Carnet de voyage

De Toulon à Malaga

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Sur la route de l'Atlantique, depuis Toulon vers Malaga sur le catamaran Karlana IV, Lagoon 440 de 2010...
Du 1er juillet au 28 août 2022
59 jours
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Publié le 1er juillet 2022

Après des semaines et des mois de préparation on a enfin largué les amarres du port Pin Rollant à Toulon. Une première étape courte pour un mouillage devant Bormes les Mimosas après un trajet dans un vent d'ouest soutenu. Des pointes à 10 noeuds et un passage devant Porquerolles sans s'arrêter. il faut dire que l'objectif est d'aller à St Florent en Corse pour charger les affaires des équipiers qui nous accompagneront sur la transat...

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Publié le 2 juillet 2022

En route pour St Tropez contre un petit vent, je reçois un SMS de l'ami Pierre. Il termine un convoyage d'un Garcia de 16m, convoyage commencé l'an dernier depuis les Pouilles vers Sete.

Ils ont traversé de Corse sur la Napoule hier. Ils étaient contre le vent fort et les grosses vagues qui nous ont poussé de Toulon au Cap Benat. Malgré la fatigue, ce matin ils étaient partis de la baie de Cannes pour l'île des Embiez.... Inévitablement nous les avons croisés en baie de Cavalaire. On a pu naviguer bord à bord quelques minutes, discuter avant que chacun ne reprenne sa route.

On est allés à Pampelonne attendre le vent pour la Corse...

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Publié le 4 juillet 2022

On devait aller à St Florent récupérer les affaires de Jacques et Godefroy qui vont nous accompagner sur la transat.

Départ de Pampelonne dimanche à 15h. Une pointe à 8,4nds (la legende) puis petit vent de travers. Je sors le code D, immense voile d'avant qui nous propulsé à 90% de la vitesse du vent.

On glisse entre 5 et 7 nds sur une mer plate. Avec une telle voile on dépasse tous les bateaux engagés sur la traversée vers la Corse.

La nuit impose de remettre le génois mais Eole reste avec nous et je zigzags entre les ferry à bonne allure.

Au matin, on est au large de Calvi. J'ai fait la nuit en solitaire comme un solitaire.... sommeils de 30 minutes qui se succèdent. Pas de problème. Je peux faire le Vendée Globe. Mettons "je pourrais"!!!

A 11h le désert des Agriates nous tend les bras avec ses plages blanches aux eaux turquoise et.... désertes!

Arrivée à St Florent vers 16h30. Apero puis dîner chez Dr Godefroy.... mais ce sera une autre histoire.

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Publié le 9 juillet 2022

Bon, je suis parti pour traverser l'Atlantique. Je ne vais pas individualiser toutes les plages de Corse où nous nous sommes arrêtés. Je vous fais un paquet de trois jours...

Toujours est-il que, partis de St Florent, on est allés se baigner sur une plage déserte du, bien nommé, Désert des Agriates. En arrivant on a vu un bateau à moteur, échoué sur les rochers, en train de commencer à couler. On s'est approchés. Il y avait des policiers sur un Zodiac. On a demandé si on pouvait porter assistance, mais ils ont décliné notre offre. Le lendemain, Corse Matin donnait une photo du bateau entièrement coulé!

Après cette pose méridienne on a repris la route vers Calvi. Mais le vent, la mer (et la guerre) se sont ligués contre nous. La remontée au près a été mal appréciée par la moitié de l'équipage qui a pensé que le moteur améliorerait les choses.... On est finalement arrivés à Calvi et on a pris une bouée (70€). En rentrant de la ville le lendemain, le bateau bougeait énormément et, en accostant avec l'annexe, il y a eu un choc violent qui a cassé une rame. C'était vendredi. On a pris la route de la Girolata. Vent arrière, voiles en ciseaux, pointes à 9,8 nds....

La Girolata toujours aussi extraordinaire. Diner de poisson au Bel Ombra, balade jusqu'à la plage de Tuara, baignade dans une eau turquoise au cul du bateau, bière Pietra à l'ombre de la cabane du Berger.... Que du bonheur.

Aujourd'hui samedi, sans vent, on a fait les 15 Mn vers la plage de Chiuni avant Cargèse. Presque personne. Tout est calme et doux.

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Publié le 10 juillet 2022

Mention spéciale à cette baie profonde bordée au nord par un long cap surmonté d'une tour génoise.

Je suis monté à la tour et fait le tour du cap avec vue, de l'autre côté sur la baie confidentielle et toujours déserte de Topodi, plys loin la baie d'Arone et, à l'horizon, la face sud des calanques de Piana.

Chiuni
Topodi
Les chevaux devant notre catamaran
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Publié le 21 juillet 2022

Après une traversée vers la Sardaigne et une halte au joli port de Castelsardo, on est allés dans l'extrême Nord Ouest de la Sardaigne, là où la côte délimite avec l'ile d'Asinara une immense aire de sable blanc. Le must est la plage de Pedosa. on a passé quatre jours là en attendant le vent pour les Baléares.

Enfin, un peu de vent est venu. Appareillage à 7h du matin. J'arrive à faire huit heures de voile, avec, sur la moitié, mon code D, immense gennaker qui ressemble à un spi asymétrique. Entre les pétoles à 4 nds et les pointes à 7nds, on fait du 5,5 nds de moyenne. Soudain un choc, comme si on avait heurté violemment un OFNI (objet flottant non identifié). Non, c'est la poulie qui tient la drisse de spi contre le mat qui vient de lâcher. Le Code D balance en tous sens. J'arrive à le rouler, heureusement.

Après ces huit heures de voile, plus de vent et j'ai fait le reste au moteur. Sur un seul moteur, à 5,5 nds, je consomme un tout petit peu plus de 2l de GO à l'heure. Cela fera tout de même 60 litres au total!

Puis la nuit que j'ai été obligé de gérer en solitaire (Ma compagne ne souhaitant pas prendre de quart de veille). Je mettais un réveil toutes les demi-heures. Et chaque fois je vérifiais qu'il n'y avait rien à l'horizon et me rendormais. Cela a marché et le matin je n'étais pas du tout fatigué.

Mais, le matin, justement, il a fallu monter dans le mât réparer la fameuse poulie de la veille. Toujours une expérience difficile de se trouver à 20m de hauteur en pleine mer accroché à un mât qui bouge beaucoup. Mais j'ai réussi la réparation.

Dans l'après midi, autre incident. Soudain le moteur vibre et on a perdu un nœud. J'essaye l'autre moteur et on atteint sans problème la vitesse habituelle. Quelque chose gène. Je mets le bateau en panne, m'équipe d'un masque de plongée et je vais voir sous la coque. Un énorme débris de filet s'est pris dans l'hélice et l'empêche de s'ouvrir complètement. Un peu de lutte au couteau et j'arrive à dégager mon hélice. Tout va bien pour terminer la traversée et nous arrivons vers 20h30 à la cala Vellena devant le village d'Es Grau à Minorque.

Le village est très joli, familial, agréable, calme. Surtout, on peut accoster en annexe, il y a une supérette correctement achalandée et un local à poubelles accessible (contrairement à la Sardaigne où les poubelles sont cadenassées ne laissant d'autre choix que de jeter les poubelles dans la nature).

 Es Grau sur Minorque
Sardaigne, Piana, Pedosa
Castelsardo 
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Publié le 29 juillet 2022

Sur la Côte Nord de Majorque, on cherche un endroit pour passer la nuit. On nous a parlé de cette cala. On arrive entre des falaises à pic de plus de 300m. Un peu comme Piana, mais plus haut, plus vertical et entourant une crique !

Il y a beaucoup de bateaux et un fond plat de 10m, eau Turquoise. On jette l'ancre devant une petite plage.

Le lendemain, excursion à terre. On passe par un groupe de restaurants situés dans une autre partie de la baie. De là, un chemin va à la plage en empruntant une succession de tunnels pour piétons. On sort dans un cirque gigantesque, le lit d'un torrent qui se finit à la plage. Le cirque fait plusieurs km de long, bien 800m de large et est bordé de tous côtés par des montagnes à plus de 1000m de haut. C'est quasiment inaccessible à moins d'une journée de marche et d'escalade. C'est époustouflant.

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Je n'ai pas rajouté de moments à ce voyage depuis longtemps car cela commençait à faire revue touristique banale. Qui n'est pas allé à Majorque ? Dire qu'on est allés à Valdemosa voir la chartreuse qui a abrité Georges Sand et Frédéric Chopin, admirer le piano qu'elle a eu tant de difficultés à faire venir de chez Pleyel, parler des criques et des plages.... Banal!!

Moins banal fut notre départ de la baie de Palma pour Peniscola sur la côte espagnole. Une fois hissée, la grand voile a une très drôle de forme. La drisse ne tient plus que par le bout de tension de la corne. La têtière de la voile sur laquelle est frappée la drisse a explosé!!! On affale, retourne au mouillage et j'entreprends de démonter la voile. Travail de plusieurs heures harassant. Ensuite, il faut bien la mettre sur le pont pour la plier! Puis l'enfiler dans son sac. Vendredi matin je contacte l'atelier North Sails à Palma qui disent venir chercher la voile à midi. La moindre des choses quand on sait que la voile est de haute qualité et n'a que quatre ans!!

Pour nous, il faut la hisser avec un winch puis la faire descendre dans l'annexe. Pas faile ensuite de s'y installer. A l'heure dite je retrouve l'équipe North Sails sur le ponton du petit port de Can Pastilla. Ils me disent qu'ils vont travailler immédiatement mais que le lendemain, c'est samedi, puis dimanche, puis lundi 15 août et que j'aurais ma voile mardi soir!! Pour quatre sangles à découdre et à recoudre.

Me voilà bloqué, à sec de toile, en baie de Palma. Baignades, visites, ennui. Je vais jeter l'ancre au pied de la cathédrale et, le lendemain, je prends une place de port dans le port de Palma. Enfin, mardi matin ils m'appellent. Ils commencent à travailler, mais le chantier est "énorme"! On dirait EDF. Ils me promettent la voile pour mercredi après-midi. Je leur dis "non, mercredi midi. Je suis au port et je ne vais pas payer une deuxième nuit pour quelques heures". C'est à 15h que je récupère cette maudite voile North Sails. On appareille immédiatement contre un vent frais et une mer formée. Je trouve, au sud ouest de la baie une petite crique abritée. Elle est bondée, mais il faut s'y mettre. Enfin, à l'ancre, le bateau est face au vent et je peux remonter la voile. Je commence à avoir l'habitude et, en deux heures, elle est à poste. Ouf.

Mais on est le 17 août et je dois être le 28 à Malaga. Plus le temps de traîner, on oublie Peniscola et on ira directement à Ibiza, puis Moraira sur la côte espagnole.

Dans la nuit, le vent se lève un peu. On voit des éclairs. La météo prévoyait du vent de nord fort. Vent favorable pour Ibiza. Je lève l'ancre à 3H30 du matin. Rapidement le vent monte à 40 nds. Je suis sous génois roulé à deux ris seul (je ne vais pas abîmer la fragile grand voile North Sails dans du vent frais). On file 9 noeuds. Mais la mer est forte. Au matin, elle devient plus forte. C'est le moment où un orage a ravagé la Corse. Enfin, arrivés à la hauteur d'Ibiza, la mer se calme, le vent s'oriente 3/4 arrière et je peux envoyer la grand voile. On continue pour arriver entre Ibiza et Formentera dans le mouillage paradisiaque qui fait la célébrité d'Ibiza. Bof. Pampelonne, près de St Tropez, c'est mieux. On passe une nuit tranquille malgré le vent qui vient du large (Sur ces iles, le vent souffle toujours du large vers la côte). Vendredi matin, 7h, départ pour l'Espagne. GV plus Code D, puis moteur, puis GV plus génois, il nous faudra 9h pour faire les 60 Mn entre Formentera et la côte espagnole.

Moraira est une petite baie sympathique avec un petit port (très privé). Mouillage facile mais la baie est agitée. On y retrouve une amie d'enfance, Cathy Wendling, qui habite par là avec son mari américain Gordon. Cela fait quarante ans que je n'avais pas vu Cathy. On a eu plaisir à les avoir à dîner à bord.

Mais on n'aura pas le temps de s'attarder, il faut repartir ce samedi 20 août tôt le matin....

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Publié le 26 août 2022

Depuis Moraira il a fallu galoper car on doit être le 28 août le matin à Malaga pour récupérer notre équipier, Jacques. Eole est avec nous et on fonce sous spi ou sous Code D avec des étapes de 60 à 80 Mn. On passe à Alicante, San Pola, devant Carthagene et Almeria pour arriver à Motril, le port de Grenade. On a un peu d'avance et les prévisions météo sont pour pétole. On arrivera à Malaga samedi midi, sans problème. Alors on se paye une journée de visite à Grenade.

Voiture de location et arrivée sur le parking de l'Alhambra. Les jardins de l'Alhambra, qui n'en a pas rêvé ? Ils sont merveilleux, frais, divers, gigantesques, surprenants. On descend l'ensemble monumental de l'Alhambra et de ses multiples palais pour arriver dans la ville. Tout est du moyen âge. Ruelles, maisons improbables, montées et descentes impossibles.

Mais aussi 18 et 19è siècles avec des maisons dans le style, sans faute, avec presque pas de béton.... Et la cathédrale. Gothique mais un peu romane (la hauteur est atteinte par la surface comme Sainte Sophie bien avant elle. Un intérieur extraordinaire, spectaculaire, blanc et or. Un vrai choc.

Quelle journée épuisante. Mais cela fait partie du voyage.

Aujourd'hui, on est mouillé à 20Mn de Malaga.

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Publié le 27 août 2022

Voilà, on est à Benalmadena, au sud de Malaga pour y récupérer, demain, Jacques notre troisième équipier.

Le téléphone satellite est activé, la carte de l'Atlantique est sur la table, les marees deviennent sensibles. On va partir.


En attendant Banalmadena ne présente pas d'intérêt à part un énorme steamer boat à double roues à aubes coule dans le port. Très 19e, très dommage. Mais que fait il là et comment y est-il venu???