Carnet de voyage

Pérou? Par là !

Dernière étape postée il y a 7 jours
Enfin je mets les pieds en Amérique latine pour une aventure péruvienne de trois semaines à la découverte de nouvelles traditions, mets et paysages... sur les traces des Incas !
Du 13 juillet au 4 août 2019
23 jours
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Publié le 14 juillet 2019

C'est parti ! La première étape d'un voyage c'est toujours la préparation et quelle préparation ! Pour une fois, nous partirons légers car ayant fait le choix d'organiser nous-même le voyage pour plus d'économies, nous sommes contraints à un bagage à main de 8kgs pour 3 semaines ! Un vrai challenge qui m'aura tenu en haleine toute la journée puisqu'il faut également prendre en compte que le Pérou, comme beaucoup de pays du monde, comprend des climats bien différents selon les régions.

Au final :

Kit de survie: boule quies, masque sommeil, oreiller de voyage, adaptateur, batterie portable, médoc de dépannage, fil dentaire, foulard, pansements, gel antibactérien, 1 cuillère, camelback 1,5L, un carnet de voyage

Vêtements : 1 polaire, 1 imperméable, 1 ensemble thermique, 1 pyjama convertible en tenue de jour, 2 pantalons deux-en-un, 2 leggins 3/4, 2 shorts, 1 combishort ultra-légère, 4 t-shirts, 5 débardeurs, 5 paires de chaussettes, 1 paire de chaussures confortables de randonnée légères, 1 paire de sandales, 2 bandanas, 1 maillot de bain, 1 serviette sport ultra fine, des sous-vêtements

Nécessaire de toilette : brosse à dent, dentifrice, savon, éponge, coupe-ongles, pince à épiler, produit insectes exotiques, crème solaire, rasoir, cup, ventoline pour l'altitude, aerius pour les allergies, bb crème, crème de jour, baume du tigre

Électronique : une tablette, une caméra waterproof type gopro, un appareil photo hybride, les batteries d'appareils, 3 cartes mémoires de secours.

Départ la veille au soir de notre chez nous pour dormir près de l'aéroport car le vol est à Paris le lendemain matin à 10:30. En bons français, nous cassons la croûte sur l'autoroute il y a déjà un air de vacances. Dernier jambon-beurre et rosette avant de nouvelles découvertes culinaires !

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Publié le 24 juillet 2019

Une première journée sous le signe des transports ! Une première navette pour rejoindre l'aéroport de Charles de Gaulle. Notre vol est à 10:30. Le bus arrive en retard déjà le stress monte ! Impossible de rater cet avion qui va m'emmener dans ce pays qui fascine tant. J'ai hâte de découvrir de plus près : les vestiges incas, les paysages à couper le souffle, les découvertes culinaires, une faune et une flore nouvelle et la gentillesse légendaire des péruviens !

Après les traditionnels contrôles douaniers, nous embarquons avec Air France pour 12heures de vol direction Lima, la capitale du Pérou, seulement pour une escale. Nous en profitons pour échanger nos euros en soles et commencer notre cure de médicaments contre le fameux soroche (le mal des montagnes) en prévention de notre séjour à Cusco dans quelques jours.

Atterrissage en douceur, nous réembarquons immédiatement pour Iquitos, ville nichée au cœur de l'Amazonie. L'effervescence de la ville nous gagne dès les premiers kilomètres: les touc-toucs se bousculent dans la nuit déjà bien noire. Nous prenons un taxi pour 25 soles qui nous dépose à notre hôtel.

Bagages déposés, nous allons prendre la température de la ville et éveiller nos papilles avec les premières saveurs péruviennes.

Après ces longues heures de voyage, un repos bien mérité s'impose car demain commence le vrai séjour !

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Notre guide pour deux jours, Jair, nous récupère à l'hôtel au petit matin. Court arrêt le long de la rivière avant de découvrir le marché local.

Iquitos vu de dos et de face... La jungle urbaine et sauvage se rencontrent 

L'empreinte olfactive et visuelle du marché local nous rappelle celle du Sénégal. Des étalages en vrac, des curiosités culinaires qui fourmillent, nous ne perdons pas une minute pour goûter les célèbres vers de coco suri.

Après ce rapide tour du marché, nous remontons à bord du bus pour mieux redescendre quelques mètres plus loin à "l'embarcadère". Ici le vrai chaos, les régulières catastrophes climatiques n'aident pas au maintien d'une belle architecture mais les déchets ne sont pas main de la nature...

Cette fois nous quittons la terre ferme pour découvrir l'Amazone au plus près. Les eaux troubles des différents affluents se mélangent en nuance de gris et rosâtre. À bord de notre 'péniche péruvienne', le regard se perd dans les profondeurs des mangroves.

Premier arrêt dans une réserve pour découvrir quelques spécimens du coin : piranhas, crocodiles et perroquets sont au rendez-vous mais nous faisons aussi la connaissance des paiches, ces énormes poissons à la bouche béante qui viennent nous saluer de très près sur le ponton.

Nous quittons cette réserve naturelle à la décoration originale pour reprendre la route vers notre lodge exotique.

Nous nous arrêtons en chemin pour rencontrer la tribu Doras. L'aménagement fait aux touristes gâche le côté authentique mais il est impossible d'accéder au cœur des tribus encore actives, établies plus loin dans l'Amazonie. Seuls quelques ethnologues privilégiés sont témoins des rites qui ont encore lieu dans cette Amazonie mystique. Nous nous contenterons de quelques discours et chants en dialecte local et des sourires des enfants. Moqueries des touristes ou joie de partager ce moment ? Nous nous joindrons quoiqu'il arrive à une courte danse.

Nous remontons à bord de notre bateau pour rejoindre la lodge et remplir nos estomacs d'un met local: racines de manioc, viande de caïman, paiche frit et salade de palmier et de maïs blanc.

Notre guide nous accorde deux heures de repos avant une nouvelle sortie dans la jungle. Cette fois nous enfilons les bottes pour braver la boue, il y a quelques jours encore la pluie s’abattait sur l'Amazone. C'est parti pour une rapide exploration des environs de l'hôtel.

Après un rapide raccourci à travers la jungle, connu de notre guide, nous débouchons sur un village où des enfants curieux nous accueillent avec de larges sourires. L'école est déjà finie depuis 13 heures, les après-midi sont consacrés à la détente ou à l'aide dans les champs. Nous en profitons donc pour visiter les locaux et improvisons une partie de foot.

Dans ce village, un autre guide prend le relai pour nous faire découvrir son jardin botanique de plantes exotiques aux diverses vertus. Ici, beaucoup de plantes naturelles sont mélangées pour obtenir des coctions hallucinogènes que les tribus utilisent lors de cérémonies chamaniques pour se connecter avec les esprits. Le guide nous donne également quelques noms de philtres d'amour réputés comme le "rompe calzon" (casse-caleçon) et nous fait gouter au vin et à la bière de la jungle.

Les rayons du soleil ne percent déjà plus la forêt d'arbres pour nous baigner de lumière. Nous nous dirigeons, non loin de là avant que la nuit ne tombe, vers une deuxième tribu qui nous attend de pied ferme pour une nouvelle danse traditionnelle et une démonstration de sarbacane. La mascotte du village est un paresseux qui ne quitte pas le tronc d'arbre servant de pilier à la maison en bois. De nouveau, les enfants se prêtent au jeu des selfies avec le grand sourire aux lèvres.

Climat tropical oblige, la nuit va vite tomber, nous retournons rapidement à l'hôtel. Je profite des dernières lueurs du jour pour capturer le coucher de soleil depuis la plateforme qui domine le paisible fleuve. La jungle est sur le point de s'endormir, pourtant les animaux sauvages des environs s'apprêtent surement à reprendre leurs droits dans cette obscurité où l'humain n'osera s'aventurer jusqu'aux premiers rayons qui perceront l'épaisse couverture des feuilles de palmiers au petit matin.

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La douce chaleur de la jungle nous réveille tranquillement ce matin. Malheureusement, nous apprenons vite que notre bateau a un problème de moteur et qu'il va falloir attendre quelques réparations pour pouvoir reprendre notre excursion. Nous avons donc le temps de profiter des infrastructures de l'hôtel Amazon Rainforest Lodge.

L'Amazon Rainforest Lodge dispose d'infrastructures confortables et d'une cuisine locale qui permettent une retraite tropicale idéale. Le cadre est posé avec les cabanons en bois recouverts de palmiers reliés entre eux par des passerelles : une piscine avec toboggan, une salle de jeux pour enfants avec des lapins trop mignons à caresser, une salle de jeux pour adultes avec billard et autres, une plateforme observatoire. Les chambres en bois sur pilotis sont très spacieuses, disposent de nombreuses prises et d'une salle de bain avec les commodités de base (la pression de la douche n'est pas très forte).


Nous passons la matinée auprès de la piscine où les papillons nous offrent un joli bal de couleurs. Difficile cependant de les capturer en pleine action !

Après cette matinée détente, notre guide nous propose de passer le temps avec une petite excursion into the wild. Nous chaussons les bottes et nous voilà parti pour un court trek dans la jungle. Le chemin que nous prenons se trouve à quelques mètres à la rame.

Les quatre sens en éveil, Jair s'arrête de temps en temps à l'affût du moindre mouvement animalier. Son œil de lynx nous étonne tous les dix mètres. Jair nous explique qu'il y a encore quelques semaines, le chemin que nous empruntons était totalement inondé, ce qui explique pourquoi nous nous enfonçons facilement dans le sol et passons pas des ponts de troncs improvisés.

De retour à l'hôtel, nous apprenons que le bateau est enfin réparé et que nous pourrons visiter le centre de sauvetage animalier après manger. De nouveau, nous mangeons local ce midi avec le riz au lait péruvien en dessert, beaucoup plus liquide et fade que le nôtre !

Milieu d'après-midi, nous partons enfin de l'hôtel avec un bateau opérationnel. Les rayons du soleil sont rafraichis par les gouttes d'eau qui nous aspergent pendant la navigation. Les locaux se déplacent eux aussi en barques.

Le centre d'accueil animalier fait son apparition. Ici, les animaux sont secourus des trafics de braconnage et remis en forme avant d'être relâchés dans leur milieu naturel. L'occasion pour nous d'approcher de près ces animaux exotiques.

Paresseux, perroquets, tortues alligators, ocelots, serpents et singes en tout genre se retrouvent aux prises des braconniers.

Après ces rencontres sauvages, nous reprenons le large pour un nouveau village. Ici, des toucs-toucs nous emmènent à la maison aux papillons. Une course effrénée commencent dans les rues très étroites. Nous retenons notre souffle à chaque manœuvre de peur de chavirer à tout moment.

La visite de la maison aux papillons est très rapide: seulement une petite volière regroupant les différents stades d'évolution de la chenille au papillon. C'est un retour en enfance que nous effectuons en admirant ces différentes étapes : larve, chrysalide ou cocon et papillon. Tout ce mal pour seulement quelques heures de vie... les mystères de la nature s'apprécient réellement à chaque moment !

Demi-tour en touc-touc pour rejoindre notre bateau "amarré" au port local. Nous retournons à Iquitos pour une rapide visite avant de reprendre l'avion pour une escale à Lima.

Capitale de la région Loreto, la ville d'Iquitos est uniquement accessible par voie fluviale et aérienne ce qui la rend si atypique. Après avoir été construite par les colons en quête de l'El Dorado et avoir vécu ses heures de gloire grâce au caoutchouc, Iquitos compte aujourd'hui sur le tourisme pour survivre. Au cœur du centre, se trouve une maison en fer, imaginée par Gustave Eiffel lors de l'exposition internationale de Paris en 1889.

La nuit tombe et nous voilà prêts à décoller pour Lima où nous ferons une escale nocturne avant notre prochaine étape : Cusco ! Nous dormons dans un air BnB bien côté. Les chambres sont spacieuses et les équipements ne manquent pas, malheureusement la chambre côté route ne permettra pas de passer une nuit tranquille. Dans les rues de Lima, l'agitation est de mise à toutes heures et les nombreux chiens perturbent par intermittence le sommeil.

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Nous décollons au petit matin pour Cusco, l'ancienne capitale de la civilisation inca. Ici, les paysages ont radicalement changé : les montagnes environnantes enveloppent la ville à la disposition perchée, nous nous trouvons à 3400 m d'altitude ! Les températures ont, elles, radicalement baissé même si le soleil perce à travers les nuages.

Après avoir déposé nos bagages à l'hôtel Kimsa, nous allons explorer le centre historique en quête de pulls péruviens pour nous réchauffer lors les randonnées qui nous attendent ces prochains jours. Déjà, nous sommes quelques peu saisis par le mal des montagnes, un léger mal de tête fait son apparition et chaque escalier pris nous semble difficile à grimper.

La ville de Cusco me séduit immédiatement par ses ruelles de pierres escarpées qui abritent de multiples boutiques de souvenirs. Il faut se faufiler dans l'enfilade de marchés artisanaux pour espérer trouver la bonne affaire ! Ci et là, les ruelles finissent par déboucher sur des petites places carrées. Après avoir arpenté de nombreux magasins, nous arrivons enfin à l'imposante place des armes.

La place des armes encadrée d'imposants édifices 

Pause goûter avant d'arpenter encore les rues avant la tombée de la nuit qui se fait tôt à ce moment de l'année: c'est l'hiver ici ! L'occasion de découvrir la passion des péruviens pour les gâteaux à l'américaine dans le salon de thé très sympa La Valeriana qui se veut "chic à la française". Profiterole géante pour moi et quiches aux champignons pour les autres !

Le soleil couché, la fraicheur des montagnes nous saisi rapidement. Nous continuons notre exploration des marchés artisanaux qui eux ne semblent jamais dormir. Les télénovelas font office de musique de fond dans les stands tenus en famille en attendant le passage des touristes qui voudront bien jouer le jeu des négociations et acheter quelques souvenirs. Les enfants prennent déjà le pli des parents et viennent négocier en amont puis lorsque l'affaire est presque pliée, les adultes se tirent mystérieusement de leur sieste en réapparaissant des arrières boutiques ou des cachettes sous les étals de pulls et bonnets péruviens !

Avant de rentrer à l'hôtel, nous profitons d'un aperçu de Cusco de nuit qui est toute aussi jolie: les lumières des collines voisines posent une atmosphère féerique même si celles de la ville viennent éblouir les photos !

Ce soir nous mangerons rapide car nous devons dormir un maximum pour affronter la journée de demain consacrée à la randonnée de la montagne arc-en-ciel. Nous choisissons une pizzeria dans la rue de nôtre hôtel Choqechaka qui prépare avec soin notre commande au feu de bois ! Un régal avant de se blottir sous les couettes épaisses.

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Levés aux aurores ce matin (4h) pour aller admirer les montagnes arc-en-ciel. Dur dur de sortir du lit aussi tôt surtout qu'il fait froid en plein milieu de la nuit ! Nous descendons récupérer nos petits déjeuners à emporter et attendons sagement l'arrivée du guide.

De peur de louper son arrivée, je sors dans la rue prendre la vraie température et je découvre une véritable fourmilière touristique ! Les guides et les minibus se suivent à la queue leu-leu et s'arrêtent presque tous les deux mètres pour récupérer leurs clients au compte goutte. C'est un vrai ballet qui se joue dans les rues très étroites de Cusco: les minibus vont et viennent dans l'impasse pavée en effectuant des manœuvres très précises. Je patiente devant ce spectacle nocturne sans que personne ne vienne me solliciter. Finalement tout le monde semble avoir été pris en charge sauf nous... Il faudra encore patienter avant que notre guide fasse son apparition l'air perdu. Apparemment il ne connaissait pas l'hôtel... Soit, nous rejoignons à pied notre bus qui était trop gros pour passer. Nous pensons pouvoir nous laisser bercer dans l'obscurité pendant les quelques heures de route qui nous sépare du début du parcours des montagnes arc-en-ciel mais au bout d'une demi-heure un jeune garçon vient perturber nos plans...

Mal des montagnes ou le mal des transports, nous ne saurons pas le fin mot de l'histoire, mais sur ces routes délabrées remplies de nid-de-poule avec une vitesse de croisière supérieure à celle de notre adaptation à l'altitude, difficile de contenir le petit déjeuner avalé...

Enfin, les routes s'estompent et la neige apparaît timidement. Nous approchons du but après un arrêt petit-déjeuner.

La piste s'arrête au milieu des montagnes, le reste se fera à pied. A peine sorti du bus, la tête tourne et certains estomacs, eux, sont retournés. Ma sœur est prise de haut-le-cœur et ne pourra effectuer la randonnée, incapable de contenir le soroche. Nous la laissons à regret dans le bus avec quelques sols pour prendre un cheval si elle venait à se sentir mieux. Quant à nous, nous nous armons de courage pour les quelques kilomètres qui nous séparent du sommet qui culmine à 5200m. Des locaux attendent au pied du sentier, accompagnés de chevaux pour minimiser les efforts des touristes.

C'est un drôle de spectacle à observer tout au long de l'ascension : ces bouts d'hommes et de femmes sont épatants de volonté, ils grimpent et descendre à une vitesse phénoménale le dénivelé abrupt, parfois presque pieds nus et sans le moins essoufflement. La première partie du parcours se fait sans encombres, la neige tombe un peu, nous craignons de ne pas pouvoir apercevoir les magnifiques couleurs de l'arc-en-ciel...

Les dernières centaines de mètres demandent beaucoup d'énergie que nous puisons avec l'aide de la corde aménagée pour atteindre le point de vue spectaculaire ! Le brouillard se dissipe et les rayons de soleil viennent saluer notre effort, juste le temps de prendre quelques photos. Nous faisons tamponner notre passeport comme preuve de notre exploit.

Requinqués par la vue époustouflante, nous essayons de rejoindre au plus vite ma sœur qui doit bien se sentir seule. Quel dommage d'avoir râté un tel spectacle, nous accentuerons la difficulté de l'ascension pour ne pas qu'elle soit trop déçue. Lors de la descente, je demande à plusieurs locaux combien de fois ils enchaînent les aller-retours par jour. Pudeur d'un peuple très courageux ou crainte des touristes, je n'obtiendrai pas d'autres réponses que "solo una vez señora".

Sur le chemin du retour en bus, des troupeaux d'alpaca paissent paisiblement 

Nous nous arrêterons au même endroit pour déjeuner, cette fois-ci c'est l'estomac vide que ma maman reprendra la route, le soroche aura eu raison d'elle à la fin de la randonnée. Nous regagnons Cusco dans l'après-midi pour profiter des dernières heures de lumière. Nous en profitons pour acheter un billet touristique pour notre excursion du lendemain en quad et réserver une autre pour visiter la vallée sacrée deux jours plus tard.

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Après une journée éprouvante physiquement, c'est sous le signe de la détente que nous entamons une nouvelle exploration de Cusco avec une virée en quad dans la campagne péruvienne prévue dans l'après-midi.

Nous commençons par déambuler dans les rues pavées de Cusco en quête de nouveaux souvenirs à chiner. Dans les ruelles étroites qui relient différentes mini places, des volontaires s'activent pour garder les murs propres : huile de coude et brosses à dents pour décoller minutieusement les éventuels malpolis qui collent des chewing-gum sur les parois.

Au détour d'une place au panoramique avantageux, nous décidons de répondre à l'appel des rires enfantins qui éclatent derrière l'enceinte d'une école aux portes et aux fenêtres bleues qui surplombent les escaliers de la place. Nous sommes gentiment invités à entrer tout en restant discrets. Ici, les valeurs éducatives sont affichées fièrement aux deux extrémités de la cour intérieure : dieu, patrie et travail, discipline, étude et sport.

Nous ressortons de ce havre niché pour continuer notre expédition pédestre dans les ruelles, direction les anciennes fortifications de la ville. En chemin, nous nous arrêtons au palais de justice et dans de nouvelles boutiques qui longent les ruelles pavées.

Au sud de la ville, d'anciennes ruines incas témoignent de l'existence de ce peuple même s'il faut s'imaginer qu'avant l'arrivée des colons, le tout était orné d'or. Aujourd'hui c'est au musée Qorikancha construit sur les fondations de l'ancien temple du soleil que sont racontés ces histoires.

Nous terminons notre sortie urbaine pour regagner le lieu de rendez-vous pour une après-midi quad.

Curiosités dans les rues de Cusco
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C'est tout d'abord un bus qui nous emmène au lieu où nous nous entraînerons trois quart d'heures à la prise en main du quad individuel avant de s'aventurer dans la campagne péruvienne à la découverte de sites insolites : Moray et ses terrasses incroyables et les salines nacrées multicolores de Maras. En dehors de la ville, rien n'est achevé niveau construction, à l'image d'Iquitos, beaucoup des bâtiments en tôle sont rafistolés à l'huile de coude.

A peine arrivées, nous sautons sur nos quad, tous excités de vivre de belles sensations dans les vallées du pays. Accompagnés de quelques autres touristes, nous sommes les plus habiles lors de cet entraînement et nous agaçons un peu de voir la queue de peloton à la traîne.

 Des plaines et collines auburn encadrent notre route vers le site archéologique de Moray

Arrivées à Moray, nous abandonnons nos casques pour visiter un lieu spectaculaire. En contrebas trois cirques se dessinent en plusieurs lignes concentriques étagées : les fameuses terrasses incas nous offrent une belle illusion d'optique. Au delà de leur singularité esthétique, ces terrasses étaient le théâtre de recherches agricoles au temps des incas. Ces derniers testaient différentes plantations à chaque terrasses elles-mêmes variantes en températures constituants ainsi des microclimats propices à la polycuture.

Après avoir fait retomber l'adrénaline, nous reprenons les quad pour découvrir un nouveau site tout aussi unique : les salines de Maras. C'est après avoir déposé les quad que nous rejoignons le chemin abrupte en minibus pour admirer en surplomb les quelques 4500 puits nacrés de sel. Le guide nous explique que chaque cavité est répartie entre 800 familles et est constituée de strates de sels dont chaque type a différentes vertus.

- La première couche est celle du sel blanc de cuisine, fidèle compagnon de table servant d’assaisonnement à nos mets aussi bon pour le diabète.

- La seconde couche récupérée est du sel gris utilisé pour les viandes et autres plats.

- Enfin la dernière couche est du sel marron uniquement utilisé à des fins médicinales lors de cérémonies ancestrales pour lutter contre le vieillissement et notamment les rhumatismes.

Il va sans compter que le sel recueilli ici est exploité sous toutes ces formes pour notre plus grand bonheur, et celui de notre guide Edgar qui en raffole, nous dégustons une tablette de chocolat au sel de Maras, on ne peut plus local. Une dernière fois avant de regagner Cusco, nous admirons les différents tâches carrées se brunir au coucher du soleil.

De retour à Cusco, c'est une parade villageoise qui nous accueille en fanfare, la ville est en fête et nous en profitons pour suivre le cortèges de danseuses et musiciens jusqu'à la place centrale où nous croisons les célébrations d'un mariage. Enfin, nous rejoignons notre hôtel où nous prenons congé tôt car demain le mystique Machu Picchu nous livrera ses secrets dès l'aube.

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Réveil plus que matinal en cette 7ème journée qui sera aussi la visite d'une des 7 nouvelles merveilles du monde : le mythique Machu Picchu !

C'est donc aux aurores, plus précisément à trois heures, que nous nous levons car la route est longue pour gagner le célèbre temple du soleil. La première étape se fait en deux heures de bus jusqu'à la gare d'Ollantaytambo où nous attendons patiemment l'arrivée du train comme Harry Potter attend le Poudlard express vers des contrées inconnues ! La nuit est encore présente mais une organisation méticuleuse nous installe bientôt à bord du Perurail, le train qui nous conduira jusqu'au village d'Agua Calientes où nous devrons prendre une navette jusqu'au pied du site archéologique.

Notre condor 2.0 aux fenêtres panoramique nous offre un beau spectacle pour rejoindre les cités d'or 

Nous avons choisi la version express de visite du Machu Picchu faisant l'impasse sur le célèbre Inca trail qui permet de gagner le site en randonnée pédestre de 2 ou 4 jours (38km). Même si nous sommes de bons randonneurs, notre programme très chargé pour découvrir le Pérou du nord au sud ne permet pas de sacrifier ces journées pour seulement quelques heures de visites. Alors nous ouvrons grand les yeux pendant l'heure de train qui nous sépare du pied de la "vieille montagne" sacrée.

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Arrivés à Agua Calientes, la ville n'a que peu d'intérêt : beaucoup de restaurants attrape-touristes et d'hôtels pour ceux qui souhaitent passer la nuit près du mont mythique viennent gâcher ce sanctuaire inconnu il y a encore quelques centaines d'années, tourisme de masse oblige... Même la pâtisserie française s'est invitée à 2500 m d'altitude, c'est dire... Un parcours de sculptures vient cependant embellir les quelques rues de cet oasis urbain et un très grand marché permet de s'occuper en attendant les navettes qui vont et viennent entre la gare et l'entrée du site archéologique.

L'heure de notre embarquement a sonné, la hâte se fait sentir à mesure que nous sillonnons les lacets du flanc montagneux. J'imagine, de mon côté, l'émotion ressentie de voir, au bout de 4 jours de randonnée en pleine nature, pointer le sommet de la montagne sacrée au loin et s'approcher d'heures en heures du site mythique .... mais il faut que je me rende à l'évidence je n'aurai pas la satisfaction physique d'avoir mérité ce petit bout de paradis. De toute manière, nous croisons des marcheurs qui coupent le chemin de gravier monter les escaliers escarpés, il n'est pas dit qu'il existe un chemin fabuleux qui conduit aux cités d'or à l'heure où le tourisme de masse fait rage. C'est donc armée de mon appareil photo que je descends du bus au bout d'un chemin praticable pour espérer capturer toute la grandeur du mont inca.

Nous serons accompagné d'un guide pendant 3h pour visiter ce lieu protégé par l'UNESCO... Le sentier commence par une plaque en hommage à celui qui a rendu visible cette cité enfouie sous la jungle en 1911, Hiram Bingham, qui était alors sur les traces d'une autre cité perdue. Puis, quelques escaliers montés plus tard, nous atteignons les 2430m de la fameuse colline et voyons apparaître sous nos yeux l'indescriptible muse inca.

La visite peut commencer, beaucoup des informations données sur les différents rôles des zones relèvent de la spéculation car le Machu Picchu reste encore aujourd'hui entouré de beaucoup de mystère. 8 chemins convergent en ce carrefour qui fut peut-être un lieu religieux, politique ou administratif ? Peut-être les trois à la fois ! Sous nos yeux, ce sont les ruines d'un véritable village qui pouvait accueillir toute une communauté sous l'égide d'un empereur : Pachakuteq, pense-t-on... qui nous murmure des histoires.

Constructions qui pouvaient abriter des bains cérémonials 
On immortalise la vue spectaculaire

La visite se poursuit entre les ruines et le temps passe vite sous ce soleil splendide, nous essayons de profiter encore un peu plus et improvisions une chorégraphie sous les airs du célèbre générique des cités d'or qui résonnent dans l'écho de la montagne.

Enfant du soleil

Tu parcours la Terre le ciel

Cherches ton chemin

C'est ta vie c'est ton destin

Et le jour la nuit

Avec tes 2 meilleurs amis

A bord du grand condor

Tu recherches les Cités d'Or

Ah. Ah ah ah ah ah ah...

Esteban, Zia, Tao, les Cités d'Or"

Au cours de la visite, nous en apprenons un peu plus sur les talents d'architecte des Incas. Ces derniers n'utilisaient pas de mortier pour leur construction et taillaient la pierre en la lançant du haut des falaises en la laissant se fracasser contre le sol plus bas. Les débris étaient alors récupérer et empilés avec la meilleure disposition de tetris possible pour un style optimal. Ingénieux ces incas !

On pense qu'environ 500 personnes pouvaient être accueillis dans ce village terrassé. En contrebas, de forme arrondie trône le temple du soleil où l'on pense que les incas étudiaient l'astronomie.

Un peu plus loin, une plaine où aujourd'hui les lamas se prélassent au soleil, faisait peut-être office de place centrale séparant la zone résidentiel et artisanale de la zone religieuse du site.

Enfin, au bout du parcours qui sépare les courageux qui poursuivent la montée de 1000 marches pour atteindre la deuxième montagne des plus paresseux, qui rebroussent chemin, se trouve l'un granite taillé qui épouse les reliefs de la montagne d'en face.

C'est ici que les plus téméraires présentent leur ticket pour la montagne jeune : Huayna Picchu

Après avoir aperçu les fourmis humaines sur le flanc de la deuxième montagne et s'être remplis d'image de ce site mythique, il est temps d'entamer la fin de la visite pour un retour à Agua Calientes.

Étonnants amas de pierres taillées qui ont essuyé les ravages de la nature et du temps

L'après-midi déjà, bien entamée, se fait à Agua Calientes à la recherche d'un bon spot pour manger mais les restaurants proposant tous ou presque la même carte nous préfèrerons flâner plus longtemps au marché couvert en quête de bonnes affaires en attendant le train retour. Des sources chaudes naturelles sont aussi proposées aux touristes mais ne pouvant apercevoir le lieu sans payer, nous préférons faire l'impasse par crainte d'une arnaque.

Le chemin du retour est moins long, assommés par la grandeur de la journée, nous piquons un somme dans le train et dans le bus retour.

Le soir à Cusco nous nous reposons tranquillement pour affronter la riche journée du lendemain qui nous dévoilera un peu plus les secrets de la vallée sacrée avec de nouveaux sites archéologiques à découvrir.

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Nouvelle journée riche en visite. Aujourd'hui nous partons à la découverte de la vallée sacrée aux alentours de Cusco.

La journée démarre bien entendu avec un quiproquo monumental. Au pied de garde devant l'agence qui nous a vendu l'excursion, nous attendons l'arrivée d'un bus, d'un guide... mais rien au bout d'une demie heure... Heureusement, nous avons un numéro de téléphone pour contacter quelqu'un qui répond du tac au tac...

Pendant ce temps, défilé militaire sur la grande place

Un guide finit par pointer le bout de son nez et sans vérifier notre billet, nous emmène sur une place à quelques centaines de mètres de là... Un bus nous attend et nous grimpons dedans, au fur et à mesure d'autres touristes viennent compléter les sièges mais nous comprenons vite qu'il s'agit d'une excursion pour le Machu Picchu que nous avons fait la veille... Désabusés, nous pensons manquer notre vraie excursion et raboulons dare-dare au bureau de l'agence et rappelons notre vendeuse qui nous promet que quelqu'un va venir nous chercher rapidement.

Effectivement, quelqu'un arrive et c'est un nouveau bal de touristes qui s'opère sur une nouvelle place de Cusco. Je m'entretiens avec notre guide de la journée Julio César quant à nos attentes et nos craintes de ne pas pouvoir faire tout ce qui nous était promis dans l'excursion vu l'heure. Celui-ci s'excuse avec son sourire orné d'un appareil dentaire et m'assure qu'il fera tout son possible pour rattraper le retard et combler nos demandes.

Nous voilà enfin donc parti sur la route de Pisac, notre premier arrêt visite.

Grâce aux explications de Julio César, nous en apprenons plus sur la construction des villes inca. Pisaq, comme beaucoup d'autres sites de la région ont été commandité par Pachacuteq, l'empereur inca qui a réussi à unifier une bonne partie de l'ouest de l'Amérique latine. Le site est décomposé en trois zones : militaire, religieuse et celle du peuple. Comme beaucoup de ses œuvres, Pisaq a été conçue en forme d'animal. Ici c'est en forme de perdrix qu'il a imaginé le site disposé en terrasses vertigineuses.

Site archéologique de Pisac 

Après ces explications, nous avons un peu plus d'une heure pour découvrir un peu plus le site et décidons de grimper pour une vue encore plus spectaculaire. Le site est très escarpé et sans fléchage, nous nous dispersons un peu et perdons le fil, je m'aventure sur une voie parallèle à ma famille mais qui semble être sans fin avant de consulter ma montre et de rebrousser chemin. Sur le flanc d'une colline voisine, des cavités semblent avoir été créées par des fourmis géantes; il s'agit en réalité de tombes profanées et pillées par les colonisateurs.

L'heure de fin de visite a sonné, je rejoins le parking pour voir ma mère et ma sœur en pleine négociation d'un jeu d'échec en bois. La bonne affaire pointe le bout de son nez tout comme notre guide, qui s'impatiente de l'arrivée des derniers du groupe. Lui qui nous avait appelé les "puma" en début de journée, se rabaisse aux "tortugas" = "tortues" en espagnol.

Etals artisanaux au pied du site archéologique 

Nous reprenons la route pour le centre de Pisac et pendant que le groupe visite une bijouterie, nous avons négocié avec notre guide pour nous balader librement dans le célèbre marché central. Nous sommes ravis de ces quelques minutes de bonheur à l'affût des bonnes affaires !

Le très vivant marché de Pisac qui propose toutefois les mêmes souvenirs que dans les autres villes de la vallée de Cusco 

C'est un grand marché comme nous les aimons mais nous sommes bientôt pris dans une autre effervescence ... celle d'un mariage dont le cortège sort de l'église du village. Comme si nous y étions invités, nous nous glissons dans les rangs des convives en dansant nous aussi au rythme des trompettes des mariachis.

L'heure de rejoindre le groupe est déjà arrivée. A regret nous quittons cette fête pour aller nous restaurer avant d'entamer la deuxième partie de la journée. Nous profitons du célèbre "menu buffet touristique" dont nous commençons à nous lasser avant de reprendre la route pour Ollantaytambo. Sur la route nous croisons une statue de puma qui représente la ville de Cusco et sur le toit des maisons, nous remarquons de petites statues de taureaux en argile. Julio César nous explique qu'ils symbolisent la protection, la fertilité et la prospérité pour le foyer qu'elles abritent. Auparavant c'étaient des lamas qui étaient à leur place mais avec l'arrivée des colons espagnols ils ont été échangé par des taureaux et une croix chrétienne.

Les taureaux de Pukara et le puma symbole de puissance 

Ollantaytambo est un autre grand site archéologique imaginé cette fois en forme de lama. De nouveau nous sommes submergés par la hauteur des lieux et prenons notre courage à deux mains pour grimper tout en haut des terrasses.

La magie inca s'offre à nous, un arc-en-ciel fait son apparition... part-il de Chinchero comme la légende le veut? 

Les informations données par Julio César sont de nouveaux très intéressantes: Ollanta fut jadis une forteresse pour les incas fassent aux conquistadors et grâce aux réserves de nourriture aperçues sur le flanc de la montagne voisine (à côté de la pierre taillée en forme de visage des cavités permettaient de ventiler et stocker les réserves de nourriture) et la position stratégique en cuvette du lieu, ces premiers ont pu gagner le combat. Il nous explique également une autre méthode de taille de pierre par infiltration de la roche par un bout de bois gorgé d'eau qui finissait par craqueler la pierre. Enfin, ce fut également un grand temple comme nous pouvons le voir après avoir grimper les quelques 400 marches.

Au sommet, des pierres de 40 tonnes surplombent la vue vertigineuse...Comment sont-elles arrivées là?
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La nuit tombera bientôt mais nous avons un dernier arrêt à faire à Chinchero. Nous déposons quelques membres du groupe qui ne reviennent pas à Cusco et poursuivons la route dans le petit village qui abrite une église très singulière. Le soleil se couche, le chemin jusqu'à ladite église se fait à pied dans les ruelles pavées du village mais arrivé en haut la vue nous coupe le souffle : l'occasion d'observer en silence le relai du jour et de la nuit.

Chinchero 

L'entrée de l'église se fait avec quelques indications de notre guide, restons discrets sur les photos car il faut préserver ce bijou artistique...

La nuit est bien là pourtant il nous reste une dernière visite au programme celle d'une teinturerie. L'hôte est très enthousiaste et drôle. Elle nous explique comment est traitée et teintée naturellement la laine de lama. Un vrai régal de voir ce savoir-faire en action.

La laine est d'abord lavée et séchée avant d'être teinte et rassemblée en fil fin 

La journée s'achève par un bon repas dans un restaurant andin où nous goûterons à la spécialité locale : le cochon d'inde plus connu ici sous le nom de "cuy"! Un groupe de musicien vient accompagner cette dégustation autour d'un apéro local : le pisco sour !

Ce soir, je m'endors en pensant que cela fait déjà une semaine que nous sommes au Pérou et que nous avons déjà tant fait... Iquitos et Cusco ont été un véritable coup de cœur, je me demande ce que nous réserve encore comme surprise les deux prochaines semaines.

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Publié le 25 mars 2020

Journée de transport en perspective avant la prochaine excursion phare de ce périple péruvien : le lac Titicaca. Vol interne et taxi pour arriver à notre auberge de jeunesse. Les bagages à peine posés, nous allons dégourdir nos jambes avant que la nuit ne tombe. Ici, nous retrouvons une ville moins accueillante que Cusco : beaucoup de travaux sont en cours et l'allée commercial n'a rien de bien typique.

Pause goûter d'une galette typique bien sucrée 

La journée touche déjà à sa fin quand nous décidons d'aller voir le lac de nuit... Nous tombons sur un marché typique digne d'Iquitos... ou plutôt atypique !

Ici, se mêlent de drôles de stands : les traditionnels fruits, légumes, viandes et poissons mais aussi des couverts en plastique, du pop-corns... il y en a pour tous les goûts !

Le froid nous saisit, nous décidons de rebrousser chemin (car oui les routes sont tellement défoncées que l'on peut parler de chemin) et nous mettons en quête d'un restaurant.

Cette journée peu intéressante se soldera par un fiasco total avec le choix du restaurant. Nous mangerons donc en décalé et en payant un menu de moins au vu du mauvais service. Nos regards se croisent avec d'autres touristes qui eux non plus ne sont toujours pas servis !

C'est dans le froid que nous regagnons notre chambre en espérant que la magie du lac Titicaca nous gagnera le lendemain.

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C'est transis de froid que nous nous levons en cette matinée. Après avoir pris un petit déjeuner avec les nouvelles du jour qui indiquent que Lima subit un pic de pollution, nous nous affairons à rassembler nos bagages. Notre guide du jour vient nous récupérer à l'auberge de jeunesse et c'est entassés dans un minibus avec nos valises que nous nous dirigeons vers l'embarcation qui nous conduira sur les îlots de Titicaca.

Au port, le soleil nous réchauffe vite. Après quelques explications du capitaine, nous voguons vers le village flottant d'Uros. Le lac Titicaca, partagé entre la Bolivie et le Pérou, aurait selon les croyances, la forme d'un puma chassant un lapin d'où son nom "titi" = "puma", nous nous entraînons également à la prononciation très particulière de "Titicaca" qui ressemble davantage à "Titikrakra". L'origine du monde inca viendrait de ce lac où le premier dieu créateur Viracucha aurait surgi.

Après avoir passé les premiers mètres de navigation, nous sommes autorisés à mettre le nez dehors. 

Nous naviguons dans le labyrinthe de la plante qui constitue principalement les îles artificielles : la totora. C'est grâce à ce roseau jaune que flottent les quelques villages présents sur le plus grand lac en volume d'Amérique Latine et surtout le plus haut du monde. Mais c'est bien là tout ce qui reste de la culture Uros car une fois le sol foulé, nous nous apercevons rapidement que cette excursion est plus là pour appâter le touriste.

En effet, même si l'on est témoin de la sobriété des lieux, les véritables habitants Uros ont disparu depuis bien longtemps de la surface du lac Titicaca au profit des Aymara. Ces derniers nous accueillent avec le sourire et l'espoir de nous vendre de petits souvenirs fait main. Nous apprenons qu'il y a 3 écoles primaires flottantes mais qu'arrivés au collège, les enfants doivent rejoindre le large à Puno pour étudier. L'îlot que nous visitons est tenue par la cheffe Mariela qui nous explique comment flottent leur habitation par amas de totora qui est renouvelée au fur et à mesure de l'usure naturelle mise par dessus une base de terre humide coupée et rassemblés en îlot.

Les explications sont vite perturbées par l'hilarité lorsque les cadets du villages viennent nous saluer... l'une des petites villageoises décide même incognito de soulager un besoin naturel pensant être cachée par une botte de totora !

Les aymana nous offre un chant traditionnel haut en couleur, comme leur vêtements.

Nous visitons les cabanes de roseaux et sommes invités à embarquer à bord des bateaux de totora à têtes de puma, symboles du lac. Nous apprendrons plus tard qu'il faut en réalité payer un petit extra de 10 sol par personne... Ce qui ne représente pas beaucoup mais il faut encore payer les toilettes là où nous nous rendons et le café 7 sol ... Bref nous comprenons vite le business environnant. Nous attendons patiemment le reste du groupe qui n'a pas pris l'embarcation phare du lac et arrive en bateau à moteur pour nous récupérer.

De retour vers Puno, j'imagine un temps où le tourisme de masse ne frappait pas et où les véritables traditions étaient de mise. Toutefois, nous ne pouvons rien enlever à la magie du lieu et au contraste de couleur entre les habitants, l'eau, la montagne et la totora jaune. Le temps s'est couvert, nous ne profitons pas autant de la traversée du lac qu'à l'aller et devons nous abriter pour prendre le déjeuner. L'après-midi sera court puisque nous devrons prendre notre premier bus de luxe à 15h... Juste le temps d'être abordée par deux étudiants sur le marché du port et hop nous regagnons la gare routière.

Le temps est couvert, nous sommes contents de profiter du confort du bus... Mais c'est sans compter sur l'incivilité de certains péruviens qui décident de regarder leur télénovelas à fond sans écouteurs... Nous avons pourtant à disposition des écrans individuels pour ce premier bus de Cruz del Sur, un goûter, un lit couchette pour piquer un somme... Tout pour passer le temps jusqu'à Arequipa, prochaine escale de notre périple.

Dernier coup d’œil au lac Titicaca 

La nuit est déjà bien tombée lorsque nous sommes arrêtés à une douane de province. Ici, on nous demande d'abandonner nos fruits... Un groupe de péruvien se rebelle et nous faire perdre du temps... pour enfin abdiquer.

Nous arrivons à Arequipa de nuit... L'hôtel est confortable, nous espérons découvrir une belle ville loin de la médiocre Puno et sommes prêts à affronter la journée de demain.

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Publié le 27 mars 2020

C'est avec un réveil brusque que nous entamons cette journée, des travaux ont lieu non loin. Extirpés de notre sommeil, nous nous dirigeons au petit déjeuner très copieux de l'hôtel même si nous ne dégustons pas leur fameux pancakes. L'hôtel Villa Sillar dispose d'un cadre très accueillant avec patios intérieurs mais nous devons vite faire nos bagages pour profiter de cette journée visite d'Arequipa, ville du celèbre auteur Mario Vargas Llosa.

Cette belle matinée ensoleillée commence par une balade dans les rues de la ville. Au détour de la place San Francisco, nous sommes happés par un marché intramuros.

Notre ticket d'entrée en poche pour 40 sol (-50% pour les étudiants), nous découvrons ce couvent qui accueille encore aujourd'hui des nonnes pour 4 ans minimum. La visite démarre par une exposition de diverses œuvres avant de passer dans le couloir du silence et à une enfilade de patios très colorés et agréables.

Nous errons paisiblement entre les différents patios à la découverte de chaque habitation de cette véritable ville dans la ville.

Le couvent est disposé comme un vrai petit village aux noms de rue de villes d'Espagne et presque chaque habitation dispose d'une chambre et d'une cuisine personnelle.

Nous ressortons de ce labyrinthe pour nous diriger vers les bains et le lavoir extérieur... et terminons par un superbe panorama d'Arequipa. Nous nous apercevons que le couvent est plutôt confiné dans la ville et occupe une petite superficie comparé au ressenti en le parcourant à pied.

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Nous ressortons en début d'après-midi et continuons notre exploration d'Arequipa par la place centrale : l'impressionnante place des armes encadrée à la manière des grands-places du Nord par d'imposants édifices.

L'estomac repu après une pause déjeuner, nous nous éloignons du centre en direction de la maison de Vargas Llosa. En s'éloignant, les édifices spectaculaires se font plus rares, et les travaux plus présents. Nous arrivons dans un quartier plutôt chic : le hollywood péruvien peut-être ?

Malheureusement après plusieurs kilomètres de marche, le musée des beaux-arts et la maison de l'écrivain sont déjà fermés... Les visites au Pérou doivent se faire assez tôt. Nous rebroussons chemin pour regagner le centre ville en tombant sur de gros œuvres qui nous rappelle Puno. Nous nous aventurons dans un hypermarché local qui consiste plutôt en de minuscules boutiques rassemblées dans un grand hangar mais force est de constater qu'il est possible de trouver absolument TOUT !

Après s'être attardé longuement sur les échoppes, nous regagnons la place des armes où nous nous arrêtons un moment pour écouter l'orchestre qui joue puis pour une visite de la cathédrale en attendant notre bus de nuit qui nous conduira à Nazca le lendemain.

Avant de se rendre à la gare routière, nous dégustons un très bon mexicain juste à côté de l'hôtel où nous avons déposé les bagages : Vive mexico. Rien de tel pour préparer notre première nuit à bord du bus. De nouveau nous avons droit à une couverture, un encas et un écran à disposition mais là où après une journée harassante de marche, nous aimerions nous reposer, nous allons passer l'une des plus terribles nuits...

Un petit conseil : La compagnie Cruz del Sur est l'une des bonnes compagnies de bus touristique mais faites attention à réserver les places situées au rez-de-chaussé du bus car, à l'étage, c'est une attraction Disney de 9heures que nous avons subi entre le fracassement des portes-bagages et les secousses dus à la route accidentés beaucoup plus ressenties à l'étage du bus. De plus, il y a beaucoup moins de passagers en bas ce qui limite le risque de tomber sur des gens irrespectueux de la tranquillité du voyage. Enfin, si vous le pouvez, certains bus ayant des écrans collectifs : entrez en premier pour pouvoir baisser le son des enceintes individuelles... Nous avons adopté cette stratégie au bout du 4e trajet pour une optimisation du calme.