Carnet de voyage

Destination le Mont Saint Michel... à pied !

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Dernière étape postée il y a 1022 jours
Une nouvelle aventure pour rejoindre le Mont St Michel… à pied ! Par le chemin des Plantagenêts au départ de Grez Neuville. Départ le 24 juillet
Juillet 2021
2 semaines
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Publié le 24 juillet 2021

24 juillet. Le jour du départ est arrivé. Je rejoins Jean-Claude, mon compagnon de route et mon cousin, à Doucé, un petit village en Anjou, le berceau de ma famille.

La Chapelle de Doucé dont les cloches ont été baptisées Angèle, du prénom de la marraine de ma maman…

Nous partons en voiture jusqu’à Grez Neuville, point de départ de notre périple. JC s’est occupé de tout, parcours, réservation d’hôtels, crédenciale, et même un T-shirt avec le logo du Mont St Michel. Chapeau bas! Pour une fois je n’ai rien à faire, juste à me laisser guider… 👍

JC a déjà commencé le parcours et a fait deux étapes entre Doucé et Grez Neuville. Il me dit qu’on ne pourra pas avoir de tampon sur notre carnet de Miquelot car la mairie était fermée cette semaine aux heures d’ouverture. Pour moi, ce n’est pas possible de partir sans le tampon de la ville de départ. Miracle, en arrivant devant la mairie, le maire est là. Un peu étonné, il accepte de nous tamponner notre carnet à travers la fenêtre. Youpi! On va pouvoir partir serein.

Merci monsieur le Maire ! 

Nous traversons la Mayenne et longeons le fameux Quai des Hirondelles de Grez-Neuville avec ses tableaux, ses bâteaux et son écluse.

Grez-Neuville 

Un troupeau d’ânes nous salue devant la ferme bio qui fabrique des cosmétiques et des savons au lait d’ânesses.

L’Asinerie de la Rivière  

Nous poursuivons sur les bords de la Mayenne. C’est agréable de suivre l’eau.

Par le pont entre l’Oudon et la Mayenne, nous arrivons au Lion d’Angers et au château de l’Isle Briand 

La nature est magnifique et les barques des pêcheurs me font toujours rêver…

Sur les bords de la Mayenne…

Après l’écluse de Montreuil sur Maine, un chemin de croix nous conduit jusqu’à la route et aux chemins pour rejoindre Andigné.

Le village avec son terrain de boule de fort et l’Écluse de Montreuil sur Maine
Chemin de Croix 

Quelques gouttes de pluie commencent à tomber mais nous traversons un chemin creux qui nous protège… L’orage gronde, la pluie s’intensifie et nous devons nous abriter sous des arbres. Euh 🤔, il parait qu’on est au mois de juillet… vraiment?

Abrités sous les arbres,  la pluie tombe fort puis vient un coin de ciel bleu… on y croit !

En haut, on est au sec… ou presque, mais marcher dans l’herbe mouillée dans des chemins aux herbes hautes, ce n’est pas drôle!!… mes pauvres pieds vont macérer dans mes chaussures !

Un coin de ciel bleu entre les nuages contrastés, le soleil revient et l’herbe est bien verte…

JC suis le chemin avec son GPS mais je vois des croix pour ne pas aller dans la direction qu’il m’indique… heureusement que je les ai vues ces petites croix jaunes et bleues, on bifurque pour prendre la bonne direction. J’aurais au moins servi à ne pas faire des kilomètres en trop… ouf !

On traverse l’Oudon pour passer devant le port aux anglais. C’est bientôt la fin du premier tracé.

Les derniers kilomètres  

En arrivant à Andigné, nous sommes attendus par Evelyne, ma cousine, pour aller au "Gîte de Doucé".

Andigné  

La pluie tombe tout l’après-midi… les chaussures ont du mal à sécher. Va-t’on repartir demain pour la prochaine étape???


Étape du jour : 15 kms pour se mettre en jambes…

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Publié le 25 juillet 2021

Après une bonne nuit et quelques coups de sèche cheveux dans les chaussures, nous voilà repartis d'Andigné sous un ciel gris mais clément. Ce matin, le chemin passe par des petites routes qui longent la 4 voies. Nous n’aurons pas les pieds mouillés!

Départ d’Andigné 

Je ressens comme un grain de sable dans ma chaussette. Arrêt obligé! Je découvre une ampoule sous mon petit orteil et nous ne sommes que le 2ème jour… Sur mon sac, j’ai accroché un badge du mont St Michel, fourni dans le kit offert par JC. Je le décroche et perce mon ampoule avec l’aiguille. Je suis sauvée, je vais pouvoir avancer.

Nous empruntons un chemin près de la ferme La Grande Friche… en espérant que le chemin n’en soit pas une!… super, l’herbe a été tondue sur près d’un kilomètre et l’herbe n’est pas trop humide. C’est le chemin du Paradis qui débouche sur les bords de l’Oudon. Superbe !

Le chemin du Paradis bordé de très beaux arbres 
Bords de l’Oudon avec l’écluse de La Chapelle sur Oudon et une jolie bâtisse 

Après avoir traversé La Chapelle sur Oudon, nous entrons dans la région de l’Anjou Bleue et commençons à distinguer de plus en plus d’ardoises sur les murs et même au sol sur le chemin.

L’Anjou Bleue et ses ardoises 

Segré nous le rappelle dès le 1er rond point de l’Europe.

Rappel du travail de la mine pour l’extraction de l’ardoise 

Bien que nous perdons le fléchage du chemin, nous traversons la ville de Segré et passons sur les ponts de l’Oudon et la Vérèze. Une jolie ville très fleurie.

Traversée de Segré  

Nous retrouvons nos repères près de l’église de la Madeleine où nous décidons de faire une pause pique-nique… puis nous changeons d’avis car la pluie est annoncée une heure plus tard. Nous continuons notre route pour profiter du léger soleil.

Un jardin propose des citations sur fond d’ardoises, bien sûr!

Pour distraire les passants et inviter à la réflexion… 

A la sortie de Segré, nous marchons sur une allée bordée d’arbres qui longe la route et nous fait perdre le tracé. Un chemin doit partir un peu plus haut. Nous revenons sur nos pas, aucun chemin. A nouveau marche arrière, toujours rien. Retour sur nos pas et la pluie commence à tomber. On s’abrite et juste en face de nous, bien caché sur un poteau… le sigle bleu. Il fallait le voir!

Il pleut mais on s’abrite et nos pieds restent au sec 

La pluie s’intensifie, on sort vite les ponchos de pluie et on s’abrite sous un arbre. C’est juste une grosse nuée. On peut repartir.

On arrive sur St Aubin du Pavoil par un ancien manoir et prenons la rue du lavoir qui traverse l’Oudon par un pont pavé. C’est beau!

St Aubin du Pavoil 

À nouveau, on cherche les panneaux, c’est amusant, c’est un vrai jeu de piste. Les routes avec des croix, ce n’est pas le bon chemin. Il faut parfois emprunter une route et regarder à contresens si un panneau est posé sur un mur ou un poteau. Le chemin vers compostelle est mieux indiqué. Dans l’ensemble, on s’y retrouve quand même sans faire trop de pas inutiles…

Nous voilà repartis. On profite d’une grosse nuée pour s’abriter sous un arbre et déjeuner : repas de fromage et de pommes.

JC me propose un raccourci pour arriver au gîte. Comme on a rechargé les batteries, on prend le chemin normal et on passe devant une carrière avant de descendre vers un chemin très humide par la pluie qui vient de tomber. A l’unanimité, on décide de faire marche arrière et prendre le raccourci. On s’est rallongé de deux kilomètres quand même.

Il pleut…  

Une dernière averse. On enfile nos ponchos. Un tilleul nous abrite et nous repartons vers un petit coin de paradis…

Les Hauts de Brège 
C’est la chambre d’hôtes où nous allons dormir ce soir…  on ne pourra pas utiliser la piscine mais c’est très agréable 
Le dîner avec apéro coteaux du layon 

Elle est pas belle la vie!…

Étape du jour 17 kms.

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Publié le 26 juillet 2021

Quel bonheur de se réveiller avec un petit déjeuner déjà tout prêt… et quel petit déjeuner ! Rien ne manquait !

Pour bien démarrer la journée ! 

Nous quittons notre chambre d’hôtes et traversons le bourg de Nyoiseau où nous découvrons une très belle abbaye du XIIeme siècle.

Abbaye de Nyoiseau 

Nyoiseau est une bourgade typique de l’Anjou bleue avec de belles maisons en pierres d’ardoise.

Nyoiseau, ses maisons, son église et… son coq

Aujourd’hui, nous allons traverser une région assez accidentée. Grimper des côtes dès le matin, ça met en forme !

Sur le chemin, on rencontre une lucarne 

Nous arrivons dans un endroit atypique, une ferme bio qui élève des cochons bleus ! Au pays de l’ardoise, c’est de bon goût !

Ferme des porcs bleus 

On passe à côté de signes du chemin de Compostelle avec ces godillots accrochés sur une pierre d’ardoise. Et c’est à cet endroit que je trouve un trèfle à 4 feuilles. C’est le deuxième en moins d’une semaine. Un signe… de bonheur !

Signes du chemin  et ardoises gravées 

Un peu plus loin se trouve la fameuse mine bleue. Un site intéressant à visiter en descendant jusqu’à 126 m sous terre.

La Mine Bleue 

En contrebas, Misengrain est un ancien village de mineurs. Une exposition en plein air retrace son histoire de 1833 à 1999. La mine a subi plusieurs éboulements, jusqu’à celui de 1888 qui a coûté la vie aux mineurs qui travaillaient dans la mine ce jour là. Un superbe mémorial rappelle le souvenir des mineurs prisonniers de l’effondrement de la mine.

Misengrain, ses maisons de mineurs et son relais (ESAT) qui accueille des pèlerins dans des anciennes maisons de mineurs 
Exposition sur la cité industrielle et mémorial  

En poursuivant notre chemin, nous rencontrons Margot, une retraitée qui prend soin de ses fleurs. Après un bonjour amical, nous engageons la conversation. Elle aussi a parcouru le chemin jusqu’au Mont St Michel, il y a 10 ans, en partant de son village. Elle nous raconte ses aventures le long du trajet de 168 kms et nous échangeons près d’une heure sur nos expériences respectives. Une rencontre passionnante comme je les aime… merci Margot de votre gentillesse et votre joie de vivre.

La Chapelle aux Pies 

Il est temps de reprendre notre route. Nous jouons à notre jeu préféré, le jeu des pistes et dégotons une endroit rêvé à la croisée de trois chemins sous les chênes, les châtaigniers, les merisiers… pour pique niquer.

Jeu de piste pour déboucher sur notre lieu de déjeuner sur l’herbe… 

C’est un endroit où les arbres sont magnifiques. Avant de partir, j’avais demandé à JC de m’enseigner la sylvothérapie. Aujourd’hui, je poursuis mes cours et embrasse un remarquable châtaignier où une cabane a même été construite entre ses branches. Que du bonheur !

Mes cours de Sylvothérapie  pendant le voyage 

Sur le chemin borde de tournesols pour arriver au gîte de la Ruaudière, à 3 kms de Grugé l’Hôpital, nous rencontrons une petite biche sur la route qui nous regarde puis reprend son chemin.

Un coeur de Vendée sur notre route rappelle que lors de la guerre de Prusse, les soldats ont été arrêtés aux portes de Laval, ce qui a épargné toute la région ou nous nous trouvons.

Vous apercevez la biche en haut de la côte ? 

Nous arrivons au gîte et nous installons dans une chambre dans la maison des propriétaires qui accueille des pèlerins pour la nuit.

Nous prenons un verre sur leur terrasse et échangeons sur leur activité avant de faire un tour du propriétaire et rencontrer des hirondelles, signe de bonheur paraît-il, et un petit hérisson qui entre même dans la maison.

Sympa pour la soirée étape 

Aujourd’hui, nous avons parcouru 15 kms sous un ciel clément et sous les rayons du soleil… mais tous les jours ne se ressemblent pas, et demain, il semble que la pluie fasse son retour…

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Publié le 27 juillet 2021

Ce matin, il est difficile de sortir du lit.. non pas par la fatigue mais par la peur de découvrir le temps… si seulement, les annonces météo de la veille pouvaient réserver des surprises !

J’ai cogité toute la nuit. Pour affronter la pluie et éviter d’avoir les pieds mouillés, je vais demander des sacs poubelles que je mettrai par dessus mes chaussures et je viendrai les attacher à la cheville. En rabattant mon pantalon par dessus, l’eau ne devrait pas s’infiltrer. La deuxième solution serait de prendre un taxi… mais ce n’est pas mon genre!

Je jette un œil par la fenêtre… il ne pleut pas encore. Nous quittons la chambre après un petit déjeuner en famille. C’est sympa! Mais il ne faut pas trop s’attarder et la patronne est bavarde.

C’est parti ! Sur la route, emmitouflés dans nos ponchos de pluie, on fait quelques rencontres.

C’est vraiment un temps pour les escargots et les limaces ! 

Trois kilomètres pour rejoindre Grugé l’Hôpital. Ce village est célèbre car c’est d’ici que le Capitaine de Hautecloque est parti pour rejoindre le Général de Gaulle en Angleterre en 1940. Vous me direz, 🤔mais quel est ce capitaine, à part son âge, il n’est pas connu… Détrompez vous! C’est le nom d’origine du Général Leclerc, la mairie lui ayant fait de faux papiers pour qu’il ne soit pas reconnu. Le capitaine Hautecloque devient alors Philippe Leclerc, négociant en vin, père de 6 enfants qui doit aller retrouver sa famille sur Bordeaux. Avec ses faux papiers et sa fausse identité, il rejoindra l’Angleterre sans encombres.

Grugé l’Hôpital et le général Leclerc - Expo en plein air devant l’ancienne mairie et près de l’église 

Sa devise « ne me dites pas que c’est impossible » me semble de circonstance… je n’irai pas jusqu’à Londres mais j’irai jusqu’au Mont St Michel…

Le chemin que nous devons suivre est devenu privé, ce qui tombe bien. Pour ne pas marcher dans l’herbe et les flaques d’eau, nous poursuivons par la route à travers la forêt. Il pleut mais nous sommes abrités par la voûte verte et c’est l’occasion d’observer les arbres.

Route dans la forêt à la sortie de Grugé  

En chemin, nous apercevons quatre femmes avec bâtons et sacs à dos. La patronne du gîte nous avait dit que nous devrions croiser ses futures pensionnaires du soir. Nous les abordons. Elles sont surprises de voir qu’on les connaît. On discute de nos expériences sur le chemin des Plantagenêts. Deux d’entre elles sont de Lyon, comme notre JC, et les deux autres sont de Lille. Elles sont parties du Mont St Michel et s’arrêteront avant Angers, juste l’inverse de nous. Lorsque nous les quittons, on les entend dire, trop cool de les avoir rencontrés. Sympa, surtout que ce sont les premières que l’on croise sur le chemin depuis notre départ.

Comme elles nous ont informés que l’herbe était haute sur le sentier que nous devons prendre, je propose à JC d’emprunter la voie verte, nouvelle piste cyclable entre Segré et Pouancé. Je l’ai empruntée il y a un mois et elle est parallèle au sentier. C’est parti! JC n’aime pas trop cette voie toute droite, ancienne ligne de chemin de fer, dont on ne voit jamais le bout, mais c’est une option raisonnable pour les pieds surtout que la pluie s’intensifie.

Une longue voie sans fin mais un sol parfait et des arbres… 

Nous ne poursuivons pas sur la piste cyclable jusqu’à Pouancé mais rejoignons le chemin des Miquelots. Le chemin passe par un étang. Bien que nous ne sommes pas très loin de l’hôtel, nous décidons.. enfin je propose de le suivre pour longer l’étang et trouver un endroit pour pique-niquer. Alors là ! Ce n’était pas du tout une bonne idée. Moi qui avais réussi à garder mes chaussures à peu près sèches, nous commençons à descendre vers l’étang dans l’herbe mi-haute et humide. Le chemin n’est pas entretenu et il y a même des ragondins partout. J’avance en tapant dans mes mains et en inventant un chant d’indien ou de je ne sais quelle tribu pour ne pas rencontrer de petites bêtes sur ma route. Un pêcheur me regarde et ne comprend pas tout… mais ce n’est pas grave!


Sur les bords de l’étang. En grossissant l’image, vous verrez un ragondin… 

Maintenant, nous devons remonter vers le bourg de Pouancé et trouver l’hôtel. Nous qui étions presque arrivés à l’hôtel, mon ânerie nous fait faire un détour de 5 kilomètres… et nous avons juste aperçu le lac, mais pas trouvé d’endroit pour manger.

Étape du jour 14 kms, mais 19 kms avec les détours et sous la pluie ! Et je n’ai même pas utilisé mes sacs poubelles, mais je les garde, on ne sait jamais…

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Publié le 28 juillet 2021

Nous avons passé la nuit à l'hôtel La Porte Angevine. Une bonne adresse où nous avions pris la demi-pension et avons apprécié notre repas hier soir (salade périgourdine, filets de colin au beurre blanc, épinards, galettes de pommes de terre, crème brûlée et fromage blanc au coulis de fruits rouges). J’en ai profité pour laver et sécher mes affaires (au sèche cheveux) 😂. JC m’a avertie que la nuit prochaine, nous allions dormir dans un gîte communal avec le strict minimum, même pas une couverture… Alors j’échaffaude déjà mon plan pour dormir. J’ai un paréo que je pourrai disposer sur le matelas, un petit sac à dos dans lequel je mettrai des vêtements en guise d’oreiller et un sac à viandes donc pas de problème pour le couchage mais ce n’est qu’un petit duvet en soie et sans couverture, je risque d’avoir froid. Je prévois de passer à la pharmacie pour prendre une couverture de survie mais JC me dit qu’il en a une. Tout va bien, je devrais pouvoir survivre !!

Nous quittons l’hôtel et visitons Pouancé avec son vieux château médiéval, sa porte angevine, ses lavoirs, son colombier. C’est une très chouette bourgade de l’Anjou.

Sur le sentier médiéval, la porte angevine, les vieux magasins du bourg…
Le château médiéval et le grenier à sel 

Nous longeons l’étang de Pouancé, rencontrons une dame qui nous dit avoir vu passer trois pèlerines et découvrons le colombier avec tous ses pigeons sur le toit.

Le long de l’étang de Pouancé  

Ce matin, la balade est très sympa. Le soleil nous accompagne… ouf ! Et sur les premiers kilomètres, nous longeons des plans d’eau jusqu’à St Aubin.

Étangs entre Pouancé et St Aubin 
Expo photo en plein air à St Aubin 

Nous quittons St Aubin et rencontrons les trois pèlerines arrêtées à un carrefour. Elles sont parties de Segré dimanche dernier et arriveront au Mont St Michel le 5 août, comme nous ! Comme il y a six places, il nous reste donc à trouver la sixième personne qui dormira avec nous au Mont St Michel… 😂 Elles nous indiquent le chemin à suivre. Nous voilà partis à grimper la côte. Nous entendons des cris derrière nous et pensons qu’elles chantent pour se donner du courage car une des pèlerines a un sac à dos gigantesque. Nous nous rendons compte que deux d’entre elles essaient de nous rattraper et nous crient que ce n’est pas le bon chemin. Demi tour. Nous avons de la peine pour elles car elles se sont détournées du chemin pour nous. Elles sont très jeunes, deux cousines, Zélie et Thaïs. Elles sont trop mignonnes ! On rejoint la maman de Zélie qui nous montre la pancarte bien cachée dans les buissons. Nous marchons un peu ensemble puis nous nous retrouvons dans une ferme où nous discutons avec les propriétaires très sympathiques de leur très beau four à pain dont ils se servent encore.

Même le chien veut participer à la conversation 

Nous poursuivons dans les chemins creux à observer les arbres, mais aussi le ciel… un côté bleu, un côté noir ! Toujours très menaçant. Juste quelques gouttes aujourd’hui mais rien qui peut nous gêner pour avancer à travers champs. Nous apercevons un daim dans un champ de blé. pas le temps de le prendre en photo.

Le ciel a de jolies couleurs très contrastées… on choisit d’aller vers le bleu ! 

Nous arrivons sur Senonnes avec son fameux hippodrome, son église, ses anciens bâtiments, les façades encore peintes de l’ancien restaurant de la montgolfière à côté d’une ancienne boutique d’alimentation.

Senonnes 

Il est treize heures et nous sommes à 3 kms de la fin de l’étape. Nous profitons des rayons du soleil pour faire une pause, pique-niquer, nous reposer et lire sur l’herbe.

Un roman passionnant avec l’histoire du Mont St Michel en trame de fond 

Nous parcourons les 3 kms restants jusqu’à la Rouaudière.

En chemin jusqu’à la Rouaudière  

Devant l’église, une dame à vélo s’approche de moi. Ses enfants nous ont vu passer. C’est elle qui doit nous donner les clés de notre logement. 👍

Nous arrivons devant le prieuré de la Rouaudière, ancien bâtiment où vivaient des prêtres et rénové par la commune en gîte. L’aspect extérieur est splendide.

Elle nous fait visiter notre hébergement de ce soir où nous allons être seuls à dormir. Nous sommes aux anges ! C’est superbe !

Et nous avons même notre jardiner particulier, Didier… 
Les chambres, 19 couchages en tout

C’est la vie de château! Et tout ça pour 10 € par personne…

Du fond de mon sac, je sors de quoi faire un « Parmentier de Canard »… purée mousseline et rillettes de canard. Hihi ! Nous allons faire un repas de roi !..

Et il y a des couvertures. Tout pour survivre à l’étape du jour de 17 kms sous les faibles rayons du soleil.

Et demain, ils annoncent une journée ensoleillée !…

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Publié le 29 juillet 2021

Apres avoir séjourné en Mayenne pour une nuit, nous quittons le Prieuré en direction de la Bretagne par… la rue de Bretagne.

Ciel couvert mais le soleil va se lever et il ne pleut pas!

Avec JC, nous avons deux méthodes différentes pour nous orienter. Moi, je suis les indications en bleu vers le Mont St Michel. JC suit le tracé sur son GPS qui diverge quelque peu du tracé original. Après la bifurcation vers St Aignan sur Roé, que nous avons laissée sur notre droite, ne voulant pas parcourir le tracé « long » de 25 kms, JC indique qu’il faut prendre une route de ferme sur la gauche. Je lui fais remarquer que c’est un cul de sac mais son tracé lui indique ce chemin. C’est parti pour le raccourci. En avançant, j’espère au plus profond de moi qu’il ne faudra pas faire demi-tour… Après un bon kilomètre, il me dit une première fois que le chemin est à droite… champ de maïs ! Un peu plus loin, le chemin doit partir sur la droite… une ferme ! Encore plus loin, un chemin sur la droite… une bordure de champ avec une haie ! On arrive au bout de la route… c’est un cul de sac ! Demi-tour… s’il faut refaire les deux kilomètres en sens inverse, mes pieds vont exploser !!! Au milieu de deux bâtiments de ferme, JC dit que ça doit être là. On s’avance et on découvre un chemin qui rejoint la petite route marquée de la couleur bleue. Ouf ! Le GPS avait raison mais ce n’est pas très bien indiqué. En tout cas, on ne fera pas le chemin en arrière!!!

Champ de maïs, haie, entrée de ferme… et enfin le raccourci entre deux bâtiments ! 

Nous traversons Chelun, la première commune en Ille et Villaine. Le lavoir est à la séparation des deux départements Mayenne et Ille et Vilaine, et des deux régions Pays de la Loire et Bretagne. Un panneau invite le pèlerin à visiter l’église mais sans préciser ou prendre la clé. C’est au café d’en face.

Chelun 

A la sortie de Chelun, nous aurions dû prendre un chemin dans la forêt mais c’est privé et grillagé. Une remarque de plus a mentionner au rédacteur du tracé sur GPS.

Chemin agréable mais privé  

Nous suivons les indications du chemin et empruntons la départementale 95 dans la forêt sur 5 kms. La route est un peu passagère, mais est entourée par de très beaux arbres. D’un côté, les chênes pour le calme et de l’autre, des conifères pour l’énergie.

Le temps se dégage  

Et aujourd’hui, il en faut de l’énergie car l’étape est assez longue jusqu’à la Guerche de Bretagne. Normalement 19 kms, version « courte ».

Nous rejoignons Drouges par une petite route tranquille qui vient d’être goudronnée. Les bâtiments changent. Nous avons quitté l’ardoise angevine pour la pierre bretonne.

En direction de Drouge 

Puis nous faisons une pause pour délacer et délasser nos pieds devant l’étang de la commune.

Pause au bord de l’etang 

Nous repartons vers le centre, où nous admirons l’église de pur style breton. Un gîte vient d’ouvrir juste en face. On peut y voir la statue de St Jacques en fronton.

Ville étape du chemin 

Nous voyons une porte de maison ouverte et appelons pour savoir s’il y a une âme charitable qui pourrait nous indiquer où est la boulangerie. Deux hommes sortent et nous disent d’aller à Rannée. Le bureau de tabac fait dépôt de pain. Avec gentillesse, ils nous proposent du pain mais comme Rannée est à deux kilomètres et qu’il est à peine midi, nous les remercions et continuons notre chemin pour nous ravitailler plus loin sans abuser de leur générosité.

A la sortie de Drouges, nous essayons d’éviter de mettre les pieds sur la route en marchant dans l’herbe car la route est en travaux. Là aussi, ils refont le bitume. Je m’instruis sur le travail de ces hommes.

Toutes les étapes de la pose du bitume sur le chemin… que pourront prendre les futurs pèlerins 😂

Nous avons tout gagné. Le peu où nous avons dû marcher sur la route, le bitume a recouvert la semelle de nos chaussures. Même en avançant, le goudron ne part pas, les chaussures collent sur la route et produisent un petit bruit de ventouse à chaque pas… Pas top ! 😩

En continuant, nous devons prendre des petits chemins et voyons Rannée s’éloigner. A ce moment-là, nous regrettons d’avoir refusé le morceau de pain que l’on nous proposait… A un carrefour, la route nous ramène vers la commune. Nous en profitons pour faire un détour par le centre. Le bar tabac se trouve à côté d’une magnifique église. La dame nous dit qu’elle n’a plus de pain… Alors là, on regrette vraiment de ne pas avoir accepté le pain. Nous commandons bière et coca. La dame accepte que l’on grignote sur sa terrasse. Je me jette sur les deux petites tartines de pain qu’il me reste et JC sort son reste de Cantal. Nous dévorons ce maigre repas. Une barre de céréales en plus et les batteries sont rechargées pour aller faire une petite sieste et lire au bord de l’étang.

Rannée  
Pause au bord de l’étang de Rannée  

Nous reprenons le chemin jusqu’à La Guerche de Bretagne et traversons le centre de la ville avec ses maisons à colombages aux pans de bois colorés. Il parait qu’il ne faut pas louper le marché le mardi matin… dommage, on est jeudi, ce sera pour une autre fois. Le marché existe depuis 1221 et la ville en fête son 900ème anniversaire au mois de septembre.

La Guerche de Bretagne  

Nous arrivons à l’hôtel à 15h10 et la porte est close avec un panneau, réouverture à 18h… on s’assoit, résignés mais très contrariés, sur les marches devant la salle de restaurant. A peine installés, trois personnes sortent. Le service est fini mais ils acceptent de nous donner la clé de la chambre ! Ouf ! On va pouvoir se décrotter et se reposer après la longue étape de 22 kms de ce jour.

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Nous quittons l'hôtel du Pont d'Anjou en passant par les petites boutiques du centre ville pour le ravitaillement. Ce soir, nous dormons dans un gîte d’étape et il faut prévoir le souper… un paquet de coquillettes et une part d’emmental feront l’affaire. Une baguette à la boulangerie pour le pique-nique de ce midi… avec le fromage et les pommes récupérés du petit déjeuner, plus ce qu’il reste dans les réserves, cela sera suffisant.

Vue de la chambre sur le clocher de l’église et place où a lieu le marché du mardi matin  

Nous perdons les panneaux d’indication et le GPS a du mal à s’y retrouver. Quelques centaines de mètres à tournicoter autour de la place et nous voilà repartis sur le bon chemin.

Nous suivons les conseils de notre thérapeute à distance 😉 et cherchons du plantain major pour soigner tous nos maux de pieds.

Il faut en cueillir quelques feuilles, les chiffonner un peu et les disposer dans la chaussette sous la voûte plantaire en tapissant le fond de la chaussette pour soulager les échauffements. Ça marche aussi pour les piqûres d’insectes ou d’orties en frottant sur l’endroit irrité avec une feuille. Merci pour les conseils🙏

Nous en trouvons du tout beau, tout frais dans un fossé et nous arrêtons plus loin pour appliquer à la lettre les conseils. Je commence à avoir mal en haut de la fesse et en profite pour appliquer des feuilles à l’endroit des douleurs….

Plantain major et grand plantain… 

Nous traversons des champs de maïs avec ses poupées de toutes les couleurs.

Bon début de balade à travers la campagne avec le ciel bleu

Un magnifique marronnier sur le côté de la route appelle mon regard. JC m’a appris qu’il faut leur demander l’autorisation de communiquer avec eux pour partager leur énergie. Un moment de relaxation et de connexion avec la nature. Me connaissant, JC m’a dit de surtout éviter les conifères sinon j’aurai trop d’énergie. Il doit avoir peur de ne pas pouvoir me suivre… 😂

Marronnier à privilégier 
Conifères à éviter… enfin pour moi !

Nous traversons le petit village de Moutiers avec son église et ses maisons de pierres.

Moutiers 

À la sortie de Moutiers, nous empruntons un chemin pour arriver sur la voie verte, ancienne voie de chemin de fer à partager avec les vélos. Nous croisons deux cyclistes qui arrivent de Normandie.

Rencontres avec les ânes, une chenille et une poule équilibriste  

Et nous rencontrons Bernard et Jeanne qui habitent dans le coin et se promènent sur la voie verte avec leur petite fille Léna. Ils nous parlent de leurs bons souvenirs du Mont St Michel où ils sont allés, il y a deux ans. Bernard a fait son service militaire à Angers. Ils hallucinent sur l’âge de JC qui est obligé de leur montrer sa carte d’identité avec l’année de sa naissance. Ils lui donnent 15 ans de moins.

Preuve à l’appui qu’il n’est pas si jeune que ça le JC! 

JC est tout guilleret de faire jeune. Comme si j’allais partir avec un vieux ronchon. Bon 🤔 sur le terme vieux, on est d’accord qu’il n’est pas approprié; mais sur le terme ronchon, il y a peut-être un peu de vrai quand même… mais non je plaisante !! N’est-ce pas Evelyne? Ton mari n’est pas ronchon…

Nous continuons sur la voie verte sur cinq kilomètres sans croiser personne, juste un pont, quelques croisements de routes, une gare transformée en maison d’habitation et quelques anciens panneaux qui rappellent l’ancienne voie ferrée.

Voie verte entre Moutiers et Vitré 

Un vélo chargé passe à côté de nous. Le jeune Parisien veut pédaler jusqu’à Biarritz. Euh 🤔 ce n’est pas vraiment la direction du sud… il nous explique qu’il va rattraper la Vilaine à Vitré pour rejoindre Rennes, Nantes puis la côte Atlantique. Bel itinéraire!

Nous cherchons un endroit pour pique niquer et nous arrêtons dans une entrée de champ.

Pique nique bucolique, repos des pieds mais il commence à faire plus frais 

Nous repartons. Il nous reste encore quelques kilomètres sur la voie verte puis il faut traverser Argentré du Plessis pour rejoindre le gîte à l’autre bout de la commune. En chemin, je trouve un trèfle à quatre feuilles… 🍀 incroyable, le deuxième sur le chemin et le troisième en dix jours !

Nous rencontrons deux sœurs qui nous souhaitent bon chemin jusqu’au mont St Michel.

Argentré du Plessis 

Nous arrivons au gîte, en contre bas du village, sur les bords d’un étang et nous récupérons les clés dans la boîte grâce à un code envoyé avec la réservation.

Le gîte communal 

Étape du jour : 15 kms prévus et 19 kms à l’arrivée.

Soit 134 kms pour moi et 174 kms pour JC!…

Septième jour de marche sur treize ! On a fait plus de la moitié !…

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Publié le 31 juillet 2021

Dans le gîte communal, prévu pour 9 couchages, nous étions tous seuls. J’en ai profité pour faire ma lessive car il y avait un sèche serviette dans la salle de bain. Comme ça, je n’ai pas eu besoin de passer des heures avec le sèche cheveux. Et quel soulagement pour les pauvres oreilles de JC!!

Dans le lit, toujours pas de couvertures. Je trouve une couette dans un sac plastique sur lequel est écrit « ne pas utiliser ». Entre me geler toute la nuit dans mon sac à viande ou profiter de quelques degrés de chaleur, je choisis la deuxième solution… 😳. La troisième solution aurait été d’aller dormir dans la salle de bain près du sèche serviette… 🤔

Comme le temps doit se dégrader en début d’après-midi, nous quittons le gîte pas trop tard, mais pas trop tôt non plus, pour pouvoir s’arrêter à la supérette faire le plein de fruits et de pain pour le pique-nique de ce midi.

Départ du gîte avec les canards qui viennent nous dire au-revoir 

Nous cherchons un endroit pour faire tamponner notre carnet de Miquelot. A la supérette, le tampon n’est pas top. Nous demandons au « bistrotier » du coin qui accepte de nous tamponner. Bon, son tampon n’est pas mieux mais on a le nom d’Argentré du Plessis.

On en profite pour remarquer les bacs de légumes avec des recettes proposées… sympa comme idée! 

Nous quittons la commune en contournant le château et nous remarquons que nous sommes sur les traces de Madame de Sévigné… 🤔

Les belles vaches bretonnes nous saluent ! 

Nous rattrapons la voie verte jusqu’à Vitré. Il n’y a pas grand chose à voir sur le chemin, à part une ancienne barrière de passage à niveau et quelques marcheurs, joggueurs, vététistes… Alors on cause pour ne pas penser à nos douleurs. JC à quelques petites douleurs sous les pieds et à bourré ses chaussettes de Plantain major. Moi, pour la première fois de la semaine, je n’ai plus de pansements aux orteils, les ampoules n’éclairent plus, et je pourrais galoper si ce n’était le nerf sciatique qui commence à me chatouiller sérieusement. J’ai mis du plantain major mais ça n’agit pas. Il faut que je retrouve du grand plantain.

Entre Argentré et Vitré, voie verte 

Je ramasse du grand plantain pour le poser sur mon nerf sciatique et remplacer le plantain major. L’effet est incroyable. Le soulagement de la douleur se fait ressentir presque aussitôt.

En arrivant à Vitré, nous passons à côté de quelques vieilles maisons…

Arrivée à Vitré  

…et des signes du Chemin !

En route vers le Mont St Michel… plus que 96 kms !

Nous pique-niquons sur un banc face au château.

Château de Vitré 

Puis nous partons faire un tour dans le vieux Vitré avec ses rues piétonnes et ses vieilles maisons à colombage.

Superbe ! 

Nous en profitons pour visiter l’église Notre Dame avec sa chapelle dédiée à l’archange St Michel.

Eglise Notre Dame, une chaire extérieure, des plafonds sublimes, des portes sculptées, un orgue original… 
Chapelle dédiée à l’archange St Michel 

Comme nous ne sommes pas fatigués, mdr, nous empruntons le sentier des remparts et écoutons les commentaires sur les bornes historiques.

Les remparts du château de Vitré 

Après un petit tour à la pharmacie pour faire un ravitaillement de bandes pour soulager les douleurs, nous recevons un message de l’hôtel pour prévenir que nous pouvons nous rendre à la chambre plus tôt avec un code. Nous sommes ravis !

L’Hôtel du Château avec vue de la chambre sur les tours du château  

L’hôtel ne fait pas demi-pension. Nous allons faire un tour dans les vieilles rues, avant d’aller dîner en ville au restaurant « Le Vieux Vitré », sur la terrasse d’une vieille bâtisse typique du centre.

Le château et le vieux centre de Vitré 

Étape du jour 11 kms + 2 kms du gîte à la sortie d’Argentré du Plessis + 2 kms à travers les rues de vitré + 1 km le soir

Soit 16 kms en tout.

Et en cumulé, 150 kms !

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Publié le 1er août 2021

Nous décollons de l'Hôtel du Château après le petit déjeuner où j’ai pu discuter avec un couple d’allemands, venu passer trois semaines et demie en Bretagne. Pour eux c’est le retour vers l’Allemagne aujourd’hui. Eux aussi, ont apprécié la jolie petite cité de Vitré.

Nous partons sous un ciel bleu azur en passant sous les tours du château et près du lavoir des lavandières.

Le lavoir, le château et son reflet dans la Vilaine… 

Nous quittons Vitré en longeant la Vilaine. Pour éviter de rencontrer de petites bêtes qui me feraient fuir, je prends les devants pour qu’elles s’enfuissent avant moi, en chantant des cris d’oiseaux… et les pigeons me répondent ! Un joggueur nous croise, pas de réaction… il n’a pas dû m’entendre avec la musique dans ses oreillettes. Seul JC me regarde bizarrement… 😂

Sortie de Vitré sur les bords de la Vilaine 

Au premier rond point, aucune indication pour nous montrer le chemin. Le GPS indique tout droit alors on y va! Je scrute tous les arbres, tous les poteaux, aucune indication.

Une joggueuse s’arrête dans la montée pour nous faire la causette et essayer de chercher par où on doit passer. Mais le GR qu’elle nous indique n’est pas dans le chemin. Pas grave, nous continuons. Il faudra attendre près de 3 kilomètres avant de voir un panneau… et nous sommes sur la bonne route!

Même les vaches nous attendaient et nous font une haie d’honneur sur notre passage… 

Nous arrivons sur la route qui va de Vitré à Châtillon en Vendelais à la hauteur de Balazé. Aucune indication ! Le GPS indique de prendre la route sur 200 mètres puis tourner à droite. Que ferions nous sans GPS?… Et heureusement que nous sommes dimanche, la circulation n’est pas trop dense. Dans la semaine, ce doit être assez dangereux.

Les panneaux sont tout en haut de la route… heureusement que nous avons GPS avec nous! 

L’étape d’aujourd’hui est longue de 22 kms. Par la route, il n’y a que 13 kilomètres ! En regardant le tracé, nous voyons que ça zigzague un peu. Nous décidons de couper au court en évitant le village de Montautour. De toutes façons, les nuages noirs sont tellement localisés au dessus du village qu’il est plus prudent de l’éviter si nous ne voulons pas prendre une bonne nuée.

Nous ne sommes pas les seuls à contourner. Malgré la croix, mauvais chemin, l’indication a été posée sur un poteau plus loin

En passant sous des arbres remplis de boules de gui, je prends une photo en pensant à notre ami Guytou qui aurait dû nous accompagner sur ce chemin. En 2012, nous étions partis tous les trois entre Arles et Toulouse sur la Tolosana.

Guytou, tu nous manques!… 

JC ne veut pas se plaindre mais il a toujours mal à ses petits petons et me dit à propos de tous ses trajets vers Compostelle : «je n’ai jamais eu mal aux pieds… en ce temps-là !»

Oui mais comme le disait Pierre Bachelet… 🎶en ce temps-là, j’avais 20 ans ! 😂

De mon côté, je suis partie ce matin sans bobos… qui l’eut cru? Je commence à avoir mal à l’aine, alors je ramasse vite du plantain, le froisse et l’installe en haut de ma jambe. Le miracle se produit. Il n’y a que les moucherons qui me gênent, alors je trouve une solution… miracle celle-ci aussi.

Efficacité garantie ! Vision parfaite!

Mais le nerf sciatique, lui, ne réagit pas au plantain. Plus j’avance, plus je peine à avancer en traînant ma jambe droite… j’arrive avec difficulté jusqu’à l’église de Châtillon en Vendelais. Les gens qui sortent de la messe nous applaudissent et nous encouragent. Trop sympa! Un monsieur vient nous questionner sur notre aventure. Quand il dit que la crêperie où nous avons réservé pour dormir est encore à plus d’un kilomètre, je me demande comment je vais y arriver. Courage!

Châtillon en Vendelais , son église, le passage du Tour de France et… de deux pèlerins clopin-clopants

En approchant de l’étang de Châtillon, nous nous arrêtons pour pique-niquer et lire un peu, histoire de recharger les batteries.

Et nous arrivons à la crêperie par la voie verte que nous découvrons, 26 kms entre Vitré et Fougères. Et cette voie part des bords de Loire, à Nantes semble-t-il, jusqu’au Mont St Michel sur 200 kms. Si j’avais su !

Voie verte 

Bon, il est temps d’aller se reposer pour pouvoir repartir demain matin et étudier le meilleur trajet possible en s'économisant. Et manger une galette et boire une bolée de cidre… on est en Bretagne!

Étape du jour 18 kms au lieu de 21 kms ! 3 kms ça compte énormément…

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Nous quittons la crêperie sur les bords de l’étang, réserve naturelle, pour emprunter la voie verte sur 1,5 kms.

Une étape pour les pèlerins sur le chemin, menus adaptés, coquilles sur la tapisserie dans les chambres et sur attaches de rideaux
L’étang et sa réserve ornithologique 

Ce matin, après une bonne nuit de repos et un patch sur le nerf sciatique, les douleurs se sont calmées. Par prévention, je ramasse quelques feuilles de plantain et les pose sur ma cuisse. Et c’est parti !

Ciel bleu, la météo a décalé la pluie annoncée, pour plus tard dans l’après-midi  

JC a bien étudié la carte. Pour éviter de marcher dans l’herbe humide, nous allons pouvoir couper certains tronçons en passant par la route. Au cas où, j’ai toujours les sacs poubelles d’Annie du Grugé l’Hôpital à portée de main dans mon sac.

Voilà l’un des chemins humides évités, et quelques kilomètres en moins. Bravo JC, et merci de ta bienveillance à mon égard ! 

Les croix sont très présentes sur le chemin. Une croix rappelle le souvenir d’une épidémie à Parcé en 1871.

Une autre croix indique le terrain de la Fosse… comment ne pas être sceptique ! 

Nous continuons et traversons Parcé, un petit bourg breton, avec son église et son musée de la forge.

Nous marchons dans Parcé… par ci, par là ! 

Sur le chemin, une maison indique la direction du Camino de Santiago.

Entre forêts et champs de fleurs…

Nous arrivons à Javéné et nous arrêtons face à l’église pour faire une pause et prendre des forces avec une barre de céréales.

Javéné sous le ciel bleu avec ses maisons fleuries 

À la sortie de Javéné, je m’attarde à photographier de superbes papillons sur des fleurs.

Dame Nature dans toute sa splendeur !

Nous approchons de Fougères. Le ciel commence à se couvrir. Allons nous réussir à passer entre les gouttes?

Le ciel est noir. Une à deux gouttes, pas plus… parfait! 

Nous arrivons à Fougères.

Je suis impressionnée. Fougères est une ville verte !  

Trêve de plaisanterie… L’entrée de Fougères est comme toutes les entrées de ville, dangereuse avec la circulation et les ronds points à traverser et monotone avec ses grand boulevards qui n’en finissent pas. Mais quand nous arrivons dans le centre historique, c’est tout autre…

L’église St Léonard  
Vitraux de l’archange St Michel et de l’abbé Aubert, hauts personnages de l’histoire du Mont St Michel

Nous profitons de la vue panoramique sur le château et la cité médiévale de Fougères du jardin public pour pique-niquer.

Jardin public et son circuit littéraire  
Vue exceptionnelle  sur le château et la cité médiévale 

Nous profitons de traverser la ville de Fougères pour rejoindre l’hôtel.

Traversée de Fougères  

Étape du jour 18 kms avec une économie de 5 kms sur le parcours prévu.

En cumulé, on arrive quand même à 186 kms ! Et il ne reste que 3 jours de marche…

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Publié le 3 août 2021

Après avoir parcouru le sentier découverte de Fougères et nous être requinqués à la crêperie Suzette, nous avons apprécié notre nuit en hôtel avec le confort.

La ville basse 
Ville basse et église St Sulpice  
Un peu seuls sur la place du théâtre avec un ciel menaçant… et de la pluie pour arroser notre repas!… 

Et nous voilà partis pour notre nouvelle étape. À proximité de l’hôtel, nous rejoignons la voie verte en direction d’Antrain.

Voie verte et logo du mont St Michel sur le sol  

En principe, même si le ciel est chargé de nuages, nous ne devrions pas avoir de pluie aujourd’hui. La voie est humide car il a plu une bonne partie de la nuit.

Voie agréable, bordée de bancs, de jardins décorés, et on a les pieds au sec… 

Nous arrivons à un embranchement. L’ex voie ferrée se dédouble, nous allons devoir choisir notre aiguillage. Nous laissons Parigné sur la droite et prenons la voie de gauche en direction d’Antrain.

Changement d’aiguillage  

Nous devrions quitter la voie en direction d’une forêt avec des chemins aux hautes herbes. Nous préférons continuer sur la voie quelques centaines de mètres et prendre une départementale en direction de St Germain en Coglès sur deux kilomètres.

C’est une aubaine d’avoir modifié le tracé sur une si courte distance car, en chemin, nous découvrons une croix avec une sculpture de St Jacques.

Croix de St Jacques 

Nous rejoignons le chemin à St Germain.

St Germain avec son chêne multi-séculaire, son abbaye, son jardin de l’eau…
Son parcours littéraire, sa licorne et son école St Jacques de Compostelle… 

Au détour d’une rue, nous retrouvons nos trois pèlerines que nous avions rencontrées à la sortie de Pouancé. Elles terminent leur ravitaillement à la supérette. Nous sommes heureux de nous retrouver et échangeons sur les derniers jours.

Retrouvailles ! 

Lorsque je vois l’état des leurs chaussures, je suis contente d’avoir pris un bout de route.

JC a tracé la route pour arriver directement à Montours par la route. Je lui propose de coller au chemin car j’ai vu sur la carte le Moulin de Marigny. Il y a un chemin à prendre mais je prends le risque de mouiller mes chaussures… au pire, j’utiliserai mes fameux sacs poubelles. Il y a bien un chemin mais l’herbe centrale est entourée de deux traces sans herbe. L’idéal!

Il faut juste poser les pieds sur les traces à côté des herbes… 

Nous arrivons à l’embranchement du Moulin sur la carte.

Surprise, c’est une chapelle… St Jacques, qui est mentionnée  

En empruntant le chemin, nous découvrons de très belles bâtisses en pierres et arrivons devant une très belle chapelle, agrémentée de symboles jacquaires, qui surplombe un étang.

Chapelle St Jacques  
Détails de la Chapelle et du lieu 

Nous profitons d’une pause en ce lieu reposant et voyons arriver Thaïs, Zélie et sa maman.

Nouvelles retrouvailles  

Nous les laissons pique-niquer à l’abri de la pluie et continuons sous les gouttes. Les ponchos sont de rigueur.

Puzzle de JC ! Quelle élégance… très scottish ! 

Le soleil tente de percer et la nature reprend ses couleurs.

Toujours des nuages mais on sent l’éclaircie

Nous arrivons, dans le haut d’une très longue côte, à Montours. C’est là que nous allons dormir dans le gîte communal. Nous passons prendre les clés à la mairie et régler notre nuitée. La responsable de la mairie nous accompagne jusqu’au gîte à l’autre bout du village, près de l’école. Ce sont les anciens logements des instituteurs qui ont été aménagés en gîte d’étape.

Montours 
Le gîte se trouve sur le chemin, bien situé pour le départ de demain  

Une chambre avec deux lits nous est dédiée. Les deux autres chambres de quatre et cinq lits sont réservées par neuf autres randonneurs. Nous apprenons que ce sont neuf femmes… pauvre JC qui était heureux car il n’y a pas de sèche cheveux dans le gîte, il va devoir affronter le caquètement de neuf femmes… le pauvre !!!


Étape du jour 19 kms.

En cumulé, 205 kms au compteur. On a dépassé les deux cents kilomètres !!!

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Publié le 4 août 2021

Ce matin, nous nous réveillons, non par le chant du coq, mais par un brouhaha digne d’une basse-cour. Nous hésitons à nous lever. La météo annonçait de la pluie.

Lorsque nous ouvrons les volets, le magnifique ciel de la veille a laissé place à une couverture nuageuse d’où transpercent d’innombrables gouttes de pluie… c’est confirmé, il devrait pleuvoir jusqu’à 11h. Cela va nous permettre de profiter d’un peu de repos et de lecture avant de prendre la route.

Coucher du soleil 
Matin d’automne 

Je préférais le ciel d’hier soir, mais ce n’est que mon humble avis…

Nous partons du gîte communal, accompagné par le crachin breton sur quelques centaines de mètres, par la rue du Mont St Michel. Cela ne s’invente pas, signe que nous approchons pas à pas…

Nous passons à côté d’un panneau indiquant un camping et nous avons une petite pensée pour nos trois amies pèlerines qui ont dormi sous la tente avec ce temps et ont dû replier ce matin sous la flotte…

Le camping avec un temps pareil… chapeau bas les filles! 

Le chemin est assez triste. Nous empruntons des petites routes désertes et le ciel est d’un gris automnal. Seul le vert des feuilles sur les branches des arbres et les cultures de maïs, de blé et même de trèfle nous rappellent que c’est l’été.

C’est l’été! Qu’on se le dise… 

Nous voyons quelques ballots de paille de couleur rose. Un peu de couleurs ! C’est une action des agriculteurs en soutien aux recherches sur le cancer. Les suppléments qu’ils acceptent de payer sur les emballages de couleur sont reversés aux différentes associations pour aider à financer les recherches sur le cancer. Belle initiative !

Rose cancer du sein, bleu de la prostate, jaune pour les enfants… 

En poursuivant, nous passons à côté d’une petite chapelle. En levant les yeux, nous remarquons l’archange St Michel terrassant le dragon.

Chapelle St Michel  et un berger avec ses moutons 

Nous nous arrêtons à l’étang de Margotin pour faire une pause et en profitons pour faire la causette avec les pêcheurs.

Pause en bord d’étang 

Nous poursuivons jusqu’à St James, toujours sous la grisaille. Le passage de la Bretagne à la Normandie ne modifie pas le temps…

Même le Château d’Eau est assorti aux couleurs du jour… 

Un lavoir attire mon attention. Très bien entretenu, ce lavoir aurait été vendu aux moines du mont St Michel en 1411 pour rembourser une dette que le propriétaire du manoir de Reclus n’aurait pu acquitter.

Lavoir de Reclus  

Nous arrivons à la Maison d’Isaphil, notre gîte pour la nuit. Une adorable maison, toute en hauteur, où nous sommes accueillis par le propriétaire. Bien que nous arrivions un peu en avance, la chambre est prête. Il faut juste monter les marches pour accéder au 2ème étage dans une chambre mansardée sous les combles. Superbe ! C’est très cosy.

Maison d’Isaphil à St James 

La petite étape d’aujourd’hui de dix kilomètres ne m’a pas épuisée. Je laisse JC se reposer et pars à la découverte de St James…

Église St Jacques le Majeur 

…Et de ses tricots ! J’hésite à acheter un bonnet, ce qui serait de circonstance avec la température de 13 à 15 degrés que l’on a eue aujourd’hui…

Dans la boutique, deux vitrines sont consacrées à l’histoire de la marque avec les anciennes machines à coudre, à tricoter, à carder… Un pull en bois rappelle le style de la marqueavec les rayures. Et une petite pierre, cachée dans un angle du magasin, attire mon œil… avec le dessin du Mont St Michel.

Saint James, les pulls nés de la mer… 

Une journée sous le signe de la grisaille… peut-être pour mieux apprécier le jour suivant !

Aujourd’hui, 10 petits kms pour JC… l’âge se fait sentir!

Et pour moi 15 kms… dans ma maison sur le dos, j’avais oublié à quel point je marchais vite.

Et demain… l’étape finale !

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Publié le 5 août 2021

Ce matin, nous ne rencontrons aucun souci pour nous lever après une agréable soirée et nuit à la Maison d'Isaphil. Pourquoi Isaphil? Parce que ce sont Isabelle et Philippe qui tiennent cette maison d’hôtes.

Superbe étape  avec de belles couleurs dans le jardin et dans l’assiette du petit déj

Nous traversons St James de bonne heure et de bonne humeur.

St James, son église St Jacques et la mairie  

A la sortie de St James, nous empruntons un chemin parfait pour ne pas trop mouiller les chaussures…

Sortie de St james 

Et nous arrivons dans un petit village où St Benoit est présent partout.

Village de St Benoit, église St Benoit, oratoire St Benoit, dans la rue St Benoit… 

Nous poursuivons notre route à travers la campagne, accompagnés par le soleil… oui le soleil a décidé de montrer son nez ce matin!

La nature est splendide ce matin… les papillons se mêlent aux couleurs des fleurs, les vaches se reposent, tout est beau !

En chemin, nous passons à côté d’une croix dont quelques signes nous rappellent notre destination…

Destination le mont St Michel, on est sur la bonne route! 

Nous traversons la commune de la Croix d’Avranchin par la rue St Jacques de Compostelle.

La Croix d’Avranchin 

A la sortie de la commune, le ciel commence à s’obscurcir au loin… mais c’est au loin…

Pleuvra… pleuvra pas… ???  Le vent souffle fort, très fort, dans les maïs…

En arrivant à Vergoncey, nous devons nous arrêter dans l’abribus pour enfiler nos ponchos.

Et ce n’est pas du crachin breton mais une vraie pluie normande…

La pluie ne m’arrête pas pour photographier la Fontaine St Clair avec le signe du chemin du Mont St Michel sur le côté.

Vergoncey 

La pluie tombe et tombe fort sur près de six kilomètres. Personne ne parle. Je profite de ce moment pour faire le bilan de mes deux semaines de marche, toute seule avec moi-même. Je sors de mes pensées lorsque nous approchons d’une quatre voies que nous allons devoir traverser… un peu galère de se frayer un chemin avec toute cette circulation.

Nous arrivons de l’autre côté de la route, sains et saufs et envisageons de faire une pause pour… manger!

Une table de pique-nique, dans l’herbe, sur le bord de la route ne nous attire pas vraiment avec la pluie. Dans le prochain village, au pire, nous pourrons nous abriter dans l’église…

Nous arrivons à Tanis, passons à côté d’un abribus, et… surprise ! Emmanuelle, Zélie et Thaïs sont là ! Elles viennent de s’arrêter pour déjeuner. Nous partageons l’abri avec elles et déjeunons tous ensembles. Nous sommes heureux de nous revoir. Emmanuelle, la maman, nous dit que les filles voudraient nous demander quelquechose… qui se lance? Après délibérations, Zélie nous demande si nous accepterions de manger tous ensembles ce soir au mont St Michel. Elles sont trop mignonnes! Bien sûr que nous acceptons et nous le souhaitions très fort aussi.

Pique-nique dans l’abribus 

Et nous repartons tous ensembles. Nous allons parcourir les huit derniers kilomètres ensembles. Que du bonheur !

Avec nos ponchos, première vue sur le mont St Michel 
Photo dans la rue des Miquelots ! 

Nous traversons le dernier village avant d’arriver sur la baie du mont St Michel. Toutes les plaques rappellent le Mont…

Plaques dans les rues d’Ardevon

Et nous arrivons dans la baie. Nous prenons le chemin au milieu des moutons avec La Merveille en toile de fonds. Que dire sinon admirer cette beauté au milieu de la brume.

Traversée de la baie dans la brume… un instant irréel 

Nous accédons à la digue pour rejoindre le Mont. C’est magique ! Le Couesnon, petite rivière sur la gauche du mont marque la frontière entre la Bretagne et la Normandie.

Trop fiers avec nos T-shirts de Miquelots  
Le mont St Michel sous un ciel bleu 

Et le soleil est là pour notre arrivée au pied du Mont !

Nous entrons dans l’enceinte et montons les marches pour accéder à la Maison du Pèlerin où nous avons réservé pour la nuit.

Vue panoramique de la chambre 
Vue panoramique avec la marée montante  

L’étape du jour de 23 kms marque notre arrivée au mont St Michel après 243 kms et 13 jours de marche.

Les huit derniers kilomètres à avancer en compagnie d’Emmanuelle, Zélie et Thaïs, resteront mémorables et marqueront notre arrivée au Mont St Michel. Les rencontres ne se font pas par hasard…

Allez! C’est le moment de partir à l’assaut du Mont… à plus tard !

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Publié le 6 août 2021

Avant de partir, JC m’avait conseillé de lire « La promesse de l’Ange » de Frederic Lenoir et Violette Cabesos, pour bien comprendre l’Histoire du Mont St Michel.

Je vais essayer de vous retracer l’historique, comme je l’ai découvert à travers la lecture quotidienne de ce livre sur ce chemin.

St Michel, l’archange le plus proche de Dieu, libère le paradis de Satan. A la suite de quoi, Dieu envoie St Michel sur Terre pour la libérer de ce démon. Le combat de St Michel commence sur le Mont Tombelaine puis se poursuit sur le Mont Tombe où il terrasse le dragon, symbolique du mal et de Satan.

Le Mont Tombelaine vu depuis l’escalier menant à l’abbaye du mont St Michel  

Un nuit, l’archange St Michel apparait en songe à Aubert, évêque d’Avranches. L’archange lui demande de bâtir un sanctuaire en son nom sur le Mont Tombe, qui deviendra le mont St Michel. L’archange apparait trois fois en rêve avant que l’évêque Aubert réalise et décide d’exécuter cette demande.

St Aubert  

En 709, en se basant sur le sanctuaire dédié à St Michel au Mont Gargan en Italie, l’évêque Aubert lance la construction d’un oratoire, dédié à St Michel, sur le rocher, avec les pierres du Mont Tombe. Malgré les sables mouvants, les marées, les tempêtes, les brigands… les pèlerins affluent au sanctuaire qui est gardé par douze chanoines bretons qui vivent de l’aumône des chrétiens, de poissons de la mer, de produits de la terre et d’une source miraculeuse qu’a fait jaillir St Michel sur le rocher, la « fontaine St Aubert », qui existe toujours. Le Mont appartient aux bretons.

Au IXème siècle, les vikings, venant du nord, attaquent la France. Le roi doit alors concéder une partie de ses terres à Rollon, un pirate scandinave. La Normandie passe aux mains des vikings.

En 933, les normands, ex-vikings, battent les bretons et le roi doit concéder une nouvelle partie de ses terres, le Cotentin, à Guillaume Longue Épée, le fils de Rollon. Le Mont devient alors normand.

A partir de là, les vikings se convertissent au christianisme et deviennent les nouveaux seigneurs normands. Ils accordent des dons en argent, en terres et en villages au Mont St Michel. Mais le duc de Normandie, Richard 1er, dit Richard sans Peur, commence à soupçonner les chanoines bretons, de dilapider les richesses du Mont et de ne pas apporter toute leur dévotion à l’archange St Michel. En 966, avec l’accord du pape et du roi, Richard remplace les douze chanoines bretons par douze moines bénédictins normands.

Le mont St Michel prend alors toute son importance. Les moines normands fructifient les richesses et ne cessent d’accroître la renommée du mont en bâtissant, à partir de 1004, avec des pierres de granite des îles Chausey et du bois des forêts environnantes, l’immense abbaye que l’on connaît actuellement. Le mont St Michel devient un lieu de culte et de pèlerinage de renommée dans la chrétienté occidentale.


Très belle histoire que j’ai appréciée avant de partir à la découverte du Rocher.

Revenons où nous en étions restés hier. Après notre arrivée, nous nous sommes installés dans nos chambres de la maison des pèlerins avec une vue magnifique sur la baie.

Notre chez nous pour la nuit, la maison aux volets rouges
Avec une superbe vue d’un côté sur l’abbaye illuminée et de l’autre sur la baie

Nous partons tous les cinq à travers la rue du mont St Michel à la recherche d’un restaurant. La Mère Poulard fait toujours son omelette mais nous préférons un petit restaurant aux plats variés... et cuisinant une omelette du mont St Michel!

Excellent repas arrosé d’un kir non pas breton mais normand! 

JC, épuisé et ne pouvant plus poser le pied à terre, nous lache après le repas. Nous, les filles, partons faire le tour des remparts à la tombée de la nuit.

Tour des remparts 
Superbe ciel au coucher du soleil 

Nous contemplons ce ciel et les nuages aux couleurs toujours changeantes.

Une mouette vient se poser à côté de nous

Seule l’arrivée de la fraîcheur de la nuit nous oblige à rentrer dans nos pénates.

Le retour à la nuit tombante est superbe 

En arrivant au gîte, nous rencontrons une nouvelle arrivante. Je la regarde et lui demande si c’est elle qui a posté une photo sur les réseaux en début d’après-midi. Elle me répond que c’est elle mais étonnée que je sois au courant. Quelle coïncidence! Ma fille, dans l’après-midi, m’a envoyé sa publication et m’a dit que j’allais peut-être la croiser. Je lui avais répondu qu’avec le nombre de personnes au mont St Michel, c’était quasi impossible. Et bien si! C’est possible! Et la voilà en chair et en os.

Mathilde !… La 6eme personne à partager le gîte avec nous. Quelle coïncidence !…

Nous nous préparons une infusion et discutons toutes les deux de son aventure entre Nantes et le mont St Michel et d’un autre chemin qu’elle a fait entre Niort et Hendaye. Géniale rencontre!

Il est temps d’aller se reposer. Je veux me lever de bonne heure pour admirer le lever du soleil sur la Baie. Six heures debout mais le soleil ne se lève qu’à 6h47 ce matin.

Superbe mais le soleil est caché derrière de gros nuages gris… la police à cheval surveille !

Deux hollandaises me rejoignent et disent avoir vu des phoques en arrivant ce matin. Je les laisse pour aller prendre le petit déjeuner avec tout le groupe. Nous avons rendez-vous à 7 heures pour assister aux Laudes de 7h45.

Un prêtre nous accompagne jusqu’à l’abbaye, où pères et sœurs se recueillent déjà.

L’archange St Michel accompagne les chants et les prières  

En sortant de l’abbaye, nous profitons de quelques instants pour photographier le lieu et le Couesnon avec son barrage.

Abbaye St Michel  
Vue sur le Couesnon et son barrage 

Nous redescendons préparer nos affaires pour quitter le gîte à10h.

Départ de la maison du pèlerin 10h tapantes… 

Nous nous arrêtons à l’office de tourisme pour récupérer notre diplôme de Miquelot. Notre performance mérite bien un diplôme!… Nous sommes fiers de l’avoir fait et d’être arrivés au bout… malgré les doutes et les plans B que nous avions prévus au cas où…pour nous reposer ou éviter la pluie en éliminant éventuellement une étape. Mais nous avons résisté jusqu’à la fin!!!

Nous nous quittons sur la digue où nos chemins se séparent. Les filles partent passer le week-end en camping (elles adorent ça) avec leurs familles qui les rejoignent, et elles vont vivre une expérience formidable en traversant la baie du mont St Michel à pieds nus avec un guide. Je reviendrai pour tenter l’expérience!

Groupes traversant la baie avec sa vase et ses sables mouvants 

De notre côté, nous devons prendre le bus pour rejoindre la gare de Pontorson. Un TER vers Rennes puis un deuxième vers Angers.

Du bus, on aperçoit le mont St Michel par la vitre arrière, joli tableau, et aussi les filles, bye bye 

Je vais rendre JC à ma cousine Evelyne. Bon… il n’est pas dans sa meilleure forme mais il va se faire bichonner par sa petite femme. Il avait prévu le chemin de Vezelay fin août… ce sera pour une prochaine fois. Pour lui, ce chemin aura été comme un chemin de croix car d’une part, il a dû marcher avec de fortes douleurs sous les pieds, et aussi parce qu’il a dû me supporter pendant deux semaines… un vrai calvaire!

Nous l’avons fait… et nous sommes heureux de l’avoir fait ! Et cette fois-ci, mes pieds m’ont portée jusqu’à destination même si la première semaine était un peu difficile à cause des ampoules. Prête à repartir de bon pied !… ou peut-être de bonne roue avec une nouvelle épreuve à vélo la semaine prochaine…

Encore merci à vous tous de nous avoir suivis et de nous avoir encouragés.

Et à bientôt pour une prochaine aventure !

Merci les filles d’avoir gravé notre passage sur le sable du Mont St Michel… belle surprise à notre retour !