Carnet de voyage

Pépito and Co. à vélo

101 étapes
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Deux vélos, une charrette, trois êtres humains mais deux seulement qui pédalent... La France d'ouest en est, l'Italie du Nord au Sud, une traversée en bateau, la Croatie du sud au nord... et après??
Avril 2017
17 semaines
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Voilà, il fait 10 degrés, il a plu toute la journée sur l'île de ré, c'est le bon moment pour partir à vélo non??

Alors on y va, même pas peur ! Deuxième partie du voyage ! et pas la plus facile!

Alors la question s'est posée d'un deuxième blog... ou pas... et puis une phrase lue dans le livre offert par Olivier et Audrey à notre retour d'Asie ( De l'art d'ennuyer en racontant ses voyages, Matthias Debureaux, p. 59, il y a un message subliminal vous pensez?? ) m'a totalement convaincue : "Un blog, c'est la soirée diapo qui dure 6 mois".

Ah ça fait rêver !!

alors un blog ... la forme du blog on verra après, pas eu le temps de penser à ça, entre les apéros, les scrabbles, Question pour un champion à 18 h 00, les rummikub, les apéros (je l'ai déjà dit?), les ping-pong, les promenades au bord de mer, les parties de pétanques, pas eu le temps d 'y penser ici...


Alors voilà, cette fois-ci c'est le vélo, pas d'avion, pas de train, pas de bus, pas de tuk-tuk, que la force de nos mollets et c'est tout !! Un voyage tout en douceur, sous le signe de la lenteur, du temps que l'on s'accorde et des rencontres... et une petite pensée pour tous les foufous comme nous qui croient au bonheur de voyage à vélo (bisous Luce-Luce, Lionel, Maëlle, David, Jérémy, Julie, Lucas, Amandine, Achille, Adrien, Martin H., Clément, Florie et les autres...)

Hasta la victoria siempre !! Vive le vélo !

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C'est le départ, on quitte l'île de ré, le papé et la mamé.

Les vélos sont prêts, les sacoches chargées, la charrette attachée. . . Et les muscles. . . On verra

Au début tout va bien, le soleil nous accompagne. . .



Repas au chaud dans un PMU rempli de turfistes dans un petit village, la Jarrie. PMU aux couleurs du Portugal, nous buvons donc une bière portugaise, la Bock, pendant qu'Esteban s'initie au monde des turfistes. Qui apparemment ne gagnent pas à tous les coups : "bâtard! bâtard". Esteban, toujours heureux d'apprendre de nouveaux mots répète avec entrain : "bata', bata'".

On quitte le PMU lorsque cesse la pluie, et on se répète qu'on est chanceux lorsqu'on aperçoit les éclairs au loin, et qu'on entrevoit les trombes d'eau qui se déversent, au loin, loin de nos têtes. . . Nous on a encore du soleil. . .

Mais ça c'était avant, avant l'attaque de grêle, avant l'averse qui nous suit sur plusieurs kilomètres et la deuxième attaque de grêle. . . .

Nous arrivons trempés à Mauzé - sur - le - mignon. . . chez Hugues, Angeline et la petite Lorette qui nous accueillent pour la nuit. Premier warmshowers du trajet !

C'était bien chez Lorette !

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Grand soleil au petit matin ! Nos affaires sont presque sèches. . . Presque. . .

Pas beaucoup de kilomètres prévus aujourd'hui, alors nous nous autorisons un petit détour à la "fromagerie des filles" où Angeline travaille en famille et fabrique des fromages de chèvres vraiment délicieux. . . Esteban en profite pour faire des bisous aux bébés chèvres.

Le soleil est là mais le vent aussi. . . Face à nous. . . On souffre et pourtant on n'avance pas. . . C'est désespérant. On se sent nuls et lourds surtout. . . . La charrette, les 4 sacoches sont autant de prises au vent qui nous ralentissent.

Les derniers kilomètres nous semblent interminables (en même temps à 8 km/h c'est réellement interminable. . .)

Et enfin Celles - sur - Belle, le plaisir de retrouver Marie et Rémi, amis de Lucas, anciens colocs de Lucas et leurs enfants, Antoine, Léon et Lucile.

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Le vent a redoublé de forces. 40 km/h en moyenne, et des rafales à 60. . . Mais il n'est plus tout à fait contre nous, mais pas avec nous pour autant. . .

On part tranquillement à 11 heures, Rémi nous accompagne avec deux enfants dans la charrette . . .

Les derniers kilomètres sont durs, très durs, ça commence à grimper et nous nous sentons encore un peu faibles. . .

Enfin l'arrivée chez Jean François et Agnès , qui nous accueillent avec tellement de gentillesse ! Et une raclette 😀

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Nous sommes tellement bien chez Jean François et Agnès que nous tardons à décoller. . . Lucas part faire un petit tour de vélo avec Jean François pour s'échauffer et puis on profite du soleil et des premières douceurs du printemps :

Réparation des vélos (méthode Mike Gyver avec des emballages de café)

Et jeux pour Esteban avec les petits enfants de Jean François et d'Agnès

A 15 heures, tout de même on se met en route. . .direction la Dordogne.

Arrivée à 19 heures chez Frédéric et Véronique dans leur magnifique maison à Montbron. Une ancienne ferme. Ils nous disent "on a l'impression d'accueillir nos enfants" et c'est vrai que nous sommes comme à la maison. D'ailleurs Esteban les appelle "papé" et "mamé". Un petit coin de paradis et une belle rencontre !

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C est beau la Dordogne !

C'est vert ! Et c'est peuplé aussi de chouettes personnes. Ce soir on loge chez Florence et son quatrième fils Jonathan dans leur grande maison de Villars. Florence est prof de flûte traversière et anime des chorales (dont une en milieu pénitenciaire) et Jonathan revient d'une traversée de l'atlantique et de la méditerranée en voilier.

Et ils ont trois bébés chats pour le plus grand bonheur d'Esteban !

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Nous prenons la voie verte jusque Thiviers, l'ancienne voie de chemin de fer. . . C'est tellement agréable de ne pas être mêlés aux voitures. . .

Mais ce que nous retiendrons, c'est la dernière montée, les derniers kilomètres pour arriver à Saint mesmin. . . une côte magnifique. . . Et enfin, l'arrivée. . . Une petite maison perdue dans les hauteurs, Richard, Marie, deux gros chiens, des chevaux, des poules. . . Et une belle soirée !

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Retour aux sources ! Aujourd'hui c'est direction La Corrèze, arrêt dans la famille, aux Sagnes, petit hameau à côté de Vigeois. Pierrot et Manuella nous accueillent!

Le magnolia est en fleurs. .. Il fait beau, on en profite pour faire notre première journée de pause et une lessive et une pétanque !


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Le ciel est un peu menaçant aujourd'hui , on alterne entre pluie et soleil. On avait dit à Isabelle qu'on comptait arriver en milieu d après-midi mais c'était sans compter la peur de la pluie qui nous presse un peu et nos muscles qui commencent à pousser ! Rien à voir avec les premiers jours, les côtes ne nous font plus peur et nous commençons à nous habituer au poids de nos vélos. . .

Du coup à 13 heures nous sommes chez elle, à Brive-la gaillarde !


Pour le plus grand plaisir d Esteban et Maxence qui renoncent à faire la sieste pour jouer ensemble. . .

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Nous passons par le marché de Brive-la gaillarde forcément!

Sinon Brive est dans une cuvette. . . Nous commençons donc par une montée de 7 kilomètres. . . Heureusement que nos muscles ont poussé!

Le temps est un peu maussade mais les paysages sont magnifiques. Passage à côté de Turennes.

Et on entre dans le département du Lot: ici même les maisons ressemblent à des châteaux. . .

Bon là, c'est un château, le château de Castelnau.

On pose nos fidèles destrier dans la petite ville de Saint Céré ou nous avons une petite chambre pour la nuit en airb'n'b.

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Et Esteban qui ne pédale pas ? Comment vite il ce périple ? Réponse en images. . .

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On nous annonce toujours de la pluie mais nous voyons plutôt le soleil avec nous. . .

Jolie route pour la journée, on mange dans un café à Avray.

On décide de quitter la départementale un peu trop passante (Enfin tout est relatif). Les gens du bar nous conseillent une route secondaire, avec deux grosses, grosses montées mais après une petite route sympa. On se tape donc les deux grosses montées et on se retrouve. . . sur la même grande route. . .

Mais on finit par retrouver une jolie petite route (qui grimpe aussi bien sûr). Arrivée à Figeac, on rejoint l'appartement de Thomas et Irène, Sylvestre et Paulin. Le temps d'un gâteau au chocolat, d'une douche et on repart pour notre gîte de la soirée : à 2 km de Figeac, dans la forêt, se trouve leur future maison, et leurs ateliers. Irène fabrique des sacoches vélo

Et Thomas des flûtes japonaises ! C'est dans le premier atelier qu'on dîne avec eux et que nous dormons en compagnie du poêle à bois. . .

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On triche un peu pour le départ. Thomas est venu nous rejoindre pour le petit -déj et fait un bout de chemin avec nous. Il nous prête leur nouveau vélo électrique avec caisse à l'avant (modèle Christiana Copenhague!)?

Du coup, on l'emprunte tour à tour sur la première montée, c'est magique. . . Esteban adore. . .

Puis on suit la vallée du Lot sur une petite piste cyclable, magnifique. . .

A grand Vabre, on retrouve Martin qui nous accueille pour la nuit. Il construit des ruches, il bosse chez un agriculteur, apiculteur. Il nous décharge de nos sacoches pour la dernière montée. . . Et c'est plutôt appréciable, car il ne reste que 3 ou 4 km, mais bien bien raides . . . La vue se mérite.

Dayan, son amie nous accueille. Belle soirée encore une fois, où l'on découvre ou redécouvre l'ail des ours cueillie la veille (on repart avec un pot), comment fabriquer un réchaud avec une seule canette de bière (DIY) et plein d'autres choses. . .

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Petite montée à pieds jusqu'à la ferme voisine avec Dayan.

La montée hier était rude mais ça vaut le coup, le paysage est magnifique.

Vers 11heures, on reprend la route. . . Jusque 11 h 45. . . Car après quelques kilomètres, tout se complique : le moyeu de la roue arrière de Lucas se casse (comment est-ce possible ?).

Du coup, les montées se font en poussant les vélos, les descentes sur la selle . . . Notre objectif : Sénergues à 5 km (seul point d'alimentation du coin). Bien sûr, le temps d'arriver, la supérette est fermée, elle ouvre à 16 heures. . . Diète ce midi (sauf pour Esteban qui jouit toujours d'un traitement de faveur, alors qu'il ne pédale même pas!)

On décide de rester ici, on est sur le chemin de Saint Jacques, on trouve donc une auberge qui accueille des pèlerins, nous sommes les premiers de la saison, ils ouvrent pour nous ! Demain mission Rodez pour Lucas (qui va renouer avec sa passion du stop) et repos pour Esteban et moi !

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Lucas part aux aurores, les routes sont peu fréquentées par ici, et pour rejoindre Rodez, il faut compter sur les conducteurs qui partent bosser. . .

Nous on se la coule douce, le village est joli, il fait beau, c'est calme. . .

Esteban profite du grand bain du gîte. . .

Lucas est finalement de retour pour le repas du midi, avec une roue flambant neuve (on en reparlera. . . ). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. . .

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C'est reparti ! Bon ça nous aura quand même coûté 2 jours de vélo cette affaire. . .

On profite encore des paysages, des reliefs, et arrêt déjeuner à Estaing, encore l'un des plus beaux villages de France.

On suit la route de Saint-Jacques de Compostelle toujours. . . Mais en sens inverse ! L'avantage c'est qu'on trouve à dormir pour pas très cher dans les auberges... Faut juste accepter les tee-shirts JMJ et les chaussures bateaux. . .

Comme d'habitude, la bibliothèque est fermée quand on passe, on aime bien investir le coin enfant, un peu marre de lire toujours les 3 mêmes histoires à Esteban. . . Du coup, Lucas improvise.

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On continue notre tournée des plus beaux villages de France. Aujourd'hui Saint-Eulalie d'Olt.

 L'atelier de Louis. C'est le fils du dernier tonnelier de l'Aveyron et auteur d'un livre sur Marie Talabot, un livre féministe !

Et le soir on atteint Saint-Geniez d'Olt et cette fois-ci on dort dans un couvent! Il n'y a plus que 4 soeurs qui vivent ici, nous ne les verrons même pas, par contre on apprécie le décor formica de notre petite cuisine, un vrai voyage dans le temps !

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On nous avait dit que ça montait fort pour aller à Marvejols. . . Ça fait plusieurs jours qu'on nous prévient. . . Et finalement on ne voit pas les montées! En plus, il fait un temps d'été. . .

Des tulipes, ça devrait faire plaisir à Isabelle!  :) 


Par contre, on remonte un peu au Nord, mais ça fait longtemps qu'on avait pas fait de warmshowers, ça nous manque, et on a trouvé une petite famille prête à nous héberger. Alors on y va, et nous sommes très heureux de ce détour !

On rencontre Émily, Damien et leurs enfants Hugo et Soline. Ils nous accueillent dans leur belle maison, qu'ils viennent de vendre. . . parce qu'ils se préparent pour un grand voyage, de deux ans autour du monde à vélo (deux velos tandems pino : une place en vélo couché devant pour les enfants). Nous sommes très heureux de discuter avec eux et de partager leur projet!

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On suit les conseils de Damien : une belle montée sur le causse Sauveterre

et après on descend le long des gorges du Tarn. Et nous ne sommes pas déçus, certes la montée n'est pas de tout repos mais quelle descente ! Elle vaut bien toutes les montées que nous avons pu endurer depuis 15 jours. . . Des kilomètres de descente dans un paysage magnifique, un petit vent rafraîchissant, le soleil, des odeurs de pins, de terre chauffée. . . Magique !

Comme dit Lucas :"La Lozère c'est quand même le plus beau département du monde". . . On arrive sur un des plus beaux village de France, Saint-Enimie. On ne s'arrête pas, on trace, on a envie de pédaler!

On suit les gorges du Tarn jusque Florac. On se trouve une terrasse ensoleillée, une bière puis un camping. . . Mais il fait encore un peu frisquet. . . Bonnet et camping, c'est un concept. . .

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Départ difficile : il faut démonter la tente, faire la vaisselle, une lessive, une procuration. .. A 13 heures, nous sommes prêts. . . Ça tombe bien c'est le moment où le ciel s'obscurcit. .. un bel orage nous tombe dessus. . . Je suis contente d'avoir mis les vêtements à sécher sur mon porte-bagage. . . On commence par un col de presque 1000 mètres (mais bon, Florac est déjà à 600, ça ne fait que 400 de dénivelé), qui nous achève...

On opte donc pour une petite journée et on dévie sur un petit refuge que nous connaissons tous les deux, la cabane de Jacques (Jacques qui doit être quelque part entre la République Dominicaine et Cuba et qu'on remercie pour son hospitalité! ). On hésite un peu sur la route et les chemins à prendre, la cabane est bien cachée. Nous trouvons quelques indices sur la route. . .

Et nous finissons par la retrouver. Quand je dis "cabane"c'est peu dire. . . C'est un lieu magique en plein coeur du parc national des Cévennes, un espace de liberté. . .

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On passe dans le Gard. Quelques tristesses de quitter la Lozère. . . Sur la route, on kidnappe quand même quelques pélardons dans une ferme . . Esteban en profite pour monter sur un "go tateuuuur! "

Arrivés à Saint Jean du Gard, dans la vallée on se trouve catapultes dans un autre monde, ici ça sent la Provence, les savons de Marseille, les olives la tapenade. . . Partout des vignes, des mas provençaux, les gens roulent vite. . .Le sud !

Delphine, qui tient la supérette de Ledignan nous prête gentiment son jardin, c'est la première personne à qui nous avons posé la question ! Finalement ils sont accueillants les gens du sud !

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Delphine nous confie qu'elle craint que nous ne trouvions pas grand monde pour nous accueillir :

- "les gens d'ici ne sont pas très accueillants"

-oui mais toi tu nous as bien accueilli!

-Ah oui, mais moi je suis pas d'ici, J' suis Ardennaise !

C'était donc ça !

Et aujourd'hui nous filons à saint-Marcel de Careiret, joli petit village perdu dans le Gard pour retrouver d'autres expatriés, Marc et sa famille : Vanessa et les enfants Violette, Clémentine et bébé Marius. J'ai rencontré Marc il y a 7 ans, lors d'un voyage en Mongolie. Super voyage et belles rencontres, dont Marc que je suis très heureuse de retrouver. . . Pas changé !

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Lucas est encore fâché avec sa roue arrière. . . la nouvelle toute brillante. . . Elle est déjà voilée, à tel point qu'il renonce au frein arrière. . . Du coup, nous partons tard. 11 heures 30. Mais la route n'est pas longue aujourd'hui et surtout assez plate. Un peu de mistral dans l'après midi tout de même. . .

On s'installe au camping. . .

Vendredi, Lucas nous abandonne pour rejoindre le célèbre festival Ardennais "Funk et bières", nous on se promène, on découvre l'amphithéâtre, des hauteurs,

on parcourt les parcs de jeux, et la médiathèque à l'entrée de laquelle on découvre un panneau fort sympathique. . . Ouais, on n'oublie pas longtemps qu'on est dans une ville FN. . .

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Lucas revient à 8 heures du mat... Frais comme un gardon. Du coup, il part directement faire une sieste. Avec Esteban nous allons au parc, où nous croisons une petite fille de 6 ans qui s'appelle Marine... oui dans une ville FN, ça me choque un peu....

Départ en début d'après-midi, belle montée sur la fin (Lucas souffre quand même un peu...) et magnifique descente en direction d'Isle-sur-la-Sorgue avant de se rendre compte que nous avons dépassé le numéro de la maison qui nous accueille ce soir et de remonter...

Anna-Bella vient nous chercher au bout du chemin qui mène chez elle. Anna-Bella est finlandaise mais elle vit en France depuis 9 ans, et depuis 9 ans dans cette maison qu'elle a bien du mal à quitter. Et quelle maison ! Une immense baraque perdue au milieu de la forêt; 130 hectares de terrain ! Auparavant elle avait pour vocation d'accueillir des jeunes en grosses difficultés,

maintenant c'est un squat... Les huissiers viendront certainement un jour déloger ces habitants mais pour le moment ils vivent tranquillement ici. Quand nous arrivons, il n'y a pas grand monde, nous avons donc le choix des chambres !

Nous passons une belle soirée en compagnie d'Anna-Bella et de ses colocs ou amis de passage. Au début de la soirée, Anna-Bella dit qu'elle ne se couchera pas tard, elle embauche tôt demain... Quelques heures plus tard, elle dit qu'elle commencera un peu plus tard... A la fin du repas, elle renonce à aller travailler le matin. Et... après le rhum arrangé à la banane, alors que Lucas nous abandonné depuis un petit moment, elle décrète qu'elle n'ira pas travailler... après tout c'est dimanche !


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Départ de chez Anna-Bella alors qu'Esteban a trouvé plein de jeux intéressants...

Pour nous aussi c'est dimanche, journée cool et une fois n'est pas coutûme, piste cyclable !! Le vent souffle mais pas trop contre nous...

Ce soir, nous n'avons pas de Warmshowers, j'ai écrit à un couple à Apt, qui ne pouvait pas nous recevoir mais qui nous recommande le camping d'Apt, "super sympa" et on y sert des "bières belges" et des "frites belges"... Super, on y va...

En route, des associations d'idées se font... bières belges, frites, camping, sud de la France, Apt... mais oui TRAT ! On connaît les gérants du camping ! Nous les avons rencontré dans un hôtel en Thaïlande il y a 3 mois à Trat ! On avait noté le nom du camping, prévu d'y passer.... puis nous avions oublié !!

Nous arrivons à Apt à 15 h 15... et oui c'est bien eux !! Et c'est parti pour les bières belges... On se croirait chez nous 😀

Nous passons une super soirée dans ce petit camping, Lucas joue les piliers de comptoirs jusque tard, et nous sommes bien contents de goûter aux frites belges (les patates viennent de Belgique, oui oui !), et de partager un petit moment avec Pierre et Noémie, croisés sur un autre continent. Le hasard fait quand même bien les choses....

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Ce matin, c'est rando ! Jusqu'au petit village de Saignon situé sur les hauteurs d'Apt...Petite montée d'une heure sur un GR et arrivée dans ce joli petit village en pierre, qui jouit d'une vue magnifique sur la campagne, le mont Ventoux...

Et puis nous trichons un peu, Pierre nous a convaincu de changer de vallée, et il nous embarque dans sa camionnette jusqu'à Lourmarin. De là nous parcourons 15 km pour aller nous poser en camping, près d'un étang incroyablement bleu...

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Nous décollons assez tôt et commençons par une belle montée de plusieurs kilomètres... inutile puisque je me suis trompée de chemin...

Nous descendons alors jusque Manosque, patrie de Jean Giono, repas, jeux...

Et nouvelle belle montée jusque Gréoux, jolie petite station thermale... Et camping... rempli de gens très attentionné pour nous... Une dame nous offre des yaourts, des compotes, du café chaud... Elle vient nous voir tous les quart d'heure pour savoir si on a besoin de quelque chose... Un autre nous propose de préparer à manger chez lui, on nous prête de couvertures... J'ai l'impression d'être une réfugiée... Les vieux du camping ne comprennent pas vraiment ce que l'on fait, surtout avec un bébé...

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Les couvertures étaient bienvenues, on nous apprend que cette nuit la température ici est descendue à 2 degrés... Esteban a dormi avec son bonnet...

Belle journée de vélo, un peu longue et pas dépourvue de côtes... Mais on fait de multiples arrêts, pour manger, pour jouer, pour réparer

Ou pour déguster du vin... On tombe sur un domaine bio, Menton, et on en profite pour faire un arrêt. La dame qui nous fait déguster les vins est impressionnée par notre voyage, on discute bien avec elle. On repart avec une bouteille de vin et elle offre à Esteban un doudou (qui coûte la modique somme de 29, 80 euros pour un tout petit truc en coton... On aurait préféré qu'elle nous offre l'équivalent en bouteilles !!)

Warmshowers ce soir, mais il n'y a que la douche qui était chaude, l'accueil lui un peu froid... Après toutes ces rencontres super en warmshowers et cette convivialité partagée, ça nous fait un peu l'effet d'une douche froide !

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Petite journée aujourd'hui... avec de belles montées encore une fois et surtout des points de vue magnifiques (l'avantage en vélo et dans les montées c'est qu'on a le temps d'admirer les paysages...). On voit même la Méditerranée !

Arrivée à Saint-Paul-en-forêt à 15 h 00, ce soir c'est Airb'n'b et c'est bien sympa !

La suite du programme : vendredi Grasse, samedi la côte (du côté de Nice?) et dimanche l'ITALIE !!! (avec une petite appréhension de laisser la France derrière nous en ce jour si particulier...)

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On pensait à une journée cool. . . Elle le fût, jusqu'à ce que nous arrivions à Grasse. . . Les routes sont incroyables ici, super étroites, incroyablement pentues, défoncées surtout sur les bords et il y a une circulation de fou !

Bon avant la montée, enfin les montées, on s'arrête chez une petite famille bien sympa qui offre un goûter à Esteban, un café turc pour nous et qui nous met en garde contre les montées dans le coin. Nous, goguenards, on répond :"non mais ne vous inquiétez pas, on en a fait d'autres !". Ah oui mais pas comme celles-ci! On pousse nos vélos pour arriver au bout !

On arrive tout de même à Plascassier. . . Là où est mort Coluche. . . Mais bon ça c'est pour l'anecdote, nous on va rejoindre notre famille de ce soir, une super petite famille : Fabien, Marjorie et leurs deux enfants Oriane et Céleste. Esteban est super heureux de jouer avec les enfants, ils trinquent avec leurs bib. Et nous, nous sommes bien contents de discuter avec Marjorie et Fabien, d'échanger quelques notes de guitare contre quelques notes de yukulélé, du Brassens, contre du Moriarty, tout ça autour d'un petit rhum arrangé. . .

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Fabien et Céleste nous accompagnent jusqu'à la mer et c'est super agréable, nous n'avons pas à regarder le plan, on se laisse guider, on se sent un peu plus en force contre les voitures qui ne prennent pas toujours vraiment leur distance pour nous doubler, et qui sont incapables de patienter, et puis ils sont d'agréable compagnie. . .

Jusque Nice tout va bien on a une belle piste cyclable. On déjeune face à la mer sur la promenade des Anglais. Et après. . . .ça se complique, ça grimpe, on suit la même route que les voitures, on se fait doubler par quantités de Mercedes, lamborghini, porsche. . . On contourne Monaco. . .

On a décidé d'aller jusque Menton, c'est loin, mais c'est le seul camping du coin. . . Au bout de 70 km, on arrive à Menton, on s'arrête à l'office de tourisme qui nous apprend que. . . le camping est fermé! (Ben oui c'est beaucoup plus rentable de construire des villas dans le coin. . . ). Alors on enfourche de nouveau nos vélos. . . Et on repart jusqu'en Italie ! On passera la frontière ce soir ! Dodo au camping de Vintimille !

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On suit la côte. . . Pas d'autre route possible. En même temps à chaque coup de pédale on se visualise avançant sur la carte : à notre droite la méditerranée et à notre gauche la montagne. On suit une superbe piste cyclable sur 25 km, remplie de familles à vélo ou roller (c'est un week-end de pont, 4 jours, mardi c'est la fête nationale).

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Aujourd'hui c'est difficile, on accuse la fatigue, on n'a pas fait de pause depuis longtemps. . . A moins que ce ne soit les résultats des élections qui nous plombent un peu. . . Voire totalement. . .

Bref, c'est dur. . .

On change les roues de Lucas. . . Il repart avec un vélo presque neuf. Sinon c'est beau, c'est l'Italie. . .

Repos dans un petit camping tout en hauteur. . .

Vue de notre emplacement.  . .  
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25 avril, libération des villes de Gênes, Turin et Milan. C'est la date retenue pour fêter la libération de l'occupant nazi


Aujourd'hui on retrouve un peu de patate. . On profite de la route, du soleil et on fait de nombreux arrêts sur les plages. . . Toute cette côte ligurienne n'est que cafés et jeux pour enfants, c'est fou. . .

Notre but c'est Albisola Superiore, une 60taine de kilomètres. Notre premier warmshower italien nous attend!

Mais bon, quelques problèmes de communication plus tard, on opte pour notre premier camping sauvage du voyage, dans le parc à jeux. . .

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Nous sommes réveillés par le doux bruit de la pluie sur la tente. . . On ne s'y attendait pas. . .

Et pourtant. .. On parcourt les 50 kilomètres qui nous séparent du centre de Gênes sous une pluie battante. . . Au bout de 5 minutes nous sommes trempés. . . Alors au bout de deux heures. .. même la charrette d'Esteban commence à prendre l'eau. . . Mais il ne se plaint pas. . . Nous non plus remarque. . .

A midi, on se réfugie dans un petit resto. On dégouline, on fait des flaques. . .

Avant notre refuge final : une petite chambre en airbnb dans le centre historique de Gênes. . . Demain, repos !

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La côte ligurienne est vraiment magnifique. . . Le bleu de la mer, les montagnes enneigées au loin. . . Et le soleil. . .

Des cyclistes sympas, quelques belles montées. . .

La nuit, on dort en sauvage, dans un parc à chiens mais un beau parc à chiens !

Et puis l'avantage c'est que les gens qui viennent promener leur chien nous renseignent sur la suite du trajet. . . Pas besoin de passer à l'office du tourisme. . .

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Donc on suit les conseils du monsieur qui est venu promener son chien chez nous ce matin: un petit mix de train, et de pistes cyclables. On triche un peu mais on avait envie de voir les "cinque terre", et c'est un peu le seul moyen. . . En même temps, monter les vélos, les sacoches, Esteban et la charrette dans le train c'est aussi du sport !

Alors les cinq terres c'est sûrement magnifique, mais un peu caché par les touristes. . . On est un peu tristes d'être déçus . ..

Mais on se console. ..

Arrivés à La Spezia (à plus de 18 heures), on apprend qu'il n'y a pas de camping ici (pourtant on avait vérifié, si, si. ..). Alors, on repart, pour le camping le plus proche à 15 km . . . Avec encore quelques belles montées. . . On arrive au camping.. . Qui est fermé. . .

A plus de 20 heures, nous sommes encore en train de chercher un coin pour planter la tente (pas facile ici. . . ), quand on tombe sur une petite famille en balade, qui bien sympathiquement nous conduit jusqu'à un petit terrain parfait, et nous offre des bouteilles d'eau, des couvertures et des sandwichs . . .

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Finalement nous sommes content de ce petit détour, la vue est superbe sur Lerici.

Peu de vélo aujourd'hui. . .On s'arrête assez vite sur la plage pour un petit latte macchiato

Et comme on nous annonce qu'il y a des campings à 5 kilomètres mais qu'après c'est le désert, et qu'on a quand même besoin d'une douche. . . On écourte la journée. . . Et on décide de dormir ici, entre la mer et la montagne dans un des 20 campings tous ouverts et collés les uns aux autres. . .

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Départ du camping, où Esteban a déjà son petit fan club. . .

Et nous, des futures adresses de warmshowers. . .

On se presse pour éviter la pluie, qui tombe pendant que nous dégustons une pizza en haut de la montagne. . .et nous redescendons sur Lucca avec le soleil !

C'est beau Lucca!

Ça pourrait être une journée parfaite . . . Si. . . Si on avait fait un peu plus attention. . . Notre warmshowers nous attend. . . Nous avons son adresse, via Matteotti, Stavia, Lucca. . . Comme je n'ai pas trouvé de Stavia sur la carte, j'en déduis que c'est un quartier de Lucca. . . A 17 heures, ponctuels, on se pointe donc via Matteotti, avec notre bouteille de vin. . . On cherche, on cherche, pas de maison avec ce numéro . . . Et là, on demande et on comprend. . . Stavia n'existe pas, c'est Stiava. . . Non pas à Lucca mais dans la province de Lucca (et oui c'est comme ça en Italie. . . ). C'est à 25 kilomètres de Lucca. . . Vers la mer. "Une lettre seule et c'est la merdre" dirait Jarry (Alfred).

On finit dans un bed and breakfast. Kebab, falafel et frites devant la télé tous les trois . . . Finalement c'est presque une journée parfaite. . .

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Bon, on s'est un peu embrouillé dans les warmshowers, les jours, les distances. . . Et comme on a du temps à perdre aujourd'hui, on décide de descendre prendre un café à Pise avant de remonter vers le Nord. . .

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Petite journée de vélo pour rejoindre notre warmshowers de ce soir, un vrai warmshowers cette fois-ci, chez Giovanna, dans une bien jolie maison. Giovanna nous accueille malgré son handicap momentanné (opération du genou. . . ) avec son fils Alberto. Esteban trouve une pleine bassine de jouets avec de gros tracteurs, c'est le bonheur !


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Grosse journée vélo. . . .Qui aurait pu se terminer en train. Avant notre départ, c'est le déluge. . . On regarde les horaires de train, les possibilités de mettre les vélos dans le train. Nous avons une longue journée de prévue, nous sommes attendus à Firenze, et il pleut averse...

Une éclaircie, on part et on ne verra presque pas d'eau sur notre route !

Au tout début, nous remercions la tablette et maps.me qui nous permettent de prendre des petits chemins sans voitures , puis bêtement nous nous laissons guider par le GPS de maps.me, option vélo. . . Quelle erreur : il nous fait passer par toutes les collines environnantes, calcule ses itinéraires sans prendre en compte les dénivelés, et nous fait passer par des chemins de randonnée sur lesquels nous ne pouvons même pas rouler. . . Pendant une heure nous nous retrouvons à pousser les vélos dans de petites montées caillouteuses. . . Par contre c'est sûr qu'on ne croise pas une voiture. . . Pourtant on le sait qu'il ne faut jamais faire confiance aux machines. . .

A cinq heures, nous rejoignons enfin les rives de l'Arno. . . On est crevés. On s'octroie une bonne heure de pause avant de finir avec 20 kilomètres magnifiques, par de belles pistes cyclables, dans les parcs de Florence, le long de l'Arno. Première rencontre avec Florence pour Lucas, retrouvailles pour moi .. .

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Journée de repos. . . Pas de vélo, ou juste pour rejoindre le centre de Florence et promenade, cafés, sieste, jeux, promenades, pizza, Vespa vroum vroum, ponte vecchio. . .

"La piu bella citta che ho mai visto" a dit Lucas à la fin de la journée. . .

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Notre warmshower, Leonardo, nous accompagne sur la route de Sienne. . . Après nous n'avons plus qu'à suivre. . . On a prévu 2 jours pour y aller. . . Mais il fait encore froid, la pluie nous guette, l'orage est prévu pour ce soir. . . On hésite à camper en sauvage . .

Alors on continue, et on continue, et ça monte, et ça monte. . . Mais c'est beau. . .



Du coup ce sera en une journée, on se pose au camping de Sienne dans un bungalow...un peu de luxe ça ne fait pas de mal...

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Petit temps de visite à Sienne, on s'installe sur la piazza del Campo, la place du Palio, gigantesque, magnifique. . .

Et impossible à photographier. . .

C'est sur cette place que se tient deux fois par an des courses de chevaux, 10 chevaux qui représentent un des dix-sept quartiers de Sienne (d'où le nom de palio delle contrade, palio des quartiers). Les spectateurs sont au centre de cette immense place, les chevaux font trois fois le tour. Les palii datent du moyen-Âge


On croise un couple qui vient nous parler, savoir d'où on vient, où on va. . . Si on a pris le train, si nos vélos sont électriques. . . Ils nous ont doublé sur la route hier, et "on s'est dit : "mais ils sont fous ! Mais avec un enfant en plus !". . . C'est vrai que ça montait raide hier. . .

Alors aujourd'hui on la fait cool, on prend une toute petite route (conseillée par la dame de l'office du tourisme, une route "toute plate". . . ne jamais croire ce que disent les automobilistes, jamais).

Mais il n'y a pas de voiture et oui c'est magnifique. ..

Camping dans les hauteurs. . .

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Alors là c'est vraiment une journée difficile, on trime sur les vélos, on n'avance pas, les routes sont caillouteuses, ça ne fait que monter. . . Une de ces journées où on se demande qui nous a forcé à faire ça. . . En plus on est à court de gaz, notre bonbonne est morte ou quasi et impossible d'en trouver ici. . . On demande, on fait plusieurs quincailleries, rien. . . Manger des pâtes al dente oui, mais crues ça nous motive moyennement.. .


La fin de journée nous réconforte. . .

On s'arrête dans une jolie petite ville Quirico, on achète une Vespa pour Esteban

Et on trouve un petit camping sauvage dans les bois, près de sources d'eaux chaudes, ancien lieu de thermes...

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Départ très tôt, et là. . . On découvre toute la splendeur du lieu. . .

On est heureux. . .

Et c'est une belle journée de vélo. . . On prend une route plus facile, un peu plus fréquentée mais bon, c'est l'Italie. . . On pédale pour échapper aux nuages et à la pluie et rejoindre le soleil que nous voyons sur le bord du lac. . . On arrive, épuisés mais contents, sous le soleil au bord du lac de Bolsena.

Note pour Élise : Le lac de Bolsena est un lac d'origine volcanique, c'est même le plus grand lac volcanique d'Europe, et le plus grand lac d'Italie. Il s'est formé il y a 300 000 ans suite à l'effondrement des cratères des monts Vulsini.

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Ça c'est notre petit déj. . .

Difficile de repartir. . .

Et comme nous ne sommes pas là que pour souffrir, on reste. . . Et grands princes envers nous-même on s'accorde une journée de pause (enfin de pause, il faut faire la lessive, trouver une bonbonne de gaz, prévoir la suite du trajet, réserver un logement pour Rome, réparer les vélos, contacter les warmshowers possibles...)

Du coup, on prend quand même les vélos, mais sans chargement et on file jusqu'à Bolsena, à 3 km. . . On y trouve notre bonbonne de gaz et un joli petit village, et même un café !

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C'est reparti en direction de Rome. . . On essaye de rejoindre le 2ème lac. . . Mais faire le tour de Bolsena nous prend déjà toute la matinée. . .

Milieu d'après-midi, On arrive à Viterbo, on trouve cette ville très laide, sûrement à tort. . . On continue en direction du lac, sur une route qui ne fait que grimper , pleine de voitures . . . On dévie alors sur le petit village de San Martino, et c'est une riche idée. . . On y rencontre Elena et Giuliano, qui nous invitent à dormir chez eux. Esteban est super heureux de jouer avec leur fils Enea.

Elena, qui est roumaine, nous offre un bout de fromage roumain que sa mère lui envoie. . . Et ben le maroilles et le vieux-Lille peuvent aller se rhabiller. . . A côté du fromage roumain, c'est du babibel!

L'accueil de Giuliano et d'Elena nous fait chaud au coeur. . .

Esteban sait rester digne en toutes circonstances. . .  
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On commence par une montée de fou en direction du lac. . . Les muscles ne sont pas chauds, les italiens ne savent pas faire de lacets, ils font des montées de tarés. . . En tout cas, beaucoup trop dures pour nos petits mollets et avec notre chargement. . . On abandonne toute dignité et on pousse nos vélos. . .

Fatigués de la grosse route et du trafic, on dévie vers le lac de Bracciano (oui encore un. . . En plus c'est celui où s'est marié Tom Cruise (merci Augustin pour ces informations culturelles). Et là c'est bien plus joli. . .

Difficile de trouver un coin pour poser la tente. . . On opte pour un camping au bord du lac. . .

Il n'a pas mauvais goût Tom Cruise. . . 
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Tout le monde nous déconseille la route de Bracciano à Rome. Trop de circulation. . . Pour une fois on écoute. . . (D'abord les gens nous disent : "vous n'y arriverez jamais, c'est trop loin! ". Du coup je précise qu'on a déjà fait plus de 2000 km à vélo, donc 30 ça va. . . Mais bon l'argument de la route dangereuse on l'accepte. . .)

Donc c'est le train, pour le plus grand plaisir d'Esteban. . .

Pour nous c'est un peu plus compliqué. . . Il n'y a pas de place pour les vélos. . . Il faut descendre les escaliers. . .

Et puis, les portes des trains ont l'air beaucoup plus violentes qu'en France, ça fait plus flipper que le petit lapin qui se fait pincer les doigts !

Et après, le bonheur de rouler dans Rome à vélo . . . Avec des sacs, une charrette, un bébé. . . On s'installe dans un camping à l'est de capitale. . . Il y a des jeux pour enfants, des douches chaudes, on a des lits, il y a un barbecue. . . Le bonheur quoi !

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Le Vatican.  . .  
Il castello Sant 'Angelo et le pont 
Les places. . .  Piazza Navona et ses artistes, piazza del Pantheon. . .  
Le monument à Vittorio Emmanuele, la colonne Trajan  (magnifique), la place d'Espagne, la fontaine de Trevi.  . . 
Le colisée forcément.  . . Et  l'emblème de la république de Rome SPQR

Senatus PopulusQue Romanus- le sénat et le peuple romain. . . Qu'on peut trouver sur tous les panneaux, plaques d'égouts et autres de Rome. . .

Une journée à Rome, sous le soleil. Bus, marche, bus, camping et barbecue !

Du coup, Rome passe numéro 1 dans le classement de Lucas et Florence descend au deuxième rang. . .

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On commence par la piste cyclable le long du Tibre. On l'a vu hier, elle nous a fait de l'oeil. . . Et en effet elle effets très belle, elle suit le Tibre, nous sommes loin des voitures. . . Une autre vue de Rome.

Et aujourd'hui, c'est la journée des anges. . . Le premier s'appelle Tonino, nous le rencontrons sur la suite de cette piste cyclable, au moment où elle rejoint la circulation. Il décide de nous aider à sortir de Rome. . . On ne comprend pas vraiment son chemin, nous avons l'impression de faire des milliers de détours mais avons final nous nous retrouvons sur la bonne route, après un petit arrêt café qu'il nous offre. . . Et nous le remercions encore, parce que si toutes les routes mènent à Rome, toutes ne permettent pas d'en sortir. . .

Le deuxième ange que nous croisons, c'est le soir, à l'heure de trouver un coin pour dormir, le long du lac Albano (résidence d'été du pape. . . Nous sommes très people en ce moment ). Nous le rencontrons dans la forêt, sur le petit sentier. . . De la peinture sur le visage, les pieds nus, un sourire immense et magnifique, il décide de nous montrer un endroit pour planter notre tente, il court devant nous pour nous indiquer le chemin, ce qui impressionne beaucoup Esteban ("court monsieur, court"). Et pour nous montrer une vue panoramique sur le lac, le long d'un autre sentier. En partant il nous offre un petit échantillon de sa production (cachée dans le tronc d'un arbre, la forêt est sa maison), parce qu'il est heureux de nous voir est de savoir ce que nous faisons.

On plante notre tente là, dans ce petit bois.

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Esteban sera un petit homme des bois, son sommeil est profond ici. Il dort jusque 8 heures ! Un record. C'est magique de commencer la journée par une promenade sylvestre. .

On part tranquilles avant de se rendre compte que notre rdv de demain est plus loin que prévu. . . Alors on accélère.

Jusque Colleferro, ville qui nous semble sans intérêt à part pour son magasin de vélo. . . Nous avons besoin de freins (oui ça monte mais du coup ça descend beaucoup aussi l'Italie. . . ) Nous trouverons des freins pour Lucas, mais pas pour mon vélo. . . Mais nous repartons avec un logement pour le soir ! Un petit squat à 10 kilomètres de là, où Ricardo, qui bosse au magasin nous invite !

Et c'est un lieu magnifique. . . La campagne ici est splendide.

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Jolie route dans la campagne au départ, après route entre les prostituées et les camions (on traverse un coin beaucoup plus industriel et beaucoup moins bucolique. . . ). Halte à Frosinone, nous ne sommes plus très loin mais faisons encore l'erreur de suivre le parcours de maps.me qui nous fait passer par tous les cols de la région. . . Et après nous nous trompons tout seuls, nous montons jusqu'au village de Strangolagalli qui trône tout en haut d'une belle colline. Nous demandons, une fois tout en haut, la route ou plutôt la maison de notre hôte de ce soir. . . Et nous sommes assez désespérés d'apprendre qu'il n'habite pas dans le centre tout en-haut mais dans le bas. . .

Pas grave, nous ne sommes pas à une montée près. . . Ni à 5 kilomètres près. . . Nous arrivons avec plaisir chez Enzo et toute sa famille (mère, fille, petits enfants. . . ). Enzo accueille les pèlerins sur la route Francigena et les cyclistes !

Ici on se sent vraiment en Italie!

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Aujourd'hui nous faisons du tourisme ! Nous restons ici, et Enzo nous emmène découvrir les environs.

Journée de repos. . . A 8 heures nous sommes sur les vélos. . . Pour une trentaine de kilomètres mais avec un super guide.

Nous découvrons l'abbatiale de Casamari où vivent encore quelques moines cisterciens. Magnifique lieu.

Et isola de livi, une cascade dans la ville. . .

La seule d'Europe nous dit-on. . .

C'est une belle matinée, l'après-midi, on se repose, Esteban est aux anges au milieu de toutes les petites motos, tracteurs, vélos dans la cour. . .

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Départ de Strangolagalli. . . Nos vélos sont réparés, la lessive est faite, nous sommes reposés, et surtout bien heureux de ce temps passé ici avec la famille d'Enzo !

En plus, on est dans le journal local 😆

La classe non ?

Et puis aujourd'hui c'est chouette, il fait beau, on trouve une petite route, on ne voit presque pas les voitures, et c'est plat !

On arrive à Cassino, et Enzo nous a trouvé un refuge pour la nuit, Exodus, sorte de refuge, centre pour jeunes, mais aussi centre sportif, mais ils accueillent aussi les pèlerins (oui, c'est notre nouveau statut, c'est tellement plus facile !). En plus, aujourd'hui c'est jour de fête. . . La fête de la paix. Buvette, jeux, concerts.. .

C'est vrai qu'on aurait pu en profiter pour voir la magnifique abbaye qui trône sur le mont Cassino. .. Mais elle est à 600 mètres d'altitude. . .

Petit point histoire : Monte Cassino est célèbre, c'est un peu pour les italiens l'équivalent de notre débarquement de Normandie : 4 batailles décisives qui ont permis aux italiens de se débarrasser des allemands. En 44. Mai 44.

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Aujourd'hui on prend le train. . .

On a un rendez-vous dans une semaine dans le sud, c'est un peu juste pour tout faire à vélo, et c'est la pleine montagne. 130 kilomètres de train, 80 à vol d'oiseau mais il faut contourner les montagnes. . . Et puis c'est Esteban qui gère le trajet maintenant :"par là, par là"

On arrive à la gare de Campobasso, le temps de se restaurer et on part à vélo. On prend la "superstrada" qui est censé être une grosse route, mais c'est le week-end, il n'y a personne et on trace, 45 kilomètres en peu de temps, une belle montée jusqu'au village de Volturara où nous nous posons, en suivant les conseils du vendeur de légumes, dans le parc de jeux pour enfants.

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Est-ce notre mauvaise conscience d'avoir pris le train qui nous travaille ? La pluie matinale qui nous fouette ? La perspective de rejoindre l'Adriatique? En tout cas on explose le compteur. 98 kilomètres aujourd'hui. . .

Ça commence par une jolie côte qui nous permet de profiter encore un peu du petit village qui nous a accueilli.

Et on apprécie, malgré la pluie ces derniers kilomètres de montée. . .

Ici c'est rempli d'éoliennes, et on comprend pourquoi, il fait un vent à décorner les bufflonnes!

Après on trouve la plaine, des routes plates. . . Mais pas à manger. . . On s'arrête dans la campagne, dans un petit restau. . . Enfin ! Ils ne peuvent pas nous servir, ils ont déjà deux énormes tables (fêtes de communion !). On est dépités. . . Mais, alors qu'on reprend nos vélos, ils nous rappellent, nous aurons nous aussi le droit à un repas de fête. . . Pas moins de 5 plats, du poisson, des pâtes, des petits gâteaux, des moules, du poulpe (petite pensée pour Micka!), du limoncello. . . On repart bien lourds . . . Il reste 40 kilomètres jusqu'à la mer. . .

Nous arrivons, 98 kilomètres au compteur. . . Le camping est fermé. . . Ils préparent la saison. Le monsieur au tracteur nous voit. . . Nous serons les seuls campeurs ce soir !

La mer nous berce. . .

Tout se prépare pour l'été qui arrive, pour le moment nous sommes seuls, on doit être hors-saison comme dit Francis. . .

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Nous nous accordons encore une petite pause ce matin, l'Adriatique et la plage déserte le méritent. . .

Petite étape, qui passe par les marais salants, c'est aussi une réserve avec plein d'oiseaux. . . Ça ressemble un peu à l'île de ré mais aussi un peu au Nord tunisien. . .

on s'arrête à Marguerita di Savoia, boire un café et finalement on dormira ici. . .Esteban est un peu malade, on attend l'ouverture de la pharmacie pour chopper du sirop et du paracétamol, on cherche encore en vain une bonbonne de gaz. . . Et on atterrit sur le bord de plage, au Moby Dick. Un coin de camping, ils nous prêtent les fourneaux du restaurant, fermé pour le moment. . .

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Encore une matinée de repos. . . Et puis hier, les patrons du camping nous ont offert 8 kilos de patates, et 3 kilos de courgettes. . . C'est sympa comme cadeau, mais légèrement pesant. . . Alors on commence à en épuiser un peu ce midi. . .

Et puis le matin, nous profitons de la plage. . . Première baignade !

Sur une belle plage de sable noir. . .

On se place vite dans un petit camping qui surplombe la mer à Bisceglie. . . Pas trop mal. . .

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Bon, nous qui avions décidé de ne faire que des petites journées, on avance quand même de 75 kilomètres aujourd'hui. . . Mais on voulait passer Bari. . . Et puis la route est agréable, on trouve même des pistes cyclables et on longe la côte Adriatique, le port de Bisceglie

On dirait le sud comme dirait Nino. . .

Passage à Bari

Et les villages du bord de mer. . .Molfetta, Cozze. . .

Et sur la route, on croise nos premiers trullis! Émotion. . .

Par contre, ce qu'on ne croise pas c'est un camping. . . Enfin, nous ne croisons que des campings privés . . . Donc pas pour nous. . .

Du coup, on finit en camping sauvage et on va frapper à la porte de nos voisins d'un soir pour faire cuire nos pâtes. . . Et oui, nous n'avons toujours pas croisé de bonbonne de gaz. . .

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Ce matin, il pleut ! C'était annoncé mais quand même ça nous attriste un peu. . . Mais on visite Polignano a Mare, et même sous la pluie c'est beau !

Et puis, on passe le temps à la bibliothèque lorsque la pluie est un peu trop insistante. . .

On avance tranquillement jusque Monopoli, sans passer par la case départ. On trouvera même un camping cette nuit. . .

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On continue le bord de mer, on a commencé l'Italie par la côte ligurienne au nord ouest, on finit par la côte Adriatique au sud est. . . On approche du but. . . De notre semaine de pause, des retrouvailles avec la famille Thibaut, on a hâte. . .

Dernier camping à Rosa marina di Ostuni, et Papé et Mamé nous font le plaisir de nous retrouver le soir même au camping pour un petit dîner. . . Esteban est tout impressionné!

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Derniers kilomètres ! Magnifiques, sur les petites routes des Pouilles, au milieu des oliviers aux formes incroyables, entourés de petits murets de pierres. . .

On contourne la blanche Ostuni. . .

Et on rejoint les parents à 11 heures à San vito, la maison à 14 et à 17 heures, c'est l'arrivée d'Élise et d'Augustin. . . Nous voilà tous posés pour 8 jours dans une chouette maison bien heureux d'être tous ensemble et avec une belle envie de découvrir ce petit bout de territoire. . .


Nous avons rejoint notre premier objectif . . . Après 66 jours de voyage, plus de 2750 kilomètres parcourus. . . Piano, piano, petit à petit, on va loin. . .

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Pour nous cette semaine signe un retour à une vie "normale" (bien que la notion de normalité soit toute relative). On mange assis sur des chaises, devant une table, on peut se laver tous les jours, on dort dans un lit, on a des vêtements propres !, bref, retour à la civilisation. . .

Avant                                                               Après  


Première matinée et visite de la blanche Ostuni, c'est à quelques kilomètres de chez nous. . . Et pourtant ça nous emmène loin, un peu en Grèce, beaucoup en Tunisie, à Sidi Bou! Mais Bangkok reste encore bien loin. . .

On se fait aussi des petites balades dans San Vito, c'est moins impressionnant qu'Ostuni, mais charmant tout de même. . .

Lundi, c'est Lecce, Lecce la baroque. . . On déjeune à l'ombre des ruelles, on s'extasie devant la piazza del Duomo, la plus grande place fermée d'Europe parait-il

Et le soir, c'est pizzas maison ! Dans le four à bois de notre maison! Tout le monde participe et c'est juste trop bon, et le maître du feu est heureux !

Mardi 30 mai : 2 ans ! C'est l'anniversaire d'Esteban. . . Il y a deux ans, à 8 h 21, à Lille Esteban voyait le jour. . . Il ne comprend pas vraiment ce que ça signifie mais au petit matin, lorsqu'il se réveille et que je lui souhaite un "joyeux anniversaire", il me répond : "cadeau, cadeau!". . . Sans savoir vraiment ce que signifie ce mot "cadeau". . .

L'après-midi, on continue notre découverte des Pouilles, on veut voir des trulli! On met le cap sur Cisternino, beaucoup de trulli dans la campagne environnante, peu dans la ville, mais c'est joli. . .

Mercredi, on fait une infidélité aux Pouilles, on part dans le Basilicate, voir Matera. . .

Pour l'histoire, Matera c'est le lieu du livre Le Christ s'est arrêté à Eboli de Carlo Levi (à ne pas confondre avec Marc, hein, c'est pas le même style), le lieu d'une extrême misère, la misère du sud de l'Italie. Les habitants de Matera vivaient dans des Sassi, sortes de maisons troglodytes, entassés dans des petites pièces avec leurs animaux, les conditions sanitaires étaient déplorables, ils mouraient beaucoup trop tôt. . . Bref, en 52, une loi est promulguée, les Sassi vidés de leurs habitants et logés ailleurs. . .

Ça reste une ville très impressionnante, qu'on visite sous une belle chaleur. . .

Vendredi, c'est Alberobello mais c'est aussi la fête nationale, donc un jour férié, donc un grand week-end, donc beaucoup beaucoup de touristes. . . .Et Alberobello se transforme un peu en eurodisney. . . . Mais cette petite ville de trulli reste assez particulière. . . Et ça vaut quand même le détour. . .

Petite note sur les trulli (trullo au singulier): c'est l'habitation typique des Pouilles, ou d'une partie des Pouilles. Construites en pierres non scellées, au sommet on trouve un petit signe (boule, croix ou autres), sûrement lié aux superstitions. L'origine des trulli est incertaine, peut-être une forme d'évasion fiscale, pour échapper aux taxes sur les maisons (comme les pierres n'étaient pas scellées, elles étaient considérées comme non- finies donc pas soumises à l'impôt. . .)


Samedi 3 juin. . . On se rend compte que nous ne pourrons pas passer en Croatie, bêtement nous n'avons pas pris le passeport d'Esteban. . . Nous n'avons que le livret de famille qui ne suffit pas. . .

Donc changement de plan : nous pouvons remonter le long de la côte Adriatique, aller voir Bologne, Venise, Padoue. . . Passer en Grèce ? Ou continuer vers le sud, la Sicile ? Vous avez des suggestions ?

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Samedi 3 juin, c'est l'anniversaire de Paco, le papa de Lucas, 80 ans aujourd'hui ! Nous ne sommes pas avec lui mais nous pensons bien à lui !


Dimanche 4 Élise et Augustin repartent, nous laissant un petit chien qui a trouvé refuge chez nous, apeuré par l'orage. . . ( oui oui nous avons eu un petit orage, qui a un peu rafraîchi la piscine et le jacuzzi) et qui dévore mes chaussures et le casque d'Esteban pendant la nuit . . . Grrrr

Du coup, le dimanche, nous visitons le Décathlon de Brindisi. . .

Et le lundi c'est le départ, et encore un anniversaire, celui de ma grande soeur à Bangkok (voir carnet de voyage numéro 1, Deux lulus et un bébé en Asie 😊)

Et on a bossé toute la semaine dessus !

AUGURI MARION, c'est écrit  vous le voyez ? Ça veut dire Joyeux anniversaire!  Mais c'est beaucoup moins long à écrire.  . .  

Et puis le départ. . .

Bravo pour cette photo maman, quelle composition ! 
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On reprend donc la route, vers le nord de l'Italie! Finalement, ce sera plus facile ainsi. . .On passera par la côte Est cette fois-ci! On va donc se faire un beau tour d'Italie, notre giro à nous comme le dit Lucas!

Et pour là première étape, on remonte par les petites routes de campagne, au milieu des trulli jusqu'à Alberobello. Le paysage est grandiose. . . Et on ne se lasse pas d'admirer les trulli qui constellent la campagne. . . Et on a le plaisir de faire notre rituelle pause café et glace à Martina franca, magnifique et glissant. . .

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Pas facile de se remettre dans le rythme ! Alors on commence par une matinée de pause. . . Révisite d'Alberobello, les touristes en moins. . . Piscine et réparation des vélos. . .

Route dans la campagne l'après midi, on continue par l'intérieur. .. Le seul problème est que les campings sont sur la côte . .. Alors on s'arrête à Adelfia, petite commune des Pouilles, au parc de jeux. . . Les gens sont très étonnés de nous voir, ils nous posent des questions, et de fil en aiguille, on nous propose un toit pour ce soir ! Ce sera chez Patty et Bartolomeo, Esteban est aux anges, il y a 3 "fifilles" ici !

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On part tôt ce matin, on dit au revoir à notre petite famille italienne. . . Les enfants vont à l'école, ce sont les derniers jours, vendredi c'est déjà les vacances ici (3 mois de vacances ! Ils ne recommencent pas avant le 10 septembre !)

Partir tôt est une bonne option, la chaleur nous écrase aujourd'hui. . . On est obligé de manger des glaces !

On revient vers la mer et dans le camping de Bisceglie que nous connaissons déjà. . . Mais c'est le moins cher du coin, la douche est gratuite (pas besoin d'acheter des jetons qui durent "5 minutes" mais 2 et demi en vérité, et qui font que tu es encore plein de savon quand tu ressors de la douche) et la vue est superbe. . .

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Et on rebrousse chemin, direction Marguerita di Savoia, c'est le seul troncon que nous faisons en sens inverse, mais du coup on voit le paysage différemment. . .

Et puis c'est l'occasion de revenir au même camping, on est un peu en terrain connu, ça fait une drôle d'impression. . .

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C'était notre grand dilemme : remonter tout droit, sur des routes plates, ou faire un détour par Gargano, la réserve naturelle, l'éperon de l'Italie ? Ça a l'air beau Gargano, mais c'est un promontoire rocheux, tout le monde nous prévient : ça grimpe, ça grimpe. . .

Mais Gargano nous fait de l'oeil, on le voit de loin, on l'admire, et on ne résiste pas et on bifurque vers notre droite. . .

Au passage on dit bonjour aux oiseaux des salines de Marguerita

Et aux bufflonnes !

Petite galère pour trouver un camping, ils sont tous fermés par ici ! On tombe sur un tout petit terrain, il n'y a que nous, les propriétaires avec leurs petits enfant . . . Et un bel accès à la mer . .. Parfait. ..

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NdR : je fais la greve des accents, clavier italien oblige, desolee pour la lecture)

Vue a notre reveil

On part tard, Esteban est trop heureux de jouer avec Michele et le tracteur...

C est aride ici, ne poussent que les oliviers et les chevres. . .

On fait de belles routes panoramiques, la route des "voitures" est un tunnel que nous ne pouvons et ne voulons pas prendre, alors on fait des detours par le haut. . .

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Nous démarrons tôt ce matin, 8 heures et demi nous sommes en selle. . . 2 belles heures de montée pour commencer la journée, à 10 heures on s'arrête tout en haut de la montagne pour prendre un café, on croise un couple franco-portugais qui arrive par l'autre flanc de la montagne. . . Le temps d'un café on échange sur nos parcours, les italiens qui conduisent comme des fous, les routes beaucoup beaucoup trop pentues, nos montures respectives ( nous avons beau être 3 nous sommes presque moins chargés qu'eux! ), et on repart chacun de notre côté. . .

On dépasse la "capitale"de Gargano, Vieste

Et on se pose !

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Le traquenard. . . On parlait de se poser une journée pour profiter encore un peu de Gargano et se reposer. . . Finalement, on tombe dans une sorte de faille spatio-temporelle, et on reste scotché là 4 jours. . . Il faut dire qu'il y a une piscine, un camping rien que pour nous ou presque, un barbecue, une plage presque privée au bout du petit chemin dans la forêt, un maître nageur qui ressemble à José Garcia et nous emmène en promenade sur son bateau de sauvetage, et surtout deux petites familles, romaine et napolitaine, bien sympas. . . Le traquenard. . .


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Allez, on quitte Mario, Francesco, Edouardo, Valentina, Julia, Chiara, Pascuale et tous les autrès, de toute façon, ils s'en vont tous demain. . . Et on repart pour une journée. . . De folie. . .

Au début tout va bien, on suit le lac, puis une deuxième lac. . . On passe le canal qui coupe le lac en deux, on s'arrête pour manger sous un arbre, au début d'un petit chemin qui nous semble un peu sableux. . . Mais c'est le seul . . .

On rencontre des mytiliculteurs qui nous offrent de l'eau fraîche du puits, un monsieur qui revient de courses avec sa brouette et offre une banane à Esteban. . .

Les mytiliculteurs nous offrent des moules, c'est pas le plus évident à transporter par cette chaleur mais on accepte. . . Et après concertation, l'homme à la brouette et les hommes des moules nous avertissent que le chemin n'est pas faisable à bicyclette, c'est du sable. . . Il faut rebrousser le chemin pour passer de l'autre côté du lac. . . On n'est pas trop pour. . . Alors se dessine une autre "solution": prendre par le bord de mer, sur le sable dur. . . 10 kilomètres sur la plage, en plein soleil ( il est 13 heures ), avec nos vélos chargés à bloc (parfait pour s'enfoncer), la charette, notre bébé, et juste deux petites bouteilles d'eau. . . On trouve cette solution géniale !

Ah ah! Au début c'est génial, la mer rien que pour nous, on avance. . . Bon les plages ne sont pas nettoyées, y a pas de touristes. . .

A un moment Esteban, dans sa charette, se met à rouspéter. On s'arrête pour voir pourquoi. . .

Ah il semble que nous aurions dû fermer la charette pour le protéger un peu. . . Le garde-boue n'a pas suffit. . .

On en profite pour se baigner

Ça c'était au bout de trois kilomètres, après ça se complique. . . Le sable se glisse dans les chaînes, les dérailleurs. . . On s'enlise, on a soif. . . On tombe. . . Et la plage qui n'en finit pas. . .

On finit la journée épuisés, et en caleçon pour Lucas. . . Il a oublié son dernier short sur la plage. . . On trouve un petit bar resto au bord du lac, et on s'écroule. . .

Petite éclade tout de même, on le mérite bien, et puis ça nous rapproche un peu de l'île de ré (une éclade pour ceux qui n'ont pas la chance de connaître ce sont des moules cuites sous des aiguilles de pin, mmmmh)

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Avec toutes ces bêtises, on prend du retard. . . Et puis on en a marre de la plage, et puis ici il n'y a que des grosses routes alors on prend le train !

30 kilomètres de vélo, puis deux trains qui nous amènent à Ancone. . .

En sortant du train, on se rend compte que la charrette est cassée. . . Une grosse vis a rompu . . . Par bonheur il n'y a pas de camping dans le coin, et nous nous arrêtons dans une auberge Tenda Verde à Falconara et là, on a la chance de tomber sur le propriétaire, un grand cuistot mais surtout un passionné de bricolage qui passe deux heures (sans mentir) avec Lucas, et met tout en oeuvre pour réparer notre charrette. . . un grand merci !

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Après une dernière mise au point des vélos, quand même bien abîmés par le sable de l'avant veille, on reprend la route. . .

On suit la plage avant de bifurquer vers l'intérieur et les montagnes . . .

C'est beau mais les montées italiennes sont vraiment, vraiment incroyables.. . Sont fous ces romains !

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On passe par l'intérieur, parce que Marion nous a dit qu'Urbino c'était beau et que Rimini c'est moche a dit Didier. . .

Du coup, on se tape encore les montagnes. On lutte pendant plus d'une heure à pousser les vélos dans des petits chemins en fin de journée, pour atteindre le camping qui est tout en haut. . On lutte, on sue, on dérape, on essaie de remonter sur les vélos, pour quelques mètres. . . Mais, rien à faire, même après trois mois de vélos et avec nos mollets impressionnants (on mettra une photo un jour, vous verrez), on descend pour pousser les vélos. . . En arrivant au camping on tombe sur un mec tellement pas sympa et qui veut nous faire payer tellement cher. . . Qu'on reprend nos vélos et on redescend sur Urbino. . . Finalement on se posera en sauvage, avec une vue encore plus jolie sur la ville. Quelle idée de vouloir payer un camping.. .

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Petite visite matinale d'Urbino, c'est bien joli!

Une ville plein d'étudiants, de montées, un Duomo, une basilique, la maison natale de Rafaello. . .

On prend un café, on achète une carte de la région d'Emilia-Lombardia. . . Et on prend direction de San Marin. . .

Les paysages sont splendides, on voit même la côte, mais le soleil nous tue . .. A 10 heures du mat il fait déjà 35 degrés. . . Dans les montées (et on ne fait que ça ce matin !), c'est infernal. . .

Le midi, on est au pied de San Marin, on hésite. . . Partir vers la côte, retrouver le plat. . . Mais un air nous obsède (" non mais vraiment qu'est ce qui t'a pris. . . . Ouhououh").

Bon allez, on a signé pour en chier après tout. . . On repart pour San Marin. . .et là, on est presque étonnés que ce soit si facile . . .

San marin, c'est le gros rocher tout à gauche. . . 
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Il fait chaud, très chaud, alors on reste sur notre rocher toute la journée, à l'ombre, dans la piscine. . . A 16 heures on se met en route, une route presque verticale, il faut remonter. . . Avant de descendre. Du coup, 16 heures 15, on fait notre première pause. Chez le glacier. . . On est déjà trempés de sueur.

Mais après ces quelques kilomètres de montée, ce n'est que descentes. . .et petite piste cyclable perdue entre le fleuve et les bambous. . .

On dort en bas, dans le petit village de San vito, dans un jardin public entouré de maisons. . . Les habitants sont charmants, ils viennent discuter avec nous, nous offrent une bière, de l'eau, des trucs à manger, un abri pour les vélos, de quoi recharger nos appareils, nous prêtent leurs toilettes. . . Mieux qu'un camping!

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On rejoint la mer, on effleure Rimini, c'est plat, il fait chaud. . .

On fait des pauses. . .

Petit camping en agritourismo (ça veut juste dire que le camping est un peu à la campagne, sinon je ne vois pas trop la différence avec les autres campings. . .)

Mais Esteban garde la classe. . .

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Il fait chaud, beaucoup trop chaud . . On passe Ravenne, on fait une pause qui n'en finit plus dans un parc, et on trouve un camping au bord de mer. . . Je ne sais même plus où. . .

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On part tôt, avec cette chaleur impossible de rouler l'après-midi. . . On hésite entre rejoindre Bologne (mais c'est dans les terres, paraît qu'il y fait encore plus chaud) ou Padoue (mais c'est plus loin. . .). Jolie route le long du lac. . .

On prend le bateau pour traverser. . .

Nous sommes en plein dans le delta du Po, c'est plein d'oiseaux ici. . .

Après-midi camping, et découverte de Comacchio, on se rapproche de Venise !

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Le temps se marmousse!

Du coup, on trouve refuge dans une ferme. . .

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Arrivée au camping, sud de Venise

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Venise, que dire de plus ?

Les verres de Murano. . .

Le grand canal vu du pont Rialto

Le carnaval, toujours présent. . .

Le pont des soupirs ( rien de romantique, il mène à la prison, et c'est donc la dernière fois que les prisonniers voyaient la mer, le large avant d'être enfermés. . . )

La place Saint Marc, forcément

Le pont Rialto

Et puis. . . Tout le reste, les gondoles, les pizzas, les cafés les Spritz, les ponts, les églises, les canaux, la sieste sous les ponts,

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On laisse les gondoles à Venise et on prend le train. . .

D'abord visite du Décathlon de Venise, c'est un enfer, les roues de la charette ont crevé au moins 5 fois en trois jours, les chambres à air sont pleines de rustines, il faudrait changer les pneus, mais ils n'ont pas ce qu'il faut. . . On rencontre un couple de cyclistes iraniens ! Oui, oui, ils sont venus d'Iran à vélo. . . Mais alors, on fait un bout de chemin alors avec eux et ils sont tellement lents que je me demande depuis combien d'années ils sont partis. . .

Puis train jusque Vérone, puis Milan, puis Côme. . .

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On commence notre tournée des lacs, le lac de Côme, le lac de Lugano, le lac majeur. . .

Tcha io, Tcha io l'Italie comme dirait Esteban et Bonjour la Suisse !

Alors pour nous, au début la Suisse, c'est beau mais : c'est cher, très cher. . . C'est nuageux et pluvieux. . . Et les pistes cyclables sont plutôt des bandes cyclables sur le bord des grosses routes. . . .

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10 km aujourd'hui. . . Je perds un bout de notre chargement sur la route, il pleut, nous ne trouvons que des grosses routes. . . Et à 15 heures, nous n'avons avance que de 10 kilomètres et nous sommes là, coincés par un orage sous une petite cabane. . .

Pas très glorieux. . . Mais. . . Heureusement Elena nous prend en pitié, elle vient nous chercher au parc et nous trouvons refuge chez elle pour l'après-midi puis la soirée et la nuit! Chouette soirée en compagnie de cette petite famille, Elena, Benjamin et Chloé, un an et demi. Ça nous réchauffe le coeur et nous réconcilie avec la Suisse !

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La Suisse continue à nous sourire, il fait beau, nous trouvons les petites routes, nous faisons des rencontres vraiment marrantes. . .

Nos sosies californiens par exemple. . .


On se dirige vers le Nufenen, 2470 mètres, le plus haut col asphalté de Suisse. . . Faudra nous envoyer de bonnes ondes lundi !

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Hier soir, nous avons été invités pour boire un café, puis pour une bière, puis pour manger et finalement pour dormir chez Luan et sa famille. . . Merci encore pour votre accueil généreux !

Aujourd'hui, nous n'irons pas loin, le câble de vitesse de Lucas casse. . . Nous n'en avons pas en rab, et dimanche tout est fermé en Suisse. . .

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Donc pas de Nufenen aujourd'hui, l'idée étant quand même de retrouver un câble de vitesse pour Lucas avant cette grande montée. . .

On continue sur les petites routes suisses, les itinéraires vélo sont tellement bien indiqués ici, c'est un bonheur. . .

On commence à monter. . . Mais on ne veut pas dormir trop haut, peur d'avoir froid cette nuit, alors on s'arrête en sauvage dans un petit coin de nature. . .

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Grande journée aujourd'hui, le bouquet final de notre voyage, le Nufenen, ou Novena en italien, le plus haut col asphalté de Suisse, ouvert depuis peu, puisqu'il est recouvert de neige une partie de l'année. . . Belle et longue montée, doublés par quelques motos et quelques voitures de tourisme. On ne voit pas le sommet mais les tâches de neige qui se rapprochent. . . C'est magique.

Et puis enfin. . . Au bout de 10 kilomètres de montée, de 1000 mètres de dénivelé. . .

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On sent la fin du voyage arriver. . . Plus que deux vallées. . .

On suit le Rhône maintenant

On est en suisse germanophone pour quelques jours. . .

Et ce soir on dort en warmshowers à côté de la jolie ville de Brig, chez Estelle et Marc. On sent la fin du voyage, on a même oublié de prendre une photo !

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La Suisse, encore et toujours. . .Les pauses déjeuner au bord des lacs. . .

Et le vendredi soir, une belle rencontre, celle d'Alain, de Jennifer et leurs enfants, Clarisse et Kamil. Il y a plusieurs années Alain est parti pour un voyage de 22 mois à vélo, en Amérique latine, il a croisé Jennifer au Costa Rica, et ils sont répartis à deux à vélo, jusqu'au Pérou . .. Il y a deux ans, ils sont répartis à 4, avec leurs en Asie, 4 mois de vélo. . . ce n'est pas leur rencontre qui va nous donner envie de moins voyager. . .

J'attends les photos qu Alain doit nous envoyer !

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Seule difficulté de la journée: l'arrivée! 500 mètres de dénivelé sur 7 kilomètres. . . Mais c'était le prix à payer pour rencontrer nos hôtes et ca valait le coup. . . Nous sommes contents d'arriver, et de passer la soirée et une partie de l'après-midi chez nos hôtes, Blaise, Isabelle, Anatole et Zephyrin dans ce petit village perdu dans les montagnes. . .

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C'est notre dernière journée. . . Elle commence par une belle descente et se poursuit le long du lac Léman.

On traverse le

Arrivés à Lausanne, nous sommes attendus par le président français, venu, sans aucun doute, saluer notre exploit. . . .

Mais nous on préfère aller se poser au parc de jeux.. .

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Courte nuit chez nos warmshowers, Adrien et Julia, super. . .

Et à 6 heures nous sommes sur le quai à attendre notre train.

Je vous donne le choix entre deux versions :

1. On prend le train de 6 h 12, à 10 h 00 nous sommes à Paris, on traverse la ville, franchit enfin la barre des 4000 kilomètres !, on est accueilli par ma petite soeur Élise et Augustin pour le repas et à 17 h 00 on reprend le train direction l'île de ré. . . Papé, Mamé et les cousins d'Esteban, Hector et Oscar nous attendent sur le quai. . . Un convoi voiture, et nous on finit, avec Hector, les 15 kilomètres qui nous séparent de l'île de ré. . .


2. Le contrôleur suisse refuse qu'on prenne le train avec nos vélos, plus de place pour les vélos, nous avons des places non remboursables forcément, gros moment de désespoir, le train part sans nous. On se retrouve sur le quai à se demander comment rejoindre la France. . .On envisage tout, l'avion (pfff), un autre train (mais en consultant les offres il n'y a au une place pour les vélos), louer un utilitaire (quelle galère, et comme c'est cher. . .), reprendre la route (un mois pour rejoindre l'île de ré? ), abandonner nos vélos ? (Non ça on ne l'imagine pas. . .). Il est 7 heures du mat, je suis assise par terre dans la gare, Esteban dort sur moi, j'ai mis sur nous la couverture Dora l'exploratrice qu'on nous a offert il y a longtemps, j'ai une tête despérée et là, un jeune garçon vient m'offrir tous les sous qu'il a dans sa poche, je proteste, il m'offre des cigarettes, il fait un bisou à Esteban et me sourit, nous souhaite bonne chance. . .

On croise nos warmshowers de la veille, un peu étonnés et désolés pour nous. . .

Lucas finit par trouver un train qui peut prendre nos vélos, 4 heures plus tard. . . Que 240 francs suisse. . . Ah ah tout va bien (c'est ironique, le français suisse équivaut presque à l'euro. . .). On change nos billets de Paris à La Rochelle (merci Lilise!), et à 16 heures nous sommes à Paris, on franchit nos 4000 kilomètres sur les bords de Seine!, et on décale tout : petite soirée parisienne, on prend le temps de sauver le monde d'une pandémie, on repart le lendemain matin, et c'est un train merveilleux avec des concerts, des contrôleurs joyeux, des petits biscuits Michel et Augustin offerts et Esteban qui se met au boulot. . .

A l'arrivée on abandonne Esteban qui s'en fout totalement, et on embarque Hector dans notre dernier trajet, de la gare de La Rochelle à Sainte Marie de Ré. ..

Voilà, c'est la fin du voyage, difficile de mettre des mots là dessus. . . Un mélange de bonheur d'être arrivés, de pouvoir se reposer, dormir dans un lit moelleux, mettre des vêtements propres, voir la famille, de tristesse (quoi c'est déjà fini!), de fierté de l'avoir fait, d'envie de recommencer, et surtout une immense reconnaissance pour tous les gens que nous avons croisé, qui nous ont aidé, accueillis, nourris, qui ont réparé nos vélos, qui se sont intéressés à nous, à notre voyage. . . C'est eux qui ont fait notre voyage. . .


On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme et d'anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels

Nicolas Bouvier, Le poisson-scorpion, 1982.

Nicolas Bouvier, Le poisson-scorpion.