Après deux jours de récupération à Pékin, nous voilà partis sur la route de la Soie d'Urumqi à Kashgar pour 3 semaines, puis nous avons passé une semaine autour de Chengdu.
Du 15 août au 13 septembre 2017
30 jours
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Mardi 15 et Mercredi 16 août 2017

Après un vol direct Paris-Pékin (10h) avec China Eastern Airlines, nous retrouvons Pékin que nous commençons à connaître un peu. C'est notre 5ème voyage en Chine, nous passons deux jours à Pékin pour nous remettre dans le "bain chinois" ! Nous nous promenons dans le quartier moderne reconstruit à l'ancienne, (autour de la Guloudong Dajie), nous revisitons la tour des tambours et montons à la tour de la cloche (que nous n'avions pas eu le temps de voir l'an dernier). Il faut assister aux démonstrations des tambours, qui durent quelques minutes (il y en a plusieurs dans la journée).

Entrée 30 Rmb pour les deux tours. 15 si vous avez plus de 60 ans.

Ne pas écouter les employés des informations à l'aéroport qui disent qu'on ne peut pas changer de l'argent avec sa carte visa... il y a plusieurs distributeurs qui fonctionnent très bien !

Nous poursuivons notre randonnée pékinoise vers le temple Dongyué, comportant de nombreuses statues illustrant la philosophie taoïste. Après nous être ravitaillés dans un supermarché russe (on trouve de tout à Pékin!), nous traversons le parc Ritan pour atteindre le gratte-ciel "le pantalon". Après s'être régalés d'huîtres à l'ail, nous prenons le métro pour revoir la place Tian'Anmen illuminée.

Nous dormons près du temple du ciel, où l'on vient danser le soir.

Nous dormons à l'hôtel Bestay, à 209 Rmb, pas mal mais on peut sans doute trouver mieux. Compter 800m environ pour aller au métro. Plusieurs petits restos alentour.

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Jeudi 17 et vendredi 18 août 2017

Notre vol Pékin-Urumqi (prononcer Wulumuchi) décolle avec 3h de retard. Nous arrivons tard à Urumqi, il pleuviote, la ville est immense, les immeubles ressemblent à des légos. Il est 21h heure de Pékin, mais les gens vivent à l'heure locale, c'est à dire 2h de moins (c'est un peu exagéré, 1h suffirait). Tout ce qui est officiel est à l'heure de Pékin, il faut donc faire attention. Au début ça nous a un peu fatigués, car le matin on se disait "vite il est 7h, l'heure de se lever" en regardant nos montres à l'heure de Pékin, et le soir on se disait "on a le temps, il est 1h du matin, mais il n'est que 11h heure locale !" A 21h il fait donc encore jour, lorsque la navette de l'aéroport nous dépose au rond-point de la montagne rouge (nom que j'avais pris soin d'imprimer en chinois dans mon carnet), c'est Jipy qui s'y colle pour chercher l'auberge de jeunesse.

Nous sommes contents de voir les premières écritures ouighoures, et très surpris de voir des contrôles de police et un tank sur notre chemin.

Notre objectif était de visiter le grand musée d'Urumqi, très intéressant, qui constitue une bonne introduction à la Route de la Soie. Quelques objets préhistoriques, des objets magnifiques trouvés dans le cimetière d'Astana, une grande exposition sur les différentes minorités du Xinjiang, et une collection de momies très émouvantes (quelques visiteurs font d'ailleurs une prière devant ces corps momifiés).

Le réseau de bus fonctionne bien, à condition de bien trouver l'endroit où on doit le prendre ! Attention aux mauvaises informations que des gens bien intentionnés vous donnent, alors qu'ils n'ont pas vraiment compris où vous voulez aller !

Nous ne sommes restés qu'une journée à Urumqi, c'est de là qu'on va à Turpan, incontournable!

Maitian International Youth Hostel, trop cher pour ce qu'il offre (180Rmb la chambre, 50 pp en dortoir de 8; 60 en dortoir de 6 non mixte et 70 en dortoir de 4 non mixte). Pas de PQ, pas d'eau chaude, pas de serviette. Bien situé, petit resto en bas, supermarché et banque en face, mais on doit pouvoir trouver mieux ! C'était notre plus mauvais rapport qualité-prix du voyage !

Navette aéroport : 15 Rmb pp pour aller au centre-ville.

Musée : gratuit; prendre le bus 7

Gare routière pour Turpan : prendre le BRT 2, et non le BRT 1 qui vous emmène à la gare ferroviaire ! Le bus coûte 1 RMB, comme partout dans le Xinjiang




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Samedi 19 août 2017

Turpan : on dit aussi Tourfan, il faut prononcer Touloufan...

En arrivant à la gare routière, nous faisons une double erreur : un chauffeur de taxi nous indique le chemin, nous comprenons mal et tournons tout de suite à droite au lieu d'aller au bout de l'avenue; après avoir marché en plein soleil avec tous nos bagages pendant au moins 4 km, nous atteignons l'hôtel réservé par Booking.com, et dont nous avions pris un prospectus à l'auberge de jeunesse d'Urumqi. Aïe, le White Camel, situé dans un hangar, nous annonce qu'ils ont une nouvelle succursale, située... à 10 min de la gare routière ! On n'avait pas pris la précaution de vérifier l'adresse fournie par Booking.com ! Nous voilà repartis, jusqu'à l'hôtel Turpan (très chic); il faut oser passer le contrôle de police et contourner l'hôtel, et tout au fond de la cour se situe le White Camel Youth Hostel n°2, calme et charmant. On aura mis 3h pour enfin se poser dans notre chambre ! Nous sommes ravis de voir qu'ils organisent des tours pour visiter les environs de Turpan. Après cette galère, on a bien envie de se laisser porter !

Pour fêter ça nous allons manger au marché de nuit. Nous passons devant la fontaine musicale, beau spectacle, mais nous sommes très surpris : la place principale est entourée de barbelés, et fermée; pour aller voir les fontaines, on passe un contrôle; idem pour le marché de nuit, il est entouré d'un grillage, il faut encore passer un contrôle et montrer son passeport pour avoir le droit d'entrer. Les habitants présentent leur carte d'identité et certains remplissent même un registre.

Odeurs, couleurs, saveurs, on ne sait que choisir, profusion de nourriture... Autour de nous tous les immeubles s'illuminent. On oublie que nous sommes en cage...

Bus Urumqi Turpan : 108 Rmb

White Camel Youth Hostel : 108 Rmb, derrière le grand hôtel Turpan, au fond de la cour. Bon rapport qualité-prix (Le Turpan propose des chambres à 300 Rmb)


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Dimanche 20 août 2017

Nous partons en minibus de 8 personnes (avec 2 australiens et 4 chinois) à la découverte de Jiaohe, le système d'irrigation des Karez, les montagnes flamboyantes, et les grottes de Bezeklik. Puis nous demandons au chauffeur de nous déposer au musée, ouvert jusqu'à 19h00, car demain c'est lundi, il sera fermé.

Jiaohe : C'est une ancienne citadelle, protégeant la région à l'époque des Tang (du VIIe au Xe siècle). Elle fut peu à peu abandonnée après la dynastie Yuan, vers le XIVe siècle.

Construite en pisé, elle est aujourd'hui très endommagée ; elle comptait parmi ses principaux monuments plusieurs monastères bouddhistes, une pagode, un groupe de 101 stupas, etc.

Nous avons deux heures pour visiter Jiaohe. C'est le matin, il n'y a pas grand monde et il fait beau. Nous laissons de côté le village reconstitué et nous prenons la navette pour gagner du temps. Nous avons beaucoup aimé cette ville abandonnée, peut-être parce qu'au bout de la ville nous étions seuls, avec le désert à perte de vue...

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Pendant 2 000 ans, Turpan a survécut au milieu du désert de Taklamakan grâce au système d'irrigation des Karez. Ce procédé ingénieux récupère les eaux des glaciers et les transporte jusqu'à Turpan tout en les protégeant du soleil. Sans ces Puits Karez, il aurait été difficile de continuer à vivre, à cultiver les terres et à réapprovisionner les caravanes de la Route de la Soie aux alentours de Turpan.

Un lieu très agréable; les explications permettent de bien comprendre ce système ingénieux. Tout au long de sa descente du glacier, l'eau pouvait être puisée et les canaux souterrains vérifiés et nettoyés par les villageois grâce à des puits. On peut "goûter" l'eau qui est très "propre" ! On peut aussi savourer un délicieux jus de raisin fait sur place.

entrée 40 Rmb

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Les Montagnes flamboyantes se trouvent à environ 10 kilomètres à l’Est de Turfan. Elles s’étendent sur 100 kilomètres de long d’Est en Ouest et sur 10 kilomètres du Nord au Sud. Les Monts flamboyants s'élèvent à une altitude moyenne de 500 mètres et la montagne la plus haute, Shengjinkou, mesure près de 831 mètres de hauteur. Selon la légende ouïgoure, un dragon, vivant dans cette montagne profonde, dévorait des enfants. Un héros a lutté vaillamment contre celui-ci durant trois jours et trois nuits et a fini par le couper en huit morceaux. Les restes du dragon, notamment son sang, ont coloré les montagnes et les huit cicatrices se sont transformées en huit vallées dont la célèbre vallée du raisin.

On peut se contenter de voir les Montagnes Flamboyantes sans entrer dans l'enclos payant, à moins que l'on veuille faire une balade en chameau ou en engin volant !

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Les grottes des mille Bouddhas de Bezeklik sont un ensemble de grottes bouddhistes datant du Ve au IXe siècle.

Le site est magnifique. Les grottes se trouvent au pied d'une grande dune de sable que certains gravissent à pieds et d'autres à dos de chameau (il y a beaucoup de groupes chinois). Nous n'avons pas le temps de monter, on est venu pour visiter les grottes. Elles sont très endommagées, mais elles ont dû être très belles.

Un homme joue de la musique, une dame appartenant à un groupe de touristes chinois l'accompagne en chantant, l'ambiance est sympathique.

entrée aux grottes : 40 Rmb

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Lundi 21 août 2017

Après notre excursion, nous avons demandé à être déposés au musée, ouvert jusqu'à 19h. En effet, demain c'est lundi, c'est fermé, il faut donc en profiter aujourd'hui. Très intéressant, belle exposition sur les villes abandonnées comme Jiaohe et Gaochang, exposition de squelettes de dinosaures, exposition de manuscrits anciens, beaucoup d'objets retrouvés dans le cimetière d'Astana, et des momies.

Lundi matin, en sortant de l'hôtel nous partons à gauche, puis nous prenons à gauche la route qui va nous mener en 2 km environ au minaret Emin également appelé Sugong Ta. Ce splendide minaret a été construit en 1777 par Emin Hoja, un général de Turpan mais achevé en 1778 par son fils Suleman durant le règne de l’Empereur Qianlong de la dynastie des Qing.

La balade est très agréable. On rencontre quelques écoliers en uniforme militaire. Tout au long de la rue les maisons sont très simples, mais les portes en métal sont très hautes et peintes, décorées. Quelques unes sont ouvertes, elles ouvrent sur une grande cour couverte où les gens vivent, c'est sans doute la pièce d'été ! On découvre un cimetière encastré entre les maisons, sur une petite hauteur. Quelques belles petites mosquées colorées jalonnent le chemin.

Les habitations laissent place aux vignes, puis le minaret apparaît. Nous entrons, le lieu est désertique, la mosquée assez dénudée, mais il règne une certaine sérénité. Le minaret est effectivement très joli. Sur le toit d'un bâtiment sont étalés des drôles de végétaux, on suppose qu'il s'agit du raisin qu'on fait sécher. Jipy le curieux veut s'en assurer et commence à grimper à l'échelle. Non non, on lui ordonne tout de suite de redescendre !

Pour le retour nous décidons de rentrer par le nord, nous longeons une zone rurale, avec beaucoup de vignes et des petits restaurants qui doivent fonctionner le week-end. On aime les grands barbecues décorés. Puis on retrouve la ville, les petites maisonnettes sont en cours de destruction, pour faire place à de grands immeubles. Deux fillettes joliment habillées jouent dans les gravas. c'est une image qu'on verra souvent pendant notre voyage, les villes anciennes sont de plus en plus démolies pour faire place à de grands immeubles. Il est vrai que ces nouvelles habitations apporteront sûrement plus de confort aux habitants, mais est-ce que ces villageois seront les futurs habitants des immeubles ? Sans doute sont-ils relogés à l'extérieur des villes, qui s'étendent de plus en plus.

Au retour, nous allons repérer le chemin vers la gare routière, qui effectivement n'est pas loin. Un petit marché de nuit, protégé par l'habituel contrôle de police, nous propose du canard et des nouilles. Pour se laver les mains, un robinet portatif est installé à l'extérieur.

L'entrée au minaret coûte 45 Rmb, on peut se contenter de le voir depuis l'extérieur, il n'y a pas grand chose à voir à l'intérieur.

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Mardi 22 août 2017, 688 km

Tôt le matin, nous nous rendons à pieds à la gare routière de Turpan. De là, un minibus nous emmène à la gare ferroviaire de Daheyan, à environ 1h de route. La foule se presse pour passer le contrôle électronique, je réalise alors que les tickets s'achètent dans le bâtiment à côté ! Jipy garde les bagages, je fonce dans l'autre bâtiment. Malheureusement il y a la queue, et un seul guichet ouvert car il est encore tôt, 9h30 heure de Pékin, donc 7h30 heure locale ! J'essaie de faire comprendre que j'ai un train à 10h00, (renseignement donné à la gare routière de Turpan), mais on ne me laisse pas passer devant. Je bouillonne, lorsque mon tour arrive il est 9h55. La dame au guichet me montre l'ordinateur : le train part à 10h10. Elle est assez efficace, avec ses mimiques je pense comprendre : vous pensez être capable de l'avoir ? Bien sûr que l'on va essayer, on est une équipe qui gagne mon doudou et moi ! La dame tape heureusement rapidement nos noms et numéros de passeports, je vole vers l'autre bâtiment rejoindre Jipy, on passe le contrôle de police et on leur montre le billet, affolés en leur faisant comprendre qu'il ne s'agit pas de commencer une fouille approfondie. Miracle, un jeune en uniforme attrape le sac le plus lourd, course folle dans les souterrains jusqu'au train qui nous attend pour démarrer ! Hop, en route. Sacrés chinois, ils savent parfois être sacrément efficaces !

Superbe trajet en train, le désert, quelques petites dunes de sable, peu de végétation, montagnes arides, ce ne sont pas des vaches mais des chameaux qui regardent passer le train... Magnifique; dommage, on ne peut pas faire de photos, la vitre est très sale et ne s'ouvre pas.

Nos compagnons de train (une majorité d'hommes) sont sympathiques et assez indifférents, ils jouent aux cartes, mangent, achètent une ceinture ou un rasoir au marchand ambulant. On mange bien grâce au petit chariot qui passe et qui propose des plats complets chauds. Un voyageur nous offre des fruits.

En fin d'après-midi, d'immenses raffineries de gaz nous annoncent Kuqa.

Après avoir passé un contrôle militaire, nous tentons de prendre le bus... mais dans quel sens ? On se renseigne auprès d'un bus qui arrive, une dame contrôle les sacs à la montée, on comprend qu'on ne pourra pas prendre le bus avec nos bagages. On arrête un taxi qui nous emmène à la gare routière, au centre-ville moderne. Nous avons une adresse, le traffic-hotel, à 100m de la gare. On nous envoie dans la mauvaise direction, on on nous dit "meyo"... (Les gens ne savent pas où c'est ou bien l'hôtel a fermé ?) Les policiers n'ont qu'un mot à la bouche : taxi... C'est bien joli, mais pour où ? Technique habituelle, Jipy garde les bagages, je rentre dans deux hôtels : regard affolé, meyo, (on ne veut pas d'étrangers ici) ! Je repars finalement dans l'autre direction, trouve enfin le traffic-hotel, meyo ! (C'est complet ou on ne veut plus d'étrangers ?) On sent une tension, la policière qui s'occupe du contrôle à l'entrée de l'hôtel me saute presque dessus quand je sors mes lunettes... Je fais la malheureuse en mimant que je vais dormir par terre ici si je ne trouve rien ! A ce moment là, ils me disent "Kuqa hotel" en me montrant un grand immeuble jaune à plus d'un kilomètre. Ca ressemble à un hôtel de luxe ! Je continue ma route en demandant encore où on peut dormir, on me montre encore l'immeuble chic. Je retourne auprès de Jipy qui commence à trouver le temps long. Comme nous sommes têtus, nous repartons de l'autre côté, vers la vieille ville où on a une autre adresse. On se fait encore jeter d'un hôtel, on a maintenant une envie pressante, ben non, pas de toilette, car pour entrer il faut passer sa carte d'identité chinoise dans l'appareil électronique, et comme nous avons des passeports... Le type à l'entrée ne veut rien savoir ! On fait profil bas, on sent que l'ambiance n'est pas au mieux ! On décide donc de rallier l'immeuble jaune, puisqu'on n'a pas le choix !

2 km à pieds plus loin, nous entrons dans le très chic Kuqa hôtel. Les prix affichés sont élevés, mais on sait qu'il faut demander, discuter... On nous annonce 318 Rmb. On réfléchit encore, s'il faut payer ça tant pis, ça fera un trou dans le budget, mais si on traduit en euros (40€), ça ferait rire nos amis français ! Puis arrive un employé avec son portable, et son traducteur, on lui explique qu'on n'a pas besoin d'une chambre de luxe, qu'une petite chambre toute simple nous suffit. Il nous conduit alors au bâtiment n°8, derrière l'hôtel, où nous attend une superbe chambre avec petit déjeuner chinois inclus, pour 130 Rmb ! Cela valait la peine d'être patient. Si on avait su, on aurait demandé au taxi depuis la gare de nous déposer là ! Toujours le problème des informations qu'on n'a pas !

Juste à côté de l'hôtel, quelques petits restos et un magasin. On se dit qu'on va fêter ça, après 3h passées à trouver la chambre et beaucoup d'énergie gaspillée. On se casse encore le nez sur des menus immenses tout en chinois, les gens qui mangent là sont des familles qui ont pris un grand nombre de plats qui tournent sur un plateau. On fait 3 restos comme ça, on décide de s'asseoir en se disant on verra bien ce qu'ils nous apportent, et là patatrac, la chaise sur laquelle je m'assois s'effondre, le pied était cassé! On en rit, mais on est épuisé, on dit alors au revoir tout le monde sous les yeux complètement surpris des chinois, on passe au magasin où on trouve finalement de quoi bien manger dans la chambre, avec une petite bière ! Ouf ! Un bon bain (oui, c'est plutôt rare une baignoire en Chine) nous fera oublier ces aventures !

minibus Turpan-Daheyan : 20 Rmb pp, minibus de 8 personnes qui part quand il est plein. Pour avoir des renseignements à la gare routière de Turpan, attention, elle ouvre tard le matin et ferme tôt le soir. Si on part à 8h (heure de Pékin), il faut aller dans la cour arrière pour prendre le minibus, on paye au chauffeur, car les bureaux de la gare sont fermés.

Train pour Kuqa : 86 Rmb

Un plat dans le train : 20 Rmb

Taxi à la gare ferroviaire de Kuqa vers le centre-ville (5 km) : 8 Rmb

Hôtel Kuqa (bien demander le bâtiment 8 derrière l'hôtel) 130 Rmb, avec petit-déjeuner-buffet chinois (assez bien fourni, légumes cuits et crus, lait de soja, buns, soupe fade, oeufs...)

La ville moderne de Kuqa est en pleine reconstruction. Les vieilles maisons sont peu à peu détruites, laissant place à de grands immeubles. Les palissades sont joliment décorées, on peut y voir des paraboles... (Chaque génération s'occupe de la précédente, c'est avec sa sueur qu'on fait pousser son riz...

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Mercredi 23 août 2017

Nous prenons le bus n°8 pour la vieille ville. On passe presque 1h dans le bus, il ne prend pas le chemin le plus court, mais on découvre à quel point la ville est étendue. Heureusement qu'on avait renoncé à y aller à pieds! On est enchanté par ce qu'on découvre, enfin la ville ouighoure comme on l'imaginait. Le marché est entouré de barrière, encore un contrôle pour y entrer, on commence à avoir l'habitude. Ce matin, tout est calme, nous ne sommes pas un grand jour de marché. Nous goûtons les fameux samsas, les petits pains fourrés à la viande de mouton. C'est très bon, peut-être un peu gras.

Nous cherchons la grande mosquée, pas facile à trouver dans ce dédale de rues. Il nous faudra attendre la fin de la prière pour pouvoir visiter. 15 Rmb

Des vieilles maisons sont détruites, il faut dire qu'elles étaient plutôt défraîchies ! Mais nous sommes inquiets, nous ne connaissons pas la signification des panneaux posés sur un grand nombre de maisons aux piliers de bois décorés. Vont-elles être détruites aussi ?

Nous achetons des abricots, ils ont une couleur verte, mais leur odeur embaume la rue, on ne sera pas déçus.

La mosquée Rasta est en rénovation, par la porte entrouverte on jette un petit oeil.

Nous rentrerons jusqu'à la gare routière par le bus n°1, le trajet sera plus direct et plus rapide.

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Jeudi 24 août 2017

Dans ce grand hôtel Kuqa, (Kuche hotel), il y a une agence de voyage... avec une fille qui parle anglais ! Ca change la vie ! Nous lui faisons confiance, même si on paye plus cher que les chinois, quel bonheur de se laisser conduire une journée sans avoir à se battre pour trouver les informations... Nous aurons donc une voiture, avec chauffeur bien sûr puisqu'en Chine les permis de conduire étrangers ne sont pas reconnus, (et heureusement car les codes de conduite ne sont pas les mêmes et les panneaux en chinois). Personne pour partager avec nous, donc nous serons seuls, pour 500 Rmb la voiture.

Les Ruines du Temple de Subashi sont situées à 23 kilomètres au nord-ouest du comté de Koutcha dans la province du Xinjiang. Le site a été classé dans la liste du patrimoine mondial le 22 juin 2014 comme une partie de l'ancienne Route de la Soie. Subashi veut dire la source de l'eau dans la langue ouïgoure. Elles sont le témoignage d'un essor important du bouddhisme dans la région au début de notre ère. Bien que l'islam ait pris le dessus une dizaine de siècles plus tard, le bouddhisme faisait foi dans le royaume de Guici dont Subashi était la capitale. Les vestiges des temples et des monastères sont ici très importants.

Peu de monde pour visiter, et le temps n'est pas au beau fixe, mais le ciel noir donne beaucoup de charme à ce lieu.

Cap sur les grottes de Kizil, où les photos et les sacs ne sont pas autorisés. On aura droit à quelques photos au portable... Ce sont les plus anciennes grottes connues en Chine, les premières pourraient dater du IIIe siècle. Les fresques sont considérées comme les plus belles peintures murales d'Asie Centrale.

Nous allons déjeuner dans un village, une assiette de polo, le plat traditionnel (riz, carottes et mouton). On y fait aussi des brochettes et des samsas.

Nous traversons les montagnes jusqu'au canyon de TianShan, en passant par un contrôle de police. Un cortège de camion transportant du gaz attend pour passer le contrôle.

Nous nous arrêtons à la tour de guet de Kizilgaha.

La tour de guet de Kizilgaha assurait la sécurité des caravanes voyageant sur la Route de la Soie et prévenait des invasions ennemies. Toute de terre construite avec une toiture en bois, elle s'élève vers le ciel bleu au milieu du paysage désertique typique de cette partie du Xinjiang.

Retour sur Kuqa, les piments rouges sèchent le long de l'autoroute.

Le chauffeur passe par la vieille ville acheter un grand pain traditionnel ouighour bien chaud, on en profite aussi ! On sera déposés à un km de l'hôtel, tout est bouché, les pompiers nettoient la route à grands coups de jets d'eau, les petits restos et boutiques sont fermés, demain il y aura une visite officielle.


Subashi 25 Rmb; Kizil 70 Rmb; Tour de guet 15 Rmb;


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Vendredi 25 août 2017

Kuqa-Aksou : 253 km

Cette fois nous arrivons à monter dans le bus 2 pour rejoindre la gare routière. Nous avons rapidement notre bus pour Aksou... mais nous passons 1h30 bloqués à la sortie de la ville, à cause de la venue du cortège officiel ! La route pour Aksou est agréable, autour de nous le désert, plus loin la montagne. Par endroit le sol est couvert d'une croûte de sel. Les montagnes sont parfois très colorées, parfois blanches. Elles sont ravinées, il y a quelques mini dunes de sable ça et là. Nous passons un contrôle de police à 40 km d'Aksou, il faut descendre, faire la queue, présenter le passeport. Puis nous entrons dans l'oasis d'Aksou, très étendue, quelques rivières aux eaux boueuses, des champs de pommes-de-terre, plantations d'arbustes...

A Aksou, nous avions une adresse... Décidément le guide n'est pas précis, et les choses changent... Hôtel introuvable. Finalement, après discussion avec le traducteur et la wifi, nous avons une chambre à l'hôtel Tianfu.

Nous retournons à la gare routière acheter le billet pour Hotan. Meyo ! Comment ? On va passer le reste de notre vie ici ? Il n'y a pas de bus ? Nous réunissons encore toute notre patience, avec 4 personnes autour de nous qui ne comprennent pas ce qu'on veut et ne s'occupent plus de nous. Jipy retourne à l'hôtel chercher le précieux carnet avec les noms écrits en chinois. Pendant ce temps là, je sors mon portable et demande la wifi. Miracle, un jeune arrive, un étudiant, il demande la wifi pour moi, me l'installe, et commence un dialogue sympa ! Oui, il y a des bus pour Hotan, mais non, pas ici ! Il faut aller à la gare ferroviaire, et à côté il y a une petite gare routière d'où partent les bus pour Hotan et ils n'ont aucune idée des horaires! Autant vous dire que ça a pris un certain temps... Ouf ! Nous voilà rassurés.

Nous fêtons ça avec un bol de soupe aux nouilles dans un petit resto ouighour, où nous sommes pris en photo. Puis nous retournons à la chambre. Une employée nous apporte un seau d'eau bouillante, rose, attrape la cuvette de la salle de bain (que nous avions pris pour la poubelle, honte à nous), et nous demande de prendre un bain de pieds. Pas question de refuser, elle insiste, on n'a pas le choix ! Pour un peu elle nous ferait un massage ! Nous voilà donc les pieds dans l'eau, avec un fou-rire, mais ça fait du bien.

Samedi 26 août 2017

Aksou-Hotan : 540 km

Le petit-déjeuner buffet est compris dans le prix de la chambre, sympa. Nous arrêtons un taxi, c'est une femme ouighoure pas souriante du tout qui nous emmène à la gare ferroviaire. Là, notre petit papier chinois à la main, nous demandons le bus pour Hotan, qui ne se trouve pas très loin.

Une chance, nous n'attendrons pas longtemps, juste le temps de faire des provisions pour cette traversée de 500 km, car on nous a prévenus : pas d'arrêt possible pendant la traversée du désert du Taklamakan.

Nous achetons des noix fraîches énormes.

Il faut rouler un peu avant la grande traversée, arbres fruitiers, lac, canaux pour l'irrigation, plantations de thé... On descend tous pour que le bus fasse le plein de gaz (un voyageur nous fait comprendre par gestes qu'il vaut mieux ne pas manger les noix fraîches car il y a un risque de tourista ! On écoute ses conseils !) Puis sans transition, la voilà, la fameuse autoroute, la deuxième plus longue autoroute du monde traversant un désert inaugurée en 2008. Une prouesse technique pour des enjeux colossaux dans cette région stratégique aux huit frontières.

Nous ne sommes pas déçus; le soleil est caché par un voile, la vitre un peu sale, ça rend la prise de photos un peu difficile, tant pis on mitraille ! Le bord de la route est orné d'un quadrillage de verdure, pour que le sable n'envahisse pas la route. Parfois quelques fines tornades... Quelques arbres aux racines apparentes semblent flotter sur un piédestal de sable !

Nous aurons deux contrôles de police, en plein désert, où on nous fait descendre du bus ! Bizarre...

Nous sommes déposés à Hotan dans une zone toute neuve, en construction. Encore une fois notre guide est dépassé, la gare routière au centre-ville n'existe plus !

Les hôtels en face de la gare routière bien sûr ne veulent pas de nous, un policier nous appelle un taxi. Le prix demandé est 4 fois plus élevé que d'habitude. Comme on n'aime pas se faire pigeonner, on se fâche, on fait mine de partir à pieds avec nos bagages. Plus loin, un homme nous aide, il rentre chez lui en taxi, nous paierons moitié moins. On ne comprend pas trop le système ici, il n'a pas mis son compteur, on paie plus que d'habitude, mais le compagnon voyageur paie aussi quelque chose. Il prend d'ailleurs une autre voyageuse en route, qui paie aussi. Au retour, on exigera le compteur, mais on paiera un peu plus ! Incompréhensible !

Nous sommes déposés au Taxna Hôtel, le seul qui accepte les étrangers.

La nuit tombe, il n'y a pas grand chose dans les magasins, heureusement on a encore des purées et des soupes dans le sac à dos !

Bus Kuqa-Aksou : 66 Rmb

Hôtel Tianfu : 188 Rmb avec petit-déjeuner

Taxi pour la gare ferroviaire d'Aksou : 7 Rmb

Bus Aksou-Hotan : 179 Rmb

Taxi de la nouvelle gare routière d'Hotan au centre-vile : 20 Rmb

Hôtel Taxna : 188 Rmb la première nuit, nous paierons 170 les deux autres nuits !


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Hotan, qu'on prononce aussi Hetian...

Dimanche 27 août 2017

Nous avions programmé un dimanche pour profiter du marché de Hotan. On a bien fait !

Je laisse les images parler d'elles-mêmes...

Nous découvrons les brochettes d'oeufs, excellent ! A la télé, un officiel fait un discours. Les gens se laissent photographier, e...

Dans les rues, encore des maisons détruites, ou qui vont l'être, et des pancartes rouges sûrement en guise de protestation. Les projets de construction sont souvent gigantesques, parfois on construit dans le style traditionnel. Nous sommes quand même inquiets pour ces belles maisons de bois colorées, si on revient dans quelques années elles ne seront peut-être plus là...

En ce jour de marché, nous avons rencontré deux couples de touristes : deux américains avec qui nous achetons du thé, et une française accompagnée d'un allemand, qui nous font de la pub pour le Mazar de l'Imam Asim. Nous prévoyons alors de rester une journée de plus à Hotan, nous avions prévu un peu de souplesse dans notre programme, donc c'est jouable !

Il y a la queue pour entrer dans une zone commerciale, car il y a un contrôle de police. Remarquez le bouclier, comme il y en a dans chaque boutique, avec casque et bâton. Dans les marmites, mélange énergétique, mixé et mis en pot (noix diverses, raisins secs, baies de goji...)

Nous passons devant la grande place de la ville, où Mao serre la main d'un dignitaire Ouighour. La place est déserte et pourtant on peut y entrer, via un contrôle de police bien sûr. Sur le côté, quelques personnes âgées font du sport et quelques enfants jouent. On ne sait pas si le soir il y a un peu plus d'activités, comme dans les autres villes hors Xinjiang.

Notre randonnée urbaine nous emmène au musée, très petit mais intéressant. Un bloc de jade des montagnes décore l'entrée ainsi que des aiguières. Il est interdit de photographier à l'intérieur.

Le musée de Hotan renferme des reliques découvertes lors des fouilles de cités ensevelies par le désert du Taklamakan. Les objets utilisés il y a plus de 1 500 ans y sont exposés ainsi que des fragments de tablettes, des sculptures et bien d'autres reliques. Mais, ce qui reste le plus intéressant, ce sont bien sûr les deux corps momifiés retrouvés à Niya.

Le bus 6 nous ramène au grand bazar, nous comptons rentrer par la Juma Lu qui comporte paraît-il des magasins de thé et de médecine chinoise. Effectivement, il y a encore des boutiques typiques, mais la rue est en complète rénovation, elle n'existera plus d'ici peu.

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Lundi 28 août 2017

Sous nos fenêtres ce matin, les militaires s'entraînent pour contrer une éventuelle manifestation. Bouclier en avant, mitraillette sous le bras, quelques pas, même geste répété un certain nombre de fois.

Par la Juma Lu nous rejoignons la gare routière de l'est, que nous avons un peu de mal à trouver. En effet, chaque fois qu'on demande, on nous indique une direction différente !

C'est un minibus qui nous emmène à Jiya, à 12 km environ. A l'entrée du village, contrôle de police habituel. Mais on présente nos passeports à un jeune policier qui a envie de montrer qu'il sait se faire obéir des étrangers ! Lorsqu'une passagère du bus lui dit qu'on va au Mazar de l'Imam Asim, le policier s'écrie "No, No" ! On avait lu sur trip advisor que parfois les policiers n'aiment pas qu'on traîne là-bas. Jipy a alors une idée lumineuse : il montre sur notre LP (Lonely Planet) le nom de l'atelier de la soie en chinois. Le policier nous laisse alors passer et fait signe au chauffeur de nous déposer à l'atelier. Ouf !

Nous visitons donc l'atelier de la soie, ce n'est pas le but du voyage mais c'est très intéressant, et maintenant nous sommes dans le village !

Nous reprenons notre chemin à pieds, on nous dit qu'il faut aller tout droit, mais on ne sait pas à ce moment là que le Mazar se trouve à 8 km ! Pas un seul bus ne passe. Un boulanger fait son pain; un enfant l'arrose les pains ronds avec l'eau du canal qui traverse la boulangerie, tandis que sa mère sème des petites graines de céréales dessus. Plus loin, un homme ouvre les vannes d'un canal pour détourner l'eau et irriguer son champ. Des cucurbitacées pendent sur des treilles.

Il fait très chaud, on a faim et soif, on trouve enfin une boutique et un mini resto, à côté d'un bâtiment (centre de soins?). On demande le seul plat proposé, un bol de polo (riz et mouton), les employés du bâtiment déjeunent là, ils ont tous leur portable à la main et nous sommes photographiés ! Joli moment d'échanges de sourires. Quand nous voulons payer, ils refusent, on nous offre le repas.

Nous reprenons notre marche en pleine chaleur, nous rencontrons une institutrice en scooter qui parle quelques mots d'anglais. Elle nous apprend alors qu'il nous reste encore 4 km. Soit, on prend notre courage à deux mains (plutôt à 4 pieds !)

Nous passons le terminus de bus, désertique en ce moment. A 1 km de l'arrivée, un petit cyclomoteur à 3 roues avec carriole nous propose de nous prendre. Ce n'est pas de refus; on n'aurait pas osé faire du stop dans ce coin ! Trop sympas les gens du coin, ça compense le No No de l'entrée du village !

Le complexe funéraire d'Imam Asim (Tombeau des quatre Imam), important lieu de pèlerinage en mai, est peu à peu envahi par les dunes du désert du Taklamakan.

On nous a parlé de gens qui priaient, aujourd'hui le site est complètement désert. Une femme habite près de la mosquée et garde le site, on entre par derrière, on se fait discret et on ne reste pas longtemps, elle ne nous dit rien. Autour du site sont disséminées plein de tombes, plus ou moins envahies par le sable, avec souvent une peau de mouton pendue en offrande. Plus il y a de drapeaux, plus l'homme enterré est saint.

Pour le retour c'est plus simple, nous faisons les deux km jusqu'au terminus de bus; nous attendons juste le temps d'assister à une vente de moutons.

Minibus pour Jiya : 4 Rmb pour l'entrée du village, 6 si on va jusqu'au terminus;

Atelier de soie et mazar, gratuits

De la gare routière de l'est, nous rentrons par la Beijing Lu à l'hôtel (environ 1 km). Tout à coup on entend un coup de sifflet strident, les vendeurs sortent de leur boutique bâton à la main et baissent le rideau de fer. La rue est désertique, pas de manifestation en vue, le militaire qui a sifflé a le sourire aux lèvres devant notre air un peu paniqué, il s'agit donc sans doute d'un entraînement. Quand même on ne demande pas notre reste, on s'éloigne rapidement, car s'ils décident de protéger les passants en nous enfermant dans une arrière-boutique, l'expérience ne nous tente pas !

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Mardi 29 août 2017

Cap sur Yarkand, qu'on prononce Shache Zen, à 328 km. Nous prenons un taxi pour la nouvelle gare routière, on lui demande de mettre le compteur, on paiera 22 Rmb, ce qui est plus cher qu'ailleurs, d'autant que le taxi s'arrête prendre un autre passager en route. La gare routière est toute neuve et désertique (mais les toilettes sont déjà très sales), nous devrons attendre 12h30 pour avoir un bus. On passera le temps en mangeant une soupe de raviolis faite dans une petite boutique avec les moyens du bord (le resto de la gare est en construction).

On se trompe de bus, on redescend en vitesse juste avant le démarrage et récupérons les bagages dans la soute ! Notre bus arrive en retard, il s'arrêtera à Yarkand mais ce ne sera pas son terminus. A la sortie de la ville, premier contrôle de police. Alors que tous les voyageurs passent le contrôle électronique avec leur carte d'identité et remontent dans le bus, nos passeports passent de mains en mains, pour atterrir dans le mains d'un jeune militaire assez désagréable. Sacrée montée d'adrénaline, ma tension doit être au plus haut ! Les militaires nous regardent, parlent, on ne comprend pas, on a peur qu'ils nous empêchent de continuer la route... Notre bus redémarre... on hurle ! En fait il gênait la circulation, il se gare mieux, le chauffeur et son assistant viennent à la rescousse. Un échange qu'on ne comprend pas, mais on imagine le chauffeur dire qu'il a de la route à faire et qu'il faudrait peut-être accélérer la manoeuvre ! Le militaire recopie sur son registre nos noms, prénoms (tous les prénoms), numéros de visas... et nous laisse enfin partir. Nous remercions chaleureusement les chauffeurs ! Dans d'autres pays, ils seraient peut-être partis, emportant tous nos bagages (une année en rentrant à Singapour on nous a fait le coup...Nous avions heureusement les bagages avec nous à la frontière.) Les autres voyageurs nous sourient, compatissants. On se détend en respirant notre petit flacon d'huiles essentielles puis on se dit qu'on ne remettra plus les pieds en Chine (on a changé d'avis depuis !)

Nous pénétrons enfin dans le désert, plat, c'est une croûte de terre avec des petits cailloux, de très petits buissons, le ciel est brumeux, peut-être y a-t-il des vents de sable. Nous traversons une ville moderne en construction, de grands immeubles sortis de terre en plein désert ! Puis quelques troupeaux de chameaux nous regardent passer. Nous nous arrêtons dans un village pour faire le plein de gaz, comme d'habitude on descend, une femme se fait réprimander car elle a laissé son enfant dormir dans le bus. Elle doit le faire descendre aussi, c'est la règle dans toutes les stations de gaz (je me souviens que c'était pareil en Arménie). Quelques boutiques sont installées face à la station, un bébé dort dans son berceau-hamac.

Nous traversons Karghilik où le meilleur moyen de transport semble être les charrettes à ânes.

L'autoroute à péage n'est pas terminée et n'a qu'une voie sur une grande partie de son trajet.

Le bus nous dépose à la sortie d'autoroute de Yarkand. Nous ne sommes pas seuls à descendre. On passe à pieds le contrôle de police, à l'entrée d'une ville moderne pas encore finie ! A priori il n'y a plus de bus pour le centre-ville, de plus on ne sait pas où nous sommes ! On marche donc 15 minutes le long de cette large avenue bordée de jolis bâtiments modernes à la décoration orientale. Puis on se décide à arrêter un taxi. A l'hôtel Xinsheng on ne veut pas de nous, on nous envoie à l'hôtel Delong, heureusement tout près, qui accepte les étrangers.

Hôtel Delong, 180 Rmb sans petit-déjeuner


Promenade le soir à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent ! Il fait bon, les immeubles s'illuminent.

Mercredi 30 août 2017

Visite de la place Altun, toute neuve. Un palais moderne pas tout à fait fini orne la place, on ne nous autorise pas à entrer mais on nous propose de nous photographier !

Pour 15 Rmb, nous visitons le mausolée de Amannisha Han et le cimetière royal. Nous glisserons un oeil dans la mosquée Altun.

"Les Ouïgours sont excellents à la danse. Le "12 Mukams" (opéra) est une épopée comprenant plus de 340 chansons classiques et danses folkloriques. Après la libération, ce trésor musical, qui était sur le point d'être perdu, a été recueilli, étudié et enregistré par Amannisha qui est la concubine de Yarkant King. Elle était morte à l’âge de 34 ans. (1526-1560)"

Promenade dans la vieille ville : beaucoup d'artisans, un petit marché où on nous offre un morceau de mouton cuit, et des petits restaurants...

Comme ailleurs, la vieille ville est peu à peu détruite...

Nous nous retrouvons dans un marché aux moutons. Les moutons sont emportés sur les scooters, leur tête frôlant le sol. Ce spectacle nous met mal à l'aise...

Nous retraversons la vieille ville...

pour atteindre le grand cimetière...

Puis nous nous reposons sur un bout de trottoir en regardant les scooters passer.

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Jeudi 31 août 2017

Devant l'hôtel Delong, nous prenons le bus 3 en demandant la gare routière, un peu au hasard. Quelle chance, nous sommes déposés à 200 m de la nouvelle gare routière, à la sortie de la ville, dans une zone en construction, une fois de plus ! Des panneaux en anglais et en russe indiquent les toilettes !

Le trajet Yarkand Kashgar nous coûte 45 Rmb pp. Nous avons droit à 4 contrôles de police ! Au 4ème, lorsque nous rejoignons le bus, nos bagages à main ne sont plus sur les sièges. Heureusement on nous fait signe de retourner au contrôle, tous les bagages à main ont été déposés par terre, il faut repasser le contrôle avec les bagages !

Le bus arrive en vue de Kashgar, et nous dépose... en pleine campagne ! La nouvelle gare routière n'est peut-être pas encore terminée ! Tout les voyageurs essaient d'arrêter un taxi, qui passent déjà pleins ! Finalement passe le bus 1, et on fait... comme en Chine il y a 30 ans lors de nos premiers voyages : à l'assaut ! Je suis pessimiste, je me dis qu'on n'y arrivera jamais avec tout notre chargement ! L'assistante du chauffeur (qui fait payer), vient alors à notre secours; elle est costaud, elle attrape un de nos sacs, pousse et se fraye un chemin. Je ne sais pas si tout le monde a pu monter, on est complètement écrasés tout en ayant un oeil sur nos sacs, on arrivera comme ça à un nouveau contrôle de police ! On ne comprend rien, la dame fait descendre plein de gens, le bus repart à moitié plein, avec nous dedans ! Bienvenue à Kashgar !

Nous descendons devant la grande statue de Mao.

Nous nous rendons à l'auberge de jeunesse (Old Town Youth Hostel), plein à rabord (un groupe de chinois en moto qui reviennent sans doute du Pakistan), on nous apprend qu'il est complet, et qu'il n'y a pas d'excursions possibles à cause de jours fériés. Je pars en mission... je commence à avoir l'habitude ! Le jeune homme de l'auberge m'avait indiqué un hôtel qui s'avère occupé par les militaires. Heureusement, les gens dans la rue m'envoient vers l'hôtel Eden, à côté du grand Qinibag hôtel (ancien consulat britannique), et là c'est la joie : pour quelques yuans de plus qu'à l'auberge, on a une superbe chambre avec petit déjeuner ! Seul hic, il n'y a pas la wifi. Tant pis, on s'en passera ! Le personnel ne parle pas un mot d'anglais, mais avec papier crayon on se débrouille.

Notre hôtel se trouve juste en face d'une entrée dans la ville reconstituée de Kashgar; nous allons d'abord à la place de la mosquée Id Kah, au centre, et nous trouvons un Tourist Center. C'est le grand bonheur, on nous fournit un plan avec les numéros de bus (il y a longtemps qu'on n'a pas vu ça) et on nous fournit les excursions demandées (on n'ose pas y croire !) Le Tourist Center fait café, il y a même la wifi. En face se déroule un petit spectacle de danses ouighoures sur scène.

Pendant ces 5 jours, nous sillonnerons la ville en long, en large et en travers. La ville ancienne a été peu à peu détruite et reconstituée avec des moyens antisismiques. Malgré un côté artificiel, on trouve ça assez joli. On avait lu que l'entrée était payante, à priori elle ne l'est plus, ou du moins on paye l'entrée en achetant le billet pour la mosquée... On ne sait pas trop.

A partir du vendredi, les magasins sont fermés jusqu'au mercredi suivant, on nous fait comprendre qu'il s'agit d'une commémoration ouighour (un saint décapité). On rencontrera des italiens qui continuent leur voyage au Pakistan bloqués une semaine car la frontière est fermée en ces jours fériés. On ne verra donc pas les artisans, c'est décevant, mais on pourra pleinement profiter de l'architecture car les rues sont très calmes.

Les enfants, comme les adultes, ont mis leurs plus beaux habits en ces jours fériés. La vente des moutons battra son plein. On cuit la soupe à la tête de chèvre, et les gens ont passé commande : les sacs en plastique attendent bien alignés que chacun vienne récupérer sa commande !

Hôtel Eden 128 Rmb avec petit déjeuner-buffet

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Nous avons passé des heures autour de la place centrale, avec la mosquée Id Kah. Les touristes chinois viennent se faire photographier sur le dos d'un chameau, ou d'un cheval qui se cabre. On n'a vu personne dans la carriole du yak ou de la chèvre. Les enfants profitent des manèges, les petits garçons aiment particulièrement les tanks (on n'a jamais vu ce genre de manège chez nous !) D'autres grimpent sur la caravane de chameaux, en bronze.

Selon les heures, les animaux sont couverts, ou pas. Le yak a l'air bien fatigué en fin de journée !

Le matin, on ouvre les jets d'eau, et comme partout quand il fait chaud les enfants s'amusent à passer à travers. Les cireurs (et cireuses) de chaussures ont du travail. Le tourist center propose ses services, et en face on peut profiter d'un court spectacle, à certaines heures.

La visite de la mosquée Id Kah est intéressante, c'est un havre de paix et de verdure dans la ville.

Le soir c'est magique, la place s'illumine...

Mosquée Id Kah : 45 Rmb

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Le marché de nuit se trouve en face de la grande place de la mosquée. Pour en profiter, attention à ne pas arriver trop tard ! A 20h30 heure locale, (22h30 heure de Pékin), c'est le couvre-feu. La première fois, après avoir passé le petit contrôle de police habituel, nous avons vu démarrer devant nous deux policiers armés de grandes barres de fer; instantanément, tout s'est éteint, et on a vu les vendeurs remballer leurs marchandises à toute vitesse. On n'a eu que le temps d'acheter une cuisse de canard, notre vendeur se faisait réprimander car il ne rangeait pas assez vite. On est vite partis, une petite violence flottait dans l'air. Nous sommes revenus plus tôt le lendemain, l'ambiance était plus décontractée.

Il y en pour tous les goûts, on trouve ici forcément de quoi s'alimenter avec plaisir

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Vendredi 1er septembre 2017

Belle balade à pieds jusqu'au mausolée, c'est le Kashgar moderne avec de grandes avenues. En chemin, des contrôles de police où on nous demande notre passeport.

"Yusuf Khass Hajib également nommé Yusuf Balasaghuni est un poète ouïghour du XIe siècle originaire de la ville de Balasaghun, ancienne capitale de l'Empire des Qarakhanides au Kirghizstan moderne. Son œuvre principale s’appelle le Kutadgu Bilig (La Science qui apporte le bonheur), elle a été écrite entre 1067 et 1070. Les connaissances que l’on a du poète proviennent principalement de ses propres écrits....Yusuf Khas Hajib est mort en 1085 à Kashgar, il avait 66 ans. C’est dans cette ville qu’il a été inhumé, et qu'un mausolée a été érigé à sa mémoire."

Endroit paisible et agréable, pas forcément indispensable si on n'a pas le temps;

entrée 30 Rmb (15 si plus de 60 ans)

Nous prenons la Tiannan Lu puis rejoignons la grande avenue du peuple (Renmin Lu) pour prendre le bus 20, en direction du Mausolée d'Abakh Hoja qui se trouve à 5 km.

"Un chef-d'œuvre de l'architecture ouïghoure, c'est le Tombeau Abakh Hoja, un cimetière de la famille des souverains musulmans de la région de Kashgar du 17ème siècle. En Chine, ce tombeau est mieux connu comme le Tombeau de Xiang Fei (Concubine de Parfum), la seule concubine ouïghoure parmi les 41 femmes de l'empereur Qianlong de la Dynastie des Qing (1644-1911). La légende dit que Iparhan, une petite fille de Abakh Khoja, a un parfum sans utiliser le parfum, d'où le nom Xiang Fei. Elle a passé 28 ans à côté de l'empereur Qianlong à Pékin. Elle portait des costumes ethniques et a été servi par un chef spécial. Avant sa mort à l'âge de 55 ans, elle a exprimé son désir d'être enterrée dans sa ville natale. Cependant, selon les découvertes archéologiques, le tombeau authentique de Fei Xiang est dans le Tombeau Qing dong dans la province de Hebei, près de Pékin. Ces 58 tombes sont les lieux de repos pour les cinq générations de 72 personnes dans la famille d'Abakh Khoja. Tous les cercueils sont recouverts de soie magnifique et de satin. "(circuitschine)

Entrée : 30 Rmb

Nous rentrons en longeant la mosquée haute et basse, très belle, mais nous ne pouvons pas aller à l'intérieur.

Puis nous découvrons le magnifique mausolée aux tuiles vernissées. Les photos sont interdites à l'intérieur.

Pour aller voir la mosquée du vendredi, nous devons attendre 45 min la fin de la prière. Pour passer le temps, des chinois photographient ce policier souriant et discutent avec nous. Quelques groupes organisés chinois passent voir le mausolée, mais ils n'ont pas le temps d'attendre.

Nous passons d'abord devant la mosquée des saisons (hiver-été), puis découvrons la belle mosquée du Vendredi toujours en activité.

En sortant du complexe, nous suivons des touristes qui passent une palissade et un chantier : le grand jardin est en complète rénovation, c'est là que se trouvent les toilettes !

Nous reprenons le bus 20; il affiche une température extérieure de 40°3 ! Nous descendons à la colline des maisons Gaotai.

Un petit marché aux moutons se tient sur la place, c'est sûrement là que se tenait le marché aux animaux du dimanche avant d'être d'être déplacé hors de la ville.

Au nord-est de l'ancienne ville de Kashgar, se trouve une éminence de 40 mètres de haut, 800 mètres de long, sur laquelle il y a une agglomération ouïghoure avec une histoire de 600 ans. Les Ouïghours ont commencé à s'installer dans cette zone il y a mille ans. Au 9ème siècle, le Palais royal était construit au nord de cette éminence. Ces résidences sont construites selon la configuration du terrain. Quand la nouvelle génération a besoin d'agrandir la maison, on construit un ou deux nouveaux étages. Après la construction des générations, les pièces sont liées, les maisons s'attachent, les étages s'accumulent, tout cela fait de cette zone un château en terre. Les maisons sont construites en terre et avec le peuplier. Elles ont l'air fragile, mais en réalité, elles sont solides, beaucoup de maisons ont une histoire de quelques cents ans. On utilise la terre pour la construction, et aussi pour la poterie. (circuitschine)

Nous nous promenons librement dans le village, dans beaucoup d'entrées ou de cours les hommes sont en train de dépecer les moutons tandis que les femmes nettoient les abats. On n'est pas très à l'aise dans ce tas de maisons en ruines, (des maisons parfois peintes qui ont dû être très belles), et pourtant la vie s'y déroule comme ailleurs, les intérieurs ont l'air confortables, on y vend des poteries, des gâteaux, des vêtements chics et même des bonnets de fourrure !

Nous repasserons près de là dimanche, par le lac, où nous aurons un autre point de vue sur Gaotai. Ce sont des jeunes en train de pêcher qui nous expliqueront avec trois mots d'anglais et beaucoup de mimes que tout est fermé parce que c'est férié !

Nous rentrons à l'hôtel à pieds en traversant la nouvelle vieille ville. Nous en profitons pour visiter la mosquée Id Kah. (voir avant)

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Samedi 2 septembre 2017

Nous avions prévu d'aller au lac Karakul, d'y dormir, puis de poursuivre par Tashkurgan. Nous avons abandonné ce projet, apparemment les étrangers ne peuvent plus dormir dans les yourtes du lac Karakul, et l'agence que nous avions contactée nous propose trois jours hors de prix(5000 Rmb) pour rejoindre Tashkurgan. D'autre part nous souhaitons être un dimanche à Kashgar.

Nous sommes donc bien contents que le Tourist Center nous propose une voiture pour le lac Karakul à la journée. "Vous partagerez avec des chinois, vous verrez ce sera une bonne expérience" nous a dit le manager ! Effectivement, ce fut une super journée !

540 Rmb pour nous deux la voiture partagée (à 6 personnes)

"Le lac Karakul, ou Karakuli (de l'akkadien "Kara" : Noir et "Ko'l" : Lac) est un lac situé à 196 km de Kashgar dans la province autonome du Xinjiang en Chine, longé par la Route du Karakorum qui relie l'Ouest de la Chine au Nord du Pakistan. Se trouvant à 3 600 m d'altitude, le lac Karakul est le plus haut du massif des Pamir Chinois. Il est entouré de trois sommets de plus de 7 000 m : le Mustagh Ata (7 546 m), le Kongur Tagh (7 649 m) et le Kongur Tiube (7 530 m). "(Wikipédia)

Après un arrêt "plein de gaz" qui nous permet de faire connaissance, deuxième arrêt dans les gorges de Ghez où nous admirons les montagnes colorées autour de nous et les montagnes enneigées en arrière plan.

En général les voitures stoppent dans un village pour acheter le déjeuner au marché. Nos compagnons optent pour le restaurant, on suit le mouvement !

On s'arrête dans un restaurant spécialisé dans le thé (nous en goûterons d'excellents), les graines, les racines, les pierres de jade...

Nos compagnons de voyage : un homme d'une quarantaine d'années absorbé par son portable, une femme grande et mince de Shanghaï très dynamique qui s'impose comme la "chef du voyage", un couple de Pékin, elle 71 ans et lui 73 ans. Il est très volubile, il a de l'humour et une grande envie de communiquer. La frustration est grande, on profite des quelques mots de chinois qu'on a appris et on se mord les doigts de ne pas avoir travaillé plus. On a avec nous l'application "HelloChinese" très bien faite, on sera plus motivés que jamais pour travailler les jours suivants (mais il faut la wifi). On comprend que ce monsieur était sans doute architecte, et que depuis la retraite ils voyagent beaucoup, ils sont d'ailleurs allés en France. Au restaurant, c'est un des meilleurs repas que nous dégustons. Au moment de l'addition, c'est le célibataire au portable qui nous invite !

Nous repartons, on prend de l'altitude, on s'arrête pour regonfler les pneus arrières avec un appareil qui se branche sur la batterie. On passe un contrôle de police à pieds, nos compagnons très protecteurs nous entourent ! Puis on atteint le premier lac, entouré de falaises de sable, on a le souffle court!

"Le lac Karakul, ou Karakuli (de l'akkadien "Kara" : Noir et "Ko'l" : Lac) est un lac situé à 196 km de Kashgar dans la province autonome du Xinjiang en Chine, longé par la Route du Karakorum qui relie l'Ouest de la Chine au Nord du Pakistan. Se trouvant à 3 600 m d'altitude, le lac Karakul est le plus haut du massif des Pamir Chinois. Son homonyme côté tadjik, le lac Kara-Kul, également beaucoup plus grand, se situe lui à 3900 mètres. Le lac chinois est entouré de trois sommets de plus de 7 000 m : le Mustagh Ata (7 546 m), le Kongur Tagh (7 649 m) et le Kongur Tiube (7 530 m)." (Wikipédia)

Après un bon bol d'air au pied des montagnes, il faut redescendre, la route est longue ! Nous serons arrêtés par la police ainsi que toutes les voitures, le chauffeur reçoit un papier, nous devrons attendre 1h au restaurant où nous avions mangé afin que le trajet sur un certain tronçon corresponde à une certaine durée ! Ce sont des italiens en minibus, arrêtés comme nous, qui nous l'expliqueront.

Nous sommes déposés devant notre hôtel à la nuit tombée. Nous quittons nos compagnons de voyage après des adieux chaleureux.

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Dimanche 3 septembre 2017

Un souci en Chine, c'est que les chinois sont décontenancés devant un plan de ville. L'apprentissage de la lecture de plan ne doit pas faire partie des objectifs de l'école (il y a tant à faire avec les caractères chinois!). Nous en avons déjà fait les frais plusieurs fois.

Le manager du Tourist Center nous avait dit que le bus 23 desservait le marché aux bestiaux mais qu'il valait mieux prendre le bus au retour et y aller en taxi pour 30 Rmb. Il ne savait pas bien dans quelle direction était le marché, il nous l'avait placé complètement à l'ouest sur le plan. (Le nouvel emplacement du marché étant à environ 15 km de la ville, il était hors plan.) Cela contredisait le LP qui nous disait de prendre le bus 8, puis un taxi, vers le nord-ouest. Après plusieurs tentatives de renseignements auprès de l'hôtel Qinibag, c'est l'échec total, personne n'a été capable de nous situer le marché !

On essaie donc d'arrêter un taxi, en montrant le papier du Tourist Center (le nom du marché et le prix). Mais nous sommes des touristes occidentaux, les taxis veulent plus ! On se fâche, deux jeunes filles viennent à notre rescousse, arrêtent un taxi, et c'est OK pour le marché pour 30 Rmb.

Au retour nous prendrons le bus 23 puis le bus 8, c'est très facile (pour 4 Rmb en tout), il suffisait de le savoir ! Beaucoup de touristes comme nous ont pris les taxis, en essayant de partager à plusieurs, car il est toujours difficile d'avoir la bonne information !

Le marché aux animaux est intéressant, mais nous met mal à l'aise. Nous ne voulons pas être hypocrites car nous mangeons de la viande, mais nous n'aimons pas voir comment les bêtes sont transportées, déplacées, emportées à la maison sur des scooters la tête en bas, cognant les pierres du chemin... On ne voit pas les abattoirs qui ne doivent pourtant pas être loin. Des petits restos vendent des samsas (chaussons fourrés au mouton), une touriste chinoise nous précise qu'ils sont délicieux... Non, là, on n'a pas le coeur à manger...

Des moutons, des chèvres, des chevaux, des ânes, des vaches et des yaks... Pas de chameaux aujourd'hui.

On discute, on se serre la main pour sceller les accords, on tond les moutons, un enfant essaie de rattraper en riant un mouton que sa mère vient d'acheter, et qui tente de s'échapper...

Pour revenir en ville, il suffit donc de longer la grande route à gauche en sortant du marché, puis de prendre une route ombragée à droite, l'arrêt du 23 se trouve là. On descend près de l'hôpital, dès qu'on retrouve toutes les lignes des bus de ville (le 8 et d'autres).

En chemin, des gens se sont installés pour nettoyer les peaux de moutons récupérées au marché.

Nous rejoignons ensuite, avec le bus 20, le grand bazar du dimanche. Là c'est une immense déception, nous découvrons que tout est fermé, on tente de comprendre... Est-ce qu'il n'existe plus, que se passe-t-il? C'est ensuite que des jeunes pêcheurs nous feront comprendre qu'il s'agit de 5 jours fériés.

Tant pis, nous avons heureusement vu le marché de Hotan, très riche en couleurs. On reviendra peut-être un jour à Kashgar...

Dans la rue des hommes trient du thé, à même le sol.

Nous rentrons à pieds, en retraversant la vieille ville reconstituée, par un autre chemin.

Quelques photos prises au fil du temps, un contrôle policier pour entrer dans un petit marché, et une séance d'entraînement pour les commerçants.