Carnet de voyage

Carnet de Jean-Paul C au Mexique

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Dernière étape postée il y a 7 heures
Quelques anecdotes totalement subjectives et partiales. Tout est idyllique avant le départ, mais la réalité reprend vite le dessus ...
Du 18 janvier au 6 mars 2023
48 jours
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Publié le 19 janvier 2023

Vol de douze heures. Boeing 777-300 plein à craquer. On a largement le temps de réviser nos classiques, tandis que le bébé de la voisine (dont le couffin est accroché à la paroi de la cabine) dort profondément !

" Dans l'avion " " Un aperçu  du trajet " " Maman dorlote son bébé "

Voici un petit résumé de nos lectures : Les peuples premiers originaires d’Asie ont traversé le détroit de Béring (à l’époque asséché, - 20 000 ans), ont investi les continents américains du nord au sud, et une partie d’entre eux se sont sédentarisés sur le territoire de l’actuel Mexique. Ils y ont découvert de quoi se nourrir et développer de larges cultures sur des terres fertiles situées sur un plateau à 2 000 m d’altitude et au climat favorable dû à des pluies régulières. [Plantes endémiques cultivées au Mexique avant l’arrivée de Christophe Colomb : haricot, tomate, avocat, maïs, coton, vanille, agave (pour l’alcool). Plantes d’origine nord-américaine cultivées au Mexique avant l’arrivée de C C : tabac, courge, tournesol, patate douce Plantes d’origine sud-américaine cultivées au Mexique avant l’arrivée de C C : cacao, ananas, manioc, piment].

Ces conditions favorables ont conduit à fonder des sociétés de plus en plus organisées, inventant localement la poterie, l’astrologie et une forme originale d’écriture. Ce qui mettait en concurrence les différentes ethnies. Les grandes civilisations précolombiennes, celles des temples, des palais et des pyramides, ont été les Olmèques, les Toltèques, les Mayas, les Aztèques.

Puis les conquistadors espagnols ont débarqué avec leur soif d’or et de terres nouvelles à offrir au roi d’Espagne. Leur conquête a complètement détruit ces civilisations (les temples et palais de la capitale Mexico ont été rasés par Cortés) et on estime aujourd’hui que, suite aux massacres et aux épidémies dues aux maladies apportées par les Espagnols et face auxquelles les Indiens n’étaient pas immunisés, la population indienne a chuté de 90% en une génération. Les Espagnols ont détruit certaines pyramides pour les surmonter par des églises, et ont imposé leur religion à ces peuples soumis à l’esclavage.

A présent l’espagnol est la langue nationale mais tous les Mexicains ne le parlent pas : une soixantaine de langues indiennes subsistent, dont le nahuatl (parlé par les descendants des Aztèques) et le maya par les descendants … des Mayas.

Les 19ème et 20ème siècle furent une succession de révolutions, insurrections et guerres civile, sans oublier Napoléon III et sa tentative militaire française de création d’un empire colonial qui s’est achevé par une lamentable déroute.

L’histoire récente n’a pas échappé aux catastrophes et aux drames :

1968 : répression des manifestations à Mexico (Place des trois cultures) = 1 000 morts

1984 : explosion du site pétrochimique de San Juan de Ixhuatepec en plein Mexico = 40 morts.

1985 : tremblement de terre de Mexico = 10 000 morts

2010 et suivantes : guerre contre les narco trafiquants = 100 000 morts.

Il faut croire que la région Mexique est sous l’œil noir depuis longtemps déjà : il y a 66 millions d’années, une météorite grosse comme l’ile de Ré a fracassé le Yucatan à Chicxulub, provoquant force tremblements de terre, tsunamis et nuages de cendre faisant plusieurs fois le tour de la Terre, et suspect d’avoir été à l’origine de l’extinction des dinosaures

…. … L’arrivée sur Mexico est assez impressionnante : après avoir dépassé le volcan Popocatépetl, on arrive sur la vaste agglomération de Mexico, bien enveloppée d’une brume grise (brume de chaleur ou pollution ?). L’aéroport se situe au centre de cette agglomération et à l’approche des pistes, on frôle le toit des immeubles !

Atterrissage un peu en secousses pour cette grosse bête qu’est le 777. Le passage de la « frontière » est une simple formalité bien que les agents qui tamponnent les passeports ne font rien pour mettre à l’aise les touristes qui débarquent (épuisés…). Dans l’aérogare on déploie le reste d’énergie pour prendre quelques sous, et quelques repères pour la suite du voyage : d’où partent les bus pour Puebla, acheter le bon de taxi prépayé pour nous rendre à notre logement, où se trouve l’agence de location de voitures, Touracancun, qu’on a sélectionnée avant de partir. Or là, après de multiples allées et venues dans l’aérogare, on ne trouve rien et personne ne connait Touracancun ! Le doute nous envahit,... lorsqu’on déchiffre sur la réservation que ce loueur a des partenaires, à savoir d’autres loueurs de voitures pour lesquels ils rabattent la clientèle française. Bon, finalement on trouve le bon guichet (America car rental) dont l’employé nous confirme que c’est bien chez eux qu’on prendra la voiture …

La nuit est déjà tombée (19h) lorsque le conducteur du Yellow Cab nous emmène au logement situé à 9km de l’aéroport, dans un long immeuble de plus de dix étages. Il nous dépose au pied de l’immeuble et voilà qu’on traine nos petites valises à roulettes jusqu’à la grille d’entrée. Le loueur nous a fait parvenir par mail un plan en 12 étapes pour récupérer les clés et accéder à l’appartement.

Véro va pour s’emparer de son mobile qui contient le précieux sésame, mais constate avec horreur qu’elle ne le trouve plus ! Enfer et damnation ! On cherche dans toutes nos poches, sacs et diverses pochettes, rien. La conclusion semble évidente, le mobile est resté dans le taxi, qui vient de repartir. Nos recherches fébriles s’effectuent sous l’œil interrogatif du propriétaire du petit bistrot qui est à côté de l'entrée, de sa petite famille et d’un copain. Ils nous demandent ce qu’il se passe, on leur explique tant bien que mal avec nos trois mots d’espagnol. Et ils se proposent spontanément de nous aider : chacun de sortir son « cellular » pour essayer de contacter la compagnie « Yellow cab » ; mais ils ne parviennent pas à joindre la bonne personne.

On se dit alors qu’il faut retourner à l’aéroport. Les gars nous proposent d’appeler un Uber. Bien sûr on est d’accord. En attendant, on prend possession de l’appartement car heureusement on se rappelait des douze étapes, dont la plus cruciale est : comment récupérer les clés… Dans l’ascenseur qui nous mène au 9ème étage, une jeune dame nous accompagne, nous demande d’où on vient, - de France, alors elle lève les deux pouces en nous congratulant ! L’appartement s’avère un bel espace (2 chambres, un salon, etc…), mais on redescend bien vite. Devant le petit bistro, les jeunes nous montrent l’application Uber et la réservation qu’ils ont faite : moins de 100 pesos (4,5 €), deux fois moins cher que les « Yellow cab »…

Le chauffeur est déjà là, et on revient à l’aéroport, le ventre en vrac et assez angoissés car c’est avec ce « cellular » qu’on a la connexion et donc toutes les infos pour continuer le voyage… A l’aéroport, les gens de « Yellow cab » s’occupent de notre affaire. On attend tout de même une bonne demi-heure avant d’apprendre qu’ils ont localisé le chauffeur, puis qu’il a bien le « cellular » et qu’il arrive bientôt, soyez patients… Lorsque le chauffeur arrive et brandit le mobile à notre adresse, c’est le soulagement ! Du coup, on retourne avec lui à notre logement ! Cette affaire nous a coupé l’appétit ; il est 21h ici, mais 4h du mat avant qu’on mette nos montres à l’heure. On part se coucher, bien qu’on ait constaté qu’il y a un problème avec l’eau chaude !

" Notre Yellow cab "  "Mexico la nuit " 
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Publié le 20 janvier 2023

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Nuit courte et sommeil agité. A 6h, on est debout !

Grâce au message adressé au proprio, celui-ci vient régler notre problème d’eau chaude. On bavarde un peu : il a accroché des photos de ses voyages en Europe, et celles sur Paris ont une bonne place. Il est content de recevoir des Français chez lui !

On sort de l’immeuble vers 10h ; il fait beau temps (24°), mais toujours cette brume ! Pour rallier le centre historique, on prend le métro à Tlatelolco pour descendre à Hidalgo. Le ticket coute 5 MXN (=25 centimes d’euro !). Il y a pas mal de monde dans les rames ; un train comporte une dizaine de wagon. A noter que les trois premiers wagons sont réservés aux femmes et aux enfants.

" Le métro de Mexico " 

On commence notre randonnée urbaine et touristique par le parc Alameda, un vrai poumon dans cette ville agitée. On longe le Palais des Beaux-Arts, immense bâtiment blanc-gris assorti de colonnades et de décors de femmes (artistiquement) dénudées.

" le parc Alameda " 
" le Palais des Beaux-Arts " 

De l’autre côté de la rue, on découvre avec surprise, les somptueux décors intérieurs de la Poste centrale.

" la Poste centrale " 

On pousse un peu plus au sud pour admirer la Casa de Azulejos, un bâtiment de l’époque coloniale dont les façades sont recouvertes de faïences blanches et bleues. Plusieurs salles de restaurant occupent l’intérieur, et comme il est midi, on s’installe pour déjeuner. Et comme aujourd’hui, on ne peut plus rien faire sans « cellular », pour avoir le menu il faut flasher un QR code collé sur la table aux moulures vernies… On choisit des spécialités aux œufs brouillés.

" la Casa de Azulejos " 

Notre déambulation se poursuit par l’église San Fransisco de Asis. Des gens y prient avec ferveur, certains carrément à genoux sur les dalles. On rejoint le Zocalo par la rue Madero, rendue aux piétons pour cause de magasins de semi-luxe. De nombreux mendiants sollicitent les passants.

" la rue Madero " 

Le Zocalo est une immense place piétonne, flanquée au nord par la cathédrale (en restauration) et à l’est par le Palais national, siège du président. Au pied de la cathédrale, des gens « déguisés » en chaman proposent aux passants une purification qui consiste à bruler des herbes sèches autour de leur corps, de faire des gestes saccadés au-dessus de leur tête et de leur glisser quelques évocations dans leurs oreilles…

" le Zocalo et ses chaman s " 

Le Templo Mayor est un espace d’un hectare recouvert des ruines de plusieurs temples construits par des dynasties précolombiennes avec une dernière couche par les Aztèques. Ces ruines ne sont qu’un petit reste de ce qui fut la plus grande ville du continent américain avant l’arrivée des conquistadors. Cette ville fut fondée par précaution stratégique, sur une île au milieu d’un immense lac. Puis, après avoir évacué l’eau du lac, la ville coloniale a été construite sur son emplacement. La découverte du site est récente. on y a trouvé la trace de sept pyramides emboîtées les unes sur lesautres comme des poupées russes. Les archéologues retrouvent petit à petit des merveilles en creusant sous les bâtiments alentours, par exemple lors du remplacement du dallage de la cathédrale ! On apprend beaucoup à visiter ces ruines, surtout en explorant le musée qui recèle des objets étonnants.

" Les ruines " 
reconstitution du mode de vie précolombien
" le musée " 

On erre dans les rues à l’est du Zocalo, derrière le Palais national : on se retrouve dans un quartier qui n’a rien à voir avec le centre historique, un quartier animé d’une foultitude de petits commerces, et devant lesquels les gens se pressent. On y vend de tout, même des habits de princesse pour des statuettes religieuses !

" Marchands et restaus de rue " 

Encore plus à l’est se tient le vaste marché couvert de la Merced. De petites ruelles étroites encombrées par les acheteurs et les porteurs qui se bousculent, séparent les étals surchargés de marchandises. Ici ce sont les bonbons et friandises par tonnes, là ce sont les fruits et légumes, plus loin les vêtements, puis les grosses gamelles de cuisine, et coincés dans des recoins, des petits bistrots qui proposent des tortillas, des soupes, des plats cuisinés… On tombe même sur une échoppe qui vend des tenues et accessoires pour chaman ! Les ramifications de ce marché sont immenses et débordent sur les rues où les véhicules ont du mal à avancer tant la cohue est immense.

Un coiffeur au milieu du marché
Feuilles de bananiers bien pliées
Tout pour déguiser un chaman
Chamaneries

Vers 17h, après avoir traversé le marché Sonora, on prend le métro à Pina Suàrez et on rentre pour aller faire quelques courses dans notre quartier. Autre ambiance : supermarché où tout est bien rangé, mais avec presque personne dans les allées… Repas de poisson à la maison.

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Publié le 21 janvier 2023

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On a dormi comme des souches… Réveil à 6h45. On traine un peu en regardant de notre fenêtre le lever du soleil au loin, derrière le Popocatepetl qui fume un peu. C’est le volcan qui veille sur Mexico. Il est pour la ville ce qu’est le Vésuve pour Naples. Mais ce matin, la brume est si épaisse qu’on ne le distingue pas très bien.

A dix heures, on est dans le métro afin de rallier la gare routière Norte. Il y a une correspondance à La Rasa : presque un kilomètre de tunnel ! Et, pour ne pas s’y ennuyer, des dizaines panneaux pédagogiques lumineux expliquent aux gens pressés les origines de l’Univers, de la Terre et de la vie sur Terre. Il y a même un passage de 50 mètres sans autres lumières que la reconstitution d’un ciel étoilé !

" La matière noire "   " L'attirance de la Capitale " 

Le Central de autobuses del Norte, juste à la sortie de la station de métro éponyme, est une immense structure moderne hébergeant, outre les guichets des diverses compagnies d’autobus, de nombreux établissements de restauration rapide et autres banques. On trouve facilement le guichet pour la destination de Teotihuacan, notre destination du jour.

" Le Central de autobuses del Norte "  

Le bus met une bonne heure à atteindre le site (embouteillages, arrêts pour prendre des passagers, accueil du marchand de churros).

Teotihuacan. Ce lieu est réputé pour être le plus vaste ensemble archéologique des Amériques : 4 km sur 2 ! Il a une histoire peu banale : dans sa période florissante, la cité comptait jusqu’à 200 000 habitants. Puis elle a périclité bien avant l’arrivée des conquistadors, les temples ont été recouverts de terre, si bien qu’on a oublié leur existence. Jusqu’au jour où, vers 1900, les archéologues ont mis leur nez dans les monticules de terre et ont découvert ce trésor du passé des humains en terre américaine.

Ce site comporte trois grandes structures : La citadelle et son temple de Quetzalcoatl, le temple du Soleil (symbole de l’Homme, du feu, etc) et le temple de la Lune (symbole de la Femme, de l’eau, etc). Leur nom a été attribué par les premiers archéologues, mais aujourd’hui leurs successeurs pensent que ces temples avaient d’autres attributions… peut-être une nécropole pour la Lune, et cosmique pour le soleil. Bref, on ne sait plus ce qu’on croyait savoir… Toujours est-il que le site est impressionnant par sa dimension, par la rigueur géométrique de l’occupation des espaces et par l’impression de puissance qu’il dégage.

" Le temple du Soleil " 
" Le temple de la Lune " 
" Le temple de Quetzalcoatl et la citadelle " 
" Quelques achats " " une vue sur le temple du Soleil " " En creusant, on trouve " "Puma " 
" Grandiose perspective (la calzada de los muertos = l'avenue des morts) "

Malheureusement il n’est plus possible de grimper en haut des pyramides …. De même, plusieurs bâtiments sont fermés au public alors qu’ils renferment des fresques millénaires. Seul un petit musée propose quelques beaux objets trouvés sur place. Ce musée est situé au pied de la pyramide du Soleil, dans une sorte d’oasis bien frais et bien agréable, alors que le reste du site est en plein cagnard (28°) et au milieu d’une brousse desséchée (comme nous…).

Regarde : tu es dans mon coeur !
" Le musée " 

On met trois heures pour accomplir cette rando archéologique de plus de huit kilomètres. On peut visualiser cette rando en cliquant sur le lien suivant : https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/teotihuacan-123856628

Bus du retour dans lequel certains s’assoupissent…

Métro pour se rendre à la station Balderas, pas loin de laquelle se situe le mercado de la Ciudadela, réservé aux objets d’artisanat. Avant d’y parvenir, on traverse un beau parc où des jeunes jouent au foot sous le regard sévère (et réprobateur) d’un général en bronze qui les menace de sa grande épée du haut de son perchoir. On entend une musique de salsa au fond du parc - on va voir. Il y a là un kiosque sous lequel dansent des couples de gens plutôt âgés. Et ils ont l’air de bien s’amuser. Certains sont très talentueux et font des figures bien compliquées ! Il y a une autre piste juste à côté, et d’autres couples y dansent sur des salsa différentes de celles du kiosque, mais ça ne semple pas les perturber, alors que nos oreilles sont en chou-fleur…

" Partie de foot "  " Salsa endiablée "

Le marché est un peu décevant car la plupart des boutiques proposent des articles d’usine, les mêmes qu’on trouve dans tous les lieux touristiques. Bon, si on avait terminé notre périple au Mexique par-là, on aurait sûrement rempli nos valises de souvenirs, mais là…

" le mercado de la Ciudadela " 

Retour à la maison à l’heure du soleil couchant.

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Publié le 22 janvier 2023

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Réveil à 6h. A présent, on est à peu près bien ajustés au décalage horaire. Une belle journée ensoleillée se prépare.

Métro jusqu’au terminus Indios Verdes. C’est là qu’on doit prendre le cablebus. Histoire de survoler la banlieue ! La municipalité de Mexico a décidé de se doter d’un moyen de transport léger et peu polluant : un réseau de télécabines passant au-dessus des maisons, ce qui est plus éco-nomi-logi-que que de creuser des tunnels. A la sortie du métro, l’entrée de la station de cablebus est très mal indiquée et on se perd un peu dans des ruelles encombrées d’échoppes vendant de tout et n’importe quoi. Cette installation est très récente : 2020. Arrivés aux portillons permettant d’accéder au quai d’embarquement, on est bien embêtés car, pour actionner les tourniquets, il faut une carte magnétique qu’on n’a pas. Devant notre perplexité, une employée vient à notre secours et avec un grand sourire, elle nous ouvre un accès sans portillon ! On veut payer les 6X2 pesos, mais elle nous fait signe de passer : pour nous, c’est gratis ! On monte dans la cabine sous le regard attentif de notre employée si serviable et on part pour une promenade aérienne de : aller 8 km (45 mn) + retour 8 km (45 mn) ! Pour nous, c’est une belle promenade, mais je suppose que ceux qui doivent se la taper tous les jours pour aller au boulot, ça doit les blaser… On fait tout de même un petit écart à la station Campos Révolution pour prendre la correspondance aérienne vers Tlalpexco.

On survole une banlieue bien organisée, même dans les espaces en relief. Vus du ciel, les quartiers sont vivement colorés, composés de maisonnettes serrées les unes contre les autres, avec des jardinets et des terrasses de toit pour la plupart bien aménagées.

" La banlieue nord, vue du cablebus " 

De retour à Indios Verdes, on essaye un nouveau mode de transport : le metrobus. Il s’agit de bus composés de trois wagons articulés qui circulent sur une voie routière qui leur est réservées sur tout leur parcours : ainsi la ligne 1 sur près de 30 km.

Là aussi, c’est assez compliqué pour passer les portillons, car là aussi il nous faut une carte magnétique ! Il nous faut l’aide de la guichetière pour que le distributeur (pas si) automatique nous délivre cette carte à 21 pesos (1€). Bref, on est debout dans le metrobus car les places assises sont prises d’assaut. Le conducteur n’a pas la conduite souple et il faut bien s’accrocher…

" le metrobus " 

Insurgentes, c’est le départ de notre randonnée urbaine qui, aujourd’hui samedi, a pour but de relier quelques places et parcs de Mexico. Voici l’itinéraire : place El Angel, place de Diane chasseresse, parc d’Espagne (bals), parc Mexico (bals, animaleries), place de Madrid (fontaine aux lions), place de Rio de Janeiro (statue de David), jardin Dr Ignacio Chavez (brocante), parc Tolsa (brocante jouets), jardin Ciudadela (bals), quartier « chinois » Independencia x Dolores, parc Alameda (spectacles de rue), place de la Conception (clochards…), place Garibaldi (mariachis), place des Trois cultures.

Les stands d'Insurgentes
La place de l'Ange de l'Indépendance
Place de Diane chasseresse
Les tacos du repas de midi
Bal dans le parc d'Espagne
art déco à Condesa
art déco à Condesa
Fleuriste au parc Mexico
Bal au parc Mexico
Parc Mexico
Place Madrid
" La randonnée du samedi " 

On peut visualiser cette rando en cliquant sur le lien suivant : https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/roma-condesa-ciudadela-garibaldi-3-cultures-123969916

On est samedi : les gens sont de sortie ! les restaus, les gargotes, les estaminets sont pleins, et les parcs sont animés par des bals plus ou moins impromptus, les gens apportant leur sono, ou encore apprenant des pas de danse sous la conduite d’un(e) coach ! Des brocantes attirent les collectionneurs qui se bousculent pour acheter des voitures miniatures, des poupées barbies ou de vieux disques… On peut même repartir avec un chat ou un chien !

On a la surprise de débarquer dans le quartier « chinois » signalé par de grands portiques et où l’animation est à son comble : c’est la fête du nouvel an ! bousculades dans la fumée d’énormes barbecues ! On n’a pas vu un seul Chinois ! Mais les Mexicanos sont fans de fêtes !!

" Nouvel an " 

Même cohue derrière le palais des Bella Artes où on a la surprise de voir une bouche de métro Guimard … Quant à la place Garibaldi, les mariachis ont du mal à trouver des couples intéressés par une de leur prestation personnalisée.

Parc Alameda
Station de métro parisienne
Tags place de la Conception
Les mariachis de la place Garibaldi
Les mariachis sollicités pour fêter un anniversaire
Place des trois cultures
" Dernières étapes de la randonnée urbaine " 

On rentre à la maison vers 18h après avoir fait 18 km ! En sortant ce matin, il faisait 14° ; à midi il faisait déjà 28° et en rentrant 20°.

A propos des bals qui furent la surprise du jour - il vous faut imaginer l’étonnante ambiance qui anime leurs participants : au-delà de la musique tonitruante des salsa, cha cha cha, et autres rythmes tropicaux, c’est la joie des retrouvailles du samedi, c’est, pour les anciens, le bonheur de retrouver les élans de leur jeunesse, pour les jeunes, d’apprendre à trouver la souplesse et l’élégance des anciens et pour la plupart de vêtir pour l’occasion leurs « habits du dimanche ».

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Publié le 23 janvier 2023

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Le temps se maintient au beau fixe ; l’air semble plus léger et le ciel est bleu. Moins de grisaille. Moins de pollution (moins de circulation le dimanche) ? Une grosse journée nous attend : journée musées !

Métro jusqu’à la station Chapultepec « = la colline des criquets ». L’entrée du vaste parc éponyme est juste à la sortie du métro. Ce parc boisé héberge cinq musées, un zoo, un jardin botanique, plusieurs lacs où on peut louer des barques et des pédalos. C’est donc le lieu favori des Mexicanos pour venir s’y promener le dimanche avec les mioches ! Et, à 9h, lorsqu’on entre dans le parc, on y voit déjà beaucoup de monde et surtout, le long des allées, une multitude d’échoppes, serrées les unes contre les autres, proposant jouets, tatouages éphémères, barbe à papa et autres sucreries et même des jumelles en plastic pour 10 pesos (0,5 € !).

L'avenue de la réforme est interdite aux voitures !
" Le parc de Chapultepec " 

Premier musée : le Castillo. Ce fut le château résidentiel de Maximilien, le roi éphémère du Mexique, propulsé par Napoléon III, puis occupé par des présidents mexicains. Ce château se situe sur une colline et offre une belle vue sur la ville et la perspective qu’offre le Paseo de la Reforma. Il se trouve qu’aujourd’hui, la visite est gratuite. Une partie du château présente les appartements princiers dans leur jus, et on ne peut pas dire que les gouts d’ameublement de l’époque étaient légers et fonctionnels… Les terrasses fleuries par contre sont plus raccord avec l’idée qu’on se fait d’une vie de princesse.

Maximilien,le roi éphémère

L’autre partie du château est occupée par le musée de l’histoire mexicaine considérée commencer avec l’arrivée des Espagnols en 1520 et finir avec la révolution de 1910. Beaucoup de tableaux, peu d’explications…

La conversion des Indiens
Zapata

Nous traversons le parc pour rejoindre le Musée national d’Anthropologie. Ce musée propose de découvrir les us et coutumes des différentes ethnies contemporaines qui composent le pays, et parallèlement, de remonter le temps pour explorer les civilisations florissantes de la période précolombienne. Ainsi la première salle est consacrée aux origines de l’humanité avec parmi des centaines d’objets préhistoriques, une reproduction des ossements de Lucy jusqu’aux peintures rupestres de Lascaux !

Exhaustivité, c’est la caractéristique de ce musée ! On y apprend beaucoup de choses, bien que les explications soient 75 % en espagnol et 25 % en anglais. Il y a des dizaines de milliers d’objets dans les vitrines, des reconstitutions de palais, d’immenses statues et mêmes des ruines enfouies dans la végétation tropicale dans les jardins extérieurs.

" L'entrée du musée" "La femme mexicaine parmi les femmes du monde" 
" La vie quotidienne des différentes ethnies" 
" Les antiquités précolombiennes " 

La tombe d’un prince maya est réinstallée au sous-sol du musée pour bien faire sentir aux visiteurs la force de l’inframonde… on n’a pas pu élucider vraiment ce que contenait ce concept d’inframonde, seulement qu’il était aussi puissant que le vrai monde, et qu’il devait guider les âmes au même titre que ce dernier. C’est là qu’on y met les morts, mais c’est aussi là qu’on y met les graines qui donneront la vie. Sans parler de l’eau qui jaillit des sources. Ces sociétés n’auraient jamais osé creuser des tunnels pour le métro de peur de troubler l’ordre cosmique… Au bout de trois heures de visite, on est sur les rotules, mais avec un petit creux dans le ventre.

On sort du parc par le nord et on aborde le quartier ultrachic de Polanco. On déjeune vers 14h30 dans une petite échoppe échappée des projets immobiliers : au menu des empanadas (chaussons fourrés et frits). La traversée de ce quartier bourgeois nous permet de voir (à nos dépens) qu’ici les propriétaires de chiens ne ramassent pas les crottes de leurs clébards alors que c’est la règle dans le reste de la ville… Sinon la vie est belle ici, entre les restaurants chics, les boutiques de bijoux et de vêtements pour … chiens ! On passe devant l’Alliance française dont les affiches proposent aux étudiants mexicains des études magnifiques pour apprendre le français.

" Polanco " 

Aux confins ouest de quartier, une ancienne zone industrielle a été reconvertie en une zone de gratte-ciels hébergeant les bureaux de sièges sociaux de grandes compagnies. Et c’est là aussi que ce situe le musée Soumaya. Outre une belle architecture moderne, ce musée héberge la collection privée d’un milliardaire mexicain et ce dernier l’offre à visiter au reste du monde. Et ce, gratuitement ! Lorsqu’on parvient à l’abord du site, on est stupéfait par l’immense queue qui zigzague devant la porte : des centaines de mètres !!

" Le musée Soumaya " 

Découragés, on décide de tourner les talons, et tant qu’à être dans le coin, autant faire notre réapprovisionnement dans le supermarché juste en face. Mais là, ce ne fut pas une bonne idée… Déjà, l’immensité du store. Ensuite, l’organisation des chalandises : comparables aux rayons de chez Ikea, sauf que ce ne sont pas des palettes de meubles superposées, mais des palettes de boissons, fromages, nouilles, PQ, etc vendus par lots de 10 ou 20… On est un peu perturbés car on voulait modestement une bouteille de jus de fruit et un peu de quoi faire le repas du soir… On trouve tout de même dans le coin rôtisserie un poulet sorti du four (on laisse tomber le jus de fruit)… Mais une fois à la caisse, même Kafka n’aurait pas imaginé la suite : on fait la queue, on pose notre poulet encore chaud sur le tapis roulant. Le caissier nous demande notre carte : on sort la carte de crédit. Il n’en veut pas. Et là ça part en vrille, on ne comprend rien, le gars insiste et ne veut pas prendre notre carte, et les gens impatients derrière nous s’en mêlent, le ton monte car les gens voudraient bien passer. Mais le gars insiste, il ne peut pas nous encaisser (c’est le cas de le dire) ! Finalement, on comprend le fin mot du blocage : il faut avoir la carte du magasin pour avoir le droit d’acheter chez eux ! Alors les gens derrière nous s’empressent de dire au gars que c’est eux qui vont payer le malheureux poulet, mais non, pas question ! c’est interdit par le règlement. La dame derrière nous s’empare alors du poulet et le met parmi ses courses ! Mais le gars reprend le poulet et le garde comme si on allait lui reprendre. Au passage un client de la caisse d’à côté l’engueule vertement. Quelle histoire ! Alors on se tire de là, en lui laissant le poulet rôti (déjà dans l’inframonde) sur les bras. Sans omettre d’aller dire deux mots aux administratifs qui gèrent les demandes des clients à la sortie du store. On quitte ce centre commercial et assez estomaqués par cet épisode.

Mais dehors une bonne nouvelle nous attend : la queue au musée Soumaya s’est résorbée. Alors on tente l’aventure ! Une collection d’œuvres de Rodin et de beaucoup d’autres sculpteurs nous attend au sixième étage et c’est un réel plaisir de l’admirer - mieux, ça nous apaise de l’épisode précédent. Les étages en dessous sont combles de trésors innombrables, faisant côtoyer Bruegel avec Chagall, la renaissance italienne avec les Muralistes mexicains. Et au rez de chaussée, le David nonchalant et à poil devant la Porte des enfers…

Zapata

Il est presque 19h lorsqu’on rallie le métro assez éloigné de San Josquin. Au passage, on achète un poulet rôti dans une succursale de la chaîne Santo Gallo…

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Publié le 24 janvier 2023
à droite, derrière l'immeuble, le Popocatepetl

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Au lever du soleil, le ciel est clair, et la chaine de volcans se découpe bien à l’horizon, le Popocatepetl fumant dans son coin. Quand on sort, il fait déjà 25° !

On prend le métro pour rallier Xochimilco, 30 km au sud du centre-ville. Cette banlieue est le terminus sud de la ligne « Tren ligero », le terminus nord étant Tasquena, station où elle se raccorde au réseau principal. Depuis chez nous, il faut tout de même compter une heure de trajet.

" Tren ligero " 

Xochimilco est un vestige de l’ancien lac de la vallée de Mexico. Il y subsiste tout un réseau de canaux, et l’endroit est propice pour les cultures maraichères, l’horticulture et les pépinières. C’est l’endroit privilégié des Mexicanos pour aller y faire un tour en barque, voire faire la fête à l’occasion d’un mariage ou d’un anniversaire. On peut même faire appel à des mariachis pour l’animation et aussi commander un repas… Nous allons nous contenter d’un petit tour !

Nous sommes à cinq stations du terminus dans le petit train bleu de Tren ligero (à la station Tepepan), lorsqu’un employé du métro passe la tête par la portière et crie : il y a un problème, une manifestation bloque les voies, il faut descendre ! Les policiers qui font évacuer les wagons expliquent vaguement comment rallier la station suivante El Noria. Du reste, on suit les passagers dans les rues de cette banlieue qu’on n’avait pas l’intention de visiter… Arrivés à la station El Noria, on traverse effectivement un barrage des routes par des manifestants, peu nombreux mais efficaces car aucune voiture ne passe. Ils ont cependant libéré les voies du métro, maintenant gardées par une policière. On ne voit aucune pancarte, on n’entend aucun slogan : on ne saura pas la cause de cette manifestation. A la station El Noria, on reprend le métro comme si de rien n’était …

" Traversée imprévue de la banlieue "  " Les manifestants bloquent les rues " 

Il y a un petit bout de chemin depuis le terminus pour atteindre les canaux, et c’est un peu la confusion car il y a des panneaux fléchés « embarcadero » dans tous les sens. Et lorsqu’on aperçoit les canaux, c’est surtout grâce à la présence colorée des barques ! A un des embarcadères, on est abordé par un gars qui nous propose un tour en barque. Il nous embrouille un peu la tête, et surtout des prix astronomiques. Alors qu’on longe le canal, une jeune dame nous rattrape et ses propositions sont plus claires et d’un prix plus abordable : 600 Pesos pour une heure (30 €). En fait, c’est le tarif de la barque qui peut contenir jusqu’à 15 passagers.

Une heure de promenade en barque à fond plat sur ces canaux est bien agréable, loin du bruit des voitures, et au milieu d’une banlieue bien verte qui mêle des pavillons, des jardins, des pépinières,… La barque avance grâce à un canotier qui la manœuvre à l’aide d’un grand bâton en bambou qu’il plante dans la vase et pousse de toute son énergie. Il faut être fort et habile ! Peu de barques aujourd’hui, cependant. On en croise quelques-unes, mais une seule avec des mariachis aux airs enjoués.

Curieux décor
Les mariachis poussent la chansonnette
" De par les canaux de Xochimilco "

A midi, déjeuner de tacos dans une gargote.

" On prépare nos tacos " 

On visite un peu cette petite ville bien animée : mercado, zocalo, église…

Traversée sud > nord de l’agglomération de Mexico.

Visite du haut lieu du catholicisme mexicain : la basilique Santa Maria de la Guadalupe. Maintenant il fait plus de 30° et le soleil tape fort. La grande esplanade devant l’ensemble religieux est plutôt clairsemée. La place est entourée de deux églises anciennes, et d’une d’architecture résolument moderne. La basilique ancienne penche du côté qu’elle va tomber et on comprend pourquoi il en faut une autre… Lorsqu’on entre dans la basilique neuve, un prêche est en cours, mais je pense qu’il s’agit d’un office non-stop. Il y a pas mal de monde à écouter et à reprendre les chants. Derrière l’autel où officie un prêtre, est tendu un immense drapeau mexicain avec au-dessus une icône de la vierge ; celle-ci est apparue à un péon nouvellement baptisé, et son image s’est imprimé sur la cape de ce dernier : miracle ! On descend à la crypte et on a la surprise de voire une installation peu banale pour une église : quatre tapis roulants (dont un en panne et en réparation) destinés à trimballer les pèlerins sur quinze mètres sous le drapeau et l’effigie de la vierge ! Mécréants que nous sommes, on n’hésite pas une seconde pour se mêler aux pèlerins et participer à l’attraction ! Puis on grimpe sur une colline, dotée d’un autre édifice religieux, et de là on admire la vue sur Mexico, un peu dans la brume. En redescendant par un autre chemin, on découvre un groupe de statues très réaliste représentant les offrandes à la vierge.

Pour la photo souvenir
Offrande à la vierge
" La basilique Santa Maria de la Guadalupe " 

On rentre « à la maison », pour une fois avant le coucher du soleil ! Au menu, encore du poulet rôti !

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Publié le 25 janvier 2023

24 01

Il fait toujours aussi beau. On prend le metrobus 1 à Buenavista pour La Bombilla, dans le quartier de San Angel, au sud de la ville. On traverse des quartiers d’affaires, aux avenues débordant de magasins de luxe et aux immeubles en cube de verre teinté. 45 mn quand même …

Le quartier de San Angel est plus cool : une petite colline aux rues pavées à l’ancienne, habitations pavillonnaires, restaus chics : on est dans le quartier des gens aisés qui préfèrent se protéger derrière de hauts murs surmontés de barbelés. Et si on vient au restau en voiture, on laisse les clés au valet qui se charge de la garer. C’est dans ce quartier que se trouvent les ateliers de Diego Rivera et Frida Kahlo. Manque de bol, le gardien à l’entrée nous indique que le musée est fermé pour cause de travaux ! il nous sort même un papier de sa poche où c’est écrit en anglais… Frustration.

La fontaine de la casa del Risco

Par de petites rues on atteint la casa del Risco, une demeure ancienne restaurée par des millionnaires. Ils l’ont transformée afin d’y exposer leur collection d’œuvres à connotation religieuse. Le patio est agrémenté d’une imposante fontaine aux décors étranges : coquilles d’huitres, céramiques et assiettes chinoises !

On pousse notre déambulation jusqu’au musée d’El Carmel, qui comme sont nom l’indique, est un ancien couvent. Encore une collection de tableaux et autres objets célébrant la religion catholique … les cellules des carmélites font six mètres carrés, et le sous-sol recèle des corps momifiés ! Ambiance …

Le cloitre du couvent
Cellule de carmelite
Les clients du sous-sol
BD pédagogique pour carmélite
"El Carmel " 

On traverse une grande avenue bruyante et on se retrouve dans le quartier de Coyoacan, autre quartier pour gens aisés, mais plutôt bons vivants avec des restaus ouverts sur la rue.

La casa Albarado
" La casa Albarado " 
" Quelques vues du centre de Coyoacan " 

On visite le musée des aquarelles, dans une petite maison au milieu d’un beau jardin. La visite commence par les « codice », des textes précolombiens racontant des légendes et peints sur des « papiers » à l’aide d’eau et de pigments : les ancêtres des aquarelles. La visite se poursuit par deux expositions, celle de la collection du musée, puis celle rassemblant des œuvres récentes d’artistes du monde entier. On est bluffé par les performances de certains artistes.

"Codice" précolombien
Le musée des aquarelles

Le cœur de Coyoacan est très animé : nombreux restaurants sur le zocalo (la grande place arborée), jardins publics, et à proximité, le mercado débordant de victuailles et de monde pour les acheter ! Dans le coin des stands de nourritures préparées, on fait une halte pour y déguster des tostas, une variété de tacos… débordants de salade de bœuf, porc en lamelle, avocat, etc… et accompagnés de grands verres de jus de fruits frais.


On atteint la maison bleue de Frida Kahlo, mais les gardiens à l’entrée nous expliquent que c’est complet aujourd’hui, qu’on ne peut pas acheter de billets sur place et qu’il fallait réserver sur internet ! Frustration N°2… Bon, on change la programmation : il est encore temps d’aller visiter le palais national. Mais, le temps de rallier la station de métro Coyoacan, assez éloigné (1,5 km) du centre du quartier, puis découvrir qu’il y a des problèmes sur la ligne, ce qui fait que la rame n’avance pas… bref, on dépasse largement l’heure de fermeture du palais. Frustration N°3 ! Il y a des jours comme ça. Donc on rentre tôt, ce qui n’est pas plus mal, car on a les valises à boucler : demain matin on quitte Mexico !

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Publié le 26 janvier 2023

25 01

Debout très tôt : 5h30. Il s’agit de rallier l’aéroport, car c’est là que nous devons récupérer la voiture de location, et ça avant 10h. Hier soir, nous avons convenu avec le patron du bistrot au pied de l’immeuble qu’à 7h30, ce matin, il serait là pour nous aider à commander un Uber (il est vrai qu’on a la flemme de télécharger l’application…). Ce matin, le patron est là (tout ébouriffé car il vient de se réveiller !). La voiture est là au bout de quinze minutes ! A l’aéroport, au guichet qu’on avait repéré, on nous embarque dans une camionnette : à 3 mn il y a le parking des voitures de location. La suite n’est pas « comme une lettre à la poste » (quoique, aujourd’hui…). On remplit des papiers, on coche des croix, on fait le tour d’une voiture avec le gars qui contrôle son état, on signe encore, on prend des photos de la voiture sous toutes ses coutures, etc… On est presque prêts à mettre nos affaires dans le coffre, lorsque le responsable de l’établissement nous dit que ça ne va pas : cette voiture n’a pas le droit (?) de circuler après le 2 février, et nous on la rend le 6… Alors, il nous trouve une autre voiture qui va bien pour les dates mais qu’il faut laver, en refaire le contrat et les photos, etc . Bref on passe plus d’une heure à ce manège.

Panneau signalant un topes

La prise en main est facile, il s’agit d’une bas de gamme (mais comme neuve) de chez Chevrolet … Puis ce qu’on appréhendait le plus : la circulation nimportekawak de Mexico, s’avère relativement aisée. Quelques problèmes cependant : les nids d’autruche dans le goudron, la signalisation incompréhensible pour quelqu’un qui ne connait pas la ville, les péages tous les 5 km (on a emprunté un genre de périphérique), et quelques embouteillages. On s’est même égaré dans un échangeur tout neuf à multiples bretelles et que même Mr Goo s’est trompé d’itinéraire… On découvre aussi les redoutables topes, version locale des gendarmes couchés, et il y en a parfois tous les cinquante mètres !

Ici, Estacionamiento !

Notre première destination est Tepotzotlan, à 40 km au sud-ouest de Mexico. On traverse une banlieue interminable et bordélique, et cette ville est elle-même englobée dans le grand Mexico. Il y a dans cette ville un monument historique « à ne pas rater » : le musée national del Virreinato. Donc on se faufile dans les rues, il y a pas mal de circulation et pas de places pour se garer. On demande à un flic qui règle la circulation à force coups de sifflets, où trouver un parking : il nous indique l’entrée d’une maison privée dotée d’un grand E entouré d’un cercle rouge. On comprend qu’il s’agit d’un parking, et ce E est l’initiale d’Estacionamiento … on nous demande 30 pesos, quel que soit la durée.

Le monument national del Virreinato est un établissement religieux comportant église (St François X), chapelles, couvent etc. Il s’agit de voir ici l’apogée de l’art baroque de la Nouvelle Espagne. Et on est servi ! D’immenses retables, dotés de milliers d’angelots, de personnages, d’images saintes, le tout recouvert d’une épaisse couche de peinture dorée, se dressent sur les quatre côtés de la nef. Les chapelles, pareil, avec en plus le carrelage au sol bleu profond. Une orgie de décorations. Cette exubérante expression de richesse nous met en appétit et on va en face, au mercado, se nourrir de tacos bien remplis.

" Le monument national del Virreinato " 
" Le centre de Tepotzotlan " 

On reprend la voiture pour aller voir deux petits sites absolument non touristiques : deux ponts situés sur le « Camino real », cette route pavée construite par les Espagnols traversant le Mexique du sud au nord, et servant à évacuer le produit le plus recherché des mines : l’argent. Ces ponts et des portions de cette route sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco ! Le premier pont sert encore à la circulation automobile, et les piles sont envahies par la végétation. Il n’est absolument pas mis en valeur et pourtant il a de beaux restes. Le deuxième auquel il faut accéder par de petites routes est en meilleure santé, le pavage de pierres volcaniques doit être d’origine et l’environnement est plus agréable. Là on peut imaginer les mulets lourdement chargés trimbaler de lourds sacs.

" Deux ponts situés sur le « Camino real » "

Dernière étape du jour, les ruines précolombiennes de Tula. Ce site a connu son heure de gloire à la suite de la chute de Teotihuacan. Une immense cité dotée de tous les conforts possibles à l’époque (l’an 1200) : rues, égouts, canaux, a été construite par la civilisation olmèque, et ses élites ont bâti sur une colline dominant la cité un important complexe politico-religieux. Deux pyramides, des palais à colonnades, des aires de jeu de pelote, etc. Le plus admirable sont les « Atlantes »,, fausse dénomination pour désigner des statues (des totems ?) cylindriques dressées regardant vers le sud du haut d’une des pyramides. Il faut imaginer que ces statues étaient à l’origine intégrées dans un temple aujourd’hui disparu. La base de la pyramide était décorée par des symboles : serpents à plumes, pumas, etc.

" Les ruines précolombiennes de Tula " 

La fin de la journée est consacrée à quelques courses (de quoi faire une salade d’avocats) et on va prendre possession du logement du jour. Il s’agit d’un petit appartement situé au fond d’un passage fleuri, et tenu par une dame style babacool, mais de nos âges… L’appartement est complètement raccord avec le style et nous convient bien. On termine la journée par une petite visite du centre-ville, où l’église, aux murs sans décors, tranche avec la vision d’opulence de ce matin.

" Les décors d'église à Tula sont plus sobres... "  " Tula au coucher du soleil " 
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Publié le 27 janvier 2023

26 01

Cool mais pas très, la dame du logement ! Hier soir, après nous avoir demandé par sms l’heure de notre départ, et avoir répondu «à 8h », elle nous renvoie un message, nous disant qui si notre intention est de partir à 20h, il faudra compter une journée supplémentaire. Meuh non, qu’on lui a répondu, ce sera à 8 am comme on écrit ici !

En sortant de notre logement, on est saisi par le froid ! La ville est complètement dans la brume et les gens sont habillés d’une triple épaisseur de doudoune + gros bonnet + masque. Notre destination du jour : Queretaro, (de fait : Santiago de Queretaro) toujours sur la route du nord-ouest.

Et, histoire de casser la monotonie des autoroutes, on va faire une halte pour voir un pont del Camino real, et quelques vestiges de cette ancienne route espagnole. Pendant une bonne heure, on circule, par de petites routes sur un plateau couvert de plantes rabougries , en suivant de gros camions qu’on hésite à doubler tant le brouillard limite la visibilité. Et finalement, c’est bien utile, car ils ralentissent à chaque tope, et ça nous aide bien : ils sont quasiment invisibles ! Finalement au bout d’une heure, on sort du brouillard, et enfin retour du soleil et de la chaleur !

Le pont d’Aculco (toujours classé Unesco) traverse une petite rivière où il n’y a presque pas d’eau, mais beaucoup de détritus.

" Le puente de piedra d'Aculco " 

Quant à la Chaussée espagnole (à 3 km de là, et classée elle aussi), elle est perdue dans la campagne sans indications pour la trouver, et il faut arpenter une colline pour enfin la dénicher. Il y a des bâtiments, tout neufs, qui devaient servir de musée, mais tout est à l’abandon.

" El camino real "  " Le musée abandonné "
Les banos d'autoroute (5 pesos)

On sort des petites routes et de leurs topes, pour prendre l’autoroute qui mène à Queretaro. Le problème ne sont plus les topes, mais les énormes camions qui doublent à 130, alors que la vitesse est limitée à 80 !

L’arrivée sur Queretaro nous prend à rebrousse-poil : réputée romantique, calme et reposante, ce sont les embouteillages, les bretelles d’autoroute mal signalées, les gratte-ciels comme horizon qui cassent l’image ! On trouve notre logement avec quelques difficultés, et comme il est midi, on va déjeuner dans une cafétéria à proximité : tacos et gorditas (sorte de gros blinis de maïs, entaillé dans la tranche et rempli comme on le fait avec les tacos). On est repu !

On visite le centre historique, et là, c’est vrai : la ville est reposante, avec quelques rues et places piétonnes bordées d’arbres (ficus) taillés au cordeau, avec nombre d’églises (hou la la, les fioritures baroques), de maisons coloniales, et un mercado nuevo bien animé. On déambule ainsi toute l’après-midi en poussant jusqu’à l’impressionnant aqueduc.

Restaurants Plaza de Armas
Le musée d'art moderne (dorénavant, ne jetez plus vos pneus !)

Queretaro est chère aux Mexicains, car c’est dans cette ville que fut fomenté en 1810 la rébellion contre la domination espagnole qui aboutit à l’indépendance du pays une dizaine d’années après. Et ici, tout est classé monument historique et patrimoine de l’Unesco, même les pavés.

On s'arrête à chaque carrefour, et on laisse passer celui qui est arrivé avant
Sortie d'école
Au mercado nuevo
Au mercado nuevo
La mode mongolfière
" La vie quotidienne à Queretaro " 

Visite d’un musée : la casa de la Zacatecana où l’on ressent fortement la vie empesée des bourgeois du 19ème siècle. A l’époque, il s’y est déroulé une sombre histoire : un triple meurtre, qui aurait fait un bon scénario dans « Meurtres à Queretaro » !

" La casa de la Zacatecana " 

On dîne « à la maison » d’une salade d’avocats.

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Publié le 28 janvier 2023

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A 8h, on est sur la route. Temps couvert, légèrement frisquet. On quitte cette ville tentaculaire par la route du nord-ouest.

Première étape : San Miguel de Allende, à une heure de Queretaro. On trouve à se garer à côté d’un point de vue sur la ville, et déjà on est conquis par le site : une cité aux maisons colorées au milieu desquelles surgissent nombre de clochers. On descend du point de vue par des rues pavées à l’ancienne et où on se tord un peu les pieds, car les pavés sont de simples gros galets. La visite se résume par une promenade dans les rues du centre qui est piétonnier. Donc, plein d’églises, des demeures qui sont autant d’hôtels particuliers avec patio et colonnades, et de nombreuses places aux ficus bien taillés. C’est la ville espagnole coloniale presque dans son jus d’origine. Il y a pas mal de touristes, pour la plupart des US.

" San Miguel de Allende " 

Selon de guide du R, il y a ici beaucoup de retraités US qui s’y sont retranchés, ce qui a fait monter les prix de l’immobilier. Dans une agence, on a pu le constater : prix d’une habitation coloniale avec piscine : 1 200 000 $... Lorsqu’on achève la promenade en ville, le ciel s’est dégagé.

Dès qu’on quitte San Miguel, le paysage change : une succession de collines aux prairies jaunies par l’hiver sec, parsemées d’arbres qui semblent desséchés (mais peut-être qu’à la saison des pluies, le paysage change).

Deuxième étape : le puente Quemada *, (encore !) un pont sur le Camino Real. C’est le mieux conservé de ceux qu’on a déjà vus ; il est au bout d’une piste poussiéreuse, loin des habitations et à l’abri des déchets.

" Le puente Quemada " 

Troisième étape : Guanajuato. On revient un peu sur nos pas, puis direction ouest, direct vers les montagnes qui bordent le plateau. La route serpente tranquillement, avec parfois des virages un peu secs. Peu de circulation. Voilà qu’à un moment, les voitures venant d’en face font des appels de phares. Réflexe franchouillard : on se dit que les gendarmes ne sont pas loin ! Mais dans un virage, on voit un gars avec un drapeau faire de grands signes : il faut ralentir ! puis dans un deuxième virage, accostés le long de la route, une demi-douzaine d’ambulances, des pompiers et des civières, et de l’autre côté de la route, en contrebas, un autocar (bleu) bien abîmé arrêté dans sa chute par des arbres. Autant dire que ça calme. Des gens organisent la circulation, et il nous faut passer rapidement. A présent la route descend vers Guanajuato, et on croise une dizaine d’ambulances et autant de pompiers et de police qui montent vers les lieux de l’accident.

A l’approche de la ville, on s’arrête à côté du parvis d’une belle église (encore…) (temple San Cayetano) qui surplombe la ville. L’église est belle, et aussi surtout, la vue sur la ville !

" Temple San Cayetano " 

La descente sur la ville est surprenante : du jamais vu ! Parvenus au plus bas de cette ville encaissée, la rue se transforme en tunnel et sur plusieurs centaines de mètres, on circule sous terre ! Le GPS perd le contrôle, et on est complètement angoissé par les tunnels qui se succèdent, qui s’emboitent, et s’entrecroisent, la circulation des voitures, bus, camions allant avec, et même des piétons ! et le tout dans l’obscurité. Quelques panneaux indicateurs, mais faut savoir les lire… Pourquoi autant de tunnels, depuis quand ? Guanajuato est une ancienne ville minière : y a-t-il un rapport ?

Quand on sort à l’air libre, enfin le GPS fonctionne et après quelques hésitations, il nous conduit à un point qu’on avait sélectionné : le monument de Pipila (un héros de la guerre d’indépendance). Il se situe au sud de la ville, sur les hauteurs de la route panoramique et de là on a encore une vue incroyable sur la ville en contrebas.

" Le monument de Pipila  "  " Depuis le temps qu'elle attend le bus..."  " Guanajuato "

On doit loger dans une maison située dans la banlieue sud de la ville. On fait quelques courses dans un centre commercial super moderne, qui détonne avec cette banlieue aux maisons éparpillées parmi des terrains vagues, parfois remplis d’épaves (de voitures…). Mais cette organisation urbaine semble assez commune au Mexique.

Le gars avec qui on a communiqué pour ce logement, est un jeune enthousiaste, parlant parfaitement l’anglais (ce qui est rare ici). Il nous accueille chaleureusement et nous fait visiter l’appartement tout neuf, meublé tout neuf : et il faut garer la voiture là (parking privé) et vous avez un bus qui va au centre-ville, un peu plus bas dans la rue, et vous trouverez la lavanderia (laverie) un peu plus haut, dans la troisième rue…

En suivant notre installation, on va déposer nos quatre kilos de linge ; la dame est très arrangeante car comme sa boutique ferme le samedi après-midi, et tout le dimanche, mais que nous, touristes de passage, on porte notre linge le vendredi soir, elle nous propose le deal suivant : samedi soir vers 9h, vous m’envoyez un message whatsapp puis vous toquez fermement à la grille et je vous rends votre linge … propre !

Ce soir : menu de poisson !

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Publié le 29 janvier 2023

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Beau temps, soleil et ciel bleu, l’air est frais.

Il est 9h, lorsqu’on se rend à l’arrêt de bus que nous a indiqué notre hôte. C’est juste à côté de la grosse poubelle, que des éboueurs sont en train de vider (à la main !). Le bus (un peu déglingué) arrive au bout de dix minutes. On paie au conducteur 7 pesos chacun. Le bus remonte le quartier et s’arrête dès qu’il voit quelqu’un appuyé contre un mur. Dans ce quartier de Marfil (Lomas de Padre), il n’y a pas vraiment d’arrêts, le conducteur s’arrête parfois tous les cinquante mètres … Le terminus du bus est l’ancienne station de train, à proximité du centre historique.

La gestion des poubelles en banlieue
" La gestion des poubelles en banlieue "  " Le bus de banlieue " 

On est à peine descendu du bus qu’on est happé par la Une du journal local qui affiche la photo du bus accidenté la veille sur notre route. On achète un exemplaire : il y a eu tout de même un mort et 20 blessés dont 15 à l’hosto ! Le responsable de l’accident est le conducteur d’un camion qui n’a pas maitrisé la trajectoire de sa remorque dans le virage et qui s’est mise en travers de la route alors que le bus arrivait ! Le conducteur s’est enfui, mais il a été rattrapé par un autre bus qui l’a pourchassé…

La ville de Guanajuato est importante dans l’histoire du pays : la suite logique de la conspiration clandestine pour l’indépendance (cf Querétaro), c’est ici que les Insurgentes ont infligé aux troupes espagnoles un gros revers : Hidalgo, un prêtre, a mené ici un assaut victorieux avec ses insurgés contre une halle aux grains transformée en forteresse par les troupes du roi d’Espagne. C’est aujourd’hui un musée (Alhondiga de Granaditas).

Extérieur
Intérieur
L'insurrection
Murales montrant Las Casas dénonçant l'esclavage
" Musée Alhondiga de Granaditas (la halle aux grains) "

La ville de Guanajuato a été construite au creux d’une vallée, à l’époque où on n’envisageait pas la circulation des voitures et des camions, et, à part une rue centrale, les communications entre les habitations passent par les ruelles (callejones) ou des escaliers escarpés. Les temps modernes ont des exigences : la circulation automobile passe par des tunnels (dont on n’a pas trouvé l’origine) sous la ville et qui forment un véritable réseau. Les bus y passent et les gens doivent descendre vers ces tunnels pour les emprunter !

" Guanajuato: ses collines et ses tunnels "

La ville n’en reste pas moins « espagnole » : profusion d’églises, maisons bourgeoises, et placettes ombragées.

L'Université (si les universités se mettent à ressembler aux églises...)

C’est aujourd’hui samedi et il semble que tous les habitants sont « descendus en ville » : les restaurants sont pleins, on fait la queue dans les échoppes de rues, et le marché Hidalgo est plein de gens en quête de tacos, tortas et autres bocadillos (dont nous) !

Mercado Hidalgo
Mercado Hidalgo
Mercado Hidalgo
Barbacoa (barbecue)
Préparation des tacos
Préparation des feuilles de cactus
" C'est l'heure de manger ! " 

On déambule en ville de 10h à 16h dans cette agréable cité, en jetant un coup d’œil dans telle église, en mettant un orteil dans quelque patio (souvent occupé par un hôtel) ou un magasin, en s’accordant quelques temps pour visiter le musée de Quijote et la fameuse halle aux grains des insurgés.

Les cireurs de chaussures
Le peintre a des admiratrices
restau avec vue
Accroche-toi, bébé
Roméo est sans voix
Chocolat mexicains
" On déambule dans les rues " 
" Le musée de Don Quichotte " 

On visite aussi le musée des momies, une institution collée au cimetière municipal qui domine la ville. Ce musée est surprenant tant la « collection » de momies est importante. Il s’agit des corps desséchés dans des conditions particulières et exceptionnelles, recueillis au cours d’une campagne de fouille derrière le cimetière, il y a cent cinquante ans et qui ont fait l’objet d’études.

" Le cimetière " 
Encore dans son bel habit !
Ce musée attire beaucoup les Mexicains
Graphisme
" Le musée des momies " 

Comme cette ville attire beaucoup de monde, elle attire aussi ceux qui veulent tirer profit de cette manne. Les scènes de rues font notre bonheur !

" On déambule encore " 

On rentre à Marfil par le même bus, même conducteur, mais bus plein à craquer !

Vers 9h, alors qu’on sort dans la rue pour aller chercher notre linge, on entend diverses musiques venant de toutes parts : voitures, habitations – c’est samedi soir, donc on met la musique à donf ! Nous, ça va être les bouchons d’oreilles (demain matin, on repart sur les routes) !

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Publié le 30 janvier 2023

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Longue étape aujourd’hui : environ 250 km vers le sud-ouest, dans la province du Michoacan, et changer de la route vers nord.

Première étape : Tzintzuntzan (= le lieu des colibris).

Les ruines des pyramides de Yacatas dominent le lac de Patzcuaro, et le village en contrebas. Elles ont été élevées par le peuple Tarasque, contemporain des Aztèques (1200 – 1500). Il n’a pas été dominé par ces derniers. Cependant, les Tarasques n’ont pas pu résister aux assauts des conquistadors.

Ces pyramides sont originales : il y a cinq groupes bien alignés face au lac, chaque groupe comprenant une pyramide à base carrée accolée à une pyramide à base ronde (un cône ?). Un petit musée expose des objets trouvés dans des tombes. Le coyote était leur animal fétiche.

Rochers sculptés
Le Coyote
" Les pyramides de Yacatas " 

On descend au village dont la rue principale est un vaste marché aux souvenirs. On se promène dans le parc du couvent Santa Ana, et on tombe sur une messe en cours qui se tient en plein air. Pour la pause de midi, on déguste des quesadillas dans un petit stand de rue.

Pendant la messe, les jeunes discutent
Mélange de farine de maïs et d'eau
Quesadillas
"  Le village de Tzintzuntzan  " 
" Le lac de Patzcuaro "  

Deuxième étape : Patzcuaro.

Cette petite ville est bien animée ce dimanche : c’est le marché qui s’étale sur plusieurs rues autour du mercado. Quand nous arrivons en ville, on tombe dans un embouteillage inextricable, et on a pensé ne jamais en sortir. Il faut dire que la dame qui gère le logement qu’on a réservé nous a donné une adresse en plein centre-ville alors que la bonne adresse est plutôt aux limites de la ville ! Après avoir pris possession du logement, on va à pied découvrir la petite ville.

La note locale, c’est la couleur qu’ont toutes maisons : blanche bordée d’un bandeau ocre sur le bas des façades, et presque toutes de la même couleur. Sans oublier les toitures, toutes couvertes de tuiles canal ! Là aussi les missionnaires espagnols de toutes obédiences ont construit des temples, des églises et des couvents… Mais beaucoup de maisons coloniales révèlent des cours intérieures pleines de charme. Surtout l’une d’entre elles : la Casa aux onze patios. Un vrai dédale, avec des passages, des escaliers, des corridors pour aller d’un patio à l’autre. Les salles de la Casa sont autant de boutiques pour clients ne regardant pas à dépenser.

" Patzcuaro " 

Aujourd’hui les plaza sont bondées : c’est le jour pour les artistes de rue pour s’exprimer ! Chanteuse, jongleurs, mimes, et aussi un petit groupe de musiciens-danseurs proposant des danses traditionnelles.

" Le dimanche à Patzcuaro " 

On rentre dans notre habitation qui dispose de plusieurs logements. Nous avons un voisin, un Américain des US, un retraité. Dans la conversation, il explique que ça fait depuis une vingtaine d’années qu’il vient régulièrement dans cette ville, car il y a trouvé un très bon dentiste ! Il affirme que la différence de prix entre les US et le Mexique lui rembourse le voyage ! Après le dentiste, il ira se détendre sur les plages de la côte pacifique …

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Morelia Michoacan

Patzcuaro – Morelia

Publié le 31 janvier 2023

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Le temps est toujours au beau fixe !

Tôt le matin, on part visiter Santa Clara del Cobre.

Quand on arrive, pour les enfants, c’est l’heure d’aller à l’école ! Pour d’autres, c’est l’heure de prendre le petit dej dans la rue. On s’installe à la terrasse d’un café et on regarde la petite place s’animer. Cette petite ville a sa spécialité : le travail du cuivre.

On visite une boutique où brillent mille objets. Une vraie caverne d’Ali Baba (no photos !) ! Au fond de la boutique, c’est l’atelier qui résonne du bruit du martelage des plaques de cuivre. On choisit une petite clochette comme souvenir, et on échange quelques propos avec le caissier qui s’avère être le patron de l’établissement. Quand je lui dis que, pas loin de là où j’habite, il y a une ville qui est réputée pour son travail du cuivre, incrédule, il me demande des précisions. A l’aide de son cellular, je lui montre la page du musée du cuivre à Durfort (81), et, ravi, il déroule les pages de son doigt ; satisfait, il me remercie de cet échange. Je lui demande s’il y a encore des mines dans la région – non, les Espagnols ont tout ramené en Espagne, comme l’or et l’argent … Et maintenant ici, on travaille le cuivre recyclé.

Petit dej dans la rue
Travail du cuivre
En plus du code couleur, notez la typographie des enseignes
" Santa Clara del Cobre " 

La route pour Morelia serpente entre de moyennes montagnes. A noter qu’il y a quand même pas mal de fous au volant. On reste prudent, ne dépassant pas trop les limites de vitesse (quand elles existent…). On se fait doubler par la plupart des voitures, parfois à droite ! Les gens ne ralentissent qu’à l’approche des agglomérations : il y a des topes tous les cinquante mètres, et ça calme…

Manif d'étudiantes

Dans les faubourg de Morelia, on est bloqué par une manif d’étudiantes : elles protestent contre la corruption qui a cours dans l’acquisition des diplômes. On trouve à contourner la manif par des petites rues non goudronnées …

La petite ville de Cuitzeo n’a rien d’extraordinaire, mais elle est bien tranquille, et, après en avoir fait le tour, et que c’est l’heure du déjeuner, on avise un petit resto qui vante ses soupes de tripes, alors on tente ! On n’est pas déçu, ça brûle un peu la langue, mais c’est bon. On essaye d’adoucir le piment de la soupe par une cuillerée de tomates concassées dans un tacos, mais, ouille, c’est encore plus pimenté !! c’est dur, la vie de touriste…

On n'hésite pas à bloquer la rue pour aider son capain à démarrer
Sortie d'école
Décor de patio ...
Ouille, la tomate concassée, ça pique !
"  Cuitzeo   " 

Nous voilà revenus dans les encombrements de Morelia : une grande ville (la capitale de Michoacan, et qui fut un temps la capitale du Mexique) qui se met à aménager de nouvelles voies avec bretelles et échangeurs. Sans aucune indication permettant de s’y retrouver… On finit par accéder à la banlieue où se trouve notre nouveau logement : au pied d’une colline dans une rue en pente. Dans ce quartier le nom des rues emprunte aux héros / dieux de l’antiquité de l’ancien monde : Platon, Socrate, Mars, Jupiter, Homère, Vénus, Saturne, etc.

On consacre l’après-midi à visiter le centre historique. Outre la multitude d’églises, c’est la multitude des bâtiments civils à l’architecture sévère qui en impose. On sait que c’est là qu’est le pouvoir : le palais du gouverneur, le palais de la justice, le palais des lois, etc… Les Espagnols de la Nouvelle-Espagne ne lésinaient pas sur les symboles.

Le décor du Sanctuaire de ND de Guadalupe est un peu chargé...
Le laser divin détruit les oeuvres païennes et la barbarie...
Les rares survivants sont baptisés (sinon couic)
La cathédrale
" Sanctuaire de ND de Guadalupe  et d'autres églises" 
Le palais du gouverneur
Le palais du gouverneur
Le palais du gouverneur
Le palais du gouverneur (redécoré)
" Les palais des puissants (redécorés depuis...) " 

Il n’en reste pas moins qu’il y a de belles places entourées de maisons bourgeoises où sont aménagées de vastes arcades, le tout bâti avec de grosses pierres de taille en grès rose. Elles sont aujourd’hui occupées par les terrasses de café, mais ici, pas de vendeurs à la sauvette, ni de roulote à tacos…

L'aqueduc

On rentre « à la maison » après quelques courses, un peu fatigués, car la ville est grande et le soleil n’a pas été indulgent…

Notre rue n'est pas aussi solennelle que le centre-ville
" Notre rue en pente ... " 
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31 01

On quitte Moralia vers 8h, il fait beau !

La première partie du trajet (100 km) s’effectue sur des voies rapides, mais avec quelques ralentissements aux péages (il faut payer en cash, et on nous donne un reçu), à l’abord des croisements de voies rapides où la signalisation est hermétique pour le Non-mexicain et à l’approche des (rares) aires de services encombrées par les poids lourds. L’essence est à 1€/l (le Mexique a du pétrole…). Et dans les stations-service, il faut payer 5 pesos pour utiliser les banos (chiottes) qui sont parfaitement entretenues, soit-dit en passant.

La deuxième partie du trajet (70 km) est un parcourt en montagne genre massif central : beaucoup de virages, beaucoup de forêts peu de villages. On termine par une piste d’1 km pour arriver au Santuario de la Mariposa Monarca Sierra Chincua.

Ce sanctuaire (qui n’a rien de religieux !) est le lieu d’hivernage de millions de papillons Monarque. (Droit d’entrée 80 pesos, 4€). Des guides proposent leurs services à l’entrée du site. On se retrouve avec deux couples de retraités américains US (Seattle et Denver) et, un peu grâce à eux, on aura la version complète des explications du guide qui ne parle qu’espagnol.

On se croirait dans l'Aubrac
" Santuario de la Mariposa Monarca Sierra Chincua" 

On progresse dans la forêt pendant 1,5 km par un sentier qui ne pose aucun problème, sinon qu’on est à 3400 m d’altitude et que le souffle est court… Et là la magie s’opère : d’une belle forêt de pins gigantesques (+ de 50 m ) et d’un sous-bois fleuri, surgissent d’abord quelques papillons, puis, en progressant lentement, les centaines de papillons nous entourent, voletant dans des milliers de zigzags entre les fleurs et les arbres. Et le plus étonnant, ce sont ces arbres recouverts de la tête au pied de grappes de papillons immobiles, de telle sorte qu’on ne distingue pas les branches, le tronc, les épines ! Et le plus intriguant, c’est que cette accumulation de papillons se réalise sur certains arbres et pas d’autres (de la même espèce, pourtant).

" Les papillons viennent butiner " 
"L'arbre a disparu sous les papillons "  " Le soleil réveille les papillons qui partent butiner " 

Le guide nous donne quelques explications. En gros et pour faire simple :

1) Ces papillons sont des migrateurs : ils évoluent entre le Mexique (l’hiver) et le Canada (Ontario/Quebec) (l’été), et retour.

2) La migration du sud vers le nord s’effectue au printemps sur trois générations et en trois étapes : la première génération va du Michoacan au Tamaulipas (à la frontière des US), la deuxième génération va jusqu’au Texas, et enfin la troisième arrive au Canada. A chaque étape, les papillons s’accouplent, les femelles pondent, le cycle œuf-chenille-chrysalide-imago dure un mois, et ce sont les nouveaux adultes qui poursuivent la migration ! Les parents meurent sur place !

L’asclépiade (les papillons qui sont dessus ne sont pas des monarques

3) Ces papillons se nourrissent sur une plante qu’on retrouve sur tout le parcours : Milkweed en anglais, l’asclépiade. Outre avoir le bienfait de les nourrir, cette plante sert de nichoir pour les œufs, son pollen dont les papillons se recouvrent, sert de poison protecteur contre les prédateurs (oiseaux, chauve-souris, …) et sert aussi de protection contre le froid et la pluie !

4) Un accouplement dure 72 h. Une femelle s’accouple avec trois mâles. Une femelle pond 300 à 500 œufs. Un individu pèse 0,5 g.

5) Le guide raconte que les populations locales, avant la découverte du cycle de ces papillons, attribuaient la disparition des papillons au printemps à des épidémies. Aussi, ils tentaient de les exterminer, car croyaient aussi qu’ils étaient la cause de la mort des arbres et des problèmes dans les cultures. C’est pourquoi il a fallu sanctuariser cette forêt (et d’autres dans la région) afin de préserver cette espèce animale exceptionnelle.

Pour en savoir plus : https://www.mission-monarch.org/fr/monarchs-biology/ et https://fr.wikipedia.org/wiki/Monarque_(papillon)

Pour visualiser cette promenade, cliquer sur le lien : https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/chincua-montains-mariposa-monarca-124750075

On quitte le parc en évitant les stands de vente de souvenirs et on va piqueniquer sur les bancs d’un petit oratoire consacré à San Judas Tadeo (?).

On descend sur Tlalpujahua pour le logement, où on fait modeste : une chambre avec sdb (on s’est trop habitués à des appartements confortablement meublés…). On prend le temps de visiter la petite ville, charmante, conforme aux canons régissant les villes coloniales espagnoles. Cette ville a été pour les Espagnols, le centre de contrôle des richesses exploitées dans ces montagnes : or, argent, cuivre, etc… Du reste, la ville voisine s’appelle El Oro, et elle a été le terminus d’une voie de chemin de fer…

" Tlalpujahua  " 

Diner végétarien dans notre chambre car l’hôtel est dans la montagne/forêt, très à l’écart de la ville.

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Publié le 2 février 2023

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Départ à 7h30. On est un peu déçus par cet hébergement : la réalité vécue ne correspondait pas à la description des commodités énoncées sur le site de réservation. Par exemple, on y affirmait pouvoir accéder à un micro-ondes et une cafetière, or rien de tout cela ! Il s’agit d’un hôtel en réfection et toutes les commodités sont fermées. On a pu négocier une bouilloire d’eau chaude pour 6h30 ce matin…

Il fait froid, et les gens qui remontent la rue de l’hôtel sont emmitouflés dans des couvertures.

Un peu de route pour se déplacer vers Toluca. Sur un bout d’autoroute, embouteillage : les deux voies sont réduite en une. Accident ? Manif ? Tracteur en panne (oui, il peut y avoir des tracteurs sur l’autoroute) ? On avance tout de même, puis on dépasse un cycliste, puis trois, puis toute une file, et enfin un peloton ! Ils ont tous un survet bleu, et leurs vélos ne sont pas de compétition… Et, en tête de peloton, roule lentement une camionnette avec, sur le plateau arrière, un christ en croix ! Il s’agit d’un pèlerinage…

" Pèlerinage sur l'autoroute "  " Regardez bien ce qu'il y a sur le plateau arrière de la Ford "

La destination du jour est le Nevado de Toluca, un volcan où on envisage une petite randonnée. La route de montagne est goudronnée jusqu’après le village de Raices (3750 m d’altitude). Une piste part à l’assaut du volcan : calme jusqu’au péage (50 pesos/p), la piste se met à zigzaguer pendant quatorze kilomètres, piste défoncée par endroit… Au bout de la piste (4437 m), il y a un vague parking et des aménagements hôteliers, fermés. L’itinéraire de la randonnée figure sur un grand panneau, avec d’autres recommandations (mal des montagnes, équipements conseillés).

Notez la brume épaisse dans la vallée de Mexico
Première montée vers le col

Il fait un temps magnifique. La première grimpette nous emmène à un col (4570 m). Pas mal de vent, il fait un froid raisonnable. Mais ici, on ressent les effets de l’altitude : souffle court, une respiration à chaque pas ! Au col, on est récompensé par une belle vue sur un large cratère aux deux lacs. Le petit, le lac de la Lune, le grand, le lac du Soleil. On reste dans la cosmologie précolombienne… Les lacs sont à 4330 m, donc plus bas que le parking.

" Lac de la Lune "  " Lac du soleil " 

La rando consiste, après la descente, à faire le tour des deux lacs. L’un semble bleu, l’autre vert. Il y a un peu de neige sur les hauts du cratère. Et à quelques endroits, les bords des lacs sont gelés. On piquenique au milieu de la randonnée, au pied d’une maison abandonnée (la seule construction du cratère). Lors de la remontée vers le col, on croise des gens qui semblent souffrir de fatigue et/ou du froid.

ça gèle au bord du lac
" Au fond du cratère " 

Pour visualiser cette rando, cliquer sur le lien : https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/nevado-de-toluca-124811534

Lorsqu’on traverse le pays, on rencontre souvent la forme caractéristique d’un volcan, par-ci, par-là. Et voilà pourquoi : Le Mexique fait partie de la plaque nord-américaine. Cette plaque se déplace vers l’ouest et rencontre la plaque Pacifique et la plaque des Cocos qui elles, vont vers l’est. Et ces dernières ont la fâcheuse idée d’aller s’enfoncer sous la plaque nord-américaine, créant ainsi des chaines de montagnes dont certaines sont des volcans. Car ces plaques, en se frottant entre elles (ça se passe à 600/800 km de profondeur !), s’échauffent au point de faire fondre la roche, et celle-ci parfois s’échappe du chaudron pour remonter en surface et créer ces volcans. Et c’est ainsi que d’ouest en est, le Mexique est traversé par une chaîne de volcans, la plupart actifs, mais endormis, mais pas tous. Et tout cela se passe avec des tremblements de terre assez destructeurs.

C’est depuis plusieurs milliers d’années que le Nevado de Toluca ou Xinantécatl ne s’est pas manifesté, mais il a à ses pieds la grosse ville industrielle de Toluca…

Dans l'après-midi, les nuées enveloppent le volcan
 "  Le Nevado de Toluca ou Xinantécatl "

Dans le milieu de l’après-midi, on prend possession de notre logement : un appartement de plain-pied fort confortable, doté d’un parking fermé… dans une banlieue décousue de Toluca, dont les rues sont défoncées et servent de parking à des voitures hors d’usage… On doit tout de même régler certains problèmes d’eau chaude avec le proprio !

Recherche d’une laverie : 5 kg de linge (ah, la poussière), plus quelques courses…

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Publié le 3 février 2023

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Pour la première étape (Teotenango) la route traverse l’immense banlieue de Toluca ; les faubourgs de cette ville sont soit occupés par des centres commerciaux de luxe, soit plutôt destroy.

A l'horizon, le Nevado de Toluca
"  Au Mexique, il n'y a pas que des ruines précolombiennes "

On a plusieurs bonnes surprises lorsqu’on arrive aux abords du site archéologique de Teotenango (qui n’est même pas évoqué dans le guide du Routard !). Déjà, ce sont comme d’énormes remparts à la Vauban qui, du haut d’une colline, surplombe la vaste plaine de Toluca.

" Comme une citadelle à la Vauban " 

Lorsqu’on se gare au parking du site, l’entrée est libre ! Ainsi que le petit musée qui expose le résultat des fouilles, et qui donne quelques explications.

Le bâton de pluie
Quelque part dans l'inframonde...
" Le petit musée du site " 

Et enfin, après avoir monté la longue rampe, on est stupéfait par l’ampleur et la beauté du site : grands espaces, pyramides, ruines d’habitations et beaux restes d’un jeu de pelote. Les bâtisseurs de cette cité sont les Matlazinca, puis les Aztèques qui les ont soumis. Les Aztèques sont la dernière génération de dynasties précolombiennes. Ces derniers étaient des guerriers, et ont soumis les ethnies et dynasties précédentes. Et ils étaient experts dans l’art de la guerre et protégeaient leurs cités par des remparts.

La rampe d'accès
La citadelle domine la riche plaine de Toluca (notez la couche de pollution...)
Entrée principale
Pyramide A
"  Le  site archéologique de Teotenango "
La citadelle domine la riche plaine
Terrain du Jeu de pelote
" Le  site archéologique de Teotenango " 
Princesse Leia vs Dark Vador

Alors qu’on visite le vaste site quasiment désertique, deux jeunes hommes se dirigent vers nous, et nous demandent de les prendre en photos : ils vont bientôt participer à un tournoi d’escrime et souhaitent poser en haut d’une pyramide en posture de combat avec leur épée ! Il s’agit d’un escrimeur italien qui vit à Paris et qui représente la France à ce tournoi et d’un Mexicain professeur d’histoire. Après une séance de photos, ils nous proposent de poser à notre tour … avec les épées ! Ce qu’on accepte volontiers ! Les épées étaient lourdes et les marches de la pyramide bien raides, mais c’est avec enthousiasme qu’on a joué le jeu !

Alors on profite de la présence du prof d’histoire pour lui poser une multitude de question sur ce site. Comment les Aztèques taillaient les pierres ? avec des pierres plus dures ! Qu’est-ce qui a été restauré ici ? Tous les endroits où les pierres ont été rejointes au ciment ! A quelle époque ? En 1900, grâce à Porfirio Diaz, président du Mexique, fan de la France et de sa politique de conservation des monuments historiques (cf Prospère Mérimée) et qui a consacré sa fortune à la rénovation des sites antiques mexicains.

Dessin réalisé dans le Códice Magliabechiano

Dernière question : comment on joue au jeu de la pelote ?... La balle (en caoutchouc) est frappée avec les hanches, les cuisses et les mains. La balle ne doit pas tomber au sol. La balle doit passer par le trou d’un énorme anneau en pierre planté dans le mur. Ce jeu est symbolique de la guerre : il y a vainqueur et un vaincu.

Sur ce dessin, l'un des deux joueurs tient le ballon. Quel rôle ont les cinq crânes ?...

On poursuit la route en direction de Malinalco : un autre site aztèque. Il s’agit ici d’un site sacré où on formait les guerriers aztèques (les jaguars et les serpents) gardiens des temples. Ils y apprenaient l’art du sacrifice (des vaincus…).

Le site est petit (comparé au précédent), reclus en haut d’une falaise, au fond d’une région montagneuse. La principale salle représentant le sanctuaire aztèque est fermée pour travaux… On erre dans les ruines où on distingue le lieu des sacrifices humains, la petite pyramide et une esplanade … où on piquenique ! On est un peu déçus …

Le village de Malinalco vu du site archéologique
Les scolaires apprennent la vie de leurs lointains ancetres
Le lieu des sacrifices humains
Le sanctuaire (fermé !)
" Les ruines de Malinalco  " 

Mais on reprend vite de la bonne humeur : dans la petite ville en contrebas, résonnent comme des coups de canons ! On dégringole les marches du site, et on se dirige vers l’origine de ces bruits. Dans la rue qui mène à l’église Santa Maria Quelquechose, on croise nombre de femmes (et quelques hommes) remontant la rue principale, qui avec un bébé dans les bras, qui avec un bébé dans un couffin, qui tenant deux bébés … En réalité : des poupées emballées comme des princesses ! Tout ce petit monde sort de l’église : une haie d’honneur composée de musiciens en costumes dans leur œuvre. L’autel de l’église est couvert de fleurs, et sur le parvis gazonné des autels provisoires proposent des vierges à profusion. C’est une véritable fête (outre la messe…), avec stands de nourritures et objets pieux.

L'autel de plein air
Ici, on vend des bébés !
" La fête de Dios Nino " 
" Dans la rue principale de Malinalco " 

Il s’agit de la fête de Dios Nino, le 2 février, jour de la chandeleur (Candelaria). Ce jour-là, les Mexicains ont coutume de mettre de nouveaux habits aux poupées, c’est leur façon d’honorer l’Enfant Dieu.

Forts de cette découverte, on rentre à Toluca, où les embouteillages ont fini de dissiper nos méditations métaphysiques…

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Publié le 4 février 2023

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On quitte Toluca qui se trouve sur un vaste plateau à 2700 m d’altitude. La route 55 vers Taxco, notre destination, après Teotenango que nous avons visité hier, aborde une lente descente : c’est la fin du plateau. Il est rongé par les rivières qui se dirige vers le Pacifique. Le plateau se divise en mille morceaux et nous voilà à évoluer dans des reliefs tourmentés : vallées profondes, peu de villages car peu de terrains cultivables. C’est la saison sèche, donc tout est sec ! On parvient au bout de deux heures (90 km) à 1000 m d’altitude : arrêt à Cacahuamilpa.

Ce village est réputé pour ses vastes grottes. La prochaine visite est à 11h. Devant l’entrée des grottes, mille petits commerces guettent le touriste et parfois le sollicite lourdement.

Le groupe de 11h (une trentaine de personnes) est cornaqué par une jeune guide, à la voix puissante : espagnol seulement. Mais qu’importe, car la surprise est grande : cette grotte, creusée jadis par une rivière souterraine, fait tout de même deux kilomètres de profondeur avec un plafond qui évolue entre 50 et 80 mètres au-dessus de nos têtes. La grotte possède de nombreuses concrétions, bien sûr, gigantesques. La guide dont on comprend tout de même un mot sur quatre, détaille les figures qu’offrent ces concrétions : animaux (crocodile, éléphant, gorille, etc), personnages célèbres (au Mexique…), scènes religieuses avec bien sûr la vierge de Guadalupe ! Et dans l’assistance le concours de paréidolie bat son plein ! La visite dure tout de même deux heures !

" La grotte de Cacahuamilpa " 

La ville de Taxco n’est pas loin aussi on reprend la voiture ; mais c’est sans compter les nombreux topes (gendarmes couchés) qui s’égrènent tout au long du parcours - une heure pour faire trente kilomètres ! Les topes doivent être franchis à 5 km/h et en 1ère, sinon on avale son râtelier. Et pour faire bonne mesure, ils sont quasiment invisibles et peuvent être placés inopinément. On en a franchi un sévère au sortir d’une autoroute ! Le principe de conduite, c’est de suivre une voiture et de voir où elle freine !

ça passe, ,ou ça casse !

La suite n’en est pas moins stressante : la ville de Taxco est accrochée sur les flancs raides d’une vallée. Notre logement est au fond d’une callejone (ruelle étroite), mais pour y accéder, il faut grimper des rues étroites pentues à 25%. L’embrayage fume, et la 1ère cale souvent. Frein à main. On redémarre, on dérape sur les pavés usés et glissants, et ça dix fois... Le Paris-Dakar devrait passer par ici…

Notre logement est dans une vaste maison avec un garage qu’on s’approprie. On se demande comment on va sortir de là… Les chambres sont à l’étage : vaste espace !

On passe le reste de l’après-midi à visiter le centre-ville : mini zocalo, cathédrale tarabiscotée dehors comme dedans, et surtout un immense mercado installé dans le labyrinthe de ruelles en pente au pied de la cathédrale.

Notre rue
Le kiosque du zocalo
" Bijoux en argent "
" Centre-ville " 
Même avec le guide du routard, on ne s'en sort pas !

Chaque recoin fait boutique, la marchande d’ongles à coller voisine avec celle qui vend des légumes, qui côtoie le marchand d’électronique, lui-même voisin du vendeur de cuisses de poulet, etc.

Marchande de fromage
" Le mercado " 

Grande surprise cependant : des militaires, grosses voitures blindées, armes au poing et casque lourds quadrillent le quartier du centre. Coup d'état ? Manœuvres ? Courses à faire au centre-ville ?

" L'armée en touristes ? " 

Dans cette ville aux ruelles étroites et pentues, la reine des voitures, c’est la coccinelle : il y en a partout, et si l’une d’elle tombe en panne, surtout on ne la met pas à la casse, on la garde précieusement au cas où !

On désosse la vieille coccinelle
" Les coccinelles "  " Où garer sa voiture dans cette ville ? "

On prend un combi (minibus qui sert de transport public, 8 pesos/p) pour monter au Cristo. C’est LE point de vue sur Taxco. Une belle terrasse surplombe la ville, surveillée par un grand Christ, les bras écartés, prêt à faire le saut de l’ange. Sur le muret qui borde la terrasse au-dessus du vide, il a été aménagé un dossier en porte à faux. On fait la queue pour s’installer dessus comme dans un transat et faire la photo inoubliable. Vertigineux, s’abstenir !

Dans le combi
La vue sur la ville
De quoi tomber à la renverse !
" Au pied d'El Cristo " 

Quelques courses pour le repas du soir ; on rentre « à la maison » à la nuit tombée.

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Publié le 5 février 2023

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Cette matinée a démarré par un petit cafouillage : on voulait aller voir Las granadas y sus mil cascadas. Un site prometteur de rando paisible dans la fraicheur de sources et de cascades, à une trentaine de km à l’est de Taxco. Arrivés sur le site après 6 km de pistes abominables en montagne (poussière, gros cailloux, pentes à + 20%), on arrive enfin à un parking où on nous demande 200 pesos/p « tout inclus ». On s’interroge sur le « tout ». Bien vite on est assaillis par des « guides » qui nous disent qu’il faut qu’on s’équipe d’un short - ah, vous n’en avez pas, on peut vous en vendre ! Pour une rando sous les cascades, c’était too much. Alors on est repartis (après explications et s’être faits remboursés).

En compensation (!), on part visiter le site Pozas Azules de Atzala, qui est à une quinzaine de km à l’ouest de Taxco… Mais là, pas de piste, une bonne route, pas de short à acheter et un prix d’entrée plus raisonnable (100 Pesos/p). Il faut se faire à l’idée, qu’au Mexique, les sites naturels sont accaparés et qu’il faut payer un droit d’entrée + un parking pour avoir le privilège de les voir… Bon, c’est comme ça. Le site par lui-même est intéressant si on fait abstraction des vendeurs de souvenirs qui vous interpellent depuis leur stand qui borde le chemin. Il s’agit d’une rivière qui, après un parcours probable sous le plateau calcaire, a créé ici une série de bassins d’eau de couleur azur. Des aménagements permettent aux gens de s’y baigner, de piqueniquer ou de se reposer dans la fraicheur. Après la visite des bassins, on déjeune de quesadillas et de sopes dans un petit établissement en surplomb de la rivière.

" Pozas Azules de Atzala " 
Taxco

Retour à Taxco. On se perd dans les ruelles en pente, on monte et on descend au gré des itinéraires proposés par Gmaps, qui lui-même ne sait plus où il en est… On pose enfin la voiture dans la ruelle de la maison.

Et on passe l’après-midi ensoleillée à errer dans Taxco.

La cathédrale est pleine à craquer car il s’y déroule un mariage de princesse, et les invités ont sorti du beau linge.

" Mariage à la cathédrale " 
Le conducteur a sa vivion de la route réduite
" Promenade dans les ruelles de Taxco " 

On dévale les ruelles derrière la cathédrale où une multitude de vendeurs proposent bijoux, fruits épluchés prêts à croquer, souvenirs, etc. On tombe sur un bâtiment incroyable : trois étages dont chacun héberge plus d’une centaine de stands de vente de bijoux en argent ! C’est un peu la bousculade dans les travées.

" Des centaines de stands de vente de bijoux " 

Sur le chemin du retour, on complète notre collection de photos de Coccinelles VW.

Une nouvelle couche de peinture
Mettez un bébé dans votre moteur !
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
" Le pays des Coccinelles VW " 
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Publié le 6 février 2023

05 02

Encore une journée de grand soleil. Et comme la région est à 1200 m d’altitude, on ressent déjà tôt le matin la grosse chaleur.

Et c’est dans cette chaleur qu’on visite le site archéologique de Xochicalco.

Les bâtisseurs de cette forteresse/cité l’ont construite sur une montagne qui domine la plaine fertile, comme pour surveiller leur richesse. Plusieurs temples servant de sommet aux pyramides, de nombreuses habitations, des palais, des grandes esplanades, un observatoire, le tout éparpillé sur plus d’un km² ! Le « clou » de cette cité sont les bas-reliefs qui entourent une des pyramides (celle des serpents à plumes). On y voit le fameux serpent à plume, mais aussi des personnages et la fresque semble dire que certains sont plus haut dans la hiérarchie divine que d’autres…

" La forteresse " 
le jeu de pelote
la grande pyramide
l'observatoire
" L'Acropole " 
" La pyramide du serpent à plume " 

La configuration des lieux en plusieurs niveaux suggère que l’accès à un niveau supérieur était réservé à des « ayants droit », le niveau le plus élevé étant réservé aux grands prêtres. Les dernières fouilles ont révélé des traces d’objets brisés, d’incendie et des squelettes dans la partie la plus sacrées, alors que les habitations du niveau inférieur, tous les objets domestiques trouvés étaient presque intacts, comme si les habitants avaient quitté les lieux tranquillement. Ce qui fait dire aux archéologues que le déclin de cette cité fait suite à une révolte contre l’élite…

On reprend la route pour rallier Tepoztlan. Cette petite ville est réputée pour son marché du dimanche. De fait, quand on sort de la voie rapide, on tombe sur un important embouteillage dont on met plus d’une demi-heure à s’extirper On trouve une place où se garer dans une petite rue sur le haut du village, à 500 m du mercado. Quand on y parvient, on retrouve la cohue, mais là ce sont les badauds ! La rue principale et les ruelles sont pleines à craquer ! Les gens déambulent entre les stands (qui vendent toujours pareil : des souvenirs, des bijoux de pacotille, des boissons fraîches, ), dans la bonne humeur. Au mercado, même ambiance joyeuse règne autour des stands qui proposent toute sorte de nourriture. On prend place sur une banquette et se fait servir des quesadillas et des sopes. On a un peu chaud car on est juste à côté des grosses plaques de cuisson, et en sortant de là, on sent un peu la saucisse fumée… On complète notre repas par des glaces : le glacier propose plus d’une centaine de parfum différents et on a du mal à se décider !

" Le mercado "  "Le glacier " 
" Le dimanche à Tepoztlan " 

En remontant retrouver la voiture, les petites rues sont encombrées pas les voitures qui cherchent à se garer ! Il existe des parkings privés chez les habitants, mais ils sont tous complets ! A croire que tout Mexico city s’est donné rendez-vous ici pour le week-end ! On se tire vite-fait de ce piège…

A Cuernavaca, la circulation est plus tranquille, mais la ville est grande et assez décousue, tandis que le « centre historique » est plutôt riquiqui, mais quasiment inaccessible en voiture. Aussi on trouve à se garer dans un parking privé.

Comme c’est dimanche, tout le monde est de sortie, le zocalo est plein : chanteurs, mimes, humoristes se donnent en spectacle et tout le monde est content. On fait un tour à la cathédrale où les dames patronnesses proposent des gouters (on déguste une banane frite farcie de lait condensé et de graines de chocolat …). Dans cette cathédrale, point de décors tarabistouilles, uniquement des fresques sur les murs représentant les missionnaires franciscains débarquant au Japon !!

" Le centre historique " 
l'extérieur de la cathédrale reservé aux Indiens "
" Le centre historique "  

Au sympathique jardin Borda, un bâtiment abrite une exposition réalisée par des femmes révoltées par la répétition sans fin des féminicides dans la région.

" Le jardin Borda et l'exposition par les femmes révoltées" 

Notre logement se trouve dans la banlieue de Cuernavaca, dans un quartier à l’apparence destroy, mais quand la dame ouvre le portail de sa propriété, on découvre un grand jardin aux arbres centenaires, un petit bassin avec un bouddha qui se mire dedans ; quant à notre chambre (un peu étroite en comparaison des appartements précédents) elle est au rez de chaussée d’une maison de style (lequel ??).

On piquenique dans la chambre : demain on se lève tôt pour rendre la voiture à l’aéroport de Mexico.

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Publié le 7 février 2023

06 02

On pourrait mettre comme deuxième titre à cette journée : « Journée de stress » …

On se lève tôt, comme prévu et à 7h30 la voiture est prête à partir, bagages dans le coffre. La dame nous congratule chaleureusement, et je commence les manœuvres pour sortir la voiture de la riquiqui place de parking de notre hôte. Mais la place est sur une sorte de gravier, et il faut monter comme une marche et braquer le volant à fond pour sortir sur la rue, le tout en marche arrière ! Bien sûr je patine, creuse un trou dans le gravier avec les roues avant, et cale. Plusieurs fois ! La dame se propose pour prendre le volant : « j’ai l’habitude de faire cette manœuvre », et après avoir mis une planche pour aider à monter la marche, la voilà qui sort la voiture de son piège ! Vexant.

Il y a 90 km pour nous rendre à l’aéroport de Mexico et il nous reste (selon le chiffrage du tableau de bord) 120 km d’essence. Hop, on prend direct l’autoroute pour Mexico, en se disant qu’on fera le plein à l’abord de l’aéroport (consigne du loueur). Pour aller de Cuernavaca à Mexico, il faut passer un col à 3100 m, et la voiture n’a pas trop de reprise. On double des camions qui monte la rampe au pas. De l’autre côté du col, alors qu’on amorce la descente, le voyant « attention à la panne d’essence » s’allume et le compteur « nombre de km possible avec ce qu’il vous reste d’essence » affiche 3 petits traits - - - ! La tension monte à bord … D’autant qu’il n’y a pas de stations-service, pas de sorties sur toute la descente (plus de 35 km), même au péage. Au péage, la dame nous indique que la prochaine station est « à 10 mn ». Quand enfin on peut faire le plein (près de 40 l) on constate qu’il ne devait rester qu'un dé à coudre d’essence dans le réservoir…

Lorsqu’on rend la voiture (un peu poussiéreuse) au loueur, pas de problemo. Leur navette nous conduit au terminal, où on peut prendre le bus pour Puebla.

Il y a des bus souvent, et le prochain est dans 15 mn. Lorsqu’on paie nos tickets et présentons nos passeports (comme pour prendre l’avion !), on nous prend nos deux petites valises et le moyen sac à dos rempli des fringues d’hiver, afin de les étiqueter, et de les jeter sur un tapis roulant (comme pour prendre l’avion !). Les passagers prennent un couloir au bout duquel on nous demande de mettre toutes nos affaires de poche dans des bacs et de passer sous un portique. Lorsque je passe, ça sonne et la dame du contrôle me montre ma bourse de ceinture. Que j’enlève et je repasse sous le portique (comme pour prendre l’avion !). Je remballe mes affaires et on poursuit jusqu’au quai d’embarquement. Avant de monter dans le car un employé vérifie nos passeports et nos billets (comme pour prendre l’avion !). Il y a peu de monde dans le bus. C’est un bus super confortable, avec WC et prises USB… Le conducteur dispose d’une installation de tableau de bord … Comme dans un avion !

Le guichet des bus à l'aéroport
au programme : violence et hurlements (tous rideaux fermés)
Pas grand monde dans ce bus
Le conducteura tout le confort (sauf la télé ...)
" Les bus ADO " 
A gauche le Popocatepetl, à droite l' Iztaccíhuatl

La route pour Puebla passe un col pour traverser la chaine de volcans qui sépare Mexico de Puebla (dont le Popocatepetl).

Deux heures de route qui auraient pu être paisibles si les écrans de télé n’avaient pas diffusé un film débile et ultra violent, doublés d’une bande sonore à arracher les tympans. Pan pan pan… Pour je ne sais quelle raison on nous fait changer d’autocar un fois arrivés dans la banlieue de Puebla. Bref, un fois arrivés à la grande gare routière (CAPU).

On fait une pause dans le vaste et surpeuplé hall des passagers. Une envie pressante et impérative ! Je cherche mon petit porte-monnaie (il faut payer 5 pesos pour tous les banos du Mexique), tâte toutes mes poches – rien ! Plus de porte-monnaie ! Je retourne à l’autocar voir s’il n’est pas tombé pendant la manœuvre de sortie – rien ! Pas fier ! Il est peut-être dans le premier bus ? En finalement, à la réflexion, on se dit que c’est peut-être au portique à Mexico que le portemonnaie a disparu, envolé, et que par mon inattention/distraction pour remettre ma ceinture, je n’ai pas percuté sur la disparition du porte monnaie. On évalue le coût de la perte à 2000 pesos (100 €) d’effectivos (cash)…

Pas trop de soucis pour rallier le logement à un quart d’heure à pied, sauf qu’en route, ça rumine dans nos têtes : il faut qu’on fasse plus attention à nos affaires ! On traverse, avec nos valises à roulettes, un quartier un peu désert, un peu délabré, d’entrepôts entourés de barbelés, et de maisons pas très jolies… mais dotées d’épaisses portes blindées. On est accueilli par un couple de jeunes qui nous présente notre studio, juste à l’écart de la maison principale. Ce studio est à l’image du quartier…

Alors qu’on pose la question des transports à Puebla, il nous dit : « C’est facile, appelez Uber ! » … Tu parles d’une aide !

" Puebla moderne " 
" Puebla des faubourgs " 
" Quelques essais pour égayer le quartier " 
" Puebla du centre historique " 
Aucun Mexicain ne s'habille comme ça (sauf peut-être Zorro)

On passe le reste de l’après-midi (on a sauté le repas de midi) à se rendre au centre de Puebla (à pied, 2 km) et à prendre des repères sur les transports. Les quartiers traversés sont à l’image du nôtre, mais plus on se rapproche du « centre historique », plus il y a du monde dans les rues, plus les maisons sont belles et surtout les trottoirs sans déchets ! A l’office du tourisme, sur le palais qui fait face au Zocalo, on nous donne de vrais renseignements et on prend enfin la mesure de cette ville bizarre.

On va dans une banque pour refaire le plein d’effectivos, mais le DAB fait la tronche et il faut s’y reprendre plusieurs fois. Un gars qui tire des sous à la machine d’à côté, nous demande « vous avez besoin d’un coup de main ? » en bon français, et avec une pointe d’accent du midi. Et il nous explique comment décrypter les pictogrammes à cliquer : « surtout ne pas cliquer sur carte de crédit, mais sur le logo -petit cochon- juste à côté, sinon bonjour les commissions ! ». On papote un peu, on raconte notre aventure à l’aéroport : et il conclut « ici, faites attention, ils ont la main leste ! ».

On passe devant le musée des chemins de fer

On repart du centre pour rejoindre l’endroit où se tient le départ des bus pour les endroits à visiter ultérieurement, histoire d’avoir plus de détails. Et on constate que le dégradé de l’habitat est le même qu’à l’aller, mais à l’envers…

On fait quelques courses, et retour au logement d’un pas soutenu, pour y arriver avant la tombée de la nuit.

… Fin de la journée de stress …

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Publié le 8 février 2023

07 02

Il existe trois lignes de metrobus à Puebla. Impossible d’en avoir les plans. Il y a de nombreuses lignes de bus. Pareil ! Et on ne compte pas les lignes minibus de transport publique qui prolifèrent dans tous les sens et dont l’origine et la destination sont écrites sur le pare-brise du chauffeur.

On trouve tout de même une station de la ligne de metrobus N°2 (Diagonal Poniente) pas trop éloignée de notre hébergement. Et on rejoint la station Mercado de sabores. On retrouve le terminal des bus directs pour Cholula qu’on a repéré hier. On traverse la vaste agglomération Puebla – Cholula, totalement urbanisée de façon hétéroclite.

A Cholula, on déambule dans une ville bien agréable : Zocalo, rues attrayantes, mercado bien achalandé… Pour préparer la rando de demain, on se renseigne pour savoir où se trouve le départ des minibus (combis). Cette recherche est un véritable jeu de piste dans la ville. On finit par trouver (rien dans le guide du R).

Manège pour enfants au Zocalo
Les terrasses de cafés sont appréciées au Zocalo
Au mercado, c'est comme ça qu'on prépare le cochon !
Souvenirs
" Promenade dans Cholula " 

Mais la véritable raison de la visite de cette ville, est cet incroyable site qu’est la pyramide/église. C’est une importante colline où trône au sommet une grande église. Avant la conquête espagnole, il y avait une pyramide, la plus grande de tout le Mexique (sa base est plus grande que celle de Kheops). Cette pyramide a été recouverte de terre, on ne sait pour quelle raison. Les conquistadores ont construit une église sur cette colline sans même savoir ce qu’il y avait en dessous !

" La pyramide/église de Cholula "

Et à cette époque, il y avait de nombreux autres temples plus modestes que les conquistadores ont rasés et avec les pierres, ont construit des églises. Du haut de la colline le panorama est assez parlant : il y a plein d’églises à l’horizon ! Voilà en résumé l’histoire de la conquête et de la soumission d’un peuple !

A présent qu’on connait où se trouve le terminal des combis (6 poniente x 5 norte : c’est le carrefour des rues portant ces noms…), on en prend un en direction de Tonantzintla, où se trouve … une église (*** selon le Routard). En effet, il faut constater, bien que ce ne soit pas du meilleur goût, qu’on assiste ici à une explosion de décors d’anges et de personnages pieux qu’on en a le tournis. Les photos, bien qu’un peu floues (une belle affiche à l’entrée annonce : « no tomar photo ») témoignent de cette exubérance.

" Les fioritures de l'églide de  Tonantzintla "
Notez le gros fusil que porte la policière !
" Sortie d'école à  Tonantzintla"

Petite trotte à pied sur un kilomètre en plein cagnard pour voir la troisième … église (*** selon le Routard) d'Acatepec. Elle aussi mérite le déplacement, mais cette fois pour son exubérance en carrelages qui recouvrent la façade !

" Les fioritures de l'églide déAcatepec " 

Overdose d’églises, demain rando dans la campagne, inch allah !

Au hasard de nos déambulations, voici quelques "murales" modernes que ne renieraient pas les créateurs du style.

Fresque honorant les coutumes indiennes à la municipalité de Cholula
Le prêtre benit le conquistador qui soumet l'Indien.
Frida
Le pulque est la boisson alcoolisée des Amérindiens
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Publié le 9 février 2023

08 02

On se lève tôt (5h30) : aujourd’hui rando.

Problème avec le chauffe-eau qui ne chauffe rien du tout. Obligé de sortir dans le jardin, éclairé par la torche du mobile, pour le rallumer !

Quand on est prêt pour sortir (7h15), le temps est un peu couvert. Métrobus jusqu’au mercado de sabores, bus pour Cholula, combi pour San Nicolas de los Ranchos, petit village au pied du Popocatepetl, à 20 km de Cholula, en pleine campagne.

Dans ce combi, l’ambiance est bien différente que dans les transports en ville. Tout d’abord, chaque personne qui monte lance à la cantonade « buenas tarde » et les gens déjà dans le combi répondent en chœur « buenas tarde » ! Ensuite, pour payer, les gens confie leur monnaie à la personne la plus proche du conducteur : cette fois-ci c’est Véro qui gère ces transactions. Enfin, pour demander à descendre, les gens disent bien fort « parada, por favor » ou bien « a la esquina, por favor », et descendant, on n’oublie pas de remercier le chauffeur !

Pendant ces deux heures de transport, le temps s’est levé, ciel bleu.

En descendant du combi, la présence du volcan s’impose. Il fume un peu. On traverse le village sous le regard étonné des gens. Il ne faut surtout pas oublier de dire « buenas tarde » à chaque personne qu’on croise et qui nous répond pareil.

" San Nicolas de los Ranchos " 
Une ferme
" San Nicolas de los Ranchos " 

La première étape est la montée au sommet de la pyramide de Teoton. Ce n’est pas une pyramide, mais un vestige de bouche volcanique du volcan principal. Mais comme il en a la forme … Il s’élève à 300m au-dessus du village. Une piste (une voiture s’arrête pour nous proposer de faire un bout de chemin avec), puis un chemin poussiéreux mène au sommet. On tire un peu la langue car les derniers mètres sont raides. Lorsqu’on parvient au sommet (occupé par une petite chapelle), trois femmes et un homme se reposent de la montée. On échange : ils sont là comme nous pour faire une randonnée.

Le Popocatepetl

Le gars, qui semble connaître le coin, nous propose de les accompagner pour la descente. Ce sont des gens joyeux qui rigolent à la moindre difficulté, et il y en a, car de chemin, il y en a de moins en moins, la pente est plus pentue, il faut descendre des rochers sur les fesses, et ça se termine par pas de sentier du tout, en écartant les broussailles épineuses et les arbustes desséchés.

On parvient à une piste, où on rencontre les gens qui voulaient nous prendre en voiture, et qui en fait étaient des copains du gars. Tout le monde se congratule, mais il y a un problème ! Le problème est qu’ils ont enlisé la voiture (un 4X4) dans l’épaisse poussière de la route. Et plus le conducteur cherche à s’en sortir, plus il s’enfonce ! Nous voilà tous mobilisés à rassembler des pierres et des branches d’arbustes pour les mettre sous les roues. Il faut tout de même un bon quart d’heure pour sortir la voiture de là (en marche arrière…).

A la fin de la manœuvre, le chauffeur nous propose de nous emmener vers la prochaine étape à travers les pistes qui parcourent les champs. On refuse poliment, il insiste lourdement ainsi que le gars et les filles, donc on monte dans le plateau arrière. Au bout d’un kilomètre de conduite chaotique et hasardeuse, le gars se retrouve dans une impasse, et risque à nouveau de s’enliser. C’est là qu’on se sépare, avec embrassades, vu qu’eux doivent retourner à San Nicolas, et que nous on va à l’opposé.

Le reste de la rando s’effectue sans trop de soucis, un peu d’hésitations quand les chemins pour tracteurs disparaissent au profit des champs de cactus. D’ailleurs cette découverte nous étonne : il y a des dizaines de champs de cactus, aussi bien entretenus que chez nous, les vignes. On traverse plusieurs villages (presque déserts) : San Buenaventura Nealtican, San Miguel Papaxtla, San Francisco Coapa, avant d’atteindre Cholula. Dans un de ces villages, on note que ce sont les marchands de glaces et de bonbons qui, en voiture ou en moto, cherchent, haut-parleurs à l’appui, à placer leurs articles auprès des habitants, et non les habitants qui se déplacent en ville pour satisfaire leurs envies de sucreries…

A l'horizon, le Teoton
A l'horizon, le Teajete
Un entrée de cimetière
Champ de cactus
Champ de bébés cactus
On plante les nouveaux pieds de cactus
Champ de cactus au pied de l'église
Une carrière de pouzzolanne dans le Tecajete
Gros camion dans petit village
Le Tecajete
Ici, on cultive des agaves
Le sommet du Zapotecas

On passe au pied de l’ancienne bouche volcanique de Tecajete (y monter aurait trop rallonger la rando), mais on monte au Zapotecas, dernière bouche volcanique bien érodée qui surplombe Cholula. La piste permettant de descendre la pente, aborde les premières maisons de Cholula et comme elles sont isolées, il y a un milliard de chiens hargneux aboyant pour prévenir leurs propriétaires de notre passage. Une fois en bas, on tombe sur une briquèterie à l’ancienne : c’est-à-dire familiale, car mari, femme, enfants s’occupent à remplir le four de briques à cuire…

" La briquèterie " 

Pour visualiser cette randonnée, cliquer sur le lien :

https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/san-nicolas-de-los-ranchos-cholula-125364730

On fait à peine 500 m en ville qu’on tombe sur un petit terminal de combis directs pour Puebla, ce qui nous évite de faire 2 km en ville… Mais au prix d’un conduite effrénée du jeune conducteur qui passe son temps à téléphoner (à ses copines ?). On risque notre vie à chaque carrefour, et les topes finissent de nous massacrer les vertèbres.

Retour « à la maison » vers 18h. Douche et bière fraiche.