Carnet de voyage

Kenavos en contactos - Voyages en Amérique latine

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¡Bienvenidos! Nous quittons notre France pour voyager en Amérique du Sud, au Chili, en Colombie et ailleurs !? Simon à l'écriture, Léa à la photo.
Avril 2019
50 semaines
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Publié le 21 avril 2019

Jeudi 11 avril 2019. Vol Airitalia AZ06888 reliant Rome à Santiago. Un équipage classe, très à l'italienne et une place de libre entre Luc, qui se rend pour le travail sur les iles Malouine, et moi! Après quelques frayeurs lors de l'embarquement du fait de mon aller simple (résolu par l'achat d'un billet de bus factice Santiago-Mendoza, pour justifier une sortie du territoire...), je commence enfin à me projeter dans ce voyage. Déjà 12h que nous survolons l'Europe, le Nord de l'Afrique, l'Atlantique. Notre Boeing engage maintenant la traversée du Sud du continent américain que je ne peux apercevoir pour le moment faute de lumière (il doit être 6h30 du matin) mais le jour nous rattrape et c'est au moment de survoler la cordillère des Andes que le soleil commence à nous illuminer de ses premiers rayons! À distance raisonnable j'aperçois l'Aconcagua dont le sommet enneigé scintille et dégage une aura mystique. Ça y est l'Amérique latine tant rêvée se dévoile sous mes yeux et je ne peux m'empêcher de contenir l'excitation de retrouver Léa arrivée trois mois plus tôt. Les terres arides du Chili se font de plus en plus présente et c'est maintenant une magnifique mer de nuage parsemée d'île montagneuse qui s'offre à la vue des passagers. La descente s'opère dans cette amas de brume et la piste d'atterisage ne se révélera qu'aux derniers instants... Quelle prouesse d'atterrir dans ces conditions! Le temps de récupérer mon sac en soute et le stresse me reprend de devoir affronter la douane avec mon espagnol limité... Le douanier se contentera d'un "buenos dias" assorti d'un tampon sur mon passeport encore vierge. On repassera pour le "Bienvenido en Chile!". Je sors parmis les premiers dans le hall des arrivées rempli d'une foule de taxis qui alpagent le chalan, d'hôtes à la recherche de leurs amis et de tours opérateurs qui recuperent leurd clients...Dans toute cette foule, pas de trace de Léa dont les dernières nouvelles date de l'embarquement une quinzaine d'heures auparavant. La magie du wifi me permet de savoir qu'elle se trouve dans le métro et sera là d'ici une vingtaine de minute. Le temps pour moi d'aller profiter d'un premier café chilien! Je remonte la file de voyageurs qui patientent également pour profiter d'un remontant lorsque mon téléphone vibre... Léa est arrivée, reste plus qu'à nous trouver... Après quelques aller-venue, ça y est nous pouvons enfin nous serrer l'un contre l'autre et... aller prendre un café ensemble!

Je profite de l'experience récente de Léa, pour me laisser porter jusqu'à la gare routière de Santiago à partir de laquelle nous prendrons un autre bus direction Las Cruces où nous avons réservé une petite cabane pour les prochains jours afin de nous retrouver. Le départ ne se fera pas sans un arrêt obligatoire pour déguster un completo, le sandwich officiel Chilien, composé de pain saucisse guacamole et mayo! Pour de la mal-bouffe on a vu pire ! Le bus, tout confort, démarre, mais la brume ne nous permet pas de profiter du paysage... Ce n'est pas grave, le plus important étant d'être réuni de nouveau!

Malheureusement le temps ne se dégage pas avant samedi soir et mine de rien... il ne fait pas chaud !

Nous découvrons notre petite bicoque rouge dont la terrasse donne sur une quebrada (sorte de petit canyon ) à quelques encablures de la mer et des points de vues qu'offre Las Cruces. Le lieu est simpliste mais fonctionnel et un trio de chien surveille notre porte d'entrée jour et nuit, avec amour et professionnalisme.

Les températures fraîches ne nous empêchent pas d'aller visiter les environs : Isla Negra, bourgade capferrisante, qui abrite la tombe de Pablo Neruda et de sa femme Mathilde dans le jardin de l'une de ses maisons chilienne. Nous y degustons un petit ceviche de poisson !

Cartagena, ville côtière n'ayant pas grand intérêt si ce n'est la forte houle présente lors de notre passage. Nous visitons également San Antonio qui abrite un marché au poisson assez vivant, bien que dérisoire à côté des portes-conteneurs venant décharger leurs entrailles dans le port (qui semble-t-il est le plus grand port commercial du Chili). San Antonio abrite aussi des habitants que nous n'avons pas l'habitude de voir : les "lobos marinos" (lions de mer), se vautrent sur les rochers aux pieds du port dans l'attente sans doute d'un bout de poisson égaré. Aussitôt qu'ils regagnent la mer, ces gros corps graisseux retrouvent la grâce dune sirène !


Le lundi ensoleillé me permet de tenter une baignade rapide dans le Pacifique mais le plaisir fut court du fait de la température de l'eau !

Notre petit séjour retrouvaille se termine par un apéro chez Marcia et Harold (collègue de Léa en France) ayant une maison nichée au coeur de la Playa Chica (se dit d'une petite plage) de Las Cruces. Une soirée super sympa dans un lieu qui l'est tout autant, nous rentrons nous coucher un peu plus tard qu'à la normal (le rythme du soleil s'adopte très facilement!) malgré un réveil matinal qui nous attend pour rejoindre Santiago et notre premier workaway en commun avec Léa !

Le jour suuvant, l'arrivée sur Santiago nous permet de retrouver une chaleur bien appréciable, mais pas le temps d'en profiter, nous sommes attendus...


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Publié le 29 avril 2019

Station Plaza de Puente Alto. Mardi 16 avril 2019. Terminus de la ligne 4 du métro de Santiago qui traverse la ville du nord au sud. Après avoir pris le bus puis le métro nous sortons de terre avec quelques doutes sur le rendez-vous donné par Pamela la femme de Tao, censé nous y retrouver à midi... En effet, nous sortons avec un léger retard de la station : 12h30. Cumule des quarts d'heure bigouden et girondin... Et n'avons toujours pas de nouvelles de nos hôtes ni moyen de les joindre (la prise de contact ayant été faite par internet). La place de Puente Alto fourmille : musique, vendeurs de rues, personnes âgées profitant des points d'ombres offerts par le lieu... Nous ne paraissons pas tant étrangers que ça malgré nos allures de Backpacker, du moins nous ne semblons pas focaliser les regards... Mais aucune idée de comment trouver ce fameux Tao... Léa pense que nous pourrons trouver du wifi sur la place vers laquelle nous marchons brièvement... Bingo ! Nous essayons de nous connecter, les visages focalisés sur le téléphone espérant y trouver un indice...


"Léa y Simon"... nous levons la tête quelque peu surpris... un homme probablement quinquagénaire, à la chevelure blanche faisant défaut en son centre mais tombant jusqu'au épaule sur le reste du crâne et assortie à sa barbe, nous pointe du doigt un à un. Ses traits sont tirés et il est difficile au premier coup d'oeil d'estimer l'origine de l'homme du fait de sa peau blanche et de ses yeux légèrement en amande sous ses lunettes rondes. Je me sens directement emplie de joie d'avoir trouvé notre destin et Léa prend les commandes de la discussion. Nous nous dirigeons vers sa voiture. Je trotine derrière jusqu'à ce que Tao s'arrête dans une quinquaillerie nous demandant de l'attendre à l'entrée. Léa m'informe qu'il allait s'apprêter à partir ne trouvant pas de signe de vie de notre part et qu'il semble un peu énervé, sentiment que je ne partage pas. Nous chargeons les sacs dans sa voiture et embarquons afin de quitter la banlieue, pas si triste, de Santiago en direction du sud-est.


Tao nous questionne sur nos vies et nos envies tout en nous présentant les lieux que nous traversons. Un petit arrêt à la supérette du coin s'impose avant de continuer notre route, bordée d'une nature plus verdoyante qu'à l'accoutumée, qui serpente entre les montagnes et le Rio Maipo (qui alimente Santiago en eau potable).


Nous quittons la route juste avant de traverser un pont surmontant un petit canal et de longer une chapelle, ayant pour effet de me questionner sur le lieux où nous nous rendons. Nous arrivons finalement à Monteluna, sorte de hameau occupant la moitié d'une petite vallée regroupant plusieurs habitations, lieux de cultures et un temazcal (sorte de tente, originaire de l'Amérique du Nord où se déroulent des rituels autour du feu, de l'eau, de la terre et de l'air censé purifier les corps). Le décor : l'Ardèche, les cactus en plus.

Tao nous dépose finalement avec les courses du jour à la "volunteerhouse", véritable chalet, construit vraisemblablement récemment, permettant d'accueillir jusqu'à 12 volontaires en même temps. Nous y retrouvons Emma, Loulou et Yape, 3 jeunes Allemand arrivés la veille. Nous rangeons les courses, ce qui nous permet de découvrir la cuisine et de nous intégrer auprès de nos compères ayant préparé un repas pour trois à l'origine... Nous déjeunons à la hâte car il y a du boulot cet après-midi mais surtout parce que Rodriguo et Adams débarquent pour le café! Ce sont des salariés de Tao et notre tâche consiste à les aider à réaliser les projets pensés par le boss.


Les travaux ne sont pas des plus glorifiant : désherbage, arrosage et entretien des plantes médicinales pour Léa; manipulation de la pelle, de la pique et du rateau afin d'améliorer le lieu de mon côté (et préparer la construction d'un dôme !) mais cela permet de se (re)mettre dans une dynamique loin de nos habitudes bureaucratiques... Nous sommes en effet loin des normes européennes... les pauses de nos "formateurs" étant souvent plus longues que les temps de travaux (quelques herbes "médicinales" les aidant à garder ce rythme...). Les trois chicos, que j'accompagne quotidiennement : les deux précédemment cités, auquels s'ajoute Gaspard, le premier fils de Tao, me donne du fils à retordre. Je n'ai en effet, pour le moment, qu'une maîtrise très limité de l'accent chilien, ce qui ne facilite pas mon intégration ni me permet de partager clairement ma vision de procéder... Le temps et la persévérance sont les amis de l'apprentissage...


Une certaine routine s'installe : lever aux alentours de 8h, travail de 9h30 à 13h, pause dej et reprise de 15h à 17h (ces valeurs étant à apprécier à la Chilienne... Il est possible de démarrer plus tard, mais cela ne s'accompagne que rarement d'une fin plus tardive...). Douche, repas et dodo. Le temps libre ne manque pas ce qui permet de nous adonner à des activités créatives ou ludiques lors des veillées (Léa nous régale de ses premiers pains !)



La fin de la première semaine marque le départ de nos amis germanophe dont nous garderons un bon souvenir tant pour leurs aptitudes au travail bien fait, qui vient souvent compléter le travail des employés, que par leurs créativités débordantes en toutes occasions. Emma, une turque qui nous taira son âge jusqu'à la fin, nous rejoins dès le début de la deuxième et dernière semaine de notre étape. Elle ne parle pas espagnol, ce qui nous oblige, malgré nous, à reprendre l'anglais, et n'arrange pas mes affaires de compréhension. Elle sera vite rejoint par Vinck, une hollandaise, de retour d'un voyage en Bolivie avec le second fils de Tao, Damien. Ces changements nous demandent une petite adaptation; avec Emma qui semble un peu perdu lors de son arrivée car ce volontariat est sa première expérience, mais surtout du fait de l'absence d'internet. Elle cache cependant, sous ses airs de mama turque, une activiste politique ayant eux plusieurs comptes Twitter, suivi par des dizaines de milliers de followers, et suspendus plusieurs fois par le gouvernement. Vinck, quand à elle, ne restera pas dans nos coeurs, gamine autocentrée et particulièrement douée pour éviter les taches quotidiennes.


Je ne peux me permettre de terminer cette étape sans décrire les protagonistes rencontrés à Monteluna. Il y a tout d'abord Tao, propriétaire des lieux. La sucessstory de cet ancien chef d'entreprise dans l'architecture lui a permis de monter le lieu et de vivre confortablement aujourd'hui dans une maison de 650m2, du moins au jour le jour car l'homme a, d'après les dires de son fils, 16 stents coronarien (record du Chili!) pour avoir un peu trop abusé de la cigarette. Ses deux fils, Gaspard et Damien. Le premier, 37 ans, vit à Monteluna suite à une rupture amoureuse difficile. Tout en participant aux tâches sur lequelles je l'accompagne, il profite de la proximité du lieu pour rendre visite à ses filles, chez leur mère, à Santiago. Damien, le second fils, de 26 ans, est dans une phase transitoire mais ne semble pas être dans le besoin et continue de vouer un culte à son père. Ce qui ne semble plus être le cas de son frère aînée.

Rodrigo et Adams, les employés de Tao ne vivent pas sur Monteluna mais sont présents 5 jours par semaines. Tout deux pères d'enfants, la journée ils executent les taches qui leurs sont confiées en y associant enfantillages, glanage de fruits mûres et pauses parfois sans fin. Ils habitent les environs et ont un bon accent chilien! Vero, qui s'occupe des plantes médicinales, est apaisante dès la première rencontre. Elle s'occupe des plantes avec amour et contrairement à la plupart des autres habitants, elle semble véritablement altruiste.

Parmi les habitants des lieux figure également Elli, ex-femme de Tao, qui malgré la cinquantaine passée semble toujours afficher une coquetterie extravagante, les peintures à son effigie présentes dans son salon permettent de s'en rassurer... Pour finir, il y a Alexis, acteur et professeur de théâtre. Il vit sur le site, en compagnie de sa fille, également suite à une séparation. Beau gosse à l'air italien, il cache sous sa voix grave et sa carrure imposante une douleur inavouée...

Le point commun entre ces personnes, semble la recherche d'un équilibre personnel au travers d'expériences comme le temazcal ou la biodansa, en vue de curer un mal qui les ronge. Les échanges avec ces personnes me font prendre conscience que la recherche d'alternatives dans tous les domaines est souvent poussée par un mal être que l'on souhaite évacuer. Nous ne profiterons pas de notre étape pour nous inicier à ces nouvelles pratiques. Trop intense ? Trop tôt ?


Ah oui, j'oubliai la partie canidé de l'étape : peu avant notre arrivée, un chien errant à élu domicile à la volunterhouse. Nommé Roberto par nos prédécesseurs, mais ne repondant à aucun nom, nous décidons de l'appeler "Flaquito", du fait de sa maigre corpulence (flaco = maigre). Malgré l'interdiction de le nourrir, nous ne résistons pas à monter des missions en vue d'assouvir les besoins vitaux de cette pauvre bête (nos compères allemand étant dans l'incapacité de désobéir à la règle...). Cette action a pour effet de créer un lien sacrée entre Flaqui et nous. Il ne nous lâchera en effet pas d'une semelle, me suivant même, lors de la sortie recyclage, sur la route de campagne, nous obligeant à le prendre en voiture avec nous sous le regard amusé des passants mais attristé du conducteur suite à la trop forte émotion ressentit par le pauvre Flaqui au cours du trajet l'obligeant à deglutir son repas pourtant si exceptionnel sur la banquette arrière...

Tao nous raccompagne en compagnie d'Emma ce samedi 27 avril sur la même place qui marqua notre rencontre. Flaquito ne peut retenir ses aboiements, pourtant si rare, lors de notre dernier franchissement de la porte d'entrée de Monteluna. Nous réalisons que cette première expérience trouvée sur le pouce touche à sa fin. Le temps nous a permis de mieux appréhender les gens et peut être que nos routes recroiseront celles de Monteluna ?

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Halte à Santiago ce samedi 27 avril. Léa est invitée, par la prestigieuse compagnie de théâtre de rue, "la Patto Galina", pour réaliser des clichés de leur dernier spectacle de marionette "tragedia futurista". Nous arrivons dès 18h au centre culturel Matucana 100, ancien lieu industriel réhabilité en laboratoire artistique. Cette arrivée bien à l'avance permet à Léa de profiter d'une plus grande liberté de mouvement dans les prises de vues lors des derniers réglages de la troupe. Léa devra en effet se maintenir au pied de la scène durant le spectacle, le metteur en scène souhaitant de sa part la plus grande des discrétion afin de ne pas perturber les spectateurs. Les images défilent, la pression commence à monter bien que la pièce soit rodée, les mouvements de l'équipe technique se font de plus en plus présents, les cliquetis de l'appareil résonnent, les acteurs s'échauffent au son des balances sonores et visuelles... 20h, la salle se vide. Le grand calme avant la tempête. Une musique d'ambiance lugubre accueille le public. Une population éclectique vient grossir les centaines de places du théâtre prévu complet ce samedi soir, veille de l'ultime représentation.

20h40, les lumières se tamisent. Les marionnettistes entrent en scène tout de noir vêtu, lampe torche en main. Le show est impressionnant, savant mélange de jeux de lumières et d'images tirées de films de super héros. La mise en scène est impecable et le scenerio historique (l'histoire du Chili est modifiée par l'héroïne afin d'influer sur le futur. Valdivia croise Pinochet et sa femme sans complexe) bien qu'un peu manichéen (ou alors je n'en comprend pas les subtilités), je me régale de ce spectacle depuis le dernier rang de la tribune!


Après un arrêté à la cantine végétarienne du quartier, nous rentrons nous coucher chez Pancho et Nancy, des amis de voyage du père de Léa, qui l'on déjà accueilli à bras ouvert lors de son arrivée au Chili. Seule leur fille de 19 ans, Clarita, est à l'appartement ce soir et il est prévu de retrouver ses parents le lendemain après-midi pour déjeuner ensemble. Le taxi du retour, traversant la capitale d'est en ouest, nous permet de découvrir la ville de nuit. Le conducteur Péruvien nous parle de son pays tout en passant quelques disquette péruvienne dans les enceintes ce qui n'est pas pour nous déplaire !




Nuit reposante comblé d'une grasse matinée ! Nous profitons du soleil pour aller flâner dans Santiago avant l'arrivée de Nancy, en voyage au Pérou, et Pancho, qui réside à 70km de Santiago, l'appartement étant principalement occupé par Clarita et Nancy (lorsqu'elle n'est pas en déplacement). Nous rentrons sur les coups de 15h, juste avant l'arrivée de Nancy, Pancho venant d'arriver. Nous partons ensuite déjeuner tout ensemble à une heure qui s'apparente plutôt à celle d'un dîner allemand. Nous découvrons alors les passionnantes vies de Nancy, avocate et professeure d'université, spécialisée sur les populations indigènes qui nous renseigne à la fois sur leurs meurs, sur les endroits où ils vivent en Amérique du Sud tout en nous instruisant, en tant que voyageuse aguerrie, sur les pays que nous allons visiter par la suite. Pancho quant à lui, à la retraite depuis plusieurs années, possède un pouvoir de guérison assez surprenant, qui lui occupe la majeur partie de son temps. Il peut en effet soigner à distance de nombreuses pathologies, mais je n'ai pas eu le temps d'approfondir le sujet, voyant que sa famille ne souhaitait pas plus entrer dans les détails, cette science ésotérique n'étant pas simple à expliquer. Il nous a cependant informé qu'il ne traitait plus à présent que des cas extrêmes (personnes proches de la mort). Sur le trajet du retour, il reçoit justement un SMS de la part de la famille d'un jeune à qui les médecins viennent d'injecter les derniers traitements de fin de vie. Je l'observe sur la table du salon en compagnie de ses outils, fixant la photo du jeune homme sur son téléphone. Nous apprendrons quelques minutes plus tard qu'il a succombé.

La soirée débutant, il est l'heure pour nous de se diriger, la fleur au fusil, vers le terminal de bus de Santiago pour entamer un voyage de nuit jusqu'à la Serena, 400km plus au nord. Une nouvelle semaine de volontariat dans la mystique vallée de l'elqui, connue pour son ciel étoilé mais également le pisco, boisson nationale, nous attend !

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Publié le 17 mai 2019

Gare routière de la Serena. Le bus de nuit nous dépose à 7h sur un parking coincé entre un mall et une université aux allures de casino désaffecté. Nous échangeons quelques cordialités avec Léa; étant tout deux de la meilleure des humeurs après cette nuit reposante en bus...

Le jour se lève mais les nuages restent ce qui n'améliore pas notre humeur. Nous dénichons heureusement un charmant petit café italien nous permettant de retrouver goût à la vie aux saveurs d'un cappucino machine, jus de pastèque et omelettes. Le lieu nous permet également de profiter du Wi-Fi pour tenter de trouver un volontariat pour la suite du voyage...

Le temps n'étant pas propice au tourisme, nous décidons après une brève ballade dans le marché de la recova (qui n'a d'intérêt que les murs de l'édifice et les échoppes pour y déjeuner... Le reste n'étant qu'un amas de babioles chinoperunomarocinotombéducamion) de monter dans l'un des "buses sol de Elqui" qui à n'en pas douter réchauffera nos cœurs en nous amenant dans la "métropole" de la vallée ensoleillé de l'Elqui : Vicuña!

Et en effet les nuages se dégagent le long de notre parcours, ce qui semble motiver, chaque km un peu plus, notre chauffeur qui semble presser de toute ses forces le seul champignon de la région.

Sous nos yeux se dessine une vallée fertile en son centre aux abords du Rio Elqui, donnant son nom à la vallée et signifiant écho, mais aride sur ses coteaux où les cactus font honneur à Jacques Dutronc. Un imposant barrage à l'origine de "l'embalse pulclaro" coupe la vallée en deux au bout d'une trentaine de km, nous offrant une magnifique vue sur la retenue d'eau bleue turquoise.

Le bus nous dépose dans Vicuña avant que Léa n'ai eu le temps de deglutirl son petit déjeuner. Lieu de naissance de la célèbre Gabriela Mistral, premier prix Nobel de littérature d'Amérique latine ! Et la ville vous fait savoir que l'écrivaine est née ici; entre les rues, les routes, les musées, expositions, pisco et autres restaurants/hôtels à son effigie, nul doute sur la fierté locale.

Des sonorités de basses nous orientent vers la place centrale. Un défilé en l'honneur des pompiers composé de plusieurs brigades musicales (allant de 7 à 77 ans) ainsi que desdits bomberos parcourent l'une des rues faisant l'angle de la place carré boisée en son centre. Le soleil et la musique nous réchauffe. On se sent bien mieux ici qu'à la Serena !

L'heure du déjeuner approchant, nous commençons à chercher un endroit pour nous restaurer avant notre rencard prévu avec Marcela à 16h dans le prochain bled, Diaguita. Nous tombons, suite aux recommandations un peu douteuse d'une piétonne, nous ayant aperçu hésitant devant les diverses échoppes, sur un magnifique restaurant bar doté d'un jardin intérieur et d'un menu du jour plus qu'abordable ! Que demander de plus ? Et surtout, honte à nous d'avoir douté de la piétonne ! On nous informe de plus qu'un groupe local s'y produira samedi soir : le rdv est pris !


Nous terminons notre repas à la hâte, l'heure du rdv approchant et souhaitant nous y rendre en stop au vu de la courte distance...



Expérience qui fut un semi-echec : pas de stop, mais le bus qui s'arrête pour nous récupérer, conduit par un chauffeur avide de partager ses connaissances sur la vallée ainsi qu'un jeune homme posé en début de rangée jouant une musique traditionnelle péruvienne (?!) au moyen d'une petite guitare à 12 cordes et d'une flûte de pan. Parfait. Le bus nous dépose à 5min de marche de Diaguitas. Après une petite attente, Marcela et Renso, nos Hôtes, en compagnie du dernier née, Lucas, 5 mois passe nous récupérer avec un pick-up. Ils ne sont pas très bavards, et ne le seront pas plus par la suite. Ils nous embarquent sur la route à flanc de montagne qui mène à leur camping en cours de construction. Il nous présente leur maison d'été dans laquelle nous allons séjourner et nous partons faire le tour des emplacements pour voir l'étendue du travail à réaliser.

Le camping est situé en bordure du Rio Elqui, qui en ce point s'apparente à une rivière large de 5m tout au plus. Les emplacements, assez mignons bien que petits, sont situés au milieu des "cañas", semblables à des cannes de Provence, qui occuperons nos esprits pendant la semaine... C'est un petit camping. En cours de construction. Il semble avoir du potentiel, bien que le fleuve soit bruyant et malgré la proximité de la route.

Nous nous retrouvons rapidement seuls dans la maison au milieu d'une nature qui nous est inconnue. La maison n'est pas des plus accueillantes la nuit, c'est une maison typique d'été qui garde la fraîcheur (le jour comme la nuit...) avec une cuisine et une salle de bain exterieures séparée des pièces de vie. Nous apprenons à nous accommoder des bruits et sensations qui nous entourent.

Dès le lendemain nous attaquons le nettoyage du site. Il y a notamment un emplacement ayant pour vocation de devenir une plage qui a bien besoin d'un rafraîchissement. Plusieurs cañas se sont affalée les unes sur les autres et la nature à peu à peu repris ses droits en tentant d'exploiter les moindres espaces fertiles disponibles en terme de terres et de lumières. Plus on extraits de cannes, plus il y a besoin d'en extraire pour permettre à la vie de se redeveloper mais également de donner un sens au lieu : accueillant tout en restant intimiste pour les campeurs. Nous abbatons un boulot de dingue, pour paraphraser notre cher président... Et Renso, présent le jour suivant pour évacuer les végétaux, semble un peu abbatu par la quantité. N'ayant pas reçu d'explications précises, nous n'osons pas trop défricher de peur de défigurer le lieu mais nos hôtes ne semblent également pas avoir d'idées précises. Nous n'arrivons pas aux travers de nos échanges à savoir comment notre travail est perçu ayant pour effet de nous faire douter.


Des artisans sont également attendus en fin de semaine pour démarrer la construction d'un préau (quincho). Afin de l'embellir, Marcela et Renso souhaitent que nous l'agrémentions de canes, entre la charpente et le toit. Nous dedions donc une journée entière à couper des canas dans la propriété du père de Marcela non loin.

Cette session fut précédé d'une rencontre avec les artisans originaires du village de Pisco Elqui, renommé semble-t-il par l'ancien président chilien, Gabriel Gonzales Videla, en vue d'attacher l'origine de la boisson au Chili (le Pérou se battant également pour l'origine du breuvage, étant également producteur de Pisco, dans la vallée du même nom au sud de Lima). Claudio, le chef, nous vante les attraits de son village et nous offre dès 10h du matin une dégustation de pisco vieillit en fut de chêne. Très bon malgré l'heure. Nous repartons avec notre échantillon dans un pot de mayonnaise accompagné d'un encouragement à le déguster en amoureux sous un ciel étoilé.

Mais revenons à nos cañas !

Suite à la session découpage, nous séparons notre équipe de choc en deux. Léa préférant se focaliser sur le nettoyage des cannes avant traitement. Je continue pour ma part à préparer le lieu préalablement défrechi en nettoyant tel une fourmis les moindres interstices. Ces moments de solitudes nous permettent de réfléchir pour mieux partager nos conclusions lors de nos retrouvailles. Léa réfléchi à son futur. J'ai pour ma part pu me délecter d'un travail visible et bien fait malgré la fatigue. Nous admettons cependant que la présence de chiens, quasi-permanente jusqu'à ce jour, nous manque pour égayer nos journées.

Les soirées ne sont pas des plus folles. Nous profitons de bonnes nuits lorsque nous sommes seuls mais le partage des repas avec nos hôtes lorsqu'ils sont présents ne sont pas très enjoués malgré nos tentatives. Les seuls divertissement provenant des deux filles aînées Emma, 6 ans et Alina, 3 ans, qui me régalera d'un "Simone, te quiero mucho" à tomber par terre !

Afin de travailler samedi et dimanche en présence de Renso, nous profitons d'un vendredi de repos pour aller explorer un ancien chemin indigène longeant la montagne durant la matinée et nous extraire jusqu'à la ville voisine de Vicuña en vélo, l'après midi. Le trajet est jouissif, pas de vent, température douce, et dénivelé modéré. Nous visitons sur notre route une communauté, dérivé de l'hindouisme, qui malgré ses propos religieux révèle un site magnifique à flanc de montagne composés de différentes constructions en terre et bois. Le passage à Vicuña nous permet de mieux cibler notre recherche de volontariat. Nous souhaitons passer plus de temps dans des lieux enrichissants sur les points de vue technique et humains. Et cela se révèle payant ! (mais chaque chose en son temps, je ne vais pas vous révéler la fin du voyage avant de l'avoir entamé !). La soirée se termine en beauté dans le café précédemment visité lors de notre arrivé où le concert originellement prévu le samedi à lieu en compagnie d'un groupe de musique tout autant local que la bonne bouteille de vin que nous degustons. Le retour à vélo, de nuit, sur la route de campagne, sera compté à un public restreint, par Léa qui a su dévoiler une fois de plus l'entièreté de sa palette émotionnelle.


Le samedi se déroule dans une solitude imprévue, nous avions accepté de travailler le week-end pour arranger nos hôtes, mais nous sommes restés seuls dans nos tâches de decorticages et fin de nettoyage de site jusqu'en milieu d'après midi. Le repas du soir nous marquera de sa glaucitude (mot créé) tant nous ne comprenions pas ce que nos hôtes attendait de nous ni n'avions d'échanges. La découverte de l'autre reste quand même le second objectif d'un volontariat à nos yeux...

Le dimanche marquant notre dernière journée de travail, nous puisons dans notre réserve de bonne humeur pour faire de cette dernière journée une réussite. Ce ne sera pas le cas pour Léa bloqué avec ses cañas. Pour ma part, le malheur de renso, voulant décharger, à l'aide de son pick-up, devant notre maison des déchets végétaux, en vue de nous permettre d'allumer un feu de joie au cours de la nuit, l'amena à bloquer l'amortisseur de sa roue arrière gauche sur un rocher. Nous tentons bien évidemment toutes les techniques, maintes fois apprises devant les images du Paris-Dakar, mais rien n'y fait, pas même les 4 roues motrices. Pire encore, la situations s'aggrave, et les tentives de surélévation de l'engin, au moyen d'un cric n'y changerons rien. Une seule solution : non pas la manifestation mais bien le tracteur du grand-père !

Suite à la mise en place de pierres de calage et le sanglage du pick-up au tracteur, Renso, me regarde à défaut d'autres protagonistes afin de choisir ma monture. J'indique, avec joie, le tracteur, non sans compléter, après un petit silence, que c'est une première. Après quelques explications et la prises de postes de chacun, je me retourne et cherche du regard, à travers la vitre du pick-up, Renso en vue de lui indiquer que je suis prêt. J'aperçois son approbation manuel avant la mise en marche conjointe de nos engins. La sangle grince mais l'exercice fonctionne ! Ne reste plus qu'à ramener le tracteur chez le père, tâche que j'effectue avec le plus grand des plaisirs, en affichant un sourire jusqu'au oreilles !

Nos hôtes quittent à la hâte Diaguitas afin d'aller récupérer la première fille de Marcela, en week-end chez son père.


Notre dernier jour étant un jour de repos, nous en profitons pour aller visiter le fameux village de Pisco-Elqui, berceau de la production de... Pisco! Malheureusement, du fait de la météo, nous passerons à côté de la sortie observatoire astral... Le village n'est pas très animé, vous me direz normal pour un lundi en dehors de la saison touristique et je vous répondrais en effet ! Nous nous balladons néanmoins et assistons à la visite d'une Pisqueria où le processus de distillation nous est expliqué. Rien de bien extraordinaire si ce n'est que la production des raisins est faite de façon biologique et la distillation de manière artisanale.


Apres un magnifique coucher de soleil, nous courrons attraper le bus qui doit sûrement être l'un des derniers de la journée. Après une incompréhension, celui-ci nous dépose finalement à quelques km de notre maison au lieu de quelques centaines de mètres. Un nouveau retour de nuit au milieu de la végétation, cette fois ci à pied, nous ramène chez nous.



Le retour du soleil, mardi, marque la fin de notre étape. Nous nous rendons à Vicuña pour déjeuner dans le resto vegan de la communauté boudiste et profiter d'internet. Papi Turbo, surnom donné au père de Marcela après le trajet durant lequel il nous ramène, du haut de ses 70 ans bien passé à 130km sur une route de montage jusqu'à la Serena. Retour au point de départ. Le soleil n'embellit pas plus le centre commercial que lors de notre arrivée. Un heure de pause nous attend avant un "petit" trajet pour une direction inchangé : le nord !

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Publié le 29 mai 2019

"Profitez du voyage, il y en a pour 15h ! " nous annonce la représentente de la compagnie de bus Pullman. Il fallait s'y attendre, vu la taille du pays et notre envie de rejoindre la Colombie, des trajets sans fin en bus ne pouvaient être évités. Entre les gamins accro aux téléphones, les niaiseries cinématographiques, les gourmandises salées ou sucrées, la clim à fond et les ronfleurs, pas de doutes, c'est bien un bus de nuit sud-américain. Mais les bus Chilien sont plutôt conforts et le trajet passe plus vite que prévu.

Notre convoi avale 1100km de bitume serpentant au milieu des villes minières. Le cœur du PIB du Chili, premier producteur de cuivre mondial. Le trajet se déroulant de nuit, difficile d'apercevoir quelques choses. Les lumières blanches et les pick-up permettent cependant de distinguer un monde industriel dans ces villes apparues au milieu du désert et entièrement tournées autour du minerai.


Nous debarquons à Calama, ville située au sud de l'une des plus grandes mines du pays. Nous comprenons rapidement que le lieu n'est pas destiné à être joli sinon pratique. Les échoppes consistent en un alignements de bars, restaurants, discothèques et banques.

Nous trouvons un petit déjeuner abordable dans lequel une télé à la taille démesurée diffuse en directe la journée tant attendue du jugement du couple ayant fait couler beaucoup d'encres dans les journaux chiliens précédemment. Un mélange d'infidélité, de corps découpé en morceaux et de buste retrouvé sur la côte pacifique. Nous échangeons avec la serveuse sur le sujet tout en partageant notre effroi d'assister en direct à la télé à ce spectacle qui s'apparente à l'arrivée d'une star sur la croisette... Il est plus que temps de reprendre la route !



Nous attrapons par chance l'un des bus reliant Calama à San pedro de Atacama.

Un paysage lunaire se dessine peu à peu sous nos yeux. C'est aussi notre première rencontre de jour avec des éoliennes (malheureusement pas Enercon). Le bus entame une petite assencion nous permettant de profiter de l'étendue du paysage tout en découvrant une partie de la Vallée de la Lune. Rien ne permet d'envisager la présence humaine dans ce décors si ce n'est les petits, mais nombreux, hôtels religieux disposés le long de la route.

L'un des déserts les plus arides du monde est là et nous l'observons à travers les vitres de notre bus climatisé. Un sentiments de peur me parcours le corps tant cet environnement dénué de toute végétation ne semble pas accueillant pour notre espèce. Il faut cependant admettre que le paysage reste magnifique



La découverte de San pedro d'atacama se déroule comme nous l'attendions, en pire... Un village dédié au tourisme bondé d'européens à la recherche de la meilleur offre de tour en vue de cocher sur son carnet de tourdumondiste la case "Atacama" . Les nombreux marchés artisanaux sont remplis de chinoiseries identiques et d'herbes non originaires de la région (un désert étant peu propice à la culture)

La démesure de l'activité touristique en a même amener le Maire du village à prendre des mesures radicales telle que l'interdiction de danser dans les bars et d'obliger les consommateurs de boissons alcoolisées à accompagner leur commande de nourriture.


Nous cherchons un camping en vue de réduire nos frais de logement mais également de tester la tente largement subventionnée par mes (anciens) collègues lors de mon départ. Cette recherche nous pousse un peu à l'écart de la ville dans une auberge/camping où résident des saisonniers de passages avec qui nous partageons la soirée (après avoir errés dans la rue centrale à la recherche d'un bar convenable). La nuit se déroule de la meilleur des façon malgré l'absence de matelas. Elle sera cependant perturbée par le retour chaotique de nos voisins de parcelles, chiliens, qui visiblement suite à une soirée alcoolisée pensent trouver en ce lieu l'endroit idéal pour une réconciliation/explication amoureuse mêlant colère et larmes...


Réveil aux première lueurs, camping oblige, nous enfilons un petit dej avant d'attaquer l'activité du jour recommandée par nos diverses rencontres : visite de la vallée de la lune à vélo. Les photos parlent d'elles-mêmes... Une vallée lunaire sous un soleil écrasant entre ecrins de sel cristallisé, dunes et enrochements avec pour toile de fond, les volcans enneigés titillant les 6000m : licancabur, sairecabur, saciel...


Retour au camping en milieu d'après midi en vue de toper un bus de nuit direction Arica. Il y a par chance un bus direct partant à 21h et nous permettant d'arriver sur les coups de 9h (inutile d'arriver avant l'ouverture des cafés)... Ce qui implique une longue attente de plus de 3h dédiée à la partie secretariale, chronophage mais nécessaire...


Cette étapes que nous n'avions pas cochée comme essentielle lors de la "planification", ou plutôt vision d'envisager notre voyage, nous a confirmée les craintes subvenants sur les lieux touristiques tel que le désert d'Atacama. Partir à 10000km de chez soi à la rencontre d'européens/américains reprenant les même codes connus, dans des lieux où les contacts avec les locaux se réduisent à des banalités sans émotions (je ne cherche pas ici à les blâmer, bien au contraire je comprend leur saturation), où les prix sont cadrés sur le portefeuille des visiteurs et la place aux decouvertes insoupçonnées réduites à peau de chagrin n'entre pas dans le cadre de notre voyage. Nécessairement long pour laisser la place aux imprévus, aux rencontres, à s'adapter aux changements de rythme tout en découvrant de nouvelles cultures; nous prenons conscience que la visite de lieux touristiques majeurs sera à envisager par la suite avec précautions. Encore une fois je ne cherche par à blâmer les touristes dont nous aurions fait logiquement partie lors d'un voyage limité par le temps. Nous pensons plutôt que la planète terre regorge de beautés dans tous les recoins tant qu'ils ne sont pas sur-exploités par la main de l'homme. Notre périple sera dicté par les rencontres et la chance. La chance de pouvoir profiter de ce voyage et de partager un bout de vie, aussi court soit-il, avec l'inconnu des rencontres humaines et naturelles.


Le bus démarre. Nos ventres gorgées de cette envie d'au-delà.

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Publié le 31 mai 2019

Arrivée à Arica hasardeuse. La ville est plus grande que ce que l'on avait imaginé bien qu'il soit difficile de l'imaginer en totalité au milieu de ce voile blanc nuageux. Poubelle au bord des routes. Fatigués. Nous trouvons notre reconfort dans un énorme centre commercial en bord de mer... Deux cappucinos au milieu des chaînes de fast food... Mais avec vue mer ! Visite du centre ville pour trouver une banque sans frais qui le sera finalement... Galère pour trouver le bus menant à notre hostel malgré les multiples explications que nous recevons de la part des passants. Une fois ce dernier trouvé, nous traversons la ville vers le nord jusqu'à en sortir et entrer dans la ville voisine de Villa Frontera. Ville composée de grandes parcelles rectangulaires délimitées par des murs en béton abritant un assemblage assez atypique de maisons secondaires, de bicoques faisant offices de maisons ou de friches/décharges. Le bus collectif se transforme en taxi et nous dépose devant la porte d'entrée de l'hostel. Il faut avouer que nous nous attendions à autre chose lorsque que nous avions répondu favorablement à l'annonce de ce volontariat situé dans un "surf camp au bord de la mer avec piscine et travaux de menuiseries à effectuer suite à la pleine saison". Après avoir appuyé sur la sonnette qui ne semble pas actionner l'ouverture du portail se dressant devant nous, nous apercevons un bout de ficelle dépassant de la masse métallique. Le tirer actionne l'ouverture d'une porte imbriquée. Le lieu s'offre à nous, un chemin poussiéreux encadré de murs en parpaing se dévoile. Accourent sur nous, Tom, un anglais d'une trentaine d'années se présentant comme résident de l'hostel. Nous n'accordont pas plus de crédit que ça à son discours étant à la recherche d'un responsable pour faire notre accueil. Nous passons à côté de la terrasses où plusieurs têtes nous saluent. Calou, une argentine, nous présente la chambre que nous partagerons avec elle. C'est miteux, et le plafond présente des traces d'humidité, heureusement que le climat nous est propice. Nous découvrons que les repas ne sont pas inclus et qu'il n'y a ni eau ni électricité depuis la veille...

Le lieu est un assemblage de zones qui n'ont aucun rapport les unes avec les autres. D'un côté la piscine et l'hostel ainsi que la terrasse qui sont très propres et très accueillant. Viennent en complément, des cabanons à destination des volontaires inspirés de l'architecture très en vogue des bidonvilles. Ce mix est complété par des parkings à destination des résidents en van et de zones de décharges où des éléments sont stockés en attente d'une éventuelle réutilisation (cette zone qui sera également notre lieu de travail est accompagnée d'odeurs de type déjections canines et traitement des eaux usées...). Le clou du spectacle restant le fond de la parcelle qui est occupée par un terrain d'air-soft, pour les non-initiés il s'agit d'un jeux de guerre avec des pistolets à billes, véritable champs de bataille regroupant des voitures calcinées, des mannequins pendus et diverses habitations de bric et de broc permettant la couvertures des "soldats" lors de leurs parties. Inutile de vous dire que lorsque les protagonistes débarquent le dimanche vêtus de gilets pare-balles et mitraillettes en main, le spectacle n'est pas des plus joyeux...


On se dit rapidement que l'on va repartir et contactons dès l'après-midi l'hôte de notre futur volontariat afin davancer notre arrivée. Il accepte et nous réduisons notre séjour initialement prévu pour 10j à 4j... Nous faisons la rencontre de Juan-Jo, qui administre le lieu. Cet ancien marin d'origine française (son grand père français est venu au Chili pour travailler dans la construction et n'est jamais reparti suite à la rencontre d'une chilienne) passe jour et nuit dans l'hostel. Ses traits sont marqués et l'on trouve rapidement un cœur empli de tristesse et de sympathie en creusant. Le propriétaire des lieux est un jeune surfeur Chilien qui nous rendra visite lors des jours suivants. Il n'habite pas le lieu et semble issu d'une bonne famille. Des signes qui ne trompent pas sur le type de volontariat, mais nous en reparlerons dans un futur chapitre.


Nous trouvons finalement, suite au rétablissement des commodités, notre place au sein de l'hostel. Les matinées sont dédiées au nettoyage du lieu ainsi qu'au desossage de murs en bois en vue de construire un appenti. Nous manipulons marteaux et pied de biche en musique dans notre petit coin de friche ce qui n'est pas pour nous déplaire.


Après une petite visite des alentours, nous nous apercevons que la mer est assez loin sans être accueillante, une longue zone de dune marécageuse débouchant sur une route nationale bordant la plage. Les jotes, sorte de vautours, rôdent au dessus des parcelles voisines de l'hôtel que nous découvrons une à une avec effroi : parc d'attraction aux allures désaffectées, maisons assemblées de bric et de broc, villas impresionantes mais sans goût et même quelques subtilités, un dome en argile ainsi qu'un temazcal (dont je vous ai parlé dans le second épisode).

Nous dedions donc nos journée à l'intérieur de l'hôtel à profiter de la table de ping-pong, de la piscine et du Wi-Fi.

Les soirées sont ponctués de repas partagés et de vin rouge à 3€ le magnum.


L'hôtel se rempli de résidents, malgré sa localisation douteuse, et les échanges ne manques pas dans toutes les langues. L'arrivée de Marco, un français en vadrouille avec un ami en Amérique latine, vient modifier nos plans. Stationné dans l'hostel en attendant que son ami réalise l'ascension du Parinacota, un magesteux volcan culminant à 6348m et delimitant la frontière entre le Chili et la Bolivie. N'ayant pas l'envie de réaliser l'ascension ni de rester dans les environs, il atterri à Arica, muni de son pick-up de location avant de retourner chercher son ami à la frontière une fois l'ascension effectuée. Cela tombe bien, c'est la route que nous souhaitons emprunter ! Mais cela écourte notre séjour d'un jour supplémentaire... Ce qui ne ravira pas nos hôtes, mais l'envie de devorer cette Ascension de plus de 4600m entre Arica et la frontière Bolivienne à bord d'un pick-up et en bonne compagnie est plus forte !


Notre dernière soirée coincide avec la soirée de départ d'un couple argentin volontaires au sein du lieu depuis 3 semaines. Ils décident de le célébrer en réalisant un vrai barbecue à la mode Argentine. Nous filons en ville nous procurer les provisions et de retour à l'hostel, les préparatifs sont en route. Juan, l'argentin cuistot de profession, se lance dans l'allumage du bbq et les marinades de viandes. Nous partageons l'apéritif avec les résidents jusqu'à que Augustina, la copine de Juan, nous invite à amener les couverts à côté du bbq se trouvant au fond de la cours avant le terrain d'air soft.

Nous découvrons alors un tout autre lieu à la lueur du feu de bois et aux sonorités de notre playlist que nous arrivons à placer sur l'enceinte, après que juan jo ai insisté pour nous faire écouter toutes les musiques françaises les plus tristes qui ne se prêtent évidemment pas à l'occasion. Le feu de bois masquant les alentours, nous pouvons nous imaginer en pleine nature par une nuit d'été. Cette soirée sera l'occasion de bons moments partagés autour d'un bon repas composés de légumes et viandes grillés.

Cette soirée est également l'occasion pour nous de recevoir une brimades de la part de Jean jo ayant largement écourté notre séjour. Nous acceptons les remarques sans contester afin de ne pas gâcher la soirée mais surtout parce qu'elles sont justifiées.

Nous finissons la soirée avec quelques Cuba libre dans le gosier malgré l'appréhension de l'ascension du lendemain... La frontière Bolivienne étant situé à 4600m et Arica au niveau de la mer...


Marco souhaitant partir tôt, le réveil nous tire d'une nuit écourtée. Le moteur du pick up s'allume. C'est parti pour l'ascension !

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Publié le 31 mai 2019

La Bolivie, à l'origine... Nous n'y avions pas pensé, mais les changements de plans font partis des voyages et de fil en aiguille, c'est à dire après discussions et denichage d'un volontariat alléchant... Nous voilà sur l'A-11 qui ne relie pas Paris à Nantes mais Arica à Tambo Quemado soit la frontière avec la Bolivie.

Au volant de notre magnifique pick-up rouge de mineur, reconnaissable à l'antenne figurant dans la benne servant à signaliser le véhicule vis à vis des monstrueux camions transportant le minerai, Marco, le français rencontré deux jours auparavant à Arica.

Le topo : 200km, 2h30 de route et 4661m de dénivelé.

Les différents échanges que nous avons eu au sujet du mal des montagnes ne font que nous rassurer : "allez y étapes par étapes", "on a eu des hallucinations à cause du manque d'oxygène", sans parler des différentes lectures sur le sujet relatant migraines et autres vomissements... Bref nous respectons les recommandations en s'enfilant un mont blanc en moins de 3h, le sommet des Alpes pas la crème dessert...

La route est splendide et nous en profitons pleinement grâce à la voiture, le délire aurait été différent en bus... Chaque virage dévoile un peu plus la végétation verdoyante, perdue de vue depuis la vallée de l'elqui, quelques milliers de km plus au sud... Mais déjà l'altitude se fait ressentir dans les oreilles et la respiration...

C'est maintenant les sommets à plus de 4000m de la cordillère occidentale qui s'offrent à nous jusqu'à la petite ville de Putre que nous dépassons (déjà à 3500m d'altitude).

Nous apercevons enfin des troupeaux entiers de lamas et autres vicuñas en pleine liberté, un avant goût de l'un des emblèmes bolivien, puis des flamands roses pataugeant dans les lacs et trous d'eau présents le long de la route. La nature m'avait manqué après ce long désert qu'est le nord du Chili.

Les premiers sommets enneigés scintillent de leurs blancheur quand tout à coup, un magnifique cône quasi parfait, connu des alpinistes s'offrent à nous : le Parinacota. Son imposante carrure et ses 6348m de hauteur ne laissent pas indifférent. Ce volcan marque la frontière entre le Chili et la Bolivie et c'est d'ailleurs à son pied que Marco nous y déposer pour retrouver son ami ayant fait l'ascension du dit sommet la veille.

Étant en avance sur le chrono, Marco nous propose un petit arrêt technique au bord du lac Chungara afin de faire quelques photos. L'ouverture de la portière et les quelques mètres loin de nos sièges moltonés nous font prendre conscience immédiatement du manque d'oxygène et c'est avec joie, et souffle court, que nous regagnons au plus vite la voiture...


Cette joie ne sera que de courte durée, l'arrivée étant proche et le colis humain en vue. Nous chargeons les sac à dos sur l'épaule, échangeons une accolade avec Marco et commençons la marche jusqu'au poste frontière situé 5km plus loin.

Nous échangeons des regards vides avec Léa... Ce petit bout de route risque d'être long... Très long. Je resent pleinement les effets de l'altitude et même parler me demande des efforts. Mon cerveau semble planner sur une sphère euphorisante, le souffle est court, le soleil tape et les muscles semblent détenduent. La fatigue se fait rapidement ressentir. Je prie pour que Léa soit en forme ne me sentant pas capable d'ajouter des charges supplémentaires à ce chemin de croix. Bien que silencieuse, elle semble s'en sortir admirablement et nous rêvons tout deux d'une voiture pouvant nous prendre en stop.

La chance nous sourie, et une voiture de travailleurs déjà pleine s'arrête, par gentillesse, ou pas pitié, les hommes se serrent et s'assoient les uns sur les autres afin de laisser les deux elephants que nous sommes prendre place. Pas d'échanges. Ils nous déposent à la frontière, nous les remercions. Quelques centaines de mètres plus loins, Léa se rend compte qu'elle a oublié ses lunettes de soleil dans la voiture. L'aller-retour, qui en temps normal aurait été une broutille, se transforme en dilemne et nous choisissons d'abandonner les lunettes en espérant faire un heureux (tout en se rapellant de ne jamais s'attacher au matériel).


Le poste frontière est vide de passager lors de notre arrivée. Le premier agent Chilien vérifie nos papiers et commence à nous embrouiller sur le visa de Léa, prétextant qu'un retour au Chili ne serait pas possible pour elle. Malgré la fatigue qui s'installe, nous prenons rapidement conscience qu'il est soit stupide, soit nouveau, soit qu'il tente de nous déstabiliser. Évacuant rapidement les deux premières options, nous faisons face le plus calmement possible afin de ne pas dilapider nos sous auprès d'un douanier véreux... Et il finit par avouer son erreur ! Tout en répétant à maintes reprises que la vérité etait détenue par Léa, ce qui ne faisait aucun doute. Nous obtenons nos tampons de sortie du territoire tout en écoutant d'une oreille sa demande sur le montant du salaire minimum en France (le backchich n'est pas passé très loin). Les autres agents, quant à eux, ne nous font pas perdre de temps nous permettant de fouler le sol Bolivien rapidement.

Je guette du regards les quelques magasins présent en espérant troquer les quelques bolivianos obtenues la veille contre des feuilles de coca, censées être le bon remède pour le mal d'altitude. Nous découvrons que le pouvoir d'achat n'est pas du tout le même passé la frontière ce qui nous permet de profiter également d'un repas ouvrier copieux. À première vue le bolivien n'est pas autant accueillant que le chilien. À nous de nous adapter. Cependant, nous découvrons rapidement leur humour par l'intermédiaire de la serveuse qui s'amuse à glisser une pâte de poule dans la soupe végétarienne de Léa... Effet assuré !


Nous ne trainons pas afin de redescendre au plus vite et d'éviter les symptômes plus graves dues à l'altitude qui se déclenchent après plusieurs heures.


Nous allons voir si le jolie panneau de Léa nous porte chance... Direction La Paz !

Il semblerait que nous allons devoir prendre notre mal en patience... Les seules voitures que nous apercevons sont des taxis qui exigent un prix aberrant pour rejoindre la première ville Patacamaya. Ils nous expliquent également que le stop sera compliqué ici mais après seulement quelques dizaines de minutes, nous ne souhaitons pas abandonner notre envie. Nous rêvons d'un camion pour nous bercer jusqu'à la paz. Malheureusement seul des camions citernes sont présent et Marco nous indiquait juste avant que ces derniers n'avaient pas le droit de transporter des autostopeurs... Du moins au Chili... Nous tendons tout de même notre panneau et l'un des citerniers s'arrête. Il nous parle de Patacamaya mais nous explique qu'il ne pourra pas aller jusqu'à la paz... Nous ne comprenons pas très bien qu'il accepte en faite de nous conduire jusqu'à la ville en question à son ryrhme de camion et avec quelques arrêts. C'est exactement ce que nous voulions ! Nous chargeons les sacs et retrouvons le confort de la route, l'avantage du camion en plus (cf Marcel et son orchestre). Daniel, notre chauffeur est adorable, nous lui proposons quelques feuilles de coca, censées stimuler le corps, qu'il accepte volontiers. Les effets ne semblent pas fonctionner sur tout le monde et je m'effondre de sommeil après ces quelques efforts. La couchette située derrière les places avant étant un réel pain benie pour nos corps !


Il n'hésite pas à nous partager ses connaissances sur les éléments qui bordent la route. Nous découvrons avec fascination des vestiges d'habitations et de cultures Inca encore en bon état malgré l'âge. Le paysage est un vaste plateau semi-aride, le fameux Altiplano, ancien lac asséché dont il ne reste aujourd'hui plus que le lac Titicaca au nord et une vaste plaine de plus en plus sec en allant vers le sud (où se trouve le salar d'uyuni entre autre). L'altiplano regorge de ressources en son sous-sol : or, argent, plomb, zinc, lithium... Qui sont ou seront exploité un jour ou l'autre au vu de la politique extractivisite pratiqué par le gouvernement. Nous apercevons dans le rétroviseur la cordillère occidentale des andes et ses monts enneigés.

La Bolivie n'est pas relié à la mer depuis la guerre du pacifique perdue face au Chili et précise dans "le traité de paix et d'amitié de 1904". Le pétrole est donc acheminé par de nombreux citerniers depuis le Chili ou le Pérou. L'essence est d'ailleurs subventionnée par un ministère dédié (nous apercevrons par la suite des pubs du gouvernement sur le sujet). L'actualité récente montre que les relations chileno-bolivienne ne sont pas des plus amicales... Le président Evo Morales ayant demandé l'année dernière la révision de ce traité de paix et ayant placé dans son programme politique l'intention de retrouver un accès à la mer...(les campagnes publicitaires gouvernementale dans le téléphérique de la Paz non le rappellerons par la suite...)

Daniel nous dépose a Patacamaya non loin du terminal de bus qui nous ammenra jusqu'à la Paz. Nous le remercions chaleureusement pour sa gentillesse et il en fait de même pour lui avoir permit de passer le temps plus rapidement.


Cette première ville nous plonge directement dans le décors. Les femmes revêtent encore le chapeau et porte l'aguayo, le tissu typique aux multiples couleurs permettant de porter enfants, provisions ou servir de nappe. On aperçois également que le niveau de vie et l'organisation ne sont pas les même qu'au Chili. Nous montons dans le minibus à destination de La Paz qui démarre aussitôt. Une centaine de km nous sépare de la plus haute capitale économique du monde (situé entre 3600m et 4000m). Notre minibus n'hésite pas à s'arrêter en plein milieu de la récente autoroute pour y déposer ou récupérer des passagers. Petit à petit le paysage s'urbanise. Nous arrivons à El Alto, qui est la banlieue populaire de la Paz mais également la quatrième ville en terme de population du pays. Nous ne tardons pas à alimenter la file continue de minibus qui tente d'accéder à la ville. Les trottoirs sont également saturés par un marché qui semble s'étendre à l'infini malgré la nuit qui se dessine.


Nous atteignons finalement le terminal de bus d'El Alto, c'est a dire pas tout à fait la Paz... Le changement d'ambiance est radical : circulation, bruit, pollution, foule et vendeurs ambulants. Nous tentons de trouver le prochain bus qui pourra nous amener dans le centre de la Paz. Après quelques divagations, nous finissons par monter dans un minibus, payer le prix exorbitant de 2 bolivianos (20ct d'euros) et rejoindre la station centrale de la Paz. La ville d'El Alto, comme son nom l'indique est située sur les hauteurs de l'altiplano dont elle en marque la frontière. La Paz, quant à elle est située dans un canyon formé par le fleuve Choqueyapu. Délimité par la cordillère des Andes orientale à l'est et l'altiplano à l'ouest. La voie rapide qu'empreinte notre bus serpente à flanc de colline et nous découvrons sous nos yeux le spectacle magnifique de la Paz. Une vallée tout entiere illuminée tel une cavité remplie de lucioles.

Nous prenons conscience que nous n'atteindrons pas la destination finale originalement envisagée : Coroico, de l'autre côté de la cordillère. Nous optons pour une nuit de repos à la paz avant de continuer notre chemin le lendemain.

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Publié le 3 juillet 2019

Après quelques cafouillages à la gare routière vila Fátima de la paz due à la compréhension du système de réservation de places, une mamita vêtue d'un aguayo nous déniche deux places dans un minibus en lisière de la gare... Nous embarquons, heureux bien que dubitatifs, sur la nouvelle mais serpentueuse route 3 desservant le nord et l'est de la Bolivie (qui remplace la fameuse route de la mort, dont le nom est évocateur; aujourd'hui seulement utilisée par quelques riverains mais surtout des touristes en quête de sensations à vélo). Visiblement notre convoi n'est pas des plus légal car à peine sortie de la gare la police nous arrête créant le trouble dans l'assemblée des passagers. À priori les bus ne sont pas censés rouler aujourd'hui, du fait d'une réunion syndicale, mais nous arrivons tout de même à décoller.

L'après midi rayonne de ses dernières lumières sur les flancs rocheux de la Paz dévoilant chaque minute de nouvelles formes et nous laissant présager un joli voyage. Mais ces couleurs disparaissent vite une fois la cordillère royale passée au profit d'un épais voile blanc nuageux. Petit à petit, une végétation abondante se dévoile associé à une humidité de plus en plus présente.Le chauffeur fonce, mais cela ne semble pas troubler le sommeil des passagers. Le trajet se termine par une montée raide sur une route pavée au bout de laquelle se trouve un poste de péage ayant pour effet d'agacer l'assistante du chauffeur du fait de l'état de la route.


Le bus nous dépose de nuit sur la mignonne petite place du village de Coroico. L'air est chaud mais humide. Les indications envoyés par notre hôte nous conseillent de prendre un taxi afin de rejoindre l'hôtel situé en pleine forêt bien qu'en périphérie du village.

Apres une tentative de négociation tarifaire échouée avec le chauffeur de taxi, il nous dépose devant un portail aux barreaux métalliques colorés... Nous parvenons à déchiffrer "Jardin del sol" sur une planche en bois. L'endroit ne semble pas regorger d'humains et la pluie commence à guetter. Nous entrons et empruntons un chemin qui borde une maison en brique à deux étages en cours de construction. Le sentier débouche sur une terrasse surmontée d'un toit faisant le lien entre deux habitations.

Nous tentons un "Holá ! Buenas noches!"

Une porte s'ouvre. Un homme petit mais trapu se présente. Jaul, allume la lumière de la véranda et nous invite à nous assoire. C'est l'homme à tout faire, et, principal habitant du site. L'endroit est un peu glauque de nuit et la présentation des lieux de vie en commun ne vient pas nous rassurer. L'odeur d'humidité présente dans le dortoir n'est pas des plus accueillante et nous sommes les seuls volontaires... Jaul nous confirme qu'aucun repas n'est inclus...En d'autres mots, si nous voulons manger ce soir, il faudrait ne pas tarder à aller faire des courses. La déconvenue ne tarde pas à arriver, nous venons de quitter un volontariat où seul le petit déjeuner était compris pour en retrouver un autre où seul le logement est inclus.... Et il faut voir la gueule du logement... Nous échangeons quelques regards avec Léa qui en disent long.

Nous enfilons les manteaux afin d'emprunter le chemin boueux sous la pluie qui descend à Coroico en une quinzaine de minutes. Très utile ce taxi prit 20min auparavant... Nous essayons de nous réconforter au moyen du Wi-Fi dans une pizzeria pour touriste hors de prix. Le site de workaway n'indique aucun plans sur lesquels nous pouvons nous rapatrier dans les environs... Nous terminons notre tour en ville, quelques courses pour le lendemain avant de rentrer nous coucher en espérant trouver le sommeil.


Le lendemain le soleil nous devoile la splendeur du site. Une forêt semi-tropicale regorgeant d'une faune et d'une flore qui nous est inconnue ! L'hostel Jardin del sol consiste en plusieurs cabanes de couleurs éponyment disposées sur un flanc de montagne et reliées entre elles par un escalier qui serpente dans la végétation. En son centre une piscine à deux bassins vient se nicher à côté de la maison du propriétaire.

"9h pile, pas avant, pas après" nous indique Jaul alors que nous arrivons avec un léger retard. Les journées ne sont travaillées que le matin. Logique au vu des contreparties. Mais le travail ne correspond pas du tout à nos attentes.... Il s'agit de nettoyer une cabane en vue d'y accueillir des clients le lendemain... Et la cabane est dans un triste état... Le sol du rez-de-chaussée, ouvert sur la nature, est recouvert de boue arrivée avec les pluies de la veille. La salle de bain accuse le coup des années et la cabane est rongée par l'humidité. Par chance, Jaul nous fait une faveur et nous terminons la matinée à 11h. Nous profitons de ce cadeau pour prendre le temps d'échanger avec lui. Nous comprenons que le propriétaire est non seulement rarement présent mais surtout que les fonds manquent pour développer le lieu (l'aide demandée portant d'après l'annonce sur des travaux d'aménagement des cabanes...). Le lieu possède un énorme potentiel gâché par quelques détails qui font la différence : le choix des matériaux appropriés à un climat humide et la propreté. D'après Jaul, le propriétaire est un sacré baratineur qui réussit parfois à obtenir les faveurs des clients en vantent les bienfaits d'un logement au cœur de la nature autour d'un verre de coca cola... Mais cela ne fonctionne pas toujours et certains clients partent sans payer, le prix n'étant pas du tout relié à la qualité de la prestation. Notre interlocuteur termine même la discussion en précisant qu'il ne payerait pas 20bs (3€, même pas le prix d'un lit en dortoir) pour séjourner ici. Nous lui indiquons que la durée de notre séjour sera fonction des connaissances qu'il sera possible d'acquérir et filons manger.

Nous profitons du beau temps pour aller visiter le village de Coroico de jour. Son marché couvert regorgeant de bonnes affaires (il est vrai que l'on peut se nourrir pour pas cher comme précisé dans l'annonce du volontariat), sa petite place centrale ou générations et cultures se mélangent ainsi que le panorama exceptionnel au cœur de la vallée des yungas font de Coroico une place touristique de choix. La ville le rappelle au moyen d'un label indiquant qu'elle fait partie de la région la plus touristique du pays. Label qui tronne d'ailleurs fièrement sur les t-shirt qu'essayent de vendre certaines échoppes, à mon avis sans succès.


Notre retour a l'hostel nous permet de faire la rencontre de Laura, une Paraguayenne de 26 ans, vennant d'arriver accompagnée de trois argentins, absent lors de notre arrivée, mais laissant penser, à la vue de leurs sacs, à de joyeux musiciens. Nous ne sommes plus seuls ! Cela devrait nous remonter le moral en chute depuis la veille.

De retour du marché, les argentins se mettent en cuisine et nous régalent de chiapati, galettes de blé/maïs que nous tartinons de guacamole. Un régal. Nous découvrons peu à peu nos camarades tout en appréciant le fameux accent Argentin propre à Che Guevara.



La routine s'installe : travaux le matin de rafistolages ou de jardinage, accompagnés d'une pallenqué de moustiques. L'après midi, ballades au villages en vue d'y dénicher des bonnes affaires pour les repas ou la meilleure empanadas, Laura étant spécialiste en la matière. Lorsque le temps le permet, nous tentons des escapades dans les environs. La première à destination d'une cascade qui nous mènera à force de raccourcis et d'échanges avec la population locale sur une autre cascade servant visiblement à l'irrigation des cultures et non pas à accueillir les touristes. Qu'importe, le panorama en vaut la peine le long de cet ancien chemin à flanc de colline nous dévoilant champs de coca (la coca de la vallée des yungas n'est semble-t-il que pour la consommation directe) et vallées boisées. Les deux autres ballades se révéleront également des échecs joyeux : une descente en quête du Rio serpentant au creux de la vallée sur un chemin de chantier sans intérêt mais avec un retour en stop folklorique dans un 4x4 accompagné des chiens de rue nous ayant suivis (Laura recevra d'ailleurs un magnifique cadeau humide sur sa jambe secrèté par l'un des chiens à priori stressé par ce trajet en voiture). La dernière excursion nous mènera au porte d'un recueil pour animaux dont le prix d'entrée exorbitant nous poussera (nos amis argentins ayant des moyens financiers limités) à emprunter à pied la fin de la route de la mort en terminant par une petite baignade.

Nos amis Argentins et Paraguayen sont vraiment de belles rencontres. Pleins d'énergies et de connaissances, c'est un plaisir d'échanger avec eux tout en améliorant notre castillan argentin. Frank, Luciano et Matías, les trois argentins originaires de la région de San Luis, sont passionnés par la nature qui fait partie de leurs vies étant guides de montagne, artisans dans la bioconstruction et vendeurs de plantes et semances. Ils s'émerveillent de chaques découvertes floristiques et faunistiques tout en nous partageant leurs savoir. Ils reboublent également de talent dans la préparation de petit plats à partir de rien. Laura quand à elle est spécialisée dans les infusions mais surtout la négociation avec les commerçants Boliviens dans laquelle elle excelle, prenant un plaisir malin à dénicher des produits nouveaux ou les meilleurs affaires du village. Son passé en tant que fille au pairs en Espagne auprès d'une famille ultra-bourgeoise, ayant des titres royaux, mais également tous cocainoman nous fait découvrir "le monde de la haute" sans le jalouser...

Nous formons ensemble une belle équipe qui cusine, rigole, se ballade et joue de la musique. La culture bretonne sera même de la partie grâce à une soirée crêpe à l'initiative de Léa !

Le séjour nous fait cependant prendre connaissance avec cette bonne vieille tourista. D'abord moi puis Léa. Puis de nouveau un cycle qui nous plonge dans un mal être tout en nous vidant des quelques kg en trop... Difficile de savoir si l'origine vient de l'alimentation, de l'eau ou de l'humidité ambiante favorisant la prolifération des bactéries mais ces périodes ne sont pas des plus jouissives tant sur le plan physique que moral.


Depuis le début du voyage, je me délecte d'observer la faune locale et particulièrement les colibris ou "picaflores". Ces petits oiseaux que l'on retrouve au cœur du manifeste écologiste et du mouvement de Pierre Rhabi qui invite chacun, qu'importe ses capacités, à effectuer sa part de la tâche en vue d'initier une transformation écologique de la société. Leur beauté est magnifiée par leurs apparitions subtiles. Cela demande de se poser pour les observer, si possible à côté de fleurs colorées les attirants, afin d'observer ces êtres qui ne sont pas inquiétés par l'homme du fait de leurs rapidité. Qu'il est plaisant d'observer leur vol stationnaire lorsque leur long bec s'insère dans une fleur pour y boire son nectar ou lors de divagations ludiques avec un compère.

Ce séjour est aussi pour moi l'occasion de re-découvrir la joie de jouer de la musique en groupe. Les argentins ayant amenés guitares, djembé, congas et dijeridou, nous passons parfois des heures à jamer et je découvre avec plaisir les différents rythmes du folklore argentin et sud-américain bien loin de mes habitudes européennes.


Malgré un lieu peu accueillant, la chaleur humaine qui nous a entouré a permit de faire de cette étape un séjour enrichissant. Nous sommes conscients que rien n'arrive par hasard, nous poussant à trouver dans chaque expérience la raison de notre présence et d'en retirer le maximum que ce soit sur les plans culturels et techniques que sur les aspects personnels ou collectifs.

Toutes les bonnes choses ont cependant une fin. Nos amis argentins décident de partir une semaine après leur arrivée à cause d'un manque de moyen financier, un douanier argentin leur ayant volé une bonne partie de leurs économies. Nous les raccompagnons à Coroico pour initier leur retour et revenons l'âme en peine. Je reste persuadé que nos chemins se recroiseront.


De retour à l'hostel, un camion remplis de matériaux en vue de réaliser des travaux sur la maison du propriétaire, pourtant plutôt bien lotie, nous attends. Nous le dechargeons durant plusieurs heures à l'entrée du site malgré notre après midi de repos tout en réalisant que les prochaines journée de travails seront uniquement dédiées à transporter ce matériel à la main au sein de la propriété. Je retombe malade le soir même. Il est temps d'écouter les signes de la vie et d'amorcer un nouveau départ, heureusement, la date de départ que nous nous étions fixé approche.

Notre prochain volontariat dans le nord du pays ne peut pas nous recevoir plus tôt, aussi nous décidons de retourner à la paz, retrouver un climat plus sec, nous débarrasser de l'odeur de moisi qui nous colle à la peau et aviser pendant la semaine qui nous sépare du début de ce volontariat tant attendu au sein d'une communauté isolée. C'est aussi l'occasion de participer à la féria dominicale d'el Alto, commune populaire voisine de la Paz abritant l'un des plus grand marché d'Amérique latine mais également de prendre le temps de découvrir la capitale administrative plus en profondeur.


Nous attaquons le trajet retour vers la Paz, heureux de tourner la page de ce chapitre et, cette fois-ci, avec un magnifique soleil nous permettant de profiter de cette superbe route traversant les Yungas jusqu'au au col de la cumbre à 4650m, cerné de pics culminants au-dessus des 5000m, amorçant la descente sur la Paz.

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Publié le 9 juillet 2019

Notre passage éclair sur la Paz avant l'étape dans la vallée des Yungas n'ayant pu nous permettre de découvrir cette ville à priori plutôt fascinante ne serait-ce que par son altitude, entre 3800m et 4000m, nous décidons d'y consacrer une semaine avant de nous isoler loin de tout pendant un mois.

En vérité nous n'avions pas vraiment prévu d'y consacrer une semaine. À l'origine nous étions à la recherche d'un plan pour couper en deux ou trois la route de 14h prévue entre La Paz et Apolo, où se déroule notre prochain volontariat, au porte du parc national Madidi.

Malheureusement, entre l'altitude et la fatigue, nos petits corps d'européens nous ont plutôt dicté de nous calmer. Cela tombe bien nous avions le temps et quelques besoins de secrétariats/internet (et terminer la décevante dernière saison de Game of Thrones...)

Néanmoins, cette semaine nous a permit de découvrir cette ville tentaculaire qui ne cesse de s'agrandir de toutes parts, j'ai cru lire une croissance annuelle de 10% par an.


À première vue, la Paz ressemble à une ville marché. Pas une rue n'échappe à la règle et dispose à minima d'un mini-Market. Mais la plupart des rues du centre sont carrément recouvertes d'echoppes en tout genres, aussi bien dans des locaux en dur, dans des petites bicoques en bois ou en métal ne dépassant pas le mètre carré, sur les trottoirs ou bien même carrément sur la rue, certains aguayo se transformant très bien en tapis de vente. Le plus surprenant est qu'il y a parfois de l'ordre dans ce vaste chaos avec des secteurs thématiques (fruits, légumes, réparations de téléphones, quinquaillerie, mention spéciale à la rue éblouissante des luminaires...). Mais cela n'est rien comparé à la petite sœur de la Paz, la ville d'El Alto, située, comme son nom l'indique, sur les hauteurs de la capitale qui accueille un marché bi-hebdomadaire, la féria de l'Alto, considérée comme l'un des plus grand marché d'Amérique latine. Pour s'y être rendu, il est en effet impossible d'en faire le tour en une journée... Mais les bonnes affaires, notamment du côté des vêtements d'occasion, valent le déplacement.

La seconde chose qui vous marque en arrivant à La Paz est le traffic ininterrompue de minibus, dits "Trufi", et autres taxis qui saturent la ville de pollution créant un vacarme auquel on ne s'habitue pas... Et à 4000m, remplacer le manque d'oxygène par des gaz d'échappements a son importance...

Il est heureusement facile de s'extirper de ce brouhaha en empruntant l'une des nombreuses lignes de téléphérique qui parcourent la ville. Cette géniale invention, à priori générée par le président evo-Morales, dont les photos figurent dans la plupart des stations ou sur les cabines directement, permet de découvrir la ville sous un nouvel angle. Pour un modique bolivianos en plus, adieu les bouchons et les odeurs de gaz d'échappements et bonjour à la vue et au silence. Nous sommes d'ailleurs vite devenu accro et avions toujours une bonne raison pour faire un tour supplémentaire.


La structuration sociale de la ville est assez particulière : les riches sont en creux de vallée, dominés par les quartiers pauvres situés à flanc de collines. Le centre regorge de buildings et maisons bourgeoise ce qui vient contraster fortement avec la maison en brique rouge, pouvant néanmoins atteindre plusieurs étages, qui compose la grande majorité de la ville. Un des quartiers populaires a bénéficié d'un magnifique ravalement de façade artistique. Je me suis imaginé l'espace d'un instant si la totalité de la vallée était recouverte de ses maisons peintes. Cela donnerait un décor surréaliste du fait de son dénivelé et un tout autre cachet à la ville. Un valpairso Bolivien.


Le gros avantage de la Bolivie reste le coût de la vie parmi les plus bas d'Amérique latine nous permettant de manger au resto matin, midi et soir sans se soucier de notre portefeuille. Le matin, nous rendons visite à nos trois sœurs aymaras préférées du marché Lanza, situé dans le centre de la Paz. Petit sandwich oeuf/avocat accompagné d'un café dans une bicoque de 1,5m de large sur 3m dont regorge le marché (la concurrence y est rude). Le midi, nous déambulons parmis l'un des nombreux comedor de la ville, la taille de la cuisine augmente légèrement, par rapport à celle des petits déjeuner, mais le prix reste dérisoire pour une soupe plus que gourmande à base de pâtes et de légumes ainsi qu'un plat à choisir parmi les nombreuses propositions de viandes et poissons (les propositions végétariennes manquent...). Nous avons heureusement pu tester quelques resto végétariens très sympa.


Ce fut également l'occasion de tester un cinéma bolvien, malheureusement un complex ne diffusant que des grosses productions (nous apprendrons par la suite que la cinemática boliviana diffuse des films d'auteurs tous les jours...) Cette expérience nous a cependant surprise : salle comble, public de moins d'un an à plus de 70 ans, du bordel jusqu'à 15min après le démarrage du film, et un mélange de pleurs d'enfants et autres dégustations de snacks pendant toute la durée du film. Nous ne vous dévoilerons cependant pas le titre du film, nous en avons encore honte...

Notre second passage à La Paz sera l'occasion de retrouver une partie des volontaires rencontrés lors de la prochaine étape (ce blog à de moins en moins de sens me direz vous...). Quel plaisir de retrouver des têtes connues dans cette ville intense. Nous aurons même la joie d'assister grâce à François, l'un des copains, à un concert de musique traditionnelle au teatro del charrengo, situé dans le musée des instruments de musique. L'un des musiciens n'était autre que le créateur du musée qui du haut de ses 80 ans passé s'est fait une joie de nous faire découvrir une multitude d'instruments tous plus improbables les uns que les autres tout en procédant à quelques pitreries.


Nous quittons la Paz le dimanche 23 juin. Un programme chargé nous attends au Pérou sur une période bien trop courte pour visiter ce beau pays. Nous faisons en effet le choix de participer à un festival de musique se déroulant le week-end suivant nous obligeant à faire une croix sur les merveilles mondialement connues du Pérou.


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Nous nous en doutions un peu... Et la vue du bus, type 4x4, ainsi que les discussions avec ses passagers, étonnés de voir que nous allions jusqu'au terminus, nous en on rapidement convaincu : le trajet allait être sport ! 14h de bus avec une arrivée prévue à 6h du matin. Le trajet débute plutôt bien, fin d'après midi, soleil couchant sur l'altiplano, le lac titicaca commence à dévoiler ses courbures, musique aux oreilles, route bitumée, que demander de mieux? Et puis rapidement la route plate est remplacée par un chemin afin de mieux attaquer la partie montagneuse. L'air sec et frais de la Paz est lentement remplacé par un air chaud et humide. Après de multiples tentatives, je me résoud à l'idée que le repos ne sera pas pour cette nuit et tente de déchiffrer dans la nuit le décors qui borde notre trajet. La végétation semble dense et notre route croise par moment des cascades et autres cours d'eau.


L'arrivée à Apollo se fait à l'heure prévue et d'après notre hôte, impossible de prendre un taxi collectif, afin de nous rendre sur le lieu du volontariat, avant 10h... Nous nous posons sur la place centrale tandis que le marché du samedi se met en place dans les rues. Malgré notre air fatigué, un homme septuagénaire nous aborde

"Vous vous rendez à Santa Cruz ?" nous questionne-t-il. Le temps pour nous de connecter les neurones afin de faire le lien avec le lieu de notre destination, il nous indique qu'un taxi partagé pourrait s'y rendre prochainement. Il enchaîne ensuite sur le fait que les touristes ne viennent normalement pas dans la zone, la faute selon lui au gouvernement qui cherche à orienter les touristes sur des routes bien définies. Nous avalons un petit dej, avant de sonder les taxis stationnés sur la place. Coup de chance, deux retraités attendaient justement patiemment d'autres passagers pour se rendre à Santa Cruz !

Une petite heure de route nous sépare du lieu, nous ne nous attendions pas à ce type de paysage montagneux verdoillant mais plutôt à une forêt dense type Amazonienne. Mais cela n'est pas pour nous déplaire, ayant eu notre dose de climat humide à Coroico.

Le taxi nous dépose au bout d'une petite allée bordée d'arbres sur laquelle semble déboucher notre destination. Nous passons le petit portail en bois et découvrons le jardin fleurie d'une maison octogonal. Le lieu est acceuillant. Dans la cuisine séparée de la maison se trouve plusieurs jeunes. Après une rapide prise de connaissance, nous découvrons qu'il s'agit uniquement de français et que les propriétaires du lieu sont partis au marché d'Appolo. Pour l'apprentissage de l'espagnol, on repassera... Nous créerons néanmoins de vrais liens avec l'ensemble des volontaires du lieu dégageant chacun quelque chose de fort à partager. C'est également la première rencontre avec des gens animés par la vie en communauté, sujet sur lequel je peux enfin échanger.

Le volontariat se déroule au sein d'une famille et la communauté évoquée dans l'annonce est en faite composée des volontaires de passage ainsi que de Juanito, un jeune étudiant colombien en permaculture de 18 ans ayant déjà une sacré maturité sur la vision de la société ainsi que Veda, un moine hare krishna, spécialisé en Bioconstruction.

La famille quant à elle est composée de Juan, un anglais arrivé en tant que volontaire il y a plusieurs année qui tomba amoureux de Silvana, alors récente veuve d'un belge avec qui le projet avait été initié. De ce premier couple est née Sudevi, l'aînée de la troupe. Silvana et Juan ont ensuite eu deux autres enfants Sudhama, l'unique garçon et Sarayu n'ayant pas encore un an. Dans la vie quotidienne, Juan s'occupe de gérer les tâches à réaliser par les volontaires tandis que Silvana s'occupe de l'éducation des enfants (école à distance y compris).

À noter que la famille, est pratiquante de la religion hare krishna, l'une des principales voie du bouddhisme dont les fondements reposent entre autre sur le respect de la terre mère, le suivi d'un régime végétarien excluant les œufs, l'ail et les oignons, mais également diverses prières et recitations de mantras (chants religieux connectant l'âme avec les esprits). Juan m'enseignera tout au long du séjour sur cette religion nouvelle pour moi de laquelle je garderais la nécessaire connexion avec la nature et les hommes.


C'est enfin l'occasion pour nous de découvrir un vrai volontariat comme on l'imaginais c'est à dire vivre avec les gens dans leurs quotidiens tout en suivant un apprentissage lors de la réalisation des différentes tâches. Les journées commencent à 7h autour du petit-déjeuner. Les matinées sont consacrées aux travaux et les après midi et week-end sont libres.


La force de ce volontariat réside dans la diversité des tâches proposées : construction de briques et de murs en mélange terre/paille, entretien des diverses zones cultivées composées d'un potager en buttes, d'une serre, d'une zone de reproduction et d'une forêt comestible, préparation de confitures destinées à la vente avec les fruits du jardin, ainsi que diverses tâches annexes. Nous découvrons les joies de travailler dans la bouse de vache servant à la réalisation des enduits et j'ai même la chance de réaliser divers travaux électriques me permettant de fouiller dans mes connaissances acquises il y a plus de 10 ans. Je prends conscience du temps perdu lors de ma jeunesse au cours de laquelle j'aurais pu déjà acquérir une partie de ces savoirs notamment auprès de ma famille... Mais il n'est jamais trop tard et je continue de goûter au plaisir du travail visible.

Cette expérience est également l'occasion de s'initier au yoga grâce à Irène, volontaire italienne, professeure appréciée de tous par sa dévotion. Cette pratique est réellement riche et l'on peut s'en rendre compte rapidement de part les sensations ressenties immédiatement après la séance.

Je tente également un jeûne sur les recommandations de Veda lors de la journée, étant selon ses dires, la plus adaptée de l'année, 10j avant le solstice d'hiver. Je couple même cette nouveauté avec l'asencion du mont sacré environnant en vue d'y réaliser une cérémonie du feu hare-krishna en son sommet à l'heure du dernier rayon de soleil. Cette rando dans un état de manque me pousse dans mes retranchements, les nuages entourant notre asencion mêlés aux variations de la végétation donne une tournure mystique à cette marche. Je ne retiendrais cependant de la cérémonie que le froid glaçant mes os dans l'attente de la descente de nuit. Nous terminons, avec Juan et Juanito, notre marche sur la place du village, allongés dans l'herbe à prendre conscience de la puissance du pétrole, de notre dépendance à cette source d'énergie et à sa disparition prochaine nous invitant à choisir les bonnes actions à mette en place.



Peu avant notre départ, un couple hispano-venezuelien arriva à Satyam (nom de la propriété). Je venais tout juste de prendre une raclée aux échecs lorsque Renato commença à parler de la situation dans son pays : le Venezuela. Tout le monde se tue. Chacun pris conscience de l'atrocité des faits de dirigeants cupides de pouvoirs et de richesses. L'historique des faits démontrant que n'importe quelle nation pourrait subir le même sort. Les manifestations contestataires étant aujourd'hui réprimées dans le sang, les Venezueliens n'ont d'autre choix que de quitter leur pays. Il m'apparut bien évidemment à l'esprit la nécessité de rester vigilants, voir de se préparer à l'arrivée d'un régime repressif à la tête de notre pays malmené par les votes d'extrêmes droite.

Nous croiseront à maintes reprise lors de la suite de notre voyage des Venezueliens, reconnaissables à leurs gentillesse et leurs ouvertures nous parlant de leurs exodes. Nous les croiserons malheureusement également dans la rue, tentant d'échanger leur monnaie ayant perdue toute valeur encore vêtus de leurs tenue quotidienne dénotant des personnes sans domicile habituellement croisées dans la rue.


Léa me quitte quelques jours avant la fin programmée de notre escale à Santa Cruz del Valle Ameno, souhaitant profiter de la Paz quelques jours supplémentaires. La veille de son départ sera cependant l'occasion d'une nouvelle expérience : le temazcal, cette tente de sudation rencontrée à plusieurs reprises lors de notre voyage dans lequel se déroule des cérémonies melant chaleur et humidité censé pousser le corps dans ses retranchements et le nettoyer ainsi par la même occasion tant sur le plan physique que psychologique.


De mon côté dans l'espoir d'entammer la réalisation d'un four en brique, je continue l'aventure vidée de ma moitié. Cela se révélera être une déception, la qualité des briques n'étant pas à la hauteur des espérances de Veda et me retrouvant entouré de couples non-friands de soirées animées (cela me permet également de me rappeler la place que prend un couple ou sein d'un groupe et particulièrement auprès des voyageurs solitaires).

Le jour du départ approchant, je tane Juan pour avoir une place à l'avant du bus du retour dans l'espoir de profiter de la vue durant les quelques heures de jour. Sans succès.

Le voyage commence mal, il n'y a pas de taxi collectif à destination d'apollo aujourd'hui... La seule solution étant de privatiser un taxi collectif en quintuplant le prix... Je me démène pour trouver une solution n'ayant pas prévu de rester une nuit supplémentaire et louper le nouvel an aymara dans les rues de la Paz. Un ancien du village rencontré quelques jours auparavant me prend sous son aile et m'emenne voir l'ensemble des propriétaires de voitures.

Un taxi accepte finallement de me prendre pour moitié prix en embarquant sur le chemin les quelques personnes en attente. Nous décollons avec un délai d'1h30 avant le départ du bus pour la Paz sachant qu'il y a une heure de trajet jusqu'à ce dernier. Le chauffeur est stressé. Nous traversons la place principale et croisont un pick-up en cours de chargement détenue par un villageois que j'avais croisé une heure auparavant et auprès duquel j'avais quémandé une solution sans réussite. Il m'aperçois dans le taxis ce qui a pour effet de déclencher quelques haussements de voix m'ayant prévu dans son convoi sans m'en informer...

Le chauffeur se sent rempli d'une mission divine et conduit tel un pilote de rallye jusqu'à apolo.

Arrivé sur Apollo, les agences ne vendent plus de places de bus. Le canular continue mais je reste confiant. La seule qui reste à partir accepte finalement de me prendre et m'octroie la place numéro 2, qui se libére magiquement de son occupant, c'est à dire au premier rang, quelle veine ! Je profite des quelques minutes avant le départ pour gorger mon sac de provisions locales avant le voyage de 14h en bus 4x4...

Le voyage fut de courte durée. Après une grosse demi-heure de route, nous sommes arrêtés au poste de péage par la pauvre Mireilla qui tente de faire son travail de gardien de poste proprement en nous interdisant le passage, les chauffeurs ayant déjà fait le trajet dans la matinée et n'ayant donc pas eu le temps de se reposer en vue d'un nouveau voyage. J'assiste alors à une gestion de crise Bolivienne remplie de renversement de situation. Les passagers décident de bloquer les passages au poste. Font signer un papier pour deresponsabiliser le chauffeur en cas d'accident. Tentent des négociations avec le chauffeur et la gardienne qui changent d'avis à tour de rôles. La situation se débloque finallement "grâce" au passage, par hasard, du sous responsable de la région au poste, lui-même bloqué par les passagers. Il passe quelque coup de fils et notre convoi redémarre finallement avec 3h de retards et des chauffeurs pas plus reposés. Cette expérience m'aura cependant permis de faire connaissance avec les passagers dont l'âge va de quelques mois à 90 ans (ce prétexte ayant servi à amadouer la gardienne) mais également avec mes voisins, des jeunes partageant avec mois mandarines et Motaku, un fruit de type arachide ou seul 10% est mangeable mais réputé très bon pour la santé.

J'arrive à la paz aux alentours de 7h du matin en plein marché. Je me mets dès mon arrivée en recherche d'un bus à destination de l'hostel ou Léa m'attend mais surtout à la recherche d'un api, délicieuse boisson chaude à base de mais accompagnée de buñelos, sortent de pâte à crêpe frite à l'huile, de quoi commencer une belle journée !

Au final, cette expérience reste l'une des plus marquantes de notre voyage : un lieu magnifique de par sa forêt comestible, les montagnes environnantes, un village parmi les plus anciens du nord de la Bolivie, le Rio traversant la propriété où nous prenions nos bains quotidiens et sur lequel à été construit un pont suspendu ludique pour rejoindre nos habitations. Des activités variées nous permettent d'enrichir nos connaissances dans de multiples domaines. Des rencontres réellement enrichissantes avec qui nous avons aussi bien pu avoir de réel débats constructifs, apprendre de nouvelles spécialités culinaires que déguster des cochonneries industrielles sur la place du village pour combler notre manque de sucreries inhérentes à un mode de vie saint harekrishna. Les points négatifs, à savoir les phases de mal être due à nos estomacs d'européens ainsi que le manque de musique et de fête à mon goût seront vite oubliés. Le projet de Juan visant à redonner toute sa place à la nature en ce lieu du fait de décennies de monoculture est plus que louable et je lui souhaite dans cette aventure le meilleur tout en encourageant chaque lecteur de ce blog à s'y rendre sans hésitations.


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Publié le 19 août 2019

Le Pérou est l'une si ce n'est la destination la plus touristique d'Amérique latine. Or du fait de contraintes externes et de l'envie de passer du temps en Colombie, nous n'y passerons que 10 jours. Dans notre vision d'envisager ce voyage, impossible donc de consacrer suffisamment de temps à ce beau pays. Adieu Cusco et son Machu Pichu, les îles flottantes du lac titicaca, le canyon del coca, les lignes de nazca et autres oasis dans le désert. Notre passage au Pérou se résumera par une traversée jusqu'à Lima en passant par Arequipa afin d'y prendre un avion pour Bogotá. Nous prenons cependant l'option de cocher sur notre route une étape qui nous tient à cœur : un festival de musique proposant Cumbia, Reggae et musiques électroniques, et cela lors du week-end d'anniversaire de Léa; quelle veine !

Revenons à la Paz d'où se choix arbitraire à été fait.

Départ en bus touristique pour copacabana, étape sur la route d'arequipa. Oui nous avions dis que l'on arrêtait les divagations touristiques mais pour 1€ de plus, on passe nous chercher à l'hostel, c'est plus rapide et cela nous permet de faire un stop express dans la ville balnéaire de copacabana (c'est également le genre d'expérience que nous voulions prohiber et alors ? 😀 ). Nous rencontrons quelques difficultés lors du départ. Retard, changement de bus, taxe à payer non prévue, nouveau bus sans carburant... Cela inquiète voir énerve les passagers qui prennent du retard sur leurs planning et je les comprends. Je me sens mal à l'aise d'avoir intégré la bulle imperméable à la vie locale Bolivienne d'un bus de ce type.

Le trajet de jour, pour une fois, nous permet de profiter du paysage offert par le lac titicaca. Notre convoi doit même le traverser afin de rejoindre Copacabana, le bus passant par un système de bac, les passagers sur de petits bateaux. Une fois arrivés, nous découvrons la ville balnéaire de copacabana. Chaque rue est pourvue de son lot de rabatteurs cherchant à vous vendre un tour. Nous décidons donc de passer notre après midi à feignanter sur un toi-terrasse-bar en construction face au lac tout en profitant du soleil et en écoutant du Dub Incorporation que le serveur se fait une joie de diffuser pour nous... Pour notre plus grand plaisir !

Notre bus menant à la prochaine destination, Arequipa, ne partant qu'en fin d'après midi nous en profitons pour discuter avec un propriétaire de bar, semblant avoir bien réussi sa vie, sur la situation de la Bolivie. Il nous parle de la cocaïne qui remplit les caisses de l'état mais surtout des membres du gouvernement et cela de façon pratiquement ostentatoire (je trouverais des articles fiables recoupant ses dire). De son cousin qui semblerait avoir profiter d'une nuit avec Brigitte Macron, sur ce point il est plus difficile de vérifier les sources... Pendant ce temps un Péruvien sans domicile, nous explique sa situation, pensant trouver en bolivie une vie plus facile. Nous lui donnons quelques pièces avant qu'il n'insiste pour cirer mes chaussure sur la terrasse du café. Ses propos me suivront plusieurs heures ayant loupé l'occasion de l'aider vraiment trop gêné par le fait de me faire cirer les pompes...

Le bus démarre, nous apercevons sur la route les feux de champs pratiqués par les paysans péruviens et Boliviens. Tradition ancestrale destructrice de la vie des sols dont nous prenons conscience au travers de nos volontariats.

Le trajet jusqu'à Arequipa se fera dans des conditions glaciales, heureusement sous un plaide acheté en Bolivie avant le départ. L'arrivée à bon port nous permet de retrouver la chaleur et de sortir les shorts ! Arequipa est une ville qui a gardé ses origines hispaniques et indigènes. Une petite touche européenne dont il est plaisant de profiter. Cette étape sera également l'occasion de retrouver notre amie italienne, Irène, et de découvrir les spécialités culinaires populaires du Pérou bien plus raffinées qu'en Bolivie et au Chili. Quel plaisir de déambuler dans un marché tout en se laissant tenter sans remords par les propositions sucrées et salées s'offrant à nos papilles !

Ces quelques jours permettent de se reposer avant de filer sur Lima au moyen d'un bus de 18h ! Par chance nous obtenons les places à l'avant qui nous permettrons d'admirer le paysage au petit matin et d'oublier les films de la veille au soir débitée à un niveau sonore délirant... Les paysages varient entre désert, montagne arides (non loin de nazca), écrin de vigne et de verdure dans la vallée del pisco (a côté d'Ica) mais surtout la triste réalité d'un Pérou en mutation. La fin du parcours nous réserve un paysage entre production ovaires en batterie à ciel ouvert et cela en bordure du Pacifique, plantations de palmiers à huile, lotissements à l'américaine dénués de tout charme, cours d'eau asséchés et publicités n'exhibant que des clichés aux visages occidentaux. La (re)prise de conscience de nos modes de consommation et nutrition ne se fait pas attendre.

Première impression à Lima, comme dans toutes les capitales parcourues précédement : c'est immense. Je me demande comment l'être humain accepte de vivre dans un espace urbain si grand. Nous traversons la ville à la recherche d'un hostel mais surtout de nos places pour le festival de musique Selvamonos qui a lieu deux jours plus tard...

Il ne semble plus y avoir de places dans le premier point de vente et nos recherches nous mènent dans le quartier branché de Barranco après un rapide passage dans le quartier touristique de Miraflores nous ayant mis d'accord pour ne pas y rester. Par chance, nous tombons dans un hostel partenaire du festival depuis plusieurs années qui nous propose en plus des tickets, le transport jusqu'au site, à 10h de Lima. Bingo on embarque !

Encore une route magnifique serpentant dans des canyons verdoyant le long de fleuves en creux de vallée à mesure que l'on s'enfonce dans le Pérou en direction de la ville d'oxapampa qui accueille le festival. Le seul hic que nous n'avions pas prévu, c'est l'arrêt dans une communauté indigène avec notre gros bus ayant débité tous les épisodes de Fast & Furious pendant le trajet. A ce moment, le malaise est déjà partagé avec Lea mais il ne fera qu'augmenter suite à la cermonie organisée à la chaîne (un autre bus redémarre lors de notre arrivée) mais surtout la quasi obligation d'achat dans ce village transformé en marché... À l'écriture de ces mots, le malaise est encore présent tant cela me désole de voir l'évolution de ces populations avec le tourisme tel qu'il est envisagé...

L'arrivée à Oxapampa est un mélange d'excitation et de craintes au vu de la météo mais nous pouvons enfin nous extraire de cet expérience en bus. La tente est posé. Une bière locale à la main nous analysons la grille de passage des artistes pour éviter de louper quelques pépites.

Et en effet, ces deux jours nous permettrons de belles découvertes musicales (ma playlist shazam peut en témoigner) mais également d'assister à une conférence sur la cumbia, se surprendre à voir les foules reprendre en cœur des classiques de la musique péruvienne chantés par un groupe sextagenere et à une victoire du Pérou sur le Chili en demi finale de la coupe d'Amérique latine.

Retour à Lima, 3 jours avant de décoller pour Bogotá. Le temps pour s'offrir une petite session surf sur la côte pacifique, retrouver Chloé et Roni, rencontré lors du festival autour d'un Pisco sour (cocktail à base de pisco, citron et blanc d'œuf) dans un café de luxe où Roni travaillait auparavant après avoir osé l'affront de parler de pisco Chilien (voir étape dans la vallée de l'elqui sur la rivalité peruvio-chilienne sur le sujet...). Nous apprenons également à préparer un café dans une presse française, le comble à Lima, auprès d'une venezulienne employé dans une petite échoppe café niché au fond d'un marché proche de notre hostel. L'occasion de nous conter son trajet pour quitter son pays d'origine et des galères rencontrés et des difficultés d'adaptations en tant que migrant malgré une population péruvienne plutôt accueillante.


Aeroport de Jorge Chávez de Lima, Pesé des bagages, 15kg pile poil, soit le poids maximum autorisé pour nos bagages qui se remplissent au fil des pays. Nous soufflons ! Embarquer dans un avion low-cost reste toujours pour moi un moment de stress de peur de voir débarquer un inattendu souvent mêlé à un surcout pour une raison improbables. Ça y est la Colombie va enfin s'offrir à nous !

Le Pérou a eguisé nos envies de revenir visiter ce pays en profondeur tant il regorge de richesses géographiques que culinaires et une population bien plus agréable que le laisse penser leurs voisins boliviens n'hésitant pas à remplacer le terme voleurs par "Peruanos".

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Publié le 24 août 2019

Le vol entre Lima et Bogotá à été une succession de merveilles visuelles. La forêt Amazonienne, incroyable spectacle que cette mer d'arbres où serpente des cours d'eaux aux courbures incroyables. Le fameux poumons de la planète à bord d'un avion qui la pollue... Je n'appercois heureusement pas de parcelles defrichées dont on nous a souvent parlé remplacées par des fermes ovines ou des plantations de soja/palmiers. Le nord de la chaîne andine et ses sommets enneigés avant un atterrissage en fin de journée sur Bogotá. Ça y est nous sommes en Colombie où nous devrions renouer avec le beau temps ! Hâte de découvrir ce pays tant sur les plans humains que culturel.

Bien que la plupart de nos rencontres nous en ai dissuadé, nous profitons de quelques jours pour visiter Bogotá. La ville est immense une fois de plus et la première chose que l'on remarque est le contact visuel avec la population. Habitués à des regards fuyant ou de l'indifférence, ici les gens se regardent et n'hésites pas à nous dévisager ce qui nous demandera un petit temps d'adaptation pour évacuer le sentiment de peur pouvant s'y rattacher. En outre tout le monde semble avoir des histoires de vols ou d'agression à raconter mais personne ne les as vécu... Espérons passer à côté pour ne garder que du bon de ce pays. Dans les hostels notamment on nous met en garde sur les quartiers/rues à éviter ce qui va dans le sens du sentiment d'insécurité. Il est en effet palpable lorsque l'on s'écarte des sentiers battus et nous aurons tout le plaisir d'en profiter au cours d'une ballade à vélo improvisée entre voitures bolides et échoppes aux allures non-fréquentables. Les gens on du style et l'on sent que le niveau de vie n'est pas le même qu'en Bolivie ou au Pérou, du moins, à l'image de l'Espagne, les Colombiens semblent faire attention à leurs apparence publique. La bonne nouvelle, que je continue d'apprécier encore aujourd'hui au moment d'écrire ces lignes reste la préservation de la culture musicale; en comparaison avec les pays précédemment visité où le reggaeton (musique mêlant reggae, musique dansante, propos sexiste et clip d'un niveau aberrant) a une place de choix dans les lieux publics aussi bien par la fenêtre d'une voiture ou d'une maison que dans les bars ou sur le haut parleur d'un téléphone, il semblerait qu'en Colombie, les nombreuses musiques traditionnelles que sont la salsa, la cumbia ou encore le vallenato restent largement diffusés avec fierté (entendez avec un volume sonore élevé) dans les rues Colombiennes. Nous avons hâte d'en découvrir plus dans les petites cantina, ces bars populaires, qui bordent les places centrales ou mieux encore en live lors de festivités locales.

Nos chemins nous mènent à Medellín où l'air est plus respirable et l'agitation moins présente du mois dans le quartier de Laureles où se trouve notre auberge. Cette ville ancien QG du cartel du même nom dirigé par l'ex star du banditisme à la mode, Pablo Escobar, fait aujourd'hui office d'epicentre culturel dont la visite nous a été recommandée. Dès l'arrivée matinale, nous sommes surpris par la chaleur humide à la sortie du bus mais découvrons une ville où le vélo semble avoir une place de choix et le temps ensoleillé joue sur la qualité de vie.

Nous prenons le temps de nous acclimater (nottament aux nuits chaudes dans l'auberge) sans remplir l'emploi du temps outre mesure mais découvrons avec plaisir cette nouvelle ville en empruntant le métro aérien et en nous laissant aller entre restaurants populaire, jus de fruits frais et ballades à pieds.

Je ressent néanmoins le besoin d'un retour à la nature qui ne devrait tarder. En effet, je suis attendu seulement deux jours après notre arrivée sur Medellín dans la campagne proche, à Guarne, pour y commencer un nouveau volontariat chez un professeur de yoga qui souhaite construire son petit coin de paradis. C'est un nouveau cap dans notre voyage qui se dessine, Léa ayant décidée de rester travailler en ville pour profiter pleinement de son voyage, nos chemins vont se séparer pendant un temps. D'abord court, du fait de ma proximité permettant de nous revoir de façon hebdomadaire puis un peu plus long, me rendant par la suite dans un volontariat en pleine forêt humide pendant que Léa se dirigera sur la côte Caraïbe s'occuper d'équidés.

Le temps des adieux arrive plus vite que prévu et chacun de nouveaux se prépare aux expériences à venir qui vous seront comptée dans de prochains billets plus détaillés.


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Publié le 24 août 2019

Article rédigé et illustré par Léa

Pour la première fois depuis le début de notre route à deux, Simon et moi avons pensé à séparer nos chemins pour un temps en Colombie. Non pas que nous n'avions plus envie de continuer l'aventure à deux, pas du tout, mais plutôt parce que nous étions tous deux animés par des envies différentes.

Après notre séjour bolivien j'ai osé m'avouer que je voulais tenter de vivre des experiences qui me ressemblaient davantage et dans lesquelles je me sentirais plus à l'aise. J'ai adoré travailler la terre avec mes mains, apprendre à vivre en autonomie, construire et faire pousser, mais je n'ai pas envie de dédier tout mon voyage à l'apprentissage poussé de techniques de permaculture ou de bioconstrucrion.

J'avais envie de ville ! De vie culturelle, de cinéma, de musique, d'histoires urbaines, d'agitation, de festivités... J'ai même osé imaginer une petite vie de quartier à Medellín, à prendre le temps d'écouter les histoires de ses habitants et de plonger dans leurs vies citadines.

Je me suis donc laissé la liberté d'un mois pour imaginer tous les possibles dans cette ville qui m'a été tant de fois louer par les voyageurs.

C'est à Bogotá que l'histoire a commencé. Nous avons rencontré Lily dans un bus. Une joyeuse française alors en stage depuis quelques mois. Le soir nous nous sommes retrouvés autour d'un verre avec ses trois colocs et j'ai fait la connaissance de Tim un brestois expatrié en Colombie (la Bretagne est toujours une bonne connection !) Tim m'a mis en contact avec Clémence, gérante d'un futur Hostel dans le quartier de Laureles à Medellín. Ils vont ouvrir l'hostel une semaine plus tard et j'en profite pour glisser à Clémence l'idée que je pourrais les aider dans leur projet. J'insiste un peu en la relançant plusieurs fois et quelques jours plus tard nous faisons connaissance à Medellín à l'occasion de l'inauguration de l'hostel, la Casa Cliché. Je découvre un endroit superbe, et je rencontre également la petite bande franco-colombiano-americaine qui gravite autour du lieu et du Café Cliché, l'entité mère de la Casa, un café bar restaurant bien installé dans le quartier. Je commence deux jours plus tard, pose mes valises dans un des dortoirs de luxe de l'établissement et discute des conditions. Je vais travailler en échange de l'hébergement et d'un petit billet toute les semaines me permettant de vivre à moindre frais, à condition de me cantonner aux almuerzos bon marché et aux salades préparées à base de légumes du marché. 


Je m'installe. Les soirées sont calmes, l'entente devient tout de suite amicale avec Clémence et je me sens chez moi. Ce boulot est un bon compromis et me permet de découvrir la ville me laissant les après-midi de libres. Je prends le vélo et me perds dans les ruelles, les quartiers résidentiels, les parcs, dans la circulation, au milieu des rues encombrées de taxis, les ponts, les échangeurs, dans des endroits parfois pas vraiment recommandables, dans des rues dédiées à la revente de pièces détachées de camions et de voitures, etc. Mais le vélo me donne de la hauteur et je parcours chacun de ces lieux sans difficultés. Je rencontre deux amies sextuagenaires à qui je raconte mon voyage, m'imprègne de l'histoire de la ville dans les musées, tchatche avec les chauffeurs de taxi, goûte à la vie animée des rues, aux jus de fruits de la passion fraîchement préparés. Je m'ennivre de ces nouvelles saveurs avec plaisir en ayant le luxe, chaque fin de journée de retrouver le calme et le réconfort de ma Casa. 




Pendant mon séjour, j'ai été réellement touchée par la visite de la Comuna 13, un quartier de Medellín devenu incontournable dans l'agenda du touriste. L'abondance de voyageurs, les cafés et autres boutiques europeanisées, les maisons colorées style Valparaíso mais en moins portuaire, ne sont pas ce qui a retenu mon attention. J'ai été davantage frappée par l'histoire du quartier, racontée par notre guide (dont j'ai oublié le prénom, un mélange de colombien et d'américain, du genre Jon Esteban...). Ce jeune homme doit avoir le même âge que moi. Il nous raconte le quotidien de son enfance, le bruit des coups de feux, la violence banalisée mais toujours insupportable qui régnait dans le quartier. La violence était le fait des différents groupuscules armés qui se livraient une guerre urbaine et quotidienne, animés par la volonté de prendre le contrôle et, évidemment, mouillés jusqu'au coup dans le trafic de drogue. A l'écoute d'un coup de feu, il fallait en juger la distance. S'il paraît loin on continue ce que l'on est en train de faire. Si c'est proche, on se met à l'abri et on attends. 


Le gouvernement lui même n'avait plus aucun contrôle sur ce quartier. A plusieurs reprise, il a tenté des interventions militaires très lourdes, qui ont coûté la vie de centaines d'habitants et qui n'ont pas vraiment permis de rétablir un climat de paix. Lors de la dernière intervention, une nouvelle fois, des jeunes du quartiers ont été touchés par les balles des militaires, les habitants ne pouvaient plus le supporter, et ont protesté. Ils sont sortis dans la rue malgré les tirs, arborant mouchoirs blancs, draps blancs et autres signes de paix. Ils ont par la suite exigés du gouvernement qu'il tienne ses promesses et assume sont rôle dans l'éducation, la culture, les affaires sociales... Le quartier a alors connus une transformation incroyable, les gens et les associations ont réinvesti les lieux de vie, des infrastructures ont été construites, centres sportifs, artistiques, culturels... Jusqu'à ce qu'aujourd'hui le quartier soit montré en exemple. Quel bel espoir... Je suis heureuse de voir qu'il n'est pas utopique de croire en la puissance des arts, de l'éducation, des initiatives citoyennes, et que cela fonctionne ! 




Nous nous sommes retrouvés plusieurs fois à Medellín avec Simon, qui n'était pas bien loin. A l'occasion de l'une de ces retrouvailles, j'ai eu la chance de rencontrer Andrei, un russe, compagnon de volontariat de Simon. Andrei connaît bien Medellín pour y avoir vécu plusieurs mois et c'est un guide plutôt hors du commun! Nous nous sommes retrouvés en vélo a la station de métro estadio pour entamer une visite du Medellín local que nous avons adoré. Nous avons commencé par grimper les marches jusqu'au sommet du Cerró Volador, tout en portant les vélos car rien n'était prévu pour les attacher en bas. La montée vaut le détour, au sommet de ce mont nous avons une vue imprenable sur la ville. Andrei nous détaille chaque quartier, nous explique l'organisation de la ville. Au sommet, un groupe d'ados à vélo (visiblement bien plus agiles que nous sur leurs vélos sur les flancs du cerro), fument et font du cert-volant... Oui visiblement il est possible d'être cool et d'allier les deux activitées !  Après une descente type cross-contre-la-montre sur l'autre pan du cerró, nous nous retrouvons à suivre Andrés au pas de course, zigzagan au milieu des voitures, usant de la sonnette à tout va.. A croire qu'il a oublié que nous étions derrière! Nous le suivons tant bien que mal, cerrant les fesses a chaque traversée de route, mais un large sourrir sur le visage, tant la situation nous semble improbable et drôle. Nous finissons notre tour en savourant une bière bien méritée sur une place où les kioskes ont décidé de se livrer au concours de celui qui mettra la musique la plus forte. L'ambiance est géniale, il y a des gens de tous âges. Les visages sont souriant, les corps se dandinent au rythme de la salsa, les amis se retrouvent, s'embrassent, s'enlassent. C'est un spectacle rejouissant. Avant de rentrer, Andrei s'arrête au Barrio Antioquia faire une petite course... Chaque quartier à sa spécialité, celui-ci est réputé pour être le magasin des substances en tout genre. Un peu pris au dépourvu nous attendons bien sagement Andrei tout en analysant le balais des vendeurs à la sauvette qui disparaissent à chaque passage de policiers en scooter. Plus tard dans la soirée, nous retrouvons notre russe en compagnie de quelques amis au Tibiri, célèbre bar à salsa, ambiance sous-sol, transpiration et bières pas chères, caliente ! Nous improvisons au milieu de la piste de danse, essayant de faire bonne figure en immitant le rythme de la danse avec le haut du corps. Les jambes et les pieds, eux, n'ont toujours pas compris ce qu'il fallait faire ! 

Après un mois passé dans l'hostel à Medellín, j'ai hâte de reprendre la route et de découvrir autre chose. La côte caraïbe m'attends ! Je pars pour Buritaca, un village proche de Palomino, où je vais commencer une autre expérience dans une ferme équestre. 



A l'heure de faire un bilan, je garde une petite frustration de cette expérience en ville.. J'imagine qu'il m'aurait fallu plus de temps pour en profiter pleinement, connaître plus de gens, faire plus d'activité. La ville prend du temps.. Le fait d'être seule à l'extérieur de l'hostel m'a parfois démotivé pour aller faire des visites. Je n'y trouvais pas vraiment d'intérêt. Ce qui m'anime c'est de pouvoir vivre ces moments avec d'autres personnes. Ceci dit, j'ai adoré partager ma vie avec les habitants de passage de l'hostel, connaître leurs histoires, passer des moments éphémères avec eux. Ce sont ces rencontres qui nourrissent mon voyages, plus que les lieux visités. 



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Publié le 2 septembre 2019

Une nouvelle page de notre voyage se profile. Léa ayant trouvé, avec une certaine facilité, un volontariat dans un hostel en cours d'ouverture tenue par des Français, nous décidons de séparer nos routes pour mieux nous retrouver. Elle profitera de Medellín pour continuer son projet de reportage artistique pendant que je pourrais retrouver les joies du travail en nature non loin de là. Je la quitte avec un mélange d'excitation et de tristesse. Étant tous les deux d'accord qu'il est important de profiter de ce voyage exceptionnel, dans le sens où il ne se reproduira problement pas sous cette forme, nous avons pris conscience que la séparation de nos routes n'était pas forcément à vivre de manière négative mais permettait au contraire de renforcer nos liens tout en évitant les frustrations inhérentes à un voyage en couple.


Je dépose donc Léa sur son nouveau lieu de travail, avant de retourner à l'hostel récupérer mes affaires et m'attarder dans une discussion avec un sud-africain de 65 ans voyageant en vélo autour du monde depuis plus de 5 ans. Le type est direct et m'avoue que son voyage est extraordinaire mais loin du conte de fée. Le voyage à vélo c'est éprouvant et il me refroidie sur l'idée d'en débuter un sur la fameuse carretera austral qui parcour la patagonie (idée que François, volontaire en Bolivie, m'avait mit en tête). Je regarde l'heure, avant de déguerpir pour choper l'un des dernier bus de la journée à destination de l'aéroport qui me déposera sur sa route à l'arrêt "la curva del gordo".

J'entame alors une petite marche d'approche jusqu'au lieu du volontariat sur un chemin en terre entouré de paysages me rapellant ce beau pays Basque.

J'arrive finalement au lieu-dit et croise Andrés, avec qui nous étions en contact, quittant le lieu à moto pour aller donner un cours de yoga. Il m'indique d'installer ma tente sous le tipi ce que je m'empresse de faire ayant hâte, comme toujours de monter cette nouvelle tente que je n'utilise que rarement. Je fais la rencontre de Sol, une Argentine arrivé la veille qui m'explique qu'un couple est également présent sous le grand tipi. Nous échangeons brièvement. Je rencontre alors Victoria sous la nuit approchante avec qui le premier contact fut plus qu'expeditif m'expliquant qu'on se verrait plus tard ayant besoin de mettre une veste. Nous prenons néanmoins le temps de nous poser avec Séverin son copain et lili leurs fille afin de faire connaissance dans un mélange d'anglais et d'espagnol. Je comprend alors que Victoria est russe, d'où le premier contact bref, et Severin allemand. Coïncidence, nous allons nous retrouver dans le prochain volontariat autour de la construction de bamboo. La soirée se termine tranquillement aux alentours de 21h avec le retour d'Andrés. J'écoute Séverin lire Harry Potter en Allemand a lili, me rapellant quelques souvenirs d'enfance lorsque mon père en faisait de même (jusqu'à un âge bien avancé, flemmard de lecteur que j'étais...), tout en rédigeant mon blog.


Les journées sont plutôt cool. Réveil aux alentours de 6h, préparation du petit déjeuner et/ou cours de yoga ou partie de go avant de commencer le travail pouvant être la construction d'un garage en bois, prendre soin de la forêt de cyprès, création d'une Bio piscine ou s'occuper du lieu en général. Je découvre avec fascination un nouveau compagnon : le barranquero, ce jolie oiseau bleu et vert de la taille d'un corbeau ne nous quitte pas de la journée soit par curiosité des tâches que nous réalisons soit pour guetter un éventuel met que nous mettrions à disposition par inadvertance (lombrics, fruits, graines...). Restant à une distance convenable, il n'hésite pas à nous signaler régulièrement sa présence par un vol de parade ou quelques gloussements.



Le lieu, parlons-en, est situé sur une petite colline, il faut dire que la région est vallonnée à l'image des paysages que l'on trouve dans le sud-ouest entre Béarn, Pays Basque et Chalosse. Chaque vallons est cultivé et de belles bâtisses, tout comme des maisons précaires en brique sont disséminés ça et là donnant un charme certain. Sur le terrain d'Andrés se trouve une maison circulaire en terre et structure bois, poussant en abondance dans la forêt de cyprès qui la borde. Ce magnifique petit bosquet est recouvert d'un tapis de mousse prenant des couleurs fluos des que les rayons du soleil traverse la canopée. On trouve également sur site un tipi mesurant bien 6m recouvert d'une bâche plastique noire afin d'héberger les volontaires au sec, de petites parcelles plantées éparpillées ainsi que les constructions en cours et divers tas bâchés abritants ce qui n'a pas encore trouvé sa place sur le lieu. La porte de la maison débouche sur une pelouse à fleur de vallons offrant un panorama ensoleillé sur le paysage environnant. Le principal défaut reside dans la proximité de l'aéroport dont la piste de décollage est orientée vers la maison d'Andrés occasionnant le passage régulier d'avions au dessus de nos têtes, rendant toute discussions impossibles.

Le climat est idéal pour la nature et cela se voit, les nuits et matinées sont pluvieuses et les journées ensoleillées. Il suffit de creuser la terre d'un noir intense pour se rendre conte de la richesse du sol. La Colombie est un paradis pour tout maraîcher.



Je me retrouva vite en la seule compagnie d'Andreï, russe de 39 ans en volontariat depuis un an sur le lieu étant tombé amoureux de la Colombie suite à une séparation douloureuse. En effet, le couple ainsi que l'argentine nous quittent dès le lendemain de mon arrivée (Victoria et Sol n'apprécient pas de résider en tente). Andrés quant à lui donne des cours de yoga quasi quotidiennement et rend visite à ses proches et n'est présent que par courte période sur site. Je re-découvre le franc parlé russe découvert pendant mon année d'étude à Berlin, mais bien qu'il soit bavard, Andreï est de bonne compagnie. C'est le genre de type à vous raconter avec un mélange de gêne et d'humour, qu'il a déjà réalisé une course poursuite avec des policiers russes suite à une tentative d'agression du petit copain de son ex-femme. Il n'est cependant pas aisé de lui décrocher un sourire.


Je décide de passer mes premiers jours de repos sur Medellín pour y retrouver Léa et célébrer l'ouverture de l'hostel dans lequel elle travaille pendant le mois de juillet. Je profite de la venue d'Andrés sur la capitale régionale pour m'incruster sur sa moto et jouir de l'arrivée sur Medellín par les hauteurs tout en ressentant les éléments à dos de moto.

Le passage sur Medellín sera l'occasion de quelques sessions shopping, de la visite du marché au fruit de la minorista en vue de s'y restaurer et déguster de délicieux jus de fruits frais, la Colombie étant un paradis pour la production de fruits. La soirée d'ouverture de l'hostel sera l'occasion une fois de plus de découvrir la gentillesse et l'ouverture des Colombien et de revoir les quelques copains rencontrés sur Medellín.

Le départ fut remplie de ce même mélange d'excitation de retrouver un environnement calme et naturel et de tristesse de quitter Léa. Mais cette formule nous convient bien permettant à chacun de profiter de son voyage tout en goûtant au plaisir des retrouvailles et des retours de récits.

Je me retrouve donc un samedi soir (après un retour en bus m'ayant déposé sur le bas côté de l'autoroute me permettant de rejoindre le chemin, par chance effectué en moto-stop avec un voisin) dans la petite maison de terre en compagnie d'Andreï après une nuit de fête citadine la veille, quel changement !

Par chance, Andreï me propose une petite marche en vue d'aller déguster une bière dans le semblant de bar situé à 10min. J'accepte après une hésitation, l'appel de mon lit se faisant ressentir contrebalancée par l'envie de découvrir la faune locale. Et en effet, le bar, composé d'une bicoque en bois, une terrasse et trois tables héberge un habitué qu'il m'est impossible de comprendre au vue de son état ainsi que la tenancière refusant de nous servir (faut-il y voir un lien ?). Andreï, se faisant inviter avec insistement par l'homme éméché, m'invite à continuer pour faire diversion. Nous continuous donc notre chemin jusqu'à une supérette, qui n'en paraît pas, située chez une habitante. Elle nous offre nos récompenses durement méritée et nous rêvenons sur nos pas pour boire le breuvage avec un peu de hauteur.

Nous tombons sur la route sur deux jeunes sortant de nul part, déjà quelques peu chauffés et nous invitant à venir partager un verre avec eux chez l'un des deux. Andreï ne m'avouant pas sur le coup qu'il les connais, j'hésite mais peux heureusement vérifié en anglais auprès de lui que ce n'est pas un plan foireux.

"Tu as déjà bu de la tapetuza ?!" me lance l'un d'eux ?

Euh... Non, hesitant entre une blague et invitation au vu de son sourire malin.

C'est en faite un alcool produit plus que localement, que nous nous rendons acheter à côté de la "supérette" précédemment visitée... Samuel et Pablo, nos deux compères de route m'expliquent avec passion le processus de fabrication tout en glanant dans les environs les divers ingrédients la composant, disposant semble-t-il de l'unique licence de production des alentours. Nous nous retrouvons rapidement dans la maison-chambre de Samuel, accolée à la maison familiale à descendre la bouteille de tapetuza avec parcimonie. La soirée prend une toute autre tournure que celle prévue dans mon lit mais c'est le type d'expérience que je rêvais de vivre avant le départ. Nous partageons sur les diverses ressemblances nous unissant malgré les différences de cultures ainsi que sur la chance de vivre dans cet écrin de verdure où tout pousse. La soirée défile rapidement jusqu'à 1h du matin, avant que je ne décide de déclarer forfait et retourne me coucher après un retour sous une pluie diluvienne.

Réveil à 9h, comme une fleur, Andrés et Andreï ne semblent pas étonnés de mon réveil tardif et m'attendaient pour partager le traditionnel porridge matinal. Andrés nous quitte de nouveau et je profite d'une journée délicieuse entre travaux dans la nature, dégustations de fruits et jus naturels mais également du spectacle aérien offert par l'armée de l'air Colombienne à l'occasion de la parade annuelle. Il est à vrai dire difficile de les ignorer, les engins de guerre passant parfois à seulement quelques centaines de mètres de nos têtes... La journée se termine autour du feu avec Andreï préférant la sieste aux bavardages cette fois-ci.


Une fois de plus le culte harekrishna me poursuit, après l'avoir croisé dans tous les pays traversés. Andres nous propose séance de méditation et autre chants de mantras que je me sens bien obligé de suivre n'ayant d'autres occupations. Serait-ce en effet ce continent sud-américain qui serait plus connecté à la terre et aux esprits que nous autres européens ou seulement de pures coïncidences ? Chaque repas est d'ailleurs précédé d'un remerciement à la terre, à ceux qui la travaillent et aux cuisiniers. Nos repas sont composés de kitchari, issu de la médecine ayurveda, composé de riz/lentilles/haricots avec épices et condiments ainsi que légumes vapeurs. Andrés m'indique manger ce repas depuis plusieurs mois et y trouver son équilibre. En effet, j'avoue ne pas souffrir de manque et retrouver à chaque repas le plaisir de déguster ce plat. Nous complétons cependant ces repas sains de snacks sucrés (fruits et gâteau) afin de faire plaisir à nos cerveaux accros au sucre...


Après 21h, il y a rarement foule debout... Aussi après un repas partagé, chacun se dirige vers son lit à moins qu'Andreï ne propose de rendre visite aux voisins précédemment rencontrés. C'est d'ailleurs à force de discussions et questionnements qu'il nous avouera un soir à Medellín après quelques verres de rhum qu'il n'est pas tombé amoureux de la Colombie directement... C'est plutôt la Colombie qui la gardé entre quatre murs dans un centre de détention après avoir tenté de prendre l'avion à destination de la Russie munie d'un sac à double fond contenant 2kg de cocaïne... Des récits dignes de séries ou film à l'américaine s'offre à mes oreilles suite à cette révélation sur la vie en prison Colombienne. Les guerres de gang, l'amour, les drogues, les armes et la cantine...

Après 10j en compagnie de mes deux compères, l'expérience touche à sa fin et il est temps de rejoindre Léa pour une pause touristique et amoureuse dans le village de Guatapé avant de nous séparer pendant un mois. San Carlos dans la forêt tropicale de mon côté et Buritaca sur la côte caraïbe pour Léa. Je garde de ce volontariat un souvenir agréable d'avoir pu profiter de la vie à la campagne entrecoupé de sessions urbaines, d'avoir vécu au rythme colombien (de la région d'Antioquia, les rythmes pouvant grandement varier d'une région à l'autre) avec plaisir tout en ayant un style de vie sain.

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Publié le 17 septembre 2019

Texte par Léa

La transition entre Medellín et la côte caraïbe a été très chaude! Arrivée à Santa Marta sous une chaleur étouffante, je n'ai jamais cessée d'être moite et transpirante de tout le séjour.

Santa Marta, est juste une étape, il n'y a rien de très intéressant à voir là-bas, ci ce n'est s'imprégner d'une nouvelle culture, la culture costeña, goûter a l'atmosphère de la ville, chaude, criante, festive..

Cette étape, je la passe à l'hostel Masaya, qui m'a été recommandé par Clémence du précédent volontariat, mais qui a dû bien changé depuis ! Je me retrouve dans un bâtiment énorme, avec piscine au rez de chaussé, piscine sur le toit, bar et restau... Aie. Tant pis, la nuit n'est pas chère, je pose mes sacs, mets mon maillot de bain, prend une bière et m'installe en terrasse là haut où il fait fraid. Là je fait la connaissance de Rubén, un français expatrié en Israël. Il voyage avec 5 de ses amis de Paris et je suis invitée à me joindre à eux pour la soirée. Au restau c'est débandade de plats, bouteilles de vin, entrées, desserts... J'hallucine et prends une pizza ! Puis, nous continuons la soirée en terrasse et je l'avoue, je m'amuse pas mal avec cette bande insolite et nous passons un bon moment à danser entre salsa et reggaeton.

Réveil le lendemain sous trois ventilateurs, je sors en quête d'un petit déjeuner. Le manque de caféine, associé à la chaleur font que je réagis un peu vivement lorsqu'on m'alpague avec un "hey baby" a chaque coin de rue. On dirait que les hommes sur la côte sont encore plus expressifs que dans le reste de la Colombie. J'en rembarre quelques uns et ignore les autres.

Puis je prends le bus au marché pour Buritaca, prochaine destination. J'arrive un peu tard et le bus est plein, tant mieux, car je vais pouvoir passer tout le trajet face à la porte ouverte et profiter de l'air de dehors. Le trajet prend plus de temps que prévu, dû à un accident moto-camion-voiture. Rien de grave mais la route est bloquée. Je sympathise rapidement avec les gens, nous échangeons sourrirs et regards pour partager nos sentiments : "il fait chaud", "il y a du monde dans ce bus", "ça fait peur d'être devant la porte"... Je regarde autour de moi et je me sens bien, j'ai l'impression de partager un vrai moment avec ces inconnus, ils deviennent de plus en plus familiers au fur et à mesure des regards et des sourrirs. Je pense que ce sentiment est multiplié lorsque l'on voyage seul. On s'expose davantage, les ressentis sont plus intenses. 



J'arrive au village de Buritaca et après quelques indications je tombe sur la maison de Loïs, la propriétaire des chevaux. Loïs, est une jeune hollandaise de 26 ans, arrivée ici comme volontaire il y a un an, elle a ensuite récupéré le business. Elle partage sa vie avec Brainer un colombien de 20ans, et les 3 frères de ce derniers. Ils sont sympas, toujours contents de nous voir et de nous trimballer un peu partout en moto sans casque, short et sandales, à un, deux, ou trois à l'arrière ... Ils zonent très souvent sur la terrasse, font leur petit business (à base de plantes) et fument à longueur de journée.

Les autres volontaires sont 3 filles, Maddie l'anglaise, Annie l'irlandaise et Martha la néerlandaise.

La maison n'est pas la ferme idillique à laquelle je m'attendais... Située dans le village, elle partage une court bétonnée avec d'autres maisons voisines. La terrasse est carrément crade, cendres, mégots, déchets, fringues qui traînent, insects divers à la taille parfois impressionnante. Ce sont autant d'activités très amusantes pour les animaux qui partagent notre vie : Paco le chat, Arni le chaton un peu attardé (il a été sauvé dans la rue et à probablement manqué des premiers soins vitaux de sa mère), Choco le chien de Brainer (qui fait aussi de la moto), et Rio la chienne du voisin anglais. Le voisin anglais justement, s'en va pour 6 mois, travailler en Norvège, se faire de l'argent pour pouvoir acheter une ferme ici. Les volontaires vont désormais occuper sa maison !! Bonne nouvelle. Nous aurons notre espace à nous et laisserons Loïs et Brainer tranquilles.

Les premiers jours, l'acclimatation dans le groupe n'est pas facile. J'ai du mal à m'intégrer et partager avec les filles. L'utilisation de l'anglais, facilite les choses pour communiquer bien sûr, mais me rend moins à l'aise car toutes ont une maîtrise bien plus poussée que moi de la langue. Je ne comprends pas toujours tout et donc me laisse un peu guider par les autres lorsqu'il s'agit des chevaux. Puis, je ne partage pas la même passion qu'elles pour l'équitation. Elles ont toutes une grande expérience "dans le cheval" et l'ambiance centre équestre entre filles, ce n'est pas trop mon truc... Donc bien souvent je me sens un peu à côté de la plaque lors des discutions ! Je l'accepte !

En ce qui concerne le volontariat, nous avons  pour tâche d'aller nourrir les chevaux chaque jour, à tour de rôle. Chaque soir les 9 chevaux sont amenés en haut de la colline dans un champs où il peuvent brouter, et le matin, il faut les descendre jusqu'aux écuries, là où ils peuvent boire. Ce sont des moments très plaisants mais qui peuvent parfois se révéler stressant. Un cheval est tenu en longe à l'avant et les autres sont libres et suivent. Il faut donc s'assurer qu'ils ne partent pas n'importe où pour aller glaner deux trois mangues au passage. J'ai appris qu'il était difficile de bouger un cheval bien occupé avec sa friandise, à flanc de colline et sous 40 degrés !

En dehors de cette routine quotidienne, il y a les balades que nous accompagnons à tour de rôle. Ce sont des moments magnifiques, nous allons nous baigner avec les chevaux , galopons sur la plage, marchons dans le Rio au milieux de la jungle.... J'adore ça.


Sur notre temps libre, nous allons souvent au "Rio" un hostel tenu et rempli par des anglais. Il est classé comme l'un des plus beaux Hostel de Colombie, et fut même le plus beau il y a de ça quelques années. En effet, c'est magnifique... Le lieu est idillique. Bar, resto, billard, hammac, activités en tout genre, tout y est. Cerise sur le gâteau, il est situé au bord du rio justement. Des escaliers descendent sur une plage de sable, à l'ombre des arbres, et de l'autre côté de la rive, la jungle. C'est incroyable. Par contre ça parle anglais à tout va et boit des cocktails à toute heure. Pas vraiment ma tasse de thé.

En vérité, en dehors des atraits de cet hostel, nous passons surtout du temps là-bas pour recruter des touristes pour les balades. Nous avons donc comme tâche de nous y rendre, passer la soirée ou la matinée, participer aux activités type Club med et de vanter les mérites de nos chevaux.


Des mon arrivée, Loïs m'a informé que plusieurs de ces chevaux ont été testés positifs à une maladie transmise par des mouches et qui provoque une grave anémie. Ils sont contagieux et présentent un risque pour les autres. Il faut donc tester le reste du groupe le plus rapidement possible. Les conséquences sont lourdes, les chevaux infectés ne peuvent pas continuer à rester ici et devront être isolés ou à défaut de trouver une solution, être envoyés à l'abatoire... Il faut attendre d'avoir les derniers résultats pour connaître l'avenir de la petite entreprise de Loïs. C'est un moment très particulier pour elle et elle nous annonce, les larmes aux yeux, qu'elle souhaite que l'on profite au maximum des chevaux, qu'on les sortent et qu'ils passent du bons temps pour leurs derniers moments...

Un peu plus d'une semaine après mon arrivée, les résultats tombent. Tous les chevaux ont la maladie. Loïs doit se rendre au Pays-Bas pour plusieurs semaines et doit trouver une solution très rapidement pour sauver les chevaux. Pour le moment, trois d'entre eux sont encore sur la sellette et elle va probablement devoir s'en séparer. Dans tous les cas, c'est la fin de son business... Elle a déjà trouvé un autre boulot. C'est très spécial de se retrouver dans cette situation en tant que volontaire. Avec le reste du groupe, nous nous trouvons bien démunies et ne pouvons pas faire grand chose sinon être présentes et soutenir Lois autant qu'elle en a besoin. Je réalise qu'il n'y aura pas d'autres volontaires après nous et je suis attristée de voir les chevaux tous les jours en pensant que ce sera peut être leurs derniers moments.

Plusieurs autres événements imprévisibles viennent chambouler notre quotidien paisible. Loïs et Brainer ont un accident de moto en se rendant à santa Marta et Loïs est sévèrement amochée ce qui l'empêche de travailler. Maddie, elle aussi, tombe de moto le même jour et à du mal à marcher. Arni, qui d'habitude saute dans tous les sens tombe malade et finira par succomber à une infection après des jours difficiles... Il restera dans un sac plastique au milieu de la cuisine pendant un moment avant de finir par mégarde à la poubelle ... Drôle d'ambiance.

La dernière semaine de ce volontariat voit aussi arriver bien plus tôt que prévu la saison des pluies. Nous essyuons plusieurs fois de gros orages, fortes pluies, coupure de courant pendant plusieurs jours. Un orage notamment nous surprendra lors d'une balade en groupe sur la plage avec les chevaux. Nous devons rentrer au gallop, trempées, avec une visibilité réduite, jusqu'à arriver aux écuries de nuit et, comble de l'ironie, rentrer en bus climatisé ! (Ce qui ne nous arrive d'habitude jamais lorsqu'il fait 40 degrés !!


Au fil des jours et des aventures que nous partageons, notre groupe se soude. Je prend ma place et fini par me sentir bien mieux qu'au debut. J'apprends une nouvelle fois que la patience paye, et qu'il faut prendre le temps et persévérer.


A la fin de ma période de volontariat, Simon me rejoint et nous reprenons la route à la découverte d'autres coins de la côte. Il ne nous reste plus que quelques semaines avant de rentrer en france pour un break !


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Publié le 17 septembre 2019

Je quitte Léa dans la précipitation malgré le fait que nous n'allons pas nous voir pendant un mois...

Mais il est drôle de voyager seul surtout lorsque l'on sait que ce n'est que temporaire. Léa reste un phare pour moi qui me permet de revenir sur la côte.

Je retrouve élise et Loic à San Rafael qui seront mes covolontaires pendant le prochain mois. Un couple de débrouillard qui sortent de quelques jours de camping sauvages. Nous montons dans le bus pour San Carlos qui alterne route pavée et chemin caillouteux. Le chauffeur nous dépose à 3km de notre point d'arrivée que nous ne verrons pas passer trop occupés à discuter et admirer les paysages. Les indications envoyées par Elena et Sergio, nos hôtes, ne manquent pas de précisions dont nous comprenons la nécessité en arrivant devant le petit portail de bambou indiquant le début de leur propriété. Une fois franchi, un petit chemin serpente dans une forêt assez dense et vallonnée, la fameuse forêt humide évoquée par nos hôtes. La touche artistique des propriétaires commence à se faire ressentir, des bambous sont utilisés ça et là pour marquer un escalier, traverser une zone humide ou simplement délimiter le sentier. Nous débouchons finalement dans une prairie depuis laquelle on peut apercevoir, au loin, le toit de la cuisine fraîchement terminée.

Apres le passage de petits ponts (encore en bambous, vous comprendrez rapidement que c'est le mot clé de l'article), des indications nous invitent vers cette intrigante cuisine ouverte sur la nature.

Whaou. On ne peut rester indifférent à la magnifique architecture qui structure ce lieu de vie. L'œil se perd entre les courbes de la toiture et les colonnes structurantes aux angles parfois spectaculaire. Cette cuisine est composée d'un toit en trois parties, à l'image d'une hélice dont les trois pales se chevauchent laissant une ouverture en son centre servant de puit de lumière. Le sol est recouvert de pierres choisies avec soins sur lequel plusieurs plates-formes sont disposées ayant chacunes des utilités que l'utilisation du lieu permettra de définir : zones de repos, de stockages, de travail ou de cuisson...Oups non ce dernier espace pourtant bien souvent au centre de toute cuisine n'est ici pas présent mais je reviendrais sur cet aspect plus tard tant il a son importance. Les matériaux choisis pour les équipements de la cuisines sont également sélectionnés avec goût. De l'évier en étain au bombonnes de lait en inox servant au stockages des denrées.

L'accueil se fait donc dans un environnement qui commence déjà à vous transporter autour d'une petite citronnade parfaitement adaptée après la petite marche d'approche.

Nous sommes pressés d'en savoir plus sur ce matériau qu'est le bambou mais Elle et Sergio nous invitent à installer les tentes qu'ils ont spécialement achetés pour accueillir les volontaires. La surprise continue lorsque nous découvrons qu'il s'agit de tente suspendues permettant de passer des nuits en hauteurs à l'abri des pluies torrentielles mais surtout des serpents et autres araignées peuplant les environs. Malheureusement pour moi, suite à un mauvais réglage, ma tente verra l'une de ses sangles, heureusement non nécessaire au maintien de la structure, se rompre dès la première nuit. Un orage se rapproche et une pluie tropicale ne tardent pas à s'abattre sur notre campement. J'ai du mal à trouver le sommeil, c'est la première nuit, je me dit que le séjour va être long loin de Léa. Je finis finalement par trouver le sommeil et me réveille une heure avant les autres pour aller préparer le petit déjeuner en compagnie de River, un néo-zélandais. Nous devons cuisinier par binôme à tour de rôle pendant les trois prochaines semaines. Étant loin d'être connu pour mes qualités de cuisinier je saute sur l'occasion de me joindre à River lorsque j'apprends qu'il a été cuistot dans un resto vegan... Cela m'oblige cependant à remplacer mon premier jour chantier par un jour cuisine... Pas grave, je trouve ma place de commis sous les ordres du chef qui me consulte néanmoins sur chaque recette malgré mes connaissances limités. Les journées cuisines se révéleront le plus grand des défis pour moi au cours du séjour. Le régime alimentaire pratiqué ici est vegan-cru, c'est à dire sans l'utilisation de viandes, d'œuf et de produits laitiers pour la partie vegan mais également de tout type de cuisson, se limitant à une bouilloire et un déshydrateur. Adieu donc aux pâtes et riz pouvant facilement sauver un repas. Les repas sont principalement basés sur des fruits, des légumes et des graines ou céréales. Heureusement plusieurs livres de cuisines sont à disposition mais nous découvrons vite que pour sortir des recettes basique que sont les salades et les plats mixés, il est nécessaire de prévoir ! Au final malgré le temps passé à chercher des recettes ainsi que le stress de devoir cuisinier pour une quinzaine de personnes matin, midi et soir je garderai de cette expérience nombre de recettes et d'astuces pour manger sainement et rapidement. Je m'interrogeais cependant sur le facteur écologique de ce type de cuisine nottament en Europe tant l'utilisation de graines est importante. La question de l'impact de notre alimentation n'est pas facile à résoudre bien que la nécessité de réduire notre portion de protéine d'origine animale soit évidente.

La mésaventure de la nuit passé me permettra cependant d'échanger ma tente contre une version 3 places de luxe profitant ainsi en plus de mon lit de deux espaces de rangements. Petit bémol cependant quelques jours plus tard lorsque je me rend compte en pleine nuit que l'étanchéité n'est pas parfaite étant réveillé par un petit matelas d'eau commençant à imprégner mon duvet... Comme moment de vie, il y a mieux...


Le premier week-end sera l'occasion de faire le tour de la propriété d'Elle et Sergio, c'est à dire toute une petite vallée composée de forêts humides, de prairies en attente de reboisement (suite à plusieurs années d'exploitation bétaillère) et de petit cours d'eau la parcourant en son creux. Ballade super sympa avec retour pieds dans l'eau du ruisseau, un canyon miniature, et picnic vegan bien sur!


Après 5 jours, je commence finalement à passer une journée sur le chantier, qui reste quand même la première de mes motivations à rejoindre cette expérience. Nous sommes une dizaine sur site : Elena et Sergio, les proprio/architectes/chefs de chantier, 4 colombiens voisins (à une heure prêt) qui apportent travail et savoir-faire ainsi qu'un nombre de volontaires variant en fonction des jours de repos et de ceux affectés en cuisine. Le but : construire une "chamber of wonder" soit une chambre des rêves dans le but non défini d'y recevoir des résidences artistiques dans le cadre du développement du lieu.

Le bambou est un matériau assez exceptionnel que je désirais connaître un peu plus ayant toujours grandi dans des maisons où de petites bambouserai étaient présente. Son surnom colombien "d'acier végétal" annonce la couleur. C'est à la fois une plante poussant rapidement, elle atteint sa taille finale après un an, qui offre des sections droites de grande longueur tout en ayant une capacités de résistance à la flexion qu'il est inutile de démontrer. Ses ennemis sont les insectes et la combinaison soleil et pluie. Si il en est protégé, le bambou durera plusieurs décennies sans soucis.

Les taches sont variées sur site entre les travaux de sélection, découpe et assemblage autour du bambou, la réalisation de fondations en terre ou sur roche ou les éternelles phase d'excavations inhérentes à de nombreux chantiers... Bref pas de quoi s'ennuyer et tout s'articule assez bien malgré les modifications de dernières minutes liés à l'utilisation de matériaux naturel sur terrain peu modifié.


Chaque journée est terminée par une baignade dans la rivière du coin, qui reste pour moi un plaisir sans fin.

Nous profitons le soir de ciels étoilés somptueux nottament lorsque la lune est absente. Cette dernière nous régale également de sa présence multicolore lorsqu'elle réapparaît. Les nuits sont l'occasion de nombreux orages et de pluies parfois violentes dont la venue nous est signalée par le silence soudain des insectes qui accompagnent nos nuits bien reposantes pour la plupart.


Les nombreux jours de repos nous permettent d'explorer les environs mais également le village de San Carlos où je me rendrais plusieurs fois afin de goûter aux plaisirs de la vie animée de ce village et me reconnecter avec le monde extérieur. L'un de ces passages sera malheureusement marqué par la déchirante nouvelle de la perte du père de Rivers, qui apprendra en direct, malgré le décalage horaire et notre manque de connexion, la mort de son père suite à un arrêt cardiaque. Bien qu'il s'était préparé à cette éventualité avant sont départ, son père étant dialisé de façon hebdomadaire, cette nouvelle reste un choc qui m'a également fait redescendre de mon nuage un instant. Imaginer la perte de l'un de mes parents m'étant impensable. Nous essayons néanmoins de nous unir autour de River pour le soutenir bien qu'il fasse preuve d'une grande force mentale. La gourmandise est d'ailleurs un bon médicament pour calmer les peines et San Carlos fera office de pharmacie.

Ce séjour sera encore l'occasion d'observer une incroyable faune qui m'est inconnue : des oiseaux rouges pourpres, jaunes or et bleu turquoise le long de la rivière. Des colibri, dont je commence définitivement à tomber amoureux, de pas plus de 5 cm s'aventurent le bec dans les fleurs qui entoure le hamac dans lequel je suis posé. A contrario, ma route pouvait croiser des papillons énormes aux couleurs variées. Nous apercevons également un serpent approchant les 2m à la recherche de proie avec un mélange de peur et de curiosité lors d'une après midi baignade. Les locaux nous avait prévenu de la population nombreuse de serpents dans la région desquelles il vaut mieux se protéger, plusieurs étant mortels.


Je prends réellement goût à cette emploi du temps : bonnes journées de travail, baignades dans le rio, nourriture saines, nuits reposantes accompagnés de lectures, observation de la nature, éveil des sens olfactifs au contact des orchidées, journées de folies au village (au niveau culinaire, musicale et en terrasse)... Cela me laisse le temps de me retrouver pour réfléchir aux possibilités de vies futures; chose qui m'était rarement possible jusqu'à présent et l'un des objectifs cachés de ce voyage. J'ai également pu découvrir au travers d'un légers différent les conditions qui me rendaient heureux au travail et d'une manière générale. J'ai pris conscience de la nécessité de partager et festoyer au quotidien. De continuer à entre-mêler mes différentes personnalités tanto enfantine, tanto réfléchi qui ne s'affrontent pas nécessairement. Le travail avec les Colombiens aura également été enrichissant : Partager sur les differences culturelles et de vie que m'a offert ce volontariats restera une expérience unique de voyage. J'ai trouvé au cours de ce volontariat un équilibre de vie assez inspirant entre travail, temps pour profiter de la vie et sociabilisation. Il ne me manquait plus qu'un peu de fête et de musique mais cela fut comblé au cours du dernier week-end avec l'arrivée de deux amis en provenance de France avec qui nous avons pu assister aux concerts donnés à l'occasion de la fête de l'eau de San Carlos. Moment de liesse qui conclue cette expérience avec brio !


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Publié le 11 octobre 2019

Les dernières semaines en Colombie sont l'occasion de nous retrouver avec Léa suite au départ de Rémi et Zaza, les deux amis Français. Aucun plan n'étant tracé nous esquissons notre voyage entre envies (relaxation sur des plages de sables blanc à Rincón del Mar ou en montagne à Minca), visite sur la côte d'un couple de copains, visites culturelles et touristiques à San Jacinto et dans la zona cafetera après un passage obligé à Medellín pour saluer la casa cliché, où se trouvait Léa précédemment afin d'y récupérer quelques affaires et fêter mon anniversaire au son des chaudes soirées paisas. Nous traversons en bus la Colombie et sa diversité de paysage, le stop ne nous étant pas favorable.

Néanmoins, la date de retour en France approchant, difficile de ne pas y penser et d'avoir hâte de retrouver notre chère pays tout en sachant que ce séjour ne sonnerait pas la fin de notre voyage. En effet, pour cause de mariage de l'un de mes meilleurs amis, pour lequel je serai témoin, nous avons accepté de faire une pause de 3 semaines dans ce périple sud-américain. Des sortes de vacances dans des vacances, un concept plutôt sympa.

Nous terminons notre passage en Colombie chez James (via couch surfing), un colombien vivant au nord de la mégalopole Bogotá et travaillant au ministère des sports. Ces quelques jours nous permettent de profiter des animations offertes par la capitale : marché de créateurs, festival de jazz, cinéma (James nous amène voir le magnifique, bien que difficile, film Monos qui dépeint la vie d'enfants soldat en Colombie), déjeuner avec un ancien collègue et ballades afin de terminer emplettes ou profiter d'un dernier café colombien tout en découvrant le style de vie de la middle class Colombienne.

17 septembre 2019. Ça y est, le vol tant attendu décolle de Bogota. Arrivée à Madrid sans avoir pu dormir, mélange de décalage horaire et d'excitation. Mon sac rempli de cadeaux à été fouillé par les douanes qui n'ont pas pris le temps de tout bien remettre en place, on refait le sac une énième fois, tant pis, encore 6h d'attentes et le prochain coucou nous déposera sur le tarmac Bordelais où mon père nous attendra.

Nous survolons le bassin d'arcachon, le ciel est bleu, la température clémente, c'est l'été indien girondin qui a baigné mon enfance. Quel plaisir ! Pouvoir profiter pendant plusieurs heures des dernières lueurs du soleil sur la terrasse en bois bordé de végétation de la maison aux volets bleu, bien connue de la plupart des Haillanais nées autour des années 90, en compagnie de sa famille et de produits du terroir Français est un vrai bonheur. Le sommeil n'est pas difficile à trouver après ces trajets et cette émotion. Mais ça y est le lendemain, il est déjà l'heure de re-decoller, Léa part en Bretagne rendre visite à la famille et aux amis. De mon côté c'est le début du week-end d'enterrement de vie de garçon de Vianney, le futur marié. Un sacré week-end, simple, bien que compliqué à organiser, qui nous a permit de profiter une fois de plus de la richesse du terroir offert par le sud-ouest de la France.

Les jours défilent, les préparatifs du mariage, les retrouvailles avec les copains, les soirées avec mes parents, le retour de Léa, le mariage, la musique, du vélo. Tout est presque parfait excepté les conditions de surf qui auraient couronnée d'une cerise sur le gâteau ce séjour. Je me rends compte une fois de plus de la chance d'avoir cette vie. Des parents toujours accueillant et ravis de me retrouver, des amis de longues dates que je ne suis pas prêt de perdre, un cadre de vie plaisant, Léa, avec qui je fête à cette occasion 4 ans de vie commune... Et pourtant il est l'heure de repartir... Comme si cela ne suffisait pas... Je sens apparaître au cours des derniers jours une boule en ventre me questionnant sur la nécessité de continuer ce voyage là où personne ne m'attends. Sortir de sa zone de confort, c'est ce qu'on s'était dit. Placer un cadre pour la réflexion en s'éloignant un peu de ce cocon. Des pistes ont fleuries en ce sens mais il reste encore à creuser afin d'entammer avec plus de sérénité, la prochaine décennie. J'embrasse mon chat qui ne sera probablement plus là lors de mon retour après 17 ans de joies partagées. Le départ approche, on parle de sujets sans vraiment y penser. Mon père nous laisse monter dans le bus qui nous amènera à Madrid d'où nous décollerons pour Santiago du Chili. Je broie du noir. Je dissimule quelques larmes et pense à tous ceux qui n'ont pas la chance de vivre ces expériences pour tenter de me rassurer. Je réalise que ces moments de vie ne représentent malheureusement pas le quotidien mais que les événements tel les mariages permettent de réunir les ingrédients du bonheur par magie.


J'ai du mal à me relancer dans l'aventure. Léa ayant déjà des plans jusqu'à mi décembre, je dois me remettre dans la recherche de volontariat... Ce n'est pas la partie la plus plaisante, enchaîner les descriptions de lieux toujours plus extraordinaires les uns que les autres, déceler les vices de l'annonce, se vendre pour être sélectionné. Une recherche d'emploi en version accéléré. Heureusement Tao, notre tout premier hôte, me répond favorablement ce qui me laisse un petit délai pour organiser la suite du séjour. De plus Batiste, un ami, me rejoindra d'ici un mois pour faire un bout de route ensemble.

J'observe par le hublot le coucher de soleil au dessus des nuages. Nous atterrissons à Santiago, il fait nuit. Kenavo en contactos, c'est reparti !

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Publié le 29 novembre 2019

Article et photos par Simon

Des fois dans la vie et peut-être plus encore lors de voyages, on se retrouve dans des situations subies, face à des prises de décisions sans fin. C'est un peu à quoi a rapidement ressemblé ce début de voyage. Un voyage entre Bordeaux et Santiago fatiguant débouchant sur une soirée sur les nerfs. La retrouvaille d'un lieu connu, là où cinq mois auparavant, nous entamions avec Léa notre premier volontariat. Je m'y retrouve cette fois-ci seul, à l'approche du week-end synonyme de jours non-travaillés. Occupation qui m'aurait bien servi pour détourner mon esprit de la solitude. Les vrais plaisirs de la vie sont partagés et la solitude ne me sied pas. Je tourne donc en rond dans cette maison construite pour accueillir jusqu'à 12 volontaires. Les heures passent, j'epuise mon quotat d'activités plaisante sous ce ciel gris et grisant et fini par choisir la fuite. L'évasion vers la côte et son air vivifiant. J'y retrouve pour le week-end, le copain François, rencontré en Bolivie, voyageant maintenant à vélo accompagné d'une equatorienne, Cynthia. Je n'ai pas le temps d'appréhender la ville de Valparaíso qu'il est déjà l'heure de repartir, après tout de meme une petite soirée sur la plage et le passage dans une guinguette musicale trouvée grâce aux conseils avisés de Léa. De toute façon, les villes m'attirent de moins en moins, particulièrement en tant que touriste à défaut d'y avoir un guide local.

Il est temps de visiter le sud. Retrouver tranquillité, air non-pollué, travaux physiques et pourquoi pas le soleil faisant défaut depuis mon retour. Arnaud, mon futur hôte, accepte en effet d'avancer ma date d'arrivée. Il semble avoir besoin de mains d'œuvre pour de la construction, ca tombe bien, j'ai besoin de me dépenser !

La descente vers le sud s'accompagne d'un verdissement des paysages aux abords des routes, après une sortie de Santiago digne du Texas entre paysages arides et publicités pour de grandes marques de pesticides. La région des Maules s'offre à moi : grands espaces constitués de vastes prairies et de forêts de cyprès avec, en arrière plan les andes qui ne sont jamais bien loin au chili. Puis finalement au détour d'un virage, se dessine la longue côte pacifique qui borde le Chili. On a beau être au sud, elle a des allures de nord cette côte : un ciel gris transpercé de rayons lumineux intensifiant les couleurs des prairies et forêts et détaillants aux reflets de l'eau une large palette de couleurs allant du blanc au gris en passant par le bleu. Yann Thiersen s'invite comme par magie à mes oreilles.


Pelluhue, dernier village avant la destination finale, on ne tentera pas de jeux de mots, même si on a l'impression que dehors ca pèle ! Des éoliennes de bateaux et des panneaux solaires son installés sur chaque lampadaire ! J'apprécie ! Le villages semble animé malgré sa taille. Un air de Bretagne... au vu du ratio bars par maison. Le bus arrive finalement au terminal de Curanipe donnant directement sur la mer d'où je dois reprendre un autre bus pour rallier le lieu du volontariat. Pendant l'attente à l'arrêt de bus mon voisin quelque peu alcoolique se descend quelques gorgée de vin de table, c'était peut être du vinaigre ? Avant de deglutir. Tout était trop beau pour être vrai...

Minimercado chicopeté, nom donné en l'honneur d'un alcoolique vivant dans les parages, le chauffeur m'indique que c'est ici que se termine mon trajet. Sous mes yeux un plateau surplombant la mer. Quel cadre ! Prairies, moutons, vaches, fraises et un chemin qui serpente jusqu'à la maison d'Arnaud.

Je rentre directement dans l'ambiance, Arnaud m'acceuil avec une bière et l'on sympathise très rapidement, étant Français, cela accélère les choses. Le lieu est composé de plusieurs maisons et cabanes en pin construitent par Arnaud & Co au cours des dernières années. C'est suite à un voyage en moto (chinoise !) en Amérique latine 9 ans auparavant qu'Arnaud est tombé amoureux de la région et acheta un morceaux de terrain surplombant la mer pour une bouché de pain. La casa Atipika, mix entre B&B, lodge, chambre d'hôte et hostel est née ! Y'a pas à dire, même si le lieu n'est pas parfait, il a un sacré charme et Arnaud propose également d'autres activités pour découvrir la région entre kayak, VTT et balades...L'action ne tarde pas à commencer car il faut aller chercher la camionnette (increvable... Sauf des pneus) d'Arnaud chez le garagiste qui semble fonctionner de nouveau après de longs mois végétatifs. Nous rentrons avant la nuit car l'autre voiture d'Arnaud, un vieux van Ford fabriqué en Allemagne, n'a pas de phares... Les voitures d'Arnaud tout une histoire qui nous occupera pas mal lors de mon passage, entre garagiste, pannes d'essences et pneu crevé mais cela donne un peu de piquant à la vie à l'image de l'aji, cette sauce plus au moins piquante que les chiliens ajoutent à n'importe quel plats.


Je me prends rapidement d'amitié pour le lieu, Arnaud, ses chiens, le chat, la mer, les environs. Chaque jour amène son lot de nouveautés, l'organisation n'étant pas la principale qualité d'Arnaud il arrive rarement que la tâche annoncé la veille soit celle réalisée le lendemain mais pour quelqu'un comme moi qui a du mal avec la routine quoi de mieux ?!

Jardinage, tronçonnage, menuiserie, terrassement, mobilier, cueillette de fraise, maintenance du lieu, visite chez des amis, donner un coup de main dans une école, les taches ne manquent pas et Arnaud me trimballe partout avec lui, enfin une expérience de volontariat réellement partagée et je dois avouer que j'adore ! Les journées se suivent et ne se ressemblent que rarement. En fonction de la forme et de la soirée de la veille la journée se dessine : grosse journée intensive, comme journée glande et oisiveté. Fini la culpabilité, place à la vie. Nous nous aidons mutuellement sur le plan moral, Arnaud ayant besoin de se relancer suite à cinq mois de vacances et une séparation et moi pour entamer cette seconde partie du voyage. Il me fait confiance immédiatement ce qui me permet d'aller faire des emplettes à droite et à gauche et sentir la vie rurale chilienne. Je prends conscience que ce mode de vie m'attire de plus en plus mais qu'il est essentiel pour vivre en milieu rural de se constituer un réseau d'amis et de connaissances pour ne pas sombrer dans la solitude silencieuse...

"Simon!!! Ramène toi !!! Vite!!"

Nous travaillons sur la création d'une palissade lorsque Arnaud arrive en courant en me criant de venir. Ayant un sacré don pour ne communiquer que la moitié des informations importantes, j'hésite entre blague et incident majeur. Voyant mon rythme, il m'informe que la maison de l'un de ses potes brûle et qu'il faut foncer, les pompiers n'arrivant souvent que pour constater les dégâts dans la région... Cette journée avait commencé par une session surf (assez engagée avec des vagues de 2-3m) sur un spot au sud de Curanipe, à Buchupureo, en compagnie de Brésilien résidant en tant que client à la casa Atipika et m'ayant fournis planche et transports : le rêve ! Arnaud m'ayant encouragé à profiter au maximum de leurs présence malgré mon arrivée récente, je n'avais pu résister à l'appel de quelques sessions surf qui resteront gravées dans ma mémoire entre spots magnifiques, vagues impressionnantes et couleurs enivrantes. J'étais rentré lessivé, mais me sentant un peu redevable, nous avions commencé à travailler avec Arnaud jusqu'à cet appel ! Quelques litres d'essence dans le réservoir et le mode rallye s'enclenche ! Il faut dire que Raymundo cherche un peu la complexité (ou le romantisme, cela dépend l'angle par lequel on observe) : sa maison est situé sur les hauteurs au milieu de la végétation et domine les plages environnantes avec une vue incroyable, pas de voisins, son moyen de déplacement principal est une calèche tirée par une jument, violeta, avec laquelle il va chercher sa copine à la station de bus lorsqu'elle est de passage. Petite amie avec laquelle il a décidé, la veille, de faire un feu de camp au milieu de la végétation à une centaine de mètre de sa cabane. Vous visualisez la scène ? Des braises ravivée par le vent, un couple en ballade en contrebas sur sa calèche observant la fumée qui émane des environs de la propriété et une sacrée côte à grimper pour pouvoir accéder au brasier à la vitesse choisie par violeta... L'avantage c'est que le temps de la montée laisse le temps à Raymundo d'apeller tous ses contacts pour venir lui prêter main forte. Nous voilà donc à gravir le chemin menant chez Mundo et c'est mine de rien un sacré dénivelé que le 4×4 d'Arnaud avale (j'image la scène en calèche...). Armé d'une pelle et d'un bidon d'eau nous nous jetons dans les flammes. L'incendie est presque maîtrisé mais le vent venant de se lever sur cette pente montagneuse, les départs de flammes se multiplient. Habitués du faite, Arnaud et Mundo s'attachent à la création de pare-feu pour stopper la progression du feu tandis que j'écrase de ma pelle les flammes qui surgissent. Je suis en transe et les gouttes qui tombent de mon front m'indique que l'effort physique est important malgré ce que tente de me faire croire mon cerveau. Les pompiers finissent par arriver, le feu est maîtrisé mais le sol est encore fumant et tandis qu'ils déroulent tranquillement la lance à incendie nous nous attaquons, à la pelle et à la tronçonneuse, à un nouveau départ de flammes à une dizaine de mètre. Les combattants du feu sécurisent la zone avant de repartir. L'occasion de siroter bière et kombucha bien méritées tout en observant la vue incroyable. La pression redescend, j'ai froid et je payerais cette journée de deux bonnes nuits de sommeil...


Les soirées défilent mais ne se ressemblent pas nottament grace aux clients de passages à la casa Atipika. Du couple à la recherche de repos, à la famille en vacances, en passant par le couple mère/fille en session retrouvaille, tout type de profils ponctuent nos soirées. Le principe du lieu étant le partage, il n'est pas rare de se retrouver invité par les clients à un repas : autour d'une parrilla ou bien à jouer aux cartes toute la soirée. Lorsque la maison est vide, ballade sur la plage avec les chiens, observation du coucher de soleil, discussions au coin du feu et lectures remplissent également parfaitement la soirée.

Je constate cependant un choix de facilité de ma part : volontariat chez un Français en bord de mer sous le soleil entouré de pins. Niveau choc culturel on repassera... Cela me permet cependant d'enchaîner des expériences nouvelles et des rencontres enrichissantes, Arnaud pouvant m'aider à bien comprendre les situations pour lesquelles j'aurais en temps normal laissé un flou due à la différence de culture ou l'incompréhension linguistique. Sa générosité étant sans égal, je goute cependant à de bonnes expériences chiliennes en compagnie de ses connaissances et chaque sortie est un voyage en soi en compagnie d'Arnaud et de ses voitures de collection. Ce mode de voyage me correspond vraiment. Détestant être un bien de consommation touristique et me sentant mal à l'aise de voyager au frais de mes hôtes, le format volontariat présente le juste équilibre. C'est en effet un vrai partage qui s'installe entre l'hôte et le volontaire. Je garderais de cette expérience probablement la meilleure expérience de volontariat de mon voyage. Peut-être par manque d'ouverture de ma part, mais surement grace à Arnaud qui a choisi de vivre ses rêves et de les partager. Devant rester 2 semaines à l'origine, je partirais finalement 5 semaines plus tard après l'arrivée de Batiste, un ami Français de voyage au Chili pour 3 semaines m'aidant à mettre un terme à cette aventure avant qu'elle ne se ternisse. On boucle le sac à dos, il est temps de reprendre la route. Quelle meilleure manière que de la commencer au volant d'un magnifique van ford des années 70. Direction le sud en longeant la côte pacifique. Prochain arrêt concepcion, il paraît que le chili se réveille en ces temps... Allons voir de plus prêt à quoi cela ressemble...