Vous, ma famille, mes amis, mes rencontres, je ferme les yeux et vous regarde. Votre empreinte est marquée sur mon âme. Je marche sur ce sentier, façonné de cette mémoire jusqu'au sommet de la vie.
Du 30 juillet 2017 au 29 juillet 2018
365 jours
Partager ce carnet de voyage
29
juil

Après avoir passé plussieurs heures à sélectionner l'essentiel pour notre périple, nous avons enfin bouclé nos sacs à dos. Le voyage d'une vie décidé en 3 jours arrive enfin. Après 8 mois d'attente nous décollons demain à 0730 direction Moscou. Le coeur léger mais rempli d'amour nous nous quittons pour 1 année. Un grand merci à nos familles pour ce soutien si particulier.

Préparation du matériel 
30
juil

Ça y est, nous sommes à Moscou et ouf... nos bagages aussi. Sacs à dos montés, nous partons à la recherche d'un moyen de locomotion pour le centre ville. D'emblée, on se fait harceler par des chauffeurs et puis voilà venus deux tireurs qui tentent de nous suivre d'un air, pensaient-ils, discret. Mais comment dire, ils n'ont pas choisi les bonnes cibles.

Nous sommes tout de suite mis dans le bain, pas de téléphone, pas de wifi, tout est écrit en cyrillique et presque personne ne parle l'anglais. Nous avons finalement opté pour le train express (40min) car les chauffeurs de taxis ne nous inspiraient pas confiance. Nous aurions dû rester sur cette première impression, car plus tard on s'est fait arnaquer par un taximan. Mais après quelques explications "entre hommes", le conducteur, nous a restitué un partie de l'argent.


Arrivée au centre-ville avec le train express

Entre le 30 juillet et le 1er août nous avons visité les principaux monuments de la ville tels que la cathédrale Saint-

Basile-le-Bienheurex, la place Rouge et le Kremlin. La ville abrite un grand patrimoine culturel et affiche sa fierté nationaliste. Moscou nous fait voyager à travers l'histoire avec beaucoup de classe et de charme.


Cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux
Cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux
Intérieur de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux
Intérieur de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux
Entrée place Rouge
Entrée place Rouge
Place Rouge
Place Rouge
The Cathedral Square (Cathédrale de l'Assumption
The Cathedral Square (Cathédrale de l'Assumption

Toutefois, la ville subit de grands travaux de rénovation et d'aménagement afin de la rendre encore plus attrayante. Nous ne connaissons pas le reste du pays mais il est évident que la capitale semble privilégiée, car au vue de la multitude des boutiques et des voitures de luxe, le niveau de vie semble identique à celui de notre ville helvète (mais en plus bling-bling).


La multitude d'uniformes présents dans la ville est assez incroyable. Il y en a de toutes les sortes et à toutes les sauces. On se sent en sécurité et rien qu'en voyant les panneaux : interdiction de marcher sur l'herbe, on sait qu'il faut se tenir à carreaux. D'autant plus que la majorité des habitants sont des acariâtres. Que ce soit dans les commerces, restaurants, hôtels, etc, personne ne SOURRIT ou ne dit MERCI ! Spasiba, c'est bien dans votre dictionnaire! Nan, mais vous êtes sérieux les gars!! Ok, vous n'avez que deux mois de chaleur par année mais bon, un peu de sympathie quoi! On veut juste connaitre votre ville.

Bref, très jolie grande ville pleine de charme et de culture.



1
août

Le 1er août (joyeuse fête nationale à tous les suisses!), nous quittons notre modeste chambre moscovite (hôtel Lafayette). A pied, nous nous dirigeons à la station de métro pour nous rendre à la gare Ïaroslavskiy lieu de départ du transsibérien.

Une fois de plus le cyrillique et la langue nous posent problème. La communication avec les femmes aux guichets est impossible. Même pire, elles s'énervent les mamies. Nous ne parlons pas le russe. Alors tu vas te calmer oui!!! Nous n'arrivons pas à déchiffrer les indications et tournons comme des hélices. Là, le poids de nos baluchons devient un fardeau. L'envie de jeter la moitié de nos affaires nous traverse déjà l'esprit. Mais on prend notre mal en patience et on se renseigne auprès des usagers de la station. Eux aussi nous parlent dans cette même langue mais ils font de leur mieux pour nous aider. On se concentre sur leurs gestes et voilà que 2 métros et 5 arrêts plus tard, nous arrivons enfin à Ïaroslavskiy. On se serait cru dans Pékin express. De là, s'en suit une longue attente de 2 heures sous un soleil de plomb à 33°.


Station métro Komsomolskaïa
Attente sur le quai n°4

Le transsibérien n'est pas un train mais ce sont plutôt diverses lignes ferroviaires qui desservent tout le pays d'est en ouest traversant 7 fuseaux horaires. Bien entendu, il existe le fameux train dit "Le Transsiberien" tout en bois et d'époque. Mais ce luxe rime avec beacoup d'argent et ce n'est pas l'optique de ce voyage. Nous avons donc opté pour un train standard en 3ème classe. C'est avec le peuple que nous voyagerons pendant 86 heures jusqu'à Irkukst, capitale de la Sibérie.

Notre train arrive (n°70) et présentons nos tickets à la providionista, la responsable de notre wagon. Nous les avions achetés sur le site russe (en russe) à Genève et ouf tout roule! Merci Julien pour tes infos car c'était pas de la tarte.

En prenant nos quartiers dans le wagon (n°2) une chaleur étouffante nous explose à la figure. On s'installe sur nos couchettes pas très rassurés et scrutons notre entourage. Changement de tenue (pyjama), rangement des effets personnels et des réserves de nourriture, etc. Ils s'amenagent un petit cocon. Nous faisons tout comme eux, ou presque. Pas vraiment l'envie de trainer en pyjama.

Nos compagnons de voyage semblent sympatiques. Mieux ils sourient...un peu !! Ah ben ça alors, ça mériterait une distribution de médailles!

Pendant ce voyage, le temps s'est arrêté. On traverse les fuseaux horaires sans jamais connaitre l'heure exacte. Les paysages défilent sous nos yeux et nos compagnons de voyages aussi. Les odeurs de transpiration, de nouilles instantanées, de poisson séché, de pieds et d'eau de cologne bon marché, deviennent habituelles au fil des jours. La température monte, pas de climatisation, on dégouline. C'est une fournaise, une véritable jungle.

Nous sommes les seuls de notre wagon à faire cette traversée. Quand ils nous demandent où nous allons et que nous leur répondons Irkutsk, ils semblent dubitatifs et nous font comprendre que c'est long. J'imagine ce qu'ils se disent: "ils ont rien d'autre à faire ces touristes que de perdre du temps dans ce fichu train? Moi, à leur place, je prendrais l'avion!". Et ben à l'heure ou j'écris ces mots, je me pose la même question... car c'est terriblement lent, long et loin. On aurait peut être dû faire une escale.

Nous journées sont bien rodées, nous les occupons avec de la lecture, écriture, jeux de société, coloriage, siestes, séries Netflix et gloutonage. Notre plat principal: nouilles chinoises, accompagnées de tomates concombres et pains toast au Cenovis. (punaise! j'en peux plus de cette odeur de nouilles et Bolinos). Nos bons produits bio me manquent. Le kilo de fruits secs bio que j'avais pris avec moi appartient au passé mais heureusement il nous reste encore du Cenovis.

Sinon environ toutes les 2 à 3 heures nous avons un arrêt de 25 minutes pour nous dégourdir les jambes et nous ravitailler. Ces arrêts sont bien sympas, on a l'impression de voyager dans le temps avec tous ces vieux batiments et engins soviétiques. On a même remarqué qu'un wagon spécial prisoniers s'était greffé en queue de train pour quelques arrêts. Des femmes viennent vendre leurs spécialités comme des pains à la viande, poissons fumés, fruits, légumes et toutes sortes de babioles pour enfant. Nous avons uniquement testé les fruits et légumes car nos papilles gustatives ne sont pas encore prêtes.

Concernant les toilettes du train, âmes sensibles s'abstenir! L'odeur d'urine infecte embaume ce cabinet rouillé. On a pas réussi à déterminer quelle odeur était la pire, celle de ces toilettes ou celle des violons. Bien évidemment, pas de douches. Vive le désinfectant et les lingettes.

Malgré la durée de ce voyage et la promiscuité avec nos voisins on s'y est quand même fait. L'être humain et son pourvoir d'adaptation! Nous avons eu des échanges plaisants avec les locaux. Nous avons joué à Mistigri avec des enfants et avons même voyagé (la couchette au dessus) avec un type au style "le Parrain", mais en version russe. Après 4 nuits nous arrivons enfin à Irkukst.

Un grand bravo à notre fiston qui malgré son énergie débordante a su s'adapter à cet endroit confiné. Nous garderons un très joli souvenir de cette aventure insolite.

La providionista
La jungle
Un arrêt parmi tant d'autres
Les fameux
5
août

Irkutsk, nous somme heureux de te voir! L'adresse de l'auberge rentrée sur Maps.Me, nous filons d'un pas rapide. Nous avons élu domicile dans l'auberge GoodCat, proche de la gare et dans un quartier un peu délabré. Quand on arrive devant ces tours d'immeubles en briques et aux carreaux cassés, je suis un peu rétissante contrairement aux deux hommes. Mais finalement, il y a pas de quoi s'en faire. On prend vite nos quartiers et arrive enfin la douche savonneuse tant attendue. C'est orgasmiquement cosmique! Nous recommandons à tous les globetrotteurs cette auberge. Les chambres sont propres, personnel dispo et sympa, cuisine équipée, lessives et wifi gratuits. Ces deux derniers sont des options devenues presque indispensables pour nos choix de réservation.

Nous sommes restés 2 jours à Irkutsk en attendant le prochain train qui nous conduirait en Mongolie. Cette capitale sibérienne est une petite ville sympa située en bordure de la rivière Angara et à 68km du lac Baikal. Ses maisons en bois d'antan et peintes de diverses couleurs lui donnent un côté authentique.

Nous avons parcouru cette ville à pied et même pris son tram ou plutôt comme dit Jules "un tram tout fichu". Nous avons sillonné ses rues poussiéreuses tels des escargots, observé ses vieux bâtiments soviétiques et ses Lada vintages tels des yeux de caméléons.

Dans l'ensemble tout est meilleur marché. Le niveau de vie des habitants semble bien plus modeste que ceux de la capitale. Les nombreuses boutiques de pierres précieuses et d'ambre sont prises d'assaut par des chinois aux poignets décorés de Rolex.

Nous voulions visiter le lac Baïkal mais tous les moyens de transports étaient déjà complets. La vendeuse nous a proposé de venir le matin à 07:00 afin de faire la queue devant des minibus remplis de locaux voyageant avec la moitié de leur maison. Après l'épisode du transsibérien, nous avons décliné l'offre. Spassiba! Un peu de calme c'est bien aussi.

Nous partons donc à la gare pour acheter nos billets pour la Mongolie. On fait la queue pendant 30 minutes, arrive notre tour et voilà que la matriona ferme boutique. C'est l'heure de sa pause... on ne cherche même pas à comprendre on refait la queue à un autre guichet. Tout ça pour qu'on nous envoie dans un autre secteur qui nous renvoie sur un autre et encore sur autre et encore... jusqu'à ce que bingo! C'est le bon endroit (secteur 2, 2ème étage). Il peuvent pas l'écrire sur un fichu panneau en anglais? Nan mais!

Du coup nous avions du temps à tuer dans cette vile qui ne déborde pas d’attractions. Nous avons flâné au ralenti. Mais bon, le temps c'est pas un problème alors slow down.

"Les heures, le temps, des mesures qui guident notre quotidien. Prenons le temps de changer ce quotidien pour que les heures soient d'une douceur interminable."


Le lundi 7 août à 08:00, nous quittons la Sibérie à bord du train n 6 et attention... en 2ème classe. S’il vous plait ! Comme c'est agréable, de la clim, des draps de meilleure qualité, ça sent bon et la providionista passe l'aspirateur! Voyageurs, n'hésitez pas, surtout pour un long trajet. Le voyage sera moins riche en rencontres mais il sera plus serein.

Nous passerons environ 2h30 bloqués à la zone frontière. De multiples contrôles de la part des militaires et douaniers. On nous fait tous sortir des cabines pour une fouille minutieuse des compartiments. Des cannidés reniflent tout le wagon, nos visages sont observés et comparés aux photos de nos documents. Personne ne rigole, pas un bruit. Précisons que le wagon étaient rempli de touristes. Intérieurement, nous rigolons en pensant aux contrôles de nos frontières.



Quartier auberge
Tram tout fichu
Quartier moderne Kvartal
8
août

Arrivée à 07:00. Oulan Bator est encore dans le coaltar.


Après 4 km à pied sur le bitume explosé, nous arrivons dans l'immeuble de la guesthouse réservée la veille sur Booking. La gardienne du building nous demande de patienter et passe un appel. Elle croise ses bras en nous montrant une croix. Nous comprenons que c'est fermé et décidons d'attendre l'ouverture. Mais que nenni! La guesthouse, n'existe pas! Et oui, les arnaques existent sur Booking, les divers commentaires étaient des impostures.

Chargés comme des mules, nous squattons une boulangerie française avec du wifi. Nous ne trouvons aucun hébergement convenable pour notre famille. Après un bon café, nous décidons de nous rendre directement à l'agence de location moto. Nous partirons dans la steppe plus tôt que prévu.

La ville se réveille, un voile tapisse les cieux, l'air devient irrespirable. UB ton vrai visage se dévoile.

L'agence de location Cheketours étant à l'extérieur du centre ville (proche de l'aéroport), nous levons la main afin qu'un taxi s'arrête. Deux chauffeurs refusent de nous indiquer le prix de la course. Vient un troisième qui enclenche le compteur. Nous montons. L'homme ne connaît pas l'adresse, on lui dit de suivre notre GPS. Il fait mine de ne pas comprendre le tracé pourtant pas compliqué. A contrecoeur, il finit par prendre le chemin de l'aéroport. A 2km de notre destination, le taximan s'arrête en bordure de route. Le compteur affiche 11000 tugriks. Ce malhonnête personnage nous demande 50000 tugriks pour les 2 km restants. Nan mais ça joue ou bien ? On est d'accord que le prix de la course n'est pas exorbitant mais c'est sur le principe !! Depuis quand un professionnel agit de la sorte ? D'emblée, nous sortons de cette boîte d'allumettes et payons notre dette. Nous ferons le reste à pied.

A peine la voiture repartie que passe un pick up de police. Ils ralentissent, nous leur faisons signe. On se renseigne sur notre adresse et puis s'ensuit un échange de badges. Ils regardent les photos de nos uniformes. C'est à 6 têtes plus 42 kg de bagages et cugnés dans leur pick up que nous arriverons devant l'agence. Merci les gars.

La responsable de Cheketours nous montre nos compagnons de voyage des Mustang Shineray 150 cc (motos chinoises). Contrat signé pour 6 jours (13eur/jour/moto), nous sanglons nos sacs et nous nous équipons avec le peu de matériel que nous avons. Sur nos chevaux de fer, nous roulons à la conquête de la steppe.

Au vu de notre arrivée fracassante à UB, nous n'avons pas eu le temps d'acheter une carte détaillée du pays. Impossible d'en trouver ailleurs qu'à UB. Peu importe, nous avons Maps.me, nous sommes confiants et surtout nous avons la banane. Guidés par le hasard, nous voilà sur une piste en direction de l'ouest.

Rapidement nous sommes seuls au monde. A 20 km/h nous prenons le temps d'admirer les paysages et les nombreux animaux. Calé sur le réservoir et entre les jambes de papa, Jules klaxonne à chaque bête rencontrée. Une moto et un klaxon suffisent à le rendre heureux.

Nous montons notre camp en haut d'une colline. Étant donnée qu'il n'y aucun arbre à l'horizon, c'est au réchaud que nous faisons notre popote. Bruno se cantonne au rôle de Philippe Chevrier pour tous les repas de ce road trip. Au loin nous percevons des bruits de, pensons-nous, kalachnikov. On se rassure, ce sont certainement des bougres qui s'amusent.

Ciel étoilé à la lune cachée, la profondeur du silence décuple les sens. Je peine à fermer l'oeil. Le camping sauvage est bien plus rassurant quand on le fait dans son pays. "Penses à Sarah Marquis et à Bear Grylls", me dis-je pour me rassurer. Soudainement, un bruit d'animal surgit et tire Bruno de son sommeil. Nous pensons à un ours peut-être un loup. Plus un seul geste, personne ne bouge dans la tente. Jules ne s’aperçoit de rien et dort profondément. On espère que la bête s'éloigne mais elle semble curieuse. nous regardons discrètement dehors mais c'est la pénombre. Débordant de courage et en calbut, super Bruno s'équipe d'une frontale et d'un couteau de chasse. Il sort le plus discrètement possible. Nos regards suivent le bruit et distinguent quatre paires d’yeux luisants. Ils nous guettent. Le probabilité que plusieurs ours se trouvent à cet endroit est quasiment proche du néant. Des loups? On y croit de moins en moins. Bruno monte sur une moto, vêtu de son plus simple appareil et roule grands phares en direction de la menace. Nous voilà rassurés, ce sont des chevaux! Si un prédateur passe dans le coin, il s’occupera en premier des étalons.


Une lueur orange transperce la toile et nous réveille de beau matin. Bien reposés nous roulons à la rencontre des nomades.

Délicatement, nous faisons une approche auprès des autochtones. À notre grand plaisir, les enfants nous appellent. Les femmes de la famille procèdent à la préparation des peaux des bêtes qu'ils viennent de tuer. Nous prenons place dans la yourte familiale à côté des pièces fraîches de mouton. Le chef de famille demande à son fils de nous servir des verres d’aïrag. Remplis à ras bord nous trempons nos lèvres dans ce lait de jument fermenté salé. Le goût aigre et l'odeur repoussante nous empêchent de boire une seule gorgée de ce breuvage. Nous jouons la comédie pour ne pas les vexer et nous nous intéressons immédiatement aux enfants. Discrètement, nos verres sont abandonnés dans le coin d'une armoire. Le patriarche se dépêche d'apporter une bassine remplie de sa meilleure viande à Bruno. Comme nous venions de bruncher, il a gentiment refusé l'obstacle. Cette famille accueillante nous propose de rester pour le repas et même de passer la nuit chez eux. Leur hospitalité nous touche mais nous décidons de poursuivre notre route.

Au loin des nuages sombres camouflent le ciel bleu à une vitesse folle. Nous roulons rapidement (40km) en espérant éviter la pluie. Nous traversons des rivières et sommes déjà trempés jusqu'aux mollets. Le bleu a disparu. Les cieux se déchaînent. L'orage éclate. Aucun endroit pour s'abriter. Désorientés et GPS pas très précis, nous roulons à travers une steppe tapissée de déchets de roquettes et de cratères. Le brouillard s'épaissit, le stress nous gagne. Nous essayons de rouler sur des traces de pneus en espérant qu'aucun entraînement militaire ne soit en cours. C'est certainement de cet endroit que provenaient les tirs entendus la veille. Aucun panneau ne signalait une zone militaire. Nous parvenons enfin à quitter ce champ de bataille et suivons une piste.

Il pleut toujours. les éclairs fendent le ciel et le tonnerre gronde. En plus de ça, deux molosses enragés se mettent à notre poursuite et nous talonnent. Bien évidemment, ils essayent de bouffer la proie la plus lente c'est à dire moi! Inextremis, je bifurque à gauche et le museau d’un de ces sales cabots effleure mon mollet droit. Nous sommes forcés de quitter la piste. Tels des pilotes de motocross, nous roulons à travers champs. Les deux chiens nous poursuivrons telles des lions qui chassent leur proie sur 3 kilomètres.

Ce n'est qu'en fin d’après-midi que nous arriverons sur une nationale.

Nous avancerons sous cette météo pendant deux journées entières. Les rafales de vent, les gouttes de pluie qui heurtent notre visage telles des lames aiguisées et le froid polaire nous forcerons à changer notre itinéraire. Nous fuyons le mauvais temps et faisons cap vers le sud, direction le désert de Gobi.

Depuis Arvaikheer nous traversons les steppes jusqu’à Ongiin Khiid afin de visiter un lieu empreint de spiritualité avec ses ruines monastiques.

Le soleil commence à brûler nos pommettes et nos mains. Les steppes laissent place à un sol aride. Les nuits sont étoilées et grandioses. Nous assistons au lever de la lune et apercevons des dizaines d'étoiles filantes. Nous sommes dans le Gobi.

Nous avançons toujours quand tout à coup mon cheval devient fou. Je n’arrive plus à le maîtriser. Je perds le contrôle. Je mords la poussière sur une piste devenue une large étendue de sable. Je m'en sors avec un hématome à la jambe droite et une égratignure au cou. Remis de nos émotions, nous realisons que nous ne pouvons poursuivre notre trip à moto au delà d’Ongiin Khiid. Les pistes sont impraticables en deux roues.

Nous visitons les ruines. Le lieu est magnifique et apaisant. Nous dînons dans le restaurant d’un camp de yourtes étoilé car les pâtes commencent à nous taper sur le système. Nous engloutissons nos plats tels des concurrents de Koh Lanta qui viennent de remporter l’épreuve de confort.

Le lendemain, nous décidons de rentrer. Parfois, il faut savoir renoncer. Chargés de 10 litres d’eau nous nous dirigeons en direction de Mandalgowi où nous pourrons prendre l’autoroute (nationale pour nous).

Les températures montent, il doit faire 38° à 42°. Les distances entre les étapes sont interminables. Les pistes sont sablonneuses. Nous avançons entre 7 km/h et 30 km/h. Nous roulons sans jamais croiser âme qui vive. Des yourtes discriminées dans le paysage asséché apparaissent de temps à autre. Le ciel et les collines s’embrassent tels des amants. Des mirages.

Nous accueillons la nationale à coups de klaxons. Enfin nous pouvons accélérer.

Au finale nous avons parcouru 1138 km en 8 jours. Les paysages incroyablement sauvages nous ont émerveillés. La nature de ce pays en vaut le détour.

À chaque petit village traversé, nous y faisons nos emplettes. Mais les étales sont vident de sens. On y trouve toutes sortes de sodas, de chips et gâteaux mais rien de vraiment consistant à manger, hormis des pâtes et du riz. Nous avons testé à deux reprises la cuisine locale mais le mouton est l'élément phare de toutes les recettes mongoles. Nous avons commandés des plats mais les avons tout juste goûtés. Le goût et l'odeur sont répugnants. Nous avons mangé des pâtes à la tomate et des biscuits pendant tout le séjour à moto.Désolés les mongols mais faut vraiment être nourri au mouton dès son plus jeune âge pour aimer cela.

Les décharges à ciel ouvert sont courantes à proximité des villages hors circuits touristiques. Cela est même inquiétant. Nous avons trimbalé nos déchets jusqu'à la capitale en espérant qu’ils y soient traités comme il se doit.

Les nomades sont dans l'ensemble sympathiques mais la barrière de la langue nous empêche d'en apprendre davantage sur leur culture. Toutefois, nous avons pu les voir à l'oeuvre pour le rassemblement de leurs milliers de bêtes. À cheval, à moto et en pick up, ils tournent pendant des heures et veillent toute la nuit sur leurs animaux. Nous avons été réveillés à plusieurs reprises par des nomades qui venaient seulement voir à quoi on ressemblait. Ils restaient plantés pendant plusieurs minutes à nous fixer puis repartaient comme ils étaient venus sans aucune expression. Les villageois sont quant à eux souvent froids et dénués d'empathie. Ces petits hameaux sont tout juste équipés de l'électricité. Cependant, à aucun moment nous nous sommes sentis menacés par l’homme. Le climat et le manque d'infrastructures mènent la vie dure à ce peuple. Ces magnifiques steppes sont finalement hostiles et indomptables

15
août

Après avoir restitué nos bécanes, un taxi nous dépose chez Zaya Guesthouse au centre d'Oulan-Bator pour 25000.- tugriks (moitié moins que l’autre profiteur). Nous avons choisi ce logement dans le Lonely. Les lieux sont très propres et les lits confortables. C'est parfait! Nous voulions rester plusieurs nuits mais c'était complet. Dommage.

Nous avons pensé à toi Peter! Comme ça fait du bien de retrouver la civilisation! Tu avais bien raison et merci pour tes diverses infos.

Nous scrutons l’intérieur des restaurants en quête d’inspiration. Du choix, il y en a. Nous nous arrêtons devant Sakura Bakery, petit restaurant japonais, qui deviendra notre QG(chf 15.-/3pers/boissons,plats,desserts). Une famille japonaise y prépare 6 succulents plats et de délicieux cakes. Quant aux sourires accueillants, ils sont offerts ;-). La déco est simple mais charmante. Une bibliothèque remplie de mangas et des inscriptions japonaises, nous donnent l’envie immédiate de visiter le Japon. Repus, nous marchons à travers la capitale.

Les cheminées des usines alimentées en charbon, proches du centre et au milieu des habitations, crachent leur poison. Les gazs d'échappements des véhicules emprisonnés dans la circulation, nous enfument les narines. Ça klaxonne à tout va. Ça klaxonne pour un rien. Ça klaxonne parce que des voitures s'arrêtent au rouge. Les piétons, prioritaires sur leur passage, doivent impérativement s'arrêter pour ne pas se faire écraser. Comme un sapin au milieu d’un désert, une piste cyclable de 5 mètres apparaît sur un trottoir et disparaît sur une route. Les rues ne sont pas très propres mais des éboueurs balaient sans relâche la poussière au bord de la route. Des buildings designs cohabitent avec des édifices inachevés et en ruines. Les façades grises et sans empreinte sont d’une disgrâce à te filer le bourdon. Le futur plus grand parc du monde est devenu un terrain vague et ses attractions sont rongées par la rouille. Les nombreuses fontaines, censées provoquer de l’émerveillement, ont cessé de fonctionner et se sont transformées en dépotoirs. La ville est quasiment dépourvue d'égouts. La pluie inonde. L’eau stagnante s’infiltre. Les trottoirs et les routes sont défoncés. Aucune règle d'urbanisation ne semble établie.

“Volant trop proche du soleil, ces ailes collées avec de la cire finiront par se brûler.”

70% de la population du pays habite cette ville émergente. Les nomades fuient la rudesse de leur mode de vie ancestral. Chacun tente de se faire une place dans cette mini Babylone. Les nouveaux riches s’affichent au volant de leurs surpuissants et démesurés 4×4 de luxe. Plusieurs fois par jour, des convois spéciaux font le show comme dans les séries américaines. Des milliers de restaurants, des commerces, des boutiques aux grandes enseignes, tout y est. UB se veut moderne mais quelque chose cloche. L’exploitation des ressources au profit des pays voisins semble échapper à ces natifs. Cela en est inquiétant. Les intellectuels qui ont permis à la Mongolie de reconquérir leur drapeau semblent se cacher.

Nous sommes restés dans cette ville cacophonique une semaine à notre insue. Nous sommes à UB dans le but de faire notre visa pour la Chine.

Sakura Bakery

Dans cette même après-midi, nous nous rendons à l'ambassade de Chine pour y repérer les lieux et y récolter des renseignements. Deux jeunes gardes postés devant la porte nous fournissent aucun renseignement. Tant pis, nous reviendrons le lendemain. Le guichet pour la demande de visa est ouvert uniquement les lundis, mercredis et vendredis de 09:30 à 12:00. En lisant les récits des voyageurs, nous avons compris que l'obtention du visa chinois en dehors de son pays, serait un parcours semé d’embûches. Encore plus pour les globetrotteurs car les itinéraires ne sont jamais réellement établis en avance et ça, les autorités chinoises n’apprécient guère. Notre voyage n’est absolument pas programmé, raison pour laquelle nous n’avons pas fait notre demande à Berne.

Suivant les conseils des internautes, nous nous sommes présentés chez AirMarket, une grande enseigne de voyages à UB. Nous avons demandé sans sourciller des fausses réservations de billets d’avion pour quitter le territoire chinois. Ne soyez pas offusqués! Ce ne sont pas vraiment des faux… c’est juste qu’ils sont annulés après impression ;). Nous avons aussi réservé sur Booking un hôtel annulable sans frais. Puis, nous avons imprimé un extrait de notre compte bancaire et les formulaires nécessaires dans un bouiboui. Nous voulions avoir notre visa avant d’acheter de vrai billets pour le transmongolien.

Mercredi 16. Confiants et en avance, nous arrivons devant l’ambassade à 08:15. Bouche bée, nous fixons une file d’environ 40 badeaux dont beaucoup d’étudiants. Nous nous enfilons dans le secteur des touristes. Les autres globetrotteurs, habitués des lieux, nous expliquent qu’il faut se poster à 06:00 pour être dans les premiers. S’en suit une longue attente sous une chaleur étouffante.

09:30. La guerre pour l’obtention du Saint Graal, où tous les coups sont permis est ouverte. Les mongoles se jettent devant la porte en dépassant les touristes. Cris, bousculades, piétinements, dépassements furtifs, tous les coups sont permis. Les agents les stoppent et font entrer une quinzaine de locaux et seulement 5 à 6 touristes. Nous comprenons assez vite qu’ils feront passer les locaux avant tous les autres. Ils n’accorderaient par jour qu’une quinzaine de visas pour les étrangers. Nous attendons jusqu'à 12:00 pour qu'exceptionnellement ils nous laissent entrer tous les trois, dépassant même d'autres personnes. Il faut dire que j’ai demandé à Jules de jouer la comédie. Il a fait mine de pleurer, caché sous mes cheveux. “Plus fort! Tu peux crier si tu veux!!”. Cela a fait rire nos compagnons de galère qui ont demandé à ce qu’on leur prête notre petit.

A l’intérieur, les mongoles remplissent encore leurs formulaires, normal que cela prennent autant de temps. Au guichet, une brune trentenaire au chignon tiré et d’une froideur à glacer le soleil, réceptionne notre dossier. Derrière de fausses lunettes de vue au plastique teinté jaune, apposées sur la pointe d’un nez en trompette, se cachent des yeux assidus. Elle décortique tous nos documents. Maquillée comme Kim Kardashian et les poignets cassés vers le bas, elle se déplace à travers les bureaux comme une reine au milieu de ses sujets. Cette mi chinoise mi mongole (on a pas réussi à déterminer mais elle parlait les deux langues), nous demande comment on compte entrer en Chine. Notre explication sur le train ne lui convient pas. Il lui faut aussi des billets pour l’entrée sur le territoire. Nous sommes recalés! La prochaine c’est la bonne.

Nous retournons chez AirMarket et demandons des billets UB-Pékin.

Vendredi 18, Bruno se lève à 05:15 et part sous la pluie pour l’ambassade. Jules et moi roupillons encore. Il n’est pas le premier arrivé devant la porte de la reine. Les voyageurs de la veille qui avaient poiroté jusqu’à 17:00 et à qui elle avait fini par dire “trop tard”, venaient d’arriver.

Jules et moi débarquons à 09:00 devant un Bruno trempé et frigorifié. Le même scénario se produit à l’ouverture mais cette fois c’est la police qui assure la sécurité. Dans les rangs, tous sont un peu plus disciplinés. Nous entrons à 10:30. La reine est là. La nuit a dû être courte car son maquillage n’est pas digne de Kim. Nous lui passons notre dossier avec le sourire (c’est horrible de devoir faire des courbettes). Elle soupire d’un aire très fatigué “One moment please”. Elle se lève, fait le chat et se sert un verre d’eau. Elle analyse tous nos documents regarde une fois de plus nos photos. Tout est ok…. Non tout n’est pas ok! Par le plus grand des hasards, la tranche du passeport de Jules est légèrement mouillée. C’est sûr cette ambassade cache aussi un David Copperfield! Impossible que nous aillons mouillé ce passeport car des feuilles s’y trouvaient intercalées et le tout était dans une fourre en plastique, avec tous les autres documents. Bien évidemment tout le reste est sec. On bouillonne.“Ce n'est pas un problème, nous allons le sécher”. Elle nous fait bien comprendre que dans cet état, il ne serait pas accepté.

Exceptionnellement elle nous laisse faire. Nous collons le passeport sur une sortie de clim. Ça prend une plombe, l’air est trop froid. Avec l’accord des gardes, je sors de l'ambassade en courant, à la recherche d’un moyen plus efficace. Le sèche mains des toilettes d'un café fera l’affaire. Je cours avec le sourire et le passeport bien sec. Elle prend le passeport le regarde, le transmet à ses collègues. Il est légèrement ondulé sur la tranche. Ils scrutent les pages se parlent et nous disent “Ce passeport n’est pas valable, il faut en faire un autre à l’ambassade suisse. Sans ça, vous ne pourrez voyager nul part”. Mais c’est une blague, c’est un passeport biométrique quasi neuf. Bref, Bruno tente encore de trouver une solution mais rien à faire. J’explose! Tout le monde en a eu pour son grade, les Mongols,les Chinois, la ××××× de reine. La perte de temps, le manque de considération, l’arrogance, l’irrespect que nous avons dû supporter pour finalement rien. C’est dur à avaler encore aujourd'hui. Nous voyons les autorités chinoises différemment.

Nous changeons nos plans et tirons un trait sur la Chine. Ça ne sert à rien de s'acharner et à vrai dire l’envie n’est plus là. Nous achetons de vrais billets d’avion cette fois ;) pour quitter la Mongolie.

Pendant tous ces jours de visa et d'attente nous avons parcouru en long et en travers les rues de la ville. Nous avons aussi visité le musée et le marché “black market”. Mais nous avons surtout traîné dans l’auberge Modern Mongol Hostel qui en plus n'était pas terrible. Nous avons par contre bien mangé dans les restaurants que nous avons pris le temps de choisir.

Notre bilan sur Oulan-Bator est certe assez critique mais chers amis et voyageurs, il ne s’agit que de notre avis. Peut être que dans d’autres circonstances ou dans un autre espace temps, nous y trouvons des aspects bien plus positifs.

Lundi 21 départ pour....

1ère matinée devant l'ambassade
Marché Black Market
21
août

Nous volons avec AirChina et c’est l'angoisse à bord. Des turbulences, des trous d’air, des cris. Comme sur une attraction à sensations, un cris est sorti de ma bouche, sauf que cette fois c'était la peur. La vraie. Quant à Bruno qui déteste l’avion, il se rassure comme il peut en m’expliquant de manière approfondie, le fonctionnement d’un avion et de la gestion des turbulences (spéciale dédicace à Murg). Il est très lucide mais ses mains sont moites. Faut dire qu’il n’a pas ingéré son médicament tranquillisant lors de ce vol, soit une bonne dose de Jack Daniel’s. De plus, il n’y a pas d’alcool à bord de ce vol. Après une escale à Pékin, le deuxième vol se déroulera dans le calme.


21.08 à 23:30. Sawadika les amis! Nous ne l’avions pas imaginé, mais nous voilà bien à Bangkok en Thaïlande. Les prix UB-Tokyo étant exorbitants, nous avons opté pour une destination moins onéreuse. Cependant, nous joignons l’utile à l'agréable, nous traverserons le nord de la Thaïlande pour nous rendre dans le triangle d’or. Nous avons déjà visité ce pays l’année passée mais il est tellement vaste qu’il nous reste encore tant à découvrir.

Les pieds sur terre, Nous récupérons nos backpacks et nous dirigeons au -1 de l'aéroport afin de prendre un taxi. Nous tirons un ticket et le taxi no 62 nous est désigné. Dans le taxi, nous voilà prêts à rejoindre notre hôtel dans le centre de Bangkok. Nous faisons remarquer au chauffeur qu’il a oublié d’enclencher le compteur ou taximeter comme ils disent ici. Il explique qu’il nous fait un prix spécial de 800 bahts car son véhicule est un “big taxi”. On lui dit gentiment qu’on s’en tape du “big tacos” et qu’on refuse de rouler sans taximeter. On lui demande de nous laisser descendre afin de reprendre un ticket pour qu’un autre taxi nous soit attribué. Il fait la sourde oreille. Il roule et nous quittons ainsi le parking de l'aéroport. Il tente alors de négocier. Bruno refuse la négo et lui dit que c’est lui-même qui décidera du montant. Le taximan refuse toujours de mettre le compteur et nous conduit quand même à l'hôtel. Il aurait pu nous laisser au bord de la route mais non. Relevons que la ville est surchargée de taxis. Nous n’aurions pas eu besoin de rentrer à pied. Arrivés à l’hôtel, Bruno lui donne 400 bahts, le gars n’est pas très content mais il accepte. Faut croire que nous n’avons pas sous-évalué la course.

Une interrogation se pose! C’est le 3ème pays et déjà 3 mésaventures avec des taximen… Certes, nous sommes des touristes avec un pouvoir d’achat plus élevé que la majorité des habitants. Quant aux locaux, ils doivent gagner leur vie pour nourrir leur famille souvent nombreuse. Est-ce une raison pour devoir payer le prix fort tout le temps ? Est-ce que de tels individus méritent d'être mieux payés que ceux qui appliquent les prix de manière honnête ? On ne le pense pas.

Nous occupons la chambre numéro 7 du Blue Chang (on dirait bien que c’est la meilleure), un petit hôtel très charmant dans une ruelle calme à proximité de la rue Rambuttri. Il est très tard. On espère faire une grâce matinée jusqu’a 09:00 au moins…

Notre balcon du Blue Chang


22.08 au 23.08. Bangkok.

Certains n'apprécient guère ton effervescence mais ton authenticité nous séduit. Hétéroclite, tu offres toujours quelque chose à découvrir.

Bangkok n’est pas que tourisme low-cost ou tourisme de débauche. Bangkok c’est aussi une culture, des traditions, des magnifiques temples, des musées, des balades en longboat sur les klongs et le Chao Phraya, des marchés, des exhibitions de boxe et des multiples quartiers aux âmes bien différentes. Même le quartier de Kaosan Road/Rambuttri a retenue notre attention avec ses concerts de musique live. Les nombreuses étales et roulottes exposant fruits exotiques, gâteaux et plats asiatiques, nous font voyager rien qu’en les regardant. Des effluves délicieuses de curry thaï et de citronnelle cohabitent étrangement avec les odeurs répugnantes d'égout et de pisse. Le sourire et la gentillesse des thaïlandais sont encore plus agréables quand on vient d’Oulan-Bator. Mais ne vous y méprenez pas car avec un sourire des plus chaleureux certains n'hésitent pas à vous prendre pour des distributeurs de billets ambulants.

Notre dernière visite est très récente, nous n’avons donc pas revisité les sites. Nous avons opté pour deux journées à un rythme nonchalant à siroter des jus de fruits frais. Les jus de grenade, de pastèque et de mandarine sont d’une saveur exotiquement sucrée ( j’invente des mots comme au Scrabble, des fois ça passe ;)). Afin de faire plaisir à notre petit, nous avons passé une après-midi à visiter le Sea-Life. C’est un aquarium géant situé dans le gigantesque centre commercial Siam-Paragon. Nous l’avions déjà visité mais cet aquarium est d’une beauté époustouflante et la faune d’une grande variété. C’est avec plaisir que nous le redécouvrons pour un joli moment en famille. Cette visite a conquis petit et grands.

Nous avons aussi visité la maison de Jim Thomson. Cet américain voulait relancer le commerce de la soie en Thaïlande. Passionné, il fit construire cette somptueuse demeure en 1950. Elle se compose de plusieurs maisons thaï venues principalement d’Ayutthaya. Une magnifique collection d’objets venus du royaume de Siam, de Birmanie, du Laos et de la Chine ornent ce lieu construit au milieu d’un petit jardin luxuriant. Cette maison devenue un musée, met en valeur l’art asiatique avec beaucoup de distinction. Cet endroit paisible est une perle.

Un soir, nous avons mangé dans un restaurant végétarien/vegan. Nous y étions déjà venus l'année passée et la cuisine est toujours aussi délicieuse. L’ambiance aux lumières tamisées est décontractée et zen. Une fois nos pieds nus, nous prenons place assis sur des tapis de sol et mangeons sur une table basse. Nous recomendons! La ruelle est un peu glauque mais c'est très sympas. Nous imaginons déjà les commentaires off de certains lecteurs de ce blog ;))).



Restau végé
Maison de Jim Thomson
La guide ressemblait au lion birman


24.08. Nous prenons place dans un minivan et roulons jusqu’a l'embarcadère de Ban Phe. Nous avions acheté nos tickets bus + bateau auprès de l’agence Lompraya. Cette agence propose des packs très pratiques pour les quatre coins du pays. Nous avions déjà recouru à cette agence auparavant pour les îles et le sud du pays. A notre arrivée à Ban Phe une femme qui doit nous conduire à notre bateau, nous explique que celui-ci vient tout juste de partir et qu’il faut attendre 1:30 pour le prochain. Elle nous propose une solution! Il s'avère qu’elle travaille pour une agence et qu’ils ont un speedboat. Celu-ci peut nous déposer devant la plage de l'hôtel pour seulement 350 bahts/personne !! Les autres voyageurs du van, un groupe de chinoises à la main Iphonique et une famille française acceptent cette “généreuse” offre. Nous ?…. Ben, on attend le prochain. Nous pouvons les comprendre, tous ne disposent pas d’autant de temps. Un petit repas chaud, une glace et c’est l’heure d’embarquer.

Le bateau en bois, date d’une autre époque. Il s’agit d’un bateau à la locale ou le ticket vaut 50 bahts. Nous réaliserons plus tard qu’un bateau part toutes les 30 minutes. Nous n’avions pas besoin d’attendre 1h30...

Arrivés sur l’ile nous nous mettons à la recherche d’un hébergement. Une petite guesthouse sur le rue principale peu avant la plage fera l’affaire. Une chambre très modeste à la déco thaï kitch a tout ce dont il nous faut. À peine nos sacs posés que nous enfilons nos costumes de bain. Six minutes plus tard nous ploufons dans l’eau transparente. Chaises longues, lecture, shakers de fruits, ice coffee et crêpes sucrées compléteront notre après-midi.

Nous avons passé 5 jours sur cette petite île qui franchement n’est pas spectaculaire. Les infrastructures sont un peu désuètes et mal aménagées ce qui lui donne un côté tourisme bas de gamme non respectueux. Du reste, il y avait très peu d’occidentaux hormis quelques jeunes fauchés et quelques hommes qui, semble-t-il, venaient de trouver l’amour. Ces vieux hôtels sont collés les uns aux autres et se situent sur la même parcelle de plage. Les lieux sont envahis par une horde de chinois. Ces zombies étrangement équipés de bouées, de brassards, de combinaisons anti soleil, se jettent à l’eau en masse comme s’ils suivaient toujours un petit drapeau. Heureusement pour nous, ils n’ont jamais eu l'idée de marcher 100 mètres sur leur droite. Grâce à cette barrière invisible et magique nous sommes restés au calme avec les autres occidentaux et thaïlandais.

Pour les repas nous avons déniché un petit restau de rue dont la cuisine exquise est préparée par une adorable mamie. Les currys et les soupes de nouilles sont les meilleurs que nous avons dégusté jusqu’a maintenant. Voyageurs n’ayez pas peur de manger dans la rue! Si les tables sont remplies de locaux, c’est que les produits sont consommés et ne moisissent pas. Ils sont ainsi toujours frais. Quant à l’hygiène, que préférez-vous ? Voire la cuisinière préparer ou imaginer ce qu’il se passe dans une cuisine fermée? Quoi qu'il en soit, il est évident que les critères d’hygiène ne sont pas les mêmes dans notre pays. Mais bon le corps est résistant et au pire c’est une petite tourista ;). En tous cas nous n’avons jamais été malade  (je touche du bois) jusqu’à présent.

29.08 Départ de Koh Samet pour Bangkok. À nouveau dans la capitale, nous achetons des tickets de bus à l’agence Lompraya pour Ayutthaya, une des anciennes capitales du royaume de Siam. Malheureusement, nous avons loupé le dernier départ pour cette cité. Nous passons donc encore une nuit à BKK. Après un pad thaï et un riz, nous trouvons place sur une terrasse où un concert live se produit. Mesdames et messieurs faites place aux Beatles thaïlandais ! Jules s’est éclaté et nous on s’est bien marré. Nous passons la nuit dans l’hôtel Rambuttri house, situé face à l’agence car le minivan viendra nous chercher juste devant.

30
août

Après divers changements de minibus, de l’attente, et beaucoup d'arrêts, (Pfff…faut être très patient quand on voyage à la locale) nous arrivons à la station de minivans de la ville d’Ayutthaya.

Des tuk-tuks surgissent. Nous marchons. De la street food en abondance, des trottoirs transformés en marchés dont les étales nous laissent qu’un infime couloir pour avancer. Ça grouille de partout. Une fois n’est pas coutume, les odeurs jaillissent par surprise et nous flanquent la nausée. La guesthouse que nous avions visée ne nous convient pas. Nous marchons pendant 4 km sous le cagnard. Les gouttes qui ruissellent le long de notre colonne se sont transformées en chutes du Niagara. Nous marchons au pas et les kilomètres usent nos souliers. Nous trouvons au bonheur la chance une guesthouse fraîchement ouverte. Le gentil gérant de Slow Tree privatise le dortoir pour nous seuls. De toute façon, pas un seul touriste à la ronde. La cité historique est quasi désertique. Motivés par les défis et habités par l'indépendance, nous nous lançons dans cette visite à pied.

À la fin du premier site nous nous rendons vite compte que les distances entre les monuments sont grandes. En effet, fondée en 1350, Ayutthaya était l’une des plus grandes villes au monde et devint la capitale du royaume de Siam. Au fil de l’histoire elle fut pillée, détruite et reconstruite à plusieurs reprises. Donc, au vu des distances, nous avons finalement opté pour un tuk-tuk.

Après cette longue journée de voyage et de visite, nous nous écroulons dans nos lits. Les bras de Morphée nous accueillent rapidement.


31.08. Au petit matin, nous nous rendons dans la seule agence ouverte afin d’acheter des tickets de bus pour Chiang-Mai. Le manager des lieux commande un tuk-tuk afin qu’il nous conduise à la gare routière. En attendant, Bruno joue un peu de ukulele et un employé encore alcoolisé de la veille s’incruste. M. Buracho emprunte l’instrument. On se dit qu’il va nous jouer un super morceau mais non, c’est à peine s’il tient l'instrument à l’endroit. Bon ben rangeons le ukulele avant qu’il nous casse une corde celui-là.

Le trajet en bus est assez long et les 650 km de route qui séparent ces deux villes se font à travers une jungle tropicale parsemée de bananiers, manguiers, papayers, cocotiers et arbres en tous genres.


Terrasse de notre guesthouse
Dans la gare d'Ayutthaya

À 22:00, nous arrivons à la gare terminus 2 de Chiang-Mai. Celle-ci, située en retrait de la ville est déserte de taxis. Les locaux ont vite fichu le camp. Nous sommes seuls et nos estomacs crient famine. Dans notre ligne de mire, une lettre M de couleur jaune éveille quelque chose dans nos cerveaux de consommateurs. Un bon Cheese et du wifi! Parfait pour rechercher un hébergement. Nous choisissons un hôtel et nous mettons en marche. Nous marchons dans la nuit un bon moment avant qu’un taxi n’apparaisse. Une gentille taxiwoman met le compteur d’elle même et refuse la totalité de notre pourboire.

Nous sommes contents du choix de notre hôtel, The Opium. Équipé d’une piscine et d’une petite salle de sport, nous pourrons nous détendre après les visites.

La ville de Chiang-Mai est assez étendue et très animée. Nous louons un scooter pour la durée de ce séjour. Après un délicieux smoothie nous visitons certains temples de la ville. Les lieux sont magnifiques mais honnêtement entre l’année passée et maintenant notre émerveillement pour les temples commence à se blaser. Mais nous persistons car ce type de monuments sont les principales attractions de l'Asie du sud-ouest.


Nous avons parcouru 30 km (l'allée) en scooter afin d’explorer le jardin botanique Queen Sirikit. La circulation en plein centre-ville est assez sportive. Un travail d’équipe est nécessaire afin d'être attentifs aux moindres dangers. Bruno conduit prudemment et anticipe les mauvais gestes des autres conducteurs. Nombreux sont les voyageurs que nous avons croisés, les bras et les jambes éraflés. La circulation est dense et nous nous retrouvons souvent prisonniers des bouchons. Les centaines de mobylettes, de pickups et de camions battent le goudron poussiéreux. Un nuage s'élève du sol brûlant et pique nos yeux. Nous nous sommes équipés de masques pour nous protéger un chouilla des gazs d'échappements.

Lors de nos voyages dans les villes ou dans les pays gabgiques, nous apprécions les jardins botaniques car nous passons un moment au calme au milieu de la nature. Celui-ci est très beau. À travers la jungle, nous marchons sous de nombreuses variétés de bananiers. Le bruit assourdissant des milliers d’insectes et d’animaux provenant de l'obscurité épaisse de cette végétation nous fait presque flipper. On s’imagine perdus à l'intérieur avec une machette pour ouvrir la voie. Le site est bien entretenu et les diverses serres abritent des jolis spécimens de plantes en tous genres.

Après cette escapade bucolique, nous roulons un peu plus loin afin d’explorer une grotte signalée sur notre GPS. Nous roulons à travers les rizières et les potagers des paysans. Des poules et des cochons nous coupent la route. Des maisons construites sur pilotis ou à même la terre, sont souvent faites de paille, de bois ou de tôle. Elles révèlent un mode de vie très modeste voir pauvre de ces personnes. Des grandes familles semblent habiter ces cabanes. Leur peau est noircie par un travail acharné sous un soleil brûlant. Les lieux sont silencieux. Une lumière rehausse la couleur des rizières d’un vert éclatant. Comme bouquet final à ce paysage de carte postale, un arc-en-ciel transperce le ciel.

Nous suivons le GPS et nous nous enfonçons dans la forêt. Un panneau bleu à l’inscription CAVE, nous signale le début du sentier. À peine descendus du motocycle que des moustiques tentent de nous boire le sang. Nos pieds sont vêtus de tongs, nous n’avons pas de frontale, le chemin n’est pas balisé, il n’y a pas âme qui vive. Nous ne savons pas par où débuter. Finalement, on ne prendra pas le risque on rebrousse chemin jusqu’à notre piscine.

La ville de Chiang-Mai propose une centaine d’écoles de cuisine. Nous en avons choisi une au feeling. Le pickup de Siam Garden Cooking School vient nous chercher à l’hôtel. Nous commençons par visiter un marché alimentaire local. Une jeune fille nous présente les ingrédients indispensables à la cuisine thaï. Après quelques achats pour la préparation de nos mets, nous filons à l’école. On s'équipe d’un tablier et c’est parti. Au menu, fresh spring rolls, noodle soup, curry vert et rouge, beignets de bananes et mango sticky rice. Avec l’aide du fistons nous préparons chacun 4 plats dans une bonne ambiance. La préparation de la pâte de curry n’a plus de secret pour nous. Les plats que nous avons préparés sont délicieux! Jules veut absolument que je note dans le blog « J’ai joué avec deux bébés chiens pendant le cours de cuisine ». Faut dire que les propriétaires des lieux avaient deux adorables chiots, un Beagle et un Labrador.

Le dernier jour de notre séjour à Chiang-Mai, nous avons visité…. à votre avis ? Un temple! Bien évidemment. Le What Doi Suthep situé au sommet d’une montagne. La légende de ces lieux, veut que jadis un roi fit monter des reliques sur le dos d’un éléphant blanc. Il le laissa marcher dans la forêt. L’éléphant gravi cette montagne et soupira 3 fois avant de mourir (certainement d’épuisement). Le roi y vit un signe et fit ériger un temple sur ces lieux. Il s’agit là d’un résumé plus que résumé de cette légende. Pour accéder à ce temple, il faut affronter environ 300 marches. Au sommet, il y a énormément de monde dont beaucoup de locaux venus prier. Jules voulais voir un moine de plus prêt. On la laissé faire et celui-ci lui a mis un petit bracelet rouge au poignet droit.

Les soirs nous nous sommes rendus dans les divers marchés de la ville. En Thaïlande les marchés sont des institutions. Il y en a à tout moment de la journée. Le nombre d’étales vendant les mêmes choses qu’à Bangkok est assez impressionnant. Comme pour les temples, notre intérêt pour les marchés de rue s’est fortement amenuisé. Toutefois, il y a une petite zone de food trucks qui est bien aménagée et très propre. Bien évidemment, cet endroit est tout juste conçu pour les touristes ou pour les locaux un peu plus aisés. La nourriture variée qui est proposée, ravit nos papilles. Au centre, une scène où se produisent des artistes locaux garantit une bonne ambiance. J’ai même craqué pour M.Gin Tonic!

Nous avons acheté des tickets de bus au terminal 2 pour Chiang-Rai. Dernière ville de la Thaïlande que nous visiterons. Demain nous quittons Chiang-Mai.


5
sept

Nous arrivons à la gare provisoire de Chiang Rai sous la pluie. Nous trouvons une guesthouse peu cher mais très propre (CHF 8.- la nuit). Deux nuits chez Ann Hostel suffiront pour visiter le coin.

Comme à notre habitude, c’est en deux roues que nous partons à la découverte. Nous commençons par nous rendre dans une plantation de thé chez Chouï Fong Tea. Malheureusement, la maison n’organise pas de visites. Du coup, nous profitons de la vue de la terrasse sur la plantation en dégustant un thé glacé à l’abri de la pluie.

J’avais très envie de me rendre dans un musée rural où diverses ethnies du pays y exposent leur artisanat. Bruno n’est pas très motivé par ces lieux attrapes touristes, mais j’insiste. La saison touristique étant au plus bas, nous sommes les seuls à nous pointer. À l’entrée, un homme nous demande 300 baths par adulte. Un panneau explique qu’il s’agit d’une réserve et que l’argent sert à entretenir le musée. Nous avançons et constatons que le site n’est pas entretenu. Il est même dans un piteux état et je commence à regretter mon choix. Une flèche nous indique la zone de l’ethnie Karen, celle des femmes aux longs cous, communément appelées "femmes girafes". Sur le devant des cases en bambou, où sont exposés divers tissus, se trouvent ces femmes dont les cous sont ornés d’anneaux dorés. D’emblée, on se sent voyeurs. Elles essayent de nous mettre à l’aise et nous font signe d'approcher. Elles prennent la pose telles des mannequins pour le National Geographic afin qu'on les photographies. Bien évidemment, elles montrent leurs articles en nous indiquant les prix. Je me sens obligée d’acheter un tissu qu’une des femmes finissait de tisser.

Nous avançons encore et nous enfonçons dans un endroit où la forêt pare les rayons du soleil. La terre rouge pousserieuse est devenue gadoue. Les autres soi-disant ethnies, ne sont pas à leurs postes. Ils sont surpris de notre arrivée. Comme des trafiquants qui sifflent pour avertir de l’arrivée des pandores, ils sifflent à notre vue. Rapidement, tous s’agitent et enfilent leur déguisement traditionnel. Tout s'accélère. Ils soufflent dans leurs flûtes, font croasser leurs grenouilles en bois venues de Chine, agitent des babioles en tout genre et tous nous appellent en criant « 50 bahts, 50 bahts ». Ils s’approchent de nous. On dirait une meute de hyènes. Ils nous oppressent pour qu’on leur achète du cheni. J’ai la tête qui tourne, je manque d'oxygène, je me sens mal. Nous finissons par quitter les lieux après 10 minutes de visite.

En quittant les lieux nous avons vu des femmes aux longs cous se faire déposer sur ce lieu. Finalement, il s’agit d’un travail comme un autre. Au moins, elles ne peuvent pas berner les touristes quant à leurs origines, à moins de se faire étirer le cou dans un centre de chirurgie en Corée du Sud. Quant aux autres, ils ressemblaient surtout à des pauvres gens à qui on avait donné un déguisement pour nous divertir, nous touristes en manque l'authenticité.

Terrase de Ann hostel

Après cet endroit pourri, nous nous dépêchons de filer en esperant passer entre les gouttes. Le mauvais temps nous poursuit. Nous nous arrêtons au Rong Suea Ten Temple. Oui, oui encore un temple!!!! Celui-ci a la particularité d'être complètement bleu et les créatures sont un peu terrifiantes.

Quelques kilomètres plus loin nous visitons le White Temple…qui lui est tout blanc. Ça construction est assez récente. Il s’agit de la création d’un artiste thaïlandais qui a reproduit, selon sa vision, le paradis bouddhique sur terre. Les lieux sont assez étranges et un peu loufoques.

Dans le centre de Chiang Rai, nous avons découvert un café assez particulier, le Cats n’ a Cup. C’est un café où il y a des chats partout. Nous avons passé de longues heures dans ce café à caresser et à jouer avec ces boules de poils. Le centre-ville n'est pas tres intéressant.

07.09. Vers 11:00, nous partons pour Chiang Kong à bord d’un bus un peu vintage. Nous roulons pendant 3 heures avec les portes ouvertes. Les villages que nous traversons sont de plus en plus pauvres.

Chiang Kong est une ville frontière au bord du fleuve Mékong. Nous passons 1 une nuit dans une cabane en Teak. Heureusement, les moustiquaires nous protègent des bestioles. L’hostel a une super piscine qui nous permet de passer le temps avant le départ.

En mal d’aventures, nous quittons la Thaïlande demain matin. Le voyage qui nous attends sera certainement éprouvant mais il ne nous laissera pas indifférents. On se rejouit.


Gare de Chiang-Rai
En classe kitschos
Les asiats en rafollent
8
sept

Le réveil est matinal, on se dépêche car le bus de l’hôtel part à 08:30. Aujourd’hui, une nouvelle aventure commence. Nous partons pour le Laos. En effet, nous ne sommes pas venus à Chiang-Kong par hasard! Nous allons voyager en slow boat sur le Mékong pendant 2 jours afin de rejoindre l’ancienne ville impériale Luang-Prabang.

Notre objectif est de traverser le Laos, le Cambodge et le Vietnam en empruntant bateaux, trains et bus locaux. Nous traçons de notre liste le Myanmar car nous n'avons pas de visa. De plus, il est presque impossible d'utiliser la voie terrestre et les derniers événements en date (nouveaux attentats et blocus de l'aide humanitaire) ne nous rassurent pas vraiment. On verra pour le prochain tour du monde... 😉

Ce matin nous sommes un peu stressés car selon les blogtrotteurs, le passage de cette frontière est difficile (arnaques, corruption) et le timing est serré. En effet, Il n’y a qu’un seul départ de barque par jour soit à 11:00. Ce moyen de transport est très prisé des locaux car il est peu coûteux. En contre partie, il est aussi très apprécié des touristes en mal d’authenticité.

Le bus nous dépose à la frontière thaïlandaise et nos passeports y sont tamponnés. Nous traversons, dans un autre bus, le fameux pont de l’amitié qui relie les deux pays au dessus du Mékong. Nous voilà à la frontière laotienne. Nous y changeons nos bahts car le taux est plus avantageux de ce côté du fleuve. C’est devant les guérites que les choses devraient se gâter. Les douaniers demanderaient aux touristes de payer des taxes imaginaires. Ça tombe bien, nous sommes bien décidés à ne pas nous laisser faire. En arrivant, nous passons devant tous les touristes car nos passeports rouges à croix blanche nous donnent droit à 15 jours gratis. Du coup, nous choisissons cette option et ne déboursons pas un centime. Ben finalement, c’était pas si compliqué. Après cela, un tuk-tuk nous conduit à l’embarcadère (30min de route).

Dans ce mini port, c’est la cohue! Il y plusieurs slow boats et les autochtones chargent et déchargent des marchandises. Le sol est boueux et les déchets.... ben les déchets quoi!! D’emblée, le Laos semble bien plus pauvre que son voisin.

Un homme aux cheveux gris et aux dents usées jusqu’aux gencives, nous montre du doigt le bateau et le guichet pour les tickets. Mais nous n’avons pas assez de kips. Bruno file à la recherche d’un bancomat. Jules et moi nous nous glissons discrètement dans le bateau pour y réserver des places. Les nombreux passagers arrivent et il est déjà 10:30. Je commence à stresser, j’espère que Bruno aura le temps d’acheter les tickets. Heureusement, à 10:55 il arrive.

Nous nous installons confortablement sur nos sièges. À savoir que les banquettes en bois ont été remplacés par des sièges de bus, fourgon et camion. C’est un mélange assez curieux du mobilier dans un style moderne rustique.

Le slow boat démarre. Nous avançons à une vitesse moyenne de 27km/h. Après quelques minutes, le temps s’arrête. Malgré le bruit du moteur, nos pensées se perdent dans l’horizon. Les paysages sont incroyables. Dans le feuillage dense et vert de la forêt, on y entrevoit des petits villages, accessibles uniquement par bateau. Les enfants de ces forêts s’amusent en sautant dans le fleuve. Sur les rives de cette eau terreuse et brune, des buffles se rafraîchissent et des pêcheurs lancent le fil depuis leur barques. Une sensation de vivre à une autre époque nous parcourt. Malheureusement, notre boîte à souvenirs numériques est tombée en rade de batterie. Nous avons tout de même réussi à faire quelques clichés avant. Toutefois, les belles images sont enregistrées dans nos boîtes crâniennes.

Dans ce récit de bisounours, il y a un Mais...Oui, c'est un beau voyage mais il n’y a pas que de belles choses, il y a aussi des déchets!!! Le Mékong est la poubelle des pays qu’il traverse. Il est certaint que des usines y déversent leurs eaux usées non-traitées, mais les habitants semblent indifférants face à cette pollution qu’ils engendrent eux aussi. Heureux l’ignorant ! Certes, nombreux sont ceux qui n’ont pas acquis tous les besoins fondamentaux de la pyramide de Maslow avant de penser à l’environnement. De plus, les infrastructures liées à la santé sont précaires alors on imagine bien que la récolte des déchets est quasi inexistante.

Presque tous les locaux du bateau jettent leurs déchets dans le fleuve. Un paquet de chips englouti et hop l’emballage dans l’eau. Une bouteille de soda finie et hop une bouteille à la mer. Un gobelet de nouilles instantanées gobées et plouf dans l’eau.

Voici une scène de vie de ce bateau dont nous nous sommes, par la suite, posés beaucoup de questions. Un couple de laotiens avec deux enfants sont installés quelques rangées plus loin. La maman a mis ses plus beaux bijoux en or. Chacun des adultes a un téléphone portable sur lequel ils regardent les actualités sur Facebook. L’ainée âgée de 3 ans ne quitte pas sa tablette numérique. Cette même enfant finit sa bouteille de cola et le bouchon tombe à ses pieds. Le papa le ramasse. Il le jette dans le fleuve en même temps que son paquet de chips. La petite fille aspire la dernière goute de son précieux nectar et jette la bouteille dans l’eau.

Leurs gestes sont ils guidés par la pauvreté? Par l’ignorance ? Par les mœurs? Par l’indifférence ? À qui la faute? Est-ce la faute du gouvernement ? Est-ce la faute des capitalistes? Est-ce vraiment la faute de quelqu’un d’autre? Qu’elle est la priorité? L’environnement? La santé? La sécurité ? L’instruction? Mais que fait Greenpeace?! Les écrits de ce blog, reflètent uniquement nos ressentis et nos réflexions. Il ne s’agit pas d’un avis dénigrant ni d’une critique déguisée mais plutôt d’une observation différente des cartes postales.

Après 7h de navigation, nous arrivons à Pakbeng, où nous passerons la nuit. L’étape est obligatoire lors de cette descente du Mékong. À notre arrivée, des rabatteurs de guesthouse agitent les prix de leurs chambres. Nous traçons en direction de la bourgade pour trouver une demeure. Pakbeng, n’a aucun intérêt. Elle vit au rythme des arrivées et départs de slow boats. Après une bonne douche et un bon repas chaud, nous filons nous coucher. Sur le chemin du retour, un local veut nous vendre la marijane qu’il tient dans sa main. "Nan, mais tu vois pas qu’il y a un enfant avec nous! Et c’est pas parce qu’on a des petits tattoos et qu’on est en tenue décontractée, qu’on est forcément des consommateurs!! C’est quoi ce délit de faciès? Ça joue où bien?!".

Le lendemain nous sommes réveillés par l’agitation de la bourgade. Les voyageurs se hâtent afin de réserver des places dans le bateau. Nous achetons rapidement quelques provisions pour la journée avant d’embarquer. Cette nouvelle journée est quasi identique à la précédente. Nous avons 6 heures devant nous alors nous prenons le temps de lire, de gribouiller quelques dessins et faire quelques jeux tout en observant le paysage. Certains en profitent pour une petite sieste.

Le slow boat s’amarre à une dizaine de kilomètre de Luang-Prabang. Des tuk-tuk nous attendent et nous achetons un ticket afin qu'on nous conduisent au centre colle . Apparement, le système de tickets est assez récent. Profitant de l’excentricité du débarcadère, les tuk-tuk exerçaient des prix bien plus élevés pour les touristes auparavant.

Nous nous installons dans un hôtel que nous ne recommandons pas car le rapport qualité/prix n’est pas des meilleurs.

Nous voilà à arpenter les belles rues de Luang-Prabang. Jadis, le Laos était sous protectorat français. De ce fait, le vieux Luang-Prabang est construit dans un style colonial qui lui donne un charme fou. Des moines habitant les nombreux temples de la cité, cheminent le long de ces rues relativement propres. Pendant 4 jours, nous nous sommes baladés à vélo et en moto bike à travers la ville et le long du Mékong. Nous avons visité des temples, observé un couché du soleil (pas des plus fameux ; nuages) et nous avons même fait trempette dans les cascades de Kuang Si. Nous avons aussi dîner dans le magnifique et délicieux restaurant le Manda de Laos. Ces lieux décorés avec distinction et exotisme sont élevés autour de trois étangs de lotus, classés au patrimoine de l’UNESCO.


Par contre nous n’avons pas assisté au Tak Bat, qui n'est autre que la célèbre quête des moines. Elle a lieu tous les matins à 05:30 au lever du soleil. Il s’agit d’une tradition ancestrale où les moines, vivant uniquement de l’aumône, défilent dans les rues afin de récolter les offrendes du peuple. Nous avions vraiment envie d'assister à ce moment solennel. Malgré l'envie, la volonté n’a pas dépassée le stade de la pensée.

Même si une horde de Chinois et de Coréens était présente, Luang-Prabang nous a séduit.

12
sept


Avant de commencer ce reçit, nous tenons à vous remerciez pour vos chaleureux messages postés sur ce blog. Ça nous fait plaisir de vous lire. On vous embrasse. Les écrits prennent du temps a être publiés car la synthèse de nos ressentis personnels prennent du temps. De plus, nous ne sommes pas aidés par le peu de matériel informatique que nous avons emporté. Profitant jusqu'à la dernière goutte de ces précieux instants, nous n'avons presque plus le temps d'être productifs. Un comble !!! 😁

12.09. Nous mettons le cap sur Vang-Vieng. Autrefois, lieu de tous les excès, prisée des jeunes écervelés aux neurones enfumés et noyés dans l’Absolut, Vang-Vieng s’est aujourd’hui assagie. Du moins nous l’espérons. Empruntant la voie terrestre, c’est une étape que nous choisissons pour éviter les trajets interminables.

Nos postérieurs prennent place à l’arrière d’un minivan chargé à son maximum. Bruno se retrouve assis et coincé entre les bagages. Nous occupons à tour de rôle cette maudite place. Les amortisseurs ne sont pas en option et les routes sont truffées de nids de poules. Le circuit routier au Laos est très précaire. Le voies sont tantôt en goudron tantôt en gravier. Le guignolo, qui nous sert de chauffeur, ne fait aucun effort pour éviter ces aspérités. À fond les manettes, notre dos de trentenaire subit le martyr à chaque saut. L'unique répit est lors des pauses pipi. Nous avons certainement perdu quelques centimètres lors de ce maudit trajet.

Notre pause déjeuner lors du trajet

Arrivés à Vang-Vieng, nous sommes perplexes. Une dizaine de buggys, pilotés par des coréens, circulent à vive allure, laissant un énorme nuage de poussière rouge dans leurs sillages. Équipés de lunettes et de foulards autour de la figure, ils crient comme des sauvages. Ils semblent faire la course au milieu d’un village aux enseignes «burgers» et «massages ». Nous avons l’impression de débarquer dans un mini Kaosan Road au décor de Mad Max. Nous prenons le chemin de la guesthouse et traversons un petit pont (payant pour les touristes). Nous aprendrons plus tard que ce pont à été construit par une famille du village. Sans argent, le gouvernement n'est pas en mésure de le construire. Les habitants sont ainsi livrés à eux mêmes et ce sont leurs règles qui sont établies.

Située sur la rive calme de Vang-Vieng, Maylyn Guesthouse est un petit havre de paix. La terrasse de notre chambre donne sur un tableau composé de rizières verdoyantes, surplombées par les fameuses montagnes karstiques. Hormis le clapotement de la rivière, l’endroit est silencieux. Les lieux fleuris sont survolés par des centaines de papillons. Pour la beauté des lieux nous ferons l’impasse sur la climatisation.

Magnifique vue depuis notre terrasse

Comme à notre habitude, au guidon d’un scooter, nous découvrons les lieux. Nous partons en direction du Blue Lagoon 1, qui n’est autre qu’un petit bras de rivière aménagé pour pouvoir s’y baigner. Au risque de me répéter... l’endroit est malheureusement pris d’assaut par des chinois et coréens! Certainement magnifique à l’époque, cet endroit est désormais gâché par un tourisme de consommateurs irrespectueux. Du coup, pas de baignade pour nous. Nous marchons en direction de la grotte Tham Phu Kham, située juste au dessus du lagon. À l’entrée, on veut nous louer des lampes frontales. C’était sans compter que cet outil indispensable, est toujours bien rangé dans la petite poche du haut de notre sac à dos. On est des petits suisses nous ! La montagne ça nous parle! Bon, on était quand même chaussés de tongs. La montée est haute en marches pour les gambettes de Jules mais il tient le coup. La grotte est impressionnante de part son étendue et son obscurité. Le bruit du ruissellement d'une eau fraiche se mêlé aux cris des petits vampires collés au plafond. La sécurité est absente de ces lieux et nous avançons, avec prudence, dans les entrailles de cette caverne. Nous jouons aux spéléologues découvreurs avec le petit gars et il est fasciné.


Hormis cette escapade, nous ne faisons rien. Mais faire "rien", c'est quand même faire quelque chose non? Et vous savez quoi ? Ça fait du bien! Nous en avons profité pour nous balader, lire (moi), jouer du ukulélé (Bruno), jouer avec les chats ( Jules) et pour faire des devoirs ou plutôt des exercices rigolos.

Pourtant, l’endroit présente moult activités comme de l’escalade, tyroliennes et tubing. Ce dernier consiste à descendre la rivière installé sur une chambre à air. Pour ceux qui le désirent, des petits bars, avec cocktails et bières fraiches, sont disposés le longs de la descente. Nostalgiques de nos descentes du Rhône, cette activité a retenu notre attention. Comme nous ne sommes pas coutumiers des lieux, mais surtout par mesure de sécurité, nous n’avons pas tenté cette activité avec notre bambin chéri.

Le centre de Vang-Vieng n’est pas très intéressant pour une famille. Nous y avons juste dîné un soir dans une pizzeria tenue par un français. La cuisine locale et les jus de fruits de notre guesthouse étaient très corrects.

Le sosie de notre Mozza

14.09. Nous avons organisé notre transfert jusqu’à la prochaine étape auprès de notre hébergement. Un très long voyage en bus nous attend! Nous nous rendons dans la ville de Paksé afin d’explorer le plateau des Bolovens. Mais pour cela, il nous faut endurer 4h de minivan jusqu’à Vientiane puis 2 heures d’attente à la gare routière et finalement 10 heures de sleeping bus. Le trajet sera long car nous n’avons pas souhaité séjourner à Vientiane (capitale).

Nous l’ignorons, mais ils existent! Les sleepings bus! Un autocar rouge à deux étages pimpés de néons bleus arrive. Il est dépourvu de sièges mais est équipé de matelas fixés au sol. Bien évidemment, il n’y a pas de ceinture de sécurité. Un seul matelas vaut pour deux passagers. Nous sommes pratiquement les seuls à prendre place dans ce bus. Je m’installe dans une couchette avec le bonhomite. Quant au gaillard, il se réjouit de dormir dans un lit à lui tout seul. Malheureusement pour lui, les passagers commencent à affluer. Un laotien assez menu prend place à côté d’un grand Bruno tout barbu. Cette auberge ambulante démarre et le chauffeur n’est pas très commode. Nous avons la sensation de rouler trop vite et la peur de l’accident nous garde éveillés pratiquement toute la nuit. Quant à Jules, il dort profondément. La conduite au Laos est bien différente de la Thaïlande, elle est bien plus agressive. Nous prenons la décision de ne plus voyager de nuit.

15.09. À 06:30, nous arrivons à la gare routière de Paksé. Nous prenons place dans une boulangerie pour squatter le wifi et chercher un hébergement. Heureux de voir des viennoiseries, nous commandons croissants, pains au chocolat, escargots. Étrangement, ils les mettent au micro-ondes. La qualité n’est pas à la hauteur de l’esthétique. Le tout est rassis. C’est la déception.

Lors de cette journée, nous organisons notre excursion pour le plateau des Bolovens qui se situe à environs 1000 mètres d’altitude. Le plateau regorge de cascades et de plantations de café. Nous nous rendons à l’agence (réputée) Miss Noy ou plus connue des internautes « chez le belge » pour y louer un scooter et pour y prendre les informations nécessaires quant aux itinéraires possibles. La gérante ne peut pas nous louer un motocycle car son mari est absent pour quelques jours. Du coup, elle nous oriente chez Nang Noi et nous délivre un plan avec l’itinéraire et les informations importantes pour les activités. Il y a deux itinéraires possibles la petite et la grande boucle. Notre choix se porte sur la grande boucle mais elle nous en dissuade. Pour cause, la pluie a provoqué des glissements de terrain à certains endroits. Du coup, nous ferons la petite boucle sur 2 à 3 jours.

Lorsque nous déballons nos effets personnels dans la chambre d’hôtel, nous constatons que nous avons perdu un des participants de ce voyage. Janoud le lapin!! Le doudou de loulou. Heureusement, le fiston y est attaché mais pas au point de faire une crise. Il s’agit plutôt d’une valeur sentimentale. Nous l’avons oublié dans l’hôtel à Luang-Prabang. Nous écrivons à l’hôtel en espérant avoir une réponse.


La ville de Paksé est inintéressante. On y voit quelques touristes, qui comme nous, sont venus louer un deux roues pour explorer le plateau. Le soir nous nous dégotons le seul restaurant italien. Les pâtes à la véritable sauce tomate sont délicieuses. Il y a même du rouge !! Chers amis, c’est un véritable moment de bonheur !!!

Minivan jusqu'à Ventiane
Un souper à la station de Ventiane
La ville de Paksé

16.09. À cheval, nous roulons en direction des Bolovens. Au bord de la route, nous apercevons des villages. Des modestes demeures son plantées sur un sol en terre battue rouge. Il y a beaucoup d’enfants et de personnes âgées. Les femmes de divers âges vendent des fruits au bord de la route. Nous achetons une énorme papaye dans une de ces échoppes de fortune. Les femmes nous sourient et rient en nous voyant tous les trois sur le scooter. De part leur gestuelle, elles nous font comprendre que c’est « super » de faire le voyage avec notre enfant.

Nous nous arrêtons à la cascade Tad Pasuam pour y visiter les lieux (payant). La cascade est mignonne et il y a un joli pont suspendu. Le site est aussi pourvu d’un village ethnique mais nous ne renouvelons pas l’expérience.

Nous roulons jusqu’à la plantation de café de M. Vieng pour y visiter les lieux. Lorsque nous arrivons une jeune fille nous installe à une table et nous commandons un café. À droite, deux femmes manient avec assiduité des métiers à tisser et fabriquent ainsi des magnifiques tissus. À gauche, une dizaine d'enfants suit un cours de grammaire. Nous profitons de cette halte pour déguster notre délicieuse papaye. Les enfants finissent leur cours et Jules tente une approche avec un « sabaidi ». Sans aucune gêne, cette marmaille se lie d’amitié et joue à toutes sortes de jeux imaginaires dont celui qui crie le plus fort a gagné. Pendant un moment, je prends le rôle d’animatrice et lance une partie de cache-cache et de 123 soleil. Aussi pur et brut qu’une rare pierre précieuse, l’enthousiasme et la joie de ces âmes insouciantes est émouvant. Tel un personnage mystérieusement différent, Jules se fait tripoter les bras, le visage et ses mèches dorées n’y échappent.  Alors que j’observe les terreurs du coin de l’œil, une petite fille haute comme 3 pommes fait les poches de Jules. Il se laisse faire et la petite trouve une pièce de 10 centimes d’euros. Jules lui dit « je te la donne si tu veux ». Mais la gamine s’aperçoit de ma présence. Discrètement, elle se débarrasse de son butin en le faisant rouler au sol.

Le producteur nous fait découvrir sa plantation. Son café serait totalement bio. Pour preuve, il nous montre tous les insectes qui cohabitent dans ses hectares. Je vous avoue que j’ai fouillé du regard les moindres recoins à la recherche d’un emballage ou d’un tuyau qui prouverait le contraire. À défaut de preuves, on peut que le croire. Il nous a aussi expliqué que tous les grains de café pourris du Laos étaient achetés par l’entreprise Nescafé en France. M. Vieng nous fait découvrir tout le procédé pour obtenir ce délicieux breuvage stimulant. Nous avons aussi dégusté des fourmis rouges vivantes. Leur acide formique, au goût frais de citron, favorise la digestion. Lorsque j’ai mis une micro poignée dans ma bouche, l’une d’elles m’a piquée la langue.

Cette visite était instructive et nous avons passé un agréable moment. Les explications étaient en anglais et le guide était interactif. Jules a touché à toutes sortes de bestioles et nous avons goûté un fruit à la saveur particulière, l’eggfruit. Sa texture pâteuse à un goût d’œuf sucré.

Après cela nous reprenons la route et nous rendons à la guesthouse Palamei. À savoir qu’il n’y a que 3 ou 4 établissements dans le coin. En haute saison (après la mousson), il est difficile de trouver une place. Ce circuit est très prisé des touristes allemands, anglais, français, belges et suisses. Nous sommes accueillis par une enseignante française qui travaille bénévolement dans cet établissement et dispense des cours aux enfants du village. Nous prenons place dans une chambre en bois sur pilotis. Les lieux sont très simples mais confortables. On dort chez l’habitant mais avec une déco hippie. Avant le souper nous nous rendons à la cascade Tad Lo qui se situe un peu plus loin. Nous assistons aux trois dernières minutes de baignade de deux éléphants. Ce ne sont pas des éléphants sauvages mais bien des domestiqués qui appartiennent à un resort du coin. Nous n’adhérons pas et continuons notre exploration.

Sans le voir, nous sentons le soleil se coucher. Une lumière particulièrement agréable s’empare des lieux. Loin de l’agitation des villes asiatiques, nous sommes dans une campagne verte et très humide. Un calme silencieux investit l’endroit et des paysans fatigués empruntent le sentier de la cascade. Seuls, en couple, ou en famille, ils vont se laver dans la rivière. Afin de ne pas les déranger dans ce moment intime, nous nous faisons discrets et n’allons pas dans leur direction. Nous sommes assez décontenancés par le mode de vie de ces habitants. On a beau se l’imaginer, le lire, ou le voir sur des superbes reportages mais quand nous le voyons de nos propres yeux, c’est un sentiment tout autre.

Nous retournons chez Palamei enfin de préparer le repas avec les autres pensionnaires et les membres de la famille de la guesthouse.

Nous sommes tellement absorbés par la discussion avec nos nouveaux amis éphémères, que nous ne prêtons pas attention à la préparation du festin. Entre quelques mots, nous coupons un légume et préparons un fresh spring roll chacun. Nous pouvons enfin discuter avec des personnes francophones et qui en plus de cela, sont très sympas. (Je suis obligée de le relever car certains nous lisent ;-)). L’ambiance est joviale et le repas est digne d’un banquet de fête. Jules joue un bon moment avec les enfants des propriétaires de l’auberge. Ils ont reçu deux magnifiques vélos tout neufs. Ces nouveaux vélos sont l’attraction des enfants du village


Un chat dans la cuisine d'une guesthouse voisine

Le lendemain, nous roulons en compagnie des 4 globetrotteurs rencontrés la veille. Le ciel s’assombrit. Fracassante, la pluie va bientôt faire son entrée.

Nos camarades s’arrêtent pour visiter le village ethnique des Atous. Quant à nous, nous renonçons à cette visite pour des raisons qui nous sont propres.

Nous poursuivons le chemin et la pluie s’abat sur nous. Une fois de plus elle nous poursuit. Nous nous arrêtons à la cascade Tad Fan. C’est une cascade que l’on observe de loin. À notre grande surprise, nous pouvons l’admirer depuis une tyrolienne ou comme ils disent ici, une zipline. La traversée coûte 40 dollars et nous avons tout juste le compte dans le porte-biftons. Comme Bruno insiste, j’acquièce et me sacrifie pour cette activité. 😉 Après m’être équipée d’un baudrier dernière génération mais sans gants, un laotien m’explique le fonctionnement du parcours. Celui-ci est divisé en 4 tyroliennes. J’ai l’impression d’être une géante à côté de ce petit homme. Excitée comme une puce et sous le regard des deux chéris, je me lance dans le vide et survole un paysage grandiose et époustouflant. Pendant quelques instants, je suis seule à survoler cette jungle. Les yeux grands ouverts, je la scrute. Je mémorise chaque parcelle de cette magnifique forêt densément verte. À ce moment précis, j'aimerais que ma tyrolienne se bloque afin que je puisse, suspendue dans les airs, admirer cette merveille. Comme la came, ce sentiment, cette adrénaline sont des excitants. C'est un véritable shoot de plaisir. À la fin du parcours, je suis euphorique et mon esprit c'est dissocié de mon corps.

Sur la fin de cette boucle, nous nous arrêtons dans un plantation de thé. L'entreprise familiale participe au programme Max Havelar. Nous commandons un thé vert au jeune adulte placé derrière le bar. Mais, il écoute à moitié et ne daigne nous regarder. Ses yeux peinent à décrocher l’écran de son portable. C’est seulement à la fin de son jeu, qu’il accusera bonne réception de notre commande. Après cette pause nous rentrons à Paksé.

Ce tour sur le plateau des Bolovens est un incontournable lors d’une visite du Laos. Nous recommandons cette belle escapade pour tous les aventuriers en herbe.


À Paksé, Mme Nang Noi nous explique qu’un membre de sa famille a récupéré Janoud à Luang Prabang et qu’il va nous l'envoyer par avion à Paksé. Il arrivera demain dans l’après-midi. Eurêka!!

18.09. L’époux Nang Noi nous réveille pour nous expliquer que, malheureusement, le vol est annulé... Nous ne verrons probablement plus Janoud. Quelques minutes plus tard il apporte la peluche de sa fille qui est aussi un lapin. Il souhaite nous l’offrir car ces peluches sont peu coûteuses au Laos. Selon lui, on peut en acheter plusieurs pour le prix de l’envoi. Nous le remercions de ce gentil geste mais on aimerait récupérer le notre. Il doit penser qu'on est dingues.

Du coup, nous nous dépêchons de ranger nos effets. Nous engloutissons quelques bananes et nous dépêchons de trouver un moyen pour rejoindre les 4000 îles, situées au sud du pays. Ayant manqué le départ pour les touristes, qui a lieu tôt le matin, nous improvisons. Nous prenons un tuk-tuk et demandons au driver de nous conduire à la bus station pour un départ sur les 4000 îles.

Au loin la station de bus nous apparait. Lorsque nous la voyons de plus près, nous sommes pris d’un rire nerveux. Sommes-nous à Bamako? Nous n’avons pas visité cette capitale mais à ce moment précis, nous avons le sentiment de vivre l’ambiance qui y règne. Seuls occidentaux, tous nous regardent. Un homme nous crie « 4000 Islands , go go go! ». Sa fourgonnette est chargée comme un porte-avion. L’homme prend le sac à dos de Bruno et l’attache sur le toit. Il nous ordonne de nous dépêcher. Le ton qu'il prend veut nous faire croire qu’il s’agit du seul départ de la journée. Il commence à rouler au pas alors que nous ne sommes pas à bord. Bruno hausse le ton et lui demande le prix de la course. La somme demandée ne nous convient pas et son attitude encore moins. Bruno lui ordonne à son tour de lui rendre le backpack. Un autre chauffeur nous propose un prix correct et nous prenons place dans son pickup. Pendant 80 minutes, nous observons la vie de ce point de ralliement. Le soleil est brûlant et l’air est moite. Les banquettes ses remplissent jusqu’à ce que le moindre recoin soit comblé par une personne ou par un sac. Le petit fini sur nos genoux et un sac gonflé contenant des poissons-chat vivants est posé entre nos pieds. Les laotiens sont indifférents à notre présence sauf les vendeurs ambulants. À deux 2 cm de nos figures, ils agitent poulets grillés, poissons séchés, gousses d’ail, bottes de radis et lotus grillés. La présence de Jules détend l’atmosphère et quelques femmes esquissent un sourire. Juste avant le départ, un blanc coiffé d’un chapeau de cow-boy et à la longue barbe tressée, monte parmi nous autres. Ce père noël en vacances tient son cadeau, un carton à l’inscription Cabernet Sauvignon. Il est américain et se prénomme Lance. Il vient de Nashville, Tennessie. C’est un musicien avec un lourd passé de vagabondage. Il vit désormais avec sa compagne Donna sur l’une des 4000 îles, Don Det Island. Grace à ce personnage rigolo et attachant, le trajet long de 2 heures passe rapidement.

À l'embarcadère Nakasong, nous prenons place dans un petit slow boat en compagnie de Lance en direction de Don Det où nos chemins se séparent. Pour ceux qui souhaitent voir à quoi ressemble ce personnage, tapotez du bout des doigts, sous un moteur de recherche internet, Lance N Donna.

La gare routière de Paksé
Arrivée à l'embarcadère Nakasong
Arrivée sur Don Det


Les 4000 îles, entourées par le Mékong, est un nom assez exotique. À vrai dire, il y en a principalement 4 dont 3 accessibles aux touristes. Le reste et bien comment dire, même un bout de caillou entouré par cette eau brune est considéré comme une île. Donc, peut-être que le compte y est.

L’offre dépassant la demande, il est facile de trouver un hébergement sur cette île. Nous en visitons plusieurs dont certains sont d’une propreté plus que douteuse. Le prix des chambres sont de CHF 7.- la nuit, mais heureusement nous ne sommes pas encore en mode survie. Nous trouvons place dans un petit bungalow à CHF 15.- la nuit. Étant entourée par le Mékong, la baignade ne si prête pas vraiment. Pour les amateurs de fumette et des mélanges psychédéliques, c’est le paradis. Certains restaurants affichent à leurs menu «space cake », « space pizza », « space shake » et autres mixtures farfelues. Cette île semble conçue pour des jeunes aux faux genres hippis et aux perchés complètement fauchés. Au bout de quelques heures, nous nous ennuyons et on se demande ce qu'on fait là. Nous profitons de la piscine d’un hôtel pour y faire trempette. Le lendemain, nous pensons quitter l’île mais nous croisons les voyageurs rencontrés auparavant sur le plateau des Bolovens. Une sortie en groupe s’organise pour visiter les fameuses chutes de Khone Phapheng (Mékong) longues de 10 km. Le débit d’eau est assez impressionnant mais le site n’est finalement pas aussi incroyable que décrit dans les guides. À la nuit tombée, nous passons une agréable soirée en compagnie de ces mêmes voyageurs.

Demain une nouvelle aventure commence. Un autre pays, une nouvelle histoire. Le Cambodge.

20
sept

20.09 à 0800. À bord d’une barque, nous quittons l’île de Don Det pour rejoindre Nakasong. De là, nous prenons un car pour la frontière Laos Cambodge. Ce passage est un haut lieu de corruption reconnu. Le versement de bakchich est obligatoire pour tout touriste souhaitant obtenir son visa pour le Cambodge. Outre l’ignorance, la peur et la fatalité, le temps et l’argent sont des moyens de pression que les autorités de cette frontière utilisent. Une manière facile de se faire quelques biftons. Renseignements pris sur internet, nous avons organisé notre voyage jusqu’à Siem Rap de façon à ce que les facteurs temps et argent ne soient pas une contrainte.

Pour ce faire, nous avons uniquement payé notre trajet jusqu’à la frontière. Puis, après avoir réservé des places sur le site AVT Compagnie, un bus nous attendra côté cambodgien. Il nous conduira à notre prochaine étape Siem Reap. Nous réglerons le montant de ce trajet, uniquement lorsque nous serons dans l’autobus. Avec toute cette organisation, nous nous sentons d’attaque pour franchir cette zone de racket. Si nos vies ne sont pas menacées, nous leurs tiendrons tête.

Nous voilà maintenant devant le poste frontière laotien. En file indienne, tous attendons notre tampon de sortie du territoire laotien. Nous voyons les voyageurs défiler et les fonctionnaires les taxer au passage de 2 USD par tête. Certains disent « non » mais au bout de 10 secondes, ils finissent tous par payer. Arrive notre tour, un homme âgé d’une soixantaine d’années nous demande de payer 6 USD. Nous refusons de payer car ce service est gratuit. Il insiste mais nous ne payons pas. Il essaye de marchander un prix (gratuit pour l’enfant). Nous refusons toujours. « Nous avons la journée devant nous », lui dit-on. Il garde nos passeports et nous demande discrètement de nous mettre de côté. Après une quarantaine de passeports et un petit butin en poche, il tamponne les nôtres sans rien quémander. Ce vieux monsieur me fait un peu de peine. Il n’a pas l’air d’un mauvais bougre et son salaire est certainement misérable.

Passeports tamponnés, nous traversons le no mens land. Dans cette petite zone, des personnes errent sans but précis. On ne sait pas vraiment qui ils sont et quelle autorité règne dans cet espace. En arrivant devant le poste frontière cambodgien, nous voyons des touristes à proximité d’une maison jaune. Il s’agit de la soi-disant « zone de quarantaine ». Un soi-disant médecin pratique un semblant d’osculation, soi-disant obligatoire pour la véritable somme de 4 USD. Depuis ce cabanon, quelqu’un nous appelle. Nous l’ignorons et rentrons directement dans le bâtiment « visas ».

Une fois nos formulaires remplis, nous transmettons le dossier à un jeune tout juste majeur, en uniforme vert. À ses côtés mais en retrait, est posté un même uniforme en taille extra large. Sa chemise décorée de multiples badges et médailles dorées, nous préviennent de son statut. Les seuls mots sortant de la bouche juvénile sont « 105 dollars ». Hey gamin, t’a calculatrice est défectueuse ou bien ? Nous lui rappelons que le prix du visa est de 30 USD/passeport pour un total de 90 dollars. Ses sourcils prennent alors la forme d’une arrogance imitée. Son visage fermé a ce soupçon de méchanceté. Le ton qu’il emploi est autoritairement élevé. Ça en est théâtral. « 105 dollars ! » répète-il. Il pense nous impressionner. À vrai dire, ce gamin nous agace. On lui demande de descendre de scène. Il est borné et maintient sa position. Nous lui rappelons que c’est illégal. Nous lui avons épargné le speech sur sa fonction et la corruption. Ce type de discours est bien trop moralisateur pour un pays sorti depuis peu d’une guerre. Comme un muet parlant à un aveugle, il n’entend pas nos mots. « Il faut payer !» dit-il. Le capitaine quant à lui ne réagit pas. Il fait mine de lire un papier qu’il tient entre ses mains. Nous refusons et récupérons nos passeports. Index pointé sur les deux chaises situées sur notre gauche, nous lui rétorquons que nous y resterons jusqu’à l’ouverture de l’Ambassade. Nous effectuerons un appel, s’il refuse d’appliquer le prix légal. Discrètement, le larbin et le patron nous regardent depuis leur lucarne.

Après le passage de tous les voyageurs, le capitaine vient à notre rencontre et prend nos passeports. Il y colle et signe les visas. Nous payons 90 dollars. Nous passons auprès d’un autre guichet pour les tampons. Le sergent baragouine quelques mots à ses hommes. Nous obtenons ce tampon sans devoir débourser un centime. Nous nous retrouvons alors à côté d’une famille de touristes. Nous les avons observés pendant toute cette traversée. Tous se sont fait dépouiller de leurs dollars. Il semblerait que des taxes supplémentaires leur soient incombées. Chaque membre s’est prêté au test de l’AFIS et chacun a payé 2 dollars pour ce contrôle. Une femme de ce groupe nous a dit, avec lassitude et fatalisme, « nous les chinois, nous devons toujours payer plus ». Nous les avons quitté lorsqu’un individu sans uniforme leur a demandé l’ouverture des valises pour le contrôle des marchandises. Nous avons aussi assisté au partage du butin où les quelques billets ont fini dans les poches des uniformes.

Malgré tout, nous sommes contents. Un vrai travail d’équipe nous a permis de tenir bon. Mais il est évident que dans d’autres circonstances ou dans un autre pays, nous n’aurions pas le choix. Les lois et la valeur de la vie humaine sont bien différentes dans d’autres contrées.

Le chauffeur de la compagnie AVT nous attend. Nous payons notre ardoise et roulons une bonne heure jusqu’au prochain point de ralliement ou nous changeons de minibus et de chauffeur. Nous pensions avoir vécu le pire dans le sleeping bus au Laos mais ce dernier chauffeur n’est pas très commode. Le tracé file droit sur Siem Reap. Une étroite route goudronnée à deux voies traverse de nombreux villages. Il n’y a pas de trottoirs. En bordure, on y voit des baraquements, des étales, des animaux, des piétons, des cyclistes et des mobylettes circulant à 20 km/h. Nous roulons à 70km/h. Plus la destination est proche, plus il accélère. Il ne supporte pas d’avoir quelqu’un devant lui. C’est important d’être en tête. C’est lui le patron. Alors que tous les autres passagers sont aussi angoissés que nous, Bruno est le seul à prendre langue avec le conducteur. Il lui demande de ralentir. Il acquiesce et ralentit pendant 2 minutes. Puis, il met la gomme. À 100km/h, c’est lui le plus fort et personne d’autre. Nous roulons à tombeaux ouverts. Sans précautions, il dépasse une voiture. Nous frôlons la catastrophe. De justesse, il évite le choc frontal. Bruno hurle « whoooo stooop now! Slowly!!! ». Le cambodgien, qui n’apprécie guerre les injonctions de Bruno, se met à hurler des mots que personne ne comprend. Il ralentit à 20 km/h et roule à l’arrière d’une mobylette. Au cas où on ne l’aurait pas compris c’est lui le chef. C’est lui qui a le dernier mot. Ce fameux jeu de pouvoirs dont l’orgueil est maître. Bruno exprime verbalement un soupir de soulagement. « 20 km/h, c’est parfait pour observer le coucher de soleil » dit-il au chauffard. Nous sommes tous soulagés. Notre espérance de vie vient subitement de remonter. Les autres voyageurs remercient papa Bruno pour son intervention. Une passagère passe un appel au patron de la compagnie. Celui-ci rappel son chauffeur et lui remonte les bretelles. Le voilà qui roule à une vitesse convenable. Son orgueil en prend un coup et ce n’est plus lui le boss. Ce qui est à retenir de cette histoire n’est pas le jeu de pouvoir. L’important est d’oser s’exprimer. Ne pas avoir peur. Surtout quand le danger est imminent. Certes, c’est plus facile pour des genevois pour qui « l’avoir ouverte » est devenu coutumierJ.

1830. Nous arrivons enfin à l'hôtel (Central Indochine d'Angkor). Nous nous dépêchons d’enfiler nos costumes de bain. Après quelques « bombes » rafraîchissantes, nous sirotons cocktail, bière et soda au bar de la piscine. Suivant les conseils du réceptionniste, nous nous rendons au centre-ville. Siem Reap est en pleine célébration de la fête des morts. Une fête importante pour les cambodgiens (selon le réceptionniste). Une déclinaison du style « Halloween », est mise en avant pour les touristes. Des squelettes et des épouvantails décorent les façades de la rue animée « Pub Street ». Étonnamment, il n’y a pas que des touristes. Sur leur trente et un, les cambodgiens viennent se divertir dans ces rues animées. Quant aux nombreux restaurants et bistrots design, ils sont occupés par des expats et des touristes. Comme dans toutes les grandes villes de l’Asie du Sud-Est, il y a aussi un night market. Au fond d’une ruelle, nous tombons sur une scène. Les spectateurs attendent l’entrée des artistes. Curieux, nous attendons aussi. Aurons-nous la chance d’assister à un spectacle de danse traditionnelle? Après quelques minutes, le rideau se lève. Quatre hommes aux jeans moulants font leur apparition suivie d’une jolie jeune femme en tenue sexy blanche. Leurs corps se trémoussent sur une musique de Beyoncé. Un véritable show playback se produit pour le bonheur des petites filles aux yeux décorés de paillettes.

Le lendemain, nous faisons le plein de vitamines dans la pâtisserie Bayon Pastry School. Cette école forme des jeunes filles issues de familles pauvres. C'est visuellement joli et délicieusement bon.

Le véritable attrait de Siem Reap est le célèbre site archéologique d’Angkor. Les ruines de l’empire khmer sont étendues sur plusieurs kilomètres. Notre hôtel propose un circuit en tuck-tuck privé sur 2 à 3 jours. Pas très emballés par l’offre, Bruno le négociateur, sollicite un jeune chauffeur de tuck-tuck dans la rue. Pour 14 dollars la journée, il nous conduit aux endroits que nous avons préalablement sélectionnés. Ce guide dans l’âme, au sourire communicatif, est d’une gentillesse attendrissante. Comme le site est infecté de moustiques et de bestioles en tous genres, nous nous équipons en prévention d’une piqûre venimeuse ou paludique. Il fait très chaud et lourd. Le port du pantalon est insoutenable et le spray anti-moustique colle à la peau. Nous transpirons à grosses goutes. Je me sens vaseuse, peut-être un début de tourista. Pourtant, nous avons dîné dans un vrai restaurant. Après l’achat des tickets (80 USD/les trois) nous débutons la visite. Nous nous frayons un chemin à travers une marée humaine plurinationale. Nous sommes surpris par cette foule mais nous sommes surtout subjugués par la beauté des lieux. C’est splendide.

Comme à chaque lieu historique, nos esprits embarquent dans une machine à remonter le temps. Cette fois, nous traversons l’histoire khmère. Nous piétinons ces pierres de grès tapissées de mousse. Du bout des doigts, nous effleurons ces nymphes célestes à la poitrine généreuse, les Davata. Enfouît dans la jungle, un temple semble mener une lutte acharnée contre une nature sauvage et puissante. Comme si, à la nuit tombée, les gigantesques tentacules des ces arbres millénaires, tentaient de le soulever et de l’engloutir. Mais à la lueur des premiers rayons de soleil, cette bataille se fige immobilisant ainsi leurs mouvements. Un empire, des croyances, des sages, des tyrans, des tragédies. L’histoire si complexe est si simplement photographiée. L’histoire nous remémore la redondance du cycle de l’humanité. Sans doute qu’un jour nos civilisations actuelles seront enregistrées dans une mémoire artificielle greffée. Peut être qu’elles seront retranscrites dans un livre sacré pour une nouvelle humanité. Un perpétuel recommencement ou un nouveau monde. Peut-être tout simplement rien. Qu’importe nos croyances ou nos convictions, l’histoire a le don de nous toucher. Enrichissante, elle pousse à la réflexion. Elle est souvent le débat de discussions enjouées lors d’un moment en famille. Parfois, elle resurgit lors d’une soirée entre amis. Qui n’a jamais refait le monde, changé son cours, autour d’un verre de rhum, de whisky ou de gin tonic?

Cette magnifique journée de visite est assez fatigante pour Jules. Quant à moi, je ne suis pas au top de ma forme. Nous rentrons et le chauffeur nous remercie chaleureusement de l’avoir choisi. À peine sortis du véhicule, qu’une pluie tropicale s’abat sur la ville. Illico presto, nous nous réfugions dans un bistrot vintage pour un milkshake au chocolat.

23.09. La capitale Phnom Pen. Nous descendons de l’autocar sous une pluie diluvienne (oui tu as raison, il pleut souvent pendant ce voyage). Notre hôtel sélectionné sur le GPS, n’est qu’à quelques minutes à pied. Plus on se rapproche de l’hyper centre, plus les routes sont inondées. Les égouts sont obstrués par des déchets et restes de nourriture. Espérant échapper à la noyade, des gros rats noirs courent dans la ville. L’eau monte rapidement. Je prends Jules dans les bras. Nos mollets sont maintenant entièrement dans l’eau. Bien évidement, nous sommes en tongsJ. Pourvu qu’on échappe à une maladie dans cette eau noire remplie de bactéries. Mais ce qui est dingue c’est ces enfants en culottes courtes qui plongent dans cette eau de trottoir. Ils s’amusent tellement que Jules veut le imiter. Mais je le tiens fermement et ce garnement réplique « tu es méchante car tu m’empêche de jouer !!! ». Si ça ne tenait qu’à lui, il serait déjà en calbut à faire le zouave avec les bambins du quartier.

Nous déposons nos affaires dans un hôtel qui ressemble plus à un lieu de passe. Des pancartes expliquent que les femmes, en tenue sexy, dans les bars de la rue ne sont pas des prostitués. Le quartier est animé. Il ressemble à la rue de Berne genevoise. Filles, touristes et familles, se côtoient dans ce quartier animé. Nous faisons un tour de la ville et ne sommes pas très emballés. Nous décidons de quitter la capitale le lendemain.

24.09. Nous quittons Phnom Penh pour Hô-Chi-Minh-Ville au Vietnam. Du moins, nous essayons car ce qui suit est assez anecdotique Après 6 heures de car nous arrivons à la frontière. Nous présentons nos passeports. « Où est le visa? », nous demande-t-on. Comment ça un visa?! On n’a pas besoin de visa, on a un passeport suisse. « Sweden? ». Non, cher monsieur, pas Suède mais Suisse. On ne se comprend pas vraiment mais il nous le tamponne quand même. Nous passons devant les autorités vietnamiennes qui après avoir feuilleté nos passeports nous disent : "Où est le visa?". Nan, mais ça joue ou bien? Nous semons le doute et ils partent faire des recherches. Quant à nous, nous ne sommes plus si certains. À vrai dire, nous avons omis de vérifier cette information. On s’est fié aux récits des voyageurs français et belges qui n’en n’ont pas besoin. En quoi les accords, pour les ressortissants suisses, seraient différents? Tout de même, ça coule de source, non? Nos cerveaux sont surement ramollis par la chaleur... ou pas! La réponse tombe! Nous avons bel et bien besoin d’un visa. Nous nous excusons platement pour ce mal entendu et récupérons nos bagages. Bruno négocie le prix du retour et nous rebroussons chemin. Normalement, des milliers de reproches auraient jailli des nos bouches comme des confettis. Mais c'est dans le calme le plus serein que nous reprenons un car pour 6 heures.

À nouveau à Phnom Penh, nous nous installons dans un hôtel plus confortable (TeaHouse Asian Urban). Étant donnée, qu’il nous faut patienter 4 jours pour le visa, l’option piscine est presque obligatoire. Nous sommes content de cette petite trouvaille, car la piscine et le petit déjeuner sont vraiment top. Moyennant finance, l'hôtel se charge des démarches relatives aux visas.

Nous arpentons les rues mouvementées de la capitale et arrivons devant l’attraction principale de la ville, le marché. Ce marché est un tantinet différant de ceux des autres pays asiatiques. Bien évidemment, il y a les babioles habituelles. Mais le « made Cambodia » brodé sur les étiquettes des fringues vendues en Europe en dit long. Du coup, ici, le textile est de très bonne qualité pour un prix dérisoire. Par manque de place, nous n’avons pas acheté grand chose. Nous y apprécions la partie colorée des fruits et légumes, ainsi que la partie animée de la restauration. Malgré la chaleur, nous commandons des soupes de nouilles. Nous nous installons à table avec le peuple. Les baguettes trempent dans de l’eau bouillante. Nous en prenons une paire chacun et les essuyons avec un mouchoir avant de les plonger dans notre délicieux bouillon. Le meilleur souvenir que nous garderons du Cambodge, hormis Angkor, est la gentillesse et l'accueil chaleureux des cambodgiens. Ils sont travailleurs et semblent attachés à fournir un service de qualité.

Après ces quelques jours de détente et les visas en poche, il est temps de prendre la route.

En pleine négociation
Le bus retour à Phnom
27
sept

Nous débutons notre voyage au Vietnam par Hô Chi Minh Ville, appelée aussi par son nom d’antan Saigon. La ville est une véritable fourmilière. Le chapeau conique des paysans le « Non La » ou le « La Non » (je sais plus trop) coiffe toujours certains vietnamiens. Notre hostel (Phuong Van Hotel) est situé dans un quartier animé et par la même occasion très bruyant. L’intérêt de ce lieu est le logement peu couteux et la situation géographique. La gentille propriétaire ne parle pas un mot d’anglais. Elle nous montre notre chambre et nous explique, tant bien que mal, que de l’eau coule du plafond. Une canalisation fuit et la réparation a été bâclée. Elle nous montre une autre chambre trop petite pour nous trois. Nous pouvons garder les deux si on le désire. Mais une seule fera l’affaire. Nous choisissons la fuite d’eau qui n’est pas si conséquente. Un balcon aménagé fait office de WC/douche. Oui, tout est permis en Asie. Du coup, lors de sa douche, Jules a la bonne idée d’arroser les passants de la ruelle. Se croyant à l’abri des regards, il est surpris lorsque la propriétaire frappe à notre porte. Bruno a quant à lui complètement craqué. Il prend son petit Gillette à pile et 1 heure plus tard son caillou est mis à nu. Le lendemain au réveil, Jules lui dit « mais c’est pas toi ! ». On éclate de rire. Une bonne nouvelle vient de tomber. Janoud le lapin fait un voyage en avion Luang-Prabang/Genève. Nous remercions ses expéditeurs Laure et Thomas qui ont pris de leur temps pour ce rapatriement.

À Hô Chi Mihn Ville, nous visitons le musée War Remnants Museum dont le bambin ne visitera que certaines parties en raison de la violence des photos. Nous trottons dans les quartiers de la ville où divers styles d’architecture se côtoient. La cathédrale Notre Dame et la Poste Centrale édifiée par Eiffel sont des vestiges de l’occupation française. Bien évidemment, la liste ne serait pas complète sans la visite du marché Ben Thanh Market. Régulièrement, nous empruntons des petites ruelles. Ainsi, nous entrevoyons quelques extraits du quotidien des vietnamiens à l’abri du vacarme des artères principales. Une vraie petite ville à l’intérieur de la ville y vit. Nous voyons un boucher y préparer de la viande hachée et un épicier y vendre des légumes sur le pas de sa porte. Au vu des regards et expressions sympathiques à notre égard, notre présence ne semble pas les déranger.

29.09. Nous avons acheté des billets de bus pour Nha Trang. Le service comprend une navette depuis l’agence de voyage jusqu’à la gare routière de Saigon. Nous attentons tous les trois sur le trottoir quand un scootériste s’arrête et me fait signe de monter. En Asie la sécurité n’est pas une priorité. Nous sommes un peu empruntés mais on accepte le défi. Jules et moi montons derrière ce jeune homme. Il reviendra chercher Bruno plus tard. On est rassurés, il roule à 20 km/h et le trajet ne dure que quelques minutes. Nous prenons place dans un sleeping bus pour nains. L’espace est tellement maximisé que nous sommes obligés de voyager couchés pendant tout le trajet.

Quelques heures plus tard lors de la pause déjeuner, le bus s’arrête dans la petite bourgade de Mui Né. Au moment du départ, alors que le moteur tourne et que tous on regagné leur place, nous demandons au chauffeur d’ouvrir les portes afin de nous laisser sortir. On vient de décider de faire étape à Mui Né. J’avais entendu de cet endroit, village de pécheurs, que le temps s’y écoulait lentement.

Dans les rues vides de monde, nous marchons à peine 500 mètres qu’un homme nous accoste. Il nous fait faire le tour de l’hôtel flambant neuf (Le Volga) et nous montre une chambre très spacieuse. Fier, il nous montre sa grande piscine. On passera deux nuit dans ce petit hôtel pour 23 USD/la nuit (on pourrait croire que ce tour du monde est axé sur les piscines, non ?). Au soleil couchant, nous nous rendons sur la plage située 100m plus loin. Mais étonnamment, nous peinons à trouver l’accès à celle-ci. On dirait bien que des hôtels (vides lors de notre séjour) aient le monopole de la plage. Du coup, nous marchons environ 400m mètres pour trouver une ouverture entre deux murs en béton. En deux - trois mouvements, nous sommes en costume de bain et courrons en direction de l’eau. Horreur, cette eau de mer est dégeulasse. Bouteilles en pet, cornets plastiques, sagex et poissons morts. C’est abject ! Nous n’en revenons pas. Asie, tes exploitants sont épuisants. Je vous en ferais bouffer du plastique bande d’inconscients! On est agacé et nous pesons nos mots ! On rentre à l’hôtel.

Le lendemain au volant d’un deux roues, nous partons pour le canyon aux fées. Les lieux sont très beaux et la petite balade, les pieds dans l’eau, est agréable. Plus tard, nous nous rendons à la plage ou les pécheurs débarquent tôt le matin pour y vendre leurs captures. L’odeur sur la plage est nauséabonde. Ça empeste le poisson. Jules se pince le nez en s’exclamant « ça pu le poisson pourri ». En voyant cette plage de pécheurs, on comprend d’ou proviennent les sacs plastiques et le sagex qui boivent la tasse un peu plus loin. Des milliers de cornets jonchent le sable doré. Au vu de l’heure tardive, un seul pécheur travaille encore. Nous allons à sa rencontre. Ce monsieur, à la peau tannée par une vie entière au soleil, nous accueille avec un sourire des plus authentiques. Il montre à Jules son filet de pêche. Puis, il le nettoie et le plie méticuleusement pour le ranger dans son bateau-panier. Plus loin, nous nous approchons des ouvrières qui s’attèlent au tri ainsi qu’au nettoyage des poissons et coquillages. Cachées sous leur « Non La » nous apercevons uniquement leurs yeux. A l’inverse des européennes, en Asie les femmes se protègent un maximum du soleil. Ici, la peau blanche est un critère de beauté. Affairées à leurs tâches, nous nous faisons discrets pour ne pas les importuner. D’un signe de la tête, elles nous saluent. Jules est intrigué par le contenu d’une énorme bassine à l’eau trouble et pestilentielle. Une femme y trempe sa main et des centaines de petits poissons morts font leur apparition. Après une longue macération, ça en fera une super sauce poisson. En partant de la plage, nous tombons sur une autre branche qui découle de la pêche, soit le séchage des poissons et la cuisson du jus de poiscaille. Nous posons nos casques et après l’accord des ouvriers, nous entrons dans leur petite usine artisanale. C’est très vétuste et le matériel appartient au siècle passé. La pêche semble faire vivre beaucoup de personnes dans ce village. Malgré la propagation des polymères qu’engendre cet endroit, cela reste authentique et instructif.

Bon à savoir pour Mui Né, en pleine saison les russes prennent d’assaut ce village. On comprend mieux l’omniprésence des caractères cyrilliques sur l'ensemble de la bourgade.


01.10. Nous voilà arrivés à Nha Trang. Nous avons réservé 3 nuits dans un hôtel proche de la plage. Nous désirons nous prélasser, bouquiner et faire des châteaux de sable au bord d’une plage paradisiaque. Mais malheureusement la météo n’est pas au rendez-vous. Du coup la mer est agitée et devinez quoi ? Les ordures pointent leur nez !!!!! Alors que Jules joue tranquillement dans le sable, chaque vague recrache des détritus à ses pieds. Il suffit, j’en ai assez ! Je bouge mes fesses du transat. Je ramasse toutes les saletés déposées à ses côtés et les jette avec énervement dans la poubelle du stand qui loue les transats. C’est ainsi qu’une poubelle d’environ 35 litres s’est remplie en quelques minutes. Couche-culotte, cannettes, bouteilles en verre/pet, sacs plastiques, bacs à poissons en sagex, cartons et autres objets non identifiés ont été ramassés devant les yeux interrogateurs des touristes russes et des garçons de plage. Non, je ne suis pas une parente de cette dame aux cheveux blancs qui ramasse les détritus en ville de Genève et je ne suis pas non plus une activiste de Greenpeace. Je suis juste énervée.

Le lendemain la mer est plus calme mais il pleut. Nous écourtons notre séjour à Nha Trang et en profitons pour avancer.

2ème jour de plage


04.10. Après une nuit dans le bus (la conduite était douce), nous arrivons à Hoi An. Nous avons trouvé un petit hôtel cosy pour 25.- USD/nuit/ petit déjeuner gargantuesque et piscine royale (Palmy Villa). Cet établissement appartient à une adorable famille qui habite les lieux. Véritable coup de cœur, nous recommandons cet hôtel. Même si Hoi An est très touristique, il fait bon y vivre. Sur le chemin de la plage, nous nous arrêtons au pied d’un cocotier pour y cueillir ses fruits. À la courte échelle, Bruno me hisse jusqu’à ce que j’agrippe une coco. Une n’étant pas suffisante, Bruno apprenti Tarzan grimpe pour en attraper une deuxième. Nous les dégusterons sur la petite plage calme et propre du village. Les traditionnelles lanternes colorées de Hoi An éclairent sa vieille ville de mille et une couleurs. À la nuit tombée, ces lumières tamisées reflétées sur les murs jaunes de la cité, exaltent une atmosphère féerique. Quant au marché couvert des restaurants, le brouhaha qui y règne est à lui seul un spectacle avéré. Assis au comptoir, nous commandons diverses spécialités comme des noms et white roses (raviolis pâte de riz). C’est simple, rapide et bon.

De Hoi An un taxi nous dépose à la gare de Da Nang ou nous prenons un train de nuit pour la capitale Hanoï. Ce compartiment et ses 6 couchettes rigides comme la pierre, est assez étroit. Notre taille et nos baluchons n’étant pas des moindres, nous occupons tout l’espace. Serrés comme des sardines nous partageons cet espace avec 3 autres quidams.

La capitale Hanoï répond à tous les critères d’une mégapole asiatique. Nous nous laissons volontairement perdre à travers tous ces quartiers où chaque spécialité à son secteur.

A côté du lac Hoan Kiem, nous assistons à une jolie représentation de marionnettes et de musique traditionnelle et visitons le jardin botanique qui n'est pas d'un grand intérêt. En soirée, nous retrouvons les tourdumondistes belges Liselotte et Jost rencontrés en Mongolie, pour un moment de partage autour de quelques bières.

Notre idée première en arrivant au Vietnam était de le traverser entièrement en passant par les montagnes et villages de la région de Sapa. En raison d’une météo capricieuse, nous n’avons pas pu faire tout ce qui était prévu. Par ailleurs, il faut bien l’avouer, l’Asie commence à nous user. L’humidité et la pollution dans son ensemble nous poussent à partir vers d’autres horizons. Au vu du climat tropical, nous ne pouvons pas vraiment sortir des sentiers battus avec un enfant de 4 ans. Nous rêvions d’entreprendre un trek dans la jungle ainsi qu’une descente en canoë sur plusieurs jours. À travers ces aventures, nous aurions sans doute pu apercevoir des magnifiques espaces dans leurs états naturellement sauvages. Toutefois, nous avons aimé observer les habitants dans leur quotidien. Manger à leurs côtés et échanger quelques mots était plaisant. Ces cultures, ces religions, ces architectures, ces moeurs, sont si différents de chez nous. Grâce à la présence de notre fils, le contact avec les autochtochnes s'est avéré facile et naturel.

Rapidement, nous achetons en ligne des billets d’avion pour le lendemain. Avant l’une des destinations phares de ce tour du monde, nous faisons halte au pays du soleil levant. Nous sommes impatients de visiter un nouveau pays, une nouvelle culture.

10
oct

0500. Le réveil sonne. Nous avons précisément 20 minutes avant qu’un chauffeur UBER vienne nous chercher pour l’aéroport. Jules se réveille avec une terrible douleur au pied et 39° de fièvre. Une petite poche de pus verdâtre, prête à exploser, s’est formée sous un orteil. Rapidement, MacGyver stérilise, au moyen de la flamme d’un briquet, le ciseau du multitool Victorinox. Courageux, Jules laisse son papa, apprenti chirurgien, faire une incision. Une fois le pus vidé et plaie désinfectée, nous bondissons dans la voiture et filons. Dans l'avion la fièvre tombe rapidement.

1800 Arrivée à Tokyo

Nous essayons de déchiffrer les plans et horaires des multiples trains et métros. Dans le flou total, nous demandons de l’aide au centre d’informations de l’aéroport. Deux jeunes femmes souriantes, nous accueillent avec un « Konnichiwa», suivi de ce fameux salut à la japonaise. Elles nous fournissent efficacement tous les renseignements utiles. C’est fort plaisant d’arriver et d’être accueillis avec serviabilité et gentillesse.

Au préalable, nous nous sommes procurés le Japan Rail Pass au Vietnam. Ce pass permet d’utiliser le réseau ferroviaire du pays de manière illimitée sur une période déterminée. Pour info, il faut l'acheter avant d’entrer dans le pays. Au Japon, les prix des trains sont exorbitants, nous n’avons donc pas hésité. Mais cette petite affaire a quand même un coût CHF 800.-/2 adultes/15 jours. Nous activerons ces pass dans quelques jours, lorsque nous quitterons Tokyo.

Installés dans un train propre comme neuf, nous somme immédiatement transportés dans une autre galaxie. Ici, le silence occupe l’espace. Hormis la résonance de l’engin, aucun son n’est perceptible. Mais tout cela c’était avant notre arrivée, car pour ceux qui connaissent Bruno et Jules, chuchotement et discrétion ne sont pas vraiment leur truc. Pour le coup, en plus de notre barda, on se fait vite remarquer. Et pour la touche finale, des regards insistants se font sur nos tatouages. Tout particulièrement sur le bras de Bruno. En effet, son tatouage au style Irezumy à pour origine la pègre japonaise, soit les Yakuzas. Leurs regards nous investissent d’un sentiment étrange et inhabituel. On se sent comme des sauvages ou des marginaux parmi ces autochtones à l’apparence stricte et parfaite.

Nous séjournons à l’auberge Sakura Hotel Nippori. La chambre est de style japonais et nous dormons sur des matelas futons que nous déplions sur un sol en tatamis de paille de riz. Grande nouveauté pour nous, les toilettes!! Mais pas n'importe lesquels, un wc bionique. Musique douce, bruit d'une rivière, jet doux, jet puissant, il suffit d'appuyer sur le bouton et c'est partit.

Sur place, nous nous sommes aperçus que ce quartier est bien côté et que des touristes viennent visiter la rue Yanaka Ginza. L’ambiance de ces rues aux boutiques et épiceries traditionnelles est sublimée par le maître des lieux, le silence. Au crépuscule, le soleil laisse place à la lune et son dernier souffle teinte les cieux d’un rose orangé. Les lanternes éclairent et une atmosphère paisible invite les passants à un moment de zen attitude. Nous avons déniché un café torréfacteur où, tous les matins, nous prenons à l’emporter un succulent cappuccino. Un soir alors que nous cherchons un restaurant, Bruno ose ouvrir la porte coulissante d’un Izakaya. A l’intérieur, une famille tient ce restaurant traditionnel. Le patriarche à la carrure impressionnante est vêtu d’un kimono et est coiffé d’un tenugui blanc torsadé. On ne sait pas vraiment si nous sommes les bienvenus, mais on nous installe dans la seule table du restaurant. Nous faisons très attention à notre attitude afin de ne pas commettre d’impair. Nous enlevons nos chaussures et nous nous asseyons en tailleur à notre table. Petit à petit l’ambiance se détend et nous commandons quelques plats dont des sashimis de poulpe et de saumon, riz au saumon et des soba. Le tout était délicieux hormis les épaisses tranches de poulpe qui n’étaient pas évidentes à mastiquer. Le chef a même offert des bonbons et un jouet à Jules. Nous sommes revenus par la suite et avons été accueillis chaleureusement les fois suivantes.

Arrivée à l'aéroport
notre petite chambre où nous avons ajouté un 3ème lit
le poissonnier
le restaurant familial

Tokyo – Une ville comme on en a jamais vu. Technologie de pointe et modernité fusionnent avec traditions et savoir vivre.

Les trains et métros de la ville sont réglés comme du papier à musique. Aux heures de pointe, ils sont comblés dans les moindres recoins. Tous attendent en file indienne pour monter. Personne ne dépasse et personne ne parle. Mais ceux qui le font chuchotent à peine. Tous ont leurs yeux rivés sur leur téléphone portable. Pourtant dans les gares, des panneaux mettent en gardes les voyageurs contre les collisions entre humains. On vous le répète, nous sommes dans une autre dimension.

11.10. Quartier Akiabara

Venu tout droit du futur, ce monde à part entière est absolument électrique. De vastes affiches publicitaires de mangas et jeux vidéo habillent les bâtiments. Des jeunes filles en tenue manga soubrette distribuent des flyers publicitaires. Des tokyoïtes au look original et parfois déjanté viennent dépenser leur argent de poche. Mais le plus dingue, ce sont ces nombreuses salles de jeux vidéo, ces magasins entiers remplis de figurines et toute cette électronique à profusion. Bienvenus dans le monde des geeks ! Nous nous prêtons au jeu des machines originaires du Japon, les attrapes-peluches. Derrière le plexiglass, le stress nous gagne. Chacun notre tour, nous manions la pince mécanique. Quelle déception ! Nous sommes tristes de ne pas avoir gagné une peluche à la mords-moi-le-nœud. Vite partons d’ici, le vice commence à nous infecter. Pour la première fois au restaurant, nous sélections et payons nos plats auprès d'un automate. Nous rentrons et tous les employé du restaurant nous accueillent tous en coeur avec un "Irasshaimase" (bienvenus dans la boutique). On pensait que c'était une spécialité de la maison mais non. Cela fait partie de leurs nombreux codes. C'est assez surprenant la première fois.

11.10. Château d’Edo ou Palais impérial

Après avoir marché dans les rues les plus propres que nous ayons vues, nous arrivons en plein cœur de la capitale nippone. Entouré de gratte-ciels, ici se trouve l’ancien château d’Edo, jadis le plus grand château au monde. Mais force est de constater que de ce règne, seuls les douves et remparts ont survécu au temps. Actuellement, la famille impériale habite les lieux et il n’y a pas grand chose à voir. Nous assistons tout de même à la sortie d’une personnalité que nous ne connaissons évidement pas mais les japonais quant à eux sont heureux de pouvoir la saluer.

11.10. Shibuya

Cette marée humaine que vous visualisez en imaginant Tokyo et bien elle existe vraiment et c’est ici à Shibuya. Ce carrefour emblématique est bondé. Au feu rouge personne ne passe. Ainsi Super Mario peut rouler à vive allure. Cherche t'il des Toad ? En soirée, inutile de sortir vos bougies. Ici, les milliers d’écrans et enseignes illuminent les rues.

12.10. Le jardin Rikugi-en (le jardin des six poèmes)

Ce charmant et traditionnel jardin du XVIII siècle s’inspire des poèmes Waka Tanka (nouveau mot pour le Scrabble). Pins, mélèzes érables et cerisiers sont disposés harmonieusement autour d’un bel étang. Ce lieu serein se prête à la méditation et à la contemplation. Il y a même quelques personnes qui s’abandonnent à l’art de la peinture. Malgré que les couleurs automnales ne soient pas encore au rendez-vous, nous avons eu un réel coup de cœur pour ce joli petit endroit.

12.10. Quartier d'Asakusa et le temple Senso-ji.

Au bord de la rivière Sumida, le quartier de Asakusa abrite le plus vieux temple bouddhique du pays, le Senso-ji, érigé en l’an 645. Bien évidement, depuis il fut restauré. Pour y accéder, nous passons sous la porte Kaminari-mon (porte de la foudre) et cheminons sur la célèbre rue commerçante Nakamise-dori. Nous nous mêlons à un flot insondable et nous nous perdons dans les échoppes à touristes, où toute la panoplie d’objets représentant le Japon, y est exposée. Une atmosphère festive se dégage de ce lieu. On achète des babioles et engloutissons quelques Dorayaki, fameux gâteau à la pâte de haricots rouges. Puis, nous arrivons devant la magnifique porte Hozomon (porte de la maison du trésor). Devant ce temple aux couleurs éclatantes, on aperçoit de la fumée. Nous traversons ces volutes d’encens aux vertus protectrices. Comme dans les uses-et-coutumes, Jules secoue 7 ou 10 fois (m’en souviens plus) une boite métallique trouée puis la retourne afin de faire tomber une tige numérotée. Le numéro correspond à un bon ou mauvais présage pour l’année. Et bien c’est positif, nous pouvons l’emporter. Le cas contraire, nous aurions dû le laisser au temple et réessayer jusqu’au bon présage. Faut croire que tous les usagers du temple jouissent d’une bonne année. Autour de ce temple, il y a énormément de personnes habillées en tenue traditionnelle. Jeunes mariés, familles japonaises et touristes se prêtent au jeu pour le plaisir des photographes amateurs. Avant de quitter ce quartier, nous marchons le long de la rivière Sumida. On y aperçoit un bateau assez étrange et futuriste sorti tout droit d’un manga ainsi que la tour de Tokyo depuis laquelle on peut y voir toute la ville (payant).

12.10. Quartier de Shinjuku

Comme nous faisons attention à nos dépenses, nous n’avons pas visité la tour de Tokyo. Pour une vue panoramique de la ville, nous sommes montés dans la tour du siège du gouvernement métropolitain, situé dans le quartier des affaires de Shinjuku. Ouverte au publique, la vue depuis le 46ème étage (200m) est gratuite. Quant à la gare de Shinjuku, l’une des plus grandes du monde avec ses plus de 3, 6 millions de passagers par jour (oui, oui, par jour) et bien elle est vraiment gigantesque. On a mis une vingtaine de minutes pour la traverser à pied. Au delà de l’incroyable efficacité nippone au niveau de la conception des infrastructures, ce qui nous épate le plus, c’est le calme permanent malgré cet afflux inimaginable. Le quartier en lui même n’est pas vraiment magique et n’a rien de traditionnel. D’un côté les buildings et de l’autre les magasins, restaurants, machines à sous, discothèques et filles de joies.

13.10. Quartier de Ueno et le musé national de Tokyo

Composé de plusieurs bâtiment, le musé national de Tokyo abrite la plus grande collection d'art japonais et il mériterait qu’on s’y attarde la journée entière. Mais allez dire ça au gamin ! Nous visitons que le Honkan, soit la salle principale dédiée à l’histoire de l’art japonais qui se compose de sublimes fresques, impressions, costumes, porcelaines, armures, katanas, tampons et autres objets. La précision et le détail dans les pièces les plus minutieuses sont fascinants. Ces illustrations si subtiles sont captivantes. C’est avec regret que nous n’avons pas visité l'intégralité du musé. Mais ce voyage n’est pas un voyage individualiste, alors il faut contenter tous les voyageurs.


Ces quelques jours de visite, ont été intensifs mais nous avons adoré la capitale nippone. C’est avec plaisir que nous y reviendrons quelques jours en fin de voyage. Nous sommes impatients de visiter le reste du pays.

14
oct

Kawaguchiko au pied du mont Fuji.

Après deux trains à haute vitesse nous arrivons à la gare d’Otsuki. Alors que la météo automnale s’annonçait ensoleillée, c’est sous une brume à couper au couteau que nous faisons notre entrée. Normalement, on devrait apercevoir la montagne mythique, le sommet de l’Asie, le Mont Fuji. Mais, il semble que nous sommes maudits. Nous prenons un 3ème train (ligne privée payante) pour arriver au village de Kawaguchiko. Nous sommes amusés de découvrir des wagons aux couleurs familières. Nul doute, ce drapeau rouge à croix blanche et l’inscription Matterhorn sur la carrosserie sont bien ceux du train de Zermatt. À l’intérieur, des photos de notre beau Cervin et d’edelweiss, nous font présager qu’on s’apprête à skier. De merveilleux souvenirs surgissent. Nous nous imaginons dans ce village que nous chérissons tant et où nous avons vécu des magnifiques moments en famille à travers la randonnée et le ski. Les yeux dans le vide, Jules s’imagine après une journée de ski, en pyjama, en mangeant « une bonne raclette » (ses propres mots) devant un dessin animé. Nostalgie quand tu nous tiens.

À l'auberge FBH, nous avons une chambre avec vue sur le Mont Fuji. Mais, ce brouillard épais s’en est pris du village à tel point qu’il est impossible de s’imaginer qu’une montagne, dont le sommet culmine à 3776m, se trouve juste devant nous. Le lendemain, la météo s’empire. En plus du brouillard, il pleut des cordes. Toujours pas de mont en vue. Le mauvais temps a pris ses quartiers pour plusieurs jours. C’est la déception. La motivation est à son plus bas. Nous revoyons notre programme et quittons Kawaguchiko. Cette étape clé de notre voyage, dont la randonnée était au programme, nous tenait à cœur. À l’heure de cet écrit, nous sommes toujours profondément déçus.

rencontre rigolote dans le train
Arrivée. Le mont Fuji se trouve derrière ce rideau...
Départ. Toujours pas de Fuji....

Matsumoto la ville des Samouraïs

Nous nous installons au ryokan Matzukaze. Un ryokan est une auberge traditionnelle japonaise. Les cloisons typiques, les tatamis au sol, la théière et les Zori, nous invitent à un moment de détente. On s’habille, non pas avec des peignoirs mais avec des magnifiques kimonos. Nous voilà fins prêts pour la cérémonie du bain dans le onsen privé de l’auberge. Le onsen est un bain chaud d'eau thermale aux vertus thérapeutiques. Dans ce ryokan, c'est simplement de l'eau bouillante dans une gigantesque baignoire. Dans le pays, il y a des centaines de onsen publics et tout le monde s’y baigne nu. Il faut prendre une douche avant de plonger dans le bassin. Normalement, les lieux sont séparés hommes/femmes et il existe des pièces privées pour les familles ou les plus pudiques. Il ne s’agit en aucun cas de naturisme. Bien souvent, ces bains se situent dans des lieux magiques propices à la relaxation. Par contre, Bruno et moi sommes bannis de ces institutions. Savez-vous pourquoi ? Les tatouages bien sûr !! Les onsens sont interdits à toutes les personnes tatouées. Cette interdiction remonte il y a fort longtemps. À l'époque, les marginaux, les bandits et les Yakuzas étaient tatoués. De ce fait, en prohibant l’entrée à ceux-ci, ils protégeaient les usages des bains. Alors tant pis. On ne se mettra pas à pelos devant tout ce beau monde 😉.

À Matsumoto, nous avons visité son joli château de 1594. S’agissant plus d’un arsenal, aucun noble n’y aurait vécu. Le bâtiment est beau et comme tout au Japon, il est très bien entretenu. En journée, un bon bol de ramen et quelques raviolis suffisent à nous réchauffer. Le soir venu, nous dinons dans un restaurant au nom imprononçable, loin des touristes. Un maître japonais nous prépare des délicieux sushis. « Ne pas mettre de sauce soja ! », dit le garçon de table, en nous servant ce met. À CHF 5.- LA PIÈCE, nous avons pris le temps de les déguster et franchement c’était de loin les meilleurs sushis (Ceux de chez Mikado sont quand même très bons aussi!). Nous avons tout de même commandé des plats plus consistants. Dix sushis pour nous trois c'est un peu limite.

Sur les traces des chevaliers marchands de l’époque Edo. (Tracé: Nagiso-Tsumago-Magome)

Nous voilà à la gare de Nagiso dans les alpes japonaises. Ici, débute une randonnée de 11,9 km sur la Nakasendo (route des montagnes) de l’époque Edo à travers la vallée de Kiso. Ce tracé mythique, qui reliait Edo (actuellement Tokyo) à Kyoto, était l’une des 5 routes qu’empruntaient jadis les chevaliers marchands et les Samouraïs.

À pas de tortues, nous parcourons les premiers 3,8km à travers une forêt humide composée d’érables, de pins, de sapins et de bambous géants. Nous passons sur des petits pont et traversons de petits villages isolés. Nous savourons quelques kakis et kiwis chipés à même les arbres. Puis, nous arrivons au village de Tsumago. Stupéfaction ! Le temps s’est-il arrêté ? Ce village a gardé son charme traditionnel d’autrefois. Cette bourgade est exempte de modernité. Les bâtisses on été minutieusement restaurées. Les artisans tiennent tête aux enseignes nouvelle génération. Le charme opère. Pour le pic-nic, nous achetons des pains cuits à la vapeur et farcis aux aubergines.

Nous poursuivons notre chemin sur une monté de presque 8 kilomètres et arpentons cette Nakasendo faite de pavés. De brefs temples et pierres tombales commémoratives sont dissimulés dans la végétation. Cette forêt ancestrale est recouverte de mousse. Tantôt, une brume perlée progresse le long des ses racines mises à nu. L'air est froid et une buée accompagne nos mots. L’atmosphère devient profonde. Le mouvement des arbres se fait entendre. La mélodie de l'eau cristalline des cascades vient alors enchanter cette belle randonnée.

Ce tracé est agrémenté de plusieurs cloches. À notre grande surprise, un panneau nous met en garde contre les ours. Le tintement de cet instrument les ferrait fuir. Nous n’avons pas vérifié la véracité quant à une réelle présence d’un ursidé dans ce territoire du Japon. Mais, comme Jules sonne la cloche comme un acharné, il est probable que si la terrifiante bête existe, en aucun cas elle n’aurait osé s’approcher 😀.

Le jour décline. Il est 18 heures lorsque nous arrivons au village de Magome. Jules, qui a marché tout le long, est épuisé et ses mollets sont un peu engourdis par la montée. Tristesse, les arcades du village sont déjà fermées. Cheminées fumantes, les habitant se sont réfugiés dans leur logis. Ne subsistent que les lueurs orangées des lanternes le long du chemin. Un froid glacial s’empare des lieux. Ce village traditionnel, bien que différent du premier, est tout aussi magnifique. Idéalement, nous souhaitions dormir dans une des deux auberges de Magome. Mais, elles sont très prisées et affichaient complet sur plusieurs semaines. Ne voyant plus personne dans les rues, nous avons commencé à nous inquiéter pour notre retour à la gare de Nagiso. En bas du village de Magome, nous devons prendre un bus pour la gare de Nakatsugawa et puis un autre train pour la gare de Nagiso. Hors, s’il n’y a plus de bus, nous devrons marcher (8km) jusqu’à Nakatsugawa, sur une route non éclairée. Comme on en a pas vraiment envie, nous mettons la briquette et notre petit puise dans ses dernières ressources (c’est de la descente). Ouf, le dernier bus passe dans 7 minutes.

Dans le bus, Jules s’écroule dans les bras de Morphée. Nous prendrons plusieurs trains pour arriver tard dans la nuit à la prochaine étape. Cette randonnée nous a laissé un superbe souvenir. Nous la recommandons à tous les amoureux de la marche et de la nature.

Kanazawa

À vélo, nous visitons la ville de Kanazawa, son marché couvert (fermeture imminente), son imposant château blanc et le parc Kenroku-en. Notre visite est plus une promenade de santé, un survol. La recherche et la réflexion ne sont pas au rendez-vous. Nous sommes plus d'humeur à manger du pop-corn devant une super série télévisée.

Mais, roulement de tambours....! Nous faisons la rencontre d’une espèce rare au Japon ! Le phraseur. Car oui, même ici on peut se faire phraser. Venant de notre demeure, nous circulons tranquillement sur le côté droit de la chaussée, en direction du château. Subitement, un cycliste au regard hautain fait demi tour en notre direction. À ce moment précis, ils nous gronde. Plus précisément, nous sommes des « stupides » qui ne savent pas faire de vélo ! Depuis, quand circule t’on sur la route ?? Le trottoir ce n’est pas que pour les piétons… mais pour les vélos aussi !!

19
nov

À 320km/h, le Shinkensen nous dépose à la gare de Kyoto. Il y a énormément de monde et nous avons de la difficulté à cerner l’organisation des transports. Nous tournons comme des girouettes pendant une bonne trentaine de minutes. On se résigne et demandons de l’aide au service d’informations. Vingt minutes plus tard, le bus 205 nous dépose à proximité du Fugitaya BnB. Cet hébergement est flambant neuf et notre chambre triple est un peu petite mais super cosy. La grande pièce à vivre est très belle et propice aux échanges avec les autres voyageurs. Nous avons même improvisé une soirée de dégustation de Saké avec des compatriotes vaudois. Bon à savoir: dans la gare de Kyoto, on y trouve de nombreux restaurants. Comme bien souvent, dans les vitrines sont exposés des faux aliments en plastique, des véritables répliques de plats. Une manière rigolote de choisir son menu!

À Kyoto nous avons visité :

Le Kinkaku-ji, le pavillon d’or

Parmi un milliers de personnes, nous photographions la plus célèbre des attractions de Kyoto, le pavillon d’or (temple bouddhique). Il n’est pas possible d'en visiter l’intérieur. Malgré tout, cette façade dorée qui se reflète dans un étang au centre d’un magnifique jardin vaut le déplacement. C’est certainement lorsque les érables prennent les teintes flamboyantes de l’automne que le lieu est le plus photogénique.

Jules n’est pas dans son meilleur jour et la visite « ça m’agasse » et « c’est nul ». Heureusement, j’ai un jouet qui traine dans ma poche. Je le cache à divers endroits. But du jeu : trouver le pingouin avec les indications fournies. Parfois, il est un peu aidé par des quidams autoproclamés participants.

Le Kyoto Railway Museum

Une visite adaptée pour un enfant s’impose. Nous nous rendons donc au musée ferroviaire. Ça court partout, ça touche à tout. Une manivelle par si, un bouton par là. Un paradis pour les enfants et les ferrovipathes.

Le temple Fushimi Inari-taisha

Au pied de la montagne Inari, nous nous baladons à travers un chemin composé de torii oranges-vermillon (sorte de portique/porte). Ce sanctuaire shintoïste est érigé en l’honneur de la divinité Inari, la protectrice du riz et des commerces. Chaque torii est une offrande à cette déesse. Les donateurs versent plusieurs milliers de francs en fonction de l’endroit où elle est fixée.

Le quartier historique de Gion

Ce vieux quartier de Kyoto est connu pour son architecture traditionnelle, ses maisons de thé et ses célèbres geishas. Bien que rare, le métier de geisha existe toujours. Après une instruction des plus rigoureuses, cette jeune femme devient une experte dans les arts traditionnels japonais. Elle devient une Geisha. Raffinée et délicate, elle se doit d’accompagner, de distraire et de divertir des personnes d’un niveau social élevé. Saviez-vous que le métier de Geisha a pour origine le bouffon du roi ? C’est tout de suite moins glamour… Quoi qu’il en soit nous ne les avons pas aperçues.

Quel contraste, aux portes de cette ancienneté, se trouve un nouveau quartier bien différant.

vieux quartier de Gion
quartier moderne aux portes de Gion

Départ de Kyoto pour la visite du reste du pays.

Nara, son temple Todai-ji et ses… cerfs !

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la ville de Nara est infestée, non pas de pigeons ou de rats, mais de cerfs et de biches ! Il y en a partout ! Ces cervidés divins vagabondent en totale liberté à travers la ville depuis plusieurs siècles. Aujourd’hui, c’est un véritable attrait touristique. Sur le chemin, ça sent la bête. On s’aperçoit qu’en tendant les mains, ils accourent pour renifler nos paluches. Déçus, ils repartent. Nous finissons par acheter des biscuits spéciaux dont ils raffolent. Nous passons un long moment à les observer et à les caresser. Pas certains que le gavage quotidien par les touristes soit très diététique mais ils semblent bien se porter. Certains tentent même de nous chiper ce que nous avons dans nos poches. Pas farouches les bêtes ! Enfin décidés à nous laisser avancer, nous arrivons devant la porte du temple bouddhique le Todai-ji. À l’intérieur, se cache un Grand Bouddha de 15m de haut. Cet impressionnant colosse date de l’an 757. De part son ancienneté, pour nous ce temple est l’un des plus beaux du Japon.

Osaka

Depuis quelques jours, le pays entier est en alerte typhon. La pluie s’accentue et des rafales de vent nous retournent les parapluies. Le trafic ferroviaire et perturbé avant d’être finalement arrêté. En venant au Japon, nous espérions ne pas être pris dans une catastrophe naturelle ou nucléaire et ne pas faire partie des dommages collatéraux du conflit Trump-Kim Jong-un. Pour cette fois, ce n’est qu’un petit typhon de classe 4. En pleine nuit, la tornade frappe de plein fouet la ville d’Osaka. Nous sommes réveillés par le sifflement du vent. Depuis la fenêtre, nous observons, un court instant, les rues désertes et l’envol de certains apparats urbains. Au réveil, c’est le calme après la tempête. Rien de grave à déplorer. Nous avons passé deux journées dans la ville néon d’Osaka, où nous avons fait du lèche-vitrine dans les galeries marchandes. Nous nous réessayons aux jeux de pinces. Et bingo !!! On a gagné, on a gagné !! Nous crions comme si le Portugal venait de gagner la coupe du monde 😉! La vendeuse fait sonner la cloche ! Nous sommes applaudis par des geeks jaloux de notre figurine Dragon Ball Z ! Une halte dans un sushi train s’impose. Le sport ça creuse ! Contrairement à l’idée reçue, nous étions les seuls touristes parmi les japonais. Comme quoi le sushi train n’est pas qu’une création pour les occidentaux. Pour le dessert, ce sera une glace dans un café des plus particuliers, le "Econeco Café & Sweet" !! Un monde totalement rose bonbon où vivent des licornes magiques. C’est un peu too much mais rigolo. Tout est si décalé dans cette contrée.

Tokyo

De retour à la capitale, une grande surprise attend notre fils, une journée à Disney Tokyo. La veille, Bruno et moi avons orchestré un stratagème des plus machiavéliques. Nous lui faisons croire qu’il doit se coucher très tôt pour être en forme car le lendemain la longue visite d’un temple l’attend. « Cela prendra la journée entière », ajoutons-nous. Son air abattu et dégoûté en dit long mais il n’ergote pas. Au réveil, nous rajoutons une couche avec « Est-tu prêt pour la plus longue des visite ? » et « On va tellement marcher dans ce temple ! ». Il est excédé et lâche « J’en ai marre des visites ! ».

À la sortie du train, je cache les yeux de Jules avec mes mains tandis que Bruno le guide. Une fois devant l’entrée, je les enlève et le subterfuge tombe. Il est choqué et ne dit rien. Il n’en revient pas ou n’y croit pas. Lorsque enfin, il réalise vraiment, il exprime sa joie et devient excité comme une puce.

Nous faisons les zinzins du bitume dans toutes les attractions (Jules a de justesse la bonne taille). Nous mangeons du pop-corn, de la barbe à papa, des glaces et le petit à même le droit à un thé froid. C'est la fête!!! Nous sommes pris de fous rires en regardant tous ces adultes fans au point d’idolâtrer des personnages Disney. Ils sont déguisés et équipés de toute la panoplie relative à leur avatar préféré. Une jeune femme nous a même supplié de lui laisser le carrousel pour elle seule. C'est avec la larme à l'oeil qu'elle regarde Winnie l'ourson gesticuler et chanter.

Le soir venu, nous assistons au feu d’artifice et nous restons dans le parc jusqu’à sa fermeture. C'est doublement la fête!!! Cette incroyable journée vient compléter notre album d’images positives greffé dans nos petits hippocampes.

Demain nous quittons cet incroyable Japon qui nous a tant surpris. Nous avons adoré!

28
oct

À mes douze ans, j’ai pointé l’Australie sur un atlas. Un jour c’est sûr, je me rendrai là, à l’autre bout du monde ! Dès lors, ce pays lointain a occupé mes songes. Il est impensable pour nous de réaliser un tour du monde sans passer par l’Océanie. Nous imaginons ce pays de la manière la plus merveilleuse et la plus idyllique. Cette étape est une évidence. Nous sommes impatients de découvrir ces terres aborigènes.

Pendant 70 jours, nous allons sillonner cet endroit mystérieux à bord d’un van aménagé. C’est en totale liberté et autonomie que nous partons à la conquête des ces grands espaces. Ce type de voyage, nous le connaissons bien. Au fil de ces 5 années écoulées, nous en avons « bouffé » du kilomètre avec notre ancien compagnon, Monsieur Vito le Bordeaux. Des milliers même ! Des magnifiques souvenirs mais de belles prises de tête aussi. Quand on voyage de cette manière là, c’est parfois bien différent des hôtels 4 et 5 étoiles. La promiscuité permanente est parfois usante. Alors 70 jours dans un fourgon à trois… et bien on verra bien ! Mais ça risque d’être sportif ! 😉

Après un très long voyage, nous arrivons dans la ville de Perth à 15:00. À savoir que nous arrivons totalement « à la fraîche » et que rien n’est organisé. Pâles de fatigue, nous sortons de l’aéroport et n’avons pas de moyen de locomotion, pas de réservation, pas de réseau et pas de wifi. Nous n’avons strictement aucune idée de ce que nous allons faire. Faut l’admettre, l’Asie c’était bien plus pratique.

Entre vous et moi, c’est Bruninho qui devait se charger de cette partie du voyage. Mais comme il adore, on va dire « l’effet de surprise », et bien nous voilà servis. Je ris jaune mais comme tout fini par s’arranger… Restons zennnnnnnn ! Bon après réflexion, je n’étais pas si zen que ça. Je crois même que je me suis mise à vociférer un chouia… hmm… un peu plus…bon d’accord beaucoup !! 😀

Nous finissons au camping de la bourgade de Fremantle. Après un bon repas au campouse, nous filons sous la tente. Nos habits superposés sur le sol font office de matelas et nos doudounes remplacent les couvertures. La soirée est fraiche et la nuit s'annonce froide. Nous sommes tellement claqués qu’à 18:30 nous dormons bouches ouvertes.

Le lendemain à 06:00, nous sommes réveillés par un capharnaüm d’oiseaux juste au dessus de notre tête. Des magnifiques perroquets verts et rouges se disputent avec d’autres volatils non-identifiés aux couleurs éclatantes. La puissance du soleil est éblouissante à nous rendre aveugles et sa chaleur est déjà insupportable. Nous sommes en pleine forme mais surtout super heureux d’être là. « Vous vous rendez compte, nous sommes en Australie !! », répétons-nous en contemplant le bal des oiseaux.


Nous pensons acheter un fourgon pour notre road trip. Mais, lors de nos recherches, aucun véhicule ne correspond à nos besoins. Les véhicules mis en vente sont équipés pour deux personnes et les rares vans pour trois sont beaucoup trop chers. Comme nous n’avons pas envie de patienter des semaines dans l’espoir de trouver la perle rare, nous optons pour la location d’un fourgon aménagé. Après des heures passées sur le net, nous trouvons notre futur compagnon sur le site motorhomerepubic.com. Comme on s’y prend à la dernière, aucun véhicule n’est disponible avant plusieurs jours. Dans l’attente, nous visitons une partie de la west coast en voiture.

Fremantle

Construite dans un style victorien Fremantle est rétro. L’ambiance cool et artiste nous invite à nous prélasser sur la terrasse ensoleillée d’un bistrot. Au son des artistes guitaristes, les touristes d’un jour et les habitants de toujours se sourient en se délectant d’une bière bien rafraîchissante.

Sur le port, nous savourons notre premier fish&chips avant que le gang des mouettes au regard espiègle nous l’arrache des mains. À peine levés de table, qu’elles se jettent sur les restes dans un fracas assourdissant.

Nous visitons l’ancienne prison de Fremantle qui fut construite par ses propres occupants, les bagnards en 1850. Parmi ces convicts, de vrais criminels mais aussi des pauvres gars aux délits mineurs, comme le vole de pain. Les prisonniers de la bannière du Royaume Uni accompagnèrent les premières flottes de colons sur la côte ouest. Cette main d’œuvre a construit la première ville de la côte.

La visite guidée obligatoire est en anglais (+ écouteurs en français) et heureusement pour Jules qui n’a pas compris les explications sur la torture et la pendaison. Ce site est un incontournable afin de parfaire ses connaissances sur l’histoire de l’Australie.

Perth

La grande ville de Perth est assez étendue. Nous visitons son grand jardin botanique et faisons trempette dans les plages de Cottesloe Beach et Scarborough Beach. À l’entrée des plages, des panneaux nous mettent en garde contre les « sharks ». C’est assez flippant ! L’été n'a pas encore débuté et il y a beaucoup de vent. En journée, le soleil est quant à lui insupportablement brûlant. Malgré l'indice 50 spf, nous avons la terrible sensation qu’un mélanome nous guette. L'eau est pure et vivifiante et les vagues déferlent avec une puissance incommensurable. La surface des celles-ci brille comme des milliers de miroirs. Cet océan est fascinant.

Cette baignade tonifiante n’est pas de tout repos. L’idée terrifiante que des squales nous observent, nous trotte dans la tête. À Cottesloe Beach, la présence des nombreux surfeurs et kit surfeurs nous rassure. Nous osons nous aventurer une peu plus loin dans les vagues décoiffantes. Cette plage semble le point de rencontre de tous les « buenos et bonasses » aux corps bronzés et sculptés. Bruno et moi avons l’impression d’avoir des corps de lâches à leurs côtés ! 😀

Nous prenons la route pour le nord comme objectif le Kalbarri National Park à 590 km de Perth. Sur le chemin nous nous arrêtons à divers endroits afin d’observer les merveilles de la nature.

Yanchep National Park

Notre première halte se fait dans cette petite merveille cachée. Pic-nique sous le bras, on sort de la voiture quant une vingtaine de perroquets nous frôle la tête. Nous n’en revenons pas. Ce parc a un air de paradis ! Des centaines d’oiseaux aux mille couleurs volent autour de nous. Après le casse croute, nous marchons 4km autour d’un étang afin d'observer la faune. D'emblée, nous tombons nez à nez avec un vilain serpent mortel, le Brown Snake. Il est posé sur une souche et nous fixe. Notre sang se glace mais Bruno prend vite un cliché. Comme tous les serpents, à moins de marcher dessus, il ne risque pas de nous mordre. Mais celui-ci semble nous défier et se laisse tomber sur le chemin derrière nous et nous fixe à nouveau. Oh punaise.... on dégage vite fait sans faire de geste brusque !

Nous apercevons nos premiers Koalas qui roupillent sur des eucalyptus. À vrai dire, ils dorment une moyenne de 20 heures par jour. Ils se réveillent uniquement pour manger, se déplacer et s'accoupler. Pas belle la vie ? C'est notre jour de chance, en voilà un qui grignote nonchalement quelques feuilles.

Cette réserve propose une immersion au sein de la faune locale dans un respect de la nature et de l’environnement des plus exemplaires. Le tri des déchets est obligatoire, la musique et les cigarettes sont interdites (risque de feu et mégots=déchets dégueulasses). Les grillades sont autorisées qu’aux endroits aménagés. Les barbacs sont nettoyés par les utilisateurs. Imaginez-vous un endroit tel que décrit avec comme seul bruit les oiseaux qui se chamaillent, des enfants qui s’expriment sur ce qu’ils observent et qui s’amusent. Aucune enceinte portable qui vomit des décibels sous le prétexte de l’amusement et de la liberté. Et bien pour nous un seul mot : Bravo !!!

Nous constaterons au fil de ce voyage que l’Australie à beaucoup de règles et d’interdictions. Beaucoup mais vraiment beaucoup. Cependant, certaines sont nécessaires afin de préserver l’environnement sauvage de ce pays. Beaucoup doivent se sentir muselés. Comme si leur liberté était entravée. Mais malheureusement, force est de constater qu’une partie de l’humanité n’est pas capable d’user de son bon sens et ce malgré toute la prévention et toute la sensibilisation. Alors, chers citoyens du monde, les règles… elles existent depuis la création de la terre. Elles sont essentielles pour la cohabitation. Alors arrêtez de crier au scandale pour la moindre interdiction ! Bon, j’ai souvent tendance à m’écarter du vrai sujet qu’est le voyage. Mais d’une chose en découle une autre et les thèmes sont à l’infini.

Quoiqu’il en soit si vous venez dans la région, n’hésitez pas à vous arrêter au Yanchep National Park pour un agréable pic-nic.

Alors que Bruno roule tranquillement, je crie « Oh p….. un kangourou !». Bruno plante les freins, non pas à cause de l'animal mais parce que j’ai crié tellement fort que je lui ai explosé les tympans (selon lui). Ce marsupial est posté un peu plus loin dans le bush à nous observer sans bouger. Nous sommes euphoriques. Je fais même la danse du « tchikaboumboum de la victoire ». « On a vu notre premier kangourou les gars !!!! ». Bon, Jules pleure parce qu’il ne le voit pas… Je sors vite l'appareil photo pour immortaliser ce moment. Un premier kangourou ça se fête! On va sortir la bouteille de rouge ce soir... et tous les autres soirs aussi.

Camping de Cervantes

Nous achetons quelques provisions au Général store du village de Cervantes. Les lieux sont assez désertiques et les habitants semblent appartenir à la même famille. Un vieillard, clope au bec, nous observe depuis le porche de sa maison décorée avec un drapeau australien. Une ambiance digne d’un far-west.

Nous montons la tente dans un camping flambant neuf. Nous grillons un morceau de viande et trinquons avec une bière bien fraîche. Les australiens viennent à notre rencontre. Entre le retournement des steaks, nous échangeons quelques expériences de vie. Sur notre droite en haut de la bute, le soleil se couche sur l’océan indien et nous offre ainsi l’un des plus beaux spectacles. La vie est vraiment cool par ici.

Nambung National Park

La magie continue dans ce désert de sable jaune où se dressent des gardiens millénaires, les pinacles. Ces stalagmites sont des formations de calcaire, de roche et de particules marines. C’est assez intrigant. D’une structure des plus malléables et des plus fragiles, son aspect ce modifie avec le temps. Puis, le pinacle fini par se disperser et disparaître à tout jamais. Un autre prendra sa place. C’est un peu comme si le texte de Genèse « tu es poussière et tu retourneras dans la poussière » leur était aussi adressés. Nous n’avions jamais encore observé un tel paysage.

Nous nous rendons vite compte de la grandeur de ce pays. Les distances sont longues entre les étapes. Le paysage est tellement changeant. Au milieu de la végétation composée de petits arbustes et d'eucalyptus, nous distinguons un petit désert de sable. Puis ce tracé devient aride et sa terre rouge apparait.

Nous dépassons d’impressionnants road trains. Les australiens adorent les gros pick-up et nous avons rencontré le plus gros du pays. Avec son engin démesuré, ce vieux monsieur mérite quand même un pin's (voir photo). À cause des nombreux panneaux "attention aux kangourous", nous redoublons de vigilance sur la route.

Dans ces grands espaces, tout semble primaire, exempt de trace humaine. Mais parfois, nous traversons aussi des pâturages de taille assez impressionnante. Le bétail peut gambader sur un espace qui dépasse toutes les réglementations.

Hormis, dans les minuscules villages plus au moins développées, il n’y a pas de réseau téléphonique ni d’internet. C’est tout juste s’il y a un général store pour des emplettes de première nécessité. Nous passons une nuit dans un de ces villages, au camping de Horrocks. Petit et désuet, il a un air de Bois-de-Bay (seuls certains de nos lecteurs comprendrons). Mais la plage désertique qui se trouve à deux pas est magnifique et le couché du soleil est grandiose.

Port-Grégory

Sur la route, nous observons un autre phénomène naturel, le lac rose. C’est un lac salé où vit une algue microscopique spéciale. Lorsque les rayons du soleil s’y réfléchissent, cette algue spéciale donne au lac une couleur rose éclatant. Le spectacle est saisissant. Nous nous arrêtons au bord de la route pour y tremper nos pieds. On ne fera que quelques pas dans cette eau. Le sol est recouvert d’une croûte de sel et les microcristaux nous entaillent les pieds. Les panards en sang, nous reprenons la route.

Kangaroo Point


Sur la route, un panneau nous signale un point de vue que nous suivons. Bien nous en a pris car c'est grandiose. Amazing!!! Des falaises rouges et écorchées plongent dans un océan bleu turquoise. Au large, un banc de dauphins nage en toute tranquillité mais surtout en toute liberté.

Kalbarri

Nous réservons une nuit au camping de la bourgade et filons au parc national de Kalbarri.

Lorsque nous arrivons au parking, le thermostat de la voiture affiche 45°. À peine sortis du véhicule, qu’un essaim de mouches nous squattent le visage. Insistantes, ces bestioles tentent de pénétrer dans notre bouche à chaque mot prononcé. Nous mangeons notre encas dans la voiture. Le paysage est époustouflant. Ce tableau est composé d’une roche rouge et d'eucalyptus verts. Au centre, un canyon creusée par la rivière Murchison. Le paysage est à perte de vue. Il y très peu de monde et nous avons donc la sensation d'êtres seuls au monde dans cette nature si brute. Nous avons en tête de faire le Loop Walk Trail de 8 km (classe 4). Cette marche se fait sur les falaises du canyon. Mais nous ne poursuivons pas au delà de la Nature’s Window car le terrain est trop dangereux pour Jules et il fait un cagnard insuportable. Les marches naturelles dégringolent sous nos pieds. Nous restons un moment à contempler ce splendide paysage depuis la fameuse fenêtre naturelle.

Un peu plus loin, nous nous lançons dans une marche accessible pour le fiston, la Z Bend River trail de 2,6 km aller-retour (classe 4). Après avoir emprunté des échelles, escaladé de gros cailloux et nous faire aussi minces que possible pour passer entre des blocs de roche, nous arrivons au fond du canyon. Le soleil rayonne sur une eau verte dont ses motifs se reflètent sur les falaises. Une fois n'est pas coutume, alors je me répête, c'est splendide!

Nous recommandons vraiment ce parc national. Il n’y a pas de mot assez fort pour décrire la beauté des lieux. C’est puissant et apaisant.

Au réveil, une petite surprise attend Jules, l’amoureux des animaux. À 08:45 précises, nous nous rendons sur la plage (bras de mer) située face au camping. Nous nous installons à coté de quelques familles qui attendent quelque chose. « On va voir un spectacle ? » demande Jules. En effet, un spectacle mais pas n’importe lequel. Peu de temps après, nous apercevons au loin des gigantesques oiseaux foncer droit sur nous. Après un freinage d’urgence sur l’eau, ils battent leurs ailes calmement et se posent à nos pieds. Des pélicans ! Ils sont énormes. Une bénévole distribue des poissons aux enfants. Chacun leur tour, ils lancent la poiscaille qui atterrit dans le goître du volatil. La bénévole délivre des explications dans un anglais très australien (pas compris grand chose). Mais en gros, cette action gratuite donne la possibilité aux enfants d’observer de plus près ces pélicans afin de les sensibiliser à la protection de l’environnement et des animaux. Ce petit spectacle n’a lieu qu’une fois par jour et les oiseaux ne sont pas gavés afin de préserver leur équilibre. On se souviendra longtemps de ce moment magique.

équipés de masques et tubas, nous explorons les fonds marins de la petite plage Blue Holes. Même s’il s’agit de l’océan indien, l’eau est assez froide. Les fonds ne sont pas aussi colorés qu’aux Seychelles mais on y voit des centaines de poissons évoluer entre les rochers.

Pour ma part c'est avec grand regret que le temps nous soit compté. Nous passons une seule nuit dans cette région car nous devons revenir à Perth pour récupérer notre van. La région de Kalbarri mérite qu’on s'y attarde plusieurs jours. À ce stade, cette région est mon gros coup de cœur du voyage.

6
nov

Impatients de commencer cette nouvelle aventure, nous filons réceptionner notre van chez Travellers Autobarn. Nous rangeons nos affaires dans le seul véhicule encore disponible, soit un Toyota Hiace de 2004. Avec ses 597000 km au compteur, ses microfissures au pare-brise, ses pneus aux reliefs effacés, nous espérons qu’il tiendra le coup.

Êtes-vous prêts ? Oui ?! Alors montez à bord, on vous emmène avec nous à travers ce fabuleux pays. Pendant que Bruno s’occupe des dernières formalités, je vous dispense rapidos quelques informations relatives à un pays dont la taille est bien plus grande que l’Europe….

En 1606, le navigateur hollandais M. Janszoon découvre cette terre jusqu’à lors inconnue. Petite parenthèse concernant cet exploit. Il existe diverses théories relatives à la découverte du continent dont une qui a retenue mon attention. Il paraîtrait que c’est le navigateur portugais M. Mendonça qui a découvert l’Australie en 1522. Ce n’est pas impossible car en 1515, les portugais occupaient déjà un pays situé non loin de là, le Timor. De plus, certaines ethnies aborigènes auraient dans leur vocabulaire des mots d’origine portugaise. Mais la conquête du nouveau monde était une affaire des plus importantes et la concurrence imparable. Comme les écrits historiques ne sont pas clairs voir disparus, cette théorie ne peut être confirmée. Mais cette idée fait vibrer mes racines portugaises. 😀

Quoi qu’il en soit ce n’est qu’en 1770 que M. Cook prend possession du continent au nom du Royaume-Uni. Les 700 000 aborigènes qui habitent ces terres depuis des millénaires, n’ont pas les ressources et le recul nécessaire pour rivaliser avec une armée moderne dont la stratégie est manipulation. Comment se défendre face à des fusils avec un boomerang ? Comment refuser des couvertures, des vivres, de l’alcool si enivrant contre un simple bout de terre poussiéreuse. Comment survivre aux maladies importées par les conquérants ? Ce morceau de Gondwana resté isolé a vu grandir l’une des cultures les plus anciennes du monde, celles des aborigènes. Ce peuple primitif coupé de toute civilisation ne suit pas l’évolution d’un monde déjà bien amoché. Leurs croyances considérées comme ésotériques ne font pas le poids face un christianisme envahissant.

Les années se suivent et de nombreux colons et convicts débarquent. La promesse d’un travail et l’acquisition de terres prospères pour une somme dérisoire en allèchent plus d’un. Dès 1850, la ruée vers l’or attire de nombreux prospects et l’économie de l’Australie est lancée. Par ailleurs, de nombreux explorateurs habités par la passion et l’aventure ont pu voir leurs rêves se réaliser. Mais toutes ces personnes, n’ont pas eu une vie facile. Nombreux sont ceux qui ont succombé à la famine et la maladie.

Mais triste est de constater qu’aujourd’hui les natifs sont réduits à une minorité marginalisée. Même si de nombreuses exceptions existent, beaucoup d’entre eux sont devenus alcooliques et accros à Ronald MacDonald. Ils ne sont pas en mesure de s’insérer dans un système dont ils sont devenus totalement dépendants. Diverses attractions touristiques mettent en avant la culture aborigène. Nous espérons qu’il s’agit là d’une réelle reconnaissance plus que d’un marketing dont l’intérêt est financier. Cependant, ces dernières années le gouvernement australien ferait des efforts envers ce peuple. L’avenir nous le dira.

Bon on y est, Bruno a signé les derniers formulaires alors c’est parti ! Attachez vos ceintures, on démarre ! Depuis Perth, nous allons rejoindre la ville de Brisbane en passant par le sud. Nous visiterons les 6 territoires de ce continent dont les paysages époustouflants sont les témoins d’une incroyable biodiversité encore primaire.

Petit conseil, faites attention où vous mettez vos mains car c’est ici que vivent les animaux les plus dangereux au monde. Même si nous avons un Aspivenin et un Epipen, nous ne sommes pas sûrs que ce sera suffisant pour vous sauver d’une piqure mortelle. 😉

Nous passons la première nuit en pleine nature dans un camping exempt d’infrastructures (seul un WC). En Australie le camping sauvage est strictement interdit et ceci afin de préserver la nature. Cependant, il existe des milliers de campings gratuits voir presque gratuits. Voyager en camping-car ou en van est ici un mode de vie, il y en a pour tous les goûts et pour tous les portefeuilles.

Le camping de Heron Point est un havre de paix au bord d’un lac salé rempli de crabes. Une bière et un verre de rouge à la main, nous attendons le couché du soleil. Un ciel orangé se reflète sur un lac dont le mouvement n’est que sérénité. Seul l’envole des hérons vient frémir dans ce somptueux décor presque immobile. Cette nuit de pleine lune est magnifique. De cet endroit, la lune semble plus proche. Ce que nous apprécions le plus dans les voyages, sont ces spectacles que nous offre en permanence la nature.

Un peu plus au sud à Busselton, nous campons dans un camping 5 étoiles. L’aire de jeux et la piscine font le bonheur de Jules. Le lendemain, après de délicieux pancakes cuisinés dans le fourgon, nous nous rendons dans cette ville en bord de mer. Nous y apercevons la plus longue jetée du pays. Avec ses 1,8 km, il nous faut une bonne vingtaine de minutes pour la traverser. Pour les plus fatigués, il y a un petit train qui fait le trajet. Nous croisons de nombreux plongeurs et pécheurs. L'un deux inspire papa Bruno et depuis, il a une idée derrière la tête.

Sur la route nous visitons une immense grotte, la Nigli Cave. Ces énormes stalactites et stalagmites sont impressionnantes.

Nous roulons à travers une forêt primaire la Karri Forest et ses eucalyptus pour y trouver notre prochain campement. Le Boranup Campground au sein du Leeuwin Naturaliste National Park est pittoresque. Nous sommes au milieu d’une forêt verdoyante et humide. Vite!! Sortons les manches longues, ça pique par ici ! L’inquiétant résonnement des insectes en tout genre est apaisé par celui des oiseaux. Après une balade dans cette forêt, les garçons allument un feu (autorisé) pour faire fuir les moustiques. Dans ce campgroud, il y a une classe d’adolescents en stage « connaissance de la nature ». Au programme de la semaine, randonnée, kayak et survie. Ils en ont de la chance ! Bon, nos classes vertes étaient certes moins exotiques mais elles étaient top aussi. En plus, on avait le droit à du chocolat de la Migros avec une bonne tranche de pain. Miam !

La couchette double du bas

Cape sur la plage de Hamelin Bay pour s’y baigner bien sûr (se laver aussi) mais pas seulement. C’est une plage où des raies ont élu domicile. Incroyable, elles sont bien là ! On ne les voient pas très bien car elles barbotent au milieu des nombreuses algues. Nous n'avons pas de photos à vous montrer car nous avons filmé avec la GoPro. Pour ce qui est de notre baignade, il est préférable de le faire bien loin car la piqure d’une raie provoquerait une douleur insoutenable. C'est donc à une bonne trentaine de mètres que nous passons de longues heures à nous baigner et à nous promener. La plage est vraiment magnifique.

Plus tard, nous nous arrêtons au Cape Lewin sur le spot Waterwheel. Nous pique-niquons sur des rochers surplombant l’océan où de puissantes vagues viennent finir leur course. Sur notre gauche on y aperçoit un joli phare. Une atmosphère façonnée par les vents, se fait brute et puissante. Des mouettes flottent dans les cieux en attendant nos miettes de pain. Nous n’avons pas envie de partir. Quel dommage qu’on ne puisse camper sur ces blocs de granit.

En fin de journée, alors que Jules et moi rangeons les courses, Bruno s’absente. Quelques minutes plus tard, sourire aux lèvres, il revient avec ??? Une canne à pêche ! 😀 Sur la plage d’un campouze du village d’Augusta, nous nous essayons à la pêche. Le butin n’est pas à la hauteur de nos espérances. On ne mangera pas de poisson ce soir. Mais si vous voulez des algues, on en a quelques unes ! Nous rigolons bien. Jules adore ces moments complices avec son papa chéri. Les années défilent à une vitesse folle alors je profite encore de lui "bouffer" les joues par d'interminables bisous. Oui, oui, je lui renifle aussi ses cheveux. Même si parfois il nous fatigue avec son bavardage et ses questions incessantes, nous sommes heureux de partager ce voyage avec lui. À travers le journal de bord et à travers ce blog, nous espérons que ses souvenirs perdurons de longues années.

Que diriez-vous d’un peu d’adrénaline maintenant ? En route, pour le Gloucester national park et ses colosses, les eucalyptus géants. Chacun notre tour (sauf Jules), nous grimpons jusqu’à 53 mètres sur des marches faites de barres à mine. C’est un peu comme de l’acrobranche mais sans moyen de rétention. Au sommet de cet eucalyptus géant, nous avons une vue imprenable sur la forêt. Saviez-vous que ces eucalyptus on été aménagés de la sorte afin que les rangers puissent y grimpez pour observer les feux de bush ?

Sur la route, les paysages sont toujours aussi époustouflants. Ces grands espaces et cette solitude nous apaise.

Dans un nouveau camping, nous sommes joyemment surpris par l’intrusion d’une famille de kangourou. Ils sont assez drôles lorsqu’ils s’immobilisent. Ils ont l’aire de croire qu’ils sont devenus invisibles. « On me voit, on ne me voit pas. On me voit, on ne me voit pas… ».


Après un bon café, nous roulons. Sur la route, un émeu fait la course avec nous. À peine l'appareil sorti qu'il met la poudre d'escampette. Nous faisons une petite halte au sommet du mont Chudalup. Au sommet une jolie vue nous attend.

Nos têtes à 07:30.

Au parc Giant Tingle Tree, nous passons à travers des eucalyptus millénaires qui ont résisté à l’épreuve du feu.

Dans les environs de la ville d’Albany, nous nous arrêtons à un point de vue grandiose The GAP. À 70 mètres au dessus de la mer, nous sommes fascinés par ces montagnes écumantes qui viennent se fracasser contre la terre ferme. ça décoiffe !

Au campground gratuit de Betys Beach, nous passons trois jours exceptionnels en mode Robinson Crusoé. Ce campground est une petite zone de stationnement sur la plage (+WC). Il n’y a personne. Ce paysage nous appartient ! Même si le soleil est puissant, l’eau et le vent sont froids. Nous passons nos journées à pêcher, lire, écrire, étudier, jouer et marcher sur cette plage hostile et sauvage. Nous mangeons les poissons que papa pêche et faisons la vaisselle directement à l’eau de mer. Nos réserves s’épuisent rapidement et la douche à l’eau salée est drôle mais pas très agréable. Nous sommes donc contraints de rejoindre la civilisation. Ces trois jours insolites ont été d’une aventure inoubliable. Nous sommes prêts pour Kohlanta. Par la suite du voyage, nous souhaiterons à maintes reprises nous retrouver dans cet endroit isolé.

Les meilleurs moments d'un voyage

Le village de Bremer Bay est réputé pour la pêche, c'est donc à cet endroit que nous nous rendons. Nous nous installons toute une journée sur des rochers en attendant que ça morde à l’hameçon. Jules plonge un fil et un hameçon. La bobine entre les mains, il patiente de longues minutes quand soudain un petit poisson à rayures noires mord à l’appât. Le lendemain, nous passons la journée sur la jetée du village. Nous préparons des encas dans la cuisine du fourgon et approvisionnons le frigo de bières. Nous faisons causette avec les pécheurs du coin et je m’essaie à la pêche au calamar pendant une bonne heure. Soudainement ma canne se tord. Je mouline avec force. La pauvre bestiole bataille. Lorsqu’elle se fait voir, nous sommes tristes. C’est un poulpe ! Ses tentacules s’enroulent de partout. On ose pas le toucher et les autres pécheurs non plus. Nous vous passerons les détails mais Bruno fait le taf un peu plus loin. L'octopodidé fini dans le frigo… En début de nuit Bruno pêche un calamar et un poisson que personne ne connaît. Après des heures de recherches sur internet, il s’avère que c’est un Brosme du Canada ou de Norvège.

Nous roulons maintenant direction d’Espérance est ses plages de sable blanc. Nous passons la journée sur la magnifique plage de Blue Haven. C’est un véritable paradis. Jules est moi nous baignons et faisons des surfings dans les vagues tandis que Bruno lui ne décolle pas de son rocher. La pêche c’est vraiment sa nouvelle passion. Ce soir on mangera du saumon australien.

Bien souvent, trois photos suffisent pour représenter l’Australie. Celle d’Uluru, celle de l’opéra de Sydney et celle d’un kangourou sur une plage de sable blanc. C’est dans cette dernière carte postale que nous nous rendons au Cape Le Grand National Park sur la plage de Lucky Bay. Nous sommes chanceux car nous prenons place dans l’un des derniers emplacements. Et dire que nous sommes hors saison. Le camping est très simple mais son emplacement est extraordinaire. L’ambiance y est joviale et familiale. Nous sommes accueillis par une nouvelle famille de kangourou. Pour être plus précis, ils s'installent à côté de notre campement pour y faire la sieste. Ces peluches sur pattes sont totalement habituées aux hommes et se laissent approcher. Bien évidemment, il est interdit de les nourrir et les caresses insistantes ne sont guère appréciées par les bêtes. Il est tellement dingue ce pays. Australie on t'aime!! La plage est magnifique et rare dans le genre, une buvette y vend des cafés et des glaces.

Ne changeons pas nos habitudes! Plage, lecture, jeux, pêche en voilà une formule qui marche! On ne compte plus les heures passées sur un rocher à pécher et a regarder le paysage... Nous avons aussi perdu beaucoup d'hameçons et Bruno est tombé à l'eau tout habillé en tentant de récupérer l'un d'eux. Les crabes se font de moins en moins timides et parfois une gigantesque raie vient nous saluer.

Avec tout cela ajoutons tout de même un peu d'exercice. Nous nous lançons à l’ascension du mont Frenchman Peak à 262m. Ce petit mont est appelé de la sorte à cause de sa ressemblance avec les chapeaux des soldats français d'époque. Un joli sentier à travers le bush nous permet d'observer de magnifiques fleurs endémiques. Agissant comme une aimant, j'ai une folle envie de quitter ce sentier et de le rejoindre. Le bush a ce parfum subtil qui nous enivre et nous captive. "Bruno je vais faire un tour. Je reviens" dis-je. À mon retour, je rêve d'écrire à Sarah Marquis et de la supplier de m'emmener avec elle.

Nous attaquons la petite montée et ça monte raide. L’ascension n’est pas un exploit physique (sauf pour Jules), mais la vue au sommet à 360° est spectaculaire. Ces journées extraordinaires qui deviennent notre quotidien, nous paraissent presque banales. Mais, nous ne cessons d'être émerveillés par ces paysages qui déclenchent une avalanche d'émotions.

Ce parc national est vraiment exceptionnel. De nombreux trails permettent de découvrir cette région composée de bush et de mer. Un pensée pour mon cousin Joao grimpeur/alpiniste. Pas facile sur de la vraie roche ! Vivement cet été 😉.

Au camping de Lucky Bay, nous faisons une superbe rencontre, celle de la merveilleuse famille Duffield. Ces australiens voyagent à travers le pays dans leur bus VW. C’est trop fun ! Merci Erika et Chris pour votre délicieux repas et pour cette chaleureuse soirée sous les étoiles. On vous dit à bientôt et Jules salue bien Teddy !

Chers amis, collègues et lecteurs anonymes, si vous ne savez pas où partir en vacances, ou quoi faire de votre argent ou même de votre vie, nous vous recommandons vivement ce pays! Il est fabuleux!!! Partez plusieurs semaines voire plusieurs mois. Prenez un congé sabbatique de deux mois ou trois! Franchement, deux mois dans une carrière c'est quoi ?!?? Profitez, foncez, explorez, vivez! 😀😀