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La Team MyAtlas
C'était un rêve d'enfant..........voyagé déjà un peu partout..........mais l'île de Pâques me fascine.......... et comme elle est au bout du monde.......... autant en faire le tour.........
Du 16 octobre 2016 au 10 mars 2017
146 jours
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Bon, si vous suivez la carte vous avez sans doute compris que les traits noirs correspondent à un trajet en avion. Et le bleu est réservé à tout autre moyen: à pied, vélo, moto, pousse-pousse, pirogue, bus , train.....

Une remarque?

Le noir parait bien plus important que le bleu. Pourtant il ne faudra que 7 jours pour le parcourir alors que pour le bleu c'est 5 mois.... tout est relatif!

L'île de Pâques, le but premier de ce voyage, est aux antipodes. L'idée de ce tour du monde a donc germé là ; autant faire le tour. Puis pour rationaliser ce voyage il fallait trouver plusieurs étapes dans des pays que je ne connaissais pas et ou j'avais envie d'aller. Le choix était vaste, il fallait bien choisir et parfois faire des compromis. C'est ainsi que sont apparus sur mon parcours la baie d'Along, le carnaval de Rio ou les chutes de l’Iguaçu. Pour le reste, je laisse volontiers une grande part à l'imprévu et à la surprise. Je réserve les 7 trajets aériens et je prépare mon sac à dos.

C'est parti pour cinq mois de découvertes.

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Île état au sud de la Malaisie à majorité chinoise. C'est un drôle de pays avec de grands buildings qui poussent dans la foret au milieu des autoroutes, pas de champs, pas de vaches, pas de jardins.

Le climat est équatorial, chaud et humide, pas de soleil.

Pour mes premiers pas dans ce voyage et mon immersion en Asie, j'ai réservé une chambre chez l'habitant avec airbnb, sympa. Pour découvrir un peu la ville je fais une grande partie à pied, j'arrive aussi à me débrouiller avec les bus, les métros et mes rudiments d'Anglais. Très cosmopolite, des enseignes dans tous les alphabets , hindi, chinois, malais ou thaï. Je commence à réaliser que j'ai bien quitté mon Auvergne!

Deux jours à Singapour me suffisent, l'ambiance "ville moderne et commerciale" n'est pas vraiment mon truc! J'attends avec impatience les paysages grandioses, les ethnies, les petits sentiers et villages perdus, les plages du bout du monde, ce genre de chose, enfin tout, quoi! Je prends un bus pour la Malaisie...

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Il faut d'abord trouver la station de bus, puis deux bonnes heures pour arriver à la frontière malaise située à 30 kms et ensuite traverser la mer par un long viaduc. Puis c'est encore l'autoroute pour Malacca, tout le long ce sont des plantations de palmiers pour l'huile de palme, cette huile si controversée, la mono culture à la place de la foret primaire, mais il faut bien que l'homme mange..

Je suis assis à coté d'un Pakistanais, nous bavardons, il me montre la photo de sa petite amie européenne sur son téléphone. Il m'explique qu'il voyage en Asie car il ne peut pas avoir de visa pour l'Europe, il n'a pourtant en rien l'air d'un terroriste, à quand la terre ne sera qu'un seul pays?

Arrivé à Malacca, pas envie de prendre un taxi je fais une marche à la boussole, l’hôtel que j'ai repéré étant à 4 kms au sud. Puis je flâne dans la vieille ville chinoise.

On mange très bien ici et pour pas cher, 1 à 2 $, une très grande diversité culinaire au goûts et arômes très prononcés, on ne sait pas toujours ce qu'on mange mais c'est son charme, souvent très bon. Et cette variété s'opère bien sur en fonction des communautés, quelles soient chinoise, arabe ou indienne.

La Malaisie est un pays majoritairement musulman. Une grande proportion des femmes portent un voile, plutôt léger et élégant, c'est la tradition est uniquement cela, pas de provocation politique comme chez nous.

Les autres femmes, chinoises pour la plupart, se promènent en short ou mini-jupe, les indiennes en sari. Et tout le monde se côtoie sans aucun problème. A retenir.

Puis j'arrive à Kuala Lumpur. La ville est immense je dis au taxi de me déposer dans un quartier que j'ai repéré sur le plan où on peut trouver des guest houses. Puis je pars à pied. Déjà, aucun nom de rue, je donne un nom d’hôtel, personne ne connait ou m'envoie un peu partout. Je me dis alors, regardons ou je suis avec google map sur mon téléphone. Quand je l'ouvre mon serveur me dis que j'ai dépassé mon forfait étranger de 50 euros, alors que je ne m'en suis jamais servi! Vite j'enlève la puce et vais en acheter une locale, ce que j'aurai du faire avant. Bon je sais où je suis, et n'étais pas loin, mais je devais tourner en rond.

Ici on est devant le gigantisme, on peut trouver ça et là, comme par miracle, un vestige du passé , bien coincé entre les grattes ciel.

Il me semble qu'à coté, Singapour est un gros village, c'est dire. L'architecture futuriste est ici à son apogée

Ainsi les deux tours Petronas qui, en leur temps (1998) furent les plus hautes du monde, sont réellement vertigineuses.

Totalement revêtues d'acier elles sont plus qu'impressionnantes, presque effrayantes.


Quelques vues pour finir ce passage en Malaisie : Les petits restos populaires au coin des rues, les vestiges portugais du XVIe, l'art du trompe l’œil pour arranger les façades,

les décorations kitsch des pousses, les gares routières qui ressemblent à des aéroports (on est bien loin de la poussière de l'Afrique), les selfies à la mode partout, les chinois en raffolent.

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En rapide conclusion, je ne m'attendais pas à un pays aussi moderne. Mes derniers voyages en Asie datent de 20 ans, dans mon esprit je pensais retrouver le Népal ou la Birmanie! Le monde change.......

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Apres une journée de vélo à Georgetown qui m'amena sur la mer des Andaman, je prends un bus pour Koh Lanta. Départ à 5h du mat, journée pluvieuse, longue et triste. Pas grand chose à voir sur la route, la douane se passe sans problème. Je suis en Thailande.

J'aurai aimer traverser tous ses pays en moto, malheureusement il est impossible d'acheter ici et de traverser les frontières avec, en attendant je suis tributaire des transports locaux...

Je trouve un grand hôtel sur la plage, style resort. Grande plage de sable blanc, certes, mais plutôt quelconque et tous ces grands hôtels alignés, avec les mêmes piscines, gens alourdis sur les transats, écoutant la même musique insipide me met mal à l'aise. La plage est très sale par endroit, rejetant tous les déchets du genre humain.

Décidément le luxe ne m'attire pas et je ne m'éterniserai pas ici. Deux jours de repos puis ok pour voir d'autres choses. Suis je blasé? Je préfère mille fois les grandes étendues sauvages comme à Madagascar avec ses bungalows sommaires même si les conditions de vie y sont bien plus dures. Du coup je change mes plans, je voulais aller à Ao Nang mais on dit que c'est une usine à touristes, je vais donc partir à Krabi, dans la vieille ville.

De là je pars en bateau à Railay. Le paysage est superbe.


Avec son relief karstique et ses eaux turquoises, c'est assez fabuleux et me donne envie d'explorer les îles environnantes, mais je crains de découvrir comme sur Kho Phi Phi, des paysages perturbés par l'urbanisation et l’afflux touristique.

Le pied des grandes falaises se terminent par des grottes et stalactites, parfois on ne sait plus qui est végétal et qui est minéral.

Après le bateau, une nouvelle longue journée dans un minibus où je ne vois toujours rien, il faut dire que mon menton est au niveau du haut de la vitre... J'arrive dans l'ile de Phuket.

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Bon, je passais par là, j'ai vu. Et j'ai fuit! Je ne suis pas agora-touristophobe mais là ça dépasse ce que je supposais.

On ne sait pas trop ce que c'est, un mélange de Côte d'azur au mois d’août et de Costa brava, des dizaines de jet-skis hurlant sur la plage, des milliers de touristes du monde entier, des bars, discothèques et masseuses à foison. Je voulais voir ce qu'était cette plage de Patong, soeur benjamine de Pattaya, je ne mourrai pas idiot!

Là encore je vais changer mes plans, je voulais louer un scoot pour faire le tour de l'ile, mais je pense que j'aurai mieux à faire en remontant plus au nord, essayer de découvrir une Thailande un peu plus traditionnelle, j'oublie volontairement le mot authentique, je pense qu'il n'a plus cours...

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Il y a aussi quand même des petits restos populaires sympa. Restons positifs!

Quittant Phuket je repère un coin qui m'a l'air pas mal, il s'agit de Prachuap. En fait je n'ai pas emmené de guides de voyages , je ne pouvais pas me surcharger d'une dizaine de bouquins pour tous les pays traversés, aussi je surfe sur internet pour trouver les infos et j'improvise beaucoup, suivant mes humeurs.

Je prend donc un bus pour aller à la gare à 300 kms de là, à Suratthani. Je ne trouve qu'un train de nuit qui arrivera après minuit mais me voila parti, sans trop savoir si je trouverai un hôtel. Une fois arrivé, il pleut des cordes et pas de taxi. J'attends plus d'une heure que ça s’arrête et je me pose la question: Que fais-je? Pas trop envie de coucher là sur un banc, mais est-ce bien raisonnable de partir à pied au milieu de la nuit dans un pays que je ne connais pas? La petite guest-house que j'ai notée est à moins de deux kms, la ville à l'air tranquille, bien éclairée, il n'y a pas un chat. J'enfile le kway et je tente.

Quand j'arrive bien sur tout est fermé. Il y en a une autre tout à coté où il semble y avoir de la lumière, je pousse le portail, ouvert. Je frappe à la porte, personne ne répond. Celle ci est entrebâillée, j'entre dans un petit salon qui à l'air habité, ordinateur, toutes sortes de choses, cuisine... Je furète un peu partout et je tombe sur un mot disant : "Pas là pour le moment, choisissez la chambre qui vous convient". Un peu étonné je monte à l'étage. Chambre 1 fermé, chambre 2 pareil, chambre 3 ça s'ouvre. Oups! Quelqu'un qui dort, je referme vite! Chambre 4 j'ouvre, personne! Il est 2h, bonne nuit ! Je me réveille le matin tranquille vers dix heures, je vais faire mon café dans la cuisine, je trouve un grille-pain pour les toasts, toujours personne...


L'endroit est super chouette, la chambre a un balcon surplombant la mer, une charmante baie, au loin plein de petites îles pointues. Je pars faire le tour de ville, petite station balnéaire simple et agréable, pas un touriste! Je me rapproche de la Thaïlande profonde.... Après manger je retourne dans cette petite guest house qui m'a l'air fort sympathique, la jeune patronne est quand même là! Je lui explique, elle rigole, j'ai alors compris que c'était dans sa chambre que j'ai failli entrer à deux heures du mat. Elle me dit de faire comme chez moi, mais j'avais déjà compris!

Je ballade dans la ville, 400 marches pour monter à ce temple, colonisé par les singes!

et en haut un panorama magnifique.

Le vieux roi vient de mourir, dans toutes les villes son portrait orné de fleurs, deuil national d'un an!

Je prends un vélo pour les environs, village de pécheurs, belles plages. Un avant gout d'Along...

Et je repars en train pour d'autres cieux plus au nord, mais de jour cette fois ci.

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Après une demie journée de train j'arrive le soir à Nathon Pathom à une centaine de kms de Bangkok. C'est une grande ville très animée, je déambule dans le marché de nuit, grande attraction des habitants, je n'ose goûter aux divers scorpions, crickets, chenilles, grillons et autres délices...En arrière plan, l’éternelle pagode dorée, cette fois ci en forme de cloche.

Je trouve un hôtel juste à coté de la gare, mon intention est de continuer en train le lendemain matin pour Kanchanaburi, la ville ou se trouve le célèbre pont de la rivière Kwai.

Pierre Boule, auteur du roman éponyme ne s'attendait pas sans doute à un tel succès...

Bon, pour tout dire, le fameux pont est carrément décevant. Je m'attendais à un site fantastique, accroché dans les montagnes, et c'est tout plat, et on se croirait à Lourdes, baraques de souvenirs, pleins à craquer, touristes asiatiques se selfiant à qui mieux mieux du moment qu'il y a un morceau de ferraille derrière eux...Et le musée de la guerre ne vaut pas guère mieux, quelques vieilles photos jaunies, fusils, casques....


Je loue un scooter pour la journée, la région est plaisante, il fait beau. Je visite deux temples. le Wat Tham Kao Noy et Tham Sua. Constructions gigantesques à l'image de l'intensité de leur foi. Et pour atteindre Dieu ou Bouddha ou simplement la sérénité, ça se mérite! 500 marches pour monter, on passe sous un énorme dragon, on traverse une grotte et on atteint épuisé le sommet de la montagne, le Nirvana. Curieusement aucun touriste ici, ils préfèrent peut être les plages de Patong, bizarre!

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Erewan. Sept cascades somptueuses s'étalent sur plus de 2 kms, les eaux sont bleues laiteuses, un sentier y accède en serpentant dans la jungle. Du monde bien sur mais en arrivant tôt on arrive à faire des photos nature. On peut s'y baigner et se faire manger les pieds par les poissons, surprenant!

Le train de la mort, construit par les japonais durant la deuxième guerre mondiale, passe par un défilé vertigineux, sur un vieux pont en bois, suspendu entre la falaise et la rivière. C'est d'ailleurs le seul endroit captivant du trajet.

Mais j'aime ces vieux trains, leurs bruits, leurs odeurs. Il faut bien sur prendre la troisième classe avec les gens du cru, avec ses sièges en bois, toutes fenêtres et portes ouvertes, avec ses petites vendeuses à l'accent chantant, qui accentuent et prolongent la dernière syllabe. Surtout éviter la première classe, véritable frigo avec la clim à fond.

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Puis arrive la mégalopole, Bangkok a une étendue de prés de 50 kms de coté, ce n'est pas une blague! Les autoroutes urbaines ont depuis longtemps remplacé les marchés flottants, et, il semblerait que plus il y a d'autoroutes, plus il y a de bouchons...Cherchez l'erreur....Comme aucun taxi n'avance je vais à pied, ou en bateau. Je reste deux jours, un seul aurait suffit.

Dans la démesure je préfère de loin Kuala Lumpur. Bangkok me déçoit plutôt fortement. Allons voir plus loin! Je reprend le train, cette fois pour Chiang Mai.

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Mais d'abord passons par Sukhotaï.

Ancienne capitale, tout un ensemble de temples du treizième siècle dans un agréable parc arboré que j'explore en vélo.

Même si ce n'est pas Angkor, je ne suis pas déçu.

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Me voici à Chiang Mai, la grande ville du Nord Ouest, la très grande ville...Naïvement, je pensais avant de projeter ce voyage que c'était une petite bourgade insignifiante et juste accessible par une mauvaise piste, juste connue de quelques routards babacool... Et bien je me trompais! Immenses autoroutes comme dans toute la Thailande on dirait, circulation infernale, pléthore de touristes...

Bien sur les temples semblent éternels. Celui ci vient d'etre revétu d'or, en tout cas il brille comme de l'or

Et toujours des foules de chinois, ah, si on pouvait les interdire! Mao, ou es tu?

Je quitte vite la ville, ne supportant plus cette effervescence, je pars en scooter, je vais finalement faire 1100 kilomètres avec, en 5 jours! Mais malheureusement tout d'abord 100 kms d'autoroute...

Heureusement après, tout s'arrange quand on arrive dans les montagnes, la route devient merveilleuse, j'ai l'impression de commencer mon voyage, vive la liberté! Des fleuves, des virages (mon engin peut frôler les 90 à l'heure!), une végétation tropicale exubérante, des cols, des temples au milieu de la nature et le pouvoir de s’arrêter quand on veut, surtout. Pour prendre un café (glacé) , une photo...

Et j'arrive là à Mae Hong Son. C'est le premier coup de coeur du voyage.

Je reste là pétrifié, aux abords du lac,contemplatif devant tant de grâce, incapable d'en sortir de tout l’après midi!

Le soir tout s'anime, toute la ville se retrouve autour du lac avec ses gargotes ambulantes et ses pagodes illuminées.

La route continue, j'attaque la partie la plus compliquée, la route aux 1860 virages, (je ne les ai pas comptés mais c'est écrit sur les panneaux) on traverse le plus haut massif à 2750m d'altitude le long de la frontière birmane.

On peut y croiser les montures les plus diverses.

Et j'arrive à Chiang Rai devant l'incroyable temple blanc. On dirait un décor de conte de fées, c'est à la fois étonnant, extravaguant et très photogénique.

Ce Wat Rong Khun est un temple très récent (1996), érigé en l'honneur du roi dernièrement défunt, la couleur blanche symbolisant la pureté du bouddhisme.

La traversée de la Thaïlande se termine. Demain ma route m’amène au Laos. La route est à la fois longue et majestueuse, je regrette encore une fois d'être contraint de voyager en bus.

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Que dire de la Thaïlande?

Déçu par le sud et Bangkok, même à la saison morte beaucoup trop de monde et urbanisé à outrance. Trente millions de touristes par an, c'est beaucoup trop pour moi habitué aux 200 000 de Madagascar!

J'ai volontairement occulté les îles vu mon ressenti en me disant que je trouverai mieux aux Philippines. De même je n'ai pas trop recherché à voir les ethnies du nord, espérant voir au Laos ou au Vietnam des peuples un peu plus préservés du tourisme de masse.

J'ai apprécié le Nord, si on fait abstraction des autoroutes et des grandes villes sans intérêt. Les temples, pagodes, stupas et bouddhas dorés font parfois un peu kitsch mais dans l'immersion on y prend goût.

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VISAGES c'est d'abord des visages humains.

Je me retrouve bien dans ce genre de pays, avec un mode de vie plus proche de l'Afrique, mais avec de l'électricité en plus et de l'insécurité en moins.

Nous allons voir maintenant d'autres visages laotiens, culturels et géographiques.

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Un des rares pays de la région encore à peu prés préservé des excès du modernisme - réflexion qui ne regarde que moi, bien entendu, car le sous développement est plus intéressant à contempler pour le voyageur que pour une majorité de ses habitants qui vont aspirer au progrès - mais sans doute pas pour longtemps, la Chine aux frontières y veille....

sur les bords du Mékong                                                       une petite sieste en attendant le client

C'ést un pays de l'ancienne Indochine, colonie française. Mais la France ne s' est jamais vraiment occupé de cette pauvre contrée et n'y a guère laissé de traces.

CITROËN TRACTION AVANT 

Vientiane, la capitale aux bords du Mékong, est une ville sage et tranquille, agréable et reposante, mais sans attraits particuliers.

LES CHAMPS ELYSÉES ET L'ARC DE TRIOMPHE 

Dés qu'on la quitte et qu'on saute entre les nids de poule de la chaussée, on comprend bien qu'on a quitté la Thaïlande.

LOIN DERRIERE LES AUTOROUTES

Van Vieng a deux facettes opposées. C'est tout d'abord un décor exceptionnel autour de ce si particulier relief karstique qu'on trouve en Asie.

C'est aussi une réputation sulfureuse, avec des bars un peu louches ou de grandes quantités d'alcool, d'opium et de champignons hallucinogènes y sont consommés. Quand le gouvernement- qui revendique encore l'étiquette communiste depuis que le Pathet Lao a pris le pouvoir en 1975 - n'a pas d'autres chats a fouetter, il y met le holà, une bonne purge, quelques dizaines de bars fermés, et puis ça revient...

Quand à moi j'enfourche une motocyclette et pars en vadrouille tout autour. J'y vois de beaux enfants à bicyclette qui rentrent de l'école, bien habillés, un parapluie pour se protéger du soleil. D'autres gamins tous nus plongeant dans la rivière, et je fais comme eux.

Luang Prabang est la plus belle ville que j'ai rencontrée pour l'instant dans ce voyage. C'est la capitale historique et culturelle. Et son site est rehaussé par les couleurs du Mékong.

Les temples anciens du XIII ème font sa réputation.

Et la vie semble y être douce et tranquille

Quand on traverse le fleuve avec le bac, on laisse l'opulence de la ville et la civilisation de l'autre coté.

Après une bonne journée de flânerie dans la ville, rêverie le long des berges devant le coucher de notre astre céleste.

Je continue ma remontée vers le nord en bateau, j'en ai marre du bus cahin-caha, au moins je peux contempler les paysages le long de la rivière Nam Ou.

Je m’arrête d'abord au village de Muang Noi qui n'est accessible qu'en bateau. Je vais y passer deux nuits et faire une belle ballade à pied d'une vingtaine de kilomètres autour de trois autres villages.

La campagne y est superbe, loin de tout bruit superflu,

Je reprends le bateau pour Muang Khua, une centaine de kilomètres plus au nord. Cette fois c'est une succession de rapides assez impressionnants, pas de bouées de sauvetage, des écueils affleurant la surface qui laissent le pilote imperturbable. Je me dis que si le moteur lache on va se fracasser contre les rochers.

Mais on arrive!

Je suis prés de la frontière vietnamienne.

J'avais un dilemme au Laos: Y rester plus longtemps et écourter mon séjour au Vietnam, ou le contraire. Plusieurs arguments dans la balance: Au Laos très difficile de louer une moto pour plusieurs jours, obligé de rendre le soir même et en plus trois fois plus cher qu'en Thaïlande, ras le bol du bus ou on ne voit rien et ou on ne peut pas s’arrêter. Au Vietnam il semble plus simple de louer, voire d'acheter. La population ici n'est pas particulièrement chaleureuse, sauf dans certains villages, plutôt indifférente. Pour le Vietnam j'ai entendu ou lu plusieurs sons de cloches différents, certains adorent, d'autres dénigrent ou sont déçus. Les treks en montagne très chers ici, 200$ par jour à moins d’être dans un groupe de 8. Enfin pour le Vietnam, un visa gratuit pour 15 jours et 50$ pour un mois...

L'appel de l'aventure est le plus fort, je choisis le Vietnam, j'ai vu de tellement belles photos du Nord, je vais essayer de le découvrir en moto.

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En passant dans un marché, j'ai eu cette idée de photographier toutes les espèces de végétaux plus ou moins inconnus qui sont sans doute passés par mon assiette.

Dernière halte avant la frontière.

Je croyais qu'il fumait de l'opium, c'est juste du tabac.

Frontière Laos Vietnam, rendez vous à Dien Bien Phu.

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Après la route de Dien Bien Phu de sinistre mémoire pour les nostalgiques de la colonisation française, c'est celle d'Hanoï qui commence. Treize heures pour 350 kms, à peine 30 de moyenne! Mais bus couchette, même de jour, et je peux y allonger mes jambes! J'ai tout de suite un aperçu du Vietnam, le bus jouant à saute mouton de montagne en montagne, serpentant de rizière en rizière, lézardant tranquillement dans les côtes, slalomant joyeusement dans les courbes.



un aperçu de ce que peut trimbaler une moto                    pas évident de prendre une photo dans le bus

Je n'ai pas pu m’empêcher une demande de photo devant une si charmante personne, qui m'a répondu avec le sourire!

ati 

Arrive Hanoî et son ballet de scooters dansant dans la nuit. Fidèle à mon habitude je ne prends pas le taxi quand j'arrive à la gare routière, j'essaye le bus urbain. Le premier que je trouve m'a l'air d'aller dans la bonne direction, je suis à 12 kms du centre ville. Mais voila que celui ci change de direction, je quitte vite au prochain arrêt. En arrive un autre, cette fois ci je demande au chauffeur où il va, bien sûr il ne connait pas un mot d'anglais. Heureusement une sympathique étudiante vient à mon secours et m'explique. Il me faudra finalement trois bus pour arriver et m'aura coûté à peine 50 centimes.

J'aime autant Hanoï que je n'ai pas aimé Bangkok.

Curieux comme le ressenti diffère d'une personne à une autre, certainement pour beaucoup d'autres c'est le contraire vu le monde qui va à Bangkok. que j'ai trouvée pour ma part laide, glauque et triste. Ma vision est surement subjective.

Alors j'essaye de m'expliquer le pourquoi de la chose.

Et, en fait, je trouve plein de raisons!

Hanoï est une vieille ville, 1000 ans, chargée d'histoire. Peu de touristes, juste ce qu'il faut de supportable. Son petit coté parisien, ancienne présence française oblige, ses rues bordées d'arbres, ses lacs, ses jardins. Une ambiance un peu quartier latin, de jolies jeunes filles habillées sexy, collants noirs, car il fait froid le soir.

Il y a comme une vibration, une effervescence, une atmosphère, plus débridée, pleins de petits restos, des milliers de scooters, des chapeaux chinois, des cyclo-pousses.

Et encore, un temps magnifique qui me surprend, j'avais en tête des stats indiquant seulement une heure de soleil par jour à Hanoï.

Le soir dans les rues, une ambiance impressionnante.

On ne peut aller au Vietnam sans s’intéresser à la guerre

On connait tous cette photo de la petite fille en larmes fuyant son village brûlé au napalm.

Elle a contribué à stopper cette guerre absurde qui n'a servi à rien.

40 ans ont passé depuis la défaite des américains, 60 depuis celle des français.

Et bien, même si les communistes ont gagné la guerre, le pays n'est pas devenu stalinien pour autant!

Il me semble au contraire dynamique, ouvert, humain, libre et accueillant. Les bombardements par les B52, le napalm, l'agent orange, les mines, les défoliants, toutes les destructions, les tortures, les 2 millions de morts pour aboutir à quoi?

Le Vietnam devient riche et puissant au lien d'être détruit et les Us qui ont perdu sur le terrain ont conservé leur hégémonie sur le monde....


au musée de la révolution. 

Une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps se réalise. Trop frustré par la dépendance des bus, trop soif de liberté, ici c'est d'une facilité déconcertante. L'achat de la moto se fait en 5 minutes! On essaye, on donne 250 dollars, le vendeur te donne la carte grise, et tu pars avec!

Pas d'assurance, personne n'en a. Pour les policiers, on verra!

Après coup quand même, pas fier avec cette moto....

Est ce que j'ai fait le bon choix, combien de temps le moteur va tenir, arriverais je seulement à sortir de la ville avec sa circulation d'enfer, trouverais je ma route,?????


Mais c'est parti! Je m'intègre dans la circulation au petit jour, suivant le flux. Je me plante deux trois fois dans les bretelles d'autoroutes, me récupère par des chemins de traverse, heureusement j'ai réussi à comprendre que j'avais une appli GPS sur mon smartphone, sinon c'est impossible. C'est les camions qui impressionnent, pour eux on est invisible, ou on existe pas. Leurs klaxons assourdissants veulent t'intimider et te stresser à mort jusqu'à ce que tu éjectes de leur trajectoire. J'ai vite compris, une seule solution, rouler plus vite qu'eux!

Après une centaine de kilomètres la route devient intéressante quand on aborde les montagnes du Nord Vietnam.

Et ma pétrolette de 30 ans d'age marche super bien, 350 kilomètres le premier jour!

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La fin de la première étape fût difficile, après les grandes routes arrivent les petites, puis voyant un vieux panneau indiquant peut être un raccourci, je le prends, mais ça devient vite un chemin rocailleux aux fortes pentes. Je vois alors les possibilités et les défauts de la moto, l'amortisseur avant tape dans les trous, la première saute, c'est très sympa dans les fortes rampes! Mais ça passe, sans tout casser. Seulement voila, pas d’hôtel en vue, juste des petits villages. Il est 5 heures, l'heure où va se coucher le soleil à cette époque de l'année. Et quand c'est tout noir il faut allumer le phare, lequel bien entendu éclaire les étoiles. J'arrive à me coincer derrière une moto qui m'éclaire la route, et j'arrive à la ville. Je voulais arriver là à Bao Lac car demain c'est le jour du marché.

De nombreuses ethnies y sont représentées, les villageois descendent de leurs montagnes habillés de leurs plus beaux atours.

Puis je reprends la route, seulement 50 kms au programme aujourd'hui pour Meo Vac et Dong Van.

Mais quelle route!

C'est un tel ravissement que je n'avance pas, m’arrêtant parfois tous les 500 mètres pour une photo.

Quand on voit toutes ces montagnes à l'infini, on comprend que cette région, la plus pauvre du Vietnam, était il y a peu, encore totalement enclavée.

Puis vient d'autres marchés dominicaux.

Cette route est trop extraordinaire, je n'avais rarement vu dans le monde de tels panoramas.

Nous sommes dans ces montagnes entre 1500 et 2000 mètres d'altitude. Souvent dans le brouillard le matin, on se gèle sur la moto, j'ai mis 5 épaisseurs sur moi, le sac à dos est presque vide!

Arrive parfois des choses totalement incongrues comme cet ancien palais de style hispanique, dans la petite ville de Bac Ha.

Et j'en profite pour bénéficier de la séance photo!

Ce qui est fou dans cette région, c'est que c'est beau partout, sur des centaines de kilomètres, on arrêterait pas!

Je suis pile à la frontière, devant c'est la Chine. 
Le plus haut sommet d'Indochine à près de 3200 mètres.  

Ce qui est remarquable c'est que les jeunes pour la plupart conservent leurs habits traditionnels, mais jusqu'à quand?

Même certaines mémés ont opté pour la moto et le portable....Pas toutes!

"Il n'est de richesses que d'hommes." Ce ne sont plus des rizières, mais de véritables œuvres d'art.

Mu Can Chai 

Encore une chose qui m'a frappé, c'est la gentillesse et le sourire, depuis que je suis au Nord Vietnam, incroyable le nombre de gens qui font de grands bonjours. On te considère ici comme un visiteur, pas comme un inconnu ou un touriste. Ça fait du bien après la relative indifférence au Laos, après les méfaits du tourisme de masse en Thaïlande.

Tout aussi étonnant, les écoles dans ces petits villages perdus: gaies et modernes

alors que le village à coté vit presque encore au moyen âge.

La boucle du nord se termine, 1500 kilomètres en 7 jours. Que des satisfactions.

Entre tradition et modernité,les slogans communistes en l'honneur des travailleurs toujours bien présents.

Et maintenant, en route pour la baie d'Ha Long.

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Petites histoires sur la communication :

Il est midi, je cherche un petit resto. Je vois un endroit avec des gens attablés, plein de bouffe sur les tables, je rentre. Je regarde à droite et à gauche... Et on m'appelle à une table, j'y vais, on commence à me servir un plein verre d'eau de vie, et tout le monde de trinquer avec moi. Je comprends alors que je ne suis pas dans un restaurant mais juste avec des gens qui font la fête! Et deux, puis trois verres, j'essaye de leur faire comprendre que je suis en moto et d'y aller doucement, mais rien n'y fait et aucun ne parle un seul mot d'anglais. Et on me ressert à manger, mon assiette est toujours pleine, et j'essaye de vider mon quatrième verre doucement... Et tout le monde rigole bien...Je n'aurai pas compris un traître mot de tout ce qu'ils m'ont dit, ce n'est pas grave, j'étais juste touché par la convivialité et leur invitation.

Une autre :

Cette fois ci je m’arrête boire un café, la femme qui me sert me parle et toujours je ne comprends rien. Un moment elle écrit sur un papier 50. Je pense que c'est le prix du café. Je lui fais non de la tête car c'est plus du double du prix habituel, elle insiste alors je lui écris 25. Et elle part d'un grand éclat de rire. j' essaye de lui expliquer que d'habitude je paye seulement 10 ou 20. Mais rien n'y fait. Je finis par lui donner 25. Elle a l'air ravie, je comprends pas pourquoi. Puis son fils arrive, ils se parlent, et il m'explique alors avec ses 3 mots d'anglais qu'elle voulait savoir mon âge, d'ou son éclat de rire quand j'ai écrit 25 et sa satisfaction car j'ai dû lui ai donné le double du prix, et ma satisfaction également puisqu'elle m'a rajeuni de plus de dix ans!

(Pour info, la monnaie ici est le dong. Environ 25000 dongs pour un euro. Mais personne ne prononce les "mille")

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Passons maintenant à la baie d'Halong.

J'ai potassé longuement l'internet ainsi que le routard et le lonely que des français m'avaient prêté. Je ne voulais pas passer par une agence ni me retrouver au milieu de la foule. J'ai fini par trouver sur un blog un plan qui me convenait. J'ai donc traversé la ville d' Along sans m'y arrêter et poursuivi ma route sur une cinquantaine de kilomètres vers l'est jusqu'au petit port de pêche très pittoresque de Caï Rong.

Et de là, j'ai trouvé un bateau qui traversait la baie et qui pouvait m'emmener avec la bécane sur l'île de Quan Lan.

Parfait, il n'y a plus qu'a charger l'engin!

C'était tout ce que je voulais, un vieux bateau typique, avec des îliens à bord et juste deux canadiens. J'ai donc traversé la baie pour une somme modique, environ 15 euros a/r qui n'a rien à voir avec le prix des agences

Ainsi pendant plus de deux heures de traversée, j'ai pu contempler les multiples formes que la nature et l'érosion ont façonné pour notre plaisir.



Puis arrive l'île où je vais rester deux nuits. Elle n'est pas très longue, 15 kms. Et je passe une grande partie de la journée sur cette jolie plage totalement déserte. L'eau est fraîche, mais très agréable.

Au retour, j'observe la très grande activité du port de pêche, des tonnes d’huîtres et de poissons.

Un dernier regard sur la baie.

Il me reste une douzaine de jours à passer au Vietnam, et environ 2000 kms pour rallier Ho Chi Minh City, (ex-Saïgon). Et la moto marche d'enfer, c'est à dire largement assez vite pour passer à travers tous les écueils qu'on peut rencontrer sur ces routes. Et Dieu sait qu'ils sont nombreux! De Halong à Haiphong, puis sur la route de Saigon une circulation infernale, on est parfois sur une pseudo-autoroute, c'est à dire sans aucune sécurité, souvent pas de terre plein central, si bien que ça déboite dans tous les sens, on se trouve facilement avec quelqu'un à contre sens, sans savoir si il va te passer à droite ou à gauche... Même des vaches, j'en ai attrapé une qui s'est mise à traverser au galop et a buté contre ma cuisse, sans gravité.

Au cours d'un arrêt, la sortie des écoles, tout le monde en vélo! Les enfants sont toujours aussi beaux.

Mais comme on va le voir, les conditions météo ne sont plus celles que j'espérais.

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Et il commence à pleuvoir, ça faisait un mois que je n'avais pas eu une goutte. Je prends deux gros orages, juste le temps de sécher entre les deux. Le lendemain matin j’achète un grand poncho spécial moto, et j'arrive difficilement à Hué après 260 kilomètres sous une pluie battante. Je regarde la météo, sur l'image satellite, on voit comme un gros cyclone, juste centré sur nos têtes. Il n'y a pas de vent, c'est une dépression tropicale, on annonce une semaine de très grosses pluies et risque d'inondation. Je reste deux jours coincés à l’hôtel en regardant monter les eaux.

Inutile de conduire dans ces conditions, mais il faut trouver une solution, je suis encore à plus de mille kms de Saigon et mon prochaine avion part dans une semaine, avec mon visa qui se termine. Je pense alors au train et je file à la gare voir si on pourrait m'embarquer la moto.

Et c'est fait, la moto est partie pour Nha Trang, à 650 kms de là, il lui faut deux jours pour arriver. Je prends un autre train, il me faut juste 13 heures! On en est au cinquième jour de pluie, dans le train je peux voir l'immensité des zones inondées.

Sixième jour, il pleut toujours. Jusqu'à Hué la cité impériale je n'avais pas perdu grand chose, juste traversé des zones industrielles ou des villes polluées et des paysages sans intérêt, mais maintenant c'est vraiment dommage, je devais traverser des villes et régions très intéressantes et de superbes plages. Et je crois que je vais garder le mauvais temps jusqu'à Saigon. Mais sait on jamais? En attendant une hypothétique éclaircie je vais à la gare voir si la moto est arrivée.

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Deux milles kilomètres depuis Along. Sept jours de pluie, trois jours maussades. Appareil photo au repos....

Que dire de plus? Je connaîtrais peut être un jour le sud Vietnam.

A oublier...

Une fois la moto récupérée, il faut bien repartir.... C'est pire! Des trombes d'eau s’abattent, par moment j'ai l'impression d’être en bateau, je navigue dans 50 cm d'eau, et je trouve presque ça drôle. Au moins ce qui est bien, l'eau n'est pas froide.

Puis le soleil revient, il finit toujours par revenir.

Et comme il me reste encore quelques jours que je ne veux pas passer à Saïgon, je m’arrête à Vung Tau, profiter un peu de la mer.


On se croirait dans cette station balnéaire un peu en Espagne.


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Rassurons nous, on a pas raté d'épisode, ce n'est pas encore Rio!

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Ho Chi Minh City, encore et toujours appelée Saïgon. On y compte, parait-il, cinq millions de scooters, je veux bien le croire. Les étrangers n'ont, parait-il, pas le droit d'y circuler, on va voir si ils vont me reconnaître...

C'est quand même une sacrée expérience de naviguer là dedans! Mais c'est finalement tranquille, les gens ne roulent pas vite, bien obligés! Il faut simplement ne pas être stressé, ne pas faire d'écart brutal et anticiper les mouvements de tous les protagonistes...

La principale distraction de la ville est bien là : l'observation de cette multitude en mouvement. Mis à part ça, rien de bien extraordinaire à voir.

Je vends la pétrolette après 3500 Kilomètres et 25 jours dessus, une centaine d'euros de moins que son prix d'achat. J'espérai un peu plus mais il m'aurait fallu plus de temps et la faire réparer car je l'ai quand même pas mal déglinguée. Elle m'aura coûté de toute façon bien moins cher qu'une location, et sans avoir besoin de la ramener au point de départ.

Depuis le départ de Singapour, et largement 10 000 kms parcourus, je réalise que je n'ai encore pas croisé un policier, et donc forcément, jamais arrêté. Je me demande alors à quoi peuvent bien servir les quatre barrages qu'on trouve systématiquement à chaque traversée de ville malgache, deux avant et deux après, juste pour leurs pots de vin et appauvrir un peu plus l'état qui les payent pour rien. Lequel ferait mieux de recycler tout ce petit monde à des tâches utiles : santé, éducation ou ramassage des poubelles....

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Good bye Ho Chi Minh, good bye Vietnam.

Je m'envole ce jour de Noel pour les Philippines, je dois arriver juste avant un cyclone, ça promet!

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Le Vietnam est un pays attachant qui restera forcément dans ma mémoire. J'y retournerai volontiers, approfondir certaines choses et voir ce que j'ai raté dans le sud, sans doute à une autre époque de l'année et dans de meilleures conditions, j’espère,

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Mes premières impressions sont plutôt déconcertantes. D'abord le taxi, je paye 6 fois plus qu' à Saigon pour le même trajet, 30 euros pour 6 kms, j'ai du me faire avoir et je n'aime pas trop. Puis la chambre que j'avais réservée sur le site booking est une véritable prison, 3 mètres carrés, pas de fenêtre...c'est bien de ma faute, j'ai juste regardé les photos du bar en terrasse sur le toit qui était sympa. Pour deux fois moins cher j'avais un palais au Vietnam!. Et la ville me semble triste, je m'attendais a retrouver l'ambiance exubérante de Bangkok ou HCM, mais non , rien à voir, le centre ville est désert. Hier soir à Saigon, pour le réveillon de Noel, c'était impossible de passer, même à pied, dans les rues, tellement il y avait de monde. Ici, même pas un scooter, et le spectacle me manque! De grandes avenues vides, pas de petites échoppes, pas de terrasses de café, pas de restos sympas, juste des grands centres commerciaux, des MacDo et consorts, tout ce que j'aime, quoi!

Je quitte donc très vite cette ville affreuse le lendemain matin sous les quelques rafales de vent et averses résiduelles du typhon en cours qui a touché les côtes bien plus au sud.

Pour traverser la ville et aller à la gare routiere je prends un "jeepney"

C'est la seule chose intéressante que j'ai vue pour l'instant. C'est l'armée américaine qui a laissé ces jeeps après la guerre. Et les philippins les ont modifiées à leur manière. Il y en a partout, vont partout, grimpent après les montagnes. Superbement décorés, ils sont magnifiques et sont devenus une légende des Philippines.

Les Philippines sont formées d'un archipel de plus de deux mille îles. D'abord colonie espagnole, mais contrairement à l'Amérique latine, l'espagnol n'a pas pris, juste le christianisme. Puis les américains ont pris le relais, apportant avec eux l'anglais, la malbouffe et le jus de chaussette. Autant dire qu'après le café vietnamien qui était un véritable délice et le raffinement de la cuisine thai, la déception est cruelle!

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Voici mon plan : Faire le tour de l'île de Luzon en scooter. C'est la grande île du nord, partagée en deux par la Cordillère, longue chaine de montagnes abruptes ou se trouve des rizières en terrasse renommées. Je n'en avais sans doute pas vues assez au Vietnam...

Pour se faire je dois aller à 80 kms à Angeles City car, bizarrement, impossible de louer dans la capitale. Je traverse les quartiers populaires de Manille, sales, laids, pollués, encombrés d'une circulation intense. Puis l'autoroute jusqu'à Angeles. C'est encore une ville plutôt glauque, connue pour une certaine forme de tourisme.... J'y trouve une chambre complètement pourrave , je ne sais pas si ça sent les égouts ou le rat crevé.... Vite fait le matin je pars chercher le scooter. Je laisse mon gros sac, ne prenant que le minimum et je pars sur la route du nord pour une dizaine de jours.

La circulation est effroyablement dense et les règles de conduite très particulières. C'est un peu comme au Vietnam sauf qu'il y a beaucoup moins de scooters et donc beaucoup plus de gros véhicules. Au bout d'une vingtaine de kilomètres je sors enfin du gros trafic, et forcément quand c'est plus fluide on prend de la vitesse... Toute à mon euphorie naissante, je vois au dernier moment un side-car, qu'on appelle ici tricycle et qui sert de moto-taxi, me couper la route en obliquant brusquement sans prévenir alors que je m’apprêtai à le doubler. Et c'est l'accident. Je freine à mort tout en essayant de me déporter pour l'éviter, je bloque la roue avant et je pars en vrille et finis par m’écraser sur le goudron. Heureusement pour une fois je n'étais pas en short et en tongs. Au bout d'un moment je me relève, tout à l'air de fonctionner, une cheville un peu tordue, le pantalon déchiré et le genoux en sang, tout comme coude, poignet, hanche. La moto, pareil, on m'aide à la relever, guidon tordu et quelques cabosses à droite et à gauche. Mais elle redémarre, il n'y a plus qu'à repartir, la patte un peu raide. Autant dire que je vais maintenant tout doucement, vacciné pour un moment. J'arrive à faire une centaine de bornes, il n'y a aucun touriste ici et aucun hôtel. Je vais jusqu'à ce que je trouve la mer, sur la plage il y en a surement un. Oui, il y a. Cinquante euros, cinq fois plus qu'au Vietnam pour la même qualité. Mais pas le choix, le genoux et la cheville enflés, tout déchiré et des traces de sang partout. Le lendemain matin, je pars me baigner, mais je ne peux pas supporter trop longtemps l'eau chaude et salée qui me brûle. Puisque je ne peux pas profiter de la mer je n'ai plus qu'à continuer ma route, j'appréhende la montée sur la moto, pensant ne pas arriver à plier assez la jambe, mais finalement ça va je m'attendais à pire.

Très vite on monte dans la montagne. La Cordillère Philippine est vraiment escarpée, on est tout de suite à plus de 2000 mètres dans les nuages et le froid, la transition est rude.


J'ai quand même du mal à profiter des paysages, la circulation est à nouveau extrême, plein de gros camions et bus grimpant à la queue leu leu à 20 à l'heure, relâchant derrière eux des nuages qui, vu leur couleur d'encre, doivent contenir toutes les toxicités possibles et imaginables. En plus, mon petit 125 Honda a du mal à gravir les fortes rampes, d'où la difficulté à les doubler sans visibilité. Là aussi je regrette le nord Vietnam ou il n'y avait que des motos.

Ce soir là encore impossible de trouver un hôtel. Quand arrive le soir je m’arrête au premier gros village venu et demande aux gens, ils ont l'air étonnés, non pas d’hôtel ici. Je ne veux pas continuer dans le froid, les précipices, la pluie et la nuit qui arrive, j'insiste. On finit par me dégoter une petite chambre chez l'habitant, chez un maraîcher, autour des serres. Je comprends maintenant où allaient tous les camions, on est dans dans une grande région agricole. Je suis autour des choux, des carottes et des fleurs que des femmes s'affairent à préparer dans l’entrepôt voisin. Certaines d'entre elles vont délaisser leur travail pour préparer ma chambre qui s'avère très agréable au dessus de la vallée. Pas d'électricité ce soir, c'est pas grave, vive la bougie!

Il pleut, il fait froid. J’achète mon troisième poncho, oublié le premier quelque part, déchiré le deuxième. Mais il y a toujours quelques sourires pour égailler les journées.


Quant à la route elle est redevenue déserte et c'est tant mieux! Mais quelle route! Et quel pays! De nombreux glissements de terrain ont tendance à emmener toute infrastructure humaine avec eux, la nature veut reprendre ses droits et c'est une lutte sans fin entre elle et l'homme. J'ai vu bien pire que ce qu'on voit sur ces photos, d'énormes rochers sur la route, à peine possible de passer mais je ne me suis pas arrêté de peur d'en prendre un sur la tête! Résultat des pluies diluviennes et d'un relief encore jeune.

J'arrive enfin à Maglicong pour voir ces premières terrasses. Et toujours la pluie, eau dans le ciel, eau sur la terre.


Je laisse le scooter au bout du chemin et parts à pied dans les rizières. J'arrive dans un village du bout du monde. Très pauvre, pauvres maisons qui ont perdues leur caché d'antan, remplacé par les tôles rouillées et les parpaings de béton gris, pauvre ambiance de pluie et de brouillard. Je vois une tête apparaître au coin d'une porte entrouverte, je demande où je peux boire un café, on me dit non. Puis quelques instants plus tard, on me rappelle et on me dit d'entrer. Dans la salle toute sombre je distingue une dizaines de personnes qui attendent là que le temps passe. On m'apporte un breuvage qui ne ressemble guère à du café mais qu'importe, on a là une vieille toute ridée, des ados, des enfants. Je veux les prendre en photo, la vieille se cache le visage entre les mains de peur que je lui vole son âme, je n'insiste pas devant leur réticence, un garçon finalement arrivera à prendre un cliché. Quand je veux payer mon café, on m’arrête d'un geste:- No, it's free.


Un soir vers 16 heures je profite d'une accalmie dans le ciel tourmenté, je prends vite la bécane pour explorer d'autres environs.

J'avais repéré une petite route partant dans la montagne, comme une intuition que ça pouvait être intéressant.

Et je tombe sur cet endroit magique totalement par hasard.

En voyant ce que les hommes de ces contrées savaient faire, je repense alors à l'horrible architecture des villes et villages actuels et je me dis, quelle décadence! Pauvreté, facilité, désintérêt pour la beauté et l'esthétisme?

Quand je vois l'état du monde aujourd'hui, que je compare avec de vieilles photos, je me dis que j'aurai aimé naître 50 ans plus tôt et pouvoir exercer trois passions, explorateur, photographe, ethnologue.

Maintenant c'est trop tard, on est en train de bousiller le monde, on est tout simplement trop nombreux. Il reste encore heureusement des endroits préservés, les rizières sont toujours là, immuables.

Il pleut à nouveau, tant pis, je pars aux rizières de Batad.

Un amphithéâtre naturel ou les gradins accueillent des grains de riz.

Pour accéder dans ce village, il n'y a qu'un étroit sentier sur environ 200 mètres de dénivelée, il faut escalader les murailles des terrasses à l'aide de quelques pierres en saillie. Imaginons un malade ou blessé grave, il sera remonté à dos d'homme dans un hamac en guise de civière...

et bien que sous la pluie, c'est quand même pas mal!

Après cinq jours d'intempéries, je peux enfin prendre les photos de Banaue sous le soleil.


Je continue mon tour de Luzon, traversée des villes et villages, haltes dans les petits restos

J'assiste au repiquage du riz, travail collectif, ils voulaient même que je vienne les aider!

Et bien je crois que c'en est fini avec les rizières, changement de décor.

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J'arrive à l'extrémité nord de l'île, là où la Cordillère se jette dans la mer sauvage, un peu la Bretagne...

Non seulement il est en surcharge, mais en plus, il tire la langue!



Pas d'hôtel, j'ai l'habitude

Je vais coucher chez la poissonnière

j'en profite pour lui demander de

me faire griller un gros poisson






Arrive maintenant Vigan où la crèche de Noel est encore installée. C'est la seule ville des Philippines où il reste encore des quartiers au patrimoine préservé datant de la colonisation espagnole.

Mon tour de 1500 kilomètres autour de Luzon se termine, je fais réparer la moto pour qu'elle soit présentable et le genoux est presque guéri.

Je viens de passer une quinzaine de jours aux Philippines, il m'en reste autant. Mais, 7000 îles dont 2000 habitées , les quelles choisir?

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Avant de prendre un bateau, comme je ne connais pas exactement mon programme, et c'est un euphémisme car je suis en totale improvisation, j’achète d'abord un billet d'avion en partance de Cebu pour retourner à Manille, Cebu se situe au milieu des Visayas, cette myriade d’îles qui parsème l'océan au sud de Manille. Au moins j'ai mon point d'arrivée, je n'ai plus qu'a trouver mon chemin pour y accéder en une douzaine de jours.

Le voyage peut être difficile et compliqué. Aller d’île en île en transports locaux s'avère parfois très long. D'un point de départ donné, par exemple un hôtel, il faut d'abord trouver la gare routière, puis un bus te traînera dans une autre gare routière. De là, trouver le port, puis un bateau qui t’emmènera dans un autre port ou tu devras reprendre un taxi ou un jeepney ou aller à pied pour une autre gare routière....un autre hôtel, etc. Ça peut prendre une journée et parfois plus pour traverser une île, la plupart très montagneuses ou très peuplées, avec des mauvaises routes encombrées, vitesse moyenne 20 km/h. Je vais ainsi traverser ou rester sur une bonne dizaine de ces îles, certaines toutes petites, et quatre d'entre elles qui me paraissent immenses : Mindoro, la première et plus proche de Manille, puis Panay, Negros et enfin Cebu.

J'ai réussi l'exploit d'en traverser l'intégralité sous la pluie ou temps très maussade, alors qu'on est à la meilleure saison! C'est charmant huit jours de pluie, bien loin de la vision idyllique style carte postale sable blanc cocotier eau turquoise que je ne recherchais pas forcement mais quand même.

Mindoro, coucher de soleil avant la pluie.

Boracay est une petite île, réputée pour une des plus belles plages des Philippines, au sable d'une extraordinaire finesse. Bien entendu, nombre de touristes et d’hôtels en conséquence. Le soir ambiance fête foraine ou fête de la musique, la journée plage, bars, souvenirs, activités nautiques et plongée. Très bien pour ceux qui aiment! Pour moi une nuit et une journée suffisent.

Soleil trompeur. Exactement au même moment sur la plage, ça parait incroyable, grand beau à droite, la pluie arrive déjà à gauche.

Malheureusement peu de photos des îles, et sans doute pas des plus belles. Il faudra s'en contenter...

Je pars à la recherche d'une île déserte. Je pense la trouver à quelques encablures, elle s'appelle Carabao, il faut simplement chercher une banka (catamaran à moteur, typique des îles) pour y arriver. D'abord à pied, puis je trouve un gars en moto qui connait quelqu'un qui sait: Transport privé 40 euros, allons voir plus loin! Je pars de l'autre coté de Boracay suivant d'autres indications, et là, transport public, 2 euros, on est trois sur le bateau!

La banka me pose devant l’hôtel sur cette petite île de Carabao que presque personne ne connait, personnel sympathique et accueillant, je peux y manger poisson et fruits de mer, et le matin, snorkeling pour parler le franglais à la mode, juste besoin de prendre le masque et plonger, pour naviguer sur les coraux autour des petits poissons multicolores et des étoiles de mer.

Mon île déserte, ou presque, est très agréable, j'y fais une longue ballade à l’intérieur, dans une végétation tropicale intacte, palmeraies, rizières, petits villages encore perdus, pas de voitures, pas de routes, un rêve reposant loin de la fureur citadine. Et en plus, il fait beau, brève accalmie entre deux tempètes.

L'habitat y est encore typique.

Pour repartir on emmène deux vaches, qui ne vont surement pas apprécier le voyage.

Les jeunes Philippins sur les îles sont beaucoup plus "ouverts" que les montagnards, et toujours les premiers à faire la fête.

Quoi de plus triste que la mer quand tout est gris? J'ai raté, dans ce passage aux Philippines, les plus beaux spots, pas nagé avec les tortues, ni les requins. Avec de telles conditions météo, pas envie de plonger, ni de faire des kilomètres de bateau et de bus pour rien voir.

Comment faire pour manger du poisson dans un village de pécheurs? Ça semble très simple, mais non! Je suis en moto et ça fait une heure que je cherche désespérément, j'avise un petit resto avec une terrasse sympa mais quand je soulève le couvercle des marmites ; beurk, ça me donnerai presque envie de vomir! les philippins ne sont vraiment pas les rois de la cuisine. . En face il y a un marché, j'y vois des beaux poissons. J'ai ma petite idée. J'avais remarqué en passant une jeune fille avec un barbecue, j’achète un poisson et je lui amène en lui demandant de le faire griller. Et quand c'est fait, plus qu'a retourner le manger à ma terrasse en commandant juste un bol de riz et une boisson!

Toujours pas encore Rio mais on se rapproche, des fêtes un peu partout, ici le Sinolog, fête religieuse ressemblant étrangement au carnaval.

Les dépliants touristiques sont trompeurs, on y voit que que des belles plages. La réalité est loin d’être aussi belle. Sur l'ile de Cebu par exemple je n'ai pas vu de vraies plages, j'ai loué un scooter et fait 140 kilomètres le long des côtes pour ne voir que mangrove, rochers et eau vaseuse sans profondeur. Et ne parlons pas de la ville elle même, un million d'habitants, toute aussi laide et sinistre que les autres, 2 heures pour la traverser une première fois en bus et une demi heure en moto en dépassant des centaines de véhicules bloqués, je crois qu'ils le sont encore. Je finis par squatter ce petit coin avec un minuscule carré de gros sable, ou exerce un club de plongée. Le beau temps est revenu, normal, je quitte les Philippines demain.

On finit comme il se doit par le sourire des enfants.

Concluons:

Mon sentiment est assez mitigé sur les Philippines, bien sur pas aidé par la météo ; je dois attirer les dépressions comme un aimant, plus de 20 jours de pluie ou temps maussade sur un mois. Mais pas que : Avec 100 millions d'habitants et une densité par rapport à la France trois fois plus importante, le pays devient invivable.

Il y a 60 ans, ce pays devait etre merveilleux quand il était encore vierge de tout progrès et tourisme. Certes il n'y avait pas d’électricité, pas de routes, mais pas non plus d'embouteillages ni pollution. On pourrait dire aussi que la santé, l'éducation, l'économie ont fait des progrès considérables. Oui, mais à quel prix? Sont-ils plus heureux ceux qui vivent dans ces si nombreuses villes misérables et surpeuplées, dans des taudis le long des routes enfumées au vacarme insupportable?

Il reste le mythe de l'île paradisiaque, il y en a encore, parfois avec un budget de 500 euros la journée, ou plus, on aura le 5 étoiles, la plongée, le spa etc, et peut être du soleil... Sans même parler budget, ce n'est pas mon type de voyage, préférant toujours me rapprocher des populations locales et essayer de vivre comme eux, dans la mesure du possible. Mais je ne dois pas être dans les normes....

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Un très court séjour dans un très grand pays : 12 fois la France. Il aurait fallu trois mois, et encore!

Bon, c'était un peu un stop obligé dans la longue traversée du Pacifique.

J'ai cette fois ci loué une voiture pour les 5 jours de mon passage et je suis resté dans la région de Sydney. Un peu compliqué la location, et je ne sais pas combien je vais payer, entre 150 et 700 dollars! Ça sera la surprise sur le relevé de la carte bancaire... Les prix ici n'ont plus rien à voir avec ceux de l'Asie du sud-est (un café 4€, un hôtel 150€ , un paquet de cigarette 15€...) ni avec la France, le niveau et le coût de la vie est environ deux fois supérieur.

Je vais d'abord suivre le littoral sur environ 400 kms en direction de Melbourne avec quelques détours à l’intérieur. Paysages variés, les arbres sont géants, pins et eucalyptus,

° 

On peut se croire tour à tour en Auvergne ou en Angleterre....donc pas trop dépaysant!

Le soir, je vais manger des huîtres sur les banquettes rocheuses, armé de mon petit couteau. Et comme le coin est beau, je couche là dans la voiture.

A 22h quelqu'un tape sur la voiture et me réveille. Je me dis, ça y est, soit je me fais déloger, soit une amende. Il faut savoir qu'il y a plein d'interdits dans ce pays, comme par exemple le camping sauvage... Mais en fait c'était simplement le gardien des lieux qui voulait fermer sa barrière et voulait savoir si je restais la nuit car il ouvrait à 6h. Ouf!

Quand je suis arrivé à Sydney, il faisait 38° avec un vent brûlant. Mais c'est tourné à l'orage, maintenant un temps maussade et 17°. Après un bain matinal sous la pluie et un footing sur la plage, je quitte le littoral en direction des Blue Mountains à la recherche d'autres paysages et des kangourous.

Dans un épais brouillard, c'est tout ce que j'en vois.

Décidément la météo n'est plus avec moi. J'attends jusqu'à midi, ça ne veux pas se lever, dommage c'était une région qui semblait magnifique...sur les photos des revues.....

Retour sur Sydney, le lendemain temps superbe!

Sydney est une ville moderne, propre, riche, aérée, parsemée d'immenses parcs superbement entretenus. Plus rien à voir avec l'Asie du Sud Est, le contraste est saisissant.

Je prends un ferry pour traverser la baie

et jouir de la meilleure vue sur la City et son célèbre Opéra. Je traverse également en voiture par l'impressionnant viaduc, le Harbour Bridge datant des années 30, les deux symboles de Sydney.

La baie de Sydney est vraiment un endroit superbe.

Je finis mon séjour sur ces jolies plages, on y pratique beaucoup le surf, le golf,

et le parapente, cette invention à la fois diabolique et magique qui me fait rêver, il monte, il descend, va ou il veut avec pendant des heures tel un oiseau, le génie de l'Homme semble sans limite.

• • •

Nouvel avion, nouveau stop pour deux petits jours à Tahiti. Les polynésiens sont très cool et agréables à vivre. Je me fais inviter dans un village pour un repas de quartier, les femmes souriantes et traditionnellement coiffées de couronnes de fleurs.



Je suis hébergé par un couple qui vit sur un bateau ancré au milieu d'un lagon. C'est spartiate mais tellement plus original que l' hôtel. Pour y accéder, on fait la navette avec un petit canoë. J'y passe deux soirées agréables avec mes hôtes, doucement bercé par les flots.


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Tout d'abord l’expérience unique de vivre deux fois la même journée, je suis en effet parti un dimanche et je suis arrivé un samedi! Il faut faire une bonne gymnastique intellectuelle pour comprendre le processus, ou, si on ne veut pas se creuser la tête, il suffit de penser que les lieux sont propices à cette remontée dans le temps....

Mais l'histoire de l'île est relativement récente, on pense que les dernières pierres ont été érigées autour de l'an 1500. Et un jour tout s'est arrêté...

Sur les sites d'extraction, on pourrait presque imaginer y voir encore les outils. On suppose que des guerres civiles ont eu lieu. Il y avait peut être alors 12000 habitants, il n'en restait, deux siècles plus tard qu'une centaine.... Mais tout est supposition sur cette île qui a perdu sa mémoire.


Les Moaï (statues monumentales) peuvent faire 10 mètres de haut et peser 70 tonnes, ils sont systématiquement tournés dos à la mer, on ne saura sans doute jamais pourquoi, le savoir des anciens ayant définitivement disparu et l'écriture reste en grande partie indéchiffrable.

De grandes différences de style pourraient indiquer plusieurs époques ou plusieurs peuples. Ceux ci paraissent plus fins, plus élégants.

Dans les années 1700, les pierres étaient debout, quand d'autres explorateurs revinrent un peu plus tard elles étaient toutes renversées (certains sites furent rétablis au XXéme siècle). C'était bien la fin d'une civilisation, les causes supposées en seraient multiples, les pascuans auraient commencé par se détruire eux mêmes: surpopulation, déboisement, guerres. Puis arriva l'homme blanc avec ses maladies, la mise en esclavage et l'élevage ovin intensif, qui finit par ruiner ce fragile équilibre écologique, humain et culturel.

Un autre point sujet à controverse; que penser de ces murs manifestement d'origine inca, alors que le peuplement est génétiquement d'origine polynésienne?

Les attraits de l'île ne se bornent pas seulement aux statues et à tous ses mystères, la mer et les paysages sont magnifiquement sauvages,

de grands espaces vierges, des prairies à perte de vue, des falaises, des volcans comme ici ce gigantesque cratère

avec au fond cette curieuse mosaïque marécageuse.

Des centaines de chevaux se baladent en liberté dans les steppes herbeuses

Les habitants essayent de conserver ce qui restent de leurs coutumes.

L'air est pur et lumineux, le vent rafraîchissant, l'île est propice à la découverte. 20 kilomètres de cotés, on la parcourt facilement à pied, en vélo ou en moto. On peut s'y baigner sur une jolie petite plage de sable blanc totalement incongrue dans ces paysages volcaniques. Et le soir bien sûr, grand rassemblement pour contempler le coucher de soleil.

J'ai passé mon séjour dans ce camping, il faut dire que les prix ici sont délirants, chose somme toute normale vu les 90000 visiteurs par an pour une population de 6000 habitants, et les capacités de cette petite île ne sont pas extensibles, ce qui crée déjà de gros problèmes environnementaux, sans parler de la dégradation des sites archéologiques. En 1960 il n'y avait pas d'aéroport, il passait un bateau par an! Il faudra un jour instaurer des quotas....

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C'était le but premier de ce voyage.

L'île mystique et sa part de mythe ne peut laisser personne indifférent. La vision de cette civilisation, en dehors de la beauté des lieux, ouvre l'esprit à foule de questionnement ; sur l'histoire humaine, ses capacités, son avenir. Quand je suis arrivé devant cette gigantesque statue encore horizontale et ancrée dans la roche, c'est là que m'est apparue la question, évidente : Comment ont ils fait, une poignée d'hommes, arrivés on ne sait trop d'où, après avoir traversé l'océan sur leur pirogue, à 4000 kilomètres de toute autre terre, isolés du reste du monde pendant au moins 500 ans, avec quels outils, avec quel savoir, dans quel but?

Les mystères demeurent, heureusement.

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Après une courte escale à Santiago, grande ville moderne au pied des Andes, sans grand intérêt à mes yeux mais pas désagréable non plus avec ses larges avenues ombragées et l'animation des rues piétonnes, je pars à Valparaiso, sur la côte à 150 kms.

Valparaiso, c'est la ville artiste aux mille (et plus) graffitis, c'est un musée à ciel ouvert, une bande dessinée.


Partout, dans toute la ville, des petites ruelles aux grands immeubles, tout est décoré


les sujets les plus divers, des slogans politiques aux métaphores en passant par l'incompréhensible, ou le psychédélique.

Grand port au bord du Pacifique, l'océan est glacial à cause du courant froid remontant de l’Antarctique, le climat est ainsi plutôt frais, avec du vent et une vingtaine de degrés en plein été.

Mais, continuons la visite.... toute en hauteurs, très escarpée, des escaliers et des petites ruelles partout.

Jusqu'aux camions poubelles sont décorés.

Amusant concours de tango dans les rues.

Les funiculaires ou ascenseurs sont une célébrité de la ville, construits dans les années 1900.

Ce qui me plait dans tout ça, c'est l'art de transformer de vieilles bicoques, qui dans un autre contexte paraîtraient d'une laideur absolue, en un festival joyeux et coloré.

Au cours d'un long voyage, il arrive parfois des histoires pas forcément drôles dont celle ci que j'ose à peine raconter tellement ma bêtise est grande.

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Je ne voulais pas quitter Valparaiso sans goûter au moins une fois les eaux chiliennes du Pacifique. je pars donc sur la plage de Vina del mar, à une dizaine de kms de bus. Immense plage touristique, plein de monde. Je pose mon sac à coté d'un couple, petit bain de soleil, je vais juste mettre les pieds dans l'eau, glaciale, je me retourne, je vois le couple en train de partir, j'ai alors un doute, je retourne vite à mes affaires, plus de sac! Je leur cours après, le gars a un sac noir comme le mien sur l'épaule. J'arrive à eux, j'arrache le sac et...ce n'est pas le mien! Oh, j'ai vite compris, ils avaient forcément des complices, partis de l'autre coté avec le mien, mais quelle preuve?

Me voila beau. Dans le sac : passeport, cartes de crédit, un billet de 200 euros, téléphone, appareil photo, liseuse, environ 50 euros d'argent chilien, mon cahier avec mes notes, la Totale.....En allant à la police, je rumine, mais qu'est ce que j'avais dans la tête pour emmener tout ça à la plage? Comme si je ne le savais pas, comme si je n'étais jamais parti de chez moi, comme si je ne connaissais pas le monde, comme si ça ne m'était jamais arrivé, comme un bleu....Et bien non, je ne suis pas vacciné, trop confiance au genre humain (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), il ne m'était rien arrivé pendant 4 mois, relâchement. Bref pendant une heure, je me suis injurié, traité de tous les noms, ce qui ne m'a en rien servi à récupérer mes affaires.

A la police, déclaration de vol, téléphone à l'ambassade, une après midi de perdue, puis je trouve un peu de menue monnaie au fond d'une poche pour reprendre le bus. Arrivé à la chambre, je retrouve miraculeusement mes cartes de crédit et le billet de 200 au fond de ma trousse de toilette, ouf! Comme quoi je devais avoir eu quelque part une prémonition, mais alors, quelle idée (ou absence d'idée) d'emmener mon passeport, alors que je ne le prends jamais et qu'on me l'a jamais demandé? De toute façon c'est pas nouveau je ne sais jamais ou sont mes affaires, c'est même un miracle que ce ne soit pas arrivé avant. Je fais la part des choses, les cartes de crédit sont retrouvées, les photos étaient sauvegardées sur l'ordinateur et le cloud, le smartphone était en fin de vie et bon à changer, pour la liseuse, je pourrai encore lire mes bouquins en téléchargeant un logiciel sur la tablette, les lunettes de soleil avaient déja étaient cassées et recollées deux fois et les lunettes de jour étaient restées dans la chambre... J'oublie l'essentiel... toujours vivant! Reste plus qu'à retourner à Santiago pour le passeport., ou l'on peut m'en refaire un provisoire en deux jours.


A l'ambassade, ça me rassure un peu, cinq personnes viennent pour la même chose, on me dit que c'est pareil tous les jours, je ne suis pas le seul imbécile. Quand arrive mon tour et que je remplis les papiers, juste avant de signer, la secrétaire reçoit un courrier sur son écran ; mon passeport est retrouvé, avec diverses autres affaires, abandonnées dans un bus! Je prends les coordonnées du gars qui les a et retour à Valparaiso. Il me faudra encore trois jours pour le récupérer, le gars doit l'amener au commissariat le plus proche, et quand j'appelle c'est toujours demain. Je finis par aller chez, lui, c'est a perpette, à plus de deux heures de bus. Le tout en espagnol dont je ne maîtrise pas un mot, pour simplifier. J'ai le secret espoir de récupérer autre chose, mais non, juste le permis. Je regrette mon book ou je prenais mes notes de voyage, qu'est ce qu'ils peuvent en faire? Heureusement l'essentiel est dans le blog. Le principal est là, le passeport, l'ambassade ne pouvait qu'en faire un provisoire, pas biométrique. Il faut que je rachète un appareil photo, j'ai bien essayer avec la tablette, mais vraiment pas terrible et pour le smartphone ça attendra le retour en France car ce qu'on trouve ici n'est pas compatible. Ce qui me gène le plus est l'absence de gps, il faudra se débrouiller sans. et continuer à se perdre dans les ruelles obscures...

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Changeons de contexte et passons en Argentine voir les chûtes de l'Iguazu, dans le top des plus belles du monde.


Spectaculaires et gigantesques.

Sur la frontière entre Brésil et Argentine,aux confins du Paraguay, les chûtes s'étalent sur de grandes distances, dans un parc enchanteur avec sa végétation tropicale luxuriante, de quoi y faire une bonne balade d'une quinzaine de kilomètres et occuper une bonne journée.

Et maintenant, de l'océan Pacifique au Chili, pour aller à l'océan Atlantique au Brésil, c'est un parcours du combattant de 4000 kilomètres qui m'attend.

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Paraty: Charmant village du Brésil "authentique"

Mais pour y arriver ce fut le parcours du combattant :

Presque 4000 kilomètres entre Pacifique et Atlantique, l'Amérique du sud, c'est grand ! J'ai perdu une semaine avec ces histoires de passeport, il ne me reste plus beaucoup de temps si je veux arriver à l'heure pour le carnaval de Rio. L'avion ? Très cher quand on s'y prend au dernier moment et aucun intérêt pour découvrir un pays. Le stop ? Bien trop aléatoire, peu de chance d'être pris si on est pas une jeune fille, et encore une fois la barrière de la langue, infranchissable. Acheter ou louer une moto ? Quasiment impossible ici, d'abord il n'y en a pas, et beaucoup trop compliqué et long au niveau paperasses.


Reste le bus… Pas enthousiasmant mais pas le choix.


Il me faudra en tout 3 nuits et 4 jours complets dans les bus!


J1 : Départ Valparaiso 9h, un premier bus pour aller à la gare routière, un deuxième pour traverser la Cordillère des Andes, avec cinq heures d'attente à la frontière Argentine dans le froid et le vent à 3500 m d'altitude. On se demande à quoi cette attente à servi puisqu'on ne m'a même pas contrôlé ni tamponné mon passeport ! Arrivée à Mendoza en Argentine vers 22 h, chercher un hôtel.


J2 : Retour à la gare routière pour acheter un billet pour l'étape suivante. Ballade dans la ville en attendant, on est Samedi, je cherche un appareil photo, tous les commerces sont fermés. Je cherche un distributeur de billets qui voudrait bien de ma carte visa, j'abandonne après cinq tentatives, il doit y avoir incompatibilité d'humeur… Je prends le bus le soir pour Puerto Iguazu.


J3 : La plus longue étape, 2000 kilomètres, 2 nuits et une journée dans le bus. Des plateaux repas totalement insipides sont servis, la climatisation vous glace le sang, les plus beaux paysages, quand on longe la Cordillère, sont au début du voyage donc la nuit et on ne les voit pas, puis toute la journée ce sont des plaines interminables dans des champs de maïs et des lignes droites de plusieurs centaines de kilomètres.


J4 : Arrivée à Iguaçu dans la matinée. Les hôtels sont pleins, je me réfugie dans le dortoir d'une auberge de jeunesse qui veut bien de moi bien que je ne sois plus de première jeunesse. Je trouve un distributeur qui accepte ma carte et un appareil photo, pas trop génial, mais que j’espère suffisant pour faire des paysages.


J5 : Visite des chutes le matin de bonne heure après une quinzaine de kms de bus, une vingtaine de kms à pied et 6 heures de visites, puis bus pour retourner prendre le sac à l’hôtel, puis bus pour aller à la frontière brésilienne, contrôle des passeports, puis bus pour aller à Foz Igazu, puis bus pour aller à la gare routière, puis bus de nuit pour 1000 kms et atteindre Sao Paulo !


J6 : Ce n'est pas fini ! J'arrive à une gare routière au milieu de cette ville tentaculaire, une des cinq plus grandes du monde , plus de 15 millions d'habitants, et pour continuer le voyage je dois aller dans une autre gare routière... On me dit qu'il faut prendre le métro, en portugais, je n'en comprends pas un mot de plus que si c'était de l'espagnol, mais je comprends quand même qu'il faut changer deux fois ! Nouvelle gare, nouveau bus, plus que 300 kms pour la petite ville de Paraty au bord de l'océan où j'arrive à 11 heures du soir. Ouf ! Plus qu'à trouver une chambre et repos pendant 3 jours...

Avec cette ballade sympa sur les plages

Le sentier parfois costaud, mais aussi des récompenses.

Puis arrive enfin le but ultime du voyage:


La vue du Corcovado sur la baie de Rio de Janeiro est réellement prodigieuse

Au Sambodrome, le carnaval bat son plein devant 90000 spectateurs

Certains chars sont magnifiques, on imagine le nombre d'heures de travail pour un tel résultat.

Dans les rues de Rio, d'autres images...

J'ai préféré les petits carnavals de rue, au sambodrome on est trop loin de la scène, ici on est au coeur de l'ambiance.

Les plumes et les paillettes, au carnaval comme dans la nature.

Des milliers de kilomètres de plages splendides, souvent vierges.

Quelques vues de Salvador de Bahia et sa région.

Le carnaval c'est partout, il suffit d'écouter la rue et les roulements de tambour pour le trouver.

et cette petite vidéo pour finir, juste pour l'ambiance.

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Je quitte Salvador de Bahia et le Brésil pour retrouver notre vieille Europe et boucler ce tour autour de la planète (cette fois je suis sûr qu'elle est ronde...). Il est l'heure d'en faire la synthèse.

Au cours d'un tel voyage, il y a forcément eu des hauts et des bas, des endroits ou je serai resté plus longtemps, d'autres que j'aurai pu faire autrement.

La palme revient au Nord Vietnam ou tout fut parfait. Le sourire et l'accueil des gens, la liberté avec la moto, l'immensité des paysages, les ethnies traditionnelles, jusqu'aux hôtels au meilleur rapport qualité/prix et la saveur du café... ou encore la classe et la beauté des jeunes vietnamiennes!

Juste derrière vient le Laos avec son authenticité, sa douceur de vivre, sa culture et ses paysages. Un peu en dessous pour la relative indifférence de la population et surtout l'impossibilité de trouver une moto. D'ailleurs quand je retournerai dans ces pays, j’achèterai une moto au Vietnam et j'irai avec au Laos.

J'ai aimé, bien entendu, l’île de Pâques, mais sans l’effet de surprise et de découverte que j'ai ressenti au Vietnam. Tellement vu de photos auparavant...

Hormis les autoroutes, l'affluence touristique et les grandes villes, j'ai apprécié le Nord de la Thaïlande, les temples, la gastronomie, le coût de la vie (le pays ou j'ai le moins dépensé).

Voila pour les points positifs.

La météo n'a pas toujours était au beau fixe. Deux gros épisodes de pluie, le premier m’empêchant de visiter le Sud Vietnam, le deuxième aux Philippines d'une vingtaine de jours me pourrissant le séjour dans les rizières en terrasses puis la vision idyllique des îles paradisiaques.

Les Philippines furent globalement une déception, malgré la beauté des paysages de montagne du Nord de l'île de Luzon. Surpeuplée et polluée, perte de sa culture ancestrale au profit de l'américanisation.

Pour l'Australie, il aurait fallu faire autrement, ou juste rester 2 jours à Sydney. Avec une bonne dizaine de milliers d'euros supplémentaires, rester trois mois en louant un van aménagé, par exemple. Même chose pour la Polynésie, la montagne de Tahiti est belle, mais il n'y a pas de plages, il fallait là aussi quelques jours supplémentaires et quelques autres milliers d'euros pour aller aux Marquises.

L'Amérique Latine a bien changé, le coût de la vie est environ trois fois supérieur à celui de l'Asie! J'ai aimé l'aspect complètement atypique de Valparaiso, mais je ne perçois pas encore l’intérêt d'avoir traversé ces quelques quatre mille kilomètres en bus sans rien voir. Il fallait une moto, du matériel de camping, trois mois de plus et comprendre l'espagnol puis le portugais. Le Brésil, même si il est dans une situation politique et économique délicate actuellement, policé et inégalitaire, est devenu un pays riche et moderne. Globalement l'Amérique latine est plus proche de la culture occidentale et donc moins dépaysante que l'Asie.

Mon option de départ ; aller sur l'île de Pâques venant d'Asie puis rentrer par l'Amérique me semblait intéressante, elle s'est bien déroulée sur la partie Asie, pour le reste il aurait fallu beaucoup plus de temps (et d'argent) ou zapper certaines destinations.

Les deux sujets qui m'ont le plus gêner dans ce voyage furent les transports en bus et surtout la communication : l'anglais, contrairement à ce que je pensais, est loin encore d'être universel ( je croyais qu'il n'y avait que les français qui ne le maîtrisent pas!) .

Ma priorité dans ce voyage, vous l'avez compris, n'était ni de fréquenter les hôtels de luxe, ni de côtoyer des foules de gens me ressemblant, ni de fouler le sol des pays les plus riches et les plus modernes de notre terre. Je m’intéresse plus à l'ethnologie et à la géopolitique qu'aux centres commerciaux...J'ai essayé de privilégier le plus possible le contact et les rapports avec les habitants et leur grande diversité, de m'approcher de leur coutumes et leur mode de vie. Ça n'a pas été toujours facile, ne partageant souvent aucun mot en commun, la communication se bornant au langage des signes et aux sourires.

Il faut que je revienne sur le titre que j'ai choisi pour ce voyage : "le monde change". C'est l'idée forte qui m'a assailli tout au long, je me suis rendu compte tout au long comme le monde changeait vite, trop vite à mon goût, j'ai connu de nombreux pays d'Asie et d'Amérique dans les années 90, le téléphone portable n'existait pas à l'époque... J'ai le sentiment que nous vivons peut-être les dernières années d'un monde multiculturel. Notre monde globalisé s'uniformise au mépris des savoirs anciens, la petit musique de Facebook résonne au fond de la jungle et Mac Do et consorts colonisent (phagocytent?) des pans entiers de l'économie locale. Pas partout, pas encore...Profitons de beaux restes et prenons soin de notre planète.

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