Quelques anecdotes totalement subjectives et partiales. Tout est idyllique avant le départ, mais la réalité reprend vite le dessus ...
Du 20 février au 25 mars 2024
5 semaines
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20 02

Piquenique avec les flamants roses
Piquenique avec les flamants roses

Avant-hier nous avons quitté notre beau pays peuplé de flamants roses (auxquels nous n’avons pas manqué de faire un petit coucou). Et hier, nous avons traversé le nord-est d’une Espagne pelée par le soleil. Près de 800 km tout de même… Contrairement à nos craintes nourries par une récente actualité, nous n’avons pas eu à subir de longues files derrière des tracteurs (ici aussi, il y a des mécontents…) ! Par contre, nous avons eu l’agréable surprise de constater qu’il n’y avait plus de péages sur les autoroutes espagnoles !


Nous avons aussi testé l’adaptateur, indispensable en Espagne (et au Portugal), à visser sur le bouchon du réservoir de la voiture et ainsi faire notre premier plein de GPL (0,88 €/l !), ce qui ne fut pas sans problèmes : le client précédent avait appuyé sur le bouton rouge de la pompe, à n’utiliser qu’en cas d’urgence, ce qui a eu pour effet d’en interdire l’utilisation … Intervention du gars de la station qui a réinitialisé son usage, moyennant quelques coups de fils à une centrale, etc… C’est dans ces moment-là qu’on s’aperçoit, que malgré un mois au Mexique, notre espagnol est toujours aussi pitoyable…

Tonneaux et plaza de toro
Tonneaux et plaza de toro


Étape nocturne à Tomelloso qui s’avère être la capitale du vin : la traversée entre Valence et cette ville s’effectue sur un haut plateau de terres rouges recouvertes de vignes.


Aujourd’hui, Réveil tôt pour un départ à 8h : encore quelque 600 km de route pour rallier le sud du Portugal. Aux vignes, ont succédé les immenses forets d’oliviers, puis d’arbres à noyaux déjà en fleurs et enfin d’orangers dont quelques-uns encore chargés de beaux fruits. Estrémadure, Andalousie, Cordoue, Séville, Grenade … autant de lieux à admirer, mais il aurait fallu un mois de plus !


le pont frontière

La frontière Espagne/Portugal se fait par un grand pont au-delà duquel le paysage change déjà : aux grandes haciendas succèdent des parcelles à taille familiale, aux gros bourgs isolés succèdent les nombreux villages et hameaux ; quant à l’horizon, il est verdoyant, les rivières regorgent d’eau !

A la « frontière », il n’y a aucun bâtiment, à l’exception d’une borne destinée uniquement aux véhicules étrangers qui envisagent de circuler sur les autoroutes portugaises : « faites-vous connaître en glissant votre carte bancaire ici, et, grâce à la magie de l’informatique et de la reconnaissance du n° de votre voiture, vous serez débités des péages futurs sans autre formalité » !...

On fait une pause à Tavira, la première petite ville, pour un piquenique au soleil et au bord d’un petit fleuve, puis une petite visite, histoire de se dégourdir les jambes après 6h de voiture (il y a une heure de décalage horaire par rapport à l’Espagne). C’est une bourgade aujourd’hui agréable et bien tranquille, bien qu’autrefois elle fut accablée par des luttes entre Maures et princes catholiques. Ces derniers se sont emparés du château pour leur compte et transformés la mosquée attenante en église (on a eu la mauvaise surprise de constater que l’entrée de toutes les églises de la ville étaient payantes, ce qui n’aide pas à la conversion des âmes).

" Tavira "

A Faro, la seule halte qu’on s’autorise est l’Igreja da Ordem Terceira de Nossa Senhora do Monte do Carmo ( = une église…) et elle vaut le coup d’œil : déjà, ça nous remet dans le bain de l’exubérance des décors des époques du catholicisme triomphant (ce qui plait tant à certains lecteurs-trices de ce blog), mais aussi pour sa chapelle extérieure où l’on peut se recueillir, entouré de milliers de crânes et de fémurs en mosaïque sur murs et plafond !

"  L’Igreja da Ordem Terceira de Nossa Senhora do Monte do Carmo, et sa petite chapelle  " 
Plein le dos ...
"  L’Igreja da Ordem Terceira de Nossa Senhora do Monte do Carmo, détails  "

Puis, petit saut de puce à Loulé : il y a là un beau mercado, malheureusement fermé quand on arrive, et en parcourant les ruelles du vieux quartier, une minuscule chapelle aux murs plaqués de carrelages peints (dont 6 m² consacrés à la circoncision de Jésus !).

La circoncision du petit
Le mercado
J'ai mal aux dents
" Loulé " 

Toutes ces promenades se font sous un soleil éclatant et un ciel profondément bleu ! 24° !

On termine cette harassante journée à Albufeira, une ville entièrement consacrée à l’accueil des touristes venus bronzer sur la côte d’Algrave. C’est notre ville dortoir d’où l’on va rayonner pour visiter cette région.

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21 02

Nous habitons un HLM à touristes

Le soleil est déjà levé lorsqu’on se réveille : 7h. Dehors, l’air est frais.

Une rando au Cap Sao Vicente est prévue pour la journée. Ce cap est celui qui fait l’angle droit du bas (sud-ouest) quand on regarde une carte de la péninsule ibérique.

Il faut tout de même une bonne heure de route pour y aller. On découvre comment fonctionnent les péages sur l’autoroute : un portique bardé de radars et de caméras pour chaque portion d’autoroute comprise entre une entrée et une sortie. Juste avant le portique, un grand panneau affiche les tarifs selon les catégories de véhicules : ici, c’est de l’ordre de 0,40 € pour une voiture simple. Voilà ce qui nous attend pour nos autoroutes !

La rando commence à la Praia do Beliche. C’est une petite plage assez fréquentée par les surfeurs. La rando suit le chemin des pêcheurs qui longe le bord du plateau. Ici, l’Atlantique attaque inlassablement les falaises aux façades bien raides, et rares sont les plages, et encore plus rares les accès…

" Praia do Beliche " 

A la plage de Beliche, un sentier-escalier permet d’y accéder. Pour la deuxième plage plus à l’ouest, il faudrait attendre la marée basse pour y accéder à pied, ou sinon, la nage ou le surf… Les surfeurs sont nombreux à attendre la bonne vague.

" La flore de la falaise " 

La première partie de la rando consiste à longer vers l’ouest la falaise qui fait le côté sud de l’angle droit. On piquenique non loin du phare (qui est exactement à la pointe de l’angle droit) sur un promontoire d’où on observe l’océan attaquer la falaise avoisinante : un vrai travail de sape ! une faiblesse dans les sédiments qui composent le bas de la falaise, une cavité est formée, et les vagues s’y engouffrent en se fracassant dans les profondeurs !

Forte de San Antonio de Belixe
Farol - Phare - du Cap Sao Vicente

La rando se poursuit toujours en longeant la falaise, mais en remontant vers le nord. On y découvre des paysages de désolation si on est dans la raison des falaises, ou des paysages d’héroïsme si on est dans la raison des forces de l’océan ! Quant au sentier (qui est du côté des falaises, comme vous vous en doutez), il est plutôt chaotique et on s’y tord les pieds.

La plage de Telheiro
La plage de Telheiro

On atteint malgré tout la plage de Telheiro, à l’accès plutôt compliqué. Quelques baigneurs téméraires y font face aux rouleaux des vagues.

Retour à la voiture à travers champs et prairies.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/forte-beliche-depuis-sagres-161884629

De retour au bourg de Sagres, on visite le fort qui occupe tout un cap. Il n’y a pas grand-chose à visiter dans le fortaleza, mais, à l’extrémité du cap, il y a une surprise : un bâtiment constitué de cercles concentriques emboités ! une entrée incite à la visite.

Voz do Mar
La chambre d'écoute
La voix de la mer vient du fond de ce gouffre !
"  Cap Sagres : Fortaleza et Voz do Mar "

Après avoir parcouru l’intérieur des couloirs circulaires (on se croit dans l’intérieur d’un escargot…), on se retrouve dans une salle aux murs rouges envahi de graffitis, et dont le plancher est une grille. Un couple médite dans cet espace circulaire… Soudain un vacarme effrayant s’empare de l’espace, le sol tremble et un souffle s’échappe de la grille ! On est saisi ! Et ce vacarme revient régulièrement, disons toutes les minutes à peu près. Alors, on réfléchit … et on devine que c’est le bruit de la mer qui s’engouffre dans un tunnel qu’elle a creusé sous la falaise jusqu’à cet endroit, là où un puits naturel s’est creusé jusqu’à l’atteindre. Cet endroit s’appelle Voz do Mar (la Voix de la Mer) et a été construit par l’architecte Ressano Garcia.

Dernière visite : les traces des pas d’un dinosaure sur la plage de Salema (près de Budens). Le dino chausse au moins du 57 !

Les pas du dinosaure
Le pas des surfeurs
" La plage de Salema " 

C’est bientôt le coucher du soleil, et sur cette plage, il y a encore des surfeurs à attendre la bonne vague !

Quant à nous, on trouve une station service qui vend son GPL à 0,799 € le litre. C’est trivial, mais on est bien content de cette journée !

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22 02

Pour effectuer la rando du jour – les sept vallées suspendues – il nous faut aller par les petites routes à Carvoeiro, une petite ville blottie au fond d’une vallée et donnant sur l’Atlantique. Elle est au centre d’un univers de villégiatures, d’hôtels de luxe, de lotissements dédiés aux vacanciers de passage.

Les horaires sont affichés à chaque arrêt

On a prévu de prendre le bus 107 de 9h45 qui doit nous rapprocher du début « officiel » de cette rando, la Praia da Marinha. La rando consiste à longer le bord de mer (qui est une falaise) jusqu’à Carvoeiro où l’on a laissé la voiture.

Le bus arrive avec un certain retard. Pour faire 3,4 km, le chauffeur nous demande 3€/p…

Le temps est assez agréable, soleil voilé, 20°.

La falaise que l’on doit longer est d’une autre « consistance » que celle de Sagres : elle est plus « jeune » et donc moins solide. Les effets de l’érosion sont beaucoup plus marqués : des rivières y ont creusé des petites vallées, des eaux de pluie qui n’ont pas trouvé d’autres échappatoires y ont creusé des dolines (puits naturels), et enfin l’Atlantique avec ses marées et ses tempêtes en ont sapé les bases. Et la palette des couleurs va du jaune pâle à l’ocre rouge.

La rando est donc une succession de montées et descentes, sur un terrain caillouteux. Cela est largement compensé par un paysage magnifique, et la découverte d’un espace géologique exceptionnel.

Voici notre itinéraire depuis l’arrêt de bus de Praia do Carvalho jusqu’à Carvoeiro en passant par : - 3 km à l’intérieur des terres pour aboutir à :

- Praia da Marinha

- Praia da Corredoura

- Algar de Benagil - Praia de Benagil

Pour visiter l'intérieur des grottes, on ne peut y accéder que par la mer

- Praia do Carvalho

- Farol de Alfanzina

- Praia do Vale de Centeanes - Praia de Vale Covo

Sachant que la falaise recule de 2 m par an, est-ce raisonnable d'investir ici ?
Garçon, deux bien fraîches !

- Algar Seco

Dans le labyrinthe d'Algar Saco

- Carvoeiro

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/benagil-praia-de-benagil-praia-da-marinha-praia-do-carvalho-carvoeiro-161975783

Nous avons parcouru les moindres criques, approché les multiples dolines, exploré des caves. On a piqueniqué face à des falaises hébergeant quelques mouettes. On a pris une petite rincée, car le temps s’est rafraichi… Et nous attribuons 5 étoiles à ces paysages si étonnants, avec une mention spéciale pour l’Algar Seco qui en mérite une sixième !!

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23 02

Pour rallier Lagos, nous avons pris l’autoroute, et nous ne résistons pas à montrer les usines à gaz nécessaires pour récupérer quelques sous.

Mais on sait tous qu’« un sou est un sou » et que « les petites rivières font les grands fleuves » (ici, radio papy !).

On trouve à garer la voiture du côté de la gare des trains de Lagos. Il faut traverser la marina pour aller à la gare routière. On parvient à attraper le bus 04 de 10h alors qu’il est déjà 10h05… Destination la petite ville balnéaire de Luz. La petite plage recèle un promontoire de grès ocre très fossilifère.

Comme pour les jours précédents, la rando consiste à suivre le sentier qui longe le bord de la falaise. Et on peut dire qu’elle est un peu un mélange des deux.

La première partie, de Luz à la praia de Porto Mos, on évolue sur un plateau uniformément plat et dont le bord vers la mer forme des falaises strictement verticales.

La ville de Luz
Une fissure : cette partie va bientôt s'écrouler !
Végétation particulière : chaque boule est un seul plant.
Notre lieu de piquenique




La falaise s’efface à la praia de Porto Mos : petite vallée et belle plage (où l’on piquenique).



La deuxième partie jusqu’au cap Ponta da Piedade résiste moins à l’érosion et on retrouve les gouffres (algar), les falaises déchiquetées, les tunnels et arches creusés par la mer.

L’érosion est telle que le sentier d’origine est en voie de disparition (nous l’avons pris par erreur, car le balisage … n’en parlons pas !) : les grands lotissements de tourisme ont posé leurs clôtures si près du bord de la falaise, et la mer en a fait écrouler une grande partie, que parfois il reste à peine un mètre de large entre le grillage et la vide ! Sans parler de la végétation envahissante… On a failli faire demi-tour !

Cherchez le sentier, il existe...
L'érosion a raison des constructions humaines

Mais après avoir retrouvé le chemin officiel, on découvre qu’il s’agit de kilomètres de passerelles en bois montées sur pilotis, avec des kiosques par-ci par-là !! Et desquels on ne voit pas grand-chose, et il faut en sortir pour voir ce qu’il se passe au fond des criques…

En fin de rando, visite du vieux centre de Lagos, avec pour intérêt notable le bâtiment servant de marché aux esclaves, le premier du genre en Europe (an 1444), donc bien avant les grandes découvertes.

Le fortin
Les remparts
Le palais du gouverneur et une église
Le marché aux esclaves
" Le vieux Lagos "

Achat de délicieuses pâtisseries dans la padaria central, la plus ancienne de la ville.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/montinhos-da-luz-mirador-ponta-piedade-lagos-162042816

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24 02

Ce matin, debout très tôt (5h30) : on a de la route à faire, direction Obidos et Nazaré, au nord de Lisbonne.

Au réveil, par la fenêtre, on constate que le temps a radicalement changé : ciel bas et gris sombre, 13°. Près de 320 km d’autoroute… heureusement, pour nous distraire, pendant quelques kilomètres, nous longeons une ligne à haute tension : sur de nombreux pylônes sont perchés d’imposants nids de cigognes avec leurs élégants habitants ! Et ils n’ont pas l’air perturbés par les 15 000 volts qui filent au-dessus de leur tête !

Etape à Obidos, une belle cité fortifiée. Les remparts qui l’entourent sont majestueux : on se promène sur le chemin de ronde (par endroits vertigineux) pour atteindre le château (devenu hotel…). L’église attenante au château, quant à elle, est devenue une librairie ! les temps changent !...

Chateau et église accolés
Eglise devenue bibliothèque
Aqueduc

On fait un tour au cimetière qui est au pied de la tour sud-ouest. Il y a de nombreuses chapelles funéraires et on a la surprise de voir, à travers la porte de certaines d’entre elles, des cercueils superposés… ça nous a remémoré ce récent souvenir : ce matin, un corbillard nous a dépassé sur l’autoroute ; il était doté d’une large vitre sur le côté, à travers laquelle on apercevait le cercueil !

" Le cimetière d'Obidos "

Arrivés à la plage de Nazaré vers 13h, on constate qu’il y a tellement de vent qu’au lieu de piqueniquer sur les bancs du bord de mer, on reste à l’abri dans la voiture ! De là, on contemple les énormes vagues qui viennent s’écraser sur la digue qui protège la marina.

On prend possession du logement : une petite dépendance avec tout le confort au pied d’une villa.

Et on part contempler de plus près les éléments déchainés : promenade par la vaste plage où les gens contemplent la tempête. La tentation est forte de s’approcher au plus près du déferlement des vagues, mais des agents (municipaux ?) à cheval sur leur quad, vont et viennent sur le rivage pour éloigner du bord les plus téméraires !

Le funiculaire qui permet d’atteindre le sommet de la falaise nord dominant la plage étant hors service, on se tape la montée à pied en courbant l’échine pour mieux affronter le vent. Sur la crête, il y a le village ancien de Nazaré regroupé autour de l’église Santuário de Nossa Senhora da Nazaré. La falaise se prolonge à l’ouest formant un promontoire sur lequel est perché une forteresse. Le site est battu par les vents, les embruns et les énormes vagues qui parfois le submergent.

La balançcoire
L’église Santuário de Nossa Senhora da Nazaré

Une foule occupe les moindres espaces de ce cap à contempler le spectacle qu’offre la tempête. De plus, une vingtaine de personnes sur jetski affrontent les rouleaux, ce qui fascine les spectateurs. On visite le petit musée qui explique l’originalité de ce site maritime si prisé par les grands compétiteurs de surf. Sous la surface de la mer, face à ce fort il existe un genre de canyon qui cisaille sur 250 km le fond marin vers l’ouest, entaille profonde de 3000 m ; ce qui a pour effet de contraindre la houle venant du large à une compression, créatrice d’énormes vagues à cet endroit précis. Il paraît que le record de vague avec un surfeur glissant dessus soit de 24 m !

Le plan du canyon sous-marin

Sur le fortin, c’est la cohue, chacun voulant mémoriser LA super vague sur son mobile (nous inclus !). Voici le résultat de notre production :

Et enfin sur la plage :

Retour à notre logement où on se fait un chouriço à la poêle façon fourzitout.

Pour visualiser le trajet de cette promenade, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/forte-de-sao-miguel-arcanjo-nazare-162160487

Deux photos prises au passage :

Les dangers de la mer, façon carrelage
Squat pour chats errants
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25 02

Le temps a radicalement changé : il a plu toute la nuit, et ce matin, c’est sous une brouillasse de fine pluie et de vent qu’on démarre la journée.

On ne résiste pas à retourner au forte Sao Miguel Arcanjo pour y contempler les fascinantes vagues déferler – spectacle hypnotique ! En passant, on va s’informer sur la légende locale dont l’image est apposée sur de nombreuses façades, en carrelage ou en peinture, et avec les personnages suivants : le noble sur son cheval, la flèche, le cerf, le tout au bord d’une falaise, et, planant au-dessus de la scène, la vierge et son enfant. La légende de Na Sra da Nazaré est claire : si le noble n’avait fait appel au surnaturel, il aurait rejoint le cerf …

Vie quotidienne à Nazaré
La légende de Nazaré
LA vague
Le centre d’interprétation de Bathala

A Batalha, on s’instruit sur un épisode fondateur du Portugal. A Batalha, comme son nom l’indique, eut lieu une bataille, celle d’Aljubarrota. On apprend, dans un centre d’interprétation bien conçu, qu’en 1385, alors qu’il y a une crise de succession de la royauté, que, par ailleurs, c’est la révolte conjuguée des paysans et des bourgeois, le tout dominé par la grande peur de l’épidémie de peste au cours de laquelle un tiers de la population va y passer, deux armées vont s’affronter : celle du roi de Castille qui lorgne sur le Portugal et celle des Portugais qui veulent choisir leur roi. Et là où on s’aperçoit que rien n’est simple dans les histoires de guerre, c’est quand on apprend que le roi de Castille a demandé de l’aide aux chevaliers français, et que les Portugais ont demandé aux Anglais de les soutenir, ce qui leur allait bien, dans cette époque de la guerre de cent ans après Crécy. Bref ici, les Portugais ont mis en déroute le roi de Castille et ses chevaliers…

Et comme dans ces histoires, il y a toujours une dimension divine, les Portugais ont construit (deux siècles après) un monastère gigantesque pour remercier l’intervention supposée, le mosteiro de Santa Maria da Vitoria .

tombe de roi et reine
Fontaine d'ablutions
Le cloitre
Les chapelles inachevées

A Tomar, autre découverte : celle d’une forteresse et d’un couvent aux dimensions et aux décors incroyables : une église dans l’église, six cloitres, une centaine de cellules. Leur fortune fut liée à celle des Templiers, puis à l’activité navale liée aux Grandes Découvertes.

" Le château et la forteresse "
La façade sud de l'église
Le grand couvent
L'escalier pour descendre dans les jardins du couvent
L'église
L'église dans l'église
Cloitre
Fenetre manueline
" Covento de Cristo "
L'arbre de vie
Une partie des dortoirs
Un bel escalier
La spirale de l'escalier
Le réfectoire
Un cloitre
" Covento de Cristo " 

Quant à la ville qui aujourd’hui dort au pied des murailles, elle eut une période où l’industrie du métal fit sa fortune.

Décor de façade
Décor de façade
Un vieux fourneau
Les anciennes usines de ferronerie
Dans les ruelles de Tomar
Dans les ruelles de Tomar

Ce soir, après une journée pluvieuse et plutôt fraîche (13°), on prend nos marques dans une grande maison à Ança (près de Coimbra). Ça nous change de la maison d’hier qui était toute riquiqui.

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26 02

La visite de Coimbra commence par un temps frais, couvert et venteux. Heureusement, il ne pleut pas !

Cette ville est une importante ville universitaire. L’université est toujours et encore très active, et ce depuis sa fondation au même siècle que la Sorbonne ou Oxford ! La ville s’est développée sur les rives du Mondego, autour d’une hauteur où étaient installés le château royal, la cathédrale et les premiers bâtiments universitaires.

On a la surprise de voir que certains bâtiments d’origine étaient toujours utilisés à des fins universitaires. Parfois dans son parcours de découverte, le touriste, guide à la main, rencontre l’étudiant, le nez dans ses notes ! Par exemple, le Palais royal est imbriqué dans la faculté de Droit.

Le Palais royal
L'entrée de l'université de Droit
Les salles du Palais royal
Les salles du Palais royal
L'entrée de la chapelle
L'université de Droit

Mais l’endroit a été complété avec le temps, par des extensions nécessitées par l’augmentation des savoirs et l’augmentation des gens pour y accéder, surtout depuis qu’un despote éclairé, le Marquis de Pombal, eut décidé de virer les Jésuites du monopole qu’ils détenaient sur le savoir et l’enseignement.

Ainsi sur le plateau, on évolue entre les architectures monumentales de la fin du moyen-âge, et celle du néoclassique de l’entre-deux-guerres, en passant par le néoclassique des Lumières…

Aqueduc alimentant le plateau
Université de Mathématiques : décriptez les formules gravées en façade !!

Pour accéder à ce quartier depuis l’endroit près du fleuve, où on s’est garé, il faut monter de raides escaliers, aux marches hautes ! Sur ce quartier accroché à flanc de colline, on passe par des ruelles où de nombreuses maisons sont en ruines ou délaissées ou squattées.

Les quartiers où le relief est moins pentu, on s’éloigne de la misère. Et on retrouve les belles façades dans les rues et avenues qui ont découpé la ville aux temps modernes.

Repas copieux



A midi, on déjeune à la Cantinho des reis (= le coin des rois !), un petit restau qui sert de copieux plats de la cuisine de base du pays. Les clients sont heureux d’être là pour partager les belles portions et la bonne ambiance sans se ruiner.


On arpente ainsi la ville jusqu’en fin d’après-midi, alors que le ciel s’est découvert, laissant la place à un peu de soleil, mais avec toujours autant de vent froid.

L'entrée du jardin de la Sereia
Le jardin de la Sereia
Le jardin botanique
" La vieille cathédrale "

Une surprise : au musée de la Chimie, entre autres éprouvettes et bec Bunsen, et quelques explications scientifiques, on nous apprend la recette de la poudre noire (destinée aux canons et aux mousquets) !

La recette explosive !
 " Le musée de la Chimie "

Quant à la vénérable Bibliothèque Joanina, c’est une mauvaise surprise qui nous attend : on n’a pas le droit de prendre des photos ! Celle du blog est copiée du site de l’université (www.uc.pt).

" La bibliothèque Joanina "

De retour à la voiture, on passe par un supermarché pour faire une petite course, et là on tombe dans un piège : la voiture et l’itinéraire GGmaps nous dépose dans un super temple de la consommation, sur plusieurs étages et sur plusieurs centaines de m² où on se perd dans les allées et les escalators… Quel contraste !

De retour à Ança, ce village où nous avons notre logement, nous passons un peu de temps à nous promener dans les ruelles à l’heure du coucher du soleil. On découvre une fontaine abondante qui alimente à la fois un lavoir, plusieurs moulins et une piscine naturelle. Quelques beaux bâtiments témoignent d’un passé plus opulent qu’aujourd’hui. Et on ne manque pas de passer devant l’igreja !

La source à multiusages
" Ança "
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27 02

Debout très tôt : on doit prendre la route pour l’aéroport de Porto et notre avion vers les Açores est vers midi. Dehors, il fait 6° et dedans, 15° en mettant à fond les deux mini chauffages…

Les intempéries ont cessé et le ciel est bien dégagé. Embouteillages sur le contournement de Porto causés par de multiples petits froissements de tôle. Il faut dire que presque personne ne respecte les limitations de vitesse, sauf lorsque la voiture de la GNR (Garde Nationale Républicaine) fait sa maraude…

On laisse notre carrosse dans le parking à petit prix de l’aéroport, et la navette nous trimbale jusqu’aux entrées. L’aéroport est récent, fonctionnel et les enregistrements+ contrôles sont rapides.

Le voyage de 2h15 se fait dans un confort serein : le temps est calme et comme on dit, il y a toujours du soleil au-dessus des nuages ! Le « meal » est succinct : dans une petite boite, on trouve un en-cas fromage/jambon pas plus gros que deux blinis superposés et quatre gâteaux sec…

" Premières vues de l'île de Sao Miguel "

A l’aéroport de Ponta Delgada, on doit faire la queue au comptoir du loueur de voitures. Il y a une dizaine de comptoirs d’autres compagnies, mais il n’y a aucun client, et les employés désœuvrés font grise mine. La prise en main de notre Toyota Yago se fait après une minutieuse inspection du véhicule.

Après les dernières recommandations, on roule vers notre nouveau logement à l’autre bout de la ville. Pas mal de circulation et toujours aussi brouillonne que sur le continent.

On dispose d’un vaste logement, dans un lotissement d’immeubles à deux étages, au milieu des champs. La température est bien plus élevée que sur le continent, le soleil apparait de temps en temps, mais l’air reste bien humide.

Notre première sortie sur cette île est consacrée à une visite dans la plantation d’ananas Arruda. Au siècle passé, un cultivateur a eu l’idée de transformer son verger d’orangers pour se convertir à l’ananas. Il a construit des serres, et inventé une façon nouvelle de faire « fleurir » les pousses : des braseros sont disposés à un moment précis pour que la fumée émise favorise le grossissement des fruits. On apprend aussi que pour faire une nouvelle pousse, il faut réutiliser une partie de la racine d’un pied précédent qui a déjà donné son fruit ; que cette racine une fois enterrée, va bourgeonner et donner un nouveau pied, etc… il faut tout de même attendre 18 mois à deux ans pour qu’un fruit mûr puisse être récolté.

" La plantation Arruda "

Après cette visite, on va faire des courses pour la semaine. On constate que les prix sont bien plus élevés que sur le continent, et qu’il y a moins de choix. On est déçus par le prix des poissons, eux aussi plus chers.

Retour au bercail où on se fait des poissons en papillote accompagnés de brocolis et carottes.

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28 02

Hier, on a retardé nos montres d’une heure, ce qui fait deux heures de décalage par rapport à la France.

Aux Açores, en cette saison, le soleil se lève à 7h. Mais nous, on s’est levés à 5h. Et ce n’est pas à cause d’un emploi du temps chargé ! Hier soir, on a dû supporter des aboiements de chiens pendant une demi-heure. Et cette nuit un régiment de coqs survitaminés de la ferme voisine nous réveille à 3h30 ! Et ils braillent toutes les cinq minutes, nous empêchant de nous rendormir ! Le secteur est envahi par les chats errants, mais eux nous ont laissés tranquille…

Rando Cha Gorreana

La petite rando (3,4 km) consiste à évoluer parmi les rangées de théiers, arbustes taillés de sorte qu’ils ne dépassent pas 50 cm du sol. Les rangées parfois suivent les courbes de niveau, parfois sont rectilignes et partent à l’assaut des collines. On emprunte des pistes destinées au passage des véhicules d’exploitation ; elles sont toutes bordées d’hortensias. Malheureusement on en voit que de rares en fleurs, car c’est trop tôt en saison.

Une petite visite dans les ateliers nous apprend que les premières graines de thé sont arrivées du Brésil au début du XIXème siècle. En 1848, le thé était déjà planté sur les propriétés de plusieurs familles de São Paulo.

Le sol argileux et acide de ses terres, les fortes précipitations, ainsi que le climat humide, fournissent les conditions idéales pour la production d'un thé de qualité. Aujourd'hui, la Fábrica de Chá Gorreana produit annuellement environ 40 tonnes de thé, provenant de 37 hectares de plantation.

Peu d’activité dans les ateliers : des ouvrières emballent le thé pour la commercialisation. La cueillette se fait d’avril à septembre et les opérations d’oxydation, de maturation et de séchage succèdent à chaque cueillette.

On va déguster au salon de thé avec vue panoramique sur les plantations. Gratuit et à volonté !

Pour visualiser le trajet de cette promenade, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/cha-gorreana-162469362

On visite la charmante petite bourgade de Porto Formoso blottie au fond d’une vallée et encadrée par des falaises de basalte.

Champ de bananiers
Photo exposée au centre culturel du village

Rando Bord de mer à Maia

Pour rallier le point de départ de cette rando, on a prévu de prendre un bus pour aller depuis Maia où on a laissé la voiture jusqu’au village de Lomba de Maia. L’horaire indiqué sur le site officiel du gouvernement des Açores nous promettait le passage d’un bus à 11h53 à l’arrêt Santo Antonio. Or Gmap nous indique pour cet arrêt un passage à 12h12. Qui croire ? En fait ni l’un ni l’autre : on a pris le bus à l’arrêt des Ecoles à 12h20 et n’est jamais passé à S Antonio.

C’est une rando magnifique, tantôt sur les hauteurs, tantôt à la hauteur des vagues, traversant des forêts de végétation luxuriante, ou longeant des petites rivières qui se précipitent dans la mer. Sur ces rivières, les ancêtres ont bâti des successions de moulins certains rénovés d’autres en ruine.

Pour visualiser le trajet de cette promenade, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/lomba-da-maia-praia-da-viola-maia-162506985

Rando Caldeira de Ribera Grande

Le site de la caldeira est éparpillé : une grande mare où bouillonnent des sources de boues chaudes et légèrement soufrées, des aménagements pour capter les vapeurs qui s’échappent du sol permettant aux visiteurs de cuire leurs aliments, et enfin, au milieu de la forêt des vapeurs s’échappent du flanc des collines.

Au terme de cette moyenne rando qui, pour une grande partie s’effectue sur des conduites d’eau destinées à une centrale électrique, on découvre de profondes gorges et une belle chute d’eau.

Pour visualiser le trajet de cette promenade, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/caldeira-ribera-gde-salto-de-cabrito-162527889

A la ville de Ribera Grande, on trouve un endroit où acheter des tampons d’oreille contre le bruit !

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29 02

Les tampons d’oreilles sont bien efficaces ! plus de coqs, plus de chiens, que des beaux rêves ! on a failli ne pas entendre le réveil…

On va à l’extrémité ouest de l’île pour randonner sur la crête de la plus vaste caldera des Açores : la caldera de Sete Cidades. Le temps est plutôt frais (15°), il y a du vent, il y a un plafond de nuages élévé et les apparitions du soleil sont furtives.

On se gare au parking du miradouro Lomba do Vasco. Il est 9h.

Et pour bien commencer la rando, on se trompe dès le départ. On passe les détails… On n’a pas compris qu’il fallait d’abord faire un bout de la route qui descend vers le centre de la caldera, et au lieu, on prend sans réfléchir une vague trace qui part à travers les prairies qui bordent l’extérieur de la caldera. On se retrouve bientôt face à des vaches qui accourent lorsqu’elles nous voient (pourtant on ne leur apporte pas du foin…). Heureusement, on retrouve une piste qui rejoint l’itinéraire officiel !

Après ce début peu glorieux, l’itinéraire se poursuit par une belle piste prévue pour accéder aux prairies. Elle longe le bord de la caldera qui est à droite (on fait l’itinéraire dans le sens horaire). Cette piste est parfois creusée dans les épaisses couches de cendres volcaniques et elle monte vers le point le plus élevé (840 m). On bénéficie d’une vue sur l’océan à gauche, et à droite, d’une vue sur le fond de la caldera. Au fond de la caldera se sont installés un double lac, un village, des cultures, des prairies (des vaches …) et des petits volcans (éteints !).

Sur cette partie de l’itinéraire, la falaise tombe presque à pic dans le lac d’au moins 500m !

Depuis le départ, nous sommes seuls sur cette piste, et c’est avec surprise qu’on voit surgir en face de nous des quads dont les passagers sont équipés comme pour aller sur la lune !

Une plante étrange...

On trouve un endroit à l’abri du vent pour piqueniquer.

Lorsqu’on reprend la marche, il n’est plus question de piste, mais de sentiers plus ou moins praticables. Tantôt ils sont bordés de barrières de sécurité, tantôt ils sont ravagés par l’érosion et servent aussi de ruisseau. Il faut reconnaitre que cet itinéraire est une concoction personnelle élaborée à partir des sentiers relevés dans OpenStreetMap. Les sentiers officiels de randonnées ne font que des bouts de la caldera et il a fallu trouver de quoi les relier les uns aux autres.

Lagoa de Santiago
Forêt de cryptomérias

Une partie du tour (1 km) se fait sur une route goudronnée, mais elle est en partie coupée aux voitures car des travaux sont en cours pour réparer quelques effondrements.

Sentier délicat
Comment réparer un effondrement de la route

A partir du point de vue Vista do Rei, on poursuit à nouveau sur une piste, mais ici aux pentes plus douces. On y rencontre plusieurs randonneurs. A droite, le bord de la caldera est toujours à pic, mais en contrebas, il y a des champs et des prairies. A gauche, toujours l’océan. Le soleil s’est fait moins timide.

Caldeira seca

On retrouve notre voiture vers 16h.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/sete-cidades-tour-de-la-caldera-162590288

Descente vers le village ; et, parvenus au lac, on roule sur une piste qui longe le rivage côté ouest. Et au bout de cette piste on découvre qu’un petit canal puis un tunnel servent de déversoir au trop plein des lacs ! On ne sait pas où va cette eau...

Retour au bercail après ces 20 km dans les pattes.

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01 03

Belle journée ensoleillée.

Furnas est au centre d’une vaste caldeira, plutôt ancienne et bien érodée, aux reliefs arrondis, et qui, outre la petite ville, abrite un grand lac, de vastes prairies et, dans les endroits plus raides, des forêts de cryptomérias. Cette ville est réputée pour son activité thermale.

Une riche demeure à l'abandon
Une architecture renversante;;;

On va à l’office du tourisme prendre quelques renseignements. Une dame, parlant un parfait français, nous accueille chaleureusement et nous donne de multiples conseils de visite qui nous seront bien utiles.

La première des visites est l’incroyable espace des caldeiras. Un peu à l’écart du centre-ville, mais au milieu des habitations, plusieurs sources d’eaux bouillonnantes laissent échapper des fumerolles dans un bruit couvrant la voix et diffusant une légère odeur soufrée. En s’approchant, on sent les bouffées de chaleur, le vent faisant tournoyer les jets de vapeur. Chaque source est contenue dans une sorte de cuvette plus ou moins aménagée. Certaines sources ont leur cuvette colorée d’ocre rousse évoquant les dépôts du fer contenu dans l’eau qui s’oxyde lors de sa sortie des profondeurs de la terre. A la source Azeda, on goûte l’eau : fort goût de fer, légèrement pétillante. Les eaux émises par ces sources se rassemblent dans une petite rivière dont le fond a la couleur de la rouille.


Un peu en contre-bas, en longeant la grande rivière qui traverse la ville, une autre source alimente abondamment un bassin : il est recommandé de se tremper les pieds dans ce pédiluve. On teste : l’eau est très chaude et nos pieds deviennent rapidement bien rouges.


Pour rejoindre le lac, on traverse la ville puis on monte un escarpement : le lac est au-dessus de la ville ! Le tour du lac commence par un nouveau site de remontées chaudes, mais ici c’est de la boue bien grise qui bouillonne dans les cuvettes. On avait apporté des œufs pour les faire cuire dans les sorties de vapeur, mais l’endroit où cela aurait pu être possible a été privatisé par le restaurant installé près des sources… On piquenique sans les œufs … Le chemin du tour du lac traverse des bois de cryptomérias géants et aussi une forêt de bambous.

De retour à la ville, on se laisse tenter par la piscine d’eaux thermales de Terra Nostra (entrée 10€/p). Il s’agit d’un grand bassin (50 m de diamètre) rempli d’une eau marron clair. L’eau est en moyenne de 37° et à la sortie des deux jets à 42° ! il y a bien une cinquantaine de personnes qui évoluent soit en nageant, soit en marchant, mais pour cela il ne faut pas être trop petit (< 1,65 m). Il y a des cabines pour se changer, mais il faut avoir apporté maillot de bain et serviette ! Le bassin se situe dans un vaste jardin botanique, et l’ambiance est plutôt familiale. On reste bien une heure à s’y prélasser et à y mijoter.

Au Portugal, le mot caldeira (=chaudière) peut désigner aussi bien un énorme cratère d’effondrement de 10 ou 20 km de diamètre, ou une sortie d’eaux chaudes telle qu’on les a vu en début de rando.

Toutes les îles des Açores sont volcaniques et, pour une raison un peu particulière, dans cet endroit précis du globe. Ici, la plaque tectonique nord-américaine s’éloigne des plaques africaine et eurasienne à raison de 4 cm par an, selon le rift nord-sud situé au milieu de l’Atlantique. De plus, ces deux dernières se confrontent et se cisaillent. Ces grands mouvements de plaques provoquent une grande déchirure dans la croûte océanique, avec pour conséquence la libération de fortes émissions de magma en ce point précis, suffisamment pour créer des îles. La plus récente éruption aux Açores est celle de Capelinhos, en 1957-1958, sur l'île de Faial (notre prochaine destination !).

A Furnas et à plusieurs autres endroits de l’île, la proximité du magma se manifeste par ces fumerolles soufrées. Ces endroits font l’objet d’une exploitation industrielle en récupérant la chaleur de ces remontées eaux chaudes et en la transformant en énergie.

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02 03

On refait la route vers l’extrémité ouest de l’île, destination le cap Ponta da Ferraria. C’est l’endroit où a eu lieu la plus récente éruption sur l’île de Sao Miguel, en 1811.

On débute une petite rando qui permet, après avoir grimpé un petit dôme, d’avoir un point de vue sur cet endroit. Puis on détaille le rivage, bien attaqué par l’océan. D’un côté, de raides falaises de basalte, d’un autre des coulées de basaltes s’étalent dans la mer comme les doigts d’une main. Des bâtiments abritant des thermes et un grand parking occupent le peu d’espace laissés par l’océan d’un côté et par les falaises de basalte de l’autre.

La surprise du jour est donnée par une piscine naturelle lotie entre deux rangées de basalte et avec accès direct aux vagues de l’océan, mais chauffée par des remontées thermales. L’eau de ce bassin atteint 30° ! mais chaque vague remet en question cette température ! Une petite échelle permet d’y accéder. On a pied, mais de gros blocs gène la progression, alors on nage un peu. Lorsqu’on arrive il y a déjà une vingtaine de personnes qui s’y baigne, en s’accrochant tout de même à une corde. C’est plus prudent car lorsque des grosses vagues arrivent, ça secoue ! On se met en tenue (chacun trouve un coin de rocher où étaler ses affaires) et on se jette à l’eau, ou plutôt, on descend prudemment l’échelle dont il manque quelques barreaux… On reste une bonne demi-heure à se faire balloter par les vagues tantôt fraîches, tantôt chaudes. Pour se sécher et se rhabiller, il faut faire vite, car le fond de l’air est frais …

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/ponta-da-ferraria-162704069

Après un piquenique sur des rochers face à la mer, pas loin de Ponta Delgada, on démarre une autre petite rando ; Janela do Inferno (la porte de l’enfer) – un nom bien grandiloquent donné à une cascade/grotte.

L’itinéraire suit une prise d’eau qui alimente la ville de Lagoa. On suit une petite vallée où la végétation prospère, on passe par des tunnels et des ponts.

Sortie de tunnel

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/janela-do-inferno-depuis-remedios-162753155

A la fin de cette rando, on croise une procession : une cinquantaine d’hommes, bâtons à la main, écharpe colorée sur le dos et marchant d’un bon pas, entonnant des chants plaintifs. Ce sont des romeiros. Une tradition des Açores rassemble lors du Carême des pèlerins (des hommes uniquement) qui vont, pendant une semaine, de village en village, ou plutôt d’église en église, et dont l’objet est une expiation, ou le règlement d’une dette morale. Il faut dire que ce pays est très empreint de religion catholique.

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03 03

Temps gris, plafond bas, vent, 17°.

Rabo de Peixe

Ce matin (dimanche…), on doit chercher une pharmacie. Comme on trouve tout sur internet, on voit qu’une pharmacie est ouverte à Rabo de Peixe, un village de pêcheurs, sur la côte nord de l’île : elle ouvre de 10h à 11h30. Lorsqu’on y arrive (à 10h pile !), il y a déjà du monde qui attend dans la rue ; et quand on regarde dans l’officine, elle est pleine à craquer … Finalement, l’attente n’est pas si importante qu’on le craignait, les deux personnes en blouse blanche expédiant leurs clients. Ils ont été plus attentifs et patients avec nous (on échangeait avec le traducteur du mobile) …


Après une pause dans une pâtisserie/cafétéria, on prend la direction la Caldeira Velha, une station thermale en plein air, et … en pleine montagne. On passe devant une grande installation géothermique, où aboutissent d’énormes tuyaux venant des quatre coins des collines alentour.

La Caldeira Velha est un site national, payant, avec des horaires, et des quotas de personnes admissibles (1350/jour à la saison basse). On aurait dû réserver par internet, mais… Et on nous accepte tout de même à la condition d’attendre une demi-heure : on ne peut pas être plus de 100 dans les bassins. La demi-heure passée, on nous donne un petit bracelet, violet pour le créneau de midi.

Dans ce parc, nous sommes comme au centre d’une forêt tropicale tant la végétation y est abondante. Les trois bassins, où les gens se prélassent, se succèdent dans le lit d’une petite rivière, directement alimentés par la source un peu en amont. Plus en amont encore, une cascade d’eau ferrugineuse fournit en eau tiède un autre bassin où il n’y a pas grand monde : ici l’eau est bien plus fraîche !

On se change dans des vestiaires, on range nos affaires (sauf les serviettes !) dans des consignes et on part mijoter dans les bassins. Puis douche sous la cascade ! Heureusement, dans ce coin de forêt, il n’y a pas de vent et sortir des bassins ou de la cascade reste agréable. On sort de là vers 13h30.

La source d'eau thermale
La queue aux vestiaires
La cascade

Le reste de la journée est une succession d’évènements non prévus : on devait déjeuner dans un restaurant mais on n’a pas retrouvé où il était, on devait faire une petite rando au lagoa do Fogo, on s’est retrouvé, après des kilomètres d’une route déplorable, près du lagoa do Congro, et ce dans un brouillard épais et une succession d’averses. On se dit : alors allons voir la ville de Ponta Delgada. Et là, bien que la pluie et le brouillard soient restés sur les hauteurs de l’île, on découvre une ville tristounette, aux rues désertes, mais pleine d’églises où quelques gens assistent à la messe du soir…

Ermida de Nossa Senhora da Paz
Vue sur Vila Franca do Campo
Au jardin botanique
Au jardin botanique
L'heure de la messe du dimanche soir
La porte de la ville
Les camélias sont en fleurs
" Ponta Delgada "

C’est la première journée où l’on rentre si tôt à la maison !

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04 03

On a la matinée devant nous avant de prendre l’avion pour Horta sur l’île de Faial. On se promène alors dans les rues de Ponta Delgada, où il y a tout de même un peu plus d’agitation que le dimanche. Le marché des fermiers est plutôt décevant : il se tient dans un vaste sous-sol qui ressemble plus à un parking souterrain… Le fort est tenu par les militaires, et au santuario do Senhor Santa Cristo dos Milagres, des gens prient : peut-être espèrent-ils un miracle.

Le fort
Le santuario do Senhor Santa Cristo dos Milagres

Une belle originalité : les pavés des rues et des trottoirs ! ces pavés, de taille grosso modo de 5x5 cm, sont assemblés de telle sorte qu’ils font de beaux motifs, surtout sur les grandes places.

Les « beaux quartiers » sont sur les hauteurs : il y a de grandes villas avec vue sur la ville et la mer.

Encore un jardin botanique (privé)

Une fois la voiture rendue (aucune formalité), et passé les contrôles, nous voilà installé dans un petit avion à hélices, un Bombardier Q400 Dash 8. Un premier vol de 40 mn pour une courte escale sur l’île de Terceira, puis un deuxième vol de 30 mn pour atterrir à Horta. L’atterrissage est assez sec et le freinage tout autant. C’est le même avion qui fait les deux vols, mais il nous faut tout de même en sortir et attendre la demi-heure d’escale dans une petite salle.

Q400 Dash 8
Horta, vu du ciel
Vue sur la marina et l'île de Pico

La voiture (réservée pour trois jours) est une petite Fiat panda ; on s’aperçoit bien vite qu’elle a du mal à monter les côtes !

Le logement donne sur la marina ; c’est un vaste F2 très bien équipé. Mais le proprio ne s’est pas investi dans la déco : les murs sont totalement blancs, la seule image étant celle d’un extincteur…

On va faire quelques courses, de quoi tenir la semaine.

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05 03

Le temps a complètement changé : ciel bas et gris sombre, 14°, du vent d’ouest. Quand on sort de la maison la vue sur l’île de Pico est imprenable … parce qu’il n’y en n’a pas : l’horizon est enveloppé dans une brume grise peu conforme aux prévisions météo.

On part tout de même faire notre rando du jour : une combinaison entre deux randos « officielles » (le tour de la caldera et la levada), et un raccord élaboré sur la base de cartes internet il y a deux mois (une levada est une rigole aménagée pour capter l’eau et la mener aux endroits où il y en a besoin ; elle suit une courbe de niveau).

Lorsqu’on laisse la voiture au pied de la caldera (côté ouest), c’est le brouillard et le vent qui nous accueillent. On parvient par une belle piste au bord du volcan, mais on ne voit rien du fond de son cratère… On essuie quelques averses.

Entrée du tunnel du cabeço dos trinta
La pluie ...
... et le brouillard !

Sur la crête, il y a une piste et un sentier parallèles ; on prend la piste qui nous mène à des installations de téléphonies et autres antennes qui sifflent sous le vent.

Là, on s’égare et on est obligés de revenir sur nos pas et de chercher où est le bon sentier. Avec ce brouillard, on ne voit même plus de quel côté est le cratère ! Mais on finit par retrouver le sentier officiel ! Ce sentier est complètement ravagé par les intempéries, rempli de boue ou de cailloux. Et accuse des pentes délicates à descendre.

Puis, le temps s’améliore : le plafond des nuages se lève un peu et dévoile de temps en temps le fond du cratère (interdit d’y descendre, mais ce n’était pas dans nos intentions !). Le soleil fait quelques rares apparitions : c’est un intermittent du spectacle… Mais le vent se renforce et il faut bien se tenir pour ne pas se laisser emporter.

Un sentier déglingé
Le brouillard se lève un peu
Coup d'oeil furtif sur le fond du cratère
Coup d'oeil furtif sur le fond du cratère
Coup d'oeil furtif sur le fond du cratère
La vue se dégage vers l'océan
Belle coupe de cheveux !

Arrive la partie concoctée il y a deux mois sur ordinateur. Après un début difficile dans les buissons et arbustes, le sentier de chèvre disparait au profit de grandes prairies vallonées, où quelques vaches nous regardent d’un air étonné. C’est là que les choses deviennent compliquées car on ne trouve pas la jonction avec la levada : les prairies sont bordées par de profonds ruisseaux envahis de ronces. Au final on fait un détour d’une dizaine de kilomètres au lieu d’un, pour rejoindre le début « officiel » de la levada. On prend tout de même le temps de piqueniquer à l’abri du vent : assis sur un abreuvoir en béton !

" Où est passé le sentier ? "

Le parcours de la partie levada, bien que plus rassurant, car maintenant, on sait où on va, nous réserve quelques mauvaises surprises. Tout d’abord, cette première partie de levada est à l’abandon et il n’y a pas d’eau qui coule, et pour cause : elle est bouchée à multiples endroit par les éboulements de la montagne. Le balisage est insuffisant et par endroit, on se tâte pour savoir où aller. Et à la fin du premier tiers du parcours, une grosse partie de la montagne s’est décrochée, plus de sentier, une balise arrachée, et une pente raide envahie de cailloux ! Après de multiples allers-retours, on finit par comprendre qu’il faut descendre le pierrier qui roule sous nos chaussures sur une bonne centaine de mètres, pour retrouver enfin une balise et à nouveau un bon sentier (mais plus de levada !). Et là le sentier se transforme en escalier pour géant. Et sachez qu’on n’a pas mis nos bottes de sept lieues…

Enfin le sentier " officiel ! "
Un sentier hasardeux
La levada abandonnée par l'eau
Entrée d'un tunnel
Passage anti-bétail
Pierrier sans balisage

Parvenus au milieu de l’itinéraire officiel, on a la surprise de voir que la levada a été remise en service : nettoyée et réapprovisionnée en eau. Elle se termine par un grand bassin, pas loin de là où on a garé la voiture.

Vue sur les volcans nés il y a peu

On finit tout de même la rando avant la tombée de la nuit, heureusement !

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/caldeira-levada-163058721

A noter que, lorsqu’on parvient au pied de notre logement, il tombe une averse tellement drue qu’elle nous oblige à rester à l’abri dans la voiture !...

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06 03

Le temps ne s’améliore pas, au contraire même ! Bourrasques et averses, 10°.

On va aux renseignements pour les départs des ferries, en prévision d’excursions vers Pico, l’île d’en face, puis de notre transfert vers Sao Jorge, lundi prochain. Quand on arrive au vaste terminal, on apprend que les ferries sont annulés aujourd’hui ! Et on ne sait pas pour les prochains jours car, le temps étant imprévisible, c’est au jour le jour, voire dans l’heure que les départs se décident.

Pour nous, c’est l’incertitude pour les prochains jours : en regardant les cartes météo, on voit que le fameux anticyclone des Açores s’est considérablement affaibli, et le site météo portugais n’est pas très optimiste … A suivre …

Pour ce jour de pluie et vent annoncés, on décide de faire une rando voiture : le tour de l’île. Elle n’est pas grande, à peine douze kilomètres de diamètre. La route principale en fait le tour en surplombant le bord de mer, car la majorité des côtes sont d’abruptes falaises de basalte. Quelques petites routes accèdent au bord de mer lorsque des rivières ont réussi à entailler la falaise.

Premier arrêt : le point de vue sur Horta, et l’île de Pico, dans les nuages.

La montagne de Pico est le point le plus élevé de tout le Portugal : 2351 m

Deuxième arrêt : la plage d’Almoxarife et son église.

Troisième arrêt : la plage de Porto do Salao où la tempête fait rage.

Quatrième arrêt : le village de Faja et ses parcelles protégées par des haies de camélias et de roseaux, et aussi des murets. On piquenique près de la plage…

Cinquième arrêt : la piscine naturelle de Varadouro

Sixième arrêt : le Morro de Castelo Branco, une presqu’île qui résiste à l’océan : elle a été fabriquée avec des laves très compactes.

Septième arrêt : la piscine naturelle de Castelo Branco.

Dernier arrêt, le supermarché, où les poissons nous regardent d’un drôle d’œil !

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07 03

La journée de Véro

Ce matin, le soleil est là, mais les genoux sont encore un peu fatigués. Je reste à la maison jusqu’à l’heure du petit goûter du matin que je prends à la pastelaria du coin.

Puis je fais une rando urbaine. Je me promène, un peu au hasard, dans les rues d’Horta, je rentre dans toutes les églises que je croise, je longe le port, la côte et les fortifications. Finalement, je fais 7 km sans problème. En fin d’après-midi, je retrouve JP au terminal des Ferries.

Le mercado
Le mercado
Une antiquité
Une des fortifications de la ville


Les ruines du phare


La journée de JP

La rando du jour se situe à l’extrémité ouest de l’île : le site de Capelinhos. C’est le lieu de la plus récente éruption sur l’île :1957.


La rando (par un sentier balisé) commence par une bonne grimpette sur les anciennes bouches volcaniques, en particulier celle de Cabeço Canto. A vol d’oiseau, les volcans de l’île sont alignés ouest/est, dont la Caldeira visitée avant-hier. Et le volcan le plus à l’ouest, en bord de mer, est Capelinhos, Les anciens volcans sont tous recouverts d’une végétation épaisse, type arbuste. Le Capelinhos lui, est désertique, lunaire.

Pas de végétation = nouveau volcan
La Caldeirao
Cabeço do Canto

Le sentier est plutôt raide, et offre peu de points de vue, tant on est entouré par les arbustes. Une surprise : une grotte ! cachée par la végétation … et des vaches ! C’est un ancien tunnel de lave, évidé lors de la fin de la phase éruptive. Il y a plus loin, un vaste trou profond, lui aussi vestige d’une colonne éruptive, évidée. Le sentier « officiel » se prolonge jusqu’à la Caldeira puis finit par traverser l’île, mais ce ne sera pas pour cette fois …

La grotte gardée par des vaches
Un trou profond perdu dans la végétation

La redescente se fait par le petit village de Norte Pequeno. Dans ce village à l’apparence paisible, il y a de nombreuses habitations en ruines : celles délaissées par leurs habitants, après l’éruption de 1957.

" Norte Pequeno "

Pour le retour au point de départ, la rando se poursuit par le bord de mer : c’est un sentier balisé, lui aussi. C’est un dédale zigzaguant dans une dense végétation d’arbustes et de roseaux ; on entend tout du long les rumeurs de la mer, mais on la voit rarement.

Les couches de cendre successives

L’arrivée sur le point de départ se fait sous une averse et un vent violent : j’en casse mon parapluie !

Le centre d’interprétation

Mais la vraie surprise du jour, c’est le centre d’interprétation. C’est une imposante construction souterraine qui propose des explications (films, photos, articles pédagogiques) sur l’éruption de 1957 qui eut pour conséquence géographique d’augmenter le territoire de l’île, et comme conséquence humaine de faire partir les populations ruinées. C’est ainsi qu’on apprend que beaucoup de ces gens ont été « évacués » vers l’Angola et le Mozambique, encore colonies portugaises à l’époque, d’autres ont préféré aller à New-York, suite à la visite de Kenedy sur les lieux de la catastrophe. Et sur la science des volcans, on a découvert, un peu plus tard près de l’île de Terceira (une autre île des Açores) que la naissance d’un volcan sous-marin est accompagnée d’émission de lave flottante !! Il s’agit d’un phénomène jusque-là inconnu : une partie de la lave (1200°) émise sous l’eau se gave de vapeur d’eau et remonte à la surface de l’océan où elle flotte, puis une fois refroidie, elle dégringole vers le fond.

Les premiers moments de l'érution : une île au large
Une habitation après le déluge de cendres
Les laves flottantes
Les laves flottantes : explications

L’expo montre aussi les dégâts occasionnés par l’éruption (qui a duré près d’un an !) : les cendres qui ont tout recouvert dans les environs.

Encore un petit tour vers le bord de la mer, la pluie s’étant arrêtée et un peu de soleil revenu. Une autre découverte au bord de mer : une rampe qui servait jadis à ramener les baleines chassées par les baleiniers.

La rampe à dépecer les baleines
La maison des baleiniers dégagée des cendres

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/capelinhos-norte-pequeno-163239702

Je retrouve Véro au Terminal des ferries.

On fait le plein d’essence avant de rendre la voiture. La dame de la station-service nous dit qu’elle ne prend pas les cartes bancaires étrangères ! Elle ne prend que du cash, ou les cartes portugaises… On range la voiture dans un parking prévu pour les locations et on laisse la clé dans un genre de boite aux lettres, sans plus de formalités. Puis on va aux renseignements pour savoir ce qu’il en est des ferries. On nous assure que tout va bien et que les ferries fonctionnent les prochains jours.

Alors, rassurés, on rentre à la maison par les petites rues d’Horta.

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08 03

8h15, Terminal des ferries. Du monde attend le ferry de 9h à destination de Sao Jorge, et qui fait d’abord escale à Pico, l’île où on a prévu la rando du jour.

On prend des billets A/R au guichet. Comme on a de l’avance, on se promène dans le Terminal, vaste bâtiment ultra moderne. On ne voit pas de bateau sur le quai des départs… Alors qu’on erre dans le hall des départs, le gars qui nous a vendu les tickets vient nous voir et nous annonce que la traversée est annulée ! Il nous donne une explication vaseuse où on comprend que c’est en raison de la forte houle et de la grève… Comme il faut s’adapter, on retourne au guichet avec lui et on lui demande ce qu’il en est pour demain. Il nous assure que la liaison Horta/Pico aura bien lieu. Il nous remplace nos tickets.

Le ferry tant désiré

Lorsque l’on sort du terminal, la tête pleine d’interrogations pour les prochains jours, que ne voit-on pas arriver dans le port : le ferry ! et qui lentement se met à quai !

On retourne au guichet, on demande des explications. Non, non : il ne repart pas. Le gars est passablement ennuyé de répondre à nos questions. D’ailleurs, maintenant le hall est désert et, les seuls clients du bar sont les employés du Terminal, et ils ne cachent pas leur bonne humeur…

Il y a dans ce terminal un office de tourisme ; la dame, fort aimable et compréhensive, confirme qu’il s’agit bien d’une grève (inattendue) de la ligne verte (celle de Sao Jorge) et pas de la bleue, celle de Pico. Mais qu’il y a tout de même de grosses vagues du coté de Sao Jorge… On l’interroge sur l’avenir de la grève : elle nous répond avec un large sourire, qu’il y a deux ans, la grève avait duré quatre mois ! Mais elle nous montre un papier : un service minimum en cas de grève est assuré entre Horta et Sao Jorge, départs tous les jours à 9h. Mais elle ajoute aussitôt : si le temps le permet. Ce disant, elle consulte la météo sur son ordi, et ne voit pas d’alerte pour lundi, mais vous savez, le temps change si vite aux Açores !

Toutefois, elle nous conseille de prendre nos tickets pour Sao Jorge tout de suite, car lundi il va y avoir de l’affluence, et en cas de grève, le service minimum peut refuser du monde pour cause de bateau archi plein ! Elle nous dit que la grève, c’est un problème, car les ambulances sont bloquées à Pico et ne peuvent pas rejoindre l’hôpital qui est à Horta.

On va vite prendre nos billets pour lundi, et advienne que pourra !

On décide de louer une voiture pour la journée (ici les transports publics ne sont pas prévus pour les gens de passage) et de se balader dans l’île : il fait soleil, et Véro est intéressée par le centre d’interprétation des volcans (il y a bien un bus qui s’en approche vers midi, mais il n’y en a aucun qui revient sur Horta !).

On passe par la Caldeira qui a repris des couleurs, puis on va sur Capelinhos où les couleurs du site n’ont rien à voir sous le soleil avec celles d’hier. La visite du musée propose aujourd’hui le court film sur les Açores, pays des volcans, et un accès au phare (fermé hier à cause du vent).

Enfin, on voit la montagne de Pico !
La Caldeira a repris quelques couleurs

On piquenique dans la Reserva florestal natural de Parque do Capelo, un endroit très agréable, où les oiseaux guettent nos miettes et n’hésitent pas à les chiper sur la table. Il y a même une douzaine de paons qui errent dans les allées !

De retour à Horta, on fait la petite rando du monte Guia d’où on a une vue sur la ville et sur un ancien cratère ouvert sur l’océan. A la fin de la rando, on visite la Maison Dabney. On découvre qu’à Horta, il y a deux siècles, des descendants d’huguenots (de la famille D’Aubigné, chassés par la révocation de l’Edit de Nantes) ont fondé dans l’île voisine de Pico un domaine viticole, et ont prospéré dans le commerce du vin de Horta vers les USA !

Retour « à la maison » où on consulte avec appréhension la météo des prochains jours.

Pour visualiser le trajet de cette petite rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/monte-da-guia-163301500

19

09 03

Debout très tôt (5h15) : on doit attraper le ferry de 7h30 pour Pico.

On arrive suffisamment tôt au terminal. Il y a déjà beaucoup de passagers qui attendent. A 7h30, tout le monde s’interroge car, si le bateau est bien à quai, rien n’indique qu’il est prêt à partir. Mais au bout d’un quart d’heure, l’équipage en sort et se met en place sur le quai pour accueillir les passagers et quelques voitures (quart d’heure d’informations syndicales ?). La traversée (30 mn) s’effectue sur une mer relativement calme, sauf à l’approche du port de Madalena où un courant lève de fortes vagues.

Il y a du monde pour aller à Pico
On quitte Horta qui dort encore

On se promène un peu dans une ville déserte, puis on s’installe dans une padaria pour se refaire un petit-déjeuner et surtout patienter jusqu’à 10h, l’heure officielle du départ du bus. Dans la padaria on retrouve quelques-uns des passagers : ça doit être une étape obligatoire car il y a pas mal de monde !

De retour au terminal de Madalena, on attend le bus N°2 de 10h… qui arrive à 10h15. On descend, après dix minutes, à Monte, petit village qui doit son nom au petit volcan juste à côté.

Beaucoup de chaussettes pour un seul pantalon...
Le Monte de Monte
On est monté dans le moulin de Monte

C’est là que commence la rando du jour. Mais il y a une petite contrainte : on doit être à 11h à l’entrée de la Grutta das Torres. Une bonne piste y monte, mais il nous faut bien 45 mn, en marchant d’un bon pas, pour y accéder. On parcourt une petite vallée où les parcelles de champ sont limitées par des murets en pierre de lave.

Vue sur Horta
Petite bananeraie
Le jeune régime de bananes

Dans l’une d’elle, une vache vient de vêler : le petit veau, tout mouillé, est affalé dans l’herbe et sa mère le lèche.

Le veau vient de voir le jour
Deux heures plus tard, le veau est déjà sur ses pattes à têter sa mère

Quand on arrive à la grotte, la visite guidée a déjà commencé. Le gars de la réception nous explique que la visite se fait en portugais. Pour nous c’est bon, on va suivre. On raccroche donc les wagons : la douzaine de personne est en train de voir un film expliquant les secrets de la vie dans la grotte : bactéries, vers, champignons microscopiques, etc… On se munit d’un casque et d’une lampe torche et on descend dans les antres de la terre. Cette grotte est un tunnel de lave. La partie qu’on visite est de 200 mètres, alors que les tunnels explorés font plus de 5 km. On comprend un peu ce que la guide explique, car il y a pas mal de mots portugais qui sont proches du français. Et comme la guide est sympa, sur les endroits importants, elle nous explique en anglais. La visite dure plus d’une heure. A noter les belles stalactites de lave formées lors du retrait du tunnel de la lave incandescente.

Voyage au centre de la terre...
Les stalactites de lave

Lors du retour vers le village de Monte, 1) on observe que le veau est à présent bien sur pattes, 2) on piquenique dans une carrière de pouzzolane, 3) on est obligés de traverser un pierrier envahi par les ronces et les arbustes, le chemin indiqué sur la carte étant obstrué… et en cadeau, on doit escalader un muret branlant ! Tout le monde n’est pas content…

On rejoint le sentier officiel des « Vinhas da Criaçao Velha ». Il traverse le domaine viticole de Pico. Ce domaine est très particulier : les vignes sont, pied par pied, enserré dans un sol de lave, et entourés par des murets en pierre de lave pour les protéger du vent. Et ce, que le terrain soit en pente ou en plaine. Le paysage est impressionnant : difficile d’imaginer comment ces murets ont été construits, avec des moellons aux bords coupants, et parfois provenant de la surface du sol que le paysan a dû casser à la masse… Et encore aujourd’hui, on se demande comment cette vigne est entretenue, et comment la récolte des grappes est faite. La mécanisation y est impossible !

On rejoint Madalena par un dédale de petits chemins étroits serpentant entre de hauts murets. Sur un de ces murets, on trouve un bocal dans lequel il y a un message. On est curieux, on ouvre le bocal, et bien que le message soit en portugais, on parvient à le lire (grâce au traducteur approximatif du mobile…) en voici le contenu : « La rareté de l'eau (ainsi que la rareté du sol) était l'une des principales raisons pour lesquelles l'île de Pico n'était pas une île de choix pour les premiers colons. L'eau devait souvent être collectée dans des grottes ou des bassins de marée et ramenée à la maison. Vous avez des bouteilles à votre disposition et vous devriez essayer d'emporter le plus d'eau possible à l'autre bout du chemin. »

On termine la randonnée dans la padaria du matin dans l’attente du ferry de 18h.

Bonnes conditions pour la traversée, et on retrouve pas mal de gens qui avaient fait la traversée du matin.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/monte-madalena-163388646

20

10 03

Hier soir

Nous avons fait une petite promenade sur le ponton de la marina après le coucher du soleil. Il est couvert de nombreuses fresques peintes par les équipages des voiliers qui font une pause aux Açores. Ces navigateurs qui la plupart ont vogué aux Caraïbes croisent ces îles lors de leur retour vers l’Europe, car les vents et les courants les portent plus favorablement grâce au fameux anticyclone des Açores. Alors ce ponton leur sert de « livre d’or » !

Aujourd’hui

Retour à Pico, donc réveil de bonne heure ! le soleil se lève à peine lorsqu’on arrive au terminal. Et, surprise, on aperçoit la montagne Pico presque en entier ! Il y a peu de nuages et la température est déjà à 17°.

Le départ d'Horta
L'arrivée à Madalena

A Madalena, avant de prendre le bus de 9h30, on se cale dans une pasteleria où on prend un deuxième petit déjeuner. On y retrouve nombre de passagers ; et il faut croire qu’ici, la pâtisserie du matin après le bateau est une étape obligatoire avant de commencer la journée !

Le bus, dont on était les seuls passagers, nous dépose à Santana, un hameau sur la côte nord. On emprunte le sentier qui longe la côte. C’est un sentier facile, balisé, et qui permet de voir à droite des paysages de vagues se fracassant sur les falaises de basalte et à droite d’admirer le mont Pico, car c’est plein soleil. On traverse des villages qui, dans le temps jadis, s’activaient autour de l’économie de la vigne et du vin : Cabrito, Arcos, Lajido. Car, entre bord de mer et montagne de Pico, nombreuses sont les parcelles de vignes : chacune de quelques mètres carrés, avec deux ou trois pieds de vignes et des murets en pierre de lave pour les protéger du vent. Chaque village possède sa chapelle, son puits à marée (dont on n’a pas encore compris comment on s’en servait…), et ses chais dont les huisseries sont peintes en rouge vif. Outre les puits à marée, le passé laborieux de ces gens se révèle par les traces que les roues des chariots tirés par des bœufs ont gravé dans le basalte !

La pierre volcanique se prête à la scilpture
La maison aux coquillages
Les charrettes tirées par les boeufs sont passées par là
Les charrettes tirées par les boeufs sont passées par là

Du côté de la mer, qui de loin semble calme, se déchaine au contact des falaises. Des jaillissements d’écume explosent, et parfois la mer se faufile dans des couloirs et des tunnels avec un fracas impressionnant.

Tentative de land art

Au cours de notre progression sur les falaises, on rencontre deux pêcheurs … de crabes ! Une canne à pêche, une miette de poisson sur un fil se terminant par un nœud coulant, et hop ! le crabe multicolore est piégé ! Et il faut faire vite pour qu’il ne se carapate pas !

La mer et la lave sont des artistes aussi !

On piquenique à Lajido, dans une aire aménagée, avec pour spectacle ces explosions de vagues, accompagnées de grondements à faire trembler notre table en pierres volcaniques !


Et le plus spectaculaire, ce sont les falaises de Cachoro : un dédale de tunnels et d’arches où s’engouffrent les vagues, et d’où jaillissent des panaches d’écume.

Le reste de la rando se fait dans l’intérieur des terres, donc des vignes, et dans cet univers minéral réorganisé par l’Homme.

A l’approche de Maladena, on passe devant le musée du Vinho da Ilha do Pico (gratuit le dimanche !), et c’est une bonne occasion de comprendre l’économie du vin et son histoire dans cette île. L’exposition est très riche en explications qui la plupart sont en portugais, mais on comprend… Et l’endroit est agréable avec des dragonniers géants, des jardins fleuris et un kiosque/point de vue sur les parcelles. Cependant, on reste un peu sur notre faim : on n’a toujours pas d’explication sur la taille des vignes : elles rampent avec des sarments qui font plus d’un mètre et les bourgeons éclatent déjà et seules quelques rares branches sont taillées.

Les dragonniers géants
Une reconstitution du passé
Le Kiosque du musée
Une photo exposée au musée qui donne une idée des vignes au printemps

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/santana-madalena-163515429

On arrive à Madalena suffisamment tôt pour aller fréquenter la pasteleria du matin. Il y a pas mal de clients attablés en famille, et ils dégustent des croissants farcis au fromage et au jambon. Nous, on en reste aux tartelettes et aux muffins…

Retour à Horta sans problème, bien que la houle se fait plus forte ainsi que le vent. On reste dans l’incertitude pour notre transfert à Velas (île de Sao Jorge) de demain : les rares informations sont contradictoires …

A l’occasion du dîner, on goûte à une bouteille de production locale : le vin de Pico a du caractère, comme la pierre volcanique dont il est le produit !

21

11 03

Six heures du matin : grosse pluie, bourrasques. Le vent soufflant dans les drisses des voiliers émet des sifflements sinistres et la pluie frappe sur les vitres du logement. On consulte le site internet de la compagnie de ferries Atlanticoline : lorsqu’on cherche à réserver un aller pour Velas, un message en rouge apparaît : aucun départ prévu ! On regarde la météo du jour : vigilance jaune. Petit dej dans l’incertitude. Par la fenêtre, alors que les voiliers de la marina balancent sous le vent, on aperçoit le ferry de 7h30 sortir du port (avec du retard) pour Pico. On tasse les valises, on bourre les sacs à dos, et on s’emballe avec les vêtements anti pluie. Lorsqu’on va au terminal, la pluie cesse, mais pas le vent. Il fait 17°.

Peu de gens dans la salle d’attente. Au guichet, l’employée nous informe que la traversée pour Vélas est maintenue ! Ouf ! On confie nos valises et on s’installe à la cafétéria. Les gens arrivent petit à petit.

Le bateau qui a accompli sa première rotation pour Pico revient accoster : une ambulance se met à cul et réceptionne une personne mal en point avec un genou gros comme ça…

On s’installe dans le pont couvert. Le ferry part presque à l’heure. Les vagues nous secouent un peu, mais ça reste supportable. Par contre sur le pont supérieur, il faut bien s’accrocher. Arrêt à Pico. La traversée vers Velas se fait dans le brouillard et les grosses vagues.

Pour récupérer la voiture de location, c’est tout un problème : le lecteur de carte bancaire est en panne et le gars de la réception à beau le démonter et le remonter, rien à faire. Vous payerez quand vous rendrez la voiture…

Le ferry arrive enfin à Velas
Velas vu du haut de la falaise

Le petit bourg de Velas est blotti au creux d’une crique encerclée par des falaises de plus de 200 m. Et sortir de là est une épreuve pour la Citroën C3 qui ne peut monter certains passages de la pente qu’en première. Nous logeons à Urzelina, un village où la falaise s’est un peu effacée et a laissé la place à une pente plus douce vers la mer. Avant d’emménager, on prend un repas dans un petit restau familial : on peut se servir à volonté pour 8,50 €/p !

Le logement est bien agréable et bien aménagé. On retourne à Velas pour s’y promener un peu bien que de gros nuages gris sombre semblent chargés de pluie. Promenade au bord de mer où les grosses vagues s’engouffre dans une grande arche de basalte, puis dans les rues presque désertes et le square où trône un kiosque peint en rouge pétard : c’est presque un intrus dans le paysage, tant l’espace environnant est dominé par ces falaises recouvertes de végétation luxuriante.

On fait des courses pour survivre pendant les quatre prochains jours. Ici les prix flambent car les magasins sont ravitaillés par bateaux. On ne trouve que du poisson surgelé ! Pendant qu’on fait nos emplettes, une panne d’électricité survient et tout le magasin reste dans le noir. Les gens semblent habitués car ils sortent leur mobile pour éclairer les rayons. Heureusement ça ne dure pas ! Il pleut dru lorsqu'on en sort.

Retour à Urzelina où l’on fait une balade apéritive au coucher du soleil (il est revenu !) voir les anciens moulins en bord de mer, une aire de piquenique avec des barbecues géants, et une église en ruine – l’île a été victime d’un séisme il y a 60 ans.

" Promenade à Urzelina"
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12 03

L’île de Sao Jorge nage en mer avec la forme d’un cigare, mais de 50 km de long sur 6 km dans sa plus grande largeur. Orientation est/ouest. La côte nord est à l’ombre, la côte sud au soleil (quand il ne pleut pas…). La plupart des côtes sont des falaises de basalte qui tombent presque à pic dans l’océan ; au centre un étroit plateau élevé de 300 m au-dessus du niveau de la mer, mais pouvant aller à plus de 1000 m d’altitude. Ce plateau est occupé par des prairies (et des vaches), toutes cloisonnées par des haies ou des murets de pierre de lave. Quelques villages.

Les randos de la côte nord consistent, à partir du plateau, à descendre par des sentiers étroits et pentus (+ boueux et caillouteux), vers des espaces où les ancêtres de l’ile ont réussi à grapiller quelques mètres carrés entre la falaise et la mer, pour y installer des parcelles à cultiver.

Aujourd’hui, il s’agit d’atteindre la Faja d’Alem (faja est le nom donné ici à ces espaces durement conquis entre la falaise et la mer).

C’est une rando difficile : c’est très pentu et le dénivelé est de 450 m. De plus en cette saison, le sentier est tantôt boueux, tantôt empierré de galets très glissants, et ce surtout dans la descente. La remontée se fait sur un sentier mieux entretenu. Mais dans les deux cas on tire la langue ! La faja est étroite. Quelques maisons, inoccupées, mais des cultures (vignes, bananiers, lotus) bien entretenues et quelques animaux…

Cette rando fait 5 km mais on a mis 3 h ! Les mollets ont en pris un coup, mais les genoux, ça va à peu près…

La cabane d'un pêcheur

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/faja-de-alem-163643784

L’étape suivante est plus facile : la faja d’Ouvidor est accessible en voiture ! C’est un endroit où la lave d’une ancienne éruption a été découpée par la mer façon fjord. Au-delà du village, un sentier fait le tour de ces énormes rochers chaotiques et de ces criques tumultueuses. On piquenique à l’abri du vent dans un endroit aménagé pour, mais on ne sait pas si c’est public ou privé. De toutes façons la maison qui nous coupe du vent a les volets verrouillés…

Orgues de basalte
La faja d'Ouvidor

Nouvelle étape sur la côte nord : la faja dos Cubres. C’est un endroit étonnant. Un lac d’eau saumâtre en occupe une grande partie et, entre lac et océan, une digue naturelle faite de gros galets les sépare, laissant la place à une plage, ce qui est rare dans ce paysage de falaises et de rochers. La promenade nous fait débusquer des canards sauvages, et le lac recèle de nombreux autres oiseaux.

Pour visualiser le trajet de cette promenade, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/faja-dos-cubres-163658676

Dernière étape de cette rando voiture : le bourg de Calheta, le deuxième en taille après Vélas. Seule animation : le bar du minimercado du port.

Eglise devant
Eglise derrière

Retour au logement.

Dans ce logement, la proprio a installé un petit déshumidificateur mobile pour l'air de la maison (l’atmosphère aux Açores est très humide, le linge a des difficultés à sécher). De retour à la maison, le bac du déshumidificateur, vide le matin, est plein (3 litres d’eau) !

23
Le Mont Pico à l'horizon

13 03

Le soleil est de la partie, 17°. Arrivés sur les hauteurs du plateau, on voit le Mont Pico, bien dégagé de l’autre côté du bras de mer. Cependant l’air est chargé d’humidité et fait comme une brume.


La rando du jour consiste à faire une boucle depuis Norte Pequeno, descendre aux fajas du bord de mer et remonter. Un peu le même scénario qu’hier.

La partie pentue est moins boueuse, mais tout aussi casse-gueule dans les parties empierrées. En plein milieu de la pente, on rencontre des ouvriers en train de trimbaler dans la pente de grosses poutres à l’aide de corde : ils construisent une nouvelle ligne électrique pour alimenter une nouvelle pompe destinée à envoyer de l’eau d’une source à la ville qui est de l’autre côté de la montagne !

Le dondon dandine
Chercher les ouvriers dans la jungle !
Où est le sentier ?
Où est le sentier ?

On met une bonne heure pour descendre les 500 m de dénivelé, sans trop se tordre les pieds (ni les genoux…).

Les hameaux de la faja sont plus nombreux : il y a même des maisons habitées et une nouvelle en construction. Depuis Norte Pequeno, une piste a été ouverte : elle zigzague à travers le flanc de la falaise : c’est notre chemin de retour, une bavante. On piquenique en plein vent après avoir remonté la falaise.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/norte-pequeno-faja-da-penedia-163737928


On consacre l’après-midi à une rando voiture, direction le village de Topo, à l’extrémité est de l’île. On s’arrête à une fromagerie, mais on est déçus car on n’y vend pas de fromage. Du reste, on s’est baladé dans les installations et on n’a vu personne ! Mais leurs dimensions sont importantes, et ce n’est pas étonnant car tout le plateau de l’île est un vaste pâturage, et tôt le matin on voit les éleveurs récupérer le lait et le ramener aux coopératives.

La coopérative qui récupère le lait
Les prairies
Les prairies
La fromagerie déserte

Topo est un bout du monde, dans une ambiance paisible. Au petit magasin du village où on fait quelques emplettes (dont du fromage provenant de la fromagerie…), un gars nous demande comment on trouve Sao Jorge. On lui dit que c’est un bel endroit ; il nous répond « ma fille qui vit à Los Angeles me demande toujours comment ça va, et je lui réponds qu’ici c’est le paradis ! »

Les habitants de Topo ont l'habitude du vent

Sur la route du retour (qui ne quitte pas les hauteurs du plateau), on fait un crochet pour descendre au village côtier de Sao Joao, une importante faja de la côte sud. On ne sait pas de quoi les habitants de ce village à l’écart de tout, peuvent vivre, mais derrière chaque maison il y a un potager : vignes, patates, choux, fèves, bananiers, etc…

Des bananiers dans le potager
Voir traduction plus bas

Traduction du poème :

Je serai dans la fontaine

toute ma vie

Et personne ne pourra dire :

"Je ne boirai pas cette eau"

José Eliseu

24

14 03

Toujours beau temps, bien que les hauteurs soient enveloppées par la brume, 17°, 22° au soleil direct ! Aujourd’hui, on ralentit le rythme : petite rando de 4 km pour visiter la faja dos Vimes. Pour s’y rendre la route traverse la falaise sud à mi-hauteur. Elle descend au village par de larges lacets.

Chercher le hameau au bord de la mer
Faja dos Vimes
Faja dos Vimes

La petite rando consiste à chercher les plants de caféiers. Après le thé, les ananas, les bananes, les habitants des Açores se sont essayés à la culture du café, et ici à Sao Jorge, et plus précisément sur la faja dos Vimes, cette initiative a porté ses fruits (rouges…).

" Les caféiers de la falaise "
Plan de patates douces

Bien sûr, on n’est pas en Colombie ou au Brésil, et les caféiers n’occupent qu’une petite place dans la faja. La première plantation qu’on découvre est perchée dans des terrasses à peine débarrassées des rochers de la falaise. Il y a déjà quelques fruits rouges. En redescendant au village, une maison est entourée de caféiers, comme d’autres auraient fait un potager. Ici la terre est fertile et on y cultive de nombreux légumes.

A la fin de cette petite rando, on se rend au café Nunes pour y goûter le fruit de leurs efforts. Très bon café ! Les murs de la salle sont recouverts, façon carrelage, de billets de banque signés par leurs clients de passage. La dame qui tient l’établissement nous demande si on souhaite visiter leur plantation. Oui, bien sûr… on se dit qu’on doit encore regrimper la falaise, et revoir ce qu’on a déjà vu ; mais non, car au bout d’un étroit couloir on arrive derrière la maison, et c’est là qu’est leur plantation ! Deux hommes sont en train d’étaler une récolte sur deux petites terrasses, pour faire sécher les fruits rouge/marron. On demande depuis combien de temps existe cette plantation : la grand-mère de ma grand-mère y travaillait déjà, peut-être 200 ans !

" Le café Nunes et sa plantation de café "
Coup d'oeil sur Calheta


Pour visualiser le trajet de cette promenade, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/faja-dos-vimes-163820712

On repasse par la maison pour y piqueniquer, on évite le vent qui agace à force.


On passe l’après-midi à faire une rando voiture : la crête de l’île par la cordillère centrale (Cordilheira Vulcânica Central). C’est ambitieux car c’est le royaume de la brume et du vent. C’est une piste roulable (que ne connait pas GGmaps), mais il faut faire attention de ne pas faire un écart, car du côté ravin, c’est 1000 m de dégringolade… On ne voit rien du Pico da Esperança, le point culminant de l’île. On aurait bien voulu voir le fameux alignement de volcans qui ont façonné l’île, mais on sait qu’aux Açores on ne peut rien prévoir, question météo !

" La crête centrale "

Arrivés au bout de cette ligne de crête, on s’arrête dans une importante fromagerie : União de Cooperativas Agricolas de Lacticínios de São Jorge. Une boutique propose aux clients de passage d’y acheter du fromage et d’autres produits de l’île, et de faire une pause au comptoir du bar. On prend une part de fromage vieilli 30 mois. On envisage de la garder encore quelques semaines de plus avant de le déguster !

La fromagerie
Les fromages
La boutique
Produits des Açores

Retour assez tôt à la maison : demain on change d’île !

Et aujourd'hui, un petit résumé vidéo (3 mn) élaboré à partir de la caméra qu'on a accroché à la voiture. Ce n'est pas extraordinaire, mais ça donne une idée un peu plus vivante des paysages de Sao Jorge que les photos.

25

15 03

Temps maussade, ciel gris sombre, 18°, du vent ; il a plu une bonne partie de la nuit

On doit prendre l’avion pour Terceira à 16h25, et comme on doit rendre la voiture à l’aéroport à 15h, on a encore une bonne matinée à se promener à Sao Jorge.

Les valises sont ficelées à 9h, et nous voilà sur la route vers le cap Ouest et son farol dos Rosais. Les derniers kilomètres se font toujours sur le plateau sur une piste défoncée. Le coin est battu par les vents. Les installations du phare sont monumentales, tout en béton, et complètement laissées à l’abandon. Elles sont tellement délabrées que des grillages en empêchent l’accès. Ça donne l’impression d’un bunker géant envahi par la végétation.

Ce cap est la fin (ou le début…) du chemin de randonnée qui traverse l’île par la crête : 101 km, dont 99% dans le brouillard…

Puis on revient sur Velas pour voir de plus près la mer qui est encore agitée : Ponta da Queimada, Porto da Ribera do Nabo. Vers 11h30 on voit le ferry pour Horta sortir du port de Velas : heureusement qu’on n’est pas dedans !

Velas, blottie entre les falaises

A midi, on revient au restau familial Urzelina, qui décidément est une bonne adresse !

On fait le plein et on rend la voiture à l’aéroport sans plus de formalités.

On profite du temps d’attente dans cet aéroport minuscule pour débuter la rédaction du blog.

Un peu de soleil réapparaît juste à point pour le vol.

Vol tranquille qui nous permet de survoler Velas.

Hélas … atterrir à Terceira n’est pas de tout repos. A l’approche des pistes, un vent de travers fait vaciller le petit avion, qui prend l’allure d’un pochetron sortant du bistro. On touche le sol sur le train d’atterrissage gauche, roulant ainsi sur plus de cent mètres ; un coup de vent rabat l’avion et le train droit tape à plusieurs reprise, puis freinage brutal et un peu en zigzag. Les passagers lâchent leur stress par des applaudissements.

Prise en main de la voiture : aujourd’hui, c’est une Twingo qui nous donne des soucis pour ouvrir le coffre. C’est petit et ça fait du bruit en roulant ; je croirais conduire ma tondeuse…

Notre logement est à l’autre bout de l’île. La première impression de cette nouvelle étape : moins de relief, beaucoup de circulation, de nombreuses habitations le long des routes.

Pour accéder à notre logement qui est dans la banlieue d’Angra do Heroismo, il faut descendre une étroite rue pavée très en pente qui mène à la mer. Le proprio nous attend, il nous fait la visite guidée. Il faut dire que c’est tout de même ancien : les meubles, la cuisine, l’électricité, etc ont plus que 50 ans… Mais c’est vaste, prolongé par une belle terrasse avec une vue sur la mer et deux petites îles.

Courses à la nuit tombante.

26

16 03

Beaucoup de vent cette nuit. Ce matin, 14°, ciel variable.

L’hébergement est vieillot. Hier soir, on avait besoin de laver du linge et on avait réservé ce logement sachant qu’on avait une machine à laver à disposition. Mais on a bien regardé autour de nous dans la maison, pas de machine à laver. On interroge le proprio par sms, il nous dit que la machine est dans un réduit, sur la « rua » (il faut comprendre « la terrasse »), et que la clé de ce réduit est sur le haut du placard de la cuisine et qu’on la trouvera si on monte sur une chaise. On trouve la clé, rouillée, et on entreprend d’ouvrir le réduit. Mais la serrure est, elle aussi, rouillée, et impossible d’ouvrir, même après avoir graissé clé et serrure avec de l’huile de cuisine. On laisse tomber et on envoie tout de même un sms au proprio. Demain, je viens.

Ce matin, après un sommeil perturbé (le lit double place est bordé par des draps une place…), on prend le peti dej : eau chaude au microonde, cafetière en marche, grille-pain. Paf ! les plombs sautent ! on cherche le boîtier électrique, mais on ne le trouve pas. Nouveau sms au proprio. On s’adapte : heureusement, le gaz n’explose pas… Soudain, l’électricité revient. On va voir dehors. Le proprio est déjà là et il s’excuse : il ne comprend pas pour l’électricité, et pour la machine à laver (ultra neuve et qu’on découvre enfin), vous savez, les vacanciers ne s’en servent jamais, alors ça rouille !

Après avoir fait fonctionner la fameuse machine à laver, et avoir étendu le linge dehors comme le font tous les habitants des îles, on part pour la rando du matin : Mistérios Negros. Sur le dépliant qui la décrit, il est annoncé 4,9 km, 2h30. On se dit qu’il y a une faute de frappe quelque part. Hé bien, pas du tout ! Cette rando se fait dans un dédale de laves chaotiques toutes recouvertes d’une épaisse végétation dont les racines elles-mêmes ont des difficultés pour percer la roche. Par ailleurs l’eau des pluies et des sources a elle aussi des difficultés à s’y infiltrer. Aussi le sentier, ou plutôt la trace, est une succession de fanges boueuses, de racines entremêlées et de pierres glissantes. Cela dit, le balisage est correct, et quelques planches facilitent le passage dans des endroits délicats. Rando à éviter en cas de pluie ou de brouillard !


Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/misterios-negros-164023756

A la fin de cette rando - surprenante car 1) on ne s’y attendait pas, 2) on a découvert un nouvel aspect de ces îles – on prend la voiture pour faire les 5 km qui nous séparent de la petite rando de l’après-midi, et on piquenique au Furnas do Enxofre.

Furnas do Enxofre, qu’on pourrait traduire par le fourneau du soufre, est un endroit où des fumerolles chaudes et soufrées s’échappent des fissures du sol. On fait le tour du site qui est plutôt modeste par comparaison aux sites de Sao Miguel.

Puis on entreprend une belle rando, plus calme et dans un paysage ouvert. Et avec comme une belle surprise : la visite (payante) d’un gouffre assez profond (90 m) au fond duquel repose un lac à l’eau transparente et bleutée ! Ce gouffre est le résultat d’un volcan en activité dont le conduit principal s’est vidé suite à une évasion de la lave par une cheminée secondaire à un niveau plus bas sur le flanc du cône principal.

La cheminée évidée
Le lac des profondeurs
Des concrétions dues aux infiltrations d'eau de surface

Il y a beaucoup de gens qui sont venus aujourd’hui pour visiter ce site (on est samedi), mais assez peu de touristes étrangers.

La suite de la rando nous mène à une autre surprise : on passe à proximité d’une vaste installation géothermique qui exploite la chaleur du sous-sol pour la transformer en énergie électrique.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/enxofre-algar-do-carvao-164072646

Après avoir récupéré la voiture, on va faire des repérages à l’aéroport, car le vol du retour mardi vers le continent est à 7h40 et il faut évaluer les problèmes que cela pose…

A ce propos, on constate que notre première impression de la veille, « beaucoup de circulation, de nombreuses habitations le long des routes », ça ne concerne que les routes qui font le tour de la côte, car à l’intérieur, c’est plutôt désertique. L’île est une grosse patate de trente kilomètres sur quinze de large, son plus haut sommet culmine à 1000 m, dans la brume, et toute l’activité des humanoïdes se passe au bord de mer.

27

17 03

La journée commence par un temps maussade : petite pluie fine, 17°, un peu de vent.

On part tout de même pour faire une petite rando nommée « Passagem dos bestas », : le passage des bêtes ! nom étonnant pour désigner un ancien chemin emprunté autrefois par les paysans et leurs charrettes tirées par des bœufs.

Il pleut toujours lorsqu’on démarre la rando mais ça ne dure pas longtemps. Heureusement car dans les montées, on retrouve les racines des arbres en travers du chemin et les passages boueux. Il s’agit de rejoindre la crête d’un ancien volcan et d’en admirer la vaste caldeira. Lors de la descente, on suit les traces laissées par les charrettes gravées dans la roche.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/passagem-das-bestas-164179479

A la fin de la rando, on retourne du côté de l’aéroport où on a réservé le logement de lundi soir : on est soucieux car nous n’avons toujours pas de réponse à nos questions concernant le code d’accès : l’application booking est en dérangement ! Heureusement, lorsqu’on arrive au logement, les proprios sont en train d’effectuer le ménage, et on peut enfin échanger directement : ils sont charmants et nous font faire le tour de l’appart dont ils sont très fiers, tant c’est clair, propre et bien tenu.

Pour le piquenique, alors que le soleil est réapparu, on s’installe dans un magnifique parc de détente sur le volcan/presqu’île Monte Brasil qui protège le port d’Angra.

Puis on visite la ville (déserte ce dimanche) : l’ancien quartier aux petites rues en damier possède de belles habitations aux couleurs pastel. Mêmes couleurs pour les églises. La pastelaria central propose de bonnes pâtisseries qui font notre goûter.

On passe le reste de l’après-midi dans une mini rando-voiture. La campagne et ses collines sont découpées au carré par des murets, formant de vastes damiers aux cases vertes. Il y a aussi de nombreuses habitations délaissées…

Quant aux villages, on découvre qu’ils possèdent presque tous des Impérios aux couleurs vives : ce sont des genres de temples qui répondent à des croyances locales permettant aux habitants de conjurer, espèrent-ils, les malheurs inhérents aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques et autres famines qu’ont connus ces îles.

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18 03

Il a plu toute la nuit et un fort vent était de la partie.

On imagine l’état des sentiers et, de plus, les nuages gris sombre n’augurent rien de bon : déjà les hauteurs au-delà de 500 m sont dans la brume. Alors on décide de consacrer cette dernière journée aux Açores à une rando-voiture sur les côtes est et nord de l’île de Terceira. Il ne pleut plus.

Premiers arrêts aux endroits où on avait programmé une rando : Sao Sebastiao et les forts du bord de mer. C’est un lieu important car, après les Grandes Découvertes, Portugais et Espagnols se sont disputés les Açores, points de contrôle stratégiques pour protéger les galions venus d’Amérique. Une bataille eut lieu dans le secteur de Sao Sebastiao, remportée par les Espagnols (1584), mais ces derniers durent quitter les lieux quelques décennies plus tard (1640). Quelques siècles plus tard, les îles ont été à nouveau le théâtre d’affrontement lors des première et deuxième guerres mondiales. Et actuellement, les îles sont farcies d’installations de surveillance militaire (OTAN). Il n’y a pas que les volcans et les tremblements de terre pour inquiéter les îliens…

Ce qu'il reste d'un fort...
L'imperio de Sao Sebastiao
La place de Sao Sebastiao et le monument commémorant la bataille

On fait quelques courses pour le repas de ce soir, et on va prendre possession du nouveau logement. Et c’est là qu’on piquenique !

Reprise de la rando-voiture qui nous mène au village d’Agualva. On se laisse tenter par une petite promenade le long de la rivière qui dévale depuis les hauteurs embrumées : au retour, on se prend une saucée…

Forêt d'eucalyptus géants
Une maison traditionnellle à Agualva
Les orgues de basalte

On va jusqu’à Biscoitos. Il y a là des vignes qu’on fait pousser comme à Pico dans de petits enclos : mêmes murets pour protéger du vent. Alors qu’à Pico les pieds sont plantés dans des fissures ouvertes dans le basalte, ici chaque pied a son trou dans un lit de cailloux de lave. Et le vignoble est plus modeste.

Au bord de mer, il y a plusieurs piscines naturelles dont l’accès a été aménagé. L’eau est renouvelée par les vagues de l’océan qui se brisent sur une barrière de lave.

Piscines naturelles
Modeste port de pêche

On rend la voiture à l’aéroport. Et lorsqu’on rentre à pied au logement (1 km), il se met à pleuvoir sévère… On espère que ce ne sera pas le cas demain à 5h30 quand on partira pour l’aéroport…

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19 03

Ce matin, on est debout à 3h30 !! On a donc pris le temps pour le petit dej, le reste, et finaliser les valises. Lorsqu’on sort, il fait nuit noire, mais ni pluie ni vent. On a mis les gilets jaunes et on remonte la route vers l’aéroport, une seule voiture qui passe durant le trajet d’1 km. On est devant les check-in à 5h10 mais il n’y a personne derrière les comptoirs…

Les deux vols (Terceira – Ponta Delgada, Ponta Delgada - Porto) se passent bien. On récupère la voiture au parking P7, et direction notre logement à Porto où on a prévu de rester quatre nuits. Ce logement est une vraie surprise : il se situe dans un immeuble bourgeois d’un quartier qui fut plus prospère à la fin du 19ème siècle. La maison est sur trois étages, quand on y entre, on se croit revenu au siècle passé : le mobilier en bois d’ébène, d’énormes lustres, la déco de fleurs (en plastique…) dans de grands vases, les pesants rideaux qui empêchent la lumière d’entrer… Il y a trois studios, mais heureusement le nôtre, bien que sous les toits, est de facture plus moderne et bien plus clair. Et on est, ce soir, les seuls occupants de cet immeuble !

" Notre quartier est paisible "

On part visiter la ville sans trop avoir consulté le guide ; notre première impression est que la ville est pentue, et qu’il faut avoir de bons mollets, la seconde est que l’ambiance des quartiers changent d’une rue à l’autre, maisons squattées ici, la rue d’après très touristique, plus loin des petits commerces où les grands-mères font leurs courses, et le tout entrecoupé de places encadrées de banques et d’administrations, sans oublier les nombreuses églises aux dorures monstrueuses. Et ce qui relie tous ces quartiers, ce sont les omniprésents carrelages, images indispensables pour marquer l’identité du lieu : les façades d’églises, le hall de la gare centrale, les maisons bourgeoises ou pas.

" Igreja de Sto Ildefonso "


" Interprétation portugaise de l'art déco "
" La gare centrale "

Il y a pas mal de monde dans les rues, et surtout beaucoup de touristes !

Chercher la mouette
Le Douro
Torre dos Clerigos

On fait une exploration du métro local : une fois devant l’appareil à vendre des tickets, on reste perplexe devant la démarche complexe pour effectuer un voyage. Une dame qui passait par là, s’arrête et se propose de nous aider et elle parle un français très correct. Il nous faut bien 10 minutes pour comprendre : déjà, il faut chacun une acheter une carte rechargeable pour pouvoir acheter un trajet, ensuite il faut calculer quel trajet on veut effectuer car la ville et sa banlieue sont divisées en zones et les tarifs y sont différents… Et attention, il faut valider son trajet sur une borne. La dame est patiente et c’est bien agréable de tomber sur des gens pareils.

Sur le chemin du retour au logement, on fait quelques courses pour tenir les prochains jours : ici, les prix sont beaucoup plus bas que sur les îles : les légumes sont à moitié prix !

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20 03

On a dormi comme des souches dans notre logement « bourgeois » ! C’est que la journée d’hier avait été un peu longue… Et c’est aussi grâce au calme qui règne dans ce quartier !

La chambre à laquelle on a échappé
" Notre belle maison bourgeoise "

La journée est consacrée à une rando urbaine. En étudiant le guide, on s’aperçoit, qu’hier, on avait déjà coché pas mal de cases. Alors on complète la liste du parfait touriste : la cathédrale (Sé), la forteresse, et encore le pont Eiffel.

Le pont en béton et le pont Eiffel
Les remparts
Scène de chasse dans un cloître
Le cloître
La vue sur la ville depuis le clocher
On chante et on danse sur le parvis de la cathédrale
Et lui fait plutôt la gueule...
La dame-pipi crée des abat-jours en attendant le client.


On revient faire un petit tour dans le quartier de la rue Santa Catarina où s’égrainent toutes les boutiques de semi luxe qu’on retrouve partout dans le monde… Et certaines n’ont même pas eu le bon goût de restaurer complètement l’immeuble où elles se sont installées. Il faut préciser qu’à Porto, dans une rue, il peut y avoir de beaux immeubles caractéristiques de la belle époque, très bien restaurés, et, à côté, des immeubles de la même époque, laissés à l’abandon, voire squattés.

Majestic café
Majestic café
Restauration incomplète
La moitié gauche de l'immeuble est à l'abandon
Une belle restauration
Rue de Paris : immeuble en attente de restauration

On piquenique au Mercado do Bolhao. Il a été restauré ; les échoppes proposent des produits à peine plus chers qu’ailleurs, et mieux, certaines proposent des portions à consommer sur place, et ça tombe bien car il y a un espace avec des tables et des chaises pour ça.

Espace piquenique
Napoléon se reconnaitra...
" Le Mercado do Bolhao"

On se promène sur les hauteurs de la ville du côté du Jardim da Cordoaria : des statues modernes et des arbres au tronc bizarre.

Même la mouette en rigole !
" Jardim da Cordoaria "

On revient au Pont Eiffel que l’on traverse par le pont supérieur (on se fait frôler par les rames de métro qui l’empruntent aussi…), et, parvenus à Vila Nova de Gaia qui fait face à Porto, on erre sur le quai aux terrasses de cafés bondées par cette belle journée ensoleillée. C’est le quartier des vastes entrepôts des vins d’appellation porto. Il y a aussi de l’affluence au Mercado Beira Rio, car là aussi on peut acheter des portions cuisinées sur place proposées par divers commerçants, et les consommer sur place sur des tables à disposition de tous.

Porto
Vila Nova de Gaia
" Vues depuis le pont Eiffel "
Les terrasses bien remplies
Les chais
Cette gabarre fait six tonneaux...
Détail du pont Eiffel
Le Cais da Ribeira

De retour au Pont Eiffel (il y a une avenue qui porte son nom à Porto), on le retraverse mais par le pont inférieur, et là on se fait frôler par les voitures… Le Cais da Ribeira (= quai de la rivière) est lui aussi bondé de touristes. On se fait un petit goûter « Nata + verre de porto » dans un café face à la gare Sao Bento. Et on rentre à « la maison bourgeoise » par les rues qui montent et qui descendent.


Comme il n’y a pas de machine à laver dans « la maison bourgeoise », on va œuvrer dans la lavandaria (automatique) du coin.

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21 03

C’est la journée où on se spécialise dans les transports en commun de la ville de Porto (et environs) ! On a pour ambition d’utiliser le train, le bus et le métro, pour aller de chez nous, Porto-centre (zone1), à Madalena/Afurada (zone 2), puis pendre le bus d’Afurada à Boa vista (zone 1) et enfin le métro de Boa Vista à Matosinhos (zone 3). Question pour le CAP Transport qu’on passe aujourd’hui : sachant que l’on peut prendre autant de fois que l’on veut les transports publics dans l’heure qui suit la validation du ticket (virtuel), et sachant que la machine à vendre les tickets virtuels ne peut pas vendre lors d’une transaction, de tickets (virtuels) de zones différentes, et qu’il faut à chaque ticket/personne sortir sa carte bancaire, et sachant que les tickets de trains sont moins chers pour un même trajet sur le réseau train que ceux de la carte Andante (obligatoire pour le métro), combien de temps perdons-nous dans l’achat de tickets ? Réponse : plus de 45 minutes…

Carte siga (trains) gratuite et trains moins chers et la carte Andante payante
La machine à vendre les tickets virtuels

Rien à dire sur le train de banlieue, sauf que pour faire les six kilomètres, il met 25 minutes alors qu’il était annoncé 10…

Pour aller de Madalena à Afurada, on fait une petite rando de bord de mer d’une petite dizaine de kilomètres, histoire de se mettre en appétit pour un repas de poisson au « village de pêcheurs ».

Le bord de mer est une succession de plages de sable entrecoupée de petits promontoires de granite sur lesquels s’écrasent les grosses vagues de l’Atlantique. La municipalité de Vila Nova de Gaia pour réaliser un sentier côtier a installé des planches sur pilotis, mais par endroits, elles ont été emportés par les vagues ou enfouis par le sable. Des réparations sont en cours. Mais c’est sans compter sur la vanité des œuvres de l’Homme face à la Nature (cf Un barrage contre le Pacifique, M. Duras) … Une partie du sentier littoral est agrémentée d’explications sur la géologie des lieux, fortement marqués par le massif granitique à travers lequel le Douro a creusé son lit.

Parcours géologique
Une installation exposant différents faciès que peut prendre le granite

Afurada est un quartier qui n’a pas (encore) été détruit par les constructeurs de marinas et d’immeubles cubiques de grand standing qui envahissent l’embouchure du fleuve.


Notre rando se termine vers 12h30, les pieds sous la table du restaurant. On nous propose un beau turbot qui « nage » dans les cubes de glace : vous voyez, on va le faire rôtir pour vous sur ce barbecue !


Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/madalena-afurada-de-baixo-164581378


Pour attraper le bus 902 qui passe à Afurada afin de prendre le dernier pont traversant le Douro, le logiciel d’itinéraire GGmaps nous fait descendre une bretelle d’autoroute sur 500 m ! On serre les fesses… Quelle idée de placer un arrêt d’autobus sur une bretelle d’autoroute !



L’après-midi est marquée par une forte chaleur que j’attribue au soleil, mais que Véro attribue à la bouteille de Vinho Verde servie ce midi.

Vue vers l'amont
Le métro pour la zone 3
Le mercado de Matosinhos
Le port industriel

Matosinhos est le port industriel de Porto, mais, au-delà des installations portuaires, on longe de belles plages, elles aussi marquées par la présence du granite. Cette ville possède un mercado, réputé pour la vente du poisson. Il y a là des restaurants qui proposent de prendre le poisson que vous venez d’acheter et vous le prépare pour le consommer sur place.

La grue, la mouette, l'ancre et l'échauguette

Après une promenade sur l’immense plage, et un goûter dans une pastelaria, on rentre à la maison en métro (zone 1). On a le résultat de notre examen de CAP Transport : passable, peut mieux faire.

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22 03

Hier, en revenant au logement, on trouve devant notre porte un sac contenant de belles et grosses oranges et des citrons : c’est la propriétaire qui nous les offre, elles viennent de son jardin ! Jamais on n’a mangé des oranges avec une telle saveur !

Il fait chaud : déjà 24° dehors !

On sort de Porto pour visiter deux villes proches : Braga et Guimaraes.

Le point commun qui ressort lorsqu’on visite ces villes (Porto compris), est le granite omniprésent dans les constructions – religieuses, civiles ou militaires. Ce qui leur donne une tonalité sévère, grise, minérale. Et lorsqu’il s’agit de réaliser des détails pour des décors, le granite n’accepte pas la finesse. Cette région du nord du Portugal (comme la Galice en Espagne) est essentiellement granitique, et le granite est à gros grains, ce qui ne facilite pas son travail.

C’est peut-être une des raisons pour laquelle les façades sont souvent presque entièrement recouvertes d’azulejos afin d’y mettre un peu de couleur et de légèreté.

Braga est une ville réputée pour son conservatisme religieux : elle possède un nombre incroyable d’églises et autres édifices religieux, de la cathédrale (Sé) aux simples oratoires. Nombre d’entre eux furent à l’initiative de congrégations qui se concurrençaient à l’époque du baroque triomphant. Lorsque nous visitons, une effervescence particulière anime ces lieux : c’est la préparation de la semaine sainte qui a lieu bientôt, et la ville est réputée pour ses défilés et processions à cette occasion. Les églises sont pleines de gens qui chantent des chorales, participent à des messes et les décors se mettent en place. Le violet est la couleur qui domine.

Il fait chaud en enfer...
" Préparatifs de la semaine sainte "
Maison aux ouvrants obturés par des cloisons ajourées (moucharabié)

L’ambiance est plus calme à quelques kilomètres de là, à l’église monumentale de Bom Jesus do Monte : c’est notre lieu de piquenique. Il fait 30° à l’ombre …

On traverse un paysage de petites montagnes pour rejoindre Guimaraes.

Encore une autre ambiance : le centre historique, qui conserve son caractère médiéval est « envahi » par des personnes venues pour se distraire et toutes les places jusqu’aux plus minuscules sont autant de terrasses pour se poser et boire un coup avec les amis. Il y a moins d’édifices religieux au mètre carré, et c’est agréable de prendre les ruelles pour passer l’une placette à l’autre.

Plus au nord, la vieille ville est dominée par deux immenses châteaux : l’un étant un palais ducal, dans lequel grâce au nombre des curieuses cheminées qui sortent des toits, on devine le nombre de salles, l’autre est une immense forteresse qu’on suppose inexpugnable tant les remparts et le donjon sont élevés.

Un peu de trivialité : lorsqu’on rentre sur Porto, on tombe dans un inextricable embouteillage : l’autoroute passe de trois voies à une pour en rejoindre une autre tout aussi encombrée : 8 km, une demi-heure. Et ça doit être comme ça tous les soirs…

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23 03

On quitte Porto pour Amarante vers 9h ; Il fait déjà chaud et le ciel est encombré par un film de nuées chargées de poussières venant du Sahara, voilant le soleil.

Le petit centre historique médiéval d’Amarante propose une église/palais/monastère, une belle place, un vieux pont. C’est jour de marché, mais les éventuels clients font triste mine : les étals sont remplis d’articles datés d’avant l’intelligence artificielle, voire de l’intelligence tout court. Les seuls qu’on aurait envie d’acheter sont les nombreux plans de légumes prêts à planter. On n’oublie pas notre petit goûter de 11h en grignotant les pâtisseries suivantes : papos d’anjo, foguetes, lérias.

Un vieux lavoir
" Amarante "

Vila Real est une grande ville, mais le centre historique assez dispersé n’offre que des églises à voir. Seul un cimetière éveille notre curiosité : les tombes sont entourées de barrières en fer forgé ! L’idée d’une telle coutume est-elle de ne laisser aucune chance à l’intéressé de s’échapper le jour de la résurrection…

La police loge dans un monument historique
" Vila Real "

On piquenique à côté d’un lavoir, au départ d’un genre de route des vins, appellation porto.

Cette route tortillonne dans les collines que le fleuve Douro et ses affluents ont creusé dans un vaste plateau de granite et de schistes. Toutes les collines ont été transformées en terrasses pour la culture de la vigne. Quelques villages sont accrochés dans les pentes. Sur la route, il y a de nombreux miradouro (points de vue aménagés) avec des notes expliquant le paysage, lequel n’a rien à envier aux rizières du Yunnan ou celles des Philippines… La descente de la route nous mène au village de Pinhao, au bord du Douro. Ce village était autrefois le point de départ des barriques pour la ville de Porto. Aujourd’hui, c’est un petit point d’attache pour les navigateurs en eau douce et quelques bateaux-mouches. Il y aussi une gare (toujours en activité) dont les façades sont couvertes de carrelages évoquant la fortune de ce terroir.

Le village de Pinhao

On traverse le Douro à Pinhao, et l’autre rive offre pareillement de beaux points de vue.

La gare
" Le village de Pinhao "

Puis on trace vers Bragance où on arrive à la nuit tombante. Notre hébergement est dans un genre d’auberge : une chambre équipée de sanitaires, et accès à une cuisine commune. On découvre que l’établissement comprend une salle de restaurant, mais ce n’était pas indiqué dans l’annonce lorsqu’on a réservé.

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24 03

Temps magnifique, ciel bleu limpide, et frais (on est sur un plateau à 700 m d’altitude).

On visite Bragança comme une rando : on part de l’auberge qui est à trois kilomètres dans les champs.

La citadelle est bâtie sur un promontoire rocheux. La ville ancienne s’est construite entre la citadelle et le torrent qui dévale en contrebas ; la ville moderne se développe sur le plateau, à l’écart de ces constructions anciennes. Le tout est entouré de petites montagnes aux maigres cultures.

La partie fortifiée est une suite de cercles concentriques : les remparts entourant la cité forment le grand cercle, les remparts de la forteresse défendant le donjon forment le deuxième cercle (un peu tangent au premier). Et le donjon a lui aussi des remparts qui défendent son entrée située au premier étage. On fait le tour de toutes ces courtines et on visite le donjon qui sert aujourd’hui de musée de l’armée, la collection allant du moyen-âge aux guerres coloniales (Angola, Mozambique) en passant par les guerres napoléoniennes et les grandes guerres. Les constructions ont un caractère sévère, surtout le donjon d’une hauteur impressionnante. A l’intérieur, un escalier monumental dessert trois étages à partir de l’entrée, mais on ne peut pas accéder aux étages inférieurs, ni au chemin de ronde supérieur.

Au départ de la rando
La placette à l'intérieur de la forteresse
Le donjon
Les pièrres sont signées par son tailleur
L'intérieur du donjon
Origine : des colonies d'Afrique

On piquenique au pied de la forteresse, à côté d’une construction ancienne servant de municipalité au moyen-âge, et d’une modeste église. Un village est contenu dans la citadelle, et, à part un petit restau (bruyant), il n’y a pas d’autres commerces.

Le village de la citadelle
Le village de la citadelle
Domus municipalis
Domus municipalis
L'église
L'entrée de la citadelle

On sort de la citadelle pour continuer notre rando : on franchit la tumultueuse rivière et on remonte la rive d’en face par de petits chemins qui offrent un superbe panorama sur la citadelle. Puis on rejoint la ville par une petite route.

En ce dimanche des Rameaux, il y a peu de monde dans les rues et les musées sont fermés. On prépare dans une église la procession du soir : on fait grimper sur une fourgonnette 4x4 un Christ portant sa croix.

Le 4x4 attend

On passe devant un monument dédié aux Portugais morts en France lors de la guerre 14-18 (quelque part dans la Somme). En France, il n’y a pas de monuments dédiés aux étrangers morts pour la France.

Le monument aux morts en France
Street art trés local

On revient à l’auberge assez tôt car demain, on a une longue route à faire : traverser le nord de l’Espagne et faire étape à Hasparren, au pays basque.

Pour visualiser le trajet de cette rando, suivre le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/castelo-de-braganca-165000362