Vietnam

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40 jours, 2 concurrents, 2 guests : phô, bo bun, buffles, rizières et contrefaçons. Il n'en restera qu'un...
Février 2019
4 semaines
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Publié le 2 mars 2019

Jour 1 : 21 février

Arrivés à l'aéroport de Luang Prabang après un trajet en tuk tukiette (=tuk tuk camionnette), nous sommes ébahis devant une telle grandeur. Non on déconne, l'aéroport est tout petit et ne propose pas grand chose à manger. Tant pis, on attendra d'arriver au Vietnam. L'embarquement est prévu à 18h25 et à 18h24, on sent les hôtesses déjà impatientes de nous accueillir à bord, comme des enfants le matin de Noël. Bim bam boum, en 15 minutes tout le monde est installé, nous décollons (et atterrissons) avec 30 minutes d'avance ! Amazing, nous prenons donc le temps de manger à l'aéroport (petit luxe). Un burger trop petit et une barquette de frites mollassonnes plus tard, nous voilà dans le bus vers le centre-ville d'Hanoï. Le chauffeur tient parole et nous fait signe de descendre lorsque nous approchons de notre hôtel.

 Cette photo n'était pas indispensable

A peine descendus du bus, nous prenons une grosse claque dans la tronche. Circulation kamikaze, centaines de scooters et coups de klaxons à outrance. On a du mal à s'y faire, en France on se ferait casser la gueule avec une conduite pareille. Ah ça dépayse ! Nous découvrons les joies piétonnes d'Hanoï, c'est à dire que les gens marchent sur la route et les scooters stationnent (et roulent) sur les trottoirs. Les petits bouts de trottoir libres sont occupés par les étals et tables de street food. Bon on ne nous avait pas menti, au Vietnam, on peut manger partout !

Installation à l'hôtel pour un dodo bien mérité, bercés par le son des klaxons.

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Jour 2 : 22 février

Aujourd'hui, nous devons changer d'hébergement. Et oui, nous avons trouvé une affaire à 2€ par nuit et par personne (et aussi parce qu'on ne peut pas se permettre des hôtels toutes les nuits), on ne peut pas louper ça ! Direction l'auberge de jeunesse Meow (=miaou). Moi (Hilkka) qui n'aime pas les chats (je suis un monstre sans cœur d'après certaines personnes...), je suis sceptique malgré les bonnes notes de l'établissement.

Comme nous arrivons trop tôt, nous posons les sacs et prenons notre premier repas vietnamien. Un bol de soupe Phô chacun et nous voilà de retour à l'auberge. Le réceptionniste (qui n'a pas l'air bien vaillant et que l'on appellera Etienne) nous indique que la femme de ménage a "oublié" de préparer nos lits. Nous la verrons d'ailleurs passer en pyjama un peu plus tard. C'est donc ça le rapport avec les chats, ils passent leur temps à dormir dans cette auberge. En 5 minutes, Etienne s'éclipse nettoyer la chambre et revient tout content pour nous présenter notre dortoir/taudis. Merci Booking.com, là encore les photos ne sont pas du tout contractuelles. Alors cette chambre, qu'on se le dise, elle pue les pieds de loutre. En plus du bordel de nos colocataires, les lits sont sales et il n'y a pas vraiment d'espace pour se poser. Ce qu'on constate en Asie jusqu'à présent, c'est que le ménage n'est pas fait autour/derrière/dessous/dessus (et ce, même dans les hôtels un peu plus confort). On découvre les toilettes : 2 seulement pour toute l'auberge. La première sert également de douche, la seconde n'a pas de porte car le verrou est cassé (dévissé, donc la porte reste grande ouverte à moins d'avoir un assistant pour la maintenir fermée). On ose déranger Etienne qui écoute de la musique pour lui demander s'il compte réparer la porte des toilettes et il nous répond qu'il ne peut pas car il a un tournevis mais pas de vis. LOL. En sachant que c'est juste côté de la rue du bricolage...

La fameuse rue du bricolage 

Petite anecdote sur Hanoï, le vieux quartier est constitué de 36 rues commerçantes, ou "corporations", chacune représentant un corps de métier. On retrouve donc dans ce quartier la rue du cuivre (Hang Dong), des tissus (Hang Vai), de la soie (Hang Dao) ou encore la rue du poisson grillé (Cha Ca).

Bon franchement, on se fait vieux, on a pris 10 ans au cours de ces dernières semaines, il est temps de trouver des hébergements un poil plus confort sinon on ne passera pas la mousson. Après de brèves recherches, nous déménageons vers une auberge plus clean. Home sweet home (oui enfin, on atteint un nouveau record : 36 personnes dans la même chambre).

Après ces péripéties, nous découvrons le marché nocturne d'Hanoï où là encore, nous ignorons souvenirs, parfums et breloques pour jeter notre dévolu sur le manger. Vous l'aurez compris, comme nos sacs à dos sont déjà trop pleins, on stocke tout dans nos bidous !

Sur le chemin du marché nocturne 
Une belle brochette de brochettes 
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Jour 3 : 23 février

En ce samedi de février, Hanoï se réveille sous la grisaille hivernale. On avait pas prévu de les utiliser si vite, mais on commence à piocher dans les affaires un peu plus chaudes pour sortir dans la rue et voir si c'est autant l'anarchie que la veille. Comme prévu, rien n'a changé. C'est un spectacle indescriptible, il n'y a aucune logique, pas sûr qu'on passe le permis ici. Chaque croisement donne lieu à des scènes surréalistes, les gens se regardent l'air de dire "c'est à qui de passer?". On a vite compris, c'est un concours de klaxons bien pénible qui désigne le vainqueur. En gros, en arrivant au croisement il faut freiner, klaxonner comme si sa vie en dépendait (ce qui est le cas) et slalomer entre les scooters en priant bien fort pour ne rien toucher. En fait, les rond-point et les feux tricolores, c'est vraiment un super truc. Un samedi à traîner dans le vieux Hanoï et rentrer entier, c'est déjà pas mal pour aujourd'hui.

Réponse A : Je m'insère ; Réponse B : Je m'insère et je klaxonne ; Réponse C : La réponse C

On assiste quand même à des scènes insolites à nos yeux, petits Européens que nous sommes. Des étals de viande crue sur le trottoir, des vendeuses de fleurs et de fruits à bicyclette. Certaines portent des panières de fruits suspendues à une longue tige en bois et nous proposent d'essayer le temps d'une photo (qu'il faudra ensuite payer). Des joueurs de "dames vietnamiennes?" (on ignore tout des règles) font des tournois au coin d'une rue et parient quelques billets. C'est différent de ce qu'on a pu voir jusqu'à présent en Thaïlande et au Laos. Le dépaysement est là, c'est certain !

Interflora vietnamien & petit pêle-mêle local 

Autre point fort de la journée, le coiffeur. Hilkka coupe et Fred subit sa créativité capillaire assassine. Malgré toutes les coupes déjà réalisées pour financer le voyage, celle-ci était la fois de trop. L'oreille y est passée. Scoop du jour : en fait ça saigne beaucoup une oreille ! Fred se montre courageux et stoppe l'hémorragie tout en boudant. On croise les doigts pour que ça se passe mieux le mois prochain !

Besoin d'un appareil audi'tif ? 

Et parce qu'on n'a pas encore évoqué le sujet nourriture aujourd'hui, voici un petit pêle-mêle de nos repas :

On ne sait toujours pas ce qu'on a goûté sur la photo de gauche, mais c'était pas fameux ! 
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Jour 4 : 24 février

Quoi de mieux pour commencer la semaine qu'une visite des sites touristiques de la ville? On sort alors du vieux Hanoï pour aller voir la cité impériale. Les durées de trajet à pied sont faussées ici, le temps de traverser les rues et d'éviter les obstacles sur le trottoir, on a vite fait de doubler les temps de parcours. La cité impériale se trouve de l'autre côté d'un gros bloc infranchissable qu nous devons contourner: le ministère de la Défense. Forteresse imprenable de murs jaunes de quatre mètres de haut, sécurisée par des soldats armés tous les 50m, que l'on contourne gentiment sans poser de questions. Les soldats, pas très souriants, sont à l'affût: une hésitation sur un trottoir pour traverser une rue nous coûte un rappel à l'ordre par un coup de sifflet et un signe de la main (dégagez!). On comprend qu'il ne faut pas traîner là.

A la recherche de la citadelle perdue 

Il est étendu ce domaine militaire, si bien que l'heure du déjeuner arrive avant que l'on aperçoive la citadelle impériale. On trouve alors un resto thaï très peu bon marché, histoire de calmer la faim et de discuter un peu avec un touriste suédois lui aussi égaré dans le coin. Après quelques vannes pénibles sur ABBA, IKEA et les Krisprolls, nous reprenons notre route. Le temps de visiter la porte Nord (Cua Bac) et on continue notre chemin. Pas facile à trouver cette cité impériale : comme les autres sites touristiques de la ville, les indications sont rares.

Petit crochet vers le nord, quitte à passer dans le coin, on arrive au lac de l'Ouest. On découvre alors un grand lac à l'eau trouble jonchée de plastiques et de pédalos en forme de cygne assez mal faits, et à l'horizon, des bâtiments grisonnants. On poursuit jusqu'à la pagode Chua Tran Quoc, comportant principalement une tour octogonale (stupa) de 15m datant du VIème siècle. A l'intérieur, c'est l'heure de la prière, une foule importante se recueille devant une statue de Bouddha pendant que crachote dans les hauts parleurs le chant étrange d'un homme (qui semble même à bout de souffle par moments). Quelques photos de cet environnement très dépaysant et nous repartons à la chasse à la citadelle.

J'ai pas envie de faire de vanne sur celle-là 
Le lac de l'Ouest : un écosystème à lui tout seul.

Sur le retour, une femme poussant un chariot nous interrompt et nous propose ce qu'elle prépare: une pâte fine dans laquelle elle craque des morceaux de biscuits type paille d'or, de la coco râpée et des grains de sésame. Un peu sec, mais assez bon, voici le Bo Bia.

Une chose terne et sans saveur tenant dans sa main un délicieux Bo Bia 

Après quelques détours, remises en questions et larmes, enfin, on discerne le site de l'ancienne cité interdite Thang Long d'Hanoï et de la tour du drapeau (ouverts au public depuis peu). Cette forteresse, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO a servi de QG à l'armée populaire vietnamienne et comporte de nombreux renforts et bunkers. C'est un site sympa et dégagé en plein centre-ville, il y a même un parc devant, où de nombreux enfants jouent. Quelques marches à gravir pour atteindre le sommet du bâtiment surplombant le parc, dans lequel est installé un petit temple, donnant une vue imprenable sur la tour du drapeau. C'est de là qu'étaient prononcés les discours aux soldats pendant la guerre. L'arrière de la forteresse comporte une ancienne prison ainsi que les vestiges d'une cité antérieure à celle-ci, datant du VIIème siècle.

On a fini par la trouver

Puis retour tranquillement à l'auberge afin de chercher de nouveaux coins bouffe. On trouve alors une adresse de bun bo, dans une partie du centre-ville encore inexplorée. Le quartier parait plus chaleureux, et bien plus pratique pour les piétons. Le restaurant est très animé, ça envoie du bun bo en quantité industrielle. Il s'agit d'un grand couloir où les tables sont alignées et les gens un peu entassés, mais on comprend vite l'engouement pour ce lieu. La cuisine tourne à plein régime, tout ça parait très appétissant. On ne tardera pas à le vérifier, c'est super bon. On remarque une fois de plus dans ce restaurant que l'Asie n'est pas faite pour les grands comme Fred, qui ne cesse de se cogner. Il ne passe même pas debout dans la pièce !

Le bun bo (connu sous le nom de bo bun en France) est un plat à base de nouille de riz, bœuf saisi au wok, oignons grillés, carottes et cacahuètes, délicieux! Sur le retour, on se laisse convaincre par des beignets banane et patate douce, gras comme des chichis et une pâtisserie ressemblant étrangement à un Napolitain (que Fred fait tomber par terre après quelques bouchées).

Le voilà le beau bun bo, apparemment ça fait grandir !

On se rend compte qu'en voyage longue durée, le moral change très vite en fonction des événements de la journée. On peut être au top un instant et au plus bas l'instant d'après. Heureusement, à deux c'est plus facile et on finit toujours par en rigoler après coup.

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Jour 5 : 25 février

Aujourd'hui, c'est shopping. Nous devons nous équiper pour traverser la rue ou enjamber les scooters, tables, étals et autres marchandises sur les trottoirs. Hanoï, un vrai stage commando ! On a vu le GIGN s’entraîner ici, c'est bien plus hostile que la Guyane. Plus sérieusement, nous avons tous les 2 un peu loupé notre sélection de pantalons de rando (on pensait mincir davantage mais comme on fait que bouffer...) et il est temps de trouver une solution. A la suite de longs essayages et d'une brève négociation, nous voilà prêts à galoper dans les montagnes.

Découverte culinaire du jour : des beignets à la banane ! "Encore ?!" nous direz-vous. Et bien cette fois, la banane était râpée, c'est donc complètement différent des beignets d'hier ! Cet achat était légitime, en plus on a partagé un beignet, c'était un crève cœur mais bon...

Un bon beignet de régime 

Pour digérer, on se balade dans les rues à thèmes en commençant par la rue des tissus. C'est quand même marrant, ces rues avec des boutiques vendant les mêmes marchandises. On poursuit vers la rue des pinceaux, du cuir, de la soie...

Notre curiosité nous conduit jusqu'à la rue du train. On la surnomme ainsi car c'est une rue assez étroite, qui est pourtant traversée plusieurs fois par jour par des trains. Les habitants de cette rue ont su tourner ça à leur avantage, de nombreux cafés servent en terrasse (ou plutôt le long des rails) les touristes venus observer le passage du train. Il est 14h50, le prochain train est annoncé à 15h20, on s'installe donc en terrasse avec des boissons tièdes douteuses réchauffées au micro-ondes.

Il faut admettre que c'est impressionnant, ils font leur vie normalement et dès que le signal retentit, ils rentrent chez eux ou rasent les murs, puis reprennent leur petit "train train" quotidien. Hilkka

Bon pour tout vous avouer, on a patienté jusqu'à 16h30, sans qu'un seul train ne pointe le bout de son wagon. Hilkka (encore). Mais pour se consoler, on a regardé une vidéo sur internet: lien.

Un wagon de photos 
Tchou-Tchou 

Nous repartons après avoir entendu un guide local expliquer que les horaires annoncés dans les bars ne sont valables que le weekend. Bon, on est lundi, du coup on abandonne et on repart sur de bons rails. Hilkka is on fire !

Petite soirée côté bouffe, on tente un petit sandwich local, le Bahn Mi au pâté, vestige culinaire du passage des Français au Vietnam. Ça fait du bien de manger de la baguette (et pas à la baguette).

Pour l'anecdote, la baguette locale utilisée pour le Bahn Mi contient de la farine de riz, qui rend la croûte bien plus croustillante. On la garnit ensuite de pâté, de saucisse vietnamienne ou de poulet, sans oublier quelques crudités pour se donner bonne conscience.

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Jour 6 : 26 février

Ce matin, le temps n'est pas meilleur, tant pis pour les jolies photos, on part pour l'Ouest de la ville et les monuments liés à Ho Chi Minh, le père de la patrie vietnamienne. La sécurité est importante, on nous fait franchir des portiques. Dommage, Fred a son couteau suisse dans le sac, ça s'annonce mal. On préfère laisser l'arme au personnel de sécurité et entrons sur le site historique.

Le musée est un énorme bloc austère type communiste, haut d'une trentaine de mètres. On passe notre chemin, pour aller visiter la pagode Môt Côt dite "à pilier unique", pagode montée sur un seul pilier, sans surprise. Ce monument date du XIIIème siècle, mais fut détruit par nous, les Français, au siècle dernier, et finalement reconstruit récemment. La Pagode est entourée d'un petit étang, le lieu est assez typique. On arrive ensuite sur une rue déserte et extrêmement propre, avec un garde qui fait des allées et venues : le mausolée d'Ho Chi Minh est tout près. Comme le musée, c'est un énorme bloc en béton qui contient la dépouille de l'ancien dirigeant vietnamien, exposée sous verre comme celle de Lénine en Russie. Un peu glauque tout ça.

Fred, il est tard j'ai pas trouvé de légende! 

En fin de journée, nous passons dans le centre économique de la ville, plus moderne. Hasard du calendrier, c'est demain qu'à lieu la rencontre entre Trump et Kim Jong Un, à Hanoï. Les boutiques de souvenirs vendent des tshirts à l'effigie de ces 2 acolytes, ainsi que des masques de Trump. Perturbant. On croise les doigts pour apercevoir une crinière jaune/orangée, pendant que notre taxi tente de se frayer un chemin malgré les routes barrées. Le soir, un nouveau bun bo à emporter, et au lit.

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Jour 7 : 27 février

Le jour J est arrivé ! Aujourd'hui nous quittons notre dortoir de 36 personnes et nous préparons à recevoir nos amis Anaïs et Sam. Nous enfilons nos plus beaux vêtements, que nous portons déjà depuis 3 jours. Bah oui, ici il fait quand même moins chaud, on s'évapore moins.

Nous décidons de prendre un taxi vers notre nouvel hébergement, sauf que voilà, nous découvrons les joies d'un taxi clandestin. Au début, le compteur nous parait honnête, jusqu'à ce qu'il commence à doubler, tripler, quadrupler, en quelques secondes. A la fin de la course, le verdict tombe : 750 000 dongs. Soit plus de 20 fois le montant payé la veille (trajet similaire). Le chauffeur prétexte que le tarif est de 100 000 dongs/km. Mouais, on a fait seulement 3 km. Ça commence vraiment à nous gonfler d'être pris pour des pigeons dès qu'on a nos sacs sur le dos. Après une vive altercation, le prix baisse à 150 000. Ça ne baissera pas plus bas. On serait bien partis sans payer, mais nos gros sacs étaient pris en otage dans le coffre. Il nous a cassé le moral ce type. Evidemment, nous lui souhaitons du mal.

On tente de se requinquer en s'installant dans notre guest house, où nous rencontrons notre hôte. Un vieil homme dénommé "Mister Four" qui vit au dernier étage et que nous avons parfois du mal à comprendre. Le père Fourras vietnamien quoi. Nouvelle tentative d'arnaque lorsqu'il nous indique que la chambre que nous avions réservée est déjà prise et que nous sommes donc surclassés (moyennant supplément de notre part) dans une autre chambre. Cette fois, on ne se laisse pas faire sinon à ce rythme, on sera plumés d'ici l'heure du goûter.

Déterminés à contrer ce mauvais début de journée, nous trouvons un petit resto indonésien au doux nom de "Batavia". On a failli prendre ça pour un bar à salade. Eurk. Une fois rassasiés, nous partons en visite dans ce nouveau quartier. C'est déjà moins agité que la vieille ville. On se dirige alors vers le temple de la littérature, à quelques minutes de marche de notre hébergement. Il s'agit d'un temple confucéen (de Confucius, grand philosophe chinois). L'endroit est calme, et comporte de nombreux symboles inspirés de la philosophie du personnage et était sensé mener à la sagesse. Le site est divisé en 5 cours séparées par des portes imposantes. C'était une sorte d'université, qui a perduré de 1076 à 1915, presque 1000 ans ! Il est constitué de plusieurs étangs, parcs et pagodes, dans un cadre ombragé et paisible. Le chemin central du temple était autrefois emprunté par les seigneurs, alors que les étudiants, domestiques et soldats marchaient sur les chemins latéraux, moins en vue. C'est aussi l’endroit idéal pour fuir la folie du centre-ville, au milieu des bonsaïs et kumquats, dans une ambiance très typique.

Différentes choses de petite taille 
Une très belle porte de temple et une liste de courses
 La tourista touche même les locaux

Le soir venu, retour chez notre Indonésien préféré, en attendant la venue d'Anaïs et Sam, plus tard dans la soirée. Malgré un petit retard de leur avion, ils ne tarderont pas à montrer le bout de leurs sacs à dos, remplis de vêtements mais surtout de fromage. Hilkka jubile, Fred aussi. Même au bout d'un mois de voyage, du fromage c'est un grand bonheur. Merci à eux. Après un petit débriefing de ce premier mois de périple, nous allons nous coucher sur les matelas de pierre de Mr Fourras, c'est bon pour le dos paraît-il. Mouais. Contents de nous retrouver, l'heure tourne et la fatigue se fait sentir, on s'endort sans trop râler.

 Franchement, il était pas ouf...
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Jour 8 : 28 février

Le lendemain, les nouveaux arrivants émergent avec quelques difficultés mais après un petit déjeuner sympathique, nous voilà requinqués pour la journée.

Nouveau taxi, pour rejoindre le vieux quartier et leur faire découvrir ce monde à part. A leur tour de découvrir le trafic de scooter et l'ambiance du vieux centre-ville.

Un aperçu du vieux Hanoï (et de la rue des tissus)
Belles lunettes  

Le midi, retour à notre cantine hanoïenne de bo bun préférée, puis nous nous dirigeons à nouveau vers la voie ferrée qui traverse le centre. Toujours pas de train bien entendu, mais l'endroit est sympa et nous croisons même des poules (en mauvais état) sur ce tronçon de voie. L'endroit régale nos invités qui apprécient ce petit tour citadin. Un petit saut au lac Hoan Kiem (lac de la tortue), mais la pollution et le temps nous démotivent à visiter davantage ce secteur.

Séance photo amicale 
Un type qui écoute du rail - Une fille qui est sur a bonne voie

Sur le chemin du retour, nous croisons des étudiants de Hanoï qui nous sollicitent pour discuter un peu en anglais et faire quelques photos avec nous. Certains sont bien plus timides mais on leur promet qu'on ne mord pas ! Petit moment de célébrité fort convivial avec ce petit groupe d'étudiants, qui nous quittent sur un petit "hug" amical. C'est sympa de faire des rencontres comme ça.

Des stars sur Hollywood Boulevard 

Retour à notre hébergement pour préparer nos sacs, petit repas dans notre resto indonésien (encore) et départ pour la station de bus Sapa Express. Un bus couchette nous y attend, c'est une nouveauté pour tous les 4. Bon certes c'est un peu petit pour nos grandes tailles, mais une fois installés, ce n'est pas si mal.

C'en est déjà trop pour le type au fond à droite 
Trois personnes mal à l'aise 
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Prochaine étape : Sa Pa

2

Jour 1 : 01 mars

Le bus couchette qui nous emmène jusqu'à Sapa roule maintenant depuis plusieurs heures, tout le monde est bien endormi, ça ronfle dur dans le bus aux néons bleutés. J'ouvre (Fred) les yeux par moments, réveillé par le bruit du car ou des coups de klaxons, mais le trajet est plutôt agréable. A 4h00 du matin, le car s'arrête pour de bon sur un parking, heureusement tout le monde est autorisé à profiter de sa couchette jusqu'aux premiers rayons de soleil. Deux heures plus tard, le réveil est brutal, lumière et musique à fond, on se sort vite de ce piège matinal et découvrons une foule de locaux venue nous accueillir : de vieilles femmes des villages alentours, aux traits assez différents des Vietnamiens d'Hanoï, toutes vêtues de robes et de chapeaux multicolores nous sollicitent pour acheter toutes sortes d'objets faits main, le tout en anglais et parfois même en français.

Le Nord du Vietnam est peuplé de plusieurs ethnies. Dans la région de Sa Pa, la communauté Hmong est la plus présente. C'est un peuple de montagnards, vivant principalement de la culture du maïs et du riz inondé. Il existe plusieurs sous communautés Hmong, mais le costume traditionnel des femmes se compose en général d'une jupe large bariolée et de nombreux bijoux : colliers, grosses boucles d'oreilles, bracelets.

Mais il est bien trop tôt pour faire du shopping, nous préférons négocier avec les taxis pour rejoindre au plus vite le village de Ta Van, niché au pied des montagnes à une dizaine de kilomètres de là. Un trajet qui s’avérera long et agité : les routes sont très difficiles, mélange de terre et de cailloux grossièrement concassés, le taxi roule la plupart du temps au pas. Après une bonne quarantaine de minutes de rodéo, on arrive à notre hébergement : un bâtiment en tôle et en bois adossé à la colline. Après avoir posé nos sacs, nous prenons un petit déjeuner bien mérité et faisons la rencontre d'Adam et Stéfany (oui, oui) deux compagnons de voyage aux histoires assez incroyables, qui reviennent apparemment d'une bonne nuit blanche et qui nous font beaucoup rire.

Pas vraiment fatigués, on se lance alors dans une petite balade aux alentours du village. Le chemin nous mène rapidement dans les rizières, pas encore verdoyantes à cette époque de l'année, mais le décor nous plait beaucoup. Le temps est assez couvert en ce vendredi matin, on imagine des escaliers de rizières dissimulés sous cette brume épaisse. Au fur et à mesure de notre progression sur un chemin assez incliné, les nuages se dégagent sur la pente voisine, laissant deviner une montagne bien plus impressionnante qu'on ne le pensait. Sans guide mais avec du courage et de la bonne volonté, on poursuit notre ascension, bordée de bambous et d'une végétation de plus en plus dense.

Un chemin qui a la côte 
Premier 100 mètres en pente de l'histoire - quelques photos volées de l'exploit 
Une ascension fulgurante 

En chemin, trois petites filles habillées de toutes les couleurs nous doublent avec une facilité déconcertante en nous lançant des "hello", on les regarde grimper, amusés. On profite alors de la solitude et du calme pour prendre des photos des rizières et profiter de la vue : ce qu'on était venus chercher en Asie, le dépaysement total. Le temps ne se découvrira pas davantage, on décide alors de redescendre pour aller trouver à manger dans la vallée.

Un sourire inquiétant - un cochon randonneur  
Immersion dans le quotidien des athlètes après l'effort 
Au secours 
Enchaînés au sommet
Il est petit le mec en vert 
Bientôt trois 

La faim nous motivant de plus en plus, la descente se fait en un temps record et nous atterrissons dans le petit village pittoresque de Lao Chai. Nous croisons dans la rue beaucoup de chiens, des poules et même des cochons noirs. Les gens que nous croisons nous sourient, on a envie de découvrir comment ils vivent. Ils n'ont pas l'air très riches mais semblent ne manquer de rien. Certains tiennent de petites épiceries, d'autres vendent de petits objets du quotidien bricolés ou des productions artisanales. On passe devant l'école communale où certains enfants jouent à se faire des passes au pied avec une sorte de volant de badminton. D'autres font comme tous les enfants du monde, ils balancent de gros cailloux sur de plus petits cailloux et se marrent. Ça fait un peu cliché, mais on est bien contents de voir la vie d'un village vietnamien, enclavé dans ces immenses rizières.

Comme des grands 

Nous arrivons alors à un petit restaurant à la sortie du village. Pendant que le repas se prépare en cuisine, une vieille femme s'approche de nous avec un grand sourire et nous propose de petits objets traditionnels. Sam semble intéressé par un petit instrument de musique en métal, qu'il faut faire vibrer et résonner entre les lèvres. Achat compulsif ou coup de cœur musical ? Dur de savoir, mais le courant passe bien entre la commerçante et le voyageur, qui repart tout content.

Fa mineur 

Nous poursuivons la balade sur le chemin menant vers une rivière, dans laquelle les villageois lavent leur linge au pied : elle est loin la machine à laver programmable de la maison ! Deux enfants de 5-6 ans se tenant par les épaules nous demandent nos prénoms d'un air enjoué : "hello, what's your name ?", sans forcément écouter notre réponse.

Programme linge délicat 30 degrés  

La journée a été assez longue et nous rentrons fatigués mais contents. Le soir venu, un repas "en famille" nous est proposé à l'auberge, en compagnie des autres voyageurs. On sympathise avec un autre couple de Français, qui nous proposent de les accompagner à 10 minutes de là pour une partie de billard... où l'on retrouve les deux acolytes du petit déj, toujours aussi décalés. Le temps pour Sam de montrer quelques coups en toute décontraction, sans vraiment forcer son talent. Puis une dernière partie de baby-foot entre nous avant de regagner l'auberge, pour ponctuer cette première journée à la montagne.

Frédéric lors des qualifications pour la finale du championnat de billard en Serbie
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Jour 2 : 02 mars

La nuit n'a pas été de tout repos, on se lève avec l'impression d'avoir dormi en dortoir, les murs en tôle servant uniquement de paravent. Mais la vue imprenable sur les rizières depuis la terrasse du p'tit déj nous fait oublier les ronflements et grognements d'animaux entendus toute la nuit.

Chambre avec vue sur scooters 
Ah non, en fait ça va 

L'objectif de la journée est de rejoindre Sa Pa, à travers les rizières. Une montée de 10 km nous attend, sans guide évidemment, on sent qu'on a quelque chose à prouver. Excès de testostérone ou goût du challenge, nous ne saurions le dire. Ni une ni deux, nous voilà tartinés d'indice 50+ et d'anti moustiques, prêts à gravir ces escaliers escarpés promettant de superbes paysages.

Des rizières inondées 
Vous l'aurez compris, on aime bien les rizières

Cette installation de rizières en terrasses ou en gradins est constituée de plusieurs champs indépendants, toujours inondés. Plus il y a de niveaux, plus le propriétaire force l'admiration. A Sa Pa, le riz est planté de mars à mai, puis récolté vers septembre, octobre. Lorsque la culture jaunit, la récolte des tiges peut commencer, il faudra ensuite sécher les tiges pour en extraire les grains de riz et les séparer de leur enveloppe.

Pour la petite anecdote, le mot vietnamien pour manger (ăn), se traduit littéralement par "manger du riz". Enfin, ça c'est de mémoire, c'était écrit dans le guide d'Anaïs.

Cet homme a perdu ses copains... Ah non ça y est, on nous informe qu'il vient de les retrouver 

Nous ne sommes pas déçus, en plus de profiter de ce cadre exceptionnel, nous assistons à nouveau à des scènes de la vie quotidienne. Ces chemins que nous grimpons le souffle court, sont foulés avec énergie par les petits écoliers...ou par les chèvres du village. Des familles de cochons lézardent au soleil tandis que des troupeaux de buffles barbotent paisiblement dans les marécages. A l'approche des villages ou d'un croisement, les habitants, notamment les enfants, nous indiquent la direction avec le sourire ou nous saluent avec entrain. En bord de route, des femmes vêtues de leur costume traditionnel Hmong brodent ce qui deviendra peut-être un vêtement ou un souvenir, qui sait. De jeunes enfants traversent la rivière en courant, chaussés de claquettes, sautant d'un rocher à l'autre pour rejoindre la rive d'en face. Certains jouent insouciamment sur un scooter, en bord de falaise et nous observent, amusés. Nous croisons peu de touristes en cette saison, ce qui rend l'expérience encore plus dépaysante.

 A pied sur le chemin de l'école, perchée dans la montagne. Les petits caïds, eux, ont un scooter débridé.

On se sentirait presque dans "Rendez-vous en terre inconnue", mais la parodie du Palmashow (lien), pas l'émission de Frédéric Lopez.

On a retrouvé les 3 petits cochons ! 

La pause de midi offre à nouveau une vue incroyable sur la végétation, les montagnes, les cultures en terrasse. On aperçoit Sa Pa, si loin tout là haut, ça va nous faire de belles gambettes !

 Des bananiers pour changer...non on déconne, encore des rizières !
Nous ignorons le contexte de cette photo 

On pourrait tout prendre en photo, on lutte d'ailleurs pour ne pas le faire. Ces immenses escaliers formant des bassins fertiles à flanc de montagne nous fascinent. On pourrait rester là des heures, mais nous atteignons déjà Sa Pa (enfin, après quelques km de montée, ça n'a pas été de tout repos).

Nous déclinons toute responsabilité concernant la chronologie des photos
Les petites filles qui murmuraient à l'oreille des buffles 

Le temps de prendre un goûter dans un bar avec vue, évidemment, bien que la vue depuis Sa Pa ne soit pas exceptionnelle. On redescend sagement vers Ta Van en taxi pour reposer nos corps d'athlètes olympiens, boire un bon chocolat chaud et faire griller des marshmallows. Non on déconne, on est des durs, ce sera bière et bœuf pour tout le monde !

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Jour 3 : 03 mars

Dernière journée dans les rizières, pendant que certains bronzent, notre ami Samuel décide d'explorer les alentours en deux roues. Il offre même ses services de moniteur de conduite et transmet sa sagesse à Frédéric. Mais ça, ce sera pour une autre fois.

Bikers for ever 

Il est 15h30, l'heure de partir, nous nous apprêtons à vivre un long trajet jusqu'à Cat Ba, une île de la baie d'Ha Long. Dîner à la gare, tout se déroule bien jusqu'à ce qu'un gros cafard pointe le bout de ses antennes à la fin du repas. Quelques imitations de cafard plus tard (assez réalistes, pour une fois Fred n'a pas commencé par : "ouiiiii je suis un cafaaaard), nous embarquons à bord du train de nuit. Petite déco Agatha Christie, cabine privative et bière Saigon. Hilkka donne une leçon de tricot à Anaïs tandis que Samuel et Frédéric discutent de foot ou d'autres choses de mecs, il ne nous en faudra pas plus pour passer une bonne soirée.

Un petit pêle-mêle pour conclure 
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Prochaine étape : Cat Ba et la baie d'Ha Long

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Jour 1 : 04 mars

Voici un petit débrief de notre périple de Ta Van à Cat Ba :

- Ta Van vers Sa Pa en taxi (45 minutes)

- Sa Pa vers Lao Cai en mini-van (1h30)

- Lao Cai vers Hanoï en train de nuit (8h)

- Hanoï vers Hai Phong en bus (1h30)

- Hai Phong vers embarcadère 1 en taxi (pour acheter les tickets, 20 minutes)

- Embarcadère 1 vers autre embarcadère 2 en bus (pour prendre le bateau, 20 minutes)

- Embarcadère 2 vers Cat Ba en bateau (30 minutes)

Nous arriverons à 10h30 le lendemain. Evidemment, nous apprendrons une fois arrivés qu'il existait des bus de nuit directs...

Éreintés par ce trajet, nous laissons la parole à Anaïs et Sam qui ne cessent de nous donner des coups de poings dans les côtes.

Journaliste : "Anaïs, racontez-nous comment ça s'est passé."

Cher journal, je (Anaïs) suis heureuse et honorée de m'emparer de cette plume voyageuse pour vous conter un peu de notre aventure.

C'est donc pour terminer ces 24 heures "aux 7 moyens de transports" que nous sommes montés dans le bateau (speed boat) pour nous amener à notre destination finale : Cat Bat Island (ou très chaleureusement appelée, l'île de Cat Bat).

Il faut savoir que la fameuse baie d'Ha Long est remplie de près de 2000 îles dont Cat Bat island, la plus vaste de toutes. Cette île est également à côté d'une autre baie, avec près de 1000 rochers du même type, moins touristiques et mieux préservés, et devinez quoi, c'est la bas qu'on avait décidé d'aller.

Et c'est ici, sur cette eau un peu sombre et parsemée de petits flotteurs en tous genres (plastique dur, plastique mou, plastique PVC, plastique thermoductile également..) que je trouvais exactement ce que j'étais venue chercher au Vietnam, mais en mieux.

Les premiers pain de sucre, ces rochers à la pierre noire et la végétation luxuriante avec ces tranches saillantes que l'on devine aisément, apparaissaient un à un, au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans la baie de Lan Ha. Le paysage est indescriptible (non je déconne, je vais vous écrire un pavé !).

Bateau sur l'eau 

Ces rochers se dessinent dans une ambiance brumeuse, imposants, comme sortis de nulle part au milieu de cette eau. Le spectacle est incroyable, on se sent si petit et euphorique en même temps, le temps s'arrête pour les minutes de trajet que nous avons.

Nous arrivons à notre petit hôtel coquet et un poil moisi (l'île à 94% d'humidité qu'ils disaient.. ) et ni une ni deux après une petite douche (largement méritée, surtout pour Fred) nous décidons de partir à l'aventure à dos de scooters/moto bike/tondeuse à gazon flambants neufs, sans compter sur le cligno bloqué, les phares en panne et une moto qui redémarre une fois sur 2. On était venus chercher l'aventure, on n'est pas déçus.

Une minute plus tard, premier stop, il faut faire le plein d'essence, louer des motos vides, ça fait pas très aventuriers. Si comme moi vous vous attendiez à trouver une station essence en bonne et due forme, vous tournerez longtemps en vain. Mais si on prête un peu attention à chaque détails que nous offre le paysage des villes vietnamiennes, vous trouverez ici, un petit panneau "Petrol" avec des bouteilles d'eau rempli d'essence sur le trottoir près des étals de fruits et de viande coupée aérée par des sacs plastiques tournants. Ne me demandez pas toutes les subtilités des coutumes locales, je ne les ai pas encore.

As-tu déjà vu: un panneau Petrol & des bouteilles d'essence près des étals de viande aérée par des sacs tournants? Maintenant, oui

Cantine : Nom féminin singulier, décrivant un endroit où l'on peut se restaurer et dans lequel on se sent bien. Comme nous l'a très justement décrit Hilkka, nous trouvions aujourd'hui notre repère pour les prochains jours. Ce petit restau, où nous irons chaque jour parce que c'est bon, parce que c'est pas cher et parce qu'on l'aime (et surtout parce qu'il y font des sticky rice à la mangue qui déchirent).

Les fameux mango sticky rice (= riz gluant à la mangue) qui déchirent. Oui, il y aussi des rouleaux de printemps.

Objectif de la journée : traverser l'île du sud au nord, 22km. Sur l'île, la majeure partie de la surface est recouverte d'un parc naturel, de grottes et de verdure. À part la portion de ville développée que nous connaissons au sud, nous avons grand espoir de découvrir des paysages plus sauvages. Bingo ! Nous prenons la route, cheveux au vent (enfin sauf Fred et Sam, parce qu'ils portent des casques) et poussons un peu la vitesse (la légende dit qu'un jour ils ont atteint les 50 km/h en ligne droite, la légende oui, car l'aiguille de vitesse est inexistante). L'adrénaline et le paysage nous poussent à émettre quelques cris de contentement parfois, comme "hiiiiha", ou encore "whouuu", je crois que Fred a crié "Michel" à un moment. Bref, on se sent vivants.

 Sam travaille sur les légendes ... 

Journaliste : "Et qu'avez-vous ressenti à ce moment là ?."

Ici encore, rochers sur rochers, verdure sur verdure, une seule route qui nous mène au nord, le reste au loin. Chaque virage nous éblouit par un paysage encore plus spectaculaire, les rochers dégagent de la brume à cause (ou grâce) de la grosse pluie que nous avons eu l'heure d'avant. On ne peut pas s'empêcher de s'arrêter de temps en temps pour admirer, prendre quelques photos, et sourire comme des débiles.

On croise quelques petits villages en bord de route, très typiques. Il y a toujours des chiens partout, certains errants, certains domestiques, et beaucoup des poulets que l'on klaxonne pour ceux qui sont en plein milieu de la route. Ou du moins on fait le bruitage du klaxon avec la bouche.

Quand on arrive à redémarrer on continue notre route vers le nord, on découvre un petit chemin sur pilotis à l'approche de la côte que l'on parcourt volontiers. Et enfin, nous voilà au bout, indescriptible, je vous laisse savourer ce paysage. Il paraît que Sam a pleuré et Fred à éternué.

Et dire qu'on a fait 22 bornes pour voir ça. 
La récompense 

Abort the mission! Tah tah tah, pas une minute à perdre, nous n'avons pas de phare et la nuit ne va pas tarder à tomber. Nous rentrons à l'hôtel fissa fissa, comme disent les jeunes.

Journaliste : "Samuel, quelle-est votre version des faits?"

Issu d’une famille conservatrice hongroise et aîné d’une fratrie de 14 frères et sœurs, le petit Frédéric doit assumer une grande responsabilité dès son plus jeune âge. Il lui était donc impensable de s’adonner à des activités à haut risques tels que la pole dance, le lancer de couteaux enflammés ou le patinage artistique. Ayant assumé pleinement son rôle de frère protecteur durant la première moitié de sa vie et maintenant loin de ses obligations familiales, Frédéric peut enfin jouir d’une totale liberté.

L'aisance naturelle de cet homme face à son scooter

Sa première victime sera l’engin motorisé à deux roues, le scooter, son plus fidèle adversaire depuis cette longue semaine passée dans les rues d’Hanoï. Son premier essai sera le bon. Il enjambe cette bécane avec une facilité déconcertante et le voilà parti, chevauchant son bolide tel un chevalier breton sur son pur sang, à travers les routes tortueuses de cette île volcanique. Virage à droite, virage à gauche, demi tour, la panoplie complète du motard est déjà maîtrisée. De quoi atteindre le nord de l’île en un temps record et profiter amplement de cette vue magique sur les premiers pains de sucre de la baie d’Ha Long.

Le temps s’arrêta un instant et la nuit tomba progressivement sur Cat Ba. Notre béatitude s’effondra au moment où nous réalisons que les phares de nos scooters ne fonctionnent pas. Il nous reste pas plus de 15 min pour parcourir les 22 km qui nous séparent de notre hôtel: impossible vous diront certains mais pas pour notre Frédéric. Il en faut plus pour inquiéter notre brave aventurier. D’un ton autoritaire et rassurant comme seuls peuvent l’avoir certains pères envers leurs enfants, il nous ordonna de monter chacun sur nos deux roues et de le suivre vaillamment dans la pénombre. Une chevauchée folle débuta et se transforma bientôt en véritable miracle lorsque nous découvrons que la topographie de l’île avait changé radicalement. En effet, une interminable ligne droite traversant l’île toute entière se dessinait devant nous...plus aucun virage je vous dis! L’île en émerveillement devant la présence et la conduite de notre vaillant Frédéric avait choisi de lui ouvrir la voie à son tour afin de le remercier de sa venue.

Des témoins de ce qu'on appelle désormais à Cat Ba : "la renaissance de Frédéric", leurs vies ne seront plus jamais les mêmes.

Nous rentrâmes donc tous sains et saufs avant la nuit tombée et remercions chaleureusement notre compagnon de route. L’assurance dégagée par son homme ravira dame Hilkka et justifiera amplement la somme folle de 12€ dépensée dans une chambre privative le soir même..une légende vient de naître sur Cat Ba Island. Par temps brumeux, certains locaux verraient encore apparaître à la sortie de dangereux virages, le fantôme bouleversant de notre Frédéric entièrement nu, tel un guide protecteur dans cette île oubliée aux mille charmes.

Ce soir on se lâche, on se fait un restau de crustacés, avec un bel étalage de cuvettes et aquariums remplis de toutes sortes de choses dont j'ignorais la capacité à vivre dans l'eau. Crabe pour les filles et hot pot (=fondue au bouillon) de crustacés pour les garçons. Les serveurs jettent devant nous dans le bouillon les crevettes vivantes qui, 30 secondes plus tôt, sautaient pour tenter une dernière escapade. #vegan

Pédiluve - deux serial killer heureux 
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Jour 2 : 05 mars

Terminées les conneries, Fred et Hilkka reprennent possession de leur machine à écrire antique, achetée pour quelques sous dans un marché aux puces de Villefranche de Rouergue.

L'état de déshydratation avancé d'Anaïs et de Samuel ne nous permet pas de confirmer l'exactitude de leurs propos de la veille. Nous les remercions chaudement et leur payons un coup à boire.

Aujourd'hui, on va jouer les touristes à fond. L'auberge propose un tour organisé pour la journée dans la baie de Lan Ha et d'Ha Long. Nous voilà partis pour une croisière en bateau entre les pains de sucre, ces centaines de rochers de taille variable parsemés dans la baie.

Première étape : le canoë

Les quatre comparses se répartissent par binômes mixtes, Sam et Anaïs d'un côté, Hilkka et Fred d'un autre. Chacun à sa façon, les deux équipages progressent dans la baie. D'un côté, Sam et Anaïs, au coup de rame aléatoire et laborieux, à qui il arrive même de tourner en rond. D'un autre Hilkka et Fred, où Hilkka donne le rythme "gauche, droite, gauche, droite" à la façon d'un général de l'armée tchèque, et dont le canoë, selon certains témoins, se serait cabré avec la puissance de rame des deux marins pourtant novices. Une vitesse folle qui les empêchera d’apercevoir des singes sur un des rochers, mais qu'importe, ce n'est que partie remise. Certains passages se font dans des tunnels d'une vingtaine de mètres sous les pains de sucre. Malgré un ciel encore bien chargé, c'est un super moment. Vient ensuite le repas sur le bateau, où nous faisons la connaissance d'un couple de voyageurs français, Cyrielle et Sylvain, et d'un voyageur en solo venu d'Israël dont je n'ai pas saisi le nom exact, qui nous parle de son pays.

Un bon coup de rame 

Seconde étape : snorkeling et plage sauvage

Après ce repas frugal, rien de tel qu'un plongeon pour rejoindre une plage sauvage à la nage. Samuel, ancien virtuose de natation synchronisée, qui préfère les lunettes au masque pour le snorkeling "parce qu'avec la moustache, l'eau rentre sinon tu comprends" s'élance le premier avec nonchalance dans une eau finalement fraîche et on ne va pas se mentir, assez sale. Il atteint le premier le rivage, fier comme un coq. Touché dans mon estime, je me jette à mon tour dans l'eau trouble. Puis vient le tour d'Hilkka, d'un double salto arrière assez spectaculaire. Anaïs choisit la méthode normande en se laissant glisser tranquillement le long de l'échelle. On n'est pas là pour juger, mais c'est quand même la honte.

On est quand même peu de choses face à la nature 
Ces cascades ont été réalisées par des professionnelles, ne tentez pas de les reproduire chez vous. 

Les quatre amis se retrouvent sur la plage abandonnée, s'adonnant à quelques photos et vidéos pour immortaliser la prouesse. Le retour sur le bateau est plus chaotique : l'échelle est glissante, chacun remonte comme il peut, on oublie un peu sa dégaine sur le moment. C'est quand même toujours mieux que le bateau d'à côté, qui lui n'a pas d'échelle : on regarde donc les pauvres touristes (qui ont dû payer moins cher que nous, c'est certain) forcer comme des malades en essayant de s’agripper tant bien que mal aux pneus à l'avant du bateau pour remonter à bord. Dommage pour eux, mais on est bien obligés de se foutre de leur gueule, c'est de bonne guerre.

Un dimanche après-midi sur une plage bretonne 

Troisième étape : Monkey Island

La croisière bat son plein, direction Monkey Island, ou l'île aux singes en franc-comtois. Comme son nom l'indique, c'est une île dont l'une des plages est envahie par les macaques (et les touristes). Je (Fred) suis assez impatient de les voir, tout en me souvenant qu'ils sont assez voleurs et parfois agressifs. Un petit bateau écolo à moteur de scooter fait la liaison entre les bateaux de touristes et la plage, avec des conducteurs très peu patients. L’accostage se fait bien sûr à l'arrache entre deux vagues, à quelques mètres du rivage, à la dure.

Arrivés sur la plage, on voit déjà des petits singes soupe au lait un peu partout. Certains jouent entre eux ou se disputent, d'autres boivent à la bouteille. Je vois même un type essayer de refiler sa cigarette à un singe, on se demande lequel des deux est l'animal. Quelques touristes pas très prudents se font griffer, mordre ou menacer. Les singes c'est marrant, mais de loin.

Un primate très sympathique et un singe qui mange du sable. 

Derrière la plage, un petit chemin escarpé entre les rochers permet d'accéder au sommet d'une montagne avec vue. Sam, un peu trop confiant sur ce coup, doit quitter le premier l'aventure, le choix de ses chaussures (claquettes) s'avérant peu judicieux pour relever le défi. Hilkka, quant à elle, jette l'éponge après quelques mètres, prétextant avoir repéré un billet d'1 million de dongs sur la plage. On la comprend. Je termine donc le chemin avec Anaïs qui n'a pas trouvé d'excuse, mais nous ne serons pas vraiment récompensés : le sommet est saturé de touristes. Dommage, demi-tour après quelques photos, pour ne pas partir bredouilles.

Une preuve de l'exploit

Quatrième étape : le village flottant des pêcheurs

Retour au bateau puis nous nous dirigeons vers un village flottant de pêcheurs, constitué d'un ensemble de cabanes en tôle et de filets de pêche. L'animateur du tour nous explique qu'ils ont l'air pauvres, mais qu'en réalité leur activité leur permet d'avoir une villa sur l’île et qu'ils ne vivent pas sur place. On n'est pas obligés de les croire. Chaque cabane de pêcheurs est gardée par un chien, qui prend son job très à cœur et permet d'éviter aux pêcheurs de se faire découper les filets et voler le poisson.

Le village flottant des pêcheurs 
Les baies de Lan Ha et Ha Long 

Le soir nous donnons rdv aux Français du bateau à notre resto/cantine préféré(e). On en profite pour tester le vin rouge local, le Da Lat. Certains le trouveront trop fruité, d'autres un peu fade... On ira voir où ce vin est produit, mais on se garde ça pour plus tard.

Sur le chemin menant au resto, on avait repéré plusieurs karaokés, dans la pure tradition asiatique. On choisit donc de tenter le coup avec nos copains Français et tant qu'à faire, on entre dans le plus kitsch : lumières tamisées, néons aux couleurs vives, micro avec écho, tout est réuni pour massacrer n'importe quelle chanson. C'est alors qu'Hilkka s'empare du micro avec une assurance déconcertante et reprend les couplets de rap US comme si elle avait fait ça toute sa vie : appelez la Jay-Zilkka. Les duos se succéderont pendant 2h avec plus ou moins de succès : mission accomplie.

A l'aise comme chez Patrick Sébastien 
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Jour 3 : 06 mars

Réveil un peu difficile ce matin, pendant que nos compagnons cuvent leur vin, on repense en grinçant des dents et en saignant des oreilles aux notes aiguës mal maîtrisées du karaoké de la veille. Nous prenons un scooter et laissons Sam et Anaïs profiter de leur sommeil qui sera; on l'espère; bien réparateur.

En cette dernière journée, nous sillonnons à nouveau l'unique route de l'île, toujours fascinés par ces décors et cette végétation exotique. On n'arrête pas de se dire, un peu euphoriques : "c'est quand même dingue d'être là", tout en se dirigeant vers le cœur de l'île. Notre scooter, affectueusement surnommé Pimprenelle, nous mène jusqu'au parc national de Cat Ba. Anecdote assez cocasse, nous arrivons un peu tard au parc, si bien que n'aurons pas le temps de faire la rando. On regarde donc des photos sur Google images pour se consoler, ça revient (presque) au même !

Bon, c'est une photo de la veille, mais ça aide à illustrer mon propos 

Le parc national de Cat Ba est une réserve naturelle s'étendant sur 280 km² et abritant serpents aquatiques, pythons et geckos. On peut même y trouver (avec beaucoup de chance)

une espèce de singe très rare : le langur à tête dorée. Plusieurs randonnées allant de 2 à 18 km y sont possibles, à travers une végétation subtropicale.

Toujours prêts à optimiser notre temps (l'efficacité allemande avant tout), nous improvisons une leçon de conduite sur le parking. Moi (Hilkka), qui ne connais pas encore la vie de biker, je suis sur le point de me découvrir un talent endormi. Transcendé par son exploit de l'avant-veille, Fred m'explique en quelques mots les commandes de la bécane, le point de croix, les bienfaits de la cuisson vapeur et la parade nuptiale des lémuriens d'Autriche.

Un peu perplexe suite à son discours d'une incohérence déconcertante, je m'élance sur ma contrefaçon de Harley Davidson. Je roule comme un chef, des étincelles fusent après mon passage à au moins 25 km/h. Quelques tours de piste et me voilà rodée. Prépare-toi Vietnam, un nouveau pilote va emprunter tes routes de campagne (on n'est pas fous au point de rouler en ville hein) !

Moto GP. Broum Broum.

Je roule quelques minutes avant de m'apercevoir que j'ai oublié Fred sur le parking. Je le retrouve en larmes pendant que résonne dans un haut-parleur : "la tutrice suppléante du petit Frédéric est attendue de toute urgence sur le parking". Je vais encore perdre sa garde, génial. [Attendez, Fred interrompt ma rédaction pour me dire que j'en fais trop. Je lui rétorque que nos lecteurs aiment le côté dramatique de nos récits, il acquiesce d'un air convaincu et diabolique à la fois. Nous décidons donc de conserver ce paragraphe.]

J'ai rencontré un sosie de Fred pendant ma virée en solo ! C'est une star de l'île désormais.

Après quelques km de conduite à allure très modérée, pour profiter du paysage, Fred reprend le guidon. Nous croisons Sam et Anaïs sur le chemin du retour. Signe du destin ou heureux hasard, nous finissons par visiter le point de vue de Cannon Fort tous ensemble, le plus beau point de vue du pays (selon le Lonely Planet). On y retrouve aussi des canons (quelle surprise), construits par les Japonais lors de la Seconde Guerre Mondiale On en prend plein les yeux, Cat Ba offre de superbes décors typiques de la baie d'Ha Long. On en profite d'ailleurs pour faire des photos absurdes avant de repartir.

Mosaïque variée 

Pas le temps de traîner, nous quittons l'île aujourd'hui. Dans 3h30, nous serons à Tam Coc, dans la baie d'Ha Long terrestre.

Nos fesses sont encore endolories à l'heure où nous publions ce communiqué.

Breaking News : à l'heure où je rédigeais ce paragraphe, j'ignorais que : 1- le trajet durerait en réalité 5h // 2- nous partirions sans Sam, nous n'avons pas remarqué son absence avant le lendemain matin.

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Prochaine étape : Tam Coc, Trang An, Ninh Binh : la baie d'Ha Long terrestre

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Jour 1 : 07 mars

Comme on est arrivés de nuit la veille à Trang An (proche de Ninh Binh), on ne découvre qu'au petit matin le décor autour de notre auberge. Un énorme pain de sucre affleure la piscine de l’hôtel alors que du côté opposé, des terrasses en bambou montées sur pilotis permettent de prendre le petit dej en plein milieu d'un étang et de savourer la vue sur les petits monts embrumés à l'horizon. Nous sommes charmés par cet hôtel qui est pour le moment le meilleur depuis le début du voyage.

Ça se dispute pas pour aller à la piscine

Malheureusement Anaïs est bien affaiblie ce matin et ne décollera pas du lit de toute la journée, on la laisse reprendre tranquillement des forces. C'est donc à deux (Hilkka et Fred) que nous partons en balade, malgré un temps encore bien chargé.

Copieuse! 

Les nuages bas dévorent le sommet des pains de sucre, alors que la verdure des rizières et des nénuphars sur les étangs n'en ressort que mieux. En bons aventuriers, on décide alors de naviguer à vue en coupant ce GPS souvent trop autoritaire. On traverse un petit village en empruntant des ruelles étroites, s'épargnant ainsi la circulation et les bruits des grands axes. La balade est agréable malgré la pluie fine qui s'est installée et on atteint bientôt une étendue entièrement occupée par les rizières. Plusieurs villageois croisés sur la route nous saluent avec un grand sourire.

Les gens sont sympas, on a souvent un bon contact avec les locaux, mais curieusement seuls les plus vieux nous répondent. Je repense à ce petit garçon, rencontré au bout d'un sentier, qui ne se contente pas de nous demander nos noms, mais qui en profite pour nous lancer des "money, money, money" avant de nous lancer des cailloux de loin. Ils sont teigneux, ces fans d'ABBA.

On va appeler Pascal le Grand Frère, il va comprendre 

Au détour d'un sentier traversant les rizières, on s'arrête le temps de prendre quelques photos, contempler la vue et profiter du calme. Sur le chemin du retour, une imposante porte de temple chinois attire notre attention, avec en fond la montagne encore noyée dans un brouillard épais. Magique.

Allez te vexe pas, on rigolait! 
"Pas de signal GPS"
Les portes du paradis 

De retour à l'auberge, on passe checker l'état de notre Anaïs qui n'est pas encore remise, alors que Sam a pu prendre le bus pour venir nous rejoindre à Ninh Binh : qu'ils sont courageux.

David, un copain d'enfance se trouve dans la même ville. Le monde est vraiment petit, c'est chouette de se retrouver là, si loin de la maison. Il nous rejoint à l'auberge pour le repas. Il arrive avec une tête des mauvais jours : pas une super journée pour un supporter du PSG, on le comprend, je me sens obligé de le vanner malgré tout. David voyage seul depuis une quinzaine de mois, après avoir passé pas mal de temps en Nouvelle-Zélande, il parcourt le Vietnam en sens inverse au notre. On part alors pour un petit tour de scooter tous les trois dans la campagne Ninh Binoise.

Encore un paysage rongé par l'urbanisme. 

Attention, lecteurs sensibles, végétariens et/ou fragiles des intestins, poursuivez sans lire ce ce paragraphe.... Pour les plus braves d'entre vous, félicitations. Vous êtes sur le point de découvrir une spécialité culinaire de Ninh Binh. La chèvre. Ah non non, on vous arrête tout de suite, pas de bûche ou de Rocamadour à l'horizon, ni de miel, ni d'origan pour accompagner tout ça. Nous sommes interpellés par les nombreux stands en bord de route, aérés par des tapettes à mouches. Une silhouette imposante trône sur chaque étal, il faudra nous rapprocher pour discerner les corps sans vie de chèvres. La mise en scène rend le spectacle assez dégueu. Un bâton en forme de Y retient le cou de la chèvre comme pour qu'elle paraisse en vie, les dents exposées en sourire apeuré et ne parlons pas de l'aspect de sa peau, on a l'impression qu'elle a été brûlée vive puis laquée...on passe notre chemin.

Une photo pour immortaliser cette rencontre improbable avant de laisser David continuer sa route vers le Nord. Un vrai plaisir de s'être croisés dans un endroit pareil !

 Mais je le connais ce ramasseur de riz!

En rentrant à l'auberge, c'est un Samuel majestueux qui nous attend, en bien meilleure forme que la veille. Il trépigne d'impatience à l'idée de chevaucher le sublime Yamaha Nmax 125cm3 généreusement mis à disposition par l'auberge, et c'est avec un plaisir non dissimulé qu'Hilkka propose à Samuel d'aller faire un tour avec son ami Fred, content de revoir au moins un de ses deux potes sur pied. En guide improvisé, Fred offre une visite accélérée des environs à Samuel, qui savoure et tente de rattraper les heures perdues. En cette fin de journée, les rizières sont occupées par des gens ci et là, ramassant le riz (ou autre) le dos courbé, à pied ou en barque, offrant là encore de superbes images aux deux explorateurs. Un bruit étrange et indéterminé, sorte de sifflement bref et répété provient des rizières à la nuit tombée, émis par la faune qui peuple ces grandes entendues vertes. Le repas se fera à trois, autour d'un Bun Cha et d'une coco. Un petit peu d'eau sucrée pour Anaïs histoire de stopper la déshydratation et on s'endort avec l'espoir qu'elle soit requinquée au réveil. Allez, courage!

Bun Cha: plat vietnamien composé de viande de porc grillée, de nems et de nouilles de riz blanc et des herbes aromatiques, le tout assorti d'une sauce aigre douce. C'est le plat préféré de Barack Obama, ce qui explique tous les écriteaux "Bun Cha Obama" que nous voyions à Hanoï.

Un homme nouveau
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Jour 2 : 08 mars

Pas le temps de traîner, c'est notre dernière journée tous les 4, nous avons prévu de faire la balade en barque à Trang An. Un petit déjeuner sur le ponton s'impose, durant lequel nous admirons paisiblement nos pancakes respectifs. Oh, on jette un œil de temps en temps sur ce décor de rizières embrumées, cernées par des rochers majestueux, mais sans plus...

Ouais, on a essayé de faire des photos "pensives" 
"The lonely pancake", "Le pancake solitaire" - il ne retrouva jamais son propriétaire, une oeuvre bouleversante

Anaïs étant toujours souffrante, nous l'abandonnons lâchement (avec sa permission et ses "si si je vous assure, allez-y, ce n'est pas grave si je reste seule pendant des heures alors que la gangrène se propage"). Voici donc partis nos 3 matelots, tout excités de faire du bateau. Le temps nous est compté, Sam et Anaïs devront repartir dans quelques heures. Tout juste le temps de faire la balade en barque de 3h, d'après les calculs de Samuel. Au moment d'embarquer dans notre navire privatif, un 4ème touriste se joint à nous. Et oui, avouons-le, nous sommes un peu déçus, on essaie de le jeter à l'eau, sans succès.

Bateau sur l'eau... 

La balade commence, on en prend très vite plein les yeux. Nous faisons connaissance avec notre nouvel ami (oui, bon okay, il est très sympa) qui s'avère être Vietnamien. Il s'appelle Tyson, aime les pélicans, les coquillettes au jambon et vit au Canada. En plus d'être gâtés par un cadre magnifique, Tyson est bavard et nous apprend des tas de choses sur la culture vietnamienne, que nous allons vous conter. C'est super pédagogique de faire la visite avec lui.

Des arbres dans de l'eau 

La minute Tyson

Le "protocole" de prière et d'offrande est très précis. Exemple : Augustin veut faire une offrande, il doit alors allumer un bâton d'encens jusqu'à ce qu'il fasse de la fumée, le planter et se tenir en face de l'hôtel pour faire un vœu. Typiquement, Augustin se présentera et formulera son vœu (dans sa tête sinon ce serait gênant), à la fin duquel il fera trois révérences. Puis Augustin ira vérifier si son vœu est réalisable à l'aide des 2 pièces disposées sur une assiette, que l'on retrouve dans chaque temple. Il va lancer les pièces, si celles-ci affichent un côté pile + un côté face, alors le vœu sera exaucé. Si elles affichent 2 côtés pile ou 2 côté face, alors il faut reformuler le vœu, en s'excusant d'avoir peut-être été impoli ou en reformulant le vœu. Il n'y a que 3 tentatives, si rien ne marche au bout de la 3ème tentative, il faudra renoncer à ce vœu ou revenir ultérieurement. Les offrandes de nourritures faites par les locaux sont ensuite redistribuées à la communauté.


La langue vietnamienne est la seule d'Asie du Sud-Est à utiliser l'alphabet latin. Au 17ème siècle, un prêtre français a retranscrit phonétiquement l'alphabet vietnamien dans un but d'évangélisation. Des accents ont été rajoutés pour mieux respecter la prononciation vietnamienne. Cet alphabet (Chữ quốc ngữ) est utilisé dans tout le pays, car plus facile que les caractères chinois utilisés auparavant. Très peu de Vietnamiens sont désormais capables de lire les caractères chinois, présents sur les temples notamment.


Les rameuses des balades en barque sont très nombreuses, si bien qu'elles doivent venir faire la queue très tôt le matin pour obtenir un barque. Elles travaillent majoritairement dans l'agriculture et font ça pour un complément de revenus. Il n'y a que très peu d'hommes car ce métier est considéré comme peu gratifiant et il est donc laissé aux femmes. Lorsque les rameuses sont fatiguées, elles se servent parfois de leurs jambes pour ramer.

On a trouvé un mode bling bling sur l'appareil photo ! 

Des paysages de mangrove s'offre à nous, des petites "criques" de nénuphars stagnent tranquillement au détour d'un pic karstique et des oiseaux gazouillent, à peine perturbés par le glissement de nos rames. Les grottes étroites se succèdent et notre barque est presque dévorée par les parois calcaires, si bien que nous devons par moment plonger le nez dans nos genoux pour éviter les stalactites. Notre rameuse fait du bon boulot et nous frôlons à peine le plafond rocheux. Quelques temples dressés au bord de l'eau, ponctuent notre épopée.

 Mouais, nous on a Lascaux quand même !

Mais le temps file ! La rameuse nous indique qu'il nous reste encore 2h de visite alors que l'on pensait finir dans 1h. Plus question de papillonner sinon Sam loupera son transfert vers l'aéroport. Chacun saisit une pagaie et s'affère comme si son bus en dépendait. La barque, selon certains témoins, se serait cabrée avec la puissance de rame. Ah...on m'informe qu'on a déjà fait cette vanne sur l'étape précédente, mais vous avez saisi le principe.

Un bon petit coup de rotofil, ça ferait pas de mal 
Jurassic Park 

Nos efforts finiront par payer, l'énergie générée par nos rames ayant créé une faille dans le continuum espace-temps, nous fûmes capables de regagner la rive, puis notre hôtel, à l'heure. C'est donc euphoriques mais le cœur lourd que nous partageons notre dernier repas ensemble. Comme une sensation de "dimanche soir" s'abat sur nous en ce vendredi après-midi alors que nous disons au revoir aux copains. Finalement, les vacances en vacances, on y a pris goût ! Anaïs secoue frénétiquement un mouchoir par la fenêtre du mini-van qu'elle a mis beaucoup trop de temps à ouvrir, pendant que Samuel fait résonner une dernière imitation de Didier Deschamps dans la campagne. Acouphènes ou nostalgie, nous entendons encore cette voix bouleversante. Nous les remercions de leur venue et faisons (évidemment) une petite danse de satisfaction dès que leur véhicule quitte le parking de l'hôtel.

L'aventure continue, nous rejoignons Tam Coc en scooter car d'après les guides, c'est "The place to be". Nous assistons au ballet chaotique de plusieurs dizaines de barques, sur une eau trouble et polluée. En fait, on a vraiment bien fait de préférer la balade en barque de Trang An, moins touristique et mieux préservée. Nous rebroussons chemin pour sillonner le sentier cyclable à travers les rizières. Quelques beaux décors se profilent mais nous avons toujours cette petite pointe d'amertume qui nous dit :"Trang An c'est plus mignon". Au cours de ces dernières étapes, on a découvert ce qu'on aimait vraiment : des petits villages un peu à l'écart du cœur touristique (bon pas trop non plus), car c'est là que nous trouvons de meilleures activités et que nous faisons des rencontres plus authentiques et chaleureuses. Bref, Trang An, on recommande !

C'est mignon quand même ! 
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Jour 3 : 09/03

La journée d'aujourd'hui s'annonce très longue : après une courte nuit de sommeil, nous rejoignons la gare de Ninh Binh pour prendre le train jusqu'à Hué. Initiallement prévu à 8h15, le départ ne se fera pas avant 10h45. Un trajet de 11 heures nous attend, au programme : couture, films, rédaction, jeûn, ennui et pieds de Vietnamiens sur nos accoudoirs. A 22h, nous arrivons enfin...

Voilà, on ne va pas s'attarder davantage sur cette journée !

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Prochaine étape : Hué, la cité impériale

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Publié le 15 mars 2019

10 mars

L'auberge étant un peu à l'écart de la ville, on enfourche notre nouveau moyen de transport préféré (le scooter) et partons direction le centre historique pour débuter cette journée. Les températures sont bien plus élevées ici, si bien qu'à 10h du matin c'est déjà la fournaise. Pas de quoi nous arrêter pour autant, après avoir stationné notre monture, on arrive devant les imposantes murailles de la citadelle royale, bordées par la rivière des Parfums.

Hué est l'ancienne capitale impériale du Vietnam (1802-1945). La citadelle abritait autrefois la résidence impériale et le siège de la cour et fut à plusieurs reprises le théâtre de bombardements, incendies et pillages, notamment en 1968 pendant la guerre du Vietnam. C'est aujourd'hui un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

L'entrée de la citadelle 
A l'intérieur de la citadelle

A l'intérieur des murs de la citadelle se trouvent la Cité jaune impériale et la Cité pourpre interdite, lieu de vie de l'empereur du Vietnam à l'époque. On trouve dans la citadelle de nombreux édifices d'époque impériale restaurés depuis, mais aussi un grand jardin botanique.

Looking for Robert (Hue)

Vous l'aurez compris, on n'a pas passé la journée à tenter de déchiffrer les caractères chinois présents sur de nombreuses façades et tableaux, mais nous avons préféré profiter du calme de la citadelle, interdite aux véhicules. Au Vietnam, il faut profiter au maximum des lieux à l'abris des klaxons et de la circulation, au risque de devenir fou.

Vue de l'autre côté de la citadelle, et quelques belles portes 
Le jardin botanique 
Une petite mosaïque variée parce qu'on a la flemme d'écrire davantage 

Une pause déjeuner le temps de goûter les spécialités régionales et nous voilà repartis cheveux au vent, vers notre nouvelle destination, insolite cette fois-ci, puisqu'il s'agit d'un parc d'attraction abandonné : Ho Thuy Tien. Construit en 2004, il n'a pas connu le succès attendu, ayant ouvert ses portes alors que certains chantiers n'étaient pas terminés, et a fini comme ses attractions, par couler. Tout est resté en place, comme si les gens étaient partis du jour au lendemain. Il restait d'ailleurs encore récemment, trois locataires dans une des piscines : des crocodiles, transférés dans un autre parc récemment. Depuis une dizaine d'années, le parc est totalement à l'abandon.

L'entrée principale du site est payante, mais comme il n'y a ni entretien ni sécurité dans le parc, on se demande bien pourquoi et pour qui. Il s'agit plutôt d'un racket organisé par des particuliers qui "gardent" l'entrée. On choisit alors un accès dérobé, via un chantier, qui nous permet de rentrer gratuitement : ben quoi, il n'y a pas de petits profits, surtout pour contrer les arnaques.

Notre visite commence par un îlot artificiel au milieu du lac, surmonté d'un immense dragon de pierre, dans lequel il est encore possible de grimper par des escaliers jusqu'à la gueule de la bête. L'attraction ressemble davantage à un squat, mais la vue sur le lac vaut le détour.

Chouette ! On va à Disneyland ?
Ça donne pas envie de tester le grand huit 

Un peu plus loin, c'est une ancienne piscine avec toboggans qui commence à être envahie par la végétation, alors que les bassins sont toujours remplis. On se croirait à Tchernobyl.

Sûrement un problème de pH

On termine ce tour un peu glauque par ce qui devait être à l'époque un spectacle de lumière et d'eau, devant des gradins en béton. Dans la piscine, le système mécanique est toujours là, mais dans un sale état. Un peu étrange, mais sympa comme visite pour conclure cette étape à Hué.

Chantier en cours - port du casque obligatoire 

Pour terminer, une mosaïque apocalyptique de la visite du parc. Frissons garantis !

Pourquoi pas des clowns aussi, tant qu'on y est? 

Retour à l'auberge et préparatifs pour partir à Hoi An le lendemain matin.

Prochaine étape : Hoi An, la ville des lanternes

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Jour 1 : 11/03

Après un trajet en bus de quelques heures, nous débarquons à Hoi An, une ville classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, réputée pour son charme, son architecture unique et ses milliers de lanternes.

Bonne surprise en arrivant à l'hôtel, nous avons été surclassés. Enfin une chambre spacieuse, pas trop moisie et avec un accès au jardin, ça fait du bien. Après avoir trop patienté pour nourrir la bête (moi, Hilkka), l'état d'urgence est déclaré. Nous enfourchons nos vélos rouillés gentiment prêtés par l'hôtel, remercions nos piqûres de rappel anti-tétanos et pédalons sans faiblir jusqu'au restaurant. Et quel resto ! On a commencé par un plat, puis on a rajouté une entrée et enfin un dessert. Beau craquage, on se sent (un peu) coupables mais tellement satisfaits. Oooh on vous entend nous juger, mais les gargouillis de nos estomacs étaient plus forts que vous !

Et on n'est même pas désolés... 

Menu du jour : White rose dumplings (=bouchées vapeur), Bahn Xeo (=pancake croustillant), Com Ga (=riz au poulet), plat dont on a oublié le nom mais qui était très bon, gaufre à la cannelle et glace au lait concentré.

Une brève balade digestive dans la vieille ville s'impose, le temps de boire un bon café vietnamien et nous voilà repartis. On aurait bien aimé rester davantage, mais une tâche ingrate nous attend : la lessive. Tant pis, on reviendra demain !

 "Brigitte, où est-ce que tu as encore rangé le tofu?" 
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Jour 2 : 12/03

Aujourd'hui, nous retrouvons les pédales couinantes de nos vélos pour sillonner la campagne autour d'Hoi An. Direction le village écologique de Tra Que pour y découvrir la culture de légumes et d'herbes aromatiques. Ces derniers sont cultivés selon les méthodes d'antan, sans machine ni pesticides mais avec des engrais naturels locaux, notamment des algues provenant de la lagune de Tra Que. Près de 400 agriculteurs cultivent les 8 tonnes de légumes qui seront ensuite vendus aux restaurateurs d'Hoi An.

Image rare de la parade nuptiale de deux tracteurs de labour 

On pose les vélos pour observer ce potager de plus près. Il n'y a pas de petite pancarte indiquant le nom de la plante, c'est bien dommage, mais on en reconnait quelques unes : menthe, basilic, salade... Et c'est tout !

Les produits laitiers sont nos amis pour la vie. 

De vrais petits maraîchers en herbe ! (en "herbe", vous avez saisi la vanne ? Parce qu'on est dans un village qui cultive des herbes. C'est drôle.)

En plein débat sur le nom d'une herbe (coriandre ou rutabaga ?!), une vieille dame nous interpelle et nous invite chez elle. Comme elle a des bonbons, évidemment on la suit ! Bah oui ! Enfin si ça avait été des nounours à la guimauve on ne le l'aurait pas suivie (enfin, Fred peut-être parce qu'il a des goûts bizarres...).

Fred voulait cueillir des fleurs mais il s'est pris un râteau !  

Cette dame (que nous appellerons Caroline) nous mène dans une pièce avec de belles photos d'un vieux couple dans un champ. Ça fait très famille Ingalls. Le Papy des photos est aussi présent. Caroline nous explique qu'il a 97 ans et ne cesse de nous présenter des photos du couple, avec une gestuelle et un sourire dignes d'une présentatrice de télé-achat. On hoche la tête poliment, en se demandant un peu ce qu'on fait là, jusqu'à ce que Caroline nous montre le prix des photos. Nous déclinons l'offre, ce qui n'a pas l'air de ravir Caro, et prenons congés, notre mallette pleine de liasses sous le bras. Bon, c'est vrai que c'était bizarre qu'elle nous invite chez elle juste pour nos beaux yeux (qui sont pourtant très beaux).

Vue sur la rivière et divers objets flottants 

Retour à Hoi An pour profiter davantage du cœur historique. Bien qu'elle soit très fréquentée, nous apprécions énormément la ville : façades colorées, petites boutiques, odeurs de café, guirlandes de lanternes et balcons fleuris. On observe un grand mélange de cultures : pont japonais avec pagode, temple chinois en bois, bâtiments coloniaux français, maisons vietnamiennes... Mêmes les canaux, pourtant surchargés d'embarcations touristiques, apportent un charme indéniable.

En attendant la tombée de la nuit, nous allons boire un café à "Reaching Out". L'association "Reaching Out" forme et emploie des artisans vietnamiens atteints d'un handicap afin qu'ils puissent s'émanciper. Le salon de thé où nous sommes allés est tenu par des personnes malentendantes. L'intégralité du mobilier et de la vaisselle est fabriquée par des artisans de Reaching Out.

L'expérience est assez unique, les clients sont priés d'être discrets et les serveurs nous fournissent un petit formulaire à remplir pour commander. Les tables sont ornées de petits messages pour communiquer avec les serveurs : "merci" "question", "glaçons"...

C'est quand même plus simple avec la machine Senseo 

A la nuit tombée, nous faisons un petit tour du marché nocturne et essayons la "pizza" vietnamienne : une feuille de riz garnie de viande, œuf, oignons et sauce, cuite au barbecue puis pliée en 2 comme une crêpe. Mouais, on préfère les pizzas à la maison.

Pizza barbeuc' 

Et pour conclure cette belle journée, nous admirons enfin le spectacle : Hoi An illuminée par des lanternes de toutes les couleurs. C'est un peu cliché mais on aime beaucoup.

Ça éblouit plus que le Manège à Bijoux 

Nous retournons à l'hôtel où nous avons été sur-surclassé durant la journée (oui, oui). On a une chambre encore mieux ! Problème d'organisation ou gentillesse excessive, peu importe, on oublie un peu les mauvaises nuits en auberge.

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Jour 3 : 13/03

Comme cette journée n'a pas été des plus palpitantes en attendant notre bus de nuit vers Da Lat, nous vous proposons une mosaïque végétale. On ne pouvait pas vous laisser sans rien quand même.

Différents végétaux pour meubler 
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Prochaine étape : Da Lat, le petit Paris

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Publié le 21 mars 2019

Le Champ de Mars, la Tour Eiffel, Montmartre, les Champs-Elysées... Dalat n’a vraiment rien de notre capitale, et c’est pourtant ce surnom qui lui est donné : «le petit Paris». Mouais, il y’a bien une antenne de télécommunications en forme de Tour Eiffel, mais la comparaison s’arrête là. Ah si, la circulation peut-être !

Ah ben voilà ! 

Jour 1 : 14 mars

Notre premier jour de titi parisien n’aura rien de bien palpitant, le bus de nuit nous a eus, on est un peu à plat. On trouve quand même la force de se traîner jusqu’au centre commercial de la ville, de l’autre côté d’un grand lac. A l’entrée, la sécurité pose des scellés de sécurité en plastique sur toutes les fermetures éclair du sac d’Hilkka, pour qu’elle évite de voler de la bouffe. Et des fermetures, il y en a un paquet. 35 minutes plus tard, on entre enfin dans ce paradis perdu, où on trouve de la vache qui rit sous verrou. Oui. Incroyable. Mais pas autant que ces pizzas disposées à la verticale sur leur étal, ce qui fait que la garniture tombe en bas du paquet... Foutue gravité ! Et tout un tas de choses emballées individuellement, prends ça la planète ! Sur le chemin du retour, un petit resto «com ga» nous fait de l’œil, c’est un plat typique du Vietnam à base de riz, oignons crus et poulet bouilli. Puis en dessert du «fo mai» (fromage?) qui s’avère être en fait du yaourt : pas loin ! Avant de filer à l’auberge recharger les batteries. Rideau.

Curiosités commerciales 
La fille qui murmurait à l'oreille des chevaux 
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Jour 2 : 15 mars

Le lendemain, la motivation est revenue, on part acheter de quoi se faire un pique-nique autour du lac, surtout un prétexte pour acheter un bout de fromage. Ah non on me dit dans l’oreillette que c’était du cheddar, bon... C’est alors requinqués et bourrés de calcium qu’on se dirige vers le jardin botanique. Sans surprise on y retrouve tout un tas de fleurs, de bonsaïs et d’arbustes, la photo était contractuelle, l’endroit est agréable.

Vous expliquerez ça à vos enfants 

Plutôt que des mots, voici une belle composition florale pour raconter cette visite des jardins.

Mots fleuris 
On a trouvé des nouvelles fonctions pour les mosaïques. Alors on essaie à outrance.

Le soir venu direction le marché nocturne : les étals proposent brochettes à frire, assiettes de noodles agrémentées de fruits de mer ou encore banh mi. Ça grouille de monde et c’est comme ça tous les soirs, paraît-il. On constate tout de même que tout le monde vend la même chose au Vietnam, personne ne se distingue. Stratégie commerciale à revoir ?

Copier-coller 
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Jour 3 : 16 mars

Dernier jour à Dalat, vous l’aurez peut-être deviné, à part le jardin de la veille, ce n’est pas trop notre coup de cœur jusqu'à présent. Ultime tentative à dos de mobylette, à destination d’une plantation de café un peu particulière. C’est non sans difficultés qu’on arrive à la Weasel Plantation à quelques km de la ville. C’est une petite ferme qui produit du café "arabica weasel" - le cà phê chôn, le plus cher du monde - en utilisant les excréments de belettes. Cette ferme biologique produit du café arabica, qui représente 10% de la production mondiale de café (les 90% restants étant du robusta, moins raffiné). Seulement deux fermes de ce type existent au Vietnam.

Civet de belette 

Explications : il s’agit plutôt de civettes (croisement étrange entre un renard et une mangouste, fallait y penser), qui sont utilisés dans ce procédé bien particulier. Les civettes repèrent dans les arbres, grâce à leur flair développé, les cerises de café mûres (grains rouges sur le caféier) et les mangent. Mais elles ne digèrent que l’enveloppe et "restituent" le reste. Et c'est là que tout se joue. De petites mains trient alors la "contribution" des mammifères pour en soutirer les perles rares, puis les laver, les laisser sécher une semaine et enfin les torréfier. Pour les plus curieux (courageux?), voici un site en anglais où les explications sont plus détaillées.

Un travail très minutieux 

Mais alors vous vous demandez sûrement pourquoi faire un truc aussi absurde pour produire du café ? Et vous avez raison, c'est bizarre. En fait, les sucs digestifs de ces animaux, riches en enzymes, améliorent le café pour lui donner ce goût très aromatique aux touches de vanille, unique.

La ferme Weasel Coffee compte 40 animaux, dont la durée de vie est d'environ 10 ans. Chaque civette intervient dans la production du café entre les âges de 3 et 7 ans).

Le prix au kilo de cet or marron avoisine les 800 euros. Le prix est très élevé car chaque civette ne peut consommer qu’une quantité limitée de café (200 g par jour, 2 fois par semaine) et n’en restitue que 10%, soit en cumulé 1 seul petit kg par an. Le tout pendant la saison du café, d'octobre à janvier. Dingue. La propriétaire nous a préparé une tasse avec une cafetière japonaise, c’est vraiment du bon cacafé arabicaca (hum..).

Différentes étapes du processus 

Après cette excursion de dingue en scooter dans la campagne dalatoise (?), le temps de faire nos sacs, il est déjà l'heure de monter dans notre bus de nuit vers Phnom Penh au Cambodge, via Ho Chi Minh City.

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Prochaine étape : le Cambodge ! Mais nous reviendrons au Vietnam juste après pour y visiter le delta du Mékong.

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19 heures, le bus de nuit démarre, nous quittons Siem Reap au Cambodge, direction Hô Chi Minh au Vietnam. Après la version lit couchette avec inclinaison à 120 degrés déconseillée aux plus d'1m70, nous avons cette fois-ci des lits doubles parfaitement horizontaux. A vue d’œil, le couchage semble plus adapté, mais en pratique c'est encore impossible de s'allonger de tout son long, surtout que la banquette ne dépasse pas les 1m de large. Une fois déplié, Fred est contraint de se briser quelques cervicales pour s'étendre convenablement. Hilkka, qui est d'une taille honnête pour une occidentale avec son mètre 70, ne s'en sort pas beaucoup mieux. D'autant plus que le plafond est bas, la sensation de claustrophobie pointe le bout de son nez. Heureusement, après quelques séries, le sommeil arrive et le trajet se passe sans encombre.

Arrivés à Hô Chi Minh en fin de matinée, les deux contorsionnistes déposent leurs valises à l'hôtel, pour un repos bien mérité. Hilkka est tout de même fière d'avoir déjoué une arnaque de taxi de si bon matin, qui nous demandait 10 fois le prix normal. Ces quelques jours au Vietnam serviront principalement à préparer la suite du voyage. Et ouais, pas cool mais il faut bien se le gagner ! On vous prépare d'ailleurs un article sur l'organisation du voyage au quotidien, le budget, les réservations... Heureusement, tout travail mérite récompense, on s'offrira donc une excursion à la journée dans le delta du Mékong. Je vais sans tarder vous conter cette aventure épique.

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Au fil du Mékong, excursion dans le delta

C'est au petit matin que le bus de l'excursion nous cueille à l'hôtel. Celui qui se présente comme Tû, élégant Vietnamien de notre âge, sera notre guide durant cette sortie à la journée. Pendant les deux heures de trajet, Tû nous arrose d'anecdotes sur le Vietnam et sur l'étonnante ville d'Hô Chi Minh. Tiens, par exemple, savez-vous combien de scooters on recense dans cette ville? Près de 8 millions, pour environ 14 millions d'habitants ! Heureusement que les enfants n'en conduisent pas (quoique...).

Nous arrivons à la pagode Vinh Tràng de My Tho datant du XIXème siècle, l'une des plus célèbres de la région. La cour du temple contient un jardin ainsi que plusieurs statues de Bouddha. Tû ne se perd pas en explications sur ce lieu, on se contente alors de quelques photos.

Pagode Vinh Tràng 
Le parc et ses statues de Bouddha  

Un peu plus tard, nous arrivons à l'embarcadère où l'on monte sur un bateau, direction Unicorn Island (l'île de la Licorne pour les puristes). Trois autres îles aux noms ronflants d'animaux imaginaires font partie du delta : l'île du Phénix, l'île de la Tortue, et l'île du Dragon. Tous des animaux imaginaires donc, à l'exception notable du dragon. Ces trois îles, plus petites, ne sont pas vraiment ouvertes aux touristes, des propos qui n'engagent que Tû, on le croira sur parole.

L'embarcadère sur le Mékong
La traversée vers l'île de la Licorne

Nous posons donc le pied sur l'île de la Licorne, mais là surprise, pas un cheval blanc arc-en-ciel à corne mais des arbres fruitiers. La végétation luxuriante cache un village qui vit principalement de la cueillette : bananes, noix de coco, ananas, fruit du dragon... Une dégustation de fruits nous est d'ailleurs proposée, au son de chants traditionnels d'un groupe de villageois. Un peu touristique, mais très agréable.

 Ananas (décoratif seulement), Jack fruit et en rose et blanc dans l'assiette, le fruit du dragon
Quelques clichés volées de l'île pour nous rappeler que la nature est belle mais parfois cruelle

La visite se poursuit au détour d'une fabrique de miel et de produits dérivés : on goûte alors le thé au miel agrémenté de biscuits à la cacahuète et Fred se mue en apiculteur (malgré son allergie mortelle), le temps d'une photo, sous les yeux ébahis de Tû.

Dépêche-toi, je pourrai pas les retenir très longtemps!

Puis une voiturette qui ne ferait pas tâche sur un terrain de golf nous emmène à quelques encablures de là, pour embarquer sur des sampangs, ces petits bateaux étroits à rames typiques du delta du Mékong. Le canal est bondé d'embarcations, qui se suivent et s'entrechoquent dans un ballet réglé comme du papier à musique. Bon ça fait un peu attraction à touristes, mais ça ne gâche en rien le spectacle. Une chose à savoir sur les sampangs, du fait de leur faible largeur, il est très important de toujours se placer bien au centre, afin de garder la barque en équilibre. Une leçon que retiendra certainement cette touriste insouciante, montée sur le bateau nous précédant, qui a posé son pied au bord du bateau pour embarquer, provoquant irrémédiablement la bascule de celui-ci... et un bain gratuit dans les eaux boueuses du canal pour madame. La petite croisière a été un régal pour nous.

On reste bien au centre du sampang, les gueux! 

Avant le repas, nous passons par une fabrique de produits dérivés de noix de coco : bonbons à la coco, objets en bois de coco, ou encore huile de coco. On y vend même de l'alcool dans des bouteilles un peu perturbantes, puisqu'on y aperçoit scorpions et cobras. Non, on n'a pas goûté, si c'est votre question.

Ça c'est une eau de vie de bonhomme! 

Le midi, un repas tardif mais salvateur nous attend sous une hutte géante. Au menu: soupe vietnamienne, riz, omelette, poisson grillé avec ses rouleaux de printemps et poisson mariné, le tout en compagnie de touristes Canadiens, d'origine Vietnamienne, qui ont fui le pays à une époque difficile et nous racontent leurs vies, entre Canada et Vietnam.

T'as le look, Coco!  

Puis la croisière sur le Mékong reprend, direction l'embarcadère, où l'on nous sert une noix de coco à chacun, agrémenté d'un petit chant de notre guide Tû, qui est décidément en pleine confiance en cette fin de journée. Retour à l'hôtel après une journée réussie dans le delta du Mékong.

Cul-sec! 
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Hô Chi Minh, ville-étape

Comme vous l'aurez compris, on n'a pas énormément accroché avec les grandes villes au Vietnam et Hô Chi Minh n'a pas échappé à la règle. Cela dit, nous étions un peu frustrés après l'excursion dans le delta du Mékong, de ne pas avoir pu visiter de ferme de cacao, semblant assez difficiles d'accès.

Introduit au Vietnam au 19ème siècle par des missionnaires français, le cacao commence doucement à être exploité. Cependant, la production est vite abandonnée, faute de rendement satisfaisant. Plus tard, pendant les années 80 et la Guerre Froide, le cacao reprend de l'importance grâce aux échanges commerciaux avec l'URSS, mais cet élan sera vite stoppé avec la chute du mur de Berlin. Dans les années 2000, l'intérêt pour le cacao repart de plus belle avec l'augmentation de la consommation mondiale en cacao, le Vietnam reprend alors une place importante sur ce marché.

Nous avons donc pu goûter le chocolat issu du cacao produit non loin de là, à Ben Tre, dans le delta du Mékong. Marou est une chocolaterie créée par deux Français en 2011 qui n'utilisent que des produits vietnamiens. Cette entreprise se démarque par son processus intégral, qui va de la fève de cacao à la barre de chocolat. Le chocolat Marou connait un grand succès dans le monde entier, si bien qu'il a été proclamé "meilleur chocolat du monde" par le New-York Times en 2016. On a voulu tester par nous-même et effectivement, on a adoré.

Chez Marou, chocolatier à Hô Chi Minh. On a aussi mangé un brownie en plus. Pour la science...évidemment.
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Côté vie sociale, nous avons eu le plaisir de retrouver Vanessa et Benjamin, nos plus fidèles amis, rencontrés au Cambodge 2 semaines auparavant. Nous discutons autour d'un bon repas et planifions nos prochaines retrouvailles, à Bali si tout se passe bien. On croise les doigts les gars !

Mais comme nous connaissons beaucoup de monde avec cette vie de nomades, nous tombons nez à nez avec Charlotte, la gentille dame rencontrée à Hô Chi Minh juste avant notre passage au Cambodge. Maintenant que l'on a eu notre quota d’interactions, nous filons nous mettre à l'abri tels des ermites

Voici quelques photos, prises ci et là, lors de nos sorties en ville. Frissons garantis.

Pèle-mêle citadin de Hô Chi Minh

Mais alors, qu'est-ce qu'on y mange dans cette ville ? Un peu de tout, de l'infâme Bahn Mi au superbe Bun Bo, en passant par l'incontournable Bun Cha ou encore l'indescriptible Pho Bo, Hô Chi Minh nous a permis de réviser nos classiques de la gastronomie vietnamienne. Pour le meilleur et surtout pour le pire...

-Bahn Mi : sandwich avec base Pa Tê (=pâté tiède) ou margarine dans un pain garni au poulet, porc ou omelette et crudités. Note : 1/5

-Bun Bo Nam Bo : plat typique du sud, subtil mélange de nouilles de riz, cacahuètes, radis, salade, menthe et bœuf mariné, le tout servi dans une sauce/bouillon salé. Note: 5/5 - Attention, ne pas confondre avec le Bun Bo Hue, une autre variété bien plus flotteuse avec de la viande douteuse. Note : 0,5/5

-Bun Cha : plat favori de Barack Obama, composé de nouilles de riz, salade/menthe, nems et porc grillé, accompagné de sauce aigre douce. Note: 3,5/5

-Pho Bo : (Pho=soupe), bouillon de citronnelle servi avec des morceaux de bœuf bouillis également. On n'en n'a pas goûté de vraiment très bon. Note: 1,5/5

A gauche, le Bun Bo, à droite, le Bun Cha 
Ça c'est un vrai sandwich au pâté (et des lentilles car Hilkka aime beaucoup les lentilles) - pique-nique au Cambodge
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Prochaine étape : l'Indonésie, de Java à Bali !

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Publié le 21 avril 2019

Quelques chiffres :

Jours sur place : 32

Total dépensé : 1284€

Budget par jour et par personne : 20€, nous avions prévu 18€.

Répartition des dépenses :

Répartition des dépenses au Vietnam 
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Ce que nous avons aimé :

  • la vallée de Sa Pa, les rizières au pied des montagnes et les rencontres avec les locaux (surtout les villageois)
  • les rizières verdoyantes de Trang An
  • l'hébergement à Trang An (For You Homestay), au coeur des pains de sucre
  • les paysages tout droit sortis de Jurassic Park, sur l'île de Cat Ba
  • les lumières d'Hoi An et ses lanternes
  • le delta du Mékong
  • les bun bo nam bo (à ne pas confondre avec les bun bo hue...beurk)
  • les fromages apportés par Anaïs et Sam, qui hantent encore nos rêves les plus fous
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Ce que nous avons moins aimé :

  • le centre du pays, que nous aurions sans doute dû éviter.
  • l'attitude méprisante et irrespectueuse de certains locaux, qui nous ont assez souvent rembarrés (pharmacie, boutiques - des "non" incessants bien que l'on essaie l'anglais, le vietnamien, les dessins...);
  • la conduite, les risques pris par les gens sur la route. Compliqué d'être piéton au Vietnam...
  • le bruit des klaxons en PERMANENCE (sans exagérer), un vrai traumatisme.
  • la "street food", souvent à base de bouillons et d'abats et les odeurs douteuses parfois dégagées.
  • la pollution, encore et toujours.
  • les arnaques ou tentatives d'arnaques, plus fréquentes et plus salées.
  • les urinoirs collectifs ou toilettes collectives pour femmes (photos ci-dessous, ainsi qu'un dessin car pas de téléphone pour prendre de photo à ce moment là).
Marre de ne pas pouvoir discuter avec votre voisin de WC à cause de ces vilaines cloisons ?! Le Vietnam est fait pour vous !
Comme un grand bac de douche /pissotière. On se plaindra moins des WC de bars ou d'aires de repos françaises maintenant !
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Le mot de la fin :

Vous l'aurez compris, on a eu des hauts et des bas au Vietnam. Des hauts, lors de la visite d'Anaïs et Sam avec qui on s'est vraiment régalés, ou encore lors des étapes à Hoi An et dans le delta du Mékong. Des bas, avec la partie centrale du pays, les longs trajets en car et la circulation dangereuse ou encore l'attitude des gens qu'on a rencontrés. Manque de chance ou choc culturel, le pays ne nous a pas conquis...