Carnet de voyage

Un an aux amériques

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Vivre au présent, rencontrer d’autres cultures, d’autres façons de voir le monde, me ressourcer en mêlant l’expérience à mon goût pour la photo et la littérature, voilà l’objectif de ce voyage.
Du 3 octobre 2018 au 15 août 2019
317 jours
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Etape 1 : L’itinéraire.

Ma petite terre d'accueil pour l'année à venir. 

'' Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route '' [J. GIONO].

Se mettre en route. Le rêve. Mon rêve. Mais pour aller où ? Car un an, c’est court, et l’Amérique, c’est grand. Alors voilà, il m’a fallu faire des choix. Et ceux qui me connaissent savent combien cela me coûte de fermer des portes. Même lorsque c’est pour en ouvrir de nouvelles. Bref, je vous la fais courte, mais sacrée galère que cet itinéraire !

La majorité de mon voyage est tournée vers l'expérience d'expatriation aux USA, en Californie. Principalement en vertu du fait que - cela ne vous étonnera pas - mon anglais gagnerait à être amélioré ! Et aussi parce que j'y rejoins une personne qui m'est chère. Mais, rester sur le continent américain si longtemps - la durée totale du voyage est fixée à 10 mois - sans retourner là où mes pas et mes pensées sont irrésistiblement attirés, si proche des USA et tellement vaste qu'elle me repousse (la peur de bâcler, de vouloir tout voir et d'en être paralysée, et, surtout, la peur de voir un rêve achevé) tout autant qu'elle me fascine, cela ne pouvait être envisageable. Je concilie donc mes envies et mes besoins par un voyage en Amérique latine au sein du voyage aux amériques.

Ainsi, à ce jour, mon itinéraire est a priori relativement fixé, jusqu’à nouvel ordre, comme suit :

  1. Du 3 octobre au 3 février : USA, Santa Barbara. Objectifs : apprendre l’anglais ; découvrir un quotidien californien et l’expatriation ; s'investir dans une association qui vient en aide aux personnes qui vivent dans la rue ; apprendre la photographie, le surf, le swing ; voyages ponctuels (Texas et Arizona) et citytrips (NYC pour le nouvel an !), etc.
  2. Du 3 février au 20 février : Colombie.Objectifs : randonnées, à pied et à cheval, pour découvrir les paysages d'une diversité incomparable, principalement la côte caribéenne que je ne connais pas du tout et la Cordillère des Andes, pour laquelle j'ai clairement un faible ; volontariat ou woofing d'une dizaine de jours.
  3. Du 20 février au 5 mars : Uruguay. Objectifs : randonnée et tourisme ; carnaval début mars.
  4. Du 5 mars au 20 mars : Brésil. Objectifs : randonnée et tourisme (roadtrip et citytrip) autour de Rio et Sao Paulo, en commençant par le célèbrissime carnaval ; woofing ou volontariat.
  5. Du 20 mars au 24 mars : Chutes d'Iguazu, côté Brésil puis Argentine. Objectifs : en prendre plein la vue, quelques jours de randonnée en autonomie totale.
  6. Du 25 mars au 26 mars : Buenos Aires. Objectifs : découvrir l'une des fascinantes capitales d'Amérique latine ; organiser la suite du programme argentin, LE moment que j'attends avec le plus d'impatience.
  7. Du 27 mars au 27 avril : Argentine, ranchs de la Pampa et Terre de Feu. Objectifs : vivre au rythme des gauchos et travailler dans un ranch ; visiter la Tierra del Fuego.
  8. Du 28 avril au 30 avril : retour sur Buenos Aires. Objectifs : se préparer à la remontée jusqu'à Quito (Equateur).
  9. Du 1er au 10 mai : retour en bus de Buenos Aires à Quito. Une longue route en perspective, d'Argentine en Equateur, car les billets d'avion pour les USA sont nettement plus abordables à Quito qu'ailleurs, mais il me faut y remonter... en bus... d'où les pauses, que je détaille ci-après, dans les capitales, pour profiter de la diversité des pays traversés, comme une sorte de futur voyage en puissance. a) Du 1er au 4 mai : Buenos Aires - Sucre (Bolivie). Objectifs : je m'arrête à Sucre, une ville que je rêve de visiter, et ferai sans doute un passage express' par Potosi, pour voir les mines boliviennes que je n'ai pas pu faire lors de mes derniers passages. Je ne pouvais pas traverser la Bolivie sans m'y arrêter ! b) Du 4 au 8 mai : Sucre - Lima (Pérou). Objectifs : je retrouve un ami péruvien et en profiterai pour me dégourdir les pattes au cours d'un petit trek dans la montagne environnante. c) Du 8 au 10 mai : Lima - Quito (Equateur) : à mon grand regret, je ne peux pas m'y attarder cette fois-ci, malgré toutes les louanges qui m'en ont été faites ; mais si j'y passe, n'est-ce pas finalement pour que ces derniers moments en Amérique latine sonnent comme la promesse d'un retour ? Objectifs : avant de prendre l'avion, je passe par une capitale riche en surprise.
  10. Du 10 mai au 15 août : USA. Objectifs : roadtrips dans les parcs naturels de l’Ouest américain, à pied, à cheval, en voiture, le tout avec mon sac à dos, ma tente, et peut-être de la compagnie ! En route pour la Death Valley, le Grand Canyon, et la tournée des parcs mythiques ! ; virée mexicaine.

Bien évidemment, vous l’aurez compris, cet itinéraire est sensiblement susceptible de changer... Mais disons que l’esprit de ce voyage n’est pas d’enchaîner les pays ni d’avoir une vision exhaustive de chaque pays visité. Je recherche plutôt l’expérience d’un quotidien, d’une part, et la rencontre avec des hommes et femmes d’autres cultures, ce qui à mon sens ne peut passer qu’en prenant le temps de vivre le lieu, et non seulement de le traverser. C’est un point de vue comme un autre, mais le ton est donné ! Ceci étant, je n'exclue pas non plus la dimension touristique de ce voyage : je veux repartir de là au bout de 10 mois avec des images, des couleurs, des lumières, des sons, des odeurs, et j'en passe, plein la tête et l'appareil photo (d'où les cours suivis en amont aux USA) et une inspiration nouvelle et stimulante pour nourrir mon écriture qui se cherche.

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Etape 2 : le projet.

Décollage prévu pour Los Angeles le 3 octobre 2018.

C'est là que tout a commencé. Lago Titicaca, Bolivia, décembre 2015. 

Je me rends compte que je vous invite à me suivre sans avoir expliqué le but de cette page, ni le comment du pourquoi, ce qui risque d’alarmer les esprits rationnels ! J’ai créé cette page afin que vous puissiez m’accompagner au cours de ce voyage d’un an aux amériques, dans ce drôle de quotidien d’expatriée provisoire. Et puis, je crois ne pas me tromper en affirmant que le pays breton, les amis, la famille, tout ça va me manquer. C’est la première fois que je pars si longtemps, et je sais d’expérience, au regard de mes courts voyages précédents, que ce ne sera pas rose tous les jours ! Alors voilà, entre carnet de bord - descriptions, états d'âme, informations culturelles et historiques, etc.- et outil de communication - afin de partager l'expérience avec tous de la façon la plus exhaustive qui me soit permise -, j’ai décidé de créer cette page, en guise de présence pour ceux qui vont tant me manquer.

Cela fait des années que je rêve ce voyage, et le voilà tout proche. Je ne sais même pas par où commencer les préparatifs de départ ! Mon quotidien alterne entre rendez-vous médicaux et administratifs - le visa “tourisme long” pour les USA est une longue aventure à lui tout seul. Donc pour l’instant, le rêve a plutôt un goût, trop connu, de stress et de galères. Mais il paraît que cela fait partie du jeu ! Je vous propose donc de partager aussi mon expérience pratique, afin de pouvoir, peut-être, en bénéficier pour vos voyages à venir ! Je rédigerai donc quelques articles afin de faire état des préparatifs, et de toute la - longue - partie en amont du voyage.

J’espère découvrir les sensations que je recherche dans ce voyage : liberté, nouveauté, humilité, quiétude, inspiration, vivre au jour le jour, rencontrer d’autres cultures, et d’autres façons de voir le monde, me ressourcer après plus de 8 ans d’études et avant d’enseigner à mon tour. Mon projet de voyage a cependant considérablement mûri au cours de mes voyages ponctuels précédents, par rapport à l'idée que je m'en faisais lorsque, enfant, j'en rêvais déjà ; mais je ne me leurre pas, j'ai conscience de la fragilité des rares certitudes que j'ai pour le moment.

Soit. J'ajouterais que, ne pouvant pas tirer une croix sur ce qui m’est cher, ce voyage est aussi l’occasion de mêler l’expérience vécue à mon goût pour l’art en général : notamment la photographie mais aussi la littérature bien sûr. La plupart de mes articles seront ainsi agrémentés de mes photos prises avec l'appareil que mon sœuron m'a gentiment prêté, et seront pour moi également des pistes d'exploration littéraire.

Je terminerais enfin cette description, en citant, comme un avant-goût pour la suite de mes aventures, l’un de ces écrivains qui sont pour moi des piliers au quotidien, ici comme ailleurs, un poète qui m’accompagne chaque jour, et qui par la brièveté que je n’ai pas est capable de dire le monde dans toute sa richesse dans une véritable invitation à la rencontre :

“ Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront”. René Char.

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Pour les futurs voyageurs, un article pour vous aider à ne rien oublier.

Ma to-do-list d'avant-départ :

ADMINISTRATIF :

  • Passeport : à jour pour plusieurs années encore ; aucun pays dont la visite m'interdirait de séjourner aux USA, ouf !
  • Visa long USA : toute une aventure à l'ambassade à Paris, mais ça y est, je l'ai reçu !
  • Billets d'avion : j'ai pris l'aller Paris - Los Angeles avec la compagnie Norwegian, je décolle de Paris le 3 octobre et j'arrive le même jour (merci le jetlag) à Los Angeles. Mais ... problème ! Je ne peux pas rentrer sur le territoire américain avec un visa touriste, même long, sans avoir un billet de sortie, et comme mon retour en France est dans trop longtemps, je ne peux pas le prendre. LA solution (ou, en tout cas, MA solution) : j'ai déterminé la date précise de mon départ en Amérique latine, et j'ai fait un comparatif des billets les moins chers au départ de Los Angeles, pour des destinations qui m'intéressaient déjà a priori. Les heureux élus sont, de loin, la Colombie et l'Equateur. J'ai, après bien des hésitations, fini par choisir la Colombie, qui sera mon pays de sortie des USA et d'entrée en Amérique latine.
  • Résiliation de tous les abonnements inutiles pendant mon absence (appartement rendu, donc factures internet, électricité, eau : check) : abonnement de TGVmax et pass Navigo, transfert de mon courrier à la maison.
  • Démarches auprès de la banque (nouvelle carte de crédit Gold, à laquelle j'ajoute une carte Revolut et une carte N26 qui me permettent de retirer à frais moindres à l'étranger, mais qu'il faut activer avant le départ ; déblocage de fonds)
  • Impôts (se renseigner pour la déclaration à venir)
  • Assurance pour pallier l'absence de sécurité sociale et de mutuelle en raison de mon non-statut d'ex-étudiante en report de stage mais titulaire d'un concours de la fonction publique (j'ai choisi l'assurance privée CHAPKA)
  • Téléphone débloqué pour pouvoir supporter une carte SIM aux USA

SANTE

  • Vaccins : fièvre jaune ; hépatite B ; typhoïde ; vaccins courants à jour
  • Constitution d'une trousse à pharmacie (avec notamment les médicaments du quotidien qui font l'objet d'un renouvellement, type anti-histaminiques, sur ordonnance, à se procurer avant de partir pour pouvoir tenir jusqu'à mon retour ; mais aussi les médicaments comme les anti-contracturants ou le paracétamol)
  • Visites médicales en tout genre, non seulement pour faire un check-up avant de partir mais aussi et surtout parce que les assurances privées ne prennent pas en charge les visites de "confort" (gynécologie, dermatologie, douleurs de dos, dentiste) à l'étranger. NB : les assurances type Chapka prennent en charge, au retour en France et le temps de régulariser sa situation auprès de la sécurité sociale et de la mutuelle, les éventuelles dépenses médicales.

$$$ ACHATS $$$

  • Le complément d'affaires de randonnée (objectif ultra-light) : tente, doudoune à mettre sous un manteau, matelas, duvet, collant polaire à mettre sous le pantalon de pluie, etc. (je ferai état de mon sac dans un autre article)
  • Guides de voyage, en format papier et numérique (je peux télécharger des guides sur ma liseuse, le bon plan !)
  • Adaptateur
  • Organiseurs de voyages (petits sacs à mettre dans mon BackPack, afin de bien compartimenter le sac)
  • Carnet de voyage

AUTRES CHOSES A FAIRE

  • confier mon chien et mon cheval à la copropriétaire de ce dernier (accessoirement une amie d'enfance 😉 ) et mettre en place le virement pour les pensions
  • mettre à jour ma page de voyage, apprendre à utiliser mon compte Instagram
  • vider la carte mémoire de l'appareil photo, et le charger, afin qu'il soit prêt à l'emploi
  • profiter des amis et de la famille
  • s'occuper d'organiser les premiers jours aux USA au moment où j'atterris
  • faire mon sac une première fois, trois semaines avant le départ, pour : vérifier que tout y rentre, choisir mes vêtements et compagnie (je pars avec le strict minimum, principalement des vêtements pour le sport, la randonnée, et je compte acheter le reste aux USA ou en Amérique latine : je laisserai ensuite mes achats au moment de rentrer en France), pouvoir acheter ce qu'il manque (électronique, hygiène, articles importants pour le quotidien, etc.). Mon choix : je charge mon sac comme si je partais 2 semaines, à l'exception des médicaments quotidiens, et j'achète le reste sur place.
  • organiser le départ de Paris (billets de train, logement la veille du départ, etc.)
  • vendre des choses pour gagner un peu de sous avant le départ (Vinted et vide-grenier)
  • recalculer proprement le budget du voyage et gérer les dépenses et rentrées d'argent (je compte faire de la relecture de mémoires notamment, pour gagner un peu d'argent, grâce à ma formation en recherche littéraire, mais pour cela il faut que je mette en ligne sur les sites consacrés mon annonce)
  • emmener la voiture au contrôle technique : si elle le passe, elle reste à la maison, et je la retrouverai en rentrant ; si elle ne le passe pas... on ne la garde pas, a dit papa ! Ce sera un problème en moins.
  • faire une demande de permis international et de la carte des auberges de jeunesse
  • faire des photocopies de tous les papiers importants, vérifier les mots de passe des comptes internet, noter tous les numéros utiles (proches ; médecin ; opposition carte bleue ; assurance ; etc.)
  • préparer un plan de voyage pour les douaniers aux USA
  • voir pour un compte spotify premium
  • vérifier une dernière fois les comptes, qu'il n'y a plus de prélèvements dont on n'a pas besoin (si besoin, résilier en dernière minute)
  • lire les guides de voyage, pour rêver un peu !
  • manger du fromage et du saucisson !!!

D'autres idées ? Des suggestions ? N'hésitez pas à m'écrire !

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Ça y est ! J'y suis. Santa Barbara, un concentré de l'American way of life.

Je vous passe les adieux, le stress du voyage, la fatigue, les mille questions du personnel de la compagnie pour s'assurer de mes revenus et de mes bonnes intentions, etc., mais je dirais simplement que l'euphorie du départ est une belle utopie ! Et lorsque vous êtes à l'aéroport, pour de bon, de l'autre côté des portiques de la douane (ouf, passé!), dans une sorte de non-monde où l'on parle toutes les langues et où les repères de lieu et de temps ne signifient plus rien, seul.e, avec pour seule compagnie une peluche que les copains vous ont offert pour le départ, je dois avouer qu'en ce qui me concerne j'ai sérieusement envisagé de laisser tomber.

Et oui, ça arrive aux meilleurs, et je ne nie pas pour autant la chance que j'ai, mais le coup de blues du départ n'est pas un moment facile, et c'est difficile de le partager, de se plaindre alors qu'on est en route pour un voyage merveilleux comme celui qui m'attend et que j'ai choisi de vivre.

Bref. Arrivée à Los Angeles, pas le temps de réfléchir à ce qui m'arrive ! Je prends immédiatement le bus pour Santa Barbara.

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NB : le ticket est à acheter sur le site : https://www.sbairbus.com. Il faut bien l'acheter avant de monter dans le bus, à la différence des bus Flyaways pour Los Angeles, dont on paye le ticket à l'arrivée du bus et non pas en montant. Du coup, moi je l'ai acheté avec mon téléphone une fois sur place, car mon forfait Free international me permet d'utiliser sans frais 25Go de 3G aux USA. Je ne l'ai pas pris en avance (même si j'aurais pu le faire avant de prendre l'avion) pour être sûre de ne pas rater le bus si mon avion arrivait trop tard. Mais sinon, si vous n'êtes pas sûrs d'avoir internet en arrivant (le WiFi de l'aéroport ne marchait pas pour ma part), prenez le ticket de bus, en prévoyant large, avant de partir avec n'importe quel ordinateur, ça fonctionne très bien !

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Bientôt, ce fut l'obscurité, une obscurité de raisins, une obscurité pourprée sur les plantations de mandariniers et les champs de melon ; le soleil couleur de raisin écrasé, avec des balafres rouge bourgogne, les champs couleur de l'amour et des mystères hispaniques ".


J. Kerouac, Sur la route, à propos de la Californie.

Sur la route des vins, dans les montagnes environnantes. 
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Il est minuit, je ne comprends rien à ce que l'on me dit, j'ai l'impression de ne pas être dans mon corps mais de flotter dans une autre réalité, et je ne rêve que de dormir après ces 24h de veille. En effet, je me suis empêchée de dormir dans l'avion, car en arrivant à minuit à Santa Barbara, c'est l'heure de se coucher, et je n'aurais jamais pu dormir en ayant fait une nuit de 10h sur la durée du vol... Alors j'ai pris le parti de supporter les râleries incessantes de mes voisins d'avion : entre eux, sur le personnel, sur la compagnie, sur les Americains, etc., un doux bonheur. Mon rêve, dormir, est bien prosaïque donc - on est encore loin de l'American dream pour l'heure, et il est de ce fait bien vite exaucé : l'appartement où je vais passer mes prochaines semaines se situe en effet dans le Downtown, près de l'arrêt de bus.

Dans cet état de somnolence, ce que je retiens de mon arrivée, ce n'est rien qui soit du ressor du descriptif, car trop fugace : ce sont des sensations, des odeurs, des bruits, des images colorées de la Californie. C'est la douceur de l'air, le calme régnant, le vent dans les palmiers, l'ombre de vignes à perte de vue, l'odeur des piments à la mexicaine si forte que j'ai le sentiment d'en manger, et surtout, ce qui m'est le plus cher entre tous les bruits, celui qui m'a bercée depuis mon enfance, le grondement sourd et fracassant des vagues dans le lointain.

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A propos de Santa Barbara ?

Cette ville est surprenante. Depuis un mois, je ne cesse de l'arpenter à pied, ce qui en fait d'ailleurs selon moi tout son charme par rapport au monstre qu'est Los Angeles. Et il me semble n'avoir encore rien vu.

Le théâtre historique de la ville, coucher du soleil. 

Je m'essaie à présent à la donner à voir, à sentir, à entendre, dans toute sa complexité, telle qu'elle m'apparaît.

Influence  de la gastronomie mexicaine dans un restaurant de fruits de mer plutôt chic (huîtres, ceviche, burritos de poisson)

A Santa Barbara, le Mexique se décline sous toutes ses facettes et sature l'atmosphère. L'espagnol est un bruit de fond, les classiques hamburgers sont revisités façon burritos - épices obligent, et les noms des rues ou des lieux-dits n'ont rien d'anglophone. Les noms des rues principales par exemple (De la Guerra pour n'en citer qu'une) sont ceux des premières familles richissimes de la ville, venues d'Espagne, qui ont imposé leur style et leurs coutumes. Vous pourrez ainsi visiter la Casa de la Guerra ou El Placeo, et faire votre shopping Al Paseo (photo de droite). En parlant bien espagnol, et en baragouinant l'anglais, je peux finalement communiquer davantage que des anglophones ne parlant pas un mot d'espagnol !

L'un des hauts lieux touristiques de la ville est la Misión, l'une des plus grandes et des plus esthétiques missions de la Californie. Elle est surnommée " Reine des missions ", et porte encore de nombreuses traces de son histoire très riche. Elle fut en effet longtemps une paroisse des Chumaschs, le peuple vivant ici avant l'arrivée hispanique. D'une blancheur éclatante, compte tenu l'ensoleillement qui fait ressortir le blanc sur fond bleu azur (Santa Barbara est reconnue comme la ville la plus ensoleillée de Californie, avec, en contrepartie de ses atouts idylliques, les problèmes énormes de sécheresse que cela implique : une infinité de techniques sont ainsi testées, comme sur cette fontaine, à gauche, où des bulles de verre flottant à la surface réduisent l'exposition directe de l'eau au soleil et limitent ainsi l'évaporation), elle se tient nichée dans la montagne, dont l'aridité, conséquence de graves incendies, contraste de façon presqu'indécente avec la végétation luxuriante des jardins.

State Street, artère principale, qui débouche sur la plage 

Les plages de Santa Barbara justifient l'attraction touristique de la ville : toutes proches du centre, bordées de palmiers, ce sont de longues étendues de sable fin. L'océan Pacifique et ses rouleaux font le bonheur des surfeurs, et je ne me lasse pas, chaque jour, de m'y baigner avant d'aller travailler. Le port est bordé d'une digue, depuis laquelle, à droite, se découvre l'océan et les Îles de la Baie (Channel Islands), et à gauche, s'impose la montagne. L'autre jour, en regardant les pics depuis le bout de la jetée, alors que j'entendais des vagues se fracasser au pied de la digue, un pélican est passé, comme un photomontage grossièrement truqué, sur fond artificiel de montagne et de mâts de bateaux, avant de plonger dans l'océan.

Il y a ainsi une faune impressionnante dans la baie : baleines en tout genre, lions de mer, pélicans, et, touche américaine in extremis, des chiens de toute race et de toute taille ! Blague à part, chaque famille possède en effet son, voire ses, chien.s. Ils peuvent entrer dans tous les lieux publics, bibliothèque incluse. Les gens s'arrêtent pour caresser les chiens qu'ils croisent, et ils font véritablement partie de la famille ! Mais toutefois, je ne peux m'empêcher, en tant que propriétaire de chien en France, qu'il n'y a pas une crotte en vue : les maîtres sont très consciencieux, ou, peut-être aussi découragés de souiller l'espace public compte tenu du coût des amendes... Tout étant exorbitant dans ce paradis, les amendes n'échappent pas à la règle. Ici plus qu'ailleurs, le contraste entre la richesse indécente et la misère la plus sordide vient d'ailleurs un peu ternir le tableau.

Qu'en est-il de l'aspect général de la ville ? Ce qui me frappe principalement, ce sont ces palmiers et cette verdure, de toute part, malgré le soleil de plomb.

Point d'immeubles (ce qui explique la difficulté pour se loger : disons pour faire bref que Paris est une ville très bon marché à côté de Santa Barbara), les commerces et les logements sont dans des petites maisons californiennes toutes différentes et chacune bordée d'un coquet jardinet, de buissons et de palmiers. Les routes sont parfaitement parallèles, ou perpendiculaires, le résultat étant le même : des routes immenses au bout desquelles se dresse la montagne. Au début je me suis fait avoir : " ah, c'est sur la Carrillo street ? Super, c'est tout près de chez moi ! ". Sauf que la route Carrillo en question fait des kilomètres! Et ledit lieu était au moins à une heure de marche. Ma ponctualité ne va pas en s'améliorant, autant vous le dire. Et ces kilomètres de bitume sont tout le temps bordés d'arbres, ce qui fait que, comme les bâtiments sont bas, dès qu'on prend un peu de hauteur, la vue globale de la ville est semblable à celle de la somme de plein de petits hameaux montagnards. Et honnêtement, toute cette flore - arbres, montagne, parcs, océan, plages, vignes et jardins - réjouirait n'importe quel peintre par la variété des couleurs qui s'en déclinent, et pour ma part je ne m'en lasse jamais.

Un petit mot, sans trop m'y attarder car je ne veux en aucun cas tirer des conclusions sur "les Américains", quant à mon contact avec les gens de la ville. Beaucoup de sourires, on me dit constamment bonjour ! Les gens dans la rue s'interpellent facilement : l'autre jour, alors que nous marchions, un homme passant à vélo crie en passant à mon ami : "j'adore ta vest......" et le voilà déjà loin. Au supermarché, les caissiers demandent systématiquement comment on va, et ce qu'on a fait de beau aujourd'hui : et, d'ailleurs, à cause de mon anglais médiocre, j'ai mis du temps à le comprendre, ce qui fait que plus d'une fois j'ai répondu "no, no, it's ok", pensant qu'on voulait me vendre un sac plastique ou une carte de fidélité, à un simple "how was your day ?". Au swing, les danseurs et danseuses viennent immédiatement me demander si je suis nouvelle, si tout se passe bien, si je n'ai besoin de rien, ils m'expliquent dès qu'ils me voient galérer sur un pas (c'est-à-dire souvent) et ils me font des câlins pour me dire bonjour (il paraît que c'est normal, hum, j'ai toujours du mal personnellement). Bref, beaucoup de simplicité et de générosité, et de volubilité également, dans leur façon de parler et de s'émerveiller (tout est facilement "amazing" par exemple) : tout ceci vient peut-être pallier le mode de vie très individualiste (chacun vit dans son quartier " ethnique ", dans sa petite maison, avec sa très grosse voiture et son téléphone dernier cri, quel que soit son revenu : la propriété privée et la consommation sont ainsi très fortement présentes). Mais en terme d'humain, on est aux antipodes de mes préjugés, et comme toujours la réalité d'un groupe humain est tellement plus complexe et nuancée que l'idée qu'on s'en fait ! Et je ne prétends pas en rendre compte : je ne retiens qu'une leçon d'humilité, car ce mélange n'est finalement pas si terrible ; et qui suis-je pour juger tout un peuple ? En somme, je dois admettre que je me plais ici.

Je dirais que la seule ombre au tableau dans cette jolie ville, c'est la saturation de l'espace par un idéal de consommation encore trop mis en scène alors qu'il est grand temps d'en sortir. Le nombre florissant de sans-abris côtoyant les boutiques de luxe ; les incendies dévastateurs hors de la ville qui jurent face aux jardins verdoyants des propriétés ; un Farmers Market très fréquenté par ceux qui en ont les moyens afin d'échapper aux OGM, pesticides, lobbying industriels, mais qui met en accès libre, allègrement, des sacs plastiques, dont chacun profite, moi la pemière, pour ne surtout pas mélanger les carottes et les tomates, et qui présente des étals considérables d'avocats : voici un choix d'exemples qui attirent mon attention en ce qu'ils appellent à réfléchir plus que jamais à l'avenir de notre planète et de notre (nos) société.s. Car Santa Barbara n'est-elle vraiment qu'un exemple isolé d'un modèle qui s'essouffle et montre ses limites sans vouloir se l'admettre ?

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I. LE GRAND CANYON.

Réveil à 4h30 du matin, 2h de route, un froid glacial pour les Californiens que nous sommes : ça y est, nous voilà sur le parking d'un des lieux les plus visités des USA, immense étendue grisâtre, prêt à recevoir les foules, encore givré alors que le soleil commence à se lever.

Autour de nous, seuls au milieu de ce parking désert : des arbres, la montagne, des chalets de vacance. Nous empruntons un chemin serpentant parmi les édifices touristiques divers, les pins et les fameux cactus arizoniens, en trottinant pour essayer de se débarrasser de ce froid qui me tétanise malgré les deux manteaux, trois pulls, et 2 paires de chaussettes de laine.

Et après une dernière courbe, sans prévenir...

Le voici !! Immense faille aux milles nuances de rouge, le Grand Canyon est un bijou géologique et artistique. Immense, immobile, permanent : j'en ai le vertige, à tous les sens du termes. Les années semblent s'incarner sous mes yeux, le temps prend forme à travers les couches de sédimentations. Impossible de s'arracher à cet état de contemplation, la faille est de taille et me fascine tout autant qu'elle me renvoie à mon humanité : nous ne sommes pas grand chose, ni dans le temps, ni dans la matière, face à de tels chef-d'oeuvres naturels. Quelques clichés donc, pour le plaisir des sens.

Lumière du levant 
Lumière du couchant 
On se sent petit, très petit... 

Boaters in the Grand Canyon often say they feel as if they are in another world, another time. They say they forget the outside world, and it forgets them. Time expands; it drifts. Worlds and times collide in the canyon, and the words we know — the language we have — are part of the current we ride on — and in.


Dans le Grand Canyon, les canotiers disent souvent qu’ils ont l’impression d’être dans un autre monde, dans un autre temps. Ils disent oublier le monde extérieur, et que celui-ci les oublie. Le temps s’étale, il devient errance. Les mondes et les temps s’entrechoquent dans le canyon, et les mots que nous connaissons — notre langage — font partie du courant sur (et dans) lequel nous glissons.


Laurie H. McMillin

Pour finir, un brin de géologie et d'histoire.

Le Grand Canyon est une immense faille. Tout en bas coule le Colorado, que l'on aperçoit en cherchant bien. De part et d'autre du Colorado, deux parois : South Ride, qui comme son nom l'indique est au sud, que l'on visite la plupart du temps, et d'où sont prises mes photos ; North Ride, plus difficilement accessible puisqu'il faut contourner le canyon si l'on vient par les axes principaux (Phoenix, Flagstaff...), fermé malheureusement l'hiver, mais vierge de touristes. Ceci dit, compte tenu notre heure d'arrivée et la période que nous avons choisie (le lendemain de Noël), les touristes ne nous ont pas gênés ! En revanche pour l'après-midi on s'est retrouvés assaillis et l'expérience est moins agréable. Revenons-en au canyon. Il est possible d'y descendre l'été, mas il faut être sportif, bien équipé, surchargé en eau, et prévoir de dormir en bas car descendre et remonter sur une journée relève de la performance.

Le Grand Canyon est donc un vide de 20 kilomètres de large, au fond duquel serpente le fleuve Colorado. Un sillon profond de 1,6 kilomètres, aux parois multicolores, striées de couches de grès, de calcaire et de schiste. Ces couches sont le résultat de la sédimentation et de l'érosion. Au début de son histoire, le Grand Canyon était sous l'eau ! Et a priori, c'est à ce moment-là qu'il aurait acquis ses couleurs rouge et blanc. Enfin, le travail de sculpture est l'oeuvre du Colorado, qui en serpentant a donné aux roches friables des formes exceptionnelles.

La bonne nouvelle, c'est que l'artiste, quoique sérieusement diminué - les périodes de sécheresse en Arizona sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues - est toujours là : mais il n'est pas commode, imprévisible, il passe facilement d'un mince filet d'eau se laissant traverser pourvu que l'on soit muni de bottes à un torrent violent et meurtrier (le courant est très fort).

En conclusion, jusqu'à présent c'est un des plus beaux tableaux qui m'ait été donné d'admirer.

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II. SEDONA.

Parlons peu et parlons bien : Sedona est la deuxième célébrité locale aprè le Grand Canyon, et en termes de couleurs elle n'a RIEN à envier à ce dernier. Des roches imposantes et ocres qui se dressent de part et d'autre de la route, il n'est nul besoin de les décrire lorsque les photos que j'ai prises rendent, coup de chance, parfaitement compte de la stature et de la couleur de ces titans venus d'une autre époque et tout aussi contemporains que nous dans le meme temps.

Prochain article plus citadin en perpective : NYC.

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Publié le 11 février 2019

Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...


Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.


On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur. Mais on n'en pouvait rigoler nous du spectacle qu'à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose. et rapide et piquante à l’assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s'engouffraient aussi à la charge du vent. Notre galère tenait son mince sillon juste au ras des jetées, là où venait finir une eau caca, toute barbotante d'une kyrielle de petits bachots et remorqueurs avides et cornards”.

Céline, Le Voyage au bout de la nuit, L'arrivée à NYC.

Rien de tel qu'un extrait du Voyage pour parler de voyage, et qui plus est chacun des éléments saillants dans la description que fait Céline dit bien plus poétiquement que je ne pourrais le faire, exactement ce que j'ai ressenti en arrivant dans cette ville monde.

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A quoi je m'attendais ? Pas grand chose. Peut-être exactement ce que j'y ai trouvé, la Ville par excellence, carrefour de culture, lieu de paradoxes, bruyante, agitée, austère, hostile, mais captivante.

La première chose que j'ai ressentie en arrivant ? Le froid. Météorologique bien sûr -on s'habitue vite au climat idyllique de L'Ouest Californie - mais aussi, et surtout, le froid de la ville, où tout le monde est inconnu, un dans la masse, personne ne se parle, personne ne veut qu'on lui parle, il s'agit de surtout ne pas se mettre en travers de la route, car ils sont pressés les gens. Un exemple à ce sujet, qui nous a tous 3 beaucoup marqué : notre premier taxi qui est aussi notre première interaction avec le New-Yorkais. On lui demanda : ‘’ excuse me, do you know a good place to eat some pizzas please ‘’ (oui, dans une aussi grande ville, l'abondance des cuisines du monde est une opportunité à saisir pour les amateurs de gastronomie que nous sommes). Et le chauffeur, d'une voix monocorde, de nous répondre : ‘’ I don't know. I've no life here ‘’. Et ainsi s'arrêta notre quête de pizza, puisqu'ensuite nous cherchâmes dans le froid glacial n'importe quel restaurant au hasard, pourvu qu'il ne soit pas complet ou trop cher ce qui s'avéra être un échec total, le premier d'une longue série (et je ne parle pas de notre errance dans la foule de Broadway, assaillis sous les télévisions tout autour de nous, aseptisés par le bourdonnement monotone des touristes et des attrape-touristes ; de notre tentative avortée d'assister à un show de Broadway, faute de moyens financiers ; et de notre perte de temps à chercher notre route pour finalement ne rien faire puisque la nuit était déjà tombée).

Pour en revenir à Céline, quelle autre impression m'a frappée ? La rectitude fascinante de ces tours longiformes et ridicules de fragilité : élégantes toutefois, comme des mannequins anorexiques, elles semblent une passerelle vers le ciel - gris - duquel on rêve les pieds sur terre. J'ai d'ailleurs Verlaine qui m'a accompagné tout au long de ces jours : ‘’ le ciel est par dessus le toit ‘’. Un poème qui colle bien à notre attitude dans la ville, la tête en l'air, en permanence, pour oublier pour ma part le béton de la prison qui s'étend sous nos pieds. Je dois admettre que cette ville est poétique en tant que telle, peut-être parce qu'on ne rêve de s'échapper que lorsque l'on se sent oppressé comme je l'étais, que l'on ne rêve de colorer que lorsque l'on a connu le gris, et que l'on ne rêve de grands espaces ouverts, de nature, de calme que lorsque l'on est confronté à l'exact opposé. Et c'est sûrement ces sentiments très contrastés, d'une ville qui m'est apparue profondément burlesque, qui peuvent en partie susciter le rire dont parle Céline… ou pas, d'ailleurs, comment savoir ?

Je m'égare, mais la relation que j'ai entretenue avec cette ville est d'une complexité difficile à saisir après coup. Vous l'aurez compris je n'ai aimé NYC pas plus que je n'aime Paris, mais ces villes me fascinent, m'inspirent, réveillent tous mes sens précisément parce qu'elles me révoltent. On connaît la tension fondamentale entre attraction et répulsion, et j'avoue que je retournerai sans aucun doute (en été) dans cette ville qui a des milliers de trésors à offrir, alors même qu'elle incarne tout ce que je fuis.

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Bref. Aux faits, revenons aux faits (je repense aux commentaires de mes malheureux profs qui lisaient mes dissertations de 12 pages alors que celles de mes camarades ne dépassaient pas 8 pages : ‘’ essayez de synthétiser votre propos ‘’ ; ‘’ gagner en précision pour éviter les digressions ‘’ ; ‘’ hors-sujet ‘’ ; etc.). De la manière la plus synthétique que je puisse adopter pour écrire, voici notre programme :

Jour 1 : dimanche 30 décembre.

Arrivée à l'aéroport, voyage interminable dans le métro sale et puant jusqu'au Downtown où se trouve notre 1er logement après une horrible nuit à l'aéroport à dormir sur le sol glacial, et quête désespérée d'un restaurant ‘’ cheap ‘’ (ce mot ne veut rien dire à NY) parmi la foule de Broadway. Première expérience de la discontinuité fondamentale qui est pour moi inhérente à la grande ville, qui aboutit à l'errance dont parle Baudelaire : chaque point clé de la ville semble déconnecté du reste, magnifique en soi mais isolé dans la laideur et que l'on attend au prix de 3 mille galères. Passons.

Fifth Avenue 

Jour 2, lundi 31 décembre.

Après une bonne nuit dans notre appartement luxueux en plein cœur de la partie touristique de la ville (Broadway et Times Square, la Fifth avenue) nous migrons plus au nord vers un nouvel appartement que nous partageons avec des amis à moi de longue date. Ce n'est pas la même ambiance, le quartier est sale, et globalement sans grand intérêt si ce n'est son prix et sa situation proche du métro. Mais je préfère cent fois à l'autre, vide de vie à force d'attraction touristique. Une fois installés, nous partons directement pour rencontrer Lady Liberty. Après une grosse heure d'enfer dans le métro, la chance nous sourit cette fois : on est vraiment de bonne heure, il fait gris menaçant, donc pas trop de touristes, et on ne fait que 20 minutes de queue pour monter sur le bateau qui nous emmène vers Ellis Island et Lady Liberty. Et là, je ne peux dire le contraire : elle est magnifique, de près comme de loin. Et c'est ce genre de monuments qui respirent le symbole qu'ils incarnent, qui portent l'histoire de l'Homme, et qui vous rappellent pourquoi vous êtes là, qui font des villes des lieux si spéciaux. On en oublie le reste ! C'est une beauté magique qui émane de la statue, se dressant, lumineuse et imposante dans un ciel lourd et aforme. Malgré l'absence de contraste du point de vue de la lumière, les photos montrent bien comme Lady Liberty s'impose, vibre et se présente à l'œil du touriste. Nous avons tous adoré ce moment !

Ensuite, après avoir profité de la vue sur la ville depuis l'île, et appris quelques informations sur l'immigration au cours des années au musée de l'immigration, nous voilà partis pour visiter la bibliothèque centrale : cuisant échec, nous sommes le 31,ils ferment plus tôt, comme nous le fait savoir, fort aimablement (ceci est ironique) le monsieur de l'entrée. Sous une pluie battante, nous errons à nouveau, allons visiter un peu la Fifth avenue, mais la pluie a tôt fait de nous décourager et nous allons faire quelques courses pour une soirée privée du nouvel an, à laquelle nous a gentiment conviée une amie. D'errance en errance, trempés jusqu'aux os, nous finissons par trouver à peu près tout (mais à quel prix !) et en route pour la dernière soirée de 2018.

Le soir : nouvel an chez un new-yorkais ami d'une amie, buffet, champagne, le tout à Brooklyn. Très bonne soirée de nouvel an, même si notre fin de soirée s'est avérée -encore- être un échec, mais on a bien rigolé et ça reste un excellent souvenir.

Jour 3 : Mardi 1er janvier.

Bonne année !

Le World Trade Center 

Journée assez calme, on profite de l'interruption de la pluie pour aller se promener dans le quartier du World Trade Center puis sur la High-Line, une ancienne ligne de métro réaménagée en parc un peu en hauteur,ce qui offre une vue imprenable sur les buildings et Brooklyn Bridge à la tombée de la nuit.

Vues de la High-line 

Soir: en quête d'une soirée swing, là où cette danse est née, nous arpentons les rues de Harlem. Balade très sympa, loin de la foule. Nous n'avons pas trouvé de lieu pour danser, mais en tout cas le quartier est marqué par l'histoire Afro-Américaine et le Jazz, ce qui n'est pas pour déplaire à Sarah. On se laisse bercer par l'ambiance poétique et artistique du lieu avant de rentrer à l'appartement.

Jour 4 : Mercredi 2 janvier

Ma journée préférée je crois !

Après un bon petit-déjeuner, nous explorons Wall Street, la Bourse, le Taureau, le Mémorial des Tours. Après l'effondrement tragique des tours jumelles, les fondations ont été conservées et deux grands trous béants, noir, sièges d'une fontaine chacun, laquelle incarne l'écoulement du temps et la régénération du passé par le souvenir et par la continuité du cycle de la vie, entourés des noms des défunts gravés tout autour, nous font entrer tous les 3 dans une contemplation teintée de méditation et de tristesse. Ce lieu est magnifique : ni too much, ni trop léger, il est juste ce qu'il faut pour se souvenir. Et ces deux grands trous au milieu des buildings qui s'élèvent de façon interminables sont aussi l'occasion de regarder pour une fois le sol et d'apercevoir un peu d'ouvert dans cette ville si enclose.

Après cette vague d'émotions, nous nous promenons dans un joli parc qui permet de contempler les îles. Puis nous achetons un petit Hot-dog, haut fait de la gastronomie locale, afin de tenir bon pour aller manger dans un restaurant chinois dans le célèbrissime Chinatown. Beaucoup de marche à pied, pour finalement atteindre le quartier chinois. Effectivement, on s'y croirait, en Chine ! Tout est écrit en mandarin, et l'anglais est mal maîtrisé par les commerçants (un point commun avec nous) !

Chinatown 

Après un repas décevant, nous nous baladons encore dans le quartier, riche en couleurs et saveurs, avant de gagner le pont de Brooklyn pour voir la tombée de la nuit depuis le pont. On ne regrette pas le spectacle !

Vue depuis Brooklyn Bridge 

Soir : le froid me rend maussade et j'ai envie de rentrer mais nous trouvons une soirée salsa dans un bar cubain tout petit, avec un superbe orchestre en live. L'ambiance est géniale, la musique très belle, et c'est sans doute la meilleure soirée que j'ai passée ! Ça aurait été dommage de ne pas profiter de la musique qui habite littéralement la ville de New-York, où le Swing tout autant que la Salsa sont nés !!

Jour 5 : Jeudi 3 janvier

Vue de central Park (gauche) et le chien Balto (droite)  

Nous allons faire une balade à vélo dans Central Park. Il fait beau et ce parc est vraiment un poumon pour la ville, et pour ma part il m'a littéralement redonné l'oxygène qui me manquait tant. Bordé par les tours, qui contrastent avec l'ouverture du parc vallonné, Central Park mérite bien son nom. On y voit quelques statues très connues, notamment Alice au pays des merveilles ou encore le chien Balto, un vrai héros que Diego voulait vraiment voir. Puis nouvel échec : le MET, qu'on voulait faire l'après-midi, est fermé à partir de 5h et il est 4h donc trop tard…

Depuis le Rough top

Nous partons alors en quête d'un Rough Top pour contempler la ville, sur la Fifth Avenue. Encore un échec. Car si nous l'avons bel et bien trouvé, après avoir marché dans le froid pendant mille ans, impossible de consommer quoi que ce soit en dessous de 20 dollars. Et après avoir douloureusement choisi le soda le moins cher, sur la terrasse il fait si froid qu'on s'empresse de le boire pour aller aussi sec se réchauffer dans les boutiques avoisinantes. Pour se remonter le moral, nous allons manger dans notre restaurant préféré, un petit stand bolivien perdu dans le marché couvert, où nous profitons de notre dernière soirée au chaud, entre amis, car Amandine nous a rejoint, et dans le lieu le plus chaleureux qu'on ait pu trouver, où l'on mange divinement bien pour pas trop cher. La nourriture bolivienne est rare hors de Bolivie, alors on a plus que profité de cette découverte d'un lieu que l'on doit à Diego bien sûr : on y mangea trois fois en tout 😅.

Comida boliviana 

Ainsi passa notre dernière-chouette-soirée.

Jour 6 : Vendredi 4 janvier.

Matin : MET. Après la Lady Liberty c'est ce que j'ai préféré ! Ce musée est richissime de merveilles de l'art. On y a passé un super moment à contempler les tableaux et à discuter d'art. Quelques petites merveilles pour ma part comme une toile de Braque, un Matisse qui me plaît beaucoup, etc. : confère photos.

Matisse (gauche) et Braque (droite) au MET 

La matinée passe à toute allure et vient le moment (après un passage dans notre restaurant fétiche) de rentrer récupérer nos sacs pour partir à l'aéroport où un long et laborieux voyage nous attend.

La fine équipe- Une nuit à l'aéroport.  
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Ainsi s'achèvent les vacances à New-York, jamais le terme de ‘’ vacances ‘’ n'ayant été si inappropriés puisque cette ville en incarne l'exact opposé : ville d'affairement, de stress, où l'organisation est indispensable sous peine de ne cesser d'errer et de perdre son temps, où le luxe et le consumérisme, comme à LA, côtoient la misère. Je dois dire que la ville ‘’ qui ne dort jamais ‘’ mérite son surnom, et qu'elle m'a révélée la chance que j'ai eue de vivre en Californie, lieu lumineux, ouvert, et tranquille, loin du froid, de la mauvaise humeur et de l'austérité new-yorkaise.

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Mais bon, revenons en à Céline :

‘’J’aurais peut-être pu essayer, comme d'autres l’avait déjà réussi, de traverser le port à la nage et de me mettre à crier : « Vive Dollar ! Vive Dollar ! » C'est un truc. Y a bien des gens qui sont débarqués de cette façon-là et qui après ça on fait des fortunes. C'est pas sûr, ça se raconte seulement. Il en arrive dans les rêves des biens pires encore. Moi j'avais une autre combinaison en tête, en même temps que la fièvre’’.


Et ce que je dois reconnaître c'est que malgré tout le mal que j'en ai dit, à refaire je le referais. Cette ville vaut le coup d'œil pour l'expérience humaine qu'elle suscite en chacun. New-York m'a séduite à sa manière, j'ai apprécié chacune des activités que j'y ai faites même si le chemin entre chaque point est laborieux. De plus, elle m'a sortie de ma zone de confort et m'a offert la perspective dont j'avais besoin pour regarder à nouveau mon quotidien, dont je n'ai jamais autant profité, et jamais autant apprécié les beautés, que depuis que je suis rentrée de ce voyage au bout de la nuit, au bout du pays, un voyage qui pousse à bout.

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A bientôt pour le prochain article sur la Death Valley et le Joshua Tree Park (il est où le Mexique ?) en famille ! Merci à ceux qui sont allés jusqu'au bout de cette montagne de digressions.

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Si vous vous attendez à un récit d'aventures balnéaires, au goût de burritos et de chili, vous allez être aussi déçus que nous l'avons été lorsqu'il nous a fallu nous rendre à l'évidence : nous ne pouvions pas, avec moins d'une semaine devant nous, entreprendre le voyage. Et oui, je spoile d'entrée de jeu, il n'y a pas de voyage au Mexique. Quoi que, la ville de San Diego ou encore les cactus du Joshua Tree Park et les étendues désertiques de la Death Valley ne sont pas sans évoquer ce pays que je rêve de découvrir, sans compter l'omniprésence de la culture mexicaine en Californie de manière générale… Enfin, ce que je vous raconte à présent ce sont des vacances en Californie - à défaut de la Basse, au moins avons nous profité des merveilles de la haute -, des vacances qui nous ont surprises, chacune, et au bon sens du terme !

Équipe de choc. 

Qui sommes-nous ? Cette fois, l'équipe est constituée de 50% de Angot, puisque ma cousine Claire m'a rejointe à Los Angeles, et sinon de ses deux amies, Mélina (Melína par ici) et Elsa.

Les 3 de la fin à la lumière du levant... 

Elsa étant partie en cours de route, nous ne finissons l'aventure qu'à 3. Voilà pour le nous !

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Jour 1 : lundi 21 janvier, Los Angeles (après une bonne nuit de repos pour que les filles se remettent du décalage horaire).

Ma deuxième virée dans la ville-monstre. Je m'y sens presque familière !! Nous dormons dans une énorme caravane à l'américaine, que nous avons loué sur Airbnb pour 2 soirs. Et différence de taille avec mon dernier séjour, nous avons loué une voiture ! En même temps, le programme s'annonce chargé puisque nous sommes censées visiter en 2 jours ce que j'ai fait en 2 semaines. Défi relevé !

Santa Monica 

Bref, ce premier jour nous n'avons pas chômé. Nous commençons par aller à Santa Monica, sous un grand soleil. Après moult galères de parking, nous y laissons la voiture et entamons à pied la balade la plus branchée de Californie, où l'on croise vélos, rollers, skate, et autres engins roulants, le long de la plage pour aller jusque Venice Beach. Ainsi, nous côtoyons des immenses plages bordées de palmiers longilignes, nous avançons sur la digue en bois jusqu'au bout en profitant des multiples animations en plein air (fête foraine, musicien, vendeurs, hot-dogs, etc.) et nous laissons derrière nous Santa Monica pour la très / trop touristique Venice Beach.

Venice Beach 

On a ici Muscle Beach, où Schwarzenegger avait coutume de venir s'entraîner, et où des skaters nous font une véritable démonstration artistique !

Les canaux de Venice 

Après un déjeuner sur le pouce, let's go aux fameux canaux, qui font de Venice une Venise américaine. C'est très calme, on se promène, et on admire des maisons splendides, dont le reflet dans l'eau nous donne le sentiment d'être dans un monde onirique, ou au cinéma peut-être, c'est plus approprié ;)

Le Downtown tel que j'aurais voulu le présenter aux filles

On quitte les lieux rapidement cependant car on aimerait profiter de la lumière du couchant pour découvrir (re-découvrir) le Downtown de LA. Mais c'est sans compter les bouchons !

Le Downtown tel qu'on l'a vu cette fois-ci. Y a pire ! 

On arrive alors que la lumière s'éteint au profit des lumières artificielles. Mais c'est un autre charme finalement ! Les tours se découpent, reflètent le ciel tout en y ajoutant leurs propres lumières, des centaines de milliers de témoins de l'activité bureautique des humains. Mais le froid vient avec la nuit, et nous cherchons un rough-top afin de se réchauffer tout en savourant la vision si américaine de cette ville surprenante et bigarrée. Car on a déjà oublié qu'une heure plus tôt nous étions à la plage ! Ici, c'est le rythme business! Nous voilà en haut du rough-top : vue magnifique, lemonade délicieuse, bref un beau moment pour fêter nos retrouvailles familiales.

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Jour 2 : mardi 22 janvier, Los Angeles.

Cette fois, on se lève plus tôt. Rien de plus facile au regard de ce beau soleil qui brille sans l'ombre d'un nuage dans le ciel ! La journée promet d'être chargée encore…

Griffith Observatory and Hollywood Signs dans le Griffith Park

Tout d'abord, nous allons voir le Griffith Observatory Park, le plus grand parc citadin - peut on encore parler de parc…? - au cœur de la ville, une véritable montagne, d'où l'Observatory offre une vue panoramique sur la ville, sur Hollywood Signs, sur les montagnes, l'océan, mais également, d'où son nom, sur le ciel ! On se gare en bas, et on gravit la montagne jusqu'au Griffith Observatory. De là part une dizaine de randonnées. Nous partons pour environ 2h. Mais, malignes que nous sommes, nous oublions de repérer là où est garée la voiture. Résultat : plus d'une heure à marcher dans des dédales de chemins, de rues résidentielles dont les maisons sont luxuriantes et bordées d'une flore absolument incroyable qui fait oublier la douleur de nos petites pattes et la faim. Enfin, on la retrouve, cette satanée voiture ! Désormais, j'enregistre systématiquement sur mon téléphone la géo-localisation de ma place de parking, on n’arrête pas le progrès 😅

Hollywood Boulevard 

Après un repas rapidement expédié pour ne pas perdre davantage de temps, nous nous dirigeons sur Hollywood Boulevard. L'ambiance y est encore bien différente ! Du bruit, du visuel, des odeurs, tous mes sens sont saturés. On passe à Gröm (glace oblige, il fait chaud ! Ou pas d'ailleurs, mais l'envie est irrésistible, vous me connaissez), puis en arpentant le Walk of Stars nous tombons sur le Wall of Fame, deux hauts lieux du cinéma Hollywoodien. Ensuite, tout en slalomant parmi des Maryline Monroe, Spiderman, et autres Mickey Mouse, qui posent avec vous moyennant finance pour une photo t-y-p-i-q-u-e, nous atteignons le studio de Charlie Chaplin, malheureusement invisitable à présent car des films à gros budget s'y tournent encore et les producteurs souhaitent garder l'anonymat. Ça reste émouvant, dire qu'à l'origine ce n'était qu'une grange paumée en pleine campagne ! Bref, ce fut notre dernier stop, car à présent les filles ont leur bus pour San Francisco, et moi je rentre à Santa Barbara où elles me rejoignent dans 3 jours.

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3 jours après…

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Samedi 26 janvier, Santa Barbara.

Anniversaire anticipé, à la mode USA jusqu'au bout !  

Tout le monde est bien mystérieux ce matin dans notre petit appartement ! Les filles sont rentrées hier soir, et ce matin Diego veut absolument préparer (sans moi) le petit déjeuner. Très bien, j'en profite pour discuter organisation de voyage avec les cousines, quand on sonne à la porte… Surprise ! Pour ma journée d'anniversaire anticipé (oui aux USA tout le mois d'anniversaire est propice à le fêter, donc ça ne choque personne de le célébrer 4 jours plus tôt puisque je ne serai pas là le jour j), Diego a invité à petit déjeuner à l'appartement ma copine Sarah, et notre ami Gary, mon partenaire de danse ! Je suis ravie, surtout que le petit déjeuner est une tuerie. Mais ça ne s'arrête pas là… Sarah m'annonce alors que dans une heure je fais une balade à cheval sur la plage. Tous mes amis de Santa Barbara se sont cotisés pour me l'offrir !! Ça fait plus de 4 mois que j'ai pas monté. Alors j'ai un peu pleuré. Et ils ont tout prévu ! Les cousines vont visiter la ville avec Diego comme guide pendant ce temps et moi je profite de cette balade comme jamais. Et à la fin le propriétaire me demande… De venir travailler pour lui ! C'est entendu pour mon retour de voyage, en avril ! Je vous laisse imaginer ma bonne humeur.

L'après-midi je retrouve les cousines, et nous marchons tout le long de State Street, en traversant des parcs, pour aller à la fameuse Mission que je n'avais toujours pas visitée. Elle est très belle mais c'est surtout son environnement qui en fait son charme : du calme, de la verdure, la montagne, c'est top !

Retour à la maison, car ce soir on fête mon anniversaire avec tous mes amis (ou presque). Et oui, c'est ma dernière soirée, demain on part au Mexique, vous vous souvenez ? Bon on ne sait pas comment ni rien mais c'est pas grave c'est pas loin c'est easyyyy. 😅

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Dimanche 27 janvier : Santa Barbara, again.

Après un peu de farniente sur la plage, Zaza prend son bus pour LA. Et nous on se dit qu'il est temps de voir à quelle heure est le bus ce soir pour Tijuana ! Aie aie aie… Il n'y a plus de bus. On étudie tous les possibles. Mais force est de se rendre à l'évidence : au mieux on partira demain matin et on passera 4 jours au Mexique dont 3 dans la voiture. Déception bien méritée, mais quand même !

Notre voiture réservée détonne dans le style américain ! 

Bon, solution de repli ? Les grands parcs de l'Ouest. Ni une ni deux, on réserve une voiture pour tôt le lendemain matin et direction Death Valley, à 5h de Santa Barbara.

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Lundi 28 janvier : Death Valley.

En arrivant dans la vallée de la mort on oublie toutes nos déceptions d'hier. Du désert, des montagnes, du vide autour de nous : il y a de quoi dépayser après cette tournée des villes.

On commence par questionner un Ranger afin d'avoir un plan, de voir l'ordre le plus stratégique (sachant que nous avons réservé, pour éviter d'autres déconvenues, un motel au Nord-est de la Valley, à Beatty, que nous gagnerons après avoir traversé la vallée puisque nous arrivons de l'Ouest) et les hauts lieux à visiter. Bon il est déjà tard, donc cette fin d'après-midi nous nous ‘’ contentons ‘’ des Stovepipes Wells, sorte de désert de sable en pleine montagne. On se laisse gagner par la splendeur de ce paysage si inattendu. Les dunes harmonieuses logées dans la Vallée semblent répondre de leurs courbes généreuses et souples à la verticalité des pics montagneux au creux desquels s'étend la Vallée de la mort elle-même lovée. C'est bouleversant de silence, de lumière et d'harmonie. La lumière du couchant fait briller comme de l'or - et cela fait revivre toute l'histoire de la conquête de l'Ouest américain ! - ce petit désert au milieu de l'immensité d'un autre désert. D'ailleurs, la Vallée de la mort fut baptisée ainsi après qu'une caravane de pionniers, perdus durant des jours dans l'un des points les plus chauds du globe, parvint à sortir de ce lieu, et que l'un d'entre eux s'écrie ‘’ enfin sorti de cette vallée de la mort ‘’. On croit volontiers à l'histoire quand on considère le nombre de messages d'alertes concernant les ressources en eau, la gestion de la voiture dont le comportement est très différent en cas de forte chaleur, la protection du soleil, etc. : nous sommes au moment le plus froid, et on a facilement 25 degrés en journée, voire 30. Alors on y croit à cette histoire !

Bref, après cette merveilleuse vision dorée du désert de sable nous quittons la Vallée pour dormir dans notre motel - comme dans les films - et se préparer pour l'exploration plus approfondie de la Vallée demain !!

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Mardi 29 janvier : Death Valley.

La banque de Ghost City
Le musée en plein air 

Tout d'abord, direction la Ville fantôme. On n'a toujours pas très bien compris pourquoi elle a été abandonnée, mais ce fut une très grosse ville pionnière. Un beau jour, probablement quand l'or vint à manquer, comme tant d'autres villes dans l'Ouest américain, elle s'est vidée pour toujours. Au centre de la ville, une banque et... Un casino. A l'entrée se dresse à présent un musée curieux en plein air, avec des œuvres diverses.


Borax Museum

Ensuite, on part pour le Borax Muséum. C'est le reste d'une exploitation de Borax, qui a été la source principale d'attrait de la Death Valley. Quelques explications, un vieux wagon, et les restes de la structure à partir de laquelle le Borax était extrait et transformé (sur place, car s'il était transporté il se détériorait avant d'arriver). Tout autour, le désert : des montagnes et des cailloux. On s'avance un peu parmi des roches qui donnent l'impression de marcher sur la lune. Puis en route pour le point le plus touristique de la Valley : Zabriskie Point. C'est merveilleux ! Ce sont des courbes, comme des dunes, mais de roches cette fois, dans toutes les nuances de beige et de doré. Il n'y a presque personne, et on se lance dans une randonnée parmi les formations rocheuses. Magique. On suit principalement le lit d'une rivière à sec, et tout à coup une énorme roche rouge se dresse, imposante et carrée, à notre droite. Cela détonne avec le paysage aux nuances de beige ! C'est ce qui est appelé la Cathédrale rouge.

Zabriskie Point et la '' Cathédrale '' rouge.  
En route vers le Golden Canyon. 

On ne croise presque personne au cours de la balade. Après 2h de marche, on arrive sur un nouveau point phare de la Vallée : le Golden Canyon, aux nuances ocres cette fois. Là, un gentil monsieur accepte de nous ramener au point de départ, nous épargnant de marcher 2h de plus le ventre vide !

La merveilleuse Palette des Artistes 
Un coyote !  

Étape suivante, the Artists Palet. Pas besoin de mots, les photos suffisent pour comprendre le nom. A moins que ce ne soit l'inverse ? Bref. Les couleurs pastels sont à couper le souffle. C'est absolument magnifique, sans compter que la route pour y parvenir est étroite, sinueuse, bosselée, l'on n'y a croisé qu'un coyote, et que s'y succèdent les points de vue sur ces roches colorées comme sur une aquarelle. Comment ne pas penser ici à l'éternelle question de l'imitation de la nature dans l'art : qu'a inventé celui-ci, s'il ne possède même plus l'originalité des couleurs ? Comment faire plus beau que ce que nous offre Pacha Mama ? Il y a de quoi s'interroger…

Badwater 
Ceci n'est pas Uyuni ! 

Dur, mais il faut s'extirper de cette vision de la couleur à l'état pur pour aller voir ce que la Vallée nous réserve encore avant la tombée de la nuit. Nous gagnons alors le Badwater basin (surnommé ainsi car les pionniers venaient pour y désaltérer leurs chevaux, mais ô stupeur, ô amère désillusion, cette étendue d’ eau est salée, et l'on ne peut y boire : la déception est rude après des heures de marche dans le cagnard…). Ça ressemble un peu (rien à voir en terme de dimensions bien sûr) au Salar d'Uyuni. Cette étendue blanche contrastant avec les ombres noires des montagnes environnantes offre une belle ouverture et une autre vision du désert. On dirait vraiment un lac gelé. Le soleil se couche diffusant de nouvelles nuances qui sont notre dernière vision de la Vallée non pas de la mort mais, à mon sens, des couleurs.

Ces divers panoramas ont en commun de donner à contempler le Temps, inscrit dans les couches sédimentaires, et l'Espace ouvert. Le tout sur fond de silence et de contraste ! Une expérience à vivre.

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Mercredi 30 janvier : San Diego.


Mélie et Claire m'ont préparé un petit déjeuner de reine pour mes 27 ans officiels !

San Diego, downtown et port 

Ensuite, nous partons sur le port, et nous sommes frappées par l'omniprésence d'hommes d'affaires, au téléphone, en costard, sur la croisette.

San Diego, la côte
Au début, on s'extasie de voir un écureuil. Puis 2,puis 10,puis 20. Bref ils font partie de la balade alors il en fallait 1!

Nous décidons de nous éloigner du centre pour profiter de cette belle journée ensoleillée pour faire une randonnée qui nous a été recommandée : quel point de vue magnifique. Perturbé toutefois par le bruit des avions incessant. San Diego est en effet réputée pour sa base militaire… Après une bonne marche dans les hauteurs, loin de la ville, nous assistons au coucher du soleil sur la plage. On a failli partir car les nuages sur l'horizon laissaient penser qu'on ne verrait rien. Mais in extremis voici Helios qui perce et qui nous offre tout un dégradé du jaune au rouge, tamisé par les nuages, en l'espace de quelques secondes. Sur ce beau spectacle, nous rentrons faire des courses pour un bon dîner équilibré, notre rêve dans ce pays où c'est toute une affaire pour y parvenir !

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Jeudi 31 janvier : San Diego.

Le centre historique 

Ce matin, direction le centre historique. Un peu surfait, il a quand même son charme ! On y respire l'air mexicain, et l'on comprend pourquoi tout au long de son histoire San Diego a peiné à s'identifier prioritairement à l'une de ses deux identités, mexicaine ou américaine, jusqu'à finalement incarner les deux à la fois, témoin des éternelles tensions entre ces deux régions qui se ressemblent autant qu'elles cherchent à se différencier. Ainsi, San Diego est le lieu du conflit ! Ou de la réconciliation, cela dépend comment on voit les choses… Nous visitons un parc curieux, pourvu d'énormes maisons colorées : ce sont des maisons traditionnelles de riches familles pionnières qui étaient dans un quartier de la ville en destruction, et suite à une pétition (qui fonctionna, une fois n'est pas coutume) des habitants, pour la préservation du patrimoine, elles ont été déplacées dans un parc afin d'être épargnées. Si on faisait ça aujourd'hui avec tout ce qui menace d'être détruit, je me demande où on mettrait l'Amazonie pour commencer… Enfin, joli parc en tout cas (celui de San Diego, l'Amazonie c'est pour une autre fois 😉). Nous montons ensuite au niveau d'un point de vue, qui s'avère être un ancien bastion des Mormons. Que sont les Mormons? On ne comprend pas bien, mais c'est une religion et il y a justement le temple à proximité, alors on s'y dirige rapidement.

Le temple Mormon.

Le Temple Mormon

Du blanc. Voilà la première impression ! Le temple est blanc immaculé. L'intérieur, en tout cas la réception puisque on ne peut pas accéder au temple si on n'est pas Mormon, est blanc. Les toilettes sont blancs. Les décorations sont blanches. Les gens sont vêtus de blanc, sans la moindre couleur. Bref, intriguées, on se renseigne auprès du monsieur de l'accueil. Il nous explique, en gros, que les Mormons croient en un autre prophète, américain, qui succède au Christ. Ils ont aussi activement participé à la défense de la ville de San Diego lors des luttes entre Californiens et Mexicains. Le religieux finit en nous offrant la suite de la Bible, version Mormon donc. Un livre chacune…

Le parc Balboa 

Ensuite, nous allons au grand parc de San Diego, le parc Balboa. Celui-ci se veut le témoin de l'héritage Hispanique, et pré-Hispanique, revendiquant ces éléments comme constructifs de l'identité de cette ville Californienne. Originellement, c'était un parc qui a été aménagé pour en ‘’ mettre plein la vue ‘’ lors d'une exposition universelle. Comme la Tour Eiffel en somme !

On finit cette visite par un détour au musée historique, qui nous permet de comprendre un peu cette tension USA Mexique incarnée par l'histoire même de la ville.

Puis des seaux d'eau se déversant sur nous, on quitte la ville pour gagner le Joshua Tree Park, notre dernière étape. La Californie, c'est 95% de soleil, mais les 5%de pluie, c'est des cordes et des cordes, coulées de boue and co!

On arrive de nuit (la nuit tombe très tôt aux USA) à notre Airbnb que nous avons réservé - oui on est devenues très organisées, à présent on réserve nos logements au moins une demi-journée en avance ! - et il est absolument génial. On est à 10 minutes de l'entrée Nord, l'appartement est autonome, c'est une dépendance de la maison d'un couple âgé, il est cosy, plein de petites attentions. On est plus que ravies de pouvoir se délasser dans ce petit havre de paix après toute cette route et cette pluie !

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Vendredi 1er février : Joshua Tree Park.

Les Joshua trees 

On commence par passer à l'office du tourisme qui nous donne une carte. En recoupant les conseils de l'hôtesse et ceux du Routard, on établit un itinéraire pour nos 2 jours à venir, sachant que demain nous n'aurons qu'une demi-journée car mon avion décolle le soir de Los Angeles, à 3h de route d'ici. Pas une minute à perdre !

Entièrement ceinturée de ces gros rochers qu'on aperçoit sur la photo, cette vallée est invisible tant qu'on n'y est pas entré ! 

On commence par visiter la Hidden Valley. C'est une vallée insoupçonnée, parmi des blocs granitiques. Elle a été agrandie par l'homme mais originellement elle est issue de phénomènes naturels. Elle était un haut-lieu de trafiquants de bétail, qui cachaient là le bétail volé : invisibles de l'extérieur !

La roche est très lumineuse, et surtout elle est au beau milieu des arbres de Joshua, baptisés ainsi lorsque les Mormons - et oui ! - en arrivant dans ce qu'ils crurent être la nouvelle Terre Promise trouvèrent que la forme de cet arbre qu'on ne trouve nulle part ailleurs évoquait le prophète Joshua… La Hidden Valley est aujourd'hui un écosystème complet, et voici un petit poème qui figurait sur un panneau balisant le chemin :

Integrity is wholeness…

The wholeness of life and things.

The divine beauty of the universe.

Love that, not man apart from that.

Robinson Jeffers.

Ryan Mountain Trail : vue depuis le sommet

Après la vallée, dans laquelle une petite boucle nous a permis de flâner, nous filons au pied d'une montagne pour faire le Ryan Mountain Trail, une randonnée un peu difficile car ça grimpe et on est déjà à une bonne altitude, mais rien d'insurmontable. Plus on s'élève plus les roches aux alentours semblent des icebergs au milieu d'un océan de Joshua Trees. Et ce sur des kilomètres !! Le point de vue, une fois en haut, vient sublimer la montée qui vaut l'effort, vraiment ! C'est magnifique, des kilomètres de désert parsemés de cet arbre qui n'est ni palmier, ni cactus.

Keys View.  

On profite un peu avant de redescendre pour la suite du périple, à savoir Keys View, un point de vue sur des pics enneigés en arrière plan sur lesquels se dessinent au premier plan des amas rocheux agrémentés d'ouvertures.

Barker Dam (gauche) et Skull Rock (droite) 

Ensuite, direction Barker Dam, en passant par le Skull Rock, un rocher en forme de tête de mort. Barker Dam, c'est un barrage auquel on aboutit après avoir marché le long d'un lac lui aussi, si l'on peut dire, noyé dans les Joshua Tree. Niché au cœur d'une vallée, on ne le devine pas avant de l'avoir de plein fouet ! On s'offre ensuite une petite balade dans le désert, au cours de laquelle on croise une grotte ornée de peintures rupestres. On croise également un pro de l'escalade qui s'exerce sur un des gros amas granitiques au milieu de tout. Puis, retour à la voiture !

Cholla Cactus Garden 

On va alors au Cholla Cactus Garden : cette fois ce sont bien des cactus, comme on peut les imaginer, qui s'étendent à perte de vue. C'est très impressionnant, surtout que certains sont énormes ! Il fait bien suivre le chemin, car c'est extrêmement facile de se retrouver avec un cactus sur soi, et même s'il ne fait que vous effleurer ça fait vraiment très mal (painful and difficult to take off : voici le message qu'on aurait dû lire avant de jouer comme des bébés au milieu du champ…). Sur cette note piquante s'achève notre journée. Demain réveil aux aurores pour voir le lever du soleil !

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Samedi 2 février : Joshua Tree Park.

Lever de soleil avant les trombes d'eau : effet Rembrandt garanti.  
L'oasis en plein désert caillouteux 

Réveil à 5h, à 6h30 en route, à 7h30 au pied de la montagne qu'on souhaite gravir ce matin. Nous allons à l'oasis de Mara, et pour ce faire un trail grimpant nous attend. Les nuages sont bas et sombres. Et là perce le soleil : on dirait un tableau de Rembrandt, ces jeux de contraste et de lumière c'est magnifique. Malheureusement la pluie est proche. Mais on continue jusqu'à l'oasis. Quand elle apparaît, surgie de nulle part, on se croirait vraiment dans une bande dessinée ! Des énormes palmiers vert fluo se dressent dans le paysage aride, montagneux, caillouteux, et privé de toute végétation. L'oasis est nichée dans une petite vallée presque toujours à l'ombre, aussi les photos à cette heure de la journée sont elles médiocres. Il faudrait être là vers 15h quand le soleil décline de l'autre côté ! Mais le spectacle n'en est pas moins superbe, surtout après un trek éprouvant inévitable, car on ne peut s'y rendre autrement. Ensuite, nous rentrons et renonçons au dernier trail, car il se met à pleuvoir fort ! Ainsi, on rentre à l'hôtel après être repassée à l'office du tourisme qui a un petit musée géologique passionnant !

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Ainsi s'achève le voyage dit ‘’ au Mexique ‘’. La route jusque l'aéroport fut bien plus longue que prévue car nous devions traverser des coulées de boue et notre voiture, contrairement aux autres, n'avait rien d'une tout-terrain ! Il m'a fallu rouler très lentement. C'était extrêmement impressionnant mais pas très fort donc pas dangereux à condition de ne pas arriver vite. Et puis c'est ça aussi la Californie !! C'est quand même incroyable d'être un des pays les plus avancés d'un point de vue technologique mais incapable de gérer les chutes d'eau considérables, et d'être la plupart du temps en situation de sécheresse…!

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Retour à la ville, et à l'Amérique latine : vue de Bogotá. A suivre... 

Et voilà, l'histoire de ce nouveau périple s'achève. Car vient le temps des au revoir, à l'aéroport, les filles sont rentrées en France alors que moi je décolle pour Bogotá, sans trop de plan précis - oui, il ne faut pas croire que je suis devenue organisée, je déteste me bloquer des portes en réservant des choses, en prévoyant et en m’exposant à des déceptions -, ville où, finalement, je ne resterai que 2 jours. Un autre récit, encore parsemé d'imprévu, en perspective, mais bien plus court ! Le prochain article sera ainsi consacré à… mes 4 jours passés en Colombie 😉 Hasta pronto!

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