Carnet de voyage

Doris autour de la Grande Bleue

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3 mois d'aventures et de découvertes ... au nord et au sud de la Méditerranée avec Doris, ma moto
Du 6 septembre au 3 décembre 2018
89 jours
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Publié le 28 août 2018

Pas mal de préparation au niveau matériel et administratif ... et beaucoup de matos à emporter. Je ferai essentiellement des Airbnb's en France et en Espagne et beaucoup de camping au Maroc (3 semaines). Pour l’Algérie, ce sera des hôtels car c'est le seul moyen d'obtenir un visa.... que je n'ai pas encore reçu ... je croise les doigts. Après quoi je passerai une semaine en Tunisie et une semaine en Sicile. Ensuite ... j'improviserai ... un peu 😀

J'ai opté pour le confort avec une Triumph Tiger 1200, parfaitement adaptée à ce genre de trip.

Un peu d'appréhension tout de même avant d’être sur la route, la peur d'oublier quelque chose, la crainte de la panne ou de l'accident .... Mais je sais que tout celà va vite s'estomper dès que je serai parti. Et puis, comment est-ce que je vais gérer la solitude sur 3 mois? ... je suis pourtant convaincu que voyager en ''solo'', c'est le meilleur moyen de faire des rencontres enrichissantes.

Je publierai des photos et partagerai avec vous mes aventures, 1 à 2 fois par semaine (pas plus, je souhaite garder mon temps et mon esprit libres pour la decouverte). Si vous souhaitez être informés automatiquement des mises à jours, inscrivez-vous au blog (vous recevrez alors un mail à chaque mise a jour, avec le lien direct).

Voilà, vous savez tout ... ou presque. Le départ est prevu le 5 septembre.

La Turquie est une option (ça va dépendre du temps à dispo et de la météo vers mi-novembre
Mama Mia... y va m’falloir une remorque 😬
Et voilà Doris...tout droit sortie de la maternité d’Hinckley, au centre de l’Angleterre. 

... les présentations étant faites, il est l’heure pour nous de prendre la route (demain matin).

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Publié le 6 septembre 2018

Descente sans histoire par l’autoroute jusqu’à Avignon. Peu de trafic, les vacanciers ont déjà (tré)passé...

32d à l’arrivée à Avignon... un avant-goût du Maroc 😅

Avignon... c’est l’arnaque car...

... sur le Pont, “on n’y danse” plus du tout, et en plus, ils l’ont même pas terminé, ces “bras cassés” 

Quant au Palais des Papes... 14€ pour s’entendre dire que “le dernier pape est parti il y a plus de 600 ans” 😠, moi qui pensait naïvement qu’il allait m’inviter dans ses appartements pour l’apéro 😜

Le Pont du Gard

C’était pas des “pives” ces Romains... plus de 2’000 ans, et toujours là! Et en plus, ils le fermaient pas chaque été pour refaire le tapis...

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Publié le 8 septembre 2018

Oh là là... Doris est d’humeur paresseuse ce 2ème matin. En panne au milieu d’Avignon, en pleine circulation 😬. En plus, difficile de la pousser jusqu’à une place de parc... c’est que le bébé a pris de l’embonpoint depuis sa sortie de la maternité, 300kg avec les bagages 😅. Rien de grave, cosse de batterie mal serrée...

Les Gorges de l’Ardèche

On dirait  “Horseshoe bend” sur le Colorado... en plus petit 😉
Avec Doris, on aurait bien “piqué une tête “, mais on la trouvait un peu froide... 

Les Gorges du Tarn

Sur la photo de gauche... “Où est Charlie?” 

Et entre les Gorges de l’Ardèche et celles du Tarn, il y a un paradis pour les 🏍... les Cévennes!

3eme journée ... et trois bonnes surprises

1) Doris est de meilleure humeur que hier ...

2) Magnifique balade dans les vignobles du Languedoc

3) Superbe apres-midi au cirque...

Rando (à pied, je précise...) dans le Cirque de Mourèze 
Le Cirque de Navacelles (Patrimoine de l’UNESCO... et ça le vaut bien 😉)
Celui-là ... c’est pas les Romains qui l’ont fait (du moins j’crois pas...) . Viaduc de Millau
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Publié le 10 septembre 2018

Pour Isa...si tu devines où c’est, Jean-Pat t’y emmènes en 🏍😜

Réponse: https://youtu.be/EHf68Y6dQfc

La Grotte de Lascaux

... en fait on ne visite pas l’originale, pour des raisons de conservation du site. Mais ils ont recréé, à côté du site, sous terre, une copie conforme de la grotte, c’est saisissant!

...ben moi, en 2ème primaire, j’faisais aussi bien, et on m’a pas fait un musée pour autant! (je rigole, c’est juste magnifique!) 

La Dune du Pilat

La plus grande dune d’Europe: 3km de long, 100m de haut... ça  en fait des châteaux de sable tout ça!

Pour ma première nuit de camping...

...autant choisir LE camping 

https://youtu.be/JAKzzI1XAsM

... et ce soir, on a RDV avec Patrick (Chirac, pas Hasler) et on va ... au Shogun!

J’avais pourtant demandé une tente 2 places 😒. Désolé  ma belle, tu vas devoir dormir dehors...
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Publié le 12 septembre 2018


... des jeunes qui offrent leurs services de repassage sur la plage, des traces de bipèdes ayant déserté leur travail (celui de gauche comme celui de droite...), des rouleaux à l’horizon, pas de doute possible, on est bien...

... sur la Côte Atlantique!  (Capbreton, Biarritz)

Deux heures 🏍 à travers les landes, les petits villages et les petites routes pour descendre jusqu’à Capbreton 😉

... avec en prime les magnifiques senteurs des pins au petit matin
Bayonne 
Hondarribia, premier village espagnol après la frontière  
Sare, dans les contre-forts des Pyrénées (il faisait encore beau, là....) 

Premier jour dans les Pyrénées, premier col et ... premier orage 🌩☔

... avant ... et après  🌩
Même avec la pluie, les routes sont magnifiques 🏍
Le feu vert, sur l’arrière-train, ça veut dire que tu peux les doubler...?

Voilà, la 1ère semaine est passée en coup de vent... et déjà quelques belles rencontres.

Il y a ces deux couples d’agriculteurs bretons, retraités, qui m’invitent à prendre le café sous l’auvent de leur camping car, alors que j’attendais pour visiter la grotte de Lascaux. Je crois d’ailleurs que l’un deux, ancien motard dans la septantaine, est tombé amoureux de Doris ... De franches rigolades...

Et puis deux belles surprises dans des AirBnb. La première dans l’Aveyron, où Evelyne et son mari se “mettent en quatre” pour m’accueillir , avec une grande gentillesse et un énorme plaisir à recevoir.

Une autre dans le Périgord... Philippe et Pascale, motards et grands voyageurs aguerris, m’accueillent dans leur “repère “, maison qu’ils retapent depuis quelques années... soirée sur leur terrasse à partager des histoires de voyages et des idées de visites..

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Grosse et magnifique journée de cols aujourd’hui. Les routes sont juste parfaites, un paradis pour les 🏍 .Doris a adoré... Elle s’est faite très joueuse aussi bien dans les lacets serrés que dans les longues enfilades (les motards comprendront 😉). On a fait les grands “classiques” du Tour de France (Tourmalet, Aspin, Peyresoude, Portillon...)

... à voir à la fenêtre ce matin, c’est plutôt le scénario 1 qui se profile... 
Pas de AirBnb hier soir... solution de repli, surpris par un gros orage (mais je suis resté très sage...) 
et moi qui croyais que c’etait une spécialité broyarde (le brouillard... pas le vélo) 
... mais tout est rentré dans l’ordre! 
c’est quand même plus facile à 🏍 ...  

Dernières impressions pyrénéennes...

... et premières de Navarre

Changement total de décor aujourd’hui... entre Saragosse et Pampelune... Quelques heures de route depuis les Pyrénées, 25 degrés en plus (34 degrés, tout de même) et voilà... le Désert des Bardenas. Une étendue semi-désertique, que l’on traverse sur une piste caillouteuse de 25km.

On se croirait par endroits à Monument Valley 
... j’ai pô croisé beaucoup de terriens... 
Dépaysement total... 🌵☀
1ère douche après 10 jours... moi ça attendra encore un peu, histoire de sentir “le voyage” en arrivant chez les Fonti à Malaga 😜
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Publié le 17 septembre 2018

Journée de transition aujourd’hui ... 650km entre les immenses plaines de Castille et Leone, mordues par le soleil, bercées par le rythme des éoliennes et les cultures d’oliviers à perte de vue de l’Andalousie.

Nous avons fait l’impasse sur le centre de l’Espagne, notamment la région de Madrid et celle de la Castille et la Mancha. Nul doute qu’elles regorgent d'innombrables perles à découvrir... une autre fois.

A nous l’Andalousie ... 💃🏻💃🏻💃🏻 (non Messieurs, j’ai bien mis un “i” à la fin...)

 Délicieuse surprise andalouse (AirBnb à Úbeda) 
Úbeda  

Après une journée de frustration sur l’autoroute hier, journée de dégustation aujourd’hui dans les virages et villages perdus de la Sierra Nevada ...

Les fameux “villages blancs”  de la Sierra Nevada
De vraies routes pour les 🏍 ... à mon avis celui qui les a dessinées devait être motard!
En quittant la Sierra Nevada, sur la route de Grenade

Grosse déception aujourd’hui à Grenade... Ayant visité le Palais de l’Alcazar à Séville il y a quelques années, je me réjouissais de visiter l’Alhambra. Je n’ai pu voir que les jardins extérieurs. Pour le Palais, il faut réserver des semaines à l’avance...difficile pour un motard en vadrouille, qui ne sait même pas où il va passer la prochaine nuit... je reviendrai 😉


L’🇪🇸 est le seul pays où les bacs à fleurs ne sont pas dûment signalés par des feux lumineux clignotants et des cordons de police😬
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Publié le 19 septembre 2018


Jour de congé pour Doris, jour de visite pour moi... Cordoba

La Mezquita de Cordoba, tour à tour église, mosquée et cathédrale au fil des siècles, des guerres et des occupations.



 A l’intérieur, difficile de dire si on est dans un lieu sacré mulsulman ou chrétien, tant les styles s’entremêlent
Cordoba regorge d’innombrables patios, tous plus beaux les uns que les autres (Palacio de Viana)
Quel plaisir que de se perdre dans ces petites rues... 

Site archéologique de Medina Azahara. La visite du musée attenant au site permet de comprendre l’histoire de ce palais du calife (10eme siècle), palais dont la vie aura été brève... détruit après 75 ans, par une guerre civile musulmane.

Comme pour tout site archéologique, il faut faire preuve d’imagination 😀

... Manu, tes vacances sont terminées ! Aujourd’hui on débarque à Malaga et on a du taffe pour toi... ma lessive et (re)mise en beauté pour Doris. Quant à ton “petit commerce” d’huile d’olive vers la 🇨🇭, ne compte pas sur nous pour le transport, on est complet ... même pas un litre, nada!

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Publié le 22 septembre 2018

Deux jours de repos pour Doris, plage et visites pour moi... quel plaisir de passer un peu de temps avec Christine et Manu à Malaga 😉

L’Espagne c’est le soleil, la mer, le foot ...  et aussi...
ça  !
 ... et Doris qui râlait avant le départ parce qu’elle était  trop chargée... (ferry à Algesiras)

Premier jour au Maroc et...

  • première épreuve de patience (1h et demie pour remplir 4 lignes sur un formulaire, alors que le poste de douane est pratiquement désert...)
  • premiers nids de poule (je sens que je vais regretter les routes espagnoles 😀)
  • première belles couleurs de fin d’après-midi
et premier riad 😉

Quand à mon premier repas, il sera ... coréen 😀 (le riad est tenu par un couple de Sud Coréens)

... voilà, les choses sérieuses commencent demain
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Publié le 24 septembre 2018

Un grand merci à toutes et tous pour suivre nos périgrinations et pour vos commentaires. Lorsqu’on voyage seul, ça fait toujours super plaisir de vous lire. N’hésitez pas à poster des conseils et idées de visites 😉 Vous êtes nombreux à me demander quel appareil de photo j’utilise... tout simplement un iPhone, je ne voulais pas m’emcombrer de matériel additionnel.

Quelle a été mon expérience d’un riad coréen au Maroc?... puisque vous me le demandez...

Ce riad est tenu par une famille sud-coréenne, les parents d’environ 50 ans et les deux enfants dans la trentaine. Très proches de la nature, ils ne consomment que ce qu’ils produisent... on dirait un doux mélange d’altermondialistes et de joyeux post-soixante-huitards 😀

Ma nuit a été courte... musique folklorique coréenne jusqu’à minuit et à 5h, c’est un 💥💣de coq qui a pris la relève...

A part ça, j’ai vraiment très bien mangé, certainement le repas le plus équilibré depuis le début de mon périple... les tapas et le Rioja me semblent déjà bien loin 😉

  Je comprends mieux pourquoi les Coréens sont “secs” comme des bambous... 😀

Ce matin rando le long d’un oued encaissé dans une petite vallée (vallée d’Akchour). Je me suis levé tôt afin d’y être avant les touristes et ... la chaleur (voir plus bas le rapport météo de la journée...)

La route d’Akchour 
“Le Pont de Dieu”, au fond des gorges
La technique marocaine pour construire des ponts est ... surprenante 😬

Chefchaouen (appelée aussi “la Ville Bleue”) a été créée au 15eme siècle par des Maures chassés d’Espagne, suite à la reconquête de la péninsule ibérique par les catholiques Espagnols. L’influence espagnole y est encore très marquée, de nombreux locaux parlant encore espagnol (un peu trop touristique à mon goût...)

“La Ville Bleue” 
Zut! J’aurais pas dû râpiner sur la clim... en option chez Triumph  (sur la route de Meknes)

Meknes

Ce soir, magnifique riad à deux pas de la médina. Mon hôte, Imad, professeur d’anglais, a laissé tomber son job et acheté un riad il y a trois ans. Il a pratiquement terminé de le rénover et c’est tout simplement magnifique. Malgré son emploi du temps chargé, Imad m’invite sur le toit de son riad, au clair de lune, avec une vue imprenable sur la ville et la médina. Il me raconte une page de sa vie et de sa ville, Meknez.

Même Doris a eu le droit de dormir au chaud... oups ... au frais! (20 minutes pour la convaincre à escalader 4 escaliers...😬

Flânerie dans la médina ce soir... l’animation, les odeurs de poissons grillés, les vendeurs à la criée, le couscous, la place centrale qui regorge de vie, de fruits, d’animaux... tout y est!

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Publié le 24 septembre 2018

... tout d’abord je ne résiste pas à l’envie de vous mettre quelques touches colorées du riad d’Imad, avant notre départ de Meknes pour l’Atlas...

 La descente des marches du Palais pour Madame... (je sais, je sais, les tapis ne sont pas rouges...)

Plus nous descendons vers le sud et plus les paysages se font arides. Nous traversons de grands plateaux entrecoupés de quelques petits villages et, après une centaine de kilomètres nous nous engouffrons dans les premiers lacets de l’Atlas. Passage obligé vers le sud et le désert, l’Atlas nous réserve quelques belles surprises...


Il fait nettement moins chaud que hier... les 25 degrés au sommet du col me parraissent même un peu frais 😬
L’ingénieur des échafaudages, c’est le cousin de celui des ponts... 

Et puis, au détour d’un virage, alors que nous ne nous y attendions pas et que nous commencions à trouver la route longue, s’ouvrent à nous les Gorges du Ziz! Un magnifique cirque rouge et ocre, d’une quinzaine de kilomètres, que nous mettrons plus d’une heure à traverser... on a dû s’arrêter plus de vingt fois pour prendre des photos 😄





Ceux-là, ils sont nettement moins drôles au milieu de la route 😬


Voilà, c’était une super étape de transition vers... le désert, pour demain!
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Publié le 26 septembre 2018

Mais avant de rejoindre le désert, j’ai dû rejoindre mon riad le soir d’avant... dans la nuit et au milieu de nulle part... Promis, je ne me laisserai plus avoir par la tombée de la nuit.

De nuit ça décoiffe (les bottes dans l’eau à gauche) Les Marocains ont inventé... les cailloux lumineux 😬 (l’oued est 2m plus bas)
Rissani, la porte vers le désert  

Quant aux panneaux de signalidation, c’est comme sur les sites archéologiques...

... il faut faire preuve d’imagination 
Sur la route de Merzouga 

Arrivé à Merzouga, aux pieds de l’Erg Chebbi, je décide de m’octroyer un petit plaisir... une nuit dans un bivouac “première classe” dans le désert.

L’Erg Chebbi est une vaste étendue de dunes, à perte de vue, qui jouxte la frontière algérienne.


En 1/2 heure le ciel s’est assombri et il a même plu... un peu plus loin 😉
Lever et coucher du soleil 
Oui, je sais... ça fait “touriste”... mais après tout, il n’y a pas de mal à se faire du bien!
Je préfère tout de même le confort de celle de gauche... mes fesses peuvent en témoigner 😬
Cimetière berbère, à l’entrée des dunes de Merzouga

Voilà... j’ai vraiment adoré cette escapade dans le désert. Je ne sais pas si celui-ci est propice à la méditation, comme certains le pensent, mais c’est sûr que c’est un magnifique sentiment que de dormir dans le silence des étoiles, loin de tout.

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Publié le 29 septembre 2018

Lorsque tu pars à l’aventure pour 3 trois mois en solitaire, tu sais qu’il y aura forcément des périodes plus “compliquées “...

Jeudi et vendredi font définitivement partie de ces journées où rien ne se passe comme tu l’avais prévu, ou du moins espéré.

Tout d’abord jeudi, Madame a décidé de se (re)mettre en mode “paresse” (si seulement ça avait été pour les mêmes raisons qu’à Avignon...)

... et plutôt deux fois qu’une! 

A droite: quand tu manoeuvres pour aller prendre une photo et que tu oublies que c’est pas un scooter que tu as sous les fesses. J’ai attendu une dizaine de minutes jusqu’à ce qu’un camion arrive, le gars m’a alors aidé à la remettre sur pieds...

A gauche: dans les pistes boueuses, Doris n’avait pas forcément les bonnes chaussures 👠... Heureusement, elle a eu la bonne idée de se coucher côté amont du chemin, du coup je n’ai pas eu à attendre un camionneur (je crois du reste que je l’attendrais encore...)

Tout avait pourtant bien commencé avec la traversée des Gorges du Todra. Un dédale de magnifiques falaises de calcaire rouges, tombant à pic sur la route et la rivière.

Ensuite, j’avais prévu de faire un peu de piste pour rejoindre les Gorges et la vallée du Dadès. En théorie rien de terrible, une piste d’une vingtaine de kilomètres. Je m’arrête dans un petit village reculé, avant d’attaquer la piste, histoire de m’assurer auprès des locaux que “ça passe”. Le gars me sert un délicieux thé à la menthe et me dit que la piste que je pensais prendre est fermée depuis... 4 ans (merci Monsieur Michelin!). Il me conseille alors de prendre la piste du col, qui est ouverte, “aucun problème en moto” ... lui, il faut pas qu’il se mette à la moto, je pense qu’il est meilleur à servir le thé...

Le début était plutôt sympa et facile... 

Les 20 km initiaux de piste vont se transformer en 45 km de chemins caillouteux et boueux, montant à plus de 3’000m et avec la pluie comme invitée surprise (d’où le deuxième “coup de mou” de Doris). Je mettrai plus de quatre heures pour passer d’une vallée à l’autre...

Au-dessus du col, j’ai même eu droit à un orage de grêle qui, heureusement, ne va pas durer longtemps, le ciel se dégageant rapidement. Dans la descente, j’essaie d’éviter au mieux les grosses ornières où l’eau s’engouffre à toute vitesse et la boue rouge et profonde qui a la fâcheuse tendance à vous dire où vous devez aller...


... et il y a encore du “boulot” avant d’arriver dans la vallée  

Arrivés au bas du col, mais pas au bout de nos peines, nous avons rencontré des routes défoncées par la pluie et les orages des journées précédentes. Aux oueds qui traversaient les chemins se succédaient les machines de chantiers qui déblayaient les routes...

... après avoir aménagé des rigoles sur le côté, on a réussi à ramener la première “gouille” à un niveau “motorisable”... 😀
Quand un “local” surélève la prise d’air de sa vieille “tire” avant de passer.. c’est pas bon signe 😬
1/2 heure à attendre que la pelleteuse ouvre la route, mais tellement contents de ne pas devoir faire demi-tour 👍🏻

... et enfin, voilà les Gorges du Dadès... ah il fallait les mériter ce jour-là 😀



La nuit tombée, nous décidons de nous arrêter à Boumalne Dadès et de ne pas aller jusqu’à Ouarzazate comme initialement prévu (encore à deux heures de route). Voilà, la journée a été longue et animée, nous nous effondrons dans un petit hôtel, plus légers ... d’un clignoteur et d’un bout de poignée d’embrayage 😬

Vendredi sera plus calme... quoique...

La matinée est magnifique, nous remontons tout d’abord une vallée en diection de Telouet. On se croirait dans l’Ouest américain, superbe mélange d’Arizona et de Colorado...

... la verdure en plus 


Nous nous arrêtons dans un de ces nombreux villages perdus pour prendre le thé dans une famille berbère. L’hospitalité berbère n’est pas un vain mot... tu commandes un simple thé à la menthe ...

et on t’apporte ça!

Aïcha m’explique qu’elle vit ici avec sa mère et sa fille. Elle aimerait bien aller un jour à Paris voir ses cousins, mais “ça coûte beaucoup d’argent”. Elle n’a pu à ce jour aller qu’à Casablanca visiter deux fois sa soeur...

Berger guidant son troupeau de chèvres dans les Gorges du Todra

La pluie va à nouveau s’inviter en milieu d’après-midi, alors que nous entamons le col de Tizi-n-Tichka. A nouveau des routes en très mauvais état et des automobilistes marocains pas forcément très disciplinés 😬 (un d’eux m’a même dépassé par la droite, de nuit, alors que je roulais au milieu d’une portion de route en réfection...).

Aujourd’hui, marre de la pluie... et pour ce qui est du Haut Atlas, nous avons a été servis 😄 Nous faisons route vers l’ouest, vers l’Océan. Le soleil est de retour et, comme dirait Philippe Jeanneret, “les températures retrouvent des valeurs saisonnières” (8 degrés hier soir au-dessus du col de Tizi-n-Tichka 😬)

Lorsque tu t’arrêtes dans ces villages perdus dans la montagne, pour prendre des photos ou demander ton chemin, souvent des enfants et des adolescents se ruent vers toi. Avec à chaque fois le même cérémonial... ils te tendent la main et te demandent “Comment tout tout pelles?”, pour ensuite te demander si tu as des stylos, des chewing gums, des cigarettes ou des dirhams (ou plutôt le tout à la fois😀

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Publié le 2 octobre 2018

... c’est incroyable le nombre de stations de lavage et de chiens que tu trouves dans ce pays! Pour les premières, c’est compréhensible vu l'état du réseau routier.

Pour les seconds, il y en a deux sortes bien différentes... les chiens errants, que tu rencontres le long des routes ou dans les villages. En général un coup de klaxon et ils comprennent que tu as bien l’intention de passer avant eux... Et il y a les chiens de bergers qui gardent les troupeaux de chèvres et de moutons. Pour ceux-là, c’est plus compliqué... Le seul moyen de réfréner leurs ardeurs belliqueuses, c’est... la poignée des gaz 🏍. Ce matin, deux d’entre eux ont été à deux crocs de rogner les mollets de Doris. Mais le combat, très inégal, a rapidement tourné en leur défaveur (142 chevaux fougueux contre 2 misérables chiens, ça l’fait pas...)

Essaouira - El Jadida

... à nouveau une belle découverte via AirBnb (“The White Kasbah”, près d’Essaouira)

Matinée tranquille le long de la côte, sous le soleil... qu’est-ce qu’on est bien!. Les plages et les routes sont désertes et on se prend à croire qu’on est dans les Landes...



Nous nous arrêtons sur une plage de pêcheurs dont nous avons aperçu, depuis les hauteurs, les grandes barques bleues échouées à marée basse. Nous y apprendrons que c’est ici, à Oualidia, que les Américains ont débarqué au Maroc, en novembre 42.

Pêcheur de crabes (sous son pied 👍🏻) 
En attendant patiemment la marée... ou d’être plus grand pour partir en mer, comme certainement son père et son grand-père  

Fès

Avec Marrakech, Meknès et Rabat, Fès est l’une des quatre cités impériales du Maroc. Elles ont été tour à tour, au fil des siècles et des sultans, les capitales du Royaume. Fondée au 8ème siècle, Fès est devenue aujourd’hui une énorme ville de plus d’un million d’habitants.

Accueillis “impérialement “ par ... un gros orage de grêle 
Bab Bouljoud (“La porte bleue”), une des nombreuses entrées de la Medina 

Les mosquées ont l’air splendides, mais seuls les Mulsulmans ont le droit d’y pénétrer. Comme touriste, tu peux juste admirer depuis l’entrée. J’aurais dû me laisser pousser la barbe et acheter un boubou...


Au souk des commerçants j’ai préféré celui des artisans. On y travaille toujours le cuivre, le bronze, le cuir, le bois avec les mêmes méthodes ancestrales.

Je vous épargne les odeurs des peaux qui massèrent dans les bacs à teintures 😬
3 mois de travail à un artisan... compliqué pour le transport 🏍 ...  (1.5m, tout de même)

Voilà, notre étape “impériale” touche à sa fin. Nous nous sentons toutefois plus à l’aise dans les grands espaces. Nous filons donc demain vers le nord, pour d’autres découvertes.

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Publié le 5 octobre 2018

Réveil difficile... j’ai dormi dans un 60m2, avec 6 autres touristes et sur le canapé. Le proprio avait foiré ses réservations!

Sur la route vers le nord, nous faisons un crochet par le Parc National de Tazekka, près de Taza. C’est une vaste étendue montagneuse couverte de forêts et qui, par certains aspects, me rappellent un peu la Suisse. La route est tortueuse et étroite, la prudence s’impose...

Au milieux du parc, nous nous arrêtons vers le seul endroit animé que nous rencontrons... un gars vient à nous et nous dit qu’il y a, pas loin, une magnifique grotte à visiter. Je me joins à un petit groupe d’Américains. J’apprendrai pendant la rando qu’ils sont membres d’un mouvement de jeunes volontaires et qu’ils passent deux ans au Maroc à enseigner l’anglais dans différentes écoles et universités.

Le guide nous équipe chacun d’une lampe frontale et en route! Après une demi-heure de marche, nous arrivons devant l’entrée de la grotte et, un à un, y pénétrons. Malgré nos lampes, nous avons un peu de peine à nous habituer à l’obscurité et progressons lentement. Après une vingtaine de minutes nous atteignons un premier passage inondé. Le guide installe une corde sur le côté, autour d’une grande stalagmite (un peu “bricolage” tout de même) et nous dit que “ça passe”. Deux filles préfèrent en rester là et ne pas tenter le passage. Une fois ce premier obstacle franchi, nous arrivons dans une grande caverne, dont de nombreuses stalactites se sont malheureusement effondrées (en raisons des visites et du manque d’aménagement du site ?... peut-être). 100m plus loin nous tombons sur un deuxième passage inondé ... là, pas de corde, le guide va dans l’eau et aide tant bien que mal le premier gars à passer, en sécurisant ses pieds comme il peut. Je sens que ça va finir en “vrille” cette visite de grotte et décide de ne pas aller plus loin. Je ne veux pas me blesser stupidement, j’ai encore deux mois de route devant moi... Je les laisse continuer et attends quart d’heure... dans le noir, c’est long 😀. Je retourne alors sur mes pas, salue au passage les Américaines restées en arrière et me retrouve rapidement à l’extérieur.

Retrouvailles avec Doris et retour à un terrain plus familier. La route vers Taza, distante de 25km, est très belle et le paysage magnifique... du moins au début . La seconde partie de la descente, on va s’en souvenir, surtout Doris! Sur 5km, la route est en rénovation, recouverte d’une épaisse couche de bitume coulant et de gravillons. On a l’impression d’être sur une patinoire, le puck et la canne en moins. Arrivés à Taza, grosse sueur froide... la robe de Madame est complètement maculée de goudron! Nous nous arrêtons dans une station de lavage.. peine perdue, impossible d’enlever ne serait-ce que les plus grosses taches. Arrive alors un employé du garage. En voyant l’état de Doris, il esquisse un large sourire et me demande si nous venons de Bab Boudir... apparemment nous n’étions pas les seuls. Le gars me propose de nettoyer la moto, offre qu’il n’a pas eu besoin de faire deux fois...Et là, 2ème grosse sueur froide! Il prend un bouteille plastique remplie de liquide, un pistolet à air comprimé et asperge Doris d’un épais brouillard ... d’essence! Il s’attelle ensuite avec des pattes et peaux de chamois, à grands renforts d’eau. Demi-heure plus tard, il n’y paraît plus rien. Je pense qu’il a reçu son plus gros pourboire de la semaine...

Nous cherchons ensuite pendant 1 heure notre logement pour la nuit... l’adresse ne figure ni dans monTomTom, ni sur Googlemap et je n’arrive pas à joindre le propriétaire avec mon portable. Attroupement autour de moi, personne ne parle anglais ou français... une étudiante nous rejoint, elle parle anglais et parvient à appeler le gars du AirBnb sur son portable. 20 minutes plus tard il se pointe en voiture ... pour me dire qu’il ne loue plus de chambre depuis une année et qu’il a “oublié” de désactiver son annonce sur le site de AirBnb...

Il est 8h du soir, il fait nuit, j’ai “les crocs” et nous nous mettons en quête d’un hôtel.

Voilà, beaucoup de texte aujourd’hui pour une journée peu ordinaire dans un voyage qui l’est tout autant...

Et pour terminer la journée, une petite séquence “Renault Nostalgie” 📻

ABS et anti-patinage de série, vitesses Tiptronic en option (R12 et R4, pour les non initiés... ou trop jeunes 😀)

Le lendemain, nous quittons Taza sous le soleil ☀. Le matin, il me faut à chaque fois quelques kilomètres avant de me sentir à l’aise sur la route. Mais ensuite, c’est à chaque fois un plaisir renouvelé de sentir l’air siffler dans mon casque et Doris enfiler les virages. Tu oublies tout et te remets dans le trip... c’est ça, aussi, la magie du voyage. La remontée jusqu’à la côte nord est sympa, avec une route large et tournante à souhait. La nature y est très aride. On y voit les larges stigmates laissés par les violents orages qui doivent sévir à la mauvaise saison.

Nous pensions que la côte nord (le Rif) était plutôt plate... Pendant 2 heures, nous allons jouer à cache-cache avec la mer et la montagne, en direction de Tétouan. Un vrai régal pour les yeux et le pilotage.

Ce ne sont pas des cases... mais des réserves de foin pour la mauvaise saison 

A gauche, t’as intérêt à être bon au freinage... à droite, pour me rappeler que Doris va bientôt avoir besoin de nouvelles chaussures... aïe, j’ai pas trop envie de la laisser dans les mains d’un “gynéco” local, de même qu’en Algérie et en Tunisie ... Je vais devoir “tirer” jusqu’en Sicile, plus ou moins 4’000 kilomètres...

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Publié le 10 octobre 2018

Vendredi 5 septembre, un mois jour pour jour que nous avons pris la route. Après la France et l’Espagne, notre visite du Maroc touche déjà à sa fin. Nous avons adoré ce magnifique pays, tant pour la beauté et la diversité de ses paysages que pour l’accueil et la bienveillance que nous y avons trouvés (notamment en-dehors des villes et sites touristiques). Le dernier jour, entre la lessive et une visite à la médina de Tétouan, nous entreprenons quelques travaux de maintenance...

1) Le matériel est prêt pour l’intervention et a été stérilisé dans les règles de l’art... de gauche à droite:

  • le greffon
  • des attaches d’électricien (je me demandais bien pourquoi je les emportais dans mes bagages...)
  • une attelle en titane (cuillère à café “empruntée” dans un bar de plage à Essaouira et amputée de sa fonction première)
  • du scotch de réparation
L’opération, qui a duré 35 minutes, s’est bien déroulée... ma poignée d’embrayage devrait tenir jusqu’en décembre

2) Travaux d’étanchéité en sous-sol

“Chère Mobilière...pour les causes du dégât d’eau, veuillez vous référer aux étapes 7 & 13”


 Medi... il m’aidera à retrouver mon chemin dans la médina  (contre une piècette tout de même...)

Sur la carte, les villes d’Oujda (Maroc) et de Tlemcen (Algérie) ne sont distantes que d’une cinquantaine de kilomètres. Il nous faudra néanmoins 26 heures pour rejoindre l’Algérie... La frontière entre les deux pays est en effet fermée depuis 1994 (et pour les “studieux” 🤓 qui veulent savoir pourquoi Marocains et Algériens sont “en pétard” https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Sables

Nous avons donc pris un ferry de Ceuta à Algésiras, pour ensuite remonter la côte jusqu’à Alméria. De là, nous avons pris un autre bateau à minuit, direction Oran.

Petit saut au passage à Gibraltar... (et pour ceux qui sont vraiment studieux🤓🤓https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Gibraltar

... mais qu’est-ce que la Queen est allée foutre sur ce rocher?
9h de traversée, mieux vaut être organisé 😉 ( pourquoi il n’y a pas d’autres motos sur le bateau pour l’Algérie ?...😬)

La première journée sur sol algérien me laisse un peu sur ma faim, peut-être est-ce dû à la fatigue... 2h pour passer la douane et 1h pour trouver l’hôtel. Sur le Tomtom, pour les villes africaines, seules les principales artères sont répertoriées, ou alors les rues ou localités sont orthographiées différemment ...

Je pars ensuite flâner en ville. En route, je demande au portier devant un hôtel s’il peut m’indiquer où trouver un automate pour retirer de l’argent. Une personne se joint alors à notre conversation et me lance “Permettez-moi Monsieur, que je vous y accompagne?” Ce monsieur, dans la septantaine, la peau burinée par le soleil, la barbe blanche impeccablement taillée, a très fière allure dans son boubou couleur sable. Il parle un français chatoyant et m’explique, en chemin, son amour pour sa ville. En retour je lui parle de mon voyage, de ma difficulté à obtenir un visa, de la fermeture de la frontière avec le Maroc. Il me répond alors, superbement: “Seuls les hommes ont créé les frontières sur la terre, sur la mer et dans les airs. Dieu, qu’il soit mulsulman ou chrétien, n’a que faire des frontières et n’a pas de patrie”. Une belle personne...

Oran 

Le lendemain, je décide de visiter le Fort de Santa Cruz. Une dame à l’hôtel ainsi que le monsieur rencontré la veille m’avaient déconseillé d’y aller en fin d’après-midi et encore moins en moto, pour des raisons de sécurité. C’est donc en taxi que je m’y rends. Citadelle espagnole érigée sur une colline à l’ouest de la ville, elle veille sur le port et la cité depuis plus de 400 ans.

Le lendemain, nous sommes de retour sur la route. En comme première expérience routière parmi les automobilistes algériens, qu’on nous avait décrits encore plus indisciplinés que les Marocains, nous avons choisis la route de la côte, jusqu’à Alger. Nous pensions atteindre notre destination en fin d’après-midi, après 400km de route. Nous n’y arriverons qu’à minuit... je vous raconterai en détails cette étape “compliquée” dans quelques jours, lorsque nous aurons passé la frontière tunisienne (rassurez-vous, rien de grave... c’est juste “administratif” 😀)

Quelque part sur la Côte, entre Oran et Alger... et avant les ennuis administratifs  
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Aujourd’hui, nous faisons l’impasse sur la visite d’Alger et filons vers le sud-est, direction Biskra.

Notre hôte, Djilani, qui a eu la délicate attention de me servir une soupe à mon arrivée hier soir... à minuit! 

Nous prenons tour d’abord l’autoroute sur 200km, histoire de faire un peu d’avance. Beaucoup de camions, la prudence est de mise.

Nous retrouvons ensuite des paysages plus familiers  

La route est longue jusqu’à Biskra et honnêtement, pas grand chose à se mettre sous la pupille... demain sera bien différent!

Je me lève un peu plus tôt, je sais que la journée va être longue et je ne veux pas rouler de nuit. Nous avons prévu une boucle de 300km dans le Massif de l’Aurès...

Pendant plus d’une heure, nous allons rouler dans un décor ... de Far West

Comme à mon habitude, mes arrêts “photos” sont fréquents et comme il n’y a pas de trafic, je m’arrête un peu n’importe où. Par deux fois, des militaires me prieront de passer mon chemin (je ne parle pas arabe, mais c’est du moins ce que j’en ai déduit ...😀).

Nous tombons ensuite sur le Cañon du Rhoufi...

Au fonds du Cañon se dressent encore fièrement des maisons berbères, vieilles de plus de quatre cents ans

Malgré une météo qui se fait de plus en plus menaçante, je décide de rouler jusqu’à Timgad, pour visiter les vestiges d’une ancienne cité romaine. Bien m’en a pris, car le site est impressionnant et j’y ai rencontré Redouane (Tommy), motard algérien avec qui je vais faire un bout de route jusqu’au lendemain.


 Construite au 1er siècle après JC, Timgad a compté plus de 15’000 habitants
... et je n’ai pas tenu mon engagement, car nous sommes rentrés de nuit. Mais ça valait vraiment la peine! 

Le lendemain, nous faisons route vers Touggourt. Après 150km, vu l'état de la route (de profondes ornières sont creusées dans le goudron par le passage incessant des camions) et les nombreux poids-lourds qui déboulent à toute vitesse, je décide d’écourter l’étape et de bifurquer direction El Oued, dernière grande localité avant la frontière tunisienne.

Le passage de la frontière, dans ces pays, est toujours un grand sketch et requiert beaucoup de patience. Ce passage n’échappera pas à la règle...3 heures au total...match nul entre l’Algérie et la Tunise, 1 heure et demie partout.

Les premiers kilomètres en Tunisie sont super agréables. J’y retrouve des routes larges et en très bon état. Je vais faire des pointes à 120km/h, chose qui ne m’était plus arrivée depuis bien quelques jours.

Je me rends dans le désert entre Nefta et Tozeur, où ont été tournés, en 1997 et 2000, deux épisodes du film “La Guerre des Etoiles”. Les décors sont encore là, pratiquement intacts.

En route pour “Star Wars” 


“Que la Force soit avec Nous” jusqu’à la fin de ce voyage 😀

Belle suprise l’après- midi dans sur la route de Tamarza et dans les Gorges du Selja. Je prendrai à nouveau énormément de temps pour m’arrêter prendre des photos et nous nous ferons par la suite coincés par la nuit et un énorme orage... Mais encore une fois, ça valait la peine.

En route vers Tamerza... 5 virages sur 30km... faut pas les rater! 
Rattrappés par la police en Algérie... par l’orage en Tunisie. Tout compte fait... on préfère l’orage


Je sais, je sais... je vous dois encore le récit de ma journée de lundi en Algérie... j’y travaille! 😉

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Publié le 13 octobre 2018

Je vous avais promis de vous raconter ma journée de lundi une fois arrivé en Tunisie ...

Avant d’aller dans les détails de cette journée quelque peu rocambolesque, il est bon de rappeler que le tourisme, en Algérie, est “toléré”. Vous pouvez vous y rendre dans le cadre de voyages organisés ou alors comme voyageur individuel accompagné d’un guide local. Alors vous pensez bien qu’un motard en solo... ça le fait pas!. Il y règne une phobie de la sécurité des (rares) touristes, suite à la vague d’enlèvements de touristes étrangers qu’a connue le pays il y a maintenant plus de vingt ans. En discutant avec des locaux, on s’aperçoit que la situation aujourd’hui n’a plus rien à voir avec cette période d’insécurité des années 90. Voilà pour le contexte...

Après la visite du Fort de Santa Cruz à Oran, nous avons pris la direction d’Alger, distant d’environ 400km.

La route de la côte nous semblait toute indiquée. Nous quittons Oran en fin de matinée. Vers 14h, alors que nous longeons la mer, j’aperçois à 200m devant moi, au bas d’une légère descente, un barrage routier. Je pense tout d’abord qu’il s’agit d’un barrage de l’armée. Trois agents au milieu de la route, vêtus de brun, armés de pistolets mitrailleurs (je ne suis pas un expert en la matière, mais il me semble qu’il s’agissait de Kalachnikov) me font signe de m’arrêter. Je m’exécute... Aucun d’entre eux ne parlent français, mais je suppose qu’ils veulent voir mes papiers. Je les donne à un des agents, lequel s’éloigne pour disparaître dans un abri en bois, distant d’une trentaine de mètres. Quelques minutes passent et un autre agent me fait signe de les rejoindre dans l’abri. Il me salue en français et m’invite à m’asseoir (il s’avèrera que des six agents présents sur le barrage, c’est le seul qui parle français, et plutôt bien). A ma question de savoir s’il s’agit d’un barrage de l’armée il me répond que c’est un contrôle normal de la gendarmerie nationale.

Il me dit que ça ne va pas être long, juste quelques téléphones pour vérifier que tout est en ordre... Le chef du barrage se charge de faire les téléphones. De mon côté, je reste avec les autres agents dans l’abri. Nous discutons et plaisantons avec le gendarme parlant français. Il vient de Kabylie, région côtière à l’est d’Alger, à forte velléité indépendantiste. Il me racontera son envie de voyager mais que les gendarmes et militaires ne sont pas autorisés à sortir du pays.

Passe la première heure et les “téléphones “ ne semblent mener nulle part... passe la deuxième heure et je suis toujours bloqué dans cet abri. L’agent kabyle est gêné de la situation et me dit “qu’il a honte” de me retenir.... Tous se rendent bien compte du ridicule de la situation, mes papiers étant parfaitement en règle, mais “ils ont des ordres à respecter”. Il me demande pourquoi j’ai une caméra sur la moto. Je lui parle alors de mon voyage et il me demande de lui donner l’adresse du blog. Est-ce par intérêt privé ou “professionnel”?... je ne le saurai jamais.

ll est 16h, le chef revient dans l’abri et dit qu’une voiture de la gendarmerie va arriver pour m’escorter jusqu’au poste de Ténès, distant de 10km. A 16.30h je quitte le barrage sous “bonne escorte”. En partant, le chef du barrage me serre la main et me dit “pardon”. C’est le seul mot en français qu’il prononcera...

Au poste de Ténès, une bonne dizaine d’agents vont ausculter chaque page de mon passeport. Pour ceux parlant français ils me poseront et reposeront les mêmes questions... d’où je viens, où je vais, pourquoi je voyage seul, pourquoi tous ces visas dans mon passeport, est-ce que je suis allé en moto en Côte d’Ivoire, au Niger, et les autres pays africains?... je prie pour qu’ils ne remarquent pas le tampon du Kurdistan Irakien, région où je me suis rendu pour mon travail il y a quelques années. A aucun moment un des agents n’a été menaçant ou impoli et je ne me suis jamais senti en insécurité (si on n’est pas en sécurité dans un commissariat, où l’est-on? 😀)

Il est maintenant 19h et je leur dis que je ne vais pas rouler de nuit jusqu’à Alger, où je suis censé passer la nuit. Je leur demande de me trouver un hôtel sur place où alors je vais m’installer dans le commissariat, avec mon matelas gonflable et mon sac de couchage. Du coup, conciliabule en arabe entre le chef, le sous-chef, le sur-chef et le pas-chef... pour me dire quelques minutes plus tard qu’on va “m’escorter jusqu’à Alger” (tout de même distante d’environ 200km...)

Vers 20h nous nous mettons en ordre de bataille... un 4x4, feux rouge et bleu clignotants sur le toit, Doris suivant religieusement et un fourgon de police avec 3 agents fermant la marche. Après 20 minutes de procession, nous nous arrêtons sur le bas-côté de la route, en pleine nuit et au milieu de nulle part. 10 minutes passent... et rien ne se passe. Arrive enfin en sens inverse un autre véhicule de police, duquel descendent deux agents. On me dit que cette patrouille va “prendre la relève” car on change de territoire... on ne badine pas avec la responsabilité territoriale de la gendarmerie en Algérie... Des escortes, je vais en épuiser six jusqu’à Alger ! A chaque “passage de témoin”, je m’assure qu’ils se transmettent bien mon passeport, la carte grise de la moto et le certificat de passage en douane (si un de ces document manque à l’appel, je vais avoir de gros ennuis pour ressortir du pays, déjà que c’est pas facile d’y entrer...). Je vous passe les détails sur l’état des routes, les aptitudes de conduite de certains de ces messieurs (de celui qui reste à 50km/h quelle que soit la route à l’excité du champignon qui fera des pointes à 120km/h et traversera des villages à plus de 90). Il est minuit, nous arrivons à Alger et Djilani nous attend devant sa maison.

Voilà, encore une fois beaucoup de texte et ... une seule photo. Celle que j’ai pu prendre “en douce” au commissariat (j’ai filmé quelques unes des escortes avec la caméra installée sur la moto).

Un de plus à épelucher mon passeport... 

Autre épisode policier, le mercredi ...

J’arrive à Timgad pour visiter le site archéologique d’une ancienne cité romaine. Je gare ma moto, l’endroit est calme, le parking pratiquement vide. Alors que je suis affairé à “sécuriser” Doris, deux hommes arrivent vers moi et m’interpellent dans un français hésitant. Ils me demandent d’où je viens, combien de temps je vais rester sur le site, où je compte me rendre après... Devant mon étonnement, un des deux hommes me montre sa carte de police et me demande mes papiers. Son collègue note sur un calepin les coordonnées de mon passeport ainsi que de la moto. Ils me disent que tout est en ordre, me rendent mes papiers et me demandent de partir au plus tard à 15h... alors que le site ferme à 17h. Lorsque je leur demande pourquoi, c’est toujours la même réponse... “pour votre sécurité”.


Troisième épisode, non “policier” celui-là, ... mais qui aurait pû l’être.

Le mardi, je traverse un de ces longs villages qui égraine la route vers Biskra. Toujours très prudent lors de la traversée de ces villages, où la vie grouille de chaque côté de la route, j’aperçois à une cinquantaine de mètres devant moi, sur la droite, un groupe de 5 ou 6 ados. A leur approche, je réduis encore un peu ma vitesse. Soudain, un des jeunes lève le bras et me lance un projectile. Je ressens une vive douleur dans mon avant-bras... Je m’arrête un peu plus loin sur le bord de la route, reprends mes esprits et constate qu’il s’agissait en fait d’une grosse motte de terre sèche et dure. Je descends de moto et me dirige vers le groupe d’ados, du moins les deux qui n’ont pas pris la poudre d’escampette. Très remonté, je leur crie “Quel est ce pays où l’on accueille l’étranger à coups de pierres...?”. Trois hommes s’approchent de nous, ils ont certainement assisté à la scène. Un deux s’enquiert de l’état de mon bras et me dit “pas grave, pas grave”. Inutile pour moi de partir dans de longs palabres... je rejoins Doris et nous reprenons la route, un peu secoués tout de même.

J’avais initialement prévu passer une semaine en Algérie, je ne resterai au final que quatre jours. Je passe la frontière tunisienne deux jours plus tard, avec un certain soulagement. Je pense que ce pays n’est pas prêt pour accueillir des touristes, tant par ses infrastructures déficientes que par la méfiance envers l’étranger, méfiance que l’on peut ressentir dans la rue, sur les terrasses de bars ou dans les restaurants. Est-ce dû à une volonté politique de verrouiller le pays ou alors à un lourd héritage issu de la guerre d’indépendance qui, même si c’était il y a plus de cinquante ans, a laissé des traces béantes, y compris sur la nouvelle génération?... certainement un peu des deux

Voilà, je suis en Tunisie depuis deux jours, et j’y suis bien! Je loge ce soir dans le plus vieil hôtel d’Houmet Souk, sur l’Ile de Djerba. Le patron Boubaker, en voyant mes plaques suisses, est venu s’asseoir à ma table pour une heure de causette. Il a vécu 24 ans à Zurich, parle couramment suisse allemand et est rentré au pays il y a 15 ans. Il loue ce petit hôtel à une famille grecque. Il s’agit en fait d’une ancienne épongerie (lieu où on entreposait les éponges pour les faire sécher et ensuite les vendre) construite dans les années 30 par une riche famille grecque et transformée en hôtel dans les années 70. Il l’a complètement rénovée, tout en gardant le caractère et le charme de cette vieille épongerie. Il me dit également les difficultés rencontrées au lendemain du “Printemps arabe” (2011), période suite à laquelle les touristes ont déserté la Tunisie. Je suis son premier client “AirBnb”, il s’y est inscrit hier.

Promis, la prochaine étape sera plus courte ... à lire 😉

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Publié le 16 octobre 2018

Une journée tranquille sur l’île de Djerba...j’en ai profité pour faire une virée autour de l’ile. Les touristes sont partis...qu’est-ce que c’est calme.


L’hôtel du Lotos... le plus vieil hôtel d’Houmet Souk, un lieu authentique et plein de charme...
Au retour, Doris joue les attractions...

Sur le bac du retour, alors que je suis affairé à aider des enfants à escalader Doris, j’entends tout à coup quelqu’un crier mon nom! Je me retourne et je vois quatre motards, dont un Algérien que j’ai rencontré quelques jours plus tôt à Biskra (Algérie), à quelque 800 km. Il m’avait alors vu garer ma moto en pleine ville et s’était arrêté avec sa camionnette (je devais être le seul motard étranger à Biskra). Nous allons faire un bout de chemin ensemble jusqu’à Medenine (ils roulent les quatre en GS... je fait “tache” avec mon Anglaise 😀)

Les prévisions météo ne sont pas bonnes pour mercredi et jeudi sur le centre et le nord de la Tunisie. On va donc prolonger notre séjour dans le sud et on en profite pour faire des petites routes de montagne dans la région de Matmata et Tataouine.


Village berbère de Toujane ...
et celui de Chenini (patrimoine de l’UNESCO)
Je passerai la nuit à Chenini, dans un gîte troglodyte  
“Dites-moi M’sieur... j’peux payer avec la Visa? “

Après avoir goûté il y a trois semaines au désert (et également aux desserts) marocain(s), nous décidons de descendre encore plus au sud, pour nous rendre aujourd’hui à Ksar Ghilane, aux portes du Sahara.

La Mosquée des Sept Dormants (Genini) . La légende dit que  son architecte en a volontairement incliné le minaret vers la Mecque.
... de toute façon, j’avais pas l’intention de monter! 
50km de paysages lunaires ... je n’y croiserai tout au plus que trois véhicules militaires

pour arriver à...

... l’oasis de Ksar Ghilane (eau sulfureuse à 38d, je m’y suis baigné)
@ Michel et Pierre-André... si vous avez des barrières à neige en trop, ne vous gênez pas pour descendre avec! 
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Publié le 18 octobre 2018

La beauté des voyages en solitaire, c’est que tu es pratiquement sûr de faire des rencontres... même dans les endroits les plus reculés. À Ksar Ghilane, mes voisins de chambres sont Italiens. Marco et Samantha, un couple de Brescia, sont en voyage de noce... à moto . Une lune de miel sur deux roues... ça ne peut être qu’un mariage heureux 😉. Nous partagerons le repas du soir et ... la route du lendemain.

J’avais prévu remonter depuis Ksar Ghilane en longeant un oléoduc en direction du nord, sur 80km, pratiquement rectiligne. Marco m’en dissuadera, la moitié de cette route étant en travaux. Je rentrerai donc sur Tataouine avec eux, par la même route que j’ai empruntée la veille pour descendre.

Un fort vent de sable va nous accompagner pendant deux heures 

Arrivés à Tataouine, nos chemins se séparent. Je décide d’aller “attaquer” le village de montagne qui nous avait résisté deux jours auparavant (voir la photo du sens interdit à l’étape précédente). Il s’agit d’un ksar, un de ces anciens villages berbères fortifiés, construits souvent sur des coins de montagnes difficiles d’accès. Nous décidons de le prendre par surprise, par l’autre flanc de la montagne cette fois-ci...

Le ksar de Guermessa 


Ismaïl, le local de l’étape, me proposera d’épouser sa soeur, ‘’une femme berbère sérieuse et travailleuse” 

“... c’est ça mon garçon, trouve-lui un casque et moi je lui trouve une place sur ma moto!”

Aujourd’hui, visites d’anciens sites romains au programme. Tout d'abord je vais m’émerveiller devant la beauté du Colisée de El Jem.

Le Colisée d’El Jem fait partie des quelques plus grands amphithéâtres de l’Empire romain (27’000 places)

Je tire ensuite 150km à l’ouest pour visiter le site d’une ancienne cité romaine à Sbeitla.

Sur la route qui conduit à Sbeitla, je tombe sur une manifestation de rue, en pleine traversée d’une petite ville dont j’ai oublié le nom. Dès l’entrée de la ville, j’aperçois au loin un large panache de fumée noire. A l’approche de ce qui semble être le carrefour principal, je vois un attroupement d’une centaine de jeunes hommes qui bloquent la route. Aux allentours, quelques pneus en feu sur la chaussée dont l’odeur âcre me prend à la gorge. Trop tard pour faire demi-tour et pas d’échappatoire... je me retrouve bloqué à quelques mètres des manifestants. Je sens alors une main me saisir l’épaule... je me retourne... c’est un policier. Il me dit, dans un français parfait “Ne vous arrêtez pas, avancez!”. Il fait alors un large signe de la main aux gars les plus proches, qui se retirent, lentement. La scène a duré tout au plus 2 à 3 minutes...

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Publié le 22 octobre 2018

Avant de remonter plus vers le nord, nous faisons un arrêt à Kairouan. Kairouan est considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam. Pour les musulmans, sept pèlerinages à Kairouan équivalent à un pèlerinage à la Mecque.

La Grande Mosquée 


... c’est fou ce que tu peux faire avec un simple balai! 

Le nord du pays ne recèle pas autant de paysages exceptionnels que le centre et le sud. Il regorge par contre de vestiges des époques romaines et byzantines, notamment. L’après-midi sera consacré à la visite d’une ancienne cité romaine (une de plus...) dans le nord, à Thurbubo Majus.

La cité comptait 25’000 habitants à son apogée, au 2ème siècle ap. JC 

Après 1 mois de Ramadan (c’est-à-dire à l’eau), de régime stricte (tajine - cousse-cousse - poulet, poulet - cousse-cousse - tajine, tajine - poulet - cousse-cousse,...), et pour ma dernière soirée “africaine”, j’ai envie de me faire “un bon restaurant”. Mon bateau pour la Sicile est à 23h, j’ai du temps. Je décide de me rendre à Sidi Bou Saïd, sur les hauts de Tunis. J’y étais allé il y a une dizaine d’années et je me souviens de cette magnifique vue sur le Golfe de Tunis. C’est un endroit touristique et chic, je choisis un restaurant qui ne l’est pas moins...

Je m’enquiers à l’entrée s’il y a une terrasse avec vue sur la mer. Réponse affirmative... J’arrive sur la terrasse où seules quelques tables sont occupées, il est vrai qu’il n’est que 18h. Les discussions sont feutrées et les clients de blanc “endimanchés”. Je demande à un serveur si je peux avoir une table pour une personne... celui-ci m’inspecte alors de pied en cap, sans prononcer un seul mot. Je réalise alors que mes habits de motos sont dans un terrible état... un mois de poussière, de boue et de sable africains, ça laisse de sérieuses traces! Passé son moment de stupeur, il me demande d’attendre un instant et s’en retourne auprès de son chef de rang, une dizaine de mètres plus loin. S’en suivent discussion et procédure d’admission, le chef de rang me toisant à son tour. Je lui décroche un large sourire... Le serveur revient vers moi et m’indique alors une table dans un coin, tout au fond de la terrasse... certainement pour me dissimuler à la vue des autres clients. J’y mangerai divinement bien!

 ... avec en prime la meilleure vue de la terrasse, sur la marina de Sidi Bou Saïd

Nous laissons derrière nous notre étape africaine, après un mois d’aventures, de découvertes et de rencontres. Deux semaines au Maroc, cinq jours en Algérie et dix jours en Tunisie... chacun de ces pays nous a apporté son lot de plaisirs, d’émotions... et de tracas 😀. Comme à chaque fois quand je quitte un pays depuis le début de ce voyage, je suis impatient de découvrir le suivant et me demande ce qu’il va bien pouvoir nous réserver comme surprises!

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Publié le 24 octobre 2018

Notre bateau pour la Sicile aura 3 heures de retard. Nous quitterons finalement le port de Tunis à 2h dimanche matin, suite à l’interception d’une dizaine de migrants clandestins cachés à bord de camions. La police passera tous les camions au peigne fin avant qu’ils n’embarquent. C’est la triste réalité de cette route Tunis-Sicile, très prisée des migrants.

La traversée de Palerme vaut son pesant d’or... les feux rouges sont là juste pour le décor, les sens uniques n’ont “d’unique” que le nom et en général, c’est le “plus gros” qui est prioritaire...

Je passerai ma première nuit “sicilienne” à Monreale, pas au Québec mais à une dizaine de kilomètres au sud de Palerme. J’en profiterai le lendemain pour visiter sa cathédrale, construite au 12ème siècle... plus de 6’000 m2 de mosaïques dorées et lumineuses.

Des mosaïques partout... c’est splendide

Pour aimer la Sicile, il faut aimer la pierre! Le premier temple que je vais visiter est d’origine grecque, c’est celui de Segeste.

Après 2’400 ans, ses 36 colonnes défient toujours fièrement les âges 
Nous terminerons la journée par une belle virée le long de la côte  (Capo San Vito)

Temps pluvieux et frais le lendemain, nous en profitons pour faire un saut aux salines de Trapani et son musée du sel. J’y découvrirai la méthode de récolte du sel de mer, qui n’a pratiquement pas changé depuis des siècles.

 Les moulins à vent servaient à l’époque à activer des pompes, lesquelles faisaient passer l’eau d’un bassin à l’autre.
Erice (village moyennageux perché dans la montagne) 

Le jour suivant, je longe la côte sud jusqu’à Agrigento. Le soleil est de retour et je peux abandonner la couche polaire 😉

Temple grec de Selinunte 
Les falaises de Scala dei Turchi, près d’Agrigento

Et Doris dans toute cette pierre?... eh bien, elle “fait le job!” comme on dit. Elle n’est certes pas très loquace, mais elle ne râle jamais et ne rechigne pas à l’effort. Et des efforts, elle en a déjà pas mal faits... 13’000km depuis notre départ. Du coup, j’ai pris rendez-vous vendredi à Ragusa, pour fêter ça! Pas de chocolat en vue, Madame souffre déjà d’embompoint, mais ... une paire de chaussures toutes neuves 👠

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Publié le 27 octobre 2018

L’Egypte a sa Vallée des Rois...la Sicile sa Vallée des Temples. Je me lève une nouvelle fois assez tôt (c’est tout relatif...) et après 20 minutes de route nous sommes à l’entrée de la vallée. Je laisse Doris à deux pas de la caisse, ah les avantages de voyager en moto!

Bizarres ces Italiens... pourquoi appeler ça une vallée alors que c’est une longue colline? Ok, on ne va pas leur chercher noise... du moment qu’ils ont une des meilleures cuisines du monde et du bon vin!

La ville d’Akragas, fondée par des colons grecs ainsi que les temples qui en font partie ont été construits aux 6ème et 5ème siècles avant JC.

Des huit temples que compte le site, celui de la Concorde est le mieux préservé   
Très peu de visiteurs à cette période de l’année , c’est super agréable. J’y passerai toute la matinée  

Je retrouve Doris là où je l’avais quittée... elle, les sites archéologiques, c’est pas trop son “truc”. On tire alors une centaine de kilomètres à l’est pour Piazza Armerina. Nous y visiterons la Villa Romana del Casale. Je vous avais prévenus, la Sicile et les cailloux, c’est indissociable!

Encore une fois, bizarres ces Italiens... appeler ça une villa?... en fait c’est un palais d’une trentaine de pièces, construit au 3ème siècle ap. JC par un riche notable romain. Chaque pièce est recouverte de mosaïques (3’500m2 au total) dont l’état de conservation est exceptionnel. Chacune d’elle représente une scène de la vie de l’époque (le site figure au patrimoine de l’UNESCO).

La plus grande et, pour moi, la plus belle (60x3m) 

Les pierres, aujourd’hui, seront ... volcaniques. Il est en effet impensable de visiter la Sicile sans poser ses semelles sur l’Etna.

L’Etna est un des volcans les plus actifs au monde. Ainsi, le siècle dernier, il est entré en éruption pratiquement chaque année. C’est le plus haut d’Europe (3’330m) et on y trouve d’ailleurs des pistes de ski dans sa partie supérieure. L’accès aux quatre cratères sommitaux est actuellement fermé, le volcan étant entré dans une phase active depuis début août. Je monterai jusqu’à 3’000m. En premier en moto, puis en télécabine pour terminer par 3 heures de rando parmi les anciens cratères et au travers des champs de lave.


Lunaire... 


La Vallée (encore une... ) du Boeuf, dans laquelle se sont amassées d’innombrables coulées de lave au fils des âges. Gigantesque. 


La topographie de l’Etna est en constante mutation, au fil des éruptions et des coulées de lave. La dernière grande éruption date de 2015. Au 17ème siècle, la ville de Catane a été en grande partie détruite par des coulées.

Nous terminerons la journée par une belle balade sur les routes à flanc de volcan. Les couleurs de l’automne y sont déjà solidement installées et le contraste avec le sol volcanique est magnifique.

Voilà, c’était une super journée en montagne. Et pour une fois, pas dans les Alpes...
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Publié le 31 octobre 2018

Du très bon et du moins bon pour cette étape. Je commence avec le moins bon...

Quel est le point commun entre le Maroc, l’Algérie, la Tunise et la Sicile? (hormis le fait qu’on y conduit comme des 🐷💥💣)

eh bien... c’est ça! 

Jusqu’à maintenant, je n’ai mis sur ce blog que des photos d’endroits sympas à voir ou à visiter. Vous imaginez aisément qu’entre chacun de ces sites fabuleux, la réalité peut être tout autre. Je ne compte pas le nombre de décharges à ciel ouvert que j’ai vues en Afrique du Nord. Les déchets et autres bouteilles plastiques jonchent les bords des routes sur des kilomètres, parfois à n’en plus finir. Sur la route de Ksar Ghilane, dans le sud tunisien, alors qu’un fort vent était installé, je devais lutter contre les camions qui me serraient de près et pratiquement slalomer entre les bouteilles en PET qui volaient au travers de la route, emportées par le vent. En Sicile, tous les emplacements d’arrêt qui jouxtent les routes principales ou les voies d’autoroutes sont remplis de sacs poubelles et autres détritus (j’y ai même vu des meubles et des télévisions). C’est vraiment choquant! Il y a bien en Tunisie quelques panneaux aux abords des villes incitant les gens à ne plus abandonner leurs déchets dans la nature, mais d’ici que les mentalités changent...

Voilà, c’etait mon coup de g... du week-end.

Rien de bien excitant au programme dimanche et lundi. 350km dimanche, dont 200 sous la pluie. Un petit saut à Isola Bella (Taormina, photo de gauche) et un autre à Cefalù le lundi.

Cefalù (à dr.) Ancien port de pêche, avec une belle cathédrale. Devenu très (trop) touristique, je n’y resterai que deux heures...

La journée de lundi a été très venteuse. Je longe la côte nord depuis Cefalù en direction de Milazzo, par l’autoroute. C’est une succession de tunnels et de viaducs, où le vent venant de la mer s’engouffre dans les vallées avec une force incroyable. A chaque sortie de tunnel je me vois contraint de réduire ma vitesse à 50-60km, faute de quoi on se fait balancer de tous les côtés ... malgré le surpoids de Doris.

Ma journée à l’Etna m’a donné l’envie de faire une escapade sur l’île du Stromboli (merci Marianne pour m’avoir convaincu 😉). En arrivant à Milazzo lundi en fin d’après-midi, je me rends au port afin de confirmer mon billet de bateau pour le lendemain (réservé en ligne le soir avant). On me dit alors qu’en raison du vent, aucun bateau n’a pris la mer aujourd’hui et qu’il en sera probablement de même le lendemain matin... aïe!

L’île de Stromboli est une des îles volcaniques qui composent l’archipel des Îles Éoliennes, au nord de la Sicile. Son volcan, le Stromboli, est constamment en activité depuis plusieurs centaines d’années. Ses trois cratères crachent à intervalles réguliers (une quinzaine de minutes) des gerbes de feu et de lave. Il inspirera notamment Jules Vernes pour son fameux livre “Voyage au centre de la Terre”.

Mon bateau est censé partir mardi matin à 7.30h, pour trois heures de traversée. Lorsque je me présente à l’embarquement, on me dit que le bateau précédent, prévu à 6h, a été annulé. Celui de 7.30h est maintenu, mais il est possible qu’il ne puisse pas accoster à Stromboli, en raison de la forte houle, auquel cas il reviendra à Milazzo ... re-aïe!

La première demi-heure, estomacs délicats s’abstenir... le bateau, une sorte de gros hydroglisseur rapide, tape sur chaque vague et semble ensuite s’envoler jusqu’à la suivante... une vraie fête foraine, la musique en moins. Mon voisin d’à-côté, un jeune français, abandonnera précipitamment son téléphone portable pour les WC ... Sujet moi-même au mal de mer, j’évite de trop bouger et essaie de garder les yeux fermés. Les deux heures suivantes vont être un peu plus calmes, avec trois brefs arrêts sur des petites îles. La dernière demi-heure va se révéler “super foraine”... de nombreux enfants seront malades et l’espace confiné de cet hydroglisseur va rapidement devenir irrespirable...

Nous débarquons enfin sur cette île minuscule. Je me rends à l’agence des guides avec laquelle j’ai réservé l’ascension. “Départ à 14h, soyez à l’heure!”. Ok mon général!


L’ascension est aisée et se fait par un petit sentier tortueux à flanc de volcan. Le guide donne l’allure, plutôt lente afin que tout le monde soit à l’aise. Nous mettrons 3 heures pour atteindre le sommet (930m).

L’ombre du volcan veille sur le petit village de Ficogrande... jusqu’à quand?

La végétation nous accompagne jusqu’à 500m, ensuite ce ne sont plus que roches et scories. Nous entendons alors à intervalles réguliers le ronflement sourd du volcan. Plus nous nous approchons du sommet et plus le rugissement des explosions devient impressionnant. Une femme devant moi lâchera ... “On dirait un dragon qui se réveille!”

A chaque explosion un large panache de fumée jaunâtre s’élève dans le ciel

Peu avant le sommet, le guide nous dit de remettre un couche de vêtement et nous donne un petit masque pour nous couvrir le nez et la bouche. L’air est en effet chargé de souffre et nous prend peu à peu à la gorge. Le sommet du volcan se trouve à 200 mètres en-dessus des trois cratères actifs.


Juste à temps au sommet pour admirer le coucher du soleil au-dessus des cratères ... féerique.

Nous resterons une heure et demie au sommet, à attendre à chaque fois la prochaine explosion, en l’espérant encore plus impressionnante que la précédente.

Chaque éruption ne dure que quelques secondes, dans un vacarme assourdissant. On dirait un avion au décollage...

La descente se fera à la lumière des lampes frontales. Nous prendrons un chemin direct, à travers les champs de sables volcaniques et de scories. On a l’impression de marcher dans de la neige poudreuse. Il ne nous faudra qu’une heure et demie pour rejoindre le village.

J’étais un peu frustré après ma journée à l’Etna il y a quelques jours, certainement par le fait de ne pas avoir pû aller aux cratères sommitaux et voir le spectacle de cette lave en fusion. Je redescendrai du Stromboli comblé!

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Publié le 3 novembre 2018

Traversée du Détroit de Messine ce matin, nous entrons de plein pied dans la Botte. Apparemment celle-ci n’est pas imperméable.... il n’aura plu qu’une fois en ce jour de Toussaint, du matin au soir. Nous sommes tout de même descendus jusqu’à l’extrême sud de la Calabre.

Les deux journées suivantes seront essentiellement “motorisées”, peu de visites. Le ciel restera maussade vendredi, mais ses foudres nous épargneront.

Tropea 
Pourquoi appeler ça “Capo Vaticano”?... même sur la pointe des pieds, je n’ai pas vu François ou la Sixtine! Bizarres ces Italiens...

La journée de samedi sera superbe, le soleil est de retour et nous enchaînerons les virages avec vue sur la mer, en remontant la côte ouest de la Calabre. Les routes sont pratiquement désertes à cette saison, quel bonheur!


Les “bretelles” sur le haut, c’est la route...  (Monte San Biagio, Matarea)

Avant d’atteindre la Campanie, nous nous laisserons aspirer par l’arrière-pays calabrais, pur plaisir! Le relief y est rude, les villages sont perdus et solidement accrochés à la montagne ... et les routes pour la plupart en mauvais état.

Je vous ai dit que ces deux journées avaient été dédiées aux virages, une exception tout de même...

Le temple grec de Paestum, au sud de Salerno. Des temples que j’ai visités jusqu’à maintenant, celui-ci est le mieux conservé

Nous avions prévu faire la route de la Côte Amalfitaine en fin d’après-midi, ce sera trop tard. Pas grave, nous l’apprécierons demain, ou après-demain, ... ou plus tard.

Ce soir, nous logeons à une encablure de Pompei. Nous allons rester quelques jours dans la région de Naples, avec le Vésuve, la Côte Amalfitaine, Pompei et Naples au programme. Les prévisions météo ne sont pas très bonnes pour demain dimanche et lundi. A voir...

Si Claudia reprend un chien, promis j’achète les lunettes et je l’emmène en balade! ...euh, enfin, si c’est pas un Saint-Bernard 🐕
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Publié le 7 novembre 2018

Celui ou celle qui devine quelle est cette île gagne une journée avec Doris 🏍 !

  ..non Messieurs, je n’ai pas dit une nuit! 😠

Réponse: https://youtu.be/sOZqMC5SGGg

La pluie continue à nous narguer... nous roulerons ce matin dans la Côte Amalfitaine sous un ciel bas et chargé. La route en est d’autant plus belle, les nuages noirs accentuant le contraste entre la mer et la montagne.


En été, ça doit être chargé... 🚘🚘🚘🚍🚍

L’histoire de Pompei m’a depuis longtemps attiré. C’est l’occasion rêvée d’aller y faire un saut le lendemain. Nous nous présentons à l’entrée à 9 heures, à l’ouverture des caisses, histoire d’être sur le site avant que les cars ne déversent leurs flots de touristes. Il s’avèrera qu’à cette période, c’est plutôt calme. J’avais prévu y passer 2-3 heures, j’y resterai pratiquement le double. Le site est immense.

Le Vésuve paraît pourtant bien loin...

La pluie va m’accompagner durant une grande partie de la visite, mais ça ne gâchera en rien mon plaisir. Je pourrais poster des dizaines de photos...

La ville de Pompei comptait 11’000 habitants lorsqu’elle fur ensevelie, en 79 apr JC, sous les cendres et les roches crachées par le Vésuve. Environ 3’000 personnes ont péri sur les sites de Pompei et Herculanum à l’occasion de ce cataclysme.


Là, en moto ...faut bien viser!

Les 3 grosses dalles transverses avaient pour but de ralentir les chevaux et boeufs qui tiraient les charriots. Elles permettaient également aux piétons de traverser sans descendre au niveau de la chaussée. On y voit bien les ornières creusées par les roues des chars au fil des âges.

Certaines fresques sont superbes, dans un état de conservation exceptionnelle (ici “La Villa des Mystères”)

En creusant et dégageant certaines parties de la ville, les archéologues sont tombés sur des cavités dans les amas de cendres et de roches crachées par le volcan. Il s’agissait des espaces vides laissés par les corps qui se sont désagrégés au fil des siècles. Les archéologues y ont alors coulé du plâtre pour obtenir ainsi la forme des corps au moment où la mort les a surpris. Le résultat est saisissant.

A gauche, on pense que la personne essayait de se protéger la bouche et le nez avec un tissus dans les derniers instants

En 1972, Pink Floyd avait enregistré un album à Pompei, dans l’amphithéâtre vide. Vide, il l’était également lundi matin lorsque je l’ai visité. Du coup j’y ai écouté “The Dark Side of the Moon” à fond sur mon mobile 😉


L’amphithéâtre a bien changé après plus de 45 ans (à gauche, Pink Floyd en 1972)

Le Vésuve est plus paresseux que ses cousins siciliens, sa dernière éruption remontant à 1944. Il n’en n’est pas moins majestueux.

Au premier plan, une partie des ruines d’Herculanum

Après une vingtaine de minutes à jouer dans ses lacets au petit matin, nous rejoignons le parking, à mi-chemin du sommet (1’281m). Je pense devoir y laisser Doris et prendre la navette. Mais le gardien du parking nous fait signe de passer et nous continuons sur trois kilomètres, jusqu’à la fin de la route. Encore une fois, les avantages d’être en moto et dans l’arrière-saison 😉

Une petite ascension de demi-heure et me voilà sur le cratère de ce géant endormi. Le temps est magnifique et le décor exceptionnel. D’un côté, la vue sur la baie et la ville de Naples et de l’autre ...

... 450m de diamètre, 330m de profondeur. On y mettrait quelques fois “La Grande Gouille”...

En début d’après-midi, nous faisons route vers le nord, direction Caserta et son fameux Palais Royal (Reggia di Caserta). Ce n’est rien d’autre que l’un des plus grands palais au monde.

Arrivé sur la grande esplanade qui mène à l’entrée principale, je m’étonne que celle-ci soit quasi déserte. Devant l’entrée, quelques voitures de la “Guarda di Finanza” et une dizaine de policiers. Aïe...ça sent pas bon! En effet, un des agents me dit que le palais est fermé pour le restant de la journée. Lorsque je lui demande pourquoi, il me répond “Manifestation politique”... bizarres ces Italiens! J’ai beau lui répondre que je ne viens pas manifester, je veux juste visiter, rien n’y fait.

Du coup, nous redescendons sur Naples et nous nous rabattons sur la visite d’Herculanum. Site beaucoup plus petit que Pompei, il n’en demeure pas moins très intéressant à voir. Les vestiges de la ville étaient enfouis sous 10 à 20 mètres de cendres et de roches, suite à l’éruption du Vésuve.

Voilà, après 5 jours passés dans la pointe et la mi-botte, nous faisons route demain vers le talon, direction Les Pouilles.

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Publié le 9 novembre 2018

Avant de quitter la Campanie, un dernier salut à la Côte Amalfitaine, depuis l’autoroute.

Vietri sur Mare, village fameux pour ses céramiques colorées, que j’ai visité il y a deux jours 

Sur la route des Pouilles, nous ferons deux belles découvertes, toutes deux classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Matera

C’est une cité d’habitations troglodytes (les sassis), dans lesquelles vivaient encore 15’000 personnes jusque dans les années 50. Ça me rappelle les ksars que j’ai découverts il y a un mois en Tunisie. Je n’ai pas insisté pour y passer une nuit, mon expérience troglodyte en Tunisie m’ayant déjà permis d’apprendre les rudiments de la chasse au cafard...

Alberrobello

Un autre type d’habitations typiques de cette région des Pouilles, les trullis. Ce sont des maisons en pierres sèches et Alberobello en compte 1’500, dont un tiers sont encore habitées.

Sur la route vers Alberobello (à droite) 

La descente de la côte ouest, de Tarano à l’extrême pointe sud, ne représente pas grand intérêt. Et en plus, la pluie a joué une fois de plus les troubles fêtes. La remontée de la côte est, direction Lecce, est par contre très belle. La côte, plus escarpée, se fait également plus sauvage. Un régal à moto à cette saison, avec en plus les tonalités pastelles de fin d’après-midi.

Aujourd’hui nous avons fait du “camotage”. C’est la même chose que du cabotage, mais en moto. On est allé de petits ports en petites villes...et on a adoré!

On a commencé par la visite de Lecce. Superbe ville, où la pierre calcaire blanche domine dans toutes les ruelles du centre ville.

Lecce ... plus facile d’y trouver des églises que des bistros!

La remontée de Brindisi vers Bari recèle également quelques perles...

Directement en prison, sans passer par le “start”... voici Monopoli
Polignano a Mare 

Bizarres ces Italiens?... non! Absolument adorables (sauf sur les routes 😬).

J’ai pratiquement fait que des AirBnb, que ce soit en Sicile ou sur le continent. J’y ai rencontré le plus souvent des gens extraordinaires, avec un sens de l’accueil hors du commun. Giulia, à Monreale en Sicile, m’offrira un petit pot de miel à mon départ. Giuseppe, toujours en Sicile, insistera pour m’amener en voiture au port à Milazzo de bonne heure le matin et viendra me rechercher le lendemain. Francesco et Anna, à côté de Pompei, m’ont gâté les 4 nuits que j’ai passées chez eux. Des petits déjeuners gargantuesques, des fleurs fraîches le matin sur la table et un réel plaisir à ouvrir leur maison à l’étranger. Ou encore Daniele, motard sicilien rencontré sur le bateau au retour de Tunisie, qui m’aidera à trouver un garage pour changer les “chaussures de Doris” et fera les téléphones nécessaires. Toutes ces rencontres, certes éphémères, resteront comme des moments forts de ce voyage.

Je vais prendre ce soir le bateau pour la 10ème et dernière fois (?),direction l’Albanie et ensuite la Grèce. La remontée en décembre vers la Suisse devrait se faire sur la terre ferme... ou sur la neige?

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Publié le 12 novembre 2018

Mais avant de vous dévoiler mes débuts grecs, petit rembobinage de quelques semaines... traversée en bateau d’Algésiras (Espagne) à Oran (Algérie). Je suis dans les derniers à embarquer, tout se passe sans problème. Pour cette traversée de nuit, je n’ai pas réservé de cabine, je pense “camper” quelque part sur le bateau. Je sangle solidement Doris, histoire qu’elle ne prenne pas trop ses aises dans le balancement de la houle et je monte aux étages supérieurs. Et là... surprise! Tous les recoins sont déjà occupés par des campeurs illégaux, à grands renforts de duvets, d’oreillers, de picnics. Certainement des habitués pour être équipés de la sorte! Je parcours trois étages, impossible de trouver la moindre place. Au quatrième pont j’aperçois, derrière un grand rideau à moitié tiré, un grand espace vide, l’idéal! A défaut d’y planter ma tente, j’y installe mon matelas gonflable et mon sac de couchage. Je prends soin de fermer le rideau derrière moi, tant qu’à faire autant rester seul et hop, dans mon sac! A peine installé qu’un gars de l’équipage ouvre le rideau et me dit que je ne peux pas dormir là car c’est le lieu de prière, la “mosquée flottante” en quelque sorte. J’ai beau lui expliquer qu’il m’arrive quelques fois dans mes rêves de prier, je dois lever le camp. Je trouverai au final une petite place entre une porte donnant sur le pont extérieur et les toilettes (photo étape 16).

Voilà, des anecdotes comme celle-là j’en ai plein le sac à dos... je vous en raconterai à mon retour, sous le sapin, avec un bon verre de vin.

La traversée de Bari à Durrës en Albanie se fait de nuit. N’étant pas sûr qu’on ait eu la délicate attention de me réserver un endroit pour camper, j’ai réservé cette fois une couchette (on appelle ça “l’expérience”...).

Nous débarquons au petit matin à Durrës, petite ville au nord de l’Albanie. Je décide de ne pas m’attarder en Albanie, impatient de profiter du soleil grec... 250 kilomètres jusqu’à la frontière et deux constats: les conducteurs Albanais sont très disciplinés (mais mon jugement est quelque peu faussé par les zouaves que j’ai vus sur les routes italiennes) et le sud de l’Albanie est super montagneux.

Joli col avant d’atteindre la frontière greque 


A peine passé la douane et la mer s’offre à nous. J’avais oublié que le soleil grec était si beau.

Le lendemain nous décidons de rester dans le nord de la Grèce et roulons 200km vers l’est, direction Meteora. Grosse surprise au petit matin...

Doris a le don quelques fois de m’énerver... “Inutile de me le rappeler, j’ai bien senti qu’il faisait froid!” 

Les Monastères des Météores (Meteora)

Suspendus dans le vide et dans le temps, ces monastères ont été construits par des moines orthodoxes à partir du 11ème siècle. Ils les ont érigés au sommet de pitons rocheux afin de se protéger des armées ottomanes, lesquelles occupaient alors une grande partie de la Grèce.

Des huit monastères encore en activité, six sont accessibles aux visiteurs. Des chemins et escaliers ont été aménagés afin de les rendre accessibles.

Les fresques murales, pour certaines vieilles de plus de 800 ans, sont superbes

Tous ces monastères sont concentrés sur un site relativement petit. En une dizaine de kilomètres on fait le tour. En fin d’après-midi, nous décidons d’y retourner... Les routes sont pratiquement désertes et les monastères, au soleil rasant, paraissent encore plus majestueux.

Aujourd’hui nous filons vers le sud...la mer. Plus nous descendons et plus le thermomètre monte. qu’est-ce que ça fait du bien! La dernière heure en direction de Delphes se fera sur une super route bien tournante 🏍

Delphes. Là, c’est plus de l’imagination qu’il faut... c’est un miracle...
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Publié le 14 novembre 2018

Ce matin, Doris a rendez-vous à Athènes chez l’esthéticienne (pas pour les ongles, pour les plaquettes de freins). La concession Triumph est pratiquement au pied de l’Acropole. C’est donc à pied que je m’y rends.

Des différents sites que j’ai pu voir depuis début septembre, c’est le seul que j’avais déjà eu l’occasion de visiter, il y a une vingtaine d’années (avec Sidi Bou Saïd, au-dessus de Tunis). L’Acropole est en constante restauration et je dois dire qu’elle a encore plus fière allure aujourd’hui qu’il y a vingt ans...

Je me rends ensuite au stade olympique, à une encablure de l’Acropole. Construit au 4ème s. avant JC, il fut rénové pour accueillir les premiers jeux olympiques modernes en 1896, sous l’impulsion du baron Pierre de Coubertin. De forme très allongée et entièrement recouvert de marbre, il peut accueillir 45’000 personnes (70’000 à l’époque).


J’avais pas réussi à me qualifier à l’époque... je me console comme je peux. 

Je récupère Doris en fin d’après-midi avec des “ongles tout neufs” et nous nous remettons en route.

J’avais déjà entendu parler du Canal de Corinthe, mais sans vraiment savoir où il était... lacune comblée! Il coupe le Peloponnèse du continent par une “tranchée” d’environ 6 kilomètres. Ouvert à la navigation en 1893, il n’a jamais connu le succès escompté. Les gros bateaux ne peuvent en effet pas l’emprunter car il n’est pas assez profond (8m) et trop étroit (20m).

Depuis le pont qui l’enjambe en son milieu, on peut apercevoir la mer Ionienne d’un côté et la mer Egée de l’autre
Début de la côte Est. La route surplombe souvent la mer avant de s'enfoncer loin dans les terres... et de revenir à chaque fois.

Nous quitterons Corinthe tôt le matin. Les journées sont en effet relativement courtes, le soleil se couchant vers 17.30h (la Grèce a 1h d’avance). Nous nous arrêterons en route à Epidaure, pour admirer son magnifique théâtre.

 Construit au 4ème siècle avant JC, il est un des théâtres de la Grèce Antique les mieux conservés

L’après-midi, nous nous perdrons en voulant nous rendre à Mycènes, un autre haut lieu de la civilisation antique grecque. Pas grave... on commence à “saturer” un peu avec les pierres et on se fera un super après-midi de virages 🏍

 Qui a dit que la Grèce n’était pas faite pour les motards?... 

Nous atteindrons en fin d’après-midi Nafplio (Nauplie en français), petite cité qui fut la capitale de la Grèce de 1828 à 1834. La Grèce est indépendante depuis 1822 (elle était jusqu’alors occupée par les Turcs).

La vieille ville de Nafplio 

Petit soucis météo pour les jours à venir. Si le temps devrait toujours être clément demain, il n’en va pas de même pour les jours suivants. Trois jours de fortes pluies dès vendredi sur tout le Péloponnèse. Nous allons descendre demain dans le sud et voir si on peut prendre un bateau pour la Crête, histoire de se mettre un peu à l’abri...

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Publié le 16 novembre 2018

Aujourd’hui jeudi, pas de pierres, pas de cailloux, pas de colonnes, pas de théâtres et pas de Guignol... que de la route et du virage 🏍. C’est apparemment la dernière journée ensoleillée avant quelques jours qu’on annonce très maussades.

Après avoir passé la nuit à Nafplio, nous longeons la côte en direction du sud du Péloponnèse. La route, en très bon état, surplombe la mer en de nombreux endroits. Ça ressemble un peu à la Côte Amalfitaine, près de Naple, les hordes de touristes en moins...

Nous pénétrons ensuite dans l’arrière-pays pour une grande boucle dans la montagne. Nous nous lançons dans un col et au milieu de celui-ci, je me demande s’il n’est pas fermé à la circulation... nous sommes seuls!

On se croirait dans le Jura. Mais pourquoi aller si loin?... 
Monemvasia, dans la pointe sud-est du Péloponnèse. De loin, on dirait le rocher de Gibraltar.

Arrivés en fin d’après-midi à Kalamata, nous allons directement au port nous enquérir s’il y a des bateaux en partance pour la Crête. ... aïe, c’est bien ce que je craignais, les lignes régulières ne sont en service que jusqu’à fin octobre. Pour aller en Crête à cette période, il faut remonter à Athènes! “Qu’est-ce qu’on fait Doris?” On verra tout ça demain, après une bonne nuit de sommeil.

Vendredi matin, ce que je crois être le bruit des vagues me réveille aux aurores. Il va pleuvoir toute la journée... Inutile de rester dans le Péloponnèse, tout le week-end sera très “arrosé”. Je réserve un bateau pour la Crête, avec un départ d’Athène dans la soirée. Nous ferons les 200 premiers kilomètres en direction d’Athènes sous une pluie battante. Les Anglais ont une jolie expression pour qualifier ce type de temps... “It’s raining cats and dogs”. Et en plus, la température a sérieusement chuté. Voilà, c’est une de ces journées où rien ne se passe. A la semaine prochaine, pour une étape en Crête!

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Publié le 20 novembre 2018

La traversée d’Athènes vers la Crête se fera de nuit. La mer est calme et nous débarquons samedi aux aurores dans le port encore endormi d’Héraklion.

J’ai réservé un Airbnb à une vingtaine de kilomètres, sur la côte. Je ne peux enregistrer qu’à partir de midi, nous passons donc la matinée en ville d’Héraklion. Alors que je sors d’un bar à café pour rejoindre Doris, gros coup de tonnerre. Apparemment Zeus n’est pas de bonne... Nous nous apprêtons à nous mettre en route et deuxième canonnade... Juste le temps d’enfiler mes habits de pluie et le déluge commence. Après une dizaine de minutes, les routes sont déjà inondées et je dois rouler les jambes en l’air à de nombreux endoits pour éviter d’avoir les pieds dans l’eau... je n’ai jamais vu l’eau monter si vite sur des routes! Nous prenons l’autoroute. Après quelques kilomètres, je vois à une centaine de mètres devant nous un rideau d’eau tomber d’un pont enjambant l’autoroute, sur pratiquement toute la largeur. Je réduis encore la vitesse et nous nous faisons doucher au passage! Et nous qui pensions nous mettre à l’abri en Crête...

Zeus se calmera dimanche, même si quelques averses seront encore de la partie. Je visite les vestiges d’un palais minoen à Knossos, à deux pas d’Héraklion.

La Crête était le berceau de la civilisation minoenne  (2700-1200 av. JC)

Ensuite, je me rends au musée d’Héraklion. Celui-ci n’est pas vraiment grand, il se visite en deux petites heures. Il est cependant impressionnant de par la quantité et la beauté des objets qui ont été retrouvés sur l’île. La Crête a été tour à tour occupée par les Minoens, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Ottomans. Elle le doit à sa position stratégique au milieu de la Méditerranée, aux confluents de l’Europe, de l’Afrique et de l’Orient.

La forteresse vénitienne du port d’Héraklion 

Les deux jours suivants, le soleil est de retour. On fera de la route et que de la route 🏍 . Nous filons droit vers la pointe Est de l’île.

... en faisant de nombreux crochets vers l’intérieur des terres 

Une de ces routes perdues (à doite ci-dessus) nous réservera une belle surprise... nous tombons sur le site du plus vieil olivier du monde! Il se situe à Kavusi et son âge est estimé à ... 3’250 ans

Le tronc fait 4.90m de diamètre et 14.20m de circonférence!  et il donne encore des olives...

Nous atteignons mardi la côte Sud. Elle s’avère beaucoup plus sauvage que le Nord, avec des petites routes en super état, souvent escarpées et qui descendent mourir dans la mer. On a adoré!

Nous nous arrêtons à Malata, petite cité balnéaire dont les grottes ont abrité dans les années 60 des communautés... hippies.

On devine les grottes, à droite 
... il en subsite quelques vestiges 😄

Ces deux jours de route ont été top. Pas de sites extraordinaires à découvrir, mais de super routes dans la montagne et en bord de mer, complètement désertes (je sais, je me répète, mais c’est tellement agréable de faire de la moto dans ces conditions 👍🏻 ). Et il fait encore plus de vingt degrés pendant la journée.

Nous allons bientôt devoir penser à remonter... aïe, apparemment le “général hiver” a rassemblé ses troupes plus au nord et nous n’avons pas trop envie de sonner la retraite.

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Aujourd’hui dimanche, jour de pluie et jour de pause. Après toutes ces mosquées, ces églises et ces monastères, personne ne va me reprocher de respecter le jour du seigneur...

Nous vous avions laissés en Crête, nous vous retrouvons beaucoup plus au nord, en Croatie. Entre deux, 1300km de route, d’Athènes à Split. Nous les ferons en deux grosses journées.

Je reviens tout d’abord sur nos deux dernières journées en Crête, mercredi et jeudi. Nous rejoignons tout d’abord une petite station balnéaire en longeant la côte sud, Chora Sfakion. De là, nous décidons de traverser l’île du sud au nord, par un col qui arpente le plus haut sommet de l’île, le Mont Ida (2’400m). Le col ne monte que jusqu’à 1’200m, avant de basculer sur l’autre flanc. Il nous faudra deux petites heures pour rejoindre la côte nord. La route est magnifique 🏍 et comme d’habitude, nous sommes seuls.

Chora Sfakion (on y devine à l’arrière les premiers lacets du col)


 Nous sommes toujours en terres orthodoxes ... même si les monastères ne sont plus si haut perchés

Jeudi, j’ai mis un peu de piste au programme, dans la pointe extrême nord-ouest de l’île. Après l’expérience de l’Atlas au Maroc, Doris n’est pas des plus motivée. Je parviens tout de même à la convaincre, en lui promettant qu’il n’y aura pas de boue et qu’à la première difficulté, on fait demi-tour. On se lance donc pour 8km de piste surplombant la mer.


... pour enfin arriver à ce qu’on dit être la plus belle crête de crique, non.. crite de crêque, zut... pas facile à dire...

La plus belle crique de Crête (la Baie de Ballos)  

L’après-midi, nous roulons vers la pointe sud-ouest de l’île, direction Elafonisi. Nous traversons tout d’abors de magnifiques gorges pour ensuite attaquer toute une série de lacets. J’adore ces îles méditerranéennes où tu roules en pleine montagne et une petite demi-heure plus tard, tu te retrouves en bord de mer.

 Les derniers kilomètres se feront à fleur de mer
Elafonisi 

L’olivier est omniprésent dans tous les pays que nous avons traversés jusqu’à maintenant. Et bien entendu, chacun de ces pays prétendant produire “la meilleure huile d’olive au monde”, extra-super-méga-giga vierge. En Crête, les culture d’oliviers occupent plus d’un quart du territoire de l’île. La récolte bat son plein et je profite de la remontée depuis Elafonisi pour m’arrêter dans une petite huilerie locale. Le responsable parle un peu anglais et m’improvise une petite visite, sympa.

De la cueillette à la mise en bouteille  
 Elles, elles sont partout! Y compris où il faut pas 🏍

Voilà, l’heure est venue pour nous de quitter, à regrets, la Crête. C’est une île géniale pour faire de la moto... en-dehors de l’été. Les routes sont en excellent état et le contraste des paysages entre ciel et mer est superbe.

A une prochaine... peut-être 

Nous embarquons jeudi soir pour une traversée vers Athènes. Les prévisions météo sont très mauvaises sur la Grèce pour le week-end, nous allons donc entamer la remontée. Deux grosses contraintes toutefois. L’hiver est déjà installé sur la Bulgarie et la Macédoine, avec des températures très basses. Et le mauvais temps est annoncé sur la côte dalmatienne (Albanie-Croatie) à partir de dimanche, et ce pour quelques jours. Une autre possibilité, prendre un bateau au nord de la Grèce (Igoumenitsa) pour Venise. Nous choisissons l’option de la côte dalmatienne, tout en sachant que nous devrons atteindre Dubrovnik avant dimanche. D’où les 1300km hier et avant-hier...

Nous débarquons à Athènes vendredi au petit matin et nous nous mettons directement en route, direction la frontière albanaise. Nous empruntons au passage le pont de Patras, qui relie le Péloponnèse au continent (2,8 km, impressionnant). Il y a trop de circulation pour m’arrêter, je vous mets donc une photo empruntée sur Internet 😉

Pont de Patras (photo internet) 

A la nuit tombée, nous sommes déjà bien enfoncés en terre albanaise. Nous nous sommes juste arrêtés pour donner à boire aux chevaux ⛽ . Arrivés dans un motel, je monte mes affaires en chambre. Le réceptionniste me dit ensuite qu’il faut payer en cash, et en monnaie locale uniquement! Nous reprenons la route pour un deuxième motel, à une cinquantaine de kilomètres plus au nord. A ma question de savoir si je peux payer par carte et manger au restaurant, le gars me répond que oui, dans un anglais très approximatif. Je prends soin de parquer Doris sous la caméra de surveillance de la station d’essence attenante. Je règle la note de la chambre et le gars me dit alors que le restaurant est fermé! Je n’ai rien mangé de la journée ... deux barres de céréales et hop, au lit. Il est 20.30h😀

Réveil aux aurores samedi matin. Nous prenons la route à 6h et il fait six degrés 😬. Nous passerons cinq fois la douane aujourd’hui (Albanie-Monténégro-Bosnie-Croatie-Bosnie-Croatie). Impossible de traverser cette région sans penser à la guerre qui y a sévi dans les années 90. On y voit encore par endroits des anciens bâtiments endommagés ou brûlés par les combats.

 Le Monténégro se traverse en coup de vent, à peine deux heures. La nature y est de toute beauté à cette saison.
Monastère de Trebinje (Bosnie-Herzégovine) 

Nous faisons ensuite un crochet par Dubrovnik. Nous nous arrêtons par hasard dans un bar tenu par un club de bikers, avec une vue imprenable sur le port et la vieille ville. Une dizaine de motards, attablés sur la terrasse, m’invitent à me joindre à eux. Deux d’entre eux parlent anglais et assureront “le service de traduction”. Les questions fusent, pourquoi l’Algérie, comment était le Maroc, pourquoi une Triumph et pas une GS... Au final, je passerai pratiquement deux heures en leur compagnie. J’en paierai les conséquences en fin de journée... Je laisse Doris devant le bar pour descendre ensuite visiter la vieille ville. C’est la première fois depuis le début du voyage que je ne “sécurise” pas Doris avec une chaîne et/ou un bloque-disque qui hurle si on le touche. Deux raisons à cette apparente inconscience... qui volerait une moto devant la terrasse d’un bar envahi de bikers et ça aurait été leur faire un affront que de mettre un cadenas devant “leur bar”.

Dubrovnik 

Nous reprendrons la route en milieu d’après-midi, pour longer la Côte Dalmatienne en direction du nord. Nous ne ferons aucun arrêt, pourchassés par la nuit et la pluie. Les deux nous rattraperont à 150km de Split. Et le brouillard s’en mêlera également.

Nous nous remettrons en selle demain, en espérant que la météo s’améliore. Le froid nous attend plus haut ... et il y a encore les Alpes à passer.

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Publié le 27 novembre 2018

Nous voilà de retour en Suisse. Nous allons devoir nous (ré)habituer aux bonnets et écharpes, brrrr.

Nous n’avons pas traîné pour la remontée depuis Split... pluie, froid et brouillard au programme. Ne sachant pas comment monter des chaînes sur une moto, au col du Simplon nous avons préféré son tunnel (ferroutage de Iselle à Brig, ça nous a changé du bateau).

Nous avons bourlingué 85 jours autour de la Grande Bleue, parcouru 22’000 kilomètres, traversé 12 pays et côtoyé 3 religions différentes. Mais au-delà des chiffres, nous avons eu la chance de voir des paysages extraordinaires et de faire d’innombrables rencontres au fil des routes, des villes et des villages perdus.

Un tout grand merci à vous toutes et tous pour nous avoir suivis! Lire vos commentaires et surtout savoir que vous aviez du plaisir à nous suivre ont été tout au long de ce voyage une grande source de satisfaction et de motivation. Ce furent trois mois intenses, tant au niveau émotionnel que physique (eh oui, un roadtrip en moto, ce n’est pas seulement “mettre les gaz”). Il va nous falloir une ou deux semaines pour “redescendre”...

Et Doris dans tout ça? Eh bien, elle a “fait le job” comme on dit, et plutôt bien (juste un soucis mineur au départ à Avignon). Sa débauche d'énergie a fait merveille en montagne. Certaines fonctions, que je considérais au départ comme des “gadgets”, se sont avérées très utiles: le tempomat, les poignées et siège chauffants la dernière semaine, le déflecteur de vent électrique, le mode de conduite “terrain” qui abaisse l’assise de la moto de 5-10cm, super pratique pas seulement dans les chemins mais également quand tu dois manœuvrer dans des situations délicates... et il y en a eu!

J’avais au départ un peu d’appréhension à partir en “solo”, comment est-ce que j’allais gérer la solitude? En trois mois, je ne me suis plus posé la question... il y avait toujours quelque chose à faire ou à découvrir, des gens avec qui parler. Et mes soirées etaient souvent occupées à la gestion des itinéraires, des hébergements et du blog.

Des regrets? Peut-être de ne pas être allé jusqu’à Istanbul (décidément trop froid à cette période de l’année) et d’avoir voyagé un peu “lourd” (je pense que j’aurais pu faire l’impasse sur une partie du matériel).

Alors, était-ce le “voyage de ma vie”?... J’espère bien que non 😉