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Entrepreneur depuis une dizaine d'années, voyageur régulier, amateur de photo :)

Carnet de voyage

Le Pérou, de Cuzco à Arequipa

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À deux reprises, j'ai eu la chance de visiter le Pérou pour assister au mariage civil puis religieux d'un ami. Voilà les moments forts de ces deux voyages inoubliables !
Août 2009
2 semaines
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Ma première visite au Pérou remonte à 2008, quand un ami m'écrit : "Tu connais le Pérou ? - Non - Je vais me marier là bas dans trois mois à Arequipa, tu veux être mon témoin ? - Ok !". La seconde fut en 2009, quand eu lieu le mariage religieux cette fois. Toutes les excuses sont bonnes pour visiter le Pérou ! 😀

Cuzco fut le point de départ de mes deux voyages. Arriver dans cette ville ne laisse pas indifférent. Par l'avion, le pilote est obligé de contourner une montagne juste avant la piste et redonner un coup de gaz, ce qui surprend. Une fois descendu, vous réalisez que vous êtes à 3400 mètres d'altitude, et ça se sent aussi !

Cuzco, vue des collines et du centre

Avec 300 000 habitants, la ville vit essentiellement du tourisme. Cuzco fut la capitale Inca, et reste le point de départ privilégié vers les sites majeurs comme le Machu Picchu (qui redonna de l'importance à Cuzco depuis sa découverte en 1911) ou la vallée sacrée.

Symbole de cette histoire, le site de Sacsayhuaman surplombe la ville de Cuzco à 3700 mètres. Les trois niveaux de murailles de cette ancienne forteresse impressionnent. On y trouve des blocs de pierre parfaitement alignés, certains faisant pourtant plusieurs mètres de haut et large, et pesant plusieurs tonnes...

La forteresse de Sacsayhuaman
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Au nord de Cuzco se trouve la Vallée Sacrée, un ensemble de sites incas qui longent la rivière Urubamba, depuis Písac jusqu'au Machu Picchu tout à l'ouest. Après avoir découvert cette vallée rapidement en 2008, j'y suis resté plusieurs jours en 2009. Le mélange de sites historiques et paysages de montagnes est magnifique !

Le site archéologique de Pisac

La vallée était appréciée par les incas pour son climat permettant la culture du maïs. Certaines de ces cultures se faisaient sur des terrasses en hauteur, comme sur le site archéologique de Písac au début de la vallée. On y trouve aussi des vestiges d'une forteresse inca perchée sur les hauteurs de la ville.

En remontant sur le plateau, à 3800 mètres, se trouvent le petit village de Chinchero. Moins touristique, il est aussi plus authentique, et les paysages valent le détour ! On trouve aussi dans cet ancien village incas des cultures en terrasses.

À Chinchero, j'ai pris le temps de rencontrer des artisans locaux, comme cette péruvienne qui m'expliquait comment la cochenille sert pour faire du colorant rouge. Le Pérou en est le principal producteur, et on le retrouve ensuite sous l'appellation E120 dans le tarama ou les saucisses de Francfort par exemple 😀

La cochenille, une fois séchée, libère cette couleur carmin

J'ai continué ma visite vers l'est de Chinchero, en restant sur le plateau, pour arriver au site archéologique de Moray. Encore des cultures en terrasse, mais pas n'importe lesquelles ! Celles-ci sont concentriques, comme un amphithéâtre, et servaient de laboratoires aux incas pour déterminer les conditions optimales de hauteur ou d'exposition. Assez incroyable !

Le site archéologique de Moray

À quelques kilomètres de là, je suis revenu au village de Maras. Le village est connu pour ses salines, dues à un ruisseau chargé en chlorure de sodium. Ayant plus de temps lors de ma seconde visite, je suis redescendu par un chemin de randonnée vers les salines en contrebas. Celles-ci sont exploitées sous forme de coopérative par plusieurs centaines de familles.

La route de Moray à Maras, et les salines de Maras

Cette randonnée de quelques kilomètres fut aussi l'occasion d'apprécier le paysage d'Urubamba (la ville juste au pied des salines), que j'avais déjà repéré lors de ma première visite. Ce mélange de terre aride et montagne enneigée avec le pic Ch'iqun en perspective est superbe.

Le mont Ch'iqun (5530m) vu depuis Maras, séparés par la vallée de l'Urubamba

Accompagné d'un guide, je suis reparti pour une randonnée d'une demi-journée depuis la ville d'Urubamba vers la vallée Chicon. Ce fut l'occasion de rencontrer des paysans traditionnels. Je ne me moquerai pas de leur outils de labours démodés, je n'ai pas été capable de faire 3 mètres de sillons bien droits avec les bœufs !

Les paysans traditionnels en haut. En bas, vue de la vallée Chicon, en direction de Maras au loin
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Impossible de se rendre au Pérou sans visiter le Machu Picchu ! On s'y rend par le train depuis Ollantaytambo (un autre village aux nombreux vestiges incas) en direction de Aguas Calientes, le village où se trouve le Machu Picchu.

Le train de PeruRail et l'arrivée à Aguas Clientes

Je ne pourrai pas oublier ma première visite au Machu Picchu. Malgré la fatigue des jours précédents, le guide nous a forcé à se lever très tôt, pour être sur le site au lever du soleil. C'est une expérience incroyable ! Le lieu est presque vide, et éclairé d'une lumière magnifique. Après être monté à la porte du Soleil pour apprécier l'ensemble du site, j'ai fait une rapide sieste sous le soleil matinale, dans un grand calme. Inoubliable 😀

Le Machu Pichu est aussi appelé "la cité perdue", car le site n'avait pas été repéré lors de la conquête espagnole. C'est seulement en 1911 qu'il a été découvert enfoui sous la végétation par l'explorateur Hiram Bingham. Il comporte de nombreux temples et tombeaux incas, sans que les experts ne sachent avec certitude quelle était la fonction exacte du site. Inscrit au patrimoine de l'UNESCO, le site est un peu victime de son succès, et les places sont limitées à 2500 visiteurs par jour.

Plusieurs randonnées sont possibles autour du Machu Picchu. La plus connue est celle de Wayne Picchu, qui monte au petit "pain de sucre" à la pointe du site. Pour ma part, je suis monté sur le mont Machu Picchu en lui-même, à 2800 mètres. On a alors une bonne vue sur le site archéologique, le Wayna Picchu et la boucle de l'Urubamba.

L'autre randonnée, c'est celle permettant d'accéder au mont Putukusi (qui forme la boucle de la rivière). Le chemin comporte une difficulté qui peut faire peur (deux très hautes échelles en bois à fleur de roche, une vingtaine de mètres environ), mais on est récompensé par la vue originale sur le site du Machu Picchu. Tout de même, j'ai préféré redescendre avec d'autres randonneurs espagnols, au cas où...

Vue depuis le mont Machu Picchu à gauche, et depuis le mont Putukusi à droite
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L'avion et les bus sont les meilleurs moyens de déplacements à travers le Pérou. Mais si vous avez un peu de temps, il existe un train entre Cuzco et Puno, l'Andean Explorer. J'ai opté pour ce train en 2009 pour me rendre de Cuzco au lac Titicaca.

Le trajet dure une dizaine d'heures, mais le train est aménagé de façon très luxueuse car il n'est qu'à usage touristique désormais. On y trouve un bar ainsi qu'un service de restauration service à sa place, très appréciable. Et surtout, le dernier wagon est dédié à l'observation du paysage, avec des bancs et de grandes ouvertures à 180° idéales pour les photographes !

Cuzco étant à 3400 mètres d'altitude, et Puno à 3800, en pratique le train gagne en altitude, bien qu'on ait l'impression de quitter les montagnes en partant de Cuzco. En s'approchant de Puno, le train arrive sur les grandes steppes arides, qui forme le début de l'Altiplano.

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Arrivé à Puno, je découvre le lac Titicaca, partagé entre le Pérou et la Bolivie. Il s'agit non seulement du plus grand lac d'Amérique du sud, mais aussi du plus haut lac navigable au monde (3820 mètres). Il suffit de monter les escaliers de l'hôtel en courant pour avoir une bonne piqure de rappel : on s'essouffle vite !

Le lac Titicaca comporte de nombreuses îles au mode de vie très traditionnel. Les plus surprenantes sont de loin les îles flottantes du peuple Uros. Elles sont construites à l'aide de roseaux, puis régulièrement recouvertes au fur et à mesure que les couches inférieures pourrissent dans l'eau.

Les îles du peuple Uros

Ma visite se poursuit avec l'île Taquile, dont les 2 000 habitants ne parlent que la langue quechua. On y trouve de nombreux artisanats traditionnels, et on a vite fait de se laisser tenter par un bonnet par exemple. Malgré le soleil apparent sur les photos, on est à 3800 mètres et il peut faire très frais dès que le soleil se couche !

L'île Taquile

La nuit, je la passerai chez des habitants de l'île Amantani, à quelques kilomètres de Taquile. On y dort presque à même le sol, sans chauffage, réveil avec le soleil ! 😀 Mais on y est très bien accueilli. Le soir, nous avons eu droit à des danses traditionnelles auxquelles nous avons pu nous joindre avec des costumes prêtés.

L'Île Amantani

Le lendemain, nous en profitons pour nous promener sur Amantani, où on ne trouve aucune route ni voiture. Le grand calme ! La bateau nous ramènera à Puno dans l'après-midi, marquant la fin de ces 2 jours au milieu du lac Titicaca.

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L'Altiplano est un immense plateau qui s'étend du Pérou à l'Argentine, incluant des régions de la Bolivie et du Chili, avec une altitude moyenne de 3300 mètres, ce qui en fait la région habitée la plus haute du monde après le Tibet. Si j'ai déjà eu un avant goût de l'Altiplano avec le train entre Cuzco et Puno, c'est surtout entre Puno et Arequipa que je garde les meilleurs souvenirs de paysage

La Laguna Lagunillas près de Puno, typique de l'altiplano : steppe aride et grands pics enneigés !

La traversée de ces grands espaces est longue et monotone, et pourtant cela vaut le coup de s'y arrêter : le grand calme qui y règne est reposant. C'est assez surprenant d'être parfois à près de 4000 mètres, en t-shirt tant le soleil réchauffe, malgré que la température moyenne soit de l'ordre de quelques degrés...

Troupeaux de vigognes (à gauche) et alpagas (à droite)

Malgré l'impression de désert, l'Altiplano n'est pas totalement inhabité et quelques relais permettent de faire une pause sur la route. Des troupeaux de vigognes et alpagas sont visibles aussi dès qu'on s'approche des points d'eau.

Traverser l'Altiplano, c'est aussi être entouré de nombreux volcans qui pointent à plus de 6000 mètres, comme l'Ampato (ci-dessous, 6288) et de nombreux autres pics isolés dans le désert.

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Avant d'arriver sur Arequipa, nous avons fait un détour par la région des grands canyons. Nous arrivons sur la ville de Chivay, qui marque l'entrée vers le canyon Colca. Chivay est connue entre autres pour ses sources chaudes. Les bains sont propres et bien aménagés, le cadre au fond du canyon superbe, et on vient vous servir une bière sans avoir à sortir de l'eau, que demander de plus ! 😀

L'arrivée sur la ville de Chivay

Le canyon Colca, long de 100 kilomètres, a une profondeur record jusqu'à 3 191 mètres ! En général, la profondeur est de l'ordre de 1000 mètres, ce qui est déjà beaucoup et donne à voir de magnifiques paysages. Le canyon accueille aussi de nombreuses colonies de condors, visible depuis un observatoire nommé Cruz del Condor.

Le canyon Colca est jalonné de nombreux petits villages qui méritent un arrêt, par leurs architectures et les paysages dans lesquels ils s'insèrent. On a toujours en perspective de grands volcans comme Coropuna ou l'Ampato, déjà aperçu depuis l'Altiplano.

Les églises des villages de Yanque et Pinchollo
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Mes deux voyages se sont terminés à Arequipa, la deuxième ville du pays avec près de 900 000 habitants. La ville se situe plus proche de l'océan, mais tout de même à 2300 mètres d'altitude. Plusieurs volcans sont constamment visibles depuis Arequipa, dont le Misti. En 2009, une secousse significative me rappela très concrètement l'activité sismique qui règne dans la région 😀

Le volcan Misti

L'architecture de la ville est très variée, riche en couleur et en lieu d'intérêts, comme la place des armes, la cathédrale ou encore le couvent San Catalina. La ville est très animée le soir pour faire la fête, ce dont nous avons bien profité pendant les quelques jours avant le mariage ! Après les grandes étendues désertes de l'Altiplano, retrouver une vie urbaine ne fait pas de mal 😀

La ville d'Arequipa

Malgré mes deux voyages, je suis loin d'avoir fait le tour du Pérou ! Je n'ai pas encore exploré la côte, le nord ou la région amazonienne par exemple. Il y a pourtant tant à faire dans les régions de l'Altiplano qui s'étend de Cuzco à Arequipa en passant par le lac Titicaca.

J'y reviendrai probablement un jour, probablement pour faire des treks dans la région des canyons ou vers la vallée sacrée. Je ne me lasse pas des paysages du Pérou qui mélangent tant de belles couleurs !

Couleurs typiques du Pérou : un peu de vert, de la steppe aride, de la neige, et un grand ciel bleu !