Carnet de voyage

Marche vers les Carpates

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Depuis la Thuringe, direction est vers les monts de Bohème et de Moravie. Les Carpates commencent entre la République Tchèque et la Slovaquie.
Avril 2024
12 semaines
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Dès dimanche, le sac était fait. Je n'ai encore pas réussi à descendre sous les 13kg.

Le départ de Bourges, c'est le lendemain à 13h50, le TER vers Lyon où je fais étape chez Jacline.




À Bron le muguet fleurit avec 15 jours d'avance !

Départ à 8h30


C'est bouclé !

En tramway T2 et T4 vers la gare de la Part Dieu.

J'ai plus d'une demi heure d'avance. Le train est un TGV, bien rempli. Les passager(e)s autour de moi ont le nez dans l'ordinateur ou le téléphone.


Et c'est parti !

Hélas moins d'une heure après le départ, un arrêt imprévu. " Pour défaut de signalisation" 30 minutes qui ne seront pas rattrapées. Ennuyeux, je n'avais que 14 minutes de correspondance à Mannheim.


Heureusement dans cette direction, celle de Berlin, les ICE circulent toutes les heures. Je prendrai le suivant, qui en outre a 17 minutes de retard.

Les ICE allemands sont plus confortables que les TGV français, et au moins il y a de la place pour les bagages. Les vélos ? Je n'ai pas fait attention.

Je voyage avec un groupe d'étudiants de Grenoble, enfin surtout des étudiantes, qui vont visiter Berlin. Beaucoup de Français d'ailleurs dans ce train.

Arrivée à Erfurt à 20h30. J'ai réservé à "l'hostel Opéra" à 1,5km. Je m'y rends à pied le long d'un grand boulevard, pas grand chose d'intéressant, et il fait nuit.

Quelques évocations DDR: le petit bonhomme qui fait traverser au feu rouge, les immeubles du "Juri Gagarine Ring"..

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Une synagogue

L'auberge s'appelle "Opera' car elle est située à côté de l'ancien opéra, un joli bâtiment, situé dans un quartier un peu plus ancien.


L'auberge est un peu déserte mais agréable. La cuisine est parfaite... Ou presque : je ne vois pas comment faire fonctionner la cuisinière électrique, je suis obligée d'utiliser mon réchaud de camping pour me cuisiner une polenta.

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Cette auberge est vraiment très classe. Le bâtiment est ancien, la déco dans le style et axée sur la musique. Les murs sont ornés d'affiches d'opéra, la bibliothèque est construite dans un ancien piano à queue.

Je ne traîne pas trop, je dois prendre le train à 9h38. Retour à la gare par une autre rue, où passe le tramway, qui se rapproche un peu du centre historique sans toutefois y pénétrer, ce qui est peut être un peu dommage, d'autant plus que j'arrive avec beaucoup d'avance à la gare.

"Alte Oper", de jour

Des grandes maisons sont du début 20è dans le style art nouveau. Des grands magasins, et cette maison "Bismarck" où cet homme d'état a vécu.

Une fontaine et quelques clochers.

Retour à la gare, dans le hall je m'étonne de trouver des étals de primeurs et de charcuterie.

Wurst, Wurst

Pour environ 40km à vol d'oiseau, le billet de train est bien cher, 21€. Est-ce parce que le train fait des détours? Aujourd'hui il y a même un changement supplémentaire à (Arnstadt), ce qui n'est indiqué nulle part, heureusement que j'arrive à me faire tout expliquer par employés et contrôleurs.

Ce sont des petits trains à un ou deux wagons qui circulent sur des voies uniques, à travers les collines boisées et les jolis villages aux maisons couvertes d'ardoise de Thuringe.

Le ciel est bien nuageux, de temps en temps il tombe une averse, pluie, neige fondue ou grêle.

Je me rends compte, heureusement à temps, que comme dans les autobus de ville il faut appuyer sur un bouton pour demander l'arrêt. Deuxième changement à Rottenbach.

De là la voie ferrée suit la "Schwarzatal", vallée de la Schwarza, une jolie rivière qui serpente à travers les bois, épicéas, pins, quelques feuillus. Deux autres passagers seulement, ce sont deux touristes bavarois de la région de Bayreuth qui me parlent entre autres de dépérissement massifs de forêts d'épicéas dûs aux scolytes (typographe alias bostryche). Je m'imagine la Thuringe épargnée... Jusqu'à ce que j'aperçoive des pentes entières complètement desséchées ou exploitées à ras.

Ces messieurs descendent je me retrouve seule. Je surveille le panneau lumineux indiquant les arrêts à venir, j'ai un moment de panique car mon arrêt, "Meuselbach Schwarzmühle" met longtemps à s'afficher et je crois l'avoir passé, mais non, le train y arrive, à l'heure... Et Martina m'attend sur le quai !

Après un passage chez un de ses amis qui retape une magnifique maison ancienne, nous arrivons à Böhlen. Marita et Hansi les parents de Martina n'ont pas changé depuis 13 ans que je les connais et pourtant ils ont 85 et 88 ans.

Nous mangeons de la soupe aux légumes et un gratin, rien que des produits du jardin en racontant les dernières nouvelles. Ensuite une petite sieste et une balade dans la campagne avec Martina. Nous prenons une petite averse de grésil mais le temps se maintien. La forêt est bien endommagée, Martina me dit que ces dégâts de scolyte ont eu lieu après une période de canicule. Ça repousse malgré tout, la campagne est printanière, vert tendre et arbres en fleurs, et l'air est vivifiant.

Après la forêt nous traversons le village. Jolies maisons, mais Il n'y a plus de compétences et pas un humain dehors.

Cette belle maison, celle de Hans Günther frère de Martina, est du 18è siècle, une des rares maisons rescapées d'un incendie ravageur.

Nous rentrons pour prendre le café avec d'excellents gâteaux au fromage blanc, nous regardons des photos de vacances et d'événements familiaux, nous remangeons "Abendbrot" traditionnel, du pain et un tas de bonnes choses. Promenade digestive au jardin.


Et le soir arrive Siggi l'ami de Martina. On discute autour d'une bière et on fait des photos souvenir bien sûr. Siggi aurait aimé marcher un peu avec moi mais il est très occupé car il donne des cours de yoga, et il a un problème au genou.


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Publié le 18 avril 2024

Nuages et giboulées


Bien dormi sous une douillette couette. Je descends juste pour saluer Siggi, Martina est déjà partie.

Petit déjeuner avec Marita et Hansi. Le temps est quelque peu brumeux et bruineux mais il ne pleut pas alors mettons nous en route, après avoir bouclé le paquetage, étiré avec peine les bâtons complètement grippés et lacé les chaussures.


Et voilà, prête au départ ! Une photo qui n'a pas été facile, après de longs essais infructueux de Marita, et la cinquième tentative de Hansi... Les portables sont récalcitrants aux doigts des anciens...

Après cette dernière photo je monte dans le jardin pour rejoindre le chemin qui passe en haut, Marita et Hansi me font d'en bas des signes d'adieu. J'espère que je les reverrai !

Plus haut un banc permet d'admirer la vue... pas aujourd'hui !


Et le chemin descend vers Schwarzmühle, là où mon train est arrivé hier. Bientôt une banderole de chantier rouge et blanche barre le chemin et j'entends des engins forestiers. J' y vais quand même bien sûr. Travaux forestiers en effet, un câble de débardage et de jolies vues sur la vallée.

Mais effectivement il y a bien un obstacle. C'est en l'enfourchant que je constate que cet arbre est vraiment gros. Mais ça passe !


À Schwarzmühle l'itinéraire (des triangles bleus) traverse la Schwarza et côtoie le bel Hotel Waldfrieden, siège de nombreuses réunions familiales, et c'est là aussi que nous avions mangé tous ensemble il y a bientôt 13 ans, avec Ludmila.

Et maintenant la piste monte dans les bois. Et même assez fort. J'ai trop chaud... Et je sens le poids du sac. Un petit ruisseau longe le chemin.

La piste rejoint une route mais ça monte toujours jusqu'au village de Meuselbach qui étire le long de la route ses maisons couvertes d'ardoise.


De temps en temps tombe une petite giboulée, qui ne mouille pas trop.

Retour dans la campagne où les "Schutzhütte", traduisez cabane ou abri, se succèdent au bord du chemin.


On s'approche d'une autre route, plus fréquentée. On l'évite par une jolie piste en balcon où les panneaux indicateurs indiquent que tous les chemins y passent : le chemin de grande randonnée européenne E3 que je vais suivre plus ou moins, le Eisenach -Budapest qui suit à peu près la même direction... et même le chemin de Saint Jacques.

Ce chemin est aussi un itinéraire cycliste. Conséquence : c'est une piste qui n'est pas extrêmement pittoresque. Les bois dévastés sont un peu tristes. Mais il y a quand même de belles vues, seuls les oiseaux ( + une voiture de temps en temps) troublent le calme. Et c'est le grand air... Pas trop chaud d'ailleurs.

Je suis passée devant une boulangerie fermée à Meuselbach. Marita et Hansi m'ont dit qu'il y en avait une à Cursdorf. Pas facile de trouver quelqu'un dans la rue qui puisse vous renseigner... Ouf, une jeune dame avec un enfant.. Plus de boulangerie, ce qui n'est pas très surprenant. Heureusement à côté dans un petit snack où on sert des saucisses grillées, la dame me vend un brötchen. Et c'est possible s'asseoir et de prendre un (grand) café à l'intérieur. Bref c'est ce qu'il me fallait. Le seul client est un routier en retraite qui me raconte qu'il a beaucoup roulé en France, qu'il a livré des aspirateurs d'une usine locale et à Dijon des bouteilles fabriquées à la verrerie voisine de Grossbreitenbach.

J'ai oublié de recharger mon téléphone et de prendre de l'eau. Heureusement une source se trouve sur ma route. Le tuyau est à ras de terre et ne coule pas bien fort, mais suffisamment pour remplir ma bouteille.



Je vais donc pouvoir m'arrêter pour manger. L'occasion sera une Schutzhütte bien sûr, à un endroit où le chemin fait un coude aigu vers la gauche. C'était une bonne idée, voilà une nouvelle giboulée, avec des grêlons d'un cm de diamètre.

Oui toujours des arbres morts, de hauts tas de rondins, et des coupes rases. Sauf que les bois ne sont pas coupés à ras du sol, mais à 1m de haut, voire plus. J'ai du mal à en comprendre la raison.

Et finalement un panonceau explique tout. Si j'ai bien compris c'est pour protéger la végétation qui repousse et constituer une forêt mixte.

Résultat d'observations ou idée d'un éminent ingénieur ? Je ne suis pas trop convaincue.

La piste suit la grande trouée verte d'une conduite de gaz. Je suis partie assez vite tout à l'heure, j'avais trop froid. Mais la sieste me manque et une petite cabane se trouve là fort à propos.


Et là il ne fait pas trop froid. Ce ne sera pas trop long mais ça fait du bien. Je repars vers 15h. Je n'ai pas besoin de me presser pour arriver à Neuhaus. C'est toujours la piste. Je m'abrite d'ailleurs un peu à l'entrée du bourg quand survient une giboulée.

Neuhaus am Rennweg n'est pas un village mais une petite ville de 9000 habitants. Ce n'est pas pour celà qu'elle est très fournie en commerces. Je trouve du pain dans une petite boulangerie sans trop de choix et sans gâteaux alléchants. De l'épicerie, au supermarché Lidl, et comme café seulement une pizzeria tenue par des Turcs, mais où finalement je trouve ce qu'il me faut, une prise pour charger, une place agréable et même ensoleillée, et l'approvisionnement en l'eau. Mais c'est là que je ressens la fatigue, beaucoup plus qu'en marchant, et aussi un peu de mal de dos, j'espère que ça va se passer.

Juste avant, j'avais rencontré deux randonneuses, des Saxonnes de Leipzig. Elles avaient un hébergement ici, mais chez des gens. Elles suivent le Rennsteig dans le même sens que moi. J'espère les revoir !

L'office de tourisme était fermé, je n'ai vraiment pas d'espoir de trouver un hébergement, je me resouds à dormir dans une Schutzhütte, et puis maintenant il fait beau, provisoirement sans doute, mais ça fait plus envie.

Je quitte donc la ville sous le soleil.



Et maintenant je suis sur le fameux "Rennsteig" l'itinéraire emblématique de la forêt de Thuringe, dont j'ai parcouru l'autre partie à pied il y a 13 ans et un peu en vélo il y a deux ans... Toujours par un temps de chien.

C'est beau sur fond de ciel bleu !

Et tout juste à la sortie de la ville je m'approche d'une cabane qui a l'air en bon état...


À l'intérieur, c'est ce dont j'ai besoin, des bancs suffisamment larges, une table pas trop sale et, grand luxe, une baie vitrée. On ne voit pas ça souvent et ça me décide à rester alors que j'aurais encore pu continuer un peu. La poubelle déborde alors je la mets dehors.


Je mange la gulaschsuppe achetée chez Lidl, pas mauvais, me dépêche de faire la vaisselle et de m'installer pour la nuit, dans le duvet.

La météo n'est pas rassurante, 0° dans la nuit, et neige demain !!

Extinction des feux à 21h45.

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Neige


22km... à pied + 6,7 en voiture


Je me suis couchée trop tôt, résultat je me réveille pendant la nuit. Sans que ce soit désagréable. La lune brille et à un moment donné je vois un animal aux longues pattes traverser la prairie.

Pour avoir plus chaud je déplie ma couverture de survie et me rends compte que j'ai trop lésiné sur le poids : elle ne fait qu'un mètre de large, c'est insuffisant. Mais elle se maintiendra une bonne partie de la nuit.

Sur le matin j'entends le vent vrombir dans les arbres, parfois un souffle entre dans la cabane et la couverture de survie ne veut plus tenir.

Et bientôt arrive, c'était prévu... La neige !

Évidemment il fait froid, il faut s'habiller très vite puis se remettre dans le duvet pour le petit déjeuner. Départ 8h.

C'est dur au début j'ai le vent de côté et sans abri, ça va mieux au milieu des bois... Quand ils sont encore debout, et ce n'est pas si fréquent.


Le Rennsteig est un chemin de crête, et cette crête fut longtemps une frontière entre différents États germaniques. Les bornes anciennes ont été préservées. En voici une. Je n'ai pas identifié la statue, toutes les inscriptions étaient couvertes de neige... Et s'arrêter refroidit.

Je ne suis pas loin de lieux habités, Ernstthal, c'est un peu la banlieue de Neuhaus, je rejoins la route et l'agglomération, en face un "Edeka" supermarché avec une boulangerie café annexe... Évidemment je ne peux pas résister. De toute façon il y a si peu de cafés que j'ai pour principe de m'arrêter à tous ceux que je vois. Et ça fait pas de mal.

Deuxième départ.


Quand le sentier est abrité, ou qu'il se dirige vers le nord est et que le vent est plutôt dans le dos, ça va bien, c'est agréable de marcher dans cette blancheur ! Quand tout est dénudé et qu'en plus on sent le vent, ça l'est un peu moins mais lutter contre les éléments procure aussi un certain plaisir.


Un peu d'auto satisfaction !

L'itinéraire est très bien balisé, avec ces grands R blancs en plus des panneaux aux intersections. Quand on ne voit plus rien, c'est qu'on s'est trompé. Ça m'arrive plusieurs fois mais je retrouve toujours le chemin rapidement. Ou bien c'est que je me retrouve sur l'itinéraire "vélo" que je n'aimerais pas parcourir aujourd'hui !!!

Celà me donne l'occasion de passer devant une ancienne carrière de schiste.



Plus loin le chemin est bien en crête, tous les arbres sont exploités. On domine des paysages dénudés, la vue aujourd'hui ne porte pas très loin.


J'avais repéré cette cabane pour y dormir. J'ai du me tromper, elle était beaucoup trop loin. Et elle était beaucoup moins bien, et exposée au vent! J'ai fait un bon choix hier !

Maintenant je commence à avoir froid et être pressée d'arriver au prochain village, Spechtbrunn. Las! Tout est fermé.

Malgré tout la porte de la "Gasthaus" s'ouvre, sur une petite entrée plutôt accueillante, on ne va pas plus loin.




Dommage que ce ne soit pas chauffé !! Je me défait de mes vêtements pour essayer de les faire sécher un peu, et là je constate que j'ai fait une grave erreur. Ce matin j'ai tout mis sur moi, pull doudoune et veste, caleçon et pantalon. J'imaginais naïvement que la neige mouillait moins que la pluie, je n'ai pas mis ma cape en plastique de secours... Tout est mouillé, je n'ai plus de vêtements secs.

Pour limiter les dégâts, je remets la doudoune dans le sac et sors la cape, et puis je repars sans attendre, j'ai froid, le mieux c'est de marcher vite!


Encore des bois ravagés, quelques sculptures, et la trace de l'ancienne frontière de la DDR et là je dois dire que je n' y comprends plus rien, à l'est de la Thuringe, c'est la Saxe, toujours l'ex DDR!? Mais non, c'est de la "frontière" sud qu'il s'agit, c'est la Bavière, qui fait de profondes indentations en Thuringe.

La piste traverse maintenant une forêt dite des poètes car tout le long de la route sur des piquets sont disposés les portraits des poètes allemands, entre autres Lessing, Schiller, Goethe, Heine, Wieland etc. En d'autres circonstances je les aurais photographiés tous, ou presque. Je me contente de Wilhelm Müller, celui qui a écrit le Voyage d'Hiver, Wintereise, mis en musique par Schubert. C'est d'actualité.


Depuis un moment les flocons sont un peu plus gros. Mais quand on sort de cette forêt, pour de bon. c'est une prairie le vent souffle avec violence et la neige vole à l'horizontale. Impressionnant... Et glaçant !

Ces animaux sont sans doute des bisons d'Europe.

Il reste 8km jusque Steinbach am Wald où là c'est à peu près sûr qu'il y a des cafés ou restos. 8km c'est 2 heures. Encore un peu de marche, et le Rennsteig rejoint une route, puis la longe. Je l'imaginais petite, mais non, elle circule beaucoup... Essayons...

Je ne reste pas longtemps le pouce en l'air. Un couple s'arrête. Ils vont à Bayreuth, que je croyais de l'autre côté. Pour 6,7km je mouille bien leur voiture. Mais pour moi c'était d'autant plus une bonne affaire que sinon il s'agissait d'emprunter une piste cyclable goudronnée en bordure de la route.

À Steinbach, oui, il y en a même plusieurs des cafés et des restos. Sur 5 établissements, 4 sont tenus par des Turcs. Je ne choisis pas j'entre dans le premier qui a l'air assez achalandé, et j'y trouve... Mes deux randonneuses d'hier ! Comme moi, elle ont triché, elles ont fait une partie en bus. Elles ont réservé au prochain village Brennersgrün dans un Ferienhaus, maison de vacances, 38€ avec p'tit déj, c'est raisonnable, elle me donne le téléphone et... ça marche, au même prix. C'est juste que c'est à 8km, il va falloir les faire.

En attendant j'essaie d'étaler mes affaires pour les faire sécher un peu, je mets le téléphone à charger, et je me sustente. Un peu trop copieusement, rien de très fin comme nourriture , fricadelle (crépinette) et pâtes aux légumes. Ça me pèsera un peu. Au niveau prix c'est honnête, 10€ avec le café.

Cet arrêt m'aura quand même fait du bien, les 8km qui suivent se passent d'autant mieux que le vent souffle moins fort, et la neige est redevenue modérée.

De nombreuses bornes sont au bord du chemin, pas de panneaux explicatifs mais un lien sur internet... C'est beau le progrès...


Borne "à trois blasons". Seul deux sont encore visibles .

Une borne plus récente 1935

Le chemin qui suit est un joli sentier à travers des myrtilliers. Ils sont pleins de fleurs, il y aura abondance de myrtilles.

Encore d'autres bornes. La "Kurfürstenstein", ornée de nombreuses armoiries date de 1656, c'est écrit dessus.

Plus loin une autre cabane, sans doute fort plaisante par beau temps. Je m'arrête pour boire un coup et attacher à mon sac à dos une enveloppe de sac que j'ai ramassée par terre. Moi aussi j'en ai déjà perdu une, emportée par , le vent. J'ai néanmoins peu d'espoir de retrouver son propriétaire.

Le village n'est plus très loin, moins de 3km. Seul arbre de la journée en travers de la route, un mélèze.

J' appelle ma logeuse à l'entrée du village. Elle me fait signe du bord de la route, c'est tout près, elle m'a mis dans un appartement entier bien chauffé, super confortable, le rêve. Les intempéries continuent dehors.


Après un thé je me mets sous la couette, mais ce n'est qu'après avoir pris une douche chaude que je parviendrait vraiment à me réchauffer. Je suis crevée, heureusement que j'ai trouvé cet asile !

En violet la frontière avec la Bavière. Et l'ancien rideau de fer
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Neige et éclaircies


Beau spectacle au réveil...


Et la neige tombe à gros flocons... Est ce que ça va continuer toute la journée ? Ne serais ce pas une bonne idée de passer ici la journée, c'est un endroit agréable...

Ce serait possible mais dans un autre appart... Je tergiverse et prends beaucoup de temps à manger le copieux petit déjeuner que la dame m'a apporté. C'est la consultation de la météo qui me décide : demain les prévisions sont encore plus mauvaises ! Mais avant de partir je prends le temps de bien enduire mes chaussures de crème imperméabilisante. J'ai bien fait de l'emmener.

Je ne recommence pas les erreurs de la veille, je range soigneusement dans le sac à dos ma doudoune et mon pantalon, je mets le caleçon+ le surpantalon que j'ai failli ne pas prendre. Et je mets la cape plastique dès le départ, bien que la neige ne tombe plus.


Ce sera féerique ce début de journée. Dans la neige, on ne peut pas marcher très vite, d'ailleurs dans la descente assez forte vers une petite vallée je glisse et me retrouve par terre, mais la chute est douce.


Il ne fait pas si mauvais que ça, le soleil apparaît même brièvement et timidement.

Je me rendis compte que j'ai pris l'itinéraire vélo qui raccourcit un peu, et sur le "vrai" Rennsteig je peux voir deux traces de pas parallèles... Ce sont sans aucun doute mes deux Saxonnes, elles n'ont pas abandonné et sont devant moi ! Je regrette de ne pas m'être un peu plus dépêchée néanmoins c'est réjouissant et rassurant de les avoir devant !

Le chemin passe au-dessus du village de Culmbach. Toujours les traces, la forêt, et un petit groupe de marcheurs eh oui il y a du monde !


À part quelques intermèdes sur des sentiers, l'itinéraire suit une piste rectiligne. Elle débouche sur une route au bord de laquelle, un panneau indique une buvette, une petite cabane. C'est sans doute fermé mais une voiture stationne devant, c'est ouvert, maintenant que je suis entrée je demande un café à la jeune femme qui vient d'arriver et n'a pas l'air pressée de s'occuper de moi. Ce n'est pas chauffé, le café est à 4€... On se croirait en Suisse. Mais j'ai le temps comme ça de poster mes photos sur WhatsApp.

Quelques pas sur la route où la neige est fondue, le chemin oblique après une Schutzhütte dans une haute futaie, une relique !


Au sol, verts tapis de " maïanthème à deux fleurs"

À part quelques giboulées le temps va plutôt vers le beau. La neige fond. En marchant il ne fait pas froid du tout, j' enlève même mes gants après les avoir bien trempés, notamment en passant sous un arbre, il y en a beaucoup plus en travers de la route, aujourd'hui.

Beaucoup de pistes droites, quelques aires de pique-nique, peu de cabanes.

Je croise quelques marcheurs et promeneurs de chiens. Et puis deux randonneuses, qui ont un hébergement à Culmbach. Je ne leur demande pas si elles continuent. Elles sont peu chargées.


À cette Hütte je casse une petite route. Pas possible de se reposer beaucoup, dès qu'on s'arrête on sent le froid.

J'en avais un peu marre de la piste toute droite, je suis contente d'en changer pour une autre, courbe, et ensuite de traverser une belle hêtraie sous des rochers, qui rappelle... Les Pyrénées ! Avec un rayon de soleil en plus !

À la sortie on traverse une route, un sentier entre bois (abattus) et prés mène au village de Schlegel bei Lobenstein ... Qui m'accueille sous une belle giboulée, heureusement qu'il y a un abribus.

Jusqu'à Blankenstein le chemin ne sera pas très intéressant, il longe une route, heureusement peu fréquentée.

Le paysage a complètement changé, fini les forêts profondes, étrange de se trouver à découvert, avec la vue sur des collines seulement partiellement boisées. Un point commun, ici aussi les bois sont dévastés.


Une protestation d'agriculteur et une usine qui fume.

Je commence à me sentir fatiguée et une douleur me gêne sur le côté du pied droit. Enfin voici Blankenstein, et des immeubles très vraisemblablement destinés à loger les travailleurs de l'usine. Une papeterie peut-être ?


Mais Blankenstein est aussi le début du Rennsteig, pour moi...la fin.


J'ai tout parcouru en deux fois à treize ans d'intervalle, sous des précipitations diverses.


Mon parcours de cette année

Il se trouve là une auberge. La dame est vraiment très aimable. Elle est de Berlin, venue s'installer ici. Elle n'a plus qu'une chambre à 60€, mais téléphone partout pour me trouver quelque chose de moins cher. Ce sera à Pottiga, presque 5km plus loin. 54€, avec petit déjeuner, pas donné quand même.



C'est la vallée de la Saale. On remonte par un escalier puis un plan incliné piéton, un peu raide.

Je regretterai presque la Schutzhütte (mais j'en vois pas) car maintenant il fait beau. La tisane au gingembre (qu'elle n'a pas voulu me faire payer) m'a fait du bien. Néanmoins je ne m'attendais pas à ces reliefs, ça monte et descend raide, j'ai plus l'habitude. Au début à travers des zones habitées puis dans la campagne sur une piste en dalles de béton, époque DDR .


La Gasthaus est très classique, un peu vieillotte. C'est une chambre à deux lits. Moins bien qu'hier mais j'apprécie néanmoins le confort !

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Publié le 22 avril 2024

Nuages, pluie


Hier soir impossible de garder les yeux ouverts, je me suis endormie à 22h sans avoir relaté la journée.

Ce matin en regardant dehors je ne suis pas étonnée.




Mais rien ne tombe du ciel. D'après la météo il pleuvra, mais vers midi. Moralité, je devrais me dépêcher.

Eh bien non, j'arrive en retard pour le p'tit dej, qui n'est qu'à 8h pourtant, et ça dure bien sûr. Pas de thé noir. Deux autres clients, un couple qui me salue en français.

En plus je tiens à terminer la rédaction de la journée d'hier, moralité je pars à 9h20. Temps gris, froid mais pas en marchant, sauf dans les endroits exposés au vent.


La Gasthof Rüdiger

Ça ne va pas fort, comme toujours quand on en a trop fait la veille. Je n'ai plus mal au pied mais au bas des jambes, je me sens fatiguée et j'ai encore trop mangé. Ce devrais être simple de suivre les marques bleues"Kamm" mais je me perds plusieurs fois.

Le chemin descend pour longer la Saale. Je croise une promeneuse, puis un petit groupe de randonneurs, n'ose pas les questionner.

Un coin de pêche qui serait parfait pour le bivouac... Par temps plus chaud...

Le chemin est toujours revêtu de plaques de béton, et là je commence à me dire que ce n'est peut être pas pour les engins agricoles, mais plutôt pour les engins militaires... Car la Saale, que je suis, constitue l'ancienne frontière entre les deux Allemagnes, DDR (RDA) et RFA. Bref ce béton est un peu déprimant, et pas si aisé pour la marche, il est percé de trous où il ne faut pas se prendre les pieds.

Je longe un élevage de daims et cerfs (sans bois) qui se sauvent à mon approche.

Un peu plus loin, une source, et en face une aire de pique-nique, encore adaptée au bivouac.

J'aurais mieux fait d'aller y voir de plus près. Je continue tout droit, et un peu plus loin, contrôlant ma position à un carrefour, je me rends compte que je suis en train de revenir à mon point de départ 😱. C'était là bas qu'il fallait tourner. Déjà que je suis partie tard...

Pour rattraper je prends une petite route qui domine un long méandre. Je ne verrai pas le village de Rudolfstein ni son château. Je verrai le village qui s'élève sur l'autre rive, Sparnberger, dominé par son église à bulbe.

Le panneau indique Pottiga 2,8km. J'ai dû marcher plus d'une heure...sans avancer. Et ce n'est pas tout. Je vais encore trop loin, puis j'erre dans les escaliers autour de l'église (fermée). Enfin, je suis bien sur le chemin à la marque bleue, au bord duquel s'élève un mur de schiste écroulé . C'est la roche du coin, la montagne s'appelle "Schiefergebirge", monts de schiste.


Et on retrouve la piste bétonnée. Elle suit une pente boisée au-dessus de la Saale, mais elle va redescendre fortement, et douloureusement pour mes jambes, et revenir au fond de la vallée et puis passer sous l'autoroute, que l'on entend déjà depuis un bon moment.

Vue sur Sparnberger et pont autoroutier


Évidemment après il faut remonter mais ça fait moins mal. En haut le vent souffle. Et puis il pleut...



Une nouvelle descente au bord de la Saale s'ensuit. Pour atteindre Hirschberg.


À l'entrée de cette localité s'élèvent de grands bâtiments anciens avec de nombreuses fenêtres, on imagine des moulins ou d'anciennes manufactures.

La fontaine aux chevaux est originale mais en piteux état

Bientôt on voit la ville en haut d'une colline surmontée d'une église et d'un château.


Et en bas au bord de la rivière, encore plusieurs de ces grands bâtiments dont une partie est transformée en musée.


Derrière le musée s'élèvent quatre grandes statues de travailleurs, réalisme socialiste avant la lettre puisqu'elles datent de 1937. À l'origine elles étaient en hauteur sur le mur du bâtiment.


Il est question de "Gerberei", de "Gerber". Je finirai par comprendre que ces usines étaient des tanneries. Cela deviendra plus évident à l'intérieur où l'on voit les instruments qui servaient au travail du cuir. On y fabriquait même des gants et des chaussures.

Eh oui le musée est ouvert, possibilité d'abri, mais à côté, possibilité d'abri encore meilleure, un café "artistique". Après avoir vérifié que c'est ouvert, je mange quelques provisions tout en regardant les machines.

On peut voir aussi un panneau qui montre la ville à l'époque de la DDR. C'était assez horrible. La frontière était juste là, le pont au-dessus de la Saale avait été coupé, et un double mur avait été édifié juste devant la rivière.

Et enfin je peux entrer au chaud et prendre un petit café. Le lieu est sympathique, les patronnes gentilles et pleines d'attention quand je dis que je cherche un hébergement. Elles m'indiquent plusieurs endroits. Un peu éloignés d'ailleurs, et de l'autre côté, en Bavière. J'appelle au téléphone une dame que je peine un peu à comprendre à cause de l'accent bavarois. Trop cher chez elle mais elle m'indique un autre endroit, où j'appelle et il y a une chambre pour 35€!

Mais il faut attendre une heure que cette chambre soit prête. L'occasion de parler un peu avec ces dames, qui me parlent de l'ancienne frontière, et des randonneurs qui sont passés, un couple qui allait en Inde et des cyclistes venant du Brenner. Elles ne me font pas payer le café. Décidément ils sont sympas en Thuringe!

La "Villa Novalis" 'est juste en face, une grande maison un peu sinistre d'ailleurs. Ce n'est pas le poète Novalis qui y vivait mais un patron d'industrie appelé Knoch. Le lieu sert à des manifestations musicales... mais héberge aussi des randonneurs à des prix raisonnables, ça c'est sympa.


Si les escaliers et couloirs sont un peu froids le logement pour hôtes de passage est refait à neuf et avec goût. Portraits de musiciens sur les portes, j'ai Schubert, Winterreise toujours.

Mais la chambre n'est toujours pas prête, c'est une jeune Vénézuélienne qui monte avec moi pour la faire, en attendant je repars chercher mes bâtons oubliés à l'entrée du musée...

Je prends un thé, la douche, etc... Je vois du ciel bleu derrière les velux, (pas de vraie fenêtre hélas), alors je fais un tour dehors. Très bref, il fait trop froid...


Vue vers le musée et la Saale
Vue vers le château

Retour au bercail. Je mange des pâtes au jambon cru et parmesan, et la rédaction de la journée me prendra encore la soirée !

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Publié le 22 avril 2024

Éclaircies, vent froid


Réveil matinal, et départ à 7h30: J'ai prévu de faire 29km.

Je rejoins la Saale en passant à travers prés... Heureusement que mes chaussures sont encore imperméables. Il y a un peu de gelée blanche.

Je longe ensuite la rivière. On se rapproche de la butte où est construite la ville ancienne. Des rochers surplombent la rivière.

Le chemin grimpe sur une colline boisée, traverse un hameau, Vetzla, monte et descend. Les bois sont feuillus en bord de rivière, résineux sur les hauteurs. Un étroit sentier gravit une pente bien raide et contourne des rochers, ça me plaît bien, on se croirait en montagne. Hélas il se retrouve dans une forêt complètement exploitée aux chemins esquintés par les monstrueuses machines.

On sort des bois vers des terrains agricoles, et soudain une bizarre clôture grise attire mon regard. Elle est séparée de la piste...en dalles de béton par une bande de terre.


Pas de doute possible... C'est le rideau de fer ! D'ailleurs il est sur la limite avec la Bavière.


Cela n'a rien d'un hasard qu'il ait été conservé ici. C'est l'arrivée au village de Mödlareuth. Ce village c'est un "petit Berlin", il a été coupé en deux par un mur, édifié en 1953. Cela a motivé la mise en place d'un musée commémoratif. Tout cela est très intéressant et je ne peux pas manquer de faire la visite.

Avant d'accéder au centre bourg, un parcours permet de voir quelques restes, accompagnés de nombreux panneaux explicatifs.

Des photos d'avant le mur, de la construction, de la surveillance, de fuites, de l'ouverture en décembre 1989..

Des restes, ou reconstitutions

En fait, franchir le mur ou le grillage n' était pas insurmontable... Mais il ne fallait pas se faire prendre, car pas de quartier. Il y a eu des réussites, notamment en montant sur une camionnette.

L'entrée au musée pour les retraités c'est 3€. Deux halls d'exposition et une salle de cinéma mais je ne regarderai pas le film qui dure 20 minutes.

Dans un grand hall les véhicules militaires.


Entre autres camions russes, chars, une Trabant militaire, une Wartburg, voiture fabriquée à Eisenach à côté du château de ce nom, une Lada de la police et un petit avion étrange.

Dans la deuxième salle, des vitrines avec quelques objets et surtout beaucoup de photos. Il y est évoqué l'insurrection de 1953 (la première) où les chars ont foncé dans la foule, avec de grands panneaux sur les militants instigateurs.

Ce qui m'a frappé c'est le matériel de ceux qui ont tenté ou réussi à passer de l'autre côté. Rien de très élaboré...

Des explications sur les différentes phases d'occupation de l'Allemagne après la guerre, et des fragments du journal d'une jeune femme du village, Ida, qui a minutieusement relaté les évènements.


Il n'y a ni café ni resto dans ce pays mais au guichet du musée ils servent un café pour 1,50€. Mieux que rien.

Des groupes de visiteurs se sont organisés, notamment des Russes (ou Ukrainiens??), ils déballent des casse croûte ou fond griller des saucisses.

Il n'est pourtant que 11h.



Les deux mares, à gauche celle de l' est, à droite de l', ouest (et le musée)

Pour rejoindre le prochain village Gebertsreuth je me raccourcit en prenant la route. Je ne risque pas de faire du stop...pas une voiture.

Plus de forêt, un paysage agricole sans beaucoup d'intérêt, parsemé d'énormes éoliennes. On retrouve un moment la frontière et la piste en béton qui la longe.

Le temps s'éclaircit un peu mais un vent froid me souffle dessus.

J'atteins une voie ferrée et un village, Gütenfürt, je rêve d'un abribus vitré et j'en trouve un, il est insuffisamment abrité et à moitié à l'ombre, tant pis, je me fais des petits sandwichs avec plus de fromage que de pain dont il ne me reste qu'un quignon tout sec. Derrière des vaches paissent dans le pré.


Je repars d'un bon pas pour me réchauffer, mais par chance l'environnement va devenir beaucoup plus agréable, dans des bois vallonnés pas tous détruits, avec de gais ruisseaux et des rayons de soleil qui étaient le paysage et même chauffent quand on est à l'abri.,

Près d'un moulin, une aire de repos où un livre d'or est à la disposition des passants. Et une fontaine d'eau potable.

Je n'ai toutefois rempli que la petite bouteille, mais ce temps commence à me donner des envies de bivouac. J'ai testé à peu près toutes les possibilités d'hébergement, je pourrais essayer dans les villages mais c'est hasardeux...

Pour l'instant je continue. Plus de ruisseaux maintenant. Des forêts et des champs verts ou jaunes. Vue sur des monts lointains, peut être déjà la Bohême.

Enfin voilà un petit ruisseau, l'occasion d'utiliser ma gourde filtrante. Le chemin continue le long de ce ruisseau.

Un peu plus loin je passe sous l'autoroute et arrive au-dessus du village de Engelhardtsgrün, une pente avec une belle vue, une forêt dont il ne reste pas grand chose mais une table de pique-nique en bordure, à côté il y a de quoi mettre ma petite tente... En fait la principale motivation c'est que je commence à être fatiguée. Ce n'est peut être pas raisonnable, il est prévu -3° cette nuit... Mais voilà je m'installe et je mange tôt, une polenta, pour me mettre bien vite dans le duvet.

Et le récapitulatif de la journée

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Gel et beau temps le matin, couvert le soir

J'ai eu un peu froid en milieu de nuit et ça m'a réveillée. Mais après que je me suis décidée à me lever pour regonfler le matelas, ça allait beaucoup mieux et j'ai dormi beaucoup plus longtemps que prévu. Il me reste une très longue distance jusqu'à Adorf où j'ai réservé une chambre, je voulais partir très tôt, c'est raté !.

Jusqu'à combien il a gelé, difficile de savoir, en tout cas il y a de la glace sur la tente et autour.


Et il gèle encore mais sous le soleil radieux on ne le sent pas le froid de la même façon.

Le petit déjeuner sera frugal, en l'absence de pain: flocons d'avoine à l'eau agrémentés une demi mandarine.

Départ 9h, l'avantage c'est que la tente a sèché. Descente pleine d'entrain en direction d'une retenue d'eau.


Je remonte jusqu'au village de Engelhardtsgrün où il n'y a rien, puis redescends vers un autre bras de la retenue, (qui s'appelle Dröda)


Les chasseurs locaux font un grand usage des miradors

Et j'arrive au village de Bobenneunkirchen qui était en principe ma destination de la veille.


La Gasthaus est jolie, mais fermée, j'espérais y dormir hier, le numéro de téléphone n'existait plus. Et j'ai bien fait de ne pas poursuivre jusque là, au bord du lac il fait beaucoup plus froid que sur ma pente ensoleillée.


La suite du trajet, c'est forêts d' épicéas (épargnées par les scolytes), encore et toujours, un peu lassant quand même.

Parfois on en sort et on voit des monts lointains au delà des champs et des prés.

On côtoie des aires de repos


Je rencontre un couple de randonneurs dans mes âges, habitant au Münsterland. Ils sont aussi sur le Kammweg. On parle de l'hébergement de Adorf mais ce que j'aurais aimé savoir c'est où ils ont dormi la nuit dernière.

À part ça je vois passer un écureuil, des geais et un pic épeiche. Ça gazouille de partout. Mésanges, pinsons, sitelles, grives musiciennes, pouillots, verdiers...

La marche, c'est assez souvent sur le goudron, et on sort rarement des pistes rectilignes.

Une de ces pistes particulièrement longue s'appelle le "Jägerteichweg". Le chemin de l'étang du chasseur.

S'agirait il de ces mares? En tout cas pour moi elles sont bienvenues, l'endroit est ensoleillé et à l'abri du vent. J'ai presque trop chaud. À son glouglou j'ai trouvé la source, super je n'avais presque plus d'eau.



Les forestiers du coin ont bien du se rendre compte que tout épicéa ça pose problème, ils introduisent d'autres essences, en particulier le hêtre. Ils en ont même planté sous les épicéas adultes, à très forte densité. Mais que va t'il se passer quand ils exploreront les épicéas ???



Mais on trouve encore ça. Assez sinistre...


Sur la fin de la journée les paysages s'ouvrent. Prairies vertes, souvent bordées de miradors, alignements de frênes, monts lointains. Une piste en hauteur qui se rapproche de la frontière tchèque.


On longe ensuite une vallée verte où serpente un ruisseau.

Je remonte vers Adorf en compagnie d'un cycliste VTT dont j'admire le courage dans la montée. Finalement il s'arrête pour discuter, c'est bien sympa, ça me fera passer agréablement le dernier kilomètre, car je n'en peux plus. Il a été à Tallinn en suivant la Baltique à partir de Gdansk.

C'est lui qui m'indique où il faut descendre. Des travaux et des palissades cachent la porte fortifiée.


Une ville ancienne, une belle place allongée qui me rappellent les places tchèques.

C'est un hébergement où on prend la clé dans une boîte. Impersonnel, je n'aime pas trop. La chambre est au dernier étage toute petite avec un velux. L'avantage du lieu c'est la cuisine qui est en bas.

J'ai mal partout et le ventre vide. Ça me coûte un certain effort de ressortir pour trouver un supermarché et faire des courses mais ça valait la peine, enfin un bon repas, salade de choucroute, tortellinis et fenouil. fromage blanc.

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Froid, couvert, neige


La chambre est petite est pourvue seulement d'un velux. Ça n'empêche pas de dormir !

Le petit déjeuner sera plus consistant qu'hier, flocons d'avoine au lait, pain et fromage, fruits... Et ça se ressentira sur la forme de la journée.

Il la faut, la forme! Je me suis trompée dans mes calculs. Ce n'est pas 20km que j'ai à faire, mais au moins 25...

Le ciel est nuageux avec quelques éclaircies. La route goudronnée monte de façon continue, elle n'a rien de désagréable, dans la campagne, bordée de jolies maisons.



Je constate que je suis une nouvelle fois sur l'itinéraire Eisenach - Budapest. Je l'avais quitté depuis le Rennsteig, et pourtant la direction globale est la même...

Après le hameau de Strässel on arrive sur une piste forestière.


Le propriétaire de la pension, croisé ce matin. m'a dit qu'il était tombé 18cm. Ça ne m'étonne pas quand je vois les restes de neige sur les côtés de la route.

À la sortie de la forêt apparaît une vallée, et une vallée très urbanisée, usines, immeubles.

C'est la ville de Markneunkirchen. Je ne tarde pas à me rendre compte que la spécialité d'ici est la fabrication d'instruments de musique. Il y a des ateliers partout, et un grand musée sur ce thème.

À la sortie un monsieur qui bricole dans son garage m'adresse la parole et m'explique le chemin pour continuer ma route. It me conseille de prendre une piste cyclable, plus directe pour me rendre au village voisin, Erlbach.

Avant ça je longe des jardins et la cabane d'un nostalgique...


Je suis un véritable "Osti" (gars de l'est)

Plus loin le chemin cycliste est très joli, et sans dénivelées en plus.

Erlbach est un joli village, avec un petit musée (fermé) où apparemment il est aussi question de lutherie.


Mais ce que j'aimerais trouver, c'est plus prosaïque, c'est un café pour me réchauffer un peu. Le vent d'ouest me glace le dos. En outre, il commence à neiger. Dans le village tout est fermé.

À la sortie, une brasserie. Ouvert pas ouvert?


J' y crois pas trop, il ne semble pas qu'il y est quelqu'un, les indications d'horaires ne sont pas claires, je tente, la porte est ouverte, une jolie salle où il fait bon, je m'installe, ça fait du bien.


Personne ne vient. Un monsieur s'affaire à côté dans la cuisine, même quand j'approche il ne me voit pas. Je n'ose pas le perturber.

Et puis finalement il arrive et me regarde avec le plus grand étonnement :" mais nous sommes fermés!" C'était écrit, je n'ai rien vu !

Loin de me chasser il me sert un grand café qu'il ne me fait payer que 2€,, et me raconte qu'aujourd'hui c'est la journée des petits enfants et arrières petits enfants. En effet, peu après entrent l'arrière grand mère, la grand mère, réplique exacte l'une de la première, et l'arrière petite fille aux deux tresses blondes, qui me regarde comme si j'étais une extraterrestre. Elle rentre de l'école et fait ses devoirs.

Le monsieur me fait visiter la brasserie, car c'est bien une vraie brasserie, la bière est en cours de fabrication. Heum.. je ne comprends pas grand chose aux explications...



Mais si un jour je tombe sur cette bière dans un bistrot ou un magasin, je la choisirai sans hésiter!

Je suis bien réchauffée et revigorée. Il ne tombe rien (pour l'instant). La route suit une charmante vallée où les nombreux moulins sont restaurés en villégiatures. Plus haut une mini station de sports d'hiver avec dirait on un restaurant.


L'environnement devient montagnard, la route s'arrête et un très beau chemin longe la vallée, en surplomb. Les hêtraies succèdent aux pessières (= forêts d'épicéas).

Les tâches de neige s'agrandissent, et la neige... Elle se met à tomber du ciel ! Ça ne me dérange pas, c'est si beau.

Bientôt, c'est l'hiver

Jusqu'ici les flocons d'avoine de ce matin m'avaient bien tenu au corps. Mais là je commence quand même à avoir un peu faim, il est près de 14h. Et voilà.... une Schutzhütte !!!



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Altitude :755m

Pas question de traîner pour ne pas geler... Mais très vite la neige cesse, et miracle le soleil perce...

Et je finis par atteindre la frontière

Quand on voit le D on est en Allemagne et quand on voit le C, en République Tchèque.

On remarque que certaines bornes ont plus de 32 ans (2024-1992); dous le Č de Česko repassé à la peinture (sauf le crochet), on voit le S de Slovensko. Tchécoslovaquie.

On remarque aussi qu'on est encore sur la voie Eisenach Budapest.


Le sol est de plus en plus neigeux, et encore plus quand on suit la ligne frontière. La vallée apparaît devant, et ça se met à descendre très raide, c'est même un peu "casse -gueule", il faut faire attention.

"no man's Land" ou zone franche ?

La neige disparaît, la ville de Klingenthal apparaît. Dans la descente raide mes pieds chauffent... Il va falloir se réhabituer.

Beaucoup de panneaux, on saura qu'il y a une frontière.

Le dernier a plus de 35 ans!

La frontière, on la suit jusqu'à la route où on trouve d'autres panneaux


Et me voilà en Česka Republica. Première chose c'est d'aller boire un café, turc bien sûr, dans le premier restaurant, très grand, tout en bois, où flambe un poêle. Je paie en euros, j'ai oublié de prendre les quelques couronnes qui me restaient.

Encore 5km. Un chemin balisé en vert qui suit la vallée, en bord de route où s'alignent commerces et stations services, puis en bord de rivière, et ensuite dans la ville de Kralice qui s'étale en longueur le long de celle -ci.


Une ville industrielle, plutôt populaire voire prolo, usines. immeubles et dans le centre des bâtiments imposants 19e 20e. Cette ville s'appelait Graslitz et était peuplée d'Allemands, chassés après la guerre, remplacés par des Tchèques venus d'ailleurs


La maison de gauche, "penzion V Horach", est mon hébergement de ce soir.

Courses au supermarché "Billa". Comme il y a une cuisine bien équipée je vais encore bien manger, je me fais des carottes avec les tortellinis qui me restent.

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Couvert, neige et quelques éclaircies


À l'aube, il neige. Petit déjeuner en bas. Je ne vois personne. Départ un peu après 8h.



Sortie de la ville

Ma destination est à 27km, la seule possibilité de me raccourcir c'est de parcourir les premiers kilomètres, une route, en engin motorisé. Il y a un bus, il faut l'attendre 20 minutes (dans le froid) alors je fais du stop. Peu de voitures. Un monsieur peu bavard me fait parcourir 2,5km environ. C'est peu mais c'est déjà ça. Je verrai le bus passer juste au croisement où je change de route.

Car c'est encore une route, elle a un village pour destination, Prebuz. Je peux encore tenter le stop, je laisse mes bâtons sur le sac. Mais il ne passe aucun véhicule à part.. un chasse neige.

... Que l'on voit disparaître au virage.

La route monte continûment à travers la pessière, le tapis de neige est de plus en plus continu et de plus en plus épais. Les épicéas sont couvertes de neige, c'est féerique.

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Heureusement car il y a plus de 8km. Vers le sixième (km), après avoir bien monté, la route est toute blanche et fait un lacet. Plus question de faire du stop, j'aurais peur. Je remets la cape plastique à cause des averses de grésil.


Et enfin j'arrive à la bifurcation.


En principe je devrais quitter ici la route. Le chemin a l'air praticable mais je vois sur la carte qu'un peu plus loin ce sera un sentier . Alors je poursuis 1-2km sur la route. Ce ne sera pas là la partie la plus facile du trajet, c'est à découvert. Des prés semés de quelques arbres, et un hameau de quelques maisons. Très joli quand survient un rayon de soleil, mais glacial quand il neige et que le vent souffle.


Et après ce parcours "à découvert" je vais récupérer le chemin balisé (rouge). Après une portion de piste vierge avec 30cm de neige, le chemin forestier est un peu mieux praticable car un véhicule y est passé. Et ça fond .. juste un peu.

Traces de renard sans doute

Il est à peine midi mais je commence à avoir un peu faim, et que vois je apparaître au bord du chemin ? Une cabane ! Un abri ! Ici c'est "zachranka"

Installée par les services forestiers tchèques

Oui il y aura un rayon de soleil, mais aussi une bonne averse de neige, pendant que je mange mon pain et salami.

La marche continue, à moitié dans la neige, à moitié dans les traces de véhicules où la neige a fondu. Dans de jeunes épicéas le plus souvent.


Évidemment je ne rencontre personne et je suis la seule à fouler la neige. Toutefois un peu plus loin je trouve des traces, deux personnes, ensemble ou non, je ne sais.

Effectivement l'attitude est assez élevée, la plus haute depuis le départ en tout cas, 920-930m.

D'autres cabanes apparaissent mais c'est pas pour s'abriter.

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Ce sont des mangeoires, pleines de foin. Pour les cerfs et les chevreuils je suppose.

Au niveau chemin, ça va se compliquer c'est plus enneigé, et ce ne sont plus des pistes, mais des sentiers avec 30cm de neige où peut-être des gens sont passés mais il y a longtemps. À côté de la deuxième des cabanes le sentier est indistinct, je le perds même, heureusement que j'ai le GPS!

Il faut lever les pieds, ça devient dur ! Mais sur certains chemins complètement défoncés par les débardeurs c'est peut être mieux avec la neige.

Heureusement, ça descend. Et même assez fort. Un peu plus bas ça commence à être fondu, et puis je rejoins une route.

Les marques continuent dans la forêt . Chemins défoncés encore. Pour m'épargner les derniers kilomètres de marche harassante je prends la route, encore 4km. Moins poétique mais pas de voitures et c'est joli aussi, le long d'un clair torrent.

Des rochers aux formes caractéristiques.


Et puis des maisons apparaissent, c'est le début de Nové Hamry, un village étalé encore. Un pont de fer, c'est le train. Un magasin d'alimentation, super. Je tourne pour rejoindre mon hébergement, passant devant un autre rocher où la plaquette indique le niveau d'une inondation en 1831. Brrr..

Mon hébergement est une grande maison de vacances. La dame est très gentille et bien contente que je parle tchèque. Comme d'habitude je suis logée au dernier étage, joli appartement tout neuf, avec cuisine et tout ce qu'il faut (32€). Il me faut bien ça, je suis harassée.

Je trouve encore la force d'aller faire les courses, et d'aller voir l'église, dédiée à Jean Nepomucène.

Le presbytère est transformé en bistrot

Il n'y avait pas grand choix au magasin. Je mange des pommes de terre avec du fromage blanc et un espèce de jambon.

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Publié le 27 avril 2024

Beau puis nuageux


Aucune hâte ce matin, je pars le plus tard possible. En effet Iva une copine pragoise m'a trouvé un hébergement à Pernink, village à 5km d'ici à vol d'oiseau. Dans un refuge où elle va en vacances, actuellement fermé, tenu par des amis à elle.

Ce matin je me suis réveillée à 5h sans pouvoir me rendormir (je m'étais endormie avec la lumière allumée à 21h30), pas la forme, mal partout, mais dès que je suis dehors, avec le beau temps, j'ai de nouveau envie de marcher, surtout après avoir bu un grand café turc (40čk, 1,5€) à l'auberge locale. Et je me concocte un petit tour de 10km.


Une maison du village. Soit elle date d'avant 1918 (c'était l'empire Austro-hongrois), soit des Allemands y habitaient.

Je monte une rampe en direction de la gare, puis continue dans la forêt.


Un monsieur âgé marche doucement avec des bâtons. Je lui demande si on peut aller au sommet où il y a une tour de guet. Il me dit que oui. que la neige c'est comme ici. Il n'a pas dû aller loin, en bas c'est sec mais en haut très enneigé. Entre temps je trouve moyen de perdre le chemin. Il me faut couper à travers la forêt où la neige est profonde.



En bas du chemin et en haut.

La tour de guet, "rozhledna Pajndel"

Trois personnes sont en bas. Ils me disent qu'on peut monter, que la porte semble fermée, il faut soulever... En effet j'ai dû beaucoup insister pour ouvrir, heureusement que je leur ai parlé, j'aurais abandonné.

Là haut on frise les 1000m d'altitude. lmmense panorama sur les Krusné Hory alias Erzgebirge - Monts Métallifères. Vue sur le Klinovec et la Fichtelgebirge, deux monts qui se font face de chaque côté de la frontière. En bas le sac à dos est tout petit.

Accolé au bas de la tour un petit abri en bois.


Et un bas un grand rocher encore. Ce pourrait bien être du granit.


Ce versant (nord) est plus enneigé



Une cabane pour un léger casse croûte. Un peu plus loin on pouvait aussi faire un barbecue


Petite chapelle "Kaple Marii bolestné", mater dolorosa, récemment restaurée.



La descente vers Pernink sur une très large piste (serait ce pour le ski ? Mais il n'y a pas de remonte pente. Sur le bord sont plantés des arbres bien protégés. De loin je crois que sont des chênes, mais non ce sont des sorbiers des oiseleurs. Certains ont pris un coup de gel.

Avant ça on pouvait voir un piège à scolytes. Lutte biologique... Pas vraiment efficace en cas de grosse attaque mais utile pour le suivi des populations d'insectes

La descente s'accentue, on commence à voir le village.

Ici se trouve la "deuxième plus haute gare de république tchèque", où mène un viaduc construit à la fin du 19è. Un train arrive à la gare. Dommage que je ne l'ai pas vu sur le viaduc.



Je descends la "nadrazni ulice" = rue de la gare pour trouver ma "chata" refuge. C'est une des premières maisons.


Comme prévu la clé est sous le paillasson, il n'y a plus qu'à s'installer. C'est immense, il y a plein plein de chambres de 3 à lits, des salons et une grande cuisine. Un peu vieillot mais sympa. C'est ce genre d'endroit que j'aimerais trouver en route plus souvent comme hébergement. Avec quelques compagnons ça ne serait pas plus mal !

Un thé, un peu de repos, je redescends voir le village que j'imaginais être un centre touristique animé. C'est peut être le cas en été mais en ce moment pas du tout ! Tous les restaurants sont fermés et on ne rencontre pas grand monde. Quelques jolies maisons mais une configuration de village-rue pas très pittoresque.


Le dessin sur l'abri bus devant l'école dit "aucun homme ne peut rester indifférent à l'environnement car nous sommes tous des éléments de la nature ".

Heureusement, un commerce est ouvert, une épicerie dont la façade rouge et noire détonne par rapport au reste du village. Certainement plus cher qu'ailleurs, mais le choix est suffisant, pour j'aurai de quoi manger ce soir. Et j'ai de la chance, j'obtiens la moitié du dernier pain.

Michal le propriétaire des lieux n' apparaît pas. Dans un sens c'est mieux car je me sens un peu fatiguée, mais je regrette de ne pas avoir pu discuter avec lui car il a l'air d'aimer la montagne, la rando et les voyages.

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Beau temps, plus chaud, qq nuages


Réveil encore très matinal, je ne comprends pas comment finalement je ne suis en route qu'à 9h.

Je me suis habillée comme d'habitude et immédiatement je me rends compte de mon erreur, il fait CHAUD. Au moins 10°.

Le village est tout ensoleillé.


La maison à gauche est la mairie

J'en sors par la route, et puis un chemin monte légèrement à travers des prés humides et quelques bois. Je trouve la marche un peu pénible jusqu'à la localité d'Albertamy. La chaleur.


Pas de troupeaux... Il vaut mieux

Nous sommes dans les monts métallifères, un nom qui n'a pas été donné par hasard mais depuis que j'y suis je me demande où sont les métaux et les mines..

Patience nous y voilà. Abertamy s'est développée au 16è siècle avec l'extraction du zinc du fer et surtout de l'argent. Mais après avoir bien servi la couronne tchèque le filon s'est épuisé. Les habitants se sont mis à l'artisanat, la dentelle, puis la ganterie.




D''Abertamy au prochain village Hrebečna le trajet est peu intéressant voire pénible. Il suit la route, maisons éparses, certaines jolies d'ailleurs, ça monte et il fait chaud.


Une maison bien villageoise

Et puis on atteint sur un vaste plateau, on sent l'altitude, la vue s'étend, et une brise rafraîchissante survient, Ça va beaucoup mieux.

Ici s'étend une zone minière (ancienne) où une ancienne mine d'étain, dul Mauritius, se visite. J' aurais le temps, hélas c'rst fermé, sans doute trop tôt en saison.

Le sentier traverse les lieux, je verrai par exemple l'entrée de la mine "Christof" qui est d'une étroitesse incroyable, 40cmx1m à vue de nez.

Voici la cabane d'accueil, tables et bancs à côté. Je m'y fais un café. Vue sur une montagne pourvue de pistes de ski et remonte-pentes.

Continuons à monter sur le plateau.


Ces pierres sont un vestige minier... Peut être des sorties de couloirs d'aération.

Le panneau qui annonce un snack-buvette ça fait un moment qu'on le voit. Mais je n' y crois guère..

Peu après on atteint un autre site minier datant du 16è et recreusé en 2012, Bila holubice ou Weisse Taube, colombe blanche. Nom bien poétique pour une mine...

À côté une croix... Et une cabane toute neuve où j'aurais été mieux installée que tout à l'heure.


Et, isolée au milieu du plateau, la buvette est bien là, et même bien achalandée. On y sert du café des saucisses et du poisson grillé qui me tenterait bien. Mais il est un peu tôt et c'est en plein vent, je passe.

On arrive dans des zones humides. Humide le pré, surtout en ce moment à cause de la fonte des neiges, et un peu en contrebas est annoncée "la plus grande tourbière des Monts Métallifères".


Évidemment le chemin n'entre pas dans la tourbière, il reste dans la forêt. On voit principalement des étangs, où nagent des canards trop lointains pour être identifiés.

Voilà encore un abri, à côté d'une ancienne maison forestière dirait -on.. Parfait , c'est l'heure de manger.


De nombreux promeneurs passent à côté pendant que je suis dans l'abri. D'ailleurs depuis ce matin, ça change, ils sont nombreux. Il fait beau et c'est le week-end !

Les pistes forestières sont couvertes de neige en train de fondre. Ça patauge. Le panneau marque une altitude de 1008m. L'altitude la plus forte de la journée sera de l'ordre de 1040m. Et toujours avec des pentes douces. Ça change des Alpes mais je ne suis pas sûre que marcher sur ces pistes au revêtement dur ce soit mieux. J'ai mal au coup de pied.

Il a été créé ici, avec l'aide de l'union européenne, un circuit de découverte de la nature sur un mode humoristique appelé "sentier du petit Jésus" à l'attention des enfants . Ce doit être ce circuit que tous ces gens parcourent...


Ce petit Jésus n'a pas l'air bien sérieux. Il faut dire que pour les enfants tchèques il a une importance toute particulière puisque c'est lui qui distribue les cadeaux à Noël, religion ou pas. Je suppose que la forme bizarre des abris évoque la crèche.


Ce que l'on va beaucoup trouver également le long de ce parcours ce sont des sculptures en bois.

À la sortie de la forêt se découvre un vaste plateau vert parsemé encore de taches blanches et parcouru par de jolis ruisseaux où fleurit le populage des marais, caltha palustris.


Je suis contente d'arriver, avec mon mal aux pieds... Et je n'ai même pas fait 18km...

Je ne sais pourquoi j'imaginais que Bozi Dar serait une ville minière, pas du tout, c'est un lieu très touristique, d'autant plus que la frontière allemande est à quelques pas. Ce ne sont qu' hôtels, pensions et restaurants. La supérette Konsum ferme à 17h et il est 16h40, ouf! Et voilà " penzion Bernard" où je loge ce soir. J'avais un peu honte de ne pas bivouaquer par ce beau temps... Mais c'est quand même frisquet et humide. Je sens que je m'habitue au confort...

La pension fait aussi resto mais je ne mangerai pas là car j'ai vu que dans un autre resto ils proposaient la "svičkova" spécialité renommée, viande de boeuf avec des knedliky (boulettes) et une sauce à la crème. On me propose la demi portion, bonne pratique. Mais à vrai dire j'aurais été capable de manger la portion complète !

Un peu plus de 7€ avec la "petite" bière (33cl au lieu de 50cl la bière normale).

Petite promenade digestive au soleil couchant.

Peut être que ce petit Jésus a un rapport avec la ville dont le nom signifie "don de Dieu".

Selon wikipedia c'est la ville la plus élevée de république tchèque. Et bien sûr c'est une ancienne cité minière.

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Plus ou moins nuageux, doux


Pas possible de partir très tôt, le petit déjeuner est à 8h. Je parviens néanmoins à avoir tout préparé avant.

Bon petit déjeuner avec tout, rohliky, (croissants), housky (petits pains ronds), pain tranché, beurre confiture jambon saucisson, pâté, corn-flakes, gâteau. J'ai l'impression de manger beaucoup et pourtant je ne me sentirai pas lourde, c'est curieux.

Les autres pensionnaires sont des Allemands.

Départ 8h40 car je prends après tout ça un café, petit mais serré, peut-être trop.

Eh bien adieu pays du Petit Jésus ! Je pense qu'on dit ça parce que ce village est le plus élevé en République Tchèque et enneigé l'hiver... Analogie avec le père Noël et la Laponie.

Mais maintenant je vais faire l'ascension du plus haut sommet des monts métallifères.

On ne peut pas dire que ce soit abrupt



On traverse quand même des névés,! Les maisons de Bozi Dar s'éloignent

Le chemin traverse les prés.et évidemment je perds la bonne direction, que je retrouve à ce panneau


Juste avant, les inévitables installations de sports d'hiver.

Et puis un sentier encore un peu enneigé traverse des bois. Aucun promeneur... Les touristes ne sont pas matinaux dans le coin...


La tour qui couronne le sommet apparaît derrière les arbres. Un peu plus loin un parking où arrivent 2-3 voitures... Mais sur la partie sommitale il y a d'autres parkings et des arrivants. Et outre cette tour mais quantité de bâtiments.


Plusieurs anciens hôtels, et la tour de pierre qui date du 19è siècle et où on peut monter pour voir le panorama.

Le sommet proprement dit, il n'est pas accessible. Les panneaux ne donnent même pas l'altitude. C'est 1244m en principe.


Mais je vais être un peu plus haut puisque je monte à la tour.


Évidemment le panorama est vaste. Il est bien présenté, avec sur la rambarde de la galerie extérieure des panneaux d'orientation. On ne voit pas tout ce qui y est écrit. Oui on voit Bozi Dar et le Fichtelberg, Karlovy Vary aussi. Mais peut-on vraiment distinguer les monts de la Sumava, la Bila Hora à côté de Prague, et le Rip qui domine l'Elbe ? Pas aujourd'hui en tout cas, il fait beau mais pas si clair que ça.

D'où je viens... Du côté de Pernink et du côté de Bozi Dar:

Là on voit, à droite de la tour métallique, Karlovy Vary (Karlsbad). Mais sur la photo pas tellement !

Au sud les monts de la Sumava
À l'est la vapeur de centrales électriques (nucléaires?)

En bas de la tour un petit musée avec des photos anciennes. La tour et les hôtels ont été construits au 10è au temps de l'Autriche Hongrie (visite de l'empereur). Le mont s'appellait Keilberg.



La descente est plus raide que la montée. Elle emprunte une piste de ski, c'est moche mais au moins comme c'est large la neige a fondu.

Canon à neige de rigueur. Le "progrès" c'est partout.

Mais une petite surprise...




Depuis Loučna, la station en bas(1000m) on voit bien Oberwiesenthal et le Fichtelberg.

Et maintenant il va falloir marcher sur la route, avec des voitures, ce n'est pas un épisode agréable. Enfin, après une baraque appelée Meluzina où plusieurs voitures sont garées on entre dans les bois. Les promeneurs sont nombreux au début de la piste, après ça se raréfie beaucoup !


Enfin des chemins herbeux et calmes, environnés par les chants d'oiseaux. Je vois un casse-noix moucheté au bord du chemin, enfin je le reconnais ! Ça fait plusieurs fois que je vois ce gros oiseau brun (et tout moucheté sur le ventre) voler dans les cimes.


Ce n'est pas ma photo !

C'est une forêt variée, irrégulière. avec des arbres d'essences diverses et âges divers. Les jeunes plantations de hêtres et épicéas ont l'air appréciées par le gibier. Le bourgeon terminal des jeunes épicéas est enduit d'un produit répulsif. Ça a l'air de fonctionner.

Plus loin il faut de nouveau marcher sur le goudron mais c'est une toute petite route. Voyant une table de pique-nique je m'arrête et enfin je vais pouvoir faire une pause digne de ce nom car il ne fait pas froid.


Je ne vais pas tarder à quitter l'itinéraire balisé pour éviter de me retrouver sur la route. Les pistes sont encore goudronnées mais c'est calme

Elle descendent dans des vallées où coulent des ruisseaux.


Je passe aussi devant un oratoire et un pavillon de chasse. Myslivna.



Comme il y a un bel abri je me fais un café. Et puis je continue.. ça descend... Pour remonter ensuite évidemment. Parfois on a des vues un peu plus lointaines en direction de la vallée.



Serait ce une mine ? Une fontaine peut-être, ça glougloute à l'intérieur.

Je suis sur une petite route qui va rejoindre la plus grande. Elle monte beaucoup et de nouveau le goudron me lasse. Mais à l'arrivée sur la route principale que vois-je ? Un bus. Avec une remorque pour les vélos mais là j'ai pas besoin.

Je cours vers lui et j'arrive in extremis. Seulement deux stations. Le chauffeur ne me fait pas payer... Mais c'est 2,5 km quand même.

Medenec un nom qui vient du cuivre. Et en effet il y a une mine, sur une colline. En bas sont exposés quelques objets notamment des wagonnets, mais c'est de minerai de fer qu'il est question.


Le village de Medenec est très vide, plus un commerce. Un grand jardin public où jouent des enfants.

Mais si ! Plus haut au bord de la route se trouve une hospoda, auberge. où la population masculine du village boit de la bière autour d'une grande table. Les murs sont couverts de massacres de cerfs et chevreuils et d'oiseaux naturalisés, tétras rapaces tous espèces protégées.

J'ai pris un thé, rechargé un peu le téléphone. fait mes réserves d'eau. Je peux continuer, parée pour le bivouac.


Sur la carte j'ai repéré une chapelle au bord de la route. Je m'aperçois de loin. C'est une jolie petite église jaune sur une hauteur avec un plat d'herbe tondue autour. À la maison à proximité je vais demander. Pas de problème. Installons nous.

Il existait ici un village allemand, Köstelwald. Les habitants ont construit l'église en 1933... Mais ils ont du partir après la guerre et le village a disparu (il reste 1 ou 2 maisons. Et l'église qui était à l'abandon et a été refaite il y a peu.

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Publié le 30 avril 2024

Beau temps, chaud


La nuit n'a pas été si chaude que ça. J'ai dû remettre la doudoune, et avec la capuche.

Je me lève avant le soleil, mais celui-ci ne tarde pas trop.


Je déjeune frugalement, je n'ose ni finir les flocons d'avoine, ni manger beaucoup de pain de peur d'épuiser mes provisions. C'était une erreur, je me rendrai bien compte en marchant que je n'ai pas assez mangé.

Je regarde quand même autour de moi, il doit bien rester quelque chose de ce village disparu ? Oui, quelques monticules sur lesquels ont poussé des arbres. On y aperçoit quelques pierres. À ces emplacements il a du y avoir jadis une maison...


Départ 8h20. Et c'est parti pour une heure à marcher sur le goudron. Et sur des routes où ça circule. À vrai dire, très peu sur la première partie de la route. J'ai quand même pas trop apprécié les trois grumiers à la suite.

Au demeurant cette route est plutôt jolie (serait bien en vélo) car bordée d'arbres, érables et frênes, certains très gros.

Encore un calvaire allemand et l'évocation d'un autre village allemand disparu, Dörnsted, traduit par Dolina (vallée) ce qui n'a aucun rapport.

La statue était plus loin

Par contre la route suivante est très fréquentée. Elle longe un étang qui est beaucoup plus bas. On peut marcher derrière la rambarde de sécurité mais c'est vraiment pas large. Le paysage autour s'est ouvert. De grands prés vallonnés. et.. des éoliennes.


On remarquera une dernière fois les deux monts, Klinovec et Fichtelberg.

Et enfin, le calme !! Ce n'est pas un charmant petit sentier, c'est une piste qui en plus monte. Mais seul le chant des oiseaux rpmpt le silence. Marchant en lisière on entend à la fois les oiseaux des champs, alouettes et bruant proyer, et ceux des bois, pinsons, mésanges. Peut-être pipit des arbres et pouillot fitis?.. C'est l'application du smartphone qui me le dit. Le bruant aussi d'ailleurs, mais lui je l'ai vu après s'égosillanten haut d'un arbuste.

Et puis on entre complètement dans la forêt. On s'étonne qu'une pessière sombre puisse être un site naturel remarquable. Mais le lion sur le blason de la Bohême est bien décoratif.


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Des plantations en bandes, hêtres et épicéas

Évidemment depuis ce matin je n'ai vu absolument personne. Mais voilà un groupe de six marcheurs, et ce sont des randonneurs au long cours qui font le même sentier que moi dans l'autre sens. Ils sont partis de la frontière tcheco-polono-slovaque et vont aujourd'hui à Horni blatna. À côté de Pernink.


Petit arrêt puisqu'il y a une table...


Et continuons notre chemin


Mauvaise surprise en sortant de la forêt, en plus à l'heure où on peut commencer à penser au repas. C'est moche. Le chemin est laid, longe une ligne de chemin de fer pas belle, champs tout plats.

On tourne pour arriver à Nova Ves, une localité de quelques maisons. L'itinéraire européen E3 est indiqué sur le panneau, c'est pas souvent.


Je découvre que dans ce village se trouve un restaurant, au bord de la route au-dessus. Pourquoi ne pas en profiter,? Vu que je ne suis pas sûre de pouvoir faire des courses.

L'intérieur n'est pas poétique et la musique, negro spirituals en boucle. est saoulante. Cette fois je prends en photo les knedliky pour les non-initiés. Ça existe aussi en Bavière et Autriche sous le nom de Knödel. Et petite surprise sur le menu... Pub pour les Sirops Monin, une productions berruyères !


Ici les knedliky sont avec du porc et du chou. Moins fin que la svičkova mais j'adore aussi. Cette fois on ne m'a pas proposé la demi portion et j'avoue ne pas avoir mangé les cinq knedliky.

J'en profite pour me reposer et charger mon téléphone.

En repassant dans le village, deux croix originales sans doute modernes, et une stèle du 18è, en allemand toujours.


Pour aller au prochain bourg Hora Svateho Sebestiana = mont St Sébastien, eh bien ça monte, un peu dur parce qu'il fait chaud, mais le repas ne me pèse pas excessivement.

Encore un patelin désert, avec quand même une petite supérette tenue par des asiatiques. comme toujours pour ce genre d'établissement. Mais ceux-là ne sont pas sympas ils ne veulent pas couper en deux le dernier pain. J'espère qu'il leur restera sur les bras


Une autre statue en haut d'une colonne s'élève à la sortie du village.


Bientôt le chemin va de nouveau s'enfoncer dans la forêt.



Restes d'un viaduc ferroviaire

Et y rester. En commençant par la vallée rocheuse d'un petit torrent. Un aspect bien montagneux.


Montées et descentes. Beaucoup de goudron encore. Quelques promeneurs surtout des cyclistes. Certains m'adressent la parole, ils me demandent si je suis le "sentier tchèque" c'est ce que je fais effectivement.

Voici un bel étang. On se croirait en Laponie mais un peu plus loin un panneau éducatif parle de "taïga sibérienne"



Je commence à me dire que j'ai assez marché pour aujourd'hui mais avant de trouver un coin il faut trouver de l'eau. Plus de grands ruisseaux comme tout à l'heure mais de tout petits ruisseaux et pas toujours accessibles facilement.

Enfin en voici un qui me convient. L'eau est claire mais de couleur un peu verdâtre.


Eh bien voilà ! Plus loin sont d'autres étangs mais près des étangs il fait souvent froid et surtout humide. Alors je choisis un point élevé dans "la taïga", non loin d'un sommet à 815m qui s'appelle "Hadinec".

Comme j'ai mangé beaucoup de féculents ce midi je coupe une carotte en lamelles fines et la fait cuire avec quelques pâtes. Un peu de parmesan là-dessus, délicieux !

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Beau temps, chaud


Du côté de minuit je me suis réveillée, air immobile et silence complet. Et j'ai trop chaud, dire qu'il y a tout juste une semaine je me gelais à des températures négatives.

Ce matin, les oiseaux et un petit vent. Départ comme hier à 8h20. Et comme hier je commence sur du goudron et j'ai mal aux pieds.

Mais voilà un joli étang où nagent des canards. À côté une grive musicienne virtuose chante à qui mieux mieux. Et juste après j'entends le coucou... pour la première fois du voyage.

Et puis je fais une rencontre, un randonneur à tête de baroudeur, avec un chien. Il me dit qu'il vient de Moravie. Où je vais aller.


Novy Dum est un groupe de quelques fermes, apparemment voué à la sylviculture. À côté un écran un peu plus grand.

Je fais une petite pause à l'étang suivant, troisième et dernier de la journée, dans la petite cabane de pêche.

Après une longue ligne droite fastidieuse je rejoins une route et une localité très étalée, Zakouti (" recoins"). Je m'assieds un instant dans l'abri bus où est installée une petite bibliothèque. La route est en bas, ensuite ça remonte.

Des maisons derrière des clôtures de bois, une petite chapelle, un Nepomuk bariolé , une "chata" , évidemment fermée.


Avant l'entrée dans la forêt une source est indiquée sur le carte. Ce n'est pas vraiment une source l'eau coule d'un petit ruisseau, voire un fossé, qui court tout droit à travers l'herbe verte. Je ne risque pas grand-chose par rapport aux microbes. D'autant moins que je prends l'eau dans ma gourde filtrante.

Je suis surprise par l'arrivée d'un marcheur peu chargé et peu vêtu, qui va dans mon sens mais me dépasse bien vite, sur une ligne droite dégagée d'où on a un vaste point de vue sur la plaine, assez brouillée aujourd'hui. On peut voir les deux centrales électriques mais une seule fume.



Et on entre de nouveau dans la forêt et de nouveau il faut suivre une longue ligne droite, en outre en plein soleil. Heureusement celui-ci est dans mon dos.

Un objet bizarre attire mon attention. C'est un autre type de piège à scolytes. Les sachets de phéronomes sont placés sous un cône de toile plastique. Plus loin on exploite le "bois -energie", destiné au broyage pour le chauffage.

Une descente pour arriver au village de Svahova où se trouve une "Hajovna".En principe c'est une maison forestière, mais ils font aussi bistrot on dirait. Enfin maintenant c'est un espace en libre service, on peut puiser la bière et prendre des boissons dans le frigo. Il faut juste mettre les sous dans la caisse.

Je retrouve mon marcheur de tout à l'heure et une dame un peu plus âgée en balade aussi. Ils boivent de la bière, je ne m'y risque pas, mais m'assieds pour manger mon pique nique et faire une petite sieste, qui sera dérangée par les motos qui passent sur la route à côté.

Les pics, noirs je pense vu la dimension des trous, font bien leur travail...

Après un bout sur cette route , un sentier étroit et courbe, avant une autre ligne droite, mais en terre....

Elle va mener à Lesna qui contrairement à son nom ("forestière") est un espace découvert. Un village s'étendait ici, qui fut important quand y passait la route du sel au moyen-âge. Maintenant on y trouve de nombreux pylônes, un parking et un centre d'information touristique, je ne sais pas s'il était ouvert, il ferme à 17h et il est 17h30.

Une belle position dominante en tout cas. Le lieu paraît assez fréquenté. Je rencontre un groupe de cinq très sympathiques Allemandes du nord, venues pour se balader dans la région.

Le chemin se poursuit sur la croupe, ça me plaît bien, puis il descend à travers les bois.

Les mélèzes sont nombreux, un peu plus tard j'apprends qu'ils ne sont pas autochtones mais qu'ils ont été introduits au 19è siècle. J'apprends ça en lisant un panneau qui détaille, en tchèque et en allemand, toutes les vicissitudes de la forêt des monts métallifères, boisés à l'origine de sapins, pins et bouleaux. Les mêmes vicissitudes que partout d'ailleurs, en passant par les défrichements, l'abus de pacage et les dégâts de gibier, et la surexploitation pour l'artisanat et l'industrie. Entre-temps des opérations de reconstitution, en particulier à l'époque de l'impératrice Marie Thérèse, à l'occasion desquelles on a introduit en masse l'épicéa.

Et bien sûr les dégâts dus aux tempêtes, aux scolytes, aux rejets toxiques des usines de la vallée...

Actuellement je la trouve plutôt agréable cette forêt, car variée, et les mélèzes aux jeunes aiguilles c'est joli. Pas de dégâts de scolyte en ce moment. Beaucoup de clôtures par contre.


800m d'altitude, ça descend. Mais ça va descendre encore bien plus Jusqu'à une zone habitée, deux villages qui se touchent, Mikulovice où on commémore les batailles impériales. Puis Nova Ves.

Ces deux villages s'étirent interminablement le long de la route.

Une belle pension restaurant, des maisons des années vingt souvent en réfection, une église avec un monument aux morts allemand 1914-1918, une épicerie (fermée) à côté de la poste, le bâtiment du "sokol", société de gymnastique tchèque, devenu bistrot.

Des éoliennes sur la colline.

Ce village n'est pas désert, beaucoup d'habitants se promènent avec leurs enfants. J'ai oublié de dire que plus haut j'ai demandé de l'eau dans une maison. Un jeune couple.

Ouf! Enfin je quitte la route !! Il n'y a plus qu'à trouver une place de bivouac. J'ai repéré une place pique nique sur la carte je vais essayer de l'atteindre mais c'est dur, je n'en peux plus, j'ai mal aux pieds.

Ouf !! Il était temps. Je profite de la table pour faire une polenta.

C'est un peu venteux. On entend parfois les éoliennes. Et les explosions d'un feu d'artifice (veille du 1er mai?) qui heureusement ne dure pas trop longtemps.

J'ai presque trop chaud dans le duvet.

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Beau, nuageux, venteux


La lumière du jour me fait ouvrir les yeux. Il fait bien clair, mais mon réveil que je mets d'habitude à 6h30 n'a pas encore sonné. J'écoute les oiseaux, encore une grive musicienne... Regardons quand même l'heure... 7h30 !

Pas de petit déjeuner au lit ce matin, vraiment il ne fait pas froid. J'utilise encore la table de pique-nique après avoir plié la tente. Il est passé un couple avec un chien et, par deux fois, un type avec un anorak bleu qui doit passer sa vie à arpenter les bois, je l'ai déjà vu hier.

Départ 9h13, direction Mnisek un village à la frontière où il devrait y avoir quelque chose d'ouvert, même le premier mai.

Entre temps pas de rencontres. C'est peut être mieux car, défilé du premier mai oblige, je chante à tue tête tous les chants révolutionnaires de mon répertoire (en fait, j'en ai beaucoup oubliés).


À la croix, qui est toute récente, le village qu'on voit est en fait en Allemagne (Deutscheinsiedel). Mnisek c'est trois maisons anciennes , et une zone commerciale destinée à approvisionner les Allemands qui y trouvent moins cher que chez eux. Tous ces commerces sont tenus par des Asiatiques, ici des Vietnamiens il me semble.


Pas très exaltant comme endroit, l'avantage c'est de pouvoir boire un café (turc), recharger le téléphone avec une prise juste à côté de la table, et même faire quelques courses. Je trouve du pain, un trop gros morceau mais tant pis, un fromage local et des gaufrettes, mais hélas ils n'ont ni yaourt ni fromage blanc ni fruits. Ce n'est sans doute pas le type de denrées que les Allemands viennent acheter.

Ça fait du bien de retrouver la forêt.


Oui et non, parce qu'il faut monter une horrible piste rectiligne le long d'une ligne électrique. Heureusement j'arrive à m'en écarter, et sans me perdre, par un sentier forestier.

J' ai rejoint un itinéraire vélo, j'y verrai pas mal de cyclistes. Je préfère être à pied aujourd'hui, car le vent s'est levé, avec parfois de fortes rafales.

Le chemin rejoint la frontière. Je passe devant une table de pique-nique attirante, mais ne vais pas déjà m'arrêter... Attendons la suivante. Trahison ! Il y a deux tables et elles sont toutes les deux occupées, l'une par deux randonneurs, des gars. Ils vont à Dēcin. donc dans ma direction.

Un abri est indiqué du côté allemand à un peu plus de 2km... Allons jusque là. Et je rends grâce au ciel que là bas c'était occupé. Cette petite cabane, bien fermée, ce qui n'est pas du luxe par ce temps, est tout à fait charmante.


Je vais donc bien prendre mon temps pour manger, me faire un café, faire la sieste... Je squatte un peu, les cyclistes n'osent pas entrer... Mais c'est tellement confortable, et puis d'abord j'ai la priorité de l'âge.

Je repars gaillardement à presque 16h, rejoins la frontière, tourne à gauche, une piste assez large mais enherbée, pas désagréable, avec toujours les panneaux blancs et rouges "pozor" . Au premier croisement je fais le point... Mais je ne suis pas du tout sur ma route !!! Il ne fallait pas longer la frontière mais obliquer dans la forêt !

Je trouve des chemins à l'intérieur de parcelle pour rattraper, très fidèlement indiqués sur la carte. Et je retrouve l'itineraire rouge, une affreuse piste pierrée. Et qui monte pour arranger les choses !

Le but était peut-être de monter haut pour voir plus loin...

Pas fâchée néanmoins de quitter cette piste. La prochaine est plus herbue, longe encore des clôtures.



Comme ma journée de demain est courte et que je veux m'arrêter avant le prochain village je m'inquiète de trouver de l'eau, il n'y en avait pas jusqu'ici...

Mais ce ne sera pas long, un ruisseau croise le chemin, et son eau est bien claire.


Un peu plus loin c'est le ruisseau principal qui traverse, pstruzny potok, le "ruisseau à truites".


Et maintenant la piste va longer ce ruisseau, qui constitue la frontière (des panneaux "pozor" nous en avertissent,)

Mais c'est que la route est nettement au-dessus de ce ruisseau, ce n'est pas tout à fait à pic mais le talus est raide, et de l'autre côté la pente est forte. Où vais je pouvoir me mettre ?

Je suis attirée par le fond du ruisseau, pour une autre raison aussi c'est le vent. Au bord de la piste ça souffle parfois fort. Mais il faut affronter le talus et rien ne garantit de trouver un endroit plat.

Tant pis je me lance, là où je peux je descends. Je ne trouve pas tout de suite, de l'autre côté du ruisseau peut-être ?

Oui, ce sera en Allemagne, il y a un emplacement plat, c'est un chemin qui ne doit plus guère être utilisé. Un peu sous les arbres, très bien. Mais j'aurai sans doute moins chaud qu'hier.



J'ai du mal à m'endormir, à cause du bruit du vent dans les arbres. Pourtant je suis vraiment à l'abri.

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Publié le 2 mai 2024

Plus ou moins nuageux, venteux


Non, il n'a pas fait froid la nuit, ni le matin, et il fait sec, avec un peu de vent. J'ai apprécié le ruisseau pour faire un brin de toilette.

Pas de difficulté pour remonter sur la route. Je m'aperçois que plus loin c'était encore tout à fait possible de trouver un bivouac, et la pente était moins raide.

Pas forcément au meilleur endroit, j'aperçois une toile grise tendue entre deux arbres...


Un "tarp" autrement dit d'où dépassent deux duvets. Ce doivent être les deux randonneurs qui allaient à Dēčin. Pas matinaux.

Je fais quelques pas et vois arriver en face un couple se tenant par la main. Avec des gros sacs. Je leur demande s'ils viennent de loin ils me disent de 50m plus haut... Eux aussi ont dormi dans la forêt. Ils viennent de Moldava là où je vais et vont à Nova Ves où je suis passée hier.

La piste jusqu'à Česky Jiretin monte dans les futaies d'épicéas et de hêtres.



Ces épicéas sont étrangement arrangés. Pour les protéger du gibier ?

En contrebas on aperçoit un étang à travers les arbres. Ensuite les "chatas" maisons de vacances, le plus souvent en bois, s'alignent le long de la route. À l'entrée un grand pré... Piste de skis avec installations d'un autre âge.


Une sorcière monte aux arbres.

Le centre du village est tout petit. Au bout de la rue c'est l'Allemagne après la frontière. Pas de café ouvert. Dans un des deux magasins de Vietnamiens la dame me fait un café turc pour 27kr (1€) et me permet de recharger mon téléphone. Elle est de Hanoï, est partie depuis 10 ans. Je ne parle pas beaucoup plus, je la comprends trop mal.

Ces chatas vont encore s'aligner sur plusieurs kilomètres le long de la route. Enfin, après un passage à découvert où le soleil commence à chauffer, et le vent à souffler, un chemin part dans les bois.

L'amende est de 400€ si on dépose des ordures, et attention c'est surveillé électroniquement!? C'est peut-être dissuasif, car on ne voit pas beaucoup d'ordures qui traînent.


Un étang au milieu des bois, à côté un abri qui ne protège guère du vent.

Les bois continuent jusqu'à "Žebracky roh", à la frontière, où passait une voie de communication ancienne. Je me réfugie dans la Schutzhütte pour casser la croûte, c'est un peu sec, il ne me reste que pain fromage et gaufrettes.


La suite du trajet, je la crains. C'est complètement à découvert, qu'est ce que ça va donner avec ce vent ?

Eh bien oui, c'est bien d'avoir les bâtons pour vous ancrer au sol, et ça n'avance pas bien vite... Mais en compensation c'est un paysage 100% différent et assez incroyable, entre l'Auvergne (Cézallier...) ou les alpages de haute montagne.

Effectivement ce sont des pâturages. Le chemin au début est bordé d'arbres, de vieux sorbiers étonnamment résistants, et quelques frênes. Plus loin c'est le grand désert vert.


On peut quand même voir quelques vaches.

On domine une vallée


Et on descend vers le village de Moldava dont on voit (en regardant bien) dépasser le clocher.

Ce village est en trois parties :

Moldava église, (presbytère et cimetière)


Moldava bourg. Il n'est plus très animé depuis que mines et usines ont fermé.

La troisième partie, c'est la gare et c'est là que se trouve la penzion où j'ai réservé, mais il reste encore 3km, un parcours campagnard le long d'une petite rivière, la Mulda, qui se jettera dans l'Elbe à Dessau... J'ai dû la voir il y a deux ans.

Cette plante qui m'intrigue depuis un bon moment pour sa ressemblance avec le fenouil est ici en fleurs. C'est sans doute meum athamanticum... Fenouil de montagne.

Je n'ai fait que 15km... Mais je suis bien contente d'arriver. L'endroit n'est guère pittoresque et même un peu sinistre. Des bâtiments neufs qui ont l'air tous vides, mais un restau est ouvert et c'est là qu'il faut s'adresser. La chambre est très bien, dispose d'une salle de bains particulière et d'une belle cuisine en commun avec les autres chambres. Plusieurs sont occupées par des cyclistes allemands.

Je fais un tour dans les commerces locaux mais c'est toujours la même misère, rien de frais. Je vais donc manger au resto. La troisième spécialité connue que je n'ai pas encore essayé cette année, smazeny syr, fromage pané. Ce n'est pas si bon marché que ça car il faut payer tous les accompagnements, salade de chou, pommes de terre, sauce tartare.. mais bon, en tout avec la bière ça fait 200Kr. 8€. Je ne connaissais pas cette bière, elle est très bonne.


Le vent froid à cette heure n'incite pas à la promenade. Je vais quand même voir la gare... Qui fait bien gare de bout du monde dans un pays de bout du monde.

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Publié le 4 mai 2024

Couvert, orage l'après midi


L'orage étant prévu, il ne faut pas traîner. Réveil à 6h25 et départ à 7h30, pas si mal ! Le ciel est tout gris. Il ne fait pas très froid. Je repasse devant la gare. Une construction qui était grandiose.



Et la piste tourne dans la forêt . Ce temps gris n'est pas si désagréable, il n'y a pas de vent, c'est calme.


Balade instructive si on prend le temps de lire tous les panneaux, ce qui n'est pas vraiment mon cas. Il y avait des moulins, des verreries...

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Un panneau indicateur pas tout récent

Et maintenant des espaces naturels protégés, des tourbières et des mares.

Tapis de pervenches

Quand on part tôt, on avance vite... Déjà Cinovec s'annonce à la sortie de la forêt. Je croise deux couples de promeneurs allemands. C'est un nième village frontière avec son pendant allemand (Zinnwald Georgenfeld). Encore d'anciennes cités minières, d'ailleurs cin = Zinn = étain. Il ne reste que, 4-5 bâtiments, cafés restaurants ou magasins.

Il est toujours impossible d'acheter quelque chose de frais. Mais possible de boire un café turc dans un petit bistrot.

À l'autre bout du village deux stèles évoquent deux événements de la dernière guerre, le crash d'un avion américain, et la déportation à Ravensbrück des femmes de Lidice, le "village martyr" tchèque.

Plus loin l'église et une fontaine


Retour dans les zones humides

Des saules, des preles

Les bois alternent maintenant avec des prés. La pluie était prévue à 13h mais elle ne vient pas. Pour l'instant on est bien pour marcher. J'ai bien envie de finir la grande étape de 22km. Je m'arrête quand même pour manger, sur un banc près d'une cabane fermée. À côté poussent de jolies petites pensées.

Évidemment à quelques pas de là une aire de repos destinée aux cyclistes aurait été beaucoup plus confortable


Une rencontre ! Deux randonneurs chargés, deux Allemands venant aujourd'hui de Adolfov. Où ils ont logé, à la "penzion Tereza". Un bon tuyau !

Je me demande quelles sont ces montagnes lointaines. Mais déjà j'arrive à "komáří vížka", alias le mont du moustique.


Je passe devant une mine sans en voir grand-chose, et devant la chapelle Saint Wolfgang où n'est visible qu'une fresque à l'extérieur, le reste est en grands travaux.


L'itinéraire ainsi marqué s'appelle "sur les traces des mineurs,"

Au sommet du mont se trouve un hôtel restaurant où il y avait possibilité d'hébergement à prix modique. La vue est étendue mais un peu brouillée. Cette grande ville pourrait être Usti nad Labem.

À l'intérieur ça sent la cuisine et il fait trop chaud. Je repère une jeune randonneuse avec un chien noir et blanc et en repartant lui adresse la parole. Elle termine une rando de plus de 400km, en montagne mais elle n'a pas eu de neige, je n'ai pas compris dans quel coin, plutôt vers l'est je pense. Elle me dit que son chien est fatigué.



Ça ne rate pas, j'ai à peine mis le nez dehors que tombent les premières gouttes. J'installe l'équipement de pluie sur les marches (abritées) du restaurant. Plus question de revenir en arrière c'est OK pour la pension Tereza, qui n'est pas à Adolfov mais à Zadni Telnice 1km plus au sud.

Cette première pluie ne dure pas trop.


Paysage ouvert, pâturages et même des vaches, vues lointaines pas très nettes.

À un croisement il y eut jadis un village, Ebersdorf ou Habartice. Il n'en reste que quelques murs de pierres et une plaque commémorative. Les chalets sont récents.

Après une brève accalmie, la pluie reprend.. mais voilà un bel éclair, un coup de tonnerre... C'est l'orage, je n' y pensais même plus.

Ce n'est pas la haute montagne, mais quand même... Je suis complètement à découvert, sur cette croupe verte il n'y a que moi qui dépasse, et avec du métal... Je plie et cache les bâtons sous ma cape!



Le tonnerre s'arrête mais la pluie tombe avec force et mouille bien. il ne faut pas trainer. Le chemin suit des alignements de grands piquets. certainement pour être repéré par temps de neige. Il va descendre le long d'un bois, et puis je quitte les marques rouges pour couper à travers prés vers Zadni Telnice où j'ai mon hébergement .

À travers prés... Puis à travers des bois de hêtres sous les ramages vert tendre.

J'apprécie particulièrement ce petit sentier aux allures pyrénéennes. Et voilà Zadni Telnice. Station de sport d'hiver mais artisanale.

Très vite je trouve la penzion. Beaucoup plus cher mais moins bien qu'hier, mais il y a des radiateurs et je vais pouvoir sécher.


En bas je m'installe dans le restaurant pour faire un thé, plus tard pour manger avec mon matériel, suivant l'exemple d'autres randonneurs. Est arrivé aussi, moins bien, un groupe avec des gamins quelque peu bruyants.

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Brumeux puis éclaircies


Le réveil sonne à l'heure d'hier, trop tôt, je n'aurai pas assez dormi.

Je descends faire mon petit déjeuner. Pas de clients en bas mais une dame dans la cuisine qui me dit que le patron est parti à la maternité avec sa femme à 5h du matin. Je me fais mon p'tit dej en utilisant la bouilloire électrique, pas de problème, et paye avec la carte, pas de problème.

Il faut encore que je range tout et surtout que je reimpermabilise mes chaussures, départ seulement 9h40.

L'atmosphère est bien humide. Je me réjouis du raidillon dans la hêtraie. Ensuite la route monte jusqu'à Adolfov qui est effectivement un tout petit bled où il n'y a qu'un hôtel, fermé.


Je marche derrière un couple qui m'a doublé et que je perds ensuite de vue.

Les pâturages sont dans la brume. Ils deviennent plus humides, couverts d'une graminée rêche aux fleurs jaunâtres.


Toujours diverses constructions de bois.

Ces prés humides alternent avec des boisements où domine le bouleau.

J'écoute les oiseaux dont un coucou. Les autres animaux rencontrés sont de gros gastéropodes.

Au village de "Krasny Les" je suis bruyamment accueillie par une meute heureusement enfermée.

Pas très loin de l'église un abri bus est bienvenu. Avant de me faire un petit café je téléphone à Ludmila qui est dans le métro à Prague. Elle va à la gare pour prendre le train. Nous nous donnons rendez-vous au prochain village en début d'après midi.


Le temps commence à se dégager et la suite du trajet est très jolie, pentes vertes et bouleaux, et quelques sorbiers des oiseleurs en fleurs.


Au bout d'une longue ligne droite qui a l'inconvénient de descendre très fort (mal au coup de pied) puis de remonter très fort (poids du sac) j'atteins enfin une belle table de pique-nique. En sens inverse tout un groupe s'approche, je suis obligée de presque courir de peur qu'ils ne me prennent la place... Ouf je suis installée, et ils passent. C'est un groupe de messieurs bedonnants.




Agréable endroit, juste un petit peu venté. Pour manger, ça ira vite il ne me reste plus qu'un tout petit peu de pain, une tranche de lard cuit et deux tranches de fromage plus quelques biscuits secs. J'ai le temps, Ludmila ne devrait arriver que dans deux heures, à 2km de là.

Moins réjouissant, j'ai reçu un appel du patron de la pension d'hier: ils n'ont pas trouvé les clés de la chambre. 😱. En effet je me souviens les avoir mis dans ma poche quand je me suis descendue manger alors que normalement je les laisse toujours sur la porte.

Je sors ma doudoune. rien dans les poches, fouille tout le sac. Pour finalement les trouver dans la poche de mon pantalon.

Et puis Ludmila m'appelle, elle a trouvé un bus plus tôt, et arrive à Petrovice. Du coup je pars à toute vitesse, et la retrouve juste avant le village, venue à ma rencontre avec sa chienne Mouchka. Nous allons boire un café et finirons le trajet ensemble, avec une petite pause où nous nous trempons les pieds dans un étang tandis que Mouchka se baigne puis nous procure la douche. Ça tombe bien il fait chaud. C'est la première fois que je marche en manches courtes.




Il n'y a guère que Mouchka qui s'avère photogénique. Nous essayons un selfie à l'arrivée à Tisa mais ce n'est pas vraiment réussi.


Juste avant que nous arrivions à la maison de famille, un automobiliste s'arrête. C'est le patron de la pension Tereza qui est venu jusqu'ici pour récupérer les clés de la chambre. Il en a absolument besoin car il a des clients et pas de doubles.

Nous nous installons dans cette charmante petite maison et dégustons le bon dîner que Ludmila a emmené dans son sac à dos, du poulet avec plein de légumes.... Des légumes, enfin ! Et ensuite nous faisons une promenade vespérale à travers Tisa.

Ludmila connaît ce village depuis son enfance, c'est là que se sont installés à la retraite ses grands-parents maternels, après la guerre, et la petite maison est restée dans la famille.

C'était une petite ville industrielle où plusieurs usines fabriquaient des boutons, et notamment des boutons métalliques pour les uniformes.

Beaucoup de nouvelles maisons ont été construites, d'autres restaurées avec plus ou moins de bonheur. On est ici à 20km d'une grande ville, Usti nad Labem. Le tourisme s'est également beaucoup développé à cause de la présence d'une crête de rochers de grès aux formes étranges, et où se pratique l'escalade.

Les pensions et restaurants prospèrent. Mais bien sûr un seul magasin d'alimentation peu pourvu et hors de prix.

C'est de l'autre côté que nous nous promenons. Les maisons sont dispersées au milieu des prés. Nous côtoyons plusieurs étangs et une plantation récente d' arbres fruitiers.

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Nuageux, un peu orageux, quelques ondees

C'est très agréable de se réveiller dans cette vieille maison villageoise.

Au petit déjeuner nous mangeons des oeufs frais, achetés hier soir chez des particuliers. Et nous sortons pour la ballade.



Le selfie est un peu mieux réussi qu'hier

Ludmila me raconte que cette forêt a complètement changé d'aspect depuis cinquante ans. Auparavant c'était une monoculture d'épicéas, qui a été décimée dans les années 80 par les pluies acides dûes aux émanations de gaz nocifs provenant des industries.

La forêt a été reconstituée surtout naturellement, et est maintenant d'une grande diversité d'essences. Les bouleaux, les premiers à s'installer, sont de beaux arbres élancés. Les hêtres, il en reste des exemplaires de taille mais des jeunes se développent. Les mélèzes et les pins, sans doute déjà présents, sont les plus hauts arbres. Les jeunes épicéas qui étaient en dessous montent vers l'étage supérieur. Il en reste par ailleurs quelques peuplements relique.

On peut voir aussi des tilleuls et des marronniers. Beaucoup d'arbres ont des feuilles roussies par les gelées récentes. En sous étage, du sorbier des oiseleurs, et en dessous beaucoup de myrtilles, apparues il y a quelques années.

Le chemin est ancien et localement le pavage d'origine est resté en état. On commence à voir quelques rochers ça et là. Puis nous arrivons sous les murs d'escalade.

Les promeneurs sont nombreux aujourd'hui, c'est dimanche. Les chiens se saluent.

Nous arrivons à Ostrov, un lieu touristique où l'on trouve un étang, un camping, et une colonie de rastas. Dommage qu'il soit trop tôt pour manger, car la carte du restaurant propose du confit de canard aux choux et knedliky.

Nous continuons donc notre chemin pour retrouver une autre zone rocheuse. Le temps est un peu incertain, quelques gouttes tombent mais ce n'est pas vraiment la pluie annoncée par la météo.

Il est autour de 13h et on commence à avoir une petite faim, ça tombe bien nous arrivons à la "turisticka chata" un restaurant , ancien refuge qui a été agrandi par duplication.


Nous entrons donc, c'est presque plein et on nous met sur un coin de table avec une famille. Et pas de canard hélas. Je prends une côtelette de porc parce qu'avec il y a du chou, et Ludmila un goulasch. Ce n'est pas mauvais mais rien d'extraordinaire.

Maintenant nous pouvons aller voir la partie des rochers la plus touristique, il faut payer l'entrée, et on nous fournit un plan avec le nom des rochers.

Car ils ont des formes impressionnantes et sont très hauts. Je ne prendrai que quelques photos, j'ai tout bonnement oublié de recharger mon téléphone depuis hier soir.


Leurs formes étranges permettent de les comparer à des personnages divers, ou des animaux, pas forcément ceux auxquels les noms font référence. Des anneaux sont plantés pour les varappeurs. On n'en voit mais pas énormément aujourd'hui, il pleuviote et c'est glissant. Ludmila me montre le "starosta" et le "hubeny doktor", elle a escaladé l'un des deux avec son cousin et a fait de la descente en rappel mais n'était pas trop rassurée.

Dans ces rochers de grès, l'érosion a creusé des grottes des tunnels et des trous, plaisir des enfants, et... de Mouchka.

Au bout on peut monter sur un promontoire d'où on a une très belle vue sur les rochers, sur Tisa. sur les monts alentours, le "decinsky Sneznik" où je dois passer demain, et au sud les "České Stredohori" monts de Bohême Centrale.




C'est vraiment dommage que je ne puisse plus prendre de photos !

Il n'est plus loin pour descendre au village. Nous allons dans un café resto un peu branché qui s'appelle refugio. Avec le café nous prenons un excellent crumble aux fraises et rhubarbe.

Et malheureusement Ludmila doit repartir car elle doit être à 11h à Prague demain, nous nous séparons au départ du bus. Je resterai là jusqu'à demain matin.

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Pas trop rapide le départ, le temps de cuire les œufs pour le p'tit dej et le pique nique, et de tout ranger.

Je vais cacher la clé dans le jardin, deux fois parce que la première j'avais oublié les bâtons. Dernier regard sur la maison. Il est plus de 10h

Je ne me presse pas pour autant, m'arrêtant pour quelques photos

L'école, une entrée de propriété, la mairie - poste - épicerie, une sculpture, l'église, et le chemin vers les rochers, au fond on voit le monument aux morts 14-18.

Sur les côtés des panneaux racontent l'histoire de la ville, l'industrie des boutons et des bretelles, les combats avant l'invasion allemande, l'"évacuation" des habitants allemands à la fin de la guerre, et les débuts de la varappe.


Cela ressemble à une déportation...

Normalement l'itinéraire passait par Ostrov, mais comme nous y sommes allées hier je vais en prendre un autre, et pour commencer emprunter un chemin qui longe la barre rocheuse. Il y en a un bien plat et rectiligne, bordé de muguet... mais trop loin des rochers à mon goût, alors je vais rejoindre l'étroit sentier escarpé, presque en corniche, à la base de la falaise. C'est beaucoup plus excitant, ça évoque la haute montagne.

Impressionnant et beau.. et puis de là on peut observer les oiseaux qui vivent dans ces falaises. Des faucons, mais pas des pèlerins, sans doute des crécerelled, et puis deux grands corbeaux qui croassent tant et plus. J'espère que ce n'est pas moi qui les dérange.


La dernière photo est un éclat de la roche. Un grès très clair et granuleux, oxydé à l'extérieur... ou noirci par la pollution ?

Au bout je rejoins la route où est stationné un car suédois, et où je reconnais, à mon étonnement, le chalet où nous avons mangé hier !


Il va me falloir prendre cette route sur presque 1km, ce qui n'est guère agréable, et puis je retrouve la forêt.

J'essaie d'emprunter au maximum des petits chemins plutôt que les pistes rectilignes. Il pleuviote et c'est bien humide, mais pas désagréable pour marcher.

Je sors au hameau de Sneznik, nom de la montagne vers laquelle je me dirige.

Un hôtel restaurant fermé, une église minuscule et tout au long de la piste de coquettes maisonnettes où fleurissent les rhododendrons, tous blancs.


Après avoir dépassé tout ça, retour dans la forêt et les rochers, mais ça devient sérieux, il s'agit de rejoindre la crête de ce Sneznik (700m et quelque). Et ça monte, une nouvelle fois on se sent en montagne.

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Ce sentier ne mène pas au sommet, mais à la tour panoramique. Aujourd'hui il n'y a pas grand intérêt à y monter...

Je m'assieds à une table pour manger mes provisions, pas question de traîner, il pleut à moitié. J'entre dans le buffet sous la tour pour prendre un café, j'aurais bien pris un petit gâteau avec ça mais il n'y a rien, je devrai me contenter d'une gaufrette 😕.

Un autre randonneur entre avec un sac énorme, 20kg dit il. C'est un Allemand de Chemnitz (prononcer Kemnitz) qui s'appela jadis Karl Marx Stadt. Il a traversé la "Suisse Saxonne", (la même zone de rochers qu'ici), en partant des bords de l'Elbe, va aujourd'hui à Ostrov puis continue vers l'ouest. Il s'appelle Tino.

À la sortie ça s'est un tout petit peu levé. On voit des agglomérations, Usti sans doute.



La mare est derrière la tour.

Le chemin continue un moment à suivre la crête, sous des arbres peu élevés et entre des rochers.

Et puis il descend dans les bois, assez fort, sur des pierres. Nouvelles impressions montagnardes, je suis gâtée aujourd'hui.

Deux constatations: on recommence à voir des exploitations. Et les essences de plaine sont plus fréquentes. Par exemple pour la première fois je vois un charme.


Des chênes dici ou d'Amérique, des pins sylvestres plantés serrés. Je descend toujours. Le panneau sur ce chêne indique 345m. Et j'atteins la vallée urbanisée. Les maisons sont du début du 20e et les auberges sont fermées.

Mais la journée ne se termine pas comme ça ! Ce n'est pas fini les ascensions, il va falloir grimper, et pas qu'un peu, sur une autre hauteur boisée. Je ne m'en plains pas , c'est magnifique, d'abord cette montée raide dans les rochers, parfois par des escaliers.

Les pins sylvestres (borovice lesni) sont très hauts et rectilignes. En haut il n'y a plus qu'à suivre un chemin bien plan qui suit la crête d'où on a de belles vues sur les alentours, et parfois sur des rochers. Je me sens si bien là haut que je m'arrête faire un thé à une table de pique-nique. Thé vert hibiscus gingembre mais pas assez fort.

Trop serrés, ces pins

Et tout au bout de cette arête on découvre enfin l'Elbe, la ville de Dečin, et le pont que je me souviens avoir traversé en vélo après avoir suivi l'Elbe, il y a deux ans.

En symétrie à la montée de tout à l'heure, descente dans les rochers et escaliers, après être passée devant une drôle de maison.

En bas, la voie ferrée, l'Elbe et le pont.

Ce château qui domine la ville a belle allure, le centre de la ville n'a pas le pittoresque baroque de certaines villes tchèques. Les belles maisons datent du début du 20è.


Évidemment je me précipite au Billa où j'avais déjà fait mes courses en 2022, et après je n'ai plus qu'à me dépêcher pour trouver mon hébergement, passant devant le lycée et la statue de Jan Amos Komensky alias Comenius, philosophe et pédagogue tchèque du 17eme.



L'hébergement de l'extérieur est un peu sinistre, le monsieur qui m'accueille un peu aussi, en montant l'escalier on s'attend au pire...mais c'est le grand luxe. La déco imitation bois n'est pas forcément de mon goût, mais c'est vraiment un appartement complet, un couloir, une pièce immense, une cuisine séparée équipée, une salle de bains avec une baignoire (je m'en servirai) et un radiateur séchant. Et la radio, qui diffuse un concert de musique tchèque. C'était 37€.


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Temps couvert, vent du nord


Il fait bien clair quand je me réveille.. 7h30. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais partir tôt... 9h, et il me faut encore trouver une boulangerie pour avoir du pain frais et en quantité raisonnable. En effet ils y vendent des quarts de pain, je ne suis pas obligée de me charger.

La rue qui monte vers le nord est encore bordée de belles maisons.

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Le sentier monte dans un parc boisé avant d'arriver à la forêt, où des lacets mènent à un belvédère.

Dernière vue sur Dēčin

L'itinéraire se poursuit sur la hauteur. On aperçoit une petite guérite de garde.

Descendant sur l'autre versant, on ne voit plus que la forêt. On se rapproche d'une route puis on remonte en suivant un ruisseau qui ne coule pas bien fort

Plus loin un cimetière isolé.


Et encore un petit tour en hauteur avec point de vue sur l'Elbe et les rochers.


Mais il faut de nouveau plonger de l'autre côté, ce sera un parcours moins intéressant. Les essences sont moins variées, pin sylvestre, épicéas, et quelques bouquets de hêtres ou chêne rouge d'Amérique. Avec des coupes, et des chemins défoncés.

Le vent souffle d'en face, j'ai froid. Près de ce tronc où je me suis arrêtée je ne resterai pas longtemps.

Encore quelques lignes droites pour arriver au dernier belvédère.


Des bornes un peu grossières

J'avais imaginé un instant boire un café à l'hôtel Belvédère. Le belvédère y est toujours mais l'hôtel est fermé.


Je quitte les marques rouges, itinéraire interdit sur ma carte, pour suivre les vertes et descendre vers la vallée. Ce qui s'avère beaucoup plus intéressant. En outre c'est abrité, il ne fait plus froid du tout.

Beaucoup d'arbres sont tombés sur cette pente, suite à une catastrophe quelconque, vent, scolytes, incendies,?? Le chemin est dégagé en tout cas.


En bas c'est un sentier à flanc de pente juste au dessus de la route. Il vaut mieux regarder en dessous qu'au dessus, à cause de tous ces bois tombés.

Une partie où les arbres sont encore sur pied

La fin du trajet c'est un trottoir au bord de la route qui longe l'Elbe. Bruit des voitures et des trains de marchandises de l'autre côté. Vieux hôtels défraîchis.


Enfin voici Hrensko village étroit construit dans les gorges d'un affluent de l'Elbe, la Kamenice. Je l'avais trouvé pittoresque en passant sur l'Elberadweg en vélo de l'autre côté... Mais ce que je n'avais pas vu c'est l'invraisemblable mercantilisme qui l'encombre. Toujours les mêmes commerces tenus par des Vietnamiens, mais ici ils occupent toute la rue.

Je trouve un resto où je peux recharger les batteries du téléphone et les miennes, et remplir mes gourdes. Je repars vers 18h, j'ai décidé de bivouaquer puisqu'il ne pleut pas. Au passage j'entre dans une petite épicerie pour trouver du lait condensé, et je me mets à discuter avec la commerçante, qui me dit qu'à cause de récents incendies le camping sauvage est interdit et étroitement surveillé... Et elle m'offre de dormir chez elle gratuitement. Je ne saurai refuser.

Elle ne savait pas encore que j'étais française... Et là elle est super contente, la France c'est son second pays dont elle ne connait pas la langue et où elle n'est jamais allée, mais ses ancêtres, de son arrière grand père hussard à son père métallo, y ont travaillé et vécu, et ce à Soissons, Aïssne me dit elle, à 60km de ma ville natale !

Son père est revenu en Tchéco après la guerre, le gouvernement faisait des ponts en or à ses ressortissants à l'étranger pour repeupler "les Sudètes", toutes ces régions d'où les Allemands avaient été chassés.

C'est une pension qu'elle tient, plusieurs chambres avec cuisine et sanitaires communs. Elle m'a donné la clé d'une chambre à 4 lits. Je déplie mon duvet, je ne veux pas abuser.

Le chili con carne de Bonduelle, dont les conserves sont le fin du fin chez les Tchèques, n'est ma foi pas mauvais... J'ai bientôt de la compagnie, Dasa et Zoska sa petite fille de 5 ans pragoises en vacances pour quelques jours. Zoska comme Méline dessine des arcs en ciel et des licornes.

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Publié le 9 mai 2024

Nuageux


Je me fais le petit déjeuner dans la cuisine, mais mon hôtesse tiens à m'offrir un café, et avec ça deux viennoiseries fourrees aux pommes et fromage blanc... que je garde pour la route.

Elle m'invite à m'asseoir sur la terrasse au-dessus de la rivière, et me raconte que lors des grandes inondations de l'Elbe l'eau est montée très haut, jusqu'au niveau du 1er étage. Elle me dit aussi que cette maison était une école, et dans un état déplorable quand elle l'a achetée.


Départ à 9h après échange d'adresses. Les commerçants vietnamiens commencent à installer leurs étalages.


Encore une église consacrée à Nepomuk

La route, toujours au fond des gorges. est tranquille à cette heure. Il ne faut pas aller bien loin pour comprendre la situation... Sur les pentes il n'y a plus un arbre vivant, tout est incendié.


Le chemin longe la route jusqu'à un arrêt de bus où un chemin part en direction des rochers et particulièrement de la "Pravčicka Brana", la grosse attraction touristique de la région. C'était mon chemin, qui est fermé à cause de l'incendie, mais il a été réaménagé jusqu'à ce site, par contre ensuite il que je fasse demi tour.


Presque tous les chemins sont fermés

Au croisement se trouve un panneau avec cette carte et une table de pique-nique. Je ne vois pas trop où laisser mon sac, je pars donc avec, mais regrette déjà, ça monte. Dans un environnement pas très réjouissant.


Le chemin est asphalté, puis constitué de grosses pierres. Il avance au fond d'une vallée et puis tourne en épingle à cheveux pour monter dans la montagne et à cet endroit je me dis, non, je ne vais pas traîner le sac jusqu'en haut, je le laisse là, prenant parti de ne pas le cacher, ce qui aurait été difficile vu l'absence de végétation.

Maintenant je me sens beaucoup mieux, j'ai bien fait, c'est vraiment très haut.

Un grand corbeau plane (queue cunéiforme).

On monte, on monte, souvent sur des marches, et enfin on voit ce dont il s'agit. Théoriquement Brana se traduit par "porte" mais je verrai plutôt une arche.

Étonnant de trouver à des hauteurs pareilles un hôtel restaurant. C'est là qu'on pense à la Suisse. Car la région s'appelle "Suisse tchèque" et je ne vois pas trop le rapport avec la Suisse.

Une mauvaise surprise m'attend, l'entrée est payante et je n'ai même pas pris mon porte monnaie (pas raisonnable d'ailleurs). Mais le gars à l'entrée est sympa et me laisse passer. Cela permet de passer juste sous l'arche et de monter au-dessus.

La descente est bien plus rapide que la montée, surtout avec les bâtons.

Cette banderole barre le chemin qui normalement continuait. Danger de mort. Aucune envie d'essayer.

C'était une bonne idée de venir tôt car maintenant c'est un vrai défilé de Tchèques, Allemands, Américains, et même un couple de français qui me rattrape en bas, après que j'eus récupéré mon sac.

Je me dépêche pour prendre le bus. Les Français me proposent de m'emmener mais je les laisse descendre au parking plus bas en arrière, pour me rendre compte que le bus est passé il y a deux minutes. Je ne les vois pas repasser alors je prends un petit train touristique tout à fait ridicule dont je suis en plus la seule passagère. Le paysage c'est vraiment tristounet avec tous ces bois dévastés. Je n'aurais pas aimé faire ce trajet à pied !

L'hôtel restaurant de Mezni Louka(pas celui là, qui est fermé) ne m'attire guère, je repars tout de suite, à partir de là le sentier "des rochers" est praticable, mais il va falloir tout remonter et c'est fort raide. Il y a beaucoup moins de monde.


Un chemin parfois escarpé

Très beau trajet sur les rochers, sous les rochers.. avec parfois des arbres encore verts.


Je voudrais bien une table ou au moins un banc pour manger mais pas de table et les bancs sont tous occupés alors je m'installe sous des pins et des hêtres au-dessus du ravin.

Tout près de là s'élève une autre arche. La Mala Pravčicka Brana. Plus petite comme son nom le dit. C'est court mais escarpé pour y aller.

D'en haut on aperçoit un paysage joliment verdoyant...

La prochaine attraction c'est le "Château Saunstejn" un roc massif vers lequel on descend.

Le château

Sentiers étroits et beaux rochers

À l'arrivée j'apprends qu'il y a vraiment eu un château fort à cet endroit aux 14e 15e. Un nid d'aigle en haut duquel on peut monter par des escaliers raides et interminables.



L'intérêt c'est plus la montée en elle même. De là haut, le même paysage que tout à l'heure.

L'itinéraire va maintenant emprunter une route, appelée "route tchèque"; appréciée aux temps anciens car facile à parcourir au milieu de ces reliefs bousculés. Et en effet ce sera un chemin facile, malheureusement toujours parmi des bois dévastés, mais sous de beaux rochers.

On quitte le goudron pour un chemin plus étroit mais toujours facile. Et le ciel s'est dégagé...

Une "chapelle de pierre"

Et on atteint cette verdure, ces prés verts qu'on voyait d'en haut

Sur les marches d'un calvaire, parce que je ne vois pas d'autre endroit, je me fais un café.

À deux pas de là un banc, appelé "l'église des chats" aurait été mieux indiqué !


Les autres pics rocheux qu'on aperçoit, j'aurais pu y monter aussi. Le sentier y continuait. Mais mon courage a faibli, j'ai pris le chemin le plus facile !

Jetrichovice est un joli village. Une jolie église, une fontaine d'eau potable, une école, et une épicerie asiatique où on s' approvisionne comme on peut. C'est mieux que rien.

Je continue vers le camping situé à côté d'une baignade. Encore des rochers.



C'est ouvert, et même bien plein, je ne sais pas si c'était une bonne idée...

C'est 300kr soit un peu plus de 12€. Je mange au bistrot du camping , bien qu'il y ait une pseudo cuisine (pas de réchaud ) sous un abri, j'irai après boire une tisane et charger le téléphone.

Beaucoup d'enfants, mais ils se coucheront à une heure raisonnable. Par contre des gens arrivent juste à côté, claquent les portieres de voiture jusqu'à minuit et demie et font le bazar ... Je regrette le calme du bivouac.

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Quelques nuages


Je suis réveillée par le jour et quelques cris d'enfants, commence à me lever ... Il n'est pas 6h. Je n'aurai pas beaucoup dormi, en plus c'était dur et bosselé. Tant pis, c'est mieux de partir tôt. Ce sera 7h30, après la douche (chaude mais brève) et le petit déjeuner à la "cuisine". Au moins il y a une bouilloire électrique.

Pas grand monde de réveillé...

La journée commence par une marche le long d'une rivière qui s'appelle Kamenice comme celle de Hrensko, mais là c'est celle de Chribska. Je suis seule au monde.

La branche est celle d'un aulne

Je me suis un peu fourvoyée au départ, pour retrouver le chemin il me faut traverser ce curieux tunnel. Un étranger personnage m'accueille à la sortie

Regardant l'eau couler je ne me rends pas tout de suite compte que je suis au fond de profondes gorges.

Au bout de 6-7km on en sort pour arriver dans un petit hameau.

Peu après l'église se trouve une petite auberge. Comme je vois un monsieur dehors je lui demande si c'est ouvert. C'est indiqué ouverture 13h mais le monsieur demande à sa dame et elle veut bien me faire un café, sympa. Le monsieur vient me parler, il connaît bien le sud est de la France, il y allait en vacances avec ses enfants et a aussi randonné dans les Alpes.

Parmi les chalets et maisonnette de campagne, celle ci est bien dans le style traditionnel

J'ai maintenant à tort ou à raison l'impression de changer de région. Beaucoup moins de rochers en tout cas.

Un sentier monte dans une hêtraie après avoir traversé un pré. Vue sur des monts boisés

La végétation est typique de la hêtraie, aspérule, fougère...

Je tourne plus ou moins autour d'un mont qui s'appelle Studenec, 737m. Je ne vais pas au sommet mais la montée est longue. Autour de ce sommet la forêt est dite "vierge". Depuis toujours ??? En tout cas c'est une réserve intégrale. Elle ne se différencie guère d'une futaie de hêtre classique.

Sortie (provisoire) dans des prés...


Le monument aux morts est en allemand et date des guerres impériales.

D'autres bois vont suivre mais avec davantage de résineux, épicéas et mélèzes. Ils sont loin d'être en bonne santé. Pas d'incendie ici, sans doute des scolytes. Pour les mélèzes je ne sais pas

Ceux ci ont vraiment de drôles de formes!

Maintenant ça descendrait plutôt

Je me planifie un arrêt à un carrefour pourvu d'un abri, mais il passe là une route très fréquenté, et d'ailleurs la place est prise. J'irai jusqu'au prochain "pod Malou Tisovou" par une route goudronnée d'un bout à l'autre. Ça faisait quand même longtemps. Et là pas de table, mais j'ai la forêt entière, il va falloir que je me débarrasse de mes réflexes de temps froid et humide !

J'ai du faire 14km, pas mal. Et après ça ira tout seul. Pistes, épicéas, mélèzes, hêtres, quelques frênes (encore sans feulles) et érables sycomores.

Je m'approche de la gare de Jedlova où je devrais trouver un restaurant. Je traverse deux voies de chemin de fer, à une voie mais en bon état de fonctionnement.

Tout à coup une banderole de chantier en travers du chemin... Fermé pour travaux forestiers. Ça se voit en effet... Mais je n'entends rien alors je passe. En effet le chemin est bien défoncé mais c'est sec.

La gare est bien là, justement un train part. Le restaurant aussi, et il y a du monde. Je prends un café et un knedliky aux myrtilles qui est au yaourt liquide et non au fromage blanc, pas formidable mais ça me nourrira bien pour le reste de la journée !

Et puis je demande du pain, oui je peux acheter ! Mais quelle quantité la portion ? Quand je dis qu'une tranche c'est peu pour deux jours la serveuse me donne tous les restants de pain des gens qui ont pris de la soupe (le pain est servi avec la soupe, bon à savoir...). Ouf ! Je suis sauvée, je ne mourrai pas de faim!

Je reste un peu longtemps car j'ai d'hier beaucoup de photos à publier. Quand je repars c'est ju

J'hésite assez mais longtemps sur le chemin à prendre pour rejoindre un refuge, Chata Luz, mais je ne compte plus trop y arriver vu l'heure. Au premier carrefour j' échange quelques mots avec un couple de marcheurs. Ils me disent que des Allemands y fêtaient un quelconque événement... Ils me parlent aussi des ours en Slovaquie, ce qui ne me rassure pas.

Je continue donc mon chemin, d'abord un chemin à niveau à flanc de pente, puis un pont passe au-dessus de la route, et après ça monte sur le flanc d'une montagne appelée Penkavci vrch, "le mont des pinsons", à travers de hautes futaies de hêtres. C'est beau, surtout au soleil oblique du soir. Mais pour le bivouac ça ne me dit rien.


Je vise encore une aire de pique-nique, c'est une obsession, mais il est passé 19h. Et voilà que j'arrive à une zone complètement dévastée. L

Je manque faire demi tour, mais finalement j' aperçois un coin herbeux sympathique entre de gros hêtres et des mélèzes... mais à une certaine distance. Pas si mal.

J'aurai quand même fait à peu près 24km

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Beau temps


Réveil vers 6h juste un peu avant le lever du soleil. Je crois que j'ai dormi d'une traite. Rien de mouillé et beaucoup moins froid qu'hier matin.

Pas de flocons d'avoine ce matin, je n'en ai presque plus, mais j'ai du pain.


Départ 7h45. Pour l'instant, pas un souffle de vent. Je retrouve vite le couvert des bois et constate que j'aurais pu trouver un autre bivouac... Mais pas meilleur que là où j'ai dormi.


Une nouvelle fois le chemin touche à la frontière

Et il mène à la fameuse "Chata Luz". Une route y mène, que le parking est plein de voitures et de motos. je n'ai aucun remords de ne pas y avoir dormi.

Les clients prennent leur petit déjeuner mais la salle n'est pas accessible aux gens de l'extérieur. Ils acceptent finalement de me faire un café. Expresso, pas le choix... Et pas chaud.

Ce n'est même pas seulement un refuge ici, mais tout un village. À la sortie un pré pourrais faire office de "aire de bivouac"... Pas sûr que ça se pratique ici...



Je continue à suivre les marques rouges, même si ce n'est pas la voie la plus directe.


Le tracé rejoint encore la frontière, un monuments aux soldats tombés en défendant la région en 1938, avec le blason de la Tchécoslovaquie, et de l'autre côté un hameau saxon.

Les montagnes sont maintenant les "Luzické Hory", montagnes de Luz. C'est aussi quelque chose comme un parc national.

Je regrette de ne pas m'être arrêtée plutôt dans le village suivant, Dolni Svetla. C'est visiblement un lieu de villégiature, les pensions restaurant sont nombreuses. Les maisons sont restaurées dans le style local, très jolies.

Après un autre monument aux morts allemand, l'itinéraire bifurque dans la montagne. L'ascension est rapide, surtout au début.

Le chemin se poursuit en crête, avec des ouvertures sur les montagnes, et puis il redescend sur Krompach.

Je passe devant un premier restaurant mais il n'est que 11h30 j'attends le deuxième après une agréable traversée du village dans un paysage bucolique. Hélas il est moins bien, l'intérieur n'est pas joli et il n'y a aucune prise de courant près des tables.

Ils me fourguent une bière sans alcool, pas bonne, j'ai rien compris. Je prends un plat qui serait d'origine hongroise parce qu'il y a des légumes. Mais c'est moyen. J'apprécie les galettes de pommes de terre.

La suite des réjouissances c'était l'ascension au sommet voisin, frontalier, Hvozd / Hochwald 749m, avec une tour et un hôtel restaurant, tous du côté allemand.

Comme je me suis bien alourdie je n'ai pas trop le courage, et la petite route de campagne me plaît bien. Première fois que je vois des genêts.

Plus loin, une piste va suivre le flanc de la montagne, montante au début, puis en courbe de niveau. Une belle vue, grâce à une coupe.

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Pour la première fois on aperçoit le Jested, un mont de 1000m qui domine la ville de Liberec. Où je devrai monter demain.

Je croise quelques cyclistes et un monsieur seul. Au bout s'élève un chalet qui doit être un centre de vacances, lieu agréable pour une pause.

Ce n'est qu'en repartant que je vois la fontaine, et que la maison appartient aux scouts ("skaut")


Viorne obier (kalina)

Je rejoins un nouveau village, Petrovice. doté d'une belle église, de jolies maisonnettes et d'un petit clocher en bois. Aucun commerce.

L'altitude est de moins de 400m. Et il va falloir monter à 1000m! Pour l'instant en effet il faut monter, des bois très exploités sans grand intérêt. Mais à l'entrée du bois je vois ma première cigogne.


Je me trompe de chemin, et après un carrefour dit "la croix du boulanger" me retrouve sur un petit sentier bien plus amusant, où je n'aurais pas osé m'engager s'il n'y avait énormément de traces de pas.

Et je finis par comprendre pourquoi. Sur la crête s'élèvent de gros blocs rocheux. Ils ont peu de ressemblance avec leurs noms , la dent, le faucon.. ma

Sur le dernier des, des grimpeurs

Je gagne une route puis un dernier hameau, Dolni Sedlo. Devant la chapelle rose je m'installe après avoir traversé des prés. au premier emplacement possible, mais très bien. Le soleil se couche derrière les arbres.

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Publié le 12 mai 2024

Ciel voilé, petite pluie le soir


Réveil un peu tardif 7h30 et départ 9h. Fin de la cartouche de gaz. Personne n'est passé. Et je ne verrai personne pendant un bon moment.

Chaerophyllum hirsutum - cerfeuil hirsute

Trajet forestier. Entre deux arbres une vision d'horreur au loin dans la brume. Centrale nucléaire ?


Le temps est couvert, ce qui n'est pas désagréable pour marcher.'

Et de nouveau de grands rochers vont se trouver sur le chemin. En particulier les "Pierres Blanches", Bilé Kameny, comparé ici à un troupeau d'éléphants. C'est encore du grès.

Juste après, le sentier traverse un champ de colza pour rejoindre une route importante et le village de Jitrava, seulement à 366m d'altitude.

Au bord de la route se trouve une station service. Environnement pas très poétique.

Mais je peux m'y procurer un café+ un gâteau aux fruits et à la crème, un sandwich pour ce midi, des petits gâteaux et du chocolat.

Dans le village il y aura des auberges plus typiques mais tant pis. L'itinéraire suit longuement une rue qui monte bordée de maisons plutôt jolies, dont une très authentique mais en piètre état.


La statue est St Vaclav (Wenceslas) le même que sur la Vaclavské Namesti à Prague. La dernière maison, une ancienne boulangerie, est maintenant un musée.

La montée va encore durer. Vue sur la montagne que j'ai évitée hier (Hvozd), et sur Jitrava et ses champs de colza.



Au bout de la route une écurie avec un manège rond. Les chevaux sont dans les champs avec des capuchons contre les mouches.

Et je suis intriguée par ce panonceau. On y lit " Sudetenland, geliebt und unvergessen". Pays Sudètes, aimé et jamais oublié. Il fallait s'en douter, il y a des nostalgiques.

Et maintenant enfin je m'enfonce dans la forêt, sans suivre toutefois le chemin de crête (marques rouges) mais en empruntant une piste à flanc un peu plus bas. Ça n'empêche pas d'avoir de jolies vues.

Des grands corbeaux croassent que c'en est presque effrayant.

Le lieu où stationnent les engins s'appelle Travnik

Je me désole qu'après avoir tant monté le chemin redescende à plusieurs reprises, notamment vers l'oratoire de Saint Christophe. Où je m'arrête manger. Il passe de nombreux VTTistes méritants (= sans moteur).

J'avais envisagé un bivouac ici. C'était possible.

Et vers le prochain col, Krizanské sedlo 578m, encore une forte descente, avec le Jested et son émetteur en ligne de mire.

Au col un calvaire avec une pietà

Ce n'est pas la piste qu'il faut prendre mais, seulement au début hélas, un étroit sentier. Devant un tapis d'herbe verte je ne résiste pas à m'allonger un instant. J'entends les oiseaux et puis un drôle de bruit... Une martre est en train de grimper dans l'arbre au-dessus de moi !

Mais là c'est moi qui vais grimper le long de la crête, sur une piste rustique. On rencontre encore quelques courageux cyclistes (beaucoup moins). Je vais doucement et me sens plutôt bien, l'environnement est beau, entre les arbres apparaissent des vallées de part et d'autre, et l'antenne un peu extraterrestre du sommet.

Des bruits de moteur... De motos plus précisément. J'arrive à la route et à un parking... La civilisation... Eh oui hélas c'est encore un sommet où on arrive en voiture.

Pourtant à pied ça ressemble enfin à une vraie ascension montagnarde.

À noter que la pierre n'est plus du grès, mais un espèce de schiste.

Évidemment au sommet le charme est rompu, plein de monde, venus en voiture, l'hôtel restaurant en bas de la tour. Faisons quand même un selfie pour commémorer cette ascension !

Le panorama est vaste mais très brouillé. La ville de Liberec, les monts, la plaine.

La descente est un peu sportive tout au début, ensuite on rejoint une route (beaucoup de promeneurs) puis des pistes qui longent divers équipements de ski.


Je pensais encore trouver un bivouac jusqu'à ce que je réalise que j'ai complètement oublié l'eau, je n'en ai plus du tout. Mais le refuge " Plane pod Jestedem" est ouvert, au moins j'aurai de l'eau.. Je me renseigne sur les tarifs. Pas si donné que ça, avec les deux repas ça me fera près de 1000 kr (40€) mais je suis seule dans la chambre (vieillotte et sentant le renfermé)... Et puis je me félicite d'être là, quand il se met à pleuvoir !



Enfin une étape avec des dénivelés dignes de ce nom !

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Nuages le matin, puis beau


Pas trop bien dormi, c'est curieux comme un mauvais matelas c'est toujours pire qu'un sol naturel, aussi bosselé soit -il.

Quand je descends à 8h pour le petit déjeuner des gens sont déjà en train de manger notamment un couple de cyclistes, qui a monté au sommet hier .

Pour le petit déjeuner ils ne se moquent pas du monde en tout cas. Jus de fruits, céréales, beurre. saucisson, fromage, tomates concombres. confiture... Je mange encore trop et emmène un petit sandwich pour la route.

C'est une route qui ne sera pas bien longue : à peine 3km pour rejoindre la station de tramway.

C'est juste un petit peu raide au début mais c'est un bon chemin lisse. seulement un peu moins bien à la fin à cause des exploitations.

J'entends un chant d'oiseau inhabituel. D'après mon application Birdnet ce serait un pouillot siffleur.



J'essaie vraiment d' obtenir un billet à la machine, et monte dans le tramway sans payer. Traversée des faubourgs, de la voie de chemin de fer jusqu'à la station centrale appelée Fügnerova, construction aux armatures métalliques rouges. À côté un hideux centre commercial énorme.

Il me faut une cartouche de gaz et aujourd'hui dimanche je n'ai l'espoir d'en trouver que chez... Decathlon. Attente. Bus (gratuit me dit le chauffeur). Finalement à l'arrivée du bus je trouve ma cartouche dans un autre magasin, regarde avec horreur comme les familles profitent de leur dimanche en faisant les courses. comme chez nous.

Au retour je descends dans le centre ville ancien. Ouf c'est beaucoup mieux. Sur la place centrale entourée de belles maisons à arcades. fraîchement repeintes, s'élève l'hôtel de ville, très imposant.


Pourquoi cette inscription "Anifilm" et ces bancs au milieu de la place ? Je me rends compte, rapidement que comme le nom l'indique que c'est un festival de cinéma. Il se déroule dans le château qui est à deux pas.

Je m'installe dans le parc pour manger mon petit sandwich, c'est l'occasion de voir passer quantité de jeunes gens, dont beaucoup ont un aspect à travailler dans le cinéma.

Autour d'autres maisons imposantes dont celle d'un dénommé Liebig un riche industriel, pas de l'agroalimentaire mais du textile. C'est en effet l'industrie textile qui a été à l'origine du développement de la ville (actuellement 100 000 habitants).

De la place descendent d'étroites rues commerçantes, ici les magasins ferment le dimanche.


La cathédrale Saint Antonin, à deux pas, est de style néo-gothique, sans grand intérêt. À côté une grande maison qui aurait bien besoin de restauration. C'est tout simplement le presbytère. L'église tchèque ne semble pas nager dans la richesse...

L'heure tourne, je vais pouvoir rejoindre l'hébergement où je me retrouverai avec Iva, une amie de Prague.

Je traverse des quartiers pas toujours accueillants, longe une rivière, passe devant un skate parc qui devrait plutôt s'appeler trottinette parc, passe sous un beau monastère.


En terminant le trajet je constate que je n'ai vraiment pas choisi le meilleur quartier de la ville, en suivant une longue rue passante un peu sale bordée de bâtiments plus ou moins délabrés . La chambre est petite deux lits serrés, pas une table, j'ai un peu honte par rapport à Iva. Par contre la baignoire est la bienvenue pour faire la lessive... et il y a de quoi accrocher...

Cela ne m'aurait pas déplu d'aller voir le jardin botanique, et la galerie de peintures, mais là j'ai bien plus envie de me reposer, et je dois aussi passer au "Billa" à côté pour quelques courses. Un petit thé (il y a quand même une bouilloire à disposition) et c'est l'heure d'aller chercher Iva à la gare. Par chance je trouve un chemin bien plus agréable à travers un quartier résidentiel. Le sommet du Jested se pointe derrière les maisons.

Un passage piéton à travers un petit parc mène derrière la gare où on accède par des passages souterrains.


Arrivée du train et retrouvailles avec Iva. Elle tient à m'inviter à manger alors nous allons au centre ville, nous arrêtons au premier établissement ouvert. Je prends une svičkova, cette viande de bœuf avec une bonne sauce aux légumes... Et des knedliky bien sûr. Et une bière entière, ce qui était une erreur. Je ne me sens pas du tout ivre mais une petite me suffit.

Nous refaisons un tour dans le centre. Devant l'hôtel de ville les bancs ont disparu. Iva me fait remarquer la ressemblance avec celui de Bruxelles.

Retour à la station des autobus. Nous repèrons le bus pour demain mais ratons celui pour rentrer alors nous allons le prendre à la station suivante, à la gare. J'apprends que pour les plus de 65 ans les moyens de transport urbains sont gratuits en Tchéco. Super !

Iva n'a pas l'air trop horrifiée par la chambre, ça va. Mon linge est quasiment sec.

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Très beau temps


Encore une fois, un mauvais matelas. Je me réveille avant 6h.

Le petit déjeuner fait un peu campement aussi, nous utilisons comme table le rebord de fenêtre. Au menu pain saucisson fromage et brioche.

Nous prenons le bus 16 bondé ce matin mais à Fügnerova avons plus d'une demi heure à attendre et prenons un café dans une petite boulangerie où nous achetons deux gâteaux ronds (kolač). Au fromage blanc et aux fruits.




Le bus 18 passe avec 5 minutes de retard. Il est rempli par des enfants partant en excursion, met un moment à sortir de la ville puis monte dans les forêts et s'arrête près d'un étang. Le lieu est réputé pour le ski de fond. Tous les ans a lieu une célèbre course de ski de fond de 50km. Mais cette année elle a été annulée faute de neige.

Le temps est radieux, très clair. Un ciel d'un bleu éclatant, une légère brise.

Le chemin est quelque peu monotone, Larges pistes voire routes goudronnées à travers des pessières et rien que des pessières.



Mais on apprécie le beau temps, le calme, les chants des oiseaux.

Au lieu dit "Nova Louka" (nouvelle prairie) un clocher apparaît. Ce n'est pas une église mais une belle maison, actuellement une auberge.


Nous tergiversons un peu à chaque carrefour sur le chemin à rendre car il y a plusieurs possibilités d'itinéraire. Pour l'instant c'est difficile d'éviter les routes goudronnées.


La première table de pique-nique est en plein soleil, la deuxième au bord d'une route mais à l'ombre, et il ne passera qu'un cycliste et deux promeneurs de chiens. Pain tartiné avec une excellente préparation à base de betterave saucisson fromage petites tomates et les gâteaux qui sont excellents.

De là le chemin devient beaucoup plus intéressant, un sentier étroit qui va devenir rocheux et descendre dans une magnifique hêtraie le long d'un ruisseau, Bily (ou Maly) Stolpich où coulent sur d'énormes pierre arrondies des cascades, pas très fourmies en ce moment faute de pluies.


Ce fut jusqu'à la dernière guerre un chemin de pèlerinage. Des images pieuses étaient accrochées dans les arbres ou peintes sur les rochers.


Nous arrivons en bas, à un hameau appelé Ferdinandov. On y voit un énorme tilleul.


Et nous arrivons à Hejnice, passant sur le pont avec la statue de Jean Nepomuk. Le but du pèlerinage est ce monastère franciscain et sa magnifique église baroque.

Nous nous asseyons à une terrasse avec vue sur le monastère puis trouvons notre pension. Cette fois c'est un bon choix. Un appartement entier, chacune notre chambre. La dame est très gentille et nous renseigne sur tout.

Nous avons le temps de nous reposer avant de partir manger, à un restaurant appelé "maison des ouvriers" peut être parce que situé à côté d'une ancienne filature.

Je prends une truite, avec salade, très bon. La bière locale est bonne aussi.


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Très beau temps, quelques nuages


Le petit déjeuner est plus confortable que la veille, nous disposons d'une table! Nous ne nous pressons pas, et avant de prendre le bus pour Smēdava nous passons à la boulangerie et à la supérette.

Le but est d'éviter une trop longue distance et une forte montée, Smēdava est déjà "en haut". En effet la route monte bien dans la hêtraie, en lacets serrés


Et Smēdava, quelques maisons entourées de pâturages, a bien des airs de haute montagne. Des randonneurs partent dans tous les sens, pas trop dans le notre d'ailleurs.

Comme hier. nous suivons une piste à travers les épicéas. Nous rencontrons un peu plus de monde, surtout des cyclistes.

Un étang bleu sous un ciel bleu... Plus loin près d'une cabane un cycliste (électrique) un peu âgé nous fait la conversation.





Nous allons longuement traverser une tourbière, de façon très confortable puisque qu'un chemin de planches y est aménagé. Un selfie au passage...

On remarque les toupets blancs des linaigrettes au dessus du tapis de sphaignes.

Je suis étonnée de trouver le logo du Eisenach -Budapest

Après cette tourbière la pente s'accentue. On peine un peu. Mais l'itinéraire quitte la piste pour un petit sentier où un panneau indique : "Pytlacké Kameny"... C'est un sommet rocheux, fait de gros blocs arrondis, c'est un très beau site et aujourd'hui très tranquille. J'essaie de grimper sur les pierres, Iva ça ne la tente pas. Il y a même un itinéraire indiqué, avec des arceaux, mais pas forcément partout, bref je me fais peur et ne vais pas jusqu'en haut.


Nous sortons par un chemin étroit, continuons encore un petit kilomètre, rencontrons une dame qui fait aujourd'hui un grand tour toute seule, et arrivons au plus haut sommet


Là aussi le chemin menant en haut des pierres est balisé par des triangles rouges mais les arceaux qui me permettraient d'aller en haut manquent.

Et sans aller plus haut pas moyen d'avoir une vue sur quelque côté que ce soit.

Et maintenant le chemin redescend., raide dans les rochers, ce qui est plutôt amusant mais on retrouve très rapidement une route goudronnée. Qui descend rapidement vers le village de Jizerka.


C'est un village complètement dispersé au milieu d'une grande étendue de prairies humides au milieu desquelles coule un ruisseau. Tout autour, des monts, ceux dont nous descendons, et ceux "à venir" pour moi, les Krkonose, ou Monts des Géants, plus facile à prononcer...

Ces maisons dispensées sont de bois peint en noir. Nous descendons vers le village en compagnie d'un groupe de mères avec poussettes et enfants dépenaillés très drôles. Quelques cyclistes passent. Des vaches paissent au loin, mais sont ce des vaches, ces animaux bruns et poilus ? Peut être bien des bisons d'Europe (zubr).


Sur la photo ancienne on voit des usines, ce sont des verreries, fondées par un Allemand évidemment.

Nous aimerions faire étape ici mais toutes les auberges devant lesquelles nous passons sont fermées, notamment l'hôtel Pyramida situé à côté d'un monument, plus où mois de cette forme, qui commémore les anciennes verreries


Il reste encore un hôtel un peu plus loin, l'hôtel Jizerka, qui lui est ouvert. Les places à l'ombre sur la terrasse sont prises, nous nous asseyons à l'intérieur, c'est moins poétique.

Ils nous proposent une chambre à 1850kr, 75€, un peu plus cher mais à deux c'est abordable. Nous n'avons pas envie d'en faire plus, et l'endroit est agréable.

Avant le dîner nous faisons encore une petite promenade sous le sommet local qui s'appelle Bukovec, sur les flancs duquel pousse en effet une hêtraie (Buk= hêtre).

Un étrange animal au milieu d'un pré, un orvet qui ne bouge pas (deuxième de la journée), et, belle fleur de montagne, des trolles (Upolin en tchèque).


Nous n'irons pas loin car le sentier devient mauvais après une ancienne carrière.

Nous retournons donc à l'hôtel où Iva me conseille en me signalant les spécialités locales, et en particulier une excellente soupe à l'aneth et aux champignons. Kudlačka ou quelque chose comme ça.

La bière c'est de la Prazdroj (Pilsen Urquell), à la pression elle est bien meilleure qu'en bouteille.

Après je prends une viande fumée avec divers apprêts , oignon moutarde et une préparation à base de raifort qui a un nom comique, vejmrda.

Les fenêtres de notre chambre donnent sur un pré en pente sous la forêt. Ici aussi poussent des trolles.

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Publié le 16 mai 2024

Beau temps, vent SO, passages nuageux

Nous sommes les premières au petit déjeuner mais c'est là que nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seuls clients, l'hôtel était tellement calme. À côté de nous arrivent deux Polonaises.

Le petit déjeuner est encore plus gargantuesque que celui du refuge l'autre jour. Il y a déjà du pain avec tout ce qu'on peut mettre dessus en quantités énormes, du müesli du yaourt et on nous propose en plus des œufs brouillés... et j'en demande, c'est ce qui me fait le plus envie et c'est en effet très bon. Comme d'habitude ils ont tout un choix de thé... sauf du thé noir basique.

Nous partons avec le soleil et un peu de vent. 11m au départ en dénivelé positif, après ça descend constamment et doucement. Nous repassons sous le mont Bukovec, dépassons une source et arrivons à un carrefour appelé "Medvedi kout'", le "coin des ours".


Un autre panneau indique que nous approchons de la frontière. Cette fois il s'agit de la frontière polonaise, qui est la rivière Jizera. Nous allons la suivre jusqu'en bas. Elle est peu visible à travers les arbres, et ne pouvons pas nous en rapprocher, la pente est forte.


La piste passe sous une voie de chemin de fer montagnarde, à crémaillère si j'ai bien compris. Nous entendons siffler au loin, attendons. Attendons, le train ne vient pas, enfin si, il passe juste au moment où nous avons cessé d'attendre.

Encore un peu de forêt, et nous arrivons à un pont où le chemin vers Harrachov bifurque à gauche. La frontière a bifurqué également, en face, où se trouve une auberge, fermée, ce n'est pas la Pologne, on est encore chez les Tchèques.


Je n'ai pris que la rivière en photo car le pont, pourtant refait récemment, je ne le trouve pas très beau.

Et nous arrivons à Martinské Udoli qui comme son nom l'indique est une vallée. Où il y a certainement eu une activité industrielle, vu la taille de certains bâtiments, peut-être des logements d'ouvriers.




Ça ce serait plutôt une ancienne ferme

Nous y trouvons aussi une auberge ouverte et prenons un café tout en consultant les horaires de bus, car Iva doit rentrer à Prague aujourd'hui. Passée maître dans l'utilisation des sites internet tchèques, j'ai trouvé qu'à un arrêt situé sur une route principale à 500m d'ici passait un bus pour Prague. Iva s'en tient aux rapports humains et questionne un chauffeur de bus arrêté là, qui confirme.

Nouvel essai de selfie (selfičko en tchèque) avant de se quitter, sur fond de maison traditionnelle.


Et puis nous descendons vers la grand route. L'arrêt fait aussi bibliothèque comme ça Iva peut se choisir un livre pour la route. Le bus est à l'heure.

Au revoir Iva, à la prochaine !

Ça fait tout drôle de se retrouver seule...

Je rejoins le pont de tout à l'heure, mais en suivant l'autre rive sur une toute petite route. C'est l'entrée du parc national des Krkonose, Karkonose en polonais, traduit en français monts des géants.

J'arrive donc à cette auberge fermée aperçue tout à l'heure. Voyant un banc à l'ombre je m'y installe pour terminer la rédaction de la journée d'hier, et puis je suis les marques rouges en direction de Harrachov.


Je croise un couple de nationalité indéterminée, le monsieur me dit "it's very steep", en effet ça monte, mais il va bien falloir atteindre les sommets du plus haut massif de Bohême.

Une étendue herbeuse ... Ce n'est pas un pâturage, c'est un golf, dans lequel je coupe pour rejoindre la gare de Harrachov. Ça ne doit pas être trop autorisé mais il n'y a personne.

Un train arrive, je ne monte pas là haut, trouve un abri (pristresek) pour casser la croûte. Encore quelques km vers Harrachov.



Un "compagnon rouge*, un chemin pavé. Encore le tracé EB

Iva n'aime pas beaucoup Harrachov, le "Chamonix tchèque". En effet on trouve ici tout le côté déplaisant des stations de sports d:hiver. grosses residences, montagnes défigurées, beaucoup de restos (pas tous ouverts en ce moment) et des commerces inutiles.


Derrière la remise à bois, tremplins de ski sur la montagne

Il reste quand même des bâtiments anciens, la source de Saint Jean Nepomucène, où l'eau radioactive aurait des vertus thérapeutiques. Ça ne me rassure pas trop mais j'en bois quand même un peu.


Et la petite église est jolie.

Comme je disais, des commerces inutiles il y a, mais magasin d'alimentation correct, point. Toujours ces magasins vietnamiens où les rayons bonbons gâteaux industriels et amuse-gueules prennent les deux tiers du magasin mais en laitages, fruits il n' y a quasiment rien, et, plus grave, pas de flocons d'avoine ce qui va rendre problématiques mes petits déjeuners, le pain qu'ils ont ne fait pas envie non plus.

Je m'arrête ensuite à l' auberge "Chez Bedrich le garde forestier". La déco est très "chasse".

Le départ sera un peu tardif mais les jours allongent... C'est une petite route goudronnée mais à peu près sans voitures, qui monte de façon continue.

Elle mène à une cascade, qui serait la plus haute de la république tchèque, "Mumlavsky vodopad", la cascade de la Mumlava, le nom de la rivière. Je me dis que cette cascade va être ridicule par rapport aux cascades des Pyrénées. Mais non, rien de ridicule, ce n' est pas le Niagara mais c'est très beau. Les rochers sont de belles couleurs.


Et la route continue à suivre la rivière et elle est toujours belle.


Un automobiliste se propose de m'emmener... C'est toujours quand il n'y a absolument pas besoin qu'on a ce genre de proposition...

Malgré tout je commence à me dire qu'il va falloir commencer à chercher un endroit pour la nuit, pas évident, d'un côté la rivière, de l'autre des bois en pente, rien de plat. Mais devant moi ...

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J'y crois pas... la cabane est ouverte, equipé de banquettes... C'est vraiment un endroit pour passer la nuit. Les prédécesseurs ont abondamment gribouillé sur les poutres et ne se sont guère éloignés pour faire leurs besoins mais c'est parfaitement propre à l'intérieur. Ce qui ne me plaît pas trop c'est que c'est au bord d'une route, ce qui me donne une impression d'insécurité... Il passera une voiture, et une deuxième s'arrête et repart... J'ai l'impression que c'est un couple qui voulait passer un moment ici. Finalement ils ont vu que c'était occupé, j'avais bien fait de laisser la porte entrouverte.

Petite exploration du côté de la rivière, l'accès est très bon, un sentier puis des pierres plates comme des marches d'escaliers. On pourrait même se baigner.


Encore une journée pas trop épuisante. Demain ça risque de changer...

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Beau, nuages, et fort vent SE


Je n'étais pas assez inquiète pour ne pas dormir. De la petite fenêtre je voyais les étoiles.




Pain fromage et confiture au p'tit dej. Départ 8h, toujours sur la petite route qui longe la Mumlava. Seule apparition humaine, un cycliste qui descend à toute vitesse en sens inverse.

Plantes de montagne sur le bas côté, des petites violettes jaunes, et des feuilles de gentiane asclepiade. Pour les fleurs (bleues) il faudra attendre un peu.


Changement de direction au lieu-dit "petit déjeuner des monts des géants". Mais pas de petit déjeuner, c'est fermé bien sûr. Comme il n'y a aucun réseau et que j'ai oublié de télécharger les cartes sur mon téléphone je prends celles qui sont là en photo, par précaution..


Je suis donc les traces bleues qui doivent me mener aux sources de l' Elbe et au refuge "Labská Bouda".

L'ascension était prévue au programme, je ne m'en plains pas, c'est très beau.

Le chemin est pavé. Les épicéas se raréfient en montant et sont remplacés par des pins mugos, ce sont des pins à crochets (pinus uncinata) mais ils ont une forme buissonnante très particulière.

Et puis au dessus des arbres des monts apparaissent. Vers l'ouest ils sont couverts de forêts, les Luzické Hory quittées hier sans doute, vers le sud ils sont parsemés de taches de neige.

Plus haut, les pins mughos sont encore là, mais en bouquets au milieu d'une prairie tourbeuse, sur un plateau. Le sentier débouche sur la route goudronnée du refuge Labská Bouda (cabane de l'Elbe).


Abri, tables et bancs au croisement. On se croirait en Laponie.


Je pars sur cette route jusqu'à ce que je me rende compte que la source de l'Elbe ce n'est pas par là, du coup je coupe à travers les prairies...et heureusement qu'il fait sec. Quelques mares subsistent.

Je rejoins un autre carrefour, où arrive un autre chemin, interdit d'accès pour laisser le grand tétras nidifier tranquillement. 1371m.

À la source de l'Elbe je rencontre les premiers humains de la journée.

Le site est bien "bétonné". Un petit ruisseau coule en amont, mais l'eau, très claire, sourd aussi par en-dessous dans le bassin. Je remplis ma bouteille.

Sur le côté toute une série de blasons de ville allemandes et tchèques. Ce sont les villes traversées par le fleuve. Je prends en photo celles par lesquelles je suis passées il y a deux ans, de Wittenberg à Litomerice. J'oublie les plus proches de l'estuaire, du côté de Hambourg, où je suis passée aussi.


L'altitude est presque 1400m mais vers le refuge le chemin redescend. La Labská Bouda n'est donc pas cette affreuse tour sur la montagne en face, en Pologne sans doute. Mais c'est un peu du même genre,!


Encore un intérieur de refuge pas trop pittoresque, self service qui fait un peu cantine mais ils font un excellent bortsch.

Je sentais le vent dans la montée, sans qu'il soit trop gênant. Quand je repars il commence à bien se faire sentir. Et c'est pas fini.

Traversée du fleuve...

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Maintenant il faut rejoindre la crête, et donc monter. Un chemin pavé, à peu près comme tous les chemins que je prendrai aujourd'hui.

La maison que j'aperçois est une auberge, qui s'appelle Martinova bouda. A même l'air ouvert, je me contente de m'allonger quelques instants sur un banc. Une source, et vue sur la crête à venir


Et voilà, j' y suis, Černé Sedlo ou Czarny Prelecz, c'est la frontière avec la Pologne.


Évidemment le vent souffle très fort, j'ai intérêt à bien me tenir sur mes bâtons.

Et bientôt la vue sur les plaines de Silésie

Le chemin de crête continue, côté polonais. Comme le vent souffle du sud j'imaginais qu'il serait peut être moins fort côté polonais. Ce serait plutôt le contraire...

Le chemin se dirige vers un amas rocheux. Les promeneurs, assez nombreux et surtout polonais, y montent. Avec ce vent je m'en garderais bien...

Un autre amas de belles pierres. Les deux sont à l'altitude de 1410m et quelque.

Mais ça va redescendre jusqu'à 1200m vers un col, Petrovka, où les bâtiments sont fermés.


Remontée, chemin pavé, vent. Toujours l'alternance d'herbe jaune et de pin mugo, et des pierres verdies par les lichens. Ça va redescendre encore, dans le creux s'élèvent deux énormes hôtels, un dans chaque pays.

Je m'arrête et bois un thé au premier, le tchèque, le Polonais apparemment est un refuge. Je pourrais m'y arrêter, mais je ne voudrais pas avoir une longue distance jusqu'à la Snezka, le plus haut sommet, car demain la pluie est prévue à la mi journée. Le prochain refuge est à 8km, c'est faisable mais je devrais quand même pouvoir trouver un endroit abrité quelque part... Il est 17h. Repartons

La vue sur la Silésie toujours, et un chemin quand-même un peu fatigant. Il est un peu dégradé par les nombreux promeneurs qui ont créé des faux chemins,(à vrai dire parfois plus confortables). Ils ont laissé aussi mouchoirs, papiers de bonbons et PQ qui jonchent tous les recoins un peu à l'écart. Fort désagréable.

Aujourd'hui je croise... 3/4 personnes ?

Depuis longtemps j'ai remarqué un rocher au loin. Il s'appelle "Slonecznik" (tournesol ?) et est juste à côté du chemin.

Très beau... Mais je ne m'éternise pas, le vent souffle toujours plus fort. Je crois toujours à quelque zone abritée. mais non, partout partout ça souffle. Et à vrai dire il n' y a pas non plus d'endroit plat.

Plus loin, toujours en plein vent, un panneau avertit qu'on risque de tomber de haut. En effet on se trouve au-dessus d'un ravin. Je suis les conseils, ne m'approche pas du bord, malgré la balustrade


En dessous se trouve un lac. Ce serait une "marmite" ou un "chaudron", une formation post glaciaire.


On remarquera les restes de neige. Glacial en tout cas, le vent prend de l'intensité, d'autant plus que la végétation se raréfie, et les pins mughos n'abritent guère. Il devient manifeste que c'est totalement impossible de planter la tente... Allons au refuge, dom Slaski.

Je rejoins une large route, irrégulièrement pavée, où la marche n'est pas tellement plus facile.


Des toits, qui doivent être ceux du refuge, et puis en face, la Snezka, ce plus haut sommet tchèque 1603m, qui est vraiment très moche, en haut d'un t'as de cailloux et surmonté de divers pylônes. Je n'ai plus aucune envie d' y monter.

Le refuge est un gros bâtiment jaune. À son approche, c'est tout juste si on peut se tenir debout. Rien autour, pas de voitures. Si c'est fermé que vais-je devenir ?

Je me précipite vers la porte.... Elle s'ouvre, OUF!

Et il y a du monde à l'intérieur, et même pas mal. Des groupes d'ados. J'arrive 5 minutes avant la fermeture de la réception. J'obtiens le dortoir à moi toute seule. 60zl 15€. Vieillot mais chauffé. Me rappelle mes séjours en Pologne d'il y a 50 ans.

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Publié le 18 mai 2024

Beau le matin, pluie l'après midi


Comme j'attends le petit déjeuner qui n'est qu'à 8h (oeufs brouillés), je ne pars que vers 8h30. Mais c'est quand même moi la première à sortir du refuge.


Un peu moins de vent qu'hier, mais ça souffle quand même. J'ai définitivement renoncé à aller au sommet alors je prends le chemin à flanc, ou plutôt une route pavée, qui monte quand même bien, et sur ce chemin, miracle... À l'abri de la montagne pas un souffle de vent ! Ce n'aurait quand même pas été l'endroit idéal, sur ces pavés, pour passer la nuit.

Vue sur la Silésie. Le refuge s'éloigne. De dessus le tas de cailloux emergent des espèces de soucoupes.


À l'endroit où ma route rejoint le sentier qui descend du sommet l'altitude est de 1520m. C'est certes mon record d'altitude pour ce voyage, mais je réalise après que j'aurais pu sans peine gravir les 80m supplémentaires, surtout en laissant mon sac au croisement.

La descente est un peu éprouvante pour les genoux. Ce sont des escaliers, et ils ont dû être construits pour le géant Karkonos.

Ces escaliers font place à un chemin empierré. À sa vue on se rend compte d'un changement géologique: plus de granite, mais une sorte de schiste. Le pavage est implanté à la verticale, ce qui n'est pas très confortable. Dense fourré de pins mugo.

Cette portion de chemin est très fréquentée. Ça se voit aussi aux papiers qui traînent..

Un carrefour, une pyramide, une source. Et le retour des épicéas.

Les marcheurs sont nombreux. On suit toujours la frontière, mais ce sont en majorité des Tchèques. Cependant ce sont vraisemblablement des Polonais qui hélas taguent les bornes de cette façon.

J'imaginais un village de montagne... Pas vraiment, Horni Mala Upa est une station de sports d'hiver.

J'aurais préféré un café mais j'entre dans le premier établissement venu, qui est une brasserie au sens strict, on y fabrique de la bière (Trautenberk), mais c'est pas l'heure pour moi. Pour le café on me fait asseoir à une petite table alors que tout est vide... Mais pas pour longtemps, il est 11h30 et des familles entières débarquent pour déjeuner.

Quant à moi, je manque totalement de sens pratique, reportant le repas à plus tard et me mettant en route sans m'équiper pour la pluie. Pourtant elle est bien annoncée.

Et déjà des gouttes tombent. Je n'ai plus que l'abri plus ou moins fiable des épicéas pour sortir l'enveloppe du sac et la cape, et plus tard pour casser la croûte.

Il n'empêche que ces sentiers sylvestres sont bien jolis sous la pluie. Je n' y suis pas si solitaire, croisant plusieurs promeneurs sous des capes de pluie.

L'itinéraire est un peu compliqué au début car le chemin principal est en partie barré à cause du tétras, mais quand je le récupère c'est simple, il n'y a plus qu'à suivre les marques vertes et les bornes frontière.

La pluie n'est pas très forte et la forêt abrite. On sent plus les gouttes quand le paysage commence à s'ouvrir, sur des prés. Dommage car c'est très joli.


Le but de la journée est une "utulna" c'est un abri, qui va se trouver du côté tchèque bien entendu, j'ai remarqué qu'en Pologne c'était de ce point de vue moins équipé.

Mais déjà avant celui qui est mon but, j'en rencontre déjà un , et ne résiste pas à envie d'y entrer, ce n'est pas forcément une bonne idée car je ne me sèche ni ne me réchauffe. Il est bien, je pourrais y rester mais il est tôt, je préfère continuer encore un peu. Un couple de Tchèques partis du village voisin fait une courte halte.


Jusqu'à l'autre abri, utulna roh hranic, il ne reste plus que deux kilomètres que je parcours d'un bon pas pour me réchauffer, dans l'angoisse qu'il n'existe plus, qu'il soit rempli de détritus, qu'il soit occupé, que sais-je ?

Autre problème: presque plus d'eau et aucun ruisseau, aucune source depuis Horni Mala Upa. Je descends même dans un bois où un ruisseau est indiqué sur la carte, mais il est à sec. Je regarde les flaques sur le chemin, elles sont couvertes de pollen

En effet l'abri est occupé, mais c'est un groupe de six ou sept, ils n'ont pas la place. En effet ils ne font que passer. Ce sont des Allemands de Nürnberg, en randonnée pour quelques jours.

Je dispose mes barquettes pour récupérer l'eau qui coule du toit. Mais ces messieurs sont très gentils et me donnent leurs restes d'eau. Je suis sauvée.

Cet abri est bien parce qu'il dispose d'une mezzanine pour dormir, deux places serrées mais bien plus confortable qu'une banquette. Il faut faire un peu d'escalade sur une échelle pour y aller. La première chose que je fais après avoir enlevé et accroché les affaires mouillées aux vis des poutres, c'est de me mettre dans le duvet pour me réchauffer, c'est pas instantané mais ça fonctionne.

Comme j'ai pas mal d'eau, car mes barquettes mises sous le toit sont pleines, je me paie le luxe de faire soupe (instantanée)+ purée (instantanée) au parmesan. Avant de retourner dans le duvet.

Notez bien que je fais tout ça par plaisir, car à deux pas d'ici se trouve une pension avec un hébergement pas cher du tout. Mais j'avais trop envie de dormir dans cette cabane !

L'itinéraire d'aujourd'hui suit presque exclusivement la frontière

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Brouillard et pleuviotements


Endormie tôt...reveil dans la nuit. Obscurité totale j'aime pas trop ça.

Les vêtements sont encore quelque peu humides mais ça peut aller. Départ 8h40 environ.

D'après la météo il devrait commencer à pleuvoir à 9h, mais déjà à 7h30 une belle averse dégringole. Quand je pars un peu avant 9h il pleuviote un peu, mais surtout c'est le brouillard et l'atmosphère est très humide. Cela donne à la forêt un air poétique.

Vu les prévisions météo, la pluie toute la journée, j' ai décidé de raccourcir mon parcours et d'aller prendre le train à Svoboda nad Upou ("Liberté sur Upa"), qui est à 7,5km.

Une maison qui émerge du brouillard, et une cabane toute semblable à celle où j'ai dormi il y a deux jours. Mais pas ouverte.


Calvaires, poteaux indicateurs et arbres dans la brume. Et plus bas je retrouve un autre abri, tout neuf et tout pareil à celui dans lequel j'ai dormi.


Le chemin descend de façon régulière, plus bas en altitude les hêtres réapparaissent, et on observe une grande variété de plantes.

Séneçon à longues feuilles,, verâtre , géranium sylvestre, renoncules, benoîte des ruisseaux et bistorte

Quel plaisir de longer ces prairies pleines de fleurs, des renoncules, mais aussi des renouées bistortes, et ces magnifiques orchis de mai, dactylorhiza maialis.



La vue sur la vallée de l'Upa, vers laquelle je me dirige, est un peu limitée mais très belle.


Il est question aussi d'une "grotte de l'ours". On ne risque pas de rencontrer cet animal, c'est des ossements d'ours des cavernes qu'on y a trouvé.

Retour dans les bois, pentes plus raides et voici Svoboda nad Upou.

Finalement il n'a pratiquement pas plu, c'était vraiment une belle balade, je regrette presque de m'arrêter là.

Svoboda c'est un vrai village. voire une petite ville, avec un cimetière, des maisons anciennes et un Nepomuk près du pont sur l'Upa.


Je trouve un café où je consulte les horaires de train et n'ai pas le temps de traîner afin de prendre celui de 12h01. Le trajet me coûte 17kč soit 0,70€.


Gares de Svoboda n. Upa et de Trutnov

Le voyage est rapide. De gros tuyaux longent la voie ferrée.

À Trutnov je m'aperçois que la poste, l'information touristique, les pharmacies et tous les commerces sont déjà fermés, ça n'arrange pas mes affaires. Mais pourquoi quand on passe dans une ville ça tombe toujours sur le week-end ??

C'est encore une belle ville tchèque, belle place à arcades, colonne. fontaine et statues baroques.

C'est toujours l'Upa qui passe ici.


La statue de Nepomuk n'est pas sur le pont mais un peu plus loin, il est en train de se faire balancer dans l'eau par deux féroces soldats hussites.

La rue Horska (montagnarde) relie la place de la République, Namesti Republiky, plutôt moderne avec Karkonosovo Namesti, la place de Karkonos, le cœur ancien. Un dragon orne les armoiries de la ville et court sur l'hôtel de ville. Encore quelque légende...

À part la statue de l'empereur, deux monuments ornent la place. Sur la fontaine ce n'est pas Neptune, mais notre ami Karkonos. Son nom allemand me surprend (les inscriptions sont en allemand): Rübezahl. Déjà entendu, sans doute dans mes cours d'allemand au lycée. Karkonos c'est plus beau.

L'autre monument, c'est la colonne ornée de statues.

Un peu plus haut s'élèvent le château (musée) et l'église, baroque comme il se doit.


J'apprécie bien les arcades car périodiquement il tombe de petites ondées, et l'abri est tout trouvé.

La maison verte est encore une pharmacie

Il est temps de se sustenter. J'ai pu voir des pizzerias et des kebab mais c'est le resto cuisine tchèque qui grouille de monde. Et ils ont la bière Karkonos. Cuisse de poulet avec chou rouge et les deux sortes de knedliky (farine et pommes de terre).


J'ai fait des messages à diverses pensions juste une réponse négative . Alors je me mets en route et tous les hôtels ou pensions où je demande sont pleins.

Au passage, les courses à Lidl. Les supermarchés c'est jusqu'à 20h tous les jours.

Le trajet est le plus souvent laid mais dans un sens intéressant car on traverse des quartiers industriels et très prolos. Un intermède à travers une butte boisée.


Le grand homme est Vaclav Havel

Sous cette butte un chenil, des garages, des restes d'établissements industriels avec quelques cheminées.

Après avoir traversé cette banlieue qui s'appelle Porici, le sentier monte vers l'ancienne gare immense et abandonnée, ruines et détritus, environnement sinistre pas rassurant. La nouvelle gare est un petit abri de bois.

Ça devient de plus en plus désespéré pour le logement. Je pose la question dans un petit resto prolo, et surtout je demande de l'eau. Il me fait payer. 15Kč soii 60 centimes.

Suite sur la route, avec un spectacle fascinant: des tuyaux encore, et deux lignes de chemin de fer qui se superposent.


Route plus petite, bordée de pavillons, vers un village appelé Lhota. L'environnement est un peu plus classe. Des maisons de vacances sont entourées de pelouses planes. Il y en a une qui m'intéresse à cause de l'auvent qui s'y trouve. Je frappe, personne, je frappe chez le voisin qui ne me conseille pas trop de m'installer là mais me parle d'une aire de jeux un peu plus loin.

En effet, c'est un bon coin. Des maisons autour, mais je ne suis même pas sûre que quelqu'un m'ai repérée.

Inconvénients : j'ai quand même réussi à me mettre exactement sous le lampadaire, et puis il y a un gars qui va faire des paniers sur le terrain de basket.

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