Carnet de voyage

Grande Traversée du Jura en raquette

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Ce carnet de voyage relate notre traversée du Jura du Nord au Sud et en raquettes. Martin, Marvin et Jérémy
Janvier 2020
10 jours
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Publié le 16 janvier 2020

Données sur l'étape du jour : 17,8km - 840m D+

Le tracé du jour
Le tracé du jour
L'ascension a travers bois pour le mont Mormont
L'ascension a travers bois pour le mont Mormont
La retenue d'eau entre les deux monts
La retenue d'eau entre les deux monts
Pause déjeuner
Pause déjeuner
Le refuge de la petite échelle
Le refuge de la petite échelle
Notre Yourte !
Notre Yourte !
Depuis la falaise tout en haut la haut
Depuis la falaise tout en haut la haut
GTJ - Jour 1 

C'est le début de l'aventure. Après une première soirée à Metabief gratifiée d'une morbiflette et d'une bouteille de vin du Jura, nous entamons ce voyage le ventre plein, reposé et avec l'envie d'en découdre.

Il est environ 9h30 quand nous entamons notre marche pour la journée.

Dès le début deux certitudes nous apparaissent rapidement. Premièrement, les raquettes pourraient ne jamais nous servir et deuxièmement le tracé gpx téléchargé avant le départ semble parfois très très approximatif.

Le début de cette journée commence par la plus grosse ascension du voyage. Environ 650m pour rallier le mont Mormont depuis le bas des pistes de Metabief. Les chemins indiqués par le tracés nous emmènent en pleine forêt et nous devons chercher une alternative plus accessible et balisée. Nous trouvons une voie qui nous fait grimper tout en haut avec une solide moyenne d'environ 20%. Heureusement que nous n'étions pas en raquettes, la tâche n'aurait pas été la même !

Arrivée en haut du mont, il est environ 11h30 et nous prenons un café salvateur. Nous sommes arrivés sur un versant enneigé et sur lequel quelques skieurs s'adonnent aux joies des sports d'hiver. Seulement 4 pistes sont ouvertes et le retour à la station se fait par télésiège depuis le haut du mont. Pas top top.

Nous redescendons le sommet de l'autre côté pour atteindre le mont d'or en passant par un col complètement enneigé. Au milieu de ce dernier se trouve un lac qui fait office de retenu d'eau pour les canons de la station. La glace à l'air epaisse et nous nous aventurons a sa surface. Le risque est modéré. Le lac est grand et entièrement gelé. Aussi chaque pierre lancé dessus génère un son tout droit sortit d'un pistolet laser et se reproduit a chaque ricochet. De quoi nous amuser un certain temps..

Martin aussi tentera de faire fondre la glace surement pour tenter une pêche blanche mais en vain.

Plus tard nous arrivons au sommet du mont d'or. La vue du haut de la falaise y est magnifique. Complètement dégagée, on peut voir toutes les Alpes, le mont blanc la plaine de Genève ainsi qu'environ 80% de la Suisse.

Au sommet nous bifurquons pour redescendre vers la vallée. La végétation change et nous ne voyons plus ou presque d'habitations et de villes en contrebas. Le chemin est dégagé : une immense prairie d'herbe d'alpage verte parsemé de neige et entourée de dense forêt de sapins.

Nous nous arrêtons pour déjeuner des sandwichs à la tome de Savoie et au jambon cru. Nous avions acheté la veille une tome entière et son destin ne fait peu de doute.

Des les premières minutes de la reprise, une douleur au genou se manifeste chez Martin. Elle trainait la depuis quelques temps et les muscles froids après la pause déjeuner l'ont ravivées. Le reste du parcours de fera dans une certaine douleur. Tant qu'il ne doit pas plier le genou on sera bon...

Le reste du parcours est moins vallonné mais tout aussi somptueux. Des courbes douces, des forêts touffues et dense, de la neige glacée qui craque et rompt sous nos pas. Les raquettes ne seront d'aucune utilité aujourd'hui mais au vu de la distance ce n'était peut être pas plus mal.

Nous arrivons vers 15h30 au refuge. La petite échelle est à 500m de la suisse juste en face d'un mont appeler la dent de Vaulion. Nous sommes accueillis par Alban et un ami à lui qui lui apprend a faire du cor des Alpes. Un instrument traditionnel tout en bois et dont le son résonne dans tous les alpages avec une douceur presque mélancolique.

Nous prenons une bière bien méritée en même temps que nous jouons au tarot.

Plus tard nous rejoignons notre yourte qui sera notre logis pour la nuit. Nous y faisons un feu dans le poele pour la préparer à la nuit qui s'annonce froide, profitons du soleil qui tombe derrière les monts Suisses puis remontons au chalet ou une fondue se prépare..

Il est prévu de la neige pour demain et le weekend.. Nous avons hâte de pouvoir chausser les raquettes et tâter de la poudreuse fraîche !


Jérémy

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Publié le 17 janvier 2020

Données sur l'étape du jour : 15,8km - 390m D+

Un réveil réchauffé
Un réveil réchauffé
La vue au réveil
La vue au réveil
Alternance de neige et terre sur la première partie du parcours
Alternance de neige et terre sur la première partie du parcours
Avec un trépied de baton
Avec un trépied de baton
Les chemins de traverses
Les chemins de traverses
La cabane des chasseurs
La cabane des chasseurs
Il commence a pleuvoir
Il commence a pleuvoir
Marvin avant la chute
Marvin avant la chute
Balade au bord du Doubs sous la pluie
Balade au bord du Doubs sous la pluie
VOUS LA VOYES L'IRONIE LA HEIN
VOUS LA VOYES L'IRONIE LA HEIN
Le tracé de l'étape

Avant de commencer mon récit sur ce deuxième jour de marche, je me dois de dire quelques mots sur notre soirée et nuit dans la yourte de la petite échelle.

Bien que le refuge soit autonome en électricité grâce à ses panneaux solaires, son utilisation reste contenue. Le repas se fait donc dans une salle au plafond bas, éclairée aux chandelles et chauffé à blanc par un poêle à bois absolument monstrueux. L'ambiance colle au cadre : simple, douce et chaleureuse.

Fondue au vieux comté, vin jurassien, tarte maison aux myrtilles et aux framboises et tisanes alpages, ce repas semble figé dans le temps. Il aurait bien pu durer tout le temps restant du voyage.

Avoir une bonne gestion du poêle dans une yourte est importante. Vers 3h, creuvant de chaud sous nos couvertures en laine, je décide de le recharger pour qu'il dure jusqu'au matin, mais coupe l'alimentation en air afin d'en réduire la voilure. Mauvais calcul la température chutera le reste de la nuit et le réveil fut (en tout cas pour ma part) ! Je le rallume le matin et l'ouvre afin de s'habiller face aux radiations directes.

Nous engloutissons le petit déjeuner et repartons vers 9h30 environ. Les nuages se parent de bordures orangés et de dessous violets. Le temps est bon même si de la pluie est annoncée vers 12h.

L'étape d'aujourd'hui est plus courte et nous décidons de rallier Mouthe (notre ville d'arrivée) avant le déjeuner. Les 11km prévus devraient être parcourus sans grande difficultés.

La première partie du parcours est très similaire à celle de la veille. Partiellement enneigée et doucement vallonnée cette portion de la GTJ nous ramène a un point de bifurcation emprunté la veille. De là nous descendons sur un versant ou la neige sera complètement absente.

La seconde partie suit principalement une route encore empruntée par des voitures. Bien que nous n'ayons croisé qu'un garde de l'ONF, nous ne sommes pas enchanté à l'idée de parcourir les 8km restant de cette façon. Surement qu'avec de la neige cela n'aurait pas été choquant vous me direz..

Nous décidons alors de sortir du tracé balisé pour nous enfoncer dans la forêt en suivant des sentiers visiblement peu fréquentés. Ce fut un choix judicieux. Nous nous retrouvâmes au coeur d'une forêt d'immenses sapins poussant sur un tapis (triple épaisseur) de mousse et lychens. Les souches, rochers et branches mortes y sont toutes recouvertes de cette matière vivante et verte qui semble ramper et régner en maître en bas. Seuls les sapins parviennent à surnager dans cette mer et à se hisser vers un ciel de plus en plus gris et menaçant.

La pluie commence à tomber. Nous la remarquons à chaque traversée de clairière et l'oublions une fois dans les bois.

Nous faisons la découverte d'une cabane de chasseurs en plein milieu de la forêt. N'ayant visiblement pas été visitée depuis quelques années nous prenons tout de même quelques minutes pour lire les panneaux d'instruction et les règles de sécurité sur la chasse. On sait jamais.

Martin ne se plaint pas de son genou. Il a prit l'habitude de marcher d'une façon idiote avec une jambe droite totalement raide projetée vers l'avant par un mouvement du bassin. Il est toujours le plus rapide en montée même s'il a un peu plus de difficulté en descente. Aussi il descend en marche arrière de façon a reproduire le même mouvement qu'en montée. Heureusement que nous ne croisons personne notre crédibilité pourrait en prendre un coup.

Encore en forme nous décidons de rallonger le parcours (d'environ 4km) pour rejoindre sommet des pistes de ski de Mouthe pour redescendre sur la ville ensuite. Nous empruntons donc un chemin tortueux qui nous amènera sur une piste de ski inutilisée. Les canons à neige tournent la nuit et forment des tas de neige qui pourront être travaillés par les chasse neige plus tard dans la saison et garantir un enneigement tardif. Cette neige est parfois molle et agréable à fouler, parois traître et glissante. C'est ce que découvrit Marvin qui se fit surprendre par une plaque de glace et dévala la piste sur une dizaine de mètres. Ayant perdu un bâton dans l'opération je décide de lui ramener et me fait bien entendu surprendre à mon tour et dévale cette pente gelée mais surtout mouillée.

À ce moment là la pluie commence a être forte. Du haut des pistes nous voyons Mouthe et le Doubs faire ses lacets dans la plaine. Nous repérons facilement notre refuge et décidons de forcer le pas pour nous mettre rapidement au sec et au chaud.

La descente est sèche et courte. Nous nous retrouvons très rapidement en bas de la montagne dans la comb.

Pour rallier ce que nous pensons être le refuge il faut traverser une grande étendu d'herbe balayée d'un vent fort et une pluie glaciale. En quelques secondes l'ambiance change. Les voix se taisent, le rythme accélère et tout le monde sert les dents. Bien entendu nous nous étions planté de refuge.. et réalisons que le bon se trouvait en bas des pistes là où nous étions 15mn plus tôt. Plutôt que de faire demi-tour nous décidons que quitte à être mouiller, autant l'être une bonne fois pour toute et poussons jusqu'à Mouthe ou nous déjeunerons un repas chaud et ferons des provisions pour les jours suivants.

Mouthe est une ville tout à fait banale je dirais mais peut quand même se targuer de deux choses. Tout d'abord il s'agit de la ville la.plus froide de France avec un record à -37,5º. La température y descend presque tous les ans sous les -20º et il y gèle près d'un jour sur deux.. et deuxièmement c'est à Mouthe et plus précisément au pied de notre refuge que se trouve la source du Doubs. C'est d'ailleurs pour ça, j'imagine, qu'il se nomme "le refuge de la source". CQFD.

Rien à voir avec celui de la veille, on est ici dans un refuge plus moderne et confortable. Tant mieux car demain presque 20km nous attendent et à l'heure où j'écris ces lignes la pluie se transforme en neige gentillement. Qui sait peut être que demain le paysage sera tout blanc (j'en doute) ?