Laos

"Croisière sur le Mékong, liasses de billets, coupures d'électricité, cocotiers et riz gluant. Pas de repos pour les forces de l'ordre laotiennes."
Février 2019
10 jours
Dernière étape postée il y a 286 jours
1
1
Publié le 16 février 2019

Nous venons d'obtenir nos visas et de passer la frontière laotienne (à Huay Xai plus précisément). Un vendeur nous prend au vol avec son flyer plastifié "Slow Boat sur le Mékong". On commence à s'habituer aux arnaques des tuk tuk proposant leurs itinéraires plastifiés, coûtant plus chers que nos plombages. On se méfie donc du discours du jeune homme mais il semble nous proposer un prix honnête. Prévoyants (ou inquiets) comme nous sommes, nous avions noté les prix pratiqués pour le slowboat. Le vendeur nous propose la croisière à 1000 bahts par personne, avec les transferts hôtel/embarcadère, ça tombe bien, c'est le prix que nous avions prévu de payer. Finalement c'est un bon gars, on réserve avec lui, ça nous permet d'écouler nos derniers bahts et d'être déposés gratuitement à l'hôtel. On partage le tuk tuk avec 2 jeunes néerlandaises, tout juste bachelières et parties pour 6 mois en Asie. On les applaudit bien fort.

A peine les sacs déposés dans la chambre (belle chambre et bel hôtel, ça fait plaisir), on file manger avant qu'Hilkka ne croque quelqu'un dans la rue. Vient l'épreuve redoutée du ATM (=distributeur automatique) : combien retirer, quel budget on a prévu, quel est le taux de change ? Quelques calculs passablement maîtrisés et nous voilà millionnaires ! Ah oui, parce que pour info 1€, ça fait grosso modo 10 000 Kips. Ce sera peut-être la seule fois de nos vies qu'on dépensera 5 millions en quelques jours. On fait des provisions pour le bateau et on craque dans une boulangerie pour une tarte à la mangue. Là encore, 12 000 balles pour une part de tarte, c'est improbable, mais elle était très bonne. A ce stade du voyage on réalise que le budget bouffe aura notre peau.

Un haut parleur résonne dans la ville depuis que nous sommes arrivés. Curieux de comprendre et Googleurs avertis, nous découvrons qu'il s'agit de messages politiques diffusés par le gouvernement. Génial dire qu'on vient tout juste de semer les gilets jaunes...

Une bonne nuit de sommeil réparateur et demain on naviguera sur le Mékong.


2

Jour 1

Ce matin, nous commençons notre croisière de 2 jours en slowboat sur le Mékong, jusqu'à Luang Prabang. Le slowboat, c'est une longue embarcation en bois, typique du Mékong.

Notre embarcation pour les deux jours à venir 

Un tuk tuk vient comme promis nous conduire à l'embarcadère. il est 10h, le bateau ne part qu'à 11h30 (spoiler alert, il est parti à midi, on avait lu qu'il pouvait y avoir beaucoup plus de retard que ça) et pourtant il est déjà bien rempli. Nous devons (encore) enlever nos chaussures et les mettre dans des poches plastiques. En Asie, après Bouddha, le plastique est sans doute la chose la plus vénérée. Les sièges sont déjà bien occupés. On s'installe vers le fond du bateau en espérant que le bruit du moteur ne sera pas trop assourdissant. Nous avions souvent lu que les derniers arrivés devaient s'installer dans la salle du moteur où le bruit est intenable.

Installés depuis un moment sur nos sièges de voiture reconvertis, le moteur démarre et nous partons enfin. Bonne surprise, nous n'entendons pas trop le moteur, en revanche en allant aux toilettes, on constate que le bruit est vraiment dingue. On craint les pauvres âmes arrivées tard, qui vont passer 7h dans ces conditions.

Incognito en Asie 

C'est peu habituel comme moyen de transport, mais c'est plutôt sympa, les sièges sont confortables et il y a bien assez d'espace pour y ranger Fred.

Pour un slow boat, ça va assez vite, 30 km/h d'après la police, un peu plus d'après les organisateurs. Petit à petit, les rives planes laissent place à du relief et des rochers, ça valait le coup. On croise de temps en temps une cabane de pêcheur, une embarcation de fortune, ou encore des vaches sur le rivage. On ne tardera pas à les avoir à l'arrière du bateau. Pas les vaches, mais un groupe d'anglophones (Américain(e)s?) ayant pris possession des sièges à l'arrière et enchaînant les bières en canette, comme à un apéro à la maison, se mettant à chanter en hurlant. Insupportable. Mais pourquoi venir faire cette croisière pour ça? Si c'était bon enfant au début, ça devient chiant pour tout le monde et ça gâche le spectacle. Attention au retour de karma. Au bout d'un (long) moment heureusement ça se tasse gentiment, on peut de nouveau profiter pleinement du voyage (oui enfin, la dernière heure seulement).

On arrive à Pakbeng au coucher du soleil, un comité d'accueil est déjà là à l'arrivée du bateau. Des tuk tuk, des rabatteurs d'hôtels et plus surprenant, une vingtaine d'enfants qui accourent pour mendier aux touristes qui débarquent. Un tuk tuk de l'hôtel nous embarque, ligotés et bâillonnés, on traverse alors le village de Pakbeng : une rue principale avec 5-6 commerces et restaurants. Au bout d'un chemin de terre, notre hôtel à flanc de colline avec vue sur le Mékong, on est ravis. La nuit commence déjà à tomber, on part alors au village manger quelque chose. Pas trop le choix, on finit dans un petit resto laotien où l'on nous accueille avec un petit whisky offert: sympa. Un petit coup d’œil au plafond pour voir un bon nombre de lézards la tête en bas: on en rigole, ils sont inoffensifs mais ça passerait beaucoup moins bien chez nous!

Un aperçu de la première journée 

Le lendemain, il faudra se réveiller très tôt pour aller au bateau, car premiers arrivés, premiers servis.

• • •

Jour 2

Réveil au chant des coqs ce matin (vous verriez les coqs et les poules ici, ils sont bien différents de ceux qu'on voit en Europe). La brume recouvre encore le fleuve, offrant un décor encore différent. En arrivant au quai, on est parmi les premiers à embarquer sur le bateau, avec nos barquettes de riz à emporter et toutes nos provisions.

On retrouve les blaireaux de la veille qui embarquent sur un autre bateau, retour de Karma ? Nous pouvons affirmer avec certitude que cet instant fut le plus beau moment de notre voyage, voire de notre vie. Satisfaits et soulagés, le slowboat démarre et nous entamons notre seconde et dernière journée de navigation.

Au fil de l'eau, nous apercevons des paysages paisibles, sauvages et authentiques, ponctués de bananiers, cocotiers et de rochers. On devine la silhouette d'une jungle qui n'en demandait pas tant. Nous sommes subjugués par la beauté des lieux. On se repose et on profite de la vue, tout en glissant sur le Mekong.

Les rivages du Mékong 

Aujourd'hui, Saint Valentin, nous mettons les petits plats dans les grands. Ce sera un Snickers chacun, au lieu d'un Snickers pour 2. De quoi entretenir notre diabète en ce jour de fête.

Les heures passent, nous nous approchons parfois de la rive pour déposer ou récupérer des locaux pour qui le slowboat est le seul moyen de transport. Armés de bouquins, de jeux et d'un charisme indéniable nous affrontons facilement les 8h de navigation jusqu'à Luang Prabang. Il est temps de regagner la terre ferme et de rejoindre la ville.

 Séance photo pensive. On a même rencontré Gilbert Montagné.

Nous partageons le tuk tuk avec une famille laotienne et leurs 3 jeunes enfants à qui nous proposons des biscuits (emballés individuellement dans du plastique, évidemment). Contents, les enfants s'empressent d'extirper leur cookie de l'emballage et de jeter ce dernier sur la route. Merde, pas cool les gars.

Arrivés à l'auberge, nous découvrons notre dortoir, pris en otage par 8 Nordiques pas très regardants sur l'hygiène et la pudeur. Ma (Hilkka) colocataire de lit superposé ne supporte apparemment pas le contact des vêtements sur sa peau. Une allergie qui doit être très invalidante. Nous assistons dépités à sa nudité permanente. Dans quelques jours, nous vous raconterons le moment où elle a trouvé un t-shirt !

Refusant de laisser une bande de petits cochons nous couper l'appétit, nous partons chasser le dîner pour nourrir notre tribu (nous 2 quoi). En contrebas de l'hôtel, on trouve une petite cantine de street food, qui devrait faire notre bonheur tout au long de cette semaine à Luang Prabang. Des assiettes bien garnies et de très bonne qualité, à deux pas d'un temple, c'est parfait! La plus grande difficulté pour y accéder reste de traverser la rue. Il faut savoir qu'en Asie (du moins de ce qu'on a vu jusqu'à présent), le passage piéton ne sert à rien, et traverser une rue demande alors patience, anticipation et une excellente condition physique. Toutes ces vidéos de ninjas portent enfin leurs fruits (c'est une image, on n'a pas vraiment vu de ninjas portant des fruits hein).

Prochaine étape: le récit de notre semaine à Luang Prabang.

3
3
Publié le 21 février 2019

Jour 1 : 15 février

Premier réveil à Luang Prabang, il faut qu'on reprenne l'habitude de la vie en prison, euh pardon, en dortoir, car on prévoit de rester 6 nuits (le temps d'obtenir le visa vietnamien). D'un pas déterminé, nous partons donc à l'ambassade du Vietnam de Luang Prabang (qui pratique soit disant les prix les plus avantageux). Tout est bien expliqué et relativement simple, comparé au visa laotien qui était criblé de fautes d'anglais, de frappe et pour lequel personne n'a su nous renseigner. Seul petit hic, il nous faut là encore des US dollars. On pourrait payer en kips, mais c'est bien moins avantageux. C'est l'heure de fermeture du midi, il faudra revenir dans l'après-midi pour déposer notre demande et payer.

Nous repartons bredouilles, ou plutôt brocouilles, comme on dit dans le Bouchonnois.

Bien décidés à économiser quelques kips/euros/dollars (on commence à s'y perdre), bref, à économiser nos pièces d'or, notre mission de midi sera de trouver des dollars. Très simple d'en échanger, mais pas si simple d'en acheter. Et c'est finalement un vieux bijoutier/peintre qui nous offre le taux le plus intéressant. Et en plus il parle français car il avait des cours de français à l'école primaire.

On dit bijoutier/peintre car il semblerait que tous les bijoux ici soient peints en jaune faux or. Ça peut le faire sur un temple, mais sur des bijoux c'est juste too much.

Les fameux bijoux en "or" véritable - Un snack inhabituel  trouvé au supermarché

Suite à cet échange et à de longs calculs, nous décidons qu'il est plus avantageux financièrement et spirituellement de payer pour un visa en "express" (3 jours ouvrés) et de rester moins longtemps au Laos. Nous changeons aussi nos plans pour l'arrivée au Vietnam et réservons un vol plutôt que le bus de l'enfer (27h de trajet). Ça plombe un peu le budget, mais nous avons lu/entendu trop de témoignages horribles sur les bus Laos/Vietnam. Allez-y moquez vous, notre côté princesse a pris le dessus !

En sortant de l'ambassade, Fred se sent pousser des ailes et s'exclame : "on voit le Mékong en bas de la rue, viens on va voir!" Grave erreur, nous rencontrons d'énormes araignées suspendues entre les bananiers, telles de vicieuses créatures. Demi-tour !

On recroise les Français (dont on ignore les prénoms) rencontrés à Pakbeng lors de la croisière sur le Mékong, la ville est petite !

• • •

Jour 2 : 16 février

Aujourd'hui, nous décidons de nous balader et de visiter quelques temples. On longe le Mékong (en évitant de s'approcher des arbres araignées évidemment) pour rejoindre la ville.

 Il va en falloir du chlore!

Comme il ne s'est rien passé de particulier ce jour-là (enfin si, on recroise les Français), je vous propose un petit point approximatif sur ce qu'on a appris sur le Bouddhisme et les temples. Jingle.

Pour résumer, la religion bouddhiste se décline en deux branches:

-Theravada (également Hinayana ou "petit véhicule"): la forme la plus présente au Laos, Cambodge, Thaïlande et Birmanie notamment. C'est le bouddhisme pratiqué par les moines dans les temples, le plus traditionnel.

-Mayahana (ou "grand véhicule"): bouddhisme plus "accessible", parmi lesquels: la Terre Pure (Nirvana, utilisation d'un chapelet), le Dhyana qui s'articule autour la méditation (zen) et le Vajrayana, pratiqué dans la région du Tibet, au Népal et au Bhoutan (centré sur les formules, signes et prières magiques).

Trois types de constructions religieuses à distinguer:

-le wat, qui désigne un temple qui fait également office de monastère (école du Bouddhisme).

-la stupa, qui est une construction en hommage à Bouddha, mais ne le représentant pas à son image

-la pagode, qui est un lieu de culte comportant une relique pour les pratiquants.

Dans les lieux de culte, on doit systématiquement enlever ses chaussures. C'est pas dans nos habitudes, mais c'est la culture. Pareil pour la tenue vestimentaire, jambes et épaules doivent être couvertes.

Pour illustrer nos propos 

Ah et comme promis, nous devions vous donner des nouvelles de nos copains les nudistes. Comme ils partent aujourd'hui, ils se sont enfin habillés ! Ils ne nous manqueront pas. Une fois leurs draps changés, Fred récupère un de leurs lits car son ancien lit est squatté par des fourmis.

• • •

Jour 3 : 17 février

Alors vraiment grand chose à dire ce jour là, ça a été une journée de grosse flemme ! On a tout de même recroisé nos amis les Français avec qui on discute un peu chaque fois. Mais aujourd'hui attention, on a échangé nos prénoms et numéros ! Que d'aventures !

Ah oui, nous sommes aussi allés au marché nocturne, bourré de souvenirs, d'artisanat mais surtout : de bouffe ! Sandwichs et petits flans/pancakes à la noix de coco. Miam miam, Hilkka pourra dormir une nuit complète comme ça.

Un peu de bouffe ! 
• • •

Jour 4 : 18 février

3h du matin à Toulouse, 9h ici. Omelette sans tomates pour Hilkka, café et omelette d'homme pour Fred. Puis nous prenons le sentier qui longe le Mékong en direction du Mont Phou Si. On croise des camions chargés de compositions florales orange et jaune destinées au offrandes à Bouddha, ornées d'un joli billet de 2000 kips (0,20€). Puis sur le trottoir d'en face, l'escalier qui permet de gravir le Mont Phousi. Un escalier de 412 marches pour bien commencer la journée, et garder intacte notre superbe condition physique.

Au bout de 90 marches, l'allure descend d'un cran. Ce doit être dû à la hauteur des marches...

"Les marches sont vraiment très hautes" - Hilkka 

Arrivés au sommet, la vue sur la ville nous fait vite oublier cet effort, on en profite alors pour faire quelques panoramas avant qu'il n'y ait trop de monde. Un stand propose de petits oiseaux enfermés dans une petite cloche en osier, afin de les libérer, ce qui porterait bonheur. Pas cool pour les petits oiseaux, mais on continue notre chemin.

Tiens, voilà du Bouddha ! 
Tape-là! 
Hilkka boude parce qu'il fait trop chaud - Fred au sommet du Mont Phousi - 5243m 

L'après-midi, on a prévu une sortie aux chutes d'eau Kuang Si, à 1h de route. On embarque alors à bord d'un mini-van, après que celui-ci nous ait snobés une première fois, prétextant ne pas nous avoir vus au point de RDV. Pendant le trajet, le chauffeur s'arrête inopinément en bord de route et nous demande de lui payer les frais d'entrées aux chutes d'eau. On trouve ça un peu louche, on hésite mais tout le monde paye les 20000 kips (2€). Bon, à priori pas d'entourloupe car nous n'avons rien eu à repayer une fois arrivés sur place.

La visite débute par l'observation des ours d'Asie. De nombreuses pancartes vantent les mérites de l'organisation, mais les ours font peine à voir dans leur enclos, pas exactement l'idée qu'on se ferait d'une réserve. Apparemment, la médecine chinoise exploiterait la bile des pauvres bêtes pour en faire des médicaments.

On se remonte le moral avec les cascades et les piscines naturelles un peu plus haut. L'eau est d'un superbe bleu turquoise, avec la jungle en arrière plan, jolie carte postale. Sauf peut-être pour un Corse, qui vous dira sûrement :"ho, fradé, chez nous on a les mémes!".

Des cascades 

Les touristes sont au rendez-vous bien entendu, certains se baignent, d'autres cherchent le meilleur point de vue pour éviter d'avoir la silhouette pâle de Wolfgang* en tongs chaussettes en plein milieu du panorama.

J'en (Fred) - pas Jean-Fred - en profite pour piquer une tête au milieu de ce petit lagon, très rafraîchissant. L'eau est quand même trouble, c'est vrai, on ne voit pas les monstres qui naviguent sous nos pieds. C'en est trop pour Hilkka qui jette l'éponge et qui ne trempera pas un orteil dans cette source miraculeuse. Bien lui en a pris, ma dégaine après le bain (pantalon bouddhiste éléphants/basket Adidas orange fluo) inspire tout sauf le respect, même Wolfgang détourne le regard. Nous regagnons le van où Patrick* nous attend avec enthousiasme.

*les prénoms ont été modifiés, toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite.

Des cascades 
Une cascade oubliée 

Retour à l'auberge après cette belle journée. Ce soir nous avons donné RDV à nos camarades de voyage, William et Clara, le couple d'Alsaciens très sympa rencontré à Pakbeng lors de notre croisière sur le Mékong et que nous croisons tous les jours depuis. On se retrouve donc à la cantine, nom donné affectueusement à notre petit "resto" de street food dont nous avons parlé précédemment. On décide de partager une sorte de fondue bourguignonne laotienne, à base de bœuf/poulet, ail, persil, coriandre, nouille de riz et œuf. Un bon moment de franche camaraderie entre Français du bout du monde, le tout accompagné d'une bière locale, la BeerLao, la première du voyage. Sauf pour Hilkka qui a pris un Sprite car elle est faible.

Notre potion magique 
• • •

Jour 5 : 19 février

Cocorico, notre réveil retentit à 5h du matin. On pleure un peu, on regrette la sortie de la veille, on s'habille et nous voilà partis dans les rues de Luang Prabang pour assister ou plutôt observer le Tak Bat.

Tak Bat : quête matinale des moines, cérémonie de l'aumône dont les moines dépendent pour se nourrir

Studieux et bons élèves, nous avions étudié les consignes à respecter avant de nous incruster au Tak Bat, que vous pouvez retrouver sur ce lien.

Vêtus de nos manches longues et de nos pantalons motifs éléphants, nous marchons un peu à l'aveuglette, à la recherche d'un endroit où nous pourrons nous installer sans déranger les acteurs principaux. C'est assez facile de voir les endroits à éviter, les locaux ont installé leurs tapis, petits tabourets et paniers remplis d'offrandes pour la cérémonie.

Nous passons devant de nombreux touristes et trouvons un trottoir où personne n'a l'air de s'installer. Des dames nous abordent à plusieurs reprises et tentent de nous vendre des provisions à offrir aux moines. Nous déclinons en réalisant que s'il y a autant de vendeuses d'offrandes, c'est que les touristes doivent très souvent prendre part à la cérémonie.

Mais, qui a éteint la lumière ?! 

Les gongs retentissent dans la nuit, on se croirait dans Mulan. A ce moment là je (Hilkka) me dis qu'il faut vraiment qu'on revoit nos références cinématographiques.

Tapis dans l'ombre, tels des méchants de téléfilms allemands, nous observons à distance les débuts de la cérémonie. Les premiers moines pointent le bout de leur robe orange, en file indienne (ou laotienne?!), dans le calme, afin de remplir leurs bols d'offrandes.

En fait c'est un peu comme Pâques sauf qu'ils n'ont pas besoin de chercher les œufs, dommage, c'est pourtant ça qui fait la magie du truc.

Et puis là, c'est la débandade, des flashs à gogo, des touristes qui se glissent dans la file de moines pour faire des gros plans, certains font des offrandes en short, debout et bruyamment. Nous ne sommes pas bouddhistes pour un sou mais quand même, face à une cérémonie si dépaysante, on pensait que les touristes respecteraient un minimum.

Le jour se lève peu à peu et nous nous éloignons des "paparazzis" pour trouver un lieu plus tranquille. On tombe nez à nez avec des dizaines de mini-vans stationnés qui ont déchargé une cargaison de touristes encore plus bruyants et plus irrespectueux qu'avant. C'est désespérant, on culpabilise d'être venus "juste" observer quand on voit le comportement de ces voyageurs, amoureux des selfies.

On s'éloigne encore pour voir que les moines ayant terminé leur parcours , redistribuent le surplus d'offrandes à des enfants, agenouillés et munis d'un panier vide.

On vous avait promis des photos floues, en voilà une !

Nous n'avons pas pris de photo de la cérémonie, vous pouvez voir à quoi ça ressemble en cliquant sur ce lien.

Voici quelques photos pêle-mêle qui n'ont rien à voir avec cette journée

Bien fatigués, nous faisons un petit tour au morning market où les Laotiens font leurs courses. Les étals sont pleins de couleurs et de contrastes : fruits, légumes, piments, poissons...Ça donne envie, mais il y a tellement de monde, il est difficile de se déplacer. On voit une touriste se faire prendre en photo, avec de la nourriture sur la tête. Ridicule, ça n'a aucun sens, on est trop vieux pour ces conneries, on rentre refaire dodo.

Au réveil, le rythme n'est pas plus violent qu'à 6h du mat. On tente alors une sortie au palais royal. Sur le chemin, un petit temple, pour la forme. Arrivés au palais, on refuse d'entrer dans le musée royal et préférons profiter des jardins du palais et de son temple imposant. On a même accès à une exposition des voitures offertes par le gouvernement américain au roi du Laos, Savang Vatthana, dans les années 60-70, dont une Citroën DS. Cocorico. C'est à petite foulée que nous terminons cette journée mollassonne par un petit repas sur les étals du night market.

Panne de lave-vaisselle, pas de repos pour les moines
• • •

Jour 6 : 20 février

Ce matin, le réveil n'a même pas eu à sonner, j'étais déjà réveillé (Fred) pour lire le résumé du match de la veille. Et aussi parce que j'étais bien impatient de rencontrer les éléphants. Hilkka l'ayant déjà fait l'an dernier, je pars donc seul affronter les pachydermes. Le van de l'agence me récupère au vol et c'est parti; dans le van, une petite famille de Français. On entame très vite la discussion. D'anciens voyageurs, comme nous. On arrive à la réserve d'éléphants: pas de chaines ou de selles sur le dos des éléphants, ça a l'air à peu près sain.

Photo de famille 

Le guide nous emmène très vite vers les éléphants. Il nous fait monter un par un dans une petite tour et hop nous voilà sur le dos des éléphants. Ou plutôt sur leur cou, c'est mieux pour eux et c'est plus sympa pour nous. Je suis seul sur un dos d'éléphant! Ça a la peau dure, et des poils très rêches. L'éléphant descend vers le fleuve, j'ai l'impression que je vais basculer en avant dans la pente.

Encore un qui n'a pas payé son ticket 

Finalement tout se passe bien, on arrive dans l'eau, un guide monte au dernier moment avec moi sur l'éléphant. J'étais comme un gosse, l'éléphant à moitié dans l'eau, en train de traverser le fleuve. J'en ai même oublié d'enlever mes chaussures, qui sont maintenant sous l'eau, peu importe. On arrive de l'autre côté de la rive avant de descendre.

Finalement, il avait pied! 

Le guide nous emmène ensuite en bateau jusqu'à des chutes d'eau, moins spectaculaires que l'autre jour, mais l'endroit est sympa.

Retour à la réserve où je passe un moment seul avec une dizaine d'éléphants, pas commun. Puis un buffet est servi au bord du fleuve, avec la petite famille de français avant un retour à l'auberge en début d'après-midi, où je retrouve Hilkka en plein boulot (à la sieste).

Pour ma défense, je me suis malencontreusement assoupie après avoir rédigé de nombreuses lignes du blog. Alors oui, Fred a pu penser que je faisais la sieste, mais ce n'était absolument pas prémédité. Bien que j'ai pris le temps d'enlever mes lunettes et de ranger l'ordinateur sous mon oreiller...

En milieu d'après midi, on se rend à l'ambassade du Vietnam récupérer nos passeports avec le visa. Demain, changement de décor!

Jour 7 : 21 février

Nos sacs sont bouclés, on termine de rédiger le blog, avec un peu de chance on a le temps de regarder une série et zou! Direction l'aéroport pour notre vol vers le Vietnam !

Prochaine étape: Hanoï

4
4
Publié le 24 février 2019

Quelques chiffres :

Jours sur place : 10

Total dépensé : 374€

Budget par jour et par personne : 18,70€, nous avions prévu 20€ par jour et par personne, visa inclus.

Répartition des dépenses :

- Alimentation : 26%

- Hébergement : 22%

- Divers (souvenirs, achats, toilettes...) : 19%

- Transport : 18%

- Activités : 14%

- Santé/hygiène : 1%

• • •

Ce que nous avons aimé :

⦁ La croisière en slowboat sur le Mékong, la diversité des rivages.

⦁ Nous poser à Luang Prabang, une ville tranquille (pour l'Asie).

⦁ La multitude de petits temples.

⦁ Les petites boulangeries de la ville.

⦁ Monter à dos d'éléphant.

⦁ La qualité de la street food à la "cantine", les pancakes à la coco, les rotys (encore), les mangues, la fondue laotienne.

⦁ Le night market de Luang Prabang : artisanat, bouffe , cracheurs de feu !

⦁ Les piscines naturelles et la cascade de Kuang Si.

⦁ Riri, Fifi & Loulou, les 3 réceptionnistes de Luang Prabang, avec qui nous avons sympathisé et qui nous ont gentiment prêté de quoi manger sur place. Pour faire baisser notre budget, nous avons souvent acheté des fruits au marché ou des ramen (=nouilles instantanées) que nous mangions à l'auberge.

• • •

Ce que nous avons moins aimé :

⦁ Une nouvelle fois, la lourdeur de certains touristes qui gâchent l'authenticité.

⦁ Le traitement des ours à la cascade Kuang Si (refuge).

⦁ Étonnamment le coût de la vie au Laos, bien que toujours très abordable, était bien supérieur à celui de la Thaïlande (alimentation, eau, activités...).

⦁ L'"hôtel des fourmis", nom donné affectueusement à notre auberge à Luang Prabang, où nous retrouvions régulièrement des fourmis : douche, lit, assiette...

• • •

Le mot de la fin : 

Nous ne sommes pas restés assez longtemps au Laos pour vraiment découvrir le pays en profondeur. Mais nous avons particulièrement apprécié séjourner une semaine à Luang Prabang pour flâner et installer une petite routine de vacances. La croisière sur le Mékong était la raison principale de notre passage au Laos et ça valait le détour. On nous avait dit que le Laos, c'était assez pépère, on a donc pris le même rythme !