Périple en 4X4
Du 6 janvier au 5 février 2001
31 jours
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SANTIAGO - USHUAIA - SANTIAGO


(6 janvier au 5 février 2001)



La plus grande difficulté rencontrée lors de la préparation de notre voyage a été de connaître avec précision les distances kilométriques entre les différentes localités ainsi que la certitude de trouver des points d’approvisionnement en essence sans plomb, compte tenu que le véhicule était équipé d’un pot catalytique et compte tenu également de la capacité du réservoir. De plus, nous ne possédions aucune information sur l’état des pistes et donc il était difficile d’estimer le temps nécessaire pour effectuer non seulement les étapes mais aussi l’ensemble du voyage. Comme nous disposions d’un temps non limité, nous nous sommes donc contentés de déterminer le tracé de notre itinéraire sans connaître le nombre d’étapes nécessaires pour effectuer ce périple.


Nous avions acheté en Belgique les guides Le Routard (Argentine, Chili) et Lonely Planet (Argentine-Uruguay-Paraguay). Nous nous étions également procurés quelques cartes détaillées auprès d’une librairie spécialisée en Belgique (La route de Jade - Librairie du voyageur, 116, rue de Stassart, 1050 Bruxelles) : -Southern Argentina (1 : 2 500 000) de Explore the World - Nelles Maps


-Patagonia Sur, Terra del Fuego, Costa a Costa (1 : 1 000 000) et Isla Grande de Tierra del Fuego (1 : 500 000) de Zagier & Urruti Publications, Buenos Aires.


Etant donné que nous séjournions un mois chez notre fille avant de partir pour l’aventure, nous avons consulté plusieurs fois, à Santiago, l’Office du tourisme chilien. Nos questions étaient très précises : où trouver des cartes routières précises lorsque l’on quitte les zones peuplées et touristiques ? Quel est l’état des pistes ? Quelle est la fréquence des pompes à essence ? Qualité de l’essence (sans plomb, 92, 95, 98 octanes) ? Possibilités d’hébergement ? Les réponses étaient très évasives, pas de documents précis excepté le guide Turistel et le Guide touristique Chili Extrême par nature de la Corporacion de promocion turistica. Apparemment, on n’avait jamais dû poser ce genre de questions. Quant aux demandes de renseignements sur l’Argentine, les réponses étaient plus rapides, très pessimistes. Tout était négatif : pistes horribles, pompes à essence rares, peu d’essence sans plomb, cartes inexistantes etc.


Nous nous sommes ensuite adressés à l’ambassade d’Argentine qui nous a indiqué l’adresse de l’Office du tourisme argentin. Nous y avons été très aimablement reçus malgré que ce soit le jour de fermeture. Malheureusement, les responsables ignoraient la situation exacte des régions que nous avions l’intention de traverser. Ils se sont coupés en quatre pour nous photocopier tous les documents en leur possession. Nous n’avons rien appris sur les pistes à emprunter ni sur les possibilités de ravitaillement en carburant. Nous emportons des photocopies de cartes peu récentes et des listes très incomplètes des possibilités de logements.


En nous souhaitant un bon voyage, ils nous demandent de venir les informer dès notre retour.


Nous avons donc lu très attentivement les guides à notre disposition. Cette recherche nous a ainsi appris la nécessité de réserver un passage en bateau entre Hornopiren et Caleta Gonzalo (absence de piste) car il n’y a qu’un seul départ par jour à 15 h (durée prévue du trajet : 5 heures). Il faut réserver et payer à Santiago avant le départ. Nous prévoyons donc un jour de trajet pour la courte étape entre Puerto Montt et Hornopiren afin d’arriver tôt pour trouver à se loger et de n’embarquer que le lendemain. De plus, la date de départ de Santiago sera fixée en fonction de cette réservation (nous prévoyons 4 jours de voyage depuis Santiago compte tenu que nous avions décidé de ne commencer notre voyage touristique qu’après Puerto Montt). Un autre passage en bac est nécessaire avant d’arriver à Hornopiren entre Caleta Arena et Caleta Puelche (45 minutes de trajet et fréquence de 30 minutes, donc il n’est pas nécessaire de réserver).


Un problème nous tracasse : le trajet sur piste en Argentine entre Perito Moreno et El Calafate. La seule carte dont nous disposons est celle achetée à Bruxelles et les distances kilométriques sont indiquées sporadiquement. Nous calculons donc avec un curvimètre et concluons que s’il n’y a pas de pompes à essence avec de l’essence sans plomb entre ces 2 localités (renseignement que nous n’avons obtenu qu’à Perito Moreno même !), il faut prévoir un jerricane d’au moins 20 litres en réserve et rouler uniquement avec 2 roues motrices afin de ne pas dépasser impérativement une consommation de 10 l aux 100 km.


Nous décidons d’emporter avec nous une tente, deux matelas pneumatiques et deux sacs de couchage au cas où nous ne trouverions pas de logement en fin de journée. Nous disposerons aussi d’un GSM chilien. Celui-ci s’avérera inutile car son usage fut limité à un rayon de 20 km autour des deux villes importantes du sud (Coihaique et Punta Arenas) et, de plus, il ne captait pas le réseau argentin.











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Ce périple s’est déroulé du 06 janvier au 05 février 2001 inclus. Il a été réalisé en jeep de marque Suzuki modèle Grand Nomade prêtée par notre fille qui habite à Santiago depuis 1996.

L’itinéraire à l’aller empruntait l’autoroute depuis Santiago jusque Chillan (plus ou moins 270 km d’autoroute) puis une route macadamisée à 2 bandes de circulation jusqu'à Puerto Montt soit 1060 km.

A partir de là commence la grande aventure jusqu'à Ushuaia par les pistes de la Carretera australe chilienne, les bac et ferry jusque Chaiten, les pistes de terre et de graviers jusque Puerto Cisnes, Puerto Aisen, puis le seul tronçon asphalté sur 50 km jusque Coihaique, la visite inoubliable de la Laguna San Rafael en petit avion PIPER, puis en barque jusqu’au pied du glacier plongeant dans la mer et donnant les icebergs les plus éloignés du pôle sud, la piste périlleuse qui longe le lac Carrera vers Chile Chico, ville frontière avec l’Argentine.

Vu l’absence de piste au Chili pour continuer vers la Terre de Feu, nous sommes obligés de passer par l’Argentine. Le plus dur nous attend avec les pistes de graviers et de rocs de la Patagonie argentine balayées par un vent violent et constant soufflant d’ouest et descendant des Andes ( 1300 km en 4 jours dont une étape obligée de près de 500 km entre Perito Moreno et Très Lagos, les deux localités les plus proches de notre itinéraire), incursion jusqu’à El Chalten au pied du pic FitzRoy, visite du gigantesque glacier Perito Moreno près de El Calafate, puis retour au Chili par le poste frontière de Cerro Castillo et visite du parc national de Torres del Paine, une des merveilles du monde. Nous aurons la chance de le visiter sous un magnifique soleil et un ciel bleu sans nuage, ce qui est très rare. Puis nous nous dirigeons vers Puerto Natales, port d’arrivée des bateaux venant de Puerto Montt après 4 jours et 3 nuits de navigation entre les canaux de Patagonie.

Nous avons ainsi parcouru avec la jeep, depuis Puerto Montt, 2866 km de pistes de terre, de graviers, de rocailles et de rochers avec souvent plus de « nids de poules » que de surfaces planes, en bref des pistes parfois roulantes souvent très mauvaises voire horribles et 3 crevaisons par des pierres plus grosses que le pouce entièrement entrées dans le pneu. Nous aurons mis 12 jours pour ce trajet inoubliable.

Puis une route macadamisée nous mène à Punta Arenas, important port le long du détroit de Magellan. Là, nous faisons réaliser l’entretien et une vérification de la jeep ainsi que le remplacement des 4 pneus usés par les pistes rapeuses. Nous faisons placer des pneus « tous terrains » avec gomme épaisse ce qui nous a permis de ne plus avoir de crevaison durant le reste du voyage.

De Punta Arenas, nous nous dirigeons vers Punta Delgada en longeant le détroit de Magellan vers l’est. Là nous embarquons sur un bac-ferry et traversons ce détroit par un vent d’ouest très violent et des creux de plusieurs mètres. Souvenir inoubliable de ces gerbes d’eau recouvrant voitures, bus et camions au fond du bac ! Les marins chiliens sont vraiment parmi les meilleurs du monde.

Nous sommes maintenant en Terre de Feu. Une piste infecte de 154 km sur un relief aussi plat que la mer et dans une bourrasque de vent à plus de 100 km/h nous conduit à San Sebastian, poste frontière avec l’Argentine.

En Argentine une route impeccable nous conduit d’abord à Rio Grande en bordure de l’Océan Atlantique puis à Ushuaia en bordure du canal Beagle non sans affronter une dernière fois une piste de 69 km pour franchir la Cordillère des Andes.

Nous sommes arrivés après 19 jours et 5117 km au point le plus austral de l’hémisphère sud que l’on peut atteindre avec un véhicule terrestre. Nous sommes à plus ou moins 100 km du cap Horn et à 1000 km de l’Antarctique.

Le retour se fait au départ par les mêmes routes et pistes jusqu’au détroit de Magellan que nous traversons cette fois par vent faible, ce qui est rare. Cela nous permet d’observer les nombreux dauphins sautant hors de l’eau en rattrapant notre bateau.

De Punta Delgada, nous nous dirigeons vers le nord en direction de l’Argentine par une route macadamisée sur seulement 55 km . Nous franchissons les contrôles douaniers chiliens puis argentins. Il faut s’armer de patience car nous sommes sur une route internationale et de plus c’est dimanche (soit 1 heure d’attente). Nous continuons par une piste horrible vers Rio Gallego en bordure de l’océan Atlantique, ville portuaire qui fut le point de départ de la flotte d’invasion des Malouines par l’Argentine.

Nous continuons notre voyage vers le nord en empruntant la nationale 3 qui relie Lapataia (frontière avec le Chili à l’ouest d’Ushuaia) à Buenos Aires. Cette route nationale mythique est longue de 3063 km. C’est une route en très bon état, parfois de la largeur d’une piste d’aviation et servant de piste de secours pour l’atterrissage d’avions de tous types. Cette route, plate et avec des lignes droites infinies (nous avons roulé des heures sans le moindre virage) nous conduit par un vent latéral d’ouest de près de 100 km/h à Comodoro Rivadavia ( port sur l’océan Atlantique) après 10 h 30 de trajet et 750 km sans le moindre village et seulement 3 stations d’essence pour toute construction. Ce fut très monotone et extrêmement épuisant malgré un changement de pilote toutes les 2 heures. Le temps devient splendide (ciel bleu, grand soleil) malgré le vent violent auquel nous sommes maintenant habitués. Celui-ci d’ailleurs n’est plus froid comme en Terre de Feu, au contraire il est chaud. Nous échangeons pulls et jean’s contre tee-shirts et shorts.

De Comodoro Rivadavia, nous prenons la direction de l’ouest par la nationale 26 et nous pénétrons au centre de la Pampa steppique et désertique vers Sarmiento. Nous luttons pendant 300 km contre des vents d’une violence inouïe. Il n’est plus possible d’ouvrir une portière ni même une vitre. Nous connaissons la peur de notre vie en pleine tempête de sable à ne plus voir à plus de 20 m et en croisant 3 tornades tourbillonnant à quelques centaines de mètres de nous. Arrivés à Sarmiento, oasis protégé par des murs d’arbres et de haies, nous dînons à l’intérieur du snack de la station d’essence et nous apprendrons plus tard que les vents atteignaient une vitesse de 140 km/h.

Nous continuons notre voyage en empruntant la nationale 40 qui vire vers le nord en longeant les contreforts des Andes. La Pampa devient une steppe d’herbes courtes et coriaces qui forment un tapis continu où paissent des moutons. Le vent diminue d’intensité soit 70 à 80 km/h. ce qui est une situation normale en Patagonie. Nous passons la nuit à Esquel, station de ski. En effet, nous nous trouvons dans un paysage qui nous rappelle la Suisse avec des montagnes enneigées et de profondes vallées verdoyantes. C’est un repos bien mérité après cette aventure de 650 km et 9 heures de trajet.

L’étape suivante nous conduira à travers un paysage alpestre à Junin de Los Andes, via San Carlos de Bariloche soit 520 km.

De là nous nous dirigeons vers Chos Malal (soit 441 km), à travers le pays Mapuche. Le paysage est désertique, volcanique, coincé entre la Pampa herbeuse à l’est et les Andes enneigées à l’ouest. On se croirait dans le Colorado, l’Arizona et l’Utah. Nous logeons dans un residencial au nom poétique de Kallfii Kiiyen, ce qui signifie en langue mapuche « la lune bleue ».

Nous repartons vers le nord en longeant, à l’ouest, la « Cordillère de la lumière » enneigée et de nombreux volcans dont le Tromen. Une route en très mauvais état nous rappelle les pistes (nous les avions presque oubliées !) et nous conduit à travers canyons et calderras recouvertes de laves noires. Quelques oasis près des points d’eau contrastent par leur couleur verte et le développement de touffes de gynerium (herbe de pampa). Nous passons à Malargüe et enfin arrivons à San Rafael après 532 km où nous passons la nuit.

Le lendemain, nous partons vers Mendoza. Fini le ciel bleu pur et intense ! La chaleur torride développe une brume dans le ciel. Nous arrivons à 13 h après 239 km de route. Nous flânons dans les rues piétonnes de cette belle ville qui rappelle l’Italie. Nous dînons à la terrasse d’un restaurant, en pleine rue, à l’ombre des arbres. Nous apprécions ces instants en dégustant un « pisco sur », apéritif typiquement chilien, inexistant en Argentine mais que l’on sert à Mendoza, vu la proximité du Chili. Par contre, fini le « bife de chorizo », la meilleure viande de bœuf que nous ayons mangée de notre vie.

Refusant systématiquement de loger en ville, nous repartons sur la route de l’Aconcagua vers la frontière chilienne et nous logeons à Uspallate, petite station andine située à 32 km de Mendoza et à 73 km de la frontière.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers le Parc de l’Aconcagua où nous admirons le plus haut sommet des Andes et de tout le continent américain (6959m).

Si la route monte insensiblement depuis Mendoza pour atteindre près de 3000 m à la frontière chilienne, par contre la descente vers Los Andes au Chili est vertigineuse et époustouflante de par ses virages tous numérotés ( la plus belle photo est à prendre au virage n°17). En quelques kilomètres nous descendons dans la dépression centrale du Chili à environ 700 m d’altitude.

Après avoir logé à Los Andes, ville thermale, nous rentrons à Santiago à 89 km de là.

Nous aurons ainsi parcouru 4474 km en 10 jours pour revenir d’Ushuaia à Santiago par la Pampa argentine.

Ainsi notre périple aura duré 31 jours et nous aurons parcouru au total 9594 km et franchi six fois la frontière entre le Chili et l’Argentine soit 12 bureaux de douane avec à chaque, 3 contrôles : formulaires d’entrée en 3 exemplaires et contrôle des passeports avec cachets soit de sortie, soit d’entrée, document en 4 exemplaires pour la voiture et copie de l’attestation authentifiée par notaire de l’autorisation du propriétaire de conduire sa voiture, et enfin la douane sanitaire, car interdiction de passer d’un pays à l’autre avec des aliments crus, des plantes, des semences etc.).

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Nous indiquerons, jour par jour, l’heure, le kilométrage du compteur du véhicule, les lieux de ravitaillement en essence ainsi que le prix du litre d’essence, les lieux d’hébergement ainsi que le type, le nom et le prix payé.


Pour indication, en décembre 2000, l’Euro valait plus ou moins 500 Pesos chiliens. En janvier 2001, il a varié de 525 à 540 Pesos. En Argentine l’Euro valait plus ou moins 0,92 Pesos argentins soit 0,92 USD.

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Heure Km


9h15 0 La Reina à Santiago: départ.

9h17 1 Nous faisons le plein d’essence (44,46 l - 16 000 Pesos soit 360 P / l) et nous quittons Santiago en empruntant l’autoroute (nationale 5) vers Rancagua

10h30 71 Péage de l’autoroute (3 100 Pesos).

L’autoroute (2 fois 2 bandes de circulation) est en très bon état mais là s’arrêtent les similitudes avec les autoroutes européennes. En effet, en bordure de la chaussée, des marchands de légumes, de fruits, de boissons et divers autres commerces sont installés et les automobilistes peuvent s’arrêter pour faire des achats. Les piétons traversent l’autoroute à tout moment et spécialement lorsqu’elle longe une zone habitée. Aussi la circulation y est très dangereuse.

Nous quittons la Ve région et entrons dans la VIe région.

12h10 209 Curico : arrêt pique-nique. Nous sommes maintenant dans la VIIe région.

12h30 Nous redémarrons.

12h47 228 Péage de l’autoroute (1 400 Pesos) et fin du tronçon autoroutier.

13h50 332 Nous retrouvons une autoroute et bien sûr un péage (1400 Pesos).

14h18 376 Arrêt à l’hosteria El Alero à Niquen où nous prenons une boisson bien méritée car, malgré l’air conditionné dans le véhicule, il fait très chaud.

14h53 Départ. Nous entrons dans la VIIIe région.

15h43 456 Péage autoroutier (1 400 Pesos).

6h11 500 Arrêt au camping Parque Salto del Laja au nord de Los Angeles (Prix pour une tente, un véhicule et deux personnes : 8 000 Pesos pour la nuit.)

Nous visitons les lieux et admirons les chutes del Laja situées en bordure du camping. Les eaux du rio Laja se jettent au fond d’une crique en forme d’arc de demi-cercle sur plusieurs dizaines de mètres de haut puis rugissent dans un profond cañon sculpté de méandres étroits sur une centaine de mètres.

La vue est splendide aussi bien à la sortie du camping que sur la route qui surplombe la rivière quelques centaines de mètres plus loin.

Nous dînons dans un petit snack situé sur le promontoire dominant les chutes.

Au cours de cette étape, nous avons traversé un paysage formé de champs de blé, de maïs et de vergers abondants. Durant la nuit, nous sommes réveillés par la pluie qui nous rappelle qu’à 500 km au sud de Santiago, nous ne sommes plus en climat méditerranéen. En effet, progressivement, le climat devient tempéré maritime et nous devons nous attendre, en allant vers le sud, aux pluies d’origine océanique.



                                                                                       Salto del Laja 


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Nous replions la tente sous la pluie.

Les sanitaires sont très sommaires et pas très propres, le camping ne mérite pas une seule étoile. Nous renonçons à notre petit-déjeuner, embarquons dans la jeep et quittons les lieux.

Heure Km j Km t

9h40 0 501 Départ

10h10 32 533 Arrêt pour prendre de l’essence (45,7 l - 17 500 Pesos soit 382 P/l).

Nous continuons sur la N5 vers Los Angeles. La route passe à proximité de cette ville. Quelques km plus loin, nous franchissons le rio Biobio et nous entrons dans le pays Mapuche et la IXe région.

Les Mapuches sont les Indiens autochtones de cette région comprise entre le rio Biobio et Puerto Montt. Ils ont été quasiment exterminés par la colonisation chilienne. Les terres ont été confisquées et les populations regroupées dans des réserves au pied des Andes.

Nous traversons cette région sans la visiter car ce n’est pas le but de notre voyage. Il est très facile de la visiter à partir de Santiago. Elle est caractérisée par un climat pluvieux, froid en hiver et doux en été.

12h30 203 704 Temuco, capitale de la IXe région

13h 245 746 Pique-nique à Gorbea

13h30 Départ

Le paysage nous fait penser à l’Europe occidentale. En effet, c’est un paysage verdoyant, mollement vallonné, couvert de prairies et de forêts. A l’est (vers les Andes) le paysage est formé de lacs et de cônes volcaniques aux cimes enneigées ; il rappelle l’Autriche hormis les volcans. Certains villages chiliens sont formés de chalets bavarois. En effet, au 19e siècle, cette région fut colonisée par de nombreux Allemands. Malheureusement pour nous, la chaleur et la pluie forment une brume épaisse et nous ne pouvons admirer les pics enneigés.

14h10 304 805 Nous retrouvons une autoroute et nous franchissons le péage sans payer car le poste est vide.

15h30 450 951 Osorno, ville à forte influence allemande due à l’immigration importante d’Allemands au 19e siècle dans cette zone.

Nous sommes maintenant dans la Xe région.

16h55 558 1059 Puerto Montt, capitale administrative de la région et capitale économique de tout le sud du Pays.

C’est un port important, lieu de départ vers l’ile de Chiloésituée au sud-ouest, vers la région australe et la Patagonie par bateau. C’est aussi le point de départ de la «Carretera Austral».

Nous logeons à l’hôtel-cabañas Toqui (12 000 Pesos pour la nuit et le petit-déjeuner). L’accueil y est sympathique et les chambres sont propres. Elles se trouvent en contrebas de la maison des propriétaires. Nous en choisissons une avec salle de bain privée.

Nous sommes obligés de descendre par un sentier rendu boueux et glissant par la pluie ainsi que quelques escaliers sur une distance d’environ 30 mètres. Heureusement le propriétaire se charge de porter les valises. Mais le lendemain, nous devrons les remonter sans aide.

Nous avons dû transporter toutes les valises afin de changer le contenu de nos sacs de voyage que nous nous contentons de sortir de la voiture à chaque étape. Le changement de climat nous oblige à échanger les tee-shirts et les shorts contre les jeans, pulls et anoraks.

La pluie tombe depuis midi et ce temps perdurera plusieurs jours sans arrêt.


Puerto Montt,
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Puerto Montt - Hornopiren


Ici commence notre voyage vers le «Grand Sud»


Nous ne trouvons plus aucune indication dans le guide « Le Routard ». Nous utilisons donc uniquement le guide chilien « Turistel ».

Heure Km j Km t

10h30 0 1059 Avant de quitter Puerto Montt, nous faisons le plein d’essence (41,6 l - 16 600 Pesos soit 398,3 P/l).

Le prix de l’essence ne cesse de grimper au fur et à mesure que l’on se déplace vers le sud.

10h45 Départ sous une pluie intense.

10h50 5 1064 Nous longeons la baie de Puerto Montt par une route en réfection.

11h20 24 1083 La route devient très mauvaise. Elle est démolie, parsemée de très nombreux nids de poules et finit par devenir une piste de terre, de cailloux et de trous remplis d’eau.

32 1091 Nous traversons le petit bourg de Lenca. Le paysage est très montagneux et les versants tombent à pic dans la mer. La côte est très déchiquetée et agrémentée de petites baies et d’îlots rocheux. La piste est construite en corniche.

11h50 48 1107 La Arena, petit bourg portuaire où se termine la piste. Nous nous arrêtons sur la rampe d’accès au bac (Caleta Arena).

12h15 Le petit bac arrive ballotté par la tempête et nous embarquons.

Le transbordador contourne un piton rocheux, traverse l’estuaire de Reloncavi sous une averse de grêles et accoste à la rampe d’accès de Caleta Puelche.

13h Nous poursuivons notre voyage sur la piste qui s’éloigne de la mer et grimpe dans la montagne.

13h45 84 1143 Nous pique-niquons à l’intérieur de la jeep vu l’intensité de la pluie.

14h15 Bien rassasiés, nous repartons et bientôt, la piste longe de nouveau la er (golfe de Ancud).

15h 105 1164 Arrivée à Hornopiren où se termine la piste.

Nous passerons la nuit dans ce bourg dans l’attente de l’embarquement sur le ferry dont le départ est fixé au lendemain à 15h et qui doit nous mener à Caleta Gonzalo pour ensuite reprendre la piste vers Chaiten.

Il n’y a qu’un seul bateau par jour et nous devons être présents pour l’embarquement avant 14h pour faire enregistrer nos billets achetés à Santiago avec la réservation pour le 9 janvier. Après 14h, les places non enregistrées sont vendues aux véhicules en attente sans réservation.

Comme prévu, nous devions compter une journée entre Puerto Montt et Hornopiren. De plus, la traversée bloquera toute la journée du lendemain.

L’hôtel Holiday Country, que nous avons choisi, est très sommaire mais propre. De plus, il possède un restaurant de même niveau. (14 000 Pesos pour la nuit). Le prix indiqué est toujours pour 2 personnes, petit-déjeuner compris. Ce sera le cas pour tout notre voyage.

Nous réalisons que nous avons quitté maintenant la civilisation moderne. Nous avons l’impression d’être revenus un siècle en arrière et de vivre dans un «Far-West» digne des films d’Hollywood.

Hornopiren est un bourg situé au pied du volcan du même nom et compte un peu plus de 1000 habitants. Il est construit selon un plan en damier, avec de larges avenues en terre comme toutes les bourgades de pionniers. La place centrale (Plaza de Armas) est de forme rectangulaire avec un parc mal entretenu.

Une église construite en bois en 1991 contient un remarquable chemin de croix dont les différentes stations sont l’œuvre du peintre argentin Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix en 1980, et représentent les revendications sociales du peuple en association avec le Christ.

Hornopiren 
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Hornopiren - Chaiten

La pluie a cessé mais un épais brouillard obscurcit le ciel.

Nous nous promenons dans le bourg tout l’avant-midi espérant photographier, à l’occasion d’une brève éclaircie, le volcan Hornopiren enneigé.

A midi, nous retournons à l’hôtel pour dîner. Le repas est servi tôt aux voyageurs car tous attendent comme nous le départ du transbordador.

Il n’y a que 4 passages par semaine. Comme c’est le même bateau qui fait l’aller-retour, l’horaire est approximatif. Théoriquement, le ferry part de Caleta Gonzalo à 8 h du matin et après une traversée de 5 heures arrive à Hornopiren à 13h. Il repart alors à 15h vers Caleta Gonzalo où l’arrivée est prévue en principe à 20h.

Heure Km j Km t Départ de l’hôtel

13h30 4 1168 Nous nous ajoutons dans la file des véhicules déjà présents en attente de l’embarquement et nous enregistrons nos billets.

Le bateau n’est pas encore arrivé. Il aura une heure de retard.

14h Arrivée du bateau et débarquement des véhicules.

14h30 Début de l’embarquement.

14h50 C’est à notre tour d’embarquer.

Il faut descendre la rampe d’accès en marche arrière. En bas de la rampe, il faut virer à 90°, toujours en marche arrière, pour entrer par la porte avant du ferry, qui, abaissée, sert de passerelle. Les marins guident les conducteurs sur cette passerelle étroite.

C’est une opération délicate surtout qu’elle se passe sous une pluie battante. Heureusement la climatisation de notre jeep empêche la buée de se former sur la vitre arrière.

15h Le bateau, au complet de ses capacités, largue les amarres.

Le bateau longe une côte escarpée tapissée d’une forêt vierge. La pluie cesse mais un vent de tempête se lève obligeant le capitaine à ralentir l’allure. La traversée durera 7 heures au lieu de 5 ce qui nous laisse le temps d’admirer le paysage. Nous mangeons notre pique-nique bien qu’il soit possible de manger au restaurant du bord. C’est donc de nuit que nous accostons à la rampe d’accès de Caleta Gonzalo.

22h21 Nous sortons du bateau avec la jeep. Une seule lampe éclaire faiblement la rampe de sortie. Plus loin, c’est le noir absolu. Nous suivons un véhicule dont le conducteur semble connaître le chemin. Grâce à lui nous trouvons le début de la piste. Celle-ci, étroite, s’enfonce dans une forêt dense.

Nous essayons en vain de suivre l’allure de ce véhicule qui fonce avec un train d’enfer sur cette piste tantôt terreuse, tantôt caillouteuse parsemée de nids de poules remplis d’eau. A plusieurs endroits, les ponts sur les rivières sont détruits et nous devons passer sur des passerelles étroites construites en planches de bois. A la lueur de nos seuls phares, nous parcourons les 58 km qui nous séparent de Chaiten.

23h55 62 1226 Arrivés à Chaiten, nous trouvons facilement l’hôtel Astoria que nous avions choisi d’après notre guide. L’hôtel est encore ouvert et la patronne est à l’accueil en attente de l’arrivée des voyageurs du ferry. Nous sommes les premiers clients et nous choisissons une belle chambre avec bain privé. Certains voyageurs arriveront seulement à 1h du matin.

L’hôtel est situé près d’une station d’essence Copec en bordure de mer. C’est un hôtel simple et très propre (15 000 Pesos la nuit). Nous sommes surpris de trouver un lit avec 4 grosses couvertures, ce qui est beaucoup trop pour nous en cette saison d’été ; mais cela donne une idée de la rigueur du climat en hiver.


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Chaiten – Puerto Cisnes


Il ne pleut plus.

Nous prenons le petit-déjeuner classique du sud du Chili : galettes de pain chaudes servies dès la sortie du four, accompagnées de fromage et de confiture avec café ou thé.

Ensuite nous quittons Chaiten par la route de Coihaique après avoir fait le plein d’essence (19,4 l - 8500 Pesos soit 437 P/L) et acheté de quoi pique-niquer durant la journée.

Heure km j km t

10h10 0 1226 Nous nous engageons sur une route en macadam fraîchement construite.

4 1230 Fin du macadam. Nous retrouvons la piste habituelle. Elle suit le rio Chaiten jusqu’à Amarillo, petit village comptant quelques residenciales.

29 1255 Nous observons le contraste entre la selva et les glaces du volcan Michinmahuida. La piste terreuse étroite en ligne droite présente un profil en «montagnes russes».

46 1272 Puerto Cardenas, petite cité lacustre construite dans les années 1940. Nous franchissons alors un pont suspendu à 70 m au-dessus du rio Yelcho. C’est le pont le plus long de la Carretera del Sur. Sur la gauche le lac Yelcho est entouré d’une forêt dense qui contraste avec la montagne enneigée. A droite, le volcan Corcovada culmine à 2300 m.

Ensuite, la piste grimpe pour franchir le col Moraga à 650 m d’altitude. De là, nous découvrons une vue magnifique vers la vallée du rio Frio qui conduit à Villa Santa Lucia.

Le long de cette piste, nous sommes impressionnés par la forêt aux arbres calcinés à cause de la pratique de brûlis par les colons pour développer leur élevage.

12h10 80 1306 Villa Santa Lucia, village de pionniers fondé en 1982, aux chemins disposés en plan quadrangulaire, composé de petites cabanes en bois. Nous nous sentons très loin de la civilisation urbaine du 21e siècle.

12h20 83 1309 Pique-nique dans cette forêt aux arbres calcinés. Le soleil fait quelques apparitions.

12h56 Nous repartons par une piste qui suit en corniche la vallée encaissée du rio Frio aux eaux de couleur laiteuse due aux sédiments glaciaires.

100 1326 La piste traverse le rio.

13h26 109 1335 Villa Vanguardia, village pionnier construit par l’Etat mais qui ne s’est pas développé. Il ne compte que 8 cabanes.

112 1338 Nous quittons la région X pour entrer dans la région XI et suivons le rio Polena jusqu’à La Junta.

14h05 137 1363 Magnifique vue panoramique sur les rios qui dégringolent de la Cordillère ainsi que sur le rio Polena qui oblique vers l’ouest pour aller se jeter dans l’océan Pacifique près de Puerto Raul Marin Balmaceda.

14h20 148 1374 Nous franchissons le rio Rosselot qui vient du lac, du même nom, alimenté par les rivières venant de la Cordillère.

149 1375 La Junta (1070 hab.) fondée par les colons dans les années 1950 et qui s’est développée à partir de 1983, depuis la construction de la Carretera.

15h20 181 1407 Nous entrons dans le parc national de Queulat. La piste, étroite, s’enfonce dans une forêt vierge aux arbres gigantesques couvrant une strate impénétrable composée d’arbustes, de fougères et de lianes. Certaines plantes font penser à de la rhubarbe géante, trois fois plus haute que le véhicule. Nous nous arrêtons pour photographier ce spectacle et profitons pour nous restaurer quelque peu.

15h30 Nous poursuivons notre chemin et longeons, sur 12 km, le lac Risopatron aux versants abrupts.

15h56 193 1419 Puerto Puyuhuapi, station thermale sur la rive d’un fjord où arrivent les bateaux de croisière.

En 1935, quatre Allemands, qui avaient fui la région des Sudètes, fondent le village. Ils sont rejoints par d’autres Allemands en 1945. Ils créent une fabrique de tapis artisanaux qui fonctionne toujours.

A proximité, sur la rive ouest, une station thermale est accessible uniquement par bateau et compte un hôtel de luxe.

A la sortie du bourg, la route est barrée. En effet, la piste qui longe le fjord est en travaux d’aménagement. Des tirs de mines empêchent le passage de 9h30 à 13h30 et de 15h30 à 18h. Aussi, nous patientons en circulant dans le bourg.

18h20 203 1429 Nous repartons en longeant le fjord sur la piste parsemée de rochers non encore dégagés, suite aux tirs de mines. Puis nous gravissons un col (Cuesta Queulat) entouré d’une forêt dense et le franchissons à 500 m d’altitude. Ensuite nous redescendons pour aboutir à la bifurcation qui mène à Puerto Cisnes.

19h50 258 1484 Nous obliquons à droite et, par une piste dans un état épouvantable, nous suivons le rio Cisnes jusqu’à l’océan Pacifique (Canal Puyuhuapi).

20h45 292 1518 Puerto Cisnes. Autrefois, ce port n’était accessible que par la mer. C’est en 1933 qu’une piste fut tracée pour le désenclaver. Ceci permit le développement du bourg qui compte aujourd’hui près de 1800 habitants. Une énergique Italienne a consacré sa vie à embellir et moderniser le village, créant, en particulier, une école d’agriculture qui draine encore aujourd’hui tous les jeunes de la région.

Nous logeons à l’hôtel Gaucho. Nous hésitons à y entrer vu son aspect extérieur délabré. Mais une fois à l’intérieur, le contraste est net. C’est en effet un hôtel très propre et coquet construit en bois. Nous louons une chambre avec bain privé (16 000 Pesos).

Nous passons la soirée dans un petit restaurant au bord de la mer où nous apprécions les menus de poissons.

                                                     Puerto Puyuhuapi                               Puerto Cisnes


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Puerto Cisnes - Coihaique

Heure km j km t

9h30 0 1518 Nous quittons l’hôtel pour aller faire le plein d’essence (23,3 l -10 000 P) soit 429 (P/l).

9h45 Départ pour Coihaique. Nous empruntons la même piste que la veille jusqu’à la bifurcation avec la Carretera Austral.

10h35 34 1552 La piste serpente dans un défilé creusé par le rio Cisnes. Cette piste n’est pas en très bon état, très variable en qualité et avec des tronçons très mauvais.

11h15 60 1578 Au sommet d’une côte, une très belle vue se dégage sur le rio Cisnes et les collines parsemées d’arbres calcinés sur pied, résultat de la mise à feu de la forêt par les colons sur plus de 3 millions d’hectares afin de développer l’élevage ovin. Il s’agit d’une catastrophe écologique sans précédent.

11h26 66 1584 Nous traversons Villa Amengual, petit village fondé en 1983 pour les colons. Ce hameau comprend des logements, un magasin et une cafétéria. En été, les maisons sont inoccupées car les habitants s’éparpillent dans les campagnes.

11h30 68 1586 Bifurcation avec la route de La Tapera qui conduit à l’Estancia Rio Cisnes et vers l’Argentine par le col d’Appeleg.

Nous nous arrêtons de nombreuses fois pour photographier le paysage : des montagnes à pic, le lago Las Torres, des clôtures réalisées avec les arbres calcinés, des allées d’araucarias entourant des cascades, une falaise de phtanite (roche volcanique) et le Monte Torres en arrière-plan.

Nous débouchons ensuite dans la vaste plaine de Campo Grande.

12h52 119 1637 Oh ! Surprise ! La piste devient une magnifique route en macadam avec deux larges bandes de circulation.

13h 124 1642 Fin du macadam pour la traversée de Villa Mañihuales.

126 1644 A la sortie du village, c’est de nouveau le macadam.

13h10 133 1651 Nous nous arrêtons pour photographier la vallée du rio Mañihuales et nous en profitons pour boire.

13h17 138 1656 Bifurcation vers Puerto Aisen. Nous quittons la route de Coihaique pour emprunter celle vers Puerto Aisen qui longe le rio Mañihuales.

13h43 167 1685 Nous rejoignons la route de Puerto Aisen - Coihaique. Nous continuons vers Puerto Aisen que nous contournons pour nous diriger vers Puerto Chacabuco qui est le terminus de la route.

14h17 201 1719 Puerto Chacabuco.

Ce bourg de plus de 1000 habitants est le terminal des transbordadores et des grands navires. C’est le point de départ des excursions à travers les fjords de Patagonie jusqu’à la Laguna San Rafael.

Après avoir pique-niqué, nous reprenons de l’essence (25,5 l - 10 470 P soit 410 P/l).

15h Retour vers Puerto Aisen.

Ce bourg de plus de 10 000 habitants fut fondé par des colons venus par l’Argentine. En 1907, il comptait 200 colons et 500 employés des sociétés anglaises d’élevage ovin installées dans la région.

Le nom «Aisen» vient de l’anglais «Ice End» désignant la région comme étant à la fois la région des glaciers et le bout du monde.

Totalement isolée avant la construction de la Carretera Austral, cette région compte aujourd’hui plus de 100 000 habitants (moins de 1 habitant au km²). Elle reste étrangement à l’écart des événements nationaux.

Nous poursuivons sur notre route en macadam vers Coihaique en traversant le parc national Rio Simpson. La route suit le fond d’une vallée glaciaire parcourue par le rio Simpson. A certains endroits, la forêt a les pieds dans l’eau.

16h19 275 1793 Nous débouchons dans la plaine de Coihaique et photographions le panorama vers la localité.

16h35 284 1802 Nous entrons dans la ville de Coihaique et allons à l’hôtel Puerto Varas (19 000 Pesos la nuit).

Après notre installation dans la chambre, nous nous promenons dans la ville profitant du retour du soleil après ces quelques jours sous la pluie. Nous allons à l’agence auprès de laquelle nous avons pris option depuis Santiago pour une excursion en petit avion vers la Laguna San Rafael (98 USD par personne). Nous ne sommes malheureusement que les 2 seules personnes inscrites et l’avion ne part que s’il y a 4 passagers. On nous demande de revenir le lendemain à 10h afin de savoir si l’excursion aura lieu. Nous continuons notre promenade et passons devant une autre agence qui propose aussi cette excursion. Nous entrons pour prendre les renseignements. Le prix est de 91 USD par personne. Comme il y a déjà 2 personnes inscrites, le voyage pourra avoir lieu le lendemain sauf mauvais temps. Nous réservons donc et un rendez-vous est pris pour 10h le lendemain.

                                                                                         Coihaique


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Laguna San Rafael

Le matin au lever, nous découvrons par la fenêtre, un brouillard intense. Après le petit-déjeuner, nous passons à l’agence où l’on nous confirme l’annulation de l’excursion sauf s’il y a une amélioration du temps.

Vers 10h 30, le brouillard semble se lever et nous retournons à l’agence. On nous signale que le départ aura lieu vers 11h. Nous retournons à l’hôtel pour prendre sacs à dos, pique-nique, bottines, anoraks et nous courons vers l’agence. Le pilote est déjà là, ainsi que les 2 autres passagers, un couple de jeunes canadiens anglophones. Le pilote nous emmène en jeep à l’aéroport.

C’est un aéroport minuscule avec une petite piste et un seul bâtiment. Cela ne nous empêche pas d’être soumis à un contrôle de papiers et de passer au détecteur de métaux comme dans les grands aéroports.

Nous entrons dans ce petit avion bimoteur via un escabeau et en marchant sur l’aile. Cela nous change des Boeings 777 et autres Airbus transcontinentaux.

Il y a 6 places y compris celle du pilote disposées en 3 rangées de 2 sièges. Le Canadien se place à côté du pilote, son épouse sur le 2e rang et nous sur la 3e rangée. Ce sera l’inverse au retour.

C’est la première fois que nous volons dans un si petit avion. Nous restons constamment attachés par les ceintures pour ne pas monter nous cogner au plafond tant l’instabilité est grande.

Le pilote, un moniteur d’aviation, est vraiment un as car nous volons par endroit dans des nappes de brouillard en suivant les vallées.

Le paysage en contrebas est magnifique : vallées profondes, lacs, glaciers. Nous effleurons par endroit les versants des montagnes, certaines étant plus hautes que l’avion.

Puis nous atteignons la mer et suivons la côte jusqu’au glacier San Rafael en observant de nombreux icebergs flottant sur l’eau. Le glacier San Rafael a la particularité d’être celui le plus proche de l’équateur qui se jette dans la mer en donnant naissance à des icebergs.

Arrivé près du glacier, le pilote vole près des flots puis grimpe pour passer le front du glacier qui entre dans l’eau. Il survole le glacier à basse altitude en virant à gauche puis à droite plusieurs fois nous permettant d’apercevoir cette glace millénaire bleutée, les crevasses et les séracs. C’est époustouflant !

Puis, le pilote revient au-dessus de la mer et se dirige vers une petite piste herbacée où il pose l’avion.

Nous nous rendons alors à pied vers un petit embarcadère où, après avoir enfilé un gilet de sauvetage, nous montons dans une petite barque à moteur conduite par un marin.

Nous nous dirigeons à six vers le front du glacier en naviguant entre les icebergs. Nous sommes contents d’avoir enfilé anorak, gants et bonnet de laine car cette masse glaciaire refroidit l’atmosphère.

La barque s’immobilise à une distance de sécurité et nous observons les énormes blocs de glace qui se détachent du front du glacier haut de plus de 200m en un craquement sourd.

Ceux-ci s’enfoncent dans la mer. Au contact de l’eau, la partie inférieure du bloc fond et, la partie supérieure étant plus lourde, les blocs se renversent, laissant apparaître d’incroyables teintes qui vont du bleu au vert. Ces nouveaux icebergs se stabilisent alors. Cela provoque des ondes de houle assez impressionnantes que la barque doit affronter perpendiculairement.

Le pilote attrape alors un petit bloc de glace flottante. Après l’avoir cassé en petits morceaux, il en met dans des verres et nous sert un whisky. Nous trinquons pour fêter ce spectacle grandiose en pensant que cette glace dans notre verre est vieille de plus de 30 millénaires.

Le retour s’effectue sous le soleil. Les trous d’air sont encore plus forts qu’à l’aller et le pilote doit resserrer la ceinture de mon épouse pour lui éviter de se cogner la tête au plafond.

Nous rentrons à l’hôtel vers 16 h.

Nous dînons, comme la veille au restaurant Alemania où, pour un prix raisonnable (12 750 Pesos pour deux), on trouve aussi bien de la nourriture chilienne que des plats internationaux.

Cette journée restera le clou de notre voyage. Ayant navigué dans les fjords patagoniens, nous considérons que l’excursion en avion est beaucoup plus spectaculaire. De plus, notre navigation en petite barque est plus authentique et sympathique que celle des grandes embarcations que nous avons aperçues venant des navires de croisière. En effet, les touristes y sont entassés par groupes de 50, peu libres de leurs mouvements.



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Coihaique – Puerto Rio Tranquilo

Heure km j km t

9h24 0 1802 Nous quittons Coihaique après avoir fait le plein d’essence (6,2 l - 2 600 Pesos soit 415 P/l).

Par une route macadamisée, nous traversons l’ancien cratère volcanique de la Laguna Foitzick, puis nous suivons la vallée Simpson en admirant le lac et les montagnes enneigées.

10h10 39 1841 Nous arrivons à El Blanco, confluent du rio Simpson et du rio Blanco.

A la bifurcation avec la piste qui mène à Balmaceda, la route macadamisée se termine et nous empruntons la piste de la Carretera Austral qui mène vers le lac General Carrera. Nous entrons dans la Reserva Nacional Cerro Castillo quifait l’objet d’une reforestation. Le paysage est composé de pics qui nous font penser aux Grandes Jorasses françaises.

Au loin, le volcan Hudson au sommet enneigé nous rappelle le Fuji-Yama. Les rochers qui bordent la piste ressemblent à des statues.

11h28 89 1891 La Piedra del Conde est un rocher qui présente de profil une apparence humaine.

A une bifurcation, nous quittons la Carretera pour nous diriger vers Puerto Ingeniero Ibañez, petit village fondé en 1908, actuellement centre agricole et principal port du lac. D’ici part un ferry vers Chile Chico situé de l’autre côté du lac à la frontière argentine.

12h22 117 1919 Nous poursuivons notre chemin vers Levican. La piste grimpe par des lacets étroits en suivant le rio Ibañez.

A notre droite, dans un virage, nous admirons les chutes du rio Ibañez dégageant des embruns importants.

Plus loin, nous découvrons à notre droite la partie du lac bordant Puerto Ibañez. Elle communique avec le lac Carrera par un isthme.

Nous observons le contraste entre l’eau verdâtre provenant de la fonte des glaciers d’un côté et l’eau bleue du lac Carrera de l’autre.

13h24 147 1949 Nous pique-niquons au bord du lac à Levican qui est un groupe de parcelles irriguées.

Il y a là une petite chapelle près d’une longue plage battue par des vents violents.

15h17 205 2007 De retour à la Carretera Austral, nous poursuivons notre voyage vers le sud. Nous remontons la vallée du rio Ibañez qui prend sa source au glacier du volcan Hudson.

Nous contemplons les dégâts causés par l’éruption du volcan en 1991 (forêt d’arbres calcinés emprisonnés par les sédiments apportés par l’eau provenant de la fonte des glaces lors de cette éruption).

17h36 318 2120 Crevaison ! Le pneu a été transpercé par un caillou gros comme le pouce.

Cela ne nous étonne pas vu l’état de la piste recouverte de gros graviers aux arêtes coupantes.

18h25 338 2140 Arrivée à Puerto Tranquilo, ancien village minier.

Nous recherchons un réparateur pour le pneu.

18h30 339 2141 Nous le trouvons au residencial Darka. Cette réparation est réalisée suivant le système D avec un outillage rudimentaire bricolé par le réparateur. Une rustine collée sur le trou, à l’intérieur du pneu sans chambre ! Et pourtant cela tiendra !

Nous décidons de passer la nuit dans ce residencial (11 000 Pesos).

Le dîner est servi dans la salle à manger privée des hôtes (7 200 Pesos pour nous deux).

Nous apprenons que chaque village possède un réparateur de pneus. Cela ne nous étonne pas vu l’état des pistes et le nombre de crevaisons aux véhicules. .


Volcan Hudson                                                                        Chutes du rio Ibañez
Eaux glaciaires du Rio Ibañez                                                                    Eaux bleues du lac Carrera 
Dégâts de l'éruption du volcan Hudson 
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Puerto Rio Tranquilo – Chile Chico

En rangeant les bagages dans la jeep, nous constatons que le pneu avant droit est à plat. Il nous causait des problèmes depuis le départ. En effet, chaque matin, il avait perdu quelques centaines de grammes de pression, et il fallait le regonfler avant de partir. Ici cela paraît plus grave car il est complètement à plat. Nous demandons à notre hôte, qui avait réparé notre autre pneu la veille, de vérifier celui-ci. Il décide de le regonfler et de vérifier la valve. Il refuse de faire plus car nous sommes dimanche et il ne travaille pas ce jour-là. Comme le pneu ne semble pas perdre sa pression après un certain temps, nous décidons de poursuivre notre voyage.

Heure km j km t

9h 45 0 2141 Nous quittons Puerto Tranquilo et suivons le lac par une piste sinueuse.

Cette piste présente des montées et des descentes très fortes, devient de plus en plus sinueuse et le revêtement poudreux donne l’impression de rouler sur de l’ouate. Elle est très glissante et nous oblige à rouler très lentement. De plus, nous soulevons un nuage de poussière derrière nous sur plus d’un demi-kilomètre.

Nous nous arrêtons pour prendre des photos du lac. Nous sommes alors dépassés par une voiture argentine qui s’empresse de prendre de l’avance. Nous attendons que la poussière se dissipe pour redémarrer. Nous descendons les lacets qui nous rapprochent du lac en roulant au pas d’homme tant la piste est glissante.

Puis, la piste suit en corniche le bord du lac à environ 50 m de haut. Nous ne voyons plus le nuage de poussière devant nous mais nous apercevons un homme qui débouche du précipice nous faisant de grands signes des bras. Nous nous arrêtons et il nous montre sa voiture dans le ravin. Elle est bloquée contre un rocher une dizaine de mètres plus bas. Nous réalisons ce qui s’est passé. Grâce à ce rocher la voiture n’a pas dégringolé jusque dans le lac. Une femme est assise à côté de la voiture et se tient la tête entre les mains. Elle n’est pas blessée mais très choquée. Le monsieur nous demande de tracter la voiture pour la remonter sur la piste. Nous réalisons l’invraisemblance de cette demande et proposons de conduire le couple au prochain village. Comme la femme refuse de quitter l’endroit, nous embarquons son compagnon pour aller chercher du secours.

Après avoir roulé une vingtaine de minutes, nous apercevons à notre gauche l’entrée d’une Estancia indiquée par un portique monumental. Nous atteignons l’habitation et confions notre malheureux passager aux habitants avec lesquels celui-ci peut mieux s’expliquer puisque parlant la même langue. D’ici, il y a possibilité de téléphoner pour appeler du secours.

Cette aventure nous incite à encore plus de prudence.

Après quelques kilomètres, la piste franchit par le pont Carrera l’isthme séparant le lac Bertrand du lac Carrera. Après ce pont, la piste devient rocheuse et très cahotante.

11h15 56 2197 Cruce El Maiten, bifurcation entre la Carretera Austral qui conduit à Cochrane et la piste qui longe le lac Carrera vers Chile Chico et l’Argentine.

Nous empruntons cette piste car notre but est de rallier Torres del Paine, Puerto Natales et Punta Arenas avec la jeep par la terre et non par la mer grâce au ferry. La seule possibilité est de passer par l’Argentine car la Carretera Austral se termine après Cochrane.

11h25 61 2202 Puerto Guadal, petit village situé dans une baie fermée jouissant d’un microclimat favorable avec une belle plage.

Nous faisons le plein d’essence (40,4 l - 17 940 Pesos soit 440 P/l). Il n’y a pas de garage ouvert pour vérifier le pneu. Celui-ci ne semble pas se dégonfler.

12h20 94 2235 Le pneu avant droit a fini par lâcher et se retrouve à plat. Nous montons la roue de secours et ensuite nous pique-niquons.

13h Nous repartons en espérant arriver à bon port à Chile Chico qui est encore à 76 km.

La piste devient spectaculaire car en corniche creusée dans le flanc de la montagne rocheuse. Nous admirons ce splendide paysage de la montagne à pic plongeant dans le lac et prenons de nombreuses photos.

14h45 La piste devient très mauvaise. Nous roulons sur la roche en place taillée grossièrement. Nous sommes ballottés entre les bosses et les creux avec des côtes et des descentes à très fort pourcentage.

Nous décidons d’enclencher pour la première fois de notre voyage les 4 roues motrices et le rapport court. Nous roulons à moins de 10 km/h. A certains moments, la piste culmine à plusieurs centaines de mètres au-dessus du lac avec le flanc rocheux à droite et le précipice à gauche.

Cette piste en corniche demande une très grande concentration de conduite.

De plus nous sommes très anxieux en pensant que nous ne disposons plus de roue de secours.

16h50 170 2311 Nous arrivons enfin à Chile Chico.


Lac Carrera et la piste qui le longe 


Ce sera l’étape la plus éprouvante nerveusement de notre voyage. Nous avons mis 7 h pour faire 170 km.

Nous décidons de passer la nuit au Residencial Aguas Azules en bordure du lac (15 000 Pesos pour la nuit).

Après avoir pris une douche, nous nous reposons. Puis nous partons visiter les lieux pour repérer un garage où nous ferons réparer le pneu demain matin. Pour gagner du temps demain, nous faisons le plein d’essence (11,8 l - 5 300 Pesos soit 455 P/l) puis nous rentrons à l’hôtel. Nous dînons au restaurant de l’hôtel (10 000 Pesos pour nous deux).

Nous sommes surpris de découvrir que ce restaurant est le lieu de réunion du Rotary Club de Chile Chico. On était loin de penser rencontrer cela dans un endroit aussi isolé. Nous apprenons qu’en 1948 une famille belge de 58 personnes s’est installée dans ce village. Après avoir tout vendu en Belgique, elle a immigré avec des machines modernes pour développer l’agriculture dans la région. Elle a ainsi apporté une nouvelle dynamique à l’économie du bourg. C’est à cette époque que fut fondé le club Rotary de Chile Chico.

Le lac a une superficie de 1850 km² et est à une altitude de 350m. C’est un lac d’origine glaciaire profond de 590 m. C’est le deuxième lac d’Amérique du sud après le lac Titicaca.

A cheval sur la frontière chilo-argentine, il s’étend sur 970 km² au Chili où il se nomme lago General Carrera et sur 880 km² côté argentin où il s’appelle lago Buenos Aires.

Le lac fut découvert et cartographié en 1880 par le géographe argentin Carlos Moyano.

C’est en 1909 que des colons venus par l’Argentine s’installèrent pour la première fois et développèrent l’élevage d’ovins. Mais en 1917, commence un conflit (Guerra de Chile Chico) entre les entreprises d’élevage et les colons. Ces derniers furent expulsés de leurs terres. Puis grâce à l’intervention de la Force publique, ils purent se réinstaller réclamant des terres et des concessions au gouvernement de Santiago. Un bac fut mis en service en 1925 pour relier Chile Chico à Puerto Ibañez qui était lui-même relié par un camino à Coihaique. Le bourg de Chile Chico fut reconnu officiellement par le Chili en 1931. Cependant, il dépendra de l’Argentine pour son commerce jusqu’en 1952, date de la construction d’une piste carrossable entre Coihaique et Puerto Ibañez.

En 1988, fut inauguré le tronçon de la carretera Austral qui contourne le lac par le nord puis par l’ouest entre Puerto Tranquilo et el cruce El Maiten.

La piste que nous avons empruntée par le sud depuis el cruce El Maiten jusqu’à Chile Chico via Puerto Guadal fut construite en 1991.

Chile Chico jouit d’un microclimat chaud et sec que nous apprécions après les jours passés sous le climat rude de la côte chilienne.

Autrefois des mines de cuivre, de plomb et de zinc assuraient la prospérité de cette région.

Celle-ci fut durement touchée par l’éruption du volcan Hudson en 1991.

Aujourd’hui, on y cultive de nombreuses variétés de fruits et de légumes. Le tourisme se développe. Beaucoup d’Argentins viennent passer leurs vacances ou leurs week-ends sur cette Riviera.

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Chile Chico – Perito Moreno

Heure km j km t

10h09 0 2317 Après avoir fait réparer le pneu, nous quittons Chile Chico et nous nous dirigeons vers la frontière argentine par une piste de terre en très mauvais état.

10h21 5 2322 Arrêt à la douane chilienne. Nous sommes les seuls voyageurs.

Contrôle des passeports, apposition d’un cachet de la date de sortie du pays. Puis, contrôle des papiers du véhicule, vérification de l’attestation de prêt du véhicule signée par notre fille qui est la propriétaire du véhicule et contresignée par un huissier. (Les documents du véhicule ne sont en effet pas libellés à notre nom).

Formulaire à remplir en 4 exemplaires concernant le véhicule. Le 1er est gardé par le douanier, le 2e est destiné à la douane argentine à l’entrée en Argentine, le 3e devra être donné à la douane argentine à notre sortie du pays et le 4e est destiné à la douane chilienne lors de notre rentrée au Chili.

10h30 Nous reprenons la piste qui franchit le col vers l’Argentine.

Nous découvrons le paysage de plateau de la pampa.

10h45 8 2330 Douane argentine.

Formulaire à remplir en 3 exemplaires pour la police des frontières, contrôle des passeports et cachet d’entrée, contrôle sanitaire (interdiction d’importer tout végétal et aliment cru), contrôle des papiers du véhicule et remise du formulaire (exemplaire n°2). Nous montrons l’attestation de prêt du véhicule. Le douanier décide de le garder. Nous lui expliquons que c’est le seul exemplaire que nous possédons. Il nous signale qu’à chaque passage de douane, il faudra fournir un exemplaire. Comme nous devrons passer 6 fois la frontière au cours de notre périple, nous expliquons notre embarras. Très gentiment, il nous propose de réaliser plusieurs photocopies qu’il nous remet gracieusement.

Tout se passe dans la bonne humeur en expliquant notre projet de voyage. Nous profitons pour lui demander s’il connaît la piste entre Perito Moreno et Tres Lagos. Il nous répond avec un grand sourire par un seul mot : horrible.

Nous savons donc à quoi nous attendre. C’est le premier renseignement que nous obtenons sur cette étape. En effet, c’est la seule étape pour laquelle nous n’avons jamais pu obtenir d’informations lors de la préparation du voyage.

11h Nous repartons et sommes heureux de rouler sur une magnifique route en macadam.

11h25 30 2360 Nous nous arrêtons pour photographier le prolongement du lago Carrera qui s’appelle en Argentine, le lago Buenos Aires.

11h45 32 2392 Arrivée à Perito Moreno.

C’est une jolie petite ville (3000 habitants) dont les larges avenues en béton sont disposées selon un plan en damier. C’est un grand contraste avec les bourgades rencontrées jusqu’à présent. L’économie y est essentiellement agricole.

Le guide « Turistel » ne couvre que le Chili. « Le Routard » ne contient aucune information sur cette région. Nous utilisons donc le guide « Lonely Planet ».

Nous allons directement à l’office municipal du tourisme. Nous expliquons notre projet de rejoindre Très Lagos par la RN 40. Nous demandons des informations sur les distances kilométriques et la possibilité de ravitaillement en essence sans plomb. On nous remet un plan sommaire dessiné à la main sur papier A4 indiquant les bifurcations avec les pistes secondaires afin de suivre le bon chemin ainsi que les distances kilométriques. La secrétaire entoure au feutre rouge sur ce plan les endroits habités (Bajo Caracoles, Las Horquetas, Très Lagos) et y ajoute au stylo les endroits où l’on peut trouver de l’essence sans plomb (Bajo Caracoles et Très Lagos). A El Calafate, il y a de l’essence sans plomb et possibilité de loger mais c’est à 627 km de Perito Moreno.

Il semble que tout cela est très approximatif. Aussi nous vérifions au curvimètre sur la carte Southern Argentina (échelle 1 : 2 500 000) achetée à Bruxelles la distance entre les deux localités (environ 500 km). Si quelques noms sont bien indiqués sur notre carte, nous ne savons pas à quoi cela correspond (localité ? auberge ? estancia ?).

Nous sommes bien décidés, par sécurité, à accrocher un jerrycan de 20 litres à l’arrière de la jeep. En effet nous ne connaissons pas la vitesse à laquelle nous pourrons rouler sur cette piste horrible et donc notre consommation d’essence. Vu la contenance du réservoir et notre consommation moyenne aux 100 km, il est impératif d’avoir ce jerrycan de réserve.

12h15 3 2395 Nous décidons de loger à l’hôtel Bergamo renseigné dans le guide. (40 $ la nuit - 22 $ le dîner pour deux).

Nous nous installons dans la chambre et ensuite allons dîner au restaurant de l’hôtel.

L’après-midi, mon épouse ira faire les courses pour préparer l’étape du lendemain. Quant à moi, j’accuse un coup de pompe tel, après ces 2395 kilomètres de conduite, que je m’endors jusqu’à 20h. Le temps de dîner au restaurant et je m’endors de nouveau jusqu’au lendemain matin.


Lago Buenos Aires
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Perito Moreno – Tres Lagos

Heure km j km t

8h57 0 2395 Départ de l’hôtel.

1 2396 Arrêt à la station d’essence. Nous complétons le réservoir du véhicule et remplissons le jerrycan (29,70 l - 23,05 $ soit 0,776 $/ l).

9h08 Nous démarrons et nous nous engageons, à la sortie du bourg, sur la piste en direction du sud.

Les pistes en Argentine sont presque aussi larges qu’une autoroute. La place ne manque pas contrairement à la côte chilienne. Ici nous roulons sur un vaste plateau mollement vallonné où la végétation réduite à l’état de steppe dégage une vue à 360° jusqu’à l’horizon. Le climat est désertique et très chaud, cela contraste avec le climat du côté chilien.

La piste est recouverte de gros graviers, avec de nombreux nids de poules. Cela engendre une usure rapide des pneus et des risques de crevaisons. Les véhicules, roulant à l’extrémité droite de la piste afin d’éviter les projections de cailloux et un bris de pare-brise, marquent leurs passages par deux traces d’ornières dans les graviers. Nous roulons donc sur ces traces. Cela nous rappelle les trajets sur la neige en Belgique où là aussi les véhicules roulent en suivant les traces des pneus qui tassent la neige.

9h45 28 2423 Nous passons près d’une estancia où il y a possibilité de loger et prendre des repas. En fait, le chemin qui mène à l’Estancia est indiqué par un portail voûté en bois. Il faut passer en dessous pour entrer dans la propriété et rouler un certain temps pour arriver aux bâtiments proprement dits.

Nous poursuivons notre route en nous arrêtant de temps en temps pour observer le paysage des contreforts des Andes. Le paysage y est très désertique. Le sol est de couleurs rose et rouge.

10h55 79 2474 Estancia Casa de Piedra (portail d’entrée) où il y a possibilité de loger et de camper à 45 km à l’intérieur du domaine.

Nous poursuivons notre route. A certains moments, nous franchissons des guardaganados : Ce sont des passages sur des rouleaux métalliques espacés au-dessus d’un fossé. Ces rouleaux tournent sur eux-mêmes lors du franchissement par un véhicule. Ces passages, situés à la limite des propriétés clôturées des estancias, empêchent les troupeaux de sortir des pâturages des propriétés tout en laissant le passage aux véhicules sur la piste qui traverse les territoires de ces estancias.

11h16 94 2489 Nous nous arrêtons pour boire et photographier le paysage de cette steppe jaunâtre formée de touffes épineuses et de graminées ligneuses. La piste est quasi rectiligne derrière et devant nous jusqu’à l’horizon.

Nous apercevons un nuage de poussière devant nous à l’horizon.

11h30 101 2496 Après avoir roulé 7 km, nous croisons le véhicule dont nous avions aperçu le nuage de poussière et qui roule à vive allure. Pendant quelques minutes nous sommes dans un épais nuage de poussière qui nous oblige à ralentir l’allure.

12h06 127 2522 Bajo Caracoles.

C’est une auberge avec pompe à essence. On y trouve effectivement de l’essence sans plomb mais à 85 octanes donc impossible de ravitailler. Nous pique-niquons dans cette auberge. L’endroit évoque pour nous le film « Bagdad Café ».

12h44 Nous repartons assez rapidement car nous sommes encore loin de Très Lagos.

En cours de route nous photographions des mirages. La chaleur déformant la réalité, des touffes de graminées nous donnent l’impression à distance d’une forêt.

14h47 238 2633 Las Horquetas. C’est une ferme où il y a possibilité d’avoir une chambre pour loger.

Nous sommes très mal accueillis par deux hommes qui nous montrent les chambres. Nous croyons visiter des cellules de prison sans fenêtre aux murs délabrés et avec un lit aux draps sales. L’endroit est repoussant et ne nous rassure pas. Nous décidons de poursuivre notre route. Nous avons maintenant l’obligation d’arriver à Tres Lagos en espérant trouver à se loger et que l’essence sans plomb que l’on nous a renseigné soit à 95 octanes.

Mon épouse décide enfin de prendre le volant bien qu’elle ait horreur de conduire un véhicule à boîte manuelle. Mais mon coup de pompe de la veille lui fait franchir le pas.

16h30 316 2711 A gauche une bifurcation mène à Agroturisme non indiqué sur la carte.

Un panneau indique la possibilité de loger et de manger. Nous ne voulons plus renouveler l’expérience précédente. Nous ne voulons pas prendre le risque de perdre du temps et décidons d’aller jusqu’à Tres Lagos quelle que soit l’heure d’arrivée.

17h 338 2733 Arrêt pour photographier. Reposé, je reprends le volant.

17h35 377 2772 Nous passons près de l’entrée d’une estancia. Un panneau indique la direction et la possibilité de loger et manger.

19h 472 2867 Nous arrivons à Tres Lagos.

Nous avons donc mis 10 heures sur cette piste horrible et nous n’avons pas eu besoin du jerrycan de réserve. Nous n’avions pas trop mal estimé la distance mesurée avec un curvimètre sur une carte à très petite échelle.

Nous n’avons aucun renseignement dans le guide pour loger. Nous sillonnons donc le bourg à la recherche d’un hôtel ou d’une auberge ou d’un residencial. Nous rencontrons un minibus qui semble faire la même chose que nous. Nous demandons à des enfants qui jouent dans la rue. Ils nous indiquent un restaurant où il y aurait possibilité de loger. Nous nous y rendons. C’est le restaurant Sorsonas rue Bertotti. Il y a trois chambres sans bain privé. Nous n’hésitons pas et prenons une chambre.(30 $ la nuit - repas 31,50 $ pour deux).

Nous apprenons que c’est le seul endroit pour loger à Très Lagos.

Nous avons de la chance de trouver ces chambres libres. En effet, peu de temps après, pendant que nous prenons une boisson, attablés au bar, le minibus déjà rencontré s’arrête devant le restaurant. Six personnes en descendent et demandent 3 chambres. Comme il n’en reste que deux, ils décident de poursuivre leur route jusqu’à El Calafate soit encore 166 km.

Nous l’avons échappé belle !


                                                                                          Guardaganados 
La piste à perte de vue 
Bajo Caracoles                                                                           Paysage steppique                        ...
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Tres Lagos – El Calafate

Heure km j km t

9h57 0 2867 Départ de l’hôtel

10h04 3 2870 Nous trouvons avec soulagement la station d’essence annoncée sur le plan avec de la sans plomb à 95 octanes. Nous vidons l’essence du jerrycan dans le réservoir et complétons à la pompe. (25,6 l - 19 $ soit 0,74 $ /l)

Nous reprenons la piste vers El Calafate.

Durant le trajet, nous observons les guanacos qui bondissent dans la steppe environnante. Le guanaco est un lama sauvage, de la même taille qu’une biche, qui vit dans le sud de la Patagonie.

10h58 38 2905 Nous quittons la RN 40 et bifurquons en direction de El Chalten et le Parque Nacional Los Glaciares.

Nous longeons le lago Viedma alimenté par le glacier Viedma qui se jette dans le lac en amont. Au fond, le Cerro FitzRoy qui culmine à 3 441 m. domine le massif des Andes.

Au pied de cette muraille se situe la station de montagne d’El Chalten. Autrefois ce nom était donné par les Indiens aux pics. Ce mot signifie « volcan ». Les pics étant souvent cachés par d’épais nuages faisaient penser à des volcans en éruption. C’est l’explorateur argentin Francisco Moreno qui a donné le nom de FitzRoy au point culminant en souvenir de l’anglais qui a exploré les côtes de la Terre de Feu en compagnie de Darwin et Beaufort.

Robert Fitzroy est le père de la météorologie marine moderne.

13h05 127 2994 Nous arrivons à El Chalten, terminus de la piste.

C’est un beau petit village qui est le point de départ des randonneurs et des alpinistes vers le massif andin. Hôtels, aires de camping, restaurants, magasins de sport font de ce village une agréable station de montagne.

Nous pique-niquons.

13h36 Nous repartons par le même chemin qu’à l’aller.

15h13 217 3084 A la bifurcation, nous reprenons la RN 40 vers le sud.

La piste est poudreuse et parsemée de gros graviers.

15h34 238 3105 Nous passons devant l’hôtel La Leona au sud du lac Viedma.

15h46 249 3116 Entrée de l’Estancia hôtel Paradorluz. Nous poursuivons notre route en suivant le rio La Leona, exutoire du lac Viedma, qui se jette dans le lago Argentino.

16h08 272 3139 Zut ! Une crevaison. Un gravier pointu a transpercé le pneu. Nous changeons de roue et poursuivons notre voyage.

17h20 312 3179 Nous quittons la piste (RN 40) pour suivre une route en macadam qui vient de Rio Gallegos sur la côte atlantique et qui mène à El Calafate, grande ville touristique située près du célèbre glacier Perito Moreno.

17h45 345 3212 Nous arrivons à El Calafate et cherchons immédiatement un hôtel pour passer la nuit.

Le guide « Le Routard » est de nouveau utilisable.

La plupart des hôtels sont complets. A l’Hospedaja del Norte, il reste une seule chambre mais sans fenêtre. Nous prenons option. Nous continuons cependant à chercher autre chose et nous finissons par trouver une agréable chambre au Residencial Los Lagos de construction récente. Nous nous y installons. (60 $ la nuit)

Pendant que mon épouse défait la valise, je pars décommander à l’autre hôtel et je cherche un réparateur de pneu. J’en trouve un près de notre hôtel. C’est un centre très moderne qui contraste avec ceux rencontrés dans le sud du Chili. Mais l’accueil n’y est pas sympathique. Le prix de la réparation est exorbitant et je sens que le patron essaye de tirer le maximum de dollars d’un étranger. Après avoir mis une chambre à air, je lui demande de me remonter la roue sur la voiture. Il le fait, mais au moment de payer il demande une augmentation sur le prix convenu pour avoir remonté la roue.

Excédé, d’un geste décidé, je lui dis « basta ! ». Il n’insiste plus.

De retour à l’hôtel, nous décidons d’aller manger dans un restaurant en bordure du lago Argentino à 5 km. Ce sera une soirée reposante sur une terrasse surplombant le lac. (12 $ pour nous deux).

Nous retournons ensuite à El Calafate et prenons de l’essence avant de rentrer à l’hôtel. (32,9 l - 21 $ soit 0,639 $/l)

21h 355 3222 Fin de la journée.

Le lac Argentino a une superficie de 1415 km² soit le troisième plus grand lac d’Amérique du sud. C’est un lac glaciaire de 60 km de long et de 14 à 20 km de large. Sa profondeur maximale est de 1000 m. Son exutoire, le rio Santa Cruz, se jette dans l’océan Atlantique.

El Calafate est situé à la latitude de 50° sud. Nous sommes donc à la même distance de l’équateur que la Belgique dans l’hémisphère nord. Son nom vient de l’arbuste Berberis buxifolia dont les baies noires sont comestibles et qui a été surnommé le Calafate. En effet, étant l’arbuste le plus répandu en Patagonie, il servait de matériau de calfatage des coques des bateaux après une longue traversée océanique.

Le climat de cette région est très sec. Il tombe seulement 300 mm d’eau par an.

Par contre sur les Andes les précipitations abondantes donnent naissances à de nombreux glaciers dont le Perito Moreno.

Le parc naturel des glaciers couvre 600 000 ha et avec 356 glaciers dont 13 de plus de 100 km², il représente la troisième plus grande réserve d’eau douce du monde.


Le Cerro FitzRoy                                                                                    lago Viedma 


El Chalten et le FitzRoy                                                                 Entrée du parc national
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El Calafate - Glacier Perito Moreno - Cerro Castillo

Heure km j km t

7h45 0 3222 Nous quittons l’hôtel et El Calafate sans regret. En effet, cette ville est pleine de touristes argentins et étrangers.

C’était un retour très décevant à la civilisation du 21e siècle avec ses aspects commerciaux, la recherche du profit et le manque de chaleur humaine.

La RP 11 qui longe le lac Argentino conduit au glacier Perito Moreno et nous l’empruntons.

9h27 80 3302 Le glacier apparaît au gré des virages.

9h47 89 3311 La route se termine par un énorme parking complètement vide. L’heure est trop matinale pour les touristes !

Un réseau de terrasses en bois permet d’admirer le glacier à différents niveaux.

Nous allons d’abord à la terrasse supérieure d’où on apprécie le gigantisme de ce glacier d’un bleu intense.

Il fait très froid vu la proximité de cette masse de glace.

C’est un spectacle grandiose à la fois visuel et auditif. Régulièrement, des pans entiers du front du glacier, haut de 80 m, craquent et s’écroulent dans l’eau du canal de los Tempanos (canal des icebergs) qui communique avec le lac Argentino. Le bruit sourd résonne entre les montagnes environnantes amplifiant encore plus le bruit des craquements.

Aucun mot ne peut décrire ce que l’on ressent à ces instants. On ne se lasse pas de regarder le spectacle.

Nous nous dirigeons vers la terrasse inférieure en descendant des marches aménagées en bois.

Vu du bas, le spectacle est aussi grandiose car nous avons l’impression d’être encore plus près du glacier.

Le glacier Perito Moreno s’écoule d’un cirque glaciaire situé à 30 km. La langue glaciaire est longue de 15 km et épaisse de 1000 m. Le front est épais de 120 m dont 80 m apparaissent au- dessus de l’eau du canal de los Tempanos. C’est un des seuls glaciers au monde qui continue sa croissance. Il peut avancer de 2 m par jour, bloquant parfois l’écoulement des eaux du Brazo Rico vers le canal de los Tempanos. La pression de l’eau finit par faire sauter le bouchon dans un fracas gigantesque. Cela arrive tous les quatre ans environ et attire beaucoup de touristes.

Ce phénomène ne s’est plus produit depuis 1988, ce qui laisse croire que le glacier ne s’avance plus. (NB. Depuis notre voyage, le phénomène s’est reproduit en 2004 et 2006).

Perito Moreno vient de perito qui signifie expert en espagnol et Moreno qui est un scientifique qui a beaucoup travaillé à définir les zones de partage des eaux entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique et dont le rôle fut prépondérant dans la définition de la frontière entre le Chili et l’Argentine.


Glacier Perito Moreno 




10h40 Nous devons hélas repartir car une longue route nous attend pour retourner au Chili et Torres del Paine, but de cette journée.

12h33 174 3396 Nous revenons à El Calafate et faisons le plein d’essence (16,2 l - 10,4 $ soit 0,639 $/l).

Nous reprenons la RP 11, puis nous retrouvons la RN 40 qui est à cet endroit une belle route asphaltée. Cela nous permet de rouler quelques kilomètres sans être secoués.

Le paysage, avec au loin le lac Argentino, est splendide.

13h41 269 3491 El Cerrito. C’est la bifurcation entre la RN 40 et la RP 5 qui conduit à Rio Gallegos et qu’empruntent les touristes venant admirer le Perito Moreno.

Nous nous engageons sur la RN 40 et retrouvons la piste.

Celle-ci est taillée dans le roc. Elle présente des irrégularités dangereuses (aspérités et trous). Nous devons limiter notre vitesse à environ 20 km/h afin de ne pas faire de casse au véhicule.

De plus, un vent d’ouest extrêmement violent nous empêche de sortir de la jeep. Il est impossible d’ouvrir une portière. Si nous ouvrons une vitre, nous devons placer le véhicule avec cette vitre sous le vent pour pouvoir la refermer. Il faut renoncer à pique-niquer et se contenter de grignoter des biscuits.

Le paysage désertique parsemé de quelques buissons fleuris est remarquable.

Le relief est formé de plateaux étagés à gravir successivement en se rapprochant des Andes.



La piste traverse des territoires d’estancias où des troupeaux de chevaux courent en liberté. Ceux-ci sont destinés à la boucherie. Le sud de la Patagonie compte près de 4 millions de chevaux « sauvages ».


A l’ouest, les sommets de Torres del Paine commencent à apparaître dans le massif andin.

15h35 335 3557 Bifurcation avec la RP 7 qui mène vers l’est à Esperanza où elle rejoint la RP 5 vers Rio Gallegos.

Nous apercevons à ce carrefour une bâtisse totalement isolée avec une pompe à essence et un petit bar (Tapi Aiki).

Après avoir parqué le véhicule à l’abri du vent, nous entrons dans le bar. Nous commandons deux thés et profitons pour enfin pique-niquer.

Nous nous renseignons sur le chemin pour retourner au Chili. Le tenancier nous prévient qu’il n’y a pas d’indication sur la RN 40 pour repérer la piste menant au Chili. Cette piste est étroite et peu visible. Le seul point de repère est le poste de douane situé près de 500 m à droite, localisable par le drapeau argentin qui flotte au sommet du bâtiment.

16h Nous repartons sur la piste qui se dirige vers l’ouest en luttant contre le vent de face de plus en plus fort.

Après quelques kilomètres la piste vire vers le sud.

Nous roulons lentement, non seulement à cause du vent mais aussi pour ne pas rater la piste qui mène au Chili.

17h 380 3602 Nous apercevons le drapeau argentin qui flotte au-dessus d’un bâtiment situé à droite au sommet d’une colline.

Nous repérons le début de la piste. Sans les indications du tenancier nous l’aurions raté tant ce début de piste est étroit et peu visible comparé à la largeur démesurée de la RN 40 argentine.

17h05 Nous descendons difficilement du véhicule et entrons dans le local de la douane.

Deux jeunes douaniers-policiers-militaires très sympathiques et qui vivent dans l’isolement total nous accueillent. Ils sont certainement très heureux de rencontrer des gens. Les formalités sont très rapidement réalisées. Ils nous mettent en garde pour le franchissement du col vers le Chili car les vents y soufflent à 120 km/h. Nous les en remercions et repartons.

La piste est étroite mais le col est facile à franchir. Du côté ouest du col, le vent est moins violent.

17h16 388 3610 Nous arrivons au poste de douane chilien et procédons aux démarches habituelles.

Le contrôle sanitaire vient vérifier les bagages et nous demande si nous avons des produits frais. Nous lui signalons qu’il nous reste quelques pêches. Il nous donne un sachet en plastique pour les y mettre mais nous laisse la possibilité de les manger et ensuite de lui apporter les noyaux dans ce sachet.

Après avoir rapporté le sachet avec les noyaux au poste, on nous ouvre la barrière et nous sommes autorisés à poursuivre notre route.

17h30 Entrée dans Cerro Castillo.

17h35 390 3612 Nous allons à Hôtel El Pionero que nous avions repéré dans le guide « Turistel » du Chili, le seul guide donnant des informations sur Cerro Castillo.

C’est un très bel hôtel-restaurant bien abrité du vent grâce à un système d’arbres et de haies parfaitement étudié selon les règles scientifiques de plantation d’une haie brise-vent. C’est agréable de descendre de la jeep sans le moindre souffle de vent. Nous sommes les seuls dans cet hôtel et nous choisissons la plus belle chambre.


Hôtel El Pionero


Après ces journées fatigantes, nous sommes heureux de retrouver le confort d’un hôtel luxueux. C’est le premier depuis notre départ de Santiago.

(90 USD - repas 27 000 Pesos chiliens).

Nous prenons un bain, revêtons des habits de ville et descendons dans le salon. C’est le grand luxe. Nous prenons un apéritif puis nous choisissons le menu en discutant avec le patron. Nous profitons d’un confort qui nous fait un grand plaisir. C’est une soirée de détente que nous apprécions.



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Parc national de Torres del Paine 


Cerro Castillo – Torres del Paine – Puerto Natales

Heure km j km t

9h22 0 3612 Départ pour la visite du parc national de Torres del Paine.

9h33 3 3615 Plein d’essence (21,3 l - 9 947 Pesos soit 467 P/l).

Nous décidons de parcourir ce parc avec notre véhicule afin d’admirer les principaux paysages durant cette journée exceptionnelle. En effet, non seulement il y a très peu de vent, contrairement à la veille, mais le soleil brille dans un ciel tout bleu. Les sommets sont parfaitement dégagés. Nous avons une chance extraordinaire. Le temps dans cette région étant très changeant, il faut profiter de notre chance.

Le nom de ce parc naturel de 242 000 ha vient des trois « tours » déchiquetées de granite gris bleuté pointées vers le ciel et dont les sommets culminent à 2 600, 2 850 et 2 900 m d’altitude. Le mot « Paine » signifie bleu foncé en langue tehueche. Le parc fut classé « Réserve de la biosphère » par l’UNESCO en 1978.

La zone est caractérisée par de grandes différences d’altitude qui permettent l’existence d’une faune et d’une flore très diversifiées. Fjords, lacs, glaciers géants, cascades, pics montagneux enneigés, steppes, forêts de conifères, fougères géantes, arbres torturés et courbés par le vent violent qui souffle en rafales forment les plus beaux paysages du sud de la chaîne andine.

On y trouve plus de 200 espèces de plantes. Dans ces solitudes, vivent plus de 170 espèces d’oiseaux (condors, nandous, cygnes, ibis, flamants roses etc.) et 25 espèces de mammifères (pumas, renards, petits loups appelés zorro culpeo, chats sauvages appelés gato montes, pudus, guanacos etc.).

Le massif du Paine s’est formé il y a 12 millions d’années. La région était recouverte d’épaisses couches de roches sédimentaires. Sous l’effet de la rencontre des plaques tectoniques (de Nazca, côté Pacifique, et américaine, côté est), la région se souleva, formant la cordillère des Andes. De nombreuses fractures permirent la remontée du magma. Lorsque celui-ci remonta en surface, il donna naissance à de nombreux volcans. Par contre les failles profondes permirent seulement une intrusion de magma ne remontant pas en surface. Dans ce cas, le refroidissement très lent a permis une cristallisation formant une roche granitique. L’érosion différentielle (selon la nature des roches) essentiellement fluviale façonna un relief de montagnes ondulées et de vallées, faisant apparaître le substrat granitique. Les intrusions granitiques dégagées, très résistantes à l’érosion, formèrent des tours (Torres). Le volcanisme y ajouta des cônes de laves.

Durant les périodes glaciaires (entre 1 million et 10 000 ans avant notre ère), les champs de glace ont couvert la région et seuls les sommets les plus élevés émergèrent (nunataks).

A la fin de la dernière période glaciaire, le réchauffement du climat a fait fondre la glace, diminuant ainsi l’épaisseur des champs de glace et découvrant un relief typique de pics, aiguilles et vallées en auge, résultat de l’érosion glaciaire. Les massifs granitiques plus résistants à l’érosion et dégagés par la fonte des glaces formèrent les actuelles Torres typiques de cette région.

Nous quittons Cerro Castillo et nous nous dirigeons vers le nord en passant à proximité du lago del Toro puis du lago Sarmiento.

Au cours de ce trajet, nous admirons les Torres del Paine sous différents angles de vue.


Nous quittons la piste principale pour nous diriger par une piste étroite vers la laguna Azul. Nous sommes les seuls à emprunter cette piste. Nous sommes récompensés de cette décision car bientôt nous rencontrons des troupeaux de guanacos broutant paisiblement de part et d’autre de la piste. Nous stoppons pour admirer ces élégants lamas sauvages.

Avec beaucoup de précautions, nous descendons du véhicule pour nous rapprocher lentement jusqu'à quelques mètres d’eux, tandis que le mâle, chef du troupeau, donne l’alerte par de grands cris rauques en bondissant sur un promontoire.


Nous poursuivons notre route. Nous passons près d’une cabane (Guarderia Laguna Azul). Nous photographions ce petit lac avec les Torres en arrière-plan. La piste se termine au Cabañas y Camping Laguna Azul.

Nous revenons sur nos pas puis nous obliquons vers la cascada Paine en admirant au passage la laguna Amarga et sa colonie de flamants roses.


11h50 79 3691 Nous décidons de pique-niquer près de la chute d’eau.

12h30 Départ.

12h40 Nous admirons un glacier avec les Torres en arrière-plan.

12h45 Nous rejoignons la piste principale et franchissons le contrôle des gardes du parc. Nous acquittons le droit d’entrée de 13 000 Pesos.

Plus loin, nous longeons le lago Nordenskjöld et rejoignons la piste qui vient de Cerro Castillo et qui longe le lago Sarmiento.


Nous passons près du Salto Grande, imposante chute qui permet aux eaux du lago Nordenskjöld de se déverser dans le lago Pehoe que nous longeons également.

Nous arrivons à l’ Hosteria Pehoe qui est située sur une petite île et qui n’est accessible que via une passerelle piétonne. Une brouette est mise à la disposition des touristes pour transporter leurs bagages vers l’hôtel.

Nous passons ensuite près de l’hôtel Explora et le Salto Chico par lequel les eaux du lago Pehoe se déversent vers le lago del Toro via le rio Paine.

Nous franchissons le pont (Puente Weber) qui surplombe le rio Paine.

Nous arrivons à Rosada Rio Serrano, un des sièges administratifs du parc.

La piste se divise en deux. L’une, vers le sud, est un chemin privé qui longe le lago del Toro, l’autre conduit vers l’ouest au lago Grey. Nous empruntons cette dernière.

14h44 142 3754 Hosteria Lago Grey. C’est le point de départ d’une excursion en bateau sur le lac vers le glacier Grey et d’une randonnée pédestre vers le refuge et le mirador Zapata (environ 5h30 de marche).

L’Hosteria Grey est un hôtel avec des dépendances de cabines métalliques préfabriquées constituant des chambres sans confort qui se louent à un prix exorbitant (200 USD la nuit), conséquence du snobisme d’une classe touristique internationale désirant à tout prix passer la nuit dans le parc et en bordure du lac.

A proximité, un promontoire rocheux permet d’admirer les eaux bleues laiteuses du lac parsemé de blocs de glace qui viennent mourir sur la rive sud. Nous apercevons le glacier en arrière-plan. Le paysage est d’une grande beauté.


Le glacier Grey correspond à l’extrémité sud-est du champ de glace (Campo de Hielo Sur) couvrant le massif andin à cette latitude. C’est une masse de glace de 6 km de large et de 60 m de haut qui se jette dans le lago Grey en se divisant en deux langues glaciaires séparées par une « île » rocheuse (nunatak) perçant la masse glaciaire.

15h Nous repartons par la même piste en admirant encore ce paysage grandiose et nous nous arrêtons maintes fois pour prendre des photos. A la bifurcation, nous prenons la piste qui longe le lago Sarmiento.


16h 191 3803 Nous pique-niquons au bord du lac.

16h45 197 3809 Nous franchissons la limite de sortie du parc (Porteria Sarmiento) et quittons cette magnifique région avec le regret de ne pas avoir 20 ans de moins et de ne pas avoir sillonné les sentiers pédestres de montagne. Mais Torres del Paine n’est pas notre seul objectif et notre voyage en 4X4 est encore long.

17h50 251 3863 Retour à Cerro Castillo.

18h45 312 3924 Arrivée à Puerto Natales sous un ciel gris. Nous débarquons au Residencial Bulnes repéré dans le guide du Routard (25 000 Pesos la nuit). C’est un petit hôtel tout blanc, simple, avec des chambres confortables.

Après notre installation, nous sillonnons la ville avec le véhicule. Nous sommes frappés par l’aspect de ces maisons souvent construites en bois et peintes de couleurs variées (bleue, verte, jaune, rouge, blanche etc.).

20h 314 3926 Ensuite, nous allons dîner dans un petit restaurant proche de notre hôtel (11 500 Pesos pour deux).



Puerto Natales est une grosse bourgade de 18 000 habitants fondée en 1911 au bord du fjord d’Ultima Esperanza. Ce fut un grand port d’exportation de la laine et de la viande vers l’Europe. On peut encore voir dans les faubourgs les restes des abattoirs et entrepôts frigorifiques aux structures métalliques de style victorien.

Aujourd’hui, la ville vit essentiellement du tourisme. Elle est le point d’arrivée des bateaux de croisières venant de Puerto Montt. C’est le port de départ d’une croisière d’un jour vers le parc national O’Higgin, au pied du glacier Balmaceda (2 035 m). C’est aussi le point de départ des excursions vers le parc national de Torres del Paine.

Puerto Natales 
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Puerto Natales – Punta Arenas

Heure km j km t

10h25 0 3926 Plein d’essence (29,6 l - 12770 Pesos soit 431,4 P/l)

Nous empruntons la RP 9 en macadam qui conduit à Punta Arenas.

Notre vue porte vers la ville de Puerto Natales avec le golfe Almirante Montt en arrière-plan.

27 3953 Nous longeons la laguna Diana et passons devant l’hosteria Llanuras de Diana.

63 3989 La route passe devant l’hôtel Rio Rubens et franchit le rio du même nom.

Nous longeons la frontière argentine à l’est puis au nord avec vue sur la pampa. Au sud, nous avons une vue sur la Cordillera Chienna.

102 4028 A Morro Chico, nous franchissons le rio Penitente qui se jette dans le rio Gallegos en Argentine et qui mène vers l’océan Atlantique à l’est.

A gauche, une piste mène vers l’Argentine.

La route bifurque vers le sud et nous apercevons devant nous la laguna Blanca.

150 4076 Villa Tehuelches, petite bourgade fondée en 1966 lors de l’expropriation des grandes estancias. C’est un village nucléaire typique de la région de Magallanes (Magellan).

153 4079 A droite une piste conduit à trois estancias visibles de la route.

198 4124 A gauche la RN 255 conduit à Punta Delgada et Rio Gallegos (en Argentine).

Peu avant ce carrefour, nous avions photographié un monument composé de 4 colonnes de 9 mètres de haut construit en « hommage au vent ».


13h06 199 4125 Cabeza de Mar, groupe de lagunes d’eau salée.

Nous pique-niquons au bord d’une de ces lagunes.

13h40 Nous poursuivons notre route.

13h55 220 4146 Nous apercevons à notre gauche le terminal ENAP de Cabo Negro situé en bordure du détroit de Magellan (estrecho de Magallanes).

Nous distinguons les bâtiments d’une usine de séparation et de stockage de gaz ainsi que les cheminées de l’usine de méthanol.


Ensuite, nous longeons le détroit de Magellan et au loin devant nous, nous avons une vue panoramique de Punta Arenas.


14h15 242 4168 Nous entrons dans les faubourgs de Punta Arenas.

14h30 250 4176 Nous arrivons à l’hôtel Sonia Kuscevic que nous avions choisi dans le guide « Le Routard » (20 000 Pesos la nuit). Nous nous installons dans notre chambre puis nous allons visiter la ville en voiture en première approche. Ensuite, nous allons dîner dans un restaurant (15 550 Pesos pour 2).

20h 264 4190 Nous rentrons à l’hôtel et la tenancière nous permet d’entrer dans le petit jardinet afin de ne pas laisser le véhicule sur la rue.

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Fuerte Bulnes et Pinguinera Seno Otway

Heure km j km t

10h25 0 4190 Nous quittons l’hôtel.

10h30 2 4192 Plein d’essence (23,9 l - 9820 Pesos soit 410 P/l).

Nous longeons le détroit de Magellan en direction du sud pour nous rendre à Fuerte Bulnes (fort Bulnes), point le plus austral atteint par voie terrestre de la péninsule Brunswick (province de Magallanes).

Nous observons de l’autre côté du détroit la ville de Porvenir et l’Ile Grande de la Terre de Feu. On aperçoit la baie baptisée Bahia Inutil par Magellan qui y envoya des navires à la recherche, en vain, d’une sortie au détroit. De l’autre côté de la passe del Hambre, nous apercevons l’île Dawson tristement célèbre car utilisée comme camp de concentration après le coup d’état de Pinochet en 1973.


11h30 60 4250 Fuerte Bulnes, première enclave chilienne en terres australes fondée en octobre 1843.

Un fort fut construit sur le promontoire rocheux de Santa Anna qui domine le détroit.

A l’instigation du président Manuel Bulnes, l’expédition colonisatrice, partie quatre mois plus tôt de Chiloé sur la goélette Ancud commandée par le capitaine de frégate Juan William, était composée du naturaliste B.E. Philippi, de onze marins, de huit militaires et de deux épouses.

Le peuplement se déplaça vers le nord en 1848 et fonda, sur un meilleur site, la ville de Punta Arenas.

En 1943, le fort fut reconstruit ainsi que les maisons dans le style d’origine en mémoire de ces pionniers. On peut ainsi se rendre compte de l’extrême rudesse de leur vie.

A proximité, une aire de pique-nique a été aménagée dans les bois.

Nous dînons dans un petit restaurant aménagé sur le site. Un mouton cuit à la broche sur un feu de bois. Nous apprécions cette viande délicieuse accompagnée de vin chilien.

14h57 Nous quittons Fuerte Bulnes et nous nous arrêtons quelques minutes plus tard à Puerto de Hambre situé dans la baie au pied du promontoire de Santa Anna.

A cet endroit, le 25 mars 1584, Pedro Sarmiento de Gamboa fonda la ville de Rey Filipe. Des maisons et une église furent construites pour les cent colons et religieux. Quand arriva ici en 1587 le corsaire anglais Tomas Cavendish, il trouva le dernier survivant de cette colonie ainsi que les cadavres de ses compagnons morts de faim. D’où le nom donné à cet endroit par Cavendish : Port Famine (Puerto de Hambre).

A 7 km au sud, Punta San Juan, non accessible en véhicule, est situé à l’embouchure du rio San Juan. On peut y voir la tombe de Pringles Stokes, capitaine du navire Beagle, qui mourut lors du carénage du bateau entre 1826 et 1832. A sa mort, il fut remplacé aux commandes du navire par Fitz Roy.

Nous retournons à Punta Arenas par le même chemin. En cours de route, nous photographions deux navires échoués complètement rouillés.

Nous poursuivons notre route au nord et nous nous dirigeons vers la mine de charbon à ciel ouvert Pecket appartenant à la compagnie Cocar Magallanes et qui est située le long de la baie Seno Otway.

Nous traversons les imposantes montagnes de charbon entreposé pour nous diriger vers la Pingüinera de Seno Otway qui est une réserve de manchots.

17h20 202 4392 Sur une superficie de 80 hectares s’étendant le long de la côte sur une largeur de 2 km, il est possible d’observer une colonie de manchots (Spheniscus magallanicus) appelés à tort Pingouins de Magellan.

Ces manchots hauts de 70 cm vivent en groupes et pondent 1 ou 2 œufs dans des terriers creusés à flancs de versants d’un relief raviné. La colonie compte plus de 2 000 membres.

Il fait froid et le vent est violent. Nous enfilons nos polaires et anoraks pour nous promener sur le site.


18h55 Nous remontons dans notre véhicule et retournons à Punta Arenas.

20h10 256 4446 Retour à l’hôtel. Nous irons à pied vers un restaurant pour dîner. (11 600 P. pour deux)

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Visite de Punta Arenas.


Capitale de la XIIe région de Magallanes y Antartida Chilena, la ville compte plus de 10 000 habitants. C’est la plus grande ville moderne de cette terre australe.

Ce n’est certes pas la ville la plus australe, puisque la ville d’Ushuaia en Argentine est située plus au sud le long du canal Beagle. Cependant la ville la plus australe est la ville de Puerto William située au Chili sur l’île de Navarino en bordure du canal Beagle et qui compte 2 400 habitants.

Le port est pour beaucoup de marins la première escale après un long voyage.

La ville est émaillée de bâtiments rouillés, de maisons de bois aux couleurs pastel et de splendides demeures du XIXe siècle. Bien que située à 53 ° de latitude sud, la ville ne connaît pas de froids extrêmes. Mais le temps est très changeant et le vent d’ouest venant de l’océan Pacifique y est souvent très violent.

Elle conserve de nombreux vestiges du passé et son histoire est aussi celle de l’Extrême-Sud. Son essor commence avec la révolution industrielle du XIXe siècle en Europe et aux USA qui a entraîné le développement du commerce maritime. Le canal de Panama n’existant pas encore, pour faire le tour du monde et pour aller de la côte est des USA vers la côte ouest, les clippers et plus tard les bateaux à vapeur devaient passer par le détroit de Magellan pour relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Punta Arenas était l’escale obligée pour le ravitaillement.

Cet essor ouvrit de nouvelles perspectives pour les éleveurs de moutons de Patagonie.

Le gouvernement mit en adjudication d’énormes lots de terres qui étaient les territoires de chasse des indiens Onas. Ainsi l’espagnol Jose Menéndez fonda une société d’élevage sur 3 millions d’hectares. Puis par mariage avec la famille de son concurrent d’origine russe Motitz Braun, les deux familles fondèrent une véritable dynastie qui régna sur le sud pendant plusieurs décennies détenant plus d’un milliard d’hectares en Patagonie. La constitution de ces immenses domaines se fit au prix d’un génocide des indiens Onas. La région fut peuplée de Chiliens venus de Chiloé surpeuplée, qui s’éreintaient sur ces terres inhospitalières.

L’ouverture du canal de Panama en 1914 mit fin à l’âge d’or de Punta Arenas. De plus la concurrence des grands producteurs de laine d’Australie et de Nouvelle-Zélande provoqua une grande crise économique dans les années 1930. Les grandes estancias furent morcelées. José Menéndez lui-même quitta Magallanes pour Buenos Aires.

En 1945, la découverte de pétrole et de gaz naturel donna un nouveau souffle à l’économie régionale. Par ailleurs, la pêche connaît un regain d’activité (1970). L’exploitation à ciel ouvert des nouveaux charbonnages (1987) achève de consacrer la situation de métropole régionale de la ville. La région peut faire état du plus haut revenu par habitant de tout le Chili.

Nous décidons de ne pas visiter les musées mais plutôt de flâner dans les rues typiques.

La Plazza de Armas est le cœur de la ville. Elle est entourée de pelouses et d’arbres centenaires comme ces cyprès acrocarpes vieux de 150 ans. Au milieu est placé le monument de Magellan : une statue de bronze du navigateur entouré d’une sirène et de deux indiens fuégiens se soumettant. Ce monument a été offert par le philanthrope Jose Menéndez pour le 400e anniversaire de la découverte du détroit.

Plazza de Armas

Le cimetière présente une certaine théâtralité avec ses longues allées de cyprès taillés tout rond et les mausolées mégalos de la bourgeoisie et des grands capitaines d’industrie. Nous passons notamment devant celui de don Jose Menéndez, orné de plaques de bronze de toutes les sociétés commerciales qu’il contrôlait. Un mémorial est dédié aux aviateurs allemands qui ont réussi à franchir les Andes. Au fond, l’émouvant carré des enfants avec les tombes en forme de lits-cages en fer.

Près de là, le monument à l’Indien inconnu (Indiecito). Cette statue de bronze représente un garçon au visage très doux portant un pagne. La Croix-Rouge de la province l’a fait ériger en 1969 à l’endroit où furent enterrés les derniers indiens Onas (ethnie totalement éteinte). Des fidèles viennent caresser le gros orteil gauche et déposer de la monnaie dans un tronc. Indiecito porterait bonheur. Des bouquets de fleurs et de nombreux ex-voto témoignent de la ferveur populaire.

Nous nous dirigeons ensuite vers le port et nous nous engageons sur l’estacade servant de ponton, malgré le vent violent. Nous discutons avec un navigateur français qui entretient son voilier. Il nous parle des difficultés qu’il a eues pour atteindre Punta Arenas face à ce vent violent. Il trouve que c’est plus difficile de faire route vers l’ouest face au vent par le détroit de Magellan que de passer par le cap Horn. Nous longeons ensuite un énorme baleinier japonais qui fait relâche dans le port.

De l’endroit où nous sommes, on a une belle vue sur la ville aux toitures très colorées.

Après le repas de midi, nous nous rendons avec le véhicule à l’agence Suzuki pour y effectuer un gros entretien après les conditions affreuses du trajet depuis Santiago. Puis nous allons dans la zone franche pour placer quatre nouveaux pneus tout terrain en remplacement de ceux usés par les pistes râpeuses et réparés sommairement suite aux crevaisons.

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Punta Arenas – Rio Grande


heure km j km t

8h21 0 4460 Départ.

3 4463 Plein d’essence (27,6 l – 11330 Pesos soit 410 P/l).


Ensuite, nous empruntons la RP 9 par où nous sommes venus de Puerto Natales.

9h14 55 4515 A la bifurcation, nous tournons à droite et empruntons la RP 255 vers Punta Delgada.

Nous longeons bientôt le détroit de Magellan et photographions deux bateaux échoués complètement rouillés : l’Ambassador et l’Amadeo. Ce dernier fut le premier bateau à vapeur construit (1880) et avait le matricule n°1 de Punta Arenas. A proximité se trouve l’estancia San Gregorio installée en 1878 par le pionnier Marius Andrieu. En 1882, Jose Menéndez acquit les droits sur la succession et étendit sa superficie à 90 000 ha.

10h20 163 4623 Bifurcation. Nous tournons à droite vers la RP 257.

10h30 179 4639 Nous aboutissons à l’embarcadère de Punta Delgada et attendons le ferry afin de traverser le détroit de Magellan et continuer notre voyage sur Isla Grande de Terra del Fuego à destination d’Ushuaia, point ultime de notre voyage vers le sud.

Le vent est violent et nous craignons que la navigation soit interrompue.

11h10 Le bateau arrive et met beaucoup de temps pour se placer près de la rampe d’accès.

11h28 Nous embarquons et la traversée commence en direction du sud-est. Le bateau navigue la proue face au vent d’ouest en se déportant latéralement vers l’autre rive afin de ne pas placer le flanc face à ce vent violent qui provoquerait une gîte dangereuse. Le bateau tangue dans des creux de plusieurs mètres. Des vagues se fracassent sur le bateau et des gerbes d’eau s’abattent sur le pont recouvrant les véhicules amarrés sur la plateforme au fond du bac.

Ce sera une traversée inoubliable et bravo aux marins chiliens.

12h06 Nous sortons le véhicule du ferry et poursuivons notre voyage sur la RP 257. Ce n’est plus du macadam mais une piste infecte à démolir le véhicule. Le relief est d’une platitude océane et le vent d’ouest souffle à plus de 100 km/h.

12h51 223 4683 Cerro Sombrero.

Construit en 1958, c’est un centre résidentiel et de service de l’ENAP (entreprise nationale pétrolière) en Terre de Feu. Nous prenons de l’essence (22,6 l9627 Pesos soit 426 P/l) et ensuite, nous pique-niquons en plaçant le véhicule derrière un hangar à l’abri du vent.

13h18 Nous repartons. A perte de vue, ce n’est qu’une steppe clairsemée où paissent des milliers de moutons.

15h10 330 4790 Après avoir traversé San Sebastian, nous stoppons à la douane chilienne pour les contrôles habituels.

15h37 344 4804 Douane argentine et contrôles. Il n’y a que notre véhicule mais nous devons attendre le bon vouloir des douaniers.

16h Nous pouvons enfin passer. Nous traversons San Sebastian (côté argentin) et sommes heureux de retrouver le macadam (RP 3).

17h10 428 4888 Arrivée à Rio Grande en bordure de l’océan Atlantique. Nous descendons à l’hôtel Isla del Mar. C’est un très bel hôtel (50 $ pour la chambre et le petit-déjeuner).

Les restaurants n’ouvrant pas avant 21h, c’est avec une faim de loup que nous entrons dans un restaurant offrant des spécialités argentines.

Pour 32 $, nous choisissons le menu intitulé « Hasta basta ».

Nous pouvons nous servir à volonté au buffet de légumes. Le serveur nous apporte à table de la viande enfilée sur une énorme brochette de la taille d’une épée. Quand nous avons terminé notre assiette, il revient avec une autre brochette avec une autre viande. Nous aurons droit à des saucisses, du poulet, du porc, de l’agneau, du bœuf. Alors nous lui disons « basta ». Que nous aurait-il encore servi ? Nous ne le saurons jamais. Mais nous sommes rassasiés pour deux jours !

21h30 431 4891 Nous retournons à l’hôtel où nous digérons durant notre sommeil.


Détroit de Magellan 
Ile de la Terre de feu                                                                                     Rio Grande
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Rio Grande - Ushuaia

Heure km j km t

9h40 0 4891 Départ et plein d’essence (18,8 l10,4 $ soit 0,524 $/l).

Nous reprenons la RP 3 qui longe l’océan Atlantique. Le paysage est désolé (steppe). La route quitte ensuite la côte pour s’enfoncer dans un paysage qui change progressivement.

Des arbres tortueux apparaissent. Ceux-ci sont de plus en plus recouverts de lichen en progressant vers le sud.


Nous pouvons observer d’imposants troupeaux de moutons paissant sur une végétation herbacée rougeâtre.


81 4972 Nous atteignons la bifurcation de la piste conduisant à l’estancia San


Pablo et l’hosteria du même nom située au cap San Pablo sur l’océan Atlantique.

Nous programmons d’y aller à notre retour.

Nous continuons sur la RP 3 et nous apercevons à l’horizon les contreforts des Andes.

11h15 113 5004 Fin du macadam. Nous retrouvons une piste terreuse.

Progressivement la piste grimpe en longeant le lago Fagnano. Nous traversons une forêt en franchissant un col (passo Garibaldi) dans la sierra Bridges. Ensuite, la piste redescend dans la vallée du rio Larsiparsahk.


12h18 182 5073 La piste redevient une route en macadam et longe la rivière en descendant vers Ushuaia.

12h40 223 5114 Arrivée à Ushuaia.

Nous allons à l’hôtel America repéré dans le guide Le Routard. Malheureusement, il est complet. Nous allons au residencial Linares qui jouit d’une superbe vue sur la baie. Il est aussi complet. C’est l’affluence touristique que nous avions oubliée depuis Torres del Paine.

13h15 226 5117 Nous trouvons finalement notre satisfaction à l’hôtel Alakush qui nous avait été recommandé par des voyageurs de rencontre. C’est un petit hôtel simple en plein centre où nous sommes très gentiment accueillis. (Prix de la chambre avec petit-déjeuner : 45 $)

La chambre n’étant pas encore prête, nous pique-niquons dans le salon où l’on nous sert des boissons. Ensuite, nous déposons les bagages dans la chambre et décidons d’aller visiter la ville.

Ushuaia signifie « baie qui pénètre l’ouest ». Elle est située le long du canal Beagle qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Ce couloir est la proie de rafales de vent très violentes. Située à 1 000 km de l’Antarctique, son port est le point de départ vers le pôle sud.

La ville se compose de maisons aux couleurs pastel avec en périphérie des quartiers résidentiels chics, des hôtels suite au développement touristique, mais aussi des bidonvilles.

C’est la ville la plus australe du monde. Les Argentins l’appellent « el fin del mundo », ce qui signifie le bout du monde. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. C’est Puerto William, petite base militaire chilienne située sur la rive sud du canal Beagle sur l’île Navarino.

A l’origine, Ushuaia était une mission protestante fondée en 1862 par le pasteur Thomas Bridges. Le bourg connut un développement spectaculaire. En 1884, le gouvernement argentin décida de récupérer la Terre de Feu et la ville. En échange, il proposa à Bridges des terres. Il choisit Harberton où il s’installa en 1886. Cette estancia existe encore aujourd’hui et nous irons la visiter.

Près du port, nous découvrons une étrange pyramide.

C’est la capsula del tiempo. Cette étrange pyramide ne sera ouverte qu’en 2492. Elle contient six disques vidéo et la copie des émissions de télé de 1992. Le tout destiné aux générations futures pour qu’elles sachent comment nous vivions 500 ans plus tôt.


Ensuite, nous allons visiter le bagne.

En construisant ce bagne en 1902, les autorités avaient comme objectif de peupler la zone avec les familles des prisonniers.

La prison est construite selon une architecture classique avec un pavillon central pour surveiller les couloirs où s’alignent les cellules.

Les bagnards travaillaient dans la forêt et coupaient des arbres dont les troncs étaient acheminés le long du rio Pipo ou par un petit train. La plupart d’entre eux étaient des prisonniers politiques.

Fermé en 1947, le bagne est devenu une importante base militaire pour asseoir la présence argentine face au Chili. On peut y voir les cellules et imaginer les conditions de détention de l’époque. Il n’y avait pas de chauffage malgré la rudesse du climat.

Le pavillon central est aujourd’hui reconverti en salle d’expositions temporaires. Une partie des bâtiments abrite le Museo Maritima où l’on peut admirer des maquettes de bateaux de toutes les époques et des cartes retraçant les expéditions légendaires en Terre de Feu et au pôle sud.

Nous pourrons ainsi voir avec fierté la maquette du « Belgica », qui, sous le commandement de l’explorateur belge Adrien de Gerlache, a réalisé le premier hivernage dans les glaces du pôle sud de 1897 à 1899.

Photo du bagne début XXème siècle


17h 228 5119 Retour à l’hôtel.

Le soir, nous irons manger dans un restaurant en ville pour 33 $ où nous dégusterons le plat typique d’Ushuaia : des Centollas ou araignées de mer géantes.

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Visite de l’estancia Harberton

heure km j km t

9h48 0 5119 Départ.

1 5120 Plein d’essence (21,5 l10,88 $ soit 0,504 $/l).

Nous empruntons la RP3 par où nous sommes arrivés de Rio Grande.

Nous admirons la vue vers Ushuaia ainsi que les îles parsemant le canal Beagle.

Vue vers Ushuaia                                                                             Canal Beagle

Nous remarquons les arbres rabougris qui ont poussé à angle droit sous l’effet des vents d’ouest violents et incessants.

10h50 49 5168 A la bifurcation, nous empruntons la piste qui conduit à l’estancia Harberton. Notre vue porte sur le canal Beagle et Puerto Williams sur la rive chilienne.

11h40 79 5198 A la bifurcation, nous quittons la piste pour emprunter celle qui mène à Puerto Almanza.

11h50 85 5204 Nous arrivons au terminus pour constater que l’endroit est une base militaire argentine face à la base militaire chilienne de Puerto William.

Nous retournons sur nos pas pour reprendre la piste vers l’estancia Harberton.

Au cours du trajet, nous photographions les nombreuses baies et îles du canal Beagle.

12h31 103 5222 Arrivée à l’estancia.

C’est une paisible enclave d’arbres et de fleurs au bord du canal.

Le pasteur, Thomas Bridges, fondateur de l’estancia en 1886, consacra une partie de sa vie à « civiliser » les indiens Yaghans.

Les propriétaires actuels sont les descendants de Thomas Bridges. Ils vivent en totale autarcie, les enfants font leurs études au Royaume-Uni et les parents font leurs courses en avion privé à Buenos-Aires.

L’estancia ne possédait plus que 1500 moutons sur les 20 000 hectares, à la sortie du terrible hiver de 1995. Aujourd’hui, elle s’est reconvertie dans l’industrie touristique.

Nous profitons d’une visite guidée en français en nous intégrant dans un groupe de touristes canadiens francophones arrivé en catamaran à moteur d’Ushuaia. Nous visiterons les anciens locaux de tonte des moutons, les anciens entrepôts de la laine, le magasin du charpentier, les hangars à bateaux et les jardins.

Nous lions conversation avec les canadiens et au moment de la séparation, ceux-ci remarquent notre véhicule immatriculé au Chili. Ils sont fascinés par le voyage que nous réalisons depuis Santiago.

13h30 Nous quittons l’estancia et poursuivons notre périple vers le sud-est.

13h50 109 5228 Nous pique-niquons au bord du canal.

14h25 Nous poursuivons sur la piste et admirons l’île Picton et la sortie du canal Beagle vers l’océan. Ce sera le point le plus méridional de notre voyage.

14h45 113 5232 Vu l’état de la piste qui conduit à un cul de sac à l’estancia Moat, nous rebroussons chemin.

15h20 135 5254 Arrêt à la bifurcation d’Almanza pour admirer encore une fois le canal Beagle. Nous observons le ciel et le contraste entre le ciel bleu de l’endroit où nous sommes et le ciel noir à l’ouest. Cela confirme l’adage qui dit qu’à Ushuaia, on peut avoir les quatre saisons sur une même journée tellement le temps peut changer rapidement.

15h30 Nous poursuivons notre route.

16h05 166 5285 Nous aboutissons à la RP 3 qui nous ramène à Ushuaia.

16h30 202 5321 Nous reprenons de l’essence à l’entrée de la ville (20 l - 9,91 $ soit 0,494 $/l).

16h45 205 5324 Retour à l’hôtel.

Après avoir pris une douche, nous allons nous promener dans la ville.

20h30 Nous quittons l’hôtel sous une pluie glaciale à la recherche d’un restaurant. Nous dînerons pour 24 $ dans un restaurant local où nous apprécierons le biffe de chorizo cuit sur un barbecue géant. Cette viande goûteuse est unique au monde.

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Visite du parc national de Lapataïa

Heure km j km t

9h55 0 5324 Départ vers l’ouest par la RP 3 en direction de Lapataia. Le long de la route se dégagent de belles vues vers Ushuaia.

10h16 12 5336 Entrée du parc national. Coût : 10 $.


C’est le seul parc national argentin situé en bordure de mer. Il s’étend sur 63 000 ha le long du canal Beagle jusqu’à la frontière chilienne.

Nous poursuivons sur une piste dans une forêt où subsistent les traces des nombreuses coupes réalisées par les bagnards. De nombreux arbres présentent des nœuds plus ou moins gros (jusqu’à un mètre de diamètre). C’est une réaction de défense des arbres contre les champignons parasites (llao llao) appelée pan de indio.


12h 34 5358 Nous arrivons à Lapataia qui est le terminus de la piste. Un panneau indique que nous sommes au km 3 063 de la RP 3 qui part de Buenos Aires.

Nous admirons la baie de Lapataia. C’est un endroit magique préservé de toute influence humaine.

Nous empruntons un sentier (sendero Los Castores) qui nous mène à travers la forêt.

Nous observons les nombreux lacs de barrages construits par les castors et leurs huttes de branchages.


Beaucoup d’arbres en bordure ont été coupés, rongés à 50 cm du sol par les castors. Nous voyons les trainées laissées sur le sol par les troncs entrainés par les castors vers l’eau du lac.

C’est un véritable massacre de la forêt, résultat d’un déséquilibre écologique suite à l’introduction en 1946 de 25 couples de castors par le Ministère de la marine en vue de lancer le commerce des fourrures. Sans prédateurs, les castors se sont multipliés pour être aujourd’hui plus de 40 000 !

Au bout du sentier, on aperçoit le canal Muray et le rio Lapataia avec en arrière-fond le mont Condor à la frontière chilienne. La forêt fait place à un paysage de tourbières. La vue vers le fjord aux eaux turquoise venant des glaciers est splendide.


13h Nous revenons à la voiture et pique-niquons.

13h45 Nous prenons le chemin du retour. En cours de route, nous apercevons un renard (zorro) que nous photographions.

15h 63 5387 Nous rentrons à l’hôtel.

16h Nous allons nous promener à pied vers le port sous un magnifique soleil avec une température estivale qui nous fait oublier la pluie glaciale de la veille.

Nous assistons au départ d’un navire océanographique russe escorté par un brise-glace à destination de l’Antarctique. Puis, nous assistons à une démonstration de danse de gauchos.


21h Nous dînons dans un restaurant où nous dégustons une parrilla, viande cuite à la braise, dont on ne se lasse pas d’apprécier le goût extraordinaire. (22,5 $)

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Ushuaia – Rio Grande

Heure km j km t

9h10 0 5387 Départ de l’hôtel. Nous commençons notre voyage de retour en empruntant la RP 3 vers Rio Grande.

11h05 140 5527 Bifurcation. Nous quittons la RP 3 pour emprunter la piste(RS a) qui mène à l’hosteria San Pablo.

La piste terreuse traverse diverses estancias dont les territoires sont délimités par des clôtures et par des guardaganados sur la piste.

Dans un virage, nous apercevons l’océan Atlantique à notre gauche.

12h 187 5574 Nous arrivons à l’hosteria San Pablo. Elle est fermée.

Nous pouvons apercevoir le cap San Pablo et le phare. Sur la plage, l’épave d’un cargo échoué (le Desdemone) rouille, entourée par des nuées d’oiseaux.

Un relief vallonné et une végétation steppique parsemés d’arbres morts (coihue) forment un paysage désolé. Quel calme ! Quelle sérénité ! Nous sommes vraiment au bout du monde !

Nous poursuivons encore quelques kilomètres vers le sud puis nous nous arrêtons pour pique-niquer.

12h20 193 5580 Nous mangeons en jouissant de cette solitude et de ce silence de la nature qui crée une atmosphère indescriptible.

13h30 Il y a malheureusement une fin à tout et c’est le cœur gros que nous reprenons le véhicule et rebroussons chemin.

14h30 246 5633 Nous retrouvons la RP 3. Nous poursuivons notre route et passons à proximité de nombreuses estancias. Peu avant Rio Grande, nous apercevons la fameuse estancia Menéndez. C’est un gros bourg formé par les bâtiments de l’exploitation et des maisons des propriétaires et du personnel.

15h20 323 5710 Nous entrons dans Rio Grande. Nous photographions le monument dédié à la conquête des îles Malouines. Une grande banderole proclame : « LasMalvinas son argentinas».


Rio Grande est un des ports de la côte patagonienne qui a servi de point de départ de l’invasion des îles Malouines.

Nous faisons le plein d’essence (39,6 l20,75 $ soit 0,424 $/l).

15h50 328 5715 Nous retrouvons l’hôtel Isla del Mar où nous avions logé à l’aller (50$).

Nous retrouvons également le vent violent d’ouest qui souffle de la terre vers la mer.

Le soir, nous retournons au même restaurant qu’à l’aller et choisissons encore le menu « Hasta basta » pour 30 $.

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Rio Grande – Rio Gallegos

Heure km j km t

9h30 0 5715 Départ de l’hôtel

Comme à l’aller, une belle route (RP 3) nous conduit à la frontière.

10h18 80 5795 Frontière argentine.

10h33 Après les formalités habituelles, nous continuons notre voyage par la RP 257 qui devient une piste « horrible ».

10h45 94 5809 Frontière chilienne et ses formalités habituelles.

11h Nous repartons par cette piste qui mène à Puerto Espora. Nous roulons assez vite malgré le mauvais état de la piste, suivi par un autre véhicule aussi pressé que nous, afin d’arriver pour l’heure du départ du ferry prévue à 13 heures.

13h 246 5961 Arrivée à Puerto Espora où l’on embarque immédiatement. Le ferry part aussitôt l’embarquement terminé. Le coût du passage que l’on ne nous avait pas réclamé à l’aller et pour cause car nous apprenons qu’il faut aller spontanément payer dans la cabine du commandant, ce que nous ignorions, est de 9800 Pesos.

La navigation est beaucoup plus calme qu’à l’aller et nous admirons les dauphins qui sautent hors de l’eau en faisant la course avec le bateau.

13h40 Le bateau accoste.

13h55 Nous repartons par une route en macadam (RP 257) vers Kimiri Aike où nous rejoignons la RP 255. Nous tournons à droite et empruntons la RP 255 vers Rio Gallegos.

14h32 301 6016 Frontière chilienne. Les formalités durent plus longtemps car c’est dimanche et il y a des cars de touristes.

14h55 La barrière est levée. Nous repartons et arrivons rapidement à la douane argentine.

14h58 302 6017 Arrêt à la douane. Il y a foule dans les bureaux. Nous faisons la file. Les douaniers sont débordés et pas très commodes. Nous en sommes surpris car c’est la première fois que cela arrive. Ensuite nous retournons à la voiture et attendons le bon vouloir d’un douanier pour ouvrir la barrière.

15h35 Nous pouvons enfin repartir. La route est maintenant une piste infecte [1] (RP 3) qui nous conduit à Rio Gallegos.

16h40 371 6086 Nous arrivons à Rio Gallegos et choisissons l’hôtel Nevada pour passer la nuit (42 $ pour la chambre avec salle de bain privée). Après notre installation, nous parcourons la ville en voiture et dînerons dans un restaurant pour 38 $.

21h30 377 6092 Retour à l’hôtel.

Rio Gallegos est la capitale de la région de Santa Cruz. Elle ne présente aucun intérêt touristique et culturel. C’est un centre agricole et un port où de gros vraquiers embarquent le charbon exploité dans la région de Rio Turbio situé dans les Andes à la même latitude que Puerto Natales au Chili.

[1] Ce changement d’état des routes se présente souvent en fonction des intérêts économiques. Ainsi, dans le cas présent, le macadam du côté chilien est destiné à drainer les marchandises vers le port de Punta Arenas. Par contre les Argentins laissent une piste infecte de leur côté pour éviter l’attrait du port chilien et favoriser le port de Rio Gallegos.


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Rio Gallegos – Caleta Olivia

heure km j km t

8h50 0 6092 Plein d’essence (44,9 l22 $ soit 0,579 $/l).

Nous reprenons la RP 3 vers le nord à travers la pampa patagonienne sous un vent violent. La route en macadam est uniformément droite sur un plateau steppique couvert de touffes de graminées jaunâtres et de buissons de couleur noirâtre.

128 6220 Entrée d’une estancia-motel sur le côté gauche (ouest) de la route.

11h 162 6254 Changement de pilote car cette route infiniment droite et plate est très monotone et donc fatigante.

208 6300 Une piste sur la droite (vers l’est) conduit à un camping à 4 km.

214 6306 Entrée de l’estancia Monte Leon (sans hôtel) à droite (est) de la route.

239 6331 Une route sur la droite conduit à Puerto Santa Cruz où il y a un aéroport régional.

240 6332 Nous franchissons le rio Santa Cruz sur un pont.

12h 241 6333 Arrêt à l’hôtel-restaurant (motel) de la Sur Atlantic Oil S.A. situé au km 2404 de la R 3. On peut obtenir une chambre avec bain pour 46 $ et le desayuno pour 5$. Il est trop tôt pour s’arrêter pour la nuit. Nous pique-niquons puis prenons de l’essence (23,6 l 13,89 $ soit 0,589 $/l).

12h50 Départ.

13h10 274 6366 Nous passons sur le pont qui enjambe le rio Chico.

14h 360 6452 Changement de pilote.

362 6454 Carrefour de la route menant à droite vers Puerto San Julian.

363 6455 Une station d’essence.

15h40 501 6593 Nous passons devant un restaurant situé à notre gauche (ouest).

15h45 503 6595 Une pompe à essence nous permet de compléter le réservoir (28,5 l19 $ soit 0,665 $/l).

Le vent est toujours aussi violent mais beaucoup moins froid.

16h15 542 6634 Changement de pilote.

La route est toujours aussi droite et monotone. A l’ouest, nous apercevons quelques collines qui rompent la monotonie de ce plateau uniformément plat. A certains endroits, la route devient très large car elle sert de piste d’atterrissage de secours pour les avions. Ces pistes de secours auraient servi lors de l’invasion des îles Malouines.

17h 601 6693 La route descend vers la plaine côtière puis remonte sur le plateau.

17h25 637 6729 Carrefour avec la route menant vers la gauche à Fitz Roy et pompe à essence.

18h05 697 6789 Nous passons près de derricks d’exploitation pétrolière. Nous photographions et changeons de pilote.

18h20 710 6802 Nous prenons de l’essence (22,5 l13,85 $ soit 0,614 $/l).

18h45 716 6808 Nous arrivons à Caleta Olivia, première ville rencontrée depuis Rio Gallegos, où nous trouvons un hôtel pour passer la nuit : hôtel Perdido, bel hôtel assez grand, moderne avec ascenseur. La chambre avec petit-déjeuner revient à 51 $ et le dîner à 22 $.

Le vent souffle toujours aussi fort mais il est beaucoup plus chaud, ce qui nous permet de remettre nos shorts et tee-shirts.

Nous faisons laver le véhicule et aspirer l’intérieur dans une station moderne située en face de l’hôtel. En effet, la poussière des pistes s’est infiltrée partout et la carrosserie est recouverte d’une épaisse couche de poussière ocre. Après le nettoyage, nous retrouvons enfin une voiture propre et la couleur noire de la carrosserie.

Caleta Olivia est un port pétrolier fondé en 1901. La ville possède une industrie alimentaire de produits de la mer et une industrie lainière.

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Caleta Olivia - Esquel

heure km j km t

10h07 0 6808 Départ.

La RN 3, qui conduit à Commodoro Rivadavia, est une grand route qui longe l’océan Atlantique.

11h 70 6878 A 4 km avant Commodoro Rivadavia se situe la bifurcation avec la RN 26. Nous l’empruntons en direction de L’ouest vers Sarmiento.

La route traverse une région légèrement montagneuse parsemée de derricks pétroliers. Ces champs pétroliers fournissent un tiers de la production nationale. L’Argentine est autosuffisante en pétrole essentiellement grâce aux champs pétroliers de la Patagonie.

Le vent d’ouest souffle violemment de face. Bientôt, notre visibilité est réduite à moins de 20 m à cause du nuage de poussière soulevé par la tempête soufflant dans cette région désertique. Il n’est plus possible de sortir de la voiture.

C’est dans ces conditions que nous traversons la pampa del Castillo.

Ensuite, la route descend. La visibilité s’améliore et nous découvrons un relief plat avec des montagnes blanchâtres qui se détachent à l’horizon. Nous apercevons alors 3 grosses tornades devant nous qui se déplacent vers la droite, puis qui longent la route et passent à notre droite à moins d’un km. Nous ne sommes pas très rassurés.


Nous sommes soulagés en apercevant l’oasis de Sarmiento et le lac Colhue Huapi. Cette zone verdoyante explique pourquoi le vent ne soulève plus de poussière.

13h 211 7019 Nous stoppons à un poste à essence avec bar bien abrité du vent par des rideaux d’arbres. Nous faisons le plein (23,3 l – 15 $ soit 0,644 $/l). Nous profitons de cet endroit abrité pour pique-niquer dans la cafeteria.

13h35 Nous repartons rapidement car la route est encore longue pour trouver un endroit où passer la nuit.

La route devient la RP 20. Elle longe le lac Muster qui est en fait un salar. Nous traversons la sierra San Bernardino. Puis, la route descend dans la vallée du rio Senguer et oblique vers la droite pour se diriger vers le nord.

14h30 277 7085 Le vent devient moins violent. Aussi nous nous arrêtons pour changer de pilote.

Le paysage se modifie. Le désert fait place à une steppe herbacée où paissent des moutons.

15h30 366 7174 Nous arrivons à La Laurita. Nous y trouvons un restaurant avec un poste téléphonique mais pas de pompe à essence pourtant renseigné sur notre carte.

16h10 429 7237 La route rejoint la RP 40 et fusionne avec elle.

16h30 461 7269 Carrefour avec la piste menant vers la droite à Jose de San Martin.

16h35 464 7272 Nous arrivons à un poste à essence non renseigné sur notre carte. Aussi nous en profitons pour faire le plein (30,8 l- 18,5 $ soit 0,599 $/l).

16h50 Après une petite collation, nous changeons de pilote et repartons.

Le vent diminue au fur et à mesure que nous nous rapprochons des Andes dont nous apercevons les sommets enneigés.

La route monte insensiblement sur les contreforts des Andes.

17h45 550 7358 Nous arrivons à Tecka. Il fait chaud et nous sommes fatigués. Pourtant il faut continuer car il n’est pas possible de passer la nuit dans ce village.

17h55 Après une petite collation, nous repartons.

La route longe les Andes à notre gauche. Nous y apercevons des nuages. Ce sont les premiers que nous rencontrons depuis Rio Grande.

18h50 640 7348 Nous quittons la RP 40 pour nous diriger vers Esquel.

19h 650 7458 Arrivée à Esquel. Nous choisissons le Residencial Lihuen pour passer la nuit (34 $ la chambre avec salle de bain et petit déjeuner). Nous dînerons en ville pour 30 $. Ensuite notre lit sera le bienvenu.

Esquel est une jolie bourgade située dans une cuvette entourée de montagnes. Elle fut fondée à la fin du 19e siècle par les descendants gallois des premiers immigrants de la côte Atlantique. Ceux-ci traversèrent le pays d’est en ouest à la recherche de terres moins arides.

Les maisons en briques rouges, aux enseignes en bois, entourées de gazons ras rappellent la Grande Bretagne.

La ville est en développement grâce au tourisme. Elle devient une station de ski avec construction de chalets en bois de type suisse.

Esquel


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Esquel – Junin de Los Andes

A notre réveil, nous constatons qu’il a plu la nuit et neigé à haute altitude. La ville est entourée de montagnes couvertes de neige, ce qui nous plonge dans l’ambiance d’une station de sport d’hiver.

La patronne nous montre le journal du matin. Nous y lisons que, la veille, le vent a soufflé à 140 km/h dans la région de Sarmiento.

Heure km j km t

10h30 0 7458 C’est bien reposés, que nous poursuivons notre voyage.

1 7459 A la sortie de la ville, nous prenons de l’essence (20 l – 12,33 $ soit 0,619 $/l).

La route qui mène à San Carlos de Bariloche longe les Andes.

A notre gauche, nous avons un paysage andin avec les contreforts couverts de forêts.

Devant et à notre droite, c’est un paysage de pampa avec parfois une oasis repérable par la couleur verte qui tranche par rapport à la steppe herbeuse sèche. Les oasis se localisent autour de petits lacs ou de marais parsemés de gynerium (herbe de la pampa) aux imposantes hampes couronnées de grands panaches plumeux.

On ne se lasse pas d’admirer ce paysage de toute beauté au point d’en oublier de regarder la montre pour notre compte-rendu.

93 7551 Carrefour vers Cholila à gauche et Leleche à droite. Une station d’essence est située à gauche de la route.

Nous quittons la RP 40 et empruntons la RP 258 qui se dirige vers l’ouest. Nous admirons, face à nous, les Andes enneigées à l’arrière- plan contrastant avec la pampa désertique à l’avant-plan.

120 7578 Carrefour en Y. Les deux routes mènent à Bariloche. Nous empruntons celle de droite vers El Martin. Elle devient rapidement une piste infecte. Aussi, nous rebroussons chemin pour prendre l’autre route vers El Bolson. Cette route est en macadam avec de nombreux nids de poules.

156 7614 Nous quittons le paysage de pampa et traversons un paysage alpestre tellement semblable à la Suisse.

                                                               San Carlos de Barriloche                                          l...

170 762 El Bolson, petite bourgade d’environ 5 000 habitants compte des communautés hippies mangeant de la nourriture macrobiotique, et vivant de la vente de joaillerie et de poterie fait-main. La ville s’est déclarée municipalité non-nucléaire et écologique. Elle vit du tourisme, de l’agriculture fruitière et de la forêt.

176 7634 Un panneau indique que nous franchissons le 42e parallèle sud.

Nous entrons dans le parc national de Nahuel Huapi.

14h15 266 7724 Nous photographions le lac Guillelmo et les pics enneigés à l’arrière-plan. Nous pique-niquons au bord du lac.

14h40 Nous reprenons la route et traversons la ville de Bariloche. Nous longeons le lac Nahuel Huapi par la RP 237 d’où nous avons une très belle vue sur la ville.

San Carlos de Bariloche est la station chic de sport d’hiver située dans la région des lacs appelée la Suisse argentine. Située à quelques kilomètres de la frontière chilienne, elle reçoit plus de 750 000 touristes par an.

Ce sont les jésuites qui, les premiers, s’installèrent dans la région en 1670.

La ville fut officiellement fondée en 1902. Son peuplement pionnier originaire d’Europe centrale a fortement marqué le mode de vie, les mœurs, l’architecture et la gastronomie de la cité. Cela explique l’appellation de Suisse argentine.

294 7752 Station d’essence (26 l -20 $ soit 0,769 $/l).

Nous décidons de suivre la RP 237 qui rejoint la RP 40 afin de suivre la Valle Encantado (vallée enchantée) du rio Colon Cura.

Le paysage redevient désertique et nous apercevons des oasis dans la vallée.

De virage en virage, nous admirons les pics et rochers sculptés par l’érosion. L’imagination fait apparaître des visages, des silhouettes ou des animaux.

Une série de pics effilés porte le nom de « Doigts de Dieu ». A certains endroits, la montagne est sculptée en dentelle. C’est époustouflant et merveilleux. Plus loin, le rio a sculpté un relief tabulaire en canyon. Au fond, nous apercevons des oasis.

18h15 520 7978 Nous arrivons à Junin de los Andes et nous stoppons à l’hôtel Alejandro situé à l’entrée de la station (45 $ la chambre).

C’est un magnifique hôtel-chalet très chic avec un grand escalier monumental en marbre blanc. Nous sommes les seuls clients. La patronne allume un grand feu de bois car il fait frais. Nous prenons l’apéritif près de la cheminée en conversant avec la patronne. Nous dînerons pour 40 $.


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Junin de Los Andes – Chos Malal


Heure km j km t


10h 0 7978 Après avoir pris de l’essence (24,40 l – 17 $ soit 0,759 $/l), nous poursuivons notre voyage vers le nord en rejoignant la RP 40.



Nous retrouvons un paysage à l’harmonie de couleurs et de formes étranges qui nous fait penser, toutes proportions gardées, aux canyons et à la Monument Valley de l’Utah.






12h30 196 8174 A Zapala, nous quittons la RP 40, qui devient une piste, pour suivre la RP 22 en macadam.


13h10 261 8239 A Las Lajas, nous prenons de l’essence (25,2 l - 29 $ soit 1,149 $/l) et pique-niquons.


14h Changement de pilote et départ.


14h40 310 8288 Nous rejoignons la RP 40 en macadam. La région présente un paysage semi-désertique.


16h 403 8381 Arrêt. Il fait très chaud. Nous nous désaltérons et changeons de pilote.


16h25 431 8409 Arrivée à Chos Malal. Nous sommes en plein pays Mapouche.


Nous prenons de l’essence (18,6 l – 20,68 $ soit 1,110 $/l) puis nous allons nous installer au residencial Kalfii Kiiyen (ce qui signifie « la lune bleue » en langue mapouche).


Prix de la chambre : 25 $.


Nous mangerons en ville pour 24 $.



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Chos Malal – San Rafaël

Heure km j km t

8h45 0 8409 Départ. Nous poursuivons notre voyage en suivant la RP 40 qui longe les Andes, à notre gauche, éclairées par la lumière du soleil levant. Au fond, se détachent des pics volcaniques. Nous sommes seuls dans cette atmosphère féerique indescriptible.

La route serpente sur un plateau de plus en plus désertique. Par endroit, d’énormes coulées de lave noire contrastent avec la couleur ocre du désert. Les sommets des Andes tantôt devant, tantôt à notre gauche, sont de moins en moins enneigés au fur et à mesure que l’on se déplace vers le nord.


Nous passons à proximité du cône du volcan Tromen au sommet enneigé surgissant dans ce plateau désertique.

10h30 129 8538 Nous traversons un plateau de roches volcaniques noirâtres recouvert d’une végétation xérophile coriace répartie en touffes.

11h10 167 8576 La route est formée de plaques de macadam entrecoupées de larges nids de poules. C’est encore plus désagréable pour rouler que sur une piste irrégulière. De part et d’autre de la route, ce ne sont que des champs de lave et de scories volcaniques d’aspect ruiniforme.

11h55 196 8605 La route suit une immense dépression plate bordée d’un plateau stratifié horizontalement, la strate supérieure étant formée de coulées volcaniques très foncées. Au fond de cette dépression, la végétation verdoyante est surtout composée de la fameuse herbe de la pampa, témoignant de la présence d’une nappe aquifère artésienne.

13h25 Nous stoppons pour pique-niquer. Nous sommes rapidement entourés de moustiques et de taons qui nous obligent à poursuivre notre route.

14h25 341 8750 Mallargüe. Nous pique-niquons.

14h50 342 8751 Nous repartons et un km plus loin, nous prenons de l’essence (36,3 l – 39,62 $ soit 1,09 $/l).

15h10 403 8381 El Sosneado.

Nous quittons la RP 40 en suivant la belle route en macadam (RP 144) vers San Raphaël. Le paysage devient verdoyant et la route est bordée d’arbres. Le ciel n’a plus la pureté du bleu intense du désert d’altitude. Il est laiteux avec une brume de beau temps due aux poussières et à l’évaporation. Il fait très chaud.


17h15 532 8941 Nous arrivons à San Raphaël et nous nous installons à l’hospedaje La Esperanza (24 $ la chambre).

Le soir, nous irons en ville manger une pizza assis à une terrasse pour 15 $, vin compris.

San Raphaël est une immense oasis de plus de 98 000 habitants irriguée grâce aux rios Atuel et Diamante descendant des Andes. La plupart des rues sont bordées d’arbres et la ville compte de nombreux parcs. L’économie agricole est basée sur la viticulture.


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San Rafaël - Uspallata




Heure km j km t


10h 0 8941 Nous quittons l’hôtel et prenons de l’essence (21,7 l – 23,5 $ soit 1,079 $/l). Le trajet vers Mendoza s’effectue sur la RP 143, une belle route en macadam, sous un soleil de plomb.


11h30 115 9056 Nous rejoignons la RP 40 que nous suivons vers le nord en longeant les contreforts des Andes.


13h 239 9180 Nous arrivons à Mendoza et garons le véhicule à l’ombre près du centre- ville.


Nous flânons dans les rues bordées d’arbres et dans le piétonnier jalonné de terrasses de cafés et de restaurants. On se croirait en Italie.


Nous nous attablons à une terrasse et dégustons un Pisco sur, apéritif typiquement chilien, que nous trouvons pour la première fois depuis notre séjour en Argentine. Nous dînons également à cette terrasse (30 $) et jouissons pleinement de ce moment de détente.


Puis, nous nous promenons en passant par différentes places arborées (plazza Italia, plazza España, plazza Independencia).


La ville fut fondée en 1561 par le gouverneur chilien Garcia Hurtado de Mendoza qui lui donna son nom. C’est aujourd’hui la capitale de la région du même nom et elle compte 880 000 habitants.


C’est une immense zone irriguée grâce aux rios qui descendent des Andes.


La région produit 80 % des vins argentins. L’hydro-électricité a permis le développement d’industries légères diversifiées et de la pétrochimie.



16h Nous quittons avec regret cette ville agréable et après avoir pris de l’essence (21 l – 20,80 $ soit 0,990 $/l), nous empruntons la RN 7 qui grimpe insensiblement vers Uspallata (1 751 m d’altitude) située à la porte des Andes.


17h30 372 9313 Uspallata. Nous logeons à l’hôtel Viena (24 $ la chambre) où nous mangeons le soir notre pique-nique.




La ville compte 3 000 habitants et est un nœud de communications routier. Elle constitue un excellent camp de base pour des expéditions dans les Andes. De plus, c’est une zona franca. Le bourg est entouré de montagnes polychromes et ressemble à un village de hautes montagnes d’Asie centrale. On y a tourné, pour cette raison, le film « Seven years in Tibet » de Jean-Jacques Annaud.

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Uspallata – Los Andes

Heure km j km t

9h40 0 9313 Nous reprenons la route (RN 7) pour retourner au Chili.

10h30 55 9368 Nous arrivons à un poste de douane où l’on nous remet un formulaire à remplir et à remettre à la frontière.

La route monte insensiblement en suivant la vallée du rio Mendoza entourée de montagnes rougeâtres.

Nous passons par le petit village de Punta de Vacas. Le panorama est magnifique. A gauche, le cône du volcan Tupungato (6 800 m) couvert de neige et à droite l’Aconcagua (6 959 m).

Quelques km plus loin, nous passons à Los Penitentes, petite station de ski, qui doit son nom aux formes étranges des rochers des environs, faisant penser à des moines (pénitents).

10h45 71 9384 Punte del Inca (2718 m d’altitude). Un pont de sel aux dimensions étonnantes surplombe le rio Mendoza d’une vingtaine de mètres.

De l’eau chaude chargée de sel et de soufre jaillit des rochers en plusieurs geysers et s’écoule en déposant des concrétions jaunes.

Une station thermale avait été construite mais fut détruite par des avalanches. Il reste encore les ruines des bâtiments et quelques bassins où l’on voit des gens qui prennent un bain dans ces eaux sulfureuses.

Nous pénétrons dans ces bains et allons voir une grotte d’où nous avons une vue vers la rivière. Le sol est glissant et marbré de dépôts soufrés.

Cet endroit est une des merveilles de l’Argentine.

Malgré l’altitude, il fait chaud tellement le soleil tape dur. Nous sommes éblouis par la réflexion des rayons solaires sur les concrétions.

11h25 Nous poursuivons notre route.


11h30 73 9386 Frontière argentine. Le poste de douane est imposant avec de grands bâtiments et de vastes parkings. Nous devons quitter la route pour passer sous d’énormes voûtes en béton qui sont des abris contre les avalanches. Il y a beaucoup de camions en attente car c’est un des points de passage le plus important vers le Chili et la route internationale de liaison entre Buenos Aires et Santiago. Il faut s’armer de patience pour effectuer les formalités habituelles.

12h25 Nous pouvons enfin poursuivre notre route.

12h30 77 9390 Nous sommes en bordure du parc provincial de l’Aconcagua.

Nous nous arrêtons pour pique-niquer. Nous mangeons toutes nos provisions avant de passer la frontière chilienne et la douane sanitaire.

Nous admirons l’Aconcagua qui domine tous les autres pics. Son nom provient de l’inca Acon Cahuac qui signifie la « sentinelle de pierre ». C’est le plus haut sommet du continent américain.

13h30 Nous poursuivons notre route qui suit le rio de Las Cuevas et nous admirons les fameux rochers en forme de « pénitents ».

14h10 95 9408 Las Cuevas.

Nous quittons la route nationale pour monter par une petite route de montagne vers le Christ Rédempteur, une statue de 7 m de haut placée au sommet du col (4 000 m d’altitude). Bientôt, nous devons poursuivre à pied car la route est enneigée. Après 2 km, nous devons stopper notre ascension car la neige est trop épaisse et nous sommes en short, tee-shirt et chaussures d’été. Nous rebroussons chemin sans avoir pu photographier la statue.

14h50 Nous revenons à Las Cuevas au bas de la côte. Nous reprenons la RN 7 et passons dans un tunnel sous le col.

15h10 111 9424 Frontière chilienne. C’est la 6e frontière et le 12e poste de douane de notre périple !

15h20 Nous repartons. La route (RN 60) descend d’abord lentement puis plonge d’une façon vertigineuse 1 000 m plus bas par des lacets très serrés. C’est époustouflant ! La vue au virage n°17 permet de se rendre compte de l’ensemble des lacets disposés régulièrement comme les échelons d’une échelle.

Après le dernier lacet du bas, la route continue à descendre rapidement vers la cuvette centrale du Chili située à environ 700 m d’altitude.

17h20 190 9503 Nous arrivons à Los Andes. C’est une station thermale très chic. Le prix des hôtels est exorbitant notamment à l’hôtel Thermal. Nous cherchons un hôtel abordable au niveau financier.

17h40 192 9505 Nous finissons par trouver le long de la route l’hôtel Los Andes (25 000 Pesos la chambre et 16 700 Pesos pour le dîner).

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Los Andes - Santiago


Heure km j km t

10h10 0 9505 Nous quittons l’hôtel pour notre retour à Santiago par la RN 57.

10h34 23 9528 Péage de l’autoroute (1 600 Pesos).

11h 62 9567 Encore un péage (300 Pesos).

11h35 88 9593 Nous arrivons au centre de Santiago et refaisons le plein d’essence (41,4 l - 16 303 Pesos soit 393,5 P/l).

11h40 89 9594 Arrivée au domicile de notre fille Annick à Los Laureles.



Nous séjournerons encore un mois chez notre fille et son compagnon Hervé. Cela nous permettra de nous reposer et digérer cette merveilleuse aventure.


Nous reprendrons l’avion début mars pour rentrer en Belgique non sans avoir eu un problème à la douane de l’aéroport car le douanier, lors de notre dernière rentrée au Chili venant d’Argentine, avait oublié de mettre le cachet de la date d’entrée sur un de nos passeports. Ce fut le seul problème administratif, mais vite résolu, des trois mois passés au Chili et en Argentine !


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4


Ce voyage n’a été possible que grâce à notre fille Annick qui réside à Santiago et qui nous a prêté son 4X4. Nous la remercions chaleureusement.

Ce fut un défi de partir à deux dans cette aventure et nous sommes conscients de la chance que nous avons eue de ne pas connaître d’incident majeur et d’accident.

Au cours de ce voyage, nous avons été émerveillés par la beauté et la diversité des paysages rencontrés.

Nous sommes passés de régions très humides à des régions très sèches, de régions chaudes à des régions froides, de la forêt vierge luxuriante au désert, des plateaux uniformément plats aux montagnes enneigées des Andes.

Nous avons admiré les pics volcaniques, les lacs, les glaciers, les icebergs, l’océan Pacifique et les fjords de la côte méridionale du Chili, l’océan Atlantique et ses plages de sable en Argentine.

Nous avons été surpris par la violence et la constance des vents d’ouest en Terre de Feu et en Patagonie méridionale.

Nous sommes admiratifs pour tous ces gens qui vivent dans des conditions si difficiles.

Mais ce que nous retenons surtout, c’est l’atmosphère sereine de la nature.

Nous avons pris conscience de l’absurdité de la course effrénée de la technologie et de la concentration urbaine.

Notre voyage a été pour nous un ressourcement intérieur. Trouvons notre bonheur dans le simple fait de vivre. Ce voyage fut touristique certes mais ce fut encore plus une atmosphère ressentie.

La solitude dans l’immensité.

Notre planète est belle.

Michel et Marie-Rose Latteur

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Argentina Uruguay & Paraguay, Lonely Planet, 3rd Edition

Atlas Caminero de Chile

Chili (le), Jac Forton, Ed. Peuples du Monde, 1994

Grand (le) guide du Chili, Bibliothèque du voyageur, Ed. Gallimard, 1995

Guia turistica de Chile, Sur (Chillan a la Antartica), Turistel, 1998

Guide (le) du routard, Argentine Chili, Hachette, 2000-2001

Guide touristique Chili, Extrême par nature, corporacion de promocion turistica de Chile

Isla Grande de Terra del Fuego, Zagier & Urruty Publications, Buenos Aires, 1:500 000

Patagonia Sur Terra del Fuego, Costa a Costa, Zagier & Urruty Publications, World’s End, Buenos Aires, 1:1 000 000

Ruta de Argentina, Argenguide, 1:2 500 000

Southern Argentina, Uruguay, Nelles Maps München, 1:2 500 000

Torres del Paine, Trekking Map, JLM Mapas, 1 :100 000