Japon #7 : Le Japon de l’envers (nov./déc. 2022)

Circuit de deux semaines dans la région du San’in (Tottori, Matsue, Izumo et les environs, Iwami Ginzan, Hagi, Motonosumi Inari, Yamaguchi). Plus quelques jours à Kyoto et à Tokyo.
Du 18 novembre au 11 décembre 2022
24 jours
1
18
nov

Trois ans déjà depuis notre dernier voyage… L’épisode COVID est passé par là et nous avons dû attendre patiemment la réouverture du Japon. Début septembre déjà, l’espoir que pouvoir enfin partir cette année est revenu, mais c’était à condition que toutes les réservations soient faites par une agence, ce qui nous permettrait de demander un visa de touriste. Ce n’est pas dans nos habitudes, mais tant pis, nous saurons nous adapter. Et puis rapidement les bonnes nouvelles sont arrivées : le 11 octobre, le Japon rouvrirait aux touristes individuels, comme avant ou presque (il faut maintenant être vacciné ou faire un test PCR avant de partir). Nous avons peaufiné notre circuit, acheté les billets d’avion, réservé les hôtels, revu notre itinéraire, rechangé nos réservations, ajouté des étapes, supprimé des étapes, et après 8 essais, nous avons enfin notre circuit. Nous allons nous concentrer sur la région du San’in, qui regroupe les préfectures de Tottori, de Shimane et une partie de la préfecture de Yamaguchi. Ce que l’on peut sans aucun toute qualifier de «Japon hors des sentiers battus».

Nous allons aussi en profiter pour faire une courte halte à Kyoto et visiter ou revisiter des sites avant qu’ils ne soient pris d’assaut par ses hordes de touristes. Kyoto était notre première destination au Japon, et nous n’y avons pas remis les pieds depuis le printemps 2009. Ce sera avec plaisir que nous revisiterons quelques sites célèbres, cette fois non pas sous les cerisiers en fleur, mais sur fond de feuillage d’automne. Entre 2009 et 2019, le nombre de touristes au Japon a été multiplié par 4,5 et nous n’osons imaginer ce que peut être la fréquentation de certains sites qui étaient déjà bondés en 2009. (source : https://www.donneesmondiales.com/asie/japon/tourisme.php)

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La préparation de l’itinéraire commence par une carte sur laquelle nous mettons toutes les choses qui nous semblent intéressantes à visiter, ce qui nous permet ensuite de déterminer quels seront nos points de chute, en essayant de limiter le nombre d’hébergements, mais, cette fois, ce ne sera pas possible de rayonner à partir d’un seul point. Après une brève halte à Yokohama, nous filerons à Kyoto où nous louerons une voiture et nous suivrons un circuit passant par Amanohashidate, Tottori, Matsue, Izumo, Iwami Ginzan et Hagi, pour terminer par Yamaguchi, où nous rendrons la voiture. Nous rentrerons à Kyoto par le Shinkansen, et nous y passerons deux jours, avant de revenir à Tokyo pour deux journées de shopping et de retrouvailles en famille.

19
nov

À notre arrivée, nous inaugurons, ou presque, les nouvelles procédures en vigueur depuis quelques jours. Pour faciliter les contrôles, qui comprennent maintenant un volet sanitaire avec vérification du certificat de vaccination Covid ou du test PCR, le Japon a mis en place un site sur lequel il est conseillé de s’inscrire au moins quelques heures avant le départ. Ce site permet non seulement d’enregistrer son certificat de vaccination ou les résultats du test PCR, mais aussi les informations que l’on remplissait avant sur une fiche dans l’avion ou à l’arrivée.

À la sortie de l’avion, des employés en chasuble rose nous attendent pour la vérification du QR code. Si l'on a pensé à faire une capture d'écran dudit QR code cela passe tout de suite, sinon il faut attendre que le wifi réponde, mais cela reste rapide. On nous donne alors un papier attestant que le contrôle a été fait.

Nous passons ensuite au guichet de l’immigration. La nouveauté est qu’après avoir pris nos empreintes, il suffit de scanner notre QR code «immigration» qui remplace donc la fiche qu’il fallait auparavant remplir dans l’avion. Une fois cela fait, nous récupérons les bagages qui ont rapidement été livrés.

Pour la douane, la procédure est la même : on nous invite à passer au «kiosk», un automate sur lequel nous scannons notre passeport et notre QR code «douanes». Une demi-heure après notre sortie de l’avion, nous sommes prêts à prendre le train. Je m’aperçois alors que malgré mes préparatifs et ma liste de «choses à ne pas oublier», j’ai oublié de prendre les cartes PASMO et SUICA des voyages précédents. Tant pis. Nous en achetons de nouveaux (le support coûte 500 yens).

20
nov

Cette première journée est consacrée aux retrouvailles en famille* et au repos. Nous avons rendez-vous à la gare de Yokohama pour midi.

* Ce voyage est le premier voyage au Japon que nous avons fait en couple. Lors des précédents voyages, nous voyagions avec nos deux fils. Entre temps, l’un des deux s’est installé au Japon, et c’est pourquoi depuis la deuxième édition, les voyages au Japon sont maintenant occasion de retrouvailles.

Le centre commercial Porta, à la gare de Yokohama

Après un bon moment passé au restaurant et à faire du lèche-vitrines, nous allons visiter le musée du ramen, ou plus exactement le Cup Noodle museum, puisque l’inventeur de ces plats de nouilles instantanées est un Japonais. C’est un Japonais, Momofuku Ando, qui inventa ce plat pour aider à lutter contre la famine qui sévissait au Japon après la Seconde Guerre mondiale. Les premiers plats furent commercialisés en 1958.

Quand nous sortons, il est environ 17 heures, et il fait déjà nuit noire. Il va falloir nous habituer à avoir des journées qui finissent un peu plus tôt qu’en France.

Le quartier de Minatomirai, à Yokohama
21
nov

Ce matin, nous partons pour Kyoto, première étape de notre itinéraire vers la région du San’in.

En gare de shin-Yokohama, lundi matin 

Vers 8h30 nous sommes à la gare de shin-Yokohama, avec l’intention de prendre un train vers 9 heures, de façon à arriver à 11 heures à Kyoto, car nous avons réservé une voiture à 11h30. Nous avons l’embarras du choix pour le train, car à cette heure sur cette destination un train part en moyenne toutes les cinq minutes. De quoi faire rêver les usagers des transports en commun franciliens, avec une fréquence trois fois plus élevée que le train que je prends tous les jours pour aller à Paris, alors que le trajet représente environ 450km... Nous avons pris un peu de marge, et nous avons le temps de photographier et de filmer, car avant le nôtre, au moins 3 ou 4 trains s’arrêtent à notre quai.

Nous préférons prendre une place réservée (600 yens de plus, ce n'est pas ça qui va plomber notre budget transports), ce qui nous permet de choisir notre place. Cela nous assure d’être assis, car nous craignons que comme nous sommes lundi matin, le train ne soit rempli déjà à Tokyo et Shinagawa, et cela même si le fiston nous a affirmé avoir fait le trajet maintes fois sans réservation et sans problème. Je n’en fais quand même qu’à ma tête, et cela me permet de demander des places à droite (pour la vue sur le mont Fuji). C’est un peu raté, car il ne reste que les places du milieu et nous sommes assis l’un derrière l’autre. (Le Shinkansen a une configuration avec 5 sièges par rangée : 3 et 2).

En prenant un NOZOMI, nous sommes en moins de deux heures à Kyoto.

Arrivés à la gare de Kyoto, nous avons la mauvaise idée de suivre les panneaux «rental car» qui nous emmènent dans une rue voisine, où il n’y a aucun loueur de voiture en route. Après avoir cherché en vain, nous nous renseignons auprès d’un agent posté à la sortie d’un parking. Il regarde notre réservation, et nous indique le chemin. Un peu étonnés par ses indications, nous y allons quand même et nous nous retrouvons suur parking Times (et non pas l’agence de location Times). Nous faisons alors ce que nous aurions dû faire depuis le début : suivre les indications de Google Maps.

Nous commençons à avoir trop chaud avec nos pulls en laine, et nous n’avons qu’une envie : nous retrouver sur la route loin de la ville. La circulation est assez fluide. Nous prenons la voie rapide. Cela nous coûte un peu plus de 2000¥, pour un gain de temps plutôt faible, mais cela présente l’avantage d’être plus simple pour cette reprise en main de la conduite au Japon.

Plongée dans le Japon rural

Nous nous arrêtons dans un petit restaurant au bord de la route, tenu par un Japonais plus tout jeune. Ici, pas de plat en résine en vitrine, ni de «English menu». Nous sommes bien hors des circuits touristiques. La carte est posée sur la table, et il suffit de savoir lire... Cela peut intimider, mais même si l’on ne comprend pas tout, on peut facilement s’en sortir si l’on sait lire les kana, et que l’on connaît les kanjis de base : 牛 = vache, 丼 (don), c’est un bol de riz avec des choses dessus, et donc 牛丼, c’est un gyudon, soit un bol de riz surmonté de fines tranches de bœuf. Dans 焼きそば, il y a 焼 (grillé, grillade), et donc nous sommes ici en présence de yakisoba, des soba sautées. Et à la première ligne, on peut lire ビーフカレー, c’est un dire un curry au bœuf. Il ne nous en faut pas plus. Cela nous ira très bien pour ce premier repas de notre circuit, pendant lequel nous devrons nous débrouiller tous seuls.

En voyant la carte, on comprend qu’on est sortis des grands itinéraires touristiques.

Miyama

Encore 20 minutes de route, et nous arrivons à Miyama, un village de montagne aux maisons traditionnelles, qui, contrairement à l’éco-village de Takayama, n’est pas un musée, mais un vrai village habité.

Le village se compose de 39 maisons au toit de chaume. Un grand parking (500¥) est installé à l'entrée du village. On nous remet également une brochure (en japonais uniquement) et un plan du village.

le village de Miyama 
Les maisons sont toutes recouvertes d’un toit de chaume 
Au bord des jardins, de beaux massifs de cosmos, en japonais :コスモス (“kosumosu”)

Étape à Miyazu

Nous reprenons la route vers Amanohashidate, où nous arrivons à la tombée de la nuit. Nous sommes plus exactement à Miyazu, la ville voisine.

L’hôtel (Fairfield by Mariott) nous surprend agréablement par la taille de la chambre. Bien qu’il soit classé 2* (peut-être parce qu’il offre ni de service de restauration ni de petit déjeuner), le confort des chambres vaut celui d’un 3*. La chambre est spacieuse, la salle de bain n’est pas un module en plastique comme on peut en voir souvent, mais une vraie pièce qui peut s’ouvrir sur la chambre.

Une cuisine est à disposition au rez-de-chaussée, avec des machines à café et de quoi réchauffer des plats. Comme l’hôtel se trouve en face d’un centre commercial, cela ne sera pas un problème pour la restauration.

22
nov

Le temps est couvert, mais il y a peu de risque de pluie aujourd’hui, contrairement à ce qui est prévu pour demain. Nous sommes deux jours sur place et nous allons donc privilégier cette journée pour visiter Amanohashidate, en laissant la visite d’Ine, le village de pêcheurs, pour demain, en espérant que le temps ne se dégradera pas trop.

La bande de sable plantée de 8000 pins et longue de presque 3 km est l’une des «trois plus belles vues du Japon», les deux autres étant Miyajima et Matsushima, que nous avions déjà visités lors de précédents voyages.

Nous laissons la voiture dans un parking à proximité du site. Il n’y a pas de barrière, mais à l’entrée un grand panneau indique les tarifs. Comment faire pour payer ? Mystère. Pas de guichet en vue. Personne sur le parking. Tant pis. Nous verrons cela ce soir.

Amanohashidate Viewland

Nous commençons par le belvédère côté sud, auquel on accède soit en funiculaire, soit en télésiège. Le billet permet d’accéder à l’un ou l’autre, selon ses préférences ou son heure d’arrivée. Comme partout ailleurs, le masque est fortement recommandé, et il est conseillé de prendre sa température avant d’accéder au site. Comme le funiculaire ne part que dans un quart d’heure, nous prenons le télésiège.

 Le télésiège pour monter au sommet n’a curieusement aucune barre de protection.

Au sommet, le Amanohashidate Viewland offre un peu beau panorama sur le site. C’est aussi un petit parc d’attractions, quasiment désert en cette période de l’année.

Ici, le visiteur est invité à prendre la pose matanozoki, qui permet de voir le paysage sens dessus dessous et donne l’impression d’un dragon dans le ciel. Il ne faut pas hésiter à jouer le jeu ! Et tant pis pour le ridicule !

C’est ici qu’il faut prendre la pose matanozoki.

Si vous pensez que jeter un palet en terre cuite à travers un cercle peut porter bonheur, alors n’hésitez pas : pour ¥300, vous avez droit à prendre 3 palets et à les jeter à travers le cercle (qui n’est donc pas un cercle donnant indiquant le meilleur point de vue sur le paysage). Est-ce que cela signifie que la forêt en contrebas est un cimetière de morceaux de terre cuite ?

Nous redescendons par le télésiège et continuons la visite par la promenade sur la bande de sable. Comme elle est plantée d’arbres (essentiellement des résineux), nous sommes à l’abri du vent. Sur la carte, cet endroit est indiqué comme «parc quasi national de Tango-Amanohashidate-Ōeyama». Un parc national, on sait ce que c’est, mais un parc «quasi national», cela reste à définir (peut-être juste l’effet d’une traduction approximative). Le parcours est jalonné de panneaux explicatifs sur l’histoire du lieu, la botanique, les oiseaux, mais uniquement en japonais.

Promenade sur la bande de sable

Il faut compter une demi-heure de marche (2,6 km pour aller sur l’autre rive), plus les pauses photo et la pause géocaching d’un niveau très facile. On peut aussi louer des vélos et circuler sur le chemin. Au passage, on peut observer divers oiseaux et en apprendre un peu plus sur le sanctuaire qui se trouve vers le milieu de la bande de sable.

Le sanctuaire Amanohashidate 

De l’autre côté de la bande de sable, l’ambiance est plus calme. Il y a bien au moins un ou deux magasins de souvenirs et quelques restaurants, mais peu de monde dans les rues.

Pause gourmande

Nous trouvons un restaurant de fruits de mer, le すえひろ, servant d’excellentes tempura, fraîchement préparées. Rien à voir avec ce que, en France, certains osent nommer tempura, et qui ne sont que des crevettes panées. Non pas que les crevettes panées, ce n'est pas bon, les crevettes panées, ce sont des エビフライ (ebifurai, autrement dit des crevettes frites).

Prix de ce festin : ¥1440 par personne pour le 天ぷら定食 

Le belvédère côté nord et le parc Kasamatsu

Nous sommes maintenant bien calés et cela nous a donné des forces pour monter jusqu’au belvédère. La première partie du trajet est facile. Tout comme de l’autre côté, nous avons le choix entre le funiculaire et le télésiège. La gare supérieure n’est pas au sommet. Il faut continuer, soit à pied en traversant le parc Kasamatsu (傘松公園), soit en prenant un bus qui fait la navette jusqu’au temple. Nous n’essayons pas de comprendre où va ce bus, combien cela coûte et dans combien de temps il va partir. Nous suivons notre intuition et prenons le sentier qui monte dans le parc.

Nous arrivons rapidement à un belvédère. Ici aussi le visiteur peut prendre la pose la tête en bas, mais de ce côté du site, l’effet n’est pas aussi marqué. D’ici, les vagues que forment les plages du côté de la mer ne sont pas visibles, et l’on comprend pourquoi la vue de carte postale est celle que nous avons pu admirer ce matin. Mais ne faisons pas trop les difficiles, tout de même : la vue sur la baie vaut la peine de monter jusqu’ici.

Nous continuons sur la route et nous rejoignons un autre sentier menant à la «vallée des érables» (もみじ谷) qu’il serait dommage de ne pas voir en cette saison.

Le temple Nariaji

Le sentier aboutit rapidement au temple Nariaji et à la pagode à 5 étages qui se reflète dans un petit étang. La couleur des érables est tellement vive que l’on pourrait croire que nous avons un peu forcé sur les couleurs de la photo. Mais ce n’est pas le cas. La couleur des érables, ou plutôt les couleurs, allant du rouge foncé au jaune vif, en passant par tous les tons orangés, est vraiment «flashy».

 La pagode à 5 étages du temple Nariaji
  Le petit étang dans lequel se reflète la pagode.

Continuer un peu la route qui longe l’étang et suivre le petit panneau 写真スポット (ou demander le shashin spotto = spot photo) si l’on est perdu.

Encore quelques escaliers et nous avons bien mérité cette vue panoramique sur le site.

La vue panoramique depuis le 写真スポット (spot photo)

En consultant Google Maps pour estimer l’effort qu’il nous faudra fournir pour refaire le chemin en sens inverse, nous nous rendons compte que le parking où nous avons laissé la voiture ferme à 17 heures (détail que nous n’avions pas remarqué ce matin, ce qui est un tort). Il est déjà 15 heures. Nous avons le temps de rentrer, mais il ne faut pas traîner : 20 minutes pour redescendre jusqu’au funiculaire, puis, une fois redescendus par le funiculaire, encore 3,5 km à faire à pied pour revenir à notre point de départ. Nous avons le temps, mais il ne faut pas traîner.

Nous pressons le pas, même si la fatigue commence à se faire sentir, tout en jetant régulièrement un coup d’œil au GPS pour voir si nous tenons la cadence. Nous arrivons au parking un quart d'heure avant la fermeture. Il n’y reste que deux voitures, dont la nôtre. Le gardien du parking, qui était invisible ce matin, est en train de balayer et se précipite vers nous pour demander son dû (800 yens), en nous parlant comme s’il s’adressait à des natifs, mais l’on comprend assez facilement ce qu’il veut dire.

23
nov

Pour notre deuxième journée dans la région d’Amanohashidate, le temps s’est gâté. Si hier le ciel était gris, aujourd’hui, la pluie sera de la partie. Nous aurions aimé visiter le village sous un ciel plus clément, mais l’organisation d’un circuit itinérant nous laissait peu d’options. C’est sous un ciel gris et avec la menace de la pluie que nous partons pour Ine.

Nous laissons la voiture au parking, et nous partons à pied dans l’unique rue qui traverse le bourg, en direction du port. Il compte deux cents maisons environ, les funaya, typiques de ce village. Dans ces maisons «les pieds dans l’eau», le rez-de-chaussée est un garage à bateau et l’habitation se trouve à l’étage.

La rue principale est bordée de maisons traditionnelles en bois. Le lieu est quasiment désert, ce qui, en cette saison et par ce temps, n’est pas très étonnant. Nous croisons quelques habitants et quelques touristes aux abords du petit bureau qui fait office de centre d’information touristique. Juste à côté se trouve le Ine Café, encore fermé.

Nous continuons cette tranquille promenade, nous longeons le port où quelques pêcheurs sont affairés à réparer des filets.

Quelques averses éparses finissent par nous convaincre de faire demi-tour après avoir marché environ deux kilomètres. Le phare, qui pourrait être le but de cette promenade, est encore loin, et il nous tarde de nous attabler dans un endroit sec. Nous revenons sur nos pas.

Il est possible de faire une balade en bateau, mais nous ne voyons aucune information à proximité de ce qui semble être un embarcadère. Cependant, de retour au parking, nous apercevons un de ces bateaux proposant le tour du village. Deux personnes viennent d’embarquer. Une affiche indique le prix de 1000¥ par personne (un peu moins de 7 €) pour un tour de 30 minutes. La pluie a cessé, peut-être pas pour longtemps, aussi saisissons-nous l’occasion, et tant pis s’il est midi et que nous commençons à avoir faim.

Le bateau nous emmène faire le tour de la petite baie, ce qui permet d’avoir un autre point de vue sur les maisons. On peut remarquer aussi quelques parcs à huîtres. Nous avons finalement échappé à la pluie durant ce tour en bateau et nous allons nous en contenter. Le pilote du bateau commente la visite, moitié en japonais, moitié en anglais. Ou plus exactement au trois quarts en japonais et un quart en anglais.

De retour sur la terre ferme, nous tentons de dénicher un des rares restaurants proches et ouverts, mais sans succès. Nous décidons de rentrer à Amanohashidate.

23
nov

Nous voici de retour à Amanohashidate après la visite du village d’Ine. Nous garons la voiture dans un petit parking près de la gare, et cette fois, nous repérons l’endroit où il faut payer. Ce système de parking semble assez fréquent : pas de barrière, pas de caméra ni autre dispositif automatique. On paye directement, et quelle que soit la durée, à la personne qui garde le parking, et qui peut se trouver à l’entrée du parking, ou en train de vaquer à ses occupations chez elle.

Dans ce dernier cas, si l’on fait attention, on peut repérer la caisse. Aujourd’hui c’est une petite mémé japonaise qui gère le parking, depuis ce qui semble être sa maison. Depuis une fenêtre entrouverte sur son salon et faisant office de guichet, elle perçoit le dû et nous demande si nous allons visiter le site. Bien évidemment, la conversation se fait en japonais, du moins si l’on peut appeler cela une conversation car de notre côté nous avons assez peu de répondant et je me dis que j’aurais mieux fait de réviser et préparer quelques phrases pour expliquer ce que nous avons déjà visité. J’arrive vaguement à comprendre qu’elle nous demande si nous allons visiter le site et j’essaie de lui dire que nous l’avons visité hier.

Il est déjà presque 14 heures quand nous nous attablons dans le premier restaurant venu, non loin de la gare d’Amanohashidate. Au menu, de l’anguille et un petit bouillon parfumé de coquillages ressemblant à de petites palourdes.

Le temple Chion-ji

C’est sous la pluie que nous visitons le temple Chionji, que nous n’avions pas eu le temps de visiter hier.

24
nov

Nous quittons la préfecture de Kyoto pour la préfecture de Tottori, la moins peuplée du Japon. Nous sommes maintenant dans la région du San’in, région s’étendant sur les préfectures de Tottori, de Shimane et une partie de la préfecture de Yamaguchi. Un peu à l’écart des grands axes, et notamment de l’axe Kyoto – Hiroshima – Fukuoka desservi par le Shinkansen, cette région n’est pas une destination touristique très fréquentée, du moins par les visiteurs étrangers, comme nous allons vite nous en rendre compte.

La côte d’Uradome

Nous avons un trajet de 120 km, soit environ 2h30 de route, ce qui nous laisse le temps de visiter la magnifique côte d’Uradome, qui s’étend sur une quinzaine de kilomètres à l’est de Tottori.

Le paysage rappelle celui de la baie de Matsushima, raison pour laquelle on le surnomme parfois le «San’in Matsushima».

Nous nous arrêtons au Shirawa Observation Deck, et nous laissons la voiture sur le grand parking côté montagne. Depuis la route en corniche, on peut admirer les rochers découpés et érodés par les vagues. Une vue de carte postale, si l’on fait abstraction du ciel gris. Un peu plus loin sur la route, à côté du panneau d’information, se trouve le départ d’un sentier, ou plutôt une suite d’escaliers qui permettent de descendre facilement jusqu’à la plage. Est-ce bien utile de dire que l’endroit est désert ? Nous sommes restés cinquante minutes et nous n’avons rencontré personne. Tout est calme, hormis le bruissement du vent et le ressac.


Après ce bon bol d’air marin, nous remontons et reprenons la route. Un kilomètre plus loin, nous faisons de nouveau halte, au Kamogaiso Observation Deck. Ici aussi des escaliers permettent de descendre jusqu’à la mer.

Un peu en contrebas des toilettes, le chemin bifurque. Nous prenons à droite, et nous arrivons à une petite plage. On continue en suivant un passage taillé dans le rocher, qui aboutit à une minuscule crique et il n’est pas possible d’aller plus loin, du moins pas si l’on veut rester à pied sec. À marée basse, il doit être cependant possible de remonter en prenant l’escalier qui aboutit à cette crique.

Nous revenons sur nos pas et nous prenons le sentier que nous avions laissé sur notre gauche tout à l’heure. Il grimpe dans les bois le long de la falaise et mène apparemment au sommet. Nous estimons que nous en avons vu assez pour aujourd’hui et nous ne sommes pas sûrs que cela vaille la peine de continuer sur ce sentier bien pentu (et il faut bien avouer que midi approche...).

Nous trouvons de quoi faire un pique-nique à un konbini sur la route et nous arrivons en début d’après-midi à Tottori, où nous allons visiter le musée du sable avant d’aller nous installer à l’hôtel.

24
nov

Le musée du sable présente une exposition de sculptures de sable. Le thème change tous les ans, et cette année, c’est l’Égypte antique qui est à l’honneur. L’exposition se compose d’une vingtaine de grandes scènes sur ce thème : de la grande pyramide de Gizeh jusqu’à la découverte de la pierre de Rosette, en passant par des scènes de la vie quotidienne.


On admire la finesse des détails et le réalisme des textures. L’exposition est le fruit du travail d’une équipe internationale de sculpteurs de sable, chaque artiste ayant signé une scène.

Un balcon permet d’avoir une vue d’ensemble de l’exposition. On y trouve également les photos des anciennes expositions, toujours sur un thème lié à un pays ou une région du monde.

Depuis le musée, une terrasse permet d’avoir une vue panoramique sur une partie des dunes.

25
nov

La ville est surtout connue pour ses dunes de sable, uniques au Japon. Elles s’étendent à l’est de la ville, sur environ 15 km et sur une largeur allant jusqu’à 2 km.

Nous avons la chance aujourd’hui de visiter les dunes après un jour de pluie. Le sable encore mouillé permet de marcher sans s’enfoncer, ce qui rend la promenade plutôt facile.

Non loin de l’entrée, quelques chameaux attendent les touristes, mais personne ne semble vraiment intéressé à faire une balade sur ces «vaisseaux du désert».

Du côté de la plage, quelques fous de glisse dévalent la pente en snowboard. Mais ici, pas de tire-fesse, les skieurs sur sable remontent la pente sur un escalier de sacs (remplis de sable ?)

Nous faisons ensuite une pause dans un des restaurants attenants aux boutiques de souvenirs. Le fonctionnement est un peu particulier et il nous faut quelques instants avant de comprendre dans quel ordre faire les choses. Une fois le menu déchiffré, il faut d’abord passer commande à la caisse, payer et attendre que depuis le comptoir des cuisines on appelle notre numéro. Autant dire que dans le brouhaha, c’est un exploit de comprendre l’appel de notre numéro (en japonais, bien sûr).

25
nov

L’après-midi, nous allons visiter le temple Hoshinju, et plus particulièrement son petit jardin. L’entrée coûte habituellement 650¥, mais aujourd’hui, pour une raison inconnue, c’est 600¥. Cela inclut la cérémonie du thé.

Nous commençons donc par nous asseoir sur les tatamis, de façon peu académique. On nous apporte alors un plateau avec une tasse de thé macha, en nous expliquant qu’il est amer et que c’est pour cette raison qu’il est accompagné d’un petit gâteau. C’est la première fois que nous tentons l’expérience, car nous n’avons jamais été attirés par ce rituel ni par ce thé, trop amer à notre goût, mais cette fois cela fait partie de la visite, alors nous nous laissons guider. Une fois le thé avalé et après avoir contemplé le jardin depuis le salon de thé, nous chaussons les crocs mis à disposition des invités et nous allons faire le tour du jardin pour avoir un autre point de vue, en essayant de ne pas glisser sur les bords un peu boueux.

Le petit dépliant qu’on nous remet indique que bien qu’il s’agisse d’un jardin de temple, les pierres dressées ne symbolisent pas des statues bouddhistes. Il n’y a pas non plus de lanternes de pierre ni d’autres éléments de décoration. Il y a deux îles au milieu de l’étang : l’île de la tortue et l’île de la grue, nommées ainsi en raison de leurs formes. Il est considéré comme un jardin représentatif de la période Edo, en raison de l’excellence de sa conception.

En même temps que nous, trois Japonaises d’un certain âge papotent et semblent ne pas faire attention à nous. Mais ce n’est qu’une impression. Nous sortons un peu après elles. Elles ne sont pas pressées et nous les rattrapons rapidement. Ou peut-être ont-elle intentionnellement traîné pour pouvoir nous aborder. Elles nous proposent de nous prendre en photo devant le plus bel érable de l’allée devant le temple. Tout cela n’était probablement qu’un prétexte pour engager la conversation et nous demander d’où nous venons. S’ensuit alors de grandes exclamations de surprise et de réflexions sur la France, ce beau pays, ou quelque chose dans ce style. Précisons que la conversation, réduite à quelques phrases basiques pour ma part, se fait exclusivement en japonais, mais l’essentiel était de prendre contact. On peut supposer que peu de touristes étrangers viennent s’aventurer ici, et cela n’a probablement pas été le cas depuis au moins deux ans.

 C'est la saison des kakis
25
nov

Le quartier de la gare de Tottori, où se trouve notre hôtel, est peu animé le soir, mais il est quand même facile de trouver quelques restaurants ouverts.

À vingt heures, la gare est quasiment déserte. Les ding-dong des portes automatiques résonnent dans la gare presque vide, laissant une étrange impression d’un monde dépeuplé dans lequel seules les machines continueraient de fonctionner sans but. Mais de l’autre côté de la gare, l’ambiance est tout autre dans l’un des quelques restaurants ouverts, dont la vitrine présente des plats variés qui devraient nous faire oublier la fatigue de la journée. L’animation dans le restaurant nous rappelle que nous sommes vendredi soir, soir du traditionnel nomikai (飲み会, de 飲む : boire, et 会 : réunion, ce qui peut prendre diverses significations selon le lieu et l’heure, le point commun étant la consommation de boissons alcoolisées).

Un robot vient en renfort des serveurs et fait la navette entre la cuisine ouverte sur la salle et les tables des clients.

Pour nous, ce soir, ce sera huîtres panées et tempura, qui nous seront servis par un serveur humain.

25
nov

Après cinq jours de voyage, il est temps de faire un peu de lessive. La laverie automatique, située dans l’hôtel, est plutôt bon marché (100 yens pour un lavage et 100 yens pour 30 minutes de séchage).

Ici les principales consignes sont traduites en anglais, mais une erreur d’inattention est vite arrivée et c’est le sèche-linge (vide) que je mets en route au lieu de la machine (pleine).

C’était pourtant clair, du moins à la portée de n’importe qui ayant appris au moins quelques kanjis de base : 上 indique qu’il s’agit de la machine au-dessus et 下 indique qu’il s’agit de la machine d’en bas. Il suffisait de regarder.

Notre hôtel est le Super Hotel Tottori, tout près de la gare. La chambre est petite, les lits plutôt durs (un peu trop, à notre goût), mais il a l’avantage d'être bien situé près de la gare. On peut également facilement trouver de la place dans les parkings autour de la gare (¥900 par nuit).

26
nov

Nous partons à la découverte de deux temples perdus dans la montagne. Perdus n’est peut-être pas le vocable le plus adapté, car ces lieux sont présentés en début de liste dans les sites qui recensent les curiosités à visiter dans la région, mais ils n’en restent pas moins à l’écart des circuits touristiques habituels.

Le temple Fudoin Iwayado

Wakasa est une petite ville, dans la montagne, à environ 30 km de Tottori. On continue la route jusqu’au bourg de Iwayado. Près de la rivière se dresse le temple de Fudoin Iwayado, perché sur ses pilotis, dans une grotte. Sa première construction date du début du IXe siècle. Il a été endommagé puis reconstruit.

On peut aller jusqu’au bas de l’escalier du temple, qui est fermé au public. Il n’est ouvert pour des cérémonies que les 4e dimanches des mois de mars et de juillet.

Le temple Wakasabenten Eshima

Nous revenons vers Wakasa pour aller visiter un autre temple, cette fois perdu dans la forêt, le temple Wakasabenten Eshima. Ce temple figure aussi dans la liste des lieux remarquables de la région, non pas tant pour le temple lui-même, petit bâtiment en bois sans prétention, que par sa situation en pleine forêt et surtout le chemin qui y mène, un sentier recouvert de mousse, serpentant dans une forêt de cèdres.

Si les photos que nous avons facilement pu trouver en ligne laissaient présager une jolie promenade, il était difficile d’estimer avec exactitude la durée de la balade. Sur les cartes, le sentier n’est pas indiqué, et sur la vue satellite, il n’est pas visible, car il se trouve dans la forêt. C’est donc très approximativement que j’avais estimé la durée de la promenade à environ deux heures aller-retour. Difficile aussi de savoir où l’on peut laisser la voiture, aussi, par prudence, nous la laissons à proximité des dernières maisons du bourg.

Une fois par an, le premier dimanche de septembre, le temple accueille un festival, et une foule de visiteurs venus de toute la région s’empresse sur le chemin, aujourd’hui désert.

Nous commençons par suivre la route, qui, après les dernières maisons, continue dans la forêt, en suivant la rivière qui coule en contrebas. La route continue de grimper dans la forêt, sur environ 2 km, jusqu’à un petit parking de quelques places, puis laisse la place à un sentier recouvert de mousse. Il est donc possible de venir en voiture jusqu’ici, mais nous ne regrettons pas d’avoir marché, car la route est étroite, assez pentue, bordée de fossés et même s’il n’y a quasiment personne, nous préférons ne pas risquer le croisement avec un autre véhicule. En effet, même si le lieu est désert, une voiture est garée ici, et les traces de pneu dans les chemins et les piles de troncs abattus indiquent la présence d’une exploitation forestière.

 Ici commence le sentier qui monte jusqu’au temple.

Le sentier commence sous le torii. Le sentier est un tapis vert, qui serpente tranquillement au milieu des cèdres, laisse parfois la place à quelques marches retenues par des traverses de bois, traverse des ponts moussus. Recouvert de mousse, il est tout à fait conforme à ce que nous avions vu sur les photos lors de nos préparatifs. On croise quelques statues de pierre qui se fondent dans le paysage. Seul le bruit du petit torrent vient perturber le calme du lieu.

Après quinze minutes de marche, nous arrivons au pied du temple, dont l’entrée est gardée par deux komainu de pierre, ces créatures ressemblant à des lions, ou peut-être des chiens. Encore une vingtaine de marches et nous voici devant l’entrée du temple.

 Les komanius, la fontaine pour les ablutions et l’entrée principale du temple

Nous montons encore quelques marches, nous passons la porte du temple et nous arrivons devant le bâtiment principal, tout en bois.

Un autre visiteur se tient devant le bâtiment – ou peut-être un voisin ? ou un gardien ? ou un pèlerin ? – un Japonais entre deux âges, qui nous salue et à qui nous rendons la pareille.

– こんにちは!

– こんにちは!

S’ensuit l’inévitable question : de quel pays venez-vous ? Peut-être en anglais, mais plus probablement en japonais, ou rien, car sans réseau, impossible d’appeler Google à la rescousse. Notre réponse ne manque pas d’étonner notre interlocuteur, qui met quelques minutes à réaliser qu’il a devant lui deux visiteurs venus de France et qui ont pris la peine de venir jusqu’à ce temple perdu dans la forêt. Il répète un nombre incalculable de fois すごい !

Nous essayons de lui expliquer que non, nous ne sommes pas perdus, et que si nous ne sommes pas en train de visiter d’autres sites plus prestigieux, c’est parce que nous en sommes à notre 7e voyage au Japon, et que nous préférons découvrir de nouveaux lieux. Il finit par prendre congé, non sans avoir répété encore une fois すごい ! et nous avoir souhaité une bonne continuation. Nul doute qu’il aura son quart d'heure de gloire, quand, revenu chez lui, il dira à ses proches : «Vous ne devinerez jamais qui j’ai rencontré dans la forêt !»

Un crabe de forêt ?  

Nous redescendons par le même sentier qu’à l’aller (il n’y a pas d’autre choix). Nous revenons à la voiture par la même route qu’à l’aller (ici aussi, pas d’alternative).

Nos estimations étaient justes : nous avons mis deux heures en tout pour faire cette petite visite en forêt. Il est maintenant treize heures et il est temps de penser au pique-nique. Nous reprenons la voiture et repartons vers le centre-ville de Wakasa.


Les abords de la gare semblent animés, et le parking que nous pensions nous garer est occupé par les stands d’une brocante ou d’un quelconque événement local. Malheureusement, quand nous arrivons, les participants replient boutique, et avec eux nos espoirs de trouver quelques stands de produits locaux. Un peu plus loin, nous trouvons quand même des onigiris artisanaux, qui viendront compléter les kakis et les nashis que nous avions emportés.

Le nashi est une espèce de poire en forme de pomme, dont la chair juteuse et sucrée est en même temps un peu granuleuse comme celle de la poire et croquante comme celle de la pomme. C’est un fruit délicieux qu’il aurait été dommage de ne pas goûter car c’est l’une des spécialités de la région de Tottori.

Petite halte près du hameau de Neyasu, à Wakasa, pour contempler les rizières. Au bord de la route, une «boîte à sable», telle que celles que nous avons souvent vues au bord des routes à Hokkaido. Dans ces boîtes se trouvent des sacs de sable ou de gravier fin que l’on peut étaler sur la route lorsque, en hiver, elle devient glissante en raison de la neige ou du verglas.

27
nov

Nous quittons la préfecture de Tottori pour celle de Shimane. Notre première étape sera Matsue, où nous avons prévu plusieurs visites, à Matsue, mais aussi à Izumo, la ville voisine. Entre Tottori et notre hôtel à Matsue, plusieurs étapes vont ponctuer notre journée : temple, statues sur le thème de Detective Conan, panorama sur le mont Daisen et pour terminer, le «plus beau jardin du Japon».

Nous resterons 5 nuits à Matsue, pour avoir le temps de visiter les sites les plus dignes d’intérêt : des temples, dont l’intournable Izumo Taisha, l’un des plus anciens et des plus importants sanctuaires shinto du Japon, et autres lieux sacrés, le château de Matsue, l’unique château de la région du San’in, quelques jardins remarquables, le «terrifiant» pont Eshima, le Matsue Vogel Park, nous devrions (encore) aller découvrir quelques temples perdus dans la montagne et si le temps le permet, nous irons admirer le coucher de soleil sur le lac Shinji.

27
nov

Petite curiosité sur notre route, Hakuto-jinja, le temple du lapin blanc, nous donne l’occasion de faire une première pause, après une petite demi-heure de route depuis Tottori.

Le lapin blanc qui apparaît dans la légende “Le lapin blanc d'Inaba” que l'on trouve dans le Kojiki. On peut en lire le récit sur https://ancient-japan-izumo.com/fr/history/chapter6

27
nov

Hokuei est la ville de Gōshō Aoyama, le créateur de Detective Conan, dont on peut trouver la trace à divers endroits de la ville.

27
nov

Le mont Daisen (大山), qui signifie «grande montagne», est un volcan dont la silhouette rappelle celle du mont Fuji, mais avec une altitude moindre : 1729 mètres. Il domine la région et c’est le sommet le plus important du Chugoken.

La route entre Tottori et Matsue passe à proximité de la montagne, aussi faisons-nous un petit détour pour monter jusqu’au col de Kagikake, l’un des plus beaux points sur le mont Daisen, réputé pour son panorama, particulièrement apprécié pour ses feuillages d’automne.

Nous avions imaginé de jolis feuillages rouges et orangés, mais force est de constater que nous arrivons trop tard dans la saison. Les arbres ont déjà perdu quasiment toutes leurs feuilles.

Le ciel est partiellement couvert, et nous patientons, le temps du pique-nique, dans l’espoir que le sommet sera dégagé. Les autres amateurs de belles photos de sommets sont au rendez-vous, mais le temps passe, et le ciel reste toujours aussi couvert. L’un après l’autre, les photographes rangent leur matériel et nous devons nous aussi, nous résigner à ne voir qu’un petit morceau de ciel bleu.

La vue depuis le parking du col KagiKake

Nous redescendons par la même route et nous nous arrêtons de nouveau un peu plus bas, juste avant de rejoindre la route principale. En contrebas du Daisen Masumizu Sky Lift se trouvent plusieurs parkings, ainsi que des restaurants et des toilettes.

Vue depuis le départ du Daisen Masumizu Sky Lift
ヘビに注意:attention aux serpents

On trouve toujours des choses intéressantes dans les toilettes. Ici, ce sont quelques conseils avisés pour les randonneurs, ce qui me donne l’occasion d’apprendre un nouveau mot, ヘビ, dont la signification ne fait aucun doute.

Mais pas de randonnée en montagne aujourd’hui, car nous avons prévu de visiter le musée d’art d’Adachi avant de nous installer à l’hôtel.

ヘビに注意:attention aux serpents

27
nov

Le musée d’art d’Adachi est un site incontournable de Matsue. On peut y admirer des estampes, paravents et kakemonos de divers artistes japonais, mais l’œuvre majeure se situe à l’extérieur.

Le jardin du musée est élu plus beau jardin japonais depuis 2003 par la revue américaine Journal of Japanese Gardens.

C’est un jardin dans lequel on ne pénètre pas. On peut uniquement l’admirer depuis l’intérieur ou les terrasses du musée.

Nous arrivons en milieu d’après-midi, ce qui nous laisse le temps de faire le tour des différents points de vue sur le jardin, mais en fin d’après-midi, l’ombre s’étend déjà sur une partie du jardin. Il est certainement préférable d’arriver plus tôt dans la journée pour profiter d’un meilleur éclairage.


À l'intérieur du musée, nous pouvons admirer plusieurs collections de peintures, ainsi que du mobilier et des objets en laque.

Entrée : ¥2000

27
nov

Le choix de l’hôtel a été fait après de longues recherches (comme à l’habitude). Le cahier des charges était : trouver un logement (hôtel ou maison), à distance raisonnable des différents sites à visiter (Matsue et Izumo surtout), avec un parking, une surface pas trop petite, bien noté par les visiteurs et d’un prix raisonnable. Après avoir examiné tous les hôtels des environs, éliminé les logements trop excentrés ou trop chers, nous avons fini par trouver notre bonheur dans une petite ville en périphérie de Matsue, au sud du lac Shinji. On peut trouver ici des sources chaudes et un bon choix d’hôtels.

Nous arrivons à la nuit tombée, mais trouver une place pour se garer n’est pas difficile, car nous sommes guidés dès l’entrée du parking par un employé de l’hôtel, qui s’empresse de mettre nos bagages dans une voiturette électrique puis nous fait signe de monter. L’entrée de l’hôtel est à 50 mètres et cela nous semble un luxe superflu, mais il serait malvenu de refuser. À notre arrivée, nous n’avons pas besoin de nous présenter : notre clé est sur le comptoir, nos papiers sont déjà préparés et il ne reste plus qu’à décider de l’heure du petit déjeuner. Nous nous apercevrons rapidement que nous sommes les seuls Occidentaux dans l’hôtel, aussi sommes-nous aisément repérables.

Nous sommes accueillis par un responsable, ou du moins par le seul employé capable de parler anglais, qui nous invite à passer par lui pour toute question, les autres employés étant totalement incapables d’aligner trois mots en anglais. (Ce n’est bien sûr pas comme cela qu’il a présenté les choses, mais on peut aisément le comprendre ainsi.)

À l’heure du dîner, à peine sortons-nous de l’ascenseur que nous sommes de nouveau accueillis par le notre guide qui nous emmène dans la salle de restaurant. Ce n’est pas la première fois que nous prenons la demi-pension dans ce type d’hôtel, mais c’est la première fois que nous allons goûter à la cuisine kaiseki. C’est une cuisine typiquement japonaise, composée de nombreux petits plats, avec des règles de préparation ou d’ordre de dégustation que nous ignorons complètement.

Le menu de ce soir est posé sur notre table, mais ne nous donne que peu d’indices et même Google Traduction appelé à la rescousse s’en sort difficilement. La prise de commande pour les boissons, comme les instructions pour la préparation de certains plats se fait uniquement en japonais, mais le vocabulaire reste simple et les gestes sont faciles à mimer. Nos voisins de table les plus proches nous jettent des coups d’œil discrets, certainement curieux de voir comment nous allons nous débrouiller, puis se replongent rapidement dans leur dégustation.

Pendant que nous commençons à manger en essayant de deviner dans quel ordre consommer ce qui est devant nous, la serveuse nous donne les instructions pour le plat mijoté : dans quel ordre mettre les ingrédients dans la marmite, comment les assaisonner ensuite, puis elle met en route le réchaud. Lorsque la bougie sera éteinte, le plat sera prêt à déguster.

À gauche, du poulet et des champignons, à faire mijoter dans le bouillon. À droite, la grillade du jour.

Notre popote à table n’est pas terminée. Nous avons ensuite la grillade du jour, un peu de viande de porc et quelques légumes à faire revenir avec une noisette de beurre sur l’autre petit réchaud.

Pour être sûrs d’être bien rassasiés, il convient de terminer par un bol de riz, arrosé de thé, avant de passer au dessert, qui reste heureusement assez léger.

Pendant notre repas, l’équipe du soir a préparé les futons dans notre chambre. Quand nous entrons, nous avons aussi la surprise de trouver toutes les lumières allumées, ce qui nous paraît un gaspillage d’énergie inutile.

Hôtel Gyokusen, réservé via https://www.booking.com/hotel/jp/gyokusen.fr.html

28
nov
L'entrée du musée 

Le Matsue Vogel Park se situe au nord du lac Shinji.

Comme son nom peut le laisser supposer, c’est un parc où l’on peut observer des oiseaux. Ils sont répartis dans plusieurs volières et serres. On entre dans le parc par une grande serre débordant de bégonias, magnolias et diverses fleurs en pot.

Nous passons rapidement ce hall et filons tout de suite vers la première serre, celle des oiseaux aquatiques, dans laquelle on peut croiser des pélicans et diverses espèces d’oiseaux qui passent d’un bassin à l’autre sans s’occuper des visiteurs, ce qui permet de les approcher facilement.

 Pas besoin de traduction pour comprendre...

Nous pressons le pas car il est 10h30, l’heure du repas des pingouins, qui logent dans la deuxième serre. Pour l’occasion – et aussi et probablement surtout pour amuser les enfants –, on les a affublés de nœuds papillon de différentes couleurs. Chaque volatile a un petit nom, et le soigneur raconte des choses qui semblent très amusantes, du moins pour ceux qui parlent japonais couramment. Les pingouins traversent la serre, suivis de près par leur soigneur, armé d’un balai pour nettoyer les quelques saletés lâchées par les oiseaux qui marchent en se dandinant, suivi d’un groupe d’enfants émerveillés.

Une fois les pingouins repus et la marmaille dispersée, nous pouvons reprendre notre visite dans le calme. Dans cette même serre, on peut observer, derrière des vitres, quelques oiseaux un peu curieux, comme le calao. Dans la serre suivante, on peut nourrir de jolis oiseaux au plumage vert et violet, les turacos, ainsi que quelques toucans.

On repasse à l’extérieur, et on longe le plan d’eau où évoluent canards, cigognes, hérons et autres oiseaux à longues pattes.

Nous terminons la visite par la grande serre où l’on peut photographier quelques rapaces et oiseaux de nuit qui viennent de terminer leur démonstration, ainsi que quelques autres chouettes et hiboux.

 Chouette effraie – Hibou grand duc

Il nous reste du temps pour admirer la profusion de fleurs de la serre par où nous étions entrés, les fuchsias, bégonias géants, pélargoniums, streptocarpus entre autres.

On ne manquera pas, bien sûr, la photo souvenir devant Shimanekko, la mascotte de la préfecture de Shimane.

Site internet, en englais : https://www.ichibata.co.jp/vogelpark/en/

Entrée : 1050 yens pour les touristes étrangers

28
nov

Après la visite du Matsue Vogel Park qui nous a occupés environ deux heures, nous revenons vers le centre de Matsue pour visiter le château. Nous avons la chance de pouvoir garer la voiture dans un parking proche du château, mais pour trouver de quoi pique-niquer, il nous faut faire dix minutes de marche, ce qui nous donne l’occasion de faire une petite balade du côté de la rivière.

Le château de Matsue est l’unique château de la région du San’in. Construit en cinq ans et achevé en 1611, il fait partie des douze authentiques châteaux du Japon, c’est-à-dire ceux qui sont encore dans leur état d’origine, car la plupart des châteaux ont été reconstruits ou partiellement reconstruits. Il est classé «Bien culturel important» du Japon. Il est considéré comme l’un des châteaux les mieux conservés du Japon.

 Les douves et les fortifications, vues du côté sud

Comme c’est généralement le cas, le château domine la ville et l’on commence la visite par quelques escaliers.

Pour visiter le donjon, il faut enlever ses chaussures, qu’on garde dans un sac avec soi. Attention alors à ne pas glisser en chaussettes sur les parquets ou pire, dans les escaliers (raides) entre les différents étages. Mais les efforts sont récompensés par la vue panoramique sur la ville, depuis le dernier étage.

Dans une des salles du donjon, on peut retrouver la liste des douze châteaux authentiques du Japon. Ceux que nous avons déjà visités : Matsumoto, Inuyama, Himeji, Matsue, Mastuyama, Kōchi, et les autres : Hikone, Hirosaki, Maruoka, Marugame, Iwajima, Bitchū Matsuyama.

On peut compléter la visite par les sanctuaires de Matsue, au pied du château et Kōunkaku, une construction de type occidental construite au début du XXe siècle pour héberger l’empereur du Japon lors de ses visites, et qui est par la suite devenue le musée d’histoire de Matsue.

   à gauche : le Kōunkaku – à droite : le magnifique feuillage d’automne du ginkgo biloba 

On peut aussi combiner la visite du château avec une promenade en bateau dans les douves du château, mais il est trop tard lorsque nous sortons du château.

28
nov

Le coucher de soleil sur le lac Shinji fait partie des visites incontournables de Matsue. Le meilleur endroit pour l’observer est situé un peu au sud du musée d’art de Shimane, non loin de la petite île sur laquelle se trouve le temple Yomegashima. Le lieu est indiqué sur la carte comme 宍道湖夕日スポット (spot pour le coucher de soleil sur le lac Shinji).

Il y a quelques parkings à proximité, et, sous la route à quatre voies, des passages pour les piétons permettent d’accéder directement à la rive.

Nous arrivons une demi-heure avant que le soleil disparaisse sous l’horizon. Il ne reste plus qu’à attendre. Nous ne sommes bien sûr pas seuls, mais la foule n’est pas compacte.

29
nov

Il est temps de rétablir la vérité sur le « terrifiant » pont Eshima (江島大橋, Eshima Ōhashi), qui n’a rien de terrifiant ni de particulièrement spectaculaire, si ce n’est qu’une illusion d’optique le fait paraître beaucoup plus raide qu’il ne l’est en réalité lorsqu’on le regarde d’en face. Ce pont relie Matsue et Sakaiminato. Il se trouve sur notre route, entre l’île de Daikonshima, sur le lac Nakaumi, et Sakaiminato.

Vous avez peut-être déjà vu cette image sur quelque site de publication putaclic, qui voudrait faire croire que la route est inclinée à 45 degrés et l’on se demande alors comment les poids lourds pourraient l’emprunter sans problème.

En réalité la pente n’est que de 6,1 % du côté le plus «raide» soit moins que beaucoup de routes de montagne.

Mais en se positionnant au bon endroit, avec un bon téléobjectif pour bien tasser la perspective (et peut-être un soupçon de post-traitement malhonnête), l’illusion est parfaite.

La photo que l’on voit le plus souvent a été prise depuis le lac, en prolongement de la route, mais, à défaut, on peut se positionner sur la rive, non loin du FamilyMart. Il suffit de regarder dans la direction de la flèche pour reproduire cette illusion d’un pont plus raide que la normale.

Même sans super téléobjectif, le pont (photographié ici au téléphone, qui a un objectif grand angle) donne déjà l’impression d’une montée raide.

Même sans super téléobjectif, le pont (photographié ici au téléphone) donne déjà l’impression d’une montée un peu raide.
 Avec un téléobjectif de 300 mm, l’effet est plus saisissant.

Lorsque l’on s’approche du pont, cependant, l’illusion disparaît peu à peu, et monter le pont à pied n’a rien d’un exercice particulièrement éprouvant.

Du haut du pont, on a une belle vue sur le lac Nakaumi et les îles, un peu gâchée par le mauvais temps.

Vue vers Sakaiminato depuis le sommet du pont 
29
nov

Le jardin Yuushien se situe dans l’île de Daikonshima, au milieu du lac Nakaumi. Celèbre pour sa collection de pivoines, c’est aussi un jardin japonais qui est sans conteste parmi les plus beaux jardins japonais que nous ayons visités jusqu’à présent.

Le temps est gris avec de gros risques de pluie, mais tant qu’il n’y a pas d’averse, ce n’est pas un inconvénient pour la visite du jardin, car l’eau est présente partout, que ce soit les étangs ou les cascades, mais également la brume envoyée de temps à autre et qui ajoute une nouvelle dimension au jardin.

Quelques pivoines sont encore en fleur à l’extérieur, mais la plus belle collection se trouve en cette saison en intérieur.

Un salon de thé permet de faire une pause gourmande en continuant de profiter du jardin.

29
nov

Après la visite du jardin Yuushien, nous passons de nouveau par le pont Eshime pour nous rendre à Sakaiminato, et plus particulièrement le quartier autour de la gare. Devant la gare et tout au long de Shigeru Road se trouve une collection de statues représentant les personnages dessinés par le mangaka Shigeru Mizuki.

La pluie a finalement fait son apparition et c'est sous une averse de plus en plus forte que nous allons à la rencontre de ces personnages mystérieux, yokai et animaux étranges.

Le vent s’est maintenant levé et nous revenons à la gare avant d’avoir pu tout explorer, pliés en deux sous nos parapluies, dont l’un finit par céder sous une bourrasque. Les parapluies transparents que l’on trouve pour 600 yens dans tous les konbinis sont pratiques, mais pas à toute épreuve !

29
nov

Petite note culturelle pour commencer la journée.

Ce matin en quittant notre chambre, nous tombons sur l’équipe du ménage, et le chef (ou le plus hardi de l'équipe) nous demande s’il peut s’occuper du sōji (le ménage, en V.O.). Oui, bien sûr ! Allez-y ! lui réponds-je dans sa langue.

Mais comme il veut être absolument sûr qu’il n’y ait pas de méprise (ou peut-être parce que ce que j’ai dit n'est pas suffisamment clair) il nous demande si pour nous c’est maru ou dame. Pour mieux se faire comprendre il joint les gestes à la parole et forme un cercle en mettant les bras au-dessus de la tête (maru) ou croise les mains pour former une croix (dame), ignorant visiblement que pour un étranger non au fait des coutumes japonaises, ces notions sont complètement inconnues et ce n’est pas avec le mime que les choses seront plus claires.

Il faut savoir en effet que le rond est utilisé pour indiquer par exemple une bonne réponse (= c’est Ok) et que la croix indique une réponse fausse, que c’est interdit ou qu’il n’y en a plus, par exemple.


Je suis vraiment désolée, nous dit-elle

Ce soir encore, ce fut un festival de petits plats, tous excellents. Après quelques mises en bouche, nous passons au «sukiyaki de bœuf wagyu de Shimane au vin», suivi d’une pause fraîcheur consistant en un citron évidé et rempli de son jus et de glace pilée (une excellente alternative au sorbet citron !), pour continuer avec quelques autres plats, avant de terminer par l’habituel bol de riz et le dessert du jour, une gelée de pamplemousse.

Nous sommes plus que rassasiés, quand la serveuse vient nous voir, et les mains jointes, nous implore de bien vouloir l’excuser, car elle a oublié de nous servir un plat, ou peut-être que les cuisiniers se sont trompés ou peut-être qu’il n’y en avait plus. Nous n’avons pas réussi à comprendre ce qu’il s’était passé, et comme nous n’arrivons pas non plus à faire le lien entre tout ce qui est écrit sur le menu et ce qui est dans les assiettes, nous n’avions rien remarqué. Nous pouvons la rassurer et lui dire que c’était parfait, aucun souci, 大丈夫! mais elle tient absolument à nous offrir quelque chose, ou alors nous promet un plat de plus demain (non ! pitié ! on va exploser !). Nous finissons par accpeter un peu de thé pour terminer car c’est tout ce que nous serions capables d’avaler en plus.

Quelques mises en bouche 


Le sukiyaki de bœuf 
Granité au citron, riz avec son bouillon au homard, et le dessert, une gelée de pamplemousse 
30
nov

Notre journée à Izumo commence par la visite de la plage Inasa no Hama (la «porte d’entrée des dieux»). Cette grande plage de sable est un lieu sacré, où tous les ans, en octobre ou en novembre (la date étant établie en fonction du calendrier lunaire), se déroule la Kami Mukae Sai (神迎祭) ou cérémonie de bienvenue des dieux. Toutes les divinités shintō du Japon se rassemblent par ici, pour discuter de leurs relations avec les humains, avant de retourner vers leurs temples respectifs.

Il y a un peu de vent aujourd’hui et cela ne nous incite pas à rester longtemps sur la plage. Nous reprenons la voiture et nous suivons la route qui longe la côte, jusqu’à Hinomisaki, qui veut dire littéralement «cap du soleil», mais c’est plutôt le cap du vent, aujourd’hui. Quelques belvédères au bord de la route permettent d’admirer la côte découpée, qui rappelle ce que nous avons vu avant d’arriver à Tottori.

Belvédère sur la route entre Izumo et Hinomisaki 

Le phare d'Hinomisaki

Il est facile de se garer à proximité du phare d’Hinomisaki, et d’autant que le parking est presque vide ce matin. Plusieurs sentiers permettent de faire le tour du phare. La promenade sur la falaise, au milieu des pins est agréable et permet d’avoir de beaux points de vue sur la côte, si l’on est bien couvert car le vent souffle.

Des plateformes permettent d’observer les oiseaux, mais ils sont apparemment restés à l’abri, tout comme les promeneurs, rares aujourd’hui. En chemin, nous croisons juste un Japonais qui nous salue avec un 寒いですね。(Il fait froid, n’est-ce pas ?)

Au lieu de revenir au parking, nous prenons la petite route qui descend vers le petit port. Sur notre droite nous pouvons voir Fumi-shima, un îlot sur lequel se dresse un petit sanctuaire. C’est surtout un lieu où plusieurs milliers de goélands à queue noire viennent nicher au printemps.

Le sanctuaire d'Hinomisaki

Peu après, nous découvrons le petit port de pêche d’Hinomisaki. La route suit le bassin et aboutit au torii marquant l’entrée du sanctuaire d’Hinomisaki.

 Face à la mer, le torii marque l’entrée du sanctuaire Hinomisaki-jinja

Le sanctuaire est dédié à Amaterasu, la déesse du Soleil, et Susanoo, le dieu de la mer et des tempêtes.

Dans l’enceinte du sanctuaire, en haut d’un escalier bordé de quelques torii vermillon, se trouve le petit sanctuaire Inari, gardé par des renards de pierre.

Izumo Taisha (出雲大社)

L’après-midi est consacrée à la visite de Izumo Taisha (出雲大社, le «grand sanctuaire d’Izumo»), l’un des plus grands sanctuaires du Japon. Après le sanctuaire d’Ise, c’est le deuxième plus important lieu sacré de la religion shinto. C’est aussi probablement le plus ancien sanctuaire shinto.

En arrivant depuis le parking, le premier bâtiment rencontré est le kaguraden (神楽, le pavillon des danses). À l’entrée du bâtiment est accroché le shimenawa, grande corde sacrée faite de paille de riz tressée. Celle-ci mesure 13 mètres de long et pèse plus de cinq tonnes, ce qui en fait la plus grande du Japon.

L’entrée principale se situe cependant de l’autre côté, au sud du sanctuaire. On peut ici y lire l’inscription 出雲大社 (Izumo Taisha). L’allée commence par une légère descente, ce qui mérite d’être souligné, car en général les sanctuaires sont souvent en hauteur.

De nombreuses statues de lapins sont disséminés dans le parc entourant le sanctuaire. La légende dit qu’Okuninushi, le dieu de la fortune vénéré ici, aurait sauvé un lapin des tortures que lui avaient infligées les nombreux frères d’Okuninushi.

On pourra lire cette légende sur https://ancient-japan-izumo.com/fr/history/chapter6

À droite de l’allée principale, avant le torii de bronze séparant le parc de la cour et des bâtiments, se trouve la statue d’Okuninushi no Okami. Devant lui, une autre statue représentant une grande vague évoque une scène au cours de laquelle, face à la mer déchaînée, il reçoit deux esprits divins envoyés par son ami le dieu Sukunahikona qui avait quitté ce monde pour aller de l’autre côté de la mer, autrement dit le royaume des morts. Ils permettront à Okuninushi de renforcer ses pouvoirs divins.

Le premier bâtiment que nous rencontrons, sur la gauche, abrite les statues du dieu cheval et du dieu bœuf.

Le bâtiment principal, le honden, se trouve dans une enceinte fermée dans laquelle on ne peut pas pénétrer, mais si l’on fait le tour, on peut en admirer les toits, dont l’épaisseur peut aller jusqu’à un mètre par endroits.

Derrière l’enceinte, on peut de nouveau croiser quelques lapins.

C’est aussi de ce côté que se trouve un petit sanctuaire en bois, le Soga no Yashiro, consacré à Susanoo no Mikoto, le dieu de la mer et des tempêtes. Celui-ci est célèbre pour avoir vaincu Yamata no Orochi, un serpent géant légendaire à 8 têtes et 8 queues. Dans les mythes qui l’entourent, il semble être lié à Okuninushi, sans que l’on sache vraiment si l’un est le grand-père de l’autre ou son fils.

Si l’on veut faire les choses correctement, il importe de s’incliner deux fois et d’applaudir quatre fois, comme dans tous les temples d’Izumo Taisha.

• • •

Après la visite du sanctuaire, nous continuons notre promenade en contournant le sanctuaire par l’est afin de découvrir quelques ruelles pittoresques aperçues dans des brochures, mais cela s’avère décevant. De ce côté se trouvent d’autres sanctuaires plus modestes que le Izumo Taisha (et aussi beaucoup moins fréquentés, pour ne pas dire quasiment déserts).

Le sancuaire Kitajima Kokusokan 
 Dans la rue Skake
30
nov

Ce soir, nous sommes installés pour dîner dans un salon privé. Comme les jours précédents, les hors-d’œuvre nous attendent sur la table. Et comme les jours précédents, nous arrivons à comprendre environ la moitié de ce que le menu essaie de nous dire.

Après quelques crudités viennent les sashimis que l’on assaisonne de wasabi fraîchement râpé, et que l’on fait suivre par un shabu-shabu de porc.

Le plat suivant est une surprise. La serveuse soulève le couvercle qui recouvre le petit grill et nous découvrons ce que les Japonais appellent アワビ (awabi), autrement dit un ormeau. Elle met une noisette de beurre, allume le réchaud, et la bête se met alors à se tortiller, provoquant l’hilarité de la serveuse, qui a pourtant dû faire cela des dizaines de fois déjà, tandis que je me demande comment je vais pouvoir avaler un énergumène pareil.

La cuisson terminée et la bête posée dans l’assiette, mes craintes disparaissent. La chair de ce mollusque s’avère plutôt goûteuse, avec une consistance rappelant la viande de veau.

 La coquille de l’ormeau est nacrée et très jolie, et nous l’emportons en souvenir.
1
déc

À l’opposé du plutôt touristique Izumo Taisha, la promenade de ce matin nous permet de découvrir un lieu très tranquille, les gorges de Tachikue. Elles se trouvent à une vingtaine de minutes en voiture du centre d’Izumo.

Nous laissons la voiture sur un petit parking au bord de la route qui surplombe la rivière. Juste à côté se trouve l’entrée d’un onsen aux allures rustiques, mais fermé. La promenade, facile, est une boucle d’un peu moins de 2 km, longeant la rivière.

En prenant le chemin vers l’aval, nous arrivons bientôt au pont suspendu dont la photo figure dans les brochures touristiques.

À l’entrée du chemin, une pancarte invite les promeneurs à être prudents, car des ours rôderaient parfois dans les parages. Nous prenons à droite le chemin qui longe la rive droite et qui monte doucement jusqu’au temple Reikoji, dont il reste quelques bâtiments en bois au milieu de la clairière.



Le temple Reikoji 

Un panneau recouvert de mousse nous invite à prendre le petit escalier qui redescend vers la rivière.

Nous arrivons au principal point d’intérêt de la promenade : dans la falaise et un peu partout au bord autour des rochers et des arbres se dressent des groupes de plusieurs centaines de statues bouddhiques.

 Les cinq cents arhats et les mille bouddhas

On repasse ensuite sur l’autre rive en empruntant un autre pont suspendu. Ce côté permet d’avoir un point de vue sur les piliers rocheux qui dominent les gorges.

1
déc

Après notre promenade dans les gorges de Tachikué, nous quittons la montagne pour revenir vers le centre d’Izumo, pour de nouveau repartir vers la montagne, dans le petit massif qui sépare la ville de la mer, au nord d’Izumo. Sur les hauteurs, au milieu de la forêt se dresse le temple Gakuen-ji, un autre temple digne d’intérêt à Izumo.

Ce temple date du VIe siècle, mais il ne reste aujourd’hui qu’une petite partie du complexe d’origine. Il est particulièrement intéressant à visiter en automne, lorsque les arbres se sont parés de leurs couleurs d’automne. Pour y aller il faut contourner le petit massif montagneux au nord d'Izumo, puis prendre la petite route qui grimpe dans la montagne depuis le petit port.

Depuis le parking, un peu de marche à pied nous amène à l’imposante porte Niomon gardé par les guerriers Nio. Nous passons devant le guichet fermé, avec l’impression de venir après la fermeture de la saison. Un peu plus loin, cependant, nous arrivons à un autre guichet, ouvert celui-ci, et nous prenons nos billets pour la visite du bâtiment principal du temple, qui se dresse en haut d’un long escalier de pierre.

 Le plan du temple

Depuis le temple, on peut admirer les érables encore bien rouges, ainsi que quelques ginkgos au feuillage jaune doré. Autour du temple, le sol est recouvert des feuilles jaunes des ginkgos. À côté du bâtiment principal se trouve le sanctuaire Matara, déplacé depuis le sanctuaire Izumo Taisha et remonté ici pièce par pièce.

Revenus en bas de l’escalier principal, nous prenons le chemin à droite, pour aller vers le petit pavillon Zaodo construit à flanc de montagne.

Après avoir passé un gué, nous continuons par un escalier de pierre un peu raide, pour arriver à une petite clairière, où se trouve un bâtiment d'un style différent des autres constructions du sanctuaire.


Nous le contournons par la gauche pour retrouver le chemin qui est maintenant un petit sentier, qui devient de plus en plus étroit en s’enfonçant dans la forêt. Après un quart d’heure de marche, nous décidons de rebrousser chemin, peu en confiance sur ce sentier qui commence à être un peu glissant et de plus en plus en surplomb par rapport au ruisseau.

Sur le chemin du retour, nous longeons quelques vestiges de temples, recouverts de mousse.

2
déc

Nous quittons Matsue le matin, non sans avoir été salués de nouveau par le responsable de l’hôtel – ou du moins le seul qui était capable de tenir une petite conversation en anglais – qui remercie d’avoir choisi son hôtel pour notre séjour, et nous fait part de son étonnement car rester 5 jours en demi-pension, cela semble être exceptionnel. Il se demande comment nous avons réussi à occuper notre séjour, comme s’il n’y avait pas suffisamment à découvrir dans la région. À peine sommes-nous dans la voiture, qu’il arrive en courant pour nous laisser en cadeau quelques petites serviettes de toilette au nom de l’hôtel.

Nous partons directement vers Iwami Ginzan, où nous allons passer la journée et la nuit suivante.

Iwami Ginzan (en japonais 石見銀山 : mine d’argent d’Iwami) est un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette ancienne mine d’argent a été en activité de la fin du XVIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle et, à son apogée, la mine produisait environ un tiers de l’argent mondial, ce qui en fait l’une des mines d’argent les plus importantes au monde. Elle est également connue pour son système de transport unique, qui utilisait des chevaux pour transporter le minerai de la mine au port de Hamada, où il était expédié vers d’autres régions du Japon et dans le monde entier.

Iwami Ginzan World Heritage Center

Nous commençons la visite par le Iwami Ginzan World Heritage Center, un musée qui retrace l’histoire de la mine et présente les techniques d’extraction du minerai. Le musée n’est qu’une introduction, car le site comprend différents vestiges de la mine, situés dans les environs du village d’Ōmori. D’après le plan, et après confirmation par Google Maps, il n’est pas possible de se garer ailleurs qu’à proximité du musée et à l’entrée du village. Les principaux sites à visiter s’atteignent à pied ou à vélo. On peut aussi prendre un petit bus qui fait la navette entre le musée et l’entrée du village, mais d’après le conducteur du bus, ce n’est pas intéressant pour le trajet que nous avons prévu, car il ne va pas plus loin que l’entrée du village. Il nous conseille de prendre le sentier qui mène au village (beaucoup plus court que la route) mais qui n’est pas du tout indiqué. Rien ne permettait de savoir qu’en sortant du musée, il fallait prendre, à gauche du parking, l’escalier qui descend au milieu des bambous.

Le temple Rakan-ji et la grotte des 500 Arhats

Après un quart d’heure de marche depuis le musée, nous arrivons au temple Rakan-ji, dont font partie les grottes des 500 arhats. Il a fallu 25 ans pour tailler à la main ces statues bouddhiques, destinées à veiller sur le repos de l’âme des mineurs. Chaque statue présente un visage différent et l’on dit que parmi toutes ces statues, vous en trouverez sûrement une qui ressemble à un être cher.

 Les grottes des 500 arhats

À l’entrée du temple, c’est avec surprise que nous entendons parler français. C’est la première fois que cela nous arrive depuis notre départ pour Kyoto, et c’est la deuxième fois aussi que nous croisons des touristes occidentaux depuis le début de notre circuit. Les deux voyageurs qui visitent en même temps que nous nous proposent de continuer la visite avec eux, accompagnés de leur guide – ou de leur amie – japonaise. Celle-ci nous emmène dans le village d’Ōmori et nous suivons la rue principale, bordée de maisons typiques de la période edo, pour arriver jusqu’à la boutique Gugendo, où sont présentés des vêtements, accessoires et divers objets artisanaux japonais, pour la plupart créés par Tomi Matsuba, la styliste et fondatrice du lieu. Celle-ci est justement présente, et, avec la guide, nous emmène visiter des maisons de la période edo, qu’elle a achetées alors qu’elles étaient délabrées pour les réhabiliter.

La maison Takyo-Abeke

La deuxième maison qu’elle nous fait visiter est Takyo-Abeke (Abeke-house), la maison de la famille Abe, une résidence de samouraï de l’époque edo, que madame Matsuba a retapé et aménagé pendant dix ans pour en faire une auberge. Il n’y a pas d’hôte aujourd’hui et nous pouvons donc la visiter tranquillement. La maison a été entièrement meublée et décorée avec des matériaux de récupération. Nous traversons de nombreuses pièces, plusieurs cours et petits jardins, et nous ne pouvons qu’être admiratifs devant le résultat.

Visite de l'auberge Takyo-Abeke. 

Le site de l’auberge : https://kurasuyado.jp/takyo-abeke

Un reportage est consacré au travail de Tomi Matsuba pour récupérer et réparer tous les objets que l’on peut voir dans la maison : https://www.youtube.com/watch?v=BdjWDB21qio

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Les vestiges de la mine d’argent

Nous prenons congé de nos hôtes et nous reprenons la route dans le sens opposé, vers le puits Ryugenji Mabu. Nous pressons le pas car nous n’avions pas prévu passer autant de temps dans le village. Même si cela nous a permis de découvrir des lieux qu’il nous aurait été impossibles de visiter autrement, nous ne voudrions pas rater ce pour quoi nous sommes venus ici. Les 40 minutes de marche nous paraissent interminables. On visite l’une des nombreuses galeries percées lors de l’exploitation de la mine. Le tunnel, que l’on parcourt sur environ sur environ 150 mètres, débouche un peu plus loin sur le chemin.

Sur la route du retour, nous apercevons d’autres entrées, toutes fermées par des grilles. On peut voir aussi quelques temples.

Avant d’arriver au village, nous bifurquons vers les ruines de l’ancienne raffinerie de Shimizudani, recouverte de mousse.

En haut des vestiges de la raffinerie, on continue par quelques escaliers en bois, puis par un sentier qui monte dans la forêt de bambous, jusqu’à l’endroit où arrivait le minerai. Il était envoyé depuis le sommet sur des sortes de toboggans et se déversait dans des chariots pour être emporté à la raffinerie.

Il faut un fabuleux effort d’imagination pour y voir autre chose que quelques restes de murs en pierre recouverts de végétation, et nous regrettons d’être montés jusqu’ici, d’autant que le chemin était un peu glissant. Nous n’avons guère envie de redescendre par le même sentier, mais, sur la foi d’un panneau que nous arrivons à déchiffrer, nous redescendons par un sentier plus facile et moins glissant qui permet de rejoindre la route menant au village.

 Même les distributeurs et les abribus semblent dater de l’époque edo

Nous rentrons au parking en prenant le même chemin qu’à l’aller et nous terminons ainsi notre boucle d’environ 16 km.

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Ce soir, nous passons la nuit dans un petit hôtel du village. À notre arrivée, nous avons la surprise de constater que l’hôtelier sait parler anglais, mais la surprise est de courte durée, car hormis des quelques expressions clés telles que “Passport please”, il n’est pas possible de converser autrement qu’en japonais. C’est alors que me vient l’idée saugrenue de demander s’il est possible de dîner, ayant complètement oublié que l’hôtel ne proposait des repas que sur réservation ou peut-être pas de repas hors saison. À grand renfort de Google traduction, l’hôtelier nous indique que le mieux est d’aller en voiture jusqu’à la ville voisine, où nous pourrons trouver un Lawson. Entre temps, j’avais effectivement repéré cette possibilité, mais je préfère lui laisser le plaisir de nous renseigner.

À ceux qui projettent de loger ici (ce que je recommande), il vaut mieux arriver avec ses vivres. Il y a aussi quelques cafés dans le village, mais il n’est pas sûr qu’ils restent ouverts très tard.

L’hôtel est le Yuzuriha Inn, https://yuzuriha-ginzan.jp/(on peut le réserver sur trip.com)

3
déc

Nous quittons Iwami Ginzan avant neuf heures, avec comme objectifs deux visites avant d’arriver à Hagi. Pour commencer, nous allons à la plage, mais pas n’importe quelle plage : la plage de Tatamigaura, ou la «plage des fossiles».

Cette plage est proche de la ville de Hamada, mais trouver la route semble être une tâche très compliquée pour le GPS qui nous trace un itinéraire douteux et nous emmène sur des routes de campagne de plus en plus étroites. C’est au moment où nous allions abandonner l’idée de découvrir les fossiles qu’un papi Japonais, au volant de sa petite camionnette cubique, s’arrête et nous propose son aide, sans douter de notre capacité à saisir toutes les subtilités du japonais parlé. Carte en main, nous arrivons à nous faire comprendre ce que nous cherchons et il nous fait signe de le suivre. Après avoir roulé 200 mètres, nous nous apercevons que nous étions juste au-dessus de la ville et tout près du but. Il nous indique un parking et nous explique comment aller à la plage, en continuant de parler comme si le japonais était notre langue maternelle, mais j’arrive à comprendre qu’il est question de continuer la route à pied et de prendre le petit tunnel sur la droite. La plage se trouve de l’autre côté. Eh bien, voilà ! Il suffisait de demander !

Le tunnel traverse une grotte marine, dans laquelle est construit un petit temple.

À la sortie du tunnel, on découvre la plage et 15 millions d’années d’histoire géologique. La plage recèle une grande variété de fossiles, notamment des fossiles de coquillages, de bois flotté ou d’os de baleine.

En 1872 un tremblement de terre d’une magnitude estimée à 7,1, centré sur Hamada a provoqué l’élévation de la zone côtière de Kokubu, donnant à la plage de Tatamigaura son aspect actuel. Le site est désigné monument naturel national.

Ce que l’on remarque en premier lieu lorsqu’on arrive sur la plage, ce sont les alignements de nodules, sortes de rochers arrondis.

Il y a environ 15 millions d’années, des coquillages et autres matériaux se sont accumulés sur les fonds marins sous l’action des vagues et des courants. Ces coquillages et matériaux ont été enfouis dans le sable, puis d’autres coquillages et matériaux se sont accumulés par-dessus. Le sable s’est transformé en grès, tandis que le carbonate de calcium contenu dans les coquillages s’est dissout et durci, créant une partie plus solide que le matériau environnant. C’est ce qui est à l’origine des nodules que nous pouvons voir sur cette plage.

Répartition de l'alignement des nodules (11 alignements ont été répertoriés). Source : panneau d'information dans le tunnel.

En prenant un peu de recul, on peut également voir des fissures qui se croisent en formant de grands carrés rappelant des tatamis, ce qui a donné son nom au lieu, le senjōjiki («les 1000 tatamis»). C’est une surface d’érosion plane en grès d’une superficie d’environ 49 000 m2. On pense que les fissures dans les roches sédimentaires telles que le grès ont été causées par les mouvements tectoniques.

Les failles et les «1000 tatamis» (source : panneau d'information dans le tunnel) `

À l’est de la plage, le 馬の背 («uma no se», que l’on pourrait traduire par «dos du cheval») est le point culminant du site. Il se présente sous la forme d’une petite colline, car formé de roches plus dures que les formations de grès environnantes. Les strates de ce sommet se sont soulevées le long d’une faille et se sont inclinées vers la mer. On peut y observer les différentes strates : en bas des couches de galet, et au-dessus du grès.

La majorité des coquillages fossilisés découverts dans les couches de grès de Iwami Tatamigaura représente environ 40 espèces, la plupart étant de provenance méridionale. On pense donc qu’il y a 15 millions d’années, l’influence des courants chauds était forte et que le climat était de type tropical ou subtropical.

3
déc

La deuxième visite au programme de cette journée est celle du sanctuaire Motonosumi Inari (元乃隅稲成神社).

L’ambiance est plus animée ici que sur la plage des fossiles. Le rouge vermillon des torii dessinant un couloir sur la falaise contraste avec le bleu de la mer et du ciel forme une jolie vue de carte postale, mais le site reste à l’écart des grands circuits touristiques. Loin des grands axes, non accessible en transport en commun et complètement ignoré de la plupart de guides touristiques, le sanctuaire reste un lieu que l’on peut visiter sans prendre un bain de foule, même s’il faut relativiser. Il est loin d’être désert et les embouteillages sont fréquents, en particulier le week-end.

Le lieu est assurément photogénique. Il figure dans la liste des 37 plus beaux sites du Japon sélectionnés par CNN Travel. (https://edition.cnn.com/travel/article/what-to-see-japan/index.html)

Le sanctuaire est assez récent : en 1955, un pêcheur de la région aurait rêvé d’un renard blanc lui ayant promis la réussite s’il construisait un sanctuaire en son honneur. Les 123 torii ont été érigés plus tard, entre 1987 et 1997.

Le sanctuaire a la particularité d’avoir une boîte à offrandes réputée pour être «la plus difficile à atteindre au Japon», car elle est fixée à environ 5 mètres du sol, en haut du grand torii. On dit que si l’on parvient à y jeter une pièce, son vœu sera exaucé.

Juste après la sortie du parking, la route est un peu raide !

3
déc

Nous arrivons à Hagi en fin de journée et nous nous installons dans notre hôtel, au bord de la plage. Il s’agit encore une fois d’un ryokan, hôtel japonais traditionnel, avec futons, dîner kaiseki et onsen… et personnel ne parlant que japonais.

Notre chambre, en version “jour” 

Parmi les options proposées pour le dîner, il était possible de réserver un dîner «spécial fugu». En effet, l’une des spécialités de la région, c’est le fugu, ce poisson tout rond appelé aussi poisson-globe, qui a la particularité de renfermer dans son foie, sa peau et quelques organes, une toxine extrêmement dangereuse puisqu’elle peut tuer (un humain) en quelques heures. Et pour laquelle il n’y a pas d’antidote. Il y a bien sûr un protocole strict mis en place et seuls les cuisiniers formés peuvent le préparer en suivant des règles précises afin que les parties renfermant le poison ne soient pas en contact avec la chair. On déplore toutefois quelques décès tous les ans, dus à l’ingestion de poissons insuffisamment bien préparés, mais on peut certes imaginer que les restaurants servant ce poisson le font dans les règles de l’art, mais cela ne me fait tout de même pas spécialement envie, et je n’ai donc pas l’intention d’en commander si l’occasion se présente.

Nous n’avons pas eu besoin d’en commander, car le poisson s’était déjà invité à notre table. Ce soir, en arrivant à notre table, dans un petit salon privé où l'on nous a installé, un assortiment de petits plats sont déjà prêts. Tout de suite, je repère au milieu de ces mets, une petite assiette de sashimis à la présentation caractéristique.

Le serveur confirme cette impression en nous présentant les plats phares de notre festin : fugu shashimi et fugu nabe (le nabe est une sorte de pot-au-feu). Nous avons donc du fugu au menu… Il ne reste plus qu’à faire confiance au sérieux des cuisiniers.

À la dégustation, les sashimis nous paraissent assez fades et la texture du poisson ne nous laisse pas un souvenir impérissable. Dans sa version bouillie (le nabe), le poisson a un peu plus de goût. Cependant, si j’avais le choix, je me régalerais bien plus avec une tranche de cabillaud (je sais : sacrilège !), mais peut-être aussi tout ce qu’on dit sur la dangerosité du poisson gâche un peu le plaisir de la dégustation.

Renseignement pris, il semblerait que ce que l’on présente comme un poisson pouvant être hautement toxique n’est peut-être pas toujours le cas. En effet, d’après l’article de Wikipédia sur la question, la toxine que le poisson garde dans son foie, entre autres, viendrait d’une algue que le poisson mange, mais cela ne serait pas le cas pour les poissons d’élevage. Difficile cependant de l’affirmer et nous resterons avec nos doutes.

Le repas continue avec divers petits plats et des ingrédients que nous n’arrivons pas à identifier. Comme grillade, nous avons une fois encore un ormeau. Nous terminons par un petit bol de riz assaisonné de furikake, et une petite assiette de douceurs façon «café gourmand» sans le café pour terminer par une note sucrée.

4
déc

Notre visite de Hagi commence par le château, ou plutôt les ruines du château.

La château de Hagi

Du château fort construit en 1604, il ne reste essentiellement que les fortifications. C’était autour de ce château que s’est développée la ville fortifiée de Hagi, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015.

L'entrée du château 
Les ruines du château et les douves 

Dans l’enceinte du château se trouve la maison de thé Hanaen, qui était à l’origine dans la villa du seigneur féodal. On raconte que vers la fin de la période Edo, le 13e seigneur féodal, Mori Takachika, discutait des affaires nationales avec ses vassaux lors d’une cérémonie du thé.

En continuant vers le nord, on arrive au temple Shizukiyama.

Le temple Shizukiyama 

Au printemps, le parc est un lieu de promenade apprécié car il s’y trouve environ 600 cerisiers somei yoshino, ainsi qu’un cerisier midori yoshino, un cerisier rare aux pétales blancs qui ne peut être vu qu’à Hagi et qui a désigné comme monument naturel par la préfecture de Yamaguchi. 

Le site internet de la ville de Hagi propose une visite virtuelle de plusieurs sites, dont le château, que l’on peut voir tel qu’il était à l’origine : https://www.hagishi.com/search/detail.php?d=100049 (ne fonctionne que sur téléphone ou tablette)

 La reconstitution telle qu’on peut la voir sur le site hagishi.com 

Le centre historique de Hagi

Notre visite continue par le centre historique de Hagi. On dit que ce quartier a si peu changé depuis l'époque Edo qu'on pourrait le visiter en utilisant un plan datant de cette époque. Il faut prendre le temps de se promener dans les petites rues calmes et de visiter d'anciennes maisons familiales ou des demeures de samouraïs transformées en musées.

Nous entrons ainsi dans la résidence de la famille Kikuya, une famille de riches marchands. Cette maison est un très bel exemple de l'architecture d'une maison de marchands de l'époque Edo, et l'une des mieux conservées. Elle est enregistrée comme «bien culturel important» du Japon.

La maison est un musée où sont exposés divers objets d'arts et objets utilitaires.

Le jardin de la résidence Kakuya 

Les natsumikan (mandarines d’été)

Un peu partout, dans les jardins, au-dessus des murs de clôture, pendent de gros agrumes jaunes à la chair épaisse et rugueuse. Ce sont les 夏ミカン (natsumikan) ou mandarines d’été. Les fruits commencent à mûrir en automne mais ne sont bons à manger qu’à partir du mois de mai. Leur goût se situe entre la mandarine et le pamplemousse. Dans la région, on les trouve facilement en toute saison sous forme de marmelade, de jus ou de fruits confits, et cela en fait un bon souvenir à rapporter de Hagi !

Il est temps de faire une petite pause et le hasard faisant bien les choses, nous passons devant un salon de thé qui propose des produits bien sympathiques. Juste à côté, on peut goûter aux brochettes d’ormeau et de fugu, mais nous sommes plus attirés par les petits pots de crème (le ぷりん, ou purin’) , à divers parfums : vanille, macha, marmelade d’agrumes, et un truc bleu vif non identifié.

Le temple Enseiji

Nous continuons nos promenades dans les rues bordées de maisons aux murs blancs et à l’architecture typique de l’époque Edo, jusqu’à arriver au temple Enseiji, qui nous donne une impression de bric-à-brac que nous n’avions encore jamais ressentie en visitant un temple japonais.

Ça et là des pancartes expliquent que le temple a servi de lieu de tournage pour la série Shinsengumi, produite en 2014 par la NHK. Elle apparaît également dans des épisodes de l’anime Detective Conan, dans lequel la grosse lanterne de pierre joue un rôle important dans la résolution d’un mystère.

Les poteries de Hagi

Hagi étant réputée pour sa céramique, on ne pourrait quitter la ville sans quelque poterie. Les artisans et les boutiques ne manquent pas et proposent des articles allant de quelques centaines de yens à plusieurs dizaines de milliers de yens.

4
déc

Comme hier soir, nous dînons dans un salon particulier. Et puisque nous sommes au pays de la mandarine d'été, nous prendrons un jus de natsumikan pour commencer.

Et comme hier soir, après divers hors-d’œuvre, on nous apporte le poisson du jour : du fugu ! Mais grillé, cette fois.

Il paraît que le poisson ainsi préparé est meilleur qu’hier, mais je ne suis toujours pas convaincue et je laisse volontiers ma portion.

5
déc

Avant de prendre la route vers Yamaguchi, nous avons encore deux petites visites à faire à Hagi, et tout d’abord le temple Shoin.

Ce temple est dédié à Yoshida Shoin, une figure importante de l’histoire locale, qui a défendu des idées révolutionnaires à la fin de l’ère féodale du Japon. Lui-même n’a pas connu l’ère de la restauration Meiji, mais ses élèves ont été les pionniers de la création du Japon moderne.

Dans le sanctuaire une ema géante est affichée en l'honneur du Nouvel An de l’année prochaine, qui sera l’année du lapin. Elle représente Shoin et un de ses élèves, Watanabe Shozo, né une année du lapin.

L'école Shokason Juku, où Shoin enseignait 

Le mémorial de Shoin

Dans l’aire de repos Hagi Okan, juste à la sortie de la ville, on peut voir le mémorial de Shoin, un ensemble de dix statues représentant des proches de Shoin.

Pour en savoir plus sur Hagi :

Le site de la ville : https://www.hagioukan.com/wp/

Brochure en français présentant des itinéraires de visites à pied : https://www.hagishi.com/wp/wp-content/themes/wp-tmp/images/foreign/brochure/fr.pdf

Guide touristique en anglais : https://www.hagishi.com/wp/wp-content/themes/wp-tmp/images/foreign/brochure/sightseeing_guide_en.pdf

5
déc

La grotte d’Akiyoshido est la plus grande grotte du Japon et peut-être même d’Asie Elle s’étend sur presque 10 km, mais l’on ne visite qu’un kilomètre. On peut voir ici les plus grandes stalactites du Japon, qui mesurent en moyenne 40 mètres, et pour certaines jusqu’à 80 mètres.

Un long couloir donne accès à la grotte 

Il n’y a pas de visite guidée dans cette grotte. Il suffit de suivre le chemin et si l’on veut des explications il suffit de mettre en route les audioguides répartis sur le trajet et qui fonctionnent en plusieurs langues.

Le début de la grotte présente des concrétions classiques que l’on trouve dans la plupart des grottes : stalactites, stalagmites, colonnes, grandes orgues et différentes formes dans lesquelles on reconnaîtra différents personnages ou animaux. Rien ne manque, même pas le mont Fuji !

Un peu plus loin cependant, nous pouvons admirer les «cent assiettes», une formation en terrasses spécifique à cette grotte, ainsi que les «1000 rizières»

Les «100 assiettes» 
Les  «1000 rizières» 

Les parois de la grotte se reflètent dans un lac souterrain dont on aurait bien du mal à estimer la profondeur.

Le chemin passe ensuite dans une ouverture, là où sort l’eau limpide de la rivière. On revient au point de départ en faisant le chemin inverse.

5
déc

En sortant de la grotte, nous reprenons la route qui monte jusqu’au plateau d’Akiyoshidai. Le paysage ici est unique en son genre au Japon. Il y a 300 millions d’années, le paysage que nous avons ici était recouvert par la mer et à cet endroit se trouvait un massif corallien. Avec le temps et après le retrait de la mer, le vent et la pluie ont érodé la roche, laissant de curieuses protubérances rocheuses.

Comme nous avons prévu de visiter Yamaguchi cet après-midi, nous nous arrêtons juste le temps d’admirer le paysage depuis le belvédère proche du parking. Nous nous engageons quand même sur le sentier pour admirer de plus près le relief particulier formé par les roches se dressant ça et là et, après quelques minutes de marche, ce qui devait être une courte halte se transforme en un circuit d’une Une boucle permet de découvrir dans de très bonnes conditions ce paysage perdu au milieu de nulle part, et nous pensons que nous avons bien fait d’y passer un peu de temps de de ne pas nous être contentés de regarder le paysage de loin. Cette petite promenade en valait vraiment la peine.

Encore une fois, nous avons rencontré très peu de monde.

5
déc

Le temple  Rurikō-ji et la pagode

Notre visite de Yamaguchi se résume à la visite du temple Rurikō-ji, dont la pagode à 5 étages se reflète dans un petit étang. Datant de 1404, cette pagode est classée trésor national.

Le temple Rurikō-ji  
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L’après-midi touche à sa fin et il est temps de partir vers Shin-Yamaguchi, d’où nous reprendrons le train demain pour Kyoto. La gare de Shin-Yamaguchi se situe à environ 15 km au sud de la ville, au centre d’un quartier moderne sans charme particulier, avec néanmoins quelques centres commerciaux, bien utiles pour faire quelques achats de dernière minute et notamment des cabas pour entasser les souvenirs que nous avons amassés au cours des deux dernières semaines.

Nous rendons la voiture à l’agence juste en face de la gare. Simple formalité, comme d’habitude. Soit les Japonais font confiance à ceux qui ont loué la voiture, soit la barrière de la langue fait qu’ils préfèrent considérer que tout va bien. En effet, ici, personne ne semble parler anglais.

Quelques illuminations de Noël près de la gare, en mode «recyclage de bouteilles en plastique» :

6
déc

Nous arrivons à la gare avec 30 minutes d’avance, ce qui nous laisse le temps de regarder quelques trains passer. Les annonces en gare sont également un bon moyen de s’entraîner à l’oral !

Train à destination de shin-Osaka 

Enfin, notre train est annoncé. Il desservira les gares de Hiroshima, shin-Kobe, shin-Osaka, Kyoto, Nagoya et shin-Yokohama avant d’arriver à Tokyo, son terminus.

Arrivée de notre train 

Lorsque nous avons préparé notre circuit, nous avions envisagé l’hypothèse de prendre un JR Pass pour une semaine, puisque nous allons faire le trajet de Yamaguchi à Kyoto, puis, deux jours plus tard, de Kyoto à Tokyo. En tout les billets représentent un total de 28050¥ (avec réservations), soit 195 euros. Si l’on ajoute quelques trajets autour de Kyoto, l’achat du JR pass serait tout juste rentable. Mais cela nous prive du NOZOMI, et en regardant les horaires entre Shin-Yamaguchi, nous voyons que le NOZOMI nous fera gagner un peu de temps, ce qui est d’autant plus appréciable que nous restons peu de temps à Kyoto. De plus, nous avons décidé il y a quelques jours de louer une voiture pour visiter Kyoto et nous ne prendrons donc pas du tout le train à Kyoto.

Cela peut sembler étrange de vouloir circuler en voiture dans une grande ville comme Kyoto, alors tout peut se faire par les transports en commun. Mais, à la différence de notre premier séjour où nous étions restés beaucoup plus longtemps sur place, nous avons prévu cette fois de ne rester que 2 jours, avec l'intention de visiter ou revisiter des sites assez distants les uns des autres. Peut-être que nous ne l’aurions pas fait en arrivant au Japon, mais après deux semaines au volant, j'ai de l'entraînement !

Nous arrivons à Kyoto vers 11 heures, et nous retrouvons l’ambiance animée qui contraste avec a tranquillité des deux dernières semaines. Nous allons récupérer la voiture de location et nous partons tout de suite pour Uji, petite ville située à une quinzaine de kilomètres au sud de Kyoto, où nous avons prévu de visiter deux temples.

6
déc

Le Byōdō-in est également appelé le temple du Phénix. Tout le monde (du moins tous ceux qui sont ou sont déjà allés au Japon) en connaît la silhouette, car on la trouve sur les pièces de 10 yens. Cette ancienne demeure du clan Fujiwara a été transformé en temple bouddhique en 1052.

Le bâtiment principal, le pavillon Hōōdō (le pavillon du Phénix), construit un an plus tard, se reflète dans l’étang. C’est ce pavillon que l’on voit représenté sur les pièces. Il referme aujourd’hui une grande statue du bouddha Amida.

Pour visiter le pavillon du Phénix, il faut prendre un ticket (en plus du ticket d’entrée) au guichet près du pont qui mène au pavillon. La visite du pavillon coûte 300¥. C'est une visite guidée en japonais, mais on peut avoir un dépliant en anglais. Les photos à l’intérieur sont interdites et il faut se déchausser avant d'entrer dans le bâtiment.

Il vaut mieux acheter son ticket dès son arrivée, car il peut y avoir un peu dattente ensuite avant l’heure de la visite.

 Le pavillon Hōōdō

Sur lz toit du pavillon, on peut voir un phénix de bronze de part et d’autre du bâtiment.

6
déc

Le Mampuku-ji (萬福寺) est un complexe de temples situés à 3km au nord du Byōdō-in. Hors des circuits touristiques traditionnels, il est peu fréquenté et on peut le visiter en toute tranquilité.

Les bâtiments du temple, les statues et les jardins du Mampuku-ji sont fortement influencés par le style architectural de la dynastie Ming en Chine. C’est actuellement le plus grand temple de style chinois au Japon.

Le style chinois du temples est renforcé par les grosses lanternes en papier répartes dans les différentes cours et qui sont allumées le soir venu.

Les différents bâtiments sont disposés selon un quadrillage et son reliés par des allées ou par des passages couverts, séparés par des cours ou des jardins.

Dans le Tenno Hall, on peut admirer la statue de Hotei, un moine légendaire qui aurait vécu en Chine, caractérisé par un ventre rebondi. C’est une incarnation de Miroku Bodhisattva, également connue sous le nom de Bouddha rieur.

Dans une des galeries à proximité de la boutique, on passe sous le kaipan, un gros poisson faisant office de gong pour appeler les moines au moment des repas. C’est le symbole d’un entraînement monastique difficile et d’un sommeil court. Il tient dans sa bouche une sphère qui représente le bon-no (sortes de mauvais état mental qui obscurcit l’esprit). Frapper l’arrière du kaipan signifie laisser le bon-no s’éloigner de l’estomac.

Le poisson peut aussi servir à prendre la mesure de la distanciation sociale !

https://www.obakusan.or.jp/en/

6
déc

Ryōzen Kannon

Après notre visite des temples à Uji, nous retournons rapidement à Kyoto pour visiter le temple Ryōzen Kannon, mais lorsque nous arrivons, le site vient de fermer ses portes. Nous pouvons quand même faire quelques photos de la grande statue Ryōzen Kannon, une statue en béton armé de 24 mètres de haut, qu’on peut voir en partie au-dessus du mur d’enceinte.

Ce temple a été construit pour commémorer les morts de la guerre du Pacifique.

 Le soir tombe sur Kyoto. Vue sur Kyoto depuis le temple Ryōzen Kannon

La gare de Kyoto et le centre commercial Porta

Après avoir pris notre chambre à l’hôtel et déposé nos affaires, nous allons à la gare, à 500 mètres de l’hôtel. Dans le centre commercial Porta, sous la gare, on trouve de nombreux restaurants qui sont en général plutôt bien notés par les internautes. Mais il 19 heures, et il y a déjà la queue partout. Nous n’avons pas d’autre choix que de patienter. Après avoir noté sur la tablette à l’entrée du restaurant le nombre de personnes, nous nous mettons en rang et attendons qu’on nous appelle. Après un quart d’heure d’attente, nous pouvons enfin passer commande, de nouveau en utilisant une tablette.

Quarante minutes après notre arrivée, nous pouvons enfin déguster nos tonkatsu fraîchement préparés.

BIC Camera

Avant de rentrer, il nous faut absolument faire un petit tour chez BIC Camera, car je dois absolument acheter quelques carnets et stylos. Cette fois, je reste raisonnable et je ne ferai pas tourner en bourrique le caissier comme il y a quelques années à Okayama (voir le voyage numéro 5).

à droite, la Tour de Kyoto illuminée
7
déc

Nous avons prévu une grosse journée de visites aujourd’hui, qui vont nous emmener aux quatre coins de la ville : nous commencerons par le kinkaku-ji (le pavillon d’or) dès l’ouverture, puis nous irons du côté d’Arashiyama pour aller visiter le temple Jōjakkō-ji qui, dit-on, est magnifique en automne, puis, en début d’après-midi, nous irons visiter le temple Tofuku-ji, célèbre pour sa vallée d’érables, et nous terminerons par le Kiyomizu-dera.

Un tel programme serait difficile à réaliser dans la journée s’il fallait prendre les transports en commun. De plus, nous avons encore la chance d’être au début de la reprise du tourisme, ce qui permet d'espérer qu’il n’y aura pas encore trop d’attente à l’entrée des sites.

Notre itinéraire de la journée 
• • •

Le kinkaku-ji n’ouvrant qu’à 9 heures, nous avons le temps de prendre notre petit déjeuner à l’hôtel avant de nous mettre en route.

Pour les deux nuits à Kyoto, nous avons pris une chambre à l’hôtel Mercure, qui a l’avantage d’être à proximité de la gare, d’avoir une décoration originale et d’être à un prix raisonnable (25300¥, soit 176€ les deux nuits en chambre double avec les petits déjeuners).

L’hôtel n’a pas de parking, mais, sur notre demande, nous a envoyé un plan avec les parkings des alentours. En centre-ville, il y a des petits parkings, avec parfois juste quelques places, et toujours payants.

Les prix des parkings sont généralement indiqués sur un grand panneau à l’entrée. Lors de la préparation du voyage, on peut très souvent repérer les parkings sur les plans et, en se promenant avec Google Street View, on peut assez souvent voir les prix indiqués sur les panneaux.

Nous avons la chance de trouver de la place au parking le plus proche de notre hôtel, qui, de plus n’est pas cher : 500¥ (environ 3,50 €) pour la nuit, de 17 h à 9 heures. Il n’y a pas de barrière à l’entrée du parking ni ne système de blocage des roues comme on en voit souvent. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut partir sans payer ! Le système fonctionne apparemment avec des caméras. Au moment de partir, il suffit d’aller à la borne et d’indiquer le numéro de la place pour ensuite payer.

7
déc

On ne pourrait visiter Kyoto en faisant l’impasse sur le kinkaku-ji, plus connu sous le nom de Temple d’Or ou de Pavillon d’Or, monument emblématique de Kyoto et même de tout le Japon, que l’on retrouve dans de nombreuses brochures touristiques. Nous l’avions visité lors de notre premier voyage, en avril 2009, et nous avons voulu le revoir, mais cette fois en automne.

Pour y aller en voiture, il suffit de suivre les grands axes. La circulation est fluide et le site est très bien indiqué. Nous arrivons vers 9 heures, heure de l’ouverture du site. Il y a déjà beaucoup de monde, essentiellement des groupes de collégiens et de lycéens, mais l’attente n’est pas trop longue. En dix minutes, nous avons nos billets.

Peu après avoir pénétré dans le site, on aperçoit le Pavillon d’Or se reflétant dans l’étang. Il faut slalomer entre les groupes qui posent devant le célèbre monument, pour arriver à avoir la vue dégagée qui donnera l’impression sur les photos que nous étions seuls.

Nous croisons très peu de visiteurs étrangers, aussi faudra-t-il certainement aux futurs visiteurs beaucoup de patience quand le tourisme aura vraiment repris. La majorité des visiteurs sont des groupes de collégiens et de lycéens, reconnaissables de loin dans leurs uniformes bleu marine.

Le kinkaku-ji, recouvert de feuilles d’or, est éclatant, même sous le ciel couvert comme c’est le cas aujourd’hui. Le pavillon que nous avons aujourd’hui sous les yeux n’est pas le bâtiment d’origine. C’était au départ une résidence privée, construite en 1397, qui a été ensuite transformée en temple zen, nommé rokuon-ji. Ce n’est que bien plus tard qu’on le surnommera le kinkaku-ji. Depuis sa construction, il a été plusieurs fois détruit, mais, comme le phénix qui se dresse fièrement sur son toit, il renaît à chaque fois de ses cendres. Le bâtiment actuel date de 1955. Il a dû être reconstruit après un incendie qui a eu lieu en 1950. Il a été rénové en 1987 et a alors recouvert d’une nouvelle couche de feuilles d’or.

Le roman de Yukio Mishima (1925-1970), Le Pavillon d’Or raconte l’épisode de l’incendie du temple d’or, par un jeune moine bouddhiste.


Le temple est classé site historique spécial du Japon depuis 1956 et il inscrit depuis 1994 au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le paysage entourant le temple est tout aussi intéressant à regarder. L’étang est parsemé d’îlots rocheux, disposés selon les règles de l’esthétique zen. Le paysage n’est finalement pas si différent en automne par rapport au printemps, car la végétation des alentours comporte beaucoup de conifères, qui forment un cadre toujours vert.

Sur le toit, on peut voir le phénix, cet oiseau mythique capable de renaître de ses cendres et que l’on retrouve souvent dans l’art japonais.

Après avoir longé l’étang et pris le Pavillon d’Or en photo sous toutes ses coutures, on continue sur le chemin qui monte jusqu'à un autre petit étang, le an-min-taku, au milieu duquel se dresse une petite pagode en pierre, appelée hakuja-no-tsuka («à la mémoire du serpent blanc»)

En haut du chemin, on peut de nouveau apercevoir le haut du pavillon d’or.

Sans trop nous presser, nous avons mis environ une heure pour faire le tour du site, nous étant surtout attardés pour photographier le Pavillon d’Or et acheter quelques souvenirs.

7
déc

Il est un peu plus de 10 heures lorsque nous quittons le Kinkaku-ji. Nous nous dirigeons vers Arashiyama, pour aller visiter le temple Jōjakkō-ji, réputé pour ses momiji. Il est possible de se garer dans le temple Tenryu-ji, mais il y a foule de tous les côtés et nous ratons l’entrée. Nous allons un peu plus loin, près de la rivière, à proximité du pont Togetsu-kyo. Tarif d’entrée : 1000 yens. Pas donné pour y rester deux heures, mais nous n’avons pas envie de refaire un tour du quartier, même si cela nous éloigne un peu du but de la visite.

Itinéraire pour aller au temple Jōjakkō-ji
Le pont Togetsu-kyo 

Une foule endimanchée se presse aux abords du temple Tenryu-ji, et par foule endimanchée, il faut comprendre surtout «jeunes filles en kimono». Pourquoi toutes ces filles en kimono ? Mystère… Nous sommes en milieu de semaine. Peut-être y-a-t-il eu une quelconque cérémonie.

La forêt de bambous

Après le temple, nous prenons à gauche et traversons la forêt de bambous. Cette forêt de bambous est souvent dans les programmes de visite de Kyoto, mais, si l’on a déjà visité la bambouseraie de Prafrance (à Anduze, dans le Gard), on pourra sans problème faire l’impasse sur cette bambouseraie-ci, sauf si l’on aime se promener au milieu de la foule et devoir de temps en temps laisser la place aux pousse-pousse. Il y a aussi bien d’autres endroits bien plus tranquilles où l’on peut se promener au milieu des bambous.

Lorsqu’on a traversé la voie ferrée, le chemin devient plus calme. Il nous reste encore six minutes de marche à travers une zone résidentielle tranquille avant d’arriver au temple.

« tanukis de jardin » 

Le temple Jōjakkō-ji

Le temple Jōjakkō-ji est un temple bouddhique fondé à la fin du XVIe siècle. Les bâtiments qui le composent sont construits à flanc de montagne.

On entre dans le temple par la porte Niomon au toit recouvert de chaume, qui est la construction la plus ancienne du temple.

En ce début décembre, on sent que la saison des momiji touche à sa fin, mais on peut encore profiter de belles couleurs.

Ici aussi on peut se promener au milieu des bambous, et l’endroit est bien plus tranquille que la forêt que nous avons traversée. Vers le sommet de la colline se trouve la pagode Tahoto, une pagode à deux étages.

Midi sonne au gong du temple 

Nous sommes de retour au parking un peu avant 13 heures. Après un rapide pique-nique dans la voiture, nous partons vers l’ouest de la ville, pour aller visiter un autre temple réputé pour sa forêt d’érables, le temple Tōfuku-ji.

7
déc

Le temple Tōfuku-ji, situé à l’est de Kyoto, est un des principaux temples zen de Kyoto, célèbre pour sa forêt d’érables.

 La route d’accès au temple
La rivière qui traverse le temple est bordée d’érables 

Ici aussi, on peut constater que s’il reste encore de beaux feuillages, nous arrivons à la fin de la saison des momiji.

Le temple comprend quatre jardins, qui ont été créés dans les années 1930.

Nous avons la chance de faire cette visite au tout début de la reprise du tourisme au Japon. D’après les comptes rendus de voyageurs qui ont fait la même visite il y a quelques années, le temple est victime de son succès et à cette époque de l’année, il est habituellement bondé, aussi est-il préférable d’arriver à l’ouverture et d’être prêt à jouer des coudes.

7
déc

Nous terminons cette journée de visite par le Kiyomizu-dera, le célèbre temple sur pilotis, qui est aussi le temple le plus visité de Kyoto. Le GPS nous fait prendre quelques raccourcis et nous emmène dans des petites rues où l’on peut à peine de croiser. Ajoutez à cela le fait que les poteaux électriques débordent souvent sur la chaussée et vous comprendrez que nous avons hâte d’arriver sur des artères un peu plus importantes. Ce serait très pratique si, tout comme il existe une option pour éviter les péages, il y avait aussi une option pour éviter les rues à double sens larges comme une voiture et demie...

Le Kiyomizu-dera est un ensemble de temples bouddhistes et shintoïstes, qui est inscrit au patrimoine mondial culturel de l’UNESCO depuis 1994.

Au bout de la petite rue bordée de boutiques de souvenirs – et bondée de visiteurs – on arrive au pied de la porte nord, la Nio-mon, gardée par deux komainus, ces créatures légendaires, mi-chiens mi-lions – ou peut-être ni l’un ni l’autre. En haut de l’escalier, derrière la Nio-mon, se trouvent la sei-mon (porte ouest) et juste derrière, la pagode à cinq étages.

Nous continuons vers le bâtiment principal (le Hon do), un grand bâtiment en bois construits sur pilotis, depuis les terrasses duquel on peut profiter de la vue dégagée sur Kyoto, ainsi que, en cette saison, sur les feuillages d’automne.

Au passage, on peut admirer quelques très belles lanternes.

L’accès au bâtiment principal et à la terrasse est payant et il n’est possible que jusqu'à une certaine heure (18 heures en décembre). Toutes les informations sont sur https://www.kiyomizudera.or.jp/en/


L’affluence aujourd’hui est la même que dans nos souvenirs d’avril 2009. Mais entre 2009 et 2019, le nombre des touristes a été multiplié par 5, et pour l’instant, les visiteurs commencent tout juste à revenir au Japon, aussi faudra-t-il sûrement un peu de patience à ceux qui tenteront l’expérience lorsque le tourisme sera redevenu à son niveau d’avant 2020 !


  À gauche, le 19 avril 2009, et à droite, ce 7 décembre 2022

Depuis les terrasses de la célèbre construction sur pilotis, on peut aussi apercevoir, en regardant vers le sud, la pagode Koyasu, qui semble perdue au milieu de la montagne. Elle n’est cependant pas très éloignée et on l’atteint en trois minutes. Un peu plus avec les pauses photos.

Cela en vaut la peine, d’autant que la plupart des visiteurs ne vont pas plus loin que la terrasse, et cela permet aussi d’avoir une vue d’ensemble sur le temple.


Autre argument de poids en faveur de cette promenade jusqu’à la pagode Koyasu : une géocache facile à dénicher se trouve à proximité (la seule difficulté peut être la présence de moldus dans les parages, mais nous avons la chance que le site n’est pas encore trop fréquenté).

Nous continuons par le chemin descendant vers l’entrée du temple, ce qui permet au passage d’admirer les pilotis, qui sont bien plus impressionnants vus d’en bas.

Le chemin du retour passe près du bassin où se jette l’eau de source venant de la montagne. C’est de là que le temple tire son nom, car en japonais, 清い水 (kiyoi mizu) signifie «eau pure» ou «eau de source».

 Le chemin du retour, vu depuis la terrasse du bâtiment principal

L’eau de la source est divisée en trois filets, chacun ayant une vertu particulière. On peut choisir entre la réussite scolaire, la longévité et le succès en amour.


7
déc

Comme hier soir, nous terminons la journée devant un bon repas. Nous allons de nouveau dans le centre commercial Porta, et cette fois ce sera des tempuras, que le chef apporte à table au fur et à mesure qu’elles sont préparées. Cela valait bien un peu d’attente.

Intérieur de la gare de Kyoto, la nuit 
La tour de Kyoto 
8
déc

Nous n’avons pas d’autre impératif aujourd’hui que d’arriver à notre hôtel à Tokyo le soir. Cela nous laisse au moins toute la matinée pour faire quelques visites. Nous laissons nos bagages à la réception de l’hôtel et nous allons vers le temple To-ji, un des temples les plus proches de la gare.

Le temple Tō-ji (東寺)

東寺 (tō-ji) signifie «temple de l’est». Il est proche de la gare de Kyoto (environ 20 minutes à pied) et c’est une visite qui vaut le coup si l’on a un peu de temps à passer entre deux trains. Le temple est célèbre pour sa pagode à 5 étages, qu’on peut apercevoir depuis le train avant d’entrer en gare. La pagode mesure 57 mètres de haut et c’est la plus haute tour en bois du Japon.

Dans le bâtiment principal on peut admirer une belle statue dorée du Yakushi-nyorai, le Bouddha guérisseur, et quelques divinités dont nous avons oublié le nom, et qu’on ne pourra pas mettre ici, car il est est interdit de photographier à l’intérieur du bâtiment. Et attention, les surveillants ont l’œil ! Un papi japonais se fait rappeler à l’ordre par le guide. Sa femme lui donne alors de grands coups de coude, et lui murmure quelques reproches où il est probablement question qu’il lui fait honte en ne sachant pas se tenir dans ce lieu sacré.

On peut quand même trouver la photo sur Wikipédia (https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Yakushi-nyorai.jpg#/media/File:Yakushi-nyorai.jpg)

site en anglais : http://www.toji.or.jp/en/

Nous allons ensuite au Kyoto Railway Museum, à un quart d’heure de marche à pied depuis le temple, en passant par des petites rues tranquilles et le parc Umekoji. Pas de chance, le musée est fermé, contrairement à ce qui était prévu. Sur place aucune explication de ce changement. Nous nous consolons avec quelques photos des trains qu’on peut apercevoir depuis l’extérieur. Quelques rames de tramway sont également garées à l’extérieur.

Le temple Nishi Hongan-ji

Sur la route du retour, nous visitons le grand temple aperçu non loin de l'hôtel, le Nishi Hongan-ji ((西本願寺).

Le temple se compose de plusieurs grands bâtiments répartis autour d’une cour, dans laquelle on peut admirer plusieurs ginkgos, dont le feuillage en cette saison est d’un jaune éclatant, particulièrement photogénique devant le bleu du ciel. Lorsqu’on pense à l’automne au Japon, ce sont les feuilles rouges et orangées des érables qui viennent à l’esprit, mais il ne faut pas oublier les ginkgos, qui sont absolument magnifiques en cette saison.

L’un de ces ginkgos a plus de 400 ans. Selon la légende, cet arbre aurait sauvé les bâtiments des flammes lors d’un incendie en arrosant avec l’eau de ses feuilles.

Nous arrivons dans le temple en longeant l’enceinte par le sud, et l’on peut admirer ici la porte Kara-mon (唐門). Les origines ce cette porte ne sont pas connues. Il est possible qu’elle vienne du château de Fushimi détruit au début du XVIIe siècle.

La porte Kara-mon 
 Détail des ornements de la porte La porte Kara-mon

On entre dans le temple par la porte Goeido-mon (御影堂門) qui donne sur l’avenue. Sous le porche, nous pouvons admirer une magnifique lanterne dorée, comme nous en avons déjà vu au Kiyomizu-dera.

Sur la gauche se trouve le clocher, dans le même style que la porte devant laquelle nous sommes passés. Il faisait partie autrefois du temple Koryuji, de Kyoto.

Nous pouvons visiter les bâtiments en toute tranquillité. Nous n’aurons pas besoin de nous soucier des règles de distanciation sociale. Néanmoins des pancartes sont ici pour rappeler d’y faire attention et de respecter les repères placés sur les tatamis.

À l’intérieur, on peut admirer toute une série de lanternes dorées.

8
déc

Nous avons récupéré nos bagages et il ne reste plus qu'à sauter dans un Shinkansen pour retourner à Tokyo.

Départ pour Tokyo

13h19 : nous arrivons aux guichets de vente des billets de Shinkansen. Il y a devant nous 5 ou 6 personnes mais 4 guichets sont ouverts, donc l’attente est courte. Je demande 2 billets pour le train qui part à 14h01 pour Tokyo, histoire d’avoir le temps d’acheter quelques provisions. Et comme nous avons quelques exigences, je demande des places sur la gauche. Il faut toujours mettre à gauche quand on va vers Tokyo depuis Kyoto – ou autre ville sur la ligne – et à droite dans le sens inverse, parce que, comme nous dit en rigolant l’employé, qui sait très bien pourquoi nous voulons être de ce côté, c’est pour 富士山 (Fuji-san, ou, si vous préférez, le mont Fuji). Pas de chance, il n’y en a plus dans ce train (tout le monde a envie de se mettre du même côté...) mais il en reste sur le train qui part à 13h54. C’est bon, nous ne sommes pas à quelques minutes près, et nous avons largement le temps pour ce train.

13h24 : nous avons composté nos billets. Il nous reste 30 minutes pour acheter un bento pour la route, car avec nos visites de ce matin, nous n’avons pas encore eu le temps de manger et de toute façon toutes les excuses sont bonnes pour manger un bento dans le shinkansen.

13h35 : nous sommes sur le quai. Nous aurions même eu le temps de prendre celui d’avant mais cela laisse l’occasion de prendre quelques photos des trains qui passent.

Pour résumer, il nous a donc fallu un quart d’heure pour acheter nos billets, acheter de quoi pique-niquer dans le train et arriver sur le quai.

Cela nous laisse le temps aussi de prendre quelques photos du train précédent.

Quelques provisions pour la route 

Tout a été soigneusement emballé. Les petits pots de crème que nous avons achetés en plus des bentos on même été mis dans un sac en papier avec des petits blocs réfrigérants !

Vue sur le mont Fuji

À l’approche de Shizuoka, nous surveillons le paysage : il ne s’agirait pas le louper la vue sur le mont Fuji !

16 heures. Nous approchons de Tokyo.

Le train s’arrête à Shin-Yokohama, puis Shinagawa avant d’atteindre la gare de Tokyo, son terminus. Pour aller à Shinjuku, nous aurions pu descendre à Shinagawa puis prendre la ligne Yamanote, mais nous préférons aller jusqu’au terminus, ce qui nous laissera un peu plus le temps de descendre. Le prix est le même, car le billet pour Tokyo permet d’aller n’importe où dans l’agglomération (tant que l’on reste sur une ligne JR, bien sûr). C’est pour cela que le billet n’est pas avalé lorsque nous sortons de la gare de Shinkansen, et nous pouvons le réutiliser pour faire le trajet jusqu’à Shinjuku, où, à la sortie de la gare, il est avalé par la machine. Si l’on veut garder les billets de train en souvenir, il faut donc penser à les prendre en photo !

17 heures. Nous sommes installés dans notre chambre, au 35e étage d’une tour qui domine Shinjuku. Le temps devrait encore être clair demain matin, et, vu notre orientation, il est possible que le plus célèbre sommet du Japon soit visible depuis notre fenêtre.

La vue depuis notre chambre est magnifique. Cela valait bien un petit supplément pour avoir une chambre dans les étages élevés. Devant nous s'étend la masse sombre du parc Yoyogi, et, derrière le parc, le quartier de Shibuya. Un peu sur la droite se dresse Shinjuku Park Tower, un gratte-ciel de 52 étages et de 235 mètres de haut, formé de 3 parties de hauteurs différentes. C'est le 2e plus haut bâtiment de Shinjuku, après le Tokyo Metropolitan Government, qui le dépasse de 8 mètres.

Hotel Century Southern Tower (réservé via Agoda). Nous avons payé un peu plus cher pour avoir une chambre dans les étages élevés. Nous étions au 35e étage, côté ouest (donc avec la vue vers le mont Fuji). De l’autre côté, on a la vue vers Skytree.

Nous ressortons aussitôt, pour profiter des illuminations.

Il ne devrait pas être difficile de trouver un restaurant dans le quartier, et pourtant cela ne s’avère pas aussi simple. D’une part, il est assez difficile de se repérer dans le quartier et, avec les nombreux bâtiments, le GPS s’affole facilement. On pourrait se repérer par rapport à la gare, mais celle-ci est tellement grande qu’elle se répartit sur deux grands bâtiments de part et d’autre de l’avenue. D’autre part, les restaurants, s’il sont nombreux, ne donnent pas directement dans la rue, sauf ceux qui sont dans les petites ruelles. Beaucoup sont dans les étages des centres commerciaux, encore faut-il ne pas confondre Lumine 1 et Lumine 2 par exemple.

Une fois que l’on a enfin trouvé, on s’aperçoit qu’il faudra attendre pas mal de temps, au vu de la queue devant le restaurant. Tant pis pour les sushis, ce soir ce sera pizza, ce qui s’avère finalement un bon choix.

Non loin de là, un immense chat en 3D nous fait lever la tête. Il est là pour notamment faire des discours de prévention pour lutter contre la criminalité à Shinjuku.

9
déc

6h20. Le jour est déjà levé. Nous scrutons vers l’horizon pour tenter d’apercevoir la silhouette de la mythique montagne, dans la brume, difficile de repérer autre chose que sa silhouette. Dire qu’on ne voit rien d’autre est exagéré car nous avons tout de même devant nous un panorama dégagé sur le sud-ouest de Tokyo. Sur la gauche s’étale la masse sombre du parc Yoyogi, et derrière le parc, les gratte-ciel de Shibuya. Un peu sur la droite, les trois tours du Shinjuku Park Tower, qui reflètent les lueurs du soleil levant.

Shinjuku Park Tower 

Pour le petit déjeuner, nous avons la chance d’avoir une table près de la fenêtre. Le point de vue est un peu différent. Certaines buildings sont cachés par les tours proches de l'hôtel, car le restaurant n’est “qu’au” 18e étage.

Journée entière de shopping aujourd’hui : pas moins de 7km à pied entre grands magasins, librairie, papeterie...

À proximité de la gare, on peut croiser les guides bénévoles du bureau d’informations touristiques qui renseignent les voyageurs, dans un uniforme qui rappelle les paquets d'une célèbre marque de pâtes.

https://www.gotokyo.org/fr/plan/machinaka-community-tourist-information/index.html

Nous repassons par le croisement où nous avions aperçu l'énorme chat hier soir.

Cross Shinjuku Vision : 3 Chome−23−18 RF 東新宿ビル クロス

Après la visite du magasin Sekaido hier soir (5 étages de papeterie et matériel pour les beaux-arts), nous avons, comme figures imposées aujourd’hui, une virée à la librairie Kinokuniya ainsi que chez Tokyu Hands, qui a un rayon papeterie qui n’a rien a envier à Sekaido.

Des livres et des magazines pour les amateurs de patinage artistique 😀

Juste en face de notre hôtel se trouve le grand magasin Takashimaya et Tokyu Hands.

Après avoir fait un tour chez Takashimaya pour dénicher quelques souvenirs, nous passons chez Tokyu Hands, en commençant par le 8e étage, tout à fait par hasard. Le hasard fait bien les choses... et j’ai du mal à faire admettre que cela n’était pas du tout prémédité. De quoi compléter les achats faits hier chez Sekaido...

 Que de belles choses !

Un Japonais rencontré par hasard dans la rue ce matin nous a conseillé d’aller voir le Godzilla qui se trouve sur le toit de l'hôtel Gracery. Toutes les heures le monstre s’anime, mais c’est mieux d’y aller à la nuit tombée. Nous en avons un peu plein les pattes après cette journée passée à piétiner dans les magasins, et nous nous faisons un peu violence pour ressortir, après avoir déposé nos achats à l’hôtel.

Il faut de toutes façons ressortir pour aller manger, donc nous ferons un petit détour pour aller voir le monstre cracher du feu.

Avant de ressortir, nous prenons le temps de faire quelques photos du soleil couchant depuis notre chambre.

10
déc

Nous avons plus de chance ce matin. À peine réveillés, nous pouvons apercevoir, au loin, le sommet enneigé du mont Fuji. Comme hier, la journée commence par une séance photo !

Nous devons nous retrouver en famille vers midi. Nous avons le temps d’aller fouiner au rayon papeterie de Tokyu Hands (j’avais oublié d’acheter quelques carnets et stylos...)

À l'entrée du magasin Nojima, encore un champion japonais...

Repas en famille ce midi. La gastronomie chinoise est à l’honneur, de quoi nous remplir l’estomac jusqu’à demain.

En fin d’après-midi nous partons pour Haneda, où nous allons passer la dernière nuit car nous décollons demain matin.

L’hôtel est le même hôtel que celui où nous avions passé la première nuit lors de notre séjour de mars 2017, mais il a déménagé. Il est maintenant dans un nouveau quartier, un peu plus proche de l’aéroport.

Pour cette dernière soirée, nous avons un programme de choix à la télévision : la finale du Grand Prix de patinage artistique, retransmise en direct de Turin. Après ses compatriotes Riku Miura & Ryuichi Kihara pour les couples et Mai Mihara chez les femmes, c’est Shoma Uno qui remporte l’or chez les hommes. Un grand bravo aux patineurs japonais.

Dehors, la vue nous donne un avant-goût de la journée de demain.

11
déc

Vers 6h30 nous sommes prêts à partir. Contrairement à ce que nous avions fait en 2017, nous arrivons devant la navette avec 10 minutes d’avance, car l’heure, c’est l’heure et une minute après c’est trop tard. Un petit groupe de voyageurs fait déjà la queue. En 8 minutes, nous sommes au terminal International, maintenant nommé Terminal 3, ce qui est quand même plus facile à différencier du terminal 1 que lorsqu’il s’appelait Terminal I.

Le retour se fait avec une autre route que la route habituelle. Depuis l’interdiction du survol de la Russie, les compagnies ont dû trouver des alternatives. Cette fois, c’est par la route polaire que nous allons rentrer. L’avion met le cap vers l’Alaska, passe au nord du Canada puis survole le Groenland. Très bien, ai-je pensé, nous pourrons voir le lever du soleil lorsque nous survolerons le Groenland. J’avais oublié qu’en décembre, ce serait la nuit polaire. Nous avons donc fait un vol de nuit pendant la journée et tout ce que nous avons vu, c’est une mer de nuages au-dessus de la Grande-Bretagne.

11
déc

Ce voyage, le 7e au Japon, a été l’occasion d’aller hors des sentiers battus, pour reprendre l’expression consacrée, encore plus que lors des précédents voyages. Plus encore qu’à Shikoku ou à Hokkaido, où, même si l’affluence touristique n’a rien à voir avec celle des sites les plus visités, nous n’avons jamais vraiment eu l’impression d’être complètement en dehors des circuits touristiques.

Même des sites comme Amanohashidate ou le sanctuaire Motonosumi Inari, avec leur vue de carte postale, sont quasiment ignorés des guides touristiques, du moins ceux que nous avons dans les mains. Le guide Lonely Planet par exemple, dans son édition de 2018, consacre 8 lignes à Amanohashidate et ignore complément le Motonosumi Inari. Le guide Hachette Voir expédie Matsue, Izumo et Tottori en moins de deux pages, et consacre une seule page à Yamaguchi, le plateau d’Akiyoshidai et Tsuwano. Mais il s’agit de l’édition de 2008. Dans le Guide Vert (Michelin), on trouve 10 pages pour toute la région du San’in. Mais il est vrai que le nôtre date de 2009. Le Guide Bleu (Hachette, édition 2008) s’en sort un peu mieux : 7 pages sont consacrées à Hagi et ses environs, et 6 pages à Matsue et Izumo, mais il ignore totalement Tottori et Amanohashidate. Peut-être qu’entre temps, avec la forte augmentation du nombre de touristes au Japon, ces régions peu touristiques ont été un peu plus traitées dans les nouvelles éditions s’il y en a eu.

Ceci étant dit, nous n’allons pas nous en plaindre, bien au contraire. Cela laisse la possibilité de découvrir des lieux peu ou pas fréquentés par les touristes. Dénicher des petits coins tranquilles, descendre dans des hôtels fréquentés uniquement par une clientèle locale, rencontrer des gens qui sont épatés de voir que vous êtes venus de si loin pour visiter leur village, cela mérite bien qu’on passe quelques heures à fouiller sur internet, à la recherche d’endroits dont les guides ne parlent pas. Bien sûr, la période de notre voyage, juste après la réouverture du Japon au tourisme individuel, était favorable. C’est pour cela d’ailleurs que nous avons tenté la visite de quelques sites parmi les plus visités du Japon, mais, même à Kyoto, on peut aussi, sans forcément s’éloigner beaucoup de ces lieux, trouver des endroits curieusement ignorés des visiteurs, et c’est tant mieux !

Si nous avons pu le faire aussi facilement, c’est aussi parce que nous n’en sommes pas à notre premier séjour et que nous avons déjà les réponses à de nombreuses questions que nous nous posions avant notre premier voyage. Et si lors du premier voyage – que nous savions pourtant qu’il ne serait probablement pas le dernier – nous avions bien chargé le programme et n’avons pas hésité à faire de longs trajets pour visiter quelques sites “qu’il faut absolument avoir vus au Japon” (ce que nous ne regrettons cependant pas du tout), nous préférons maintenant nous concentrer sur une région. C’est ainsi que lors de la préparation de notre itinéraire, nous avons envisagé puis abandonné l’idée de visiter Hiroshima et Iwakuni, ainsi que Kanazawa, certainement superbe en automne mais excentré par rapport à notre itinéraire. Mais même en ne restant que dans la région du San’in, nous avons dû faire des choix et faire l’impasse sur des lieux qui auraient mérité une visite, car notre circuit était tout de même étendu.

Pour terminer, voici quelques ressources qui ont été très utiles pour la préparer l’itinéraire et trouver l’inspiration.

Livres

Voici quelques livres assez récents, qui sont de belles sources d’inspiration.

Les 1000 plus beaux paysages du Japon (omaké books, 2019) : comme son nom l’indique, ce livre présente 1000 choses à voir, avec une photo pour chacune. Principalement des paysages, bien sûr, mais aussi des spécialités culinaires locales.

Les 72 saisons du Japon (Ichiban Japan, 2022) : un livre avec beaucoup de photos, classées non pas par région, mais par thème, selon les saisons. Ce livre a été édité par l’auteur de la chaîne YouTube Ichiban Japan, qui a notamment réalisé plusieurs vidéos pour présenter la région de Matsue et Izumo. On peut commander le livre sur https://ichiban-japan.com/

Visitez le Japon au fil de son histoire, de Tadashi Sugihara (omake books, 2021). C’est à la fois un livre d’histoire et un guide de visite. Il est dense : 350 pages et un format compact, avec beaucoup de photos, malheureusement un peu petites du fait du format, et des informations pratiques sur les lieux à visiter. On trouve dans ce livre plein d’idées de visites, avec un classement différent de celui des premiers livres.

En complément, pour mieux comprendre certains aspect culturels et comment sont utilisés des objets que l’on ne manquera pas de voir au Japon, je recommande le Guide illustré du Japon traditionnel, parus aux éditions Sully en 2019. Le guide comprend 3 tomes :

1. Architecture et objets du quotidien

2. Alimentation et fêtes saisonnières

3. Vêtements et arts de la scène

Sites internet

Pour avoir une idée des visites à ne pas manquer dans une région, je commence par explorer ces sites :

https://www.japan.travel/fr/fr/ : le site de l’office du tourisme japonais. Ce site donne un bon aperçu des principaux points d’intérêt autour d’un lieu ou sur un thème donné. C’est un bon point de départ pour lister ce que l’on a envie de visiter.

https://www.japan-guide.com/ (en anglais) : ce site donne un bon aperçu des principaux points d’intérêt autour d’un lieu. C’est un bon point de départ pour lister ce que l’on a envie de visiter.

https://www.japan-experience.com/fr/decouvrir : site de l’agence Japan Experience, qui donne présente également les principaux points d’intérêt

Une fois que l’on a listé ce que l’on souhaite visiter, une recherche sur les endroits précis permet de découvrir de nombreux blogs et sites plus de spécialités sur une région, ce qui fait que pour ce type de voyages, les guides papier ne nous sont plus utiles. Ne pas oublier non plus les sites internet officiels des lieux de visite, que l’on trouve facilement en recherchant depuis Google Maps. Beaucoup d’entre eux ont une version en anglais, et si ce n’est pas le cas, Google Traduction et Deepl peuvent aider à comprendre.