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Entrepreneur depuis une dizaine d'années, voyageur régulier, amateur de photo :)

Carnet de voyage

Au nord de l'Argentine

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Après quelques jours à Buenos Aires et un stop aux chutes d'Igazu, nous avons découvert le nord-ouest de l'Argentine, avec ses vallées incroyables et ses hauts plateaux.
Août 2016
16 jours
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Après avoir visité à deux reprises le Pérou, j'avais gardé un très bon souvenir des paysages andins. Pourquoi l'Argentine cette-fois-ci ? Buenos Aires m'avait fait très bonne impression lors d'un déplacement professionnel en 2014. J'avais envie d'y retourner en touriste, et c'est un bon point de départ pour explorer le nord de l'Argentine 😀

Bienvenue à Buenos Aires !

Conseil : l'Argentine est un si grand pays qu'il n'est pas conseillé de faire le nord et le sud lors d'un même voyage. Les distances sont immenses, et les saisons idéales sont à peu près inverses... Faites un choix, et profitez à fond du pays : pour nous ce sera le Nord 😀

Arrivés un jeudi matin à Buenos Aires, nous repartirons le samedi en fin de journée, soit presque 3 jours dans la ville. C'est suffisant pour se remettre du décalage horaire d'une part, et bien profiter de la ville d'autre part.

Au cœur de Palermo

S'il y a un quartier (appelé "barrio" à Buenos Aires) où n'importe quel européen se sentira comme chez lui, c'est bien Palermo. Grandes rues arborées, petites maisons de deux étages qui ont gardé leur cachet d'origine, nombreux espaces verts et bosquets : il fait bon vivre à Palermo. Tellement que le quartier est prisé depuis plusieurs années par les cafés branchés avec terrasses ainsi que les boutiques chic et tendances (de mode, de décoration ou même de vélos urbains pliants). Le soir, on y trouve tous les restaurants et bars pour sortir, notamment autour de la place Julio Cortazar, très animée.

Il fait bon se promener à Palermo, à pied ou en vélo !

Les grands parcs

L'autre avantage de résider à Palermo, c'est la proximité avec les grands parcs de la ville. On en compte au moins 4 grands au nord de la Plaza Italia, sans compter l'hippodrome et le golf tout proches. Ces parcs, dont les routes bitumées sont fermées aux voitures, sont très appréciés par les coureurs, rollers et vélos. Le plus grand, le parc Tres de Febrero, occupe plus de 80 hectares, soit 5 fois le parc Montsouris pour les parisiens! 😀

Couple dans le parc Tres de Febrero 

Le saviez-vous ? Ces grands parcs sont le travail d'un français, Charles Thays, un architecte paysagiste qui à partir de la fin du XIXème siècle fut en charge d'aménager pour la ville un grand nombre de places et parcs.

Jardin japonais, statues et grandes esplanades en fin de journée

Séduits par ces grands espaces urbains découverts en fin de journée, nous décidons de démarrer la journée suivante par la visite des Jardins botaniques et du parc Tres de Febrero (qui ferme le soir). Bien nous en a pris car ils sont superbes, même en fin d'hiver comme lors de notre visite.

Les parcs se rejoignent par de grandes avenues bordées elles-aussi d'espaces verts. C'est vraiment le poumon de Buenos Aires ! On y croise d'ailleurs beaucoup de promeneurs de chiens, signes d'une certaine aisance dans les quartiers avoisinants. 😀

L'avantage d'un hôtel à Palermo (dans notre cas, à Plaza Italia au nord du quartier), c'est qu'on est très rapidement dans le centre grâce à la ligne D du métro. Les touristes peuvent acheter une carte rechargeable à volonté pour payer chaque trajet. Autre avantage : la proximité de l'aéroport Jorge Newberry qui est utilisé pour les vols internes en Argentine.

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À proximité de Palermo, se trouve le quartier de Recoleta. On quitte l'ambiance bobos pour un quartier très chic. On y trouve les grands musées ainsi que de grandes avenues bordées de beaux immeubles qui ne dépareilleraient pas dans une capitale européenne ! S'y trouvent aussi de nombreux espaces verts, notamment dans le nord du quartier où il fait bon flâner.

Pause café dans un complexe près du cimetière de Recoleta 

Le cimetière de Recoleta

Le cimetière de Recoleta, c'est un petit peu l'équivalent de notre cimetière du Père-Lachaise. On y trouve plus de 4000 tombeaux de diverses personnalités d'Argentine : hommes politiques, artistes, personnages militaires, etc. La plus connue des européens est sûrement Eva Peron, dit Evita, célèbre femme du président Juan Peron. Sans forcément connaître les résidents, la promenade est intéressante car les caveaux rivalisent de grandeur et impressionnent par leurs ornements.

Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon,

Pauvres grands disparus gisant au Panthéon,

Pauvres cendres de conséquence,

Vous envierez un peu l'éternel estivant,

Qui fait du pédalo sur la plage en rêvant,

Qui passe sa mort en vacances.


Georges Brassens, Supplique pour être enterré sur la plage de Sète

Les musées de Buenos Aires

Si comme nous, vous avez malheureusement une journée couverte voire pluvieuse, pas de panique, Buenos Aires compte de nombreux musées intéressants !

Pour le premier, nous nous sommes rendus au Musée National des Beaux Arts (MNBA), dans un imposant bâtiment de la fin du XIXème siècle, proche du cimetière de Recoleta. Le rez-de-chaussée comporte des oeuvres internationales, surtout européennes, tandis que le premier étage est dédié à l'art argentin et son évolution à travers les siècles.

En se rapprochant de Palermo, on trouve le Musée des Arts Latino-américains de Buenos Aires (MALBA). Pas de chance, l'exposition permanente était fermée lors de notre passage, mais nous avons pu profiter d'une exposition temporaire sur l’œuvre de Yoko Ono. Je ne connaissais pas son travail artistique, mais j'ai apprécié l'exposition qui donnait accès à des œuvres très interactives et accessibles.

Enfin, nous avons terminé avec le musée Evita. Il s'agit du surnom de Eva Perón, épouse de l'ancien président Juan Perón. Le musée retrace sa vie en tant qu'artiste à l'origine, puis en tant que femme politique qui l'a hissée au rang de légende en Argentine.

Filmographie : pour se mettre dans l'ambiance avant le voyage, je vous recommande de regarder le film Evita, réalisé par Alan Parker en 1996. Le rôle d'Eva Perón est joué par Madonna, qui a repris pour l'occasion la chanson Don't Cry for Me Argentina.

Entre le MNBA et le MALBA, on trouve de grandes avenues et jardins qui sont très agréables à parcourir. Globalement, nous avons beaucoup marché dans Buenos Aires, notamment dans Palermo et Recoleta. D'autant plus qu'on n'a pas senti d'insécurité particulière, dans ces quartiers en tout cas. Il faut dire que la présence de nombreux policiers rassure quelque part.

Retour à l'hôtel par les grandes avenues au nord de Recoleta et Palermo
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Pour terminer cette visite de Buenos Aires, je vous propose deux quartiers très différents.

Le premier est Puerto Madero. Il s'agit de l'ancien port de la ville : située sur l'immense embouchure du Rio de la Plata dans l'Océan Atlantique, Buenos Aires constitue en effet le principal port du pays. Dans les années 1990, cet ancien port devenu quartier insalubre a été totalement réhabilité, comme on a pu le voir dans d'autres grandes villes. Il fait désormais bon se promener sur les larges quais, bordés de vieux bâtiments en brique qui abritent aujourd'hui de nombreux bars et restaurants. En face les grandes tours modernes d'habitations et bureaux ont totalement changé l'allure du quartier.

Le quartier de Puerto Madero 

Puis, nous allons dans le quartier de la Boca, véritable incontournable de Buenos Aires, même s'il n'est pas vraiment représentatif du reste de la ville. Située près du port d'origine de la ville, la Boca est un quartier haut en couleur, notamment dans la ruelle dite Caminito. Avec ses petits musées, ses terrasses et spectacles de tango, le quartier est très prisé des touristes et est devenu un incontournable des cartes postales. Le périmètre est somme toute petit, et il n'est pas conseillé de s'aventurer au delà, signe qu'il s'agit bien d'une petite enclave...

Le quartier coloré de la Boca 

Bon plan : juste à côté de la Caminito se trouve le musée d'art contemporain de la fondation Proa. Au dernier étage se trouve une terrasse bien sympathique avec une belle vue sur le port et la Boca.

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Après ces quelques jours dans la capitale, direction le nord du pays pour un incontournable du pays : les chutes d'Igazu, merveilles naturelles inscrites au patrimoine de l'UNESCO. Pour cette étape, nous logeons à Puerto Iguazu, la ville la plus proche côté argentin (à 18 km). La ville n'est en rien intéressante, si ce n'est de marché jusqu'à Hito Tres Fronteras, à la frontière entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay.

Le saviez-vous ? Les chutes (formées par la rivière Igazu) se trouvent sur la frontière entre l'Argentine et le Brésil. Plus en aval, à Puerto Igazu, le rio Igazu se jette dans le rio Parana. Cette embouchure forme la frontière entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay en face. Autant dire que vous êtes inondés de SMS vous indiquant un changement de frontière! 😀

Le parc est organisé en plusieurs circuits, auxquels on accède par un petit train (ou à pied pour les plus motivés). Nous avons commencé par le Circuit Supérieur, qui longe plusieurs chutes par le haut. Les chemins sont très bien délimités et protégés, et alternent souvent entre le calme de la rivière au milieu de la forêt, puis le vacarme des chutes.

Revenus à notre point de départ, nous empruntons ensuite la Circuit Inférieur, qui comme son nom l'indique, descend au pied des chutes. Le chemin commence en forêt le long du rio Igazu, avant d'arriver en bas des chutes pour littéralement prendre une douche! 😀 Là aussi, les chemins sont très faciles à emprunter.

Un parc très nature : pour ceux qui ont déjà visité les chutes de Niagara et leur côté "parc d'attractions", les chutes d'Igazu se trouvent dans un parc très préservé. Tout au long des randonnées, on est submergé par les chutes, avec peu de distractions commerciales.

Après une pause déjeuner, nous attaquons ce qui a été pour nous le clou du spectacle : le Garganto del Diablo. En forme de fer à cheval, ces chutes de 90 mètres de haut sont d'autant plus impressionnantes qu'une passerelle permet de s'avancer juste au dessus ! On mesure alors toute la puissance de ces chutes.

Il faut une bonne vingtaine de minutes pour traverser le rio Igazu jusqu'au Gargantua del Diablo, à travers de longues passerelles. On mesure alors l'immensité du rio Igazu, même si on a du mal à s'imaginer la masse d'eau que cela peut représenter. Heureusement, Wikipedia nous aide : jusqu'à 6 millions de litres d'eau par seconde dévalent ces cascades !

L'approche du Garganta del Diablo

Deux autres circuits (Sandero Macuco et l'île San Martin) étaient fermés lors de notre visite. Aussi consacrer une journée aux chutes côté argentin me semble justifié et fait une journée bien remplie ! Il est aussi possible de se rendre côté brésilien, pour avoir un autre panorama sur le Garganta del Diablo, mais tout faire dans la journée supposera de faire l'impasse sur certains circuits côté argentin.

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Quitte à prendre l'avion exprès pour les chutes d'Igazu dans la province de Misiones (2 heures de vol), nous souhaitions découvrir aussi ce qui a donné le nom à cette région : les missions jésuites. Nous avons donc fait l'impasse sur les chutes côté brésilien, et avons opté pour une excursion d'une journée vers les missions.

Un arrêt aux mines de Wanda

Sur la route des missions se trouvent les mines de Wanda. On y extrait de l'améthyste, une pierre fine précieuse de couleur violette très utilisée en joaillerie. Certaines géodes sont très imposantes et peuvent valoir plusieurs milliers d'euros. Il faut savoir que ce qui fait la valeur d'une pierre d'améthyste, c'est avant tout sa couleur : plus le violet est profond, plus la pierre coûte cher. La visite vaut un détour si vous faites la route entre Puerto Igazu et les missions.

La mission de San Ignacio

La province doit son histoire aux missions jésuites qui sont apparues à partir du XVIème siècle, avec pour objectif d'évangéliser les indiens Guarani de la région. En accueillant les indigènes dans ces communautés, les jésuites leur permettaient d'échapper à l'esclavagisme dans la région.

Filmographie : le film Mission, avec Robert de Niro, retrace très bien l'histoire de ces missions et des indiens guarani. Il comporte aussi de magnifiques prises de vues des chutes d'Igazu, parfaitement mises en valeur par la bande originale d'Ennio Morricone !

Le temps pluvieux n'a rien enlevé à la grandeur des lieux ! 

La plus grande des missions, celle de San Ignacio, est aujourd'hui à l'état de ruines, suite à l'expulsion des jésuites (expliquée dans le film) et aux ravages des guerres successives. Elle n'en reste pas moins impressionnante par la taille de la place centrale (jusqu'à 3 000 personnes ont résidé dans la communauté), et l'imposante façade de l'église, encore debout. Si nous sommes habitués à voir ce genre de monument en France, cela surprend au milieu d'une forêt tropicale !

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Le lendemain, nous prenons l'avion en direction de Salta, après une matinée repos. Au fur et à mesure du vol, les paysages changent : la forêt s'efface progressivement, les plaines de culture apparaissent puis enfin, à l'approche de la ville, on aperçoit les montagnes et leurs cimes enneigées. À nous la cordillère des Andes !

Conseil : le seul vol Igazu-Salta que nous ayons trouvé est vers midi, ce qui fait "perdre" une demi-journée (l'après-midi à Salta n'étant pas perdu lui !). Si vous voulez vraiment optimiser et ne faire qu'une journée aux chutes d'Igazu, faites plutôt un aller-retour depuis Buenos Aires.

Il n'y a pas que les paysages qui ont changé, le climat aussi. Finie l'atmosphère chaude et humide, place au temps ensoleillé, sec et frais ! Je me réjouis à l'avance de retourner sur les plateaux de l'altiplano, où on peut être seulement vêtu d'un t-shirt à 4 000 mètres! 😀

Salta, vue depuis le Cerro San Bernardo

C'est sous la domination des incas, descendus jusqu'en Argentine depuis leur capitale de Cuzco au Pérou, que la ville de Salta a pris son ampleur. On retrouve cette influence dès la place centrale 9 de Julio, carrée, typique des villes incas. Avec un demi-million d'habitants, Salta est la dernière grande ville du Noroeste, et un point de départ idéal pour explorer les merveilles de la région.

Nous logeons tout près de la place centrale 9 de Julio. Le centre est très animé, en terme de commerces, bars ou restaurants, et la ville ne manque pas de beaux monuments, comme la cathédrale de Salta ou l'église San Francisco. Ayant la journée de libre, nous sommes montés au Cerro San Bernardo, le sommet à près de 1 500 mètres qui surplombe la ville. Un téléphérique permet de s'y rendre, ou bien un chemin bien aménagé pour les plus motivés! 😀

Enfin, nous avons fait un détour par le MAAM (Museo de Arquelogia de Alta Montana) : s'il y a un musée à faire, c'est celui-là. Y sont conservées des momies d'enfants incas, retrouvées à plus de 6 700 mètres d'altitude!! Elles sont intactes et renseignent chercheurs et historiens sur le mode de vie de l'époque. Les incas sacrifiaient vivants ces enfants, pour vénérer les dieux des montagnes...

San Lorenzo, idéale pour des activités courtes

À quinze minutes du centre de Salta, au pied des montagnes, se trouve la ville de San Lorenzo. C'est un peu la banlieue chic de Salta, avec des belles maisons sur de belles avenues bien entretenues !

C'est aussi l'endroit idéal pour faire une activité à la demi-journée sans s'éloigner de Salta (on peut s'y rendre en taxi). Pour notre part, nous avons opté pour une randonnée à cheval à Las Lomas, un mont qui donne une belle vue sur Salta. L'office de tourisme propose aussi du trek, VTT, quad, rafting, kayak, etc.

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Pendant les six jours que nous avons passés dans la région de Salta, nous avons pu découvrir les spécialités culinaires du Noroeste. Autant le dire : on s'est régalés, et en plus, ce n'est pas cher ! Au menu : des tamales et humitas (maïs et viande cuits dans une grande feuille de maïs) ainsi que des locros (ragoût avec du maïs, des haricots et de la viande).

Et puis surtout, Salta est la capitale des empanadas ! Ce sont des chaussons avec différentes farces (viandes, légumes, etc.) qui sont grillés ou frits. Les saltenos en commandent des plateaux entiers en entrée ! Idéal aussi en cas de petite faim 😀

Côté restaurant, nous avons eu deux coups de coeur côté cuisine régionale : le Dona Salta à Salta, et le Aisito à Humahuaca.

Spécialités régionales de Salta : empanadas, tamales, locros, humitas  
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Après ces deux jours à Salta, nous avions hâte de découvrir les magnifiques paysages de la région. Nous avons commencé par le fameux Train des Nuages, une excursion incontournable qui peut se faire en un aller-retour depuis Salta. Pourquoi parle-t-on de nuages ? Car le train en question monte tout simplement à 4 220 mètres d'altitude !

La première partie de l'excursion consiste à se rendre à San Antonio de Los Cobres, à travers la Quebrada Del Torro qui offre déjà de belles couleurs dans ses paysages. Si autrefois le trajet pouvait se faire en train, aujourd'hui ce premier tronçon se fait par la route qui longe la voie ferrée. À Campo Quijano, une des anciennes locomotives est exposées, au début de la voie ferrée.

On traverse ensuite quelques villages comme El Alfarcito et Santa Rosa de Tastil, puis le col d'abri Blanca à 4 080 mètres. Là déjà, on ressent les effets de l'altitude, mais heureusement on redescend ensuite vers San Antonio à 3 780 mètres.

Conseil : il est possible d'opter pour un billet Bus+Train, au départ de Salta, avec un trajet en bus jusqu'à San Antonio de Los Cobres. Pratique si vous faites un aller/retour et que vous n'avez pas de voiture.

La route 51 vers San Antonio de Los Cobres 

C'est à San Antonio que débute réellement le trajet en train. Autrefois le train circulait entre Salta et le Chili, mais désormais il ne fait plus que le trajet entre San Antonio et le viaduc de Polvorilla qui culmine à 4 220 mètres. On est en plein dans les paysages désertiques et immenses de l'altiplano avec ces grandes steppes arides, ce qui m'a un peu rappelé le train entre Cuzco et Puno au Pérou !

Technique ferroviaire Le train marque un arrêt au niveau d'une ancienne mine : la locomotive qui jusque-là tractait le train, est accrochée à l'arrière, pour pouvoir le pousser dans la dernière montée vers le viaduc. Et de façon ensuite à repartir dans l'autre sens vers San Antonio.

Le train des nuages (Tren a las Nubes) 

Quand le train arrive sur le viaduc, c'est très impressionnant (ne serait-ce que parce qu'il est légèrement incliné vers le vide...). Une pause est marquée pour pouvoir descendre et marcher, ou tituber pour certains tant l'altitude (4 220 mètres) se fait clairement ressentir. Heureusement, le personnel est bien équipé en bouteilles d'oxygène en cas de malaise, cela rassure !

San Antonio de los Cobres 

De retour à San Antonio, nous faisons une pause déjeuner bien méritée après tant d'émotions, et en profitons pour faire un tour de la ville. Comme au Pérou, je suis toujours fasciné à l'idée d'être monté à plus de 4 000 mètres d'altitude, et de sortir en T-shirt sous un beau soleil! 😀

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Le lendemain, nous sommes repartis de Salta en voiture vers le nord, direction Salinas Grandes ! Il s'agit d'un salar, c'est-à-dire un désert de sel au milieu de l'altiplano. L'Argentine compte d'autres salar plus grands, et les plus beaux sont probablement en Bolivie. Nous n'avions jamais vu de salar, donc Salinas Grandes nous en a mis plein la vue !

La route vers Salinas Grandes 

Pour s'y rendre, la route en lacets en met plein les yeux aussi ! Elle mène au col de Potrerillos à 4 170 mètres, une broutille! 😀 Nous sommes désormais bien acclimatés à l'altitude, et je n'en ressens pas les effets même en conduisant (heureusement...). Passé le col, les paysages n'en sont pas moins impressionnants, et le salar est en vue...

Un salar, c'est un lac salé qui s'est évaporé au fil du temps faute d'être alimenté en eau, laissant apparaître une épaisse croûte de sel. Celui de Salinas Grandes est exploité pour du sel courant, mais d'autres comme Uyuni en Bolivie sont exploités pour le lithium. Salinas Grandes mesure plus de 200 kilomètres carrés, sur un plateau à 3 500 mètres d'altitude, entouré de hautes montagnes comme Chani à près de 5 900 mètres.

Des bancs sont réalisés en bloc de sel, ainsi que certains bâtiments d'exploitation 

Le blanc est vraiment aveuglant au fur et à mesure que l'on s'avance sur le salar. Naturellement, le sol est découpé en héxagones, dus à la structure des cristaux de sel. Par endroit, on trouve des petits lacs dont l'eau est d'un bleu qui tranche avec le blanc du sel. De même sur les exploitations de sel en ligne. Un régal pour les photographes! 😀

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Après cette découverte d'un salar, nous avons fait route en fin de journée directement vers Humahuaca, plus au Nord, où nous avons passé la nuit. L'idée étant le lendemain de revenir vers Salta, en s'arrêtant sur chaque lieu majeur de la Quebrada de Humahuaca, réputée pour ses paysages colorés.

Humahuaca

Le matin, nous sommes réveillés au bruit de grosses caisses et de feux d'artifices. Que se passe-t-il ? Alors que nous marchons vers la place principale, nous découvrons un rassemblement avec une parade costumée, une fanfare, et une procession pour célébrer Santa Maria. On ne s'attendait pas à ça, quelle ambiance !

Un réveil haut en couleur à Humahuaca ! 

Avant de partir explorer la Quebrada, une fois le calme revenu, nous faisons un tour du village très sympa ! À presque 3 000 mètres, l'air est frais dans les petites rues pavées de Humahuaca. Au centre se trouve la cathédrale et le Cabildo (la municipalité), et tout proche un monument à la gloire de l'indépendance.

En route vers Tilcara

Si la matinée fut riche en couleur à Humahuaca, autant dire que les paysages sur la route jusqu'à Tilcara ont placé la barre encore plus haute ! La tentation de s'arrêter tous les 500 mètres pour faire une photo est forte. 😀 C'est ce qu'on était venu chercher en Argentine, et on a été gâtés !

Le village de Uquia 

Notre premier arrêt est au village Uquia, entouré de montagnes d'un rouge flamboyant. Comme si cela ne suffisait pas, le cimetière est lui aussi très coloré ! Puis, au fur et à mesure de la route, le rouge se complète avec de l'ocre, du jaune, associé au vert des arbres. Incroyable !

Paysages de la quebrada de Humahuaca 

Tilcara

Arrivés à Tilcara où nous avons fait une pause déjeuner, nous avons débuté l'après-midi par la visite du musée d'archéologie, qui fait une bonne introduction avant de se rendre à Pucara. En haut d'un mont qui domine la vallée, Pucara est un village fortifié de l'époque Inca. La particularité est qu'il a été restauré, de telle sorte qu'on comprend mieux l'organisation et la vie dans un village incas.

Pucara offre une belle vue sur une montagne bordeaux et verte. 

La palette de couleurs

En repartant de Tilcara, on arrive rapidement sur un des paysages de cartes postales de Humahuaca : la Paleta del Pintor, littéralement la palette du peintre. Elle résume bien à quel point cette vallée offre des couleurs incroyables, du vert au bordeaux en passant par l'ocre. Et ici, elles ne font pas que s'empiler, elles ondulent sur plusieurs centaines de mètres, en dents de scie.

La Paleta del Pintor 

Purmamarca, la merveille de la quebrada

En se rendant la veille à Salinas Grandes, nous avions déjà eu un aperçu de la merveille qu'est le village de Pumamarca. À peine engagés sur la route qui monte à Salinas Grandes, on arrive devant une vraie carte postale. Toujours ces couleurs, on ne s'en lasse pas! Avec cette fois-ci un vert encore plus prononcé qu'aux alentours de Humahuaca.

Bienvenue à Pumamarca ! 

En y repassant le lendemain, nous nous sommes arrêtés pour faire le Camino de los Siete Colores, qui comme son nom l'indique permet d'apprécier la diversité des sept roches qu'on peut trouver dans la quebrada. C'est vraiment un condensé de ce que l'on a pu voir au cours de cette excursion. Chose amusante, on retrouve dans le lit de la rivière les différentes roches, ce qui permet de faire un petit patchwork! 😀

Minerais polychromes. Ces couleurs sont dues aux roches présentes dans la montagne :

- le rose est un mélange d'argile rouge, boue et sable

- le blanc est issu d'un calcaire

- le marron violacé provient d'une roche riche en plomb et carbonate de calcium

- le marron sombre est issu d'une roche avec du manganèse

- le rouge vient d'une roche riche en fer

- le vert provient d'une roche riche en cuivre

Le temps se couvre, mais les couleurs de Purmamarca sont bien là ! 
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Après avoir visité la quebrada de Humahuaca, notre idée était de redescendre au sud de Salta, puis de s'engager sur la route 33 en direction de Cachi. Cette route traverse la Quebrada Del Escoipe, puis la Cuesto del Obispo, une côte de 1 200 mètres de dénivelé.

Plus on remontait la vallée, plus les paysages blanchissaient du fait du givre, et c'est devenu vraiment blanc en attaquant la fameuse cote. Seul hic : la piste aussi est devenue totalement verglacée, et voyant même les locaux équipés de grands 4x4 faire demi-tour, nous n'avons pas vraiment eu le choix que d'en faire autant.

Il y avait quelque chose de fascinant à découvrir ces paysages sous le givre, couverts de blanc, mais dont on devinait par endroit les couleurs sous-jacentes. Nous avons aussi appris du coup que les grands cactus de la région résistent très bien au froid. Appelés cordon, ils vivent jusqu'à 300 ans, et résistent jusqu'à -12° et on en trouve à près de 4 000 mètres d'altitude !

Prudence Nous nous sommes trouvés face à un éboulement récent sur la route. Alors qu'on s'apprêtait à emprunter le contournement, une grande pierre (dans les 50 cm de diamètre, sans être marseillais...) a dévalé le flanc de la montagne et nous est passée juste devant. Une belle frayeur qui nous a bien refroidis...

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Face à ce mauvais temps, nous avons donc changé notre programme, et nous nous sommes rendus directement à Cafayate, notre dernière étape au sud. Si le soleil est revenu une fois arrivés à Cafayate, le froid lui est toujours là et nous a joué des tours.

Le froid a en effet rompu des câbles électriques, et toute la vallée de Cachi et Cafayate s'est retrouvée privée de courant. La ville fonctionnait partiellement sur des générateurs électriques, alternant les rues toutes les 3 heures. Le souci : impossible non plus de retirer de l'argent, et on s'est vite retrouvés sans espèces :/ Nous avons pu retirer le lendemain dans un petit village par chance, mais je retiens la leçon : toujours garder un peu d'espèces de côté, au cas où. 😀

Les vignobles dans la région de Cafayate

La ville est connue pour ses vignobles, même s'ils ne sont pas aussi célèbres que ceux de Mendoza. On trouve ainsi de nombreuses Bodegas (caves de vignerons) proches de la ville, et il est facile de louer un vélo pour s'y rendre et profiter du paysage entre vignes et montagnes. Nous en avons visités deux : la première, très industrielle (production de vins de table, ils sont même équipés d'une chaîne Tetrapak !) est la Finca Animana dans la ville d'Animana. C'est la plus ancienne bodega de la région, et la visite est très intéressante. La seconde fut la Bodega Etchart, fondée par des français en 1850, désormais propriété de Pernod Ricard. Amateurs de malbec, vous allez être servis !

La Quebrada de las Flechas

Le lendemain, n'ayant pas pu nous rendre à Cachi depuis Salta, nous décidons de remonter la vallée jusqu'à Angastaco pour visiter la Quebrada de las Flechas. On y trouve d'étranges formations géologiques, en forme de points ou de flèches, toutes inclinées. Les paysages sont arides et désertiques, et la route assez éprouvante si vous n'avez pas de 4x4... Mais les paysages en valent largement la peine ! On retrouve par endroit les variations de couleurs, avec des pointes de vert ou d'ocre.

La Quebrada de las Flechas 

Los Medanos

À quelques kilomètres de Cafayate (sur la route en direction de Salta) se trouvent Los Medanos, une formation de dunes. Le blanc du sable tranche avec les arbustes qui résistent et les montagnes rouges au fond. Une belle promenade si vous avez une heure devant vous avant de repartir !

La Quebrada de las Conchas

Nous avions traversé la Quebrada de la Conchas à l'aller, mais sous un mauvais temps qui limitait le spectacle. À notre retour en direction de Salta, nous avons pu mesurer toute la grandeur de ces paysages. On ne pouvait pas rêver mieux pour notre dernier jour dans le Noroeste.

En choisissant d'aller en Argentine, j'avais envie de revoir les paysages de steppes de l'Altiplano. Là, on a plutôt l'impression de s'être perdus dans le Nevada ou l'Arizona aux USA! 😀 Autant dire que la surprise fut grande de trouver ces paysages-là en Argentine.

La vallée est immense, et il n'est pas rare d'y entendre braire près de la rivière des ânes sauvages, ou d'y observer de grands rapaces. On y trouve quelques curiosités géologiques, dont le Garganta del Diablo, où l'on ne sait plus si on regarde en haut ou en bas, par effet d'optique.

La Quebrada de las Conchas 

Après cette incroyable traversée de la Quebrada de las Conchas, nous avons rejoint Salta, puis Buenos Aires où nous avons passé la nuit et la matinée, et avons repris l'avion pour Paris. Avant de partir, nous nous sommes tout de même fait plaisir avec une bonne viande et un bon vin argentin (du malbec, évidemment !), au restaurant El Mirasol à Buenos Aires.

Ceux qui me connaissent se doutent que je ne suis pas reparti les valises vides 😀 Outre les malbecs de la Bodega Etchart à Cafayte, j'ai ramené aussi deux bonnes références de vins argentins : la Bodega Zapata et le D.V. Catena Zapata, des malbecs produits à Mendoza.

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Ainsi se termine ce voyage en Argentine. Le pays étant immense, nous avions pris le parti de ne faire que le nord, et ce fut un bon choix. Il y a tellement à voir, même en quinze jours. Entre la capitale très diverse, les chutes d'Igazu et la région de Salta qui en met plein les yeux, pas de quoi s'ennuyer.

Ce voyage a un peu plus renforcé mon attrait pour les Andes. Le plus dur sera de choisir où aller pour un prochain voyage en Amérique du Sud 😀 Revenir en Argentine, mais plus au sud, ou bien explorer le Chili ou la Bolivie, ou pourquoi pas retourner au Pérou... C'est sûr, on reviendra en tout cas !