Carnet de voyage

L'amérique du Sud à vélo

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Un périple à vélo, à partir d'Ushuaïa, en remontant la Cordillère des Andes vers le nord.
Novembre 2019
240 jours
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Publié le 1er novembre 2019

C'est le grand jour! Les vélos sont emballés avec soin, les sacoches sont fermées, le départ est prévu en fin d'après midi.

Publié le 1er novembre 2019

Bien arrivée à Buenos Aires, le vélo aussi, ouf! J'y reste 5 jours passer du temps avec ma sœur, puis direction Ushuaïa pour retrouver Xavier et entamer les premiers coups de pédales.

Publié le 5 novembre 2019

Réveil matinal pour s'envoler vers Ushuaïa. Le survol des montagnes enneigées et l'atterrissage sont spectaculaires. Enfin j'y suis! C'est un sourire scotché sur le visage que je donne mes premiers coups de pédales, après avoir remonté mon vélo avec succès, pour sortir de l'aéroport et rejoindre la ville. Journée tranquille: quelques courses, visite, balade... Le temps est très changeant, assez froid, il vente fort, le soleil pointe parfois son nez, et il neige même en fin de journée.

Publié le 9 novembre 2019

Xavier est bien arrivé ce matin, après un long voyage. Nous remontons son vélo à côté de deux français qui ont prévu le même itinéraire que nous jusqu'à Lima.

Plongés directement dans l'ambiance, nous quittons l'aéroport à travers une tempête de neige. Après un court arrêt en ville, c'est parti! Le temps est couvert, avec des légères chutes de neige passagères. Nous avalons les kilomètres, vent dans le dos, puis nous passons un petit col avant de redescendre en VTT vers le Lago Escondido. Au bord, il y a des cabanes abandonnées, dont une en meilleur état, qui sert de repère aux cyclotouristes. Nous serons à l'abri de la neige, et il y a même un poêle à bois. Premier bivouac de luxe!

Publié le 9 novembre 2019

La nuit n'a pas été très calme, le vent soufflait tellement fort dehors que je me demandais si le toit de la maison n'allait pas s'envoler. Ce matin, nous nous mettons en route sous une légère neige qui passe assez vite. Le temps est nuageux mais stable, et nous aurons même quelques éclaircies en fin de journée.

L'itinéraire est simple, il n'y a qu'à suivre la Ruta 3, c'est la seule goudronnée et elle est en très bon état d'ailleurs. Nous quittons peu à peu les montagnes enneigées, la route reste vallonnée. Xavier a mal au genou et je suis malade, mais nous avançons à un bon rythme.

Pique-nique face à un lac immense, bien venteux.

En fin de journée, nous nous lançons sur une piste traversant de grandes étendues clôturées appartenant à des haciendas (nous verrons plusieurs carcasses de lama coincés dans ces clôtures...). Deux chevaux s'approchent et nous suivent au galop. Bivouac à l'abri du vent et un peu à l'écart de la piste.

Publié le 9 novembre 2019

Pendant le petit déjeuner ce matin, des chiens accourent vers notre tente, suivis de près par un gaucho la cigarette au bec:

- ¿Todo bien? ¿Paseando?

- Sí

- ¡Buen día!

De retour sur la piste, les paysages alternent entre forêts d'arbres très secs recouverts de lichen et vastes steppes, on passe quelques lacs et on aperçoit toujours les sommets enneigés à l'horizon. À un moment, nous nous retrouvons entourés de dizaines de lamas, magique ! Vers midi, changement de route, une piste en meilleur état, et d'orientation, vent dans le dos; nous roulons à 20, 23, 24 km/h sans forcer, génial ! Le soleil est de la partie, c'est parfait.

Quelques averses de grêle en fin de journée nous font monter le tarp, nous mangeons finalement au soleil. Belle journée, on continue demain!

Publié le 10 novembre 2019

Petite journée aujourd'hui, nous terminons la piste jusqu'à la route principale que nous empruntons pour rejoindre Rio Grande, notre destination du soir. L'arrivée en ville, à travers la zone industrielle, sur une route droite de 10km, avec beaucoup de trafic, vent de face, est longue. Petit parcours au centre à la recherche de l'Office du tourisme et du wifi pour contacter Marcos, notre hôte warmshower du soir. Il nous accueille avec une grande chambre et une douche chaude!

Publié le 14 novembre 2019

- C'était comment aujourd'hui Xavier?

- C'était long mais à la fin c'était bien

Effectivement, départ matinal pour 80 km de plat vent de face en longeant l'océan. Heureusement, le soleil est de la partie et la route n'est pas du tout passante, ça doit être parce qu'on est dimanche. Nous ne roulons pas vite, 13 km/h en moyenne, et les paysages de steppes vides sont un peu monotones. Nous montons plus que ce que nous imaginions, car nous finissons par arriver à une sorte de col, qui s'ouvre sur la baie de San Sebastian. Nous profitons de la descente vers la mer et le poste de frontière argentin. Tampon sur le passeport, en route pour le Chili. L'asphalte laisse place à une piste, il reste environ 15 km jusqu'au poste de frontière chilien. Nous nous arrêtons bivouaquer avant sur un vaste plateau très vert surplombant la piste. Nous dormirons au milieu des moutons.

Publié le 14 novembre 2019

Nous qui pensions avoir souffert du vent hier, ça n'avait rien à voir avec aujourd'hui. Nous nous attendions en plus à avoir le vent de dos, mais il a tourné dans la nuit. Résultat : nous n'arrivons pas à aller droit, et quand nous pouvons un peu avancer, c'est à maximum 6 km/h...

Nous arrivons malgré tout au poste de frontière chilien. Impossible de passer avec des produits d'origine animale et végétale. Nous mangeons donc une pomme et une carotte devant la douanière alors qu'elle coupe le reste pour les brûler. Nous pouvons enfin rentrer au Chili, et nous nous remettons en route avec nos graines, fromage, miel...

Par contre, le vent est toujours beaucoup trop présent, et nous encourage à faire du stop. Pas facile avec deux vélos chargés et une voiture qui passe toutes les 15 minutes. Nous marchons quelque temps à côté du vélo en tendant le pouce à chaque bruit de moteur. Sans succès. Nous finissons par arriver à un refuge équipé de table, poêle, mezzanine pour dormir, toilette. Nous nous arrêtons là, en espérant que quelqu'un nous prenne, et en se disant que nous aurons au moins un endroit agréable pour passer la nuit.

Finalement un pick-up s'arrête, et Patricio, un douanier chilien, nous emmène nous et nos vélos jusqu'à Porvenir. 100 km de piste au milieu de steppes de plus en plus vallonnées et longeant une baie, très beau. Il nous apprend au passage que ce que nous pensions être des lamas sont en fait des guanacos.

Arrivés à Porvenir, nous faisons quelques kilomètres jusqu'au phare surplombant le détroit de Magellan. Bivouac venteux dans une ambiance marine. Demain, nous prenons le ferry pour Punta Arenas.

Publié le 14 novembre 2019

Nous ne sommes pas pressés ce matin, le ferry pour Punta Arenas ne part qu'à 13h. Nous retournons en ville pour acheter les billets et faire quelques courses. Sur le chemin du retour vers le port, nous voilà bloqués à un barrage de manifestants. Seul moyen de passer: danser!

Le ferry traverse le détroit de Magellan, nous quittons définitivement la Terre de Feu. À mon humble avis, la Terre du Vent aurait aussi été un nom approprié...

Ce matin n'a pas été facile non plus, il a fallu prendre une grande décision. Xavier a besoin de repos avec son genou, mais il faut quand même avancer, et je ne veux pas faire trop de bus. À la descente du ferry, nous nous séparons jusqu'à Puerto Natales, 250 km plus loin. Je repars donc seule à vélo.

La route est droite, et traverse de grandes steppes planes. À part pour sortir de la ville, le trafic est raisonnable. Malgré le vent de côté, j'avance bien. Par contre camper ne sera pas facile, tout est clôturé et il n'y a pas d'arbres pour se cacher. Finalement, je trouve un endroit où les fils sont coupés, une piste mène un peu à l'écart de la route et derrière une butte.

Publié le 14 novembre 2019

Longue journée, plus de 10h sur la route en comptant les pauses.

Je me réveille sous une légère pluie qui dure toute la matinée. Le paysage est plat, la route est droite, le vent est toujours présent, bref on a vu mieux.

Cela s'améliore en début d'après-midi, le soleil sort timidement, et les paysages plus vallonnés sont plus sympa. À un moment, je roule enfin! 25 km/h au milieu de collines désertiques accompagnées d'une très jolie lumière.

Un tournant et tout s'arrête. J'ai déjà quelques kilomètres dans les jambes, je voudrais bien m'arrêter bivouaquer mais, avec toutes ces clôtures au bord de la route, je mets un moment avant de trouver un endroit. Ça sera finalement dans un virage derrière un bosquet, pas très bien cachée mais ça fera l'affaire.

Point positif de cette section assez monotone, on peut voir plein d'animaux : des moutons, encore des moutons, toujours des moutons, avec beaucoup de petits, des oiseaux en tout genre, dont des flamands roses et des autruches (?), des chevaux, des lapins et aujourd'hui trois lamas (cette fois-ci je suis sûre que ça en était).

PS: les autruches n'étaient pas des autruches mais des nandu.

Publié le 15 novembre 2019

Journée plutôt agréable aujourd'hui. Pas trop de pluie, un peu de soleil, pas trop de vent, pas trop de trafic, et les paysages changent. Au fur et à mesure que j'avance, les steppes arides deviennent plaines, il y a de plus en plus d'arbres, et les sommets enneigés se rapprochent.

Juste après ma pause pique-nique, deux cyclistes arrivent, les premiers que je croise! Ils pédalent depuis Vancouver, depuis 2 ans déjà, et finissent leur voyage à Ushuaïa. À peine 10 minutes plus tard, encore un autre cycliste. C'est Xavier qui vient à ma rencontre ! Nous terminons les 20 km qu'il reste pour Puerto Natales, puis nous nous installons au camping Güino. Grosse pluie en fin d'après-midi et soirée, nous sommes contents d'être à l'intérieur.

Publié le 19 novembre 2019

Bon petit déjeuner ce matin avec yaourt et fruits. Nous nous sommes donnés la matinée de repos au camping. Nous hésitons longuement sur le programme de la suite : trek de quelques jours au parc Torres del Paine, y passer seulement à vélo, ne pas y passer... Nous emprunterons finalement la piste qui traverse le parc à la journée.

Nous nous mettons en route vers midi, et nous repassons par le bord de mer et le centre de Puerto Natales, petite ville très sympa.

Il y a 20 km environ jusqu'à la bifurcation pour aller au parc, nous quittons progressivement la plaine et le bord de l'eau pour nous enfoncer dans une vallée de montagne. La route monte et descend, elle est asphaltée seulement au début et devient rapidement une piste, il y a encore beaucoup de vent de face, la neige n'est pas loin, il fait beau mais de gros nuages menacent, les paysages sont très verts.

Bivouac au bord du lac Porteño, sous quelques averses mais toujours avec un coin de ciel bleu.

Publié le 19 novembre 2019

Nous nous offrons le luxe d'une grasse matinée ce matin. Je sens que j'ai besoin de repos, la météo annoncée n'était pas génial, et il est interdit de bivouaquer dans le parc, le traverser à partir d'ici nous aurait donc fait une grosse journée. Nous décidons tout de même de nous avancer vers l'entrée du parc, et de faire une quinzaine de kilomètres en partant en début d'après-midi.

Ça tombe mal, à peine avons nous fini de manger qu'il se met à pleuvoir. Nous plions quand même la tente en essayant de ne pas tout mouiller et nous nous mettons en route. Au bout d'une heure et demi environ, la pluie s'arrête. Nous arrivons au mirador del Toro, il y a un beau spot de bivouac avec vue sur le lago del Toro. Nous profitons du rayon de soleil pour installer la tente.

Fin de journée tranquille. Le temps alterne entre pluie et beau temps.


Publié le 19 novembre 2019

Réveil matinal et départ à 8h15 aujourd'hui, nous voulons avoir le temps de profiter de la traversée du parc, et après le repos d'hier, nous sommes plus que prêts à repartir. Il pleut toujours légèrement, mais nous aurons finalement une journée sèche, avec même pas mal de soleil en matinée.

Après 10 km environ, nous sommes à l'entrée du parc. Nous achetons les billets puis commençons la piste. Même si nous longeons souvent des lacs ou rivières, c'est loin d'être plat et je pousse mon vélo dans quelques montées. Nous n'avançons donc pas très vite, surtout en comptant les arrêts photos.

L'eau des lacs est d'un bleu turquoise magnifique, par contre la vue sur les tours est encore bouchée. Pour la pause pique-nique, nous choisissons un beau point de vue, et espérons que les nuages se lèvent. Malheureusement, nous n'apercevrons qu'un sommet pendant un bref instant.

Peu après, nous changeons d'orientation et nous nous retrouvons vent de dos. C'est la première fois que c'est vraiment le cas, et il pousse si fort que nous explosons de rire. Il nous aidera beaucoup jusqu'à la fin de la journée. À un moment, un mini cyclone traverse le lac à côté de nous...

Encore une vingtaine de kilomètres pour sortir du parc. Nous sommes assez fatigués et trouvons rapidement un endroit pour bivouaquer. Le vent nous épuise. Nous essayons de monter notre tarp par-dessus la tente, en vain, le vent l'arrache. La tente aussi à intérêt à être solide. Nous abandonnons l'idée de cuisiner au feu, et même le réchaud à alcool dans l'entrée de la tente a du mal: plus d'une heure et deux recharges d'alcool pour faire cuire du riz.

Le soleil est revenu, nous espérons avoir au moins une vue sur les Torres avant de partir demain matin.


Update: Il est 19h, le vent s'est calmé, nous venons de finir de manger et serions prêts à dormir quand un 4x4 s'approche et nous ordonne de décamper. Nous plions vite les affaires et nous nous remettons en selle. Heureusement, le soleil est là et la lumière du soir est belle. Nous continuons la route dans la douceur de la fin de journée, et trouvons rapidement un abri en bord de route: un toit et des fenêtres vitrées avec vue sur un lac. Nous montons la tente dans l'abri qui nous protégera du vent. 20h30 nous sommes couchés.

Publié le 19 novembre 2019

Nous n'avons pas très bien dormi cette nuit, le vent était extrêmement fort, et être à côté de la route ne permet de dormir que d'un seul oeil. Nous rangeons vite le peu d'affaires déballées hier, déjeunons et partont. Il fait plus frais ce matin que les autres jours mais le soleil nous réchauffe. Nous laissons derrière nous les Torres del Paine, toujours dans les nuages.

Nous arriverons à Cerro Castillo vers midi. Il y a un minimarché où nous nous ravitaillons, mais sans produit frais car la frontière est juste après. Dur de prévoir un pique-nique. Nous passons le poste de frontière chilien, un petit col, puis celui argentin. Aucun contrôle, les carottes et les pommes seraient passées, dommage.

Il pleut de plus en plus fort. Nous avons encore quelques kilomètres de piste avant de rejoindre la Ruta 40 que nous suivront un bon moment. Avec le peu de sommeil de cette nuit, je fatigue mais il n'est que 14h. En plus, nous avons le vent dans le dos et voulons en profiter pour avancer par peur qu'il tourne demain.

Il y a peu d'endroit pour s'arrêter bivouaquer, tous les champs sont clôturés. Finalement, nous montons la tente vers 15h30, un peu visibles en contrebas de la route.

Il nous reste environ 300 km de steppes, guanacos et vent jusqu'à El Chalten.


Publié le 23 novembre 2019

Il a plu toute la nuit, cela s'arrête lorsque nous partons, mais le temps reste couvert et les nuages bas. Nous parcourons les 20 premiers kilomètres très rapidement, la route est asphaltée, elle descend et nous avons le vent dans le dos.

Nous allons quitter la route principale, qui fait un détour, et prendre une piste sur 70 km. À l'embranchement se trouve une station essence. Nous espérions y trouver de quoi nous ravitailler en petit déjeuner et produits frais mais le choix est faible. Je prends quand même un café (instantané) et nous achetons des biscuits. Un bus de voyage est arrêté, il va sûrement passer la frontière, un étranger descend et nous donne deux poivrons et des oignons. Parfait!

Remise en selle, nous débutons la piste. C'est de loin la pire qu'on ait eu! Elle est faite de galets plus ou moins bien tassés et est déformée en tôle ondulée. Nous zigzagons en essayant de trouver le meilleur passage, qui n'existe pas toujours. Les premiers kilomètres sont durs, mais nous avançons finalement assez bien, le vent dans le dos nous aidant beaucoup. Par moment, il n'est même pas nécessaire de pédaler pour avancer !

Nous traversons de vastes steppes. Aucune habitation, et une dizaine de voiture seulement a dû passer sur la route. Nous sommes seuls au monde. Avec bien sûr quelques moutons, guanacos, nandu, et chevaux.

Pour bivouaquer ce soir, nous espérons rejoindre une rivière où il y aurait une maison abandonnée. C'est un ancien poste de police, encore un repère de cyclotouristes. Nous serons à l'abri du vent pour la nuit dans notre chambre Pampa II. Lavage et toilette à la rivière, cela fait du bien. Nous profitons du luxe inhabituel.

Publié le 23 novembre 2019

Les 20 derniers kilomètres de piste ce matin sont meilleurs qu'hier, toujours vent dans le dos, nous rejoignons la ruta 40. Rapidement nous nous retrouvons vent de côté ou de face, et il n'est pas faible! Nous avançons tant bien que mal.

Pendant la pause pique-nique, nous décidons de refaire du stop jusqu'à El Calafate. À l'allure à laquelle nous allons, nous craignons de manquer de nourriture ainsi que d'alcool pour le réchaud, le bois est rare dans la pampa, avant d'arriver à El Chaltén dans 4 ou 5 jours. El Calafate n'est pas directement sur la route, et nous n'avions pas prévu de faire le détour, mais cela nous permettra de faire des courses, et nous aurons le vent dans le dos pour les 35 km qui permettent de rejoindre la ruta 40.

1h30 de stop dans un vent glacial contre lequel il est difficile de rester droit. Un minibus s'arrête, nous mettons les sacoches dans le coffre et les vélos entre les banquettes. La route passe un col, nous surplombont une large vallée glacière, un lac bleu turquoise dans le fond, des montagnes enneigées à l'horizon, des collines désertiques et de vastes steppes nous entourent, magnifique.

Nous nous remettons en route rapidement après les courses. La route est vallonnée, nous forçons à peine dans les montées, et nous nous laissons rouler dans les descentes. Il fait bon, le soleil brille, et le vent ne se fait pas sentir lorsqu'il nous pousse. Que c'est agréable !

Mais cela ne pouvait évidemment pas durer indéfiniment, à la jonction, nous revoilà partis dans l'autre sens, et le rythme diminue. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à côté d'une rivière à l'abri du vent pour la nuit.

Autrement, j'ai perdu l'éponge aujourd'hui, elle séchait et n'a pas survécu à une des bosses. Et Xavier a déchiré son sac de guidon...

Publié le 23 novembre 2019

Réveil 5h, nous espérons que le vent soit plus faible en matinée. 6h30 nous sommes prêts à partir, sauf que j'ai crevé ! Changement express de la chambre à air et en route. En effet, il n'y a presque pas de vent et nous avançons à une bonne allure. Il commence à souffler vers dès que le soleil apparaît mais encore relativement faiblement. La route serpente entre des collines désertiques et longe une large rivière, c'est beau.

Pause pique-nique à 11h, nous avons déjà fait 55 km. La vitesse ne sera pas la même cet après-midi, le vent est de nouveau extrêmement fort. Nous nous arrêtons bivouaquer vers 14h30, protégés du vent par une butte au bord de la route, juste après avoir vu le Fitz Roy! Nous n'allons pas tarder à manger et à nous coucher, réveil tôt de nouveau demain matin.

Publié le 23 novembre 2019

Mise en route encore plus matinale qu'hier après une courte nuit peu reposante à cause du vent; premier coup de pédale à 5h40. Il y a aussi plus de vent ce matin qu'hier, mais il restera affrontable jusqu'aux environs de 11h.

Le départ est difficile, pas encore réveillée, les jambes tirent. Nous arrivons au début de la ruta provinciale 23, c'est parti pour 90 km jusqu'à El Chaltén, vent de face, cap sur le Fitz Roy, nous devrions y être demain.

Le paysage est magnifique évidemment, mais nous mettons capuche sur le casque, buff par-dessus le nez et lunettes de soleil, et nous nous enfermons pour avancer. Pause pique-nique, sieste, puis nous faisons encore 12 km très lents, 10 km/h environ, mais majestueux face à la Cordillère des Andes.

Nous nous arrêtons pour la nuit vers 14h30 encore une fois, derrière une butte, avec vue sur le Fitz Roy (non non il ne me fascine pas du tout...)

Publié le 25 novembre 2019

Il nous reste 35 km pour arriver à El Chalten ce matin, nous nous rapprochons de plus en plus du Fitz Roy! Nous y arrivons vers 11h.

Nous avions repéré une casa de ciclistas, mais arrivés devant, elle a l'air abandonnée. Direction le camping, nous nous posons, il y a une douche chaude et même une machine à laver ! Repas du midi au restaurant, nous nous faisons bien plaisir.

Nous passons l'après-midi tranquille, à se balader dans le village, faire quelques achats et se renseigner sur la suite du trajet. Le soir, nous tentons de faire des crêpes dans la cuisine du camping, mais sans les bons ustensiles et après trois crêpes ratées, nous sommes malheureusement contraints d'abandonner...


Publié le 25 novembre 2019

Journée "repos" prévue aujourd'hui. Nous nous réveillons naturellement à 6h30 et nous nous préparons pour une randonnée au pied du Fitz Roy.

Il a malheureusement la tête dans les nuages quand nous y arrivons, mais les alentours sont tout de même magnifiques. Marcher fait du bien mais nous nous sentons bien fatigués. Retour au camping vers 14h, après-midi tranquille.

Nous repartons demain rejoindre la fin de la carretera austral après la frontière chilienne, il nous faudra deux traversées en ferry et un sentier très difficile en vélo, en espérant que tout se passe bien...

Publié le 29 novembre 2019

Pain perdu pour le petit déjeuner, nous récupérons le reste des crêpes ratées de l'autre soir. Avant de quitter le camping, nous continuons dans la cuisine avec des sortes de pain pitas cuits à la poêle, c'est une réussite !

Départ un peu avant midi, le ciel est bien couvert mais la pluie de la nuit et de la matinée s'est arrêtée. Au bout du village commence la piste qui mène au lago del Desierto. Changement d'ambiance, nous nous enfonçons dans une vallée de montagne, au milieu de la forêt ou en bord de rivière, la neige et les glaciers sont juste au-dessus. La piste est plutôt en bon état mais la rivière que nous suivons a débordé et quelques passages sont inondés. Je mets le pied dans l'eau plus d'une fois, Xavier passe sans souci.

Nous arrivons au lac bien à temps pour le ferry. Les vélos sont à bord, il part en avance, nous sommes les seuls passagers! Il y a environ une heure de traversée pour rejoindre la pointe nord du lac, où nous bivouaquerons. L'endroit est parfait, au bord de l'eau, le terrain est plat, bien herbeux, et nous sommes face au Fitz Roy. Il est dans les nuages pour le moment, mais se découvre juste pendant notre repas, splendide !


Publié le 29 novembre 2019

Pas de pédalage ce matin, nous poussons les vélos sur 6 km. Nous empruntons un sentier de randonnée jusqu'à la frontière, d'où recommence une piste. Il est relativement étroit, monte assez raide par moments, et beaucoup de roche, racines, et même quelques troncs nous barrent le chemin. En plus, il a beaucoup plu dernièrement, le sol est très boueux, le chemin n'est que flaque par endroits, les vélos s'enfoncent et nous avançons les pieds plus que mouillés. Il y a également plusieurs rivières à traverser, mais elles ont débordé, et les troncs qui font office de pont sont submergés. Les vélos sont lourds et les pousser dans ces conditions n'est pas facile. Il nous faut détacher les sacoches et faire des allers-retours à plusieurs reprises. Pour couronner tout ça, il pleut ou il neige. Bref, nous avançons tant bien que mal, nous prenons quatres heures à finir ce sentier.

Au panneau "Bienvenidos a Chile", la piste commence. Plus que 16 km jusqu'à l'embarcadère du deuxième ferry. Le soleil est enfin sorti, nous faisons une pause pour sécher la tente et nous réchauffer. Dernier mirador sur le Fitz Roy, par chance bien découvert. Après une courte montée, nous entamons une belle descente parfois vertigineuse vers le lago O'Higgins. Après le passage de la douane (où nous mangeons de nouveau nos dernières pommes et carottes devant le douanier), nous nous installons dans une cabane au bord du lac pour attendre le bateau. Il est censé passer le mercredi, nous ne connaissons pas l'horaire, mais rien de moins sûr, certains patientent plusieurs jours pour cette traversée...

Publié le 29 novembre 2019

Après une bonne nuit à l'abri dans la cabane, nous nous préparons à ... ne rien faire de la journée. D'après nos informations, un bateau devrait partir à 19h, nous espérons qu'il y en ait un plus tôt. Un autre marcheur attend aussi, lui depuis lundi soir! Il demande à venir patienter avec nous, nous l'accueillons bien sûr.

Vers 11h, un bruit de moteur, un bateau arrive! Nous rangeons tout en vitesse, plusieurs marcheurs et quelques vélos descendent, mais le conducteur nous informe que le bateau ne repartira que demain, et qu'il est déjà plein car il doit passer récupérer d'autres personnes ailleurs. Le bateau initialement prévu aujourd'hui est bloqué à cause d'un problème technique. Nous retournons dans la cabane, et commençons à faire un feu dans le poële. Un habitant d'une ferme à côté nous dit qu'il est interdit d'être là, et va chercher les douaniers qui viennent nous déloger et fermer la cabane à clé. Nous patientons donc dehors, heureusement il fait plutôt beau. Xavier construit un abri avec des branches, je lis et fais des bracelets.

Une marcheuse arrive dans l'après-midi avec une nouvelle information : le bateau qui est à quai ici reviendra demain à 16h pour nous enmener. Nous continuons quand même d'espérer celui de 19h... Trois autres marcheurs arrivent, pensant prendre le bateau à 19h, nous patientons ensemble, mais il est passé 19h et toujours aucun bateau à l'horizon.

Il y a un camping supposément obligatoire dans la ferme d'à côté mais nous décidons de camper dans l'abri construit par Xavier, sur la colline un peu à l'écart de la piste.

Publié le 3 décembre 2019

Deuxième journée d'attente. Le bateau à quai ici est bien parti ce matin récupérer les autres personnes, espérons qu'il revienne bien à 16h comme le capitaine nous a dit.

Il commence à pleuvoir, le seul endroit pour s'abriter est sous le quai, et il fait plutôt froid, l'attente va être plus longue qu'hier. Les marcheurs qui attendent également le bateau ont dormi au camping, ils reviennent vers midi et nous essayons de faire passer le temps tant bien que mal, l'ambiance est très sympa malgré l'incertitude.

Vers 15h30, je monte sur la colline au-dessus de l'embarcadère, il y a bien un point à l'horizon qui s'approche vers nous! Nous embarquons enfin dans le bateau, tous très excités et soulagés. Mais l'aventure ne s'arrête pas ici. La traversée du premier lac est calme, par contre dès que nous entrons dans le bras au bout duquel se trouve Villa O'Higgins, les vagues sont immenses. Au début, tout le monde rigole, nous avons l'impression d'être dans un manège, mais au bout d'un certain temps, cela devient plutôt appeurant et le mal de mer arrive. Le capitaine nous dit après coup qu'avoir su les conditions, il ne serait pas venu nous chercher...

Nous voilà donc enfin à terre. Et à la fin de la Carretera Austral! C'est en fait le début pour nous qui la faisons dans l'autre sens, mais nous prenons quand même la photo devant le panneau. Il y a huit kilomètres jusqu'au village, après quelques hésitations nous décidons d'aller camper là-bas et de profiter d'une douche chaude après toutes ces émotions. En plus, les autres marcheurs y sont aussi et nous passons une dernière soirée ensemble.

Publié le 3 décembre 2019

Matinée tranquille mais bien occupée et productive au camping. Xavier fait du pain et des galettes pendant que je finis ma nuit... (Grasse matinée jusqu'à 8h30, c'est enore très raisonnable.) Cela nous fait un bon petit déjeuner avec yaourt, fruits et pain frais. Nous récupérons un porte-bagage avant sûrement laissé par un autre cycliste et décidons de l'installer sur le vélo de Xavier. Il manque les vis mais il y a heureusement une ferretería dans le village. Le porte-bagage est installé, il a l'air de tenir, nous faisons encore quelques provisions et passons à la bibliothèque pour la wifi avant de partir.

Départ vers 13h donc. Le temps est meilleur que ce matin, nous avons quelques éclaircies, même si la pluie reviendra en fin de journée. La piste est plutôt en bon état, c'est assez vallonné, nous circulons entre des montagnes enneigées, les glaciers ne sont pas loin et partout coulent des torrents et cascades.

Par contre, nous qui croyons que le vent s'arrêterait à partir de Villa O'Higgins, nous nous trompions! Il est moins fort que dans la pampa mais nous l'avons toujours de face... Je me sens en forme physiquement, surtout après les 2 jours d'attente/repos, mais c'est assez dur mentalement, en plus avec les averses incessantes, et je ne prends pas le temps de profiter des paysages. Nous avons repéré une cabane pour ce soir, et il me tarde bien d'y arriver.

Enfin nous y voilà. Il y a déjà deux cyclistes et un motard, la cheminée est donc allumée ! Nous plantons la tente à l'extérieur mais cuisinons et mangeons au coin du feu.

Publié le 3 décembre 2019

Réveil sous la pluie, nous nous levons malgré tout rapidement car nous voulons prendre le ferry à 13h quarante kilomètres plus loin. Le vent de la pampa semble avoir laissé place à la pluie, il va falloir s'habituer à sortir et ranger les affaires imperméables, mais pour l'instant le soleil n'est jamais très loin. Les plaines arides elles aussi ont laissé place à des paysages très verts, parsemés de rivières et cascades, et les sommets sont encore bien enneigés. Fini le plat.

Nous voyons un grand rapace, d'assez proche, il semblerait que ce soit un condor!

Nous attaquons directement par des montées assez sérieuses mais avançons quand même à un bon rythme pour pouvoir réussir à attraper le ferry. Les kilomètres sont écrits sur le bord de la route, et vont en décroissant, nous pensons donc devoir arriver au kilomètre zéro pour trouver l'embarcadère. Sauf qu'une fois arrivés, il s'agit en fait d'une intersection et il nous reste encore dix kilomètres. Heureusement nous avions de la marge, nous accélérons et arrivons vingt minutes avant le départ.

Pique-nique durant la traversée, rapide entretien du vélo à la descente, puis c'est reparti. Une longue et raide montée nous assomme, nous poussons les vélos à plusieurs reprises. Nous nous arrêtons bivouaquer au bord d'une rivière, et en profitons pour nous laver et faire un peu de lessive.


Publié le 3 décembre 2019

Nous nous sommes arrêtés peu avant la fin de la montée hier soir, après quelques brefs efforts, nous profitons donc d'une longue descente ce matin. En bas, nous arrivons à une bifurcation, la Carretera Austral continue vers la droite, nous prenons vers la gauche pour faire l'aller-retour à Caleta Tortel. Une vingtaine de kilomètres de très mauvais ripio et nous y voilà.

Nous laissons les vélos à une consigne à la gare routière et partons nous promener à pied. En effet, il est impossible de circuler à vélo, c'est un petit village au bord de l'eau construit sur pilotis et dont les rues sont des passerelles en bois, très chouette.

Nous sommes dimanche et il est encore assez tôt, le village nous paraît désert. Nous espérions faire des courses mais le supermarché central est fermé, nous arrivons finalement à trouver ce qu'il nous manquait dans deux minimarchés différents. Il est midi, nous avons faim mais tous les restaurants semblent ouvrir à 13h. Le temps passe en cherchant un peu dans le village, et nous trouvons un comedor familial, l'abuela est aux fourneaux, au menu riz, œuf, saucisse et salade. C'est bon et à bon prix, parfait. Nous nous offrons même du yaourt et chocolat en dessert avant de repartir.

Nous parcourons de nouveau les vingt kilomètres de ripio, qui paraissent encore plus mauvais que ce matin, et nous arrêtons sous un abri à la bifurcation.

Publié le 3 décembre 2019

Mise en route sous la pluie ce matin, nous nous préparons à une journée bien mouillée. Ce n'est en fait pas le cas, le beau temps comme le mauvais ne durent jamais très longtemps par ici.

La première partie de la matinée est presque plate, la deuxième un peu plus vallonnée. La route est bien meilleure qu'hier, cela rend le pédalage beaucoup plus agréable et nous profitons davantage du moment.

Pause pique-nique express car il se remet à pleuvoir juste à ce moment-là. Nous nous arrêtons de nouveau une heure plus tard dans une petite maison au bord de la route pour une pause café, pain et confiture, c'est un endroit prisé des cyclistes et c'est bien compréhensible.

À peine plus loin commence une longue montée pas trop raide, le soleil est sorti et il fait chaud. Redescente (de manière générale, car ici elles sont toujours entrecoupées de remontées courtes mais raides) vers des lacs avec un beau panorama de sommets enneigés. Nous nous nous posons en bord de route, bivouac avec une vue + + +.

Publié le 5 décembre 2019

Matinée très agréable, jolis paysages, le soleil brille, la route est bonne et plutôt descendante, nous roulons donc bien jusqu'à Cochrane. Mise à part une crevaison, sur le dernier kilomètre avant d'arriver, dans une zone en travaux...

Au village, nous trouvons un atelier vélo pour y acheter un porte-bidon, le mien est cassé; le terminal de bus pour des informations sur comment se rendre à Puerto Montt mais ce n'est pas leur secteur et ils n'en savent rien; et la place centrale avec de la wifi. Nous faisons aussi quelques courses et préparons un bon taboulé pour le pique-nique. Nous nous y arrêtons au moins trois heures.

Remise en selle vers 14h, après les descentes de ce matin ce sera une après-midi de montée. Cela commence plutôt bien, nous nous sommes reposés et avons bien repris des forces à Cochrane. Par contre, la dernière montée est rude, le route est en très mauvais état, les vélos dérapent, c'est très raide, nous poussons par moments, bref je trouve ça très difficile. Nous nous arrêtons bivouaquer sur le bord de la route avant la fin de la montée. La nuit va faire du bien.

Publié le 5 décembre 2019

Journée assez difficile aujourd'hui, la piste est en mauvais état, les montées sont raides et nombreuses, il fait gris. Aussi, chaque voiture qui passe laisse derrière elle un épais nuage de poussière qui reste plusieurs instants, très désagréable pour voir et respirer. À la première rivière traversée, nous nous arrêtons pour faire la vaisselle et changer les plaquettes de frein du vélo de Xavier. Nous sommes prêts à repartir, sauf que son pneu avant est crevé, probablement encore une épine.

Nous avançons difficilement, la route longe une grosse rivière, le Rio Baker, qui serpente dans un canyon. Pause pique-nique dans le petit village de Puerto Bertrand, puis la montée continue. Seconde crevaison de la journée, cette fois-ci à cause des cailloux sur la piste.

Enfin, nous finissons par descendre vers le Lago General Carrera, l'effort valait la vue. L'eau est d'un bleu magnifique, il y a des fleurs violettes, roses et jaune partout, et toujours les montagnes enneigées et les glaciers tout autour. La fin de journée est plus facile, le soleil est sorti, la piste est de meilleure qualité, le moral remonte, et nous arrivons à parcourir encore quelques kilomètres. Arrêt pour le soir sur une plage en bord du lac.

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Publié le 6 décembre 2019

Nous finissons les derniers kilomètres qu'il nous reste pour arriver à Puerto Rio Tranquilo ce matin. La route serpente à proximité du lago General Carrera, les paysages sont toujours sublimes. Nous arrivons au village vers midi et plantons la tente dans un camping. Douche, pique-nique, lessive et courses, puis après-midi repos.


Cela fait un mois que nous sommes partis et déjà 1650 kilomètres au compteur !

Publié le 9 décembre 2019

Nous laissons les vélos ce matin pour monter dans un bateau et visiter les cavernes, la chapelle et la cathédrale de marbre sur la rive du lac. Il s'agit d'une zone naturelle protégée, à quinze minutes en bateau de Puerto Rio Tranquilo, où l'eau a creusé la roche. Cela donne de belles formes et couleurs. Le bateau s'approche si près que nous pouvons toucher le marbre, et rentre même dans une caverne. C'est assez spectaculaire.

De retour au village, nous prenons une crêpe dans un café tenu par une française avant de nous remettre en selle. Départ vers 12h30 pour une très belle après-midi. Nous retrouvons enfin une piste digne de ce nom, relativement plate. Nous longeons le lac jusqu'au bout d'une baie, puis la rivière en amont. Comme dirait Xavier, mise à part l'état de la route (et le vent), on pourrait être en Suisse!

Arrêt pour la nuit à côté d'une maison abandonnée en bord de rivière.

Publié le 9 décembre 2019

Nous attaquons la matinée par une montée soutenue d'une heure environ. La route s'enfonce au cœur de la montagne et il fait frais. Le soleil est timide, le ciel est bien voilé. Après la montée commence bien évidemment une descente, assez douce mais qui dure une vingtaine de kilomètres.

Nous arrivons à une portion en travaux, elle était d'ailleurs complètement fermée à la circulation hier après-midi et nous a permis d'avoir la route à nous tout seuls. Étonnamment, c'est sur cette section que la piste est dans le meilleur état. Par la suite, nous avons quinze kilomètres de très mauvais ripio, un mélange de gravillons dérapant et de gros galets, nous avançons lentement et il faut se concentrer pour ne pas tomber. Heureusement, le vent nous pousse, parfois suffisamment fort pour ne pas avoir à pédaler ! Nous longeons alors une large rivière, sur les berges de laquelle beaucoup d'arbres sont morts, probablement à cause du vent.

Petite montée et c'est le début de l'asphalte! Une route toute neuve dont nous pourrons profiter pendant plusieurs kilomètres, avant le prochain ripio... Nous nous arrêtons sur un coin d'herbe en bord de route, moins de dix kilomètres avant Villa Cerro Castillo.

Publié le 9 décembre 2019

Mise en jambe aisée ce matin, nous commençons par huit kilomètres de descente jusqu'à Villa Cerro Castillo. Très jolis paysages rocailleux de couleur rougeâtre, avec vues sur le parc national Cerro Castillo. Au village, nous faisons quelques courses, et essayons de trouver du wifi mais sans succès. Arrêt dans un café, avec un autre cyclotouriste français, pour un deuxième petit déjeuner, œufs brouillés avec pain et café ou jus, avant d'attaquer une montée de quinze kilomètres.

Nous nous remettons donc en selle vers 11h30. La route s'enfonce dans le parc, elle est parfaitement asphaltée et forme de jolis virages, et la pente est très agréable. Bref la montée est longue mais se fait tout en douceur.

Arrivés en haut, nous avons bien mérité la belle descente qui nous attend. Toujours au cœur du parc, nous suivons un torrent, les montagnes pelées et de couleur marron orangé sont magnifiques. Nous roulons à quarante, quarante-cinq, même cinquante kilomètres/heure, ça change du ripio!

Nous finissons par sortir du parc et retrouver la plaine, pour terminer la journée par quinze kilomètres de vent de face. Pour nous arrêter ce soir, Maël nous a parlé d'un "camping" gratuit dans le village d'El Blanco : il s'agit d'un espace herbeux sous des pins, protégé du vent, la rivière est à côté, c'est parfait. Il y a même des chaises mais nous nous asseyons par terre, par habitude...

Publié le 10 décembre 2019

Trente-cinq kilomètres pour arriver à la plus grande ville de la région, Coyhaique. Les dix premiers montent, les vingt derniers descendent, le vent de face nous ralentit tout le long. Le ciel est bien menaçant mais contre toute attente nous arriverons secs.

Première partie de la matinée assez difficile donc, pour nous qui pensions finir en toute vitesse. En plus, nous sommes sur la route de l'aéroport, il y a beaucoup plus de trafic que ce que nous avons eu depuis le début, et la route est en travaux avec plusieurs sections à circulation alternée. Le moral remonte pendant la deuxième partie, malgré le vent nous pouvons nous laisser rouler dans les descentes.

Nous entrons dans la zone industrielle de Coyhaique, quelques kilomètres avant le centre, il y a cinq cents mètres de ripio qui nous rappelle quelques souvenirs... Puis enfin la ville, grande comme nous n'avons plus jamais vu depuis Ushuaïa. Nous nous installons dans un camping pour la nuit.

Ça aura été les trente-cinq derniers kilomètres de Xavier, pour le moment. Il repart en France mercredi, ma mère arrive demain et ils s'échange les vélos. Journée de repos demain donc, avant de reprendre la route.

Publié le 13 décembre 2019

Après une bonne nuit dans un bon lit sous une grosse couette, il faut se remettre en selle et reprendre la route. Toutes les affaires ont bien été échangées entre Xavier et Maman, et les sacoches sont de nouveau prêtes.

Après un dernier petit déjeuner tous ensemble, Xavier monte dans le bus pour l'aéroport, retour à la maison pour les fêtes. Il devrait revenir dans moins de deux mois continuer l'aventure. Je change donc de coéquipier et c'est avec ma mère que nous quittons Coyhaique vers le nord.

Les premiers kilomètres sont peu agréables, la route est assez passante, en montée et en travaux, et il pleut. Nous décidons de rester sur la Carretera Austral, directe mais non asphaltée sur les prochains cinquante kilomètres, alors que l'axe de circulation principal, entièrement asphalté, fait un détour par un port. Nous serons donc tranquilles pour le reste de la journée.

Le temps reste maussade, avec des averses régulières, entrecoupées par un rayon de soleil qui fait du bien. Le ripio n'est pas en excellent état, ajouté à cela du vent de face, ce n'est pas facile surtout pour une première journée pour Maman.

Nous nous arrêtons pour la nuit au bord d'une rivière, un peu à l'écart de la route, dans un très joli endroit. Nous posons aussi le tarp, ce qui s'avère être une très bonne idée vu les averses qui continuerons toute la soirée. Bon repas au sec avant une bonne nuit.

Publié le 14 décembre 2019

C'est un départ sous le soleil pour une matinée principalement en descente. Très beaux paysages fleuris, enneigés, verts et rocailleux. Au bout d'une vingtaine de kilomètres, nous retrouvons l'asphalte, la vitesse augmente.

Le temps se couvre mais reste sec, le vent de face est présent mais raisonnable. Nous arrivons à Villa Manihuales pour le pique-nique, et en profitons pour faire quelques courses avant de se remettre en route.

Nous pédalons jusqu'à 16h environ et nous arrêtons en contre-bas d'un pont au bord d'une rivière. L'accès n'est pas évident mais il y a une gouttière d'écoulement des eaux dans laquelle nous faisons glisser les sacoches jusqu'en bas; il faut tout de même porter les vélos. Lavage à la rivière, feu pour cuire le repas du soir, et nous finissons bien fatiguées de cette journée.

Publié le 14 décembre 2019

Nous sommes bien contentes d'avoir dormi à côté d'un pont, il pleut ce matin et nous pouvons nous réfugier en dessous pour petit-déjeuner et ranger les affaires. Départ sous une pluie légère, de la brume monte des arbres, des falaises apparaissent, on se croirait dans une forêt tropicale.

La pluie s'intensifie en milieu de matinée et nous sommes rapidement trempées. Heureusement le village suivant est assez proche. Nous nous installons dans un café, en espérant sécher un peu. La dame nous allume même son poêle à bois (bon, le feu ne prend pas vraiment mais l'intention y était). La tente finit par sécher, c'est l'essentiel. Surprenament dehors la pluie s'est calmée et nous repartons de Villa Amengual sous le soleil.

Nous pique-niquons peu longtemps après, à un belvédère donnant sur le Rio Cisnes. C'est la vallée que nous empruntons cette après-midi. Le temps reste sec, quelques coins de ciel bleu laissent même passer le soleil au milieu des nuages. Comme la vallée est assez sinueuse, le vent souffle fort de face seulement par moments, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

La Carretera Austral quitte la vallée et passe un col en traversant le parc national Queulat. L'asphalte s'arrête et le ripio reprend sur cette section. Nous entamons la montée sous la pluie qui reprend. Nous plantons la tente seulement quelques kilomètres plus loin, nous passerons le col demain matin lorsque nous serons de nouveau fraîches. Nous posons aussi le tarp par-dessus la tente afin d'avoir un abri au vu de la météo. Nos essais de cuisiner sur le réchaud à bois sont vains, le feu ne prend pas avec l'humidité, et nous sortons le réchaud à alcool à la place. Il pleut bien fort lorsque nous nous couchons. En espérant que la vue soit un peu dégagée demain pour profiter des paysages du parc...

Publié le 15 décembre 2019

La nuit a été bien mouillée, sortir du duvet n'est pas facile ce matin. La pluie se calme et nous pouvons plier les affaires humides au sec. C'est inespéré mais nous avons même quelques rayons de soleil au début de la montée du col. Nous pouvons donc un peu profiter du parc, avec la brume qui se dissipe, les cascades qui apparaissent, par contre les glaciers resteront cachés.

Nous arrivons au col au bout d'une heure environ, la montée n'a pas été facile mais était assez agréable quand même. La descente de l'autre côté est beaucoup plus raide, les lacets de la route très serrés et nombreux. Nous avons froid, freiner fort en permanence nous fatigue, et nous avons bien besoin d'une pause arrivées en bas. Le soleil ressort juste à ce moment-là et nous faisons sécher la tente.

Le reste de la journée sera plat, nous descendons une rivière qui se jette dans un fjord, puis nous longeons un bras de mer jusqu'à peu avant le village de Puyuhuapi. La pluie reprend par moments, elle n'est pas forte et donc moins désagréable, surtout qu'il ne fait pas froid. Dès qu'elle s'arrête, nous arrivons à peu près à sécher.

Nous décidons de nous arrêter dans un camping, il est entièrement couvert, et nous n'en sommes pas mécontentes vu la pluie qui continue toute la soirée. Il y a aussi un espace commun avec un poêle pour faire sécher les affaires et une cuisine équipée, tout ce qu'il nous fallait !

Publié le 17 décembre 2019

Le camping couvert a été très bien venu avec la pluie de cette nuit, la tente est sèche et le rangement facile ce matin. Nous quittons Puyuhuapi en commençant par monter pour rentrer de nouveau rapidement dans le parc national Queulat. Sur cette section, la route longe un beau lac. Le reste de la journée se fera dans deux larges vallées, une d'abord descendante jusqu'à La Junta, la suivante montante. Par contre la route ne suit jamais la rivière au fond mais vallonne à flanc de montagne.

Il fait "beau" aujourd'hui : nous débutons sous une fine pluie, qui s'arrête en milieu de matinée, puis quelques coins de ciel bleu laissent même passer le soleil, il fait chaud en après-midi. Et c'est un défilé de cyclistes en sens inverse, nous en croisons au moins une vingtaine !

Arrêt pour la nuit sous un pont au bord d'une rivière, bon abri en cas de pluie.

Publié le 17 décembre 2019

Journée très agréable, il ne pleut (presque) pas, nous avançons bien. Nous finissons nos derniers kilomètres sur la Carretera Austral jusqu'à Villa Santa Lucia, avant de la quitter définitivement. Bonne surprise, alors que la carte (officielle mais datant sûrement d'il y a quelques années) indiquait du ripio, la route est entièrement asphaltée.

Nous arrivons au village pendant une cérémonie de commémoration d'une crue torrentielle l'année passée qui a emporté plusieurs maisons et fait des morts. L'endroit est ravagé.

Au revoir la Carretera Austral donc, nous nous engageons dans une vallée assez resserrée, direction l'Argentine. Nous retrouvons du ripio, de bonne qualité pour le moment. Après-midi très sympathique, nous longeons un lac, puis la piste serpente en fond de vallée. Nous plantons la tente dans une belle prairie au bord de la rivière, parfait.

Publié le 21 décembre 2019

Dès les premiers kilomètres ce matin, nous songeons à faire du stop. Ils viennent de "refaire" la route, ce qui donne une bonne épaisseur de gros cailloux dans un mélange sableux non tassé. Nous peinons à avancer sur le plat, sachant qu'il reste une quarantaine de kilomètres globalement en montée jusqu'à Futaleufú... Aucune voiture ne s'arrête (sur les cinq qui passent), puis la piste devient finalement meilleure et nous parvenons à rouler à une allure correcte.

Nous avançons dans une belle vallée de montagne, la route longe un lac, traverse des rivières, et chemine à travers forêts et prairies.

Arrivée à Futaleufú en début d'après-midi, nous profitons quelques temps du wifi sur la place centrale avant de repartir pour les dix derniers kilomètres au Chili. Passage de la frontière côté chilien: la connexion internet fait des siennes et l'attente est longue. Passage de la frontière côté argentin: nous sommes obligées de donner une adresse pour le soir, le temps que je cherche le nom d'un camping, il nous laisse en fait passer sans attendre la réponse. Les douaniers non plus ne sont pas très strict, aucune question, nous entrons avec du concombre et de la salade.

Peu après le poste, une belle aire de pique-nique est aménagée au bord de la rivière, nous nous y arrêtons et plantons la tente bien plus tard que d'habitude, il est déjà 18h.


Publié le 21 décembre 2019

Réveil brutal ce matin : le tarp posé au-dessus de la tente s'est détaché pendant la nuit à cause du vent, il pleut fort et il y a une flaque dans l'entrée de Maman qui a mouillé ses affaires. Nous plions en vitesse et allons nous réfugier sous une cabane juste à côté pour le petit-déjeuner. Par chance, la pluie s'arrête quand nous sommes prêtes à partir. Le soleil sort aussi peu après et ne nous quittera pas pour le reste de la journée. Le séchage des affaires est donc rapide, tout rentre en ordre.

La piste quitte le col et descend dans une vallée très large et bien verte, tout à fait différent du côté chilien. L'état du chemin n'est pas bon, plein de vagues qui "tapent", heureusement que le vent dans le dos nous aide.

Nous descendons ainsi jusqu'à Trevelin, grande ville par rapport aux villages de la Carretera Austral. Le supermarché aussi est immense! Nous repartons donc pleines de vivres direction le parc national Los Alerces. Les paysages sont beaucoup plus secs, les montagnes pelées, et ça sent bon les pins. La montée au soleil n'est pas facile, nous arrivons à trouver un filet d'eau pour remplir les bidons avant de nous arrêter au bord d'une piste qui s'écarte de la route principale. Belle vue, endroit tranquille.

Publié le 21 décembre 2019

Petite journée, nous sommes fatiguées et avons besoin de repos. Nous visons un camping dans le parc à une quarantaine de kilomètres, pour pouvoir passer une après-midi tranquille.

Nous avons dormi proche de l'entrée du parc hier soir, nous y arrivons donc rapidement; paiement du droit d'entrée et en route pour la traversée. Au début, la vallée est large, la route plate, et les paysages assez hostiles, comme asséchés par le vent. Il y a très peu de monde. Puis nous gagnons un lac, que nous allons longer jusqu'à la fin de ma journée. Le manque d'énergie se fait fortement sentir, pause pique-nique au bord d'un ruisseau, le temps est couvert et un vent frais souffle.

Nous arrivons à une aire de camping gratuite sans service mais aménagée vers 14h. Même si nous avions prévu de nous arrêter à la suivante, celle-ci est très bien et la sieste nous tarde. Nous nous installons à l'aplomb du lac, il y a un coin pour le feu, nous sommes abritées du vent, c'est idéal.

Baignade dans l'eau glacée pour se nettoyer, petit entretien des vélos, sieste puis repas du soir sur la plage.

Publié le 21 décembre 2019

Réveil sous le soleil pour une journée au beau fixe. Nous quittons notre magnifique lieu de camping pour terminer la traversée du parc. L'endroit est très sauvage, peu passant, et les lacs s'enchaînent. Les montées et descentes sur du ripio aussi, nous sentons quand même que le repos d'hier après-midi a été bénéfique. Pique-nique au bord du dernier lac juste avant la sortie du parc.

Les paysages changent d'un coup, la vallée est très large, presque plate, bordée par des montagnes enneigées qui s'éloignent. Il fait sec et peu d'eau coule par rapport à ce matin. Nous avançons toujours sur une piste, en laissant le nuage de poussière se dissiper après chaque voiture qui passe.

Nous nous arrêtons peu après Villa El Blanco, au bord d'une rivière, au milieu des lupins et avec les montagnes en vue. Nous aurions pu pédaler plus, mais nous ne pouvons être certaines de retrouver un tel endroit.

Publié le 23 décembre 2019

Nous rejoignons rapidement la ruta 40 ce matin, c'est une route plus passante mais la circulation est encore raisonnable. Nous roulons sur de l'asphalte, et nous avançons à une vitesse! Première pause au village d'Epuyen, après trente kilomètres et une belle descente. Il fait grand beau mais le fond de l'air est frais. Puis déjà cinquante kilomètres avant la pause pique-nique, malgré un vent de face non négligeable. Du jamais vu!

Nous sommes à présent dans une belle vallée verdoyante, presque chaque ferme vend des cerises et framboises. Parfait pour le dessert. El Hoyo, le village suivant, a été nommé capitale nationale des "frutas finas": cerises, framboises, mais aussi fraises et baies.

Passage d'un petit col, traversée du 42 ème parallèle, changement de région, et nous descendons vers El Bolson. Le centre ville est très actif, nous sommes samedi après-midi la semaine de Noël, l'ambiance est sympa. Quelques courses et nous continuons notre route. Nous nous trompons de chemin en repartant. Pour rejoindre la 40 sans faire marche arrière, il y a un passage piéton entre des buissons ... qui traverse la piste de l'aérodrome !

Pour bivouaquer, nous nous arrêtons de nouveau au bord d'une rivière. Nous les cherchons et nous les trouvons! La baignade fait un bien fou après cette chaude journée. Le repas du soir aussi après cette longue journée.

Exceptionnellement, je n'ai pas pris de photo aujourd'hui, j'étais bien trop occupée à profiter des paysages et à pédaler.

Publié le 23 décembre 2019

La journée commence par une longue montée, suivie d'une longue descente, puis d'une longue montée, etc... Il fait très beau et déjà chaud. Le rythme n'est pas le même qu'hier mais nous avançons bien. Les paysages sont sauvages avec peu d'habitation et de denses forêts de sapins.

Pause pique-nique à l'entrée du parc national Nahuel Huapi, puis c'est parti pour une montée de quinze kilomètres sous le caniar. Chaque souffle de vent, même de face, est le bienvenu car il sèche la transpiration et nous rafraîchis. Le plus dur est de se débarrasser des taons qui nous tournent autour tout le long. Nous parvenons à bout de cette montée en une heure quarante-cinq environ, la descente de l'autre côté n'est pas de tout repos car le vent souffle fort de face.

En bas se trouve un lac, et une piste mène sur la rive droite tandis que la 40 passe sur la rive gauche. Nous l'empruntons en espérant trouver un bivouac pour la nuit au bord du lac, sauf qu'au premier ruisseau à traverser le pont est écroulé et la piste s'arrête. Il y a aussi des panneaux "prohibido acampar". Nous décidons tout de même de nous éloigner un peu dans la forêt et trouvons une petite prairie au bord du ruisseau pour nous cacher pour la nuit.

Publié le 24 décembre 2019

Très bonne nuit sans s'être fait déloger ! Nous entamons la Route des sept lacs, assez touristique, appelée ainsi car elle traverse la région des lacs, et longe des lacs (et oui surprenant). En effet, à peine nous en quittons un que le suivant apparaît. La route est entièrement asphaltée, et nous roulons vite. D'un lac à l'autre nous avons l'impression que le vent change de direction, difficile de comprendre le sens des vents dominants. Les paysages sont évidemment sublimes tout le long.

En fin de matinée nous quittons la 40 pour faire un petit détour à l'ouest de San Carlos de Bariloche. La piste s'enfonce dans un paysage très sauvage, aucune habitation, très peu de circulation. Nous avons repéré un camping où nous nous arrêterons jusqu'à Noël. Il est situé dans le village Colonia Suiza, nous sommes venues chercher la neige mais il n'y en a même pas en Suisse! Nous y arrivons sur les coups de 14h30. Une bonne douche chaude, un peu de lessive, et il se met à pleuvoir, bon timing. Pour un nouveau soir de pluie, nous cuisinons bien à l'abri et au chaud.

Publié le 24 décembre 2019

Journée repos aujourd'hui.

Petit-déjeuner crêpes puis nous continuons dans la cuisine avec des galettes.

Cette après-midi, nous prenons le bus de ville pour nous rendre à San Carlos de Bariloche, une ville très touristique à l'allure plutôt suisse qu'argentine. Balade en centre-ville, nous nous régalons d'empanadas et d'une glace, malgré un vent glacial.

De retour au camping, nous voulons trouver un restaurant pour le réveillon, mais aucun ne paraît ouvert dans le petit village où nous nous trouvons. Ce sera donc une pizza à emporter, très bien aussi. Par contre, nous sommes bien fatiguées et pas sûres que nous tiendrons jusqu'à minuit pour la soirée dansante qui s'annonce entre les campeurs...


Publié le 28 décembre 2019

Départ à 10h30 ce matin après un Skype avec la famille et un bon petit déjeuner de Noël. Nous quittons le camping Ser où l'accueil a été excellent et où nous avons même reçu un cadeau de Noël : un sachet de sauce tomate !

Nous empruntons la même route que le bus hier, beaucoup plus tranquille ce matin, et traversons San Carlos de Bariloche. Le vent est dans notre dos, nous filons. Arrivées au bout du lac, la route longe la côte opposée, nous allons avoir le vent de face... Un dernier regard vers la ville, avec en fond les montagnes enneigées et en premier plan le lac, et nous avançons lentement une poussée de pédale après l'autre.

Pause goûter vers 16h30, à l'abri du vent. Déjà bien fatiguées, nous décidons en fait de ne pas repartir et de planter la tente ici pour la nuit. Deux autres cyclistes arrivent juste à ce moment-là, ils cherchent aussi où camper et vont demander si nous pouvons accéder au terrain en bord de lac. Le propriétaire nous ouvre, nous serons donc un peu plus éloignées de la route pour une nuit plus tranquille.

Publié le 28 décembre 2019

Nous sommes mentalement prêtes à affronter une journée vent de face en partant ce matin. Il s'avère en fait moins fort que prévu. Nous longeons le lac mais la route n'est presque pas directement au bord et nous sommes donc souvent protégées par des arbres ou des reliefs. Les vues sont toujours splendides, et il fait grand beau.

Nous arrivons à Villa La Angostura en fin de matinée après quarante kilomètres. Arrêt courses puis wifi à l'office du tourisme, et nous pique-niquons dans un parc. Un chien s'approche intéressé, je lui crie "fuera" pour qu'il s'en aille, cela fonctionne mais il se venge en commençant à faire pipi sur mon sac à dos! La ville est touristique et très animée, c'est le début des vacances d'été pour les sud-américains.

Nous nous remettons en selle vers 14h, toujours en suivant la Route des sept lacs. Mis à part aux abords des villes, le traffic est raisonnable. Sur cette section là en plus, le bord de route asphalté est large ce qui est très agréable.

Nous quittons le lac Nahuel Huapi dont nous faisions le tour depuis San Carlos de Bariloche. Le terrain est vallonné, en passant d'un lac à l'autre. Pour nous arrêter ce soir, nous trouvons une petite plage sur le bord d'une lagune non habitée et très tranquille.

Publié le 28 décembre 2019

Après une bonne nuit sous la tente et deux feux pour faire cuire deux bons repas, nous quittons notre plage de bivouac pour reprendre la route. Nous étions juste sous le panneau interdit de camper et interdit de faire du feu...

La matinée est très vallonnée, les lacs s'enchaînent, les beaux points de vue aussi. La route est beaucoup plus sauvage qu'hier et il y a quasiment aucune habitation. Pique-nique au soleil sur une plage. Cet après-midi, nous quittons le parc national Nahuel Huapi pour rentrer dans le parc national Lanin.

La route descend la vallée, et nous profitons d'un vent de dos qui fait bien plaisir et qui nous fait arriver à notre lieu de bivouac vers trois heures trente. Nous sommes une nouvelle fois installées au bord d'une rivière, dans un endroit qui à l'air populaire pour les pique-niques et barbecues, et où il n'est pas indiqué que le camping est interdit. Ce soir, nous ferons un vrai feu de camp.

Publié le 30 décembre 2019

La journée commence par une montée d'une dizaine de kilomètres. Elle est douce, il est trop tôt pour le trafic, l'air est encore frais, et les beaux paysages s'éveillent doucement; très agréable mise en jambe. En haut, nous arrivons à l'arroyo partido, appelé ainsi car il se sépare en deux quelques mètres plus loin, un côté descend vers l'Atlantique et l'autre traverse les Andes pour rejoindre le Pacifique ! Nous descendons côté Pacifique vers San Martín de los Andes. Magnifique descente bien fraîche jusqu'au lago Lácar. Pour rejoindre la ville quelques kilomètres plus loin, la route est découpée à flanc de montagne, l'arrivée est aussi très belle. Nous sommes samedi matin et un nombre incroyable de personnes font leur jogging ou une sortie à vélo.

San Martín de los Andes est encore une ville assez touristique, très animée et qui a l'air bien agréable avec son bord de lac. Nous y voyons d'ailleurs un spectacle de danse (sans doute) locale. Nous profitons de la civilisation pour une pause wifi sur la place centrale ainsi que pour faire des provisions. Puis nous repartons pour nos derniers kilomètres sur la Ruta 40, d'ailleurs très passants en sortant de la ville.

Nous bifurquons donc en direction de la frontière chilienne. La route en lacets monte raide, nous sommes obligées de pousser les vélos, et la chaleur nous fait transpirer à grosses gouttes. L'asphalte s'arrête et nous reprenons le ripio pour la prochaine centaine de kilomètres. Passé le lac Lalog, dont les plages sont pleines de familles venues profiter de ce samedi ensoleillé, la piste devient déserte. L'air est sec, les paysages aussi, la piste poussiéreuse. C'est très beau. Dans une descente, ma roue arrière tape un caillou et crève. Réparation express et nous repartons.

Nous arrivons à une rivière et cherchons un endroit pour poser la tente. Premier essai juste au bord, nous sommes sur une fourmilière, et elles mordent! Nous trouvons donc un espace un peu plus éloigné de l'eau mais plus spacieux. Baignade à la rivière et bon repas. Prêtes à dormir, mais les fourmis commencent à sortir et envahissent la tente. En espérant qu'elles n'arrivent pas à y rentrer et que nous passions une bonne nuit quand même...

Publié le 30 décembre 2019

Une dure journée s'annonce aujourd'hui, nous avons un col à passer sur une piste de ripio. La piste est parfois sableuse, parfois rocailleuse, parfois en tôle ondulée, parfois assez bonne, souvent mauvaise. Nous finirons la journée avec une moyenne de moins de dix kilomètres par heure.

La montée commence de suite, elle est douce pour le moment et nous sommes encore fraîches. Nous nous trouvons toujours dans le parc national Lanin, et comme les jours précédents les lacs s'enchaînent. Nous avons prévu les maillots de bain, malheureusement les bords de lac ne sont pas facilement accessibles, la piste étant taillée dans la montagne qui tombe à pic dans l'eau.

Aux alentours de midi, nous commençons à descendre de plus en plus proche du lac Currhue et trouvons un sentier qui mène à une belle plage. Nous laissons les vélos sur le bord de la piste et descendons pour une baignade bien fraîche puis un pique-nique bien venu.

Les panoramas sont époustouflants cet après-midi. Juste à notre gauche se trouve le volcan Achen Niyeu rentré en éruption pour la dernière fois il y a quatre siècles ; nous traversons la coulée de lave! Un peu plus loin sur notre droite, nous apercevons le volcan Lanin et son dôme enneigé qui culmine à 3747 mètres.

Nous arrivons au poste frontalier argentin, tampon sur le passeport, puis la montée sérieuse commence. Nous poussons les vélos à plusieurs reprises. Elle est heureusement entrecoupée de replats et même de petites descentes, ce qui nous permet d'avancer pas trop lentement.

Nous nous arrêtons environ trois kilomètres avant le col, il est déjà 17h30 et nous avons encore pleins de fruits, légumes et fromage à manger avant la frontière. Après ces cinquante kilomètres, nous sommes fatiguées comme si nous en avions fait quatre-vingt ! Nous plantons la tente à deux mètres de la piste, qui ne devrait pas être trop passante avec la frontière qui ferme pour la nuit. Passe quand même le guardaparque qui nous prévient que nous ne pouvons pas être ici mais qui ne nous déloge pas vu l'heure.

Publié le 31 décembre 2019

Il restait trois kilomètres pour le col, nous les finissons donc rapidement ce matin. Alors que le ciel est bleu côté Argentine, nous commençons à descendre sous de bas nuages côté Chili. Quelques kilomètres plus loin de trouve le poste de douane C'est la première que nous nous faisons entièrement fouiller les sacoches, et ils nous piquent le pot de miel qui avait pourtant traversé déjà quatre fois la frontière !

La descente continue, la piste est en bon état, le temps commence à se lever, la végétation de ce côté-ci est beaucoup plus verte et les paysages moins secs. Nous arrivons dans un premier village, Liquiñe, où nous nous ravitaillons en légumes. Les trente kilomètres qui suivent, jusqu'à Coñaripe, sont en travaux. Nous profitons parfois d'une route nouvellement asphaltée, et nous peinons à d'autres moments dans de gros graviers très peu roulant.

En haut du dernier bon raidillon, nous sommes récompensées par une vue sur le volcan Villarrica. Son dôme est enneigé, il est splendide.

Nous arrivons à Coñaripe vers 14h30 encore incertaines de nos plans pour la suite. Nous décidons finalement de nous poser dans un camping pour deux nuits et de partir légères demain à la découverte du parc national Villarrica. Le camping est situé au bord du lac, l'eau est très bonne, et la baignade donne vue sur le volcan. Nous continuons ce moment de relaxation avec une glace en ville. La fin de journée passe vite, et nous sommes bien fatiguées.

Publié le 1er janvier 2020

Nous partons pour une excursion à la journée, donc pas de déplantage de tente ce matin. Nous nous mettons en route pour le parc national Villarrica avec pour objectif de faire une randonnée de deux heures environ, qui donne vue sur cinq volcans. Le temps est clair, ça promet d'être beau.

À l'office du tourisme, on nous a annoncé l'entrée du parc à 14 kilomètres, elle se révèle être à 24 kilomètres de Coñaripe. Comme prévu, la montée est dure, même avec les vélos non chargés nous poussons deux fois tant elle est raide. Nous mettons donc un peu plus de temps à arriver à l'entrée mais nous y parvenons quand même aux alentours de midi.

Le sentier Mirador de los Volcanes commence par une montée dans une forêt de bambous et d'araucarias, un pin typique. Nous sommes d'ailleurs passées devant un spécimen millénaire. Puis la végétation s'arrête et nous continuons à monter sur un tapis de roches volcaniques noires. Les cinq volcans apparaissent, la vue est splendide. Pique-nique au sommet, nous sommes seules.

Rapide redescente pour retrouver les vélos laissés au guardaparque. Nous avions croisé leur voiture pendant le trajet aller, ils nous ont averti qu'ils n'allaient pas être présents à l'entrée du parc pendant un moment mais que nous pouvions faire la randonnée puis s'inscrire ainsi que payer le droit d'entrée en redescendant. Avant de quitter le parc, nous cherchons donc le guardaparque, qui nous laisse partir gratuitement. "Año nuevo" dit-il, il était surtout tranquillement entrain de se faire cuire une saucisse au barbecue...

La descente n'est pas facile, la pente est très raide par moments, le reste du temps le ripio est en tôle ondulée très prononcée. Environ dix kilomètres avant la ville, nous retrouvons l'asphalte. Nous pouvons enfin prendre un peu de vitesse en descente, ça fait plaisir. Sauf qu'après quelques minutes seulement, je vois Maman étalée au milieu de la route, elle n'a pas vu un trou... Heureusement rien de cassé, elle est quand même bien écorchée et en sang, et le vélo aussi a subit le choc. Elle reprend ses états sur le bord de la route pendant que je commence les réparations. Cinq minutes plus tard, nous arrêtons un pick-up qui nous ramène au camping. Passage à la pharmacie, réparation du vélo, tout rentre en ordre.

Et nous voilà prêtes à aller au restaurant fêter le nouvel an.


Publié le 2 janvier 2020

Réveil assez tardif ce matin, 8h30, après la soirée musicale sur la plage hier soir. Nous prenons notre temps et nous ne sommes pas en route avant 10h30. Pour la dernière journée de vélo avec Maman, nous avons quarante-cinq kilomètres à parcourir pour rejoindre Villarrica, d'où elle repartira en bus pour Santiago.

La route est très passante, la plupart des voitures vont dans l'autre sens, comme un départ en vacances vers les lacs du sud. À part quelques vues impressionnantes sur le volcan Villarrica, nous ne voyons pas grand paysage, par contre les bords de rues sont animés !

Nous arrivons à destination en début d'après-midi. Premier arrêt au terminal de bus pour acheter un billet. Puis nous arpentons le bord du lac en quête d'un endroit où poser la tente ce soir. Alors que la ville est bien vide en ce premier de l'an, la plage elle est bien pleine. Trouver un lieu de bivouac n'est donc pas facile, nous décidons de nous poser au camping ce soir, et profitons tout de même du lac pour se rafraîchir un peu.

Arrivées devant le camping, il est peu attrayant, alors que les bords de la rivière toute proche paraissent plus agréables. Nous nous remettons donc à la recherche d'un lieu de bivouac. Ce n'est toujours pas facile, il y a quand même un peu de monde, et un signe no acampar à l'entrée. Nous dormirons à la belle étoile, pas du tout cachées mais en retrait du chemin principal.


Publié le 3 janvier 2020

Journée repos.

Après une bonne nuit à la belle étoile, nous retournons en ville sans but précis. La seule obligation de la journée est d'emballer le vélo de Maman qui prend le bus ce soir.

Je me pose dans un camping pour ne pas avoir à trimballer mon vélo toute la journée. Maman part faire un tour d'une heure et demi environ, pendant que je magasine des sandales. Pique-nique au bord du lac, baignade, puis nous partons à la recherche de film plastique et carton pour le vélo.

Séance démontage/emballage à la gare de bus, et le vélo est laissé à la consigne. Puis c'est l'heure de l'instant culturel au musée municipal, avec une exposition sur les Mapuches, peuple autochtone local. Nous mangeons un bout et il est déjà temps de retourner au bus. Je quitte donc Maman, et retourne au camping en passant par la promenade de bord de lac au soleil couchant.

Publié le 3 janvier 2020

Encore une matinée tranquille à Villarrica.

Je passe un peu de temps à la bibliothèque, il y a des ordinateurs !

Je me mets en route vers 15h, et arrive à la maison de Leo une heure et demi plus tard, mon hôte de workaway. Je devrais y rester jusqu'au retour de Xavier à la fin du mois.

Après 3169 kilomètres, il est temps de faire une pause.

Publié le 15 janvier 2020

Je reprends la route ce matin, plus tôt que prévu initialement. Le workaway se passait très bien, j'ai reçu un accueil chaleureux et le travail était varié et intéressant. Pour diverses raisons, j'ai cependant décider d'avancer jusqu'à Santiago où je retrouverai Xavier. Je me lance donc pour environ 900 kilomètres et deux semaines seule. Seule, ce qui fait que je dois porter tout le matériel commun et que mon vélo sera très chargé. J'ai un peu de mal à m'organiser ce matin, après plusieurs essais tout fini par rentrer.

Je dis au revoir à Leo et me remets en selle pour les même vingt-cinq kilomètres qu'il y a à peine plus d'une semaine. Ils sont très passant, peu agréables, comme dans l'autre sens en fait. Arrivée à Villarrica, je bifurque sur une route secondaire beaucoup plus tranquille. Dernières vues sur le volcan, les paysages sont alors très campagnards, encore vallonnés.

Dès la première montée, j'ai du mal, le vélo pèse. Je fini par m'habituer, le rythme est juste un peu plus lent, et je me sens en forme. L'asphalte s'arrête, la route est agréable, cela fait du bien de reprendre!

Arrivée en haut d'une montée, un nouveau volcan se dévoile. Il s'agit du volcan Llaima qui culmine à 3125 mètres et dont le dôme est enneigé. Il restera dans mon champ de vision les prochains jours. Vers 15h, je redescends dans une vallée plate, la route traverse des champs. La bonne surprise du jour: une cagette de tomates posée (sûrement tombée d'une camionnette) au bord de la route! La plupart ont pourri mais j'arrive à en récupérer quelques unes.

Un peu plus loin, j'hésite à quitter l'axe principal pour aller en direction d'une rivière chercher un endroit pour la nuit. Je suis à court d'eau, et vu la température une baignade ferait du bien. La même rivière longera la route environ 20 km plus loin, il n'est que 15h45 mais j'ai déjà fait 70 km et je suis déjà bien fatiguée.

Le détour vallait la peine, je trouve un endroit bien tranquille au bord de l'eau. La baignade est plus que bienvenue. Par contre le soleil tape, et à 19h30 il est encore presque impossible de rentrer dans la tente sans étouffer. Au menu ce soir: spaghetti aux tomates.

Publié le 15 janvier 2020

Je me réveille dans le nuage et sous la bruine, qui s'arrête le temps que je petit-déjeune et que je range mes affaires. Je quitte le bord de la rivière et remonte retrouver la route principale. Rien de très spectaculaire ce matin, la route rectiligne traverse des champs, et le plafond nuageux est si bas qu'il empêche de voir tout paysage. Dommage, je passe au pied d'un volcan. Je traverse le village de Cunco, très animé pour un lundi matin, puis celui de Melipeuco, où je m'arrête pique-niquer.

L'après-midi est plus sympathique, les nuages se dissipent et je retrouve les montagnes. Qui dit montagne dit montée ! Je m'engage en direction du paso Icalma pour retourner en Argentine, et les premiers virages raides commencent. L'asphalte s'arrête rapidement, la côte elle continue. Le vélo est très lourd, j'avance doucement, en poussant régulièrement. Je m'arrête avant la fin de la première montée, dans une prairie fleurie. Je suis bien fatiguée !

Publié le 15 janvier 2020

Réveil une nouvelle fois dans les nuages. Ils se dissipent rapidement dès que je me mets en route. Je commence la journée en poussant mon vélo... Il ne me restait que trois kilomètres pour arriver en haut du premier col, je profite ensuite d'une belle descente dans une forêt d'araucarias.

J'arrive au petit village d'Icalma, où on se sent vraiment au fin fond du Chili. De là débute la montée au Paso Icalma et à la frontière argentine. Je savais que la route serait asphaltée à la descente côté argentin, bonne nouvelle elle l'est aussi à la montée côté chilien! (Bon ils étaient en train de la détruire lors de mon passage...) Il y a à peine cinq kilomètres de montée et je n'ai pas besoin de pousser, finalement j'avais fait le plus raide et le plus long hier.

11h28 arrivée au col où se situe la douane chilienne, 11h32 j'ai passé la douane et je remonte sur mon vélo. Le temps est couvert et une fine bruine se met à tomber. Je croise un cycliste toulousain en sens inverse. Quelques kilomètres plus loin j'arrive à la douane argentine, passage facile comme d'habitude (la douanière est plus intéressée par les drapeaux collés sur mon vélo que par la salade que je transporte). Je redescends alors vers des lacs et prends le temps de pique-niquer à un mirador. Au bord d'un lac se trouve Villa Pehuania où je fais quelques courses sans m'y attarder.

Cet après-midi le ripio reprend, il est d'abord très mauvais puis devient passable lorsque je quitte la route principale. Heureusement presque personne ne passe et je peux zigzaguer d'un côté à l'autre pour passer au meilleur endroit. La piste est majoritairement faite de sable, chaque voiture qui passe et chaque bourrasque de vent soulèvent donc un épais nuage de poussière. Les paysages sont fabuleux, des collines de sables parsemées d'araucarias, avec un torrent qui s'écoule en fond de vallée.

Pour bivouaquer, je suis à la recherche d'un endroit protégé du vent et non loin du cours d'eau. Il y a une sorte de carrière abandonnée, je me mets juste derrière le tas de cailloux le plus haut, la protection contre le vent n'est pas totale mais c'est mieux que rien.

Publié le 17 janvier 2020

Il n'a pas fait chaud cette nuit, et il fait encore frais au réveil, je reste bien tranquillement dans mon duvet en attendant que le soleil réchauffe l'atmosphère. Pour se réchauffer un peu, je commence par une douce montée d'une dizaine de kilomètres. J'aime pédaler le matin, tout est tranquille, le monde se réveille en douceur. Il y a quelques fermes, je vois des gauchos à cheval accompagné de leurs chiens qui guident troupeaux de moutons et vaches.

J'arrive à un col et quitte donc la magnifique vallée du río Litran. De l'autre côté, une nouvelle vallée s'offre à moi, beaucoup plus vaste. Je ne tarde pas à descendre, un vent glacial souffle. Dix kilomètres plus loin environ, je retrouve l'asphalte, il me reste alors cinquante kilomètres presque uniquement en descente. En plus j'ai le vent dans le dos. Un pur régal. Et voilà comment j'arrive au village de Las Lajas à 14h après déjà 75 kilomètres. Je n'ai pas l'impression de les avoir volés mais je ne suis pas sûre de la avoir gagné non plus. Je décide de m'arrêter là pour aujourd'hui et vais m'installer au camping municipal.

Publié le 18 janvier 2020

La prochaine ville, Chos Malal, est située à 160 kilomètres d'ici; j'aimerais y arriver en deux jours. J'ai fait les stocks d'eau et de nourriture pour cette première journée d'une section qui s'annonce désertique. Je reprends la Ruta 40, qui parcourt l'Argentine de tout son long et que nous avons déjà suivi à plusieurs reprises.

Il fait presque frais ce matin avec le vent, ce ne sera pas la même cet après-midi ! Les paysages sont arides, la végétation est principalement constituée de petits buissons épineux. Les rares points d'eau sont bien visibles, quelques arbres arrivent à pousser. Les montagnes ont des formes et couleurs inhabituelles, j'adore ! La route est loin d'être plate, elle monte et descend traverser des lits d'anciennes rivières maintenant bien asséchées.

Petit coup de mou en fin de matinée, ce n'est pas facile de se remotiver toute seule. Cela va mieux après la pause déjeuner, j'avais finalement peut-être seulement besoin de manger, et j'avance bien. Il est très difficile de se rendre compte des distances, je vois un village par lequel je dois passer au moins vingt-cinq kilomètres avant d'arriver. Jusqu'à celui-ci et encore après, la route monte pour passer derrière une chaîne de montagnes. J'aimerais bien terminer la montée aujourd'hui. Je commence à avoir mal partout, enfin surtout aux bras et aux mains bizarrement...

Je finis par arriver au village, j'aimerais bien remplir mes gourdes, par sécurité car il me reste de l'eau dans la vache à eau. Je me dirige vers une voiture arrêtée, il s'agit en fait de trois cyclistes et de leur voiture de ravitaillement. Ils sont arrêtés dans un sorte d'abri pour la nuit, où il y a un robinet. Ils me donnent de l'eau bien fraîche sortie de leur glacière. Je continue ma route, la montée était presque finie, et m'arrête dans les premiers virages de la descente en contrebas de la route. Les montagnes sont encore plus incroyables de ce côté-ci!


Publié le 18 janvier 2020

Hier soir en cuisinant, j'ai vidé le jus d'une conserve par terre. Toutes les fourmis du désert (oui oui toutes!) ont accourues à ce point d'eau et rapidement un cortège s'est formé jusqu'à l'entrée de la fourmilière. En rangeant mes affaires ce matin, je dois épousseter les fourmis qui se sont égarées dans mes chaussures et sur la tente.

Du désert, toujours plus de désert aujourd'hui... Les montagnes sont variées, les couleurs sont belles, et il y a toujours quelque chose à regarder. Je me demande d'où et quand vient l'eau qui sculpte de façon si évidente le paysage. Et où les plantes puisent-elles leurs ressources?

Il fait très chaud, le soleil cogne. Je trouve un peu d'ombre pour pique-niquer dans un abri bus. À 14h après 70 kilomètres, je suis déjà arrivée sur la place centrale de Chos Malal, un écrin de verdure au bord du Rio Neuquén. Je rejoins la maison de Sabrina, contactée grâce à Warmshower, où je vais dormir ce soir. Elle n'est pas présente mais m'a gentiment expliqué où elle cachait la clé et me laisse m'installer chez elle.