Carnet de voyage

Islande Caousou 2019

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Bienvenue sur notre carnet de voyage. Tous les textes sont écrits par les élèves. Bonne lecture
Mai 2019
5 jours
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Publié le 6 mai 2019

C'est sous un soleil radieux que nous avons découvert des lieux incontournables d'Islande : Thingvellir, les geysers de Geysir et les chutes de Gullfoss. Thingvellir est le premier lieu que nous avons visité. Son nom signifie la vallée du Parlement; c'est à cet endroit qu’a été signé l'Indépendance de l’Islande en 1944. Notre guide, Antoine, nous a d'abord présenté globalement l'Islande et sa géologie si particulière, puis il nous a expliqué l'origine de la formation de cette faille grandiose. Elle est très jeune puisque la fracture montre qu’elle a moins de 10 000 ans. Nous avons été impressionnés par ce relief et par les formes géométriques des roches. Cette première visite nous a agréablement dépaysés.

Nous avons quitté le site de Thingvellir pour Geysir. Dans un premier temps, le guide nous a expliqué le mécanisme complexe qui se cache derrière le phénomène du geyser: il s'agit d'un déséquilibre géothermique.L'eau, fortement minéralisée, exerce une pression en profondeur où se trouve une zone très chaude en lien avec le magmatisme. Ici, c'est un fonctionnement où une bulle se forme et remonte brutalement à la surface pour évacuer cette trop forte énergie calorique.Une colonne d'eau de plus de 10 mètres se forme en surface : plus la pression est grande et plus la vapeur d'eau part fortement. Nous avons été fortement impressionnés par la puissance de ce geyser. En effet nous avons pu observer plusieurs éruptions impressionnantes qui étaient accompagnées d'une odeur de soufre assez soutenue.

Crédit photo : Antoine Berger 

Nous avons ensuite fait route vers la cascade de Gullfoss. Sur la route nous avons pu observer le troisième glacier le plus important d’Islande.Nous avons été tous touchés par les chutes de Gullfoss. L'ensemble est constitué de plusieurs réseaux et d'une chute de 32 mètres. Elle se jette dans un grand canyon formé par l'érosion. Cette chute présente une particularité car il s'agit d'une double cascade avec des orientations différentes. Ces figures sont dues à des forces d'étirement qui ont vu à la fin de l’ère glacière et d’un rebond post-glacière qui a fait remonter le relief laissant le cours d'eau creuser son chemin entre deux immenses parois.Ce spectacle était très beau, époustouflant, grandiose.

Crédit photo : Antoine Berger  

Après le repas, nous avons terminé la journée par une balade en front de mer avec un magnifique coucher de soleil.

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Publié le 7 mai 2019

Les Solfatares de Krysuvik. Le volcan de Krysuvik se situe dans une région austère de l'Islande ayant inspiré des sagas islandaises basées sur des histoires réelles et incroyables. Celui-ci se situe dans la péninsule de Reykjanes où se déroule une forte activité sismique entraînant de nombreuses coulées de lave dans la région. Les plus vieilles datent de 2000 ans alors que les plus récentes datent du XIIIe siècle.Cette abondance de coulées de lave est due aux chambres de fracture en échelon. Nous avons donc visité des solfatares pour la première fois, Ce qui était assez impressionnant.La première chose qui nous a marqué fut l’odeur atroce de souffre qui s'apparente à celle d'un œuf pourri. Nous avons beaucoup apprécié cependant les fabuleux paysages que l'on pouvait observer depuis ce lieu.


Le cratère d'explosion d'Elborg.

Après avoir déjeuné à côté du volcan d'Elborg, l'un des plus grande d’Islande, nous sommes partis en direction du cratère afin qu'Antoine, notre guide, nous explique comment celui-ci s'est formé. Nous avons visité un volcan endormi, situé à l'ouest de l'Islande.Il a été formé sous un glacier, celui-ci a influencé sa formation d'où le fait qu'il y ait un plateau, puis un cône. Lors de sa dernière éruption, il a jeté de grandes quantités de scories. Nous nous sommes tous mis autour du cratère puis notre guide a pris une photo à l'aide de son drone. Nous avons beaucoup apprécié ce lieu plein de ressources, ce paysage et ce point de vue magnifique. Un lieu idéal pour de superbes photos.


 Crédit photo : Antoine Berger 
 Crédit photo : Antoine Berger 

Après le volcan, nous avons pris le bus en direction du phare de Reykjanes. C’est un phare situé à l’extrême sud-ouest de la péninsule. C’est un site très intéressant géologiquement parlant car on y voit la ride médio-océanique. La géologie y est très riche et l’on observe toutes sortes d’évènements volcaniques. Il y a une activité sous-marine qui émerge. On retrouve les évènements sismiques, les traces des différentes éruptions et de nombreuses fissures. C’est un lieu qui permet l’observation d’une géologie séquentielle qui retrace les événements de manière chronologique seulement en contemplant les environs.

 Crédit photo : Antoine Berger 
 Crédit photo : Antoine Berger 

Dans un second temps, cet après-midi, nous sommes allés sur le pont « Bridge between continents » qui n’est pas comme tous les autres : il relie le continent américain au continent européen. Plus précisément, il relie la plaque nord-américaine et la plaque européenne.Cette particularité fait l’unicité de l’Islande et constitue un élément phare de son patrimoine.

Nous avons donc créé une chaîne reliant l’Europe à l’Amérique. C’est ainsi que la journée s’est achevée.

Entre deux plaques !  ... Crédit photo : Antoine Berger 
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Publié le 8 mai 2019

Volcan Thorbjörn

Pour ce troisième jour de découverte en Islande nous avons commencé la journée par l'ascension du volcan Thorbjörn. Ce volcan a une forme caractéristique des volcans sous glaciers (morphologie en table et sommet plat). Nous sommes montés au sommet du volcan à l'endroit de l'effondrement du bloc qui se situe entre deux failles normales. Nous avons observé des pillows lavas aériennes qui ont été formées durant la période sous glaciaire, ce qui est très rare puisqu'elles se situent habituellement sous l'eau. Ce volcan est marqué par l'activité tectonique dont elle porte les stigmates. Il est entouré de nombreuses coulées basaltiques issues des éruptions post glaciaires.


Blue Lagoon

Après avoir affronté un froid arctique nous avons pique-niqué au pied du volcan.

L’après-midi nous sommes allés nous baigner dans les eaux du Blue Lagoon.

Ces magnifiques bassins bleus sont en réalité des bassins de décantation de la centrale géothermique de Svartsengi. Cette centrale produit une grande partie de l’électricité de la région, près de 30 %. Grâce à un très fort gradient géothermique, l’eau puisée entre 400 et 2000 m de profondeur est à 260°. Cette eau sous pression est utilisée pour produire de l’énergie. Les eaux qui sont riches en minéraux, notamment en silice, en sulfate et en calcium, sont rejetées dans des bassins de décantation autour de la centrale puis réinjectées dans le sol. Cette technique permet de stabiliser le sous-sol.

La couleur bleutée de l’eau est due à la présence de cyanobactéries qui se développent dans ce milieu riche en souffre et particulièrement chaud.

Ce fut très agréable de se baigner dans ces eaux chaudes. Nous avons fait des masques avec de la boue grise riche en silice qui nettoie la peau et l’adoucie. Bref, après l’effort de la montée, le réconfort des bains a été très apprécié.


Cette journée s’est terminée par un temps libre dans Reykjavik.

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Le quatrième et dernier jour de notre exploration nous mène dans le sud- est de l’Islande. La longue traversée en bus nous permet d’observer le lit de la rivière Markafljot, ainsi que la plus grande plaine alluviale de l’île. Différents fleuves alimentés par la fonte des proches glaciers (Le Myrdalsjokull) se rejoignent dans cette région. Lors d’éruptions sous glaciaires (souvent liées au volcan Eyjafjallajokull), les rivières dont la Matkafljot peuvent être sujettes à de fortes crues. La fonte soudaine de la calotte glaciaire, liée au contact des matières volcaniques chaudes libère en effet d’énormes quantités d’eau. La rivière Markafljot peut donc voir son débit en eau dépasser celui de l’Amazone. De plus lorsque les barrages de glace cèdent, des blocs de glace aux dimensions d’immeubles de 6 étages sont projetés dans le courant des rivières en crue. Ces crues éclairs, les « jokulhaups », peuvent avoir des conséquences environnementales énormes comme en 2010 lors de la dernière éruption du volcan l’Eyjafjallajokull.



 Crédit photo : Antoine Berger



La cascade de Seljalandsfoss

Nous arrivons enfin à notre premier arrêt : la chute d’eau de Seljalandsfoss. La falaise de 65 m de haut d’où se jette la cascade, est un parfait exemple du principe du rebond post glaciaire. Sa présence est due à la fonte des glaciers. Le retrait du poids de cette immense masse de glace entraîne une surélévation du terrain. Ce phénomène se poursuit actuellement. A l’échelle d’une vie, cela représente une élévation de 2m40 (3cm par an). Outre l’apparition de la falaise, le rebond glaciaire et le retrait de ces derniers, entraînent une perte de terrain de la mer sur le territoire de l’île. Cette régression de l’océan continue et laisse apparaitre des plaines de sable, les « sandurs », constamment alimentées en matière par l’érosion des volcans à proximité. L’érosion des reliefs par les fleuves apporte de la matière à leurs embouchures.

 Crédit photo : Antoine Berger


Crédit photo : Antoine Berger


La cascade de Skogafoss

Nous allons ensuite à la chute de Skogafoss, dont l’origine est similaire à celle de Seljalandsfoss, où nous faisons une photo de groupe puis l’ascension le long de la cascade afin d’observer le panorama.

Crédit photo : Antoine Berger 



 Crédit photo : Antoine Berger



 Crédit photo : Antoine Berger



Nous reprenons la route jusqu’au village de Vik avec sa jolie plage de sable noir. Dans les falaises nichent de nombreuses colonies de macareux.




 Crédit photo : Antoine Berger



Pour finir, notre guide nous fait part du risque imminent d’éruption du volcan Katla. Historiquement, il rentre en éruption tous les 80 ans mais cela fait 110 ans qu’il ne s’est rien passé. La situation devient anxiogène pour les islandais.

La région a en effet récemment vécu plusieurs épisodes volcaniques majeurs. L’éruption de l’Eyjafjallajokull en 2010 qui a perturbé tout le trafic aérien européen, entraînant les fameuses crues « jokulhaups » ou encore en 1783 l’éruption du Katla, dont les chutes de cendres ont entraîné de grandes famines en Europe. Toutes ces éruptions recouvrent la région de plusieurs mètres de cendres, et libèrent des gaz toxiques pour la population, la faune et la flore.

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Publié le 9 mai 2019
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Publié le 19 mai 2019

Là-bas, la terre est rare. Peu d’arbres pour presque pas de sol. Les glaciers et les torrents arrachent, avec force, quelques particules, mais le vent emporte tout, au loin, au dehors.

Là-bas, il est rare de voir des journées se suivre, sans que ne tombe la pluie.

Là-bas, c'est le pays de la glace.

Iceland

Là-bas, c'est un peu comme sur la lune. La roche du sous-sol est presque toujours à nue. Tout est noir, un peu rouillé, avec un peu de mousse rase, à peine verte. Une beauté froide, sauvage qui surprend et saisie. Champs de lave à perte de vue, ne pas s’y perdre, et remonter le col de la veste.


Keflavik, atterrissage en pleine nuit. Récupérer son sac, on y est, et les visites s’enchaînent, nombreuses, intenses. Sortir le carnet, crayons, prises de notes, dessins.

Là-bas, c'est une zone géologiquement active, un point chaud qui poinçonne la croûte, là où deux plaques s'éloignent, libérant la lave fluide. Ce phénomène fait émerger la matière, le basalte se répand, se fige. L’Ile ne cesse de grandir, de s’étaler. J’entends encore Antoine, guide, géologue et photographe, nous raconter…

Vu, le Rift à ciel ouvert dans la vallée de Thingvellir et les rides au pied du phare de Reykjanes. Vu, le grand Geyser et les Solfatares, les cascades et les glaciers. Partout, le vent froid nous accompagne. Grosses chaussures, doudounes, gants, bonnets. L’air vif de l’arctique est chez lui. Il transporte le parfum d’une lande autant que les odeurs sulfurées, et face à la rivière Hvitá, les embruns glacés. Mais qu’importe, il faut revenir à Gulffoss, voir sous le ciel noir et la neige, les chutes d’Or en hiver.

Vu, les nombreux volcans, aux formes circulaires, comme dans les livres. Et nous en cercle au bord d’un cratère pour un clapping. Vu, le Maar de Graenavatn, lac froid, profond, et dangereux qui attend un je ne sais quoi, pour exploser.

Vu, les Tuyas, grands édifices volcaniques érigés sous la calotte glaciaire. Ils ont une forme étrange. Ils produisent, sur leurs sommets, des pillow-lavas. Les mêmes que ceux que l’on observe sous les eaux océaniques de l’Atlantique ou au large d’Hawaï.

Vu, les coulées et les tumulus, les fractures et les fissures, le long de la route, jusqu'à Vik et sa plage de sable noir. À chaque fois, Antoine rassemble, prend la parole, présente, explique, ajoute des précisions, des détails. Une Terre si simple, si compliquée.

Vu, le Blue Lagoon, la carte postale. Nos corps dans une eau naturellement chaude. Se poser, souffler, elle est vraiment belle, un bleu turquoise. Grand moment. Masque de boue blanche sur le visage, 10 minutes, pas plus. Coca ou cocktail, en maillot dans les bassins, en parfaits touristes ébahis. Fous rires et photos souvenirs. Profs, élèves, dans la même joie, le même respect, la même admiration de ces lieux. Et la chance avec nous, les nuages gardent la pluie. Retour vers l’auberge, notre chauffeur, raconte des anecdotes, donne des détails sur la vie par ici, sur cette crainte, permanente, qu'un jour se réveille le Laki, ou le Katla, son frère. L'éruption de l’Eyjafjallajökull, ce n’était presque rien. Il est déjà recouvert par un glacier. Les pertes ont été minimes et, au final, par endroit, le sol s’est enrichi.

Ici, chacun sait que bientôt, un volcan majeur va se réveiller. Il y aura des émanations de gaz, des projections puissantes et soutenues.

Ici, chacun s’attend au pire. Tous savent et s'organisent autour de ce risque majeur. Bien sûr, les gens profitent de l'énergie offerte par la géothermie, pour faire chauffer les maisons, les serres et même les terrains de foot. Mais cette richesse est éphémère.

Ici, chacun sait que rien n'est acquis et que tout peut être détruit.

Ici, chacun sait qu'il faut profiter de la vie et respecter la nature. Le vent glacé, sur nos visages, nous rappelait notre place.