Carnet de voyage

Transsibérien

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Dernière étape postée il y a 59 jours
Au départ, juste une idée furtive il y a deux ans. Aujourd'hui, un rêve devenant réalité. Une rencontre. Un trajet. Un pays. Huits villes. Anaïs et moi-même partons à l'inconnu. L'aventure commence.
Mars 2019
4 semaines
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Publié le 26 février 2019

Novembre déjà, demande de passeport réalisée en France. Fin Janvier, demande de visa au Consulat Russe de Hambourg. Comment vous dire que ce fut notre premier traumatisme ! Février, nous débarquons au Décathlon de Hambourg : résultat, 700€ d'équipements achetés. On a augmenté leur chiffre d'affaires par deux pour l'année dis ! Merci Timo de nous avoir accompagnées !

Le grand voyage commence ! Ce mercredi 27 février, réveil piquant à 4h du matin pour un départ en avion prévu à 7h05 de Hambourg en direction de Moscou ! Escale à Bruxelles et arrivée à Moscou prévue pour 15h45. Je mets les grosses chaussettes, mon sac sur le dos et c'est parti ! Mélange incroyable de stress et d'excitation. Vite que j'arrive !

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Publié le 27 février 2019

Lever de soleil côté hublot, malgré le manque de sommeil, très agréable ! Escale à Bruxelles, ça fait plaisir d'entendre encore un peu de français avant la langue russe ! Le prochain vol est à 10h15, direction Moscou. Arrivée prévue à 15h45.

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Publié le 27 février 2019

Paysages infinis depuis le hublot, la neige reflétant les derniers rayons du soleil puis les gares de métro telle une fourmilière. L'arrivée à la gare de Moscou, Antoine au loin parmi tous les passagers circulant la tête baissée. Le sourire aux lèvres, la joie de le revoir et la satisfaction d'être enfin arrivée, c'est parti pour le début du périple.

P.S.: oui maman, papa, je vous enverrai régulièrement des nouvelles, c'est promis !

Moscou
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Publié le 28 février 2019

Une première journée passée dans la capitale russe immense. Une vie à mille à l'heure, les métros pleins, le vent froid, le bruit infernal des voitures, le souffle saccadé par l'air pollué. Puis, contradiction. Une ville culturelle incroyable : les églises orthodoxes, l'architecture riche, les dômes dorées, les nuances de vives couleurs, la neige embellissant l'ensemble. Je déambulai dans tout le centre-ville, seule et déterminée à parcourir la ville à pied. Même Antoine n'y croyait pas d'ailleurs... La Place Rouge, la Cathédrale Saint Basile, le Kremlin, le Musée d'histoire, le merveilleux Goum exposant toute la richesse de la capitale, les rues décorées de milles lumières.

20km parcourus, un regard ébahi
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Publié le 1er mars 2019

Aujourd'hui, programme visites ! Sous les nombreuses averses de neige, il fallait se réfugier quelque part. Ce fut tout d'abord la Basilique Saint Basile. Basilique à neuf églises, le moindre recoin cachait de mystérieuses peintures. Arabesques aux milles couleurs, lumière tamisée. Déambuler dans ces couloirs devient presque un jeu. Déambulez dans ces couloirs et vous perdrez tout sens de l'orientation.

Puis vint la Cathédrale Saint Sauveur et sa blancheur éclatante contrastant avec le bleu azur du ciel. Le temps de crayonner une esquisse, me voilà à l'intérieur. Architecture juste incroyable, voûtes aux multiples frises colorées, coupole haute et large, les murs chargés de peintures religieuses. Un instant de sérénité et de calme au centre de la ville. Un instant de silence indéniable.

Sous les gros flocons de neige, je me dirigerai vers le musée Pouchkin. Deux bâtiments immenses. Des salles à n'en plus finir. Sculptures, peintures, fresques. En gardant le meilleur pour la fin : impressionnisme, expressionnisme et surréalisme français. N'en doutez pas, Lucie à l'intérieur de ce musée, vous ne la retrouverez que 5 heures plus tard !

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Publié le 3 mars 2019

Magnifique journée ensoleillée. Le temps apportant sourire, chaleur et bonne humeur dans la capitale russe. Contraste saisissant. Promenade dans l'immense Parc Gorki. La neige recouvrant chaque chemin. Le soleil faisant fondre la neige sur les sapins. Dieu, le soleil perçant les nuages épais. Plénitude. Puis le Quartier des Affaires : plus de 7 tours dont certaines atteignant plus de 350 mètres de hauteur. Vertige au pied des tours, le regard porté vers le haut, vers l'infini de ses constructions spectaculaires. Richesse. Economie. Finances.

Après un bon petit chocolat chaud au centre commercial en compagnie du cher Antoine, retour à l'appartement et, une fois de plus, nous nous délectâmes d'un bon repas après avoir fait les courses. Hé oui, la Russie, c'est pas cher et on en a bien profité ! (N'oublions pas ce cher Val' nous piquant tous nos restes...).

En somme, un anniversaire pas comme les autres. 21 ans déjà. Journée dans la solitude la plus totale et soirée simple et chaleureuse entre amis. Bien sûr, je n'ai pu m'empêcher d'acheter un peu de vin ainsi que quelques maigres cookies pour remplacer le merveilleux gâteaux de maman !

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Publié le 3 mars 2019

Une heure de trajet direction le Parc de Lossiny Ostrov. Un parc national immense à quelques kilomètres de la capitale. Le contraste du rythme effréné de la vie au centre ville avec le calme et le silence du parc. Un monde à part recouvert d'un manteau de neige où l'on croise randonneurs et skieurs. Les visages apaisés, le sourire aux lèvres. Là surgit un élan, l'attitude tranquille, le soleil faisant briller sa fourrure, mangeant du bois sans prêter attention à l'homme. L'esprit tranquille et les pieds dans la neige, Antoine et moi avons déblatéré sur nos projets d'avenir. Autant dire que ce dernier va être bien chargé !

Parc Lossiny Ostrov
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Un trajet en train d'une durée de 4 heures. Un voyage lent, paisible, silencieux. Les quelques brouhahas des passagers russes se faisant entendre au loin. Les paysages blancs défilant inlassablement. L'infime bourdonnement de la clime résonnant dans la tête.

Sans parler des chaussons en papier bleu, du plaid offert, puis de la bouteille d'eau, enfin du sandwich et du chocolat offert. La classe à la russe, surprise. Effectivement, la RDZ fait une sacrée concurrence à la SNCF française !

Après le train, les petites courses : Lucie, bien sûr qu'il fallait acheter des pâtes à la tomate pour les faire cuire dans un micro-onde. C'était vraiment très intelligent... Dans la nuit, le débarquement d'Anaïs et la première incompréhension hilarante : "Mais Anaïs, où est-ce que tu es?" ; "A l'entrée de l'hôtel !" ; "Ah...mais... je t'attendais depuis une demie-heure à la gare du métro !". Bon, premier fou-rire évidemment et je ne vous parle pas de la joie que j'ai ressenti quand j'ai vu ce petit bout de dame au bout de la rue, son gros manteau noir et son gros sac Quescha orange sur le dos ! Ravie de te retrouver, poulette.

ANECDOTES

Anaïs, ne commence pas à vouloir éteindre toutes les deux minutes la lumière de la salle de bain que je suis dans la douche... La bataille commence !

Merci pour les flipflops Anaïs, même si je les oublie toujours sur le tapis de bain !

Mais Lucie, t'aurais pas pris un peu trop d'affaires par hasard ?

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Anaïs est donc bien arrivée hier en avion, l'aventure du transsibérien commence véritablement ! Ahh et quel bonheur d'aller chercher notre petit paquet en papier à la cuisine pour le petit-déjeuner ! Le temps de se raconter les petits ragots et d'organiser deux trois détails du voyage et nous étions chaussées pour découvrir la ville. L'anecdote : découvrir la ville sous des averses de neige incessantes !

Saint-Pétersbourg. Bâtisses impressionnantes à l'architecture classique. Couleurs jaune, bleu, vert. Le tout décoré de magnifiques frises ornementales recherchées. Puis, déambulant de rue en rue, longeant les canaux enneigés, la découverte de cathédrales au style complètement opposé. Du minimalisme aux innombrables dorures et peintures. Des ambiances différentes, des religions différentes mais toujours cette incroyable et indéfinissable croyance en Dieu. L'incompréhension en nous. Une vie vouée au culte, une importance vouée à la religion au-delà de tout ce que j'avais pu voir auparavant.

Le regard porté au loin, les flocons de neige glaçant nos joues rougies par le froid, les bourrasques de vent faisant plisser nos yeux, bientôt les ombres fines et hautes des grues des chantiers navals apparurent. Bateaux et sous-marins pris dans cette glace dure recouverte de neige. une vue trouble et grisée par les averses de neige toujours plus épaisses. Sentiment de petitesse. Puis vint ce sentiment angoissant et oppressant de cette cathédrale aux milles peintures, aux couleurs et nuances vives turquoises, dorées et rouges où nous ne remettrons plus jamais les pieds ! Le tintement de cette cloche qui résonne encore dans ma tête et l'insupportable chant religieux répété de façon monotone.

ANECDOTES : Pour finir la journée, le coup de soleil inattendu ! Qui pensait avoir besoin de crème solaire en Russie ? Puis vint le temps de la soupe aux cêpes et des golutsy (petits rouleaux de printemps qui ont su parfaitement satisfaire mes papilles !). L'anecdote spéciale Anaïs : la paille léchée par les deux serveuses russes avant de servir ce bon vieux Basilic !

MOTS : impersonnel, uniformité, sobriété.

Une ville aux différentes facettes
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Nouvelle journée, temps magnifique avec un bon -10 degrés ! C'est parti ! Par où commencer ? Journée incroyable mais déstabilisante. Découverte des autres facettes de cette bonne vieille ville de Saint-Pétersbourg.

Confrontation des cathédrales des jours derniers avec la religion musulmane. Mosquée sobre. Voûtes colorées aux milles mosaïques. Entrée bienveillante, intérieur surprenant. Ces murs blancs immaculés. Cette lumière blanche et orangée. Cet espace central turquoise. Ces tapis rouges sombres par dizaines. Ensuite, la Forteresse Pierre et Paul. Les premiers pas sur la glace, Lucie qui fait tomber son téléphone dans la neige, euphorie croissante. Et alors, la chute incroyable d'Anaïs survenue à cause de... tiens, des nudistes, des bronzés au loin contre le mur. Surprenant, n'est-ce pas ? Pour enchaîner sur ce premier traumatisme, un restaurant bien mérité ! Omelette, pizza fromage oeuf, quel délice ! Puis, plus tard, la découverte inattendue de ce quartier à la fois moderne et résidentiel. Contraste entre les tours spectaculaires et les centres commerciaux avec les barres d'immeubles innombrables, sombres et miteuses.

LA CERISE SUR LE GÂTEAU - LE CLOU DU SPECTACLE - LE POMPON SUR LA GARONNE

Coucher de soleil. Cette étendue infinie et enneigée. L'illusion d'une mer calme de loin. En réalité, une mer gelée. Skieurs et pêcheurs se détachant de la blancheur de la neige. Je n'ai pas les mots. Un moment magique et inoubliable. Euphorie grandissante, bonheur à l'état pur. Courant sur la glace avant de se jeter dans la neige froide et légère. Une journée pleine de surprise. Bien sûr, nous n'avons pas oublié de faire les anges dans la neige : l'ange de l'amitié pardi.

ANECDOTES : Peu de temps après l'ange, on remarqua également que notre "nique", autrement dit la "moukir" selon Anaïs, et que nos cils étaient gelés : bienvenue en Russie les amis ! Puis, première lessive faite, ça c'est important ("Anaïs, cesse voir s'il te plaît d'éteindre la lumière de la salle de bains quand je suis à l'intérieur...) + la technique des pâtes au micro-onde testée par Lucie, c'est validé !

Mosquée
L'ange d'Anaïs
Forteresse Peter et Paul
Les anges
La mer gelée
Marche sur la mer glacée
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Aujourd'hui, réveil en douceur et à nouveau, le paquet contenant le petit-déjeuner dans le cuisine ! Evidemment, nous nous sommes encore bien régalées. Puis petite balade matinale dans le centre de Saint-Pétersbourg. Découverte d'un quartier isolé aux bâtisses délabrées. Fenêtres cassées, fils électriques pendant, crépis effrité. Là, étalé sur des dizaines de rues, un marché de contrefaçon immense. Contraste richesse-pauvreté saisissant. Sentiment d'insécurité passager. Déambulant dans les rues, nous profitâmes des derniers instants dans la ville.

Puis il était déjà l'heure de partir. Après avoir plié bagages, ce fut tout à notre surprise d'être accueillies chaleureusement par cette hôtesse magnifique à la peau ambrée. Le départ convivial autour d'un thé. Après quelques mots, nous partîmes pour le train qui était à 17h. Le premier train de notre transsibérien.

Le sourire aux lèvres, deux heures en avance comme toujours grâce à Lucie, l'excitation était palpable. C'est parti pour 37 heures, tanguant au rythme des rails du train.Pour cette fois-là, ce sera en dortoir. 54 personnes réunies et cohabitant dans le même wagon. Enfants, étudiants, travailleurs et retraités : un mélange social incroyable et pourtant possible. Une cohésion se formant. Siège 23 et 24. Compartiment partagé avec une mère et sa fille : plutôt rassurant pour ce premier trajet. Malgré tout, pas d'échange car l'anglais n'était pas pratiqué pas les deux femmes.

22h, couvre-feu. Les derniers va-et-vient des passagers faisant leur toilette du soir (selon Anaïs, la fameuse toilette "du chat"). Les dernières paroles échangées avant le silence du wagon n°8. Chacun tente de fermer son cocon, chacun s'endormira sous le même bercement du train.

Moi, assise, le dos collé à la fenêtre embuée, observant la nuit calme tombant sur les plaines russes enneigées, admirant les reflets bleutés de la neige et appréciant le silence incroyable du wagon endormi, moi j'écris. J'écris le bien-être qui m'accapare en ce moment présent, j'écris ce morceau de vie que j'aurai partagé de près ou de loin avec tous ces inconnus. Bercée par le rythme du train sur les rails et des quelques claquements sourds des plaques métalliques, mon esprit semble être libéré de toute pression sociétale. Les paupières lourdes, le souffle léger, j'écris cette sérénité au plus profond de moi-même, j'écris ce doux sentiment de satisfaction sous ce pâle faisceau rouge orangé qui m'éclaire. Mon âme est en paix, mon esprit tranquille, ma tête pleine de rêves. Le voyage commence.

ANECDOTES :

La vue incroyableee sur les Tee-shirts flippant à l'effigie de ce cher Monsieur P., le russe par excellence, juste devant l'église. On aime !

Le souvenir à l'hôtel de ces quatre russes insupportables voulant absoluuuument que nous allions boire une bière ! Non merci petits, nous, on va dormir...

Après avoir mangé la bonne mousseline [à voir dans le prochain épisode] et le morceau de chocolat coutumier, c'était parti pour la première bataille du voyage. 1-1, c'était sacrément serré ! #lejeuquin'enfinitjamais

SUR CE ? BONNE NUIT LES LOULOUS.

Premier train du transsibérien
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Nous survivrons à ce trajet de 37 heures à bord du transsibérien ! dirons-nous. Une journée paisible à bord du transsibérien. L'impression folle d'être à côté de la société, à côté du monde. Le temps. Le temps semble s'étirer, le temps semble perturbé. Mais le temps, les horloges et les montres enfin tentent de rythmer cette vie à bord. 5 minutes ou 37 heures dans ce train, ce n'est qu'une question de patience. Aucune contrainte, aucun stress, aucun objectif particulier dans la journée. Simplement se lever doucement par l'écho des discussions et par la lumière du jour, puis manger, discuter, boire le thé, rencontrer et partager, lire, écrire et profiter des magnifiques paysages.

Un temps pour soi. Un temps paraissant long au premier abord mais finalement, un temps agréable de partage. Plus le train s'enfonce dans la Sibérie froide et enneigée, plus les habitations se font rares. Par ci et là, des petits villages aux routes blanches. Par ci et là, des toitures recouvertes de neige, des modestes maisons de bois coloré avec leurs fenêtres "des îles" [...]. Des villages rappelant un soupçon de vie dans l'immensité froide, blanche et morose.

Toutes les deux assises en tailleur sur la banquette du bas, les mains croisées, le regard vif, nous réalisâmes la chance que nous avons de voyager avec tant de facilité. Nous nous émerveillons, chaque jours, des moindres et simples choses de la vie quotidienne et nous vivons le moment présent comme si c'était le dernier. Ce sentiment indescriptible de vivre réellement, ce sentiment incommensurable de liberté, ce sentiment si réconfortant de sérénité, ce sentiment incroyable que nous offre simplement le voyage.

ANECDOTES

On remerciera Lucie pour ce fameux thé renversé sur le lit, l'exemple d'une longue série de maladresses qui, bien sûr, ont bien faire rire Anaïs !

Bien innocentes, il était évident que l'on n'avait pas besoin de beaucoup de nourriture dans le train, hein Anaïs ? Ben oui, c'est bien écrit dans le livre que l'on peut acheter de la nourriture sur les quais en quatrième vitesse... Quelle belle boutade ! Après être montées dans le train, on remarqua que tout le monde avait son petit pique-nique bien préparé. Autrement dit, des russes très bien organisés ! Pour seuls repas, nous avions cette fameuse barre Kitkat, trois sachets de thé, ces deux boites de pomme de terre lyophilisée, et trois barres de céréales ! Mmmmh.. le trajet fut bien drôle !

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Le réveil piquant à 5h ce matin et l'arrivée à 6h à la gare de Iékaterinbourg ! Prendre le temps d'aller à l'hôtel (à pied bien sûr, sinon c'est pas drôle), de déposer nos gros sacs et de littéralement s'étaaaler sur ce matelas si confortable ! Après dix minutes de discussion, nous étions déjà sous la couette et déjà endormies. Quelle joie de redécouvrir le confort : les lits, la douche et de l'espace pour vivre. Après la sieste matinale, nous voilà parties (motivées ou pas) pour un tour dans la ville de deux millions d'habitants. Premièrement... un petit-déjeuner, évidemment ! Une assiette de pancakes au coulis de fruits rouges, un œuf parfait et deux boissons chaudes bien réconfortantes.

Découverte de la ville. Comme d'aventure, nous partîmes à pied. Insouciance je vous dis. Comment décrire les milles et une émotions qui m'ont accaparées au fil des heures de balade. Tout d'abord, un centre-ville très petit avec de grandes rues commerciales aux influences asiatiques. Puis, plus on avance, plus on découvre les grands immeubles délabrés. Nous visitâmes une église puis un cimetière situé dans un monastère. Ce cimetière si étrange. Oppression dans les entrailles, incompréhension dans l'esprit. Ces centaines de barreaux de fer dessinant des quadrilatères difformes autour des pierres tombales, ces couleurs vives, ces arbres en friches et cette neige empêchant tout passage. Puis balade dans les rues jusqu'au lac glacé. On se retourne et alors, l'industrie sur les rives, les grandes cheminées envoyant des fumées noires et denses dans le ciel, les fils électriques sortant de nulle part, les balcons à moitié effondrés des immeubles, les bâtisses en préfabriqué, les champs de grues et les milles tours en construction. Le contraste avec nos riches villes européennes. Prise de conscience.

Fin d'après-midi très tranquille après nos 20km de marche, nous avons profité de la merveilleuse douche que nous n'avions pas dans le train et pris un repas asiatique bien conséquent ! Ce fut mon second anniversaire en compagnie de ma poulette Anaïs, un anniversaire comme il se doit. Rassurez-vous, je n'ai jamais aussi bien mangé pendant ce voyage que ce soir là ! Qu'ils étaient délicieux ces sushis... Avec le ventre bien rempli, une bonne nuit s'impose pour récupérer le sommeil en retard !

Iekaterinbourg et ses rues
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Après une bonne nuit de sommeil quoi de mieux qu'un bon petit déjeuner.. Hehe, on est tout de suite allées au buffet où nous étions d'ailleurs les seules à nous empiffrer. Très bon début de journée du coup ! Ce matin, c'était une question de stress et d'organisation pour notre arrêt dans la ville d'Irkoutsk où nous arrivons le 14 mars. Après cela, nous partîmes sillonner les rues du centre-ville de Iekaterinbourg. A nouveau, visite d'un lieu religieux, l'Église construite à la suite de l'assassinat de la famille royale en 1918.

Iekaterinbourg prend cette apparence de ville nouvelle construite en si peu de temps, aux paysages très contrastés. La raison est telle que son passé historique est très lourd. La ville fut sous l'emprise du communisme pendant très longtemps. Une ville cherchant sa liberté mais ne trouvant pas d'identité propre. De rue en rue, les vieilles bâtisses sombres, les constructions religieuses et leurs dômes dorés puissants, les buildings modernes aux baies vitrées immenses, les bâtiments classiques et leurs frises ornementales. Un mélange déconcertant.

Fin de journée, l'heure déjà de quitter Iekaterinbourg et de prendre le train direction Krasnoyarsk ! Le départ était à 21h40, l'arrivée est prévue le 12 mars à 9h. Cette fois-ci, vous vous doutez bien que nous avons acheté toutes nos provisions pour le voyage ! Nous sommes ravies de passer à nouveau du temps dans le train. Nous avons d'ailleurs fait la connaissance d'un russe parlant anglais, un professeur tout droit venu de Pennsylvanie, incroyable ! Le trajet s'annonce plutôt bien malgré les si agréables ronflements des armoires russes à côté de nous ! On adore.

ANECDOTES :

Anaïs, souhaites-tu reparler de cette boisson aux dattes incroyable que nous avons bu dans ce café perdu au bout de l'allée marchande ? Ou peut-être aimerais-tu évoquer la rencontre de ces trois hommes russes dans ce même bar ? "POURQUOI VOUS NE MANGEZ PAS ??". Euh, on va peut-être bientôt y aller du coup, et puis non désolée, on ne va pas partir avec votre ami pour Krasnoïarsk !

Oui... on a acheté un nouveau Kitkat pour notre trajet en train. La coutume, je vous dis !

Centre-ville de Iekaterinbourg
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Une journée de plus à bord du transsibérien ! Nous avons encore pris 2 heures de décalage horaire de plus pendant le trajet. Les heures passent à une allure folle, nous mangeons bonnement, les chocolats à profusion ne vous inquiétez pas, le jeu de cartes dans les mains (bien sûr, le russe en face de nous trouvait ça plutôt marrant de nous voir jouer à la... bataille!), le thé sur la table, les paysages défilant. Plutôt la belle vie !

Aujourd'hui, une routine se mettant en place. Des liens se formant avec ce professeur et ses 18 étudiantes. Des paroles échangées en anglais et réchauffant les cœurs. Des moments de partage agréables et enrichissants. Sans compter sur ce russe bien traditionnel voulant absolument nous transmettre un peu de sa culture à 23h du soir ! La lumière déjà éteinte, ce bonhomme ennuyant tout le monde mais déclenchant un fou rire sans égal ! Belle journée !

Ce soir, mission sommeil importante, demain 9h nous arrivons à Krasnoïarsk. Grande journée en perspective : après le dépôt des sacs, nous prévoyons d'aller randonner au parc naturel Stolby ! Sur ce, nous allons nous endormir sous les bercements du train, encore traumatisées par le russe nous souhaitant une bonne nuit, bonne fin de journée à vous et à demain !

Trajet 35h en train
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Publié le 12 mars 2019

Aujourd'hui comme prévu, nous sommes arrivées à Krasnoïarsk à 9h, ville d'un million d'habitants. Après un rapide passage à l'auberge, direction le parc naturel Stolby ! Après 40min de trajet, déjà sur place !

La chance incroyable d'avoir un beau temps, 0° et un ciel bleu magnifique. Nous voilà en route, le pique nique (je traduis: dans les sacs, assez de nourriture pour nourrir un ogre) et la grande gourde d'eau sur le dos. Après 3km de marche, une rencontre inattendue : trois petits russes de 16 ans se promenant pour aller voir le Rocher du Grand-père. Après quelques mots échangés (un peu d'anglais, un peu de russe, un peu de français et surtout merci Google Trad), nous décidâmes de continuer ensemble. Au final, nous aurons passé les trois quarts de la journée avec eux. Expérience incroyable de partage, le pique nique mangé ensemble, les tartines de Nutella échangées, quoi de plus pour être heureux !

Gaucho, Maxime et Antoine. Ces petits russes de 16 ans étudiant depuis l'âge de 11 ans (CM2) dans une école de cadets à Krasnoïarsk (école militaire). Des enfants baignés dans l'histoire politique, les entraînements militaires et les armes depuis déjà cinq ans. La fierté immense et incontestable de leurs origines, de leur ville, de leur pays et de leur religion. Serions-nous revenus au temps des jeunesses hitlériennes en Russie ? Après maintes recherches et maintes réflexions, une sorte de doctrine semble ressortir de cet enseignement scolaire. Mais au fond, des enfants ouverts d'esprit, souriants, accueillants et adorables avec nous.

Après 10km de marche, nous arrivâmes aux premiers rochers que nous avons escaladé avec l'aide des trois garçons. Au final, des vues exceptionnelles, tellement de joie ressentie, tellement de choses à raconter. La randonnée fut rythmée et éprouvante : on notera les 357 marches montées en deux-deux ! On oubliera pas les maillots trempés et les joues rouges anus (MERCI ANAÏS). Un plaisir immense que de vivre ces moments là, tant de chance d'être au milieu de rien en Sibérie, tant de chance de rencontrer ces personnes formidables. Une journée parfaite, une journée gravée dans nos cœurs et dans nos mémoires.

Ce soir, bon restau mérité pour fêter une deuxième fois mon anniversaire alias mon non-anniversaire ! Après cette galère de recherche de cet asiatique introuvable, petite ratatouille au restaurant d'à côté ! Demain, déjà le départ à 13h30 direction Irkutsk ! Nous avons hâte de retrouver le confort primaire du train ! Bonne soirée à vouuus

ANECDOTES

Antoine, Maxim et Gaucho alias Gaucha (on sait pas vraiment) : les trois russes incroyables du parc Stolby ! Comment parler d'eux sans évoquer la suuper anecdote de monsieur Antoine, le fameux échappé de l'école militaire bravant la loi ! Un futur homme russe sans aucun doute, un dur, un vrai ! Donc à retenir : un russe n'a pas froid, n'a pas peur et s'échappe dès qu'il le peut !

Anaïs et son rouge anus - Anaïs et les anglais qui débarquent : on s'en souviendra, évidemment.

Mangé dans un restaurant et se faire virer à la fin du dessert à 22h : fait ! Complètement inconcevable pour deux petites françaises aimant la gastronomie...

Cette étonnante guesthouse nous donnant envie de pleurer et de retourner dans notre train adoré : on notera l'usage du sac de couchage pour éviter de dormir dans les magnifiques draps tâchés ! Et en plus... même pas de petit-déjeuner !

Enfin... le BEST DU BEST : "Stupid Google - Stupid Gauchoooaa - Idiot Goooogle" -> On adore.

Randonnée au cœur du Parc naturel Stolby
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Aujourd'hui, réveil à la guesthouse de Krasnoïarsk blotties dans nos sacs de couchage (effectivement, la guesthouse que l'on avait jugé rustique était finalement un peu trop trop trop rustique, je vous passe les détails des draps tâchés...). Qu'importe, après un petit déjeuner improvisé, nous avons dû prendre le temps d'organiser nos excursions pour la ville suivante dans laquelle nous allons rester 12 jours. Irkoutsk, le lac Baikal et ses alentours méritent bien autant de jours ! Autant dire que les dix milles mails envoyés par Outlook, Whatsapp, Messenger et Instagram auront eu raison de nous ! Une réponse à toutes ces demandes, c'est déjà bien... merci Dimitri ! Ensuite, il était déjà l'heure de replier bagage pour ne pas louper notre train à 13h30 en direction de la ville d'Irkoutsk.

L'après-midi fut donc très calme, toujours bercées par les remous du train, observant les paysages devenant de plus en plus montagneux, nous reprîmes notre petite routine ! Cette fois-ci, nous n'avons pas choisi deux lits dans un dortoir en 3ème classe mais un compartiment en 2ème classe. Le changement n'est pas flagrant mis à part que l'on est dans une petite pièce prévue pour 4 personnes et donc avec 4 lits et une table centrale. On s'y plaît plutôt bien d'ailleurs ! Deux hommes russes partagent ce compartiment avec nous, dont un nous nous offrant du chocolat.. Parfait ! (avec ce cadeau, on va oublier ses ronflements incessants, son torse nu poilu et sa bedaine blanche...)

Demain, nous arrivons à Irkoutsk à 8h30. Nous irons déposer directement les gros sacs à la chambre chez l'habitant située plein centre pour ensuite régler encore quelques détails pour les excursions prochaines ! Ceci nous prend effectivement beaucoup de temps : en prévision, deux jours à Irkoutsk, puis le bus pour l'île d'Olkhon, retour à Irkoutsk et départ en train pour le village d'Angasolka pour un trekking jusque Listviandka, pour enfin déposer bagages à Arshan !

Les paysages de Sibérie à demi enneigés
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Publié le 14 mars 2019

Arrivée à Irkoutsk à 8h30 ce matin. Nous avons débarqué peu de temps après dans notre chambre chez l'habitant située en plein centre. Une dame très souriante nous a accueilli : la première personne parlant un anglais parfait avec laquelle nous avons beaucoup échangé. Elle nous a tout de suite offert le thé et le petit déjeuner et nous a informé de ce qu'il y avait à faire dans la ville. Une matinée vraiment très agréable ! Tatjana, un personnage en soi. Femme distinguée à la tenue droite et élégante. La longue robe noire en dessous des genoux, le chignon haut ramassant les cheveux fins blonds, les mèches soigneusement tirées, la frange droite et volumineuse reposant sur le front. Le visage doux, le regard si maternel et bienveillant. Une fleur de bonté représentant un réel pilier pour nous pendant ce voyage. Tellement de gentillesse et d'attention en elle. "Comme à la maison".

Après avoir organisé encore quelques détails pour la suite du voyage, nous sommes parties découvrir la ville. Sur un diamètre d'à peu près 2km, Irkoutsk est une ville que l'on peut faire à pied, ce qui est très appréciable. Rue après rue, découverte des rues "en bois" où l'on peut trouver des maisons traditionnelles (voyez les photos juste en dessous). Ces maisons de bois ne sont malheureusement pas rénovées pour la plupart et il est assez étonnant de les voir bancales, le bois vieux, noir et cassé, avec certaines pièces qui ne sont même plus habitées en raison des dommages matériels. À côté de ses maisons à l'aspect très modeste et pauvre, des bâtisses et des rues commerciales. Le contraste est saisissant.

Les heures passant, nous arrivâmes au bord de la rivière Angara, rivière alimentant l'immense Lac Baikal. De là, une vue sur les collines à l'horizon. La Sibérie et plus de neige. La Sibérie et des températures presque positives au mois de mars. Au loin, des cheminées de briques déversant des volutes de fumée noire dans le ciel. Au sol, des flaques noires aux reflets argentés se mêlant à la neige fondue, une souillure dans la ville, une souillure dûe à la pollution. Une ville paraissant très sale, une ville aux recoins sombres, une ville aux maisons brûlées, une ville aux chiens errants, une ville dégorgeant d'eau noire, une ville sans égout. De cet aspect sale et maussade ressort une impression de pauvreté indubitable.

Après la grande promenade quotidienne, une petite bouchée et retour à la chambre : et comment ?! Parlons donc de cette fameuse bouchée au restaurant géorgien déclenchant tumulte et colère au fond de notre cœur. Une expérience bien décevante pour deux petites françaises aimant par dessus tout la gastronomie ! 2662 roubles payés pour deux morceaux d'agneau servis dans un litre de bouillon, des pâtes au saumon de la cantine et un bout de Kiri en fromage ! CHOSE APPRISE : la prochaine fois, nous ne choisirons pas au hasard !

Rentrées tôt à la maison, nous profitons de ce pied à terre pour faire quelques lessives et hop au lit ! On se retrouve demain pour la deuxième journée à Irkoutsk !

ANECDOTES

Cette statue de Lénine : on est un peu restées bloquées dessus.

Puis vint la honte de rencontrer cette allemande au bord de la rivière : "dis Anaïs, fille ou garçon ?", "ah mais attend, elle a l'air au bout de sa vie en tout cas...". On remerciera bien fort Anaïs et Lucie pour cette énorme boulette !

Dernier conseil : ne pas aller en Géorgie ahahaha !

La Sibérie sans neige
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Publié le 15 mars 2019

Après un petit déjeuner délicieux servi par notre petite maman poule d'Irkoutsk (comment vous dire que cette omelette à la tomate était du feu de dieu !), matinée passée à régler les derniers détails pour les excursions la semaine prochaine ! Autant dire que nous étions étalées telles des grosses otaries sur le lit. La fatigue sans doute !

Ensuite, nous nous sommes baladées à nouveau dans la ville sous une pluie fine, la neige complètement fondue. La ville ayant beaucoup d'influences asiatiques, nous nous sommes décidées pour un chinois ce midi. Autant dire que nous nous sommes régalées , la nourriture ne manque pas en Russie !

L'après midi, nous avons déambulé dans les rues "en bois" de la ville et ensuite, ce fut direction le marché central pour régaler nos hôtes à la maison : ce fut le seul but de cette journée ! ahaha. Pour ce faire, quoi de mieux qu'une bonne ratatouille accompagnée d'un petit vin français... Préparant le plat avec plaisir et retrouvant là une petite part de notre chez nous natal, le couple fut ravi de ce met à la dégustation ! Ce fut un moment convivial, un moment de partage unique, un moment de bien-être indubitable. Nous sommes heureuses d'avoir pu passer ce moment avec des gens locaux, cela rajoute une perspective incroyable à notre voyage.

Sur ce, après un carré de chocolat, nous allons rejoindre les bras de Morphée..! Bonne fin de journée à vous !

ANECDOCTES

Le bon petit vin rouge de Bordeaux servi dans des coupes, on s'en souviendra !

LA RATATOUILLE A TOUT JAMAIS : apparemment sans carottes, me dit Anaïs !

On oubliera pas non plus le moment inquiétant afin d'aller dormir... Comment dire... peut-être un peu trop de fatigue et de stress ces jours-ci : je vous laisser juger par vous-même avec les photos ! Ce n'en sont là que deux... en réalité, j'en ai une vingtaine. Je préfère les garder secrètes, cela vaudra mieux pour nous !

La bonne ratatouille du jardin
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Une journée commençant tranquillement par le petit-déjeuner servi par Tatjana : délicieuses crêpes fourrées au fromage, crème et confiture. Le thé dans de magnifiques tasses en porcelaine les accompagnant, évidemment ! Puis le dentifrice dans la bouche, voilà notre bus qui arrive ! La course pour ramasser toutes nos affaires, en une minute, nous avions débarrassé le plancher !

Le bus. L'incroyable bus. Ce vieux bus. Ce bus bleu. Ce modeste bus. Soyons honnête, ce bus pourrave. Celui dont je vous parle, allait-il réellement rouler sur la glace jusqu'à atteindre l'île d'Olkhon ? Quoiqu'il en soit, nous étions dedans parmi les russes et nous n'allions pas faire marche arrière ! Excitation et impatience au fond de nos cœurs. Un trajet d'une durée de 4h30. Un trajet paraissant long au premier abord. En réalité, un trajet faisant incroyablement monter l'adrénaline. L'excitation de bientôt toucher au but. L'irrésistible envie de découvrir la Perle de la Sibérie, le rêve de notre vie.

Une route unique. Une route traversant tout d'abord la ville, des collines, des vastes plaines sans trace de l'homme, des villages par ci et là, des montagnes de roche stridente couleur ocre, des montagnes recouvertes de forêts de sapins très denses, des montagnes striées par quelques bandes enneigées. L'engin avalant les kilomètres, le moteur chaud résonnant, l'asphalte sombre et sèche se déroulant à perte de vue. Par la petite fenêtre, à gauche, à droite, des paysages infinis. Le néant. Rien. Parfois des troupeaux de vaches ou de chevaux en liberté à l'horizon. Parfois trois maisons de bois coloré au loin. Le décor changeant au fil des heures. Les secousses régulières et intempestives du bus à l'allure folle se mélangeant à la mélodie d'une douce voix sur quelques accords de guitare. Un instant de vide dans la tête. Un instant si intense et profond. Les yeux humides et la larme parcourant lentement la joie. Un instant de bonheur si irréel, l'attente d'arriver à l'infini glacé.

Alors nous arrivâmes au bord du Lac Baikal. Le véhicule tanguant encore et encore sur les routes de terre, le ventre en vrac, les émotions fois mille, le regard fixé sur l'eau et d'un coup la glace. La glace turquoise, solide et épaisse. La peur au ventre, l'excitation palpable, le cœur battant, l'euphorie dans les entrailles. Puis le retour sur terre, les énièmes secousses mais cette fois-ci plus fortes que précédemment. Enfin, l'arrivée au village de Khoujir après avoir déposé notre cher ami Jacki Tchan dans un village voisin - ayant d'ailleurs fait arrêter tout le bus pour sortir sa fleur.

Après les émotions fortes, les premiers pas sur le lac glacé immense. Les côtes rocheuses sèches, striées et érodées. Les multiples nuances ocres, marrons, sablées, nacrées de la pierre contrastant avec le bleu turquoise de la glace. Les fissures blanches et si profondes sous nos pieds. Les énormes morceaux de glace bleu transparent en équilibre, les pieds glissant sur la surface fondue. L'intensité des sentiments, le vertige du vide sous nos pieds, des moments paraissant irréels.

ANECDOTES

Finalement, à très bientôt Tatjana puisque notre charmante Anaïs a malencontreusement oublié sa batterie (batterie qui ne reviendra d'ailleurs pas en France, voir le prochain épisode !) et son pyjama du futuuur.

Ne pas oublier ce moment unique au monde : "N'oubliez pas de détacher vos ceintures tout de suite messieurs, mesdames !". "Euh Anaïs...? Est-ce au cas où la glace se brise ???"

L'arrivée au village de Khoujir ou le drame en direct : "Mesdames, où souhaitez-vous être déposées ? Où logez-vous donc ?". A peine le temps de comprendre la demande du conducteur que nous nous exécutâmes. Alors... "L'auberge Olga ?". Haussement des épaules de la part du conducteur et de tous les passagers. Le stress soudain, le regard inquiet. L'adresse. L'adresse vite ! Il faut trouver l'adresse. "Auberge Olga, Listvyandka". Pardon ?? L'incompréhension, Anaïs à mes côtés au bord du malaise et harcelant déjà les deux chinois au fond du bus. Le véhicule continuant sa route, déposant les passagers, un couple tentant du nous aider. Le regard dans le vide, prise de conscience. Dans la tête : "Y'a t-il des ours ici, sur l'île?". La main d'Anaïs sur mon épaule, le regard compatissant puis le fou rire provoqué par l'angoisse. Puis l'arrêt. La petite fille nous attendant tout naturellement à l'entrée d'un portail de bois. La visite et, couchées sur le lit, l'incompréhension totale. Oui mes amis, ce jour a failli être une catastrophe !

Puis, souvenir de la première bonne bouffe à 19h00 pétantes chez Tanja !

Rencontre de cette femme incroyable parlant anglais, guide professionnelle. "Les chinois par milliers !"

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Tania nous ayant préparé le plus bon et gros petit-déjeuner qu'il soit pour des randonneurs de l'extrême, nous étions prêtes pour la journée et nous avions prévu une excursion au Nord de l'Île d'Olkhon. Le programme était tel que nous voulions y faire une randonnée. Pour ce faire, le bus devait venir nous chercher à 10h. Ça, c'est ce que nous croyions ! (évidemment, nous n'avions aucune idée du programme de l'excursion étant donné que personne ne parle anglais sur cette île et que le russe a eu bien des fois raison de nous !). 10h, l'incroyable homme ranger, notre pilote, planté devant les portes de la maison, le tuktuk garé dans la cour, la musique résonnant au loin. Première surprise ! Départ express en deux minutes, le sac sur l'épaule, nous partîmes en tuktuk. Plus tard, 6 ou 7 chinois montèrent à bord au fur et à mesure du trajet. Après une demie heure de route sur les chemins de terre tortueux, la tête tanguant sans cesse, le ranger se dirigea vers les routes glacées du lac Baikal. Hé oui les amis... autant prendre un raccourci !

Après quelques temps de route, le moteur cessa. Premier point, surprise. On se regarda avec Anaïs sans trop bien comprendre ce qu'il se passait. Puis nous comprîmes soudain qu'il s'agissait en fait d'un tour autour de l'île. Ah ! Ah, d'accord, "c'est okaaais"! Comme d'habitude, de surprise en surprise ! À gauche, une haute colline rocheuse écaillée et érodée s'élevant vers le ciel. À son pied, des milliers de stalactites déferlants sur la surface telle une cascade gelée. S'approchant peu à peu, des minuscules grottes ça et là dévoilant, dans leurs antres sombres, des milliers de stalactites bleu azur.

Puis nous reprîmes la route de glace pour se rendre à la pointe Nord de l'île. Les paysages passant sous les yeux à une allure folle, le regard ébailli, la musique rythmée résonnant dans les oreilles. Là, devant nous, le souffle coupé et le regard vers le ciel, les effrayantes et hautes falaises rocheuses. Les nuances rouges et ocres de la roche contrastant avec la froideur de la glace. L'impressionnante force de la falaise entrant en collision avec les énormes blocs de glace bleutée du lac. Les yeux fermés, l'infime craquement de la glace et les innombrables gouttes d'eau glissant des blocs qui résonnent. Le soleil éblouissant et dévoilant le bleu transparent de la glace acérée. Sous nos pieds, les bulles d'air par milliers, les fissures profondes et épaisses formant des esquisses brutes dans l'eau gelée turquoise. Au loin, comme floues, les montagnes imposantes et enneigées. Le silence, la sérénité, le sentiment de liberté.

Après un troisième arrêt vint le temps convivial. Le tuktuk garé sur la glace, les portes grandes ouvertes, le rythme endiablé de la musique battant de toute part, le feu de bois flamboyant sur l'eau gelée, la marmite noire laissant échapper des volutes de vapeur, l'eau bouillonnant peu à peu et les odeurs délicieuses emplissant les narines. Tous réunis autour de ce repas inespéré, les mains rougies se réchauffant sous le bol rempli de bouillon, tous ensemble. Un instant si beau et pourtant si simple, un instant si inattendu et si magique, un instant de partage si unique. Dans la tête, un sentiment de sécurité et de confiance incroyable au milieu de nulle part. L'irréalité.

Puis l'engin reprit sa course effrénée à travers les chemins de terre presque verticaux. Le tuktuk bravant chaque obstacle, le corps secoué de toute part et la musique résonnant toujours. Ensuite vinrent les vastes plaines rappelant les steppes mongoliennes. Les roches ocres, nacrées et rouges. Les collines infinies striées d'herbes hautes jaunes. Par ci et là, de minces sillons marquant les quelques chemins de terre et donnant une vague échelle de grandeur à l'immensité naturelle sous nos yeux. La seule trace de l'homme dans ce vide, la seule trace de vie. Aucune présence animale, aucune végétation, aucune présence volatile, presque aucune présence humaine. Le néant. Paysage désertique. De l'autre côté, l'étendue d'eau gelée. Par endroit, la collision puissante des plaques de glace formant des barrières en zigzags. Au loin toujours, les montagnes. Les émotions encore. Le cœur qui bat, les yeux humides, le sourire aux lèvres, le souffle court et l'air si pur. L'authenticité même. On remerciera encore les deux chinoises qui nous ont pris en photo... Indispensables ces chinois, vous dis-je.

Puis vint la plage. Les pieds enfoncés, le rivage de glace recouvrant le sable, le coucher de soleil reflétant sur les blocs de glace turquoises, les reliefs montagneux à l'horizon. La nature et ses quatre éléments réunis. L'homme si petit et si impuissant. L'homme comme spectateur de phénomènes naturels exceptionnels. L'élévation spirituelle.

ANECDOTES

Cette chinoise insupportable se mettant en brassière à chaque arrêt du tuktuk : insupportable je vous dis.

La première urine de Lucie sur la glace, cachée par deux maigres morceaux de glace. Puis l'incroyable chute d'Anaaaaïs !

La bataaaaille infernale pour prendre les douches au plus vite ! "Vite Lucie viens, les chinois attaquent, ils défoncent la porte, je vais bientôt céder !!" "Lance leur du riz !!!! j'arrive !!!". La technique dite INFAILLIBLE et la tête dégoûtée des chinois dans leur chambre en comprenant notre fine ruuuse.

+ petite douceur du soir : "Anaïs, je vais péter un plomb. Je te jure, j'y crois pas. J'ai tout effacé" "T'es sûre qu'il ne te reste rien ? Lucie, calme toi, tu vas pouvoir le réécrire ce texte..." "Anaïs, j'ai fait COLLER. Coller au lieu de copier/coller. C'est pas possible, punaise, je suis au bout du rouleau. Anaïs, il ne me reste plus que le mot "IMPRESSIONNANTES". Effectivement... maigre résumé de la journée. LOL quelle histoire.

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Après le petit-déjeuner habituel bien copieux, nous voilà devant les portes attendant l'éventuel mini bus devant venir nous récupérer à 9h30. Comme d'aventure, nous n'en étions pas à 100% sûres... 9h29, toujours rien. La voix d'Anais déjà : si à 10h15 y a toujours rien, on s'inquiète. 9h30, l'incroyable mini bus débarquant au coin du chemin de terre, le mongole nous accueillant gentiment à bord. Ouf ! Nous rentrerons bien au bercail ce soir ! Mine de rien, le soulagement.

De 9h30 à 16h30. Première surprise : après deux heures de trajet sur l'île... Tiens un pneu crevé ! Perdues au milieu d'un désert montagneux incroyable, notre conducteur changeant la roue, le mini bus réparé en deux-deux grâce à l'aide de son acolyte mongolien. Quelle adresse ! Puis les heures passant lentement à la même allure que les paysages au loin, au même tempo que la musique dans les oreilles. Aujourd'hui, c'est différent de la dernière fois. La neige tombant. Le soleil caché. Les collines pointant vers le ciel, les collines assombries par le temps brumeux et nuageux, les collines formant des ombres effrayantes. Les clairières défilant, leurs strates ombrées et profondes devenant des lignes au passage du véhicule. L'hiver est revenu. L'hiver et son épais manteau de neige tombé sur les vastes plaines. Les kilomètres augmentant toujours, le verglas sous les roues, la buée sur les vitres, l'esprit calme et solitaire.

Arrivée à Irkoutsk, nuitée chez une française grâce à l'aide de notre chère Maman Tatjana. Les escaliers bancals, nous arrivâmes dans le couloir boisé de la maison. Intérieur très confortable et personnalisé. D'abord une bonne sieste, puis les douches et après les trois tranches de pain de ce midi, il était temps d'aller de nouveau au restaurant. Un asiatique pour ne pas changer. Des bons sushis, et un dessert après 40 minutes d'attente, ce n'est pas grave, nous sommes heureuses ! "Have you a question?" yeeees of course enfin !

Il est venu l'heure d'aller se coucher. Demain, réveil à 6h30... Dimitri et Sergey nous attendent de pied ferme pour un trekking haut en couleur le long de la côte sud du Lac Baikal : du village de Angasolka jusqu'à Listvyandka. Un trekking d'une distance de 80km. On vous en dira plus demain parce que nous mêmes ne savons rien ! Bonne journéeeee

ANECDOTES

Ohhh Lucie !! Regarde, le conducteur s'arrête pour prendre des photos ! mais oui, regarde, le paysage est tellement magnifique, vite, viens, on sort ! [moment de solitude et compréhension] Ah non, en fait on a crevé. Non, c'était pas pour la photo finalement. Espèce d'imbéééécile ! (voir la belle vidéo d'Anaïs).

La suite de l'histoire de la batterie externe et du pyjama gris d'Anaïs : arrivées à Irkoutsk, vite chez Tatjana ! Après avoir retrouvé notre petite dame, petite discussion et hop nous étions reparties avec les objets en poche ! Le prochain épisode quelques jours plus tard, soyez patients !

RDV 7h00 avec Dim pour le café. Euh. Oupsi.

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Réveil dur dur dur à 6h30. Hé oui... si tôt parce que notre cher Dimitri venait prendre le petit-déjeuner dans notre appartement ! A 7h pétantes, voilà Dimitri le russe dans la cour. Départ 7h30 avec notre chauffeur personnel nous amenant à la gare d'Irkoutsk ! Cet homme, avec qui nous avions échangé par mail depuis plus de deux semaines, nous avait aidé à trouver le contact du guide Sergey pour le trekking. Après nous avoir déposées, ce petit rusé de Dimitri ne nous donna pas plus d'informations sur le trekking et sur l'éventuel programme. Comme d'habitude, on partait donc à l'aventure en ne sachant seulement : on part d'Angasolka et on arrivera après 80km à Listvyandka. Super, à ce moment là, on s'est tout de suite dit qu'on allait encore avoir bien des surprises... "Ne vous inquiétez pas, disait-il, vous dormirez dans des auberges !". Soit... À la gare, notre deuxième ami russe Sergey, guide professionnel, et Nathalia, une troisième partante venant de Krasnoïarsk, nous attendaient. Départ en train pour Angasolka. Arrivée vers 10h30 et début du trekking ! Quelle aventure... Notre Sergey, avec son sac de 20kg sur le dos, toujours aussi rapide ! Après 2 heures de marche, descendant la colline rapidement, petit arrêt bouffe, et nous voilà déjà repartis sur le Lac Baikal gelé !

24km parcourus, les montagnes et les falaises au loin, les plaques de glace entrechoquées formant des barrières immenses au large, le vent parfois, les averses de neige, le soleil apparaissant derrière les nuages et notre Sergey toujours devant. LE GUIDE SUPRÊME NE S’ARRÊTE JAMAIS.

Découvrant le programme prévu au fil de la randonnée, nous sommes arrivés à 17h au refuge situé en haut d'une colline près du Lac après avoir parcouru 2km en quatre-quatre ranger de la police russe avec des roues de trois mètres de haut. D'accord pourquoi pas ! Ce que nous pensions : Enfin, un petit moment détente où nous allons trouvé un petit feu de cheminée et une dame nous accueillant... La réalité : quelle bonne rigolade ! -8000°C au moins dans notre pièce principale ! C'est parti pour aller chercher du bois et aller chercher de l'eau : comment vous expliquer... L'eau... Nous avons pris les grands seaux et sommes allés juste en face du lac sur la colline. Pour faire simple, environ 100m de dénivelé positif, au-dessus de la colline, un système doué d'une manivelle d'où part une grande tyrolienne tombant dans un trou d'un mètre sur un mètre dans le lac. Alors notre cher Sergey accrocha le saut au crochet et fit descendre vivement le seau. Après une minute de descente, le seau percuta la glace et la brisa, et voilà.. Nous avons eu de l'eau glaciale ! Ensuite, le feu et préparation du repas, puis le détail des toilettes au fond du jardin. Autant vous dire que par ce froid, on ne prend pas plus d'une minute pour y aller ! Juste mythique. Le plaisir d'essayer de communiquer avec nos deux acolytes russes pendant le repas ! Il est maintenant temps de dormir pour être en forme demain ! Collées à la cheminée, on essaye de se réchauffer comme on peut !

ANECDOTES

Oui, nous ne le savions pas, mais il aurait peut-être fallu porter nos pantalons de marche. Première surprise en arrivant devant notre guide qui nous regardait déjà d'un air inquiet. La technique des chaussettes et du legging au-dessus de la chaussure aura porté ses fruits !

Premier arrêt bouffe : oups... fallait-il amener de la nourriture pour tout le monde ? Merci Dim de nous en avoir informées...! Quelqu'un veut une frite ou une salade chaude ?

Le cours de traduction Anglais - Russe avec Maman Nathalia, j'ai adoré.

Le repas fait de poissons, de riz et de légumes. Notre petite Nathalia nous offrant des petits objets de Krasnoïask : ce billet de 10 roubles et cette boîte d'allumettes. Puis la nuit sur des planches de bois, trois couettes sur le corps, le feu s'éteignant peu à peu. Bonne nuit Anaïs.

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Nuit froide dans le refuge, couchée sur les planches de bois, trois couettes sur le corps. Réveil tôt et matin agité : préparation du petit-déjeuner bien calorique pour tenir toute la journée, rangement du refuge et hop, le sac est déjà refermé. Première expérience de vie sans eau courante, dans un espace très rustique au milieu de rien, avec des personnes ne comprenant pas ton langage. Autour de nous, rien. Absolument rien. Aucune autre habitation, aucune autre trace de l'homme. Malheureusement, notre Nathalia, si douce et bienveillante avec nous, s'est arrêté là pour cause de douleur à la hanche. Ce fut une petite baisse de moral pour nous.

Après des adieux forts en émotion, nous partîmes de notre colline vers 10h30. Objectif initial de la journée 28km. A nouveau la marche rapide le long de la côte. À notre droite, le lac blanc immaculé, la glace à l'infini. Au loin, les hautes chaînes de montagnes enneigées, la brume s'effaçant. A notre gauche, les terres, les falaises rocheuses donnant le vertige. Devant, les interminables sillons d'un véhicule ayant, d longue date, passé par là. La démarche rapide, les bras se balançant de chaque côté du corps, le regard vif et déterminé dirigé vers l'horizon, nous avançons. Toujours le même rythme acharné, toujours les mêmes mouvements se répétant indéfiniment. Le soleil écrasant contrastant avec la froideur du lac gelé. Le visage brûlant et fouetté par le vent. Puis les kilomètres s'enchaînent, le corps s'habitue de nouveau, le corps s'adapte. Encore et encore. 10, 15, 20 kilomètres. Toujours les mêmes falaises à l'horizon. L'impression de ne pas avancer. La neige effaçant tout repère spatial. Mais Sergey devant nous, doté d'une force mentale sans pareille, continue d'avancer à grands pas. Le souffle court, nous le suivons encore et encore. 25, 30, 32 kilomètres. Nous sommes arrivés. Les jambes lourdes, l'esprit fatigué, les derniers pas de la journée, enfin.

La chambre faite de bois plus confortable que la veille, le sourire aux lèvres, nous allions bien nous reposer. Sergey, toujours plein d'énergie, s'en alla chercher de l'eau pour le repas et la toilette. Peu de temps après, nous avons allumé un feu dans le barbecue pour nous faire cuire un poulet (en vous précisant qu'il faisait bien -5 degrés, mais bon, ça fait plaisir quand même !). Après un bon repas copieux, quoi de mieux que d'aller faire ses besoins dehors, pendant la nuit glaciale, monter les escaliers de bois sur 100 mètres tout en craignant que des ours soient dans les parages, pour ensuite revenir en courant dans notre petit chez nous ! Mythique ! Après ça, on s'étale de la crème sur tout le visage car, qui dit neige et soleil, dit coups de soleil 👍🏼😂

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Nouvelle journée, nouvelles découvertes ! Aujourd'hui, réveil dur dur dur à 6h00. Massage du dos entre acolytes pour être en forme (les grandes mains de Sergey me cassant à moitié le dos, je m'en souviendrai !), un petit déjeuner copieux avec les macaronis et le fromage, un petit thé et hop, on range les sacs. Départ du refuge à 7h30. 35 kilomètres devant nous. L'objectif : arriver à Listvyandka à 14h30 pour pouvoir reprendre un bus pour Irkoutsk et être à l'heure à notre auuutre bus Irkoutsk - Arshan (Arshan étant un petit village perdu dans les montagnes, à 3h30 d'Irktousk, prochaine étape de notre voyage).

L'objectif était clair et il nous fallait alors redoubler d'effort afin d'être à l'heure. Les chaussures lacées, la grosse doudoune, le sac avec les vivres sur les épaules, les gants aux mains : nouvelle journée, le courage et le mental sollicités. À nouveau, la difficulté de la marche. La neige recouvrant la glace du lac, les pieds s'enfonçant, la démarche rapide tout en essayant de suivre Sergey. Le visage brûlé par le froid, le corps douloureux. Il faut le faire, il faut finir. Il faut y croire, il faut se dépasser. Les jambes lourdes, les muscles brûlant, les forces manquant. Il faut le faire. Détermination, courage et persévérance. Le groupe formant un tout. Le groupe permettant d'aller toujours plus loin. Le groupe créant une cohésion, un équilibre. Le groupe te tirant toujours vers le haut. Pas à pas, le rythme soutenu et dur à tenir, nous avancions. Les kilomètres défilant. L'horizon ne changeant pas. Toujours cette même colline au loin. Toujours cette brume dense nous envoûtant de toute part. Toujours ce soleil perçant timidement les nuages. Le vent balayant la neige sur la glace. Le souffle lourd et régulier. Les yeux plissés. Y arriverais-je ? En suis-je réellement capable ? Chaque pas réalisé devenant de plus en plus dur, le mental encore et encore. Un seul objectif en tête, un seul. Anaïs, à deux, à jamais. Enfin, le regard apercevant le village de Listvyandka. L'étendue de glace nous faisant perdre tout repère. L'impression de ne pas avancer.

Peu à peu, les terres semblant se rapprocher. Les derniers kilomètres de plus en plus épuisant. N'arriverons nous donc jamais ? Les jambes toujours plus lourdes, la fatigue toujours plus palpable. La rive se rapprochant peu à peu, puis l'arrivée inouïe et tant attendue. L'euphorie, l'extase, la joie de terminer ce trekking. Deux secondes où mon regard s'anime, deux secondes où la fierté envahie mon corps puis déjà Sergey appelant le bus. Vite, il faut partir.

Au fond de mon cœur, la joie d'avoir vécu cette expérience avec ces deux personnes formidables, la joie d'avoir dépassé ses limites. Plus que jamais, le bonheur dans les entrailles, la chaleur dans le regard. C'est fini. C'est fini et c'était extraordinaire. Tellement de beaux moments vécus, tellement d'instants inoubliables. Dans l'esprit, l'admiration pour cette homme, ce guide hors norme. Cet homme à la force mentale incroyable, à la carrure impressionnante, au cœur si grand.

La vie reprenant vite le dessus sur toutes ses émotions. Rapidement, le retour à la ville d'Irkoutsk, le retour à la vie normale. Encore plus vite, sans s'arrêter, le taxi pour la gare, le rythme de cette musique enjouée battant fort dans les oreilles, l'impression d'irréel, de grands sourires sur nos lèvres, où sommes-nous ? Comment est-il possible de ressentir tant d'émotions en si peu de temps ? Qu'importe, nous sommes heureuses, heureuses et passionnées. Puis, le bus pour Arshan. Il y a deux heures nous étions sur le lac gelé, l'esprit fatigué mais déterminé, désormais nous sommes dans le bus en direction d'Arshan. 3h30 de trajet à travers les montagnes. L'arrivée tardive dans la nuit, l'arrivée à l'auberge et le sommeil lourd. "Cher Homme inconnu, nous te remercions encore pour l'aide que tu nous as apporté. Sans toi, nous serions encore perdu au centre d'Arshan. File dans la nuit sombre tel un fantôme. Nous t'en sommes reconnaissantes et je me souviens encore de ton ombre bienveillante". Peu de temps après, couchées dans le lit de la grosse dinde, le sommeil empli de pensées, l'esprit volatile et léger. Tant de nouvelles expériences, tant de sentiments se mélangeant. La fatigue m'emporte. Les rêves plein la tête, je me laisse partir. Que découvrirai-je encore demain ?

Tout va bien, tout est si grand, tout est si beau, tout est si irréel. Anaïs, quelle aventure incroyable à tes côtés.

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Publié le 23 mars 2019

Première journée au cœur du petit village d'Arshan comptant deux milles habitants. Situé aux pieds des hautes montagnes de la vallée de la Tounka, à quelques centaines de kilomètres des steppes mongoliennes, le village rassemble des habitations de bois traditionnelles et une rue principale bordée de petits magasins. Comme vue depuis notre auberge, les montagnes enneigées embellies par le temps radieux. Le ciel bleu azur, le soleil vif, la légère brise. À deux pas de notre logement, la rivière coulant des montagnes telle une force torrentielle. La rivière apportant fraîcheur et humidité. L'eau si claire et glaciale. Longeant les zigzags naturels de l'eau, bientôt déjà nous commençames l'ascension d'une haute colline. Les jambes encore lourdes des jours précédents, l'allure tranquille, nous nous enfonçâmes peu à peu dans l'épaisse forêt de pins. Ci et là, des rubans colorés chamaniques noués à leurs branches rendant l'endroit presque sacré. L'impression de pénétrer un lieu vénéré, un lieu respecté et chéri de la population. Le regard ébahi, nous avançâmes encore et encore. Sur un premier roc, une vue imprenable sur la vallée si calme et paisible. Les yeux fermés, l'air si pur passant dans les narines, le silence alentour, les quelques échos d'aboiements venant du village, le résonnement d'un bec de pivert tapant inlassablement sur l'écorce sèche d'un pin, le flot continu et incessant de la rivière au loin. Cette vue si incroyable, si riche. La forêt de pins aux reflets orangées, le vert sapin des épines, le bruissement des branches au passage du vent, la terre sèche, ocre, recouverte de pommes de pins, les odeurs incroyables rappelant celle du Sud de la France. À notre droites, les imposantes montagnes aux crêtes acérées, le petit village s’immisçant timidement dans leurs vallons et apportant de la vie. A l'horizon, les vastes plaines sèches puis à nouveau, les puissantes et hautes crêtes pointant majestueusement vers le ciel.

Cet indéfinissable sentiment de vivre. Respirer. Sentir son cœur battre fort dans la poitrine.

Puis la descente de la colline, zigzagant à travers les hauts pins, le coucher de soleil petit à petit, la lumière devenant chaude, les reflets orangées de la forêt et le ciel aux nuances rosées.

Une journée incroyable. Jusque là, nous n'imaginions pas ce qu'il y aurait pu se passer après... Tout d'abord, il fut l'heure de boire cette première bière du voyage près de la rivière - oui, avec des moufles, la seule fois d'ailleurs où je les ai portés... Dégustant nos délicieuses pâtes au ketchup (parfois, il faut bien se contenter de peu...), voilà un couple de russes dînant en face de nous. Parlant correctement l'anglais, la conversation fut engagée très naturellement. Puis vint deux grands hommes russes s'asseyant également à notre table. Et alors là... Comment raconter à nouveau cette embuscade si drôle ! La soirée inattendue ! Le saumon séché, le fromage traditionnel, la vodka et les bières artisanales de Krasnoïarsk au centre de la tablée, les corps mangeant, buvant un, deux, trois verres et puis on ne compte plus, les voix s'élevant, le rires résonnant toujours plus fort. Un simple moment de partage convivial et joyeux. La rencontre harmonieuse des cultures et l'envie de faire partager ses coutumes.

Après cette longue soirée enjouée, un sommeil lourd et profond à 3 heures du matin, des images plein la tête, le sourire aux lèvres encore et encore, la tête tournant sans plus finir. Anaïs... dors bien.

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Publié le 23 mars 2019

Aujourd'hui, c'est repos ! Le petit-déjeuner puis la sieste au soleil. Prendre le temps de récupérer des jours précédents. Au programme, une séance massage. Premier essai, échec : nous nous trouvions dans un établissement de soins consacrés aux personnes âgées, des cures pour les papis mamis et donc, comment vous dire qu'on faisait tâche dans cet endroit qui tombait presque en ruine ! Deuxième tentative : ah, tiens, c'est fermé... Troisième tentative : un cabinet... Mais quel massage... !

À l'étage d'une bâtisse, montant l'escalier de bois, trois énormes pancartes affichant des massages aux pierres chaudes, aux sacs de sable chaud, autrement dit vendant un moment de relaxation dont on avait vraiment besoin après le trekking.

Pénétrant timidement dans l'espace, cherchant du regard la salle consacrée aux massages, nous trouvons là, à droite, une porte sur laquelle était misérablement écrit "массажа" (massage). De là sortit une petite dame mongole, au visage rond, au teint mat, la frange noire tombant sur les yeux, le regard doux. N'ayant trouvé que cet endroit là, nous décidâmes d'y aller. 700 roubles. Mon tour en premier.

Petite salle carrée, une petite ouverture dans le mur laissant filtrer la lumière du jour, un lavabo de plastique dans le coin, un tabouret pour déposer les habits et au fond, une table recouverte d'un drap aux dessins enfantins. Un peu mal à l'aise, j'ôtai mes vêtements et je m'allongeai sur la table contre le mur. Alors, la vieille dame étala allègrement de l'huile sans senteur particulière sur mon dos. Brusquement, ses mains s'effondrèrent sur ma peau. Ses mains si rêches et épaisses écrasèrent et pétrirent ma peau d'une force et d'une violence indescriptibles. Chaque mouvement réveillant les douleurs. Je la vois encore prendre de l'élan pour étirer ma peau du bassin jusqu'aux épaules. Tirer la peau jusqu'au pincement. Tirer la peau jusqu'au rictus de douleur sur le visage.

Ses bras lourds et puissants tombant sur moi toujours plus fort, toujours plus vite. Ses ongles griffant. Mon corps tapant contre le mur au rythme des mouvements bruts de la dame. La peau qui brûle, la peau qui se tord, la peau qui rougit. Douleurs, douleurs, douleurs. Horrible. Que ça s'arrête. 30 minutes. Ce qu'elles peuvent paraître longues en cet instant. Interminable. Pitié, que ça s'arrête. Subissant encore et encore les gestes lourds, insupportables et inadaptés de la femme, le corps crispé, la tête vissée contre la table, l'impression que ceci est une blague. Qui prend la caméra cachée ? C'était très drôle, vous pouvez stopper la scène maintenant ! J'en ai eu ma dose.

Massage fini, le corps en vrac, l'esprit encore tout perturbé. Tenez madame, 700 roubles, merci madame, merci, au revoir madame. Anaïs attendant son tour, Anaïs je suis désolée de te laisser entrer dans cette pièce. Anaïs, bon courage.

Sorties après une heure d'enfer du massage, les visages interloqués, le fou rire, l'incompréhension, les douleurs dans le dos. Qu'avons nous loupé ou mal interprété ? Est-ce la version d'un massage "normal" en Russie ou Mongolie ? Sommes-nous seulement habituées à un autre confort dans notre petite Europe réglementée ? Cette dame tout à fait bienveillante, souriante et d'une grande gentillesse mais étant d'une telle violence. L'incompréhension, vraiment.

À moitié remises de nos émotions, l'achat de chocolats pour nous réconforter. Plus tard, dans l'auberge, nous échangions encore à ce propos afin d'essayer de comprendre ce comportement nous paraissant si opposé à ce que l'on peut trouver en Europe. Et là.. Anaïs : "punaise Lucie! Lucie, tu vas pas le croire ! J'ai un bleu ! J'ai un bleu en bas du dos !" s'exclama t'elle en éclatant de rire. Effectivement, la femme lui avait fait un bleu pendant le massage. Quel fou rire ! Quelle histoire incongrue ! Gravée dans la tête. Si vous saviez combien de temps on a passé et combien de temps on passera à en reparler...

Sur ce, le corps détendu et TOUT à fait relaxé, il est temps de s'endormir paisiblement ! En vérité, on est encore sous le choc !

ANECDOTES

Nos deux acolytes de la veille nous ayant promis les sources d'eau chaudes d'Arshan... comment dire, c'est loupé ! Les malheureux avaient oublié leurs clés dans la voiture, bien joué les russes !

La grosse dinde qui nous observe encore du coin de l’œil pendant notre sieste matinale au soleil. Et quelle sieste ! Une sieste sur la couverture du chien ! On s'en souviendra aussi de celle là.

Pour la troisième fois du séjour à Arshan, pâtes penne au menu ! Attention, une légère variante : pâtes au kiri. Ahahaaa tu t'y attendais pas à celle-là Anaïs !

Pour le clos du spectacle - pensée toute particulière à Anaïs - on se souviendra également de notre bon vieux russe Nikolaï transpirant de tout son corps au fond du salon : "PING PONG????". Éclats de rire encore et encore.

Moi après le massage idyllique
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Publié le 24 mars 2019

Soleil levant, température fraîche mais agréable. C'est parti pour le petit déjeuner sous la tonnelle dehors ! On papote, on papote, on profite du beau temps et du soleil réchauffant notre visage. Voilà déjà l'heure de quitter le village si beau et reposant d'Arshan. Le cœur lourd, on charge les gros sacs sur le dos pour aller prendre notre minibus au mini centre ville. Départ à 12h, arrivée à Ulan Ude prévue vers 20h. Huit heures de minibus pendant lesquelles nos méninges ne cessèrent de tourner. Un trajet long et paisible sur les rares routes traversant la Tounka. Puis longeant le Lac Baikal, les montagnes et les forêts enneigées au loin. Un trajet significatif de la fin de notre voyage. Un trajet long et pensif. 30 jours de voyage. 30 jours pour traverser une grande partie de la Russie. 30 jours incroyables plein de surprises et de découvertes. Aujourd'hui, la destination du minibus nous ouvre la porte du vol retour. Aujourd'hui, notre arrivée à Ulan Ude nous fait prendre conscience que tout à une fin. À cet instant, je réalise que j'étais totalement coupée de ce quotidien là. Je réalise que mon esprit était libéré de ce rythme de vie pour laisser place à l'inconnu.

En tête, le retour à notre quotidien étudiant à Hambourg. Le vol prévu mardi-ci à 8h. Les nombreuses pensées divaguant, les songes angoissant l'esprit. Le retour en Europe, le retour au confort de la ville de Hambourg, le retour aux études. Les cours à nouveau, la collocation, la famille, les amis. Un trajet à la fois agréable mais pesant. L'esprit lourd, contrarié, frustré. Les jours nous sont comptés.

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Publié le 25 mars 2019

Un bon petit dej pour commencer la journée ! On ne perd pas les habitudes ! (même si, en réalité, le petit dej n'était pas fouuu, on passera les tranches de rosette sur le pain dit végétarien). Après ça, balade au centre ville pour voir la statue très connue de Lénine. Rencontre inattendue avec une jeune femme russe venant de Tchita, petite ville près de Ulan Ude, jeune femme parlant un français parfait ! Après quelques échanges, elle nous aida très gentiment à trouver un taxi pour se rendre à un parc en périphérie de la ville. Après deux heures de marche et de discussion, comme à notre habitude, nous commençâmes à descendre la colline. En contrebas, des quartiers d'habitation typiques de la Sibérie. Les maisons de bois, leurs barricades, les routes de terre battue, la boue grasse. Nous observons l'horizon et la ville sous la brume. Le temps nuageux, le soleil à peine apparent. Moment de silence. A l'oreille, aucun bruit de circulation mais plutôt les milles échos des chiens en furie aboyant de toute part. Nous décidâmes de continuer de marcher afin de retrouver la route et revenir sur nos pas. Quelle fut notre erreur. Traversant les rues, les énormes chiens aboyant, sautant sur les grillages, s'échauffant à notre passage. La peur au ventre, le cœur qui bat, la démarche devenue instinctivement rapide. Les chiens, encore et encore. La crainte. Les sursauts à chaque aboiement. Le sentiment horrible d'être menacées. Alors, le contact de cette jeune femme russe nous aidant à réserver un taxi. L'attente, les aboiements toujours. Et enfin, le taxi et le retour à la ville.

L'esprit tout retourné, 14h de l'après-midi. La collation puis le retour à l'hôtel afin de replier bagage et de se reposer un peu. Le dernier jour du voyage en Sibérie. Après une bataille de cartes, de longues réflexions sur notre retour en Allemagne et beaucoup de stress emmagasiné, l'heure était venue de prendre le dernier repas du voyage au restaurant. Deux heures à remémorer tous nos souvenirs. Du vol à l'arrivée à Saint Petersbourg, puis Iekaterinbourg, Krasnoyarsk, Irkutsk, l'île D'Olkhon, Archan et Ulan Ude. Une rétrospective émouvante. Des rires et des émotions profondes. Triste mais déjà, en tête, le rêve des prochaines destinations.

Demain, réveil à 4h pour se rendre à l'aéroport d'Ulan Ude. Vol prévu à 8h. Escale Moscou. Escale Cologne. Arrivée Hambourg. "Un départ, peut-être un début et non nécessairement une fin".

ANECDOTES

La pause sur ces deux morceaux de pierre en haut de la colline et ce cher Seb occupant nos pensées au fin fond de la Sibérie. Quand tu nous tiens Seb !

Le soir, à nouveau le même restaurant, à nouveau de bons mets. Mais cette fois-ci, c'est la rétrospection sur l'ensemble du voyage. Nous nous remémorons chaque ville, chaque train pris, chaque personne rencontrée, chaque découverte réalisée. Tout. Ce voyage extraordinaire. Nos yeux fatigués, de la tendresse à n'en plus finir.

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Publié le 27 mars 2019

Le jour du départ. Le vol Ulan Ude - Moscou prévu à 8h00. Réveil à 4h et attente à l'aéroport d'Ulan Ude. Attente, attente, attente. Peut-être trop d'attente. 8h00 : dans l'unique salle de l'aéroport, proches de l'unique porte d'embarquement, nous attendons encore. Je regarde Anaïs : "ça y est c'est sûr, on va être en retard, ça va être chaud bouillon pour les correspondances !". Anaïs me rassurant. Dix minutes plus tard, les yeux fixés sur la piste d'atterrissage. "Mais Anaïs, y a aucun avion. Y a pas d'avion".

Effectivement, pas d'avion. Soudain, un homme arrive et sermonne quelque chose en russe. "Vol retardé de deux heures". Ahh merci les russes ! Finalement, 3h30 plus tard nous embarquons pour un vol de 6h40. Nos deux correspondances loupées, il fallait trouver une solution pour rentrer sur le territoire allemand. Hé oui, notre visa finissait le jour même, nous n'avions pas le choix ! Arrivées à Moscou à 13h30. Sur place, après avoir discuté avec un conseiller de la compagnie en question, Halleluja ! Un vol 7 heures plus tard, à 20h30 pour Hambourg ! L'attente fut très très longue, mais l'essentiel est que nous ayons pu rentrer à la maison !

Éveillées pendant 31 heures, la fatigue était palpable dirons-nous ! La bonne nuit de sommeil fit énormément de bien.

Aujourd'hui, 27 mars, le voyage est terminé. Le réveil dans mon lit, en face de résidences en briques rouges, le soleil brillant, les oiseaux chantant, le voyage est terminé. Dans la tête, les images fusant et ne cessant point. Dans la tête, les milliers de souvenirs en bataille, les émotions se mélangeant. Le transsibérien. Une expérience telle que je ne la réalise encore pas. Tant de bouleversements, de découvertes, de villes, de contrastes, de rencontres, de paysages. Tant à raconter. Quelle chance inouïe, quel incroyable périple. Dans mon lit, je rêve à ces moments inoubliables que j'ai pu vivre, je rêve de recommencer sans ne rien y changer. Dans mon lit, je sens mon cœur battre, je me sens vivante, je sens ce bonheur qui empli mon esprit, je suis un nouveau moi.

De tout mon cœur, je vous remercie d'avoir suivi ce périple extraordinaire. J'espère vous avoir fait voyager, j'espère vous avoir fait découvrir un bout de ce pays si exceptionnel qu'est la Russie, j'espère vous avoir fait ressentir les milles et une émotions qui ont traversées mon esprit, j'espère avoir trouvé les mots justes pour vous décrire ces paysages à couper le souffle, j'espère enfin vous avoir transmis ce si bon et profond sentiment que de se sentir vivre. Je vous remercie encore et encore, vous qui me faites grandir et voir le monde autrement chaque jour. Avec tout mon amour, je vous raconterai ce voyage qui compte tant pour moi. À jamais je me souviendrai.

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