Indonésie

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Avec Fred dans le rôle de Chewbacca - Hilkka dans le rôle de Brienne of Tarth et avec la participation exceptionnelle de Célia dans le rôle de Bambi - Lieux de tournage : Java & Bali
Avril 2019
4 semaines
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Publié le 22 avril 2019

Aujourd'hui c'est le jour J, nous quittons le Vietnam pour rejoindre le dernier pays d'Asie (de notre voyage) : l'Indonésie. Direction l'aéroport, en un rien de temps, nous atterrirons sur l'île de Java. Mais d'abord, petite escale à Singapour.

A Singapour, comme partout, il y a des toilettes. Sauf qu'en Asie, il y a une alternative au papier toilette, la douchette, qui ressemble à un petit pommeau de douche. Pas trop méfiant, je remarque un petit levier à côté de la cuvette. Croyant qu'il servait à dérouler un film plastique neuf pour la cuvette, je tourne ce petit levier : grossière erreur. Il servait en fait à ouvrir une douchette intégrée à la cuvette, et avec la pression, le temps de couper l'arrivée d'eau, me voilà trempé. Merci Singapour !

Malheureusement, suite à un changement de vol, nous n'aurons pas le temps de visiter Singapour, ni même son aéroport qui est pourtant considéré comme le meilleur aéroport du monde. La légende raconte qu'on y trouve des dragons gentils et des plats qui ne contiennent pas de riz, mais des pâtes...au pesto.... Miam. Oups, on a encore replongé en pensant à de la bouffe, ça nous arrive tout le temps.

Allez, une photo de la baie de Singapour pour la route 

L'arrivée en Indonésie se fait en douceur et nous réserve une bonne surprise : pas besoin de visa. Voyez-vous, nous avions déjà retardé notre arrivée à Java pour ne pas dépasser les 30 jours sur place, faute de quoi il nous aurait fallu un visa. Initialement, on devait rester 32 jours, petit échec de planification. Mais autre problème, l'exemption de visa (pour les séjours de moins de 30 jours) est possible dans certains aéroports uniquement et bien évidemment, celui de Jakarta n'en fait pas partie. Du coup, on sait qu'on devra payer pour un visa de moins de 30 jours, mais qu'au moins, on n'aura pas besoin de le faire prolonger. Et puis ce gentil monsieur au comptoir des visas nous dit que c'est bon, no problemo, en fait on peut être exemptés car on a beaucoup de charisme (c'est ce qu'on a compris en tout cas).

Ding ding ding ! 60 $ supplémentaires pour le budget "dessert glacé emballé individuellement"

A part ça, rien de bien enthousiasmant, un taxi vers notre hôtel (assez miteux, sinon c'est moins drôle) et au dodo.

Ah si ! Fred est super fier car pendant que j'étais aux toilettes (comme par hasard), on l'a accosté pour être pris en photo par toute une famille, toute excitée de voir un Européen en chair et en os. Une vraie star me dit-il. Evidemment à mon retour, il n'y avait plus personne...


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Publié le 22 avril 2019

Du 14 au 19 avril

Fatigués mais pleins de bonne volonté, nous embarquons très très tôt à bord du train vers Yogyakarta. Jakarta n'était qu'une étape, mais Yogyakarta (ou "Jogja" pour les intimes), c'est the place to be (d'après les magazines people) . Huit heures plus tard, après avoir traversé de beaux paysages de rizières et bananiers, nous posons enfin nos pattes odorantes à Jogja.

Evidemment, la doudoune est obligatoire à bord des trains en Asie, la température intérieure est de 12°C, nous vous souhaitons un agréable voyage.

Petit aperçu du trajet et d'Hilkka qui doit encore rêver du retour de Game of Thrones

La guesthouse est accueillante et son personnel sympathique, on va être bien ici. Après une nuit de repos bien méritée, nous voici armés pour... Game of Thrones ! C'est le début de la dernière saison, Hilkka est hystérique, dans un état second. Le wifi a intérêt à assurer. Finalement, c'est la douche froide (sans jeu de mots) puisqu'il n'y a plus d'électricité. Pas de panique ça arrive, on part donc au petit déjeuner pour faire diversion auprès d'Hilkka, que je ne retiendrai pas longtemps. Au retour du petit déj, c'est la double peine : toujours pas de courant et la serrure de la porte nous a lâchés, comme ça sans prévenir. On est enfermés dehors, sans argent qui plus est. Heureusement qu'on n'était pas sortis en pyjama...

Et comme on n'est plus à ça près, on a droit à une belle averse interminable, la journée va être longue. La gérante nous propose gentiment de nous prêter de l'argent pour aller manger. On trouve alors un warung (petit resto de rue traditionnel) où on se réconforte avec un peu de bouffe. Au retour, le serrurier est à l'oeuvre alors que l'électricité revient, l'averse s'arrête. Ouf, il est 16h30, nous pouvons enfin regarder l'épisode.

Il pleut des escargots géants de la mer (et des mains) !

Kraton, le royaume de Java

Le lendemain, alors qu'Hilkka peine à se remettre du retour de Jaime Lannister à Winterfell, nous rencontrons Catherine, une voyageuse néo-zélandaise avec qui on sympathise bien. On lui propose alors de partir visiter le Kraton avec nous. Nous voilà partis pour le royaume, cette partie spéciale de la ville où vivent le sultan et sa famille : c'est le centre culturel de l'île de Java. Le quartier est encerclé par une muraille imposante d'1km² et comporte le palais et ses cours.

En arrivant sur place, un habitant du Kraton vient à notre rencontre et nous explique qu'en raison de l'organisation de l'élection présidentielle indonésienne, la visite du palais du sultan est un peu perturbée, mais nous propose de nous servir de guide. Sugyio de son prénom, nous apprend que le palais a subi d'importants dégâts durant le séisme de 2010. On découvre la salle de prière, sorte de pavillon soutenu par des piliers en tek comportant des gravures, dans le style architectural traditionnel de l'île. Sugyio nous propose alors de s'essayer aux instruments de musique traditionnels présents sous le pavillon.

Le pavillon du palais et ses piliers en tek 
Un petit peu de xylophone pour se détendre  

Puis on découvre avec lui le cœur du site : la chambre de la princesse et ses nombreux ornements. On continue avec les différents bassins de la cour, et les jardins du palais, tout aussi agréables.

Cour du palais et ses bassins  - chambre de la princesse (oui on transpire BEAUCOUP)

Sugyio nous apprend alors que le sultan Hamengkubuwono X est le 10ème souverain de la dynastie de Yogyakarta, qui bénéficie du statut de "territoire spécial". Son palais est placé au centre du site tandis que les demeures de ses filles sont placées tout autour. Il nous emmène alors dans le cœur de la cité, au travers de ruelles très étroites où les habitants nous saluent. Sugyio nous propose de découvrir une fabrique de marionnettes, destinées aux spectacles traditionnels d'ombres chinoises, le Wayang Kulit. Les marionnettes sont faites de cuir et soigneusement ornées de minutieuses décorations. L'artisan "sculpte" de petits trous dans la peau de buffle à l'aide d'une masse en bois et d'un petit burin. Chaque décoration a une signification bien précise, propre au personnage. On pénètre ensuite dans la galerie de la fabrique, où différents types de marionnettes et masques colorés attendent de passer sur scène. On a adoré cette partie de la visite.

Fabrication des marionnettes 
Signification des ornements sur les marionnettes 
Collection de la galerie 

Un peu plus loin, on découvre un autre atelier, le batik javanais, un procédé d'ornement de tissu par application de points de cire colorés sur des motifs pré-dessinés.

Batik javanais

Pour terminer la visite, une petite boutique propose une dégustation de weasel coffee (voir l'article associé dans le carnet Vietnam, à Da Lat). Nous laissons Sugyio repartir de son côté et le remercions pour toutes ses explications très intéressantes sur Kraton, puis dégustons un bon repas dans un warung.

Dans les ruelles de Kraton

Nous irons également faire un petit tour au marché nocturne et devinez quoi : ils ont des voitures licornes ! Toutes les petites filles sont ravies, Fred aussi, mais pas Hilkka car elle ne ressent aucune émotion face aux licornes. En revanche, un bon repas, ça lui parle ! Direction le warung SS (=Super Spicy) pour un dîner digne d'une récompense d"épreuve de confort dans Koh Lanta.

Un rêve devenu réalité - un cheval lumineux avec une corne  - une voiture reconvertie 
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Excursion matinale à Borobudur

Les paupières très lourdes, nous tombons du lit en espérant que l'heure de la sieste arrive vite. Il est 3h du matin et nous avons décidé d'admirer le lever de soleil sur le temple de Borobudur. Lisseur/talons pour Hilkka et gel/chemise pour Fred, nous sommes beaux et prêts à partir en minivan.

Tout est très bien rodé sur place et il y a déjà beaucoup de monde à 4h30. La billetterie facture évidemment un supplément pour entrer dans le temple avant 6h mais peu importe, nous allons regarder le lever de soleil depuis une colline environnante. Bon, un peu loin cette colline, on ne voit pas vraiment le temple, mais le décor est superbe. En plus, tous les touristes sont allés dans le temple, nous ne sommes qu'une dizaine sur la colline pour profiter de ce moment dans le calme.

On met quoi comme légende ? 

Voilà, la boule de feu est sortie de sa cachette, à mon grand regret (Hilkka). Il me faut désormais braver 2 de mes pires ennemis : chaleur et luminosité, pour visiter Borobudur. Ah l'Asie ça se gagne à la sueur du front, du dos, des genoux et même des sourcils (si, si) !

Le temple bouddhiste de Borobudur (9ème siècle, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO) est un sanctuaire dédié à Bouddha ainsi qu'un lieu de pèlerinage. Il est composé de 5 galeries (ou étages) de forme géométrique, dont 1 enterrée et d'une terrasse supérieure, elle même surmontée de 3 terrasses circulaires. Sur les terrasses 72 "cloches" de pierre abritent des bodhisattvas (= un Bouddha avant d'atteindre l'éveil. Endormi quoi).

Pour la petite anecdote, le temple est techniquement un stupa mais vu du ciel, c'est un mandala. Bon malheureusement, on n'a pas pu vérifier.

Les cloches sont passées !  

Bien dégoulinants et un peu assoupis, nous rentrons à l'hôtel reprendre des forces (comprendre : manger) pour la prochaine visite ! On nous recommande chaudement un glacier (vous avez compris la blague ?! Haha) où l'on découvre de très bons parfums : fruits de la passion, cannelle et spicy chocolate.

Bon on l'avoue on a goûté 6 parfums en tout , les 3 manquants sont : yaourt, snickers et café/caramel
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Découverte de Prambanan

Cette fois, pas de réveil aux aurores mais un long périple en transports en commun. Il faudra compter 3 changements et plus d'1h30 de trajet pour se rendre au temple de Prambanan, situé à seulement 16 km de Yogyakarta. C'était quand même marrant (et surtout pas cher) et on a vu le fonctionnement des bus : portes à ouvrir manuellement, assistant de chauffeur qui tient un registre manuscrit des entrants/sortants...

Une fois sur place, 3 jeunes étudiantes nous proposent de les suivre pour une visite guidée du temple. Elles préparent un diplôme ressemblant fortement à mon BTS tourisme et sont toutes contentes lorsque Fred leur indique mon cursus scolaire similaire. Malgré un peu de timidité, nos 3 guides nous entraînent à travers les différentes salles du temple et nous les écoutons religieusement.

Prambanan, bâtiment sacré d'adoration du dieu Shiva (9ème siècle), serait le plus beau temple hindouiste dans le monde et fait partie d'un complexe de temples, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Autrefois, trois cours entouraient le temple et regroupaient au total 240 temples. Candi Siwa (l'un des 240 temples) est le plus grand et le plus haut et abrite 4 chambres et statues de dieux : Siwa, Durga, Ganesha et Wisnu. La visite se termine par un questionnaire de satisfaction, puis par plusieurs séances photos.

Et oui, Fred disait vrai, ici nous sommes de stars et on nous interpelle souvent pour prendre des selfies avec les locaux. Certains discutent avec nous tandis que d'autres, moins en l'aise en anglais, montrent juste leur téléphone et miment un appareil photo pour nous solliciter.

Nos 3 guides : Lisa, Nanda et Wyndia

Nous poursuivons notre visite du complexe et découvrons d'autres ruines de temples beaucoup plus modestes, mais après tous les temples d'Angkor, soyons honnêtes, on commence à faire une petite overdose de vestiges de temples.

Le retour en bus sera tout aussi fastidieux que l'aller, une fois rentrés, il faudra préparer les sacs pour la prochaine étape.

Encore des ruines, désolés les gars !
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Prochaine étape : Bromo, le volcan dans les nuages.

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L'Indonésie est située sur une zone du globe géologiquement très active. On compte environ 150 volcans dans l'archipel, localisé sur une zone de subduction (une plaque s'incurve et plonge sous une autre plaque) entre les plaques eurasienne et australo-indienne. On a décidé de visiter trois volcans : deux sur Java (Bromo et Ijen), un sur Bali (Batur).

21/04 : Parc national de Bromo Tengger Semeru

Ce matin, nous reprenons le train à destination de Probolinggo, petite bourgade située au nord-est de l'île, au bord de la mer de Java. Il n'y a pas grand chose à y faire, si ce n'est la visite du volcan Bromo. Avec notre arrivée tardive à la guesthouse, on ne pensait faire l'excursion que le lendemain. Mais en arrivant à notre hébergement, on fait la connaissance d'Elodie, voyageuse originaire de la Réunion et seule autre cliente de l'auberge. Elle avait prévu l'excursion cette nuit-là, on se dit alors après réunion du conseil qu'on peut chambouler nos plans et faire le tour avec elle. Le temps de faire nos baluchons et de dormir 1h15, nous voilà partis sur les routes de Java oriental à 2h du matin, afin d'aller dompter la grosse bête.

Notre guide et chauffeur est semble-t-il fâché avec le levier de vitesse, on réalise très vite qu'on va monter jusqu'au Bromo en première (6000 tours/minute au compteur), comme cette mamie du village qui remontait la rue derrière chez mes parents en faisant hurler à la mort son moteur, une façon à elle de dire bonjour sans doute. On ne sait toujours pas ce qui fut le pire : le bruit du moteur, ou l'album de pop-folk allemande écouté pendant le trajet...

La montée se fait tranquillement, dans un balai de Jeep de toutes les couleurs, ne nous laissant aucun doute sur le peuple qui nous attend là-haut. 3h30 à l'horloge de la voiture, on arrive au parking de Cemoro Lawang, terminus des Jeep et autres machines de l'enfer, avec un bilan carbone qui ferait pâlir Donald Trump. Première surprise, trois motos et chauffeurs nous attendent pour monter jusqu'au départ de la randonnée. Puis c'est une petite montée d'une trentaine de minutes qui nous attend, avec un dénivelé correct mais viril. C'est un peu dur à cette heure-là de la nuit, mais on arrive au point de vue sans encombres. Tout est prévu pour accueillir la horde de vulcanologues noctambules, on a droit à une belle plate-forme face aux volcans, encore cachés par les nuages et les fumées. On arrive à trouver une bonne place aux premières loges, y a plus qu'à attendre ce branleur de soleil.

En attendant le soleil.

Le temps de discuter d'attaques de requins à la Réunion avec Elodie, les premières lueurs du jour apparaissent, et la foule derrière nous également. Le soleil se lève à gauche des volcans, la lumière du jour les atteint progressivement pendant que la masse nuageuse se lève, laissant apparaître le Semeru, plus imposant, au second plan. Le spectacle est superbe, les couleurs changent toutes les dix minutes.

Au feu ! 

Un peu plus tard, le Semeru laisse échapper un panache de fumée gris foncé, qui tranche avec le nuage blanc émis par le Bromo. Au pied de ce dernier, une épaisse fumée blanche laisse transparaître les phares des Jeeps qui s'aventurent au plus proche du volcan. Un peu plus tard, ce sont les gros nuages roses orangés à droite du Semeru qui nous font ressortir l'appareil photo. C'est superbe et surement le plus beau décor depuis le début de notre voyage.

"Prout" - le volcan Semeru 

6h30, le soleil est haut dans le ciel, et la foule s'est déjà bien dispersée quand on décide de rejoindre nos taxis motos. Sur la descente, Hilkka et Elodie s'arrêtent pour deux beignets à la banane pendant que les touristes indonésiens nous sollicitent pour une photo. La célébrité c'est sympa, mais à ce moment-là je (Fred) lutte pour ne pas m'endormir debout.

Rares images du groupe avec les yeux ouverts 

Arrivés au parking, nos 3 bikers nous attendent pour nous ramener à la voiture, vu que l'accès au volcan est interdit à 1km à la ronde. Du moins, c'est ce qu'on pense sur le moment. Le chemin du retour n'est pas le même qu'à l'aller, on coupe à travers les petits villages, pour arriver sur une immense étendue de sable noir duquel s'échappe une fumée blanche : la mer de sable, au pied du Bromo. Un décor de film s'offre à nous. Belle surprise, la scène est incroyable, on ne se croirait pas sur Terre. Les motocyclistes nous déposent pour un quartier libre de 30 min sur la Lune. Génial ! Le temps pour moi (Fred) d'aller pisser sur un volcan, par principe et par devoir. On fait le tour d'un temple dont le choix d'emplacement est assez étonnant en y repensant. Pas la peine de préciser que la plaine est peuplée de touristes, à cheval, à pied ou en moto, mais il y a de la place pour tout ce monde, ça n'enlève en rien la beauté du spectacle.

Les petits cosmonautes à moto. 

Fin de la récréation, on repart vers la voiture en transperçant une nouvelle fois cette brume s'échappant du sol. Le retour se fait à nouveau en première/seconde, mais peu importe ça en valait la peine ! Les prochaines journées à Probolinggo seront bien plus calmes : repos et Game of Thrones. En plus Hilkka n'est pas sortie de la guesthouse en 2 jours à cause d'araignées géantes (non vraiment, la taille d'une paume de main) croisées la veille... dans la rue ! Si même dans la rue, on doit faire gaffe à des horreurs pareilles, autant rester dedans !

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Prochaine étape : Kawah Ijen, le volcan aux flammes bleues

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23/04

Aujourd'hui, pour ne pas perturber nos habitudes, nous voyageons en train de bon matin. Comme toujours, on nous sollicite pour des photos. Une mère nous demande de tenir son bébé (pas très content) pendant qu'elle nous photographie tous les 3. On aimerait bien la voir cette photo, ça doit être assez comique. A un moment on nous offre même du gâteau ! Je (Hilkka) suis bien évidemment ravie, même si je découvre plus tard que cette part de cake symbolisait en réalité un accord tacite pour être photographiée sans qu'on me demande la permission préalable.

Ce matin, un jeune garçon est particulièrement intéressé par le livre de Fred et semble adorer toucher et corner les pages pendant que Fred est en pleine lecture. Ça me fait bien rire, mais un peu plus tard le gamin décide de regarder avec moi la série que je visionne sur mon téléphone.

J'ai dû le laisser compter les pages, une par une 

A notre arrivée à Banyuwangi - ville étape pour visiter le volcan Ijen et prendre le ferry vers Bali - nous posons nos bagages et préparons notre expédition vers Ijen. La sieste, c'est primordial car la visite débute à minuit (on vous expliquera plus tard). C'est reparti pour un cycle de sommeil complètement décalé, adieu notre "beauty sleep". On prépare manteaux, bonnets et gants pour braver les éléments.

Miaou. 

Minuit : le pick up arrive, on est motivés, on a même des biscuits.

1h30 : arrivée au pied du volcan, notre fidèle amie la nausée nous accompagne, comme après chaque trajet en Asie.

2h00 : l'ascension commence, la nausée est toujours avec nous, quelle bonne copine !

2h05 : Hilkka a chaud, Fred ça va.

2h10 : Hilkka est en chemise.

2h30 : Hilkka est en Tshirt.

2h45 : Fred éternue.

2h50 : Fred demande un mouchoir à Hilkka, mais il est déjà trop tard.

3h30 : arrivée au sommet du volcan, Hilkka a faim et ses jambes sont faibles, Fred a mal au ventre.

Une fois au sommet, il est temps d'enfiler les masques à gaz, car l'odeur de soufre s'engouffre dans nos narines et nous pique les yeux et la gorge. Avant d'entamer la descente dans cette antre infernale, un panneau nous met en garde quant à la la dangerosité du site. Le guide nous demande d'être vigilants et attentifs à ses consignes, et c'est parti. Les uns derrière les autres, armés de nos frontales et de nos masques à gaz, on se fraie un chemin à travers cet amas de roches volcaniques en pente raide, suivant à la trace le guide en tête de file. C'est l'obscurité totale, mais on distingue à l'arrière les files de touristes à la lumière de leurs frontales. La descente est très fastidieuse, les roches sont glissantes et le chemin est étroit, il faut rester concentrés sur nos pas.

Les plaques de soufre dans les paniers 

On croise alors un premier porteur des soufre, dont on a entendu parler bien sûr, mais le fait de le voir passer sous nos yeux au ralenti, le regard vide et usé, nous fait froid dans le dos. Ces travailleurs de l'extrême portent entre 70 et 80 kg de plaques de soufre réparties dans deux paniers de part et d'autres d'une planche de bois avec laquelle ils gèrent l'équilibre de leur chargement. Le tout dans des conditions épouvantables, du fond du cratère vers le parking où nous étions, pour un salaire dérisoire (environ 8€ par jour). Malgré les masques, les fumées nous irritent les yeux et les voies respiratoires, alors qu'eux n'ont qu'un simple foulard pour se protéger, et de simples tongs aux pieds pour certains. Ce qui explique que leur espérance de vie moyenne ne dépasse pas la cinquantaine. C'est un métier extrêmement usant et dangereux, qui nécessite de travailler de nuit, pour éviter de souffrir en plus de la chaleur. On dégage le passage quand on en croise un, en se disant que c'est bien malheureux qu'il existe encore de telles conditions de travail de nos jours.

Les blocs sont ensuite emmenés à la pesée 

On a lu qu'un système de poulies avait été envisagé pour remonter les paniers de soufre, mais cette idée fut abandonnée pour ne pas détériorer le paysage et ne pas perdre le folklore généré par cette procession de porteurs de soufre. Mouais...

Encore une fois, on observe des touristes pas très malins. Astérix notamment; ce voyageur hipster moustachu aux longs cheveux blonds; trouve marrant de faire une ola d'un goût douteux aux porteurs exténués, gêne leur passage et s’entraîne à soulever des paniers de soufre en se disant tout amusé "wow qu'est-ce-que c'est lourd !". D'autres ont opté pour une activité en famille et leurs enfants (moins de 10 ans) sont en pleurs, sûrement épuisés d'avoir été sortis du lit pour gravir un volcan en pleine nuit noire. Sans compter sur les irritations générées par les vapeurs de soufre contre lesquelles les masques à gaz sont peu efficaces, soit trop grands ou trop intimidants pour les petits. On entend même un père français dire à sa gamine "tu vois tu as été courageuse", alors qu'un enfant espagnol pleure à côté.

La descente au fond du cratère se poursuit, et après quelques minutes de descente on commence à apercevoir les flammes bleues. Impressionnant. Le phénomène est généré par la combustion du soufre gazeux qui s'échappe des cheminées, au contact de l'air. Par la suite, ces vapeurs de soufre se condensent et passent à l'état liquide pour enfin se cristalliser et former des plaques jaune/orangées. C'était la raison de notre randonnée nocturne, les flammes n'étant visibles que dans l'obscurité totale et dans certaines conditions : par chance, ce soir les flammes sont au rendez-vous. Comme l'a dit en rigolant notre guide, "si vous voulez voir d'autres flammes bleues, passez chez moi, j'ai une gazinière". De loin, et si on est un peu trop terre à terre, ça ressemble effectivement un peu à une plaque au gaz. Mais en s'approchant du feu, c'est un super spectacle : l'épaisse fumée grisâtre s'échappant des cheminées dissimule les flammes au gré du vent, tandis que le bleu électrique du feu ressort encore mieux dans la nuit noire, formant des bandes colorées de plusieurs mètres.

On essaie de profiter de ce phénomène quasiment unique au monde, malgré notre sentiment de culpabilité : se tenir là, essoufflés, tandis que des hommes se tuent littéralement à la tâche.

Les flammes de l'enfer 

Non loin de là, les porteurs ont installé une planche sur deux tréteaux, où ils vendent de petits moulages de tortues, poissons, étoiles de mer ou encore petits paniers de porteurs en cristaux de soufre, afin de se faire un petit complément de salaire. On leur achète une petite tortue, en se disant qu'au moins cette somme ira dans leur poche.

Il est l'heure de repartir de cet endroit à l'atmosphère indescriptible, au sens propre comme au figuré, et de remonter à la surface. Je (Fred) commence à peiner avec les vapeurs de soufre et avec l'effort de la montée, je manque d'air et le stress monte. Le guide me conseille alors de me mettre un foulard humide devant le nez et la bouche. Quelques mètres plus haut, l'air redevient respirable, on peut tranquillement terminer l'ascension. Arrivés en haut, on est exténués : il est 4h30 et la fraîcheur du matin commence à se faire sentir. Le guide nous propose de rejoindre un point de vue avant que le soleil ne se lève.

On est pas plus en forme que les arbres ce matin

Le chemin longe la crête du volcan sur plusieurs centaines de mètres, offrant une vue incroyable sur les reliefs et cimes alentours, et sur... le lac turquoise immense qui occupe presque tout le cratère, et que l'on n'avait pas pu discerner dans l'obscurité lors de notre descente.

Drapeau jaune

Ce lac est d'ailleurs connu pour être le plus acide de la planète (pH=0,2 pour les puristes). Autant vous dire que toute chute dans l'eau est définitive.

On choisit un point de vue tranquille et on profite de ce moment de calme où les couleurs évoluent de minute en minute. La végétation semble brûlée par endroits, ce qui rend le cadre encore plus surréaliste. La fatigue et le froid commencent à avoir raison de nous, heureusement on retrouve notre guide et le reste de la bande, dans un état à peu près semblable au notre.


Seuls au monde 

Quelques mètres plus loin, on retrouve Catherine, la Néo-Zélandaise avec qui on avait visité le Kraton à Yogyakarta quelques jours plus tôt. C'est sympa, le monde est petit, on termine la rando ensemble jusqu'au parking où l'on nous sert des beignets de banane et un café "filtre" mais non filtré. Comme l'ont justement souligné nos voisins de table : "c'est génial de pouvoir mâcher son café".


Bilan de cette visite

Hilkka : malade et clairement un peu à bout à cause du manque de sommeil, j'ai eu beaucoup de mal à profiter de l'activité. L'ambiance un peu sordide et anxiogène, l'odeur et la fatigue me laissent un sentiment surréaliste. Comme un mauvais rêve. Au moment où j'écris ces lignes, j'ai encore l'impression d'avoir fait un cauchemar. Autre détail à prendre en compte, en plus de la nausée et de l'obscurité, le masque montait si haut sur mon nez, qu'il m'empêchait de garder mes lunettes en place. Elles étaient surélevées, me donnant une vision trouble. A chaque pas durant la descente dans le cratère, ma vision vers le bas était donc faussée et je ne pouvais pas évaluer les distances correctement, me faisant trébucher sans cesse. Si c'était à refaire, j'irais de jour et seulement le long la crête du volcan, où le paysage était magnifique.

Fred: j'ai attendu quelques jours pour décrire cette expérience. Il est vrai que durant cette excursion, on a eu des moments de galère, mais pour ma part je retiendrai surtout le côté "hors du temps" de cet endroit, qui fait vite oublier les difficultés. La curiosité d'entrer dans un lieu qui m'effrayait plus petit, et que j'ai trouvé encore plus impressionnant que je n'aurais pu l'imaginer. Voir ce phénomène incroyable des flammes bleues, le lac acide et le lever de soleil sur les cimes. Et puis se dire qu'on l'a fait tous les deux, malgré nos petits soucis de forme, la fatigue et les conditions extrêmes. Avec le recul, je me demande si les porteurs de soufre bénéficient malgré tout du passage des touristes. J'en doute malheureusement. Ça restera une sacrée expérience du tour du monde.

7h du matin, fin de la journée 
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Prochaine étape : Kuta & Denpasar, virée au sud de Bali

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Publié le 28 avril 2019

Du 25 au 28/04 

Notre périple à Java touche à sa fin, il est temps de quitter cette chambre au linge de lit douteux pour prendre le bateau vers Bali. Notre hôte nous dépose gentiment au terminal de ferry. Ah en fait non, il nous dépose en réalité un peu plus loin, devant une agence qui va nous proposer des tickets combinés ferry/bus bien plus chers que la normale. Bon les arnaques, on commence à bien les reconnaître à force. On insiste pour être déposés au vrai terminal de ferry. A peine descendus, avec nos sacs à dos/carapaces, d'autres rabatteurs se jettent sur nous pour tenter à nouveau de nous délester de quelques centaines de milliers de roupies supplémentaires. Mais non, on est plus forts que ça, on leur fait comprendre qu'on ne se fera pas pigeonner aujourd'hui ! Not today ! Et petite victoire, à force d'enjamber tous les arnaqueurs, on touche enfin au but, ce précieux billet de ferry à 8000 roupies indonésiennes : 0,50€.

Coucou Bali !  

La traversée est très brève, à peine le temps de compter nos millions de roupies et de débriefer un peu sur notre voyage à Java, que nous jetons l'ancre à Gilimanuk, Bali.

Rebelote, les rabatteurs nous proposent des trajets rapides mais hors de prix vers Kuta, notre point de chute. Heureusement, un touriste javanais se rendant également à Kuta, nous indique qu'un bus local coûte presque 10 fois moins, mais dure 6 heures ! Notre côté fourmi l'emporte et nous voilà dans ce bus pour les 6 prochaines heures. Un grand trajet nous attend : 100 km ! Vous ne rêvez pas, on vous laisse calculer la vitesse exacte mais globalement, il ne faut pas espérer dépasser les 20km/h. Petite escale à Denpasar pour changer d'instrument de torture et embarquer dans un minivan plus que rudimentaire.

Enfin, nous pouvons en profiter pour faire pipi ! Mais comme un bonheur n'arrive jamais seul, dame pipi nous demande (comprendre : oblige) d'enlever mes chaussures. Elle a raison, c'est tellement plus agréable d'avoir les chaussettes imbibées d'un liquide collant non identifié.

Bien évidemment, en plus de nous priver de nos pompes, il faut également oublier : papier toilette, chasse d'eau, robinet, savon... Enfin, c'est pas grave les toilettes sont gratuites. Ah non, dame pipi nous demande 2000 roupies. C'en est trop pour moi (Hilkka). Je lui demande pour quelle raison il faudrait payer. Aucun entretien n'est fait, ça pue, je préfère encore pisser dehors surtout si je ne peux pas me laver les mains. Voyez-vous en Asie, tout est collant, les menus, les tables, les poignées... Donc se laver les mains c'est notre petit plaisir. On arrive à un accord, si je peux me laver les mains (avec du savon), je paierai les 2000 roupies. Deal, elle me laisse aller aux toilettes pour hommes où il y a un lavabo et du savon (sur demande).

Oui c'est vrai que parfois on pète un câble pour rien, mais quand on a toujours à faire à des toilettes sales, au bout d'un moment, on craque. Une heure plus tard, ça y est, nous arrivons enfin à Kuta. Comme on n'a pas pu manger à midi, on se rend tout de suite dans un restaurant asiatique très réputé.

Un instant, Fred m'indique dans l'oreillette qu'il faut dire la vérité à nos lecteurs. McDo, voilà. On a mangé au McDo, okay ?! Oh pas le peine de nous juger, on n'est même pas désolés...

On se croirait presque à Times Square ici : KFC, Burger King, grandes enseigne de prêt-à-porter, difficile de croire qu'on est encore en Asie. D'ailleurs, nous découvrons dans la douleur que nous ne sommes plus des starlettes, mais de simples touristes occidentaux parmi tant d'autres. Adieu paillettes et séances photos, dommage j'avais (Hilkka) tout juste retrouvé l'envie de me maquiller le matin...

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Aujourd'hui, nous replongeons dans la spirale infernale de la nourriture occidentale. Deux pizzas de 33cm de diamètre nous attendent et elles crient nos prénoms. Une croûte bien croustillante, une pâte fine, du fromage fondu en abondance et de l'huile qui dégouline. La plus belle vue de Bali est, là devant nous, découpée en 8 parts généreuses et odorantes.

Le cercle amoureux 

Kuta est une ville très touristique, après avoir vu Koh Rong Sanloem et sa tranquillité, difficile d'avoir envie d'aller s'entasser sur une plage peuplée de parasols et de chaises longues à des prix exorbitants. On décide d'aller y faire un petit tour au coucher de soleil. Les paparazzis sont de nouveau là (Youpi!), on fait quelques photos avec des touristes et des militaires présents sur la plage avant de revenir à l'auberge.

Waow 
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Uluwatu

Alors qu'on était venus manger dans un resto à deux pas de l'auberge, le propriétaire nous propose un tour pour aller visiter le temple, avec chauffeur privé. 30 min plus tard, nous voici lancés à 15km/h dans les bouchons de la périphérie de Kuta. Ça roule mal, très mal. Des travaux tous les 500m, pas de doute Bali est en plein développement et ça se voit. 2h30 (ou 23km) plus tard, on arrive enfin au temple d'Uluwatu. Les gens en short/jupe/kilt sont priés de se vêtir d'un sarong violet, sinon pour tout le monde c'est port d'une ceinture orange.

Avant d'entrer dans le site, le chauffeur nous a mis en garde contre les singes voleurs. On se rend très vite compte qu'il n'exagérait pas. On croise des singes à 2-3m, certains sont en train de disséquer une fausse paire de lunettes Gucci, d'autres s'amusent avec une casquette et narguent leur propriétaire, furieux.

 Les racailles nous guettent
Le temple et ses alentours 

Pile à l'heure pour le coucher de soleil : le temps de faire un petit tour, l'endroit est bondé, on se dépêche de rejoindre la falaise. Pour y accéder, un unique chemin en bord de ravin : sur la droite, un bosquet rempli de singes, sur la gauche, le vide. On s'assure de ne rien laisser à portée des macaques et entamons la traversée. Hilkka enlève ses lunettes et n'y voit plus grand chose. Comme Frédéric Lopez dans "Rendez-vous en terre inconnue", j'escorte Hilkka qui me tient par le bras en me demandant de lui signaler la présence de singes.

C'est la première fois que tu vois des singes d'aussi près, Hilkka ? Tu peux les toucher, regarde, ils sont comme toi. Tu peux pleurer si tu veux.

Une mosaïque de singe, pour vous, les abonnés 

On ne fait pas trop les malins, pas tant pour les affaires, mais surtout car certains ont l'air agressifs. On passe sans croiser leurs regards, tandis que certains touristes étourdis se font racketter sous nos yeux. On se croirait au collège !

La ceinture orange, ça inspire d'abord la crainte.

On arrive enfin à une terrasse d'où on profite du coucher de soleil, toujours en compagnie de nos amis les singes. Sur le retour, on s'arrête à un autre point de vue sur le temple et profitons du décor, avant de retrouver notre chauffeur, et repartir dans les bouchons.

Quelques photos pour réfléchir un peu sur sa vie.

Bilan de la journée : 4h30 de voiture pour faire 40km. On croise tout des même des personnes qui savent tirer profit de la vitesse locale (ou plutôt, du manque de vitesse) : les transporteurs d’œufs ! Pratique, maintenant, les 200 œufs sont pré-battus dans la coquille, mais pas fendus ! Le gain de temps, ça n'a pas de prix...

Ça va être une sacrée omelette ! 
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Prochaine étape : Ubud, au cœur des rizières

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Publié le 5 mai 2019

29 avril au 02 mai

Le jour J est enfin arrivé, Célia débarque ce soir à Bali pour conclure la page Asie à nos côtés. Malgré son arrivée très tardive et le décalage, Célia a encore assez d'énergie pour discuter avec nous jusqu'à pas d'heure ! Elle vit dangereusement Célia, tout le monde aimerait être aussi téméraire qu'elle. D'ailleurs, elle a bravé les éléments pour ramener dans son baluchon un beau morceau d'Ossau Iraty ainsi que des œufs de Pâques Milka. Oh elle commence très fort ! Nous irons nous coucher heureux, avec un ventre bien rond, du chocolat autour de la bouche et une haleine de fromage basque.

Terminé en 15 minutes. 

Le lendemain, nous partons vers Ubud, le vrai voyage commence. Quel plaisir de s'installer dans un bel hôtel avec piscine et balcon. C'est un cadeau de Célia pour mon anniversaire (Hilkka) et nous la remercions chaudement !

J'ai connu des anniversaires moins exotiques. 

Pour commencer les visites en douceur, nous partons à l'assaut de la forêt des singes, où vivent 600 macaques crabiers (601 en comptant Fred). Sur le chemin, nous croisons déjà plusieurs dizaines de singes en plein ville, sur les fils électriques, les toitures. On en voit même un négocier le prix d'un taxi vers Denpasar. La transaction n'aura finalement pas lieu. Certains primates de la forêt sont amicaux et montent même sur des touristes pour leur chercher des poux ou mastiquer leur sac à dos.

Rares images de Célia et Fred dans leur environnement naturel. 

Le soir venu, il est temps de passer aux choses sérieuses : l'épisode 3 de Game of Thrones. Après avoir évité les réseaux sociaux toute la journée, nous regardons enfin religieusement le nouvel opus.

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Cher journal,

Tadah ! Aujourd'hui 30 avril, c'est mon anniversaire. Je suis une grande fille, j'ai 27 ans. Fred dit que je dois investir dans un cuiseur vapeur maintenant.

Après un petit déjeuner de grands (adieu Nesquik et surprise dans les boites de céréales), nous partons en balade dans les collines environnantes. C'est très vert, on adore. Célia déballe son drone flambant neuf pour un premier essai. Résultat : de belles images et une crotte de chien sous sa chaussure. La prochaine tentative devrait mieux se passer... Spoiler alert : ce sera pire.

Aujourd'hui on se met au vert. 

La journée se doit d'être gourmande et j'ai le droit de commander ce que je veux. Pas besoin de me le dire 2 fois, ce sera curry balinais avec un supplément de légumes sautés à l'ail. Je suis même pas désolée. On ira ensuite chez le glacier, parce qu'on n'est pas des sauvages non plus.

Un peu de bouffe. 

Entre 2 goûters, on visite quelques temples, enfin les extérieurs, car on ne peut pas pénétrer dans les temples. C'est bien dommage, j'avais pourtant préparé mon tout nouveau sarong balinais.

Quelques temples pour se donner bonne conscience. 

Encore bien moites, on saute à la piscine pour se laver. Les économies d'eau, c'est important. Une noix de coco, tout juste tombée de son cocotier, plonge dans l'eau et fait trempette avec nous. Un peu déconcertante cette baignade d'anniversaire !

L'heure du dîner sonne enfin, on trouve un beau resto avec vue sur les rizières. J'ai même quelques cadeaux : bracelet, décorations de Noël (trop long à expliquer) et un cours de cuisine balinaise. Côté repas : cocktail, bruschetta et pizza, plus assez de place pour le dessert d'anniversaire. Ce ne sera que partie remise.

La pizza du bout du monde. 
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Pas de temps à perdre ce matin, notre chauffeur nous attend pour nous conduire dans une plantation de café belette. C'est l'occasion pour Célia de découvrir le "cacafé arabicaca" produit par les petites belettes. On nous offre tout un plateau de dégustation de thés et cafés. En plus, le cadre est superbe, très verdoyant et il y a même des tyroliennes et balançoires au dessus du vide. Célia, toujours aussi brave, tente la balançoire pour quelques aller-retours acrobatiques au dessus des rizières.

Un début de journée bien corsé. 

Prochain arrêt : les rizières en terrasse de Tegallalang, qui sont bien différentes de celles au Vietnam. Ici, nous sommes éblouis par la teinte "green de golf" qui ferait pâlir la mascotte Cétélem. Nous retenons tout juste Célia, trop impatiente d'aller crapahuter dans ce décor. Second essai de pilotage du drone. Tout se passe bien, mais dans une ultime tentative désespérée pour rattraper le drone lors de l'atterrissage, Célia recule dans une pente glissante et glisse de tout son long. Résultat : de belles images, une Célia couverte de boue et un genou écorché.

Ça rivalise pas encore avec les terrasses parisiennes mais quand même.

Dernier arrêt, la cascade de Tegenungan. Bon, on ne va pas s'attarder là-dessus, ce n'était pas un coup de cœur. Du monde partout, de la musique et des boutiques de souvenirs. Pas très sauvage cette cascade, nous rentrons à l'hôtel pour reprendre des forces.

Sans commentaire. 
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Nous partons ce matin au cours de cuisine d'anniversaire. Tout commence au marché local, où notre guide nous présente les ingrédients de base de la cuisine balinaise : épices, piments, légumes... Pas moins de 5 types de gingembre sont employés. D'après Nyoman (le guide) : "no spicy, no sexy". Une phrase bouleversante que nous répéterons sans cesse tel un mantra.

Première étape : le marché 

Sur le chemin de l'école de cuisine, une petite halte "rizières" s'impose. Nyoman nous donne quelques informations précieuses sur la culture du riz :

- il faut compter 2 semaines de la graine à la tige, puis 4 mois jusqu'à la récolte

- une rizière de 100m² donnera 50kg de riz

- les villageois organisent des cérémonies au temple pour montrer leur reconnaissance lors d'une bonne récolte

- les terrasses remplies d'eau servent également de système d'irrigation

PS : on a aussi appris à fabriquer des offrandes 

Nous voici enfin en place, un tablier pas du tout amincissant autour de la taille. Poutou, la cuisinière, présente les ingrédients nécessaires à la concoction du menu du jour.

Tout le monde s'active, les recettes s’enchaînent et nous alternons entre un rôle de chef et de commis. On mélange des ingrédients improbables sous le regard inquisiteur de Poutou : cacahuètes, pâte de crevettes, sauce soja, bouillon de légumes... Enfin, après plusieurs heures de cuisine, nous touchons au but, le buffet composé par nos soins est mis en place, nous pouvons déguster nos créations balinaises sexy (comprendre : spicy).

Menu du jour :

- pâte de curry

- soupe aux champignons

- sweet tempe : soja fermenté frit puis nappé d'une sauce sucrée

- salade de légumes : pousses de soja, haricots verts, épinards, noix de coco...

- satay : brochettes de poisson ou de viande braisées, servies avec une sauce à la cacahuète

- poisson en papillote dans une feuille de bananier

- riz jaune parfumé

- beignets de maïs aux légumes

- sambal : sauce épicée

- crêpes roulées au jus de pandan, servies avec de la noix de coco et du sucre de palme

Pêle-mêle culinaire. 

L'après-midi ne sera pas bien productif car nous prévoyons de faire le mur ce soir pour assister à un spectacle de danse traditionnelle : le kecak. Il s'agit d'un chœur de percussions vocales composé d'une centaine d'hommes. L'histoire racontée lors du show est assez complexe, mais en gros, il s'agit d'un prince qui doit vaincre un démon avec l'aide de singes pour récupérer sa promise. Nous sommes fascinés par les costumes ainsi que par les chants où se répètent sans cesse les "chak-e-chack-e-chak". C'est très inédit pour nous mais ça nous plait beaucoup. Sans oublier le clou du spectacle, un vieil homme pieds nus qui donne des gros coups de pieds dans un tas de noix de coco enflammées. On nous assure à la fin qu'il n'est pas blessé bien que ses plantes de pieds soient complètement noircies. On espère pour sa femme qu'il ne dort pas dans des draps blancs !

La fièvre du jeudi soir. Johnny serait fier. 
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Prochaine étape : Munduk, le village des cascades

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Salut la famille et amis des renards de l'extrême ! J'ai l'immense plaisir (Célia, allias Bambi) de vous présenter une étape coup de cœur de ce voyage à Bali.


PS: Ne vous inquiétez pas. Mes deux compagnons vont très bien, ils n'ont pas perdu l’appétit et sont toujours aussi drôles et amoureux qu'à leur départ.

Aujourd'hui nous partons d'Ubud à la découverte de nouveaux paysages plus au nord de l'île. Pour ce trajet d'environ 2 heures, nous avons négocié un transport privé avec arrêt au temple Pura Ulun Danu Beratan. Ce temple hindou dédié à la déesse de l'eau fut construit en 1663 sur le rivage du lac Beratan, la source principale d'irrigation du centre de l'île. Le temple est très plaisant avec sa partie près du lac au milieu des montagnes ainsi que pour ses jardins joliment aménagés. Dans ce temple nous croisons énormément de jeunes Javanais en sortie scolaire. Tous leurs regards se posent sur nous et ils s'approchent gentiment pour se photographier avec nous. Nous aurons aussi droit à participer à des interviews en anglais dans le but de connaitre notre ressenti sur leur pays. Leur sourire et curiosité m'impressionnent !!!

Pura Ulun Danu Beratan 

Après cette pause agréable, nous reprenons la route pour Munduk, un village typique perché dans les montagnes couvertes de jungles et rizières. Avant d'y arriver, nous croisons quelques singes le long de la route et passons près des lacs Buyan et Tamblingan eux aussi au cœur des montagnes verdoyantes. Maintenant arrivés à Munduk, nous apprécions tout particulièrement les paysages apaisants et préservés qui nous entourent. Nous avons même la chance de bénéficier d'un toit terrasse à notre Guesthouse pour profiter pleinement de ce lieu en pleine nature ! Pas de déjeuner proposé sur place mais nous repérons depuis notre rooftop une terrasse sympathique à deux pas, dans laquelle nous pourrions manger.

Arrivée à Munduk 

L'heure de partir en randonnée a sonné. Nous avons dans les mains une petite carte des environs dessinée à la main... L'aventure commence ! Nous empruntons un petit chemin pavé qui dessert quelques habitations nichées en contre bas du village. Ce chemin à l'ombre de cocotiers et bananiers nous mène directement au travers de belles rizières bien vertes. Nous sommes seuls, c'est un moment magique en totale immersion. Un instant se présente pour ressortir le drone et photographier les paysages environnants. Cette fois pas de blessés et heureusement car des habitants nous observent et semblent fascinés. Nous aurons même l'honneur d'être invités chez un Balinais curieux de notre tournage avec la chose volante. Depuis notre arrivée ici, la gentillesse et la curiosité des habitants nous frappent encore plus qu'ailleurs. C'est un plaisir de se balader ici et de dire coucou à tous les gens que nous croisons. Les enfants sont heureux de nous voir et aiment rigoler avec nous. Etant donné que la carte fournie n'est pas totalement satisfaisante pour trouver seul le chemin de randonnée, leur amabilité est cruciale pour ne pas finir désespérés et perdu au milieu de le jungle ! Par contre leurs chiens ne sont pas aussi sympas avec nous et nous aboient constamment dessus. C'est un parcours pour les éviter... Cette fois nous nous enfonçons dans une forêt jusqu'à trouver une petite rivière passante. Nous y retrouvons de jeunes Balinais en train de se baigner qui nous rejoignent rapidement pour une photo souvenir. Pour le plus grand plaisir de Fred nous sommes obligés de traverser la rivière afin de poursuivre notre chemin. Lors de notre remontée vers notre village perché, nous nous retrouvons dans un décor sublime au milieu de rizières en terrasse tout juste plantées. Parfaite fin de journée, nous rentrons à temps pour admirer le coucher de soleil depuis le toit terrasse de notre hébergement.

Trekking dans les rizières 
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Un nouveau jour se lève sur cette jolie île de Bali. Nous nous posons sur notre terrasse ensoleillée pour le petit déjeuner avant d’entamer une nouvelle randonnée depuis le village. Aujourd'hui nous empruntons un sentier facile d'accès riche en flore (caféier, cacaoyer, cocotiers, fleurs...) qui mène à trois cascades différentes. Malheureusement, c'est avec dégoût que nous apercevons également d'énormes araignées le long du sentier...

Attention spoil : Brienne la guerrière réussira finalement à surmonter cette nouvelle épreuve et sera nommée chevaleresse à la fin de la randonnée !

La première cascade que nous découvrons se nomme Melanting Waterfall et fait près de 70 mètres, c'est la plus haute des trois. Pour celle ci Brienne reste en retrait pour assurer nos arrières. Les escaliers pour remonter sont épuisants mais ça en valait largement le coup. Ensuite nous nous rendons vers Labuhan Kebo Waterfall puis Red Coral Waterfall. Nous sommes ravis de la découverte de ces belles cascades au beau milieu d'une nature préservée et avec bien moins de touristes qu'à Ubud. Pour notre pause déjeuner, nous avons eu la chance de nous arrêter dans un Warung qui nous présente de nombreux épices et où on a pu déguster des fèves de cacao juste torréfiées avec un peu de sucre de palme. C'est un régal ! Le riz frit avec la touche de saveur balinaise l'est tout autant. Sur le chemin du retour, curieux de disséquer une baie de cacaoyer pour y trouver les fèves de cacao, Fred décide d'en ramasser une sur notre passage. Finalement celle choisie ne sera pas des plus mûres et ne permet pas de récupérer les fèves. C'est notre dernière soirée et dernier coucher de soleil à Munduk. Nous décidons d'aller négocier notre transport privé pour le lendemain matin en direction de Lovina.

Journée au milieu des cascades. Nous nous demandons encore si c'est la cascade ou Célia qui est penchée.
Red Coral Waterfall 

Sur ce, je vous laisse avec notre plus belle rencontre (voir ci-dessous). Bye Bye les amis !!!

Bambi de Bali 
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Prochaine étape : Lovina Beach : la ville des dauphins

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Publié le 9 mai 2019

05 mai :

Aujourd'hui, nous reprenons la rédaction du blog pour laisser un peu de répit à Célia. Elle est en vacances après tout !

C'est avec un grand plaisir que je (Hilkka), prépare mon baluchon pour quitter les araignées de Munduk. Bon c'était joli ici, mais non, je n'ai pas surmonté ma phobie et j'ai tout de même fait une partie de la randonnée en pleurant. Pas très viril, I know.

Nous partons ce matin à Lovina, une station balnéaire au sable plus que douteux, célèbre pour l'observation des dauphins. A l'arrivée, nous sommes ravis de l'hébergement, tout coloré, comme si des gosses avaient supervisé la décoration. On nous offre des fruits frais, un thé glacé au gingembre, un massage de pieds (on n'a pas eu le temps de le faire mais il était vraiment offert), une dent de requin et des pastilles pour la gorge (bon là on déconne).

"Héhéhéhéhééééé" - disent les dauphins

Un petit tour à la plage où Célia (qui est encore une fois la belette la plus téméraire de la meute) décide de faire trempette. Un petit repas dans une cantine très sympa plus tard, nous filons nous préparer pour le massage de l'après-midi. Oui voilà, on s'autorise un petit massage, le premier pour Fred et moi après 3 mois passés en Asie.

Mais avant le massage, un peu de torture : enfiler un sous-vêtement à la texture de couenne de jambon, "gentiment" fourni par le spa. Je vais essayer d'être plus spécifique : une culotte normalement constituée est faite de tissu et d'élastiques, afin de pouvoir être enfilée. Pas ici. Ici, voyez-vous, pas d'élastiques pour les culottes de massage. No way José. Ce sera plutôt de la ficelle de cuisine, pas du tout extensible. Après plusieurs tentatives périlleuses mais infructueuses, nous sommes dans l'obligation de conserver nos sous-vêtements. Je refuse de passer 3 mois en Asie pour être rapatriée à cause d'un accident de culotte.

Nous sommes enfin prêts pour ces 90 minutes de soins. Célia opte pour le thème "coconut paradise", durant lequel elle devra prendre un bain au lait de coco pendant que la masseuse lui jettera des copeaux de noix de coco au visage. Fred, pas dépressif pour un sous, tente le massage anti-dépresseur, juste pour bénéficier du gommage au chocolat et des blagues balinaises. Quant à moi, je sélectionne le "beauty package". Pas de massage car je ne comprends pas le principe et que je n'ai pas de cœur, mais plutôt des soins décapants qui vous font regretter d'avoir une peau. Nous repartons tous les 3 satisfaits et reposés. Pour la petite info, le forfait de 90 minutes revient à 18€ par personne environ.

Le retour se fait en espèce de voiturette de golf géante, aménagée avec des banquettes de voiture. Le chauffeur nous laisse sans surveillance quelques minutes pour acheter des bouteilles d'eau remplies d'essence sur le bord de la route (normal). C'est donc tout naturellement que Célia passe aux commandes du véhicule. Elle ne cessera jamais de nous surprendre.

Après un massage revigorant 

Nous avons tout juste le temps de revenir sur la plage pour observer le coucher de soleil et boire un verre. Il ne faut pas trop traîner ce soir, demain nous allons (encore) nous lever aux aurores pour observer les dauphins.

Photos, pipi et au lit !  
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Il est 5h du matin lorsque nous émergeons tant bien que mal. Ah ils sont moins bavards que la veille, les 3 amigos ! Finalement tout le monde est prêt à l'heure. Le capitaine vient nous chercher et nous conduit à son embarcation, il fait encore nuit. Célia glousse, Fred passe à peine ses jambes dans l'emplacement prévu et Hilkka chouine car ses pieds sont mouillés. La belle équipe ! Nous naviguons vers l'horizon tout en observant le soleil se lever. Très poétique ce crépuscule, dommage qu'il n'y ait pas davantage de brise, pour laisser nos cheveux flotter au vent, comme dans un bon générique de feuilleton germano-hongrois.

 Un matin haut en couleurs

Les couleurs sont superbes et encore une fois, on ne regrette pas les nuits inachevées pour assister à ce beau spectacle. Après une vingtaine de minutes, nous arrivons enfin au spot où nous devrions trouver des dauphins. Nous ne sommes pas les seuls à avoir réservé cette excursion de toute évidence. Plusieurs dizaines de bateaux se tiennent prêts à intercepter le moindre dauphin. Il suffit de suivre le bruit des moteurs pour trouver les dauphins.

Plouf. 

C'est bluffant de les voir comme ça. Ils sont vraiment nombreux et on en voit de tous les côtés. Certains se contentent de nager tandis que d'autres font des figures acrobatiques à faire pâlir les plus grands gymnastes. C'est vraiment une expérience à part et on est comme des gosses dès qu'on en voit sauter de l'eau et faire un bombe. Même le capitaine est emballé. On est bien évidemment obligés de se remémorer la série "Flipper le dauphin" et de dénoncer son absurdité.

L'équipe roumaine, qualifiée de justesse pour la finale de natation synchronisée.

Nous sommes très contents d'avoir vu des dauphins dans leur milieu naturel, surtout certains qui se donnent en spectacle. En revanche, il y a vraiment beaucoup de bateaux qui préfèrent suivre les dauphins plutôt que d'attendre et d'observer. Peut-être faudrait-il mieux encadrer cette activité ?

Photos volées des échauffements d'avant compétition. 

Il est déjà temps de rentrer, nous prenons un petit-déjeuner avant de boucler les valises pour changer à nouveau d'étape. Mais avant cela, Hilkka prend le temps de s'aveugler en faisant gicler accidentellement son gel à l'huile essentielle de menthe dans son œil. C'est pas comme si elle s'était déjà enfoncé un coton tige dans l'oreille la semaine dernière en se cognant dans la porte de la salle de bain...

C'est comme du Tic Tac pour la rétine. Fred dit qu'il pouvait sentir l'odeur de mon œil quand je clignais des paupières.

Fred achète un labrador et une canne en vitesse pendant que Célia guide Hilkka vers le taxi. Et voilà les renards asiatiques repartis vers de nouvelles aventures !

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Prochaine étape : Kintamani, la volcanique

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Publié le 10 mai 2019

Après les dauphins, on se requinque à l'auberge multicolore avec un bon petit déjeuner. Le temps de plier bagage, notre taxi est déjà là, direction Kintamani pour aller observer le volcan Batur. Google Maps annonce 1h45 pour parcourir 60 km, mais ne vous y trompez pas, ce sera un peu plus long que prévu.

On arrive dans le petit village de Kintamani, voire le petit hameau, pour l'heure du déjeuner. La bourgade est principalement occupée par des touristes de passage et des producteurs de riz. Une route principale occupée par des hôtels très modestes et des agences de tourisme, c'est à peu près tout ce qu'on peut y trouver. Notre auberge offre une vue imprenable sur le lac d'un côté et l'imposant Mont Batur de l'autre, culminant à 1717 mètres. La dernière éruption date de 2000, alors qu'un des flancs porte encore les stigmates d'une éruption datant des années 60 : une large coulée de lave séchée et de rochers noirs empêchent la végétation de proliférer. Pas de violence pour nos trois vulcanologues en ce lundi après-midi : on se prépare pour l'excursion de la nuit à venir, dans notre bungalow de fortune à la forte odeur d'humidité.

Pendant la nuit, des bruits de pas sur le toit du bungalow nous sortent de notre (courte) nuit : Célia croit entendre les guides qui frappent à notre porte, Hilkka n'est pas rassurée. Il s'agissait en fait de lézards ou de geckos, les filles sont rassurées, on retourne gentiment se coucher.

Vue aérienne du lac Batur 
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3h30 du matin : Eddie, notre guide pour l'excursion nous cueille au pied du lit. Armés d'une lampe de poche et d'une bouteille d'eau chacun, nous voilà partis pour deux heures de marche. On commence à avoir l'habitude des volcans, et c'est sans surprise qu'on aperçoit rapidement dans la nuit les lumières d'autres groupes de touristes. La montée se fait tranquillement, le terrain est escarpé par moments et malgré une belle suée, le groupe progresse bien. Quelques motos nous doublent de temps à autres, transportant des touristes visiblement pas fans de la randonnée nocturne.

C'est le combo parfait pour Hilkka : 3 volcans et 3 fois malade. A croire que son ventre ne digère pas bien les volcans !

La dernière partie du chemin est un peu plus technique, on finit quasiment à quatre pattes à escalader les roches volcaniques sur le chemin, avant d'arriver au sommet : l'endroit est déjà occupé par de nombreux touristes alors que les premières lueurs du jour apparaissent à l'horizon. Des bancs sont même installés sur la dernière côte avant le sommet, lui donnant presque des airs de gradins, alors que des guides proposent snacks et boissons chaudes. Le paysage est bluffant, encore une fois, alors que le soleil n'est toujours pas sorti, on distingue un bel éventail de couleurs : vert, blanc, orange, bleu nuit...

A mesure que le soleil apparaît à l'horizon, une brume épaisse envahit la plaine et le village de Kintamani, dont les lumières et les toits des maisons nous semblent bien petits vus d'ici. Un spectacle dont on ne se lasse décidément pas, après le Bromo et l'Ijen. Célia en profite pour faire quelques photos aériennes avec le drone.

Vue sur le cratère

Puis le guide nous rappelle déjà pour redescendre au village, zappant la balade autour du cratère. Dans la confusion, Eddie nous rappelle à lui et on entame la descente sans trop comprendre, un peu expéditif ce guide.

Le chemin du retour se fait presque au pas de course, en dérapant par moments sur le sol jonché de cendres volcaniques alors que la jungle environnante est maintenant bien visible et les rayons du soleil percent la végétation. De retour à l'auberge, on finit de se réveiller autour d'un pancake/café face au lac, planifiant la suite de la journée : on décide d'écourter le séjour sur place et de rallier Amed un jour plus tôt, pour profiter un peu plus longtemps des fonds marins.

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Prochaine étape : Amed, coraux et poissons exotiques.

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Pas de répit pour les braves, un tour à la douche et on refait déjà les sacs. On ne traîne pas, le taxi est réservé pour la fin de matinée. Wayan, notre chauffeur du jour, nous récupère au bungalow, destination Amed sur la côte est. Wayan dirige une agence de tourisme à Kintamani et propose ses services aux touristes depuis une petite cahute au début du chemin menant au volcan. Nous sommes touchés par la gentillesse du monsieur et sa famille, qui ne roulent visiblement pas sur l'or. Aucune envie de négocier le prix face à ce genre de situation, not today. On voyage donc avec lui, avec grand plaisir.

Comme prévu, le court trajet vers la cité balnéaire nous prend plusieurs heures mais la route avec Wayan est très agréable, il nous en apprend un peu sur la région.

Nous arrivons à notre hôtel à l'heure du déjeuner... du moins c'est ce que nous croyions avant de réaliser le chemin qui nous sépare de notre chambre : une longue ascension via un escalier interminable constitué de marches que seul Fred arrive à enjamber sans assistance. Arrivés en haut, nous avons droit à une suite très sympathique avec terrasse surélevée donnant sur la mer de Bali et le mont Rinjani (île de Lombok), orientée est. Célia jubile, nous aurons un nouveau lever de soleil imprenable, au saut du lit.

Après le repas, nous descendons à la petite plage au bas de notre hôtel. Il semble que l'on doive traverser une sorte de décharge sauvage pour y accéder. De l'autre côté, on trouve une plage de sable noir et Célia, déjà dans l'eau. A y regarder de plus près, l'eau est loin d'être clean. Fin de journée assez calme, ça manque de sommeil tout ça !

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Le lendemain, on trouve quand même la force de se hisser aux aurores jusqu'à notre petite terrasse sur les toits pour admirer les premières lueurs du jour. Effort payant puisqu'on en prend encore plein les yeux. Pendant le petit déj, on se renseigne sur les spots de plongée à proximité puis on s'arme de tubas, palmes et masques avant de louer deux scooters.

On saurait pas vous dire si c'était un lever ou un coucher de soleil 

Première étape, une plage située à 5 km à l'est, où gît une épave de navire de patrouille japonais à 6 mètres de profondeur, coulé durant la Seconde Guerre Mondiale. De nombreux poissons et coraux ont depuis colonisé la carcasse et on se régale à inspecter le tour de l'épave.

Rien à faire, il est foutu ce bateau ! 

On se dirige ensuite de l'autre côté d'Amed, vers une plage située à l'arrière d'un restaurant, connue pour ses fonds marins préservés et ses tortues marines. C'est gagné, au bout de quelques minutes, on en aperçoit une au fond de l'eau, qui se cache derrière les coraux. Un peu plus loin, un plongeur nous appelle et nous montre une seconde tortue, plus grosse, à quelques mètres de là. On reste à distance pour ne pas l'effrayer, pendant qu'elle se nourrit au fond de l'eau. Le plongeur nous explique qu'elles remontent régulièrement pour reprendre de l'air. Et comme prévu, au bout de quelques minutes, la tortue remonte par deux fois à la surface, juste sous nos yeux. Superbe. Les fonds marins à cet endroit sont un peu plus riches que sur le spot précédent, on y observe davantage d'espèces de coraux et poissons.

Elle a pas apprécié les blagues d'Hilkka apparemment

De retour sur la plage, un touriste nous indique l'emplacement d'une autre épave : l'USS Liberty sur la plage Tumbalen, à quelques kilomètres de là. On remonte sur les scooters, direction l'ouest. La route contourne le volcan Agung, encore plus impressionnant que le Batur, avant d'arriver à une plage dissimulée derrière un petit bosquet. Un petit attroupement de plongeurs nous indique qu'on est bien au bon endroit. Le temps de remettre tout l'équipement et de franchir une bande de galets pas facile à traverser en palmes, nous voilà arrivés au-dessus de l'épave, à une vingtaine de mètres du bord.

L'USS Liberty est un cargo américain datant de la Seconde Guerre Mondiale, destiné au transport d'animaux. Il a été torpillé par l'armée japonaise le 11 janvier 1942. L'éruption du volcan Agung en 1968 a provoqué un glissement de terrain et éloigné l'épave de la plage de Tumbalen de quelques mètres, devenant ainsi l'un des sites de plongée les plus célèbres d'Asie. L'arrière du bateau est facilement observable, à 3-4 mètres de profondeur alors que l'avant se situe à une trentaine de mètres. Le navire semble assez abîmé mais on distingue encore très bien certaines parties.

Plouf ! 

Les poissons sont encore plus impressionnants à cet endroit, si bien qu'on se retrouve vite encerclés au milieu d'un grand banc, se rendant vite compte qu'un homme disperse de la bouffe pour les attirer : tant mieux pour nous. Le site est impressionnant, "on se croirait au fond d'un aquarium" s’exclame Hilkka, avant de boire la tasse. On est vraiment contents de notre journée, plus qu'à retrouver nos scooters et à rentrer.

La fameuse route du poisson 

Retour à l'hôtel après un petit arrêt photo à un point de vue sur la baie d'Amed et le volcan fumant en fond, pour clore cette dernière journée bien remplie. Pour fêter ça, Célia nous gâte nous invitant dans un beau resto, où les tables sont situées sous des bungalows en bambou individuels, ambiance balinaise et plats délicieux. Ce sera cocktails et poisson aux épices balinaises pour nous trois, un régal !

Une autre façon de profiter des fonds marins 
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Prochaine étape : retour à Kuta, ultime étape asiatique

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Publié le 13 mai 2019

Retour à Kuta

Aujourd'hui est une journée bien tristounette, nous quittons Célia et la laissons conclure son périple vers Nusa Penida où elle ira faire de la plongée. On partage tout de même un transport avec elle jusqu'à son hôtel (parce qu'on n'est pas des sauvages) et c'est le cœur lourd que nous réalisons que :

A/ nous allons de nouveau être que tous les 2, alors qu'on n'a plus rien à se raconter !

B/ la partie Asie est terminée, après presque 3 mois et demi de voyage (et de riz)...

Nous nous consolons en sachant que Célia est devenue une belette/renard, tout comme nous. Notre boulot est terminé. On poursuit vers Kuta, notre repère/terrier stratégique avant de prendre l'avion. Comme il ne s'est rien passé de palpitant (à part une pizza 4 fromages chacun), la leçon du jour portera sur les traditions balinaises. Enjoy !

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Quelques traditions

- La maison est le bien le plus précieux des Balinais car elle abrite le temple familial et donc leurs origines. Plusieurs générations vivent dans la même maison. Les maisons respectent un plan architectural bien précis. Il faut construire autour du bale central (= pavillon ouvert rectangulaire au toit couvert de chaume). Plusieurs générations cohabitent et se succèdent. Lorsqu'une famille a un fils, ce dernier restera vivre dans la maison avec sa femme et leurs enfants. La fille emménagera dans la maison familiale de son mari. Et ainsi de suite.

- Les Balinais se prennent moins la tête pour nommer leurs enfants. Il existe 4 prénoms balinais, attribués selon l’ordre de naissance de l'enfant. De l'aîné au cadet : Wayan, Made, Nyoman et Ketut. Si une famille a plus de 4 enfants, alors on repart à Wayan pour le 5ème et ainsi de suite. En cas de rencard avec un "Ketut" à Bali, pas besoin de lui demander : "et alors, tu as des frères et soeurs ?". Le nom de famille en revanche, peut être personnalisé, il n'est pas commun à tous les membres d'une même famille donc. Les parents choisiront un nom selon différents critères : caractère du bébé, apparence physique, circonstances de sa naissance, qualités espérées... Les parents annonceront le nom au 3ème mois-iversaire du bébé.

- Bali est une île hindouiste (au sein d'un archipel majoritairement musulman) et on y trouve des offrandes un peu partout. Les "Segehan" sont déposées au sol et sont destinées aux démons. Ce sont de petits paniers carrés fabriqués avec des feuilles de bananier puis garnis de fleurs. Les "Canang Sari" sont destinées aux Dieux et placées en hauteur à l'entrée des temples, des maisons. Elles apportent sérénité et prospérité à la famille et servent à montrer sa gratitude envers les Dieux. Les femmes s'occupe généralement de déposer les offrandes.

Exemple d'offrandes que l'on trouve dans la rue 

- La polygamie est légale à Bali. Un homme peut avoir jusqu'à 4 femmes, à condition qu'il les traite de façon égale. Il doit néanmoins obtenir un consentement écrit de sa/ses première(s) épouse(s). Il est commun qu'un homme épouse sa nouvelle "conquête" lorsque celle-ci est enceinte (et pas avant).

- Un "sport" apprécié mais trop peu connu à Bali : le combat de criquets. En rentrant à notre hôtel à Amed, nous voyons le propriétaire jouer avec des criquets dans des gobelets en plastique. Ils flottent dans un liquide trouble. Au début on pense qu'il les empoisonne, mais il nous affirme leur donner le bain. Étrange. D'autant qu'il nous indique plus tard qu'il les baigne dans du vin pour qu'ils soient plus forts. On a senti et oui, c'était bien un bain au vin blanc. Comme on est toujours un peu septiques, il nous explique qu'il organise des combats de criquets, qu'il les attrape lui-même quand il peut, ou qu'il les achète (1€ l'un). On n'a pas assisté au combat car les criquets sont en pleine prise de masse et visiblement pompettes, mais on se demande vraiment à quoi ressemblent les paris et affrontements...

Un photographe vient de nous démarcher pour racheter nos photos, d'une qualité inédite.
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Et voilà, vous savez tout. Maintenant, nous filons vers l'aéroport de Denpasar, vêtus de nos habits chauds pour affronter un climat hivernal... Hilkka n'attend que ça, elle court partout et s'imagine déjà grelotter, le vent, la pluie et même la neige. Fred parle surtout de la lune et des étoiles, comme à son habitude !

Prochaine étape : nouveau continent, nouveau pays, nouveau climat... La Nouvelle-Zélande !

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Publié le 30 mai 2019

Quelques chiffres :

Jours sur place : 27

Total dépensé : 1274 €

Budget par jour et par personne : 23,60 €, nous avions prévu 22,50 €.

Répartition des dépenses :

Répartition des dépenses en Indonésie 
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Ce que nous avons aimé :

  • les Javanais, d'une gentillesse incroyable
  • les 3 volcans, tous différents mais impressionnants
  • nager avec les tortues
  • l'architecture des maisons traditionnelles balinaises
  • les rizières verdoyantes
  • le cours de cuisine bien gourmand
  • la venue de Célia qui nous a apporté un brin de folie et qui fait du bien au moral
  • la nourriture : de très bons currys, le satay, les beignets de maïs...
  • la conduite (quand il n'y a pas de bouchons)
  • l'Ossau Iraty et les chocolats apportés par Célia, on s'en lèche encore les babines
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Ce que nous avons moins aimé :

  • les fourmis, présentes partout en Asie mais petite overdose en Indonésie
  • les réveils à minuit, 1h, 2h du matin pour les excursions aux volcans
  • les araignées monstrueuses de rue et de forêts
  • les pastilles de naphtaline, utilisées à outrance pour "parfumer" (odeur de bitume, caoutchouc brûlé et peinture chaude)
  • les trajets interminables en cas de bouchons
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Le mot de la fin :

L'Indonésie, c'est un peu notre pays du soleil levant. Pas moins de 7 réveils assassins pour observer les levers de soleil. Et ils étaient toujours aussi beaux. Le 5ème et dernier pays d'Asie fut notre coup de cœur et remporte tous nos suffrages : beauté des paysages, gentillesse des locaux, propreté des sites, nourriture (2ème place après la Thaïlande), diversité des paysages, respect du budget, sécurité routière... On aurait bien aimé inclure une île plus balnéaire mais nous l'avions déjà fait au Cambodge. Bref, Java & Bali, un combo qui nous a conquis.