Carnet de voyage

Nouvelle Zélande, nouvel air!

Dernière étape postée il y a 2145 jours
Pourquoi Nouvelle-Zélande? Pourquoi pas! C'est loin, c'est beau, c'est nouveau, let's go! Après un sursaut d'initiative, j'ai enfin pris mon billet d'avion (2 jours avant) et m'y voilà. Nouvel air...
Du 21 janvier au 30 juillet 2018
190 jours
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Publié le 22 mars 2018
 Mount Victoria - Wellington

Parce qu'elle m'a libérée après une arrivée ratée en terre Kiwis et une première semaine plutôt décourageante (mauvais wwoofing, je passe les détails), parce qu'elle est apparue comme un de ces doux chocolats accompagnant l'amertume d'un café, parce qu'elle m'a fait sourire de bien-être dès l'instant où j'y ai mis les pieds, parce qu'elle a su m'apaiser et m'adopter, Wellington a été ma petite friandise, ma douceur.

Bercée par le vent, nourrie par la nature présente de partout et choyée par ces doux et patients habitants, je me suis vite sentie chez moi, à l'aise et détendue dans cette petite ville (qui est pourtant la capitale).

Un mois et demi passé là-bas dans une host family en or (thanks Heather and Ken), que de bons souvenirs, de rencontres inoubliables, d'amis internationaux, d'ambiances, de couleurs et de paysages...



Tout est lié à l'eau ici car l'épicentre est en réalité au creux d'une grande crique et l'essentiel des activités se situe sur ce que l'on nomme les "waterfront" où il fait toujours bon de se promener. D'installations artistiques aux marchés de nourritures exotiques en passant par le son mélodieux de modestes habitants talentueux venus partager un instant de musique avec les passants (ou encore l'arrivée imprévue, et plutôt dangereuse en réalité, d'un banc de dauphins dans le centre du port nautique), la jetée ne manque jamais d'animation. Et pourtant, malgré tout cela, le calme règne et on peut sentir dans l'atmosphère le souffle d'une certaine bienveillance (à moins que ce ne soit juste le vent...).

Un aspect important à Wellington, qui peut sembler anodin mais qui m'a beaucoup marquée, est le fait qu'il s'agit du lieu de départ de l'unique ferry pour l'île du sud. C'est donc un site de passage et de nombreux backpackers venus au départ pour s'installer quelques temps dans la ville, se laissent finalement emporter par la tentation et suppriment la distance qui les sépare de cette île dont tout le monde rêve.

Avec cette silhouette prometteuse qui faisait parfois apparition sur l'horizon comme de furtifs clins d'œil, on peut dire que j'ai été de nombreuses fois tentée...



Alors qu'en bord de mer les buildings modernes et Mademoiselle "Océan" jouent de leurs reflets à "qui brillera le plus", à l'intérieur des terres c'est un autre style que l'on découvre. Avec ces vieux bâtiments coloniaux et ces modestes petites maisons de bois qui se partagent les étroits espaces en bord de routes et quadrillent la ville, on se croirait dans un vieux remake de film américain. Encore une autre atmosphère. Et si au loin, les douzaines de hauts édifices aux vitres glacées ne montraient pas le bout de leur tête, et que les panneaux publicitaires ne clignaient pas de mille feux tous les deux mètres, on pourrait penser être revenu quelques siècles auparavant.



La couleur a sa place ici, et bien qu'elle ne m'ait pas immédiatement sautée aux yeux, je l'ai rapidement dénichée (après m'être volontairement égarée bien sûr) dans les petits quartiers vivants. Sur une surface entière d'une façade, en magnifiques graffitis artistiques au détour d'une ruelle ou encore dans ces nombreux lieux burlesques et variés comme des galeries, des pubs, ou un vieux magasin de vinyles tenu par un ancien métallo, les couleurs fusent et donnent vie à cette ville hybride.

La vie est festive ici. Elle résonne aux sons des nombreux voyageurs venus des quatre coins du globe, des pots de départs comme de bienvenue, de musique, de rencontres improbables, de récits, de gay-parades et de gens complètement dingues. Si on sait se laisser porter et on tente de faire confiance aux autres, les rencontres ouvrent des portes qu'on n'aurait même pas pu imaginer, et la ville nous dévoile ses petits coins secrets. Le cœur de son âme!



Wellington n'aurait pas eu autant d'importance sans toutes ces rencontres. Des Kiwis (surnom des habitants néo-zélandais), des Brésiliens, des Allemands, des Mexicains, des Chiliens, des Français (et oui c'est une invasion ici), il y a de tout dans le coin. J'ai pu partager des moments exquis avec eux et j'ai bien l'intention d'en recroiser certains sur la route!



Wellington, à savourer tranquillement.

A redéguster plus tardivement...

Publié le 22 mars 2018

Parce que prendre l'air, vivre une aventure et stimuler sa vie ne veut pas dire, "que" partir à l'autre bout du monde. C'est un travail de tous les jours qui demande des efforts, mais qui en vaut le détour! Alors on réagit avec l'énergie effervescente et impulsive de Erin Brockovich et on s'active s'il-vous-plait Madame! Et pour ça, rien de mieux que de bonnes marches à l'extérieur de la ville.


A l'heure où j'écris, impossible de me souvenir quand exactement se sont déroulés ces deux "beautiful day"(pendant mon mois et demi à Welligton en tout cas), mais je me souviens encore de ces deux sublimes journées qui m'ont permis de m'évader! Et pour s'évader ici, rien de bien sorcier. Il faut:

- Un nom bien d'ici: "Somes Island" et "Paekakiriki" feront bien l'affaire

- Une marche de plusieurs kilomètres: "un certain nombre de" km - 10km

- Des collines bien comme il faut (de toute manière ici, les zones plates heu...) pour transpirer de tout son

être (ooh sisi vraiment, aucune parcelle de nos corps n'a été oubliée!)

- Un soleil bien chaud pour le bronzage, ou, pour un beau "sunburn" pour les chanceux (devinez dans quel

camps je suis, moi, la petite suisse...?!!)

- Quelques moutons par-ci par-là

- Et quelques amis pour soupoudrer le tout!


Tindin !! Parée pour un grand moment d'évasion et de bien-être à partager dans ce magnifique pays qu'est la Nouvelle-Zélande.


Somes Island

"un certain nombre de" km - Pris un ferry depuis centre de Wellington - Grand groupe



Paekakiriki Walk

10km - plus 20 minutes de marche pour la jolie plage quasi déserte(on n'a pas observé le bord de mer pendant des heures pour ne pas s'y baigner quand même!) - Petit groupe restreint, c'est ça qu'on aime!


Enchaînement de montées et de descentes extrêmement raides, avec ou sans marches, sur la crête (donc aucune ombre), autant dire que on en a bavé. Mais le paysage en valait le détour et nous a laissé sans voix. Je passe de détails, pas de mots pour décrire ces incroyables paysages...








Le paradis à l'état pur...

(enfin avec quand même une bonne nuit de sommeil et de bonnes courbatures pendant trois jours...)

Publié le 22 mars 2018

Fin février, début mars

Bien que heureuse ici, vient le moment du changement...

Le besoin de bouger est plus fort que moi! Rester ici c'est faire du surplace, ne pas avancer, et ce, dans tous les sens du terme. Le besoin de liberté, d'improviser. Je suis venue ici pour ça (je crois..!!?) et pas question d'y renoncer. Le changement c'est maintenant! Ça s'est imposé à moi comme une évidence, il est temps de faire ce pourquoi je suis venue. Prendre mes deux sacs à dos à mon cou (et oui c'est possible; un sur le dos, un sur le ventre), histoire que je disparaisse derrière eux (pas encore de noms pour mes deux futurs compagnons de routes mais pour le moment c'est, "Sac 1" et "Sac 2", ou le "Gros-Lourd" et "L'autre"), faire de la route, voir des paysages, faire des rencontres, du hitchiking, du wwoofing, du bonheur quoi!!

Chanceuse (ou débrouillarde en relation), il se trouve que j'ai une super opportunité qui s'est présentée à moi et je me dois de la saisir. Ma famille d'accueil partant au Nord pour les 90 ans du grand-père, ils me proposent un aller simple pour Tauraugua avec une escale de deux nuits à New Plymouth tous frais payés. Après une seconde et demi de réflexion, j'ai bien évidemment accepté et me voilà en pleins préparatifs avec mon nouveau sac et quelques documents pour visiter l'île du nord.



Les derniers préparatifs effectués et deux documents lus en diagonale (je ne suis pas très consciencieuse pour ce qui est de l'organisation), il ne me reste plus qu'à faire un dernier au revoir à mes amis. Après une super petite soirée organisée pour mon départ dans un bar à Sangria, c'est les encouragements, les recommandations et les promesses de se revoir.

Je suis prête à partir avec seulement quelques idées en tête mais sans aucun réel plan pour la suite, si ce n'est que début Mai je devrais revenir sur Wellington. Un beau projet de Road trip en van avec une amie pour découvrir l'île du sud malgré le début du froid. Rien n'est fixé, tout peut changer. Mais qu'importe pour le moment c'est le départ pour le nord. Je suis excitée et effrayée à la fois, mais prête.

Go to the North

13
mars

North Island

C'est le vrai voyage qui commence.

Ce fut un long trajet. Après 6 heures qui n'en finissaient plus assise à l'arrière d'un vieux 4X4 bleu entre deux caisses de vaisselles et une valise, heureusement amorties par une vingtaine de coussins dont le but n'était en tout cas pas de rester en place, j'ai eu beaucoup de peine à garder mon enthousiasme de la veille. Saviez-vous que nos polochons n'ont pas besoin de nous pour déclencher une bataille...?!! Enfin, rien de bien méchant et le réconfort valait l'effort car le spectacle qui nous attendait à New Plymouth était grandiose. En forçant un peu la main à mon chauffeur-hostfather-guide, lui-aussi plutôt fatigué du voyage, je nous ai fait arrêter sur le haut de sublimes falaises face à la mer avec sa plage de sable noir en contrebas. Un délice pour les yeux comme pour les lèvres au goût légèrement salées après être restée longtemps là à contempler une nature renversante (c'est le cas de le dire, j'en ai perdu l'équilibre. Le vent peut-être?!). Le temps a coulé et s'est envolé sans qu'un seul d'entre nous ne décolle les pieds du sable fin dans lequel nous nous étions doucement enlisés. Si bien que c'est la nature elle-même qui nous a rappelé à l'ordre en faisant disparaitre le soleil sur l'horizon.


New Plymouth

New Plymouth est une très petite ville et lorsque nous y sommes arrivés les rues étaient quasi désertes. Je me suis fait une jolie petite balade en paix entre les maisons tatouées de graffitis et le chemin de fer aux abords de la jetée. Le lendemain j'ai profité de l'immense parc naturel, Pukekura Park, au centre de la ville et de son célèbre musée, plus passionnant par son architecture que par son exposition très hybride. Une ville charmante mais qui me marquera surtout pour ses restaurants que j'ai eu la chance de me faire offrir par le couple, Ken et Heather, de ma famille d'accueil. Les bons petits plats agrémentés de bons vins, c'est le luxe mais qu'est-ce que c'est bien.

Deux nuits et c'est reparti pour 4 heures de voiture (mêmes conditions), avec un petit pincement au cœur de n'avoir pas pu escalader le volcan Mont Taranaki dont je rêvais d'y faire un tour et dont la beauté des paysages et des treks ne cesse de m'être comptée. Malheureusement, il n'y a aucune certitude que j'aie le temps de repasser par ici...







Tauranga


Tauranga est très petit mais charmant.

Dans la maison de vacances de Ken et Heather, face à la mer à deux pas de la plage de sable (blanc ici) et au pied du Mont Maunganui, le temps s'est envolé aussi vite que les milliers de mouettes virevoltant dans l'air. Cinq magnifiques journées à ne "rien faire" et juste profiter des derniers jours avec ma famille d'accueil, c'est tout ce qu'il me fallait. La maison étant très vieille (mais alors très très vieille; trous dans les murs et plafonds qui s'écroulent à moitié), j'ai tout d'abord souhaité fuir loin, très loin mais avec toute la famille, les cousins, les tantes, les oncles, les neveux, qui ont débarqué pour l'anniversaire du grand-père, l'ambiance est devenue très amusante. Avec une vingtaine de personnes entassées un peu partout sur des matelas troués, un canapé ou sur quelques lits du siècle passé, l'habitacle s'est vite transformé en joyeux bordel. Malgré les deux trois inconvénients plutôt évidents (et je ne vous parle pas de la douche, si on peut appeler ça une douche...), j'en garde un super souvenir. Comme quoi, le confort...


 La plage devant la maison


 Heather (ma host mother) - la vieille maison


***

L'anecdote du sac de couchage rouge (rien de renversant mais sympathique à raconter)

Si vous cherchez un bon moyen de rencontre, je l'ai trouvé. Il suffit d'oublier un objet spécifique dans une ville et de le signaler sur Facebook (seule condition, avoir un compte Facbook) et en moins de deux, une nouvelle connaissance! C'est ce qui m'est arrivé durant mon petit trajet entre New Plymouth et Tauranga et qui m'a fait réaliser à quel point c'est chouette d'être serviable. J'explique:

En faisant tranquillement mes petites recherches sur le groupe "les Français en Nouvelle-Zélande" pour un éventuel futur van à acheter, je suis tombée sur le post d'un Français ayant oublié quelques jours plus tôt son sac de couchage, rouge, dans une auberge de jeunesse et étant en trajet vers, comme par hasard, Tauranga.

Comme justement, le hasard fait bien les choses, je me rendais justement dans cette ville dès le lendemain. Une petite marche de 20 minutes et une explication compliquée dans une auberge de jeunesse ("Did you find a sleeping bag red? It belongs to french guy who I've never seen before...") plus tard, l'objet en question était en ma possession et a été restitué à son propriétaire, deux jours plus tard, à Tauranga. Ma bonne action m'a valu un super moment autour d'une bière (offerte bien entendu) et un magnifique coucher de soleil sur la ville en bonne compagnie, depuis le haut du Mont Mauganui (une marche malheureusement sans photo car la batterie de mon téléphone m'a lâchée).

***

Passés ces moments de folie, munie de bons souvenirs, d'une chouette "anecdote du sac de couchage rouge" et de bonnes énergies positives, j'ai tout de même pris la décision de prendre mon envol et de quitter ces gens qui ont réussi à prendre une petite place dans mon cœur.

L'un des deux uniques bus de la journée partira à 17h20, lundi 19 mars, direction Rotorua. Il est maintenant certain qu'il y transportera une jeune Suisse de vingt ans, un peu inconsciente, en route pour un nouveau wwoofing en bordure du "Blue lake".

19
mars


C'est parti pour une nouvelle aventure, nouvelle expérience. Avec mes fidèles sacs "Gros-Lourd" et "l'Autre", je fais doucement mon chemin vers plus d'indépendance et moins de "sécurité" (en faisant toujours attention quand même promis la famille). Step by step je vais vers l'essentiel et me débarrasse des choses inutiles (et du confort aussi...) et je réalise que je n'en ai finalement pas tellement besoin.

Nouveau wwoofing, nouvelles rencontres, nouveaux paysages, je ne me lasse pas du renouveau et la région de Rotorua m'en a offert un paquet!


Lake Okareka (région de Rotorua)

Un lieu sublime, loin de toute l'agitation touristique de Rotorua, le Lake Okareka m'a offert un splendide accueil en jouant de sa lumière et des reflets des montagnes environnantes. Ici c'est la pleine nature, on entend les criquets s'égosiller toute la journée et les oiseaux chanter (vous n'avez surement jamais entendu des oiseaux chanter comme ceux de Nouvelle-Zélande, ce sont de véritables choristes!). La sérénité du lac contraste avec l'agitation des arbres dans les hauteurs des montagnes et on ressent dans l'atmosphère, qu'ici, c'est la nature qui domine.

Que dire d'autre que, je suis au paradis. Accueillie, lundi 19 mars au soir, par Geoff, mon nouvel hôte de wwoofing que j'ai contacté quelques jours plus tôt, j'ai tout de suite découvert mon futur lieu de vie pour deux semaines. Avec un balcon à vue sur le lac et le ponton privé au pied de la maison, il était difficile d'imaginer meilleure toile de fond et meilleure situation pour ce deuxième wwoofing en Nouvelle-Zélande (avis quelque peu changé après avoir chassé une nuit entière l'araignée géante qui s'était planquée sous mon lit. Balais en main et panique à bord, parfait pour une arachnophobe!). Puis, suite à cela, j'ai découvert le "Taranaki Lake", communément appelé le "Blue Lake" à 5 minutes de voiture et 40 à pied, encore plus apaisant qu'Okareka. C'est là, sur le rivage et à l'ombre des arbres, que le boulot le plus sympa et géré par le plus fou mais détendu des patrons qui m'ait été donné de rencontrer (Geoff), a occupé mes journées durant deux belles semaines. Servir des cafés et profiter de la vue? Challenge accepted!






J'ai au passage découvert le bonheur de faire du stop (tous les jours pour l'aller et le retour d'un lac à l'autre et parfois pour le centre ville) et les opportunités qui vont avec. Des moments partagés et pleins de Suisses...

Un jour, une voiture transportant, une Allemande, un Français et une Argentine, s'est arrêtée et j'ai embarqué pour une super journée avec eux au "Reedwood" (magnifique forêt aux arbres rouges) et dans un petit village Maori (bien que pas véritablement comme dans le temps, il restait le plus authentique (habité) et le moins "attrape touriste" des villages Maori à Rotorua)

J'ai aussi profité de magnifiques balades et treks que l'on trouve par dizaines autour des lacs de la région et quelques longues baignades sous les plus beaux couchers de soleil...


Village Maori 


Village Maori  


Redwood 


coucher de soleil au lake Okareka 



Rotorua

Malgrès le bonheur de ma situation, être "seule" commençait à me peser et j'ai donc été très heureuse d'être rejointe à la fin des deux semaines par 4 amis de Wellington. Nous avons partagé trois jours absolument inoubliables agrémentés de paysages indescriptibles, d'immenses montagnes volcaniques, de puissantes cascades et de rivières naturelles d'eau chaude. Ce pays n'en finit pas de m'éblouir les yeux et de me nourrir d'images inoubliables et je crois bien que je suis en train de tomber amoureuse de cette île.

C'est parti pour découvrir encore plus les environs, avec la voiture de mes amis, c'est plus facile. Petit trek de 3 heures sur le Mount Rainbow avec sa roche rouge et ses quelques lacs pour finir au sommet avec une vue très apaisante sur la région Rotorua.


Suivi par une visite du très connu et payant parc de geysers, Wai-O-Tapu. Même touristique la nature reste surprenante. Les couleurs semblent provenir d'une autre planète.


C'est pas tout de marcher mais il faut savoir se reposer. Petite rivière naturelle d'eau chaude (environ 37°), seuls au monde et entourés de végétations d'où proviennent le chant de multiples oiseaux. Un moment de détente...

Madlin, Giovanni, Moi, Marie, Diane



Une autre journée bien remplie. Pour commencer, Okere Falls, une balade au bord d'une rivière animée par les cascades et quelques fous prêts à les descendre en canoë,...



...suivie d'un parc naturel aux couleurs renversantes et dépaysantes, Hamunara springs (source d'eau venant des souterrains et remontant à la surface pour en faire une rivière). L'eau était d'une telle pureté qu'on avait parfois la vision qu'il n'y en avait pas. Un lieu généralement visité en 40 minutes, nous y avons passé plus de deux heures...


Et voilà, ils sont repartis...

Mais bonne nouvelle, mon amie Marie et moi avons trouvé un super van que, après quelques complications de paperasse (et oui malignes comme nous sommes, nous n'avions pas fait le lien entre fête de Pâques et tous les offices fermés...), nous avons acheté. Parfait timing pour moi qui n'avais pas de plans ni de futur logement. Marie s'en retourne à Wellington où je la retrouverai dans un mois pour l'île du sud, tandis que de mon côté, après l'avoir déposée à Taupo pour son bus, je vais découvrir une autre manière de voyager!! L'aventure commence enfin!

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Publié le 16 avril 2018


Enfin j'y suis. Seule, avec mon tout nouveau van blanc, je suis partie pour me laisser porter par le vent et les rencontres. Une seule règle, un seul mot d'ordre, suivre mon instinct. Advienne que pourra, carpe diem, alea jacta est, veni vedi vici (non pardon celui-ci n'a rien à voir...). L'idée générale y est, pas de règle, pas de chemin à suivre, en roue libre!



Il m'a bien fallu une semaine entière pour m'habituer à, un, voyager vraiment seule, deux, me déplacer avec ma "maison", et trois, accepter que la douche, c'est du passé...!

Malgré tout, je fais de nombreuses rencontres entre, les "free campings" où mon van et moi passons nos nuits, les cafés, et même les offices de tourisme! Je suis seule mais pas vraiment. Il y a plus d'un backpacker dans le coin à être prêt pour l'aventure et curieux de rencontrer de nouvelles personnes! A deux reprises j'ai eu l'occasion de partager les paysages aux alentours de Taupo avec des personnes des quatre coins du monde (voir prochaine étape du blog).

En attendant, rien ne m'empêche de profiter des couchers de soleil et des cascades et des lacs que m'offre la région de Taupo et qui n'attendent plus qu'on les admire en silence...


Lake Taupo


On ne s'arrête pas là! Un petit tour au Huka Falls où encore une fois, je me suis laissée enivrer par l'atmosphère et la beauté qui m'entourait sans voir le temps s'écouler...

Le retour et l'installation se sont faits de nuit mais après un moment pareil, tous les problèmes se transforment en poussière.


Huka Falls

Publié le 16 avril 2018

Mont Tauhara (toujours aux abords du lac Taupo)

Après m'être, je l'avoue, lâchement dégonflée pour le fameux trek du volcan Tongariro par peur de solitude (et oui, parfois...), j'ai pris la décision de faire une plus petite montagne, une marche de 3h. Pour trouver ma route, direction le I-site (office de tourisme). Et là, surprise, j'ai eu la chance de tomber sur un jeune Néerlandais qui souhaitait se rendre au même lieu, au même moment. Notre point en commun? Il nous manquait à tous les deux quelque chose. Moi, de la compagnie, lui un transport. Après deux phrases échangées et demi, le deal était fait et nous partions pour le Mont Tauhara! Une super journée partagée, une bonne marche, une magnifique vue et un temps de rêve! Comme quoi, parfois il faut savoir se lancer seule, on ne sait jamais ce qui nous attend...!


C'est donc après cette magnifique journée que j'ai enfin pris LA bonne décision. Le célèbre volcan continuera de se dresser au dessus de la ville durant de nombreuses années, mais pas sans que je l'ai gravi. Mont Tongariro, me voilà!



Tongariro Alpine Crossing

Nature, nature, quand arrêteras-tu de m'éblouir?!

Encore une fois, les mots sont de trop devant tant de grandeurs. Je peux simplement dire que dans ce genre de moments, les émotions sont fortes et se passent de description...

J'ai encore une fois suivi mon instinct et après un lever très matinal (5h du matin) et une heure de route, me voilà au départ, accompagnée de quatre nouveaux compères (français, allemand, néerlandais, canadien) avec qui j'ai eu le grand plaisir de partager ces 6 heures intenses de marche et de bonheur. Après 19km dans les pattes, une belle soirée tous ensemble autour d'un réchaud à gaz et quelques bières dans LE free camping de la région. Malheureusement je ne les reverrai pas par la suite mais je me souviendrai toujours de leur bonne humeur et de cette incroyable montagne découverte avec eux.





Après la première étape plutôt plate et quelque peu dans le brouillard, c'est parti pour la vraie ascension. Et là, copain pas copain, c'est chacun pour soi, chacun son rythme, rendez-vous plus haut. On peut prendre l'excuse qu'on ne faisait que s'attendre ou prendre une pause oui, mais pour être honnête, une fois sortis des nuages, c'est la stupéfaction qui nous a cloués sur place. Figés par la nature.


Puis vient le moment un peu plus ardu et dangereux pour arriver au sommet et voir depuis le haut le fameux cratère à la roche rouge. Malheureusement, le temps d'arriver à la pointe c'est le brouillard et le temps de redescendre, le ciel s'éclaircit. Manque de chance pour ce coup-ci mais ça ne nous empêche pas de déconner.


A mi-chemin, nous en n'avons pas fini d'être éblouis car nous arrivons vers trois lacs dont les couleurs semblent sortir d'un autre monde. La sensible que je suis n'a pu s'empêcher de lâcher sa petite larme...


On aime les photos oui, c'est vrai...Et voilà la redescente... Nous aurions pu être déçus ou blasés après tant de beauté, mais ce fut tout l'inverse. Jusqu'à la fin de la fin, le pays nous en a fait voir!

Et voilà l'équipe!

 (Le français Raphael, moi si vous ne m'aviez pas reconnue, Le néerlandais Fredrik, L'allemand Philip, Le canadien Adam)
9
avr
9
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Publié le 20 juin 2018


Un van, une fille pas tout à fait finie, un indescriptible pays.

J'ai été seule, j'ai été accompagnée de personnes merveilleuses. J'ai été heureuse, j'ai été exténuée. J'ai beaucoup bougé, j'ai su rester sur place et ne rien faire. J'ai pleuré de bonheur, j'ai hurlé d'amour, j'ai dansé d'harmonie, j'ai couru en pleine folie, j'ai perdu les pédales, j'ai oublié le temps, j'ai soupiré d'aise et inspiré de nouveauté, j'ai appris, j'ai oublié, j'ai ri sans limite, j'ai été déboussolée, bousculée, retrouvée...

J'ai voyagé, j'ai aimé...


Comment puis-je décrire ce mois d'avril avec de simples mots? Comment exprimer la beauté de ce pays, les rencontres toujours plus enrichissantes et touchantes, les épreuves qui m'ont fait grandir, cette nouvelle sensation de liberté et de possibilités qui m'a envahi l'esprit à me faire totalement perdre la notion du temps. Chaque voyage est différent et propre à chacun, et le mien a pris un tournant décisif lors de ces dernières semaines. Ce mois a été bouleversant de beauté dans mon esprit et je peux maintenant affirmer avoir fait un pas de géant dans mon avancée personnelle vers de plus en plus d'épanouissement.

Certes, voyager seule, dans des conditions qu'on ne pourrait qualifier de confortables, nous fait découvrir un autre bonheur, celui que j'étais venu chercher, celui qui se fait appeler "Simplicité".

Mais il me faut tout de même admettre que la splendeur de l'île du Nord m'a probablement bien aidé à atteindre ce bonheur.


Petit résumé géographique avant le roman:

En partant de Taupo, j'ai remonté la route direction Coromandel région (étape 1) où j'y ai passé une bonne semaine et demi puis je suis repassée à la charmante ville Taurangua et j'ai longée la côte de la Bay of Plenty (étape 2). Cette route m'a finalement fait rejoindre le haut de la Côte Est (étape 3) dont j'ai fait le tour malheureusement trop rapidement avant de faire un très court arrêt à Napier (étape 4), dernière destination précédant mon "grand" retour à Wellington, pour y rejoindre Marie, avec l'idée de voyager dans l'île du sud. Un mois bien plein qu'il me faudrait raconter en plusieurs heures mais que je vais tenter de résumer en quatre parties. Accrochez-vous, c'est vraiment beau!

9
avr

Coromandel est probablement l'un de mes plus gros coups de cœur sur l'île du nord. Avec ses villes beaucoup trop petites pour posséder ne serait-ce qu'un point que l'on trouve sur les cartes de la région, sa nature à perte de vue de tous côtés et le doux silence qui résonne jusque dans les esprits, cet eldorado m'a fait taire d'émotion dès mon arrivée. Hormis dans les quelques modestes zones touristiques, tout était silencieux et calme car peu osent s'aventurer sur les routes non aménagées qui sillonnent les falaises et les imposantes montagnes. Et pourtant c'est là que l'on découvre de petites merveilles, car elles mènent toutes à des coins de paradis...


Tairua

En débarquant un dimanche après-midi chez Gina, ma nouvelle hôte pour une semaine, après mes premières nuits dans le van, j'ai découvert ce joli et minuscule hameau que les habitants s'obstinent à appeler une ville aux petites routines et quotidien tout simple. Principalement animée par des maraîchers, de petits producteurs et de quelques voisins en recherche de calme et de tranquillité, l'atmosphère du coin a vite fait de me mettre à l'aise et de me faire sentir comme chez moi, dans mon village natal. Et c'est sans parler de l'accueil chaotique mais extrêmement chaleureux de ma nouvelle hôte de wwoofing, sa jolie petite famille (composée d'un mari et trois jeunes enfants en bas âge) et de la folle équipe d'une dizaine de wwoofeurs qui vivaient sur place. Avec toute cette compagnie, agglutinée dans des petites caravanes, voitures, van pour ma part, tentes, le tout sur un joli petit terrain d'herbe face à la montagne "Paku Summit", nous ressemblions plus à un campement de gitans qu'à un petit attroupement "d'employés" dans un magasin de nourriture organique. Mais malgré le froid, le mauvais temps et l'inconfort du lieu, l'atmosphère est toujours restée très joviale et joyeuse. Notre quotidien: faire des glaces ou des smoothies toute la journée, observer le magnifique paysage alentour, ou juste partager un repas sous une tente, à l'abri de la tempête, avec toute cette folle compagnie tout en écoutant Lens, le père de famille, nous jouer un air de guitare. Nos corps avaient peut-être froid mais nous étions réchauffés dans nos cœurs.

Une belle semaine dépaysante que je n'oublierai pas mais que j'ai quitté sans regret car de plus intenses moments m'attendaient un peu plus loin...



Whitianga et alentours

Après le froid, la pluie et une nouvelle manière de vivre sans grand confort dans mon nouveau chez moi ambulant, j'ai tout de même décidé de m'offrir une petite pause dans un backpack low-cost dans la ville de Whitianga, à une heure de Tairua. Une adorable destination balnéaire qui devait probablement offrir de nombreuses activités, animations et jolies balades sur la plage mais qui, avec la pluie et le temps gris, avait des petits airs d'abandon après une tempête. Et pourtant, je n'ai pu m'empêcher d'y trouver beaucoup de charme et de m'y sentir bien une fois découvert les cafés, boutiques et librairie atypiques du coin ainsi que le charmant lieu de repos que je me suis trouvé. Deux nuits et journées de calme accompagnées de personnalités diverses et sympathiques avec qui j'ai partagé repas, activités, jeux, paysages, voiture et conseils de voyage. Une bonne ambiance familiale multigénérationnelle autour de repas et à coups de visionnage du cultissime film, "The Lord of the Rings" ou encore "The Hobbit", a mis du baume au moral et du confort pour le corps.

Après une belle promenade enfin ensoleillée à l'incontournable Cathedral Cove avec une backpackeuse française et deux Américains croisés sur place, et une magnifique nuit sous la voie lactée avec deux Allemandes à la Hot Water Beach, il est temps de repartir sur la route. La découverte de nouvelles terres m'attire et ne cesse de me pousser à partir, plus loin, toujours. La sédentarité n'est définitivement pas pour moi et encore moins ici.



Hot Water Beach

Cette plage est très connue pour son eau très très chaude dissimulée sous le sable et qui, une fois creusée, crée un bain naturel en bord de mer. Très fréquenté en journée, ce lieu atypique avait été déserté lorsque nous y sommes arrivées, vers 10h du soir, au début de la marée basse. Pour y creuser notre bain privé, nous ne nous attendions pas à cela, car après une bonne demi heure d'effort à coup de pelles et de nos petites mains fatiguées dans le noir total, à peine éclairées de nos téléphones, le trou n'était pas plus grand qu'un cerceau d'enfant (car à chaque fois recouvert par la mer et le sable glissant). Nous commencions à nous décourager lorsque, à deux mètres de notre petit chantier, j'ai repéré trois jeunes coréens, un gars et deux filles, qui entamaient eux aussi leur propre opération. Après quelques mots échangés, nous concluons tous qu'il valait mieux joindre nos forces et nous voilà à 6 au lieu de 3 pour creuser ce maudit trou. Ce n'est qu'une heure après, essoufflés mais satisfaits, que nous nous sommes installés dans cette baignoire improvisée à l'eau quasiment brûlante. Sous des étoiles et une voie lactée des plus impressionnantes, nous nous sommes laissés aller dans un silence quasi total seulement brisé par nos quelques rires et conversations et par le doux son de la mer descendante. C'est si simple, mais si bon...


Cathedral Cove



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C'est donc sans vraiment savoir où j'allais que je me suis retrouvée à rouler en direction de Coromandel Town. Durant tout le trajet, la température, le paysage et la météo m'ont fait de l'œil et je n'ai pu résister à quelques arrêts sur le chemin comme une marche dans Waitaia Forest, deux balades sur les plages de Kuaotunu Bay, du 30km/h la route le long des falaises et un coucher de soleil à Otama Beach. Si bien que le trajet qui n'aurait du faire qu'une heure, m'a finalement pris la journée entière.

(Et bien entendu, encore une fois, j'ai découvert que l'on est jamais seul car j'ai rencontré des gens fabuleux en forêt et sur certaines plages)

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Waitaia Forest

Une marche dans cette belle forêt aux plantes si diverses et variées, typiques de Nouvelle-Zélande, m'a permis d'échauffer et de sortir mes jambes de leur flemmardise et de partager la fin du trajet avec un très sympathique père de famille et ses deux malicieux mais adorables enfants. Quelques récits piratesques du petit Lucas et de bons conseils et débats de voyage du père plus tard, j'avais une glace gratuite dans une main et, dans l'autre, griffonnée sur un papier, l'adresse à Auckland de cette jolie famille. J'étais la bienvenue pour découvrir la ville et leur vie de Kiwi si l'envie me prenait durant mon voyage.

Les gens ici...c'est incroyable...


Kuaotunu Bay et Otama Beach


Une magnifique matinée suivie d'une après-midi de laisser aller à danser des heures durant sur les plages et à dépenser mon énergie en courant et sautant dans les vagues de la mer scintillante.

Une journée au rythme de la nature qui m'entourait. C'est donc tout naturellement que je me suis laissée enliser dans le sable fin de la plage inoccupée d'Otama au rythme du soleil couchant que j'ai pu observer disparaître à l'horizon jusqu'aux dernières lueurs orangées.

Seule au monde, avec une nature qui ne semblait être là que pour moi et pourtant qui n'aurait pas été différente d'un pouce sans mon petit corps assis là, au milieu de cette étendue de sable fin, pas plus grand qu'une brindille dans un champ de blé.


Après une arrivée dans le noir et une rapide nuit à Coromandel, j'ai foncé direction le coin le plus au nord de la région et, à ce que l'on m'avait dit, le plus inhabité et difficile d'accès, Fletcher Bay. Je peux sans aucune peine et exagération confirmer ces deux derniers points. Ce sont d'ailleurs ces raisons-là qui m'ont fait tomber amoureuse de ce lieu, de ce voyage en van et ont tant marqué cette étape.


En chemin pour Fletcher Bay (tout au nord)

C'est le départ, et pour avoir le temps, de nuit. Une demi heure de route au milieu d'immenses plaines animées uniquement par quelques vaches et de (très) nombreux moutons, et accompagnées des premières lueurs du jour, je sentais déjà les bonnes ondes positives pour cette future belle journée. Ne m'attendant à rien de spécial pour un bon moment, je roulais donc à une bonne allure sans réaliser que je dépassais le seul hameau du coin, composé de trois vieilles maisons et une grange dont quelques pancartes oscillant au-dessus des portes. Le temps de comprendre, je suis déjà trop loin pour m'arrêter, mais un coup d'œil sur ma carte de route m'indique que je viens de traverser LA "ville" du nom de Colville. Et selon mes bons souvenirs, il s'agissait là du dernier point d'essence et d'eau. Ah...oui...C'était donc ça la dernière "ville" avant la pure nature sauvage qui était dessinée en gros point sur ma carte. Certes...Nous n'avons définitivement pas tous la même vision de proportions je crois...

Plaisanterie à part, heureusement que j'avais pris des précautions et que ma maison ambulante avait le ventre plein, car la pauvre n'était pas prête à ce qui l'attendait par la suite. Et moi non plus d'ailleurs...

En effet, après environ deux kilomètres, la route s'est soudainement arrêtée pour laisser place à un tracé de graviers/caillasses de la largeur de tout juste deux voitures. _Bon...Est-ce normal? Dois-je continuer? Hé! On ne va pas se stopper pour quelques inoffensifs cailloux tout de même! Et de toute manière, j'y suis, autant continuer. _ C'est donc bien décidée que je me suis lancée sur ce long chemin dont on m'avait prédit un temps d'environ 1h30.

Plus j'avançais, plus je voyais la route se rétrécir et lorsque, après une quinzaine de virages escarpés, j'ai rejoint le bord de mer depuis le haut de magnifiques falaises, il n'y avait plus qu'un espace de la largeur d'une seule voiture. Heureusement pour ma sécurité (et mon plaisir des yeux), jusqu'à présent, j'étais seule. Pas un être vivant à l'horizon. Juste moi, les dernières couleurs d'un lever de soleil qui m'avait fait son show toute la matinée, un horizon à perte de vue et des falaises de plus en plus abruptes et hautes. La bouche et les yeux grands ouverts, je suivais les ondulations et les virages escarpés au-dessus du vide avec mon petit van quelque peu en difficulté. _C'est qu'il n'est plus tout jeune, alors la lenteur, dans ce genre de cas, c'est plutôt son truc. _Il faut prendre son temps? Alors très bien, prenons touuut notre temps. Après tout, c'est les vacances.

C'est donc à la grande allure de 20 à, attention les yeux, parfois 40 km/h, que Titine et sa voyageuse ont découvert un lieu hors du temps, hors des proportions humaines et de beauté sans frontières. Essoufflées et décoiffées (Encore?! eh oui toujours du vent ici...). Ma fidèle compagnonne, avec qui j'avais déjà entamé quelques discussions et onomatopées du style "ouahou", "olala", "pfiouu...", et moi-même, sommes finalement arrivées à bout de ce magnifique périple de 2h30 pour nous, après une seule voiture difficilement croisée, un troupeau de vaches au milieu de la route et quelques oiseaux réveillés de leur sieste par notre passage. Saines et sauves.

(Je ne suis pas encore folle, ne vous inquiétez pas, mais il faut bien que j'ajoute quelques personnages à cette histoire pour un peu d'actions et d'interactions. Donc avec ce que j'ai sous la main, ce sera "Noisy", mon joli van blanc.)

Le "camping" de Fletcher Bay était en réalité une toute petite zone plate entre deux falaises et au bord d'une crique vers laquelle mon chemin s'arrêtait. Aucun autre accès aux alentours si ce n'est en escaladant les montagnes et collines qui entouraient de toute part ce lieu de paix. J'étais au bout du bout (quasiment). Plus qu'une marche de 3h30 et après, plus personne ne pourrait être plus au Nord de Coromandel que moi.

Dans ce climat si paisible et époustouflant, je vois pour la première fois depuis des heures quelques humains, en majorité des Kiwis (habitants de Nouvelle-Zélande) venus pêcher et se reposer en toute tranquillité, avec qui j'échange de joyeux sourires. Pas besoin de parler, nous savons tous pourquoi nous sommes là et la chance d'avoir tout cela, là, sous nos yeux.


Le silence murmure les plus beaux secrets aux oreilles de celui qui sait l'écouter...

Mais pas le temps de trainer, il y a encore du chemin à faire et mon corps était encore tout paresseux d'une matinée flemmarde au volant d'une voiture. L'aller-retour prend environ 7 heures de marche et me connaissant, il vaut mieux prendre de la marge. C'est donc en laissant se reposer à l'ombre de quelques arbres ma courageuse et quelque peu exténuée Noisy, que je me suis engagée, sous un magnifique ciel bleu, sur le fameux trek qui me mènerait tout au nord. Ce fut une marche plutôt facile qui ne m'a pas beaucoup demandé d'effort et c'était tant mieux car le paysage a occupé tout mon esprit et mes yeux du début à la fin. J'ai tout d'abord suivi un large passage à vaches entre de magnifiques collines vertes, dignes des mythiques vallées du Hobbit, où je n'aurais pas été surprise le moindre du monde si l'un de ces joyeux petits personnages m'était apparu sous le nez. Puis, le large sentier a fait place à un petit chemin escarpé le long de hautes falaises descendant à pic au-dessous de mes pieds. Et là, j'ai eu le droit à un véritable défilé de grandeurs et de beauté. le paysage s'en est donné à cœur joie, avec un incroyable ciel bleu et un soleil qui me réchauffait les joues. Je ne savais plus où donner de la tête et des yeux tellement c'était immense. Je me sentais vraiment toute petite, moi, la petite chose bousculée à la moindre bourrasque de vent, et cette nature figée, imposante, sans fin ni limite, que je foulais comme cela, l'air de rien. Un vrai délice cette marche...


Je suis d'ailleurs restée plus d'une heure au lookout et j'ai pour la première fois utilisé l'option "panoramique" sur mon téléphone, tant la vue était grande. C'est pour dire..(Quelle horreur d'utiliser cette expression! Me voilà à parler comme une vieille radoteuse. Rien ne va plus...)! J'étais transportée, sur un nuage, et cela devait franchement se voir sur mon visage car j'ai eu le droit à de grands sourires et chaleureuses salutations de la part de tous les autres marcheurs que j'ai croisés (c'est à dire 5 ou 6, mais quand même!). Ou était-ce tout simplement parce qu'ici, tout le monde est d'une gentillesse incroyable?! Quoi qu'il en soit, cette joyeuse connexion avec tout le monde m'a permis de rencontrer un sympathique jeune ingénieur français avec qui j'ai fait tout le chemin retour. Une journée bien pleine qui s'est terminée sur un magnifique coucher de soleil au camping de Fletcher Bay et une pizza carbonisée partagée avec une adorable famille kiwi dans leur grand campeur van (au chaud!).

Sachez-le, les galères amènent quasiment toujours à de beaux dénouements et, dans ce pays, à d'incroyables rencontres. J'ai eu l'occasion à de nombreuses reprises de le constater ce qui m'a fait regretter aucune de mes mésaventures (N'allons tout de même pas jusqu'à dire que j'en réclame d'autres hein! Alors Karma, on se calme!).

Ce soir-là, ce fut ma gazinière qui, me faisant visiblement la tête, avait réduit mon repas de bonnes pâtes chaudes à deux pauvres tranches de pain et quelques restes de thon froid. Mais tout est bien qui finit bien et je suis allée me coucher le ventre plein, les rires d'une adorable famille dans les oreilles, le sourire aux lèvres et la tête remplie d'images sublimes.

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Au matin, réveillée par les premières lueurs du jour comme depuis bientôt deux semaines, j'ai encore flâné quelque peu le long de la rive, discuté avec quelques pêcheurs, aperçu deux poissons aux allures de grandes anguilles noires, puis finalement décidé de reprendre la route de retour. A nouveau, dans ce paysage de folie, impossible de ne pas prendre son temps et après tout, rien ne m'attendait plus loin. J'ai donc fait le chemin jusqu'à Coromandel Town en une journée entière et en prenant juste une petite pause au seul café de Colville.

(Deux infirmières françaises néo-calédoniennes riant de bon cœur autour d'un café, m'ont chaleureusement invitée à leur table autour de laquelle nous avons eu de grands débats sur la vie et l'éducation.)

Arrivée à Coromandel Town dans la soirée, l'âme et l'esprit légers, je ne m'attendais pas à passer encore une très chouette soirée en compagnie d'un autre voyageur en van à l'âme bohème. Ce reporter tchèque du nom de Jakub, aux allures de hippie, a été un compagnon de route que j'ai retrouvé à plusieurs reprises sur mon chemin et dont la mentalité et le rythme de vie m'a fait réaliser qu'il était possible de vivre comme je l'entendais, comme je l'avais toujours imaginé. C'est en voulant l'aider à trouver les trois seules places de parking du "free camping" de la ville (voir *) que j'ai entamé une discussion qui a duré toute la soirée et un bon plat cuisiné et offert par ce nouvel ami.

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Il faut croire que c'est une manie chez les gens que je rencontre ici de cuisiner pour moi. Je devais probablement créer de la compassion à être seule dans mon van avec mon tout petit corps longiligne car il faut savoir que j'en suis au compte de 8 personnes ayant cuisiné pour moi au jour d'aujourd'hui, en Nouvelle-Zélande. Il est vrai que actuellement j'écris bien plus tard que cet événement mais tout de même!

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The 309 Road, RedRocks, Waterfalls

Le lendemain, son van toujours présent aux côtés de Noisy, nous décidons de prendre la route dans la même direction et de faire la fameuse "The 309 road" ensemble. Il s'agissait d'une route entre les montagnes le long de laquelle de nombreuses marches et cascades n'attendaient plus que nous les découvrions. Nous avons donc choisi un peu au hasard la "montagne" Reds Rocks dont nous avons littéralement escaladé la roche pour rejoindre un sommet à l'espace foulable de 3m carrés et qui nous a offert une vue des plus bluffantes sur la région. Probablement accentuée par le vide qui nous entourait de tous côtés, la sensation de "l'Homme face à la nature" nous a encore une fois cloués sur la pierre dont nous ne nous sommes finalement détachés qu'après plusieurs heures.

Après l'effort, le réconfort. Une petite bière au-dessus d'une cascade à la suite d'une baignade au temps record de 20 secondes tant l'eau était froide (si si j'ai compté) et c'est déjà les adieux. Une interview à Rotorua pour l'un, une visite et des courses à faire pour l'autre, nous avons chacun pris une autre direction avec en tête une éventuelle retrouvaille sur la Est Coast, dans quelques jours. C'est donc sur ce joyeux aurevoir que j'ai pris la direction de Thames au "charme" si attrayant qu'il m'a fait fuir jusqu'à Tauranga. J'ai donc définitivement quitté cette région que j'aurais tant aimé encore explorer et qui m'a officiellement fait découvrir les avantages de cette vie en van, cette vie de liberté.

Merci Coromandel.


* Les "free campings" sont les lieux où, nous, voyageurs en véhicule "self contained"(voir**), avons le droit de parquer nos van ou autre engins pour y dormir dedans durant la nuit. A savoir, en Nouvelle-Zélande, l'état est très strict sur le sujet et à part dans quelques zones de l'île du Sud, il est difficile de trouver des régions où y faire du freedom camping sous peine d'une amende de 200 dollars néo-zélandais. D'après ce que nous avons compris, cela est plutôt récent et dû aux nombreux abus de certains touristes dont la conservation de la nature ne semble pas les concerner. (Comme toujours, quelques inconscients donnent une mauvaise image d'un groupe de personnes, "les touristes en van" en l'occurrence, pour la majorité très honnêtes et respectueux.)

** Les véhicules "self contained" sont des voitures ou van ayant la certification d'être autonomes, c'est-à-dire transportant eau claire, toilettes et récupération d'eau usée. L'idée est surtout que nous ne jetions pas tous nos déchets et nos besoins dans la nature. Le van blanc avec lequel je voyage est un self contained ce qui permet plus facilement de faire du freedom camping et évite d'aller dans les campings payants.

23
avr
23
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La Bay of Plenty est et a été le parfait passage pour prolonger encore quelque peu les beaux jours de chaleur qui nous ont clairement fait leurs adieux ces dernières semaines. Depuis Tauranga à Opotiki, j'ai suivi la côte au rythme des levers et couchers de soleil que les free campings sur les plages m'ont permis de voir, tous plus magnifiques les uns que les autres. Des plages, des ports, du soleil, des pêcheurs et des surfeurs, à part le petit pull sur les épaules pour être à l'aise avec la fraicheur extérieure, je me croyais revenue en été. J'ai donc encore plus pris mon temps que d'habitude (ça, c'est VRAIMENT très lent) et, les pieds dans le sable, j'ai passé mes journées et soirées à admirer, profiter du soleil et partager, en allant de simples sourires à des discussions entières avec encore de nombreuses personnes rencontrées. C'est si facile ici...

Me voir assise ainsi des heures durant sur des plages, le van dans le dos, la mer à l'horizon et le sourire aux lèvres, a rendu plus d'un passant curieux. Cela m'a permis de notamment partager un magnifique poisson fraichement attrapé par deux vieux adorables pêcheurs, de me faire offrir un gros sac de feijoas (fruits typiques de Nouvelle-Zélande) pour mes petits-déjeuners et une magnifique soirée avec une bande d'infirmières et d'autres voyageurs autour d'un feu, à se raconter toutes sortes d'histoires, les pieds dans le sable, la bière à la main.

Une autre sorte de petit paradis...