Carnet de voyage

Emilie à Vélo

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D'Istanbul à Singapour
Juillet 2017
26 semaines
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Publié le 8 juillet 2017

Un soir d'août 2015 dans une petite robe avec des vélos, à une soirée d'anniversaire pour les 15 ans du chien de Sarah, j'ai rencontré Pedro venu du Brésil et de passage à Lille lors de son tour d'Europe à vélo. Presque deux ans plus tard, me voici embarquée dans un voyage à vélo de six mois avec lui...

Ce blog relatera nos péripéties...


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Publié le 29 juillet 2017

Voilà, voilà, c'est le début du voyage... C'est toujours un peu compliqué pour moi de commencer quelque chose de nouveau, que je n'ai jamais fait, mais je me lance !

Bref, nous y voilà. Pour commencer donc, il a fallu que je sois la dernière passagère à embarquer à 9h05 alors que mon vol était prévu à 9h05. Je suis arrivée en nage ! La raison: je suis arrivée seulement une heure en avance à l'aéroport et payer le supplément bagage après m'être enregistrée a pris plus d'une demi-heure ! Mes parents étaient encore plus stressés que moi. J'ai demandé à passer devant au contrôle de sécurité, puis j'ai couru, couru, couru en embrassant rapidement mes parents que je ne verrai plus avant six mois.

Air Moldova est une compagnie plutôt sympatique, même pour deux vols de 3h et 2h environ, on avait le droit à un petit sandwich et du vin ! (ou autre chose bien súr). J'ai passé mes deux vols à dormir quasiment. L'attente à Chisinau a été plus longue qu'initialement prévue puisque le vol a eu deux heures et demi de retard.

Entre les deux vols, ma mère m'apprend que j'ai oublié une partie de mes affaires dont deux sacoches de vélo, plutôt pratique pour voyager !

J'arrive enfin à Istanbul à 19h30. Et là c'est une heure de file d'attente pour faire controler mon passeport. Je sors enfin de l'aéroport, trouve le mec qui doit me transférer de l'aéroport à l'hotel et je retrouve enfin Pedro vers 21H30. La journée avait commencé à 5h00 du matin, mais on ne va pas se plaindre !

Sans raconter nos journées en détails, Istanbul est une ville géante pour moi, plus de 15 millions d'habitants. S'y déplacer à vélo est terriblement compliqué.

Aucune piste cyclable aperçue pour le moment, nous empruntons donc les quatres voies avec des voitures roulant à plus de 70km/h.

Les gens ici sont adorables, que ce soit à l'hotel, dans la rue. Je ne sais si c'est le fait de voyager à vélo, mais par exemple, une fois, alors que nous étions dans une rue commercante en train de chercher un poulet rôti (une lubie de Pedro) pour notre pic-nic, un homme s'approche vers moi et me donne deux canettes de soda. On nous a offert aussi du thé à plusieurs reprises, ou de l'eau. Le seul problème que l'on ait eu jusqu'à présent avec un Stambouliote c'est qu'il ne voulait pas qu'on attache nos vélos à un poteau de la ville car cela cachait sa terrasse. Il voulait qu'on accroche nos vélos sur une barrière mobile, la blague ! Nous avons tenu tête pour finalement céder, de peur de se faire abîmer les vélos. La vue sur sa terrasse désertique était à nouveau possible ! Cependant, lors de ce conflit, plusieurs personnes nous sont venues en aide.

Grand bazar 

Nous avons passés une semaine dans le vieux Istanbul près de la mosquée bleue et de Sainte Sophie, le quartier était sympa mais très touristique.


Nous sommes désormais chez Sania, une iranienne vivant à Istanbul qui nous héberge grâce au site warmshower. Nous l'avons rencontrée alors que nous étions encore à l'hotel. Elle nous a emmené à une soirée open mic dans un bar. Les gens y parlaient anglais, ce qui a facilité un peu les choses pour comprendre. La parole y était liberée, ça parlait de sexe, de religion, et autres choses, sans tabou il m'a semblé.

Open Mic à Istanbul 

Sania qui vit ici depuis quelques années, trouve que la situation s'est dégradée ces deux dernières années. La ville lui semble plus insécure, et sent une montée de l'intégrisme. En tout cas, avec Pedro, nous aimons observer par la fenetre la vie de nos voisins. L'épicier qui vient déposer dans le panier pour une voisine qui habite au 5ème étage, les gars qui collectent le plastique et le carton et qui vident les poubelles sur le sol, les allers et venues des scooters du Mc do pour faire leurs livraisons, la voisine d'en face qui s'empresse de refermer ses rideaux lorsqu'elle passe sa tête par la fenêtre, ainsi que les nombreuses errances des chats qui pullulent à Istanbul.

Chat au bord de la mer Noire                                                                                 Collecte de plastique

Nous sommes toujours dans l'attente de notre Reference number pour notre visa iranien. Nous nous maudisons de ne pas avoir fait cette démarche plus tôt car elle prend 10 jours. Dimanche nous obtiendrons normalement ce fameux sésame,et nous pourrons faire notre demande de visa iranien. Nous espérons que l'ambassade fasse des visas express car sinon, il nous faudra encore attendre une semaine. L'attente est longue même à Istanbul tant l'envie de prendre enfin la route est grande !

Yoros Kalesi, un ancien chateau dans le village de Rumelifeneri  au bord de la Mer Noire à 40 km d'Istanbul 
Melting Pot, soirée chez des amis de Sania
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Publié le 29 juillet 2017

Les îles des princes (Adalar en turc) sont un archipel d’îles situé dans la mer de Marmara.

Elles doivent leur nom au fait que durant la période byzantine, on y exilait dans des monastères les membres de la famille impériale et les aristocrates disgraciés.

Les quatre principales îles de l’archipel (Büyükada, Heybeliada, Burgazada et Kınalıada) sont accessibles par Ferry depuis Eminonu sur la côte européenne et depuis Kadikoy depuis la rive asiatique.

Nous nous sommes rendus sur la plus grande île: Büyükada.

Le circulation est interdite aux voitures, mais des vélos peuvent être loués pour visiter l'île. Pour notre part, nous avions embarqué les notres sur le bateau directement pour le même prix ! Après plusieurs jours à Istanbul, c'était très agréable de n'entendre aucun klaxon et de fuir la pollution. Un autre moyen de locomotion sur l'île: les calèches. Elles sont rassemblées sur une place du village. Les chevaux sont 'ferrés' avec des chutes de pneus. Ils sont maigres, portent de multiples plaies, et tournent toutes la journée pour satisfaire les touristes.

L'homme taillant les 'fers' ou plutôt les semelles pour les chevaux a accepté que je le prenne en photo et nous avons tenté de communiquer, en vain. Nous avons cependant échangé du tabac, et il m'a offert un thé.

De nombreuses maisons de l'île sont vraiment magnifiques, mais les plages de l'île sont toutes privées et il faut débourser environ 10€ pour avoir accès à une plage bondée, qui plus est avec de la musique plus que désagréable, du moins qui ne nous convenait pas du tout ! Finalement nous sommes allées près du port, nous avons juste trempé nos pieds, installés sur des rochers en buvant une bière.

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Publié le 8 août 2017

Au moment où j'écris nous avons déjà quitté Istanbul depuis quelques jours.

Du dimanche nous sommes retournés sur une île d'Adalar et on a enfin pu trouver une plage et s'y baigner. Nous étions avec Sania qui nous hébergeait et des amis à elle dont l'un d'entre eux fêtait son anniversaire. L'ambiance était très calme, agrémentée de danses, parfaite pour un dimanche après-midi.

Du lundi, le soir de notre demande de visa iranien nous avons pu assister au sauvetage d'un chat. Il était sur le toit le matin même et n'arretait pas miauler pour rejoindre son balcon sans y parvenir. Le soir, un camion de pompier a été mobilisé pendant une heure. Istanbul est tellement grand, que je ne pensais pas que cela était possible de mobiliser les pompiers tout ce tempspour un chat (domestique précisons le). Je ne sais pas si le chat a pu être retrouvé, il semblait coincé dans un conduit de cheminée. En tout cas, je l'espère

Cette étape n'a vraiment rien d'intéressant, mais en tant que meuphachat je me devais de l'évoquer.

Les jours précédant notre départ nous avons continué à visiter Istanbul et nous avons pu trouver sur la côte UNE PISTE CYCLABLE de quelques centaines de mètres ! Ca valait bien une photo !

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Publié le 12 août 2017

Mercredi 2 août nous avons enfin quitté Istanbul. Cela faisait presque deux semaines que nous y étions, et même si n'avons découvert qu'une infime partie des charmes de la ville nous commencions à tourner en rond.

Pour rejoindre Ankara et avancer plus rapidement (nous pensions que le visa de Pedro était de 30 jours), nous avons décidé de prendre le train à la gare de Pendik, après avoir pris le marmaray qui est un tunnel qui traverse la mer de Marmara, et le métro jusqu'à la gare. Malheureusement, une fois arrivés à la gare nous avons découvert qu'il nous était impossible de mettre les vélos dans le train. Le site internet affirmait le contraire (en réalité seul les vélos pliables étaient autorisés), de ce fait ça a un peu gueulé dans la gare quand ils ont refusé de nous vendre des tickets, on nous a même menacés d'appeler la police.

A vélo dans le Marmaray 

Finalement, à quelques centaines de mètres de là, on a trouvé une agence de bus qui faisait Istanbul-Ankara. On prend ! Sur la route, nous avons eu le droit à un contrôle du bus. Un policier monte à bord du véhicule et récupère tous les papiers, puis une fois sortis du bus, il a appelé le central, ou un truc du genre pour vérifier chaque identité. Durant ce temps, nous n'avions même pas le droit de sortir du bus pour fumer une cigarette (roken is dodelijk). Le stewart du bus a apporté de l'eau aux policiers et des paquets de gâteaux. J'ai crié à la corruption ! Puis une fois les identités vérifiées, ce qui a été assez vite, nous sommes repartis. Une fois à Ankara, nos hôtes, Oguz et Bishra, ont eu la gentillesse de venir nous chercher à la gare avec leur voiture et une barre de transport pour les vélos. Nous sommes donc arrivés chez eux vers 23h00 et là encore ils ont eu la gentillesse de nous accueillir avec un repas.


Le lendemain on a visité Ankara à vélo, c'est vraiment sans grand intérêt...

Dans un parc, nous avons rencontré trois petits garçons qui mangeaient des biscuits. Immédiatement, ils ont partagé avec nous et nous avons fait de même avec ce que nous avions à manger. Puis ils ont voulu prendre des photos avec nos appareils. On les a laissés faire, même si nous étions un peu méfiants. Pedro, paranoïaque, était déjà en train d'élaborer des stratégies pour courir après les gamins en cas de problème. Au final, il n'y en a pas eu. Ils nous ont rendu nos appareils, puis un garde du parc est arrivé et a chassé les enfants; nous avions beau essayer de lui faire comprendre qu'ils ne nous dérangeaient pas, le garde a persisté et les enfants sont partis.

Le soir, nous sommes sortis avec nos hôtes pour prendre un verre avant de partir le lendemain.

Oguz et Bishra doivent actuellement être aux Pays-Bas, en train de faire leur premier voyage à vélo pendant 2 semaines. Je leur souhaite un excellent voyage et espère qu'ils rencontreront sur leur route des hôtes aussi sympas, et aidant qu'ils l'ont été pour nous.

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Publié le 12 août 2017

Nous quittons Ankara le vendredi 4 août à vélo cette fois !

Ce que j'attendais tant, voyager à vélo, arrive enfin ! Je ne vais pas être déçue... Sortir d'Ankara est fatiguant car tout est en montée, de plus après deux heures de route, et une bonne pause repas nous avons du pédaler sous une forte pluie pendant plus d'une heure. Ce n'est pas fini puisque vient maintenant le pire : l'appétit de Pedro qui se réveille. Ca commence avec un goûter qu'il m'a proposé et que j'ai refusé car je n'avais pas faim, et ça continue avec une route desertée de commerces pour acheter des denrées pour le soir car nous allions camper! L' erreur fatale: il m'a laissé faire les courses le matin sans m'indiquer que nous devions toujours avoir des denrées d'avance. Bref, c'était assez tendu et il montrait les dents. Il était presque 19H30. C'est à ce moment que Ramazan entre en jeu. Ramazan était au bord de la route d'un petit village, Karahamzali, village dans lequel nous nous étions rendus pour demander où nous pouvions trouver un 'market'. Pedro était loin devant en tête car énervé, quand soudain Ramazan me lance un "salut, ca va?". Je réponds étonnée et l'air amusé et rejoins Pedro pour lui dire que le mec parle français. Nous faisons demi tour pour lui demander des renseignements, mais le monsieur ne connaissait que quelques mots de français. Il appelle alors son fils, un peu plus loin et là Haydar arrive et engage avec nous la conversation en français car il est français ! Père et fils nous invitent alors à passer la nuit chez eux, nous acceptons volontiers. La famille avait déjà accueilli deux cyclistes français l'année précédente.

Nous avons été reçus comme des rois chez eux. Etre un invité en Turquie est quelque chose d'assez 'sacré' en général, et en particulier pour eux. Nous l'avons réalisé au moment d'aller nous coucher dans la chambre qu'on nous avait préparée, car il s'agissait en fait de la chambre des parents d'Haydar. Nous l'avons compris en les voyant dans le canapé. Gênés nous avons dit que nous serions heureux de dormir dans le canapé, c'était hors de question pour eux.

Ce soir là nous avons mangé notre meilleur repas jusqu'ici: pain frais fait maison, légumes et fruits du jardin, fromage fait maison...et bu le meilleur café turc pour nous.

Le lendemain Haydar nous a emmené à la ville la plus proche pour que nous puissions faire des courses, il nous a fait visité la ville, et offert des patisseries dans un petit café. Après être rentrés, et avoir pris un dernier repas avec la famille, la maman nous a offert des légumes du jardin, du pain, et du fromage délicieux qu'elle fait elle même. Je leur souhaite une très bonne continuation, les remercie de nous avoir ouvert leur porte. Leur générosité m'a vraiment touchée.

Haydar et sa mère qui nous ont ouvert les bras pour une nuit 
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Photos de route de ce premier jour à vélo
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Publié le 4 octobre 2017

Bon comme vous l'aurez remarqué cela fait pas mal de temps que je n'ai pas écrit ici. Actuellement en Iran et sans wifi cela reste compliqué.

La suite de la Turquie et l'Iran vous seront contés plus tard.

L'heure est ici au changement, le voyage se transforme dès le 12 octobre en aventure solitaire au Vietnam. Cela me fait peur mais je compte sur vous pour me soutenir.

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Publié le 20 octobre 2017


Me revoilà après une très longue absence. La raison : pas de wifi en Iran. Je saute donc cette étape pour le moment mais j'y reviendrai une fois rentrée en France. J'ai haï l'Iran autant que je l'ai aimé, et je pense que ce n'est pas plus mal de ne pas en parler de suite pour digérer mon expérience.


Le vol Téhéran-Kuala Lumpur-Ho Chi Minh a permis de briser mon jeûn de 30 jours sans alcool !

À part cela rien de particulier, sauf qu'au moment de payer, j'ai réalisé qu'après 50 jours en Iran je ne savais plus mon code. Et oui, en Iran les cartes étrangères ne fonctionnent pas.


Une fois arrivée au Vietnam il a fallu remonter le vélo et se lancer à la découverte de cette ville inconnue. J'ai un peu galéré à trouver où habitait mon hôte, et je me suis pris un scooter et un taxi au passage. Pas de gros choc heureusement.

Le trafic en Iran m'avait déjà surpris, et je pensais qu'il ne pouvait y avoir pire, mais j'avais tort...

J'ai passé 4 nuits à Ho chi minh, mais au final j'ai visité la ville qu'une journée et une soirée.

Premièrement il m'a fallu du repos par rapport à notre histoire avec Pedro, et ensuite, je me rends compte que je ne suis pas particulièrement fan des grandes villes.

Ce qui m'a fait du bien à Ho Chi Minh, c'est de voir des gens libres de s'habiller comme ils le souhaitent. C'est con, mais après presque deux mois en Iran, j'avais oublié à quel point c'était bon de voir cela.

La pluie, voilà une autre chose qui m'a marqué. Les routes sont facilement inondées dès qu'il pleut. J'ai du pousser le vélo sur deux cent mètres avec de l'eau jusqu'aux mollets !

Ho Chi Minh s'arrête là, mais ma prochaine étape (Da Lat) sera bien plus riche !

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Publié le 22 octobre 2017

C'est avec Shak, un Canadien d'origine indienne qui vivait dernièrement en Australie, que j'ai partagé cette étape.

Après s'être rencontré à Saïgon une soirée, nous avons décidé de partir ensemble visiter Đà Lạt.

C'est avec un bus de nuit grand confort que nous avons fait le trajet, siège complètement allongé et petit plaid... Le seul problème est que le bus ne prenait pas mon vélo, j'ai donc du l'envoyer par un transporteur pour le récupérer deux jours plus tard. Finalement, il n'y a pas de problème...

Alors Đà Lạt... Ça se situe au nord est d'Ho Chi Minh, à un peu plus de 300km. C'est une ville de 200 000 habitants, très romantique grâce à son lac, les nombreuses chutes d'eau aux alentours, ses prairies fleuries. C'était la principale station climatique de l'Indochine française. [Durant la colonisation française au XIXe siècle, l’administration coloniale recherche une région où le climat s’apparente à celui de la France. Le climat rude et la terre malsaine de la ville de Saigon mettent en doute que les Européens puissent s’acclimater à ces conditions excessives.]


Vous l'aurez compris Đà Lạt est une ville où il fait bon vivre.

Le marché de nuit est très typique, on y trouve de nombreux stands de street food, des fruits de mer, et des fruits et légumes. Contrairement à d'autres marchés dans d'autres villes, ici, on ne cherche pas à te pousser à acheter, ce qui est plutôt agréable. Tu peux te promener, prendre le temps de regarder, sans te faire sauter dessus.

La ville est pleine d'allées qui montent et qui descendent, dans lesquelles on s'est perdus plusieurs fois !

De nombreux temples sont à visiter dans la ville, mais aussi un peu plus loin.

Proche de Đà Lạt, un village entier, chicken village, est consacré à l'agriculture. D'immenses serres recouvrent les collines.



Dernière chose dont je dois vous parler, c'est la « maison folle » (en vietnamien: Ngôi nhà quái dị). Son architecte est Đặng Việt Nga. Il a construit également une autre maison, qui est actuellement un bar. Son style fait penser à celui de Gaudí, et ça reste pour moi une des meilleures visites. Certes, c'est plein à craquer de touristes, mais la folie de son créateur est tellement belle, que le regard se pose plus sur toutes les excentricités que sur les personnes autour de nous.

Pour ce qui est du bar, et bien on s'y perd facilement, et y retrouver quelqu'un s'avère compliqué, encore plus quand tu es alcoolisé.

Voilà pour Đà Lạt. Un peu bref, mais écrire avec un smartphone c'est pas l'idéal.

Pour finir, je voudrais vous dire que cette étape n'aurait pas été aussi belle sans mon ami canadien.

Je suppose que c'est ça aussi le voyage, des moments, des rencontres où le temps semble s'arrêter et qu'on n'oubliera jamais.

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140km, voilà mon premier trajet solo !


Je peux vous dire que j'étais à bloc, la peur au ventre mais déterminée. Même une crevaison les 10 premiers kilomètres n'ont pas eu raison de ma motivation. Qu'à cela ne tienne, j'enlève mes bagages et je remplace ma chambre à air. Première réparation sans l'assistance du paternel ou de Pedro ! Bon heureusement, j'ai eu un p'tit coup de main par des locaux pour remettre le pneu (je galère toujours à ce moment là).

Me voici donc à nouveau sur ma monture. Et je monte, je monte, je monte... La montagne est magnifique, j'ai envie de m'arrêter toutes les 5min pour des photos mais je me dis aussi qu'il est aussi bon d'être égoïste et de ne garder ce moment que pour moi ! Les voitures se font de plus en plus rare, je suis seule sur la route et je profite de chaque instant, je n'ai plus peur.

Après 70km à grimper, voilà enfin la descente, quasiment 20km sans pédaler, le pied... C'est définitivement le moment que je préfère en montagne !

Il est 17h, la nuit tombe, je m'arrête dans un village pour demander à être hébergée. Les premières personnes rencontrées ne me comprenaient pas vraiment et je ne les comprenais pas non plus. Google translate ne m'a pas trop aidé sur ce coup là. Mais de ce que j'ai compris, il avait peur de la police. Ici, les locaux n'ont pas le droit d'héberger des étrangers chez eux sans déclaration préalable au poste de police. Je décide donc de poursuivre ma route dans le village. Je passe devant deux petites maisons avec beaucoup de femmes, et grâce à Google translate, je me fais comprendre de suite (je suppose que sans, j'y serai bien arrivée aussi). La femme m'accueille chez elle. Elle me propose le lit dans la pièce principale mais je refuse, elle insiste et me montre qu'elle dormira dans le hamac. Elle me demande si j'ai mangé (avec des gestes), je lui réponds que non (toujours avec des gestes). Elle me dit que l'on va manger un peu plus tard (toujours avec des gestes; je vous assure que sur le coup, je n'ai pas compris sa réponse !). Elle vaque à ses occupations et nous prenons ensuite le repas ensemble : poisson, riz et soupe de nouilles avec légumes.

Après le repas je passe du temps avec ses enfants, à leur montrer des photos de voyage et à jouer avec eux.

Le lendemain, je me mets en route dès 7h du matin mais une crevaison m'en empêche. Je prends mon kit de réparation pour réparer, plus de colle ! Heureusement, à 7h dans le village les échoppes sont déjà ouvertes et on m'indique où faire réparer ma crevaison.

Je quitte le village où cochons, poulets, vaches se promènent librement et reprends la route. Je ne suis plus qu'à 40km de ma destination en bord de mer. Je suis heureuse !

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Publié le 26 octobre 2017

Nha Trang est une station balnéaire bondée de touristes, dont beaucoup de russes. Beaucoup d'inscriptions sur les vitrines des boutiques, des restaurants, sont en russe, avec beaucoup d'erreurs de traduction (source: un Russe rencontré à l'hostel où je séjourne). Les prix y sont forcément plus élevés mais en tout cas pour l'hostel, ça me coûte seulement 3€ par nuit en dortoir avec le petit déjeuner.

Je passe la journée à me promener.

Le soir j'ai pas mal discuté avec les gens de mon dortoir (oh mon dieu, dortoir... Ce mot me rappelle mon travail). Je disais donc que j'ai pas mal parlé avec les gens qui je partage la chambre. Seul le russe qui ne boit pas d'alcool répond positivement à ma proposition de se lever à 5h du matin pour aller voir le lever du soleil. La taiwanaise et l'espagnol ne sont pas aussi téméraires, ou en ont peut être rien à foutre.

Bref, le lendemain je réveille mon nouvel ami russe à 5h et on se rend sur la plage qui est à même pas 10 minutes à pied. Il est 5h20, les rues sont pleine de monde. On se demande si il y aura autant de monde sur la plage, si seuls les fêtards encore ivres ou non de la veille seront présents...

La plage n'est absolument pas désertique, les gens se baignent, font du sport, regardent comme nous le lever du soleil. Nous sommes réellement surpris par cela, par toute cette vie autour de nous de si bonne heure.

Le ciel est un peu nuageux mais ce fut un bon moment.

Retour à l'hostel, petite sieste, et visite de temples aux alentours. Je vous laisse vous même rechercher sur Internet l'histoire de ses temples si cela vous intéresse vraiment.

 Long son pagoda
 Po Nagar

Voilà Nha Trang ce n'est pas non plus une super destination, trop de touristes à mon goût, mais j'y ai fait de bonnes rencontres.

La nana de l'hostel m'a mise en contact avec une femme, maman d'un petit garçon de 9 ans. Elle m'a fait visiter l'école de son fils. Les cours commencent à 7h00. L'après-midi est consacrée aux révisions et les enfants laissent leur cartable sur place la semaine. De ce que j'ai compris, au début de chaque journée une chanson en hommage au président Vietnam est diffusée dans la cour. Les enfants trainaient dans les salles avant le début des cours. Ils étaient libres d'aller où ils voulaient sans aucune surveillance.

Sur le chemin du retour, on a discuté littérature. Cette maman aime beaucoup Victor Hugo et Balzac. Puis la pluie est arrivée, on en a profité pour visiter la bibliothèque de la ville et prendre un thé sous un parasol avec des employés de la bibliothèque. J'ai été invitée à revenir l'après midi pour boire du vin mais j'ai décliné !

Il faut que je sois en forme pour reprendre la route demain !

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Publié le 3 novembre 2017

Trois jours de route, deux crevaisons, une journée de pluie et un abandon pour faire du stop.

Le premier jour, le soleil était plus ou moins au rendez-vous, où plutôt,je n'ai pas eu de pluie avant 15h30.

Sur la route, des locaux m'ont invité à m'asseoir et discuter avec eux. Je sais désormais dire de quel pays je viens en Vietnamien.

Puis j'ai continué ma route par la côte parce que je l'ai vraiment dur ici question communication et qu'au bout de 15 minutes avec des locaux ne parlant pas anglais tu t'ennuies un peu.

Je me suis arrêté pour manger et j'ai rencontré 'Mike' un Vietnamien de 32 ans donc la chérie est européenne. Il a vécu deux ans en Italie et parle super bien anglais. Il aide maintenant sa famille dans leur restaurant et c'est d'ailleurs là que je l'ai rencontré. On a discuté de mon voyage également et je lui ai dit que je dormais parfois chez les locaux. Il m'a invité à passer la nuit chez eux, je voulais continuer encore ma route mais la pluie s'est invitée et comme j'avais déjà bien pédalé, j'ai accepté. J'ai bu des coups avec son père (bières) et là sa femme a débarqué pour récupérer la bouteille de Whisky ;-)

Le soir Mike m'a déposé à une soirée dansante. Il m'a dit qu'il me rejoignait après avoir aidé sa mère au restau mais il n'est jamais venu ;-) un grand bain parmi beaucoup de Vietnamiens, c'était un très bon moment...

Mike a plusieurs pages YouTube dont une où il fait des vidéos sur les coqs de sa ferme ( ils ont une ferme à l'arrière de la maison et du restau). Je vous balance le lien.


J'ai raté visiblement une belle partie de la côte le deuxième jour mais de toute façon je n'y voyais absolument rien à cause de la pluie.

Au bout de 30 km je me dis que je vais faire du stop et là un camion passe juste à mon côté. Temps de réaction trop court... quelques jurons... 2km plus loin le camion est arrêté en bord de route, le mec fait une pause dans un hamac dans une petite bicoque très sombre. Je lui demande où il va et s'il peux me prendre. Il passe par la ville où je devais m'arrêter le soir. J'y arrive vers 14h00. Je booke un lit dans un dortoir. Au vu du temps pourri, tout le monde s'était barré, j'avais 10 lits pour moi toute seule, et une tranquillité que je n'avais pas eu depuis très longtemps. Je n'ai rien vu de Tuy Hoa, je suis juste sortie deux fois en bravant la pluie pour aller manger.

3ème jour de route... Pour garder les bonnes habitudes, je me réveille et je dois réparer une crevaison avant de reprendre la route. Le mec de l'hostel m'aide et après une minutieuse inspection de mon pneu (chose que j'aurais du faire bien avant) je trouve une grosse épine qui a traversé mon pneu. Je la retire. Je finis mon bricolage et je reprends la route vers 10h00. Ce jour là je suis resté 7h les fesses sur mon vélo pour faire 93km. Pas mal de collines, ça montait, ça descendait sans cesse.

Je suis arrivée à 18h30 chez Kim et Simon. Une Vietnamienne et un écossais qui ont fait Vietnam-Paris à vélo pour aller à la cop 21.

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Publié le 11 novembre 2017

Quy Nhon, ce n'est franchement pas une étape de rêve, mais la ville est plutôt tranquille, pas trop bruyante, pas touristique non plus, ce qui en fait une bonne étape pour se poser quelques jours et se reposer enfin.

J'ai atterri chez un couple de warmshowers (équivalent du couchsurfing pour cyclistes). Kim qui est vietnamienne et Simon qui est Ecossais sont tous deux profs d'anglais ici. Kim est écrivain également. Elle n'a presque pas arrêté de bosser sur son prochain livre quand j'étais là, pour mon plus grand plaisir car elle fait cela en musique, avec une programmation très hétéroclite, ça change de la musique vietnamienne !

Après le repas, ils m'ont emmenée manger une crème brûlée, mais qui est en fait un mélange de crème brulée et de flan, ici ils raffolent de cela visiblement !

Le lendemain Kim m'a emmené au marché. C'était très drôle car pour la première on pouvait me traduire les pensées des vietnamiennes. Elles étaient impressionnées par ma taille et elles étaient également toutes intriguées par mon nez, certaines l'ont même touché, pour elle il était très beau, comme quoi... C'est sur, il est différent du nez des vietnamiennes, mais pas de quoi casser trois pattes à canard non plus ! En Iran c'est quelque chose qui n'interpellait pas les gens. En même temps en Iran la chirurgie esthétique pour le nez est très très très fréquente.

Kim m'a fait gouter des choses que je n'aurais jamais essayé sans elle, la texture d'un dessert que j'ai gouté ressemblait vraiment à de la morve, j'ai tout mangé mais à la fin c'était de plus en plus dur, pas pour le goût mais parce que la pensée que c'était vraiment de la morve m'envahissait !


Durant cette étape j'ai aussi retrouvé Pedro, la séparation physique nous a permis de nous reposer chacun l'un de l'autre et d'être plus sereins ensemble à nouveau.

On en a profité pour se rafraîchir les cheveux. À la base, je voulais une frange et raccourcir un peu mais je me suis retrouvée comme ça !

En tout cas, ca reste plutôt un bon souvenir. À titre indicatif j'ai payé 3€ le coiffeur ici.

Même dans les petits villages que je traverse il y a toujours un salon de coiffure, ici, les services sont bien présents dans les villages.


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Publié le 15 novembre 2017

Trois jours de route, 290 km


Normalement je devais faire cette étape seule car je devais retrouver une fille du Costa Rica, et faire du stop pour la rejoindre à temps. Malheureusement j'ai essayé pendant plus d'une heure sans succès. Puis à chaque station, je demandais aux camions s'ils pouvaient m'emmener sans succès encore. Avec une heure de retard pour démarrer j'ai tout de même réussi à dépasser Pedro. Nous avons continué la route ensemble.

Pas mal de pluie sur la route pendant ces trois jours, mais finalement rien de comparable à ce qui nous attend (on ne le sait pas encore évidemment).

Encore une fois nous avons été hébergés par des locaux durant ces deux nuits. On aura passé une semaine sans douche chaude.


Les choses les plus marquantes de ce trajet sont le fait qu'on s'est arrêté devant un mariage au bord de la route, et les gens nous on invité à manger avec eux. Le jour de la Toussaint nous avons pris une route avec un tas de cimetières, je n'en avais jamais vu autant depuis le début !

On a aussi visité un mémorial en l'honneur des mères vietnamiennes.

On a pas mal roulé sous la pluie, et les dix derniers kilomètres pour arriver à Hoi An ont vraiment été terrible car il faisait noir, il pleuvait, nous avions déjà fait 110km, 107 la veille, et on s'est tapé un beau petit pont pour passer la rivière pour finir !



Nous voilà à Hoi An, et surprise... nous ne sommes pas les seuls cyclo touristes !


La suite au prochain épisode...


Petite mention pour Thierry de l'ERPD qui s'est inquiété de ne plus rien voir sur le blog lorsque j'étais en Iran ;-)

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Publié le 17 novembre 2017

Comme je vous le disais précédemment, à notre arrivée nous avons eu l'agréable surprise de voir un vélo dans l'auberge où nous étions ! Hoi an c'est vraiment le début de nos rencontres...

Le vélo est marqué; après une recherche sur Facebook, on apprend que c'est un iranien. En revenant du resto ( et oui ici, on mange tous les jours à l'extérieur tellement c'est peu cher, bon par contre on ne vous cache pas qu'on a vu quelques rats trainer dans certains endroits, on a pas non plus un budget illimité, on essaie de dépenser 10€ par jour), donc en revenant du resto on fait la connaissance de Meru, d'origine iranienne. Il est parti d'Angleterre car il vit là bas. Il a voyagé en Iran à peu près en même temps que nous et a pédalé un peu avec un anglais qu'on avait rencontré à Tabriz. Ils nous présente ses deux compères : Guillermo, un espagnol et René un Allemand. Le lendemain, on passera la fin d'après midi et la soirée avec eux et Arnold, un néerlandais qui voyage à vélo après avoir été licencié. Pedro communiquait déjà avec lui via un groupe de cycliste sur WhatsApp.Arnold a séjourné chez Regina comme moi à Ho Chi Minh, il a aussi passé quelques jours à voyager avec Gijs et Carole, des belges que j'avais croisé auparavant à Nha Trang.

Le monde est petit et ce n'est pas fini !

La ville d'Hoi An est quant à elle très belle. Nous avons eu la chance d'y rester un soir de pleine lune. La peine lune est célébrée dans le centre ville en éteignant les lumières de la ville, seule les lanternes éclairent alors le centre; c'est une ambiance que j'ai beaucoup aimée.

Billet de 20 000 Dong sur lequel figure le pont japonais d'Hoi An 

Il devient un peu difficile pour moi de vous écrire et de vous donner des détails précis de ce que je vis, je vois, tant il y a de choses.

Une des choses à laquelle je pense maintenant concerne le trafic et les enfants. Sur les deux roues, les adultes portent des casques et les enfants sont la plupart du temps sans protection. Nous avons fait récemment du stop, et un enfant de 6 ans à peine était à l'avant sans porter de ceinture. Son père à côté ne la portait pas non plus. Ce sont parfois des enfants de moins de deux ans à l'arrière des scooters qui agrippent d'une main incertaine (je trouve) le vêtement du chauffeur.


Dans le prochain épisode nous allons vivre un typhon, mais nous ne le savons pas encore !

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Publié le 20 novembre 2017

Après Hoi An on a bougé à 25 km de là, à Da Nang. On a retrouvé Meru l'iranien et René l'allemand. Guillermo avait un rencard. On a bu des coups, on a fait du yoga et on s'est dit qu'on se rejoignait le lendemain à My Son, à 45 km de là pour visiter des temples. Arnold, qui est resté à Hoi An fait parti aussi de l'expédition. On était chaud, malgré la pluie.


Le lendemain matin, les compères ont décliné à cause du temps vraiment pourri sauf Arnold qui était déjà sur son vélo. Pas le choix c'est nous qui avions proposé l'idée, on grimpe sur le scooter loué pour la journée et on retrouve Arnold. On s'est tapé de la pluie sur les 90km faits dans la journée. Pedro n'y voyait rien avec la pluie, à tel point qu'il devait couvrir une partie de son visage avec une main pour protéger un oeil de la pluie et pouvoir avancer. La pluie était tellement forte que je n'arrivais pas à tenir plus de 3 secondes le visage sous la pluie et j'étais réfugiée derrière Pedro.

On était content malgré tout, pas sûre qu'on affiche un jour le même sourire sous la pluie du nord ! 
My Son 
Danses pour touristes sur le site de My Son 

Toute la nuit, ça a été la tempête et de la pluie sans arrêt, on était dans la zone 2 du typhon, en gros ca veut dire qu'on ne risquait pas grand chose en étant prudent. L'ami Arnold qui était à vélo est resté bloqué 3 nuits de l'autre côté d'une rivière en crue. De notre côté, on a pris un bus le lendemain pour Hanoï et sortir du centre du Vietnam qui a de nouveau été touché par un autre typhon depuis. Même si le risque était faible pour nous, les conséquences ont été lourdes pour les Vietnamiens, d'un point de vue humain et matériel. 100 personnes sont décédées. Un ami d'une de mes anciennes colocs qui vit à Hué a du bouger toutes ses affaires du RDC au premier et est resté plus de trois jours sans électricité. Un Vietnamien qui m'avait hébergé sur la route a vu une partie de sa toiture détruite...


J'ai pas de photos à part celle ci, je n'ai que des vidéos mais je ne peux les mettre ici. 


Bus de nuit...On se barre d'ici !  

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