Carnet de voyage

Road Trip vers la Turquie

65 étapes
78 commentaires
Notre projet est de rallier l'Anatolie où nous sommes déjà allés en sac à dos. Nous traverserons l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, la Serbie, la Bulgarie et la Turquie.
Juillet 2019
86 jours
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Nous voilà enfin prêts pour ce grand périple. Par rapport à ceux qui partent 1 an et vont jusqu'en Asie, notre virée semble bien légère ! Mais ce n'est pas évident de partir 80 jours, rien que pour obtenir son traitement médical jusqu'à la date retour, il faut un peu batailler ! Prévoir aussi de quoi se couvrir, on n'aura sûrement pas cette canicule fin septembre !

Grâce au panneau solaire on a été tenté d'acheter un aspirateur et un ventilateur, et grâce aux blogs des copains on a investi dans un petit four Omnia Sweden. Autant dire qu'on est bien chargés !

Dans ce voyage, nous n'irons pas dans les grands sites connus car nous avons déjà vadrouillé plusieurs fois dans les balkans et la Turquie. Nous chercherons des endroits moins explorés, et nous visiterons la côte Turquoise au sud de l'Anatolie que nous ne connaissons pas (mais il risque d'y avoir du monde !)

Première nuit à la base de loisirs de Sarrebourg. Nous sommes accueillis par une multitude de cigognes en traversant Imling. Le lendemain matin, elles auront déserté le nid pour aller faire leurs courses, sauf 2 ou 3 nounous qui gardent les petits !

Deuxième journée assez pénible, énormément de travaux sur les autoroutes allemandes, des déviations, des embouteillages, sous une grosse chaleur... Nous finissons quand même par arriver à Munich à 22h, plus exactement au Park and Ride Lochhausen à 1€ les 24h, où demain nous prendrons le train. Zezkinette a bien gagné le droit de se reposer !


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Nous prenons le train de banlieue pour Marienplatz. On traverse la campagne, bien plus agréable que notre banlieue parisienne. Marienplatz est une grande gare souterraine. En remontant à la surface on en prend plein les yeux : nous sommes émerveillés par le nouvel hôtel de ville style néo-gothique. Nous avons la chance d'arriver juste pour voir le carillon de 11h00 (à priori il y en a 3 par jour). Les statuettes se mettent en mouvement au son du carillon, tournois de chevaliers et danse des tonneliers.


Nous rentrons dans la cour de l'hôtel de ville


Nous rejoignons la Frauen Kirche


Nous trouverons plusieurs fontaines d'eau potable dans Munich, vu la chaleur elles sont très convoitées !

Odéon Feldherrnhalle (capitainerie) et Theatiner kirche


On se dit qu'il vaut mieux faire le plein d'énergie avant d'aller visiter l'immense Résidence! Cap sur le Viktualien Markt, en passant devant le théâtre. On goûte la spécialité, boudin blanc et bretzel, accompagnée d'un demi...

Arrêt à l'église du St Esprit, petite pause sur les sièges extérieurs du théâtre, et en avant pour la Résidence (ducs et rois de Bavière)

Un tout petit aperçu parmi les milliers d'objets exposés dans le trésor !


Nous passons ensuite dans la partie habitation, appelée le musée. Nous ne verrons sans doute pas la moitié des pièces tant c'est immense !


Nous sortons à la fermeture, un peu lessivés ! On va se ressourcer à la brasserie Hofbrauhaus où on sert des chopes d'1 litre de bière au son d'un orchestre, mais on se contentera de regarder !


Nous finissons cette promenade dans Munich par la Weinstadel, la plus vieille maison, et l'église Saint Pierre.


De retour au parking, nous partons de nuit à Landshut, où nous dormons au pied du château.


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Matinée repos et rangement des photos. L'après-midi, visite de Landshut, la tour de sa cathédrale est, paraît-il, la plus grande tour en briques du monde !


Dans la soirée nous rejoignons Passau, où nous faisons une belle promenade au confluent du Danube, de l'Ilz et de l'Inn.


Nous roulons de nuit, à la fraîche, pour aller dormir au monastère de Saint Florian, au sud de Linz.

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Après avoir acheté la vignette autrichienne et longé le beau Danube bleu, nous avons dormi devant l'abbaye de Saint Florian.

Saint Florian, ancien officier romain, s'est converti au christianisme. Pour cela il a été martyrisé, puis jeté dans la rivière une pierre autour du cou. Sa veuve a enterré son corps à l'emplacement de l'actuel monastère. Il est actuellement le patron des pompiers et il est souvent représenté portant un seau d'eau.

À 11h00, nous faisons la visite guidée. Nous avons choisi la visite longue, abbaye + appartements impériaux à l'étage, style baroque. Les abbayes devaient être pourvues de pièces au cas où l'empereur viendrait. Un pape y a logé.

Des chanoines de Saint Augustin vivent encore ici.


La somptueuse bibliothèque, fresque majestueuse et élégantes boiseries. Une des cinq plus belles bibliothèques au monde.


La salle des marbres:

La peinture au plafond représente la victoire sur les turcs. Où que l'on soit dans la pièce, la tête du turc et les pattes du cheval sont tournés vers nous. On a déjà vu cette technique de peinture, c'est impressionnant !


Les tableaux d'Albrecht Altdorfer (1480-1538) considéré comme le plus important représentant de l'école du Danube. Les personnages des scènes de la Bible sont vêtus à la mode de son époque.


L'église


La crypte, où est notamment enterré le musicien Bruckner, juste sous son orgue

Les crânes sont ceux des chrétiens du village.

Montée vers les appartements impériaux


Nous retournons déjeuner chez nous, le thermomètre affiche plus de 45 degrés ! Nous passerons l'après-midi là pour ranger les photos, nous n'avons pas réussi à descendre sous les 40. Sauna gratuit !


En fin d'après-midi, on se dit que ce serait bien de dormir au bord de l'eau. Nous roulons jusqu'à Rust. Le lac Neusiedler s'étend sur l'Autriche et la Hongrie. Il est ceinturé de roseaux et est le paradis des oiseaux migrateurs.

Nous arrivons à la nuit tombée. Le bord du lac est très aménagé, avec piscines et toboggans, tout est payant. Nous profitons de l'heure de parking gratuite pour y accéder, l'entrée est libre à cette heure. En fait on ne peut pas vraiment se baigner, comme en Finlande le bord de l'eau est couvert des excréments des oies bernaches. Nous profitons rapidement d'une douche très fraîche !


Nous allons finalement dormir dans le village de Rust, face à un embarcadère d'excursions.

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Rust : lever à 5h30. Nous sommes émerveillés, nous sommes entourés de corbeaux, de cigognes et d'oies bernaches. Jipy va faire quelques photos dans le village, puis on se remet au lit ! Dans la matinée on ira visiter la belle église des pêcheurs, joyau ancien et payant, pas de photos.

Une cigogne un peu moins farouche quémande de la nourriture auprès des promeneurs, mais ce n'est sûrement pas une bonne idée de lui donner !

Vu que nous sommes à Rust, près de la frontière hongroise, nous changeons nos plans. Nous ne passons pas par la Slovaquie, nous allons directement à Sopron où nous étions passés en 2010. La ville était alors en travaux, notamment les sols pavés. De nombreux bâtiments sont encore actuellement en restauration. C'est samedi, jour des mariages. Nous montons au sommet de la tour du feu, à côté de l'hôtel de ville. Le ciel se couvre, les gouttes d'eau commencent à tomber...



Nous passons près de la synagogue où il y a une petite exposition sur les "oubliés de Sopron", déportés et morts en 1944.


Avant de quitter Sopron nous cherchons la pharmacie du Lion.


Sous une pluie battante, nous allons dormir devant le château de Fertod.


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Route vers Budapest que nous comptons juste traverser, nous l'avions visité en 1988. En chemin nous nous arrêtons à Kapuvar, c'est la sortie de la messe, beaucoup de gens ont mis le costume traditionnel.


Traversée de Budapest


Nous passons la fin d'après-midi à Godollo. Jipy fait un tour à l'université (un bâtiment nous rappelle le lycée Berlioz à Vincennes !)


Demain nous irons visiter le château de Sissi l'impératrice, Kiralyi Kastely.


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Lundi matin, nous visitons le château préféré de Sissi l'impératrice, le plus grand château baroque de Hongrie. On visite quelques salles où on explique la création du château, au XVIIIe siècle par la famille Grassalkovitch. Puis viennent les appartements de François-Joseph, et ceux de Sissi, décorés couleur lavande. On termine la visite par une exposition d'objets personnels de Sissi, puis les chambres des enfants où on explique que le château a été occupé par l'armée rouge, puis transformé en foyer pour personnes âgées aux environs de 1970. La restauration a été entreprise en 1996.

Les photos sont interdites à l'intérieur.

J'en ai trouvé quelques-unes sur internet...


Nous passons la soirée et la nuit dans le village traditionnel de Holloko. Nous ne verrons qu'une seule boutique. Les musées, cafés, magasins (et personnes costumées) ferment à 16h00, mais ce qui nous intéresse c'est l'architecture des maisons, avec la cave à vin (cellier) au rez-de-chaussée.


Soirée chez nous...

Mardi nous prenons la route de la Serbie, mais on ne quittera pas la Hongrie sans un petit bain dans des sources thermales !

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On ne peut pas traverser la Hongrie sans goûter aux joies des sources thermales ! C'est un véritable trésor national.

"L'histoire dit que grâce à l'épaisseur de la croûte terrestre formant le bassin des Carpates, la nature aurait doté la Hongrie de plus de 2 000 sources thermales. Aujourd'hui, sur l’ensemble du pays, on en dénombre plus de 1300 dont 123 à Budapest. Ces eaux, dont les températures varient de 21°C à 78°C sont riches en calcium, magnésium, soufre et minéraux." (tourmag.com)

C'est la 9ème fois que l'on traverse la Hongrie ou que l'on y séjourne, une fois de plus nous cherchons où faire trempette ! Il y en a toutes sortes, en plein air dans les campings, les couverts traditionnels, les célèbres de Budapest, celles dans des grottes, et les grands parcs aquatiques.

Notre choix se porte sur Szeged, ville que nous aimons bien, et qui est sur notre route. Nous choisissons des thermes traditionnels, assez petits fréquentés par les habitués le soir, aux vertus médicinales pour soigner nos rhumatismes, les thermes d'Anna. (L'entrée n'est pas chère du tout. De plus à 18h00 c'est demi tarif, et il y a une réduction à partir de 65 ans.)

Un vrai régal !


Nous dormons au bord de l'eau avec les moustiques...

Demain cap sur la Serbie où nous n'aurons pas internet. À bientôt...

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2 nuits et 3 monastères...

Premier arrêt au monastère fortifié de Manasija. Nous y passons la nuit et visitons le lendemain matin. J'enfile ma tenue de monastère orthodoxe, jupe longue, bras couverts, et éventuellement la tête ! L'intérieur est semblable à tous ceux que l'on a déjà visités, atmosphère feutrée, sombre, chœur caché derrière l'iconostase, grand nombre de peintures. Dommage, les photos sont interdites, mais on partage un sourire avec une famille serbe qui tente un selfie sans se faire remarquer par la gardienne.

À côté de la grande église neuve subsistent les ruines de l'ancienne église et les bâtiments monastiques très fleuris, le tout bien protégé par les fortifications.

Nous achetons dans la boutique une confiture de cerises très liquide et sucrée.


Nous allons déjeuner non loin, devant un autre monastère, Ravanica.


Après 200 km d'autoroute, nous faisons une halte à Pirot pour ravitailler Zezkinette. Jipy en profite pour se dégourdir les jambes en explorant une petite forteresse. Il se fait draguer et photographier par un petit groupe de femmes quinquagénaire ! Lui, il préfère photographier la jolie mariée ! Pendant ce temps je dévore le dernier Bussi !


Par une jolie route de montagne qui s'enfonce dans des gorges, nous parvenons au monastère de Poganovo. Étonnant, l'aire de pique-nique est utilisée tard dans la nuit par des familles qui descendent apparemment des litres de bière... Ça ne semble pas déranger les moines. Deux gros chiens nous ont adoptés et veillent sur nous !

Le site est magnifique, le monastère un petit bijou. Cette fois on peut faire des photos, on s'en donnera à cœur joie ! La boutique vend plein de bonnes choses à base de miel et de plantes, mais c'est le début du voyage, on a des réserves, on verra au retour ! On achète quand même un vin de mûres au miel et un fromage type fêta.

Devant un petit restaurant face au monastère une poubelle, en provenance de Maisons-Alfort (pas loin de chez nous !)


Cap sur la Bulgarie...

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2h d'attente à la frontière Serbie-Bulgarie ! C'est début août, une multitude de voitures (dans les deux sens) immatriculées en Allemagne et remplies de familles turques attendent le passage.

On achète la vignette (péage des routes), tarif week-end, il faut être rentrés au plus tard dimanche soir en Turquie. Par contre pas de bureau de change pour l'argent, on change un peu dans une station service à un mauvais taux.

L'entrée en Bulgarie est difficile, l'autoroute est en construction, on roule sur de très mauvaises routes. Nous ne nous arrêterons pas à Sofia, nous avions aimé son magnifique musée et la grande cathédrale orthodoxe en 2009.

Nous roulons toute la soirée, il fait bon et il y a moins de circulation, mais il faut être très attentifs, l'autoroute ne comporte que 2 voies, à droite des trabans et autres petites voitures qui se traînent, et à gauche les turcs-allemands très pressés qui roulent à 160 et nous font des appels de phares pour qu'on se pousse !

On a changé d'heure, une heure de décalage, il était temps car à 19h30 il faisait presque nuit !


Entrée en Bulgarie

Nous dormons à l'entrée d'un village. Le matin nous croisons des cigognes, des charrettes tirées par des ânes et des femmes portant sarouel et foulard dans les cheveux. On croise aussi les premières mosquées, en plaques de tôles, aux minarets très effilés.


Nous allons visiter le site antique de Perperikon occupé pendant plusieurs millénaires. Malheureusement l'orage arrive pendant qu'on dejeune. On pense être tranquilles tandis qu'on entame la montée au site... On a droit à une grosse averse de grêle, malgré les vêtements de pluie on est trempés ! On trouve enfin un abri ! On a eu bien peur...


L'orage nous laisse juste le temps de parcourir un peu le site et de faire quelques photos avant de reprendre...

Nous allons dormir sur le parking du tombeau Thrace d'Aleksandrovo, IVe siècle avant JC. Ce matin nous mettons toutes nos affaires à sécher au soleil avant d'aller visiter. Ce tombeau peint avec des scènes de chasse a été découvert en 2000.


Cap sur la Turquie... Nous n'aurons plus internet avec notre forfait, il faudra compter sur la wifi...

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Nous y voilà ! La frontière est bien organisée. Dans le No Man's land, un grand centre commercial nous permet de changer de l'argent et d'acheter une glace. Le vendeur félicite Jipy pour ses efforts dans la langue turque. Les gens sont détendus et souriants, tous les turcs-allemands sont ravis de retrouver leur pays pour les vacances, beaucoup de drapeaux sont brandis hors des voitures. Une femme voilée agite son grand drapeau, debout passant sa tête par le toit ouvert de sa voiture, laquelle fait des cercles devant la douane qu'elle vient de passer !

Nous venons de passer les 3000 kms.





Nous nous dirigeons vers la péninsule de Gallipoli, nous dormons près d'un phare au bord de la mer. C'est très venteux et les ordures qui débordent des poubelles envahissent un peu les lieux, mais si on arrive à faire abstraction de cela, on se croirait en Bretagne.

Le long de la route, plein de champs de tournesols. C'est curieux, certains baissent la tête, d'autres nous regardent fièrement !

Journée cours d'histoire ! La presqu'île est l'équivalent de notre Verdun. Elle est parsemée de monuments en hommage aux combattants de 1915. Nous passons rapidement devant un grand musée centre d'information. Nous déjeunons face à une reconstitution d'hôpital militaire, à côté d'une mosquée neuve.



Nous allons voir le Mémorial britannique du Cap Helles, puis le Mémorial français. C'est très émouvant...


Nous faisons halte au monument des martyrs de Canakkale, gigantesque table de pierre de 42 m de haut édifié à la mémoire de tous les soldats turcs tombés à Gallipoli.


Nous repartons vers le nord de la péninsule, en longeant encore de très nombreux monuments et cimetières militaires. À Anzac Cove, où débarquèrent malencontreusement les alliés, les collines sont érodées.


Le sphynx

Nous allons jusqu'au cap Suvia selon les indications de Park4night. L'accès est difficile, la route est en reconstruction, on y accède après un détour de quelques kilomètres de pistes. Le site est magnifique. Par contre il y a encore un monument militaire et un drapeau, à 21h les policiers viennent gentiment nous dire qu'on doit s'en aller !


On roule longtemps de nuit sur de mauvaises routes afin de rejoindre Eceabat. Cela nous permet de voir deux lièvres, un chacal, un hérisson, et un troupeau de moutons, conduit par deux bergers, qui rentre au bercail !

Nous arrivons finalement à nous garer dans un village.

Ce matin nous prenons le ferry de Eceabat à Canakkale, nous traversons le détroit des Dardanelles.


Ramasseurs de tomates
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250 kms après Canakkale, nous quittons la grande nationale pour aller dormir au bord d'un lac, à Golyazi. Nous tentons d'approcher du village qui est une île sur le lac, reliée par un pont. On fait vite demi-tour, les touristes turcs sont de sortie, les restaurants en plein air très actifs, on a peur d'accrocher notre Zezkinette ou de renverser un piéton. Le premier parking avant le village est très calme, on y passe une bonne nuit.

Le matin on a très envie de voir à quoi ressemble ce village qui attire tant de monde !

Il reste encore une église de l'époque grecque, elle vient d'être bien restaurée, une photo montre dans quel état elle était en 1992.



À l'entrée du village un sycomore géant déploie ses branches et symbolise une légende (des amours contrariées, des rencontres à l'abri de l'arbre et un suicide sous son feuillage...)

Des tours en bateaux sont proposés.


Le village est pleine rénovation, certaines maisons en ont bien besoin. L'ensemble est joli. Ici on aime et on protège les cigognes !


L'île est aussi un poste d'observation pour les oiseaux.


Nous grimpons sur la colline pour avoir une belle vue.


Nous mettons le cap à l'est, on traverse Bursa, où la vitesse est limitée à 82 km/h !


Nous allons visiter le village de Cumalikizik, aux maisons traditionnelles (socle de pierre, étage en bois et torchis). Il est devenu très touristique, ça nous fait penser aux villages chinois reconstitués qui sont de véritables attractions touristiques !

Si nous croisons beaucoup de touristes turcs, nous n'avons pas encore vu un seul touriste occidental.


Nous reprenons la route pour Iznik et son lac, très populaire le soir. Iznik a l'air de compter plusieurs monuments anciens, nous irons visiter demain.

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Iznik, l'ancienne Nicée, est entourée de remparts au bord du lac. On y trouve le théâtre romain, l'ancienne église grecque aujourd'hui mosquée, de nombreuses mosquées, un aqueduc et des artisans travaillant la faïence.


Dans la soirée nous reprenons la route pour presque 300 km. L'autoroute à 3 voies est difficile, les voitures doublent autant à droite qu'à gauche et ne respectent pas les limitations, il faut être attentifs. Pourtant de fausses voitures de polices jalonnent les routes...


Nous nous arrêtons pour la nuit près de Bolu, au bord d'un lac.


Nous ne sommes plus qu'à 80 km de Safranbolu.

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Jolie ville au patrimoine de l'Unesco, architecture ottomane : rez-de-chaussée en pierre étage en bois et torchis, colombages.

Un ancien caravansérail converti en hôtel, un petit marché traditionnel, des bains turcs encore en activité, et des échoppes pour les touristes où on vend bien sûr du safran, des produits à base d'huile d'olive et de rose, des loukoums...


Retour à la voiture... Il fait un peu chaud !


Nous allons dormir au bord d'un canyon, à quelques kilomètres,près d'un aqueduc illuminé.


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Avant de quitter notre canyon, Jipy va faire une promenade matinale sur l'aqueduc. Il photographie au passage une des attractions, la maison à l'envers.


On traîne un peu sur notre coin de camping sauvage. Je profite de la proximité d'une fontaine pour faire une grande lessive. Au moment de partir Jipy a attrapé un petit coup de chaud. Moi qui suis habituée à faire le co-pilote, il faut que je m'installe au volant... Grosse route de montagne avec un col à 1050 m, derrière un camion rempli de paille (j'en reçois plein le pare-brise), des voitures qui nous doublent tous les deux sans visibilité et sans respect pour la ligne jaune... Et avec un co-pilote qui s'est endormi ! Le camion sympa a fini par se garer pour me laisser passer ! Je ne fais pas durer le plaisir trop longtemps, une fois sortie de la montagne je m'arrête pour le déjeuner, c'est la forêt au bord d'une rivière, on repère le coin pour y dormir le lendemain ! Après le repas, mon pilote reprend des couleurs... et le volant !

Ces deux panneaux nous plaisent bien !


Nous arrivons à Amasra. On est samedi, veille de fête... Impossible de se garer, trop de monde, on se sauve sur Boskoy. C'est juste une plage avec très peu de place pour se garer, c'est payant et surtout on n'a pas le droit d'y passer la nuit. On repart donc sur Çakraz.


Pour 10 TL nous pouvons passer 24h sur un parking dans un pré, à côté de la mosquée, à 100m de la plage. Le rêve ! En se promenant le soir on découvrira un camping, très sommaire. Le village est tout petit mais sympathique : quelques commerces, la mosquée, un coiffeur, une flopée de restaurants, quelques maisons au rez-de-chaussée habité mais qui ne sont pas finies, et quelques immeubles sur la falaise.

La plage n'est pas très grande, elle est coincée entre deux falaises. Le paysage nous enchante, surtout au coucher du soleil. C'est très familial. Un régal pour se reposer 24h!

Pas beaucoup de burkinis, il y a même quelques maillots 2 pièces.


Dimanche en fin d'après-midi nous partons dormir dans le coin repéré au bord de la rivière. Beaucoup de gens sont venus y passer la journée, à partir de 22h00 nous sommes seuls.

Lundi sera une journée de route pour rejoindre Ankara, la capitale.

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Route vers Ankara, paysage désertique

Nous arrivons en fin d'après-midi à Ankara, nous nous installons dans le parking du parc d'attractions au pied de la vieille ville. On demande l'autorisation d'y dormir. On paie 5 TL, et comme on restera 24h, on rajoutera 3 TL, soit 1,40 € pour les 24h. Nous nous garons devant le poste de police. Le soir la fête foraine bat son plein jusqu'à plus d'1h. Le matin, le parking est désert, les policiers nous observent, intrigués par notre maisonnette !

Nous allons d'abord vers la ville moderne chercher un magasin, puis on abandonne, on découvre que la "fête du mouton" dure plusieurs jours, beaucoup de choses sont fermées.



Symbole d'Ankara

Nous montons alors vers la citadelle. Nous trouverons quand même une épicerie ouverte, Jipy grimpera avec 15 œufs dans son sac à dos sans en casser un !


Nous avons fini la soirée en admirant la grande mosquée neuve toute blanche face au parc. Le lendemain c'est encore ce bel édifice que nous admirons en premier, avant de nous rendre au musée. Nous traversons un quartier abandonné qui a dû être magnifique, il n'existera sans doute bientôt plus. Puis la rue des costumes de mariage, où quelques boutiques sont ouvertes.


Le musée des civilisations anatoliennes : situé dans un ancien marché couvert, il présente les différentes civilisations notamment les Hittites, qui nous intéressent particulièrement car nous allons visiter les sites archéologiques. Nous avons bien aimé les tablettes d'argile en écriture cunéiforme, relatant même un divorce !


Au musée nous rencontrons pour la première fois des touristes étrangers, essentiellement des groupes d'italiens qui visitent à grande vitesse. Nous montons vers une vieille mosquée, lieu de pèlerinage. Sur l'esplanade : la mosquée, le tombeau d'un saint musulman créateur de l'ordre des derviches, et les éléments d'une mosquée en plein air sûrement utilisée pour les grands pèlerinages. Tout le quartier a été rénové (et ce n'est pas fini). Sous la mosquée, une galerie marchande où l'on vend des articles religieux. Beaucoup de touristes turcs. De belles vues sur la citadelle. C'est le seul quartier où on trouvera une cantine ouverte.


Nous rentrons en traversant un petit marché très animé. Nous retrouvons Zezkinette avec 48 degrés !


Nous avons quitté Ankara vers l'est où nous avons trouvé un petit coin au bord d'une rivière pour passer la nuit. Nous n'avions pas vu que le chemin menait probablement dans un terrain militaire. À 1h30 des soldats nous ont réveillés. Après nous avoir demandé où on allait et d'où on venait, ils nous ont souhaité bon voyage, tout ça avec leur portable et le traducteur ! (et le sourire !)


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Les Hittites : cette peuplade régna sur un vaste empire Moyen-Orient, conquit Babylone et rivalisa avec les pharaons d'Égypte, il y a plus de 3000 ans.

L'étude des archives de l'état hittite, écrites en caractères cunéiformes sur des milliers de tablettes d'argile, permit aux historiens et aux archéologues de retranscrire son histoire.

Hattusha était la capitale hittite, découverte en 1834. Elle était ceinte d'une muraille de 7 km. On visite en voiture, en s'arrêtant aux points intéressants.



Non loin de là, Yazilikaya, lieu de culte.


Il y a quelques campings, tous abandonnés. La police nous donne la permission de dormir dans un endroit qui a jadis été habité... On est ravis d'avoir notre panneau solaire, on se demande bien comment on aurait fait sans lui pour nous ravitailler en électricité !

Le lendemain nous allons visiter le petit musée de Bogazkale, où sont conservés les sphinx de la porte du même nom. L'un des deux a été restauré en Allemagne, l'autre exposé au musée d'Istanbul, ils ont rejoint tous les deux leur ville d'origine en 2011.


Nous prenons ensuite la route pour Alakahoyuk, autre site hittite, beaucoup plus petit. Les fouilles sont inachevées.


Fin de journée sur la route, devant un restaurant abandonné (il y en a beaucoup). On a acheté un fromage torsadé, ça fait penser à la réglisse, en blanc !


Nous sommes à 40 km d'Amasya.

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Avant d'affronter la grimpette aux tombeaux d'Amasya, on se gare pour déjeuner devant un concessionnaire Fiat. Le vendeur, intrigué par notre véhicule, vient nous offrir 2 verres de thé ! Sympa !


Petite montée aux tombeaux des rois du Pont, de Mithridate 1 à 6, sous une grosse chaleur ! On a eu quelques gouttes de pluie mais ça n'a pas duré.

Les tombeaux sont vides mais le site est très beau. On a une belle vue sur la vieille ville. Chaque tombeau est creusé dans la roche, et creusé aussi tout autour en forme de U afin que l'eau de pluie n'y pénètre pas. Ingénieux !


Retour par l'autre rive. Monument national, musée de la médecine, mosquées...


Nous montons ensuite en voiture à la citadelle. Dommage, les portes se ferment à notre arrivée, c'est pourtant le moment où les couleurs sont les plus belles !

On échange quelques mots avec une française mariée à un turc, venus en vacances voir la famille. À part à Ankara, on n'a toujours vu aucun touriste étranger !

Nous prenons la route de Tokat, route à 4 voies. Nous décidons alors de prendre une petite route dans la montagne pour trouver un joli coin. Même sur la crête, à 1100 m d'altitude, rien pour se garer. Il fait nuit, nous sommes fatigués, on se gare sur le bas-côté. Mais il y a un peu de circulation... À minuit nous sommes réveillés en sursaut, Zezkinette a intrigué les villageois, ils sont une dizaine (il y a quelques femmes). Les gendarmes arrivent, contrôle des passeports... Ils sortent le traducteur pour nous dire que pour notre sécurité il faut aller ailleurs, on les suit (ils roulent vite !) On nous ramène vers Amasya, dans une grande station service sur la route à 4 voies. On retrouve la chaleur ! Dommage, on était bien au frais dans la montagne et on aurait eu un beau paysage au réveil !

Les gendarmes nous serrent la main, nous disent (via le traducteur) qu'ils aiment la France et qu'ils veulent nous aider !

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Une médersa en restauration, un ancien caravansérail où l'on vend de l'artisanat, une magnifique maison ottomane du 19ème siècle, et la mosquée Ali Pasha, voilà un joli moment passé à Tokat.



Comme nous n'avons pas récupéré de notre nuit mouvementée, nous décidons d'aller au lac d'Almus, où l'on élève des truites. On va essayer de se reposer !

On s'installe justement sur le parking d'un restaurant où l'on sert des truites grillées. On y mangera demain midi. Le vent s'est levé, les nuages sont apparus et la température a nettement baissé. On ressort les polaires. Après un mois passé entre 30 et 40 degrés en permanence, ça nous fait du bien !

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Lorsque nous arrivons au lac Almus, le vent se lève, la température baisse, le ciel s'assombrit. Les touristes turcs viennent ici pour déguster les truites. On ne peut pas se baigner. Le lac se trouve environ à 800m d'altitude. On repère un restaurant au bord du lac, on s'installe sur le parking, déjà bien rempli. On verra demain pour la truite, le soir on n'a pas très faim.


Après une bonne nuit réparatrice, on se lève, on a le parking et les toilettes pour nous tout seuls ! On en profite, douche, lessive, rangement des photos. À côté de nous une mosquée minuscule. Vers 10h30 la famille qui tient le restaurant arrive en camionnette. Ils devinent bien qu'on a dormi là, ils nous font un signe de la main. On essaie d'être discrets, c'est un peu raté car, si les toilettes sont neuves, les verrous et la plomberie laissent à désirer ! Jipy se retrouve enfermé... Le patron vient le délivrer en soulevant le loquet avec un couteau. Ça ne doit pas être la première fois que ça arrive !

Lorsque nous allons déguster la truite grillée, vers 14h00, le restaurant est plein ! Des turcs endimanchés ou habillés simplement, des femmes voilées et d'autres en tenue plus légère, et un groupe de jeunes en stage de Taekwondo. Les truites sont délicieuses. Lorsque nous demandons l'addition, le jeune homme nous signale que nous sommes ses invités ! Nous sommes très gênés, ils sont vraiment sympas ! À priori il ne doit pas y avoir souvent de touristes étrangers, qui de plus, viennent dormir devant chez eux !


Nous n'osons pas dormir 2 nuits au même endroit, nous allons un peu explorer le côté du lac au sud de la ville. Paysage désertique, des moutons, des vaches, des ânes, des bergers installés dans des cabanes au bord de la route, un petit village...

On s'arrête pour la nuit près d'une fontaine qui ne coule plus. Ici pas de soucis, les turcs viennent camper autour du lac, on voit des traces de feux de bois. Jipy nous fait une belle cueillette de mûres. Le soir on a droit à un petit orage. Ça n'empêche pas les feux d'artifices autour du lac !

La ville d'Almus a deux grandes mosquées collées à un immeuble. Curieux ! Nous passons par le barrage.

Nous prenons une route de montagne qui nous met sur la route d'Erzurum. Nous n'irons pas jusque là, nous avions exploré cette région en 2005. Nous tournons au sud, vers Divrigi. La route est magnifique, la roche se pare de diverses couleurs. Vers Zara, on aimerait s'arrêter, on ne trouve rien, et depuis notre expérience précédente on sait que dans la région il ne faut pas s'arrêter n'importe où. Du coup on avale les 300 km dans la journée, on passe un col à 1810 m, on se couche dans une station service à Divrigi.


Allez, un peu de cuisine ! Voilà comment on fait notre jus de mûres : on filtre l'eau, on la stérilise, on la fait tourbillonner, on rince les mûres, on met dans notre mixeur 3 c à soupe de mûres, 2 c à café de lait d'amandes en poudre, une giclée de sirop de coco, on complète avec de l'eau stérilisée, on mixe. On filtre avec une passoire. Il n'y a plus qu'à déguster !


Jipy regrette que je ne l'ai pas photographié en train de cueillir les mûres, il trouve qu'il manque une étape ! Ce sera pour la prochaine fois !

À Divrigi on retrouve les 36 degrés et les mouches...

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Le matin à la station service, le gardien vient visiter notre habitation, ainsi que d'autres clients de passage. Ils sont moins timides ici !

Nous avons une belle vue sur la citadelle. Nous traversons le village pour atteindre une belle mosquée ancienne de 1228, aux magnifiques portails sculptés. Elle est actuellement en restauration mais une passerelle permet d'en faire le tour.

Au passage, Jipy se fait un petit copain !

Nous déjeunons au village, puis Jipy a très envie de grimper au sommet de la citadelle. Je ne le suivrai pas, il fait trop chaud et j'ai besoin de temps pour vous écrire ! Il revient épuisé mais ravi, le paysage est magnifique.


Nous quittons Divrigi sous un ciel couvert. La route grimpe dans un paysage désertique. À 1500m d'altitude on trouve une belle fontaine, plutôt un abreuvoir. On en profite pour faire le plein d'eau, les vidanges, un brin de toilette et de lessive, en évitant les bouses de vaches. Soudain un troupeau débarque ! Le berger me fait signe de ne pas avoir peur ! Les bêtes ont soif, mais ne s'attardent pas. On a bien ri !


Nous reprenons cette belle route de montagne, passant un col à 1950 m, croisant d'autres troupeaux et des ruches.

Nous n'avons fait que 88 km. Nous nous arrêtons à Kangal, avant la nuit. On trouve une petite place dans une station service remplie de camions. Il est temps car la tempête s'annonce, vent, orage et pluie toute la soirée. Heureusement là on se sent en sécurité.

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Kangal, c'est le nom de ces gros chiens gardiens de troupeaux. Est-ce qu'ils sont originaires d'ici ?

Nous quittons Kangal sous le soleil, plusieurs collines sont couvertes de panneaux solaires. Le paysage est toujours désertique et multicolore.

Nous nous arrêtons dans une station service avec aire de pique nique, à environ 1400 m. En contrebas, une exploitation agricole nous intrigue. En promenade digestive nous allons voir de plus près. Les travailleurs sont ravis que l'on s'intéresse à leur travail. Ils demandent à être photographiés. L'exploitation est assez complète : des vaches, un élevage de poissons, des pommes, de la luzerne, du maïs et surtout un moulin pour moudre le blé. Plusieurs tracteurs s'arrêtent ici pour venir faire moudre leur blé.


Arrêt suivant au caravansérail de Sultanhani, du 13ème siècle, bien restauré. C'est la journée des rencontres ! À côté du caravansérail, un groupe du 3ème âge joue au Rumikub (ils appellent ça le Hokey !) Un papy vient visiter Zezkinette, puis nous explique quelque chose qu'on traduit par : un français va venir. On se dit qu'on a dû mal comprendre ! Ben si, une voiture française arrive, un turc qui vit depuis 39 ans à Strasbourg. Il est parti de son village à 18 ans, pour être maçon en France, il revient ici chaque été. Il va chercher un gamin qui détient la clé. Nous faisons la visite tous les trois.

Ce caravansérail est très beau, il contient tout ce qu'il faut : les couchettes pour dormir, la cuisine, le hammam avec ses canalisations, la mosquée au milieu, les écuries pour les chameaux, et un chemin de ronde où bien sûr Jipy va grimper !


Depuis plusieurs jours nous voyons toutes les maisons, même les plus délabrées, avec un panneau solaire (et souvent la parabole). Notre compagnon nous explique que c'est pour l'eau chaude, ça coûte 2000 TL (300 €), ils font ensuite des économies de gaz et d'électricité.


Nous finissons la journée au barrage de Sarimsakli. Un gardien surveille cette grande aire de pique nique et de jeux, où il doit y avoir du monde le dimanche. On a de la chance d'avoir trouvé ça, un peu de nature ça change des stations-services !



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Avant d'entrer dans la grande ville de Kayseri, nous allons faire un petit tour au site Hittite de Kultepe, très ancien, 4000 ans avant J. C. Il n'y a pas grand chose mais c'est intéressant de savoir qu'ici on a trouvé bon nombre d'objets (dont les tablettes d'argile) vus aux musées.

Le site est partagé en deux, Kanis, la ville, et Korum, le palais.

Kayseri : grande ville moderne, qui n'en finit pas de grandir ! Tout est encore en construction. Par contre on circule bien, les avenues sont larges et il y a beaucoup d'espaces verts.

Au centre ville, grande place entourée de mosquées et de médersas, et un château en rénovation.



Un grand marché où l'on vend des épices, des bijoux...


C'est vendredi, veille de mariages :


Nous allons dormir en hauteur, dans un grand parc où les habitants de Kayseri viennent passer leur soirée, avec restaurants, jeux pour enfants et appareils de gym pour adultes.

Nous profitons de la quiétude du parc le matin, on a l'impression d'être dans un grand camping vide ! Il y a même un supermarché pour refaire le ravitaillement.

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Arrêt à Incesu. On a lu qu'il y avait un caravansérail (17ème siècle) et une vieille ville. Le caravansérail est utilisé comme salle des fêtes. On n'imaginait pas que la vieille ville aurait cette allure là ! On a l'impression qu'il vient d'y avoir un tremblement de terre ! Surprenant que tout n'ait pas été rasé pour faire place à de grands immeubles comme on voit souvent. Beaucoup de maisons sont encore habitées, on a trouvé 2 restes d'églises dont une est en restauration. Et bien sûr, les chauffe-eau solaires un peu partout ! Impressionnant !


Dans toute la région des camions proposent au bord des routes des pastèques et des melons jaunes. On se laisse tenter par un melon, délicieux.



On fait le tour de ce qui a dû être un lac salé. On pensait voir des flamants rose, mais on se rendra compte par la suite que le lac aux flamants est plus loin. Le guide LP a fait une erreur. On aime beaucoup le paysage, de grands troupeaux de moutons, de chèvres et de vaches viennent brouter ici, toujours accompagnés d'un berger avec son âne.

Nous prenons la route de la Cappadoce. Nous n'irons pas dans les hauts lieux touristiques car c'est la troisième fois que nous venons en Cappadoce. Mais c'est tellement beau qu'on va trouver des choses pour le plaisir des yeux !


Nous allons passer 2 nuits à Mustafapasha.

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Repos à Mustafapasha. On a besoin de souffler, Zezkinette aussi. On passera 2 nuits au même endroit, ça nous arrive rarement. On est garé à la sortie du village, devant un terrain où trois petits immeubles sont en train de se parer de grands panneaux solaires. D'ici peu d'autres immeubles sortiront sûrement de terre !

Mustafapasha est en pleine Cappadoce mais n'est pas dans les grands circuits touristiques. Nous n'y verrons qu'un groupe de touristes asiatiques. Il y a actuellement beaucoup de travaux de restauration, d'anciennes maisons grecques sont retapées et la plupart deviennent maisons d'hôtes.

Balade dans le village :


En fin d'après-midi Jipy part explorer le canyon qui se trouve à la sortie du village, vers l'église Vasilios.


Après une bonne nuit, une douche aux toilettes municipales et une lessive, nous allons visiter le monastère St Nicolas, restauré depuis 2012, après un arrêt rapide à Agios Stefanos.


Nous prenons la route vers Urgüp


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Premier arrêt à 2 km d'Urgüp. Une piste nous conduit à l'église de Sarica, qui est fermée. Mais nous aimons beaucoup le paysage et nous allons voir les 2 églises qui se trouvent en contrebas, dans des mamelons de terre craquelés.

Nous continuons la piste sur 1 km jusqu'à l'église de Pancarlik, plus célèbre car elle a conservé ses fresques.

Nous nous y trouvons en même temps qu'un groupe de coréens, les seuls touristes étrangers. Quelques turcs visitent, c'est dimanche.

Nous redescendons vers la plaine, vers le lac où l'on peut voir, paraît-il, des oiseaux.

Nous sommes assez déçus car le lac est très réduit, la plaine est à sec et le coin est très agricole. Selon les indications du LP nous allons à la réserve du Sultan. Des promeneurs du dimanche font le tour d'un arbre sur un cheval, les enfants grimpent sur des jeux, et l'entrée est payante pour accéder par une passerelle au lac. À peine garés un gardien nous tombe dessus pour nous dire d'aller au camping dans un jardin et de prendre un bateau sur le lac. Notre côté sauvage prend le dessus, on n'arrive pas à imaginer qu'il puisse y avoir des oiseaux ici, on se sauve ! Nous prenons la route de Gümüsler, on ne le regrettera pas !

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Le monastère rupestre de Gümüsler (et ses habitations) s'étend sur une longue bande de terre au pied d'une colline. Nous allons devant la petite mosquée moderne pour chercher un endroit plat. Comme on nous regarde, on préfère demander. On nous indique très aimablement où nous poser. Pendant que nous dînons, on frappe au carreau : un monsieur âgé ayant habité à Chartres vient nous demander si on a besoin de quelque chose ! Il est tout content de parler français, même s'il a oublié quelques mots.

On s'endort en toute sécurité, malgré le haut-parleur de la mosquée placé juste au-dessus de nous !

Nous apprécions beaucoup la visite du Monastère. Il est bien aménagé, on peut circuler dans les souterrains. On y découvre des restes de moulins à huile.

Puis on découvre l. église et ses fresques...

On peut grimper sur la colline pour être sur "le toit de l'église". Ça nous rappelle beaucoup Lalibella en Éthiopie !

Nous partons sur Nigde, à quelques kilomètres.

La mosquée Sungurbey est en travaux, mais nous arrivons à trouver ce qu'on cherche : une étoile de David sculptée dans la rosace côté nord.


Après un délicieux repas, nous montons au château. C'est un parc très agréable, avec vue sur la ville, une grande et une petite mosquée et une tour de l'horloge. Un petit bout de rempart a été aménagé.


Dans une ruelle on fabrique la célèbre pâte de tomates.


Certaines maisons le long des remparts ont encore du mal à tenir debout. Quel contraste avec les immeubles très modernes autour.


Il fait très chaud, je déclare forfait, tandis que Jipy part à la recherche d'une Medersa, un tombeau, une église arménienne et une église orthodoxe !

Nous prenons la route de Guzelyurt, route de montagne toute neuve ! Nous passons un col à 2100 m. Il fait bon !

Beaucoup de troupeaux, des petits et d'autres immenses, mais tous marchent sur la route ou la traversent, prudence !

On traverse des petits villages traditionnels, c'est plus proche de la Turquie qu'on a connue auparavant.

Nous passerons la nuit au pied de l'église Yuksek, qui domine le petit lac, avec vue sur le village, selon une indication de Park4night. Mais toute la soirée des voitures viennent se garer 20 min environ au pied de l'église, du coup on tarde à se coucher. (On imagine tout...) On a raison d'attendre car à 23h30 on a la visite de la police. Ils appellent leur chef au téléphone, qui nous donne la permission de rester là !Ensuite le traffic se calme, on peut dormir tranquilles.

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Réveil dans ce cadre magnifique, église haute de Güzelyurt. Nous voyons réapparaître l'immense troupeau de moutons et de chèvres vu la veille, lorsqu'il rentrait à la bergerie. Les moutons sont disciplinés, ils marchent à la queue leu leu, par contre les chèvres cavalent dans tous les sens et escaladent les rochers, on a pitié du pauvre berger qui leur court après en essayant de les canaliser ! Ça me rappelle les sorties scolaires !


Deux jeeps avec des allemands arrivent d'une piste et attendent la visite. Vers 10h00 le gardien arrive, Jipy en profite pour se joindre aux allemands et faire Indiana Jones dans un tunnel.

Nous choisissons de ne pas visiter la vallée des églises, qui doit ressembler à tout ce qu'on vient de voir. Nous retournons sur la route neuve pour nous rendre à l'église Rouge. Une petite piste nous y conduit. De grands souvenirs d'Arménie remontent à notre mémoire. Il est dommage qu'elle soit couverte de graffitis et qu'il y ait tant de déchets autour !


Nous reprenons la piste lorsque nous croisons un petit camping car... français ! Nous n'avons pas bavardé avec des français depuis notre première nuit, le 22 juillet, à l'aire de CC de Sarrebourg ! Comble du bonheur, Chris et Véro font partie des grands baroudeurs qui sont allés jusqu'en Mongolie avec leur véhicule. Nous avions déjà vu leur nom, Infinitrip, sur un des blogs de voyageurs que l'on suit. Le monde est petit finalement, surtout avec les moyens de communications actuels !

Nous aurions pu bavarder des heures. Mais les turcs n'aiment pas qu'on stationne au bord des routes, même quand c'est une petite piste et qu'on ne dérange personne. Les policiers arrivent (prévenus par un des villageois ?), téléphonent à leur chef qui nous parle en anglais. Ils nous laissent le temps de faire une photo, puis nous font comprendre en montrant la montre qu'il est temps qu'on s'en aille !

Après un pique-nique à l'ombre dans une jolie station service déserte, nous prenons la direction du lac salé (Tuz Golü). Un petit arrêt les pieds dans l'eau, chaude, salée, rose...

Nous voulons rejoindre un spot indiqué par Park4night. Pour cela nous devons traverser un bout de lac sur une digue. La route est pleine de trous, mais la vision est magique.

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5h30 sur le Tuz Golü...

Pendant notre petit déjeuner, nous voyons arriver deux chiens. Ils se précipitent pour boire, l'un d'eux prend même un bain dans l'abreuvoir ! Puis suivent deux bergers sur leur âne. Le plus âgé est très intéressé par Zezkinette, il la regarde sous toutes les coutures en répétant "guzel" (beau). Tandis que les deux bergers s'installent pour la journée dans leur abri, l'immense troupeau de moutons apparaît au loin derrière nous ! C'est impressionnant, ça fait penser aux films où l'on voit arriver au loin sur les collines l'armée de Gengis Khan, dans un nuage de poussière !

Nous continuons la piste pour Bozan. Quand on voit de loin ce petit village, on imagine des maisons rudimentaires. On est bien surpris en s'approchant, ce sont des maisons neuves colorées entourées de murets. Ce sera ainsi tout autour du lac, les maisons neuves côtoient les maisons en ruines, à priori ce sont des gens immigrés en Europe qui se font construire ces belles villas. Les mosquées sont aussi toutes neuves.

Arrêt à Omeranli, petite ville, qui possède une mosquée toute neuve. Elle est très belle, même si certains diront que c'est kitch ! Les toilettes et l'endroit pour se laver les pieds ont de l'eau très chaude ! On en profite...

Nous poursuivons sur les petites routes, croisant des ânes, un aigle, et deux espèces d'écureuils terrestres.

Caravansérail de Sultanhani : le plus grand de Turquie, 13ème siècle, en restauration. Beaucoup de marbre, et l'intérieur ressemble à nos grandes cathédrales de la même époque.

Nous finissons cette belle journée en nous dirigeant vers le site de Çatal Hoyuk, où nous passerons la nuit. La route est moins dépaysante, on longe un canal qui irrigue beaucoup de cultures. Les grands troupeaux de moutons sont toujours présents !

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Dans les années 60, un archéologue britannique entreprend les fouilles de tumulus néolithiques et découvre une communauté humaine vieille de 9000 ans, qu'il déclara la plus ancienne au monde (depuis on en a trouvé une vieille de 10 000 ans).

Il n'y a pas grand chose sur le site mais c'est tout de même très intéressant. On comprend comment les maisons étaient construites et le mode de vie des habitants. À l'entrée du site on a reconstitué un groupe de maisons, à la différence près que les ouvertures qui nous permettent d'entrer n'existaient pas : les habitants pénétraient dans leur maison par le toit plat, sur lequel se déroulaient les activités de la journée. On circulait de maisons en maisons grâce à des échelles. Les ordures étaient jetées dans l'espace vide entre deux maisons, ce sont ces déchets qui ont beaucoup appris aux archéologues.

Lorsqu'une maison était trop vieille, on abattait le toit et les murs, et on reconstruisait par-dessus, ce qui explique que la ville avait monté de 21m en 4000 ans environ. Les anciens étant enterrés sous la maison, les archéologues ont découvert beaucoup de sépultures.

Nous allons de Çatal Hoyuk à Gokyurt directement vers l'ouest, en ne prenant que des petites routes. On aura droit à 7 km de piste. Le paysage est désertique, encore une fois on ne croise que les troupeaux de moutons, quelques maisons basses en terre, et des tas de son !

Quelques kilomètres avant Gokyurt, le paysage devient plus forestier et plus agricole. On trouve une fontaine tous les deux cents mètres, on se demande bien d'où vient toute cette eau ! Une petite mosquée construite apparemment avec un container sert peut-être aux agriculteurs qui veulent faire leurs prières. À Gokyurt, on retrouve le paysage de la Cappadoce.

Nous cherchons une église rupestre. MapsMe a fait l'erreur de la placer au centre du village, à l'emplacement le plus élevé où trône le drapeau turc ! Nous voilà embarqués sur des petits chemins pavés qui grimpent. On fait 3 tentatives pour faire demi-tour, avec les poules, la bouse de vaches et le précipice ! Notre Zezkinette est longue, c'est un peu la panique... Heureusement les habitants sont relax, ils ont apparemment l'habitude, ils nous aident (le lendemain un couple de touristes a la même mésaventure, mais eux ont loué une clio !)

On arrive enfin à poser notre maisonnette, on fait le tour du village à la recherche de cette fameuse église, quand on réalise qu'elle est en dehors du hameau !

J'ai adoré cette balade, on avait l'impression de faire un voyage dans le temps. Des femmes faisaient du yaourt et nous l'ont fait goûter. C'était un peu aigre, avec des petites céréales dedans. Elles étaient très souriantes et acceptaient de se faire photographier (les femmes, pas les céréales !)

Une partie du village est en ruines, avec parfois une fenêtre ou un balcon neuf. C'est le soir, on rentre les vaches, on gare les tracteurs, on travaille le blé, on rentre du bois...

Nous allons passer la nuit en bas du village, devant l'église rupestre. Encore un superbe site !

Une petite photo de notre maisonnette en mode couchage, avec bien sûr nos quatre compagnons...

Petite balade du matin pour voir l'église rupestre et profiter du paysage.

Nous repartons après le déjeuner vers Beysehir.

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Esrefoglu Cami, superbe mosquée fin 13ème siècle qui comporte 39 piliers en bois. Elle a été construite en 3 ans, de 1296 à 1299.

Statues représentant les grandes personnalités du monde turc et perse, au bord du lac Beysehir.

Nous allons dormir à Tolca, petit village au bord du lac Beysehir. Beaucoup d'oiseaux, dont des ibis noirs qui nous émerveillent.

Quelques photos de Tolca : de très vieilles maisons en torchis et en bois, des appareils de gym pour les adultes et des structures pour les enfants ultra-modernes, des vaches qui prennent leur bain en compagnie des oiseaux... et pour nous c'est l'heure de la douche !

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Une petite ville animée, des îles reliées à la ville par une digue, un bien joli coin !

Une mosquée face à une médersa jadis caravansérail.

Centre ville bien décoré et magasins où l'on vend des produits à base de roses. Ce soir il y a compétition de Taekwondo et de Kick Boxing. Un grand écran retransmet la compétition, surprenant car il n'y a pas foule !

Dodo sur un parking au bord du lac, avec toilettes. Deux familles dorment autour de nous sur des tapis. Ils ont leur voiture, sûrement des turcs en week-end.

Petite promenade sur la citadelle. Puis route pour Sagalassos. Arrêt pique-nique au bord du lac, mais on ne se baigne pas, de gros cailloux et pas mal de déchets jonchent le bord du lac.

Sagalassos : site développé au début de l'Empire romain. Belle route de montagne pour y arriver et paysages splendides. Belle grimpette pour atteindre le théâtre.

La visite est un peu gâchée car nous sommes contrariés : c'est dimanche, donc du monde, difficulté pour se garer, notre Zezkinette a accroché un rebord de pierre au ras du sol. Elle est un peu enfoncée sur le côté. Ce n'est que matériel, mais c'est dommage !


Nous aurions bien aimé dormir là mais c'est interdit. Nous redescendons les 6 km de montagne pour Aglasun où nous demandons la permission de nous garer face à un café.

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Ça y est, on a atteint la Méditerranée. Avec une grosse pensée pour tous les petits français (et les grands) qui font la rentrée des classes, on se plonge avec délice dans cette eau bien chaude !

Nous sommes allés à la plage publique de Kadriye, pour 3 TL l'accès au parking, on nous autorise à y passer la nuit.

Théâtre romain d'Aspendos, fait entre 160 et 180 après JC. On sent qu'on est dans une zone touristique, 42 TL l'entrée (ailleurs c'était toujours 5 ou 7), et les cars des excursionnistes défilent. Ce sont essentiellement des touristes russes ou asiatiques. Mais ils ne sont pas gênants, ils jettent un œil au théâtre et repartent vers un autre lieu !

Le théâtre est bien restauré, l'acoustique est très bonne, il y a d'ailleurs souvent des spectacles. Dommage, pas aujourd'hui... Hier on jouait Carmen, si on avait su !

Il faut monter derrière le théâtre pour découvrir la ville romaine. En début d'après-midi il fait très chaud. On revient rouges comme des pivoines et trempés, mais ça vaut la peine. De plus rares sont les courageux qui s'y aventurent !

Vue sur le théâtre, grande basilique, marché, canalisations, agora, stade, et au loin magnifique aqueduc.

En partant, un petit coup d'œil au joli pont sur la Kopruchayi

Nous allons reprendre un bain méditerranéen et dormir sur la plage de Lara. Nous sommes tout près d'Antalia.

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Attention, petits chats... Il y en a même un qui a fait des glissades sur le capot de Zezkinette la nuit !

Après la baignade, douche sous le jet d'arrosage d'un restaurant qui sert pour les mariages, actuellement fermé (mais l'arrosage fonctionne inutilement, autant qu'on en profite !)

Arrêt pique-nique aux chutes d'eau Duden Salesi

Antalya : ville moderne.

Nous passons par la porte d'Hadrien.

Plusieurs mariages aujourd'hui...

Musée Suna : reconstitution d'une maison traditionnelle (préparation des mariés et préparation du café) et exposition dans une ancienne basilique.

Les photos des porteurs d'eau nous rappellent nos premiers voyages en Turquie, ils n'existent plus.

Après le musée nous retrouvons Véro et Chris, nous continuons la balade en leur compagnie.

On découvre une église orthodoxe active, le minaret tronqué qui a été restauré, le port, la belle mosquée ancienne, la tour de l'horloge, puis nous retrouvons Zezkinette dans la ville nouvelle en empruntant une passerelle avec escalator.

Nous partons de nuit vers Termessos. Nous avons rendez-vous sur un site iOverlander, mais après 3 km de mauvaise piste on abandonne. Heureusement grâce à internet on communique avec Véro et Chris qui eux aussi sont perdus dans la forêt sur une autre piste ! On fait demi tour et on se retrouve tous les 4 pour une bonne soirée à l'entrée de la piste, sur une aire de pique nique un peu à l'abandon !

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Superbe journée à Termessos où nous avons joué les Indiana Jones avec Véro et Chris. Rude montée, des ruines coincées dans la jungle... Un petit air d'Angkor (Cambodge).

J'ai particulièrement adoré le théâtre (peut-être parce qu'on y a retrouvé Jipy que je croyais tombé dans un trou !) Plus sérieusement, j'ai aimé ce théâtre perché au sommet de la montagne, la vue est magnifique ! En contrebas on aperçoit les tombes que Chris est allé explorer. Les pierres rappellent les sites incas, pierres en forme de L qui s'emboîtent parfaitement. On voit des trous qui ont peut-être servi au transport à dos d'homme... On se demande bien comment on a pu transporter tout ça ici, quel courage !

Nous sommes redescendus du site par le sentier des tombes, un petit air de Pétra (Jordanie).

Bien fatigués, nous nous posons tous les 4 dans une zone balnéaire pour les russes, parking pas terrible mais on nous laisse tranquilles. À 21h on va prendre un petit bain dans la mer chaude dans un petit espace entre deux hôtels dans une cacophonie de boîtes de nuit (lambada...) Pas question de longer les hôtels, les gardiens veillent !

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Nous partons tard aujourd'hui. Le temps a été couvert, l'orage a grondé et un peu de pluie a tenté de nettoyer Zezkinette. On s'arrête faire le plein d'eau de source au pied d'une cascade. Le petit restaurant qui la côtoie a été inondé, les employés s'affairent pour enlever la boue et tout faire sécher, apparemment c'est ici que l'orage a été le plus violent.

Depuis la route principale, on dévale 11km pour rejoindre Olympos. En bas, la route suit la rivière, à gauche une succession de petits restaurants et hôtels en plein air (avec "chambres dans les arbres"), à droite des voitures garées sur des km, au milieu, des piétons, et tout ça dans la boue, il a bien plu ici ! On est bien tenté de laisser tomber, surtout qu'à l'entrée du site on tombe sur un parking payant et qu'il est déjà 17h30. On fait demi-tour, quand une place se libère le long de la rivière. On ne regrettera pas d'avoir insisté, nous sommes enchantés par notre visite.

Le site s'étend surtout à gauche de la rivière.

On suit un sentier le long d'un petit canal pour voir la maison des mosaïques. Malheureusement celles-ci sont vraisemblablement cachées sous des bâches. La chaleur, l'humidité, la jungle, les zzzz des insectes... On est en pays tropical, ambiance de l'Asie...

L'arrivée à la plage est superbe, on se plonge dans l'eau avec délice. Surprise, la rivière lui apporte des courants froids. C'est quand même très agréable. D'ailleurs à 18h30 il y a encore beaucoup de monde ! Certains ont passé la journée à la plage, avec tables, chaises, repas, parasol, tout un déménagement !

Retour par le même chemin, Jipy va explorer le théâtre et les quelques ruines sur l'autre rive.

Nous remontons nos 11km de montagne, pour redescendre par une autre route sinueuse à Çirali. La traversée du village est difficile, encore énormément de restaurants, d'hôtels en plein air et de piétons partout. Ambiance Bali !

Le parking de Chimère est en pleine campagne au bout du village. Après un petit km de rude montée et une sacrée suée, nous découvrons Chimère et les petites flammes qui brûlent un peu partout grâce au méthane. On a de la chance, il n'y a pas trop de monde, peu de groupes. L'ambiance est un peu magique. Quelques-uns font griller chamallows ou saucisses sur les flammes, mais ça se passe dans le calme, c'est la bonne surprise.

À partir de minuit on doit évacuer le parking, nous allons dormir à l'entrée du village.

Journée farniente, la plage n'est pas loin. On réalise alors que nous sommes tout près d'Olympos et de l'endroit où nous nous sommes baignés hier soir ! On aurait pu venir directement à Çirali, on aurait évité les 11km de montagne !

Eau délicieuse, paysage karstique, on en prend plein les yeux !

Attraction touristique...

Retour sur la route principale, vue sur Chimère et Çirali.

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On passe la nuit devant la grille fermée du site d'Arykanda ! On a juste la place de poser notre Zezkinette, face au Arykanda restaurant.

C'est dimanche, on a le site presque pour nous tout seuls... Tout le monde est à la plage ! Le site est gratuit.

Ce site est une très bonne surprise. Il est assez étendu et bien entretenu. Plusieurs mosaïques ont été mises au jour, certaines sont en restauration.

Encore des murs comme dans les cités incas !

Puis en hauteur un magnifique théâtre.

Tout en haut, contre la falaise, l'Agora haute, qui comprenait 12 boutiques. La place était dallée de pierres plates, deux hautes marches permettaient d'accéder sur une terrasse en bois, devant les boutiques.

Vient ensuite le stade, l'Agora du bas et l'Odéon.

Limyra, que Jipy a visité seul. 7 TL

Il n'y a pas grand chose à voir, l'intérêt réside dans la rivière qui coule sur une route à colonnades. On peut marcher sur cette voie les pieds dans l'eau.

C'est sous un gros orage qu'on quitte Limyra. On se dirige vers Demre (appelé aussi Kale), énormément de serres bordent les routes, de loin on croit voir des marais salants ou des rizières !

Demre est la ville de Saint-Nicolas. On y trouve aussi le site de Myra devant lequel nous allons dormir.

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Myra : une paroi rocheuse criblée de tombeaux lyciens et d'un théâtre romain bien conservé. 36 TL

Ce théâtre devait être sublime, à en juger par ces pierres décorées de personnages grimaçants et de frises fines aux motifs végétaux.

Les tombeaux lyciens aux frontons décorés avec de hauts reliefs.

La visite de Myra et de la basilique Saint Nicolas (36 TL) se fait en compagnie de nombreux russes, certains très fervents. Des bus entiers défilent et tout est écrit autant en russe qu'en turc dans la ville ! Nicolas 1er de Russie y a fait des dons.

La légende du Père Noël semble provenir de Kale (Demre) au 4ème siècle, créée par un évêque qui est ensuite devenu Saint Nicolas. La basilique renferme son tombeau. Elle est décorée de nombreuses fresques racontant la vie du Saint.

La basilique est candidate pour être classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

De nombreuses boutiques proposent des icônes et des médailles à l'effigie de Saint Nicolas, que les russes font bénir en les glissant sous la paroi en verre du tombeau pour le toucher.

Comme tout le monde on a caressé le pied gauche de Saint Nicolas, on ne sait jamais...

Retour chez Zezkinette qui affiche 50 degrés. Je laisse le soin à Jipy de rafraîchir l'atmosphère pendant que je vais faire le ravitaillement dans les magasins à air conditionné !

Je retrouve mon Doudou liquéfié, trempé des pieds à la tête... Le sauna ce n'est pas trop sa tasse de thé ! On décide alors de refaire 17 km en arrière pour faire trempette dans cette belle crique repérée hier soir sur la route. Y'en a qui vont reconnaître !

Nous filons ensuite sur Uçagiz (Kekova) où nous arrivons de nuit. On trouve un petit coin pour se poser. On trouve une agence, juste après la mosquée, qui propose des excursions en bateau pour 100 TL, repas compris.

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Un petit tour dans cette jolie mosquée minuscule avant de s'embarquer pour une magnifique journée.... de vacances !

Après un premier arrêt baignade à l'aquarium (peu de poissons malgré le nom), arrêt à Tersane. Restes d'arches (basilique ?) et ruines romaines. Un vendeur propose bracelets, origan et pancakes. L'équipage nous propose thé et biscuits.

Nous longeons l'île de Kekova et les restes de la cité engloutie. Il est interdit d'y nager.

Troisième arrêt à Gokkaya. Arrêt baignade tandis que le cuistot fait griller le poulet. À cet endroit, un petit courant froid traverse la baie, il doit y avoir une source. Il est d'usage de se frotter le corps avec le sable pour faire un peeling !

Quatrième arrêt : sieste digestive. Certains se baignent, d'autres lisent, et des téméraires font un tour de manège (en hurlant à pleins poumons) proposé par un petit malin avec son hors-bord.

Puis nous passons devant la grotte du pirate, un grand trou dans la falaise où le bateau s'enfonce à moitié.

Cinquième arrêt : le petit village de Kalekoy et son château. Visite du célèbre tombeau dans l'eau, puis une sacrée grimpette jusqu'au château (14 TL) d'où la vue est superbe.

On finit en goûtant la célèbre glace au lait de chèvre, faite maison, un régal !

Avant de rejoindre Uçagiz, on nous offre un dernier arrêt baignade pour aller toucher le tombeau immergé. Retour accompagnés d'une musique turque sympa et d'une assiette de pastèque.

Nous partons nous installer sur le petit port entre Uçagiz et Kalekoy. C'est un départ de kayaks.

Demain matin, au boulot : photos, grand ménage, lessive... Finies les vacances (lol)!

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Une petite précision : non, le voyage n'est pas fini, même si c'est un peu la route du retour ! Se sont écoulés les 2/3 de notre voyage... Quand j'ai dit "finies les vacances", c'était par rapport à notre journée en bateau ! On s'est laissé porter par les flots toute la journée ! Pas besoin de conduire, de cuisiner, de faire la vaisselle, de faire la lessive, de nettoyer le Van, de retourner le siège, de transformer la salle à manger en chambre et vice-versa, de faire le plein d'eau, de vidanger eaux grises et eaux noires, de mémoriser ce qu'on a vu, de réviser ses cours d'histoire, de préparer la prochaine étape, d'écrire les carnets de voyage, de traiter les photos, de gérer le budget... C'était une vraie journée de vacances quoi !

Mais tout ce travail qui fait partie du road-trip, on adore ça !

On a bien travaillé le lendemain, c'était jour de grand ménage à bord ! On a profité de ce super coin tranquille. On a quand même fait trempette.

Soirée à Kas. Ville très touristique, les immeubles dégringolent de la falaise... Quelle frayeur pour se glisser dans les petites rues où le soir tout le monde est de sortie, à pieds ou en voiture ! On se sauve sur la presqu'île pour dormir garés le long de la route, mais avec un superbe paysage (vue sur les îles grecques). Auparavant on s'arrête voir le coucher de soleil au théâtre, le seul de Turquie qui regarde la mer.

Le lendemain mon Doudou ne résiste pas à l'envie de m'offrir une fleur de laurier-rose.

Nous ne voulons pas rester sur une mauvaise impression de Kas, nous retournons au centre ville, le matin ça circule beaucoup mieux. Nous cherchons la tombe royale, puis nous allons faire un tour sur le port, où les étals qui proposent des promenades touristiques foisonnent !

Patara : Pour accéder au site, il faut régler 24 TL. Au bout de la route, la plage, d'ailleurs beaucoup de touristes viennent pour la plage sans visiter le site.

Le théâtre, 2ème siècle avant JC, puis le bouleuterion tout rénové qui est aussi l'Assemblée de la ligue lycienne. (Montesquieu dans son livre "l'esprit des lois" cite cette ligue comme étant un excellent gouvernement).

Nous grimpons sur la colline au-dessus du théâtre pour avoir un point de vue à 360 degrés : le site, la plage de 17 km, et les dunes de sable. Nous y voyons aussi une tombe royale et une citerne cylindrique en pierre, où se dresse un pilier en son centre.

Nous finissons par l'Agora où les colonnes se reflètent dans l'eau.

Les chèvres et les vaches habitent dans les ruines.

Après l'effort le réconfort... Enfin presque, car les vagues nous ballottent tellement que le bain est de courte durée ! Cette plage est fermée à 20h00, car la nuit les tortues viennent pondre.

Pour finir en beauté cette belle journée, nous admirons le coucher de soleil sur les dunes. Nous ne sommes bien sûr pas les seuls à avoir cette bonne idée !

Nous allons dormir près du site de Xanthos, où un petit chien adorable nous tiendra compagnie toute la nuit !

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Xanthos : un site en 3 parties. 14 TL

Xanthos a été capitale lycienne à une époque.

Le théâtre, un sarcophage surélevé avec des bas-reliefs (les âmes des défunts sont symbolisés par des bébés), le tombeau imprimé (il lui manque son sommet) couvert d'écriture lycienne.

Voilà le petit chien qui nous a tenu compagnie le soir, la nuit, et sur la première partie du site. Après il n'a plus eu le courage de nous suivre !

La basilique, l'Agora, et nous montons vers la Nécropole. Malheureusement les plus belles pièces sont au British Museum.

La Nécropole. Nous y faisons une belle randonnée, seuls. Les autres touristes n'ont pas le courage d'y monter. Il est vrai qu'il fait très chaud, on aura bien trempé le maillot !

Au sommet de la colline, on a vue sur les serres où on cultive essentiellement les tomates.

Letoon : un site très petit et plat... 12 TL. Le théâtre est assez endommagé. On peut voir les restes de trois temples, et une mosaïque.

Nous allons dormir sur le site de Pinara. 2 km de montée sur une piste empierrée. Nous sommes récompensés : une grande montagne ovoïde criblée de 12 000 tombeaux !Xanthos étant devenu trop peuplée, les personnes âgées sont montées à Pinara fonder une nouvelle cité.

Le gardien nous indique une petite clairière pour passer la nuit.

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Sublime Pinara ! Merci Infinitrip pour cette suggestion.

Après une nuit "seuls au monde", matinée de "crapahutage" à la découverte des tombeaux lyciens. Je laisse les images parler d'elles-mêmes.

L'après-midi l'orage gronde et les premières gouttes de pluie font leur apparition. On part vite avant que la piste devienne boueuse.

En arrivant à Tlos, on se rendra compte qu'on a malheureusement encore abîmé la Zezki, sans doute en quittant notre clairière...

Une petite frayeur en arrivant à Tlos : la route est goudronnée, mouillée, et grimpe fort. Le voyant "attention ça dérape" s'allume, on a du mal à avancer. Persuadés qu'on a un problème de pneu (crevaison ?) Jipy s'arrête. Il descend et se retrouve presque les 4 fers en l'air ! Une vraie patinoire ! Les pneus, eux, vont bien. On repart doucement afin de passer la nuit face au site.

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Visite de Tlos, 7 TL. Cette cité lycienne a été utilisée jusqu'au 9ème siècle. Les ottomans ont construit une forteresse sur l'Agora. La partie payante est vite vue. Plus haut, derrière un grillage, le théâtre, les bains romains, le stade...

Le plus intéressant c'est encore la Nécropole. Ces tombes creusées dans la roche sont fascinantes. On imagine les processions sur la colline, les bougies allumées, peut-être des chants... Ces sépultures ont été utilisées par plusieurs générations, on mettait les anciens ossements au milieu afin de déposer les nouveaux corps sur les couchettes. On pouvait mettre plusieurs corps en même temps dans un tombeau, et des cavités nous montrent que les tombeaux communiquaient parfois entre eux.

Une publicité pour un restaurant. Le plus drôle c'est qu'au moment où on passait devant le panneau, un petit écureuil identique à celui de l'affiche traversait devant nous ! Un autre écureuil est passé devant notre fenêtre pendant le petit déjeuner.

Vue sur Marmaris, et route de la péninsule de Resadiye.

Petit bain du soir à la plage près de Datcha. C'est la pleine lune.

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6h50, lever de soleil sur la plage de Kargi.

Nous parcourons les 30 km pour rejoindre Knidos, où nous ferons le petit déjeuner.

Knidos : site archéologique, c'est là que les bateaux faisaient étape dans l'Antiquité en attendant que les vents soient favorables. Les armateurs payant des taxes, Knidos était riche. Saint Paul y a été coincé en allant vers Rome. Face à nous, la Grèce.

Après la baignade, nous retraversons toute la péninsule de Resadiye. Le trajet est un peu long, mais nous sommes contents d'avoir vu Knidos, plus pour le paysage que pour le site lui-même. Énormément de ruches dans la partie montagneuse. D'ailleurs nous achetons du miel de thym à un des nombreux vendeurs postés au bord de la route.

Nous n'arriverons qu'à 21h00 au site de Stratonicea pour dormir sur le parking. Un gardien vient nous voir et nous autorise à y passer la nuit.

Le matin nous voyons beaucoup de gens dont plusieurs européens sortir d'une maisonnette avec leurs bagages, vraisemblablement des archéologues en stage de fouille.

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Quand on se réveille à Stratonikeia, on a l'intention de jeter un petit coup d'œil à ce site qui nous a gentiment hébergés pour la nuit, pensant qu'il était uniquement constitué de la petite allée de sarcophages face à nous. Quelle bonne surprise quand on découvre un immense site, bien conservé, qui a été sans cesse habité au cours des siècles. On y trouve donc bien sûr des ruines du royaume de Carie, mais aussi des maisons construites avec les ruines, qui sont maintenant abandonnées. On voit aussi un hammam rénové et une mosquée neuve, bâtie sur une ancienne église apparemment, et une maison ottomane transformée en hôtel. Cinq familles habitent encore sur le site.

Du coup on part à 15h00 au lieu de 9h00. Les imprévus du voyage !

Le site est gratuit, et les archéologues y travaillent.

Au bout du site, le théâtre, dont une partie s'est effondrée lors d'un tremblement de terre.

Jipy a le courage de grimper au sommet pour découvrir le temple d'Auguste.

En passant par Milas nous nous arrêtons pour apercevoir le château de Becin. Finalement nous renonçons à la visite de Milas, où un grand marché se tient le mardi.

Nous allons dormir à 30 km de Bodrum, au fond de la baie, un petit coin tranquille au pied des hôtels de luxe. Comme d'habitude il faut faire abstraction des ordures qui jonchent le sol. On peut se baigner même s'il ne fait plus aussi chaud le soir. La vue est belle, on entend au loin les "boum-boum" des boîtes de nuit, mais ce n'est pas gênant ! C'est encore la pleine lune.

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Un aperçu de la baie où nous avons dormi.

Bodrum : nous avons l'intention de visiter le château Saint Pierre. Malheureusement il est en restauration, on ne peut pas visiter le musée sous-marin. Actuellement on ne peut voir que le château, les amphores et le pont du bateau. De plus ce matin il y a une panne d'électricité, on nous dit de revenir l'après-midi ! Finalement nous n'y reviendrons pas, on le garde pour un autre voyage (on est tant enthousiasmés par la Turquie qu'on espère bien y revenir).

Nous longeons la marina où nombre d'excursions en bateau sont proposées.

L'eau est ici stockée dans des citernes-igloos blanches. L'atmosphère est très grecque.

Porte de Mindos

Ruines de Mindos sur l'île des lapins.

Presqu'île de Küdür, lieu sauvage où nous passons la nuit. Nous y rencontrons un couple franco-turc qui vit en camping-car, l'été dans les balkans et la Turquie, l'hiver au Maroc.

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Nous finissons le tour de la petite péninsule de Bodrum. Le paysage est magnifique, mais les collines sont couvertes de maisons de vacances.

Euromos : un des temples les mieux conservés. En effet, il est rare de voir les colonnes debout. Il semble que ce temple n'ait jamais été fini, à en juger par les colonnes non cannelées.

En grimpant un peu vers les anciens remparts, on a une belle vue sur le temple de Zeus et on accède au théâtre. Les gradins du haut sont dégagés et très abîmés, ceux du bas sont en cours de déblaiement et en très bon état (car protégés par la terre). Sans être des passionnés d'archéologie on trouve ça fascinant !

Direction le lac de Bafa. Nous commençons par le côté est, village de Kapiriki. Très belles roches et ruines d'un château byzantin. Quelques oiseaux. Une succession d'étables à vaches très serrées.

Nous allons voir le côté nord ouest du lac où il est apparemment plus facile de trouver un coin pour dormir. Nous longeons les champs de coton.

Nous traversons le petit village de Serçin. Dans la rue principale Jipy hésite à avancer, "si, si, c'est tout droit !" Zezkinette se faufile entre les tables du café installées au beau milieu de la rue ! Et nous rejoignons le lac. C'est ça la Turquie...

Et là, spectacle magique... Des centaines de flamants roses... Ils nous tiendront compagnie pour la nuit.

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Réveil magique, lever du soleil avec les flamants...

Flamants gris... et roses

Nous allons au bout de la route goudronnée, au village de Kisla. Il est complètement désert, les villageois sont venus habiter plus près de la grande route. Mais plusieurs maisons semblent retapées, on pense qu'elles servent de maisons de vacances, ou pour les bergers.

Notre regard est attiré par un VW qui n'a pas l'air en état de marche. En s'approchant, on dérange un grand gaillard qui vit là... Il nous fait visiter son van et sa maison, il nous explique qu'il vit comme un hippie, de whisky et de jazz... Il n'a pas voulu répondre quand on lui a demandé de quel pays il venait. Il a accepté d'être pris en photo. Il restera une énigme pour nous...

Champs de coton

Attention, sangliers ! Ce panneau nous amuse beaucoup car on dirait un petit cochon... Malheureusement on a vu ce matin un cadavre de sanglier au bord de la route (et un renard).

On s'approche tranquillement de Sultanhisar. On traîne un peu car on ne veut pas arriver en plein week-end à Pamukkale. On s'arrête ce soir dans une station service sur une petite route, en pleine campagne. On nous accorde l'autorisation de dormir. Peu après le fils du patron vient nous rendre visite avec sa femme qui est professeur d'anglais. Leur accueil est très sympathique.

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Encore un site méconnu, en cours de fouilles, mais qui vaut le détour !

Le théâtre, royaume de Carie. Le mur de scène est très sculpté, les originaux sont au musée de Aydin.

Le tunnel : 110m de long. On ne sait pas exactement à quoi il servait, on cherchera...

La Basilique, l'Agora, la rue des colonnes, le bouleuterion...

La bibliothèque, la deuxième plus grande après Ephèse, 2ème siècle après JC. Des colonnes du site on été utilisées pour sa construction.

Le site est occupé par les oliviers. Les archéologues les contournent pour creuser !

Le stade : aujourd'hui le centre du stade est un canyon, sans doute suite à des tremblements de terre.

Nous allons dormir au sommet d'une aire de pique nique qui s'étend sur la colline au nord d'Atça. Un super coin !

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Un dimanche où on traîne un peu pour n'arriver que le soir à Pamukkale. Après avoir cherché Antiochia, un site où il n'y a rien, on se dirige vers un village de potier qui est devenu une ville ordinaire... On décide alors de traverser la montagne. Les premiers kilomètres sont un peu rudes, la piste est mauvaise suite à des travaux de construction d'un barrage. Puis elle fait place à une petite route goudronnée qui traverse la forêt. Sur le sommet aride tournent des éoliennes. Le village de Babagad est très coloré, les maisons ont un air penché, ça donne un petit air d'Amérique du sud. La fin de la route ressemble à la Cappadoce, les grottes en moins.

Arrivée au coucher du soleil à Pamukkale.

Un grand merci à Véro et Chris (Infinitrip) pour leur emplacement de dodo face à la porte nord ! Nous y passerons 2 nuits.

Une journée grandiose pour ce 64ème jour de voyage. Nous sommes venus à Pamukkale en 1987 lors d'un voyage organisé (erreur de jeunesse !) Nous n'étions arrivés qu'en fin de journée. Nous avions vu un petit bout de site assez décevant, puis après avoir franchi une clôture de barbelés le groupe avait atteint les vasques où on avait trempé nos pieds. C'était rapide mais magnifique. Assez frustrés nous nous étions promis d'y retourner un jour. Sur le coup on ne reconnaît rien. Nous retrouverons l'endroit où on avait trempé nos pieds, interdit maintenant. On se sent un peu déroutés par tout cet aménagement et cette rénovation, mais ça valait la peine de revenir !

Au petit matin, les montgolfières planent au-dessus de nos têtes.

Entrée seule 60 TL, et 72 TL avec musée et site Laodikea. Nous commençons par traverser la Nécropole nord, très étendue, époustouflante par le nombre et la variété de ses tombes et sarcophages (1200 environ).

Des sarcophages emprisonnés dans les concrétions calcaires des travertins. On s'attend à voir l'ours polaire surgir !

Par un sentier à flanc de colline, en longeant un vieux théâtre, nous montons au martyrium de Saint-Philippe l'apôtre, basilique octogonale, lieu de pèlerinage.

Nos petites boîtes bleues pour le pique-nique nous accompagnent. (Elles en ont vu des pays !)

En contrebas de la basilique, une église contient le tombeau de Saint Philippe. Une volée d'escaliers mène à un pont, puis à la porte d'entrée (il n'en reste pas grand chose).

Le théâtre a été magnifiquement restauré par une équipe italienne. Le mur de scène est composé de copies, les originaux étant au musée.

Nous retournons vers l'arc de Domitien (porte de Frontinus) en passant par l'Agora, où il reste une colonne debout.

Nous prenons la voie Frontinus en longeant les latrines monumentales et un reste de fontaine. On peut encore voir le système d'écoulement des eaux. Nous arrivons à la porte byzantine.

Un bassin aux vertus médicinales est maintenant abandonné, au profit de "l'antik pool" où vous devrez débourser 50 TL pour faire trempette sur des colonnes.

Le musée est situé dans un ancien bain romain. On peut y admirer les originaux du mur de scène du théâtre, des sarcophages sculptés et des objets trouvés dans la ville.

Nous découvrons l'immensité des travertins. On les longe sur une passerelle en bois, on ne peut plus aller dessus comme en 1987. Quelques touristes s'y hasardent pour se faire photographier, ils se font rappeler à l'ordre par les gardiens.

Une partie est encore immergée.

Pour descendre au village, les travertins au sud sont aménagés. Il faut juste marcher pieds nus (ou avec des chaussures d'eau). Nous avions eu la Nécropole nord et la basilique Saint Philippe presque pour nous tout seuls, pour le théâtre et les travertins c'est une autre histoire ! Nous sommes quand même très contents d'avoir laissé passer le dimanche et d'avoir attendu septembre pour bien profiter de Pamukkale, c'est tout à fait supportable.

Belphégor contre String... Turquie terre de contrastes...

Les parapentes survolent les travertins. On serait bien tentés d'essayer, mais pas encore vraiment décidés !

Plus bas, moins de monde, et les bassins étant à l'écart des autres donc plus propres, on se trempe au moins le bas ! Ça fait un bien fou, il fait très chaud et on a 14 km dans les jambes (d'après nos podomètres).

Descente vers le village. Bien contents d'avoir pris les chaussures d'eau, à notre âge les petons sont sensibles !

Après dégustation de notre glace préférée au village, nous remontons en Dolmus (minibus) à la porte nord où nous attendent sagement Zezkinette et nos peluches.

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Puisque nous avons acheté le billet combiné (Pamukkale, musée et Laodikeia), nous allons jeter un coup d'œil à ce site. Notre vieux LP de 2002 écrit qu'il n'y a pas grand chose.

Quelle bonne surprise ! Les archéologues y travaillent dur, et toute une équipe s'affaire à remettre sur pied les nombreuses colonnes. Il doit y avoir un partenariat avec Hiérapolis. Nous sommes surpris qu'il y ait eu deux villes aussi grandes aussi près l'une de l'autre.

La basilique a été dégagée en 2011. Elle devait être magnifique : des peintures murales, des colonnes de marbre, des mosaïques, un sacré système de canalisations et des latrines. Tout un chemin en verre protégeant les sols a été aménagé pour permettre de visiter la basilique.

Le temple d'Apollon : tout un sous-sol a été dégagé, on peut le voir en marchant sur un sol en verre.

En face, les travertins de Pamukkale.

L'Agora et ses colonnes, et le théâtre ouest, le plus vieux, en pleine rénovation.

Au 2ème siècle après JC, un second théâtre au nord a été construit, le premier ne suffisant plus.

Deux couples de mariés viennent faire leurs photos, ça a plus d'allure que les nôtres, dans un petit square parisien !

Dodo au lac de Marmara. Il a plu une bonne partie de la nuit et on patauge un peu dans la boue. On n'a plus l'habitude de voir des nuages, c'est un avant goût de ce qui nous attend ! On peut quand même voir quelques oiseaux au loin.

Petit arrêt à Bergam. C'était notre première visite en 1987, nous ne retournons pas visiter le site archéologique. Un téléphérique y monte aujourd'hui les touristes.

Nous nous contentons de pique-niquer et de faire des courses, à côté de la Basilique Rouge.

Sauvetage de Dame Tortue ! Alors que nous sommes dans la montagne, cette imprudente traverse la route. Ce n'est pas la première fois qu'on assiste à ça. Cette fois on peut se garer facilement, Jipy lui permet de traverser un peu plus rapidement afin qu'elle reste en vie !

Nous allons dormir au bord de la mer Egée, sous les oliviers, après Kuçukkuyu, à 20 km d'Assos. Si on ne regarde pas trop le sol, jonché d'ordures comme d'habitude, le site est très beau. On se baignera demain matin.

Un petit raki ?

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Dernière baignade, dans une eau un peu fraîche, sur le lieu de notre bivouac.

Assos : nous descendons vers le port en passant devant le théâtre. Les maisons de ce port minuscule sont gravées. Le demi-tour est assez acrobatique, on a hâte de se sortir de là... Dommage ça sent bon le poisson frit, les petits restos sont sympathiques, mais impossible de poser notre carrosse, on préfère remonter manger notre salade traditionnelle devant le théâtre.

Assos, vu sous différents angles!

Nous montons à pieds dans le village d'Assos, appelé aussi Behramkale. Aristote y a vécu, d'où sa statue.

Nous ne rentrons pas visiter le site, il nous semble qu'il n'est intéressant que pour le panorama (notre escapade vers le port nous a déjà offert le panorama). Près de l'entrée, une très ancienne mosquée.

Nous nous arrêtons au site de Troie, juste pour voir le cheval de bois à l'entrée. Là non plus nous n'entrons pas visiter, les ruines ne sont à priori pas exceptionnelles.

En arrivant à Çanakkale, nous passons devant le cheval de Troie qui a servi pour le film.

Par chance nous avons tout de suite un ferry pour Kilitbahir, (51 TL).

Nous allons dormir à la sortie de Eceabat illuminé.

Gelibolu

Passage par la Grèce (Alexandroupoli) avant de rejoindre la Bulgarie, à cause d'un problème de gaz (résolu).

Nous sommes ce soir en Bulgarie, au bord d'un joli lac. Petit parcours du combattant pour acheter la vignette : nous avons visité trois points de vente après la frontière avant de réussir.

Nous sommes un peu tristes d'avoir quitté la Turquie, au bout de presque 8 semaines on s'y sentait bien ! Quand on regarde la carte, on se dit qu'on a encore plein de coins à explorer, on y retournera.

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Un coin superbe au cœur de la Bulgarie, et un magnifique lever de soleil pour commencer cette journée d'anniversaire.

Pélicans et hérons font leur ravitaillement au petit matin, ils iront ensuite se cacher pour le reste de la journée.

Le soleil apparaît...

La matinée passe vite : on inaugure notre bande de désenlisement pour aider une camionnette bulgare qui s'est enfoncée dans la boue. Pas super efficace, c'est un 4x4 qui finalement réussit à les tirer. Puis on fait une grande lessive qui va très vite sécher.

À midi les vaches viennent se baigner. Elles passent dire bonjour aux Toulousains qui ont eu la même adresse que nous pour dormir !

Je souffle ma bougie, afin d'entrer complètement dans ma nouvelle année !

En passant devant des falaises calcaires, on se rend à l'église St Jean Baptiste de Kardjali, assez ordinaire. La gardienne n'est guère souriante et veille à ce qu'on ne prenne pas de photo !

On va voir de plus près à quoi ressemblent les mariés pétrifiés. Une très agréable balade.

La soirée est compliquée car les endroits trouvés pour dormir ne sont pas attirants, la nuit tombe, on finit par retourner au musée d'Aleksandrovo où on avait passé la nuit il y a presque 2 mois.

Après un petit bout de route, et des traversées de villes et villages un peu déprimants (beaucoup de délabrement), nous avons le plaisir de voir émerger les coupoles dorées de l'église mémoriale de Shipka. Construite fin 19ème siècle, elle commémore le sacrifice des soldats russes et bulgares tombés au combat contre les turcs en 1877.

Nous franchissons le col de Shipka à 1200m, où se dresse un monument-musée, en souvenir de cette bataille.

Nous atteignons le monastère de Sokolski qui sera notre dodo pour cette nuit.

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Visite du monastère de Sokolski : quand on se trouve en pleine forêt, on ne s'attend pas à trouver, en passant le portail, un si joli monastère entouré d'un jardin très bien entretenu, et une magnifique église peinte. Malheureusement celle-ci est fermée, on essaiera de regarder l'intérieur par les vitres ! En contrebas se trouve une grotte où ont été pendus huit insurgés avant la guerre 1877-1878. C'est pourquoi la fontaine comporte huit côtés.

Gabrovo, ville que nous traversons. C'est le type même des villes déprimantes de Bulgarie, avec beaucoup de maisons en ruines, d'usines désaffectées, et des magasins de type sovietique.

Tryavna, un fort contraste avec Gabrovo !

La place du palais de justice :

L'église de l'archange St Michel

L'ancienne école, aujourd'hui musée présentant les travaux des artistes de la ville

De belles maisons de pierre, dont les volets couvraient les marches du perron. Des artisans travaillent le bois.

Nous visitons la maison Daskalov, 1808 :

Au rez-de-chaussée et au premier étage, une belle collection : des objets en bois sculptés par les bergers, des icônes, une porte d'église, des statues et portraits en bois des premiers dirigeants de Bulgarie.

Ces deux plafonds ont une belle histoire :

La maison achevée, le propriétaire la fit visiter à ses amis. Ceux-ci lui firent remarquer que si elle était belle et spacieuse, la décoration laissait à désirer. Il fit alors appel à un maître d'œuvre pour la décorer. Son jeune élève voulut participer lui aussi. Les deux artistes se lancèrent un défi : ils eurent six mois pour réaliser chacun un plafond sur le thème du soleil, les pièces étant gardées secrètes. Le maître sculpta le soleil de mai, l'élève le soleil de juillet. Les amis du propriétaire félicitèrent l'apprenti pour son travail, mais c'est le maître qui remporta la compétition.

Dodo sur la route de Lovech, dans la forêt près d'un lac.

C'est encore un très joli coin, et le beau temps est avec nous !

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Vue sur le pont couvert :

Église neuve St Cyrille et Méthode

Balade dans cette jolie ville, on a l'impression de traverser la Russie puis la Hongrie

Vieille église Bogoroditsa

Montée au château. Immense statue du héros national Vasil Levski, qui a lutté pour l'indépendance, a été arrêté près de Lochev et pendu en 1873.