le reste est très rural ou montagneux, avec les pentes basses des coteaux qui font la part belle aux vignes.

Je ne roule qu'une vingtaine de kilomètres dans ce territoire, mais bien assez pour m'en mettre plein la vue et la bouche. Oui, le vin d'ici est le plus coté d'Espagne, mais il n'y a pas que ça!

 Entrée dans la communauté de Rioja, sur la route du vin, bien sûr!
 Que de bonnes choses dans la végétation - sauvage ou cultivée - de la Rioja!

Les paysages du sud de la Rioja, dans le canyon du rio Alhama, sont vraiment sublimes.

 Le sud de la Rioja, dans le canyon du rio Alhama.

Cette incursion riojane prend fin en pleine ascension vers la Meseta centrale d'Espagne (voir l'explication dans l'introduction). La route s'éloigne peu à peu du canyon pour franchir l'une des nombreuses Sierras de la cordillère ibérique. C'est ici que commence la Castille, qui occupe depuis des siècles les vastes hauts plateaux de la péninsule. La partie au nord de Madrid, c'est la Castille-et-León. Je commence par la province de Soria, très sauvage, la moins peuplée du pays. On y vit des cultures maraîchère, céréalière et forestière. Je me fais arrêter par un ouvrier maraîcher en pleine côte: il me régale de figues et d'abricots, et m'invite à remplir mes gourdes à la source qui coule de la roche, où je trouve encore des mûres sauvages. Waouw quel festin!

Encore quelques beaux panoramas, où les reliefs de canyon laissent peu à peu la place à l'agriculture de plaine - mais nous sommes bien à près de 1200 mètres d'altitude! Paysages de nature et d'agriculture, mais tout parait fantômatique, d'une austérité amplifiée par le ciel devenu gris métallique, balayé par les vents, sans âme qui vive à l'horizon.

 Une nouvelle fontière - un moment toujours appréciable qui marque la progression du voyage!
Dernière vue du canyon avant la Meseta centrale. 
 Et le voilà ce haut-plateau de la Meseta, au panorama infini et austère, balayé par les vents. 

Et pour finir, arrivée dans la capitale provinciale, Soria, au-delà du pont de pierre qui franchit le... Douro! Sa source est toute proche, de là il a encore 900 km à descendre pour arriver à Porto. Mais me voilà du côté des eaux atlantiques!

 Soria, derrière son pont de pierre sur le Douro, encore tout proche de sa source.
J12
J12

12.09.2021

Étape 12 • 126 km • Cumul 1515 km

 Soria > San Leonardo de Yagüe > Peñaranda de Duero > Aranda de Duero

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Soria était déchaînée la veille, samedi soir, du monde partout dehors, un brouhaha du tonnerre sur les terrasses. Ambiance de vacances! Plus calme ce dimanche matin, après une bonne nuit chez l'habitant, trouvée en very last minute - merci Airbnb puisque tous les hôtels étaient complets!

Soria dans la boucle du Douro.

Je suis donc tout revigoré pour poursuivre vers l'ouest. Pour descendre la vallée du Douro, logiquement. Mais non... Le Douro fait une grosse boucle, il arrive à Soria de l'ouest, vire au sud et repars vers l'ouest plus loin. Donc contre toute logique je vais... remonter le Douro, presque jusqu'à sa source, tout en me rapprochant géographiquement de l'Atlantique! Pour ce parcours, il existe une option cycliste absolument grandiose: le Camino Natural Santander-Mediterráneo, une voie verte qui reprend l'emprise de l'ancien chemin de fer entre Santander la capitale de Cantabrie (côte nord, à l'ouest du Pays Basque) et la côte méditerranéenne à Valence.

Je roule ainsi 60 kilomètres sur un tranquille chemin de gravier stabilisé. Tout est parfait, c'est roulant, beau, sauvage, avec les odeurs de la nature plein le nez, et le seul bruit du crissement des pneus qui survolent sur le gravillon à bonne allure. Une expérience exceptionnelle, du même style que celle vécue à la troisième étape de ce voyage au départ du Puy-en-Velay.

Sur la voie verte du Camino Natural Santander-Mediterráneo.

Les traces du chemin de fer sont encore présentes: de multiples gares, souvent en ruine, parfois aménagées en jolis espaces de pic-nic, et même quelques tronçons de voie - la fameuse voie large à écartement espagnol historique fixé à 6 pieds castillans (1672 mm), alors que le standard européen et mondial est la voie normale de 1435 mm - quand même adopté pour le TGV espagnol par ailleurs.

 Bienvenue en gare.

Et pour leur beauté, quelques paysages des Sierras qui délimitent cette haute vallée du Douro.

Ce magnifique moment prend fin à San Leonardo de Yagüe. C'est finalement aussi une bonne nouvelle, puisqu'outre le vélo devenu tout poussiéreux, j'ai la nuque, les bras et les fesses qui ont subit quelque peu les vibrations sur 60 km et se réjouissent d'un peu d'asphalte bien lisse.

 San Leonardo de Yagüe et son château.

Après ce long faut plat montant sur gravier, juste encore un canyon à traverser, celui du Rio Lobos, comme un petit col à l'envers, avant de me lancer sur un long faut plat... descendant cette fois! La deuxième partie de la journée est donc très roulante, sans vent, c'est du bonheur!

 Paysages de la province de Soria, juste avant celle de Burgos.

La route passe de la province de Soria à sa voisine de Burgos. Premier village dans cette province, le charmant petit bourg castillan de Peñaranda de Duero vaut une visite, avec ses minuscules ruelles pavées qui mènent à une magistrale plaza Mayor. Les ruines du château surplombent le bourg et les vignes alentour - ici, on produit du vin AOC Ribera del Duero.

Château et vignes AOC Ribera des Duero à Peñaranda de Duero.
La plaza Mayor du bourg de Peñaranda de Duero.

Fin de l'étape dans la petite ville principale du sud de la province de Burgos, Aranda de Duero, où je retrouve ce fleuve Douro qui a choisi son cap et coule cette fois bien vers l'ouest. Ville en fête, que de monde et de bruit pour une belle soirée d'un été qui est encore bien présent par ici!

 Soirée festive à Aranda de Duero.
J13
J13

13.09.2021

Étape 13 • 100 km • Cumul 1615 km

Aranda de Duero > Roa > Encinas de Esgueva > Piña de Esgueva > Valladolid

Aranda en fête hier soir, Aranda encore en fête ce lundi matin! Il se trouve que je suis tombé pile sur les journées annuelles des festivités de la patronne de la ville. La Virgen de las Viñas (Sainte Marie des Vignes) est célébrée ici chaque année pendant 9 jours!

Il est de coutume que toutes les villes et villages espagnols festoient dans une certaine exubérance en l'honneur du saint patron de la localité. Foires, spectacles, danses, processions, corridas... Et bien voilà, dans cette ville provinciale au cœur de la région viticole AOC Ribera del Duero, c'est maintenant!

Célébrations des fêtes de Sainte Marie des Vignes à Aranda de Duero. 

Petit tour de ville: Aranda de Duero, 33'000 habitants, n'est pas spécialement recommandée par les guides touristiques. Il n'y a pas de vrai centre historique, plutôt un centre ville viellot et défraîchi. Mais ça a un certain charme vintage, et on trouve de tout.

Centre ville à Aranda de Duero. 

Sur la route, les vignes AOC Ribera del Duero se succèdent. Elles auront leur heure de gloire, s'il le fallait encore, en 2022 quand Aranda de Duero aura le statut de Capitale européenne du vin pour une année.

C'est un plus loin, dans le bourg de Roa au coeur des vignobles, que le Conseil régulateur de l'AOC est installé dans une tour futuriste. Chaque domaine d'ailleurs rivalise de prestige pour présenter ses caves, que ce soit par de l'architecture contemporaine monmentale ou par la mise en valeur d'un riche patrimoine ancestral.

 Roa, le siège du Conseil régulateur de l'AOC Ribera del Duero, et la Plaza Mayor de Santa Maria.
La Ribera del Duero et son patrimoine viticole - paradis du Tempranillo!

Plus loin, je fais mon entrée en province de Valladolid. Les vignes ont laissé la place aux céréales, et le ciel bleu nuageux s'est transformé en gris menaçant. Le vent s'est levé et demande une débauche d'énergie folle pour finalement n'avancer que lentement... Et pour couronner le tout la pluie s'invite à la fête pour la dernière heure de route.

 Les vastes plateaux céréaliers de la province de Valladolid.

Arrivé dans la périphérie de Valladolid, la pluie cesse, le vent est calme. Par l'itinéraire le plus court, je serai au centre ville avec environ 95 km au compteur pour cette étape. Alors je profite des bonnes conditions pour faire un détour par les rocades routières, histoire aussi d'avoir une vue d'ensemble sur cette ville qui est la plus grande de la Castille-et-León, avec 300'000 habitants. Et j'arrive en son coeur, la gigantesque Plaza Mayor, pile à 100 km. Formidable!

Cette Plaza Mayor est emblématique, avec ses façades rouges à balcons, toute en arcades, sur une surface de 120 x 80 mètres. Un petit circuit tout autour permet de s'imprégner du faste royal de la Cour de Castille, qui appréciait cette ville et y résidait en itinérance depuis le 12e siècle.

 Plaza Mayor de Valladolid.
 Monuments de Valladolid: l'Académie de cavalerie, la Cathédrale, l'Université, l'église de San Pablo.
J14
J14
Publié le 17 septembre 2021

14.09.2021

Étape 14 • 128 km • Cumul 1743 km

 Valladolid > Rueda > Nava del Rey > Cantalpino > Salamanca

Valladolid est pluvieuse ce matin. Pas la meilleure nouvelle pour un cycliste. Et toute la journée sera faite de pluie. Circulez y'a rien à voir, difficile de faire des photos et des visites en route quand on dégouline de flotte. J'ai donc roulé sous l'eau, dans la bonne humeur tant que faire se peut. On ne voyage pas à vélo si on est pas prêt à affronter ça! Et quand même, oui, il y a eu des bons moments!

Avant de venir à la route, je profite d'aborder quelques notions de géopolitique espagnole... sujet complexe mais passionnant! Question: quelle est la capitale de la Communauté autonome de la Castille-et-León? On pourrait penser Valladolid: de loin la plus grande ville, située en plein centre, siège du gouvernement (Junta) et du parlement (Cortes). ¿Qué otra cosa? dirait la doublure espagnole de George Clooney en buvant son café con leche... Mais non: il n'y a pas de capitale de Castille-et-León! Histoire de ne susceptibiliser aucune autre ville de la région... Notons qu'il y a neuf provinces qui forment cet ensemble (alors que la Navarre et La Rioja notamment, où j'étais il y a quelques jours, sont monoprovinciales). Chacune porte le nom de sa capitale: Ávila, Burgos, León, Palencia, Salamanque, Ségovie, Soria, Valladolid, Zamora. Dans cette liste, León revendique sa particularité puisque la province est le symbole de l'ancien royaume de León (dont Salamanque et Zamora faisaient aussi partie d'ailleurs). Mais les deux royaumes autrefois distincts de Castille et de León se sont rapprochés il y bien longtemps, en 1230. L'unité est sauve. Mais sans capitale...

Ce qui marque en passant dans ces différentes provinces, c'est l'identité espagnole qui s'affirme. Contrairement à la Catalogne, au Pays basque où à l'Andalousie, c'est la nation qui prime. Drapeaux et symboles de la nation espagnole sont fièrement arborés. Preuve que la Castille est indissociable de l'Espagne. La décentralisation a permis aux communautés non-castillanes de s'émanciper, avec leur langue historique [1] et leur culture - pas asssez au goût de certains, mais la méthode passe quand même pour un modèle du genre en Europe, quand on voit la diversité qu'il y a sur ce territoire unifié. Et toujours dans ce souci de la diversité nationale, pour éviter que la Castille ne prenne un poids écrasant sur le reste (le poids de son histoire royale quand même), elle a été morcelée en cinq communautés autonomes par rapport au territoire de sa couronne à son apogée. Donc on a actuellement la Castille-et-León (sans capitale), la Castille-La Manche (du royaume médiéval de Tolède, sa capitale actuelle), mais aussi la Cantabrie et La Rioja, et bien sûr, au beau milieu, la Communauté de Madrid qui est ainsi "neutralisée" de la Castille pour jouer son rôle de capitale nationale de toutes les identités, et de ville mondiale [2].

[1. Outre le castillan, il y le catalan, le galicien et le basque.]

[2. Cinquième aire urbaine de l'Europe élargie, derrière Moscou, Istanbul, Londres et Paris.]

Alors on disait? Ah oui: la pluie. Je sors mon équipement, l'homme et les sacoches sont prêts, étanchéifiés. Et je prends presque du plaisir: de un, l'équipement est bon donc autant qu'il soit utilisé une fois, de deux, la pluie tombe aujourd'hui sans vent et à choisir, autant prendre l'eau!

Etape typique de la Meseta centrale, assez plate mais avec quand même une petite vallée en première partie, puis une petite bosse à franchir en deuxième partie. Mais plutôt roulant, donc pas besoin de faire de pauses, et de toutes façons tant qu'il pleut autant rouler, c'est le seul moyen de rester chaud...

Pour sortir de Valladolid, une belle surprise: voilà un tronçon de la véloroute EuroVélo 1, qui relie la Norvège au Portugal (Atlantic Coast Route). Une vraie autoroute à vélos ici, bien séparée du trafic motorisé et des piétons, très agréable, un modèle du genre. Mais je n'y resterai pas si longtemps, puisque tout à coup elle bifurque vers la droite. Elle va bien jusqu'à Salamanque, mais avec un sympatique détour par Zamora. Ce qui fait 200 km pour une ligne droite qui en fait 120... Eh oui, est-ce encore cette bienveillance castillane de ne froisser personne?

 Véloroute EuroVélo 1 Norvège-Portugal, section Valladolid-Tordesillas.

Ensuite? Pas grand-chose. Je vais au plus direct. Enfin quand même à signaler, après l'AOC Ribera del Duero de la veille, voici une autre région viticole, l'AOC Rueda, autour du village du même nom, terre du raisin blanc cette fois-ci (verdejo). Et puis à mi-chemin, Nava del Rey, un village isolé comme tant d'autres dans cette Castille si peu dense, avec son imposante église et ses deux-trois cafés - au moins de quoi me réchauffer avec le fameux café con leche! Et puis, oui, voilà la limite de province qui me fait passer dans celle de Salamanque, la dernière avant le Portugal. Et de fait, me voilà sur le territoire de l'ancien royaume de León. Reste à atteindre la capitale provinciale, qui compte encore près 150'000 habitants, mais qui connait un exode récurrent vers la région de Madrid principalement.

Village de Nava del Rey, la route mouillée du jour, et une nouvelle province. 

J'arrive finalement sans histoire à Salamanque, directement à l'hôtel - il ne fait pas un temps à faire autre chose. Mais la soirée sera somptueuse! Douché, séché et tout motivé, je pars en nocturne à la découverte de cette nouvelle ville-étape. Mais quelle surprise! J'ai quitté Valladolid ville royale le matin, ce soir je visite Salamanque ville monumentale! Clairement l'une des plus belles villes d'Espagne, dont la vieille ville dans son ensemble, fait rare, est classée sur la Liste du Patrimoine mondial de l'Unesco. La Plaza Mayor bien sûr, tellement harmonieuse, datant du 18e siècle. L'une des plus parfaites de ce symbole de l'urbanisme castillan, démonstration du pouvoir militaire (et non religieux, les cathédrales sont ailleurs!) que l'on retrouve aussi en Amérique latine (Plaza de la Constitución ou Zócalo de México, Plaza de la Independencia de Quito, Plaza de Armas de Santiago de Chile, etc.). Mais il n'y a pas que ça!

De nuit c'est encore plus beau... Alors sans commentaires, place aux photos!

Plaza Mayor de Salamanque, ses quatre faces presque identiques - seul l'hôtel de ville a un traitement plus monumental. 
Plaza Mayor de Salamanque - détails. 
 Iglesia de la Clerecia (en-haut) et les deux-en-une cathédrales (en-bas): Catedral Nueva et Catedral Vieja.

Suite de la visite - de jour - demain avant le départ pour une longue, longue étape qui devrait me mener au Portugal!

J15
J15
Publié le 25 septembre 2021

15.09.2021

Étape 15 • 166 km • Cumul 1909 km

 Salamanca > Sancti-Spíritus > Ciudad Rodrigo > ES|PT > Vilar Formoso > Guarda

Voilà ce qui devrait être l'étape-reine de Genève - Lisbonne acte II. Près de 170 km - j'en avais atteints 172 pour la première étape, acte I, Genève - Lyon. C'est limite... Idéalement je ne dépasserais pas 150 km, mais la géographie a ses contraintes. J'aime passer la journée au "vert", quitte à être loin de tout, seul au monde sur des routes et chemins que même certaines cartes ignorent; mais j'aime aussi passer la soirée et la nuit en ville, dans une vraie ville, au milieu d'une civilisation qui s'active. Donc dans cette région où les villes sont rares, je tente la grande traversée transfrontalière en une fois, de Salamanque jusqu'à la première civilisation urbaine portugaise vers l'ouest, Guarda.

Avant le départ, visite de Salamanque de jour - toujours sous les nuages - après en avoir eu plein la vue la veille, de nuit.

Salamanque, plaza Mayor. 
Salamanque la magnifique! 

Le parcours du jour, long, mais facile à suivre: pas besoin de dénicher une succession de routes provinciales ou agricoles, exercice auquel je me soumets habituellement pour doser l'équilibre entre une progression sécurisée hors des axes de poids lourds d'une part, mais sans trop de détours d'autre part. Non, ici il suffit de suivre la nationale N620, qui a précédé dans le même corridor l'autoroute A62, ou numéro européen E80 qui mène de Lisbonne à la frontière turco-iranienne en passant par Nice, Rome, Dubovnik, Sofia, Istanbul... Souvenir de mon voyage dans le sens opposé, Genève - Istanbul en 2003! Donc, l'autoroute absorbe les poids-lourds et le grand transit, et la N620, toujours là mais un peu abandonnée, reste tranquille, un peu à l'écart, en passant par les rares villages d'une province de plus en plus dépeuplée et désertique.

Province de Salamanque, le long de la nationale N620 en direction du Portugal. 

Après 90 km de ligne droite inanimée, mais plaisante et agréable à rouler, enfin une trace de vie: voilà Ciudad Rodrigo, place forte, dernière ville espagnole avant la frontière. Son rôle a toujours été, des siècles durant, de protéger la Castille face aux assauts portugais de l'ouest. Une belle cité bien préservée dans son enceinte de remparts intacte, qui ceinture la vieille ville et la maintient encore isolée de tout son environnement. Un petit moment très agréable, entre sa cathédrale, sa plaza Mayor et ses ruelles hors du temps, qui me font donc oublier un instant que j'ai encore du... temps de route devant moi! La bonne nouvelle, c'est qu'en franchissant la frontière plus tard, je vais gagner une heure en entrant dans le fuseau horaire britannico-portugais du "Western European Time".

Ciudad Rodrigo. [Alfontinto, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons] 
Ciudad Rodrigo, cathédrale Sainte-Marie. 
Ciudad Rodrigo, un petit condensé de belles places, monuments et arcades, dans un ensemble unique entouré de remparts fortifiés.
Le Puente Mayor de Ciudad Rodrigo, pont de pierres d'origine romaine sur le rio Águeda, affluent du Duero.

Objectif Portugal! Je roule mes derniers kilomètres sur territoire espagnol, pour terminer cette longue traversée répartie sur huit étapes depuis la frontière avec Andorre. Que de belles découvertes! L'heure d'un petit bilan… J'aurai roulé près de 1000 kilomètres sur les routes de cinq communautés autonomes: Catalogne, Aragon, Navarre, La Rioja, Castille-et-León. Il en manque douze pour compléter la liste: les dix continentales Andalousie, Asturies, Pays Basque, Cantabrie, Castille-La Manche, Estrémadure, Galice, Madrid, Murcie, Valence, et les deux insulaires Baléares et Canaries. Une liste à laquelle il faut encore ajouter les deux villes autonomes de Ceuta et Melilla enclavées sur la côte marocaine.

Mes adieux à l'Espagne se font sous le regard de vaches et taureaux ibériques, image symbolique de cette nation - mais symbole aussi de toutes ses ambiguïtés et controverses. Animal fétiche et fierté nationale pour certains, objet de rejet pour les mouvements autonomistes qui ont leur propre animal représentatif (l'âne catalan, la vache galicienne, le mouton basque...). Symbole controversé aussi quand on l'associe à la tauromachie, de plus en plus décriée mais en même temps toujours très ancrée dans le pays et élevée au rang de patrimoine culturel national. En témoignent les Plaza de Toros que l'on trouve encore et toujours bien en vue dans pratiquement toutes les villes.

 Vache et taureaux ibériques dans leurs prés secs parsemés de chênes verts, une espèce du sud de l'Europe à feuilles persistantes.

Et enfin, la frontière! L'autoroute espagnole et l'autoroute portugaise ne sont pas encore reliées entre elles par le viaduc en cours de construction à travers la vallée frontalière du rio de Tourões - c'est pour bientôt. Tout le transit international rejoint donc encore la petite route tranquille qui avait été jusque-là presque privatisée rien que pour moi. Les poids-lourds se dirigent vers le vaste terminal TIR, et le petit cycliste que je suis, franchit sans formalités la zone douanière. Ce n'est qu'une frontière intra-UE de plus, finalement. Comme j'ai déjà pu l'expérimenter à maintes reprises à vélo, de la Pologne au Portugal: rien ne s’oppose à passer d’un pays à l’autre en vertu des quatre libertés du marché unique européen (la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes), et de l’accord de Schengen qui permet le franchissement libre des frontières entre Etats membres. Mais ici, la rupture reste très marquée. Côté espagnol, pas grand chose, c'est les confins d'un désert. Depuis quelques kilomètres j'ai comme l'impression que l'Espagne se meurt peu à peu pour laisser la place à autre chose. Et effectivement, une fois du côté portugais, on découvre un nouveau monde. Une ville-frontière, Vilar Formoso, où tout change d'un seul coup: la langue, l'heure, mais aussi, et c'est le plus marquant, tout l'environnement! Fini, le plateau désertique de la meseta centrale ibérique. Voilà une nouvelle géographie de collines boisées et de vallées luxuriantes. La route plane et rectiligne N620 espagnole s'est transformée en une tortueuse et vallonnée N16 portugaise.

Première frontière depuis 1000 km ! 
Bel accueil au Portugal malgré quelques gouttes de pluie. 
Une région très sauvage avec quelques rares mais élégantes traces humaines.

Alors que je roule sur cette tranquille N16 où je ne vois que des tracteurs et des voitures de plus de vingt ans d'âge, je me fais dépasser par une énorme carrosserie noire toute rutilante qui attire mon attention. Plaque suisse (GE). Voilà le canton de mon départ qui se manifeste dans un endroit si reculé, quelle surprise! Mais le conducteur n'a évidemment pas compris mes grands signes et continue sa route. Au prochain village, je vois la voiture parquée devant un bistrot. Alors je m'arrête aussi et recherche son propriétaire. Il est bien là, à l'intérieur, et passé son premier étonnement de se voir ainsi "recherché" par un inconnu, il est tout content de faire la rencontre avec un cycliste qui avait juste envie de partager un moment convivial entre concitoyens genevois! Portugais d'origine, jeune retraité installé de longue date à Genève, il est un habitué de la route Suisse-Portugal. Petit échange très sympa autour d'un café et d'histoires entre ces deux pays qui nous relient, chacun à sa manière.

 Fin d'étape à proximité des montagnes de la Serra da Estrela.

Cette longue étape commence à en devenir presqu'interminable alors que le soleil se couche derrière les montagnes de la Serra da Estrela en face de moi. L'épreuve frôle mes limites physiques et mentales quand je découvre une nouvelle surprise d'une journée bien remplie: me voilà à Guarda-Gare, à 800 mètres d'altitude, nuit tombante, fatigue extrême. La ville de Guarda, le centre historique, est tout proche, juste en face, là-haut... à 1000 mètres d'altitude!

Un dernier effort intense et je fini par y arriver. Epuisé mais tellement content d'y être. Me voilà dans la ville la plus haute du Portugal, justement ainsi surnommée Cidade mais alta, avec ses 42'000 habitants, et capitale du district du même nom. Un lieu intriguant, même captivant qui me redonne vite de l'énergie pour passer une belle soirée. On ressent un mix étonnant entre civilisation montagnarde, exotisme du sud, hospitalité portugaise, austérité urbanistique, et poids de l'histoire dans cette ville qui servait, comme son nom l'indique, de poste de garde fortifié contre les invasions de l'est. Je vais y dénicher un excellent petit restaurant bien typique, le Belo Horizonte, qui sert la viande de chevreau, spécialité de la région.

Guarda, plus haute ville du Portugal, la place historique Praça Luís de Camões et sa cathédrale Sé da Guarda.

Une belle nuit m'attend avant d'entamer trois étapes portugaises qui devront me conduire jusqu'à la capitale nationale, encore bien loin vers le sud.