Carnet de voyage

La Namibie sous les étoiles

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Après "Voyage en terres méconnues", nous avons choisi de repartir en Afrique, plus précisément en Namibie. Cette fois, nous serons en 4X4 et donc en totale autonomie pour parcourir ce magnifique pays
Mars 2019
3 semaines
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Publié le 7 février 2019

Enfin ! Nous repartons sur les routes, toujours avec notre maison sur le dos, mais cette fois en 4X4! Une autre façon de voyager, nous serons plus indépendants. Pas de bus à attendre, pas de dala-dala, pas de train... En effet, le réseau de transports en commun est très limité. Des bus publics desservent les grandes villes, mais pas les principaux sites d'intérêt du pays.

La Namibie est le deuxième pays le moins dense au monde après la Mongolie. Au total, la population s'élève à 2,6 millions d'habitants en 2019 pour 842 000 km2 (1.5 fois la France).

Nous avons conscience que ce voyage sera complètement différent du précédent. Nous savons qu'on ne croisera peut-être personne sur la route pendant 6h voire plusieurs jours dans les zones reculées. Ce sera davantage un voyage dédié aux grands espaces plutôt qu'aux rencontres avec les populations locales.

Histoire : Après avoir été une colonie allemande jusqu'en 1920, puis une province de l'Afrique du Sud malgré l'opposition des Nations unies, elle a acquis en mars 1990 un statut d'Etat indépendant

Visa : Pas besoin pour les ressortissants de l'UE (pour un séjour inférieur à 3 mois)

Heure : Lorsqu'il sera midi en France, il sera 13h en Namibie

Monnaie : Dollar namibien

Langue : Anglais

Vaccins conseillés : vaccins universels, rage, hépatite A et B, fièvre typhoïde (nous avons déjà tout fait lors de notre précédent voyage), éventuellement un traitement antipaludique

Conduite : il faut rouler à gauche

Saison intermédiaire (de novembre à avril): fréquentation touristique moindre et bonnes conditions pour observer la faune


Pourquoi la Namibie ?

Après "Voyage en Terres méconnues", nous voulions repartir dans un pays d'Afrique. Nous avons choisi la Namibie car ses paysages sont incroyablement variés (dunes de sable, blocs d'anciennes montagnes de granit, étendues lunaires de roches, bassins salifères, savane à perte de vue) et nous pouvons croiser des animaux sauvages même en dehors des réserves. Le "petit" plus, dormir tous les soirs à la belle étoile sur notre 4X4

A bientôt,

Les Jujus

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INTRODUCTION :

Au moment où nous écrivons ces premières lignes, nous sommes déjà au cinquième jour du voyage et ce que l'on peut déjà dire (et cela évitera de le répéter à chaque article), c'est qu'il n'y a pas assez de superlatifs pour décrire les paysages en Namibie. Ils varient sans cesse et sont vierges de toutes traces humaines. Pendant plusieurs centaines de kilomètres il peut ne pas y avoir d'habitations et de constructions, nous croisons rarement des véhicules mais avons la chance de voir régulièrement des animaux sauvages : autruches, oryx, antilopes, babouins, écureuils, élans, phacochères etc. Comme lors de notre précédent voyage en Afrique, nous sommes à chaque fois accueillis par les locaux avec de grands sourires. Nous retrouvons la même atmosphère chaleureuse. Il apparaît par contre une énorme différence avec certains autres pays d'Afrique que nous avons fait, tout ce que vous pourriez avoir besoin dans la vie quotidienne (et même plus) se trouve dans les supermarchés.

Concernant la température, il fait très bon jusqu'à 10h, l'après-midi il peut faire jusqu'à 40° mais il y a parfois une petite brise qui rend la chaleur moins étouffante. Les températures chutent vers 19h et il fait frais la nuit (veste et pantalon sont nécessaires pour dormir).

Pour les personnes intéressées par un voyage en Namibie, n'hésitez pas à nous écrire si vous souhaitez connaître les noms, adresses et prix des différents campings/activités.

VOICI NOTRE ITINÉRAIRE :

ARRIVÉE EN NAMIBIE

Nous arrivons à l'aéroport de Windhoek plus de 24h après être partis de la maison. Première bonne surprise, les formalités d'entrée sont très rapides, contrairement à ce qu'on avait lu dans les blogs. Nous sommes attendus par un employé de l'agence de location de voiture. Après avoir retiré et changé notre argent, nous partons à l'agence. Pendant 1h30, explications mécaniques concernant le véhicule, explications techniques de tout ce qui concerne la tente et le matériel à bord, conseils de route et de sécurité dans le pays (la Namibie étant l'un des pays les plus sûrs d'Afrique). Nous sommes partis avec un Toyota Hilux de l'agence Africa 4x4 Rentals (quasi neuf!). Nous n'avons pas pris d'assurance (trop coûteuse) mais une caution est bloquée (2000€).

Voici comment nous nous sommes organisés dans notre "maison roulante"

Comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, replier la tente est très simple (et l'installer aussi). Cela prend 5 minutes.

Nous prenons la route pour Rehoboth (à 1h de la capitale) où nous sommes censés passer notre première nuit. Au début, la conduite est assez chaotique (conduite à gauche, volant à droite, gabarit du véhicule, règles de priorité incompréhensibles, marquages au sol différents, code de la route inconnu). On déclenche quelques rires à notre sortie de la ville. Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous nous arrêtons faire des courses au supermarché où nous trouvons tous les produits nécessaires pour nos 3 semaines de camping. Nous avions déjà prévu l'essentiel, mais nous aurions pu tout trouver ici.

Nous sommes moins fatigués que prévu (peu de personnes dans l'avion, tout le monde pouvait avoir 3 sièges pour s'allonger) et décidons d'avancer davantage vers le sud pour qu'il y ait moins de route le lendemain. Heureusement, nous n'avons rien réservé à l'avance, comme pour le reste du voyage. Nous ne voulons pas être dépendants des réservations. Nous avons fait un planning flexible qui nous permet de rester plus ou moins de temps à certains endroits.

Le 1er camping dans lequel nous nous arrêtons est complet. Nous sommes en basse saison mais comme c'est le weekend et qu'il y a peu d'emplacements, les places partent vite. Nous discutons avec le garde qui nous conseille un camping à proximité (40km dont 20km sur piste sableuse et sinueuse). Ici, les limitations de vitesse changent en fonction du type de route (bitume, gravier, terre battue, sel, sable etc). Nous sommes pressés par le temps, la nuit tombe et nous n'avons pas le droit de rouler la nuit pour des raisons de sécurité.

Nous arrivons au lodge/camping et découvrons un superbe endroit, au cœur du désert du Kalahari . Le prix est plus élevé que prévu mais nous n'avons pas le choix. Nous déplions la tente dans l'obscurité mais très facilement. Il n'y a que 5 emplacements dans le camping, chacun a sa proche douche et toilettes. Après s'être installés, avoir mangé etc nous pouvons enfin nous poser et lever la tête pour découvrir le ciel le plus étoilé qu'on ait jamais vu. Puis, nous nous endormons enfin pour une première vraie nuit depuis presque 35h.

ROUTE POUR LE FISH RIVER CANYON

Nous prenons la route assez tôt car un long trajet nous attend. Nous faisons un rapide arrêt dans la petite ville de Keetmanshoop, afin de se ravitailler en eau, essence et encas pour le déjeuner. Entre l'eau utilisée pour la cuisine et celle que l'on boit, nous utilisons environ 5 litres par jour pour deux.

Nous arrivons en fin de journée à Ai Ais, un "faux village" sans commerces où les seuls habitants sont les employés qui travaillent dans le camping. En Namibie, les campings/lodges sont tellement éloignés des villes que les salariés sont logés à proximité. Le camping est situé dans le Fish River Canyon, qui mesure 160km de long, jusqu'à 27km de large, le canyon intérieur atteignant 550m de profondeur. C'est l'équivalent du Grand Canyon aux États-Unis.

Ps: routes et paysages magnifiques, on est seuls au monde!

Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous partons en randonnée dans le Fish River Canyon.

En rentrant de la marche, une dizaine de babouins (ici baboons, le mot nous fait bien rire) sont sur notre 4x4, essayant de rentrer dans la tente pour trouver de la nourriture. Ils ont arraché un piquet mais il n'y a pas de dégâts..ouf

Nous nous baladons dans le "village" et les alentours puis allons profiter de la piscine en fin de journée. Elle est en libre accès, sans surveillance, bien loin de toutes les normes de chez nous. L'eau provenant de sources chaudes, elle n'est pas rafraîchissante (35°).

Le jour suivant, nous prenons la route pour le principal point de vue du Fish River Canyon. C'est LE point d'intérêt du sud du pays, mais il n'y a personne hormis un homme qui voyage avec son vélo et de jolis oiseaux qui viennent picorer dans nos mains pour le plus grand bonheur de Julie.

Sur place, nous découvrons d'autres sentiers, plutôt accidentés. Nous roulons au pas, pas envie de changer une roue... on découvre un point de vue splendide et nous y arrêtons pour manger.

Sur le retour, nous faisons une pause dans un lodge afin de prendre un rafraîchissement et rencontrons James, le manager, avec qui nous sympathisons. Il est Namibien et parle très bien français. Il nous offre "l'apéro" avec du fromage (!!!) et des noix de cajou. Le bâtiment est magnifique et a été construit autour des pierres existantes.

James nous propose de visiter le lodge et répond avec patience à des questions qu'on se pose depuis le début du voyage. Entre autres, nous apprenons que tous les employés sont formés aux premiers secours et à l'utilisation de l'extincteur, qu'en cas d'accident ou autres, la ville la plus proche est à 150 km. Il nous raconte une anecdote récente et glaçante (suite à un accident de voiture, une touriste est décédée en attendant une ambulance qui a mis plusieurs jours à arriver).

Nous avons lu qu'il existe en Namibie une plante toxique et mortelle qu'il ne faut pas utiliser lorsque l'on fait un feu. Il nous en montre une à 10 mètres de nous, puis on en découvre un peu partout au sein même du lodge. Cette plante fait partie de la végétation courante. Il nous raconte une autre anecdote. Un touriste a senti la fleur de cette plante et est décédé dans les minutes qui ont suivies. Grand pas en arrière! ...

À l'entrée du lodge, des ânes sont là pour emmener les bagages des clients avec une charrette... Moment de bonheur n°2 pour Julie...

Vidéo de nos quelques jours au Fish River Canyon

En route pour la suite...

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Publié le 2 avril 2019

Au lever du soleil, nous nous préparons à prendre la route et quittons Ai-Ais pour nous rendre à Aus. Le Fish river canyon et les routes qui l'entourent furent vraiment d'une beauté incroyable, cela restera parmi les plus beaux paysages de notre voyage.

Aire de pique-nique 

Nous longeons la frontière avec l'Afrique du Sud pendant de nombreux kilomètres puis la zone interdite jusqu'à notre destination. C'est dans cette zone qu'on peut trouver des mines de diamants. Des gardes armés qui ne font pas de sentiments patrouillent le long de la frontière. Tout intrus est poursuivi en justice (voire pire selon certaines sources).

Nous arrivons à Aus et après une rapide visite de la "ville" et un ravitaillement en essence, nous faisons une halte dans un ranch pour la nuit. On se croirait dans le Far West. Depuis la réception jusqu'à notre emplacement, il y a au moins 10 min de voiture.

Après l'installation, nous allons randonner sur les hauteurs observer le coucher de soleil. Nous sommes surpris par l'étendue du paysage.

Après une nuit durant laquelle nous avons été réveillés par un troupeau d'oryx qui est passé au pied de la tente, nous partons à l'aube pour la NamibRand Nature Reserve, la plus vaste réserve privée d'Afrique Australe. Elle fait partie du désert du Namib, le plus ancien de la planète. Ce dernier couvre plus de 23000 km2 de terres arides et semi-arides.

La Namibrand Nature Reserve abrite de nombreux oryx, girafes et gazelles. Une ferme est installée au milieu de nulle part, entre dunes et montagnes. Elle possède seulement 3 emplacements, à plus d'une heure de la civilisation (civilisation = une pompe à essence et un shop). C'est le seul endroit où nous avions réservé à l'avance, y dormir est un privilège.

Nous pouvons y faire du self-drive dans les dunes et y tester enfin le mode 4X4 (Juju content!). La nuit, nous sommes encore ébahis par le silence et l'absence totale de pollution lumineuse.

Le jour suivant, nous prenons la route pour Sossusvlei (vaste lac dont les sédiments sont constitués par des sels), Deadvlei (une cuvette dans laquelle se dressent des arbres comme pétrifiés) et Hidden Vlei (cuvette desséchée parmi les dunes isolées). C'est l'un des sites touristiques le plus visité de la Namibie (on ne dirait pas vu l'état des routes). Les dunes font partie de la mer de sable de 32 000 km2 qui recouvre une bonne partie de la région. Elles peuvent atteindre jusqu'à 325m de haut, elles appartiennent à l'un des écosystèmes les plus anciens et les plus secs de la planète.

Nous dormons dans le village de Sesriem, dans un camping où nous retrouvons la civilisation et croisons nos premiers touristes. Vous le savez, ce n'est pas notre tasse de thé, mais dormir dans ce camping nous donne le droit de prendre la route pour les dunes dès 5h30 du matin contre 6h30 dans les autres établissements. Cela permet d'éviter "la foule" et surtout de profiter de la fraîche.

Ce camping est, comme indiqué dans les guides, une horreur. Le Lonely Planet disait vrai. Trop cher, trop bruyant, trop de monde, trop sale, accueil des plus désagréable (contrairement à tous les autres lieux où nous sommes allés où l'accueil était formidable!). Sans parler de la piscine qui fait plus penser à une mare. Peut importe, nous ne sommes là que pour 1 nuit.

En fin de journée, nous partons pour l'ascension d'une dune toute proche du campement.

Réveil à 5h le lendemain puis direction Sossusvlei. Pour accéder aux dunes, on emprunte un chemin de sable réservé uniquement aux 4x4. Sur le retour, nous croisons plusieurs 4x4 embourbés mais nous ne pouvons pas nous arrêter car nous serions coincés aussi.

Une matinée dans les dunes aura suffit, nous n'avons pas été extasiés plus que ça face à ces grains de sable. Certes, l'endroit est joli et dépaysant mais à notre avis survendu. Il est facile d'y faire de belles photos, qui ne reflètent pas l'ensemble du site. Durant le reste du voyage, nous croiserons plusieurs personnes à l'avis mitigé sur ce lieu qui est le plus visité de la Namibie.

Nous faisons une pause déjeuner/essence/courses avant de reprendre la route. On ne l'avait pas encore précisé mais il n'y a pas de commerces dans la plupart des endroits où nous allons, il faut toujours s'approvisionner avant. Nous partons donc pour notre prochaine étape, le massif du Naukluft. Il se caractérise par un haut plateau bordé de gorges, grottes et sources.

Ici, nous devions passer 3 nuits pour nous reposer du trajet effectué et à venir, mais nous décidons de modifier le planning et de ne rester que 2 nuits pour gagner du temps. Nous nous installons au Tsauchab River Camp. Ce camping mérite d'être mentionné tellement il est original. Notre hôte a sculpté toutes sortes de personnages à partir de vieilles pièces de moteur. Le jardin, la déco, les aménagements, tout est tenu avec soin. Les emplacements sont, comme souvent en Namibie, situés à l'écart de la réception. Le plus proche est à 300m, le plus éloigné à 12km! Notre emplacement possède une salle de bain qui est incrustée dans un arbre.

On continue notre route vers le Nord dans le prochain article ...

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Publié le 11 avril 2019

Nous partons le matin pour une longue journée de route. Nous aurions pu nous arrêter à mi-chemin dans une des deux villes balnéaires très touristiques mais elles ne suscitent aucun intérêt pour nous et préférons, comme bien souvent, faire un plus long trajet en une journée afin de profiter davantage des lieux qui nous attirent. De plus, les paysages sont tellement beaux que le temps passe vite.

Nous arrivons en fin de journée à Spitzkoppe. On remarque un changement comparé au Sud où nous étions quelques heures plus tôt. Nous voyons de "plus en plus" de petites maisons de terres dispersées un peu partout. Tout le long du chemin menant au camping, des stands de souvenirs avec des enfants qui accourent pour vendre des bijoux. Nous assistons à cela pour la première fois depuis le début du voyage. On ne s'y attendait pas, l'endroit est finalement touristique. La proximité avec la capitale et la facilité d'accès y sont pour quelque chose.

Le camping, tenu par la communauté locale, est très sommaire. Les douches sont uniquement à l'entrée et il faut donc faire 10min de voiture depuis notre emplacement pour s'y rendre. Ce qui veut aussi dire désinstaller et réinstaller la tente sur la voiture. Pas de point d'eau non plus, juste des toilettes sèches, sales... Le seul atout du campement est l'isolement et le fait d'être au cœur du site. Au lieu des 2 nuits prévues, nous n'en passerons qu'une et passerons l'autre nuit à 1h de là.

à la poursuite des springboks et préparation du repas 

Petite balade le matin ...

... avant de reprendre la route pour Uis, étape non prévue qui nous permet de réduire le futur gros trajet.

Campement à Uis 

Après une nuit à Uis, nous reprenons la route et traversons le Damaraland, une magnifique région où nous croisons nos premières girafes au bord des routes.

Arrêt à Palmwag et arrivés tôt au camping, nous nous octroyons une journée détente dans une piscine creusée dans la roche.

Nous prenons la route pour Purros le lendemain. À un contrôle de police, la policière nous demande si on peut prendre avec nous une jeune femme, Katy, pour l'emmener dans le lodge où elle travaille, 80km plus loin. Le trajet avec Katy était très enrichissant, nous avons beaucoup discuté de la culture namibienne, des animaux etc. Nous arrivons à son lodge et elle nous fait gentiment visiter.

Nous en profitons pour leur demander si il est possible de payer avec notre carte en échange d'espèces. En effet, depuis le début du voyage nous pouvons tout payer par carte sauf depuis hier, et on nous informe que les endroits où nous allons nous rendre dans le Nord ne disposent pas de paiement par carte (et le plus proche distributeur est à plus de 200km). Après une petite discussion avec la manager, elle accepte. Pour cette transaction, il y a une commission de 5%. Pas de souci sauf que la manager ne sait pas calculer et Julien se retrouve à lui faire un cours sur les pourcentages en anglais... les employés autour comprennent, mais pas elle. Elle finit par faire semblant de comprendre pour garder la face et nous pouvons reprendre la route.

Cette route, parlons-en! Nous mettrons plus de 4h pour réaliser les 100 derniers kilomètres. C'est une piste de sable, de cailloux, de roches, qui nous oblige parfois à rouler à 5km/h et dans le meilleur des cas à 40km/h. Nous avions été prévenus, cette route est compliquée et il est conseillé de l'emprunter au moins à 2 véhicules. En effet, il peut n'y avoir aucune voiture qui passe pendant plusieurs jours. Que ce soit à l'aller ou au retour, nous ne croiserons personne, hormis des girafes, springbok, autruches etc.

à l'entrée du village de Purros 

Après une route physiquement et mentalement éprouvante, nous arrivons au village de Purros. À l'entrée se trouvent plusieurs panneaux indiquant des campings mais aucune route tracée au sol. On roule dans les dunes en suivant la direction qu'indique la flèche sur le panneau. Les quelques traces de roues au sol ne nous aident pas, elles partent dans toutes les directions.

À 6km du village, on finit par trouver le camping géré par la communauté locale, invisible à l’œil nu vu que le peu d'installations est niché dans la végétation dans le lit de la rivière (sèche comme partout!). À notre arrivée, un homme surgit de nulle part et accourt vers nous. L'homme est seul, n'a pas de tenue de travail et se présente comme étant le gardien/réceptionniste. Contrairement à tous les autres campings où nous avons été, il ne nous fait pas signer le registre d'entrée, suspect et louche... Le campement est totalement désert, pas de touristes, pas d'employés, pas un bruit, il règne une atmosphère particulière. Il nous montre notre emplacement (sommaire mais propre, douche avec eau chaude et toilettes).

Nous nous installons et partons faire le tour du campement. Il n'y a pas âmes qui vivent mais nous apercevons au sol des centaines de traces d'animaux (girafe, éléphant, springbok, autruche etc). En rentrant de ce tour, nous nous retrouvons face à l'homme qui est totalement effrayé. Il nous chuchote de ne pas faire de bruit et de nous préparer à rentrer dans la voiture.. en effet une famille d'éléphants est en train de traverser le campement sous nos yeux.

Après ce moment bref et surréaliste, l'homme part dans la direction opposée à la réception... Après avoir installé le campement, Julien décide d'aller trouver le gardien pour lui proposer de boire une bière avec nous. Ce serait l'occasion parfaite pour discuter et en apprendre plus sur cette région sauvage et si particulière - et éventuellement programmer notre journée de demain en fonction des infos qu'on récoltera. Julien part dans la direction où l'homme est parti, trouve les 3 autres emplacements du camping, mais aucune trace de l'homme. Retour vers ce bâtiment qui sert de réception, vide, rien à l'intérieur: pas un meuble, pas de documents ou quoi que ce soit entre ces 4 petit murs. Julien fait le tour et trouve une petite pièce à l’arrière de ce bâtiment avec 2 lits dans un état qui fait peur et un petit sac dessus. Sûrement les affaires de l'homme. À l'entrée de cette pièce, une énorme machette plantée dans le bois. Cette machette est plutôt bien aiguisée... Toujours aucune trace de cet homme, nous sommes vraiment seuls, c'est le bon côté, mais les questions persistent. Où est parti cet homme ? Fait-t-il vraiment partie du campement? Il nous avait dit qu'il dormirait là. De plus, la nuit est sur le point de tomber... Beaucoup de questions, pas de réponses. Nous verrons demain ...

Au petit matin, à peine sortis de la tente, fin du suspense, l'homme réapparaît et vient prendre des nouvelles pour savoir si notre nuit s'est bien passée. Cette fois, il y a un peu plus de vie, une femme est présente, elle brosse le sol avec un autre homme.

Nous partons après le petit-déjeuner faire le tour du village et des alentours. Nous décidons d'aller jeter un œil dans un autre campement, plus éloigné, où il paraît que nous pouvons voir des éléphants. "Best view point for elephants'", voilà ce qui est marqué sur le panneau (vrai, ou faux ?!). On se rend dans ce campement, au cœur d'une oasis, qui possède seulement 2 emplacements. Nous sommes les premiers touristes depuis août 2018 ! Et pourtant, tout est entretenu et prêt à recevoir. Wendy, la gérante, est étonnée de nous voir arriver mais nous accueille très chaleureusement. Cet endroit possède une atmosphère incroyable, nous y resterons donc 3 jours. Nous nous installons et partons faire le tour du campement, à la recherche d'éventuels éléphants.

Coup de chance ou pas, nous marchons à peine 100 mètres et nous les apercevons au creux de la rivière (sèche). Nous restons assez loin par sécurité (Wendy nous ayant averti de plusieurs accidents suite à des comportements idiots de touristes). Nous ne nous éloignons pas trop de notre emplacement, des lions sont présents dans la zone, même s'il est rare de les apercevoir. Pendant les 3 jours, nous en profitons pour nous reposer, filmer les vidéos de présentation du 4X4, aller voir les éléphants qui apparemment ont élu domicile dans la rivière. Toute la journée, nous entendons leurs barrissements, de plus en plus proches.

Après ces quelques jours dans le Nord, nous reprenons la route pour le parc national d'Etosha. Nous faisons une halte dans la ville de Kamanjab. Cette dernière ne présente pas d'intérêt particulier mais y dormir était nécessaire pour nous reposer. Nous avons pu voir pour la première fois des porcs-épics (voir en fin de vidéo).

En route pour le safari ...

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Publié le 25 avril 2019

En route pour Etosha !

Etosha est l'une des plus grandes réserves animalières d'Afrique, abritant notamment 114 espèces de mammifères et 340 espèces d'oiseaux. Contrairement au safari que nous avions fait en Tanzanie (voir ici: https://www.myatlas.com/lesjujus/voyage-en-terres-meconnues), nous pouvons être sans guide et le prix d'entrée dans la réserve est moins cher qu'un zoo en France... Nous y restons donc 3 jours.

Tous les jours, nous partons tôt le matin pour observer les animaux. L'après-midi, la chaleur étant écrasante, ils sont difficiles à voir et restent en général sous les arbres à l'ombre (comme vous pouvez le voir sur cette photo), le temps s'arrête...

Nous en profitons donc pour nous rafraîchir dans les piscines des campings et retourner sur les pistes en fin de journée. Chaque camping possède un point d'eau éclairé où nous avons la chance de pouvoir assister à l'abreuvage des animaux la nuit : rhinocéros, éléphants, girafes, guépard, hyènes, oryx etc. Un safari, ça ne se raconte pas, ça se regarde :D Voici donc les photos et la vidéo de nos jours passés ici :

Après le safari, nous nous rendons dans la réserve naturelle d'Okonjima, où il est possible de dormir et d'observer des guépards/léopards. Normalement, nous avions prévu de faire une visite via une fondation appelée l'AfriCat car cette dernière propose des prix accessibles. Malheureusement, la fondation est exceptionnellement fermée et les visites se réservent uniquement via le lodge/campsite dans lequel nous sommes censés passer la nuit. Les prix sont exorbitants et ajoutés au coût d'une nuit cela devient grotesque...

Nous partons alors de cette réserve et décidons de passer nos 2 dernières nuits de camping dans une guest farm perdue en pleine nature que nous trouvons grâce à Google maps. Un superbe endroit, très calme, idéal !

Après ces quelques jours de repos, nous reprenons la route pour la capitale. Nous allons rendre le 4X4 et y passer 3 jours, dont une journée mémorable ! La suite dans le prochain et dernier article...

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Publié le 17 mai 2019

Nous avons passé nos derniers jours en Namibie dans la capitale, Windhoek. Nous avons rendu le 4X4, sans encombres. Dorénavant nous nous déplacerons dans les bus locaux et les taxis. Nous avons logé dans un airbnb proche du centre durant ces quelques jours.

La ville de Windhoek est propre et étonnamment paisible. Le centre-ville s'organise autour de quelques centres commerciaux, banques et magasins, avec des immeubles modernes qui alternent avec des bâtiments de l'ère coloniale.

* Sur les traces de "J'irai dormir chez vous" *

Le dernier jour, nous nous sommes rendus dans la ville de Witvlei. Depuis longtemps, nous suivons l'émission "J'irai dormir chez vous" d'Antoine de Maximy. Nous sommes partis à la rencontre d'une habitante de ce village, qui avait hébergé Antoine il y a 5 ans.

Voici la vidéo de cette merveilleuse rencontre :

Et la vidéo de l'épisode "J'irai dormir chez vous" Namibie (à partir de 14 minutes à Witvlei)

Laura est une femme pleine d'énergie et pétillante malgré des conditions de vie difficiles. Elle nous a fait visiter son village. Lors du tournage il y a 5 ans elle travaillait dans une usine, qui a malheureusement fermé. Elle apporte à présent son aide à l'école du village. Elle a pu aussi agrandir sa maison de tôle, et bonne nouvelle pour ce village, le tout-à-l’égout était en train d'être installé lors de notre passage.

Ainsi se termine notre voyage en Namibie, nous y reviendrons c'est une certitude. Ce pays n'a fait que renforcer notre engouement pour l'Afrique, nous y retournerons aussi pour découvrir d'autres pays et cultures.


À bientôt pour de nouvelles aventures !

Les Jujus