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Entrepreneur depuis une dizaine d'années, voyageur régulier, amateur de photo :)

Carnet de voyage

Voir l'Islande en hiver

6 étapes
3 commentaires
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Si la nature islandaise nous avait déjà bluffés en été, nous nous doutions qu'elle serait encore plus incroyable l'hiver. Récit d'une escapade hivernale de 5 jours dans le sud du pays
Février 2018
5 jours
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L'Islande nous avait déjà impressionnés lors d'un premier road trip en 2014. Nous avions même eu la chance d'apercevoir une aurore boréale mi-septembre, bien que ce n'était pas le but du voyage. Mais le souvenir est resté bien présent, et l'envie d'en voir plus grandissant, nous nous sommes décidés à retourner en Islande, en hiver cette fois !

C'est sous le soleil que nous arrivons et découvrons les premiers paysages enneigés. Nous découvrons notre 4x4, ayant eu la chance d'être surclassés avec un Jeep Renegade ! Avec les pneus hivers et les 4 roues motrices, on s'est toujours sentis en sécurité, même sur neige.

Pour bien commencer le voyage, direction le Blue Lagoon ! Eh oui, nous avions fait l'impasse sur ce lieu iconique lors de notre premier voyage (au profit d'autres bains moins connus). Verdict ? Il faut reconnaître que l'emplacement près de l'aéroport est très pratique, et que les installations et services sont de grande qualité (accueil, vestiaire, bar, etc.). La couleur de l'eau, turquoise et opaque, par l'ajout de silice, rend le lieu un peu magique aussi. Cerise sur le gâteau, la différence de température en hiver génère beaucoup de vapeur. Quand on a juste la tête hors de l'eau, c'est vraiment mystique car on ne voit pas au delà de quelques mètres 😀

En commençant le voyage par le Blue Lagoon en fin d'après-midi, on se sent tout de suite en vacances ! Surtout avec le bar accessible en restant dans l'eau. Cela détend après l'avion, et on peut aller sur Reykjavik tranquillement ensuite. Ce fut une bonne entrée en matière donc !

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Voir les aurores boréales, ça se mérite ! Une semaine avant le départ, nous avons commencé à surveiller activement l'excellent site de prévision, Aurora Forecasts, fourni par l'équivalent de Météo France. Nous savions que nous n'aurions qu'un seul soir à priori favorable : le premier !

Pour voir les aurores boréales, il faut un ciel dégagé de nuit, et avec le moins de lumière possible en s'éloignant des villes. S'il est impossible de prévoir la météo, vous pouvez en revanche éviter de voyager lors d'une pleine lune comme ce fut le cas pour nous...

Bien détendus après le Blue Lagoon, et après avoir dîné dans Reykjavik, nous reprenons la voiture vers 23h. Objectif : s'éloigner de la ville, et trouver un lieu sympa pour observer les aurores. Pas évident de nuit quand on ne connait pas les moindres recoins, mais finalement on trouve un excellent site en forme de cirque à Hveragerdi.

Une première aurore. Oui, il faisait nuit, j'ai juste mal réglé l'appareil 😀

Le ciel est dégagé, mais le vent souffle violemment, à tel point qu'on se prend une claque à chaque sortie de la voiture. Le trépied bouge sans arrêt avec le vent, et je suis obligé de le coller derrière la voiture pour le protéger du vent. À chaque fois que j'enlève mes gants pour faire des réglages, j'ai l'impression de perdre un doigt à cause du froid 😦 Au final, je n'ai pas réussi à faire de belles photos, ce sera pour une prochaine fois !

Nous aurons la chance d'observer de nombreuses aurores, assez légères certes (la pleine lune n'aidant pas...), mais quel spectacle ! C'est magnifique de voir ces traces danser dans le ciel nocturne et au dessus du cirque enneigé. Vers 3h du matin, nous rentrons sur Reykjavik, fatigués de cette première journée, frigorifiés, mais déjà sous le charme de l'Islande en hiver ! Ce sera la seule et unique soirée où nous aurons pu voir des aurores boréales, comme prévue d'après la météo. Mais aucun regret, c'était excellent !

Quelques aurores. N'agrandissez pas les photos, j'ai honte de la mise au point ratée 😦

Pour les photographes : il faut en fait régler la mise au point non pas à l'infini, mais juste avant ! Bien sûr un trépied bien stable est indispensable. Et entraînez-vous à faire des prises de vue de nuit en cherchant les bons réglages, c'est toujours mieux que de découvrir cela par -10° en Islande...

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Fatigués de la chasse nocturne aux aurores mais ravis d'en avoir vues, nous partons le lendemain matin visiter la péninsule de Reykjanes, découverte par ce carnet de voyage. Il s'agit de la pointe entre la capitale et l'aéroport international, peu connue au final, et à tort car c'est un vrai condensé d'Islande en fait.

Notre journée a commencé par la visite de la Geothermal Energy Exhibition sur la route 1, vers l'est, à la sortie de Reykjavik. Cette exposition se trouve au sein d'une immense centrale géothermique qui alimente toute la région de Reykjavik. L'eau chaude produite alimente bien sûr les robinets et douches, mais aussi les réseaux de chauffage des maisons. Dans certains cas, l'eau est même utilisée en chauffage au sol sur les trottoirs et passages piétons, qui sont ainsi automatiquement déneigés 😀 La centrale produit aussi de l'électricité pour la ville. C'est une vraie chance pour le pays que d'avoir cette énergie à portée de main.

Bien instruits sur le phénomène géothermique et l'énergie en Islande, nous reprenons la route. En suivant fidèlement les piquets jaunes, car en fait on ne voit pas tellement la route ! 😀

Alors que nous rejoignons le sud de la péninsule, nous découvrons les paysages magnifiques de l'Islande en hiver. Des grandes étendues blanches, tendant vers le bleu, ponctuées de roches noires ou d'herbes jaunies. C'est un vrai régal pour les yeux ! Malgré la route bien blanche par moment, nous roulons en toute confiance : nous avons 4 roues motrices et des pneus hiver.

Puis nous arrivons à la petite église de Strandarkirkja. Avec son toit noir, difficile de la rater dans ses paysages blancs. Elle fut construite à l'origine par des pêcheurs, qui y priaient pour éviter les affres de la côte sud islandaise, qui fit beaucoup de victimes chez les marins.

Les paysages s'enchaînent et le blanc laisse peu à peu la place à du vert. En Islande, où la végétation est assez rare, la mousse verte est le signe d'une coulée de lave récente. Il s'agit de Krísuvíkurhraun en l’occurrence. Lors de notre passage, le contraste entre la roche, la mousse, le ciel, la mer et la neige est juste sublime.

Justement, nous sommes désormais dans la zone géothermique de Krisuvik. Outre la coulée de lave, on peut y observer une belle activité géothermique à Seltun, qui n'est pas sans rappeler la zone de Hverir au nord. En plus petite certes, mais toujours aussi magique au niveau des couleurs, surtout entourée de neige. Le site de Seltun est très bien aménagé avec différents pontons qui permettent de s'approcher des solfatares sans risquer de se bruler. Et comme souvent quand il y a du souffre, ça sent bon les œufs pourris 😀

En reprenant la route, malgré le froid, difficile de ne pas apprécier conduire au milieu de ces paysages. Les paysages l'été sont déjà très étendus, mais en hiver avec la neige, on se sent vraiment perdus au milieu de nulle part. Les distances paraissent encore plus longues, et pourtant on ne s'ennuie pas, on en prend plein les yeux même !

Au bout de la péninsule, nous faisons un arrêt à Gunnhuver, une immense fumerolle, entourée de plusieurs solfatares. C'est de loin la plus impressionnante fumerolle que nous ayons vue en Islande. En arrière plan, le phare de Reykjanes qui indique la pointe sud de la péninsule.

La journée s'est terminée au Bridge Between The Continent. Ce pont, ou plutôt cette passerelle, n'a bien sûr qu'un intérêt touristique. Mais elle rappelle au visiteur que l'Islande est traversée de nombreuses failles dans un axe nord-sud, marquant la séparation entre la plaque américaine et la plaque eurasienne. Et très concrètement, le pays s'écarte de quelques centimètres par an ! Incroyable non ?

En ajoutant à cela le fameux Blue Lagoon qui se trouve très proche de Krisuvik, la péninsule de Reykjanes mérite bien une journée, avec l'avantage d'être proche tant de l'aéroport que de Reykjavik.

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Piscine municipale de Laugardalslaug

Pour cette troisième journée, nous avions prévu initialement de retourner dans le fameux Cercle d'Or, pour visiter le parc du Thingvellir que nous n'avions pas fait lors de notre premier voyage. Et là, tempête dans le sud ! La route 1 se trouvant fermée à la sortie de Reykjavik, nous avons du revoir nos plans...

Qu'à cela ne tienne, nous décidons de passer le reste de la matinée à la piscine municipale de Laugardalsug que nous avions déjà testée en 2014. C'est un immense complexe, avec bassins intérieurs et extérieurs de 25 mètres et 50 mètres, six spas (38°, 40°, 42°, 44°, 42° à l'eau de mer et un dernier de 5° pour les courageux), et bien sûr hammam, saunas, et grands toboggans ! C'est beaucoup moins cher que le Blue Lagoon et on passe aussi un bon moment.

La météo est capricieuse en Islande, mais quoi qu'il arrive, il y a toujours un plan B comme bains chauds 😀 Qu'il pleuve, qu'il vente, même à -5°, on n'a pas froid dans ces bains !

Dès qu'on quitte Reykjavik par le nord, on découvre de superbes montagnes ! 

Scrutant la météo, nous décidons d'aller jusqu'à Glymur pour faire une randonnée, en remontant vers le nord. Ce fut l'occasion de découvrir l'immense fjord de Hvalfjordur (nous ne l'avons pas parcouru à cheval mais plutôt en voiture cela dit. Désolé 😂). Bien que proche de Reykjavik, il n'est pas très connu car en général les touristes prennent le tunnel de la route 1 à l'entrée du fjord, pour gagner du temps. À tort car ce fjord est superbe, surtout l'hiver ! On s'est arrêtés plusieurs fois au détour de cascades ou de petites baies, d'autant plus que le soleil était partiellement avec nous !

Le fjord de Hvalfjordur

Au fond du fjord, nous arrivons au point de départ de la randonnée vers Glymur, qui est la plus haute cascade d'Islande. Nous ne sommes pas vraiment équipés pour de la randonnée, surtout en hiver, et il est déjà un peu tard, mais on se lance quand même. Après avoir perdu la trace au début, nous retrouvons le bon chemin, et plus nous grimpons, plus la vue sur le fjord derrière nous se révèle. C'est superbe !

Au début du chemin de randonnée

Nous arrivons à mi-chemin de la randonnée au bord d'une falaise, avec une magnifique vue sur la rivière Botnsá qui forme la cascade de Glymur. On aperçoit au loin le début du canyon où se trouve la cascade, sans la voir directement pour autant. Nous sommes descendus au bas de la rivière pour constater qu'il y a bien une grande poutre en bois mise en place l'été pour traverser la rivière, et poursuivre la randonnée. En hiver, avec les abords glacés, sans poutre et vu le débit, nous n'avons pas voulu jouer aux aventuriers. Nous sommes tout de même ravis du point de vue, tant sur la rivière que sur le fjord, et du bol d'air frais de cette randonnée !

Il "suffit" de suivre les marques jaunes
La rivière, à mi-chemin de la randonnée
La cascade de Glymur se trouve au fond de ce canyon
Pas vraiment envie de la traverser...
De l'autre côté, la poutre pour passer la rivière
À mi-chemin vers Glymur 

Il faudrait compter en tout 6 à 7 heures pour faire toute la randonnée, sachant que la seconde partie après la rivière est plus technique de ce qu'on a pu apercevoir. La première partie est en tout cas accessible à tous et offre de beaux points de vue. Notamment au retour, avec cette belle vue sur le fjord et un jeu de couleur particulier en cette fin de journée.

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Aujourd'hui, nous prenons la route en direction de l'ouest, vers la péninsule où se trouve le volcan Snæfell. Nous avions déjà emprunté cette route en 2014, mais nous avions coupé par la route F570 à l'est du Snæfell. Cette fois-ci, nous avons fait le tour complet de la péninsule par l'ouest, et fait de belles découvertes !

En route vers Borgarnes 

Au petit matin, les couleurs sont assez jolies, surtout avec les paysages enneigés. Le temps était un peu couvert, mais quand le soleil perce légèrement, c'est vraiment magnifique. La route depuis Borgarnes jusqu'à Arnarstapi (premier point d'intérêt de la péninsule) est assez longue et monotone pour être honnêtes. Bien qu'enneigée et verglacée par moment, la route ne pose pas de souci avec le 4x4. On longe toute une sublime chaîne de montagnes, et du coup, forcément, on s'arrête souvent faire des photos !

En s'approchant de la péninsule, nous arrivons à Ytri Tunga, une plage que nous connaissons déjà car nous y avions vu nos premiers phoques lors du road trip de 2014. Eh bien ils sont toujours là, à prendre la pause au soleil, et c'est toujours aussi amusant à voir ! On s'approche le plus possible de l'eau en sautant d'un rocher à l'autre, en marchant sur les algues, pour finalement apercevoir la petite colonie.

J'aurais dû emprunter le télé-objectif de @vincent 😉

Nous poursuivons la route qui s'approche petit à petit des flancs de montagnes, les courbes et les lignes se tendent en rejoignant au loin celle de la route, on ne s'en lasse pas, et on oublie complètement la fatigue de la conduite !

On s'arrête ensuite à un point d'intérêt, la gorge de Rauðfeldsgjá. L'accès n'est pas évident car il faut grimper une petite colline, et sans crampons c'est très glissant. Mais cette gorge est sympa, car on peut s'aventurer à l'intérieur, en sautant d'une pierre à l'autre et en s'appuyant sur les parois, pour en découvrir l'intérieur et en mesurer la hauteur !

La gorge de Rauðfeldsgjá

Si vous partez en Islande en hiver, pensez à prendre des crampons à fixer sous les chaussures de randonnée. Il y a beaucoup de lieux touristiques où le chemin d'accès est totalement glacé. Les crampons sont très pratiques, si vous ne voulez pas avoir l'air d'un pingouin !

Nous arrivons enfin à Arnarstapi. Ce petit port de pêche au pied du Snæfell est connu pour son monument en pierre à l'entrée, ses superbes falaises, et aussi car les personnages du roman Voyage au centre de la Terre y font étape !

Un chemin longe la côte et permet d'observer les superbes falaises, constituées d'orgues basaltiques et où se trouve la fameuse arche de Gatklettur. Le chemin est parfois complètement glacé et avec le vent qui souffle très fort sur le littoral, il vaut mieux être prudent. Le chemin peut être emprunté jusqu'à Hellnar, autre petit port de pêche à 3km de Arnarstapi, et constituer une belle randonnée sur le littoral.

Un peu plus loin, nous découvrons une belle curiosité de la péninsule : le château de Londrangar. Non, en fait, ce n'est pas un château, mais bien deux colonnes volcaniques immenses qui ressemblent de loin à un château ! Ça sort de nulle part et c'est vraiment impressionnant.

Encore un peu plus loin, nous faisons une pause à Djupalonssandur, une belle plage protégée par les falaises.

Le paysage ensuite change et laisse place à une plus grande plaine, au fur et à mesure que nous contournons le Snæfell. On aperçoit un beau glacier, des champs de lave et plusieurs petit cônes volcaniques. Le tour de la péninsule se termine sur la plage de Skardsvík qui pour une fois n'est pas de sable noir, mais d'un beau sable doré, ce qui est rare en Islande !

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Mais ce qui nous a le plus plu de cette journée, c'est de pouvoir voir le Snæfell totalement dégagé, avec une belle lumière de fin de journée. En 2014, bien que nous l'ayons approché par la F570, son sommet était couvert... C'est un strato-volcan qui culmine à 1446 mètres d'altitude, très joli par sa forme. On le distingue même depuis Reykjavik quand on arrive en avion par exemple et que le ciel est dégagé.

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Nous terminons la journée en allant voir une icône de l'Islande, le fameux Kirkjufell, et la cascade juste à côté, logiquement appelée Kirkjufellfoss. En pratique, on a eu un mal fou à monter jusqu'à la cascade tant le chemin était glacé et glissant. Cette cascade n'a rien d'exceptionnel, car elle ne fait que 5 mètres de haut. Mais avec la vue sur le Kirkjufell en pic et vrillé, c'est vraiment superbe, une vraie carte postale !

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Il ne faut pas se fier à cette dernière journée ensoleillée pour deviner la fin du voyage. La météo en Islande est plus que capricieuse, et après la tempête qui nous a empêchés d'aller au Cercle d'Or, une nouvelle tempête s'est déclarée dans la nuit, alors que nous étions à Grundarfjordur. Avec des rafales jusqu'à 150km/h, dormant dans un bungalow, autant dire que la nuit fut courte 😦Le retour vers l'aéroport de Reykjavik le lendemain se fit donc tranquillement mais avec une météo dégradée.

Il est vivement conseillé de consulter en permanence les alertes météorologiques officielles sur vedur.is et l'état des routes sur road.is, les deux sites étant extrêmement précis. Si la région est déconseillée aux touristes, ne tentez pas... Si vous y êtes déjà, croisez les doigts et soyez prudents !

De cet aléa et tout ce que nous avons pu voir en Islande lors de nos deux voyages, nous retiendrons que la nature sait bien vous rappeler qu'on n'est pas grand chose sur Terre ! Ce pays est définitivement hors norme tant tous les éléments de la nature s'y combinent avec force et intensité. Contrairement aux idées reçues, c'est une expérience incroyable de visiter l'Islande en hiver, totalement différente de l'expérience estivale. Et comme on dit : jamais deux sans trois ! Alors probablement nous y retournerons pour explorer les terres du centre que nous ne connaissons pas 😀

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