Carnet de voyage

America del Sur : Lima - Ushuaïa à bicyclette

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 avec 
3 participants
Nous sommes 4 compagnons partageant le goût du voyage et du défi sportif, à la découverte des pays andins de Lima à Ushuaïa, à vélo pendant 4 mois en complète autonomie sur routes comme sur pistes.
31 octobre 2018 au 28 février 2019
121 jours
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Publié le 18 novembre 2018

Jeudi 15 novembre, de Uripa à Andahuaylas

Nous repartons ce matin dans un col, le dernier (provisoirement) de la série des plus de 4000m, qui nous a bien "rincés" hier depuis le rio Pampas, tout au fond de la vallée, jusqu'à notre ville étape d'Urita à mi-parcours. C'est l'addition de pourcentages élevés sur les premiers kilomètres de montée, du 10 et 11% fréquents, d'une météo pénible, chaleur lourde sans le moindre souffle d'air, mais aussi probablement de la répétition d'efforts qui finissent par user les organismes. Cependant nous restons très motivés et toujours impatients le matin de reprendre la route. De plus un petit vent agréable balaie la montagne et, à plus de 3000m d'altitude, nous respirons beaucoup mieux que la veille. Cette fois encore nous ne serons pas déçus par la démesure des paysages que nous découvrons au fur et à mesure que nous nous élevons. Jusqu'à 4000m beaucoup de terres sont cultivées et la nature, bien travaillée par l'homme mais aussi correctement pourvue en eau, se montre généreuse. Entre 4000 et 4500m nous entrons dans des zones de pâturage étendues où se côtoient troupeaux de moutons, d'alpagas et de vaches ou même élevage de chevaux.


Nous laissons Uripa derrière nous,


mais les petites exploitations nous accompagnent encore un bon moment 


Progressivement les paysages changent et se transforment  en vaste étendues de pâtures


Grimper un col interminable dans un tel décor, c'est magique !


Néanmoins on apprécie tous , une fois le col franchi après plus de 3h d'efforts, de pouvoir récupérer dans la descente.


on profite encore un peu du décor, sans perdre la route des yeux…



1500m plus bas on se regroupe avant de rejoindre notre hébergement à Andahuaylas

Vendredi 16 novembre, autour d'Andahuaylas

En attendant le bus de nuit qui doit nous permettre de rejoindre en 8 heures la petite ville d'Anta, proche de Cusco, nous décidons de passer la journée de vendredi en excursion dans les environs d'Andahuaylas. Nous irons en vélo, sans nos sacoches, jusqu'à la laguna de Pacucha puis de là, à la forteresse de Sondor, haut lieu de la culture Chanka, qui a précédé les Incas d'environ 1 siècle (1300 de notre ère). Nous passons une journée superbe, en partie au bord d'un très grand lac d'altitude (3100m), très belle villégiature de citadins aisés, mais aussi dans une petite vallée d'Eden agricole, peuplée de descendants Chankas, non moins privilégiés par leur cadre de vie que leurs congénères de Pacucha. Tout cela sous la protection d'un site historique bien conservé, une pyramide de pierres jouissant d'un panorama sublime.


la laguna de Pacucha et son petit port de plaisance


A votre santé, vous tous qui nous suivez dans nos aventures daltonesques !


A pied, une fois n'est pas coutume, à la découverte de la forteresse Sondor


L'impressionnante pyramide
jouissant d'une situation exceptionnelle


On les sent bien, même sans leur vélo


Sur l'autre versant la très belle vallée Chanka



Au retour en fin de journée, c'est une vraie palette de couleurs qui s'offre aux yeux éblouis


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Publié le 16 novembre 2018

Ocros à Uripa, mercredi 14 novembre 65km

Sur le papier, cela devait être une étape de transition. Mais après la rude journée de la veille, les organismes sont encore bien meurtris au petit matin. Une visite au dispensaire médical (sans rapport avec les organismes meurtris, qu'on se rassure !) du village d’Ocros pour diffuser notre message de prévention sur le diabète nous permet de constater encore une fois que le Pérou est bien concerné par ce problème de santé publique, notre démarche est bien reçue !

Après un petit déjeuner traditionnel (soupita de pollo, thé, café, jus de fruit), nous voilà partis. Une bonne vingtaine de km de descente tranquille pour en terminer avec l’abra Huamina nous permet de rejoindre la vallée du Rio Pampas à 2000m. Ensuite une longue remontée de vallée nous attend, pour s’engager dans le col suivant, l’abra Saracchoca (4200m) et faire escale à mi-pente dans la petite ville sympathique d’Uripa (3200m). La chaleur et la moiteur de la vallée sont pénibles. Nous sommes littéralement dévorés par de minuscules moustiques sur les jambes et les autres parties du corps découvertes. Le repas de midi constitué de produits locaux (avocats, mangues, citrons verts, …) excellents ! suivi d’une sieste peu réparatrice, perturbée par les moustiques, avant de reprendre une ascension difficile avec pentes. L’hôtel trouvé au centre ville d'Uripa, plazza de Armas, est de bonne qualité et très apprécié. Un bon repas et la nuit font le plus grand bien aux Daltones.

Affiche de sensibilisation sur la façade du dispensaire


Nous quittons un pueblo accroché à la montagne pour rejoindre la vallée de Pampas


la vallée et ses flancs sont très cultivés


Bientôt en bas, nous ne tarderons pas longtemps avant de reprendre de la hauteur
Cette nouvelle vallée se donne un petit air Suisse, non ?


M plein cadre (de vélo !)


Soupita à l'œuf (entier !) arrosé d'un vin péruvien bien sucré, Cumpleaños feliz Juan !
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Dimanche 11 et lundi 12 novembre, Ayacucho - Mardi 13, de Ayacucho à Ocros

Notre arrivée dimanche en début d'après-midi à Ayacucho, après une longue descente qui nous fait traverser quelques quartiers pittoresques de la cité, est des plus tranquilles. Le centre ville, dimanche oblige, est interdit à la circulation automobile. Profitant de l'aubaine, les promeneurs, la plupart en famille, ont envahi les rues qui bordent la Plaza de Armas, là où se trouve notre hôtel. Nous nous glissons doucement dans le flux, malgré nos grosses montures, pour arriver sans difficultés au pied du Via Via hôtel, établissement dans lequel nous nous installons pour 36 heures les plus agréables qui soient. Notre programme (dans cet ordre) : se connecter avec nos familles pour échanger des nouvelles, se restaurer, donner notre linge sale à laver, se reposer, faire l'entretien de nos vélos et trouver un pneu neuf de rechange, enfin découvrir la ville. Tout sera fait en temps voulu, en mettant un soin tout particulier au choix des divers cantinas, pour changer un peu de la (déjà) routinière supita nouilles et poulet !

Il en ira tout autrement lors de notre départ de la ville, le mardi suivant. Malgré l'heure encore matinale, il est à peine 8h, les rues du centre sont déjà surchargées de voitures, de bus et de deux-roues pressés de se faufiler dans le trafic. Très clairement nos 4 vélos, lents, encombrants, peu maniables et cherchant leur route qui plus est, ne sont vraiment pas du goût de tous ces conducteurs que nous retardons bien malgré nous. Et ils nous le font savoir à coups de klaxon impérieux, d'intimidations, voire s'ils pouvaient nous rouler dessus certains le feraient même assez volontiers ! Ajoutez à cela l'état de la chaussée (nous roulons les yeux rivés au sol pour en éviter toutes les chausse-trappes, trous, gravats, grilles d'égout dans lesquelles pourraient se ficher nos roues, pièces métalliques ou ferrailles, etc.), le peu de cas apporté au respect du code de la route et la pollution qui nous prend à la gorge, bref nous n'aspirons qu'à disparaître au plus vite de cet enfer citadin.

Dès les premiers faubourgs la route s'élève fortement, or nous savons trop bien ce qui nous attend : sur notre parcours, au kilomètre 62 de la route de Cuzco, se dresse un col à 4400m, l'abra Huamina, suivi d'une descente vertigineuse qui doit nous ramener à l'altitude 1850m. Bien plus tard, gagnés par la nuit après une ascension de 1750m et 103km parcourus, nous serons contraints d'arrêter provisoirement notre descente et de trouver un hébergement dans le petit village d'Ocros.


Vue de notre hôtel, un dimanche bien tranquille sur la Plaza de Armas d'Ayacucho


L'atelier des Daltones dans une partie du patio de l'hôtel, une habitude en somme!


Un centre historique très plaisant


Les montagnes enserrant la ville au soleil couchant, un spectacle de toute beauté


Vue d'au-dessus, la piste de l'aéroport paraît s'enfoncer à l'intérieur de la ville


Quittant des paysages agricoles, la route, en s'approchant du col, traverse une nature désertée, sans culture ni pâture


l'autre versant du col, à 4400m


A l'horizon le spectacle est magnifique, la route pour une fois impeccable


La journée a été très longue, il faut encore filer avant la nuit
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Vendredi 9 Novembre, de Castrovirreyna à Pilpichaca

Notre décision de passer une deuxième nuit à l'altitude 3700m s'avère la bonne. Nous avons tous mieux dormi (à l'exception de Michel qui mettra à profit le café du petit déjeuner pour reprendre des couleurs) et nous sommes d'attaque pour les trois journées capitales qui se présentent à nous en cumul d'ascensions. Excusez du peu, nous allons successivement :

- monter à 4550m au niveau de deux grands lacs d'altitude puis redescendre à 3700m passer la nuit (Pilpichaca).

- ensuite le lendemain redémarrer de Pilpichaca par une courte descente jusqu'à la jonction avec la route principale pour Ayacucho à 3900m et de là, remonter à 4746m au col d'Apacheta avant de redescendre fortement chercher un hébergement sur le parcours (Arizona).

- enfin le troisième jour continuer brièvement à descendre jusqu'à 3200m pour mieux remonter au col suivant à 3850m et basculer enfin sur Ayacucho 1000m plus bas, ouf !

Vous m'avez suivi ?

Mais ne brûlons pas les étapes. Pour l'instant nous sommes vendredi, il n'est pas encore 8h et nous quittons Castrovirreyna par une très sèche montée de 1,7km qui nous prend à froid en nous coupant littéralement le souffle. Voilà qui commence bien ! Heureusement après une nuit pluvieuse, le soleil est au rendez-vous et (effet de la pluie ?) l'air est saturé de l'odeur des eucalyptus qui poussent en nombre autour du village. Progressivement la pente se fait moins forte et nous prenons un bon rythme, à tel point que nous ne mettons, chargés, pas plus de temps à atteindre le hameau de Pacococha que nous n'en avions mis la veille sur nos vélos sans sacoches. Nous grimpons depuis 2h, la journée risque d'être longue, nous nous accordons une courte halte pour avaler un thé chaud bien sucré et un ou deux biscuits. Nous faisons également le plein d'eau. La petite route continue à grimper, nous voyons nombre de troupeaux se déplacer dans une très vaste estive au cœur des montagnes, à la recherche d'une herbe aussi rare que rase. Troupeaux de moutons gardés par des bergères qui filent la laine tout en marchant derrière leurs bêtes, vaches moins nombreuses et plus sédentaires mais surtout troupeaux d'alpagas en quantité, surveillés par quelques bergers motorisés. Est-ce le privilège de l'homme ou bien n'est-ce pas plutôt les distances parcourues par l'alpaga qui obligent le berger à s'équiper de la sorte ? L'homme que nous avons interrogé n'avait que 60 bêtes et pas de chien. Enfin nous arrivons au niveau des lacs, à plus de 4500m. Ce sont deux très grandes étendues d'eau distantes d'une dizaine de kilomètres, toutes deux très bien équipées pour l'élevage de truites, spécialité reconnue et appréciée de la région. Une autre surprise nous y attend. Curieuses autant que timorées, les vigognes sont là, à bonne distance de nous, perchées élégamment sur les rochers qui bordent la route. Quelles sont belles avec leurs longs poils et leurs petites têtes en pointe, parfois elles poussent de petits cris qui font penser qu'elles sifflent ! Elles courent en bande dans le lointain, rapides et agiles à franchir les obstacles. Plus tôt dans la matinée nous avions vu les plus hauts sommets environnants couverts de neige, alors même qu'il n'y en avait pas la veille. En contournant le deuxième lac nous pouvons maintenant toucher la neige sur les bas-côtés. Nous roulons depuis 5h, il est temps de trouver dans le tout petit bourg de Santa Ines, une cantina qui saura nous préparer la truite grillée dont nous rêvons pour notre déjeuner ! Dehors le temps a changé, le ciel s'est très nettement obscurci, l'orage monte rapidement de la vallée. Nous avons juste le temps de protéger nos sacoches et de mettre les vélos à l'abri, pendant plus d'une heure un orage de pluie et de grêle va nous contraindre à prendre patience avant de pouvoir repartir, dans la descente cette fois-ci. Il fait à peine plus de 2°, la route devenue piste est détrempée, nos vélos sont très vite couverts de terre, les rares véhicules que nous croisons nous aspergent copieusement. Très prudemment nous parcourons le trajet qui nous ramène à l'altitude ciblée pour la nuit, bien en-dessous de 4000m, qui correspond au village de Pilpichaca. Là nous trouvons un toit pour la nuit, une brosse et une bassine d'eau pour nos vélos, une cantina pour une soupe chaude de nouilles au poulet. Vite au lit !


Hasta luego Castrovirreyna !


les cyclistes et les alpagas, au cœur de la montagne andine


La bergère file ou tricote en suivant ses moutons, au loin le 1er lac apparaît


Patrice aperçoit les vigognes


La neige a couvert les sommets mais rien n'arrête nos Dalton (ah si une truite!)



Après la neige, c'est la boue qui rend la piste glissante

Samedi 10 novembre, de Pilpichaca à Arizona

Au réveil le ciel est tout bleu, le soleil pointe au dessus de l'horizon, il fait encore un peu frais, une dizaine de degrés tout au plus. Il n'est pas encore 6h

Le petit déjeuner, soupe de poulet aux nouilles permet de démarrer bien « chargés» en vue de notre défi. Dans cette soupe qui sera notre petit déjeuner quotidien tant que nous serons loin des villes, on trouve : des légumes, des nouilles ou du tapioca ou d’autre chose de cette consistance, un demi œuf dur si on a de la chance et un morceau de poulet, parfois un bon, parfois un pas bon ! alors, « soupe de nouilles au poulet » ou « soupe de poulet au nouilles », c’est comme on veut, ça permet de changer !

Avec un peu de chance, on peut y ajouter un jus de fruit frais, ananas, papaye, mangue, banane, les fruits ne manquent pas et nous les apprécions.

Nous avons aussi du thé. Pour le café il nous faudra souvent l’apporter nous même (lyophilisé) pour en avoir.

Nous mangeons aussi un peu de pain, mais celui-ci n’a rien à voir avec celui que nous connaissons. Christian dont l’appétit n’est pas une légende sera en manque souvent …

Mais fini le petit-déjeuner, aujourd’hui nous défions le point haut de notre aventure, l’Abra Apacheta à 4746 m.

Après une courte descente (6km) pour rejoindre la route principale d’Ayacucho, nous franchissons une première bosse, puis une descente qui nous ramène à 3900m avant d’attaquer la dernière montée dans une vallée impressionnante de couleur. Troupeaux d’alpagas, de moutons et même quelques vaches (à 4500m d’altitude !)

Jean-Marc est en pleine forme, loin devant, Christian ne semble pas souffler. Patrice et Michel en bavent ! mais quelle joie et quelle chance d’être à ce col qui sera sans doute le point haut de passage à vélo de notre aventure et peut-être même de notre vie (même s’il y a des cols encore plus haut par loin d’ici, plus de 5000m)

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous le commentaire du Guide Vert :

"l'Abra Apacheta, l'un des cols asphaltés les plus hauts du monde, où les rochers aux couleurs arc-en-ciel répondent aux eaux violettes de la rivière"

Peut-être que notre rédacteur a quelque peu abusé de la feuille de coca, mais ce n'est pas si loin de la réalité !

La descente est très correcte sur 28km, mais les camions roulent à fond et on croise des villages ou les chiens sont vraiment pénibles et courent à côté des vélos, c’est dangereux.

Grosse désillusion en cherchant un logement à l’endroit prévu, c’est sale et ne fait pas envie du tout pour célébrer notre performance. Nous continuons à descendre avec la nuit, les conseils que nous prenons sont tous faux … sauf le dernier, mais il nous aura fallu faire 30km de plus ! soit une journée à 103 km…

L’hébergement est dans une station d’essence (grifo) , pourrie, sale, salle d’eau indigne sentant la merde et le rat, jonchée de crottes de rat. Douche froide, utile malgré tout. Le tout combiné avec des bruits toutes la nuit : chiens en quantité, camions descendants à fond ou pire s’arrêtant pour faire le plein en klaxonnant pour réveiller le proprio.

Pas vraiment "Arizona dream"!!

Reprise de la descente vers la grande route d'Ayacucho 


Ces magnifiques paysages vont nous habiter très longtemps
C'est parti pour une longue ascension, le col est au bout…
Les regards convergent, jaugent les difficultés à venir


Tout au fond et presqu'en haut à droite, le col !
Rencontre inattendue mais au moins sans gaz d'échappement


On avance, on avance…on s'enquière de la distance encore à couvrir
Vers le haut ce qu'il faut encore grimper, vers le bas ce que l'on vient de parcourir


le panneau du col après ce dernier gauche,droite


le bonheur partagé entre copains qui en ont bien bavé, on l'a fait !
La descente du col, la récompense

Dimanche 11 novembre, de Arizona à Ayacucho

Au matin, nous repartons de notre gîte d'infortune à la station service pour une montée (D+700m) et une descente d'une quarantaine de km seulement avec la ferme intention de trouver un hôtel correct pour deux nuits à Ayacucho. Il nous faudra aussi de la connexion internet qui nous a trop manqué ces derniers jours pour envoyer des nouvelles rassurantes. Tout à notre "exploit" de la veille nous ne musardons pas dans la montée du col du jour et attaquons même la descente pied au plancher. Il nous faut plus d'une demi-douzaine de kilomètres pour réaliser que Michel n'est plus là, au contact. Après quelques minutes d'attente, plus aucun doute, il lui est arrivé quelque chose pour être autant retardé. Un bref appel téléphonique grâce à nos puces Movistar, l'opérateur local, et nous voilà renseignés (et rassurés). Michel a crevé, a changé la chambre à air mais... il n'a pas de pompe ! Tu pousses le bouchon un peu loin, Michel !

Rapidement Jean-Marc défait ses sacoches et le voilà rebroussant chemin vers son infortuné copain, la précieuse pompe bien calée dans son emplacement sur le vélo. Le SAV Bertier toujours prêt 24/24 !

Moins d'une heure plus tard nous voici à nouveau tous regroupés, en mesure de rallier Ayacucho dans les délais les plus brefs, la ville se présentant sous nos yeux au fond de ce qu'il nous semble être une immense cuvette. Impression trompeuse tant les rues de la cité, une fois dans la place, se révèlent escarpées dès que l'on s'aventure au-delà des limites du (petit) centre historique. Mais qu'à cela ne tienne, nous trouvons un bel hôtel très central, Plaza de Armas. Une chambre pour 4 nous suffira. Après ce que nous avons connu c'est le grand luxe. Eau chaude, laverie, Wi-Fi, restaurant de qualité, cet hôtel ne manque de rien. Nous y passerons deux nuits, suffisamment pour se refaire des forces et pour consacrer quelques heures à la visite de la ville. Sans compter le temps passé à trouver un pneu neuf pour remplacer celui de Michel, hors d'usage pour la suite du voyage.

Dès le départ d'Arizona nous quittons la vallée
les jambes tournent à plein régime


et pourtant ça grimpe encore bien !


les habitations le long de la route sont précaires, quelques parcelles sont travaillées


le col, on bascule vers la grande ville loin en contre-bas, laissant les paysans à leur dur labeur


Michel victime du "coup de la pompe" 


Ayacucho, terre promise !










































































































































































Au matin, nous allons repartir pour une montée (D+700) et une descente pour une quarantaine de km seulement avec la ferme intention de trouver un hotel correct pour deux nuits à Ayacucho. Il nous faudra aussi de la connexion internet qui nous manque pour propager des nouvelles rassurantes.



































































































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Dimanche 4 novembre, nous avons réellement démarré notre road trip, cela nous démangeait d’enfourcher nos vélos pour une véritable étape, nous sommes partis très tôt de PISCO, par des petites routes pas toujours très carrossables, nous avons alterné, les chemins de pierre, avec le sable, et la terre, avec à notre gauche le lit du fleuve, et à notre droite de magnifiques dunes de sable, et des plantations d’agrumes, des vignes, et des cultures maraîchères, qui poussent pratiquement dans le sable, après un petit détour pour aller admirer l’oasis de Meron, nous avons gouté à la cuisine locale, une bonne soupe que chacun a apprécié, et un plat de poisson avec du riz et des haricots, petite étape touristique aux ruines de Tampo Colorado, petit retour en arrière pour trouver un hebergement à Humay .


Premiers tours de roues, premiers étonnements


La dune, irréelle, borde le lit du rio Pisco


La laguna Meron sous la dune imposante


le site Inca de Tampo Colorado

Lundi 5 Novembre, de Humay à Ticrapo

Levés tôt nous sommes vite prêts et, dès le petit déjeuner avalé, nous voilà en selle à l’heure où les écoliers se regroupent pour attendre le bus qui les mènera à l’école et où les travailleurs agricoles se dirigent vers les champs en contre-bas de la ville.

Humay est le dernier gros bourg avant la montagne. Etabli au-dessus du lit du fleuve Pisco, il bénéficie d’une situation privilégiée au cœur d’une vallée fertile plantée de vignes imposantes et de nombreuses cultures fruitières et maraîchères. Les Incas ne s’y étaient pas trompés, à 5km en amont ils avaient établi à Tampo Colorado, un grand casernement, tout à la fois centre administratif d’où ils géraient les activités de toute la région mais aussi place forte contrôlant les accès entre mer et montagne.

La route remonte la vallée. D’abord large et verdoyante celle-ci se resserre sur le lit du fleuve devenu torrent au fur et à mesure de notre pédalée, s’élevant progressivement dans un décor impressionnant, de plus en plus minéral et désertique où seuls poussent des cactus accrochés aux falaises abruptes. Parfois quelques canaux d’irrigation construits habilement à flanc de montagne permettent l’exploitation de rares parcelles agricoles qui sont autant de taches vertes disséminées ici et là.

Sur la route nous rejoignons un jeune Colombien, Diego, parti à pied de son pays natal 1000km au Nord. La veille il s’est acheté un vélo tout neuf pour continuer son périple, celui-ci très similaire au nôtre avec comme destination finale Ushuaïa. Les copains prennent en main les réglages basiques de sa bicyclette qui en a bien besoin, hauteur de selle, de guidon, passage des vitesses... Manifestement il découvre le vélo de randonnée, mais malgré son gros sac à dos et son porte-bagage surchargé (il transporte en particulier une pompe à pied bien encombrante), il n’a pas l’air de regretter la marche ! Son allure ne lui permet pas de rester bien longtemps à notre contact, mais nous serons ravis de revoir Diego si d’aventure nos routes se croisent à nouveau.

Après 5 heures d’effort (60 km) nous déjeunons d’une soupe de pâtes et de légumes agrémentée de délicieuses écrevisses directement sorties du torrent, un régal ! Suit une petite sieste bien venue puis nous reprenons notre progression sur une route secondaire moins fréquentée. La pente se fait plus raide et les 30 derniers kilomètres, dans une vallée encore plus encaissée d’un affluent du Pisco, seront couverts en 3 heures, nous permettant d’atteindre notre village étape Ticrapo, à près de 2200m d’altitude, tout juste avant la nuit (en effet le jour décline très vite à partir de 18h).


Départ de Humay, magnifique vue sur le rio et les plantations


Pause ravitaillement qui n'empêche pas une pause tendresse !


Nous sommes encore sur la grande route !


Rencontre sympathique avec Diégo, le Colombien marcheur devenu cycliste


la montée finale vers Ticrapo

Mardi 6 Novembre, de Ticrapo à Llactala

Nous reprenons la route là où nous l’avions laissée la veille au soir bien exténués. Pour tous la nuit a été bonne et nous repartons ragaillardis. Mais la pente s’est encore affermie, les lacets de la route se perdent loin là-haut dans la montagne. Nous progressons à très petite vitesse sur une route étroite, assez dégradée, aux virages en épingle souvent dépourvus de revêtement. C’est un itinéraire secondaire pour rejoindre Ayacucho à 160 km de là à travers la Cordillère. Il est emprunté par quelques motos, voitures particulières ou plus souvent minibus-taxis et surtout des camions de chantier imposants, soulevant des nuages de poussière sur leur passage. La plupart des personnes croisées nous saluent, étonnées de nous croiser dans ces lieux improbables pour des vélos aussi lourdement chargés. Nous sommes transportés par la beauté des paysages, les ravins à pic jusqu’au torrent grondant en contre-bas, les montagnes élevées qui nous enserrent de leurs masses rocheuses, à perte de vue au fond de vallées encaissées, tellement loin de toute agitation humaine. En effet les rares hameaux que nous traversons sont misérables, les habitations de terre, de pierres et de tôles ressemblent à des taudis et si quelques infrastructures existent malgré tout - chiche éclairage public, pauvres équipements sportifs, école ou bien encore local associatif - nous ressentons le dénuement dans lequel vivent ces gens. Cependant ils nous manifestent assez généralement leur intérêt et leur curiosité, veulent savoir d’où nous venons et où nous allons. Bref bien que furtives, nos rencontres sont plutôt sympathiques et amicales.

Ce 2ème jour d’ascension nous ne parcourons qu’à grand-peine 25 kilomètres, mais 900m de dénivelé+, avant d’établir notre bivouac sur un terrain de jeu de Llactala.

1ère nuit sous la tente, 1er repas réchauffé sur notre réchaud et à 19H nous filons tous les quatre nous coucher sans demander notre reste ! La nuit sera émaillée de cavalcades et d’aboiements des innombrables chiens du village, Patrice s’emploiera avec l’un d’eux pour récupérer sa chaussure, et dès 2H du matin nous entendrons le grondement des moteurs de camions en partance pour leur journée de travail. Moyennant quoi, dès 5h30 au lever du jour, nous nous extirpons de nos tentes pour lever le camp, avaler qui un café qui un thé, agrémentés de pain et de bananes puis reprendre sans plus tarder, notre lente progression dans la montagne.


les forçats de la route (et de la piste)




1ère nuit sous les étoiles (nombreuses) au milieu des chiens (à peine moins nombreux !)

Mercredi 7 novembre, de Llactala à Castrovirreyna

Ce 3ème jour dans la montagne nous passons l’altitude 3000m, niveau qu’aucun de nous n’a jamais atteint à vélo (parce qu’il n’existe pas de col routier à cette altitude en Europe). Nous fêtons comme il se doit ce 1er objectif mais, alors que nous arrivons à notre ville étape Castrovirreyna à 3700m, nous savons que le col qui nous attend 1000m plus haut représente un défi oh combien plus redoutable.


Nous faisons l'objet de beaucoup de curiosité sympathique avec les locaux





Jeudi 8 novembre, Castrovirreyna

Pour des raisons d'adaptation à l'altitude nous décidons de rester une deuxième nuit au même endroit. Afin de parfaire l'adaptation nous partons dans la matinée jusqu'au lac situé à 4250m, mais sans les sacoches. Nos vélos nous semblent pour le coup vraiment très légers et maniables !





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Publié le 3 novembre 2018

Aujourd'hui jeudi 1er novembre nous sommes au Pérou ! Comme prévu nous avons embarqué mercredi 31/10 à l'aube pour un vol Marseille - Paris - Lima. Destination atteinte à 19h30 heure locale (1h30 du matin en France). Dit comme ça on pourrait penser que ce ne fut qu'une péripétie bien maîtrisée de bout en bout. Détrompez-vous ! Il y eu d'abord les (grosses) difficultés rencontrées par Patrice à l'enregistrement des bagages : le sac de près de 36kg renfermant pèle-mêle le vélo en pièces détachées et 4 sacoches ne répondait pas vraiment aux impératifs du transporteur aérien ! Après maintes palabres et autant de négociations - tout le monde s'en est mêlé - une solution est finalement trouvée in extremis permettant aux Daltons d'embarquer à 4, à quelques minutes près nous devenions les 3 mousquetaires ! Nous laissons derrière nous nos épouses et compagnes, l'émotion est grande au moment des dernières effusions. Rendez-vous est pris pour nos retrouvailles à Mendoza en Argentine le 28 décembre prochain, deux mois qui devraient vite passer !


Il ne reste plus aucun passager à l'enregistrement des bagages, seul Patrice négocie encore pour embarquer ses sacoches !


Nous disons au revoir à nos Pénélopes qui nous attendront  en (dé)tricotant au coin du feu….Hasta luego Jeanne et Pab !

Après toutes ces péripéties matinales le voyage aérien se passe sans problème. L'escale à Paris est mise à profit pour étudier sur la carte les premières étapes cyclistes depuis Pisco. Une évidence s'impose, quelque soit la façon dont on aborde le sujet, le trajet vers Pisco et le Machu Pichu sera très montagneux et les cols (abras en espagnol) à plus de 4000m nombreux. Pas question de flamber, nous devrons gérer nos efforts et nous économiser pour franchir les montagnes et arriver à destination.


Il y a peut-être un p'tit raccourci aqui ?

Bien plus tard à l'arrivée à Lima une dernière (mauvaise) surprise m'attend. A la livraison des bagages je constate que tout un côté du carton renfermant mon vélo a été éventré, laissant voir le papier kraft et la mousse utilisés pour caler le chargement. Aïe, dans quel état vais-je trouver Caracol ? Ce n'est vraiment pas le moment de casser ma précieuse bicyclette ! Heureusement le lendemain en remontant les vélos tout est globalement conforme, le mien comme celui de mes 3 compagnons. Je dois néanmoins déplorer la disparition de mon klaxon, une poire à l'ancienne très utile pour tenter d'exister dans la jungle des véhicules motorisés de ces pays où la présence du malheureux cycliste est à peine tolérée. A-t-elle été subtilisée ou bien est-elle tombée ? Le mystère reste entier.

A l'heure du petit déjeuner nous transformons le patio de l'hôtel en atelier vélo ! 

Aujourd'hui, pour notre premier jour à Lima, nous prenons nos repères. Notre première visite sera pour un marchand de vélo à 2 blocs de notre hôtel, il a une superbe boutique et l'accueil est très sympathique. Nous faisons gonfler nos pneus, graisser la chaîne de nos vélos et d'autres petits réglages.

Pendant les travaux, le service continue, ils sont cool les péruviens !

Aujourd'hui, pour notre premier jour à Lima, nous prenons nos repères. Notre première visite sera pour un marchand de vélo à 2 blocs de notre hôtel, il a une superbe boutique et l'accueil est très sympathique. Nous faisons gonfler nos pneus, graisser la chaîne de nos vélos et procédons aux derniers réglages.


On se sent comme chez nous ! 

Ensuite cap sur la plus belle partie de la ville, nous empruntons le Malecon, avenue qui longe la mer sur de très nombreux kilomètres, d'abord sur les hauteurs (l'altitude de Lima est de 100m) puis au pied des falaises le long de l'océan, où se presse une foule bigarrée heureuse de profiter d'une belle journée chômée pour la Toussaint. Les activités sont nombreuses et variées. En l'air, parapente et ULM - en mer, nombre de surfeurs traquent les bonnes vagues quand d'autres se baignent en famille ou se prélassent sous les parasols - sur terre où se croisent les marcheurs, joggers, cyclistes et bien sûr les innombrables voitures pressées de poursuivre leur route ou au contraire à la recherche d'un stationnement convoité. Un petit bain dans le Pacifique s'impose, rapide mais revigorant !



Le retour à l'hôtel est un peu rock and roll entre trottoirs étroits et encombrés (certaines chaussées nous font peur tant les voitures nous ignorent ou les bus nous serrent), voie de bus express empruntée par erreur ou voies rapides avec échangeurs synonymes de tous les dangers automobiles ! Fin du 1er jour

Vendredi matin notre 1ère mission est de trouver le bus qui nous permettra de quitter Lima pour Pisco avec vélos et bagages dès le lendemain. Peru Bus s'en chargera, en classe VIP s'il vous plaît (pour 10 sols de plus soit 2,5€ par personne !) Ensuite nous avons rendez-vous à midi avec Vicky, médecin spécialiste du diabète et nutritionniste, notre premier contact dans notre démarche en faveur de la lutte contre cette maladie. Nous la retrouverons au musée Larco, réputé pour ses admirables céramiques pré colombiennes. De quoi joindre l'utile à l'agréable. Plus tard la visite du centre historique nous fait prendre la mesure de cette ville immense, 100 km du Nord au Sud, à la population hors norme, 10 millions d'habitants, un petit tiers de la population totale du Pérou !


Vicky et Los Daltones, une rencontre bien sympathique
Fleurs à profusion
C'est Tintin  !


Magnifiques statuettes
Sur la Plaza de Armas














































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Bien plus tard à l'arrivée à Lima une dernière (mauvaise) surprise nous attend. A la livraison des bagages je constate que tout un côté du carton renfermant mon vélo a été éventré, laissant voir le papier kraft et la mousse utilisés pour caler le chargement. Aïe, dans quel état vais-je trouver Caracol ? Ce n'est vraiment pas le moment de casser ma précieuse bicyclette ! Heureusement ce matin en remontant les vélos tout était globalement conforme, le mien comme celui de mes 3 compagnons. J'ai du néanmoins constater à regret la disparition de mon klaxon, une poire sonore très utile pour tenter d'exister dans la jungle des véhicules motorisés de ces pays où la présence du malheureux cycliste n'est qu'à peine tolérée. Qui a bien pu la subtiliser ou bien est-elle tombée ?

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Publié le 13 octobre 2018

Octobre, il ne nous reste plus qu'1 mois pour les derniers préparatifs. Notre vol AF de Marseille à Lima via Paris est programmé le 31 au petit matin et, par l'effet du décalage horaire (6h de moins au Pérou par rapport à la France en horaire d'hiver), nous arriverons en fin d'après-midi le jour même dans la capitale péruvienne, malgré un voyage de près de 16h .

Pour l'heure il n'est pas déjà question de départ. Nous avons encore planifié un certain nombre de tâches, des rendez-vous médicaux avec, successivement, médecin généraliste, dentiste, kiné, ophtalmo, dermato, ostéo.. (avant même le voyage, Los Daltones ont déjà quelques heures de vol qui nécessitent entretien !) et des journées de formation - Mécanique avec la fédération cyclotourisme, Premiers Secours avec la Croix Rouge. Parmi ces tâches il en est une à ne pas négliger et nous la préparons avec soin. En effet pour le transport aérien il faut protéger les vélos qui voyagent en soute. Nous les emballerons dans des cartons récupérés chez nos amis vélocistes, après en avoir préalablement démonté certaines parties et calfeutré les pièces les plus fragiles. Nous devons également procéder à l'achat de nos derniers équipements, essentiellement destinés à la communication : ordinateur portable, appareil photos, caméra Gopro et aux loisirs : lecture, musique etc.

Pirueta emballée, l'appareil photo pour en témoigner (merci mes cher(es) collègues à qui je dois ce superbe Olympus) 

Il est grand temps également de vérifier que rien ne manque à l'équipement du cyclo-voyageur, du matériel de camping aux tenues cyclistes et autres vêtements, en passant par la trousse et la serviette de toilette ainsi que la pharmacie et les outils ou pièces de rechange. Tout cela avec un impératif absolu : tenir dans les 6 sacoches qui lestent le vélo.

Encore une petite place pour le passeport ? 

Jeudi 11 octobre le journal La Provence relate dans un bel article, la réunion publique du 28 septembre dernier à Eguilles au cours de laquelle notre groupe, Los Quatro Daltones, a souhaité présenter les grandes lignes de son aventure cycliste. Par leur présence nombreuse, nos familles, nos amis du Vélo Club d'Eguilles ou d'autres activités, nos voisins, nos relations amicales du village ou de la région, ont manifesté leur intérêt pour notre projet. Chez certains même, nous pouvions ressentir la tentation de partir à leur tour... Tous, nous les remercions sincèrement de ce bon moment de partage et d'envie stimulante d'évasion (une véritable obsession chez Los Daltones !)

Claro que si ! 

Samedi 22 et dimanche 23 septembre, los Quatro Daltones à nouveau réunis, prennent la route sur leurs vélos chargés, pour un week-end camping sur le lac de Sainte Croix. C'est le dernier galop d'essai avant le grand départ du 31 octobre. Il fait très beau et les températures s'annoncent encore particulièrement élevées, autour de 30°. Néanmoins nous avançons d'une allure plutôt soutenue, le profil du parcours est moins montagneux que lors de nos deux premières randonnées. Nous savons déjà que nos vélos, une fois lancés, nous permettent de tenir une vitesse de croisière intéressante, et ce en dépit de la charge emportée. Nous le vérifions une fois de plus avec bonheur. Patrice semble tout particulièrement en verve, il fait tourner les pédales avec vélocité et maintient une allure soutenue. Or plus tard, alors que nous sommes arrêtés pour déjeuner, il avoue avec un sourire triomphant avoir emporté sur son vélo 4 paires de boules de pétanque ! Nous sommes tous écroulés de rire, Patrice a lesté ses sacoches avec des boules d'acier pour se mettre dans les conditions de l'Amérique du Sud. Bravo l'artiste, nous ne pouvons que nous incliner devant tant de détermination ! Nous sommes d'autant plus heureux de son initiative qu'elle va nous permettre de finir l'après-midi au camping par une partie de pétanque acharnée et sans pitié pour les perdants, battus en 2 manches sèches… We are the champions ! La soirée autour d'une bonne table à Bauduen nous donne l'occasion de passer en revue les derniers préparatifs avant le départ. Il nous reste juste un mois, cette fois nous y sommes presque et la rencontre avec François Hennebert, grand cyclo-voyageur de par le monde, nous a encore un peu plus mis l'eau à la bouche !

Wanted ! los quatro Daltones en cavale
Des boules dans ses sacoches, il en rit encore !


Ils ne seraient pas en train de préparer un mauvais coup ces deux là ?


Le regard laser du tireur , Averell aux boules c'est Lucky Luke !


Toujours le matin ils me saluent comme ça, ça ne me déplaît pas remarquez, mais parfois c'est un peu embarrassant 😀


Aïe, ils m'ont entendu. Je vais être obligé de les saluer moi aussi, mais je ne sais pas si je vais pouvoir me redresser après ?


Allez zou, on rentre et c'est pour mieux repartir la prochaine fois !
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Du 9 au 12 Mai nous partons pour la 1ère fois ensemble, Los Quatro Daltones, pour 4 jours de randonnée vélo en Haute Ardèche. Nos montures sont chargées (presque) à bloc. Nous avons pour objectif de tester nos vélos, avec les 6 sacoches - 3 devant et 3 derrière - contenant une bonne partie de notre matériel (tentes, matelas, duvets, vêtements, réchaud etc.), mais aussi nos mollets sur un parcours exigeant de 330 km avec une vingtaine de cols et près de 6500m de dénivelé+

Les bicyclettes : en partant de la droite, Pirueta, Jolly Jumper, Caracol et Guapa

Nous sommes heureux et excités à l'idée de prendre la route pour un avant-goût, bien que très modeste, de l'Aventure qui nous attend dans quelques mois. Les 4 jours ardéchois, tantôt sous le soleil, tantôt dans le brouillard et sous la pluie, vont renforcer la cohésion de notre groupe et donner encore un peu plus corps à notre projet.

Photo de départ, en route ! 
1ers virages, 1er réglage  
Ici on pourrait encore passer inaperçus 
A vélos bien ventrus, cyclistes peu dodus !  
Ravito, c'est bueno ! 
Y  despues Pacifico tambien ! 
Un cavalier qui surgit hors de la brume, Zorro ! 
Tous les trois en poncho, on faisait un corps de ballet ! 
On lui savait la langue bien pendue !
(Toute) la route est à nous ! 
C'est Body, c'est écrit  ! 
Confortable ce cintre papillon !
Au camping, c'est chacun sa tente
En montagne, c'est chacun son rythme
Même pas peur ! 
Au col tout le monde se regroupe avant d'attaquer la descente 
L'Ardèche au Printemps 
Los Quatro Daltones : en partant de la droite, Michel (Joe), Patrice (William), Jean-Marc (Jack) et Christian (Averell)
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16 Août 2018, Michel et moi quittons Eguilles en direction de Gap pour 3 jours de randonnée cycliste dans le Lubéron puis la Drôme provençale. Grand C et Patrice, en vacances, ne sont pas du voyage. Il fait encore très chaud sur la route et nos ambitions sont mesurées : nous ferons deux étapes, la première à Sault à l'ombre du Ventoux et la seconde à Veynes, au pied du Devoluy. Cependant Michel, instigateur de ce superbe parcours, a le chic pour nous dénicher les cols, même si pour cela il nous faut faire un large détour voire un aller-retour éprouvant ! Au final sur les 250 km parcourus le dénivelé+ cumulé atteindra près de 4000 m à l'arrivée à Gap. Le retour sur Aix en Provence est prévu en train TER, bonne occasion d'expérimenter les transports en commun avec nos équipements, même si les conditions présentes ont peu à voir avec le transport des vélos dans les soutes des bus sud-américains !

Après le casse-croûte, ça va encore ! 


Plus tard sous le cagnard c'est une autre histoire, et l'ombre du Ventoux est encore loin !  
Le col de Muse, Michel savoure (et récupère). Ensuite c'est demi-tour pour retrouver le parcours !


Un œil sur le diabète : bouge et mange sainement pour bien vivre 


Les chiffres du diabète(Données 2013, source : OMS)

Dans les quatre pays que nous allons traverser près de 4,5 Millions de personnes sont concernées (plus de 1% du diabète mondial pour une population cumulée de seulement 106 Millions d'habitants) et parmi eux une personne sur trois l'ignore.

En nous associant à cette grande cause, notre objectif est de sensibiliser- à notre petite échelle - les personnes rencontrées tout au long de notre périple, en les informant à l'aide des documents rédigés (en espagnol) en partenariat avec l'AFD (Association Française du Diabète) :

Pour en savoir plus sur le diabète de type 2 : https:/www.idf.org/


Nous voulons par notre exemple - quatre hommes en bonne santé engagés, la soixantaine venue, dans une équipée sportive à l'échelle d'un continent - donner le courage et l'envie à d'autres personnes de se mettre en mouvement pour se préserver ou se soigner afin de mieux vivre. Le message porte essentiellement sur la prévention de cette maladie, par exemple manger et boire sainement en privilégiant les fruits et les légumes frais et faire de l'exercice tous les jours sans avoir recours systématiquement à sa voiture pour les petits trajets quotidiens mais en privilégiant la marche.

Pour notre petit groupe "Los Quatro Daltones" le projet a commencé fin 2016 lorsque l'idée a fait son chemin et s'est imposée à nous. Le parcours à travers l'Amérique du Sud à vélo vers Ushuaïa on en rêvait or il ne tenait qu'à nous de réaliser ce rêve ! Ce carnet de voyage sera le récit de notre aventure, depuis sa préparation jusqu'à sa réalisation, témoin privilégié d'un périple longuement et soigneusement préparé par notre petit groupe.

D'ailleurs il est grand temps de vous présenter "Los Quatro Daltones" puisque c'est le nom que nous nous sommes donnés ( vous aurez sûrement l'occasion au gré des photos publiées ici de remarquer une certaine ressemblance d'aspect général avec la fratrie, patibulaire mais presque, dessinée par Morris)

Cool, Joe, cool ! 

Nous appartenons tous les quatre au même club cycliste, le Vélo Club Eguillen, domicilié à Eguilles dans les Bouches du Rhône, à proximité d'Aix en Provence. Notre amitié s'est forgée là, au fil des ans et des milliers de kilomètres parcourus côte à côte sur les routes de Provence, de Corse, dans les cols des massifs alpins ou pyrénéens ou encore depuis bon nombre d'années sur les Étapes du Tour (de France)

Michel Body, chef de projet hors pair. A force de faire et refaire le parcours sur Google Earth, il en connaîtrait presque tous les kilomètres. Au point de se demander quel besoin il aurait de quitter son canapé pour aller sur le terrain ? Ce serait oublier un peu vite que Michel est un homme de défi. Il collectionne les marathons comme d'autres les timbres-poste, court sur 100 km pour engranger les médailles et n'hésite pas à braver le désert sur le Marathon des Sables où il côtoie les meilleurs Africains ! Mais peut-être que nous ne lui avons pas suffisamment dit que nous partions en vélo ? Allez Michel il est temps de troquer les running pour les pédales.

A défaut de Maté, Michel apprécie son p'tit café !

Christian Pages dit le Grand C. Un accro du vélo, toujours partant, toujours parti. En vélo de route, en Vtt, qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente, rien ne l'arrête. Sa devise " à trop regarder la météo on passe sa vie au bistrot". Spécialiste des ravitaillements et difficile à rassasier sans "la repasse", il aura la lourde tâche de veiller à notre approvisionnement pendant le voyage. Car nous le savons bien, quand il y en a pour lui, y en a pour quatre !

Grand C prend son pied, aucun doute ! 

Patrice André, le cycliste des grandes chevauchées. Bordeaux - Paris à plusieurs reprises, Paris -Brest -Paris, considérée comme la référence absolue dans le milieu du cyclotourisme, Patrice est de nous quatre, celui qui a le plus pratiqué les longs parcours cyclistes. Habitué des interminables heures de selle, en continu de jour comme de nuit, son expérience est un atout précieux qu'il partage volontiers pour peu qu'on le sollicite. En outre il a largement eu l'occasion de se forger un mental qui sera certainement utile à notre groupe dans les moments difficiles.

Non ce n'est pas Dany Boon, c'est Patrice !

Jean-Marc Bertier, venu au vélo sur le tard après des années de course à pied, j'ai vite réalisé que j'avais trouvé là l'activité sportive qui me convenait le mieux. Dans le même temps j'ai toujours ressenti le cyclisme comme un sport difficile, exigeant, qui nécessite d'être toujours en forme. Mes plus grosses défaillances je les ai connues en vélo. Or jamais je n'ai été confronté au niveau de difficultés que nous allons rencontrer au cours de notre prochain voyage. Faut-il s'en inquiéter ? Le cycliste d'un jour ou de quelques jours pourra-t'il supporter la répétition des efforts pendant 120 jours ? Résistera-t'il aux effets de l'altitude et au mal aigu des montagnes? Ces questions je me les suis posées et, bien qu'ignorant tout de la réponse, je peux dire que j'aurai fait le maximum pour en minimiser les effets. Ainsi après avoir passé un test d'effort en hypoxie (atmosphère raréfié en oxygène) peu concluant, j'ai entrepris un traitement de désensibilisation au mal des montagnes par les plantes et l'ostéopathie. Dernièrement, avec notre amie Florence, j'ai suivi une séance d'hypnose (ericksonienne) dans le but de solliciter mon inconscient et d'y puiser de nouvelles ressources lorsque j'aurai à repousser mes limites (situation hautement probable durant ce périple). De quoi, en tout cas, partir avec un gros mental et une soif d'aventure décuplée !

Pas content le Bertier, il n'a pas eu sa glace ?

En effet il y a une chose que nous partageons tous les quatre et que l'on ne pourra pas nous retirer, c'est la motivation à toute épreuve qui nous anime et qui nous fera soulever les montagnes. Ça tombe bien, il y a tout plein de montagnes en Amérique du Sud !