Carnet de voyage

Tribulations en Chine

22 étapes
77 commentaires
De Pékin à Shanghai en passant par le Yunnan, avec nos complices habituels, Dominique, Francis et Jacques (Adeline ayant dû renoncer à la dernière minute pour un problème de genou)
Du 9 au 29 octobre 2018
3 semaines
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On est fin prêts pour le vol de demain : Jacquounet "marche ou crève" a testé ses chaussettes de contention.

C'était la fin de la fashion week : la positive attitude

Et c'est parti pour de nouvelles aventures avec Francis "elle est pas belle la vie", Domi "amaislescons", Bribri "curieuse de tout" et Jean-mimi "peur de rien" et ce nouveau venu pas encore parti.

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Première anecdote dés le mardi matin à Issy-les-Moulineaux : Bribri, voulant que son Jeanmimi parte "nickel", avait mis sa tenue de voyage à laver le lundi soir puis l'avait transférée dans le sèche-linge au lever : délicate attention s'il en est sauf .. que le Jeanmimi avait laissé son passeport (et son visa) dans la poche de son pantalon. Petit instant de panique à la vue des documents délavés et des photos bien pâles. Un quart d'heure de sèche-cheveux plus tard, le passeport avait certes une allure très gondolée mais les photos avaient repris un peu de leur superbe et surtout tous les numéros étaient lisibles (merci à l'Imprimerie Nationale pour la qualité de leurs fournitures). Ce qui ne nous a pas empêchés d'avoir une poussée d'adrénaline à chaque présentation, tant à Roissy qu'à Pékin.

Voyage sans histoire et arrivée à Pékin au petit matin (à peine 6h). Après les inévitables files d'attente aux services d'immigration et à la douane (on vous prend même les empreintes digitales des 10 doigts et Jacquounet s'est bien battu contre la machine), nous étions opérationnels à 8h00 et après avoir retrouvé guide et chauffeur, début de la visite de cette ville de 30 millions d'habitants sous le soleil et le ciel bleu.

Direction, le site olympique de Pékin 2008, avec ses larges allées, ses espaces verts et les bâtiments désormais célèbres : Stade en nid d’oiseaux, le Cube d’eau, les torches olympiques, etc….

Ensuite,excursion au Palais d’Eté, Il fut un refuge de fraîcheur pour les empereurs et impératrices durant 800 ans pendant les étés brûlants mais fut abandonné au 18eme siècle. Il surplombe un lac. Au-delà de cet immense palais d’un faste inouï avec ses pavillons laqués et ses longues galeries, c’est surtout la balade dans cet immense jardin à la chinoise, plein de coins et de recoins et de surprises architecturales, qui a retenu notre attention.


Arrivée à notre hôtel en début d’après-midi, pour un repos bien-mérité (1 quasi nuit blanche + six heures de décalage horaire), le réglage de nos accès à Internet (contrôles, applications liées à Google, Whatsapp et Facebook censurées ou bloquées).

Dîner dans un restaurant proche (difficile à trouver), et premier contact avec la cuisine locale qui a paru à 3 de nous 5 pour le moins un peu trop pimentée.

Nos premières impressions sur Pékin ne sont pas exactement celles auxquelles nous nous attendions(mais nous attendons confirmation les prochains jours) :

- (très) larges avenues mais avec énormément d’embouteillages (il faut dire que le parc automobile de Pékin atteint les 6,2 millions de véhicules) et ce, malgré l’ouverture l’an dernier d’un 7e périphérique de 980 km de long (soit une francilienne qui passerait par Reims, Amiens, Rouen, Chartres, Orléans et Troyes), la ville de Pékin se trouvant à l’intérieur du 4e et le centre ville à l’intérieur du 2ème

- relativement peu de 2 roues (surtout des vélos, scooters et motos électriques)

- énormément d’espaces verts

- pas de pollution visible et une propreté irréprochable

- Une foultitude de tours de 30 étages (il faut bien loger ces pékin-oi-s)

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Ciel bleu, atmosphère limpide, soleil éclatant mais légère fraîcheur (15 à 18°C dans la journée)

Découverte de la nécropole des Ming qui se compose d’un ensemble de 13 tombeaux d’Empereurs, leurs Impératrices et concubines. Visite du Tombeau Changling, où est enterré le 3ème empereur Zhu di de la Dynastie des Ming .

Puis direction Mutianyu à 190 Km de Pékin, un des 3 principaux accès à la Muraille de Chine (le moins fréquenté selon notre guide, et il est vrai que nous n’avons pas été gênés par la foule), construction millénaire monumentale, s’étirant sur 6350 Km, constituée de milliers de passes, de tours de guet, de terrasses qui protégèrent l’Empire des envahisseurs du nord.

Malgré l’aide d’une navette et d’un téléphérique, nous eûmes un bon dénivelé à franchir et sommes arrivés à pied d’œuvre déjà un peu fatigués (surtout le Jean mimi qui est plus un rouleur -de mécanique- qu’un grimpeur -de col-).

Longue marche de presque 2 heures (nous avons fait preuve d'une Royal-e- bravitude sur ces remparts pour graver dans nos mémoires cet instant historique et l’accomplissement du rêve de chacun d’entre nous.

Retour à Pékin et découverte de son métro. Bonne surprise : hyperpropre, hypermoderne (entièrement automatisé comme nos dernières rames de la ligne 14 à Paris) et somme toute assez confortable. D’autant plus que les stations et les annonces sont traduites en anglais : nettement plus facile que le chinois pour se repérer !!

Plus de difficultés au restaurant (très bon au demeurant) mais où le plat commandé par Jean Mimi a été bouloté par tous, croyant que c’était l’accompagnement de l’apéro

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Temps toujours magnifique, bien que plus voilé (brume ou pollution?)

Depuis 2 jours, on cherchait la foule : on l'a trouvée !!

On a commencé par l’immense place Tiananmen (de triste mémoire). Située au centre de Pékin et à la mesure du gigantisme chinois, c’est la plus grande place urbaine du monde (44 ha et 3,5 km de périmètre), où sont célébrées les fêtes du 1er Octobre et du 1er Mai. Cette vaste place est bordée d'édifices officiels, tels : le Musée de l’histoire et de la révolution, le Palais de l’Assemblée et le Mausolée de Mao (non visité car plus d’1h de queue pour voir un cadavre sous une cloche de verre n’est pas très motivant). Elle peut accueillir de 600 000 à 1 million de personnes


Puis, visite de la cité interdite, ancienne ville impériale qui couvre une superficie de 72 hectares (le tour des remparts fait presque 6 km), succession plus ou moins harmonieuse de cours et de palais aux toitures jaunes. Le Palais Impérial est situé aujourd'hui au centre de la ville, et c'est le plus grand ensemble architectural qui ait survécu jusqu'à présent. Aujourd'hui, il a été transformé en musée, avec de nombreux objets d'art que l’on ne peut malheureusement admirer que de loin, l’accès aux intérieurs étant impossible vues les barrières.


Montée la Colline de Charbon (Meishan) ou colline aux beaux paysages (Jingshan). Ce n'est qu'une butte d'une soixantaine de mètres de haut, au nord de la cité interdite, créée, au temps des légations, avec les remblais provenant du creusement des douves du Palais Impérial. Du sommet de ce jardin l’on bénéficie d’un superbe panorama sur la capitale et les toitures mordorées de la Cité Interdite.


Puis visite en toute quiétude du parc Beihai, haut lieu de promenade autour d’un lac, avec une île centrale où domine une pagode mongole.


Découverte du Temple du Ciel, fondé au XVème siècle, d'où l’empereur s’adressait au Ciel durant les solstices.

C'est le plus grand temple de Chine. Au sud de la ville, il se situe dans un site majestueux et grandiose de 273 hectares, représentant la symbolique de l’univers «cosmodrome».


Après 16 km de marche (dixit notre guide Tschang), nous avons bien mérité un dîner dans un restaurant typique avec dégustation d’une fondue chinoise appréciée de tous.


Enfin spectacle de l'opéra de Pékin avec des avis divergents mais dont aucun enthousiaste.

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Même météo qu’hier : très beau temps légèrement voilé et mêmes températures.


Direction les hutongs, vieux quartiers de Pékin qui donnent une image un peu plus précise de ce qu’était la capitale il y a 50 ou 60 ans : pas encore de tours, des rues étroites, un mode de vie des résidents relativement traditionnel. Nous préférons les parcourir à pied plutôt qu’en cyclo-pousse, ce que notre programme prévoyait. Promenade intéressante et nous sommes de nouveau étonnés de l’extrême propreté.


N’imaginant pas aller en Chine sans voir de pandas et la réserve naturelle où ils vivent en liberté à l’ouest de la Chine nous obligeant à un gros détour (sans aucune garantie de les découvrir), nous avions assuré le coup par une visite au zoo de Pékin (très agréable au demeurant). Nous avons pu en voir de relativement près, mangeant ou dormant, et satisfaire ainsi notre curiosité. Malheureusement, ni petits, ni bébés.


Pour quitter Pékin, nous avions opté de prendre le train à la Gare Centrale.

Contrôle des passeports et des billets à l’entrée (malgré une foule énorme), contrôle des bagages (Jean Mimi a failli se faire confisquer sa mousse à raser), recontrôle des billets à l’entrée du quai, et dernier contrôle (on ne sait jamais) à l’entrée du wagon. L’heure de précaution prise entre notre arrivée et notre départ n’a pas été de trop.

Notre TER (à la différence du nôtre, on voyage en couchettes dans des compartiments de 4, mais surtout il fait au moins 1km de long) a mis 6h 45 pour parcourir les 600 km nous séparant de Datong (ce qui nous a amplement permis d’admirer -ou pour le moins de découvrir- la banlieue de Pékin puis la campagne chinoise), ville où nous sommes arrivés pour retrouver de nouveaux guide et chauffeur et mettre rapidement la viande dans le torchon. D’autant plus, que le chauffage de l’hôtel était en panne et qu’à une altitude de 1000m, le froid se fait sentir (nous avions tous moins de 15°C dans les chambres et même 12,4°C dans celle des Cruchet)

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Réveil à 13,5° C (comme quoi, la chaleur animale !!)

Pluie et fraîcheur nous attendent à la sortie. Le plafond bas ne nous permet pas de vérifier que cette ville de 2 millions d'habitants serait la moins polluée de Chine.

Départ sous un petit crachin et après 1h1/2 de route, arrivée au Mont Hengshan qui est l'un des plus importants de Chine. Il y a de nombreux monuments dans ces montagnes mais le monastère suspendu, vieux de plus de 1400 ans, reste un site unique présentant de nombreuses particularités . Le temple a été édifié au fur et à mesure sur des pilotis plantés dans des cavités naturelles ou creusées dans la roche. Bien qu'il soit implanté sur une des montagnes sacrées taoïstes, le monastère a été influencé par les différentes autres religions (confucianisme et bouddhisme en particulier).

Avez-vous vu Domie, sautant comme un cabri de passerelle en passerelle, suivie du fantôme d'Adeline  

Retour vers Datong : nous perdons un quart d'heure suite à un camion renversé sur la route et pourtant après avoir doublé une suite ininterrompue de 166 gros camions. Au passage, vision de la plus grande (mais ce n'est pas une certitude) centrale solaire du monde : des dizaines d'hectares remplis de dizaines de milliers de panneaux voltaïques.

La pluie s'étant arrêtée et un soleil pâle faisant son apparition, nous reprenons courage et nous dirigeons vers les grottes Yungang : taillées dans la montagne de grès sous la dynastie Wei il y a 1500 ans, elles restent des joyaux de l'art bouddhiste. Avec ses 53 caves et ses 51 000 statues, le site expose aussi des sculptures plus ou moins détaillées représentant bouddha, boddhisattvas, apsaras, oiseaux et bien d'autres animaux. On n'a pas pu tout visiter mais on n'a pas raté le gigantesque bouddha assis "Sakyamuni" qui mesure 17 mètres de hauteur.

Retour à l'hôtel où, à notre grand bonheur, on nous a changé de chambre où il fait 21°C.

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Départ dés potron-minet sous la pluie pour prendre le train rapide vers Taiyuan, capitale du Shanxi, petite bourgade de 4 millions d'habitants.

Après 3h de redécouverte de la campagne chinoise, de nouveau les forêts d'immeubles de 100 m de haut et pour la première fois, malgré le soleil revenu, une pollution extrême comme l'ont montré de nombreuses études dans le monde entier.

Il est pourtant midi !! d'où une petite halte dans un restaurant "typique" ... 

Arrêt à la maison de la famille Qiao, où fut tourné le film de Zhang Yimou « Epouses et Concubines ». Cette modeste demeure de 24 000 m2, d'un marchand de tofu du 18e siècle devenu milliardaire, est un ensemble de petites maisons séparées par des cours intérieures et se révèle être un musée des arts populaires de la province.

Cadran solaire humain : les 2 pieds sur le mois et vous avez l'heure (en l'occurence 15h15) 

Puis visite du Temple Zhenguo, magnifique temple bouddhiste d’une rare élégance architecturale dont la salle principale comporte de très belles fresques de l’époque Tang (juste avant l'an 1000) et dont les extérieurs montrent des encorbellements magnifiques : de l'avis de tous, un petit bijou.

Arrivée à Pingyao et installation dans un hôtel de pure tradition qui nous change de nos usines habituelles depuis le début du voyage.

Entrée de l'hôtel, réception, une des cours intérieures et une de nos chambres 
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Temps magnifique au lever, ciel bleu et soleil éclatant qui ne nous quitteront pas de la journée.

Nous avons consacré la Journée à la visite de la vieille ville de Pingyao, une bourgade de 40 000 hab, vieille de plus de 2500 ans (sur le millier de villes chinoises de cette époque, il n'en reste que très peu) et dont beaucoup de maisons datent de la fin du premier millénaire. C’est une ville inscrite par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité, ce qui explique sans doute qu'il n'y a aucun immeuble dans l'enceinte des remparts.

On commence notre visite par l’ancienne banque Rishengchang de la dynastie des Quing : à la fin du XVIII ème siècle la ville voit son histoire changer et sa renommée se faire définitivement grâce à un teinturier-blanchisseur, Li Daquan, à l'affaire florissante. Tellement florissante qu'il ouvre d'autres blanchisseries au- delà du comté et jusque dans la province du Sichuan et se trouve bientôt confronté au problème lié à la collecte des bénéfices de ses échoppes. Du linge à l'argent, il n'y a qu'un pas en matière de blanchissement : pour trouver une solution il introduisit un système de chèques et de dépôts au sein de son bureau principal à Pingyao. La formule remportant un bon succès il proposa ce système à d'autres entreprises, à des particuliers, puis au gouvernement... Le système bancaire chinois venait de naître (en 1823, soit quand même 1 siècle après Law) et Pingyao en était le coeur.

Puis visite de l’ancienne mairie de Pingyao de la dynastie des Ming et des Qing qui marque le centre de la ville. Haute de 18,50 mètres, elle domine les toits de tuiles de toute la ville. C’est là que siégeait le Tribunal et nous avons pu assister à une courte scénette de jugement où l’accusateur s’est trouvé confondu et est reparti vers la salle des tortures.

Étape suivante : l’ancien siège du bureau de Biao Ju, sorte de gardien armé qui avait la charge de protéger les transferts d’argent ou d’or, mais aussi ceux des marchandises de haute valeur.

On a même les traductions en français mais ... cela reste du chinois. La salle des coffres avec ses lingots d'argent parle d'elle-...

Comme vous le voyez, toutes ces demeures ont de réelles similitudes.

Entre 2 visites, balade dans la rue des Ming et des Qing, où il fait bon se promener, un peu plus que dans la rue Ming Qing Jie, principale attraction de la ville, bordée de magasins d’antiquités et où le nombre d’auberges, de boutiques, de restaurants et de temples est impressionnant.

En plus, le folklore est de la partie, avec cérémonies de mariage et autres manifestations en pleine rue.

Promenade de 1,6 km sur les anciens remparts (le tour complet faisant plus de 6 km, avec 45 000 créneaux, 760 petites tours de guet et 4 grandes portes à chacun des points cardinaux), datant de l'époque de JC. Érigés sur de la terre surmontée de dalles de briques et de murs de pierres ou de briques, leur largeur varie de 4 m à plus de 10 m.

En fin d'après-midi, juste après une dernière visite du temple de Confucius, magnifique coucher de soleil avant l'apéro du soir.

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Temps encore très clément : soleil, température jusqu’à 22°C, soleil sous-jacent (derrière le brouillard et la pollution) qui ne se déclarera vraiment qu’après-midi.

Transfert de bon matin vers la gare de TGV de Pingyao (un vrai terminal d’aéroport) et prise de leur TGV qui n’a rien à envier aux nôtres, qu’il s’agisse de vitesse ou de confort.

Trois heures après, arrivée à X’ian, petite ville de 9 millions d’habitants (mais seulement la 9ème de Chine) et nous retrouvons autoroutes urbaines à 8 ou 10 voies, pâtés de tours de 100 m de haut et les embouteillages (on commence à avoir l'habitude).

Départ vers LINTONG pour visiter QING BIMGMAYONG, où fut découverte en 1974 l’armée souterraine de guerriers en terre cuite.

Spectacle impressionnant de cette armée en terre de l'Empereur Qin Shi Huang Di (règne de 249 à 210 avant JC), composée de plus de 7 000 cavaliers et fantassins, statues d'argile en grandeur nature (dont seulement 1 300 ont été mises à jour et restaurées).

C'est l'une des découvertes les plus impressionnantes de la fin du 20ème siècle. Trois grands halls d’exposition présentent l’armée reconstituée, les fouilles toujours en cours, les travaux de restauration (il faut environ 3 semaines-hommes pour restaurer un seul fantassin, et ils ne travaillent que la nuit).

Nous avons également admiré dans un bâtiment annexe deux superbes attelages (chariots et chevaux) en bronze (échelle réduite de moitié par rapport aux originaux) entourés de chevaux et soldats. Cette découverte faite en 1982 a permis de savoir le genre d’attelage utilisé lors des inspections dans les provinces.

Tout cela avec un guide qui n’est pas sans rappeler celui que nous avions eu à Ho-Chi-Min Ville avec les mêmes travers et intonations : mêmes causes, mêmes effets (Adeline et ChCh comprendront).

Retour à X’ian pour un superbe hôtel mais sans charme où, pour la 1èrefois, on nous a demandé une caution en liquide pour chaque chambre !!

LREM*. Quelques informations pratiques :

- La carte de notre périple se trouve en tête du blog et de petits drapeaux numérotés rappellent nos différentes étapes.

- Ceux qui ont une adresse @gmail.com ne peuvent pas communiquer avec nous directement par mail (et ce, dans les 2 sens). Ils peuvent donc le faire, soit par le blog (mais ce sera lu par tout le monde) soit en passant par un ami qui a une adresse qui n’est pas gmail et qui le transmettra à celui d’entre nous concerné.

*Puisque PS n’existe plus

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Temps toujours aussi clément, avec soleil qui s'est un peu voilé en cours de journée et un petit vent qui s'est levé en début d'après-midi.

Départ pour la visite de la ville de Xi'an, qui fut quand même capitale de la Chine durant 13 règnes impériaux autour de l'an 1000.

Pour commencer, visite de la Petite Pagode de l’Oie Sauvage. Elle a été construite entre 707 et 709, pendant la dynastie des Tang, sous l'empereur Zhongzong. La pagode s'élevait à 45 m jusqu'au séisme de 1556 de Shaanxi. Le tremblement de terre a secoué la pagode et l'a endommagée, ce qui a ramené sa hauteur à 43 m répartis en 13 niveaux (au-lieu des 15 initiaux). Parce que plus fine que sa grande soeur, la grande pagode de l’oie sauvage - pourtant de même hauteur initiale-, elle est donc nommée la" petite pagode de l’oie sauvage ».

 Cloche en fer de plus de 13 tonnes

Préalablement à cette visite, nous avons été initiés à l’art des calligraphies chinoises et on a offert à chacun son prénom en chinois sur papier de riz.

Avez-vous reconnu à droite le mot "France" ? 

Puis nous sommes allés dans une boutique de fabrique de jade, grande spécialité de Xi'an, mais surtout magasin d'Etat : objets et bijoux beaux et impressionnants, mais pas autant que les prix.

Médailles 2008 avec un anneau circulaire en jade. Ouvrière taillant une boule de jade avec 7 sphères tournant à l'intérieur. 

Petite promenade apéritive sur les remparts, d'une parfaite rectitude, et à l'image du gigantisme chinois : 14 km de périmètre, 13 m de haut, 14m de large au sommet, 18m à la base, 4 portes monumentales et 758 petites tours de guet : ouvrage commencé au 7e siècle et définitivement restauré et consolidé au 14e siècle.

Et même qu'on s'y marie !! 

L'après-midi, visite de la Grande Mosquée (même si les musulmans ne sont en Chine qu'1% de la population, cela représente quand même 14 millions et donc plus de 70000 à Xi'an) : c’est une mosquée à la chinoise, pas de minaret plus un ensemble de pavillons chinois classiques en bois autour d’un jardin. On y rentre via un souk qui, à part les affiches, ne se différencie pas de ceux que l'on connaît.

Balade dans la vieille ville et dans le quartier musulman Hui. C’est un quartier avec des panneaux écrits en chinois et en arabe. Les gens portent les ‘toques’ musulmanes et certains vénérables portent une barbe blanche . Par contre, les musulmanes chinoises sont un peu plus avenantes que les nôtres en burka. Retour par la rue principale du souk avant notre retour à l'hôtel.

Et, le soir, immersion dans la Chine profonde dans un restaurant (typique) local au rapport qualité-prix imbattable. 5 (petites) brochettes, une petite salade et une canette de bière chacun : 8 € en tout pour le groupe.

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Lever à 3h50. Grande promptitude pour boucler les bagages afin d’être au pied de l’hôtel à 4h30 rejoindre l’aéroport.

Départ pour Lijiang en A 320 (coucou, André) et après une escale à Bijeng de 45 min, arrivée sans encombre à notre destination distante de 1200 km.

Lijiang, « petite ville » de 1,1 million h, se situe au nord du Yunnan, à 100 km de la frontière birmane et 180 km de la « frontière » du Tibet. A 2400m d’altitude et surmontée par des montagnes aux pics enneigés (plus haut sommet 5596 m), on peut dire que l’on se trouve dans les contreforts de l’Himalaya. Elle est de plus traversée par le Yang-Tse-Kiang, près de sa source et bien avant de devenir l'immense Fleuve Bleu qui se jette à Shanghaï au bout de 6320 km.

Enfin une ville sans gratte-ciels et comme la température est délicieuse, le soleil brille et le ciel bleu est à peine entaché de quelques nuages, on apprécie vraiment.

Après le déjeuner, visite du musée de la culture Naxi

Puis direction de la lamasserie Yufeng.

Au retour, arrêt au village de Baisha, ancienne capitale du clan des Mu, seigneurs des Na et visite des fresques qui se trouvent dans le Temple des Tuiles Vernissées. Originaires du nord est du Tibet, les naxis (minorité ethnique chinoise majoritaire dans la région avec 300 000 âmes) pratiquent le « dongba », religion qui évoque le culte de la nature mêlé de « bön », la confession tibétaine qui précéda le bouddhisme. Cette religion passionne les érudits à travers le monde.

Au passage, visite de l’école de broderie sur soie qui produit des œuvres vraiment exceptionnelles et finalement abordables (en moyenne 50 € fournitures comprises pour une œuvre nécessitant 1 mois de travai)

Retour à Lijiang pour visiter la Pagode Wangu, toute en bois et haute de 4 étages, située sur la Colline d’où on a pu apprécier une belle vue panoramique sur Lijiang et la montagne du Dragon de Jade du haut de ses 88 marches.

A la redescente, dégustation du thé local (le meilleur de Chine, nous a-t-on dit) dans une maison spécialisée.

Puis nous avons un peu flâné dans la vieille ville de Lijiang pour profiter de l’ombre des saules pleureurs et des chrysanthèmes au bord des rigoles chantantes qui entourent les maisons ; en effet, les sources des Monts Cangshan traversent la ville et entrent dans toutes les demeures. Passer la porte de la ville, c’est comme revenir plusieurs siècles en arrière avec les jolies maisons chinoises traditionnelles et les ruelles pavées, de nombreux ponts en bois passant par-dessus les canaux clairs remplis de poissons rouges considérés comme porte chance par les visiteurs.

Magnifique, enchanteur, mais ultra-touristique comme les prix des boutiques en témoignent.

Arrivée à l’hôtel à 18h30 (charmant au demeurant et sa capacité de 6 chambres nous change des 500 de la nuit dernière) mais que la journée a été longue et fatigante : d’un commun accord, nous zappons le dîner pour recharger plus rapidement les accus.

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Temps magnifique (soleil et ciel bleu) malgré une petite fraîcheur matinale (7°C).

Après un petit déjeuner frugal (banane, pomme, œuf au plat et un peu de bacon -mais servi 5mn après- pain de mie sans beurre ni confiture), en droite ligne avec la nuit spartiate passée par les Pierson sur un matelas dur comme le marbre, départ pour nos excursions de la journée.

Visite du Parc de l’Etang du Dragon Noir, un des clichés le plus connu du Yunnan : le lac est comme un miroir, avec comme arrière-plan la Montagne Enneigée du Dragon de Jade. Au premier plan, un pont blanc de style oriental devant une pagode chinoise et un petit pavillon posé au milieu du lac. Site enchanteur si ce n’est que c’est la piste de jogging et d’exercices matinaux des Chinois de Lijiang.

Puis nous prenons la route pour Dali, 170km plein sud de Lijiang (les 2 villes sont à la même longitude et sont les deux plus à l’ouest de notre périple) avec comme seul compagnon un chauffeur ne parlant que chinois. Heureusement, pas d’incident et arrivée à notre destination pour le déjeuner.

L’après-midi a été tranquille (par une température délicieuse de 27°C) avec la visite de la vieille ville, de ses principaux monuments (entre autres, temple de Confucius et une des rares cathédrales catholiques de Chine)

mais surtout de ses innombrables échoppes et magasins, véritables pièges aux nombreux touristes qui arpentent ses rues piétonnières.

Dali, dont la population de la ville ne dépasse pas 40000 hab est vraiment une « bourgade » sympa, spécialisée dans l’exploitation et la taille du marbre (ce qui n’a pas rassuré Francis et Domie, cf plus haut)

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Météo aussi clémente que la veille et comme hier, après les premières fraîcheurs matinales, nous atteindrons 27°C dans l’après-midi.

On démarre par la visite du village de Xizhou et d’abord de son marché local, très pittoresque comme dans tous les pays que nous avons visités et même en France, bien que cela disparaisse peu à peu.

On ne coupe pas au passage d’un temple taoïste très vieux mais très coloré.

Lors de notre balade, on a pu observer l’architecture typique de la minorité Bai, avec des maisons comportant un mur décoratif au sud, des poutres sculptées et des avant-toits relevés avec des jolies peintures vertes, dorées, bleues et blanches. Mais aussi, les costumes locaux très seyants.

Xizhou est aussi la ville des broderies et des teintures à la cire qui peuvent être employées pour décorer des chaussures, des chapeaux, des vêtements, des tissus de maisons et des tapisseries.

Court déplacement pour visiter un atelier (2 min) et la boutique attenante (20 min) de batik, artisanat traditionnel de l’ethnie Bai.

Plante d'indigo et ouvrières au travail 

Une balade en bateau sur le lac Erhai était prévue avec visite d'un village de pêcheurs sur une île. En réalité, on a bien traversé le lac mais pour voir une pagode et un temple sur l’autre rive (le village étant soi-disant fermé aux touristes) : pas totalement inintéressant mais en rien conforme à nos attentes. Retour à notre hôtel à 15h30 !!

On a été bons pour une nouvelle visite de la vieille ville.

Moderne (mais touristique) , authentique (mais pas très beau) 

Notre zénitude étant toute relative, on a immédiatement envoyé un mail ulcéré à l’agence. On attend la réponse et peut-être (!?) un geste commercial.

Dîner dans un « steak-house » chinois : personne ne parlant ni anglais, ni français, le choix de la cuisson de la viande et de la sauce d’accompagnement fut un grand moment : et si le proverbe qui dit qu’un fou rire vaut largement un steak était exact, nous étions rassasiés avant d’avoir commencé. Mais finalement, nous avons très bien mangé.

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Réveil une fois de plus sous le soleil et le ciel bleu (pourvu que ça dure).

Avant de partir de Dali, visite de l’élégant Temple des 3 Pagodes, symbole d’une technologie architecturale toute particulière. Les trois pagodes sont construites en formation tripartite. La pagode principale QianXun mesure 70 m de hauteur. Son architecture est typique de la dynastie des Tang (618 – 907) et se compose de 16 niveaux en pierre. Les deux autres pagodes du même style, mais de seulement 880 ans (dynastie des Su), hautes de 42 m chacune, ne se composent que de 10 niveaux (une des deux -voire les deux- a un faux air de Tour de Pise depuis le tremblement de terre de 1996). Lors des travaux de réparation des Trois Pagodes dans les années 1970, plus de 680 vestiges ont été découverts dont des textes sacrés, des miroirs en bronze, des bouddhas en or, en bronze et en jade.

Incroyable mais aucune retouche : les couleurs du ciel sont naturelles 

Montée aux musée et temples (22 en tout). L’ensemble couvre une superficie de 120 ha (2km de long sur 800m de large), offre un dénivelé de 300m (2000 marches + quelques plans inclinés). Le Jean-Mimi en a un peu bavé mais pas pour rien : tant le site que les monuments et les nombreuses statues (plus de 1500 dont 1000 dans seulement 2 bâtiments : une overdose de bouddhas, de bonzes + quelques animaux) valent le déplacement.

A la demande de notre artiste-sculpteur, nous avons ensuite pénétré dans un atelier de découpe et de façonnage du marbre : énormes machines, beaucoup de poussière mais intérêt certain.

Retour à la gare en fin de matinée et adieu à notre guide (qui n’était pas francophone et qu’on a cru ni même anglophone. Tout juste un dictionnaire, même pas un traducteur, encore moins une encyclopédie. Cependant, ce matin, énorme progrès, il avait retrouvé son anglais et son érudition -suite à notre mail ?-), à notre chauffeur Mu* (du genou) et à son véhicule aux accélérations « foudroyantes ».

Voyage de 2h20 en TGV pour rejoindre Kunming, la capitale du Yunnan et latitude la plus basse de notre voyage. Arrivée dans une ville "moyenne" de 4 millions d'hab où Domie a retrouvé avec "plaisir" ses tours et ses gratte-ciels.

Hôtel gigantesque où nous couchons au 19e et déjeunons au 23e étage.

Les vues de notre chambre 

*Prononcez « mou »

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Temps couvert au réveil mails la température se maintiendra à18-20°C toute la journée

En route vers la forêt de pierres, à une centaines de km. La visite (que nous effectuerons sous un crachin intermittent) de ce vaste ensemble de pitons rocheux aux formes insolites que l’érosion a façonnées au fil des siècles commence par la traversée d'un énorme champ de fleurs. Cette forêt est l’un des plus remarquables phénomènes naturels que l’on puisse trouver en Chine, créé depuis près de 270 millions d’années par l’érosion du vent et de l’eau. Cette région est le foyer de la minorité Sani, apparentée à la tribu des Yi, réputés pour leur zèle, leur sagesse, l’exquise délicatesse de leurs broderies, leurs chants mélodieux et leurs danses gracieuses.

Après une réaction mitigée au départ avec la vue de l'extérieur, nous sommes complètement conquis une fois pénétrés à l'intérieur de cette forêt : les 6,5 km de randonnée avec la montée de 554 marches sont avalés avec plaisir, sinon ravissement.

De retour à Kunming (sous une pluie battante), visite du Temple d’Or (la pluie s'est arrêtée). Situé à 8 km, dans une forêt de pins et de cyprès, le temple d’or est un temple taoïste, fondé en 1602 sous les Ming. Le pavillon principal du temple fut construit entièrement en bronze doré pour un poids de 250 tonnes. C’est le plus grand sanctuaire en bronze de la Chine. Sous le soleil mais nous ne l’avons pas constaté de visu, le pavillon rayonne dans toutes les directions, justifiant son surnom de "temple d’or".

Mais aussi balade dans un parc magnifique (même avec une "rincette" de 232 marches) qui donne un sentiment de plénitude, avec ses arbres, ses petits ponts, ses petits pavillons, ses statues de bronze ou autres mais surtout le calme et le silence.

Nouveau grand moment le soir au restaurant : la barrière de la langue est vraiment un handicap pour apprécier pleinement l'art culinaire chinois.

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Le beau temps est revenu (ciel bleu et soleil, juste quelques nuages). Il fera même 23°C dans la journée.

Après un dernier regard sur les tours et les embouteillages retrouvés (le nombre de 2 roues est impressionnant), départ pour la visite de Kunming. Au passage, on observe le brainstorming matinal des sociétés sur le trottoir.

On se rend d'abord au temple de Yuantong (ou Temple de la compréhension de toutes choses) qui est l'un des plus anciens temples bouddhistes de Kunming. Fondé sous la dynastie des Tang (618-907), reconstruit sous les Yuan (1276-1368), il s'organise sur le modèle classique des temples bouddhistes chinois.

Balade dans le parc du Lac d’Emeraude. Situé au coeur de Kunming, le parc du Lac d’émeraude occupe un terrain de 21 hectares dont 15 sont consacrés au lac. De nombreux pavillons et maisonnettes typiques de l’architecture ancienne parsèment le parc. C’est un lieu qui reflète la vie des Kunmingais, agréable et décontractant . Gymnastique douce, exercices divers, les occupations y sont variées.

Balade sur le marché aux fleurs et aux oiseaux (que l'on a vainement cherchés), bien caché dans un des derniers vieux quartiers de Kunming (en grande partie en cours de restauration) entouré de hauts bâtiments modernes. Très animé, on peut y trouver de tout : Bonsaï, vase, cache-pot, pipe, sceau, calligraphie, objet en jade, broderie, teinture ethnique, bijoux, instruments de musique, etc… et surtout d’innombrables poissons rouges et exotiques. On a même vu une vieille pharmacie où on prépare les potions sur place.

Transfert en début d'après-midi à l'aéroport de Kunming pour prendre le vol à destination de Guilin, petite bourgade de 600 000 hab. L'aéroport de Kunming, inauguré en 2012, est le 4e de Chine et transporte déjà 40 millions de voyageurs par an.

La clarté du temps nous a permis de nous apercevoir, du ciel et si besoin était, que la Chine n'est plus qu'un immense chantier de construction (bâtiments, routes, voies ferrées, tunnels, etc...)

PS. Au restaurant, on commence à maîtriser : à défaut de savoir avec exactitude à la commande ce qui nous sera servi dans les assiettes, on se régale (du moins certains).

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Petit stress au réveil : un épais brouillard et un petit crachin se sont installés sur la ville. Notre journée de croisière sur la rivière LI JIANG ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Mais il faut dire qu'il pleut ici 280 jours par an et que le total des précipitations atteint 2m.

Qu'importe, à coeurs vaillants, rien d'impossible et la pluie du matin n'arrête pas le pèlerin comme dirait Jacquounet, le roi de la maxime). Nous voici donc partis sur cet affluent de la rivière des Perles (4e fleuve de Chine) et serpente au milieu de somptueux "pains de sucre", de bosquets de bambous, de ramasseurs d'algues, de villages de pêcheurs , Nous étions loin d'être seuls (cohue à l'embarcadère, plus de 30 bateaux qui se suivent), ce qui renforce la comparaison avec la baie d'Halong, brumes comprises.

Une heure après, le brouillard commençait à disparaître et la pluie s'était arrêtée dés le départ. Deux heures après,le soleil faisait une (très) timide apparition, montrant que nos inquiétudes matinales n'étaient pas complètement fondées.

Une fois arrivés à Yangshuo, petite bourgade de 60000 hab, nous partons à la découverte de la Chine paysanne profonde : promenade à pied au milieu des champs (petites parcelles) de riz, de soja, de mandariniers, de pommes de terre d'eau, de châtaignes d'eau, etc...


Puis visite d'une maison de paysans, où, à partir de 70 ans, le(s) cercueil(s) trônent dans la cuisine et sont reluqués tous les ans par les proches, prêts à être utilisés.

La maison et les 2 coins de la cuisine 

Loin de la foule et du bruit et avant le retour de la pluie, un vrai moment de repos.

Retour à la ville pour arpenter le marché couvert. On y trouve toutes sortes de nourriture : fruits, légumes (tous énormes : course de 5kg, carottes de 500g, haricots verts -sans fils- de 40cm), épices, viandes à l'étal ou sur pied (canards, poulets, lapins), poissons (carpes, poissons-chats, anguilles), coquillages (escargots, bigorneaux) mais aussi des produits "exotiques" dont on vous épargne les photos (crapauds, chats, chiens).

Taros, épices et canards laqués 

Après le dîner (où le Jean-Mimi a refréné ses envies cynophiles et s'est contenté d'escargots), nous sommes allés flâner au centre ville et nous baigner dans la foule, le bruit, les lumières (tout ce qu'on aime), le tout à un degré inimaginable.

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Temps maussade au réveil mais températures douces.

Juste avant le petit déjeuner, coup d'oeil sur le marché local des paysans : authentique, mais un peu décevant par rapport au marché couvert de la veille.

Retour à Guilin avec le soleil où nous commençons par la visite de La Colline Fubo d'où l’on a un superbe panorama sur la ville (mails il faut monter 402 marches) et au pied de laquelle se trouve une grotte bouddhiste datant du 10e siècle

On continue avec la Grotte des Flûtes de Roseau, aux étonnantes stalactites et stalagmites.,moins fines mais aux dimensions plus impressionnantes que celles de notre Grotte des Demoiselles (pour ceux qui connaissent). Le jeu de lumières et de couleurs efface un peu le naturel du site mais nous fait oublier les 247 marches à grimper et descendre.

Enfin, visite d’un atelier (ou plutôt magasin) de perles marines avant de rejoindre en début d'après-midi l'aéroport. Vol sans histoire vers Shanghai.

Le temps de remonter les couloirs de cet immense aéroport, de récupérer nos valises, puis notre guide et notre chauffeur, de parcourir les 60 km nous séparant de cette immense mégalopole (24 millions d'habitants suivant la police, 50 suivant les syndicats) nous permettant cependant d'avoir une vision nocturne de celle-ci, nous étions installés à l'hôtel qu'à 21h.

Lassitude aidant, le dîner fut rapide et, pour la première fois, étranger à la cuisine chinoise.

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Ciel bleu limpide, grand soleil et température printanière, la visite du plus grand port de Chine et d’une des plus grandes villes du monde s’annonce bien.

Nous partons donc d’un pas alerte, surtout Jacquounet, tout guilleret à l’idée de rompre rapidement sa solitude nocturne : et comme on dit, quand le chauve sourit, la chinoise rit.

Surprenante cité qui, malgré ses 17000 tours ou gratte-ciels de plus de 100 m (dont un de 632 m -le 2e plus haut du monde-, un de 492m et un de 420m, plus la tour de la télévision de 460m) reste toujours imprégnée de son passé.

On commence par une balade dans le quartier de l’ancienne concession française Xin Tian Di. Il ne faut pas oublier, que pendant plusieurs dizaines d’années, suite à la guerre de l’opium, les occidentaux se sont partagés Shanghaï dont un bon tiers pour la France.

On poursuit par la visite de la vieille ville et du surprenant Jardin du Mandarin Yu, parsemé de rochers et de pièces d’eau, exemple remarquable d’un jardin « à la chinoise » et havre de paix dans cette ville bourdonnante. Commandé par un puissant officiel sous la dynastie Ming, le jardin recrée de magnifiques paysages où se mélangent pagodes, pavillons, fontaines, arbres anciens, fleurs précieuses et massif de rocailles jaunes, dont l'ensemble est censé représenter le monde en miniature.

En guise d’apéro, nouvelle dégustation de thés avec le cérémonial adapté.

Une partie de l’après-midi sera consacrée à la visite du Musée de Shanghaï. Inauguré en 1997 et souvent considéré comme le meilleur musée de Chine, c'est en tout cas le plus grand et le plus complet avec une collection de plus de 120 000 pièces, bronzes, céramiques et sculptures, peintures, calligraphies, vêtements ou meubles. D'une hauteur de 29,5m et couvrant une superficie de 39200 m2, il possède un dôme et une base carré représentant l'ancienne croyance selon laquelle « Le ciel est rond et la terre carrée ». Pas encore imprégné totalement de culture chinoise, le groupe (à différents degrés) n’a pas été enthousiasmé.

Plus intéressante fut la visite du Musée de l’Urbanisme qui retrace le passé de la ville et surtout son présent, avec des photos et vidéos exceptionnelles, une maquette de plus de 800m2 avec un souci extrême du détail.

Et pour finir cette journée bien remplie, nous nous sommes offert (ce n’était pas prévu au programme) une croisière nocturne sur le Huang Pu (affluent du Yang Tsé qui traverse la ville), ce qui nous a permis de découvrir les illuminations du Pudong, quartier d’affaires de plus de 3500 tours érigées en moins de 10 ans. Epoustouflant, magique, féérique : les adjectifs et superlatifs nous ont manqué devant ce spectacle unique

En haut, la Shanghai Tower, le "décapsuleur" et la tour de la télévision 
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Pour ce dernier jour en Chine, la météo nous offre un temps printanier : à croire que l'été indien a été inventé par les Chinois.

On commence par la visite d'un temple (une fois de plus, direz-vous mais Bouddha, donne-nous ton temple quotidien). Cependant, notre pérégrination, si elle ne nous a pas plongés dans la béatitude, s'est révélée intéressante.

Le temple du bouddha de jade est encore habité par des moines bouddhistes ce qui, de nos jours, est rare à Shanghai. Le temple a été édifié entre 1911 et 1918 dans le but d'accueillir un Bouddha de jade blanc d'une hauteur de 1,95 mètre et d'un poids de 3 tonnes. Au premier étage, on trouve la statue du Grand Bouddha assis, incrustée d'émeraudes et d'agates. Ce Bouddha a été ramené de Birmanie en 1882 par un moine. On trouve un autre Bouddha, d'une longueur de 4 mètres, qui est allongé dans l'une des pièces inférieures. Cette deuxième représentation du Bouddha montre le Bouddha à l'approche de sa mort. Celui-ci a été ramené de Singapour par le dixième abbé du temple en 1989.

A la demande de Francis, direction M50, musée d'Art contemporain logé dans une usine désaffectée. A l'exception de quelques peintures dont 1 ou 2 manifestement d'inspiration piersonesque, notre artiste international s'est montré un peu déçu. Quant au Jean Mimi, il n'a pas retrouvé la puissance évocatrice d'un tableau excel, de graphiques échevelés ou d'histogrammes colorés.

Puis, visite d'une fabrique de la soie , la grande spécialité de cette ville . Malheureusement, le magasin attenant s'est révélé assez cher.

En début d'après-midi, promenade sur le Bund, boulevard le long de la rivière, jalonné d’édifices historiques et de bâtiments modernes. Il était connu à une certaine époque comme le « Wall Street » de l’Asie et est bordé de bâtiments du style des années 1930. Et de l'autre côté de la rivière, le Pudong qui nous avait enchanté la nuit mais se révèle pas mal non plus le jour sous le soleil.

Le parc qui longe le Bund est un lieu de rendez-vous populaire pour des visiteurs chinois et étrangers et, de temps en temps, celui des artistes.

Nous avons terminé par un bain de foule dans la rue Nankin, rue piétonne de plus de 2km, large de 30m et bordée de magasins plus ou moins chics. On aurait pu s'en passer mais cela faisait autant d'attente en plus à l'aéroport (on avait déjà plus de 5h, ce qui permet de finaliser notre blog)

AU REVOIR SHANGAI, AU REVOIR LA CHINE

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Décalage horaire, nuit dans l’avion et retard épistolaire absorbés, je reprends la plume.

Autant les étapes du blog ont été rédigées de manière « collégiale » (avec surtout une participation primordiale de Bribri pour les photos), autant j’assume entièrement cet épilogue, ce qui permettra aux autres membres de l’équipe de me contredire ou d’ajouter des précisions sous forme de commentaires.

Difficile de donner après un voyage de 20 jours un avis autorisé sur la Chine, pays 17 fois grand comme la France, 21 fois plus peuplé et dont l’histoire remonte à plus de 3000 ans avec une civilisation comparable à l’Égypte, la Grèce et la Rome antique.

Il n’en demeure pas moins que ce voyage restera dans nos annales, le seul regret étant l’absence d’Adeline. Mais il n’eut pas été raisonnable pour elle de prendre 5 fois l’avion (22 230 km, 30 heures de vol et 17h d’attente dans les aéroports), 4 fois le train (1500 km pour 14h et 8h d’attente dans les gares), faire 985 km en voiture et 130 km à pied en gravissant plus de 6500 marches : à ceux qui seraient tentés, il faut une condition physique irréprochable.

Si je devais résumer en un mot mon impression sur ce pays, ce serait GIGANTESQUE.

Mais plein d’autres adjectifs et qualificatifs me viennent à l’esprit : impressionnant, intéressant, inquiétant, envoûtant, agaçant, etc…

Colosse aux pieds d’argile ou futur maître du monde ? Je ne me prononcerai pas.

La Chine rattrape son retard de développement à une vitesse supersonique : 1erTGV mis en service en 2012, aujourd’hui 30 000 km de voies et des gares grandes comme des aéroports construites en 1 an (mobilisation de 3000 ouvriers en 3x8) ; autoroutes à 6, voire 8 voies, sillonnent le pays, les avenues dans les grandes villes sont larges comme les Champs Élysées (ce qui n’empêche pas les embouteillages) ; les tours poussent comme des champignons ; le parc automobile est majoritairement constitué de véhicules récents (24 millions de véhicules neufs vendus chaque année) ; la plupart des Chinois ont une troisième main (un smartphone), quelle que soit leur condition.

Par rapport aux informations délivrées par les médias occidentaux, notre voyage m’incite à apporter de correctifs significatifs.

La Chine est polluée, c’est indéniable : mais le fait d’avoir signé la COP21 et le fait d’être une « dictature démocratique » font qu’ils mettent les bouchées doubles : extrême propreté dans les villes (le syndicat des balayeurs, s’il existe, doit rassembler des millions d’adhérents), éradication de toutes les usines dans les centres-villes, lutte anti-tabac virulente (il est devenu plus difficile de fumer qu’en France, d’autant plus que leur phobie de l’incendie font qu’allumettes et briquets sont interdits – et confisqués – dans beaucoup d’espaces publics, dans les bagages -soutes et cabines- aux gares et aéroports ; malgré nos ruses parfois couronnées de succès, on s’est fait « taxer » avec Francis d’une dizaine de briquets), nombre impressionnant de véhicules électriques (une bonne moitié des 2 roues et un pourcentage non négligeable de voitures dont de gros modèles).

La Chine est un régime policier, cela ne souffre aucune contestation, et à un point que l’on ne peut pas imaginer. 3 milliards (plus de 2 par habitant) de caméras de surveillance et autres radars ont été mis en place et ils veulent mettre en place pour 2020 un profil social de comportement rassemblant toutes les données et qui sera prédominant pour l’octroi d’un emploi ou des papiers officiels.

La Chine est tout sauf une démocratie : le régime profite du relatif bien-être apporté par l’augmentation du pouvoir d’achat (à Shanghaï, la surface moyenne de logement par habitant a triplé depuis 1990 et doublé depuis 1997, les salaires ont été multipliés par 10 depuis 2000 malgré une inflation relativement faible) pour faire passer des lois iniques : une réforme de la Constitution serait en cours pour que Xi Jinping soit nommé président à vie et que son successeur soit ...son fils !!!

Le Chinois reste difficile à cerner : peu affable, assez peu souriant, il se révèle cependant accueillant et son aptitude au changement reste une énigme. Il n'en demeure pas moins très mal élevé et profondément individualiste : bousculade dans les queues, passage en force dans les embouteillages, habitude de cracher par terre encore fréquente bien qu’en cours d’éradication. Et on ne peut s’empêcher de penser souvent au cliché (profondément raciste, j’en conviens) : le chinois est sournois. Il faut dire que la barrière de la langue reste un gros handicap car peu parlent l’anglais (et encore moins le français) et peut atténuer mon jugement abrupt.

Mille autres choses à narrer mais le temps me manque. Et puis, il faut en garder à raconter pour nos prochaines rencontres.

Y retournerons-nous ? En ce qui me concerne, vraisemblablement, pour Brigitte peut-être, pour d'autres sans doute ou certainement pas. De manière bizarre, cela nous a donné (à nous deux) envie d'aller au Japon alors que nous n'avions pas d'appétence particulière pour ce pays.


Pour finir et remercier tous ceux qui nous ont fait le plaisir de nous suivre et de nous lire, on vous invite à un petit jeu. Le gagnant (premier à trouver la bonne réponse) aura droit à un week-end à La Guïardière avec sa famille. La question est : Trouvez le point commun à toutes les étapes. Fin du jeu et solution sur le blog : 15 novembre. Réponses à transmettre sur mon mail et non sur le blog (cela donnerait des idées aux autres).

Bienvenue, si le coeur vous en dit 
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Personne n' a vraiment trouvé, si ce n'est Jacquounet (en cours de voyage, mail il disposait d'indices) Et Adeline (mais je soupçonne un délit d'initié).

Des solutions astucieuses ont cependant été proposées :

  • la couleur rouge mais elle est absente de 3 étapes
  • l'évocation d'un temple (en photo ou en écrit) absente de 8 étapes
  • bouddha et bouddhisme : 11 absences
  • la foule : plus de 10 absences
  • les tours et immeubles : 9 absences
  • la présence d'au moins 1 du groupe sur une photo : 11 absences
  • le mot Chine et Chinois : 9 absences
  • l'absence d'Adeline : physiquement absente, elle est cependant citée dans 2 étapes.
  • la météo : 2
  • absences (prologue et épilogue)

La réponse est plus "tordue" : Inspiré par Ségolène Royal, j'ai glissé dans chaque étape (1 seule fois chacun et chaque fois différent) un mot se terminant par "tude" : Dans l'ordre :

attitude, foultitude, bravitude, quiétude, altitude, certitude, étude, similitude, habitude, rectitude, promptitude, longitude, zénitude, latitude, plénitude, exactitude, inquiétude, lassitude, solitude, béatitude, aptitude.

Je vais donc fermer le blog lundi et il ne sera plus accessible. Pour ceux qui le désireraient, je peux leur adresser l'intégralité (hormis commentaires et jeu final) en PDF (me faire la demande sur j.cruchet@orange.fr) mais via un téléchargement le site Transfer Now (car il fait près de 30 Mo)

Peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures