Au départ de la cote Atlantique, nous traversons le continent d'un océan à l'autre, jusqu’à l’extrême-orient Russe et retour : 30 000 km en Peugeot 309 par Varsovie Moscou Irkoutsk et le lac Baïkal.
Avril 2019
20 semaines
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Nous avons choisi de démarrer symboliquement le voyage depuis la cote Atlantique, dans les Landes lieu que nous affectionnons particulièrement, ainsi c'est au mois d'Avril 2019 que nous démarrons ce long périple, qui devrait nous mener sur environ 15 000 km (pour l'aller) jusqu’à Vladivostok dans l’extrême Orient Russe après avoir traversé la plus vaste étendue continentale sur terre.

Face au Japon et proche de la frontière Nord Coréenne et Chinoise, Vladivostok donne sur la mer du Japon et plus loin sur l'océan Pacifique, longtemps ville interdite c'est une base navale de la flotte Russe du Pacifique, qui est à sept jours de train de Moscou et huit fuseaux horaires de la France.

Il y a onze fuseaux horaires en Russie de Kalinigrad au Kamtchatka.

C'est le 29 juin 2019 et jusqu'au 7 septembre, que le voyage se poursuivra durant environ 70 jours et 30 000 km avec le véhicule et les préparatifs que vous pourrez découvrir dans les étapes suivantes.


Rond point de l'océan à Biscarrosse
Rond point de l'océan à Biscarrosse
Avril 2019 - Point de départ : Rond Point de l'Océan à Biscarrosse Plage, point le plus occidental. Christophe Maïlys Elena
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Une petite révision s'impose pour la Peugeot 309 de 1991 qui affiche plus de 610 00 km au départ, fidèle auto qui m'accompagne depuis 2000 et 490 000 km parcourus ensemble vers de nombreuses destinations (aperçu plus loin) Faisons les présentations : moteur à essence TU3F (bloc fonte, rare uniquement en 1992) 1360 cm³ de 75CV, conçue à l'origine par feu la marque Talbot, produite de 1985 à 1994 à 1 649 177 exemplaires : fiable.

Révision du train avant et arrière, démontage des freins, suspensions, échappement et cardans, dépose de la boite de vitesse, remplacement de routine de la distribution et de l'embrayage.

Petite révision..
Petite révision..
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Achat de l'auto en 2000
Achat de l'auto en 2000
Frontière Polonaise
Frontière Polonaise
Frontière Lettone
Frontière Lettone
Au lac Inari, au dessus du cercle polaire
Au lac Inari, au dessus du cercle polaire
Au cap Nord
Au cap Nord
Norvège
Norvège
Norvège
Norvège
Norvège
Norvège
Norvège en juillet
Norvège en juillet
Frontière Tchèque
Frontière Tchèque
Frontière Slovaque
Frontière Slovaque
Cap Finisterre (Fisterra en Galice) Espagne
Cap Finisterre (Fisterra en Galice) Espagne

An 2000 l'achat. Frontière Polonaise, Lettone, Lac Inari Finlande (45 km de la Russie), Cap Nord (Point le plus au nord par la route du continent), Norvège, République Tchèque, Galice Cap Finisterre (le plus à l'ouest) Slovénie, Hongrie, Bosnie, Slovaquie, Croatie et bien d'autres ...

KM 0 du pèlerinage de Compostelle, fait en 309... moins long qu'à pied.
Frontière Slovène
Frontière Bosniaque, en route pour Mostar !
Slovaquie
La vallée de la mort, est de la Slovaquie "udolie smrti"
Frontière Hongroise
Frontière Ukrainienne
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Début juin 2019, dernière petite révision avant de partir : remplacement des cylindres de freins arrière, plaquettes de freins avant, triangles avant, cardan gauche, silencieux, vidange à 613 000 km, filtre à huile, filtre à air, 4 pneus presque neufs, et sérigraphie Franco-Russe spéciale voyage... Une attention spéciale est portée au train avant qui va parcourir des routes autrement plus difficiles que par chez nous, avec des amplitudes de -40° à + 40°, l'immensité des distances (plus grand pays du monde, 26x la France) et la faible densité de population (8.5 hab/km2 contre 117 en France), le réseau n'est pas facile à entretenir.

Puis constitution du stock de pièces détachées en faisant un compromis entre poids et autonomie en cas de panne. En vrac sont embarqués : 1 alternateur + 1 régulateur + charbons, 1 démarreur + 1 jeu de charbon, 1 motoventilateur de refroidissement, 2 pompes à essence, 1 pompe lave glace, 1 moteur d'essuie glaces, 1 moteur de ventilation de chauffage, 2 bobines d'allumage, 1 allumeur (delco) + 2 têtes, 4 bougies d'allumage + câbles, 2 tringles de boite de vitesse, les 2 comodos, 1 avertisseur sonore, 4 plaquettes de frein, 2 garnitures de frein arrière, 2 flexibles de frein, toutes les pièces internes du carburateur, 1 soufflet de cardan, joints spi, 1 thermostat, 1 filtre à huile 1 autre à air , 3 courroies, tous les relais, toutes les sondes T° et de pression, contacteurs de stop de recul, les silent-blocs d'échappement, ampoules, fusibles, du fils électrique, 1 assortiment de boulons et vis, des durites de différents diamètre, un lot de mèches pour les crevaisons, 2 vitres de phares avant et 2 feux avant, un lot d'outils étudié pour affronter les réparations les plus lourdes, de la pâte à joint, du répare radiateur... Seule une casse moteur, nous immobiliserai.

Sont obligatoire en Russie dans les véhicules : pharmacie, barre de traction ou corde, lot d'outillage, un chasuble jaunes par personne, triangle, extincteur, ampoules et câbles de démarrage. Concernant l'alcool, tolérance zéro.

Pour entrer en Russie la voiture sera inscrite sur mon passeport, je ne pourrai sortir sans, en cas de casse, il faudra faire dresser un constat de police et apurer la situation douanière de la voiture, parés au pire nous sommes prêt à continuer le voyage sans la voiture, partant avec 3 sacs à dos pour nos affaires personnelles et une tente.

Le départ approche... Prévu le vendredi 28 juin au matin, nous aurons alors 3 jours pour parcourir environ 2500 km qui nous séparent de Terehova en Lettonie, à la frontière Russe en passant par Berne, Munich, Prague et Varsovie.

Notre visa est valable du 01-07 au 07-09 avec 2 entrées que nous espérons utiliser pour une éventuelle incursion au Kazakhstan.


Triangle et cardan
Cylindre de frein arrière
Peinture spéciale voyage
Pièces de rechange
Indispensable, la RTA, le code la route, l'atlas du 1/700 000 au 1/2 800 000 ème
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1890 km depuis le départ.

Vendredi 28 juin 2019.

Ce matin à 05h00 c'est le grand départ ! après 1km environ nous entrons déjà en Helvétie. Il fait 25° la journée promet d'être chaude.

S'en suit la traversée de la Suisse par l'autoroute A1 en direction du Lac de Constance, par Berne et Zurich.

Première frontière, nous entrons en Suisse en quittant Collonges sous Salève 74
Rives du Lac de Constance (CH-A-D)

Entrée en Allemagne à Konstanz et traversée du lac en bac, direction Munich, puis vers la frontière Tchèque. Il fait moins chaud ici.

Deuxième frontière, de Suisse en Allemagne à Konstanz (D)
Bac de Meerbug à Friedrichshafen

Petit bain dans le lac de Konstanz sur l'autre rive puis, traversée de l'Allemagne, longue et éprouvante, 30° tout de même, gros bouchons autour de Munich et au sud de Nuremberg. Partis à 5h, nous sommes arrivés à 19h au camping de Karlstejn en CZ, très joli coin qui nous a déjà servi d'étape auparavant, à 15km de Prague au bord de la Berounka.

Pour la République Tchèque, nous avons acheté une vignette autoroute et changé quelques Couronnes Tchèques pour assurer le ravitaillement. Un euro pour 25 couronnes.

Troisième frontière, Allemagne - République Tchèque
La Berounka
On en profite avant les galères probables à venir
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2610 km au total

Très bonne nuit dans ce camping, 10° au réveil. Nous repartons vers le nord-est en direction de Varsovie.


Camping de Karlstejn
Ravitaillement en cerises
La campagne Tchèque, bucolique et calme

Après avoir traversé la plate République Tchèque, nous arrivons à la frontière Polonaise, dans le massif des Sudètes. Nous y trouvons un peu de fraîcheur avant de redescendre dans l'immense plaine Polonaise (bassins de l'Oder et de la Vistule), nous retrouvons un bon 30°, nous continuons vers Wroclaw. 1 € pour 4 Zlotys.

Quatrième frontière : République Tchèque / Pologne, après Nachod
Dans les Sudètes
Au fond les Sudètes que nous quittons, à partir de là la Pologne devient plate
Ça penche, mais c'est bien rattrapé sur le haut, Ząbkowice Śląskie
Ząbkowice Śląskie

Nous arrivons à 18h vers Varsovie, pour la nuit, dans un camping très propre et agréable, un peu au sud de la ville pour 50 zlotys. Ce soir 17°, ça fait du bien.

D'une manière générale nous avons utilisé un réseau routier en excellent état avec de belles infrastructures et une signalisation parfaite, c'était très agréable à rouler.

Nous avons quitté le sud de la Pologne et ses reliefs doux pour traverser une grande plaine dédié aux cultures puis de grandes forêts de pins (sylvestre) au centre.

Les belles route Polonaises
Camping à Varsovie
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820 km 3430 km au total.


Levé à 5h ce matin par 17°, direction le centre de Varsovie pour une visite matinale, dans une ville presque déserte.

D'abord, l'incontournable tour, d'architecture soviétique : "le palais de la culture et des sciences", datant de l'époque du pacte, 1955, 237m de haut, 3288 pièces. Puis le centre ville historique, très beau même si réduit du fait des destructions massives durant la deuxième guerre, quelque traces subsistent, impacts et plaques en mémoire du ghetto, 84% des bâtiments furent détruits.


Varsovie : 1.8M/hab, la capitale depuis 1596, bordée par le fleuve Vistule, 1047km qui s'écoule vers la mer Baltique.


Le palais de la culture et des sciences
Le centre de Varsovie
La corneille mantelée occupe toute l'Eurasie à partir d'ici

Nous partons ensuite de Varsovie vers 9h en direction du nord-est toujours, d'ailleurs les jours s'allongent avec la latitude, ce soir nous aurons une clarté durant toute la nuit.

Au nord de Varsovie la Pologne et également très plate, plus boisé, la très belle autoroute, puis route, trace en ligne droite à travers les pins et quelques cultures sur 400 km jusqu'à la frontière de la Lituanie, via Białystok, en longeant la Biélorussie. Beaucoup de cigognes ici. Nous passons nos derniers zlotys dans le réservoir de l'auto. Il fait 28° ça chauffe pas mal.

Entrée en Lituanie à 14h, nous passons à côté de l'enclave Russe de Kaliningrad, le pays est plat beaucoup de culture de céréales, encore beaucoup de cigognes comme dans tous les Pays Baltes.

Les routes se dégradent, il faut plus de temps pour avancer. On recule un peu dans le temps, les voitures en circulation sont plus anciennes, les paysans travaillent avec des tracteurs antédiluviens, des voitures à cheval. Les villages sont comme figés, tout semble plus calme.

Cinquième frontière : Pologne / Lituanie

Nous rentrons maintenant en Lettonie, nous enchaînons les lignes droites sans fin, parfois 80km, nous passons par Daugavpils, et après 810km, nous nous arrêtons à Aglona vers 21h dans un camping très simple au bord d'un grand lac à l'écart de tout après 2 km de route non goudronnée, calme assuré. Il nous reste 150km demain matin pour rejoindre la frontière Russe à Teherova, alors il faudra attendre, parfois 10h et + à ce poste comme c'était le cas aujourd'hui, un site permet de connaître le nombre de voitures en attente et le temps pour passer. 110 voitures sont passées aujourd'hui. Petite appréhension, c'est une étape importante.

La sixième frontière : Lituanie / Lettonie n'étonne plus la 309
Notre havre pour la nuit
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380 km 3810 Km au total

Depuis hier en Lituanie, nous avons une heure de décalage avec la France (-1h).

Ce matin levé à 5h, nous rangeons la voiture proprement, en route pour la frontière Russe, 130km, dans la zone frontière Biélorusse puis Russe, mauvaise surprise, 25km de piste en gravier, et nous ne tardons pas à être intercepté par une patrouille de gardes frontières, nous demandant de bien rester sur le chemin.

Route longeant la frontière Biélorusse puis Russe

Nous arrivons à la douane de sortie Lettone à 08h15, établissement d'une fiche de circulation pour la police, la douane et le service vétérinaire. Nous restons à l'arrêt jusqu'à 11h, nous passons le contrôle de police et de douane LV présentation portes capot et hayon ouvert pour chaque véhicule, 20 minutes environ pour nous le temps de récolter nos tampons sur la fiche de circulation que nous rendons au chek point de sortie.

À savoir que la plate-forme ferme chaque jour de 8h à 9h et de 20h à 21h pour les relèves, et de 13h à 14h pour le repas..


Sortie Lettonie poste de Teherova

Maintenant nous avons le droit de faire la queue à l'entrée en Russie de 11h20 à 15h20 soit seulement 7h d'attente en tout : raisonnable. Premier check-point pour remplir la fiche d'immigration, ratures interdites, je suis un peu tendu, il faut écrire bien et dans les petites cases, je me trompe une fois, puis deux, puis trois.. le garde frontière est rapidement excèdé je recommence trois fois, Je m'applique terriblement. Muni du sésame nous pouvons aller faire une troisième queue de quelque heures, au contrôle police puis douane.

Douane Russe de Bourachky
Frontière physique

Nous sommes séparés en deux flux : Russes est autres. Peu de Russes, beaucoup d'étrangers travailleurs Lettons ou touristes.

Le contrôle de police se passe bien, fiches bien remplies, passeports et visas en règle, enregistrement du véhicule, j'obtiens mon premier tampon Russe par la route sur mon passeport, la 309 découvre un nouveau pays.

Nous pouvons rejoindre l'aire de contrôle de douane, ça se complique. Il faut rédiger une déclaration chacun, écrite en cyrillique, heureusement Elena les a pré-remplies, c'est la galère pour les étrangers autour de nous.

Étant le chauffeur, je dois déclarer la 309, valeur retenue 700 euros, un service me délivre un document en cas de contrôle par la police de la route et pour la réexportation obligatoire.


Nous somme pris en charge par un gradé en bel uniforme équipé d'une caméra sur la chemise et d'un appareil photo, rejoint par une agente de douane en tenue de travail. Celle-ci est équipée de matériel de fouille, nous présentons à nouveau le véhicule ouvertures baillantes, elle fait le tour méticuleusement inspecte le dessous et donne les injonctions, nous vidons ainsi tout le coffre. Son collègue prend des photos du véhicule, du chargement, coffre plein coffre vide.

Chaque véhicule subit le même sort, peu importe la queue en amont, nous sommes arrivés assez tôt, derrière nous une file immense maintenant.

Nous récupérons le précieux document d'enregistrement de la 309, et c'est presque terminé, nous franchissons encore 2 check-point de sortie, qui vérifient que nous avons effectués toutes les démarches. Nous voici en Russie !


Quelques documents
Nous sommes passés
File de sortie de Russie 700 m de voitures, 3 km de camions...

C'est parti ! De la frontière nous sommes à 600 km de Moscou, mais nous passerons plus au nord.

Direction Velikiye Luki pour une petite visite, ville de violents combats de 1941 à 43, dont l'encerclement de 20 000 allemands retranchés dans une forteresse ancienne qui a provoqué la destruction de la ville. Puis nous recherchons un lieu pour dormir 35 km après la ville. Camping sauvage pas très difficile tellement il y a de place, mais tellement de moustiques !

Veliky Luky
Un héros de la ville : Alexandre Matrosov
Beaucoup de Berces du Caucase ici, la sève est très dangereuse sur la peau.
Cigogne
Notre campement a l'écart de tout !
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700 km 4510 Km au total


Départ à 7h ce matin.

Nous reprennons la M9, belle route très bien aménagée, en direction de Moscou par une grande ligne droite sur 200km à travers la forêt, ici ont été livrés de durs combat lors de l'invasion Allemande.

Avant de bifurquer 200km avant Moscou, en direction de Rjiev au nord-est, là nous découvrons un revêtement beaucoup moins bon et même critique vers Rjiev.

La 309 vibre en tous sens durant des heures..

Rjiev est une ville héros de l'URSS, s'y est jouée la bataille du même nom, engageant en tout 3,4M de combattant. Elle est traversée par la Volga.

Nous en profitons pour ravitailler au marché se procurer des cartes Sim Russes (Megafon), et installer une caméra embarquée, qui filme la route en boucle de 5mn, en cas de litige.


Un parc de Rjiev
La Volga à Rjiev
T34

Nous continuons en direction de Tver, toujours vers le nord, très mauvaise route.

Passage par Staritsa ville fondée en 1297 sur le cours supérieur de la Volga. Occupée par les Allemands de 1941 à 1942.

La Volga à Staritsa

Nous passons Tver rapidement en direction de Kalazin, sur des routes épouvantables, est sous des orages à l'échelle du pays. Visiblement c'est le climat ici alternance de gros orage et d'éclaircies intenses, la fête pour les moustiques dans ce pays plat et marécageux.

À kalazine nous admirons la Volga (retenue) Nous faisons le plein de SP95 à 42 Roubles le litre. 1€ = 75 RUB

Puis nous continuons vers le sud-est pour une nuit en hôtel trouvée au dernier moment, 1300 RUB, à Serguiev Possad, belle ville connue pour son monastère évoqué plus haut.


Demain nous repartons en direction de Nijni Novgorod.


Maison typique de village
Kalazine
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850 km 5360 km au total


Départ 06h30 ce matin après un passage devant le célèbre monastère de la Trinité Saint Serge.

Direction Vladimir, 200km de routes russes demandant pas mal de concentration, éviter les nids d'autruche à grande vitesse (90km sur voie à double sens)qui seraient fatal au train avant, calculer les croisements à 3 sur des routes à 2 voies.. A part cela conduite facile, il y a beaucoup d'ouvrage pour protéger les villages et les traversées de piétons, ralentisseurs, radars quasi systématique en village et nombreux en agglomération. Et pas mal de contrôle de la police de la route, la ДПС.

Pour l'instant même si nous sommes observés attentivement, pas de contrôle.

Alternance d'averses intense et de soleil, 13° ce matin.

Monastère Saint Serge, à gauche le monument aux combattants de 41/45 de la ville
Pluie
Soleil

Après 200km et 3h de route, arrivée à Vladimir pour une petite visite, sauf que.. oubli de mon passeport, espèces, CB, carte grise, sim du tel, etc.. à l'hotel. Retour à Serguiev Possad, en priant à l'approche de chaque contrôle de ДПС, nous n'avons aucun documents pour la voiture ni pour moi, l'hôtelier nous donne le sac oublié complet, trouvé dans la chambre. Remerciement par une bouteille de vin rouge de Bordeaux. Comment faire 600 km pour 200..Nous relativisons, en rapport à la taille du pays.

Nous continuons donc seulement jusqu'à Nijni Novgorod pour y passer la nuit, par la route M9, 2x2 voies limitée à 90 km, pas mal chargée en poids lourds, régulièrent s'échelonnent des postes fixe de la Дпс ou s'opèrent des contrôles aléatoires.


Réconfort dans un des nombreux "Kафе" qui bordent la route, excellente cuisine
Il y a aussi des faux policiers !

Arrivée sous de grosses averses à 21h à Nijni Novgorod où nous dégotons rapidement un appartement parfaitement équipé, pour 1200 RUB.


Maintenant nous commençons à rentrer dans le voyage, après une interminable traversée de l'Europe de l'ouest sous la chaleur, passé l'appréhension de la frontière Russe, et de la conduite en Russie, nous sommes maintenant organisés. Chaque choses à trouvée sa place dans la 309 grace rangement millimétré et immuable de l'auto, nous sommes au point pour nous sustenter et abreuver la voiture, ainsi que la gestion du logement le soir venu, nous espérons ressortir la tente bientôt, une fois le climat plus sec.

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720 km 6080 km au total

Levé à 6h30, le soleil brille déjà fort, il se lève très tôt ici.

Ce matin visite de la ville : Nijni Novgorod, Нижний Новгород, anciennement Gorki (Écrivain à l'époque soviétique) : arrosée par la Volga 3700 km et son confluent l'oka, 1,3M/hab, fondée au moyen âge, puis victime d'invasions Tataro-Mongole.

Grande activité économique ensuite, grâce à la Volga navigable.

Et encore maintenant avec les usines automobile GAZ : Gorkovski Avtomobilny Zavod (autobus et camion), d'aviation MIG : Mikoyan-Gourevitch et chantier naval.

Bien que loin du front Germano-Soviétique, la ville a été intensément bombardée de 1941 à 1943 par la luftwaffe, car c'était une des principales contributice à l'effort de guerre, pouvant équiper plusieurs divisions chaque jour de production par son industrie puissante, la ville devint ensuite ville interdite, en raison de sa production militaire de 1959 à 1991.

La ville est agréable, le relief et les rives y contribuent.

Théophile Gauthier disait : "Comment peut on vivre sans avoir vu Nijni Novgorod" alors à vous de voir...

Le monument à Tchkalov : aviateur émérite, héros de l'URSS, qui a réussi en 1936 la traversée sans escale (9374 km / 56h) de Moscou à Petropavlosk au Kamtchatka en Antonov 25 et celle de Moscou à Vancouver par le pôle nord en 1937, sans escale sur 12000 km dans le mauvais temps ! Il a donné son nom à la ville d' Orenburg ensuite.

Quartier ancien proche de notre appartement
Foire de Nijni N.
Lénine à Nijni N.
72 tonnes
Cathédrale Saint Alexandre Nevski
Gare Maritime de Nijni N. sur la Volga
Église de la nativité
Rive de la Volga
La Volga depuis l'escalier Tchkalov
Le monument à Tchkalov

Nous partons vers l'Est, en direction de Ijievsk via Kazan, ville que nous avons visitée en 2017 en train.

Nous traversons la République de Tchouvachie, peuplée notamment auparavant par les Bulgares de la Volga, la capitale en est Tcheboksary.

La fédération de Russie comprend 85 sujets, dont 21 républiques et 46 Oblast (région)

Les distances s'allongent, Perm est à 1000 km, nous y serons normalement demain, nous faisons le plein de légumes et de fruits auprès d'une Babouchka sur le bord de la route, tout est à vendre sur les bords des routes, baies, champignons, lait frais...

Affichage peu commun en France
Notre marché
Nous entrons en République de Tcouvachie

Chaque jour nous rencontrons notre lot de travaux, et d'attente prolongée, c'est la saison propice les chantiers sont à l' échelle du pays ils s'étendent en dizaines de km. Premier contrôle par la Дпс, nous sommes inquiet, tout se passe bien, contrôle des documents par un agent fort aimable, et plutôt intrigué par notre équipage.

Deux vraies autos
Poste fixe de contrôle de la police avant le grand pont sur la Volga

Nous entrons ensuite en République du Tatarstan et faisons une halte au monastère de Sviajck (fondé en 1551par Ivan le terrible) et contournons Kazan.

Nous roulons au nord-est jusqu'à la nuit qui tombe tôt (nous sommes au bout du fuseau horaire côté Est, demain nous changeons d'heure, cela sera plus agréable le soir)

Nous traversons un paysage de derrick en action et de torchères avant de trouver une petite chambre, à petit prix, nous sommes à 160 km de Ijievsk.

Nous sommes dans le rayon de Mendelev, la pancarte d'entrée et assez grande..

Les "Rayons" sont des divisions administrative de l'Oblast (la région)

Mendelev, chimiste Russe, père du tableau des élément périodiques, à travaillé ici, la ville porte son nom.

Paysage de la Volga avant Kazan
Monastère de Sviajsk
Rayon de Mendelev
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540 km, 6620 km au total.


Ce matin le soleil brille dès 4h00,

On se lève tôt, mais la fatigue se fait sentir.

Départ vers Ijievsk au travers d'un paysage agréable, 15°aujourd'hui.

Le paysage est parsemé de derricks, une odeur de naphte flotte.

Nous quittons le Tatarstan pour entrer en République d'Oudmourtie (les Oudmourtes sont un peuple autochtone proche des Komis)

De ce fait nous changeons d'heure (-1) nous avons maintenant 2h de décalage avec la France.

Nous arrivons à Ijievsk ancienne Oustinov après 160 km d'une bonne route toujours vers le nord-est.

Malgré son intense activité industrielle, cette ville de 650 000/hab. est intéressante.

Fondé au XVII ème siècle pour la sidérurgie, elle produisait à l'époque soviétique des armes, voitures, motos et machines outil.

Forte contributrice à l'effort de guerre, elle fut déclarée ville fermée après guerre pour des raisons stratégiques.

C'est ici à l'usine Izmaj qu'à été conçu est produit le fusil AK47 Kalachnikov, par Michaël du même nom. Un musée lui est consacré, il est mort à Ijievsk en 2013. Autodidacte ingénieux il avait conçu cette arme durant la guerre après une blessure sur le front de Briansk, elle n'a pas été retenue durant le conflit, mais adoptée pour équiper l'armée rouge et les pays de l'Urss à partir de 1947, d'où son nom : Автомат Калашникова « Avtomat Kalachnikova » modèle 47.

Réputée avant tout pour sa fiabilité légendaire et son calibre intermédiaire.

Nous visitons la superbe cathédrale, puis le musée Kalachnikov, séance de tir à l'Ak47, achats de quelques souvenirs et nous reprennons la route direction Perm, au nord-est.


Cathédrale St Michel
Michaël Kalachnikov
Différentes productions d' AK47
Séance de tir sous le musée
L'usine de motocyclettes
Ijievsk
Monument Soviétique

En allant vers Perm nous rencontrons une belle route vallonnée et sinueuse, l'approche de la chaîne de l'Oural se fait sentir. Nous n'avançons pas très vite d'autant que l'état de la route se dégrade, les paysages deviennent nordiques.

Nous entrons dans le Kraï (équivalent de l'oblast, 9 dans la fédération) de Perm, et nous changeons encore d'heure, les fuseaux ne sont pas découpés géographiquement mais par régions. 3h de décalage maintenant, mais nous sommes plus en phase avec le soleil, même si notre journée est amputée de 2h.

Nous dormons à Perm ce soir, et si tout se passe bien nous aurons franchi l'Oural demain, et nous serons en Asie et Sibérie aussi !

Sur le chemin nous achetons des fraises des bois, mûres arctiques et champignons au bord de la route avant de trouver un appartement très bien équipé pour 1000 RUB.

Le plein de sp95 à côté d'un camion Russe Kamaz
De Ijievsk à Perm
Appartement Perm
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640 km, 7260 km au total.


Ce matin nous visitons Perm appelée Molotov de 1940 à 1957, 1M/hab, bordant la rivière Kama et sur les contreforts de l' Oural, ancienne ville métallurgique, ou se sont installées de nombreuses usines déplacées durant la guerre. Le dernier goulag y a fermé ses portes en 1988 (Perm 36).On y produit des moteurs d'avion entre autre. La Kama (1800 km) y est très large, elle se jette dans la Volga.

La Kama à Perm
Perm
Théâtre Perm
Mosquée Perm
On ne le présente plus..

En route ! Nous partons au sud-est par la très belle R 242 en direction de Iekaterinbourg, paysage de plus en plus vallonné, en effet nous traversons bientôt l'oural. Nous rencontrons le panneau d'entrée dans l'Oblast de Sverdlosk. Je m'habitue à la conduite, se croiser à 3, être doublé par la droite, le faire aussi.. être attentif aux pietons qui traversent les voies rapides, identifier les très nombreux radars fixes à presque chaque carrefour, et aussi les nombreux mobiles qui sont sur des véhicules géré par une société. Beaucoup de Дрс le long de la route, pas de contrôle pour nous. Les grandes portions dégagées sont agréables, cepandant il y a beaucoup de villages qui ralentissent notre croisière automobile.

Entrée de l'Oblast de Sverdlosk
Nous filons à bonne allure

15 km avant Iekaterinbourg, nous arrivons à la frontière géographique entre Europe et Asie, selon la définition du Général De Gaulle, elle suit le tracé de la chaîne de l'Oural qui traverse la Russie du nord (mer de Kara) au sud (steppe du Kazakhstan) sur 2500 km. S'y trouve une stèle marquant symboliquement la séparation, faite de pierre venant du détroit de Bering (face à l'Alaska) pour la partie est, et de pierre du cap "Cabo de Roca" le plus occidental du Portugal pour la partie ouest. Il y a un peu de mystique ici, en effet beaucoup attachent des rubans dans les arbres, d'autres boivent une bouteille de champagne y enferme un souhait, scellent la bouteille, et l'entrepose.

Nous voilà en Asie et en Sibérie !

Panneau d'entrée de Iekaterinbourg
La stèle

Nous contournons Iekaterinbourg, car nous y sommes déjà venus en train en juillet 2017 et février et 2018, nous roulons jusqu'au soir et à 200km de Tioumen, proche de Kamichlov, nous cherchons un endroit pour dormir au milieu de l'immensité (c'est peu dire) de la campagne Russe, ce n'est pas aisé car il y a peu de chemin, seulement des accès aux champs pour engins. Nous dormons finalement dans un champ de camomille. La météo semble plus clémente, moins fraîche qu'auparavant, mais d'énormes nuages d'averses guettent.

Nous transportons toujours 15l d'eau pour assurer la douche et la cuisine.


Où dormir ?
Ici..
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550 km 7810 km au total


Après une bonne nuit, nous repartons inexorablement vers l'est. Direction Tioumen et au delà.

Quelques véhicules russes : aujourd'hui la marque UAZ : Ульяновский автомобильный завод, УАЗ, (kOulianovski Avtomobilny Zavod) à Oulianovsk donc. Qui produit depuis 1941 de bons véhicules tout terrain, déclinés ensuite en Hunter puis Patriot pour le UAZ 459, le 452 est toujours commercialisé modernisé, très répandu, poste, ambulance... Adapté au réseau secondaire et aux pires conditions.

Une borne des anciennes routes pour diligences qui traversaient le pays
Uaz 469 depuis 1971
Uaz 452 depuis 1965

Nous entrons dans l'Oblast de Tioumen, 1ère région pétrolière et gazière de Russie.

Tioumen, dans la plaine de Sibérie occidentale, 650 000/hab, au bord de la Toura (1030 km) qui se jette dans le Tobol. Ville à très bon niveau de vie qui concentre beaucoup d'activités pétrolières et gazières. (Gazprom, Lukoil, Yukos...)

Le corps de Lénine y fut déplacé provisoirement pendant la guerre, tandis que la ville produisait de nombreux équipements militaires.

La ville est vraiment apaisante, la conduite plus calme, l'environnement agréable, Tioumen jouit d'un climat plus doux.

Après un contrôle de la Дпс par un policier fort aimable, nous visitons la ville et ravitaillons, il fait une vingtaine de degrés, avec toujours ce ciel parsemé, qui fait de superbes photos.

Des voitures nous klaxonnent, et nous adressent des signes amicaux. C'est encourageant car nous commençons à nous sentir loin de chez nous avec notre auto.

L'entrée dans la rayon de Tioumen
Maison du début 1900
Le gouvernement de Tioumen
Notre-Dame du Signe à Tioumen 1768
La Toura
Bord de la Toura à Tioumen

La 309 reprend sa route vers l'est, je ne parle plus des longues lignes droites, car c'est la norme ici, en centaines de km. Nous allons vers Ichim (300km) dans l'espoir d'y loger pas trop tard pour se reposer un peu. Demain, direction Omsk.

Nous longeons d'immenses parcelles agricole

Nous relachons dans un petit hôtel d'Ichim, sympathique petite ville. D'où est partie Praskofia Lupolova, 18 ans, en 1803 à pied vers Saint Petersbourg, pour défendre la cause de son père déporté à Ichim par le Tsar Alexandre 1er. Elle mit un an, d'une éprouvante épopée, elle apprit à lire à écrire durant son voyage, son père fut gracié.

La ville est tranquille, et à l'air agréable, beaucoup de restes de mamouth ici, la rivière en charrie, les baigneurs trouvent d'immenses os.

15

720 km, 8530 km au total, 5h de décalage.


Départ vers 7h ce matin par beau temps, 20° parfait pour rouler, nous empruntons sur plus de 300 km la R481 en direction de Omsk, le paysage devient moins habité, beaucoup de marais, de forêts. La route s'appelle l'Irtych Trakt. Auparavant nous étions sur l'oural Trakt.

À l'entrée dans l'Oblast de Omsk, nous perdons de nouveau une heure : 4 heures de décalage. Notre journée est plus courte.

Nous visitons la ville où nous nous étions brièvement arrêtés en février 2018.

Omsk, 1,18M/hab, traversée par la rivière Irtych qui coule du sud au nord longue de 4250 km ! Elle rejoint l'Ob ensuite soit 5410 km.. Navigable depuis la Chine elle contribue à l'activité économique de la ville avec son grand port fluvial. Le transsibérien passe aussi à Omsk. La ville a été fondée en 1716 pour assoir l'influence Russe sur cette partie de la Sibérie et la protéger des raids mongols. Durant la guerre sa population a été multipliée par trois, elle produisait notamment des chars, elle reste ainsi ville fermée jusqu'en 1990. Gazprom y est installé, la pétrochimie s'y porte bien. Une usine y produit des moteurs d'avion.

Le climat y est continental sec, 300 jours de soleil par an.

Entrée de Omsk
La bibliothèque..
Cathédrale de l'assomption à Omsk

Nous visitons le centre, ravitaillons au magasin, puis filons à la plage au bord de l'Irtych, l'eau est plutôt bonne pour un fleuve de Sibérie, qui gèle en hiver. Il fait chaud maintenant 25°. On se sent plutôt bien dans cette ville.

La plage de Omsk
Elena et Maïlys sont déjà dans l'eau, fort courant, prudence...

Nous sortons de la ville, direction Novossibirsk, il faut toujours se concentrer en ville, la conduite n'est pas facile. Il faut gérer les trolley bus et les tramways entre autres. Petit arrêt devant l'usine de moteurs d'avions pour admirer un Sukhoï 17 (Cухой)

Ici il faut tourner à gauche, le trolley bus aussi veut tourner
Omsk
SU 17

16h30 en route pour Novossibirsk à 600 km de là, nous contournerons la ville, que nous avons bien visitée en février 2018, et allons certainement faire un grand crochet demain vers le sud, de quatre à cinq jours dans le massif de l'Altaï, car nous avons une petite avance. En effet Vladivostok se trouve en théorie à 5825 km de Novossibirsk. Avant cela nous allons chercher une solution pour dormir ce soir, sachant que le temps est clément, mais que les abords de la route ne sont que marécages depuis Omsk. Pas facile pour le camping.

Toujours pas vu une seule plaque d'Europe occidentale sur la route, des voyageurs Russes nous encouragent en nous dépassant dans un gros UAZ.

Surprise en entrant dans l'Oblast de Novossibirsk, nous perdons encore une heure... - 2 h aujourd'hui, 5 h de décalage avec la France, et la journée qui se termine plus vite que prévue.

Nous roulons tard ce soir, "à la fraîche" dans un paysage de marais infini, ça sent presque la mer, il y a des mouettes, alors que nous sommes à un des endroits les plus éloigné de toute mer sur terre, au milieu du continent Eurasiatique. Nous terminons dans une petite chambre au bord de la route près de Barabinsk.

Entrée dans l'Oblast de Novossibirsk, la ville est à 500 km
Sur la route
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580 km 9110 km au total, 5 heures de décalage.


Lever plus difficile ce matin avec le décalage, 17° légère pluie, nous partons vers... l'est, 300 km de route correcte jusqu'à Novossibirsk au milieu des marais. En fait, Omsk-Novossibirsk c'est 600 km sans village d'une route en talus au dessus des marais, la nature est belle, il y a beaucoup d'oiseaux, mais en cas d'arrêt, gare aux taons et aux moustiques !

Nous contournons par des routes difficiles de circulation et de poussière, la grande Novossibirsk que nous avions beaucoup appréciée en février 2018, par - 26°, aujourd'hui il fait 28°, nous cherchons une plage après avoir traversé le barrage sur l'Ob, ici, "la mer de l'Ob" fait plus 1000 km2. En se garant pour l'admirer, nous rencontrons notre premier véhicule étranger en 8000 km, des Français ! (même les camions sont tous en plaque Russe) ils vont en Mongolie pour 50 jours, en 4x4 Land Rover (trop facile !) ils sont entrés par la même douane que nous, 17h d'attente.. Nous continuons sur le Tchouïski Trakt qui fait environ 1000km, cette route traverse le massif de l'Altaï pour se rendre en Mongolie, connue des voyageurs d'Asie centrale, elle permet notamment de relier le Kazakhstan à la Mongolie en passant par la Russie, car ces deux pays n'ont pas de frontière comunne.

Nous nous baignons finalement dans un bras de la mer de l'Ob, bain bienvenu, il fait très chaud en voiture.

Premier véhicule français
Le mer de l'Ob
Le cours de l'Ob à Novossibirsk
Plage sur l'Ob

Après s'être éloigné de Novossibirsk plein sud sur plus de 200 km et avoir contourné la ville de Barnaoul, Nous trouvons un superbe endroit au bord d'une rivière en pleine campagne pour se rafraîchir et bivouaquer à Pokrovka, le long de la Losikha. Demain nous espérons être dans le massif de l'Altaï, c'est un petit détour, qui nous coûtera facilement 1600 km. Nous irons en direction de Gorno Altaï puis Aktach.

Entrée dans le Kraï de l'Altaï
Plein sud !
Pas de clôtures en Russie, les troupeaux sont gardés, ici à cheval.
Rivière sabloneuse
Bivouac
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600 km, 9710 km au total, 5h de décalage.

Départ tôt ce matin, vers 7h après avoir plié la tente sous une petite pluie et 16°.

Fermement décidés à aller dans le massif de l'Altaï, nous partons plein sud vers Binsk puis Gorno-Altaïsk (250 km), la porte d'entrée du massif.

L'Altaï, situé au sud de la Sibérie, est un massif de 2000 km de long sur 600 km de large ! À cheval sur 4 pays : Russie, Chine, Kazakhstan, Mongolie, culminant à 4506 m.

Après le Kraï de l'Altaï hier, nous entrons en République de l'Altaï, peuplée de Russes (54%) et d'Altaïens très typés Mongol, absolument sympathiques et toujours souriants. Arrivés à Gorno Altaïsk, nous nous enfoncons sur 350 km à l'intérieur du massif par la route Tchouïsky Trakt en direction de la Mongolie.

Quelque part ça fait du bien de trouver du relief et des routes qui tournent. Les premiers reliefs sont doux, la vallée que nous remontons est habitée par moment, les vallées autour sont vierges.

Entrée en République de l'Altaï
Attention au ours ;)
Les premiers villages de l'Altaï

Après un premier col, une deuxième vallée, nous entrons dans le massif, nous ne sommes pas déçu, la nature est immaculée et immense ! La sensation de grandiose est agréable.

La route est très roulante, mais attention aux animaux, ici vaches, moutons, chevaux et yacks sont en liberté..

Uaz
Dans chaque village, la contribution des soldats de l'Altaï
Yacks
Le Tchouïsky Trakt derrière nous
Village Altaïen

Après un deuxième col, une troisième vallée que nous allons remonter longuement jusqu'à Aktach notre destination. Le paysage devient fabuleux à parcourir pour nous, et donne des envies de Mongolie et d'Asie centrale.

En route pour Aktach
Le Lénine de l'Altaï à Inya, qui regarde vers la Mongolie
De la belle mécanique comme j'aime
Monument au constructeurs de la route.
Titine tiens le coup, grosse étape de montagne aujourd'hui.
Pétroglyphes de l'âge du bronze, nombreux dans la région.

Nous arrivons à 20h à Aktach, 1750m, sous un crachin frais (16°), beaucoup de camping ici, mais nous n'avons pas envie de la planter, nous trouvons une hutte, et réservons 1h de sauna pour ce soir, bonheur assuré et remise en forme.

Demain nous restons autour d'Aktach, et tenterons le camping sauvage si il ne pleut pas trop, il y a une multitude d'endroits extraordinaires pour camper en sauvage ici.

Pour nous le Tchouïsky Trakt s'arrête ici, nous sommes à 150 km de la frontière Mongole par un paysage qui doit être superbe, la frontière est à 2000 m d'altitude. Mais nous n'avons pas le droit d'aller beaucoup plus loin, c'est la zone frontière, il nous faudrai présenter un visa Mongol pour continuer, ou demander 30 jours à l'avance une autorisation à la 75ème brigade des troupes garde frontières de l'Altaï à Aktach. Nous ferons encore les quelques km autorisés jusqu'à Koch-Agatch pour essayer de voir les hautes montagnes si le temps le permet.

Camping Aktach
Banya Russe
Ça chauffe !
18

250 km, 9970 km au total, 5 h de décalage.


Ce matin grasse matinée, la première, lever 8h, il fait 8°, il pleut, la neige n'est pas loin sur les sommets au dessus, en route pour Koch-Agatch, à 110 km d'Aktach, nous continuons le Tchouïsky Trakt, jusqu'à la zone frontière qui fait 70 km de largeur. Une fois de plus nous ne sommes pas déçu par les paysages, la route est un vrai bonheur de grands espaces et de nature. Seul bémol, le temps est maussade, c'est fort dommage, car depuis la haute steppe de la Tchoui que nous allons parcourir on peut voir en temps normal les hauts sommets de l'Altaï dont l'Ak-Tur (4075m) ou le Macheï-Bachi (4173m) etc..

Nous avons la chance d'apercevoir les montagne avant la pluie.



Nous ajoutons une pierre pour la bonne continuation de notre voyage

Nous croisons de superbes paysages déserts, entre Aktach (3600 hab) et Koch Agatch (5700 hab)

Steppe

Durant le trajet, petite inquiétude, le voyant d'huile s'allume parfois, nous espérons trouver une station service à Koch Agatch, aussi pour faire le plein, car il y a peu de stations ici et nous sommes maintenant à 450 km à l'intérieur du massif. Nous arrivons à Koch-Agatch sous une bonne pluie, une sorte de bout du monde où s'échouent des voyageurs en transit, et d'échange et de marché entre Russes et Mongoles. Juste avant la zone interdite pour nous, nous trouvons une station radar de l'armée Russe. Beaucoup de militaires en ville. Pas de moineaux ou de pigeons ici, mais des dizaines de rapaces en ville.

Le plein fait, et le niveau d'huile completé, je me sens mieux, sauf que Titine ne démarre pas.. La batterie ? L'aternateur ? Rapide diagnostique, c'est l'alternateur qui ne charge plus, je me disais aussi, les essuies glaces vont de moins en moins vite.

Il faut réparer, nous sommes au plus loin, dans une micro ville, et sous une pluie battante.


Après avoir sortis outils et pièces de rechange en vidant le coffre dans l'habitacle, dépose de l'aternateur, il fait 7°, démontage de celui-ci, j'ai ma petite idée, avant de le remplacer par celui de rechange, essayons de le réparer. Un Altaïen viens discuter mécanique, ici les pannes rassemblent. Un camion s'arrête sur notre parking pour réparer aussi..

Ce sont bien les charbons, (pièce du bas) je remplace par des charbons neufs-d'occasion, que j'avais emportés (pièce du haut) nous hélons un Altaïen en Lada, qui nous permet de redémarrer aux câbles, c'était bien ça !

Heureux nous allons nous restaurer de nourriture Mongole pour un prix modique, et arpenter le bazar de la ville, cette ville est un peu chaotique, il pleut sans fin, l'eau ne peut s'écouler à cause du permafrost.. Mais nous nous y sentons bien. Quelques emplettes et nous prenons le chemin du retour vers Aktach. La ville est à 1750m, l'endroit le plus sec de l'Altaï (?) et des plus froid, -62°relevé en hiver.

Les toilettes du restaurant
Koch-Agatch
Vêtements de laine Mongole

Retour à Aktach, toujours de beaux paysages, nous trouvons une cabane pour dormir vers 21h, l'eau courante est dans le ruisseau, l'électricité par groupe est coupée dans la nuit, pour le chauffage il faut faire son feu, superbe endroit. Nous profitons une fois de plus du sauna, avec refroidissement dans la rivière. Très belle soirée.

Thé Mongole dans la Yourte
Aktach
Notre cabane
Le cannabis pousse naturellement le long des rivières
19

420 km, 10 390 km au total, 5h de décalage.


Ce matin nous partons encore plus tard, il a plu toute la nuit.. Nous récupérons aussi.

Aujourd'hui le but est de sortir de l'Altaï, pour regagner bientôt notre itinéraire pour Vladivostok, 800 à 900 km que nous ferons en deux jours.

Nous faisons un premier arrêt sur une tombe d'un cavalier Mongol très ancienne, estimée à 3000 ans. Nous prenons autant de plaisir à parcourir cette route au retour. Certains paysages sont couverts de kourgans, autant de tombes de guerrier Mongole.

La 309 tourne comme une montre Suisse et l'alternateur fait son travail.

Tchouïsky Trakt

Arrêt au col Seminsky (1894 m) pour parcourir le marché. Beaucoup de lainages de l'Altaï et de Mongolie sont proposés, en chèvre, mouton, chameau ou yack. Nous achetons finalement un beau tapis assemblé en mouton.

Plus loin nous achetons du lait et du pain frais au bord de la route. Nous croisons un pont routier à tablier suspendu des années 60 en béton et bois sur la rivière Katoun nous dormions hier près de sa source.

Col Seminski
Utile pour le tout terrain, pas d'échange possible..

20 km avant Biïsk nous stoppons au bord d'un étang, non loin de la Katoun, l'endroit et parfait pour bivouaquer et se baigner, nous admirons un superbe couché de soleil. Avec toujours autant de moustiques voraces ! Nous avions oubliés les moustiques et la chaleur en altitude...

Demain nous envisageons de rejoindre Kemerovo, en passant par Biïsk, Barnaoul et Leninsk-Kouznetski.

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660 km, 11 050 km au total, 5h de décalage.


Ce matin nous ne tardons pas à plier le campement sous les assauts de moustiques sanguinaires, départ à 6h30, bon timing. Notre objectif du jour : plein nord, Kemerovo, pour rejoindre le Sibirsky Trakt, la route de la Sibérie.

Nous arrivons rapidement à Biïsk, jolie petite ville de 205 000/hab, bordant la rivière de Biia. Forteresse fondée en 1709. Durant la guerre là aussi de nombreuses usines y ont déménagé, contribuant à l'économie d'après guerre, la ville a conservé une production d'armement, et est spécialisée dans la recherche en nouveaux materiaux.

L'entrée de Biïsk

Après 160 km nous faisons un détour par Barnaoul, capitale du Kraï de l'Altaï, 630 000/hab, à la confluence du fleuve Ob et de la rivière Barnaoulka, ancienne ville minière, elle fut principale productrice de minerai d'argent. Durant la guerre, une usine de tracteurs Ukrainienne (Karkhov) y fut déménagée, devenue usine de moteur diesel maintenant, ainsi qu'une usine de cartouches, devenu la plus grande entreprise de ce genre.

Nous en profitons pour faire le plein d'eau.




L'entrée de Barnaoul
L'arrivée à Barnaoul, le pont sur l'Ob

Nous repartons pour Leninsk-Kouznetsky, 220 km d'une route intéressante, d'abord en ligne droite sur digue à travers des marais, puis une longue traversée d'une zone boisée et vallonnée, sans âme qui vive. Le paysage est superbe, la nature luxuriante les forêts impénétrables, quel espace !

Vers 13h nous faisons halte le long de la route, difficile de trouver de l'ombre il fait très chaud pour nous, 27°.

Sur 180 km la route est vraiment mauvaise, la 309 tremble avec nous, la conduite est fatigante, je ne pensais pas que la voiture pouvait encaisser autant de secousses et de chocs.

L'occasion de réviser les bougies après 10 000km, qui se révèlent être bien belles, un petit coup de brosse, et remontage.

Nous quittons le Kraï de l'Altaï pour l'Oblast de Kemerovo et sa discrète porte d'entrée.

Entrée de l'Oblast de Kemerovo

À 16h30 nous arrivons à Leninsk-Kouznetsky par 30°, 100 000/hab, au bord de la rivière Inia qui se jette dans l'Ob.

Ville minière par excellence depuis 1763, dans le bassin houiller du Kouzbass, entièrement tournée vers l'extraction du charbon, de nombreuses mines se situent dans l'emprise de la ville même. Des camions charrient du charbon en tous sens, des blocs d'anthracite parsèment les bas côtés. La ville est très poussièreuse, les cheminée des usines crachent noir. Une immense gare de triage recueille ce charbon pour l'expédier.

À 19h nous arrivons à Kemerovo, ou nous prennons un petit appartement dans la périphérie, pour profiter de la salle de bain et laver du linge. Appartement sympa de l'époque soviétique en béton préfabriqué assemblé, comme on peut en voir partout en Russie et ex Urss.

L'entrée de Kemerovo
Notre bâtiment, nous sommes au 5ème.
Le quartier, tranquille.

Demain nous visons Krasnoïarsk à 540 km, plein est.

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600 km, 11 650 km au total, 5h de décalage.


Départ à 8h30 ce matin, nous commençons par un tour en ville, à Kemerovo anciennement Shcheglovsk, datant de début 1700. C'est une grande ville de 545 000/hab, bordée par la rivière Tom (830 km) qui se jette dans l'Ob. Ville industrielle : chimie, mécanique, "capitale du Kouzbass" (Bassin du Kouznetsk) gigantesque gisement de charbon qui produit 61% du charbon Russe, notamment pour la sidérurgie.

Kemerovo
Monument aux mineurs

En route pour Krasnoyarsk, Irkoutsk (Baïkal) est déjà indiqué à 1500 km. Nous passons par Mariinsk, ravitaillons en bord de route, et prenons la pause au bord de la rivière.

En guise de fête nationale nous croisons notre deuxième français en 2CV !

Entrée de la ville de Mariinsk
Gare de Mariinsk, nous y somme passé en février 2018

Sur le trajet, Atchinsk : usine d'alumine et gisement de lignite, nous longeons de véritables montagnes de stériles miniers. La route est belle, mais la circulation difficile nous restons concentré. Aujourd'hui nous avons roulé à travers d'infini parcelles de colza, puis principalement en forêt de pins.

Sur la route

Arrivée tardive à Krasnoyarsk, bouchons du dimanche soir avant la ville. Nous traversons la ville dans une circulation difficile, et nous empressons d'en sortir. La ville est couverte de fumée due à un incendie de taïga. Nous stoppons au bord du fleuve Ienisseï, le plus long à se jetter dans l'océan Arctique (4100 km).

Entrée de Krasnoyarsk
Ienisseï
Le pont ferroviaire du transsibérien sur le Ienisseï

N'ayant trouvé le camping escompté, nous errons jusqu'à 22h avant de camper au hasard d'un chemin dans les bois.

22

710 km, 12 360 km au total, +1h, 6 heures de décalage.


Ce matin départ à 6h30, lever avec le soleil, direction le barrage sur l'Ienisseï à 40 km de la ville, qui retient le réservoir de Krasnoyarsk, autrement appelé "la mer de l'Ienisseï", une retenue de 358 km sur 15 de large ! Le barrage fait 125m de hauteur et 1 km de largeur et produit 6000 MW. La création du barrage en 1972 à modifié le climat de la ville devenu plus "chaud" et humide, le fleuve n'y gèle plus.

Notre campement
Barrage sur l'Ienisseï, à droite la rampe inclinée à bateau, pas d'écluse ici.
Le barrage
Le cours normal du fleuve en aval du barrage.
Le monument aux constructeurs

Ensuite nous traversons rapidement la ville enfumée et engorgée en retenant notre respiration.. De plus des incendies de taïga sévissent et obscurcissent le ciel. Krasnoyarsk est une anciene forteresse de 1628, fondée pour lutter contre les Tatars présents le long du fleuve. Durant la guerre, ici aussi une douzaine d'usines ont déménagé contribuant à son développement ensuite. Ville de 1 070 000/hab en pleine expansion, centre industriel et de recherche, 85% de la puissance du barrage sert à l'usine d'aluminium. Le climat est très continental, l'été bref et chaud.


Sortie de Krasnoyarsk
Ils sont où ces Français avec leur 309 ?
Titine en compagnie de 2 Kamaz

Nous roulons ensuite sud-est en direction d'Irkoutsk à 1100 km, qui sera une étape importante pour nous avec le Lac Baïkal. La route est bonne à travers forêts et marais. Nous passons par la ville de Kantsk et y sommes confronté à une portion de mauvaise route sur 10 km. Depuis hier l'essieu arrière grince à chaque chaos, rien d'inquiétant sommes toutes je pense.


Taïga
Entrée de Kansk
Route de Kansk
15 à 20 km pas plus pour ménager la monture

Nous faisons toute la route avec un ciel gris, parfois un rayon de soleil et 19°, température idéale. Après 600 km nous sortons du Kraï de Krasnoyarsk (2ème territoire de Russie avec 13% de la surface, 3000km du nord au sud) et entrons dans l'Oblast de Irkoutsk il reste environ 600 km jusqu'à Irkoutsk. Par la même occasion notre montre avance d'une heure, nous avons 6h de décalage maintenant.

Entrée dans l'Oblast d'Irkoutsk

Ce soir nous avons des difficultés pour trouver un campement, il a beaucoup plu devant nous, tout est détrempé, après avoir fait le plein d'eau dans une rivière, nous frôlons l'enlisement dans un chemin défoncé et boueux, à peine sortis de la voiture nous somme assaillis par des nuées de moustiques comme jamais, nous battons en retraite, et dégotons non sans mal un petit hôtel pour routier au bord de la route, dans une petite ville inondée par les orages. Nous somme à 500 km d'Irkoutsk.

23

550 km, 12 910 km au total, 6h de décalage.


Départ à 8h30 ce matin, il fait 13°, nous sommes dans une épaisse brume. Ça roule bien, nous fonçons dans le brouillard, mais très vite les premières zones de travaux apparaissent de 5 à 15 km en circulation alternée sur des chaussées défoncées. À la limite des capacités de franchissement de la 309 qui est bien chargée et bien basse, nous acrochons souvent dessous, d'où quelques inquiétudes pour les tuyaux de frein et d'essence.

Après 120 km nous arrivons à Touloun, ville qui s'est fait connaître dans l'actualité récente à cause d'une catastrophique inondation nocturne le 26 juin par le débordement de la rivière Iïa et de 6 rivières en amont. En effet il a plu anormalement et sans arrêt durant une longue période. La ville est ravagée ainsi que de nombreux villages, 3300 maisons ont été longuement inondée et 300 emportée 14 habitants ont péris. L'armée est sur place pour aider au nettoyage, des camions évacuent les décombres. Des camions d'eau potable et des distributions de dons venant de Russie sont présents en ville.

Nous avions une inquiétude avant le départ, car la route a été emportée ici, ainsi que le chemin de fer, hors ce sont les seuls axes d'ouest en est.

Ici nous avons notre 3ème contrôle de police, vérification des documents du véhicule et permis.

Touloun
Touloun

Nous traversons cette vallée, et allons vers des régions plus agréables. Après un plein de sp 95 à 42,5 Rub/L nous faisons un arrêt au village de Kouïtoun. Régulièrement nous traversons le chemin de fer du Transsibérien. Ces passages sont très protégés, gardien, barrière, et plaque en acier qui se lèvent pour empêcher un véhicule de s'engager, visible en premier plan.

Kouïtoun

Nous continuons jusqu'à Irkoutsk, il nous restera alors seulement 4000 km jusqu'à Vladivostok. Sachant nous nous en retournerons à partir du 6 août.

Ça roule bien, mais attention le bétail est en liberté partout, parfois en ville
Pendant les portions de travaux, surtout garder sa droite !
Entrée d'Irkoutsk
L'Angara, le seul exutoire du lac Baïkal qui traverse Irkoutsk.

Nous logerons 2 jours dans un très joli appartement qui nous est loué par connaissance, merci à Margarita que nous avions connue l'hiver dernier. La ville est très jolie, nous y fûmes en février 2019, voir publication 8.

Notre logement, au 3ème à droite.
Grand hôtel Angara

Demain nous envisageons une incursion vers le lac Baïkal, en autobus.. Repos des voyageurs et de la 309.

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140 km en autobus. 6 heures de décalage.


Ce matin nous partons à 8h depuis la gare routière d'Irkoutsk en direction de Listvianka au bord du lac Baïkal (décrit publication 8) nous avons de la chance il va faire très beau et chaud, 30° prévu.

Le rendez vous avec le Lac Baïkal est toujours aussi beau et magique.

Le Baïkal à Listvianka

Nous passons la journée à Listvianka, à profiter du lac et de l'environnement, l'eau n'est pas chaude, mais le soleil chauffe bien.

Le Baïkal c'est : 636 km de longueur sur 79 km de large, 1642 m de profondeur, le volume des 5 grands lacs américains reunis.

Ses 23 600 km3 d'eau représente aussi 260 fois le lac léman. Tandis que ses rives s'écartent de 5mm par an, il s'agit d'un rift, les 336 rivières qui l'aliment ne parvienne à le combler de sédiments car il s'agrandit.

Listvkanka

Pour le repas nous achetons le poisson du lac (l'Omoul), séché, fumé.

Retour en autobus ensuite par une route vallonnée en forêt. Nous passons par le marché central d'Irkoutsk avant de rejoindre notre logement.

Omoul à Listvianka
Marche d'Irkoutsk, un stand gâteaux !
Ici en hiver, point de légumes, mais des poissons congelés à l'air libre.

Aujourd'hui c'était journée relâche, sans voiture.. Demain nous reprennons notre entreprise, et repartons vers l'est en visant Oulan-Oudé en Bouriatie à plus de 500 km, au départ d'Irkoutsk nous devrons d'abord contourner le Lac Baïkal par le sud.

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330 km, 13 240 km au total, 6h de décalage.


Départ à 8h30 ce matin, il fait beau et déjà chaud à Irkoutsk, nous faisons un tour au bord de l'Angara avant de partir plein sud pour contourner le Baïkal.



L'Angara à Irkoutsk
Église du Sauveur 1706, Irkoutsk
Église de l'épiphanie, 1718, Irkoutsk
Iakov Pokhabov, cosaque fondateur de la ville en 1652

À la sortie de la ville un panneau annonce notre destination d'après demain, Tchita en Transbaïkalie. La route va être moins roulante maintenant, le contournement du lac est une route de montagne.

À la sortie de Irkoutsk
Un rond point à Chelierov

Après une route tourmentée nous arrivons à l'extrémité sud du Baïkal à Koultouk.

Koultouk, au bout du Baïkal
La 309 voit la Baïkal pour la première fois..

Maintenant nous longeons le lac sur son côté est et passons par Sloudianka et Baïkalsk, ensuite nous quittons l'Oblast d'Irkoutsk et pénétrons en République de Bouriatie. Puis nous arrivons à Vydrino qui est une étape pour nous, en février 2018 nous y étions arrivés en aéroglisseur après avoir traversé le lac sur la glace, et y avions déjeunés dans un café. Apercevant la route proche j'avais indiqué à Mailys : "c'est la route Moscou-Vladivostok !" Nous y voici revenus en voiture, nous déjeunons sur place, et à partir de là, c'est terra incognita pour nous trois.

Nous longeons les monts Lablonovy, une chaîne de montagne de 1600 km de longueur ! qui borde l'est du Baïkal et culmine à 2450 m, nous passons côté d'une station de ski.


Entrée en République de Bouriatie
La Kafé de Vydrino
La route de la côte est du Baïkal

Nous continuons vers Oulan-Oudé, mais ça n'avance pas très vite, tous les ponts sont en réfection, et nous parcourons des portions de route détériorées, parfois nous avons un beau ruban de bitume neuf.

Nous faisons un arrêt au bord du Baïkal, il fait très chaud et lourd. Nous découvrons des rives très propres et sans fin, il y a très peu d'accès, au lac. Et plus loin aucune route ne longe le lac. L'eau est plus chaude ici 18°.

Nous continuons à longer le lac sur 200 km en tout en passant par Babouchkine, et peu avant de nous éloigner des rives du lac à Boyarskiy, ne pouvant nous résoudre à quitter le lac, nous campons assez tôt dans un endroit extraordinaire, sur un promontoire au dessus du lac donnant sur des plages désertes. Nous rattraperons notre retard en nous levant plus tôt pour rejoindre Oulan-Oudé. Le bain au couché du soleil restera un bon souvenir. Nous avons peine à distinguer l'autre rive pourtant montagneuse. Derrière nous passe la ligne du Transsibérien, avec une grosse circulation de train de marchandise avec quelques minutes d'intervalle seulement et dans les deux sens, c'est assez impressionnant d'organisation.

Notre campement privilégié

Demain nous espérons nous lever tôt pour visiter Oulan-Oudé à 160km d'ici soit plus de 2h de route, et continuer vers Tchita.

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450 km, 13 690 km au total, 7 h de décalage.


Départ à 6h00 ce matin, après avoir franchi la ligne du Transsibérien près de laquelle nous avons campé, nous roulons au soleil levant, à travers les bouleaux et les pins sur le Baïkalski Trakt, la route est roulante mais entrecoupée d'importantes zones de travaux qui nous ralentissent et font souffrir les suspensions de l'auto.


Nous nous éloignons du Baïkal en remontant le cours de la rivière Selenga (992 km) et en traversant une chaîne de montagne, nous allons changer de climat.

Le plein d'eau potable et de lavage dans un puit bord de la route
La Selenga en aval d'Oulan-Oudé

Arrivée à Oulan-Oudé Capitale de la République de Bouriatie, à 8h30, après 170 km. Nous visitons le centre, de cette ville plutôt plaisante et bien entretenue. Ville de 430 500/hab, au bord la Selenga, fondée en 1666 comme avant poste par le cosaque Piotr Pokhabov, la ville est devenue un centre de commerce sur la route du thé et d'échange avec la Chine et la Mongolie. Elle est peuplée de Russes, Bouriates (peuples d'origine Mongole) et Evenks (originaires de Sibérie). Le climat y est très continental et très sec, il y fait 30°aujourd'hui.

Le Transsibérien est arrivé dans la ville en 1900, une usine de réparation de locomotive s'est installée ici, ainsi qu'une usine d'aviation qui produit surtout des hélicoptères MI8 et Mi171.

La statue de Lénine de Oulan-Oudé est connue, car il s' agit d'une tête de 7,50 m et 42 tonnes..


Depuis Oulan-Oudé on peut rejoindre la frontière Mongole, la route mène ensuite à Oulan-Bator.

Avenue Lénine
Église Odigitria
Perspective de l'avenue Lénine
Théâtre d'Oulan-Oudé
Maison en bois du début 20ème
La maison des pionniers

Nous prennons ensuite un peu de hauteur pour rejoindre le temple Bouddhiste "Datsan Rinpoche Bagsha" en haut de la ville, considérée comme la capitale du Bouddhisme Tibétain en Russie.

Oulan-Oudé vu depuis le temple

Nous sortons de la ville direction Tchita, à plus de 600 km, et faisons un détour vers Ivolguiesk, pour voir le monastère Bouddhiste "Datsan d'Ivolguiesk", le paysage se transforme en steppe, il fait très chaud, et c'est visiblement très sec.

Nous avons pas mal perdu de temps aujourd'hui, mais c'était intéressant. Il faut rouler vers Tchita maintenant. Les paysages le long de la Selenga sont superbes, ensuite c'est un paysage de steppe en altitude.

Le bétail est présent partout en liberté
La Selenga en amont de Oulan-Oudé

Nous quittons la République de Bouriatie et entrons dans le Kraï de Transbaïkalie, et nous perdons une heure : 7 heures décalage maintenant, cela n'arrange pas nos affaires déjà 19h.

Entrée dans le Kraï de Tchita
Sur la route

À 21h, à 370 km de Tchita, après avoir fait le plein de la 309, et trouvé une autre source pour l'eau, nous devons nous résoudre à camper un peu au hasard. Après avoir "escalader" une pente de sol sec est stable avec la 309, nous posons la tente, moucherons (qui piquent) et moustiques nous assaillent littéralement, la douche est un enfer, nous mangeons dans la tente, je fais les allers retours avec la voiture avec ma tenue étanche.. Nous avons une superbe vue sur la vallée où passe le Transsibérien et la route.

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Quelque part avant Bogomyagkovo

J 23~20 juillet Zakulta-Tchita-Bogomyagkovo

580 km, 14 170 km au total, 7 h de décalage.


Départ à 8h, (7h à l'heure d'hier), ce matin pas de rosée, la tente est sèche, direction Tchita. En fait, Oulan-Oudé/Tchita n'est pas une étape facile, la route et assez montagneuse et cherche son chemin entre cols, montagnes et plaines désertes. Nous rencontrons là aussi d'importantes zones de travaux qui font qu'il est difficile de prévoir la durée des étapes. Notre moyenne est faible.

Nous assistons au décollage d'un Biplan Antonov 2 (monomoteur quadripales de 1000cv mis au point en 1947, qui peut emporter 1400kg) depuis un champ, c'est un avion robuste qui décolle très court qui sert au transport, souvent vers des villages éloignés des routes.

Petite pause à 10h dans un Kafé, en guise de petit déjeuner, on mange plutôt bien et salé le matin en Russie, de plus tout est ouvert tout le temps, on peut manger à toutes heures, et l'offre est abondante.

Antonov 2

Nous rencontrons finalement la pluie, d'après la météo ça devrait durer quelques jours sur notre trajet... Le détour par Tchita, se fait sous un déluge, nous ne sommes plus qu'à 2 100 km de Khabarovsk, prochaine grande ville, d'ici là nous allons rouler dans la partie la moins habitée de notre périple. En attendant que la pluie diminue nous mangeons pour 500 Rub dans une cafétéria. Puis faisons un tour en ville, il pleut et fait 16°.

Tchita est une ville de 350 000/hab, fondée en 1653 par le cosaque Piotr Bekelov au bord de la rivière Tchita. Le Transsibérien fait escale ici, Moscou est à 6 200 km et Vladivostok à 3090 Km par rail (moins long que par route).

Ce fut également une ville fermée pour raison stratégique, et une ville de déportation à l'époque tsariste (Décembristes) puis de goulag à l'époque soviétique. La ville abrite quelques prisons et une importante garnison.

De Tchita on accède en Chine par le poste de Zabaïkalsk. Nous croisons quelques autos en plaques chinoises.


Petit reconstituant
Gare de Tchita, sur le trajet du Transsibérien
La poste à Tchita
En ville, les conduites de chauffage collectif, rien est enterré à cause du gel

Puis une visite à l'immense parc de la victoire.

Enfin nous allons au Chitinskiy Datsan

Nous reprennons la route direction nord-est à 18h (c'est tard) après avoir ravitaillé, et fait le plein. Seul Khabarovsk est indiquée à 2000 km, et très vite nous comprenons : très peu de villages et et de stations d'essence, le paysage est infiniment vallonné la route va être longue. Nous ne savons pas où nous allons dormir, il n'y a que très peu ou pas d'hôtel. Concernant la tente, entre la pluie et l'incertitude concernant les animaux sauvages... Il fait 13° maintenant.

Il y a de moins en moins de véhicules sur la route et de camions depuis Irkoutsk, c'est appréciable.

Après 150 km de route déserte nous trouvons un Kafé isolé et prennons la dernière chambre (spartiate : parfaite) pas de douche mais un sauna, nous en profitons aussitôt pour nous détendre et faire nos ablutions. Finalement le hasard nous a mené dans un havre confortable pour la nuit.

C'est un peu le Far-East ici.

Demain nous espérons passer Mogocha, petite ville notable à 430 km au nord-est.

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760 km, 14 930 km au total, 7 h de décalage.


Nous nous mettons en route à 8h30, direction le nord-est, pour notre traversée du désert, à l'exception de deux villages au début, nous avançons dans un paysage de steppe sous la bruine, puis sous une pluie intense.

Nous arpentons de très bonne portions de route, et d'autres épouvantables. Lancés à pleine vitesse ça se termine toujours par des nids de poules ou des dos d'ânes géant, la voiture encaisse, nous prennons des G, ou alors nous nous trouvons en apesenteur... Ici les hivers sont très froid et sec, difficile de faire des travaux avec le gel, et les étés sont courts et très pluvieux, c'est la saison des travaux, pas facile du coup, mais d'énormes travaux sont en cours.

Nous sommes maintenant sur l'Amoursky Trakt, qui va vers la région du fleuve Amour (4354 km) nous allons longer la Chine, bientôt au plus près en décrivant une longue parabole de 2000 km, d'abord au nord-est puis au sud-est

Depuis 2 jours la jauge de carburant ne fonctionne plus, nous ne sommes pas tranquille. D'autant qu'ici on ne peut pas faire le plein, il faut annoncer et payer un litrage avant de se servir, donc le réservoir n'est jamais plein.


100 km de steppe pour commencer

Après un plein dans une station service au milieu de nulle part, véritable îlot avec Kafé, chambres et parking pour camions, je m'intéresse au problème de jauge, c'était simplement la prise sur le réservoir qui avait sauté avec les chaos. Remise à niveau de l'huile et nettoyage du moteur qui est couvert de boue, et nous repartons.

Nous sommes dans le district fédéral de l'extrême Orient Russe : Дальний Восток России, Dalni Vostok Rossiï, 7 millions de Km2 pour 8 millions d'habitants.

Nous enchaînons par 650 km de taïga vallonnée est complètement déserte, route lancinante et hypnotique sous la pluie parfois les orages, les yeux rivés sur le macadam, prêt à freiner pour éviter le chaos scélérat. Nous avons bien fait de faire le plein.

Taïga
Une aire, la seule.

Nous atteignons l'entrée de l'Oblast de l'Amour (fleuve qui fait frontière entre la Russie et la Chine sur 1600 km)

Nous apprenons à ce moment que la route devant nous s'est effondrée ce matin du fait des fortes pluies, voyant des camions arriver en sens inverse nous continuons, arrivés sur place le trou était rebouché, en train d'être dammé, pas de souci donc. (Accident sans gravité)

Ce fût une étape de liaison, les 13° ambiant on menagé l'auto et les passagers, nous sommes bien, il reste au moins 2000 km jusqu'à Vladivostok sans les détours.

Nous trouvons un hôtel à la tombée de la nuit à Skorovodino, première petite ville de 10 000/hab qui doit sa création au passage du transsiberien.

Entrée dans l'Oblast de l'Amour (fleuve)
Issu du Web, quelques heures avant notre passage
Notre hôtel à Skorovodino

Notre objectif à J+2 est Khabarovsk, à 1250 km. Demain nous ne savons pas où nous allons nous poser. La météo s'annonce exécrable, c'est un peu le temps d'été normal ici.

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Quelque km après Arkhara

J25~22 juillet-Skorovodino-Arkhara

790 km, 15 720 km au total, 7 heures de décalage.

Départ à 9h, sous des trombes d'eau et orages qui n'ont pas cessés de la nuit, une sorte de mousson, renseignements pris, c'est bien la mousson qui sévit plus au sud à cette époque, qui influence le climat de la région, il fait 14°.

Depuis notre chambre, véhicule pour la taïga

C'est reparti direction sud-est, à travers la taïga déserte qui se fait de moins en moins vallonnée. La route toute en remblais progresse au milieu du paysage détrempé. Notre moyenne est ralentie par une quinzaine de km de travaux.

Depuis mille km nous longeons la frontière Chinoise, qui est matérialisée par le fleuve Amour jusqu'à Khabarovsk, nous longerons ensuite la Chine jusqu'à Vladivostok, là c'est la rivière Oussouri qui marque la frontière.

Moissonneuse Ienisseï, fabriqué à Krasnoyarsk.

Après 500 km de taïga, la pluie cesse, la température remonte à 25°, le paysage se transforme en une plaine parfois cultivée, il y a "plus" de monde ici. Nous passons à côté de Magdatchi puis Belogorsk.

Nous arrivons devant La Stèle érigée pour l'ouverture (entièrement asphaltée) de la route Moscou—Vladivostok en 2010 inaugurée par Vladimir Poutine. Le Kremlin a fait de l'Extrême-Orient une priorité tant géopolitique qu'économique, avant, seul le Transsibérien traversait la Russie. La route a été ouverte 100 ans après !

Nous pensons aller jusqu'à Arkhara, ville de 10 000/hab, fondée en 1911 sur le tracé du Transsibérien. Arrivés là le seul (petit) hôtel est complet. Nous essayons un hôtel au bord de la route, itou, le troisième et le bon, pour 1300 Rub. Ambiance routier, Far-East, avec d'anciens camions américains importés par l'Alaska (qui n'est pas loin) et de robustes camions Russes. Ici la 309 se fait toute petite.

Ce soir il fait doux est très humide, une caractéristique de la région.


Demain nous ambitionnons de rejoindre Birobidjan dans l'Oblast autonome juif du même nom, créé par Staline en 1935

Puis Khabarovsk qui se situe à la confluence du fleuve Amour et de la rivière Oussouri (897 km)

La stèle de l'inauguration en 2010
1er hôtel routier
Le deuxième, le bon.
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470 km, 16190 km au total, 8 heures de décalage.

Démarrage à 8h, nous roulons vers le sud-est à travers un beau paysage peu habité, avec du relief.

Il fait vite chaud : 28° d'un air bien humide.

Après être revenus sur nos pas pour être sûr de ravitailler la voiture, nous arrivons dans l'Oblast autonome juif dont la capitale est Birobidjan. Il est frontalier avec la Chine et les Oblasts de l'Amour et de Khabarovsk.

À cette occasion nous perdons 1 h de notre journée, nous avons maintenant 8 heures de décalage avec la France. C'est le dernier changement d'heure, car après Khabarovsk, nous n'irons plus vers l'est mais plein sud sur 800 km jusqu'à Vladivostok.

Entrée de l'Oblast juif autonome

Puis nous entrons à Birobidjan pour une déambulation, les noms des rues sont écrits en Cyrillique et en Yiddish, la ville de 75 000/hab a été construite en 1920 sur le tracé du Transsibérien.

Nous découvrons là un canon de marine Français fabriqué au "Chantier des Forges de Méditerranée" de 1877 n°367 de 152mm, initialement monté sur le croiseur impérial Riourik en 1909 puis utilisé à terre à l'époque soviétique pour contrer les Chinois en 1929.

L'entrée de Birobidjan
Monument de fraternité offert par la Chine.
Monument aux gardes frontières
Canon Français

Le nom de la ville vient de la confluence des rivières Biro et Bidjan à cet endroit.

Après avoir vu Lénine avec sa main dans la poche, nous allons voir le chandelier à sept branches devant la gare. Peu de juifs sont venus s'installer, certains de gré et d'autres de force, depuis la création de ce petit Oblast qui reste terre d'accueil. C'est le seul territoire administratif juif, avec Israël, où de nombreux habitants ont émigrés d'abord après la mort de Staline, puis à la fin de l'URSS. L'Oblast est peuplé de 92% de Russes et 1% seulement de juifs.

Lénine de Birobodjan
Le chandelier de Birobidjan
Monument aux premier juifs arrivés à Birobidjan.
À la sortie de Birobidjan, en Cyrillique et en Yiddish

Il nous reste environ 200km à parcourir sur une route sinueuse à travers les marais jusqu'à Khabarovsk.

L'arrivée se fait par le grand pont (+ de 2 km) sur le fleuve Amour (qui veut dire grandes eaux ou boueux..) ici il est immense, en effet l'Amour, qui arrive de Chine via la Mongolie et la Russie, est rejoint par l'Oussouri. Cest le plus grand fleuve Sibérien, il coule vers le nord pour se jetter dans la mer d'Okhotsk (Mer de l'océan Pacifique), Mer que nous devrions atteindre après demain à notre arrivée à Vladivostok !

Nous sommes stoppés plusieurs fois par des convois sans fin
Fleuve Amour à Khabarovsk
Les ponts routiers et ferroviaire sur l'Amour à Khabarovsk

Nous trouvons finalement une chambre au pied d'un immeuble dans un quartier calme en périphérie de Khabarovsk.

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240 km, 16 430 km au total, 8 heures de décalage.

Le départ est tardif ce matin, avec le changement d'heure et la pluie qui s'est installée par 13°, et ajouté à cela un peu de fatigue accumulée, c'est plus difficile.

Nous allons au centre de cette grande ville dynamique et où l'on se sent bien. La ville est installée sur un relief collinaire au milieu d'une immense région de marais.

C'est la plus grande ville de l'extrême Orient Russe (615 000/hab) à 30 km de la frontière Chinoise, elle est bordée par l'Amour qui est rejoint ici par l'Oussouri, le fleuve fait 3 km de largeur.

L'été est marqué par la mousson, donc pluvieux et l'hiver est anticyclonique, très sec, froid et ensoleillé.


La ville est installée sur 3 collines
Le fleuve Amour, augmenté de l'Oussouri

Khabarovsk à été fondée en 1858 comme avant poste militaire par un détachement arrivé par le fleuve. Le nom de la ville vient de l'explorateur Ierofieï Khabarov. Avec son accès fluvial et le passage du Transsibérien, la ville a connu un important développement économique.

Durant la guerre la ville a fourni un important effort industriel et humain sur le front. Sur 120 000 soldats de la ville partis 47 000 ne sont pas revenus, le monument où chaque nom est inscrit est impressionnant.

La ville formait des officiers, produisait des canons, bateaux, sous marins, munitions, vêtements chauds, nourriture, médicaments et réparait les chars et avions endommagés. Tout ceci sans oublier les intenses combats avec le Japon proche qui se sont soldés par une capitulation le 2 septembre et la perte des îles Kouriles pour le Japon.

Actuellement c'est une place militaire importante, on y fabrique du fer et de l'acier, des véhicules.

L'impressionnant monument 1941-1945
Cathédrale St Sauveur à Khabarovsk

Le centre ville.

Canons de 1865, l'un est Russe, l'autre Allemand (Krupp)
L'entrée d'un des parcs de la ville
Cathédrale de l'assomption à Khabarovsk

À la sortie de Khabarovsk nous découvrons notre premier panneau Vladivostok ! C'est une étape pour nous, la dernière ligne droite, et un virage à 45° vers le sud. S'ensuit une route sinueuse à travers de petits reliefs déserts, nous retrouvons aussi le soleil ! Ici c'est le territoire du tigre de Sibérie et des ours bruns et ours de l'himalaya. Nous longeons la frontière Chinoise (marquée par l'Oussouri) sur 200 km à une distance de 15 à 25 km.

Le tigre de Sibérie, était en voie de disparition, il est énergiquement protégé en Russie, il y en a presque plus en Chine et en Corée du Sud, mais certainement en Corée du Nord. Il y en aurait environ 600, c'est le 3ème plus gros prédateur terrestre, qui se nourri de cerfs, sangliers et d'ours..

Nous sommes maintenant sur l'Oussoursky Trakt, qui va de Khabarovsk à Vladivostok, à la recherche d'un endroit pour dormir.

Nous faisons escale dans la petite ville de Bikine, un peu à l'écart de la route, à côté du chemin de fer Moscou-Vladivostok, à 8km de la frontière Chinoise. Il y a beaucoup de militaires ici.

Nous parvenons à convaincre la réceptionniste de nous louer la seule chambre pour une personne restante, on va se débrouiller. Contents d'avoir trouver un logement nous partons explorer les environs, et par réflexe grimper sur le premier mont en vue. Nous sommes dans les monts Sikhote-Aline une cordillère de 900 km de long au nord de Vladivostok entre mer d'Otkosh et Amour) 90 % des tigres de Sibérie vivent dans ces monts. À Bikine on extrait du tungstène, du charbon de l'argent, l'eau du robinet est rouge et ferreuse.

Vers le sud
Au fond la Chine
Bikine
Notre havre pour la nuit
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470 km 16 900 km au total, 8 heures de décalage

Encore une fois il est difficile de partir ce matin, nous avons eu des orages cette nuit. Nous nous mettons en route sous une bruine persistante et chaude, le temps est lourd. Nous quittons Bikine qui est une véritable ville de garnison en fait, et essayons de nous rapprocher de la frontière Chinoise, mais n'y arrivons pas. Beaucoup de fausses informations (volontaires ?) aucune des routes présentes sur l'atlas n'existent. Nous suivons un panneau indiquant un village à 8km, mais après 12km rien, un panneau nous invite à faire demi tour faute d'autorisation. D'autre part les informations du GPS sont fausses, comme décalées.

La Chine c'est par là
Là il faut faire demi tour

Dans la ville suivante, pareil, pas moyen d'approcher la frontière, pas de point de passage, il semble qu'il y en ait un seul dans toute la région au départ de la ville d'Oussouriisk.

Les Russes peuvent se rendre en Chine sans visa, mais doivent entrer et sortir par le même point, prouver une réservation, avoir un billet retour, une assurance, et ne peuvent entrer avec leur voiture.

Nous faisons un arrêt dans la ville de Dalnierechensk, pour arpenter le marché, la proximité de la Chine se fait sentir, il y a là beaucoup de marques françaises à bas prix...

Le soleil se montre vers 15h et la chaleur humide devient désagréable avec 31°. Depuis Khabarovsk et même avant toute la région est faite de marais entourant de petits monts. Nous faisons un arrêt pour decouvrir un lac de lotus.

Un autre arrêt pour se ravitailler en eau dans une source d'eau gazeuse et ferrugineuse au bord de la route puis achat de légumes, toujours sur la route.

Le soir venu nous sommes à Oussouriisk à une centaine de km de Vladivostok ! Nous y entrerons demain, c'est difficile de réaliser que nous avons parcouru tout ce chemin, quelques jours sur place pour explorer la ville et les alentours ne seront pas de trop avant le retour...

À la recherche d'un bivouac, nous nous perdons dans la campagne, le ciel n'est pas engageant et la pluie est prévue, il y a un fort vent avec 20° et sûrement 100% d'humidité, ce ne sont pas les meilleures, conditions pour camper. Nous nous posons finalement sur un promontoire qui donne sur une plaine. J'en profite pour examiner le cardan de la direction qui prend un peu de jeu avec les chaos, et le regraisser, j'espère qu'il tiendra pour le retour, je n'ai pas pris cette pièce.

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130 km, 17 030 km au total, 8 h de décalage.

Ce matin, comme prévu la pluie est au rendez vous, nous plions rapidement la tente détrempée, direction le centre d'Oussouriisk, où nous prennons rapidement notre petit déjeuner dans un Kafé.

Nous passons devant un Bouddha bienheureux, des fouilles archéologiques ont mis à jour le passage des mongols jusqu'ici.

Oussouriisk compte 172 000/hab, anciennement Nikolskoïe, puis Vorochilov. Fondée en 1866, la ville est en position de carrefour commercial, et s'est développée avec l'arrivée du Transsibérien (Moscou 9 177 km, Vladivostok 112 km) une branche part vers Herbing en Chine, l'autre vers la RPDC.

Auparavant la ville fut Chinoise, en témoigne la tombe d'un empereur de la dynastie Jin recouverte d'une tortue en granit massif du XIII ème siècle, la dynastie fut éteinte par les invasions Mongoles de Gengis Khan en 1234.


La maison des officiers à Oussouriisk
Tortue du XIII ème siècle à Oussouriisk
L'entrée du parc de la ville à Oussouriisk

Nous sortons de la ville, il est nécessaire de ravitailler la voiture, nous faisons le plein de sp 95 en périphérie à 43 Rub/L, étant en manque d'huile, (oui elle conssome un peu d'huile, 8 L déjà) nous faisons remplir notre bidon de 4 L. On peut acheter l'huile au détail, issue de bidons de 200 L, de la qualité désirée.

Puis nous allons faire un tour ensuite dans l'immense marché Chinois, et nous nous restaurons à moindre coût, mais nous sommes surpris par les quantités ! Ne pas prendre 3 plats pour trois, nous en avons emporté la moitié à l'issue du repas.


14h, nous partons pour Vladivostok, l'étape ultime. À la sortie de la ville nous devons jouer des coudes avec des camions de charbon qui font la course, je m'habitue bien à cette conduite, ça va être dur de reprendre les bonnes habitudes de retour en occident, mais ça, c'est dans un mois..

Nous parcourons 100 km de voie rapide bien chargée en ce vendredi après midi, dans un épais brouillard venu de la mer, depuis ce matin la température est invariable, à 21 °.


Vladivostok !! Nous y sommes après 17 000 km de 309 ! La voiture affiche 630 365 km au compteur il est 15h15.

Nous arrivons dans le brouillard, 103 jours de brouillard par an à Vladivostok, surtout l'été, nous y sommes...


Après une épreuve de conduite dans la ville, nous trouvons une petite chambre où l'humidité est à son comble, d'autant que nous faisons sécher notre tente dedans. L'hôtel ne peut nous fournir de serviettes, le temps est trop humide pour les faire sécher. Pour les bricoleurs, voici comment créer une deuxième salle de bain, ou l'on peut se doucher aux toilettes en se l'avant les mains pour gagner du temps.

La ville étant incirculable en ce vendredi soir, et étant noyée dans un brouillard dégoulinant, nous partons vers l'océan Pacifique proche, localement appelé la mer du Japon. Après une petite marche et un peu de désescalade glissante nous parvenons à nos fins.

L'occasion pour nous de relier enfin les deux océans, et de s'offrir un très agréable bain (l'accès n'est pas aisé). L'air est à 17°, l'eau paraît plus chaude. La végétation est luxuriante, et la plupart des végétaux nous sont inconnus.

La mer du Japon dans l'océan Pacifique.
D'un océan à l'autre.
Maïlys au bain

Demain nous partons normalement pour trois jours vers le Sud, à 200 km de Vladivostok, proche de la frontière avec la Corée du Nord, la côte y est intéressante.

Nous reviendrons ensuite pour 2 jours à Vladivostok afin de voir la ville.

Ensuite nous avons l'intention d'aller vers le nord-est, dans le secteur de Nakhodka.

Ce ne sera alors que la moitié du voyage...

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260 km, 17 290 km au total, 8 heures de décalage.

Ce matin nous quittons notre logement humide, et traversons Vladivostok sans rien voir de plus qu'hier, le brouillard ne s'est pas levé. Nous partons en direction du sud sur 260 km environ. Il paraît qu'il fait soleil là-bas. Nous traversons les grands ponts de Vladivostok qui ont fait l'objet de gros investissements récents pour doper l'activité économique de cette région prometteuse, qui a souffert de son isolement lorsque la ville était fermée. Nous apercevons de nombreux navires de la flotte du pacifique dans plusieurs rades. Dès la sortie de la ville le paysage devient intéressant.

Le pont d'or à Vladivostok
Au premier plan, la voie ferrée qui va en Corée du Nord

Après 200 km de route très mauvaise (les suspensions sont torturées d'autant que la voiture est bien chargée) nous arrivons à Posyet, un endroit très calme sur la mer du Japon. Après avoir ravitaillé et complété le plein dans le dernier village, c'est conseillé car nous allons dans une sorte de confin limité par la mer à l'est, la RPDC au sud et la Chine à l'ouest, seule une voie ferrée va vers la Corée du Nord.

Nous y trouvons un petit port charbonnier.

Ravitaillement
Légion est très calme.
L'entrée de Posyet.
Posyet
Le monument 2ème GM de Posyet

Nous trouvons ce que nous cherchions, un endroit calme au bord de la mer pour se reposer enfin quelques heures, nous ne savons pas où nous allons dormir ce soir. Il fait très chaud, l'eau à 24° est parfaite.

Depuis plusieurs jours beaucoup de personnes sympathiques s'intéressent à notre voiture et notre voyage. On nous demande la permission de photographier, certains filment notre interview. Sur la route beaucoup nous dépasse le pouce levé par la fenêtre. Depuis Irkoursk nous n'avons pas vu une seule plaque hors Russe.

En face au pied de la grande montagne, à 35 km, c'est la frontière avec la RPDC. Une frontière fluviale de 19 km traversée par le pont ferroviaire de l'amitié, sur le fleuve Tumen, entre les villes de Khassan et Rason. Khassan en Russie est interdite pour nous.

Finalement l'inertie l'emportant sur le mouvement, nous dormons à deux pas de la mer ce soir, non loin d'autre campeurs pour nous rassurer. Le brouillard revient un peu avec le soir, il n'y a pas d'air et il fait très chaud.

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120 km, 17 410 km au total, 8 h de décalage.

Ce matin nous plions sous un brouillard bien humide dans une atmosphère déjà très chaude, quel climat !


Notre campement au bord de la mer du Japon

Avant de remonter vers le nord, nous allons un peu plus au sud vers la Chine et la RPDC. Les paysages sont très beaux et la nature luxuriante presque tropicale. Occupés à faire des photos de lotus, nous nous apercevons que la berge est infestée de serpents, trois autour de nous.. Repli, en regardant où nous mettons nos pieds. Nous continuons sur une route qui n'est pas en meilleur état qu'hier, et arrivons au dernier village autorisé avant les frontières à Kraskino. La Chine est à 29 km, la Corée du Nord à 46 km par la route. Le village de Khasan nous est interdit, là-bas il y a seulement un viaduc ferroviaire.

Lac de Lotus

Nous croisons des convois en route pour la Corée ou la Chine, nous stoppons notre approche, la route devient piste, bientôt nous arriverons dans la zone frontière interdite, alors nous rebroussons chemin.

Nous n'irons pas plus loin, la RPDC est à 30km.

Nous remontons vers le nord pour aller à Slavyanka, joli port de pêche, avec de beaux paysages côtiers, à notre grand désespoir, le brouillard s'épaissit, l'humidité est à son comble. Après 3,5 km à pieds dans un paysage détrempé et à travers une sorte de jungle, nous arrivons au cap, l'endroit est intéressant.

Attention au chien

Face à cette humidité qui nous gagne nous renonçons à camper, et trouvons un hôtel près du port, celui ci est construit au dessus de la zone sous douane et à cheval sur une voie de chemin de fer, parfait !

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220 km, 17 630 km au total, 8 heures de décalage.


Ce matin nous partons sans nous presser de Slavyanka, qui est noyée dans un épais brouillard, il fait très doux.

Nous roulons vers le nord en direction de Vladivostok, par chance le soleil apparaît.

Nous traversons un grand parc national où tous les efforts sont faits pour conserver la population naturelle de léopards de l'Amour qui vivent ici dans des forêts primaires, ainsi que les ours de l'himalaya et les tigres de Sibérie.

Le léopard de l'Amour vit seulement en Extrême-Orient Russe, ici dans le Kraï de Primorie, il a disparu de Corée et quasiment de Chine où les forêts souffrent plus. Avec de gros efforts de protection la population remonte maintenant.

Nous parcourons à pieds un sentier aménagé en forêt où avec un peu de chance il est possible d'apercevoir des traces de léopard. Il fait 32° avec presque 100% d'humidité, la sensation est vraiment tropicale, de plus il faut vêtir pantalon et veste à cause des insectes. C'est pour nous l'occasion de pénétrer dans la forêt, chose quasi impossible ici sans préparation et équipements. Beaucoup de végétaux nous sont inconnus d'autres, sont des variantes comme le chêne de Mongolie ou le noyer du Japon.

Nous roulons ensuite sur 15 km de piste parfois difficile pour rejoindre la mer et profiter du soleil. Maïlys en profite pour avancer son journal, pendant que je graisse l'essieu de la 309 au bord de la plage en maillot de bain, c'est plus agréable.

Sur la route de Vladivostok nous faisons un arrêt au bord de la grande route pour acheter des bolets pour ce soir.

Nous arrivons à Vladivostok, il n'y a pas de brouillard ! Nous nous rendons mieux compte de la physionomie de cette très grande ville de l'Extrême-Orient de plus de 600 000/hab. Notre chambre se trouve dans un bâtiment proche de la gare, nous sommes très bien placés, la fenêtre donne sur le pont d'or, sur la Flotte Russe du Pacifique et sur la gare terminus du Transsibérien.

La gare de Vladivostok, le terminus du Transsibérien.
Notre chambre à Vladivostok.
Au fond le pont de la corne d'or, 2100 m, construit en 2012.

Demain nous relâchons à Vladivostok.

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8 heures de décalage.

Aujourd'hui nous visitons Vladivostok, malheureusement le brouillard est revenu, mais il est moins dense, il fait très chaud.

Vladivostok signifie "qui domine l'est" fondée en 1859, c'était un avant poste naval Russe, qui fut occupé par les Japonais et repris par l'armée rouge en 1922. La ville a connu un fort développement économique avec son port et le Transsibérien, même si elle fut ville fermée aux étrangers de 1959 à 1990. Il s'y exerce une activité de commerce maritime, de pêche en haute mer, et d'industrie militaire. Beaucoup de touristes Coréens et Chinois la visite.

Nous commençons par aller à la gare, c'est un symbole car c'est le terminus du mythique Transsibérien, une stèle y indique le nombre de km depuis Moscou : 9 288 km.

Nous passons voir Lénine qui indique la direction de l'est, pour nous maintenant ça va être plutôt vers l'ouest.. Même si pendant quelques jours encore nous allons aller vers l'est en direction de Nakhodka. Avant d'amorcer le retour le 7 août.


Nous longeons le port où une partie de la flotte du Pacifique est stationnée, la flotte est répartie en plusieurs ports dans Vladivostok et sa région.

Nous visitons ensuite le sous marin C 56 construit en 1939 à Vladivostok, qui connu un destin glorieux durant la guerre en navigant sous le pacifique, l'atlantique et neuf mers, à la recherche de cibles allemandes dont de nombreux pétroliers. Il a servi jusqu'en 1954 et est devenu une icône soviétique, avant d'être placé sur son piédestal en 1975.

Nous empruntons un des funiculaires de la ville, construit à l'initiative de Nikita Kroutchev après un voyage à San Francisco. Très pratique pour arpenter les nombreux reliefs de cette ville.

Nous poursuivons par un tour au centre ville.

Poupées Russes ?
Une échoppe de fruits.

Et terminons la journée par l'achat d'Ikras (œufs de saumons sauvages) et de crabe du Kamtchatka assorti d'une bouteille de "champagne" de la mer noire, histoire de fêter cette traversée du continent.

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70 km, 17 700 km au total, 8h de décalage.


Ce matin le Diamond Princess vient d'accoster, la ville promet d'être remplie de touristes. Avant de sortir de Vladivostok, nous rendons visite à un des phares de l'entrée de la baie, et en profitons pour déguster des huître sauvages (géantes) pêchées en direct et cuites sur la rive.

Diamond Princess à Vladivostok

Avant de quitter la ville nous mangeons dans le seul restaurant Nord Coréen de Vladivostok, il y en a un autre à Khabarovsk, nous avons de la chance car à peine ouvert à 12h00, celui-ci est complet.

Le Pyongyang à Vladivostok.

Nous sortons de la ville en direction du nord-est, pour parcourir la plage de verre. À l'époque soviétique cette plage servait de décharge pour une usine de verre et céramique, avec le temps tout cela s'est poli. Il y en a des quantités industrielles.. Sur plusieurs plages du secteur, c'est une attraction ici.

Puis nous nous posons sur une plage tranquille. Un aqueduc passe au dessus, du coup nous avons droit à la douche d'eau douce.

Sauf que un accident, qui n'arrive jamais au bon endroit, ni au bon moment, comme toujours, est arrivé à la plage. Une chute dans les rochers. Maïlys se plaint du dos et du pied, nous nous déplaçons vers un dispensaire où nous sommes immédiatement pris en charge : radio, atèle.

On nous dirige vers un des hôpitaux de Vladivostok, là aussi prise en charge immédiate, après d'autres vérifications. Maïlys est opérée et plâtrée, une heure après notre arrivée. Fracture du péroné, 2 à 4 jours alitée à l'hôpital. Nous allons nous réorganiser.

Nous n'irons pas à Nakhodka, et allons rester jusqu'au 5 août ici, date à laquelle Maïlys prend l'avion pour Moscou. Je publierai pour donner des nouvelles de Maïlys.

Ensuite je publierai moins souvent car nous allons faire la même route en sens inverse au moins jusqu'à Tioumen soit 7 000 km.

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Du coups les nouvelles sont moins bonnes qu'hier, après un rendez vous avec les médecins cette après midi, on nous a annoncé que Maïlys a 3 vertèbres fracturées. Hier l'urgence était la fracture du péroné, mais on sentait qu'il y avait un problème avec le dos. Afin de ne pas opérer, il lui faut du repos et de l'alitement, 50 jours préconisés ici. Chose qui n'est pas compatible avec la suite du voyage.. Maïlys va donc être rapatriée médicalement, dans la semaine qui arrive. Compromettant la suite de son voyage en Russie avec sa maman.

Tout le monde est désolés, mais elle a échappé à bien pire. C'est ainsi.

Nous multiplions les démarches, et nous nous organisons pour rester à Vladivostok. Tout ceci dans une chaleur de + de 30° avec une très forte humidité.

Maïlys garde le moral, elle est dans une chambre avec 4 enfants en traumatologie pédiatrique, étant la moins mobile, ses voisines lui viennent en aide. L'ambiance est bon enfant.

Ce matin nous avons été auditionnés par la police pour expliquer les circonstances de l'accident, sans souci.

L'hôpital n°2 à Vladivostok
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J 36, nous passons la journée entre hôpital et formalités auprès de l'assurance et des médecins de l'hôpital pour organiser le rapatriement sanitaire, qui de l'aveu de la compagnie, n'est pas des plus simples. La chaleur est infernale, et toujours cette humidité. Mais ça va, Maïlys garde le moral, même si elle ne peut quitter ni son lit, ni sa position allongée.

L'ambiance de sa chambre est bonne, 4 enfants plâtrés l'accompagnent, une jeune fille s'occupe particulièrement de Maïlys, qui est complètement dépendante pour l'instant.

Nous commençons à avoir nos habitudes à Vladivostok, et sommes connus dans tout l'hôpital.

Pour le logement nous naviguons de chambre en chambre dans Vladivostok. Notre petite chambre de ce jour est à deux pas de la mer, de très nombreuse plages bordent la ville. Pas trop le temps d'en profiter.

J 37, 3 ème jour d'hôpital pour Maïlys.

Elle va bien, l'immobilisation allongée est le seul remède, patience.

C'est le week-end, on nous a laissé entendre que rien ne se passerait. Nous attendrons donc lundi pour avoir des nouvelles du rapatriement. Nous changeons de chambre aujourd'hui.

Nous allons voir de plus près un hélicoptère de la marine soviétique avant de faire un tour au marché au poisson, ici on trouve du crabe royal du Kamtchatka des œufs de saumons sauvage du même endroit et de l'esturgeon.

La conduite dans la ville reste un art assez stressant, heureusement il y a beaucoup de civisme, sans cela il serait impossible de rouler. Il est possible ici de s'insérer sur une 4 voies ou 6 voies et de la couper pour traverser. Sur les autoroutes il y a régulièrement des ouvertures dans la barrière centrale pour faire demi tour ! Prudence donc, attention au piétons qui ont priorité absolue, aux obstacles, pneus, briques ou bûches sur la route et aux trous qui ne laisseraient aucune chance à notre auto. Au final pas de comportement agressif observé, et très peu d'incivisme.

J 38, il fait un peu moins chaud, mais si humide, le brouillard et revenu, nous sommes installés dans un superbe appartement aménagé et nettoyé avec perfectionnisme, dans un solide immeuble de l'époque soviétique, la personne qui nous le loue habite ce logement et va certainement dormir ailleurs le temps de la location, la pratique est assez courante.

Nous faisons un dernier tour au centre de Vladivostok pour quelques courses et souvenirs, profitant d'une circulation dominicale plus calme.

Avant de rejoindre Maïlys dans son hôpital en périphérie. Elle souffre un peu chaque nuit du dos, mais prend son mal en patience, que faire d'autre que de rester allongée sur ce matelas recouvert de lattes de bois pour soutenir son dos.

Notre logement.
Vladivostok
Au Goum de Vladivostok

Après un tour au parc de la Victoire, nous rejoignons notre appartement.

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J 39, 5 ème jour d'hôpital pour Maïlys.

Nous changeons encore de chambre. Le climat n'a pas changé, on ne s'y habitue pas, vraiment.

Maïlys souffre un peu moins, c'est lundi et nous avons des nouvelles de l'assurance, le rapatriement devrait se faire vendredi ou samedi...

Une semaine de plus à Vladivostok.. Nous avons maintenant une bonne organisation entre les visites à l'hôpital et notre propre logistique. Nous avons trouvé une chambre à bon prix pour 4 nuits, on va enfin se poser. La déco de la salle de bain est assez tonique !

Aujourd'hui nous avons profité de la plage en fin d'après-midi avant de retourner à l'hôpital, l'occasion de se refroidir un peu.

Nous sommes dans les délais pour le retour mais il ne faudrait pas que cela dure beaucoup plus, pour l'instant la route est coupée par le débordement du fleuve Amour à 800km d'ici à Khabarovsk, espérons que ça se résorbe, plus loin nous rencontrerons des incendies de forêts vers Krasnoïarsk. Ce jeudi nous attendons à Vladivostok le reste du typhon Francisco, qui arrive sur le Japon aujourd'hui, à suivre...



J 40, journée d'attente, il fait beau, nous allons en ville pour effectuer des formalités réclamées par l'assurance, impressions de documents et scan.

Notre nouvelle chambre, est dans cet immeuble calme.

Nous assistons Maïlys au quotidien, pour l'aider, elle ne peut quitter sa position allongée sur son lit de lattes de bois.

Dans l'après midi il y a du nouveau, le rapatriement se ferai vendredi, par un vol médicalisé sur Séoul en Corée ou elle serai hospitalisée 24h pour être stabilisée, avant de poursuivre vers Paris sur Air France avec une équipe médicale Française, pour enfin arriver à Annecy en ambulance.. Un voyage de 2 à 3 jours.

Nous allons nous préparer à ce scénario, est amorcer le retour aussitôt que Maïlys aura été prise en charge. Nous devons sortir de Russie avant le 5 septembre.

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J41, mercredi 7 août, journée d'attente, nous rendons visite à Maïlys qui va bien, son seul regret : l'ambiance de la chambre à changé, la jeune fille qui s'occupait si bien d'elle est partie ainsi que 2 autres enfants. Elle souffre moins, et est attentive à maintenir son dos à plat, seul remède pour l'instant.

Le temps est toujours à la chaleur et à l'humidité, Vladivostok se trouve à la latitude de Toulon..., bien au sud donc pour la Russie.

Le point le plus au sud de la Russie, se situe dans la chaîne du Caucase, à la même latitude que Bonifacio et pour mémoire le lieu habité le plus au nord de la Russie est Nagourskoïé, à 1020 km du pôle nord.

Pas de nouvelle du rapatriement aujourd'hui, C'est très long..

Une pluie intense devrai tomber dès ce soir et demain, nous avons reçu par SMS pour consigne de ne pas voyager, les rivières sont susceptibles de monter de 3m.


Le temps est à la pluie...
Le Lénine d'Or

J 42, jeudi 8 août, Maïlys est hospitalisée depuis une semaine. Elle supporte stoïquement sa condition.

Il pleut des trombes ce matin la traine du typhon Francisco passe sur Vladivostok.

Nous attendons des nouvelles de l'assurance pour le rapatriement demain vendredi.

À 18h d'ici, nous recevons un appel pour nous informer qu'il est impossible de la rapatrier avant lundi, 4 jours de plus ! Nous prennons acte et ne pensons pas trop au retour, si nous partons mardi prochain, il nous restera 24 jours pour parcourir les 10 000 km jusqu'à la frontière.

Distribution du repas.
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J 43, vendredi 9 août, il fait plus frais aujourd'hui, c'est bienvenu, la température est autour de 20°.

Nous changeons encore d'hôtel, l'assurance a pris en charge notre nouvel hôtel en nous annonçant que le rapatriement médical ne pourrait se faire avant vendredi prochain, le 16 août !!

Pas de place dans les avions pour la civière et le personnel médical en ce mois d'août.

Nous sommes un peu abasourdis et coincés ici. Cela nous laisse plus que 20 jours pour sortir de Russie.

Maïlys garde le moral et va de mieux en mieux.

Pour nous changer les idées, nous allons faire une visite dans un centre d'accueil d'animaux blessés ou trouvés (après incendies par exemple) de la région de l'Oussouri. Certains peuvent être réintroduits, d'autres pas, faute d'apprentissage en milieu naturel.



Léopard de l'Amour
Tigre de l'Amour

À peine sorti de Vladivostok la nature est sauvage et difficile d'accès, léopards, ours et tigres y vivent. La région a été explorée à la fin du XIX ème siècle, début 20ème, par Vladimir Arsenief, une ville porte son nom au nord de Vladivostok.

Celui-ci a beaucoup écrit, notamment "Dersou Ouzala" (un autochtone qui a aidé Arseniev dans ses expéditions) livre d'aventure passionnant. Qui témoigne de l'exploration de l'Extrême-Orient Russe.

J 44, samedi 10 août,

le jour est gris, frais et brumeux, mauvaise nouvelle tôt ce matin, Korean Airlines a annulé le vol du vendredi 16 août, nous laissant dans un certain désarroi.

De plus c'est le week-end, tout est comme figé. L'assurance va étudier toutes les possibilités, y compris par le Japon ou en plusieurs vols intérieurs Russes. Nous sommes comme piégés et ne pensons plus trop au retour en voiture pour l'instant.

À l'hôpital, Maïlys va bien, sa chambre est bien tranquille. Elle ne sont que trois en chambre et c'est le week-end. On nous fait sortir à 14h, nous pourrons revenir à 16h, les enfants du service doivent faire la sieste.

L'après midi nous changeons à nouveau d'hôtel, celui-ci est un peu plus loin de l'hôpital, à 8 km de conduite péri-urbaine dense et sportive.. L'hôtel "Granit", c'est du solide, est un pur produit de l'ère soviétique, il se trouve en haut d'une colline, et est plutôt bien. Il y a de la vue sur les reliefs de Vladivostok et la mer, mais le temps est si brumeux...


Le Granit à Vladivostok

J 45, dimanche 11 août, le temps a tourné et s'est installé à la fraîcheur. Pas de nouvelles de l'assurance.

Maïlys va bien, mais le temps est long. Nous l'aidons au quotidien, et aidons aussi d'autres personnes, chaque patient est entouré par sa famille, ainsi dans une chambre de 5 lits on peut se trouver à une dizaine de personnes. La chambre s'est remplie, maintenant Maïlys est entourée de deux bras cassés supplémentaires. Les jeunes filles aident Maïlys en notre absence avec leur bras restant.

Une particularité de la région, la grande majorité des véhicules qui circulent viennent du Japon et ont le volant à droite, ce qui complique évidemment la circulation, car la plupart des chauffeurs ne nous voient pas où au dernier moment. Nous évitons de circuler de nuit, c'est assez stressant, de plus avec les importantes pluies du moment les trous dans la chaussée sont invisibles. Pour l'instant la 309 tient le coup. Point positif, le contrôle technique est souple... Pas de norme pour transformer son véhicule ! Et quand je pense que j'ai refait mes bas de caisse pour le voyage !

Nous espérons beaucoup que la situation se dénoue durant la semaine qui arrive.



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J 46, lundi 12 août.

Aujourd'hui il pleut, 19°.

Nous allons à l'hôpital, où Maïlys va bien, chaque jour elle reçoit des soins de magnéto-thérapie sur ses fractures, elle a eu un épisode de fièvre qui s'est terminé suite à un traitement. Nous indiquons au médecin que Maïlys est pour l'instant sans solution de départ, elle nous confirme qu'il n'y a pas de places pour Moscou ou Séoul au mois d'août. En outre, l'alitement seul est préconisé. Alors patience ?

Cette après midi sommes allés au Bureau Fédéral des Migrations pour nous renseigner sur la possibilité de prolonger mon visa pour une durée maximale possible de 10 jours. Après une brève attente nous avons rencontré la bonne personne, qui nous a signifié un net refus, n'étant pas dans un cas de force majeure, dont acte. Retour à l'hôpital après une visite à l'église de l'intercession et une photo du rond point de la victoire.

Ce soir nous envisageons avec l'assurance de faire venir la sœur d'Elena au chevet de Maïlys. Merci à Tatiana qui s'est proposée.

J 47, mardi 13 août, il fait 20°, brumeux, puis très pluvieux..

Nous escaladons le petit mont en face de notre hôtel pour admirer la vue plutôt urbaine de la périphérie de Vladivostok, ça manque de ciel bleu pour voir la mer...

Nous faisons un dernier tour en ville, du moins l'espérons nous, le dossier de Maïlys a été repris par la France, jusqu'à présent j'avais des interlocuteurs Espagnols.

L'assurance a annulé la venue de Tania et nous laisse entendre un départ de Maïlys le 14 ou 15 août vers Tokyo. En attendant nous nous occupons d'elle, aujourd'hui c'est shampoing, allongé. Un nouveau plâtre lui a été apposé sur la jambe gauche.

Ce soir l'assurance nous "assure" que Maïlys part jeudi 15 août en avion affrété jusqu'à Tokyo (2h de vol). Elle y sera hospitalisée jusqu'au vendredi 16 août afin de prendre le vol Air France Tokyo-Paris (plus de 12h de vol). Le dernier trajet se fera en ambulance jusqu'à Annecy, arrivée en soirée, avec le décalage sa journée devrait durer 36 heures.

Ce scénario doit absolument fonctionner, nous prendrons la route le 15.

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J 48 mercredi 14 août, dernier jour à l'hôpital ?

Nous l'espérons fortement, après 2 semaines d'inaction, il devient impératif de se mettre en route. Nous ne réalisons pas vraiment l'ampleur du retour.

Aujourd'hui le ciel est gris mais le temps est sec ! Nous apercevons une des rades.



La journée se passe à l'hôpital, avec un imbroglio administratif concernant le règlement du séjour à l'hôpital, Vladivostok et Moscou (le correspondant de notre assurance) se renvoient la balle.

Nous allons certainement régler les frais pour que Maïlys ai le droit de quitter l'hôpital en attendant que l'assurance nous rembourse. Les frais sont peu élevés, mais comment aurions nous fait dans un autre pays ?

Maïlys est prête à partir, toilette, sac etc.. Et là on nous annonce qu'elle ne partira pas demain, mais vendredi, sans trop de précision.. Sentiment de déjà entendu.. Que faire, la sœur de Elena aurai du venir, notre départ est reporté pour la 5ème fois, c'est le serpent qui se mord la queue, le mythe de Tantale ou de Sisyphe.. Pas décisif en tout cas.

Ce soir nous avons un sérieux concurrent à l'hôtel, c'est la première plaque étrangère que nous voyons depuis Irkoutsk à 5 000 km de là. Un Hongrois sacrément voyageur, j'espère le rencontrer. Il roule avec une GAZ 69 Russe, connaissant son confort et sa vitesse légendaire (max 90) quel courage, cela dit le véhicule est mieux taillé pour affronter les routes Russes. Mais il n'est pas allé au Cap nord !

La GAZ 69 été produite de 1948 à 1975 à 600 000 ex par GAZ, UAZ, et ARO (Roumanie) 1550 kg, moteur essence 2,4L, celle ci a été produite par GAZ : Gorkovski Avtomobilny Zavod : Usine Automobile de Gorki (ancienne Nijni Novgorod) l'usine produit actuellement beaucoup d'utilitaire dont la Gazelle..

J 49 jeudi 15 août, pluie continue, 20°.

Nous allons à l'hôpital, seule bonne nouvelle ce matin, Moscou a envoyé une lettre de garantie à l'hôpital, le problème des frais est réglé. Nous attendons maintenant des nouvelles pour le départ de Maïlys. Avec le décalage une grande partie de la journée s'écoule, tandis qu'il fait nuit en France et à Moscou, rien ne se passe.

Maïlys va bien, mais cette incertitude nous pèse.

À 15h coup de téléphone de Madrid, Maïlys part ce soir ! Zut, nous qui pensions qu'elle partait demain, on se dépêche, sac toilette, puis à la lecture du document envoyé, nous nous apercevons que son plan de rapatriement est à la date du 16 août, le gars de l'assurance c'est trompé.. Un jour de plus donc.

Demain si tout se passe bien (car une alerte météo est lancée sur Vladivostok demain, il pleut déjà énormément aujourd'hui) Maïlys sera prise en charge en civière par une équipe Japonaise à 16h, pour aller ensuite en ambulance à l'aéroport de Vladivostok, départ 18h vers Tokyo en avion ambulance arrivée à 19h15 après 2h de vols (1h de décalage supplémentaire) et transfert immédiat dans l'AF Tokyo-Paris-Lyon qui décolle à 22h50 de Tokyo pour 12h30 de vol. Elle devrai arriver à Annecy en fin de matinée samedi.

Nous sommes soulagés pour elle et pour nous, car nous arrivons au seuil minimal des 20 jours, pour rejoindre la frontière Russe-Lettone avant le 5 septembre.

Nous rentrons à notre hôtel dans un enfer de circulation urbaine sous des trombes d'eau. Je suis étonné que nous ayons fais tous ces km dans Vladivostok sans un accrochage, nous en avons vu tellement.

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120 km, 17 820 km au total, 8h de décalage.

Bien sûr il pleut, il fait 20°, brouillard dense.

Nous ne compterons pas les 250 km fait en urbain.

16 jours à Vladivostok depuis l'accident de Maïlys le 31 juillet, la situation se débloque enfin ! Nous avons peine à croire que c'est fini.

Après avoir préparée Maïlys pour son long retour, une équipe médicale Russe est arrivée à l'hôpital n°2 à 16h45 pour préparer Maïlys pour son transport. Elena est partie avec l'ambulance pour rejoindre l'aéroport distant de plus de 40 km tandis que je prennai la route en 309.

Nous nous souhaitons bons retours ! Et prennons la route vers le nord pour Oussouriisk, tandis que Maïlys continue vers l'est pour Tokyo, prise en charge dans un avion ambulance japonais. Elle rentre en France cette nuit par le vol Tokyo-Paris AF293 avec une équipe médicale Française. C'est une longue convalescence et rééducation qui va commencer.







Transport à l'aéroport.
L'ambulance vient de déposer Maïlys dans l'avion.

Nous parcourons les km restant jusqu'à Oussouriisk en commençant par un bouchon d'une heure pour travaux en ce vendredi soir, puis un cauchemar éveillé de routes défoncées, de nuit, sans marquage au sol, sous une pluie diluvienne. On se promet de ne plus rouler de nuit, la 309 a encaissée de sérieux chocs. La région est inondée en partie, nous devons vite nous éloigner, aucune accalmie n'est prévue, les fleuves Oussouri et Amour ne cessent de gonfler.

Demain nous envisageons une longue étape de 600km jusqu'à Khabarovsk, cette portion est peu roulante, notre moyenne va être peu élevée. Nous pourrons ainsi franchir le fleuve et nous éloigner de se climat..

Ce soir après avoir traversé Oussouriisk au 3/4 plongée dans le noir, nous arrivons sous un déluge dans un petit hôtel très correct, plutôt sec pour 1500 Rub.

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680 km, 18 500 km, 8 heures de décalage.


7h30, nous prennons la route, il ne pleut pas, ciel couvert 20°.

A cette heure Maïlys survole le continent Eurasiatique. Hier les adieux à l'hôpital étaient émouvants, en 16 jours nous avons eu le temps de connaître du monde, nous avons offert du chocolat (Russe) à la sécurité, qui nous a toujours facilité l'accès au bâtiment et à l'étage de traumatologie, avec le sourire. Maïlys à offert du chocolat à ses voisines de chambrée qui l'on souvent aidée, à sa médecin : Ekaterina et à son infirmière : Loubov, celle ci nous à tous pris dans les bras au moment du départ. Nous avions finis par sympathiser malgré son austérité initiale.

Aujourd'hui nous enchaînons 680 km de route, avec des éclaircies et de fortes averses de pluie fine, la moyenne n'est pas terrible, nous mettrons 12h30, avec arrêts.

Ravitaillement et petite vérification mécanique, nous profitons d'un moment enfin sec pour remplacer le filtre à air bien colmaté par le voyage aller. Reste à prévoir bientôt le remplacement du filtre à huile et un nouveau graissage de l'essieu arrière.

Le problème du cardan de direction qui prend de plus en plus de jeu va peut être bien trouver une solution à Irkoutsk, j'en parlerai plus loin.






Ravitaillement
Remplacement du filtre à air, entre autre.

La région est saturée d'eau, beaucoup de routes et de villages sont inondés, nous sommes heureux de ne pas rester bloquer, il n'y a qu'une route pour notre retour.

La rivière Bikine

Nous passons devant la centrale thermique géante de Luchegorsk de 1,4 GW, qui possède une cheminée de 330 m (le plus haut bâtiment d'Extrême Orient) elle produit de l'électricité pour une grande partie du Kraï de Primorye. Elle génére aussi une grande quantité d'eau chaude qui chauffe la ville. Les générateurs viennent de Leningrad, les turbines de Novossibirsk et les chaudières de Barnaoul...

Dans cette localité, en 2015, une trentaine d'ours poussés par la sécheresse avaient encerclés la ville, certain s'aventurant dans le centre ville. Cette année point de sécheresse.

Sur la route...

De grandes zones de travaux nous ralentissent, et font souffrir l'auto
Entrée du camp de Bikine
Entrée de Khabarovsk

Ce soir il pleut par 13° à notre arrivée à Khabarovsk, ça devrai durer, nous allons avoir quelques jours de frais.

Demain nous commençerons à rouler vers l'ouest (nord ouest) Il faut bien revenir !

Nous allons essayer de faire une étape de plus de 700km, sans savoir trop où nous allons nous arrêter, nous sommes à plus de 2000km de la prochaine grande ville, Tchita.

Ce soir j'apprends que Maïlys est bien arrivée à l' hôpital d'Annecy, après un long voyage en 3 avions, elle a la forme !!

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820 km, 19 320 km au total,

+ 1h = 7 heures de décalage

13°, pluie, nous quittons Khabarovsk en traversant le grand pont sur le fleuve Amour, nous passons devant le panneau indiquant Tchita à 2101 km, il nous faudra 3 jours..

En ville nous rencontrons des immeubles en bois datant d'avant guerre, appelés ici "baraques", il en reste peu. Derrière on peut voir un bâtiment en dur, une "Stalinka". Les Stalinkas ont été construites de 1930 jusqu'au milieu des années 50, ensuite ont été construites les Kroutchovka (période Kroutchev-Brejnev) bâtiments de 5 étages, moins beaux, et plus cubiques, principalement en béton préfabriqué, c'est un marqueur de l'époque soviétique, on les retrouvent sous toute les latitudes, d'ouest en est et dans toutes les anciennes républiques de l'URSS.

Dans toutes les villes d'importance on rencontre tramway, trolley-bus, bus et parfois métro, aucun problème pour se déplacer sans voiture donc, comme nous l'avons toujours fait avant.


Kroutchovka typique

L'inondation est omniprésente, nous roulons durant presque tous le trajet sous la pluie.

Malgré tout c'est un plaisir de refaire cette route dans l'autre sens, cette étape jusqu'à Tchita est la plus "désertique", peu de villages, la nature est superbe, c'est une alternance de marais et de petits monts.

Reste la conduite, la concentration est de tout les instants, aujourd'hui la route est bonne pas de travaux (certaines portions ont été bitumées depuis notre passage) nous roulons plus vite, du coups les trous ou les obstacles arrivent très vite.. Attention aux piétons, les agents de maintenance travaillent sans cônes, sans signalisation, parfois au milieu de la route, de véritables trompe la mort. Idem pour ceux qui réparent leurs véhicules ou changent un pneu à moitié sur la chaussée, un tas de branches ou un bidon d'huile posé sur la route prévient du danger.

Concernant les dépassements nous sommes complètement habitués à nous croiser à 3 sur la route, en fait pour doubler, on s'engage sans visibilité, puis les autres se poussent.. Prudence donc. En village ralentissement obligatoire, 60 km/h ou 40 km/h, radar systématique, en campagne 90 km/h, pas mal de radars mobiles privés, on est content lorsque la route nous permet d'atteindre cette vitesse.

Aujourd'hui nous avons fait 820 km entre 08h30 à 19h30, soit en 11h, pause repas et ravitaillement en carburant inclus, c'est satisfaisant, il nous faut maintenir le rythme pour récupérer une marge.

La bonne surprise est que nous gagnons une heure sur notre journée, ça aide, et cela encore 7 fois à l'avenir.

Ce soir en s'écartant de l'Amouski-trakt, nous trouvons sans difficulté un appartement à Shimanovsk, petite ville de 20 000/hab, fondée en 1910, sur le tracé du Transsibérien, ville tranquille et bien entretenue, qui abrite une usine de grues automobiles. À quelque kilomètres, vers la frontière Chinoise, au bord de l'Amour, une couche de charbon brun (lignite) se consume en sous sol, elle a brûlée à l'air libre depuis 300 ans.

Nous logeons dans une petite Stalinka.

Bien sûr, il pleut.

L'usine de grue automobile de Shimanovsk
Place Lénine
Notre logement à Shimanovsk
L'intérieur de la Stalinka

Demain nous espérons rejoindre Mogocha à 730 km au nord-ouest, nous allons compléter le plein avant de quitter Shimanovsk car cette portion vallonnée est déserte.

Maïlys va bien, elle a été pris en charge à l'hôpital d'Annecy, y a subi des examens complémentaires, lundi elle sera équipée d'un corset pour un mois et demi, puis elle sera verticalisée, elle devra ensuite acquérir de l'autonomie avec de béquilles et de la rééducation.

49

740 km, 20 060 km, 7 h de décalage.


Départ à 7h30, 11°, ciel couvert.

Sortis de Shimanovsk, nous partons à travers la Taïga, la route est bonne, la température est idéale pour rouler et il y a peu de véhicules sur ce tronçon. Il semblerai que nous allons vers le soleil..

Exemple de travaux non signalés.

Après 200 km nous faisons un arrêt d'une heure pour une inspection du soubassement de l'auto, avec remplacement du filtre à huile et graissage de l'essieu arrière. Chaque parking dispose d'une rampe qui permet l'entretien et la réparation de son véhicule, c'est très pratique. Certaines rampes son prévues pour les poids lourds.

Cette étape est vraiment très belle, nous l'avions faite sous la pluie à l'aller, c'est un plaisir de rouler dans ces paysages sous le soleil ! Enfin ! La température atteint 23° au plus chaud de la journée. Certaines portions de route sont en travaux et d'autres sont une succession de dos d'âne et d'affaissements, la conduite est sportive.

Nous faisons une pause en forêt, il y a de nombreux plants de cassis sauvages dans le sous bois, c'est le paradis des baies et des champignons, qui font le bonheur des ours.

La rivière Amazar

Nous sommes passés là en juillet, nous repassons en août, l'automne n'est plus très loin, l'été est court ici et l'hiver très froid.

Durant le trajet nous passons a proximité de Skovorodino, Magdatchi et Azamar, nous quittons l'Oblast de l'Amour pour entrer en Transbaïkalie.

Une station service de campagne, avec cuves en surface et paratonnerres :


À 19h00 après 740 km nous arrivons à Mogotcha, petite ville isolée de 12 000/hab, fondée en 1910 sur le tracé du Transsibérien. Nous trouvons un petit hôtel à l'entrée de la ville qui fera l'affaire.

Mogotcha
L'Amazar à Mogotcha
Mogotcha
Mogotcha

Demain nous espérons dépasser Tchita avec une étape de 700 km environ.

Demain il nous restera 17 jours en Russie et 8 000 km à minima pour rejoindre la frontière à Zilupe.

50

670 km, 20 730 km au total, 7 heures de décalage.


Départ à 7h30, 10° forte pluie... Nous perdons une heure et 30 km pour trouver une station service, le réservoir est vide et la prochaine station sur la grand route est à 120 km.


Jusqu'à Tchita, c'est d'abord 400 km de taïga sous une pluie intense. Nous avançons doucement en surveillant les affaissements retors (pour les ressorts) de la route.

Nous nous arrêtons pour compléter le plein du réservoir et nous restaurer dans un petit Kafé au milieu de nulle part. Nous l'avions appréciés à l'aller (déjà sous la pluie), il y a là principalement des routiers et des travailleurs de la route au visage buriné, des gouttes tombent du plafond, l'électricité s'arrête, la cuisine continue ! Nous mangeons pour 500 Rub pour deux : salade Olivia, solienka, frites/oignons maison, thé, café et crêpes au miel, le tout délicieux, dans la pénombre et le calme.

Puis de la steppe sur 100 km, là le temps change et devient un peu plus sec et enfin encore 100 km de taïga.

À l'approche de Tchita, nous quittons progressivement cette vaste zone dépeuplée, et rencontrons les premiers pâturages et troupeaux, ainsi que quelques villages.

Si de car de marque Ijievsk (voir étape J8)
Avant d'arriver à Tchita

À Tchita, nous repassons au Datsan avec le soleil cette fois ci, nous réglons quelques affaires avant de sortir de la ville pour trouver où dormir. Tchita est aussi une ville de garnison. Le ciel est assombri par les fumées des incendies géants de cette année en Sibérie.

Datsan à Tchita
Tchita

Sortis de la ville nous stoppons au Transbaïkalsky Transit Hôtel, pour 1300 Rub. Ce soir il fait 15°, pluie, vent.

Demain nous espérons bien dormir sous tente au bord du lac Baïkal à environ 750 km d'ici, soit une douzaine d'heures de route, via Oulan Oudé, beau trajet en perspective demain. Nous sommes à 1000 km d'Irkoutsk.

Vu sur la carte, il reste un peu de route... Mais pas de doutes.

Après 4 jours de route et presque 3000 km

Nouvelles de Maïlys : équipée de son corset, elle s'est enfin mise debout, maintenant il faut du travail et de la patience, elle est toujours à l'hôpital d'Annecy.

51

760 km, 21 490 km, (- 1h) 6h de décalage.

Départ 07 h, 11°, soleil.

Nous repartons vers l'ouest, en direction d'Irkoutsk, qui est à mille kilomètres. Les alentours de Tchita, et de Oulan Oudé (distantes de 600 km)constituent un paysage de steppe et de reliefs marqués, nous longeons la Mongolie par le nord, parfois à moins de 150 km.

À la sortie de Tchita

Cette étape tiens ses promesses, elle est superbe, nous l'avion faite en partie sous la pluie à l'aller.

Plus loin, après avoir rencontré des chevaux en libre sur la grand route, nous dépassons d'immenses mines de charbon à ciel ouvert.

En milieu de journée, nous quittons la Transbaïkalie pour entrer en Bouriatie, nous gagnons une heure au passage, ce qui va nous aider, car nous ne sommes pas en avance.

En Bouriatie la grande steppe est au rendez vous avant Oulan Oudé, superbe ! Nous en profitons, car après c'est terminé, plus de steppe. Il faudra revenir et pousser jusqu'en Mongolie..

Quelque kilomètres avant Oulan Oudé, nous faisons un arrêt pour escalader un promontoire qui nous donne une vue magnifique sur la Selenga. Nous retrouvons le vrai ciel bleu et une vingtaine de degrés.

Nous contournons ensuite de loin la ville, franchissons le check-point pour filer en direction de la rive est du Lac Baïkal par une route montagneuse en suivant de loin la rivière Selenga. Aujourd'hui nous avons croisé un cycliste Suisse qui traverse visiblement la Russie en solo, et nous nous sommes fait doubler par un motard Letton, avec un moral d'acier.

Contournement de Tchita
Check-point Oulan-Oudé

Avant d'arriver au Baïkal, nous passons au monastère de Troïrskoe.

Le Baïkal ! Il fait 12° et l'eau est bien fraîche, nous constatons comme les jours ont raccourcis depuis notre passage.

Étape longue aujourd'hui, nous avons roulé de 7h à 20h30, et en gagnant une heure ! Nous avons planté la tente à la nuit, et pris un bain dans le Baïkal qui n'est plus très chaud, dans quelques mois se sera une banquise de 1 m d'épaisseur. Le ciel etoilé est extraordinaire ce soir.

Demain direction Irkoutsk.


Nouvelles de Maïlys : aujourd'hui c'était opération du péroné, les médecins français ont préférés ouvrir pour traiter cette fracture multiple. Maïlys à refusé l'anesthésie générale, et à assisté à l'opération sous anesthésie locale. Ce soir ça va bien, normalement elle rentre demain chez elle, s'en suivra une longue rééducation.

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550 km, 22 540 km, 6 heures de décalage.


Départ à 8h, après une nuit fraîche, en polaire dans nos duvets, rythmée par les passages d'imenses convois ferroviaires qui faisaient trembler le sol sous la tente, sans parler du klaxon des trains actionnés à notre niveau du fait d'un petit passage à niveau sans barrière plus loin, quelle nuit.. Durant ce voyage nous aurons toujours été proche de la ligne Moscou-Vladivostok.

Il fait 12°, on se motive, petit bain dans le Baïkal avant de partir pour Irkoutsk en contournant le lac par le sud. D'un côté le lac, de l'autre les montagnes, derrière les montagnes c'est la Mongolie.

Nous nous arrêtons pour la troisième fois en 2 ans dans notre petit restaurant à Vydrino, pour y déguster un met Bouriate le pozé, nous mangeons pour 390 Rub.

Notre campement à Boyarskiy
La voie ferrée passe au plus près du Baïkal sur la rive sud-est
Vydrino

En longeant le lac, nous passons par Babushkin, Baïkalsk, puis nous marquons un arrêt à Slyudienka, avant de quitter le Baïkal, c'est une petite gare du Transsibérien, originale dans sa construction.

Cette petite ville est agréable, de nombreux randonneurs arrivent ici en train, avec de très gros sacs à dos signe de trek en d'autonomie. Ça fait envie...

Slyudienka
Noter les panneaux Na Vostok et Na Zapad qui a inspiré le titre du carnet
La salle d'attente
La gare de Slyudienka
Église de Slyudienka

Nous continuons vers Irkoutsk, la route entre l'extrémité sud du lac et Irkoutsk n'est pas facile, une vraie route de montagne, drôlement tracée, d'interminables montées et descentes à 10 ou 12% ! sur plus de 50 km, les camions souffrent en montée et les descente sont très dangereuses.

Exemple de d'affaissements qui pris à pleine vitesse écrasent les suspensions à fond et les passagers..

Nous faisons un long détour urbain par Irkoutsk pour récupérer un colis, en effet depuis 10 000 km environ, la direction de la 309 prend du jeu, cela s'accentue, le volant vibre et cogne dès 80 km/h maintenant. Les chaos et les 635 000 km parcourus par l'auto ont eu raison du cardan de colonne de direction. Nous perdons un peu de temps mais c'est nécessaire.

Une chaîne logistique c'est mise en place depuis 3 semaines, mon cousin (merci Philippe) à démonté la pièce sur une 309, mon papa (merci Henri) à procédé à l'expédition vers Orenburg au sud de la Russie, ma belle sœur (merci Tania) à réexpédié le colis en poste restante sur notre trajet, nous avons choisi Irkoutsk, c'est heureux car la pièce était là cette après midi, et le jeu important du volant m'inquiète.

Nous passons par le marché d'Irkoutsk pour faire provision de pignons de cèdre de Sibérie, et nous nous remettons en route à 17h pour Krasnoyarsk à plus de 1000km de là.

Bouchons du soir pour sortir de la ville, puis travaux, nous n'avançons pas, nous roulons jusqu'à la nuit et mangeons en roulant, à 22h nous jetons l'éponge en apercevant un petit moto-hôtel à Tyret-1 (1 car il y a une autre ville plus loin qui s'appelle Tyret-2)

Nous y trouvons une chambre pour 1000 Rub, confort parfait, nous avons de la chance.

Demain il faut rouler et atteindre Krasnoyarsk à 830 km d'ici. Il nous faudra traverser à nouveau la région de Touloun qui a été ravagée par les inondations.

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850 km, 23 390 km au total, + 1h, 5 h de décalage.

Départ à 7h30, soleil, 12°.

La route est plutôt bonne avec quelques portions de travaux.

Hôtel Café Sauna

Maintenant c'est la pleine saison des baies en forêts, de nombreux habitants proposent, sur le bord des routes, des seaux entiers de myrtilles, airelles, cassis, groseilles... Après avoir repéré des argousiers chargés de fruits nous nous arrêtons faire une cueillette d'argouses, fruit survitaminé et exceptionnellement riche en vitamine C entre autre. On trouve cet arbuste en France dans les Hautes Alpes.

Sur la route

Nous traversons Touloun, la rivière à reprit sa place, le nettoyage de la plaine dévastée à bien avancé, mais le problème est surtout de reloger ceux qui ont perdu leurs maisons emportées. Beaucoup d'aide arrive encore, nous croisons plusieurs convois d'aide et de matériel.

Vers 14h nous quittons l'Oblast d'Irkoutsk pour entrer dans le Kraï de Krasnoyarsk, et rallongeons d'une heure notre journée, plus que 5 h de décalage avec la France.

Nous faisons la pause repas tandis que j'entreprends le remplacement du cardan de direction.

C'est un soulagement, le volant tapait sérieusement et ce, en continu. Je ne reconnais plus la voiture, elle est devenue précise et silencieuse.

Beaucoup de Russes s'extasient sur notre trajet, et avec cette voiture ! Nous sommes félicités et encouragés. Tout le monde tombe d'accord pour dire que ces voitures "anciennes" (30 ans tout de même) sont les meilleures.

On veut me l'acheter, je répond qu'elle vaut plus rien, que je vais être obligé de l'arrêter en février 2020, car elle porte la mention "fissures châssis" défaut rédhibitoire avec le nouveau contrôle technique.. Pourtant le châssis semble faire ses preuves ici. L'homme ne comprend pas, moi non plus d'ailleurs.

Nous passons par Kansk.



Kansk

L'étape est longue et fatiguante ! Les 250 derniers kilomètres se font sous une pluie très intense, les nuages sont tellement denses qu'il fait véritablement nuit, incroyable !

Nous contournons largement Krasnoyarsk, pour éviter la circulation folle de la ville, est retrouvons de la clarté et moins de pluie.

À la sortie de la ville, en direction de Novossibirsk, nous nous arrêtons dans le premier hôtel (l'hôtel Cigogne) au bord de la grand route pour 2000 Rub.

Hôtel Cigogne Krasnoyarsk

À 2000 mètres près nous avons fait 5000km depuis le centre de Vladivostok, en 7 jours, il reste un peu plus de 3000 km jusqu'à Orenburg, et 2100 km de Orenburg à la frontière Russie-Lettonie. Nous sommes donc à peu près à la moitié du trajet en Russie.

Demain nous envisageons de faire 800 km pour rejoindre Novossibirsk, grosse étape en perspective, il y a pas mal de travaux et village sur le trajet.

Nouvelles de Maïlys : elle est rentrée à la maison hier, son opération c'est bien passé, mais il faudra encore deux autres interventions pour enlever le matériel qui a été posé. Elle va travailler maintenant à sa rééducation, équipée de son corset et de ses béquilles elle peut marcher.

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850 km, 24 240 km au total, 5 h de décalage.

Départ de Krasnoïarsk à 06h30, il fait 13°.

Les 300 premiers kilomètres se font sous la pluie, avec pas mal de circulation et peu de visibilité.

Nous passons à Atchinsk qui a fait la une de l'actualité le 5 août dernier par l'explosion géante d'un dépôt de munitions, la route et la voie ferrée avaient été fermées le temps de deminer la zone.

La route passe ensuite à Mariinsk, il n'y a pas de contournement de la ville, ça bouchonne à l'entrée et pour la traversée. Nous en profitons pour nous restaurer. À partir de là nous retrouvons le beau temps.

Le pneu décor est une enseigne de monteur réparateur de pneu ("chinomontage" en Russe) il y en a absolument partout le long de la route, ouvert 24/24 pour voitures et camions. Pour l'instant nous n'avons pas eu de crevaison.. Mais que de crevaison de poids lourds, les routes sont jonchées de débris ou carcasses de pneus, on roule jusqu'au bout du pneu ici.. Nous avons assisté à l'explosion d'un pneu de PL devant nous et évité les débris.. Depuis je roule fenêtre conducteur fermée, on imagine mal croiser un camion à ce moment là.


Chinomontage
Mariinsk

Nous passons ensuite à Bieriozokkiï puis à Kemerovo où nous avions séjournés en revenant de l'Altaï. La ville est au cœur du Kouzbass et toute l'activité tourne autour du charbon.

Bieriozovkiï

Nous quittons le Kraï de Krasnoyarsk pour l'Oblast de Novossibirsk, nous contournons Novossibirsk par le nord et traversons le grand fleuve Ob. Maintenant nous avons terminés de longer la Mongolie, nous allons longer le Kazakhstan jusqu'à Orenburg, notre destination à 3 ou 4 jours.

Nous avons bien roulé encore aujourd'hui, de 6h30 à 20h, nous nous arrêtons à la sortie de Novossibirsk dans le premier moto hôtel, pour être prêt à repartir demain vers Omsk.

Notres hôtel est au milieu des marais, comme la route Novossibirsk-Omsk sur 600 km d'ailleurs. L'eau de la douche est salée..

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1 100 km ! 25 340 km au total, +2 h, 3 heures de décalage.

Départ à 7h au lever du soleil, 14°.

Nous sommes dans l'Oblast de Novossibirsk.



Nous partons plein ouest à travers les marais, sur la grande ligne droite de 600 km entre Novossibirsk et Omsk, la traversée et relativement déserte.


7h30 :

9h00 :

11h00 :

Ça roule très bien aujourd'hui, la route est bonne, il y a peu de travaux, la moyenne est excellente, d'autant qu'en entrant dans l'Oblast de Omsk nous gagnons une heure, reduisant ainsi le décalage à quatre heures avec l'occident. Nous passons à Barabinsk avant d'arriver à Omsk que nous avions visitée à l'aller. (voir J12)

Nous contournons Omsk par le sud, et franchissons le grand fleuve Irtych, puis faisons un arrêt devant une école de cavalerie (Chars)

Entrée dans l'Oblast de Omsk (-1h)
Char T 72
Char T55
Entrée d'un elavage de chevaux, depuis 1927.

Après Omsk, direction plein ouest, vers Ichim. Nous entrons dans l'Oblast de Tioumen. Et.. nous gagnons encore une heure ! Reduisant le décalage à 3h, on va pouvoir rouler encore..

Le paysage est plus agricole, de très grandes parcelles de céréales bordent la route. Les parcelles ne sont pas géométriques, elle sont entourées de forêts avec de nombreux îlots de bois au milieu pour la biodiversité. L'espace ici est infini.

Sur ce trajet nous contournons de près le Kazakhstan. Pour aller à Orenburg, il serait plus court en distance de traverser une petite partie au nord, mais n'ayant pas de temps nous ne prennons pas le risque de franchir deux fois la frontière.

Nous mangeons dans un Kafé pour 280 Rub à deux.

Entrée de l'Oblast de Tioumen

À Ichim (nous y avions dormi, voir J11) nous délaissons l'axe principal qui continue vers Iekaterinbourg et Moscou, nous allons découvrir de nouveaux paysages vers le sud. À l'aller nous étions passés par un itinéraire nord au dessus de Moscou, puis vers Perm.

Nous virons au sud-ouest, en direction de Kourgan. Nous rencontrons des portions de routes très dégradées, et avançons moins vite, le paysage est infini et dégagé, nous longeons le Kazakhstan sur notre flanc est et le massif de l'Oural sur notre flanc ouest.

Le paysage est composé de cultures de céréales, de nombreux lacs et de marais, nous renonçons à camper malgré le beau temps, il y a trop d'eau partout, les moustiques y sont énormes, très nombreux et voraces ! D'imenses étendues s'offre à nous, malgré les deux heures gagnées, le soleil se couche tôt, à 19h30..

Des camions remontent du sud avec des pièces d'excavateur à charbon et des véhicules UAZ neufs en provenance des très grands centres industriels de Tcheliabinsk, Manitogorsk, Oulianovsk.. D'autre camion descendent avec des tubes de gazoduc, nous arrivons de régions charbonnières et pétrolières, et allons vers des région de gisement de gaz.

Nous entrons dans l'Oblast de Kourgan (4 Oblasts aujourd'hui, un record !)

Oblast de Kourgan

Nous avons fait 1 100 km aujourd'hui, sans trop nous en rendre compte, grâce aux bonnes routes et au deux heures gagnées. À la nuit nous stoppons dans un petit hôtel pour 1000 Rub, nous y mangeons à très bon prix. C'est un petit bout du monde dans un village avec quelque maisons et des marais tout autour. Une fois de plus l'eau de la douche est salée avec une odeur de fer, elle attaque les robinets.. Les sols marécageux renferment certainement du sel. Pour l'eau douce l'hôtel est alimentée par une pompe plongée dans la citerne à gauche.

Hôtel Kazarkino
Kazarkino

Nous sommes à Kazarkino, à 150 km de Kourgan, demain nous ambitionnons d'atteindre Tcheliabinsk, puis Magnitogorsk. Ensuite nous rejoindrons Orenburg, pour retrouver Tania la sœur de Elena.

Des nouvelles de Maïlys :

Elle marche un peu chaque jour, elle doit garder son corset h24, et elle à retrouvée le soleil qu'elle n'avait plus vu de puis 23 jours..

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690 km, 26 030 km au total, 3h de décalage.


Départ 07h00, 15 °, orages, pluie.


Nous partons de Kazarkino en direction de Kourgan, et laissons sur notre gauche (à l'est) la route qui va à Omsk en transitant par le Kazakhstan. Après 140 km en ligne droite, le soleil apparaît, nous visitons rapidement le centre de Kourgan et acquérons des victuailles.

Le nom de la ville vient de Kourgane (mot turc) pour désigner un tumulus funéraire. Les premiers habitants Russes se sont installés en 1553 à côté d'un Kourgane, dans la plaine d'Ichim au bord de la rivière Tobol. Les fouilles réalisées ont révélées qu'il s'agit d'une tombe Scythe de plus de deux mille ans.

Kourgan compte 333 000 hab, ici aussi des usines ont été déménagées au delà de l'Oural durant la guerre. L'usine Kourganmashzavod (KMZ), autrement dit : Usine de Véhicules de Kourgan, emploie beaucoup de monde, elle construit des tracteurs, autobus et blindés (voir BMP 1 et BTR 60 ci-dessous). La ville nous laisse une bonne impression, très propre et agréable.


Kazarkino
Kourgan
Église Alexandre Nevsky de 1876
Lénine à Kourgan
À l'angle des avenues Gogol et Lénine
Entrée du parc de Kourgan
BTR 60 (10T) devant le monument de l'Afghanistan et Tchetchenie KMZ et GAZ
BMP 1 fabriqué à Kourgan par Kourganmashzavod.
Sortie de Kourgan direction Tcheliabinsk.

Ensuite nous enchaînons avec 260 km de ligne droite à travers la forêt en direction de Tcheliabinsk, grande ville de 1, 2 M/hab située à 80 km des monts de l'Oural. Nous rencontrons là d'importants travaux qui nous ralentissent considérablement.

Nous connaissons la ville pour l'avoir visité en train en 2017, et la contournons par le sud-est. (voir Train-trip juillet 2017)

Entrée dans l'Oblast de Tcheliabinsk
Steppe autour de la ville

S'en suivent 290 km jusqu'à Verkhneouralsk à travers un paysage dénudé. En roulant vers Orenburg nous approchons d'un paysage de steppe. À l'ouest nous apercevons les reliefs de la chaîne de l'Oural, dont l'altitude va en diminuant en allant vers le sud. La route n'est pas très bonne sur une grand partie, nous allons moins vite, une portion n'est pas asphaltée.

Nous ne sommes plus très loin de Magnitogorsk notre destination de demain matin, et de Orenburg notre but pour les trois prochains jours, c'est le lieu d'origine d'Elena.

En route pour Orenburg

La chaîne de l'Oural : 2500 km du nord de la Russie (mer de Kara) jusqu'à à la frontière Khazaque. Nous allons la contourner demain par le sud là où les reliefs deviennent ténus.

Maintenant il fait 11° avec un vent à décorner un yack.


L'Oural vers le sud
Vers le nord

Nous arrivons à Verkhneouralsk, petite ville de 10 000/hab avec du charme et aucun immeuble, rare !

La ville borde le fleuve Oural, celui ci est proche de sa source (100 km), il continue jusqu'à Orenburg à 500 km, puis au Kazakhstan pour se jetter dans la mer Caspienne après 2428 km. Il est considéré comme la frontière géographique entre Europe et Asie. Les premiers colons sont arrivés ici en remontant cette rivière et y ont construit un fort en 1734, qui deviendra une ville.

Le fleuve Oural à Verkhneouralsk
La stèle Asie-Europe à Verkhneouralsk
Monument aux gardes frontières à Verkhneouralsk

Cette ville ne nous porte pas chance, en cherchant un hôtel qui n'existe pas, nous tombons dans un trou d'une rue défoncée avec titine, verdict arrivée d'essence et retour arraché, le réservoir se vide sous la voiture à côté du pot d'échappement. Je cours vers un bosquet, arrache une branche du diamètre ad-hoc et l'enfonce dans le tuyaux qui vide le réservoir, c'est étanche. Ça me laisse le temps de réparer les deux tuyaux avec deux bouts de durite. La même mésaventure nous était arrivée en 2010 en Norvège.

Le deuxième hôtel n'existe pas non plus, n'y croyant plus nous sortons de la ville pour rejoindre Magnitogorsk à 50 km de là, et tombons sur un hôtel impeccable à 1200 RUB à la sortie de la ville.

J'en profite pour inspecter le train avant (bruit suspect) et dégripper l'étrier de frein. Il ne fait pas chaud du tout..

Notre hôtel à Verkhneuralsk

Demain nous allons à Magnitogorsk, puis rejoignons normalement Orenburg à 500 km, pour visiter la famille d'Elena et prendre 3 jours de repos.

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520 km, 26 550 km au total, 3 h de décalage.


Départ à 7h45, grand soleil, 0°, notre première gelée.


Nous sortons de Verkhneouralsk, ici on passe une partie de l'été à préparer l'hiver, le bouleau est un excellent bois de chauffage. Cependant beaucoup de villages sont reliés au gaz, ressource abondante en Russie.

Verkhneouralsk

Les 50 km jusqu'à Magnitogorsk se font à travers un beau paysage dénudé.

L'arrivée sur la ville est conforme à ce que nous attendions, nous apercevons au loin les cheminées et fumées du deuxième plus grand kombinat de métallurgie de Russie après Nijni Taguil (au nord de Ekaterinbourg, derrière l'Oural également)

Arrivée à Magnitogorsk

Magnitogorsk est traversée par le fleuve Oural, en 1743 se sont installés des cosaques qui y batirent un fort, puis en 1759 à commencée l'extraction du fer particulièrement abondant à cet endroit.

À l'époque soviétique en 1930, Magnitogorsk est vouée par Staline à devenir un des principaux centre sidérurgique de Russie, le kombinat est construit sur la rive asiatique au pied de la montagne de fer, le mont Magnitaïa, 616m, 90 millions de tonnes de fer estimé.

Le MMK (Kombinat de méttalurgie de Magnitogorsk) est gigantesque et tourne à plein régime, au rythme des trompes annonçant les coulées. Ça fume, ça vrombit, beaucoup de personnel se relaye pour faire tourner l'usine en permanence. Celle-ci produit 4 millions de tonnes d'acier par an. On y traite aussi du minerai venu du Kazakhstan.

Hauts fourneaux à Magnitogorsk
Les stériles s'accumulent..
Derrière les deux cheminées, le mont Magnitaïa
L'entrée monumentale du Kombinat MMK

Sur la rive européenne, est bâtie la ville destinée à recevoir les ouvriers, le plan de ville avait été conçu pour offrir un bon cadre de vie et un accès rapide et direct au kombinat par de grandes artères y menant directement, en tramway en traversant le fleuve. De longues perspectives sont bordées de nombreuses stalinka, plusieurs parcs agrémentent, la ville ainsi que le bord de l'Oural aménagé.

Magnitogorsk compte 415 000/hab, la ville fut fermée de 1937 à 1991 au vu de son importance dans la production d'armement. Durant la seconde guerre la moitié des chars d' assauts y furent produit, et un tiers des munitions.

Nous trouvons la ville très agréable, active et sportive, aujourd'hui les fumées des usines partent à l'opposé, il fait 12°.

Au parc de la victoire on peut admirer une statue monumentale ! L'ouvrier forgeron donnant l'épée au soldat, en hommage à l'effort de guerre.

Au marché nous nous ravitaillons en cèpes et en pommes de terre.

Nous reprennons la route pour Orenburg, et quittons l'Oblast de Tcheliabinsk pour entrer en République de Bachkirie. Nous traversons la ville minière de Sibay, sur les contreforts de l'Oural, on y extrait du cuivre, du zinc etc.. Le sol regorge de matières, la pollution y est intense, parfois à l'arsenic.. La mine fait 2 km de large et 500m de profondeur ! Nous ne verrons que les stériles qui s'accumulent partout autour de la ville. À ne pas confondre avec les mines Mir et Oudatchnaïa en Sibérie parmi les plus grandes excavations du monde.

Entrée en République de Bachkyrie
Les steriles derrière les maison à Sibay.
Image issue d'internet.

La traversée de l'Oural d'est en ouest est plus sauvage, et très belle. Nous passons par Baïmak. L'Oural fait en moyenne 150 km de large, la route y est tortueuse. En haut d'un col nous sommes contrôlés par la police de la route, ДРС, contrôle documentaire sans souci.

L'Oural
Baïmak

Ravitaillement en miel, le miel Bachkire à bonne réputation, nous parlons longuement avec l'homme, ancien major de la milice, apiculteur maintenant.

Enfin nous quittons les derniers reliefs de l'Oural pour arriver à Orenburg où nous attendent Tania (sœur d'Elena) et Oleg (son mari). Il fait 20 °

Nous roulons depuis 11 jours non stop, et avons parcourus 7 640 km depuis Vladivostok, il est temps de prendre 3 jours de repos à Orenburg dans la famille d'Elena. Il nous restera à arpenter environs 2300 km pour sortir de Russie avant le 5 septembre minuit.

Et 3000 km pour rentrer à la maison..

Orenburg
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120 km, 26 670 km, 3 h de décalage.

Mercredi 28 août :

11°, soleil puis pluie.

Nous profitons de ce premier jour de relâche pour dormir jusqu'à 8h, vider la voiture, la ranger et faire une lessive.

L'auto se repose dans le lotissement tranquille.



Puis un tour à Orenburg, le centre ville est agréable, une longue rue piétonne mène à l'Oural.

Dans ce bâtiment, Youri Gagarine fît ses études à l'école d'aviation de 1955 à 1957, une plaque le rappelle et plusieurs monuments dans la ville évoquent le personnage.

Rue Sovietskaya, Orenburg
L'école d'aviation de Gagarine
La plaque Gagararine au 1 rue Sovietskaya

Enfin nous allons au баня (sauna)se dit bania, pour ce faire nous empruntons le petit train d'Orenburg, un véritable train miniaturisé sur voie étroite, géré par la société de chemin de fer russe (Ржд).

Des enfants occupent tous les postes, que ce soit dans la rame ou en gare, le train dessert plusieurs arrêts et fait des aller-retour réguliers. C'est une activité pour ces enfants qui sont en tenue et aprennent le métier. Le train sert de moyen de transport, plutôt agréable car il chemine le long du fleuve.

Le sauna est au bord de l'Oural en eine nature, réglé à 110°, un vrai bonheur, alternant repas, sauna, repos, bains dans le fleuve et séances de flagellation avec des branches fraîches de chêne. (ça fait partie du rituel, cela fait circuler le sang et répand une odeur agréable dans le bania)

Tania et Elena

Jeudi 29 août :

Retour en ville, il fait 11° avec 50km/h de vent du nord, cet épisode de fraîcheur est exceptionnel pour l'endroit, il va durer 3 jours, le temps de notre passage.. Ensuite le temps reviendra au beau fixe à plus de 25°.

Nous faisons quelque emplettes et visitons le musée d'histoire.

Orenburg
Tchkalov aviateur émérite qui a donné son nom à la ville durant un temps.
Magnifique Lada 2105
Administration de la ville
Orenburg
Trolley bus

Au musée une exposition relate la fouille de Kourgans (tumulus funéraires). Dans la steppe environnante, on peut apercevoir ces Kourgans, qui sont des tombes de personnages importants de peuples nomades qui parcouraient ces grands espaces. Ici les objets funéraires des Sarmates, en or, sont largement postérieur à notre ère. Cette steppe qui paraît vide est riche en histoire, à Orenburg depuis des siècles passent des peuples nomades, la ville fût aussi sur la route de la soie.

Un Kourgan dans la steppe et sa fouille
Objets funéraires
Pointes de flèches, mors de cheval.

Vendredi 30 août :

10°, fort vent de nord.

Ce matin il ne pleut pas, cela ne va pas durer. Nous partons en direction de la steppe au sud d'Orenburg. Des la sortie de la ville c'est une infinité qui s'offre à nous.

Nous parcourons une vingtaine de km de pistes pour découvrir quelques curiosités géologiques.

L'après midi nous avons rendez vous avec un personnage à part entière. Muslim est passionné par la deuxième guerre mondiale, il vit dans un bric à brac d'objets d'exception, ainsi que dans une pièce en sous-sol rappelant Stalingrad.

On y trouve des motos Allemandes, des uniformes, des armes neutralisées, le tout d'origine.

Soldat russe avec son PPSH41

Aussi une Mercedes de la wermarcht abandonnée par les allemands, laquelle fonctionne.

Demain il nous faut nous remettre en route.. il nous reste six jours pour rejoindre la frontière, nous ne sommes pas encore sûr de l'itinéraire.

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430 km, 27 100 km au total, 2h de décalage.

Nous partons d'Orenburg à 8h30, avec émotion, nous faisons nos adieux à Tania, Olya et Oleg qui nous souhaitent chaleureusement bonne route, en remplissant la voiture de victuailles. Merci à eux.

Nous avons décidé de passer par le Kazakhstan, cela ne rallonge pas notre parcours, ça le complique un peu.

Les 2 semaines que nous avons "perdues" à Vladivostok nous empêchent de faire le trajet prévu. À savoir d'entrer au Kazakhstan depuis Orenburg jusqu'à la mer Caspienne, puis jusqu'à Astrakhan, pour aller ensuite vers les républiques du sud du Caucase avant de remonter au nord.

Ayant un visa à double entrée, nous allons transiter par le nord du Kazakhstan en passant par la ville d'Ouralsk (Oral).

Il fait beau et une dizaine de degrés, la bonne route qui mène à la frontière (à Ilek) est une parfaite ligne droite de 130 km dans un paysage plat.

Il y a très peu de monde qui passe ici, c'est un petit poste, nous passons assez vite après 4 checkpoints : fouille de l'auto, achat obligatoire d'une assurance pour la voiture (notre carte verte ne couvre pas le Kazakhstan, la Russie oui) et le change d'une trentaine d'euros en Tengue (Kzt), monnaie locale. Les formalités pour la voiture faite à l'entrée en Russie en juillet sont valable pour le KZ et le retour en Russie.

Premier check-point Russe à Ilek
Poste Russe, voiture par voiture, passeports et fouille.
Poste d'entrée KZ
Entrée en République du Kazakhstan.

On nous avait prévenu les routes ne sont pas extraordinaires au Kazakhstan, très vite nous affrontons une route déserte en très mauvais état, puis le bitume laisse la place à une piste qui roule mieux hormis la tôle ondulée. Nous roulons 160 km jusqu'à Ouralsk, avec heureusement un meilleur revêtement avant la ville. Dans ce paysage de steppe sans fin, des arbustes sont plantés tout le long des routes et voies ferrées.

Le Kazakhstan est le 9 ème pays en surface, il fait 5 fois la France il compte 18,7 M/hab soit 7 hab/Km2. Avec beaucoup de ressources gazières, pétrolières et minérales. Il est peuplé par une vingtaine d'ethnies, dont les Kazakhs majoritairement. Historiquement c'est un pays de peuples nomades. Il est bordé par les mers Caspienne et d'Aral, et est séparé entre Europe et Asie par le fleuve Oural. Il possède 6 900 km de frontières avec la Russie.

Sa capitale est Noursultan, depuis mars 2019, anciennement Astana, du nom de son président Noursultan Nazerbaïev, resté au pouvoir 29 ans, jusqu'à cette année.

Ouralsk est une jolie ville aux aspects architecturaux très Russe, qui abrite 230 000 hab, dont 54 % de Russe sur et 34 % de Kazakhs. Anciennement Yaitsk, elle fut fondée en 1584 par les cosaques de l'Oural. Elle appartenait à l'Oblast d'Orenburg, elle est maintenant au Kazakhstan depuis la fin de l'URSS. Durant la guerre, du fait de sa proximité avec Stalingrad, la ville accueillait 20 hôpitaux militaires et exerçait une importante activité industrielle et anti-aérienne contre les Allemands.

La ville est arrosée par l'Oural et elle est à la lattitude de Dunkerque, pourtant nous sommes au sud de notre itinéraire en Russie, le sud est une notion relative.

Nous dépensons 15 000 Tengue (34 €) en gouttant la cuisine Kazakh au restaurant, en achetant des souvenirs et provisions et en complétant le réservoir d'un demi plein avec du Sp95 à 165 Kzt le litre soit 0,37 €/L.

Le Tengue, la monnaie locale.
Église du Christ St sauveur
Fresque soviétique sur l'espace.
Mosquée Metchet à Ouralsk
L'ancien bvd Lénine, le plus grand, il s'appelle maintenant NoursultanNazerbaiev

Nous rejoignons ensuite la frontière Russe, en roulant toujours plein ouest sur 120 km de ligne droite, cette fois-ci la route est très bonne. Le paysage de steppe est superbe et infini. Les miradors annoncent la frontière.

Troupeaux

Nous arrivons avant le coucher du soleil à la frontière Kz/Ru à Taskala, au milieu de nulle part en pleine steppe, sur une bute, on n'imagine pas l'hiver ici. Nous recommençons la série de contrôles : passeport et fouille à la sortie Kz.

Poste KZ de Taskala

Ensuite la route se dégrade à l'extrême entre les deux postes. Mêmes contrôles à la douane Russe d'Ozinki où l'agent examine très longuement passeport et visa à la recherche de falsification, puis fouille de la voiture.

Nomansland entre les deux poste la route est épouvantable.
Attente pour entrer en Russie
Russie
Poste Russe d'Ozinki

Une fois passée la frontière sans encombre, avec mes 6 tampons sur le passeport, la nuit arrive très vite et la route est extrêmement mauvaise.

Il reste 280 km jusqu'à Saratov, espérons que la route soit meilleure demain. En entrant en Russie ce soir, nous avons gagné une heure, qui nous permet de trouver 2 lits à 500 Rub chaque, dans un petit hôtel tombé à point nommé, ne pouvant pas rouler plus dans ces conditions et de nuit.

Il nous reste 5 jours pour faire environ 2000 km, demain nous espérons dépasser Saratov, et dormir avant Voronej, la grande ville suivante.

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490 km, 27 590 km au total, 2 h de décalage.

Départ à 7 h, 5°, beau soleil.

Très vite nous retrouvons la mauvaise route que nous avions délaissée hier soir.. En fait de Ozinki à Engels (au bord de la Volga) il y a 290 km, les 210 premiers km vont se révéler très difficiles, la route est défoncée, nous arriverons 8h plus tard à Engels. ..

Cependant le paysage fût très beau et infiniment plat, d'abord de la steppe, puis des cultures de tournesol, et du blé en semaille.

Nous passons quelques villages dont Erchov et aussi devant un ancien sovkhose "Décabriste" qui est maintenant une exploitation géante.

La longue route...
Erchov et son usine de rénovation de locomotive

Au prix d'un petit détour nous allons voir l'endroit où la capsule spatiale de Youri Gagarine à atterri lors de son premier vol dans l'espace le 12 avril 1961. L'endroit et mythique, les visiteurs se succèdent, il se situe 20 km au sud de Engels a quelque kilomètres de la Volga.

Les cosmonautes russes reviennent toujours sur terre en se posant quelque part dans les immenses steppes du Kazakhstan ou de Russie.

Le lancement avait eu lieu au départ de Baikonour au Kazakhstan, dans une fusée Vostok, après une orbite autour de la terre, la capsule a traversée l'atmosphère, puis à 7 km de hauteur, Gagarine s'est éjecté de la capsule pour terminer en parachute, la capsule arrivant trop lourdement au sol.

Valentina Terechkova, première femme dans l'espace.

Après être passé devant le village Karl Marx, nous arrivons à Engels, petite ville sur la rive est de la Volga. Nous y découvrons quelque vehicule russes comme cette ancienne GAZ, ce MI 24 et un MIG 15.

Nous franchissons ensuite la très large Volga, pour aller en face sur la rive ouest à Saratov., il fait 27°.

Ville de 845 000/hab fondée en 1590 pour contrôler le fleuve, elle s'étend maintenant sur plus de 30 km sur la rive. Au sud la Volga coule vers Volvograd puis se dirige vers la mer Caspienne. À l'aller nous l'avions franchie à Kazan après l'avoir longée à Nijni Novgorod. La ville s'est considérablement développée durant la guerre avec l'arrivée d'écoles militaires et d'usines évacuées de la partie occidentale, tandis qu'au sud la bataille faisait rage à Stalingrad.

Nous effectuons de vaines recherches pour trouver un roulement de roue avant pour la 309. Celui-ci fait de plus en plus de bruit, et prend du jeu, certainement à cause de nombreuses immersions lors du trajet, c'est une cause d'inquiétude. Ce roulement est spécifique chez Peugeot-Citroën, et est ancien maintenant, il a équipé aussi les 306. Il semblerait qu'un véhicule Russe ait le même roulement, la Moskvitch 2141, qui est peu répandue est ancienne aussi, pas facile à trouver, d'autant que nous n'avons pas un temps infini devant nous. Il faut que ça tienne.

Saratov
Le pont entre Engels et Saratov
Le pont sur la Volga de Engels à Saratov
Gagarine à Saratov
La Volga à Saratov

Nous roulons ensuite jusqu'à la nuit dans un paysage qui s'occidentalise.. Forêts, vallons, plaine cultivées.

À 20h00 (nuit) nous stoppons pour 1000 Rub dans un hôtel en bord de route quelque part entre Saratov et Voronej. Nous aimerions camper, mais trop de fatigue et de longues journées par manque de temps.

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600 km, 28 190 km au total, 1 h de décalage.


Départ à 8h, 16°, beau temps.

Nous partons plein ouest vers Voronej accompagnés par le bruit lancinant du roulement de l'auto. J'injecte régulièrement avec une seringue, un mélange de dégrippant, d'huile moteur et de graisse au mobdylène, par un étroit interstice qui accède au roulement, en espérant qu'une partie du mélange atteigne l'intérieur.

La route est très bonne et en ligne droite, pour changer..



En direction de Voronej

Nous passons non loin de Balachov, à cette occasion nous gagnons une heure en passant de l'Oblast de Saratov à celui de Voronej, plus qu'une heure de décalage avec la France.

Puis nous traversons Anna et Borisovliebsk ou Valeri Tchkalov (dont nous avons parlé plusieurs fois) à apprit à piloter. Nous écumons les échoppes de pièces auto, et trouvons un roulement du bon diamètre extérieur et intérieur, mais trop large de quelques millimètres.. Dommage.

La route traverse de grandes zones plates et dénudées, d'autre boisées et en culture de tournesol.

Nous roulons sur la route Caspienne et Don.

En direction de Voronej
L'église d'Anna de 1894.

Après tous ces kilomètres nous approchons des limites occidentales de la Russie. L'Ukraine est à 300 km plein ouest, si nous pouvions traverser, nous pourrions rentrer par la Slovaquie, l'Autriche et la Suisse. Ne pouvant le faire nous allons remonter assez haut vers le nord-ouest en longeant l'Ukraine puis la Biélorussie, pour rejoindre la frontière Russo/Lettone, et ce durant les trois prochains jours.

Nous arrivons aussi aux limites de l'invasion Allemande de 1941, nous allons traverser la ligne de front, ensuite toutes les villes traversées portent des noms qui évoquent de féroces batailles. (Voronej, Koursk, Orel, Briansk, Smolensk..)

Voronej compte 1.1M/hab, située au bord de la rivière Voronej qui rejoint le fleuve Don, lequel se jette dans la mer d'Azov, à Rostov sur le Don.

Elle fût fondée sous Fedor 1er en 1586 pour contrer les invasions des Tatars de Crimée. C'est le berceau de la flotte militaire Russe par son chantier naval qui date de 1695. La ville à été prise en juillet 1942 par les allemands, est elle resta sur la ligne de front jusqu'en janvier 1943, date de sa reconquête par l'armée rouge, ce qui explique sa destruction à 95%. Reconstruite, c'est maintenant un important centre industriel, universitaire et de recherche.

Voronej est entourée de terres noires et riches, le tchernoziom.

La rivière Voronej
Cathédrale de l'annonciation à Voronej

Après avoir visité plusieurs détaillants de pièces mecaniques et même le marché au pièces détachées, en vain, nous prennons cette fois la direction de Koursk, toujours plein ouest. Il fait plutôt chaud, 27°, et l'endroit est sec et sablonneux.

Nous franchissons le fleuve Don et rencontrons un superbe ciel, puis traversons les terres noires. Le tchernoziom est la contraction des mots russes tchernaïa zemlia (terre noire) il est considéré comme le meilleur sol arable du monde, mesurant de 1 à 6 m d'épaisseur, riche en potasse etc.. Il s'étend largement en Ukraine.

Nous quittons l'Oblast de Voronej pour celui de Koursk.

Nous arrivons à Koursk à la nuit, et sommes très prudent pour rouler, nous avons pris un hôtel au centre pour visiter la ville demain matin.

Ce soir, nous avons une vraie soirée d'été, il fait 26°, pas d'humidité ni de moustique ! Le centre ville est sur un relief, il est plutôt grandiose. Les avenues sont larges et les bâtiments imposants. En ce lundi soir les passants déambulent en profitant de la belle soirée.

Bâtiment de style Soviétique à Koursk
Cathédrale Notre Dame du Signe à Koursk
Style Impérial à Koursk

Demain nous partons vers le nord-ouest en direction de Orel et Briansk. Il nous reste 900 km jusqu'à la frontière, nous espérons que le roulement de la 309 va tenir, quitte à réduire la vitesse et à le lubrifier plus souvent.

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400 km, 28 590 km au total, 1 heure de décalage.

Départ à 7h00, 22°.

Nous visitons rapidement le centre ville et le parc de la victoire avant de nous mettre en route pour Orel, au nord.

Koursk abrite 445 000/hab, elle est proche de la frontière Ukrainienne, et à 460 km au sud de Moscou. Fondée en l'an 1032, détruite par les Tatars en 1238. La ville est entourée de tchernoziom, c'est un important nœud ferroviaire, on y produit du textile.

Koursk est prise par les Allemands en novembre 1941 puis reprise par l'armée rouge en février 1943. Lors de sa reprise, l'offensive Soviétique crée un saillant de 23 000 Km2 dans le front, que les Allemands s'empressent de vouloir réduire en jetant toutes leurs forces dans la bataille.

La bataille à lieu du 5 juillet 1943 au 23 août 1943 sur 270 km de front. Opposant 2,8 M de soldats, 6000 Chars et 5000 avions... Les Allemands ne parviennent pas à reprendre la ville, même équipés des meilleurs chars. Par une défense acharnée des Russes ils sont repoussés sur leur ligne de départ avec beaucoup de pertes, puis perdent du terrain. C'est un tournant, au même titre que Stalingrad, à partir de là après une phase d'équilibre, les Allemands sont contraints à la défensive et la retraite jusqu'à Berlin en 1945.

L'escadrille Française Normandie-Niemen prit par à la bataille avec 17 victoires et 11 pilotes tués.

Place rouge à Koursk
Lénine à Koursk

La gare de Koursk, nous aimons bien les gares.. ayant toujours voyagés en train auparavant, c'est tellement plus reposant..

Comme toujours les gares sont massives et belles, on s'y sent bien, en voyage on peut s'y doucher, se ravitailler. Les entrées des gares sont systématiquement filtrées par portiques et les accès aux trains se font après contrôle aux rayons x.

Gare de Koursk
Le hall principal
La bataille de Koursk, on voit bien le saillant autour de Koursk.
Une salle d'attente
Dans la salle d'attente

La sortie de Koursk se fait par un très long boulevard, sur 2 km s'étire le parc de la victoire, avec une exposition de matériel rutilant et un arc de triomphe devant lequel se trouve une statue du Maréchal Joukov, très populaire, nommé quatre fois héros de l'URSS, un exploit.

Katioucha, ou orgues de Staline à Koursk
L'arc de triomphe célèbre aussi la résistance de Koursk au troupe napoléonienne.
Maréchal Joukov

Nous prennons ensuite la route pour Orel, il fait déjà 28°, très vite nous entrons dans l'Oblast du même nom.

Une rapide observation visuelle du champ labouré contigu à la stèle révèle immédiatement la présence d'obus.. Attention danger ! Manipulation interdite !!


Entrée dans l'Oblast d'Orel
37 MM avec une pièce de 10Rub pour l'échelle
Danger !!
Danger!

Nous traversons Trocna et sa belle stèle d'entrée. Tout le long de la route se succèdent d'innombrables monuments en référence à la bataille de Koursk (qui englobe Orel et Briansk)

Trocna
Trocna

Orel (qui veut dire aigle en Russe) est une jolie petite ville qui nous laisse une bonne impression, calme, largement piétonne avec beaucoup d'espaces verts. Il fait très chaud, 29°.

Orel compte 320 000/hab, fondée en 1566 pour défendre les frontières sud des invasions de peuples nomades. Forteresse de bois elle brûla plusieurs fois, et de nombreuses guerres passèrent par là. Elle est située à la confluence des rivières Oka et Orlik.

Lors du déclenchement de la guerre, les usines tournent à plein régime, puis comprenant que la ville va être prise, elles sont évacuées en partie vers l'est dont la plus importante corderie du pays. Le bétail, les récoltes, œuvres d'art sont aussi évacués et des armes sont cachées autour pour armer les futurs partisans. Les Allemands prennent la ville en octobre 1941, et y mènent une sanglante répression, tandis que les partisans ont une activité intense. La ville est reprise en août 1943 pendant la bataille de Koursk, elle est en ruine, 2 200 immeubles sont à terre, elle sera restaurée en priorité du fait des dégâts et de son ancienneté.

Entrée d'Orel
Gloire aux vainqueurs !
Place Lénine
La rivière Oka à Orel.
Briansk

Nous repartons pour Briansk à environ 130 km. On commence à rencontrer de plus en plus de forêts de bouleaux et de sapins, signe que nous allons vers le nord, les steppes désertes sont loin..

Nous entrons dans l'Oblast de Briansk et croisons un véhicule BMW français lors du ravitaillement de la voiture. Le couple est en fait originaire du Daghestan et vit en France, on discute de la route.. 5000 km pour eux 29 000 pour nous..

Nous passons à Karatcha, un T34 y est à l'honneur comme dans beaucoup d'endroit. 1600 chars Russes ont étés détruit pendant cette seule bataille.

Entrée dans l'Oblast de Briansk
Partout le T34 est à l'honneur, ici à Karatcha

Briansk, ville de 412 000/hab, au bord de la Desna, à 347 km au sud de Moscou. Fondée en 1146. Mise à sac plusieurs fois par les Mongols, elle est reconquise en 1503.

Les Allemands investissent la ville en octobre 1941, ils en sont chassés en septembre 1943. Durant ce temps 60 000 partisans leurs menèrent la vie dure. La ville fût détruite. Michaël Kalachnikov alors conducteur de char, fût blessé à Briansk.

Nous traversons la ville rapidement et nous arrêtons au Kourgan de l'immortalité, une bute élevée avec de la terre des charniers alentours et de chaque ville héros de l'URSS. Un symbole.

Gloire aux partisans de la ville !
Briansk
Kourgan de l'immortalité à Briansk
Mémorial à Briansk
Après le MIG 15 de Orel, voici le MIG 17 de Briansk !

Nous roulons ensuite en direction de Smolensk, sur une route neuve ! C'est parfait pour la préservation du roulement qui grogne en continu. Je le graisse tous les 100 km. Nous entrons dans l'Oblast de Smolensk, puis avançons jusqu'à la nuit.

L'ouest de la Russie est plus peuplé, les régions en sont plus petites, Celle de Krasnoyarsk fait 2 366 800 Km2 pour 2M874/hab, tandis que celui de Smolensk fait 50 000 Km2 pour 1M/hab. On était bien dans l'est.. Moins de monde ! Le retour en occident va être dur !

Par chance, à la nuit, nous trouvons un petit hôtel en bois posé au bord de la route qui fera parfaitement l'affaire. Nous sommes quelques kilomètres avant la ville de Roslav à Gorlovo exactement.

Entrée dans l'Oblast de Smolensk
Hôtel à Roslavl

Demain nous aimerions voir le centre de la ville ancienne de Roslav, et retourner au centre de Smolensk où nous avons de bons souvenirs d'un séjour sur place en novembre 2018.

Nous allons nous rapprocher au maximum de la frontière (Burachki) pour la franchir le 05 septembre vers Zilupe.

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450 km, 29 040 km au total, 1 h de décalage.

Départ à 7h30, temps couvert 12°.

Nous partons toujours vers le nord-ouest, en direction de Smolensk sur environ 120 km. Le paysage est beaucoup plus vert et forestier.

Nous faisons un rapide arrêt à Roslavl et son monastère. C'est une petite ville tranquille de 50 000/hab à 35 km de la Biélorussie que nous longeons maintenant.


Smolensk, 330 000/hab, bordée par le Dniepr, fleuve d'Europe Centrale, qui prend sa source en Russie et se jette dans la mer noire après 2290 km. (3 ème fleuve d'Europe par sa longueur)

Fondée en 863, c'est une ville de commerce ancienne qui était située sur la route de la Baltique à Constantinople, avant d'être pillée par les Tataro-Mongols.

La ville a été détruite à plusieurs reprises, par les passages de Napoléon, et des troupes d'Hitler ensuite.

La ville est ceinturée d'imposantes murailles, et de nombreux monuments qui rappellent la bataille Napoléonienne et les combats de la deuxième guerre.

Smolensk à été prise par Napoléon, le 17 août 1812, à la tête d'une armée de 650 000 hommes. Seuls 110 000 soldats des deux camps s'affrontent à Smolensk, prise à revers la ville fût détruite et incendiée. Napoléon repassa par Smolensk en novembre 1812 avec seulement 40 000 soldats en état de se battre, pensant se reposer un peu, mais harcelé par les partisans et l'armée Russe de Koutozov, la retraite se poursuivit vers l'actuelle Biélorussie ou l'attendait la Bérézina (fleuve et expression Française..) peu revinrent à Paris.

En juillet 1941 une puissante bataille anéantie encore la ville, ouvrant la route vers Moscou à la Wermarcht. La ville ainsi que Roslavl sont reprises par l'armée rouge durant la bataille du Dniepr en octobre 1943, sécurisant définitivement Moscou.


On distingue la médaille de héros de la ville sur la stèle d'entrée de Smolensk
Médaille de la ville derrière les remparts de Smolensk
Les remparts à Smolensk
1812 campagne de Russie de Napoléon
Victoire deuxième guerre à Smolensk

La cathédrale de la dormition de 1772, qui a survécut aux deux invasions, bien que très endommagées. Son iconostase revêtue d'or est stupéfiante.

Cathédrale de la dormition à Smolensk
L'iconostase

Smolensk est une ville agréable.

Théâtre de Smolensk
Yak 42 à Smolensk

Nous repartons d'abord en direction de Minsk, (capitale de la Biélorussie) puis franchement nord sur plus de 300 km pour nous approcher de la frontière, car il faudra bien partir un jour, et rentrer.

La route est déserte, il y a très peu de villages dans cette zone frontière, le beau temps revient et nous avancons bien à travers marais et forêts bouleaux et de pins.

Nous entrons dans le dernier Oblast de notre voyage en Russie, celui de Pskov.

Cette région de l'Europe Centrale a particulièrement souffert pendant la guerre, les Allemands vidant littéralement les villages et supprimant les populations. C'est Oradour sur Glane mais de manière systématique.

Ravitaillement en pommes, tomates, ail et piment.
Un chargeur de fusil mitrailleur Russe DP28

Le roulement tient le coup. Il a 1cm de jeu sommet de la roue... Une lubrification régulière est indispensable. En ligne droite et à 85 km/h il fait moins de bruit. En dessous le bruit est impressionnant.

Nous avons conscience que ce sont nos derniers paysages Russes. Je ne réalise pas vraiment que demain nous allons retrouver l'Europe, avec ses routes à péage, son essence à 1.50 et sa densité de population..

Vers l'ouest.. Dernier tours de roue en Russie

Nous roulons jusqu'à la nuit et stoppons dans un petit hôtel / station service à moindre coût, avec une chambre impeccable, au milieu de nulle part, au lieu dit Dubrovka, à 29 km de la frontière Russe. Comme hier l'eau de la douche est très ferreuse et souffrée.

Demain nous allons faire le plein de Sp95, quelques emplettes, et nous insérer dans la queue qui mène à la frontière entre Burachki et Terehova. La 309 devrait sortir..

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480 km, 29 520 km au total, 1 h de décalage.

Départ à 7h30, 13° beau temps.

Nous effectuons rapidement les 21 km jusqu'à la frontière. Nous ravitaillons une dernière fois avec nos Roubles et remplissons à ras bord le réservoir d'essence à 0,60 centimes le litre.

Nous dépassons une file d'environ 1,5 km de camions à l'arrêt qui attendent leur tour pour passer, et à notre surprise, nous ne sommes que 4 voitures : 2 Lettones et 1 Russe.

Ça va assez vite à la sortie de Russie, fouille du véhicule, quelques questions, contrôle des passeports, et apurement de la situation de la voiture.


Arrivée à la frontière Russe

Nous entrons en Lettonie, après 67 jours en Russie, sentiments partagés, on était bien !

Mais il faut rentrer à la maison aussi et reprendre un jour le travail.

Le contrôle Letton s'effectue en Russe.. Le garde frontière ne parle pas anglais. Fouille de la 309, questions sur nos volumineux baggages, puis passeports. À 9h00 nous sommes passés. De l'autre côté même file ininterrompue de camions, et seulement deux voitures. Les vacances sont terminées, il n'y a presque plus de voyageurs.

Visa à double entrée

Nous voici en Lettonie, le pays est très sauvage, il y a de belles forêts.

Nous filons vers Rezekne puis Daugavpils, en traversant quelques villages avec des maisons en bois comme en Russie, et doublons également des paysans en voiture à cheval.

Daugavpils

À Daugavpils, j'ai rendez vous sur un parking avec un livreur avec qui je discute depuis deux jours au téléphone, à 11h30 il nous remet un colis express contenant un roulement neuf de 309 !

En effet, depuis le 2 septembre une autre chaîne logistique s'est mise en place, dès potron-minet mes parents ce sont mis en quête du roulement, qu'ils ont trouvé assez vite, puis envoyé dans la foulée depuis Bordeaux, par poste expresse. Merci à Sylvette et Henri. Le colis est arrivé le 4 septembre à Daugavpils. Jusque là tout va bien.


À Daugavpils

Il est midi, il est trop tard pour chercher un garage (il faut une presse pour changer le roulement), nous ravitaillons au supermarché, en €uro.. C'est très bon marché, l'essence est ici à 1€27.

Puis nous déjeunons au bord de la Daugava, en profitant pour nous baigner.

Rivière Daugava

Recourant à un garage pour la première fois, je ne veux pas traiter avec un grand garage commercial, ainsi nous quittons la ville pour chercher un petit atelier.

Très vite après Daugavpils nous passons en Lituanie, la frontière est occupée par des gardes frontières en treillis, nous sommes contrôlés et fouillés, nos baggages intriguent.

Le roulement à compris que son heure est venue, car il fait un bruit terrible à tous les régime, il y a urgence. Je commence presque à regretter d'être partis de Daugavpils. A cinq km après la frontière LV/LT à Zaracaï, nous stoppons dans un petit garage, pas de presse hydraulique ici, mais les deux mécaniciens téléphonent partout puis nous accompagnent chez Jonas. Son garage est un véritable capharnaüm, en moins de trente minutes nous changeons le roulement, un exploit ! L'ancien connaît par cœur les trains avant de Peugeot, moi aussi, ça va très vite pour démonter, le roulement est extrait d'un bon coup de masse, puis remonté avec une presse fabriqué maison. Jonas nous confirme que nous ne pouvions pas rentrer avec ce roulement, le jeu était effarant. Travail parfait, pour 15€, nous le remercions chaleureusement, laissons 20€ et du chocolat Russe. À 15 h nous sommes sur la route, je pensais que l'après midi était perdue... Tout cela se fait en Russe, personne ne parle anglais.

Le silence qui règne dans la voiture après le remplacement du roulement, permet d'entendre le moteur.. Ça fait vraiment du bien, et on se sent mieux.. Ce roulement c'est manifesté pour la première fois à Verkhneouralsk, avant l'Oural à 3500 km d'ici, depuis le bruit n'a fait qu'augmenter.

Ayant un peu d'avance maintenant, nous faisons un petit détour en continant vers l'ouest pour aller voir une des curiosités de la Lituanie : la colline des croix, 150 000 croix, au bas mot, sont plantées là, c'est un lieu de pèlerinage depuis le XIV ème siècle.

Nous passons par Utena, Ukmergé puis Siauliai, la colline est au nord de la ville. L'endroit est impressionnant.

Le temps passe, il est déjà tard et le soleil disparaît rapidement, la pluie menace ce soir, nous traversons Siauliai vers le sud et dormons dans le premier motel au bord de la grand route qui mène à Kaunas. Ici aussi mon anglais ne sert pas, je me débrouille en Russe.

Demain nous espérons atteindre Varsovie et au delà.

65

680 km, 30 200 km, une heure de moins, plus de décalage.

Départ 08h00, 14°, beau temps.

Nous partons plein sud à travers la plate Lituanie, arrivé au carrefour de l'autoroute A1 qui doit nous emmener vers Varsovie, nous nous ravisons, et partons encore un peu vers l'ouest pour rejoindre Klaipeda sur le bord de la mer Baltique. Il faut emprunter un bac pour traverser un petit chenal qui sépare Klaipeda de la Baltique.

En dessous de Klaipeda, un isthme étroit mène à l'enclave Russe sur la Baltique de Kaliningrad, la frontière se trouve au milieu de l'isthme.

L'endroit est superbe le bord de mer est dans un parc national. On se croirait dans les Landes.

Kaliningrad fait partie de l'ancienne Prusse Orientale Allemande. Ce territoire à été partagé à la fin de la deuxième guerre, entre Pologne, Lituanie et Russie. La ville à été prise par l'armée rouge en avril 1945 lors de la bataille de Koenigsberg (ancien nom de la ville)

Autrement appelée Russie Baltique ou Pays de l'ambre (90 % des ressources mondiale en ambre se trouvent dans l'Oblast de Kaliningrad) C'est pour la Russie un port en eau libre de glace sur la Baltique.

Nous ne sommes pas déçu par la côte Baltique, superbe ! On se croirait à Biscarosse ! Le temps d'un bain, et nous nous en retournons. Il fait 17° à l'extérieur et 19° dans l'eau, elle est bonne. Nous cherchons sur la plage de l'ambre échouée, sans succès.

Retour en bac vers Klaipeda

Nous poursuivons notre route vers le sud en passant par Marijampolé, puis nous arrivons à la frontière avec la Pologne, au préalable nous faisons le plein à 1,27€ le litre. Nous gagnons une heure, la dernière, nous n'avons plus de décalage, mais étant encore bien à l'est le soleil va se coucher tôt.

La Lituanie nous a laissée une bonne impression.

Au sud de la Lituanie, on peut partir vers Kaliningrad ou Varsovie
Frontière LT/PL

Le nord de la Pologne est moins plat que la Lituanie, la route est belle dans un paysage de forêt et de champs. Mais nous n'avançons pas très vite, la traversée de la Pologne c'est 800 km de route à une voie, avec traversées de villages et de villes, la moyenne s'en ressent.

Dans le nord de la Pologne

À 19h le soleil est couché, à 20h il fait nuit noire, à 120 km au nord de Varsovie, nous nous prennons le premier chemin, et avançons assez loin pour camper au milieu d'une forêt de pins et de bouleaux, il fait très sec, pas de moustiques, 17°, c'est idéal pour bivouaquer. Nous sommes à 10 km au nord d'Ostrów Mazowiecka.

Demain nous devons rouler, traverser la Pologne jusqu'à la frontière Tchèque, et dormir avant ou après Prague.

66

880 km, 31 080 km au total.

Départ tôt ce matin, car si le soleil se couche tôt à l'est, il se lève tôt.. Nous quittons notre campement par une piste sablonneuse pour une longue étape.

Direction la République Tchèque, nous traversons platement Varsovie puis Wroclaw, après la route devient plus intéressante en approchant des reliefs marqués qui séparent la Pologne de la République Tchèque. La route devient montagneuse. (massif des Carpates Occidentales Extérieures, pour être précis)

On se rend compte qu'on s'ennuie un peu sur ces routes impeccables, la concentration diminue, il faut lutter contre l'endormissement. Il n'y a plus de trous à éviter, plus de marchands au bord de la route, plus d'épicerie dans les villages, moins de nature.. Beaucoup d'urbanisation, les mêmes chaînes de magasins, c'est ennuyeux. Le long retour, demain, par les autoroutes Allemandes et Suisses va être fastidieux.

Le temps à tourné, il pleut avec 13°.

Nous arrivons à la frontière Tchèque après avoir fait le plein à moins de 5 Zlotys le litre (1,14€), et fait des courses, petit à petit on remplit la voiture. La Pologne est bon marché pour nous et pour les Tchèques qui sont très nombreux à faire leurs courses de ce côté de la frontière.

La Pologne aussi nous laisse une bonne impression, tout est propre et entretenu, les routes sont partout en travaux en voie d'amélioration.

Nous traversons la République Tchèque sous la pluie, contournant la vaste ville de Prague, et nous roulons jusqu'à atteindre la chaîne de montagne qui la sépare de l'Allemagne. (massif des Sudètes)


Nous stoppons, après presque 900 km de route, à Domazlice (CZ), jolie petite ville. Pour notre dernier soir, après 72 jours de nomadisme, nous avons de la chance d'arriver ici, de plus la chambre est superbe et à bon prix.

Dozmalice, 11 000/hab, est ancienne, elle fut administré par la Bavière.

Étant dans la région des Sudète (ancien territoire à majorité germanophone en Bohême et Moravie (actuelle Rep. Tchèque)) tout les habitants allemands furent expulsés à la fin de la deuxième guerre, et remplacé par des réfugiés Tchécoslovaques.

Nous sommes à une encablure de l'Allemagne, nous pensons rentrer demain et faire les 850 km restant.

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850 km, 31 050 km au total. Dernier jour.

Ce matin, 8°, nous quittons Dozmalice à 8h, par un épais brouillard.

À Domazlice

À Babylon... juste avant la frontière nous ravitaillons la voiture en Sp 95 à 1.18€/L, le gérant de la station est impressionné du fait nous venions de France en 309, nous lui rétorquons que nous arrivons de Vladivostok... il nous offre alors en cadeau une bouteille de rhum Tchèque. C'est la deuxième fois que ça nous arrive, la dernière fois c'était au Kazakhstan.

Nous franchissons la chaîne des Sudètes, et trouvons un peu de soleil en haut. Puis nous entrons en Allemagne, on continue, plein ouest.

Là aussi bonne impression, nous n'avons rencontré que des Tchèques sympa.

Frontière (D) à Furth am Wald

S'en suivent 240 km jusqu'à Munich à travers la verte est belle campagne Bavaroise, ponctués par la traversée du fleuve Danube qui s'écoule sur 3019 km vers le sud, pour rejoindre la mer noire, c'est le deuxième fleuve d'Europe après la Volga.

Tout le trajet s'effectue sous une pluie très intense par 9°.

Puis nous allons vers Friedrichsafen pour prendre le bac vers Constance, c'est plus court, et cela évite la traversée de Lindau (D), Bregenz (A) et St Gall (CH), ça permet aussi de se détendre. En traversant le lac de Constance, de fait nous traversons aussi le fleuve Rhin qui s'écoule sur 1233 km vers la mer du Nord.

Nous entrons dans le dernier pays que nous allons traverser d'est en ouest, en quelques tours de roue de 309, la Suisse.

Avec le bac nous évitons le contour du lac de Constance
Entrée en Helvetie à Kreuzlingen

Nous arrivons à la frontière Française à 20h00.

De là, il nous reste moins d'un kilomètre pour arriver à destination. C'est fait !!

Titine est arrivée, nous aussi.. Nous avons du mal à réaliser.

L'auto va reprendre ses petits trajets quotidiens, avant de rejoindre Biscarosse avant la fin de l'année, et la boucle sera bouclée. Le compteur affiche 647 000 km.

Entrée en France
Nous voici arrivés à la maison, comme quoi c'était possible..

Pas facile de revenir d'un tel périple.

Le voyage nous a tenu en haleine chaque jours, avec ses péripéties, l'accident de Maïlys, et ses bons moments. Pas vraiment de repos depuis 73 jours.

Ce voyage nous a éclairés sur l'immensité du continent qui s'étend vers l'est, on se dit qu'on ne pourra pas aller beaucoup plus loin par voie terrestre, le Cap, en Afrique du Sud est à la même distance. Alors que faire ?

Ce qui est sûr c'est que ça nous a apporté de l'expérience et de la connaissance, et un autre projet de trajet se dessine. Pour plus tard.. Quelque chose comme rejoindre la Turquie via les Balkans et la Grèce (fait en 1991), pour entrer en Arménie, Georgie, puis en Azerbaïdjan jusqu'à Bakou. Rejoindre ensuite la Russie jusqu'à Astrakan, entrer au Kazakhstan jusqu'à Orenburg en Russie. Continuer jusqu'à Novossibirsk puis le Tchouïsky Trakt pour découvrir la Mongolie, la parcourir jusqu'à Oulan Oudé et retour par le Baïkal (lieu magique) Mais ce n'est qu'une idée. L'Asie centrale fait partie des projets qui m'attirent le plus.

Bilan de 73 jours de croisière automobile :

-31 000 Km (j'en avais projeté 26 000)

-un coût total de 3880 € (je n'avais pas fait de prévision mais je savais que ça passerai..) La plupart des paiements par CB, et une réserve d'espèce en € et en Roubles au cas où.

-903 litres de Sp95 à l'aller, 790 litres au retour, pour 1188 € au total. Prix moyen du litre 0,70 centimes d'euros. Consommation : 5,46 litres au 100 km. (pour mémoire en avion nous aurions conssomé plus de carburant, un passager vaut entre 3,5 et 5 litres de kerosene au 100km)

-16 litres d'huile 10w40 conssomés, donc pas de vidange. (non ce n'est pas un moteur deux temps..) un filtre à air et un filtre à huile.

-3 pannes (charbons de l'alternateur, cardan de direction et roulement) une pièce sur trois seulement était à bord, malgré les 26 kg de pièces emportés. Merci à la logistique.

-8 pays traversés.

-Les repas :

320 € de Kafé (restauration) en Russie et 790€ de courses.

La cuisine Russe est très bonne, nourrissante et saine, borsh, goulash, salade olivia, pielmini, etc.. À moindre coût on mange partout et à toutes heures. Les magasins (épiceries) sont nombreux et ouverts tous les jours, et pour certains nuit et jour. Sans compter la possibilité de se ravitailler en permanence en produits locaux, du jardin ou de la forêt au bord de la route. Notre régime quotidien est agrémenté de petits concombres fermes et de tomate, le grand classique en Russie.

-Les nuits :

1540 € en tout, hôtels et campings.

À vrai dire je pensais que nous dormirions plus souvent sous tente, mais c'est plus compliqué en Russie, d'imenses zones ne s'y prêtent pas car marécageuses, les endroits les plus secs que nous avons trouvés sont littéralement infestés de moustiques, taons, moucherons mordeurs.. Je me suis équipé localement d'une tenue pour la forêt, étanche aux insectes avec élastiques aux poignets et chevilles et une ingénieuse capuche moustiquaire. Conseillé ! Et puis la météo n'a pas toujours été de la partie. Du fait du faible coût des hôtels et de leur bonne qualité, nous n'avons pas hésité à y avoir recours, ce que nous n'aurions pas fait si nous étions en Finlande ou en Norvège... Voyager en Russie l'hiver c'est bien aussi, il n'y a pas de moustiques..

-La route :

pas toujours très bonne en Russie, on la regrette presque une fois en Europe, de micro déformations sont signalées par panneau, là où en Russie on risquait de détruire la voiture par une faute d'inattention. On s'ennuie moins, il faut aussi surveiller les autres conducteurs, qui soit dit au passage, sont très bons, au vu des conditions qu'ils endurent au quotidien. Nous n'avons pas vu d'accident grave, seulement des accrochages à basse vitesse en ville. Pas vu de problème non plus avec l'alcool au volant, une politique assez dure est menée, je me suis astreint au zéro alcool, les bière 0° sont très bien. Reste les piétons, qui sont parfois alcoolisés, attention à eux ! Et les animaux, poules, chèvres, moutons, vaches, chevaux qui divaguent, ainsi que de nombreux chiens errants et obstacles sur la route. En résumé concentration de tous les instant sur la route. Pour la navigation nous avons utilisé exclusivement "Yandex map" sur nos portable, absolument parfait. Pour le stationnement nous nous sommes toujours garés gratuitement et sans difficultés même en centre ville.

-La sécurité : à part un court épisode à Daugavpils en Lettonie, nous nous sommes toujours senti bien. En Russie nous avons garé la voiture d'innombrables fois en ville, la journée et la nuit, sans inquiétude.

Personnellement nous n'avons jamais observés de comportement agressif ou retord envers nous. Juste une inquiètude légitime lorsque nous dormions sous tente au milieu de nulle part (avec parfois un sommeil léger..) Concernant les grands animaux, il faut avouer qu'en pleine Sibérie nous hésitions à planter la tente en forêt, nous avons préférés nous rapprocher des petit îlot humain, et dormir dans les hôtels pour voyageurs. Nous avons pris un minimum de précaution, à savoir de toujours avoir avec nous passeports et argent divisé en trois parts, mais sans le cacher, simplement dans nos sacs. Globalement nous étions moins vigilant et plus détendu que lors de nos voyages en Europe.


- À refaire ?

Avec un peu plus de temps..

En utilisant un véhicule avec plus de garde au sol (même si celle de la 309 est honorable par rapport aux véhicules modernes) et avec de plus grandes roues et où on puisse dormir à l'intérieur, comme un van Toyota 4x4 par exemple. D'une marque réparable en Russie, les anciens modèles japonais sont idéal. Le manque de capacité tout terrain, nous a retardé sur des tronçons difficiles, et empêché l'accès à certains endroits.

Pour finir des nouvelles de Maïlys : elle est toujours bien immobilisée, elle apprend doucement à se déplacer et à s'autonomiser de plus en plus. La rentrée n'a pu se faire, son lycée ne pouvant l'accueillir, c'est donc un peu compliqué. Il faut attendre maintenant le retrait du plâtre, puis du corset, d'abord la nuit, puis tout le temps pour reprendre petit à petit de l'activité physique. Ensuite viendrons les 2 opérations pour retirer le matériel implanté.

Merci à tous ce qui on eu la patience de me lire, et de nous suivre, écrire se blog permettait d'avoir un lien, un fil.

Ne pas hésiter à me faire part de vos impressions, questions, par mail ou téléphone.

Et Bon Voyages à tous !


Nous avons ramené quelques souvenirs...




Les voyageurs vous saluent !

Maïlys
Elena
Christophe

Le 26 décembre 2019 nous bouclons cette fois-ci le voyage par notre retour à au point de départ à Biscarrosse Plage (40) par une belle journée de soleil.