Carnet de voyage

Carnet de Jean-Paul C dans les Îles grecques

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Quelques anecdotes totalement subjectives et partiales. Tout est idyllique avant le départ, mais la réalité reprend vite le dessus ...
Du 26 septembre au 16 octobre 2019
3 semaines
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Publié le 27 septembre 2019

26/09


Hier


Le vol Volotea pour Santorin au départ de Toulouse est annoncé avec un départ à 22h au lieu de 19h… .Ça fait flop du côté du planning ! Puis finalement on part à 19h45 !!! Il y a du mou dans la communication.


Et on arrive à Santorin vers 23h45 soit une demi-heure de retard. Il fait chaud. On s’empare de nos valises à roulettes (qu’on nous a mises d’office en soute) et, comme on ne peut pas compter sur les transports publics à cette heure tardive, on se fait à pied les 2,5km qui nous séparent de notre logement qu’on a réservé par internet. Il fait nuit noire. La circulation est rare. On traverse des villages où des gros chiens aboient comme s’ils n’avaient pas mangé depuis quinze jours.


Arrivés à notre logement, Anna pension, on est un peu en sueur. Sur la porte de la réception, un mot nous attend : « chambre 17, la clé est sur la porte » ! La chambre est large, claire et dispose d’un coin cuisine et d’une sdb, le tout comme si elle était sortie d’usine hier ! Douche, dodo.


Aujourd’hui


Réveil à 8h. On cherche à comprendre comment fonctionne la machine à café. On complète avec un petit dej dans le petit salon de la pension. Ceux qui tiennent l’établissement sont affables, serviables et nous donnent avec patience tous les renseignements qu’on leur demande. On est logés à Karterados, un village à un kilomètre au sud de Fira, la capitale de Santorin. C’est de là que partent tous les bus publics (KTEL) de l’île. On trouve un bus qui part bientôt pour Oia, un village tout au nord-ouest de l’île. Au moment de partir, il est plein à ras bord avec en plus, des gens qui s’entassent dans l’allée centrale : 99% de touristes. On met 45 mn pour parvenir à Oia. On traverse des villages qui sont autant de d’habitations pour touristes. On traverse aussi des zones pelées : la route suit une ligne de crête, et survole des pentes de lave à la végétation rabougrie. L’été a dû être chaud ! Mais grâce à cette route on découvre les deux rives, est et ouest, de l’île, les reliefs escarpés plongeant dans la mer à l’ouest, les plaines plus paisibles à l’est.

"Fira, la gare des bus "  " Bousculade dans les ruelles"


À Oia, la descente du bus s’effectue dans la bousculade. Il y a déjà une petite foule autour du bus, prête à partir à l’assaut des sièges à peine libérés. Puis dans les ruelles étroites, la foule des touristes déversés par des dizaines de bus privés, cornaquée par des « guides » brandissant parapluie, se précipite vers LE point de vue qui domine la baie de Santorin. Il faut reconnaître que c’est beau. Les falaises ocres, stratifiées de blancs, tombant à pic dans la mer, les habitations accrochées au moindre relief, le bleu profond de la mer, les îles qui entourent la baie, les bateaux de croisière font un peu oublier le brouhaha…. Et on a du mal à se détacher de cette insouciance « touristique » et du concours de selfies qu’il induit, et on a du mal à méditer sur ce spectacle naturel dont la beauté est en fait dû à une énorme catastrophe volcanique : il y a plus de 3500 ans, une énorme explosion a fait s’envoler 30 kilomètres cube de poussières volcaniques, déclenchant un effondrement de l’île sur elle-même, provoquant un tsunami, évènement dont on pense qu’il est à l’origine de la disparition de la civilisation minoenne, établie en Crète, et dont on pense qu’il est resté dans la mémoire des hommes dans les passages de la Bible évoquant le déluge, la ruine des armées de Pharaon par une vague gigantesque, et autres cataclysmes.

Ah, le beau point de vue 


De Oia part un chemin qui longe le bord de la caldera et conduit jusqu’à Fira (11km). On fait cette randonnée après avoir quitté les ruelles encombrées de touristes en claquettes, et traversé les villages de villégiatures aux maisons luxueuses dotées de piscine à débordement (On se demande où on trouve toute cette eau dans une île aussi désertique). La beauté du paysage nous fait oublier le plein cagnard du soleil de midi, la poussière du chemin quand il traverse des zones de pouzzolane, ou le marches inégales aux pavés qui se détachent sous les pas, sans oublier le relief : ça monte et ça descend sans arrêt. Il y a de nombreux randonneurs qui font cette randonnée prestigieuse dans l’autre sens.

Les ânes, c'est pour les touristes qui n'aiment pas les montées" 

On arrive à Fira vers 14h15. On pique-nique vite fait sous le regard amusé d’un groupe de Chinois qui attendent leur car privé.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/oia-karterados-41727716


Retour à la pension où on récupère nos valises et où on entasse nos courses. À 16h, on attrape le bus qui va au port des ferries à Athinios. La descente vers le port vaut à lui seul le déplacement : route étroite, pentue, vertigineuse, toute en zigzags, où les bus doivent manœuvrer dans les virages, ou se croiser… L’arrivée au port est elle-aussi spectaculaire par le bordel sans nom qui y règne : des dizaines de bus garés à la va-vite, des centaines de passagers inquiets en attente des ferries, de larges terrasse de café bondées, le tout sur une étroite bande de terre… Sans parler du semblant désordre qui met le doute dans la tête de chacun dans cette foule : quatre gros bateaux doivent arriver à quai à la même heure pour la même destination, chacun se demandant comment faire pour se ranger dans l’immense queue qui piétine devant le quai 4. Une employée noyée dans la foule essaye de se faire entendre, elle s’époumone, fait des grands gestes pour tenter de trier les gens, mais c’est peine perdue. Notre ferry (nommé « Superferry ») est à quai à 17h15, charge de gros camions, laisse monter ses passagers, et part à l’heure à 17h30. Ça c’est du bordel organisé !

"Le port d'Athinios " " Notre ferry" "Coucher de soleil"


Le trajet vers Héraklion, capitale de la Crète, dure trois bonnes heures : la mer est calme. On a largement le temps de prendre l’apéro devant le soleil couchant, et … de rédiger le blog ! Débarqués avec une demi-heure de retard au port d’Héraklion, on doit encore arpenter 2km pour rallier le logement bnb qu’on a réservé au sud de la ville. Plus on avance, plus les lampadaires s’éteignent, plus les trottoirs se rebellent contre les roulettes de nos valises, plus on sue à grosses gouttes.


Enfin on trouve l’adresse, on parvient à récupérer la clé dans une petite boite codée (la proprio nous a laissé un message car elle ne peut pas être là), on investit le petit studio et on se précipite sous la douche (après avoir décodé le fonctionnement du minuscule chauffe-eau). La machine à laver est une énigme car tout est écrit en grec, mais, tel Œdipe, on parvient à la faire démarrer ! Diner sur le pouce mais avec une bonne bouteille tout de même.

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Publié le 27 septembre 2019


27/09


La journée s’annonce chaude. À peine sortis après le petit dej, la chaleur nous tombe dessus lorsqu’on va jusqu’à la place Eleftherias. C’est là qu’on doit prendre le bus N°1 pour l’aéroport. On a deux raisons pour aller à l’aéroport : récupérer la voiture de location et récupérer A. qui vient de Paris pour se joindre à notre périple en Crète. La circulation est assez chaotique, de nombreux automobilistes se garant en double file : des camions qui déchargent leur cargaisons, mais aussi les particuliers qui vont acheter leur baguette de pain…


L’agence de location de voiture (Europeo cars à ne pas confondre avec Europcar…) se trouve dans une petite cabane (parmi d’autres) au milieu d’un grand parking en face de l’aéroport. L’employé qui nous reçoit, après quelques simples formalités, nous présente une magnifique Kia Ceed blanche toute neuve, à 20€/j Assurance tous risques sans franchise. Le gars nous explique qu’on devra rendre la voiture au parking du port d’Héraklion et qu’il nous suffira de laisser les clés de la voiture sous le tapis du conducteur ! On va chercher A. à l’aéroport. Son avion a 20 mn d’avance ! Retour à la maison au volant de la Kia, prêts à se confronter à la circulation chaotique. En réalité, tout se passe simplement, dans la placidité grâce à un peu de patience.


Après un piquenique à la maison (tarama et salade de tomate), on visite le site archéologique de Knossos, à 6 km au sud. On découvre que les palais successifs avaient des dimensions imposantes pour cette période antique (-1500 ans avant JC) : des salles sur plusieurs étages, des fresques dans chaque salle, une organisation complexe, des égouts partout, le tout sur 2 km². Bon, il faut faire un effort d’imagination pour s’en faire une représentation car sur le site on ne voit que des murettes, des escaliers et des fossés, avec cependant quelques reconstitutions faites à partir des hypothèses émises par les archéologues. Des fouilles ont été menées depuis 1905, date de la découverte du site et ont recueilli des milliers d’objets qui sont à présent exposés au musée archéologique d’Héraklion. La visite du site se fait sous un soleil ardent, tempéré par des endroits à l’ombre de pins et par un petit vent frais qui vient de la côte.

"Le site et ses ruines" 


"Les reconstitutions" 

On redescend vers Héraklion, où, après une pause glace/gateaux, on visite le musée archéologique. On commence par la salle des fresques. On est stupéfaits par les reconstitutions sur de grands panneaux des fresques originales, à partir de quelques échantillons seulement, tels des puzzles géants dont on n’aurait que 20 pièces sur 1000 !


On poursuit par les salles des objets trouvés lors des fouilles : des milliers de poteries, de sceaux, de bijoux en or, etc, sans oublier le fameux disque d’Ephaïstos dont les écritures sont toujours indéchiffrables à ce jour.

"La salle des fresques" " La Parisienne"


"Les trésors, dont le disque d'Ephaïstos" 

On finit l’après-midi à errer dans les rues piétonnes du centre-ville, plutôt dédiées aux touristes. L’ambiance est tout de même agréable et, la température baissant avec le soleil couchant, devient très supportable. On pousse jusqu’au vieux port protégé par l’imposante forteresse vénitienne, qui à cette heure de fin de semaine laborieuse sert de rendez-vous aux amoureux amateurs de soleil couchant.


Retour à la maison, un peu fourbus après une journée bien chargée.

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Publié le 28 septembre 2019


28/09



Ce matin, eau froide à la douche ! Le soir, après une chaude journée, ça peut aller, mais brrr ! le matin… Enfin, ça réveille ! Journée voiture et petites randos. On décolle à 9h par un beau temps. Autoroute (qui peut être à 1x1 voies) jusqu’à Néapoli (ici, les véhicules lents roulent sur la BAU). Dès qu’on sort de cette autoroute, on apprécie plus le paysage : montagnes couvertes d’oliviers, petits villages et bientôt les rivages de la mer Égée.


Lorsqu’on aborde Elounda par ces montagnes, on découvre une large baie protégée par une grande île. Arrivés près du port de pêche, on se promène le long du bord de mer jusqu’au petit isthme qui clôt la baie. Le site attire quelques touristes, mais c’est encore un peu tôt pour aller s’installer dans les nombreux restaurants dont les terrasses ont les pieds dans l’eau et qui proposent des menus de poissons.


Puis on pousse jusqu’à Agio Nicolaos. On découvre une petite ville dont le port est encastré dans un site étonnant : la mer entre dans la ville par un chapelet de trois lagons, le dernier étant entouré de falaises. Piquenique.


À une dizaine de kilomètres de là, on atteint le village de Kritsa perché dans l’intérieur des montagnes et entouré de milliers d’oliviers. C’est à l’entrée de ce village que démarre la rando qui explore des gorges très étroites et profondes de plus de cent mètres. La rivière est à sec en cette saison, mais on imagine bien les flots chargés de galets cogner les parois de la gorge ! La rando est assez courte (1h30) et s’effectue à l’ombre des corniches, avec un petit courant d’air frais bienvenu. Quelques passages délicats où c’est l’occasion de prêter la main à ces dames. Quelques rares randonneurs.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/kritsa-gorges-41802905


Pour éviter de s’endormir lors de la suite du trajet, on s’arrête dans un café/bakery pour prendre un double café. On a la surprise d’être servi par une jeune Française : elle s’est installée là, dans ce hameau perdu, car « ici la vie est tellement agréable »…On parcourt la route sinueuse dans les montagnes pelées jusqu’à Sitia, le port le plus à l’est de la Crète. Quelques courses avant de s’installer dans l’appartement de 70m² + terrasse surplombant la baie qu’on a réservé à la dernière minute sur internet… Repas de saucisses, patate douce et brocolis.

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Publié le 29 septembre 2019


29/09


Il y a au moins deux randonnées possibles pour effectuer une randonnée dans la « Vallée des morts » à partir de Kato Zakros. On choisit celle qui comporte une petite difficulté : des échelles et une chaîne à laquelle s’accrocher et ce sur 8m pour franchir une paroi presque verticale. On préfère cette rando car l’autre fait revenir des gorges par une route en plein soleil.


On quitte Sitia pour aller par des petites routes tournicotantes vers l’extrême est de la Crète. On traverse des paysages aux reliefs marqués, avec des zones complètement pelées et d’autres verdoyantes tant il y a d’oliviers à perte de vue ! Et de temps en temps, des échancrures de mer bleu profond. Régulièrement, sur le bord des routes on voit de petits autels représentant des basiliques en miniature. Certaines contiennent des bougies, des photos de personnes, des fleurs…


Le hameau de Kato Zarkos est coincé entre une falaise (pelée), la mer (d’un bleu profond), et une petite rivière (asséchée) mais tout de même entourée de luxuriants potagers. La petite plage est bien tranquille, à juste quelques mètres des quelques paillotes s’il faut se rafraichir. Un modeste site archéologique minoen complète l’urbanisme local. C’est là qu’on laisse la voiture.


La rando démarre par un raidillon qui nous fait accéder au plateau que surplombe le village. Ce plateau est profondément entaillé sur la gauche : c’est la fameuse vallée des morts. Aucune idée sur la raison de ce nom. Le sentier est bien balisé : de gros points rouges sur les rochers. Il nous mène jusqu’à l’oliveraie de Zakros. C’est lorsqu’on aborde la descente depuis le plateau et qu’on s’enfonce dans les gorges que les affaires sérieuses commencent ! On suit les galets rassemblés l’hiver par la rivière, aujourd’hui asséchée. La gorge est encombrée par d’énormes rochers transformés en boule par le courant et on s’épuise à les contourner (sans compter les chevilles tordues sur les galets…). La pente s’accentue et on pense à la fameuse difficulté.


On la découvre au dernier moment, et tout compte fait, l’obstacle s’avère franchissable. Quelques chaînes et des poignées en métal scellées dans le rocher. On encadre A. qui a un peu d’appréhension. Et l’obstacle est franchi ! Pour décompresser, on piquenique dans le trou que la rivière a creusé à cet endroit et où il reste un peu d’eau.

À partir de cette pause, la rando s’apaise : on suit une canalisation semi enterrée, avec autour de nous une belle végétation. À la jonction avec la Vallée de la mort, un petit bassin alimenté par une source fraîche nous permet d’y tremper nos mains. Et à partir de là, on rencontre plusieurs randonneurs : c’est la partie la plus à l’est de l’itinéraire de grande randonnée E4 qui traverse la Crète d’ouest en est. Retour à la voiture vers 16h.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/la-vallee-des-morts-de-zakros-41855370


Les filles tentent une trempette à la plage, mais la motivation n’y est pas. Aussi, on reprend la voiture et on pousse jusqu’à Vaï, ou plus exactement Itanos : c’est un site archéologique (il y en a tous les 10km en Crète) qui est au bord de la mer, où l’on peut errer entre les quelques ruines en toute liberté car en accès libre. La petite crique abrite quelques amoureux qui cherchent la tranquillité.


Retour à Sitia où on dîne des plats grecs copieusement servis au resto Zafieti.

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Publié le 30 septembre 2019


30/09


Debout avec le lever du soleil (7h). Vue magique sur Sitia et sa baie. Longue route vers le centre sud de l’île. La côte sud-est n’est pas d’une grande beauté : accumulation de petites industries, entrepôts, terrains vagues etc… jusqu’à Ierapetra. Lorsque la route quitte le bord de mer et prend de l’altitude, c’est bien plus agréable, et ce d’autant qu’il y a moins de circulation. Le relief est bien plus marqué aussi. Ce qui fait que, quand on arrive à un col sans nom, on découvre la vaste plaine de la Messara : une vaste étendue fertile occupée par une forêt d’oliviers. Pas étonnant que les anciens Minoens y aient établi un de leur plus important établissement urbain ( -1600 av JC) : Phaïstos.

La Messara 


Le village de Loukia est le départ de la route goudronnée qui grimpe la montagne qui sépare la plaine de la Messara de la mer. 800 m de dénivelée, 18 épingles à cheveux. On parvient, sur le flanc qui regarde la mer, au minuscule village de Kapetaniana. Et c’est à partir de ce village que commence descendre la piste caillouteuse et poussiéreuse jusqu’à Agios Ioannis, un hameau qui occupe la seule langue de terre un peu plane, encadrée de montagnes plongeant à pic dans la mer. La piste, couverte de cailloutis, est bien pentue, comporte 29 épingles à cheveux et on se demande si la Kia va pouvoir la remonter… Parvenus au petit parking à l’entrée du village, on fait une pause piquenique, assis sur un rocher sous un soleil ardent (dans le coin, pas un seul arbre !)


On fait une toute petite rando par un sentier facile et bien balisé vers l’est, parallèle à la mer : destination, la grotte de l’ermite Agios Antonios (agios = saint). Le sentier est agréable et laisse voir des paysages de toute beauté. Au fond d’une crique isolée, un chalutier rouillé gît sur le sable gris.


Dans ce massif calcaire, les montagnes recèlent de nombreuses cavernes : les bergers s’en servent pour parquer chèvres et moutons. Mais il y en a une, la plus grande, qu’un ermite a squatté, y a bâti une chapelle et y a construit des bassins pour recueillir l’eau d’infiltration. Abondance d’eau, alors que la randonnée s’effectue sur un terrain « seccos » où on tire la langue ! Retour à la voiture : on espère qu’elle s’est bien reposée pendant notre balade, car maintenant, elle doit subir la montée !


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/agios-antonios-41895909


Finalement, à force de respecter un délicat équilibre entre la pédale d’accélérateur et celle d’embrayage (toujours en 1ère), la Kia parvient à nous hisser jusqu’au col, sans plus de caprice que deux sauts de cabri (attention au ravin) et un frottement du bas de caisse sur un gros caillou.


On traverse la Messara pour joindre Vori, une petite ville non loin de Phaïstos. On loge dans la modeste Pension Margit, tenue par une Allemande, et dans laquelle, bien sûr, sont logés des touristes allemands. La patronne nous accueille avec un grand sourire et nous présente notre chambre et autres parties commune (cuisine, salon). Fin d’après-midi : courses puis dîner « à la maison ».

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Publié le 1er octobre 2019


01/10


Après le petit dej, alors qu’il fait encore frais, on visite le site de Phaïstos, le deuxième grand site minoen de la Crète. La différence avec Knossos : les restaurations sont plus discrètes. Les premiers occupants du site se seraient installés il y a 5000 ans. Une grande place dominant la Messara en témoigne. À part les datations des différentes couches de fouilles, rien n’est sûr concernant la destination des locaux dont on a dégagé les fondations. Il y a beaucoup d’interprétations : ce palais, est-il destiné au roi ou est-ce un sanctuaire religieux ? Ce local, était-il destiné à un artisan, à un prêtre ou à un commerçant ? On a trouvé d’immenses jarres mais que contenaient-elles….


On va jusqu’au port de Kommos (fermé au public), mais on distingue tout de même des vestiges qu’on devine être des entrepôts, et aussi l’accès à la mer qu’on devine sous les flots.


Il faut dire que l’eau de la mer est d’une transparence totale !


Ensuite direction Matala. C’était une des destinations de la génération hippie. Certains s’étaient installés dans des grottes creusées par des préhistoriques dans une falaise de calcaire tendre surplombant la mer. Aujourd’hui, quelques nostalgiques de cette période rodent dans le secteur, mais l’endroit est bondé de touristes qui n’ont rien de hippies…


Petite rando vers Red beach, histoire de s’écarter de la cohue pour piqueniquer au calme. Petit problème : le soleil est à son zénith, et il fait une chaleur à faire des œufs durs… Une fois arrivés sur la plage, on s’aperçoit qu’il y a des nombreux plagistes dont un sur deux est nudiste ! On dépare un peu avec nos tenues de randonneurs et nos grosses chaussures… On trouve un endroit à l’ombre dans un mini ravin et, tandis qu’on piquenique, on voit arpenter la plage des profils tout nu, moyenne d’âge 70 ans…


Retour à Matala pour une pause-café (kafes), puis on reprend les sentiers pour escalader et faire le tour d’un promontoire jusqu’au Mystical café. On en bave un peu car le soleil est ardent, les cailloux roulants, et les buissons plein d’épines ! Le point de vue depuis ce café est vraiment beau : il donne sur la baie de Kommos qui fait bien 10 km de sable fin. Il y a un attroupement sur la plage, mais on ne voit pas trop ce qu’il se passe, mais à force de se crever les yeux on croit deviner que des bébés tortues tout juste sortis de l’œuf sont en train de se diriger vers les flots (hypothèse). On termine le contournement du promontoire sous un soleil rougeoyant et la vue surplombante sur Matala est impressionnante.


On termine la rando sur la plage où les filles vont se baigner au pied de la falaise creusée de grottes.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/matala-red-beach-mystical-41932038


Retour à la Margit Pension pour une bonne douche, puis dîner à la taverne Alekos où on choisit des aubergines frites, de la feta cuite au four, de l’agneau rôti, du porc souvlaki et du poulet saté ( !). Le patron-cuisinier-serveur est très francophone et il nous a préparé un délicieux repas (complété gracieusement par des fruits frais et une bonne dose de raki chacun…) Ce soir on va bien dormir !

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02/10


Départ de la Pension Margit vers 8h30. Aujourd’hui promenade en voiture pour visiter l’intérieur des terres et quelques sites emblématiques de la Crète. Comme il se doit, passer de la côte sud à la côte nord implique que l’on traverse la chaîne de montagne qui traverse l’ile d’ouest en est. Les petites routes sinueuses, parfois à moitié défoncées, reliant les hameaux haut perchés entre eux, traversant des pentes couvertes d’oliviers, nous font découvrir que, contrairement à ce que laisse penser des paysages pelés et roussis, les montagnes recèlent de nombreuses sources abondantes, dont l’eau est recueillie précieusement puis distribuée dans les champs et villages, moyennant force tuyaux en plastique, chaque bénéficiaire relevant d’un compteur.


Notre pérégrination dans les montagnes nous amène au monastère d’Arkadi. Bel endroit doté d’une histoire chargée en drames : ce fut le lieu, en 1866, d’un massacre par les armées des sultans turcs de résistants crétois par centaines.


On descend sur Rethymnon, une grande ville balnéaire dotée d’une plage immense dominée par une immense forteresse vénitienne. On visite le centre-ville : tout est piétonnier, les ruelles encombrées par des boutiques destinées aux touristes… Il faut lever le nez pour voir les traces urbaines des Vénitiens et des Turcs. Dans une des ruelles, on tombe sur un artisan pâtissier qui fabrique de la pâte filo, cette pâte de farine de blé ultra fine qui sert à confectionner des pâtisseries orientales (baklawa, kadaïf , etc). On découvre une rue « Victor Hugo » : pas étonnant quand on sait qu’il a écrit des articles et des prises de position dénonçant les massacres des armées turques en Crète, et dans lesquels il relatait l’héroïsme des résistants crétois.

"La forteresse vénitienne "


La fin d’après-midi, on se perd un peu dans les petites routes de montagnes pour trouver le village de Mixorrouma, où on a trouvé un logement bnb pour deux jours. Les propriétaires nous attendent sur la petite terrasse, un couple de retraités tout fiers de nous faire visiter leur logement : un 2 pièces, salon, cuisine, sdb. Dîner maison : houmous, fricassée de porc.

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03/10


Deux petites randos au programme de cette journée : la plage de Préveli et le Cap Kako Mouri. Ce matin, un coup d’œil dehors : le ciel est couvert car l’air marin se condense en passant au-dessus des montagnes, mais le soleil n’est pas loin. On est sur les chemins vers 10h. Et comme on est près de la côte, le soleil est plus présent. La rivière Mégalopotamos a creusé en amont de cette excursion des gorges spectaculaires (Farangi Kourtaliotiko) profonde de près de 1000m, mais la partie qu’on visite est son débouché sur la mer. On est surpris de voir qu’ici la rivière a un débit important, alors que dans les gorges, à 5 km en amont, la rivière est à sec…On se gare au « Pont vénitien ». La piste puis le sentier surplombent la vallée par l’est On traverse un plateau désertique alors qu’en contre-bas une forêt de palmiers fait écrin à cette rivière.


Parvenus à l’embouchure, on fait une pause baignade : une première fois dans la mer (où on se tord les pieds sur les galets)-(plutôt fraîche), puis une deuxième fois dans la rivière pour se dessaler. En remontant sur la rive ouest on croise des centaines de candidats à la baignade, dont nombreux sont des Russes. Il faut préciser qu’un parking a été aménagé en haut des marches !!! Mais quand on quitte ce parking pour revenir à notre voiture, on ne croise plus personne.


Pourtant c’est depuis cette rive que l’on voit les plus beaux panoramas de la rivière.


Piquenique à l’ombre dans un champ.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/preveli-42001735


Saut de puce en voiture pour Plakia. La rando autour du promontoire qui protège la baie de Plakia, n’est pas dure en soi, mais elle est pénible du fait du soleil que est réapparu et de l’humidité de l’air : il fait lourd et on sue à grosses gouttes. Le balisage (points bleus) est nul et contradictoire et en plus, des randonneurs pas très responsables ont placé des cairns un peu partout, surtout un vers une falaise à pic… Du reste on croise des gens qui se sont égarés et qui rebroussent chemin. On trouve après quelques écarts, nous aussi, le bon chemin…. Sur notre parcours, il y a un passage étonnant, juste après avoir dépassé le village de vacances Calypso : une montée tout en escalier dont les flancs sont bordés de mur en béton ! On a l’impression de s’enfermer dans un blockhaus ! Là aussi, la fin de la rando devient pénible : on est derrière le promontoire et on ne reçoit plus les vents marins.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/cap-kako-mouri-42001912


Il est 17h, et il est encore temps de se faire une petite douceur : on déguste une glace en terrasse en bord de mer : yaourt aux pralines et crème à l’orange. Un délice.


Retour « à la maison » en passant par Spili, réputée pour ses fontaines à têtes de lion. On est un peu déçu car l’endroit est outrageusement touristique, même mieux : il y a des restaurants qui ont rajouté à leur devanture des imitations de ces fontaines !

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04/10


On quitte l’appartement de Mixorrouma où on était bien à l’aise vers 9h. La route panoramique qui longe la côte sud vers l’ouest nous offre de beaux paysages : montagnes pelées tombant dans la mer, villages accrochés à leurs flancs. Mais le plafond des nuages est bas et couvre les sommets. Et le vent du sud, chaud et tournoyant, fait s’envoler les premières feuilles tombées de l’automne.


Une forteresse vénitienne, Frangokastello (1350), contrôle une petite plaine verdoyante. On la visite : si les remparts tiennent bon, il n’y a que des ruines à l’intérieur ! Des travaux de rénovation sont en cours.


La route prend soudain de l’altitude par de nombreux lacets et surplombe les fameuses gorges d’Imbros. Manque de chance : le brouillard est de la partie… On démarre la rando dans ces gorges par le point de départ amont (Taverna Porofarango). Un ticket office nous « offre » des billets d’entrée tarifés à 2,50 €. Des autocars débarquent des dizaines de touristes qui ne sont pas forcément équipés pour faire de la randonnée, mais… Heureusement, le brouillard ne parvient pas à s’immiscer dans la profondeur de la gorge, bien que le plafond des nuages soit toujours au-dessus de nos têtes (pléonasme…). Mais il y a tout de même quelques gouttes de pluie. Ce qui est bon pour la chaleur qui reste modérée, mais c’est dommage pour les photos… Cette gorge dans ses sections larges héberge de nombreux arbres dont certains sont très vieux. Petit à petit, la gorge s’étrécit, pour enfin n’atteindre qu’un mètre soixante de large ! On piquenique pas loin de là.


On ne va pas plus loin vers l’aval, car en bas, c’est compliqué pour remonter en autocar. Alors on remonte par la même voie, ce qui n’est pas harassant comme hier.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/imbros-42030535


On reprend la route vers Chaina avec une pause café/thé + yaourt au miel à Vrisses.


Le logement bnb à Chaina (La Canée) se situe dans un quartier excentré en pleine conversion : les immeubles tout neufs construits sur les fondations de maisons traditionnelles en ruine. Le proprio du logement a fait un choix judicieux : rénover un vieux pavillon ! Et en attendant la fin des travaux (un étage de plus, des dépendances à aménager), il a mis en location la partie habitable toute neuve : 2 chambres, salon, etc pour une somme modique. L’aubaine ! On se bat avec la machine à laver dont les instructions sont en grec. Heureusement, on parvient à tout déchiffrer grâce à internet ! On reste dans ce logement cinq nuits. Alors on fait le plein de course. Repas d’un rôti d’escalope de dinde farcies de fromage et de jambon, aux petits légumes frais et riz…

"Fabrique de petites chapelles" " Maison à rénover" 
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Publié le 5 octobre 2019


05/10



Réveil à 5h45 ! Grosse journée en perspective : voiture + rando + croisière + bus + voiture ! Aujourd’hui, on doit descendre les gorges de Samaria. On quitte la maison à 7h. Il faut une bonne heure de voiture sur une route de montagne pour atteindre le village d’Omalos, puis le lieu-dit Xyloskalo (= escalier en bois) qui est le départ de la randonnée (1230m). On commence descendre vers 8h15. Il faut passer par le ticket office et s’acquitter d’un droit d’entrée de 5€/p. La descente commence par un chemin muletier tout en zigzags et très pentu, à flanc de montagne. On a de la chance : le temps est au beau, quelques nuages, un peu de vent, 14°. On est dans un immense cirque, encadré par des montagnes de plus de 2000m. Il faut bien une heure pour quitter la pente sévère et passer à une pente plus douce et se rapprocher de la rivière qui a creusé ces gorges. Cette vaste cuvette est couverte d’une forêt de pins et cyprès ; nombreux sont plus que centenaires, s’accrochant tant bien que mal à la pente.


Le parc national qui gère cet espace a mis en place, tous les kilomètres (ou 20/25 mn), des « aires de repos » avec WC et eau de source. Et on remarque qu’il n’y a aucun détritus sur le parcours. Des gardes forestiers arpentent les sentiers et surveillent les aires de repos. De nombreuses pancartes avertissent du risque de feu, et de nombreuses installations et tuyauteries jalonnent le chemin. On met trois bonnes heures pour atteindre les premières gorges qui s’étrécissent plus on descend. Le chemin se mélange parfois avec le lit de la rivière. Cette rivière est à sec la plupart du temps, l’eau circulant en profondeur sous les gros blocs de pierre et les millions de galets. L’eau apparaît à l’approche des gorges et des petits ponts permettent de traverser la rivière. L’ancien village abandonné de Samaria est transformé en aire de repos et de secours. Alors qu’on grignote des petits gateaux, un bouquetin bien hardi nous bouscule pour chiper des miettes … On est au milieu de la randonnée. Les platanes (une variété endémique de l’île) remplacent petit à petit les cyprès. Le vent s’engouffre entre les parois. On observe ces fameuses parois qui ont plus de cent mètres de verticalité : un empilement tourmenté de strates de calcaire marmorisé, aux alternances de gris clair et noir foncé. La rivière a taillé dans ce gigantesque plateau comme un couteau dans un gâteau marbré !

Vers midi, on trouve un endroit sympa, avec de belles pierres plates et de planches, au bord de la rivière, sous les arbres, on s’apprête à piqueniquer, on sort les tomates et les œufs durs, et soudain, sorti de nulle part, un garde forestier, une armoire normande carrées et poilue, nous apostrophe sur un ton qui n’admet pas de réplique : on ne peut pas piqueniquer ici, il faut aller dans une « aire de repos ». On remballe le tout. On avait bien lu sur le prospectus donné à l’entrée : il n’y fait mention d’aucune interdiction de cet ordre… Une première pour nous : le non droit de piqueniquer en randonnée ! On rallie donc l’aire de Christos où on piquenique. Puis on passe les fameuses Portes de Fer : 3m de large !


Pas loin de là, un ticket office contrôle nos billets. Et on finit la randonnée dans une vallée élargie au point qu’un village s’y est installé avec des petits champs : mais les habitants ont dû l’abandonner à la suite d’une crue ravageuse. Le village actuel est sur la côte et permet à ses habitants de vivre de l’affluence des randonneurs : tavernes, chambres, souvenirs… On prend nos tickets pour le bateau qui va nous amener à Sougia et on s’installe vers 14h30 à la terrasse d’une des nombreuses taverna et on attend là l’arrivée du ferry. On est un peu inquiets : alors qu’on sirote nos boissons, on voit que le vent pousse de gros rouleaux sur la mer couleur d’azur et que les deux bateaux qui mouillent au large tanguent fortement…


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/xyloskalo-samaria-agio-roumeli-42065718


Une petite foule est dans l’attente des ferries : à 17h30, il y a deux ferries qui doivent partir, l’un vers l’est et l’autre, le nôtre, vers l’ouest. Il s’avère que ce sont les deux bateaux qu’on voit depuis trois heures faire des ronds dans l’eau dans la baie. Ils accostent ensemble à 17h30, de part et d’autre d’une minuscule jetée. Chez les passagers c’est un peu la bousculade, et nombreux sont ceux qui se dirigent vers le gros bateau, le plus exposé aux vagues. Une d’elles, bien grosse, vient s’écraser sur les rochers de la rade et asperge copieusement les gens qui embarquent. Le petit bateau (qui est le nôtre) est planqué à côté du gros, ce qui fait qu’on reste à l’abri… Des passagers changent de bateau à la dernière seconde car ils se sont trompés… On part à 17h45. Et, après avoir affronté des creux de deux mètres, on arrive à Sougia une bonne heure plus tard. Du bateau, on voit les montagnes tomber dans la mer houleuse…


Pour visualiser ce trajet, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-motorboat/ag-roumeli-sougia-42085830


À peine accosté à Sougia, c’est la précipitation pour attraper le bus KTEL qui remonte vers Xyloskalo. De fait, il y en a trois ! Sans parler des bus des tours opérateurs. Ils attendent à 200m de la jetée. On ne peut pas monter comme ça dans les bus, il faut au préalable acheter son billet à un petit guichet, caché derrière les bus. Alors on y fait la queue (au moins deux cents personnes…). Les bus démarrent vers 19h alors que la nuit commence à tomber. Il leur faut plus d’une heure pour faire les 40 km jusqu’au hameau de Xyloskalo … Il nous reste, quant à nous, à faire encore une heure de route pour rentrer à La Canée. Heureusement qu’une fois arrivés, on n’a plus qu’à réchauffer la gamelle pour se mettre à table !

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06/10


On dort jusqu’à 8h. Et on traîne au petit dej. On sort pour faire quelques courses, mais la plupart des magasins sont fermés : on est dimanche ! On trouve tout de même un « super-mini-market ». Par contre c’est plus difficile de trouver une « bakery » pour le pain et les petits gateaux. Beau temps, 25°.


Le site de Moni Katholiko se situe au nord de la grosse presqu’île qui protège La Canée (nom grec : Chaina), au-delà de l’aéroport. À cet endroit, de petites montagnes pelées se dressent face à la mer et, il y a plusieurs siècles, un ermite a choisi une grotte dans un profond ravin pour y établir son squat. Depuis, il a été construit plusieurs monastères, certains ont été détruits, d’autres prospèrent encore aujourd’hui. C’est devant celui qui s’appelle Moni Gouverneto que démarre le chemin qui descend vers les sites abandonnés. À l’heure où on arrive, il y a beaucoup de fidèles qui sortent du monastère, sous le regard attendri du pope (barbu) tout de noir vêtu. Le paysage vers le ravin et la mer est magnifique. Un premier site recèle une petite chapelle au fond d’une grotte, celle de notre ermite. Le second site, est plus important car il comporte, outre une profonde grotte et une chapelle troglodytique, des bâtiments importants suggérant une vie monastique animée. On rencontre une vieille dame qui va remettre en ordre les petites chapelles et y entretenir les bougies. Sur le chemin du retour, on visite l’église où les cérémonies sont terminées. En sortant, un bedeau nous propose de partager le pain (des brioches et des parts de gateaux), ce qu’on fait bien volontiers, bien que mécréants, car il est près de midi…


Pour visualiser cette promenade, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/moni-katholiko-42110375


Retour à la maison où on complète avec un rapide repas.


On passe l’après-midi à longer la côte nord vers l’ouest, soit 35 km de stations balnéaires avec ce que ça comporte d’hôtel, de resto, de taverna, de boutiques de souvenirs, etc... Ça se calme vers Kissamos. L’ancienne route passe par des paysages de campagne très jolis.


Pour atteindre le site de Balos, il faut emprunter une piste poussiéreuse de 8 km. Et bien qu’il soit déjà 16h, il y a beaucoup de circulation ! Le parking est archi plein. Quand on descend vers la magnifique lagune de Balos, les gens en reviennent, portant parasols sous le bras et traînant les enfants, tous essoufflés dans la montée ! Pour faire le tour du lagon, il faut longer les plages familiales, puis les plages de nudistes, puis faire de l’équilibre sur des rochers usés par les vagues, puis marcher dans des dunes de sable, puis traverser un petit bras de mer (eau jusqu’aux genoux) …


Pour visualiser cette promenade, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/balos-plage-42143515


Retour la nuit tombante « à la maison ». Apéro au résiné. Repas de poisson.

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07/10


Il faut 1h30 de voiture pour rallier La Canée à Sougia (60 km). Il faut passer les montagnes à des cols à plus de 1000m et en plus faire le tour de tous les petits hameaux dispersés. Aujourd’hui, le ciel est couvert, le sommet des montagnes aussi, 25°. On démarre assez tôt (8h30), pour faire une halte au marché central de La Canée. Mais ce n’est plus vraiment un marché, car il y a plus de bistros et de marchands de souvenirs que de commerces de produits alimentaires. Mais le bâtiment vaut le coup d’œil.

À Sougia, on se gare près du port. La petite boucle de rando passe par une petite gorge, la gorge de Lissos, une gorge verdoyante d’arbustes et de pins. On doit se frayer un chemin entre les arbustes et les gros rochers qui obstruent le sentier. Quelques passages intéressants au pied de falaises qui surplombent la vallée. On sue à grosses gouttes pas tant à cause de la chaleur, mais du temps orageux qui se met en place. On piquenique pas loin après le col qui nous ramène à Sougia. Le retour se fait avec en paysage de fond la petite baie qui prend des couleurs violacées sous la houle…


"La baie de Sougia" 

Voiture jusqu’à Paleochora, ou plus précisément Koundoura, et encore plus précisément la plage de Krios. Ce trajet dure plus d’1h15 pour une quarantaine de kilomètres. Et une bonne dizaine dans la brume et le brouillard. On se prend aussi quelques averses. On est étonné de découvrir sur le vaste espace un peu moins pentu qu'ailleurs, une mer de serres qui, vu de loin, ressemble à un lac. Une fois dans la baie de Krios, le temps semble acceptable pour démarrer la petite randonnée longeant la côte et qui doit nous mener à une chapelle, Ag Ioannis (= St Jean – comme en France, il y a plein de chapelles qui portent ce nom…). On passe par des rochers assez désagréables car coupants puis on suit une corniche qui domine la mer : elle s’incruste dans une petite vallée pour y faire une baie et un lagon bien abrité. On trouve là des vestiges antiques… Alors qu’on aborde la dernière montée vers notre destination, des coups de tonnerre nous alertent : l’horizon au-dessus de la mer est bien sombre avec de gros nuages bourgeonnant au-dessus. Vent de travers… On décide de rebrousser chemin, et tant pis pour St Jean…

On est à la voiture vers 16h30, l’orage n’a pas éclaté. Par contre il le fera sur la route du retour en pleine montagne… Beaux arcs-en-ciel !

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Publié le 8 octobre 2019


08/10


Le ciel est encore couvert, et l’air est très humide. On fait en voiture les 11km qui nous séparent du site d’Aptera. C’est un site qui domine l’entrée de la baie de Souda et qui a été occupé depuis 4000 ans, et on y a découvert récemment un empilement de vestiges des différentes civilisations : mycénienne, dorique, romaine, byzantine, turque. Aujourd’hui, c’est l’armée grecque qui a des bases dans le secteur.


Les ruines sont assez dispersées sur ces hauteurs, et ont été peu réaménagées. Mais dans l’amoncèlement de pierres taillées, on arrive à distinguer, concernant la période antique, des voies pavées, des fondations de temples, d’immenses citernes, un rempart de plusieurs centaines de mètres. Et pour la période récente, un monastère et le fort turc qui tiennent encore debout. La mauvaise surprise vient de ce que ce site, dont l’accès était, à l’époque de la rédaction du guide, libre et gratuit, est devenu payant (2€) avec pour conséquence des jours de fermeture et c’est aujourd’hui le jour de fermeture … Quant à la forteresse turque, elle n’est ouverte que les dimanches au mois d’octobre ! Bon, on parvient à faire le tour des clôtures et à distinguer les différentes parties du site ; on parvient même, après avoir contourné une oliveraie pleine de chardons à apercevoir l’amphithéâtre ! Dans la large baie de Souda, mouillent d’énormes bateaux de croisière.


Retour « à la maison » pour piqueniquer. On reste bloqué là, une demi-heure car un gros orage éclate, ce qui fait un peu baisser la température, et ce n’est pas plus mal !


On passe l’après-midi à flâner dans les rues de la vieille ville qui entoure le port vénitien et qui est elle-même entourée par une double rangée de puissants remparts. À vrai dire, la vieille ville est un véritable shopping center doublé d’un gigantesque food court destinés aux touristes descendus des bateaux de croisière. Ce qui fait que même les petites ruelles qui auraient pu être « romantique » sont encombrées par des tables de restaurant…


À 5h, comme on n’a pas de nouvelles de notre prochain hébergement à Héraklion, on téléphone : une dame nous répond en même temps qu’elle nous envoie des mails, mais ceux-ci sont contradictoires et on craint l’embrouille.


On cherche le petit restaurant familial vanté par le routard, le Markos à Stalos, mais quand enfin on le trouve sur sa petite route de campagne, il est fermé ! Le monsieur qui garde la maison nous indique que sa femme et sa fille tiennent à présent le petit restaurant Evilon (à côté du Maria’s) sur la route côtière. On dîne là de copieuses et gouteuses portions de plats traditionnels (dessert et raki offerts !).

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Publié le 9 octobre 2019


09/10


Ce matin, grand ménage au sympathique logement bnb de La Canée où on a séjourné 5 jours. Pour se garer, ce n’était pas tous les jours facile : le pavillon est au fond d’une impasse, elle-même au milieu d’un labyrinthe de ruelles ! On amène A. à l’aéroport tout neuf : pour elle, malheureusement, c’est fini les vacances. On se sépare avec effusion.


Quant à nous, on doit revenir à Héraklion pour y rendre la voiture et demain prendre le bateau pour Naxos. Ça devient plus clair pour le logement : on a obtenu quelques consignes pour récupérer les clés…


À midi, on fait une halte sur le parcours : une petite rando à Mili ! C’est à la hauteur de Rethymnon au fond d’une petite vallée profonde et verdoyante. Il y coule une rivière toute l’année, ce qui est rare en Crète. Aussi les anciens y ont installé des moulins à eau destinés à moudre le grain. La courte rando consiste à visiter ces vestiges au gré des chutes d’eau, des canalisations et des moulins dont la plupart sont effondrés. On en compte une dizaine, mais il y en a eu probablement plus du double. Comme l’endroit est humide, et qu’en plus hier il a bien plu, le sentier est glissant. Par endroit, il est couvert de rochers qui ont dégringolé de la falaise et quelques ponts ont été emportés… On rencontre quelques promeneurs en claquettes qui ont délaissé la plage, vu que le soleil est absent, mais qui, devant les gués à traverser et la gadoue, s’interrogent sur leur choix…


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/moulins-de-mili-42243318


La conduite sur voie rapide est un questionnement : à quoi sert la double ligne blanche ? Qui veut doubler un véhicule un peu lent, la franchit sans état d’âme. À quoi sert la bande d’arrêt d’urgence ? C’est l’endroit favori pour les véhicules lents. À quoi servent les grands panneaux STOP ? Une sucette géante comme dirait Gaston ! Lorsqu’il y a un radar, et que la vitesse est limitée à 60, tout le monde roule à 90, sans s’émouvoir (sauf les touristes en voiture de location…). Etc…


On aborde Héraklion avec circonspection : le logement se situe dans la vieille ville = rues étroites et tortueuses. On parvient à trouver une place sous un magnifique panneau « stationnement interdit » avec un mot, qui une fois déchiffré, signifie « police ». On part à la recherche du logement : on nous a écrit que les clés seraient sous l’extincteur qui se trouve dans le pressing self-service à l’angle de la rue untel ! Bonjour, l’accueil ! Véro trouve les clés. Mais où est la bonne serrure ? Elle fait le tour du pâté de maison, et ne trouve aucune serrure à son pied… Il y a même une porte sur laquelle une affiche indique que ce n’est PAS LÀ, le logement bnb. Finalement on trouve… et on occupe les lieux rapidos, avant que la fourrière ne vienne enlever la voiture.


On va garer la voiture au port, en laissant la clé sous le paillasson, comme convenu. On fait un tour du port pour voir d’où partent les bateaux. C’est à 10mn à pied du logement ! Maintenant que tout est visualisé, tout semble simple !


On fait un petit tour en ville : on se pose dans l’église St Titos. Elle est à peu près déserte et on est assis discrètement dans un angle. On voit passer des bigotes qui font le rituel des baisers aux icônes : une dizaine de grands portraits de Marie et l’enfant Jésus, dont la peinture est revêtue d’une feuille d’argent repoussé. Et on s’interroge sur comment se propagent les épidémies…


Retour « à la maison » où on se fait un frichti rapide. Demain, on se lève tôt pour le bateau.

"En finir avec le diable : si ça ne marche pas avec la croix, on va essayer avec la marteau !"  (et pourquoi pas la faucille ?) 
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Publié le 10 octobre 2019


10/10


Si le logement de la rue Koroneou est propre et fonctionnel, on ne peut pas en dire autant de l’isolation contre le bruit ! On a passé une nuit constamment perturbée par les bruits de la rue : voitures, scooters, fêtards, etc… C’est donc les paupières basses et gonflées qu’on débute cette journée. On décolle à 7h30 et on replace bien les clés sous l’extincteur de la laverie…


On est au port en 15mn. Le ciel est un peu voilé, la mer est calme. Un petit préfabriqué avec trois guichets se tient face au bateau/catamaran que l’on doit prendre. Il patiente entre deux autres ferries. On est largement en avance et on ne fait pas la queue. Au guichet, il faut montrer le sms de réservation pour obtenir son billet. Au niveau du quai, c’est le pont des voitures (sur deux étages). Et au-dessus, ce sont les vastes salles des fauteuils aux façades vitrées closes, (sur deux étages aussi). Nos places sont attribuées, un personnel nombreux nous aide à trouver nos places. Il y a très peu de passagers. On ne s’aperçoit même pas qu’on quitte le port (8h40) et de même en pleine mer : on ne ressent pas la vitesse pourtant rapide de ce navire. Il faut aller sur l’arrière, là où il y a une petite plateforme à l’air libre, pour ressentir la vitesse : embruns et vent ! Au terme de deux heures, on arrive à Santorin. La plupart des passagers débarquent. Mais il en remonte autant ! Courte escale à Ios. On arrive à Naxos vers 12h45. La ponctualité de ce ferry est stupéfiante !

"Escale à Ios" "Arrivée sur Naxos"x2 


On prend des petites ruelles pour rallier le logement qu’on a réservé pour quatre nuits. Les habitations sur la première centaine de mètres sont dédiées au tourisme : souvenirs, resto, fringues, bijoux, etc… Mais l’ambiance est beaucoup plus calme ici, moins de pression. On arrive au logement en 20 mn, et, grâce à un échange de sms, un jeune gars nous accueille, et nous fait visiter notre logement : un vaste 2 pièces avec coin cuisine et sdb. (Little Yard studios).


On ressort aussitôt après un petit piquenique pour visiter le Kastro, une petite citadelle installée sur une petite éminence. Les maisons se mélangent avec les remparts, les ruelles sont de plus en plus étroites, avec des passages en ogives et parfois des escaliers. Le tout en marbre ! Il faut dire que la moitié de l’île est en marbre, l’autre moitié en granite ! On visite le musée archéologique, vieillot et sans aucune explication, mais qui possède des pièces intéressantes sur l’art antique des Cyclades. On peut y admirer une exceptionnelle série de représentations féminines aux lignes géométriques : des divinités ? On descend sur la presqu’ile qui domine le port avec la fameuse arche. Restes d’un temple inachevé…


"Dans le Kastro" 

On profite d’être au port pour glaner quelques informations sur les bus (pour lesquels il faut acheter les billets à l’avance !) et sur le voyage de retour à Santorin. Au bureau de Seajets, l’employé a du mal à nous sortir les billets : le numéro de réservation qu’on lui donne ne lui convient pas car il devrait avoir onze chiffres et moi, je ne lui en donne que six ! Il est obligé de téléphoner à la centrale pour débloquer l’affaire ! Passage à une boutique pour acheter une carte topo de l’ile. Sur les conseils du vendeur, on va vers le nord de la ville pour rejoindre une chapelle qui a été acrobatiquement accrochée dans une falaise. Il nous a dit que c’est à un kilomètre. On en aura fait au moins quatre, et sans pouvoir l’atteindre ! Le renseignement était faux et la carte trop imprécise. Bref, on a arpenté les pentes pelées en suant à grosses gouttes, pour pas grand-chose, sinon une belle vue sur Paros et le soleil couchant.


Courses, repas maison.

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Publié le 11 octobre 2019


11/10


Ce matin, debout tôt : on veut attraper le bus de 7h30 pour Filoti, village de départ de la rando menant au Mont Zas. Le Mont Zas (comprendre « Zeus ») est le sommet culminant de l’île de Naxos (1003m). Mais c’est aussi un lieu mythique : Zeus se serait réfugié dans la profonde grotte que cette montagne recèle pour échapper à son père Chronos, qui avait la sale habitude de croquer ses enfants.


L’arrêt de bus est à cinq minutes du logement. Alors qu’à cette heure matinale, on pensait être seuls dans le bus, on s’aperçoit qu’un groupe d’une vingtaine de randonneurs (français) attendent déjà et une autre vingtaine, des collégiens attendent aussi !! On parvient à monter dans le premier bus qui passe, avec les collégiens, le chauffeur expliquant au groupe de randonneurs qu’un autre bus va suivre. On finit par comprendre que d’importants lycées sont implantés dans le centre de l’île et que les cars de ramassage servent aussi, en saison, à trimballer les touristes. Par contre, ce qu’on ne comprend pas, c’est pourquoi aller implanter des lycées si loin dans la montagne… Et ce, d’autant plus que les énormes cars tout neufs ont du mal à prendre les épingles à cheveux, et croiser les véhicules dans les villages…


On arrive à Filoti vers 8h15, et après avoir acheté de belles pâtisseries « pour la route », on démarre la rando vers 8h30. On traverse le village par un bel escalier encadré de maisons blanches. Le ciel est couvert, et c’est un moindre mal : 1) pour les yeux, 2) pour la chaleur. Le bel escalier se transforme vite en escalier type himalayen, puis en sentier raide, fourni en cailloux roulants… On débouche sur des paysages mélangeant montagne et mer, champs d’oliviers et hameaux isolés. Mais le plus étonnant, c’est de découvrir que cette montagne est essentiellement composée de marbre ! Les cailloux sont en marbre, les falaises sont en marbre, les murets sont en marbre et aussi les cabanes à chèvres ! Certaines parties du sentier sont polies par les pas des randonneurs, ce qui rend la randonnée luxueuse !

"Le départ de la rando"  " le village de Filoti" 


"Ici tout est en marbre, même la cave de Zeus" 

Lors de la montée, on discute avec un couple de Québécois et on échange avec eux quelques impressions sur ce qu’on voit. On traverse des pentes couvertes de buissons épineux. Petit à petit, on découvre le panorama donnant sur le versant est de l’ile, la mer et des iles… L’arrivée au sommet est aisée (11h), plusieurs personnes y prennent un bain de soleil, d’autres méditent… Nous, on grignote des biscuits !

On redescend par le même chemin sur deux cent mètres et on diverge par le sentier (peu visible) qui part à l’ouest : descente un peu raide, puis moyennement raide puis, très raide… Il faut parfois mettre les mains ou s’assoir… L’affaire se poursuit dans une vallée encombrée de gros rochers complices d’arbustes piquants. On tombe sur la fameuse cave de Zeus dont l’entrée est maçonnée en béton ! Bonjour le respect du mythe ! On ne s’attarde pas là, on préfère finir le chaos de rochers pour se poser pour le piquenique. On s’arrête un peu plus bas à la source aménagée et à l’abri de vénérables platanes : le soleil est revenu ! Le reste du parcours est simple et presque sans dénivelée (sauf pour une voiture qui a dégringolé la montagne d’on ne sait où !).


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/filoti-zas-en-boucle-42314979


Arrivés à Filoti, alors qu’on avait prévu de se poser dans un bistro, on s’aperçoit que le bus de 14h pour Naxos arrive tout juste ! Il est déjà presque plein et se remplit des collégiens qui ont fini les cours … On est « à la maison » à 15h, douche salutaire, repos mérité.


On passe le reste de l’après-midi à flâner dans Naxos et à faire quelques emplettes (souvenirs et victuailles). Repas : émincé de poulet sauce véro.


"Certains aspirent à la rédemption !"        "Au café "Rendez-vous" on peut déguster des croissants et des tartes" 

PS : Pour les amateurs de randos dans les îles grecques, on recommande le site cycladen.be qui nous a bien aidés pour entreprendre nos randonnées à Naxos.

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Publié le 12 octobre 2019


12/10


Parcourir des chemins créés par les habitants il y a des siècles pour y soigner les oliviers et récolter le fruit de leur travail, traverser des villages vivants ou abandonnés, découvrir des sanctuaires entretenus ou abandonnés, c'est tout l’intérêt de la rando du jour !


À 9h30, à l’arrêt de bus, on retrouve les mêmes randonneurs qu’hier ! Mais aujourd’hui, samedi, il n’y a pas les collégiens. Du reste, le bus de 7h30 n’existe pas le weekend. On descend à Halki. Contrairement à hier, le trajet de la rando traverse un paysage travaillé depuis des siècles : terrasses, oliveraies, petits canaux d’irrigation, etc. Et bien sûr, des chapelles ! Ici, de nombreuses chapelles sont éparpillées dans la campagne, en dehors des villages, et sont plus ou moins entretenues. Souvent, elles ont été bâties à côté d’une source ou se situent au sommet d’une éminence. Et, contrairement à ce qu’on a vu en Crète, ici, elles sont toutes fermées. Les olives sur les oliviers deviennent violettes et les crocus sortent de terre.


Pot à Halki en attendant le bus de 14h : le café grec est épais car servi avec sa mouture.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/halki-moni-boucle-42366510


Après une halte « à la maison », on prend un bus pour visiter les plages d’Agia Anna au sud de Naxos. Ça sent la fin de saison : peu de monde, restaurants et hôtels fermés. Pourtant les plages de sable fin sont magnifiques, et le soleil est de la partie. On se promène autour d’un promontoire constitué d’énormes boules de granite (surmonté de son inévitable chapelle) et un peu dans ce village dédié aux vacanciers.



"Jeux de plage" 
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Publié le 13 octobre 2019


13/10


On prend le même bus de 9h30 pour Sagri (la veille, on s’est fourni en tickets à l’agence Ktel, au port, car sinon on ne peut pas monter dans le bus !). L’endroit où s’arrête le bus est un genre de col très venté, et, il y a de nombreux vieux moulins ; malheureusement, les ailes ont disparu.

La rando commence par de vieux chemins empierrés à travers des parcelles de terrains cultivés. C’est la saison où tout est grillé par le soleil, mais on devine qu’au printemps, la vallée doit être verdoyante de cultures. C’est du reste à cette richesse que les anciens habitants de l’île ont élevé un temple à la déesse Déméter afin de s’en assurer l’abondance. Il ne restait pas grand-chose de ce temple mais les archéologues ont réussi à mettre en valeur les vestiges. Ça a dû être un casse-tête car ce site contient plusieurs étages d’occupation, dont la dernière, byzantine, où on a tout déplacé ou réemployé pour y faire une basilique. Un petit musée explique tout ça et on y apprécie les reconstitutions faites à partir de matériaux modernes. Par exemple, le toit était fait d’un chevauchement de plaques de marbres et dont les jointures étaient protégées par des demi-cylindres évidés en marbre ! Bonjour le poids !


On reprend la boucle par des chemins qui traversent des fermes : on y voit les premières vaches depuis notre périple ! On piquenique pas très loin de l’arrêt de bus.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/temple-de-demeter-boucle-42423621


On redescend à Naxos. On finit l’après-midi en lézardant entre le port et le Kastro. Il fait bon, par moment un peu friquet dû au vent du nord. La plupart des touristes sont repartis et de nombreux établissements ont mis la clé sous la porte.

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Publié le 14 octobre 2019


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Ce matin, on traîne un peu : on doit prendre le ferry pour Santorin, départ à 10h40. On traîne nos valises, jusqu’au port, et là, assis sur un banc, on regarde les petits bateaux de pêche tanguer sous le regard d’un gros ferry envieux, car lui ne doit (ne peut …) pas bouger d’un cm tant il est amarré par de nombreux gros câbles. Comme il se doit, il y a trois ferries qui doivent partir en même temps ! Donc, c’est la confusion parmi les passagers qui attendent sur le quai ; une femme de la police fait les appels et trie les passagers en fonction de leur destination. Mais, pourquoi c’est un policier qui fait ce boulot, et pas un gars de la capitainerie du port ?? Notre ferry est une grosse bête qui pourrait ressembler à un animal marin, genre requin. On rentre dans son ventre alors qu’il n’a pas fini de vomir les voitures en sortie. Pour ce voyage, (1h20 sans escale) le bateau est rempli de passagers. De confortables fauteuils. Une télé branchée sur une émission « comment faire de délicieux plats pour ses invités ». Heureusement que la mer est calme…


Enfin Santorin ! On ne traîne pas pour débarquer : le bus Ktel des transports publics ne contient que 50 places… Le port d’Athinios est toujours aussi encombré. Et c’est la cohue entre les voitures et les centaines de passagers qui débarquent, et l’équivalent, sur les starting blocks, prêt pour l’assaut. On a une bonne place dans le bus, ce qui nous permet de descendre au bon arrêt ; et on retrouve notre logement à Anna pension à Karterados.


Picnic rapide. Bus pour Akrotiri, au sud de l’île. Double intérêt pour ce bourg : Red beach et les vestiges du village minoen enseveli de cendres volcaniques et découvert récemment.


Le terminus du bus est à Akrotiri beach donc après le bourg, juste au pied des vestiges minoens et du chemin qui mène à Red beach. Red beach doit son nom à la couleur de la falaise qui la domine et qui est essentiellement constituée de pouzzolane, ces déjections de volcans qui ne sont plus des poussières de ponce qui commencent l’explosion du volcan, mais qui ne sont pas encore de la lave épaisse, magma épais et onctueux ( ?) que le volcan émet après avoir dégazé, en phase finale (les personnes ayant vécu des épisodes de tourista peuvent très bien comprendre cette chronologie !...). Sur cette promenade, il y a beaucoup de gens car elle est relativement accessible (quoique les porteurs de tongs calent au moment où il faut descendre sur la plage…). Les baigneurs de prélassent au soleil face à la mer, mais sans avoir conscience, malgré les panneaux d’avertissement, que la falaise peut leur dégringoler dessus à tout moment…


Au retour, on visite le site archéologique de la ville minoenne d’Akrotiri : on est étonné de sa dimension imposante. On est étonné aussi de découvrir que cette civilisation (- 1800 av JC) avait l’art de construire des bâtiments de trois étages, avec un réseau d’égouts, des ruelles, des places et des bâtiments publics. Et ce n’est qu’une infime partie de cette cité qui a été mise à jour. Pour en préserver les vestiges, un immense édifice (100x100m) a été construit, tel un vaste toit de protection, sur l’ensemble des ruines. Ici, tout reste fragile, même si les 60 m d’épaisseur de poussière volcanique ont préservé cette ville, tel qu’à Pompéi, maintenant, après le déblayement, il faut prendre des précautions. Sur ce site, les explications sont suffisamment complètes (pour ceux qui sont anglophones…).


"Les vignes de Santorin"  " Et celles du seigneur" 

Bus pour Mégalochori, à mi-chemin vers Fira. Au pied des « Thermes Luxury villas » démarre un sentier qui descend raide vers la plage en contre-bas. L’intérêt de ce sentier, plutôt délicat dans son approche ( !...) est de toucher du doigt les différents épisodes des éruptions volcaniques qui ont eu raison de la civilisation minoenne. On y lit avec clarté la succession et l’empilement des phases éruptives, si différentes les unes des autres. En bas du sentier, à 20 m du niveau de la mer, des caves ont été creusées, et une d’elles a été aménagée en chapelle. La plage, quant à elle, est, comme le sentier, déserte ….


"La chapelle dans la falaise" 

Retour par le bus à Fira. À noter un accrochage avec le receveur de tickets qui est un ours mal léché, agressif et inadapté au contact avec le public.


Coucher de soleil à Fira, comme il se doit. Le public, ému, rassemble des touristes de tous les pays du monde : les légions de Chinois, Indiens, Japonais, Allemands, Russes… Quelques francophones…

"Le cliché romantique" et "Le cliché vie réelle" 


Repas d’un frichti « fourzitou » « à la maison » à base de saucisses grecques (on ne recule devant rien !).