Sumatra, découverte des pays Batak et Minangkabau

Bienvenue à Sumatra, île sauvage de l'archipel indonésien. Découvrons ses cultures Batak, Minangkabau, ses Orang-outangs, buffles d'eau, ses transport bruyants et la gentillesse de sa population.
Du 9 août au 1er septembre 2019
24 jours
 Découverte du parc national du Gunung Leuser et partir à la rencontre des Orang Outangs dans leur milieu naturel
 La culture Batak sur l'île de Samosir
Pays Minangkabau 
Découverte de la vallée de Harau, entre rizières et flaises 
Lac de Maninjau 
Coupés du monde 
Derniers jour à Jakarta 

Le départ de Strasbourg est programmé vers 16h et vol est rapidement annoncé avec une demi-heure de retard. Heureusement nous sommes largement dans les temps pour récupérer le deuxième vol depuis Amsterdam qui est également retardé d'environ une heure. Les 12 heures de vol se passent bien, Olivier arrive même à dormir sur le sol, devant une des portes au niveau des ailes, environ 2h avant de se faire réveiller par le staff qui lui demande de regagner son siège. Après une courte escale à Kuala Lumpur nous arrivons avec seulement une heure de retard à Jakarta. Le programme initial supposait de prendre un vol le soir même à notre arrivée, pour Medan, avec la compagnie Garuda. Malheureusement, malgré un pas soutenu vers le guichet de la compagnie, nous arrivons trop tard pour acheter les billets. Plan B donc, avec le vol du lendemain matin à 5h20, avec Sriwijaya. La réservation ne se fait pas sans mal. Après avoir essayé de trouver le comptoir de la compagnie, on se résigne à les acheter en ligne, via le Wifi de l’aéroport. Malheureusement, les cartes de paiement européennes ne semblent pas autorisées sur le site de la compagnie. Autre possibilité, payer directement depuis un ATM. Là encore, même constat. Dernière solution, payer depuis une des épiceries de l'aéroport qui propose également divers service. Pour cela, nous pré-réservons en ligne et payons dans la foulée à l’aide d’un numéro de réservation. La encore nos cartes de paiement ne passent pas ! Il faut donc retirer du liquide en quantité pour payer les billets d’avion. Bureaux de change fermés, direction les ATM. Olivier commence par retirer le montant maximum, 2.500.000 Irp. Vient le tour d’Ophélie : montant maximum dépassé… Pas le temps de se poser de question, Olivier retire de nouveau 2.500.00 Irp avec sa carte. De retour au guichet, nous pouvons enfin payer nos billets. Victoire ! Au même moment, Olivier cherche sa carte… disparue ! Et pour cause, elle est restée dans l’ATM... Retour immédiat sur place, mais bien entendu elle n’est pas là. Après avoir fait opposition (merci aux application bancaires), nous comprenons ce qu’il s’est passé : en France et en Europe, il faut retirer sa carte pour obtenir ses billets. Ici, après avoir récupéré les billets, la carte est conservée et l’ATM nous demande si l’on veut réaliser une nouvelle opération. En l’absence de réponse, l’ATM sonne, puis avale la carte. La CB était donc bien là, mais non récupérable.

Pensons positif, nous avons encore une carte fonctionnelle, du liquide, et surtout nos billets pour le lendemain. Mettons cela sur le compte de la fatigue, mais ce ne sera pas ce soir que nous allons nous reposer confortablement. En effet, avec un départ à 5h20 pas question de prendre une chambre d'hôtel, nous passerons la nuit dans le terminal 2 de l'aéroport.

Les paupières lourdes après une nuit sous les néons du terminal, c'est reparti, embarquement pour Medan sur Sumatra, avec la compagnie Sriwijaya. Le vol est plutôt agréable, compte tenu du manque de sommeil, on profite même d’un bon petit plateau repas pour les 2h20 de vol !

Arrivée sur Sumatra l'aventure peut enfin commencer…

On s'empresse de rejoindre la gare routière de l’aéroport, très facile à trouver à la sortie du terminal. Un beau soleil nous aide à reprendre des forces. A notre surprise, nous trouvons un bus direct pour Berastagi. Du moins presque direct. Ce dernier effectuera tout de même une halte près du centre de Medan le temps de faire le plein de passagers. C'est toujours du temps et de la fatigue de gagné, plutôt que de se rendre à la “gare routière” de Medan par nous même depuis l'aéroport. Après 3h de route, le chauffeur nous dépose comme convenu à Berastagi. Il ne s'agit pas réellement d'un arrêt (du moins ça n'en a pas l'air) et nous nous retrouvons sur un rond point. Il semble toutefois s'agir du bon endroit pour la suite de notre périple, des locaux nous indiquent le bus à prendre, que l’on n'attendra finalement pas trop longtemps (30 minutes environ) et qui nous emmènera en 6 heures jusqu'à Kutacane (prononcer “Kutatchane” et non “Kutakane” au risque de ne pas vous faire comprendre...). L’ambiance à bord est bruyante et enfumées (malgré le niveau de vie très faible, la consommation de cigarettes va bon train). Le bus est pour le moins vieillot, on voit la route à travers le plancher, mais l'ampli et le caisson de basses fonctionnent très bien et à pleine puissance (ont-ils peur que l'on s'endorme ? peu de chance vu la conduite sportive !).

Après féroces négociations, les 45 dernières minutes de ce voyage de 44 heures, se passent entassés à 22 dans un semblant de pick-up branlant, un labi labi.

À Ketambe (et après quelques recherches parce que rien n'est facile) nous sommes accueillis par Putra à l'Orangutan Ketambe Guest House, notre guide pour le jungle trek à venir.

Après quelques explications sur l'organisation, nous profitons avec soulagement du lit king size et de la douche (sommaire mais appréciée) dans notre petite cabane baignée de végétation luxuriante et de bruissements d’insectes.

La soirée se termine avec quelques notes de guitare, un bon repas, un jus de fruit frais et un bon dodo.

Le petit déjeuner est l'occasion de rencontrer Johan et Sanne, nos voisins arrivés tardivement et bruyamment dans la pièce mitoyenne à notre chambre.

On leur pardonne vite car ils sont adorables et on apprend avec plaisir qu'ils nous accompagneront pour la première journée de trek. Sacs allégés, chaussettes anti-sangsue collection été 2019 aux pieds, nous partons tous les 5 à la recherche des Orangs-outans.

Après à peine 10 minutes de marche dans la jungle, première rencontre avec les Thomas Leaf Monkeys (aussi appelés Punky Monkeys, en référence à leur pilosité crânienne originale), puis la chance nous sourit avec la découverte des premiers Orangs-outans ! Alors que l'animal est habituellement solitaire, nous rencontrons un groupe de 2 jeunes, un adolescent, une femelle et un mâle.

How to spot Orangs-outans ? Cherchez des arbres à fruits comme le ficus, les fruits sont ouverts en 2 et jetés au sol. Si le fruit n'est pas oxydé alors ils ne sont peut être pas loin. Le Toucan aime les mêmes fruits, suivez son chant et son vol pour vous orienter. En dernier lieu, le nid des Orangs-outans ne dure qu'une nuit ou 2 en général, il faut donc chercher des nids avec des feuilles fraîches.

Les Orangs-outans de Sumatra ne viennent jamais au sol, a la différence de ceux de Bornéo qui vivent sous le sol. Cela les a notamment rendu plus intelligents et habiles. A noter qu'ils ne se déplacent pas en sautant d'un arbre à l'autre, mais en se balançant. N'étant pas munis d'une queue, leur équilibre est plus précaire.

Nous prenons le repas de midi au bord d'une rivière au débit assez fort, l'occasion de se rafraîchir un peu, le temps que le repas se prépare. Tout est préparé par Mam (Mahm ?), le cuistot qui nous accompagne dans l'aventure. Quelques Long Tail Macaques nous rejoignent à quelques mètres de là, eux aussi pour se rafraîchir semble-t-il. Une fois repus, nous reprenons le chemin pour poursuivre nos observations d'animaux, insectes et plantes. En fin d'après midi nos 2 acolytes nous quittent et nous finissons la journée avec Putra. De retour au camps, baignade suivi d'un délicieux repas au bord de la rivière, éclairé a la lueur de la lune et des bougies. Pour le menu, c'est jour de fête. Curry de légume, poisson de rivière à la tomate, omelette, légumes sautés et riz.

La nuit est douce mais spartiate, un duvet et une natte a peine rigide nous sépare du sol. Par contre la bâche transparente faisant office de "toile" de tente nous permet de profiter a chaque instant de l'extérieur et de se réveiller avec la plus belle des vues.

Réveil en douceur, rinçage dans la rivière, cafés et crêpes aux bananes (sauce chocolat) nous attendent. C'est l'heure de reprendre la route, direction des sources d'eau chaude. En chemin pour nous faisons la rencontre avec des White Hands Gibbons, reconnaissables a leur chant spécifique. Arrivés aux sources chaudes, nous sommes les premiers ! Rapidement rejoint par d'autres groupes, nous passons la matinée à nous détendre dans différents bassins a différentes températures. Attention a ne pas remonter trop loin, la sortie de la source est a 90°C environ ! Parfait pour les œufs ou les patates, ou les bananes et abricots …

Une fois bien cuits (et attaqués par le soleil), retour au camp pour les nouilles aux légumes du midi, nouvelle rencontre avec les macaques puis retour dans la jungle. On voit pas mal de déchets traîner aux abords des différents camps et c'est notamment due aux macaques, qui n'attendent qu'une occasion pour venir voler quelques provisions… Notons que côté déchets, tous les guides n'ont pas la même conscience écologique, dommage. Dans tous les cas, la plupart finissent de toute façon empilés puis brûlés… à même le sol.

Moins de chance pour ce second jour, hormis quelques Thomas Leaf Monkeys, pas de nouvel Orang-outang à l'horizon. L'orage gronde au loin, nous rentrons précipitamment pour éviter de justesse la pluie.

Place à la baignade, douche et lessive de la jungle. La pluie se maintient, le dîner se prend dans la tente, toujours avec quelques bougies. Au menu cette fois, Curry de légume (version Mahm et non Putra), beignets de légumes, cacahuètes a la tomate, omelettes, riz et ananas pour finir. Fin de soirée avec quelques partie de la version local du Président, Ophélie a été plus chanceuse que moi !

Nouvelle nuit spartiate, bercés par les bruits de la rivière et de la pluie.

Le jour se lève sur le camp, encore humide. On garde nos petites habitudes, lavage de face, kopi susu et pisang pancake. La dernière matinée nous est favorable, un Orang-outan nous fait le plaisir de se montrer a une quinzaine de mètres de nous. D'autres groupes croisés lors de cette matinée semble avoir été moins chanceux. Afin de compléter le bestiaire, Ophélie remarque un serpent que Putra s'empresse de ramasser. Malgré son jeune âge, des précautions s'imposent, une morsure si près de la fin du trek, ça ne serait pas de chance. Autre rencontre, un wood peeker (au torse orange), alias Woody, fait résonner la forêt. Après le lunch nouilles/légumes/œuf, nous arrivons assez rapidement à la lisière de la jungle. Le frère de Putra nous récupère en moto un à un pour accélérer le retour a la guesthouse. Mes épaules cuites par le soleil lui en sont grandement reconnaissantes. Time to go, fin du jungle trip !

On se décide, après quelques hésitation, à prendre la route de suite pour Berastagi, afin de couper en 2 la route en direction de Samosir. Le chemin inverse se met en place. Très rapidement un labi-labi pointe le bout de sa carcasse usée et nous emmène en à peine 45 minutes au marché de Kutacane. Cette fois ci, le voyage est plutôt confortable, malgré les tentatives du chauffeur de faire la course sur des routes accidentées. Une fois arrivés, un BTN à l'effigie de Batman attend. Quelques 30 minutes plus tard le trajet se lance, calmement, très doucement, trop lentement… la première heure se passe à environ 30 km/h. Horreur, nous allons arriver en pleine nuit ! Heureusement, une fois le plein de cargaison sur le toit fait et les passagers au complets, le rythme agressif est a nouveau là !

Il est temps pour une pause dîner, ce sera rotis pour nous (une sorte de pain ou brioche fourré à toutes sortes de choses), bien suffisant. En essayant de communiquer avec nos conducteurs, ils essayent de comprendre dans quelle guesthouse nous avons rendez-vous et les appellent même, sûrement pour les prévenir de notre heure d'arrivée tardive. Le trajet de nuit se fait plutôt bien, niveau sonore plutôt limité par rapport à notre précédente expérience. Malgré la conduite énergique, Ophélie dors plutôt bien, aidée de quelques cachets. Une fois à Berastagi, les chauffeurs appellent à nouveau notre hôte (heureusement, nous n'aurions jamais trouvé par nous même !), qui nous attend devant la grille. Les clés de notre mini-chambre en notre possession et une bonne douche chaude, un repos bien mérité s'engage.

Après une nuit dans de bonnes conditions (un lit) et un petit déjeuner sommaire, avant de partir quelques nécessités : échanger nos euros, trouver des cartes sim avec de la data et une crème hydratante pour traiter les coups de soleil d'Olivier !

Tout ceci fait, notre hôte nous indique, de manière très précise, le parcours pour rejoindre Parapat, le port qui nous permettra d'atteindre l'île de Samosir.

On the road again, c'est parti pour un premier trajet en bemo jusqu'à la gare routière de Kabanjahe. Ambiance surchargée, nos gros sacs ont du mal à se trouver une place (et nous aussi). On arrive à échanger quelques mots en indonésien pour s'assurer de se faire déposer au bon endroit.

Arrivés à bon port, nous sommes immédiatement pris en charge par des rabatteurs qui nous demandent notre destination. Rapidement, on nous installe sur les 2 places à côté du conducteur, les places premium, plus chères, mais nettement plus confortable pour les 3 heures de route ! La trajet est ponctué des habituels arrêts de chargement de marchandises et passagers. On profite en même temps des répétitions de défilés des écoles pour la préparation des défilés du 17 août, la fête nationale. Ophélie prend la pose avec quelques écolières très contentes de voir une femme blonde !

Arrivés à Siantar, nouveau changement pour Parapat. La fin de trajet se fera dans un pseudo minibus, qui est en fait une grosse voiture privée. On essaye d'ailleurs de nous faire payer la voiture entière pour partir plus rapidement. Au final en moins de 15 minutes la voiture est remplie et nous prenons la direction de Parapat.

Dernière étape du trajet, après un petit café (incité par le bistrotier qui nous dit que le départ ne se fait que dans 25 minutes, autant en profiter), traversée en bateau pour Tuk Tuk. Celle-ci se fait en eaux calmes, le bateau s'arrête aux pontons correspondant aux hôtels de chacun. Service sur mesure !

La chambre est grande mais sommaire, un robinet fuit en continu dans la salle de bain. En revanche, la vue depuis les hauteurs de la guesthouse, sur le lac et les montagnes est sublime. Les communs très agréables à vivre (hamacs, canapés), l'accueil toujours souriant et les repas délicieux (spéciale dédicace aux bananes frites du petit déjeuner).

Après un bon petit-déjeuner traditionnel indonesien (mie goreng telur dadar et pisang pancakes), on enfourche notre scooter, loué pour la journée. On se base sur une carte fournie par l'hôtel pour faire un tour en longeant la côte nord puis en s'enfonçant au cœur de l'île de Samosir.

Première étape : l'ancien village batak de Sialagan près d'Ambarita. L'occasion de voir de près des maisons traditionnelles de la culture Batak, en forme de bateau et avec des finitions très travaillées. Celles-ci ne sont plus habitées mais il en reste encore beaucoup sur l'île qui le sont.

Au milieu du village se trouvent la table et les chaises de pierre utilisées lors des jugements, et à quelques pas, le lieu des exécutions (ça rigolait pas à l'époque !).

Quelques kilomètres plus loin, on poursuite la découverte de la culture Batak avec une démonstration de danses traditionnelles et un (petit) musée à Simanindo. Les danses représentent le déroulement traditionnel d'une cérémonie au cours de laquelle un taureau est sacrifié. Pour des questions de budget notamment, la même créature est réemployée de démonstrations en démonstrations. Ouf.

Nous faisons un arrêt non loin des plages de Pasir Putih où l'on se promène entre les buffles d'eau au bord du lac. On s'engage sur une jetée pour admirer les montagnes depuis le lac, mais nous sommes interpellés à mi-chemin pour nous réclamer quelques Rupiah. Après avoir profité un moment du bout de la jetée, le gardien revient nous réclamer cette fois-ci une photo. On s'exécute bien entendu et on confie aussi l'appareil photo d'Olivier à son compagnon… qui le lâche sur le sol en béton. Bien cabossé, mais toujours utilisable heureusement ! (Note d'Olivier : en plus la photo est moche ! #rageux).

Très bref passage à Pangururan, la ville principale de Samosir qui n'offre que peu ou pas d'intérêt, puis on se dirige vers le centre de l'île, en passant par le lac Sidihoni (un lac dans une île dans un lac dans une île !).

Presque à court d'essence, on fait le plein dans une pompe "old school" tout en haut de l'île. Ouf, on n'aura pas a pousser.

La végétation est différente de la côte, elle se rapproche plus des forêts méditerranéennes avec de grands Pins. Les quelques buffles d'eau croisés au bord des routes et les feux de déchets en plein milieu de la nature nous rappellent tout de même que l'on est bien en Indonésie.

Petit arrêt jus de fruit du dragon avec une vue magnifique sur le lac et on finit la descente vers la côte, sur une route fraîchement enrobée.

Arrivés à Tomok, on s'arrête pour observer la tombe d'un ancien roi de Samosir. Arrivés sur place, un guide est déjà en train de compter les récits du roi quand un vieux monsieur s'approche de nous d'une démarche peu assurée :

  • If you want to hear the story, I'm the only guide.
  • Ok, tu veux combien ?
  • 50 000
  • C est un peu cher pour une histoire …
  • Combien tu veux ?
  • 30 ça serait un bon prix non ?

On paie donc le guide 30 000 Irp pour nous raconter l'histoire de ces sarcophages et de la royauté Batak. Histoire qui restera obscure pour nous, parce qu'on n'a rien compris à ce qu'il nous raconte (mais Olivier fait très bien semblant), hormis certains détails. On hésite encore entre mauvaise diction, excès de Chang ou AVC en cours.

On cherche désespérément les cascades, théoriquement dernière étape de la journée, mais malgré une tentative de se rapprocher des montagnes à grand renfort de scooter-cross dans les cailloux aucune cascade de daigne pointer le bout de sa chute. Un gros nuage de pluie s'approche, ce qui met fin aux recherche, on se replie vers la guesthouse à toute berzingue. Au final il passe à côté de Samosir et on repart à Tomok pour faire quelques courses. Sur le second chemin du retour, on s'arrête dans un petit café où on planifie la suite des vacances.

Peu après le petit déjeuner nous attendons le ferry pour rejoindre Parapat, qui comme à l'aller nous cueille sur le ponton de l'hôtel. Nous sommes leur premier arrêt. Il fait beau, la vue est belle et c'est la fête nationale ! En effet, depuis le 17 août 1945, l'Indonésie est à nouveau indépendante suite à la colonisation hollandaise. Les tenues du personnel des différents hôtels sont là pour le rappeler. En plus des drapeaux et fanions, les tenues rouges et blanches sont de sortie (pas de Bayonnes hein…). Le bateau se remplit au fur et à mesure, rapidement nous nous retrouvons en plein milieu du lac, puis en vue de Parapat.

Nous débarquons et mettons la mains assez facilement sur un bus de ville. Quelques mots échangés sur le jour de célébration et nous arrivons au terminal des bus. Un direct pour Medan ! C'est parfait, pas besoin de repasser par Kabanjahe ou de changer a Siantar. Malgré tout la route est longue, à bord cette fois d'un grand autobus. Assez lourd et pataud, mais confortable. On atteindra Madan en 6h environ, moins que ce que l'on attendait (plutôt autour de 8h). Autre bonne nouvelle, Olivier remarque que notre hôtel est proche d'un point de passage du bus, ce qui nous permet de nous faire débarquer bien avant le centre embouteillé. La fin du trajet se fera en bekak. Au rythme effréné de 30 km/h nous remontons l'avenue au fort trafic en direction de l'aéroport, puis arrivons en vue d'un complexe d'hôtels, cafés et restaurants autour d'un centre commercial. Ce dernier est assez beau dans sa conception, mais totalement vide … la chambre d'hôtel est pour le moins exiguë, un lit entouré littéralement par 3 murs et une fenêtre tordue, complétée par une climatisation commune a 4 chambres, les plafonds n'existant pas... On profite de l'air frais aussi bien que des programmes télé et échanges téléphoniques de la chambre voisine. Nouvelle découverte ce soir : le KFC dans sa version indonésienne. Le riz remplace les cobs de maïs, le poulet est plus épicé et en guise d'unique sauce, une sauce chili … Ophélie est ravie. A noter qu'environ la moitié de la carte était "sold out", un classique de la chaîne semble-t-il, tant pis. On tente au passage un café glacé a la glace vanille et un lychee flush bleu fluo avec des billes de gélatine et là encore de la glace vanille en toping. Étrange.

Après un frugal petit déjeuner de pain de mie, pâte à tartiner au Macha et pépites de chocolat, la navette nous emmène à 9h pour l'aéroport, tout proche. Direction le guichet Lion Air pour le vol de 13h. Pas de bagage en soute réservé, les dimensions de nos sacs ne semble pas être problématique, mais pour le poids, ça coince pour Olivier au contrôle d'accès aux portes d'embarquement… Ayant le droit à 2 sacs chacun en cabine et après un habile remaniement de la répartition des poids entre eux, la limite de 7kg par sac est respectée... Et tac, Jean Michel Astuce a encore frappé !

On embarque, place confortable au niveau des issues de secours, nous trouvons bien en place la fameuse "Invocation cars" qui a valu a la compagnie le meilleur des slogans : Avec Lion Air, faites vos prières. Le vol se déroule sans encombre, 1h20 plus tard nous arrivons à l'heure et entiers à Padang.

A notre plus grande surprise, aucun bus direct pour Bukittinggi depuis l'aéroport et nous devons passer par le centre ville. Les routes sont assez encombrées et on se rend vite compte que la région et bien plus riche que le nord de Sumatra. Le bus nous dépose finalement sur une agence de transport qui nous annonce que le prochain départ disponible est dans 1h30. Encore de l'attente, pas le choix, on attend.

A l'approche de Bukittinggi, et après quelques virolos dans les montagnes, on commence à aborder le sujet du lieu de dépose. On montre notre réservation d'hôtel mais ils semble comprendre que "merci", en début de mail de confirmation, est le nom de l’hôtel... On pense arriver finalement à leur faire comprendre que c'est le Sumatra Ecoresort. La route est longue et encombrée. Il est 21h passées et après plusieurs errements dans la ville, le bus nous dépose a une carrefour face a l'hôtel "Mersi"… vraiment ?!

Fatigue et faim nous taraudent, la patience s'amenuise, mais pas le choix, on doit trouver quelqu'un pour nous orienter et nous transporter. Nous arrêtons ce qui nous semblait être un bemo mais qui s'avère être un petit camion privé. Un troisième laron arrivé par hasard nous aide à nous faire comprendre. Dans la discussion ils nous indique devoir aller au Padi Ecolodge car l'autre est fermé. La situation ne semble pas vouloir s'améliorer pour le moment. Allons-y et nous verrons bien, de toute façon c'est dans la bonne direction. Le Padi est un petit havre de paix, on chemine à travers les rizières et on se retrouve entourés de végétation et de petits bâtiments en bois plein de charme. Pas d'accueil, seulement quatre européens qui finissent leur dîner. Un des cuisiniers semble comprendre notre détresse et s'empresse de nous trouver quelqu'un pour nous aider. Nous apprenons que notre hôtel est bien fermé et que les 2 hôtels ont le même gérant. Le Padi arrive finalement à joindre quelqu'un du Sumatra pour venir nous chercher. En une vingtaine de minutes un chauffeur arrive et après un rapide trajet à 3 sur un scooter dans les rizières et avec nos gros sacs et sur un chemin d'à peine 1 mètre de large, on se retrouve à nouveau sur la route. 3km plus loin, il est 22h30, nous arrivons enfin au Sumatra Ecoresort, victoire ! La cuisine est bien entendue fermée, mais on nous propose quand même quelques fruits (ananas, mangue, 2 oranges, 2 bananes et un dragon fruit …) ainsi que de nous faire des pancakes, ce que l'on refuse vue l'heure et après avoir déjà bien abusé de leur gentillesse. On s'endort ainsi exténué de ces 2 jours de trajet, mais dans un magnifique bungalow en bois, superbement aménagé et avec salle d'eau extérieure entourée de végétation. Nous n'avons qu'une hâte, découvrir le paysage du canyon de Sianok et notre gîte au petit jour.

Une nouvelle journée commence, reposés et contents d'être enfin arrivés. Nous découvrons au petit matin le paysage exceptionnel qui entoure notre bungalow, un jardin fleuri, des arbres fruitiers, les bungalows avoisinants, et la vue sur le canyon de Sianok. Le petit déjeuner est pris avec la vue sur les rizières et les falaises du canyon, notamment un énorme piton rocheux tout droit sorti des rizières, sur lequel s'accrochent tant bien que mal quelques arbres. La petite brume matinale rajoute un côté mystique au moment. Le temps de quelques plans avec le drone, on refait nos sacs en direction de la prochaine guest house, le Padi Ecolodge. D'abord à pied le temps de profiter des paysages qui nous entourent, puis nous arrivons a arrêter un pick-up qui nous remontera jusqu'à l'entrée de la ville, assis sur des sacs de riz ! Le temps de laisser nos sacs et nous gagnons Bukittinggi et prenons un peu de hauteur sur le canyon pour le découvrir sous un nouvel angle. Nous découvrons ensuite la ville, en marchant au hasard des rues, au rythme des appels à la prière et des prêches diffusés presque constamment via des hauts-parleurs dans toute la région.

Moins agitée et moins polluée que Medan, la ville compte plusieurs monuments dont la Tour de l'Horloge ou le fort de Kock, vestiges de la période coloniale hollandaise.

C'est après avoir payé l'accès au parc de ce dernier que nous nous rendons compte qu'il communique avec le zoo de la ville... Triste interlude au milieu de notre voyage. Le manque de moyens financiers et la quasi-absence de défense de la cause animale dans le pays n'augure rien de bon pour les captifs de ce zoo : lions, tigres, -orangs-outans, zèbres, éléphants, ... Aucune espèce ne semble avoir échappé a cet enfer. En particulier un gibbon maintenu dans une étroite cage. L'animal semble avoir totalement perdu la raison, se balançant frénétiquement d'un côté a l'autre.

Avant de sortir, nous ne coupons pas aux habituelles photos avec les locaux, de quoi se demander si l'on ne fait pas un peu également parti du zoo, entre deux clichés glauques, d'animaux enfermés.

Retour au milieu des rizières ou nous prenons possession de nos quartiers au Padi Ecolodge. Finies les chambres très sommaires du nord de Sumatra, ici on s'émerveille devant l'architecture en bois et les jardins. Il y a même une chasse d'eau et de l'eau chaude !


Nous y retrouvons Roni en fin d après midi afin de se mettre d'accord sur le lancement du programme du lendemain.

Le rendez vous de 9h avec Roni approche, il est temps après notre nuit de luxe et le petit déjeuner de refaire nos sacs (allégés d'un t-shirt pour Ophélie, perdus dans les méandres de la blanchisserie de l'hôtel).

Après une étape au bureau de change, on passe devant le champs de course équestre de la ville. Roni nous demande si on veut essayer ? Ophélie est forcément partante ! Ce sera 2 tours de piste sur un cheval de course et selle de course (pour 40 000 Irp). Elle s'éloigne lentement sur le début du premier tour, puis dès le premier virage, le cheval accélère franchement. C'est ravie (semble-t-il) qu'Ophélie s'engage dans un second tour. Satisfaction de la cavalière, pour ses premiers tours de piste de course, malgré une belle plaie a la jambe due au frottement contre la selle, rugueuse.

L'arrêt suivant nous amène a l'extérieur de Bukittinggi, à quelques 20 minutes de route, à la découverte du petit village de Batang Air Palupuh, vivant principalement du commerce du café et de la cannelle. A l'arrivée, Roni nous démontre ses savoirs en médecine naturelle et applique sur les plaies d'Ophélie une plante à la sève antiseptique : la Bétadine.

Changement de guide pour une petite marche le long des rizières et vers la jungle, pour aller voir une des spécificité botanique de Sumatra, la fleur de Rafflesia. Cette fleur est tout simplement unique : elle se développe sur une liane et offre au mieux une floraison tous les ans et demi environ. La fleur fera entre 50 cm et 1 mètre de diamètre mais ne durera que 5 à 7 jours. La chance est avec nous, une floraison a eu lieu il y à 3 jours, une petite grimpette s'impose pour découvrir le spécimen de 60 cm, impressionnante et a l'odeur peu agréable. Après les Orang outang, deuxième objectif rempli !

Sur le chemin, il nous présente quelque espèces de fleurs du coin, entre autre le "lemon grass", et la racine utilisée pour le baume du tigre.

Retour à la case départ pour un moment café. Pas n'importe quel café, le Kopi Luwak. Il s'agit du café le plus cher au monde, celui qui est consommé par une cuvette, digéré, et fermenté dans les excréments. Il est collecté par des paysans de la région (qui comme les champignons, connaissent les coins), puis lavé, séché et torréfié avec du bois de cannelle (pas l'écorce, le bois). Après une petite dégustation et explication sur tous les bienfaits de ce petit miracle de la nature, on cède finalement à un petit achat, difficile de refuser. La café est assez doux, et peu puissant en bouche. Ça sera intéressant de le faire découvrir au reste de la famille.

Avant de repartir, on nous offre de goûter à un reste de repas de célébration, ayant eu lieu la veille dans le village, du "laman tapai". Il s'agit d'un riz blanc cuit dans une feuille de bananier puis mis dans un morceau de bambou pour la cuisson. Celui-ci s'accompagne de riz noir cuit avec un piment, de l'ail et un peu de sucre de palme. Le tout est fermenté avec l'eau de cuisson pendant 2 jours et sert à arroser le riz blanc. C'est légèrement sucré et le goût fermenté est assez agréable ! Il semblerait que ce soit une spécialité de ce village en particulier.

Nous reprenons la route après un nouveau soin a la Bétadine naturelle pour Ophélie. Toute la zone de la plaie a pris une teinte orangée.

On repasse par Bukittinggi et nous croisons à la sortie de la ville, une femme est en train d'éplucher de grandes racines marrons sur le bord de son échoppe. Ce sont des racines de manioc utilisées pour la fabrication de chips. Nous faisons un rapide arrêt pour observer le process de plus près et en acheter quelques unes, tout juste sorties de la friteuse géante. "Ca sera parfait avec une bière ce soir !". J aime bien ce guide. On reprend la route.

Petit détour dans un village traditionnel de la région, avec ces fameux toit en forme de cornes. Cette forme a une explication entre légende et histoire. Les habitants de l'ouest de Sumatra ont été défiés par le peuple de Java. Afin d'éviter une guerre ouverte, il proposent à leurs assaillants de régler l'issue de ce conflit par un combat de buffle. Ceux-ci acceptent et choisissent le plus gros et le plus fort des buffles pour concourir. A l'inverse, les résistants choisissent un jeune buffle, non sevré, et affament ce dernier. En parallèle, un forgeron l'équipe de cornes en métal, très pointues et acérées. Le jour venu, les assaillants pensent la victoire acquise en voyant le buffle choisi par les habitants de l'ouest de Sumatra. Le combat débute, le jeune buffle, affamé, fonce sur son congénère, pensant trouver du lait. Le jeune buffle sortira ainsi victorieux, sa faim ayant conduit les cornes de métal en plein dans la panse du puissant buffle. Les habitants, ivres de leur victoire, crièrent ainsi "Minang kabau ! Minang kabau !", le buffle victorieux. Depuis, ce peuple a pris le nom de Minangkabau, et les maisons arborent des toits en formes de cornes en souvenir de cette victoire. Plus il y a de cornes, plus le nombre de générations ou de familles y vivant est important. Une belle histoire de l'intelligence qui l'emporte sur la force, et qui a permis d'éviter une guerre.

Roni est amateur de couteaux, qu'il collectionne. Sur la route, nouvel arrêt chez un forgeron chez qui il a commandé un couteau traditionnel, utilisé pour le self défense national, le penchak silat (qui apparemment a ensuite été introduit en Malaisie et Birmanie). La forge est totalement invisible parmi les autres maisons. A l'intérieur, 3 personnes s'affairent à la tâche. Le couteau n'est pas prêt mais l'on peut se rendre compte des conditions de travail difficiles de cette famille, habitués à travailler sans aucun moyen de protection. A côté de la voiture, un feu de déchets, et des chips de tapioca sèchent sur des grandes bâches, pour être exportées ici et là.

La route reprend à nouveau et nous arrivons aux portes de la vallée de Harau. Roni nous dépose un peu avant le village pour marcher un peu au milieu des rizières. Nous arrivons finalement au Abdi Homestay, à Tarantang ! Une bonne surprise car il s'agit du lieu dont nous avions entendu beaucoup de bien dans le secteur, et que l'on tenait à essayer. Une fois encore, un superbe décors. Un bungalow sur 2 étages rien que pour nous, dans un style architectural Minangkabau.

La soirée s'achève sur une bière partagée avec Roni, un bon repas et un dodo (entrecoupé de bruits de rats, dont 1 qui a surpris Ophélie en descendant au RDC du bungalow…).

Les pancakes du matin avalés, commence la marche dans les rizières. Nous les atteignons rapidement, après avoir longé l'impressionnant promontoire rocheux, surplombant le village. Roni nous emmène a la rencontre des locaux travaillant dans les rizières et nous demande si on veut essayer ? Pourquoi pas …

Chaussures ôtées, appareil photo dans les mains d'Ophélie, Olivier se jette pieds nus dans la boue. Quelques brins de jeunes pousses de riz dans les mains, il faut maintenant enfouir les racines à la bonne profondeur, en suivant rigoureusement un ligne imaginaire, les uns après les autres. Pas compliqué dans le principe, il faut toutefois une certaine dextérité pour être efficace et rapide. Olivier est largement dépassé par l'ancienne qui doit atteindre les 75 ans … nous ne mangerons plus de riz sans penser au travail que cela représente !

A ce propos justement, le travail commence par cultiver le semi de riz dans un milieu boueux, mais non noyé. Là, les pouces atteindrons environ 25 a 30 cm en un mois avant d'être transférées dans la rizière, par petites touffes suffisamment espacées. Le champ pourra alors être irrigué abondamment. Une fois a maturité, le riz est coupé. Le reste des plants est brûlé et servira de compost. La terre sera ensuite labourée avant de repartir sur un nouveau cycle. En général, les paysans gèrent leurs cultures de telles sortes qu'une récolte puisse se faire tous les mois.

Une fois récolté, le riz est nettoyé des impuretés et éléments non souhaités, séché au soleil (3 jours si les conditions sont bonnes) puis libéré de son enveloppe, ultime étape. C'est à ce moment que le riz passe de "Padi", la graine prête a germer et jusqu'à sa récolte, à "beras", le riz blanc prêt a être vendu. C'est une fois cuit qu'il prendra le nom de "nasi" et qu'on retrouvera sous toutes ses formes dans la cuisine indonésienne, dont le classique "nasi goreng" (riz frit ou riz sauté).

La marche continue, le long de rizières, nous nous enfonçons davantage dans la vallée. Les rizières aux différents stades de croissance s'enchaînent. Un court arrêt nous permet d'observer deux fermiers en train de nettoyer le riz à l'aide d un tamis et d'un petit moteur/souffleur pour se débarrasser des grosses impuretés avant le séchage.

En quittant les terres inondées des rizières, on se rapproche d'une végétation luxuriante. Que l'on tourne la tête à gauche ou à droite, les plantations de café, cacao, jack-fruit, papaye et autres fruits s'enchaînent. On découvre également des plans de giroflier, même les feuilles diffusent la forte odeur de l'épice !

Nous faisons un rapide arrêt dans un champs de henné, mais malheureusement, la récolte est déjà passée. On découvre toutefois le principe de la fabrication. Une fois récoltées, les feuilles sont bouillies puis pressées afin d'en extraire le jus qui deviendra ocre. Ce dernier sera concentré afin de devenir la fameuse pâte colorante qui sera exportée, en Inde principalement.

Nous arrivons au village de Solok Bio-bio, où une nouvelle découverte nous attends, la production de sucre de palme. Autour du village, les palmiers sont incisés et des troncs de bambou posés afin d'en récolter la sève. Celle-ci est ensuite bouillie et en refroidissant, deviendra brune. Le goût est très prononcé et excellent (notamment avec un café).

La matinée se passe et afin de gagner un peu de temps, Roni appelle un de ses amis pour nous conduire en bekak pour la suite de la journée. Ce dernier nous alors propose d'aller découvrir une cérémonie de mariage dans un village sur notre route.

Précédés du conducteur, nous pénétrons dans la grande tente qui abrite la cérémonie et immédiatement on vient a notre rencontre pour nous accueillir chaleureusement. En quelques instants on nous tend une assiette pour participer au repas du mariage, difficile de refuser. Premier repas sans couvert ! Olivier fait bien entendu, en bon gaucher, l'impair de manger de la main gauche, normalement réservée pour les sanitaires. On le lui fait gentiment remarquer et poursuit son déjeuner de la main droite. S'ensuit une séance photo avec les mariés et les "enfants d'honneur" puis nous sommes sur le départ après avoir chaleureusement remercié nos hôtes. Que s'est il passé ? En Indonésie, le village dans son intégralité est convié au repas des mariés qui durera toute une journée et jusqu'au bout de la nuit, une fois dans la famille de la mariée, puis dans celle du marié. Très différents de nos coutumes occidentales.

Il doit être bientôt 14h, nous prenons la route pour Sarasa Murai et sa cascade dans laquelle nous nous rafraîchissons le temps d'une baignade. 15h approche, nous allons déjeuner (encore), chez l'habitant, où une multitude de mets nous attendent (dommage que nous ayons si peu faim). Œufs de canard, curry de légumes, feuilles de café frites, gado gado, beignets d'aubergines et plus encore.

Le ciel se couvre, il est 16h passé, nous prenons la route pour Abdi Homestay, la journée a été bien remplie. La chance est avec nous, on esquive la pluie qui semble surplomber les impressionnants massifs rocheux de la vallée. Hormis 3 gouttes, nous arrivons au sec avec notre bekak.

Autant dire que le soir venu, ce n'est pas la faim qui nous tiraille. Nous partageons un plat à 2 avant de reprendre le chemin de notre petit nid douillet. Ce sera notamment l'occasion de voir de plus près notre colocataire, un joli rat gris au ventre blanc, assez peu craintif en définitives.

Départ tranquille ce matin sur les coups de 10h, direction le palais du Roi. En route, arrêt rapide au village de Rao Rao, qui a conservé une certaine typicité, avec ses maisons de style Minangkabau. S'y oppose également des maison dans le style colonial hollandais, non sans charme.

Nous passons devant l'ancien palais de la Reine, puis atteignons rapidement le fameux Pagaryum Palace, reconstruction fidèle de ce qu'était le palais du Roi. Au rez-de-chaussée on retrouve des chambres, ainsi que la cuisine et au second et dernier étage, les biens les plus précieux du Roi. Mais c'est au premier étage que l'on est le plus surpris d'apprendre que celui-ci est consacré à la séquestration de la princesse. Les indonésiens y affluent pour se prendre en photo en tenues traditionnelle. Ils n'en sont pas moins satisfait lorsque des européens figurent également sur la photo souvenir.

Sur le retour, Roni nous informe qu'il pourra nous emmener jusqu'à Maninjau, bonne nouvelle ! Du temps de gagné pour rejoindre notre prochaine étape.

Le repas de midi est encore délicieux, comprenant différents mets, dont certains spécifiques a la région. On notera par exemple le curry de bambou, le curry vert de canard, les graines de lotus sautées et autres joyeusetés.

La route pour Maninjau nous reconduit a travers Bukittinggi. La route est très belles, entre montagne et rizières. Nous atteignons enfin le col et le lac se présente à nous en contrebas. Nous ne profitons toutefois que d'un panorama partiellement majestueux, les incendies de jungle dans le centre du pays dégagent beaucoup de fumée. Tant et tant que cela se ressent jusque dans cette régions, recouvrant le lac d'un voile opaque. La raison de ces incendies n'est ni plus ni moins que la pratique du brûlis, souvent non contrôlés par les paysans, pour la culture de l'huile de palme. Quelques virages plus bas, on distingue enfin l'imposante masse d'eau que forme ce lac de caldeira. Pas aussi vaste ni profond que le lac Toba (400 m de profondeur tout de même), mais il demeure très beau.

Un dernier arrêt en bord de route, avec vue sur le lac et les élevages de poissons, permet la découverte du Kopi telur, un café au jaune d'œuf ! Le cappuccino local en quelques sortes.

La descente et ses nombreux lacets se terminent, nous arrivons sur la ville de Maninjau. Quelques rues plus loin nous arrivons à Eka's Bungalows, notre guest house où l'on rencontre nos hôtes, Eka et Émilie, un couple franco-indonésien qui s'occupe des quelques bungalow familiaux. Rencontre également avec Mel, un fumeur invétéré non sans sens de l'humour. On comprend que Roni avait envie de nous emmener là également pour voir ses amis !

Après quelques discussions, Roni nous abandonne entre entre les mains de nos hôtes. Nous prenons possessions de notre bungalow en bord de lac et passons la soirée entre nous avec un invité surprise qui a élu domicile sur notre lit.

Réveil en douceur et petit déjeuner en compagnie d'Émilie et Eka. Notre scooter nous attends, direction la route circulaire du lac. Après une étape Bétadine et soins à même le sol pour la blessure d'Ophélie (au pied d'une marchande de petits mollusques cuits…).

La route est en bon état, les paysages sur le lac s'enchaînent entre élevages de poissons et petits villages. Au détour d'un virage on croise un énorme varan de pas loin de 2 m de long, en plein milieu de la route. Après nous avoir laissé passer, il disparaît dans les fourrés sur le bas côté en direction du lac.

On s'arrête sur la petite péninsule de Unjung Tanjung, animés par l'espoir de découvrir un beau point de vue sur le lac en son extrémité. Toutefois, à 200 mètres du bord, plus moyen d'avancer, le sentier s'évanoui dans l'épaisseur de la jungle. On reprend la route après s'être allégés de quelques chenilles et nous profitons d'un petit café en terrasse vue sur le lac.

Nous arrivons a un embranchement nous permettant de continuer sur la route principale, ou bien s'enfoncer dans les rizières en hauteur, ce que nous choisissons. Les petits villages d'agriculteurs sont tous ravis de voir passer deux européens, on a d'ailleurs du mal à tenir le rythme des "hello !". Les paysages sont superbes et en prenant un peu de hauteur nous nous offrons de magnifiques vues sur le lac, encore embrumé et des rizières à perte de vue.

Une dernière étape nous mène à une cascade entre les villages de Bayur et de Maninjau. Grâce aux explications d'Émilie on trouve le sentier qui nous y mènera, non sans mal, à travers jungle et lit de rivière. Le soleil baisse rapidement, il nous faut regarder notre monture et repartir. Le dîner se fait également en compagnie d'Émilie et Eka, le restaurant attenant n'étant pas ouvert ce soir. C'est l'occasion de vérifier les talents de cuisinier d'Eka avec un délicieux curry de légumes.

Émilie et Eka sont adorables. Émilie gère les détails dans les bungalows, la mise en beauté et la décoration de la guest house (ainsi que les lessives et un peu de ménage). Eka quant a lui exécute les tâches de travaux et de gros jardinage, entre 2 nettoyages de voiture.

La suite du voyage s'envisage, on essaye de décaler notre séjour au Jophira Tintin mais sans succès, ce dernier étant complet les jours précédent notre arrivée. Après quelques réflexions, nous décidons de rester 2 nuits de plus sur place, le lac étant magnifique et nos hôtes adorables.

La veille au soir, nous avions convenu de partir en randonnée avec Émilie, qui semble avoir envie de profiter de notre présence pour s'évader un peu. Eka nous emmène donc jusqu'au sommet des montagnes attenantes. Un petit warung "take away" pour le midi dans le sac et un jus de canne pressé (mais pas si rapide …) plus tard, nous démarrons la marche avec pour première étape la montée au Puncak Lawang. Ce lieu touristique (et en pleine construction) permet de découvrir la région avec hauteur. Le site en construction promet un lieu agréable, avec entre autres, des balanciers suspendus au milieu du "vide" pour profiter du paysage tout en sensation et avec un risque limité.

Descente puis montée à nouveau, vers un autre point de vue, le Sakura Hill.

Les discussions et les pas défilent, tant et si bien qu'une fois en bas, environ 20 km auront été avalés. Sur le chemin, Émilie s'empresse de ramasser différentes graines de fleurs qu'elle trouve ici et là, pour arranger les alentours des bungalows.

Après ces heures de marches, nous voilà de retour sur la grand route. Émilie nous propose d'aller manger des goreng gorengan, un assortiment de mets frits. En route, nous faisons la rencontre d'un chaton abandonné qui tente désespérément de trouver a manger d'un côté ou de l'autre de la route. Après quelques échanges avec les commerces attenants, personne n'y semble attaché. Nous repartons avec !


Quelques centaines de mètres plus loin, Eka passe en voiture et nous récupère, bonne surprise, les muscles fatiguent. Nous finirons la journée autour de la nouvelle venue baptisée Ophélie, et de quelques bananes frittes (accompagné de riz rouge sucré et de noix de coco râpée…), tofu-nouilles et légumes frits.

Levé de soleil sur le lac, on prend le temps ce matin pour décider du programme. La petite Ophélie va bien et semble déjà s'être parfaitement accommodée à son nouvel environnement.

Dimanche, c'est jour de marché a Passar Ahad. Nous reprenons le scooter, direction ce village en bord de lac avec pour objectif d'acheter quelques fruits et épices. Le marché et un dédale de stands à même le sol, parfois sur une table. On croise aussi bien des stands de poisson, anguille, fruits, légumes, bazar, vêtements… mais peu ou pas d'épices. Objectif en partie rempli, au détour d'un bâtiment Olivier hume une odeur de café, bingo, on repart avec un sac de café en grain, fortement torréfié...

On reprend la route avec comme idée première de trouver un endroit où manger. On reprend quelques routes dans les hauteurs et les rizières afin d'encore profiter des beaux panoramas. A force de poursuivre notre route, le tour du lac est bien entamé. Tout au nord du lac nous croisons des chiens de chasse. Ce ne sont pas "quelques" chiens, mais des centaines de chiens ! On a cru comprendre que le dimanche, des chasses aux cochons sauvages sont organisées. De là à déployer une telle armée de canidés... les cochons ont plutôt intérêt à rester terrés bien au chaud et se tenir tranquille. D'autant que la viande n'est pas consommée localement, pays musulman oblige, mais sera au mieux, vendue aux Chinois, au pire, laissée sur place, chassés pour de la simple régulation de "nuisibles". On s'éloigne rapidement, l'idée d'une balle perdue ne nous enchantant guère, mais on est fortement impressionnés par ce déploiement de moyens.

Le tour se termine tranquillement, un arrêt par le goreng gorengan, ce qui fera office de repas de midi pour le plus grand bonheur d'Ophélie (la grande, pas la petite).


De retour a la guest house, Olivier s'essaye à 2 nouveautés : canoë en bois et paddle. Concernant le premier il y a peu a dire, tellement l’équilibre est précaire, et se soldera par un essai à 1 ou 2 mètres du bord, pas plus, de peur de faire sombrer l'embarcation en bois au fond du lac. Pour ce qui est du paddle, découverte intéressante bien que les conditions idéales ne soient pas réunies, il vente et les vagues sur le lac rendent le maintien de l'équilibre difficile ! Après quelques baignades à demi-consenties, direction la douche avant une dernier repas dans ce bel endroit.

L'heure du départ est arrivée, un taxi partagé nous attends comme prévu à 9h. Le temps de rapides adieux à nos hôtes et nous voilà en route. On effectue quelques arrêts le temps de se remplir et arrivons en 3h30 dans le centre de Padang.

Quelques achats sont nécessaires pour la blessure d'Ophélie, ce que nous faisons dans le premier centre commercial de notre séjour. Un bon burger plus tard, afin de renouer avec nos pêchers alimentaires, et nous tentons l'expérience avec Grab, une application similaire a Huber, qui nous trouve en un temps record une voiture pour Bungus.

Arrivés au "ponton", le capitaine nous attend, prêt pour la traversée. Celle ci durera un peu moins d'une heure, la mer est assez calme. On croise d'abord quelques gros bâtiments au loin ainsi que quelques bateaux de pêches traditionnels. Puis, rapidement, les paysages sauvages se dévoilent. Un dernier virement de bord et on découvre une petite anse avec 2 belles pages, une pour le Rimba Ecolodge, l'autre pour le Jophira Tintin, notre destination. Le débarquement se fait les pieds dans l'eau et sur les restes de coraux, attention aux coupures !


Le temps de rapidement s'installer dans notre bungalow, et nous prenons un thé face a la mer, accueillis par Raoul, le maître des lieux. Une balade le long de la plage, et il est déjà 19h, diner time. Quelques notes de guitare, un peu de percussions et de chants, et nous regagnons notre nid rustique pour cette première nuit isolés de l'effervescence des terres.

Le jour se lève, la mer se réveille, nous aussi, on distingue un ciel nuageux depuis notre lit, à travers l'unique fenêtre du bungalow. La moustiquaire a fait son travail, pas de dégât à l'horizon. Il faut préciser que si la cahute dispose d'un toit, elle ne dispose pas de murs toute hauteur. Et le plancher est ajouré sur le sol, donc question éloignement avec les insectes en tout genre, la moustiquaire est le seul rempart sur lequel on puisse compter.

Mauvaise nouvelle, Ophélie craint de ne pouvoir profiter des lieux a cause de sa blessure qui ne guérit pas et qui s'est remise à suinter suite au passage, même bref, dans l'eau de mer la veille au débarquement du bateau.

Après le petit déjeuner dans la zone commune, un départ d'une poignée de voyageurs. Raoul avait proposé la veille de partir pêcher mais on le voit partir également, ce sera surement reporté. C'est donc l'heure pour un programme intense, photo, thé et lecture sur la plage. Ophélie en profite pour un massage proposé gentiment (et contre rémunération) par une dame du staff. Elle retiendra que le massage au curry (??) ça laisse des traces sur le blanc !

L'après-midi le rythme n'est pas beaucoup plus intense. Balade en barque type polynésienne (mais avec 2 flotteurs), puis un peu de snorkeling. Les fonds marins sont assez peu riches, les coraux ayant déjà soufferts du réchauffement de l'océan indien du fait d'El Nino il y a quelques années et sont presque tous blancs. Côté espèces de poissons, assez peu d'individus, mais pas mal d'espèces différentes.

Après le dîner, c'est le déluge. Les accords de guitare masquent un peu le bruit de l'eau. On a décidé de ne pas rester 4 nuits mais seulement 3 sur place, décision motivée par les activités limités, la météo et la blessure d'Ophélie. On fait connaissance avec Miguel (avec qui on devait aller pêcher) et Juliette, et échangeons sur nos péripéties mutuelles. Il est notamment abordé le sujet du lodge voisin, le Rimba...

Entre deux, on reçoit la visite d un cochon sauvage, qui est rapidement et courageusement remis en place par le chien de "garde". Amusant.

Le lendemain matin la journée recommence de la même manière, au rythme du bruit des vagues. Problème de bateau pour l'approvisionnement, crêpes natures (ou avec un peu de coco râpée) mais pas d’œuf ni de jus de fruit… tant pis pour les vitamines.

La pêche proposée depuis 2 jours ne sera pas pour aujourd’hui non plus, Raoul nous propose de tous aller sur une île à quelques 10 minutes de navigation. Le paysage est assez désolant. Côté terre, des ordures un peu partout, des nuées de mouches et des bâtiments abandonnés qui jouxtent les futurs, encore en construction. Côté espèces marines, les coraux sont également tous blanchis et les poissons ne sont pas légion. Nous retournerons au Jophira après seulement 3h sur ce coin de sable trop décevant.


L'après-midi se passe en siestant, lisant, ramassant des coquillages. On finira par une petite étude de Bernard-l'hermite le long de la plage. Tous les 4 nous sommes d'accord, il y a trop peu de choses proposées par notre hôte. Il y aurait pourtant tant de choses d'envisageables, notamment avec la jungle qui jouxte le site. La journée se termine avec quelques partie de "shit head", une bière, un bon repas, musique et chants, et de bon moments entre nous 4. Demain le départ est prévu après le petit déjeuner.

L'avitaillement normalement fait ce matin, le petit déjeuner est aujourd'hui bien plus copieux que la veille. Nous embarquons tous les 4 dans le bateau en direction de Bungus. Le soleil est avec nous, on profite une dernière fois des îles sous leur plus beau jour.

A l'arrivée, on trouve par hasard sur le parking du ponton, une voiture qui va en direction de Padang, coup de pot. On grimpe tous les 4 et abandonnons Juliette et Miguel à la station de bus pour l'aéroport. Encore une heure et nous arrivons à l'aéroport de Padang. Mauvaise surprise, tous les vols sont complets, à l'exception du vol du soir, a 20h20… c'est parti pour une longue attente. Changement de programme pour le soir, ce sera une nuit sur Jakarta et non pas à Bogor (initialement envisagé, pour éviter de passer les derniers jours dans la capitale, trop peu agréable après notre séjour plutôt nature et campagne). Nous passons le temps en mangeant et réfléchissant sur le programme des derniers jours. On pense finalement rester sur Jakarta et faire simplement une excursion à la journée sur Bogor.


Le temps passe et bonne surprise, le vol est à l'heure. 22h10 nous atterrissons à Soekarno, Jakarta. Le Raillink nous permet de rapidement rejoindre le centre et notre hôtel tout proche, pour une nuit dans un bon lit et une douche chaude. Le repas n'est même plus au programme.

Le léger petit déjeuner avalé (et une carte de transport prépayée offerte par un touriste sur le départ), on laisse nos sacs pour quelques heures le temps de se promener dans la ville.

La chaleur est lourde, le soleil cogne fort, il y a peu d'air et beaucoup de circulation le long de l'artère que nous remontons. On croise quelques centres commerciaux, hôtels et boutiques de luxe. La marche nous paraît longue avant d'atteindre le parc du monument national (Taman Monument Nasional). Assez grand, mais à l'aménagement très simple, tout y est très sec. Au centre, la fameuse tour "Monas", beaucoup fréquentée par les indonésiens et qui offre une vue dégagée sur Jakarta et sa skyline. L'accès est assez compliqué et bien à l'image de l'organisation à l'indonésienne. Il faut passer par un tunnel depuis un escalier à quelques 100 mètres du monument, acheter ses billets sur une carte prépayée (support payant également), puis remonter dans un semblant de musée, se faire enregistrer pour un ordre de passage, faire changer ses billets pour un ticket de couleur affecté à un groupe, attendre que son groupe soit appelé, puis patienter son tour pour l'ascenseur (géré par un employé qui semble ne faire qu'appuyer sur les 2 boutons de l’ascenseur) … et enfin la vue s'offre à nous. Comme attendu, vue à 360° sur la ville et nous pouvons profiter d'un brin d'air rafraîchissant. Après quelques photos, nous attendons notre tour pour redescendre du monument.

Après un léger rafraîchissement dans un petit café, on arrive à proximité de la mosquée Istiqal, énorme monument de béton (en cours de rénovation), à l'impressionnant minaret en forme de lance dirigée vers le ciel. Elle est la plus grande d'Asie du sud-est, parmi les plus grandes au monde, et peut accueillir plus de 200 000 personnes ! Toutefois, le style architectural ne nous donne pas envie de nous y attarder davantage ou de la visiter. Alentour, les chariotes de vendeurs ambulants se bousculent. On y ressent déjà un fort écart de richesses d'avec les quartiers aux grands centres commerciaux et hôtels de luxe.

A peine plus loin se trouve la cathédrale Sainte Marie de l'Assomption de Jakarta. A notre arrivée, une cérémonie de mariage se termine, les fleurs et les décorations sont en plein démontage. Second mariage auquel nous assistons dans ce pays (si l'on peut dire), et celui ci est nettement moins dépaysant que le premier, en pays Minangkabau ! En ce qui concerne l'église, elle est de style néo gothique avec des flèches métalliques. A l'intérieur, les peintures murales de la vie du Christ ont remplacés les habituels ex-voto et tableaux de scènes bibliques que nous connaissons. Une très belle chaire en bois non loin du cœur donne un cachet ancien à l'édifice.

La chaleur est toujours aussi accablante dehors. Après un repas découverte au McDo de la gare de Gambir, nous prenons un Grab pour retourner à l'hôtel afin de récupérer nos affaires et filer dans notre hôtel de fin de séjour, le luxueux Mercure de Jakarta Kota (ou quartier Batavia). La chambre est grande, le service impeccable, la décoration soignée. Exit le style indonésien, on est clairement dans un hôtel à l'occidental. Malgré tout, ce confort est bienvenu et nos 2 dernières nuits dans la ville et le pays n'en seront que plus douces.


Le soir, nous profitons des concerts sur la place Fatahillah, un des rares endroits inaccessibles aux voitures, seulement aux vélos aux couleurs flashy... S'en suit un dîner au Café Batavia, adresse immanquable du quartier, qui prend place dans un ancien bâtiment de la période coloniale hollandaise. Agrémenté d'un concert live, les cocktails et les plats sont délicieux.

La chaleur ambiante ressentie la veille ne nous aide pas a être matinaux. 9h direction le petit déjeuner, et quel repas. Des îlots entiers de mets indonésiens, chinois, européens, ainsi que des fruits et des pâtisseries (pour ces dernières, pas les meilleures, mais ce n'est pas vraiment dans leur culture). 10h, les estomacs débordent. Après un repos digestif nécessaire, quelques brasses dans la piscine nous font le plus grand bien.

12h, on se renseigne pour un massage a 2. Le spa ne rouvre qu'à 14h…

14h ! Pas de dispo des masseuses avant 16h. On prévoit de revenir pour 19h30.

14h30 nous retournons finalement dans la chaleur de la ville, en direction du port. En chemin un local essaye de nous faire prendre un bateau et de nous faire faire un tour dans la ville. Après l'avoir légèrement gratifié pour les 15 minutes de visites à moitié consenties, on trouve un accès piéton au port. Les vieux gréements sont bien là. A ceci près que ce ne sont pas de pièces de musée mais bien des bâtiments de commerce opérationnels ! Disons du moins, en exploitation. Malgré l'appétence d'Olivier pour la mer, cela ne lui dirait trop rien d'embarquer sur ces bateaux. La plupart possèdent une coque en mauvais état, quand ce n'est pas le bateau voisin qui semble soutenir ce dernier, l'empêchant de sombrer dans le port. Et on ne vous parle pas des passerelles d'accès. C'est néanmoins un passage intéressant qui nous montre encore un nouvel aspect de l'activité du pays.

La visite passée, nous sommes poussiéreux, moites et fatigués. Nous arrivons à la fin du séjour et le retour approchant mine quelques peu l'envie de faire ou voir plus. Après un rapide passage de jour dans le quartier de Kota, retour à l'hôtel pour notre RdV au SPA : 90 minutes de détente et douceur au travers d'un massage à l'huile.


21h20 la faim est bien là. Malheureusement beaucoup d'endroits ferment à 22h. Ce faisant, notre dernier repas se compose à nouveau d'un KFC, en plateau télé cette fois. Un peu décevant toutefois, la plupart des articles étant sold out, pour changer… Dommage pour notre dernier dîner !

Réveil en douceur, petit déjeuner copieux, nous avons la bonne surprise de nouveautés dans la composition des buffets du repas. Un tour dans la piscine, plus fréquentée que la veille. En effet, il semblerait que les indonésiens sortent le dimanche en famille.

Midi, les sacs sont faits, il est l'heure pour le check-out.

Avant de reprendre le train, on s'arrête déguster un thé glacé au Café Batavia afin de profiter du lieu une dernière fois. La photo classique du lieu (dans l'escalier) en poche, direction la gare de Jakarta Kota. S'ensuivra la grouillante gare en travaux de Manggarai, puis la BNI Station depuis laquelle nous rallierons l'aéroport de Soekarno Hatta via le Railink.

Notre avance nous permet de ne pas avoir à nous presser. Un rapide repas, un café et thé glacé, le vol est à l'heure, nous quittons Jakarta et l'Indonésie a l'heure.


"Sur votre droite vous pouvez apercevoir les Tours Petronas". 1h45 plus tard, atterrissage a Kuala Lumpur. Pas question de s'attarder, on embarque à nouveau à peine une heure plus tard et toujours à l'heure pour Amsterdam. Les vols sont complets, mais l'organisation est efficace. La nuit se passe convenablement, Ophélie dort à poings fermés et Olivier passe le temps entre film et observation des phénomènes météorologiques alentours … En clair un gros orage visible depuis l’avion, impressionnant ! Une dernière surprise nous attends à Amsterdam, une grève du personnel au sol Air France. Bon retour ! Ce ne sera qu’avec un petit retard de moins de 3 heures que nous arriverons finalement à bon port à Entzheim, puis Strasbourg.

Récapituler un voyage de 3 semaines aussi riche de rencontres, découvertes et pour un pays si dépaysant ne serait pas représentatif de notre état d'esprit au retour, ni de nos ressentis personnels sur cette expérience.

On peut toutefois donner quelques coups de cœur ou coups de gueule sur ce que l'on a pu découvrir. Cela n'engage que nous, mais appelons cela un concentré de ressenti :

La GENTILLESSE de la population ! On pose çà sans sourciller en première position. Amicaux, désintéressés, fiers de recevoir des touristes, les indonésiens de Sumatra nous ont vraiment donné envie de découvrir leur pays, d'en comprendre le fonctionnement et leur culture.

Le bon choix des GUIDES. C'est un basique en voyage, on veut faire tout par soi-même, aller hors des sentiers battus, .. Oui mais voilà, en 3 semaines, il y a de choix a faire. Ces choix se sont portés sur deux guides recommandés sur d'autres blogs, pour des parties spécifiques du voyage : la découverte de la jungle et la découverte du pays Minangkabau. Aucun regret, ils nous ont permis de découvrir bien plus que ne l'aurait fait une immersion dans des bus de ville entourés de locaux (même si l'expérience vaut le coup !) et nous ont partagé beaucoup de subtilités

Les bus BRUYANTS !! C'est quoi votre problème avec le silence ?! Plus sérieusement, on a passé des moments horribles dans certaines bus à plus de 100 dB et baignant dans une atmosphère enfumée. Mais à postériori, ca ne serait pas le même charme avec des conducteurs respectant les limitation, des bus tous neuf et climatisés !

La considération pour l'ENVIRONNEMENT et la gestion des DECHETS. Un gros sujet, beaucoup de travail à faire, à commencer par la place du déchet dans la société qui n'a pas la même considération que chez nous. De fait on en retrouve partout, sur terre et en mer et cela pose de grosse problématique environnementales. Les solutions existent et leur mise en place est en marche, mais tout est question de temps. Il n'est pas question de venir en tant qu'occidental avec nos méthode et nos moyens, exit l'occidental "sauveur". Des associations ont pris le pas pour donner la méthode mais en laissant la population de Sumatra mettre en place et gérer.

Pour finir sur une note positive, parlons de la CUISINE ! Eh oui le voyage monopolise nos sens et ce serait pêcher que de voyager en omettant la dimension gastronomique. Et là dessus, l'Asie du sud-est n'est clairement pas en reste. Ce n'est pas la finesse de la cuisine balinaise ou les saveur de la cuisine Thaï, mais on s'est vraiment régalés de poissons grillés, curry de légumes et autres mets frits.

Pour conclure, foncez, Sumatra est une terre encore peu visitée et qui n'attends que de vous offrir ses trésors.