Carnet de voyage

l'artiste et le cuisinier - on the road

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Dernière étape postée il y a 1 jour
Family Road Trip en camping car, à la découverte de l'Amérique du Sud...
Août 2019
50 semaines
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Mai 2019 - On quitte Lyon après 7 ans de vie à la Croix Rousse. On a vendu notre restaurant, nos meubles, nos vins, emballé nos affaires, rendu notre appartement et dis au revoir au copains : ça y est, on est prêt à tout quitter : on prend la route !

Première étape : un mois en Ardèche On profite de la campagne et des cousins et on fête les 3 ans de Zéphyr...

Deuxième étape : un mois en Italie : con la famiglia e gli amici : che bello essere insieme !

Troisième étape : Retour aux sources en Haute Loire pour un dernier moment en famille et avec les copines ....

Et nous voilà à Paris pour les derniers préparatifs, les derniers au revoir et l'anniversaire de Sion

ça y est le grand départ est arrivée !!!! On s'envole de Paris demain, mercredi 21 aout en direction de Quito...

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Publié le 26 août 2019

Départ de Paris, mercredi 21 août 2019. On prend un taxi à 5h du matin direction Orly. Nous voilà à l’aéroport avec notre chargement : 3 valises et 3 sacs à dos... ça semble beaucoup mais pas tant que ça quand on considère tout ce qu’on emmène (un énorme filtre à eau, des outils et pièces mécaniques pour le camping-car, des médicaments (on en a jamais eu autant, on pourrait même se transformer en médical-truck), on a aussi des fringues pour toutes les saisons, des jeux et livres pour Zéphyr, (Mr Pounda s’est même accroché comme un koala sur un de nos sac) et puis du matériel informatique, (photo, enregistreur, ordi tablette..) et même un siège auto et un pot...

Voilà on embarque sur Iberia en direction de Madrid à 7h40. On est bien content d’avoir louer des billets de retour sur Onewayfly car la compagnie nous a demandé une preuve de retour pour nous laisser partir avec notre aller simple... ouf on est passé on est bien content!

Allez c’est partit! on décolle...

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Publié le 26 août 2019

On atterrit à Quito après un long voyage (2h entre paris et Madrid + 2h d’escale + 10h30 de vol de Madrid à Quito), il y a 7h de décalage horaire - il est 23h en Europe mais pour nous c’est l’après-midi il n’est que 16h et un beau soleil nous attend. On est un peu flapi mais happy d’être sur le sol sud américain!

Hans, le propriétaire du camping où est entreposé notre camping-car depuis mai nous attend.

C’est partit pour 2 heures de route à travers la cordillère : direction Ibarra

Quand on arrive a Finca Sommerwind, il faut déjà nuit, on Retrouve enfin Hannah notre nouvelle maison...

première nuit chez nous : bonheur!!!

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Publié le 26 août 2019

Rencontre avec Hannah, notre nouvelle maison : ce camping-car est vraiment génial! On adore!!! On passe les premiers jours à s’installer et comprendre le fonctionnement (électricité, gaz, eau...)

On en profite aussi pour se balader : à pied car notre camping car n’a pas encore ses papiers... (on doit aller à la frontière colombienne pour le mettre en règle)

De la ville on a pas vu grand chose car on est un peu à l’extérieur, au calme près du lac. À notre habitude on est quand même aller voir ce qu’il y avait de bon sur les étales et faire des courses : le marché d’ibarra est très sympa, plein de fruits qu’on a jamais vu, de jolies couleurs et de gens souriants. On n’avait ni le temps ni de quoi faire des photos mais on a passé un bon moment!!!

Le lac est magnifique entourés de montagne, de chevaux et d’oiseaux, on s’est fait de belles balades. Et au grand bonheur de Zéphyr il y a même un circuit de courses...



Les parents : Photo pris par Zéphyr  
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Publié le 29 août 2019

Lundi 26 août : Ca y est on est prêt: aujourd’hui on prend la route! On démarre enfin notre camping-car- youpiii tout roule et Sion manœuvre ces 8m20 tranquilou... Adios Finca sommerwind!

Départ d’Ibarra en Équateur en direction d’Ipiales : la frontière colombienne. On roule sur la panaméricaine, en super état et le paysage est magnifique, très montagneux. On passe des zones arides et volcaniques à des vallées verdoyantes avec pleins de vaches. On grimpe, on grimpe, à environ 3000m et après 2h30 de route nous voilà à la frontière.

Voilà, nous sommes bien arrivés à la frontière... Hans nous à accompagné pour nous aider en cas de contrôle de police car nous roulions jusqu’ici illégalement : en effet notre camping car n’a pas encore ses papiers car nous avons une nouvelle plaque d’immatriculation. Nous allons donc nous garer côté Colombie, puis revenons à pied côté Équateur pour faire tamponner nos passeports et déclarer notre sortie du territoire avant d’obtenir notre tampon d’entrée en Colombie et de déclarer l’importation de notre véhicule. Nous réalisons à quelle point nous avons de la chance d’être européens car c’est un jour un peu particulier à la frontière Équateur-Colombie. À partir d’aujourd’hui les Vénézuéliens, qui fuient leur pays depuis plusieurs mois déjà, ne peuvent plus circuler librement, ils doivent présenter un visa pour entrer en Équateur. Il y a donc des centaines de gens en transit qui tentent de manifester face aux policiers armés qui font barrage... Pour nous c’est réglé en une heure, nous pouvons désormais rouler en toute légalité.

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Publié le 29 août 2019

Pour cette première étape colombienne nous avons choisi de passer la nuit près d’un lieu saint. Le sanctuaire de Las lajas est un peu le Lourdes colombien. La vierge y serait apparue au 18ème siècle. À cette endroit, perché à 2600 mètres d’altitude, se dresse une basilique, adossée à une falaise et à cheval sur une gorge. L’endroit est vraiment surprenant et impressionnant!

On a garer Hannah sur le parking du téléphérique, un lieu safe et tranquille pour bivouaquer, du coup on prend les œufs pour se rendre sur le site au grand bonheur de Zéphyr.

Et après cette escapade bien sympa, on passe notre première nuit dans la nature : fraîche mais bien agréable.

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Publié le 29 août 2019

Mardi 27 août, on quitte la Colombie pour retrouver l’Equateur. On a beaucoup hésité à commencer notre road trip par une boucle en Colombie... ça fait des années qu’on rêve de découvrir ce pays, la région du café et les plages nous font de l’oeil et les gens ont l’air vraiment sympa mais le pays fait deux fois la France, et l’itinéraire prévisionnel de cette l’aller retour vers le nord nous prendrais environ 2 mois. Bref, on se dit que si on veut arriver à Ushuaïa en janvier (histoire d’avoir une météo clémente!) il vaut mieux reporter la découverte de ce pays à plus tard. Le froid et la pluie nous confirme dans notre choix et on repart à la frontière. Rebelotte : on tamponne d’un côté et de l’autre les passeports et les permis d’importation du camping-car. C’est un peu plus laborieux dans ce sens là, logique mais on s’en sort en deux bonne heures et on part à Tulcán.

Ipiales, Colombie 
Frontière  colombie équateur 
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Publié le 29 août 2019

Petite étape à Tulcán, la ville frontalière, pour visiter un cimetière incroyable! C’est en fait un jardin de sculptures végétales absolument fantastiques! On profite d’une belle balade dans ce labyrinthe esthétique et poétique... (Voilà quelques bonnes idées pour tailler des ifs de St romain!)

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Publié le 30 août 2019

Après notre étape à Tulcan on continue la route en direction du village de la Paz pour rejoindre la grotte de la paix. On a repéré un bivouac près d’un autre sanctuaire tout aussi surprenant que celui de las lajas. Il s’agit cette fois d’une énorme grotte avec des stalactites et des stalagmites, nichée au creux d’une vallée d’ou surgit des sources chaudes. Ici aussi la vierge serait apparue et ici aussi les pèlerins viennent remplir leur gourdes d’eau miraculeuse. Le site accueil quatre piscines d’eau thermales à 50 degrés, qui surplombent un torrent. Pour s’y rendre on emprunte notre première route pavée, étroite et chaotique avec de sacrés virages et de belles descentes. Sion relève le défi Tranquilo, le camping car tient bien la route et on arrive juste attend pour profiter d’un bon bain chaud...

Après une nuit paisible on retourne se baigner puis on reprend la route en direction d’Ibarra.

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Publié le 4 septembre 2019

Mercredi 28 août, On avait prévu de descendre un peu plus au sud mais Zéphyr nous a convaincues de faire un petit stop sur les rives du lac Yahuarcucha à Ibarra, ou il a repéré une super aire de jeux. On passe donc l’après-midi à jouer et à faire de la tyrolienne : Zéphyr est totalement fan de cette découverte et il se débrouille comme un chef!

En cherchant sur iOverlander, (l’appli magique qui répertorie tout les spots utiles (bivouac, camping, mécano, station de gaz, d’eau...) on trouve un lieu pour dormir qui nous tente bien, de l’autre côté de la ville, un peu en hauteur, au calme, au pied du volcan Imbabura. On débarque chez Graham et Amalia un couple australien-équatorien et leur fille de 6 ans, Lia. Leur propriété est vraiment chouette! C’est en fait une pépinière donc le jardin est fleuri, bien entretenu et vraiment joli, avec des étangs, des chevaux, et même un labyrinthe végétal. D’ici on surplombe la ville et la vue est vraiment canon. Au grand bonheur de Zéphyr, Lia a trois chien, des oiseaux multicolores et des poissons... et Graham a une moto, pleins d’outils et un petit tracteur ; de quoi bien s’amuser!

On s’est sentis vraiment bien ici, il faut dire que nos hôtes se sont pliés en quatre pour nous faire passé de bons moments, du coup on à passé la journée avec eux, on est resté une nuit en plus et on a bien profité de la matinée. Au programme: on a customisé Hannah en imprimant les stickers (qu’on avait pas pris le temps de faire avant de partir - c’est un peu plus cheap dans tout les sens du terme 12$ pour 3 drapeaux, un stickers d’1m20 et l’autre de 50cm coupé à l’arrache mais on est content), jeux, shopping, glace au yaourt, balade en ville et discussions.

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Publié le 4 septembre 2019

Vendredi 30 août, on prend la route pour Otavalo.

Pour commencer, direction le parc des Condors, un lieu d’accueil et de soin des grands rapaces. La route grimpe au dessus du lac San Pablo, on sillonne au milieu des champs, en saluant les indigènes en costumes traditionnels, c’est magnifique, le trajet vaut le détour! Arrivée tout la haut, on a une vue superbe sur les quatre points cardinaux, on admire d’un côté le volcan Imbabura et de l’autre le volcan Cotacachi, à nos pieds la ville ou le lac... Le parc est sympa, on approche ces énormes oiseaux de tout près, c’est assez magique!

Parc des Condors 

On redescend ensuite à Otavalo et on se pose sur le parking de l’hôtel Aya Uma, un lieu mystique mais plutôt sympa. Il y a cette nuit une cérémonie avec un chaman de 107ans...)

 Aya Huma

On passe la journée du samedi avec la famille de ma copine Marie. Son père César, qui vit à Paris depuis très longtemps, est en vacances ici avec sa femme et ses enfants. Très attachés à leur pays d’origine et à leur culture, il sont ravis de partager pleins d’histoires avec nous. On est invité à un café matinal qui se transforme en journée entière tous ensemble. C’est sympa de se retrouver dans ce lieu chargé de souvenirs, (pour moi aussi car je suis venue dans cette maison il y a une quinzaine d’années avec une bande de copains : que le temps file!) Zéphyr joue avec le cadet tandis qu’on papote avec les grands, on enchaine petit dej, parties de foots, discussions, déjeuner puis ballade en ville à la découverte du marché artisanal qui envahit le centre ville le samedi, c’est le plus grand marché du pays! On termine la journée par une visite de notre camping-car qui fait rêver César... Que de bons moments! Merci la familia Chalampuente pour votre accueil !

Cesar et Lola Chalampuente 
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1er septembre : On quitte Otavalo après une chouette balade au marché et une sympathique pause café. Direction Pifo pour recharger notre bonbonne de gaz.

La route de la cordillère est sacrément tortueuse, pas de doute, on est entouré de volcans!

On bivouac dans un glamping près de l’aéroport de Quito, une super étape balançoire!!!

Lundi 2 septembre. C’est la rentrée des classe en France et en Belgique, et pour nous, en Équateur, c’est partit pour une mission galère : Direction l’usine Enigaz de Pifo, pour tenter de remplir notre bonbonne de gaz. Dit comme ça, ça semble simple, mais remplir une bonbonne fixe, américaine, en Équateur à l’air d’être mission impossible! Apparemment, c’est un des rares spots qui est en mesure de nous approvisionner mais on passe une heure à négocier...en vain! Les camionneurs qui viennent recharger leur citerne et les employés du site essaient de nous soutenir et de trouver des solutions mais le chef reste inflexible : la loi a changé il y a 3 mois et les véhicules étrangers ne sont plus autorisés à entrer dans l’enceinte de l’usine. Du coup on opte pour le plan B, on fait remplir notre petite bonbonne mexicaine qui nous permettra de cuisiner à l’extérieur, et suivant les conseils des uns et des autres, on part à la recherche d’un mécano spécialisé en motorhome pour évaluer la situation. Après une heure de route dans la banlieue de Quito on repart bredouille : le mécano nous déconseille de modifier le système et nous dit de retenter notre chance à l’usine Enigaz. On retourne donc sur le site mais rien à faire, on n’est toujours pas autorisé à entrer... Sur le trajet je sens une forte odeur de gaz, et effet notre petite bonbonne mexicaine fuit... du coup on leur demande de la vider et de nous rembourser. Bref on se retrouve au point de départ après une journée de galère : Pfffffff...). C’est pas grave, on apprend à relativiser : on trouvera une ne solution plus tard!

Apres maintes réflexions, on décide de rejoindre la Mitad del Mundo pour dormir sur la ligne de l’Equateur. Sur le spot qu’on choisit pour bivouaquer, on rencontre un couple de canadiens sympas, en transit sur la route Alaska-Ushuaia en combi ww orange, (le même que Laurent!). On en profite pour échanger des bons plans.

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Publié le 8 septembre 2019

Mardi 3 Septembre - Nous voilà à la moitié du monde sur la ligne de l’Équateur : latitude 0 0’0”!

Au pavillon touristique, on préfère le petit musée IntiNan qui propose un aperçu de la culture indigène du pays et pleins d’expériences interactives rigolotes. Au programme : Faire tenir un œuf en équilibre sur un clou (Sion a relevé le défi et s’est vu remettre le certificat de maître de l’œuf !), observer l’eau qui coule dans un sens ou dans un autre en fonction de l’hémisphère et comprendre au passage la différence entre cyclone et ouragan, marcher les yeux fermés sur la ligne de l’Equateur (pas facile et assez déboussolant!), lire différents cadrans solaires... bref, une chouette visite avec une guide très sympathique : on s’est bien amusé et on a appris plein de trucs!

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Publié le 8 septembre 2019

C’est partit pour Mindo, à la découverte de la forêt équatoriale, des oiseaux et des papillons, des cascades, du café et du cacao... On quitte la cordillère et ses hauts plateaux arides pour une immersion verte : des forêts luxuriantes à perte de vue - que c’est beau!!!

On s’installe à la Bicok, un écolodge créer par des français, qui après 2 ans et demi de voyage en camping-car se sont arrêtés là. On y rencontre des lyonnais qui vivent en Argentine depuis 5 ans et font un dernier road trip en van avant de regagner leurs terres natales. On commence donc par une soirée sympa à refaire le monde et à échanger des bons plans de voyageurs... Zéphyr est aux anges, entre piscine et jeux dans une autre maison roulante, c’est la déglingue!

Mercredi 4 et jeudi 5 septembre, on profite des charmes de Mindo...

On commence par la visite tant attendue : le Mariposario à la rencontre des papillons et des colibris. On observe les cocons qui se transforment et les papillons avec leurs superbes couleurs... c’est magique cet endroit!

On se laisse effleurer et même chatouiller par les uns et les autres...

On s’émerveille ensuite dans le jardin, ou des centaines de colibris butinent des fleurs et des fruits multicolores.

On en profite aussi pour faire de belles balades à pied... et déguster de savoureux cafés

Et pour clore en beauté ce séjour, on s’offre une visite gourmande autour du cacao : on suit le processus de A a Z, on apprend comment transformer la fève en chocolat. On savoure les délices de chaque étape : on goûte la pulpe des graines de différentes fèves, le jus réduit selon différentes méthodes, on compare le grué de cacao plus ou moins raffiné, puis le chocolat pure ou aromatisé, en carré, en boisson ou en gâteau... miam!!!

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On quitte l’itinéraire touristique pour une étape technique à Santo Domingo, la quatrième plus grosse ville du pays. Objectif principal : trouver un adapteur de gaz pour brancher une bonbonne équatorienne sur nos plaques de cuisson mexicaine (...) ce qui nous permettra de cuisinier en attendant de recharger Hannah. On a visité toutes les Ferrateria de la région en quête du bon raccord, avant de trouver un mega magasin de bricolage en plein centre ville dans lequel les garçons se font plaisir : Zéphyr rêve devant les perceuses, les tondeuses et les tronçonneuses tandis que Sion fait ses emplettes dans cette caverne d’Alibaba. On en profite pour retirer des sous à la banco del Austro, (la seule banque équatorienne qui ne prend pas de frais) et on continue à chercher désespérément un chargeur pour mon appareil photo (ben oui, je vous ai pas dis?! j’ai oublié mon chargeur Nikon en France... La grosse looze car dans ce pays trouver un chargeur d’appareil photo c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin... du coup, je tente ma chance ici et là et me contente de mon iPhone en attendant de trouver la perle rare...)

À la tombée de la nuit (vers 19h), on ressort de la jungle urbaine pour rejoindre le parking sécurisé d’un complexe hôtelier un peu excentré qu’on a repéré sur ioverlander. A notre grande surprise, on nous refuse l’entrée, et on a beau amadouer le gardien, rien à faire! On repart donc un peu dépité sans trop savoir ou aller... Quand soudain, quelques mètres plus loin, un Bon samaritain nous arrête pour nous inviter chez lui. Il nous a repéré dans la ville aujourd’hui (c’est sûr, on ne passe pas inaperçu avec nos 8m30, ça intrigue, ça amuse, et ça nous vaut pas mal de sympathie!), et il est ravi de pouvoir nous aider. Wilson nous présente ses amis (un couple italo-équatorien avec un garçon de l’age de Zéphyr), puis nous accueille dans sa Finca (une ferme typique avec des cacaotiers, des animaux et des vallées verdoyantes à pertes de vues...waooo!!). On est reçu comme des rois et on passe un super moment! Au réveil on visite le domaine, on assiste à la traite des vaches, et on déguste même les œufs frais de ses poules... Au top! Super spot, super rencontre!

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Publié le 14 septembre 2019

Vendredi 6 Septembre, en route vers la mer... Entre Santo Domingo et Esmeraldas, le paysage se transforme - la forêt est grignotée par les plantations de cacao, d’ananas, de palmes et de bananes (l’Equateur est le 1er producteur mondial de bananes - il y a plein de sorte différentes, elles sont trop bonnes!). La température grimpe tandis que les reliefs s’estompent.

Lors d’un petite pause au bord de la route, un gars nous offre des fruits étonnants - le guava : c’est une espèce de tige verte, rigide, qu’on casse pour manger la pulpe à l’intérieur, ça ressemble à du coton, c’est doux et sucré et il y a un gros noyau lisse dedans, un peu comme celui du litchi. Miam... on se régale! (Je ferais un article sur les fruits bientôt car il y a dans ce pays une diversité incroyable, a vrai dire on ne connaît pas la moitié des fruits qu’on voit sur les étales!)

On arrive en milieu d’après-midi à Playa Escondida, une réserve écologique de 100 hectares, dédiée à la préservation de la forêt subtropicale, de la faune et de la flore côtière. Le spot de bivouac est super chouette : dans la forêt, au bord d’une rivière et face à la mer, niché dans une crique entourée de falaises friables qui se découpent en strates colorées. On est au calme et quasi seuls - enfin disons plutôt bien entourés : Des centaines de Bernard l’Hermite s’activent sur la plage, c’est fascinant d’observer leur ballet incessant et les dessins qu’ils tracent sur le sable. Il y a aussi pleins d’oiseaux multicolores, d’iguanes, de grosses chenilles (apparemment vénéneuses) et même un serpent rouge et jaune... et puis cette plage est un site de ponte des tortues vertes (d’ailleurs une tortue est venue pondre un matin à quelques mètres du camping-car, mais on a pas vu les petits car il faut attendre 45 jours pour que les œufs éclosent.). La plage est superbe et les marées sont impressionnantes - à marée haute on nage dans l’océan plutôt tranquille tandis que les vagues se fracassent au loin sur une barrière rocheuse - à marée basse on fait de grandes balades au milieu des les rochers et on se baigne dans les petites piscines naturelles. On rencontre Ernesto et Liza, un historien équatorien et une économiste russe avec 4 enfants, qui ont créés ici un restaurant et se sont lancés il y a quelques années dans la culture du cacao. Leurs chocolats (TeaOne) sont vraiment délicieux (mention spéciale pour celui au café et celui à la cardamome verte!). On discute des changements de vie et on tire des plans sur la comète, on passe de bons moments ensemble! Il fait vraiment bon vivre ici... on s’accorde donc une pause de quelques jours, relaxante et bien agréable pour tout le monde...

On a pas beaucoup parlé bouffe jusqu’à maintenant mais comme à notre habitude on se régale! C’est vraiment cool d’avoir une maison roulante avec un frigo et un congélateur, ça nous permet de cuisiner tout les produits qui nous tentent. Nos plaques mexicaines fonctionnent à merveille et on profite aussi d’être en pleine nature pour se faire de bons barbecue. Vivre avec un chef à domicile c’est vraiment le luxe!!! Bientôt, promis on partagera nos créations et nos découvertes culinaires...

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Publié le 15 septembre 2019

Mercredi 11 septembre - On continue notre route vers le sud... C’est une étape importante pour Zéphyr car il repart de Playa Escondida sans sa tétine... En effet, il a décrété il y a quelques jours qu’il était suffisamment grand pour ne plus faire de sieste. Or on lui a expliqué par a+b que plus de sieste = plus de tétine, du coup il l’a offerte au roi des iguanes... et miracle on en a plus entendu parlé... Victoire!!!). On est super fiers de notre grand Loulou!

En chemin on goûte une spécialité locale : Hallacas de yucca y maduro al queso (ou un truc du genre - en fait on a oublié comment ça s’appelle et quand on demande au gens qu’on croise personne ne sait exactement). C’est une pâte de manioc, mélangée avec des œufs et de la banane plantain, bien mûre, et fourrée au fromage, on la cuit au barbecue, roulée dans une feuille de bananier - c’est délicieux!!!

Entre Muisne et Pernedales, on traverse la région de la crevette! L’equateur est le premier producteur de crevette du continent américain et il y a en effet des bassins d’élevage de crevettes partout sur notre trajet !!! Après avoir ravagé les mangroves pendant des années, il semblerait que les producteurs se tournent désormais vers une culture bio un peu plus raisonnable... on espère! On en profite pour manger des crevettes tout les jours et à toutes les sauces, la palme revenant à celles qu’on appelle ici langostina et qui fait la taille de ma main... miam!

On fait étape au village de Cańaveral, le long d’une immense plage bordée de cocotier.

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Publié le 16 septembre 2019

Jeudi 12 Septembre - Après un bon petit dej aux œufs de cailles, on longe la côte en direction de Canoa. Encore de jolis paysages, des bassins de crevettes, des bananiers et du cacao qui sèche au bord de la route. On croise aussi des Tuk-tuk et pleins d’écoliers en uniforme.

On s’arrête un peu avant Jama, dans un petit village de pêcheur très sympathique.

Le spot de camping est top, on est garé juste en face d’une jolie plage tranquille, dans un jardin fleuri, avec un coin billard et hamac.

On passe l’après-midi à regarder les pêcheurs travailler, à jouer sur la plage et à observer les oiseaux. Il y a plein de rapaces et de pélicans!!!

En fin d’après-midi, Zéphyr retrouve des petits copains rencontrés à playa Escondida, il est ravi! Et nous, on en profite pour aller boire des mojitos avec les locaux dans un mini bar sur la plage...

Cette nuit la pêche a été bonne, on achète donc plein de bonnes choses aux pêcheurs : thon blanc, gambas, crabe et un poisson qui ressemble à de la sole. On profite de l’espace commun pour cuisiner et goûter des fruits inconnus... Miam!

Les tomates de Arbol, un peu acidulées qui se marient bien avec notre poisson.

La granadilla, à la pulpe douce et sucrée (qu’on avait prévu de manger avec les gambas mais que Zéphyr a déglingué tellement ça lui a plu!)

Et le pittaya jaune, beaucoup plus douçâtre que le pittaya rose qu’on trouve en Asie et qui va bien en dessert

Comme il fait un temps superbe on passe ensuite la journée à se baigner et à tester nos planches de surf... que la vie est douce!

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Publié le 21 septembre 2019

Samedi 14 septembre - cap vers le sud... Pour notre dernière étape sur la côte, on descend au sud de Manta (au nord de Puerto Lopez) pour découvrir les paysages semi-désertiques des forêts sèches et tenter d’apercevoir les baleines. Après une heure de route, on traverse Bahia de Caraquez et on franchit le pont le plus long d’Equateur, suspendu à 1,2km au dessus de la baie. La vue est superbe!

On fait une pause, un peu plus loin, à San Clemente, le long d’une plage immense, bordée de mangroves, ou océan et eau douce se rencontrent et se mélangent. C’est l’occasion pour Zéphyr de câliner des petits chatons trop mignons... (et tenter de nous convaincre d’en adopter un - en vain!)

Le paysage se transforme ensuite de manière spectaculaire : on circule au milieu des rizières puis on traverse des forêts de Baobabs et on arrive enfin en zone aride.

En passant par Manta, on en profite pour faire quelques courses. On se perd donc dans le centre ville, quand, dans une minuscule rue, on se prend malencontreusement un fil électrique vraiment bas. (Il faut dire que les fils sont entremêlés par paquets anarchiques, parfois à moins de deux mètres du sol...) Résultat : on a baptisé Hannah ; notre échelle s’est un peu dessoudée (rien de grave heureusement et on est soulagé car le panneau solaire n’a rien...). Le fil électrique c’est quand à lui complètement arraché... On ressort au plus vite de la ville pour rejoindre Punta la Barca et bricoler un peu au calme.

On atterrit dans un petit coin de paradis conçu pour les Digital Nomades. On est en fait chez un couple Belgo-équatorien avec deux enfants de 2 et 4 ans qui accueille des volontaires et/ou voyageurs qui travaillent en cours de route. Le lieu est vraiment chouette, perché sur une falaise avec la mer à perte de vue, avec pleins d’espaces détente/bureau. On y rencontre des gens sympa en provenance des 4 coins du monde tandis que Zéphyr profite des deux petits copains et de leur jouets! On admire les baleines qui sautent au loin et les kitsurfers qui s’en donnent à cœur joie. En effet, on est ici sur la pointe la plus avancée dans l’ocean pacifique du continent américain, donc la plus exposée au vent...

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Publié le 21 septembre 2019

Lundi 16 septembre - on quitte la côte pour rejoindre Quevedo et retrouver les forêts tropicales humides.

On fait étape pour la nuit dans une superbe Finca de cacao, au calme, et on en profite pour faire nos stocks de cacao en poudre bio.

Mardi 17 septembre - on se lève au aurore pour notre rendez vous tant attendu avec Wilmer de Congaz. On a enfin trouvé la possibilité de recharger notre bonbonne fixe de gaz! Mission réussi : en quelques minutes le camion nous approvisionne (36 Litres) et pour fêter ça on se prépare un petit café avant de reprendre la route vers les hauts plateaux.

On laisse derrière nous les palmiers et les plantations de bananes qui recouvrent des des km de collines (on en avait jamais vu autant!!!) et on commence à grimper dans la forêt. La route est sinueuse et de plus en plus montagneuse - au bout d’une heure on atteint déjà 2500 metres! On s’octroie donc une longue pause déjeuner et une belle balade au village de Pilalo, histoire de s’acclimater un peu avant de grimper encore plus haut. On croise un petit camion de fruits et légumes avec de supers produits issus des potagers du coin (il y a notamment des mûres et des fraises!) et on goûte le plat du jour dans une gargote (soupe de riz, poulet sauce rocou, riz et patate - un menu typique du coin! Simple et bon)

On repart dans un brouillard à couper au couteau! La route est de plus en plus escarpée, on aperçoit vaguement des ravins impressionnants dans les virages en épingle. On grimpe enfin au dessus de la masse nuageuse pour arriver à plus de 3000m, et nous voilà dans les hauts plateaux andins, accueillis par des lamas dans un paysage à couper le souffle!

On fait ensuite une petite pause bien méritée au mirador Toachi, à 3500 metres d’altitude, pour admirer la vue sur le canyon Toachi, créé par le volcan Quilotoa.

On arrive en fin de journée à la lagune Quilotoa : une merveille de la nature!!!

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Publié le 23 septembre 2019

Mardi 17 septembre - Nous voilà donc à environ 4000 mètres d’altitude, au bord de la Laguna Quilotoa.

La vue sur le lac qui s’est formé dans le cratère de cet ancien volcan est époustouflante! Les reflets du ciel sur l’eau offrent une palette de couleurs sublimes, en mouvement perpétuel. On profite de cette belle lumière pour faire une grande balade sur les crêtes et admirer ce paysage féerique de différents points de vue, parfois carrément vertigineux!

On a garé Hannah sur un terrain au bord de la falaise, et au coucher du soleil, on rentre donc se mettre au chaud dans notre « casa rodante ». La nuit en haute montagne est fraîche mais paisible.

Au matin, on est les premiers à entamer la descente vers la lagune : 400 mètres de dénivelé sur un terrain sableux, avec de somptueux points de vue. Sur le chemin on croise les locaux qui descendent avec leurs chevaux, ça fait rêver Zéphyr!

Après une petite heure de marche et de dérapage, on arrive au bord de l’eau. On se sent tout petit vue d’ici...

Après un bon moment au bord de l’eau, on opte pour la remontée à cheval... il faut dire qu’à cette altitude on a un peu le souffle court! Une heure plus tard nous voilà de retour sur les crêtes.

Après le déjeuner, on décide de reprendre la route car les touristes débarquent en masse. Direction la posada de Tigua, à une demie heure de là...

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Publié le 24 septembre 2019

Mercredi 18 septembre - on arrive en début d’après-midi à la posada de Tigua. Une charmante ferme familiale situé a 3500 mètres d’altitude, dans un cadre magnifique!

Felippe nous réserve un accueil des plus chaleureux! Il nous explique le fonctionnement de sa Finca, partage sa passion des bons produits et des savoirs faire traditionnels et nous invite à découvrir la fabrication du fromage de la traite à la dégustation. On passe l’après-midi à se promener et à jouer avec un lama rigolo!

Le lendemain on profite du soleil pour se balader, puis, à l’heure du déjeuner on se met à discuter cuisine avec Felippe, qui comme Sion est un vrai passionné...

Deux heures plus tard on est encore là à partager des recettes, à goûter ses préparations, à échanger des idées et des secrets de chefs! Décidément une belle rencontre dans un lieu coup de cœur!

Après ces bons moments, on quitte finalement la Finca en milieu d’après-midi. On serait bien resté un peu plus longtemps ici mais il pleut des trombes et l’altitude commence à se faire un peu oppressante. On reprend donc la route en direction de Baños.

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Publié le 30 septembre 2019

Jeudi 19 Septembre - Nous quittons les hauts plateaux andins pour les forêts luxuriantes de l’Oriente...

Première étape : Baños de Agua Santa, une petite ville thermale, connue pour ses sources chaudes, ses nombreuses cascades et ses paysages verdoyants.

Afin d’éviter la foule de touristes attirés par ses charmes, nous choisissons un bivouac un peu à l’écart de la ville - mais aïe aïe aïe... en chemin on s’encastre dans une minuscule ruelle, on écorche les fesses d’Hannah et on s’offre une belle frayeur! Pffff que d’émotions! Du coup, on rebrousse chemin et par chance on trouve un super spot en plein centre ville, à deux pas des Thermas de la Virgen et à côté d’un grand parc à jeux : on est au top!!! En bonus, le camping-car est garé au pied d’un avocatier, on a qu’à tendre la main pour se régaler... miam)

Nous passons la soirée au thermes de la Virgen à se délasser dans l’eau chaude. Il s’agit de plusieurs bassins en plein air, à différentes températures - fraîche, chaude, très chaude (47 degrés) et brûlante (interdit au enfants et tellement bouillante que je n’ai pas réussi en tremper plus d’un pied!). Les piscines sont situées à l’aplomb d’une immense cascade bien fraîche (8 degrés, histoire de bien se rafraîchir entre deux bains!) et offrent un joli point de vue sur la ville. Malgré l’affluence, on passe un bon moment et on termine cette journée cuit à point!

Le lendemain, on vaque à nos occupations... Tandis que Sion bricole pour réparer les dégâts de la cellule, je pars jouer au parc avec Zéphyr. On déjeune ensuite au resto, puis on se balade dans la ville et on en profite pour régler quelques détails techniques (lessives, recharges, banque...). Et pour clore cette journée en beauté, je m’offre un long massage dans l’espoir d’atténuer un mal d’épaule qui me titille depuis quelques temps et que l’altitude n’a pas arrangé. (Bon, à vrai dire en sortant j’ai mal partout... il faudra quelques jours pour que ça porte ses fruits!)

Samedi 21 septembre - Nous empruntons la route des cascades jusqu’à Puyo, afin de rejoindre les portes de l’Amazonie. Le paysage est superbe! La route étroite serpentent sur 60 km, dans une vallée verdoyante, traverse de minuscules tunnels, longe des falaises abruptes d’ou jaillissent des dizaines de cascades... on en prend plein des yeux!

En chemin, nous nous arrêtons au Manto de la Novia, une cascade de 60 mètres de haut, et nous embarquons pour une traversée en tarabiata, une espèce de nacelle-tyrolienne qui survole la cascade. L’expérience est rigolote et la vue à couper le souffle!

Nous atterrissons à l’entrée du parc du Sangay et en profitons pour faire une petite balade sympa.

Après quelques empañadas, et de jolis arrêts en bord de route nous arrivons à Puyo

Et nous voilà aux portes de l’Amazonie...

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Publié le 2 octobre 2019

Puyo - du 21 au 24 Septembre - Première approche de La Selva...

La vie fourmille sous nos pieds! 

Pour débuter notre immersion, nous rejoignons Le Paseo de los Monos, un refuge pour les animaux victimes du trafic illégal, situé un peu à l’écart de la ville, sur un hectare de forêt indigène. Le sanctuaire héberge plus de 200 spécimens, orphelins, malades ou blessés, parmi lesquels figurent différentes espèces de singes, de reptiles, de félins, d’oiseaux et de petits mammifères. Les animaux reçoivent ici les soins nécessaires dont ils ont besoin et sont intégrés à un groupe de leur espèce dans le refuge avant d’être libérés, quand cela est possible, dans les aires protégées des parcs nationaux.

Nous décidons de bivouaquer à l’entrée de la réserve, ce qui nous permet d’observer longuement les animaux, de donner un coup de main aux volontaires et de nous promener librement au milieu de la forêt pendant plusieurs jours.

La nuit est agréable en lisière de forêt! Nous sommes bercés par le bruits des insectes, entourés de lucioles et réveillés par le piaillement des oiseaux et des singes...

En journée, nous partons faire de petites excursions aux alentours.

Balades et baignade le long du Rio Pastaza.

Visite du Parque Real de los Aves Exoticos, une curieuse collection d’oiseaux des quatre coins du monde réalisée minutieusement, depuis une trentaine d’années, par un particulier passionné qui ouvre son jardin au public. On y découvre notamment toutes sortes de pigeons plus incroyables les uns que les autres (la palme revient au pigeon géant), des poules et des coqs aussi beaux que surprenants et pleins d’autres espèces exotiques multicolores. À vrai dire c’est plutôt rigolo et le truc sympa c’est que les oiseaux emblématiques de la région viennent y nicher de leur propre gré. C’est l’occasion d’observer de près de magnifiques Aras rouge et bleu et bien d’autres espèces endémiques.

Pour terminer en beauté nous nous rendons au Parque Etnobotánico Omaere, une forêt de 15 hectares, créée il y a 25 ans par une femme Shuar, afin de réunir et préserver les plantes médicinales utiles aux cultures indigènes. Lors d’une super visite guidée, menée par des passionnés heureux de transmettre leurs savoirs, on découvre une multitude de plantes médicinales et on apprend comment les peuples Shuar et Achuars les utilisent au quotidien. C’est vraiment très intéressant d’en apprendre un peu plus sur ces peuples qui ont tout compris sur la manière de vivre en harmonie avec la nature! Une belle leçon de vie...

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Publié le 5 octobre 2019

Jeudi 24 Septembre - Avant de quitter Puyo, on s’offre un délicieux déjeuner au restaurant el Jardin Relax.

Voilà nos plats coups de cœur : le Bolon de Yuca (une galette de manioc au fromage accompagnée d’une petite sauce piquante à l’ail, rocou, citron et piment).

Le locra de papas (une soupe de pomme de terre au Rocou avec morceaux d’avocat et de fromage - le Rocou étant une épice qu’on affectionne particulièrement, typique d’Amazonie, utilisée en Europe pour colorer en rouge-orangé certains fromages).

Et le Pollo Ishpingo (un sauté de poulet à la cannelle locale, une variété en forme de fleur, moins sucré mais plus puissante, cuisiné avec des raisins sec et du miel). On a aussi bien apprécié le jus de mûre (une spécialité du pays préparé ici avec de la pomme et du citron)... Bravo à La chef équatorienne qui a régalé nos papilles!

Après cette belle étape aux portes de l’Amazonie, nous prenons la route qui relie Puyo à Macas et traversons des paysages fantastiques!

Nous évoluons au milieu d’un univers vert, entourés de forêts à pertes de vue et traversons quelques ponts impressionnants pour traverser les Rio...

Le trajet est ponctué de panneaux indiquant le nom des communautés autochtones à qui appartiennent les terres. Ça nous fait rêver... À vrai dire nous avions envisagé de partir à l’aventure dans la Selva, de s’enfoncer dans la forêt à la découverte de la faune et de la flore, à la rencontre des peuples racines... Mais, après ces quelques jours à Puyo, nous avons réalisé que c’était un peu fou pour l’instant. En effet, notre petit aventurier de 3 ans, n’a peur de rien, ramasse tout ce qui lui plaît, ne tient pas en place et adore jouer avec les insectes! Bref, on nous a conseillé d’attendre un peu... Ce n’est que partie remise : Amazonía On reviendra!

On fait étape pour la nuit à Huamboya, un tout petit village tranquille. Le spot de bivouac est super : en pleine nature, au bord de l’eau, bien équipé et gratuit, il y a même un gardien de nuit très sympa! On y rencontre un couple de colombiens qui se rendent aussi à Ushuaïa et avec qui on sympathise.

Le lendemain, nous reprenons la route pour rejoindre Macas.

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Publié le 5 octobre 2019

Mercredi 25 septembre - Nous arrivons à Macas en fin de matinée et nous installons en bordure du parque recreational, qui, comme son nom l’indique est plein de jeux, et qui offre aussi une vue magnifique sur la forêt environnante!

On passe l’après-midi à jouer et à se balader. On va manger un Frozen Yogurt (une sorte de glace au yaourt à customiser que les équatoriens adorent et nous aussi!), on goûte les bières locales et on assiste même à un cours de Bailatherapia, une sorte de zoumba revisité. Les gens sont vraiment très sympathiques dans ce coin, et on respire au milieu de cette immense étendue verte! On est bien!

Le lendemain, nous continuons tranquillement notre chemin vers le sud et profitons de quelques jolies étapes.

Arrivés à Santiago de Méndez, où nous pensions passer la nuit, il fait une chaleur moite et étouffante et les piscines que nous avions repérées sont fermées pour maintenance. Nous décidons donc de continuer vers Cuenca. La route est absolument splendide! Nous grimpons, seuls, dans les montagnes verdoyantes, passons des cols, longeons des torrents, enchaînons les virages en côte et nous approchons de la lisière du parc Sangay.

C’est un trajet magnifique mais interminable... car il n’existe pas de bas côté pour faire une pause durant des km. Un peu avant la tombée de la nuit nous croisons enfin un petit restaurant étape, et nous garons au bord du précipice pour la nuit. Au réveil, on découvre une vue merveilleuse... époustouflante! Zéphyr se lie d’amitié avec les enfants du mécano et complète sa collection d’insectes, tandis que nous papotons avec un motard de Dubai qui traverse le continent.

Nous reprenons ensuite la route pour arriver à Sigsig à l’heure du déjeuner.

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Publié le 8 octobre 2019

Vendredi 27 Septembre - Nous voilà à Sigsig, une petite ville andine réputée pour ses Sombreros de Paja Toquilla, célèbres chapeaux connus à tort dans le monde entier sous le nom de Panamá...

En effet, contrairement à son nom, le fameux chapeaux Panamá est fabriqué exclusivement en Équateur, grâce aux fibres d’un palmier endémique qui ne pousse que dans l’arrière pays aride de la côte centrale équatorienne. La réalisation d’un Montecrissi (comme le nomment ici les connaisseurs, en référence à la ville la plus renommé pour sa fabrication) nécessite un travail long et minutieux. Il faut d’abord préparer les fibres, en battant les pousses sur le sol pour en extraire de longues feuilles fines, qui seront ensuite bouillies et séchées au soleil pendant plusieurs jours afin de devenir des fils. Commence alors le délicat tissage à la main, qui est généralement réalisé ici, dans la région de Cuenca, et qui peut durer plusieurs mois, voir même une année entière pour les chapeaux les plus fins : les superfino. Après de nombreuses finitions, le chapeaux est passé dans une presse qui lui donne sa forme définitive en fonction du moule choisit, puis orné d’un ruban.

Nous visitons le petit musée qui expose notamment le plus grand chapeau du monde puis nous nous baladons dans la ville et nous attardons dans une petite boutique où nous craquons chacun pour un joli chapeau...

Nous bivouaquons sur la playa Zinhgate, un endroit tranquille, en contrebas du centre ville, au bord de l’eau, avec parc à jeux et coin barbecue à disposition.

 À force d’entraînement, Zéphyr est en train de devenir un champion de Tyrolienne! 
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Publié le 9 octobre 2019

Cuenca - Du 27 Septembre au 2 octobre.

Nous entrons dans Cuenca avec des étoiles plein les yeux... Le centre historique, classé au patrimoine de l'Unesco, a un charme indéniable, avec son architecture coloniale, ses nombreuses petites places, ses multiples églises, ses jolies rues pavées et ses petits cafés... on a immédiatement le coup de cœur ! On prend donc le temps de flâner et de se régaler pendant quelques jours.

En plein centre, on découvre la magnifique cathédrale de l'immaculée conception, dans laquelle on peut grimper pour admirer la vue sur la ville.

cathédrale de l'immaculée conception

A nos pieds, le parc Calderon et ses cireurs de chaussures.

De l'autre coté, le joli marché au fleurs, où l'on croise les femmes indigènes en costume traditionnel.

... A chaque coin de rue on découvre une nouvelle église, une jolie place, ou un petit café sympa...

Un peu plus au nord, la charmante place San Sébastien avec ses vélos emov et son petit musée offre un cadre paisible.

Place San Sebastien

On profite aussi des quais du Rio Tomebamba et des parcs qui bordent la ville.

Et bien sûre... des jolis marchés colorés... plein de fruits exotiques !!!

Nous avons garé Hannah un peu à l'écart du centre ville, chez Umberto, un équatorien très sympathique. On profite de son grand terrain et de son réseau pour régler quelques aspects techniques. Un camion de gaz vient recharger notre tank (le luxe!) tandis qu'un mécanicien effectue un check up de notre camping car, change les plaquettes de frein et effectue la vidange.

Pour terminer cette étape en douceur, nous rejoignons, Banos de Cuenca, une petite ville thermale situé à quelques kilomètres de Cuenca et profitons d'une journée détente aux thermes de Piedra de Agua Fuente.

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Jeudi 3 octobre - 1er jour des manifestations en Équateur.

Alors que nous nous apprêtons à Quitter Banos de Cuenca où nous avons passés la nuit, nous nous retrouvons bloqué par une manifestation. Les locaux nous expliquent que nous devons nous dépêcher de prendre la route avant que la grève qui débute ne nous empêche de passer. Sans trop comprendre de quoi il s’agit, nous empruntons la piste en terre qu’ils nous indiquent afin de rejoindre au plus vite la panaméricaine. Une fois en bas, nous découvrons que c’est déjà trop tard : les barrages sont en places : les manifestants font brûler des pneus au milieu de la chaussée pour couper la circulation...

Nous partons faire quelques courses au supermarché du coin en attendant que ça se calme. Mais après s'être un peu renseigné, nous réalisons que nous ne pourrons pas aller bien loin aujourd’hui! Nous décidons donc de rebrousser chemin jusqu’aux thermes tant que c'est encore possible, et de reporter notre départ au lendemain.

Nous passons l’après-midi seuls dans les piscines chaudes et en profitons pour faire une petite balade jusqu’à la jolie Église qui surplombe la ville.

En fin de journée, nous apprenons que le gouvernement a annoncé ce matin une augmentation de plus de 100% sur le prix des carburants. Les transporteurs ont immédiatement appelés à une grève nationale pour s'opposer à cette hausse exorbitante. En réponse à ces protestations, le président a déclaré l'état d'urgence sur l’ensemble du territoire équatorien pour une durée de 60 jours... ça n’augure rien de bon!

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Vendredi 4 octobre - 2ème jour de grève

Comme on nous l’a conseillé, nous nous réveillons aux aurores pour avoir une chance de passer avant que les blocages ne reprennent. Nous rejoignons la Panaméricaine sans encombre mais rencontrons rapidement un obstacle bien plus imposant que celui de la veille. Le temps de négocier, en vain, avec les manifestants, pour essayer de se frayer un passage, un second barrage a été érigé en amont, nous empêchant de regagner notre point de départ. Nous sommes encerclés...

Par chance, nous apercevons sur iOverlander, un spot de bivouac possible dont le chemin d’accès se trouve à quelques mètres de notre position. Nous grimpons donc dans la montagne par un chemin de terre escarpé, au milieu des chevaux et des eucalyptus, et débarquons chez Paulo et son fils Pablo, des basques espagnols qui nous accueillent chaleureusement!

Paulo, en plus d’être avocat et d’œuvrer pour le recyclage des eaux usées, est un véritable passionné de cuisine... Le feeling passe donc immédiatement, et tandis que les chefs se mettent aux fourneaux, nous partons avec Zéphyr faire une belle balade à cheval. En effet, nous sommes ici dans une Finca de 80 hectares qui surplombe Cuenca. La famille équatorienne, propriétaire du domaine, est connue pour ses prouesses équestres. De père en fils, ils raflent toutes les médailles des concours hippiques! On est en donc entourés de chevaux magnifiques et de gens sympathiques et bienveillants !

Nous passons l’après-midi à déguster de bons petits plats : Tortilla espagnole, Papas à la huancaina, Gambas à la plancha mais aussi flan catalan et ceviche Pérouvien, le tout accompagné de bon vins et suivie d’une bonne balade digestive.

Dans la soirée, les médias annoncent la levée de la grève des transporteurs, qui, suite à l’arrestation de plusieurs de leurs dirigeants et à l’accord donné par le gouvernement pour une hausse des tarifs des transports, déclarent mettre fin à leur manifestation. On part se coucher plein d’espoir!

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Samedi 5 octobre - 3ème jour des manifestations.

Nous passons la matinée à discuter avec Pablo, qui travaille dans le domaine de l’éducation et instaure notamment des partenariats entre différents pays afin de former des professeurs de langues étrangères. Il nous explique que la situation reste instable, mais que le traffic à l’air de reprendre sur les grands axes. Après quelques hésitations, et suivant ses conseils, nous décidons de partir en direction de la côte afin de rejoindre au plus vite le Pérou.

Nous prenons donc la route en fin de matinée, et avançons rapidement au milieu des décombres. Le calme semble être revenu...

Malheureusement, après une heure et demie de route, les choses se gâtent!

Aux abords de Santa Isabel, la circulation est coupée. On aperçoit des nuages de fumée noire au loin. Les automobilistes rebroussent chemin tandis que résonnent les détonations des pétards. Un camionneur compatissant nous indique un itinéraire alternatif et on s’engage donc sur une piste en terre pour contourner le blocage.

Un quart d’heure plus tard nous sommes de nouveau bloqué par un barrage qui nous oblige à faire demi tour. Des gars du coin nous proposent alors de nous escorter sur un chemin sinueux à travers la montagne, censé nous permettre de rejoindre la côte... on tente le coup : une pure folie!

Le paysage est superbe mais la piste, étroite et chaotique, grimpe de manière vertigineuse au milieu de la montagne. Après une demie heure de sueurs froides on se retrouve coincés face à une espèce de tranchée qui nous contraint de faire marche arrière. Même les 4x4 qui nous suivent rebroussent chemin... La manœuvre entre deux précipices est extrêmement périlleuse vu notre gabarit et la descente à pic qui s’en suit, sous la pluie, avec des freins en plein rodage, est vraiment très flippante! Après quelques heures, on finit par regagner la route principale sain et sauf... les nerfs un peu à vif tout de même! Nous retournons vers Santa Isabel pour tenter de nouveau notre chance, mais le message est clair : personne ne passera aujourd’hui par cet axe! Dépités et exténués, nous décidons donc de retourner à La Finca. Le brouillard se lève et la route vers Cuenca nous paraît cauchemardesque... A la tombée de la nuit nous arrivons chez Paulo et Pablo qui nous attendent avec un bon remontant!

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Dimanche 6 octobre - les bloquages s’intensifient, le mouvement devient incontrôlable.

Au réveil Paulo, qui s’est levé aux aurores pour aller voir ce qui se passe, nous informe que les militaires sont en train de démanteler les barrages et d’ouvrir les routes. Il nous conseille vivement de suivre le convoi qui se dirige actuellement vers Santa Isabel pour avoir une chance de passer avant que la situation ne dégénère. En effet, tandis que les forces de l’ordre se déploient à travers le pays pour nettoyer les axes de circulation, des milliers d’indigènes en colère entament une marche de protestation pour rejoindre Quito. Nous nous hâtons donc de prendre la route! En chemin, les militaires nous confirment qu’il sont en train de rétablir l’accès vers la côte et que leurs collègues sont présents à Santa Isabel. Il nous assurent que la voie devrait être libre d’ici notre arrivée, nous filons donc avec l’idée de rejoindre la frontière au plus vite...

Arrivés à la Unión, la où se trouvait hier le barrage infranchissable, nous faisons étape dans une station service ou le pompiste, qui nous reconnaît, nous confirme que la voie est libre et que la zone est sécurisée par les forces de l’ordre. Nous continuons donc notre route.

Mais quelques kilomètres plus loin règne le chaos. En quelques minutes, c’est l’agitation, tout les véhicules font demi tour dans la précipitation, et nous invitent à faire de même. La police aussi rebrousse chemin en nous expliquant que les manifestants jettent des pierres et que les affrontements avec l’armée sont en train de dégénérer.

Nous nous arrêtons un peu plus loin pour en savoir un peu plus. Mais soudain quelqu’un crie « dépêchez vous, ils sont en train de nous encercler ». Nous démarrons au quart de tour et réussissons à passer juste à temps, avant que le barrage ne se referme derrière nous. Nous nous faufilons ensuite au milieu des jets de pierre et des pneus enflammés pour s’éloigner au plus vite du merdier...

Des dizaines de camions militaires et de bus de policiers nous rejoignent un peu plus loin. La consigne est claire : tout le monde doit faire demi tour et retourner à Cuenca tant que la voie est libre. Nous regagnons donc notre point de départ tant bien que mal après quelques détours...

Un bon déjeuner nous attend à l’arrivée et nous passons l’après-midi à suivre l’actualité. Le blocage des routes s’intensifie et les manifestations dégénèrent de façon anarchique. Un mouvement de grève nationale sans précédent est annoncé ce mercredi... d’ici là le pays est hors de contrôle et complètement paralysé!

Après toutes ces scènes de violence, Zéphyr se transforme en petit guérillero et me flanque, sans faire exprès, un coup en pleine figure avec un grand pic en métal... Voila, mon nouveau maquillage est raccord avec l’ambiance qui règne ici!

Autant vous dire qu’après cette journée noire, nous décidons de ne plus bouger de La Finca, de rester tranquille, au calme et en sécurité jusqu’à ce que la situation s’améliore... Mais qui sait pour combien de temps nous serons coincé la?

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Du 7 au 13 octobre 2019 - une longue semaine d’attente et de chaos avant la signature d’un accord de paix.

Lundi - Nous nous laissons convaincre par Pablo, qui part travailler à Cuenca, d’aller faire un tour dans le centre. Malheureusement, nous n’irons pas bien loin, car à la sortie de la Finca, un arbre nous barre la route. Nous nous retrouvons nez à nez avec des manifestants, en marche vers la ville, armés de bâtons et de pierres et bien décidés à en découdre avec tout ceux qui ne participent pas au « Paro ». Nous rebroussons donc chemin en vitesse en prenant soin de fermer les grilles derrière nous!

Après cette vaine tentative de sortie, nous nous résignons à ne plus quitter la propriété pendant quelques jours...

En écoutant les informations, nous apprenons que des milliers d’indigènes affluent des quatre coins du pays à pied, vers Quito, la capitale, en vue du gigantesque mouvement de contestation annoncé ce mercredi. Les manifestants exigent que le président, Lenin Moreno, rétablisse les subventions sur le carburant, qui existent depuis plus de 40 ans. En effet, leur suppression brutale a entraîné, la semaine dernière, une hausse du prix à la pompe de plus de 100%, qui semble inacceptable au vue du salaire moyen. Mais le gouvernement, qui a conclu un accord avec le Fond Monétaire International et s’est engagé à supprimer ces subventions en contrepartie d’un prêt de plusieurs milliards de dollars, campe sur sa décision, affirmant qu’il n’est pas envisageable de revenir sur ces mesures économiques... Le dialogue parait impossible! L’assemblée nationale est envahie, et le président, craignant les représailles, déplace le siège du gouvernement à Guayaquil, la capitale économique du pays, où il part se réfugier. 70 000 militaires sont déployés sur le territoire : la tension est palpable! Les détonations des pétards rythment désormais notre quotidien...

Mardi - La théorie du complot est avancée. Le président dénonce une “tentative de coup d'Etat” organisée par l’ancien président, Rafael Correa, et soutenue par le président Vénézuélien. Il ordonne un couvre feu autour des lieux de pouvoir tout en invitant les indigènes au dialogue. Mais du côté des opposants la colère monte et la situation dégénère : toute personne ne respectant pas le mouvement de grève est sanctionnée : lancers de pierres sur les taxis actifs et les automobilistes, agressions et vols massifs, mise à feu de pneus et blocage de toutes les routes du pays. En parallèle, plusieurs champs pétroliers, sont pris d’assaut, paralysant près de 70% de la production du pays. Le peuple refuse clairement le retour du FMI dans la politique équatorienne!

Pablo, qui a réussi à rejoindre son bureau en début d’après-midi reste bloqué à Cuenca. Il finit par rentrer à la maison vers 1h du matin, après avoir attendu pendant six heures au bord de la route et payé un pot de vin...

Pendant ce temps là, à la Finca, nous profitons du blocage pour cuisinier et nous régaler... Il faut dire que Felipe, un chef italien, ami de la famille, nous a rejoint. Obligé de fermer son restaurant, situé au cœur du centre historique de Cuenca, donc quadrillé par les forces de l’ordre, il a décidé de se réfugier ici au calme jusqu’à la fin de la crise.

Au menu : coques à la marinière façon basque, linguine aglio olio e peperoncino a l’italiana, les fameux gnocchi, émulsion parmesan de Sion et un bon gâteau au chocolat à la française... on se remonte le moral comme on peut!

Mercredi - Espérant que la journée de grève nationale aboutisse à un dialogue et apaise les esprits, nous partons nous promener dans la Finca. Zéphyr se lie d’amitié avec le petit voisin de son âge tandis que nous tentons de nous changer les idées en refaisant le monde avec les uns et les autres...

A notre grand désespoir, nous apprenons en fin de journée que les manifestations ont complètement dégénérées, faisant de nombreux blessés et plusieurs morts, dont un important chef indigène... La Conaie (Confédération des nationalités indigènes d’Equateur), à rejeté le dialogue avec le gouvernement, appelant à « radicaliser les actions » de protestation. La sortie de la crise n’est pas pour demain...

Jeudi - Voyant que la situation ne fait qu’empirer, nous commençons à envisager toutes les options possibles pour sortir du pays au plus vite... Le voisin nous parle d’une petite route de montagne qui rejoint la côte. Après quelques recherches, nous trouvons en effet un itinéraire à travers le parc national des Cajas qui aboutit au sud de Guayaquil, mais ça semble acrobatique : la route n’existe même pas sur Google Map! Tandis qu’on cogite Zéphyr joue. Je profite aussi de ce laps de temps pour lancer enfin la refonte du site internet de l’artiste et le cuisinier. (Merci Edouard!)

Vendredi - La route qui mène à Cuenca a été réouverte ce matin et le calme semble revenue temporairement dans le centre. Nous partons donc avec nos hôtes pour faire quelques courses et se renseigner sur notre hypothétique itinéraire. Les étales du supermarché sont quasi vide mais le marché du centre historique lui est bien fourni... En effet, des avions militaires ravitaillent la ville depuis plusieurs jours mais les produits de première nécessité qu’ils amènent partent vite. En revanche, les paysans, en majorité indigène, n’ont aucune difficulté à passer les barrages pour venir vendre leurs fruits et légumes aux citadins coincés là...

Une fois nos emplettes terminées, nous partons interroger les rares transporteurs qui n’ont pas fermés boutique, sur la faisabilité de l’itinéraire que nous avons repéré. Le verdict est claire : c’est en effet la seule route ouverte pour rejoindre la côte mais elle est impraticable avec un véhicule de notre gabarit! La piste qui sillonne entre 3000 et 5000 mètres d’altitude, est souvent dans le brouillard, extrêmement étroite et dangereusement sinueuse, d’un côté la falaise et de l’autre le précipice, il n’y a apparemment aucune de marge de manœuvre, la moindre erreur est fatale... C’est donc complètement inconscient de tenter ce trajet avec nos 8m30! Un peu déçus, on laisse tomber cette option.

Pour nous réconforter, Paulo nous emmène boire une bière au mirador del Torri. Le point de vue sur la ville est superbe et nous en profitons pour faire brûler un cierge dans la petite église.

Samedi - Via un forum de voyageurs nous récupérons le contact d’un passeur qui accompagne des touristes jusqu’à la frontière du Pérou, via la cordillère des andes. Une française qui a fait le trajet dans sa voiture quelques jours auparavant, nous affirme que la piste est assez large mais qu’il faut absolument être accompagnés par un indigène car il faut négocier et payer un pot de vin à chaque barrage, or il y en a apparemment beaucoup... L’option ne nous plait pas beaucoup mais vu la situation on est prêt à tout envisager pour quitter ce pays en pleine insurrection!

Il faut dire qu’aujourd’hui les affrontements ont repris de plus belle rendant l’atmosphère particulièrement explosive! Des débordements violents plongent le pays dans un terrible chaos. Tandis que la police lance des bombes lacrymogènes dans des lieux fournissant de l’aide humanitaire et utilise des fusils à plomb et des grenades pour disperser la foule, la Conaie (principale organisation indigène du pays) prend en otage dix policiers et vingt journalistes. Au même moment, la chaîne Teleamazonas est incendiée et les responsables refusent de laisser rentrer les pompiers. Le siège du journal le plus populaire du pays, El Comercio, est lui aussi attaqué et un journaliste blessé. Comme un bouquet final, le bureau de l’Inspection générale des finances prend feu et les infiltrés soupçonnés d’être à l’origine de l’incendie et de tous les dégâts qu’il a occasionnés, en profitent pour faire disparaître tous les documents de procédures judiciaires concernant la corruption de Rafael Correa, l'ancien Président. Les indigènes affirment n’avoir rien à voir dans ces attaques et la confusion règne sur l’origine exacte de certaines violences. Il semblerait que ces débordements violents soient organisés et pensés par des infiltrés étrangers, entraînés au Vénézuéla et subventionnés par Rafael Correa, avec la complicité du narcoterrorisme et de bandes criminelles. L’idée serait de faire régner le chaos pour aboutir à coup d’état qui permettrait à l’ancien président de reprendre le pouvoir. Depuis Bruxelles où il réside, ce dernier a d’ailleurs demandé à l’Assemblée nationale de convoquer des élections anticipées...

Quoiqu’il en soit, le bilan de ces onze derniers jours fait froid dans le dos : 1340 blessés, 1152 détenus et 7 morts officiels, sans compter les nombreux dégâts et l’énorme perte financière!

Heureusement, face à cette situation désastreuse, les indigènes acceptent finalement le dialogue proposé par le président, à la condition que celui ci soit diffusé publiquement en direct. Le gouvernement, quand à lui, sollicite l’ONU pour faciliter l’échange, afin de trouver une issue à la crise. Le rendez vous tant attendu est fixé au lendemain... on s’endort plein d’espoir!

Dimanche - Nous partons nous promener à Cuenca en attendant le verdict... Après une longue balade au parc Paraíso ou l’ambiance familiale et bon enfant nous permet de nous détendre et d’oublier un peu les tentions de ces derniers jours, nous regagnons le centre ville pour déjeuner. Évidemment, vu le contexte actuel, les bons restaurants que nous avions repérés sont tous fermés, et les rues sont un peu désertes. Mais par chance, notre petit café préféré, El ñucallacta, est ouvert et nous y dégustons donc de délicieux cafés, issus des petits producteurs de la région, accompagnés d’un burger végétarien, d’un carrot cake et d’un gâteau fudge-peanut butter. Pas très équatorien comme menu mais réconfortant! Nous partons ensuite visiter le musée ethnographique Pumapungo, consacré au différentes ethnies du pays : parfait pour découvrir la culture et les traditions des peuples indigènes qui sont au cœur de l’actualité!

Nous regagnons la Finca en fin de journée afin de suivre le dialogue politique tant espéré. Nous prions le ciel pour que la discussion mène à une sortie de crise durable mais aussi à la levée des barrages : notre unique solution pour sortir du pays en camping-car. En effet, le fameux passeur que nous avions contacté la veille nous a informé cette après midi que le chemin en question n’était plus envisageable. La piste empruntée intensivement ces derniers jours est devenue impraticable car un pont s’est écroulé... On croise donc les doigts en s'installant, comme des millions d’équatoriens, devant notre écran.

C’est passionnant d’assister en direct à une réunion politique si décisive. Les enjeux sont énormes! En guise d’ouverture le président Moreno déclare « Frères indigènes, je vous ai toujours traités avec respect et affection" et il poursuit en guise d’excuse «Cela n'a jamais été mon intention d'affecter les secteurs les plus démunis (...), les plus pauvres». Le médiateur de l’ONU mène le dialogue avec des pincettes et s’exprime de façon extrêmement délicate afin d'éviter le moindre dérapage. La tension est bien réelle, il marche sur des œufs! La parole est donné tour à tour à chaque participant, qui expose son point de vue librement sans être interrompu car aucune réaction immédiate ne semble admise. L’heure n’est pas au débat mais bien à l’écoute des revendications et des arguments des uns et des autres. Les représentants des différents groupes indigènes, parés de leurs plus beaux costumes traditionnels, dénoncent tour à tour les abus, les violences et les injustices, commis par le gouvernement, tout en usant de nombreuses formules de politesse pour faire passer la pilule. Le porte-parole du gouvernement tente quand à lui de justifier avec bienveillance le bien fondé de ses mesures d’austérités... Après une heure de discours emplis d’émotions, le médiateur de l’ONU demande une pause de 15minutes pour que les différents acteurs puissent se consulter afin de formuler des propositions concrètes. Les journalistes sont donc invités à sortir de la salle. S’en suit alors deux longues heures de suspense : la négociation se déroule en privé tandis que le peuple patiente désespérément... Un peu avant 22h, le direct reprend et le représentant de l’ONU annonce soulagé que «Les deux parties se sont mises d'accord sur la préparation d'« un nouveau décret qui annule le décret 883 » sur le prix des carburants, et qu’ «avec cet accord la mobilisation se termine». « Les mesures appliquées dans tous nos territoires sont levées », confirme le président de la Conaie, Jaime Vargas après avoir demandé la destitution de deux ministres. "A tous ceux qui ont participé à ce processus de paix, je les remercie", conclu finalement le président Lenin Moreno. Des cris de joie résonnent dans tout le pays! Ce soir les équatoriens fêtent la fin de la crise mais aussi leur « victoire ». Leur persévérance a payé, ils ont obtenu gain de cause. Nous partons nous coucher apaisé à l’idée de pouvoir reprendre enfin la route demain...

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Publié le 4 novembre 2019


Nous quittons Cuenca en début de matinée tout excités à l’idée de reprendre enfin la route! Le départ est un peu laborieux car nous sommes nombreux à vouloir circuler sur des axes encore très encombrés par les débris du “Paro”. Mais malgré le carnage, il flotte un air de fête comme lors des grands départs en vacances. Tout le monde roule au pas et prend son mal en patience, on attend à la queue leu leu que les obstacles soient déblayés au fur et à mesure, avec un petit sourire aux lèvres à l'idée de la liberté retrouvée.

Nous quittons finalement la fraîcheur des hauts plateaux andins pour rejoindre la côte. Les paysages sont superbes et se transforment rapidement! Après Santa Isabel, nous sommes de nouveau seuls et le voyage peut reprendre son cours normalement. Nous traversons un immense canyon colorée, puis dévalons des montagnes un peu plus verdoyantes avant de retrouver les champs de bananiers, les baobabs et la chaleur moite du bord de mer.

Pour notre dernière étape en Équateur nous avons choisis de bivouaquer dans la réserve écologique d’Arenillas. Une forêt sèche peuplée d’oiseaux, de renards du désert et de biches. Et en effet, les animaux nous attendent au campement!

On profite de la fin d’après-midi pour faire une grande balade dans cette étrange forêt et observer les animaux (on en a vu plein mais j’avais plus de batteries du coup vous ne les verrez pas). De retour au campement, nous rencontrons des voyageurs Argentins et Zéphyr se fait une copine de son âge - qui habite dans une maison roulante comme lui... trop chouette!

Nous apprécions le calme de cet endroit paisible, pour notre dernière nuit en Équateur!

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Publié le 8 novembre 2019

Mardi 15 octobre - en route pour le Pérou!

Apres 54 jours en Équateur et environ 2000 km parcourus à travers le pays, nous rejoignons la frontière d’Huaquillas pour entrer au Pérou.

Nous avons beaucoup aimé L’Equateur, premier pays de notre road trip, pour sa diversité et ses paysages variés. Le réseau routier est en bon état et on a trouvé facile d’y voyager en camping-car. On a particulièrement apprécié l’intérêt du pays pour l’écologie. Sur notre route, on a croisé des milliers de panneaux rappelant l’importance de prendre soin de la nature et de consommer local. Et apparemment ça porte ses fruits : il y a pas mal de produits bio, de fermes écologiques et d’initiatives prônant un développement durable.

Le côté multiculturel nous a aussi bien plu. On a découvert aux quatre coins du pays des peuples indigènes, qui font perdurer leurs traditions et cultivent fièrement leurs savoirs faire ancestraux tout en côtoyant la modernité. Vivre la crise politique équatorienne d’octobre 2019 fut une expérience éprouvante mais intéressante! Comme on a pu le constater, les autochtones savent défendre leurs convictions et imposer leur point de vue... leur persévérance nous a impressionné!

Côté cuisine, on a goûté de nombreuses variétés de fruits aux saveurs nouvelles. On s’est régalé de gambas, d’empañadas et autres en-cas de street food, et on a récolté quelques recettes sympas. On a adoré se balader dans les plantations de cacao, goûter les fèves et découvrir le procédé de fabrication du chocolat. On a d’ailleurs pris un malin plaisir à savourer pendant ce séjour des kilos de délicieux chocolat biologique aux assaisonnements variés ou bien simplement pure à 100%! Le café aussi est excellent, la production est petite mais la qualité prime.

On a trouvé que l’Equateur était une destination sympa pour voyager avec un enfant. Il y a des aires de jeux vraiment cool partout, ce qui a permit à Zéphyr de se faire des copains à chaque arrêt et de devenir un champion de tyrolienne. Il a aussi adoré voir plein d’animaux (iguanes, baleines, singes, lamas, chevaux, biches renards, serpents, chenilles, papillons et insectes en tout genre et surtout des milliers d’oiseaux!)

Bref, nous en avons bien profité et c’est donc satisfait que nous entrons au Pérou pour continuer notre périple.

Le passage de la frontière est bien plus simple que ce que nous avions envisagé. Le poste de Huaquillas n’a pas bonne réputation mais aujourd’hui c’est très tranquille et en quelques minutes nous effectuons les formalités de sortie du territoire. Une fois nos passeports tamponnés, nous nous occupons de l’importation du camping-car. Côté Pérou, il faut souscrire l’assurance obligatoire (la Soat) et remplir un certain nombre de paperasses avant de passer à l’inspection du véhicule. Au grand bonheur de Zéphyr, un chien policier vient visiter notre maison roulante...

Nous prenons ensuite la route en direction de Zorritos, un petit village de pêcheurs situé à une soixantaine de kilomètres de la frontière.

Le trafic au Pérou est bien plus chaotique qu’en Équateur, des dizaines de motos taxis se faufilent entre les véhicules tandis que les klaxonnes retentissent de tout les côtés. L’air est moite et il flotte une odeur un peu nauséabonde, il faut dire que les bords de la route sont jonchés d’ordures... Nous sommes donc bien content de nous arrêter en milieu d’après-midi sur une plage tranquille et quasi déserte.

Nous voilà à Zorritos, première étape de notre traversée du Pérou.

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Publié le 9 novembre 2019

Heureux de retrouver la chaleur et la mer, nous profitons de deux jours de farniente à Zorritos al grillo 3 puntas, un camping écolo aux bungalow un peu roots, construits avec des matériaux recyclés. Au programme : balades sur la plage à la découverte d’une carapace de tortue, jeux dans la piscine, gâteau au chocolat histoire d’expérimenter notre four, yoga et siestes dans les hamacs... tranquilo, tranquilo!

Nous poursuivons ensuite notre route vers Lobitos, une étrange ville fantôme située en bord de mer, entourée de plateformes pétrolières et de zones militaires. Au bout d’une longue piste chaotique traversant le désert, nous arrivons dans cet ancien village de pêcheurs, abandonné au début du XXe siècle suite à la découverte d’importants gisements de pétrole. Cet endroit hors du temps, réputé dans le monde du surf pour ses vagues parfaites, est vraiment atypique et ressemble à un décor de film. Nous nous promenons au milieu des bâtiments en ruines recouverts de fresques, lézardons sur la plage endormie, en profitons pour nous baigner et admirer les prouesses des surfeurs aguerris, tandis que les pélicans attendent désespérément le retour des rares bateaux de pêcheurs qui naviguent encore.

Vendredi 18 octobre - Nous poursuivons notre traversée du désert pour rejoindre Piura, la plus grosse ville de la région. Les distances à parcourir entre deux étapes sont énormes dans le nord du Pérou. Il faut rouler pendant des heures dans un paysage hostile, sans rien à l’horizon et avaler des kilomètres sur une route balayées par le sable et bordées de déchets avant qu’apparaisse enfin comme un mirage, la destination tant attendue. Ce n’est pour nous qu’une étape technique, histoire de recharger le camping-car en gaz, faire quelques courses, tirer de l’argent dans la monnaie du pays et trouver une carte SIM pérouvienne pour être de nouveau connecté avant de continuer notre chemin. A notre grande surprise le spot de bivouac que nous avons repéré en bordure de la ville est agréable, avec une piscine entourée d’herbe verte. Le lieu est désert mais paisible et à part quelques oies nous ne croisons personne jusqu’au lendemain matin.

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Samedi 19 octobre, après une très longue journée de route, nous arrivons à Lambayeque à la tombée de la nuit.

Nous dormons ce soir dans la région du Seigneur de Sipán... un des personnages les plus puissants de la culture Mochica, une civilisation pré-inca qui s’est développée sur la côte nord du Pérou entre 100 et 700 après Jésus Christ.

Le lendemain matin, nous partons à pied, visiter le fameux musée des Tombes Royales de Sipán, qui expose les incroyables trésors découverts dans les différents sites archéologiques de la région.

Les objets présentés sont absolument magnifiques, (incroyable collection de bijoux précieux, parures en or et lapis-lazuli, statues, armes, céramiques...). La réplique des vastes tombes, découvertes à plus de 12 mètres de profondeur est aussi très impressionnante! (Il faudra me croire sur parole car les photos sont interdites dans l’enceinte du musée...). On y voit l’arrangement funéraire du Seigneur de Sipan, ainsi que les offrandes qui l’ont accompagnés dans l’au delà : il a en effet été enterré avec toutes ces parures mais aussi avec ses femmes principales et secondaires, un chien, deux lamas et un gardien à qui on a coupé les pieds pour être sûr qu’il reste bien à sa place. Il était entouré d’une poussière rouge toxique servant de système de sécurité sophistiqué destiné à écarter les pilleurs de tombes, déjà redoutés à cette époque. Tout autour, d’autres niches plus petites renferment les corps d’un homme aux parures royales et de 22 jeunes femmes... Ces sépultures mystérieuses, trouvées dans un état de conservation exceptionnelle constituent une des plus plus importantes trouvailles archéologique du XXe siècle.

L’histoire intrigante de leur découverte est elle aussi passionnante et digne d’un roman policier (qui existe d’ailleurs : Lord of Sipán de Sidney Kirkpatrick). En 1987 la police saisit chez des receleurs des pièces d’une incroyable richesse. Les archéologues spécialistes de la culture Mochica en conclurent qu’elles proviennent d’un important site encore inconnu et commencent leurs fouilles au plus vite avant que les « huaqueros », célèbres pilleurs de tombes qui dilapident les richesses du pays, ne s’emparent des trésors enfouis. Les excavations débutent sous surveillance policière et dans une grande tension due a de terribles affrontements avec les gens du coin. Mais le travail et la persévérance des archéologues finit par porter ses fruits : après plusieurs mois de recherches, 13 tombes sont mises à jour et d’innombrables secrets sont dévoilés, faisant de ce site le plus important complexe funéraire de la culture Moche découvert à ce jour.

Après cette visite passionnante, qui nous a tout les trois captivés, nous rejoignons le marché Modelo de Chiclayo, réputé pour être l’un des plus intéressants du Pérou. Nos garons notre camping-car dans une rue proche du centre et partons nous balader après avoir vérifié avec les voisins que le stationnement était sûr et autorisé.

Les étals du marché sont en effet fabuleux, pleins de produits appétissants, et de jolis couleurs. Les contacts sont faciles et les gens souriants prennent le temps de papoter pour nous donner des explications. Zéphyr, qui les fait craquer, se fait offrir plein petites choses à grignoter ici et là.

Réputé pour ses chamans, le coin des “brujos” regorge d’herbes médicinales, d’élixirs et autres bizarreries.

Nous regagnons notre maison roulante après ces douces flâneries et découvrons avec horreur que nous avons été cambriolé... En effet, la clef n’entre plus dans la serrure de la porte passager et notre vilain pressentiment est vite confirmé : quelqu’un s’est introduit chez nous! Seule notre chambre est en bazar, les voleurs savaient apparemment ou chercher car la cachette qui est sous notre lit, contenant l’essentiel du matériel audiovisuel à été vidée. Ordinateur et disque dur avec toutes nos données, téléphone avec carte SIM française, objectifs appareil photo et enregistreur numérique, et puis tous nos câbles... par chance l’ipad a du leur glisser des mains car nous le retrouvons un peu plus tard au milieu de nos draps. Ils n’ont heureusement pas trouvé les cachettes secrètes que nous avons fabriqué et où nous rangeons nos documents importants! Les voisins sont mi surpris, mi blasés , ils n’ont rien vu alors qu’ils étaient juste à côté mais ils sont apparemment habitués à vivre dans un contexte dangereux, ici les vols et les attaques à main armé sont monnaie courante. Selon eux nous avons eu de la chance de ne pas être là... Nous alertons la police qui ne semble pas prête à nous aider, et suivons finalement un voisin jusqu’au commissariat touristique. S’en suit des heures de déclarations, la brigade criminelle vient même relever les empreintes un peu partout dans le camping-car, tandis que j’essaie de trouver les factures des appareils et de sécuriser tout mes comptes... Quelle galère!

A la nuit tombée nous retournons à Lambayeque histoire de passer la nuit sur un parking sécurisé. Nous essayions de relativiser en ce disant que ce n’est que du matériel... mais se faire dérober des objets de valeurs et surtout perdre ses données est toujours difficile à digérer!

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Publié le 13 novembre 2019

Après nos mésaventures de la veille on met le cap au sud en direction de Trujillo, histoire de respirer l’air de la mer et de se détendre un peu.

Nous arrivons à Chicama (Puerto Malabrigo), en début d’après-midi et profitons de l’énorme plage déserte bordée de dunes et balayée par le vent. Nous sommes dans un des spots de surf les plus réputés du pays - c’est ici qu’on trouve la plus longue gauche du monde! Il y a en effet de belles vagues et quelques surfeurs expérimentés. L’ambiance est paisible et nous passons une nuit reposante au bout du malecón, la jolie promenade bien aménagée qui borde la falaise.

Mardi 22 octobre - Nous poursuivons notre route jusqu’au site archéologique El Brujo pour découvrir l’histoire de la Señora de Cao, première femme de pouvoir connue d’une culture précolombienne. Cette visite nous permet d’en apprendre un peu plus sur la civilisation Mochica et de nous balader au milieu d’un superbe complexe archéologique. La momie de la dame de Cao, découverte ici en 2006, enroulée dans 22 couches de coton, est exposée dans un petit musée qui présente aussi de superbes objets trouvés durant les fouilles. Nous admirons ensuite La Huaca Cao, principal sanctuaire Moche du complexe, une pyramide en brique d’adobe, recouverte de fresques multicolores, représentant des guerriers, des prisonniers, des prêtres et des sacrifices humains. Nous avons un peu revisité l’histoire pour que Zéphyr s’y intéresse et ça fonctionne à merveille : notre zouzou se transforme en petit archéologue, il se met à creuser la terre et à explorer les environs à la recherche des trésors de la sorcière... au plus grand bonheur des guides, fascinés par cet enfant si petit et déjà captivé d’histoire!

Nous rejoignons la station balnéaire de Huanchaco en fin de journée pour y passer la nuit. Ce village de pêcheurs, apprécié des touristes et des surfeurs, est connue pour ces « caballitos de torra», de petites embarcations fabriquées en roseaux tressés et utilisées depuis l’époque mochica pour la pêche artisanale.

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Autour d’un petit café nous réfléchissons à notre itinéraire... Nous hésitons à grimper dans les montagnes pour découvrir la Cordillera Blanca mais choisissons finalement de poursuivre notre chemin vers le sud en longeant les plages de la côte.

Nous rejoignons le petit village de pêcheurs de Tortugas après quatre heures de route. L’endroit est vraiment calme et tranquille, loin des circuits touristiques, parfait pour se reposer un peu. Nous nous laissons séduire par la gentillesse de ses habitants et par sa jolie baie de cailloux gris.

Au réveil, sous un beau ciel bleu, nous flânons jusqu’au petit port pour voir ce que rapportent les pêcheurs. Mais le temps semble s’être arrêter dans ce charmant village endormi, on ne croise pas grand monde et la pêche du jour se résume à une caisse d'encornets : ce qui nous convient très bien finalement!

En fin de journée, on repère un plongeur qui nage dans la baie. A notre plus grand bonheur, il sort de l’eau avec un filet rempli de coquilles Saint Jaques qu’on s’empresse de lui acheter! On papote cuisine avec cet ancien chef à la retraite, avant de se concocter un délicieux dîner...

Vendredi 25 octobre - Nous poursuivons notre route jusqu’à Punta Patillo, une plage privée, déserte et isolée, qui appartient à un petit écolodge.

L’endroit est bien planqué et il faut connaître le plan pour y arriver... On quitte la panaméricaine au km 338, pour emprunter une piste de sable balisée par quelques cailloux peints, en se demandant si on ne va pas se paumer au milieu du désert. Mais on aperçoit finalement une superbe baie sauvage avec plein d’oiseaux et quelques barques de pêcheurs.

Santos, le gardien du lieu nous accueille avec un grand sourire. Comme nous arrivons hors saison, il n’a vu personne depuis un moment et il est ravis de discuter un peu. Tel des Robinson Crusoé nous explorons ce petit bout du monde qui n’appartient qu’à nous le temps de quelques jours.

Un pélican blessé a élu domicile dans la baie, nourrit par les pêcheurs qui viennent ici chaque matin, il se rétablit doucement. Il n’est pas farouche et nous pouvons donc l’observer de près, au grand bonheur de Zéphyr qui s’amuse avec lui.

Nous profitons de ce petit paradis pendant deux jours... en donnant un coup de main au pêcheurs en échange de poisson. On « chile » sur la plage en jouant à attraper des crabes, on mijote de savoureux repas et on respire le bon air de la mer histoire de se ressourcer avant de repartir.

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Dimanche 27 octobre - Sur le trajet qui mène à Lima, nous nous arrêtons au site archéologique d’Aspero, pour découvrir les vestiges de la société précolombienne de Caral, la plus vieille civilisation connue d’Amérique et une des plus anciennes de notre planète.

En effet, la culture Caral s’est développée dans la vallée du Supe entre 3000 et 1500 avant Jesus Christ, elle est donc contemporaine des pyramides d'Égypte antique. A la cité de Caral, qui se trouve dans les terres, à quelques kilomètres de là, nous avons privilégié la visite du site d’Aspero, qui en était le port. Situé à 500m de l’océan, ce complexe, peu touristique, a été découvert il y a moins d’une vingtaine d’années (sous une montagne d’ordures) et une équipe d’archéologues y effectue encore quotidiennement un minutieux travail de fouille, sous les yeux ébahies des visiteurs. Accompagné d’un guide, nous nous promenons au milieu des ruines et explorons le petit musée pour découvrir le mode de vie de ce peuple de pêcheurs et de navigateurs.

Nous apprenons, entre autre, que le peuple Caral mangeaient beaucoup de poissons, et notamment d’anchois, qu’ils faisaient séchés au soleil et conservaient dans des espèces de puits en pierre enfouis dans la terre. Grâce à leurs connaissances en santé et en diététique mais aussi à leur pratique du troc avec différentes régions, ils avaient une excellente alimentation, saine et variée, qui serait selon les experts, à l’origine de leur développement social incroyable...

Après cette étape intéressante, nous poursuivons notre route en direction de la réserve nationale Lomas de Lachay, réputée pour son étonnant paysage verdoyant et son brouillard à couper au couteau. Nous arrivons, de nuit, à l'entrée du parc et nous nous enfonçons dans l'obscurité, en suivant une longue piste en terre enveloppée de brume épaisse, pour rejoindre l’espace de campement indiqué. Le trajet est carrément mystique, on avance dans la pénombre avec l’impression d’évoluer dans un rêve étrange. On s’endort un peu plus loin, bercés par le hululement des oiseaux et le stridulement des insectes.

Au réveil, nous découvrons l’environnement magnifique qui nous entoure. Après des semaines au milieu des dunes de sable et des paysages arides de la côte désertique, c’est vraiment régénérant de se retrouver au milieu de cette étonnante végétation ! La réserve, qui s’étend sur plus de 5000 hectares, bénéficie d’un écosystème fragile et unique, propice au développement d’une faune et d’une flore endémique d’une grande richesse. Malgré l’absence de pluie le taux d’humidité avoisine ici les 100% tout au long de l'année. Ce phénomène est dû à la présence des courants marins frais et des vents chauds du désert, qui en se rencontrant dans cette zone, créent par condensation, une brume épaisse omniprésente.

A notre plus grand bonheur, le brouillard se dissipe rapidement ce matin, laissant place à un beau ciel bleu, parfait pour randonner. Tandis que Sion bricole le rétroviseur du camping-car qu’un tuktuk fou nous a arraché la veille, je pars marcher avec Zéphyr sur le chemin de Perdiz. Le paysage est splendide, les arbres et les pierres sont recouverts de mousse et de fleurs, et nous observons des milliers d’oiseaux. A mesure de notre ascension la vue se dégage, nous laissant entrevoir la mer qui se dessine au loin comme un mirage.

En début d’après-midi, la brume réapparaît et nous repartons tout les trois pour une grande balade sur le sentier del Zorro. Le paysage est fantastique et l’ambiance carrément étrange, on se croirait au beau milieu d’un film de Tim Burton...

En chemin, nous croisons un serpent, un scorpion, un lapin et de très nombreux oiseaux, qui, alertés par notre passage s’envolent dans de grands battements d’aile. Leurs cris stridents, qui résonnent en écho avec le bruissement des branches entrecoupent brièvement le silence cotonneux, et ajoutent un note étrange à cette atmosphère si particulière. Parmi quelques petits mammifères comme le renard et le puma, plus d’une soixantaine d’espèces d’oiseaux trouvent refuge dans cet oasis de brume , qui accueille du minuscule colibris au gigantesque condor.

De retour au campement, nous concoctons une délicieuse « parillada » sous l’œil intéressé d’un aigle royale qui lorgne notre viande du haut de sa branche.

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Publié le 9 décembre 2019

Lima - du 29 octobre au 1er novembre

En route vers la capitale, nous nous faisons arrêter à deux reprises par des policiers véreux qui tentent de nous soutirer de l’argent sous prétexte d’excuses bidons. C’est apparemment un grand classique de la région... Mais à force de patience, d’arguments et de persévérance, nous repartons sans rien lâcher, satisfaits de nos petites victoires contre la corruption!

Plus on s’approche de Lima, plus le trafic devient dense et chaotique. La conduite est vraiment sportive ici : c’est la loi de la jungle! Il faut dire que la ville est gigantesque!!! Elle s’étend sur plus de 2600 km2 (soit plus de 20 fois la taille de Paris) et compte 10 millions d’habitants (soit 1/3 de la population du pays).

Il nous faudra 1h30 pour la traverser afin de rejoindre le quartier huppé de Miraflores où nous nous installons pour quelques jours. Nous avons déniché une petite place charmante et tranquille dans une zone surveillée par un gardien et y retrouvons une famille française que nous avions croisé à Puyo en Équateur. Ravis de nous revoir, nous passons l’après-midi ensemble ; Zéphyr est tellement content d’inviter ses copines à jouer «à la maison» et de s’amuser ensuite « dans le jardin » avec les enfants du quartier.

Après quelques formalités techniques (laverie, supermarché, achat de câbles et batteries pour remplacer ceux qu’on nous avait volé) nous partons nous balader. Nous sommes très agréablement surpris par cette capitale dont nous avions entendu le pire!

A première vue, Lima est une ville plutôt moderne, avec des quartiers branchés, des grands buildings mais aussi de jolies petites maisons et surtout une multitude de restaurants dont certains carrément gastronomiques. La ville est relativement propre et verte; les nombreuses petits parcs et la longue promenade du bord de mer nous font vite oublié que nous sommes au beau milieu du désert!

Nous passons la première journée à arpenter le quartier Miraflores. Le parc kennedy, avec ces centaines de mignons petits chats (nourris par les habitants et soignés par des vétérinaires bénévoles), accueil une joli expo photo, des cireurs de chaussures et quelques jeux pour enfants (enfin des jeux pour Zéphyr qui commençait à désespérer de n’avoir pu glisser sur un toboggan depuis l’Equateur!).

Nous nous perdons ensuite dans les ruelles pleines de petites boutiques, de cafés et de restaurants et en profitons pour nous arrêter dans une « cantine » populaire pour goûter le « Lomo saltado » un plat emblématique de la gastronomie pérouvienne. Il s’agit de fines lamelles de bœuf (ou autre viande) marinées à la sauce soja et sautées au Wok avec des oignons rouges, des tomates et des frites, le plus souvent accompagnés de riz. C’est une bonne entrée en matière pour découvrir la cuisine fusion omniprésente au Pérou.

Après une petite pause café et une dégustation de chocolat, nous rejoignons le « malécon » : une immense promenade qui longe de la falaise et domine la mer. L’ambiance est relax et sympathique ; ici les habitants viennent faire du sport, promener leur(s) chien(s) (ce qui semble être très chic et à la mode!!), jouer et se détendre ; on admire les nombreux surfeurs au loin et on profite des aires de jeux et des grandes pelouses qui accueil des cours en tout genre (tennis, gym, acrobatie, musique...).

Le lendemain nous partons visiter le centre historique de Lima. Le quartier est assez excentré, il nous faut une bonne demi heure en Uber pour y arriver. L’architecture coloniale est belle, avec ses églises, ses couvents, ses grandes demeures aux balcons élégants ; on comprend pourquoi la ville fut longtemps surnommé la cité des rois. L’atmosphère est cependant un peu étrange car ce quartier, aux allures de musée, manque un peu de vie. On y trouve les bâtiments officiels, notamment le palais du gouvernement avec ses gardes immobiles (malgré nos pitreries) comme à Londres, le sieges des banques et quelques touristes en quête d’histoire et de culture coloniale.

Nous rejoignons Miraflores pour déjeuner chez « Toishi », un super restaurant « Nikkei» : La cuisine fusion nippo-pérouvienne, très tendance au Pérou. Le lieu est élégant et le menu très alléchant! On commande plein de petits plats, type tapas, tandis que Zéphyr a droit à un magnifique bento special enfant... Après de bons cocktails (Pisco-saké-litchi et thé vert-ananas-pomme-concombre) et un lavage de main dans les règles de l’art, nous commençons les réjouissances : de délicieuses tempuras en guise de mise en bouche, suivies du fameux Ceviche pérouvien (cubes fondants de merlu, dans une sauce citron-oignons-piment aji, accompagnés de grains de maïs et de patates douces pour adoucir les papilles). On apprécie la note doucement épicée de cannelle et d’anis que le chef a eu la bonne idée d’ajouter! On continue avec une succulente saint jaques crue marinée au lèche de tigre (un mélange typique aux notes acidulées-piquantes-salées), puis avec un délicieux carpaccio de poulpe dans une sauce aigre douce. On poursuit les gourmandises avec une belle dégustation de sushis créatifs, (mention spéciale pour le fameux maki inka du chef, fumé au chalumeau) et on termine avec un assortiment de gyosas en différentes cuisson. Miam miam... Que du bonheur!!!

Notre balade digestive nous emmène vers Baranco, le quartier bohème de Lima. Après une petite pause café dans le jardin du musée d’art contemporain, nous déambulons dans les ruelles pittoresques de ce petit district. Ici plein de jolies maisons anciennes, de façades colorées, de galeries d’art et d’œuvres de street-art, de petits restaurants bistronomiques et de bars stylés qui promettent des soirées musicales endiablées. Il règne dans ce quartier des artistes et des poètes, une atmosphère de village plutôt chouette et détendue. Nous poursuivons notre promenade jusqu’au « pont des soupirs » que nous traversons en faisant un vœux et en retenant notre respiration, comme le veut la coutume. Puis nous regagnons notre « casa rodante » pour une petite sieste bien méritée!

Pour la soirée d’Halloween, nous emmenons Zéphyr au Parc de la Reserva pour découvrir le “Circuit Magique de l’Eau », un ensemble de treize fontaines éclairées, dont certaines sont interactives. Le lieu, reconnu au Guinness World Records comme le plus grand complexe public de Fontaine d’eau du monde est en effet assez magique. Le circuit nocturne offre un super spectacle d’eau, rythmée de sons et lumières er permet de déambuler librement dans cet univers enchanteresque. Parmi nos animations préférées : le Tunnel des Surprises (Une série d'arcs d'eau qui crée un tunnel de 35 mètres de long à travers lequel on peut marcher sans être arrosé - enfin presque...), Le Labyrinthe du rêve (une multitude de jets qui jaillissent en créant des parois verticales puis s’abaissent soudainement en incitant les courageux visiteurs vers le centre du cercle. Pour le coup, difficile de ne pas en ressortir tremper!) et la Fontaine arc-en-ciel (Une série de fontaines parallèles de différentes hauteurs, dont le spectacle lumineux donne l'impression d'un arc-en-ciel).

Nous rentrons chez nous avec des étoiles pleins les yeux, et quittons Lima le lendemain encore sous le charme des ces jolies découvertes.

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Du 1er au 6 novembre - la Réserve nationale de Paracas et l’Oasis de Morón

Nous rejoignons la péninsule de Paracas en fin de journée et nous installons pour la nuit sur le parking de l’école de Kite-surf qui borde l’entrée du parc. Nous y rencontrons deux couples de français, (l’un voyage en mini van vers le sud, l‘autre en direction du nord en 4x4 cellule). Nous échangeons nos bons plans de voyages autour d’un apéro et en profitons pour tester le fameux « Pisco Sour » ; Le cocktail typique pérouvien, à base de Pisco (l’eau de vie traditionnelle issu d’une distillation de raisin), de citron vert, de canne à sucre et de blanc d’oeuf monté en neige. Le coucher du soleil est superbe sur cette plage peuplée d’oiseaux et de voiles colorées et nous y passons une agréable soirée.

Au réveil, nous prenons le petit déjeuner en admirant les flamants roses qui pataugent au loin puis nous partons explorer la réserve. Nous commençons par nous aventurer hors des sentiers touristiques en empruntant une piste à peine visible qui mène vers le nord. Le paysage désertique est superbe, les dunes offrent d’incroyables dégradés de couleurs qui contraste soudain avec le bleu profond de la mer. Du haut de la falaise nous apercevons les otaries et les lions de mers qui jouent dans les vagues, et profitons de ce délicieux spectacle en déjeunant.

Nous nous dirigeons ensuite vers le cœur de la réserve ou nous attendent des plages « carte postale », plus belles les unes que les autres : du sable blanc au sable rouge, d’un mirador a une jolie crique, nous en prenons plein les yeux! Soudain les dauphins font leur apparition dans la baie et c’est avec un malin plaisir que nous les observons longuement jouer dans la mer. Sans mon téléobjectif (volé en même temps que mon ordi), impossible de capturer ces rencontres magiques en image, mais peu importe, nous gravons dans nos mémoires ces merveilleux instants...

Cherchant un spot pas trop venteux pour passer la nuit, nous arrivons sur l’immense Playa Yumaque juste avant le coucher du soleil. Nous avons la bonne surprise d’y retrouver nos compagnons de la veille (que nous avons apparemment convaincu d’explorer le parc), ainsi que deux couples d’allemands, qui nous accueillent chaleureusement. Autour d’un apéro convivial, nous refaisons le monde en rigolant. Zéphyr est ravis de retrouver des voyageurs avec qui s’amuser. Il faut dire que nous formons une sacré troupe et qu’avec nos 5 véhicules nous érigeons un rempart contre le vent qui nous garantie une nuit paisible.

Se réveiller dans ce genre d’endroit naturel est toujours un immense plaisir! Je profite du calme et de la nature pour ma séance de yoga quotidienne avant de prendre un bon petit déjeuner en observant les dauphins et les otaries qui sautent au loin dans les vagues. Quel bonheur !!!

Pour cette deuxième journée nous continuons nos découvertes vers le sud. Nous déjeunons près d’une lagune d’eau salée à moitié asséché et passons l’après-midi sur de superbes plages balayées par le vent. Aujourd’hui la réserve a retrouvé toute sa tranquillité! Après ce grand week-end de la Toussaint les touristes ont désertés les lieux et les voyageurs ont repris leur route.

Nous sommes désormais seul dans le parc et profitons à fond de ce privilege en prolongeant notre séjour d’une journée supplémentaire pour « chiller » sur nos plages préférées.

Après trois jours et trois nuits dans ce merveilleux paradis, nous remontons vers Pisco, en suivant les conseils de nos amis voyageurs, pour passer une journée à l’oasis Morón, une petite merveille de la nature encore secrète et préservée. Le trajet en vaut la peine car c’est en effet assez bluffant, de tomber sur une oasis au beau milieu du désert! Il y a quelque chose de magique à gravir d’immenses dunes de sables, sous un soleil cuisant, pour se retrouver soudainement en face d’un lac d’eau douce entouré de végétation. Après avoir foulé le sable brûlant, il est bon de tremper nos pieds dans l’eau fraiche et de se reposer à l’ombre en admirant ce lieu encore vierge de toute construction.

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Publié le 20 décembre 2019

Mercredi 6 novembre - domaine viticole de Pisco Porton - Región d’Ica

Nous rejoignons Ica, la region viticole la plus réputée du Pérou pour découvrir l’alcool emblématique du pays : le Picso. En effet, le Pisco est aux Péruviens ce que le vin est aux Français – Plus qu’une boisson, il est un symbole culturel depuis le XVIème siècle. C’est un des rares spiritueux du pays avec appellation d’origine, ce qui signifie qu’il est produit uniquement dans certaines régions du centre et du sud du pays (Lima, Ica, Arequipa, Moquegua et Tacna), qu’il est impérativement fabriqué à partir d’un ou plusieurs de ces 8 cépages de raisin : le Quebranta, le Negre Corriente, le Muscat d’Alexandrie, le Torontel, le Luvina le Mollar le Moscatel ou l’Albilla, et qu’il doit contenir exclusivement entre 38 et 48 degrés d’alcool.

Pour une dégustation dans les règles de l’art, nous avons choisis le domaine Pisco Porton, installé dans la plus vieille distillerie des Amériques connue à ce jour : L’Hacienda La Caravedo, construite en 1864. Le maître distillateur du domaine, Johnny Schuler, est un grand ponte sud-américain dans le secteur des spiritueux. Figure emblématique et incontournable au Pérou, ambassadeur mondial du Pisco, il a dédié sa vie pour sa passion et c’est grâce au travail de ce passionné que la boisson a été déclarée comme faisant partie de l’héritage culturel national Péruvien.

La visite commence par une dégustation de cocktail à base de Pisco arrangé par la maison (nous testons celui à la cannelle et clou de girofle, épicé et puissant et celui à l’herba buena, très rafraîchissant). Verre à la main nous partons faire le tour du domaine en commençant par la partie ancienne. Les alambics traditionnels en pierre et en cuivre ainsi que les amphores en terre cuite sont très impressionnants. Ce système judicieux qui produit un Pisco de qualité n’est quasiment plus utilisé aujourd’hui car il demande un travail fastidieux et extrêmement long.

Nous découvrons ensuite la partie moderne du domaine en déambulant au milieu des gigantesques cuves en intox (le Pisco n’est jamais vieillis en barrique en bois, ce n’est pas un alcool de garde). Nous poursuivons notre dégustation en se servant directement dans les cuves pour goûter les différents Pisco pures! Coups de cœur pour le Quebranta qui apporte des notes de foin, de pain grillé et de chocolat et qui a mon avis se suffit à lui même, ainsi que pour le Torontel dont les notes d’agrumes et de fleur d’oranger sont idéal en cocktail. Il est vrai que le Pisco est généralement connu comme une base de cocktail - notamment dans le fameux Pisco sour (à base de citron vert, sucre de canne et blanc d’oeuf) ou le Chilcano plus typique (à base de ginger ale, d’angostura et de citron vert) mais un bon Pisco peut tout à fait substituer un cognac ou un armagnac...

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Publié le 23 décembre 2019

du 6 au 10 novembre - Nazca

Nous arrivons dans la vallée de Nazca à la tombée de la nuit, et, après avoir aperçu en chemin "la cara del Inca" (un visage qui se dessine dans la roche) nous découvrons les fameux géoglyphes de Pampas de Jumana, moins connus que ceux de Nazca mais tout aussi surprenants et énigmatiques.

Nous nous réveillons à côté d'un petit stand de fruits et légumes et y rencontrons un véritable passionné qui nous raconte milles histoires sur les produits de la région, issus de culture "sans pesticide" (ce qui est assez rare au Pérou!). Autour d'une improbable dégustation de fruits aux saveurs explosives et de noix de cajou encore dans leur coque, nous découvrons le Chicharrón (une viande de porc mariné, bouilli puis frit dans sa propre graisse - carrément fondant !).

Noix de cajou, Pépino, Chicharron 

Nous poursuivons notre route au milieu des géoglyphes de Nazca, Pampas et Palpa.

Le site, qui s'étend sur environ 450km2, est classé au patrimoine de l'unesco et constitue un exemple extraordinaire de l'univers magico-religieux traditionnel et millénaire des anciennes sociétés préhispaniques Péruvienne. Ici, les anciens habitants de la région ont dessinés sur le sol aride, pendant près de 2000 ans, une grande variété de silhouettes zoomorphiques et anthropomorphiques, représentant des créatures vivantes, des végétaux stylisés, des êtres fantastiques ou des figures géométriques de plusieurs kilomètres de long. Leur méthode de formation, qui consistait à enlever les couches supérieures de gravier assombries par les intempéries afin de mettre à la surface des couches rocheuses plus claires, a permis de garder les dessins intactes au fil des siècles et de garantir leur authenticité. Ces lignes, tracés dans le sol entre 500 av J.C et 500 après J.C, soulèvent une des grandes énigmes de l'archéologie, en raison de leur quantité, de leur nature, de leur taille et de leur continuité. On suppose qu'elles auraient eu une fonction rituelle liée à l'astronomie.

Du haut de plusieurs miradors brinquebalants nous admirons ces incroyables dessins.

Après ces jolies découvertes, nous nous accordons quelques jours de repos dans un camping de Nazca et en profitons pour régler certains détails techniques. Nous y rencontrons une sympathique famille belges, avec 4 enfants, qui voyage dans le même camping car que nous et avec qui nous passons de bons moments. Tandis que les enfants barbotent dans la piscine, jouent dans le jardin et comparent leur maison roulante, les papas bricolent et réussissent à remettre notre chauffe-eau en route ! Youpi!!! nous avons désormais de l'eau chaude : le luxe ! Nous concevons en parallèle, avec un mécano du coin, un adaptateur de gaz qui nous permet désormais de faire le plein dans n'importe quelle station Gpl : finit la galère !

Après quelques hésitations, nous modifions notre itinéraire et décidons de filer vers Arequipa avant de rejoindre le Chili. Nous réservons la visite de Cuzco, du lac Titicaca et du Machu Picchu pour dans quelques mois, une fois la saison des pluies terminée et on l'espère, la paix revenue en Bolivie...

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Publié le 23 décembre 2019

Sur la route entre Nazca et Arequipa, nous traversons tout d'abord la vallée de Yauca, où une énorme plantation d’oliviers vient trancher avec le paysage aride du désert. Nous nous arrêtons bien évidemment pour une petite dégustation et repartons avec quelques produits locaux. Issue d'une première pression à froid, non filtrée, cette huile d'olive péruvienne à une saveur très particulière avec un gout d'olive verte très prononcée : étonnant mais intéressant...

Nous rejoignons ensuite Puerto Inka, pour passer la nuit près des vestiges archéologiques de "quebrada de vaca", l'ancien port Inca qui approvisionnait Cuzco. C'est en effet ici que les commerçants Incas venaient acheter poissons, fruits de mer et algues qu'ils revendaient ensuite à Cuzco, la capitale, via un long chemin à travers les montagnes. Nous explorons les ruines accrochées sur une colline en terrasse, observant les fosses à stockage en pierre et les restes des bâtiments qui dominent la mer. Il flotte comme un air de bout du monde aux alentours de ce petit site archéologique, situé dans une crique quasi déserte.

Le lendemain, nous reprenons la route vers le sud pour rejoindre Camanà. Les paysages sont superbes ; tantôt lunaires, brumeux et désertiques, tantôt vertigineux car la route, suspendue en bordure de falaise longe l'océan déchainé. L'arrivée plongeante dans la vallée verdoyante d'Ocona est spectaculaire : c'est absolument magique de traverser des rizières après des centaines de kilomètres de désert !

Nous passons la nuit à Camanà, chez Alex, un sympathique péruvien qui accueille gratuitement dans son jardin, les voyageurs de passage en provenance des quatre coins du monde. C'est un peu le paradis pour notre Zéphyr qui joue avec les animaux tous plus mignons les uns que les autres (lamas, lapin, chèvre, poneys, chats et même un chien péruvien : le fameux chien sans poil qui servait de bouillotte à l'époque des Inca).

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Publié le 5 janvier 2020

Arequipa - du 12 au 16 Novembre 2019

Depuis la côte, nous grimpons à 2335 mètres d'altitude pour rejoindre Arequipa, la deuxième ville la plus peuplée du Pérou, et, comme de nombreux voyageurs, nous succombons immédiatement à ses charmes.

Il faut dire que cette étape commence bien, car nous trouvons refuge en bordure du centre historique, chez une adorable petite dame à la retraite qui nous accueille dans son joli jardin fleuri : le spot parfait !!!!

A peine arrivés, nous partons donc nous balader à pied dans les ruelles de "La ville blanche" et on comprend tout de suite d'où lui vient ce surnom ; Arequipa est essentiellement construite en sillar, une pierre volcanique blanche, et cette architecture coloniale élégante lui donne un charme indéniable ! L'ambiance y est agréable et nous sommes rapidement conquis !

Nous arpentons tout d'abord le centre historique pour rejoindre l'incontournable "Plaza de Armas", situé au cœur de la ville. La place est chaleureuse et pleine de vie, avec ses palmiers, sa fontaine, ses pigeons et ses superbes bâtiments blancs qui la bordent, dont la magnifique basilique-cathédrale. Dans chaque ruelle, une jolie église, d'incroyables portes en bois et plein de petites boutiques et de restos alléchants.

Nous entamons ensuite la visite du couvent Santa Catalina, un des grands incontournables d'Arequipa. Avec ses 20 460m², c’est le plus grand couvent au monde et le plus grand édifice religieux péruvien. Construit en 1579, il a accueilli jusqu’à 450 religieuses coupées du monde extérieur. Cette véritable petite ville dans la ville est désormais ouverte à la visite et les 40 religieuses qui y vivent ne sont plus cloîtrées. Elles fabriquent d'ailleurs, pour le monde extérieur, de délicieux biscuits et des bonbons à la coca que nous nous empressons d'acheter ! Nous déambulons une matinée entière dans ce labyrinthe plein d’histoire, emprunt de calme et chargé d'une énergie si particulière. Les couleurs des murs, bleu électrique et rouge sienne, et les centaines de petites ouvertures donnant sur des patios plein de charme et des espaces de vies bien conservés, créent une atmosphère singulière intrigante. Nous prenons un réel plaisir à nous perdre dans le dédale des ruelles.

Zéphyr tombe en admiration devant l'histoire du Christ, qu'on tente de lui raconter à notre manière...

Tandis que Sion s'imagine aux fourneaux dans les cuisines des bonnes soeurs...

Ces douces flâneries nous ayant ouvert l'appétit, nous traversons la rue pour déjeuner au restaurant La Chicha, et tester la cuisine du chef le plus réputé du Pérou : Gustave Acurio. Auteur de 20 livres de cuisine (dont un réalisé en collaboration avec ferran Adria), animateur d’une émission culinaire de de télé, ambassadeur de la cuisine péruvienne à travers le monde, lui et sa femme ont ouverts 32 restaurant en Amérique latine, aux États-Unis et en Europe, (dont un à Paris). Nous traversons le joli patio et la grande salle de restaurant sous verrière qui donne sur la cuisine vitrée pour rejoindre un petit salon chic et cosy. Les réjouissances peuvent commencer... En entrée, nous testons le classique ceviche, agrémenté de crevettes et divinement relevé, puis nous poursuivons avec un plat de Cuy frit, le fameux cochon d'Inde typique des régions andines, fondant et croustillant à souhait ! Nous goutons aussi le filet d'Aplaga juste rosé, dont la viande rouge, saine et tendre, au gout légèrement sauvage, se marie à merveille avec le trio de pomme de terre locales colorés qui l'accompagne. Arrosé de vins péruviens, ce délicieux repas nous permet de découvrir les grands classiques de la gastronomie péruvienne! Les saveurs sont au rendez vous, les cuissons parfaites, les plats copieux et bien exécutés : bref, un sans faute traditionnel parfaitement maitrisé.

Le jour suivant, nous testons un autre restaurant très différent, mais lui aussi intéressant et délicieux : el buda profano. Le chef Daniel Echevarria (qui a participé au master chef péruvien) propose dans ce minuscule établissements des sushis végétariens absolument incroyables ! Les saveurs sont divines, les associations étonnantes ; nous sommes en admiration devant chacune de ces créations... En bref, une cuisine fusion nippo-péruvienne végétarienne simple mais vraiment bluffante et savoureuse : que du bonheur !!!

Nous passons nos après midi à bouquiner à la bibliothèque de l'alliance française, au plus grand bonheur de Zéphyr qui retrouve, à travers les contes et magasines français, ses héros préférés et nous réclame donc chaque jour d'y retourner pour une petite pause bien méritée, autour d'un café gourmand sympathique!

Nous profitons aussi de ces quelques jours en ville et d'une bonne connexion internet pour donner des nouvelles et régler certains détails techniques. Sion se lance dans la réparation du chauffage de notre maison roulante : un vrai casse tête qu'il résoudra fièrement après dix jours d'acharnement et de persévérance ! Ces bricolages nous emmène dans les différents marchés de la ville et nous permettent de découvrir des quartiers populaires moins touristiques et hauts en couleurs.

En chemin, nous visitons bien évidemment le pittoresque marché San Camilo où nous nous attardons une matinée entière pour découvrir les produits locaux et papoter avec les commerçants. A la place d'une ancienne église, sous une grande halle couverte, dont la structure en fer aurait été dessiné par par Gustave Effeil, des centaines de stands classés par catégories proposent tout ce que le Pérou a de meilleur à offrir. Une vraie caverne d'Ali baba !!! Par ici, des montagnes de fruits et légumes multicolores, d'innombrables variétés de pommes de terre jaunes, rouges, violettes ou blanches, typiques des régions andines, par là, des dizaines de graines dont l'incontournable maïs violet, utilisé dans la préparation de la chicha morada, la boisson nationale.

Dans les allées suivantes, des poissons et fruits de mers à volonté, puis des kilos de viande fraiche sous toutes ces formes : tête de cochon, trippes, poulet ou alpaga... Sans oublier les alléchants stands de queso, le fameux fromage des andes qui fait la fierté de la région!

Plus loin, le pain, les biscuits et les pâtes, mais aussi l'huile d'olive et les fruits secs, et enfin, à notre plus grand bonheur, des herbes, des épices et des plantes à foison ! On trouve de tout dans ce bazar bien organisé, même des foetus de lama séchés...

Après ces pérégrinations gourmandes, nous partons déjeuner au restaurant Zig Zag, connu pour ses cuissons sur pierres volcaniques. Le chef Michel Hediger propose ici une cuisine fusion suisso-pérouvienne, à base de produits typiques issus des différentes régions du pays. Pour bien commencer, nous testons la fameuse chicha morada, un cocktail inka réputé pour ses bienfait antioxydants. Il s'agit d'une infusion de maïs violet, bouilli plusieurs heures avec de la cannelle et des clou de girofle puis servi glacé avec du sucre de canne et du citron. C'est bon et super rafraichissant, ça rappelle un peu le jus de cassis ou de mûre en plus désaltérant. Nous débutons le repas avec une salade amazonienne et un cocktail de langoustines à la salsa Huancaína (une sauce très populaire à base d’aji amarillo, une sorte de poivron épicé). Puis nous goutons la spécialité de la maison : la cuisson sur pierre volcanique. Après avoir revêtis de grandes serviettes rigolotes, nos plats - un trio de viandes (alpaga, agneau et boeuf) et un poisson d'Amazonie - arrivent grésillants sur les fameuses pierres encore fumantes. La cuisson est top et sublime les produits ! En accompagnement, une ratatouille et un délicieux quinotto, le risotto régionale à base de quinoa. Et pour terminer en douceur, nous optons pour une mousse au chocolat inca et une mousse au café parfumé au pisco... miam miam ! En conclusion, un agréable déjeuner dans un cadre sympa.

Nous avons garder la meilleure table pour la fin, histoire de clore en beauté notre séjour à Arequipa... Afin de parfaire notre connaissance en matière de gastronomie péruvienne et de boucler notre délicieuse tournée des resto, nous partons déjeuner chez Zingaro, un des meilleurs restaurants gastronomiques de la ville. Le cadre est chouette : une élégante salle en pierre blanche qui donne sur une grande cuisine vitrée et un joli patio ombragé où nous nous installons. Malgré la fantastique cave a vin, vue la chaleur, nous optons pour un cocktail à base de coca et une bière locale. En entrée, pour pouvoir comparer avec ce que nous avons déjà testé, nous choisissons encore une fois le ceviche, que le chef a la bonne idée de décliner en duo ; d'un côté de l'assiette une version fraiche et acidulée, de l'autre une préparation piquante bien relevée, le tout accompagné de gros grains de maïs grillés et de cubes de patate douce bien fondants : au Top ! Nous poursuivons avec le fameux Rocoto Relleno, un des plats les plus populaires de la région et la spécialité de la maison. Il s'agit d'un piment recoto (une sorte de gros piment-poivron que l'on cuit dans du vinaigre pour atténuer son côté piquant), farci de viande (en l'occurence de l'alpaga), de raisins secs, de cacahuètes, de pomme de terre blanches et de fromage, arrosé d'huile d'olive et gratiné : un véritable délice !!!! Le serveur nous ayant mis en garde quant à la quantité des portions nous faisons l'impasse sur le lomo saltado qui nous faisait de l'oeil, pour continuer avec un poisson d'amazonie juste saisi, servi avec une fantastique sauce à la chicha morada, des bâtonnets d'ignames et des légumes juste al dente comme il faut : un plat savoureux d'une grande finesse ! En dessert, en plus d'un vrai brownie au chocolat, nous goutons enfin le fameux Queso Helado, une glace au lait concentrée et à la cannelle, que l'on trouve à chaque coin de rue d'Arequipa : une tuerie !!! Félicitation donc à la famille Zingaro, qui propose dans ce lieu sympathique une cuisine Arequipeña typique mais créative, simple mais recherchée.

Vous l'aurez compris : on s'est régalé à Arequipa ! Une super étape culturelle et gourmande...

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Publié le 7 janvier 2020

Dimanche 17 novembre - Nous quittons les plateaux andins pour une dernière étape sur la côte péruvienne avant de rejoindre le Chili.

Direction le Sanctuaire National des Lagunes de Mejia, à environ 140 km au sud-ouest d'Arequipa, pour découvrir une des rares zone naturelle protégée par l'état pour la conservation des oiseaux en voie d'extinction.

Créé en 1984, ce sanctuaire de 690 hectares, situé en bordure d'estuaire, est composé de marécages, de marais salants, de roseaux, de montagnes, de lagunes et de plages de sable fin. C'est l'endroit idéal pour l'observation des oiseaux ; on compte apparemment plus de 180 espèces, aussi bien résidents que migrateurs.

Jumelles autour du cou, nous arpentons les sentiers et grimpons dans les cabanes sur pilotis afin d'apercevoir les différentes volatiles. Avec les plumes récoltées sur notre chemin, on confectionne une super coiffe à Zéphyr qui se transforme en petits chefs Sioux et suit à la trace les vautours à tête rouge. Comme nous sommes les seuls visiteurs de la journée, les rangers nous accordent exceptionnellement le droit de passer la nuit dans la réserve ; un sacré privilège ! Nous profitons donc à fond de ce cadre paisible absolument magique et passons une nuit calme et tranquille au milieu des oiseaux.

Le lendemain nous poursuivons notre route vers le sud pour aller déjeuner à Playa Arena Blanca, une énorme plage bordée par une lagune peuplées de flamants roses. Les couleurs du sable sont absolument incroyables, à tel point qu'on a du mal à croire que des nuances aussi vives puissent être naturelles... On se demande si ces étranges teintes ne seraient pas plutôt dues aux rejets de la mine qu'on a croisé un peu en amont (?!).

Nous continuons ensuite jusqu'à playa el planchòn pour passer notre dernière nuit au Pérou. Nous nous baignons dans une petite crique à l'eau calme et transparente, tandis que les énormes vagues se fracassent au loin sur une barrière rocheuse, et nous jouons avec les magnifiques étoiles de mer qui se cachent entre les rochers. La plage est jolie, recouverte de milliers coquillages avec lesquelles nous fabriquons un super collier pour Nanny ( En effet, Christine, la maman de Sion, nous annoncé aujourd'hui qu'elle viendrait nous rejoindre au chili dans quelques semaines, à la plus grande joie de Zéphyr qui compte désormais les dodo avant son arrivée...)

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Publié le 17 janvier 2020

Mardi 19 novembre - En route vers le Chili !

Après 35 jours et 3500 kilomètres le long de la côte pacifique nous quittons le Pérou.

Deuxième pays de notre road trip, le Pérou nous a laissé une impression mitigée...

Certes, nous avons été impressionnés par la fascinante histoire culturelle du pays et par les innombrables vestiges archéologiques des anciennes civilisations. Nous avons bien sûr aimé la richesse de sa gastronomie, ses recettes typiques, ses cuisines fusions, son pisco et ses superbes marchés. Nous avons aussi beaucoup appréciés les paysages désertiques de la côte pacifique, les quelques réserves naturelles que nous avons visités et même les deux plus grandes villes du pays...

... Mais la pollution nous a vraiment refroidit, nous laissant trop souvent une impression de gâchis !

En effet, le Pérou est une véritable catastrophe en matière d'écologie !!! Ici, comme en Inde, des montagnes de détritus recouvrent l'ensemble du territoire. A l’exclusion des quartiers les plus riches de la capitale rien n’est mis en œuvre pour pallier au très préoccupant problème de la gestion des déchets. Les poubelles sont quasi inexistantes et les déchets ménagers, municipaux et même hospitaliers sont jetés un peu partout, dans les rues, dans les champs, le long des routes, sur les plages ou dans les cours d'eau... Des rivières de plastiques se déversent dans la mer à chaque saison des pluies, tandis que les grandes compagnies minières (qui détiennent plus de 15% du territoire!) rejettent quotidiennement leurs eaux usées dans la nature, sans aucun traitement préalable, contaminant l'eau douce de métaux lourds et empoisonnant sans scrupule la population, avec la complicité de l'état. La production agricole intensive semble avoir engloutie les petits producteurs locaux. Les fruits et légumes sont bourrés de pesticides et la terre est nourrie aux fertilisants synthétiques. Les nombreux élevages en batteries qu'on a croisé sur notre chemin nous ont carrément coupé l'envie de manger de la viande et on ose pas imaginé ce que l'on a ingurgité en consommant du poisson étant donné le nombre de plages interdites à la baignade pour cause de pollution...

Ce qui fait froid dans le dos, c'est que le Pérou est considéré comme l’un des réservoirs de biodiversité les plus importants au monde, il compte sur son territoire 27 des 32 écosystèmes recensés de la planète...

Bref, entre une situation environnementale carrément affligeante (un paradoxe quand on sait que les Incas avaient un respect profond de la vie et de la nature !), une insécurité bien palpable dans le nord du pays (que nous avons malheureusement expérimenté en nous faisant cambrioler), l'absence d'air de jeux pour enfants (ce qui a beaucoup manqué à notre zouzou !) et la masse de touristes étrangers, nous n'avons pas eu envie de nous attarder plus longtemps au pays des incas...

Cependant, conscients qu'il nous reste encore beaucoup de trésors à découvrir dans cet immense pays qui regorge sans aucun doute d'incroyables richesses, nous envisageons d'y revenir un peu plus tard, quand nous aurons un peu digéré tout ça, histoire d'explorer les régions andines et amazonienne sur lesquelles nous avons fait l'impasse cette fois ci, et qui nous l'espérons sauront nous réconcilier avec le Pérou... à suivre donc d'ici quelques mois !

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19 Novembre - Entrée au Chili via la frontière de Tacna-Arica.

Après de longues formalités (une montagne de paperasse, de nouveaux tampons sur nos passeports, une nouvelle assurance pour Hannah et une fouille de notre maison roulante par la douane chilienne - qui nous confisque tout nos produits frais et fruits secs en provenance du Pérou!) nous entrons au Chili.

Nous avons un peu l'impression d'arriver en Europe... la route est bien asphaltée, la signalétique ressemble a celle que nous connaissons et le centre ville d'Arica pullule de magasins en tout genres, de rues piétonnes pleines de vie, de jeunes stylés qui se baladent avec un skate ou un surf sous le bras, de places bordées de palmiers et de jolis bâtiments. Nous profitons d'une étape technique pour nous balader un peu dans cette ville de bord de mer. La révolution chilienne, en cours depuis un mois déjà, est palpable ; des tags un peu partout dénoncent les inégalités et invitent le président Piñera à démissionner et toutes les banques sont barricadés... Retirer de l'argent en cette période de crise sociale semble être mission impossible ! Suivant les conseils avisés des sympathiques chiliens qui nous renseignent avec bienveillance, nous finissons par trouver un distributeur de billets dans une pharmacie et réussissons finalement à retirer des pesos chiliens après avoir patienter longuement dans une queue de 3m de long... Malgré ces traces de grogne et ces quelques désagréments techniques, l'ambiance est plutôt sympa, les gens sont souriants, blagueurs et accueillants, ils ont l'air ravis de voir des touristes étrangers !!!

Nous trouvons un camping agréable, avec piscines et jeux pour enfants, un peu au nord de la ville, a quelques pas d'une énorme plage et profitons de cette petite pause paisible pour organiser notre périple dans le "norte grande" en nous régalant de pomme-cannelle.

Jeudi 21 novembre - Une nouvelle manifestation nationale est organisé aujourd'hui, nous quittons donc la ville sous un nuage de fumée de pneus brulés. Comme on nous l'a expliqué, en dehors des agglomérations nous n'avons rien à craindre... et en effet, dès qu'on s'éloigne un peu du centre d'Arica, la vie semble suivre son cours normal !

Après un arrêt ravitaillement au marché des producteurs locaux, nous prenons la route en direction du sud.

Après 100 km au milieu d'un paysage désertique et montagneux, nous nous arrêtons à l'embranchement de Caleta de Camarones pour admirer deux monumentales sculptures musicales réalisées par les artistes chiliens Paola Pimentel et Johnny Vásquez en hommage a la culture Chinchorros. Cette population, qui a émergé 7000 ans avant notre ère dans le nord du Chili, est connue pour ses incroyables rites de momification. Comme les Egyptiens de l'Egypte Pharaonique, les Chinchorros retiraient les organes et le cerveau de leurs morts. Mais ils retiraient aussi les muscles et la peau pour la faire sécher lentement dans les braises et la cendre. Les os étaient ficelés à des bâtons de bois pour solidifier la structure. Ils redonnaient ensuite du volume au corps en le remplissant de laine, de plumes, de cuirs, de végétaux qu'ils recouvraient d'argile. Ils disposaient des morceaux de peau qu'ils pouvaient coudre à l'aide de fibres végétales ou de cheveux. Et ils enduisaient l'ensemble du corps de terre et de manganèse, un métal grisâtre dur et cassant. Le visage était redessiné avec de l'argile blanche, noire ou rouge et était coiffé d'une perruque de cheveux. Parmi les 300 momies Chinchorros qui ont été retrouvés dans la région, une quinzaine d'entre elles sont considérées comme les plus vieille momies du monde! Au pied de ces étonnantes sculptures, que le vent fait chanter en s'infiltrant dans les multiples ouvertures, nous profitons d'une petite pause magico-poétique.

Par une étroite route sinueuse qui plonge à pic vers la mer, nous descendons ensuite jusqu'au village de pêcheurs de Pisagua, où règne une atmosphère un peu irréelle. En effet, cette petite ville fantôme fut à l'époque du nitrate l'un des ports les plus important de la région. L'endroit devint ensuite un bagne puis un camps de détention où Pinochet emprisonna ses opposants à la dictature. Le lieu à aujourd'hui retrouvé sa tranquillité et seuls quelques vestiges décrépits et quelques plaques commémoratives (dont celle du vieux cimetière qui cite un vers émouvant de Pablo Neruda " Les pas peuvent fouler ce lieu durant mille ans, ils n'effaceront pas le sang de ceux qui y tombèrent") rappellent son passé tumultueux.

Nous nous installons en bordure de plage, un peu à l'écart du village, avec des centaines de mouettes et quelques otaries pour seuls compagnons. Le lendemain les gendarmes viennent nous voir pour nous informer que les manifestant bloquent la route qui mènent à Iquique et nous invitent à rester ici au calme une journée de plus. Nous profitons donc de ce cadre paisible pour nous reposer un peu...

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Publié le 19 janvier 2020

23 Novembre - Les carabineros de Pisagua nous ayant donné le feu vert pour reprendre la route, nous continuons notre chemin jusqu'à Humberstone, une ancienne cité minière classée au patrimoine de l'UNESCO en 2015.

Construite en 1872, dans la Pampa désertique, au milieu de l’un des déserts les plus arides du globe, les usines d'Humberstone ont vu passer des milliers de travailleurs, pour la plupart des paysans pauvres attirés par la promesse d’une vie meilleure, qui y vécurent avec leurs familles, pour exploiter le plus grand gisement de salpêtre du monde et produire le nitrate de soude, un engrais qui allait transformer le paysage agricole de l’Amérique du Nord, du Sud et de l’Europe, tout en procurant de grandes richesses au Chili. Durant la grande époque de "l'or blanc", entre 1880 et 1930, les ouvriers, venus du Chili, du Pérou et de Bolivie, forgèrent, dans cet environnement hostile, une culture commune, propre aux habitants de la Pampa, caractérisé par la richesse de leur langue, de leur créativité et de leur liens de solidarité, mais surtout par les luttes pionnières qu’ils menèrent pour la justice sociale. La ville d'Humberstone abritait à son apogée près de 4000 habitants, elle possédait alors sa bibliothèque, son école, son théâtre, son marché, son église, sa piscine et même son hôtel ! Elle fut abandonnée en 1960, suite à la découverte des engrais de synthèse et devient rapidement une ville fantôme. Contrairement à ce qui s’est produit dans beaucoup d’autres usines de salpêtre, le site n’a pas été totalement démantelées ce qui lui a permit d'être plutôt bien conservé, malgré le vandalisme et le pillage dont il a été victimes avant d'être décrété monument historique en 1970.

Curieux, nous partons explorer cette ville fantôme aux allures de Far West, symbole de l’époque faste que fut pour le Chili l’exploitation des nitrates. Notre visite commence par les anciennes maisons de mineurs où sont exposés de fascinantes collections d'outils et d'ustensiles.

Nous traversons ensuite la voie ferrée où git une ancienne locomotives et grimpons dans un wagon abandonné, histoire de nous projeter dans cet incroyable voyage à remonter le temps.

Dans un décor de western, nous arpentons les rues fantômes, aux murs décrépis et visitons les différents bâtiments publics à la splendeur d'antan. Nous flânons au marché en s’imaginant les histoires des ouvriers et de leurs familles.

Puis nous déambulons jusqu'à l'école, dont la visite extrêmement émouvante nous invite à rejouer des scènes de classe en incitant Zéphyr à prendre place sur les bancs d'écoliers.

Nous poursuivons nos pérégrinations jusqu'au ateliers délabrés ou d'énormes machines nous laissent entrevoir le dur labeur qui attendaient les Pampinos...

Ainsi s'achève cet incroyable voyage dans le temps.

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Publié le 3 avril 2020

Hello à vous tous, confinés aux quatre coins du globe... et Merci pour vos nombreux messages qui nous ont fait très plaisir!!!

Tout d'abord : Oui - tout va bien pour nous!!! Nous sommes en Argentine, sur la péninsule de Valdes, confinés, comme vous, depuis une quinzaine de jours... En effet, l’Argentine à fermé ses frontières dès le 15 mars et imposé le confinement totale jusqu’au 13 avril. Nous sommes donc en pause-voyage depuis et pour un moment!

Nous sommes arrivés ici le 14 mars, après avoir foulé le bout du monde et traversé la Patagonie de long en large... Entre les somptueuses randonnées autour des glaciers, les milliers de kilomètres de pistes chaotiques, les bivouacs sauvages au milieu de nulle part, les émouvantes rencontres avec la faune locale et les conditions climatiques parfois extrêmes, nous avons été délicieusement déconnectés! Voilà pourquoi le blog sommeil depuis quelques mois... (Ps : on ne vous a pas oublié, afin de pallier à l’absence de récit, j’ai mis en ligne temporairement quelques photos qui retracent notre itinéraire sur Polarsteps a l’adresse suivante : https://www.polarsteps.com/HeloiseLoli/3189358-chili/25458613-?s=43E92538-A4C4-4D0E-894B-ECFDED22E69C

Bref, nous avons débarqués sur la péninsule de Valdes le jour de l’ouverture officielle de la saison des Orques, tout excités à l’idée de tenter de d’apercevoir ces fascinants prédateurs et de découvrir ce célèbre parc marin dont nous avions tant rêvé... Nous étions loin de nous imaginer que nous y resterions si longtemps !

A l’entrée du parc, nous avons été contrôlés par des policiers inquiets à l’idée de laisser des étrangers, potentiellement contaminés, pénétrer sur leur territoire. Pour la première fois nos drapeaux italiens et français étaient plutôt mal vu... Heureusement que notre dragon gallois faisait meilleure figure (il attire en effet une grande sympathie dans ce coin de Patagonie où les gallois ont débarqués au XIXe siècle!)

Grâce à nos passeports bien tamponnés et à nos 7 mois de voyages sur les routes sud-américaines nous avons tout de même été autorisés à entrer mais on nous a immédiatement informé que le seul camping de la péninsule et toutes les structures d’informations étaient fermées au public jusqu’à nouvel ordre à cause du Coronavirus... Le message était clair : le Covid était en train d’atteindre l’Argentine et de bouleverser les esprits!

Nous avons passés les deux premiers jours à arpenter la péninsule sans se soucier de l’actualité, revenant chaque soir, comme on nous l’avait imposé, dormir à Puerto Piramides, le seul village de la presqu’île.

Mais au 3ème jour les choses ont commencé à se gâter : la péninsule de Valdes déclarait officiellement la fermeture du parc tandis que la province du Chubut annonçait la mise en place des premières mesures de restrictions. Voyant que le vent était en train de tourner, nous avons choisis, sciemment, de nous arrêter là, en se disant que le spot était chouette et qu’un peu de repos ne nous ferais pas de mal après toutes ces pérégrinations.

Et en effet, le matin suivant, une policière est venu nous voir pour nous recenser. Elle a vérifié que nous étions entrés en Argentine depuis plus de deux semaines (ouf !!! pile poil : nous débutions notre 14e journée sur le territoire argentin, ce qui nous a évité bien des ennuis!) et nous a informé qu’on ne pouvait désormais plus circuler avec notre véhicule...

Nous avons profité de cette pause imposée pour se détendre sur la plage en compagnie d’autres voyageurs et improviser un apéro convivial face à la mer avec le brasseur du village (qui nous a abreuvé de ses délicieuses bières artisanales!). Le confinement commençait plutôt bien...

Malheureusement, le jour suivant, une autre brigade de police, bien moins aimable, a débarqué avec l'intention de nous expulser... Ils avaient apparemment reçus l’ordre d’évacuer au plus vite tout les étrangers : nous devions quitter la péninsule sans délai, peu importe qu’on ait nulle part où aller! Les agents nous ont confirmés qu’il était désormais illégal de circuler en Argentine, qu’on serait donc verbalisés si on se déplaçait sur les routes du pays. Ils nous ont aussi avoué que la police de Puerto Madryn, la ville la plus proche, nous refuserait certainement l’accès, mais ça, ce n'était pas leur problème, on devait tous partir et rentrer chez nous... en Europe?!

On est un peu tombé des nues. On leur a expliqué que ça n’avait ni queue ni tête, on essayé de négocier, d’argumenter, on a exigé de discuter avec leur chef et finalement on a tout simplement refusé de bouger... Comme on était 18 personnes (5 enfants et 13 adultes) ils n’ont pas eu le choix, ils sont repartis bredouille, tandis que nous restions là, sur notre parking face à la mer... avec un beau coucher de soleil et une chouette soirée barbecue en perspective pour nous remonter le moral et tirer des plans sur la comète !

Finalement, Mercredi 18 mars, « l’intendente », un homme plutôt sympathique et bienveillant, est venu nous expliquer que le village étant situé au sein d’une une aire naturelle protégée (patrimoine de l’Unesco) c’était à lui, le chef des gardes parc, de décider de notre sort et non à la police locale... il nous a alors annoncé avec un grand sourire qu’il avait réquisitionné le camping municipal spécialement pour nous accueillir jusqu'à la fin du confinement... en espérant que nous garderions une bonne image de notre séjour en Argentine !

Ravis, nous nous sommes donc installés au camping du village, en compagnie de deux autres familles françaises (Anne et Vincent avec leurs filles Louise (10ans) et Romane (5ans) que nous côtoyons régulièrement depuis l’Equateur - Alix et Adri avec Lou (3ans) et Felix (7mois)), ainsi que trois couples sympathiques (Ivan et Lujàne, les Argentins - Martina et Michael, les Suisses - Ulrika et Alfred les retraités allemands) et Daniel, le mystérieux motard suisse allemand.

Nous formons depuis une étonnante communauté, bienveillante et solidaire, et avons appris à nous organiser ensemble dans cet étrange espace-temps pour faire régner une ambiance joviale malgré les contraintes du confinement.

A vrai dire, nous sommes bien content d’être parqués ici, en toute sécurité! Surtout quand on entend ce qui se passe aux quatre coins de l’Amérique du Sud pour les voyageurs étrangers : la panique semble avoir gagné bon nombre de nos compatriotes qui tentent tant bien que mal de se faire rapatrier coûte que coûte...!). En ce qui nous concerne, on préfère rester tranquille en attendant de voir ce que l’avenir nous réserve. On considère qu’on est bien ici pour l’instant : l’Argentine compte assez peu de cas de Covid (il n’y en a d’ailleurs aucun dans la province du Chubut!), notre spot est chouette et on est bien traités...

Nous pouvons circuler librement au sein du campement ; un très grand terrain de sable, arboré de pins, avec plein de recoins tranquilles. Chacun bénéficie de son propre espace d’intimité et les enfants ont beaucoup de place pour jouer. Nous avons accès à l’eau, ce qui nous permet de boire (!!), de remplir nos filtres et de laver nos affaires et nous pouvons même prendre une douche chaude chaque soir entre 18h et 19h - Ce qui constitue un véritable luxe pour les routards que nous sommes!!!). Nous avons aussi pu brancher nos véhicules à l’électricité, un détail non négligeable qui nous apporte un confort supplémentaire et nous donne la possibilité de bricoler plus facilement.

Nous profitons d'un micro climat agréable, avec soleil brulant et grand ciel bleu quotidien, ce qui nous donne l'occasion de peaufiner notre bronzage, de vivre en plein air et de nous régaler de barbecue. Certains jours, le vent, parfois violent, nous rappel que nous sommes aux confins de la Patagonie et au fil des jours, les températures nocturnes qui commencent à baisser, nous indique que l'automne pointe son nez... Hormis ces subtiles variations nous avons vraiment l'impression de vivre hors du temps.

Nos déplacements à l’extérieur sont extrêmement limités! Les premiers jours nous pouvions encore marcher sur la plage qui borde le campement mais ce privilège nous a vite été retiré, à notre plus grand regret! Nous sommes autorisés à nous rendre au village, uniquement seul, un à un, et dans l’unique objectif de récupérer nos courses préalablement commandées via sms à la « Carniceria » ou au camion primeur qui passe une fois par semaine. Tout au long de la journée une voix monotone ressasse en boucle, depuis le haut parleur d’une camionnette qui sillonne les rues du village, un discours strict qui rappelle à chacun l’interdiction de sortir, sauf en cas d’extrême nécessité « y nada más »!

Cela dit on est plutôt chanceux car les produits proposés sont variés et d’assez bonne qualité : des fruits et des légumes frais, du fromage à la coupe, de bonnes viande locales à griller, du pain, une large gamme de vins argentins... on a même réussi à dégoter du poisson frais auprès d'un pêcheur du coin!

Les premières semaines, les militaires et les policiers faisaient des rondes jour et nuit, toute les deux heures, pour vérifier que nous ne filons pas en douce et que nous respections le couvre-feu, dont l’effrayante sirène hurlante retentit chaque soir à 19h30 pétante. Nous avions parfois la désagréable impression d’être dans un camps de prisonniers... Mais au fil des semaines la pression se relâche un peu et la surveillance devient moins intrusive. Nous pouvons désormais grimper dans les dunes de sables pour apercevoir la mer à travers le grillage, longer discrètement la plage sans se faire remarquer en rentrant du village et même se retrouver parfois en petit comité à l’heure de l'apéro...

La vie en communauté s’organise doucement, et malgré les interdits, de manière plutôt agréable et créative...

Nous avons passé les deux premières semaines à nous installer, en aménageant des espaces de vie et de jeux, et surtout à nettoyer et à réparer nos maisons roulantes. Autant vous dire qu’après plusieurs mois à rouler sur des pistes poussiéreuse et défoncées il y avait du boulot! ça nous a bien occupé!!!

Les gars sont d’ailleurs toujours en train de bricoler, de parler mécanique, de comparer leurs nouvelles trouvailles et de tester de nouvelles choses sur leurs véhicules respectifs...

Tandis qu’on se retrouve entre nanas pour notre séance quotidienne de yoga dont je me suis improvisé prof : un délicieux petit moment de détente et de relaxation !

Nous avons aussi bien sûr mis en place plein d’ateliers pour les enfants : masque, attrape-rêve, tir à l’arc, jeux de pétanque, chasse au trésor, construction dans le sable, déguisements, pâtisseries, peinture, histoires... et Michael a même construit deux balançoires et une super cabane pour eux!

Finalement on constate que les gosses se débrouillent assez bien sans nous pour inventer des trucs hilarants! Ils passent leurs journées à courir partout, au milieu des chats et des chiens, heureux d’être en semi-liberté! A force d'observer leur délires en rigolant et d’halluciner sur leurs dernières inventions, nous avons eu l’idée de faire un court-métrage tous ensemble, histoire de mettre en scène cette étrange réalité!

Voilà, entre nos pseudos réunions de travail, nos rdv techniques, nos ateliers enfants, nos cours improvisés et nos tâches quotidiennes, j’essaie tant bien que mal de trouver un moment pour me remettre à mes récits de voyage! Affaire à suivre donc... (dès que j’aurais résolu mon soucis de partage de connexion!)

Milles bises à tous!!! Prenez soin de vous et donnez nous des news de votre confinement!