Carnet de voyage

En route pour le Cap Nord

58 étapes
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Notre projet est de rallier le Cap Nord en montant par la Norvège et en descendant par la Finlande, à bord de notre maison de poupée à roulettes, Zezkinette.
Du 6 juin au 4 août 2018
60 jours
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Après une journée et demie à Chartres et une soirée près de Rouen, nous faisons étape à Mesnières en Bray, charmant village de Normandie, à l'aire de camping car gratuite.

À Saint Pol s/Ternoise nous fêtons notre arrivée dans le nord en dégustant une barquette de frites au son du carillon. Mais le "Cap Nord" est encore loin !

Nous voulons souffler un peu en visitant Anvers... Erreur ! Des heures d'embouteillage, une ville en rénovation, des travaux partout... difficile de se garer... Finalement Jipy va en petites foulées photographier la place Grote Mark pendant que Sissi garde la maisonnette dans une petite rue.

Nous passons aux Pays-Bas pour dormir au bord de l'eau, à Bergen Op Zoom. Juste un petit bain de pieds, il pleut...

Anvers 
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Traversée des Pays-Bas sous une pluie battante... On roule, on roule !

On apprécie beaucoup l'arrêt à Groningen histoire de se dégourdir les jambes et de faire souffler le moteur. La pluie s'est calmée, la ville est jolie. Tous les stationnements sont payants, ça a l'air compliqué, le propriétaire d'une laverie nous aide, il enregistre notre place de parking via son ordinateur et nous demande 5€ pour 2h45.

Martini kirke, Groningen 

Puis on reprend la route pour aller dormir en Allemagne. Après les oies sauvages, les cigognes, les mouettes à tête noire, ce sont les chevreuils qui gambadent dans la soirée près de l'autoroute. À Delmenhorst, la fête bat son plein et la bière coule à flots sous des hurlements de Rock Métal (enfin je crois)... Ça ne perturbe pas la famille canetons !

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Ce matin la fête est finie, le grand parking est vide, tout est calme. On file de bonne heure, on déjeunera sur une aire d'autoroute. Comme d'habitude les autoroutes allemandes sont en travaux, contourner Hambourg est un peu laborieux. Après un arrêt pour donner à boire à la voiture (et à ses occupants) et un arrêt repas, nous sommes tout contents de voir le panneau "Danemark".

Nous avions prévu de nous arrêter à Ribe, ville médiévale. Un grand parking est aménagé pour les CC, avec toilettes et vidange. Finalement nous dormirons là, le camping attendra un peu ! Le soleil est de la partie ! Un camping cariste de Perpignan est tout content de parler français avec nous, il sillonne le Danemark depuis 2 mois.

Ribe nous enchante. Nous visitons d'abord la cathédrale qui ferme à 17h, puis on se perd dans les ruelles bordées de petites maisons de poupées très fleuries. Un campement médiéval borde la rivière, demain il y aura une fête. L'office du tourisme est fermé mais jusqu'à 22 h on peut le visiter en self service, avec wifi. C'est sympa.

À 20h, nous suivons le veilleur de nuit. Ça nous rappelle Turkheim en Alsace. Jusqu'au début du 20ème siècle, il arpentait la ville en chantant, veillait sur la population, et donnait l'alarme en cas d'incendie ou de crues. Maintenant, il explique aux visiteurs son métier, en danois et en anglais.

Pour fêter ce qu'on appelle le vrai début de voyage, on finit par une bonne glace, il est 21 h, il fait chaud et la place est remplie de touristes.



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Journée de route sous la pluie pour le nord du Danemark. Il a fait trop chaud hier soir (28 degrés)... Nous avons quitté Ribe et les préparatifs de la fête médiévale, sous la pluie, les pauvres.

Beaucoup de chance en arrivant à Hirtshals, notre Zezkinette n'étant pas trop grande, il y a une petite place pour elle dans le bateau de ce soir ! On n'avait pas réservé, ne sachant pas quand on allait atteindre Hirtshals.

En route (non, en bateau) pour la Norvège... Kristiansand !

Hirtshals 
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Norvège!!! Nous y sommes !

Belle traversée en bateau, avec la compagnie Color Line. Très impressionnés par le chargement : 800 véhicules, sur 3 étages ! Camions, bus, camping-cars, fourgons, voitures, motos, vélos... On se demandait vraiment comment ça tenait à l'intérieur. On avait l'impression d'être dans un dessin animé, où les voitures deviendraient miniatures en rentrant dans le bateau !

J'ai mis le shampoing dans le sac avant de quitter Zezki. Petite fouille des 3 étages de salons, pas de douche. Je demande à la boutique de souvenirs, et je reviens... avec une carte magnétique gratuite pour cabine de douche ! À priori c'est une cabine pour le personnel. Là mon homme est épaté ! Est-ce prévu pour ceux qui demandent ou a-t-on bénéficié d'un privilège ? À moins que la dame ait trouvé que j'en avais vraiment besoin... La première depuis notre départ, on apprécie !

La nuit tombe vers 23 h. À minuit nous débarquons, l'aire de CC indiquée à Kristiansand est en fait un parking payant en ville. Nous prenons la route du nord, on trouve une belle aire de pique-nique au bord de la rivière

Lundi matin, route vers Evje où nous changeons de l'argent. C'est d'une facilité déconcertante par rapport à tous les automates du monde. L'appareil nous écrit même en français !

Pourtant, tous les panneaux d'informations sont en norvégien. Jipy qui aime étudier les liens entre les langues se fait un plaisir de deviner ce qui est écrit, en se servant de l'allemand et de l'anglais.

Repas au soleil hors du Van, ça nous rappelle nos 23 ans de voyages avec nos monospaces aménagés à notre manière. (mais quand il pleut on se dit qu'on est passé à la version super luxe !)

Forêts de pins et de bouleaux, maisons en bois, lacs... Joli paysage.

Le but du jour, c'est de s'approcher de Kjerag, la grosse pierre coincée entre 2 rochers. Plus on monte, plus la température descend (7 degrés), plus il y a de brouillard...

Nous dormons sur le petit espace au bord de la cascade, après le parking de la randonnée. Clema connaît bien...

Sauf qu'il est quasi plein, on se gare contre un tas de sable... Ensablement ! Depuis notre expérience au centre de l'Europe, on se balade avec une pelle en plastique. Le problème est vite réglé.

(souvenir : Lituanie en 2000 où notre espace était tombée dans un trou sableux, on avait creusé à mains nues, mais plus on creusait plus on s'enfonçait, à 4h du matin épuisés on s'était endormis dans une voiture complètement de travers. Le matin, on avait été chercher du secours, 4 lituaniens super costauds (et supers sympas) nous avaient sortis de là !)


Aura-t-on le courage demain matin de se lancer dans la première randonnée ? Ça dépendra de notre forme et du brouillard... En tous cas le pique nique est prêt !

Evge
chutes d'eau de Dorga
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Hé bien finalement, on l'a faite, cette randonnée, on a toujours les yeux plus gros que les jambes ! On avait pourtant lu que c'était dur, réservé aux marcheurs expérimentés et entraînés !

On avait pourtant dit qu'on allait être raisonnable à notre âge avancé et avec mes problèmes articulaires... Et après 1 mois d'inactivité !

On sait que pour nous il faut quasiment doubler le temps de balade : 6h prévues = 10h pour nous ! Il faut dire qu'on s'est rajouté 2 km de grimpette car on a laissé Zezkinette sur le petit parking au bord de la cascade, petite économie de 20 € de parking et assurance de retrouver notre place pour la deuxième nuit.

Une grande partie de la randonnée consiste à se hisser sur des parois rocheuses très pentues et glissantes. Trois parties, on monte, on redescend (ter)! Des randonneurs de toutes nationalités. Un chinois puis un belge me tendent la main pour m'aider.

L'arrivée est censée être spectaculaire, mais voilà... Le brouillard est là, on devine le rocher coincé entre deux falaises, mais on ne voit pas le fjord en arrière plan. Dommage... On repart un peu déçus, on n'a pas eu le courage de monter sur le rocher pour faire La photo mythique, trop fatigués, peur de faire un faux pas. Petit Renne nous a consolés en se faisant photographier sur un petit rocher, c'est presque pareil !

Mais voilà, sur ce grand plateau parsemé de cairns, dans le brouillard, facile de se perdre... On tourne en rond 1h, quand enfin on aperçoit le panneau situé à 300m du rocher, et des randonneurs lourdement chargés. Sauvés ! On se demande bien où ils vont planter leur tente, entre le plateau de granit, la tourbe humide et les grandes plaques de neige !

Le retour est un peu long, mais on finit par retrouver notre nid douillet à 22h, heureux d'avoir réussi.

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Aujourd'hui, journée de repos et de chouchoutage pour tout le monde ! Zezkinette ne fera que 9 km, aura droit à son plein de gasoil et à une bonne dose d'électricité. Le frigo nous a abandonnés, il est urgent de recharger la batterie. Nous aussi on recharge nos batteries, un beau soleil pour cette petite croisière de 2 h, de Lysebotn, au fond du fjord, nous rejoignons Forsand. Le bateau glisse entre les falaises, le soleil brille (mais il fait frais), le paysage est magnifique. Nous sommes bien consolés de notre journée de brouillard d'hier. En route le capitaine nous signale des phoques. Cet après-midi, repos dans un camping.

Après l'effort le réconfort
Preikestolen, la prochaine balade
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Journée de pluie... sans discontinuer !

On traîne un peu au camping Landa à Forsand, on profite de la cuisine pour faire un super déjeuner, et on visite ce camping, qui est aussi un musée en plein air. Il n'ouvre au public que le 20 juin, mais il est ouvert aux groupes scolaires. On voit le patron du camping et son équipe s'habiller de costumes vikings et se transformer en animateurs pour cette attentive marmaille ! Ils font des crêpes, sûrement aux pommes de terre, assis sur des peaux de rennes.

Nous ne sommes pas motivés pour grimper au rocher Preikestolen (la chaire), trop de pluie et de brouillard. Dommage, la balade était moins dure que la première et la vue sur le fjord doit être magnifique. On accuse nos genoux d'avoir commandé la pluie, car eux sont ravis d'être privés de randonnée, c'est toujours le surlendemain qu'on a le plus de courbatures !

Heureusement on est passé sous le rocher hier, et on a bien profité du fjord en bateau.

On s'arrête visiter l'ancienne petite église de Ardal, 17ème siècle, entièrement peinte.

Route de montagne, lacs, fjords, cascades abondantes... Dommage, quasiment pas de photos pour cause de pluie et brouillard !

La route est assez désertique. On finit par s'arrêter pour dormir dans un joli coin près d'une maison au toit couvert de végétation. Pourvu que la pluie cesse demain pour qu'on puisse photographier ce bel endroit !

On déguste notre soupe avec une crêpe à la pomme de terre fourrée à la purée de sésame, et d'un morceau de fromage au caramel (spécialités norvégiennes, sauf la purée de sésame).

Camping park Landa
Camp Landa
Église ancienne de Ardal
Église peinte de Ardal
De grandes chutes d'eau
Fromage norvégien, caramélisé
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Au lever pluie intermittente, qui nous a permis de photographier le joli petit coin où on a dormi. On s'est concerté sur la suite du programme, en fonction des infos du guide Michelin. (Mais on est en train de s'apercevoir qu'on n'est pas toujours d'accord avec lui, ce ne sont pas forcément les routes les plus connues les plus belles !)

La vue depuis notre petit coin pour dormir  

Route de montagne superbe, plaques de neige, glaciers, cascades impressionnantes (on a été bien douchés par les embruns).

Du côté de Kinsarvik, le paysage devient moins spectaculaire. Beaucoup d'arbres fruitiers, une église peinte malheureusement fermée. La route est étroite, on roule à 40, on serre les fesses quand on croise un gros camping car. Nous passons à travers un grand nombre de tunnels, la route devient payante, elle est toujours aussi étroite, et la pluie repointe son nez. Finalement cette route touristique ne nous laissera pas un grand souvenir ! Pour les péages, une caméra photographie notre plaque d'immatriculation et nous recevrons la facture au retour !

Les trolls
On voit souvent ces sculptures, personnages de 

Nous sommes contents d'arriver enfin à Bergen, nous trouvons l'aire de CC, 150 Nok (un peu plus de 15€) pour 24 h, à côté du tramway.

Notre petite puce bleue est perdue au milieu de ces gros monstres !

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Quelle belle journée ! Quelle chance on a eu !

Du soleil, mais très frais le matin, on n'ose pas y croire... On prend le tramway avec doudoune, polaire, bonnet, et dans le sac gants et imper. Cet après-midi nous voilà chargés comme des baudets, avec juste un petit pull sur le dos, les norvégiens eux sont carrément en tee-shirt décolleté. Quand on retrouve notre petit chez-nous à 19h, il fait 34 degrés à l'intérieur !

Bergen était autrefois un centre de l'empire commercial de la Ligue hanséatique. Elle est célèbre pour ses maisons colorées. Le Bryggen est un ensemble de commerces en bois plusieurs fois reconstruits à cause des incendies.

Beaucoup de bateaux de croisières y font escale, on a souvent entendu parler français.

Nous avons pris le funiculaire pour avoir une vue panoramique de la ville, et nous sommes redescendus à pieds par la forêt. Très belle balade.

Attention, les toilettes de l'office du tourisme ne sont payables que par cartes bancaires (comme beaucoup de choses). Quand on connaît le montant des commissions, ça ne vaut vraiment pas le coup ! Un gars de l'office du tourisme qui faisait un sondage a d'ailleurs reconnu que c'était une aberration, ces toilettes étant utilisées en majorité par des étrangers ! Heureusement l'hôtel Radisson nous a accueillis (heu... on n'a pas vraiment demandé).



Marché aux poissons
Le Bryggen
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Nous quittons Bergen à 20h, notre temps de parking étant expiré. Nous trouvons un petit port de plaisance près de la route, à 53 km (Stanghelle) pour passer la nuit. Ce matin, on lambine un peu, on ne décolle qu'à midi !

On fait un détour par le petit village de Undredal, au bord d'un bras du réputé Sognefjord. Il y a là une église en bois debout, blanche, mais fermée et assez ordinaire. Undredal est aussi connu pour ses troupeaux de chèvres et son délicieux fromage. On fait donc provision d'un fromage et d'un saucisson de renne. (Aïe, Petit Renne est très en colère).

Nous arrivons dans la soirée à Borgund, pour voir sa célèbre église en bois debout. Ces églises moyenâgeuses (stavkirke) étaient construites en bois, couvertes de goudron, décorées de sculptures. Alors que dans le reste de l'Europe on construisait des églises en pierre, en Norvège on utilisait les techniques des Vikings (comme pour les bateaux). Il en reste très peu actuellement. Elles sont au patrimoine de l'Unesco.

Nous dormons sur l'ancienne route, en compagnie de 2 campings cars français. Nous aimons dîner dehors quand il fait bon, aussi quand on a sorti nos cartes routières sur la table, nos voisins nous ont rejoints, on a échangé nos impressions et partagé nos projets d'itinéraires. Soirée super sympa !


Undredal
Borgund
Peigne viking
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Hier nous avions pris un tunnel, le plus long du monde paraît-il (25 km). Tous les 5 km, on passait une rotonde éclairée de bleu et de jaune.

Ce matin, temps maussade. On peut quand même prendre le petit déjeuner dehors, puis donner un coup de main à nos voisins qui changent leur bouteille de gaz. Ils ont loué leur camping car pour 3 semaines et pensaient aller aux Îles Lofoten. Ils viennent de réaliser que c'était trop juste, ils vont faire demi tour. Les routes sont étroites, on roule à 40 ou 50, pas facile avec un gros engin qu'on n'a jamais conduit !

Ils ont un labrador adorable, très obéissant, et se font fusiller du regard quand le toutou n'est pas en laisse. En Norvège, on parle de liberté, mais en fait les règles sont très strictes. Idem pour camper, on te dit que tu peux camper n'importe où, mais beaucoup de parkings sont interdits la nuit. Pays pas si cool que ça !

On fait la virée jusqu'à Hella, pour longer un peu le Sognefjord, c'est joli mais le temps n'est pas de la partie.

On laisse la voiture en face de l'église de Urnes, à Solvorn, nous prendrons le ferry aller retour à pieds. Urnes est entièrement faite en bois et très décorée.

Ça grimpe sacrément jusqu'à l'église, où une guide nous initie aux secrets de ce chef d'œuvre. On a eu beaucoup de chance, la pluie a cessé juste le temps de visiter l'église (et d'attraper une bonne suée, car on est trop couverts)! On reprendra le ferry sous une pluie battante !

Je vais laisser les images parler d'elles-mêmes.

Puis nous atteignons le centre de visiteurs Brehemsenteret, face au glacier Nigardsbreen. Ça va rappeler des souvenirs à Clema !

On se trouve un coin tranquille pour passer une petite soirée cool, le soleil est là. Demain on verra ce que propose le centre et selon la météo on avisera. On ne se sent pas en grande forme pour une grosse marche, et on n'a pas trop de temps dans le planning (objectif : être à Alesund samedi soir pour la St Jean).


Laerdalsoyri
Hella
Solvorn
Ornes
Église de Urnes
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Quelle journée ! Pluie battante ce matin, tempête de neige à midi, tempête de vent cet après-midi, soleil ce soir !

On ne s'attendait pas à ça. Col à 1400m, sous la neige, féerique... Mais un peu la trouille quand même car on n'a pas de pneus neige. Notre Zezkinette tient bien la route !

Visite de la 3ème église en bois debout (on s'arrêtera là, il en reste une vingtaine sur la multitude construite en Europe du Nord.)

Celle-ci est très décorée à l'intérieur. Les 3 qu'on aura vues sont toutes différentes.

Le vent soufflait tellement fort qu'on a été obligé de sortir par la porte latérale coulissante.

Nous dormons sur la route de Geiranger, encore de beaux paysages nous attendent demain.


Travaux sur la route, suivez "Ledebil"
De la neige et des moutons au milieu de la route
Monument viking
Église en bois debout de Lom
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Encore une sacrée journée ! Pas de pluie aujourd'hui ! Hourra ! Paysage magnifique !

Route de montagne, jusqu'à Geiranger. Nous ne nous sommes pas arrêtés au Danilsba, pas la peine de payer 15 € un point de vue alors que sur la route on peut admirer le fjord. Par contre on s'est fait un petit plaisir, petite croisière d'1h30 (35€ pp) dans le fjord, encadré par des parois rocheuses couronnées par des neiges éternelles.

Grâce à un audio guide, on nous raconte plein de petites histoires. L'été il y a 6000 visiteurs pour 250 habitants. L'hiver, Geiranger est très coupé du monde. Par exemple, le médecin ne vient qu'une fois par semaine.

Pour quitter Geiranger nous remontons par la célèbre route des aigles. Heureusement il y a moins de circulation, les 1800 occupants du gros bateau de croisière ont quitté les lieux, il ne reste qu'un autre gros paquebot et un plus petit qui ne vont pas tarder à rendre le calme et la sérénité à Geiranger !

Nous profitons du beau temps et du fait que le soir on croise beaucoup moins de gros bus et de camions (ce qui est éprouvant sur ces petites routes en lacets), nous enchaînons sur la très belle route de Trollstigen. Nous nous posons à Andalsnes.

On a tendance à se coucher tard, il ne fait quasiment pas nuit, juste un peu plus sombre.


Geiranger et son fjord
Siège construit à l'occasion de la visite de la reine Sophia
Cascade des 7 soeurs
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Réveil... sous la pluie. On se dit qu'on a sacrément bien fait de faire la jolie descente de Trollstigen hier soir ! Je me dis que ce matin on n'est pas pressés, la pluie se calme, il y a une table dehors, je vais en profiter pour faire de la cuisine... Tout est sorti, pancakes en route et lemon curd... quand la pluie revient ! On plie tout, on recommence 10 mn après... Même cirque ! On râle, on déjeune debout... Mais les pancakes (aux flocons d'avoine et blancs d'œufs) sont délicieux et quand je lèche la casserole de lemon curd... Mmm... La bonne humeur revient ! (3 citrons, 1 zeste, 2 jaunes d'œufs et un peu de farine de coco, un peu de sirop d'agave, le tout à mijoter 10 mn, petits pots et frigo.)

Sur ces notes culinaires, nous partons à midi. On passe du temps à Molde, petit ravitaillement et recherche d'un ATM pour faire un retrait. Nous dégusterons le petit poulet tout chaud à 16h!

Nous nous dirigeons vers la route de l'Atlantique, et là comme tous les soirs, la pluie cesse, le ciel s'éclaircit.

Sur 8 km, la route saute d'île en île, le premier pont en forme d'ellipse est photographié à longueur de journée par les touristes. Selon l'endroit où on le prend, il a l'air d'un tremplin, d'un toboggan, ou juste d'un pont en courbe.

Nous rencontrons un petit groupe de français, prêt à prendre un bateau pour aller dans un hôtel sur une des îles. En voyant leurs adresses sur leurs valises, on se rend compte qu'ils habitent à 10 min de chez nous ! Petit moment sympathique où on a bien ri en évoquant notre plateau briard !

Retour vers Molde où on trouve un joli coin pour dormir sur un petit port. En chemin on aperçoit un chevreuil et un couple de grues cendrées (enfin on pense que ce sont des grues cendrées !)

Comme c'est ma journée cuisine, je fais ma célèbre mousse : 2 avocats bien mûrs, 1 banane, une cuillère de cacao, un peu de sirop d'agave et deux cuillères de poudre d'amandes. Je mixe le tout et... Bon Appétit !


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Aujourd'hui, cap sur Alesund. Nous passons l'après-midi et la soirée devant la tour en construction qui va être brûlée demain soir. Nous avons vu juste avant de partir l'émission de "Faut pas rêver" de novembre sur la Norvège. Il y avait tout un reportage sur la Saint Jean à Alesund. C'est une tradition, des adolescents aidés par quelques plus anciens construisent une tour avec des palettes en bois. Ils ont un mois et font ça le soir après l'école. Le but du jeu est de la faire le plus haut possible. Le record est de plus de 40 m. Ce soir elle était à 28 m, les pluies abondantes de ces derniers jours ne les ont pas aidés. Ils veulent travailler toute la nuit (il fait jour et même soleil, mais froid) pour la monter à 33 m, puis demain matin ils se reposeront avant le grand feu de demain soir.

C'est amusant, nous nous sommes retrouvés entre français pour assister aux préparatifs, tous motivés par l'émission de télé !

Une dame nous a raconté qu'au Mont Ventoux, pour la St Jean, un relais est organisé pour monter la flamme qui va allumer le bûcher à 21h précises, le brasier est même vu du Mont Canigou par temps clair. Au petit matin tout le monde apporte des brochettes à faire griller sur le reste du brasier.

À 22h,nous avons encore une vue superbe sur la ville depuis le mont Aksla.



Jipy participe
Les palettes sont montées à la main
Depuis le mont Aksla
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Voilà, la tour a pris feu, elle se consume doucement, et nous on se gèle en la regardant diminuer, sans arriver à aller se coucher !

C'est moins spectaculaire que de la voir construire. On dirait une grande torche. Elle ne brûle pas d'un seul coup, c'est une grosse bougie dans la mer... Énormément de bateau se sont approchés.

Nous avons décidé de passer 24h dans le seul camping d'Alesund, nous sommes donc face à la tour pour la voir brûler même si c'est un peu loin.

Aujourd'hui repos pour Zezkinette et gavage d'électricité, pour nous première lessive (la machine est bourrée à bloc), deuxième douche du voyage, et balade en ville. On profite aussi de la cuisine, les campings norvégiens sont confortables !

Quelques allemands, un couple de hollandais à vélo, un petit groupe de russes et... plein de français, ayant tous vu l'émission "faut pas rêver" !

L'ambiance est sympathique, joli moment de partage. Ceux qui dorment sous la tente sont soit très bien équipés et fatalistes, soit frigorifiés. C'est le cas de ce petit couple de motards qui sont dégoûtés de la pluie, et qui envisagent de passer au van...


10h du matin, la tour est finie, 33m
Centre d'Alesund
Mise à feu
Ça se termine
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Grasse matinée ce matin, la soirée immobiles dans le froid nous a fatigués !

Les copains bretons sont déjà partis. Je profite du micro-ondes pour faire un bowl-cake, qui fait des envieux. Les copains motards me demandent la recette : dans un bol, mélanger 1 œuf, 3 cuillères à soupe de flocons (épeautre, avoine, sarrasin...), 3 c à s de lait d'amandes, un peu de sirop d'agave, 1 cc de levure chimique, puis selon ses envies, 1/2 banane, quelques baies de cranberries, 1 cc de spiruline, mettre 3 min dans le micro-ondes. Démouler sur une assiette. Décorer avec poudre de noix de coco et amandes. Il faudra qu'un jour j'écrive mon livre de recettes du voyageur ! C'est vrai que les recettes ne sont pas les mêmes au fin fond de la Patagonie avec son sac à dos, et quand on a un van ! Mais quand on est 2 grands gourmands qui veulent que ça tienne au corps sans prendre des kilos, il faut trouver des idées !

Tout le monde se dit au revoir et se souhaite bonne route, à vélo, à moto, en voiture aménagée, en van, en camping-car... Certains viennent pour la troisième fois, d'autres, comme ce camping-cariste qui passe 6 mois par an au Maroc, disent qu'ils préfèrent les pays chauds !

Nous sommes contents de retrouver un peu notre vie sauvage. Nous prenons la route de Dombas, grandes falaises noires décorées de plaques de neige et dominant une rivière aux eaux très claires couleur émeraude.

Nous voulons éviter un pont payant, on fait un détour par une petite route... payante aussi ! Lol ! Tant pis, c'est très joli. Le péage n'est jamais annoncé à l'avance, et une fois qu'on est passé sous les caméras, mieux vaut ne pas faire demi tour, on risque de payer 2 fois !

À Dombas, nous voulons réaliser notre deuxième voeu : voir les bœufs musqués. Dans un magasin de souvenirs nous nous adressons à une dame qui parle un français impeccable ! Elle téléphone pour nous et nous envoie sur le lieu du rendez-vous, 30 km plus loin (à Hjerkinn hus). Demain 10h un guide nous conduira sur le lieu de la randonnée. Espérons que la chance nous sourira ! Je suis un peu inquiète car je n'aime pas marcher en groupe, je suis très lente maintenant !

Prévoir pique-nique, chaussures de marche et vêtements très chauds !

Ce soir nous dormons à 1100 m, il fait frisquet.


Tresfjorden
Dombas
À la découverte des bœufs musqués
Les bœufs musqués, grosses bêtes sauvages
Prendre des forces pour demain !
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Quelle surprise au réveil ! Le soleil est au rendez-vous !

Comme on est méfiants, on équipe nos sacs à dos de l'habituel chargement, surtout que nous sommes en montagne : gants, bonnets, tours de cou, polaires, doudounes, goretex, pantalon de Kway... On se traînera des sacs bien lourds toute la journée car, si le vent est frais, le soleil tape dur ! On n'a pas pensé à la crème solaire ni aux chapeaux de soleil !

Nous suivons notre guide, Knut, en convoi jusqu'au parking de l'entrée du parc national Dovrefjell (Gronbakken). 390 Nok la randonnée (40 €). Nous sommes 8 (2 danois, 2 norvégiens, et 2 copains d'Aix en Provence, des courageux qui campent sous la tente).

Belle surprise, au début de la balade, un bœuf musqué nous attend ! Nous sommes tout prêt de lui, un peu cachés par un talus. Le guide est inquiet car il faut être à 200 m de ces grosses bêtes préhistoriques, à l'allure de mammouth. Il broute tranquillement, il n'a pas l'air trop perturbé par notre présence.

Nous avons parcouru 10 km, malheureusement nous n'en avons pas vu d'autres, car vu le beau temps les bœufs musqués ont dû se réfugier dans la montagne !

Nous revenons dormir au départ du point de vue Snohetta, et comme le soleil est toujours là avec un beau ciel bleu, nous montons au point de vue (3 km A/R).

On nous a dit que la semaine s'annonçait belle. Tant mieux car la semaine dernière, certains ont dû renoncer à aller aux Lofoten, il y avait une tempête de neige !

Ce soir, nous avons droit à un beau ciel rose avec la pleine lune, c'est magnifique !



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Grand soleil ce matin. On essaie de se mettre à l'abri du vent pour faire des crêpes au sarrasin. Mais le vent tourne, une crêpe s'envole... Quelle idée aussi de vouloir faire la cuisine dehors à 1100m d'altitude !

En partant nous nous arrêtons à la petite église du village en face, nous sommes bien accueillis.

Paysages magnifiques ce matin, montagnes enneigées, gorges.

Cet après-midi nous avons fait une visite express de Trondheim. (parking à Klostergata). En 2h on a réussi à voir tout ce qu'on voulait : la magnifique cathédrale (100 Nok, photos interdites), la résidence royale, les maisons de bois aux rues pavées derrière l'église Notre-Dame, et surtout le vieux pont et toutes les maisons sur pilotis au bord de l'eau.

On a même trouvé l'ascenseur à vélo vu dans l'émission "Faut pas rêver". Les personnes qui ont essayé n'ont pas été plus chanceuses que l'animateur de l'émission, ça n'a pas l'air facile, c'est un coup à prendre. Ça a été construit pour encourager les habitants de Trondheim à utiliser leur vélo, malgré les côtes !

La route au nord de Trondheim n'est pas terrible, c'est verdoyant mais habité et industriel, on a hâte que ça redevienne plus sauvage !

Crêpes au sarrasin
Résidence Royale
Cathédrale Nidaros de Trondheim
Vieux pont de Trondheim
Trondheim
Ascenseur à vélo
Ascenseur à vélo
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Hier soir, nous avons posé Zezkinette à Stiklestad, au centre culturel, lieu de visite des familles (théâtre en plein air, reconstitutions de la vie autrefois...) Lieu calme et tranquille. Ce matin nous visitons l'église de St Olav, celui qui a christianisé la Norvège et est mort en combattant, sur ce lieu. L'intérieur de l'église est orné de fresques. Non loin, une chapelle orthodoxe, pour rappeler qu'à l'époque de St Olav il n'y avait pas encore la rupture entre les catholiques et les orthodoxes.

Nous prenons enfin la route, avec un arrêt vidanges et un arrêt ravitaillement. Nous quittons la E6 pour nous rendre au renne de Bola, peinture rupestre vieille de 6000 ans.

Le site est beau, aire de pique-nique sympa avec le soleil. Nous goûtons aux galettes de poisson que je passe à la poêle. Pas inoubliable !

Un petit chemin dans une pinède mène au renne, qui tient compagnie à un skieur, un ours et un oiseau (mais l'eau et le gel ont bien abîmé ces gravures). Nous sommes en région Sami (les lapons), leur drapeau flotte au vent.

En route vers le nord ! Mais voilà notre Zezkinette qui nous réclame sa dose d'AdBlue (anti-polluant à ajouter au diesel). On s'y attendait mais on appréhendait ce moment, ne l'ayant jamais fait. On sort notre gros bidon de 10l, et là on se rend compte que l'embout vendu avec est trop gros. On fouille les poubelles du parking, on trouve une bouteille en plastique, goulot trop gros aussi. Heureusement on a une bonne paire de ciseaux pour tailler un demi-entonnoir dans la bouteille, adapté à notre entrée !

Bon, Zezkinette a l'air contente, nous on est soulagés !

Nous passons enfin la "frontière" de la région Nord-Norge, ce qui signifie qu'on entre dans le grand nord. La pluie commence à tomber...

Un petit coup de connexion internet sur le blog de Cléma, et nous voilà parés pour dormir... Cap sur les chutes d'eau de Laksforsen. Sauf qu'on n'est pas les seuls à avoir eu cette idée, (ils ont tous regardé le blog des Cléma), le parking est plein, on arrive quand même à se trouver une petite place. On fera les photos demain, il pleut et il est tard, mais le site est magnifique. Merci Cléma !

Eglise de Saint Olav à Stiklestad
Chapelle orthodoxe de St Olav
Galettes de poisson norvégiennes
Petit renne à côté du grand, pour voir la taille !
Le renne de Bola
On rentre dans le Grand Nord
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Photos de la cascade de Laksforsen, sous la pluie ! Débit de 700 m cubes par seconde, sur une chute de 17m. Pas facile à photographier, le restaurant a pris la meilleure vue ! En descendant par un petit chemin glissant, on peut la voir de face, mais c'est moins impressionnant que d'en haut. On la verra aussi en continuant la petite route. Apparemment elle est très connue, plein de cars de touristes s'arrêtent !

À Mo i Rana, après un petit tour à l'office du tourisme, on prend une petite route qui mène à Svartisen, à 21 km. De là on peut prendre un petit bateau pour traverser le lac et marcher 3 km pour aller toucher un glacier. Mais il n'y a que 2 bateaux par jour et il pleut, on n'aperçoit même pas le glacier. Un peu déçus on fait demi tour mais la route est quand même jolie. Ça nous fait aussi une petite coupure avec la E6, qui est très pénible, car une autoroute est en construction. Depuis Trondheim on a droit à un amas de terre et de rochers sur le côté de la route, et à de nombreux passages à circulation alternée.

Soudain la route grimpe, quittant la forêt pour atteindre un grand plateau à presque 700 m d'altitude, c'est la toundra, la température descend à 6 degrés, on voit apparaître les panneaux du cercle polaire. Il est 20h.

C'est toujours un grand moment de passer le cercle polaire, savoir qu'on est plus près du pôle nord que de l'équateur réveille en nous des rêves d'enfance !

On a presque parcouru 5000 km depuis qu'on a quitté notre maison !

Chacun met son petit caillou symbolique sur les cairns, puis on va faire un tour dans la boutique de souvenirs où sont exposés des animaux empaillés.

Ensuite la route redescend vers le fjord, à travers une forêt de bouleaux, la route est plus agréable. Le soleil fait son apparition et nous éblouit, à 22h30, on décide alors de nous poser pour la nuit, à 40 km de Bodo. On verra demain ce qu'il adviendra de notre sort, car on n'a pas réservé le ferry pour les îles Lofoten. On n'a pas envie de prendre un bateau la nuit, à notre âge on met du temps à récupérer d'une nuit blanche, alors si on peut éviter...



Cascade de Laksforsen
Cascade de Laksforsen
Svartisen et son glacier
Le cercle polaire
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Lever 6h, on ne connaît pas les horaires de ferries ! À 9h nous sommes à Bodo dans la file d'attente, super il n'y a pas trop de monde, le ferry est à 11h00. Encore beaucoup de français dans le bateau, notamment des cars de voyages organisés.

En 3 h nous sommes à Moskenes, 3ème objectif atteint : à nous les Lofotens.

C'est effectivement très mignon, maisonnettes rouges sur pilotis au pied des montagnes. Premier arrêt à Tind, les têtes de cabillaud sèchent. Une italienne nous explique qu'elles sont envoyées en Afrique, pour faire de la soupe. Deuxième arrêt à A, petit village musée. Dommage il pleut, on n'a vraiment pas chaud. Les pêcheurs viennent de rentrer et rapportent d'énormes cabillauds.

Nous remontons vers le nord et nous arrêtons à Reine, où sèchent cette fois les poissons entiers. Nous sommes ravis car on avait lu qu'en juin les poissons étaient secs et retirés des séchoirs. Sans doute qu'à cause du mauvais temps de juin le poisson aura mis plus de temps à sécher. On lit que la mer (les embruns) sale le poisson naturellement, permettant ainsi une conservation optimale. Le cabillaud séché donnera... la morue.

Avant de partir nos yeux tombent sur un appareil pour faire la pression des pneus, devant une boutique de souvenirs ! Il est temps qu'on regonfle un peu Zezkinette. Et comme ces norvégiens ne font rien comme chez nous (ou alors c'est nous qui ne sommes pas doués !), on se retrouve avec un pneu presque à plat... Moment de panique, je cours chercher de l'aide dans la boutique, heureusement ils sont serviables, un jeune homme nous initie aux mystères de cette drôle de machine qui n'a plus de secrets pour nous ! Nous pouvons repartir gonflés à bloc (enfin on espère !)

Du coup on achète une barquette de frites et des jolies chaussettes dans la boutique !

Après un arrêt repas à Hamnoy, (saut de petites îles), le soleil du soir essaie de pointer son nez, il ne pleut plus, le bonheur !

Nous passons par Ramberg, petit port au pied des montagnes, la jolie plage de Flakstad, puis nous longeons un fjord à la recherche d'un petit coin pour dormir. (Nusfjord) Près de nous des élevages de saumons.

Même si les Lofotens sont très touristiques, elles méritent bien leur réputation, c'est bien joli. Espérons que le soleil va venir...

Lofotens en vue
Arrivée sur Moskenes
Tind, têtes de cabillauds
Village de A
Retour des pêcheurs
Les boîtes à lettres du village regroupées
Reine
Séchoirs à poissons, Reine
Flakstad
Flakstad
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Premier arrêt de la journée à Vikten où nous visitons un atelier de céramique avec un souffleur de verre. Puis nous passons à Ballstad, petit port à l'odeur de morue (usine d'huile de foie de morue). Une grande fresque est peinte sur un atelier de réparation de bateaux.

Après être passés devant la grande église verte et blanche de Buksnes, nous nous posons un peu à l'office du tourisme de Leknes où nous profitons de la WiFi.

Nous prenons la route d'Uttakleiv, à une voie, avec des petits espaces sur le côté pour se croiser. Il faut être attentifs.

À la belle plage d'Haukland nous empruntons le tunnel construit en 1998, à une voie lui aussi, qui mène à Uttakleiv. On peut traverser le tunnel à pieds, une boîte à lettres à chaque extrémité contient des gilets jaunes que piétons et cyclistes peuvent enfiler (et remettre dans la boîte de l'autre côté !)

Ce petit bout du monde est payant pour se garer, on retourne à Hokland installer notre jolie demoiselle bleue. Après s'être enfin restaurés (il est quand même 18h, pour un déjeuner c'est un peu tard), on décide de rester là. Un petit panneau indique "no camping" mais il y a foule de vans et de tentes, les campings cars sont un peu plus haut, notre parking étant limité à 2m20.

Du coup, ayant retrouvé la forme et les nuages semblant céder la place à un beau ciel clair, nous sortons les chaussures de marche. À 19h30, nous voilà partis pour une randonnée de 8 km, aller jusqu'à Uttakleiv par l'ancienne route des chevaux, par la montagne, en passant au-dessus du tunnel, et retour par l'ancienne route qui longe la falaise. Soirée magnifique, pas de pluie, pas de vent, très peu de monde, le bonheur !

En longeant la falaise, on aperçoit un phoque, des aigles, puis on assiste à un spectacle intéressant : les mouettes ramassent un oursin, volent au-dessus de la route, lâchent leur proie pour qu'elle se casse, et atterrissent pour aspirer l'intérieur ! Jipy avait noté ça sur son carnet de bord de son voyage au Cap Nord il y a 45 ans et me l'avait raconté, nous sommes ravis d'avoir revu cette scène !

Le soleil brille de plus en plus, on devrait dormir le jour et voyager la nuit !

Nous retrouvons notre nid douillet à 23h00, bien fourbus mais heureux, on ne tire pas les rideaux, le spectacle est trop beau !



Route de Nusfjord
Vikten, atelier du souffleur de verre
Ballstad
Ballstad
Haukland
Route des chevaux
Uttakleiv
Rocher Taa
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4h du matin, un soleil radieux inonde la maisonnette. Pas un nuage !

On réussit quand même à dormir jusqu'à 9h, la fatigue aidant. Super petit déjeuner avec crêpes, puis on va prendre un bain de pieds. L'eau est glaciale, mais ça fait du bien ! Plus tard dans la journée nous verrons des norvégiens se baigner.

Nous discutons avec nos voisins d'Ales. Le parking est plein, c'est dimanche, j'échange quelques mots avec 3 norvégiennes de Narvik venues ici en week-end.

Finalement nous déjeunons ici et nous levons le camp à 15h. Aujourd'hui nous aurons notre dose de petites routes à une voie, avec croisements pas toujours faciles. Mais quelle beauté ! Voir les Lofotens sous le soleil, on réalise qu'on a beaucoup de chance.

Nous passons à Eggum, qui est juste un joli coin pour ceux qui veulent voir le soleil de minuit. Le site étant payant pour les voitures, je reste devant l'entrée avec Zezkinette et j'en profite pour faire bronzette avec un bon livre. Jipy, lui, a besoin de se balader et d'explorer le site. C'est parfait comme ça.

Nous reprenons la route pour Henningsvaer, les paysages sont splendides, une succession de petits îlots...

Par endroit la route est abîmée, on distingue nettement la couche de pneus aplatis et cousus ensemble sous le goudron, sans doute pour que la route soit moins glissante quand il neige. On avait vu ces pneus cousus sur la route en construction. Le problème est que ce revêtement est très bruyant.

Nous passons devant la grande église en bois de Kabelvag, puis nous traversons Svolvaer à la recherche vaine d'une vidange, nous trouvons la ville assez moche.

Nous continuons sur Laukvik, route superbe, montagnes encore enneigées...

Nous sommes enchantés par Laukvik, un petit bout du monde. Une multitude de séchoirs à poissons sur fond de montagnes enneigées, des moutons en liberté boutant sous le poisson, et un des meilleurs postes d'observation pour le soleil de minuit.


Bain de pieds
Soleil de minuit
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Quelle belle journée ! On a osé le tee-shirt et le short, en gardant quand même la polaire pas trop loin... On ne sait jamais !

Nous avons pris le petit déjeuner en observant le décrochage du poisson séché. La technique est rapide, les poissons sont emportés par un petit tracteur jusqu'à l'usine.

Nous avons roulé jusqu'au fjord du Troll, à l'entrée des îles Vesteralens, ce fjord est réputé pour être très étroit. On a surtout trouvé les paysages magnifiques, imaginez un atoll polynésien bordé de montagnes suisses ! On a déjeuné au soleil, face à ce beau paysage ! Super.

Après un arrêt à Sortland, jolie petite ville, nous sommes tranquillement montés jusqu'au camping Oppmyre. Merci Clema !

Très chouette, petit coin cuisine à l'abri du vent et au soleil du soir !


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Une belle soirée au camping Oppmyre, on profite du soleil de minuit pour faire encore de belles photos. On a raison, car ce matin on se lève sous la pluie et dans le brouillard !

Ces deux journées de soleil ont un goût de trop peu. On se refait une santé avec cuisine, douche, rangement... On ne part qu'à 15h00, direction Nyksund. C'était un port de pêche important au bout du monde. La route pour l'atteindre est très belle. Ce village a aujourd'hui été restauré (très mal), il n'y a plus que deux restaurants (très chers) et des galeries d'artistes (très tristounettes). Nous sommes donc un peu déçus, par rapport à tous les jolis villages des Lofotens.

Nous refaisons la route jusqu'à Sortland, puis nous montons jusqu'à Bleik, près d'Andenes, en longeant des falaises, surmontées de pics rocheux, au bord de la mer. Le relief est impressionnant, on a l'impression qu'un géant a tiré la terre vers le haut et l'a tordue maladroitement dans ses mains, comme un potier débutant. Par endroits ça ressemble à des cratères de volcans, et pourtant ce n'est pas volcanique.

Avec le brouillard sur les montagnes et les petits villages complètement morts, le paysage ne respire pas la gaieté !

Nous faisons quelques arrêts "jumelles", dans l'espoir d'apercevoir un animal. De ce côté là aussi c'est calme plat, à part les mouettes et les cormorans. De temps en temps, de belles criques.

À Bleik nous avons le plaisir d'observer un aigle de mer. Des excursions sont organisées pour aller voir les baleines. Nous n'irons pas, on a eu cette chance dans d'autres pays à des prix plus avantageux et de très près.

On retentera demain matin l'observation du bord de mer. Puis nous quitterons les Vesteralens.


Camping Oppmyre
Nyksund
Nyksund
Aigle de mer
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Bleik, Vesteralens. Nous décidons de passer la matinée à essayer d'observer la mer. Nous retournons un peu en arrière, au point de vue on se rend compte que les points blancs sur le rocher sont des fous de Bassans, on retrouve les mêmes battements d'ailes et les mêmes cris que lorsqu'on a visité la colonie l''an dernier au Canada. Nous allons à l'extrémité de la plage de Bleik, pour observer le grand rocher auprès duquel sont organisées des balades en bateau. Il doit y avoir une colonie de macareux. Nous sommes un peu loin, on voit les oiseaux aux jumelles mais pas précisément. Par contre, près de nous, une loutre nage, très rapidement, puis grimpe sur un rocher, avant de disparaître dans l'eau.

Sur la plage, un vieux VW surmonté d'un petit canard en plastique est garé. Nous reconnaissons le van et la mascotte de nos jeunes copains qui ont fait la traversée du Lysefjord avec nous il y a trois semaines ! Retrouvailles, c'est sympa. Eux ont préféré monter par la Suède pour échapper à la pluie. Ils font demi tour ici et vont redescendre par le chemin qu'on a pris, en Norvège.

Nous arrivons au ferry pour Senja, on a deux heures d'attente, on en profite pour se reposer. Les touristes sont tous fatigués, la lumière 24h/24 c'est super mais on n'a pas envie d'aller se coucher. Les nuits sont magnifiques, c'est là que les couleurs sont les plus belles (rose, orangé...) On est un peu déphasés. Ça va nous faire tout drôle quand on va retrouver la nuit, mais on récupèrera ! On se demande comment les habitants supportent ces mois de jours continus et surtout les mois de nuits ! Au Canada on nous avait dit qu'il y avait un fort taux de dépressions l'hiver.

Après presque 2h de traversée, nous voilà à Senja. Le ciel est à nouveau bien couvert et on retrouve le grand froid. Il faudra reprendre l'habitude de se couvrir !

Nous nous arrêtons sur le parking du musée du grand Troll pour dormir. Nous ne sommes pas tout seuls, plusieurs campings cars, et une famille Tchèque en minibus qui est en train de s'installer sur une grande partie du parking, en étalant tables, chaises et tentes ! Bien au chaud en les regardant, nous entamons l'hymne tchèque, il va falloir qu'on ouvre la fenêtre pour qu'ils nous entendent ! (clin d'œil pour ma chorale !)





Route côtière des Vesteralens
Pont dans les Vesteralens
Fous de Bassans à Bleik
Le grand rocher aux macareux de Bleik
Petite loutre nage
Petite loutre cherche à manger
Élevage de saumons, Senja
Le grand Troll, Senja
Musée du Troll, Senja
Musée du Troll, Senja
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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ! Ce matin le soleil est revenu. Des bandeaux de brume jouent à cache cache avec les montagnes. On prend la route touristique qui monte au nord de Senja. Arrêt à différents points de vue, (Bergbotn, Tungeneset), et sur la plage de Bovaer que nous longeons les pieds dans l'eau (qu'elle est froide !) Repas sur la plage d'Ersfjord.

La route très étroite longe les fjords, la conduite est fatigante car il y a beaucoup de circulation, les norvégiens et les finlandais sont en vacances. Il faut à chaque fois qu'on croise quelqu'un se serrer sur le côté, s'arrêter, en espérant que les rétroviseurs ne se touchent pas !

Aussi Jipy en a marre, il veut marcher. On trouve le parking de la balade la plus populaire : Sengla. Facile paraît-il. Moi je suis fatiguée, pas du tout envie de marcher. Ça m'ennuie de laisser mon Doudou partir seul en montagne, et puis le ciel est si bleu, si je ne viens pas je vais le regretter !

Donc je me force. Mais facile chez les norvégiens c'est difficile pour moi, la hanche et le genou grognent. Arrivés sur la crête, c'est vrai que le spectacle est magnifique. Mais je déclare forfait pour la montée finale sur le sommet, je préfère m'imprégner de ce beau paysage, Jipy me rapportera des photos.

Je reprends mon écrit le lendemain. La montée finale est en fait encore plus longue qu'on le pensait (un faux plat cachait le haut du sommet). J'attends 2h, je commence alors sérieusement à m'inquiéter ! Jipy n'a pris que les jumelles et l'appareil photo, pas de portable. Les balades norvégiennes longent souvent des falaises et les norvégiens partent du principe que chacun prend ses responsabilités, il n'y a aucune protection. Alors je me fais un film, je sais que Jipy n'est pas très à l'aise pour escalader les rochers, même s'il a fait énormément de progrès depuis 40 ans. Et s'il était tombé de la falaise sans que personne s'en aperçoive ? J'interroge des gens qui reviennent, j'essaie de demander des jumelles, sans succès.

Puis Jipy arrive, épuisé mais content ! Ouf.

Des américains l'ont photographié au sommet avec le drapeau norvégien. Je suis fière de lui, car c'était vraiment un terrain pas facile, et ce sont essentiellement des jeunes qui grimpent. Moi j'ai un peu le blues, dû à la fatigue, à l'inquiétude et au fait de ne pas être allée jusqu'en haut. Jipy me console en me disant que j'ai eu un très beau point de vue, lui il l'a juste vu la même chose de plus haut. Il me félicite aussi d'être arrivée jusqu'à la crête. Ça me réconforte.

Il nous faut redescendre à la voiture, le sentier n'est vraiment pas agréable, on retrouvera Zezkinette seulement à 23h30. Encore un dodo à 1h du matin passé, heureusement on a trouvé un très joli coin pour dormir.



Point de vue Bergbotn
Pour traverser les tunnels
Plage de Bovaer
Point de vue Tungeneset
Plage d'Ersfjord
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Une journée pas très passionnante, ça monte, ça monte vers le nord !

Après un soleil éblouissant toute la nuit, une matinée nuageuse, le brouillard est arrivé vers midi pour faire place à la pluie en fin de journée. On a vu de haut le village de Husoy, très beau point de vue. Puis nous avons vu celui de Botnhamn, où nous avons trouvé une douche à côté du ferry. Nous avons ensuite pris la route vers Finnsnes pour sortir de Senja, et en route pour le nord !

Le paysage était sans doute très beau, mais la mauvaise météo ne nous a pas permis de l'apprécier. Tant pis, on préfère avoir eu beau temps hier !

En nous connectant de temps en temps sur internet on a pu suivre les exploits des Bleus contre l'Uruguay, ça a mis un peu de piment dans la journée !


Nuit à Fjordgard
Husoy
Nuit à Oteren
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Peu de choses à raconter aujourd'hui, temps maussade mais superbe route E6 jusqu'à Alta, le long des fjords. Glaciers, montagnes enneigées, sapins, bouleaux, toundra, un peu dans la brume. Beaucoup de tunnels tout neufs, et certains encore en construction. Nous sommes à 4 km du musée des gravures rupestres d'Alta, que nous visiterons demain.


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Nous y voilà ! Objectif atteint, le Cap Nord !

Ce matin, grasse matinée, repos, sachant que l'on risquait de faire une nuit blanche... enfin, plutôt une nuit très ensoleillée !

À midi, visite du site des gravures rupestres d'Alta, au patrimoine de l'Unesco. Elles ont été faites au bord de l'eau il y a 6000 ans, mais lors de la dernière glaciation la terre a monté, donc les gravures les plus anciennes sont les plus hautes.

Essentiellement représentations de la chasse et de la pêche, donc des hommes, des animaux (élans, rennes, ours, flétans, baleines), des bateaux... Certaines ont été peintes en rouge par ceux qui les ont trouvées.

Tout ça sur un circuit ensoleillé de 3 km au bord de la mer ayant pour fond les montagnes enneigées.

On nous fournit pour la visite un petit fascicule en français, et comme nous on aime voir dans le détail tout ce qui décrit dans le livret, on y a passé 3 heures !

Le musée est installé dans un abri anti atomique. Jipy a aimé l'exposition temporaire du mathématicien Moebius, qui a créé cette bande sans fin....

Nous nous sommes arrêtés à la cathédrale Boréale d'Alta (elle date de 2013), très moderne, elle évoque les aurores boréales.

Nous voilà au point le plus au nord de notre voyage. Vers 23 h, à un arrêt sur le plateau pour observer les troupeaux de rennes, nous avons discuté avec 3 français. Ils nous ont conseillé de laisser s'écouler la foule de bus qui viennent à minuit sur le site, et d'y aller après. Nous sommes donc à 5 km de l'entrée payante du site, il est 1h du matin et le soleil est éblouissant. On le reçoit en pleine figure quand on regarde au nord.

On vous racontera ça demain...

Crâne trouvé ce matin
Alta
Cathédrale Boréale d'Alta