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3 participants
Le groupe Motorathon part cette fois découvrir la Route de la Soie, au Kirghizstan, sur des motos locales. Contact jean-denis.juille@orange.fr Film https://photos.app.goo.gl/wbdDo5Fzr6w1sWBPA
Du 29 mai au 22 juin 2019
25 jours
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Le trajet prévu tournicotera entre parties touristiques et régions moins fréquentées. Si les destinations des trois premiers jours semblent acquises, la suite demandera sans doute quelques adaptations, compte-tenu des facultés d'improvisation du groupe, largement démontrées ces dernières années.

Parcours d'adaptation à l'altitude et à la culture post soviétique 

Dès l'arrivée à Bishkek les motos ont été récupérées chez le loueur où on ne s'aventurerait pas spontanément après la tombée du jour.

Panne 150 mètres après le départ de l'hôtel. Réparation à la russe : on amène la sœur en qualité de donneur compatible et on réalise une transplantation rapide de l'organe défectueux.

Sa statut veille encore sur un destin qui n'est plus tout à fait le même qu'à son origine. 

L'architecture doit beaucoup aux idées granddiloquantes qui inspiraient son successeur.

Mais les petits gars ont trouvé une utilité sympa aux bassins imposants.
Demain, départ vers l'est avec circonspection. 

Il existe très peu de deux roues à Bishkek mais le comportement des automobilistes nous a fait fôler plusieurs fois des accidents, notamment aux intersections où les voitures qui tournent coupent la route aux motos qui vont tout droit.

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Étape de 300 km entre Bishkek et Cholpon Ata, cité plus ou moins balnéaire au bord du Lac.

Visite du site de Burana avec sa tour tronquée, et penchée. La caissière à l'accueil trop heureuse de parler  un peu français.
Nous noterons sur ces deux stelles funéraires millénaires que boire un petit coup avait une certaine importance.
Ah les vaches ! 

Pour apporter une touche de danger routier supplémentaire en zone de campagne, les troupeaux de vaches ne sont pas enfermés dans des enclos. Elles surgissent des bas côtés sur les petites routes et les gardiens n'hésitent pas à déplacer le troupeau entier sur les grandes routes. Les regards des uns et des autres en disent long sur la gène qu'on leur procure.

La déco du jardin d'enfants de Cholpon Ata est étonnante. 
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Chapeaux traditionnels en feutre (fabriqués sur place et non en Chine). Le président Kirghize ne sort jamais sans le sien.
Cette ville marque encore les stigmates de l'occupation russe.
Ca ferme à 17 h.
Mais certaines constructions anciennes font l'objet  de réhabilitations heureuses.
Une nouveauté ce matin au petit déjeuner. On n'a pas vraiment réussi à savoir ce dont il s'agissait, mais on s'est régalé. 
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Marché aux bestiaux de Karakol.  

Passées les premières minutes de curiosité, un sentiment anti spéciste pourrait vite émerger car le traitement réservé aux animaux est plutôt rude.

Une magnifique vallée verdoyante au dessus de Barskoon mène à une mine d'or interdite au public.  

Mais on peut y casser une petite croûte dans un petit camp de yourte, au milieu des cascades. Malgré les efforts d'explications de nos hôtes et d'un mineur qui a partagé notre repas, on ne sait pas vraiment ce qu'on a mangé.

Et au milieu de nulle part, une stèle à la gloire de Youri Gagarine ! 
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Petite photo rituelle avant de partir du Guest House.  

Ce sont les petites filles qui ont préparé et servi repas du soir et breakfast. Les parents qui passaient en voiture sont juste venu pour nous accueillir puis pour encaisser. Inconcevable chez nous.

Petite discussion sur l'avenir du statut des agents entre collègues.  

Les motos qui restent rares attirent pas mal de curieux qui se font souvent prendre en photo. Très utile pour prendre contact. Deux gars de la Compagnie d'électricité se sont approché. Quand on leur a dit qu'on en était, on a eu droit à leur plus beau sourire. Ils nous ont parlé de "Maklon". On a fait la moue.

Bienvenue chez Speedy 

Crevaison pour Thierry. Attraction comme il se doit. C'est Jacques qui a démonté la roue. Le mécano voulait bien réparer le pneu mais la mécanique moto reste un truc bizarre.

Les paysages de larges vallées entre Bokonbaïevo et Kochkor sont sublimes.

Mais deux dangers supplémentaires concernant la circulation en moto sont apparus. Les corbeaux, tout d'abord, qui picorent sur les routes, parfois par dizaine, s'envolent de manière désordonnée à l'arrivée de voitures. Les cadavres qui jonchent la route montrent que c'est un risque de percussion. important pour les motos. La réparation des chaussées, ensuite, consiste à faire des trous rectangulaires de 15 à 20 cm de profondeur aux endroits à rénover et il peut se passer pas mal de temps avant qu'ils soient rebouchés ...

"Privatisation" de la salle pour une soirée Shashliks.  Mais les choses vont changer. Demain c'est la fin du ramadan.
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La route s'élève. Premier col à 3000. Les paysages montagneux ne ressemblent pas aux nôtres. 
Madame Kaïerbeubeu (écriture phonétique) s'occupe d'une Guest House. 

Il existe beaucoup de Madames Kaïerbeubeu au Kirghistan. La notre était curieuse d'en savoir plus sur nous et très prévenante. Elle a tenu à rester pour servir elle-même le thé avec un petit rituel de rinçage de coupe, pendant toute la durée de notre breakfast. Nous en étions presque gênés, mais les règles d'hospitalité dépassent largement la fameuse relation "client/fournisseur" de nos propres cultures.

Elle est très fière de sa yourte, disposée dans la cour de sa maison, qu'elle entretien avec soin selon la tradition.

Ils arrivent de Singapour avec une 1200 GS et seront en France bientôt. 

Le monsieur, en commentaire des questions qu'on se pose inévitablement quand les motards se croisent, a eu cette sentence : "it's too heavy". On espère qu'il parlait de la moto et pas de la passagère.

Il y a aussi beaucoup de petits gars qui courent sur le bord des routes pour saluer. Alors quand ils peuvent monter dessus ... 
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A 3000 mètres d'altitude le lac Song Köl est époustouflant de beauté, avec son horizon dentelé et ses couleurs changeantes 
L'accès au Lac Song Kōl se mérite. Quelque soit le mode de transport, il faudra emprunter une cinquantaine de km de chemins . 
Franchir des gués. 
 Par la vallée au sud, l'accès au plateau se termine par une bonne quarantaine de virages bien pentus. Un régal ...sous le soleil.
Dépanner en essence des motards Espagnols, au risque de ne pas en avoir assez pour nous (des héros ces gars là).
Croiser quelques yourtes. 
Poser les motos. Contempler. 
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Encore une Madame Kaïerbeubeu pour nous accueillir avec nos amis du jour. 
Encore qu'il ait fallu sacrifier à la séance photo traditionnelle et au verre de vodka de bienvenue, à avaler cul sec bien entendu
Direction les pamirages (on dit bien alpages) à plus de 3000 m avec un guide discret mais efficace, genre cornac. 
Les paysages sont toujours aussi grandioses. 
Retour au campement, pour casser une petite croûte dans une sorte de cabanon genre Sormiou des années 60, le samovar en moins. 
Nostalgie de l'ancien régime. 
Attention les tenues sont en voix de clochardisation chez certains. 
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Check point Kirghize sur la route menant à la frontière chinoise. 

Passée sans problème, pas grâce à nos bonnes mines mais avec des autorisations obtenues par l'intermédiaire du CBT de Naryn.

On s'approche. Les barbelés et les barrières électrifiées sont de sortie.
Petit est le motard qui fait sa pose au bord du Lac Chatyr Kul. 
Petit est le garde qui nous informe que le passage  jusqu'au poste frontière chinois est fermé, et grand est le portail.
Il faut attendre deux jours pour la réouverture. Compte tenu des possibilités de logement sur place, on décide de rentrer. 
Il ne reste plus qu'à s'habiller pluie car l'orage menace et contempler une dernière fois les sommets qui marquent la frontière. 
Plus tard, sur la route du retour, nous croiserons cette hollandaise de 26 ans partie faire un tour du monde depuis trois ans ! 
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Au milieu de rien, les vestiges d'un caravansérail  du 14ème
Et à côté, un camp de yourtes. 
Nos nouveaux amis du jour sont Néo-Z et se nomment les "Dirt T Routers". Nom truffé de jeux de mots. Explications à la demande.
Organisé sans chichi par notre hôte, une sorte de jeu du foulard est mis en place avec des petits qui sortent de partout. 

Malgré l'essoufflement lié à l'altitude (3500 mètres), notre équipe est en mesure d'annoncer que l'honneur sportif de notre pays qui a subi tant de défaites face aux All Blacks, est définitivement lavé grâce à une victoire aux points incontestable.

Pour se chauffer, rien ne vaut le poêle des montagnes. 

Comme il n'y a pas d'arbres, le combustible utilisé est le crottin d'animaux séché dont la performance calorifique diffère selon l'animal.

Thermostat 1 : vache et cheval

Thermostat 2 : mouton

Thermostat 3 : yack

Nous avons bénéficié d'un chauffage au crottin de mouton. En 20 minutes, le poêle porte la température aux alentours de 20 degrés dans la yourte. Ça peut devenir un four au bout d'une demi-heure.

Et c'est sans odeurs.

Au retour à Naryn, le contraste est saisissant. Tombés par hasard sur la fête d'une école de commerce.

Il fallait bien que ça nous arrive. Accueillis d'abord avec des beignets puis, et surtout, avec des "sdarovié" de vodka, il a même fallu que monsieur le Maire calme les ardeurs de notre nouvel ami le directeur pour limiter la profusion de remplissage de verres et la vision trouble.

La nuit qui a suivi a été difficile.

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Étape de transition sur une route en gravier, donc glissante et sautillante. Épaules et genoux en compote à l'arrivée. 
Deux villages en 150 km.  Toujours des enfants qui accourent pour un signe de la main ou, pour  "toper" avec les plus hardis.
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La vodka qui fait malheureusement des ravages en Asie Centrale nous a fait connaître une situation qui aurait pu très mal tourner.

Pendant une séance photo au bord de la route, une Lada s'arrête. Le conducteur, jeune, vient nous saluer. Il est manifestement bien imbibé et sort une bouteille de vodka pour nous demander de trinquer avec lui. On fait semblant de jouer le jeu mais très vite il devient très insistant pour qu'on la finisse avec lui. Comme on refuse le plus poliment possible, il se fait insistant et menaçant. On démarre en force et il s'ensuit une course poursuite sur la route de montagne, où plus rapide que nous, il va nous rattraper et bloquer le passage à plusieurs reprises. A notre tour d'être menaçants. Ça finit par marcher, la voiture disparaît. On les retrouvera plus loin, en bagarre avec les chauffeurs d'un camion chinois auquel ils barrent la route.

Denis et Thierry qui avaient quitté le groupe la veille nous ont bien manqué. Comment font ceux et celles qui voyagent seuls ? 

La deuxième épreuve de la journée consistera à traverser la passe de Kōl-Art Ashuusu à 3200 mètres, dans le brouillard, sous la neige, et dans la boue. A l'arrivée à Jalal-Abad, on fera non seulement karchériser les motos mais les tenues aussi pour enlever nos déguisements de soldats de terre cuite.

Dans ce genre de situation, on supporte bien le Thermolactyl, niveau 5, comme il se doit.
Dans la descente, on dépassera deux motards Slovènes partis une heure avant nous. De Kazarman.  

Encore plus prudents que nous ? Ou des GS un peu trop lourdes ?

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Pour pénétrer dans la parc, il convient tout d'abord  d'acquiter un droit d'entrée au bureau-cuisine-chambre du garde.
La vallée est fertile et très arrosée 
En territoire Ouzbek l'accueil des bergers est traditionnel à la mode musulmane dans une yourte décorée avec soin. 
Petits et grands passent et repassent devant l'entrée, le plus négligemment possible. 
 La fille du chef est déjà mariée.
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La transhumance n'est pas terminée. Les troupeaux remontent encore les vallées, à pied à cheval et en voiture. 
Amis motards, méfiance. Sur la route de SaryTash, 25 km après Och, il y a une portion de 10 km à 50 k/h.  

Un seul panneau de signalisation. Pour toute la portion. Route large et en bon état. Radar à l'aller au km 9,5 ! Et radar au retour 9,2 km ! Voiture noire à l'ombre sous les arbres.

Une fois passé le col de Taldik Ashuu, c'est la descente vers un immense plateau entouré des chaînes du Pamir.  
L'arrivée sur Sary-Ttash qui n'est pas une grande métropole régionale est à couper le souffle 
Le sommet à deux têtes, plus haut de la chaîne du Pamir, s'appelle officiellement le Jelaydar et culmine, le bougre, à 7134 mètres

Mais tout le monde le désigne encore comme le Pic Lénine. Les soviets avaient pour habitude de donner des noms d'illustres tovarichs aux sommets des montagnes.

Quelques bergers en herbe  
Et des bergères aussi. 
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Pour nous rendre aux cascades de à la grotte sacrée d'Abshir nous avons parcouru 280 km alors que 180 auraient suffi ...

La carte officielle est fausse et le GPS est sans secours. Le mieux d'aller jusqu'au village de Kenghesh et de demander sa route souvent. Le Kirghize est assez fantaisiste dans ses explications. S'il ne connait pas, il donnera malgré tout une indication de manière péremptoire. Il faut beaucoup de finesse psychologique pour découvrir où se cache la vérité.

Ça devait nous arriver. Cette grande ligne droite refaite avec ses arbres propices à la dissimulation du radar aurait dû nous alerter (le panneau 50 que nous avons pas vu doit être à moitié effacé derrière un tas de ronces). Nous voilà flashés (et fâchés comme il se doit). La négo commence à 10000 soms pour les deux infractions soit 125 euros et se terminera à 25 euros. Le policier mimera de quelle manière il faut procéder au paiement. D'abord éteindre son portable et le mettre dans la poche, ensuite se glisser derrière la porte du passager pour dissimuler la transaction au regards, ensuite donner son permis international qui dispose d'un rabat dans lequel on aura préalablement glissé les billets. Dans un acte d'une grande magnanimité, il prendra soin de nous rendre les petites coupures.

Demander souvent sa route c'est la garantie de faire des rencontres.  

Le motard du jour, avec ses splendides dents en or (c'est la pratique générale orthodontiste locale) approvisionne les bergers avec son Ural incroyablement rafistolée.

Au bout d'un chemin d'une quinzaine de km  .. une fête.
Après la cascade, la vallée devient étroite. Debout sur les cale-pieds, un chemin de galets mène jusqu'à un col à 3800. 
Souvent sollicités pour poser en photo avec des dames, c'est l'occasion d'une grosse rigolade, mais on sait toujours pas pourquoi
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Zukhov's Guest House est le paradis des bikers fourbus. C'est, en outre, un excellent camp de base pour rayonner dans la région

Havre de paix, à proximité du centre ville d'Och on y pose sa moto, et Stas s'occupe du reste. Il trouvera un moyen de faire remettre en état une machine fatiguée et répèrera rapidement ce qui vous faciliterait la vie pendant votre séjour. Jusque tard dans la soirée, on boit la bière dans des grands verres, et ça discute motos, projets, expériences, philosophie du voyage jusque tard dans la soirée avant de rejoindre des chambres très clean à la literie excellente.

Och est la deuxième ville du Kirghistan.  

L'influence Ouzbeck y est notable. Bien plus d'habillement traditionnel des femmes musulmanes qu'ailleurs. Et difficile de trouver un endroit sympa pour boire une bière.

A part un motard nostalgique sans doute, il n'y a pas grand monde pour contempler de près la statue du grand homme. 
Le marché regorge de fruits de saison. 
Et un constat  flagrant. L'habit d'Osh est unisexe. 
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A Arslanbob il y a deux curiosités devenues très touristiques. 

Les deux cascades constituent la première attraction. On y charroie les nombreux touristes étrangers dans des vieux 4x4 russes et les autochtones dans des utilitaires.

La deuxième attraction est un magnifique point de vue sur l'immense forêt de noyers que les Kirghizes prétendent être la plus grande au monde.

La méthode de plantation des Kirghises mérite qu'on s'attarde sur la manière originale de récolter les noix. 

Les noyers ont en effet été plantés très astucieusement dans les vallées les plus escarpées. Lorsqu'en septembre, les noix tombent des arbres, alors la gravité les entraîne jusqu'au torrent qui traverse le village où elles sont collectées dans les barrages naturels. Déjà lavées elles n'ont plus qu'à être expédiées sur les marchés.

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La Pamir Hughway qui relie Och à Bishkek est en voie de réfection. La première partie est éprouvante et les passes, même en été peuvent être enneigées. Les dépassements sont toujours aussi dangeureux. A partir du Lac Toctogul la route s'élargit et devient roulante mais rallier les deux villes en moto dans la journée, faut pas rêver.

A noter un grand moment de solitude dans le tunnel de la passe de Töö Ashuusu à 3500 m, où, malgré une sorte d'éclairage blafard, on ne distingue pas les trous dans l'asphalte. De toute manière, le brouillard épais des gaz d'échappement qui ne sont pas vraiment évacués brouille suffisamment la vision pour que la traversée de 2,7 km ressemble à un concours de roulette russe. Si peu que la voiture de derrière colle bien le suspens est total.

Une curiosité de bord de route, lors d'une pose technique : les salades y poussent toutes seules. 
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On a déjà vu que les animaux sur le bord des routes et dans les montagnes occupent souvent la chaussée. Assez paisibles la plupart du temps, il est plutôt aisé de les éviter. Le mieux est d'arrêter le moteur et de laisser passer les troupeaux.

Mais les troupeaux sont gardés par des chiens de berger particulièrement hostiles aux motos auxquelles ils ne sont pas habitués dans doute. Il existe notamment une race de bergers noirs qui déboulent de côté d'une manière impressionnante. Ils s'approchent à un mètre en aboyant très fort. On les aperçoit au dernier moment car ils se confondent avec les moutons.

Les plus dangeureux sont les chiens d'une autre race au pelage fauve. Ceux là cherchent manifestement à se faire une bonne cuisse de motard. Ils arrivent plutôt de face en montrant bien leurs crocs.

Chacun sa technique. Le mieux est à mon avis de garder du gaz pour accélérer franchement au moment où ils s'apprêtent à mordre, de manière à couper la tangente et prendre rapidement de la distance.

MAIS LE PIRE DES DANGERS EST LE CONDUCTEUR KIRGHIZE SUR ROUTES.

Principe numéro 1 : ne pas se laisser empoisonner la vie par une ligne continue. Il double quand il veut.

Principe numéro 2 : non seulement il double quand il le veut mais c'est à celui qui arrive en face de se pousser.

Principe numéro 3 : ne pas utiliser le clignotant. Ça fait pas viril (on n'a pas vu de femme conduire). Nos propres statistiques donnent 1 utilisation du clignotant sur 10. L'effet de surprise est garanti.

Principe numéro 4 : frôler les motos. C'est rigolo. Surtout pour les conducteurs à droite car les voitures Kirghizes ont indifféremment le volant à droite ou à gauche. Ça dépend juste du pays d'importation.

Principe numéro 5 : dans les centres villes, klaxonner et passer. Le piéton n'est rien (d'ailleurs il le reconnaît lui-même puisqu'il laisse toujours la priorité aux voitures).

Principe numéro 6 : tout est transportable, y compris du sable, habillement entassé de manière à défier les lois de la physique. Mais on ne devra pas focaliser l'attention à 100 % sur les chances de se retrouver avec un gros pâté de sable devant les roues. Bien surveiller la petite voiture grise a droite. En effet, elle va pas tarder à reculer d'un seul coup ...

Et pour finir ce tour d'horizon loin d'être exhaustif, parlons du feu bicolore. Le feu orange est remplacé par le nombre de secondes qui restent à courir avant le changement de couleur. Dans 14 secondes ce feu va passer au vert. Et le feu à la perpendiculaire indique que dans 14 secondes il va passer au rouge. Alors le mieux, s'il ne reste que 4/5 secondes quand on arrive à un feu, c'est de s'arrêter, parce que le départ du Grand Prix de Monaco va étre donné à droite et à gauche. Les moteurs rugissent déjà et il y en a qui vont gruger le départ ...

Une fois tous ces dangers évités il reste à souhaiter que les particules fines ne creuseront pas des trous trop profonds dans les poumons. Les carburants utilisés sont en effet à l'indice 92 et 80 sur des moteurs bizarrement réglés. Traverser les villes en moto, c'est les larmes aux yeux, le nez qui coule et la gorge en feu.

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Pas de "steak", ni de "cake", ni de "mec" dans le titre pour rimer avec Bishkek. La disparition brutale de Céline avec laquelle trois des membres de notre groupe ont travaillé pendant quatre ans vient de casser le ressort. Plus personnellement, la grande complicité qui nous a lié d'amitié, "jetée à l'eau" comme ça, est abominablement insupportable.


Les tapis Kirghizes sont en feutre. Musée National Fine Art
Le képi nous a dit qu'il était de la police.  L'autre a mis son badge pour la photo. Cette fois, on n'a pas été flashés.
Une des rares femmes au volant vue à Bishkek. 
La nouvelle grande mosquée. Si l'extérieur est imposant, l'intérieur est somptueux.
A gauche un tableau d'une gallerie des portraits datant des années 50. A droite une femme de services. 

Dans les hôtels et restaurants le personnel dédié au ménage porte souvent une tenue similaire à l'habillement de nos chirurgiens. On ne sait pas si les chirurgiens s'habillent en femmes de ménage.

Le fer à béton est omniprésent. 

On le retrouve dans des œuvres d'art, pour fabriquer des escaliers, des poteaux, des portails, des rembardes. L'imagination est sans bornes.

A droite la statue de Kurmanja Datka. A gauche, une imitatrice en tenue traditionnelle. 

Kurmanja Datka est une héroïne nationale. Parmi ses hauts faits de gloire, signalons sa fuite pendant la nuit de noces du plumart d'un type qui s'était "arrangé" avec sa famille, son habilité en qualité de Cheffe militaire, la guerre évitée avec les russes et pour finir le sacrifice de son fils condamné à mort par les russes. Elle a en effet refusé que ses partisans cherchent à le libérer au nom de l'intérêt supérieur du Kirghistan. Elle a demandé à assister à l'exécution.

Les Kirghizes prolixes à son sujet. Le premier film à grand spectacle du pays sorti en 2014, sur sa vie, y est sans doute pour quelque chose.

Manas est quand à lui le super héros national. Ses représentations sont innombrables.

Sa vie et son œuvre d'unification du pays, chargées d'exploits, mais aussi la description d'une personnalité complexe, pas toujours à son avantage, sont colportés par des conteurs itinérants dans un poème épique de 500 000 vers ! C'est la plus grande œuvre de transmission orale au monde.

Surtout ne pas dire à un Kirghize qu'il s'agit d'un mythe et que l'existence de Manas est douteuse ...

Embarquement pour Istanbul. Il est temps d'y aller et de clôturer Kirghistan Tour Road Trip Moto.

MERCI POUR TOUS VOS COMMENTAIRES ET VOS ENCOURAGEMENTS AMICAUX ET AMUSANTS.

Il existe un film de 4 minutes visible à cette adresse :

https://photos.app.goo.gl/sfiuQ2gFrE33FMTx6