Carnet de voyage

Transsibérien

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Au départ, juste une idée furtive il y a deux ans. Aujourd'hui, un rêve devenant réalité. Une rencontre. Un trajet. Deux pays. Sept villes. Anaïs et moi-même partons à l'inconnu. L'aventure commence.
Mars 2019
4 semaines
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Publié le 26 février 2019

Le grand voyage commence ! Ce mercredi 27 février, réveil piquant à 4h du matin départ en avion à 7h05 de Hambourg en direction de Moscou ! Escale à Bruxelles et arrivée à Moscou prévue pour 15h45. Je mets les grosses chaussettes, mon sac sur le dos et c'est parti !

Les chaussures-ci ne sont effectivement pas adéquates... Ahaha
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Publié le 27 février 2019

Lever de soleil côté hublot, malgré le manque de sommeil, très agréable !

Escale à Bruxelles, ça fait plaisir d'entendre un peu de français avant la langue russe !

Le prochain vol est à 10h15, direction Moscou ! Arrivée prévue à 15h45.

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Publié le 27 février 2019

Paysages infinis, la neige reflétant les derniers rayons du soleil, les gares de métro telle une fourmilière.

Moscou
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Publié le 28 février 2019

Une vie à mille à l'heure, les métros pleins, le vent froid, le bruit infernal des voitures, le souffle saccadé par l'air pollué.


Une ville culturelle incroyable, les églises orthodoxes, l'architecture riche, les dômes dorées, les nuances de vives couleurs, la neige embellissant l'ensemble.


La Place Rouge, la Cathédrale Sainte Basile, le Kremlin, le Musée d'histoire, le merveilleux Goum exposant toute la richesse de la capitale, les rues décorées de milles lumières.

20km parcourus, un regard ébahi
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Publié le 1er mars 2019

Aujourd'hui, programme visites ! Sous les nombreuses averses de neige, il fallait se réfugier quelque part.


Ce fut tout d'abord la Basilique Saint Basile. Basilique à neuf églises, le moindre recoin cachait de mystérieuses peintures. Arabesques aux milles couleurs, lumière tamisée. Déambuler dans ces couloirs devient presque un jeu.


Puis vint la Cathédrale Saint Sauveur. Le temps de crayonner une esquisse, me voilà à l'intérieur. Architecture incroyable, voûtes aux multiples frises colorées, coupole haute et large, les murs chargés de peintures religieuses. Un instant de sérénité et de calme au centre de la ville.


Sous les gros flocons de neige, je me dirigerai vers le musée Pouchkin. Deux bâtiments immenses. Des salles à n'en plus finir. Sculptures, peintures, fresques. En gardant le meilleur pour la fin : impressionnisme, expressionnisme et surréalisme français.

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Publié le 3 mars 2019

Magnifique journée ensoleillée. Le temps apportant sourire, chaleur et bonne humeur dans la capitale russe. Contraste saisissant.


Promenade dans l'immense Parc Gorki. La neige recouvrant chaque chemin. Le soleil faisant fondre la neige sur les sapins. Plénitude.


Puis le Quartier des Affaires : plus de 7 tours dont certaines atteignant plus de 350m de hauteur. Vertige au pied des tours, le regard porté vers le haut, vers l'infini de ses constructions spectaculaires. Richesse.

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Publié le 3 mars 2019

Une heure de trajet direction le Parc de Lossiny Ostrov. Un parc national immense à quelques kilomètres de la capitale. Le contraste du rythme effréné de la vie au centre ville avec le calme et le silence du parc. Un monde à part recouvert d'un manteau de neige où l'on croise randonneurs et skieurs. Les visages apaisés, le sourire aux lèvres. Là surgit un élan, l'attitude tranquille, le soleil faisant briller sa fourrure, mangeant du bois sans prêter attention à l'homme.

Parc Lossiny Ostrov
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Publié le 4 mars 2019

Un trajet en train d'une durée de 4 heures. Un voyage lent, paisible, silencieux. Les quelques brouhahas des passagers russes se faisant entendre au loin. Les paysages blancs défilant inlassablement. L'infime bourdonnement de la clime résonnant dans la tête.

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Publié le 5 mars 2019

Anaïs arrivée hier en avion, l'aventure du transsibérien commence véritablement !


Saint-Pétersbourg. Bâtisses impressionnantes à l'architecture classique. De rue en rue, longeant les canaux enneigés, la découverte de cathédrales au style complètement opposé. Du minialisme aux innombrables dorures et peintures. Des ambiances différentes, des religions différentes mais toujours cette incroyable croyance en Dieu.


Le regard porté au loin, les flocons de neige glaçant nos joues rougies par le froid, bientôt les ombres fines et hautes des grues des chantiers navals apparurent. Bateaux et sous-marins pris dans cette glace dure recouverte de neige. Pour finir la journée, le coup de soleil inattendu !

Une ville aux différentes facettes
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Publié le 6 mars 2019

Nouvelle journée, temps magnifique avec un bon -10 degrés ! C'est parti !


Confrontation des cathédrales des jours derniers avec la religion musulmane. Mosquée sobre. Voûtes colorées aux milles mosaïques. Entrée bienveillante, intérieur surprenant. Ces murs blancs immaculés. Cette lumière blanche et orangée. Cet espace central turquoise. Ces tapis rouges sombres par dizaines.


Puis découverte inattendue de ce quartier à la fois moderne et résidentiel. Contraste entre les tours spectaculaires et les centres commerciaux avec les barres d'immeubles innombrables, sombres et miteuses.


LA CERISE SUR LE GÂTEAU

Coucher de soleil. Cette étendue infinie et enneigée. L'illusion d'une mer calme de loin. En réalité, une mer gelée. Skieurs et pêcheurs se détachant de la blancheur de la neige. Je n'ai pas les mots. Un moment magique et inoubliable. Euphorie grandissante, bonheur à l'état pur. Courant sur la glace avant de se jeter dans la neige froide et légère. Une journée pleine de surprise.

Mosquée
Forteresse Peter et Paul
L'ange d'Anaïs
Les anges
La mer gelée
Marche sur la mer glacée
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Aujourd'hui, réveil tranquille et petite balade matinale dans le centre de Saint Petersburg. Découverte d'un quartier isolé aux bâtisses délabrées. Là, étalé sur des dizaines de rues, un marché de contrefaçon immense. Contraste richesse-pauvreté saisissant.


Puis il était déjà l'heure de partir ! Le train était à 17h. Le premier train de notre transsibérien. Grande excitation! C'est parti pour 37 heures, tanguant au rythme des rails du train.

Premier train du transsibérien
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Nous survivrons à ce trajet de 37 heures à bord du transsibérien ! dirons-nous. Pour cette fois-ci, ce sera en dortoir, 54 personnes réunies et cohabitant dans le même wagon. Enfants, étudiants, travailleurs, retraités : un mélange social incroyable et pourtant possible. Siège 23 et 24. 22h, couvre feu. Les derniers va-et-vients des passagers faisant leur toilette du soir. Les dernières paroles partagées avant le silence du wagon n°8. Chacun tente de former son cocon, chacun respecte l'autre, chacun s'endormira sous le même bercement du train.


Moi, assise, le dos collé à la fenêtre, observant la nuit calme de la plaine blanche immaculée, admirant les reflets bleutés de la neige et appréciant le silence du wagon endormi, moi j'écris. J'écris le bien-être qui m'accapare en ce moment présent, j'écris ce morceau de vie que j'aurai partagé de près ou de loin avec tous ces inconnus. Bercée par le train sur ses rails et par le claquement sourd des plaques métalliques, mon esprit semble être libéré de toute pression sociètale.


Le temps. Le temps semble s'étirer, le temps semble perturbé, le temps enfin tente de rythmer cette vie à bord du train. 5 minutes ou 37 heures dans ce train, ce n'est qu'une question de patience. Aucune contrainte, aucun stress, aucun objectif particulier. Simplement manger, discuter, boire le thé, rencontrer et partager, lire, écrire et profiter des magnifiques paysages. Un temps pour soi. Plus le train s'enfonce dans la Sibérie froide et enneigée, plus les habitations se font rares. Par ci et là, des petits villages aux routes blanches, des toitures recouvertes de neige, des modestes maisons de bois. Des villages rappelant un soupçon de vie.

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Publié le 9 mars 2019

Le réveil piquant à 5h ce matin et l'arrivée à 6h à la gare de Iekaterinbourg ! Le temps d'aller à l'hôtel, de déposer nos gros sacs et de se reposer un peu, nous voilà parties pour un tour dans la ville de deux millions d'habitants.

Visite d'une église, d'un cimetière, puis balade dans les rues jusqu'au lac glacé. Un centre très petit avec de grandes rues marchandes aux influences asiatiques. Puis, plus on avance, plus on découvre les grands immeubles délabrés, les fils électriques sortant de nulle part, les balcons à moitié effondrés, les bâtisses en préfabriqué, les champs de grues et les milles immeubles en construction. Le contraste avec nos riches villes européennes. Prise de conscience.

Fin d'après-midi très tranquille après nos 20km de marche, nous avons profité de la merveilleuse douche que nous n'avions pas dans le train et pris un repas asiatique bien conséquent ! Avec le ventre bien rempli, une bonne nuit s'impose pour récupérer le sommeil en retard !

Iekaterinbourg et ses rues
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Publié le 10 mars 2019

Après une bonne nuit de sommeil quoi de mieux qu'un bon petit déjeuner.. Hehe

Aujourd'hui, c'était une question d'organisation pour la ville d'irkutsk où nous arrivons le 14 mars. Après cela, nous partîmes sillonner les rues du centre-ville de Iekaterinbourg. A nouveau, visite d'un lieu religieux, Église construite à la suite de l'assassinat de la famille royale en 1918.

Iekaterinbourg prend cette apparence de ville nouvelle construite en si peu de temps, aux paysages très contrastés. La raison est telle que son passé historique est très lourd. La ville fut sous l'emprise du communisme pendant très longtemps. Une ville cherchant sa liberté mais ne trouvant pas d'identité propre.

De rue en rue, les mêmes vieilles bâtisses, les mêmes buildings, les mêmes bâtiments classiques. Un mélange déconcertant.

Fin de journée, l'heure déjà de quitter Iekaterinbourg et de prendre le train direction Krasnoyarsk ! Le départ était à 21h40, l'arrivée est prévue le 12 mars à 9h. Nous avons acheté toutes nos provisions pour le voyage et nous sommes ravies de passer à nouveau du temps dans le train. Nous avons d'ailleurs fait la connaissance d'un russe parlant anglais, incroyable ! Le trajet s'annonce plutôt bien !

Centre-ville de Iekaterinbourg
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Une journée de plus à bord du transsibérien ! Nous avons encore pris 2 heures de décalage horaire de plus pendant le trajet. Les heures passent à une allure folle, nous mangeons bonnement, les chocolats à profusion ne vous inquiétez pas, le jeu de cartes dans les mains, le thé sur la table, les paysages défilant. Plutôt la belle vie !

Aujourd'hui, nous avons pu faire la rencontre de gens exceptionnels. Un professeur de pennesylvanie avec ses élèves nous racontant leur voyage incroyable. Un russe bien traditionnel voulant absolument nous transmettre un peu de sa culture. Belle journée !

Ce soir, mission sommeil importante, demain 9h nous arrivons à Krasnoyarsk. Grande journée en perspective : après le dépôt des sacs, nous prévoyons d'aller randonner au parc naturel Stolby ! Sur ce, nous allons nous endormir sous les bercements du train, bonne fin de journée à vous et à demain !

Trajet 35h en train
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Publié le 12 mars 2019

Aujourd'hui comme prévu, nous sommes arrivées à Krasnoyarsk à 9h, ville d'un million d'habitants. Après un rapide passage à l'auberge, direction le parc naturel Stolby ! Après 40min de trajet, déjà sur place !

La chance incroyable d'avoir un beau temps, 0° et un ciel bleu magnifique. Nous voilà en route, le pique nique et la grande gourde d'eau sur le dos. Après 3km de marche, une rencontre inattendue : trois petits russes de 16 ans se promenant pour aller voir le gros Rocher. Après quelques mots échangés (un peu d'anglais, un peu de russe, un peu de français et surtout merci Google Trad), nous décidâmes de continuer ensemble. Au final, nous aurons passé les trois quarts de la journée avec eux. Experience incroyable de partage, le pique nique mangé ensemble, les tartines de nutella échangées, quoi de plus pour être heureux !

Après 10km de marche, nous arrivâmes aux premiers rochers que nous avons escaladé avec l'aide des trois garçons. Au final, des vues exceptionnelles, tellement de joie ressentie, tellement de choses à raconter. La randonnée fut rythmée et éprouvante mais tant de magnifiques paysages. Un plaisir immense que de vivre ces moments là, tant de chance d'être au milieu de rien en Sibérie, tant de chance de rencontrer ces personnes formidables. Une journée parfaite, une journée gravée dans nos mémoires.

Ce soir, bon restau mérité ! Demain, déjà le départ à 13h30 direction Irkutsk ! Nous avons hâte de retrouver le confort primaire du train ! Bonne soirée à vouuus

Randonnée au cœur du Parc naturel Stolby
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Publié le 13 mars 2019

Aujourd'hui, réveil à la guesthouse de Krasnoyarsk blotties dans nos sacs de couchage (effectivement, la guesthouse que l'on avait jugé rustique était finalement un peu trop trop trop rustique, je vous passe les détails.. 😉). Qu'importe, après un petit déjeuner, nous avons dû prendre le temps d'organiser nos excursions pour la ville suivante dans laquelle nous allons rester 12 jours. Le lac Baikal et ses alentours méritent bien autant de jours ! Puis il était déjà l'heure de replier bagage pour ne pas louper notre train à 13h30 en direction de la ville d'Irkutsk.

L'après-midi fut donc très calme, toujours bercées par les remous du train, observant les paysages devenant de plus en plus montagneux, nous reprîmes notre petite routine ! Cette fois-ci, nous n'avons pas choisi deux lits dans un dortoir en 3ème classe mais un compartiment en 2ème classe. Le changement n'est pas flagrant mis à part que l'on est dans une petite pièce prévue pour 4 personnes et donc avec 4 lits et une table centrale. On s'y plaît plutôt bien ! Deux hommes russes partagent ce compartiment avec nous, dont un nous nous offrant du chocolat.. Parfait !

Demain, nous arrivons à Irkutsk à 8h30. Nous irons déposer directement les gros sacs à la chambre chez l'habitant située plein centre pour ensuite régler encore quelques détails pour les excursions prochaines !

Les paysages de Sibérie à demi enneigés
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Publié le 14 mars 2019

Arrivée à Irkutsk à 8h30 ce matin. Nous avons débarqué peu de temps après dans notre chambre chez l'habitant située en plein centre. Une dame très souriante nous a accueilli : la première personne parlant un anglais parfait avec laquelle nous avons beaucoup échangé. Elle nous a tout de suite offert le thé et le petit déjeuner et nous a informé de ce qu'il y avait à faire dans la ville. Une matinée vraiment très agréable !

Après avoir organisé encore quelques détails pour la suite du voyage, nous sommes parties découvrir la ville. Sur un diamètre d'à peu près 2km, Irkutsk est une ville que l'on peut faire à pied, ce qui est très appréciable. Rue après rue, découverte des rues "en bois" où l'on peut trouver des maisons traditionnelles (voyez les photos juste en dessous). Ces maisons de bois ne sont malhreusement pas rénovées pour la plupart et il est assez étonnant de les voir bancales, le bois vieux, noir et cassé, avec certaines pièces qui ne sont même plus habitées en raison des dommages matériels. À côté de ses maisons à l'aspect très modeste et pauvre, des bâtisses et des rues commerciales. Le contraste est saisissant.

Les heures passant, nous arrivâmes au bord de la rivière Angara, rivière alimentant l'immense lac Baikal. De là, une vue sur les collines à l'horizon. La Sibérie et plus de neige. La Sibérie et des températures presque positives au mois de mars. Au loin, des cheminées de briques déversant des volutes de fumée noire dans le ciel. Au sol, des flaques noires aux reflets argentés se mêlant à la neige fondue, une souillure dans la ville, une souillure dûe à la pollution.

Mais restons honnête, nous nous sentons tout de même plus à l'aise à Irkutsk qu'à Iekaterinbourg.

Après la grande promenade quotidienne, une petite bouchée et retour à la chambre. Nous profitons de ce pied à terre pour faire quelques lessives et hop au lit ! Bonne journée, on se retrouve demain pour la deuxième journée à Irkutsk !

La Sibérie sans neige
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Publié le 15 mars 2019

Après un petit déjeuner délicieux servi par notre petite maman poule d'irkutsk, matinée passée à régler les derniers détails pour les excursions la semaine prochaine !

Ensuite, nous nous sommes baladées à nouveau dans la ville sous une pluie fine, la neige complètement fondue. La ville ayant beaucoup d'influences asiatiques, nous nous sommes décidées pour un chinois ce midi. Autant dire que nous nous sommes régalées , la nourriture ne manque pas en Russie ! 😬

L'après midi, nous avons déambulé dans les rues "en bois" de la ville et ensuite, ce fut direction le marché central pour régaler nos hôtes à la maison ! Quoi de mieux qu'une bonne ratatouille accompagnée d'un petit vin français.. Nous avons fait la cuisine avec plaisir et le couple fut ravi de ce met.. 😉 Ce fut un moment convivial, un moment de partage unique, un moment de bien-être indubitable. Nous sommes heureuses d'avoir pu passer ce moment avec des gens locaux, cela rajoute une perspective incroyable à notre voyage.

Sur ce, après un carré de chocolat, nous allons rejoindre les bras de Morphée..! Bonne fin de journée à vous !

La bonne ratatouille du jardin
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Une journée commençant tranquillement par le petit-déjeuner servi par Tatjana : délicieuses crêpes fourrées au fromage, crème et confiture. Le thé les accompagnant, évidemment ! Puis le dentifrice dans la bouche, voilà notre bus qui arrive ! La course pour ramasser toutes nos affaires, en une minute, nous avions le plancher !

Le bus. L'incroyable bus. Ce vieux bus. Ce modeste. Soyons honnête, ce bus pourrave. Celui dont je vous parle allait réellement rouler sur la glace jusqu'à atteindre l'île d'Olkhon ? Quoiqu'il en soit, nous étions dedans parmi les russes et nous n'allions pas faire marche arrière !

Un trajet d'une durée de 4h30. Un trajet paraissant long au premier abord. En réalité, un trajet faisant monter l'adrénaline. L'excitation de toucher au but. L'irrésistible envie de découvrir la Perle de la Sibérie, le rêve de notre vie.

Une route unique. Une route traversant tout d'abord la ville, des collines, des vastes plaines sans trace de l'homme, des villages par ci et là, des montagnes de roche stridente couleur ocre, des montagnes recouvertes de forêts de sapins très denses, des montagnes striées par quelques bandes enneigées. L'engin avalant les kilomètres, le moteur chaud résonnant, l'asphalte sombre et sèche se déroulant à perte de vue. Par la petite fenêtre, à gauche, à droite, des paysages infinis. Le néant. Rien. Parfois des troupeaux de vaches ou de chevaux en liberté à l'horizon. Parfois trois maisons de bois coloré au loin. Le décor changeant au fil des heures. Les secousses régulières et intempestives du bus à l'allure folle se mélangeant à la mélodie d'une douce voix sur quelques accords de guitare. Un instant de vide dans la tête. Un instant si intense et profond. Les yeux humides et la larme parcourant lentement la joie. Un instant de bonheur si irréel, l'attente d'arriver à l'infini glacé.

Alors nous arrivâmes au bord du Lac Baikal. Le véhicule tanguant encore et encore sur les routes de terre, le ventre en vrac, les émotions fois mille, le regard fixé sur l'eau et d'un coup la glace. La peur au ventre, l'excitation palpable, le cœur battant. Après le retour sur terre, les énièmes secousses mais cette fois-ci plus fortes que précédemment. Enfin, l'arrivée au village de Khoujir.

Les premiers pas sur le lac glacé immense. Les côtes rocheuses sèches, striées et érodées. Les nuances ocres, marrons, sablées, nacrées de la pierre contrastant avec le bleu turquoise de la glace. Les fissures blanches et si profondes sous nos pieds. Les énormes morceaux de glace bleu transparent en équilibre, les pieds glissant sur la surface fondue. L'intensité des sentiments, le vertige du vide sous nos pieds, des moments paraissant irréels.

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Publié le 18 mars 2019

17.03 Tania nous ayant préparé le plus bon et gros petit-déjeuner qu'il soit pour des randonneurs de l'extrême, nous étions prêtes pour la journée et nous avions prévu une excursion au Nord de l'île d'olkhon. Le programme était tel que nous voulions y faire une randonnée. Pour ce faire, le bus devait venir nous chercher à 10h. Ça, c'est ce que nous croyions ! (évidemment, nous n'avions aucune idée du programme de l'excursion étant donné que personne ne parle anglais sur cette île et que le russe a eu bien des fois raison de nous !). 10h, l'incroyable homme ranger, notre pilote, planté devant les portes de la maison, le touktouk garé dans la cour, la musique résonnant au loin. Première surprise ! Départ express en deux minutes, le sac sur l'épaule, nous partîmes en touktouk. Plus tard, 6 ou 7 chinois montèrent à bord au fur et à mesure du trajet. Après une demie heure de route sur les chemins de terre tortueux, la tête tanguant sans cesse, le ranger se dirigea vers les routes glacées du lac Baikal.

Après quelques temps de route, le moteur cessa. Premier point, surprise. Nous comprîmes soudain qu'il s'agissait en fait d'un tour autour de l'île. À gauche, une haute colline rocheuse écaillée et érodée s'élevant vers le ciel. À son pied, des milliers de stalactites déferlants sur la surface telle une cascade gelée. S'approchant peu à peu, des minuscules grottes ça et là dévoilant, dans leurs antres, des milliers de stalactites bleu azur.

Puis nous reprimes la route de glace pour se rendre à la pointe Nord de l'île. Les paysages passant sous les yeux à une allure folle, le regard ébailli, la musique rythmée résonnant dans les oreilles. Là, devant nous, le souffle coupé et le regard vers le ciel, les effrayantes et hautes falaises rocheuses. Les nuances rouges et ocres de la roche contrastant avec la froideur de la glace. L'impressionnante force de la falaise entrant en collision avec les énormes blocs de glace bleu azur du lac. Les yeux fermés, l'infime craquement de la glace et les innombrables gouttes d'eau glissant des blocs qui résonnent. Le soleil éblouissant et dévoilant le bleu transparent de la glace acérée. Sous nos pieds, les bulles d'air par milliers, les fissures profondes et épaisses formant des esquisses brutes dans l'eau gelée turquoise. Au loin, comme floues, les montagnes imposantes et enneigées. Le silence, la sérénité, le sentiment de liberté.

Puis vint le temps convivial. Le touktouk garé sur la glace, les portes grandes ouvertes, le rythme endiablé de la musique battant de toute part, le feu de bois flamboyant sur l'eau gelée, la marmite laissant échapper des volutes de vapeur, l'eau bouillonnant peu à peu et les odeurs délicieuses emplissant les narines. Tous réunis autour de ce repas inespéré, les mains rougies se réchauffant sous le bol rempli de bouillon, tous ensemble. Un instant si beau et pourtant si simple, un instant si inattendu et si magique, un instant de partage si unique. Dans la tête, un sentiment de sécurité et de confiance incroyable au milieu de nulle part. L'irréalité.

Puis l'engin reprit sa course effrénée à travers les chemins de terre presque verticaux. Le touktouk bravant chaque obstacle, le corps secoué de toute part et la musique résonnant toujours.

Ensuite vinrent les vastes plaines rappelant les steppes mongoliennes. Les roches ocres, nacrées et rouges. Les collines infinies striées d'herbes hautes jaunes. Par ci et là, de minces sillons marquant les quelques chemins de terre et donnant une vague échelle de grandeur à l'immensité naturelle sous nos yeux. La seule trace de l'homme dans ce vide, la seule trace de vie. Aucune présence animale, aucune végétation, aucune présence volatile, presque aucune présence humaine. Le néant. Paysage désertique. De l'autre côté, l'étendue d'eau gelée. Par endroit, la collision puissante des plaques de glace formant des barrières en zigzag. Au loin toujours, les montagnes. Les émotions encore. Le cœur qui bat, les yeux humides, le sourire aux lèvres, le souffle court et l'air si pur. L'authenticité même.

Puis vint la plage. Les pieds enfoncés, le rivage de glace recouvrant le sable, le coucher de soleil reflétant sur les blocs de glace turquoises, les reliefs montagneux à l'horizon. La nature et ses quatre éléments réunis. L'homme si petit et si impuissant. L'homme comme spectateur de phénomènes naturels exceptionnels. Plénitude.

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Publié le 18 mars 2019

Après le petit-déjeuner habituel bien copieux, nous voilà devant les portes attendant l'éventuel mini bus devant venir nous récupérer à 9h30. Comme d'aventure, nous n'en étions pas à 100% sûres... 9h29, toujours rien. La voix d'Anais déjà : si à 10h15 y a toujours rien, on s'inquiète. 9h30, l'incroyable mini bus débarquant au coin du chemin de terre, le mongole nous accueillant gentiment à bord. Ouf ! Nous rentrerons bien au bercail ce soir ! Mine de rien, le soulagement.

De 9h30 à 16h30. Première surprise : après deux heures de trajet sur l'île... Tiens un pneu crevé ! Perdues au milieu d'un désert montagneux incroyable, notre conducteur changeant la roue, le mini bus réparé en deux-deux grâce à l'aide de son acolyte mongolien. Quelle adresse ! Puis les heures passant lentement à la même allure que les paysages au loin, au même tempo que la musique dans les oreilles. Aujourd'hui, c'est différent de la dernière fois. La neige tombant. Le soleil caché. Les collines pointant vers le ciel, les collines assombries par le temps brumeux et nuageux. Les clairières défilant, leurs strates ombrées et profondes devenant des lignes au passage du véhicule. L'hiver est revenu. L'hiver et son épais manteau de neige tombé sur les vastes plaines. Les kilomètres augmentant toujours, le verglas sous les roues, la buée sur les vitres, l'esprit calme et solitaire.

Ce soir, après les trois tranches de pain de ce midi, il était temps d'aller de nouveau au restaurant. Un asiatique pour ne pas changer. Des bons sushis, et un dessert après 40 minutes d'attente, ce n'est pas grave, nous sommes heureuses !

Il est venu l'heure d'aller se coucher. Demain, réveil à 6h30... Dimitri et Sergey nous attendent de pied ferme pour un trekking haut en couleur le long de la côte sud du Lac Baikal : du village de Angasolka jusqu'à Listvyandka. Un trekking d'une distance de 80km. On vous en dira plus demain ! Bonne journéeeee


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Publié le 19 mars 2019

Départ 7h30 ce matin en compagnie de notre cher ami russe Dimitri, chauffeur personnel nous amenant à la gare d'Irkutsk ! Cet homme nous avait aidé à trouver le contact du guide pour le trekking. Après nous avoir déposées, ce petit rusé de Dimitri ne nous donna pas plus d'informations sur le trekking et l'éventuel programme. Comme d'habitude, on partait donc à l'aventure en sachant juste : on part d'angasolka et on arrivera après 80km à Listvyandka. Super, à ce moment là, on s'est tout de suite dit qu'on allait encore avoir bien des surprises... À la gare, notre deuxième ami russe Sergey, guide professionnel, et Nathalia, une troisième partante, nous attendaient. Départ en train pour Angasolka. Arrivée vers 10h30 et début du trekking ! Quelle aventure.. Notre Sergey, avec son sac de 20kg sur le dos, toujours aussi rapide ! Après 2 heures de marche, petit arrêt bouffe, et nous voilà déjà repartis sur le lac Baikal gelé !

22km parcourus, les montagnes et les falaises au loin, les plaques de glace entrechoquées formant des barrières immenses au large, le vent parfois, les averses de neige, le soleil apparaissant derrière les nuages et notre Sergey toujours devant. LE GUIDE SUPRÊME !

Découvrant le programme prévu au fil de la randonnée, nous sommes arrivés à 17h au refuge situé en haut d'une colline près du Lac après avoir parcouru 2km en quatre quatre ranger de la police russe avec des roues de trois mètres de haut. D'accord pourquoi pas ! 😂 Ce que nous pensions : Enfin, un petit moment détente où nous allons trouvé un petit feu de cheminée et une dame nous accueillant.. La réalité : quelle bonne rigolade ! -8000°C au moins dans notre pièce principale ! C'est parti pour aller chercher du bois et aller chercher de l'eau : comment vous expliquer... L'eau... Nous avons pris les grands seaux et sommes allés juste en face du lac sur la colline. Pour faire simple, environ 100m de dénivelé positif, au dessus de la colline, un système doué d'une manivelle d'où part une grande tyrolienne tombant dans un trou d'un mètre sur un mètre dans le lac. Alors notre cher Sergey accrocha le saut au crochet et fit descendre vivement le seau. Après une minute de descente, le seau percuta la glace et la cassa, et voilà.. Nous avons eu de l'eau glaciale ! Ensuite, le feu et préparation du repas, puis le détail des toilettes au fond du jardin. Autant vous dire que par ce froid, on ne prend pas plus d'une minute pour y aller ! Juste mythique. Le plaisir d'essayer de communiquer avec nos deux acolytes russes pendant le repas ! Il est maintenant temps de dormir pour être en forme demain ! Collées à la cheminée, on essaye de se réchauffer comme on peut !

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Publié le 21 mars 2019

Nuit froide dans le refuge, couchée sur les planches de bois, trois couettes sur le corps. Réveil tôt et matin agité : préparation du petit-déjeuner bien calorique pour tenir toute la journée, rangement du refuge et hop, le sac est déjà refermé. Première expérience de vie sans eau courante, dans un espace très rustique au milieu de rien, avec des personnes ne comprenant pas ton langage. Autour de nous, rien. Absolument rien. Aucune autre habitation, aucune autre trace de l'homme. Malheureusement, notre Nathalia, si douce et bienveillante avec nous, s'est arrêté là pour cause de douleur à la hanche. Ce fut une petite baisse de moral pour nous.

Après des adieux forts en émotion, nous partîmes de notre colline vers 10h30. Objectif initial de la journée 28km. A nouveau la marche rapide le long de la côte. À notre droite, le lac blanc immaculé, la glace à l'infini. Au loin, les hautes chaînes de montagnes enneigées, la brume s'effaçant. A notre gauche, les terres, les falaises rocheuses donnant le vertige. Devant, les interminables sillons d'un véhicule ayant, d longue date, passé par là. La démarche rapide, les bras se balançant de chaque côté du corps, le regard vif et déterminé dirigé vers l'horizon, nous avançons. Toujours le même rythme acharné, toujours les mêmes mouvements se répétant indéfiniment. Le soleil écrasant contrastant avec la froideur du lac gelé. Le visage brûlant et fouetté par le vent. Puis les kilomètres s'enchaînent, le corps s'habitue de nouveau, le corps s'adapte. Encore et encore. 10, 15, 20 kilomètres. Toujours les mêmes falaises à l'horizon. L'impression de ne pas avancer. La neige effaçant tout repère spatial. Mais Sergey devant nous, doté d'une force mentale sans pareille, continue d'avancer à grands pas. Le souffle court, nous le suivons encore et encore. 25, 30, 32 kilomètres. Nous sommes arrivés. Les jambes lourdes, l'esprit fatigué, les derniers pas de la journée, enfin.

La chambre faite de bois plus confortable que la veille, le sourire aux lèvres, nous allions bien nous reposer. Sergey, toujours plein d'énergie, s'en alla chercher de l'eau pour le repas et la toilette. Peu de temps après, nous avons allumé un feu dans le barbecue pour nous faire cuire un poulet (en vous précisant qu'il faisait bien -5 degrés, mais bon, ça fait plaisir quand même !). Après un bon repas copieux, quoi de mieux que d'aller faire ses besoins dehors, pendant la nuit glaciale, monter les escaliers de bois sur 100 mètres tout en craignant que des ours soient dans les parages, pour ensuite revenir en courant dans notre petit chez nous ! Mythique ! Après ça, on s'étale de la crème sur tout le visage car, qui dit neige et soleil, dit coups de soleil 👍🏼😂

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