À propos

Entrepreneur depuis une dizaine d'années, voyageur régulier, amateur de photo :)

Carnet de voyage

Villages & châteaux d'Aveyron

10 étapes
4 commentaires
L'Aveyron regorge de magnifiques villages et châteaux. Récit d'un week-end prolongé à dénicher les merveilles cachées dans les boucles du Lot et de l'Aveyron.
Juillet 2016
3 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Notre week-end prolongé dans l'Aveyron commence au Mas de la Tourelle, une maison d'hôte à Roussennac. Outre la qualité de l'accueil et les belles prestations, je tenais à mettre un coup de projecteur dessus car dès notre arrivée, la propriétaire nous a fait découvrir une des spécialités de la région : le safran.

Les propriétaires cultivent en effet une safranière. Épice la plus cher au monde, elle se mérite car il faut plus de 150 fleurs pour obtenir 1 gramme, et la récolte nécessite d'avoir beaucoup d'amis ! Nous avons donc d'autant plus savouré cette épice le matin au petit déjeuner, dans des gâteaux ou des confitures maisons 😀

Le Mas de la Tourelle
2

Notre première journée débute avec une visite à Laguiole, le village célèbre pour ses couteaux. Situé aux portes de l'Aubrac, c'est aussi un bon endroit pour déguster une spécialité culinaire : l'aligot (mélange de purée et tome fraiche, idéal en hiver !).

Toits en lauzes à Laguiole, aux portes de l'Aubrac

On commence par la coutellerie ! Il faut savoir que malheureusement, jusqu'à présent le nom de Laguiole n'a pas pu être protégé, car cet artisanat n'est pas lié à un territoire comme pourrait l'être un vin ou un fromage. On trouve donc des couteaux Laguiole de tout horizon, notamment à Thiers. Il existe aujourd'hui deux fabriques à Laguiole même, l'une d'elle étant la Forge de Laguiole.

La Forge de Laguiole

La Forge de Laguiole permet de visiter les ateliers où sont fabriqués artisanalement les couteaux. Du choix du manche (bois ou corne), à la lame, en passant par le style de l'abeille, chaque matériau et chaque artisan façonne le couteau de manière unique. Une fois arrivé dans la boutique, le plus dur reste de choisir !

Le travail des matériaux fait toute la différence, notamment sur les abeilles du manche, sculptées à la main

Si la coutellerie est une activité réputée pour Laguiole, ce qui fait vivre la commune et ses alentours est la coopérative Jeune Montagne qui réunit une centaine d'exploitants et 150 salariés. La visite de la coopérative permet de découvrir l'histoire de l'aligot et des burons, ces maisons de pierre en altitude où était fabriqué le fromage. Aujourd'hui, la coopérative propose de l'aligot tout prêt que l'on peut trouver en grande surface, ainsi que de la tome fraiche et du fromage Laguiole AOP.

Visite et dégustation à la coopérative Jeune Montagne. À droite, l'aligot !
3

Plus au sud, nous arrivons ensuite au village d'Espalion, sur les rives du Lot et traversé par les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Dominée par le château de Calmont d'Olt, la ville s'est développée autour du Pont-Vieux, construit dans un grès rose typique. Tout autour du pont, on trouve d'anciennes tanneries au bord du Lot, appelées des calquières, avec des escaliers descendant au niveau de l'eau. Du pont, on apprécie la vue sur le Vieux Palais datant du XVIè.

Le Pont-Vieux d'Espalion, avec en haut la vue sur le château Calmont d'Olt et en bas le Vieux Palais

La promenade se poursuit dans le centre ville, où se trouvent de beaux édifices religieux comme l'église paroissiale et ses deux grandes tours, et l'ancienne église Saint-Jean, les deux en grès rose. L'ancienne église Saint-Jean accueille aussi le musée du scaphandre dont la version moderne a été inventée par deux aveyronnais.

La ville d'Espalion et son patrimoine religieux
4

En poursuivant quelques dizaines de kilomètres à l'est le long du lot, nous arrivons à Estaing, toujours sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, et classé parmi les plus beaux villages de France. La vue est vraiment saisissante quand on arrive : le village, planté sur la rive droite du Lot, s'organise autour du château d'Estaing datant du XVè siècle et qui donne une belle allure pyramidale au village.

Estaing et son château, sur les bords du Lot

Le saviez-vous ? En 2005 l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, ainsi que son frère et un cousin, ont racheté le château d'Estaing, qui était la demeure historique de la famille du même nom.

Outre le château qui se visite et les dédales des rues de ce petit village médiéval, le pont du XVe mérite aussi un détour pour la vue qu'il offre sur le village. À son centre, la statue de l'évêque François d'Estaing et la croix d'Estaing, qui inspira au début du XXè l'orfèvre Henri Lesieur pour en faire un pendentif devenu célèbre depuis.

Autre particularité du village : devant quasiment chaque maison, commerce ou restaurant se trouve un bonhomme assemblé avec divers objets métalliques 😀

5

Notre première journée se termine à Bozouls. On pourrait traverser ce village sans y prêter attention tant la D988 qui le traverse ne montre rien d'extraordinaire. Pourtant, il y a un panneau "Trou de Bozouls" qu'il ne faut surtout pas manquer ! En avançant de quelques centaines de mètres, on arrive sur un vaste canyon naturel creusé par la rivière du Dourdou. Ici aussi, la vue est saisissante !

Le trou de Bozouls

Le village se trouve ainsi en partie sur la boucle du canyon, et en son centre puisque c'est là que se trouve l'église. Moyennant une bonne marche, il est possible de descendre en bas. On y trouve quelques maisons qui semblent être dans un petit coin de paradis, proche d'une belle cascade ! En faisant l'effort de remonter vers l'église, on s'offre une autre vue incroyable sur le canyon.

De retour en haut, on fait une pause bien méritée pour admirer une dernière fois le canyon. Avec plus de 100 mètres de profondeur, et un diamètre de 400 mètres, ce canyon n'en finit pas d'impressionner !

Le trou de Bozouls
6

Deuxième journée en Aveyron, et on commence bien avec un autre plus Beau Village de France : Belcastel. Comme son nom l'indique, on peut s'attendre à y trouver... un beau château 😀 Ce château du IXème siècle surplombe un village au bord d'une boucle de l'Aveyron, le tout niché dans une belle vallée.

Belcastel et son château

Une visite du château s'impose pour comprendre son histoire récente. En 1974, l'architecte Fernand Pouillon le découvre dans un état de ruines avancées, et entreprend de le restaurer à l'identique. Le travail est remarquable car on distingue peu l'historique de la restauration. Aujourd'hui le château est la propriété de deux galeristes new-yorkais qui exposent des oeuvres, en plus des pièces historiques du château.

Le clou de la visite, c'est la vue du village depuis les remparts du château. Au coeur de la boucle de l'Aveyron se trouve l'église Sainte-Marie Madeleine et le Vieux Pont, inscrit aux monuments historiques. Une fois la visite terminée, on peut redescendre à pied via une ruelle, pour trouver la fraîcheur de la rivière, et prendre un verre dans un cadre magnifique 😀

Le village de Belcastel
7

Le midi, nous quittons l'ambiance petit village pour aller déjeuner à Villefranche-de-Rouergue, sous-préfecture de l'Aveyron. Villefranche est une ville créée de toute pièces au Moyen-Âge autour d'une bastide (grande place centrale avec des arcades). Elle doit son nom aux franchises et exemptions de taxes dont elle bénéficiait à sa création, dans l'optique de réduire l'influence de Najac située quelques dizaines de kilomètres plus loin.

Sur la place centrale de la bastide se trouve l'imposante collégiale Notre-Dame dont le clocher-porche (58 mètres de haut) enjambe la rue dans la continuité des arcades. La ville se visite idéalement à pied, en empruntant les petites ruelles de la vieille ville, et en allant jusqu'au Pont des Consuls sur l'Aveyron. Un peu plus loin se trouve aussi la Chartreuse Saint-Sauveur avec un des plus grands cloître de France.

Ponts des Consuls, et les ruelles de Villefranche-de-Rouergue
8

Après avoir visité Villefranche-de-Rouergue, il fallait naturellement aller voir Najac, ancienne capitale du Rouergue dont l'influence dérangeait visiblement. Pour cela, il suffit de suivre l'Aveyron vers le sud, et nous arrivons sur une grande place très charmante, en apercevant déjà au loin un château pour le moins imposant !

Najac est un village tout en longueur, s'étirant sur un bon kilomètre et demi. En avançant vers le château, on découvre un joli village médiéval, jusqu'à l'église Saint-Jean. Tout au long, les nombreux café-restaurants, artisans et commerces invitent à la flânerie dans la rue principale.

La rue principale de Najac, jusqu'à l'église Saint-Jean

Encore un effort et nous grimpons au pied du château pour une visite guidée très instructive sur l'histoire de Najac et de son château. Du fait de son emplacement sur une boucle de l'Aveyron, et de son système de défense très efficace, il n'a jamais été vraiment attaqué ni pris.

Comme beaucoup de châteaux, il a malheureusement souffert de l'abandon : à la Révolution des habitants du village qui s'en sont servi comme carrière de pierres, jusqu'à ce que certaines parties s'effondrent... Il y a encore plus malheureux à mon avis : les monuments historiques considèrent que cette époque de pillage fait partie de son histoire, bloquant ainsi tout restauration à l'identique. Cela dit, vue la maquette du château original visible à l'intérieur, il faudrait déjà trouver un grand mécène 😀

Du haut du donjon, à plus de 40 mètres de haut, la vue sur la région est imprenable, et on comprend mieux le profil du village, qui s'avance vers la boucle de l'Aveyron.

Najac, vue depuis la tour du château
9

Dernier jour, nous décidons de faire une dernière visite le matin, avant de reprendre la longue route vers Paris... Nous nous rendons ainsi à Peyrusse-le-Roc, un site moins touristique, mais qui n'a pas à rougir dans la catégorie "je construis sur un site escarpé" 😀

Le village de Peyrusse-le-Roc

Après quelques minutes dans le centre du village, pour le moins charmant, on descend une ruelle qui nous mène tout droit vers le clou du spectacle de notre voyage : le Roc del Talhuc à 150 mètres de haut, et ses deux tours magistrales.

Le Roc del Talhuc à Peyrusse-le-Roc

Il est possible pour les plus intrépides de monter sur ce roc pour accéder aux deux tours et profiter d'une vue imprenable sur la vallée. D'ici on découvre l'autre particularité de Peyrusse-le-Roc : un village médiéval en ruine, en contre-bas des tours, datant du XIème siècle.

Vue depuis les tours sur le village en ruine et la vallée

Il faut s'imaginer à l'époque une ville de plus de 3000 habitants, véritable place fortifiée et chef-lieu d'une large circonscription. En témoigne les restes de l'impressionnante église Notre-Dame de Laval, au pied du Roc, dont on pourrait penser que les deux tours sont ses flèches.

Les restes de l'église Notre-Dame de Laval

Plus en contre-bas, on découvre l'imposant "Hôpital des Anglais", haut de trois étages, avec une immense cheminée. Il prit feu et ne fut pas reconstruit, mais il donne un bon aperçu de l'importance de Peyrusse à l'époque. La ville perdit de son influence progressivement à partir du XVIè siècle, du fait de son éloignement des grandes routes, et de la concurrence des bastides comme Villefranche-de-Rouergue, plus faciles à vivre que ce site escarpé.

D'autres bâtiments jalonnent la visite, dont une synagogue et un beffroi. Notre visite se termine par une petite randonnée le long de la rivière en bas du roc, où nous trouvons le vieux pont du Parayre qui nous ramène ensuite au village.

Randonnée à Peyrusse-le-Roc avec le pont du Parayre
10

Ainsi s'achève notre excursion en Aveyron, où nous nous sommes rendus à l'occasion d'une cousinade pour découvrir l'arbre généalogique de notre famille (ayant des origines paternels dans le Lot et l'Aveyron !).

Nous n'avons vraiment parcouru que le nord de l'Aveyron, et pourtant il faut bien dire qu'on en a eu plein les yeux, tant les sites exceptionnels ne manquent pas. Et comme d'habitude, nous sommes loin d'avoir tout vu (je pense à Conques, ou au château de Bournazel, rare édifice de Renaissance dans le sud de la France).

J'ai souvent rigolé de la caricature de Jean-Pierre Pernaut au JT de 13 heures, mais il faut bien l'admettre, voilà encore une bien belle région que l'Aveyron ! 😀