Équateur

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Ecuador, el país de las montañitas y de los condores grandes con la gente muy amable y los aguacates muy bonitos. Bienvenidos a America del Sur muchachos !
Juin 2019
4 semaines
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Publié le 24 juin 2019

10 juin :

Nous venons d’atterrir au Chili après une longue nuit de vol, il est 13h et c'est toujours le 10 juin. Oui, nous avons reculé de 17h dans le temps et il faut avouer que même en ayant l'habitude des décalages horaires, c'est un peu déconcertant.

Quelques heures d'escale et nous redécollons vers Lima, capitale péruvienne. Comme notre dernier vol n'est que le lendemain, nous faisons nos premiers pas sur le territoire sud-américain, jusqu'à l'hôtel où nous pourrons enfin nous reposer.

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11 au 14 juin :

Toujours aussi fatigués, nous revenons à l'aéroport de Lima pour l'ultime vol (halleluia !). Heureusement ce sera le plus court, car on commence à en avoir assez marre des repas d'avion en carton (les repas hein, pas l'avion !).

Ça y est, nous touchons au but ! Une fois l'immigration passée, nous sommes enfin à Quito... Enfin, sans compter l'heure de bus puis la demie-heure de taxi pour arriver jusqu'à l'hôtel.

Le programme des prochains jours sera très très très léger : repos et acclimatation à l'altitude. Les dernières semaines (et mois) ont été assez intenses, on en profite pour souffler un peu. Comme nous sommes passés du niveau de la mer à 2850 m d'altitude, cette dernière nous joue des tours et on peine un peu à sortir du lit.

Le mal des montagnes est une pathologie causée par une montée trop rapide en altitude et un manque d'acclimatation. Les symptômes (fatigue, essoufflement, nausée, maux de tête, insomnie) peuvent apparaître dès 2500 m d'altitude et il est recommandé de monter progressivement puis de séjourner quelques jours à la même altitude. Cela permet au corps de fabriquer davantage de globules rouges pour compenser la baisse d'oxygène.

On rendra quand même visite à un dentiste équatorien à cause des douleurs dentaires d'Hilkka. Et comme elle n'a pas pleuré, elle a pu s'acheter de la laine d'alpaga pour tricoter ! Mais on reviendra à Quito pour visiter bien sûr !

Photos volées sur le chemin du dentiste...et du tricot. 
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Prochaine étape : Otavalo : première approche andine

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15 juin :

On sort de notre sommeil de 4 jours pour repartir sac à dos sur le dos pour la gare routière de Carcelén et on monte dans un bus très coloré, direction Otavalo à deux heures de trajet. Sur la route, les premiers paysages andins se dessinent sous nos yeux, beaucoup de relief envahi par la végétation, et des mines immenses. On se rend très vite compte que l'Equateur est bien très desservi. Le bus s'arrête régulièrement, qu'il y ait un arrêt de bus ou non. On voit monter des vendeurs de toutes sortes qui viennent nous démarcher directement dans le bus, mais sans être trop insistants. En France on trouverait ce type de vente un peu agressif, mais ça semble normal ici. Les gens nous regardent d'un air amusé, curieux de voir des "gringos" dans ce bus.

Gringos : surnom péjoratif (mais ça nous blesse même pas), utilisé par les Latinos pour désigner les Américains. Mais du coup, on a aussi des têtes de gringos ici.

On arrive tranquillement à Otavalo, petite ville située sur la route pour la Colombie. Le temps de poser les sacs à l'hôtel (très coloré lui aussi), nous sommes accueillis par Hector, un jeune vénézuélien de 19 ans, ayant quitté les conditions de vie difficiles de son pays pour travailler et envoyer un peu d'argent à sa famille restée au Venezuela. Ce sera notre nouvel ami.

Quelques produits locaux 

On décide d'aller directement au marché, le plus grand d'Amérique du Sud, d'après la rumeur. Broderies, laines d'alpaga, ponchos, panamas, jeux d'échecs typiques, épices, maroquinerie... Il y en a de toutes les couleurs, le dépaysement est bien là ! On passera une partie de l'après-midi à faire les stands de ponchos de ce grand marché. La Plaza de los Ponchos porte très bien son nom ! Bon, on a aussi bavardé avec les marchands, en espagnol approximatif certes, mais on a rencontré Adrian, un local ayant vécu à Noirmoutier pendant quelques années. Assez improbable.

On s’imprègne de la culture 

"Ce qui me plait le plus en France, ce sont les femmes" Adrian, marchand équatorien. Ah quel charmeur latino celui-là. On le remercie pour son honnêteté.

On se sent déjà très bien à Otavalo, et décidons de prolonger le plaisir d'une nuit. Vamos !

Ce que Fred ne précise pas, c'est qu'il a orchestré notre venue en Amérique du Sud pour coïncider avec la Copa America. "C'est comme leur Euro" m'explique-t-il. Il peut ainsi suivre les matchs tranquillement avec Hector. Fred bafouille en espagnol "maintenant, on est amis pour la vie", avant de faire un check gênant à Hector.

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16 juin :

Aujourd'hui, le temps n'est pas terrible mais on décide de s'aventurer hors de la ville, direction El Parque de los Condores. C'est le patron de l'hôtel en personne et sa femme, un charmant couple équatorien, qui nous emmènent jusqu'à la réserve. Le temps du trajet on discute pas mal avec eux dans un espagnol que l'on espère améliorer ici. Arrivés sur place, le parc nous semble assez désert, on entame alors la visite . Aigles, faucons, chouettes, hiboux et les fameux condors. Sans aucun doute les oiseaux les plus impressionnants du parc avec leur 3 mètres d'envergure, on abandonne vite l'idée d'en ramener un à l'hôtel.

1) à 3) Buses de marques diverses, 4) Pygargue, 5) Hibou grand duc 6) Buse dos gris, 7) Chouette tachetée, 8) Harfang des neiges

Minute oiseaulogie : les condors sont les plus grands rapaces au monde, peuvent vivre jusqu'à 80 ans et sont originaires des Andes. Il en reste environ 150 en Equateur mais on en trouve davantage dans les autres pays andins : Pérou, Bolivie...

M. et Mme Condor ont un fils... 
Quelques secondes avant l'attaque 

Les oiseaux de ce parc sont tous issus de dons de particuliers ou de parcs du monde entier, ou ont été recueillis pour être soignés. La visite s'achève par une démonstration dans une petite arène avec vue sur les immenses montagnes et la vallée. Hilkka, qui prend décidément de plus en plus confiance dans ce voyage, descend dans l'arène et se saisit du gant du dresseur et siffle le volatile qui se pose sur le gant, sous le regard ébahi d'une foule en délire. Le geste du jour, sans aucun doute.

Survol de la vallée 
Un animal sauvage apeuré et un faucon des Andes 

Après le show, le dresseur nous explique qu'il est interdit d'organiser des spectacles de condors et que les 2 condors du parc volent peu car ils ont été blessés par des chasseurs et ont toujours des plombs dans le corps. Mais sûrement pas autant blessés que par les vannes d'Hilkka.

1) Chouette effraie, 3) Pygargue à tête blanche, 2) et 4) Buse de Harris

Finalement, nous avons passé une bonne partie de l'après-midi au parc et renonçons donc à la petite randonnée qui devait nous ramener jusqu'au centre-ville d'Otavalo. Dommage, l'oiseaulogie a encore gagné !

Et pour ne pas changer les bonnes (mauvaises ?) habitudes, Fred et Hector regardent le match de foot quotidien...

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17 juin :

Ça y est, les affaires reprennent. Aujourd'hui nous allons faire une première randonnée. Pour cela, nous nous rendons à la lagune de Cuicocha à un vingtaine de kilomètres de la ville.

Le volcan Imbabura et la lagune de Cuicocha 

La lagune de Cuicocha est située sur un des flancs volcan endormi Cotacachi, le 3ème plus haut sommet du pays. La formation de la lagune date d'il y a 3100 ans. Il est possible de faire le tour de la lagune en 4 h. Les deux îlots rappellent 2 cochons d'Inde blottis l'un contre l'autre. C'est de là que la lagune tient son nom en langue quichua, "kuy" signifiant cochon d'Inde et "kucha" signifiant lac, littéralement le "lac du cochon d'Inde".

Ilôts Teodoro Wolf et Yerovi, les deux cochons d'Inde 

Nous passons à plus de 3000 m d'altitude, fingers in the nose. Ou plutôt comme on dit ici : "dedos en la nariz" !

Il est vrai que notre souffle est un peu court mais nous parvenons quand même à ramper jusqu'à la crête. La lagune est immense, c'est assez impressionnant. C'est notre première activité "nature" en Amérique du Sud et on sent que le continent s'avère très prometteur.

Toujours le même qui porte le sac 

D'un côté, la vallée et le relief bien vert, d'un autre, la lagune d'un bleu mystérieux, le tout accompagné de fleurs colorées. Ça y est, les poètes sont de retour ! Comme notre chauffeur va bientôt revenir nous chercher, nous rebroussons chemin. Là encore, on ne voudrait pas se faire bouffer par les loups.

Pour les indécis, un peu de lagune et un peu de plaine
Quelques fleurs de saison 
Prendre un gros vent 

La journée se terminera comme souvent, autour d'un bouillon et d'une cuisse de poulet rôti accompagnée de riz et de frites (bon, on se fera vomir). Mais avant ça, petit arrêt dans un salon de coiffure pour une coupe/brushing des années 2000. Et oui, quand Frédo les ciseaux se met en grève, voilà les conséquences...

La fameuse Copa America
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Prochaine étape : Quito, pour de bon

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Publié le 29 juin 2019

18 juin : la Mariscal, bienvenue à "Gringoland"

Nous voilà de retour à Quito pour de bon ! On reste chez les mêmes propriétaires qu'à Otavalo, Cristian et Daniela et ce diable d'Hector, toujours aussi survolté et serviable, sa casquette de hipster vissée sur la tête. Cap sur la Mariscal cette fois-ci, le quartier touristique et moderne de la ville, surnommé "Gringoland" par les locaux. Bon, on compte les touristes étrangers sur les doigts d'une main et honnêtement ça ne vaut pas le barrio antiguo, le vieux Quito. C'est un jour de repos, rien d'extraordinaire pour cette journée qu'on terminera malgré tout devant la Copa America, après qu'Hilkka ait lourdement insisté pour voir le Chili jouer. Le soir, on reste un moment à discuter avec Hector et son pote Davy, Vénézuélien expatrié lui aussi, de vrais courageux ces deux-là.

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20 juin :

Changement d'hôtel et direction le vieux Quito. On salue Hector et on le remercie pour ses analyses de fin de matchs. Prochaine étape dans un vieil établissement de 200 ans à quelques pas du centre historique. C'est trop pour Hilkka qui n'est pas d'attaque et reste à quai pour la journée, je pars donc seul faire le tour du quartier. Un marché local est situé tout près de l'hôtel, on y trouve tous les aliments de base vendus à même le trottoir pour pas grand chose. Je continue mon chemin vers le cœur historique constitué de vieilles maisons aux façades pastel bleues, vertes, jaunes, rouge... C'est plein de vie, et les gens que je croise ont un regard bienveillant sur les étrangers. Je monte un petit escalier qui mène à une arche longée par de petites maisons d'artistes qui exposent leurs œuvres dans la rue. Un peu plus loin, la Basilique El Voto Nacional, la plus grande basilique néo-gothique du continent américain, datant du 19ème siècle. Immense.

 Basilia del Voto Nacional, quartier des artistes et ruelles de Quito

Un petit crochet par la Plaza de la Independancia, centre politique et historique de l'Equateur. D'un côté le Palacio Municipal et ses nombreux drapeaux aux fenêtres, qui surplombent les halles abritant des restaurants et commerces. De l'autre côté, la Catedral metropolitana et son Arco de Carondelet, une immense arche faisant office d'entrée à l'édifice. De retour vers l'hôtel, j'aperçois de loin el Panecillo et la statue de la Vierge qui surplombe la ville, c'est là que nous irons demain.

Plaza de la Independancia 
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21 juin : le vieux Quito

Hilkka a repris des couleurs, à l'image de son tricot d'ailleurs. Ouf ! On repart en ville pour (enfin) visiter les alentours. Petit détour bien sûr par le magasin de laine où l'on refait les stocks pour madame Tricot avant de monter dans un taxi jaune direction el Panecillo, cette colline en forme de petit pain (d'où le nom) surplombée par une immense statue de la vierge. On traverse un quartier qu'on ne recommanderait à personne, puis on nous dépose au sommet de la colline, au pied de la statue. La vue sur la ville est superbe, on aperçoit également plusieurs volcans à l'horizon. On distingue clairement le vieux quartier et la partie moderne de la ville. La vue depuis la statue métallique est encore plus saisissante, ça souffle énormément d'ici. Vue d'en bas, avec le mouvement des nuages, la statue donne l'impression d'être en train de tomber. On regarde trop de films...

Impressionnantes toutes ces statues
Quito et les volcans à l'horizon depuis la Virgen del Panecillo

On redescend de la colline alors que la pluie fait son apparition, direction la Ronda, une des rues les plus typiques de la ville. Les maisons au style traditionnel sont très colorées avec leurs balcons ornés de fleurs ou de drapeaux.

Pas un chat à la Ronda

On fait étape dans un petit almuerzo (déjeuner) où l'on déguste el locro de papas, une soupe typique d'Equateur à base de pommes de terre, fromage, ail et avocat. On accompagne le tout d'empanadas au fromage et à la viande, très consistant tout ça !

De petites boutiques de miel et de chocolat pour boucler la visite gastronomique de Quito, avant de repartir pour la Plaza de la Independancia, où l'on trouve une superbe chocolaterie équatorienne : pâtisserie à base de chocolat, ananas et praliné, ainsi qu'une bière stout de cacao, excellente.

Un peu de douceur(s)

Le temps de prendre un petit café équatorien avant de regagner l'hôtel et terminer la journée par un peu de cuisine. Demain, direction Mitad del Mundo et la ligne équatoriale.

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22 juin : Mitad del Mundo, en équilibre entre les deux hémisphères.

Aujourd'hui, direction Mitad del Mundo, "le milieu du monde" pour les non aficionados. La limite entre les hémisphères Nord et Sud, la latitude 0, matérialisée par la ligne équatoriale qui a habilement donné son nom au pays, une chance qu'il se trouve pile sur la ligne ! Après une expédition de 2 heures en transport public - ce qui constitue déjà une aventure en soi -, on arrive sur les lieux. Un immense monument à 4 faces orientées selon les points cardinaux Nord, Sud, Est, Ouest, surmonté d'une énorme sphère sans doute pour représenter la Terre. Une ligne jaune coupe le monument en deux selon la direction est/ouest, matérialisant la frontière entre les deux hémisphères terrestres.

 La VAR est formelle, but refusé
Des volcans alentours et une église sur deux hémisphères à la fois

Ce diable de Cristian (le propriétaire des hôtels d'Otavalo et Quito) nous avait vendu la légende du monument, nous expliquant qu'il était impossible de faire un bras de fer au dessus de la ligne équatorienne à cause de la force de Coriolis, ou bien qu'à cet endroit l'écoulement de l'eau dans un évier ne tournerait ni dans un sens ni dans l'autre. Ben en fait, pas du tout, tu t'es bien foutu de nous Cristian ! Explications :

La maison c'est par là !  

- L'eau qui s'écoule dans un évier tourne dans un certain sens dans une hémisphère, dans le sens inverse dans l'autre : c'est faux, c'est la force de Coriolis qui engendre cet effet, mais seulement à l'échelle des océans.

- On pèse (un peu) plus léger à l'équateur à cause de la force centrifuge à cet endroit.

-La ligne équatoriale est en réalité une bande large de 5 km tout autour de la Terre.

- La position GPS 0°0'0'' se déplace sans cesse à l'intérieur de cette bande sous les effets des forces physiques qui s'exercent sur la Terre. C'est peut-être pour ça qu'on galère autant avec les taxis.

- Aux équinoxes (21 mars et 21 septembre) le Soleil est situé dans le ciel de telle façon que les ombres disparaissent totalement à midi. Contrairement à l'appétit d'Hilkka.

- Le peuple Quitu-Cara, qui vivait là avant l'arrivée des Espagnols, avait déjà connaissance de la particularité de cet endroit. Mais ils n'ont spoilé personne. Bravo les gars!

Le monument a été érigé dans les années 1970 pour fêter le bicentenaire de la mission géodésique française. En 1736, une équipe de savants est envoyée en Equateur (une autre au Groenland) par l'Académie des Sciences de Paris pour effectuer des mesures afin de déterminer l'arc de méridien allant de la latitude 0 (équateur) au pole nord et ainsi déterminer la forme et donc le périmètre de la planète. L'un des principaux objectifs de cette mission était également de standardiser la mesure du mètre. Et surement de boire des coups entre potos.

Rapporteur de riche et vieux journal au titre bien trop long

La visite se poursuit avec une reproduction des habitats des peuples indigènes de l'époque, on en apprend beaucoup sur leurs modes de vie, leurs coutumes et traditions. On croise aussi des cuy (cochons d'Inde) et quelques oiseaux très colorés.

Habitats des peuples indigènes et quelques paires de cuy

Un peu plus loin, un enclos avec des lamas : Hilkka retrouve enfin les siens, après plusieurs mois d'une attente insoutenable. L'émotion est palpable, comme en témoignent ces images rares prises sur le vif.

Hilkka et Serge 

On termine la visite de Mitad del Mundo par une exposition sur la Première Mission Géodésique. Fin de la journée, nouveau périple de deux heures dans le bus aux rythmes de la musique andine.

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Prochaine étape : Quilotoa & Cotopaxi, les volcans au plus près de la Lune.

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23 juin : arrivée à Latacunga

Aujourd'hui, jour de fête, nous quittons Quito pour de vrai ! Non pas que la ville soit atroce, mais on y a quand même séjourné plus d'une semaine, ça commence à bien faire !

Nous prenons un bus vers Latacunga, une charmante ville en construction qui ne respire pas vraiment le bonheur, ni rien du tout d'ailleurs. Mais peu importe, on se prépare un cocon bien douillet dans une chambre d'hôtel assez vétuste. Et puis, on compte surtout profiter des sites aux alentours : la lagune de Quilotoa et le volcan Cotopaxi.

Chose assez improbable, le restaurant du quartier qui nous inspire le plus confiance n'est autre qu'un resto chinois. Voici donc la cantine pour les prochains jours. On y mange beaucoup pour peu cher, avec plusieurs violations des règles d'hygiène et un patron pas plus loquace qu'un lama introverti.

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24 juin : lagune de Quilotoa

Nous avons étonnamment bien digéré le dîner de la veille, direction Quilotoa et sa célèbre lagune. Pour cela, nous allons passer en bus de 2700 à 3914 m d'altitude.

Le début du trajet se passe bien, mais c'est sans compter sur ma vessie qui proteste encore plus souvent qu'un gilet jaune retraité sur un rond point ruthénois. Le chauffeur, perplexe, nous laisse sur le bord de la route et continue son chemin. Pas grave, c'était une urgence et puis il y a toujours des bus qui passent régulièrement... Grâce aux grands mouvements de bras de Fred et de mon cri strident "Quilotoooaaaaa" (au ralenti, pour une ambiance plus dramatique), nous intercepterons un bus... après tout de même 45 minutes d'attente.

 Notre aire d'autoroute & la première dégustation de coca.

On peut désormais profiter du trajet tout en mastiquant une feuille de coca pour ne pas souffrir de l'altitude. Une grande première pour nous, petits gringos ignorants. Ce n'est pas une franche réussite, le goût n'est pas terrible et des petits morceaux de feuille se détachent assez vite, bien qu'il ne faille pas les manger. On mastique et on crache.

La feuille de coca est consommée en abondance par les peuples andins afin de lutter contre le mal des montagnes. Elle permet d'augmenter l'absorption d'oxygène dans le sang. Sa consommation n'induit pas de dépendance contrairement aux idées reçues. On peut mastiquer la coca ou la préparer en infusion : maté de coca. Cette boisson produit un effet énergisant similaire au café.

Tadaaaaam ! 

Enfin nous arrivons, certes essoufflés, mais éblouis par cette lagune, logée dans un cratère. C'est magnifique, la crête arbore un air tranchant, tandis que les anciennes coulées de lave, formant des parois emprisonnant la lagune, sont recouvertes d'une légère végétation. Le lac bleu vire au vert bien vif, proche de la rive et le vent fait frémir la surface de l'eau.

Une lagune qui tombe à pic ! 

La lagune de Quilotoa, en pleine région andine, s'est formée suite à une éruption volcanique. Il est possible de faire un trek de 46 km sur 3 journées pour rejoindre la lagune. On nous a déconseillé ce trek en tant que touristes (manque d'acclimatation à l'altitude, conditions climatiques difficiles, sentier isolé) mais avec une bonne préparation, il doit être incroyable.

On est comme des gosses lorsqu'on descend vers le cratère. Le sol c'est de la lave ! Enfin, surtout un mélange de poussière et de sable, qui nous rend dégueulasses en quelques minutes. Heureusement que nos mères respectives ne font plus nos lessives !

Ça vaut pas le lac du Saut du Loup (47) !

La descente est assez rapide mais on croise des voyageurs à bout de souffle faisant le chemin inverse. C'est pas rassurant pour la remontée. On se pose un peu au bord de l'eau avant de déranger des autochtones en pleine siesta pour leur louer un canoë.

 Ah, on va pouvoir en rédiger des poèmes, avec toutes ces poses pensives.

Et voici qu'on entame la seconde discipline de ce triathlon équatorien, dans un rythme effréné qui fait souffrir nos pagaies. Mais pas le choix, il faut absolument qu'on sauve Pocahontas... Euh pardon, qu'on rejoigne le centre (imaginaire) de la lagune.

Tu te rends compte qu'on est lundi et qu'on fait du canoë, à 3800 m d'altitude, dans un cratère, en Equateur ? Mais qu'est-ce qu'on fout là ?!

Plus vite, les crocos arrivent ! 

Nous sommes les seuls courageux à avoir bravé les légers remous du lac. Tant mieux, plus de place pour nous. Mais pas le temps de flâner, après ces sensations fortes on rame encore plus vite pour restituer notre bicoque dans les temps.

Deux touristes colombiennes à qui on a demandé de prendre une photo, orchestrent un shooting un peu trop kitsch que l'on n'ose pas interrompre. Le verdict est sans appel, on dirait le visuel d'une brochure vantant les pouvoirs d'un régime anti flatulences.

Avec "Brise Tranquille", les flatulences ne sont plus qu'un mauvais souvenir. 

Et parce qu'un triathlon équatorien sans équitation c'est comme l'Asie sans riz, nous grimpons sur une mule pour quitter le cratère. Et il vaut mieux car l'heure tourne, nous allons rentrer tard au village.

Le retour de la coupe mulet. 
Et une dernière pour la route ! 
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25 juin : un peu d'humour

Plutôt que de vous conter cette journée de repos, nous vous proposons une sélection de blagues :

Pourquoi est-ce qu'on met tous les crocos en prison ? Parce que les crocos dealent.

Est-ce qu'une poule peut parler anglais? Yes, chicken.

Qu'est-ce qu'une frite enceinte ? Une patate sautée.

Que faisaient les dinosaures quand ils n'arrivaient pas à se décider? Des tirageosaures.

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26 juin : le volcan Cotopaxi

Good morning ! Ce matin, c'est volcan (encore) ! Mais pas n'importe lequel : le Cotopaxi. Il est Basque et adore le piment d'Espelette. Plus sérieusement, c'est le 2ème sommet d'Equateur (5897 m) derrière le Chimborazo (6263 m) et il séduit par son cône presque parfait, digne des meilleurs Cornetto. Le volcan est surnommé "cou de la Lune".

Le bus nous pose sur le parking des camionnettes mafieuses, mais nous faisons semblant d'attendre des amis pour partager un véhicule. A peine 5 minutes plus tard, 2 touristes néerlandais débarquent et se lancent dans l'expérience BlaBla-camioneta avec nous. Le trajet nous réserve beaucoup de bosses, de très beaux paysages et un goût amer de coca car aujourd'hui, nous montons à 4500 m d'altitude.

Belle bête ! 

Quand nous arrivons enfin au parking, le Cotopaxi nous attend, imposant, presque autoritaire. Ça caille ici, il faut pas trainer ! On a 2h pour rejoindre le refuge et redescendre. L'ascension n'aurait pas été si difficile depuis le niveau de la mer, mais en débutant à , nous sommes vite exténués. A ce jour, c'est l'effort physique le plus intense de toute ma vie. Mais ça en vaut la peine.

"Si je dois me retaper un p*tain de volcan pendant ce voyage..." - HIlkka qui médite dans son coin.  

Encore une fois, nous sommes bluffés par la nature équatorienne. Il est bon de préciser que c'est uniquement suite à un pari remporté par moi-même (Hilkka), que nous avons ajouté un pays à ce tour du monde : l'Equateur.

On distingue les anciennes coulées de lave, d'un gris sombre, le rouge vif des flancs du volcan, la sommet enneigé, coiffé d'un gros nuage, puis le bleu soutenu du ciel. C'est juste sublime.

Fred fait encore le malin, ça va pas durer. 

Derrière nous, la vallée toute en reliefs s'estompe calmement tandis que l'on s'approche du refuge. On ne sait plus où donner de la tête tellement on aime le paysage. C'est un peu cliché, mais on se sent vraiment tout petits ici.

Toujours au top !

On aperçoit au loin une demande en mariage qu'on photographie (un peu tard), dans l'espoir d'envoyer la photo aux tourtereaux. Mais nous ne retrouverons jamais le couple qui avait déjà attaqué la descente vers le parking.

Bah, dégueu...

Enfin, nous arrivons au refuge : 4864 m, soit encore plus haut que le sommet du Mont Blanc. C'est une belle victoire, on est vraiment fiers de notre petit exploit. L'endroit parfait pour manger notre pique-nique de champions : sandwich mozza & avocat.

Rare photo de belettes à 4864 m d'altitude. Leur métabolisme n'est pas fait pour tolérer de tels écosystèmes.

On redescend au trot cette montagne de sable noir, comme si on courrait sur une dune. Quelques photos supplémentaires et nous revoilà au parking, à attendre nos 2 Hollandais retardataires.

Rencontre avec les étoiles montantes de l'alpinisme à la française. 

Notre chauffeur nous conduit ensuite à la lagune de Limpipungo et nous laisse 1h pour en faire le tour. Top chrono ! Les décors sont différents, plus plats (ouf) mais toujours avec le Cotopaxi en arrière-plan. C'est le maître des lieux après tout.

La lagune Limpiopungo se situe à 3900m d'altitude, c'est un lac peu profond qui reflète par temps clair, le volcan Cotopaxi.

C'est une balade agréable pour conclure la journée, de belles prairies, des petites fleurs sauvages et une vaste plaine verdoyante.

Esprit champêtre. 

On croise des biches, des bichons, des bichettes, des chevaux et même des lézards inédits malgré nos 3 mois en Asie ! Mais les créatures les plus inattendues de cette randonnée : un troupeau de militaires en plein entrainement d'évacuation.

Un mammifère majestueux & de vulgaires chevaux

Mais après l'effort du matin, on trouve nos jambes bien lourdes, même sur du plat ! Ça tombe bien, il est l'heure de regagner le véhicule puis Latacunga. On ne fera pas long feu ce soir !

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Prochaine étape : Puerto López, 30 ans les pieds dans l'eau

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30 juin :

Après une étape intermédiaire pas des plus intéressantes à Manta, nous arrivons enfin à Puerto López. Première surprise, les taxis jaunes côtoient...les tuk-tuk, on est de retour en Asie. Après quelques minutes sur le goudron, on attaque des routes un peu moins conventionnelles, pour ne pas dire merdiques puisque ce sont exclusivement des chemins de terre où même le tuk-tuk semble peiner pour avancer.

En entrant dans le hall de l'auberge, on entend deux personnes parler, l'une en anglais, l'autre en espagnol, l'un traduisant les paroles de l'autre. On comprend vite qu'il s'agit d'une réunion religieuse, une dizaine de personnes est réunie dans une salle, Bible à la main : alors ça, on ne s'y attendait pas !

Le temps de poser les sacs, on repart en tuk-tuk direction le Malecón, le front de mer de Puerto López. Pour résumer, une grande rue longeant la plage, l'une des seules goudronnées de la ville, avec de nombreux restaurants et commerces, et quelques rabatteurs, menus en main. Sur la plage, plusieurs paillotes bar ou restaurants de poissons, ça a l'air plutôt animé ! Mais je sens au fond de moi qu'on n'est pas vraiment là pour la ville ni même pour la plage, Hilkka m'a d'ailleurs interdit de regarder les activités sur place, "pour ne pas gâcher la surprise". Suspense !

Puerto López sous la grisaille 

En effet, dans deux jours je bascule dans la trentaine, et je sens qu'il vaut mieux ne pas poser trop de questions. La vue est sympa depuis l'hôtel, on voit le Pacifique d'un côté, les vallons de l'autre. La première nuit est agitée, dès qu'une alarme de voiture retentit (très fréquent en Equateur), la centaine de chiens du coin aboie, ce qui fait chanter les coqs, et ainsi de suite. Ah c'est vivant en tout cas !

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01 juillet : 

Premier jour de juillet, on fête aujourd'hui les Thierry (s'il y en a encore). Le temps est toujours maussade sur Puerto Lopez, journée tranquille pour nos deux baroudeurs qui décident d'aller se balader sur la plage et parler du CAC 40 en fixant l'horizon, songeurs. Puis Hilkka lâche une bombe qui brise le bruit des vagues: "demain, activité surprise à 10 h. Prépare ton maillot et ta goPro". Affaire à suivre...

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02 juillet :

Un peu après minuit, avant d'aller au lit Hilkka me montre les premières vidéos d'anniversaire des copains/famille/huissiers... avant une nouvelle nuit au son des coqs et chiens du voisinage.

Au réveil, Hilkka est contente de pouvoir enfin révéler ses secrets d'anniversaire: à 10 h, rendez-vous sur le port pour aller voir les baleines ! Merci à la famille, on va se régaler !


Départ depuis le ponton qui longe le port, on aperçoit les bateaux de pêche rentrer au port, suivis de près par des frégates, mouettes, vautours et autres énormes oiseaux.

Le pied marin.

On embarque sur un petit bateau d'une vingtaine de personnes, le capitaine est un petit bonhomme d'une cinquantaine d'années visiblement sous coke : il hurle et tape partout. Alors qu'on quitte le port en longeant les coteaux, quand soudain sur la falaise... des fous à pieds bleus ! Ils ressemblent à d'énormes mouettes aux palmes bleues claires et au regard un peu abruti. Heureusement, on en verra beaucoup d'autres de plus près par la suite.

Pas terrible la planque, les gars ! 

Après quelques minutes de navigation vers le large, les premières exclamations se font entendre sur le bateau. On aperçoit d'abord des geysers à la surface de l'eau, puis les baleines se font remarquer par des sauts de cabris à la surface de l'eau. On est chanceux ce matin, de nombreuses baleines viennent approcher le bateau par petits groupes, devant nos yeux ébahis. Sacrés bestiaux ! Le spectacle est impressionnant, d'autant plus qu'on ne voit qu'une partie de leur corps à chaque saut ou sortie de l'eau : les nageoires, le dos, la queue...

Plouf !
Dos crawlé 

Pendant les arrêts photos, ça tangue dur à bord de notre embarcation et Hilkka commence à montrer des signes de faiblesse : teint blanchâtre, sueurs froides, discours incohérent... elle rejoint l'arrière du bateau, avec le contingent de marins d'eau douce. De mon côté, je fais pas non plus le malin.

Le calme avant la tempête 

J'essaie de fixer la côte en serrant les dents, pour finalement rejoindre Hilkka, qui est déjà en train de nourrir les baleines : quelle générosité, bravo ! Si on m'avait dit que pour mes 30 ans je verrai Hilkka vomir son petit dej sur des baleines en Equateur, en plein océan Pacifique. Croyez en vos rêves, même les plus fous !

Sur le retour, le capitaine Haddock nous propose une petite plongée en masque et tuba pour se remettre un peu la tête à l'endroit, et voir les beaux poissons multicolores qu'on va manger le soir même. Hilkka reprend quelques couleurs sur le bateau pendant ce temps. Le retour sur la terre ferme nous fait du bien.

On change ensuite d'hôtel : pour l'occasion, on a choisi une belle chambre à l'écart de la ville avec vue sur le port et l'océan Pacifique. On arrive chez Shandra, une expatriée canadienne d'une soixantaine d'année, d'une gentillesse incroyable, qui m'avait même préparé pour l'occasion un cheesecake d'anniversaire ainsi que des ballons "30". Mais comment savait-elle ? Hasard ? coïncidence ? Un coup des Illuminatis ?

Happy birthday 

Dans la chambre, une paire de jumelles posée sur la table de nuit pour observer les baleines, mais surtout une bonne bouteille de Merlot équatorien offerte par Hilkka, qui a déniché la perle rare. Sacrée belette ! Le grand luxe, on savoure.

Réveil pacifique 

Le soir venu, on part fêter ça sur le port avec un cocktail à la paillote portant le joli nom de Cabana Dominic. Hilkka en profite pour m'offrir ses cadeaux : une nuit d'observation des étoiles dans le désert d'Atacama (au Chili), ainsi que des gants et des chaussettes en laine d'alpaga, car il y fera froid. De très beaux cadeaux, je suis déjà impatient d'y être !

Puis au restaurant, on teste le ceviche (plat typique sud-américain à base de poisson ou fruits de mer crus assaisonnés aux oignons crus, tomates, avocat, coriandre, citron vert et sauce à la cacahuète) et un énorme assortiment de poissons et fruits de mer grillés, un vrai régal ! Puis retour au palace. Une magnifique journée d'anniversaire à l'autre bout du monde.

Une paillote, un ceviche, un vieux calamar 
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03 & 04 juillet :

On profite de ces quelques jours au bord de la mer pour se poser et profiter de ce cadre unique, en attendant une journée bien dégagée pour faire notre excursion à Isla de la Plata, un de mes cadeaux d'anniversaire. Deux jours un peu gris que l'on préfère passer à Puerto López.

On part donc visiter un refuge pour tortues marines, situé sur la plage de l'autre côté de la baie. En arrivant sur place, on découvre qu'il s'agit d'un modeste bâtiment en tôle grillagé fermé au public. A travers les grilles, on parvient à voir une vingtaine de piscines, chacune occupée par une tortue en cure de désintox. D'un côté du hangar, on entend également les cris de quelques fous à pieds bleus, venus profiter de l'ambiance. Le contraste avec le calme des tortues est assez drôle. On repart direction l'hôtel en longeant la plage, où une quantité impressionnante de crabes disparaissent sous le sable à notre passage. Quelques uns des animaux que l'on espère voir en liberté à Isla de la Plata.

Un peu de balnéothérapie  
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Prochaine étape : Isla de la Plata, l'île des fous (à pieds bleus)

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05 juillet :

Quelques jours ont passé, (le temps que la météo s'arrange) nous prenons le bateau direction Isla de la Plata, "l'Île d'Argent" pour les non hispanisants. Honte à vous d'ailleurs. On rembarque sur le même type d'embarcation que pour aller voir les baleines. Aucun vomi à déclarer cette fois-ci.

Frais comme des gardons !

On aperçoit encore quelques baleines sur le trajet d'une heure qui nous emmène jusqu'à l'île vierge et sauvage de la Plata, il y en a même une qui passe sous le bateau et qu'on parvient à photographier. Selfie baleine. En arrivant, un cortège de tortues marines nous escorte jusqu'à la plage.

C'est flippant ce qui se passe sous le bateau...
Gros plan 
Arrivée sur l'île sous bonne escorte 

Hilkka qui n'a pas été malade durant le trajet, se prend désormais pour un marin (marine?) aguerri et se permet de donner des ordres à l'équipage: "larguez les amarres, moussaillons!" ou encore "jetez l'ancre, bande de poulpes", sous le regard médusé des tortues...

Une fois sur l'île, nous commençons la randonnée en petit groupe avec notre guide (j'ai oublié son nom, appelons-le Pedro). La végétation est dense mais le paysage est asséché, on voit beaucoup d'arbustes et de cactus de part et d'autre d'un chemin de terre, seul sentier de l'île. Pedro nous explique que l'Isla de la Plata est située à proximité du lieu de subduction de deux plaques tectoniques et constitue un refuge privilégié pour de nombreuses espèces.

Grosse sécheresse  

On apprécie l'effort de conservation énorme qui est fait sur cette île, que les locaux surnomment affectueusement "Galapagos du pauvre". Tout est fait pour déranger le moins possible les animaux.

Arrivés en haut du sentier, de nombreux fous à pieds bleus : en couple ou avec leurs petits, ils ne sont pas farouches et nous observent avec autant de curiosité que nous en avons pour eux. Ils vivent sous les arbustes, un peu partout sur l'île.

Les habitants de l'île 

Chez les fous à pieds bleus, la femelle pousse des cris assez graves, contrairement au mâle qui est plus dans les aigus. La couvée des œufs est partagée tour à tour par les deux parents. Ils sont modernes ces oiseaux.

L'endroit est superbe, on ne compte plus le nombre de fous sur notre chemin, parfois avec leurs petits, alors que la vue à 360° sur le Pacifique est saisissante. On aperçoit même par chance un saut de baleine à une centaine de mètres de la plage.

Vue saisissante sur le Pacifique 

Un peu plus loin, dans des arbres un peu plus feuillus, des frégates partagent leur abri avec des pélicans et des albatros. Les frégates sont en pleine période de reproduction à cette époque de l'année, et pour attirer les femelles, les mâles gonflent une sorte de poche rouge située sous leur bec. On reste un moment à observer de très près cette colonie d'oiseaux. Grandiose.

Un gros rouge-gorge

Puis vient le moment de redescendre aux bateaux pour aller faire un peu de snorkeling de l'autre côté de l'île. Sur la plage, de nombreux crabes sortent de leurs trous en quête de nourriture. Un peu plus loin sur des rochers, des pélicans vont et viennent, à la recherche de poissons.

Une fois dans l'eau, on voit quelques poissons exotiques, des tortues et une raie manta, d'après le capitaine. Mouais, lui seul l'a vue. Pas de beaux coraux de toutes les couleurs mais quelques anémones tapissent le fond de l'eau. On repart ensuite direction Puerto López, suivis de près par les baleines à bosse.

Hilkka profite de la marée noire 

Le retour à Puerto López se fait sans trop de remous. On profite une dernière fois du calme et du cadre de l'hôtel, puis un dernier resto avant de prendre la route le lendemain pour Guayaquil puis Cuenca.

Derniers moments au bord de l'eau 

On a adoré ces quelques jours à Puerto López, entre les excursions, les restos et l'hébergement chez Shandra, dans un cadre unique. On s'est vraiment régalés !

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Prochaine étape : Cuenca, la ville coloniale

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Publié le 16 juillet 2019

07 au 10 juillet : Cuenca

Après une brève escale à Guayaquil, nous arrivons à Cuenca pour notre dernière étape en Equateur.

De son nom entier, Santa Ana de los Cuatro Rios de Cuenca (un peu dur à porter), Cuenca est située à 2500 m d'altitude dans la Sierra (hauts plateaux) équatorienne, c'est la troisième ville du pays. C'est lors de la conquête espagnole (16ème siècle) que la ville fût baptisée ainsi, en hommage à la ville espagnole d'origine du conquistador commissionné sur place.

Une ville plutôt sympathique qu'on se dépêche d'aller découvrir. D'autant plus que l'auberge où l'on va passer les 4 prochains jours ne restera pas dans notre top 3 des hébergements du voyage. Même pas dans le top 30. Même pas dans le top 3000...

Petit point auberge de jeunesse :

Afin de faire baisser notre budget, nous décidons séjourner en auberge pour terminer l'Equateur. Certaines auberges peuvent être assez confortables : grand dortoir, casiers en bon état, rangements, lits avec rideaux et prises, sanitaires bien entretenus et nombreux.

D'autres auberges misent tout sur leurs "good vibes" (=ambiance), et privilégient posters humoristiques & déco hippie, au nettoyage et à l'entretien. Malheureusement nous sommes tombés dans ce genre d'hébergement : chambre sale, salons "lounge" jamais nettoyés, toilettes bouchées, cuisine crasseuse. Mais comme les jeunes backpackers trouvent l'ambiance tellement sympa, l'auberge a de super notes sur les sites de réservation ! Ce qui nous a dupés plus d'une fois. Le côté social mis en avant, n'excuse pas le manque d'entretien flagrant (surtout quand on ne choisit pas l'hébergement le moins cher). Autant vous dire qu'on se fait vieux et qu'on fait une overdose d'auberges "sympas".

Les prochaines fois, on prendra des hébergements bien plus génériques et sans "âme d'artiste" !

On trouve en chemin vers le centre-ville un petit almuerzo vénézuélien où l'on déguste arepas asados (pain de maïs fourré à la viande et au fromage) et empanadas. Quelques blocs plus loin, on arrive sur la place Calderón, où se situe un parc dominé par l'imposante cathédrale de la Inmaculada Concepción. Elle est reconnaissable de loin à sa couleur inhabituellement orangée et ses dômes bleus.

Catedral de la Inmaculada Concepcion

La ville est très vivante et les façades coloniales sont colorées et garnies de moulures et balcons très travaillés. On passe devant la Plaza de las Flores et son marché aux fleurs sur le parvis d'une vieille église, le Monasterio del Carmen de la Asunción. Plus loin, la place San Sebastian et un petit marché de quartier.

Belles façades

En chemin, on tombe sur un magasin de vêtements typiques en laine d'alpaga. On en ressort évidemment avec deux pulls parfaitement identiques, comme ça quand le mien sera sale, j'en aurai un autre sous la main. Un peu plus loin, une pâtisserie fait de l’œil à Hilkka qui m'en fait à son tour : va pour une tournée de cheesecake, le temps d'une averse. Pour terminer la journée, rendez-vous au musée du chapeau où sans surprise on trouve différents chapeaux. Un artisan nous propose une visite express où l'on apprend les grandes lignes du procédé de fabrication des fameux panamas, qui ne viennent donc pas du Panama, mais d'Equateur. Ils auraient pu y penser avant, où échanger les noms de pays.

Le fameux coup du chapeau 

C'en est trop pour Hilkka qui regagne l'auberge de l'angoisse avant moi. De mon côté, je ferais n'importe quoi pour y revenir le plus tard possible ! Je prolonge la visite en allant faire un tour au musée aborigène de la ville. Statuettes et poteries pré-colombiennes et incas au programme, une visite bien immersive.

Incas particuliers
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Le lendemain, nouveau musée avec le Pumapungo, qui réunit plusieurs sections dont la partie ethnologique où l'on en apprend davantage sur les différents peuples à l'origine de l'Equateur actuel. Des reconstitutions des habitats de l'époque, des tenues traditionnelles et les fameuses têtes réduites, le sort réservé aux assassins notamment. Sur le retour, un petit crochet par la cathédrale où nous montons sur le toit pour une vue panoramique sur la ville et les fameux dômes bleus. Une visite assez complète de la ville, demain nous nous rendrons au Parc National Cajas, qu'on nous a vivement recommandé.

Vue de la Cathédrale 
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11 juillet : Parque Nacional Cajas

Ce matin au réveil, je comprends vite qu'Hilkka ne me suivra pas aujourd'hui. Elle est malade depuis quelques jours et reste donc à l'auberge. Je prends donc un bus local direction le parc national Cajas. Sur le trajet, Patrick, un touriste belge flamand remplace temporairement Hilkka dans la discussion. Patrick est bien sympa, mais Patrick abuse de ma gentillesse et dilapide mes feuilles de coca. Arrivé au parc, je passe au bureau des gardes forestiers pour me déclarer et je choisis un itinéraire, c'est parti !

Le gérant de l'auberge avait grossièrement dessiné le plan d'un chemin hors des sentiers battus, j'essaie de suivre ses recommandations. Pour commencer, la superbe laguna Toreadora, au pied de l'imposant Cerro San Luis. La végétation est un peu jaunie et séchée en cette saison, on y trouve aussi des sortes de cactus et des arbustes dont le tronc ressemble à des ananas.

Laguna Toreadora 

Je contourne la montagne avant d'arriver à un petit bosquet d'arbres à la forme très particulière, on se croirait dans Harry Potter. Ces arbres (polylepis) sont superbes, très colorés avec leurs troncs et branchages tordus et orangés, et donnent un côté fantastique à la randonnée.

A la sortie du bosquet, une grotte à flanc de falaise. A la sortie du bois, petite pause repas dans ce décor magnifique avec une belle salade de thon a la mexicaine en boîte et un avocat, le repas du champion.

Quelques prot 'dans le shaker pour garder la patate !

Ça grimpe pas mal par la suite, je crapahute depuis deux bonnes heures maintenant. Pas un seul bonnet de touriste à l'horizon, seul au monde ! Sur le côté du sentier, un énorme rocher fendu, me fait penser à Apple Rock en Nouvelle-Zélande. Un peu plus loin, apparaissent deux nouveaux lacs, les lagunas unidas. Entourées de montagnes, elles semblent bien placées pour refléter à merveille le décor alentour, malheureusement le temps tristounet ne m'accordera pas ce privilège aujourd'hui. Pas grave, je décide de sortir du sentier et contourner les lacs. Un pêcheur péruvien s'affaire sur sa canne, alors que je croise un touriste américain de l'auberge qui me conseille un chemin pour le retour. Merci Donald, mais je vais plutôt suivre mon plan.

Le retour est assez physique, sûrement à cause de l'altitude (4000m) et les changements de température. Belle randonnée en solo que je termine avant la pluie, retour en bus à Cuenca avec ce diable de Donald. Une bien belle façon de conclure ce sacré mois en Equateur! De retour à l'auberge, je retrouve Hilkka affamée mais en meilleure forme que ce matin. On prépare les sac puis direction la gare routière direction Piura au Pérou.

Derniers paysages d'Equateur
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Prochaine étape : l'arrivée au Pérou.

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Publié le 16 juillet 2019

Quelques chiffres :

Jours sur place : 32

Total dépensé : 1803 €

Budget par jour et par personne : 28 €, nous avions prévu 28 €. Bingo !

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Répartition des dépenses :

Répartition des dépenses en Equateur 
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Ce que nous avons aimé:

  • la gentillesse des locaux (ou expatriés) avec qui on a sympathisé : Cristian, Hector, Davy, Whiton, Shandra
  • les paysages fantastiques du Quilotoa, Cotopaxi, Cuicocha & Cajas.
  • les transports en commun, économiques, pratiques et confortables.
  • la diversité d'espèces d'animaux sauvages (ou secourus) qu'on a pu observer (parc des condors, Isla de la Plata, Puerto Lopez).
  • l'hôtel avec vue sur le Pacifique, les fruits de mer à Puerto Lopez.
  • la liberté de pouvoir cuisiner ou de manger un almuerzo (leur version du "menu du midi" : bouillon, poulet/riz/lentilles et boisson) pour presque rien.
  • le retour de l'espagnol : bien que nous ayons étudié l'espagnol depuis le collège, c'est une langue que nous avions un peu perdu. Les premières conversations n'étaient pas brillantes mais on a déjà nettement progressé ! Vamos !
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Ce que nous avons moins aimé:

  • l'auberge de Cuenca et les colocataires dégueulasses dans notre chambre : un qui pue tellement au point de devoir dormir avec de l'huile essentielle sur l'oreiller pour ne plus le sentir & un couple de porcs dont le bordel occupait la moitié de la chambre.
  • les alarmes de voitures qui se déclenchent sans arrêt et qui durent très longtemps. Pour les fans de How I Met Your Mother, c'est l'alarme qui rend folles Robin et Lily lorsqu'elles passent la nuit devant la boutique de robes de mariée. Pour les autres, voici un aperçu).
  • la santé : c'est le pays où Hilkka a été le plus malade : le mal de l'altitude à Quito, les dents, le ventre, la tête... Et en plus, sachez qu'il n'y a pas d'Immodium (ni d'équivalence) en Equateur. Prévoyez des stocks !
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Le mot de la fin :


Nous quittons l'Equateur satisfaits : les paysages et animaux que nous avons découverts nous ont conquis. Pour une première immersion en Amérique du Sud, tout s'est bien passé et nous avons trouvé les Équatoriens très accueillants et contents que l'on visite leur pays, encore peu connu mais qui en vaut largement la peine. On gardera un très bon souvenir des activités insolites : le canoë dans le cratère du Quilotoa, la montée à 4868 m au Cotopaxi, l'observation des baleines et des oiseaux à Isla de la Plata.