Carnet de voyage

America del Sur : Lima - Ushuaïa à bicyclette

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Dernière étape postée il y a 87 jours
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3 participants
Nous sommes 4 compagnons partageant le goût du voyage et du défi sportif, à la découverte des pays andins de Lima à Ushuaïa, à vélo pendant 4 mois en complète autonomie sur routes comme sur pistes.
Du 31 octobre 2018 au 28 février 2019
121 jours
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Pour notre petit groupe "Los Quatro Daltones" le projet a commencé fin 2016 lorsque l'idée a fait son chemin et s'est imposée à nous. Le parcours à travers l'Amérique du Sud à vélo vers Ushuaïa on en rêvait or il ne tenait qu'à nous de réaliser ce rêve ! Ce carnet de voyage sera le récit de notre aventure, depuis sa préparation jusqu'à sa réalisation, témoin privilégié d'un périple longuement et soigneusement préparé par notre petit groupe.

D'ailleurs il est grand temps de vous présenter "Los Quatro Daltones" puisque c'est le nom que nous nous sommes donnés ( vous aurez sûrement l'occasion au gré des photos publiées ici de remarquer une certaine ressemblance d'aspect général avec la fratrie, patibulaire mais presque, dessinée par Morris)

Cool, Joe, cool ! 

Nous appartenons tous les quatre au même club cycliste, le Vélo Club Eguillen, domicilié à Eguilles dans les Bouches du Rhône, à proximité d'Aix en Provence. Notre amitié s'est forgée là, au fil des ans et des milliers de kilomètres parcourus côte à côte sur les routes de Provence, de Corse, dans les cols des massifs alpins ou pyrénéens ou encore depuis bon nombre d'années sur les Étapes du Tour (de France)

Michel Body, chef de projet hors pair. A force de faire et refaire le parcours sur Google Earth, il en connaîtrait presque tous les kilomètres. Au point de se demander quel besoin il aurait de quitter son canapé pour aller sur le terrain ? Ce serait oublier un peu vite que Michel est un homme de défi. Il collectionne les marathons comme d'autres les timbres-poste, court sur 100 km pour engranger les médailles et n'hésite pas à braver le désert sur le Marathon des Sables où il côtoie les meilleurs Africains ! Mais peut-être que nous ne lui avons pas suffisamment dit que nous partions en vélo ? Allez Michel il est temps de troquer les running pour les pédales.

A défaut de Maté, Michel apprécie son p'tit café !

Christian Pages dit le Grand C. Un accro du vélo, toujours partant, toujours parti. En vélo de route, en Vtt, qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente, rien ne l'arrête. Sa devise " à trop regarder la météo on passe sa vie au bistrot". Spécialiste des ravitaillements et difficile à rassasier sans "la repasse", il aura la lourde tâche de veiller à notre approvisionnement pendant le voyage. Car nous le savons bien, quand il y en a pour lui, y en a pour quatre !

Grand C prend son pied, aucun doute ! 

Patrice André, le cycliste des grandes chevauchées. Bordeaux - Paris à plusieurs reprises, Paris -Brest -Paris, considérée comme la référence absolue dans le milieu du cyclotourisme, Patrice est de nous quatre, celui qui a le plus pratiqué les longs parcours cyclistes. Habitué des interminables heures de selle, en continu de jour comme de nuit, son expérience est un atout précieux qu'il partage volontiers pour peu qu'on le sollicite. En outre il a largement eu l'occasion de se forger un mental qui sera certainement utile à notre groupe dans les moments difficiles.

Non ce n'est pas Dany Boon, c'est Patrice !

Jean-Marc Bertier, venu au vélo sur le tard après des années de course à pied, j'ai vite réalisé que j'avais trouvé là l'activité sportive qui me convenait le mieux. Dans le même temps j'ai toujours ressenti le cyclisme comme un sport difficile, exigeant, qui nécessite d'être toujours en forme. Mes plus grosses défaillances je les ai connues en vélo. Or jamais je n'ai été confronté au niveau de difficultés que nous allons rencontrer au cours de notre prochain voyage. Faut-il s'en inquiéter ? Le cycliste d'un jour ou de quelques jours pourra-t'il supporter la répétition des efforts pendant 120 jours ? Résistera-t'il aux effets de l'altitude et au mal aigu des montagnes? Ces questions je me les suis posées et, bien qu'ignorant tout de la réponse, je peux dire que j'aurai fait le maximum pour en minimiser les effets. Ainsi après avoir passé un test d'effort en hypoxie (atmosphère raréfié en oxygène) peu concluant, j'ai entrepris un traitement de désensibilisation au mal des montagnes par les plantes et l'ostéopathie. Dernièrement, avec notre amie Florence, j'ai suivi une séance d'hypnose (ericksonienne) dans le but de solliciter mon inconscient et d'y puiser de nouvelles ressources lorsque j'aurai à repousser mes limites (situation hautement probable durant ce périple). De quoi, en tout cas, partir avec un gros mental et une soif d'aventure décuplée !

Pas content le Bertier, il n'a pas eu sa glace ?

En effet il y a une chose que nous partageons tous les quatre et que l'on ne pourra pas nous retirer, c'est la motivation à toute épreuve qui nous anime et qui nous fera soulever les montagnes. Ça tombe bien, il y a tout plein de montagnes en Amérique du Sud !


Un œil sur le diabète : bouge et mange sainement pour bien vivre 


Les chiffres du diabète(Données 2013, source : OMS)

Dans les quatre pays que nous allons traverser près de 4,5 Millions de personnes sont concernées (plus de 1% du diabète mondial pour une population cumulée de seulement 106 Millions d'habitants) et parmi eux une personne sur trois l'ignore.

En nous associant à cette grande cause, notre objectif est de sensibiliser- à notre petite échelle - les personnes rencontrées tout au long de notre périple, en les informant à l'aide des documents rédigés (en espagnol) en partenariat avec l'AFD (Association Française du Diabète) :

Pour en savoir plus sur le diabète de type 2 : https:/www.idf.org/


Nous voulons par notre exemple - quatre hommes en bonne santé engagés, la soixantaine venue, dans une équipée sportive à l'échelle d'un continent - donner le courage et l'envie à d'autres personnes de se mettre en mouvement pour se préserver ou se soigner afin de mieux vivre. Le message porte essentiellement sur la prévention de cette maladie, par exemple manger et boire sainement en privilégiant les fruits et les légumes frais et faire de l'exercice tous les jours sans avoir recours systématiquement à sa voiture pour les petits trajets quotidiens mais en privilégiant la marche.

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Du 9 au 12 Mai nous partons pour la 1ère fois ensemble, Los Quatro Daltones, pour 4 jours de randonnée vélo en Haute Ardèche. Nos montures sont chargées (presque) à bloc. Nous avons pour objectif de tester nos vélos, avec les 6 sacoches - 3 devant et 3 derrière - contenant une bonne partie de notre matériel (tentes, matelas, duvets, vêtements, réchaud etc.), mais aussi nos mollets sur un parcours exigeant de 330 km avec une vingtaine de cols et près de 6500m de dénivelé+

Les bicyclettes : en partant de la droite, Pirueta, Jolly Jumper, Caracol et Guapa

Nous sommes heureux et excités à l'idée de prendre la route pour un avant-goût, bien que très modeste, de l'Aventure qui nous attend dans quelques mois. Les 4 jours ardéchois, tantôt sous le soleil, tantôt dans le brouillard et sous la pluie, vont renforcer la cohésion de notre groupe et donner encore un peu plus corps à notre projet.

Photo de départ, en route ! 
1ers virages, 1er réglage  
Ici on pourrait encore passer inaperçus 
A vélos bien ventrus, cyclistes peu dodus !  
Ravito, c'est bueno ! 
Y  despues Pacifico tambien ! 
Un cavalier qui surgit hors de la brume, Zorro ! 
Tous les trois en poncho, on faisait un corps de ballet ! 
On lui savait la langue bien pendue !
(Toute) la route est à nous ! 
C'est Body, c'est écrit  ! 
Confortable ce cintre papillon !
Au camping, c'est chacun sa tente
En montagne, c'est chacun son rythme
Même pas peur ! 
Au col tout le monde se regroupe avant d'attaquer la descente 
L'Ardèche au Printemps 
Los Quatro Daltones : en partant de la droite, Michel (Joe), Patrice (William), Jean-Marc (Jack) et Christian (Averell)
• • •

16 Août 2018, Michel et moi quittons Eguilles en direction de Gap pour 3 jours de randonnée cycliste dans le Lubéron puis la Drôme provençale. Grand C et Patrice, en vacances, ne sont pas du voyage. Il fait encore très chaud sur la route et nos ambitions sont mesurées : nous ferons deux étapes, la première à Sault à l'ombre du Ventoux et la seconde à Veynes, au pied du Devoluy. Cependant Michel, instigateur de ce superbe parcours, a le chic pour nous dénicher les cols, même si pour cela il nous faut faire un large détour voire un aller-retour éprouvant ! Au final sur les 250 km parcourus le dénivelé+ cumulé atteindra près de 4000 m à l'arrivée à Gap. Le retour sur Aix en Provence est prévu en train TER, bonne occasion d'expérimenter les transports en commun avec nos équipements, même si les conditions présentes ont peu à voir avec le transport des vélos dans les soutes des bus sud-américains !

Après le casse-croûte, ça va encore ! 


Plus tard sous le cagnard c'est une autre histoire, et l'ombre du Ventoux est encore loin !  
Le col de Muse, Michel savoure (et récupère). Ensuite c'est demi-tour pour retrouver le parcours !

Samedi 22 et dimanche 23 septembre, los Quatro Daltones à nouveau réunis, prennent la route sur leurs vélos chargés, pour un week-end camping sur le lac de Sainte Croix. C'est le dernier galop d'essai avant le grand départ du 31 octobre. Il fait très beau et les températures s'annoncent encore particulièrement élevées, autour de 30°. Néanmoins nous avançons d'une allure plutôt soutenue, le profil du parcours est moins montagneux que lors de nos deux premières randonnées. Nous savons déjà que nos vélos, une fois lancés, nous permettent de tenir une vitesse de croisière intéressante, et ce en dépit de la charge emportée. Nous le vérifions une fois de plus avec bonheur. Patrice semble tout particulièrement en verve, il fait tourner les pédales avec vélocité et maintient une allure soutenue. Or plus tard, alors que nous sommes arrêtés pour déjeuner, il avoue avec un sourire triomphant avoir emporté sur son vélo 4 paires de boules de pétanque ! Nous sommes tous écroulés de rire, Patrice a lesté ses sacoches avec des boules d'acier pour se mettre dans les conditions de l'Amérique du Sud. Bravo l'artiste, nous ne pouvons que nous incliner devant tant de détermination ! Nous sommes d'autant plus heureux de son initiative qu'elle va nous permettre de finir l'après-midi au camping par une partie de pétanque acharnée et sans pitié pour les perdants, battus en 2 manches sèches… We are the champions ! La soirée autour d'une bonne table à Bauduen nous donne l'occasion de passer en revue les derniers préparatifs avant le départ. Il nous reste juste un mois, cette fois nous y sommes presque et la rencontre avec François Hennebert, grand cyclo-voyageur de par le monde, nous a encore un peu plus mis l'eau à la bouche !

Wanted ! los quatro Daltones en cavale
Des boules dans ses sacoches, il en rit encore !


Ils ne seraient pas en train de préparer un mauvais coup ces deux là ?


Le regard laser du tireur , Averell aux boules c'est Lucky Luke !


Toujours le matin ils me saluent comme ça, ça ne me déplaît pas remarquez, mais parfois c'est un peu embarrassant 😀


Aïe, ils m'ont entendu. Je vais être obligé de les saluer moi aussi, mais je ne sais pas si je vais pouvoir me redresser après ?


Allez zou, on rentre et c'est pour mieux repartir la prochaine fois !
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Publié le 13 octobre 2018

Octobre, il ne nous reste plus qu'1 mois pour les derniers préparatifs. Notre vol AF de Marseille à Lima via Paris est programmé le 31 au petit matin et, par l'effet du décalage horaire (6h de moins au Pérou par rapport à la France en horaire d'hiver), nous arriverons en fin d'après-midi le jour même dans la capitale péruvienne, malgré un voyage de près de 16h .

Pour l'heure il n'est pas déjà question de départ. Nous avons encore planifié un certain nombre de tâches, des rendez-vous médicaux avec, successivement, médecin généraliste, dentiste, kiné, ophtalmo, dermato, ostéo.. (avant même le voyage, Los Daltones ont déjà quelques heures de vol qui nécessitent entretien !) et des journées de formation - Mécanique avec la fédération cyclotourisme, Premiers Secours avec la Croix Rouge. Parmi ces tâches il en est une à ne pas négliger et nous la préparons avec soin. En effet pour le transport aérien il faut protéger les vélos qui voyagent en soute. Nous les emballerons dans des cartons récupérés chez nos amis vélocistes, après en avoir préalablement démonté certaines parties et calfeutré les pièces les plus fragiles. Nous devons également procéder à l'achat de nos derniers équipements, essentiellement destinés à la communication : ordinateur portable, appareil photos, caméra Gopro et aux loisirs : lecture, musique etc.

Pirueta emballée, l'appareil photo pour en témoigner (merci mes cher(es) collègues à qui je dois ce superbe Olympus) 

Il est grand temps également de vérifier que rien ne manque à l'équipement du cyclo-voyageur, du matériel de camping aux tenues cyclistes et autres vêtements, en passant par la trousse et la serviette de toilette ainsi que la pharmacie et les outils ou pièces de rechange. Tout cela avec un impératif absolu : tenir dans les 6 sacoches qui lestent le vélo.

Encore une petite place pour le passeport ? 

Jeudi 11 octobre le journal La Provence relate dans un bel article, la réunion publique du 28 septembre dernier à Eguilles au cours de laquelle notre groupe, Los Quatro Daltones, a souhaité présenter les grandes lignes de son aventure cycliste. Par leur présence nombreuse, nos familles, nos amis du Vélo Club d'Eguilles ou d'autres activités, nos voisins, nos relations amicales du village ou de la région, ont manifesté leur intérêt pour notre projet. Chez certains même, nous pouvions ressentir la tentation de partir à leur tour... Tous, nous les remercions sincèrement de ce bon moment de partage et d'envie stimulante d'évasion (une véritable obsession chez Los Daltones !)

Claro que si ! 
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Publié le 3 novembre 2018

Aujourd'hui jeudi 1er novembre nous sommes au Pérou ! Comme prévu nous avons embarqué mercredi 31/10 à l'aube pour un vol Marseille - Paris - Lima. Destination atteinte à 19h30 heure locale (1h30 du matin en France). Dit comme ça on pourrait penser que ce ne fut qu'une péripétie bien maîtrisée de bout en bout. Détrompez-vous ! Il y eu d'abord les (grosses) difficultés rencontrées par Patrice à l'enregistrement des bagages : le sac de près de 36kg renfermant pèle-mêle le vélo en pièces détachées et 4 sacoches ne répondait pas vraiment aux impératifs du transporteur aérien ! Après maintes palabres et autant de négociations - tout le monde s'en est mêlé - une solution est finalement trouvée in extremis permettant aux Daltons d'embarquer à 4, à quelques minutes près nous devenions les 3 mousquetaires ! Nous laissons derrière nous nos épouses et compagnes, l'émotion est grande au moment des dernières effusions. Rendez-vous est pris pour nos retrouvailles à Mendoza en Argentine le 28 décembre prochain, deux mois qui devraient vite passer !


Il ne reste plus aucun passager à l'enregistrement des bagages, seul Patrice négocie encore pour embarquer ses sacoches !


Nous disons au revoir à nos Pénélopes qui nous attendront  en (dé)tricotant au coin du feu….Hasta luego Jeanne et Pab !

Après toutes ces péripéties matinales le voyage aérien se passe sans problème. L'escale à Paris est mise à profit pour étudier sur la carte les premières étapes cyclistes depuis Pisco. Une évidence s'impose, quelque soit la façon dont on aborde le sujet, le trajet vers Pisco et le Machu Pichu sera très montagneux et les cols (abras en espagnol) à plus de 4000m nombreux. Pas question de flamber, nous devrons gérer nos efforts et nous économiser pour franchir les montagnes et arriver à destination.


Il y a peut-être un p'tit raccourci aqui ?

Bien plus tard à l'arrivée à Lima une dernière (mauvaise) surprise m'attend. A la livraison des bagages je constate que tout un côté du carton renfermant mon vélo a été éventré, laissant voir le papier kraft et la mousse utilisés pour caler le chargement. Aïe, dans quel état vais-je trouver Caracol ? Ce n'est vraiment pas le moment de casser ma précieuse bicyclette ! Heureusement le lendemain en remontant les vélos tout est globalement conforme, le mien comme celui de mes 3 compagnons. Je dois néanmoins déplorer la disparition de mon klaxon, une poire à l'ancienne très utile pour tenter d'exister dans la jungle des véhicules motorisés de ces pays où la présence du malheureux cycliste est à peine tolérée. A-t-elle été subtilisée ou bien est-elle tombée ? Le mystère reste entier.

A l'heure du petit déjeuner nous transformons le patio de l'hôtel en atelier vélo ! 

Aujourd'hui, pour notre premier jour à Lima, nous prenons nos repères. Notre première visite sera pour un marchand de vélo à 2 blocs de notre hôtel, il a une superbe boutique et l'accueil est très sympathique. Nous faisons gonfler nos pneus, graisser la chaîne de nos vélos et d'autres petits réglages.

Pendant les travaux, le service continue, ils sont cool les péruviens !

Aujourd'hui, pour notre premier jour à Lima, nous prenons nos repères. Notre première visite sera pour un marchand de vélo à 2 blocs de notre hôtel, il a une superbe boutique et l'accueil est très sympathique. Nous faisons gonfler nos pneus, graisser la chaîne de nos vélos et procédons aux derniers réglages.


On se sent comme chez nous ! 

Ensuite cap sur la plus belle partie de la ville, nous empruntons le Malecon, avenue qui longe la mer sur de très nombreux kilomètres, d'abord sur les hauteurs (l'altitude de Lima est de 100m) puis au pied des falaises le long de l'océan, où se presse une foule bigarrée heureuse de profiter d'une belle journée chômée pour la Toussaint. Les activités sont nombreuses et variées. En l'air, parapente et ULM - en mer, nombre de surfeurs traquent les bonnes vagues quand d'autres se baignent en famille ou se prélassent sous les parasols - sur terre où se croisent les marcheurs, joggers, cyclistes et bien sûr les innombrables voitures pressées de poursuivre leur route ou au contraire à la recherche d'un stationnement convoité. Un petit bain dans le Pacifique s'impose, rapide mais revigorant !



Le retour à l'hôtel est un peu rock and roll entre trottoirs étroits et encombrés (certaines chaussées nous font peur tant les voitures nous ignorent ou les bus nous serrent), voie de bus express empruntée par erreur ou voies rapides avec échangeurs synonymes de tous les dangers automobiles ! Fin du 1er jour

Vendredi matin notre 1ère mission est de trouver le bus qui nous permettra de quitter Lima pour Pisco avec vélos et bagages dès le lendemain. Peru Bus s'en chargera, en classe VIP s'il vous plaît (pour 10 sols de plus soit 2,5€ par personne !) Ensuite nous avons rendez-vous à midi avec Vicky, médecin spécialiste du diabète et nutritionniste, notre premier contact dans notre démarche en faveur de la lutte contre cette maladie. Nous la retrouverons au musée Larco, réputé pour ses admirables céramiques pré colombiennes. De quoi joindre l'utile à l'agréable. Plus tard la visite du centre historique nous fait prendre la mesure de cette ville immense, 100 km du Nord au Sud, à la population hors norme, 10 millions d'habitants, un petit tiers de la population totale du Pérou !


Vicky et Los Daltones, une rencontre bien sympathique
Fleurs à profusion
C'est Tintin  !


Magnifiques statuettes
Sur la Plaza de Armas














































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Bien plus tard à l'arrivée à Lima une dernière (mauvaise) surprise nous attend. A la livraison des bagages je constate que tout un côté du carton renfermant mon vélo a été éventré, laissant voir le papier kraft et la mousse utilisés pour caler le chargement. Aïe, dans quel état vais-je trouver Caracol ? Ce n'est vraiment pas le moment de casser ma précieuse bicyclette ! Heureusement ce matin en remontant les vélos tout était globalement conforme, le mien comme celui de mes 3 compagnons. J'ai du néanmoins constater à regret la disparition de mon klaxon, une poire sonore très utile pour tenter d'exister dans la jungle des véhicules motorisés de ces pays où la présence du malheureux cycliste n'est qu'à peine tolérée. Qui a bien pu la subtiliser ou bien est-elle tombée ?

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Dimanche 4 novembre, nous avons réellement démarré notre road trip, cela nous démangeait d’enfourcher nos vélos pour une véritable étape, nous sommes partis très tôt de PISCO, par des petites routes pas toujours très carrossables, nous avons alterné, les chemins de pierre, avec le sable, et la terre, avec à notre gauche le lit du fleuve, et à notre droite de magnifiques dunes de sable, et des plantations d’agrumes, des vignes, et des cultures maraîchères, qui poussent pratiquement dans le sable, après un petit détour pour aller admirer l’oasis de Meron, nous avons gouté à la cuisine locale, une bonne soupe que chacun a apprécié, et un plat de poisson avec du riz et des haricots, petite étape touristique aux ruines de Tampo Colorado, petit retour en arrière pour trouver un hebergement à Humay .


Premiers tours de roues, premiers étonnements


La dune, irréelle, borde le lit du rio Pisco


La laguna Meron sous la dune imposante


le site Inca de Tampo Colorado

Lundi 5 Novembre, de Humay à Ticrapo

Levés tôt nous sommes vite prêts et, dès le petit déjeuner avalé, nous voilà en selle à l’heure où les écoliers se regroupent pour attendre le bus qui les mènera à l’école et où les travailleurs agricoles se dirigent vers les champs en contre-bas de la ville.

Humay est le dernier gros bourg avant la montagne. Etabli au-dessus du lit du fleuve Pisco, il bénéficie d’une situation privilégiée au cœur d’une vallée fertile plantée de vignes imposantes et de nombreuses cultures fruitières et maraîchères. Les Incas ne s’y étaient pas trompés, à 5km en amont ils avaient établi à Tampo Colorado, un grand casernement, tout à la fois centre administratif d’où ils géraient les activités de toute la région mais aussi place forte contrôlant les accès entre mer et montagne.

La route remonte la vallée. D’abord large et verdoyante celle-ci se resserre sur le lit du fleuve devenu torrent au fur et à mesure de notre pédalée, s’élevant progressivement dans un décor impressionnant, de plus en plus minéral et désertique où seuls poussent des cactus accrochés aux falaises abruptes. Parfois quelques canaux d’irrigation construits habilement à flanc de montagne permettent l’exploitation de rares parcelles agricoles qui sont autant de taches vertes disséminées ici et là.

Sur la route nous rejoignons un jeune Colombien, Diego, parti à pied de son pays natal 1000km au Nord. La veille il s’est acheté un vélo tout neuf pour continuer son périple, celui-ci très similaire au nôtre avec comme destination finale Ushuaïa. Les copains prennent en main les réglages basiques de sa bicyclette qui en a bien besoin, hauteur de selle, de guidon, passage des vitesses... Manifestement il découvre le vélo de randonnée, mais malgré son gros sac à dos et son porte-bagage surchargé (il transporte en particulier une pompe à pied bien encombrante), il n’a pas l’air de regretter la marche ! Son allure ne lui permet pas de rester bien longtemps à notre contact, mais nous serons ravis de revoir Diego si d’aventure nos routes se croisent à nouveau.

Après 5 heures d’effort (60 km) nous déjeunons d’une soupe de pâtes et de légumes agrémentée de délicieuses écrevisses directement sorties du torrent, un régal ! Suit une petite sieste bien venue puis nous reprenons notre progression sur une route secondaire moins fréquentée. La pente se fait plus raide et les 30 derniers kilomètres, dans une vallée encore plus encaissée d’un affluent du Pisco, seront couverts en 3 heures, nous permettant d’atteindre notre village étape Ticrapo, à près de 2200m d’altitude, tout juste avant la nuit (en effet le jour décline très vite à partir de 18h).


Départ de Humay, magnifique vue sur le rio et les plantations


Pause ravitaillement qui n'empêche pas une pause tendresse !


Nous sommes encore sur la grande route !


Rencontre sympathique avec Diégo, le Colombien marcheur devenu cycliste


la montée finale vers Ticrapo

Mardi 6 Novembre, de Ticrapo à Llactala

Nous reprenons la route là où nous l’avions laissée la veille au soir bien exténués. Pour tous la nuit a été bonne et nous repartons ragaillardis. Mais la pente s’est encore affermie, les lacets de la route se perdent loin là-haut dans la montagne. Nous progressons à très petite vitesse sur une route étroite, assez dégradée, aux virages en épingle souvent dépourvus de revêtement. C’est un itinéraire secondaire pour rejoindre Ayacucho à 160 km de là à travers la Cordillère. Il est emprunté par quelques motos, voitures particulières ou plus souvent minibus-taxis et surtout des camions de chantier imposants, soulevant des nuages de poussière sur leur passage. La plupart des personnes croisées nous saluent, étonnées de nous croiser dans ces lieux improbables pour des vélos aussi lourdement chargés. Nous sommes transportés par la beauté des paysages, les ravins à pic jusqu’au torrent grondant en contre-bas, les montagnes élevées qui nous enserrent de leurs masses rocheuses, à perte de vue au fond de vallées encaissées, tellement loin de toute agitation humaine. En effet les rares hameaux que nous traversons sont misérables, les habitations de terre, de pierres et de tôles ressemblent à des taudis et si quelques infrastructures existent malgré tout - chiche éclairage public, pauvres équipements sportifs, école ou bien encore local associatif - nous ressentons le dénuement dans lequel vivent ces gens. Cependant ils nous manifestent assez généralement leur intérêt et leur curiosité, veulent savoir d’où nous venons et où nous allons. Bref bien que furtives, nos rencontres sont plutôt sympathiques et amicales.

Ce 2ème jour d’ascension nous ne parcourons qu’à grand-peine 25 kilomètres, mais 900m de dénivelé+, avant d’établir notre bivouac sur un terrain de jeu de Llactala.

1ère nuit sous la tente, 1er repas réchauffé sur notre réchaud et à 19H nous filons tous les quatre nous coucher sans demander notre reste ! La nuit sera émaillée de cavalcades et d’aboiements des innombrables chiens du village, Patrice s’emploiera avec l’un d’eux pour récupérer sa chaussure, et dès 2H du matin nous entendrons le grondement des moteurs de camions en partance pour leur journée de travail. Moyennant quoi, dès 5h30 au lever du jour, nous nous extirpons de nos tentes pour lever le camp, avaler qui un café qui un thé, agrémentés de pain et de bananes puis reprendre sans plus tarder, notre lente progression dans la montagne.


les forçats de la route (et de la piste)




1ère nuit sous les étoiles (nombreuses) au milieu des chiens (à peine moins nombreux !)

Mercredi 7 novembre, de Llactala à Castrovirreyna

Ce 3ème jour dans la montagne nous passons l’altitude 3000m, niveau qu’aucun de nous n’a jamais atteint à vélo (parce qu’il n’existe pas de col routier à cette altitude en Europe). Nous fêtons comme il se doit ce 1er objectif mais, alors que nous arrivons à notre ville étape Castrovirreyna à 3700m, nous savons que le col qui nous attend 1000m plus haut représente un défi oh combien plus redoutable.


Nous faisons l'objet de beaucoup de curiosité sympathique avec les locaux





Jeudi 8 novembre, Castrovirreyna

Pour des raisons d'adaptation à l'altitude nous décidons de rester une deuxième nuit au même endroit. Afin de parfaire l'adaptation nous partons dans la matinée jusqu'au lac situé à 4250m, mais sans les sacoches. Nos vélos nous semblent pour le coup vraiment très légers et maniables !





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Vendredi 9 Novembre, de Castrovirreyna à Pilpichaca

Notre décision de passer une deuxième nuit à l'altitude 3700m s'avère la bonne. Nous avons tous mieux dormi (à l'exception de Michel qui mettra à profit le café du petit déjeuner pour reprendre des couleurs) et nous sommes d'attaque pour les trois journées capitales qui se présentent à nous en cumul d'ascensions. Excusez du peu, nous allons successivement :

- monter à 4550m au niveau de deux grands lacs d'altitude puis redescendre à 3700m passer la nuit (Pilpichaca).

- ensuite le lendemain redémarrer de Pilpichaca par une courte descente jusqu'à la jonction avec la route principale pour Ayacucho à 3900m et de là, remonter à 4746m au col d'Apacheta avant de redescendre fortement chercher un hébergement sur le parcours (Arizona).

- enfin le troisième jour continuer brièvement à descendre jusqu'à 3200m pour mieux remonter au col suivant à 3850m et basculer enfin sur Ayacucho 1000m plus bas, ouf !

Vous m'avez suivi ?

Mais ne brûlons pas les étapes. Pour l'instant nous sommes vendredi, il n'est pas encore 8h et nous quittons Castrovirreyna par une très sèche montée de 1,7km qui nous prend à froid en nous coupant littéralement le souffle. Voilà qui commence bien ! Heureusement après une nuit pluvieuse, le soleil est au rendez-vous et (effet de la pluie ?) l'air est saturé de l'odeur des eucalyptus qui poussent en nombre autour du village. Progressivement la pente se fait moins forte et nous prenons un bon rythme, à tel point que nous ne mettons, chargés, pas plus de temps à atteindre le hameau de Pacococha que nous n'en avions mis la veille sur nos vélos sans sacoches. Nous grimpons depuis 2h, la journée risque d'être longue, nous nous accordons une courte halte pour avaler un thé chaud bien sucré et un ou deux biscuits. Nous faisons également le plein d'eau. La petite route continue à grimper, nous voyons nombre de troupeaux se déplacer dans une très vaste estive au cœur des montagnes, à la recherche d'une herbe aussi rare que rase. Troupeaux de moutons gardés par des bergères qui filent la laine tout en marchant derrière leurs bêtes, vaches moins nombreuses et plus sédentaires mais surtout troupeaux d'alpagas en quantité, surveillés par quelques bergers motorisés. Est-ce le privilège de l'homme ou bien n'est-ce pas plutôt les distances parcourues par l'alpaga qui obligent le berger à s'équiper de la sorte ? L'homme que nous avons interrogé n'avait que 60 bêtes et pas de chien. Enfin nous arrivons au niveau des lacs, à plus de 4500m. Ce sont deux très grandes étendues d'eau distantes d'une dizaine de kilomètres, toutes deux très bien équipées pour l'élevage de truites, spécialité reconnue et appréciée de la région. Une autre surprise nous y attend. Curieuses autant que timorées, les vigognes sont là, à bonne distance de nous, perchées élégamment sur les rochers qui bordent la route. Quelles sont belles avec leurs longs poils et leurs petites têtes en pointe, parfois elles poussent de petits cris qui font penser qu'elles sifflent ! Elles courent en bande dans le lointain, rapides et agiles à franchir les obstacles. Plus tôt dans la matinée nous avions vu les plus hauts sommets environnants couverts de neige, alors même qu'il n'y en avait pas la veille. En contournant le deuxième lac nous pouvons maintenant toucher la neige sur les bas-côtés. Nous roulons depuis 5h, il est temps de trouver dans le tout petit bourg de Santa Ines, une cantina qui saura nous préparer la truite grillée dont nous rêvons pour notre déjeuner ! Dehors le temps a changé, le ciel s'est très nettement obscurci, l'orage monte rapidement de la vallée. Nous avons juste le temps de protéger nos sacoches et de mettre les vélos à l'abri, pendant plus d'une heure un orage de pluie et de grêle va nous contraindre à prendre patience avant de pouvoir repartir, dans la descente cette fois-ci. Il fait à peine plus de 2°, la route devenue piste est détrempée, nos vélos sont très vite couverts de terre, les rares véhicules que nous croisons nous aspergent copieusement. Très prudemment nous parcourons le trajet qui nous ramène à l'altitude ciblée pour la nuit, bien en-dessous de 4000m, qui correspond au village de Pilpichaca. Là nous trouvons un toit pour la nuit, une brosse et une bassine d'eau pour nos vélos, une cantina pour une soupe chaude de nouilles au poulet. Vite au lit !


Hasta luego Castrovirreyna !


les cyclistes et les alpagas, au cœur de la montagne andine


La bergère file ou tricote en suivant ses moutons, au loin le 1er lac apparaît


Patrice aperçoit les vigognes


La neige a couvert les sommets mais rien n'arrête nos Dalton (ah si une truite!)



Après la neige, c'est la boue qui rend la piste glissante

Samedi 10 novembre, de Pilpichaca à Arizona

Au réveil le ciel est tout bleu, le soleil pointe au dessus de l'horizon, il fait encore un peu frais, une dizaine de degrés tout au plus. Il n'est pas encore 6h

Le petit déjeuner, soupe de poulet aux nouilles permet de démarrer bien « chargés» en vue de notre défi. Dans cette soupe qui sera notre petit déjeuner quotidien tant que nous serons loin des villes, on trouve : des légumes, des nouilles ou du tapioca ou d’autre chose de cette consistance, un demi œuf dur si on a de la chance et un morceau de poulet, parfois un bon, parfois un pas bon ! alors, « soupe de nouilles au poulet » ou « soupe de poulet au nouilles », c’est comme on veut, ça permet de changer !

Avec un peu de chance, on peut y ajouter un jus de fruit frais, ananas, papaye, mangue, banane, les fruits ne manquent pas et nous les apprécions.

Nous avons aussi du thé. Pour le café il nous faudra souvent l’apporter nous même (lyophilisé) pour en avoir.

Nous mangeons aussi un peu de pain, mais celui-ci n’a rien à voir avec celui que nous connaissons. Christian dont l’appétit n’est pas une légende sera en manque souvent …

Mais fini le petit-déjeuner, aujourd’hui nous défions le point haut de notre aventure, l’Abra Apacheta à 4746 m.

Après une courte descente (6km) pour rejoindre la route principale d’Ayacucho, nous franchissons une première bosse, puis une descente qui nous ramène à 3900m avant d’attaquer la dernière montée dans une vallée impressionnante de couleur. Troupeaux d’alpagas, de moutons et même quelques vaches (à 4500m d’altitude !)

Jean-Marc est en pleine forme, loin devant, Christian ne semble pas souffler. Patrice et Michel en bavent ! mais quelle joie et quelle chance d’être à ce col qui sera sans doute le point haut de passage à vélo de notre aventure et peut-être même de notre vie (même s’il y a des cols encore plus haut par loin d’ici, plus de 5000m)

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous le commentaire du Guide Vert :

"l'Abra Apacheta, l'un des cols asphaltés les plus hauts du monde, où les rochers aux couleurs arc-en-ciel répondent aux eaux violettes de la rivière"

Peut-être que notre rédacteur a quelque peu abusé de la feuille de coca, mais ce n'est pas si loin de la réalité !

La descente est très correcte sur 28km, mais les camions roulent à fond et on croise des villages ou les chiens sont vraiment pénibles et courent à côté des vélos, c’est dangereux.

Grosse désillusion en cherchant un logement à l’endroit prévu, c’est sale et ne fait pas envie du tout pour célébrer notre performance. Nous continuons à descendre avec la nuit, les conseils que nous prenons sont tous faux … sauf le dernier, mais il nous aura fallu faire 30km de plus ! soit une journée à 103 km…

L’hébergement est dans une station d’essence (grifo) , pourrie, sale, salle d’eau indigne sentant la merde et le rat, jonchée de crottes de rat. Douche froide, utile malgré tout. Le tout combiné avec des bruits toutes la nuit : chiens en quantité, camions descendants à fond ou pire s’arrêtant pour faire le plein en klaxonnant pour réveiller le proprio.

Pas vraiment "Arizona dream"!!

Reprise de la descente vers la grande route d'Ayacucho 


Ces magnifiques paysages vont nous habiter très longtemps
C'est parti pour une longue ascension, le col est au bout…
Les regards convergent, jaugent les difficultés à venir


Tout au fond et presqu'en haut à droite, le col !
Rencontre inattendue mais au moins sans gaz d'échappement


On avance, on avance…on s'enquière de la distance encore à couvrir
Vers le haut ce qu'il faut encore grimper, vers le bas ce que l'on vient de parcourir


le panneau du col après ce dernier gauche,droite


le bonheur partagé entre copains qui en ont bien bavé, on l'a fait !
La descente du col, la récompense

Dimanche 11 novembre, de Arizona à Ayacucho

Au matin, nous repartons de notre gîte d'infortune à la station service pour une montée (D+700m) et une descente d'une quarantaine de km seulement avec la ferme intention de trouver un hôtel correct pour deux nuits à Ayacucho. Il nous faudra aussi de la connexion internet qui nous a trop manqué ces derniers jours pour envoyer des nouvelles rassurantes. Tout à notre "exploit" de la veille nous ne musardons pas dans la montée du col du jour et attaquons même la descente pied au plancher. Il nous faut plus d'une demi-douzaine de kilomètres pour réaliser que Michel n'est plus là, au contact. Après quelques minutes d'attente, plus aucun doute, il lui est arrivé quelque chose pour être autant retardé. Un bref appel téléphonique grâce à nos puces Movistar, l'opérateur local, et nous voilà renseignés (et rassurés). Michel a crevé, a changé la chambre à air mais... il n'a pas de pompe ! Tu pousses le bouchon un peu loin, Michel !

Rapidement Jean-Marc défait ses sacoches et le voilà rebroussant chemin vers son infortuné copain, la précieuse pompe bien calée dans son emplacement sur le vélo. Le SAV Bertier toujours prêt 24/24 !

Moins d'une heure plus tard nous voici à nouveau tous regroupés, en mesure de rallier Ayacucho dans les délais les plus brefs, la ville se présentant sous nos yeux au fond de ce qu'il nous semble être une immense cuvette. Impression trompeuse tant les rues de la cité, une fois dans la place, se révèlent escarpées dès que l'on s'aventure au-delà des limites du (petit) centre historique. Mais qu'à cela ne tienne, nous trouvons un bel hôtel très central, Plaza de Armas. Une chambre pour 4 nous suffira. Après ce que nous avons connu c'est le grand luxe. Eau chaude, laverie, Wi-Fi, restaurant de qualité, cet hôtel ne manque de rien. Nous y passerons deux nuits, suffisamment pour se refaire des forces et pour consacrer quelques heures à la visite de la ville. Sans compter le temps passé à trouver un pneu neuf pour remplacer celui de Michel, hors d'usage pour la suite du voyage.

Dès le départ d'Arizona nous quittons la vallée
les jambes tournent à plein régime


et pourtant ça grimpe encore bien !


les habitations le long de la route sont précaires, quelques parcelles sont travaillées


le col, on bascule vers la grande ville loin en contre-bas, laissant les paysans à leur dur labeur


Michel victime du "coup de la pompe" 


Ayacucho, terre promise !










































































































































































Au matin, nous allons repartir pour une montée (D+700) et une descente pour une quarantaine de km seulement avec la ferme intention de trouver un hotel correct pour deux nuits à Ayacucho. Il nous faudra aussi de la connexion internet qui nous manque pour propager des nouvelles rassurantes.



































































































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Dimanche 11 et lundi 12 novembre, Ayacucho - Mardi 13, de Ayacucho à Ocros

Notre arrivée dimanche en début d'après-midi à Ayacucho, après une longue descente qui nous fait traverser quelques quartiers pittoresques de la cité, est des plus tranquilles. Le centre ville, dimanche oblige, est interdit à la circulation automobile. Profitant de l'aubaine, les promeneurs, la plupart en famille, ont envahi les rues qui bordent la Plaza de Armas, là où se trouve notre hôtel. Nous nous glissons doucement dans le flux, malgré nos grosses montures, pour arriver sans difficultés au pied du Via Via hôtel, établissement dans lequel nous nous installons pour 36 heures les plus agréables qui soient. Notre programme (dans cet ordre) : se connecter avec nos familles pour échanger des nouvelles, se restaurer, donner notre linge sale à laver, se reposer, faire l'entretien de nos vélos et trouver un pneu neuf de rechange, enfin découvrir la ville. Tout sera fait en temps voulu, en mettant un soin tout particulier au choix des divers cantinas, pour changer un peu de la (déjà) routinière supita nouilles et poulet !

Il en ira tout autrement lors de notre départ de la ville, le mardi suivant. Malgré l'heure encore matinale, il est à peine 8h, les rues du centre sont déjà surchargées de voitures, de bus et de deux-roues pressés de se faufiler dans le trafic. Très clairement nos 4 vélos, lents, encombrants, peu maniables et cherchant leur route qui plus est, ne sont vraiment pas du goût de tous ces conducteurs que nous retardons bien malgré nous. Et ils nous le font savoir à coups de klaxon impérieux, d'intimidations, voire s'ils pouvaient nous rouler dessus certains le feraient même assez volontiers ! Ajoutez à cela l'état de la chaussée (nous roulons les yeux rivés au sol pour en éviter toutes les chausse-trappes, trous, gravats, grilles d'égout dans lesquelles pourraient se ficher nos roues, pièces métalliques ou ferrailles, etc.), le peu de cas apporté au respect du code de la route et la pollution qui nous prend à la gorge, bref nous n'aspirons qu'à disparaître au plus vite de cet enfer citadin.

Dès les premiers faubourgs la route s'élève fortement, or nous savons trop bien ce qui nous attend : sur notre parcours, au kilomètre 62 de la route de Cuzco, se dresse un col à 4400m, l'abra Huamina, suivi d'une descente vertigineuse qui doit nous ramener à l'altitude 1850m. Bien plus tard, gagnés par la nuit après une ascension de 1750m et 103km parcourus, nous serons contraints d'arrêter provisoirement notre descente et de trouver un hébergement dans le petit village d'Ocros.


Vue de notre hôtel, un dimanche bien tranquille sur la Plaza de Armas d'Ayacucho


L'atelier des Daltones dans une partie du patio de l'hôtel, une habitude en somme!


Un centre historique très plaisant


Les montagnes enserrant la ville au soleil couchant, un spectacle de toute beauté


Vue d'au-dessus, la piste de l'aéroport paraît s'enfoncer à l'intérieur de la ville


Quittant des paysages agricoles, la route, en s'approchant du col, traverse une nature désertée, sans culture ni pâture


l'autre versant du col, à 4400m


A l'horizon le spectacle est magnifique, la route pour une fois impeccable


La journée a été très longue, il faut encore filer avant la nuit
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Publié le 16 novembre 2018

Ocros à Uripa, mercredi 14 novembre 65km

Sur le papier, cela devait être une étape de transition. Mais après la rude journée de la veille, les organismes sont encore bien meurtris au petit matin. Une visite au dispensaire médical (sans rapport avec les organismes meurtris, qu'on se rassure !) du village d’Ocros pour diffuser notre message de prévention sur le diabète nous permet de constater encore une fois que le Pérou est bien concerné par ce problème de santé publique, notre démarche est bien reçue !

Après un petit déjeuner traditionnel (soupita de pollo, thé, café, jus de fruit), nous voilà partis. Une bonne vingtaine de km de descente tranquille pour en terminer avec l’abra Huamina nous permet de rejoindre la vallée du Rio Pampas à 2000m. Ensuite une longue remontée de vallée nous attend, pour s’engager dans le col suivant, l’abra Saracchoca (4200m) et faire escale à mi-pente dans la petite ville sympathique d’Uripa (3200m). La chaleur et la moiteur de la vallée sont pénibles. Nous sommes littéralement dévorés par de minuscules moustiques sur les jambes et les autres parties du corps découvertes. Le repas de midi constitué de produits locaux (avocats, mangues, citrons verts, …) excellents ! suivi d’une sieste peu réparatrice, perturbée par les moustiques, avant de reprendre une ascension difficile avec pentes. L’hôtel trouvé au centre ville d'Uripa, plazza de Armas, est de bonne qualité et très apprécié. Un bon repas et la nuit font le plus grand bien aux Daltones.

Affiche de sensibilisation sur la façade du dispensaire


Nous quittons un pueblo accroché à la montagne pour rejoindre la vallée de Pampas


la vallée et ses flancs sont très cultivés


Bientôt en bas, nous ne tarderons pas longtemps avant de reprendre de la hauteur
Cette nouvelle vallée se donne un petit air Suisse, non ?


M plein cadre (de vélo !)


Soupita à l'œuf (entier !) arrosé d'un vin péruvien bien sucré, Cumpleaños feliz Juan !
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Publié le 18 novembre 2018

Jeudi 15 novembre, de Uripa à Andahuaylas

Nous repartons ce matin dans un col, le dernier (provisoirement) de la série des plus de 4000m, qui nous a bien "rincés" hier depuis le rio Pampas, tout au fond de la vallée, jusqu'à notre ville étape d'Urita à mi-parcours. C'est l'addition de pourcentages élevés sur les premiers kilomètres de montée, du 10 et 11% fréquents, d'une météo pénible, chaleur lourde sans le moindre souffle d'air, mais aussi probablement de la répétition d'efforts qui finissent par user les organismes. Cependant nous restons très motivés et toujours impatients le matin de reprendre la route. De plus un petit vent agréable balaie la montagne et, à plus de 3000m d'altitude, nous respirons beaucoup mieux que la veille. Cette fois encore nous ne serons pas déçus par la démesure des paysages que nous découvrons au fur et à mesure que nous nous élevons. Jusqu'à 4000m beaucoup de terres sont cultivées et la nature, bien travaillée par l'homme mais aussi correctement pourvue en eau, se montre généreuse. Entre 4000 et 4500m nous entrons dans des zones de pâturage étendues où se côtoient troupeaux de moutons, d'alpagas et de vaches ou même élevage de chevaux.


Nous laissons Uripa derrière nous,


mais les petites exploitations nous accompagnent encore un bon moment 


Progressivement les paysages changent et se transforment  en vaste étendues de pâtures


Grimper un col interminable dans un tel décor, c'est magique !


Néanmoins on apprécie tous , une fois le col franchi après plus de 3h d'efforts, de pouvoir récupérer dans la descente.


on profite encore un peu du décor, sans perdre la route des yeux…



1500m plus bas on se regroupe avant de rejoindre notre hébergement à Andahuaylas

Vendredi 16 novembre, autour d'Andahuaylas

En attendant le bus de nuit qui doit nous permettre de rejoindre en 8 heures la petite ville d'Anta, proche de Cusco, nous décidons de passer la journée de vendredi en excursion dans les environs d'Andahuaylas. Nous irons en vélo, sans nos sacoches, jusqu'à la laguna de Pacucha puis de là, à la forteresse de Sondor, haut lieu de la culture Chanka, qui a précédé les Incas d'environ 1 siècle (1300 de notre ère). Nous passons une journée superbe, en partie au bord d'un très grand lac d'altitude (3100m), très belle villégiature de citadins aisés, mais aussi dans une petite vallée d'Eden agricole, peuplée de descendants Chankas, non moins privilégiés par leur cadre de vie que leurs congénères de Pacucha. Tout cela sous la protection d'un site historique bien conservé, une pyramide de pierres jouissant d'un panorama sublime.


la laguna de Pacucha et son petit port de plaisance


A votre santé, vous tous qui nous suivez dans nos aventures daltonesques !


A pied, une fois n'est pas coutume, à la découverte de la forteresse Sondor


L'impressionnante pyramide
jouissant d'une situation exceptionnelle


On les sent bien, même sans leur vélo


Sur l'autre versant la très belle vallée Chanka



Au retour en fin de journée, c'est une vraie palette de couleurs qui s'offre aux yeux éblouis


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Samedi 17 novembre, Anta à Ollantaytambo 45km

Tout juste rentrés de notre très belle excursion à Pacucha et Sondor, nous n'avons que le temps d'une douche et d'une rapide collation avant de rejoindre, avec vélos et bagages, la gare routière de Andahuaylas. Nous prenons un bus, ce vendredi 16 novembre en début de soirée, pour la petite ville de Anta, à plus de 300km et 8 heures de route environ . De là notre objectif est de rejoindre en vélo Ollantaytambo, dans la Vallée Sacrée non loin de Cuzco, et d'organiser notre visite au Machu Picchu, point d'orgue de la 1ère partie de notre voyage au Pérou. Le chargement des vélos dans la soute du bus nous donne des sueurs froides tant les conditions de transport sont précaires pour nos quatre vélos, embarqués les uns sur les autres et plus ou moins calés avec nos gros sacs (ceux utilisés pour le voyage en avion) dans lesquels nous avons glissé les sacoches. Par bonheur nous n'aurons rien à déplorer sur nos bicyclettes à l'issue du voyage hormis quelques petits accrocs ici ou là de peu d'importance. Pour les quatre Dalton le voyage est contrasté. Pénible pour Christian dont les grandes jambes (il mesure 1,93m) ont bien du mal à se caser dans la rangée entre deux sièges, plus ou moins reposant pour les trois autres selon leur faculté à trouver le sommeil dans ce qui pourrait s'apparenter parfois à un parcours dans un grand huit de fête foraine ! Il faut rappeler ici que le profil de notre trajet n'a rien d'un long fleuve tranquille. Ce sont toujours les routes des Andes que nous parcourons, qui plus est dans un secteur particulièrement montagneux et accidenté. Comme dit le Guide Vert, avec cette Compagnie de transport, ce ne sont pas les bus les plus confortables mais les chauffeurs sont des As! Pourvu que se soit vrai avec le nôtre, c'est tout ce qui nous importe.. Et en effet, un peu après 4h30 du matin, le chauffeur nous dépose avec tout notre barda sur la rue principale de Anta, légèrement hagards mais entiers. Le temps de harnacher nos vélos et d'avaler une boisson chaude achetée dans la rue, le jour s'est levé et nous prenons la direction de Ollantaytambo sur la route du Machu Picchu. Très vite nous empruntons une belle route récemment ouverte qui fait notre bonheur. Elle s'enfonce dans une vallée, le long d'un torrent et d'une étroite ligne de chemin de fer. Or après une dizaine de kilomètres nous réalisons que cette route n'est pas terminée, c'est même encore un énorme chantier avec de gros engins au travail et des tirs de mine pour faire tomber des pans entiers de falaises instables, au-dessus de ce qui n'est encore qu'une piste, sur laquelle nous sommes amenés à rouler ! Mais que sommes-nous venus faire dans cette galère ? Nous allons passer presque toute la matinée à parcourir une quinzaine de kilomètres. Nous sommes arrêtés deux fois très longtemps, la première fois le temps de sécuriser notre passage sur une partie délicate du chantier. La seconde fois nous voyons arriver un gros 4X4 de la Société de travaux. En descendent des membres du Service Sécurité qui improvisent une réunion avec tous leurs ouvriers, là devant nous. Pour finir, tous se présentent en file indienne le long du 4X4 afin de recevoir un masque de protection et une pièce de tissu rouge (?) avant de signer un registre et de reprendre leur travail, nous allons enfin pouvoir repartir ! Cette route sera sans nulle doute une très belle voie d'accès pour nombre de cars de touristes attirés par le Machu Picchu, mais compte tenu de l'ampleur des travaux ce n'est sûrement pas encore pour demain !


Une belle route pour nous tous seuls qui va nous réserver de bien mauvaises surprises !
D'abord c'est une longue attente, puis  chacun repart avec précaution sur la piste 


Cela devient de plus en plus précaire pour nous, les marteaux -piqueurs percent la roche et les camions nous talonnent


Le 2ème arrêt est très long, après le briefing la madame Sécurité distribue les masques, les ouvriers signent le registre


ça y est nous sommes passés, vite sortir de cette galère


A part ça la vallée est magnifique et la route sera belle, un jour !
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Samedi 17 Novembre, Ollantaytambo et Dimanche 18 Novembre, Le Machu Picchu

Samedi à la mi-journée, nous arrivons à notre camp de base pour ce qui est le sommet de notre séjour au Pérou, la découverte du Machu Picchu. Nous nous établissons pour deux jours à Ollantaytambo, petite ville sur les rives du rio Urubamba, haut lieu parfaitement conservé (et restauré) de la civilisation Inca. Pour nous la ville a un autre attrait, elle se situe sur la ligne de chemin de fer qui relie Cusco à Agua Calientes, au pied du prestigieux autant que mystérieux site Inca. Nous avons prévu de laisser nos vélos à l'hôtel et de faire l'aller et retour dans la journée, en partant dès 5h par le 1er train du matin. Si nous voulons profiter du site en évitant la foule des visiteurs durant les deux ou trois premières heures de notre visite, nous devons impérativement arriver, sinon dès l'ouverture à 6h, du moins peu après.

Pour la suite du récit, il nous a semblé intéressant que chacun d'entre nous, Los Daltones, puisse vous raconter "son Machu Picchu". Ce sont ces 4 points de vue que vous allez découvrir maintenant :

Michel :

Le Machu Picchu n’était pas dans ma tête un lieu incontournable, par ignorance sans doute. Mais c’était un bel objectif de notre voyage fort motivant. Longue journée qui demande de se lever à 4h, de prendre le train de Ollantaytambo jusqu’à Aguas Calientes, 1h30 en fond de vallée, d’acheter des billets pour prendre un bus qui mène jusqu’au site situé plus haut.

Machu fichu ! nous arrivons dans les nuages et la vue est nulle et nous rappelle les uns et les autres d’autres lieux ou nous sommes allés … dans le brouillard. L’Irlande pour l’un, Maroc pour l’autre, etc. quelques coups de vent et les nuages nous laisseront admiratifs.

Je me suis laissé prendre par ce site, il est parfaitement restauré, parfaitement entretenu malgré les milliers de visiteurs quotidiens. À l’heure ou nous sommes arrivés, ce n’était pas encore la foule, elle viendra plus tard. On peut en faire abstraction et se plonger 500 ans en arrière en imaginant ce village perché dans un site fabuleux grouillant d’activité : paysans sur les restanques vertigineuses, tailleurs de pierres à l’ouvrage, ouvriers maçons en plein effort, tous hommes et femmes rendant vivant ce lieu aujourd’hui inanimé.

Le site est fantastique, pourquoi être aller chercher si loin au fond d’une vallée, puis au sommet des montagnes pour construire cela ? le culte du soleil est-il la seule raison de cette folie ? mystère pour moi.

Les murs de pierre les plus sophistiqués sont incroyables. De la plus petite à la plus grosse elles semblent toutes avoir leur place. Celle-ci et pas une autre. Aucune n’est pareille à l’autre, aucune n’est posée « droite », à l’horizontal, comme si le hasard avait dirigé la construction. Et pourtant tout est parfait, les murs ne sont pas verticaux mais penchés selon un angle choisi, l’ajustement des pierres l’une sur l’autre est incroyablement précis. Quelles techniques, quels savoir-faires oubliés !

Au musée que nous avons visité plus tard, il était dit par des indiens locaux, au 19ème siècle : « Les Incas ont construit le Machu Picchu, ils avaient la force. Aujourd’hui on ne sait pas comment ils ont fait, on ne sait pas le refaire car les Incas ont disparu. Seuls les Incas ont pu le faire car ils avaient la force ».

Jean-Marc :

Pardon d’être trivial mais tout d’abord il faut dire que le Machu Picchu est un gros business.

Le billet d’accès au site, pour peu que vous l’achetiez en ligne sur le site officiel, est à 158 soles (43€ ou 48$). Par le biais d’une agence ce serait encore plus cher, évidemment.

A cela vous devez rajouter le prix du billet de train A/R. Nous partons de Ollantaytambo (1h30 de voyage pour 36km, idem au retour) plus favorable que Cusco avec ses 2 X 3h de train. Malgré ça il nous en coûte 125$ /personne en prenant la formule la plus économique, type de train et horaires les moins chers. Si vous voulez par la suite changez d’horaire de retour par exemple, c’est 25 ou 50$ en plus qu’il vous faudra débourser.

Et enfin le bus d’Agua Calientes au site du Machu Picchu, 8km en 20’, à 25$ pour l’A/R

Total 198$ ou 178€/personne, une vraie petite fortune !

Bilan, à nous 4 nous avons laissé 712€ (792$) ou 2600 soles. Soit de quoi vivre 1 semaine tous les 4 au Pérou, pour nous qui ne nous privons peu. Alors imaginez ce que cela représente pour une famille péruvienne même si le tarif d'entrée est moins cher pour les nationaux.

Voilà c'est dit !

Mais le Machu Picchu c’est bien plus que cela :

Ce que j’ai vu en premier lieu c’est la végétation, une forêt luxuriante, envahissante, tropicale : la forêt amazonienne, encore jamais vue jusque là dans notre voyage. Puis dominant cette végétation, les montagnes majestueuses, parfois inquiétantes, toujours omniprésentes où que porte le regard. Et enfin émergeant tel le pont d’un navire de l’immensité verte, le Machu Picchu, comme irréel dans son écrin de montagnes, avec son décor de pierres ordonnées (impression renforcée sûrement par la mer de nuages qui baignait le site quand nous l’avons découvert)

On l’a vu mille fois en photos mais de l’avoir là sous nos yeux en vrai, c’est merveilleux et impressionnant. Quel travail pour construire et ordonner tout ça, une œuvre titanesque dans cet environnement minéral et végétal qui, de prime abord, ne s’y prêtait vraiment pas. Rendez-vous compte, le site est en aplomb de 500m au-dessus du torrent qui charrie ses eaux tumultueuses en contre-bas ! Comment ces hommes, les Incas, ont-ils pu concevoir ce projet fou et enfin le réaliser de façon si parfaite ? Je veux croire que seule leur spiritualité hors du commun les a guidés et motivés dans ce but. Avec peut-être aussi, pour une part, l’instinct de survie dans une période particulièrement menacée de leur histoire.

Christian :

La première impression qui se dégage lorsqu’on arrive a la maison des gardiens, c’est la taille de l’ensemble, posé sur un piton rocheux, entouré lui-même de montagnes aussi impressionnantes, un village très structuré aussi, on le verra plus tard au cours de la visite, dévolu presque essentiellement au culte du soleil

Ensuite pour un apprenti jardinier, la science de la terre, du drainage, des couches supérieures et des sous couches, l’exposition au soleil, les différentes cultures en fonction des saisons, et tout cela a 2400 m d’altitude,

Un site exceptionnel, qui pose une question, comment faisaient-ils pour déplacer des blocs de pierre monstrueux, qui de nos jours nécessiteraient des engins très puissants ?

Patrice :

En ce petit matin de novembre, l’atmosphère est électrique au réveil à Ollantaytambo ; l’orage gronde, la pluie menace et Los Daltones sont sur le pied de guerre pour aller prendre le train et visiter le clou du Pérou, je veux dire le Machu Picchu. Et lorsque l’on a constaté que l’on était enfermé dans l’hôtel, notre gardien ayant oublié le réveil ! notre imagination fourmille de solutions : faire le mur, provoquer un court-circuit … pour ouvrir la serrure électrique mais miracle notre tambourinage réussit à réveiller notre hôte. Nous nous précipitons alors vers la gare pour une heure et demie de train pittoresque dans ce fond de vallée qui nous conduit à Agua Calientes, où un bus va nous acheminer vers l’entrée de site après 8km d’une petite route escarpée à flan de colline.

Là, l’impression première est une grande déception de découvrir ce site emblématique rempli de brumes et qui ne se dévoile qu’en partie. Par contre, notre arrivée matinale nous permet d’engager une visite relativement tranquillement sur un circuit bien balisé. L’imagination va cependant opérer, et interpréter quelle motivation a pu conduire cette civilisation pour construire une telle citée ! l’Homme est ainsi constitué de croyance rassurante, ici dédié à la divinité du Soleil mais aussi pour assurer les besoins matériels du quotidien. Le positionnement de la cité du Machu Picchu est bien fonctionnel pour assurer la liaison marchande entre le pays andin et la vallée amazonienne.

La dimension du site choque l’œil dès qu’une éclaircie permet de l’entrevoir davantage dans sa globalité. La qualité de la construction est stupéfiante ! les formes géométriques retenues et la précision des assemblages de pierres ne peuvent être le fait du hasard, il fallait que cela résiste aux affres du temps, aux séismes, au climat tropical… Le principe de construction en terrasse rappelle sans nul doute nos restanques provençales. Sans concertation possible, les mêmes techniques d’ancrage sur le rocher et de murs en pierres sèches pour le drainage des sols ont été mises en œuvre, surprenant ! Et beaucoup d’interrogations subsistent, comment charrier des masses aussi importantes sur ces parois abruptes vu le peu de technicité dont disposaient les Incas ?

Au détour d’un motif , d’une construction fonctionnelle... pour peu qu’un moment d’isolement survienne, mon esprit s’égare pour une introspection plus personnelle, quelle sera mon empreinte sur ce bas monde ?

Mais vite rappelé au présent par l’afflux de visiteurs, ces 3 heures passés ici me resteront comme un moment de vie mémorable ! Je retrouve mes trois compañeros pour échanger sur nos perceptions dans la cité ultra touristique d’Agua Calientes.

Embarquement pour Agua Calientes, il fait encore nuit et il ne pleut pas encore !


En arrivant sur place, les cimes ont beau être noyées dans une mer de nuages, c'est déjà la sidération de la découverte
Le site nous apparaît dans le silence du petit matin ouaté 
Bien sûr on aimerait un rayon de soleil, mais les nuages qui remontent de la vallée rajoutent leur part de mystère
On est bluffé par ce que ces murs nous donnent à voir du savoir faire Inca


Même les terribles tremblements de terre de 1650 et 1950 n'ont pas mis le site en péril


500m plus bas à la vertical, le fond de la vallée. A droite on devine la route en lacets


les Incas étaient passés maîtres dans la culture en terrasses (les andenes)


Alors Machu fichu? Que nenni dit Michel, le converti
On s'accorde une sieste après ces belles émotions, plus tard ils sembleront encore sous l'emprise de ce qu'ils ont tant admiré





















































































































































































































































































































































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Lundi 19 et Mardi 20 novembre, Ollantaytambo - Maras - Morey - Cusco

La journée de dimanche a été chargée en émotion. La magie du Machu Picchu, nous l'avons écrit chacun à notre manière, a agit sur nous, c'est une évidence. Aussi c'est dans cet état d'esprit que, dès le lundi matin tôt, nous nous dirigeons vers la forteresse Inca d'Ollantaytambo, magnifiquement conservée et restaurée, nouveau témoignage intéressant du savoir faire Inca, incomparable dans l'art de s'intégrer dans la nature. Ce sera encore le cas l'après-midi même à Maras, plus loin dans la vallée au-dessus de Urubamba, lorsque nous découvrirons l'immense étendue des salines, ou encore le lendemain à Morey pour les très curieuses cultures en cercle, utilisées pour leurs recherches en agronomie. Rarement une vallée autant que celle que nous aurons arpenté, n'aura autant mérité son appellation de Vallée Sacrée.

Entre temps lundi après-midi, nous nous serons installés dans le gîte de Jorge et Hermina, son excentrique maman de 84 ans, accueillis et traités avec une rare amitié. Le dîner, tout simple, préparé par Hermina nous a régalé de saveurs droit venues de son potager. Jorge, pour sa part, nous a guidé dans la montagne et permis de rejoindre les sites visités par des chemins où nous avons expérimenté les qualités "tout terrain" de nos montures, sans sacoches heureusement !


la forteresse ne fait qu'un avec les montagnes qui l'entourent
toujours cette science incomparable pour monter les murs qui défieront le temps


la pierre d'un seul bloc de la fontaine est taillée en forme de croix Inca


des blocs imposants, montés jusque là on ne sait comment


en contre bas la petite ville bruisse et s'anime
entre temps nous avons repris la route, ou plutôt les chemins


pour découvrir un spectacle surprenant : les salines de Maras déjà exploitées par les Incas


dans cette étroite mais longue vallée, 3600 bassins à perte de vue


de la route qui remonte sur l'autre versant, dernier regard en contre bas


nous nous dirigeons maintenant vers Morey et les cultures en cercle


les Incas y expérimentaient leur science en agronomie


los Daltones en profitent pour se livrer à une de leur facétie coutumière, l'art et la manière de faire le mur !


après la séance de photos avec Honorina et Jorge dans leur jardin


nous reprenons la route de Cusco que nous atteignons juste avant la nuit
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Publié le 26 novembre 2018
L'exceptionnelle Plaza de Armas et la ville qui s'étend jusque sur les collines qui la ceinturent à l'Est

Arrivés en fin de journée le mardi 20 novembre à Cusco, nous nous installons dans une petite auberge de jeunesse du centre ville, chaudement recommandée par un sympathique couple de cyclistes croisés sur notre route quelques temps auparavant. Effectivement nous passerons là deux jours mémorables, extrêmement bien placés pour partir à la découverte d'un centre historique absolument magnifique et arpenter, sans s'en lasser, ses rues les plus typiques. Cathédrale, églises, couvents, marchés, places, rues à arcades élégantes, patios et cloîtres, tout est source de curiosité, d'étonnement, d'admiration ! La Cusco coloniale et la Cusco Inca se répondent et se complètent, donnant à la ville un petit air de musée à ciel ouvert. Ajoutez à cela une pratique déjà constatée au Pérou mais poussée à l'extrême ici, le culte de la manifestation pacifique et bon enfant (il peut y avoir le même jour jusqu'à 3 ou 4 défilés de manifestants qui se succèdent à quelques heures d'intervalle, ou même simultanément à quelques rues de distance) et vous obtenez une animation permanente qui donne à la ville sa stimulante effervescence.


Eglises des Jésuites et de San Domingo


Maison coloniale et rue piétonne près de la Plaza de Armas


Cloître et jardin du couvent San Domingo


Los Daltones au couvent !


La Cathédrale et l'église des Jésuites Plaza de Armas


Harmonieuses arcades surmontées d'élégants balcons


Le sport national : la protestacioñ et la revendicacioñ font la manifestacioñ !
L'empereur inca Pachacùtec et l'église San Francisco
La Cordillera Réal irréelle, très loin là-bas en Bolivie
Vendredi 23 novembre 6h, pdj rapide à l'auberge avant le départ en bus-cama grand luxe à destination de Puno et du lac Titikaka
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Publié le 28 novembre 2018

En parcourant les 390km qui séparent Cuzco de Puno en bus, nous gagnons une semaine sur notre planning. C’est important si nous voulons prendre quelques jours pour découvrir le lac Titikaka (orthographe andine) tant côté péruvien (Puno) que côté bolivien (Isla del Sol). Ce parcours en bus sera notamment l’occasion de découvrir l’altiplano et de visiter quelques sites archéologiques dont Raqchi, ruines d’un immense caravansérail inca, étape des caravanes de lamas transportant les marchandises de l’altiplano vers Cuzco mais aussi des pèlerins, soldats ou simples voyageurs. Le vendredi 23 novembre en début de soirée nous sommes installés pour la nuit à Puno, 1ère ville d’importance sur le lac.

Le samedi matin sans attendre, nous enfourchons nos vélos chargés, en direction de Llachoń, petit port établi à l’extrémité de la presqu’île de Capachica à 77km au nord-est de Puno. Notre plan rêvé pour le week-end serait le suivant : de Llachoń, trouver un embarquement pour nous et nos vélos pour l'une ou l'autre des îles de Taquile ou de Amantani pour, une fois sur place, nous faire héberger chez l'habitant pour la nuit du samedi au dimanche. Le retour sur Puno se faisant le dimanche dans l'après-midi par une liaison maritime régulière. Il ne reste donc plus qu'à mettre notre projet à exécution. La randonnée vélo dans la presqu'île de Capachica se déroule sans problème sinon que le ciel reste désespérément terne, affadissant les paysages. Soudain dans un village 3 cyclistes randonneurs nous font de grands signes. Ce sont des français, Yves, Bernadette et Annie. La rencontre est chaleureuse, nous échangeons nos expériences sur les voyages en cours. Yves et Bernadette sont des cyclo-voyageurs confirmés, le nombre de pays qu'ils ont déjà parcourus l'un et l'autre est impressionnant. Nous faisons route en commun jusqu'à Llachoń, notre petite troupe de 7 cyclistes ne passent pas inaperçue. A destination, dans ce petit village isolé surplombant le lac, nous sommes vite rejoints par 2 jeunes filles, françaises elles-aussi, Manon et Marion qui arrivent également de Puno par un collectivo (taxi collectif). Cette réunion de 9 compatriotes, tout à fait inattendue, a quelque chose de bien sympathique. Nous achetons les mêmes boîtes de sardines au seul petit magasin ouvert (il n'a que ça à proposer), un peu de pain et improvisons un pique-nique sur la petite place quasi déserte. Charme des rencontres du bout du monde, ce petit moment partagé nous met le cœur en fête. Cependant la suite de notre plan va s'avérer nettement plus délicate. En effet il n'y a, selon l'épicier, aucun départ de bateau avant le lendemain matin. Il peut néanmoins nous loger pour la nuit dans un gîte, suffisamment grand pour nous et nos 3 récents compagnons. Après concertation, nous décidons malgré tout de descendre vers le lac, bien décidés à trouver coûte que coûte un pêcheur qui accepterait de nous embarquer pour l'une des îles, peu importe laquelle, l'important étant d'y aller ! Et l'improbable se réalise, alors que l'après-midi est déjà bien avancée, nous trouvons "le" pêcheur, Gabriel, qui accepte de nous faire traverser, direction l'île de Taquile à 1 heure de navigation, sur un canot à moteur dont on se demande comment il va bien pouvoir embarquer 5 personnes plus 4 bicyclettes et tout notre barda ! Mais c'est sans compter sur Gabriel qui prend sa mission très au sérieux et se démène pour nous amener à bon port juste avant la nuit. Nous nous souviendrons longtemps de cette navigation sur le lac Titikaka, autant que du somptueux coucher de soleil qui nous accueille sur les hauteurs de Taquile. Nous serons hébergés pour la nuit chez l'habitant comme espéré et le lendemain dimanche nous pourrons tout à loisir découvrir à pied cette jolie petite île très escarpée, faire tamponner nos passeports, preuve de notre venue sur le largo Titicaca, se vivifier d'une bonne baignade dans le lac et enfin descendre (avec moultes difficultés), en poussant nos vélos, les 532 marches (!) qui nous ramènent au môle où nous prendrons le bateau régulier pour Puno, ravis de ces deux jours sur ce lac mythique. Avant de quitter la ville le lundi matin, nous retournons sur le largo voir les fameuses îles Uros, construites sur un épais tapis de totora, le roseau du lac. Mais quelle déception devant cette organisation qui nous fait penser irrésistiblement à un parc d’attraction et où tout semble artificiel. Nous repartons en nous promettant bien qu'on ne nous y reprendrait plus. Sans plus tarder nous reprenons nos vélos pour filer à l’autre bout du lac, 140km au Sud-Est, en direction de la frontière bolivienne que nous franchirons mardi si tout se passe comme prévu.


le site inca de Raqchi voyait passer les caravanes de lamas et stockait  les marchandise dans des Colcas (entrepôts)


le train de l'altiplano traverse des paysages splendides jusqu'à 4300m


la presqu'île de Capachica nous accueille par un temps maussade


mais l'ambiance du lac Titicaca reste malgré tout incomparable


Gabriel a supervisé le chargement, le plein de carburant est fait, plus rien ne s'oppose au départ pour l'île de Taquile


les visages sont malgré tout un peu tendus, Patrice a même gardé son casque, il est préférable de sortir couvert !


la mer s'est creusée, le soleil descend à l'horizon et l'île est encore loin


à l'instant où nous posons le pied sur Taquile, le ciel puis le lac semblent tout à coup s'embraser


s'ensuit pendant de longues minutes un spectacle féérique


le ciel et le lac sont en complète fusion


le lendemain nous partons à la découverte de l'île


et de ses habitants, en habits du dimanche 


la vue est aussi magnifique que le temps 


encore les seuls touristes sur l'île à cette heure ci, c'est l'avantage de dormir sur place



commence la descente hasardeuse vers le môle avec les vélos


ce sont 532 marches à descendre pour reprendre le bateau et retourner à Puno
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Publié le 1er décembre 2018

Lundi 26 novembre, de Puno à Llave

Après la grande déception des îles Urios nous sommes pressés de passer à autre chose. Et quoi de mieux que d'enfourcher nos vélos et de sentir à nouveau sur le visage le déplacement d'air provoqué à chacune de nos pédalées. Nous laissons derrière nous Puno mais le lac Titicaca nous accompagne. Nous allons le longer pendant de nombreux kilomètres en direction du Sud-Est, en fait jusqu'à la frontière entre Pérou et Bolivie située à 150km et même encore au delà sur la route qui conduit à La Paz. Notre objectif pour ces deux prochains jours est d'arriver à Copacabana, la 1ère ville bolivienne sur notre parcours, quelques 8km après avoir quitté le Pérou. Compte tenu de notre départ tardif dans la matinée, nous savons que le kilométrage de ce 1er jour ne sera pas trop élevé, pénalisé également par la pluie d'orage. Il sera exactement de 53km, soit la distance parcourue pour rallier Llave où nous passons la nuit.

Mardi 27 novembre, de Llave à Copacabana - Mercredi 28 novembre, l'Isla del Sol

Nous repartons tôt le lendemain matin, sans un regard pour cette petite ville déprimante au possible, à oublier très vite. Notre rythme est bon, les kilomètres défilent, la route longe le lac et ne présente pas de difficultés. C'est tant mieux car nous avons une petite centaine de kilomètres à parcourir aujourd'hui. C'est notre dernier jour au Pérou, déjà un mois de passé, nous n'en revenons pas ! Et en même temps cela fait déjà tellement de souvenirs, tellement de choses à raconter.. Après 2 heures de vélo nous sommes rattrapés par la pluie à l'entrée de Juli. La Rome de l'Amérique comme il est écrit fièrement sur le fronton de l'arche qui nous accueille à l'entrée de la ville, rien que ça ! Elle possède 4 églises coloniales, voilà l'explication, pas mal pour 7000 habitants. Nous ne pensons qu'à nous abriter et à nous réchauffer d'un café et d'un morceau de brioche, le petit déjeuner frugal de ce matin est déjà loin. Nous repartons dès que la pluie fait mine de s'arrêter et nous roulons jusqu'à la dernière ville péruvienne avant la frontière, Yunguyo, pour un très simple mais néanmoins excellent repas. Vraiment la cuisine péruvienne nous aura surpris par ses saveurs, en dehors des périodes où nous étions perdus, loin de tout, dans les montagnes andines et abonnés à la soupita de pollo. Qui n'a pas goûté à un ceviche de truite fraîche ou encore à un lomo saltado accompagné de patate douce, ne peut pas savoir comme cette cuisine est un régal ! Environ 3 kilomètres plus loin nous passons en Bolivie, sans visa, nous restons moins de 30 jours, les formalités sont très vite remplies. Encore 8km de montagnes russes et nous voilà au-dessus de la jolie baie où se niche la coquette ville de Copacabana, à ne pas confondre avec la célèbre plage de Rio, même si ses plages et ses îles attirent également bon nombre de touristes, jeunes européens en particulier. Nous nous installons pour deux nuits à la pension Sonia, située juste derrière la cathédrale, superbe construction blanche de style mauresque qui abrite la Vierge noire, taillée en bois de maguey (cactus), image la plus sacrée du pays (photo interdite). Nous avons prévu une excursion d'une journée à l'Isla del Sol, berceau de la mythologie Inca, à 1h30 en bateau au bout de la péninsule de Copacabana. Malheureusement le mercredi matin le temps est très couvert, la pluie tombe par intermittence. Nous décidons néanmoins de maintenir notre projet. Le beau temps revenu en fin de matinée nous donne raison. Nous constatons une fois encore la beauté des paysages sur le lac Titicaca, la profusion d'îles parcourues de murs de pierre et striées de multiples petites terrasses correspondant à autant de parcelles cultivées, avec de loin en loin les ruines, plus ou moins protégées, des sites incas.

Jeudi 29 et Vendredi 30 novembre, de Copacabana à La Paz

En quittant Copacabana nous avons 150km à parcourir pour atteindre La Paz, nouveau temps fort de notre voyage. Nous comptons deux jours de trajet, d'autant plus que, dès la sortie de la ville, la route s'élève au dessus du lac et que notre altitude va très régulièrement fluctuer entre 3800m (altitude du lac) et 4200m, jusqu'à un détroit que nous traversons par un bac, entre les deux ports de San Pedro et San Pablo de Tiquina. Là nous nous régalons de truites grillées et d'une petite friture fraîchement pêchée, préparées à même le trottoir par quelques femmes, un repas de roi pour des Dalton affamés. Las, pour repartir il nous faut reprendre de la hauteur, or il fait chaud et l'heure serait plus à la sieste. Nous nous motivons en pensant que chaque tour de roue nous rapproche de notre but. De plus les paysages commencent à changer. Le lac Titicaca, que nous longeons plus ou moins depuis 6 jours, cède progressivement la place à l'Altiplano, cerné au Sud et à l'Est par des massifs enneigés que l'on découvre au loin. Le soir venu nous faisons étape à Batallas, il nous reste 50km à parcourir sur une autoroute pour arriver à La Paz. Nous les franchirons dans la matinée de vendredi et à midi nous nous installons, avec les vélos, dans le 1er des 2 telefericos qui vont nous amener au plus près de notre pension, dans un voyage aérien incroyable au-dessus de la ville. Tout d'abord la partie haute (l'Alto) puis ensuite la partie intermédiaire (le Prado) que nous découvrons par une plongée brutale dans une immense cuvette où, quelque soit la direction vers laquelle se porte le regard, vous ne voyez qu'enchevêtrement de constructions à perte de vue, sur les pentes et au fond de la vallée mais également sur toutes les montagnes environnantes recouvertes jusque dans leur sommet ! Une vision littéralement à couper le souffle.


Vous les voyez nos Dalton, motivés comme jamais…
pour le vélo d'accord, mais pas que…il y a des sollicitations difficiles à refuser


Adieu Pérou, nous pénétrons en Bolivie après 4 semaines de voyage


Copacabana, sur les bords du lac Titicaca en Bolivie


la péninsule de Copacabana


Les jardins en terrasse de l'Isla del Sol, à gauche les ruines du Temple de l'Inca


la cathédrale de Copacabana renferme la Virgen de la Candelaria vénérée par toute la Bolivie


Nous nous sommes habitués à rouler au-dessus de 4000m, regardez comme ça parait facile !


nous passons le détroit sur des bacs rudimentaires que les marins manoeuvrent  avec dextérité à l'aide de leur perche


le repas de friture et de truites grillées mangé avec les doigts est succulent


Il y a 6 jours nous étions à l'extrémité nord du lac Titicaca, aujourd'hui nous en atteignons enfin l'extrémité sud


Aujourd'hui nous arrivons à La Paz, debout les braves il est temps de partir


quelques heures plus tard sur l'altiplano, les mêmes , fringants 


départ dans le teleferico au-dessus de la ville haute, L'Alto


malgré les apparences, le teleferico ne nous dépose pas sur les pistes de ski


ni sur celles de l'aéroport pourtant en pleine ville


on arrive au bord du précipice, sur les pentes c'est le Prado, quartier intermédiaire


la cabine plonge sur La Paz


à gauche


à droite et au fond, des constructions qui semblent se répandre comme entraînées dans la pente



puis qui remontent sur les montagnes opposées


formant au bout du compte un enchevêtrement inextricable
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Publié le 9 décembre 2018

Dimanche 2 Décembre

Depuis vendredi midi nous sommes à La Paz et, samedi, nous avons tout organisé (sauf Patrice qui a déclaré forfait) pour l'expédition qui est de toutes nos discussions depuis que nous savons que nous ferons étape ici : la descente en VTT de la Death Road, el Camino de la Muerte, la Route de la Mort, bref la route la plus dangereuse du monde, celle qui vous fait passer de l'altitude 4700m à La Cumbre, à 1200m à Coroico, en 63km ! D'abord sur la route asphaltée du col, le temps de la prise en main des vélos, puis sur l'ancienne route, aujourd'hui désaffectée, qui plonge dans la vallée. Petite précision, sur cette piste on roule à gauche, du côté du précipice ! Nous arrivons au sommet à 9h, après 1h30 de bus. Il fait froid, à peine quelques petits degrés. Surprise, il a neigé cette nuit, le col est tout blanc ! Nous sommes un petit groupe de 11 vététistes encadrés par 2 moniteurs dont Tim, jeune néozélandais bien sympa, qui a la responsabilité du groupe. Nous serons suivis toute la descente par le petit bus qui nous a véhiculés depuis La Paz, aux mains d'un chauffeur hors pair. Le choix de l'agence a fait l'objet de toute notre attention, pas question de se lancer dans cette aventure sans s'assurer que nous avons affaire à des professionnels sérieux, disposant de vélos performants et fiables, et ayant à cœur de privilégier la sécurité de leurs clients. Deux visites préalables à l'agence nous ont permis de prendre toutes les informations voulues et, arrivés au col, nous sommes complètement rassurés par la qualité des vtt qui nous sont proposés. Adepte de cette discipline que je pratique régulièrement, je n'ai jusqu'alors jamais roulé avec un vélo aussi bien équipé, quel plaisir ! Par ailleurs tout est prévu pour nous habiller de pied en cap, rien n'est superflu. Outre le froid, c'était prévu compte tenu de l'altitude, il fait un temps de chien. Le ciel est tout bouché et la pluie va très rapidement se mettre à tomber pour ne plus nous lâcher de toute la journée, hormis quelques rares accalmies. En 4 heures de descente, la végétation désolée de la Cumbre, herbe rase et roches dénudées, fera place à la forêt amazonienne verte, exubérante et dont les eaux ruissellent de toutes parts en torrents et cascades. Toujours plus bas nous serons enchantés par les oiseaux qui jacassent bruyamment mais que l'on peinera à distinguer dans la ramure des arbres. Dans l'immédiat, avant de nous lancer sur ses traces, Tim, voltigeur hors pair, nous réunit pour le 1er de plusieurs briefings sécurité qui émailleront notre descente. Nous ne devons pas oublier les nombreux ravins et insondables précipices qui jalonnent la piste, même si, pour l'heure, on ne peut que les imaginer tant ils sont noyés dans les nuages qui remontent de la vallée. Chaque arrêt sera également l'occasion de photos insolites selon la configuration des lieux, sous une cascade qui détrempe la piste ou à l'aplomb d'un à pic vertigineux. Las, ces photos, compte tenu des piètres conditions météo, ne produiront que de pauvres clichés décevants, guère exploitables. Mais Los Daltones ont de la ressource, une GoPro fixée sur le casque nous permet d'immortaliser quelques bonnes séquences de cette descente mythique. Arrivés en bas sans qu'aucun incident ne vienne entacher notre parcours mais, on s'en doute, passablement trempés, crottés et fourbus, nous apprécierons avec bonheur la douche chaude et le repas prévus pour nous requinquer. Plus tard nous remontrons la piste, en bus cette fois, comme s'il nous fallait cette deuxième opportunité pour bien réaliser cette descente de rêve effectuée quelques heures auparavant. Après 3 heures de bus, nous serons de retour à La Paz sous la pluie à 21h, éprouvés par cette longue journée mais tout à la fois ravis et conscients d'avoir vécus ensemble un moment fort de notre séjour ici.

La préparation des vélos fait l'objet de tous les soins de Tim sous le regard expert de Christian
Sur une partie haute de la piste, dans les roues de Christian
Sur la partie finale, dans les roues de Tim
Le mot de la fin
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Lundi 3 décembre – La Paz à Oruro en bus

En fin de matinée ce lundi, retardés par la perte momentanée de nos cuissards vélo confiés à la laverie proche de notre hébergement, nous quittons La Paz en bus, à destination de Oruro, 300km plus au Sud-Est. Le soir à l'hôtel, c'est comme une veillée d'armes avant une séquence exaltante et prometteuse de 3 jours qui doit nous mener au pied du salar de Uyuni, suivie de 2 jours de traversée sur le salar, avant de rejoindre la petite ville animée de Uyuni dans l'après-midi du samedi. Soit près de 500km de routes et de pistes, dont 115km effectués sur le salar, dans des conditions de route et de chaleur parfois bien éprouvantes.

Mardi 4 décembre - Oruro à Laca Laca

En quittant Oruro le mardi matin tôt, nous entrons dans une région que les guides qualifient de région parmi les plus froides et désertiques de la planète. Suffisamment reculée en effet pour nous couper du monde pendant une petite semaine, sans aucune communication possible, raison de notre silence depuis que nous avons quitté La Paz.

Enfin sortis de la ville, nous progressons sur une large route, longue et plate à perte de vue. C'est la route du Chili au Sud-Ouest, en direction d'Iquique sur la côte Pacifique. Mais il y a beaucoup moins de trafic que ce que l'on nous prédisait. Nous franchissons 75 km avant la pause de midi, à Toledo, tout petit pueblo où nous mangeons sur l'unique place, une supita et un peu de poulet accompagné de riz. Il nous faut choisir la route : ou bien tout droit pour rejoindre le Salar de Coipasa au Nord et le traverser, en sachant que le chemin est incertain de même que les ravitaillements sur plusieurs dizaines de kilomètres (60km environ) ; ou bien prendre à gauche, pour suivre vers le sud un itinéraire, qualifié de touristique mais où nous ne croiserons que très peu de véhicules, situé à l’ouest du lac Poopo et qui mène à Pampa Aullagas puis à la Salinas de Garci Mendoza au nord du Salar d’Uyuni. Cette dernière option est plus sûre, mais fait l’impasse sur le Salar de Coipasa.

De fait, Christian et Patrice ont choisi l’option la plus sûre, Michel tergiverse mais se range à cette option et Jean-Marc, qui aurait souhaité prendre vers Coipasa, n’a plus qu’à faire contre mauvaise fortune bon cœur. C’est ainsi, le choix collectif est souvent dicté par l’option la plus prudente…

Avec près de 100km au compteur, nous arrivons le soir dans un petit village, Laca Laca, qui semble bien désert sauf une belle activité « gymnique » sous un grand hall. Nous découvrons que c’est en fait l’école (2 classes) et que le hall en question est le terrain de sport couvert.

Nous admirons les cabrioles des enfants et attendons la fin de la scéance pour demander si nous pouvons poser nos tentes pour la nuit.

Après quelques explications sur notre voyage, démonstration de nos vélos auprès des enfants et quelques palabres, nous obtenons l’accord du couple de gardiens et même la possibilité d’utiliser une salle de classe pour y chauffer notre repas et manger le soir et le lendemain matin.

L’installation des tentes, entourés d’une vingtaine d’enfants est une sacrée partie ! Ils sont tous plein de bonne volonté mais demandent à être canalisés … De plus il fait grand vent et les tentes ne veulent pas vraiment tenir en place. On s’agite, on rigole, on envoie quelques « non » énergiques de temps en temps et finalement tout se met en place, au grand plaisir de tous, au moment ou (enfin ?!) les enfants doivent rentrer chez eux.

Ils viennent tous un par un nous saluer tous les quatre d’un « check » du plat de la main et du poing… voilà, ils sont partis, il ne nous reste que le vent et l’impérieux besoin de nous restaurer.

Nous consommerons notre deuxième « ration de survie », c’est-à-dire les plats lyophilisés que nous avons emportés, plus quelques fruits.

Couchés 7h30 !! sous nos tentes et dans le vent qui ne se calmera qu’au milieu de la nuit.


Notre départ de Oruro laisse les nombreux flamands rose bien indifférents


Très vite les paysages changent et ce n'est bientôt qu'une terre rouge desséchée de part et d'autre de la route jusqu'à l'horizon


La soupita est toujours appréciée, elle nourrit et désaltère en même temps


Christian va négocier le secundo plato que Michel ira payer


Les étals sont peu garnis, cette jeune fille à gauche ne propose que des feuilles de coca !


Nous reprenons la route, long ruban désert à l'infini


Sous le hall, les enfants répètent leurs figures de gymnastique


Christian sait mieux que personne se faire des amis


Une salle de classe, l'autre sert de salle d'exposition des costumes en prévision de la fête

Mercredi 5 décembre - Laca Laca à Pampa Aullagas

Longue journée (103 km) dans des paysages de plus en plus désertiques. Nous sommes maintenant cernés de dunes de sable agrémentées de touffes d'herbe jaune et grise. Nous croisons toujours aussi peu de monde et même les rares villages traversés semblent inhabités en journée. Seule une crevaison (Patrice) amènera un peu d'imprévu dans notre progression, puis plus tard dans l'après-midi nous serons confrontés à un vent de face épuisant. Les journées chaudes et longues génèrent plus de frottements, et les irritations « à la selle » se font sentir ! Le soir nous faisons étape à Pampa Aullagas, dans une pension qui nous donne l'impression d'être envahie de sable.


Au-delà des dunes, déjà comme les prémisses d'un salar


Casse-croûte roboratif à la tienda de Orinaca déserte
Plus loin les cultures réapparaissent grâce à l'irrigation 


La crevaison de Patrice nous contraint à changer le pneu


Si nous l'avions oublié, ce panneau nous rappelle que nous sommes dans la région natale de l'actuel Président bolivien


Le vent provoque des tourbillons de sable et nous épuise quand nous l'affrontons de face 

Jeudi 6 décembre - de Pampa Aullagas à Salinas de Garci Mendoza

A la sortie du village nous prenons directement une piste sur 12km en direction d'Aroma. Le vent turbulent de la veille est tombé (provisoirement nous le constaterons plus tard) à notre grand soulagement. Nous continuons notre approche de l'immense Salar de Uyuni, 1fois1/2 la surface du lac Titicaca, c'est peu dire ! Notre point de repère est un superbe volcan, le volcan Tunupa, que nous apercevons de loin et qu'il nous faut contourner, d'abord par la route puis par une piste bien accidentée que nous emprunterons dès notre départ vendredi matin de Salinas de Garci Mendoza.

En attendant notre progression devient de plus en plus difficile à l'approche de notre ville étape. La faute au vent qui nous épuise, combat déloyal perdu d'avance. Aussi notre arrivée en milieu d'après-midi après 85km est-elle un vrai soulagement. Nous devons nous refaire des forces pour le Salar que nous allons aborder demain après les 30km de piste encore au programme. Demain est un autre jour (à suivre..)


Premiers kilomètres de piste, il y en aura beaucoup d'autres en trois jours


Nos vélos résistent plutôt bien à ce régime


Plus loin nous retrouvons la route et avec elle, le vent turbulent tant redouté


Ici un immense cratère provoqué par la chute d'un météorite


Là une vaste étendue où toute eau s'est évaporée


Au fond le volcan Tunupa (5400m) que nous contournerons par l'Ouest pour atteindre le Salar de Uyuni


Salinas de Garci Mendoza, sa pimpante petite église et ses jolis bâtiments coloniaux















































































































































































Arrivée dans une Hospedaje …

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Vendredi 7 décembre - Salinas de Garci Mendoza à l'Isla Incahuasi (Salar)

Ce matin c'est l'excitation des grands jours : dans 2 heures, 3h tout au plus, nous serons sur le Salar de Uyuni, un des objectifs majeurs de notre périple en Bolivie, celui qui nous fait rêver depuis que nous préparons ce voyage. Pour y arriver nous aurons parcouru 300km depuis mardi dans la chaleur, la poussière, le sable projeté par le vent et, last but not the least, le vent justement qui a souvent joué avec (contre) nous, nos forces, nos nerfs, notre mental.. Nous y sommes presque mais nous n'y sommes pas encore ! De Salinas à Tahua, le petit pueblo qui est la porte d'entrée du Salar au Nord, il nous faut parcourir une trentaine de kilomètres d'une piste qui, nous le constaterons très vite à nos dépens, est tout sauf une partie de plaisir pour des vélos chargés comme le sont les nôtres. Ornières, bancs de sable, pierres, trous, successions de "coups de cul" (pardon mais c'est l'expression consacrée des cyclistes pour désigner les bosses sur le parcours, qui vous font mal aux jambes et vous laissent le souffle court - nous sommes toujours à une altitude moyenne de 3800m), rien ne nous est épargné. Le Salar se gagne à la force du mollet et au mental ! Sinon autant faire comme l'immense majorité des touristes que nous croiserons plus tard, partis en 4X4 pour 2 ou 3 jours d'excursion "all inclusive" sur tous les sites dignes d'intérêt, sur et autour du Salar de Uyuni. Nous ne jugeons pas, nous avons simplement fait un choix en alliant notre amour du vélo avec l'envie de découvrir les merveilles de la nature. Si ce choix nous permet de surcroît de la respecter alors c'est encore mieux.

Il nous faudra presque 3h pour atteindre Tahua que nous traversons en quelques minutes tant ce pueblo nous paraît pauvre et désolé. Quel contraste avec les petites villes que nous verrons le lendemain sur les rives Est et Sud du même Salar et qui, elles, bénéficient au maximum de la manne touristique déversée par l'attractivité des sites naturels boliviens. Le passage très fortement médiatisé du Dakar en Bolivie et sur Uyuni pendant plusieurs années, dernière année en 2016, a servi de caisse de résonnance et amplifié l'afflux de touristes. Manifestement les retombées financières ne sont pas les mêmes partout, la ville de Uyuni s'en sort très bien et dégage une impression de prospérité peu rencontrée jusque là (les prix pratiqués en ville en témoignent) alors que de l'autre côté du Salar, Tahua vivote pénalisée par un accès rendu difficile par cette seule piste.

Les 40km sur le Salar seront franchis en moins de 3h sans difficultés particulières et sans voir personne jusqu'à l'île de Incahuasi, couverte de grands cactus. Là nous serons surpris de trouver une cohorte de 4X4 avec leur cortège de touristes de toutes nationalités qui, fort heureusement pour nous, repartiront avant la nuit. Seuls resteront dormir sur l'île, un couple d'Urugayens en moto et un Japonais en vélo mais faisant le trajet à contresens du nôtre.

Samedi 8 décembre - Isla de Incahuasi à Uyuni

Le lendemain nous poursuivrons notre parcours sur le sel en direction de Uyuni. Soit 70km jusqu'à la sortie du Salar à Colchani, beaucoup plus éprouvants que la veille du fait de pistes bien dégradées par le passage, fréquent dans ce sens, des véhicules de touristes et d'une chaleur accentuée par l'absence de vent, plus de 38° en milieu de matinée.

Les yeux déjà rivés sur l'objectif, nous quittons Salinas et son écrin de montagnes
Dès la sortie du village nous avons attrapé la piste, Michel se voit déjà en concurrent du Dakar !


Un concurrent bucolique qui craque pour un cactus en fleur


Christian semble montrer les difficultés à venir, ce que Patrice peut confirmer très vite
Là ça monte vraiment, on est dans le dur !


Progressivement la face Sud du volcan Tunupa (5400m) se révèle, un coup d'œil en arrière permet de mesurer le chemin parcouru


C'est par là dit Michel ! Je dirais même plus, c'est par là approuve Christian !


Pendant ce temps Tunupa se pare de ses plus belles couleurs



Au bout de la piste Tahua, au-delà l'incroyable masse blanche du Salar. A l'horizon, véritables îles ou mirages ?



La route d'accès pour "monter" sur le Salar
Los Daltones au Salar , même pas peur !


On connaît l'ivresse des premières chevauchées sur le sol immaculé qui crisse comme sur la neige


Vous avez dit ivresse ?



Plus on s'éloigne et plus on est saisi par l'immensité blanche, il faut surtout garder le cap !


Arrivés sur l'Isla Incahuasi pour la nuit, nous profitons d'une belle fin de journée au combien mémorable 



Le coucher de soleil sur le Salar est magnifique


Le lever de soleil à 5h30 ne le sera pas moins le lendemain. Tout se teinte en rose avant que l'astre n'apparaisse.


Très vite le cercle apparaît malgré le voile de nuages juste au-dessus de l'horizon


Les dernières photos avant de quitter définitivement cet endroit magique


Arrivée à l'hôtel de sel, rendez-vous incontournable des touristes du monde entier après l'excursion sur le Salar
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Publié le 12 décembre 2018
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Publié le 16 décembre 2018

Les vidéos que vous auriez pu ne pas voir sur El Camino de la Muerte

Averell fait des siennes : la roue tourne !
Attention risques importants de torticolis ! Âmes sensibles s'abstenir, rappelez-vous on roule à gauche et on double à droite !
En haut de la piste, on y voit goutte (de pluie) 
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Publié le 17 décembre 2018

Dimanche 9 et lundi 10 décembre - Uyuni à Tupiza

Après les moments forts que nous avons vécus ces derniers jours, nous aspirons à un peu de repos et de calme. Notre pension à Uyuni, au fond d’une petite cour en retrait de la rue, est propice à cela. Pourtant nous n’en profitons guère. En effet la suite de notre voyage passe par Tupiza à 220km au Sud, en direction de la frontière argentine. Or justement un train est programmé à 2h50 dans la nuit de dimanche à lundi, réputé pour passer dans des gorges impressionnantes. Certes l’horaire de départ au milieu de la nuit a de quoi nous refroidir un peu mais en contrepartie l’heure d’arrivée à 8h35 nous laisse espérer une journée complète à destination (nous sommes loin de nous douter de ce qui nous attend !) Et puis le train est une nouvelle expérience dans ce voyage sud-américain. Rapidement la décision est prise, nous nous tenons prêts à partir le soir même.

Levés à 2h, notre hébergement situé à une petite centaine de mètres de la gare nous permet d’être sur place 1/2h avant le départ prévu du train. El jefe de la estaciòn, après avoir pesé nos vélos puis enregistré nos bagages, commence alors à établir nos billets sur la base des informations portées sur nos passeports respectifs. Au bout d’un temps qui nous paraît interminable, il nous tend les liasses imprimées de nos billets (avec QR code !) mais aussi celles de nos bicyclettes. Il est déjà l’heure prévue de départ du train, nous sommes sur le quai, parmi un tout petit nombre de passagers, passablement endormis et progressivement gagnés par le froid. Or rien ne se passe, le temps s’écoule lentement, aucune information ne nous est donnée. 1h.. 2h.. 2h30 plus tard, enfin, nous sentons à une légère excitation dans l’air que quelque chose se prépare. Le train, en provenance d’Oruro au nord, entre en gare après encore une dizaine de minutes. Nous partirons à plus de 5h30 du matin et arriverons à destination un peu avant midi, soit avec près de 3h30 de retard sur l’horaire prévu ! Mais rien que de très habituel ici.

Peu après avoir quitté Uyuni, le jour se lève pour nous permettre d’admirer un spectacle de toute beauté. La voie, étroite et tortueuse au possible, serpente le long du rio Tupiza, tantôt au pied de falaises abruptes, tantôt quelques mètres en surplomb du lit de la rivière, à sec en cette saison. Pendant la 1ère partie du voyage les paysages sont désertiques. Tout n’est que terre crevassée, sable et poussière sous un soleil déjà impitoyable. Les rares villages sont devenus des villages fantômes, maisons en adobe (briques de terre crue) en ruines et plus aucune âme qui vive. Plus loin de pauvres filets d’eau ici ou là redonnent sa chance à la nature, arbres et cultures reverdissent. Les villages, quoique misérables, vivent de quelques lopins cultivés. Sur d’autres parcelles paissent quelques bêtes, vaches, chèvres ou encore cochons. Les paysages sont dignes des meilleurs westerns. On ne serait pas étonné d’entendre soudain la plainte entêtante d’un harmonica, comme le signal attendu d’un règlement de comptes imminent entre cow-boys sans foi ni loi, bien décidés à se faire justice. Du Sergio Leone en cinémascope comme on l’a aimé…Dans le train c'est un autre film qui se joue, un vrai celui-là, un "nanar" dés 7h30 sur une pauvre télévision à l'image striée de blanc et au son tonitruant. Puis suivra l'intégrale (non moins tonitruante) du répertoire folklorique bolivien, en boucle pendant des heures, le même air interprété sur des instruments différents, où il est sans cesse question d'un "corazon adolorido". De quoi vous dégouter définitivement du folklore andin, quitte à vous faire même douter que vous avez été fan, comme bon nombre de jeunes français des années 70, de la flûte de Pan et de El còndor pasa. Autant dire que nous apprécions particulièrement l'arrivée en gare de Tupiza afin de quitter sans plus tarder le train (de la musique) des Andes !

Nous passons le reste du lundi à Tupiza, charmante localité où il fait bon vivre et récupérer de cette longue nuit de voyage ferroviaire, avant de reprendre notre périple dès le mardi matin, à vélo cette fois, en direction de Villazón, dernière étape bolivienne avant l'Argentine.

Une longue procédure d'impression de billets suivie d'une attente interminable au cœur de la nuit sur un quai désert


Un train qui serpente lentement dans le lit d'un rio à sec


Des paysages de western dans le désert et sous un soleil de plomb


Parfois l'inconscience de l'homme souille irrémédiablement son environnement, le transformant en vision de cauchemar


Ailleurs sur le parcours, la nature sauvage est préservée


Un peu d'eau peut suffire à reverdir les rives


Dans le train impossible d'échapper au son de la télévision


En sortie des gorges, la vallée s'élargie et se fait plus fertile



En gare de Tupiza nous récupérons nos vélos et rechargeons nos bagages
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Mardi 11 décembre - Tupiza à Villazón

Nous avons une belle journée de vélo en perspective pour rejoindre Villazón, dernière ville bolivienne avant la frontière avec l'Argentine. Trente kilomètres tranquilles pour commencer puis nous remontons pendant 15km de l'altitude 2800 à 3500m pour atteindre un plateau que nous allons parcourir, non seulement jusqu'au soir, mais également sur les deux jours à venir, soit un total de 220km. Jeudi à la mi-journée, commencera la longue descente qui nous ramènera à une altitude de 1200m lorsque nous aurons atteint Salta, après 3 jours et 265km supplémentaires. Ce sera la fin d'une très belle période de 5 semaines pendant laquelle nous serons restés entre 3500 et 4800m d’altitude. A ce propos Patrice a rédigé un article sur les effets de l’altitude, expliqués scientifiquement, où il est question de l’autre Dalton, John de son prénom, pas le père de l'inénarrable fratrie mais celui de la loi qui porte son nom.

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Le vélo et la haute altitude

Il faut bien le dire, faire du vélo entre 4 et 5000 mètres d’altitude n’a rien de commun pour les cyclistes mais aussi pour le matériel embarqué. Ainsi notre expérimentation mérite de rapporter ici quelques anecdotes intéressantes.

Déjà la pression des pneumatiques est à surveiller de près. Ainsi gonflés autour de 4 bars à notre arrivée à Lima (altitude 0 ou presque), le confort se dégrade sensiblement dès 3000 mètres et nous oblige à quelques pchitts de soutirage pour rétablir la situation et ne pas risquer l’éclatement. Sous le même phénomène, certains ont pu être surpris de retrouver leurs sacs de compression de matelas de sol explosés au bivouac d’altitude s’ils n’avaient pas pris soin de bien les dégonfler !

Nos altimètres barométriques eux aussi ne sont pas familiers avec ces altitudes et n’ont pas été configurés pour cela. Prévus pour travailler entre le niveau de la mer et au mieux à 2745 m (le Galibier), ils racontent des bêtises au-delà ! Mais cela nous a donné une bonne surprise quand, apercevant le haut de l’abra Apacheta (4746 m), ceux-ci nous affichaient une erreur de 200 mètres plus bas ! Ouf de soulagement après les 4 ou 5 heures d’ascension. Donc après avoir procédé à un recalage à cette altitude, nos altimètres sont maintenant précis pour nous permettre de gravir n’importe quel col ici et ailleurs.

Quand Los Daltones revisitent la loi de Dalton (John, l’autre Dalton physicien britannique 1766 - 1844) :

Les sensations de la haute altitude sont bien particulières et arrivés au 3000 mètres, nous sommes tous à l’écoute de notre corps ! Car toute relance, tout changement de rythme, manœuvre particulière pour se dégager d’un « perro » (chien) plus agressif que les autres, éviter de respirer les gaz d’échappement d’un véhicule nous doublant … sollicite l’organisme, on peut même voir des étoiles dans les yeux ! Mais ces manifestations restent bien propres à chaque individu. D’ailleurs des tests d’efforts en hypoxie existent pour se tester dans ces conditions particulières, mais quelle est leur vraie valeur ? Jean-Marc peut nous en parler, lui à qui des difficultés certaines étaient annoncées, il nous a encore bluffé ! A vrai dire, rien ne remplace l’expérimentation en grandeur réelle. Pour certain cela passe bien « fingers in the nose ! » mais pour d’autre le souffle est court, « la carburation est mauvaise », la poitrine brûle, la recherche d’oxygène éprouvante. L’explication scientifique nous renverrait à nos cours de physique avec la loi de Dalton sur les pressions relative des mélanges de gaz. Ainsi l’air que nous respirons est un mélange de gaz parfait (oxygène / azote pour l’essentiel). Or avec l’altitude, la pression atmosphérique diminuant, la pression partielle de l’oxygène varie également rendant son assimilation plus difficile par l’organisme. Cependant la physiologie de chacun est spécifique si bien que certains auront plus de difficultés à s’adapter. C’est bien pourquoi il reste recommandé, et nous l’avons respecté, de procéder à des paliers d’altitude pour atteindre la haute altitude en 4 ou 5 jours pour les efforts attendus. Mais cela peut être insuffisant, certains peuvent attendre 2 ou 3 semaines pour constater une amélioration.

Une chose est sûre, c’est que nous en savons plus sur nos capacités personnelles pour faire des efforts en altitude. A signaler tout de même un point positif pour l’individu en souffrance en altitude, le fait d’évoluer contraint au ralenti sera bénéfique pour préserver l’organisme (muscles, articulations) de traumatismes générés par des efforts physiques excessifs !

Malgré les difficultés, la satisfaction de gravir ces cols est encore décuplée, notamment ici en franchissant la Cordillère Centrale des Andes qui matérialise la ligne de partage des eaux entre les océans Pacifique et l’Atlantique !

Vive le vélo ! vive la science !

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Merci Patrice pour cet éclairage, nous sommes tous mieux informés maintenant. A titre personnel j’ai expérimenté les effets de l’altitude non seulement sur le vélo mais aussi...dans le lac Titicaca (3500m). En effet pendant une baignade j’ai fait un peu d’apnée en nageant sous l’eau comme j’aime à le faire souvent. Or j’ai pu constater en remontant à la surface que j’avais du mal à retrouver mon souffle et que je n’étais pas loin de voir « les étoiles » évoquées par Patrice !

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Villazón (suite)

Arrivés en ville, c'est notre dernière soirée en Bolivie, nous trouvons un hôtel sympa, très bien équipé qui nous promet un repos mérité. Il est 17h30 tout au plus et nous nous installons comme nous le faisons habituellement : rangement des vélos, installation dans les chambres, douche… Rapidement un ramdam se déclenche au premier étage (nous sommes juste au-dessus) tables et chaises sont déplacées longuement et bruyamment sur le carrelage… nous aurions dû nous méfier !

Vers 21h en rentrant de dîner, nous voyons que l’entrée « du garage » est décorée de ballons et que des invités arrivent. C’est le début d’une fiesta familiale qui se déroulera sans discontinuer jusqu’au petit matin. Tout y passe, sono délirante, dj déjanté, invités déchaînés, spots et lumières à gogo. Nous n'en voyons pas la fin. À 4h30 c’est le silence qui réveille ceux d'entre nous qui, épuisés, ont fini par s'assoupir ! Nuit presque blanche et mécontentement total vis-à-vis de l’hôtel qui s’est bien gardé de nous dire ce qui était programmé ce soir là ! Nous n'aurons pas d'explication, aucun mot d'excuse, pas l'ombre d'un regret, nada !

Mercredi 12 décembre - Villazón à Abra Pampa

Notre seul recours sera de négocier un rabais sur le prix, symboliquement mais fermement avant de partir … nous réfugier en Argentine ! Il nous faut faire près de 2h de queue pour effectuer les formalités d'entrée dans le pays puis changer de l'argent et manger nos premiers empanadas (au pollo, à la carne ou au queso, miam !) à l'ombre d'un arbre du terminal routier de La Quiaca, la ville frontière. Une petite photo pour immortaliser Los Daltones devant le panneau indiquant Ushuaïa 5121km et en route pour Abra Pampa (la Porte de la Pampa) 77km plus loin. Notre allure est bonne, la route dotée d'un bon revêtement déroule de longues portions de lignes droites interminables. Plus tard, au cœur de l'après-midi, le vent de face se renforce rendant notre progression plus difficile jusqu'à notre arrivée en toute fin de journée. Nous avons gagné une heure sur le soleil aujourd'hui - plus que 4h de décalage avec la France - et il fait jour jusqu'à 20h.

Juan, le propriétaire de l'hôtel trouvé pour la nuit, a étalé sur son bar les photos et articles de journaux des pilotes et accompagnateurs du Dakar, hébergés ici plusieurs fois. Il en est fier et reconnaissant pour le business que ça lui a apporté. Il nous prépare nos premières côtelettes pour le dîner, nous constatons avec satisfaction que la réputation de l'Argentine pour la qualité de la viande n'est en rien usurpée. Nous buvons également une bonne bouteille de vin en mémoire de la grand-mère paternelle de Michel, d'origine argentine, ainsi que la branche de sa famille qui vit sur la côte Est de ce pays !

Jeudi 13 décembre - Abra Pampa à Huacalera

Ce jour là l'étape initiale de 85km entre Abra Pampa et Humahuaca sera finalement prolongée de 30km jusqu'à Huacalera en raison d'un parcours descendant favorable, sur le papier ! En réalité un vent violent de face contrecarre sérieusement notre progression depuis la veille. Les 30km supplémentaires, dans ces conditions, sont mal vécus et génèrent des rancoeurs au sein de notre petit groupe, amplifiées par la fatigue accumulée, que plusieurs nuits perturbées n'ont pas réussi à effacer. Nous aurons une discussion sérieuse et animée le soir même à ce propos qui permettra de mettre les choses au clair entre nous et de repartir sur de bonnes bases. Que voulez-vous, la fraternité bien réelle que nous vivons ne tombe pas du ciel, elle se construit, parfois avec des difficultés, des incompréhensions ou des différences d’appréciation que nous devons gérer !

Nous faisons étape ce soir là dans une maison qui fait chambre d'hôtes. Une belle construction à l'écart du village dotée d'un superbe jardin. Elle porte le nom de "Solar del Tropico" et nous réalisons alors que nous allons passer la nuit exactement sur le Tropique du Capricorne, découverte qui nous enchante tout particulièrement ! Le propriétaire, français natif de Nice, est peintre à ses heures. Il nous montrera, le lendemain matin, sur l'impressionnant massif qui fait face à sa propriété de l'autre côté du fleuve, son sujet d'inspiration préféré, une magnifique montagne aux couleurs étonnantes, sa Sainte Victoire en quelque sorte !

Vendredi 14 décembre - Huacalera à San Salvador de Jujuy

C'est une étape de 102km qui nous attend pour rejoindre la première grande ville argentine sur notre parcours, capitale de la province éponyme, San Salvador de Jujuy. Avant de réellement nous élancer, nous visitons sur les hauteurs de Tilcara, une fortification précolombienne, le pucarà (XI au XVème siècle), qui jouit d'une belle vue sur toute la vallée. La restauration du site est particulièrement décevante. Elle est conçue pour faire jolie sans respect ni des techniques de construction et des matériaux d'époque, ni des proportions d'origine ! Seule la situation reste remarquable et nous permet quelques belles photos. La soirée à San Salvador est très animée, c'est vendredi début de week-end et beaucoup de gens se pressent dans les rues et les magasins. En traversant la Plaza Belgrano, grande et belle place arborée au cœur de la cité, nous sommes étonnés de voir des dizaines de mariées en robes blanches traditionnelles, poser pour les photographes, seules ou par groupes de deux ou trois. Voilà qui n'est pas banal !

Samedi 15 décembre - San Salvador de Jujuy à Salta

En partant ce matin de San Salvador, nous ne sommes plus qu'à 92km de Salta, la ville que nous sommes tous les quatre impatients de découvrir. Elle est réputée par son environnement de collines et de lacs paisibles, l'élégance de ses places et de ses rues à arcades, la beauté de ses églises et enfin son animation nocturne qui en fait une ville très appréciée des touristes, de plus en plus nombreux à la visiter chaque année. Nous allons arriver par le Nord et donc emprunter sur 30km un des parcours les plus pittoresques à travers La Caldera, un beau massif de collines et de lacs particulièrement prisés par les habitants de Salta qui vont y chercher un peu de fraîcheur en été. Hélas, pour la 1ère fois depuis notre départ, nous allons faire quasiment toute l'étape du jour sous la pluie, parfois très drue, parfois petite pluie fine mais qui finira par nous détremper jusqu'aux os (heureusement il ne fait pas froid). Au lieu de la canicule annoncée sur Salta et sa région, notre séjour du samedi jusqu'au mardi suivant, est plutôt bien arrosé et sans excès côté mercure. Raison supplémentaire d'apprécier la qualité de la cuisine argentine et de ses vins (hum le Malbec !), ce dont nous ne nous privons surtout pas.


Dans la vallée de Tupiza, l'érosion a fait des merveilles. Cathédrale, forteresse ? l'imagination de chacun fait le reste


Nous sommes en Argentine, certes mais bien loin encore d'Ushuaia


Il fait très chaud, nous sommes bien sous cet arbre providentiel pour déguster nos premiers empanadas avant de prendre la route


Les très curieuses tranches de montagne à Tres Cruces sur la route de Abra Pampa
Nord de l'Argentine : nous sommes sur une route dont les lignes droites à perte de vue semblent ne jamais vouloir finir


Depuis le jardin de Solar del Tropico, la "Sainte Victoire" de notre hôte français


Les dégradés d'ocre vers l'orange font sur la montagne une guirlande de fête


La jolie chapelle de Huacalera, au Patrimoine de l'Unesco


Depuis le Pucarà de Tilcara, la vue embrasse toute la vallée et les montagnes opposées


Dans la Caldera ce jour là ce sont des paysages d'Irlande, même Patrice se croit obligé de rouler à gauche !



A Salta nous commençons par un bon repas maison, ratatouille, riz façon Christian et viandes grillées puis cerises !



arrosé d'un vino Tinto cuvée DALTON !
Dans les rues de Salta, immeubles et maisons rivalisent de charme et d'élégance, l'influence espagnole est évidente...
les fils électriques sont en plus !
sous le soleil ou sous la pluie
dans le centre-ville ou dans les beaux quartiers


partout le style colonial est présent 
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Publié le 26 décembre 2018

Samedi 15 au Mardi 18 décembre : SALTA

Nous avons déjà parlé de Salta précédemment mais je souhaite y revenir tant cette ville mérite qu'on la découvre. Première constatation Salta est une cité d'une certaine importance (655.000 habitants) toute plate, à une exception près mais de taille, la montagne San Bernardo à 1454m (en-dessous on est à peine à 1200m) dont le sommet est accessible en téléphérique (temps de montée 8') ou par un sentier en escalier que l'on gravit en 30 ou 45' maximum à travers bois. D'en haut le cœur de la ville apparaît dans une construction en damier avec la majorité des rues parfaitement rectilignes et des intersections à angle droit. On repère tout de suite l'église San Francisco, imposante bâtisse rouge qui se détache dans un 1er plan au centre ainsi que le grand parc de verdure et son jet d'eau au pied de la colline à gauche (masqué sur la photo par le pylône du teleférico). On reconnait les grands axes, rues ou avenues qui s'enfoncent loin dans la ville depuis le pied de San Bernardo, ainsi que les places principales , par leurs arbres imposants qui leur confèrent tant de charme. Plus loin, aux quatre points cardinaux, au-delà des dernières constructions, on découvre des vallonnements puis de moyennes montagnes comme autant de possibilités offertes aux citadins de se mettre au vert rapidement. Salta a été durement touchée par le tremblement de terre de 1892, ainsi la cathédrale d'origine a été détruite, ce qui peut expliquer une reconstruction en centre ville sans bâtiments très hauts et des quartiers en damier.

Dans le centre nous visitons un curieux musée, le musée de Arqueologia de Alta Montaña. Il est consacré à 3 jeunes incas immolés en offrande aux dieux, découverts par une expédition scientifique argentino-allemande dans un glacier à plus de 6000m sur les pentes d'un volcan de la cordillère. Les corps momifiés des trois enfants sont parfaitement conservés et sont exposés par roulement pour une période de 6 mois, dans ce musée. On apprend ainsi que les sacrifices humains d'enfants Inca sélectionnés pour leur perfection physique étaient assez fréquents et donnaient lieu à des rites cruels pendant lesquels les victimes étaient droguées à la chicha (alcool de maïs) avant le sacrifice. Interdiction formelle de prendre des photos des momies, au risque de dégrader durablement leur conservation.

Nous visitons également le Centre Culturel Américain, dans un élégant hôtel particulier d'architecture française. Tout y est aménagé avec goût dans le plus pur style Art déco. Nous aurons l'occasion d'y revenir pour une soirée consacrée à la danse. Le spectacle proposé par une compagnie dirigée par une superbe jeune femme, elle-même danseuse fort gracieuse, sera de toute beauté. Aussi bien dans le répertoire traditionnel argentin en costumes que dans l'exécution de tangos parfaitement chorégraphiés. Nous vous proposons quelques vidéos du spectacle qui, à coup sûr, ne manqueront pas de vous séduire.

La ville s'étend au pied de la colline au sud-ouest, à gauche on devine la cabine du teleférico masquée par le sommet des arbres
l'église San Francisco, construite en fin 19ème, flanquée à gauche d'un couvent


l'orage gronde au-dessus de la ville, il pleuvra beaucoup durant notre court séjour


l'entrée depuis la place du Centre culturel américain et l'escalier monumental surmonté de magnifiques vitraux


gros plan et détails sur les vitraux


un lustre au pied de la rampe d'escalier et une vue sur la salle de réception
le couple vedette de cette belle soirée
le tango est glamour, sensuel et suggestif
la musique (et la danse) traditionnelle argentine, on est fans !
le charme un peu suranné du tango tient ici toute sa place


une petite dernière pour finir en beauté
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Publié le 27 décembre 2018

Nous avons prévu de séjourner à Salta jusqu'au jeudi 20 décembre, date du retour en France de Patrice pour un break de 3 semaines en famille. Les trois autres Daltones, nous avons rendez-vous avec nos épouses et compagnes à Mendoza, une semaine plus tard, le jeudi 27 décembre. Pas question de manquer l'arrivée de l'avion ce jour là ! Mais voilà pour rejoindre Mendoza nous avons 1263km à parcourir, impossible à vélo dans le temps imparti. Deux options se présentent à nous, Salta - Tucuman 305km en 4 jours de vélo avec un passage de col à plus de 3000m ou Salta - La Rioja 700km en 7 jours et 2500m de dénivelé+, avec dans les deux cas, une fin de parcours en bus pour arriver à Mendoza. Après bien des discussions nous optons pour l'option la plus longue, non sans avoir donné des garanties à Christian pour une arrivée au plus tard le mercredi 26 à Mendoza. Pour cela nous devons quitter Salta un jour plus tôt que prévu, soit dès le mercredi 19 au matin. Nous pouvons ainsi planifier d'arriver le mardi 25, jour de Noël, à La Rioja et d'embarquer dans le bus avec nos vélos le soir même pour voyager de nuit et être à Mendoza le mercredi 26 dans la matinée, soit exactement 24h avant nos dulcinées. Nous sentons bien malgré tout que Christian n'est pas pleinement rassuré, il restera inquiet jusqu'au bout compte tenu des avatars que nous connaîtrons en fin de parcours. Mais nous n'en sommes pas encore là ! Le défi que nous nous lançons est de taille : aucun d'entre nous n'a encore fait une moyenne de 100km pendant 7j d'affilés, encore moins avec des vélos chargés d'un poids total à 40kg. Nous savons que le parcours ne sera pas facile, nous ignorons à quel point. Et nous savons également que nous n'avons pas de marge de manœuvre, le respect du rendez-vous de Mendoza est à ce prix.

Le mercredi 19 au matin Patrice nous accompagne jusqu'à la sortie de Salta, puis nous nous séparons après des vœux de bonnes fêtes de part et d'autre. Se quitter au bord de la route n'est pas facile après avoir vécu tout ce temps ensemble depuis près de 2 mois. Mais nous serons à nouveau réunis dès le 10 janvier prochain pour la seconde partie du voyage. Et puis chacun va mettre à profit ces fêtes en famille pour reconnecter avec le monde, tant il est vrai que nous avons vécu en marge de toutes actualités, familiales autant que médiatiques, depuis notre départ.

Nous quittons Salta par la mal nommée "Route du Vin". En effet nous ne verrons la 1ère vigne qu'au bout de 50km. Par contre nous longeons très vite des immenses champs de tabac de part et d'autre de la route ainsi que des exploitations équipées de grands séchoirs métalliques. Il fait déjà bien chaud et les "cigales" s'en donnent à cœur joie. Jusqu'au soir nous nous perdons en conjectures sur l'origine de l'assourdissant concert qui nous accompagne. Fils téléphoniques qui chantent dans la prairie (titre d'un album de Lucky Lucke, Los Daltones ne sont jamais très loin!) ou conduite de gaz enterrée qui longe la route parfois d'un côté parfois de l'autre ? Bref la confirmation que ce bruit a bien une origine animal nous sera donnée à l'étape par notre logeur. Nous n'avons pas vu de cigales, mais les sauterelles observées sur la route avaient bien la taille d'une main ! Fin de la 1ère journée à La Viña (88km) où seul un pauvre petit musée du vin pourrait justifier le nom donné à ce village.


En quittant Salta nous pénétrons dans le pays des Gauchos, ils vivent à cheval comme nous sur nos bicyclettes !

Il en va tout autrement le jeudi à Cafayate, notre étape du 2ème jour après 105km. Grosse bourgade aisée, Cafayate est entourée de nombreuses vignes appartenant à de belles exploitations. Pour arriver là nous roulons près de 6h30 dans des gorges magnifiques (la quebrada de las Conchas), parcours sublime mais rendu très éprouvant par la canicule qui y règne en cette saison. Nous buvons des litres et des litres d'eau dont l'approvisionnement ne va pas de soi. Le vendredi nous repartons pour Santa Maria à 79km puis ce sera Hualfin le samedi après 111km. Le dimanche soir nous bivouaquons dans le désert au bout de 122km - exactement au kilomètre 4029 de la mythique Ruta 40 qui traverse toute l'Argentine du Nord au Sud (souvenez-vous à La Quiaca nous commencions au km 5121) - encore un peu plus au sud le lundi à Antinaco après 106km et enfin le jour de Noël à La Rioja, terme de notre marathon, avec 703km cumulés au compteur pour une semaine sans trêve !


le deuxième jour la route pénètre dans la quebrada de las Conchas


au fil du temps les formations calcaires ont façonné les gorges de façon spectaculaire, ici le site baptisé "l'Amphithéâtre"


heureusement ici nous trouvons à nous restaurer et surtout à refaire le plein d'eau, sous l'œil scrutateur du maître de maison


Après Cafayate, les domaines viticoles se succèdent, tous très bien entretenus et les vignes assez systématiquement arrosées


ici on s'apprête à planter une jeune vigne


sur ce qui était un désert de rocailles et de sable plantés d'acacias comme de l'autre côté de ce qui préfigure la clôture


la fin de la journée n'est qu'une longue ligne droite vers l'horizon, le long de laquelle plus rien ne pousse ou presque


les jours se suivent, les lignes droites aussi mais les paysages se transforment et les cyclistes avancent



avant la nuit nous plantons nos tentes à quelques mètres de la route, au menu ce soir bœuf strogonoff, plat déshydraté  assez bon

,


après 30km le lendemain, 1er ravitaillement, la chaleur est déjà accablante et les cyclistes semblent (un peu) accablés


les paysages ont changé, nous descendons vers La Rioja, il fait de plus en plus chaud  (>35°) les vents thermiques sont épuisants


Nous sommes arrivés au terminal des bus de La Rioja, ultime coup du sort pour une dernière crevaison (la 4ème depuis 2 jours)


Durant toute cette semaine, plus nous roulions vers le Sud, plus nous nous enfoncions dans le désert. La route en maints endroits enchaînait les lignes droites, rectilignes, de plus en plus longues, jusqu'à 22km pour la plus longue, mais très fréquemment entre 10 et 20km ! Sous un soleil brûlant et avec des vents thermiques se levant en fin de matinée pour devenir de plus en plus forts, tourbillonnants et le plus souvent contraires donc épuisants. A raison de 6h30 à 7h30 de selle tous les jours, la partie la plus noble de notre individu a chauffé quelque peu et sort de l'aventure légèrement meurtrie. Le sort s'est également acharné sur Michel, d'abord avec des ennuis intestinaux qui l'ont pas mal affaibli puis les deux derniers jours avec 3 crevaisons coup sur coup, la faute à un pneu fragilisé sur les flancs. Je serai également victime d'une crevaison le dernier jour, il va nous falloir renouveler sans plus tarder notre stock de chambres à air. Mais nos difficultés ne sont pas terminées pour autant. A peine arrivés à destination, nous nous dirigeons vers le terminal de bus et achetons nos billets pour Mendoza, départ dans la nuit à 2h35 du matin ! Nous prenons une chambre d'hôtel pour une bonne douche et un peu de repos grâce à la climatisation que l'on pousse au maximum, il fait plus de 35°C sur La Rioja. Une demi-heure avant l'heure de départ du bus nous sommes sur place pour préparer les vélos et nos bagages avant leur chargement. Nous enlevons les pédales, tournons le guidon dans l'axe du cadre et défaisons toutes les sacoches que nous regroupons dans un sac, comme lorsque nous avons pris l'avion au début du voyage. Mais patatras, lorsque le bus se présente nous essuyons un refus catégorique du chauffeur pour charger nos vélos ! Nous aurions du enlever les roues, les fixer de part et d'autre le long du cadre et emballer, ou au minimum filmer, le tout. Commencent alors de longues palabres d'où il ressort que, à condition que nous démontions les roues, le chauffeur veut bien fermer les yeux sur l'absence d'emballage. Nous nous affairons aussitôt, les vélos et les 6 roues plus nos trois gros sacs sont chargés, nous prenons possession de nos sièges-couchettes et le bus démarre. Ouf nous partons et nos vélos avec. A 10h30 le lendemain nous arrivons au terminal de bus en périphérie de Mendoza et une heure plus tard, nos vélos remontés et nos sacoches chargées, nous faisons notre entrée dans la ville. Christian peut enfin souffler, nous serons ponctuels au rendez-vous de Mendoza !

Bilan rapide en quelques chiffres de cette première partie de voyage :

Depuis le 31 octobre 2018, date de notre arrivée à Lima (Pérou) il y a 56 jours, nous avons traversé 2 pays (Pérou et Bolivie) et nous sommes depuis 15 jours dans le 3ème pays, l'Argentine. A bicyclette nous avons parcouru 3.000km avec un dénivelé positif de 25.400m et roulé 38 jours.

Place maintenant aux vacances pour 15 jours, largement le temps de remettre vélos et cyclistes en ordre de marche avant de nouvelles aventures !

Et selon la formule provençale consacrée, bon bout d'an à vous tous !

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Publié le 16 janvier 2019

Chiloé est une île au sud du Chili, ce pays qui s'étire le long du Pacifique, du désert d'Atacama au nord jusqu'à la pointe du continent et le mythique Cape Horn au sud. Je vous donne la définition du pays telle que la formule Sylvain Tesson : "Le Chili ? un cigare de 4.000km dont le bout incandescent s'appelle la Terre de Feu", bien trouvé !

L’île de Chiloé est longue de 200km pour 50 de large et nous la parcourons en 3 jours, sur la Ruta 5, la principale (et quasi unique) route revêtue qui la traverse du Nord au Sud.

Mais ne brûlons pas les étapes et reprenons par le début.

Depuis le 26 décembre, terme de la 1ère partie de notre voyage, nous avons passé deux semaines merveilleuses avec les « Daltonettes » Anne, Christine et Françoise. D’abord à Mendoza en Argentine, puis à Valparaiso et enfin à Santiago, deux villes seulement éloignées de 120km l’une de l’autre, au centre du Chili. La 1ère étant communément considérée comme le port de la seconde.

C’est de Santiago que nous repartons, Los Quatro Daltones, après avoir retrouvé Patrice, tout juste revenu de son court séjour au pays. Le samedi 12 janvier en début de soirée nous embarquons pour une « petite » nuit de bus à destination de Puerto Montt, point de départ de la Carretera Austral. Celle-ci est une route/piste qui traverse la majeure partie de la Patagonie chilienne sur 1200km vers le sud. Mais nous ne l’empruntons pas immédiatement car notre 1er objectif c’est d’abord de rejoindre Chiloé.

Dimanche matin nous sommes devant le terminal de bus de Puerto Montt, face au Pacifique, occupés à remonter nos vélos. L'embarquement pour Chiloé se fait depuis le petit port de Pargua, à 60km au sud-ouest de Puerto Montt….par autoroute, néanmoins accessible aux vélos. Cette perspective ne nous enchante guère. Nous décidons de suivre la côte, quitte à augmenter sensiblement le kilométrage et de devoir même parcourir une vingtaine de kilomètres sur une route non goudronnée. Qu'à cela ne tienne, nous ferons une partie du trajet (60km) le dimanche après-midi jusqu'à Calbuco et la suite, d'abord jusqu'au ferry puis, une fois passés sur l'île, jusqu'à Ancud le lendemain.

Il fait un temps splendide pour nos deux premiers jours de reprise et le cadre est magnifique. Devant nous les eaux bleu profond du Pacifique et au deuxième plan les cônes des volcans recouverts de neige, dont un laisse même passer un panache de fumée qui le coiffe en permanence. Sur l'eau c'est un ballet d'embarcations de bonnes tailles, du chalut de pêche au cargo de vrac. Nous sommes heureux de retrouver nos bicyclettes et de rouler dans ces paysages même si la route joue à saute-moutons d'une colline à l'autre sans nous laisser trop de répit. Ainsi il nous faudra plus de 4h30 pour couvrir la distance jusqu'à l'hébergement du dimanche soir sur la côte et près de 6h30 le lendemain pour les 80km jusqu'à Ancud, 1er port de l'île sur notre parcours. Là nous installons nos tentes dans un camping de rêve sur une falaise au-dessus des flots. La vue sur le large est splendide avec ici où là quelques îles ou presqu'îles. Le terrain sur lequel nous campons est joliment arboré d'essences méditerranéennes et fleuri de gros bosquets de rhododendrons. Nous le partageons avec un couple d'allemands et leurs deux jeunes enfants à l'autre extrémité du camping. Autant dire que nous sommes (presque) seuls au monde !

Mardi 15 nous quittons Ancud par le sud à destination de Castro, grande bourgade au centre de Chiloé et port principal de l'île. Il fait aujourd'hui beaucoup moins beau que les jours précédents et dès 6h du matin quelques averses éparses viennent mouiller nos tentes. Nous voici prévenus. Nous pédalons néanmoins les deux premières heures au sec. Ensuite nous essuyons des grains tout le reste de la journée et arrivons à destination après 85km, trempés de la tête aux pieds. Pas de surprise en vérité, Chiloé est connue pour être fréquemment et abondamment arrosée. De même que la Patagonie qui nous attend plus bas. Il va falloir nous habituer !

Il ne nous reste plus que la journée de mercredi sur l'île car nous devons attraper le ferry de 6h jeudi matin à Quellòn, sur la côte sud-est de Chiloé. Dans le cas contraire, nous resterions bloqués jusqu'au dimanche soir et perdrions quelques précieuses journées dans notre progression vers la Patagonie.


Los Quatro Daltones Acte II, c'est reparti ! 


1ère occupation, remonter les vélos emballés dans leurs cartons depuis Mendoza


sur la côte en quittant Puerto Montt


un volcan couronné de neiges éternelles (nous sommes en été) toujours en activité


Ceux-ci sont éteints mais bien enneigés 


1er ravitaillement, Patrice a ramené de Marseille des navettes, miam !


Un passage pentu et délicat sur la piste. Seul des quatre, Michel ne mettra pas pied à terre 
Un petit casse-croûte vite avalé avant de monter sur le ferry de Chiloé


les derniers kilomètres avant l'arrivée sur Ancud au loin


Notre campement au dessus de l'océan à Ancud


un emplacement de rêve, rien que pour nous


vues du camping depuis un hamac , droit devant : nos 4 tentes
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Publié le 21 janvier 2019

L'île de Chiloé est réputée pour ses églises et chapelles construites en bois pour la plupart. Elle en a compté jusqu'à 200 à l'époque où elle était colonisée par les Jésuites. Aujourd'hui 16 sont classées au Patrimoine mondial de l'Unesco. La plus ancienne date de 1730. Celles que nous avons pu visiter, elles sont malheureusement très souvent fermées en dehors des offices, sont très joliment décorées, par exemple ornées de maquettes de bateaux suspendues au plafond. Le bois est le matériaux le plus utilisé sur l'île, largement couverte de forêts. Les maisons traditionnelles de pêcheurs, les palafitos, sont construites sur pilotis. Ce sont des maisons en bois, comme la plupart des nombreuses fermes que nous voyons dans la campagne depuis la route. Outre le tourisme et la pêche - le Chili est le deuxième producteur mondial de saumons derrière la Norvège - Chiloé est essentiellement tournée vers l'agriculture et l'élevage, moutons principalement sur la terre ferme, saumons dans les parcs du Pacifique. La pomme de terre, qui serait originaire de l'île, et le ramassage des algues, exportées vers le Japon pour les sushis, sont incontournables. Enfin concernant la météo, on peut dire qu'à Chiloé, quand il ne pleut pas toute la journée, alors il y fait beau plusieurs fois par jour !

Nous finissons notre traversée de l'île le mercredi en fin d'après-midi à Quellòn, petit port à l'extrémité de la Ruta 5. Cette route, plus connue sous l'appellation de Panaméricaine, partie d'Anchorage en Alaska se termine ici, à Quellòn, après avoir traversée tout le continent américain, ça fait rêver, non ?

Jeudi matin à 6h30, avec un peu de retard (or nous patientons sur le môle depuis 5h), nous embarquons pour 4 heures de traversée à destination de Chaitén, autre petit port en Patagonie celui-là, sur la Ruta 7, autrement dit la Carretera Austral !


L'église San Francisco de Castro, d'un beau jaune rehaussé de violet sur les clochers et les toits, toute en bois


l'intérieur en bois doré de l'église


l'église de Nercòn date de 1890


là encore tout est en bois, beaux piliers marbrés et maquettes de bateaux au plafond


les palafitos, maisons sur pilotis de Castro


le soleil se lève sur Quellòn, nous quittons Chiloé


Patagonia !


le volcan Corcovado (2290m) visible depuis Quellòn


la petite ville de Chaitén nous accueille
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Publié le 22 janvier 2019

Nous arrivons en Patagonie le jeudi 17 janvier dans la matinée. Nous sommes à Chaitén, sur la Carretera Austral (Ruta 7) au km200. Le km0 correspond à Puerto Montt au Nord. Nous installons nos tentes au camping, en fait dans le grand jardin d'une maison qui fait également hôtel. Nous organisons rapidement une excursion, à pied pour changer, au volcan Chaitén. Situé à plus de 20km au nord, un guide nous y véhiculera en début d'après-midi pour une ascension jusqu'au cratère en 2h30 aller-retour. Le 2 mai 2008 ce volcan éteint, depuis 300 ans pour les uns ou 9000 ans pour les autres (!), s'est réveillé brutalement et a récidivé 4 jours plus tard. Ces deux explosions, sans coulée de lave, ont projeté des roches et des cendres jusqu'à 20km de haut. La poussière a atteint Buenos Aires à près de 1500km au Nord-Est. Chaitén a été complètement recouverte. Un dôme de 1km3 s'est formé dans l'ancien cratère. Malgré la décision de créer une nouvelle ville plus loin, les habitants sont revenus et ont reconstruit leur cité, qui vit maintenant à l'ombre d'un volcan qui fume constamment.


les fumerolles s'échappent du nouveau cratère 


un dôme de 1km3 de roches et de cendres s'est formé dans l'ancien cratère 


le rio en contrebas s'écoule jusqu'au Pacifique


Los Daltones sur le volcan


au 1er plan la pente dévastée du volcan, au fond le superbe panorama de montagnes enserrant un lac


en rentrant nous passons par la très belle plage de sable noir de Santa Barbara


sur laquelle jouent un petit groupe d'enfants (l'eau est à 5° environ)

Le lendemain, vendredi 18 janvier c'est le grand départ vers le Sud. Nous avons 1000km à parcourir sur la Ruta 7 à travers la Patagonie. Parfois route parfois piste, cet itinéraire fascine autant qu'il est redouté. Merveilleux par les paysages traversés, il est craint pour son profil éprouvant fait d'une succession de côtes ardues, par la présence de vents violents souvent contraires, accompagnés de pluie abondantes et par les difficultés supplémentaires à rouler sur des routes non revêtues d'asphalte mais uniquement recouvertes de cailloux de bonne taille, le ripio. La bonne surprise c'est que nous ne sommes plus seuls ! Nous rencontrons de nombreux cyclistes, roulant dans le même sens que nous ou venant du Sud en direction de Puerto Montt. Dès le 1er jour à Chaitén puis tous les jours suivants, ils sont nombreux à rouler, souvent par deux mais également en solitaire ou par petit groupe, comme nous. Des hommes mais aussi bon nombre de femmes, plutôt jeunes mais également des seniors, des Sud-Américains - Chiliens, Brésiliens, Argentins - mais également des Américains et des Européens dont pas mal de Français. Toutes ces rencontres sont vraiment très sympas. Mais nous resterons bluffés par une famille française de Clermont-Ferrand, les parents et leurs trois adorables petites filles de 9, 7 et 5 ans, partis de Lima en avril 2018 avec 2 tandems et un vélo d'enfant pour 1 an de voyage à travers le Pérou, la Bolivie, l'Argentine et le Chili. Les rencontrer a été un vrai petit moment de bonheur et on ne peut qu'être très impressionnés par ce qu'ils sont en train de réaliser.

Nous en sommes aujourd'hui au 4ème jour de vélo sur la Carretera Austral. Nous avons parcouru 340km dans un décor fabuleux mais au prix d'efforts importants pour toutes les raisons exposées plus haut. Nous savons que nous ne sommes pas au bout de nos peines, la route est encore très longue et les difficultés à venir nombreuses. Mais avec les exemples que nous avons sous les yeux, nous ne pouvons que nous en inspirer et vivre cette aventure jour après jour avec beaucoup d'enthousiasme et d'envie.


vendredi matin, départ du camping de Chaitén


non nous ne partons pas en bus, nous prenons notre (excellent) petit déjeuner au food-bus !


il fait très beau ce 1er matin et nous sommes éblouis par les paysages







à midi nous pique-niquons après un petit bain revigorant dans le lac


l'après-midi s'écoule et les kilomètres s'enchaînent, 110km seront effectués ce jour là


le soir venu nous trouvons un très bel emplacement au dessus de la rivière pour dresser nos tentes
et préparer un bon repas


avant d'aller dormir sous la pleine lune
le lendemain c'est encore grand beau temps






à midi c'est la rencontre avec cette belle famille de cyclo-voyageurs (ses), c'est le moment de reprendre des forces


les 2 tandems


et le vélo des filles, qu'elles se passent à tour de rôle


nous sommes fiers de poser avec cette famille incroyable


plus tard dans l'après-midi nous faisons connaissance avec la route non revêtue, le ripio



3ème jour de beau temps d'affilé, de quoi profiter de ce magnifique fjord sous le soleil matinal


pour ça Christian est prêt à prendre tous les risques


Puerto Puyuhuapi, notre halte au bout du fjord le samedi soir



le temps s'est couvert, nous ne verrons pas le glacier suspendu d'où jaillit la cascade


sur la route aussi les conditions se sont dégradées


la pluie s'est mise de la partie, rendant la chaussée glissante


mais nous gratifiant plus tard d'un très bel arc en ciel
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Vendredi 1er Février 2019 – Villa O’Higgins

Voilà nous y sommes ! Après exactement 15 jours depuis notre départ de Chaitén, nous arrivons aujourd’hui à Villa O’Higgins, au bout du bout de la Carretera Austral. Ici pour tous les voyageurs le choix est simple : soit monter sur un bateau et continuer vers l’Argentine par ses propres moyens, soit rebrousser chemin et remonter vers le Nord. Pour nous aucun doute, nous continuons. Nous avons déjà réservé nos places sur le bateau avec nos vélos, départ lundi matin à 8h30 pour une traversée de 5h sur le lago O’Higgins. Aubaine, le bateau nous emmène préalablement à proximité du glacier éponyme, de belles émotions en perspective, d'autant que la météo est annoncée au beau fixe pour les jours à venir !

Nous bénéficions donc d’un week-end complet dans la cabaña louée ici pour l’occasion. Ce repos bien mérité tombe à pic. En effet nous n’avons pas arrêté depuis 2 semaines : près de 1.100km avec plus de 14.000m de dénivelé+ dont la moitié sur une mauvaise piste (le ripio) avec des conditions climatiques éprouvantes, pluie et froid, en particulier la deuxième semaine. Notre progression a cependant été régulière à défaut d’être rapide. Sur le revêtement de terre et de gros gravier la moyenne horaire n’excède pas 11 à 12km/h dès que le relief devient accidenté. Chaque jour le dénivelé+ est dans une fourchette de 1000 à 1400m du fait d'une succession de plus ou moins courtes montées qui nous font mal aux jambes. Imaginez un peu, à part un unique passage de col à plus de 1000m, notre altitude est restée entre 100 et 500m sur tout le parcours. En outre l'adhérence sur le ripio est parfois limite ce qui provoque quelques sueurs froides et nous oblige à une vigilance quasi permanente. Dans ces conditions notre pratique quotidienne s’apparente assez au VTT avec des efforts brefs mais répétés qui font monter brutalement le rythme cardiaque et qui, au fil de la journée, usent le cycliste.

Mais qu’importe, nous évoluons dans un cadre tellement extraordinaire qu’il mérite amplement tous les efforts accomplis.

Bonheur et fierté sont les sentiments qui prédominent à notre arrivée dans cette petite ville mythique au bout de la piste
notre cabaña pour le week-end, maison en bois comme toutes les habitations ici


le cadre de montagnes, toutes plus belles les unes que les autres, qui nous environnent


les glaciers sont tout proches


la ville s'étend sur une petite vallée fermée par le lac, frontière naturelle entre Chili et Argentine

L'étape 29 nous avait laissés le lundi 21 janvier à Villa Mañiguales, petite bourgade sans âme seulement connue des pêcheurs de truites qui en ont fait un de leurs camps de base pour sa proximité avec quelques rivières poissonneuses de l'arrière-pays.

Le mardi 22 nous partons pour Coyhaique à 91km de là, dernière grosse bourgade au centre de la Patagonie reliée par une vraie route, une des dernières avant longtemps. Il fait beau et le rythme est bon toute la matinée. Après le pique-nique de midi pris sur de jolis petits bancs de bois bleus, la route s’élève et l’arrivée à Coyhaique est précédée de quelques ascensions bien raides. Nous arrivons fatigués et contents de trouver un petit hostal au calme car en retrait de la rue fort bruyante en cette fin d’après-midi. Peu après arrivent un cycliste et sa jeune fille sur un vélo électrique improbable, une invention bricolée que n’aurait pas reniée Gaston Lagaffe lui-même !


un vélo doté de 3 panneaux solaires, une batterie à chargement direct développant 500w et beaucoup d'autres aménagements

Le lendemain nous coupons notre étape après une belle journée d’efforts, nous sommes en pleine montagne, facilités d’abord par un fort vent favorable puis nettement moins par la suite. Nous nous arrêtons dans un superbe camping au cœur de la forêt de la réserve nationale Cerro Castillo à 1100m d’altitude. Il est géré par deux jeunes Chiliens qui ont remporté l’appel d’offre de concession pour 4 ans. Ils ne ménagent pas leur peine pour en faire un endroit très plaisant et bien équipé, avec douche chaude entre 19 et 22h et pain fait maison sur commande pour le dîner. Nous retrouvons un peu plus tard un couple d’écossais d’Edinburgh déjà rencontrés précédemment, véritables globe-trotters voyageant 6 mois par an depuis des années et ayant parcouru la planète dans tous les sens ! Nous les verrons repartir à l’aube le lendemain, faisant preuve d’une organisation parfaitement rodée.


emplacement accueillant avec table et bancs mais aussi cabane pour dîner à l'abri du vent


et beaucoup d'espace pour planter nos tentes à bonne distance les unes des autres

Le jeudi 24 au matin le vent a repris de plus belle. La route descend en lacets vers Villa Cerro Castillo mais nous devons forcer sur les pédales pour contrer la violence du vent. Nous mettons 2h1/2 pour parcourir les 37km qui nous séparent de la petite ville. Nous croisons un cycliste français, même vélo que nous, même tente ! Il vient d’Ushuaïa qu’il a quitté il y a 45 jours et s’est donné 8 mois pour atteindre la Colombie.

Nous faisons des courses pour 2 jours, prenons un hamburger dans le food-bus puis repartons. La route monte sévèrement, nous avançons difficilement toujours vent de face et avec la pluie de surcroit. Après 12km nous trouvons un camping, louons une cabaña, la pluie redouble et ne s’arrêtera plus jusqu’au lendemain. Nous arrêtons là pour aujourd’hui, demain est un autre jour…


dans la descente vers Villa Cerro Castillo


la vue sur la vallée 

Vendredi 25 janvier : du camping Los Ñires à Villa Bahia Murta - 90km en 7h45 Départ à 8h sous la pluie qui ne nous quittera pas de la journée sinon peut-être la dernière heure. Une longue étape nous attend, elle sera couverte à près de 12km/h de moyenne. C’est notre 1ère journée de piste (ribio) intégrale. Il fait froid 4 degrés et il a neigé très bas dans la nuit, les montagnes sont saupoudrées de blanc. Dès la première côte nous arrivons sur un chantier, la route est déviée, les ouvriers préparent les explosifs pour faire sauter un pan de montagne. Peu après nous affrontons une bourrasque de neige, nous sommes à 560m d’altitude ! Elle ne dure pas, remplacée par la pluie. Plus loin nous faisons une belle rencontre avec 3 cyclistes, un jeune couple suisse et une américaine en virée depuis 3 mois comme nous. Encore un peu plus loin ce sont deux automobilistes qui se sont fait une belle frayeur, leur pick-up est sur le flanc dans le fossé, vraisemblablement après un tonneau et un tête-à-queue. Plus de peur que de mal mais le voyage s’arrête là pour eux. Quelques kilomètres encore et Michel réalise qu’il a perdu sa tente, tombée du porte-bagages. Elle n’est pas loin là-bas au milieu de la piste, heureusement aucun camion n’est passé par là entre-temps. Nous profitons d’une petite accalmie pour pique-niquer près d’une rivière. La pluie reprend, une cabane bien venue nous permet de terminer nos agapes à l’abri. Nous ferons plus de km que prévus pour finalement arriver non loin de Puerto Pacifico, la ville étape prévue initialement en 2 jours. Nous trouvons une cabaña correcte sur le lac Général Carrera à 4km de la piste.


malgré la dynamite 


le trafic continu..


les piquets matérialisent la piste sous la neige hivernale

Samedi 26 janvier : de Bahia Murta à Puerto Rio Tranquilo - 31km en 2h35

Nous partons à 9h30 sur du mauvais ripio. Nous avons 24km à parcourir le long du lac, sur une piste en montagnes russes par une belle matinée ensoleillée. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Patrice, il a soufflé 1 bougie au petit déjeuner. A midi nous partagerons le gâteau, toutes les occasions sont bonnes, nous n’allons pas manquer celle-là. Inspirés par le nom de la localité, nous décidons de vivre « tranquilo » et nous nous installons dans un joli petit camping au soleil. L’après-midi nous faisons une virée en bateau rapide, 75cv, sur le lac Général Carrera vers des falaises de marbre, Capilla de Mármol, sculptées par l’érosion. Elles sont l’attraction du secteur avec une expédition vers un glacier dans la Valle Exploradores. Malheureusement pour ce dernier, une journée complète d’excursion est nécessaire. Il aurait fallu être là dès le matin. Un court moment nous envisageons de programmer la sortie le lendemain, mais les prévisions météo ne sont pas bonnes. Elles annoncent beaucoup de pluie pour les prochains jours avec retour du beau temps pour le 1er février. Nous voilà prévenus !

A Bahia Murta devant le lago General Carrera, un chien (Rantanplan ?) malicieux est passé au bon moment


le bord du lac en direction de Puerto Tranquilo



un spectacle en cinémascope !


arrivée sur Pto Tranquilo


Camping tout ce qui a de plus "Tranquilo"


les falaises et grottes de marbre "Capilla de Mármol"


on peut aussi y aller en kayac

Dimanche 27 janvier : de Puerto Rio Tranquilo à Puerto Bertrand 68km en 6h et 1212m de dénivelé +

Nous nous mettons en route à 8h sous la pluie annoncée. Le ripio est fort en gros gravillons donc très pénible et traître pendant la plus grande partie du trajet. Nous avons parfois le vent de face avec de fortes bourrasques et s’il ne fait pas vraiment beau nous n’avons que très peu de pluie. A midi nous faisons un arrêt peu après Rio Leon, pour déjeuner dans une cantina pas encore inaugurée et non répertoriée sur le parcours. L’accueil de la jeune femme qui tient l’établissement aidée de son jeune neveu (11ans) est très sympathique. Moyennant un peu d’attente bien compréhensible, elle nous prépare d’excellentes linguines avec de délicieux champignons locaux, sorte de morilles de par l’aspect. Nous repartons ragaillardis sur notre mauvaise piste. Plus tard nouvelle halte cette fois pour une rapide baignade dans le Lago Bertrand, fraîche mais revigorante. A Puerto Bertrand nous passons la nuit dans une petite hostal sur le môle, face au Rio Baker aux eaux d’un turquoise merveilleux.

en route vers Puerto Bertrand par lacs et forêts


remarquez le superbe tablier de notre excellente cuisinière, ici avec son neveu


nous nous rapprochons toujours un peu plus des montagnes



la piste ne nous laisse que peu de répit


dans des décors de rêve



que nous découvrons encore mieux en nous élevant


Lundi 28 janvier : de Puerto Bertrand à Cochrane, dernière petite bourgade avant le terme de la Carretera Austral. 48km – 900m de dénivelé+ en 4h45

Nous suivons le Rio Baker presque toute la matinée, d’abord sous les arbres puis dans des gorges encaissées où le fleuve tourbillonne, impressionnant par ses remous et ses rapides. Arrivés à Cochrane vers 13h nous déjeunons d’un repas d’empanadas succulents puis nous nous installons dans une maison particulière où la propriétaire nous laisse investir sa cuisine pour, une fois les courses faites, préparer notre dîner.

Mardi 29 janvier : de Cochrane nous partons vers Caleta Tortel que nous ne pourrons pas atteindre le soir même. Nous devons trouver pour la nuit un emplacement pour bivouaquer, aucun camping n’est mentionné sur les cartes. Nous roulons la plus grande partie de la journée au milieu de la forêt primaire, un superbe parcours largement arrosé de pluie. Après 73km, plus de 1000m de dénivelé+ en un peu plus de 6h de piste, nous trouvons un terrain ouvert, la plupart sont clôturés tout le long de la route, où nous nous installons pour la nuit. Il y a même un abri sous lequel nous pouvons faire du feu et nous sécher voire nous réchauffer. Il s’agit en fait d’un pseudo camping chez un bûcheron sympa qui nous donnera accès à sa salle de bain pour une bonne douche chaude avant la nuit, super !

Le lendemain, sous la pluie, nous terminons notre parcours de 53km vers la Caleta Tortel, petit port pittoresque dont les maisons sur pilotis sont reliées entre elles par des passerelles en bois qui quadrillent le versant d’un vallon au-dessus du fjord. Nous retrouvons le Rio Baker dont c’est l’embouchure sur le Pacifique. Nous louons une cabaña pour nous abriter et faire sécher nos affaires, toutes bien détrempées par ces deux journées successives de pluie.

le long du Rio Baker
la confluence en aval  de Pto Bertrand


la route épouse les sinuosités du Rio 



rencontre avec des guanacos, sorte de lamas sauvages


ceux là ne sont pas trop craintifs



vous voyez, ça monte (presque) tout le temps...



Arrivée à Cochrane, un des rares panneaux sur le parcours (pas jeune celui là)



nous nous dirigeons vers la Caleta Tortel


nature vierge
notre bivouac, un bon feu et le linge qui s'égoutte


heureusement nous pouvons compter sur l'étanchéité parfaite de nos tentes


cheval sauvage (ou pas)


sur cette piste nous aussi avons un peu l'âme de pionniers


Jeudi 31 janvier, nous repartons sous la pluie pour notre dernière étape, en 2 jours, vers Villa O’Higgins. 73km aujourd’hui entrecoupés d’une heure de ferry pour traverser le Fiordo Mitchell.

A cette occasion nous trouvons le moyen de louper le bateau, Patrice et moi. Prévu à 15h le ferry se présente avant 14h pour repartir sans crier gare 10’ plus tard, nous laissant pantois tous les deux sur le quai. Il reviendra une bonne heure plus tard et nous retrouverons à bord nos deux compères, Christian et Michel, qui ont préféré rester au chaud dans le bateau plutôt que de nous attendre sous la pluie de l’autre côté du lago ! Après cet épisode mouvementé nous reprenons notre route pendant 3h avant de trouver un terrain non marécageux entre la piste et le rio pour dresser notre campement (merci Christian et Patrice pour le feu), préparer un bon repas (merci Michel) et vite trouver refuge sous nos tentes respectives pour échapper à une nième averse.

Le lendemain, vendredi 1er février nous parcourons en 5h30 les 68km (dénivelé+ 1000m) qui nous séparent de Villa O’Higgins, terme de cette étape patagonienne inoubliable !

lacs, rivières, cascades, sources, l'eau est partout


le ferry arrive et..repart sans Patrice et moi !


nous repartons pour les 100 derniers kilomètres de la Carretera Austral


avec un ultime bivouac 


bien appétissant 















































































































































































































































































































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Publié le 10 février 2019

Lundi 4 février de Villa O’Higgins (Chili) à Lago del Desierto (Argentine)

A 7h nous quittons notre cabaña en direction du petit embarcadère de Puerto Bahamondez à 7km de Villa O’Higgins par la piste. L’horaire du bateau est prévu à 8h30, nous avons rendez-vous à 8h et ce matin il n’est pas question d’être en retard et de risquer de louper le départ : nous allons à la rencontre du Gran Glaciar O’Higgins sur une autre extrémité du lac avant de nous faire déposer sur le sol argentin pour la suite de notre périple. Malgré l’heure matinale une bonne trentaine de cyclistes convergent, comme nous, vers le petit port en lisière de forêt. En réalité deux bateaux de deux compagnies concurrentes sont prévus à la même heure. Il est 8h15 et nous n’avons vu toujours personne de la compagnie avec laquelle nous avons fait affaire. Plus inquiétant nous constatons que tous les autres cyclistes sont en cours d’embarquement sur l’autre navire qui ne tarde pas à larguer les amarres, nous laissant bien seuls sur le quai ! Il est près de 8h30 quand un minibus s’arrête sur le parking tout proche. En descend une douzaine de personnes dont nos deux pilotes. Ouf, l’enregistrement des passagers et le chargement des vélos peut commencer, nous pouvons respirer. Une demi-heure plus tard le bateau est prêt au départ. Equipé de deux moteurs puissants il ne tarde pas à refaire son retard sur le premier parti. Nous filons sur le lac à bonne allure, laissant sur place l’autre navire. Comme annoncé le temps est splendide et en fin de matinée, pendant une bonne heure et demie, nous allons évoluer dans des eaux où flottent d’énormes blocs de glace puis devant le front d’un glacier de taille impressionnante. Magnifique spectacle qui nous en met plein la vue.

Sur le petit port nous attendons avec impatience de pouvoir embarquer alors que le 1er bateau gagne déjà le milieu du lac


Enfin c'est notre tour de monter à bord avec nos vélos
sous un ciel sans aucun nuage  la "croisière" s'annonce magnifique


Nous nous approchons des premiers blocs de glace qui flottent à la surface


blocs de plus en plus gros


puis c'est le glacier tout entier qui ferme l'extrémité du lac


Il est temps de trinquer au Jack Daniel refroidi avec les glaçons prélevés sur le glacier


Sous le soleil le glacier absorbe toute la lumière

Comme prévu, le bateau nous débarque peu après sur une autre partie du lac où nous reprenons nos vélos avec lesquels nous nous présentons à la douane chilienne pour les formalités de sortie du pays. Ensuite commence la partie délicate de la « promenade » qui doit nous amener jusqu’à la douane argentine à une vingtaine de kilomètres de là. Aucune route par ici, juste un méchant chemin escarpé sur 15km côté Chili suivi d’un simple sentier de montagne sur 6 km dans la forêt, côté Argentine. 21km (avec 720m de dénivelé +) de galère pour des vélos alourdis de sacoches que nous tirons, poussons, portons selon les cas avec d’énormes difficultés. Quand nous avons l’opportunité de monter sur la selle nous risquons à tout moment de chuter, ce qui arrivera à chacun d’entre nous et pour certains à plusieurs reprises. Nous sommes cependant merveilleusement payés de nos efforts lorsque, sur la partie terminale du sentier, depuis un promontoire aménagé, subjugués nous découvrons barrant l’horizon la silhouette reconnaissable entre toutes du Cerro Fitz Roy, mythique sommet andin à la puissance dégagée tout simplement incroyable. Il se situe à une bonne cinquantaine de kilomètres de là mais cependant il impressionne déjà. Encore quelques obstacles à franchir et enfin, après plus de 4h d’efforts, nous débouchons dans une jolie clairière en bord de lac, le lago del Desierto, occupé d’un côté par la petite douane argentine et de l’autre par un paisible camping où nous retrouvons avec plaisir bon nombre des cyclistes partis le matin même de Villa 0’Higgins.

« il n'y a plus qu'à » suivre la flèche pour rejoindre le prochain camping sur le lac argentin 
La progression sur le chemin est harassante  
Nous cherchons le passage à travers les nombreux obstacles 
pataugeant dans l’eau des torrents  
À chacun son style ! 
La forêt est très belle mais nous ne sommes pas dans les meilleures conditions pour l’apprécier  
Le Cerro Fitz Roy nous apparaît au loin comme le formidable aboutissement de tous nos efforts 
nous atteignons le camping où tous les cyclistes finissent par arriver à un moment ou à un autre, créant une ambiance amicale 
A la nuit tombée, c’est avec recueillement que chacun regarde émerveillé le coucher de soleil sur la montagne mythique 
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Publié le 13 février 2019

Mardi 5 février, de Lago del Desierto à El Chalten

Après une bonne nuit réparatrice dans cette belle clairière en bord de lac , nous attendons paisiblement 11h et le bateau qui doit nous amener sur la rive opposée afin de rejoindre El Chalten, au bout d’une piste de 37km parcourue à vélo entre forêt et rio. El Chalten est La Mecque du trekking en Argentine, ici appelé andisme, une petite ville très sportive favorisée par un environnement de montagnes et de sites remarquables, falaises d'escalade, rivières encaissées, belvédères, glaciers, tous plus spectaculaires les uns que les autres, à commencer par le fameux Fitz Roy que tous les alpinistes (très) chevronnés rêvent de grimper un jour. Nous sommes convenus de rester une nuit supplémentaire ici. Dès notre arrivée, une rapide visite au centro del turismo nous a permis de choisir une excursion à la journée pour le lendemain. Ce sera une belle marche dans la forêt pour s’approcher au plus près du massif emblématique de la station. En attendant nous nous installons dans un petit hôtel du centre-ville, lequel est déserté par les randonneurs dans la journée mais très animé et festif dès la fin d’après-midi et la soirée. Nous nous sentons bien à notre place ici. Nous sommes simplement (un peu) plus vieux que la moyenne des nombreux marcheurs croisés sur les sentiers et les pistes mais nous ne leur concédons rien sur l’engagement dans l’activité sportive, excursions en montagne ou à vélo (nous croisons avec bonheur bon nombre de nos jeunes collègues cyclistes sur le massif dans la journée ou autour d'une bière le soir). Les nombreux kilomètres parcourus dans les Andes, au Pérou comme en Bolivie, nous ont permis de faire le plein de globules rouges et nous avons de l’énergie à revendre sur cette fin de voyage. Tant mieux, nous allons en avoir bien besoin pour la suite…

Vue sur la vallée du Rio Eléctrico qui s'étend entre le lago del Desierto et El Chalten


Depuis le sentier qui grimpe vers "La Montagne qui fume (El Chalten)" 3405m, nom donné par les indiens peuplant la région à l'orig...


Les lagunas de Los Tres et Sucia au pied du Fitz Roy, toutes deux alimentées par d'imposants glaciers 


La vue au Sud, avec en arrière-plan l'immense Lago Viedma que nous longerons demain en repartant pour El Calafate


Le Cerro Torre (3102m) autre sommet emblématique du Parque Nacional Los Glaciares argentin

Jeudi 7 et vendredi 8 février de El Chalten à El Calafate

Nous reprenons la route jeudi matin, ravis mais un peu frustrés par notre trop court séjour à El Chalten. Mais un autre beau rendez-vous nous attend 220km plus au Sud, l'immense glacier Perito Moreno, site incontournable également dans le Parque Los Glacieres. La matinée file comme le vent qui nous pousse généreusement le long du Lago Viedma, 80km sont avalés à vive allure. Nous avons mangé notre pain blanc pour les deux journées de cette longue étape. En effet d'une orientation Sud-Est jusqu'au bout du lac, la route bascule bientôt au Sud-Ouest. Nous voilà maintenant fortement ralentis par un vent d'Ouest, pas vraiment contraire mais déjà bien gênant. Néanmoins nous continuons jusqu'au kilomètre 135, établissant ainsi un nouveau record de distance pour notre quatuor. Nous trouvons un sympathique endroit verdoyant le long du Rio Leona pour établir notre campement pour la nuit.


Sur la route du Sud, un dernier regard en arrière sur El Chalten, ville et montagne à jamais indissociables dans notre imaginaire


La Ruta 40 serpente sur un vaste plateau désertique pendant une centaine de kilomètres
Un bivouac apprécié après une longue journée de 7h en selle


A l'abri du vent mais néanmoins bien emmitouflés pour le dîner 


la vaisselle n'est cependant pas pour autant négligée

Le lendemain, après une nuit bien froide, nous repartons de bonne heure afin de profiter encore un peu de la clémence toute provisoire du vent. Nous avons 50km à faire sur la route de la veille suivi, et nous le redoutons, d'un parcours de 32km plein Ouest pour atteindre El Calafate.

Vous l'ignorez peut-être, c'était mon cas jusqu'il y a peu, mais la Patagonie s'étend du 39ème au 55ème parallèle. Or la nuit dernière nous étions exactement sur le 50ème. Les 50èmes rugissants, ça vous dit forcément quelque chose. A nous aujourd'hui ça dit énormément !

Quand au bout de 3h de vélo ce matin là, nous abordons le carrefour qui doit nous faire basculer à l'Ouest, nous avons déjà compris : ce qui nous attend maintenant nous ne l'avons jamais connu avec une telle intensité auparavant. Le vent est établi en Sud-Ouest et souffle avec une force extraordinaire, rien ne lui résiste. Nous essayons de nous organiser, de rouler en file indienne avec l'intention de prendre des relais. Peine perdue, dès les premiers mètres parcourus nous sommes dispersés sur la route. En toute première urgence chacun doit veiller à rester sur le bitume tant la force du vent de travers nous envoie dans le fossé. Ensuite coûte que coûte il faut essayer d'avancer. Nous sommes arc-boutés sur nos machines, vigilants à l'extrême pour, vaille que vaille, tenter de suivre la ligne blanche qui matérialise le bord de la chaussée. Si par malheur vous laissez le vélo prendre le sens du vent, alors il accélère instantanément vers le bas-côté, devient incontrôlable et c'est la chute assurée. Et dire que nous avons plus de 30km à faire dans ces conditions ! Les premiers kilomètres sont éprouvants à l'extrême, il nous semble que nous n'en verrons jamais le bout. Dégoûtés autant que découragés deux d'entre nous vont même baisser les bras, lever le pouce et terminer le parcours en pick-up. Cependant depuis quelques kilomètres, avec Patrice, nous avons réussi à nous organiser. Nous avançons très lentement mais néanmoins régulièrement en nous relayant à tour de rôle face au vent. A force d'efforts conjugués nous finirons par atteindre El Calafate après 3h30 de lutte pied à pied. Ce soir là, la bière traditionnellement partagée tous les quatre, aura une saveur toute particulière.


De l'autre côté du Lago Argentino, la petite ville de El Calafate, point de départ vers le glacier Perito Moreno
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Arrivés en toute fin d'après-midi du vendredi à El Calafate, nous trouvons une cabaña pour 2 nuits dans le prolongement de l'avenue principale, non loin du centre-ville. Bien que touristiques toutes les deux, il règne dans cette ville une ambiance bien différente de El Chalten. Ici ce serait plutôt le tourisme international haut de gamme à destination du Parque Los Glacieres et de sa principale attraction, le glacier Perito Moreno. Le soir les nombreux restaurants chic, dont beaucoup sont concentrés sur l'Avenue Libertador, sont fréquentés par une clientèle aisée que l'on peut observer à travers de larges baies vitrées donnant sur des intérieurs à la décoration recherchée et de bon goût. Dans les vitrines également l'asado de cornero traditionnel grille sur des broches (agneau grillé, délicieux !) pour mettre l'eau à la bouche des passants et les inciter à entrer. Le flux des touristes arrive par la route mais également beaucoup par avion et les navettes entre l'aéroport et la ville sont fréquentes. Ensuite il faut se rendre au Parque Los Glacieres, situé à 80km de là. De nombreuses agences touristiques proposent de vous y emmener, en bus mais également en rejoignant un embarcadère pour une découverte du glacier sur le lac.

Pour nous ce sera le samedi 9 février en prenant le bus à la gare routière de la ville, formule la plus économique, pour peu que l'on soit matinal et muni de son passeport (pas de passeport pas de billet !) Le parcours dure une heure. A mi-parcours environ le bus pénètre dans l'enceinte du parc et tous les passagers doivent s'acquitter d'un droit d'accès. Les contrôleurs du parc montent une 1ère fois dans le bus pour collecter l'argent (en liquide) auprès de chaque visiteur (700 pesos argentin soit environ 17€). Ils repartent pour revenir une 2ème fois un peu plus tard, remettre à chacun le billet d'entrée imprimé dans l'intervalle. Si vous souhaitez payer par carte de crédit, c'est à vous de descendre du bus pour aller au bureau vous acquitter du montant dû en échange de votre billet. On a connu organisation plus simple.. Une fois sur place, plusieurs parcours en lisière de forêt sur d'harmonieuses passerelles en bois, vous permettent de découvrir le glacier Perito Moreno en de nombreux endroits, selon des angles de vue et des hauteurs différents. Et là le spectacle est total. Tout d'abord ce qui frappe c'est la masse impressionnante du glacier (5km de large, jusqu'à 70m de haut sur la partie frontale) et sa couleur, ensuite les grondements et craquements de la glace et enfin le bruit sourd quand des pans entiers tombent dans le canal en contre-bas générant de grosses gerbes d'eau et de glace mêlées et des départs de vagues qui se répercutent longuement à la surface (voir la vidéo ci-dessous). Le public, et nous avec, se presse dans l'attente qu'un gros bloc se détache, espérant que telle ou telle faille dans le front de glace cède là, à l'instant, et s'écrase avec fracas 50m plus bas. Difficile de s'arracher au spectacle !

Le lendemain, quittant El Calafate, nous reprenons notre marche en avant en direction du Sud. Du dimanche 10 au mardi 12 février nous roulons à destination de Puerto Natales, petite ville capitale de la région Ultima Esperanza au Chili. Nous avons un long parcours de 270km à effectuer, les deux premiers jours sur la Ruta 40 qui traverse un plateau désertique en Argentine, bivouacs en bord de route incontournables pour deux nuits consécutives, puis le troisième jour au Chili , après avoir passé la frontière à proximité du réputé Parque Torres del Paine.


Notre cabañas à El Calafate, toute simple construction en bois au toit de tôle


avec, depuis le jardinet, une très belle vue sur la lagune et ses oiseaux, flamands rose et canards notamment


Nous visitons le petit musée sur la Patagonie, mais Michel semble être en bien mauvaise posture….


Une première vue d'ensemble du Perito Moreno permet de prendre conscience de sa masse 


Le glacier avance de 2 mètres environ par jour, cas très rare sur la planète de nos jours





On guette la faille qui, en cédant, va précipiter un pan de glace dans l'eau


la partie la plus active du glacier correspond à la partie la plus étroite du canal entre les deux lacs 
Le Perito Moreno en activité
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Publié le 22 février 2019

Du 10 au 12 février, de El Calafate (Argentine) à Puerto Natales (Chili)

En quittant El Calafate nous refaisons dans l'autre sens, mais avec l'aide du vent cette fois-ci, les 32km parcourus l'avant-veille afin de reprendre notre progression vers le Sud sur la Ruta 40. Progressivement nous délaissons la pampa et le Lago Argentino pour accéder à un plateau désertique que nous parcourons dans un air fortement rafraîchi par l'altitude et les rafales de vent qui nous pénalisent. Au lieu-dit El Cerrito, au km94, le parcours direct nous fait prendre une piste de mauvais ripio sur plus de 60km. Nous décidons d'attendre le lendemain pour nous y engager. Le vent est toujours très violent et nous n'avons aucun moyen de nous abriter sinon un petit bâtiment d'une société d'entretien des routes vers lequel nous nous dirigeons. Avec l'accord du gardien nous installons nos 4 tentes à l'abri sous le hangar. Nous serons les premiers d'une série qui verra se présenter successivement un couple en vélos couchés, suivi de trois anglais et encore un peu plus tard d'un dernier arrivant ! L'avantage avec les cyclistes c'est qu'ils dînent tôt et qu'ils ne demandent pas leur reste pour aller se coucher. Aussi l'extinction des feux est la même pour tous.


En accédant sur le plateau on découvre au loin les sommets enneigés, l'extrémité du Lago Argentino et notre route dans la Pampa


Nos tentes sont bien calées et arrimées sous le garage ouvert à tous les vents


Pour le repas nous partageons le maigre espace au fond de l'abri avec les autres cyclistes, regroupés devant le pick-up


A gauche le vélo couché, à droite le campement s'improvise

Le lendemain nous prenons la piste et c'est parti pour 62km pénibles. Vent, poussière, graviers et cailloux, tôle ondulée, trous et ravines au sol, il ne manque rien pour rendre notre progression difficile. Nous enchaînons ensuite sur une bonne route mais la fatigue est là, bien présente. Néanmoins nous parcourons encore une vingtaine de kilomètres avant de décider, faute de mieux, de bivouaquer sur le bord de la route, nous roulons depuis près de 8h30.

un aperçu de la piste..


et de l'état de mon pneu, neuf lorsque nous avons repris la route au départ de Puerto Montt le 13 janvier




le soir nous nous sommes bien rapprochés des montagnes du Parc Torres del Paine (Chili)


le coucher de soleil embrase le ciel et plus tard dans la nuit nous aurons un beau coucher de lune entre les montagnes



Après la frontière chilienne nous prenons la Route du Bout du Monde (Ruta 9) pour Puerto Natales, capitale de l'Ultima Esperanza


Le mardi 12 en fin d'après-midi nous atteignons Puerto Natales (Chili), en trois jours nous venons de parcourir 272km éprouvants

Du 14 au 15 février, de Pto Natales à Punta Arenas puis Porvenir (Terre de Feu)

Après une journée de break le mercredi, nous repartons jeudi matin pour Punta Arenas, pied au plancher avec un fort vent favorable. A midi, avec 70km au compteur, nous nous octroyons une halte dans une belle posada en bord de route. En fin de journée nous atteignons Villa Tehuelches après une journée record à 146km en 9h d'efforts.

une auberge non indiquée sur nos cartes routières mais particulièrement appréciée


avec le peu de relief notre progression de l'après-midi sera nettement plus laborieuse, la faute à un fort vent contraire
notre hébergement donne sur un potager généreusement planté de rhubarbe, la confiture maison du petit déjeuner sera excellente

Le vendredi 15 nous reprenons de plus belle la route de Punta Arenas, dernière ville à l'extrémité sud du continent américain, qui sera atteinte en début d'après-midi après 100km. Nous filons directement au port et montons sur le ferry qui nous fait traverser le Détroit de Magellan pour passer en Terre de Feu, à Porvenir où nous passons la nuit.


La ville de Punta Arenas (Chili) sur le Détroit de Magellan


Après 2h de traversée nous débarquons à Porvenir (Chili), début de notre parcours en Terre de Feu


A gauche notre hébergement au Backpacker et à droite une vue de la petite ville
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Publié le 24 février 2019

La Terre de Feu est une île partagée entre le Chili et l'Argentine. Elle est séparée du continent par le Détroit de Magellan, long de plus de 600 km, qui relie les océans Atlantique et Pacifique. En arrivant par l'Ouest, depuis Punta Arenas, nous l'abordons par la partie chilienne. Nous allons la traverser en direction de la côte Atlantique à l'Est, en passant pour la dernière fois la frontière vers l'Argentine à San Sebastian. C'est la 5ème fois que nous franchissons cette frontière, la 6ème ce sera quand nous quitterons définitivement le pays lors de notre retour en France.

Ce matin du samedi 16 février nous sortons de Porvenir par la piste côtière le long du Détroit de Magellan. Nous sommes encore à près de 500km de notre destination finale, que nous atteindrons après avoir contourné une bonne partie de l'île par l'Est. La première ville de notre parcours est Rio Grande, en Argentine, à 300km de là. Nous partons avec des provisions et de l'eau pour trois jours sans savoir ce que nous trouverons d'ici là.

Nous parcourons près de 80km sur la piste balayée par le vent, plutôt favorable aujourd'hui, sans rencontrer quiconque sinon un pêcheur et ses chiens lors de notre petite pause déjeuner à l'abri d'une cabane, face à la mer. Notre bivouac le soir sera morose tant le site, légèrement en retrait de la piste, est sale avec des bris de verre éparpillés un peu partout. Mais les quelques arbres présents sont notre unique abri contre le vent toujours aussi violent. Nous allumons néanmoins un feu pour nous réchauffer le temps du dîner puis nous filons sans tarder dans nos tentes rejoindre nos duvets.

Le lendemain, après une vingtaine de kilomètres, nous trouvons en bord de piste un petit refuge, bien nommé le refuge des 4 vents, nous donnant beaucoup de regrets de ne pas avoir poursuivi encore un peu notre parcours la veille. Ce cabanon de bois a abrité bien des cyclo-voyageurs depuis des années si l'on en croit les nombreuses inscriptions, les croquis et les témoignages sur toutes les parois intérieures, dans toutes les langues ! Nous y rencontrons Felipe, un jeune cycliste brésilien sympathique et volubile, que nous retrouverons à plusieurs reprises dans des circonstances particulières.

Nous faisons un crochet de 32km aller/retour pour aller voir la seule colonie de Pingouins Roi hors de l'antarctique, implantée en Terre de Feu depuis quelques années. Au passage nous trouvons une très belle estancia et, comme l'heure du déjeuner est déjà bien sonnée, nous nous arrêtons pour profiter d'un confort haut de gamme dont nous sommes peu familier ces derniers temps !

Peu après nous rejoignons une route asphaltée pendant 50km jusqu'au poste frontière de San Sebastian. Nous quittons définitivement le Chili. Mais nous ne savons vraiment pas où passer la nuit or avec plus de 100km au compteur pour la journée nous avons notre compte. Nous en sommes là de nos questionnements lorsque réapparaît Felipe, notre nouveau copain brésilien, tout sourire. Il nous apprend que la douane argentine met à notre disposition une petite salle à l'intérieur de ses locaux. Nous pouvons y faire un peu de cuisine et étendre nos matelas, nous avons même accès à une douche chaude ! Nous serons 9 voyageurs(ses) à profiter de l'aubaine, français, brésilien, argentin, chilien et allemand.

En piste pour notre dernière semaine de vélo, le long de la Bahia Inutil..


ainsi nommée par les navigateurs car pas assez profonde ..


et sans débouché pour les bateaux


la colonie de pingouins roi
De nombreux témoignages laissés par les cyclo-voyageurs dans le cabanon des 4 vents, souvent sur des parcours hors normes


Un peu plus tard nous garons nos vélos devant l'estancia Josephina



nous profitons du calme, du confort et de la chaleur des lieux 


le temps d'une pause déjeuner très classe !


Journée des contrastes car le soir nous dormons à même le sol dans un dortoir improvisé à la douane argentine de San Sebastian

Aujourd'hui lundi 18 février, nous avons 80km à parcourir pour rejoindre Rio Grande, ville industrielle sur l'Atlantique où nous pourrons faire halte et nous approvisionner en prévision des derniers jours jusqu'à Ushuaïa. La ville n'a pas grand intérêt, nous trouvons un petit hôtel aux chambres exigües mais avec douche et eau bien chaude, c'est bien l'essentiel pour nous. Ushuaïa occupe toutes nos pensées, maintenant à 210km à peine.

Premier panneau routier sur notre parcours indiquant le kilométrage pour Ushuaïa, ¡arriba!


Plus loin nous croisons des gauchos conduisant un troupeau de moutons, Christian va les saluer

Mardi 19/02 nous sommes en route pour Tolhuin à 105km de Rio Grande, toute dernière bourgade avant le terme de notre long voyage. Nous partons sous un ciel plombé dans un paysage désolé. La forêt est rongée de lichen, il y en a sur les arbres jusqu'à l'extrémité du tronc et des branches. Il fait froid, à peine quelques degrés, nous pique-niquons debout au bord de la route, tout juste abrités par une petite baraque de chantier fermée mais dont l'auvent nous protège quelque peu du vent et de la pluie qui s'est mise à tomber. A Tolhuin, village paisible en bordure de lac , nous trouvons un petit hôtel pour cyclistes, construction de bois pleine de caractère, agencée et décorée avec goût et en même temps très fonctionnelle. Bien chauffé, nous faisons sécher toutes nos sacoches et leur contenu détrempé pendant que nous filons à la douche. Plus tard, alors que nous cherchons un endroit pour dîner, nous sommes hélés par Felipe depuis le seuil d'une boulangerie-cafétéria, il a trouvé quelques compatriotes brésiliens avec qui partager le repas et passer la soirée. Décidément on ne se quitte plus !

les arbres semblent bien mal en point 


la casa de ciclistas à Tolhuin, un lieu "habité" bien apprécié

De Tolhuin nous avons un peu plus de 100km pour atteindre Ushuaïa. Nous décidons de faire étape à mi-parcours, près d'un lac, pour dîner autour d'un bon feu de camp et passer une dernière nuit sous la tente. Il sera toujours temps d'arriver jeudi, rien ne presse maintenant que le but est à portée de main. De plus en agissant ainsi, nous arriverons en ville en milieu de journée et nous aurons du temps pour chercher un hébergement adapté pour la durée de notre séjour. En effet nous avons 5 jours à passer sur place avant le départ de notre avion.

Nous partons le mercredi matin par grand vent et les prévisions météo ne sont pas bonnes, la neige est annoncée sur le parcours. Le paysage a changé, nous longeons une très belle forêt et les montagnes ne sont plus très loin. Il pleut, tout est gris et il fait de plus en plus froid. Nous sommes trempés et transis. En arrivant à hauteur du lac où nous devons camper notre détermination en a pris un coup, le camping dans ces conditions ce n'est pas très engageant ! Nous passons à hauteur de deux petites constructions en bord de route, face au lac. Ce sont une Gendarmerie et les locaux de la Défense Civile. Or quelqu'un nous fait des grands signes là-bas devant un des bâtiments. C'est Felipe, notre copain cycliste, qui a tôt fait de nous inviter à le rejoindre à l'intérieur pour se réchauffer ! Il nous apprend que la neige tombe dru un peu plus haut dans le col à une dizaine de kilomètres de là et que les hommes de la Défense Civile qui travaillent dans les bureaux à côté lui ont fortement recommandé de ne pas continuer pour l'instant. Ils reçoivent des informations en continu sur l'évolution de la situation sur le terrain, ce n'est pas engageant ni pour la fin d'après-midi ni pour le lendemain matin. En attendant nous apprécions la chaleur de la pièce et nous commençons à nous détendre. Les heures passent, il n'est plus question de repartir d'ici ce soir. Gendarmes comme Défense Civile se mettent en quatre pour nous être agréables. On nous offre du café, on cherche des solutions pour la nuit. Finalement nous pourrons tous les cinq étendre nos matelas dans une annexe où est stocké du petit matériel. Un appentis délabré derrière les bureaux, froid et peu engageant mais au sec ce qui est déjà beaucoup. Nous nous préparons une grosse casserole de pâtes dans la cuisine de la DC et nous dînons tous les cinq paisiblement, tout en faisant mieux connaissance avec Felipe à qui nous devons une fière chandelle cette fois encore !

A gauche la pièce dans laquelle nous nous sommes réfugiés (Felipe est assis) et à droite notre cabane pour la nuit 

La nuit sera froide mais supportable et à l'aube nous sommes prêts pour le dernier parcours vers Ushuaïa. Nous nous élançons en direction du col dans un décor en noir et blanc irréel. Plus nous montons plus la neige blanchie la route et les bas-côtés. Le passage du col est hasardeux mais nous passons prudemment et bientôt nous pouvons aborder la descente. Sur l'autre versant le ciel est plus clair, les montagnes sont magnifiques. Bientôt nous arrivons à USHUAÏA

le lendemain matin nous partons tôt malgré la neige, nous voulons passer le col coûte que coûte


un ciel complètement bouché et une végétation parsemée de neige font penser que cette photo et la suivante sont en noir et blanc



Nous avons passé le sommet et nous nous regroupons pour la descente
Patrice dans le passage du col 


un petit lac dans un écrin serti de neige


Dans la vallée 20km avant l'arrivée nous retrouvons le soleil


les formes de la montagne semblent accentuées par la fine pellicule de neige qui la recouvre


l'arrivée monumentale donne des frissons



Grande joie et soulagement pour tous les quatre, on l'a fait !
































































































































































































































































































































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