Carnet de voyage

L'amérique du Sud à vélo

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Un périple à vélo, à partir d'Ushuaïa, en remontant la Cordillère des Andes vers le nord.
Novembre 2019
240 jours
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Publié le 1er novembre 2019

C'est le grand jour! Les vélos sont emballés avec soin, les sacoches sont fermées, le départ est prévu en fin d'après midi.

Publié le 1er novembre 2019

Bien arrivée à Buenos Aires, le vélo aussi, ouf! J'y reste 5 jours passer du temps avec ma sœur, puis direction Ushuaïa pour retrouver Xavier et entamer les premiers coups de pédales.

Publié le 5 novembre 2019

Réveil matinal pour s'envoler vers Ushuaïa. Le survol des montagnes enneigées et l'atterrissage sont spectaculaires. Enfin j'y suis! C'est un sourire scotché sur le visage que je donne mes premiers coups de pédales, après avoir remonté mon vélo avec succès, pour sortir de l'aéroport et rejoindre la ville. Journée tranquille: quelques courses, visite, balade... Le temps est très changeant, assez froid, il vente fort, le soleil pointe parfois son nez, et il neige même en fin de journée.

Publié le 9 novembre 2019

Xavier est bien arrivé ce matin, après un long voyage. Nous remontons son vélo à côté de deux français qui ont prévu le même itinéraire que nous jusqu'à Lima.

Plongés directement dans l'ambiance, nous quittons l'aéroport à travers une tempête de neige. Après un court arrêt en ville, c'est parti! Le temps est couvert, avec des légères chutes de neige passagères. Nous avalons les kilomètres, vent dans le dos, puis nous passons un petit col avant de redescendre en VTT vers le Lago Escondido. Au bord, il y a des cabanes abandonnées, dont une en meilleur état, qui sert de repère aux cyclotouristes. Nous serons à l'abri de la neige, et il y a même un poêle à bois. Premier bivouac de luxe!

Publié le 9 novembre 2019

La nuit n'a pas été très calme, le vent soufflait tellement fort dehors que je me demandais si le toit de la maison n'allait pas s'envoler. Ce matin, nous nous mettons en route sous une légère neige qui passe assez vite. Le temps est nuageux mais stable, et nous aurons même quelques éclaircies en fin de journée.

L'itinéraire est simple, il n'y a qu'à suivre la Ruta 3, c'est la seule goudronnée et elle est en très bon état d'ailleurs. Nous quittons peu à peu les montagnes enneigées, la route reste vallonnée. Xavier a mal au genou et je suis malade, mais nous avançons à un bon rythme.

Pique-nique face à un lac immense, bien venteux.

En fin de journée, nous nous lançons sur une piste traversant de grandes étendues clôturées appartenant à des haciendas (nous verrons plusieurs carcasses de lama coincés dans ces clôtures...). Deux chevaux s'approchent et nous suivent au galop. Bivouac à l'abri du vent et un peu à l'écart de la piste.

Publié le 9 novembre 2019

Pendant le petit déjeuner ce matin, des chiens accourent vers notre tente, suivis de près par un gancho la cigarette au bec:

- ¿Todo bien? ¿Paseando?

- Sí

- ¡Buen día!

De retour sur la piste, les paysages alternent entre forêts d'arbres très secs recouverts de lichen et vastes steppes, on passe quelques lacs et on aperçoit toujours les sommets enneigés à l'horizon. À un moment, nous nous retrouvons entourés de dizaines de lamas, magique ! Vers midi, changement de route, une piste en meilleur état, et d'orientation, vent dans le dos; nous roulons à 20, 23, 24 km/h sans forcer, génial ! Le soleil est de la partie, c'est parfait.

Quelques averses de grêle en fin de journée nous font monter le tarp, nous mangeons finalement au soleil. Belle journée, on continue demain!

Publié le 10 novembre 2019

Petite journée aujourd'hui, nous terminons la piste jusqu'à la route principale que nous empruntons pour rejoindre Rio Grande, notre destination du soir. L'arrivée en ville, à travers la zone industrielle, sur une route droite de 10km, avec beaucoup de trafic, vent de face, est longue. Petit parcours au centre à la recherche de l'Office du tourisme et du wifi pour contacter Marcos, notre hôte warmshower du soir. Il nous accueille avec une grande chambre et une douche chaude!

Publié le 14 novembre 2019

- C'était comment aujourd'hui Xavier?

- C'était long mais à la fin c'était bien

Effectivement, départ matinal pour 80 km de plat vent de face en longeant l'océan. Heureusement, le soleil est de la partie et la route n'est pas du tout passante, ça doit être parce qu'on est dimanche. Nous ne roulons pas vite, 13 km/h en moyenne, et les paysages de steppes vides sont un peu monotones. Nous montons plus que ce que nous imaginions, car nous finissons par arriver à une sorte de col, qui s'ouvre sur la baie de San Sebastian. Nous profitons de la descente vers la mer et le poste de frontière argentin. Tampon sur le passeport, en route pour le Chili. L'asphalte laisse place à une piste, il reste environ 15 km jusqu'au poste de frontière chilien. Nous nous arrêtons bivouaquer avant sur un vaste plateau très vert surplombant la piste. Nous dormirons au milieu des moutons.

Publié le 14 novembre 2019

Nous qui pensions avoir souffert du vent hier, ça n'avait rien à voir avec aujourd'hui. Nous nous attendions en plus à avoir le vent de dos, mais il a tourné dans la nuit. Résultat : nous n'arrivons pas à aller droit, et quand nous pouvons un peu avancer, c'est à maximum 6 km/h...

Nous arrivons malgré tout au poste de frontière chilien. Impossible de passer avec des produits d'origine animale et végétale. Nous mangeons donc une pomme et une carotte devant la douanière alors qu'elle coupe le reste pour les brûler. Nous pouvons enfin rentrer au Chili, et nous nous remettons en route avec nos graines, fromage, miel...

Par contre, le vent est toujours beaucoup trop présent, et nous encourage à faire du stop. Pas facile avec deux vélos chargés et une voiture qui passe toutes les 15 minutes. Nous marchons quelque temps à côté du vélo en tendant le pouce à chaque bruit de moteur. Sans succès. Nous finissons par arriver à un refuge équipé de table, poêle, mezzanine pour dormir, toilette. Nous nous arrêtons là, en espérant que quelqu'un nous prenne, et en se disant que nous aurons au moins un endroit agréable pour passer la nuit.

Finalement un pick-up s'arrête, et Patricio, un douanier chilien, nous emmène nous et nos vélos jusqu'à Porvenir. 100 km de piste au milieu de steppes de plus en plus vallonnées et longeant une baie, très beau. Il nous apprend au passage que ce que nous pensions être des lamas sont en fait des guanacos.

Arrivés à Porvenir, nous faisons quelques kilomètres jusqu'au phare surplombant le détroit de Magellan. Bivouac venteux dans une ambiance marine. Demain, nous prenons le ferry pour Punta Arenas.

Publié le 14 novembre 2019

Nous ne sommes pas pressés ce matin, le ferry pour Punta Arenas ne part qu'à 13h. Nous retournons en ville pour acheter les billets et faire quelques courses. Sur le chemin du retour vers le port, nous voilà bloqués à un barrage de manifestants. Seul moyen de passer: danser!

Le ferry traverse le détroit de Magellan, nous quittons définitivement la Terre de Feu. À mon humble avis, la Terre du Vent aurait aussi été un nom approprié...

Ce matin n'a pas été facile non plus, il a fallu prendre une grande décision. Xavier a besoin de repos avec son genou, mais il faut quand même avancer, et je ne veux pas faire trop de bus. À la descente du ferry, nous nous séparons jusqu'à Puerto Natales, 250 km plus loin. Je repars donc seule à vélo.

La route est droite, et traverse de grandes steppes planes. À part pour sortir de la ville, le trafic est raisonnable. Malgré le vent de côté, j'avance bien. Par contre camper ne sera pas facile, tout est clôturé et il n'y a pas d'arbres pour se cacher. Finalement, je trouve un endroit où les fils sont coupés, une piste mène un peu à l'écart de la route et derrière une butte.

Publié le 14 novembre 2019

Longue journée, plus de 10h sur la route en comptant les pauses.

Je me réveille sous une légère pluie qui dure toute la matinée. Le paysage est plat, la route est droite, le vent est toujours présent, bref on a vu mieux.

Cela s'améliore en début d'après-midi, le soleil sort timidement, et les paysages plus vallonnés sont plus sympa. À un moment, je roule enfin! 25 km/h au milieu de collines désertiques accompagnées d'une très jolie lumière.

Un tournant et tout s'arrête. J'ai déjà quelques kilomètres dans les jambes, je voudrais bien m'arrêter bivouaquer mais, avec toutes ces clôtures au bord de la route, je mets un moment avant de trouver un endroit. Ça sera finalement dans un virage derrière un bosquet, pas très bien cachée mais ça fera l'affaire.

Point positif de cette section assez monotone, on peut voir plein d'animaux : des moutons, encore des moutons, toujours des moutons, avec beaucoup de petits, des oiseaux en tout genre, dont des flamands roses et des autruches (?), des chevaux, des lapins et aujourd'hui trois lamas (cette fois-ci je suis sûre que ça en était).

PS: les autruches n'étaient pas des autruches mais des nandu.

Publié le 15 novembre 2019

Journée plutôt agréable aujourd'hui. Pas trop de pluie, un peu de soleil, pas trop de vent, pas trop de trafic, et les paysages changent. Au fur et à mesure que j'avance, les steppes arides deviennent plaines, il y a de plus en plus d'arbres, et les sommets enneigés se rapprochent.

Juste après ma pause pique-nique, deux cyclistes arrivent, les premiers que je croise! Ils pédalent depuis Vancouver, depuis 2 ans déjà, et finissent leur voyage à Ushuaïa. À peine 10 minutes plus tard, encore un autre cycliste. C'est Xavier qui vient à ma rencontre ! Nous terminons les 20 km qu'il reste pour Puerto Natales, puis nous nous installons au camping Güino. Grosse pluie en fin d'après-midi et soirée, nous sommes contents d'être à l'intérieur.

Publié le 19 novembre 2019

Bon petit déjeuner ce matin avec yaourt et fruits. Nous nous sommes donnés la matinée de repos au camping. Nous hésitons longuement sur le programme de la suite : trek de quelques jours au parc Torres del Paine, y passer seulement à vélo, ne pas y passer... Nous emprunterons finalement la piste qui traverse le parc à la journée.

Nous nous mettons en route vers midi, et nous repassons par le bord de mer et le centre de Puerto Natales, petite ville très sympa.

Il y a 20 km environ jusqu'à la bifurcation pour aller au parc, nous quittons progressivement la plaine et le bord de l'eau pour nous enfoncer dans une vallée de montagne. La route monte et descend, elle est asphaltée seulement au début et devient rapidement une piste, il y a encore beaucoup de vent de face, la neige n'est pas loin, il fait beau mais de gros nuages menacent, les paysages sont très verts.

Bivouac au bord du lac Porteño, sous quelques averses mais toujours avec un coin de ciel bleu.

Publié le 19 novembre 2019

Nous nous offrons le luxe d'une grasse matinée ce matin. Je sens que j'ai besoin de repos, la météo annoncée n'était pas génial, et il est interdit de bivouaquer dans le parc, le traverser à partir d'ici nous aurait donc fait une grosse journée. Nous décidons tout de même de nous avancer vers l'entrée du parc, et de faire une quinzaine de kilomètres en partant en début d'après-midi.

Ça tombe mal, à peine avons nous fini de manger qu'il se met à pleuvoir. Nous plions quand même la tente en essayant de ne pas tout mouiller et nous nous mettons en route. Au bout d'une heure et demi environ, la pluie s'arrête. Nous arrivons au mirador del Toro, il y a un beau spot de bivouac avec vue sur le lago del Toro. Nous profitons du rayon de soleil pour installer la tente.

Fin de journée tranquille. Le temps alterne entre pluie et beau temps.


Publié le 19 novembre 2019

Réveil matinal et départ à 8h15 aujourd'hui, nous voulons avoir le temps de profiter de la traversée du parc, et après le repos d'hier, nous sommes plus que prêts à repartir. Il pleut toujours légèrement, mais nous aurons finalement une journée sèche, avec même pas mal de soleil en matinée.

Après 10 km environ, nous sommes à l'entrée du parc. Nous achetons les billets puis commençons la piste. Même si nous longeons souvent des lacs ou rivières, c'est loin d'être plat et je pousse mon vélo dans quelques montées. Nous n'avançons donc pas très vite, surtout en comptant les arrêts photos.

L'eau des lacs est d'un bleu turquoise magnifique, par contre la vue sur les tours est encore bouchée. Pour la pause pique-nique, nous choisissons un beau point de vue, et espérons que les nuages se lèvent. Malheureusement, nous n'apercevrons qu'un sommet pendant un bref instant.

Peu après, nous changeons d'orientation et nous nous retrouvons vent de dos. C'est la première fois que c'est vraiment le cas, et il pousse si fort que nous explosons de rire. Il nous aidera beaucoup jusqu'à la fin de la journée. À un moment, un mini cyclone traverse le lac à côté de nous...

Encore une vingtaine de kilomètres pour sortir du parc. Nous sommes assez fatigués et trouvons rapidement un endroit pour bivouaquer. Le vent nous épuise. Nous essayons de monter notre tarp par-dessus la tente, en vain, le vent l'arrache. La tente aussi à intérêt à être solide. Nous abandonnons l'idée de cuisiner au feu, et même le réchaud à alcool dans l'entrée de la tente a du mal: plus d'une heure et deux recharges d'alcool pour faire cuire du riz.

Le soleil est revenu, nous espérons avoir au moins une vue sur les Torres avant de partir demain matin.


Update: Il est 19h, le vent s'est calmé, nous venons de finir de manger et serions prêts à dormir quand un 4x4 s'approche et nous ordonne de décamper. Nous plions vite les affaires et nous nous remettons en selle. Heureusement, le soleil est là et la lumière du soir est belle. Nous continuons la route dans la douceur de la fin de journée, et trouvons rapidement un abri en bord de route: un toit et des fenêtres vitrées avec vue sur un lac. Nous montons la tente dans l'abri qui nous protégera du vent. 20h30 nous sommes couchés.

Publié le 19 novembre 2019

Nous n'avons pas très bien dormi cette nuit, le vent était extrêmement fort, et être à côté de la route ne permet de dormir que d'un seul oeil. Nous rangeons vite le peu d'affaires déballées hier, déjeunons et partont. Il fait plus frais ce matin que les autres jours mais le soleil nous réchauffe. Nous laissons derrière nous les Torres del Paine, toujours dans les nuages.

Nous arriverons à Cerro Castillo vers midi. Il y a un minimarché où nous nous ravitaillons, mais sans produit frais car la frontière est juste après. Dur de prévoir un pique-nique. Nous passons le poste de frontière chilien, un petit col, puis celui argentin. Aucun contrôle, les carottes et les pommes seraient passées, dommage.

Il pleut de plus en plus fort. Nous avons encore quelques kilomètres de piste avant de rejoindre la Ruta 40 que nous suivront un bon moment. Avec le peu de sommeil de cette nuit, je fatigue mais il n'est que 14h. En plus, nous avons le vent dans le dos et voulons en profiter pour avancer par peur qu'il tourne demain.

Il y a peu d'endroit pour s'arrêter bivouaquer, tous les champs sont clôturés. Finalement, nous montons la tente vers 15h30, un peu visibles en contrebas de la route.

Il nous reste environ 300 km de steppes, guanacos et vent jusqu'à El Chalten.


Publié le 23 novembre 2019

Il a plu toute la nuit, cela s'arrête lorsque nous partons, mais le temps reste couvert et les nuages bas. Nous parcourons les 20 premiers kilomètres très rapidement, la route est asphaltée, elle descend et nous avons le vent dans le dos.

Nous allons quitter la route principale, qui fait un détour, et prendre une piste sur 70 km. À l'embranchement se trouve une station essence. Nous espérions y trouver de quoi nous ravitailler en petit déjeuner et produits frais mais le choix est faible. Je prends quand même un café (instantané) et nous achetons des biscuits. Un bus de voyage est arrêté, il va sûrement passer la frontière, un étranger descend et nous donne deux poivrons et des oignons. Parfait!

Remise en selle, nous débutons la piste. C'est de loin la pire qu'on ait eu! Elle est faite de galets plus ou moins bien tassés et est déformée en tôle ondulée. Nous zigzagons en essayant de trouver le meilleur passage, qui n'existe pas toujours. Les premiers kilomètres sont durs, mais nous avançons finalement assez bien, le vent dans le dos nous aidant beaucoup. Par moment, il n'est même pas nécessaire de pédaler pour avancer !

Nous traversons de vastes steppes. Aucune habitation, et une dizaine de voiture seulement a dû passer sur la route. Nous sommes seuls au monde. Avec bien sûr quelques moutons, guanacos, nandu, et chevaux.

Pour bivouaquer ce soir, nous espérons rejoindre une rivière où il y aurait une maison abandonnée. C'est un ancien poste de police, encore un repère de cyclotouristes. Nous serons à l'abri du vent pour la nuit dans notre chambre Pampa II. Lavage et toilette à la rivière, cela fait du bien. Nous profitons du luxe inhabituel.

Publié le 23 novembre 2019

Les 20 derniers kilomètres de piste ce matin sont meilleurs qu'hier, toujours vent dans le dos, nous rejoignons la ruta 40. Rapidement nous nous retrouvons vent de côté ou de face, et il n'est pas faible! Nous avançons tant bien que mal.

Pendant la pause pique-nique, nous décidons de refaire du stop jusqu'à El Calafate. À l'allure à laquelle nous allons, nous craignons de manquer de nourriture ainsi que d'alcool pour le réchaud, le bois est rare dans la pampa, avant d'arriver à El Chaltén dans 4 ou 5 jours. El Calafate n'est pas directement sur la route, et nous n'avions pas prévu de faire le détour, mais cela nous permettra de faire des courses, et nous aurons le vent dans le dos pour les 35 km qui permettent de rejoindre la ruta 40.

1h30 de stop dans un vent glacial contre lequel il est difficile de rester droit. Un minibus s'arrête, nous mettons les sacoches dans le coffre et les vélos entre les banquettes. La route passe un col, nous surplombont une large vallée glacière, un lac bleu turquoise dans le fond, des montagnes enneigées à l'horizon, des collines désertiques et de vastes steppes nous entourent, magnifique.

Nous nous remettons en route rapidement après les courses. La route est vallonnée, nous forçons à peine dans les montées, et nous nous laissons rouler dans les descentes. Il fait bon, le soleil brille, et le vent ne se fait pas sentir lorsqu'il nous pousse. Que c'est agréable !

Mais cela ne pouvait évidemment pas durer indéfiniment, à la jonction, nous revoilà partis dans l'autre sens, et le rythme diminue. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à côté d'une rivière à l'abri du vent pour la nuit.

Autrement, j'ai perdu l'éponge aujourd'hui, elle séchait et n'a pas survécu à une des bosses. Et Xavier a déchiré son sac de guidon...

Publié le 23 novembre 2019

Réveil 5h, nous espérons que le vent soit plus faible en matinée. 6h30 nous sommes prêts à partir, sauf que j'ai crevé ! Changement express de la chambre à air et en route. En effet, il n'y a presque pas de vent et nous avançons à une bonne allure. Il commence à souffler vers dès que le soleil apparaît mais encore relativement faiblement. La route serpente entre des collines désertiques et longe une large rivière, c'est beau.

Pause pique-nique à 11h, nous avons déjà fait 55 km. La vitesse ne sera pas la même cet après-midi, le vent est de nouveau extrêmement fort. Nous nous arrêtons bivouaquer vers 14h30, protégés du vent par une butte au bord de la route, juste après avoir vu le Fitz Roy! Nous n'allons pas tarder à manger et à nous coucher, réveil tôt de nouveau demain matin.

Publié le 23 novembre 2019

Mise en route encore plus matinale qu'hier après une courte nuit peu reposante à cause du vent; premier coup de pédale à 5h40. Il y a aussi plus de vent ce matin qu'hier, mais il restera affrontable jusqu'aux environs de 11h.

Le départ est difficile, pas encore réveillée, les jambes tirent. Nous arrivons au début de la ruta provinciale 23, c'est parti pour 90 km jusqu'à El Chaltén, vent de face, cap sur le Fitz Roy, nous devrions y être demain.

Le paysage est magnifique évidemment, mais nous mettons capuche sur le casque, buff par-dessus le nez et lunettes de soleil, et nous nous enfermons pour avancer. Pause pique-nique, sieste, puis nous faisons encore 12 km très lents, 10 km/h environ, mais majestueux face à la Cordillère des Andes.

Nous nous arrêtons pour la nuit vers 14h30 encore une fois, derrière une butte, avec vue sur le Fitz Roy (non non il ne me fascine pas du tout...)

Publié le 25 novembre 2019

Il nous reste 35 km pour arriver à El Chalten ce matin, nous nous rapprochons de plus en plus du Fitz Roy! Nous y arrivons vers 11h.

Nous avions repéré une casa de ciclistas, mais arrivés devant, elle a l'air abandonnée. Direction le camping, nous nous posons, il y a une douche chaude et même une machine à laver ! Repas du midi au restaurant, nous nous faisons bien plaisir.

Nous passons l'après-midi tranquille, à se balader dans le village, faire quelques achats et se renseigner sur la suite du trajet. Le soir, nous tentons de faire des crêpes dans la cuisine du camping, mais sans les bons ustensiles et après trois crêpes ratées, nous sommes malheureusement contraints d'abandonner...


Publié le 25 novembre 2019

Journée "repos" prévue aujourd'hui. Nous nous réveillons naturellement à 6h30 et nous nous préparons pour une randonnée au pied du Fitz Roy.

Il a malheureusement la tête dans les nuages quand nous y arrivons, mais les alentours sont tout de même magnifiques. Marcher fait du bien mais nous nous sentons bien fatigués. Retour au camping vers 14h, après-midi tranquille.

Nous repartons demain rejoindre la fin de la carretera austral après la frontière chilienne, il nous faudra deux traversées en ferry et un sentier très difficile en vélo, en espérant que tout se passe bien...

Publié le 29 novembre 2019

Pain perdu pour le petit déjeuner, nous récupérons le reste des crêpes ratées de l'autre soir. Avant de quitter le camping, nous continuons dans la cuisine avec des sortes de pain pitas cuits à la poêle, c'est une réussite !

Départ un peu avant midi, le ciel est bien couvert mais la pluie de la nuit et de la matinée s'est arrêtée. Au bout du village commence la piste qui mène au lago del Desierto. Changement d'ambiance, nous nous enfonçons dans une vallée de montagne, au milieu de la forêt ou en bord de rivière, la neige et les glaciers sont juste au-dessus. La piste est plutôt en bon état mais la rivière que nous suivons a débordé et quelques passages sont inondés. Je mets le pied dans l'eau plus d'une fois, Xavier passe sans souci.

Nous arrivons au lac bien à temps pour le ferry. Les vélos sont à bord, il part en avance, nous sommes les seuls passagers! Il y a environ une heure de traversée pour rejoindre la pointe nord du lac, où nous bivouaquerons. L'endroit est parfait, au bord de l'eau, le terrain est plat, bien herbeux, et nous sommes face au Fitz Roy. Il est dans les nuages pour le moment, mais se découvre juste pendant notre repas, splendide !


Publié le 29 novembre 2019

Pas de pédalage ce matin, nous poussons les vélos sur 6 km. Nous empruntons un sentier de randonnée jusqu'à la frontière, d'où recommence une piste. Il est relativement étroit, monte assez raide par moments, et beaucoup de roche, racines, et même quelques troncs nous barrent le chemin. En plus, il a beaucoup plu dernièrement, le sol est très boueux, le chemin n'est que flaque par endroits, les vélos s'enfoncent et nous avançons les pieds plus que mouillés. Il y a également plusieurs rivières à traverser, mais elles ont débordé, et les troncs qui font office de pont sont submergés. Les vélos sont lourds et les pousser dans ces conditions n'est pas facile. Il nous faut détacher les sacoches et faire des allers-retours à plusieurs reprises. Pour couronner tout ça, il pleut ou il neige. Bref, nous avançons tant bien que mal, nous prenons quatres heures à finir ce sentier.

Au panneau "Bienvenidos a Chile", la piste commence. Plus que 16 km jusqu'à l'embarcadère du deuxième ferry. Le soleil est enfin sorti, nous faisons une pause pour sécher la tente et nous réchauffer. Dernier mirador sur le Fitz Roy, par chance bien découvert. Après une courte montée, nous entamons une belle descente parfois vertigineuse vers le lago O'Higgins. Après le passage de la douane (où nous mangeons de nouveau nos dernières pommes et carottes devant le douanier), nous nous installons dans une cabane au bord du lac pour attendre le bateau. Il est censé passer le mercredi, nous ne connaissons pas l'horaire, mais rien de moins sûr, certains patientent plusieurs jours pour cette traversée...

Publié le 29 novembre 2019

Après une bonne nuit à l'abri dans la cabane, nous nous préparons à ... ne rien faire de la journée. D'après nos informations, un bateau devrait partir à 19h, nous espérons qu'il y en ait un plus tôt. Un autre marcheur attend aussi, lui depuis lundi soir! Il demande à venir patienter avec nous, nous l'accueillons bien sûr.

Vers 11h, un bruit de moteur, un bateau arrive! Nous rangeons tout en vitesse, plusieurs marcheurs et quelques vélos descendent, mais le conducteur nous informe que le bateau ne repartira que demain, et qu'il est déjà plein car il doit passer récupérer d'autres personnes ailleurs. Le bateau initialement prévu aujourd'hui est bloqué à cause d'un problème technique. Nous retournons dans la cabane, et commençons à faire un feu dans le poële. Un habitant d'une ferme à côté nous dit qu'il est interdit d'être là, et va chercher les douaniers qui viennent nous déloger et fermer la cabane à clé. Nous patientons donc dehors, heureusement il fait plutôt beau. Xavier construit un abri avec des branches, je lis et fais des bracelets.

Une marcheuse arrive dans l'après-midi avec une nouvelle information : le bateau qui est à quai ici reviendra demain à 16h pour nous enmener. Nous continuons quand même d'espérer celui de 19h... Trois autres marcheurs arrivent, pensant prendre le bateau à 19h, nous patientons ensemble, mais il est passé 19h et toujours aucun bateau à l'horizon.

Il y a un camping supposément obligatoire dans la ferme d'à côté mais nous décidons de camper dans l'abri construit par Xavier, sur la colline un peu à l'écart de la piste.

Publié le 3 décembre 2019

Deuxième journée d'attente. Le bateau à quai ici est bien parti ce matin récupérer les autres personnes, espérons qu'il revienne bien à 16h comme le capitaine nous a dit.

Il commence à pleuvoir, le seul endroit pour s'abriter est sous le quai, et il fait plutôt froid, l'attente va être plus longue qu'hier. Les marcheurs qui attendent également le bateau ont dormi au camping, ils reviennent vers midi et nous essayons de faire passer le temps tant bien que mal, l'ambiance est très sympa malgré l'incertitude.

Vers 15h30, je monte sur la colline au-dessus de l'embarcadère, il y a bien un point à l'horizon qui s'approche vers nous! Nous embarquons enfin dans le bateau, tous très excités et soulagés. Mais l'aventure ne s'arrête pas ici. La traversée du premier lac est calme, par contre dès que nous entrons dans le bras au bout duquel se trouve Villa O'Higgins, les vagues sont immenses. Au début, tout le monde rigole, nous avons l'impression d'être dans un manège, mais au bout d'un certain temps, cela devient plutôt appeurant et le mal de mer arrive. Le capitaine nous dit après coup qu'avoir su les conditions, il ne serait pas venu nous chercher...

Nous voilà donc enfin à terre. Et à la fin de la Carretera Austral! C'est en fait le début pour nous qui la faisons dans l'autre sens, mais nous prenons quand même la photo devant le panneau. Il y a huit kilomètres jusqu'au village, après quelques hésitations nous décidons d'aller camper là-bas et de profiter d'une douche chaude après toutes ces émotions. En plus, les autres marcheurs y sont aussi et nous passons une dernière soirée ensemble.

Publié le 3 décembre 2019

Matinée tranquille mais bien occupée et productive au camping. Xavier fait du pain et des galettes pendant que je finis ma nuit... (Grasse matinée jusqu'à 8h30, c'est enore très raisonnable.) Cela nous fait un bon petit déjeuner avec yaourt, fruits et pain frais. Nous récupérons un porte-bagage avant sûrement laissé par un autre cycliste et décidons de l'installer sur le vélo de Xavier. Il manque les vis mais il y a heureusement une ferretería dans le village. Le porte-bagage est installé, il a l'air de tenir, nous faisons encore quelques provisions et passons à la bibliothèque pour la wifi avant de partir.

Départ vers 13h donc. Le temps est meilleur que ce matin, nous avons quelques éclaircies, même si la pluie reviendra en fin de journée. La piste est plutôt en bon état, c'est assez vallonné, nous circulons entre des montagnes enneigées, les glaciers ne sont pas loin et partout coulent des torrents et cascades.

Par contre, nous qui croyons que le vent s'arrêterait à partir de Villa O'Higgins, nous nous trompions! Il est moins fort que dans la pampa mais nous l'avons toujours de face... Je me sens en forme physiquement, surtout après les 2 jours d'attente/repos, mais c'est assez dur mentalement, en plus avec les averses incessantes, et je ne prends pas le temps de profiter des paysages. Nous avons repéré une cabane pour ce soir, et il me tarde bien d'y arriver.

Enfin nous y voilà. Il y a déjà deux cyclistes et un motard, la cheminée est donc allumée ! Nous plantons la tente à l'extérieur mais cuisinons et mangeons au coin du feu.

Publié le 3 décembre 2019

Réveil sous la pluie, nous nous levons malgré tout rapidement car nous voulons prendre le ferry à 13h quarante kilomètres plus loin. Le vent de la pampa semble avoir laissé place à la pluie, il va falloir s'habituer à sortir et ranger les affaires imperméables, mais pour l'instant le soleil n'est jamais très loin. Les plaines arides elles aussi ont laissé place à des paysages très verts, parsemés de rivières et cascades, et les sommets sont encore bien enneigés. Fini le plat.

Nous voyons un grand rapace, d'assez proche, il semblerait que ce soit un condor!

Nous attaquons directement par des montées assez sérieuses mais avançons quand même à un bon rythme pour pouvoir réussir à attraper le ferry. Les kilomètres sont écrits sur le bord de la route, et vont en décroissant, nous pensons donc devoir arriver au kilomètre zéro pour trouver l'embarcadère. Sauf qu'une fois arrivés, il s'agit en fait d'une intersection et il nous reste encore dix kilomètres. Heureusement nous avions de la marge, nous accélérons et arrivons vingt minutes avant le départ.

Pique-nique durant la traversée, rapide entretien du vélo à la descente, puis c'est reparti. Une longue et raide montée nous assomme, nous poussons les vélos à plusieurs reprises. Nous nous arrêtons bivouaquer au bord d'une rivière, et en profitons pour nous laver et faire un peu de lessive.


Publié le 3 décembre 2019

Nous nous sommes arrêtés peu avant la fin de la montée hier soir, après quelques brefs efforts, nous profitons donc d'une longue descente ce matin. En bas, nous arrivons à une bifurcation, la Carretera Austral continue vers la droite, nous prenons vers la gauche pour faire l'aller-retour à Caleta Tortel. Une vingtaine de kilomètres de très mauvais ripio et nous y voilà.

Nous laissons les vélos à une consigne à la gare routière et partons nous promener à pied. En effet, il est impossible de circuler à vélo, c'est un petit village au bord de l'eau construit sur pilotis et dont les rues sont des passerelles en bois, très chouette.

Nous sommes dimanche et il est encore assez tôt, le village nous paraît désert. Nous espérions faire des courses mais le supermarché central est fermé, nous arrivons finalement à trouver ce qu'il nous manquait dans deux minimarchés différents. Il est midi, nous avons faim mais tous les restaurants semblent ouvrir à 13h. Le temps passe en cherchant un peu dans le village, et nous trouvons un comedor familial, l'abuela est aux fourneaux, au menu riz, œuf, saucisse et salade. C'est bon et à bon prix, parfait. Nous nous offrons même du yaourt et chocolat en dessert avant de repartir.

Nous parcourons de nouveau les vingt kilomètres de ripio, qui paraissent encore plus mauvais que ce matin, et nous arrêtons sous un abri à la bifurcation.

Publié le 3 décembre 2019

Mise en route sous la pluie ce matin, nous nous préparons à une journée bien mouillée. Ce n'est en fait pas le cas, le beau temps comme le mauvais ne durent jamais très longtemps par ici.

La première partie de la matinée est presque plate, la deuxième un peu plus vallonnée. La route est bien meilleure qu'hier, cela rend le pédalage beaucoup plus agréable et nous profitons davantage du moment.

Pause pique-nique express car il se remet à pleuvoir juste à ce moment-là. Nous nous arrêtons de nouveau une heure plus tard dans une petite maison au bord de la route pour une pause café, pain et confiture, c'est un endroit prisé des cyclistes et c'est bien compréhensible.

À peine plus loin commence une longue montée pas trop raide, le soleil est sorti et il fait chaud. Redescente (de manière générale, car ici il y a toujours des remontées courtes mais raides au milieu) vers des lacs avec un beau panorama de sommets enneigés. Nous nous nous posons en bord de route, bivouac avec une vue + + +.

Publié le 5 décembre 2019

Matinée très agréable, jolis paysages, le soleil brille, la route est bonne et plutôt descendante, nous roulons donc bien jusqu'à Cochrane. Mise à part une crevaison, sur le dernier kilomètre avant d'arriver, dans une zone en travaux...

Au village, nous trouvons un atelier vélo pour y acheter un porte-bidon, le mien est cassé; le terminal de bus pour des informations sur comment se rendre à Puerto Montt mais ce n'est pas leur secteur et ils n'en savent rien; et la place centrale avec de la wifi. Nous faisons aussi quelques courses et préparons un bon taboulé pour le pique-nique. Nous nous y arrêtons au moins trois heures.

Remise en selle vers 14h, après les descentes de ce matin ce sera une après-midi de montée. Cela commence plutôt bien, nous nous sommes reposés et avons bien repris des forces à Cochrane. Par contre, la dernière montée est rude, le route est en très mauvais état, les vélos dérapent, c'est très raide, nous poussons par moments, bref je trouve ça très difficile. Nous nous arrêtons bivouaquer sur le bord de la route avant la fin de la montée. La nuit va faire du bien.

Publié le 5 décembre 2019

Journée assez difficile aujourd'hui, la piste est en mauvais état, les montées sont raides et nombreuses, il fait gris. Aussi, chaque voiture qui passe laisse derrière elle un épais nuage de poussière qui reste plusieurs instants, très désagréable pour voir et respirer. À la première rivière traversée, nous nous arrêtons pour faire la vaisselle et changer les plaquettes de frein du vélo de Xavier. Nous sommes prêts à repartir, sauf que son pneu avant est crevé, probablement encore une épine.

Nous avançons difficilement, la route longe une grosse rivière, le Rio Baker, qui serpente dans un canyon. Pause pique-nique dans le petit village de Puerto Bertrand, puis la montée continue. Seconde crevaison de la journée, cette fois-ci à cause des cailloux sur la piste.

Enfin, nous finissons par descendre vers le Lago General Carrera, l'effort valait la vue. L'eau est d'un bleu magnifique, il y a des fleurs violettes, roses et jaune partout, et toujours les montagnes enneigées et les glaciers tout autour. La fin de journée est plus facile, le soleil est sorti, la piste est de meilleure qualité, le moral remonte, et nous arrivons à parcourir encore quelques kilomètres. Arrêt pour le soir sur une plage en bord du lac.

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Publié le 6 décembre 2019

Nous finissons les derniers kilomètres qu'il nous reste pour arriver à Puerto Rio Tranquilo ce matin. La route serpente à proximité du lago General Carrera, les paysages sont toujours sublimes. Nous arrivons au village vers midi et plantons la tente dans un camping. Douche, pique-nique, lessive et courses, puis après-midi repos.


Cela fait un mois que nous sommes partis et déjà 1650 kilomètres au compteur !