Carnet de voyage

Vers l'Est à vélo...

Par
8 étapes
76 commentaires
56 abonnés
Dernière étape postée il y a 201 jours
Par jephi
Vers les "pay...stans"... c'est l'idée au départ...mais au vue du contexte internationnal, ce serait plutôt "voyage en incertitudistan"!.. alors pour tracer une direction, ce sera "vers l'Est"!
Du 14 novembre 2022 au 30 juin 2023
229 jours
Partager ce carnet de voyage
1

0 km.

Alors que la plus grande incertitude semble teinter le contexte de ce nouveau départ...je publie cependant ce tout premier chapitre de ce "voyage à vélo...vers l'Est".

Il y a 7 ans maintenant, je roulais depuis quelques semaines en terre de feu. j'avais atterri début octobre 2015 à Ushuaia, et j'allais rejoindre quelques huit mois plus tard Bogota en Colombie. Un peu plus de 10 000 km à vélo, franchissant de nombreux cols de la Cordillère des Andes, au Chili, en Argentine, puis en Bolivie, au Pérou, en Equateur et en Colombie.

salar d'Uyuni (Bolivie)..incontournable et spectaculaire 

Les années suivantes, d'autres voyages à vélo, en Europe du Sud et Afrique du Nord (2017), puis en Asie du Sud-est (2018), puis de nouveau en Amérique du Sud (2019-20), dont je suis revenu en mars 2020...pour une longue période marquée par le Covid...

Pour ces différents voyages, j'avais longtemps avant le départ une certaine lisibilité sur mon programme, des dates, des billets d'avion, des itinéraires à peu près repérés.

Charlie, né en janvier 2015...Chouette vélo!
Charlie, né en janvier 2015...Chouette vélo!

L'incertitude, c'était jusqu'il y a encore quelques jours celle du vélo avec lequel j'allais partir. Charlie, mon fidèle compagnon à deux roues qui m'a accompagné sur près de 36000 km depuis 2015 a été volé devant la maison tout début septembre, et depuis il s'est avéré bien compliqué de trouver un vélo correspondant à mes critères de choix. Difficile aussi d'avoir les bonnes informations quant aux aléatoires dates de réapprovisionnements de stock, chaque vendeur tentant de me maintenir "client potentiel" en avançant telle ou telle date...mais ça y est, depuis une semaine, j'ai un vélo pas celui dont je rêvais...mais je pense qu'il fera le job je pense!.. Et puis, cela rend enfin un peu plus crédible...ou un peu moins surréaliste le projet de départ à vélo

L'incertitude, c'est surtout la destination finale de ce voyage...

Jusqu'à la Turquie, et pour peu que le covid ne vienne pas brutalement se rappeler à notre souvenir, je devrais pouvoir rouler sans trop de soucis... mais après, tout devient bien compliqué!

L'Iran n'est pas fermé aux touristes, mais le chaos semble s'installer, et même si les échos que je peux avoir laissent penser qu'en évitant les centre urbains il reste possible de voyager assez tranquillement dans ce pays, je ne me sens pas très à l'aise à l'idée de faire du "tourisme" dans ce pays dont la population est en prises à cette ambiance de répression.

Le Turkménistan est totalement fermé depuis des mois, et rien n'indique aujourd'hui qu'une réouverture se profile à l'horizon.

la guerre entre Arménie et Azerbaïdjan rend aujourd'hui impossible mon "plan B" (prendre un ferry à Bakou pour rejoindre le Kazakhstan puis la Pamir highway...)

Reste encore le plan C: un vol entre Istanbul et Samarcande pour rejoindre la Pamir??? mais bon...prendre un avion entre deux longues séquences au lent rythme du vélo...je n'en ai pas une folle envie...

Restent d'autres options, profiter durant trois mois (le visa) de la Turquie, puis revenir vers la France par un autre itinéraire, par le sud, la méditerranée, ou plus au nord...

Je souhaite voir dans tous ces probables aléas des opportunités de découvertes, de rencontres, et apprécier chaque instant "en conscience", faisant mienne cette phrase de Jack London:

"ce n'est pas la destination qui compte, c'est le voyage".

et puis, je me dis aussi que mes petites préoccupations de voyageurs sont bien peu au regard des oppressions, et des risques encourus par les populations de ces pays en guerre ou de ces dictatures...

Je pars donc normalement dans deux semaines, le lundi 14 novembre, pour dans un premier temps suivre la Méditerranée jusqu'à Marseille ou Toulon, puis prendre un Ferry pour la Corse...puis l'Italie (Livourne depuis Bastia)...ou La Sardaigne...puis l'Italie...puis...

Je posterai régulièrement les nouveaux chapitres sur ce blog. N'hésitez pas à me faire un petit signe en commentaire!

2
2
Publié le 1er décembre 2022

16 jours depuis le départ de Riunoguès,

Aujourd'hui mon tout nouveau compteur de mon tout nouveau vélo affichait un quatrième chiffre, au 1000ème km. Et 1000 km, ça me permet aujourd'hui de me dire que ce vélo "par défaut" (ce n'est pas celui que j'aurais préféré!) est finalement très bien. Tout juste me semble-t-il un peu moins bien étalonné au niveau transmission pour gravir des côtes à fort pourcentage, mais cela peut se modifier! A part ça, position, freins, maniabilité, vraiment il est top!

Lundi 14 donc... je quitte Riunoguès vers 9h00, dans un curieux mélange d'enthousiasme et d'hésitation, un peu fatigué par une crève qui fait de la résistance et par une bonne crise de foie de la veille! Mélange de Banyuls et d'un reste de paella décongelé...bof😨

Mais bon...j'ai tellement "organisé" mes premiers jours, enfin, mes premières soirées étapes que je ne me vois pas tout décaler, alors, c'est parti! je décide juste de prendre le train entre Perpignan (je décompte pour les 1000 kms et Narbonne!) ...histoire de ne pas me griller totalement dès le premier jour!

Et puis, depuis la veille, je ne suis plus vraiment chez moi... Mathieu et Sabrina se sont installés à la maison qu'il vont occuper durant ces quelques mois, alors...il faut rouler! Yallah!!!

Top Départ!

Chaque départ est différent!

En préparant mes affaires les jours précédents, et en particulier en mettant le passeport tout neuf (lui aussi!) dans le portefeuille, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce luxe réservé à une petite minorité de l'humanité, celui de pouvoir aller à peu près partout où bon lui semble, simplement pour le plaisir de voyager...les autres devant rester, multiplier les démarches et les dépenses pour obtenir des visas "tourisme" ou prendre des risques fous pour tenter l'exil...

En partant, je repense aussi aux précédents départs, depuis 2015 date de mon premier long périple en Amérique du Sud à vélo.

En prenant un avion depuis Lyon, Paris ou Barcelone et me retrouver quelques heures plus tard à Ushuaia, Phuket ou Santiago du Chili, c'est le dépaysement immédiat, changement de langue, de saison, de continent, d'hémisphère, d'heure, de monnaie, de nourriture, de codes, de culture etc etc...

En donnant mes premiers coups de pédale à Riunoguès, devant la maison, c'est un peu différent! Là...les jours se suivent, je ne m'éloigne que tout doucement et je continue de rouler à droite, payer en euros, parler en français, faire mes courses aux biocoop et lidl des PO, de l'Aude, de l'Hérault, du Gard, des bouches du Rhône et du Var!

Je fais même de petites haltes au Décathlons du coin, pour terminer d'équiper Charlitou, grâce aux collègues! merci, les collègues! je découvre à cette occasion qu'on peut faire ses courses à Décathlon en gardant le vélo avec soi! sympa!

Pas de gros dépaysement donc, pour dire...le premier jour, je réussi à me paumer en cherchant la voie verte autour du lac de Villeneuve de la Raho...et je pique- nique assis par terre devant la gare de Perpignan...ça sent pas vraiment l'exotisme tout ça!

Pour autant, le simple fait de traverser ces régions à vélo nous fait voir les choses de façon bien différente, et très vite je retrouve cette sensation de lenteur propice à la rencontre et à la contemplation.

Assis sur un banc le temps du pique-nique dans je ne sais plus quel petit village entre Narbonne et Montpellier, j'attire le regard c'est évident, on vient me parler, on me sourit, on me demande si j'ai besoin d'eau, d'où je viens, où je vais, et parfois...pourquoi???

Au-delà de ces petits échanges furtifs, ces premiers jours, sont surtout marqués par des rencontres et des retrouvailles;

Les rencontres, c'est via les réseaux Warmshower (présent dans le monde entier...ou presque) et le groupe FB "dodocyclo" (France). Les deux sont composés de passionnés de voyage à vélo, et mettent en lien voyageur en quête d'hébergement ou simplement d'un bout de jardin, un garage..., et "voyageurs aux repos" qui ouvrent leur porte, TOUT SIMPLEMENT! Je le fais souvent comme "hôte" à la maison, mais pour ce nouveau départ, compte tenu de la saison, je suis bien décidé à solliciter à mon tour l'accueil régulièrement, et je le fais dés ces premiers jours.

Un grand merci à Elodie à Florensac, Philippe et Dominique à Saint Drezery (34), Cathie à St Chanas (13) et Carine à Toulon (83), qui m'ont accueilli en toute confiance et en toute simplicité, et avec qui nous avons pu partager des bouts d'histoire, de voyage, des idées,

A Bizanet près de Narbonne, c'est une soirée chez mes amis Véro et Francis (c'est devenu traditionnel lors de mes départs ou retour à vélo de squatter une nuit à Bizanet...et chaque fois....j'ai bien l'impression que je vais repartir avec Véro...ou qu'elle va me piquer mon vélo!)

Décathlon Narbonne...et Bizanet : Véro sur le départ!

Des retrouvailles, chez mes amis Soledad et Jacques à Nîmes. Nous ne nous étions pas vus depuis une dizaine d'années, chouette moment! et puis, à Marseille avec mon cousin Thomas, et j'ai pu faire enfin connaissance avec son amie Caroline et leur fille Augustine.

Cette première semaine sur le continent encore, pas de vrai grand dépaysement, mais de jolis paysages de bords de mer ou d'arrière-pays, au sein d'une nature qui peine à prendre ses quartiers d'hiver tant la douceur est encore là, donnant encore en cette fin novembre une impression d'été indien qui ne saurait durer bien longtemps...alors je profite, je savoure.

Il y a peu de monde dans ces stations balnéaires et villages d'arrière-pays, mais encore de l'activité, de maintenance surtout, des campings, des bateaux etc.

On est loin de l'animation estivale, mais quelques terrasses de cafés resto ouverts rendent encore les lieux accueillants.

Sur la route entre Narbonne et Montpellier. 
Palavas les Flots...Montpellier




Ces premiers jours, c'est aussi retrouver ma "routine du voyage", l'organisation de mes affaires, les repas, le rythme (les jours sont courts et je n'aime pas trop rouler de nuit...). Je réalise d'ailleurs que le temps consacré à pédaler sera restreint...et par conséquent le nombre de kms journaliers! C'est ainsi!

Je continue aussi mon observation de l'adaptation des villes au trafic vélo...il y a encore du boulot! A Montpellier c'est pas mal...à Nîmes c'en est presque drôle: On sent que l'intention n'est pas totalement absente...mais les ingénieurs et urbanistes qui ont planché sur les dossiers n'ont pas dû avoir souvent le cul sur une selle de vélo 😂. parfois, les cyclistes doivent emprunter la voie des bus; les deux symboles étant alors bien inscrits au sol....puis, on réalise au bout d'un moment qu'il n'y a plus que le symbole "bus", et en levant la tête, en cherchant un peu, on découvre que d'autres cyclos roulent tranquillement sur une belle voie cyclable...qui elle-même butera sans aucun doute très vite sur un mur!

 Teyran, puis voie verte entre Sommière et Nîmes

Quant à Marseille...les reliefs de la ville ne simplifient surement pas le problème, mais je m'attendais à poire pour entrer dans la ville, que je n'ai finalement pas trouvé si désagréable et/ou acrobatique! Bon, c'était un dimanche, il faisait beau etc!

J'y suis arrivé par la côte, par l'Estaque (souvenir du film "Marius et Jeannette".

Marseille, une ville de France où je n'avais jamais mis les pieds, mais sûr, j'y retournerai! Je n'en ai eu qu'un tout petit aperçu, logeant chez mon cousin en limite du quartie populaire du panier...mais donnant côté vieux port et vue sur la Bonne mère! Il y a pire comme endroit pour découvrir cette ville!

Le Mucem, quel splendide espace culturel à l'architecture épurée et intégrée dans l'existant...j'ai adoré!

On peut y entrer gratuitement, flâner et s'y poser, seules sont payantes les salles d'exposition.

Marseille , le Mucem, le port, le Panier

Pour sortir de Marseille, une splendide et toute récente piste cyclable qui longe la corniche, puis une longue montée vers le col; de la Gineste. c'est une petite route touristique et donc peu fréquentée hors saison et en semaine. Heureusement, car ça souffle fort en prenant de la hauteur!

La route entre Marseille et Toulon, est spectaculaire et effrayante avec un fort mistral qui m'oblige à me cramponner au guidon...et à faire demi-tour devant une "route des crêtes" barrée et strictement interdite à toute circulation pour cause de vent violent...

Sortie de Marseille, Cassis 

Petite pause à Cassis, pensée pour mes cousine Domeyne qui y passent souvent quelques jours, puis passage à Bandol et pensée pour les Boyer!

Toulon: en arrivant, l'impression d'une petite ville, mais un grand tour en voiture dans la soirée avec Carine qui m'y héberge me fait entrevoir une ville nettement plus importante, avec entre autre un arsenal très important.

A Toulon, je prends le ferry en soirée pour arriver le lendemain matin à Bastia après une nuit en mer que je redoutais un peu vu le vent des dernières heures, mais qui finalement a été des plus calmes. Le bateau était quasiment vide, et j'ai pu gonfler mon matelas et dormir comme un bébé, réveillé par une voix qui disait en anglais avec un épouvantable accent corso-italien que nous allions prochainement accoster à Bastia, et qu'il était temps de regagner les garages pour récupérer nos véhicules!

Bastia au petit matin, jeudi 24 novembre 

)La Corse, premières impressions de dépaysement. Il fait un temps magnifique et particulmièremen,t doux ce matin du jeudi 24 novembre, 20° à 9h00. Je me baigne dans la matinée...(rapidement 😂)

Bien sûr la Corse c'est la France, mais les petits signes sont nombreux pour nous rappeler que c'est un petit bout de France pas tout à fait comme les autres, et qui sait affirmer ses différences.

Les panneaux indicateurs sont souvent criblés de balles et la partie écrite en français souvent noircie. Et en même temps, le contact avec la population locale est très agréable, très détendu, peut-être particulièrement en cette période où il n'y a quasiment aucun touriste.

Parmi les autres différences: on roule un peu comme en Italie...il y a des bureaux de tabac en abondance (les cigarettes sont ici moins chère, y a-t-il plus de fumeurs???), les prix dans les mini supermarchés sont exorbitants, mais les cafés en terrasse sont plus raisonnables qu'en France sur la côte,

Sur la route entre Bastia et le Cap Corse 

Les routes sont désertes entre Bastia et st Florent en passant par le cap Corse. L'Ile est une montagne, partout ça monte ou ça descend et à part peut-être aux abords immédiats des villes ou villages, et sur la côte est, il est rare de rouler sur le plat pus de quelques centaines de mètres; mais ce qui me surprend, agréablement, c'est la relative douceur des dénivelés. Les montées puis les descentes, puis les montées sont longues souvent de plus d'une dizaines de km, mais sans pentes vraiment raides (ou rarement). Et puis, ça tourne tout le temps, donc le regard est sans cesse mobilisé et l'ennui absent! Et puis les descentes que je n'affectionne pas vraiment avec un vélo chargé quand il faut se cramponner sur les freins sont ici très agréables, je peux prendre une bonne vitesse et parcourir en quelques minutes de nombreux kms.

C'est en Corse que je fais aussi mes premiers bivouacs, et comme pour les autres voyages, les premiers sont les plus difficiles. Il y a comme une hésitation, cette petite voix qui vient nous rappeler que ce n'est pas franchement autorisé, et cette autre qui nous dit que ce n'est pas vraiment interdit.

Au final, la seule vraie règle, c'est d'être discret, et de laisser le lieu nickel le lendemain matin!

Pour la Corse, on m'a vivement conseillé de demander (quand on trouve quelqu'un!). A Centuri, "Petit Pierre" m'indique cette "cabane" qui appartient à un de ses amis, mais ensuite...et surtout lorsque c'est dans l'espace publique, c'est finalement comme partout dans le monde, il faut avoir l'oeil, repérer les lieux à l'abri des regards directs, et surtout oser et ne pas trop trainer pour se décider quand le soleil se couche, car monter la tente de nuit...c'est beaucoup moins cool! Une fois installé, il ne faut pas être impressionné par les bruits de la nuit... ou par l'intrusion matinale d'un troupeau de chèvres audacieuses et d'un bouc un peu provocateur!

Mais au fait...l'intrusion, c'est elles?...ou c'est moi?😊


là c'est le bivouac parfait! 

Le cap Corse est une partie particulièrement sauvage de l'île, et en arrivant sur l'Ile Rousse, puis surtout à Calvi, je retrouve la circulation, des magasins un peu plus achalandés et une relative animation malgré l'absence quasi totale de touristes à cette époque de l'année.

Calvi, Tao et la citadelle

Mes souvenirs de Calvi remonte à plus de 35 ans, mais je reconnais presque tout, les choses semblent avoir peu changé. L'impression est probablement différente en plein été...

A Calvi, je suis accueilli par Anne et Virginie et leur petite fille Ghaiss. Elles-mêmes ont énormément voyagé à vélo à travers le monde; actuellement elles vivent en camping-car, stationné à côté de la maison de Yannick, Caroline et Lisa, tous tellement accueillants et riches de belles expériences de vie et de voyages.

 Chez Yannick et Caroline, projet d'autosuffisance, tout y est pensé dans le respect du vivant.

Direction vers le sud après Calvi, en passant par Galéria, Porto, Piana, Cargèse et enfin Ajaccio ou je suis depuis hier.

Route spectaculaire, surtout du côté des calanques de Piana 

Ajaccio, je décide de m'y poser deux nuits en louant un Airbnb.

Balade en ville, et surtout aux îles sanguinaires, site classé de toute beauté en cette splendide journée de 1er décembre, difficile d'imaginer en voyant les terrasses bondées du centre-ville que les fêtes de fin d'année approchent.

 Ajaccio et les îles Sanguinaires

Demain je prends la direction de Propriano, puis Figari et enfin Bonifacio où je prendrai le bateau pour la Sardaigne.

A bientôt👍😉😘

3
3
Publié le 16 décembre 2022

A peine plus d'un mois après le départ de Riunoguès, 1800 km, toujours très satisfait du vélo (juste une crevaison depuis le départ), un peu plus en forme (la crève est cette fois totalement derrière mois) et même si la motivation reste fluctuante, je crois que c'est surtout lié au fait que les journées sont courtes et du coup...les soirées et nuits très longues! Notamment quand je suis en bivouac...je passe pas mal de temps en position horizontale😅

De façon globale, j'ai beaucoup de chance avec le temps. Pas une fois je n'ai eu à mettre les vêtements de pluie, et à part quelques coups de vent, je n'ai eu aucune réelle intempérie et ai même eu de vraies belles journées ensoleillées et chaudes (22° à plusieurs reprises en Sardaigne).

Corse...Sardaigne, des similitudes et des différences...

Même si la Sardaigne est plus au sud, on retrouve un climat assez proche, et les sols doivent également se ressembler, produisant une végétation assez similaire. Toutes deux sont des montagnes, mais de ce que j'en ai vu (c'est à dire la partie ouest), la Sardaigne m'a semblé voir d'avantage de parties planes.

Deux iles dans la Méditerranée, la France, l'Italie....plus tout à fait la France...pas encore tout à fait l'Italie mais on s'en approche! témoins : l'excellent café à un prix abordable..et une conduite automobile des plus fantaisiste surtout à l'approche des villes!

Deux iles pour lesquelles le tourisme est une ressource essentielle, et cela se voit d'autant plus en cette période de creux touristique par le vide et le silence omniprésents, précisément sur les lieux les plus attractifs (la côte, les belles plages etc...).

Il m'arrive souvent de me balader sur la côte dans ma région, hors saison, et jamais je n'ai eu à ce point cette impression de ville totalement désertique, sans le moindre signe de vie: pas un café, pas un magasin d'ouvert, rien.

Enfin, les villes m'ont semblé vraiment différentes, beaucoup plus étendues et importantes en Sardaigne. Alors que Bastia et Ajaccio, en comptant leurs proches "banlieues" ont respectivement 50 000 et 70 000 habitant, Cagliari et Sassari en ont 150 000 et 125 000. Et de nombreuses autres villes font effet de "grandes villes" la ou en Corse la plupart semblent de gros villages. Au total, en Corse: 350 000 habitants pour 1 650 000 habitants en Sardaigne.

De même, les infrastructures routières et même ferroviaires sont beaucoup plus importantes en Sardaigne (plusieurs lignes de train, et de nombreux services publics d'autocars sillonnent l'île en permanence).

Bivouac à Propriano 

En quittant Ajaccio, je me dirige vers le sud, toujours en suivant à peu près la côte, en passant par PROPRIANO, puis par SARTENE, puis une route très spectaculaire avec un panorama majestueux sur une petite baie très sauvages aux eaux turquoises;, Là sur un parking, je rencontre un couple de Gap qui passe quelque jours en Corse, et au moment de partir, me demandent si j'ai besoin de quelque chose. seulement de l'eau s'ils en ont...mais ils me sortent un magnifique bout de fromage corse, et insistent pour que je l'accepte! je m'en régale depuis quinze jours!

Sartène et pause pique-nique en allant vers Figari. 

Anne et Virginie qui m'ont accueilli à Calvi et qui ont voyagé par là à vélo il y a quelques mois m'ont parlé d'un écolieu entre Figari et Sotta, et me conseillent vivement d'y passer, un lieu très accueillant me disent elles! c'est finalement ainsi, et pas en suivant des guides touristiques que se construit mon itinéraire, pour peu bien sût qu'il ne m'éloigne pas trop de ma direction globale! Les "petits détours qui valent la peine" conseillés par des automobilistes pur jus méritent qu'on y regarde à deux fois! tout comme, par les mêmes protagonistes, les indications en terme de relief! Un faux plat montant ou descendant, en voiture c'est kifkif...en vélo, grrrr..., rien à voir!

Pour le coup, je n'ai pas regretté ce passage à l'écolieu "Speranza", crée par Patricia il y a plus de vingt ans.

Malheureusement lors de mon bref séjour, Patricia n'est pas en forme, mais elle a à cœur de partager avec les visiteurs ses idées, ses questions et doutes, et surtout son énergie et sa confiance dans le fait que les choses se font si elles doivent se faire, et quand c'est le moment...

Tout est pensé en terme de respect de la nature, de faible impact (négatif) de l'humain sur l'environnement,de qualité des relations entre les personnes etc.

Pour diverses raison, Patricia a dû s'éloigner de Figari pendant quelques mois. En revenant, elle ne retrouve pas une part importante pour elle de l'esprit du lieu, la partie collective, commune des projets. mais ce n'est pas grave, c'est comme ça pour le moment, elle l'accepte vraiment et va tenter, maintenant qu'elle est de nouveau durablement sur place de réimpulser une part de "commun" dans la vie à Speranza.

 Speranza, messages d'utopie...

Après cette petite pause à Figari, c'est BONIFACIO, tout au sud de la Corse, pour le départ du ferry pour la Sardaigne. Je ne connaissais pas Bonifacio, et il faut bien reconnaitre que c'est vraiment très beau, que ces falaises qui la caractérisent sont impressionnantes et tellement photogéniques.

Les prix y sont également impressionnants 3,00€ pour un petit café sur le port!!!!

J'ai le temps de faire un bon petit tour dans la citadelle, totalement déserte à cette saison. Il y a un tout petit peu plus d'animation sur le bas de la ville et sur le port, probablement en grande partie liée au transit avec la Sardaigne.

 Bonifacio.

Alors que je m'approche du quai du ferry , et alors que depuis le départ je n'ai croisé aucun voyageur à vélo, je vois au loin deux vélos chargés de chez chargés (!), et là pas de doute: ce sont surement des gens qui viennent de loin et/ou qui vont loin! et en effet, ils viennent de Suède et vont en Irak. Lorsque je les rencontre, ils viennenet de fêter leur 200 jours et 10 000km sur les routes (passant par Espagne et portugal), et en plus, quelle belle histoire!

BLD (Big little Dream), c'est leur nom, ou plutôt leur pseudo de voyage! Couple Suedo-irakien, lui Thomas, suédois, et elle...., irakienne. Elle a toujours adoré faire du vélo, mais lorsqu'elle est devenue adolescente, et alors qu'elle vivait près de Bagdad, des voisins se sont plaints alors qu'elle faisait du vélo, et qu'à son âge ce n'était plus convenable... Je n'ai peut-être pas tout compris (mais je dois les retrouver demain pour prendre le ferry vers Palerme), mais il me semble que ce micro évènement a été déclencheur du départ de sa famille vers la Suède. Et aujourd'hui, son "BLD", c'est de revenir en Irak, de passer cette frontière "à Vélo", tête haute et regard fier; et quand je lui dis que j'imagine quelle va être son émotion à ce moment là, elle répond aussitôt, souriante et grave à la fois: "je sais que je vais pleurer"!


 Porticcio, rencontre avec BLD

La traversée entre Bonifacio et palau (Sardaigne) est très brève, (on voit toujours les côtes des deux îles)....et nos chemins se sont aussitôt séparés, car j'étais attendu par Andréa et Marta (Warmshower). Et quel accueil! Marta travaillant sur Palau m'avait proposé de me retrouver sur le quai d'arrivée du ferry afin de récupérer mes bagages et me permettre ainsi de profiter "plus léger" du somptueux parcours qui me mènerait à leur maison! Et en effet...le vélo sans les bagages ce n'est pas tout à fait la même sensation😉

Ils ont trois enfants, lycéens et étudiants à La Madaléna, mais parallèlement sont très impliqués dans les projets de leur famille et participent à tous les travaux, à l'accueil, et se projettent dans des métiers (nautisme et langues) qui leur permettront de rester sur l'île (même si Andréa aimerait qu'ils partent "découvrir le monde quelques années avant de revenir!".

Ils vivent dans un lieu vraiment paradisiaque, où la nature semble avoir développé une harmonie parfaite. Pour le dire mieux, Andréas dit en parlant de ce lieux " c'est une poésie", et c'est vrai! Depuis des années, ils y développe un accueil (Airbnb et bientôt camping) pour lequel la dimension relationnelle a toute son importance, ils y proposent des temps de repas en commun, des échanges.

Eux-même n'ont jamais voyagé à vélo, mais c'est en entendant une émission dans laquelle il était question de ce site qui mettait en lien voyageurs et accueillants qu'ils ont eu envie de proposer d'ouvrir ainsi régulièrement leur porte aux hôtes de passage! et ils ont bien fait, c'est un vrai bonheur de partager une soirée avec eux.

La maison de Marta et Andréas 

Andréas et Marta me donnent plein de conseil pour mon itinéraire, et alors que je n'ai pas en arrivant la moindre idée de comment je vais rejoindre Cagliari, c'est en les écoutant que je suivrai finalement la côté ouest. Et lorsque je demande à Andréa ce qu'il pense du bivouac (officiellement interdit en Sardaigne), sa réponse m'enthousiasme: "demande toi seulement si tu fais quelque chose de mal, et sinon, fais le sans hésiter!"..;et ça parait finalement tellement évident!..;et c'est tellement évident! Décidément...depuis le départ je rencontre beaucoup de gens très libres! Et ça fait grand bien!

Je prends donc la route vers l'ouest, enfin d'abord vers le nord ouest, puis dans l'ordre, Valledoria, Castelsardo, Stintino, Alghero, Bosa, Cabras, Buggeru, Iglesias et Cagliari.

En route vers Castelsardo, Arbouses et vandalisme! 

La végétation est la même qu'en Corse, avec cette particularité qu'il est difficile d'y lire la saison tant la grande majorité des espèces d'arbre sont à feuillage persistant.

😉 avec ce panneaux sur lequel tous les interdits ont purement et simplement été gommés! Cool, on peut camper, faire du feux, boire de l'alcool et je ne sais quoi encore!!!

En route vers CASTELSARDO, j'ai finalement trouvé plus beau l'approche et la vision de la ville dans sa globalité que l'intérieur et les détails, mélange d'ancien et de moderne peu harmonieux à mon goût. En plus...circuler dans ces villes, c'est régulièrement pousser le vélo dans des pentes très raides...quand ce n'est pas des escaliers!

Castelsardo 

...puis STINTINO, petit village au nord ouest de l'île, porte d'entrée vers un parc naturel situé sur une petite île qui était autrefois une prison. Il y a dans cette région également une énorme centrale électrique mixte solaire/éolien.

Là, j'ai réussi à trouver un chouette lieu de bivouac!

Stintino chouette bivouac au clair de (pleine) lune

En route, je n'ai plus beaucoup de gaz, et il n'y a pas beaucoup de magasins...et en plus je viens de découvrir qu'il n'y a qu'un bateau par semaine pour rejoindre Palerme...et que donc, j'ai vraiment tout mon temps, alors...café au feu de bois! un peu laborieux...mais une fois qu'il a fini par monter, on l'apprécie!!!!

Bon...pour le petit café du matin...franchement le gaz c'est mieux!😂


Je continue vers ALGHERO. C'est une région de Sardaigne qui a été un temps catalane, et où on continue a largement parler catalan...mais pas espagnol! Dommage pour moi...car j'avoue que je ne capte pas grand chose à l'italien, et que du coup les échanges sont bien limités...

Alghero, je n'y suis finalement que brièvement passé; c'était la fin de la journée, et à cette saison, il y a alors urgence à trouver un lieu pour le bivouac si l'on ne veut pas se retrouver à chercher de nuit...et à devoir monter la tente dans l'obscurité! Pour rejoindre Bosa depuis Alghéro, il y avait deux options, deux belles routes mais avec l'une d'entre elle particulièrement isolée et escarpée. C'était bien tentant et c'est le choix que j'ai fait.

Alguero, puis la route vers Bosa, désertique et escarpée. 

C'est une journée de route difficile, à la fois du fait du cumul de dénivelé (succession de montées et de descentes assez soutenues), et ce jour de fortes rafales d'ouest qui nécessitent vigilance et accentuent la fatigue. Il n'y a quasiment aucune circulation, ce qui donne au lieu une atmosphère particulièrement sauvage, presqu'hostile lorsque le vent "attaque" violement!

Arrivé à BOSA, classé parmi le plus beaux village d'Italie. J'y passe deux nuits, puis une troisième très près, accueilli chez Anneliess (warmshower). C'est une hollandaise, qui passe quetre mois d'hiver en Sardaigne. Artiste et art-thérapeute, un peu "perchée" mais bien sympa. Randonnée à pieds ave elle (elle a perdiu ses clefs de vélo!)

 Bosa. la vieille ville un peu en retrait de sa marina en front de mer.

C'est à Bosa que je découvre aussi la complexité (et/ou l'ambition) du système de tri sélectif en Italie. En partie dépendant des communes et régions, celui-ci est particulièrement précis et détaillé, et cela ressemble à une véritable usine à gaz! Je serais vraiment curieux de savoir quel est le bilan, comment les gens respectent plus ou moins bien ces consignes qui paraissent bien contraignantes!!

 4 poubelles dans l'appartement...3 autres sur le pallier...et les consignes!

En Sardaigne, il n'y a pas beaucoup de pistes cyclables, alors, il ne faut pas louper celles qui existent! Et ils mettent le paquet question signalisation😂!

Ce n'est pas le cas pour la signalisation en général...assez fantaisiste quand elle n'est pas totalement absente, ou contradictoire.

😂😂J'adore le "signalisation incomplète"😂


Ils ont le mérite de le reconnaitre!😅

Il faut être motivé... et malin pour trouver la route!

Après Bosa, je me dirige ver BUGGERU.

Avant d'être connue pour ses plages de rêve, la Sardaigne a une longue histoire minière, et cette région en port encore les stigmates avec de nombreux villages et autres infrastructures de mines encore présentes, laissés à l'abandon

journée en deux temps...Brouillard en montant, éclaircies en retrouvant le littoral. 
deux super bivouacs! 

Enfin, direction CAGLIARI, en passant par IGLESIAS.

Sur cette partie de l'itinéraire, je rame pas mal pour trouver ma route! Google MAP m'envoie dans les champs...ou sur l'autoroute! (Stada Stadale, SS, qui parfois ressemblent à de grosses départementales, parfois à de vraies autoroutes, sans pour autant qu'il soit clairement indiqué une interdiction d'y circuler à vélo!).

 ...et ce n'est pas toujours très buccolique!...et parfois un peu acrobatique!

Cette dernière étape avant de quitter la Sardaigne est également très facile question dénivelé, et même si j'adore "grimper", je dois reconnaitre qu'une fois de temps en temps...rouler à plat est assez agréable!

A CAGLIARI, je m'installe pour deux nuits à l'hostel Sardinia, une auberge de jeunesse qui doit être assez sympa 'et animée) en saison, mais qui est aujourd'hui des plus tranquille! J'y fais toutefois la connaissance d'une jeune française, qui voyage depuis trois mois...avec son kayak à voile, depuis Montpellier!

 Hostel sardinia.

Demain dans la journée, je ferai un tour de la ville avant de prendre demain soir, je prends le ferry pour PALERME.

De belles fêtes de fin d'année à tous et toutes, et des bises. Jean-Philippe

4
4
Publié le 2 janvier 2023
Cagliari 

Brindisi, Les Pouilles, Italie.

C'est là que se referme la page italienne commencée en Sardaigne, poursuivie en Sicile puis en Calabre avant d'arriver dans ce port, d'où j'embarquerai demain pour Igoumenitsa en Grèce.

Depuis le départ de Riunoguès, 46 jours,2694 km, pas problème mécanique majeur et plutôt la forme comparé au début du voyage.


Retour sur ces deux dernières semaines donc...


A Cagliari, sur le quai d'embarquement pour Palerme, je retrouve comme prévu Thomas et Chanas, et nous faisons connaissance avec David et Fabienne, français qui sont également à vélo, mais dans une formule mixte; Ils alternent location de voiture, tours à vélo, ferry etc, et voyagent sur un temps de vacances limité. mais ils sont tous deux passionnés de vélo, qu'ils utilisent aussi beaucoup dans leur vie quotidienne. Fabienne travaille d'ailleurs pour la ville de Villejuif sur un projet de mobilités douces, et a par ailleurs crée une association qui propose un apprentissage du vélo pour adultes.


Fabienne nous raconte que ce sont souvent des femmes originaires d'Afrique du Nord qui sollicitent son association pour cet apprentissage du vélo, et parle de leur émotion lorsqu'elles arrivent pour la première fois à trouver l'équilibre et avancer sur le vélo! Evidement, cette évocation résonne fortement avec l'histoire de Shanas, et Fabienne lui propose de l'interviewer pour envoyer en message à son association, aux femmes qui apprennent en ce moment à faire du vélo. C'est un sacré moment d'émotion que Chanas conclue avec ce magnifique message: "vivez vos rêves!".

le bateau est bondé 'en partie du fait que celui de la semaine précédente a été annulé, et que c'est le dernier avant Noël.

Port de Palerme, 5h00 du matin 

Au débarquement très matinal à Palerme, nous découvrons d'autres cyclo-voyageurs, dont un couple d'Allemands et une famille de Français (entre Gap et Savines), qui ont retapé des vélos de déchetterie, et fabriqué des sacoches avec des bidons! Leur idée entre autres, c'est de pouvoir laisser leurs vélos à un moment de leur voyage...ou pas! Rien à voir avec le tandem du couple d'Allemands, fait sur mesure (lui doit mesurer pas loin de deux mètres et elle un petit mètre 60!), et qui a la particularité d'être démontable tout en restant très solide et rigide, afin de pouvoir être transporté en avion si besoin!

Découverte de Palerme et alentours par une belle journée quasi estivale!

 Palerme et Mondello

Mondello est un petit village côtier situé à une dizaine de km à l'ouest de Palerme.

Une très belle plage et un petit port très coloré vraiment photogénique. C'est dimanche, les terrasses sont envahies, par les premiers touristes arrivés pour la période des fêtes de fin d'année, et par les habitants de Palerme venus passer une journée dans ce lieu propice à la détente.

Le lendemain, je passe ma journée à flâner dans le centre ville de Palerme.

Il y a de nombreux marchés, des églises plus ou moins discrètes ou imposantes, une cathédrale majestueuse, énormément de terrasses de café, de restaurants, pâtisseries, gelateria (glaciers)

 Vues de Palerme, la Cathédrale, un des nombreux marchés.

Malgré le temps très printaniers, l'approche des fêtes de fin d'année se ressent bien par la foule se pressant pour les achats dans les grands magasins, les musiques e Noêl, les sapins décorés....

 Rues, Cathédrale, théâtre, marché

Après Palerme, j'étais assez hésitant entre rejoindre la côte sud vers Catane ou Syracuse, ou suivre la route du bord vers Cefalu et Messine, port de départ pour rejoindre le continent. c'est finalement cette deuxième option que j'ai choisie, réalisant une fois encore que dans mes choix de voyage à vélo, la visite du pays n'était finalement pas la priorité. En fait, ma route vers l'Est passe par la Sicile, j'en profite bien sûr pour voir sur mon passage des lieux important, mais je ne fais pas une route en zigzag pour voir tous les lieux touristiques de Sicile, j'y reviendrai peut-être...ou pas!

Départ de Palerme. la côte nord, fonds marins turquoise 

Et puis, le choix de la route s'est fait aussi suite aux rencontres depuis Cagliari, avec Thomas et Shanaz (suedois-kurdes), puis avec Pascal et Fanny et leurs enfants Camille et Lucien, une famille de la région de Gap (encore!) partie pour voyager une année avec leurs étonnants équipement "do it your self" vraiment astucieux et fonctionnels!


Au départ de Palerme, la circulation est dense, les routes étroites et les italiens peu patients avec les cyclistes... C'est un peu stressant, j'ai les yeux rivés sur le rétroviseur et je me retiens pour ne pas faire des gestes trop vulgaires, mais je me lâche verbalement!

Et puis...la côte magnifique est souvent totalement inaccessible, privatisée, barricadée... Et là, même si pour beaucoup de choses on peut être critique avec la France, force est de constater que la loi littoral a permis de protéger nos côtes (à quelques exceptions près où le fric a donné quelques passe droit (souvenir du Cap ferret🤔). Nous avons eu bien du mal à trouver des bivouacs..et même dû renoncer le premier soir à Céfalu!

Villages côtier entre Palerme et Cefalu. 

Heureusement, à cette période les offres sont nombreuses pour des hébergements bon marché, surtout quand on peut mutualiser et partager les frais! On ne passe pas inaperçus dans les rues de Céfalu, ave nos vélos chargés et nos allures extra terrestre!

Cathédrale de Céfalu 

En s'éloignant de Palerme, la circulation est moins dense (la plupart des gens qui rejoignent le continent prennent l'autoroute), et in devient un peu plus facile d'accéder la côte (moins belle, et donc moins privatisée!), et d'y bivouaquer, comme sur la plage lorsque nous retrouvons la famille de français pour une bien agréable soirée feu de camp sur la plage.

Chouette bivouac sur la plage 

A l'approche du jour de Noël, ils ont un peu levé le pied, soucieux (les parents) de ne pas décourager leurs enfants par de trop longues étapes, de préserver des temps "off", pour cuisiner, jouer etc...

Nous continuons la route avec Thomas et Shanaz, vers Messines.

Route entre Cefalu et Messine 

En Sicile, puis sur le continent, la côte est bordée par généralement une petite route, la voie ferrée, une nationale et l'Autoroute (pas toujours dans le même ordre!). Les ouvrages (tunnels, viaducs...) sont très impressionnants, et ont permis, pour l'autoroute et la voie ferrée de limiter virages et dénivelés (ce qui n'est généralement pas le cas pour les petites routes secondaires).

Parfois...et sans qu'on sache pourquoi et pour seulement quelques centaines de mètres...une somptueuse piste cyclable!...qu'on ne risque pas de louper😉


Plus nous nous approchons de Messine, moins nous avons l'impression d'être sur une île; la circulation est plus dense...et de plus en plus stressante.

 Dernier bivouac, petit déj de Noël avant l'arrivée à Messine

Messine, une ville portuaire assez importante qui ne m'a pas donner bien envie de me poser plus d'une nuit, avant de prendre le bac vers le continent, le jour de Noël. Je continue cette fois seul, mes co-voyageurs partis depuis 7 mois de Suède sentent qu'ils ont besoin de repos et d'un rythme un peu plus cool! Nous nous retrouverons peut-être plus tard...ou pas!

 le bac...et l'arrivé à Villa San Giovnni

A l'inverse de Messine, Villa San Giovanni est un gros village assez agréable, enfin, surtout les environs et notamment le village de Silla, à quelques kms à l'Est.

 Silla


Je ne sais pas si c'est comme dans les PO, une tradition, mais sur la plage un petit groupe se baigne! Il faut dire que le temps est sublime, et la température de l'eau doit être autour de 15°.


Tout est fermé, à part les restaurants plutôt haut de gamme où des familles semblent venir prendre leur repas de Noël...pour moi, c'est sandwich sur un banc public!


Comme en Corse...Sardaigne...Sicile....la route qui suit le littoral n'est pas de tout repos!

Succession de montées et descentes plus ou moins longues et pentues qui offrent de chouettes points de vue mais fatiguent pas mal les guiboles!...et puis, toujours cette difficulté à trouver des lieux de bivouacs...cette fois pas du fait que les abords soient barricadés...mais qu'y trouver 2 ou 3 mètres carrés à peu près plats relèvent du défi! Ca devient plus simple lorsqu'il y a une plage, pour peu qu'elle ne soit pas trop exposée à la vue de tous les passants!

 Et cette fois...je vais devoir rouler un peu de nuit...pour arriver...

Impossible ce jour de trouver un coin pour me poser...

Il fait nuit noire, je repère un terrain avec des constructions en cours...je suis accueillis par trois chiens qui commencent par aboyer mais pas de façon menaçante ou agressive puis qui finissent par m'ignorer, alors je m'installe...on verra bien demain matin!


Même avec des journées très ensoleillées, comme je suis la côte ouest (nord-ouest en fait) de la Calabre, et que les montagnes sont très proches de la côte, je me retrouve souvent à l'ombre, et surtout dans les descentes, la température est vraiment frisquette!...et j'ai hâte d'être de l('autre côté pour pouvoir profiter un meilleur ensoleillement.

Piste cyclable et bivouac en bord de mer. 



Ce coin de bivouac...je le sentais bien...

Sur google map en vue satellite, j'y voyais la tranquilité!

C'est sans doute aussi ça qui amène les gens à venir y déposer leurs ordures...en toute discrétion!

Il en faut pour tous les goûts! 

La plupart des villages balnéaires dans cette partie de la Calabre semblent assez populaires. Pas de grands hôtels, et des infrastructures qui semblent souvent peu entretenues, avec de nombreux bâtiments dont on se demande s'ils sont en cours de construction...de destruction...à l'abandon???

La région apparait assez pauvre, témoin alors qu'on prends de la hauteur et donc de la vue sur les habitations, il n'y a quasiment pas de piscines alors qu'on imagine bien ici les températures élevées en été! Se pourrait-il qu'il soit possible de se passer de piscine???

Pour rejoindre la région des Pouilles, de l'autre côté de la "botte" italienne, je dois d'abord traverser une région plus montagneuse, par une route faite de multiples viaducs et tunnels. Par chance, il y avait très peu de circulation (heureusement surtout pour les tunnels que je prenais dans le sens de la montée, et à vrai dire pas vraiment rassuré vu la façon de conduire des italiens!

Et comme toujours...après une longue montée...une longue descente! qui m'amènera jusqu'à la côte cette fois de la mer ionienne, où l'ensoleillement sera nettement plus important!

Côte de la mer ionienne, bivouac 

...par contre, ça se complique sur la route...impossible d'éviter de me retrouver sur l'autoroute à moins de me dévier de plusieurs dizaines de km à l'intérieur.

En fait curieusement, je ne me sens pas plus en danger sur l'autoroute qui dispose d'une vague bande d'arrêt d'urgence me permettant d'être un peu moins "frôlé" que sur les routes secondaires! mais bon...c'est interdit!

Je finis par me rapprocher d'une gare, décidé à faire les 50 dernier kms pour rejoindre Tarente en train....et là, c'est festival: Impossible de savoir de façon claire s'il est possible de prendre le train avec le vélo...impossible d'acheter un ticket...

Le train arrive...aie aie aie...un vieux coucou avec 4 marches pour y accéder...j'essaie, impossible;.;je suis prêt à renoncer quand surgit un contrôleur qui m'aide tout en m'engueulant et en me disant que c'est interdit de prendre ce train avec un vélo! Une fois dans le train, ça continue lorsqu'il me demande mon billet..."ben j'en n'ai pas!"...et là, je lis dans son regard un mélange d'agacement et de pitié, je la joue profil très bas espérant finalement attirer sa sympathie...et finalement ça marche. Non seulement dirige les autres passagers vers l'autre sortie...et vient me dire à plusieurs reprises de ne surtout pas essayer de descendre tout seul à l'arrivée, qu'il viendrait m'aider! Ouf!

Avec le recul, je me dis que c'est le genre de situation dans lesquelles avant, on se dit que ce serait bien que ça soit un peu plus cadré...et après on se dit que finalement heureusement que cela ne l'était pas trop!

 Quelques vues de Tarente...son château aragonais...son lidl!

Tarente, une grande ville des pouilles, avec une vieille ville assez petite, située entre deux pont et entre la mer ionienne et et la petite mer (mare piccolo), et une partie plus récente étendue.

La fin de mon parcours jusqu'à Brindisi est très plate, campagne, champs d'oliviers à perte de vue, petits villages avec quelques monuments.

Route de Tarente à Brindisi. 

De l'Italie je retiendrai en points positifs, le café, toujours délicieux, les glaces, le côté cool et approximatif avec les règles...

En négatif...le côté cool et approximatif avec les règles (une ligne blanche, ça se franchit en faisant attention!)...les ordures partout et surtout la peur sur la route!

Très bonne année 2023 à tous et toutes!

5
5
Publié le 24 janvier 2023



Kalimera!


Tout début janvier, j'arrive en Grèce, à Igoumenitsa après une traversée d'environ 6 heures, depuis Brindisi dans les Pouilles.

Le ferry...et arrivée à Igoumenitsa. 

La Grèce, c'est toujours l'Europe, mais pour moi la sensations d'éloignement et surtout le dépaysement est cette fois tangible: l'écriture est différente, il faut s'habituer à ces nouveaux codes, la vie apparait d'emblée moins chères pour la plupart des achats du quotidien (sauf les cafés!).

Aujourd'hui, après 70 jours et 3640 km depuis le départ de Riunoguès, je suis à Kalamata, au sud du Péloponnèse, assez proche de Gythio, d'où je prendrai dans quelques jours le ferry pour la Crète,

Eh oui, mon, itinéraire prévu a bien changé...

je pensais traverser assez rapidement la Grèce en suivant l'Eurovélo 8 sur la côte sud du Golfe de Corinthe jusqu'à Athènes puis prendre un ferry pour Kios et Izmir... C'était sans compter sur les petits soucis matériels, les rencontres et aussi le gros coup de cœur ressenti d'emblée en arrivant dans ce pays, qui m'a donné envie d'y passer plus de temps pour en découvrir les richesses naturelles et culturelles et savourer la qualité de vie pour nous autres voyageurs: les routes sont souvent superbes et tranquilles , et les bivouacs faciles à trouver en tous lieux et plus spectaculaires les uns que les autres.

En faisant ce choix de rouler plus longtemps en Grèce, je sais que si je poursuis dans mon objectif d'aller vers le Pamir, il faudra réduire un peu le temps de route en Turquie...

Je peux diviser cette longue étape grecque en deux:

De Igoumenitsa à Patras, je roule seul, essentiellement en suivant la côte et sous un ciel bleu dominant et de douces températures.

Puis de Patras à Kalamata, je roule avec Nathalie et Jonathan, deux jeunes français rencontrés alors qu'ils pique-niquaient sur le bord de la route peu avant Patras.

Igoumenitsa est une porte d'entrée importante en Grèce, tout près de l'Albanie voisine. C'est une petite ville balnéaire dans laquelle je ne m'attarde pas plus de la nuit d'arrivée, et je prends la direction du sud en suivant l'itinéraire Eurovélo8, qui sur toute sa longueur en Grèce n'est vraiment indiquée et un peu matérialisée que durant quelques kilomètres!

Très vite ce qui m'apparait en Grèce, c'est la rareté de l'horizon tant ce pays est entourés d'une multitude d'îles plus ou moins importantes, touristiques et connues, certaines minuscules et très peu ou non desservies, d'autres beaucoup plus grandes accessibles selon les cas par bacs ou ferry, voir même par ponts.

Durant cette première semaine en Grèce, c'est le grand beau temps et des températures printanières, qui me permettent même de me baigner à deux reprises dans une eau fraiche mais pas glaciale! La deuxième fois, à Corinthe, c'est davantage l'ancienneté de la dernière douche que l'envie de nager dans l'eau fraiche qui me pousse à me jeter dans la mer!, après avoir vu que des douches en bord de plage étaient en fonctionnement malgré la saison hivernale.


Après les iles de la Méditerranée et le sud de l'Italie ou il était souvent compliqué de trouver un lieu pour passer la nuit, le bivouac en Grèce est des plus naturel, il n'y a pas besoin de se cacher (même s'il est plus agréable de ne pas trop attirer l'attention), et les espaces appropriés ne manquent pas, que ce soit en bord de mer ou plus en arrière pays. Il est également très facile de faire du feu, il y a du bois sec partout. En trois semaines, je n'ai vu que deux fois un panneau d'interdiction de camper!


 Bivouac et vitamine C en open bar!

Au bord des routes alternent les champs d'oliviers, d'orangers et autres agrumes, et même parfois...des mûres! Coté mer se succèdent des entreprises de piscicultures et criques inaccessibles par voie terrestre, du moins en voiture! En vélo, c'est parfois un peu acrobatique et la remontée au petit matin est bien "casse pattes", mais ça vaut la peine!

Eurovélo8 !!!

Les nuits sont fraiches, froides parfois...et le matin, la sortie de la tente est un peu une épreuve, surtout pour les mains quand il faut plier la tente et ranger les affaires. Chaque soir j'essaie de repérer le meilleur endroit pour profiter des premiers rayons du soleil...mais ça ne marche pas à tous les coups!

Il y a aussi beaucoup d'humidité, et ma tente me parait défectueuse car vraiment détrempée le matin, comme imbibée par l'humidité ambiante, m'obligeant chaque jour à passer un long moment à attendre qu'elle sèche lorsque je fais la pause de midi.

Chercher le bivouac...rencontrer les locaux...et le lendemain...faire sécher la tente! 

Ces conditions anticycloniques hivernales offrent des couleurs particulièrement intenses et une impression de grande pureté de l'air, de contrastes ultra photogéniques, mais parfois de bonne heure, il faut faire avec la brume, le brouillard avant de découvrir un paysage qui parait irréel!

c'était vraiment le cas à.....où j'arrive le jour de l'épiphanie et du Noël Orthodoxe. Tout est fermé ce jour férié...et je me retrouve à manger des chips et gâteaux secs, pas vraiment un repas de fête!

 Cette brume qui ajoute de l'esthétique au tableau!

C'est après cette petite ville et en suivant toujours la direction de Patras que je rencontre Nathalie et Jonathan. Après quelques phrases en anglais...nous découvrons que nous pouvons parler en français avec ce jeune couple!

Tous deux viennent de terminer leurs études, et bravant les conseils de leurs parents qui les incitent plutôt à ne pas trop traîner pour commencer à cotiser s'ils veulent un jour avoir une retraite (!), ils ont décidé de partir voyager, avec comme seule date limite pour le retour, l'épuisement de leur pécule économisé durant leurs études! On se doutera que côté conseils...je ne suis pas vraiment du même avis que leurs parents😂



Après un RV manqué pour un bivouac commun (dont je profite finalement seul donc, pour un somptueux coucher de soleil sur la terrasse d'un bâtiment abandonné)...nous nous retrouvons le lendemain sur la route...devant un LIDL! et continuons ensemble vers Patras.

 L'idole des cyclo, l'Atelier mécanique...et arrivée sur Patras

L'arrivée sur Patras est vraiment impressionnante. On découvre peu à peu en s'approchant, ce viaduc splendide et aérien venu remplacer il y a quelques années le bac afin de traverser en cet endroit le golfe de Corinthe....enfin, pas tout à fait remplacer, car un service de bac continue en parallèle, probablement pour les poids lourds...et gratuitement pour les cyclistes, leur évitant un escalier particulièrement raide pour rejoindre le viaduc et le traverser en mode piéton...et leur offrant en prime une vue exceptionnelle, coucher de soleil en arrière plan.

Je reste deux jours à Patras, plus grande ville du Péloponnèse, sans intérêt majeur mais assez agréable pour se balader dans le centre dont les rues sont majoritairement piétonnes.

Dormir dans un lit, cuisiner debout, faire de la lessive, prendre des douches (chaudes), veiller, regarder un peu la TV etc...sont autant de petites choses bien agréables après (et avant) plusieurs jours nuits en itinérance et bivouac. Pour autant, je n'abandonne pas le vélo, bien utile (lais en mode allégé!) pour rejoindre le centre ville (un peu éloigné du Airbnb).

 Patras

Je retrouve le temps d'une après-midi Jonathan et Nathalie, nous sympathisons et ils me proposent de faire un bout de route ensemble. Mon itinéraire change une fois de plus: alors que je pensais poursuivre vers le sud du Péloponnèse pour rejoindre la Crête, je vais finalement faire le tour du Golfe de Corinthe, en commençant par la rive Nord pour aller vers Delphes, puis Thèbes et enfin arriver à Corinthe.

Lorsqu'ils m'annoncent le nombre de km et le temps qu'ils prévoient pour cet itinéraire, je prends un peu peur...j'ai l'impression que ça va être vraiment très (trop?) long et lent...mais c'est sans compter sur les dénivelés, les temps pour visiter et surtout l'inertie inhérente au fait de voyager à plusieurs!

De nouveau nous prenons le bac et entamons cette partie de route, d'abord en suivant la côte, puis après une bonne journée, et nous orientons vers le nord Est, la montagne...le froid...Delphes!

J'apprécie beaucoup après ces premiers jours en Grèce à rouler seul, la compagnie de ces deux jeunes. Nos sujets de discussion sont des plus variés, la politique, la société, la lecture etc...mais surtout bien sûr, le voyage à vélo. Et puis, et surtout nous rions beaucoup!

En voyageant ainsi avec des gens différents, je m'enrichis de leurs choix et compétences. Le choix de Jonathan et Nathalie de visiter quelques sites archéologiques, leur compétence pour trouver des itinéraires en utilisant au mieux les applis là ou de mon côté j'aurais parfois tendance à suivre la route principale! A l'inverse, ils n'ont semble-t-il jamais eu vraiment d'occasion de "vrai beau bivouac choisi avec du feu etc etc...", et là, je pense leur avoir transmis le goût de ce temps pour moi incontournable et essentiel du voyage à vélo.

Pour eux, c'est une première, et ils se sont décidés peu avant le départ, ont donc dû acheter du matériel à commencer par des vélo d'occasion. Et si Jonathan semble avoir fait plutôt une bonne affaire...Nathalie galère pas mal avec un vélo peu adapté, et qui chaque jour ajoute un nouveau bruit...frottement, grincement et cliquetis inquiétants!. Mais "bonant malant", on avance doucement vers Delphes, profitant le premier soir d'un magnifique bivouac sur la plage, et le deuxième, dans un champ d'olivier, au pied de la longue montée vers le site archéologique.

Chaque soir, dés les tentes montées nous rassemblons du bois pour des feux de camp, c'est un vrai plaisir pour cuisiner et profiter de la lumière et de la chaleur pour un temps de veillée.

La route qui monte vers Delphes est splendide, chaque virage offre une vue différente alors que nous nous éloignons pour quelques jours de la mer pour trouver une atmosphère plus montagneuse, en découvrant au loin d'abord, les sommets enneigés.

arrivée à Delphes
On s'éloigne de la mer...on arrive à Delphes...on s'approche de la neige!

Delphes, le village est vraiment un piège à touristes. Tout y est hors de prix!

Mais quelque centaines de mètres plus loin, c'est l'entrée dans le site.

Sur certains sites, la taille des parkings et des emplacements réservés aux bus laisse imaginer la foule en période estivale...et rien que d'imaginer la visite sous un soleil de plomb me donne mal à la tête!

 Delphes.


Pour moi, ce qui rend le lieux si beau, c'est son implantation dans ce paysage montagneux, l'ensemble construction/nature donnant une impression de parfaite harmonie.



A cette saison, le prix d'entrée des sites nationaux en Grèce est divisé par 2,5 et gratuit pour les ressortissant européens de moins de 25 ans, ce qui réjouit mes amis qui pourront à ce rythme continuer à jouer les prolongations pour leur voyage!. .Et puis, il y a très peu de monde (essentiellement des grecs) ce qui est vraiment très agréable!




Après la visite, et après hésitation (il va faire froid!!!), nous continuons la montée vers Arachova, station de sports d'hiver proche du mont Parnasse .

Là, après un petit passage dans ce "Megève" grec, ù nous achetons quelques spécialités locales (petits chaussons au fromage absolument délicieux) , nous trouvons (comme chaque fois) très facilement un chouette lieux de bivouac surplombant le village. Ce sera une nuit glaciale et très ventée...et un réveil bien difficile le lendemain matin, comme en témoigne notre accoutrement alors qu'au moment du départ nous prenons la pose devant le village!

Bivouac tout près d'Arachova et départ...frisquet! 




Nous peinons à nous réchauffer dans longue descente qui suit notre étape à Arachova, et c'est dans un café/magasin de location de ski que nous passons la deuxième partie de la matinée, au coin du feu, attendant alors que le ciel s'est nettement assombri que les températures deviennent plus douces...

Ensuite, nous rejoignons une régions beaucoup plus plate, plus basse aussi et sans grand intérêt, surtout par temps maussade et froid qui atteint un peu notre enthousiasme comparé aux jours précédents!

heureusement, une fois de plus et alors que rien dans le paysage ne le laissait présager, nous trouvons en début de soirée un lieu de bivouac des plus original. I s'agit d'un château (construction récente) qui semble plus ou moins abandonné, parfait pour nous offrir une belle soirée de chatelains, bien à l(abri du vent!

Sur le mur extérieur, il y a bien une petite pancarte qui dit que le lieu est surveillé par une société...mais "on ne l'a pas vu"😅

Seul un gros chien vient nous rendre visite à plusieurs reprises, visiblement plus à la recherche de compagnie qu'animé par de mauvaises intentions.

Et comme tous les soirs...un beau feu bien sûr. et en prime ce soir, un joli plan de travail pour les préparatifs du repas!

A partir de là, on commence à avoir hâte de retrouver la côte et les températures plus douces annoncées. Les problèmes mécaniques du vélo de Nathalie commencent aussi à devenir préoccupants, et la perspective de trouver à Corinthe un atelier de vélo nous motive à avancer. Pour ma part, c'est aussi la hâte de découvrir le canal de Corinthe.

Route vers Corinthe...coucher et lever de soleil.  



En approchant Corinthe, nous traversons d'abord une immense zone industrielle et pétro chimique! Je ne sais pas si la Grèce a l'équivalent de nos zone "sevezo", une chose est sûre, sur ce site les fumées et odeurs étaient peu engageantes...et nous n'étions cette fois pas mécontent qu'un petit vent, même de face, aide à disperser tout ça!


Corinthe fait partie de ces lieux dont j'avais un imaginaire enrichi par des images vues dans divers magazines...je n'ai pas été déçu.De plus nous avons suivi le canal au plus près avant d'en être éloignés très autoritairement...nous n'avions pas vu que nous étions dans une zone rendue dangereuse par les travaux en cours et donc strictement interdit au passage!

Canal de Corinthe 

A Corinthe nous passons un long moment sur la plage en attendant que le vélo de Nathalie confié à un mécano ne retrouve un peu de santé (un peu...), puis à Decathlon, le seul de Grèce se situant ici.

Le lendemain, nous visitons l'ancienne Corinthe, moins impressionnant que Delphes, mais là encore trouvant une esthétique dans son emplacement.

 Ancienne Corinthe.

Puis nous poursuivons la route en direction d'Epidaure. De nouveau, ce sont de longues montées, et bien que jamais très loin de la mer, une impression de montagne. C'set le seul jour où nous avons du mal à trouver un lieu pour bivouaquer, tout espace étant soit trop pentu soit clôturé. Nous finissons par trouver, de nuit et après une montée que je ne suis pas prêt d'oublier! (30% à certains moments). Impossible bien sûr de pédaler, et pousser le vélo nous demande un énorme effort , rendu encore plus intense avec le fou rire qui nous gagne lorsqu'une bouteille tombe de mon vélo et commence à rouler dans la pente!

Et la nuit qui suit, heureusement après une fois de plus une agréable soirée auprès du feu, c'est l'ORAGE, le vrai, avec ses éclairs et le tonnerre qui, résonne dans les parois des falaises qui nous entourent!

C'est dur....et ça sèche le lendemain matin! 


Le lendemain, nous prenons la direction du site d'Epidaure, connu pour son théâtre pouvant accueillir 12 000 spectateurs. Mais ce jour, au petit matin et après avoir dormi à quelques mètres de là, nous sommes quasiment seuls au début de la visite.

L'acoustique du lieu est étonnante. Une personne au centre qui fait claquer ses doigt s'entend dans l'ensemble du théâtre.

.

Epidaure 

C'est ensuite à Nauplie, première capitale de la Grèce que nous terminons cette séquence de voyage et que nous nous séparons. Jonathan et Nathalie retournent vers Corinthe puis Patras avant de rejoindre l'Ile de Képhalonia où ils doivent récupérer chez un Warmshower un panneau solaire commandé.

Dernier bivouac à trois sur la plage...rue de Nauplie et toujours des orangers!

De mon côté, les prévisions météo n'étant pas très engageantes en montagne...je prends un bus pour les 130 km qui mènent à Kalamata...où je devais moi aussi récupérer chez un Warmshower une tente achetée en urgence suite aux défaillance de la mienne...

Je m'y pose pour quelques jours, pour bricoler un peu le vélo, réparer le matelas qui a crevé, farnienter, bouquiner, me balader (à pieds!), regarder la TV, faire de la lessive etc......

A première vue, Kalamata n'a rien d'extraordinaire, ses olives peut-être!🤣

Enfin, deux brèves anecdotes sur ces derniers jours:

- Dans une boulangerie, après que nous ayons acheté du pain et autres gourmandises, le propriétaire voyant nos vélos dans la rue nous rappelle pour nous offrir de remplir nos bouteilles d'eau. Je lui dis que c'est vraiment une super idée, il me répond "non ça c'est une super idée!" en sortant une énorme bouteille de gnole hyper forte que nous buvons bien sûr cul sec ave c lui! ça réchauffe!

- Le lendemain, alors que nous roulons à la sortie d'une ville, quelqu'un nous interpelle de loin, nous fait signe de l'attendre. Il arrive alors les bras chargés de bouteilles de jus de fruits et d'eau, nous demande d'où nous venons...puis nous dit que lui vient de Palestine...et nous découvrons alors que c'est dans un camp qu'il vit en ce bord de route...

Nous ne vivons pas tous dans le même monde...Le notre est fait de tous petits soucis qui paraissent bien futiles...

A bientôt!

Des bises.

6
6
Publié le 10 février 2023

Depuis quelques jours en Crête, et depuis hier à Héraklion, après 3978 km et 88 jours de voyage.

La Crête n'était à l'origine pas prévue dans mon projet de voyage, mais étant au sud de la Grèce, et découvrant la possibilité de rejoindre la Crête sans avoir à repasser par Athènes, puis Rhodes pour aller en Turquie, j'ai de nouveau modifié mon itinéraire.

Mais depuis Kalamata, les conditions météo ont bien changé, et j'ai eu un peu de mal à retrouver un rythme un peu régulier. Je me suis souvent arrêté pour plusieurs jours, en location ou en auberge de jeunesse, occasions de chouettes rencontres et de moments de confort, mais aussi une certaine difficulté de retrouver une motivation, l'impression de "traîner" un peu, de ne plus être (temporairement du moins) dans une dynamique d'avancée dans le voyage. Cette sensation est accentuée par le fait qu'à cette saison, les ferry sont rares, et que de fait, je dois ralentir pour ne pas me retrouver à attendre plusieurs jours au port!

Dés le départ e Kalamata en direction du sud où ou je prévoyais de prendre le ferry depuis Gythio vers Kissamos, petit port à l'ouest de la Crête, les journées ont été rythmées par une alternance de beaux moments ensoleillés et de violentes averses.

Je suis l'itinéraire conseillé par Yorgos, ( du réseau Warmshower) rencontré à Kalamata. C'est lui qui a réceptionné la tente D4 commandée en France...que je renvoie d'ailleurs finalement!

Route au sud de Kalamata 

Sur les petites routes montagneuses, je ne passe pas une heure sans voir au loin (et pas si loin d'ailleurs!), les sommets enneigés.

Plus encore qu'au nord de Kalamata (grande ville de Grèce), les routes sont quasiment désertiques à cette période de l'année. Les nombreuses maisons aux volets clos laissent imaginer une affluence bien plus importante en période estivale, mais à aucun moment je ne vois de gros ensembles immobiliers, et les constructions récentes sont toutes en pierre de taille, s'intégrant parfaitement bien aux villages anciens.

Quelques village un peu plus importants permettent le réapprovisionnement en minimarkets et de boire un café, mais c'est partout très tranquille, et bien évidement, trouver un lieu de bivouac est là encore, et plus encore très facile.

Un nom très "à propos" pour cette maison dominant la mer!

Partout des petites églises et chapelles, souvent très bien restaurées, souvent très anciennes (10ème sicle), d'influence byzantine. Elles sont souvent fermées, mais des bougies allumées témoignent d'une certaine activité.

Pour une soirée, je suis accueilli chez José (réseau Warmshower). Français (enfin Colombien-Chilien-français), c'est sur la route du retour d'Asie Centrale qu'il est stoppé en Grèce au moment où le COVID impose brutalement dans la plus grande partie du monde des fermetures de frontières et restrictions de déplacement. C'est dans le cadre d'un woofing qu'il découvre cet endroit, acheté il y a une vingtaine d'année par une "riche et âgée américaine!", Paola qui justement souahitait trouver une personne pour partager la charge et développer le lieux.

Le site est absolument magnifique, et l'ambiance "roots" très sympa.

Cuisine commune 

Aidé par des woofeurs de passage, parfois pour de longues périodes, José travaille à l'aménagement de l'espace (diverses constructions légères, toilettes sèches, espace de vie commun, douches solaires etc...) d'un jardin e permaculture, d'un poulailler et d'une grande oliveraie, et accueille aussi régulièrement des voyageurs à vélo. Après une super soirée dans ce lieu très inspirant, je pars avec cette impression que je reviendrai pour y passer un peu plus de temps. Nous parlons évidement du Chili, de la Colombie et de son voyage vers le Pamir il y a maintenant trois ans, ce qui ne fait que renforcer mon envie d'aller pédaler dans cette région...même si je sais maintenant que cela ne sera probablement pas pour cette fois!

Villages du Péloponnèse.  

La Grèce produit beaucoup de miel, et très souvent en s'éloignant de quelques centaines de mètres des routes, quelques ruches, ici particulièrement bien placées question vue! A cette saison, elles sont très peu actives.

 Probablement un de mes plus beaux bivouacs, peu avant Gythios.

Je prends mon temps pour arriver à Gythio, sachant qu'il s'agit d'un gros village qui n'offre pas particulièrement de centre d'intérêt excepté celui d'ouvrir sur la Crête avec un ferry hebdomadaire.

En arrivant je suis plutôt agréablement surpris en découvrant ce petit port pittoresque et vivant. La neige en arrière plan, et les chats regroupés pour le casse-croûte amené par un habitant du coin rajoutent une touche d'esthétique au tableau!

 Arrivée à Gythio, la cantine!

J'y ai finalement campé deux jours de suite au même endroit, une des "attractions touristiques" du coin: l'épave du bateau "Dimitrios" de trafic de cigarettes entre Turquie et Italie qui échoué sur cette plage dans les années 8O, et qui n'a jamais été déplacé, et qui aujourd'hui attire les photographes aux heures du coucher de soleil!

En y arrivant, je suis invité à déjeuner par une famille de français qui voyage pour une année en camping car. Un autre style de voyage, mais ce même état d'esprit de découverte et d'aventure.

 Bivouac un peu atypique avec en arrière plan l'épave du Dimitrius, échoué depuis une quarantaine d'années.


Une récente tempête a amené sur cette plage une abondance de bois de tous ordres, bambous, palettes, troncs et branches d'arbres permettant de faire du feu entre deux averses...et le lendemain matin, tout heureux de trouver encore des braises chaudes, je relance le feu pour en profiter le temps du café...mais, tournant le dos quelques instant pour finir d'installer mes bagages sur le vélo, je découvre en me retournant mon petit fauteuil en feu!... Tout léger, le vent l'avait tout simplement retourné sur le foyer...adieu mon petit fauteuil! Je m'y étais bien habitué, à ce petit confort!

Je devrai attendre Antalya pour trouver de nouveau un Decathlon!

Comme souvent, et surtout lorsque les liaisons maritimes sont hebdomadaires en saison hivernale, les ports d'embarquement sont des lieux ou se retrouvent les voyageurs à vélo (et autres d'ailleurs), et donc l'occasion de rencontres, parfois d'envisager un bout de voyage ensemble.

C'est ce qui se passe à Gythio, ou je rencontre d'abord Karolina et Samuel (allemands), puis juste au moment d'embarquer, Malie et Yann (français), avec lesquels j'étais déjà en contact par Facebook depuis quelques jours. Comme à presque chaque fois, nous faisons très vite connaissance tant nous vivons les mêmes conditions de vie quotidienne, avons parcouru parfois les mêmes routes, rencontré les mêmes personnes etc... Ainsi, et malgré parfois l'obstacle de la langue qui limite un peu le contenu des échanges, nous nous trouvons très vite en phase, comme si nous nous connaissions depuis longtemps!

Dans l'auberge de jeunesse de La Canée, les vélos vivent aussi la promiscuité! 

Après deux premières journées avec un temps frais mais idyllique, le temps hivernal annoncé sur la Crête s'installe...durablement, nous confrontant au vent, au froid et à la pluie...

Je revois donc une fois de plus mon itinéraire: aller sur la côte sud implique de traverser une chaine de montagne très enneigée, et je renonce donc à ce projet, en décidant de prendre un ferry pour Rhodes plus tôt, et depuis Héraklion. Les prévisions météo sont nettement plus favorables pour cette île toute proche des côtes turques.

La Canée, un petit air de Chamonix avec tout près cette chaine de montagne enneigée. 

Entre La Canée et Héraklion, je bivouaque près d'une chapelle à Giorgiopoli, qui m'avait été indiquée par les allemands qi y avaient dormi la veille.

Dernière soirée avant le vrai mauvais temps! 

Après Giorgiopoli, le temps devient franchement exécrable.

A Réthymnon, je loue pour deux jours un studio, et ne profite pas du tout de cette petite ville qui pourtant semble très agréable...pour peu qu'il soit possible s'y promener sans prendre une douche glacée!

Arrivée à Rethymnon, juste avant le très mauvais temps!

Je ne profite pas beaucoup d'Héraklion, le temps étant particulièrement désagréable, et à l'inverse l'auberge de jeunesse particulièrement agréable, animée et "habitée" par des personnes venant de nombreux horizons, allemands, chypriotes, espagnols, Iranien, français etc...

La perspective d'arriver dans quelques jours en Turquie n'est pas si évidente dans ce contexte post tremblement de terre qui laisse entrevoir des tensions importantes au sein de ce pays, qui plus est dans un contexte préélectoral où le président est dores et déjà mis en cause pour une intervention tardive et insuffisante des secours sur les lieux du séisme...

Du coup, je prévois de passer quelques jours à Rhodes, d'y faire le tour de l'île avant de rejoindre Fethiye en Turquie et de poursuivre vers Antalya.

A bientôt pour des nouvelles😉

7
7
Publié le 21 février 2023



Depuis 100 jours exactement, je suis parti de la maison.

Après 4200 km, et une très brève traversée je suis depuis hier en Asie, en Turquie, à Fethieye.

Il y a une dizaine de jour, alors que je quittais la Crête pour Rhodes, où à l'origine je pensais ne rester que quelques heures, entre deux ferry, tout juste le temps d'un bref aperçu de la ville de Rhodes; mais quelques jours auparavant, la Turquie était plongée dans le drame de ce tremblement de terre, et je me sentais peu à l'aise à l'idée d'arriver ainsi voyager dans ce pays en plein traumatisme.

Alors, je, puis nous décidions de passer quelques jours sur l'île de Rhodes, d'en faire plus ou moins le tour...et vraiment, pas l'ombre d'un regret d'avoir pu ainsi découvrir au delà la cité, des paysages de toute beauté, variés, et quasiment vides de toute fréquentation touristique en cette période de l'année.

Ce bref post pour partager quelques photos de cette courte étape.

A départ d'Héraklion, nous nous retrouvons avec Karolina et Samuel (allemands) ainsi que Yann et Malie (français).

A l'auberge à Héraklion, au port et dans le bateau, en mode roots! 



Une fois de plus, le ferry que nous empruntons est aux trois quart de vide...ce qui nous permet d'investir les lieux pour le pique-nique, puis en disposant nos matelas dans un immense hall qui devient pour cette courte nuit, entrecoupée des différents arrêts dans de petites îles, notre dortoir!






Arrivés de très bonne heure à Rhodes, après un bref passage à l'auberge de jeunesse pour un petit dèj et bonne douche, nous partons à pieds à la découverte de la ville, très impressionnante par sa taille et son état de conservation.

Tout est fermé en ce dimanche matin, mais le nombre d'échoppes de souvenirs, snacks, restaurants etc...donne une idée de la fréquentation en période touristique.

Rhodes

La beauté des lieux est exacerbée par les lumières de fin d'hiver et un ciel entièrement bleu, ce qui tranche avec la météo que nous avons eue ces deniers jours en Crête.

Partout des édifices de trois religions monothéistes qui ont marqué en diverses époque cette île convoitée. Devant une des mosquée de la cité, une collecte est en cours pour recueillir des vêtements, tentes et autres pour venir en aide aux populations victime du tremblement de terre.

Les cinq jours suivant, nous parcourons l'île en en faisant à peu près le tour. Sur les premiers 40 kilomètres environs, jusqu'à Lindos, il y a un peu de circulation et une urbanisation, composée à la fois d'infrastructures touristiques, resorts, hôtels et maisons de vacances. De même les routes sont à l'évidence dimensionnées, adaptée à une fréquentation qui n'a rien à voir en période d'affluence. Sur l'Ile, seulement 150 000 habitants, pour 3 millions de touristes à l'année!


Avant d'arriver à Lindos, je fais une pause à Archangélo, gros village moins touristique mais beaucoup plus animé, et visiblement très habité (écoles, magasins ouverts, marché etc.)

Archangelo. 

A l'inverse, Lindos, petite ville toute blanche et dominée par un acropole parait à l'évidence totalement axée sur le tourisme, et du coup, totalement vide en ce mois de février.

 Lindos.

Après Lindos en direction du sud, puis de l'ouest de l'île, l'ambiance est plus rurale. Même si l'on sent ici et là un impact touristique par des affiches de ventes de miel ou d'huile d'olive, de petits restaurants etc;, on est très loin des énormes infrastructures de l'autre côté de l'île du côté de la "capitale".

La végétation est également différente, il y a des eucalyptus, des forêts de pins, des vignes, puis plus loin des serres de primeurs.



Il y a aussi de nombreuses petites églises. Elles sont généralement ouvertes, et des cierges allumés témoignent de passages réguliers.

Pour autant, aucun problème pour bivouaquer juste à côté. Il y a généralement de l'eau, souvent une prise électrique, et les rares personnes qui passent semblent plutôt bienveillantes, parfois indifférentes.



 Retour sur la côte après un petit passage plus montagneux.

Sur la côte Nord ouest, je retrouve pour un bivouac les allemands et les français. Après un coucher de soleil exceptionnel, soirée feu de camp et cuisine, légumes marinés en paillottes à la braise!

Dans la soirée, le froid se fait ressentir, et la présence du feu est bienvenue...Tout comme d'ailleurs le matin, lorsque nous réanimons les braises pour réchauffer un peu l'ambiance avant que le soleil ne vienne donner une vrai impression printanière.


Réveil en compagnie!







près plus d'un mois et demi, je quitte la Grèce, les yeux remplis de belles images, et le cœur chargé de toutes ces belles rencontres!

Ce matin, premiers coups de pédales en Turquie.

C'est avec Yann et Malie que je vais partager ces premières journées de voyage vers Antalya. Au programme, une route côtière avec pas mal de relief, mais qui promet d'être bien spectaculaire sur les 300 km

A bientôt.

8

C'est depuis Athènes que j'écris cette "plus brève que prévue" étape en Turquie.

Je sais dores et déjà en arrivant en Turquie que ma route finira au plus loin en Georgie, et que probablement le retour se fera en avion. Je me projette donc alors pour un long moment en Turquie (trois mois au maximum autorisés sans visa). Je ne sais par contre pas alors que trois semaines plus tard, je ferai demi-tour vers la Grèce, pour entamer (du coup à vélo) la route du retour...

La raison de ce nouveau changement: c'est plutôt des raisons, ou même un concours de circonstances, l'impression que ce n'est pour moi pas le bon moment pour passer un long moment dans ce pays. Parmi les raisons très pratiques: je me rends compte aujourd'hui que pour continuer en direction de la Georgie vers la mer noire début mars, c'est le froid qui m'attends, probablement assez vif et humide pour des centaines et centaines de km...et je n'en n'ai pas vraiment envie...

De plus, la zone concernée par le séisme est très étendue, et il n'est vraiment pas conseillé d'aller plus à l'est au delà de la Cappadoce. Donc, il faudrait viser au nord, et faire une croix sur les montagnes et la région de Van (lac) qui faisait initialement partie de mon itinéraire...

Et puis, au travers des échanges avec les turcs ces deux dernières semaines, on pressent que la période à venir peut être assez tendue, et même si aujourd'hui rien n'est vraiment perceptible du moins dans la région que je viens de parcourir, certaines réflexions et commentaires laissent penser que la colère gronde et que les divisions seront intenses à l'occasion de la prochaine présidentielle, maintenue finalement au 14 mai pour son premier tour.

Il y a trois semaine donc, j'arrivais en Turquie, à Fethiye.

Changement de pays...changement de Continent...changement de monnaie...et après les nombreuses églises et chapelles grecques, place aux innombrables (et bruyantes!) mosquées. Il se dit que nulle part en Turquie il ne doit être possible de ne pas entendre les appels à la prière, après ces quelques 400 km parfois même en pleine campagne, et apparemment loin de tout minaret..; Nous pensons que c'est vrai!

Il ne nous serait bien sûr pas venu à l'idée de nous en plaindre... Mais les turcs eux-mêmes paraissent totalement indifférents à ces "intrusions" sonores 5 fois par jour, à commencer par tôt le matin, et certains se disent totalement excédés et en colère lorsque nous abordons le sujet. Mais depuis quelques années, ils se sont probablement habitués. Je n'ai pour ma part aucun souvenir de ces appels à plein volume lors de mon précédent voyage en Turquie (il y a longtemps certes!).

Pour la petite histoire...ces appels ne sont pas en langue turque mais en arabe, et apparemment, il n'y a pas que nous qui n'en comprennent nullement les paroles!

Nous sommes également surpris par le nombre de mosquées en construction, ou construites ces dix dernières années, et nous n'y avons vu que très peu de monde. D'après les échanges avec d'autres voyageurs, il semble que c'est un peu différent dans les régions du centre de la Turquie, plus pratiquantes et plus ancrées dans les traditions.

A l'opposé (du fait de sa détermination à la laïcité, le nom d'Atatürk est également très présents. Nombre de parcs municipaux notamment, mais aussi de bâtiments, statues, rue etc...portent son nom.


Au départ de Rhodes, nous étions dix cyclos à prendre le même ferry, français en majorité, mais également hongrois, finlandais et allemands, tous partis depuis longtemps de leurs pays avec l'intention de rouler vers l'Est, de façon plus ou moins précise, mais surtout conscients du côté aléatoire de cette perspective, du moins à court terme... Tout en restant attentif à l'évolution des différentes situations, chacun regarde aussi avec attention les alternatives possibles au projet initial, les routes transversales (ou parfois les vols) qui permettent d'éviter certains secteurs problématiques.

La plupart n'ont pas vraiment de date de retour précise.


Nous sommes donc arrivés à Fethiye en gros "catamaran", après seulement deux heures de navigation très rapide. A l'arrivée, et depuis la première fois depuis mon départ, les formalité d'entrée en Turquie rappellent bien que nous avons cette fois quitté l'Europe...et par la même occasion, combien il est devenu facile de voyager dans ce grand espace Schengen.

Fethiye est une grande ville balnéaire, très proche des montagnes enneigées que nous voyions déjà depuis la ville de Rhodes. A l'auberge, nous partageons un petit dortoir avec Ralf, un finlandais de 63 ans qui était avec nous dans le bateau, et qui est parti il y a quelques mois pour parcourir le monde pendant 7 ans! Pourquoi 7 ans? Si sa réponse reste évasive, la référence à "7 ans au tibet" laisse penser à une dimension initiatique ou mystique...Plus prosaïquement, nous nous disons qu'il a peut-être ainsi borné son voyage à son 70ème anniversaire!

Parmi les thèmes systématiquement abordés entre voyageurs à vélo concernant la Turquie (et d'autres pays d'ailleurs), celui des chiens est dans le peloton de tête! C'est alors l'occasion de partager nos techniques; la mienne est jusque là très efficace: si un chien commence à me courser, je freine très brutalement et le regarde fixement, et si ce n'est pas suffisant, je hurle!

Peu importe si le canidé me prend pour un fou, l'essentiel est le résultat!

Mais le premier soir à Fethiye...les chiens que nous croisons semblent endormi en bordure de voie cyclable...prennent ils de force pour courser ceux qui s'y aventureront au petit matin?

Au chapitre des animaux domestiques, nous tombons en admiration en nous baladant dans la ville, de cet étonnant dispositif qui propose de récolter canettes et autres bouteilles en plastique en échange des croquettes à donner aux chats et chiens du coin!

Fethyie nous est apparue comme une ville moderne, bien entretenue. La vie s'y déroule exactement comme dans une grande ville côtière en France et Italie ou en Espagne, avec ses promenades et bord de mer, ses innombrables bars et restaurants. Hommes et femmes, jeunes et plus âgés partagent les activités, et l'habillement est très varié.

Après une soirée et une journée en ville, nous quittons avec Yann et Malie Fethiye en direction d'Antalya.

ansEn route vers Antalya. 

En quittant l'auberge, nous demandons conseil au jeune qui nous a accueilli concernant nos itinéraires, et pour la première fois nous nous confrontons à l'émotion liée au tremblement de terre récent. S'il répète à plusieurs reprises qu'il n'est pas triste mais en colère, les larmes au bord des yeux disent que colère et tristesse partagent son émotion.

Pour affiner notre itinéraire, je m'en remets en toute confiance à Yann et Malie qui ont une grande habitude dans l'utilisation des différentes applications, qui savent comment repérer avec les vues satellites les lieux propices aux bivouacs tranquilles et les routes les plus belles.

Après quelques kilomètres peu agréables (ce qui est classique pour une ville importante), nous retrouvons assez vite la nature, et pour notre premier pique-nique, une invitée surprise, probablement elle-même étonnée de voir trois cyclistes affalés dans l'herbe de ce champs!




Plutôt confiants, nous nous en tenons aux conseils recueillis par Yann et Malie concernant l'eau, faisant très facilement le plein dans les fontaines qui jalonnent la route, la plupart étant visiblement destinées aux préparatifs pour la prière des pratiquants, qui nous le confirment en joignant le geste à la parole que l'eau est parfaitement buvable....Quelques jours plus tard, la lecture d'un post sur le sujet nous met un peu le doute...mais n'ayant eu jusque là aucun signe, nous continuons ainsi tout au long de notre route vers Antalya, en faisant tout juste un peu plus attention.

Notre itinéraire s'éloigne souvent des axes routiers principaux, rallongeant considérablement la distance entre ces deux villes mais nous permettant d'alterner de beaux passages dans l'arrière pays, très vite montagneux et laissant apercevoir les sommets enneigés, et retour en bord de mer, avec des températures bien plus douces et la possibilité de brefs bains de mer.

Comme on le lit systématiquement dans les réseaux et autres blogs de voyageurs à vélo, la Turquie nous confirme très vite ses grandes qualités d'accueil et la facilité pour trouver de confortables et spectaculaires spots de bivouac. L'hospitalité est réelle partout, mais encore plus dans les villages un peu excentrés des zones touristiques où elle est moins enjeu de transactions liées au tourisme. On nous offre des fruits et légumes, on nous invite à boire le thé, on nous propose de dormir dans le camping alors qu'il est fermé etc...

dans l'arrière pays, nuits plus fraiches et paysages somptueux 

l'ambiance de notre trio est très sympa, le temps est idéal, très frais parfois au petit matin (surtout dans l'arrière pays), et nous prenons le temps, rallongeant les moments de petits déjeuners et autres repas, multipliant les pauses pour papoter, prendre des photos, faire des courses etc.

Nous rions aussi beaucoup, notamment en découvrant certains mots en turcs, empruntés au francais mais orthographié de façon bien différente! Kuafför, veterinêr, decorazyon, etc... Par contre, DUR, c'est bien la traduction de STOP😅. Plus généralement, la communication verbale n'est pas très aisée dés lors qu'on s'éloigne des zones touristiques, mais les sourires sont bien là, et nous parvenons à peu près à communiquer pour ce qui est de l'essentiel.

Paysages du bord de mer entre Fethiye et Antalya.  

Si la côte offre des vues particulièrement belles quelles que soient les heures du jour, les paysages de montagne ne sont pas en reste. Les montées sont parfois très raides, mais la circulation sur ces petites routes reste généralement assez cool, permettant parfois de monter en zigzag afin d'atténuer un peu l'inclinaison de la pente qui dépasse souvent en Turquie les 10%!

Dans cette région, l'arrière pays est très agricole. Nous y trouvons de grands secteurs couverts de serres, et l'odeur de poivrons y est à cette saison prédominante. Dans un des villages traversés, on nous interpelle, et on nous donne poivrons, piments et tomates en quantité, pas évident à transporter en quantité à vélo...mais impossible de refuser!

Alors au bivouac, nous cuisinons, ce soir là, compotée de piments au miel qui nous servira de condiment pour les jours suivants, et piments grillés au bout de bâtons taillés en pointe! de vrais scouts!😅

la cuisine! 


Chaque soir un nouveau bivouac, toujours aussi beau, toujours plus beau! 

La veille de notre arrivée à Antalya, et alors que nous terminons le pique nique, nous sommes interpellés par un homme, turc ayant vécu de nombreuses années en France et qui tient un hôtel spécialisé dans l'accueil de personnes handicapées. Il insiste beaucoup pour nous accueillir dans son hôtel pour la nuit. Nous acceptons. Nous apprenons alors beaucoup sur cette période post séisme, durant laquelle de nombreux hôteliers se sont aussitôt mobilisés proposant d'accueillir gracieusement les personnes ayant choisi de partir de la zone impactée, (d'autres ayant préféré rester, dans l'espoir de retrouver famille et amis dans les décombre, ou dans celui de pouvoir très vite reconstruire, réparer etc et poursuivre leur vie sans un déracinement brutal.

Nous passons une très émouvante soirée avec quelques familles (dont un des membre est handicapé) qui ont dû brutalement quitté leur maison effondrée ou en risque, partir loin et peu à peu devoir envisager de reconstruire une vie ailleurs...


Nous savions qu'Antalya était une (très) grande ville...et nous appréhendions un peu l'arrivée à vélo dans cette énorme cité de 2,5 millions d'habitants...

En fait, après certes quelques km d'une route rapide et à forte circulation, et surtout de cinq tunnels incontournables, nous découvrons dés l'entrée de la ville une splendide voie cyclable qui longe le front de mer sur plus de 20 km, et nous amène de façon très agréable et sécurisante au centre de la vieille ville où nous avions réservé une auberge.

L'arrivée à Antalya.


A Antalya, je reste quelques jours, d'abord avec Yann et Malie qui rejoignent ensuite le site d'escalade où ils vont passer deux semaines avant de poursuivre leur route vers l'Asie;.

Grand moment de bonheur en découvrant dans u n des trois Décathlon de la ville, le petit fauteuil que j'avais crâmé sur la plage à Githios! je vais pouvoir retrouver ce confort pour mes prochains bivouacs!

Puis une fois seul, seul, à Antalya, c'est là que chemine doucement d'idée pour moi de faire demi tour, de rejoindre Izmir plus au nord en bus, puis Cesme et un ferry pour Chios, ile grecque située à à peine 10 km du littoral turc.


J'avais d'Izmir un très lointain souvenir, pas vraiment agréable, lors d'un voyage en Turquie. J'y avais seulement atterri et peut-être passé une nuit, et m'attendais à trouver une énorme ville poussiéreuse et bruyante! Enorme, c'est bien le cas, avec près de 3 550 000 habitants, c'est la troisième ville du pays après Istambul et Ankara. par contre, j'y trouve des aménagements urbains relativement récents sans doute, de elles avenues, des parcs et surtout, comme à Antalya, une impressionnante voie cyclable qui longe le front de mer sur plus de 20 kilomètres, avec de nombreux parcs bien agencés, des espaces de pique-nique, des parcours sportifs etc.

Je n'y suis resté qu'une journée, mais le soir, avec Manon, une jeune française qui voyage également à vélo, nous sommes montés au château qui domine la ville au moment du coucher de soleil, une façon spectaculaire de découvrir l'étendue de cette ville.

Atatürk, imposant,  veille... 

Je prends le temps pour rejoindre Cesme, le temps d'un dernier bivouac aussi en Turquie.

Le traversée en bateau pour l'ile de Chios sera particulièrement mouvementée, avec une mer déchainée qui déclenche des cris de panique des passagers, mais le sourire du personnel navigant suffit à me rassurer. Apparemment, ces quelque kms soumis à des vents et courants sont souvent agités et assurent des sensations de fête foraine!

premier bivouac avec mon nouveau fauteuil! Pas de ce feu ce soir là😅


Tout comme Rhodes il y a trois semaines, Chios n'était pas vraiment prévu au programme, mais je me décide à y rester 24 heures avant de prendre le ferry (cette fois pour une logue traversée de 15 heures) vers le Pirée (Athènes).

PS: les nouvelles ce soir de la Géorgie me font penser que c'était peut-être une bonne idée de ne pas continuer-pour cette fois-vers le soleil levant😉...wonderfull world...but crazy world!