Carnet de voyage

Eco Argentina

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Je troque ma routine française pour un sac à dos et arpenter les chemins de l'Argentine, pour rencontrer des projets éco-citoyens et culturels.
Du 15 mars au 16 juin 2017
93 jours
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Publié le 27 février 2017

Hola todos,

Moi c'est Camille, originaire de Saint Germain en Coglès (Bretagne/Ille et Vilaine), je troque ma routine française pour un sac à dos et arpenter les chemins de l'Argentine. Je pars du 15 mars au 15 juin prochain.

Ce voyage est pour moi bien plus qu'une balade, mais une quête de projets éco-citoyens et culturels.

En effet j'ai toujours baigné dans le domaine de l'éducation populaire et l'environnement, j'ai besoin d'aller à l'étranger pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit.

Je vais rencontrer des paysans, artisans, associations et ONG soucieux de notre environnement et des droits de l'Homme.

Mon voyage débute donc à Buenos Aires, le 16 mars!!

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Publié le 18 mars 2017

Me voila arrivée à Buenos Aires. Après une escale à Madrid et 12h de vol, bus, taxi de fou,.. je suis arrivée dans ma première auberge de jeunesse, Art Factory. Elle est top, les voyageurs du monde entier font des graffs sur les murs, c'est chouette.

J'ai inventé une nouvelle langue l'anglaispagnol. Bon j'ai du boulot.. pour l'apprentissage de la langue, je ne désespère pas.☺

Je fais de super rencontre, plein de citoyens du monde entier, c'est génial. Des rencontres courtes mais très enrichissantes.

J'ai visité un très joli quartier "La Boca", l'endroit ou il ne faut pas trop sortir des sentiers battus.

Buenos Aires en quelques mots: tango, couleurs, taxi de fou, contraste, pauvreté, richesse, musique dans les rues, ...

A très vite, avec des photos pour la prochaine fois, avant mon départ de Buenos Aires.

Hasta luego

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Voici les photos de Buenos Aires, building, quartier de la Boca, tango, maté... 
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Je quitte Buenos Aires, la pollution, le trafic urbain, les klaxons, le bruit pour San Carlos de Bariloche.

24 h00 de bus, je traverse la pampa, ce lieu désertique, on y trouve de grandes étendues, des chevaux, vaches à perte de vue...

Je me réveille au petit matin, nous sommes le 21 mars et je découvre la beauté des 7 lacs, si imposante.

Ce lieu est magique et me permets de me déconnecter de la réalité, de méditer.

Rendez-vous dans quelques jours pour les photos.

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Publié le 27 mars 2017

À peine après avoir posé mes affaires à Bariloche, je fais la rencontre de deux supers womens Mélanie et Aurore. Le courant passe tout de suite, et nous voila embarqué pour trois jours de trek.

On propose également à Simon et Maxime, ils nous suivent jusqu'au premier refuge et feront demi-tour arrivé à ce point.

Pique-nique vue sur le lac / merci Mélanie la réferente photographe

Jour 1/ Nous avons une vue imprenable sur le lac Nahuel Huapi, on marche environ 5h00, la marche se fait bien, le dernier kilometre est un peu plus difficile, mais rien à voir à la difficulté des jours suivants. On arrive au refuge Frey en milieu d´apres midi. L'endroit est paisible et la nature est tellement surprenante. Je comprends pourquoi je suis partie de Buenos Aires, pour retrouver un peu de calme et de sérénité. Nous découvrons ce refuge si rustique et chaleureux.

Refuge Frey


Jour 2 / On se réveille pour voir le lever de soleil et les couleurs du ciel. On rencontre Marcello au petit déjeuner, il est argentin et nous propose que l'on fasse route ensemble. On part donc vers 9h30 direction le refuge Jacob, la journée la plus difficile, nous avions peu de kilomètres , mais beaucoup de dénivelé et nous devions escalader une crête, la descendre et une nouvelle montagne. Vive les courbatures.

Nous descendons la crête pour le refuge Jacob 

Au loin nous voyons la fumée de la cheminée du refuge, nous arrivons enfin après cette grande journée éprouvante et pleine d'adrénaline. Ce grand refuge est en cours d'aggrandissement, je vous laisse imaginer la difficulté de construire un refuge dans cet endroit si désert.

Jour 3 / Le lendemain quand nous reprenons la route, nous avons rencontrés deux hommes à cheval transportant des troncs d'arbres pour continuer la construction. Dernière journée, nous ressentons la fatigue de nos muscles, mais nous devons encore tenir 18 km pour rentrer, le chemin est plus facile, on se prévoit una parilla pour notre retour, le traditionnel barbecue argentin. On retrouve la troupe de l'auberge. On est tous autours du festin et on se rappelle nos meilleurs moments, ou les moments les plus difficiles avec des étoiles pleins les yeux.

Una parilla

Voilà mon séjour se termine sur Bariloche, on est le 26 mars, je pars demain un peu plus au Sud pour Trevelin, pour deux semaines de woofing, afin de rencontrer un peu plus les habitants et de mettre la main à la pâte.

Et je dis aurevoir à Aurelie et Aurore, on prévoit de se retrouver a El Chalten, dans deux semaines. Encore merci Mélanie pour les photos, ma caméra ne me permet pas de prendre de bonne photo, mais il conserve tout autre chose que je vous présenterais a mon retour.

La team trek
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Publié le 2 avril 2017

J'avais un peu d'avance sur mon parcours, j'avais donc décidé de faire du woofing. Une adresse trouvé au dernier moment. Je voulais quitter les hostels, car on retrouve beaucoup de Français en Patagonie, je n'améliorais pas assez mon espagnol. J'arrive donc dans un endroit plutôt fantastique. Vin, camping, lavande, framboise...

J'ai été très bien accueillis, cependant j'apporte beaucoup d'importance sur l'échange et le partage pour le woofing. En revanche je travaillais toute seule. Je coupais de la lavande pour en faire des sprays. J'ai décidé d'écourter mon séjour. Un voyage solo est très fort, nos sentiments sont multipliés. On apprend à s'écouter, j'ai donc repris mon sac à dos et repartis pour de nouvelles aventures.

Alors désolée pas de photos pour cet expérience. Je préfère capturer que le meilleur.

Direction El Bolson capitale écologique de l'Argentine pour certains, rassemblement des hippies pour d'autres. À très vite la compagnie.

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J'arrive donc le 1er avril (et non pas un poisson d'avril) à El Bolson, le jour d'une feria (marché de producteurs et d'artisans de la région). Il s'agit d'une petite ville charmante, près du lago puelo, qui en fait son attraction touristique (je n'ai pas pris le temps de m'y rendre) bref un lac aux couleurs turquoises, à en faire rêver plus d'un sûrement. Je ne venais pas pour cela, en effet un woofing d'une semaine m'attendai (je pense faire prochainement un article sur l'impact du tourisme sur ce pays).

Avant de commencer mon woofing, j'ai pris deux jours de repos au Eartship d'El Bolson, un lieu magique.

Eartship Patagonia El Bolson 

Le premier soir je suis accueillie par une dizaine de volontaire venant du monde entier. Apparemment on s'arrache les places pour venir donner un coup de main sur ce lieu remplit de bonne conscience. On me propose de partager une pizza cuite au feu de bois en argile situé au centre de ce lieu si paisible.

Pour info un Earthsip est un habitat écologique construit en utilisant des matériaux de récupération. De plus d'être soucieux de l'utilisation des matériaux, il s'agit d'un habitat autonome.

En effet, par une habile gestion des énergies solaires, éoliennes et géothermiques ainsi qu’une utilisation optimale des eaux de pluie, non seulement il ne dépend d’aucun raccordement aux réseaux classiques, mais le rejet (après plusieurs utilisations) des eaux pluviales dans l’environnement permet à la végétation de pousser.

L'eau de pluie de cet Earthip a donc 4 vies, elle est premièrement utilisée dans la douche et la cuisine, envoyée

dans les jardins, utilisée pour les toilettes et de retour dans le jardin.

L'alimentation proposée aux voyageurs du monde est totalement végan, biologique et locale, provenant à 80/100 du jardin.

Bref je passe deux super journées dans ce lieu remplit de bon sens et de partage.

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Je décide de rencontrer les producteurs avant de commencer chaque nouvelle expérience, pour se mettre d'accord sur les conditions de travail, suite à ma première expérience (pour le woofing non programmé avant mon départ).

Susana est Franco/Argentine, elle possède un terrain où elle fait pousser de jolis légumes. Le courant passe tout de suite, on décide donc de commencer cette expérience de woofing pour une semaine.

La Huerta

Susana a quitté la France, pour son côté trop didactique, ordonné,... Arrivée en Argentine elle trouve un terrain près d'El Bolson, où elle peut construire la maison de ces rêves. Avant de rentrer chez elle, nous rentrons par une serre, elle utilise donc en partie la géothermie pour chauffer la maison. Elle utilise l'énergie solaire pour l'électricité. Son objectif est de vivre en auto-suffisance alimentaire. Elle accueille donc des woofeurs et transmet ces savoirs sur la sauvegarde des semences, en particulier les tomates. En effet elle collectionne les semences de tomates. Pendant que je ramasse les tomates dans la serre, elle écrit sur son cahier remplit de trésor, les secrets des meilleures variétés, en m'expliquant les propriétés de quelques-unes.

Après les avoir ramassées, on en fait des tomates séchées, ou de la salsa, le nouveau Ketchup, aux petits oignons, trop bon pour les papilles !

Elle se procure ces variétés par Kokopelli (asso française qui distribue des semences dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère).

On s'occupe également de refermer une tranchée, transportant l'eau du ruisseau à la pompe, pour son utilisation, en réutilisant de vieilles bouteilles plastiques pour protéger les câbles et oui car ici rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme, Susana ne parle pas de déchet mais, de matières premières.

La semaine s'achève, c'est une super rencontre, avec de nombreux échanges sur nos différences France/Argentine, les traditions bretonnes mais aussi quelques sujets en méditation sur la vie en général. Je suis heureuse que le chemin m'ai conduite ici.


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Susana m'apprend qu'El Bolson est un village très solidaire et très soucieux de la préservation de ces ressources. En effet un grand nom parmi les multinationales (Lewis) a souhaité s'approprier les terres et l'eau également, pour construire un aéroport, golf,... Je rappelle que nous nous trouvons en Patagonie.

El pueblo d'El Bolson a tout de suite rejeté cette proposition, pour défendre les biens communs. C'est ainsi que le village a mis en place une assemblée législative. Depuis 2005, le peuple ce manifeste contre l'absurdité de ces projets et pour la sauvegarde de leur patrimoine, sachant que nous allons certainement connaître la fin de l'eau suite à la fin du pétrole.

Je me rends compte que peux importe l'endroit où l'on vit dans le monde nous avons tous le même combat. Je reste très optimiste, car El Bolson est un réel exemple d'espoir, en effet le projet n'est toujours pas passé.

manifestation à El Bolson
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Publié le 28 avril 2017

Après avoir passé plus d'un mois en Argentine, je peux vous parler des contrastes, coutûmes, ...

Ici on ne te contrôle pas si tu es bien attaché, mais si tu allumes tes feux en pleines journée. Je ne vous parle pas des scooters à 2 ou 3 dessus sans casque.

Ici on te fait 20/100 si tu payes en cash. Et oui avec la crise et l'inflation sur tout le pays, les entreprises préfèrent garder leurs sous, que les mettre dans les poches des banquiers.

Ici tu trouves des chiens errants un peu partout. Ils ne diraient pas non à un petit bout de sandwich.

Ici tu retrouves des rassemblements pour la milonga, sur les places principales des villages (du tango pour tout âge).

La sensualité des rues de Buenos Aires

Ici tu donnes un pesos au chico qui porte ta valise dans la soute du car.

Ici tu peux trouver des chevaux un peu partout, en ville comme en campagne.

Ici si tu cherches une voiture d'occasion, elles ont toutes une bouteille plastique sur le capot, c'est un code ici.

Ici tu retrouves des troupeaux de vaches à perte de vue. En termes quantitatifs, l'Argentine consomme presque autant de viande de boeuf que les Etats-Unis (pour comparer 43 000 000 habitants en Argentine, contre 321 millions pour les Etats-Unis).

Ici de 13h a 17h, tout est fermé et oui point d'honneur à la siesta ah ah, j'y prends goût parfois.

Ici tu trouves pleins de kiosco, du vendeur de pop corn, sandwich, tabac, churros aux journeaux dans des petits magasins ou dans des petites cabanes de fortune.

La feria d'El Bolson

Ici c'est simple les rues sont de 100 à 100, pour te repérer c'est facile.

Ici tu fais pas trop confiance aux flics vu ce que tu entends. Je pense mettre même faire voler mon sac de couchage par un contrôle de routine dans un bus.

Ici tu retrouves des cartoneros, des pauvres qui fouillent les poubelles, pour recycler papiers/cartons/plastiques... pour gagner leurs vies. Autrement tu retrouves peu de recyclage, j'ai rencontre un village ou c'etait la communauté chrétienne qui s'en occupait.

Ici dans certaines villes, les files électriques et les routes c'est un peu la folie.

Ici on te propose de changer de la monnaie à chaque coin de rue, ou de cirer tes chaussures.

Ici le temps d'un feu rouge, tu peux tomber sur des jongleurs de rue qui animent ce temps si ennuyant, alors on lui donne un petit billet.

Ici les gens sont bien élevés, ont fait la queue pour le bus ou tout autres choses de la vie quotidienne.

A chacun son tour à Cordoba 

Ici tu peux rouler pendant des heures avant de trouver un petit village. Petite histoire, sur un trajet de bus de 20h, un camion devant nous à eu un accident, nous étions au milieu de la pampa. Le camion à attendu 2h00 pour etre dépanné, ici tout est loin. Donc ici les Argentins sont tranquilles, on prend notre temps, no pression.

Ici tu ne dis pas non au maté, ni à un asado (barbecue argentin) c'est un rituel de partage très important pour les argentins. (Je pense faire prochainement un article sur le maté, ce serait un sacrilège autrement).

Ici les pays est tellement grand, tu retrouves des paysages tellement différents , en passant par la pampa, désert de sel, montagne aux 14 couleurs... Avec cette étendue géographique, tu retrouves presque tous les climats du monde. Quand tu prends un bus de 24h, tu peux partir avec un bonnet et arriver avec des lunettes de soleil, c'est normal.

Ici l'industrie touristique est l'une des principales activités du pays, les cabanes, hostels, restaurants, compagnie de bus s'arrachent les places pour proposer les meilleures offres, excursion. Une partie (pas tous bien sûr) des toursites recherchent des paysages de rêves, sans comprendre les difficultés du pays. Très souvent le bus et le service routier accessible pour les pompiers, ne dessert que le centre touristique, si tu marches un peu, tu rencontres des rues qu'on a certainement voulu te cacher. Au oui et j'ai faillie oublier, normalement les lamas vivent à 3000 ou 4000 m d'haltitude. Ici tu les retrouves en campagne accroché à un piquet, près d'un magasin de souvenir pour appâter les clients à environ 2500 m d'haltitude.

Ici quand tu as besoin d'aide, tous le monde est prêt a t'aider, une générosité hors du commun

Pour information après mon dernier artcile, j'ai longé toute la Cordillère des Andes, en empruntant la fameuse ruta 40, d'El Bolson a Tilicara.

Bodega à Mendoza
Cactus (pousse 1cm par an)
Humitas
Les pommes d'amour ont perdu leurs vendeurs
La quebrada de las Conchas
La ruta 40, de Mendoza à Tilicara en passant par Cafayate 

La route 40 est la plus longue route d'Amerique du Sud, elle s'étend sur près de 4 900 km de la frontiere bolivienne au Cabo Virgenes, au sud de Rio Gallegos. Je suis passée ensuite par Iguazu pour voir les chutes les plus impressionantes.

Mes pieds en Argentine, à droite le Brésil, à gauche le paraguay
Coatie
La gorge du diable
Les chutes d'Igazu vue d'Argentine

Je n'ai toujours pas vu de Colibris ici, je ne désespère (un de mes rêves en Argentine et aussi d'apprendre à faire des empanadas, la spécialité culinaire du pays).

Je suis actuellement de passage à Cordoba pour seulement 2 jours, je pars à San Javier lundi pour 1 semaine de woofing pour fabriquer du fromage de chèvre (queso de cabra en Castillano) et des olives (aceituna).

En route pour de nouvelles aventures, tcha tchao.

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Publié le 29 avril 2017

Soy la ganas de vivir las ganas de cruzar las ganas de conocer lo que hay despues del mar

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Publié le 13 mai 2017

Je pars pour San Javier, à 4H00 au Sud de Cordoba, après avoir traversé la Sierra en bus, région de moyenne montagne. Je commence une semaine de woofing chez Gaby auprès de la montagne Champaquy. Je suis invitée chez ses amis pour un asado suivi d'une après-midi danse folklore et musique. La danse folklore est une danse remplie de poésie, ou les foulards de couleurs volent avec les danseurs. C'est une danse beaucoup moins machiste que le tango. Tu retrouves une certaine harmonie sur cette piste de danse, improvisée au milieu d'un jardin, les pieds nus dansent en farandole librement et les regards des partenaires s'entremêlent de sourires et de subtilités. Cette danse était interdite durant le temps de la dictature. Toutes formes de divertissement étaient totalement proscrites.



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Je commence donc cette semaine de woofing chez Gaby, en haut de la montagne avec une vue imprenable sur Villa Dolores.

Coucher de soleil chez Gaby 

Elle est comptable depuis son lieu d'habitation, elle accueille des woofeurs du monde entier (mais les woofeurs en Argentine sont principalement des Français à 90 %) pour l'aider à entretenir son lieu si paisible. Je m'aventure dans la réorganisation de son jardin. Il faut savoir que le ministère de l'agriculture argentin offre à chaque famille un sachet de graines et semence, c'est le projet Prohuerta. Deux fois par an, tu peux te rendre auprès de ta mairie pour prendre gratuitement des graines de saison, pour nourrir ta famille.

Je sème donc des oignons, poireaux, choux, haricots,... Je nomme son jardin "huerta del Colibris" pour tous les prochains woofeurs qui passeront par là et pour Gaby bien évidemment.

Je me lance également dans le projet de créer un asado en pierre sèche et en sable.

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La semaine suivante je pars chez Sergio apprendre à faire du fromage de vache.

Je rencontre Sergio, un agriculteur qui a eu le courage en lisant une annonce dans le journal de troquer sa maison de Buenos Aires contre cette ferme d'une vingtaine d'hectares, à San Pedro. Il a ensuite échangé sa moto contre quatre vaches. Je l'observe donc avec beaucoup d'enthousiasme faire son fromage type mozzarella tressée, à l'origan ou au piment. Nous avons vendu quelques fromages le jour de la feria samedi. On fait également du dulce de leche (de la confiture de lait), c'est une confiture très consommée en Argentine. Sergio est quelqu'un de très généreux, avec beaucoup d'humour, il accueille beaucoup de woofeurs et transmet sa passion pour la fabrication de fromage et pour la danse folklorique également. Je passe une semaine formidable avec les woofeuses françaises Coraline, Julia, Laura et une Suisse Léa.

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Je suis arrivée à Général Belgrano dans la province de Buenos Aires, à 200km au sud de la capitale, à Puilquen Posada de Campo, chez Rozana et Pablo, pour deux semaines de woofing.

Je me trouve dans une ferme pédagogique de 10 hectares, 2 hectares sont consacrés à l'accueil des groupes, camping et à la location de gîtes; et 8 hectares pour la location de champ pour les voisins.

Nous trouvons ici donc deux maisonnettes de location, un jardin en construction, avec une serre; un système de bac surélevé pour favoriser l'éveil des enfants et pour faciliter leur entraide, prochainement nous pourrons trouver des bacs pour les plantes aquatiques commestibles. Il y'a également une maison en cours d'éco construction avec la technique terre, paille et bouteille. Ce lieu sera un endroit pour des projets d'enfants où jouer tout naturellement.

On retrouve également un bassin pour la reproduction des grenouilles et un jardin de plantes aromatiques et médicinales.

Ce lieu à donc comme objectif d'être un lieu d'accueil pédagogique et social, à travers le partage et la nature qui nous entoure. Ce lieu favorise la méditation et le bien être à travers les differentes techniques de thérapies alternatives lors de différents rendez-vous programmés dans l'année. Nous retrouvons également des ateliers d'éco constructions.

La saison actuelle est l'automne, c'est une saison qui nous permet de remettre à jour les outils pédagogique pour l'accueil des groupes pour les prochains accueils (été et hiver). Je participe à monter une serre, à semer les semences du programme prohuerta, on repeind les murs du jardins pour un prochain projet de fresque pour les enfants, avec Grace la nouvelle woofeuse.

On décide également de repeindre les tables, avec les oiseaux typiques de la région et leurs legendes. Je ne peux pas m'empêcher de dessiner un colibris, avec l'histoire de Pierre Rabhi, qui est présent sur ce lieu (je vous laisse la chercher pour ceux qui ne la connaissent pas, ah ah!).

On s'occupe également des animaux de la ferme, poules, oies, canards, moutons, lapin,...

On rit beaucoup ici, c'est une maison de fou ah ah mais que de buena onda. On parle de nos rêves de vie.

Le rêve est un commencement de la folie, quand il se prolonge au delà du réveil, c'est de la folie même.

On improvise également une soirée empanadas chez un couple d'amis, Christian et Carolina, j'apprends donc à faire cette spécialité si populaire en Argentine. On discute des différences entre les systèmes scolaires.

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Je rencontre un de leurs ami, Gregorio, qui est conseiller municical et qui travaille dans les champs aussi. On part en camionnette dans la pampa pour découvrir la réalité du terrain et les conditions de travails pour les petites exploitations face aux grandes "usines" à lait, viande ou production de soja.

Gregorio m'enmène également découvrir son projet de jardin partagé auprès d'une maison de retraite. Ce projet est un lieu d'initiation au travail de la terre de façon naturel, avec un public en difficulté physique ou intellectuelle. Ce projet est également parfois utilisé par l'école de la commune.

La seule difficultée que je retrouve ici, c'est l'entraide de la commune pour la pérennité du projet de jardin partagé. C'est une histoire de prioriété politique encore!

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Je quitte Puilquen le coeur serré car beaucoup de choses se sont passés ici, qui ne s'explique pas avec les mots. Ils m' offrent le tshirt du festival qu'ils organisent avec la commune pour les enfants, quelques graines, et beaucoup d'amour.

En espérant pouvoir les accueillir un jour en Bretagne. Désormais je crois un peu au karmin sur ce voyage, il m'enmene sur des lieux pas forcément prévu, mais c'était le destin.

Je retourne à présent à Buenos Aires, pour encore découvrir de nouvelles choses.

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Je suis de retour à Buenos Aires pour la fin de mon voyage. Dans la capitale et son agglomération vivent près de 15 000 000 habitants, je vous laisse imaginer la folie des grandeurs, du trafic et de l'angoisse que ressentent les habitants.

Pour autant, je rencontre des personnes avec une forte énergie pour changer les choses dans leurs quartiers.

Premièrement, je rencontre Ricardo, un artisan qui fabrique des mates (la calebasse) et la bombillas (la paille en fer) en commerce équitable. Les principaux acheteurs sont forcément les Argentins, mais on retrouve également la France, les États Unies,... Il possède son atelier avec sa famille et propose des cours de fabrication pour subvenir à ces besoins. Il m'explique que le commerce équitable est très peu développé en Amérique du Sud (pour l'artisanat), que la concurrence avec les autres artisans est assez difficile. Aujourd'hui il n'existe pas de charte pour son artisanat en commerce équitable. Ricardo travaille le plus honnêtement possible, la force de ces convictions en fait un homme sincère, et pour moi cela en fait une charte plus personnelle. En partant il me dit que le plus important dans la vie c'est le voyage intérieur, que se connaître est le plus beau des voyages, que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être. Je lui achète une bombillas dans l' idée de partager le moment du maté à mon retour.

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Je pars ensuite en couchsurfing pour une petite semaine chez Flor et Kevin, deux amoureux du voyage. Le couchsurffing est une belle façon de découvrir un pays et son histoire. Kevin me parle de la politique en Argentine, c'est hallucinant. On cuisine ensuite des plats typiques d'Argentine, comme le guiso par exemple, en échange je leurs fait découvrir la cuisine et la musique Bretonne. Très bonne semaine passée à leurs côtés.

Cette semaine me permet de découvrir l'histoire du pays à travers les différents musées... Mais aussi à travers le street art de la ville.

Je découvre également le cinéma Gaumont très loin de notre Gaumont français. Il propose seulement des diffusions de films Argentins et principalement des documentaires. J'ai donc regardé le film "Escuela Trashumante". Ce film évoque le système éducatif dans la communauté des Mapuches, en fonction du rythme de vie des transhumances.

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Je décide ensuite d'aller le samedi à la rencontre de la communauté ecoalda velotropa. Tout les samedis ils organisent une journée porte ouverte de ce lieu de vie et de résistance. Ce lieu de vie existe depuis 10 ans près d'une université. C'est d'ailleur grâce à quelques étudiants que ce projet à vu le jour. A l'origine ce lieu était une déchetterie, pour information nous sommes près d'une réserve écologique. Aujourd'hui ils considèrent ce lieu comme un laboratoire de recherche, entre les habitants du lieu et les étudiants en biologie de l'université.

Ici nous étudions la vie, nous apprenons de l'univers, du calendrier maya,...

Ils ont un système d'organisation horizontale . C'est une véritable démocratie citoyenne, ici un Homme = une voie. On apprend à s'écouter et à vivre ensemble pour un but commun de se nourrir et s'épanouir.

Ils organisent des journées formations jardinage et éco construction, ouvertes aux publics. On retrouve également une bibliothèque, un atelier de réparation de vélo, un jardin aux plantes médicinales...

Le hasard du voyage me fait découvrir Marine, une Bretonne qui a réalisé un court métrage sur les pesticides et les OGM en Argentine il y'a quelques années. Aujourd'hui elle vit depuis 8 mois dans cette communauté, elle était sur le point de rentrer en France. Elle connait également le CRIDEV à Rennes. Le hazard fait bien les choses, j'ai envie de dire.

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Je pars ensuite dans la banlieue de Buenos Aires, à Banfield chez Lili et Martin des amis. Nous nous trouvons dans la partie la plus pauvre de la capitale.

Lili m'emmène découvrir Nahuel au centre culturel de la Toma. Nous sommes à Lomas de Zamora près d'une ligne de train. Le centre culturel se trouve dans un immeuble qui est à personne, mais aujourd'hui ce lieu est rempli de vie, ici on ne parle pas de futur, mais du présent. Nahuel a donc imaginé un jardin sur la terrasse de cette immeuble et depuis 7 ans, ce lieu est devenu un centre d'apprentissage et de rencontre. Tous les lundis après midi vous pouvez venir jardiner ensemble. Une fois par semaine est organisé une assemblée générale pour que chacun puisse proposer ces idées. On retrouve également un marché de produits bio une fois par semaine et pleins d'ateliers participatifs. L'idée est l'entraide, l'autogestion, la récup et beaucoup d'huile de coude. Nahuel s'occupe également d'autres jardins participatifs sur la capitale, près d'un bidonville entre autre.

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Martin me propose d'intervenir dans un collège bilingue en anglais, où il enseigne un cours nommé "global perspective" avec une classe âgé de 13 ans environ. Ce cours laisse la liberté à l'enseignant de parler de sujet tel que la mondialisation, l'écologie, notre rapport à la nature et l'engagement de la jeunesse. Bien évidemment vous l'aurez deviné, j'accepte sa proposition et en castellano je présente d'où je viens et mon projet ici en Argentine.

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Je rencontre également un couple qui vient d'El Bolson. Suite aux désastreux incendies volontaires en Patagonie qui ont dévastés un nombre incalculable d'hectare pour de grands projets inutiles, ce couple ainsi que trois autres amies se sont interrogées sur comment communiquer sur ce fait si tragique de façon positive. Ils sont donc eux également en train de monter un court métrage. En voyage depuis un an en Argentine, ils ont l'espoir aujourd'hui de traverser d'autres frontières, à travers un réseau d'âmes conscientes pour montrer que le monde est en changement. Ce court métrage sera un documentaire fiction entrecoupé de biodanza. Ce projet se nomme Latidos de la tierra (battement de la Terre).

Sur ce je vous laisse, je profite de mes derniers jours et je bosse un peu sur la préparation de mon court métrage, ce pourquoi je suis là.

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Publié le 9 octobre 2017

J'ai le plaisir de vous inviter à venir découvrir le documentaire :

"Esperanza", le mercredi 25 octobre à la salle du centre social (32 rue de Verdun) de Maen-Roch, (Saint Brice en Coglès) à 20h30

Le documentaire « Esperanza » retrace mon voyage et mes rencontres en Argentine.

Je pars à la rencontre de projets écocitoyens et culturels, dans un pays aux multiples contrastes tant sur le plan environnemental, social, ou encore économique.

En Argentine on retrouve Monsanto comme l’un des piliers de l’économie, des incendies volontaires qui dévastent un nombre incalculable d’hectares de terre riche pour planter du soja transgénique, les premiers signes du réchauffement climatique, une crise économique dévastatrice provoquant l’inflation ainsi que des changements politiques radicaux.

L’objectif de ce documentaire est de montrer les messages d’espoirs des argentins luttant pour un pays plus juste, plus solidaire.

Je découvre des projets mêlant le vivre ensemble, l’autonomie alimentaire, l’entraide, la sensibilisation de la protection de nos ressources, pour défier l’inflation, les conditions de vie et les grandes multinationales.


Cette diffusion sera suivie d'une discussion portant sur les rencontres, les projets de ce périple ainsi que pour répondre à toutes vos questions.

N'hésitez pas à en parler autour de vous.

(Autre diffusion à Fougères le 27 Novembre)