Carnet de voyage

The great loop : de la Matinik à Toronto ⛵️

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Dernière étape postée il y a 20 jours
Nous voici de nouveau sur les flots! Antoine est maintenant à la retraite et notre projet « the great loop » va démarrer le samedi 28 octobre (2023). Nous sommes désormais des « loopers »!
Du 28 octobre 2023 au 6 novembre 2024
376 jours
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La Martinique aussi appelée l’ile aux fleurs

Après plus de 4 années de vie dans cette belle île des Antilles, c’est dur de partir car nous allons laisser, derrière nous, de belles personnes que l’on a connues, appréciées et aimées! Snif snif!

La date de départ est prévue : samedi 28 octobre! On quittera la marina Etang Z’abricot pour faire une première escale dans la baie de Saint Pierre, à quelques 10 milles! Petits joueurs : il faut que l’on s’amarine!

En attendant, il faut préparer nos cartons de déménagement, vendre les quelques objets que l’on ne veut pas ramener. Vérifier les assurances santé, contacter les banques pour prendre les options internationales sur nos cartes (USA💰💰💰), se renseigner sur les forfaits téléphoniques pour les USA, contracter une assurance tous risques pour Ariane (qui nous coûte un bras! Même 2 ou 3 bras d’ailleurs!), faire les check-up chez médecin et dentiste... Et j’en passe... Bref, ça nous occupe +++!

Enfin, on ne va certainement pas se plaindre. On est TELLEMENT HEUREUX de pouvoir réaliser ce projet. Et RAVIS de le partager avec vous !

La Barbade : juin 2023 
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Publié le 18 octobre 2023

ITINÉRAIRE FdF TORONTO

Novembre 2023 – Novembre 2024

Le lien pour nous situer :

https://maps.app.goo.gl/twdafmjyt6pDUcJa7?g_st=iw

1st part : Half a loop!  

Départ de la Martinique le lundi 30 octobre:

10 MN nuit à St Pierre

77 MN

Arrivée Les Saintes le mardi 31 octobre

Visite Saintes, Guadeloupe, Désirade et excursion sur les iles de la Petite Terre du mardi 31 octobre au dimanche 12 novembre

Départ Guadeloupe le 13 Novembre

60 MN

Arrivée Antigua le lundi 13 Novembre

Visite les 14-15-16-17 (English Harbour)

Départ Antigua 18 novembre

25 MN

Arrivée Barbuda le samedi 18 novembre

Visite les 19-20-21 novembre

Départ Barbuda le 22 novembre

60 MN

Arrivée Nevis le mercredi 22 novembre

Visite Nevis les 23-24 novembre

Visite Saint Kitts les 25-26 novembre

Départ 27 novembre

45 MN

Arrivée Saint-Barth le lundi 27 novembre

Visite Saint Barth les 28-29 novembre

Départ Saint Barth le 30 novembre

30 MN

Arrivée Anguilla le jeudi 30 novembre

Visite Anguilla les 1-2-3 décembre

Arrivée Saint-Martin le lundi 4 décembre


Départ de Saint-Martin pour la France ✈️dimanche 10 décembre

Retour de France ✈️le lundi 8 janvier 2024


Approvisionnement Ariane 9 au 10 janvier

Départ de Saint-Martin le jeudi 11 janvier :

75 MN

Arrivée aux Îles Vierges brit. le jeudi 11 janvier.

The Settlement (Anegada) les 12 et 13 janvier

Virgin Gorda (Long bay, the Baths) du 14 au 15 janvier

Salt Island le samedi 13 janvier, visite le 16

Norman Island le mercredi 17 janvier, visite le 18

Tortola (Sir Francis Drake) le vendredi 19, visite les 20 et 21

Aller-Retour vers « Cruz Bay » pour formalités américaines le lundi 22 janvier (?)

Jost van Dyke le 23 janvier, visite le 24

Départ le Jeudi 25 janvier

550 MN : 4 jours

Ile d’Inagua (Sud des Bahamas) arrivée le dimanche 28 janvier

Archipel Exumas 3 semaines environ (320 MN jusqu’à Nassau)

Départ le Dimanche 18 février de Nassau ( ?)

265 MN (2 jours)

Arrivée Mardi 20 février Peanut island Cape Canaveral

Visite Kennedy Space center et Orlando 5 jours

Départ le Lundi 26 Février

100 MN

Arrivée San Augustin le Mardi 27 Février visite 3 jours

Départ le samedi 2 Mars

130 MN

Arrivée Savannah le Dimanche 3 mars (Wilmington River) Visite 2 jours

Départ le Mercredi 6 mars

70 MN

Arrivée Charleston le Mercredi 6 mars Visite 3 jours

Départ le Dimanche 10 mars

115 MN

Arrivée Wilmington le Lundi 11 mars Visite 2 jours

Départ le Jeudi 14 mars

150 MN

Arrivée au mouillage de Pamlico le Vendredi 15 mars

Passage du Cap Hatteras

Départ le Samedi 16 mars

110 MN

Arrivée Norfolk Dimanche 17 mars repos 1 jour

Chesapeake bay

Williamsburg et Jamestown : Visite 4 jours

Richmond : Visite 3 jours

Yorktown : Visite 2 jours

Transit et Remontée du Potomac : 2 jours

Fredericksburg : Visite 1 jour

Transit 1 jour

Arrivée Washington DC le dimanche 31 mars (Mount Vernon) : Visite 7 jours (du lundi 1er au Dimanche 7 avril)

Transit Saint Michaels : 2 jours

Transit Annapolis : 1 jour

Transit : 1 jour

Arrivée Baltimore : visite 3 jours du Samedi 20 au mardi 23 avril

Transit pour canal vers Delaware Bay : du 24 au 27 avril (3 jours)

Transit vers Philadelphie : 1 jour

Arrivée Philadelphie visite 4 jours du lundi 29 avril au jeudi 2 mai

Transit sortie du Delaware (Delaware Bay) : 75 MN : 2 jours

Repos (où ?) : 1 jour le samedi 4 mai

Transit vers NYC : 120 MN : 2 jours

Arrivée New York City le mardi 7 mai : Visite 9 jours

Excursion The Norman Rockwell Museum

Départ vers le jeudi 16 mai

Transit 100 MN pour Mystic River : 2 jours

Transit vers Newport 30 MN

Arrivée Newport le samedi 18 mai, Visite 3 jours

Départ le mercredi 22 mai

Transit vers Martha’s Vineyard : 40 MN : 1 jour

Arrivée Martha’s Vineyard visite les 23 et 24 mai

Transit vers Nantucket : 25 MN : 1 jour

Arrivée Nantucket visite 1 jour le dimanche 26 Mai

Transit vers Cape Cod : 50 MN : 1 jour

Arrivée Cape Cod (Provincetown et The Mayflower) visite 2 jours les 28 et 29 mai

Transit vers Boston : 50 MN : 1 jour

Arrivée Boston visite 1 semaine du vendredi 31 mai au 8 juin

Transit vers York : 55 MN : 1 jour

Arrivée York visite 1 jour lundi 10 juin

Transit vers Portland : 50 MN : 1 jour

Arrivée Portland visite mercredi 12 et jeudi 13 juin

Transit vers Bath : 35 MN : 1 jour

Arrivée Bath visite 1 jour le samedi 15 Juin

Transit vers Penobscot bay : 55 MN (Monhegan puis Matinicusisland): 2 jours

Visite de la côte du Maine 10 jours du mercredi 19 juin au Vendredi 28 Juin : Escales de Rockland ou Camden, Castine, North Haven, AcadiaNational Park : mouillages de Sargent Cove et de Bar-harbor

Transit vers Yarmouth, Nouvelle Ecosse 100 MN : 2 jours

Arrivée Yarmouth Dimanche 30 Juin : 🎂☺ 1 jour repos le lundi 1er juillet.

Transit 1 jour : West Pubnico 2 jours

Transit 1 jour : Liverpool 1 jour

Transit 1 jour : Rivière La Heve 1 jour

1 jour repos

Lunenburg 1 jour

Transit 1 jour

Arrivée Halifax Vendredi 12 juillet ; visite du Samedi 13 au dimanche 14 juillet

Transit 1 jour : Liscomb 1 jour et Canso 1 jour

Transit 1 jour

Arrivée ville de Saint Pierre et traversée du lac Bras d’Or : 2 jours

Transit vers îles de St Pierre et Miquelon 177 MN : 2 jours

Arrivée îles de Saint Pierre et Miquelon le Mardi 23 Juillet

visite 4 jours du mercredi 24 au samedi 27 juillet

Transit vers îles de la Madeleine 235 MN : 2 jours

Arrivée aux Îles de la Madeleine visite 3 jours du mardi 30 au jeudi 1er août

Transit Gaspésie : 150 MN en faisant le tour de l’île Bonaventure : 2 jours

Arrivée marina de Gaspé le samedi 3 août ; visite le dimanche 4 août.

Transit 30 MN vers Anse Griffon 1 jour

Transit 27 MN Cloridorme 1 jour

Village en chansons : 1 jour

Cap aux Corbeaux : 36 MN 1 jour

Mont Saint Pierre visite 1 jour

Transit 32 MN 1 jour

Sainte Anne des Monts : 1 semaine du dimanche 11 au dimanche 18 août (randonnée Parc National de la Gaspésie)

Transit vers Matane 46 MN 1 jour

Transit vers Rimouski 45 MN 1 jour

Rimouski Visite 1 jour

Transit vers le Parc National du Bic : 15 MN 1 jour

Visite du Parc National du Bic : 1 jour

Transit 42 MN 1 jour

Arrivée Tadoussac le dimanche 25 août ; Visite le lundi 26 août

Transit 25 MN 1 jour

Arrivée anse Saint Jean : 1 jour

Transit 25 MN 1 jour

Arrivée à Baie des Haha : 1 jour

Transit vers Chicoutimi : 21 MN 1 jour

Arrivée Chicoutimi visite les dimanche 1er et lundi 2 septembre

Retour Tadoussac 75 MN en 1 jour

Repos Tadoussac : 1 jour le mercredi 4 septembre

Transit 58 MN 1 jour

Baie Saint-Paul (Charlevoix) visite 2 jours du vendredi 6 au samedi 7 septembre

Transit 20 MN 1 jour

Saint Jean Port Joli : 1 jour

Transit 46 MN 1 jour

Arrivée Beauport marina de QUÉBEC :

2 semaines Mercredi 11 au mercredi 25 septembre.

Transit vers Montréal : 140 MN : départ Jeudi 26 Septembre : 3 jours

Arrivée Montréal le Samedi 28 Septembre

Visite 1 semaine du dimanche 29 septembre au dimanche 6 octobre

Arrivée aux Laurentides : Visite 1 semaine du dimanche 7 au dimanche 14 octobre

Transit vers Kingston 173 MN 2 jours

Arrivée sur l’archipel des Mille Îles : Visite 10 jours

Transit 135 MN 2 jours

Arrivée Toronto : Dimanche 27 Octobre : Visite 1 semaine du lundi 28 au dimanche 3 Novembre Mercredi 30 octobre : 🎂☺

Niagara 2 jours (mardi 5 et mercredi 6 novembre)

Transit 35 MN 1 jour

Hamilton pour hivernage arrivée vers le Vendredi 8 Novembre

Désarmage du bateau +++

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Publié le 17 novembre 2023

Ariane est née au chantier Allures à Cherbourg en 2012, 14 ème de la fratrie. Elle mesure 13,98 m de long sur 4,43 de bau maximum. Son poids lège est de 11 800 kg mais une fois les pleins faits, elle pèse dans les 15 tonnes.

C’est un dériveur integral, dont le tirant d’eau varie de 1,1m à 3 m.

Elle est équipée d’une grand voile, d’un génois et d’une trinquette sur enrouleur, et d’un code D (sorte de spi asymétrique sur enrouleur).

Ses réservoirs de gasoil font 550l, ceux d’eau 570l.

Le moteur est un Volvo D2 de 55CV, avec une hélice max prop à mise en drapeau.

Elle dispose depuis peu d’un dessalinisateur, ce qui accroît son autonomie.

Il y a également un chauffage Webasto à air pulsé qui nous sera utile plus au nord.

Ariane dispose de 3 cabines doubles, dont l’une a été réaménagée en “local technique”. Nous n’avons gardé qu’une seule salle d’eau, celle de l’arrière qui dispose d’une cuve à eaux noires et d’une penderie pour vêtements humides. De la salle d’eau de l’avant, nous n’avons gardé que le lavabo. Une grande penderie y a été installée.

Les entrailles de la « bête »!  
Le pont  
Ariane au Portugal en 2019
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Publié le 7 novembre 2023

Bon! Finalement on a décalé notre départ de 2 jours : trop de choses à faire et météo très pluvieuse!

On a quitté la marina lundi 30 octobre pour St Pierre. Lendemain matin, debout à 6h pour une nav’ de 10h sous le soleil vers les Saintes. On aperçoit des jets d’eau à quelques centaines de mètres : sans doute des baleines qu’il n’est pas rare de croiser dans les canaux par ici. On longe la Dominique, mais on ne lui rend pas visite cette fois.

Les Saintes : splendide archipel. Une lumière incroyable et des points de vue magnifiques.

La Dominique  
Les Saintes  

Belle ascension du « Chameau ». Randonnée très raide de 280 m de dénivelé.

Les bons souvenirs… avant que la tempête virale ne nous cloue au lit et nous jette au fonds de notre cabine comme des loques! Fièvre, courbatures et maux de tête +++ Désormais notre nourriture est essentiellement constituée de paracétamol! Ce n’est pas la covid. C’est sans doute une grippe, me dit mon médecin préféré. Alors patience, notre mouillage est splendide. On le surveille par les hublots…

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Publié le 17 novembre 2023

Aujourd’hui vendredi 17 novembre, nous avons enfin quitté Pointe à Pitre pour contourner Basse Terre par l’ouest. Rafales à 27 noeuds à la pointe! On file.

Petite rétrospective des 2 dernières semaines. Nous avons tous deux eu la dengue! En même temps! Quelle solidarité ☺️!

C’est épuisant… Antoine l’avait déjà eue il y a 3 ans et il a eu « la chance » de faire une forme moins grave. De mon côté, j’ai terminé épuisée, avec une tension dans les chaussettes et une petite hépatite. Du coup, on a vécu au ralenti pendant 2 semaines.

J’en ai sans doute pour quelques temps avant de récupérer « ma forme olympique »! Patience, patience.

Ce soir, escale à l’anse des 3 tortues. Et demain départ pour Antigua. Mon capitaine est en bonne forme : il a bien récupéré! On va pouvoir de nouveau plonger, visiter, bref profiter de la vie.

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Publié le 27 novembre 2023

Joli port du nom d’ « English Harbor » : beaucoup de charme! Au 18ème siècle, il fut la principale base navale britannique aux Antilles sous l’autorité du célèbre amiral Horatio Nelson.

English harbor  

On s’est bien promené : visite de la capitale Saint John’s avec un petit restau au Hemingway’s et le lendemain matin petite rando sur les hauteurs de « Shirley heights ». Très chouette point de vue☺️. On se ménage après notre dengue matrimoniale!

Shirley heights  

Il a fallu aussi régler quelques problèmes avec notre moteur hors-bord (acheté il y a un an!), qui calait et ne redémarrait plus, ce qui nous a permis de faire successivement la connaissance de Winston à Pointe à Pitre qui a gardé le moteur 5 jours : nettoyage du carburateur et du pointeau, puis de Greg à Antigua qui nous a annoncé de l’eau dans le réservoir et enfin de Jérôme qui a revérifié l’ensemble du circuit de l’essence car il restait encore de l’eau après Greg! On croise les doigts et on espère que l’histoire est réglée!

Pour l’anecdote, Jérôme, adorable corse, qui bosse chez Sunsail comme mécanicien nous a raconté qu’au retour d’un catamaran après une semaine de location, le client, très satisfait, annonce que tout est ok, il a bien refait les pleins d’eau des….. 5 réservoirs!!! Et oui, il a du penser que le moteur fonctionnait à l’eau… Incroyable bévue!!!

Depuis la Guadeloupe, on n’a pas remis notre déssalinisateur en route, après le problème de la pompe à eau qui ne s’arrêtait plus! Mon capitaine tend un peu le dos avec les problèmes techniques qui ont tendance à voler en escadrilles!

On a donc fait le plein d’eau en partant d’English Harbor. L’eau est rare ici donc fort chère!

En remontant l’ancre, petite surprise! Une deuxième ancre s’est confortablement installée sur la nôtre avec ses quelques mètres de chaîne. Du coup, on a traîné notre couple de chaînes tendrement « enchaînées » jusqu’au ponton et de gentils Antiguais et un canadien nous ont libérés de notre surpoids.

Une ancre clandestine 

Le soir escale au nord d’Antigua dans la jolie baie du nom de « Deep Bay ». Quelques hôtels luxueux. On n’y restera pas.


Le lendemain vers 7h, départ pour Barbuda. 15-18 noeuds de vent : on avance à 6 noeuds de moyenne avec des pointes à 8. C’est tranquille!

Mouillage magnifique à « Low Bay ». Plage de sable blanc déserte avec un complexe hôtelier ravagé par Irma en 2017. L’île a énormément souffert du cyclone. En une 1/2 heure, tout a été pratiquement détruit, nous a raconté un habitant. La dune de sable qui fermait le lagon a partiellement été détruite et on peut sans souci entrer avec notre annexe sans avoir à la traîner quelques dizaines de mètres sur le sable.

Mouillage de Low Bay avec son complexe hôtelier entièrement détruit!  

Visite du « frégate sanctuary » avec un guide local. Incroyable colonie de plus de 20 000 frégates. On reconnaît bien les mâles avec leurs atours : toujours cette vieille histoire de séduction!

Magnifiques frégates

Ensuite, petit tour à « Pink Sandy Beach » avec ses débris de coquillages roses. Ravissante plage.

Pink sandy beach  

Les habitants d’Antigua sont d’une grande gentillesse et tellement souriants. Le bonheur!

Dimanche 26 novembre à 8h : on quitte Barbuda pour St Kitts (55 milles). Belle navigation mais peu de vent. Arrivée sur Shitten Bay (pointe sud ouest) vers 18h, juste avant la tombée de la nuit! Ouf! On n’aime pas trop les arrivées tardives, car on ne voudrait pas se prendre un casier dans l’hélice! Bof bof!

Retour en France

Nous sommes arrivés à St Martin ce mardi 28 novembre, car nous avons avancé notre retour en France pour être auprès de notre famille. Notre beau-frère Maurice, qui nous était très cher, s’est éteint à l’âge de 94 ans.

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Publié le 16 janvier 2024


Pendant notre absence, Ariane s’est refait une beauté : antifouling, peinture sur la coque, entretien du moteur, réparation de l’alimentation électrique pour la pompe entre les deux réservoirs d’eau… Toujours un petit truc à faire!

Lundi 15 janvier, on fait l’avitaillement au Carrefour Market côté hollandais. Top! on a trouvé tout ce qu’il nous fallait. Comme on n’avait pas de voiture et que le supermarché était à plus de 4 km, j’ai gentiment demandé à une dame, qui passait par là, si elle pouvait nous emmener (adorable) et on est rentré 2 heures après avec nos 5 sacs de victuailles! En taxi cette fois.

Jean-Philippe a bien bossé. Bravo!  
Antoine aussi 😍
Départ du chantier 

Mardi 16 janvier, nous quittons St Martin pour une escale à Anguilla (10 milles).

On quitte la lagune en passant sous le pont de Sandy Ground. 
Ça passe!  Ouf! 

Il y a du vent : 20 noeuds et rafales à 25! Ça file : on fait des pointes à 9 noeuds avec un ris dans la grand voile et pas de génois.

En ce moment, les alizés soufflent en moyenne à 20/25 noeuds. C’est la période!

Notre mouillage à Anguilla. On retrouve cette eau si caractéristique et les tortues 🐢 qui font leurs apparitions régulières. 

Mercredi matin : départ pour les BVI (Iles Vierges Britanniques) avec le lever du soleil. Une grande journée de nav’, environ 75 milles.

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Publié le 27 janvier 2024

Petit retour sur Anguilla où nous avons eu le plaisir de faire une belle rencontre. On quitte le mouillage pour aller au supermarché du coin : 30 mn de marche le long de la route. Une voiture ralentit, s’arrête : « want a lift ? ». Hey, yes indeed ☺️! Et nous voilà véhiculés par un gentil îlien, installé sur Anguilla depuis 40 ans! Il nous dépose vers le supermarché… hélas chinois… On fait quelques courses car il nous restait des dollars Caraïbes et c’est la dernière île où on peut les dépenser, et nous voilà de nouveau sur la route : 30 mn prévues pour le retour. Surprise! Voilà ti pas que notre gentil chauffeur de l’aller est de retour : il ralentit, s’arrête, nous regarde et hop nous voilà repartis dans sa dodge déglingue ! En fait il nous dit qu’il est propriétaire d’un voilier (un très élégant deux mâts mouillé juste à côté d’Ariane!) Il a largement l’âge de la retraite mais continue à bosser et fait du charter. Sympa!

Navigation vers les BVI :

Vers 18 h, juste avant la tombée de la nuit, nous sommes arrivés par le nord-est sur Virgin Gorda, et étions ravis de trouver un mouillage abrité dans la grande baie de Gorda Sound, après une navigation en vent arrière avec de la houle, des grains et des rafales à plus de 30 noeuds! On les voit arriver avec le ciel qui s’assombrit, la mer qui commence à lever : on réduit vite fait la toile! Lors d’une rafale, un empannage « chinois » a cassé 1 poulie de l’écoute de grand-voile! On a pratiqué une réparation de fortune et 1 heure après 1 seconde poulie a lâché! Bref, un peu chaud!

L’archipel des Iles Vierges Britanniques est très joli : une petite mer intérieure avec des mouillages bien abrités où l’on peut faire du snorkeling. Cependant on voit moins de poissons et de diversité qu’en Martinique! Les îles sont très proches les unes des autres, du coup c’est vite fait de changer de lieu. Sur Virgin Gorda, on a adoré « The Baths », un entrelac de rochers granitiques que l’on parcourt les pieds dans l’eau, voire plus pour les aventuriers!

The Baths 
The Baths ♥️
On est bien chez nos amis les Britanniques! 

Après Virgin Gorda, escale matinale sur Jérusalem Island, snorkeling quotidien avec de belles langoustes 🦞 et nuit à Cooper Island. On progresse d’île en île vers l’ouest.

Dimanche 21 janvier, escale sur Salt Island. Déserte car tout a été détruit par Irma! Il y avait une exploitation de sel, avec un marais salant « Salt Pond » à l’intérieur, mais tout est à l’arrêt aujourd’hui!

Salt Island  
Salt Pond à gauche et Ariane au mouillage  

On quitte ce bien joli coin, pour passer la nuit sur Peter Island, dans la baie de « Great Harbour ».

Lundi matin départ pour Norman Island, l’île qui aurait inspiré Robert Louis Stevenson lorsqu’il a écrit son roman « l’île au trésor », du coup nous voilà partis à sa recherche… Du trésor, bien sûr! Poor Robert! He’s been dead for many years now!

On mouille près des « caves », des grottes sous-marines. Snorkeling sympa 😍 !

Ensuite déjeuner dans la baie d’à côté « the Bight », avec plein de bouées de mouillage. Très chouette! On décide de faire une randonnée modeste, bon il est 13h, il fait super chaud (29/30 degrés), on part sans eau! Des vrais pros!!! Mais la balade est superbe avec des points de vue top! Et les papillons qui volent tout autour de nous. Magique!

Balade sur Norman Island

Après Norman Island, on a fait un court arrêt sur The Indians où Antoine voulait faire un tour en snorkeling. De mon côté, je n’étais pas trop tentée.

The Indians : 3 ou 4 rochers qui se dressent fièrement en pleine mer. On s’amarre à des bouées. 

Escale de 2 jours à Roadtown, puis 2 autres jours à Nanny Cay (marina super luxe avec piscine, salle de bains privative avec WC perso! bien sûr climatisée!) Ça tombe bien car il y a des rafales à plus de 30 noeuds prévues à partir de mercredi et ça devrait se poursuivre jusqu’à samedi.

Ceci n’est pas une canne à pêche mais bien la latte cassée de notre lazy bag! Traversée de la ville… C’était pas la bonne adresse!

On a bien rentabilisé notre temps ici :

1) arpenter la ville pour changer une latte du lazy bag qui avait cassé,

2) refaire le système du chariot d’écoute de la grand voile, plus rachat de poulies,

3) tentative de changer le rouet de la pompe de transfert du réservoir du gasoil (hélas pas de rouet : ll faudra attendre les US). On est quand même content de faire marcher l’économie locale 😂!

Réparation du chariot et des butées. Évidemment le roulement à billes a joué quelques tours à Antoine… Tentative de fuite! 

À gauche le bricolage et à droite les professionnels!  

Anecdote du jour : Sur le ponton, Antoine a trouvé un billet de 20$ par terre qu’il a ramassé. Une voix officielle l’a interpellé « I saw you pick up a 20$ note, could you hand it to me, please ? We have to make a declaration ». Bref Antoine a dû laisser le trésor et on lui a promis qu’on le recontacterait si personne ne le réclamait! So funny 🤣 !

J’essaye d’apprivoiser un pélican! But no success! 

On quitte Nanny Cay samedi matin pour aller vers West End (clearance de sortie). Et on va aller passer notre dernière nuit à Cane Bay, paraît-il un des plus beaux mouillages.

Ensuite ce sera le grand saut vers les Bahamas : 550 milles nautiques. Direction Mathew Town sur l’île de Great Inagua où nous ferons notre clearance d’entrée : No joke with American officials!

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Publié le 8 février 2024
Carte des Bahamas 

Arrivée aux Bahamas (Great Inagua) jeudi 1er février vers 15h : 4 jours bien remplis!

Rétrospective sur la nav’ :

Lundi, un coulisseau de la grand-voile au niveau du 2 ème ris s’est cassé. Et zut! On réparera lors de notre prochaine escale. À l’arrivée, on s’apercevra qu’en fait un deuxième puis un troisième étaient cassés.

En début de soirée, je m’aperçois que la grand-voile pendouille lamentablement en bout de bôme. Cette fois, c’est la bordure qui a lâché : c’est le bout qui passe dans la bôme et qui sert à maintenir la grand-voile le long de la bôme. Du coup, on décide de prendre un ris dans la grand-voile en attendant de régler le problème au calme. On va naviguer sous-toilé.

Bordure et coulisseaux  

La « to do list » des réparations se prolonge!

Le mardi matin, bonheur : j’aperçois plusieurs jets d’eau et préviens Antoine qu’il y a des baleines. Il n’a pas le temps d’arriver : je vois une énorme masse s’élancer hors de l’eau qui laisse retomber avec force les 3/4 de son corps! Fabuleux! J’espère « un bis », mais Moby Dick décide de ne pas m’en montrer davantage.

Mercredi : temps très calme avec 5 noeuds de vent : on met le moteur. On décide également de s’offrir une douche.

 Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que …

On ne manque pas d’eau avec le dessal! Super, et la mer s’est bien calmée après les journées de lundi et mardi avec houle, mer croisée, des grains. Bof bof! Une impression de se trouver parfois dans une machine à laver. On est bien essorés, c’est sûr! Dans ces conditions, il est particulièrement difficile de se reposer la nuit.

Pour les quarts, je faisais le premier (20h-23h), ensuite Antoine (23h-2h), puis moi (2h-5h) et Antoine (5h-8h), et cela 4 nuits d’affilée. Comme nous dira notre fils Alex, à deux c’est plus des quarts mais plutôt des demis😂!!!

On n’hésite pas à s’offrir des courtes siestes journalières pour récupérer.

Enfin jeudi matin, on distingue l’île de « Great Inagua ». On a maintenant du vent mais dans le nez! On se traîne.

En jetant un coup d’œil sur les écoutes de génois, je n’en reviens pas de voir l’usure de l’écoute bâbord (celle qui est la plus sollicitée sur notre bord). Une sorte d’écoute « moumoute », pleine de peluche! Pénélope va pouvoir « filer la moumoute » lors de son prochain quart🤣! Trêve de plaisanterie, il va falloir investir et arrêter de faire des économies de bouts… de chandelle!

Écoute en mode peluche  

La valse des habitants du frigo :

Lorsque la mer s’anime, certains en profitent pour prendre la poudre d’escampette et changer d’étages dans le frigo. C’est comme ça qu’une des deux carottes a lâché sa copine et s’est retrouvée à l’étage du dessous. Il faut dire que sa copine commence à avoir une drôle de tête!!! « Marre de ta… trombine, je te quitte! » Ah le mal de mer des carottes et autres légumineuses🤣!

Presque seuls au monde!  

Amarrés le long du quai du petit port de Mathew Town sur l’île de Great Inagua. Pas très propre : c’est sans doute là que l’on va récupérer un paquet de bouts et amarres dans l’hélice!

Vendredi : bricolage et rangement le matin. Le bateau est recouvert de sel. On attendra Long Island.

Changement des trois coulisseaux  

On contacte un bahamien, Emmanuel qui va nous emmener voir les flamants roses (80 000 flamants), visiter Morton Salt (ancienne exploitation de sel). Des marais salants à perte de vue!

Flamants roses furtifs! 
Impression nuages flottants 

Emmanuel nous fait également découvrir une petite grotte, abri des premiers habitants de l’île : les Lucayans.

Grotte des premières peuplades  

Courte escale d’une nuit à la pointe sud ouest d’Acklins Island samedi 3 février, car du mauvais temps est prévu en début de semaine.

Beaucoup de pluie pendant la journée : on a récupéré une centaine de litres dans la grand-voile, qui a formé une poche étanche, peut-être due à un mauvais positionnement du lazy bag? On avait jamais vu ça avant. Il a fallu attendre qu’elle se vide progressivement.

Grand-voile avec sa poche façon kangourou.  

Arrivée à Clarence Town le dimanche 4 février. Nuit dans la baie bien protégée.

En essayant la marche arrière, on s’aperçoit que le moteur ne tourne pas comme d’habitude… Antoine plonge pour vérifier et trouve un méli-mélo de cordages coincés! Ouf rien de cassé et on a trouvé l’explication mais bon😏, on aimerait que l’aventure soit plus douce avec nous!

« Sac de noeuds » 

Lundi, on s’installe dans le port privé de Flying Fish Marina qui coûte une fortune (180$ la nuit!!) On y restera 4 nuits : coup de vent avec des rafales à 40 noeuds! On est bien☺️!

Hors de question de tomber à l’eau dans le port! Au retour de pêche, les bateaux balancent les déchets de poissons dans le port! Les clients sont là! Et ils « ont les crocs! » Et oui, ce sont bien des requins : des requins nourrices. Pourtant le « shark feeding » est interdit et les locaux sont mécontents, car ils ne peuvent plus se baigner de ce côté ci!

De belles bêtes : certains font plus de 2 m de long ! 

Nos voisins de ponton sont un couple d’américains charmants Pete and Judy, avec qui nous sympathisons très vite. On essaye de s’occuper pendant ces journées de mauvais temps.

Mais on a hâte de repartir vers les Exumas.

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Publié le 23 février 2024

Fin de séjour sur Long Island :

Vendredi : on part en balade le long de la plage et on atteint un joli trou d’eau ceint de rochers. Eau translucide, personne, Antoine s’offre une petite baignade (frisquet!). Je me promène et ramasse des coquillages.

Jolie piscine naturelle ! 

On aura le plaisir de voir arriver un couple de québécois bien sympa, Pierre et Anne, avec qui on fait le retour de notre balade. Et le soir apéro sur le bateau de nos gentils québécois avec deux vieux loups de mer qui nous racontent plein d’aventures🍹🍺.

Un regret, on n’aura pas vu le Deans Blue Hole : un trou d’eau spectaculaire de plus de 200 m de profondeur où se tiennent des compétitions internationales d’apnée.

Église catholique de Saint Peter’s, jolie maison et piscine de la marina (on n’a pas goûté à la baignade : trop froid!) 

Finalement on sera resté une 5 ème nuit à la marina. On trouve tous le temps long… On a très envie de sortir et on attend la fenêtre météo favorable.

On part enfin le samedi 10 février.

La sortie du port de Flying Fish Marina sur Long Island a été un peu musclée avec des vents traversiers qui nous ramenaient sur le cul des bateaux amarrés… Heureusement on avait toute une équipe de bras et de tête (6 personnes + nous deux) pour réussir au mieux la manœuvre. Ouf! We made it!

Thanks Judy, Pete, Ward… and the harbour master!

A great team ☺️ ! 

Belle navigation (15/20 noeuds de vent) vent de travers.

Arrivée sur Calabash Bay (nord de Long Island) vers 17h30. Très jolie baie et mouillage dans des eaux cristallines.

Le lendemain matin c’est dimanche, on part en annexe au fond de la baie où l’on laisse notre dinghy pour marcher à la découverte de Columbus Point à quelques kilomètres de là : personne sur la route! Un des multiples spots dans les Caraïbes où Christophe Colomb aurait débarqué…

Antonius and Clarius at Columbus Point ! 

Retour au bateau vers 10h30 et appareillage pour Glass Cay, petite île au nord de Great Exuma Island. On prend une passe (Glass cut) pour aller côté ouest du chapelet des îles des Exumas et mouiller côté Exuma Bank. A l’Est du banc des Exumas : c’est Exuma Sound. On trouve un mouillage dans 1m 50 de profondeur (heureusement c’est marée basse!) Et toujours du vent 18/20 noeuds.

Eaux cristallines et bière locale : la carib des Grenadines 😍 ! 

Lendemain matin, on repasse côté Sound (est) pour naviguer jusqu’à la passe qui nous intéresse : Galliot Cut. Dans « le cut » (la passe), beaucoup de courant contre, la mer lève mais en quelques minutes on est côté « Exuma Bank » et on va pouvoir naviguer dans des eaux très peu profondes jusqu’à Black Point, à la pointe nord de Great Guana Cay, où nous passerons une nuit paisible.

A perte d’horizon « bleu des mers du Sud » et beaucoup de bateaux : yachts luxueux et catamarans. Un côté paradisiaque!

Mardi départ pour une première escale à Bitter Guana Cay où l’on déambule parmi les iguanes curieux.

Les iguanodons !😉
Je suis bien : le ventre au chaud sur la pierre! Prière de ne pas déranger 

Un peu plus au nord, nous arrivons à Thunderball Cave où Antoine joue les Sean Connery en revisitant la scène du film Opération Tonnerre (Thunderball). Trop de courant pour moi, j’attends le retour de « James » (Bond) dans l’annexe! Pas très téméraire la James Bond girl!

Très belle grotte.

Thunderball cave  

Milieu d’après-midi, troisième escale sur Big Majors Spot (pig island). On débarque dans la Baie des Cochons! Ces derniers accourent en entendant l’annexe, certains nagent (oui ils nagent!) à notre rencontre. Vraiment insolites!

No rodeo! This is not Texas ! 
Arriba! Arriba!
Heureusement, pas de tentative de leur part pour grimper dans notre annexe! Antoine part se baigner avec « les locaux ». 
Chandeleur oblige, on s’offre une crêpe party avec cidre normand et confitures maison. 

On y reste la nuit et l’on surveille « une éventuelle attaque nocturne » des cochons😂. Inoffensifs, ils roupillent étalés sur la plage.

Mercredi départ pour Warderick Wells Cay dans le parc « Exuma Cays Land and Sea spark ». Jolie balade sur un chemin de randonnée et retour au bateau après snorkeling pour Antoine.

Squelette de baleine et lézards à queue recourbée  

Encore une nuit très paisible.

Jeudi matin, on quitte les Exumas pour Eleuthera Island à 60 milles, au nord est. Debout 6h! On passe le cut à 8h. Adieu les Exumas où les américains passent de longs mois d’hiver attendant que le continent américain se réchauffe avec le printemps. Ils ont du mal à comprendre pourquoi on remonte si vite vers la Floride! Je leur réponds que notre projet est bien plus vaste que la visite des Exumas. On a un programme à tenir! Ah ce fameux « schedule »!!! Alors la question de nos amis navigateurs revient « Mais pourquoi un tel programme si vous êtes à la retraite? » Et oui, pourquoi? Je leur réplique « on a un peu l’impression de voyager comme certains américains qui font une capitale par jour (Paris, Londres, Rome, Madrid, Berlin…) et rentrent chez eux en disant qu’ils ont vu l’Europe ».

C’est certain on ne perçoit pas la même chose lorsque l’on reste dans un endroit.

L’an prochain, quand nous repartirons, c’est sûr il y aura un programme d’escales mais pas de calendrier ! C’est trop contraignant à tenir! On s’adaptera selon les envies, la météo et notre bon plaisir!

Dernière escale dans les Bahamas : Eleuthera est une très jolie île et notre escale à Governor’s Harbour très paisible. Une balade le long de la baie, une visite finalement inutile au service immigration (qui nous dit que l’on n’a pas besoin de faire de clearance pour quitter les Bahamas et entrer aux US), quelques courses dans un magasin bien approvisionné, une visite de la ravissante bibliothèque « Haynes Library », fondée en 1897, un hamburger au Frigate bar (un petit coup de wifi indispensable).

Pour la petite histoire, la bibliothécaire demande si elle peut nous prendre en photo pour figurer sur le réseau local. On accepte bien volontiers. La célébrité au coin de la marina 😂!

Mouillage à Governor’s Harbour et charmante bibliothèque Haynes créée en 1897. 

Et hop on repart en navigation. CAP sur la Floride : 320 milles, 2 bonnes journées de mer. On est un peu pressé car des vents de nord sont annoncés et vont se renforcer à partir de dimanche soir sur la zone de Cap Canaveral. On sera mieux abrité!

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Au revoir les shorts. Retour des pantalons et polaires!

La fin de navigation (2ème nuit et matinée) a été particulièrement éprouvante, surtout pour Antoine qui a beaucoup nourri les poissons… Vent dans le nez (ça devient une habitude!), grosse houle avec courant du Gulf Stream (2 à 3 noeuds) opposé au vent (du coup une mer qui lève!) Beurk!

On est arrivé dimanche en début d’après-midi, fatigués et contents de se caler à Cape Marina, alors que le mauvais temps grondait.

De mon côté, j’ai filé faire la sieste.16h-20h30 : ce n’est plus une sieste! Antoine a courageusement tenu! Couchés tous les deux à 21h!

Lundi repos. On tente la visite à l’immigration, mais les bureaux sont fermés : c’est un jour férié fédéral « President’s Day », en l’honneur de la naissance de Georges Washington. On reviendra le lendemain.

Welcome to America! 

L’après-midi, on loue une voiture pour pouvoir se rendre au Kennedy Space Center le mardi, après notre visite aux autorités. On y rencontre 2 hollandais super sympa : Floris et Ivar, avec qui nous allons partager notre deuxième journée au KSC et une journée à découvrir la réserve naturelle « Merritt Island National Wildlife Reserve ».

Antoine, Claire, Floris and Ivar  

Le centre spatial KSC, créé en 1962 par la NASA, est passionnant. Un slogan qui donne tout de suite le ton : « Failure is not an option »! On y a passé 1 jour 1/2 à découvrir les différents programmes Apollo, les navettes spatiales, notamment « Atlantis ». On a eu la chance également de voir le lancement d’une fusée Space X avec une vingtaine de satellites à son bord (opération Starlink par Elon Musk). Très instructif.

Atlantis : 1ère mission en 1985. 33 vols dont le dernier en 2011
Happy Meal! On peut voir les bandes Velcro à droite sur le plateau pour fixer les couverts ou autres ustensiles. 
Pour dormir : on s’accroche! Et Zip ! La « viande dans le sac »! Rigolo de voir les bras qui flottent en apesanteur. 
Tenue d’astronautes au choix! Des roues très techniques sans pneus pour une meilleure adhérence lunaire! 
Gants de « bricolage » et moonboots! Très fashion dans les années 70!  

Après mûres réflexions, nous avons conjointement décidé d’aller faire un tour du côté de notre enfance. Welcome to Disney World in Orlando!

1 journée à Epcot et 1 journée à Magic Kingdom.

Epcot (Experimental Prototype Community of Tomorrow), ambitieux projet de Walt Disney fut inauguré en 1982, 15 ans après sa mort. Symbole de la philosophie de Mickey’s dad : promouvoir le progrès! Le parc se divise en deux parties : « Future World » qui exalte les mérites de la science et « World Showcase » qui vante la diversité des cultures. Vaste projet! Animations et bâtiments emblématiques viennent représenter qui le Japon, la Chine, la Grande Bretagne, l’Italie, le Mexique… en tout 11 pavillons de pays étrangers.

Splendide feu d’artifice tous les soirs. Retour à l’hôtel vers 22 heures. Les retraités sont épuisés!

Temps radieux! Reconstitutions très bien faites! 

Le lendemain, visite d’un deuxième parc : « Magic World », celui-ci axé vers les plus jeunes. On retombe brutalement en enfance! On se laisse emporter par Donald, Bambi, Blanche Neige et ses copains, la Belle au Bois Dormant et « sa petite maison »! Tout est grandiose, à la mesure du grand Walt! Côté tolérance gastrique, on évite les roller coasters et autres attractions remue-estomac! On a déjà notre dose en mer! On fera le petit train de la mine avec les gnomes «🎶 Heigh-Ho! On rentre du boulot…🎶 »

En avant pour la mine! Walt and Mickey in front of Sleeping Beauty ’s castle! 
Un avant-goût de la Louisiane  
La Grande Parade  
Bye-bye Mickey! 

On termine par la grande parade vers 16h. Enough is enough! Back to the marina around 8pm.

Samedi 24 : on part découvrir la réserve naturelle « Merritt Island National Wildlife Reserve » avec Floris et Ivar, qui se trouve sur le site gigantesque autour du Kennedy Space Center. Tout comme à Kourou, en Guyane, où ils ont créé une réserve naturelle dans les environs du centre spatial.

Beaucoup d’oiseaux et animaux : alligators, ratons laveurs, cochons sauvages, tortues… Une végétation riche également : des feuillus, des pins et des palmiers côte à côte! Sans oublier la mangrove. Surprenant!

Spatule très élégante  
Héron bleu  
Aigrette blanche 
Par ici la bonne pêche! 
Le cormoran. « T’as de beaux yeux tu sais! » . 
Jolie bête, l’alligator!  Admirez ma double rangée de dents! 

Samedi après-midi, on quitte la marina pour une nuit dans l’intracostal. On passe un pont, puis une écluse et on mouille juste à côté du ketch bleu d’Ivar et Floris. On aperçoit quelques lamantins sortir leur nez pour respirer. On se retrouve pour dîner autour d’une quiche gentiment préparée par Ivar et mousse au chocolat par Antoine. Une belle rencontre.

Dimanche, on quitte Cap Canaveral pour Saint Augustine.

Reduce speed : lamantins « manatees ». Passage de l’écluse puis du pont. 

Arrivée sur Saint Augustine lundi matin vers 8 h. Belle navigation sous les étoiles. Un petit oiseau est venu nous tenir compagnie quelques minutes à l’heure du dîner.

Passager clandestin à quelques milles de la côte 

Saint Augustine est une jolie ville où il fait bon déambuler dans son centre historique réhabilité et transformé en rues piétonnes. Ambiance très hispanique. Se dit la ville la plus ancienne des États-Unis. C’est Ponce de León qui y mena une première expédition au début du XVIe siècle.

Jolies maisons  
Flagler College et Villa Zorayda, inspirée de l’Alhambra de Grenade.

De manière surprenante, un matin on entend un bruit sec comme un couperet qui tombe au niveau de l’entrée du bateau. Les deux parties en plexiglas de la descente se sont désolidarisées! Heureusement on a réussi à recoller les deux et hop le tour est joué!

Notre entrée « guillotine » avant réparation par le Docteur Mourotin! 

Départ de Saint Augustine le vendredi 1er mars vers 9h : 130 milles.

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Publié le 10 mars 2024

Arrivée à Savannah samedi 2 mars vers 10h : 130 milles, avec une mer agitée et des vagues de 1m80! Heureusement ça s’est assagi en fin de navigation.

En remontant la Wilmington River sur une dizaine de milles vers la ville de Savannah : de belles demeures nous regardent passer. Quelques dauphins et pélicans nous accompagnent. Mouillage très paisible dans un des bras du fleuve, Herb River. On en profite pour réparer la bordure qui nous a encore lâché! En fait, on s’aperçoit que lorsque la bôme a été changée en juin dernier, les gars de Caraïbes Gréement en Martinique ont mal fait passer la bordure ainsi que les trois ris, du coup ils frottent dangereusement sur une pièce métallique et se sectionnent! Le problème est maintenant réglé! No comment sur l’équipe de Caraïbes Gréement du Marin…

On fait aussi une vérification de la girouette : je hisse prudemment mon capitaine, « confortablement » assis dans la chaise de mât. Toujours un peu d’appréhension à 20 m de haut!

Mouillage tranquille sur Herb River! Beaucoup de brouillard au réveil. 

Le lendemain matin, on poursuit notre remontée jusqu’à une petite marina très sympa : Thunderbolt Marine. Les installations (sanitaires et lavomatic) sont très pratiques. Nous avons même une voiture de courtoisie à notre disposition pour aller faire le plein de courses et autres plaisirs d’accastillage! Les autorités du port sont adorables. On va y rester 2 nuits. On sort les vélos et on part découvrir la ville de Savannah à 40 mn de là. C’est une ville organisée en quadrillage. Avec des squares (petits carrés verts sur le plan) disposés de manière symétrique.

Plan de Savannah. Pensée par le général Oglethorpe, un précurseur de notre baron Hausmann. 

Nous avons pris beaucoup de plaisir à sillonner les rues de la ville à vélo et à visiter plusieurs belles demeures.

Arcades de chênes verts drapés de lichens.  Splendides! Floraison d’azalées. 
On sort les vélos! 
Repas sympa au restaurant cubain « Columbia », recommandé par nos amis américains. Spécialités locales et très joli cadre! 
Jolies maisons construites en bois pour la grande majorité.  

On quitte Savannah mardi en fin d’après midi pour aller mouiller à l’embouchure de la Wilmington River, ce qui raccourcit notre étape du lendemain.

Mercredi 6 mars vers 7h du matin départ pour Charleston, à 90 milles au nord. On s’habille car il pleut et le temps n’est pas très engageant.

Chacun sa couleur! Et chacun son côté! Judy trouve que je fais très « frenchy » avec mes bottes et mon bonnet! 
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Publié le 24 mars 2024

Mercredi 6 mars : arrivée à Charleston sous la pluie et quelques éclairs vers 21h. On va mouiller juste à côté de Lucipara II et on retrouve avec joie Ivar et Floris arrivés depuis 1 semaine. On s’y reprend à plusieurs fois pour ancrer le bateau car il y a des épaves très proches complètement immobilisées par un mouillage sur plusieurs ancres qui s’est complètement emmêlé et bloqué avec le temps!

Le lendemain, Floris et Ivar nous invitent à venir prendre un café et nous donnent de précieuses informations sur la visite de la ville. On les quitte avec des brochures, des plans et des conseils avisés. Adorables!

Les débuts de Charles Town, la future Charleston 

Charleston est une ville qui ressemble à Savannah : beaucoup de belles demeures qui datent de l’époque des plantations et qui ont été restaurées au début du XXe siècle. C’est un plaisir de s’y promener.

Des arbres splendides et de jolies demeures 
Architecture très particulière avec ces portes d’entrée qui donnent directement sur la terrasse. 

L’emblème de l’état de Caroline du Sud c’est le « palmetto tree », symbole de résilience avec ses racines profondément plantées dans le sol. On les voit partout en ville. Au moment de la guerre de sécession, on trouve le croissant de lune sur le devant des chapeaux de certains militaires. C’est la Caroline du Sud qui fera sécession en premier : elle quitte les états du nord. La guerre de sécession (1861-1865) gronde.

Drapeau de la Caroline du Sud  : symbole du mouvement sécessionniste 

Pendant ces quelques jours, nous avons sillonné la ville (bus gratuit) et beaucoup visité. Des maisons particulières et quelques musées.

« The Old Exchange and Dungeon Provost Museum », un des plus anciens bâtiments utilisés comme prison et poudrière. Visite guidée intéressante qui retrace l’histoire de la ville et de la résistance pendant la guerre de sécession. A l’époque coloniale, Charleston était un des ports les plus actifs et des plus riches.

Un autre musée passionnant qui vient d’ouvrir en juin 2023 « the International African American Museum » et qui est entièrement dédié à l’histoire de la population afro-américaine depuis les débuts de l’esclavage jusqu’au 21 ème siècle. Architecture très moderne : spacieux et interactif avec de nombreux témoignages poignants. Pour mémoire, 40% des esclaves ont débarqué à Charleston!

Chronologiquement, l’esclavage a d’abord servi la culture de l’indigo, puis du riz et du coton. Après les ravages de la guerre de sécession, l’économie est exsangue et les rizières complètement à l’abandon. Il faudra plusieurs décennies pour redresser la situation économique, cette fois sans les esclaves! Et le riz sera abandonné et remplacé par le coton.

On visite aussi le musée d’art « Gibbes Museum of art» qui nous déçoit un peu. On attend Washington pour ses riches collections de peinture!

Des repas qui changent. Et beaucoup de fruits de mer! On se régale! 
Grits and shrimps : spécialité de Caroline.  
Joli intérieur d’un notable local, à la fois homme politique et planteur. Le range-cuillère : une trouvaille! Bien sécurisé! 

Lundi 11 mars, on part visiter une ancienne plantation « Middleton Place » avec un parc magnifique et de superbes magnolias en fleurs.

Toujours ces chênes drapés de lichens et des azalées colorées. 
Camélia forever!  

A Middleton, je retrouve les traces d’un ancêtre du côté de la famille Pluchet, André Michaux, botaniste et explorateur nommé botaniste royal par Louis XVI et envoyé aux États-Unis à l'automne 1785 afin d'y rechercher des arbres et des plantes utiles pour enrichir les forêts, les parcs et les jardins de France. André Michaux offrira à la plantation une des espèces de camélias, la Reine des Fleurs. Il y a aujourd’hui plus de 4000 variétés de camélias dans le parc!

Départ de Charleston mardi 12 mars à midi, après avoir attendu 1 heure pour faire le plein de gasoil! Prochaine escale : la gigantesque baie de Chesapeake à Hampton pour y attendre Sophie, la sœur cadette d’Antoine. On est super content d’avoir la visite de nos proches. En attendant, on a 430 milles devant nous : 3 jours de nav’! La fenêtre météo s’annonce bien. Il faut passer le cap Hatteras où nous ne nous arrêterons pas.

Mercredi matin, en pleine mer, on entend subitement un boum sur la coque! Étant à l’extérieur, je regarde autour et vois partir un cétacé, 4/5 mètres de long accompagné de son rémora qui a été détrôné par son fidèle destrier. Je le vois s’éloigner, suivi de son copain Nemo, il ne semble pas blessé? Ouf! De notre côté, rien! Merci l’aluminium!

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Arrivée le vendredi 15 mars vers midi. On y entre en passant au dessus du pont tunnel de Chesapeake Bay qui fait quand même 37 km de long entre les deux berges! Il y a deux accès pour les bateaux : un tunnel au nord et un au sud. On devait être fatigué car on s’est dirigé vers l’accès nord… Du coup, on vire de bord et hop on se redirige vers l’accès sud. On croise des hydroglisseurs militaires hyper rapides. Il faut dire que la ville de Norfolk se trouve tout près : c’est la plus grande base navale au monde avec 60 000 civils et militaires!

Samedi opération location d’une voiture. Passage à l’ « Information Center » où l’on récupère un sac plein de dépliants sur les sites historiques incontournables à découvrir dans les environs. Et il y a de quoi faire! La Virginie : une des premières destinations des colons européens. Un condensé de l’histoire américaine!

Ensuite direction Norfolk pour trouver un shipchandler : on cherche toujours des coulisseaux, une nouvelle drisse de grand-voile. On repart avec de quoi refaire les lazy jacks qui sont usés. Ariane prend de l’âge : déjà 12 ans! On commandera les coulisseaux sur internet et la drisse en France. On la fera livrer à New York chez notre ami Rasoka : moitié moins chère!

Dimanche, cap sur les traces de Thomas Jefferson avec la visite de la résidence qu’il mettra 40 ans à construire « Monticello ». Personnage plus qu’ambigu : planteur, architecte, homme politique, 3ème président des États-Unis, un des principaux rédacteurs de la Déclaration d’indépendance en 1776 « all men are created equal… ». Mais… aussi propriétaire de plus de 600 esclaves tout au long de sa vie, alors qu’il déclarait en public que l’esclavage était « une dépravation morale ».

Monticello  : demeure de Jefferson

Mardi visite du Chrysler Museum of Art à Norfolk avec une jolie collection d’objets en pâte de verre : lampes, vases, plats décor art nouveau façon Daum ou Gallé. Très chouettes.

Très jolis vases   
Objets style Art Nouveau  
James Tissot et Auguste Renoir

On récupère Sophie à la gare en fin d’après midi. On est super content d’avoir la visite de la famille 😍. Sophie va rester 3 semaines et nous accompagner pour une partie de la remontée de la Chesapeake Bay et du fleuve du Potomac jusqu’à Washington.

Retrouvailles familiales 

Mercredi (20 mars), nous nous dirigeons vers Jamestown, une des premières colonies établies en 1607. Des débuts de colonisation difficiles : 104 marins anglais débarquent en mai pour s’y installer. Trop tard en saison pour planter et mettre en place des cultures, la colonie va perdre 38 hommes la première année. Morts de faim, de maladie…Une hécatombe malgré l’aide de la célèbre indienne : Pocahontas.

Comme d’habitude, un musée très pédagogique avec des reconstitutions extrêmement bien réalisées. Films, maquettes de bateaux de taille réelle, figurants diserts. On y passe une grande partie de la journée.

Répliques de deux des trois navires arrivés en1607! Au ponton du Jamestown Settlement. 
Intérieur d’un wigwam des premiers habitants, les « native Americans ».  
Le printemps arrive!  

Jeudi, on se dirige vers la ville de Richmond à 150 km de notre marina.

L’après-midi, visite du « Lewis Ginter Botanical Garden », avec une très belle serre où l’on découvre une multitude d’espèces d’orchidées. Et surtout un joli jardin style japonais.

Antoine et Sophie  

Vendredi visite de Yorktown : plongée dans la guerre d’indépendance (1775-1783) entre l’Amérique et la Grande Bretagne. Au grand dam des britanniques, l’indépendance est déclarée en 1776 par les colons américains. En 1781, se tient la célèbre bataille de Yorktown qui oppose les insurgés américains et leurs alliés français commandés par le comte de Rochambeau ainsi que le marquis de Lafayette aux britanniques menés par Lord Cornwallis. Après 21 jours de combat, ce dernier se rend avec le quart des forces britanniques engagées dans la guerre. La bataille annonce la défaite certaine de la Grande Bretagne, mais il faudra attendre le Traité de Paris de 1783 pour que la Grande Bretagne reconnaisse l’indépendance de ses 13 colonies.

Dimanche on roule vers la côte atlantique sud du côté de Virginia beach, station balnéaire peu séduisante. Nous décidons de descendre du côté des « outer Banks », paradis des oiseaux et autres amphibiens.

Lundi passage rapide chez Westmarine, notre shipchandler favori. On rend la voiture de location et programme lessive et farniente l’après-midi. Le soir, on essaye la bière de la brasserie juste à côté de la marina : je me lance pour une jalapeño! Voilà ce que c’est de prendre des risques sans bien comprendre l’espagnol! Le jalapeño est un petit piment. Redoutable dans ma bière! Souvenir brûlant!

Mardi 26 mars au matin, départ d’Hampton. On commence notre remontée de la Chesapeake pour mouiller à Deltaville, sur la côte ouest. Il fait très froid 6 degrés et un ressenti bien moindre 🥶! On se couvre : vestes de quart, pantalons de voile, bonnets, gants, polaires… On a l’impression de partir en rando à ski!

Bien emmitouflées! 

Nuit paisible dans une jolie petite baie entourée de maisons les pieds dans l’eau. Des vols d’oies du Canada, très élégantes avec leur long cou noir, passent et repassent au dessus de notre mouillage. Sympa.

Oie du Canada  
Soirée raclette bien sympa avec nos poêlons qui fonctionnent à la bougie chauffe plat!  

Puis nous atteignons le Potomac : nos escales seront Canoe Neck Creek et Aquia Creek, cette dernière où nous passerons 2 nuits et d’où nous irons visiter Fredericksburg, haut lieu des batailles entre les deux célèbres généraux Lee (sudiste) et Grant (nordiste).

Coucher de soleil sur Aquia Creek : silence and solitude. 
Fredericksburg : restes du fossé creuser pour protéger les troupes américaines. Les premières constructions de tranchées.
Baie de Chesapeake  
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Samedi 30 mars arrivée à Washington DC. On mouille pas très loin du Wharf, quai qui a été récemment réhabilité et qui est devenu l’endroit branché avec de nombreux bars et restau! On traîne un peu et on découvre le fishmarket où nous irons plusieurs fois nous ravitailler en crabe.

Le fish market et les crabes bleus locaux  
Building spectaculaire sur le quai : équilibre étonnant!  

On a appris le mardi 26 mars que le pont, Francis Scott Key Bridge, juste avant le centre de Baltimore s’est effondré en pleine nuit après la perte de contrôle d’un porte containers ayant percuté une des piles! Heureusement le bilan n’est que de 6 victimes. Des milliers de personnes l’empruntent chaque jour!

Ivar et Floris, nos compagnons hollandais, nous informent être mouillés côté centre ville et sans doute bloqués pour un moment! On ne sait pas si nous pourrons y aller.

Effondrement spectaculaire du Francis Scott Key Bridge à Baltimore, heureusement de nuit. 

C’est le weekend de Pâques et nous sommes au cœur du « National Cherry Blossom Festival » 🌸. La ville est splendide, recouverte de cerisiers en fleurs.

C’est en 1912 que le maire de Tokyo offrit 3000 cerisiers à la capitale pour souligner l’amitié entre les deux pays.

National Cherry Blossom Festival in Washington DC 

Dimanche de Pâques : excursion découverte en bus « hop on hop off », toujours sympa pour une première approche d’un lieu.

Balade sur le Mall qui s’étend sur 3 km avec les nombreux mémoriaux.

Le Mall 
Le Mall pris du Lincoln Mémorial : célèbre lieu où s’est tenu le discours de Martin Luther King « I have a dream » en 1963.

L’après-midi, découverte du gigantesque cimetière militaire d’Arlington avec plus de 400,000 tombes : des stèles blanches à perte de vue, comme en Normandie. C’est un lieu dédié à la mémoire de tous ceux qui sont tombés depuis la guerre de Sécession (1865). On prend pleinement conscience du rôle des américains comme « gendarmes du monde ». Pour n’en citer que quelques-unes les deux guerres mondiales, celle de Corée, Vietnam, Afghanistan, Irak… Que de tristesse!

Cimetière militaire d’Arlington 

C’est également là que JF Kennedy et sa femme Jackie sont enterrés. De nombreux américains viennent leur rendre hommage.

Lundi de Pâques visite du « Museum of American History » : histoire de l’énergie, des transports, de l’habitat américain, du mode d’alimentation… Très intéressant. Avec beaucoup d’anecdotes.

Locomotives rutilantes et gigantesques 
Ces signaux évoquent les nombreux westerns que j’ai vus où la gare était un lieu de convergence ! Le train sifflera 3 fois… 
Jonction ferroviaire transcontinentale ouverte en 1869 : les noirs œuvraient à l’est et les chinois à l’ouest. 

Mardi, balade dans le quartier résidentiel de Georgetown où l’on visite la très riche galerie de peintures « the Philips Collection ».

Pierre Bonnard 
Le déjeuner des canotiers d’Auguste Renoir  

Mercredi visite de la « National Gallery of Art » : la peinture on adore! Nombreuses toiles de l’école hollandaise, peintres français, anglais et bien sûr américains.

Autoportrait de Rembrandt (il en a fait tellement !) et Jan Steen 
Claude Monet 
Joseph Mallord William Turner (britannique)
George Bellows (américain) 
Winslow Homer  (américain) 
George Caleb Bingham (américain) 
Superbe : la houle d’Edward Hopper (américain)

Jeudi matin visite privée du Capitole avec Joe, guide officiel, que l’on avait rencontré dans la marina et qui nous a gentiment proposé de l’accompagner car il organisait une visite pour une amie. 3h30 de visite passionnante d’histoire des États-Unis avec commentaires sur les nombreuses statues (il y en a 2 autorisées par état, donc 50 statues, mais au départ pas de choix de statue possible pour Washington DC qui n’est pas un état)!

11 000 personnes visitent ce lieu chaque jour. Les dimensions sont gigantesques : 500 m de long sur 400 m de large pour une surface de 139 354,5 m2. Et 88 m de haut : aucun bâtiment dans la ville n’est autorisé à la construction au delà de son sommet. C’est le centre de la ville, de là où démarrent les noms des rues et avenues (first street, first avenue, etc…)

Le Capitole et notre « team » pour la visite guidée 
Constamment agrandi par des ajouts de bâtiments au fur et à mesure de la création des états. 
Le point zéro!  

Jeudi soir concert au John Fitzgerald Kennedy Center. Au programme Requiem de Fauré et 2 petites pièces. Un régal!

On s’offre un verre de vin blanc à l’entracte : hérésie pour notre honneur national!!! Ils nous le servent dans un gobelet en plastique!!! Tout juste si l’on n’a pas une paille!!!

Horreur, malheur ! 

Vendredi on prend un Uber pour aller à Alexandria, ville pittoresques sur les bords du Potomac. Balade très agréable.

Jolies maisons colorées : tiny one!  
Super repas à l’Old House Cosmopolitan avec des spécialités allemandes : une escalope panée pour monsieur! Délicieux. 

Après midi sur les traces de George Washington. Découverte de sa résidence à Mount Vernon sur les bords du Potomac.

Homme hors du commun. Il est connu pour être le 1er président américain, commandant en chef de l’armée continentale lors de la guerre d’indépendance, président de la Convention et…. fermier. A la fin de sa vie il se passionne pour le jardinage.

Mount Vernon  
Vues sur le Potomac de Mount Vernon  
Éventail imaginé par l’ingénieux George Washington. Il est actionné par une pédale.  

Samedi 6 avril : grand jour! Alice est née il y a 30 ans. Happy birthday to you 😍. !

Et dernière journée avec Sophie 😔

Visite du musée de l’aviation « Steven F. Udvar-Hazy » avec des hangars gigantesques. Des avions à perte de vue : 🎶des tout-petits, des gros, des maigres 🎶. Antoine est à son affaire.

Attention! Un avion peut en cacher un autre!  
Avion furtif : vue de face et vue de derrière  
Capsule d’Apollo 11 qui a emmené sur la lune Neil Armstrong, Edwin "Buzz" Aldrin et Michael Collins en juillet 1969.

Dimanche : désorientés après le départ de Sophie la veille, on glandouille toute la journée!!!

Lundi matin : on s’offre une coupe de cheveux en couple. Nouvelle expérience!

New hairstyle!  

Puis on arpente la très belle avenue des ambassades : la Massachusetts Avenue. Des styles d’architecture très différents.

Belle surprise lorsque l’on découvre la cathédrale néogothique construite entre 1907 et 1990. Avec des gargouilles pittoresques : même Dark Vador est là😂!!!

Washington National Cathedral 

A 15h, une éclipse du soleil est prévue : on va l’observer près du Jefferson Memorial. 83% du soleil est occulté : la luminosité baisse progressivement et les oiseaux cessent de chanter.

Photo prise avec l’iPhone d’Antoine. Il y avait un halo de nuages qui gênait le professionnel.  

Les jours suivants, nous sortons les vélos et parcourons la ville sous le soleil qui nous réchauffe enfin.

Un petit tour à l’ « American Indian National Museum ».

Un autre tour vers la sculpture impressionnante de l’Iwo JiMa Memorial.

Iwo Jima Memorial 

On découvre aussi le métro de Washington.

Station de métro « mode quadrillage bétonné » à Washington. 

Après 2 jours de vent fort, où nous avons été très gentiment invités à mettre Ariane au ponton gratuitement, nous quittons Washington le dimanche 14 avril où nous aurons passé 2 semaines très culturelles!

Ariane au ponton  
On dit au revoir à Sierra : adorable accueil au bureau de la marina. Et hop un p’tit hug à tous les deux! 
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Après Washington, on redescend le Potomac plus vite qu’à l’aller : une seule escale à Upper Machadock, une jolie crique.

Navigation mode sans vent sur le Potomac.  

Puis une nuit sur la côte orientale de la Chesapeake devant Asquith island avec un gros front orageux menaçant. Il faisait 30 degrés dans la journée!

Mardi soir arrivée dans le joli port de St Michaels, toujours sur la côte orientale. Visite du musée maritime centré sur la pêche aux crabes bleus et au ramassage des huîtres par dragage. Il faut aller de plus en plus profond pour les trouver à cause de la surpêche.

Pas de parcs à huîtres dans la Chesapeake. Le ramassage se faisait par ratissage et aujourd’hui par dragage.
Phare de St Michaels : il a été déplacé à terre pour être mieux préservé. 
Ariane au mouillage de St Michaels  

Déjeuner au « Crab Claw ». La serveuse pose un set de table explicatif devant moi et je découvre la manière d’ouvrir les crabes « à l’américaine » puis elle me demande « Do you need a bip? » et me voilà affublée d’une bavette à poches 😂!

Waiting for the crabs ! 
Mon set de table… avant dégustation!
Opération dégustation de crabes : le bonheur! Pas de casse-noix mais un marteau en bois! Les crabes n’ont qu’à bien se tenir! 

On les déguste chaud saupoudrés d’épices un peu forts, accompagnés de vinaigre et d’une sauce tomate épicée. J’ai goûté, mais voilà je les préfère largement à la mayonnaise!

Visite du musée maritime qui retrace l’histoire de la pêche dans la Chesapeake.

J’adore la description du corps du crabe d’un point de vue architectural : les mecs avec « The Monument » Et les nanas «The Dome »
 Et quand il mue, plus aucun respect de la part du pêcheur! Hey you, b….! 
Je le savais ! Tout s’explique par les huîtres! Je suis né un homme, puis insatisfait je deviens une femme et bête ment ça dérape!...
Thomas Point Shoal lighthouse sur la Chesapeake, construit en 1875. Toujours sur ses fondations depuis cette date. Unique! 

Jeudi 18 cap sur Annapolis. Ville de taille modeste (60 000 habitants), située sur la Severn River, connue pour abriter le plus grand salon nautique de la côte est, mais aussi la plus grande université militaire formant les officiers de la Navy (4000 étudiants, 600 instructeurs) : l’USNA « The United States Naval Academy ».

Surtout la ville a beaucoup de charme, avec ses bâtiments en brique d’époque, l’absence de tout immeuble élevé, ses jolies boutiques et restaurants.

Antoine devant l’USNA!  

The United States Naval Academy est une ville dans la ville. Elle est ouverte aux visiteurs et on peut se promener librement dans le campus et visiter une partie des bâtiments. C’est dans le pavillon Preble qu’est conservée une des plus belles collections au monde de maquettes d’époque, entre 1650 et 1850.

On y trouve également une collection inouïe de bateaux sculptés dans des os, par les français prisonniers de guerre (POW) des anglais dans des conditions déplorables, dans les années 1800. Très émouvant!

Splendides maquettes de navires en os et en bois  
Ravissant et d’une grande finesse. 
Inondation à Annapolis. Les canards s’emparent des lieux et voguent sur le parking! 

Dimanche 21, on loue une voiture pour nous rendre à Baltimore car il n’existe pas de transport en commun pratique pour la journée. Visite du Baltimore Museum of Art. Encore un musée d’une grande richesse.

Masques africains et élégante monture! 
Mosaïques d’Antioche (V ème et VI ème siècles) 
Henri Matisse  

Ce musée détient la plus grande collection mondiale de toiles de Matisse. La plupart des œuvres du musée proviennent d’une collection privée constituée au XXe siècle par les sœurs Claribel et Etta Cone, qui en firent don au musée à leur mort. Très généreuses donatrices!

Reconstitution d’une pièce de l’appartement des sœurs Cone. Que d’œuvres d’art! On ne sait plus où donner de la tête! 
Van Gogh et Pierre Bonnard 
Georgia  O’Keeffe
Verres Tiffany, réalisés par les ateliers Tiffany de New York au début du XX e siècle. 
Menu chez Phillips seafood. Crabcakes délicieux, crevettes et cabillaud panés. 

L’après-midi, direction l’aquarium. Affluence annuelle : 1,6 millions de visiteurs, 10 500 spécimens de 560 espèces différentes. On a du choix! Le bassin avec les requins, raies et tortues est un régal à regarder.

Les “jellyfish” nous absorbent également!

On ne peut s’empêcher de prendre son temps à les admirer. On est comme : médusés! 

Les grenouilles se sont mises sur leur 31!

Grenouilles provenant de la forêt équatoriale.  
Bateau phare et trois mâts sur le port de Baltimore 

Ci-dessus l’USS Constellation, dernier navire de guerre à voile construit au XVIII siècle encore à flot et le bateau feu de l’entrée de la baie de Chesapeake.

Lundi 22 avril : petite rando dans le parc d’Hillsmere Shores Park. Temps radieux, ça fait du bien! Mais on garde quand même les pulls!

Visite du Capitole et de la très jolie maison William Paca House and Garden l’après-midi.

Mercredi 24 avril, nous quittons Annapolis à regret et faisons escale dans une petite crique de la Sassafras River.

Improbable visite d’un couple de canards se dandinant sur le toit d’Ariane! Ravissante « Turner Creek » sur la Sassafras River.

Jeudi 25 : adieu la Chesapeake. Direction l’estuaire du Delaware en empruntant le CDC (Chesapeake and Delaware Canal), bien pratique pour ne pas avoir à redescendre la Chesapeake! Creusé entre 1824 et 1829, il fait 23 km de long et 130 m de large. On croise quelques cargos, méthaniers et autres monstres de la navigation! On ne s’attarde pas!

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Après une nuit sans intérêt sur le fleuve du Delaware, nous arrivons Vendredi 26 avril à Philadelphie où les marinas sont encore fermées. Finalement c’est la marina de Pier 3 qui va gentiment et généreusement nous accueillir pendant les 5 prochains jours.

Pier 3 Marina : back to « civilization » for Ariane! Coincée entre 2 immeubles d’habitations. Pas très fun! 

Lors de notre remontée du Potomac et du Delaware, nous croisons de nombreux OFBI (objets flottants Bien identifiés !) : branches, troncs d’arbres de plusieurs mètres de long. Vigilance, vigilance!

Nombreuses rencontres avec des OFNI (objets flottants non identifiés) 
Navigation tranquille 

Première capitale d’Amérique. Aujourd’hui sixième ville des États-Unis par sa population, Philadelphie est une cité cosmopolite et contrastée. La ville a aujourd’hui retrouvé son dynamisme, après une crise économique sévère dans les années 60/70.

Samedi, visite du Philadelphia Museum of Art. Encore une fois, nous nous régalons de découvrir la richesse des peintures, mais aussi des sculptures et autres objets surprenants…

De manière amusante, le peintre Charles Willson Peale, qui a eu 11 enfants dont 7 ont survécu (belle prouesse) avec 3 épouses!, a donné à sa descendance des noms d’artistes ou personnages célèbres. 4 peintres de renom : Rubens, Raphaël, Rembrandt, Titien I et Titien II, parmi lesquels 3 devinrent des peintres reconnus! 1 autre fils fut appelé Benjamin Franklin! Illustre famille et artiste de père en fils!

La Dynastie Peale!  
Peintres anglais : Gainsborough et Turner  
Peintres américains : John Singer Sargent et Thomas Eakins 
Peintre américain : Daniel Garber. Délicatesse et transparence. 
Étonnante toile façon trompe-l’œil de Charles Willson Peale. Lui aussi avait installé une marche pour maintenir l’illusion! 
Reconstitution du cloître de l’abbaye Saint-Génis-des-Fontaines dans le Roussillon. 
Luxueuse cage appartenant à la dynastie Quing (chinois). Les rangées d’anneaux sont en jade blanc, très rare. Un chien comblé! 

Dimanche, on part en vélo sous un soleil de plomb! 30 degrés sont attendus. On laisse un peu la peinture de côté et direction les bâtiments historiques. Antoine est ravi : il adore l’histoire!

Beaucoup de fresques murales à Philadelphie que l’on découvre au détour d’une rue avec nos vélos.

American murals  

Philadelphie est non seulement la ville où la Déclaration d'indépendance et la Constitution ont été signées, mais également un haut lieu de la révolution américaine. On n’ira pas voir Liberty Bell, car il faut sortir ses deniers, faire la queue! Tout ça pour une cloche fendue 😂!

On choisit Congress Hall, c’est là que George Washington, premier président d’Amérique, a prêté serment pour son deuxième mandat en 1793. On est fan du Grand George!

Congress Hall qui abrita le parlement des États-Unis de 1790 à 1800. Il déménagea ensuite à Washington. 

Le midi, on part déjeuner dans le marché emblématique du centre ville « Reading Terminal Market » et déguster « un délice local »! Le « Philly cheesesteack »!

Sandwich composé de fines tranches de viande de bœuf, couvertes de fromage fondu, et servies dans un petit pain. Parfois agrémenté d’oignons grillés ou de champignons. Copieux!


Philly cheesesteack, sandwich composé de viandes et servi avec quelques cornichons aigres-doux. 
Effervescence au Reading Terminal Market : il y en a pour tous les goûts! 

L’après-midi, visite du très intéressant musée de Benjamin Franklin : imprimeur, éditeur, écrivain, naturaliste, humaniste, inventeur, abolitionniste et homme politique américain. Un véritable génie! Connu pour avoir inventé le paratonnerre, il est aussi à l’origine de l’invention des lunettes bifocales. Il faut dire qu’il en avait un réel besoin pour pouvoir poursuivre ses travaux jusqu’à l’âge de 81 ans. Il a vécu de nombreuses années en France où il a été ambassadeur.

Benjamin Franklin peint par Charles Willson  Peale. 

Lundi 29 avril, nouvelle visite de musée : cette fois-ci la Fondation Barnes. Une collection fabuleuse : 181 œuvres de Renoir, 59 de Matisse, 46 de Picasso, 21 de Soutine, 18 du Douanier Rousseau… Les chiffres donnent le vertige : 2000 objets et 800 peintures sont repartis dans une vingtaine de salles. On ne sait plus où donner de la tête! Les murs sont couverts de toiles!

Le gros travers, c’est quand même l’absence de panneaux identifiant les toiles. Tout se passe avec des QR codes qu’il faut flasher devant chaque toile. Chacun est sur son portable et ne regarde plus les peintures!

Chaïm Soutine et le Douanier Rousseau
Van Gogh  
Jérôme Bosch 
Claude Monet  
Peintre américain : William James Glackens  

Mardi, nous louons une voiture. Objectif « Retour vers le… Passé ». On part découvrir le district du Lancaster : le pays des Amish.

Ici, le temps est suspendu! Chassés de Suisse puis d’Allemagne , les Amish se sont établis au XVIIIe siècle en Pennsylvanie, terre de tolérance religieuse. Ce sont des gens ordinaires (se désignent comme « plain people »), pacifiques qui parlent un dialecte allemand. Ils vivent à l’écart du monde moderne et se consacrent à des activités agricoles. Excellents fermiers, leurs exploitations agricoles comptent d’ailleurs parmi les plus productives du pays!

Refusant le progrès, ils se déplacent en voiture à cheval, en buggy (calèche sommaire et fermée de couleur noire) et produisent leur propre électricité. Un autre monde.

Buggys, vente de produits de la ferme, enfants qui rentrent de l’école et travail de la terre comme autrefois. 
Buggy. Antoine semble très intéressé par ce moyen de locomotion respectueux de l’environnement . Admirez les manettes! Superbes! 
Ils n’utilisent pas de vélos avec des pédales (trop rapides), mais une sorte d’hybride entre le vélo et la trottinette. 
Production artisanale de jolis quilts par les femmes Amish. 

Une règle d’or pour la communauté Amish : on ne les prend pas en photo de face, juste de dos. Cette règle s’applique aux adultes et non aux enfants. Étonnant!

Coté mode et dans un souci de modestie, les femmes ne portent que des robes de couleur unie, qu’elles couvrent d’un tablier noir, elles n’ont aucun bijou et retiennent leurs cheveux en chignon. Les femmes mariées portent une coiffe blanche, les célibataires, une coiffe noire.

Pour les hommes, ce n’est pas plus sexy! Chemise à manches longues unies, pantalon noir accessoirisé d’une jolie paire de bretelles, « suspenders » en anglais (j’adore l’expression!) et un chapeau de paille ou feutre.

« Fashion week » chez les Amish.

Bien sûr, quand vient le jour de la lessive, il n’y a pas trop de problème de couleurs qui dégorgent!

Jour de lessive! Bien pratique ce système de poulies pour étendre son linge et le récupérer en un seul endroit! 

Mercredi 1er mai, ça bosse en Amérique!

Tout est ouvert et on a réservé la visite d’Independence Hall. Site incontournable pour la prof d’anglais! C’est là que fut signée la Déclaration d’indépendance en 1776 et fut rédigée, débattue et adoptée la Constitution américaine en 1787. Les principes universels de liberté et de démocratie énoncés dans ces documents sont fondamentaux pour l’histoire américaine et ont eu un profond impact à travers le monde depuis leur adoption.

Independence Hall  : THE PLACE TO SIGN! 

L’après-midi, je convaincs Antoine d’aller voir un jardin japonais, souvent très chouette aux USA. En route, ou plutôt en « piste cyclable », pour les jardins de Shofuso.

Shofuso Japanese Garden  

Jeudi 2 mai, après presqu’une semaine, on quitte Philadelphie et on amorce notre descente du fleuve Delaware.

Pont sur le fleuve Delaware. 

Il fait un froid de canard! Vendredi soir on mouille à North Cape May, dans l’estuaire du fleuve et le lendemain matin, on contourne Cape May pour aller mouiller dans l’avant port de la charmante petite ville du même nom, une des plus anciennes stations balnéaires du littoral atlantique. On se repose! On copine avec Jean-Pierre et Domi, un couple d’ardéchois sur leur catamaran Kayali. Bien sympa.

Le dimanche, balade en vélo et découverte de la ville sous un temps gris et humide.

Bien emmitouflés! En mai, tu ne fais pas toujours ce qui te plaît! 
Jolies maisons victoriennes multicolores de Cape May  

Lundi 6 mai, départ pour New-York vers 11h avec 130 milles à parcourir et une nav de nuit. Calme plat, on peut cuisiner tranquillement.

Notre déjeuner : linguines aux crevettes et calamars préparés  par Antoine. Délicieux 😋

Pas de vent! On fera hélas presque toute la route au moteur! En fin d’après-midi, la brume tombe! Beurk!

Visibilité vraiment réduite. Heureusement la brume se lève avec la nuit qui tombe. 
Navigation de nuit  
Pont Verrazano à l’entrée de la baie de New York. 

7h30, nous passons sous le pont Verrazano, sous un ciel sans nuage. Au loin, les gratte-ciel de Manhattan se dessinent. On en rêvait depuis si longtemps de cette arrivée avec Ariane dans cette baie mythique.

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Ça y est! Mardi 7 mai : on y est!

Arrivée sur New York City! Lady Liberty 🗽 ! 
Heureux qui comme Antoine et Claire ont (déjà) fait un beau voyage…

On décide de mouiller juste à côté de la Statue de la Liberté! On la surveille! C’est un peu chez nous! Architecte Violet Leduc, ingénieur Gustave Eiffel, sculpteur Auguste Bartholdi, offerte par la France à l’occasion du centenaire de l’indépendance. Cette belle Dame a un côté Frenchy non négligeable!

C’est aussi et avant tout la première vision des États-Unis pour des millions d'immigrants, après une longue traversée de l’océan atlantique. Depuis 1984, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Antoine s’est mis sur son 31 pour fêter notre arrivée! Temps radieux, quelle chance!  

Face à ce spectacle, la fatigue de la nuit est vite oubliée, nous sautons dans l’annexe et partons vers les marinas les plus proches pour nous renseigner sur les tarifs et moyens d’accéder à Manhattan par les transports en commun. La première marina nous propose 100 dollars/jour pour y laisser notre annexe, la deuxième 50 dollars/jour! Penauds, on repart demander à Ariane ce qu’elle préfère! Elle ne se sent pas très à l’aise près des yachts américains dans l’animation du centre-ville, elle préfère plus de tranquillité. La décision est prise : mercredi matin on fera cap sur Miramar Marina au sud de Coney Island (1h de Manhattan). Ariane va bien s’y plaire pendant 9 jours amarrée à sa bouée numéro 109.

En attendant, la nuit tombe et la féerie des lumières commence! Bon, ça bouge un peu avec ce traffic incessant dans la baie… Mais la fatigue a raison de notre ravissement!

1ere nuit à côté d’Ellis Island et la Statue de la Liberté. 🎶 I’m a French man in New York 🎶 (version originale par Sting) 
Soirée magique! Toutes les lumières sont allumées! 

Mercredi matin, le décor a changé : départ sous la brume!

Départ pour Miramar marina au sud de Brooklyn 

Nous laissons Ariane quelques jours, seule, pour aller retrouver Rasoka, notre ami cambodgien, qui habite avec sa femme Viorica à mid-town Manhattan et qui nous a très gentiment invité à rester chez lui. Et hop c’est reparti pour une colocation des sexagénaires! Pour la petite histoire, j’ai connu Antoine en… 1985 lorsque j’ai pris une colocation étudiante à Reims en revenant de mon année assistante en Angleterre. J’ai intégré la coloc à 3 avec Antoine et Rasoka. Plein de bons souvenirs, une très belle amitié.

Et le piège s’est refermé 😂!

Rasoka et Antoine  : heureux de se retrouver ☺️ ! 

Balade dans le quartier mid-town. La gare de Grand Central et New York Public Library.

Grand Central Terminal avec ses splendides guichets 

Plus ancienne gare de New-York, elle est connue pour son immense et superbe hall de style Beaux-Arts. C’est par ici que 750 000 new-yorkais pressés transitent chaque jour! Le plafond représente les constellations du zodiaque qui brillent sur un fond turquoise grâce à de petites lampes. L’horloge est d’une précision implacable : 1seconde tous les 20 milliards d’années! C’est ici qu’Hitchcock tourna une des fameuses scènes de « La Mort aux trousses ».

Photo hélas floue, mais retrouvailles sympa avec Pierre, un autre copain de Reims (lui aussi étudiant en médecine à l’époque!) 

Jeudi 9 mai, découverte de la High Line, qui a vu le jour entre 2009 et 2014. Promenade paysagère suspendue, un peu comme la coulée verte à Paris, elle a été aménagée le long d’une ancienne ligne de chemin de fer aérienne. C’est un véritable succès qui voit 8 millions de visiteurs par an! On se promène parmi les buildings à l’architecture très novatrice de NYC.

Le « Vessel »  

Étonnante construction aux allures de ruche constituée de 80 plates-formes interconnectées par 154 escaliers : un véritable labyrinthe. En raison, du grand nombre de suicides dont il fût le théâtre, son accès est désormais fermé. Les garde-corps ne sont pas assez hauts!

Lavage de carreaux réservé aux alpinistes en priorité!

Visite du Whitney Museum, musée avant-gardiste passionnant construit par le « starchitecte » Renzo Piano (à 33 ans, il gagne le concours du Centre Pompidou à Paris).

Whitney Museum of American Art  

Ce musée est consacré exclusivement à l’art américain des XXe et XXIe siècles : 22 000 sculptures, peintures et dessins! La plus importante collection d’œuvres d’Edward Hopper! J’adore! Mais aussi, Warhol, O’keeffe, Koons, Calder, Rothko, Lichtenstein, Pollock… Un fonds colossal avec des œuvres exposées par constants roulements.

Edward Hopper  😍
Charles Demuth et Charles Sheeler avec des représentations de l’architecture industrielle. 

L’après-midi, visite émouvante du site du 9/11 Memorial, longtemps surnommé Ground Zero.

Pour mémoire, les Twin Towers étaient les plus hauts gratte-ciel de New-York (417 et 415 m et 110 étages). Le bilan de l’attentat du World Trade Center avoisina les 2750 morts, dont des centaines de pompiers et de policiers. 8 mois furent nécessaires pour déblayer le site!

North Pool : construit à l’emplacement même de l’une des tours. South Pool n’est pas loin. 

2 immenses et impressionnants bassins vides et profonds d’où tombent des chutes d’eau de 9m de haut, aspirées dans un puits central qui semble sans fond. Thème de l’absence et du silence. Le symbole est fort, l’atmosphère émouvante, un brin angoissante! C’est une réussite!

A la demande des familles, les noms des 2983 victimes des attentas de 2001 et 1993 sont gravés et ordonnés en fonction des liens entre les disparus.

Dans une des nombreuses salles, on visionne un document exceptionnel sur les personnes évacuées par bateau, car piégées au sud de Manhattan : 500 000 personnes! Opération nommée « the Boatlift ». En tout, un chiffre incroyable : plus de 150 bateaux, petits et grands, effectuaient des rotations sans relâche pour transporter le plus de gens possible vers le New Jersey voisin et Brooklyn.

Torsions de métal fondu : on dirait presque des œuvres d’art, dignes du célèbre sculpteur britannique Henry Moore. 
Unes de presse internationale : le choc! 
Le mur du souvenir 

Sur le même site du WTC, on admire l’Oculus, la gare la plus chère du monde et une prouesse architecturale : 111m sur 49! Des ailes de colombes, une carène de navire inversé ou… un insecte monstrueux digne de Star Wars! 200 000 commuters par jour!

L’Oculus 

Vendredi 10, l’incontournable MET, l’équivalent du Louvre. On se cantonne à l’aile américaine : that’s just enough!

Vitraux Tiffany  
Mosaïques Tiffany  (on ne peut s’empêcher de penser à Klimt) 

Walter Comfort Tiffany est un artiste, designer et entrepreneur américain du XIXe et du début du XXe siècle. Célébré pour son travail et son influence dans le domaine du vitrail, il est reconnu comme l’une des grandes figures liées aux mouvements de l'Art nouveau. Sa renommée est en partie due à la diversité de ses réalisations artistiques et de ses techniques et supports de travail : la peinture, les vitraux, les mosaïques, le verre artistique, les lampes, les bijoux et enfin l'architecture d'intérieur.

Élégantes lampes Tiffany 
Fabrication d’un abat-jour vitrail Tiffany  

Un architecte de génie que j’apprécie tout particulièrement : Frank Lloyd Wright. C’est la construction de maisons privées qui est à l’origine de sa renommée. Il est notamment le principal protagoniste du style Prairie et le concepteur des maisons usoniennes *, petites habitations en harmonie avec l’environnement où elles sont construites. En 1991, il a été reconnu par l'Institut des architectes américains comme le plus grand architecte américain de l’histoire. Rien de moins!

usona * = United States of North America

Salon de la maison Little de Frank Lloyd Wright, à l’esthétique japonaise. 

C’est aussi l’architecte du musée Guggenheim (celui de NYC), musée d’art moderne, avec son architecture hélicoïdale « renversante »! On passera le revoir lundi.

Intérieur du musée Solomon R. Guggenheim 
Frank Lloyd Wright  signe son plus beau bâtiment public en 1959. 

Parenthèse refermée sur F. L. Wright, retour sur quelques toiles du MET.

Peintre impressionniste américain : Childe Hassam.  

Et une toile que j’adore et que je rêve de revoir depuis notre première visite à NYC en 1992! Chef d’œuvre de la peinture de genre américaine, cette toile dépeint avec une infinie poésie la rude existence des trappeurs.

Fur traders descending the Missouri (1845) de George Caleb Bingham  
Volutes de fumée du trappeur de droite, la pipe à la bouche.

Le soir, on monte prendre un apéro sur le toit de l’immeuble de Rasoka au 30 ème étage. Et hop une petite coupe de champagne!

Champagne sur le roof top! Antoine, Claire, Rasoka, Viorica et Pierre 
On y retourne après le dîner pour admirer la vue du 30 ème étage! Magique! 

Samedi et dimanche, Pierre est reparti pour le Paraguay, nous emmenons Rasoka et Viorica remonter l’Hudson River. Hélas le temps s’est rafraîchi.

On retrouve la marina de Miramar avec ses drôles de créatures qui se déplacent bizarrement sur le fond sableux! Des limules! Ce sont des animaux préhistoriques qui ont survécu à plusieurs extinctions! Leur vision est exceptionnelle car elles possèdent plusieurs paires d'yeux : 3 paires et un tout seul! Rien ne lui échappe!

2 limules qui déambulent en remorque!  
Déjeuner bien emmitouflés. « La croisière s’amuse »!

On est un peu déçu des bords de l’Hudson : peu de jolies demeures.

Dimanche, retour vers Coney Island tous les deux. Rasoka et Viorica nous ont quittés pour prendre le train et rentrer plus tôt. Le temps se dégage en milieu d’après-midi.

Antoine emmène Rasoka et Viorica prendre leur train afin de rentrer plus tôt. 
Manhattan a retrouvé le soleil 

Lundi 13 mai, balade au Rockefeller Center, puis visite curieuse de la boutique Tiffany, sur la « V Avenue ». Architecture intérieure raffinée et de très belles pièces de joaillerie. Tiffany est une attraction à lui seul. Plus de 40 œuvres d’art et pièces inédites y sont exposées sur dix étages.

Tiffany : joli design intérieur et belle élégance de l’escalier. 

Mais hélas, ni lampes, ni vitraux ne sont exposés.

Après midi, coup d’œil rapide sur le Guggenheim et balade dans Central Park.

Entraînement d’une équipe de baseball féminine à Central Park 
The Reservoir : « Marathon man » n’est pas loin! 

Mardi, visite de la « Morgan Library », splendide édifice de style néo-Renaissance construit en 1906 pour accueillir la collection de John Pierpont Morgan : magnat de la finance à l'influence redoutable (la dynastie des JP Morgan pour les intimes). Famille de célèbres banquiers et entrepreneurs à la tête d’une exceptionnelle fortune.

The Morgan Library  

On y découvre une collection de manuscrits et livres rares dont… de manière surprenante l’édition originale du Petit Prince. Des partitions originales, des objets archéologiques et des tableaux de grande valeur. Sympa ce JP Morgan Senior, car il souhaitait que ses trésors soient mis à la disposition du public, ce qui fut fait par son fils, JP Junior. Ceci représente un des dons culturels les plus importants de l'histoire des Etats-Unis.

Portrait de Hans Memling  
Triptyque. Et recueil de gospels superbement ouvragé datant de l’époque carolingienne.
Remarquable collection de sceaux cylindriques mésopotamiens en marbre et serpentine ( 3500 av. J.-C.) Motifs très minutieux. 
Pièce maîtresse : la bible de Gutenberg de 1455 (premier livre imprimé du monde) . 

Dans le même lieu se tient également une exposition temporaire pleine de poésie sur Béatrix Potter, naturaliste, illustratrice et écrivaine britannique au début du XX ème. Très connue pour ses contes pour enfants avec les aventures de Peter Rabbit notamment. Un vrai talent!

En route pour Béatrix Potter au détour d’une galerie superbement dessinée (toujours la Morgan Library).
Le potager : terrain de prédilection de Peter Rabbit  
Peter « croqué » par  son illustratrice. 
Les petits camarades de jeux de Peter! 

L’heure du goûter approchant… Notre bagel de midi a été vite digéré!

Bagel au saumon fort savoureux 

Nous sommes (toujours) prêts pour déguster une autre recette locale! LE New-York cheesecake!

Pas très imposant! Surtout quand on en prend un pour deux! Mais l’adresse est une maison connue dans le quartier de Soho (Fanelli)

En rentrant chez Rasoka, on tombe sur une galerie d’art sympa. Eden Art Gallery. On y traîne un peu, médusés par ces curiosités pleines de couleurs!

« Pulp Fictions » and « dancing with Niki de Saint Phalle », version Diet! 

Mercredi 15 mai, dernier jour sur New York. On a prévu une visite guidée en français de l’ONU, où travaille Viorica. Très intéressante. Cela me rappelle les journées passées à l’UNESCO (Paris) avec les classes européennes du lycée de Vannes. Réunion en anglais avec des comités de presque tous les pays du monde (193). Thèmes autour de la politique, l’écologie, la santé, l’éducation. Les élèves devaient présenter des projets préparés en amont. Ici, c’est grandeur nature!

Sculpture connue sous le nom de « Non violence ». L’artiste suédois l’a créée suite à l’assassinat de son ami John Lennon. 
Salles de conférences : on passe discrètement alors que l’assemblée est en pleine session. 

On a adoré New-York et surtout passer du temps avec nos amis! Le bonheur! C’est bien triste de quitter Rasoka et Viorica.

Jeudi matin, ravitaillement chez Aldi! On préfère quand même Trader Joe’s, indiqué par Rasoka 😍! Départ 13h avec une « fantaisie » du propulseur d’étrave qui refuse de démarrer! Bon on lui pardonne, il décidera de cesser ses mouvements d’humeur au sortir de la baie.

E la nave va!

Ariane pris du 30ème étage par Rasoka lors de notre navigation sur l’East River en quittant New-York 
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Ça y est, nous voilà repartis en navigation, en longeant la rive nord de Long Island. Nuit dans la baie de Manhasset, Port Washington très calme. Le lendemain, on fait le plein d’eau et de gasoil (américains toujours hyper sympa, admiratifs de notre périple et toujours généreux de conseils). Après 50 milles, étape à Port Jefferson (toujours au nord de Long Island, qui est d’ailleurs bien « Long »! Je confirme!)

On reprend notre rythme : départ 10h au moteur (pétole de vent). 50 milles avant Fishers Island. Antoine nous fait des super cookies aux flocons d’avoine et raisins !

Fabrication de  délicieux cookies « boat-made » par Antoine. 
Fishers Island, au sud de la petite ville de Mystic. Très jolie escale. 
Coucher de soleil sur Fishers Island. 

Dimanche 19 mai : belle balade à pied. Après l’effervescence de NYC, on retrouve une ambiance plus bucolique!

Bien couverts à Fishers Island! 

Lundi, on remonte la Mystic River sur une dizaine de milles pour nous arrêter 2 jours dans cette jolie ville.

Remontée de la Mystic River  

On débarque sur les quais où se trouve un atelier de matelotage : fabrication artisanale de noeuds, de toulines…

L’atelier de « Mystic knotwork ».  

Un peu plus loin, on découvre par hasard une très jolie bibliothèque où 2 inhabituels lecteurs promènent leurs moustaches au détour des étagères de livres 🐈🐈 ! Il faut dire qu’elle est très cosy cette bibliothèque! Avec ses tapis moelleux, ses fauteuils et rocking chairs confortables…

On s’installe confortablement dans les fauteuils et on bouquine. Antoine avec Béatrix Potter et moi avec l’architecte F.L. Wright 
Quelques amusements au déplacement erratique pour les 2 félins!  

L’après-midi, on fait un tour au musée maritime où se trouve le célèbre trois-mâts barque « Charles W. Morgan », le dernier des grands baleiniers. Construit en 1841, ce magnifique bateau réalisa 37 longs voyages de 9 mois à 5 ans.

Cela me rappelle la lecture de « Moby Dick » d’Herman Melville, odyssée de plusieurs années, dont de longs mois sans escale, à la poursuite de cette mythique baleine blanche!

Le « Charles W. Morgan.  
Poulie hors norme, atelier de maquettes et gilets de sauvetage en liège. Il faut y croire! 

Mardi : programme intendance. Lessive à la marina le matin. Les marinas sont systématiquement équipées de plusieurs machines à laver et de sèchantes. On emporte notre lecture! L’après-midi, changement des lazy-jacks et de la drisse de grand-voile, livrée chez Rasoka.

Le lendemain matin, avant de quitter Mystic, j’ai repéré un coin bien sympa « Kitchen Little » pour aller prendre un brunch. J’adore!

On se retrouve entre soixantenaires! Le menu est alléchant : pancakes incontournables pour nous deux. 

On quitte Mystic et cap sur Newport, la Mecque de la voile! Arrivée 16h30 : on se trouve une petite place pour ancrer dans la baie et l’on prend plaisir à regarder les jolies coques glisser sur l’eau.

Élégantes coques 

Située à l’entrée de la baie de Narragansett, Newport a accueilli la course mythique de l’America’s Cup pendant un demi-siècle. De son riche passé de port marchand, la ville a également conservé un exceptionnel ensemble de maisons coloniales, construites au XIX ème siècle à l’époque de ce que les américains nomment « The Gilded Age » (littéralement « période dorée » ou « âge doré »), période qui s’étale entre 1865 et 1901.

Des résidences privées, d’été (on n’ose imaginer les résidences d’hiver!), démesurées construites pour les « rich and famous »!

Jeudi matin, on décide d’en découvrir 2. « The Elms » et « the Breakers ». On en a plein les yeux!

The Elms 
Hall d’entrée « the Elms »
Luxury!  
Salle où étaient rangées vaisselle et argenterie (au coffre)  en communication avec l’arrière cuisine en contrebas. 
Tout est dans le détail et rien n’est laissé au hasard! 
Magnifique portrait de Lady Drexel par Giovanni Boldini. 

Vie mondaine « trépidante » : l’époux de Lady Drexel, Harry Lehr, organisa un jour un diner de … chiens. A cette occasion, il invita donc la crème de la société canine de Newport à venir diner déguisé. Les chiens s'assirent autour d'une table en acajou dont les pieds avaient été sciés. En grande pompe dans un cérémoniale digne des diners les plus officiels, les chiens dégustèrent une fricassée de veau! La démesure!

On nous avait conseillé de commencer par la demeure la plus humble… L’après-midi, cap sur « the Breakers »!

The Breakers face à la mer  
Une résidence d’été d’un autre temps. 

The Breakers est monumental : 13 000 m2. 70 chambres et plus de 300 fenêtres. Un détail : il y a 750 poignées de portes au minimum…

L'aisance de l'Age d'or et ses fortunes inépuisables prennent fin en 1913, avec l'introduction de l'impôt sur le revenu. Les grandes villas de Newport ferment alors les unes après les autres. Elles sont reconverties en appartements, en écoles ou bien démolies. C’est en 1972 que le manoir deviendra la propriété de la Société de Préservation du Comté de Newport qui va se charger de sa restauration.

Le lendemain, temps radieux, on met les baskets et objectif rando sur le sentier le long du littoral : the Cliff walk. 6 km de paysages qui nous rappellent la Bretagne. On démarre à South End, pique-nique sur les rochers et arrivée à North End.

Cliff Walk à Newport 
Côte, inspiration bretonne.  

On termine la journée par quelques pas dans le charmant centre-ville de Newport avec de jolies boutiques.

Samedi 25 mai, on quitte Newport après le changement d’un boîtier de grande latte de la grand voile. Ils nous lâchent régulièrement… On les surveille et on essaie de faire de la prévention.

Sortie de la baie de Newport : point de vue top pour apercevoir les concurrents de l’America’s Cup.

Cap sur l’île de Martha’s Vineyard et belle navigation au portant. On apprécie.

Martha’s Vineyard, c’est un peu l’île de Ré américaine. Ambiance de vacances, d’autant plus que c’est un long weekend avec le lundi férié (Memorial Day). Célébré chaque année le dernier lundi du mois de mai, Il rend hommage aux membres des forces armées des États-Unis morts au combat toutes guerres confondues. Quelle bonne idée d’avoir regroupé en un seul jour!

C’est une île pleine de charme avec ses petits villages pimpants et fleuris, ses plages de sable blanc et ses paysages enchanteurs.

On s’installe sur une bouée dans le port d’Oak Bluffs, station balnéaire de style victorien, et on part en exploration. Ville la plus active, elle vaut le détour pour ses 300 « gingerbread cottages » (maisons de pain d’épice), ces adorables cabanons peints de couleurs vives et ornés de frises de bois dentelées, de pignons tarabiscotés et de flèches gothiques. Ils ont été construits au milieu du XIXe par une communauté de méthodistes.

Petites maisons « gingerbread ».  

Dimanche, on ressort les vélos. Direction la petite ville d’Edgartown, puis on prend le bac (5 mn) pour l’île de Chappaquiddick, joli nom et ravissant cadre pour pédaler, certes dans du sable mais avec peu de dénivelés.

 Chappaquiddick : 🎶 à bicyclette 🎶

Lundi 27 mai, départ dans la brume. Direction Bourne à l’embouchure du canal de Cape Cod. On a décidé de couper la péninsule de Cape Cod par le canal. On mouille à Onset Bay. Le lendemain, on se lève et on se retrouve échoués! Sans conséquence, heureusement!

Petit déjeuner sous un angle intéressant!  

On quitte ce lieu qui essaye de « nous retenir malgré nous » et cap sur Provincetown, à la pointe de Cape Cod. Une cinquantaine de milles à parcourir sous le soleil. Eole est également de retour!

Arrivée sur Provincetown  

Provincetown, c’est là, en 1620, que les « pilgrim fathers » foulèrent la terre promise pour la première fois, puis au XVIIe ce fut un haut lieu de la chasse à la baleine, début XXe nombreux artistes y vinrent chercher l’inspiration et aujourd’hui la ville est surtout fréquentée par des artistes excentriques et marginaux, dont une grande partie de la communauté LGBT. Il y règne une atmosphère toute particulière. Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté gay, flotte un peu partout.

Provincetown Pride : les couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT.  
Un dispensaire qui nous laisse songeur!  

Mercredi 29 mai, on chausse nos baskets et on part à la recherche des phoques le long de la plage. On ne verra que les moustaches (façon « hop on and hop off »).

Provincetown  
Maison patriotique : Memorial Day n’est pas loin.  
Les pêcheurs de morue portugais ont changé leur enseigne pour notre plus grand plaisir gustatif! Et hop un pastéis de nata ☺️ ! 
Très belle plage, mais les requins blancs ne sont pas loins, car friands de phoques! Ah, ces rôtis fuselés et biens dodus! 
Pas de baignade pour nous! 

Jeudi 30 mai, temps pluvieux et peu de visibilité. On quitte Provincetown pour Boston : navigation au près plutôt inconfortable pendant 50 milles. Je résiste et tiens le coup, et la barre par la même occasion!, mais Antoine, le pôvre, va généreusement nourrir les poissons!

Fin d’après-midi, on mouille devant le SBYC : South Boston Yacht Club. Il y en a un qui ne cache pas sa joie!

SBYC, le South Boston Yacht Club classé monument du patrimoine. L’intérieur est tout en bois : superbe! 

Vendredi on découvre le quartier assez éloigné du centre ville et on fait escale pour quelques heures au Starbucks, toujours généreux en wifi! Puis fin d’après-midi attablés au bar du yacht club à régler nos problèmes administratifs. De nombreux membres sont là, adorables et curieux de notre présence. La conversation s’engage très vite. Une adorable dame nous offre une bière et une demi-heure après, une autre nous amène une pizza. On est choyé : ça va être dur de repartir!

Comme des coqs en pâte!  

Selon les vents, notre yacht club se trouve malheureusement sur le trajet des avions qui atterrissent et décollent au dessus de nos têtes!

Incroyable, le nombre d’avions. Ils se suivent à la queue leu leu. 

Samedi 1er juin, départ en vélo. Hélas crevaison en cours de route pour moi! J’ai roulé sur des morceaux de verre car ma chambre à air est crevée à deux endroits! 2 magnifiques diamants sont incrustés dans mon pneu! Pas de chance! Retour au yacht club à pied… qui va nous prendre 50 mn en poussant nos vélos sous le soleil! Finalement ce sera un Uber qui nous emmènera dans le centre-ville près des quais très animés. On est samedi et la chaleur est bien là! On se balade parmi les badauds.

Dimanche 2 juin, matinée tranquille et l’après-midi, on repart en vélo pour le musée Isabella Stewart Gardner. Élégant palais vénitien ouvert depuis 1903, ce bâtiment renferme la collection privée de cette richissime et excentrique collectionneuse. Sa devise personnelle, en français c’est plus chic, « C’est mon plaisir! ».

Encore une fois, selon le souhait de sa fondatrice, c’est un musée où les œuvres ne sont pas étiquetées. Chacun le parcourt en flashant le QR code avec son tel. Bof!

Comme au Whitney museum de New-York, Renzo Piano (encore lui) y a construit une extension, bâtiment tout d’acier, de verre et de cuivre.

Joli jardin entouré d’un cloître 
Colonne torsadée et grille ouvragée.  
Très jolie sculpture représentant « Donna Isabella », surnommée ainsi par les Bostoniens, et toile de Rembrandt 

En 1990, 2 cambrioleurs déguisés en policiers ont dérobé 13 œuvres d’art dont 11 toiles (certaines découpées au cuter). 3 Rembrandt, 1 Vermeer, 5 Degas… Les œuvres sont toujours recherchées et de manière étonnante, les cadres vides des toiles volées sont restées fixées au mur. 5 millions de dollars sont offerts par le FBI à celui qui les retrouvera.

Étonnants cadres sans toile.  

Lundi 3 juin, on va chercher notre voiture de location, on fait un tour chez notre ami « Westmarine » pour les traditionnelles bricoles d’accastillage, on fait le plein de Propane chez U-Haul qui ne nous fait pas payer (notre insignifiante bouteille est tellement petite pour les américains 🤣) et l’après-midi on accueille Annette et Jean-François, nos amis bretons qui ont fait la traversée de l’atlantique avec nous en 2019. Le bonheur de se retrouver pendant 3 semaines! Tant d’émotions et voilà le moteur du hors bord qui fait des facéties. Il répond présent pour la marche arrière, mais refuse de s’enclencher en marche avant! Pas pratique du tout! Alors, on rame! Enfin, « certains » rament!

Antoine et Jean-François : les joyeux pagayeurs!  

Mardi : programme lessive pour certaines et opération concessionnaire Honda à 45 mn de Boston pour d’autres! Chez RNR, l’adorable Rich va nous le réparer en 3 jours (en faisant marcher la garantie européenne!). « Well done, Rich! » On en profite pour changer les deux pompes de cale HS. Un peu de bricolage en perspective.

Pompe de cale en rade!  Pas de vis cassé au niveau de l’embouchure du tuyau d’évacuation. 

Après-midi, balade dans la petite ville de Cambridge autour de l’université d’Harvard et du MIT. Superbes bâtiments très modernes pour ce dernier. Et rebelote, incontournable visite du musée d’art local.

Julien Hudson (premier peintre afro-américain créole libre en Amérique) et Ammi Phillips (tous deux du début du XIXe) 
Winslow Homer
Pot de beurre abolitionniste (1810-1820) 
John Singleton Copley : études pour une œuvre commandée par l’Angleterre célébrant leur victoire sur les français et les espagnols

Mercredi matin, après un échouage nocturne sur un malencontreux banc de sable, sans conséquence, on déplace Ariane et on en profite pour faire un plein d’eau (toujours gratuit depuis la Floride).

Déjeuner dans un vieux pub où l’on déguste une recette locale délicieuse : la Boston clam chowder (chaudrée de palourdes). J’en avais gardé un souvenir « ému » lors de ma première visite à Boston avec Alice et j’en rêvais depuis plusieurs années.

La bande des 4 dégustant en chœur son clam chowder.  

L’après midi, on décide de faire un tour dans un vieux quartier de Boston plein de charme : Beacon Hill. Avec ses rues, certaines pavées, abruptes, bordées de maisons mitoyennes en briques de styles fédéral et victorien éclairées par des lanternes d'époque, Beacon Hill est l'un des quartiers les plus pittoresques de Boston.

Quartier de Beacon Hill : le repaire des WASP (White Anglo-Saxon Protestants). 
La rue pavée d’Acorn Street  

Chaque soir, on galère pour garer la voiture : sweeping day à partir de 8h, parking pour les résidents seulement, les handicapés … On s’y perd dans les indications des panneaux de signalisation!!! Et il y a de quoi!

Et la fourrière n’est pas loin! On y échappera, ouf!  

Jeudi 6 juin, c’est le grand jour. LA VISITE A STOCKBRIDGE! Le musée d’un illustrateur fabuleux : Norman Rockwell. On avait promis à Annette et Jean-François d’y aller ensemble. Ça y est, nous y voilà! Enfin presque car on a plus de 2 h de route pour atteindre le « Deep Massachusetts »!

Norman Rockwell, c’est l’illustrateur américain préféré des profs d’anglais! Il est célèbre pour avoir illustré de 1916 à 1963 les couvertures du magazine The Saturday Evening Post, où il représenta dans un style naturaliste et réaliste la vie quotidienne aux États-Unis dans l’entre-deux guerres et l’après-guerre. Il usa avec talent de la caricature pour accentuer le caractère comique de certaines situations, pour notre plus grand plaisir. Pendant près de 50 ans, les américains se délectèrent avec ses dessins. Vers la dernière partie de sa carrière il évolua vers des thèmes plus politiques et sociétaux.

J’étais déjà venue sans Antoine et c’est un vrai bonheur de retourner sur les pas de Rockwell! Antoine, Annette et Jean-François sont ravis!

Drôles, sensibles, cocasses, tendres saynètes! 
La ségrégation raciale aux USA dans les années 60. 
Commérages et généalogie familiale. 
Tellement plaisants à détailler : les pirouettes de la pompom girl, rock ’n’ roll with grand-dad, chasing my best friend… 
Moments savoureux de la journée d’un petit garçon et celle d’une petite fille! 
Hé hé! L’œil coquin du peintre!  
Études… J’adore 😍

Vendredi matin, on repart en visite pour le « Museum of Fine Arts (toujours 3 étoiles dans les guides!!!). Un musée exceptionnel : 500 000 pièces, seulement 13 000 sont exposées (Ouf!). Architecture particulièrement réussie avec l’ajout de l’aile ouest conçue par Pei (architecte de la pyramide du Louvre) : espace, clarté et lumière sont les maîtres mots.

Le hall où se trouve le café. Gigantesque verrière! 
Drugstore by Edward Hopper 
Georgia O’keeffe  
 Diego Rivera et Frida Kahlo 
Childe Hassam  
Among the olive trees by John Singer Sargent  
Monet et Van Gogh  

Vendredi après-midi, on part vers Pembroke tous les quatre pour récupérer le moteur et les pompes dans le garage RNR. Départ des américains en weekend, encombrement maximal sur la route! Mais on est heureux de tout récupérer pour pouvoir repartir le lendemain.

Rich derrière son comptoir : pas très à l’aise avec l’informatique mais adorable. Pièces changées pour un moteur de 2 ans! 

Quelques recommandations/dictons de notre garagiste Rich au sujet du hors bord.

“No use, bad use” ou encore « no use, you lose ».

Retour au musée pour un « quick glance » en fin d’après-midi. Bien fatigués le soir, on n’en peut plus!

Samedi 8 juin, à regret, nous allons dire au revoir à nos hôtes du SBYC. Antoine y laisse une aquarelle en souvenir.

Et nous voilà repartis. Direction Gloucester (25 milles).

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Publié le 2 juillet 2024

Le Maine, c’est le dernier état américain, la partie la plus septentrionale de la Nouvelle-Angleterre juste avant le Canada. Il est connu pour ses paysages et notamment pour ses côtes rocheuses et dentelées, ses montagnes basses et vallonnées et ses immenses forêts. Le massif des Appalaches se dessine dans le lointain. Un cadre superbe qui nous fait penser aux paysages d’Europe du Nord. Plus de 3 000 îles pour y musarder. Un terrain de jeu infini pour les amoureux de la voile.

Lobster land ou vacation land : un beau programme! 

Samedi 8 juin, arrivée à Gloucester. Temps splendide. Vent et soleil. Dans un pub sur le port, on entend de la musique country au loin. Quelques américains se déhanchent sur le dance-floor devant la scène et les musiciens s’enhardissent. Et hop nous voilà attablés, une bière à la main!

Saturday Night Fever in Gloucester! 
« 🎶  Alors on regardait les bateaux🎶 »… On sirotait nos bières pression… 

Le lendemain, c’est un tout autre temps! On fait escale entre Star island et Cedar island dans l’archipel des Shoals. C’est bientôt l’été et les cirés restent de rigueur 🤣!

Temps frais!

Lors d’un empannage un peu musclé : on y a laissé la poulie tribord du chariot d’écoute de grand voile! Un peu de bricolage en perspective.

 Réparation de fortune en attendant de s’amuser avec les roulements à billes du chariot! 

Lundi 10 juin navigation sous le soleil jusqu’à Cape Porpoise après une tentative d’approche à kennenbukport, pas de place et hors de prix (7$ le pied! pour une place au port : 45x7= 315$ la nuit!) On repart et on va mouiller du côté de Cape Porpoise : jolie petite embouchure. On se fait une ventrée de homards, clam chowder délicieux et maïs “on the cob”, achetés au petit marchand local.

Le spi est de sortie!  
Superbe ciel au mouillage de Cape Porpoise 
Quelques conseils de dégustation  
Menu « classique » dans le Maine : clam chowder, homards, maïs (corn on the cob). Et quelques harengs salés pour démarrer!
Le dîner s’annonce copieux! Pourtant, la ligne de pêche est aux côtés de JF, hélas délaissée par nos amis les poissons. 
Avant/après!  

Mardi 11 juin, on arrive à Portland vers 16h et on prend une bouée au Center Board Yacht Club. Balade dans la ville et le long du littoral. Soirée jeux animée autour du “6 qui prend”. Super sympa!

Le lendemain, on fait quelques lessives (entre autres de nos cordages) et on s’offre un pique-nique sous le soleil, bien installés devant la terrasse du yacht club. Les membres passent et s’attardent avec nous pour partager quelques conseils.

 Menu : bière, melon, saucisson et coleslaw. 

Après-midi, traditionnelle escale au musée des beaux-arts local où l’on trouve des peintres tombés sous le charme des paysages du Maine. Entre autres, Winslow Homer.

Winslow Homer  
Les oies de la Chesapeake par Winslow Homer  
« Monhegan houses » par Edward Hopper et Chaïm Soutine avec ses oies dessinées avec tourment. 

Avant de quitter Portland, on fait quelques courses. Lors de notre avitaillement, on est souvent surpris par les rayons richement approvisionnés! Ici le monde de la soupe. Le/la clam chowder n’y figure même pas!

 Au détour d’un rayon, le clan Campbell’s! Pas sûr qu’Andy Warhol ait apprécié cette tête de gondole sans grande originalité! 
« Infiniment calorique »… Il va falloir limiter sa dégustation!  

Arrivée à Jewell Island en fin d’après-midi Rencontre avec Charly le ranger de l’île et seul habitant, qui nous informe sur les « plaisirs iliens » et plus particulièrement sur l’agressivité des moustiques sous les bois, des tiques dues à la présence de cervidés, des coyotes et d’une plante particulièrement dangereuse le “poison ivy” (en français sumac vénéneux et au Canada, on l’appelle l’herbe à puce!) Ça gratte, ça gratte, ça gratte! On va soigneusement éviter tous ces soucis et se concentrer sur la recherche de moules! Inoffensives!

Be aware! For sure, we will!
 Ariane au mouillage à Jewell Island. Seul bateau. Au milieu de cocktail cove : un programme intéressant, ma foi… 
Jewell island : mosquito paradise 🦟! Or mosquito hell! Tout dépend du point de vue… 
🎶Aux armes, etc! 🎶
La capuche d’Annette : un aérodrome pour « moustipiques », comme dirait notre petite fille Valentine. 
Tout le monde est bien couvert et se protège des attaques de moustiques, qui nous ont poursuivi jusqu’à la plage! 
Antoine joue les Indiana Jones en dévoilant ses mollets et ses méduses vintage.

Samedi 15 juin, Antoine appelle le port de l’île de Monhegan mais hélas pas de réponse. Pourtant, les locaux nous disent qu’elle est bien jolie cette Monhegan, mais les guides nous rappellent que le mouillage n’accroche pas. Alors on attend une réponse du Harbor master et on aura peut-être plus de chance demain, dimanche, fin de weekend, les touristes seront repartis sur le continent.

Avec Annette, on étudie la carte pour déterminer la navigation. 
Jolie goélette.  

Après discussions, on opte pour un mouillage à Linekin Bay. Arrivée dans Lewis Cove en milieu d’après-midi où l’on tente de prendre une bouée. Et clic! La gaffe nous quitte et reste bêtement cramponnée à la bouée. On observe ce drôle d’objet flottant : pas question de lui laisser son indépendance! Alors on y retourne illico et hop la gaffe est de retour chez elle et nous amarrés à la bouée.

Tentative de fuite de la gaffe! 

On descend à terre où l’on découvre le Linekin Bay Resort et pour le tarif de notre mouillage, on a accès à la piscine sur le front de mer! Lucky boys and girls! Et plouf, on se jette à l’eau puis on lézarde au soleil sur la terrasse. On est bien!

Linekin Bay Resort avec Ariane au premier plan à gauche.  

Dimanche 16 juin, on décide de tenter le départ pour l’île de Monhegan même sans réponse. On se dit que c’est la fin du weekend et qu’il y aura bien des bouées libres! En fait on ne verra jamais le fantomatique Harbor master. Quelques 10 milles plus loin, on se trouve une bouée. On paye pour deux nuits au bar local! Et nous voilà partis en randonnée découverte vers le sud de l’île.

Sud de l’île de Monhegan 

Le lendemain, on part en rando au nord.

Randonnée au nord de l’île. 

On regarde notre bilan vent et gasoil : 3957 milles nautiques entre la Martinique et Monhegan island! Pas mal!

En début d’après-midi, après une tentative de pêche par Jean-François, à partir du bord d’Ariane : hourrah! 4 maquereaux se laissent gentiment attraper. Un chacun ☺️.

Les pêcheurs en pleine préparation. 5mn plus tard, il y en a un qui fait la tête au fond du seau! 
Beau travail de matelotage : surliure réalisée par Annette 

Départ pour Tenants Harbor vers 14h et navigation au moteur sous le soleil!

Joli phare de Goose Rocks et 2 casiers à homards! Seulement 2! 

Le lendemain, petite nav autour de Vinalhaven island. On passe à côté du bateau de Philippe Poupon « Fleur Australe » pour faire escale à Perry Creek.

Fleur Australe  

On slalome entre les casiers que l’on voit à perte de vue! C’est la pleine saison! On descend à terre avec Annette et Jean-François pour ramasser quelques moules énormes! et au retour opération nettoyage de la coque à quatre mains. 2 qui briquent et 2 qui déhalent!

Ça bosse dur! Faut que ça brille!  
Vérification de l’état de propreté de la coque et surtout du moteur. L’eau est gelée! 
Moments de partage sympa 😍 . Le bonheur de se retrouver. 
La voile : une belle histoire d’amitié!  

Nuit paisible, comme dirait la tisane!

Mercredi 19, on poursuit notre déambulation dans les îles du Maine. Toujours en zigzagant entre les casiers! Escale à Pulpit Harbor sur Northaven island.

Jeudi, escale dans une jolie ville, Camden. Beaucoup de galeries d’art, restaurants, brasseries. Très chic!

Escale du soir : menu traditionnel « lobster roll » pour certains. Il pleut des cordes dehors!  

On repart le lendemain pour Castine, un autre petit port à quelques milles de là. On attrape une bouée que l’on nous allouera gracieusement! Toujours sympa. Il faut dire que la saison touristique n’est pas commencée. On est tout seul!

Samedi 22, on embarque tous les 4 sur l’annexe mais hélas de nouveau le moteur hors bord nous joue des tours! Cette fois il est bloqué en marche arrière. Alors on rame! On ne se laisse pas abattre et on part en visite : musée maritime de Castine et musée local. On trouve davantage d’intérêt dans notre déjeuner avec du homard (on adore) et une délicieuse tarte rhubarbe myrtille (les “blueberries” que l’on va voir partout au Canada). Miam miam! On échange avec la cuisinière polynésienne autour de la recette du coleslaw… Rencontres toujours sympa avec les locaux. Au retour, un pêcheur nous fait visiter son chantier et nous raconte qu’il a perdu toute la partie du ponton embarqué par une tempête cet hiver! Bien sûr, il n’était pas assuré, donc il nous dit courageusement qu’il faut repartir de zéro! Et pourtant il semble avoir largement atteint l’âge de la retraite! Courageux! Bravo! Il nous parle de l’intrus qui rôde dans son local : un écureuil 🐿️, qui vient nous saluer en passant! L’inconscient joue à cache-cache, rongeant les voiles en gardiennage et ne voit pas que le propriétaire cherche à éliminer ce gêneur! En partant, ce septuagénaire plein de ressources nous offre un joli panier en bois : le charme français ☺️!

Chantier en cours de réparation. La partie couverte est toujours en place, mais il faut remplacer tout le ponton extérieur. 

Dimanche matin, départ de Castine pour Swans Island (30 milles). On accroche un casier en cours de route. Ça devait arriver! Pris dans la dérive et le safran, mais heureusement pas dans l’hélice! Un moindre mal! Brume +++. Visibilité parfois à 20m! Navigation à l’aveuglette : merci aux instruments! Vers 16h30, on jette l’ancre dans la petite anse de Buckle Bay. On ne voit pas la rive à 30 m. Nuit tranquille. Jean-François nous apprend un nouveau jeu de cartes : le 5000. On l’adore.

Lundi 24, navigation en « zig zag » jusqu’à Bar Harbor. Annette et Jean-François récupèrent leur voiture de location. On part en virée faire quelques courses. Moteur hors bord déposé chez le concessionnaire Honda à 1h de Bar Harbor. Il nous annonce 3 semaines de délai de réparation… après négociation, il propose 1 heure de main d’œuvre pour débloquer le changement de vitesse. Pas très engageant ce concessionnaire!

On poursuit notre escapade pour refaire de l’avitaillement. On rentre avec l’annexe chargés comme des baudets ! On rame et le vent se met de la partie pour nous ralentir! On se console avec un délicieux dîner de saumon sauvage. Merci JF et Annette.

Mercredi 26, départ de Jean-François et Annette après 3 semaines de bonheur à naviguer ensemble. Belle amitié ☺️! Tous deux nous déposent gentiment à l’entrée du Parc National d’Acadie.

🎶 Chacun son chemin, 🎶 chacun sa route 🎶! 

Et nous voilà partis pour 5/6 heures de randonnée : ascension de Pemetic Mountain, Eagle lake et tour de Jordan Pond. Paysages magnifiques et des chemins de randonnée très bien entretenus. Le parc est un site très apprécié des randonneurs. Il y a même un service de navette gratuite pour y circuler. Top!

Très belle rando dans le Parc d’Acadie : les castors ne sont pas loin! 

Retour sur Ariane en fin de journée après une pluie rafraîchissante. A bord, on cherche nos compères 😔. Il faut repartir pour une vie à deux.

Jeudi 27, il nous faut récupérer notre hors-bord. Notre ami « Uber » va nous y accompagner! Imparfaitement réparé, le changement de vitesse est désormais opérationnel, mais le carburateur est, dixit le mécano, HS! Antoine compte bien vérifier ses entrailles! On investit dans l’achat d’une nourrice étanche car l’autre laissait passer l’eau! D’où les problèmes…

On vote pour un déjeuner dans un restau sur le port de Bar Harbor : on a besoin de nourriture positive pour se consoler!

Vendredi 28, matinée bricolage sur le moteur pour Antoine qui réussit à le faire démarrer! Hourah! Mais le carburateur reste fragile et il ira faire un stage à Halifax prochainement…

Il ne mérite pas de figurer aussi souvent dans ce blog! 

De mon côté, je prépare les couchettes pour notre traversée de la baie de Fundy vers le Canada 🇨🇦 . 100 milles à parcourir. La météo est parfaite. On quitte Bar Harbor vers 16h30. Pendant 3 heures, on n’aura de cesse de scruter l’horizon pour éviter les casiers. On espère qu’il y en aura moins côté canadien lors de notre arrivée!

La Baie de Fundy. Les marnages n’ont plus rien à voir avec la Floride! Jusqu’à 16m dans certains endroits! 
Bye bye America! En route pour le Canada 🇨🇦 !