Nouvelle-Zélande

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Il était une fois, 2 braves belettes qui partirent explorer la Terre du Milieu, entre fjords et glaciers, poursuivis par des kiwis déplumés et des Maoris sanguinaires, pour détruire l'anneau.
Mai 2019
31 jours
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Note importante à nos fidèles lecteurs

La connexion wifi étant très limitée (voire payante) en Nouvelle-Zélande, il est possible que nous prenions du retard dans la publication des étapes. Nous ferons de notre mieux pour prendre le moins de retard possible. Toutes nos excuses.

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11 mai :

Nous atterrissons à Brisbane, Australie, après un vol de nuit. Plus que quelques heures et nous toucherons au but. Nous survolons de très beaux paysages juste avant atterrissage. Le passage de frontière à Christchurch s'avère très fastidieux. En effet, le pays a mis en place une politique de bio-sécurité très stricte, visant à protéger les espèces locales (faune et flore), qui pourraient être décimées par les éléments étrangers. Il faut déclarer nourriture, objets en bois, graines, plantes, randonnées... On doit donc présenter nos chaussures de rando à la douane et heureusement, le nettoyage de nos semelles à la brosse à dents a porté ses fruits. Pas de terre asiatique sur nos godillots, nous sommes enfin autorisés à pénétrer chez les Kiwis.

Un avant-goût de ce qui nous attend. 

Kiwi : nom masculin et terme maori, gentil surnom donné aux Néo-zélandais en référence à l'oiseau du même nom, originaire de la Nouvelle-Zélande.

Nous récupérons notre voiture de location sans soucis et filons plus vite que l'éclair au supermarché pour faire des réserves de bouffe "occidentale". Pâtes au pesto, nous voilà !

Proverbe local : "le verre est à moitié plein, l'autre moitié était délicieuse"

Pour le moment, nous sommes ravis de ce nouveau pays. Le calme, le code de la route, le plaisir de cuisiner nos repas, le froid... En plus, bonne surprise, comme nous sommes en basse saison, on nous surclasse dans une super chambre. Après un bon repas et une nuit de sommeil réparateur, nous pourrons enfin explorer ce beau pays.

Mais la vraie bonne nouvelle, le moment qu'on attendait impatiemment depuis 3 mois, c'était de pouvoir jeter le papier toilette dans les toilettes. Enfin, je (Hilkka) tombe sur ce petit écriteau dans des WC publics néo-zélandais. Adieu l'Asie !

Ah, on va en boucher des toilettes !
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Prochaine étape : Banks Peninsula, un peu d'air marin

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12 mai

Départ de Christchurch avec notre bolide automatique, direction la péninsule de Banks. Ce massif montagneux entouré par l'océan Pacifique est un ancien volcan érodé, dont le littoral ciselé abrite de nombreuses baies. Nous arrivons en bord de mer un peu avant midi, le temps est couvert mais nos premiers paysages néo-zélandais sont déjà superbes. On apprécie la liberté de se déplacer et nous arrêter comme bon nous semble, d'autant plus que le trafic est loin d'être chargé, rien à voir avec Bali !

Allez, viens, on se barre (de toit) 

Notre première étape sera Akaroa, petit village de quelques centaines d'habitants, au creux de la baie de Akaroa Harbour.

Ce village était originellement peuplé de tribus maories. Au 18ème siècle, le navigateur et explorateur britannique James Cook découvre la péninsule de Banks (il croyait au début qu'il s'agissait d'une île). Au début du 19ème siècle, les Anglais s'y installent et développent leur commerce. Quelques années plus tard, le capitaine français Jean-François Langlois décide d'y établir une colonie pour faciliter l'accès à l'huile de baleine. Le village porte encore aujourd'hui de nombreux signes de cette colonisation franco-britannique : drapeaux, noms de rues, façades typiques.

La baie d'Akaroa 

On s'installe au bord d'un terrain de foot en face de la mer pour notre premier pique-nique en terres australes. Les mouettes ne tardent pas à nous repérer et s'approchent en quête d'un bout de sandwich, d'une cigarette ou d'un ticket resto, proposant même de faire "mouette-mouette". Hilkka ne cède pas une tranche de cornichon et décide d'effrayer les volatiles en les pourchassant, sous le regard médusé des passants, je (Fred) m'excuse platement.

Malgré cet incident diplomatique, on décide d'aller visiter ce petit village. Hilkka repère très vite une boutique de laine et se laisse convaincre par deux pelotes d'un mélange mérinos-opossum. La vendeuse nous explique alors que les opossums sont des nuisibles en Nouvelle-Zélande puisqu'ils n'ont aucun prédateur (à l'exception peut-être des pare-chocs de SUV). Il ne reste plus qu'à trouver des aiguilles à tricoter à mamie Hilkka pour son plus grand bonheur. On longe alors le quai, partagé entre partie anglaise et partie française.

Des maisons en kit.

Des pêcheurs pêchent (sans surprise) sur la jetée, sous l’œil intéressé d'une dizaine de mouettes opportunistes.

Vue sur la jetée 

De l'autre côté du quai, un phare et quelques bateaux, voici le décor de ce village pittoresque du littoral de la péninsule. Déjà l'heure de rejoindre notre cottage, à quelques km de là, chez Cornelius et Margot. Cornelius est Néerlandais, il nous accueille chaleureusement. Notre hôte est sympa, mais un peu maniaque. On sympathise avec Anne, une voyageuse parisienne qui voyage seule depuis près de six mois.

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13 mai

Le lendemain matin, on décide de partir en balade sur une presqu'île de la baie. Cornelius nous indique les heures d'accès en fonction de la marée. En fin de matinée, on arrive donc sur les lieux : le vent souffle fort sur la mer, la route est accessible, en revanche le chemin de randonnée est encore sous l'eau à cette heure-ci. On fait alors demi-tour pour faire une balade à travers la péninsule, en attendant que la marée descende. Le paysage est saisissant avec ce beau ciel bleu et on passe facilement du nord au sud de la péninsule, où les falaises se succèdent alors qu'on enchaîne les virages. On trouve alors une plage au bout d'une route de graviers, histoire de faire quelques photos.

Ça décoiffe !

Puis retour à notre presqu'île où la mer s'est retirée et a laissé place à un accès le long de la falaise. Les roches sont orangées et les motifs dessinés par le temps et l'érosion sont superbes.

Fred en tenue camouflage.

On accède alors à une colline verdoyante, encerclée par la mer. La température monte d'un cran et le soleil commence à taper. On arrive en haut de la colline d'où l'on a une vue panoramique sur les alentours, alors que les bateaux ressemblent à des jouets dans une mer d'un bleu gris intriguant.

 "La colline mélancolique" - épisode 3 : "Traqués"

Sur le retour, on s'arête tout près de notre hébergement où Hilkka a repéré une usine de cheddar avec dégustation. On ne résiste pas à la tentation et on repart avec quelques morceaux, histoire d'égayer nos assiettes de pâtes. Après avoir prolongé la balade jusqu'à Wainui, d'où l'on aperçoit Akaroa et son phare de l'autre côté de la baie, demi-tour et retour au coin de la cheminée dans notre cottage, pour suivre la bataille de King's Landing avec un wifi assez peu fiable.


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Prochaine étape : Mont Sunday, Edoras dans le Seigneur des Anneaux

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14 mai

Ce matin, nous sommes contraints de revenir sur Christchurch pour refaire le plein de courses. Nous n'avions pas fait assez de provisions la première fois et les supermarchés "Pak'n Save", réputés pour être les moins chers, se font rares. Jamais dans notre vie nous n'avions acheté autant de conserves, on pourrait tenir un siège en plein hiver !

Nous prenons ensuite la direction de Geraldine, un village au nom très perturbant, où nous comptons séjourner 2 nuits. A l'arrivée, nous avons (encore) la bonne surprise d'être surclassés, merci la basse saison. Une maisonnette nous attend, ainsi qu'une brique de lait (coutume locale apparemment) et face à un tel confort, une idée diabolique nous vient en tête : fondant au chocolat. Evidemment, nous n'avons pas acheté de chocolat ce matin. Mais ça ne va pas nous décourager, oh non. En voiture Géraldine, on trouve une supérette à 6km.

Le fondant au chocolat au micro-ondes englouti, on s'attaque à la préparation de crêpes. Calmez-vous, c'est pour la science... Et pour finir le litre de lait. Mais surtout pour la science, car tels des savants fous, nous sommes sur le point de créer un monstre redoutable : le crêp-wich. La suite au prochain épisode... La soirée cuisine continue, on prépare quelques plats et crudités pour les prochains jours, tout en regardant des émissions débiles à la télé. Ah, la routine...

Le cobaye toujours prêt à goûter les créations. Pour la science... 
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15 mai

Aujourd'hui c'est le grand jour, nous allons au Mont Sunday, lieu de tournage du Seigneur des Anneaux plus connu sous le nom d'Edoras. Mais c'est aussi le jour où nous goûterons le crêp-wich. Encore un peu de patience...

Si les routes asiatiques ont chamboulé nos estomacs, les routes néo-zélandaises elles, mettent notre patience à l'épreuve. Deux heures de trajet dont une heure sur gravillons, durant laquelle le GPS ne cesse de retarder l'heure d'arrivée. Mais ça en vaut la peine, on traverse des décors magnifiques où se succèdent collines, plaines, pics, montagnes... On aussi souvent pour les pauses pipi que pour prendre des photos.

Difficile d'être ponctuels avec des routes comme ça. 

Enfin arrivés et accueillis par de fortes rafales, nous entamons la balade vers le Mont Sunday. La plaine est parsemée d'herbes jaunies flottant au vent, donnant une impression de vagues végétales. On aurait dû être poètes...

Arrivée venteuse mais triomphante à Edoras !

Une petite ascension mignonne (quand on compare avec les volcans indonésiens) et nous voilà aux portes d'Edoras, capitale du Rohan (Seigneur des Anneaux). Les bourrasques de vent au sommet sont si fortes que nous parvenons à peine à rester debout, mais la vue est impressionnante. Nous apercevons le relief de la région que nous commençons tout juste à explorer. On observe même un arc-en-ciel. Waouh. Quelques clichés périlleux qui décoiffent la crinière de Frédéric le chevelu (à qui un bon coup de tondeuse ne ferait pas de mal, si on trouvait le temps et l'envie), et nous filons nous mettre à l'abri un peu plus bas pour pique-niquer.

Qu'est ce que c'est mystérieux par ici !

Il est enfin temps de tester le crêp-wich, invention diabolique créée par 2 Bretons imposteurs en manque de gastronomie française... Deux crêpes épaisses (pas pancakes) entre lesquelles s'entassent houmous, laitue, cornichons et jambon. C'est réconfortant, comme si nos deux crêpes enlaçaient tendrement une garniture croquante et savoureuse. C'est un succès.

Crêp-wich, brevet déposé.

On redescend poussés par le vent jusqu'à la voiture. Nous sommes impatients de refaire le trajet gravillons en sens inverse ! Finalement le retour est bien plus agréable que l'aller. On s'arrête même faire quelques pas autour du lac Clearwater, puis à la Peel Forest pour une vingtaine de minutes. On aurait aimé se balader plus longtemps mais il est déjà 16h30, la nuit va vite tomber et puis c'est l'heure du goûter ! Fondant au chocolat, épisode 2 version longue : on ajoute une cuillère de confiture de fruits rouges.

Le reste de l'après-midi passé à chasser/cueillir notre repas.

Encore un peu de popote pour se sentir comme à la maison, crudités (les carences en crudités touchent bien plus de voyageurs que vous ne le pensez. Si vous rencontrez l'un d'entre eux, n'intervenez pas seul. Jetez lui une carotte et prévenez le primeur le plus proche, il saura quoi faire), pipi et au lit !

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Prochaine étape : le lac Tekapo & le mont Cook

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16 mai : lac Tekapo et ascension du Mont John

Départ à la fraîche de cette bonne vieille ville de Geraldine et nous disons au revoir à notre bungalow tout équipé. Ce matin, on prend la direction du lac Tekapo, à 1h30 de route.

Le début de la randonnée se fait au Mont John, au pied du lac, sous d'immenses pins jaunis par l'automne, alors que le vent souffle assez fort ce matin. Le chemin grimpe pas mal et la température également. Le sentier en zig-zag traverse la forêt à flanc de montagne jusqu'à la clairière au sommet, où le vent frais est bien plus fort. La vue est déjà impressionnante d'ici, l'herbe séchée recouvre les vallons alentours, on distingue alors l'observatoire d'astronomie, un peu plus haut.

On décide de gravir un rocher à quelques mètres de là, qui semble être le sommet du Mont John, tandis qu'il est de plus en plus difficile de se tenir debout sous les bourrasques. Un point de vue qui récompense les vaillants, puisqu'en haut du rocher, la vue sur le lac Tekapo, d'un magnifique bleu turquoise est incroyable. Hilkka pose une pierre au cairn pour faire la maline, et on immortalise cette fulgurante ascension à ...1031 m d'altitude. Bravo Hilkka !

Hilkka ajoute sa pierre à l'édifice 

L'eau du lac Tekapo provient du glacier du même nom et doit sa teinte turquoise à un minéral contenu dans la roche du glacier.

Un peu plus loin se situe l'observatoire du Mont John à côté duquel on trouve l'Astro Café, où on s'arrête prendre une boisson chaude et une part de tarte au citron, avec vue sur le lac bien sûr. Le Mont John est un "International Dark Sky", c'est-à-dire un lieu d'observation privilégié de l'espace grâce à l'absence de pollution lumineuse.

Pas une seule étoile, quelle arnaque ! 
Seuls au monde 

Dommage pour l'observation des étoiles, il est midi et on a une belle randonnée à faire ! On repart donc pour nos steppes d'herbes séchées à perte de vue. En contrebas, on arrive à se réfugier derrière un rocher pour un pique-nique unique, alors que le ciel au-dessus de nos têtes devient menaçant.

Sur notre gauche on aperçoit le lac Alexandrina, d'un bleu bien plus foncé que le Tekapo voisin, egt on distingue à l'horizon les glaciers et les neiges éternelles au sommet d'immenses montagnes noyées dans la brume. Le décor a un côté mystique et on s'arrête souvent pour contempler. Si bien que le chemin du retour se fait sur un rythme un peu plus rapide, la pluie ayant fait son apparition. Retour à la voiture, on croise alors des touristes en camping-car qui doivent avoir bien froid la nuit en cette fin d'automne austral. On reprend la route à destination de Twizel, plus au sud, pour préparer notre prochaine expédition : l'Aoraki/Mont Cook.

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17 mai : Aoraki/Mont Cook

Réveil glacial dans nos petites cases du camping de Twizel, on se dépêche donc d'allumer le petit chauffage électrique d'appoint pour pouvoir sortir du lit en vie. Après un petit déj copieux, nous voilà réchauffés et prêts à en découdre avec la montagne. Les cimes enneigées sont visibles de très loin, et la route scénique sillonnant la vallée nous conduit directement au cœur du grand Parc National du Mont Cook.

Un peu flippants les auto-stoppeurs en Nouvelle-Zélande 
Sur la route du Parc National du Mont Cook

L'Aoraki/Mont Cook (double appellation maorie et néo-zélandaise) est une montagne des Alpes du Sud de Nouvelle-Zélande, c'est le point culminant du pays (3724 m). Elle alimente notamment le glacier Tasman.

Arrivés à la station du Mont Cook, on fait escale au centre d'information/musée pour connaitre les chemins accessibles car en cette saison automnale, la météo peut provoquer des glissements de terrain ou des avalanches et barrer la route. On prend alors la direction d'un des ponts fermé à cause d'un éboulement récent, mais qui offre un point de vue particulier sur un des lacs de la vallée. Ce sera notre escale du midi.

Ça vaut pas les Pyrénées 
Salut ! 

Un peu plus loin se situe la Kea Point Track qui offre une vue sympa sur le Mont Cook, culminant à 3724m et le mur de moraine du glacier Mueller.

La moraine est un amas de débris rocheux ramassés et transportés par le glacier, qui ressemble en gros à un tas de gravats qu'on aurait délimité à la pelle mécanique, c'est pas très esthétique, mais c'est impressionnant.

Un peu sale votre lac les gars

On redescend plus tôt que prévu, ce qui nous laisse assez de temps pour aller explorer le glacier Tasman, le plus grand de Nouvelle-Zélande (et le lac du même nom), une dizaine de km plus loin.

Encore une fois, on est surpris de la facilité d'accès au point de vue. Après avoir monté un escalier de bois interminable, on arrive enfin au lac turquoise, avec le glacier à quelques centaines de mètres de nous. Le silence à cet endroit est saisissant, on remarque quelques bateaux de tourisme sur le lac mais on ne les entend pas.

Le séisme de Christchurch en 2010 avait provoqué l'effondrement d'énormes blocs de glace dans le lac, entraînant des vagues allant jusqu'à 3,50 m alors que des bateaux de tourisme y naviguaient.

Le glacier (à gauche), un petit iceberg (à droite)

Le lac Tasman provient lui aussi de la fonte du glacier, qui recule actuellement de 400 à 800 m chaque année. Effrayant. D'une longueur d'environ 27 km, d'après les estimations des scientifiques, le glacier devrait avoir totalement disparu dans les 10 à 20 prochaines années, ce qui fait prendre un peu plus conscience des conséquences désastreuses du réchauffement climatique sur l'environnement.

On repart du parc national enchantés par ce qu'on a vu, en se disant que les décors sont décidément plus beaux chaque jour. Mais le recul des glaciers donne à réfléchir...

Glacier et lac Tasman
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Prochaine étape : Moeraki boulders & le retour de la varicelle à Dunedin

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Moeraki boulders

Ce matin nous prenons la route pour la péninsule d'Otago, sur la côte sud-est de l'île. En chemin, on fait escale dans le petit village de pêcheurs de Moeraki, et lorsqu'on s'approche de la plage qui le borde, on ne peut pas rater ce qui rend la bourgade célèbre dans tout le pays : les Moeraki Boulders.

Ce sont des rochers lisses et arrondis, dispersés sur la plage de Koekohe, qui donnent l'impression de billes géantes. Certaines légendes parlent d’œufs de dinosaures, d'autres d'une origine extraterrestre.

L'origine de ces billes géantes n'est pas très bien connue, mais leur forme sphérique presque parfaite est surprenante. "La nature fait bien les choses !" .D'ailleurs, l'érosion de la falaise laisse apparaître de nouvelles roches de la même forme. Hilkka n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas à grimper sur un des rochers pour la photo, malgré la menace des vagues alors que la marée monte. Et l'irréparable se produit, une vague atteint l'intrépide touriste qui se retrouve chaussures et legging trempés, alors que le budget lessive quant à lui, est à sec...

Après un repas en compagnie d'alpagas dans un clos voisin, nous voilà repartis en direction de Dunedin, l'écossaise

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Dunedin, le retour de la varicelle

Encore un titre racoleur pour avoir plus de clics, vous dites-vous certainement. Lisez-la suite, vous risquez de tomber de votre chaise (si vous êtes assis bien sûr, sinon aucun risque).

Dunedin est surnommée "l'Edimbourg du sud" en raison de son héritage écossais : les premiers colons sont arrivés d'Ecosse en 1848. Le nom de la ville provient de Dun Eidann, Edimbourg en gaélique écossais. La ville se distingue par ses façades au style victorien qui lui donnent un côté très européen.

Après une pause en chemin, Hilkka remarque des piqûres suspectes sur le ventre, on pense alors immédiatement aux puces de lit. Mais dans le doute, direction le service des médecins d'urgence. Drôle d'approche touristique je vous l'accorde.

Âmes sensibles, s'abstenir 

C'est donc dans une salle d'attente d'un service d'urgences néo-zélandais remplie de bébés fiévreux et de joueurs de rugby désarticulés que débute notre étape à Dunedin. Après de longues heures de délibération des meilleurs médecins du pays, une amputation est préconisée...ah non, mauvais patient, c'est simplement une récidive de la varicelle. Quoi ??

Incroyable, alors celle-là on me l'avait encore jamais faite ! On repart donc des urgences avec ce diagnostic tout droit sorti du Moyen-Age et on va rattraper cette journée dans un pub avec un bon burger/bière, comme à la maison, pour mieux digérer la nouvelle.

Le lendemain, visite accélérée de la ville : la gare de Dunedin et Baldwin street, la rue la plus pentue au monde et l'usine de chocolat Cadbury.

La gare de Dunedin a été construite à la fin du 19ème siècle, c'était la gare la plus fréquentée du pays. Elle a été bâtie dans le style renaissance flamande, à partir de pierres volcaniques, calcaire et granit.

Gare de Dunedin et usine Cadbury

Baldwin Street est la rue la plus raide au monde, avec une moyenne de 20%, et jusqu'à 35% sur les derniers mètres. Une rue que l'on a courageusement montée et descendue avec la Hyundai, c'était plutôt impressionnant ! L'usine de chocolat Cadbury qui se trouve face à la gare organise chaque année une course de charité dans cette rue. Environ 75000 de leurs chocolats Jaffas (petites billes de chocolat populaires en Australie et Nouvelle-Zélande) dévalent la pente à près de 100 km/h. Voici une vidéo de l'événement.

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Péninsule d'Otago

Avant de quitter la région, nous faisons un petit détour par la plage de Sandfly. On comprend bien le nom (= sable volant), quand on se retrouve à croquer des grains de sable, malheureuses victimes collatérales des rafales de vent. Mais cette plage à bien plus à offrir qu'un snack abrasif. Un beau point de vue, des dunes et des lions...de mer.

Le sable, un élément hostile. 

Après une descente fastidieuse et une longue marche sur la plage, on aperçoit un gros pépère dans les dunes. Il redescend vers la mer mais s’effondre quelques mètres plus loin puis renouvelle l'opération. Pas très endurant comme bête. Une boisson énergisante plus tard, il parvient enfin à atteindre les premières vagues. Un spectacle fascinant mais gênant, nous repartons déconcertés vers la voiture.

"J'en peux plus...allez-y sans moi les gars !" 
"Oh p*tain j'y suis presque !"
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Prochaine étape : Milford Sound, le fjord majestueux

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19 mai :

Nous voilà partis vers de nouveaux horizons : les fjords de Nouvelle-Zélande. On longe la côte malgré une météo capricieuse, nous obligeant à pique-niquer dans la voiture. Une scène d'une grande tristesse, alors que Fred ouvre les conserves d'haricots rouges et de poulet au couteau suisse sur le plancher de la voiture, entre le frein et l'accélérateur. Pas notre meilleur repas, on l'avoue.

Petite parenthèse culinaire, ici on trouve du poulet en conserve. Nature, moutarde, sauce chili, c'est improbable mais ça dépanne bien.

Après un bon roadtrip, nous arrivons enfin à Te Anau, notre pied à terre "proche" des fjords. Tout est relatif, on est quand même à 4h de route aller-retour de Milford Sound, le fjord le plus connu.

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20 mai :

Pas le temps de traîner ce matin, nous gobons nos tartines en vitesse et prenons la voiture pour explorer les environs. Nous progressons vers le fjord à petite vitesse car les paysages nous obligent à nous arrêter fréquemment.

Ain't no mountain high enough. 

Une petite balade sympa nous mène aux mirror lakes qui attirent toute notre attention car ils reflètent comme des miroirs, les sommets enneigés des alentours. On a presque du mal à distinguer le reflet de la réalité sur nos photos.

Jamais un canard n'aura eu autant d'impact sur une photo.

Mais le temps passe, nous filons vers le sentier de randonnée Key Summit, pour une marche de 7km. Une partie du sentier fait d'ailleurs partie de la "great walk" Routeburn track

Les "great walks" sont les 9 plus belles randonnées du pays. Elles font entre 30 et 80 km, se parcourent entre 3 et 6 jours (logement en refuge) et sont accessibles d'octobre à avril.

Petit problème cependant, nous avons oublié les couverts pour la salade de pâtes. J'avais proposé à Fred d'utiliser mes aiguilles à tricoter toutes neuves en guise de baguettes, mais le traumatisme de l'Asie était encore trop présent dans son esprit. Il refusa catégoriquement.

Hilkka se tient accroupie "à l'asiatique" pour reprendre des forces, alors que Fred opte pour la posture virile de l'homme debout.

On s'arrête dans une petite clairière pour pique-niquer et bonne surprise : un garde forestier nous prête des fourchettes pour le repas. On complimente son lieu de travail, un peu plus attrayant que nos bureaux respectifs.

 Fred, ébloui par la beauté des lieux.

Nos jambes de taille moyenne nous mènent à travers la forêt puis grimpent courageusement les côtes jusqu'au sommet. La vue est superbe, on y aperçoit le parc national de Fiordland, les sommets de la région et le lac Marian.

Pour prouver qu'on est bien arrivés au sommet. 

Il est temps de repartir, le tout dernier épisode de Game of Thrones nous attend, heureusement que la fin de la rando était en descente ! On a poussé quelques personnes pour aller plus vite, mais ça en valait la peine !

 Hilkka pouvant transmettre la varicelle, part s'isoler dans les toilettes de montagne. La légende ne dit pas ce qu'elle devint.
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21 mai :

Aujourd'hui nous allons vraiment jusqu'au fjord, on rigole plus. Mais après nos émotions de la veille (Game of Thrones, pas les paysages hein), on opte pour des promenades plus tranquilles d'où nous apercevons le Milford Sound.

Fred, élu "belette la plus photogénique du Fiordland & Lord of the 7 kingdoms".

fjord : nom masculin, vallée glaciaire étroite mais très profonde, aux côtes escarpées, envahie par la mer.

Petit aperçu du fjord.

On se perd un peu en voiture et tombons nez à bec avec des keas, les seuls perroquets de montagne au monde, présents uniquement sur l'île du Sud. Alors que le gang principale squatte un camion de pompiers, pour dealer des graines peut-être, d'autres perroquets solitaires se posent près de nous. Ils sont pas farouches ceux-là !

I believe I can fly. 

Comme nous allons revenir au fjord demain pour la croisière, on décide de se promener vers les lacs environnants. On se foule pas trop aujourd'hui, c'est vrai. On fera mieux demain.

Panne d'inspiration. 
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22 mai :

Voilà ça y est, cette fois on va vraiment visiter le fjord. Rassurez-vous, l'attente est terminée, vous pouvez vous détendre. Nous embarquons à bord du bateau qui sillonnera le Milford Sound pour les 2 prochaines heures.

Il y a beaucoup de brume, créant une atmosphère étrange et mystérieuse, comme si on naviguait vers l'antre d'une bête. Le monstre du Loch Ness peut-être ? Fred claque des dents en tout cas...

Mélancolie. 

Pas de monstre en vue finalement, à part quelques touristes mal réveillés. On écoute alors sagement les commentaires tout en dégustant nos pancakes de petit déjeuner, sagement préparés la veille.

Fred surveille ses pancakes et n'ose pas regarder le paysage.

Miford Sound est connu sous le nom "Piopiotahi" en mauri. Cela signifie littéralement "un seul piopio", faisant référence à un oiseau indigène désormais disparu, semblabe à une grive. L'existence du fjord fut révélée aux Européens lors de sa découverte par le capitaine Grono, en 1823. Il s'agit d'un des endroits les plus pluvieux de la planète : près de 200 jours et 6000mm de pluie par an ! Il mesure 16 km de long sur 3km de large (à son point le plus large). Les chutes d'eau y sont nombreuses, certaines alimentent la région en eau potable mais également en électricité.

On a fait croire à tous les passagers qu'on était mannequins.

La croisière se termine par une dégustation d'eau provenant d'une des cascades du fjord. On quitte ce lieu d'une beauté saisissante pour reprendre le volant de notre bolide, vers de nouveaux horizons.

Après des mois de prudence en Asie, Fred choppe la tourista avec l'eau du glacier.
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Prochaine étape : escapade culinaire à Wanaka

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Publié le 27 mai 2019

22 mai :

Il est très tard lorsque nous arrivons à Wanaka. Nous avons fait quelques arrêts sur la route puis quelques courses. Ce soir, on se sent gourmands (comme toujours ?) et on va donc cuisiner des tagliatelles à la bolognaise (sans sauce tomate évidemment, à cause d'Hilkka). On s'était promis que le jour où nous achèterions du fromage râpé, on ferait un bon repas. Et le jour de grâce est arrivé, nous avons craqué pour ce paquet de cheddar râpé premier prix, 600g de bonheur. [Il n'aura survécu que 2 repas malheureusement]. On passe donc aux fourneaux le ventre vide et sortons de table le ventre rond avec une douce sensation de culpabilité. "Allez, demain ce sera plus light, c'est promis", lance Fred avant de s'endormir.

On préfère quand même l'aire d'autoroute des Landes. 

Pour ceux qui se demandent, une bolognaise sans sauce tomate et version économique c'est : ail, oignons, bœuf, champignons, épices cajun, sel et poivre

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23 mai :

Aujourd'hui, nous quittons avec plaisir notre dortoir peuplé de voyageurs qui ont apparemment besoin de 12h de sommeil...Nous partons nous balader dans Wanaka, une ville agréable toute l'année, avec un grand lac, des vignobles et proche des pistes de ski.

Les rives du lacs sont cernées d'arbres aux belles couleurs automnales qui nous donnent envie de rédiger des poèmes en sirotant un latte à la citrouille. Nous avançons naturellement vers le célèbre Wanaka tree, arbre solitaire ancré dans lac, le plus photographié du pays. Il y a même un arbre immense un peu plus loin, plusieurs fois centenaire vu la taille de son tronc.

 #végétaux

La balade est agréable, il fait très bon et la vue sur les Alpes néo-zélandaises depuis le lac est superbe. Fred aurait bien envie de faire un petit footing, je le laisse se dépenser en courant après les canards. Il dormira mieux ce soir !

L'autre Wanaka tree.

Alors que Fred s'égare avec une famille de canards, il trouve le Graal par hasard : un domaine viticole. Il m'interpelle, presque hystérique, et nous voilà en chemin vers la cave du domaine, dans l'espoir d'y faire une dégustation. Bingo, un jeune employé hipster (bah ouais, le combo tshirt et bonnet en intérieur, ça trahit) nous invite à déguster 5 vins : 3 blancs et 2 rouges. Notre dernier souvenir de la journée...

Le domaine Rippon. 

Le domaine Rippon appartient à une famille d'artisans depuis 5 générations. Il se situe dans la région d'Otago et bénéficie d'un climat continental et d'un long ensoleillement, donnant des vins très fruités. Quelques uns de leurs cépages (biologiques) : Riesling, Gamay, Sauvignon blanc ou Pinot noir... Et pour l'anecdote, Wanaka est la région vinicole la plus au sud du globe.

C'est très sympa, il est 11h et Fred est déjà pompette ! Finalement, on se dit qu'on va acheter un bon dîner et cuisiner une bouteille (ou l'inverse). Ce sera du Riesling car on l'a trouvé bon et que le rouge était un peu too much pour nos finances (33€).

Fred achète, Hilkka porte les paquets. 

La journée gourmande ne fait que commencer, on trouve un café argentin en ville (bon ça dénote), où nous prenons un chocolat chaud et une glace au dulce de leche. Mais c'est pour la science, pour se préparer à l'Amérique du Sud... Mais c'est aussi pour vous chers lecteurs, car nous en avons profité pour rattraper le retard sur le carnet Nouvelle-Zélande (on se donne bonne conscience).

Prochaine activité : l'ascension du Mont Iron. Bon il faut avouer qu'il n'est pas très haut et que la promenade est assez facile, mais là encore, ça donne bonne conscience.

"Bon on redescend ? On a une bouffe à préparer."

Il est enfin temps d'aller préparer le dîner : crudités à la feta, steak d'agneau, haricots à l'ail, fondant au chocolat et fruits rouges. En plus, on a aussi fait des fondants au beurre de cacahuètes, des crêpes au lait de coco, des croques monsieur et du pop corn... On a encore craqué.

No regrets. 

Ainsi s'achève notre séjour gourmand/diabète à Wanaka et on n'est même pas désolés ! Pour conclure sur le thème de la nourriture, voici la photo scandaleuse du pays. Après les œufs durs déjà cuits au Vietnam, les tartines de beurre déjà tartinées en Thaïlande, nous vous présentons : ...

Les légumes déjà pelés et coupés, vendus en vrac ! 
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Prochaine étape : le pays des glaciers

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24 mai :

Nous quittons Wanaka avec quelques kilos en plus, direction le nord, une contrée sauvage et montagneuse recouverte de glaciers et ... d'une épaisse forêt tropicale. Mais pas de panique, nous y reviendrons plus tard. En chemin, on traverse un tronçon de route sous un épais brouillard, et la route semble verglacée par endroit. La limitation est à 100 km/h, mais vu les conditions je roule quand même en dessous. Au bout de quelques km, je remarque une voiture de police dans le rétro. Puis les gyrophares s'allument, le flic me fait signe de me garer. Il m'explique alors que je ne roule pas assez vite et que j'aurais dû laisser passer les voitures. Il ajoute froidement que si je ne me sens pas en état de conduire je devrais peut-être laisser le volant. Avant de conclure qu'il me fait cadeau d'une amende de 150 NZD. L'humiliation est totale, une amende pour vitesse insuffisante, alors celle-là on me l'avait encore jamais faite !

Le lac Wanaka, quelque part sur le trajet.

Bon, revenons-en à nos glaciers. Fox et Franz Josef se situent dans le Parc National de Westland, à quelques km seulement du Mont Cook où nous étions encore il y a peu. Depuis quelques années, à cause du réchauffement climatique, l'accès direct aux glaciers n'est plus possible par les sentiers de randonnée habituels du fait de l'instabilité de la glace. On ne les aperçoit même plus de loin, mais on a pensé à vous et on a réservé un survol en hélicoptère pour le lendemain matin, et si le temps le permet on aura même la chance de se poser sur la glace. Super hein ? Rien d'exceptionnel à signaler en ce premier jour au pied des glaciers, les longs trajets en voiture harassants ont eu raison de nous, on recharge donc les batteries à l'auberge.

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25 mai :

Le lendemain matin, réveil plein d'entrain en guettant la météo : quelques nuages bas ont fait leur apparition mais "l'anticyclone des Açores a fait le boulot", comme dirait Louis Bodin, ça sent bon pour l'hélicoptère. Après avoir eu les consignes de sécurité en accéléré (ne pas sauter ou lever les bras sous les pales, ne pas passer derrière l'appareil, ne pas faire "c'est quiiiiiii ?" en mettant les mains devant les yeux du pilote) on rejoint l'appareil et l'équipe de pilotage sur la piste, et c'est parti ! L'hélico peut accueillir au maximum deux touristes, le glacier nous appartient donc pour 20 minutes.

Sur le tournage de la carte au trésor.

La pilote nous distille quelques informations à mesure qu'on survole la vallée et son épaisse végétation, mais ses explications sont difficiles à entendre avec le bruit du moteur. Peu importe, on en prend plein la vue et c'est là le plus important.

Le glacier Franz Josef est long de 12 km. Il atteignait autrefois la mer de Tasman à une bonne vingtaine de km, son retrait a laissé place à une vallée désormais envahie par la moraine et par une riche forêt pluviale.

O.K. Roger 

Plus on monte, plus la verdure laisse place à des falaises abruptes, puis aux premières neiges et enfin à la glace. D'immenses sillons laissent entrevoir l'intérieur du glacier et ses nuances de bleu. Hilkka me fait signe d'un pouce en l'air et d'un large sourire, le casque vissé sur les oreilles, qu'elle apprécie le spectacle. De cette altitude, difficile d'appréhender l'épaisseur de glace, de plusieurs mètres certainement.

Winter is coming.

La vallée dessine un virage et le glacier disparaît derrière un des sommets. On ne tarde pas à découvrir ce qui se cache au-delà : une immense étendue enneigée sans surprise me direz vous, alors que l'hélicoptère amorce une descente. Génial, on va se poser ! On descend de l'appareil et Hilkka applique à la lettre les consignes de sécurité et sort prudemment de l'hélico, sans gesticulations intempestives. Ouf. La pilote laisse tourner le moteur "car on est garés en double file".

Safari photo sans animaux.

L'expression "avoir le souffle coupé" prend réellement tout son sens devant ce paysage blanc désertique et le silence (mis à part l'hélico), on se rend compte qu'on est sacrément privilégiés. Le temps passe décidément bien vite quand on s'amuse, il est déjà l'heure de redescendre "parce qu'au prix du litre de kérosène, tu comprends", on obtempère devant l'autorité naturelle de la pilote.

Femme au volant... 

La descente à l'héliport nous permet de contempler le glacier dans l'autre sens (évidemment) et d'apprécier la vue sur la vallée et la ville en contrebas. Puis l'hélico se pose, un dernier check au co-pilote et l'appareil se prépare à embarquer de nouveaux passagers. On débriefe alors de cette expérience furtive mais inoubliable, surement la plus marquante/chère de notre voyage.

Pas le temps de souffler, direction Okarito en bord de mer de Tasman, justement. Ce sont les derniers sentiers encore ouverts à proximité du glacier (alors qu'on en est quand même assez éloignés) et le décor change radicalement, au plus grand désespoir d'Hilkka qui peste en ce début de promenade: "c'est quand même con d'être si proche d'un glacier et de faire une balade en forêt". On lui donne raison, évidemment, sauf qu'il s'agit d'une forêt tropicale, ce qui est assez surprenant sachant qu'une heure auparavant on était au sommet d'un glacier.

Randonnée jusqu'au lagon - Mer de Tasman.

La randonnée est sympa et offre quelques points de vue sur la mer. Le temps a tourné à l'averse et on arrive alors à un lagon, marquant la fin du chemin. La pluie est battante et nous oblige à rebrousser chemin, on n'y voit plus grand chose de toute façon. Sur le retour, un dernier sentier à proximité du glacier nous permet de voir la vallée sous un autre angle. Dire que la glace occupait tout cet espace autrefois, il ne reste désormais plus qu'une forêt et quelques étendues d'eau turquoise. Les sommets sont sous les nuages mais qu'importe, on a adoré !

La vallée du glacier.
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26 mai :

La journée du lendemain nous donne raison d'avoir fait le survol en hélico la veille, la pluie tombe sans interruption toute la journée. On décide d'aller voir dans la vallée Fox voisine si le temps est plus agréable. Mais la pluie n'épargne personne apparemment, ici aussi c'est le déluge. On tente alors une balade autour du lac Matheson, connu dans tout le pays pour sa vue sur les monts Cook et Tasman. Une nouvelle forêt tropicale, avec plusieurs points de vue où les immenses montagnes se reflètent dans le lac. Mais aujourd'hui, même si la météo gâche un peu le spectacle, la vue est superbe.

"View of Views", célèbre point de vue sur le lac
Le mont Cook et le mont Tasman se reflètent dans le lac Matheson.
Ah ben voilà un beau reflet ! 

Manque de bol, par temps couvert ça marche moins bien, mais la vue est quand même agréable et la balade tout autant. On n'insistera pas davantage, la météo en cette fin d'automne est capricieuse sur la côte Ouest du pays.

Nos aventures s'arrêteront là pour le pays des glaciers, la pluie aura raison de nous. C'est le pelage mouillé que nous rentrons conter toutes ces péripéties.

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Prochaine étape : Murchison ville fantôme et Motueka, Parc National Abel Tasman

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Avez-vous déjà visité un endroit qui vous donne envie de tout quitter, même votre cuiseur vapeur ? La ville "carte-postale" que vous pourriez appeler "home sweet home" ? Des paysages à couper le souffle que l'on voit qu'une fois dans une vie ?


Et bien Murchison, c'est pas ça du tout.

THE END.

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Bon on va vous en dire un peu plus quand même. Mais on vous prévient, ça va pas être un rodéo émotionnel. Pour le côté dramatique, certains faits ont été légèrement modifiés.

Il est 16h00 lorsque nous passons les panneaux vieillissants à la peinture écaillée, nous souhaitant la bienvenue à Murchison. A 16h01, un frisson d'une intensité de 8,3 sur l'échelle de Richter nous irradie. Comme si on avait mis trop de temps à choisir nos poissons panés dans les congélateurs du Carrefour Market. A 16h03, on coupe le moteur devant une boutique de poupons désarticulés qui jettent sur nous des regards malveillants. Nous pénétrons dans le hall de ce motel routier où nous devons passer la nuit. Un chien de la taille d'un écureuil trône sur le canapé tandis qu'une odeur de friteuse mal nettoyée émane de la cuisine. Une femme tourne lentement la tête vers nous, seuls les grincements émis par ses vieilles vertèbres brisent le silence inquiétant régnant dans la pièce. Il est 16h05.

La clé en main, nous grimpons les interminables escaliers en bois recouverts de moquette poussiéreuse. Les plancher craque sous chacun de nos pas alors que nous progressons à l'aveugle dans ce couloir mal éclairé. Un parfum de renfermé nous gifle en plein visage lorsque nous poussons enfin la porte de cette chambre miteuse. Sans surprise, la chambre invite à tout sauf à la relaxation mais c'est aussi ça, l'expérience Murchison. Fred décide alors de pousser l'immersion dans le film d'horreur à petit budget en lançant un "je vais aller faire un tour en ville pour voir, je reviens". Tout le monde sait qu'on ne revoit jamais ce personnage dans les films.

La région compte de nombreuses villes comme celle-là, nées de l'époque de la ruée vers l'or, dont les façades rappellent des décors de westerns. Le centre-ville se résume à un carrefour, occupé par l'historique hôtel Hampden (de l'ancien nom de la ville) et une station service. C'est aussi là qu'a eu lieu en 1905 le premier attentat suicide à la bombe de l'histoire, pour un différend judiciaire entre deux fermiers. Un peu plus loin, l'attraction principale de la bourgade, le musée du tremblement de terre de 1929 (magnitude 7,3 dont l'épicentre se situait à Murchison même, c'est le plus meurtrier de l'histoire du pays) et un marchand d'objets anciens. Un resto thaï à l'abandon, un petit supermarché et un food truck fermé, voilà pour les coins animés. On trouve par miracle un petit resto où un burger chaleureux nous redonne espoir, nous reprenons la route vers Motueka et le parc Abel Tasman le lendemain.

La légende dit que les plus grands serial killers investissent à Murchison.
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Prochaine étape : Abel Tasman, le parc côtier

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28 mai :

Journée pluvieuse pour notre arrivée à Motueka, porte d'entrée du parc national d'Abel Tasman. Après l'étape foireuse de Murchison (pour couper la route), c'est un peu la déprime. On décide d'éviter les gouttes et de débuter une petite balade dans le parc national.

Tableau des scores : les gouttes : 18 371 // Nous : 0

Une fois encore, nous rentrons trempés. Direction "l'Auberge des Souris" (on vous expliquera plus tard) où nous comptons regarder des vidéos de pâtisserie (Fred) et lire So Foot (Hilkka). Bref, on s'égare. Pas de repas gourmet ni d'événement majeur ce soir, extinction des feux !

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29 mai :

Ce matin, Hilkka en bonne mère de famille, prépare le petit déjeuner du petit Frédéric. Ses gestes sont sûrs, rapides, elle dilue le café instantané et étale le beurre de cacahuètes plus vite que son ombre (ou que Frédéric). Mais aujourd'hui, rien ne se déroule comme prévu. Le pain pour les toasts est tout grignoté et le sac de provisions rempli de crottes de souris. Nous devons abandonner une grande partie de nos vivres.

C'est donc avec un peu de retard que nous commençons la journée. On file au Split Apple Rock, un rocher en forme de pomme fendue, si on en croit la traduction. Nous allons vérifier ça. L'enquête nous mène à travers une petite forêt débouchant sur une crique au sable bien doré. Comme la tartine qu'on aurait dû manger ce matin... Les 2 inspecteurs du dimanche ont fait du bon boulot, affaire classée, on dirait bien un rocher en forme de pomme fendue. Mais ils soulèvent un point d'ombre important : le rocher a-t-il donné le nom à la plage, ou la plage a-t-elle vu apparaître comme par miracle un rocher symbolisant le nom de la plage ? [Tummm tummm tummm tummm tummm tummm... générique de X-Files] Un appel à témoins a été lancé...

Split Apple Beach et son sable façon "marbré" 
Split Apple Rock - Tokangawha 

Split Apple Rock (Tokangawhā en maori) est une rocher de granit vieux de 120 millions d'années. Une infiltration d'eau dans la roche qui aurait ensuite gelé serait à l'origine de la séparation en deux blocs. D'après la légende maorie, ce serait à la suite d'une dispute entre deux dieux pour le rocher que celui-ci aurait été partagé.

Il est enfin temps de commencer la vraie rando d'Abel Tasman. Le sentier ne formant pas une boucle, le but est de marcher le plus loin possible et de faire demi-tour pour rentrer avant la nuit. On voudrait pas se faire bouffer par les loups, ou les kiwis.

Joyeux anniversaire 

Le parc national Abel Tasman est situé à la pointe nord-ouest de l'île du Sud. C'est le plus petit parc national du pays avec 225 km² de superficie. On y trouve de nombreuses baies sablonneuses et une forêt tropicale en bordure, peuplée de nombreuses espèces sauvages.


Le parc comporte une des Great Walks, longue de 60 km. En 1642, l'explorateur néerlandais Abel Tasman, le premier Européen à voir la Nouvelle-Zélande, accoste sur la côte nord-ouest où il fait la connaissance des Ngati Tumatakokiri, la tribu maorie occupant alors la région. Le choc culturel est violent, 4 hommes de son équipage son tués par les autochtones, il décide de nommer la baie "Mordenarsbai" (la baie des meurtriers) qui deviendra la Golden Bay.

Sandy Bay 

C'est une promenade très agréable et plutôt facile. En plus il fait très beau et on peut donc admirer les superbes décors côtiers, les plages, les criques, les forêts. Il est même possible de faire du kayak en été, ça doit être sympa.

Tree on rock - Tinline Bay

Et aujourd'hui, pour ne pas bouleverser ses habitudes, Fred court encore et toujours après tous les oiseaux qu'il aperçoit. Il se dit même : "oiseaulogue". Après 6 km, nous rebroussons chemin, le temps passe vite quand l'oiseaulogue organise des séances photos pour volatiles...

Un peu d'oiseaulogie : oystercatcher (huitrier), mouette, weka et fantail (pīwakawaka) vivent sur la baie

L'oystercatcher (tout noir, ou noir et blanc) traîne souvent en couple sur la plage, à la recherche de coquillages. Sacré romantique !

De loin, le weka ressemble au kiwi, il n'hésite pas à s'approcher des humains, attiré par les objets brillants.

Le fantail s'approche facilement des humains, intéressé par les insectes soulevés par nos pas.

Coquille Bay et Apple Tree Bay 

Le sentier se trouve la plupart du temps sous les arbres, mais on aperçoit régulièrement la plage et la mer en cours de chemin. Avant de faire demi-tour, on se pose sur une plage peuplée d'oiseaux en tout genre venus profiter de la marée pour pêcher.

Apple Bay - Fisherman Island en fond
Sur la plage coco, câline...

Retour sur un bon rythme, et pourtant les couleurs ont déjà changé depuis notre premier passage. En rentrant, comme la cuisine de l'auberge est envahie par les souris, on sort manger une pizza (chacun et à contre-cœur, évidemment). Demain, cap sur Picton, où le ferry pour l'île du Nord nous attend !

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Prochaine étape : Picton, vignobles et ferry.

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Publié le 7 juin 2019

Chers lecteurs,

Suite à une défaillance d'ordinateur, nous avons pris pas mal de retard sur les publications. Nous faisons le maximum pour réparer le problème au plus vite. Merci pour votre patience !

Barbara et Leopold

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30 mai :

C'est avec plaisir que nous laissons les petites souris qui n'ont même pas eu la délicatesse de glisser une pièce sous l'oreiller, derrière nous.

Le GPS nous mène à l'extrémité de l'île du Sud : Picton. Pour ne pas changer les bonnes habitudes des derniers jours, il pleut et un orage se prépare. Pas question de traîner dehors et ça tombe bien, notre auberge sert du gratin à 18h ! C'est assez improbable comme concept, mais à 18h01, une douce voix nous annonce que le gratin est servi. Awesome ! Fred se régale et se ressert, tandis qu'Hilkka regarde tristement le plat de pâtes bolognaise, son ventre anormalement vide.

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31 mai :

Pas de repos pour les braves belettes voyageuses, un petit déjeuner de champions et les voilà chaussées de leurs plus beaux souliers de randonnée. Au programme : une balade le long de la côte et des fjords.

Un avant-gout de notre traversée vers l'île du Nord. 

Le sentier est assez facile mais la pluie des derniers jours le rend très glissant. Sans faire durer le suspens plus longtemps : oui, Hilkka est tombée dans la boue. Mais ça en valait la peine, la vue sur les fjords était géniale. En plus on ne savait même pas qu'il y avait des fjords par ici.

Encore des fjords... Et un peu de forêt

L'après-midi, Fred se laisse à nouveau tenter par une dégustation de vin. Direction le domaine FROMM, un des rares à produire du vin rouge dans une région cruellement blanche. Nous sommes dans le Marlborough, la plus grande région viticole du pays, célèbre pour sa production de sauvignon blanc.

Le Marlborough bénéficie d'un climat sec et ensoleillé, idéal pour le sauvignon blanc et pour le naturisme.

Quatre vins rouges du domaine FROMM attendent le petit Frédéric : Pinot gris, Pinot noir, Syrah et un mélange de cépages concocté par un sommelier fou. Bilan : le Syrah aux notes de poivre noir remporte le suffrage de Frédéric.

Le cadre est bien sympathique, en terrasse au bord des vignes. Il fait un peu frais mais "le rouge ça réchauffe", s'exclame Fred. Il est ravi de ce petit apéro et a même pu caresser un lama me dit-il. Il n'y avait pas de lama...

Fred et le lama. Il a l'air tellement content. 

Sur le chemin du retour, on fait un petit crochet dans une chocolaterie locale où nous nous montrons anormalement raisonnables et n'achetons rien. Maladie ? Faillite ? Régime ? Nous ignorons encore quel vice nous a empêché de craquer, mais des analyses plus poussées sont en cours.

Une journée très agréable pour conclure notre roadtrip dans l'île du Sud. Demain matin, nous prendrons le ferry vers l'île du Nord qui promet également de très belles découvertes.

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Prochaine étape : Wellington, la capitale

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Publié le 9 juin 2019

01 juin :

Ah Wellington, la grande de la Nouvelle-Zélande nichée au creux du détroit de Cook sur l'île du Nord ! Mais pour y arriver, il faut mettre la Hyundai sur le ferry et prier pour avoir pris le bon bateau. Avec un peu de retard, on entasse la voiture avec les autres dans la cale puis on monte trouver une place à côté du hublot.

Balance ton port
Port de Picton 

Le ferry lève l'ancre et nous voilà partis pour 3h15 de croisière à travers le fjord et le détroit de Cook. On aperçoit sur le rivages des maisons isolées au pied des collines en se disant que ces gens-là doivent être bien heureux avec une vue pareille.

Le pied marin 
Détroit de Cook 

Puis le grand bleu, plus rien à l'horizon, si ce n'est ce truc dans l'eau qui est bien trop gros pour être un poisson, sûrement un phoque. Hilkka a bien choisi son moment pour partir aux toilettes, la nature n'attend pas. La fin du trajet est laborieuse, ça tangue sérieusement et Hilkka ne fanfaronne plus, il est temps d'arriver.

Si le temps était ensoleillé côté Picton, ici c'est le déluge. Wellington ressemble à San Francisco, il parait, mais on n'y voit pas à 50 m donc on vérifiera ça plus tard.

Direction le musée Te Papa : faune et flore endémique de la Nouvelle-Zélande et culture maorie pour passer cette après-midi pluvieuse. Parmi les curiosités du musée, une pieuvre géante de 4 m pêchée il y a dix ans en Antarctique, ou encore le squelette d'un moa, cet immense oiseau inapte au vol (comme le kiwi), qui pouvait atteindre 3,60 m de haut, disparu depuis 500 ans. Sans oublier la section géologie avec un test de séisme 6,3 sur l'échelle de Richter grandeur nature dans une maison test. Impressionnant.

Kiwi et squelettes de moas

Le lendemain, direction Ohakune au centre de l'île, pour aller explorer le parc national de Tongariro.

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Prochaine étape : Tongariro, le Mordor

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02 juin :

Après la pluie de Wellington, on a envie de retrouver le soleil et les grands espaces. On arrive dans la petite ville de Ohakune, à quelques km du grand parc national de Tongariro, qui regroupe plusieurs volcans actifs et un célèbre trek à la journée de 20km. C'est l'occasion de pénétrer dans le Mordor, lieu emblématique du Seigneur des Anneaux. Mais au moment d'aller prendre les renseignements sur la randonnée à l'office de tourisme, c'est la douche froide : la météo n'est pas favorable en cette fin d'automne, le chemin est enneigé et verglacé, un guide de haute montagne et de l'équipement d'alpinisme sont fortement recommandés, pour un prix qui nous refroidit.

Rien ne va plus, nous rentrons déçus à l'hôtel, où le réceptionniste nous encourage à commencer le trek, car la première partie est bien dégagée et aménagée.

Une belle balade digestive. 

Le parc national de Tongariro est considéré comme le plus beau parc du pays et accueille plus d'un million de visiteurs chaque année. Les trois volcans du site (Ruapehu, Tongariro et Ngauruhoe) sont toujours en activité et culminent entre 1967m et 2797m pour le plus haut (Mont Ruapehu).


Une légende maori raconte que 4 volcans occupaient autrefois le parc. La belle Ruapehu, mariée à Taranaki, aurait succombé au charme de Tongariro, en l'absence de Taranaki. A son retour, Taranaki entama une bataille pour regagner le cœur de son épouse. Tongariro remporta le duel et Taranaki vaincu, se retira vers l'ouest, creusant sur son passage le lit de la rivière Wanganui.


Le Tongariro Alpine Crossing est le sentier phare du parc, long de 19,4 km. Il se parcourt à la journée, à travers des paysages volcaniques, lunaires, de cratères, lacs et cascades. Il faut cependant bien s'organiser car il ne s'agit pas d'une boucle, une navette est nécessaire. La préparation est également essentielle : nourriture, eau, vestes, chapeaux, kit de premiers secours, balise... En moyenne, 2 randonneurs par semaine sont secourus sur ce sentier (manque d'eau, de nourriture, de chaussures adaptées...).


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03 juin :

On part donc à l'aube pour le Mordor, gonflés à bloc. On ne monte pas vraiment en altitude, mais le décor devient de plus en plus enneigé à mesure qu'on approche du parc.

"One does not simply walk into Mordor" - Boromir/Ned Stark 

Sur le trajet, Hilkka doit faire pipi, "ça presse" dit-elle. Nous trouvons en vitesse un petit sentier qui la bouleversera à tout jamais. Hilkka revient la vessie vide mais toute chamboulée après avoir découvert des ossements et un cadavre. "Heureusement", ce n'était "qu'un" mouton. RIP.

Revenons-en à nous moutons : 8h30, il fait super beau, on se lance sur le trek. De nombreux panneaux mettent les randonneurs en garde sur la difficulté du sentier, mais il en faut plus pour nous effrayer. Le paysage est désertique, et un manteau neigeux assez épais recouvre partiellement les rochers et la tourbe dans la plaine. Les premiers km se font sur du plat, sur des pontons et escaliers aménagés, on progresse bien.

Fred a refusé de faire un bonhomme de neige. 

On arrive au premier spot du trek, Soda Springs une petite cascade à flanc de falaise, envahie par de nombreux stalactites. La surface du ruisseau a gelé mais on peut encore discerner et entendre de l'eau couler sous la pellicule de glace. On remarque aussi de nombreuses empreintes dans la neige : renard, yéti, marmotte ? Nous n'obtiendrons malheureusement pas la réponse à cette question.

Soda Springs, on the rocks. 

On continue notre chemin, le sentier devient un peu plus technique. On longe un immense bloc de roche d'où on entend de nombreux craquements dûs à la fonte des stalactites qui viennent s'écraser au bas de la falaise dans un bruit fracassant. Hilkka s'enthousiasme : "la nature est belle mais féroce, on est peu de choses !". Je continue mon chemin comme si je n'avais rien entendu...

On se sent un peu trop bucoliques.

On attaque les choses sérieuses, l'ascension de la crête. Le chemin est plus escarpé et on commence à glisser sérieusement. Après avoir insisté, on se rend compte que des crampons ne seraient pas inutiles et on décide, un peu frustrés, de faire demi-tour, en se promettant de revenir en été, revoir cet incroyable endroit. On aura fait 6 km sur les 20, avant de rebrousser chemin. C'est long 12 km, surtout quand Fred chantonne tout le répertoire de "La Reine des Neiges".

Preuves de notre mini ascension 
Si vous vous posez la question, Hilkka descend sur les fesses pour éviter les blessures. 

Le retour se fait un peu plus vite que l'aller, Hilkka trébuche et tombe (à maintes reprise malgré sa technique de toboggan) mais ne lâche pas et on arrive sains et saufs à la voiture. On termine cette journée par un détour au lac Rotoaira non loin de là, avec une superbe vue sur le volcan Pihanga enneigé.

Ah, il est d'équerre, c'est certain.
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04 juin :

Aujourd'hui, la météo est moins clémente, nous nous félicitons d'avoir fait le Tongariro crossing la veille. On opte alors pour le sentier du "lac surprise", tenant son nom du lac que l'on aperçoit comme par surprise, après une ascension. Et nous sommes bien surpris avant même de débuter la rando, car les routes sont fermées à cause de la neige.

Tant pis, Fred fait un demi-tour en 32 temps puis reprend tranquillement la route vers Tongariro. Rebelote ! Sauf qu'avec le brouillard, impossible de discerner les beaux reliefs de la veille. Dommage, on sauve les meubles en faisant une petite rando sous la pluie et en petite foulée car il fait pas très chaud avec cette bruine !

 On peut vous assurer que personne n'a chanté "Singing in the rain".

On rentre se mettre à l'abris et regarder des séries pour mieux terminer la journée, bien que ça manque cruellement de fondant au chocolat tout ça ! Il faudra régler ce problème demain...

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Prochaine étape : Rotorua, capitale géothermale

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04 juin :

C'est avec un peu de nostalgie que nous roulons vers notre prochaine étape : Rotorua. Si la météo avait été plus agréable, nous aurions pu parcourir Tongariro en long en large et en travers. Mais on ne se laisse pas abattre et prévoyons de visiter un site appelé "cratères de la lune".

On arrive aux abords du lac Taupo, noyé dans la grisaille. Tant pis pour les beaux paysages, on s'arrête au parc "Craters of the moon" (Karapiti en Maori), pour une petite balade d'une heure. Il s'agit d'un parc géothermique de la zone volcanique de Taupo, constitué de cheminées, cratères et fumerolles d'où émanent de la boue ainsi que des vapeurs de soufre et d'eau. Ces cratères sont apparus suite à la construction d'une centrale géothermique, qui a modifié la circulation d'énergie dans le sous-sol et donné lieu à des éruptions sur le site "Craters of the moon".

Ça fait un peu gris tout ça 

De la fumée blanche s'échappe du sol tout autour de nous, des barrières bordent les cratères brûlants. Heureusement, ça empêche Hilkka d'aller "faire griller quelques marshmallows". Ça fume tellement qu'on peine à distinguer le fond des cratères. On entend malgré tout l'eau et la boue qui bouillonnent au fond du trou, avec une forte odeur de soufre. Un sacré paysage lunaire !

Au feu ! 

On continue notre route vers Rotorua, en faisant un petit crochet par les Huka Falls, sur le fleuve Waikato. Imaginez, un fleuve de 100 mètres de large qui se réduit brutalement à 15 mètres, "ça fait un sacré débit" s'exclame Hilkka, hilare. On ne peut que lui donner raison. La couleur bleu turquoise de l'eau rend ces chutes encore plus spectaculaires.

Haut débit 

On arrive finalement à Rotorua dans l'après-midi. On sent une forte odeur de soufre dans les rues mais aussi dans les bâtiments, l'immersion dans le géothermique est totale !

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05 juin :

Ce matin, on prend la direction du parc Waimangu Volcanic Valley. Ce parc géothermique s'est créé suite à une violente éruption du mont Tarawera le 10 juin 1886.

Arrivée au parc Waimangu 

On y trouve une succession de trois cratères contenant chacun un lac. Parmi ces cratères, le Echo Crater contenant le Frying Pan Lake, lac acide avec une eau à 55°C, la source chaude la plus étendue au monde. Non loin de là, l'emplacement du plus haut geyser au monde (décidément) à l'époque, qui culminait à 460 mètres. Ce cratère a connu d'autres éruptions en 1915, 1917 et 1973. En bordure de ce lac, on peut voir des plaques de silice, les couleurs sont remarquables: orange, vert, violet, doré, semblables à des flaques d'huile. Ce sont en fait des dépôts minéraux de molybdène, arsenic, antimoine et tungstène. La végétation est très dense tout autour de nous, on se demande bien comment c'est possible, dans un environnement aussi hostile.

Southern Crater Lake 
Frying Pan Lake 
Cathedral Rocks - dépôts minéraux sur le rivage 
Fumerolles et dépôts de silice - deux vulcanologues

Un peu plus loin, le cratère Inferno, un lac d'eau bleu turquoise fumante au pied du mont Haszard qui cache en son fond le plus haut geyser au monde, bien qu'il soit invisible de la surface (30 mètres de profondeur). On n'est pas allés vérifier l'exactitude de cette information.

Inferno Lake et le fameux "plus grand geyser au monde"

On longe ensuite un cours d'eau chaude, propice au développement d'algues, surmonté de stalactites de calcaire colonisées par les bactéries. dans un assemblage de couleurs incroyable.

Pèle-mêle volcanique 

On arrive enfin sur la Warbrick Terrace, constituée de plateformes de silice orange et blanche. La surface de la terrasse fume en plusieurs endroits, le décor est surréaliste.

Warbrick Terrace, pas l'endroit idéal pour poser sa serviette

La balade se termine sur le lac Rotomahana où l'on peut voir de nombreuses espèces d'oiseaux. L'expert en oiseaux que je suis n'en demandait pas tant, on regrettera seulement de ne pas avoir pris le pique-nique avec nous. Un des plus beaux sites qu'on ait pu voir pendant ce tour du monde. Dire qu'au début du 19ème siècle se tenait juste là une immense terrasse de silice rose et blanche, détruite par une éruption volcanique. La morphologie de la vallée évolue radicalement en fonction des événements géologiques.

Ok, ok, j'arrête avec les photos d'oiseaux 
Allez quelques oiseaux pour la route

L'après-midi, retour à Rotorua pour une balade dans la Redwoods Forest qui borde la ville. C'est une immense forêt de séquoias, proche de la zone thermale de Whakarewarewa, comme dirait Shakira. On aperçoit par moments des cours d'eau bleue cristalline, provenant de la source thermale. On se perd entre les énormes troncs centenaires, aux troncs rouge/orangé. Hilkka ne peut s'empêcher de câliner les arbres "pour mieux capter les ondes de la forêt". On sera gentiment escortés par la sécurité du parc. Un souci avec l'ordinateur nous occupera toute la soirée. C'est aussi ça les petits plaisirs d'un voyage.

On est peu de choses ! 
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06 juin :

Aujourd'hui, c'est le parc Wai-O-Tapu qui nous attend. Mais qu'est-ce-que c'est, vous demandez-vous surement. Devinez : encore une zone géothermique ! C'est un ensemble de cratères colorés par l'activité géothermique. Avant le début de la visite, on fait la connaissance de Caroline et Cédric, une Belge et un Réunionnais, qui nous demandent de les conduire en voiture jusqu'au geyser Lady Knox, à quelques minutes de l'entrée. On accepte et on part donc tous les 4 jusqu'à la Hyundai, quand deux touristes néerlandaises nous demandent également une place dans la voiture. On se retrouve donc à 6 dans la petite citadine qui n'en demandait pas tant.

La visite du geyser Lady Knox se fait tous les jours à 10h15, je trouve ça un peu trop ponctuel pour un phénomène naturel. Une guide du parc arrive alors un micro à la main, donne quelques explications sur le geyser et déverse quelque chose dans la cheminée, une sorte de savon. Quelques secondes plus tard, l'eau jaillit de la cheminée à une vingtaine de mètres de hauteur. Oui, c'est déclenché artificiellement, mais l'éruption naturelle n'est pas prévisible à l'avance, on comprend donc l'intérêt d'utiliser le savon. On applaudit bien fort la sorcière et on se dirige vers le parc géothermique, en compagnie de nos deux compères.

Le geyser de la discorde 

On longe le Echo Lake et son eau grisonnante qui fait des bulles pour découvrir un des endroits les plus impressionnants du site : Artist's palette, composé d'un panache de couleurs (bleu, jaune, vert...), magnifique.

Un petit bain de boue acide? 
Artist's palette 

Un peu plus loin, une vue panoramique sur Frying Pan Flat, un immense plateau de silice, Oyster Pool, un petit bassin thermal d'une eau bleue très claire en forme d’huître, ou encore une impressionnante cave tapissée de soufre.

 Le plateau "poêle à frire" Frying Pan
La cave de soufre et Oyster Pool, la piscine en forme d'huître 

Au bout du sentier, le lac Ngakoro et sa couleur vert émeraude.

Autour du lac Ngakoro - chute d'eau et terrasses de silice 

On repasse proche de la palette d'artiste mais du côté cette fois-ci de la Champagne Pool, une source thermale de 65 m de diamètre et d'une soixantaine de mètres de profondeur. Le nom de Champagne Pool provient des émanations de CO2 qui font buller l'eau du bassin comme du champagne, entouré d'une couronne orangée colorée par des dépôts de minéraux.

Champagne Pool 
Non, vraiment, faites un truc avec l'eau de vos piscines

Quelques cratères fumants pour terminer la balade au moment où la pluie fait son apparition. On dépose nos deux compagnons de route à Rotorua, avant de se diriger vers la réserve animale Rainbow Springs, pour voir l'insaisissable kiwi.

La réserve Rainbow Spings compte de nombreuses espèces endémiques de Nouvelle-Zélande: oiseaux, poissons, reptiles..

On se dirige alors vers l'enclos des kiwis. En passant devant la boutique, un cygne tente de forcer l'entrée pour acheter un truc. Un mauvais signe, sans doute...

Hé ho ! Vous prenez la CB ? 

Les kiwis n'ont pas d'ailes, ils ne peuvent donc pas voler. Mais ils peuvent marcher. Ils sont aussi très craintifs et ne sortent que la nuit. L'enclos recrée donc une ambiance nocturne pour les mettre en confiance. En entrant dans la pièce, on entend un kiwi courir dans les feuillages. Pour faire simple, ça ressemble à une poule un peu voûtée et sans ailes, avec un très long bec pourvu de narines.

C'est vraiment marrant de le voir galoper d'un côté à l'autre de l'enclos, à la recherche de nourriture. C'est un peu moins drôle de se dire que l'espèce est en voie de disparition et que pour cette raison la captivité est indispensable. On reste un moment, à regarder faire le kiwi, contents d'avoir pu en voir un vrai, malgré tout.

Vis ma vie de kiwi

On parcourt ensuite le reste du parc : wekas (sorte de poules), keas et kakas (perroquets), canards, tui (oiseau à collerette). On entre même dans une cage où un des perroquets essaie de profiter de notre entrée pour se faire la malle, alors que deux canards sont en train de s'engueuler juste à côté de nous, pour une sombre histoire de vol en bande organisée. Hilkka fait des bonds dans la cage quand un oiseau la frôle, je me régale du spectacle.

Cui-cui

On passe devant l'aquarium où des truites géantes nous regardent de près, et devant les cages des reptiles. Le tuatura, une espèce de lézard qui n'a pas évolué depuis l'époque des dinosaures et qui a trois yeux. On lui souhaite de ne jamais avoir à porter de lunettes.

Tu me dis si j'empiète sur ton espace perso 

On part donc enchantés de cette visite, contents d'avoir vu le kiwi. Demain, direction la péninsule de Coromandel, la fin du road trip approche.

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Prochaine étape : la péninsule de Coromandel

16
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08 juin :

Adieu les odeurs de soufre, nous naviguons vers la péninsule de Coromandel dans le nord de l'île du Nord. On s'y perd avec tous ces points cardinaux. La péninsule est très peu peuplée (seules 5 villes dépassent les 1000 habitants), mais cela permet d'y trouver de très beaux sites sauvages, notamment des plages et des criques.

Nous jetons notre dévolu sur Cathédrale Cove, la plage la plus célèbre de la péninsule. Elle doit sa notoriété à sa grande arche de roche qui est assez impressionnante, si on en croit les ragots.

Bien dissimulée cette plage.

Victime de son succès, le site propose un parking excessivement cher. Toujours aussi économes, nous entamons alors une longue rando depuis un parking gratuit. Bon, soyons honnêtes, elle n’était pas si longue que ça mais aujourd'hui, j'ai (Hilkka) particulièrement peu envie de me balader. Un petit coup de mou après toutes les randos déjà effectuées.

Heureusement, Fred voyant toujours le verre a moitie plein, ne succomba pas a la paresse et eut assez de bonne volonté pour nous mener jusqu'au Graal.

Ultime randonnée. Il y aura des larmes. 

C'est dans un temps record que nous arrivons à la plage tant redoutée. Et il faut avouer qu'elle est très belle. La "cathédrale" qui lui a valu ce nom est immense et laisse entrevoir le reste de la crique, en formant un cadre rocheux. D'autres pains de sucre sortent de l'eau, comme de petits îlots venus de nulle part, dévoilant leur grandeur à marée basse.

 C'est pas Notre-Dame, mais au moins elle est entière cette cathédrale !

Mais la pluie arrive, il est temps de quitter la côte, en petites foulées. En plus ce soir, nous cuisinons notre ultime repas pour finir les provisions, ce sera à nouveau une fausse bolognaise accompagnée d'un verre de rouge. Fred est bien évidemment ravi puisque dès demain, on pourra se laisser tenter par les fast-food qui lui font de l’œil depuis le début.

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Prochaine étape : Auckland, la citadine

17
17
Publié le 17 juin 2019

09 juin :

Nous longeons la côte pour rejoindre la dernière étape de ce road-trip en Nouvelle-Zélande : Auckland. Fred l'oiseaulogue refait son apparition lors du trajet et s'arrête observer quelques oiseaux marins. Une vraie vocation l'oiseaulogie !

Dernière séance d'oiseaulogie .

C'est avec beaucoup d'amertume que nous disons au revoir à ces paysages qui nous ont émerveillés pendant un mois. Nous retrouvons la campagne et les prairies néo-zélandaises pour notre ultime trajet quand soudain, le drame se produit... Une voiture nous propulse un caillou en plein dans la tronche !

Enfin, en plein dans le pare-brise... Le voilà l'impact plus petit qu'une pièce de 2€ dont Olivier de Carglass parlait tant.


Dépités, nous faisons un petit crochet par le loueur de voitures à l'aéroport d'Auckland pour connaitre notre châtiment. Ce sera 85$, à condition que l'impact ne se fissure pas jusqu'à demain, date de fin de location. Toujours fidèles à notre gourou Olivier de Carglass, nous évitons religieusement nids de poule, changements de température et aliments trop gras, trop salés, trop sucrés.

Arrivée à Auckland. 

Finalement installés dans notre auberge à Auckland, en compagnie de notre colocataire sosie d'Iggy Pop, Fred trouve la motivation d'aller flâner jusqu'en ville. Comme il fait déjà sombre et que j'ai peur des loups, je décide de rester pour refaire cet ignoble sac à dos que je méprise tant. Ah oui, le "backpacking", c'est pas ma facette préférée du voyage. Mais laissons maintenant la parole à Fred, qui va nous raconter sa découverte express d'Auckland :

La première chose qu'on voit en arrivant à Auckland, c'est sa Sky Tower, haute de 328 m. Je pars seul avec mon balluchon en direction de la tour panoramique avant la tombée de la nuit et la sortie des loups. J'ai encore deux heures de jour, il va falloir galoper. Arrivé au pied du monument, le prix de la montée me dissuade d'aller voir la ville d'en haut. Je me dirige alors vers le port, l'appel de la mer sans doute. Le port est plutôt agréable, les vieux bâtiments se mélangent bien aux plus récents. Sur la jetée, je repère une petite maison un peu étrange, il s'agit d'une oeuvre d'artiste, une maison vide remplie de néons fluors entortillés. Pourquoi pas. Je reste un moment à contempler la vue sur la baie et le coucher de soleil derrière Harbour Bridge, les yachts de gens pauvres puis demi-tour vers l'hôtel en traversant rapidement le centre-ville. Sur le retour, un dernier coup d’œil sur la skyline d'Auckland au crépuscule, marquant la fin d'un sacré périple en Nouvelle-Zélande, mais c'est sûr, on reviendra.

Pèle-mêle citadin. 

Nous passons la soirée à préparer le départ et partageons le dîner avec Iggy Pop et un couple d'Irlandais à qui nous léguons glacière, couverts et autres babioles que nous ne garderons pas.

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10 juin :

C'est malheureusement le jour du départ et nous faisons nos dernières courses avec un gros pincement au cœur : souvenirs, lavage de voiture, plein d'essence... Une pizza bien trop grasse de chez Domino's plus tard, nous restituons notre voiture avec l'impact inchangé : halleluia ! On nous encaissera des 85$ pour l'impact, sans même nous offrir l'abonnement Coyote ni la nouvelle paire d'essuie-glace Bosch. Ça change des impacts français !

Nous quittons la Nouvelle-Zélande et son hiver pour rejoindre l'Amérique du Sud. on se promet tout de même d'économiser dès notre retour en France pour revenir en été dans quelques années. Le trajet le plus éprouvant est sur le point de commencer : Auckland, Santiago, Lima puis Quito.

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Prochaine étape : dernier continent, nouveau pays : l'Équateur.

18
18
Publié le 9 juillet 2019

Quelques chiffres :

Jours sur place : 31

Total dépensé : 3190 €

Budget par jour et par personne : 51,45 €, nous avions prévu 50 €.

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Répartition des dépenses:

Répartition des dépenses en Nouvelle-Zélande 
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Ce que nous avons aimé :

  • la liberté de se déplacer en voiture, explorer, se perdre et ne (presque) plus porter nos sacs à dos.
  • la beauté et la diversité des paysages, des espaces immenses pour randonner.
  • la préservation de l'environnement : pas de déchets, pas de scooters au milieu des sites naturels.
  • pouvoir cuisiner : pâtes, desserts et bien évidemment, le célèbre crèpe-wich !
  • le survol du glacier Franz Josef en hélicoptère et la croisière sur le Milford Sound, deux activités incroyables.
  • l'hygiène : pouvoir jeter le papier toilette DANS les toilettes et utiliser l'eau du robinet pour se brosser les dents !
  • pouvoir communiquer, comprendre les menus, discuter avec les locaux.
  • la propreté des hébergements : le ménage est fait sous les lits !
  • le retour au monde "occidental" : une petite bouffée d'air frais.


Ce que nous avons moins aimé :

  • la conduite des Kiwis, très sportive voire dangereuse...
  • le coût de la vie, le pays le plus cher de notre tour du monde.
  • la durée sur place, nous aurions aimé rester plus longtemps mais le budget ne le permettait pas.
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Le mot de la fin :

Quel coup de cœur ! La Nouvelle-Zélande fut tout simplement notre pays préféré. On rêve d'ailleurs d'y retourner en été dans quelques années. C'est une destination facile à appréhender où l'on trouve une multitude de paysages : plaines, montagnes, volcans, plages, vignobles, falaises, fjords, glaciers... Nous avons eu un gros pincement au cœur en partant et sommes encore bluffés par tout ce qu'on a vu en un seul mois. C'était tout simplement sublime.