L'histoire d'une expatriation sur un coup de tête au Maroc.
Du 30 janvier au 30 mai 2021
120 jours
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Lundi 25 janvier, 8h30 : réunion avec ma responsable de programme pour discuter du semestre qui arrive. En effet, avec un stage qui fini fin février et des cours qui reprennent dans 5 jours, la situation est légèrement chaotique. Déplacer mes semestres pour pouvoir finir ma mission ? Suivre mes cours à distance ? Superposer cours et stage ? Non merci. Moi qui rêvais d'Amérique du Sud, de lama et de kite, aucune proposition ne me donnais envie. "Mais Chloé, pourquoi ne ferait-tu pas un échange intercampus a Casablanca ?" Me propose alors Madame Poty. Ca y est, la machine redémarre et je me vois déjà à dos de dromadaire dans le désert de Erg Chigaga avec un turban dans les cheveux.

Alors bien sûr, je vous laisse imaginer le chaos organisationnel que cette phrase a engendré. Me voilà alors sur skyscanner a essayer de réserver des billets d'avions avant que la France ferme ses frontières (merci maman), a essayer de faire une valise pour un déménagement imminent au Maroc (note to myslef, prendre 7 shorts pour partir a Casablanca was not that smart) et a annoncer à ma tutrice de stage que La Maison Du Chocolat et moi s'est fini. Mais après 4 jours plutôt intenses et un byebye émotionnel avec ma colocataire adorée, me voilà dans la voiture avec ma chère et tendre Eléonore en direction de charles de gaulle, un bubble tea a la main.

Ce n'est donc pas une blague, c'est pour de vrai maintenant : je déménage à Casablanca. Un dernier au revoir le cœur lourd, et comme on dit ici, YALLAH !

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C'est donc chose faite. On est samedi, il est 22h30 et je viens de passer la douane marocaine. J'attends que l'avion de Valentin se pose et direction l'hôtel. Qu'est-ce que ca fait du bien de se réveiller et de pouvoir prendre un jus d'orange et des pancake au restaurant de l'hôtel. La France ne va pas me manquer, je le sens. Après quelque allés retours pour essayer de souscrire a un abonnement téléphonique local et une dure négociation pour rejoindre Casablanca downdown sans se faire arnaquer, nous voilà dans un taxi rouge, avec une valise sur le toit (sans rien pour la tenir, ce serait trop facile). Pur plaisir.Valentin et Eva me logent gracieusement le temps que je trouve un appartement. J'ai donc la chance de ne pas être seule ces premiers jours, et de partager nos premières soirées dans leurs palais marocain. (merci <3)

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Nous sommes plusieurs élèves de l'em à avoir voulu tenté l'expérience Maroc pour ce semestre. Étonnamment, Agathe et moi sommes les deux seules du campus de paris à être venue, contrairement a celui de Saint Etienne, ou l'engouement marocain était plus au rendez vous. Vous connaissez déjà Eva et Valentin (qui devaient être mes coéquipiers péruvien), et s'ajoute a la liste Mathilde, Anouk, Olympe et Emma, quatre copines du campus de Saint Etienne.What a team vous allez me dire, et bien oui, ni une ni deux, nous voilà tous attablés pour satisfaire notre passion commune, manger ! Car c'est bien connu, la nourriture est l’agent social par excellence. Julia Child a dit un jour « Les meilleur personnes sont toujours celles qui aiment manger » et nous sommes bien d’accord. Et puis quoi de mieux qu'un bon restaurant après un an de covid en France ? Cheese everyone !

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Nos premiers jours a casa se résument à la reprise des cours, la rédaction de nos rapport de stage et pour ma part, la recherche d'un appart. Mais rapidement, notre soif de découverte a pris le dessus, et nous voilà en direction de l'ancienne médina.Plutôt récente pour une médina, car ne datant que du 19e siècle, l’ancienne médina de Casablanca offre un bon aperçu de l’ambiance marocaine, c'était donc une destination idéale pour se mettre dans le bain. Souk (marché) aux kiosques recouverts de babioles, cafés (principalement bondés d’hommes et de fumée), maisons blanches cubiques (ici de style hispanique), ruelles où promènent leurs chariots les vendeurs de fruits ambulants, chiens et chats errants nourris sur le pas des jolies portes de bois des maisons, marché central où se retrouvent les habitants, remparts et anciennes embrasures de la ville : le centre historique persiste à murmurer l’histoire des Casawis.Entre petites tajines artisanales, babouches ultra kitchs et fausses lunettes Gucci (sans oublier le joli bob rose d'Eva), cette première journée fut assez folklorique.

Cette journée nous a tellement plus que l'on a décider, quelques jours après, de visiter le souk de la nouvelle medina.

Construite dans les années 1920 par les Français, cette médina « moderne » fut pensée pour concilier l'habitat traditionnel au confort à l'européenne. Un bel exemple d'architecture.

Sous les grandes arcades ombragées, les boutiques et échoppes sont alignées les unes à côté des autres, offrant un large choix d'artisanat marocain : tapis, cuivres martelés, poterie colorée, bois sculpté, cuir façonné. Nous étions dans le quartier des Habous, un quartier qui, avant d'être touristique, est surtout un lieu de vie à part entière. Situé dans la partie sud de la ville, juste derrière le Palais Royal, ce quartier a été conçu sur le modèle d'une médina traditionnelle.Respectueux du style et des habitudes musulmanes, il y a bien sûr plusieurs lieux de culte, dont la grande mosquée Mohammed V, différents souks, quelques hammams, la Kissaria de l'artisanat… Construit sur des plans d'inspiration provençale, le quartier des Habous constitue une véritable petite ville, avec ses arcades, ses rues piétonnes aérées et ses places accueillantes. Toujours très commerçant, le souk aux olives est le meilleur de la ville, tout comme celui des épices. C'est aussi là que se trouve la célèbre pâtisserie Bennis, la meilleure du pays. Une visite s'imposait donc !

Entre négociation de babouches pas très successful, dégustation d'olive et de pâtisseries marocaines et coup de cœur pour les tapis berbère (retrouvez bientôt "le souk d'Olympe" en n1 de l'importation de tapis berbère en france.) nous méritions bien un petit stop thé à la menthe. Ni une ni deux, nous voilà a "la squala", jolie terrasse typique , nommée QG de la team. Thé a la menthe, pâtisseries et douceurs marocaines, on s'y fait vite a la vie d'étudiant Français au Maroc. Il nous faut encore un petit peut de temps pour perfectionner notre service du thé, mais dans quelques mois, préparez vous au show. Pour le moment, on préfère se faire servir et admirer le show. Tchin Tchin !