Quelques anecdotes totalement subjectives et partiales. Tout est idyllique avant le départ, mais la réalité reprend vite le dessus ...
Du 27 octobre au 1er décembre 2016
36 jours
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Johannesbourg

Avion - JOHANNESBURG


27/10

(… la veille) À Blagnac, la réceptionniste nous accorde une faveur rare : elle nous place dans l’avion en partance (18h20) au lieu de celui prévu à 20h15. Ce qui nous permet, une fois à Roissy d’assurer tranquillement la correspondance avec le vol pour Johannesburg (JNB).

Le Boeing 777-300 d’Air France est archi plein, si bien que les hôtesses vérifient les cartes d’embarquement une heure avant ce dernier. De plus, nos passeports bio nous autorisent à utiliser le portique spécial qui s’ouvre quand on met un doigt sur la petite lumière rouge…

L’avion décolle avec du retard, et il est 1h30 lorsqu’on nous sert les repas (on n’a pas vu passer le champagne, pourtant annoncé sur le menu…).

… On a très mal et très peu dormi… Lorsqu’on peut ouvrir les volets des hublots, on voit un plat relief désertique et tout bruni par le soleil. À l’approche de Pretoria et de JNB, le paysage verdit un peu, et des cultures sont pratiquées dans de vastes cercles irrigués. En survolant l’agglomération, on est surpris de voir les artères violettes ! Ce sont les milliers d’arbres jacarandas qui sont en fleurs.

L’avion arrive à l’heure à JNB. Il fait beau et la chaleur se fait déjà sentir. Les formalités sont assez simples, et là aussi il faut mettre son doigt sur une lumière, verte ici.

Nous retrouvons S. qui est notre voisine lorsqu’elle est en vacances en France. Embrassades et bienvenue en Afrique !

L’aéroport de JNB est moderne et fonctionnel et les parkings sont tout proches. Après un petit bout d’autoroute, S. se fait un plaisir de nous promener dans les avenues des quartiers résidentiels aisés. Elles sont toutes bordées d’arbres d’âge vénérable, de nombreux platanes, mais aussi beaucoup de jacarandas, et le spectacle est magnifique ! Outre ces grands arbres, ces avenues ont quelque chose d’étonnant : les trottoirs sont vides de piétons, et sont bordés de hauts murs, eux-mêmes surmontés de barbelés ou de rangées de fils électriques. Dans ces quartiers, les gens sont barricadés chez eux et la ville semble bunkerisée.

Les jacarandas en fleurs et les hauts murs

S. n’échappe pas à la cette règle : sa jolie maison, située dans Houghton Heiths, entourée d’un magnifique jardin, est, elle aussi entourée d’un haut mur épais, pareillement équipé de barbelés et surveillé par des caméras vidéos… Elle et sa fille J. nous accueillent dans cette grande maison aux courettes multiples. Notre chambre est richement meublée comme le reste de la maison. Ablutions. Le jardin est patiemment entretenu par un jardinier originaire du Malawi.

On reprend la voiture pour aller déjeuner dans un charmant petit restaurant (Alumni House) caché aux confins de l’université de Wits. Ce restaurant est une reconstitution d’une maison hollandaise du 17. On y retrouve le petit ami de J. . Les plats sont appétissants et délicieux. Les serveuses sont très amicales, et font un brin de causette. Elles sont toutes originaires du Zimbabwe.

(à gauche : )Alumni House et ses gâteaux 

On reprend la voiture pour quelques centaines de mètres (ici, on ne marche pas…) pour aller faire quelques courses dans un shopping mall. On en profite pour prendre des sous et acheter une carte SIM.

Au cours de ces achats, on apprend les usages en cours dans les échanges interpersonnels : ainsi, il est très important, lorsqu’on aborde quelqu’un dans quelque circonstance que ce soit, de lui adresser un « how do you do » et surtout d’en attendre la réponse !

À nouveau la voiture pour aller dans un quartier de Parkview où il y a une rue bordée de petits magasins, des bistros et des échoppes de babioles. Dans ce quartier aux allures de petit village, on voit enfin les gens marcher !… La population y est mélangée, et dans ce coin aisé mais sans ostentation, les gens sont souriants et relax.

Retour à la maison de S. . Elle est un peu fatiguée et doit se reposer. On se promène une petite heure dans le quartier, pour voir comment les gens y vivent, mais on ne voit rien car ils sont tous claquemurés ! Il y a même sur les trottoirs, des cabanes qui abritent des gardes employés par une entreprise privée et qui surveillent le quartier…

Le soir, un repas indien nous attend à la maison ; on refait le monde en sirotant un whisky fumé à la tourbe qu’affectionne particulièrement A., le mari de S. .

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28/10


L’aube commence à 5h. On est debout à 6.


A. nous aide à préparer le petit dej. Il est déjà prêt comme pour partir au travail. S. nous rejoint et vérifie qu’on a tout ce qu’il faut : aussi bien pour déjeuner que pour notre équipée dans les parcs nationaux. Comme dans certains sites nous serons amenés à camper, elle nous a prêté son matériel de camping, et hier, on a terminé la soirée en bourrant trois grands sacs avec une tente, des mousses de sol, des duvets, des couverts, une gamelle et un réchaud à gaz ! On a donc cinq bagages plus nos petits sacs à dos !


À 7h, J. nous rejoint à son tour. C’est elle qui va nous appeler une voiture sur son compte Uber. À 7h30, Lotus (c’est le pseudo du chauffeur) arrive avec une belle Toyota Coronna, qu’il entre dans la propriété jusqu’au pied de la maison. Il y a tout juste la place dans le coffre et sur le siège arrière pour y mettre tout notre fourbi… Adieux à la famille.


On met un peu plus d’une demi-heure pour rallier l’aéroport où se trouve le comptoir du loueur de voiture. Quelques encombrements. On passe par le quartier chinois dont un immense portique richement décoré fait office d’entrée triomphale.


Arrivés au comptoir du loueur Thrifty de l’aéroport, on doit attendre une demi-heure pour que le représentant de chez Britz vienne nous chercher et pour qu’il nous mène en voiture à une dizaine de kilomètres de là, à son dépôt de voitures. Pendant ce temps, on discute avec un couple de jeunes Français : ils sont un peu énervés car leur avion de la British Airways de l’avant-veille a été supprimé, qu’ils ont dû, hier soir après minuit trouver un hôtel à JNB, que ce matin il n’y a plus de voiture disponible pour eux, vu que celle réservée hier a été donnée à quelqu’un d’autre, et que maintenant ils doivent attendre encore trois heures pour en avoir une de disponible, etc… La galère, quoi…


Au comptoir de chez Britz, il faut tout de même une bonne demi-heure pour tout régler, signer les papiers après les avoir relus à haute voix… Et on prend possession de la Nissan Qashgaï qui marque à peine 2500 km au compteur. Je tâtonne un peu pour la prise en main. Ici on conduit à gauche…


On sort assez facilement de l’agglomération de JNB, et le réseau d’autoroutes vers l’est est dégagé. Il fait chaud, l’horizon est brouillé par les brumes de chaleur. Heureusement, il y a la clim.


Le paysage se résume à une immense plaine grillée par le soleil, des champs à perte de vue où des tracteurs soulèvent des tourbillons de poussière. D’immenses mines à ciel ouvert et des centrales thermiques ponctuent l’horizon. Quelques péages : cinq ou six Euros pour des parcours de 70 km.


On s’arrête à Middleburg pour faire des courses dans un shopping mall tout récent. On règle déjà un premier problème : la carte SIM achetée hier ne fonctionne pas. À l’accueil de la boutique Vodacom, l’hôtesse nous la joue « ça marche pas ? Ben, faut en acheter une autre ». On râle et elle passe la patate chaude à une collègue qui règle le problème en quelques clics… Les courses se font au « pick and pay » où on trouve de quoi assurer les trois prochains repas.


Reprise de la voiture, et de l’autoroute. On grignote des sandwiches en roulant, car avec tous ces contretemps, on a pris du retard.


On quitte l’autoroute après Machdodorp où enfin, il y a quelques reliefs pour rompre la monotonie du paysage. On suit la R36 pendant une centaine de kilomètres. La route est inégale : avec des parties rénovées et d’autres avec des nids de poule et des bas-côtés pourris qui rendent les croisements avec les camions délicats. Il est 16h lorsqu’on aborde le site de Blyde river canyon. Le soleil donne de belles couleurs orangées sur les formations rocheuses qui se découpent dans le ciel bleu.

Three Rondavels du Blyde river canyon  


Le site des Three Rondavels du Blyde canyon (péage/pp : 20 ZAR *) est de toute beauté, découvrant de grands espaces taillés profondément par la rivière. L’érosion a fabriqué d’énormes cylindres dont la forme rappelle les habitations traditionnelles des habitants d’origine. Petite promenade jusqu’au bord de la falaise qui tombe à pic dans le canyon.

 "En quête de restes de picnic"  + "Grès en peau de crocodile"  + "Le bush"


On arrive un peu tard pour les autres sites qui s’échelonnent le long du canyon (ils ferment à 17h) ; on rallie Graskop qui est la ville étape de la région. L’hôtel Valley View se situe au bout d’une étroite petite route à l’écart de la ville et qui surplombe en effet une belle vallée verdoyante. Le patron nous accueille chaleureusement. L’ambiance est un peu baba. On habite un chalet (420 ZAR*) composé de deux pièces, d’une petite cuisine très sommairement équipée et d’une sdb, le tout méritant tout de même un bon coup de peinture…


On se prépare un repas composé steaks hachés d’autruche, de pâtes penne noyées dans une sauce « méditerranéenne », d’un gouda local et d’un ananas Victoria, le tout arrosé de vin Merlot, produit en Afrique du Sud.




*) un EUR = 15 ZAR

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29/10


Ce matin, on se lève avec le jour : 5h. On veut retourner dans le Blyde river canyon pour aller visiter les sites pour lesquels on n’a pas eu le temps. Le jus de mangue qu’on avait choisi hier s’avère être du concentré à rallonger avec de l’eau, et il reste très sucré ! Quand on part, le soleil plombe déjà !


On visite le long d’une boucle qui fait une petite centaine de kilomètres, la Lisbon Fall, les potholes de Bourke’s luck, la Berlin Fall, la Wonderview, la God’s Window, et le Pinacle, et d’autres points de vue sur l’Escarpement. Il faut payer 10 ZAR/pp sur chaque site, sauf le Bourke’s où c’est 50. Les vendeuses de souvenirs sont installées sur les parkings


Le clou de cette magnifique boucle reste les potholes (= les marmites du diables). Sur ce site, la Blyde river et la Treur river se rencontrent pour attaquer une falaise de grès très solide. Et les rivières ont utilisé les galets comme abrasifs pour creuser des cylindres qui font parfois quarante mètres de profondeur ! Le vif courant alimenté par les pluies diluviennes, font tournoyer les galets qui raclent les bords des cylindres aussi efficacement qu’une immense perceuse !

Burke's Luck Pothole


Une autre mention pour la God’s Window, qui en plus de la vue sur l’escarpement, propose un agréable chemin vers une Rain Forest où l’on découvre une végétation étonnante.

Les "falls" et l'Escarpement au "Pinacle" 


De retour à Graskop, on fait de plein d’essence et on complète nos courses. Puis, en route pour le parc Kruger.


La route longe la base de l’Escarpement et traverse une région relativement peuplée avec des villes qui ne figurent ni sur les cartes, ni sur GGlemaps ! des milliers de pavillons couvrent les collines, les nombreux carrefours sont autant de lieux animés par des marchés, des centres commerciaux et des arrêts de taxis de brousse, mais il est difficile d’en connaître les noms !


On finit par rejoindre la route qui mène au parc Kruger, par l’Orpen Gate. Cette route qui longe la frontière entre la province du Limpopo et celle du Mpumalanga, est bordée par des parcs privés ; des barbelés électrifiés bordent la route sur des kilomètres …


À l’entrée Orpen Gate du parc Kruger, on se fait enregistrer, on nous confie un passeport intérieur à surtout ne pas perdre, et on nous demande si on possède des armes à feu … Le parc est lui aussi entouré de barbelés, et il faut franchir trois barrages avec contrôles… On piquenique à côté de la boutique d’Orpen. Il fait une chaleur écrasante.


Il faut faire une centaine de kilomètres pour rejoindre Olifants Rest Camp. On prend des pistes comme de la tôle ondulée où il n’y a pratiquement personne. La vitesse y est limitée à 40 km/h et à notre passage, on soulève une belle poussière ! Le parc est immense, grand comme une région française. Bien qu’on se limite au sud du parc, et les distances sont importantes. Le relief est inexistant, quelques vallonnements, le tout recouvert d’un bush rabougri par la sècheresse, avec quelques arbres près du lit des rivières, la plupart asséchées. C’est le gris qui domine. On se demande comment des animaux peuvent y vivre…


Alors, on s’extasie à la première antilope, puis au premier phacochère, puis au premier zèbre, puis à la première girafe, puis au premier éléphant, pour terminer au premier hippopotame. Puis, quand ils occupent crânement le milieu de la piste, l’enthousiasme s’érode…

 les impalas sont là"  le HLM ds termites" Vulli la girafe" Pépère le phacochère"  Celeste l'éléphante"  Babar l'éléphanteau" 


le kudu"  le waterbuck"  Tam Tam l'hippo"

A Olifants rest camp, à la réception, oen nous donne un bon pour la hutte N°2 de Balule camp. La route pour rallier ce camp longe la rivière Olifant, il est 17h et le soleil commence se coucher peignant les rives en orange, la large rivière préférant se colorer avec le bleu du ciel. De nombreux animaux s’y prélassent, surtout des antilopes. C’est là qu’on aperçoit hors de l’eau notre seul hippo de la journée.


Arrivés à Balule camp, le gardien nous ouvre le portail et nous indique notre hutte. Le camp n’est pas loin de la rivière, mais on ne peut pas observer les animaux. Il est entouré de grillage et il est interdit de se balader hors du camp autrement qu’en voiture. Il y a une partie camping et une partie lotie de six huttes circulaires au toit de chaume. On dispose, à l’intérieur de ces huttes de trois lits, de serviettes, et à l’extérieur, d’une table, de bancs et d’un barbecue. Les toilettes et la cuisine sont communes et on peut accéder à des réfrigérateurs qui fonctionnent difficilement avec du gaz. Il n’y a pas d’électricité, alors, à la nuit tombante, la gardienne du site, distribue une lampe à pétrole à chaque hutte.

Balule camp 

Ici, pas de réseau, pas de connexion… on est au bout du monde, entouré d’un monde nocturne aux cris et aux chants inconnus.


On dîne d’une saucisse de bœuf grillée au barbecue, tomate-avocat, et en dessert, une tarte au lait sucrée dont on n’a pas très bien compris la composition, mais qui est très bonne. La nuit est tombée il y a une heure, mais il fait encore très chaud (40° ?).

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Lower Sabie rest camp

BALULE – LOWER SABIE


30/10


Difficile de dormir dans une telle chaleur. Heureusement au petit matin, la température a un peu baissé. À 5h on est déjà réveillés. Petit dej. devant la hutte. On se partage avec les autres "huttistes" l’eau chaude de la grosse bouilloire mise à disposition par le parc.


À 7h, le camp s’est presque vidé et l’employée du parc commence le nettoyage des huttes.


On reprend la piste qui longe vers le sud la frontière avec le Mozambique. La chaleur est moins lourde qu’hier. On rencontre les mêmes animaux vus hier, mais aujourd’hui, on prend plus de temps à les observer. Sur le parcours, il y a plusieurs postes d’observation où l’on est autorisés à descendre de la voiture. Ils sont installés à proximité des points d’eau, surtout le Sweni hide, d’où l’on voit depuis les fenêtres de l’observatoire des crocodiles et des hippopotames. De ces derniers (il y en a au moins cinq), on n’en voit que les narines et les oreilles sortir de l’eau du marigot toutes les cinq minutes, et on les entend respirer bruyamment. Parfois ils pètent, ce qui provoque de gros bouillonnements ! Et ça ne gêne aucunement les crocodiles dont on ne voit dépasser que les yeux et les narines. Ils peuvent rester de longues minutes sans bouger ! Gare aux impalas qui s’approcheraient de trop près !

 Les impalas"  Olifant river" Crocodile et narines d'hippo  


Les herbivores sont les préférés des carnivores" C'était un buffle"  Tortue en renouvellement de carapace"  

On discute longuement pour savoir si les animaux qui ressemblent à des cerfs sont des nyalas ou des kudus. On essaye de coincer un groupe d’autruches qui avancent tout en picorant et restant en ligne comme des inspecteurs en quête d’indices. On traque les zèbres qui sont très impolis car, dès qu’on veut les prendre en photo, ils nous montrent leur derrière. Les impalas eux ne sont pas impolis : ils bondissent avec élégance au-dessus des arbustes remplis d’épines. Et si les impalas sont là en nombre, les lions eux, ne sont pas là !

Nyala"  Kudu"   Les impolis"   


Les autruches en ligne" Les blue wildebeest" Notre invité de picnic  

Les éléphants avec leur battement d’oreilles nous font comprendre qu’il ne faut pas s’approcher de trop près, quant aux girafes, elles font la pose…

 La girafe tient la pose"  Les éléphants à l'ombre"  Ça patauge ! "  


On piquenique à Tshokwane. Quelques personnes sont installées sous un vaste auvent à côté d’une petite boutique et d’un snack. Un babouin bondit avec une rapidité incroyable et vient voler les provisions d’une famille, puis se sauve se réfugier sur le toit de l’auvent. Et à notre table, c’est un bel oiseau aux reflets bleus et aux yeux orange, qui vient picorer nos restes.


On arrive à Lower Sabie vers 16h30. À la réception, on s’enquiert pour savoir si on peut changer notre réservation de camping contre une hutte. Bingo ! on nous confie les clés de la hutte 47 moyennant un petit supplément (sur internet, c’était complet … ). La hutte (530 ZAR, = 35 EUR) est comme celle de la veille, mais avec l’électricité, un réfrigérateur et un ventilateur en plus.


On visite le camp. Il y a des dizaines de chalets bien plus luxueux, un restaurant, et une boutique. La rivière serpente en contrebas, et déjà des animaux viennent s’abreuver. On devine quelques hippopotames…

 Les oies sauvages dans la Sabie river" Camp au bord de la Sabie" Notre hutte"


On grignote un repas va-vite. Et on profite de l’électricité pour mettre à jour nos petits objets électroniques.


Après le repas, un animal, qu’on prend tout d’abord pour un chat tellement il est souple, doté d’une belle toison, et silencieux, grimpe sur la table et vient inspecter nos restes : c’est un lémurien ! un peu craintif car dès qu’on bouge, il va se réfugier dans les arbustes, mais assez téméraire pour revenir finir son inspection !

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31/10


La chaleur n’a pas été un problème pour dormir. On est tout de même debout à 6h30 à cause du soleil et du remue-ménage autour de la hutte. Les gens partent tôt pour aller sur les pistes ! Et les dames qui entretiennent les installations sortent déjà les draps et balayent dans les huttes désertées… Mais on prend notre temps, d’autant plus qu’ici, on dispose d’une petite fenêtre de réseau internet, ce qui me permet de mettre à jour le blog.


On décolle à 9h… Le ciel est couvert, mais il fait chaud.


Après quelques kilomètres vers le sud, on s’arrête au poste d’observation de Ntandanyathi, une cabane aménagée permettant de voir la vie de la faune sans être trop vue par elle. On est en léger surplomb d’une rivière asséchée. Le silence est quasi-total, on entend les animaux mâcher les rares herbes : il y a quelques kudus qui broutent les feuilles des arbustes ou quelques brins d’herbe. Ils évoluent lentement et avec grâce. Un peu plus loin sur la rive d’en face, des phacochères labourent le terrain : ils mangent à genou, si l’on peut dire, car ils replient leurs pattes avant pour que leur museau soit au niveau du sol ! Quelques impalas se promènent paisiblement dans les fourrés. Arrive de loin un hippopotame, cet animal obèse, à l’aise que dans l’eau. Il avance d’un pas hésitant, dandinant sur ses courtes pattes qui supportent difficilement son gros derrière et son gros ventre et surtout sa grosse tête. Il longe lentement la rive d’en face, passe parmi les phacochères pas du tout émus par cette irruption, bouscule un peu les kudus. Puis il descend dans le lit de la rivière pour rebrousser chemin. Il ne trouve que de la boue séchée et craquelée ; alors il s’en retourne, dépité.

Les grandes dents du phacochère" Les phacochères à genoux" Où sont les poissons ? "  



On s’en va au bout d’une demi-heure de ce spectacle aussi « animé » qu’une scène de théâtre Nô…

L'entrée en scène de l'hippopotame "  Où est passée l'eau ?"  


On reprend la piste. On rencontre un chacal à flancs rayés (heureusement, on s’est procuré une brochure avec cartes et bestiaire du Kruger, alors ça nous permet de faire les savants…).


Dans une petite montée, trois voitures venant d’en face sont arrêtées, les passagers mitraillent avec leurs appareils photos aux allures de bazooka. On s’arrête aussi et on aperçoit sous un taillis un félin dont le pelage (vite, la brochure) nous laisse penser à un guépard.


Le gros chat est semi assoupi. Puis il se dresse sur ses pattes avant, s’étire les pattes arrière, puis observe le paysage, absolument pas intéressé par l’embouteillage à 25 mètres derrière lui (on a éteint les moteurs). Et il décide d’aller à un autre taillis à 20 mètres de là. Et, oh ! il est suivi par trois petits bébés-guépards ! Du coup, le guépard devient une femelle ! Et tout ce petit monde attend sous le taillis quelques minutes, puis s’en va dans des fourrés plus épais…

"Guépard femelle suivie des petits"


Petite pause picnic à Crocodile Bridge camp.


On fait un détour par la « piscine des hippos », mais on n’en voit aucun. Par contre, un peu plus loin, noyés dans la boue, somnolent deux buffles. (On ne parle plus ici, des impalas, et autres nyalas qui encombrent la route, ni des girafes et autres éléphants qui font du stop).

Bain de boue pour les buffles "Le bucorve du sud" L'abreuvoir des éléphants"  


À noter qu’on découvre qu’il existe un oiseau nommé le bucorve du sud. On en a vu une paire dans un sous-bois. C’est plus gros qu’un dindon, ça évoque le dodo.


Le paysage dans cette partie sud du parc, est remarquable par ses reliefs de granite, dont les boules gigantesques rosies par le soleil de la fin d’après-midi s’empilent dans un équilibre improbable.

Les empilements de granite"  Le chacal à flancs rayés"  


À Skukuza, on est désagréablement surpris par l’immensité du camp : plusieurs centaines de logements, un centre de conférence, deux stations-services, etc. On y avait réservé une place de camping. À la réception (où l’on fait la queue, tant il y a du monde), on demande à changer de camp et disposer d’une hutte. Malheureusement il n’y a, dans nos prix, qu’une place de camping disponible à Malelane, à 60 km au sud. On prend, car ça va réduire d’autant la route de demain.


On quitte la route pour aller voir la réserve d’eau de Renosterpan, et au bout d’un kilomètre de piste, on tombe en arrêt devant deux gros rhinocéros ! Le couple déambule de front pour ratisser les maigres mousses avec leur lèvre supérieure. On mitraille et on s’extasie. Mais un doute subsiste pour savoir s’il s’agit de rhinocéros blancs ou noirs, tant ils sont couverts de boue ! Des oiseaux virevoltent autour d’eux pour les aider dans leur toilette, allant jusqu’à picorer dans des endroits qui chez nous sont plutôt sensibles…


On poursuit jusqu’à la réserve d’eau et là, on a à peine le temps d’arriver, qu’on voit s’éloigner une mère rhino et son bébé !

Première famille Rhino" 


Retour sur la route, puis petit détour par une piste qui serpente dans les montagnes de granite (la S120). Dans un virage, coup de frein brutal : encore deux rhinocéros, une mère aux cornes énormes et son petit. Nos allées et venues énervent le petit et sa mère, et nous font face. Ne sachant pas si mon contrat d’assurance garantit les dégâts causés par des rhinocéros, on dégage.

Deuxième famille Rhino"  


On arrive à 17h40 au camp de Malelane. La personne en charge (qu’on dérange visiblement) nous dit qu’il faut faire le check in à la Malelane Gate, à 4 km de là, et nous précise qu’elle ferme les portes du camp à 18h ! On fonce, négligeant (on l’avoue honteusement) les limitations de vitesse (40 km/h sur les pistes, 50 km/h sur le goudron), on fait le check in au poste d’entrée sud du parc, et on franchit les grilles du camp à 18h précises !


On monte la tente avec les dernières lueurs du jour ; on se trompe en plaçant les arceaux, la terre est plutôt dure pour les piquets, on est en sueur… Bon, ça fait bien dix ans qu’on n’a pas fait de camping et on manque d’exercice… Puis on squatte la cuisine du camping (sur le vaste terrain, il n’y a qu’une tente caravane et nous), pour se cuire des tranches de poitrine de porc, avec pâtes et légumes en boite. Comme chez Lucullus !


Pas de connexion au réseau internet dans ce campement.

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Mlilwane - Sondzela Backpackers

MALELANE - MLILWANE


01/11


Le jour où on a dû camper, voilà qu’il se met à pleuvoir ! 3h du mat, ça commence par de fines gouttes, puis c’est la bonne averse ! Juste de quoi mouiller la tente !


Petit dej dans la cuisine du camping. On plie la tente encore un peu mouillée, et on démarre à 6h. Aujourd’hui, on doit quitter le parc Kruger. On y a passé de bons moments ; toutefois on est un peu déçu de n’avoir pas pu apercevoir de lion ou de léopard. Il faut dire qu’il y a des gens qui y restent plus d’une semaine, qu’il y a des tours organisés par l’administration du parc, le soir tard ou très tôt le matin (4h du mat !) pour aller débusquer ces animaux. Et on a rencontré des gens qui nous affirmaient qu’ils restent en observation immobiles dans leur voiture ou dans des observatoires aménagés. Nous n’avons pas cette patience là…


On quitte le parc Kruger pour aller dans la région de Barberton suivre un itinéraire géologique. Cette région est géologiquement exceptionnelle : c’est là qu’on a trouvé de l’or au dix-neuvième siècle et qu’on y exploite toujours des mines, mais c’est aussi là que l’on trouve les roches parmi les plus anciennes de la Terre – 3,6 milliards d’années. Et le gouvernement a approuvé l’intérêt que pouvait avoir l’aménagement de long de la route qui mène au Swaziland d’un itinéraire pédagogique.


Lorsque l’on sort du Kruger park, on est surpris par la différence d’ambiance : on vient de quitter le silence, l’horizon desséché, la nature laissée à elle-même, la mesure du temps à l’échelle de la démarche pesante des éléphants. Mais une fois franchi le pont sur la Crocodile river, ce sont les usines aux panaches noirs de fumée, le paysage des montagnes verdoyant, les champs ordonnés, la vitesse étourdissante des véhicules sur l’autoroute, et le vacarme qui va avec.


À Barberton, il subsiste des bâtiments de l’ère industrielle ; à l’office du tourisme (ouvert dès 8h) on se procure des cartes et des brochures concernant l’itinéraire géologique. On fait quelques courses. Il y a la queue à tous les magasins et surtout devant les banques. Est-ce lié au fait qu’on est le 1er du mois ?

Bon appétit !" La boucherie" La queue à la banque le premier jour du mois" Souvenir de la prospérité industrielle"


Puis on parcourt les 36 kilomètres de la Barberton Greenstone Belt qui mènent à la frontière avec le Swaziland, s’arrêtant à chaque étape. On est dans une région montagneuse, et il se trouve qu’en montant en altitude, on remonte aussi le temps.


À chaque étape, face à un front de taille de la route ou à un paysage, il y a un petit parking, un panneau explicatif, et parfois des tables pour piqueniquer. On découvre les restes d’une plage de 3 milliards d’années, les effets d’un tsunami, des premiers organismes vivants, des éruptions volcaniques aériennes et sous-marines, etc… Un véritable musée de géologie en plein air !

L'itinéraire géologique de Barberton" Dépôts de minerai de fer" La plage de sable de 3 Milliards d'années"  


Deux des multiples panneaux explicatifs " Un tsunami est passé par là"  

Il est possible de voir des détails sur le site de geotrail.co.za ;


On traverse la frontière. On est dans le brouillard (à 1400m). Les deux postes frontières, séparés de 500m, sont entourés de barbelés. Quelques questions et quelques coups de tampon plus tard, on traverse Bulembu, le premier village du Swaziland. Tout a l’air paisible, les gens nous saluent alors qu’on les croise en voiture. Peu de véhicules. Il faut faire 20 km de piste défoncée pour aller à Pigg’s Peak, première grosse ville après la frontière. C’est toujours la montagne et le brouillard.

(en haut, à gauche : ) Bulembu, le premier village du Swaziland "   Pigg's Peak                                                  ...


À Pigg’s Peak, on s’arrête pour voir un peu la ville. Le coin des taxis de brousse est animé, avec ses magasins et son marché couvert. On achète une bricole, histoire d’avoir un peu de monnaie locale. Ici, la monnaie nationale est l’Emalangeni, sachant qu’un Emalangeni vaut un Rand sud-africain.


On reprend la route qui serpente dans le brouillard. La région est toujours aussi montagneuse. Et en granite ! On piquenique assez tard, la voiture garée dans un champ et entourés de petits taureaux.


L’autoroute qui vient d’Afrique du sud contourne Mbabane, la capitale. On doit faire escale dans un parc national, le Mlilwane Wildlife sanctuary, juste à la sortie sud de Mbabane. Plus précisément, on a réservé une hutte au Sonzela backpackers hostel. C’est un souci pour en trouver l’accès.


La hutte (400 ZAR) est spacieuse et avec tout le confort. Elle est au milieu d’un pré, à l’écart des appartements, du restaurant et du parking. Tranquillité assurée. On va pour faire une promenade dans les prés environnants, parmi les antilopes, les zèbres et les gnous. Mais au bout d’une demi-heure il se met à pleuvoir, et ça tourne à l’orage. On rentre dare dare !

Les huttes de Sonzela backpackers hostel" Promenade dans le parc" De l'impala au menu de Sonzela backpackers hostel"


On prend le repas au restaurant : ce soir, on sert de la daube d’impala avec riz et salade. Le restaurant est un immense hangar, avec chaises et tables en bois épais. Dans un des coins, un feu permet de garder les gamelles au chaud. Il y a peu de clients et les trois serveuses ont le temps de bavarder.


L’impala n’est pas mauvais. Il est servi copieusement. On vient à peine de finir notre assiette, que, quelques instants après un gros éclair, l’électricité tombe en panne ! On sort sous la pluie qui enfin se calme et à la lueur de la lampe frontale on rallie la hutte par un petit sentier.


Pas de connexion au réseau internet dans ce campement. De toute façon, il n’y a pas d’électricité non plus !

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02/11

On n’a pas mis le réveil matin, pourtant on se réveille à 5h30 ! Une grosse journée de route nous attend : on doit quitter le Swaziland pour rallier le Drakensberg, ce qui fait tout de même près de 500 km.


Sondzella backpackers hôtel est vraiment un endroit agréable, confortable et économique ! Dommage qu’on ne puisse pas y rester plus longtemps. Et les gens sont si gentils !


On quitte le parc de Mlilwane pour la frontière sud qui est à 100 km. Le peu qu’on ait vu du Swaziland nous donne l’impression qu’il faut y revenir : c’est une belle région montagneuse au climat tempéré, les gens sont sympathiques (nombreux sont ceux qui lèvent le pousse avec un grand sourire à notre passage), et les prix sont modérés. On ne rencontre que des personnes d’origine Swazi, la colonisation européenne n’y a pas pris pied comme en Afrique du Sud.


Aujourd’hui, le temps est couvert, il fait un peu frais. C’est une belle route qui serpente dans la moyenne montagne. Les véhicules sont rares, et les gens conduisent paisiblement. Il y a tout de même des policiers équipés de jumelles-radar qui surveillent si tout se passe bien… (vitesse limitée à 80 km/h). Les montagnes sont recouvertes de plantations forestières, et il y a d’importantes usines de transformation du bois. Cette région est plutôt peuplée, et il reste de nombreuses habitations traditionnelles.

Au Swaziland 


Les formalités à la frontière sont simples.


Du côté sud-africain, les habitations sont rares, les villages inexistants et on doit trouver une route qui existe sur notre carte papier, mais qui est inexistante sur GGmaps… Finalement, on trouve la fameuse route (qui est un raccourci), mais elle est pleine de trous… Au bout d’une quarantaine de kilomètres, on se retrouve sur une belle route nationale (R33) sur laquelle on peut rouler à 120 km/h jusqu’à Vryheid, puis la R34 vers Dundee, Ladysmith. Le paysage est bien différent qu’au Swaziland, et différent aussi des jours précédents : On est sur un plateau semi-vallonné, avec des herbes hautes (basses s’il y a du bétail …), il n’y a pas de villages, quelques grandes fermes de-ci de-là. La terre semble possédée par de grandes compagnies agricoles qui affichent la qualité de leurs produits sur des panneaux publicitaires. Les habitations des ouvriers agricoles sont plutôt dégradées, parfois limitées à de vieux rondavels, habitation traditionnelle de la région.


L’arrivée à Estcourt est compliquée : c’est un endroit où on n’a fait aucune réservation. C’est une ville où il y a quelques industries. À l’entrée de la ville, il y a bien un plan mais on n’y comprend rien. On voit sur internet une belle B&B dans un beau quartier, elle s’avère complète ! On zigzague en ville, et on trouve l’Oak Cottage (95 Albert Street), à deux pas du Pick and Pay. La dame qui nous accueille est tout sourire, on ne comprend pas tout ce qu’elle nous dit, mais on comprend qu’elle est là à la réception un peu par hasard, que sa patronne (sa sœur ? ) est allemande. Bref, Elle nous installe dans un cottage de 60 m² avec grand salon/chambre à coucher, cuisine équipée, sdb, le tout meublé de lit et de fauteuils monumentaux, aux fenêtres encadrées de lourds rideaux, un parquet ciré et une cheminée, le tout pour 550 ZAR (= 35 EUR) !

(à gauche : ) Rondavel au Kwazulu Natal "  B&B Oak Cottage


Il nous reste une paire d’heure pour sortir en ville. Estcourt est une ville africaine à 98 %. Il y a bien quelques magasins tenus par des Indiens, et même un (celui qui vend de l’alcool) tenu par un Chinois. Au marché, c’est un peu le remballage. Les femmes essayent de vendre leurs derniers légumes, les coiffeurs de tondre leurs derniers clients, les prédicateurs de convaincre des gens plutôt moqueurs. D'autres gens se pressent pour attraper les taxis de brousse qui s’entassent à l’extrémité de la place. Tout autour de cette place, plusieurs supermarchés se succèdent et les gens font la queue aux caisses. Les décors de Noël sont déjà en place, ainsi que la musique Gingle bells… mais il n’y a aucun rayon destiné aux cadeaux !

La First National Bank"  Le prédicateur avec son serpent autour du cou" Au marché d’Estcourt"  


On va pour prendre des sous à un distributeur, mais le premier est en panne et le deuxième refuse notre demande. On va à la First national bank, qui impressionne au milieu de la ville avec ses colonnes doriques, et là on doit faire la queue devant les distributeurs automatiques ! Et ce qu’on voit nous surprend un peu : la plupart des gens qui font la queue viennent déposer de l’argent plutôt que d’en retirer !

Les brochettes vont cramer" Au jeu de carte, on s'amuse bien" Les coiffeurs tondent rasibus"


Une femme de tête"   Centre-ville"

On fait quelques courses dans le Pick and Pay, puis on va en face chez le Chinois acheter du vin rouge… Il faut dire que la partie stock et caisse de son magasin est protégée par une grille en fer forgé et qu’il faut montrer du doigt le produit entreposé sur les rayons, que l’on souhaite…


Retour au B&B où l’on est accueilli chaleureusement par la patronne.


Au repas self catering : poulet et patate douce, fromage, yaourt, pêche

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Injisuthi, Drakensberg

ESTCOURT – INJISUTHI


03/11


Ciel bleu, beau temps.


On quitte le Oak Cottage B&B à 7h30, après un copieux petit dej.


Aujourd’hui on débute la visite du Drakensberg, un parc national qui longe la frontière du Lesotho du sud au nord, frontière qui suit exactement un escarpement de 2000 m d’altitude et parfois plus, et ce sur plus de 200 km ! C’est un accident géologique qui en est à l’origine. Il y a 180 Millions d’années (c’est donc récent par rapport à l’itinéraire géologique de Barberton !), débute le démantèlement du Gondwana : à cet endroit du globe débute la séparation entre ce qui va être l’Afrique, l’Antarctique et Madagascar. Cette séparation va provoquer un affaiblissement de la croute terrestre, qui finira par craquer et provoquer l’éruption massive de laves. L’épaisseur de la couche de basalte déposée à ce moment dépasse 2000 m ! Et cela sur une surface égale à un dixième de la France !


La route qui mène à Giant’s castle (au centre du parc du Drakensberg) traverse des vallonnements dépourvus d’arbres, avec de nombreuses habitations, mais qui ne forment pas de véritables villages. Leurs habitants – de l’ethnie Zoulou, ne semblent pas vivre dans l’opulence : c’est l’heure d’aller à l’école, et nombreux sont les groupes d’enfants qui remontent la route pieds nus, et ce sur des kilomètres. Il y a quelques troupeaux de vaches et de chèvres. Mais on ne voit pas de quoi tous ces habitants peuvent vivre.


Après 60 km, au fond d’une vallée verdoyante, se tient le Camp de Giant’s castle. Ici, les logements qui sont proposés aux touristes sont d’un prix élevé et, bien que les maisons cherchent à ressembler aux constructions traditionnelles (toit de chaume, etc), le contraste avec les habitations précédentes est saisissant !

Le site de Giant's castle "  


Cette vallée est le point de départ de nombreuses randonnées. C’est aussi dans cette vallée qu’une cave sous une falaise – la Main Cave, recèle des peintures réalisées par les Bushmen (peuple San) il y a 5 ou 6 000 ans.


Il y a 45 mn pour aller à la Main Cave (45 ZAT/pp) depuis le dernier parking. Le temps est agréable et le sentier est bien entretenu. Il est 10h lorsqu’on arrive au site qui est grillagé. Un guide, qui nous attendait, verrouille le portail derrière nous. Un couple de touristes allemands est déjà arrivé. Le guide nous montre les dessins peints sur des parties planes de la falaise. Ils se répartissent sur quelques mètres carrés. Selon le guide, ces peintures sont des représentations du mode de vie de cette civilisation, combinant chasse, vie sociale et croyances. Beaucoup d’animaux sont représentés : élans, antilopes, éléphants, etc. Les élans sont des animaux sacrés, et entrent en scène dans les transes à l’occasion des cérémonies : ils sont l’objet de réincarnations temporaires permettant de favoriser la chasse. On voit un personnage, un peu boursoufflé, doté de trois têtes de d’élan.

Giant's castle,  Main Cave : les représentations du peuple San


Un coin de la grotte est occupé par des personnages en plâtre peint en postures censées représenter la vie quotidienne d’un campement.


Le guide nous mène dans deux caves, la deuxième étant plus grande et recelant les plus belles peintures. Les peintures sont réalisées à partir d’ocre (le rouge), le charbon de bois (le noir), le jaune d’œuf (le jaune) et la fiente d’oiseau (le blanc), le tout allongé à l’eau.


Le guide nous fait aussi une démonstration du langage des Bushmen (dont il reste un grand groupe en Namibie)(peuple San). Il fait des phrases avec des sons que nous ne pratiquons pas et qui se rapprochent des claquements de langue.


Après cette visite, on prolonge la randonnée vers le fond de la vallée ce qui nous rapproche de l’escarpement qui barre l’horizon. Une fois atteint un petit col qui nous permet une vision de 180° sur cette barrière, on fait demi-tour hâtivement : au-dessus de nos têtes, de gros nuages bourgeonnent et on entend le tonnerre. Après un piquenique rapide au bord d’un torrent, on s’empresse de retrouver notre voiture alors que les premières gouttes tombent. Gros nuages noirs, vent et température qui passe de 25° à 15° !


On doit refaire la route inverse sous la pluie battante (les enfants rentrent de l’école sans parapluie et certains, toujours pieds nus…), on s’enfonce dans un « raccourci » qui se termine par une piste couverte de boue. On trouve la belle route pour Loskop où l’on prend celle qui mène au bout de trente kilomètres au campement d’Injisuthi, dans une vallée parallèle à la précédente, un peu plus au nord. On traverse pareillement des zones habitées dispersées et toujours aussi misérables. L’orage cesse lorsqu’on parvient à la piste de montagne terminale : 10 km de trous, de boue et de stress…

Habitations zoulou" Injisuthi : l'entrée du parc"  


À la réception, on négocie le remplacement de la tente safari qu’on avait réservée pour une maisonnette salon, cuisine, deux chambres cinq couchages, douche chaude, pour la modique somme de 650 ZAR. Tout est au gaz, même le frigo, toutefois, un peu de lumière électrique de 18 à 22h, mais pas de prises dans la maison. Pas de réseaux….

( Au milieu : ) Dipping tank


À noter un truc bizarre : les réceptions dans les différentes zones du parc du Drakensberg ferment à 16h ! Ce qui complique l’organisation du voyage…


On profite de l’accalmie pour faire la petite promenade de 3 km qui mène à Dipping Tank, un aménagement en réservoir d’eau, dont on ne comprend pas la raison d’être. De cet endroit, on a un point de vue de toute beauté sur l’escarpement.


En revenant sur le campement, par curiosité on va voir en quoi consistent les tentes safari : il s’agit d’une installation type terrasse en bois sur pilotis, avec un toit en bois, terrasse sur laquelle est montée une grande tente ! Dedans, deux lits. Bon, pour 230 ZAR de plus, on préfère la maisonnette ! Certains diront qu’on s’embourgeoise….


Repas : soupe va-vite, petites saucisses aux pâtes, fromage, yaourt, pêches.

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Didima Camp, Cathedral Peak

INJISUTHI – DIDIMA


04/11


Ce matin, debout à la première heure : 4h45 ! On souhaite faire une rando au fond d’une vallée jusqu’aux Marble Baths, et il faut partir tôt car elle fait 17 km aller/retour et on veut éviter l’orage inévitable de l’après-midi.


À 6h, on démarre : il fait beau, quelques rares nuages.

Injishitu - La rando des marble baths  - le balisage est un peu léger... 


Les paysages sont vraiment superbes. Cette vallée est battue par le vent. Par endroit des zones entières on subit le feu, mais les arbustes repoussent, même si leur tronc est calciné !


En première partie de rando, après avoir traversé la rivière à gué, on se trompe de chemin, et au bout d’un kilomètre, on galère un peu pour retrouver le bon chemin. Il faut dire que le balisage est quasiment inexistant. Heureusement ce n’était pas trop grave !


Nous avions acheté dans la boutique d’un camp quelques cartes au 50 000ème, mais elles n’aident pas pour ce genre d’erreur.

La flore du Drakensberg 


Les Marble baths, ne sont pas en marbre ! La rivière a poli une importante surface de la roche, du grès, et y a creusé des petits canaux et des petites piscines naturelles. On met un pied dans l’eau pour constater qu’elle est trop froide, surtout avec le vent et le soleil caché à présent par des nuages ! Retour tranquille, à part la chaleur qui revient avec le soleil. On arrive au camp à 11h 15. Picnic.

Injishitu - Les marble baths  


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15385161


On reprend la voiture pour rallier Didima, au pied de Cathedral Peak. Quelques courses à Winterton où il fait une chaleur abominable : 38° !


Arrivés à la réception de Didima, on demande à changer notre place de camping contre une habitation plus résistante à la pluie orageuse qui se prépare. La seule possibilité, c’est un luxueux chalet à 1120 ZAR (80 EUR) ; on casse la tirelire…

(photo de gauche : ) "Didima - les chalets du resort"      Didima - les villages zoulous " 


Vers 18h, l’orage éclate, fort et avec des éclairs impressionnants. Puis c’est le calme une heure après !


Cuisine dans notre luxueux studio avec un petit réchaud très pratique que S. nous a prêté. Au menu : poulet sauce curry accompagnés de légumes divers…

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Amphitheatre Backpackers Lodge, près de Royal Natal park

DIDIMA - ROYAL NATAL


05/11


Réveil vers 6h, le jour est levé, il bruine dehors…


Le breakfast nous attend au restaurant du resort. C’est inclus dans le prix. On peut faire un véritable repas : des serveurs proposent des saucisses, du lard grillé, des omelettes aux champignons, des œufs à mille façons, accompagnés de haricots sauce tomate, de pommes de terre frites, etc. On peut compléter avec du pain de mie, des brioches, muesli, yaourt, salade de fruits. Sans oublier le jus de fruit, café, thé, le tout à volonté. À table, on dispose de trois couteaux et autant de fourchettes…


On ne se gave pas car une petite rando nous attend : la Rainbow gorge.

Didima - Rainbow forest  - ( en bas, au milieu :  ) La cigale ZA"  


Cette rando, outre les beaux paysages qu’elle nous offre, nous fait entrer dans une petite rain forest et on y découvre de façon amplifiée, tous les bruits qui y règnent : sur un fond de cascades, un oiseau qui répète inlassablement des tip tip top, des centaines de cigales ZA* qui émettent des stridulations dignes d’une scierie, des soupirs et des grognements (on nous a signalé la présence de babouins…), et les arbres qui grincent sous le vent. On s’enfonce dans cette foret jusqu’à ce que le sentier devienne impraticable (une descente presque verticale sur trois mètres dans de la boue). On essaye de traquer les grillons, mais c’est compliqué : ils sont de la même couleur que la mousse sur le tronc des arbres et ils se taisent quand on s’approche. Rando de 6,5 km en deux heures. Le soleil apparaît à la fin de la rando.


Après la rando, on visite l’intéressant musée consacré à la culture San, les auteurs des peintures rupestres, et qui complète le début d’explications de notre guide de la veille.


À la barrière de sortie du parc, on nous réclame un document qu’on n’a pas : on est obligé de retourner à la réception (à 2 km de là…) : ils ont oublié de nous le donner lors du retour des clés.


On traverse les villages zoulous où on voit bien les difficultés d’existence : il n’y a pas d’eau courante dans les maisons. Les femmes ou les enfants doivent faire des centaines mètres pour remplir leurs sceaux et bidons aux rares robinets, ou aux grosses citernes vertes « jojo » au bord de la route. Les femmes font la lessive dans la rivière, à côté des enfants qui s’y amusent. Les toilettes sont de simples cabanes à l’écart des maisons. Les gens, surtout les écoliers, font des kilomètres à pied pour se déplacer.


On tente de faire quelques courses à Bergville, mais c’est la cohue, on renonce. On passe à l’auberge Amphitheatre Backpackers Lodge où l’on a réservé pour demain, pour voir si par hasard ils n’ont pas un hébergement en dur de libre pour ce soir : ils n’ont qu’un lit double en mezzanine dans un dortoir de huit ! On prend après moult hésitations. Il est vrai qu’être sous la tente pendant l’orage probable, ce n’est pas terrible !


Vers 14h30, on rallie le Royal Natal NP où l’on décide sur les conseils du réceptionniste de faire une petite rando au départ du campsite une boucle de 6 ou 7 km. Le gardien du campsite, qui remplit aussi les formulaires d’autorisation de randonner, nous pronostique une durée de trois heures… pour aller aux Tiger Falls et au Lookout rock. Picnic rapide et tardif : de très beaux oiseaux jaunes se disputent nos miettes.

Royal Natal NP - les invités du picnic"  


La rando débute par une montée assez sévère, car bien qu’à 15h30 le soleil décline déjà, il tape encore dur. On tire la langue ! On a un beau point de vue sur l’Amphithéâtre, mais il est à contrejour (l’Amphithéâtre est un cirque majestueux, large et haut, aux falaises abruptes). Les Tiger Falls se cachent au fond d’une petite forêt humide. À partir de là le sentier redescend gentiment jusqu’au Lookout Rock, d’où on a un magnifique point de vue sur la vallée. Puis on suit une succession de cascades qui nous ramène au campsite et à la voiture. Rando de 6 km en une heure et demie… On dit au gars du formulaire que trois heures, c’est un peu trop. Il nous répond que c’est parce que nous avons la forme !

"Royal Natal NP - Tiger fall "  ... Cherchez le baboon !


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15414055




Retour à l’auberge Amphitheatre Backpackers Lodge où l’on fait comme la plupart des hôtes : boire une bière tout en se balançant sur une balançoire face au soleil couchant.

"Amphibackpackers - coucher de soleil "  


Cette auberge, aux prix modiques, a beaucoup de succès auprès des jeunes : certains campent, et toutes les huttes, chambres et dortoirs sont complets. Et elle a l’avantage d’être desservie par les Bazbus, une compagnie de bus qui parcourent ZA à des prix économiques.


On fait le repas dans la cuisine commune des campeurs.


Au repas : saucisses patates douces (on aurait dû remplir des doggy bag ce matin au breakfast… !)


On range le maximum d’affaires dans la voiture, puis on monte dans notre mezzanine vers 22h. Je mets des bouchons d’oreille…




*ZA sont les initiales pour « Afrique du Sud » que l’on colle sur les voitures.

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06/11


Finalement, on a bien dormi : les jeunes ont été sages (pour un samedi soir), et personne n’a ronflé (sauf peut-être moi …). On quitte le dortoir le plus discrètement possible à 4h45. On se fait un petit dej dans la cuisine des campeurs (incroyable : tous les couverts, tous les ustensiles de cuisine, le frigo, les cuisinières, tout est à disposition…).


On part vers 6h pour rallier le Royal Natal NP, où nous étions déjà hier. Arrivés au parking de Thendele hikers, on remplit le formulaire de départ en randonnée. Le ciel est couvert, on ne voit pas les sommets qui sont pris dans la brume.

"Royal Natal - l’Amphithéâtre" 


Le sentier est bien tracé et grimpe modérément, d’abord à flanc de coteaux couverts de prairies, puis dans des forêts où l’on dérange quelques babouins (on ramasse des bâtons…). Au bout de deux heures, le sentier se confond avec le lit de la rivière : on est dans un canyon rempli de grosses boules de basalte. Au fond de ce canyon, il y a sur la droite, des échelles métalliques qui s’élèvent le long d’une paroi presque verticale et lisse, sur la gauche, une petite échelle en rondins de bois, et en face un genre de tunnel. Après avoir fait les équilibristes sur les boules de basalte, on s’enfile dans ce tunnel, qui en fait est un très étroit canyon creusé dans d’épaisses couches de grès. Mais on est vite stoppé par la rivière et les bassins d’eau qui rendent le passage infranchissable sauf à se débarrasser des chaussures. De plus il se met à pleuvoir, et ce serait embêtant de rester là trop longtemps si l’eau se met à monter…

Royal Natal - Tugella gorge  


On pense que les échelles en métal, vu la pluie, ça rend les choses risquées, sans parler de l’aspect vertigineux de l’affaire. D’autant plus qu’on ne sait pas où elles vont. On prend donc les échelles en bois, suivies d’un sentier qui nous mène en cinq minutes à un bivouac aménagé sous une falaise.

Le bivouac à Tugella gorge  - Les échelles pour aller à la grande cascade  


On ne verra pas les chutes de Tugella qui descendent de l’Amphithéâtre. La pluie commence à nous tremper, on se décide à retourner au parking. Pluie jusqu’au parking. On croise trois jeunes filles polonaises que l’on avait déjà croisées aux Marble Baths, et quelques autres randonneurs avec qui on échange des infos. Eux n’auront pas de chance : ils auront de la pluie tout du long de leur rando, alors que pour nous, à l’aller, ça allait !

Les gorges, vues du bivouac -  les fleurs goupillon"  


Picnic avec les oiseaux jaune-orange, avec quelques rayons de soleil. On voit que le fond de la vallée est sombre et que la pluie tombe sur l’Amphithéâtre.


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15414125




On revient vers Bergville, où, bien qu’on soit dimanche, il y a quelques supermarchés ouverts, puis après quelques courses, on revient à l’auberge Amphibackpackers.


On nous donne le bungalow 14 et on s’installe avec pour ambition de nous reposer et de ranger un peu nos affaires.


Et voilà qu’arrive le gros pépin : alors que je fais des manœuvres en reculant avec la voiture, j’explose la vitre arrière contre un arbuste ! Branle-bas de combat : on va signaler l’incident à la réception. Là les gens sont charmants, et nous aident à avertir la compagnie de location, et à remplacer la vitre par du film étirable adhérent. Pendant ce temps, on ramasse les milliers de bouts de verre éparpillés dans la pelouse. Ça tombe bien, on ne savait pas quoi faire de notre après-midi !


On finit par ranger nos affaires. Et on va manger au restaurant de l’auberge.

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Golden Gate Highlands National Park

ROYAL NATAL – GOLDEN GATE HIGHLANDS NP


07/11


Cette nuit, on a fait un safari moustiques.


Ce matin, après le petit dej. le gars de la réception de l’Amphibackpackers nous explique qu’il a téléphoné à la compagnie de location de voitures : il leur a envoyé une photo du hayon martyr. Il nous rassure : tout va bien ! On verra…


On reprend la route pour contourner le Lesotho par le nord, destination le Golden Gate Highlands National Park. On traverse des étendues infinies de prairies d’élevage extensif. Une ferme tous les vingts kilomètres, tout là-bas, au bout d’une piste ! Le désert vert…

Aux abords du Golden Gate Highlands National Park ''  Phuthaditjhaba''   


Puis tout à coup, une ville immense, uniquement composée de milliers de petites maisons individuelles : c’est Phuthaditjhaba, 100% zoulou.


Le parc national préserve une aire géographique particulière : les rivières ont creusé des canyons dans des sédiments de grès colorés, sculptant dans la roche des formes gigantesques.


À la réception du parc, on réserve une hutte aménagée. Puis, on va vite-fait à Clarens, le bled branché de la région, pour y acheter un rouleau de film étirable, car celui fixé sur le hayon commence à s’effilocher…


De retour au parc, et après avoir dégusté des cerises achetées à Clarens, on part en randonnée pour voir de près les formations rocheuses : Mushroom, Echo Cave (5*), Boskloof, Brandwag Buttress, autant de sites impressionnants qui méritent la suée dans la montée sous le soleil. Echo cave est la plus étonnante, elle ressemble à celle vue hier (Tugella), à la différence qu’on peut la parcourir tout du long, étant donné qu’il n’y a plus de rivière dedans. Du point extrême de Brandwag Buttress, on a un panorama superbe sur la vallée. Un peu plus de six kilomètres en 2h30. Par endroits, des familles de babouins nous crient dessus. Avec l’écho, ça donne la chair de poule !

Golden Gate Highlands  - Boskloof - Pour le balisage, comprenne qui pourra...


Golden Gate Highlands  - Echo cave  - Ici, demi tour ! 
Golden Gate Highlands - Mushroom  
Golden Gate Highlands  - Brandwag Buttress " Les babouins guettent " 

Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15425830


On reprend la voiture pour faire deux boucles sur les plateaux, par de petites routes aménagées pour rallier différents points de vue et apercevoir quelques animaux sauvages s’ébattre dans les hautes herbes.

Trois panoramas "  Zèbres aux champignons "


De retour au camp, on complète le filmage du hayon qui ressemble à un énorme fromage en supermarché…


Repas dans la hutte : bœuf mijoté au riz et papa ( ?), acheté au petit supermarché de Clarens.


On suit les recommandations concernant la présence des babouins dans le secteur : on ferme portes et fenêtres…

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08/11


On a de la route à faire : environ 350 km. GGLmap nous affirme qu’il faut 3h30 pour accomplir cette distance. Mais il ne sait pas qu’avec un pare-brise arrière explosé on ne peut pas monter l’allure jusqu’aux 120 km/h, comme c’est autorisé sur la plupart des routes, ici. Et il ne sait pas non plus qu’on a 25 km de piste, et 60 km de route goudronnée, mais bien équipée en nids de poules (nous non plus d’ailleurs).


C’est pourquoi on se lève avec le soleil, mais c’est vrai qu’on traîne un peu. Il est 7h30 quand on part. Ciel bleu, matin frais.


On quitte le plateau du Golden Gate et ses quelques zèbres, par une piste honorable. On arrive dans une plaine interminable et notre route est quasiment rectiligne. Les fermes sont éparses et loin de la route. Des champs ou des prairies à perte de vue. Pas d’arbres. Les rares villes sont espacées de 50 km et la route les contourne.


Vers 10h30, on cherche un endroit pour faire une pause et boire un café. On prend une bretelle et on se rapproche de la ville qui, sur la carte, porte le nom de Villiers. Un immense silo se dresse un peu à l’écart. On entre dans Villiers par une large route un peu cabossée : on n’a pas l’impression d’être dans une ville, mais dans une banlieue pavillonnaire assez opulente. Le centre-ville est un immense rond-point, avec au milieu une modeste église en brique, et autour de cette place quelques magasins où on trouve de tout, si on prend la peine de chercher dans l’empilement des marchandises… On entre dans une boutique minable qui vend des gâteaux faits-maison mais on ne sert pas de café. On quitte ce « centre-ville » pour aller de l’autre côté de l’autoroute où s’étale une importante agglomération de maisonnettes collées les unes aux autres : c’est la ville africaine. Pas de magasins, mais des gens qui vendent des fringues et autres objets, à même le trottoir. Cette grande ville s’appelle, selon un panneau, Qalabotjha. Mais ce nom n’apparaît sur aucune des cartes à notre disposition, ni sur GGLmap….


On reprend la route sans avoir pris de café…


Finalement on arrive à JNB, chez notre amie S., à 12h30.


On déballe les affaires de la voiture, V. met en route une machine à laver pleine à craquer, S. nous prépare un repas de hamburgers, et on repart rendre la voiture, avec S. qui nous suit en voiture. Elle veut être là pour ce moment délicat. On fait le plein d’essence près de l’aéroport, et on s’égare un peu dans les sorties d’autoroute.


À l’agence, les choses prennent du temps. Des employés font le tour de la voiture et notent sur un calepin les dégâts. On attend. Puis un employé vient nous voir avec notre dossier de location. Il nous explique que, même si on avons pris une assurance tous risques sans franchise, il ne peut pas nous rendre le deposit de 3000 ZAR, (déposit bloqué sur mon compte bancaire lors de la prise du véhicule). En effet, selon lui, les dégâts ont été causés par une négligence de notre part. Sauf que ce n’est écrit nulle part dans le contrat. Uniquement, une retenue de 500 ZAR pour frais de prise en charge administrative des dégâts (handling fee).


S. ne lâche pas le morceau, alors que moi, j’ai déjà fait le deuil de mes 3000 ZAR de deposit. L’employé s’en va avec son dossier sous le bras, sans nous expliquer pourquoi. Au bout de dix minutes, il revient tout joyeux : on ne doit pas payer les 3000 mais seulement les 500 ! Et il nous promet un déblocage rapide de nos sous. On verra…


En revenant vers le centre-ville avec la voiture de S., on fait un détour et on s’arrête dans un supermarché de produits allemands : charcuteries, condiments, confitures, gâteaux comme là-bas ! Les employées « blanches » parlent allemands, les autres, anglais.


À la maison, on va pour étendre le linge dehors, voilà qu’il se met à pleuvoir !


Pendant la préparation du repas, puis pendant le dîner, on discute famille, projet, vacances et un peu de comment les choses vont en Afrique du Sud.


19h : la pluie orageuse tombe dru sur JNB.




Pas de photos

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Saint-Denis de la Réunion

JOHANNESBURG – ST DENIS de la REUNION


09/11


Ambiance très survoltée au petit dej où S. nous apprend la nouvelle de l’élection de Trump. On passe une partie de la matinée à spéculer sur l’avenir et l’autre partie à préparer les valises pour le vol vers la Réunion.


À midi, J. nous appelle un Uber pour l’aéroport, et c’est Harisson qui nous prend en charge. On est en avance, on fait les cents pas dans la zone détaxée où on peut acheter des diamants et des peaux de zèbres…


Le vol Air Austral pour la Réunion dure 4h, c’est un vieux Boeing, mais on nous sert un bon repas et il y a une ambiance de fête au fond de l’avion ! Quand on atterrit (20h30), tout le monde applaudit et pousse des cris de joie !


Eddine, notre hôte Airbnb, nous attend avec nos prénoms écrits sur une feuille. Sa voiture est à deux pas et il nous mène sur les hauteurs de Bellepierre. Cet homme est fort sympathique. On fait connaissance de sa compagne à notre arrivée dans l’appartement. On devise sur la brûlante actualité et sur nos projets sur l’île.


Notre chambre a une belle vue sur la ville de St Denis, qui brille dans la nuit.

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10/11


Aujourd'hui, rando urbaine. Après un petit dej préparé par notre hôte, on descend du quartier de Bellepierre par la grande route qui monte au Brûlé. Dans ce quartier assez récent de Bellepierre, les rues et autres voies ont des noms de pierres précieuses : allée des rubis, rue des topazes, émeraudes, saphirs, etc. C’est sûr que ça fait plus chic que 5ème avenue ou 42ème rue…


À l’agréable Jardin d’État (qui était jadis l’ancien camp où l’on regroupait les esclaves récalcitrants), des gens font leur gymnastique matinale. Bien que sous les palmiers, on peine à les voir s’échauffer dans cette chaleur moite. On vérifie où est l’arrêt de bus « Jardin d’État », car demain on doit prendre le bus de la ligne T assez tôt.

Sur la montagne :  Le quartier de Bellepierre" La statue de Leconte de lisle et le grand arbre"  Le Jardin d'Etat" 


Puis on se promène dans le centre-ville, allant de maisons créoles en pavillons coloniaux, dont la plupart sont à présent occupés par des administrations. On passe chez notre opérateur téléphonique, mais là, personne ne peut nous dire ce que notre forfait de métropole nous autorise à faire ici…

Maisons coloniales"et Maisons créoles" 


Au marché couvert, on vend de l’artisanat malgache : dentelles et vannerie, et au petit marché, on respire les odeurs sucrées des fruits d’ici : ananas, mangues, bananes, etc. On achète quelques samossas et une salade fruits qui font notre picnic.

"Le petit marché" "Le marché couvert"  


La promenade le long du sentier littoral est agréable car bien ventilée par l’air du large. Le long de nos déambulations, on ne rencontre que peu de monde, et cette ville semble assoupie. C’est seulement vers 16h, qu’elle s’anime grâce aux embouteillages…

Le sentier du littoral 


La cathédrale" La mosquée" Le temple chinois" Le temple hindou"  

Petit tour au Muséum d’histoire naturelle où il y a une exposition spéciale dédiée aux requins. Il faut dire que ces requins font grand bruit sur l’île, car ils ont pris la fâcheuse habitude de croquer les surfeurs. Quand on voit la taille des mâchoires, on hésitera avant de mettre un orteil dans l’eau… Du reste, hier dans l’avion, le steward avait annoncé qu’il était interdit d’avoir des activités hors des plages surveillées.


On rentre par la route qui monte à Bellepierre, chargé de quelques courses qui feront notre repas. Ce soir, nos hôtes nous laissent gardienner la maison : ils sont invités à une séance de cinéma. Ils savent qu’on ne pillera pas leur cave à vins de l’Hérault !

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11/11


Léger changement de programme : le plan bus vers St Pierre est modifié. F. la dame qui gère notre Airbnb, est levée dès 6h et nous rejoint à notre petit dej. elle nous propose de nous amener en voiture prendre le bus pour St Pierre, ce qui est fort sympathique car ça nous évite trois kilomètres à pied ! Du coup on change de ligne de bus : on troque la ligne T pour la ligne O1 par la route des Tamarins. Départ de la gare routière à 7h45.


F a veillé tard le soir avec des copains, E. son mari, est resté en ville avec ses copains à lui, à boire et à refaire le monde, bref, tout le monde est dans le gaz, mais ce matin F. s’est levée tôt pour nous amener à la gare routière. En sortant elle prend soin de donner au chien du quartier que personne n’ose expulser, une gamelle bien remplie de riz+viande. « C’est le chien de la copropriété ». Ouais, après on s’étonne qu’il y a plein de chiens errants sur l’île… Il fait un ciel bleu profond, pas un nuage à l’horizon.


Bien sûr, on arrive au quai de départ parmi les premiers, mais au fur et à mesure que l’heure de départ approche, le quai est envahi et quand le bus arrive, il est aussitôt pris d’assaut, et on se retrouve à être entourés, bousculés et relégués en queue ! On ne s’attendait pas à ça dans les Cars Jaunes qui font la fierté du département en matière de transport ! Le car (jaune) est tout neuf, comme tous ceux de la flotte du Conseil Général, avec vidéo (en panne) et gestion électronique des arrêts (en panne).


Le car est complètement plein quand il démarre. Et il laisse des gens sur le quai… On est jour férié et le nombre des bus est réduit. Et pas question de prendre des gens qui ne seraient pas assis.


Et comme personne ne descend aux premiers arrêts, ceux qui y attendent en rase campagne voient passer le bus, avec le chauffeur qui leur fait coucou de la main pour leur signifier qu’il leur faudra attendre le prochain qui passe … dans deux heures… À l’arrêt de la Possession (c’est une zone industrielle), une femme doit presque pleurer pour pouvoir monter : elle va pour prendre son premier emploi. Heureusement une personne dit au chauffeur qu’il descend à la prochaine et que sa place sera libre… Le chauffeur râle un peu (- je risque mon permis !!), mais laisse monter la dame qui le remercie à chaudes larmes…


On arrive à St Pierre comme prévu à 9h11, pour être précis. Le ciel s’est obscurci sur les hauteurs, envahies par de sombres nuées. On fait rouler nos valises à travers les rues de St Pierre, où quelques magasins ouvrent leur rideau de fer, les gens nous disent bonjour ! avec un grand sourire ! Et on va jusqu’au quartier de Terre Sainte, qui se trouve sur l’autre rive de la rivière D’Abord. C’est là que se trouve notre nouveau gîte Airbnb. Le quartier est constitué de petites maisonnettes, serrées les unes contre les autres, mais de bonne tenue. On ne peut pas en dire autant du quartier qui entoure la gare routière : il y rôde déjà pas mal d’ivrognes, bouteilles de rhum à la main, et notion de verticalité totalement absente.

La mairie de St Pierre" La rivière D'Abord"  


Le fils du propriétaire nous attend (on l’avait joint la veille) et nous explique le fonctionnement de la maisonnette : c’est un micro studio, équipé au minimum, avec « cuisine » à l’extérieur. On est totalement indépendants.


En traversant la ville, on avait repéré un étal de poissons frais juste à l’embouchure de la rivière D’Abord. Je me dépêche d’y retourner pour y acheter une belle tranche de thon blanc. Puis on va faire quelques courses dans une supérette à 10mn de là, pour remplir le frigo de notre nouvelle maison.


La suite du plan : on doit prendre un bus (le Littoral, bus local) à 11h56 en direction de Petite Ile à la station du marché couvert. On arrive largement en avance à 11h45. Et là on apprend que notre bus vient de passer !!! Un bus en avance et qui n’attend pas ses passagers !! Du jamais vu !


Nouveau changement de programme : on va à la gare routière où on trouve un Car Jaune (S1) qui s’arrête à Grande Anse. Bon, on fera la rando prévue, mais dans l’autre sens (monter au lieu de descendre…).

 Grande Anse" 


Malgré ces aléas, la rando se révèle de toute beauté. On longe la belle plage de Grande Anse où des centaines de familles se sont déplacées pour y piqueniquer. Enfin, à la Réunion, quand on dit piqueniquer, ce n’est pas une tranche de jambon dans un bout de pain avalé vite fait, le cul sur un caillou. Non, ce sont les grosses gamelles de cari, le feu de bois ou le tripatte à gaz, les chaises en plastique, la grande nappe, la profusion de nourriture et de boisson, et la famille au complet de l’arrière grand’mère aux derniers nourrissons… Quelques-uns se baignent tout de même dans l’océan, dans l’espace réduit protégé des requins par de gros rochers…


Le sentier de rando grimpe sur le promontoire à l’est, offrant une belle perspective sur la plage, et de l’autre côté, une côte sauvage avec les vagues qui se fracassent au pied des hautes falaises. On traverse des villages aux maisonnettes bien proprettes. Et surtout, pour la dernière et plus longue partie de la rando, une traversée des champs de canne : on grimpe, on sue à grosses gouttes, on tire la langue jusqu’à Petite Ile qu’on atteindra au bout de trois heures de marche.

Parmi les papayers" Parmi les citronniers" Une antenne bien camouflée" 



La bien nommée" Parmi les bananiers ..." Dans la canne jusqu'au cou"


La campagne petite-iloise" Parmi les arbres à litchis" Petite Ile" 

Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15460282




On se désaltère à la terrasse d’une boulangerie qui vend aussi des boissons gazeuses fraîches, et on dénoue tous nos filaments musculaires en attendant le bus qui théoriquement doit passer dans une heure. Des gens attablés à côté de nous lient conversation, « - vous venez de Métropole ? Vous êtes en vacances ? Nous on y va bientôt à Angoulême, en janvier ! Ici, il fait trop chaud… pfff …», etc…


Le bus Littoral arrive enfin, au grand soulagement d’une jeune fille qui croyait l’avoir raté ( « - les transports ici, c’est une vrai cata »…). Sur la route N2, le bus traîne dans l’embouteillage créé par toutes les voitures qui quittent la baie de Grande Anse.


À St Pierre, on se laisse déposer au front de mer alors que la nuit vient de tomber : le long de la plage, les gens sont installés sur les terrasses, bières et samossas, à profiter de l’air frais du large. C’est la bonne ambiance. Un club de danse s’est installé à côté d’un manège et une trentaine de personnes évoluent sur de la musique country.


De retour dans notre maisonnette, on prépare la tranche de poisson avec du riz et des haricots rouges…

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Gîte de Bélouve

ST PIERRE - Bélouve


12/11

On démarre calmement la journée : on a rendez-vous à 9h pour prendre en main la voiture de location qu’on a réservée il y a deux mois (dans ce genre de besoin, vaut mieux s’y prendre de bonne heure…)

En passant devant la marchande de fruits et légumes, on est attiré par la fraîcheur de ses produits. On remplit notre panier. La marchande discute avec un client et lui explique que ses légumes verts viennent de Salazie (30 km à vol d’oiseau, 90 par la route de montagne…) et qu’elle les reçoit à 4h du mat !

Chez le loueur de voiture ADM qui est juste en face de la mairie, les formalités sont rapides. Sur le mur de son bureau, une affiche dit clairement que l’assurance ne prend en charge que les dégâts causés avec un tiers clairement identifié. Donc pas question de rentrer dans un arbre en marche arrière cette fois-ci. On nous refile une vieille Ford un peu poussive dans les côtes, et à l’embrayage confus. Bon, la rosse a bien travaillé, elle mérite la retraite…

On va directement au refuge/gîte de Bélouve (1500 m), dans les montagnes, au pied du Piton des Neiges, et juste en surplomb du village d’Hell Bourg. Le temps est au beau fixe, le ciel bleu et l’air lumineux.

On démarre la première rando vers 11h : on descend jusqu’à Hell Bourg (1000 m) par un sentier assez trapu, taillé dans le flanc ouest du plateau de Bélouve. On croise pas mal de monde dont de nombreux locaux avec leurs enfants (C’est le grand pont du 11/11 !), certains dévalent en courant, d’autres courent pour monter… On se contente d’une vitesse normale : Déjà on sue à grosse gouttes… Hell Bourg est un joli petit village, à cette heure, envahie par des légions de touristes. On piquenique dans un endroit plus tranquille, à l’ombre des cryptomérias, ces hauts arbres plantés pour leur croissance rapide, mais dont on ne peut pas faire grand’ chose. À la Réunion, il y a de nombreux endroits pour organiser un picnic, avec des bancs, des tables, des barbecues, des poubelles, et même des petits kiosques pour l’ombre ou contre le risque d’averse.

Rando Bélouve-Hell Bourg A/R "

La remontée se fait à pas mesurés ; on croise parmi ceux qui descendent, certains qu’on a vus monter à l’aller, et aussi des groupes que des autocars ont déposés au gîte et qu’ils récupéreront à Hell Bourg…

On parvient au gîte vers 15h. Alors on enchaine avec la rando du trou de Fer. On traverse une magnifique forêt de tamarins et de fougères géantes, le sol envahi par des milliers de plantes qu’on ne connait pas. Dans les endroits marécageux, les employés de l’ONF ont installé des chemins de planches sur pilotis (qu’ils appellent des platelages), mais certains croulent et il faut faire attention. L’ONF recommande du reste, d’emprunter une piste carrossable, plutôt que le sentier de GR qui est selon eux complètement dégradé.

Sur la terrasse du point de vue du Trou de Fer, il y a du monde, malgré l’heure tardive. La vue est vertigineuse sur les cascade en contrebas et les falaises envahies par la végétation, mais à pic et déchiquetées.

Rando Trou de Fer " 

Retour au gîte vers 17h. Les mollets bien durs et la chemise bien trempée.

Le retour se fait à la nuit tombante, dans un trafic assez dense à la hauteur du Tampon.

Ce soir, au dîner : boucané, massalé de pomme de terre et tomates.

Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15472259

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Parc des Palmiers, Le Tampon

ST PIERRE – La côte sud-ouest


13/11


Partis à 7h30 de notre maison à Terre Sainte, on arrive à 9h au Pas de Bellecombe. À partir de Bourg Murat, on se rend bien compte que la rando prévue ne va pas être possible : il pleut et il y a de nombreuses rafales de vent. Quant à la piste qui fait les derniers kilomètres, elle est à peine praticable. On n’est pas les seuls déçus : comme on est dimanche, il y a un monde incroyable sur le parking, mais à peine arrivés, les gens repartent car il n’y a rien à voir. Les rares gens qui osent sortir des voitures, bien qu’emballés dans des anoraks et des capuches, sont vite découragés par le vent et les giboulées. Et il ne fait pas chaud non plus.


Ce temps pourri, on ne le découvre qu’à 1’altitude de 1500 mètres, à l’approche de la base des nuages. Dès qu’on s’enfonce dans les nuées, c’est l’hiver ; et lorsqu’on redescend, à l’inverse, c’est la chaleur étouffante !


On redescend donc vers le Tampon et, après avoir reconsidéré le plan de la journée, on profite de la voiture pour visiter des sites difficilement accessibles sans véhicule. C’est ainsi qu’on visite le tout récent Parc des Palmiers (gratuit !), un vaste arboretum de près de cinq hectares et possédant une collection de plus de 500 espèces venant du monde entier. Et les plantes sont belles et le parc superbement entretenu. Il est prévu de l’agrandir. On est étonné de la diversité qui existe dans cette famille de plantes.

Le Parc des Palmiers"


Puis on jette un coup d’œil au profond ravin qu’a creusé la rivière Bras de la Plaine depuis le point de vue situé à côté de l’église du Bras de Pontho. Une bourrasque soudaine venant du fond du ravin nous fait trébucher !


On descend vers la mer, et on tombe sur un temple hindou. On s’arrête, mais on ne peut pas visiter : il y a une cérémonie. Dommage !

Chez les Hindous" La ravine Bras de la Plaine" Les kiosques, lieu de piquenique  


On cherche un lieu de picnic en allant sur la rive d’en face où se trouve le village d’Entre-deux. On trouve un charmant petit kiosque au bord du ravin, presque en face de l’église au coup de vent. Alors qu’on a bien entamé nos casse-croûtes, un homme vient nous voir et nous demande si on a réservé le kiosque. On lui dit que non, bien sûr, et qu’il pouvait s’installer lui et sa famille. Alors que les gens commencent s’extraire des voitures, il ramène un énorme sac isotherme, dans laquelle il verse aussitôt un sac de dix kilos de glaçons. Puis il nous offre la tournée de bière ! Ils sont bien une dizaine à emporter chacun un plat, tandis qu’une femme étale une nappe sur le champignon de béton qui sert de table, tout en nous saluant et en bavardant joyeusement. On ne comprend pas grand’ chose. Sauf quand ils s’adressent à nous… La bouteille d’apéro que le monsieur appelle le whichki mais qui serait plutôt du rhum arrangé, passe de verre en verre, et on nous en propose aussi. On les remercie, mais non, car on reprend la route, et il y a des virages ! – Vous savez, il n’y a que deux virages, un à gauche et un à droite ! …mais vous avez raison, hier les gendarmes ont arrêté quarante et une personnes à la sortie d’une boite de nuit. Ah, ils sont partout…


On fait quelques pas dans une chaleur étouffante dans la foire de la ville de Saint Louis. On y vend surtout des habits bon marché. Il y a beaucoup de Comoriens qui viennent faire leurs achats.


Au bord de la mer, on visite le Gouffre de la Roche des Oiseaux, puis le Souffleur du cap du Portail et enfin le Souffleur de la Pointe au sel. A ces trois endroits de la côte la mer attaque une ancienne coulée de laves qui ici forme falaises. La mer, aujourd’hui houleuse, s’engouffre dans des tunnels et ressort par des trous par des grondements et puissants jets d’écume.

Des Comoriennes faisant leur marché à St Louis" Gouffres et souffleurs"  


On passe au musée du sel (gratuit !) installé sur des anciennes salines dont une partie a été réhabilitée. Il y a une intéressante exposition sur les différents salars andins. On nous fait goûter le sel…


Retour vers 17h à la maison où on s’écroule tellement on a eu chaud. Et pourtant, ce matin on aurait cru pouvoir craindre les gerçures…


À la maison, on est attaqués par des escadrons de moustiques !

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Piton de la Fournaise, la Plaine des Sables

ST PIERRE – La Fournaise


14/11


On se lève tôt dans l’espoir que le volcan de la Fournaise sera dégagé. Que nenni !


Partis à 6h45 de St Pierre, on tombe sur des ralentissements au Tampon, car les gens descendent tôt eux aussi, les bus scolaires s’arrêtent tous les cents mètres et les camions poubelles tous les 10 m … Et de St Pierre, il n’y a qu’une grande route pour aller au volcan.


Arrivés à la Plaine des Sables, après un kilomètre de piste, on gare la voiture et on part, selon un trajet trouvé sur http://www.randopitons.re/randonnees . L’endroit est balayé par les vents et on n’y voit rien à cause de la brume… Mais il ne pleut pas. Et la température doit être entre 18 et 20°.


Le début de l’itinéraire est plutôt facile : la Plaine des sables mérite bien son nom, c’est tout plat, comme si on avait ratissé de la pouzzolane, avec des rochers de lave fantomatiques éparpillés. Sous nos pas, ça crisse. On a l’impression d’écraser des biscottes !

Désert fleuri "


Voilà que la pluie se met à tomber ! Une petite pluie fine au début, puis un peu plus dense, suffisamment pour bien nous mouiller. Le vent souffle et on voit la brume courir sous nos pas ! Lunaire ET apocalyptique ! Un peu de relief ne nous met même pas à l’abri.


Puis je me trompe dans la lecture du GPS : on revient sur nos pas !


La pluie cesse, le brouillard se lève de temps en temps, mais pas le vent ! Nos habits sèchent assez vite. On fait une autre boucle, et là, alors qu’on traverse un cratère (éteint !) qu’on a du mal à monter, c’est la vraie pluie ! C’est un peu la galère car les pentes du cratère sont recouvertes essentiellement de pouzzolane, et ça s’écroule sous les pas, alors il faut en faire trois pour pouvoir avancer d’un.

La plaine des sables :  On a marché sur la lune ! "


On finit par avoir les chaussures et les vêtements, slip inclus, trempés ! Heureusement, il ne fait pas trop froid.


On retrouve la voiture au bout de trois heures et demie de rando, et 13,5 km de pouzzolane écrasée. On passe quelques habits secs, puis on piquenique (enfermés dans la voiture !). On se rend au pas de Bellecombe, en espérant une amélioration du temps, mais l’horizon reste bouché. Le gars qui tient le bar du relais, affirme que ça durera comme ça jusqu’à mercredi !!


On décide d’annuler la rando de l’après-midi qui devait nous approcher du cratère Dolomieu au centre du volcan, car sans visibilité, il n’y a plus d’intérêt. On redescend vers 15h. Il y a encore des ralentissements au Tampon, les milliers de ronds-points sont autant de bouchons, et la raison : c’est l’important trafic des gens qui montent (ont-ils déjà fini leur journée de travail ??)

Le nez de bœuf est ensoleillé, mais..." Retour sous le soleil à Terre Sainte"


Forts des leçons de la rando de ce matin, on va dans un grand supermarché de sport et on achète de grand ponchos (rouges…) qui descendent jusqu’aux mollets. On craint une météo pourrie sur Mafate.


Ce soir au menu : steaks de thon




Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15500481

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15/11


9h : il fait beau mais les sommets sont bien couverts…


On rend la voiture de location : cette fois, pas de complications !


Gare routière pour aller à St Joseph, puis bus 76bis pour La Passerelle de Grand Galet.

La gare de St Joseph" Le rempart Langevin vu de la Passerelle"


Il s’agit de faire une boucle partant de La Passerelle de Grand Galet, monter le rempart qui mène au Serré puis au village de Grand Coude, et de là redescendre le rempart pour revenir à Grand Galet. Là aussi, on a emprunté un descriptif fait par http://www.randopitons.re/randonnees


La montée est assez raide, le sentier bien dégagé, avec des marques à la peinture fluo pour les travaux à effectuer pour l’améliorer. Ici, à la Réunion, c’est le boulot le l’ONF d’entretenir les sentiers de randonnées. On sue à grosses gouttes pendant une bonne heure. L’arrivée sur le plateau est un vrai soulagement.


On progresse dans les champs de cannes jusqu’au Serré. Le Serré est un endroit très caractéristique de la Réunion. Ici, le plateau, formé par les laves émises par le volcan de la Fournaise durant des centaines de milliers d’années, a été attaqué par deux rivières parallèles, au point qu’à cet endroit l’érosion a réduit ce plateau à une cinquantaine de mètres, juste la place pour faire passer la route vers le Grand Coude et créer quelques lieux de picnic. De chaque côté, vue plongeante vers les deux ravins de part et d’autre parcourus par des rivières : la rivière des Remparts à l’ouest et la rivière Langevin à l’est, coulant 500 mètres plus bas.

Montée du rempart"             (Vues du Serré : ) à gauche : la rivière des Remparts" à droite : la rivière Langevin"  


Picnic dans cet endroit fabuleux.


Puis c’est reparti : traversée du village de Grand Coude avec de belles cases, de beaux jardins, et des cultures de géranium et de fleurs. La température est agréable, mais la brume venant des montagnes commence se rapprocher.

Fleur compliquée à butiner"   Culture du géranium"  Hortensias"  


Les gardiens du potager " Oratoire dédié à St Expédit" Petite église à Grand Galet"  

On a du mal à trouver le sentier qui descend sur Grand Galet. On demande aux gens d'une ferme, mais malgré leurs explications ( "- derrière le tas de fumier") et le GPS, on ne trouve pas le départ. On finit par trouver une vague sente envahie par la végétation. On aurait dû se méfier. Le sentier s’enfonce dans un tourbillon de plantes entrelacées, et dévale littéralement le rempart.


On se dit que c’est le début et que ça va se calmer, mais il n’en est rien : on doit sauter de caillou en rocher, en s’accrochant aux rares prises ou aux racines des arbres. Par endroit, c’est réellement à pic et s’il n’y avait pas la luxuriante végétation, on aurait eu peur du vide. Et plusieurs fois, on est au bord de la crise de nerfs… Bref, ce n’était pas un sentier, mais une vague trace, dans un endroit somme toute dangereux. On finit par arriver après moult péripéties acrobatiques au village de Grand Galet, reconnaissants de pouvoir enfin évoluer sur du goudron….


Dans cette histoire de galère, on a raté le bus de 16h20. On entreprend de faire à pied les six kilomètres jusqu’à Langevin. On passe devant la magnifique cascade aux résurgences spectaculaires et au bassin servant de piscine ; quelques jeunes s’y baignent.

Piscines naturelles"    Résurgences et cascades" 


On est pris en stop par un jeune couple et leur jeune enfant. Ils nous laissent à Langevin. Là, on piétine une demi-heure pour être pris par un bus pour St Joseph, puis un autre pour St Pierre. Arrivés à l’arrêt de l’hôpital de Terre Sainte, on rallie notre maison à la nuit, et sur quelques passages on s’éclaire à la lueur des portables…


Toujours du thon au menu…




Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15509873

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16/11


Gare routière de St Pierre à 8h05 pour prendre le Car Jaune S1 qui va nous laisser à 9h30 à la Pointe du Tremblet. Aujourd’hui c’est un vieil autocar qui n’a pas de sonnette pour avertir le chauffeur qu’on souhaite descendre à la prochaine. Aussi, les gens tapent plusieurs fois dans leurs mains pour demander l’arrêt !


La Pointe du Tremblet, c’est de là que part notre rando du jour. Quand on regarde l’itinéraire sur une carte, on croit qu’on longe le bord de mer, mais la plupart du temps le sentier progresse dans la forêt tropicale. On entend la mer se fracasser contre les falaises de basalte, mais on en voit rarement le rivage.


On emprunte des sentiers bien tracés et parfois balisés de bleu. Mais il faut traverser des anciennes coulées de lave, des ravines, et on n’arrête pas de monter et de descendre ! Et sur certains passages, les feuilles tombées des arbres cachent bien des trous et autres racines.

Le sentier de la côte"


Il y a majoritairement deux sortes d’arbres : les vacoas et les filaos. Les vacoas sont des arbres bizarres : on pourrait dire qu’ils sont sur des échasses, leurs racines partant parfois à un mètre du sol. Quant aux feuilles, elles sont réparties directement autour du tronc. C’est un arbre dont on cuisine les fruits et dont on tisse les feuilles fanées. Mais dans cette forêt, ces plantes sont laissées à elles-mêmes. Il y a beaucoup d’autres plantes, et la végétation est luxuriante. Cette forêt cache bien des oiseaux, dont un qui a une drôle de houppette et des plumes rouges sous les yeux.

Culture de la vanille dans les sous-bois "  L'escargot qui grimpait aux arbres" Pinpin, le fruit du vacoa"  


Lors des quelques fenêtres sur la mer, le spectacle de la houle est fascinant. D’énormes rouleaux s’explosent sur les rochers noirs, s’engouffrant dans des tunnels dans des grondements impressionnants. Au large, l’océan est bleu sombre, contrastant avec le gris du ciel.

Fenêtres sur l'océan "


On traverse la grande coulée de 1986. Cette année-là, La Réunion a gagné 25 hectares sur la mer ! Les coulées sont parfois encore intactes, mais déjà les plantes partent à la reconquête, en s’immisçant dans les moindres failles.

La coulée de 1986 "


On rencontre très peu de randonneurs.


La rando fait presque 18 km en six heures de marche ; il fait une chaleur humide, et la plupart du temps, on ne sent pas l’air frais de la mer.


Arrivés au Souffleur d’Arbonne, on s’affaisse sur les chaises d’un petit restaurant où on prend des boissons fraîches en attendant le bus du retour.

Les kiosques à picnic"    Le Souffleur d'Arbonne"


On arrive à St Pierre à 19h, un peu fatigués…


Au menu, encore du thon !!




Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15517885

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16/11


Debout tôt : il faut prendre le Car Jaune S2 de 8h pour St Benoit. Beau temps : les sommets sont dégagés. Il faut une petite demi-heure de Terre Sainte à la gare routière. Quand on y arrive, on est déjà en sueur !


Un détail intéressant : tout ticket de bus est valable trois heures, correspondance incluse. Il suffit d’annoncer sa destination finale pour en bénéficier. C’est ainsi qu’on annonce au chauffeur qu’on va à St André.


Le bus fait le tour du Tampon avant d’attaquer la montée vers la Plaine des Caffre. Au bout d’une heure, les sommets se couvrent déjà. Et quand on aborde la descente vers St Benoit, le plafond est bien sombre et bien bas. Ce côté nord de l’île est vraiment verdoyant, mais c’est aussi le plus pluvieux. Les vergers sont remplis d’énormes arbres à litchis, remplis de grappes de fruits rouges, prêts à être cueillis.


Correspondance d’un quart d’heure à St Benoit, le temps de sauter dans le car E1.


On passe devant le grand marché de Bras Panon : de nombreux stands proposent des montagnes de fruits, de légumes, de conserves en bocaux. On regrette de n’avoir pas prévu une pause ici !


Correspondance d’une petite heure à la gare de St André pour prendre un bus local (L80) pour Salazie. Là aussi les tickets sont valables trois heures, correspondances incluses. La route suit une gorge profonde et très étroite, aux versants ruisselant de cascades. Le moindre espace plat est cultivé, mais ils sont rares dans cette sombre vallée. Il y a un hameau nommé Petit Trou !


Le village de Salazie qui est à l’entrée du cirque éponyme est minuscule. On doit changer de bus (L82) pour Grand Îlet. Un autre va à Hell Bourg au même moment. La route fait de nombreux lacets bien serrés et passe de plateau en plateau, tous cultivés ou occupés par des installations agricoles (serres, porcheries, batteries d’élevage de volaille).


À Grand Îlet, on a réservé une chambre d’hôte chez Mme Liliane Bonald, arrêt Camp Pierrot. Alors qu’on tire nos valises à roulettes sur le bout de chemin qui mène à sa maison, quelqu’un nous interpelle : c’est notre logeuse qui est chez la voisine. On dispose d’une chambre avec SdB. La dame, plutôt enjouée malgré une déchirure musculaire au mollet, nous explique le fonctionnement de la maison et nous donne rendez-vous à 19h pour le dîner qui sera servi dans une autre maison, juste au-dessus.


On fait le tour de Grand Îlet qui n’est pas si grand que ça : l’église, l’école, la mairie annexe, ses élevages de poules et de cochons, et ses terrains vagues recouverts de lianes de chouchou. On prend un pot dans une petite épicerie-bistrot.

Grand Ilet - L'église" La boulangerie"  La montagne est envahie de chouchou"
L'épicerie-café et son étal"  

Puis on revient à notre maison préparer les sacs à dos pour les trois jours de rando qui nous attendent dans le cirque de Mafate. On s’interroge sur le temps qu’il fera : chaque fois qu’on consulte le bulletin météo, les icônes changent : soleil, puis rares averses, puis éclaircies, puis pluie…


Pour ce qui est d’aujourd’hui, à Grand Îlet, le ciel est bas, plutôt sombre ; l’air est frais (on est à 1160 m).


Repas collectif avec au menu : rhum arrangé, beignets de brèdes chouchou, gratin de chouchou, rougaille saucisse, coq au chouchou, riz et grains, salade de fruits.

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Chez Juliette à Roche Plate

GRAND ILET - ROCHE PLATE


18/11


Debout tôt : on doit attraper le bus L82C à 7h24 pour atteindre le Col des Bœufs. La dame du gîte nous a préparé une thermos de café et une bouilloire est prête à brancher pour le thé. Nous allons chercher le pain sur la terrasse : c’est là que le boulanger le dépose à 4h du mat ! Des nuages couvrent les sommets et la vallée vers Salazie, mais l’air est agréable et le soleil éclaire Grand Ilet.


Le bus nous laisse à 8h à un parking (gardé) qui n’est pas exactement le Col des Bœufs : celui-ci est au bout d’une piste à un kilomètre. La vue sur le cirque de Mafate est magnifique ; ciel bleu, pas un nuage. C’est la ligne de crête entre le cirque de Salazie et celui de Mafate qui arrête les nuages venant du nord-est, par un effet de foën.


Le sentier (GR3) descend immédiatement dans le cirque de Mafate. Bon sentier au parcours magnifique : on traverse tantôt une savane, tantôt une forêt aux grands arbres, tantôt des pairies où on soupçonne la présence de vaches… On rencontre de nombreux randonneurs. De petits avions de tourisme et des hélicoptères tournent au-dessus des cimes, et on leur préfère le piaillement des oiseaux…

 Les nuées restent sur Salazie"   En descendant vers Marla"


  En descendant vers Marla"  

Le hameau de Marla aux maisons clairsemées sur un plateau, possède une école. Trois enfants tournent en rond à vélo sur une placette en béton de 10x10 m. Descente à nouveau par le GR3 à travers un paysage de désolation : finies les prairies verdoyantes et belles forêts ! Des montagnes d’éboulis instables à dévaler sous un soleil de plomb !

Le hameau de Marla"  Paysage minéral"


Le site des Trois Roches que l’on atteint vers 12h30 est bien plus riant : situé au bord de la Rivière des Galets, l’ombre de grands arbres invite à faire une pause. Des randonneurs se baignent dans des creux d’eau. On s’y arrête pour le piquenique. À cet endroit, un peu plus en aval, la rivière a creusé un profond et étroit canyon dans la couche de basalte dure et noire, l’eau s’y précipitant dans une cascade vertigineuse.

Les Trois Roches" 


Le GR3 se prolonge vers le nord en longeant le rempart du Maïdo ; cette portion est un bon rampaillou, où l’on sue à grosses gouttes. Le ciel ne sait pas s’il faut se couvrir ou laisser le soleil … Un peu de vent frais et une dernière descente nous aident à atteindre le hameau de Roche Plate. Les sentiers sont bizarrement balisés : il y a de nombreuses balises qui sont recouvertes de badigeons noirs ! il est vrai qu’apparemment il y avait avant une balise tous les dix mètres, voire moins. Mais maintenant, on n’en voit presque plus, et c’est parfois embarrassant, surtout quand on traverse des rivières où on ne retrouve pas le sentier sur l’autre rive… Une fois même, on a suivi une trace qui semblait la plus importante, et on s’est retrouvés dans une impasse jonchée de PQ…

 En allant vers Roche Plate"


On arrive juste au pied de l’école vers 15h15. Une affichette sur un panneau nous apprend que les enfants partiront en classe de neige. Les dons sont bienvenus ! On trouve le gîte d’étape de Chez Juliette. C’est une grande case dotée d’une grande salle de restaurant, d’une belle terrasse et de chambres-dortoirs de huit lits. Actuellement, il y a des travaux d’agrandissement du gîte, et à notre arrivée, on assiste à un ballet d’hélicoptère qui apporte matériaux et provisions.


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15563000


On se prend une bonne bière Dodo bien fraîche, puis une douche bien réconfortante. Eau chaude et électricité sont fournies par des panneaux solaires discrets. On étend nos affaires mouillées aux derniers rayons de soleil.

Le hameau de Roche Plate"       Chez Juliette"  


Nous sommes une petite dizaine de randonneurs à faire étape ici, ambiance refuge de montagne. Vers 18h, alors que le soleil a disparu et que le ciel est envahi par les nuages, on supporte la polaire…


Repas : rhum arrangé coco-menthe, salade au chou et chouchou, rougaille boucané + riz + grain, petite part de gâteau, puis un pousse gâteau : rhum arrangé fruits rouges.


Après ce délicieux repas, on discute avec le patron sur ses projets de travaux d’agrandissement, puis la conversation glisse sur la vie à Mafate. C’est ainsi que pour l’école, chaque îlet possède son école primaire. L’instit dispose d’un logement dans l’école, mais pour le week end, il peut sortir du cirque le vendredi midi, grimper le sentier de 4h qui va au Maïdo (2100 m) et de là, aller sur St Paul ou ailleurs dans l’île pour peu qu’il attrape un bus… Pareil à l’inverse pour le lundi. Pour le collège ou le lycée, les jeunes doivent le lundi partir de Roche Plate à 4h du mat pour attraper le bus de 7h qui part du Maïdo (sans attendre les retardataires) et met une heure pour arriver à St Paul. Il n’y a pas d’internat et les parents doivent trouver une famille d’accueil pour héberger les jeunes ; en général, ce sont des parents…


Pour ce qui concerne la santé, un médecin passe une fois par mois dans chaque îlet. S’il y a une urgence, le malade doit se déplacer dans l’îlet où se trouve le médecin ; pareil pour l’infirmière !! Quant aux accouchements, vaut mieux prévoir un séjour à St Paul dans une famille d’accueil ! Quand c’est grave, le PGHM arrive avec le médecin de la gendarmerie avec leur hélico.


Le quotidien tourne autour de la vie des gîtes. Les jeunes ne veulent plus cultiver les quelques mètres carrés de plans caillouteux où poussent pourtant de beaux légumes, maïs, chouchou, etc. La fille du patron (17 ans) apprend la gestion des gîtes au lycée.


Ici, il n’y a pas de cadastre, les terrains sont autant de concessions accordées aux familles par l’ONF qui régimente tout dans le Parc National. Tout est axé « tourisme » et comme le parc est classé UNESCO, les règles changent… et les gens doivent s’y adapter.


Tout ne va pas forcément dans le bon sens : il est question de supprimer les rotations du petit hélicoptère dont les livraisons coutent 70 € actuellement, pour les remplacer par un plus gros dont les rotations passeraient à 230 € ! Ce qui met en émoi les gens du cirque.


Le jour des élections, de bureaux de votes sont installés dans les écoles du cirque (mais pas toutes…).


Ces conditions de vie qui nous semblent difficiles, notre hôte ne s’en plaint pas et il a encore plein de projets pour son gîte (bien qu’il ne touche aucune subvention ni soutiens).

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Le gîte d’Ilet à Bourse

ROCHE PLATE - ILET A BOURSE


19/11


On a bien dormi dans le dortoir : il n’y avait pas de ronfleur ! Réveil avant 6h. Le patron prépare la table du petit dej.. Grand ciel bleu, les rayons du soleil arrivent sur le gîte de chez Juliette.

 Petit dej. chez Juliette"  En descendant vers la Rivière des Galets"


On démarre à 7h30 par une montée dans une petite forêt jusqu’à la Brèche. Puis on descend vers l’Ilet des Orangers par un étroit canyon traversé par de puissants courants d’air qui nous rafraîchissent de la suée qu’on vient de subir. C’est le week end et on croise (ou on se fait doubler …) par de nombreux randonneurs, voire des coureurs !

  En descendant vers la Rivière des Galets"  


De l’Ilet des Orangers, on doit dévaler 600 m de dénivelée jusqu’à la Rivière des Galets. Le sentier s’est transformé en escalier et c’est dur pour les genoux et les mollets ! On suit une cascade et une série de trous d’eau, dont le dernier sert de prise d’eau pour une canalisation destinée à alimenter les villes de la côte. Il y a aussi une prise d’eau pour l’Ilet des Lataniers, mais les gros tuyaux sont percés à plusieurs endroits. La descente devient pénible du fait des marches inégales, et parfois détruites, transformées en poussières glissantes.

  En descendant vers la Rivière des Galets"


On franchit la Rivière de Galets par une passerelle toute neuve, pour remonter à l’intersection avant Cayenne (la bien nommée), où on emprunte le GR2 pour aller vers Grand Place. On s’y arrête pour piqueniquer.

 La passerelle" Le facteur de Mafate et sa boîte aux lettres"


Devant la boutik de Grand Place et sa boîte aux lettres relevée chaque lundi, trône une statue du facteur de Mafate qui a parcouru le cirque pendant quarante ans.


Encore une belle montée dans la forêt, puis descente avec cascades et trous d’eau où des gens se trempent les pieds endoloris…. Et enfin une dernière petite montée pour atteindre Ilet à Bourse.

En montant vers l'Ilet à Bourse"


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15563070


Mais on n’a pas prévu que le gîte n’ouvre qu’à 15h et on doit attendre devant la porte !! On bavarde avec une fille faisant partie d’un groupe qui lui traîne derrière. Elle a vécu quelques temps à Toulouse, y retourne régulièrement, et elle est partagée entre vivre ici ou là-bas …


Le gîte d’Ilet à Bourse (géré par l’ONF) est un ensemble de coquets pavillons (chambres ou dortoirs) entourés de pelouse et de fleurs. Le gardien nous accueille et nous place dans notre pavillon tout équipé. On tombe les sacs, on prend une douche puis on s’écroule sur les lits…

Le gîte d’Ilet à Bourse" 


Vers 18h, on va boire un pot Chez Johnny : c’est le voisin qui fait bar juste à côté de l’école, qui fait aussi gîte, camping et … radio solaire ! Radio Mafate : c’est lui qui passe la musique, fait les annonces et gère la technique ! Comme il n’apparaît sur aucun site internet : ici, on lui fait de la pub -> on peut le joindre au 0692 27 48 60.


En attendant l’heure du repas, les Réunionnais qui grimpaient en même temps que nous, mettent l’ambiance : musique, blagues, et petites histoires.


Repas du soir : rhum arrangé plusieurs fruits, salade chou et papaye verte, carri de poulet + grains + riz, gâteau de banane.


Repas super animé : deux tables de huit avec des discussions croisées entre les tables, les personnes, et pleins de sujets abordés. Mon voisin de table, amateur de sports nautiques nous a parlé du problème des requins, une femme médecin retraitée a parlé du drame des enfants réunionnais enlevés à leurs parents pour repeupler la Creuse, les Réunionnais « de souche » ont expliqué pourquoi ils n’étaient pas racistes vu que leur famille était composée de membres de chaque communauté, et tout le monde a parlé des courbatures attrapées lors de la montée à Ilet à Bourse ….

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20/11


Grande ambiance au petit dej. : les Réunionnais sont survoltés pour leur deuxième journée de rando. On déguste avec le café et les tartines, des maracujas fraîchement cueillis dans le jardin du gîte. Beau temps, quelques nuages d’altitude, de la brume sur les sommets vers Salazie.


On quitte cet agréable endroit à 7h45 pour reprendre le GR2. Quelques petites montées et descentes dans une belle forêt avant de retrouver le GR3 à l’intersection la Plaque. C’est là que débute la grimpée du sentier Scout : près de 900 mètres de dénivelée à faire d’une traite pour parvenir au Bord Martin, qui fait le passage vers le cirque de Salazie.


Il nous faut un peu moins de 3h pour parcourir ce sentier : il est plutôt agréable, pas trop raide et traverse des paysages magnifiques. On croise plusieurs groupes de randonneurs. Plus on grimpe, plus le sentier est en corniche et, parvenus aux trois quarts, on est carrément sur une arrête entre deux vallées !

En remontant de chemin Scout"


La dernière partie est plutôt humide avec un sentier qui devient boueux : on traverse une forêt tropicale avec de nombreuses fougères arborescentes et la fin se fait dans la brume qui vient du cirque de Salazie.

En remontant de chemin Scout"


Arriver au Bord Martin, c’est aussi arriver à la route qui mène au Col de Bœufs. Les parkings sont pleins !


On commence la descente vers le Bélier et Grand Ilet, à la recherche d’un kiosque pour le picnic. Il y a un petit sentier qui coupe les lacets de la route, mais il s’arrête bien vite. On trouve un kiosque où on s’installe pour manger. On est un peu trempés et il n’y a pas un seul rayon de soleil pour nous sécher !

En descendant vers le Bélier"      Le Bélier dans la brume" 


On a à peine repris la route qu’une voiture 4x4 s’arrête à notre hauteur et nous invite à faire le reste de la route avec eux ! On termine donc les quatre derniers kilomètres de la rando en voiture, sur le plateau arrière, nez au vent !


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15563101


Retour au gîte de Liliane Bonald à 13h où il n’y a personne. Mais la porte est grande ouverte et on retrouve nos valises dans une chambre. Douche, rangement, repos. Pot « en ville ». De retour au gîte, on profite de la connexion pour mettre à jour le blog !

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21/11 et 22/11


Hier, on a fait une série de déplacements en autocar pour sortir du cirque de Salazie et rallier St Denis.


Et l’après-midi, on a tourné en rond dans St Denis et trainassé sans but bien défini. Bref, une journée glandouille. Le soir, on a bavardé tard avec nos hôtes, à comparer nos styles de vie en métropole et à La Réunion.


Aujourd’hui, malgré le fait qu’on se soit levés tôt et couchés tard, on a passé la majorité de notre temps dans les autocars ! En effet, comme nos mollets sont un peu saturés des randos, on a opté pour la visite du musée Stella Matutina, à Piton St Leu, théoriquement à une heure de car de St Denis.

Le musée Stella Matutina"


À 7h30 on attrape le bus 12 qui descend en ville. Il est archi plein, au point que le chauffeur n’ouvre pas les portes de la montée ; alors, avec d’autres, on monte par la porte réservée pour la descente, et ce, sans composter nos billets…


À la gare routière, contrairement au jour d’arrivée sur l’île, il y a très peu de monde dans le bus qui va vers St Paul. À peine démarré, c’est immédiatement l’embouteillage. L’autoroute qui longe le littoral a été réduite de 2x2 voies à 1x2 voies en raison de récents éboulements de la falaise sur la route, et de travaux pharaoniques dans la mer, en parallèle avec la route et consistant à doubler celle-ci. On a largement le temps de voir en détails ces travaux, où d’énormes engins de chantier œuvrent à faire basculer d’énormes rochers et autres pièces de béton dans la mer.


On arrive au musée Stella Matutina vers 11 h. Ce musée (national) est consacré à l’industrie sucrière, et plus largement, à l’histoire de la Réunion. De plus, il héberge une exposition temporaire sur un épisode dramatique de l’histoire de l’esclavage.


Ce musée est installé dans une ancienne usine sucrière, où un grand nombre de machines a été conservé, et le circuit de visite s’effectue sur quatre étages. Ces gigantesques machines servent de support aux différents thèmes abordés : la fabrication du sucre, les plantations de canne, puis plus largement, l’implantation des colons, l’esclavage, les différentes vagues de peuplement, la vie sociale, etc . avec de nombreuses vidéos.


L’exposition temporaire est consacrée aux esclaves malgaches abandonnés sur une île déserte au 18ème siècle, au milieu de l’océan indien à la suite du naufrage du bateau qui devait les amener à Rodrigues. Ces esclaves avaient été achetés à Madagascar puis transportés clandestinement par un capitaine français peu scrupuleux. À la suite du naufrage, l’équipage du bateau en a reconstruit un autre et a pu repartir, mais il a abandonné les 90 esclaves rescapés du naufrage sur cette île déserte sans végétation et battue par les tempêtes, en leur promettant de revenir les chercher. Ce qu’ils n’ont pas fait. Au bout de quinze ans, un bateau a été missionné pour voir ce qu’il en était, a recueilli des survivants : sept femmes et un bébé. L’exposition s’appuie sur les travaux des archéologues qui ont fouillé le site, à la recherche d’indices leur permettant de répondre à la question : comment survivre sur une île déserte pendant quinze ans.


On sort de ce musée vers 15h. Il fait une chaleur horrible. De retour à St Paul, on attrape le bus de 17h10, et là ça devient l’enfer : on tombe dans un super embouteillage qui paralyse tout le littoral nord de l’île. On arrive à St Denis vers 19h !


On passe la soirée à bavarder avec nos hôtes…

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23/11


Sur notre demande, la femme de notre hôte, nous amène en voiture à l’aéroport. L’expérience des bus d’hier nous a un peu refroidi. On est donc dès 8h30 à l’aéroport.


Notre avion Air Austral pour Johannesburg est aux trois quarts vide et il part avec un quart d’heure d’avance. Vol calme. Au décollage, une fois passée la couche de nuage, on admire le Piton des Neiges et le volcan de la Fournaise. Plus tard, le survol du sud de Madagascar est impressionnant : la côte Est rigoureusement rectiligne, pas une seule route visible, pas d’eau dans les rivières… et des beaux lagons inhabités sur la côte Ouest.


Arrivés à Johannesburg, presque personne aux formalités. On prend le train rapide Gautrain (de luxe, à vrai dire) pour rallier Rosebank et retrouver S. au parking du métro.


On passe l’après-midi à bavarder à la maison, regarder les photos de La Réunion et refaire les valises pour les prochaines étapes.


Au repas, on goutte le rhum arrangé au gingembre et citron ramené de l'Ile, et on discute vieilles voitures….

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Auberge Cape Agulhas backpackers

JOHANNESBURG - CAPE AGULHAS


24/11


Cette nuit, il y a eu de forts orages. Debout à 5h car on doit prendre l’avion pour Le Cap. À 6h, A. nous appelle une voiture Uber. À 6h05, c’est une belle limousine noire conduite par une jeune Noire au surnom de Mapoulet. À cette heure-là, trente minutes suffisent pour rallier l’aéroport. Parmi les nombreuses compagnies économiques qui font la liaison, on a opté pour Mango Air.


Le vol de deux heures se passe sans trop de perturbations, bien qu’il y ait toujours des orages dans la région de JNB. Une désagréable surprise nous attend à l’aéroport du Cap : le cadenas d’une de nos valises a disparu et la valise a été fouillée. Il semble que rien ne manque. On va signaler le fait au bureau de Mango, en même temps qu’une dame qui veut se plaindre car on lui a pris du parfum. Mais comme les types du bureau n’ont pas l’air d’être plus émus que ça, on laisse tomber.


Puis on va au bureau de location de voitures (1First) où on a réservé une petite cylindrée pour le prix de 200 ZAR/jour (13€). Au bout de 30mn de queue et de formalités, on prend possession d’un Datsun Go. Les deux valises tiennent à peine dans le coffre !


La sortie de l’aéroport n’est pas trop compliquée et on s’engage sur la N2 vers l’est. On traverse des townships, qui ici, sont franchement des bidonvilles. On trouve l’embranchement de la route R44 qui suit la côte comme une corniche. On a une très belle vue sur False Bay et au loin le Cap de Bonne Espérance dont les sommets cependant reste dans les nuages. On s’arrête à plusieurs points de vue où on observe des dauphins jouer dans l’eau et des cormorans se sécher au vent les ailes écartées


On passe Pringle Bay (où on s’est acheté de quoi faire un picnic), pour passer dans Betty’s Bay. Des panneaux nous invitent à visiter une importante colonie de pingouins installés sur des rochers inconfortables.

False bay"     Pingle bay"  


C’est la surprise dès qu’on sort du parking de Betty’s Bay : les pingouins sont là, dressés sur leurs pattes, plutôt immobiles, agglutinés les uns aux autres. La plupart sont en période de mue et ils ont à la fois les anciennes et les nouvelles plumes. Ils se ressemblent tous ! Il y a un droit d’entrée (20 ZAR/p), et le lieu est aménagé de façon à ce qu’on ne se torde pas les chevilles sur les rochers et de façon à ce que ça ne gêne pas les pingouins. On piquenique dans ce « parc », tout en observant les querelles qui agitent ce petit monde, et dont ne comprend pas la raison. Ils sont près de deux mille couples. Ils partagent ce territoire avec une colonie de cormorans qui sont eux aussi plusieurs milliers à prendre le vent.

Les pingouins de Betty's Bay "


Il y a aussi des dassies, des animaux mammifères qui ressemblent à des marmottes. Et des lézards bizarres.


Voiture jusqu’à Hermanus, où on désespère de ne pas voir de baleines, mais c’était un peu prévisible vu que la saison de leur présence s’achève en novembre.


Puis on entre dans l’intérieur des terres, où les vignes et le blé occupent la totalité du paysage. Enfin, on arrive à l'entrée de la petite ville de Struisbaai où on nous attend à l'auberge Cape Agulhas backpackers. On cherche dans les premiers bâtiments des indices sur la présence de cet auberge, mais on ne voit que des maisons à moitié en ruine habitées par des Africains noirs, et des rues en terre battue où se déroulent des matchs de foot entre enfants dépenaillés. On est dans la ville africaine… La ville européenne est à quelques kilomètres plus au sud, aux rues bien larges et gazonnées et aux maisons cossues


À l’auberge Cape Agulhas backpackers, on nous propose une chambre équipée pour 450 ZAR. L’ambiance est jeune et plutôt baba. Notre chambre donne sur une grande cuisine et salle de repas, avec tous les couverts et ustensiles nécessaires.

L’auberge Cape Agulhas backpackers "


Après quelques courses, on a encore du temps pour aller voir le coucher de soleil au Cape Agulhas qui est le point le plus au sud de l’Afrique (Southernmost tip of Africa), comme en témoigne une petite plaque en bronze. À cet endroit se dresse aussi un beau phare. Lorsqu’on arrive à ce point ultime, les couleurs violacées viennent prendre le pas à l’orange du soleil couchant. Les collines couvertes d’une végétation rase s’avancent doucement vers la côte. Aujourd’hui, la mer et calme, mais on sent bien que les jours de tempête, elle attaque sérieusement les rochers de grès qui sont complètement déchiquetés.

Le Cap des Aiguilles" La ligne de partage des océans" Le phare de Cape Agulhas"


Ce point géographique remarquable est aussi celui qui définit la séparation entre l’océan atlantique et l’océan indien. Les premiers navigateurs qui ont contournés l’Afrique poussaient un soupir de soulagement une fois passé ce cap : au large, il y a des bancs de sable assez dangereux…

Pour visualiser ce point remarquable, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15605428


De retour à l’auberge, on se fait un petit repas à base de poulet rôti et de légumes frais et coupés en morceaux, et bouillis par nos soins.

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25/11



Petit dej dans la vaste cuisine attenante à notre chambre. Le bar de l’auberge est déjà ouvert et diffuse de la musique cubaine à plein volume. Ça n’a pas l’air de gêner ceux qui y prennent leur petit dej….


On retourne au Cape Agulhas pour faire une petite balade autour l’épave d’un cargo chinois qui a échoué sur les rochers. Il est à présent tout rouillé et c’est devenu un objet touristique !


La route est assez longue pour rallier Franschhoek : 150 km dans une région plutôt vallonnée, entièrement recouverte de champs de blé récemment moissonnés. Quelques bourgs où les silos et leurs annexes prennent presque autant de place que le village…


On cherche un endroit pour piqueniquer. Pas moyen d’en trouver un ! Les bords de route sont de profonds fossés, et au-delà, ce sont les rangées de barbelés. Les chemins qui parfois s’enfoncent dans la campagne sont privés et sont fermés par des portails. On trouve enfin une route peu fréquentée et qui n’est pas un dépotoir, juste au col qui domine la vallée de Franschhoek De notre emplacement, on a une très belle vue, le ciel est bleu et l’air limpide.


À Franschhoek on visite le musée des Huguenots, consacré aux familles de protestants français, exilés de France après la révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV, réfugiés d’abord aux Pays Bas, puis volontaires pour s’implanter dans la région du Cap. 270 d’entre eux ont fondé une colonie dans cette vallée, où ils se sont employés à cultiver de la vigne.

Franschhoek : La vallée » Le mémorial des huguenots et son musée »  


Le musée est un peu confus, beaucoup de textes à lire et d’un intérêt inégal. L’annexe fait l’apologie de quelques familles françaises, avec quelques objets personnels sans grand intérêt. Un mémorial monumental complète le site.


En dehors de la rue principale où sont rassemblés les magasins de luxe et les restaurants, les rues de Franschhoek sont calmes et reposantes ; on y trouve de nombreux B&B, mais ce n’est pas donné… Le site de la ville est encadré par des montagnes arides, et cela donne un air d’oasis à la vallée. On prend une petite route pour voir les vignes de plus près, mais elles sont bien cachées derrières des rangées d’arbres fruitiers. On doit circuler bien plus loin pour trouver des paysages de vignes. Là aussi, il est interdit d’entrer dans les vignes qui sont du reste entourées de barbelés…

Quelques vignes à Franschhoek  


On prend la direction de Stellenbosch. C’est la capitale du terroir sud-africain. C’est une grosse bourgade, aussi réputée pour son université.


On s’installe dans la chambre 216 de l’auberge Ikhaya backpackers. On s’aperçoit bien vite que la prestation n’est pas à la hauteur des précédentes, surtout pour la question du bruit émis par les consommateurs du bar qui se trouve au rez-de-chaussée. Trop tard pour changer.


On se promène dans les rues de la ville qui elle aussi possède deux quartiers bien distincts : Church street et ses bars en terrasse, ses restaus et ses magasins de luxe, et du côté de Bird street , c’est l’Afrique !


 Du côté de la gare routière »  Cherchez le nom de la rue »  

Au centre il y a encore quelques maisons anciennes, agrémentant la promenade de fin d’après-midi. On fait quelques courses dans un supermarché où les gens sont survoltés à cause des soldes du vendredi noir. Les gens achètent par douzaines les bouteilles de Coca de trois litres. L’animateur beugle ses promotions dans le micro, en africans. Ici, tout est en africans. Peu d’anglais.


On se fait un petit picnic à la maison avec des plats préparés achetés au supermarché.

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Claremont, Le Cap

STELLENBOSCH – LE CAP


26/11


En fait, Stellenbosch fait partie de la grande banlieue du Cap. Ce qui fait qu’en 30 mn d’autoroute, on est déjà au pied de la Montagne de la Table, flanc est. C’est là que se trouve le Kirstenbosch botanical garden. La route qui y mène depuis la sortie d’autoroute traverse un quartier de toute beauté, où l’on aperçoit à peine les opulentes maisons tant la végétation est luxuriante.


Le jardin botanique occupe tout un pan de la montagne ; des chemins parcourent les vallonnements et les talwegs où sont rassemblées par thèmes les plantes qu’on trouve en Afrique du Sud. Elles sont implantées « à la naturelle », et on s’imagine facilement être dans la « nature ». Seules les plantes du désert sont rassemblées dans une vaste serre sèche. Le clou du jardin est le sentier aérien qui permet de voir de près la canopée.

Le jardin botanique de Kirstenbosch "  


Il y a un jardin des senteurs où l’on est invité à tripoter les feuilles des plantes aromatiques. Il y a un jardin des plantes médicinales et utiles employées par les natifs premiers de la région. Il y a même un sentier pour les aveugles aux descriptions écrites en braille. Et encore un sentier qui traverse des cycadées, ces plantes qui étaient majoritaires à l’époque des dinosaures dont on voit quelques exemplaires (en métal..) embusqués derrière les troncs !


Le jardin botanique de Kirstenbosch "  

On est resté trois heures dans ce lieu enchanté. Quand on se dirigeait vers la sortie, des familles s’installaient sur les pelouses, étalaient les nappes et disposaient les couverts pour le picnic.


On rallie en peu de temps Groot Constancia, toujours sur le versant est de la Montagne de la Table, qui est un haut lieu du travail de la vigne, et avec diverses activités liées à la dégustation du vin, dont des restaurants en terrasse, avec vue sur les vignes et au loin, l’océan.

Groot Constancia "  


Après un petit picnic, on se promène dans les vignes : la floraison est terminée et les premières grappes apparaissent.


Puis on traverse par une belle route en lacets, la partie basse de la Montagne de la Table. Au col, le parc national de Silvermine propose des promenades autour d’un lac de retenue. Ici la végétation n’a rien à voir avec celle du flanc est : petits buissons rabougris, hautes fleurs jaunes, arbustes qui ont dû crever à la suite d’un vaste incendie. Ici le vent se fait bien sentir. Des gens se baignent, d’autres piqueniquent en famille.

(en haut : ) Silvermine "                      (en bas : ) Chapman's point "  La plage de Noordhoek


On remonte la route du bord de mer (à péage…) qui évolue en corniche sur le flanc ouest de la péninsule, jusqu’à Chapman’s point. À cet endroit, on voit nettement les couches de grès (-500 millions d’années) se superposer dans un contact net au pluton de granite qui est le soubassement de la Montagne de la Table.


De là, on rallie le quartier de Claremont, à l’est de la Montagne de la Table, où se situe le logement airbnb qu’on a prévu d’occuper pendant les trois prochains jours. Comme il nous reste un peu de temps avant la remise des clés, on va faire des courses pour ce soir dans un Pick and Pay installé dans le hall commercial proche de la gare de trains de Claremont.


On attend déjà un bon quart d’heure devant la maison avant que la sœur de l’hôte nous ouvre la porte (elle avait un problème avec ses enfants …). La maison où l’on habite est derrière la maison principale : studio aménagé, propre, avec beaucoup de coussins et de babioles, mais rien pour poser les valises, ni de table pour manger…


On piquenique un repas préparé acheté chez P&P.

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Le Cap de Bonne Espérance

LE CAP of Good Hope


27/11


En partant ce matin, on fait bien attention aux fermetures de portes et aux alarmes. En effet, hier, quand notre hôte nous a fait entrer dans la maison, il a fallu 1) ouvrir le portail pour entrer la voiture, 2) ouvrir le cadenas de la porte qui sépare le parking du jardinet, 3) ouvrir le verrou de la grille aux barreaux de 15 qui sépare le jardinet de la minuscule courette intérieure, 4) ouvrir la serrure de la maison 5) et là on a dix secondes pour taper le code sur le clavier de l’alarme. Bien sûr, la fille a mis un code erroné (étape 5 = game over), l’alarme s’est mise en route, bien stridente. Ici chaque maison est entourée de barbelés et ou des fils électriques sur un mètre de hauteur au-dessus des murs qui font déjà deux mètres… On s’attendait à voir surgir la milice des voisins vigilants, armés jusqu’aux dents, mais rien de tout ça. La fille ne s’est pas démontée, elle a téléphoné à sa sœur qui lui a donné le bon code, et tout est rentré dans l’ordre. On a tout de même répété encore une fois toutes ces opérations avec la fille, histoire de voir si on s’est bien compris…


Voilà pourquoi ce matin, on fait bien attention aux fermetures de portes et aux alarmes !!


Mais malgré toute cette attention aux choses de la maison, voilà que la lampe de la chambre claque !


Va falloir envoyer un SMS au proprio…


En sortant, on prend donc bien soin d’effectuer les étapes de 5 -> 1


L’excursion du jour : Cape point. Cela consiste à aller en voiture le plus loin possible au bout du Cap de Bonne Espérance, et là faire de petites ballades à pied. C’est endroit relève des Parcs nationaux, en l’occurrence le PN de la Montagne de la Table et grâce à notre Wild Card, c’est gratuit pour nous. Sinon c’est bonbon : 175 ZAR/p (14€).


Avant d’entrer dans le parc de Cape point, on fait quelques arrêts : la tranquille et charmante plage St James, (les travaux de la route nous empêchent d’aller voir le port de Kalk bay), Simon’s Town et sa base militaire, et surtout, les pingouins de Boulders. Ici, c’est le Parc national de la Montagne de la Table qui gère le site.

 La plage St James"    Simon's Town"  


Les pingouins sont moins nombreux qu’à Betty’s Bay. La plupart sont debout, le bec en l’air, à regarder les avions passer. Quelques-uns se bousculent et même s’échangent des coups de becs sans qu’on en comprenne la raison. Le site est plaisant : la mer a attaqué le niveau granitique de cet endroit de la côte, le transformant en d’énormes boules et libérant des épaisseurs de sable dans lesquelles se nichent les pingouins.

 La plage des pingouins"


On ne se lasse pas de les observer (malgré la forte odeur ammoniaquée...).


On continue jusqu’à l’entrée du parc de Cape point où il y a déjà beaucoup de monde au péage. Une belle route en corniche nous mène presque au bout du cap qui à cet endroit est très en relief. On trouve un lieu sympathique pour piqueniquer au bout d’une route isolée qui mène au bord de mer à la hauteur de la croix de Vasco de Gamma.

On n'a pas vu le lièvre !"  Vers Cape Point"  La croix de Vasco de Gamma  


Au bout de la route, on choisit d’aller au parking du Phare, il est complet et on se gare comme on peut sur le bord de la route. On fait le sentier (les planches sur un quart du parcours) qui descend sur un peu plus d’un kilomètre, jusqu’au promontoire qui est géographiquement le Cap de Bonne Espérance. On traverse une végétation très originale faite de buissons et touffes de fleurs ou de succulentes, peuplée d’oiseaux et de gros lézards. On surplombe des falaises peuplées de cormorans qui passent leurs temps à les repeindre en blanc. Et aussi une belle plage de sable aux eaux turquoise. Des surfeurs, qui ont mis la tenue de plongée, tentent de prendre la vague. Le Cap de Bonne Espérance, une moyenne falaise de grès qui s’éparpille dans l’océan, est sous le vent frais du large.

Le Cap de Bonne Espérance "          Les fleurs du Cap"  


Retour au parking pour visiter le site du premier phare construit dans les années 1850. Celui-ci, et ça partait d’une bonne intention, a été élevé à 260 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui portait théoriquement les rais de lumière jusqu’à 64 km, ce qui arrangeait bien les navires car le cap est prolongé de rochers affleurant et de bancs de sable. Le problème a été qu’il était bien souvent inopérant, car à cette altitude, les nuées venant de la mer froide s’y installent dès la mi-journée. On en a fait l’expérience nous-même : en y montant, le ciel (tout comme le phare) était bien dégagé, à peine arrivés la brume s’y installait, au grand dam des touristes qui souhaitaient y faire des selfies…

La brume arrive..."  Les fleurs du Cap"  


Du coup, on est allé voir le nouveau phare, bien plus bas.


Sur la route du retour, toujours dans le parc, on prend des routes de traverse et on se promène sur le promontoire de Gilkommetjie, puis par une piste où on rencontre deux zèbres, on arrive à Olifantsbos. Cet endroit est magique. Déjà par le fait qu’il n’y a ici quasiment personne, alors que c’est la bousculade au phare… . Et la promenade proposant de longer le bord de la mer jusqu’à l’épave du Thomas T. Tucker, un Liberty Ship américain, coulé en 1942, est de toute beauté, bien qu’épuisante (soleil sur la tête, sable dans les chaussures !). On y voit de nombreuses colonies d’oiseaux de diverses espèces, y compris deux autruches !! Quant à l’épave, elle est dans un sale état…

Ça chauffe pour le lézard "  Cherchez l'autruche ! "   L'épave T.T.T."  


Vers 17h30 on sort du parc, et il nous faut bien une heure pour rentrer dans notre maison, et même un peu plus car on doit prendre quelques provisions pour le repas du soir dans un P&P, heureusement ouvert ce dimanche soir…


Bingo ! on a réussi les étapes de 1 -> 5 !! On est maintenant bien douillettement … derrière les barreaux !!

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Départ de Nursery Ravine, Le Cap

LE CAP – Table Mountain


28/11


Ce matin, debout très tôt : le programme de la journée est de « se faire » la Montagne de la Table depuis le Jardin Botanique et retour. Et en prenant comme hypothèse quasiment certaine qu’en partant tôt, on évitera les nuages qui régulièrement couvrent le sommet de la Table. On s’était renseigné, le Jardin Botanique ouvre à 6h.


Donc, à 6h10, on arrive à la grille de la Gate 3 ou Rycroft gate, du Jardin Botanique (bien sûr, on a respecté les étapes de 5 -> 1, on est des pros de la sécurité…). Et devant la grille fermée, quid ? On relit les horaires affichés : le Jardin ouvre bien à 6h, mais uniquement les week ends ; en semaine, c’est 7h30 !!!


Derrière la grille, on voit un garde de la sécurité faire les cent pas. On l’interpelle et on lui explique qu’on veut juste faire une rando vers la Table. Il est tiraillé par des sentiments contraires, nous demande si nous avons une carte, on lui dit qu’on a une WildCard qu’il tourne et retourne, et finalement, il nous ouvre la porte, en nous demandant d’inscrire nos noms sur un registre. Et on passe, sans payer l’entrée du parc…


On voit bien que la Montagne de la Table est couverte par les nuages, et on pense raisonnablement qu’avec la montée du soleil, les nuages se dissiperont. On démarre la randonnée en traversant le magnifique Jardin Botanique qui à cette heure matinale est de toute beauté. Pour monter, on a choisi la voie Nursery ravine. Elle est quasiment toute nouvellement aménagée, avec des marches fabriquées avec des rondins de bois. Cependant au fur et à mesure qu’on prend de l’altitude, le sentier est de moins en moins aménagé, voire disparaît dans un chaos de rochers. On longe un torrent à sec qui dévale une ravine dans une forêt. C’est beau, mais on tire la langue.


En grimpant dans cette forêt, on ne s’était pas tout de suite aperçu qu’on était entré dans la zone des nuages, et lorsque les buissons et arbustes succèdent à la forêt, on se retrouve dans la brume ! On parvient au bout de deux heures de grimpette au premier « rond ». (Les « ronds » sont des points d’infos cartographiées gravés sur une plaque en inox, scellée dans cylindre en béton, cylindres placés aux carrefours de sentiers par les gens du parc national.)

 Nursery ravine"  Les ronds"  


On s’aperçoit que les temps des étapes indiqués sur le « rond » sont largement supérieurs aux temps qu'on met. Que la brume est de plus en plus dense. Et que l’on est déjà bien trempés du fait de la rosée sur les plantes…


On rejoint le sentier du Skeleton ravine (qui était l’itinéraire alternatif) et on grimpe encore une bonne heure. Il faut mettre les mains dans des passages délicats, mais ça passe. Il y a beaucoup de sables sur le sentier et ça colle aux chaussures, et ça rend glissant les rochers couverts d’humidité… On parvient au MacClear’s Beacon (1086m) en moins de temps que prévu par les « ronds ». Un beacon est un genre de cairn. Celui construit par MacClear en 1844 lui a servi à faire de la triangulation et ainsi rendre plus exactes les cartes de l’époque. À notre arrivée, les nuages se craquellent un peu et le soleil apparaît, laissant entrevoir des pans de l’itinéraire encore à parcourir.

Des herbes envahissantes"   Les fleurs du Cap"  


Rochers fantomatiques "  MacClear's Beacon"  Une éclaircie sur Camps bay"  

De là on parvient vers 10h à l’arrivée supérieure du téléphérique (hé oui, il y a un téléphérique… mais qui vient de la face opposée, côté océan !). L’endroit est encombré de gens venus faire des selfies en claquettes. Entre deux échancrures de nuages on voit en bas la côte de Camps Bay. On prend un pot au restau (pardon, à l’éco-restau) où une jeune fille prend notre modeste commande qu’elle enregistre sur une plaquette électronique, et pendant qu’on règle notre dû, notre thé/café nous attend à un autre comptoir où en échange, on rend notre plaquette. Beaucoup de sophistication…


On reprend le chemin du retour vers 11h, le ciel s’est un peu levé, les habits ont séchés (sauf les chaussures) et on voit enfin des paysages complets. On piquenique dans un endroit magnifique surplombant les Flats ( = la plaine à l’est de la Table). Pour la descente, on choisit la Skeleton ravine où l’on croise pas mal de gens qui montent en tirant la langue. La Skeleton ravine s’avère plus pentue que la Nursery ravine, et le sentier beaucoup moins bien entretenu et se perd souvent dans des chaos de rochers. Des échelles en bois assez vertigineuses complètent la difficulté.

 La visibilité revient ! "  Dans Skeleton ravine " Les fleurs du Cap"  


On se retrouve devant la grille Rycroft du Jardin Botanique vers 14h30, déjouant tous les pronostics basés sur les temps annoncés par les gens du Parc National. On a tout de même mal aux genoux…


Pour visualiser cette rando, allez sur le lien :


http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=15641564


À la grille, on pensait qu’on allait nous demander de régler l’entrée (ou plutôt, la sortie…) du Jardin, mais le gars de la sécurité était trop occupé à draguer la caissière, ce qui fait qu’on est sortis, cool. Retour à la maison, douches, quelques bricolages.


Et nous voilà repartis pour le quartier de Bo-Kaap et Long street, le centre plaisant et animé de la ville. On gare la voiture, un parking-man surgit et nous explique quelque chose, et on se doute qu’il s’agit de payer quelque chose. On ne comprend pas un mot de ce qu’il dit, aussi on lui explique qu’on est des touristes français et s’il vous plait, parlez plus lentement. Et le gars se met à parler français pour nous expliquer qu’on lui doit une demi-heure de parking, ce qui fait 8 ZAR. On est assez interloqué, mais il semble qu’ici, ce genre de petit boulot est confié à des gars immigrés issus de l’Afrique de l’Ouest. Pendant qu’on cherche nos sous, le gars prend en photo la plaque d’immatriculation de la voiture et nous fait une facture avec une mini imprimante qu’il porte à la ceinture. On n’arrête pas le progrès…

Bo-Kaap" 


Petit tour dans le quartier coloré de Bo-Kaap, essentiellement musulman. Puis on arpente Long street assez animée, où il subsiste quelques maisons traditionnelles et une place où s’entassent les marchands de souvenirs. On sacrifie à notre devoir de touriste et on prend un pot bien mérité à la terrasse d’un café. Il faut dire que ce type d’endroit est plutôt rare en Afrique du Sud, où les rues sont désertes et où les gens descendent de leur voiture uniquement pour aller dans les supermarchés…

Quelques maisons traditionnelles dans Long Street" 


Avant de retrouver la voiture, on s’arrête dans une petite échoppe qui fait de la cuisine d’Afrique de l’Ouest. On en repart avec une barquette take-away remplie d’un mets dont on ne se rappelle pas le nom…


Retour à la maison. Le plat est composé de beaucoup de riz très épicé au goût de fumé et des petits bouts de viandes dures non identifiées.

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29/11


Grasse mat. On prend notre temps pour ranger nos petites affaires. La femme de ménage et le jardinier de nos hôtes sont à leur ouvrage lorsqu’on sort de notre maison. Le jardinier nous aide à mettre les bagages dans le coffre et la femme de ménage nous soulage de la corvée de l’alarme et des serrures.


On passe la matinée à suivre en voiture le bord de mer de Hout Bay, Llandudno, Bakoven, Camps Bay. Puis on pousse jusqu’à Signal Hill, un point de vue idéal sur la ville du Cap, le port et la Montagne de la Table.

Camps Bay"      False Bay"     Train de banlieue"


A l’heure du repas, on n’hésite pas à retraverser l’est de la ville pour rallier Kalk Bay : il y a ici un fish & chips à ne pas rater. C’est un établissement populaire où les portions sont énormes et l’ambiance sympathique. On commande une seule portion pour deux (55 ZAR !) plus quelques samossas et on en a largement assez. On se promène sur le port qui abrite surtout des bateaux de pêche et on a la surprise de voir une otarie se prélasser sur le quai. Plus loin, des enfants sont allongés ventre sur le parapet à regarder les vagues, mais aussi un bal d’otaries qui font des rouleaux dans les vagues. On comprend pourquoi, quand on passe devant le stand où les pêcheurs débitent des filets de poissons pour les clients. Les otaries doivent avoir aussi leur part…

Fish & chips" Le ballet des otaries 


Attention, otarie méchante ! " Le repos de l'otarie"  Poissons frais de Kalk Bay"

On reprend la route en sens inverse : on va prendre une pause café/thé au Rhodes Memorial. Cet endroit, plutôt à l’écart des circuits touristiques, fait partie du Parc National et, depuis son restaurant, on bénéficie d’une vue imprenable sur les Flats et les montagnes du vignoble.

Dernier coup d’œil sur la Montagne de la Table, le port du Cap, et le Rhodes memorial   



À 16 h il est temps de rendre la voiture. À l’aéroport les formalités de retour sont rapides.


Le vol pour JNB est très tranquille. On y retrouve S. qui nous ramène chez elle. On se met au courant des dernières nouvelles. Et avant de se coucher, on discute et on cherche la différence entre les otaries et les phoques. Finalement, ici il serait question de l’otarie à fourrure du Cap.

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Mandela House, Orlando west, Soweto

JOHANNESBURG


30/11


Grasse mat. On déjeune avec S. et on bavarde au sujet de l’avenir de l’Afrique du Sud : pas très optimiste. À cause de la crise et de la corruption les tensions entre les communautés s’aggravent et des partis populistes noirs s’en nourrissent.


S. nous amène à Soweto visiter la maison de Nelson Mandela de Wilakazi St (Orlando West). Cette maison de briques et de taule a été construite en 1945, dans la continuité de la politique initiée par les Anglais en 1927 et qui consistait à implanter les familles noires à distance de Johannesburg. De ces maisons, il en existe encore quelques-unes dans le quartier ; mais celle de Mandela est devenue un lieu de pèlerinage (et celle de Desmond Tutu n’est pas loin), alors ce quartier a complètement changé avec l’arrivée des restaurants, des magasins de souvenirs, des tour-operators qui proposent des visites de Soweto en vélo, et il y a même de charmantes B&B et des guesthouses dans les rues alentour fraichement repeintes.


On trouve que la maison de Mandela, qui est devenue un musée (60 ZAR), fait plus la gloire à Winnie sa deuxième femme, personnage controversé, qu’à Mandela lui-même…

Soweto a bien changé "   Un détenu célèbre " La prison d'Old Fort "   Les collégiens devant les cellules d'isolement "


Pour avoir une vision plus complète de l’histoire de la lutte anti-apartheid, on est mieux informés aux diverses expositions de Constitution Hill, où S. nous dépose. Sur cette colline qui domine le centre-ville (- si on peut dire qu’il y ait un centre dans cette gigantesque conurbation…), il y a quatre lieux historiques de cette période : l’Old Fort, qui servit de prison, les Numbers 4&5, bâtiments qui servaient de prison, le Women’s Gaol qui servait de prison pour les femmes, et enfin, le bâtiment moderne de la Constitutional Court pour la construction de laquelle des briques des autres prisons non réhabilitables ont servi.


Les conditions d’enfermement des prisonniers, pour la plupart des politiques (dont M. Gandhi), étaient terribles : surpeuplement, humiliations, arbitraire.


En sortant de Constitution Hill vers midi, on cherche un endroit pour manger un petit quelque chose. Le quartier (Hillbrow) est un peu délabré, avec d’imposants HLM vieillissants hérissés de paraboles, des boutiques où s’entassent les marchandises, des trottoirs défoncés.


À un carrefour, en attendant que le feu passe au rouge, on entend un couple s’engueuler en français ! une histoire de garde d’enfant et d’argent… Décidément l’Afrique du Sud est l’Eldorado de toute l’Afrique noire…


On va dans un fish & chips où on commande … un large fish & chips. Mais notre anglais doit être vraiment pourri, car le gars nous ramène une grande saucisse, avec des frites ! Comme c’est l’heure d’affluence, on avale notre « russian » (c’est ainsi qu’on appelle les saucisses ici).

Le Jozi Fish n Chips"  Twist street"


Twist street" - Avant ..." – Après "  

On descend Twist St, une large rue encombrée par des vendeurs à la sauvette et des échoppes où les marchandises de valeur (alcool...) sont empilées derrière de gros barreaux. Une échoppe sur deux est un « salon de coiffure ». Un petit marché de fruits et légumes improvisé se tient sous des bâches aux alentours de la station de Park central. Jeppe St est bien animée et ses magasins sont mieux rangés. On tombe sur un passage couvert (Smal St) avec une centaine de boutiques où les gens se bousculent pour acheter des fringues bon marché.

Du côté de Park Central  "


À quelques blocks de là, l’ambiance change totalement : on est dans le quartier des banques et des administrations, costumes cravates… Des immeubles plus que centenaires semblent perdus au milieu des grands immeubles aux façades en verre teinté.

La pause casse-croute " Pas de poussettes ici ! "  Dans le quartier des bureaux "


Encore quelques blocks, encore une vision différente sur de grands espaces laissés à l’abandon et aux détritus qui volent au vent…


S. vient nous chercher en voiture et nous ramène à la maison.


Le soir, on déguste un bobotie, un plat d’ici, à base de viande hachée et d’épices, préparé par S.. On échange nos souvenirs de voyages et d’excursions, et aussi, on discute de la meilleure stratégie à adopter pour qu’on ne nous pille pas nos bagages enregistrés à l’aéroport international de JNB, comme on a tenté de le faire lors de notre vol pour le Cap…

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01/12


Encore une grasse mat ! On traîne et on bavarde au petit dej..


S. nous emmène à Parkview : on souhaite retourner au magasin de souvenirs qu’on avait visité le premier jour. On y fait quelques achats.


On passe une grande partie de l’après-midi à ranger nos petites affaires… puis à faire une petite sortie à pied dans le quartier jusqu’au Zoo Lake et Parkview. Dans ces quartiers bunkerisés, c’est une toute autre ambiance de celle de la veille : longues avenues désertes de piétons, hauts murs protégés par des fils électriques, surveillance par des caméras vidéo tous les dix mètres. On fait une petite visite à l’Alliance Française pour voir s’il y a des journaux récents ; rien.

JNB :  Armées de protection "  …Forteresses" …et rues désertes"


Un orage interrompt notre promenade.


17h30 : on remercie S. et A. pour leur généreux accueil, et c’est le départ pour l’aéroport. Un Uber nous prend en charge. Heureusement, les embouteillages ne se forment que sur la voie opposée de l’autoroute !


À l’aéroport, on prend la précaution d’emballer nos bagages de soute dans des films plastique, suite à la mésaventure de la valise ouverte et du cadenas brisé lors de notre vol pour Le Cap. Au check in, la réceptionniste nous fait une fleur en acceptant notre troisième bagage alors que notre tarification n’en acceptait que deux. Les fouilles des bagages à main et formalités sont interminables avec de longues files d’attente et la bousculade généralisée. Et ce, dans une ambiance sonore à rendre dingue : juste à la sortie des contrôles, dans le hall des duty free, un petit orchestre de percussions fait de l’animation en même temps que les annonces de vols par haut-parleurs.


On parvient à l’embarquement alors qu’il a déjà commencé : finalement, on a calculé juste pour ce départ ! Il faut en effet du temps pour embarquer les 600 personnes de cet A380.


Vol un peu secoué par des turbulences, une nuit sans sommeil, puis une correspondance au petit matin pour Toulouse dans un avion plein à craquer.


À l’approche de Blagnac, dont les pistes sont noyées dans d’épaisses couches de brouillard givrant, le pilote de l’A320 est contraint de remettre les gaz à la dernière minute et de refaire un grand tour pour se repositionner correctement…


On a quitté JNB à 27° et on arrive à Blagnac à 0° !!


Fin de l’aventure dans l’hémisphère austral !